<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"><channel><title>Médicalement Geek</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/</link><description>« Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours. » — Veille médicale hebdomadaire par Dr Agibus.</description><generator>Hugo</generator><language>fr</language><managingEditor>Dr Agibus</managingEditor><copyright>© 2014–2026 Dr Agibus</copyright><lastBuildDate>Mon, 18 May 2026 22:44:00 +0200</lastBuildDate><atom:link href="https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/" rel="self" type="application/rss+xml"/><item><title>Dragi Webdo n°527 : santé planétaire, digoxine/insuffisance cardiaque, FEV1Q, sigmoïdoscopie/CCR, SLA, trouble anxieux, orforglipron</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/05/dragi-webdo-n527/</link><pubDate>Mon, 18 May 2026 22:44:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/05/dragi-webdo-n527/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Oncologie</category><category>Neurologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer ce billet, parlons de santé planétaire avec un article d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-04761">Annals of internal medicine</a>. Sur 4 situations présentées, 3 concernent les soins primaires : la réduction d&rsquo;utilisation des aérosols-doseurs de salbutamol, l&rsquo;utilisation de masque chez les personnes asymptomatique et la réduction de consommation de viande. Dans les 3 cas, les auteurs iraient dans le sens d&rsquo;une recommandation faible en faveur de ces changements de comportement. La place du généraliste dans le système de soins et comme acteur de santé planétaire sera discuté dans la session &ldquo;<a href="https://woncaeurope2026.org/fr/programme/">controverses: médecin généraliste : médecin de l’individu ou médecin de la communauté ?</a>&rdquo;, le jeudi 2 Juillet à la <a href="https://woncaeurope2026.org/fr/inscription/">#Wonca2026</a>. Si ce n&rsquo;est pas encore fait, <a href="https://woncaeurope2026.org/fr/inscription/">inscrivez-vous</a> !</p>
<p><a href="http://woncaeurope2026.org"><img src="/images/articles/2026/banni-c3-a8re-20promotion-20wonca-20-20fr-20-1200x-201200-20px-3.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Cardiologie</p>
<p>On avait vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/09/dragi-webdo-n494.html">récemment</a> que les digitaliques réduisaient possiblement les hospitalisations pour insuffisance cardiaque, donc une revue systématique a été conduite et publiée dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2848972">JAMA</a>. Elle repose sur 1 étude de 6800 patients datant de 1997, et 2 études de 1000 patients de 2025 et 2026 ayant surtout inclus des patients avec FEVG altérée. Les auteurs que la digoxine réduit la survenue de décompensation cardiaque (26% vs 33%, NNT= 15 patients) mais ne réduit ni la mortalité cardiovasculaire ni la mortalité globale. Ce n&rsquo;est donc pas un traitement incontournable, mais qui pourrait réduire les poussées chez certains patients.</p>
<p>Cependant, d&rsquo;après l&rsquo;<a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehag385/8674856">essai randomisé</a> suivant, qui est en fait la suite d&rsquo;un des essais mentionnés dans le paragraphe précédent, les chercheurs ont déprescrit, en aveugle la digoxine à une partie des patients. Les patients avec un arrêt de dignoxine ont eu une augmentation des événements cardiovasculaire et décompensations cardiaques qui ont été 7 fois plus nombreuses que dans le groupe placebo. Cela s&rsquo;est accompagné d&rsquo;augmentation de FC, d&rsquo;hypotension et d&rsquo;augmentation du NTproBNP. Bref, si on est amené a mettre la digoxine, il est probable qu&rsquo;il ne faille pas la retirer ensuite.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Le VEMS/CV est le standard diagnostic dans les troubles ventilatoires obstructifs, avec un seuil &lt; 0,70 même si la société européenne pousse plutôt pour un seuil à 0,75 (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/10/dragi-webdo-n369.html">ici</a>). Mais les normes de ce rapport dépendent de l&rsquo;âge, du poids, de la taille mais aussi de l’ethnie, ce qui le rend difficilement interprétable pour les populations moins étudiées. Des auteurs proposent donc le <a href="https://publications.ersnet.org/content/erj/67/5/2501830">FEV1Q</a>, ou quotient du VEMS correspond au VEMS divisé par 400mL pour les femmes et 500mL pour les hommes (qui correspond au 1er percentile des VEMS, soit le minimum vital). Ainsi ce FEV1Q, apparaissait comme un bon marqueur de BPCO, non modifié par l’ethnie, avec une valeur diagnostique similaire à celle du VEMS/CV. A suivre.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>On parlait il y a peu de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/10/dragi-webdo-n371.html">réduction de mortalité globale à 15 ans</a> grâce au dépistage par sigmoïdoscopie. Voici un <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-05456">essai randomisé</a>, sigmoïdoscopie versus pas de dépistage avec un recul de 23 ans mené chez 100000 patients norvégiens de 50 à 64 ans à l&rsquo;inclusion. Le taux de cancer était de 4,3% dans le groupe dépisté versus 6% chez les non dépistés. La mortalité par cancer était significativement réduite chez les hommes (1,4% vs 2,2%) mais pas chez les femmes (1,3% vs 1,4%). L&rsquo;ajout du FIT en complément ne modifiait pas les résultats. On pourrait se poser la question de modalités de dépistage différentes chez les hommes et les femmes.</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>Faisons un point sur la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2848974">sclérose latérale amyotrophique</a>, qui atteint environ 5 personnes pour 100000. Les symptômes sont typiquement unilatéraux, léger au début et se majorant à type de faiblesse d&rsquo;un membre, atrophie, fasciculations et hyperréflexie. Un bilan biologique (NFS, CRP, iono, calcémie, TSH, AAN, facteur rhumatoïde, vitamines B12, syphilis, VIH, Lyme, EPP, bilan hépatique, CPK, ,anticorps anti GM-1 anti MuSK, anti récepteurs de l&rsquo;acétylcholine) et une IRM excluront les diagnostics différentiels, et l&rsquo;EMG posera le diagnostic. 15% des cas sont familiaux, il y a 60 gènes impliqués et la transmission est essentiellement autosomique dominante. Les nouveaux traitements ralentissent la maladie de quelques mois, la survie étant estimée à environ 5 ans, mais les traitements sont essentiellement symptomatiques (notamment baclofène, gabapentinoïdes pour la spasticité et IRS pour la dépression)</p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p> Enfin, voici une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2848049">revue</a> les troubles anxieux en soins primaires qui concerneraient 19,5% des patients. Il s&rsquo;agit notamment de trouble anxieux généralisé, d&rsquo;anxiété sociale, de trouble panique, d&rsquo;agoraphobie et de phobies spécifiques. Les recommandations de l&rsquo;USPSTF sont en faveur d&rsquo;un dépistage par le Generalized Anxiety Disorder-2 orientant vers un trouble anxieux si ≥ 3, puis vers le Generalized Anxiety Disorder-7 qui est bien évalué en soins primaires. Un dosage de TSH est indiqué ainsi qu&rsquo;une recherche de toxiques si approprié. Il est recommandé de faire une éducation du patient à sa maladie, de renforcer son auto-prise en charge et de communiquer des ressources qu&rsquo;il pourra utiliser (techniques d&rsquo;auto-gestion, méditation pleine conscience, relaxation ont démontré un bénéfice). Le traitement le plus efficace est la TCC dont 10-16 séances de 50minutes ont démontré un bénéfice durable, tout comme des sessions de TCC brèves de 30min, 6 à 8 fois. Sur le plan pharmacologique, les IRS/IRSNA sont décrits comme les traitements de 1ère ligne (paroxétine, sertraline, fluoxétine, es/citalopram, duloxetine, venlafaxine) avec un début d&rsquo;efficacité après 2 semaines croissant jusqu&rsquo;à 3 mois (avec une réponse à 4 semaine qui est prédictive de l&rsquo;efficacité de la molécule). La buspirone et la mirtazapine sont les traitements de 2eme ligne ou pour les situations où les IRS ne seraient pas souhaitables. Enfin,  le propranolol 10-60mg à prendre 30-60min avant une exposition anxieuse pour la performance, l&rsquo;hydroxyzine si besoin sont les traitements complémentaires et les benzodiazépines et la prégabaline sont des options de dernier recours. Les auteurs recommandent un avis spécialisé après échec de 2 traitements.</p>
<p>6/ Endocrinologie</p>
<p>On a déjà parlé des reprises de poids après arrêt des aGLP1 injectables (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2026/01/dragi-webdo-n510.html">ici</a>) et de l&rsquo;orforglipron, nouvel aGLP1 oral, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/09/dragi-webdo-n496.html">là</a>. Ce qui est donc proposé dans cet essai publié dans <a href="https://www.nature.com/articles/s41591-026-04386-7">Nature medicine</a>, a inclus les patients de l&rsquo;étude SURMOUNT5 qu&rsquo;ils aient reçu du tirzepatide ou du semaglutide,, et les a traité par orforglipron. A 6 mois, le poids restait stable quel que soit le traitement injectable antérieur. Cela semble permettre d&rsquo;atteindre des baisses de poids stabilités à -15% environ alors que les baisses avec orforglipron sont de l&rsquo;ordre de -10%.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°526 : Calendrier vaccinal 2026, Hantavirus, douleurs pelviennes de grossesse, rupture LCA, coloscopie de dépistage, allergie cacahuète, cibles d'ApoB, migraines, triptans/COP, agonistes dopaminergiques</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/05/dragi-webdo-n526/</link><pubDate>Mon, 11 May 2026 23:10:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/05/dragi-webdo-n526/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Gynécologie</category><category>Allergologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Neurologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici pour commencer un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2848663">JAMA</a> qui aborde les IRM généralisées de dépistage! Les auteurs rappellent fortement que, bien qu&rsquo;attrayante, l&rsquo;idée de tout dépister ne se conclue souvent pas par un bénéfice, mais par des examens inutiles, des surdiagnostics, de l&rsquo;anxiété, pour un bénéfice clairement non démontré. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>On avait déjà vu l&rsquo;augmentation du risque cardiovasculaire en cas de migraines <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/06/dragi-webdo-n100.html">ici</a>. Voici une <a href="https://www.contraceptionjournal.org/article/S0010-7824%2826%2900095-8/abstract">étude</a> évaluant le risque d&rsquo;AVC qui pourrait être lié à l&rsquo;association triptans plus contraception oestroprogestative. Dans cette cohorte où 1 million de femme avait une COP, 10% avaient également des triptans et la prise de triptans multipliait le risque d&rsquo;AVC par 1,6 (soit une augmentation de 2 à 42 patientes pour 10000 par an). On note aussi que par rapport aux non utilisateurs, COP+triptans augmentait le risque d&rsquo;AVC de 160%!  La population incluait des femmes de 18 à 49 ans, rappelons, que selon la HAS, l&rsquo;âge &gt; 35 ans + des migraines sans aura contre-indique les COP, ce qui permettra de limiter le risque si on suit la recommandation.</p>
<p> L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/medicaments-antiparkinsoniens-connaitre-les-risques-pour-un-usage-securise">ANSM</a> émet une alerte rappelant les risques des agonistes dopaminergiques utilisés dans Parkinson, les syndromes des jambes sans repos ou les adénomes à prolactine. Les principaux risques sont les addictions aux jeux, comportements compulsifs, l&rsquo;hypersexualité et les comportements agressifs.</p>
<p>2/ Cardiologie</p>
<p>Alors que les premières études évaluant vraiment les cibles de LDL sont à peine publiées, vous êtes déjà lassé des seuils de LDL? Qu&rsquo;à cela ne tienne, les cardiologues vous montrent maintenant qu&rsquo;avoir des cibles de d&rsquo;Apolipoprotéine B (voire de non-HDL cholestérol) est plus <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2847303">coût-efficace</a> qu&rsquo;avoir des cibles de LDL ! Bon, on a encore moins d&rsquo;essai randomisé avec des cibles d&rsquo;ApoB&hellip; mais c&rsquo;est vrai que l&rsquo;ApoB coûte moins de 2€ à doser contre 4€ pour une EAL permettant d&rsquo;avoir le LDL (et le LDL dosé est à 5€ environ également). Faut il pour autant utiliser un marqueur moins cher mais non évalué en cible thérapeutique? Il serait d&rsquo;abord préférable de développer les essais randomisés avec des cibles d&rsquo;ApoB.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Abordons les <a href="https://www.bmj.com/content/393/bmj.s877">Hantavirus</a> qui peuvent donner 2 maladies distinctes: les fièvres hémorragiques avec syndrome rénal (HFRS)  et les syndromes cardiopulmonaire à hantavirus (HCPS). Le 1er survient classiquement en Corée, Chine, Russie et a une mortalité de 1% (jusqu&rsquo;à 15% chez les plus de 70 ans) . Le 2ème survient en Amérique du Nord et Amérique latine, avec une mortalité de 50% des cas (c&rsquo;est celui qui est actuellement sur le MV Hondius). Bien que la transmission soit médiée par les déjections des rongeurs, la transmission se fait souvent par inhalation du virus aéroporté et une transmission inter-humaine pourrait être possible. Les symptômes sont ceux d&rsquo;une virose (fièvre, céphalées, troubles digestifs, dorsalgies), auquel s&rsquo;ajoute une dyspnée progressant rapidement vers l&rsquo;insuffisance respiratoire dans le HCPS. Il n&rsquo;y a pas de traitement spécifique. Malgré l&rsquo;incubation longue, le risque en termes de santé publique est considéré comme faible.</p>
<p>Le <a href="https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinal-2026_a4_100p.pdf">Calendrier vaccinal 2026</a> a été publié! Voici les principaux points de ce calendrier:</p>
<ul>
<li>l&rsquo;extension des rappels Gardasil9 jusqu&rsquo;à 26 ans quel que soit le genre.</li>
<li>l&rsquo;obligation vaccinale contre les méningocoques ACWY et B en vigueur pour les enfants nés après le 01/01/2023 avec rattrapage obligatoire de vaccination entre 2 et 4 ans pour ceux ayant eu simplement un méningo C</li>
<li>pour le pneumocoque, chez l&rsquo;enfant : Prevenar 13 (VPC13) ou Vaxneuvance (VPC15), et chez l&rsquo;adulte Prevenar 20 (VPC20) ou Capvaxive (VPC21)</li>
<li>pour le VRS: Abrysvo pendant la grossesse ou Beyfortus chez le nourrisson. Chez le plus de 65 ans avec facteurs de risque ou plus de 75 ans: Abrysvo, Arexvy ou mResvia, sans prise en charge par la sécurité sociale</li>
<li>obligation d&rsquo;immunisation contre la rougeole pour les professionnels sanitaire, médico-sociaux et de la petite enfance.</li>
</ul>
<p><img src="/images/articles/2026/avvxsej-v8f-3wb9zivrc4zbw8y9ztkji2dfgzfjbbrccpniwl0uripog999dxxfuqhrso4jnpmrjuxg1l-sj9ipl5ri8loqqs6z4-qpavwiirvzvxe6k5jsonozzultkqkrzwkdps-kt-2a-emfla2x4xuclnglf1kes0xbhy1d270thk8igfhszvl3tljgfrur-w640-h271.png" alt=""></p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Alors que le dépistage par sigmoïdoscopie est le seul dépistage du CCR réduisant la mortalité (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/10/dragi-webdo-n371.html">ici</a>), et que le dépistage par coloscopie n&rsquo;est pas utile après 70 ans (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2026/04/dragi-webdo-n522.html">là</a>), voici <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(26)00508-8/abstract">un essai randomisé</a> de 80 000 patients ayant eu soit coloscopie, soit pas de dépistage, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/10/dragi-webdo-n372.html">dont nous avions déjà eu le suivi à 10 ans</a>. Les données à 13 ans de suivi sont donc publiées et montrent une réduction du risque de cancer de 19% (NND= 300), sans différence de mortalité entre les 2 groupes (environ 0,45%). Les auteurs précisent que le taux de mortalité était 2 fois plus faible qu&rsquo;attendu dans le groupe non dépisté, probablement grâce aux progrès des traitements.</p>
<p>5/ Grossesse</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/393/bmj-2025-088930">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé aux douleurs pelviennes de la grossesse, qui sont fréquentes et à évoquer devant des lombalgies, douleurs sacro-iliaques et de symphyse pubienne. Il n&rsquo;y a pas de troubles neurologiques associés (red flag), pas de symptômes urinaires ou de pertes vaginales (diagnostics différentiels à chercher). Il existe 3 tests de provocation : la palpation de la symphyse pubienne, l&rsquo;élévation de la jambe facilitée par la stabilisation de l&rsquo;épine iliaque supérieure et la manoeuvre de Trendelenburg modifiée caractérisée par l’impossibilité de maintenir le bassin horizontal lors de l&rsquo;élévation de la jambe. Le traitement est symptomatique, avec du paracétamol et la kinésithérapie peuvent être proposées et on peut rassurer la patiente (évolution généralement favorable après accouchement)</p>
<p><img src="/images/articles/2026/avvxseg6gichjjzuts7n5z3qfyvnimo1enoa2midhadgdk9hv-coimtnbxizwhxgulsdgljy8qqosox8wofviajznjxlccffd8jvcydq2eakc5trtdn4gsufzu5a8krf1em8yn00x2-g18ploorg-wwlhm2j7054zk7fuojxiypmx01evhtdjwsmwst3w-hwddwl-w400-h205.png" alt=""></p>
<p>6/ Allergologie</p>
<p>Abordons <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2846347">l&rsquo;allergie à la cacahuète</a>, qui est présente chez 2% des patients, et cause principale de mortalité par anaphylaxie (mais ce risque n&rsquo;est que de 1 sur 10 millions). C&rsquo;est une anaphylaxie, avec des symptômes survenant dans les 2heures suivant le contact, on retrouve prick test positifs et des IgE spécifiques (pour les 2: Se: 90% et Sp: 50-60%). En termes de prévention, il faut introduire les fruits à coque avant 6 mois et un essai randomisé chez des enfants de moins de 12 mois avec eczéma sévère a montré que donner 6g de protéines de cacahuète jusqu&rsquo;à 5 ans, réduisait le risque d&rsquo;allergie à la cacahuète avec un NNT de 9 (1,9% vs 13,7%). L&rsquo;immunothérapie orale permet d&rsquo;atteindre 80% de désensibilisation mais est associé à 14% d&rsquo;anaphylaxie&hellip;. Bref, le traitement principal reste l&rsquo;adrénaline IM, répétée toutes les 5-15min si persistance.</p>
<p>7/ Rhumatologie</p>
<p>Cet article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2848670">JAMA</a> parle des ruptures du LCA. Cette revue narrative parle d&rsquo;une revue systématique de 2022 comparant la chirurgie à l&rsquo;absence de chirurgie:  il n&rsquo;y avait pas de différence fonctionnelle, de qualité de vie, de retour à l&rsquo;activité physique ou d&rsquo;arthrose à 10 ans, sachant qu&rsquo;à 2 ans 50% des patients du groupe fonctionnel n&rsquo;avaient toujours pas eu de chirurgie (mais on conclue donc que 50% avaient eu une chirurgie). Chez des patients avec une instabilité, la chirurgie améliorait la fonction par rapport à de la kiné, mais cette différence n&rsquo;était pas cliniquement pertinente à 18 mois. A noter que les enfants/adolescents et les adultes avec lésions sévères ou associés à une méniscopathie était souvent exclus car opérés. Au total, les auteurs plaident pour une rééducation première et de discuter secondairement l&rsquo;opération selon la stabilité et la gêne à reprise d&rsquo;activité physique.</p>
<p>8/ Neurologie</p>
<p>Cette revue systématique d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-02221">Annals of internal medicine</a> compare les nouveaux traitements prophylactiques des migraines chroniques. Les auteurs trouvent que les gépants (ou CGRP antagonistes pour antagonistes du  récepteur du calcitonin gene–related peptide) sont efficaces notamment  l&rsquo;eptinezumab, l&rsquo;atogepant, l&rsquo;erenumab et le galcanezumab qui réduisent le nombre de jours de migraines mensuel par 2 (on avait vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/p/neuro.html#Migraine">ici</a> que c&rsquo;était pas si fou en valeurs absolues pour l&rsquo;urogepan et l&rsquo;erenumab). Mais les patients inclus étaient souvent résistants aux autres traitements. Enfin, les données concernant le topiramate et le propranolol reposent sur des études à risque de biais.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°525 : FemBloc (ANSM), benzodiazépines/grossesse, aGLP1/trouble d'usage de l'alcool, endobrachyoesophage, dépistage CCR, déterminants sociaux</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/05/dragi-webdo-n525/</link><pubDate>Sun, 03 May 2026 20:48:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/05/dragi-webdo-n525/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Addictologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Il n&rsquo;y a pas eu de grandes nouveautés cette semaine alors ça sera rapide. Bonne lecture !</p>
<p> 1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/dispositif-medical-fembloc-de-sterilisation-definitive-suspension-de-sa-mise-sur-le-marche-et-de-son-utilisation-en-france-excepte-dans-le-cadre-dun-essai-clinique">ANSM</a> suspend le dispositif FemBloc de contraception définitive, qui a jugé que pour le moment ce dispositif n&rsquo;a pas démontré de données d&rsquo;efficacité et de sécurité suffisante à moyen et long terme. Visiblement, seules 4 femmes l&rsquo;ont en France mais il reste disponible en Espagne par exemple, où une étude post-commercialisation est en cours. Si on peut éviter d&rsquo;en arriver aux problématiques qu&rsquo;il y a eu avec <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/10/dragi-webdo-n283.html">Essure</a>&hellip;</p>
<p>Une étude de cohorte rétrospective coréenne publiée dans le <a href="https://www.bmj.com/content/393/bmj-2025-088671">BMJ</a>, incluant près de 4 millions d&rsquo;enfant donc 100 000 exposés à des benzodiazépines et Z-drugs pendant la grossesse n&rsquo;a pas mis en évidence de troubles psychiatriques chez les enfants pendant le suivi médian de 6 ans et demi. Cependant, les OR étant proches de la significativité pour les usages de plus de 30 jours, un risque ne peut être exclus.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Voici un <a href="https://www.annfammed.org/content/24/2/97">essai randomisé</a> en cluster d&rsquo;Annals of family medicine, ayant comparé les soins courants, à l&rsquo;utilisation d&rsquo;un logiciel avec des aides à la décision intégrant des déterminants sociaux. Dans les cabinets de MG avec les logiciels donnant des alertes sur les déterminants sociaux, le contrôle tensionnel des patients était meilleur. Il n&rsquo;y avait pas de différences sur l&rsquo;HbA1C. Toutefois, cette étude est en faveur de l&rsquo;importance de la prise en charge sociale des patients en médecine générale. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs au programme de 2 workshops de la <a href="https://woncaeurope2026.org/fr/programme/#1772795570069-a772de3e-f315">#WONCA2026</a> : &ldquo;Social Determinants of Health in Primary Care: What Can GPs Actually Do?&rdquo; et &ldquo;Social Prescribing: From Theory to Real Life&rdquo; .</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>On avait eu cet essai randomisé améliorant le dépistage du CCR grâce aux <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/09/dragi-webdo-n150.html">listes de patientèles</a> en France. Voici un essai randomisé comparant l&rsquo;envoi d&rsquo;un test immunologique fécal (+ des 2 messages de rappel) à l&rsquo;envoie d&rsquo;un test fécal avec recherche d&rsquo;ADN multi-site (FIT-DNA) associé à des rappels téléphoniques, par message et par mail &ldquo;compris dans le kit du fabricant&rdquo;. Après 3 et 6 mois, il y a eu 23% et 27% de participation dans le groupe FIT, et 28% et 32% dans le groupe FIT-DNA, mais cette différence peut être uniquement liée aux messages plus intensifs reçus&hellip; Il n&rsquo;y avait pas de différence dans le taux de positivité d&rsquo;environ 7% dans les 2 groupes , et il en était de même pour les réalisations de coloscopie (31% vs 39%, NS)</p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp2506887">NEJM</a> aborde l&rsquo;endobrachyoesophage ou oesophage de Barrett, présent chez 3 à 14% des patients avec RGO et qui augmente le risque d&rsquo;adénocarcinome de l&rsquo;oesophage. Les facteurs de risque sont d&rsquo;être &ldquo;caucasien&rdquo;, homme, avoir plus de 50 ans, le tabac, l&rsquo;obésité et les antécédents familiaux d&rsquo;EBO. Le diagnostic est fait sur la fibroscopie, généralement proposée devant des symptômes de RGO après 50 ans persistant plus de 6 mois malgré un traitement efficace. La surveillance passe par un contrôle à 3 ans si la zone fait plus de 3cm, 5 ans si moins de 3 cm, et aucun si moins de 1cm car la définition d&rsquo;EBO c&rsquo;est à partir de 1 cm.</p>
<p>4/ Addictologie</p>
<p>Suite à l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2026/03/dragi-webdo-n518.html">essai</a> montrant une association entre réduction des addictions et analogues du GLP1, voici un essai randomisé du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(26)00305-3/fulltext">Lancet</a> comparant le semaglutide au placebo chez des patients avec trouble de l&rsquo;usage de l&rsquo;alcool et obésité. Après 6 mois, le nombre de jours avec consommation importante (&gt; 60g pour les hommes et 50g pour les femmes) sur les 30 derniers jours a été réduit de 41% avec aGLP1 (soit - 7jours) et de 26% avec placebo (soit - 4,5 jours). Il y avait également moins de consommation les jours de prise d&rsquo;alcool et moins de craving. A suivre, notamment sur l&rsquo;évolution après arrêt du traitement.</p>
<p>C&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°524 : vaccination, scoliose, VPPB, toux chronique, infections urinaires, lombalgie chronique, cagrilintide/obésité, nirmatrelvir/Covid, cible HTA, dépistage Alzheimer</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/04/dragi-webdo-n524/</link><pubDate>Sun, 26 Apr 2026 23:43:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/04/dragi-webdo-n524/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Pneumologie</category><category>Neurologie</category><category>ORL</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, merci à toutes et tous pour votre fidélité de lecture du &ldquo;Dragi Webdo&rdquo; qui va entrer le mois prochain dans sa 12ème année! Le timing fait qu&rsquo;il faut parfois aller un peu vite pour pouvoir continuer à publier hebdomadairement les billets, il y a quelques coquilles qui peuvent survenir, alors merci pour vos relectures et commentaires qui permettent d&rsquo;effectuer les corrections au plus vite.</p>
<p>Et maintenant, voici les actualités de la semaine !</p>
<p>1/ Interventions non pharmacologiques</p>
<p> Le <a href="https://www.bmj.com/content/393/bmj-2025-087578">BMJ</a> s&rsquo;est
intéressé aux interventions permettant d&rsquo;améliorer la vaccination des
patients. Pour les enfants, la prise en charge financière et les aides à
la décision étaient les méthodes les plus efficaces. Chez les
adolescents, c&rsquo;est une information délivrée par un membre de la
communauté qui est le plus efficace et les aides à la décision ont un
effet négatif. Enfin, chez l&rsquo;adulte, les interactions humaines,
l&rsquo;entretien motivationnel, la prise en charge des coûts, augmenter les
opportunités de vaccinations et donner des RDV dédiés étaient les
méthodes efficaces, mais l&rsquo;efficacité était de moindre ampleur que pour
les enfants et adolescents.</p>
<p> Cet article d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-04645.fr/doi/10.7326/ANNALS-25-04645">Annals of internal medicine</a> a étudié les interventions non pharmacologiques dans la lombalgie chronique dans une essai randomisé dit &ldquo;SMART&rdquo;, c&rsquo;est à dire Sequential, Multiple-Assignment, Randomized Trial. En gros, c&rsquo;est <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2800681">un essai randomisé</a> dans lequel l&rsquo;intervention est adaptée par des randomisations successives en cas de non-réponse par exemple dans chacun des bras. Ainsi, les patients ont eu d&rsquo;abord 8 semaines de kiné ou de TCC. Bien que la kiné soit plus efficace sur le score fonctionnel, le seuil de pertinence clinique n&rsquo;était pas atteint, et il n&rsquo;y avait pas de différence sur l&rsquo;échelle de douleur. Les non-répondeurs étaient ensuite randomisés pour l’autre traitement ou de la thérapie pleine conscience, et il n&rsquo;y a pas eu de différence entre les différents traitements.</p>
<p>Comme de nombreux médecins et chercheurs, vous vous intéressez de plus en plus aux interventions non pharmacologiques ? Il y a une plénière dédiée à la <a href="https://woncaeurope2026.org/fr/programme/">#Wonca2026</a> (liens vers les inscriptions sur la droite)!!</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)01391-1/abstract">Lancet</a> avait publié une revue systématique incluant les études ACCORD BP, SPRINT, ESPRIT,<br>
BPROAD, STEP, et CRHCP pour étudier le bénéfice net d&rsquo;une cible tensionnelle &lt; 120 mmHg ou &lt; 130mmHg par rapport à une cible standard. Les auteurs confirment que le traitement intensif réduit les évènements cardiovasculaires, avec un NNT de 58 patients (et même la mortalité cardiovasculaire, NNT = 217), mais la survenue d&rsquo;un effet indésirable notable (hypotension, syncope, blessure sur chute, arythmie, angio-oedeme, insuffisance rénale) était également augmentée avec un NNH de 55 patients. Donc 1 événement évité pour 1 EI notable. Le bénéfice sur la mortalité est inconstamment retrouvé dans les autres études et on rappelle que les mesures de PA dans ces études étaient plus proches des auto-mesures que des mesures au cabinet, ce qui biaise les cibles tensionnelles qui correspondent à des mesures au cabinet (on avait parlé de tout ça <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/10/dragi-webdo-n109.html">ici</a>). Bref, rien de très neuf, mais une meilleure mise en évidence des effets indésirables.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)02171-3/abstract">Lancet</a> toujours, a publié un essai randomisé dans les cystites comparant 4 traitements: fosfomycine 3g dose unique, fosfomycine 3g en 2 prises espacées de 24h, pevmecilinam 3 jours et nitrofurantoïne 5 jours, et le critère de jugement était la résolution des symptômes à J7. Pour regarder un peu l&rsquo;épidémiologie, 99% des BU étaient positives aux leucocytes, seulement 25% avaient des nitrites, et les ECBU sont revenus stériles ou contaminés dans 40% des cas !! Dans les ECBU positifs, l&rsquo;E.Coli était majoritaire à 70%. L&rsquo;efficacité a été de 74% pour la nitrofurantoïne, 70% pour le pevmecilinam, 67% pour la fosfomycine 2-doses, et 59% pour la fosfomycine monodose. Il y avait des effets indésirables chez 20% des patients environ dans chaque groupe. On peut alors se dire que la fosfomycine monodose est le pire traitement. Quand on regarde la résolution clinique à 14 et 28 jours, on voit en fait que le pevméciliniam, la fosfomycine 2-dose et la fosfomycine monodose ont une efficacité similaire. Seule la nitrofurantoïne reste plus efficace cliniquement à 28 jours, mais le taux d&rsquo;éradication bactérienne à 14j et 28j est identique à celui de la fosfomycine monodose! Les auteurs concluent donc qu&rsquo;il faut réévaluer le traitement de 1ère ligne de la cystite. Vu l&rsquo;efficacité similaire à 14 jours, ce n&rsquo;est pas certain&hellip; entre possible mauvaise observance (2cp x 3 par jour pendant 5 jours versus 1 sachet unique), les possibles contre-indications, et risques de nitrofurantoïnes notamment au long cours si IU répétées, c&rsquo;est probablement plus raisonnable de maintenir la fosfomycine en 1ere ligne (à noter que le coût est similaire) . En pratique, on avait déjà eu ces résultats en 2018 <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/04/dragi-webdo-n181.html">ici</a>, et vu que l&rsquo;étude cout-efficacité était à réaliser dans chaque pays selon les résistances précises , <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/09/dragi-webdo-n152.html">là</a>.</p>
<p> Après un essai randomisé en 2024 et une analyse de cohorte en 2025 (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/02/dragi-webdo-n473.html">ici</a>), voici une 3ème étude publiée dans le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2502457">NEJM</a> s&rsquo;intéressant à l&rsquo;efficacité du Nirmatrelvir-Ritonavir (Paxlovid*) chez des patients vaccinés non hospitalisés. Cet essai randomisé de 4000 patients recrutés entre 2021 et 2024 (3 doses de vaccin pour 97% des patients, et 60% avec comorbidité) trouve, comme les autres études, que le traitement ne réduit pas la mortalité ou les hospitalisations. Cependant, le taux de guérison médian était de 14 jours avec traitement versus 22 avec soins courants. Bref, au prix que le traitement coûte, on peut désormais l&rsquo;oublier.</p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/393/bmj-2025-087419">BMJ</a> aborde la scoliose structurale idiopathique chez l&rsquo;adolescent. La définition est une torsion avec rotation de la colone, avec un angle de Cobb &gt; 10°. Le dépistage est clinique, confirmé radiologiquement. Le traitement repose sur de l&rsquo;observation simple en cas de risque faible ou modéré d’aggravation. Les corsets sont indiqués pour des angles de 25° à 40° avec un Risser entre 0 et 2. Au delà, une prise en charge chirurgicale peut être indiquée. La grande question dans ce contexte est: faut-il dépister? Les auteurs sont ouvertement pour une prise en charge précoce, mais ils rapportent les recos de l&rsquo;USPSTF et celles du UK National Screening Committee qui ne recommandent pas de dépistage systématique chez l&rsquo;enfant asymptomatique (alors que les recommandations de sociétés savantes spécialisées, possiblement moins objectives, prônent un dépistage des enfants asymptomatiques)</p>
<p>5/ Pneumologie</p>
<p>Cet article de l&rsquo;<a href="https://publications.ersnet.org/content/erjor/early/2026/04/02/2312054100279-2026">ERJ</a> aborde les toux chroniques réfractaires (TOCRI) et étudie l&rsquo;efficacité des recommandations de prise en charge. Les auteurs retrouvent que les prises en charges permettent de réduire de 50% la fréquence de la toux mais que 71% des patients trouvent que leur toux est insuffisamment contrôlée. Les traitements proposés étaient les suivants (le seul truc qu&rsquo;on ne regarde pas vraiment en MG, c&rsquo;est les éosinophiles et les neutrophiles dans les crachats) :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjfjiVXjBIeTflKtcWwYH5MYIpMHnu2tawjmrydnb2essbkU2nBdlyOMSbhtnTIRIjrAhF22vN7TNk_9vNKAt9A7kOko1sUHkxT6-kdzr7-k-W8c2BV-tjG2SLuG6C4X56hCSL_9bPj0ipODDbkvphUJm9krL9OxSpiZTeH5hrfdrM2jcevqdduYkJ7i-qN/s800/tocri%20algorithme.png"><img src="/images/articles/2026/tocri-20algorithme.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Neurologie</p>
<p>Si le dépistage des démences a peu d&rsquo;intérêt pour réduire l&rsquo;évolution de la maladie, peut être en a-t-il pour l&rsquo;entourage. C&rsquo;est ce qu&rsquo;a évalué cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2848024">essai randomisé</a> chez des patients de plus de 65 ans et leurs proches dans 29 centres de médecine générale. Sur 1800 dyades patient-proche, il y a eu 5% de patients avec troubles cognitifs dans le groupe dépisté, mais le dépistage n&rsquo;a pas permis d&rsquo;améliorer la qualité de vie de l&rsquo;entourage.</p>
<p>7/ ORL</p>
<p>On a déjà parlé des VPPB et de la manœuvre de <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/07/dragi-webdo-n406.html">Semont+</a>  à auto-réaliser par les patients. Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2848127">revue</a> narrative revient sur le diagnostic : des vertiges durant moins de 1minutes mais survenant de façon répété et déclenchés par la position. Le point important est l&rsquo;absence de nystagmus au repos, car s&rsquo;il est présent, c&rsquo;est en faveur d&rsquo;une névrite vestibulaire (ou d&rsquo;une lésion cérébrale) car le nystagmus du VPPB est dynamique. Il est mis en évidence par la manœuvre de Dix-Hallpike déclenchant le nystagmus pendant 10-20 secondes. Les risques de faux négatifs sont: une manœuvre trop lente (= mettre plus de 2 secondes à allonger le patient) ou une extension inadéquate de la tête pendant la manœuvre. La manœuvre d&rsquo;Epley, qui peut être faite par le patient lui-même, semble être la plus efficace avec 32-80% de résolution à 1 semaine (versus 4-24% avec procédure factice), et 88-98% à 1 mois (versus 24-77% avec procédure factice). En cas de vertiges réfractaires, un avis spécialisé est nécessaire.</p>
<p>8/ Endocrinologie</p>
<p>Pour finir, on avait déjà parlé de l&rsquo;association cagrilintide-semaglutide versus placebo dans la perte de poids chez les patients obèses (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/06/dragi-webdo-n491.html">ici</a>). Voici l&rsquo;<a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(25)00402-4/abstract">essai</a> randomisé cagrilintide-semaglutide versus semaglutide. Chez les patients asiatiques de cette étude, l&rsquo;association a permis une perte de poids de 18% versus 11% avec la monothérapie. Les effets indésirables, notamment digestifs étaient similaires dans les 2 groupes (53% vs 51%).</p>
<p>Voilà pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°523 : BPCO (recos GOLD), DDB (recos), déprescription IPP, pneumopathies, sinusites, asundexian/post-AVC, syncopes, K endomètre, maladie coeliaque</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/04/dragi-webdo-n523/</link><pubDate>Sun, 19 Apr 2026 21:15:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/04/dragi-webdo-n523/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Neurologie</category><category>Oncologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les actualités de la semaine, bonne lecture !!</p>
<p>1/ Cardiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/393/bmj-2025-085720">BMJ</a> aborde cette fois ci les syncopes, qui sont des pertes de connaissances brèves, brutales et de résolution spontanée. Les signes évocateurs sont des antécédents familiaux de mort subite, la survenue en se levant ou déclenché à l&rsquo;effort, sans prodromes vagaux mais possiblement avec palpitations ou douleurs thoraciques ou dyspnée. L&rsquo;examen clinique recherchera une hypotension, insuffisance cardiaque, un trouble du rythme, une valvulopathie (un OMI unilatéral serait en faveur d&rsquo;EP). L&rsquo;examen indispensable st bien sur l&rsquo;ECG , cf ci dessous. Les auteurs proposent également d&rsquo;utiliser le<a href="http://medicalcul.free.fr/csrs.html">Canadian syncope risk score</a> . Le risque de cause cardiaque est inférieur à 2% si le score est inférieur ou égal à 0, ce qui peut permettre de limiter les explorations complémentaires.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjZPanGDkTh5u0IxUyljJHFTlT-7f1xc6Y0DhKZATjxzGQjUqTbQoB0q-a1PO33U5PdJwUp4Q9DiLY_uevFXWwP1JLUuZgU8bq_e2BEXVwFzsNUmylqteQTpn-Xm454zwlDW4ByDm5vhdhiqTslfptCaCV7V8IvpRkacLlfuiEMsT7In2wJlhIMNVYTvulw/s903/ECG.png"><img src="/images/articles/2026/ecg.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Neurologie</p>
<p>A ce jour, la bithérapie aspirine+clopidogrel est recommandée en post-AVC pendant 21 jours avant une monothérapie antiagrégante (sauf si cause cardio-embolique). Voici un essai randomisé, <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2513880">OCEANIC-STROKE</a>, testant l&rsquo;Asundexian (un AOD) en prévention secondaire post-AVC en ajout à la mono ou bi-antiagrégation initiale. Après 1,5an de suivi environ, il y a eu une réduction significative des récidives d&rsquo;AVC avec l&rsquo;asundexian (NNT= 143 patients par an), sans réduction de mortalité cardiovasculaire ou globale. Il n&rsquo;y avait pas non plus de différences d&rsquo;effets indésirables notamment de saignement, ce qui est étonnant&hellip; Il ne faut probablement pas encore ajouter un AOD à tous les patients avec AVC thrombotique suite à cette étude.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2847570">article</a> sur le cancer du corps de l&rsquo;endomètre. Les facteurs de risques sont notamment, l&rsquo;obésité, le diabète, les THM avec oestrogènes sans progrestérone associé, le tamoxifène post cancer du sein et les causes génétiques. Il n&rsquo;est pas recommandé de dépistage sauf si cause génétique (notamment les polyposes et cancers du colon familiaux: Lynch, Peutz Jeghers). La symptomatologie principale consiste dans des métrorragies post ménopausiques et l&rsquo;examen initial à réaliser est une échographie transvaginale. Ensuite, il faut adresser au gynécologue.</p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le plus bel article de la semaine est cet essai randomisé du DMG de Nantes, publié dans <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2847655">JAMA internal medicine</a>. Cet essai randomisé en cluster monstrueux  visait a améliorer la dépresciption des IPP inutiles. Il a inclus  1500 MG et 34 000 patients ! Les participants étaient répartis en 3 groupes: 1/ intervention auprès du médecin avec une information sur la déprescription des IPP + du patient avec brochure d&rsquo;information également, 2/ l&rsquo;intervention auprès du médecin seulement, 3/ soins courants. Le critère de jugement principal était une baisse d&rsquo;au moins 50% de la consommation d&rsquo;IPP à 1 an. La double intervention patient-médecin permettait de réduire davantage la consommation d&rsquo;IPP par rapport à l&rsquo;intervention médecin seule et aux soins courants (NNT =15/an pour les 2 comparaisons). Pour vous rassurer, les auteurs évaluaient aussi les symptômes du RGO, qui n&rsquo;étaient pas différents selon les groupes.</p>
<p>Cet article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp2415548">NEJM</a> aborde la maladie coeliaque, qui se manifeste par des symptômes digestifs extrêmement divers, variés et non spécifiques. Il n&rsquo;y a pas grand chose de neuf, si ce n&rsquo;est qu&rsquo;il est de plus en plus validé de se passer de la fibroscopie/biopsie et que la séquence IgA anti transglutaminase  &gt; 10N puis IgA anti endomysium positif permet de l&rsquo;éviter. Si les IgA sont élevé mais &lt; 10N ou que les Anti endomysium sont négatifs, une biopsie est nécessaire. Il est suggéré de doser les IgA totales car un déficit congénital en IgA existe pour 2-4% des patients atteints. Le traitement réside dans l&rsquo;éviction du blé, l&rsquo;orge, le seigle et les céréales apparentées. L&rsquo;avoine peut être introduire après résolution des symptômes et quasi-normalisation des IgA anti transglutaminase.</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Concernant les pneumonies, une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-03538">étude</a>  présentée comme un essai émulé. d&rsquo;Annals of internal medicine a inclus 55 000 patients avec pneumopathies hospitalisées aux États Unis. Le 1er résultat est que seuls 10% des patients hospitalisés étaient éligibles à un traitement antibiotique court (pas de comorbidité et stabilité clinique à J3). Parmi eux, 8% seulement avaient eu un traitement court de 3 ou 4 jours, la majorité ayant eu 7 jours de traitement. A 30 jours, il n&rsquo;y avait pas de différence de mortalité, de réadmission entre ceux ayant eu un traitement court ou un traitement long parmi les éligibles. Cela conclue donc à une équivalence des 2 durées de traitement et oriente vers la prescription de traitements courts, conformément aux recos actuelles.</p>
<p>Voici une autre <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2847972">étude de cohorte</a> rétrospective ayant comparé l&rsquo;amoxicilline versus amoxicilline+acide clavulanique chez les patients atteints de sinusite aigue non compliquée chez des patients de moins de 65 ans. Après 14 jours de traitements, il y avait autant d&rsquo;échec de traitement entre les 2 groupes (A: 3,1% et A+Ac: 3,0%), mais davantage de mycoses vaginales (A: 0,8% , A+Ac: 1,1%) et d&rsquo;infections à C.Difficile (A:0,02% , A+Ac: 0,04%). Cette étude va donc dans le sens de ne pas mettre d&rsquo;acide clavulanique pour traiter les sinusites.</p>
<p> </p>
<p>6/ Pneumologie</p>
<p>Voici les quelques points sur lesquels le <a href="https://goldcopd.org/wp-content/uploads/2026/01/GOLD-Pocket-Guide-2026-v1.1-20Nov2025_WMV2.pdf">GOLD 2026</a> insiste concernant la prise en charge de la BPCO. On reste sur un diagnostic avec un VEMS/CV &lt; 0,7 restant &lt;0,7 après bronchodilatation. La classification se fait toujours sur les grades A, B et E reposant sur le nombre d&rsquo;exacerbations sévères, le mMRC et le score CAAT (qui est le nouveau nom du CAT). En grade A, LAMA ou LABA sont recommandés (privilégier les LAMA), et une double bronchodilatation LAMA+LABA est indiquée pour les grades B et E. Le tableau suivant indique comment augmenter ou adapter les traitements en cas d&rsquo;échec selon le taux d&rsquo;éosinophiles (&gt;100 mais surtout  &gt;300) avec une trithérapie LAMA+LABA+CSI ou ajout d&rsquo;azithromycine à la double bronchodilatation (à ce stade il faut quand même plutôt prendre un avis pneumo).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg4LACwXQ7Hyy_C16t5zE4QfJgeA7LHnlQb9Mq0u6GJA1oAMomrLSfL0lwtPl3awbShkmus1I50c6w_yuDslkYeqSkVmnA-VY-w7Dj1DAZ0fA2lvovb7MF0VUOYNfK7TRjoZe2Sayp_-naHmlxRo_UZXCrPJDjdQ-CL2Ke7ZZVk38OBNX4uIgHQVEN8lpC3/s1137/GOLD%202026.png"><img src="/images/articles/2026/gold-202026.png" alt=""></a></p>
<p>Pour les patients qui seraient sous LABA+CSI, les auteurs proposent de
passer à LABA+LAMA en l&rsquo;absence d&rsquo;antécédent d&rsquo;exacerbation ou si
exacerbation avec &lt; 100 éosinophiles, de passer à LABA+LAMA+CSI en
cas d&rsquo;exacerbation récente avec &gt; 100 éosinophiles ou si antécédent
d’exacerbation sévère ayant répondu aux corticoïdes inhalés.</p>
<p>Pour les exacerbations, l&rsquo;utilisation en 1ère ligne reste les SABA (salbutamol/terbutaline) avec un niveau de preuve C. Il est proposé de donner 5 jours de corticoïdes pour réduire la durée des symptômes (surtout à l’hôpital), et des antibiotiques pendant 5 jours sont indiqués pour réduire la durée et des symptômes et d&rsquo;hospitalisation si crachats purulents, oxygénothérapie nécessaire ou antécédent d&rsquo;infection documenté sur un ECBC (grade A)</p>
<p>Enfin, voici des <a href="https://publications.ersnet.org/content/breathe/22/2/260001">recommandations</a> sur la prise en charge des bronchectasies (DDB). Devant toute DDB, les auteurs recommandent :  NFS, ionogramme, IgE totales et IgE+IgG anti-aspergillaire, dosage pondéral des immuno-globulines (IgG, IgA, IgM). [c&rsquo;est quand même pas si rare de voir des bronchectasies sur un scanner&hellip;] ]Puis, en dehors de la mucoviscidose qu&rsquo;on ne diagnostiquera normalement pas à notre stade en MG, on peut rechercher un déficit en alpha1 antitrypsine si le patient a également une BPCO précoce ou une anomalie du bilan hépatique, ou une maladie auto-immune si autre maladie auto-immune, arthralgies ou signes de vascularite (AAN, ENA, ANCA, anti-CCP, Facteur rhumatoïde). Dans le traitement, les corticoïdes inhalés ne sont pas recommandés. La question qui se pose est celle des macrolides au long cours, indiqués si au moins 2 exacerbations par an ou 1 sévère par an et après exclusion de mycobactérie non tuberculeuse. (Des LAMA et LABA peuvent être indiqué si une BPCO est associée, selon les critères de recommandations BPCO). Pour les exacerbations, la durée de 14 jours a été réduite de 7 à 10 jours, à débuter après un ECBC idéalement.</p>
<p>Et c&rsquo;est fini pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°522 : surcharge cardiaque, hypotension orthostatique, commotion cérébrale, canal carpien, déprescription levothyroxine, CCR et coloscopie chez le sujet âgé, stade diabète, maladie de Crohn</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/04/dragi-webdo-n522/</link><pubDate>Tue, 14 Apr 2026 21:59:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/04/dragi-webdo-n522/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les actualités de la semaine. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiologie</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2845382">JAMA</a> compare les différents signes cliniques, radiologiques et biologiques pour diagnostiquer une surcharge cardiaque. Dans l&rsquo;ordre décroissant, les meilleurs signes (meilleur rapport de vraisemblance positifs) sont : le BNP &gt;100, la radiographie thoracique, la turgescence jugulaire et les lignes B à l&rsquo;échographie, qui ont des RV+ &gt; 4. (malheureusement on a pas pour le nt-proBNP qui est plus utilisé en ville)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgfb3Z08Ji6bHDdkDDJvBiVqdcsBGJ6a0CJHIjxuTAFKgYUN3gHvhHa8pWmunLZ1oD1eBNNS97tTK285R3oPqqDKwNYlIueEmugnpHNEUSHvZre_yptt8kC_k5wQJSJCeOn_lVdoxJ9TPWVFHZEraRH6OTQngceCCna0mw_y0GPVi-yA-TGOw7ZOwrziZOD/s1308/OAP.png"><img src="/images/articles/2026/oap.png" alt=""></a></p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2847532">revue</a> systématique aborde l&rsquo;hypotension orthostatique qui correspond à une baisse de 20mmHg de PAS ou 10mmHg de diastolique dans les 3 minutes en se relevant. La mesure &ldquo;assis-&gt;debout&rdquo; est encore peu validée mais les seuils de -15mmHg de PAS et -7mm de PAD semblent retenus. Les causes sont soit, non neurogènes (médicaments tels que bb-, diurétiques&hellip;, hypovolémie, excès de remplissage veineux et cardiologique tel que FA, insuffisance cardiaque), ou neurogènes (primaire comme Parkinson,  ou secondaire comme carence en B12, diabète, neuropathie, maladie auto-immune, tétraplégie). Les causes neurogéniques peuvent être suspectées si le ratio &ldquo;variation de FC&rdquo; / &ldquo;baisse de PAS à 3min&rdquo; est &lt; 0,5. La prise en charge repose sur des apports (2L/jour, et 6-10g/j de sel en l&rsquo;absence de contre indication), contention (plutôt collants), et se lever progressivement. Si c&rsquo;est insuffisant : soit il y a une hypertension de décubitus uniquement et le traitement est plutôt de la droxidopa, soit il n&rsquo;y en a pas et c&rsquo;est midodrine ou droxidopa. Si c&rsquo;est toujours un échec, il y a d&rsquo;autres traitements (fludrocortisone, pyridostigmine, atomoxetine)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgU37pu6RwUqnGY3kL76j_Z1Ft3z43UF6rMTtNtrn7bRETuoXy0l3crMNqkJqlU_RNty8qZpHO1VmSZMRkhLQ32clMkziY2OAZphzUoOie2wotLVGPKBz_8FAgzVjpB_l0mDuiwwn4mJHrX5WHt8AnQG9ZwJ2Ivon4K2lNJY6JqkvRkQJ9Sytknq8pGtu6m/s1300/hypoTA.png"><img src="/images/articles/2026/hypota.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Traumatisme et rhumatologie</p>
<p>Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2847281">article</a> aborde les signes de commotion cérébrale chez l&rsquo;enfant. Le brouillard cérébral, l&rsquo;hypersensibilité au bruit ou à la lumière et les nausées sont les meilleurs signes cliniques. L&rsquo;examen clinique trouvera souvent des anomalies aux 4 tests oculomoteurs suivants (il y a aussi des vidéos dans l&rsquo;article): trouble de convergence, poursuite, mouvements saccadés et réflexe occulo-vestibulaire.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgVoqUd7uTL7NdKBbSsffPjnjGTsoDnqQ9ebTmybD9K7QY_FOPxogmNoVIUMNRbHeIKRZCfIm7QCyFFtqzpTrKFAoufkXWKC1tunw8FMgAaQp5UlFqiSffm-7NIOtB24y4lBSqnfLM1LBJHSRo4rIah71Lv3Spydo8waoPuSuUyFWukYnbR7f9ky85ZPJLz/s1313/concussion.png"><img src="/images/articles/2026/concussion.png" alt=""></a></p>
<p>Un <a href="https://evidence.nejm.org/doi/full/10.1056/EVIDoa2500261">essai</a> randomisé a comparé des attelles de poignées versus bandages placebo dans la prise en charge du canal carpien. A 12 semaines, il n&rsquo;y avait pas de différence sur un score évaluant les symptômes (CTS symptômes score) et il y avait autant d&rsquo;opérations à 1 an. Pour mémoire les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/02/dragi-webdo-n388.html">infiltrations</a> semblaient efficaces à 6 mois (mais l&rsquo;était autant que les attelles à 6 mois dans cette autre <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/10/dragi-webdo-n201.html">étude</a>&hellip;)</p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>Voici quelques éléments concernant la maladie de Crohn tirées des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2847307">recommandations américaines</a> de 2025. Sur le diagnostic, la calprotectine fécale est recommandée avec un seuil de 50-100µg/g pour différencier les troubles digestifs non inflammatoires notamment en cas de diarrhée. Dans les suivi, les coloscopies sont indiquées tous les 2-3 ans à partir de 8 ans après le diagnostic pour réduire le risque de mortalité par cancer du colon.</p>
<p>Et comme on parle de coloscopie, voici une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2847311">étude</a> de cohorte américaine incluant des patients de 75 ans qui ont eu une coloscopie antérieurement. Pour 28% d&rsquo;entre eux, la coloscopie avait trouvé des adénomes. Après 10 ans de suivi, il y a eu 1,1% de cancer chez ceux ayant eu un adénome et 0,7% chez ceux sans adénome, avec des mortalités par cancer respectivement de 0,5% et 0,4%. En comparaison la mortalité par cause différente du cancer sur la période était de 47% environ. Ainsi, la mortalité par CCR est négligeable par rapport aux autres causes et les auteurs ne recommandent donc pas de poursuivre les coloscopies après 75 ans.</p>
<p>4/ Endocrinologie</p>
<p>Un <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(25)00333-X/abstract">article</a> de diabétologie nous transporte vers de nouvelles définitions du diabète et probablement vers le sur-diagnostic. En effet nous avions vu que le pré-diabète était déjà associé à une augmentation du risque de complications (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/11/dragi-webdo-n117.html">ici</a> par exemple). Ainsi les auteurs proposent une classification en 3 stades:</p>
<ul>
<li>stade 1: glycémie normale mais augmentant en restant &lt; 1g/L</li>
<li>stade 2: glycémie anormale (actuel pré-diabète, hbA1C entre 5,7 % et 6,4%)</li>
<li>stade 3: diabète nécessitant un traitement médicamenteux</li>
</ul>
<p>Cela pourrait permettre d&rsquo;insister davantage sur les RHD dès le prédiabète, mais le glissement n&rsquo;est pas loin&hellip;</p>
<p>Voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2847282">essai monobras</a>ayant évalué la déprescription de la levothyroxine (LT) chez les patients âgés de plus de 60 ans ayant une TSH &lt; 10 et une dose de LT &lt; 150µg/L. La décroissance était progressive, avec une diminution du LT entre 12,5µg/j et 25µg/j toutes les 6 semaines jusqu&rsquo;à l&rsquo;arrêt. Parmi les 370 participants 27% ont pu arrêter le LT en maintenant une TSH &lt; 10 à 1 an. Il n&rsquo;y avait pas de différence dans la qualité de vie des patients ayant réussi à arrêter la LT et ceux n&rsquo;ayant pas réussi. Il n&rsquo;avait pas non plus davantage de symptômes. Au contraire, ceux qui ont eu un échec de décroissance avaient eu davantage de symptômes, ce qui a pu conduire au maintien des doses. Il semble donc possible de déprescrire la LT chez certains patients âgés, notamment pour des doses &lt; 50µg/j de LT.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°521 : Cibles LDL prévention secondaire, evolocumab/diabète, post-infarctus (bêta bloquants, clopidogrel), rétrécissement aortique, nutrition/risque cardiovasculaire, ozeltamivir/EHPAD, fluvoxamine, dépistage BPCO</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/04/dragi-webdo-n521/</link><pubDate>Mon, 06 Apr 2026 22:12:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/04/dragi-webdo-n521/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, plus que 3 mois avant le congrès européen de la <a href="http://woncaeurope2026.org">WONCA</a> à Paris ! Parmi les <a href="https://woncaeurope2026.org/wp-content/uploads/2026/03/12662-wonca-ENG.html">points</a> qui vont y être discuté et qui peuvent vous intéresser, comme vous trainez sur ce blog :</p>
<ul>
<li>
<p>l&rsquo;EBM est-elle un modèle dépassé ou est-elle toujours d&rsquo;actualité ?</p>
</li>
<li>
<p>les médecins doivent-ils être actifs sur les réseaux sociaux ?</p>
</li>
</ul>
<p>Vous pouvez <a href="https://woncaeurope2026.org/fr/inscription/">cliquer ci-dessous</a> pour vous inscrire !</p>
<p><a href="https://woncaeurope2026.org/fr/inscription/"><img src="/images/articles/2026/banni-c3-a8re-20promotion-20wonca-20-20fr-20-1200x-201200-20px-2.png" alt=""></a></p>
<p> En attendant, voici un billet tourné autour de nombreuses nouveautés cardiovasculaires ! Bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2847162">JAMA</a> a publié une analyse du sous groupe de patients diabétique de l&rsquo;essai VESALIUS-CV, un essai randomisé testant l&rsquo;evolocumab en prévention primaire dont on avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/11/dragi-webdo-n504.html">ici</a>  et qui avait montré une baisse d&rsquo;AVC et infarctus non fatals dans FOURRIER (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/03/dragi-webdo-n132.html">ici</a>). Ainsi, les patients diabétiques en prévention primaire à haut risque (diabète &gt; 10 ans, sous insuline ou microangiopathie) suivi pendant près de 5 ans avaient moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires sous evolocumab par rapport au placebo (4.5% vs 6.5% soit NNT= 50). Comme pour les analyses de l&rsquo;étude globale, la mortalité globale et cardiovasculaire étaient également réduites (respectivement NNT= 48 et NNT= 91). C&rsquo;est donc un traitement qui peut confirmer son intérêt dans cette population, mais l&rsquo;efficacité est-elle du à la baisse du LDL ou par un effet propre de la molécule ?</p>
<p>Ce qui nous conduit à discuter des cibles de LDL en prévention secondaire. Jusque-là, en prévention secondaire, nous avions une série de 3 études
réanalysant des essais randomisés ou des études de cohorte trouvant que
plus la cible était basse, plus le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires
était faible (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/04/dragi-webdo-n181.html">ici</a>). Puis il y eu un ECR en post-AVC qui montrait qu&rsquo;une cible à 0,7 g/L de LDL réduisait davantage les récidives que 1g/L (<a href="http://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n247.html">ici</a>). Enfin, un <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/03/dragi-webdo-n390.html">dernier ECR</a> avait comparé statine forte dose à dose fixe versus une cible à 0,7g/L qui montrait une équivalence des 2 stratégies.</p>
<p>Voici donc l&rsquo;étude <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2600283">Ez-PAVE</a>, essai randomisé sud coréen ayant testé une cible de 0,55g/L (intensif) versus 0,7g/L (modéré) chez 3000 patients en prévention secondaire (AVC, AIT, coronaropathie ou AOMI). Le critère de jugement principal était un critère composite cardiovasculaire à 3 ans. A l&rsquo;inclusion, les patients avaient 64 ans, 39% étaient diabétiques, leur LDL était de 0.75g/L (23% avec statine forte dose, 68% une statine modérée et 29% de l&rsquo;ezetimibe seul ou associé). Après 3 ans, le LDL du groupe intensif était à 0,56g/L (cible atteinte pour 60% des patients), et celui du groupe modéré était à 0.66g/L (cible de 0.7g/L pour 68% des patients du groupe modéré, et atteint pour 85% des patients du groupe intensif). Sur le critère cardiovasculaire, le groupe intensif avait moins d&rsquo;évènements (OR=0,67 que je note exceptionnellement pour y revenir après, NNT= 33 à 3 ans, soit environ 100/an), porté par les revascularisations coronaires (NNT= 38 ) et les infarctus non fatals (NNT= 112). Il n&rsquo;y avait pas davantage d&rsquo;effets indésirables dans le groupe intensif. Et donc, effet traitement ou bénéfice uniquement lié à la cible? La différence de 0,10g/L soit 0,26mmol/L explique-t-elle la réduction de 33% d&rsquo;évènements ? Si on se fie à la référence qu&rsquo;est la méta-analyse du CTT publiée dans le <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2988224/">Lancet</a> en 2010, chaque baisse de 1mmol/L de LDL réduit le risque de 22%. Donc là, nous avons une réduction moindre de LDL mais une meilleure réduction du risque. Il faudrait donc chercher plutôt du coté des médicaments utilisées plutôt que de penser uniquement à la cible.</p>
<p>L&rsquo;appendice de l&rsquo;article nous informe qu&rsquo;il y a eu une 2eme randomisation après groupe intensif ou modéré : dans chaque bras il y a eu statine + ézétimibe (connu pour réduire les évènements CV dans <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/06/dragi-webdo-n53.html">IMPROVE-IT</a>) versus rosuvastatine ou atorvastatine. Il s&rsquo;agissait de rosuva 20 ou atorva 40-80 dans le groupe intensif et de rosuva 10-20 ou atorva 20-40 dans le groupe modéré. Ainsi, l&rsquo;étude a surtout comparé l&rsquo;atteinte de la cible sous rosuvastatine ou atorvastatine +/- ezetimibe pour atteindre l&rsquo;objectif. Les molécules ayant démontré une réduction de mortalité (simvastatine et pravastatine) étaient prescrites pour moins de 1% des patients et les anti-PCSK9 également. Ainsi, à 3 ans les grandes différences de traitements sont: l&rsquo;ézétimibe prescrit chez 66% du groupe intensif vs 56% du groupe modéré à la fin de l&rsquo;étude et la rosuvastatine 20 prescrite chez 34% du groupe intensif vs 23% du groupe modéré (a la place d&rsquo;atorvastatine 10-20 prescrite chez 7% du groupe intensif vs 16% du groupe modéré). Tout ça pour dire qu&rsquo;une cible de 0,55g/L semble réduire les récidives de revascularisation, possiblement grâce à la rosuvastatine 20 (mais comme elle n&rsquo;a jamais montré de bénéfice versus placebo&hellip;), ou à davantage d&rsquo;ezetimibe (qui a un effet propre démontré comme on l&rsquo;a dit!). Il reste dommage de ne pas oser une comparaison versus statine &ldquo;modérée&rdquo; avec bénéfice de mortalité démontré. En pratique, l&rsquo;objectif peut être atteint avec de l&rsquo;atorvastatine et de l&rsquo;ezetimibe si on souhaite utiliser des médicaments dont le bénéfice a été déjà démontré versus placebo en prévention secondaire sur la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaire (mais encore une fois, aucun traitement sauf la simvastatine et la pravastatine ne l&rsquo;ont fait sur la mortalité en essai randomisé) (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/02/les-statines-sont-mes-copines.html">ici</a>).</p>
<p>L&rsquo;étude <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/dragi-webdo-n383.html">HOST-EXAM</a> continue son chemin, et voici <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(26)00422-8">les résultats à 10 ans</a> ! Pour rappel, cet essai randomisé comparait la poursuite au long cours post-infarctus d&rsquo;une monothérapie par aspirine versus clopidogrel. Les résultats se maintiennent, avec, sous clopidogrel, une moindre survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaire globaux : moins d&rsquo;évènements thrombotiques (NNT= 36 à 10 ans) et un moins d&rsquo;évènements hémorragique sévères (NNT= 48 à 10 ans) ! Il n&rsquo;y avait cependant pas de différence de mortalité.</p>
<p>Tout comme l&rsquo;aspirine, les bêta-bloquant sont en sursis dans le post infarctus avec FEVG conservée, comme on l&rsquo;avait vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/11/dragi-webdo-n504.html">ici</a>. Cette <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2601005">nouvelle étude</a> a randomisé des patients sans insuffisance cardiaque et avec FEVG &gt; 40% qui ont un bêta bloquant depuis depuis 1 an en post-infarctus en 2 groupes: poursuite ou arrêt du bêta-bloquant. Après un suivi médian de 3 ans, il n&rsquo;y avait pas de différence de survenue du critère de jugement cardiovasculaire composite entre les 2 groupes, ni sur la mortalité, les infarctus ou les AVC. Bref, on va peut être pouvoir ne pas initier les bb- en poste infarctus et les arrêter pour ceux qui en ont alors que la FE est &gt; 40% (notons que les recos ESC vont en ce sens mais que le recos américaines maintiennent le bb- si SCA).</p>
<p>On a déjà débattu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/11/dragi-webdo-n460.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/01/dragi-webdo-n467.html">là</a> du traitement ou de la surveillance en cas de rétrécissement aortique serré asymptomatique (≤0.75 cm2 et vitesse maximale trans-aortique Vmax &gt; 4.5m/s). Cet <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2511920">essai randomisé</a> a comparé la prise en charge chirurgicale à une surveillance chez 145 patients âgés de  64 ans qui ont été suivis pendant 10 ans. Il semble que les mortalités opératoire et cardiovasculaire (critère principal) soient diminuées de façon majeure  dans le groupe chirurgie précoce  (3% vs 24% soit un NNT de 5 patient à 10 ans), tout comme la mortalité globale (15% vs 32% soit un NNT de 6 patients à 10 ans). Il y a peut être des biais que je ne connais pas dans cette étude, chers cardiologues et chirurgiens, n&rsquo;hésitez pas à commenter !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh7Rgi_J59s3vlweffLTIb4IV9CQuQ3U59P97eQwb57HdxFQ6BOIRCmHaOROvrgqsGj7r1blzJFxN4MKl1IRNc3-oPjJ2h4rxs950VQOILq66s9YyCUMefVAWUBIURj6nCldxUmcynkp_eO0sIKJ6ArVe5tAOhI8E333hkBRNWf19PpynAiNU0da9E0uyUQ/s485/RAC.png"><img src="/images/articles/2026/rac.png" alt=""></a></p>
<p>La <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIR.0000000000001435">société américaine de cardiologie</a>
a publié des recommandations concernant les règles diététiques pour
améliorer le risque cardiovasculaire. Elles sont très bien résumées sur
leur image :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjkIJC82iGq5UVqsIO2aEKFgCJFWKk7-c7QwHslhdbaCGtgyWFipUCZ3olOo1VSDIOC2ppidydHLJY4ixdJU1SWq8MaVAhsCz1GMdeyicAJlVQFI9Kt2L6lguzulCluExasMGsX-e0FAZq3xyX_7Y1O35-2HB_GYJny0D5PsS8BXA7FwlDuUFOYH9e4fUGd/s1600/RHD%20AHA.png"><img src="/images/articles/2026/rhd-20aha.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2846967">essai</a> émulé à partir d&rsquo;une cohorte de patient en EHPAD, qui a proposé une chimioprophylaxie par ozeltamivir chez 70% des résidents dans les 48h suivant la découverte d&rsquo;un cas de grippe dans l&rsquo;EHPAD. Les auteurs trouvent que ce traitement préventif a réduit de 21% le risque d&rsquo;hospitalisation (NNT= 105) à 14 jours, mais pas à 30 jours, et sans effet sur la mortalité à 14 ou 30 jours. Donc des résultats mitigés&hellip; qui pourraient mériter d&rsquo;être confirmés avec un essai randomisé.</p>
<p>Après avoir déçu dans le traitement du Covid, la fluvoxamine est à nouveau testée, mais dans le Covid long ! Cet essai, <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-03959">REVIVE-TOGETHER</a>, testait également la metformine dans cette même indication. Les patients devaient avoir une fatigue (Score FSS **≥**4) entre 90 et  365 jours après un Covid, sans autre cause identifiable. A 90 jours, la fluvoxamine améliorait significativement le score de − 0,58 [−0,98 ; −0,16], mais l&rsquo;intervalle recoupe le seuil de pertinence clinique de -0,45 donc le bénéfice clinique est possible mais pas certain. Enfin la metformine n&rsquo;apportait pas de bénéfice significatif, comme d&rsquo;habitude.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Est-ce bientôt déjà la fin des spirométries ? Cet <a href="https://www.nature.com/articles/s41533-026-00486-6">article</a> de primary care respiratory medicine a évalué la pertinence d&rsquo;un outil d&rsquo;IA sur smartphone diagnostiquant la BPCO au &ldquo;son de la toux&rdquo; produite par le patient ! Les auteurs trouvent que leur outil a une sensibilité de 92% et une spécificité de 86% pour diagnostiquer une BPCO dans une cohorte de validation! Dans cette cohorte on peut calculer une VPP de 52% (pas géniale) et une VPN de 99%. Donc ça semble exclure plutôt bien les non BPCO.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°520 : bilan pneumopathies, vaccin COVID/mortalité, THM/mortalité, HTA résistante, lithiases urinaires, aGLP1/risque CV, échographie en MG</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/03/dragi-webdo-n520/</link><pubDate>Sun, 29 Mar 2026 21:21:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/03/dragi-webdo-n520/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Médecine générale</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Urologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les actualités de la semaine, bonne lecture !!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Cette <a href="https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1004924">étude</a> de cohorte rétrospective incluant 6 millions de patients dont 5000 avec une mort subite, a recherché une association avec la vaccination contre le Covid. La vaccination Covid n&rsquo;était pas associé à un sur-risque de mort subite, que ce soit après la 1ère, 2ème ou 3ème dose, ou chez les moins de 40 ans.</p>
<p> Dans une <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-085998">étude</a> de cohorte de 900 000 danoises, de plus de 45 ans dont 12% ont eu un traitement hormonal de la ménopause lors d&rsquo;un suivi moyen de 14 ans. L&rsquo;incidence annuelle de décès chez les femmes avec THM était de 5,5 pour 1000 versus 3,6 pour 1000 chez les femmes sans traitement. Et alors que le risque de mortalité semblait supérieur sous THM en analyse brute (OR=1,04 [1,01-1,06]), le THM pourrait être associé à une moindre mortalité après ajustement (OR=0,96 [0,93-0,98]). Difficile de réellement conclure à un bénéfice sur ce type d&rsquo;étude, mais le THM ne semble pas associé à une surmortalité. A noter que les risques semblaient, comme on l&rsquo;a déjà dit (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/12/dragi-webdo-n464.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/11/dragi-webdo-n461.html">là</a>), plus faibles avec les oestrogènes transdermiques.</p>
<p>2/ Exercice médical</p>
<p>Dans une <a href="https://link.springer.com/article/10.1186/s12875-026-03268-8">étude</a> rétrospective incluait les dossiers médicaux de 30 médecins généralistes danois utilisant l&rsquo;échographie clinique (point of care ultrasonography, POCUS) et de 60 ne l’utilisant pas. Sur 26 000 consultations, ils ont trouvé 29 situations d&rsquo;utilisation de l&rsquo;échographie (notamment pneumonies, douleurs d&rsquo;épaule/épanchement/gonalgie, résidu post mictionnel, lésions cutanées et contrôle de DIU) représentant 9% des consultations. Les médecins utilisant l&rsquo;échographie avaient moins souvent recours à une imagerie (7.4% vs 11.9%) et moins souvent à un spécialiste d&rsquo;organe (9.3% vs 17.4%).  C&rsquo;est donc une étude intéressante sur les implications de l&rsquo;écho en médecine générale !</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2846682">JAMA</a> aborde l&rsquo;HTA résistante qui touche 10% des patients hypertendus. Les auteurs utilisent la définition américaine: HTA &gt; 130/80 malgré 3 antihypertenseurs dont un diurétique, mais en gros c&rsquo;est une HTA non contrôlée selon les normes considérées (que ce soit au cabinet ou en mesures à domicile par AMT ou MAPA). La vrai HTA résistante est diagnostiquée après  vérification de l&rsquo;observance (améliorée par les pilules combinées) et exclusion des causes d&rsquo;HTA secondaires. Les principaux diagnostics différentiels sont le SAOS, la maladie rénale chronique, l&rsquo;hyperaldostéronisme primaire, l&rsquo;HTA rénovasculaire, la iatrogénie (alcool, COP, ains, les imidazolés, les IRSNA et les vasoconstricteurs nasaux). Rarement c&rsquo;est lié à une hypo ou hyperthyroïdie, un phéochromocytome, une coarctation aortique ou un Cushing. Le traitement repose sur les RHD (activité physique, &lt;1,5g/j de Na). Le traitement médicamenteux consiste dans une trithérapie avec les molécules de bases (préférer indapamide si DFG &gt;30 et furosémide si 30). La spironolactone est indiquée en complément pour  contrôler la tension si DFG &gt;45 et kaliémie &lt; 4,5mmol/L (l&rsquo;amiloride et l&rsquo;éplérénone sont les alternatives). Ensuite si la PA n&rsquo;est toujours pas contrôlée, en plus ou à la place de la spironolactone, on peut mettre un bêta bloquant, un alpha bloquant ou un central.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Voici un <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1198743X26001242">essai</a> randomisé mené sur une base de 3700 médecins utilisant antibioclic (vous y avez peut-être participé!). L&rsquo;étude comparait les prescriptions d&rsquo;antibiotiques dans une vignette clinique selon 1) examen clinique seul, 2) RXT en 1ère ligne 3) CRP en 1ère ligne 4) CRP en complément de la RXT. Par rapport au groupe sans examen complémentaire, faire une RXT réduisait les prescriptions de 90% à 71% (et 50% si RXT normale) et à 76% dans le groupe utilisant la CRP. Pour ce qui est de la CRP après RXT, elle augmentait la prescription d&rsquo;antibiotiques si élevée et la diminuait si normale.</p>
<p>5/ Urologie</p>
<p>Une revue systématique d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-04452">Annals of internal medicine</a> aborde la prévention des lithiases urinaires récurrentes. En cas de calcul calcique (oxalate ou phosphate), boire abondamment, avoir un régime normocalcique hypoprotidique hyposodé, des diurétiques, l&rsquo;allopurinol et les alcalinisants (type jus de citron) permettent de réduire les récurrences avec un faible niveau de preuve, et au prix d&rsquo;effets indésirables mineurs.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Un <a href="https://bmjmedicine.bmj.com/content/5/1/e002150">essai</a> émulé a comparé les analogues du GLP1 et les sulfamides hypoglycémiants. Les auteurs ont montré relation une durée-réduction d&rsquo;évènements cardiovasculaire chez les patients sous aGLP1. En effets, la réduction de mortalité était progressive entre ceux n&rsquo;ayant pris le traitement que moins d'1,5 ans, ceux l&rsquo;ayant pris entre 1,5 et 2,5 ans et ceux l&rsquo;ayant pris 3 ans.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhOsNOk3CkA6bK44VrmaY3B6t5EBBMLzFhRobUGSLZyy4EW8zv3Y9xkNaIK48BKs5KSpKEwZReahQ2BWVkEk7o4GV6V_J9gX3VNXF6GqSjDraRBS6jjWrWWKHQzEM-VGgZjpHZyq3OEUMfnK6q_6ojqbEsbU9eP30Y00xCfYw01cQ13iEhjkQVUeU6Qdpub/s866/asthme.png"><img src="/images/articles/2026/asthme.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°519 : PrEP injectable, PPR, dépistages CCR, suivi HPV, tabac, psilocybine, recos cardiovasculaires, coordination des soins</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/03/dragi-webdo-n519/</link><pubDate>Tue, 24 Mar 2026 06:55:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/03/dragi-webdo-n519/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>Addictologie</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! A l&rsquo;heure où on parle de l&rsquo;importance de travailler en équipe interprofessionnelle, cette <a href="https://www.annfammed.org/content/24/1/17">étude</a> d&rsquo;annals of family médecine confirme qu&rsquo;une bonne coordination des soins entre médecins et infirmier.e.s réduit le risque de passage aux urgences et les hospitalisations. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiologie</p>
<p>On trouve de nombreuses recos de cardiologie, mais lesquelles sont les plus adaptées pour la médecine générale? Cet <a href="https://www.cfp.ca/content/72/3/e74">article</a> utilisant le G-Trust (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/06/dragi-webdo-n448.html">ici</a>) a trouvé que les recos canadiennes du PEER (décrites <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/10/dragi-webdo-n414.html">ici</a>) et celles des vétérans américains (décrites <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n282.html">ici</a>) sont les plus utiles en médecine générale. Les 2 recos basent la prescription en prévention primaire sur une décision partagée, et en prévention secondaire sur des statines fortes doses sans cibles.</p>
<p>2/ Oncologie</p>
<p>On avait vu que seuls <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/03/dragi-webdo-n474.html">50% des patients</a> avaient un dépistage du CCR parmi lesquels 60% étaient réalisés par FIT. Cette nouvelle <a href="https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/7/2026_7_2.html">étude</a> publiée dans le BEH trouve qu&rsquo;il n&rsquo;y a que 52% des patients qui réalisent une coloscopie dans les 3 mois d&rsquo;un FIT positif, et 87% l&rsquo;ont réalisé dans les 2 ans (13% ne réalisent donc pas la coloscopie suite à un FIT positif ou avec un retard pouvant avoir des conséquences cliniques). Les facteurs associés à un non dépistage étaient le sexe masculin, le primo-dépistage, le faible socio-économique et la non transmission des résultats au médecin traitant.</p>
<p>Cet article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2846282">JAMA internal medicine</a> aborde la surveillance après traitement d&rsquo;une lésion du col de l&rsquo;utérus CIN2 ou CIN 3 (qui sont les lésions de haut grade). Les recommandations américaines prônent un test HPV à 6 mois de traitement, puis à 1 an si tout est normal. Le moindre résultat anormal (HPV+ ou lésions de bas grade si un frottis est réalisé) doit faire réaliser une colposcopie avec curetage endocervical. Après 3 tests HPV négatifs, le suivi se poursuit tous les 3 ans pendant 25 ans, même si cela dépasse l&rsquo;âge de 65 ans. Après cette période de 25 ans, on retourne aux recos &ldquo;classiques&rdquo;. Si une hystérectomie survenait dans l&rsquo;intervalle, des prélèvements vaginaux à la recherche d&rsquo;HPV restent recommandés. Enfin, coté prévention, le vaccin anti-HPV est recommandé aux Etats Unis entre 9 et 26 ans quels que soient les antécédents de lésions et est proposé en rattrapage jusqu&rsquo;à 45 ans.</p>
<p>3/ Addictologie</p>
<p>Un article du <a href="https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/7/2026_7_1.html">BEH</a> aborde le prix du tabac. Les auteurs trouvent que 48% des français trouvent l&rsquo;augmentation des prix justifiée (20% pour les fumeurs et 65% pour les non fumeurs). D&rsquo;autre part, le prix était la 2eme raison déclarée comme motivation pour arrêter, après la santé.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEie1b0uPmd8ftKJrfQv93Vsr2WEEPfv8HP64quMvdXrPnWxkZ2fLKnNu2GsaWPG1yfNNF2Nr9JW4xVYtYybe141vBBn-ywVIpJY_4WubjVepXVGD3XNFZ_PlppFm4N0_ZEFB6cEdy7WksI2GzbtfgTY7Fc3rVZHFhVhxNgUD77ZYaOZl3_aRhyP2tr9naFb/s1417/tabac.png"><img src="/images/articles/2026/tabac.png" alt=""></a></p>
<p>On avait parlé de la Psilocybine dans la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/09/dragi-webdo-n-408.html">dépression</a>, elle est maintenant comparée versus substitut nicotinique dans le sevrage tabagique dans un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2846155">essai randomisé</a>. Les patients ont reçu soit 1 dose de psilocybine ou des substituts pendant 2 mois. Après 6 mois, l&rsquo;abstinence prolongé a été atteinte chez 40% des patients ayant eu la psilocybine versus 10% de ceux sous substitut. Il n&rsquo;y avait pas de différence d&rsquo;effets indésirables entre les 2 groupes.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>C&rsquo;était attendu, la <a href="https://sante.gouv.fr/actualites-presse/presse/communiques-de-presse/article/vih-la-prep-injectable-arrive-en-france-et-renforce-les-outils-de-prevention">PrEP</a> par cabotégravir injectable 600mg LA (Aprétude) est disponible avec l&rsquo;objectif de faciliter l&rsquo;accès aux populations insuffisamment couvertes par la PrEP orale (femmes, besoins de discrétion, prise de comprimés difficile, risque inobservance, patients éloignés du système de soins ou vulnérables). Ainsi, la société française de lutte contre le SIDA a publié un <a href="https://www.sfls.fr/ckfinder/userfiles/files/NEW/ressources/SFLS-fiche-traitement-VF-Print.pdf">guide</a>. En pratique, la 1ère injection est à J0, puis la 2eme à M1, puis c&rsquo;est la phase d&rsquo;entretien avec une injection à M3 et tous les 2 mois. Les injections sont à réaliser à +/- 7 jours et la protection est assurée 7 jours après la 1ère injection. En cas de risque allergique, il est possible de commencer par un traitement oral de cabotégravir 30mg/j pendant 30 jours avant la 1ère injection. En cas d&rsquo;oubli de plus de 7 jours en phase d&rsquo;introduction ou de 14 jours en phase d&rsquo;entretien, un traitement post-exposition est recommandé et l&rsquo;injection de cabotégravir doit être réalisée le plus vite possible. Les bilans de suivi sont semblables à ceux de la PrEP classique avec un rythme adapté (cf ci dessous)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh-1NDJjp07Ol5uB8o-9y3Z3q7mczi5-Z8gXC65BFpi17eShr8rE2Gysqj51cm11sutRE52vkD7mnZkqj-74Q4xTak_QOzDYw2dPpedHKLBrtA3mQzYdHwUeKRi6a61YqnG8kFcCWF7hcEaiHI6ND4MHt5Vro4Y1xm1_WpwGMQYST8Fd02aSrVoKQPQxx1c/s854/cabotegravir.png"><img src="/images/articles/2026/cabotegravir.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp2506817">NEJM</a> aborde les pseudo polyarthrite rhizomélique (PPR). C&rsquo;est une maladie inflammatoire touchant environ 2% de la population dont le diagnostic est essentiellement clinique, mais complexe car 1/3 des patients avec PPR sont ensuite rediagonstiqué avec une autre maladie inflammatoire rhumatologique ou vasculaire. Le diagnostic peut quand même être posé devant  un âge &gt; 50 ans, des douleurs des épaules +/- du bassin depuis 2 semaines, avec raideur matinale &gt; 45min et retentissement fonctionnel, sans autre cause retrouvée et avec une CRP élevée. L&rsquo;absence de syndrome inflammatoire n&rsquo;élimine pas totalement le diagnostic si aucune autre étiologie n&rsquo;est retrouvé aux douleurs. Les diagnostics différentiels sont essentiellement le Horton (les maladies sont imbriquées chez 40% des patients), l&rsquo;arthrose, la polyarthrite rhumatoïde, la chondrocalcinose (nommé maintenant maladie à dépôt pyrophosphate de calcium), fibromyalgie etc&hellip; Le traitement repose sur des corticoïdes introduits à 12,5-25mg/jour, avec une réponse clinique en 1 à 4 semaines. La dose doit être diminuée pour atteindre 10mg/jour après 1-2 mois de traitement. Enfin, la décroissance proposée est de 1mg par mois pour un traitement de 12mois au total. 40% des patients ont des rechutes nécessitant de reprendre/remonter les corticoïdes. Elles sont mal définies mais associent des symptômes et une réascension de la CRP (une augmentation isolée de la CRP n&rsquo;est pas un critère suffisant). En 2eme lignes des anticorps monoclonaux ou le méthotrexate peuvent être une option.</p>
<p>Voilà pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°518 : Dyslipidémies (recos US), insuffisance cardiaque (reco NICE), statine/sujet âgé, rivaroxaban/apixaban, diarrhées chroniques, vaccin HPV/cancer, micro-CRP, VRS, diacéréine, aGLP1/addictions</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/03/dragi-webdo-n518/</link><pubDate>Sun, 15 Mar 2026 21:32:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/03/dragi-webdo-n518/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Oncologie</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Addictologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! C&rsquo;est la reprise du blog après une petite semaine de vacances. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiologie </p>
<p> Le <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj.s266">NICE</a> a publié des recommandations concernant l&rsquo;insuffisance cardiaque et reprises dans le BMJ. L&rsquo;insuffisance cardiaque est toujours divisée en 3 catégories : FE altéré (&lt;40%), modérément réduite (41-49%) et préservée (&gt;50%). Les auteurs rappellent l&rsquo;intérêt de doser la ferritine et le CST si FE altérée pour supplémenter en fer si Hb&lt;15g/L et ferritine &lt; 100 ou CST &lt; 20%.  Contrairement aux recos US et européennes, les ARNi (sacubitril) ne sont pas recommandés dans les traitements de base de l&rsquo;IC à FE réduite, mais seulement si symptômes persistants malgré la quatrithérapie de base (IEC, spironolactone, bête-bloquant et iSGLT2 alors que ces derniers réduisent moins la mortalité que les ARNi). Dans les IC à FE modérément réduite et préservé, les traitements sont juste suggérés (mais seul les iSGLT2 ont un niveau de preuve satisfaisant pour réduire les récidives, les autres traitements ont des données discordantes). Voici leur algorithme :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEijnOzR2l7tB-ot4KdnzviA-KgMbhOgozkxGo0NlTWzAkqn9wfTKbILFl5BAQEBvmPrHofBUIVTgJeWlSka1edkCnniScXi1Xo1ceXTRZN3wt_pfQn03CaZ124I7JX8NOm-zN9MEefl9RyJeTa91ePWTh0_u6p3MtJg-33-w_6mNwI_l4Vcgk9j6EO-9FYH/s930/insuff%20cardiaque.png"><img src="/images/articles/2026/insuff-20cardiaque.png" alt=""></a></p>
<p>Peu après les recos françaises, voici les <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIR.0000000000001423">recommandations</a> américaines
de l&rsquo;AHA/ACC concernant la prise en charge des dyslipidémies! Les
grandes nouveautés sont la place du nouveau score clinico-biologique <a href="https://professional.heart.org/en/guidelines-and-statements/prevent-calculator">PREVENT-ASCVD</a> (ça
c&rsquo;est bien car il est plus précis et surdiagnostique moins que les
anciens scores) et du score calcique (ça par contre, bien que ce soit du
grade I, on manque d&rsquo;essai randomisé sur son utilisation clinique ce
qui ne devrait pas faire conclure à un tel grade&hellip;).</p>
<p>Mais
commençons par le dépistage des dyslipidémies, qui peut être réalisé
sans être à jeun, recommandé pour dépister une hypercholestérolémie
familiale entre 9 et 11 ans , puis tous les 5 ans à partir de 19 ans
pour identifier les facteurs de risques modifiables! Le dosage de Lp(a)
est recommandé 1 fois dans la vie à l&rsquo;âge adulte. Un bilan lipidique de
suivi est recommandé à 3 mois après initiation d&rsquo;un traitement puis
annuellement.</p>
<p>L&rsquo;algorithme considère que chez tout adulte avec un
LDL supérieur à 0,7g/L, il faut calculer le score PREVENT, puis traiter
quasiment tout le monde, hein :</p>
<ul>
<li>pour un risque faible (&lt; 3%):  RHD (mais statine si on veut, grade 2a)</li>
<li>pour un risque borderline (3-5%): le score calcique (CAC) est recommandé (grade 1!): si = 0 : RHD, sinon, statine!</li>
<li>si risque intermédiaire (5-10%): statine indiquée, mais si on a un doute: score calcique (cf ci dessus)</li>
<li>si risque élevé (&gt;10%): statine d&rsquo;intensité élevée indiqué</li>
<li>si le LDL est &gt; 1,9g/L: une statine d&rsquo;intensité élevée est recommandée d&rsquo;emblée</li>
<li>chez
les patients diabétique, la statine est systématique entre 40 et 75 ans
, et à discuter après 75 ans (grade 2b) ou si PREVENT &gt; 3% avant 40
ans (grade 2a).</li>
</ul>
<p> Lorsqu&rsquo;on réalise un score calcique, ce que
les auteurs appellent &ldquo;découverte d&rsquo;athérome coronarien infraclinique&rdquo;,
la statine est proposée si le CAC est entre 1 et 99 et indiquée entre
100 et 299. Au delà de 300, la statine est toujours indiquée mais il y a
des cibles de LDL et des cibles d&rsquo;ApoB!</p>
<p>Abordons donc les cibles:</p>
<ul>
<li>La cible est de 1g/L : si PREVENT &lt; 10%, diabète sans autre facteur de risque, CAC &lt; 100</li>
<li>La
cible est de 0,7g/L : si PREVENT &gt; 10%, diabète avec autres facteurs
de rique, CAC entre 100 et 999, hypercholestérolémie familiale, DFG
&lt; 45ml/min ou prévention secondaire sans facteurs majeur associé
(&lt; 65 ans, pas de tabac, pas de diabète, pas d&rsquo;HTA, pas de
revascularisation cardiaque, pas d&rsquo;insuffisance cardiaque, bref cela
concerne très peu de patients en prévention secondaire)</li>
<li>La cible est de 0,55g/L si: prévention secondaire à haut risque (quasiment tous, cf ci dessus) ou CAC &gt; 1000.</li>
<li>On
atteint cette cible avec les statines (dose modérée pour les cibles de
1g/L: simvastatine, pravastatine et dose forte pour les autres cibles :
atorvastatine et rosuvastatine malgré toujours son l&rsquo;absence de bénéfice
clinique démontré), et ajout de l&rsquo;ezetimibe assez facilement pour
atteindre la cible. L&rsquo;acide bempedoique est indiqué si intolérance aux statines et les antiPCSK9 sont indiqués si la cible n&rsquo;est pas atteinte
pour les risques très élevés</li>
<li>Après 75 ans, il est suggéré
d&rsquo;initier la statine si l&rsquo;espérance de vie est de plus de 2,5 ans, et de
l&rsquo;interrompre si elle est de moins de 1 an.</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh-wJEcSwWOFVTTz0ViEsdMkE5OMWAx0Gyz9kvnkaiieR3toE6WC5HK8Rwq6fh-5ey6Gdcpqp2vG6QHChuhclPbnNEnnBNvsU8QJG09JYeT5r1-9BGya-ruXTqdeqoWtMK0AGaRHKnxYxIdUfB_7muLe3Bqcu_8Soz5DKvmdKdMe_jdAGXyP_XD1WN_AzPx/s1600/dyslipid%C3%A9mie.jpg"><img src="/images/articles/2026/dyslipid-c3-a9mie.jpg" alt=""></a></p>
<p>On parle régulièrement des statines chez les sujets âgés avec des études pas toujours très concordantes (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/06/dragi-webdo-n445.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/11/dragi-webdo-n289.html">là</a>) . Cette <a href="https://agsjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/jgs.70375">étude</a> de cohorte rétrospective incluant 15000 patients de plus de 80 ans dont 8000 sous statine, montre que la statine est associé à une moindre mortalité globale (-30%, NNT=25/an!!) et à moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires ( -20%, NNT=1500/an). Il est en réalité peu probable que la statine réduise la mortalité globale avec un NNT de 25 après 80 ans, ce chiffre signifiant que la statine serait 10 fois plus efficace chez le sujet âgé que chez les autres patients. Il est surtout probable que dans cette étude de cohorte, l&rsquo;ensemble des facteurs de confusion n&rsquo;aient pas pu être pris en compte, et que les patients encore sous statine aient une espérance de vie plus longue que ceux ne l&rsquo;étant pas.</p>
<p> On en a déjà parlé tellement de fois dans la fibrillation auriculaire, mais voici un article du <a href="https://www-nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2510703">NEJM</a> comparant le risque de saignement de l&rsquo;apixaban et du rivaroxaban dans la maladie thromboembolique veineuse. Encore une fois le risque de saignements majeur était bien supérieur avec le rivaroxaban (NNH= 27 patients), sans différence de mortalité globale ni de récurrence d&rsquo;évènements thrombotique. Bref, il ne devrait plus y avoir de rivaroxaban prescrit quelle que soit l&rsquo;indication.</p>
<p>2/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2845755">JAMA</a> aborde les diarrhées chroniques non infectieuses (&gt; 4 semaines). L&rsquo;entretien peut aider à orienter le diagnostic  en recherchant une cause médicamenteuse (metformine, colchicine, compléments alimentaires&hellip;), une cause post-chirurgicale, un terrain auto-immun (diabète, antécédents familiaux de maladie coeliaque). Des diarrhées rythmées par les repas ou après certains aliments sont en faveur d&rsquo;une malabsorption ou d&rsquo;une mal-digestion, alors qu&rsquo;une diarrhée persistant à jeun et la nuit est en faveur d&rsquo;une cause sécrétoire (colite microscopique, trouble des acides biliaires). Le bilan initial comprend une NFS, un ionogramme, TSH, IgA anti-Transglutaminases, calprotectine fécale . En cas de bilan normal et en l&rsquo;absence de signe d&rsquo;alerte (age &gt; 45 ans, saignement, stéatorrhée, AEG, anémie, diarrhée nocturne et antécédents familiaux de CCR/MICI), on peut conclure à un trouble fonctionnel intestinal. Dans le cas contraire, la coloscopie et et éventuellement la fibroscopie sont indiquées. Le traitement symptomatique repose essentiellement sur le lopéramide et éventuellement les tricycliques.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Voici une <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-087326">étude</a> de cohorte suédoise incluant 900 000 patientes nées entre 1985 et 2001, parmi lesquelles 35% ont eu au moins 1 dose de vaccin anti-HPV. La prévalence des cancers du col était de 0,02% chez les patientes vaccinées et de 0,1% chez les non vaccinées. L&rsquo;efficacité vaccinale était de 80% en cas de vaccin avant 17 ans et de 40% après 17 ans. C&rsquo;est donc un 4eme étude apportant des résultats en faveur d&rsquo;une réduction des cancers (et pas seulement des lésions précancéreuses), les autres étant <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/04/dragi-webdo-n436.html">ici</a>.</p>
<p>4/ infectiologie</p>
<p>Voici l&rsquo;article de l&rsquo;étude <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanprc/article/PIIS3050-5143(25)00104-9/fulltext">Prudence</a>, qui a évalué l&rsquo;intérêt de la micro-CRP en cabinet de médecine générale pour la prise en charge des infections respiratoires dans un essai randomisé. Il n&rsquo;y a pas eu de bénéfice démontré à la micro-CRP pour réduire la prescription d&rsquo;antibiotiques, malheureusement. Cependant, l&rsquo;inclusion se faisait sur les symptômes (majoritairement toux, odynophagie, fièvre), et concernait donc majoritairement des infections des voies respiratoires supérieures ou &ldquo;syndromes grippaux&rdquo;. Les prescriptions d&rsquo;antibiotiques avaient lieux chez 45% des patients randomisés micro-CRP versus, 47% dans le groupe contrôle, soit des prescriptions assez élevées d&rsquo;antibiotiques pour des infections respiratoires&hellip;.</p>
<p>Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-05536">revue systématique</a> a étudié l&rsquo;efficacité du vaccin VRS chez les plus de 60 ans et trouve qu&rsquo;il réduit de 83% le risque d&rsquo;hospitalisation, sans effet sur la mortalité toute cause. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;effets indésirables graves survenant davantage chez les patients vaccinés.</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>On a déjà parlé de la diacéréine dans l&rsquo;arthrose avec une efficacité plus que négligeable. Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2845662">essai</a> randomisé incluant 260 patients avec gonarthrose recevant de la diacéréine ou un placebo montre que la diacéréine m&rsquo;améliore pas la douleur de l&rsquo;arthrose mais augmente le risque de diarrhée avec NNT de 6 patients!</p>
<p>6/ Addictologie</p>
<p>Dans une <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-086886">étude</a> de cohorte incluant 600 000 vétérans américains, les auteurs ont recherché une association entre troubles d&rsquo;usages de substances et les analogues du GLP1 (avec comme comparatif les inhibiteurs de SGLT2). Chez les patients avec un aGLP1, la prise d&rsquo;un aGLP1 était associé à un moindre risque de développer un trouble de l&rsquo;usage de l&rsquo;alcool, de la cocaïne, du cannabis, du tabac, des opioïdes. Chez les patients ayant déjà un trouble d&rsquo;usage, les aGLP-1 étaient associés à moins de recours aux urgences, d’hospitalisation et de mortalité. A suivre avec un bel essai randomisé sur le sujet ?</p>
<p>Et c&rsquo;est fini pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°517 : Stéthoscope avec IA, téléconsultations, grippe (OMS), troubles obsessionnels compulsifs, drépanocytose, diabète (aGLP1, RHD), diltiazem</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/03/dragi-webdo-n517/</link><pubDate>Tue, 03 Mar 2026 07:11:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/03/dragi-webdo-n517/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Psychiatrie</category><category>Hématologie</category><category>Pneumologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! La <a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse/etudes-et-resultats/260212-recours-aux-t%C3%A9l%C3%A9consultations">DRESS</a> a publié une étude sur les téléconsultations. On y voit sans grande surprise que les utilisateurs sont notamment des jeunes avec un niveau socio-économique élevé sans maladie chronique vivant dans des grands centres urbains sont les &ldquo;téléconsultation&rdquo; et utilisent ce moyen de consultation car &ldquo;les délais de consultations trop longs&rdquo;. Malgré cela, 70% des personnes pensent que les téléconsultations sont un moyen pallier les déserts médicaux. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Chez des patients avec FA traités par AOD (apixaban ou rivaroxaban), cette <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-01408">étude</a> rétrospective trouve une sur-risque hémorragique chez ceux ayant comme ralentisseur du diltiazem par rapport à ceux ayant du métoprolol (NNH= 186 patients par an). C&rsquo;est lié à une possible inhibition du CYP3A4 par le diltiazem.</p>
<p>Un essai randomisé du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)02156-7/fulltext">Lancet</a> a évalué l&rsquo;utilisation d&rsquo;un stéthoscope électronique intégrant de l&rsquo;IA (Eko DUO) versus stéthoscope normal pour dépister la FA, l&rsquo;insuffisance cardiaque et les valvulopathies. De plus, le stéthoscope IA transférait un ECG monopiste et un phonogramme avant de donner des interprétations. L&rsquo;utilisation du stéthoscope IA n&rsquo;améliorait au final, pas les détections des 3 éléments du critère de jugement par rapport aux soins courants, mais la fréquence d&rsquo;utilisation était &ldquo;a la discrétion du médecin. Ainsi, en &ldquo;per protocole&rdquo; , l&rsquo;utilisation du stéthoscope IA semblait quand même permettre de mieux détecter les évènements. Mais ça peut aussi être parce qu&rsquo;en cas de suspicion d&rsquo;insuffisance cardiaque, les médecins prenaient le stéthoscope électronique plutôt que le &ldquo;classique&rdquo; plutôt utilisé en &ldquo;routine&rdquo; (car pas le temps de transférer sur le logiciel l&rsquo;ECG monopiste, le phonogramme etc&hellip; pour avoir l&rsquo;interprétation à chaque consultation). A moyen terme, si c&rsquo;est un outil efficace, ça semblerait plus &ldquo;réaliste&rdquo; comme avancée en pratique clinique de MG que d&rsquo;implémenter l&rsquo;échographie dans tous les cabinets (Il faudrait quand même étudier des surdiagnostics et sur-traitements).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhO73BtyUKMABlyii8r82pXlmAj1-si8iKfj1jEjOfBULpn7q0fCndk6OeRVO9UKcrmgH7pP-lwrxBhPq5NcV2qZLxL2ODQimwL7GpldNCFaQlWjD-sK8GfpRC0VKzOcDxmLlK6_jnxWW2febPoMok0Tz-KghfB0j3wpirBkarTcAfeILRUtLTtB9ydF6Je/s1114/FA%20IA.png"><img src="/images/articles/2026/fa-20ia.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Psychiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj-2024-083443">BMJ</a> aborde les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) qui toucheront 1 personne sur 40 au cours de leur vie. Leur apparition est progressive, sauf en cas de grossesse ou post infectieux (viroses ou streptocoque). Il s&rsquo;agit de pensées, images ou doutes survenant de façon intrusive et entrainant une mauvaise interprétation basée sur une exagération des croyances, ce qui conduit à une anxiété ou une détresse. Des comportements compulsifs se développent alors pour réduire le stress, produisant une amélioration transitoire, et quand l&rsquo;anxiété se re-déclenche, il faut recommencer&hellip; Le TOC peut être évalué avec le Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale ou Y-BOCS, avec un seuil à 13 pour le trouble léger et un seuil à 36 pour le trouble sévère. Les TCC par exposition et préventions de la réponse sont le traitement de base mais ne permet pas toujours une réponse complète, chez environ 20% des patients. Un traitement médicamenteux par IRS a une efficacité modéré (avec fluoxétine 40mg maximum). Les antidépresseurs tricycliques (clomipramine), ont une efficacité légèrement supérieure. Enfin, la risperidone et surtout l&rsquo;aripiprazole sont efficace quand les autres traitements ne l&rsquo;ont pas été. D&rsquo;autres types de TCC et de traitements sont ensuite proposés en cas de persistance.</p>
<p>3/ Hématologie</p>
<p>La drépanocytose est rarement suivie en médecine générale. Cet article d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-04647">Annals of internal medicine</a> replace les enjeux pour les MG. Ils insistent sur le dépistage des comorbidités comme les troubles anxio-dépressifs fréquemment associés. De plus, l&rsquo;HTA systolique augmente le risque de crise vaso-occlusive (CVO) et une cible &lt; 130mmHg est recommandée, et le diabète ne peut être diagnostiqué ni suivi avec l&rsquo;HbA1C du fait de l&rsquo;hémoglobinopathie. Les contraceptions par progestatifs seuls sont à préférer (le cycle et les contraceptions combinées aggravant les CVO). Les patients atteints ont un risque augmenté d&rsquo;ostéoporose et de troubles mnésiques.</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-087397">BMJ</a> reprend les recommandations de l&rsquo;OMS concernant la grippe. Pour faire simple: il n&rsquo;y a aucune recommandation &ldquo;forte&rdquo; pour un traitement, le recommandations fortes sont &ldquo;contre l&rsquo;utilisation&rdquo; des traitements dans le traitement des grippes non sévères (= non hospitalisées) chez les patients sans facteurs de risque (FDR: âge &gt;65 ans, ou facteur de risque majeur: immunodépression, maladie cardiovasculaire ou neurologique ou respiratoire). Cependant ils suggèrent un traitement par ozeltamivir si grippe sévère, et par baloxavir si grippe non sévère mais facteurs de risque. Enfin, ils suggèrent un traitement antiviral pour les patients à très haut risque (&gt;85 ans ou 2 facteurs de risques majeurs).</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2844895">étude</a> de cohorte a inclus 9000 patients BPCO américains pour comparer l&rsquo;efficacité et la tolérance des associations LAMA-LABA. L&rsquo;umeclidinium-vilanterol (Anoro) était légèrement plus efficace pour réduire les exacerbations que tiotropium-olodaterol (Spiolto) pour réduire les exacerbations (différence de 3 exacerbations pour 100 personnes par an). La tolérance était similaire entre les différents traitements. Dommage que le glycopyrronium+indacaterol (Ultibro) n&rsquo;ai pas été étudié !</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Cette étude de cohorte prospective du  <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(25)00395-X/abstract">Lancet Endocrinology</a> a étudié le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires chez des patients diabétiques en prévention primaires. Les patients réalisant de bonnes RHD avaient un risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire réduit par rapport à ceux réalisant peu les RHD. De même, ceux avec un aGLP1 avaient un risque moindre d&rsquo;évènements cardiovasculaire (ce que les isGLT2 n&rsquo;ont pas démontré, pour mémoire&hellip;). Enfin, le bénéfice apporté par la combinaison &ldquo;RHD + aGLP1&rdquo; était supérieur au bénéfice apporté par chacun des traitements séparément.</p>
<p>On le savait déjà, mais cette <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.125.075157">essai</a> émulé comparant les aGLP1 avec les iDPP4 trouve que le risque d&rsquo;hospitalisation pour insuffisance cardiaque est réduit avec les aGLP1 (ce qui est logique, vu que certains iDPP4 comme la saxagliptine, augmentent même ce risque). Il n&rsquo;y avait pas de différence sur ce critère entre les aGLP1 et les iSGLT2.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°516 : Diabète (Recos NICE), embolie pulmonaire (reco ESC), asthme (recos US), dyslipidémies (recos cardio/endoc), THM/mortalité, coqueluche, coiffe des rotateurs, opioïdes, vitamine D, clopidogrel, #WONCAEurope2026</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/02/dragi-webdo-n516/</link><pubDate>Mon, 23 Feb 2026 22:40:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/02/dragi-webdo-n516/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Addictologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, le congrès européen de la <a href="http://woncaeurope2026.org">WONCA</a> arrive à Paris dans 4 mois ! Bien qu&rsquo;ayant en lien d&rsquo;intérêt d&rsquo;être membre du <a href="https://www.cmg.fr/">CMG</a> qui organise le congrès, je ne peux que vous inciter à y participer ! Mon 1er congrès de la WONCA l&rsquo;an dernier à Lisbonne était de très grande qualité, et je ne doute pas que celui de Paris sera au moins du même niveau ! Pour les infos sur le congrès, vous pouvez <a href="http://woncaeurope2026.org">cliquer</a> sur les icônes à peu près partout sur le blog.</p>
<p><a href="http://woncaeurope2026.org"><img src="/images/articles/2026/banni-c3-a8re-20promotion-20wonca-20-20fr-20-1200x-201200-20px.png" alt=""></a></p>
<p>Et maintenant, voici les actualités de la semaine : bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire </p>
<p>Pour commencer, voici les nouvelles recommandations américaines concernant l&rsquo;<a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIR.0000000000001415">embolie pulmonaire</a>. Sur le diagnostic, les patients avec suspicion doivent être évalués par un score de risque (Wells ou Genève modifié). Lors que le risque est faible (&lt; 15%) les critères PERC sont indiqué pour exclure l&rsquo;EP ou reclassifier en risque intermédiaire. Lorsque le risque est intermédiaire, un dosage des D-Dimères avec un seuil placé à l&rsquo;âge x 10 ou l&rsquo;algorithme YEARS permettent d&rsquo;exclure une EP. Si le risque est élevé, l&rsquo;angioscanner est recommandé.</p>
<p>La sévérité est ensuite évaluée selon 5 stades, notamment grâce aux score Hestia, PESI ou sPESI : A: infraclinique/Asymptomatique, B: symptomatique  avec score de sévérité faible, C: symptomatique a score de sévérité élevé, D et E : symptomatique avec hypotension, ou signes de choc. A partir du grade C, la mesure d&rsquo;un marqueur cardiaque (BNP ou troponine), des lactates et une ETT sont recommandés.</p>
<p>La grosse partie de la prise en charge décrite concerne les EP grade C ou plus. Les EP grade B peuvent avoir un traitement en ambulatoire. En l&rsquo;absence de facteur de risque majeur, une anticoagulation prolongée au delà des 3-6 mois initiaux est recommandée avec une demi-dose d&rsquo;AOD dès le 1er épisode mais une décision partagée peut conduire à ne pas prolonger le traitement si c&rsquo;est le 1er épisode. En cas de refus ou contre indication à une anticoagulation prolongée, l&rsquo;aspirine peut être proposée; et en cas de récidive sous AOD demi-dose au long cours, un traitement au long cours pleine dose est indiqué . En cas de facteur de risque majeur (chirurgie, immobilisation, traumatisme majeur) il est recommandé de s&rsquo;arrêter à 3-6 mois. En cas de facteur persistant, il est recommandé de poursuivre l&rsquo;anticoagulation</p>
<p> Il est recommandé une consultation à 1 semaine, puis dans les 3 mois pour discuter de l&rsquo;anti-coagulation et évaluer le risque d&rsquo;hypertension pulmonaire thromboembolique chronique (persistance de symptômes tels que la dyspnée ou gène fonctionnelle). Après une EP, un examen clinique et la participation aux dépistages de cancers recommandés est recommandée, mais il est recommandé de ne pas faire de scanner ou autre pour chercher un cancer. Le bilan de thrombophilie est proposé si EP avant 55 ans sans facteurs de risque ou si antécédent familiaux de MTEV. Un antécédant d&rsquo;EP peut indiquer le port de chaussettes de contention si avion &gt; 5h (grade B d&rsquo;après 1 ECR), et pourrait faire discuter une dose unique d&rsquo;AOD (avis d&rsquo;expert)</p>
<p>Ensuite, voilà les <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1875213626000057">recommandations</a> françaises concernant les dyslipidémies, publiées par les sociétés françaises d&rsquo;endocrinologie, de diabétologie, d&rsquo;athérosclérose et de cardiologie. Tout ce qu&rsquo;il y a à en dire, c&rsquo;est vivement les recos HAS réalisées avec une méthode GRADE. Bon, ces recos de sociétés savantes abordent le dépistage par EAL non à jeun, si maladie cardiovasculaire établie, VIH, HTA, diabète, obésité, maladie rénale, tabagisme, dyslipidémie au 1e degré et antécédents familiaux cardiovasculaires (homme &lt; 55 ans, femme &lt; 60 ans). Ce n&rsquo;est que suggéré pour les autres situations d&rsquo;inflammation ou en &ldquo;dépistage&rdquo; après 40 ans chez les hommes et 50 ans chez les femmes. Les causes de d’hyperlipidémies secondaires sont surtout l&rsquo;hypothyroidie, la cholestase, la cytolyse hépatique, le syndrome néphrotique, les gammapathies monoclonales et les médicaments. Les hyertriglycéridémies sont essentiellement liées au diabète, à l&rsquo;alcool et à l&rsquo;obésité. Le risque cardiovasculaire est ensuite évalué avec le SCORE-2 et SCORE-2 OP. En cas de diabète, pas de SCORE-2 diabètes&hellip;. mais si micro-angiopathie ou diabète de plus de 10 ans ou atcd familial de maladie cardiovasculaire, il est recommandé de réaliser un score calcique. Et c&rsquo;est ce score calcique qui classifie en haut risque  si &gt; 10 avant 50 ans ou &gt; 100 après 60 ans! Même si le score peut permettre de reclassifier un peu, il n&rsquo;a pas d&rsquo;intérêt démontré pour définir une conduite thérapeutique. De plus, soit on utilise un score comme le score 2 diabète, soit on considère que tout patient diabétique est à haut risque et c&rsquo;est ce que conduirait à conclure le score calcique vu les seuls proposés (mais en ayant coûté un TDM à tous les patients). L&rsquo;article le plus récent des 2 pris en référence sur ce sujet dit d’ailleurs  &ldquo;un CAC ≥ 100 était associé à une ASCVD chez les participants atteints de DT2, mais cette relation n&rsquo;était plus significative après ajustement pour tenir compte des covariable&rdquo;. Bref, sinon rien de très neuf par rapport aux recos de l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/09/dragi-webdo-n494.html">ESC</a> de 2025. Le traitement du risque élevé repose sur les RHD (alimentation, activité physique, sevrage tabagique et réduction de l&rsquo;alcool). Le traitement par statine est présenté en &ldquo;baisse de LDL&rdquo; selon les molécules et non par baisse de mortalité selon les molécules (pas très étonnant, car celles qui baissent le plus la mortalité, simva et pravastatine ne sont pas celles qui baissent le plus le LDL). En cas de haut risque la cible est de 0,7g/L de LDL et de 0,55g/L si très haut risque. En cas de risque modéré, il y a quand même une cible &lt; 1,0g/L qui est proposée et de &lt;1,3g/L si risque faible, conduisant donc à traiter presque toute la population de plus de 50 ans.</p>
<p>Après la revue systématique du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/06/dragi-webdo-n488.html">BMJ</a> sur la question, voici une nouvelle <a href="https://www.ahajournals.org/doi/full/10.1161/CIRCULATIONAHA.126.079221">revue systématique</a> comparant le clopidogrel versus l&rsquo;aspirine en prévention secondaire au long cours. Bien que le clopidogrel soit significativement supérieur uniquement chez les hommes, l&rsquo;absence de différence chez les femmes pourrait être lié à une sous-représentation dans les études car l&rsquo;intensité d&rsquo;effet était similaire à celle chez les hommes. Bref, il est probable que l&rsquo;aspirine au long cours disparaisse&hellip;  Rappelons tout de même l&rsquo;inactivation du clopidogrel si omeprazole et esomeprasole, et qu&rsquo;ils faut privilégier le pantoprazole qui est l&rsquo;IPP avec le moins d’interactions (rabéprazole aussi mais il y a moins d&rsquo;études pour le dire) </p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Les <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-03080">recommandations</a>des vétérans américains concernant la PEC de l&rsquo;asthme ont été publiées. Les corticoïdes inhalés sont recommandés dans le traitement de fond
initiale, et la bithérapie initiale CSI+formoterol en traitement de
crise et de fond n&rsquo;est que suggérée après 12 ans (recommandation faible).  Si les symptômes ne sont pas légers ou intermittents, un traitement de fond avec CSI+formotérol à faible dose est recommandé. La réévaluation est réalisée à 3 mois pour discuter d&rsquo;une intensification avec majoration de la dose de CSI+formoterol, et, après 12 ans, l&rsquo;ajout d&rsquo;un LAMA est suggérée. Une décroissance peut être proposée après 3 mois de stabilité en l&rsquo;absence de facteur de risque d&rsquo;asthme sévère. Concernant le suivi, les auteurs sont plutôt contre un suivi
systématique par spirométrie en cas d&rsquo;asthme contrôlé (grade &ldquo;weak
against&rdquo;), et suggèrent un .protocole d&rsquo;action écrit pour améliorer le
contrôle et la qualité de vie. L&rsquo;asthme induit par l&rsquo;effort est à traiter par des SABA et le traitement du RGO peut améliorer l&rsquo;asthme. L&rsquo;avis spécialisé est indiqué si haut dose de CSI nécessaire ou antécédent d&rsquo;hospitalisation ou cause professionnelle.</p>
<p>3/ Gynécologique</p>
<p>Et voici l&rsquo;essai &ldquo;vitamine D&rdquo; de la semaine : un <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-087438">essai randomisé</a> testant vitamine D versus placebo pour améliorer la fertilité dans le SOPK chez des patients avec fécondation in vitro. Malheureusement et comme toujours, ça ne marche pas&hellip;.</p>
<p>Dans une <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-085998">cohorte rétrospective danoise</a> de 900000 patientes, 12% a eu un traitement hormonal de ménopause et 5,4% est décédée au cours du suivi de 14 ans. L&rsquo;étude cherchait s&rsquo;il le THM était associé à un sur-risque de mortalité. Ce n&rsquo;était pas le cas, et il y avait même une réduction de mortalité chez les patientes de moins de 55 ans qui avait eu une ovariectomie bilatérale, notamment lorsque le THM était de moins de 5 ans. La baisse de mortalité globale chez l&rsquo;ensemble des patientes et notamment est fortement limitée par les biais des études de cohorte et donc a revoir en essai randomisé. Enfin, les THM transdermiques, les prises cycliques (et non continues) et les monothérapies par œstrogène semblaient être associé à une moindre mortalité.</p>
<p>4/ infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2845238">JAMA</a> aborde la coqueluche. L&rsquo;incubation est de 7-10 jours, suivie d&rsquo;une phase catarrhale de 1-2 semaines avec une rhinorrhée, une toux modérée et parfois une fièvre modérée. Puis survient la toux quinteuse caractéristique pendant 2-3 mois. La toux peut être responsable d&rsquo;incontinence urinaire, de fractures, de syncopes, et la coqueluche peut se compliquer de pneumonies chez 5-10% des plus de 30 ans. Les symptômes s&rsquo;atténuent ensuite pend ant la phase de convalescence. Les symptômes peuvent être limités à 2 semaines de toux avec la vaccination. Le diagnostic clinique basé sur la toux et l&rsquo;inspiration bruyante a un rapport de vraisemblance d&rsquo;environ 2. Le diagnostic biologique peut être fait par culture nasopharyngée jusqu&rsquo;à 2 semaines et la PCR jusqu&rsquo;à 4 semaines. Le traitement repose sur l&rsquo;azithromycine (500mg à J1 puis 250mg pendant 4 jours) ou la clarithromycine 500mg x2 pendant 7 jours). La contagiosité est jusqu&rsquo;à la fin du traitement ou 21jours après le début des symptômes en l&rsquo;absence d&rsquo;antibiotiques. Un traitement prophylactique post-exposition est proposé pour les contacts au domicile, et l&rsquo;entourage si asthme, BPCO, enfants, grossesse ou immunodépression, indépendamment du statut vaccinal. Le vaccin est efficace dans l&rsquo;année jusqu&rsquo;à 75% puis cette efficacité diminue à 35% entre 2 et 4 ans après (pas génial quoi&hellip;)</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2844659">étude transversale</a> s&rsquo;intéressant aux anomalies de la coiffe des rotateurs chez des patients de 40 à 75 ans finlandais symptomatiques et asymptomatiques&hellip; Les anomalies étaient majoritairement des ruptures partielles (62%), des ruptures totales (11%) et des tendinites (25%) .Bien que des anomalies aient été trouvées chez 98% des patients symptomatiques, 96% des patients asymptomatiques avaient également des anomalies&hellip; Seules les ruptures totales étaient plus fréquentes chez les patientes symptomatiques (14% vs 6%)</p>
<p>6/ Addictologie</p>
<p>Cet article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2845037">JAMA</a> aborde les traitements des troubles de l&rsquo;usage des opioïdes. On en a récemment parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2026/02/dragi-webdo-n513.html">ici</a>, et les recos HAS décrivant les modalité pratiques sont <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n351.html">là</a>. Quelques points complémentaires sont abordés concernant les traitements. La méthadone et la buprénorphine réduisent la mortalité globale des patients. La méthadone s&rsquo;introduit après 12 à 72h d&rsquo;abstinence avec un score COWS &gt;8 . La dose est de 2-4mg à répéter après 2-8h en titration jusqu&rsquo;à la dose de 8-16mg le 1er jour. Les jours suivants, la titration se poursuit plus lentement pour atteindre 12-24mg à J3. En cas de symptomes de sevrage spécifiques, des traitements adaptés
peuvent être instaurés: diazepam ou hydroxyzine si anxiété/insomnie,
naproxène ou ibuprofène ou paracetamol si céphalées, loperamide si
diarrhées, ondanséron si vomissements. La Naloxone doit être prescrite si surdosage: 2-4mg en intra-nasal ou 0,2-2mg en IM, toutes les 3min tant que la FR est inférieure à 20 ou qu&rsquo;il y a une cyanose.</p>
<p>7/ Diabétologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng28">NICE britannique</a> a publié ses recommandations sur le diabète de type 2. La prise en charge repose avant tout sur les règles hygiéno-diététiques, l&rsquo;éducation des patients et des soins personnalisés. La cible glycémique est de 6,5% pour les patients sous RHD et de 7% si traitement médicamenteux, mais il n&rsquo;est pas recommandé d&rsquo;intensifier avant 7,5% (donc la cible est de 7,5% en vrai) et ils peuvent être modifiés après décision partagée notamment chez les sujets plus âgés. Concernant le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng28/resources/visual-summary-choosing-medicines-for-further-treatment-pdf-10956472093">traitement</a>, ça devient très intéressant : le traitement initial pour tous les diabétiques avec ou sans comorbidité est &ldquo;metformine + inhibiteur de SGLT-2 &quot; !!! Si la metformine est contre indiquée ou non tolérée: isGLT2 en monothérapie. Les aGLP1 sont systématique si maladie cardiovasculaire, soit une trithérapie d&rsquo;emblée. Après, ça débloque un peu avec l&rsquo;intensification par iDPP-4 et non aGLP-1 en cas d&rsquo;absence de comorbidité ou de maladie rénale chronique (alors que les aGLP1 réduisent la mortalité dans cette situation) ou d&rsquo;insuffisance cardiaque (alors que certains iDPP4 augmentent le risque de décompensation cardiaque). On voit une envie de limiter les coûts qui ont être augmentés par les iSGLT2 systématique, malgré les bénéfices des aGLP1. Enfin, il est clairement noté de ne pas donner de l&rsquo;aspirine préventive chez le diabétique en prévention primaire.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi5OoT2iuK11XzA1hDP4-Qf4l1BKdkvUL2BhfbPVJIWuixt2jtXKopt4ENPQZHjnA_Dy-Qh4SHKXGIemjfzMsJkSuZsz0B4aIU2Ds5grKPlxaMlMbrEDOKTGs2DYTKhJ8qT2Oqa0hceWxbl1nlwo6FnDRLEDaKJAsMvCWEow2_N1rumaG3tViQdm1-4fDqg/s1878/diabete%20nice.png"><img src="/images/articles/2026/diabete-20nice.png" alt=""></a></p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°515 : TSA (reco HAS), fragilité, finasteride, statines, aluminium, smartwatch/HTA, valaciclovir/zona, café</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/02/dragi-webdo-n515/</link><pubDate>Wed, 18 Feb 2026 21:10:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/02/dragi-webdo-n515/</guid><category>Médecine générale</category><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Neurologie</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1 / Exercice médical </p>
<p><a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-04412">Annals of internal medicine</a> revient sur l&rsquo;évaluation de la fragilité, utile pour mieux identifier les patients à risque augmenté de mortalité, d&rsquo;hospitalisation, de chutes, de fractures, de dépendance et de démence. Le FRAIL Scale est l&rsquo;outil le plus rapide (positif si <strong>≥</strong> 3 points, pré-fragile si 1 ou 2 points tel que chaque item rapporte 1 point :  sensation de fatigue, incapable de monter un escalier, incapable de marcher un pâté de maison, ≥ 5 maladies chroniques, perte de 5% du poids dans l&rsquo;année). L&rsquo;autre méthode simple, consiste à voir si le patient met plus de 5secondes pour marcher 4m (soit la distance entre la salle d&rsquo;attente et le cabinet , à peu près&hellip;). Une fois dépisté la prise en charge est &ldquo;classique&rdquo; (aides, aménagement du domicile, bonne nutrition, limiter la iatrogénie&hellip;)</p>
<p>2/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/finasteride-1-mg-une-attestation-dinformation-partagee-bientot-necessaire-pour-toute-dispensation">ANSM</a> revient encore sur les risques psychiatriques et suicidaires des inhibiteurs de 5-alpha réductase (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/10/dragi-webdo-n498.html">ici</a> ) . Il sera désormais obligatoire de produire une attestation annuelle d’information partagée qui doit être cosignée par le médecin et le patient avant délivrance du finasteride 1mg, indiqué dans l’alopécie de l&rsquo;homme de  18 à 41 ans (attestation disponible <a href="https://ansm.sante.fr/uploads/2026/02/05/attestation-d-information-partagee-finasteride-1-mg.pdf">ici</a>). A noter que pour le finasteride 5mg dans l&rsquo;adénome de prostate, il ne semble pas y avoir de procédure encore.</p>
<p><a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/11/dragi-webdo-n290.html">On a déjà vu</a> que les myalgies sous statines n&rsquo;étaient en grande majorité pas liées aux statines. Cet article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)01578-8/fulltext">Lancet</a> a évalué tous les effets indésirables des statines pour voir lesquels étaient réellement liés aux médicaments via une revue systématique d&rsquo;essais randomisés sur données individuelles, incluant 120 000 patients suivis pendant 4,5 ans environ. Sur les 66 effets indésirables attribués, seuls 4 ont été confirmé: élévation des transaminases (NNT=1250/an), autres anomalies du bilan hépatique (NNH=2000/an), modification de la composition urinaire (NNH=3334/an), et oedème (NNH=1430/an).</p>
<p>Des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2844763">auteurs</a> ont consciencieusement comparé la quantité d&rsquo;aluminium administrée avec les vaccins et celle ingérée lors de l’allaitement (maternel ou artificiel) et après la diversification. Bref, on absorbe beaucoup plus d&rsquo;aluminium par la bouche que par la seringue !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhqe9NOpiMnBaEKfF6NE-WxHxoyItucRCmMqdKt75LwF-zUr3cRhbzUsT5_8UP5Jatsf_euh-m8sKCXgP6OkDzeInQNw5a9c190UtxXODVVBQ8v6Ts1AobNsUeVoTHbRVCo2jqF2te-BhbzULEQ11aa9BAKaALoRWKx5MLRofF2yCYCpEetQztMDXNkIk_1/s1918/aluminium.png"><img src="/images/articles/2026/aluminium.png" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://www.lecrat.fr/3891/">CRAT</a> n&rsquo;en fait pas encore état, mais <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2842981">cet article taïwanais</a> comparant 60 000 patientes enceintes exposées à des benzodiazépines à 400 000 non exposées, fait suspecter un surrisque de prématurité et de retard de croissance intra-utérin, notamment en cas d&rsquo;exposition au 2eme trimestre. A suivre.</p>
<p> </p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2844767">article</a> qui parle des smart watch et de leur efficacité dans le dépistage de l&rsquo;HTA. Elles présentent une fiabilité apparente &ldquo;pas si mauvaise&rdquo; dans une population américaine de plus de 22 ans (4000 patients de la cohorte NHANES représentatifs de la population américaines): VPP 70% et VPN 80%. Cependant, si on regarde ce que cela donne en infographie, on y est pas du tout&hellip;.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhMMtnDyb2nQqSl3r7rr_NM-v5Jj-Nn76MRGjZfzAg7zFVfJ1E9Nm6qwDRlm7KUW0KjDqQynYuKPsICBeKu7YI5c8WRmSTSTPMm375YI9rNKQmdKkSKfWIWft8MloZIjysD7atR2N-b8BQAxkre9fLpBv_5x0FVzCL7iL-lMN5i9_0Gah5OmnvKZ1Mpx680/s961/smartwatch.png"><img src="/images/articles/2026/smartwatch.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>On avait vu que le vaccin <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/04/dragi-webdo-n480.html">anti-zona</a> réduisait possiblement le risque de démence. Voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2842964">essai</a> randomisé du JAMA testant le valaciclovir 4g/jour pendant 18 mois chez des patients avec troubles mnésiques modérés (MMS entre 18 et 28) et une sérologie HSV positive. Au final, pas d&rsquo;efficacité du valaciclovir c&rsquo;était même pire, avec une dégradations significativement plus importante sous valaciclovir (possiblement à cause de neurotoxicité?). Bref, à oublier !</p>
<p>Alors, comment réduire son risque de démence ? Ce <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2844764">JAMA</a> donne des pistes:  dans une étude de cohorte incluant 130000 patients suivis pendant 43 ans, boire 2-3 café ou 1-2 thé par jour est associé à une réduction du risque de démences! Ils réduisaient déjà le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/04/dragi-webdo-n396.html">risque cardiovasculaire chez les diabétiques</a> !</p>
<p>5/ Pédiatrie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3448980/fr/trouble-du-spectre-de-l-autisme-interventions-et-parcours-de-vie-du-nourrisson-de-l-enfant-et-de-l-adolescent">HAS</a> a mis à jour la recommandation concernant les troubles du spectre autistique. Comme souvent, on est sur beaucoup de généralités avec une évaluation et une prise en charge multidisciplinaire, de l’éducation et du soutien aux familles, des interventions globales développementales et comportementales. Le dépistage n&rsquo;étant pas abordé, 2 algorithmes &ldquo;potentiellement utiles&rdquo; peuvent intéresser la médecine générale. Le premier concerne les troubles du sommeil, fréquents chez les enfants avec TSA, et le 2eme concerne les diverses mesures pour assurer la scolarité, autre point fondamental de la prise en charge, mais dont la multitude d&rsquo;acronymes explique facilement le chaos ressenti aussi bien par les patients, le parents et leurs médecins malgré les plateformes de coordination et d&rsquo;orientation (PCO) qui peuvent être trouvées <a href="https://www.sante.fr/reperage-et-prise-en-soins-des-troubles-du-neuro-developpement-grace-aux-plateformes-de-coordination#p-3">ici</a>.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEimx-mJaxGBrQyjbDa9Dbx7nIozlTZKVOHQ9e9w63x40q1CqC7oiG16SUT-z9MtI2hXJP3Rk-GFvlw17TkWuzzl45lrIk4xhg7tCczDqPCUrf-VB9fft0AZHxdAb6tUdK1Ad0X2yJ55HMnsrQAxu5fmMoC_2P6baoh9u5b35CreSATcIUZ3VNu5Be7wLd9Z/s1682/sommeil-autisme.png"><img src="/images/articles/2026/sommeil-autisme.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjnjYrSzDvpIU9WdeatzJnpOMCME4fAtRp6wQ7zplEmAlTRsFMGMPAy02Knogtu-yROr2fgf4FO83abE9cdwgjs3leOfkVYwSLFtLdFknK0Pzu26FEXfkudwWwYoA8EP5mgZL-ZCJmtXhLpQ5Aou5R7p6aRvrVIpEBobX004Hy1MM9lU_PWo5DBn_VX4E74/s1353/scolarit%C3%A9-autisme.png"><img src="/images/articles/2026/scolarit-c3-a9-autisme.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°514 : Syndromes pré-menstruels, AOMI, dépistage HPV, salpingectomie, semaglutide, galactorrhée, déprescription/logiciels</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/02/dragi-webdo-n514/</link><pubDate>Mon, 09 Feb 2026 21:20:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/02/dragi-webdo-n514/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>Gynécologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour introduire ce billet, parlons des logiciels médicaux. Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2844545">essai</a> randomisé a intégré des messages incitant à la déprescription des benzodiazépines et anticholinergiques chez les sujets âgés versus soins courant. Dans les groupes avec des messages, 35% des patients ont eu au moins 1 traitement déprescrit versus  27% (NNT= 15). Bref, les alertes sur les logiciels semblent efficaces pour influencer la déprescription. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Voici l&rsquo;étude <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2841244">PERMET</a>, qui a évalué la metformine versus placebo dans l&rsquo;amélioration du périmètre de marche chez des patients avec AOMI non diabétiques. Encore une fois, ça ne marche pas, il n&rsquo;y avait pas de différence entre les groupes.</p>
<p>Revoyons donc ce qui est important dans l&rsquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp2501200">AOMI</a>, favorisée par l&rsquo;âge, le tabac, le diabète (puis les autres facteurs de risque cardiovasculaires). Le diagnostic repos sur un IPS (rapport cheville/bras) &lt; 0,9. L&rsquo;absence de pouls pédieux a une Se de  50% et un Sp de  73% et une Se de 71%  et Sp 91% de pour l&rsquo;absence de pouls tibial postérieur. Le symptôme principal est la claudication à la marche : douleurs des mollets se résolvant dans les 10min après l&rsquo;arrêt. Le traitement repose les exercices de marche à domicile ou supervisés,  sur les analogues du GLP-1 (liraglutide et semaglutide) en cas de diabète de type 2 et le cilostazole qui améliorent la distance de marche. Les recommandations placent une cible tensionnelle &lt; 130/80, et une baisse de LDL de 50% avec atovastatine ou rosuvastatine bien que les auteurs disent que c&rsquo;est la simvastatine qui réduit la mortalité et l&rsquo;ezetimibe qui réduit les ischémies aiguës des membres. L&rsquo;aspirine et le clopidogrel sont proposés en antiagrégant de 1ere ligne, mais il n&rsquo;est pas précisé que le clopidogrel est supérieur en cas d&rsquo;AOMI isolée et ni que leur efficacité est limitée aux patients symptomatiques. Sans conclure clairement, il est dit que l&rsquo;ajout du rivaroxaban à l&rsquo;aspirine réduit les évènements ischémiques au prix d&rsquo;une augmentation des hémorragies (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/11/dragi-webdo-n160.html">ici</a>). Enfin, la revascularisation est indiquée en cas d&rsquo;évènements critiques ou de symptômes persistants malgré l&rsquo;exercice.</p>
<p>On voit qu&rsquo;en France, le contrôle tensionnel est de 50%, mais rassurons nous, aux Etats Unis, c&rsquo;est  <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2844633">80 % de patients hypertendus</a> qui ne sont pas contrôlés !! Les cibles sont elles trop basses?</p>
<p>2/ Oncologie</p>
<p>On en avait déjà parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/11/dragi-webdo-n159.html">ici</a>, et c&rsquo;est confirmé par cette étude médico-économique. Chez les <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-03192">patientes</a> vaccinées contre HPV entre  14 et 25 ans, un dépistage par FCU tous les 15 à 25 ans serait suffisant et coût-efficace au seuil de 55 000$/QALY. (Déjà que certains ont fait un infarctus quand il a fallu espacer de 5 ans les FCU, alors tous les 15 ans!!)</p>
<p>Mais peut être que le FCU, c&rsquo;est déjà fini! En effet, cette étude du <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-084831">BMJ</a> a étudié le dépistage de l&rsquo;HPV sur sang menstruel chez 3000 femmes de 20 à 54 ans . Ce prélèvement avait une sensibilité de 95%, semblable à celle d&rsquo;un FCU réalisé par un clinicien, et une spécificité de  90%, soit un VPN de 99% pour l diagnostic de CIN2+ et 3+</p>
<p>Une revue publiée dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2844628">JAMA</a> aborde les salpingectomies opportunistes au décours d&rsquo;autres interventions. Les auteurs trouvent que ces procédures réduisent le risque de cancer tubo-ovariens sans augmenter le risque d&rsquo;insuffisance ovarienne précoce. C&rsquo;est donc une option à discuter chez les patientes sans désir ultérieur de fertilité (certaines recos américaines recommandent d&rsquo;ailleurs préférentiellement la salpingectomie à la ligature des trompes comme méthodes de contraceptions définitive féminine).</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>La <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2844698">société américaine de gynécologie</a> a publié des recommandations concernant les syndromes pré-menstruels. Le diagnostic repose sur des symptômes présents pendant au moins 2 cycles consécutifs, des symptômes affectifs tels que troubles de l&rsquo;humeur, irritabilité, anxiété, et/ou physiques tels que troubles concentration,  fatigue, changements d&rsquo;appétit, troubles du sommeil, mastodynie, arthralgies et troubles digestifs. Sur le plan médicamenteux, les contraceptions oestro-progestatives, les IRS (en prise continue ou intermittente) et les TCC sont les traitements les plus recommandés avec un niveau de preuve &ldquo;modéré&rdquo;.</p>
<p>4/ Endocrinologie</p>
<p>On avait parlé de l&rsquo;étude <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/04/dragi-webdo-n479.html">SOUL</a>  a montré une réduction d&rsquo;évènements cardiovasculaire mais pas de mortalité comme suspectés avec <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/06/dragi-webdo-n232.html">PIONNER</a> concernant l&rsquo;efficacité du semaglutide oral chez les patients diabétiques. <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2844096">SOUL</a> a été ensuite réanalysé pour évaluer l&rsquo;efficacité sur l&rsquo;insuffisance cardiaque. Le semaglutide a réduit davantage la survenue d&rsquo;insuffisance cardiaque (NNT = 30), notamment pour l&rsquo;IC à FE préservée.</p>
<p>Après les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2026/01/dragi-webdo-n512.html">prolactinomes</a>, voici la prise en charges de <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-086122">galactorrhées</a>. Le bilan initial repose sur un test de grossesse chez les femmes en âge de procréer puis sur un dosage de prolactinémie ou directement par ce dosage chez les autres femmes et les hommes. Les causes iatrogènes doivent être recherchées (neuroleptiques notamment). Le dosage de macroprolactine est indiqué chez un patient asymptomatique (donc sans galactorrhée) car l&rsquo;hyperprolatinémie à macroprolactine ne nécessite ni suivi ni explorations. En cas d’hyperprolactinémie, la suite du bilan comporte : TSH, bilan rénal et hépatique. En l&rsquo;absence de cause avec ce bilan, adresser à l&rsquo;endocrinologue, avec une IRM hypophysaire et éventuellement la suite du bilan hormonal hypophysaire.</p>
<p>Voilà pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°513 : Trouble d'usage des opiacés (recos US), valvulopathies (ESC), uricémie/risque CV, CSI+Formotérol, genouillères/arthrose, maladie de Berger, IPP/TVO, acuponcture</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/02/dragi-webdo-n513/</link><pubDate>Sun, 01 Feb 2026 22:31:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/02/dragi-webdo-n513/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Néphrologie</category><category>Addictologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Il y a maintenant 12 ans, le blog a été créé ! Vous êtes plus de 6200 abonnés à la newsletter !Merci tout le monde pour votre fidélité de lecture et vos commentaires qui font évoluer le blog et son contenu ! Pour commencer, faisons un peu de méthodologie grâce à cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamasurgery/fullarticle/2844196">essai randomisé</a> évaluant la stimulation électrique du point d&rsquo;acuponcture P6 au poignet versus métoclopramide dans les vomissements post-opératoires. C&rsquo;est en double placebo, il y avait donc un placebo de métoclopramide et bracelet de stimulation électrique qui faisait une petite lumière mais n&rsquo;envoyait pas la stimulation électrique. Les auteurs trouvent que la stimulation du point d&rsquo;acuponcture était plus efficace que le métoclopramide. Mais, il y a plusieurs biais. D&rsquo;une part, la stimulation factice ne donnait pas de paresthésie, donc il aurait plutôt fallu faire une vraie stimulation sur un &ldquo;faux&rdquo; points qu&rsquo;une absence de stimulation. D&rsquo;autre part, le critère de jugement est le taux de répondant avec une EVA inférieure à 3/10 à 2 heures : 77% versus 55%. Mais si on compare maintenant les EVA directement, elles étaient à 7 initialement et sont passées à des médianes à 2 vs 3 : donc cette différence de 1 point sur 10 est elle réellement cliniquement pertinente? Quand on transforme une variable continue en variable binaire, on perd de l&rsquo;information&hellip; Donc enter placebo qui n&rsquo;en est pas un et une variable modifiée, difficile de réellement conclure à l&rsquo;efficacité de la stimulation des points d&rsquo;acuponcture. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>La semaine dernière, nous parlions déjà des IPP. Dans cette <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0012369226000218">étude</a> de cohorte rétrospective belge incluant 900 000 patients avec trouble ventilatoire obstructif, il y avait une association entre utilisation d&rsquo;IPP et risque d&rsquo;exacerbation. Ce n&rsquo;est pas forcément très étonnant vu que le RGO est associé à l&rsquo;asthme&hellip; On n&rsquo;est donc pas sur du sens de la causalité, même en prenant en compte les diagnostics de RGO car ils pourraient être mal renseignés compte tenu de leur fréquence. On peut cependant conclure qu&rsquo;un patient prenant un IPP a plus de risque de faire une exacerbation, donc être peut-être plus vigilent sur le contrôle de la maladie respiratoire.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>On va aborder rapidement les recommandations de <a href="https://academic.oup.com/ehjvshd/article/1/1/xwag001/8429937">ESC</a>  concernant les valvulopathies. On notera deux points qui peuvent intéresser les généralistes. D&rsquo;abord, les AOD sont contre indiqués en cas de rétrécissement mitral serré, auquel cas un AVK doit être utilisé. Ensuite, l&rsquo;indication de traitement chirurgical des patients avec un RAC serré asymptomatique est présentée comme une alternative à surveillance rapprochée (grade IIa), tout comme le traitement chirurgical de l&rsquo;insuffisance aortique chez les patients asymptomatique dont l&rsquo;indication chirurgicale se discutera selon le FEVG, le BNP etc&hellip;. Globalement, chez les patients asymptomatique, l&rsquo;indication opératoire des valvulopathies chez les patients asymptomatique est limitée à certains cas où le retentissement cardiaque est sévère (ce qui pose la question de l&rsquo;intérêt d&rsquo;envoyer à l&rsquo;ETT tous les souffles chez des patients asymptomatiques, ou seulement chez les sujets plus fragiles et avec comorbidités pouvant entrainer des décompensations&hellip;)</p>
<p>Voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2844321">essai émulé</a> a comparé une cible d&rsquo;uricémie &lt; 60mg/L versus &gt;60mg/L chez des patients avec goutte. Les auteurs trouvent que la cible base était associé à un risque de survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaire plus faible. Mais encore une fois, les essais émulés étant créés à partir de cohortes de patients qui sont ensuite appariés, ce ne sont pas des essais randomisés et les patients avaient peut-être une raison d&rsquo;être moins traités ou avaient possiblement un risque CV plus élevé sur d&rsquo;autres critères non pris en compte. C&rsquo;est concordant avec cette <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/04/dragi-webdo-n92.html">autre étude</a>, mais les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/04/dragi-webdo-n46.html">essais randomisés</a> ne sont pas concluant&hellip;</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>En pneumologie, on parle régulièrement du traitement par corticoïde inhalé (CSI)+formoterol dans le traitement de crise de l&rsquo;asthme (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/03/dragi-webdo-n176.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/10/dragi-webdo-n498.html">là</a>). Dans une <a href="https://publications.ersnet.org/content/erjor/12/1/00949-2025">étude</a> de cout-efficacité, cette stratégie thérapeutique était moins couteuse par rapport à un CSI en traitement de fond + salbutamol en traitement de crise dans l&rsquo;asthme léger à modéré. Par rapport à un traitement par salbutamol si besoin uniquement, elle était également moins couteuse et réduisait également les exacerbations et exacerbations sévères.</p>
<p>Jusqu&rsquo;à récemment, la BPCO était souvent considérée comme une maladie &ldquo;purement pulmonaire&rdquo;. Mais elle est de plus en plus considérée comme une maladie systémique nécessitant une prise en charge plus globale (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/11/dragi-webdo-n374.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/03/dragi-webdo-n304.html">là</a>). Un <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(25)00390-X/abstract">essai</a> randomisé incluant des patients atteints de BPCO sans maladie cardiaque a testé un traitement préventif par bisoprolol pour réduire les évènements cardiovasculaire chez ces patients souvent à haut risque à cause du tabagisme. Il n&rsquo;y a pas eu de différence sur la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaire à 2 ans. Cependant, notons qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas non plus eu de différence de mortalité, ni de symptômes de BPCO, ni d&rsquo;exacerbation, donc on est quand même rassuré sur son utilisation en cas de BPCO (c&rsquo;est concordant avec ce qu&rsquo;on avait vu dans l&rsquo;asthme <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/01/dragi-webdo-n125.html">ici</a>)</p>
<p>4/ Néphrologie</p>
<p>Un article du JAMA aborde la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2844446">néphropathie</a> à
IgA aussi connue sous le nom de maladie de Berger, qui est la
glomérulonéphrite immunologique la plus fréquente. Elle touche
généralement des hommes de 35 à 45 ans, qui présentent un syndrome
néphritique: une hypertension, hématurie microscopique, et/ou une
protéinurie (RAC &gt;3mg/g) et parfois des oedèmes périphériques. Un
avis néphrologique est bien sur indiqué devant la protéinurie et
l&rsquo;hématurie microscopique. Le bilan initial qui peut avancer les
explorations comporte : NFS, créatininémie, ionogramme, bilan hépatique,
RAC et les sérologies VIH, VHB, VHC, AAN, ANCA, anti-ENA, C3, C4 et
électrophorèses des protéines sériques et urinaires. Ensuite, la biopsie
fera le diagnostic.</p>
<p>5/ Addictologie</p>
<p>Les <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2844119">recommandations</a> américaines concernant le trouble d&rsquo;usage des opiacés ont été publiées. Il y est décrit que l&rsquo;utilisation des substituts réduit la mortalité globale des patients avec un NNT de  80 patients par an (à noter que la méthadone était associé à davantage de risque que la buprénorphine dans les 4 semaines concernant la mortalité et le risque d&rsquo;overdoses). Ce sont donc 2 traitements de 1ère ligne qui doivent accompagner l&rsquo;arrêt de la drogue et nécessitent d&rsquo;être prescrits au long cours, en étant éventuellement associés à la prise en charge psychologique et sociale. Enfin, chez les consommateurs, une stratégie de réduction des risques (éducation, kits naloxone, programmes autours des seringues&hellip;) permet de réduire le risque de contamination par VHC et de réduire les consommations. Enfin, les études montrent une meilleure adhésion au traitement de substitution lorsque les soins sont donnés par les acteurs de soins primaires par rapport aux services d&rsquo;addictologie spécialisés.</p>
<p>6/ Rhumatologie</p>
<p>Il est fréquent d&rsquo;avoir des demandes de genouillères pour l&rsquo;arthrose. Cet <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-086005">essai</a> randomisé a évalué l&rsquo;efficacité des genouillères de soutien avec exercices par rapport aux exercices seuls dans la gonarthrose. Après 6 mois, le KOOS-5 (évaluant le retentissement entre 0 et 100) était significativement supérieur dans le groupe genouillère (+3.4 points), ce qui n&rsquo;atteignait donc pas le seuil de pertinence clinique</p>
<p>Et c&rsquo;est fini pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°512 : Hyperprolactinémie, vulvodynines, doxy-PEP, IPP/cancer, appendicite, jambes sans repos, traitements diabète/néphropathie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/01/dragi-webdo-n512/</link><pubDate>Sun, 25 Jan 2026 21:09:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/01/dragi-webdo-n512/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><category>Neurologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les actualités du moment. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Dans cette <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-086384">étude</a> cas-témoin menée sur registre dans 5 pays nordiques, 17 000 patients avec cancer gastrique ont été comparés à 170 000 contrôles. La prévalence d&rsquo;&lsquo;utilisation d&rsquo;IPP était de 10.2% vs 9.5% respectivement dans chacun des groupes. Cependant, après ajustement, l&rsquo;utilisation d&rsquo;IPP n&rsquo;était pas associée à une augmentation des cancers gastriques et des résultats similaires ont été retrouvés pour l&rsquo;utilisation d&rsquo;anti-H2.Ainsi,  les facteurs de confusion dans les études trouvant une association étaient probablement l&rsquo;utilisation d&rsquo;IPP peu de temps avant le diagnostic de cancer devant des symptômes et l&rsquo;infection à H.Pylori.</p>
<p>2/ Cardiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra2312555">NEJM</a> revient sur les morts subites chez les athlètes. La 1re difficulté mise en évidence est la définition d&rsquo;athlète. L&rsquo;incidence des morts subites au niveau &ldquo;sport universitaire&rdquo; aux Etats Unis était de 1 pour 18000 chez les sportifs noirs versus 1 pour 39 000 chez les sportifs blancs. Chez les athlètes de moins de 35 ans, 1/300 a une anomalie cardiaque prédisposant à une mort subite (ce qui veut dire que la plupart ne font pas de mort subite quand même). L&rsquo;ECG permettrait de dépister 2/3 des anomalies associées à une mort subite (notamment WPW avec 1/700, puis les HVG des cardiomyopathies hypertrophiques et QT long) avec une meilleure performance que l&rsquo;anamnèse et examen clinique et sans trop de faux positifs si les critères d&rsquo;interprétation sont respectés. Ainsi, bien que l&rsquo;étude italienne montrant une réduction de mortalité si dépistage ait été répliquée sans trouver des résultats similaires, les 2 auteurs sont en faveur d&rsquo;un dépistage à partir de 12 ans par ECG.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>On avait parlé des résultats à <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/10/dragi-webdo-n197.html">5 ans</a>, et voici les résultats à 10 ans de cet essai randomisé ayant testé l&rsquo;antibiothérapie (ertapenem IV pendant 3 jours suivi de 7 jours de levofloxacine + metronidazole oral) versus chirurgie dans l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2844116#250774974">appendicite aiguë</a> non compliquée. Après 10 ans de suivi, 44% des patients du groupe antibiotiques ont eu une récurrence nécessitant une appendicectomie. Ainsi, le taux de complications dans le groupe antibiotiques était de 8% versus 27% dans le groupe avec appendicectomie d&rsquo;emblée. On voit aussi que passé 5 ans, il y a très peu d&rsquo;opérations dans le groupe antibiothérapie : va-t-on vers un traitement moins invasif des appendicites aiguës?</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiW7GD0NpB-k-HxWUTFqEItik9-KcYk2QWoSA0t2VIK7CyJgPRDkAgYoOcrF7_VPw9-5douSf8SuVa2NxDWIA2QJUH7hX7k5i0CfbUDPRZjNKEq5SD2iKi9Q-MynSmIknVG2cHS4XvTdCidWjaaoMXKoBl9FqtLKDA3xZLsG2bQ5c2fZand-6uYxavG0ULp/s540/appendicite.jpg"><img src="/images/articles/2026/appendicite.jpg" alt=""></a></p>
<p>Alors que les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/02/dragi-webdo-n471-doxy-post-exposition.html">recos HAS</a> ne recommandent pas le traitement par doxycycline post-exposition prophylactique , l<a href="https://www.ecdc.europa.eu/en/publications-data/public-health-considerations-use-doxycycline-post-exposure-prophylaxis-bacterial">e CDC européen</a> émet aussi ses recos.  Il reconnait que le traitement  est efficace pour réduire les IST dans les populations HSH et transgenre ayant des rapports à risques, malgré un risque de résistance bactérienne. Elle recommande une utilisation au niveau individuel et suivant les recommandations nationales. Ainsi, cela serait un outil dans l&rsquo;arsenal préventif et thérapeutique, nécessitant un suivi régulier. Elle rappelle que la doxy-PEP se focalise sur la prévention de la syphilis et concerner les groupes à risque. Enfin, il est nécessaire que les autorités nationales réalisent un suivi de l&rsquo;évolution autre IST également et des résistances aux antibiotiques.</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-086038">BMJ</a> publie un article sur les vulvodynies qui sont des douleurs chroniques depuis plus de 3 mois sans cause évidente et peuvent toucher 10 à 28% des femmes au cours de leur vie. Elles peuvent être primaires (présentes depuis les premiers rapports ou ont toujours été présente en cas de contact) ou secondaires. Les douleurs intermittentes liée à la position sont souvent liées à une dysfonction au niveau du plancher pelvien. On recherchera un prurit/brulure (infection, atrophie post-ménopause ou iatrogène, lichen, cancer),  un écoulement (infections, candidose&hellip;), un saignement (cancers, traumatisme), une tuméfaction (bartholinite, kystes, abcès, cancer), symptômes urinaires (infection urinaire, endométriose, troubles de statique pelvienne), sécheresse/irritation (ménopause, carence œstrogénique, traitements). Un test au coton-tige peut être utilisé pour localiser et identifier au mieux la douleur. Le toucher vaginal peut permettre d&rsquo;évaluer les muscles pelviens, mais il n&rsquo;est pas toujours réalisable à cause d&rsquo;une hypercontraction consécutive aux douleurs. La prise en charge est étiologique quand c&rsquo;est possible. Il existe par exemple des crèmes œstrogènes à appliquer si la cause est une carence en œstrogène. Sont également proposées des psychothérapies et de la kinésithérapie pelvienne. Les conseils sont d&rsquo;éviter les irritants, utiliser les lubrifiants (plutôt siliconés qu&rsquo;à l&rsquo;eau sauf si désir de grossesse), des sous-vêtements en coton&hellip; L&rsquo;amitriptyline (25-75mg/j) et la gabapentine (1200-1800mg/j) , sont des traitements médicamenteux efficaces mais avec des effets modestes.</p>
<p>5/ Neurologie </p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2844112">JAMA</a> a publié une revue sur le syndrome des jambes sans repos (SJSR) qui atteindrait 10% des plus de 65 ans mais 2/3 des patients atteints auraient des symptômes depuis leurs 45 ans. La carence martiale est un facteur de risque de SJSR , tout comme la grossesse et le sevrage en opioïdes. Les symptômes sont un besoin urgent de bouger les jambes (ou bras) associé à des paresthésies, survenant au repos, prédominant le soir ou la nuit, et non expliqué par un diagnostic différentiel (crampes, oedemes, stase veineuse, neuropathie&hellip;). C&rsquo;est souvent associé à des troubles anxieux ou dépressifs ou des maladies cardiovasculaires. Le Cambridge-Hopkins Restless Legs Syndrome Questionnaire en 13 questions peut aider au diagnostic. En cas de doute, une polysomnographie peut être proposée. Le bilan martial est indiqué au moment du diagnostic. La prise en charge repose sur la supplémentation martiale  si ferritine &lt; 100 ou CST&lt; 20%, puis les gabapentinoïdes (gabapentine ou prégabaline). Les agonistes dopaminergiques sont un traitement de 2eme ligne pour lesquels les recommandations américaines sont plutôt opposées (&ldquo;conditionnal guideline against use&rdquo;) compte tenu d&rsquo;une efficacité à court terme mais d&rsquo;une majoration des symptômes si utilisés à long terme. Cependant une utilisation &ldquo;si besoin&rdquo; en cas de symptômes intermittents peut être proposée.</p>
<p>6/ Endocrinologie</p>
<p>Dans cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2843983">essai émulé danois</a>, les auteurs trouvent qu&rsquo;initier un iSGLT2 réduit davantage le risque de néphropathie diabétique qu&rsquo;un aGLP1 avec un NNT de 67 patients à 5 ans. Cependant l&rsquo;albuminurie et la mortalité globale avaient tendance à être meilleures dans le groupe gGLP1 par rapport aux iSGLT2. C&rsquo;est donc totalement cohérent avec ce qu&rsquo;on avait déjà vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/03/dragi-webdo-n474.html">ici</a>, et peut être faut il favoriser une réduction de mortalité globale plutôt que la réduction de maladie rénale chronique.</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(25)00227-X/abstract">Lancet</a> parle des adénomes à prolactine et d&rsquo;hyperprolactinémie. L&rsquo;hyperprolactinémie peut être liée à une hypothyroïdie, la grossesse, l’allaitement, au stress, à l&rsquo;effort, à une insuffisance rénale, à des médicaments ou être de déconnexion. En cas de suspicion d&rsquo;hyperprolactinémie (galactorrhée, aménorrhée, hypogonadisme, hirsutisme, suspicion de masse, ostéoporose), la prolactine est à doser. Si elle est élevée mais inférieure à 200 µg/L, il faut la redoser le matin à jeun sans activité physique ni sexuelle pour chercher une cause transitoire : stress, stimulation mammaire, grossesse, insuffisance rénale, hypothyroïdie traitement (notamment: neuroleptiques, anti-émétiques, anti-dépresseurs, anti-histaminques, oestrogènes, verapamil et drogues) et exclure une macroprolactinémie chez les patients asymptomatiques. La macro-prolactine est de la prolactine complexée avec des anticorps et qui n&rsquo;a pas d&rsquo;activité biologique: donc si l&rsquo;hyperprolactinémie est essentiellement à macroprolactine (big big prolactine) cela n&rsquo;est pas grave. Si aucune cause n&rsquo;est trouvée ou que la prolactinémie était &gt; 200µg/L, l&rsquo;IRM hypophysaire est indiquée pour trouver la cause ou conclure à une hyperprolactinémie idiopathique. En cas de prolactinome (= microadénome) ou de macroadénome, un avis spécialisé sera nécessaire pour discuter d&rsquo;une prise en charge chirurgicale (généralement pas en 1ère intention pour les prolactinomes) ou par agonistes dopaminergiques (la cabergoline initié à 0,5 et augmentée progressivement jusqu&rsquo;à max 2mg/semaine est à préférer par rapport à la bromocriptine qui est moins efficace) qui permettent une réponse en 2-3 mois. Dans ce dernier cas, la prolactinémie est à doser à 8 semaines puis tous les 3-12 mois, et l&rsquo;IRM est annuelle dans les microadénomes et tous les 3-6 mois pour les macroadénomes.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°511 : traitements obésité (recos fr et US), PSA (recos UK), goutte, dyspepsies fonctionnelles, vaccin grippe, patients difficiles</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/01/dragi-webdo-n511/</link><pubDate>Thu, 22 Jan 2026 00:21:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/01/dragi-webdo-n511/</guid><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer,  voici une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-01882">revue systématique</a> concernant les consultations avec les patients perçus comme difficiles. Leur prévalence serait de 17%. Cela concerne notamment des patients avec troubles de personnalité, dépression, anxiété et douleurs chroniques. Les médecins plus jeunes avaient plus de difficultés à prendre en charge ses patients et les patients perçus comme difficile étaient plus souvent insatisfait des consultations. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Infectiologie</p>
<p><a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2509907">DANFLU2</a> était un essai randomisé comparant une forte dose et une faible dose de vaccin antigrippal. Il s&rsquo;est conclu par une absence de différence sur les hospitalisations pour grippe ou pneumonie chez les patients de plus de 65 ans. Cependant, voici une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2843860">analyse</a> secondaire intéressante car elle a comparé le risque d&rsquo;hospitalisation pour cause cardiologique et pour causes respiratoires (non limité à grippe et pneumonie). Les auteurs trouvent que le vaccin antigrippal chez les sujets de plus de 65 ans réduisait les risques d&rsquo;hospitalisation cardio-respiratoire (NNT=1000), porté par les évènements cardiologiques et notamment insuffisances cardiaques. C&rsquo;est concordant avec ce qu&rsquo;on avait déjà vu: réduction de mortalité suite au vaccin antigrippal en <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/09/dragi-webdo-n322.html">post infarctus</a>.</p>
<p> 2/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp2501860">NEJM</a> aborde les relativement fréquentes dyspepsies fonctionnelles. Elles correspondent à des épigastralgies ou brulures ou sensation de satiété précoce parfois avec nausées et peuvent entrainer des pertes de poids, hospitalisation et décès. Ces dyspepsies peuvent s&rsquo;associer à des troubles fonctionnels intestinaux et à du RGO, et un tiers des patients atteint a un syndrome anxieux ou dépressif favorisant. Les principaux diagnostics différentiels sont les cancers gastriques, la maladie coeliaque, les ulcères, les lithiases vésiculaires, le RGO et les pancréatiques chroniques. La fibroscopie est particulièrement indiquée si AEG, vomissements persistants, symptômes débutant après 60 ans, anémie, utilisation d&rsquo;AINS/aspirine prolongée, antécédent familial de cancer gastrique&hellip; (les drapeaux rouges classiques). Il n&rsquo;y a pas de traitement spécifique d&rsquo;efficacité démontré. Le traitement est essentiellement empirique: IPP si reflux, antidépresseurs tricycliques, IRSNA, metoclopramide, domperidone et buspirone (une des rare fois où on voit apparaitre cet anxiolytique non addictif et sans somnolence! mais il faut le prendre 3 fois par jour, sur plusieurs jours).</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj.s10">BMJ</a> aborde et approuve les recommandations du <a href="https://nationalscreening.blog.gov.uk/2025/11/28/uk-nsc-opens-consultation-on-draft-prostate-cancer-screening-recommendation/">National screening commitee britannique</a> (organisme de recommandations de dépistage britannique) concernant le dépistage du cancer de la prostate. Le comité recommande un dépistage chez les hommes de 45 à 61 ans ayant une mutation BRCA1 or BRCA. Mais il recommande aussi de ne pas dépister systématiquement en population générale, ni chez les sujets noirs, ni chez les sujets avec un antécédent familial de cancer de prostate ! C&rsquo;est donc concordant avec les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2014/11/dragi-webo-n22-psa-cancer-du-poumon.html">recos canadienne</a> datant déjà de 2014&hellip;</p>
<p>4/ Endocrinologie</p>
<p>Voici la prise de position des sociétés savantes francophone d&rsquo;endocrinologie et d&rsquo;obésité concernant les <a href="https://www.em-consulte.com/article/1780511/prise-de-position-du-gcc-cso-sur-les-traitements-m">traitements par analogues du GLP-1</a> dans l&rsquo;obésité. La majorité des recommandations sont de l&rsquo;avis d&rsquo;expert. En soit, il n&rsquo;y a rien de très neuf. Les traitements médicaux de l&rsquo;obésité (TMO) sont des traitements de 2eme intention, après 6 mois de prise en charge nutritionnelle et psychologique, et sont préférentiellement à vie compte tenu de l&rsquo;effet rebond à l&rsquo;arrêt. Le groupe de travail privilégie les patients avec un IMC &gt; 35 ou avec au moins une complication de l&rsquo;obésité. Les auteurs ont proposé un tableau de sélection du TMO selon les comorbidités des patients (cf ci-dessous). La non réponse se définie par une perte de poids &lt; 5% à 3 mois Pour améliorer la tolérance digestive, les auteurs proposent de prendre le temps au repas (&gt;20min, mastication longue), de bien s&rsquo;hydrater, de privilégier les aliments avec fibres /digestes selon la présence de diarrhée ou constipation. Ils proposent également un protocole faisant discuter de acide ursodésoxycholique pour prévenir les lithiases biliaires si lithiase asymptomatique connue ou perte de poids &gt;10% à 3 mois, et suggèrent un avis spécialisé avant d&rsquo;introduire un TMO si antécédent de pancréatite. En fait, aux vues de tous les éléments décrits, effets indésirables à prendre en compte, on est quand même dans un traitement plutôt du domaine du
médecin &ldquo;avec une expérience dans la PEC de l&rsquo;obésité&rdquo;, plutôt que tout
médecin. Enfin, il n&rsquo;y a pas de données médico-économiques, ce qui est dommage vu le prix des traitements.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjuNLzl4k_Fe-5jDC-_TXm4ifhMM6QG-jhXWjyUu32U0_iEKm-MlkeA19GhmeREaBGqgqb0XFT_br8EmerhPPfViUzh9jP281zMVlzcLW3lvnbSi1eGl20UIwEM1iJd2YVVhWewidPHbUZDCWTm6dwticElx7_rOojym27JnvmW4UGfzNfFZdRWXfBSvCyf/s1246/TMO.png"><img src="/images/articles/2026/tmo.png" alt=""></a></p>
<p>Et en parallèle, la <a href="https://diabetesjournals.org/docm-care/article/doi/10.2337/doci25-0008/164233/Pharmacologic-Treatment-of-Obesity-in-Adults">société américaine de diabétologie</a> a également publié ses recommandations sur les traitements du surpoids et de l&rsquo;obésité. C&rsquo;est moins détaillé que la reco française. Pour eux, les aGLP1 et le tirzepatide peuvent être les traitements initiaux en cas d&rsquo;obésité avec complications (et font partie du plan de soin de l&rsquo;obésité sans complication). L&rsquo;objectif du traitement est une perte soutenue de 5% du poids, et une perte de 10% du poids en cas d&rsquo;obésité avec complications. La dose &ldquo;au long cours&rdquo; n&rsquo;est pas forcément la dose maximale qui a été introduite pour obtenir la perte de poids.  Enfin, ils ont refait un tableau d&rsquo;efficacité des différentes molécules selon les indications en précisant les critères d&rsquo;efficacité :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEibL61QoVt8SxSS-xm1Yo95WEhk16Ngb70gKZ3I3XOYn2ArZyTqSqLlJqOv1UiB7HN708G7-NtSXcGRRL2Y1lmaV9Q5gyr3miBILYL7WZUEPKhrA2FD-VR0Ao2MMeloDoCyGPO1IuRoV4sjwOg21bMJ-qC8qKPj-nJRInHLKsJ0kbvPeWMV_u56333Pt7Fc/s1361/ob%C3%A9sit%C3%A9%20traitement.png"><img src="/images/articles/2026/ob-c3-a9sit-c3-a9-20traitement.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Faisons un point rapide sur la <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj.r2248">goutte</a> avec un article &ldquo;consultation&rdquo; du BMJ. Les messages clés sont la possibilité d&rsquo;utiliser des AINS, la colchicine et les corticoïdes dans le traitement des crises, mais en éviter les AINS si antécédent cardiovasculaire ou insuffisance rénale. En cas de traitement de fond, une uricémie cible à 360 μmol/L (60 mg/L) est suffisante, et il n&rsquo;y a pas de niveau de preuve suffisant pour recommander un régime alimentaire spécifique, donc continuer de recommander une alimentation équilibrée/méditerranéenne.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°510 : cancer du col de l'utérus (recos US), maladie rénale chronique (recos US), anti-obésité/reprise poids, diabète (tirzépatide, statines), D-dimères, gale, fromage/démence</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/01/dragi-webdo-n510/</link><pubDate>Sun, 11 Jan 2026 21:14:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/01/dragi-webdo-n510/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Dermatologie</category><category>Oncologie</category><category>Néphrologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les actualités de la semaine. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2843503">étude</a> internationale vient confirmer que la stratégie de D-Dimères ajustée à l&rsquo;âge pour éliminer une thrombose veineuse est adaptée. En effet, dans cette cohorte prospective de 3000 patients avec 14% de phlébites diagnostiquées, il n&rsquo;y a eu aucun faux négatif lorsque le seuil de D-Dimères &lt; l&rsquo;âge x 10 a été utilisé après 50 ans et seuil fixe à 500 avant 50 ans.</p>
<p>2/ Dermatologie</p>
<p>Un <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-086277">essai</a> randomisé français a comparé l&rsquo;utilisation de l&rsquo;ivermectine 200 µg/kg versus perméthrine 5%, J0 et J10, chez des patients de plus de 15kg avec gale diagnostiquée par dermatoscopie. Les auteurs trouvent qu&rsquo;après 1 mois le traitement par ivermectine est inférieur à la perméthrine qui reste donc le traitement de référence (72% vs 88%).</p>
<p> 3/ Douleur</p>
<p>Deux <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2843665">essais randomisés</a> incluant des enfants de 6 à 17 ans ont comparé l&rsquo;utilisation de l&rsquo;ibuprofène seul versus ibuprofène + hydroporphone versus ibuprofène + paracetamol dans les douleurs aigue des membres non-opératoires avec une évaluation par EVA à 60min. Dans les 3 groupes, l&rsquo;EVA est passé de 6,5/10 à 4,6/10 environ sans différence entre les groupes. Donc en rester à l&rsquo;ibuprofène.</p>
<p>4/ Hématologie et oncologie</p>
<p>La <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0248866325007210">revue de médecine interne</a>
aborde les hémolyses non auto-immunes. Ce qu&rsquo;on retiendra en MG, c&rsquo;est
d&rsquo;abord de reconnaitre l&rsquo;hémolyse: réticulocytes &gt; 120G/L,
haptoglobine basse, LDH élevés. Si c&rsquo;est auto-immun, le test direct
à l’antiglobuline (TDA, ex-Coombs) est positif. S&rsquo;il est négatif, on
cherche une autre cause grâce à l’anamnèse et au frottis sanguin. Il y a
notamment : le paludisme, la drépanocytose, les MAT (avec thrombopénie,
schizocytes), les médicaments (comme la dapsone). Les autres causes
seront explorées par le spécialiste après bilan complémentaire (pyruvate
kinase, G6PD, électrophorèse de l&rsquo;Hb, recherche de clone
d&rsquo;hémoglobinurie paroxystique nocturne, test EMA&hellip;). En cas d&rsquo;anémie
hémolytique avec thrombopénie, il faut adresser aux urgences pour bilan.</p>
<p>Les <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2843501">recommandations américaines</a> de dépistage du cancer du col de l&rsquo;utérus ont été publiées. Entre 21 ans et 30 ans, une cytologie  tous les 3 ans est recommandé. Entre 30 et 65 ans, un test HPV tous les 5 ans est recommandé, mais une cytologie tous les 3 ans peut être réalisée si le test HPV est indisponible. L&rsquo;auto-prélèvement pour test HPV est également une option, mais qui doit être complétée par une cytologie si anormale, comme en cas de prélèvement par le professionnel de santé.</p>
<p>5/ Néphrologie</p>
<p>Les <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-03499">vétérans américains</a> ont publié des recommandations sur la prise en charge de la maladie rénale chronique en soins primaires. Le dépistage est recommandé chez les patients avec diabète, HTA, maladie cardiovasculaire ou âge &gt; 60 ans avec RAC et créatininémie et une évaluation du risque de progression avec le score KFRE est suggéré en cas de DFG &lt; 60ml/min. Un contrôle tensionnel intensif est recommandé, ainsi que l&rsquo;introduction d&rsquo;un IEC/ARAII si HTA+RAC &gt; 30mg/g à poursuivre même si le DFG devient &lt; 30ml/min. Les ISGLT2 sont indiqués si  maladie rénale chronique associée à : diabète ou RAC &gt; 200mg/g ou insuffisance cardiaque. Les AGLP1 sont à ajouter si diabète + RAC &gt; 200mg/g. La finerenone est indiquée dans certains cas en 3eme ligne. Concernant l&rsquo;administration de produits de contraste iodé : pour un scanner, pas de souci si le DFG &gt; 45 ; entre 30 et 45: ça dépend,  et &lt; 30, un protocole d&rsquo;hyper-hydratation est nécessaire.</p>
<p>6/ Mode de vie</p>
<p>Cet article du <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-084917">BMJ</a> a étudié le risque de cancer lié aux conservateurs dans la cohorte française nutrinet. Les auteurs trouvent que la consommation de conservateurs est associée à une augmentation des risques globaux de cancer, ainsi que de cancer du sein et de la prostate.</p>
<p>Une <a href="https://www.neurology.org/doi/10.1212/WNL.0000000000214343">étude</a> prospective suédoise a trouvé que la consommation &gt;50g/j de fromages gras (brie, emmental, gouda, cheddar&hellip;) et &gt;20g/j de crèmes riches en matières grasse était associée à une réduction du risque de démences notamment vasculaires ! Bon appétit</p>
<p>7/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/392/bmj-2025-085304">BMJ</a> a publié une revue systématique incluant  37 essais (randomisé, non randomisé et étude observationnelles) montre qu&rsquo;après l&rsquo;arrêt d&rsquo;un traitement médicamenteux de l&rsquo;obésité, la reprise de poids est d&rsquo;environ 0,4kg/mois, pour revenir au point initial après 1,7 ans environ, le regain de poids étant d’autant plus rapide que la perte a été rapide. Cependant, la perte de poids liée à des interventions comportementales, bien que plus faible, était beaucoup plus stable dans le temps et un moyen durable d&rsquo;obtenir une perte de poids. Notons que les interventions étaient d&rsquo;en moyenne 39 semaines et le suivi post-traitement de 32 semaines. Voici ce que tout ça donne en image :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj0a3Sq9wGhAQfYyQHiXd9DOx9xhzSiYp1wojpTcOYOo4-O1gIxN6B6AtAeB3g8w4K8yzFx72EhijcfLbLkP2sOBTwo88gcIjXBMRJBj4Vg64aPMU13TrJVAp6TuaPL8-FIMrsXSD-44bpBB3yUpYGO_82EO46mWleEj_9i7SC1hLfJvGKoE4cpUhscXo8O/s737/poids.png"><img src="/images/articles/2026/poids.png" alt=""></a></p>
<p>Voici l&rsquo;étude <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2505928">SURPASS-CVOT</a>, essai randomisé publié dans le NEJM comparant le tirzepatide versus dulaglutide chez des patients atteints de diabète de type 2 en prévention secondaire cardiovasculaire. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une étude de non infériorité. Rappelons que le dulaglutide, dans l&rsquo;étude <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/06/dragi-webdo-n232.html">Rewind</a> intégrant 70% de patients diabétiques en prévention primaire avait montré une réduction des évènements cardiovasculaires, AVC non fatals et néphropathies après 5,4 ans de suivi, sans gain de mortalité. Revenons à SURPASS-CVOT : 13 000 patients ont été randomisés et suivis pendant 4 ans. Le critère de jugement composite cardiovasculaire est survenu chez 12,2% des patients sous tirzépatide et 13,1% des patients sous dulaglutide, ce qui a permis de montrer la non infériorité, mais pas la supériorité (p=0,09). Il n&rsquo;y avait pas de différence concernant la survenue d&rsquo;AVC ou d&rsquo;infarctus non plus. Cependant, et de façon exploratoire, sous tirzépatide, la mortalité globale était diminuée (8,6% vs 10,2%, NNT= 63 à 4 ans, soit 250/an), tout comme la PAS (2mmHg de moins&hellip;), l&rsquo;HbA1C (-0,78% d&rsquo;HbA1C) et le poids (-6,3kg). Il y avait autant d&rsquo;effets indésirables sévères, mais davantage d&rsquo;arrêt pour effets indésirables dans le groupe tirzépatide (NNH=32) surtout pour troubles digestifs (NNH=16), troubles digestifs sévères (NNH=125). Notons également sur signal sur les cancers de la thyroïde : 10 dans le groupe tirzéaptide versus 2 sous dulaglutide. Bref, c&rsquo;est intéressant que les auteurs aient comparé à une molécule de référence. Il est dommage qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pas comparé à une molécule ayant démontré un bénéfice dans la même population (car l&rsquo;efficacité du dulaglutide en prévention secondaire n&rsquo;est pas établie). Malgré le possible sur-risque de cancer de la thyroïde, une réduction de mortalité globale serait encourageante. Cependant, ces résultats sont a confirmer, car les autres essais du tirzépatide ne mettent pas en évidence de bénéfice de mortalité ou d&rsquo;évènements cardiovasculaire malgré la baisse de poids importante.</p>
<p>Un article d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-00662">annals of internal medicine</a> s&rsquo;est intéressé au risque cardiovasculaire des patients diabétiques dans une étude de cohorte rétrospective présenté comme un essai émulé. Les auteurs ont apparié des patients sous statines et sans statines, et ont comparé l&rsquo;efficacité des statines selon le risque cardiovasculaire &ldquo;faible&rdquo;(&lt;10%), intermédiaire&quot;(10-19%), &ldquo;élevé&rdquo;(20-30%) et &ldquo;très élevé&rdquo;(&gt;30%) d&rsquo;après le Q-RISK3 britannique. Avec un recul de 10 ans de suivi (ce qui n&rsquo;est pas le cas dans les essais randomisés, mais comme là on est pas randomisé, le niveau de preuve est quand même moindre), on voit que dans toutes les classes de risque, y compris le faible risque, le risque de mortalité globale et d&rsquo;évènements cardiovasculaires est réduit (à 10 ans, gradient entre risque faible: mortalité: NNT= 190, évènements CV: NNT=120, et très haut risque: mortalité: NNT=25, évènements CV: NNT= 22 ). Bref, ça confirme le bénéfice chez tous les patients diabétiques, comme ce que préconisait le CNGE, mais qui est moins en accord avec les nouvelles recommandations européennes indiquant les statines uniquement chez les patients diabétiques avec un score 2 diabète &gt; 10% (haut risque). De la même façon que chez les non-diabétiques, il n&rsquo;est pas cout-efficace de traiter les patients à faible risque malgré le bénéfice cardiovasculaire, qu&rsquo;en est-il chez les patients diabétiques à faible risque ?</p>
<p>C&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°509 : antibiotiques (SPILF), méningo B (CNGE), VRS (nirsevimab vs vaccin), ostéopathie/lombalgie, zoliflodacine/gonocoque, cotrimoxazole, confiance médecin-patient</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/01/dragi-webdo-n509/</link><pubDate>Sun, 04 Jan 2026 23:03:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2026/01/dragi-webdo-n509/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour et bonne année ! Nous espérons que vous avez passé de bonnes vacances.</p>
<p>Pour optimiser l&rsquo;utilisation du fichier pdf du blog dans EBiM, il faut cliquer sur &ldquo;intelligence&rdquo;, puis &ldquo;bibliothèques&rdquo;. Vous pouvez ainsi créer une bibliothèque que vous nommez &ldquo;Dragi Webdo&rdquo;. Ensuite, lors de vos recherches avec l&rsquo;outil EBiM, il faut cliquer sur le &ldquo;+&rdquo; et faire défiler tout en bas pour &ldquo;cocher&rdquo; l&rsquo;utilisation de la bibliothèque &ldquo;Dragi Webdo&rdquo;. Enfin, lors de votre recherche, posez votre question à EBiM en précisant &ldquo;en utilisant la bibliothèque Dragi Webdo&hellip;&rdquo;</p>
<p>Bref, commençons l&rsquo;année avec un article d&rsquo;<a href="https://www.annfammed.org/content/23/6/500">annals of internal medicine</a> qui explore le sentiment de confiance dans la relation médecin-patient. Selon les médecins, la confiance dans la relation est un point de départ présupposé, qui va se développer et devenir de plus en plus profonde dans le temps en étant mutuelle. Cependant, cette confiance est remise en question par le médecin quand il a le sentiment que le patient manipule la relation à des fins secondaires.</p>
<p>Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/grippe-saisonniere-les-medicaments-homeopathiques-ne-sont-pas-des-vaccins">ANSM</a> rappelle que les médicaments homéopathiques vendus contre la grippe ne peuvent se substituer aux vaccins antigrippaux, efficaces pour réduire la morbidité chez les patients âgés ou avec comorbidités.</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2841772">étude</a> de cohorte rétrospective canadienne a mis en évidence un sur-risque d&rsquo;hospitalisations pour insuffisance respiratoire chez les adolescents de 10 à 25 ans traités par co-trimoxazole versus amoxicilline ou céphalosporine. Le risque est estimable avec un NNH de 5000 patients, on est donc sur quelque chose de très rare, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il y a peu d&rsquo;indication au co-trimoxazole dans cette tranche d&rsquo;âge.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>En attendant de nouvelles recommandations
d&rsquo;infectiologie officielles qui devraient être publiées dans les
prochains mois, la lettre <a href="https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/spilf/atb/info-antibio/info-antibio-dureeatb.pdf">info-antibio n°107</a> publiée par la SPILF donne en avant première quelques changements de prise en charge .</p>
<ul>
<li></li>
</ul>
<p>Pneumopathies communautaires: on reste sur 3 à 5 jours selon
l&rsquo;amélioration des symptômes  mais si coqueluche ou mycoplasme: 3 jours
si azithromycine mais 7 jours si clarithromycine</p>
<ul>
<li></li>
</ul>
<p>ORL: pas de changement (OMA: 5 jours et 10 jours si &lt; 2 ans; angine :
amox 6j si streptocoque;  sinusite maxilaire: amox 7jours, sinusite
autre: amox+ac.clavulanique 10j ), mais abstention si possible pour OMA</p>
<blockquote>
<p>2 ans et sinusites maxillaire.</p>
</blockquote>
<ul>
<li></li>
</ul>
<p>infections urinaires féminines: quelques changements ! Cystite à risque
de complication : retour de la fosfomycine J1-J3-J5, ou apparition du
cotrimoxazole 5 jours ou autre antibio 7 jours.  Pyélonéphrite simple: 7
jours si quinolone ou C3G injecté, et 10 jours si autre molécule ou
risque de complications.</p>
<ul>
<li>
<p>infections urinaires
masculines: grand retour après 15 ans de la cystite de l&rsquo;homme (SFU sans fièvre):
fosfomycine J1-J3-J5 ou autre molécule 7 jours (rappelons que la
nitrofurantoine 100mg x2/jour est recommandé à l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/02/dragi-webdo-n388.html">étranger</a>). Prostatite: 14 jours de traitement. Orchite/épididymite: 10 jours de traitement.</p>
</li>
<li>
<p>IST:  urétrite/cervicite: ceftriaxone dose unique + doxycycline 7 jours (et non azithromycine)</p>
</li>
</ul>
<p>Le <a href="https://www.cnge.fr/wp-content/uploads/2025/12/251222_Avis-Meningo-B_vbdd.pdf">CS du CNGE</a>
a publié un avis concernant la vaccination obligatoire
anti-méningocoque B. Les auteurs remettent surtout en cause l&rsquo;obligation
vaccinale. Ils insistent sur l&rsquo;efficacité variant entre 55 et 95%,
limitée à une protection individuelle, le fait que plus de 70% des patients étaient vaccinés avant l&rsquo;obligation, l&rsquo;absence de bénéfice pour les
populations non vaccinées et les données ne montrant pas un rapport
cout-efficacité en faveur d&rsquo;une vaccination collective. Ainsi, malgré le
remboursement permettant de limiter les difficultés d&rsquo;accès à ce vaccin
liées aux inégalités sociales et une efficacité individuelle qui n&rsquo;est pas remise en cause, le coût de l&rsquo;obligation vaccinale est
très important : il faut payer 12 450 000,00€ pour éviter 1 cas de méningite B ce qui correspond à 177 850 000,00€ pour éviter 1 décès. Bien
que chaque décès d&rsquo;enfant soit une tragédie, la France a depuis peu une
mortalité infantile supérieure à la moyenne européenne (on est <a href="https://www.ined.fr/fr/actualites/presse/une-mortalite-infantile-plus-elevee-en-france-que-chez-ses-voisins/">23ème sur 27 pays&hellip;.</a>),
et cela fait énormément d&rsquo;argent qui pourrait être utiliser pour
engager du personnel, améliorer des installations vieillissante qui
réduiraient la mortalité infantile &ldquo;globale&rdquo;. En tous cas, les autres
pays n&rsquo;ont pas fait le choix de cette obligation vaccinale d&rsquo;après les références du communiqué.</p>
<p>Voici une comparaison de l&rsquo;efficacité du Nirsevimab (anti-corps antiVRS)
versus vaccin maternel anti-VRS (Abrysvo*) réalisée par l&rsquo;équipe d&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2843212">Epi-phare</a>.
Les auteurs ont comparé les enfants après appariement, et trouvent que
ceux de la cohorte nirsevimab avaient un risque plus faible
d&rsquo;hospitalisation pour VRS (1,0% versus 1,3% , NNT=334). Rappelons que
le Nirsevimab c&rsquo;est 400€ remboursé à 30% et le vaccin 200€ remboursé à
100% pendant la grossesse. On aurait quand même bien envie d&rsquo;un vrai
essai randomisé&hellip; puis d&rsquo;une étude médico-économique car les ressources
ne sont, encore une fois, pas inépuisables.</p>
<p>Un nouvel antibiotique, la <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)01953-1/fulltext">Zoliflodacine</a> vient de démontrer sa non-infériorité versus ceftriaxone  + azithromycine dans le traitement des infections uro-génitales à gonocoque. Cependant, la marge de non-infériorité a été fixée à 12% : les auteurs considéraient que 12% de moins de guérison était une marge acceptable. La Zoliflodacine a eu une efficacité moindre de 6,90% [1,16-11,91] (84% vs 91%) ce qui est, de justesse, inférieur au seuil limite validant donc la non infériorité. Enfin, nous ne connaissons pas encore le risque de résistance qui serait induit. Donc à suivre.</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>On aime, donc on y revient encore. Voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2843255">essai randomisé</a> évaluant 1/ des manipulations vertébrales et 2/ une éducation du patient avec apprentissage d&rsquo;exercices, 3/ les soins courants, dans la prise en charge de la lombalgie aigue. Sans grande surprise, les manipulations vertébrales (pour ne pas dire l&rsquo;ostéopathie/chiropraxie) n&rsquo;apportaient de bénéfices ni sur la douleur ni sur la fonction. L’éducation améliorait légèrement le retentissement fonctionnelle.</p>
<p>Voilà pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez
votre adresse mail tout en haut à droite sur la page <em>(sans
oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail provenant de
&ldquo;<a href="mailto:hi@follow.it">hi@follow.it</a>&rdquo; et intitulé &ldquo;Veuillez confirmer votre abonnement à
Médicalement Geek&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos
spams)</em></p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgbQzwagGosgT7Kv0seQJQtMonnikYdIHFwh8aWeUZALqPIwUrVAz2xOVY1wea7QorPKwpgSg62iLh7iIRp65dRhZCFeoG7ivP4CL6k6vBbPRXqvNV7RGfKkc-R5kPYQSUz_obm8OQKHtUSrbIVRs0npyzaX_f6MR0BZdk3yjuFlif3Tj4Bp8hcnewBvWHL/s1024/3c5f93aa-7948-44db-92ca-1cb86f17e70b.jpg"><img src="/images/articles/2026/3c5f93aa-7948-44db-92ca-1cb86f17e70b.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°508 : diabète (recos US), hyperemesis gravidarum, dépistage personnalisé du cancer du sein, angioedèmes, aGLP1/cancers, méthadone, IA et exercice médical</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/12/dragi-webdo-n508/</link><pubDate>Tue, 16 Dec 2025 07:11:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/12/dragi-webdo-n508/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Allergologie</category><category>Oncologie</category><category>Addictologie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, c&rsquo;est le dernier Dragi webdo de l&rsquo;année, car les vacances sont déjà en fin de semaine ! Pour commencer, la newsletter &ldquo;<a href="https://family-medicine.org/history-taking/">golden nuggets of family medicine</a>&rdquo; de ce mois est intéressante et aborde le fait que 80% des diagnostic sont correctement supposés au moment de l&rsquo;entretien/interrogatoire. L&rsquo;auteur retrouve plusieurs études concordantes à ce sujet (et même ChatGPT a une efficacité similaire!). Il ne faudrait cependant pas faire un raccourci en disant que l&rsquo;examen physique est peu utile et qu&rsquo;une consultation de 5 min est suffisante. En effet, même si l&rsquo;hypothèse diagnostique principale est juste dans 80% des cas suite à l&rsquo;entretien, elle est basée sur la prévalence en fonction des symptômes. Il y a 20% de cas où le médecin, grâce à son examen physique et aux examens complémentaire, a conclut à un diagnostic différentiel, ce qui représente une part importante des situations!</p>
<p>Aller, voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance </p>
<p>Dans une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-02237">revue</a> systématique d&rsquo;essai randomisé incluant 90 000 patients, les patients traités par analogues du GLP-1 versus placebo, les patients sous aGLP-1 n&rsquo;avaient pas un risque de cancer du pancréas, de thyroïde, du sein ou du rein augmenté.</p>
<p> 2/ Exercice médical</p>
<p>Le <a href="https://bsky.app/profile/cnge.bsky.social/post/3m7lierwo7k23">CNGE</a> a
officiellement annoncé EBiM en début de semaine, donc je vous partage
le lien vers l&rsquo;ensemble des billets du blog au format PDF à télécharger
(en <strong><a href="https://drive.google.com/file/d/1DlvdlGxu5-ija7DpJLYdldzWk0xxValV/view?usp=drive_link">cliquant ici</a></strong> ou sur le module en haut à droite de la page du blog),
que vous pouvez ajouter en pièce jointe ou à une bibliothèque sur EBiM
pour que les recherches soient effectuées dedans également. On n&rsquo;a pas
encore bien testé ce qui fonctionnait le mieux entre 1 seul fichier ou
les 27 fichiers séparés par discipline médicale.</p>
<p>Et dans ce contexte d&rsquo;IA, voici 2 essais randomisé (<a href="https://ai.nejm.org/doi/full/10.1056/AIoa2501000">ici</a> et <a href="https://ai.nejm.org/doi/full/10.1056/AIoa2500945">là</a>)
ayant comparé l&rsquo;utilisation d&rsquo;assistant IA en consultation (Microsoft
DAX Copilot ou Ambiant AI ou Nabla selon les études) avec les
consultations classiques. Pour mémoire, ces outils d&rsquo;IA enregistrent la
consultations et font des synthèses pour faciliter/réduire la prise de
note en consultation. Les auteurs trouvent que l&rsquo;utilisation de ces IA
réduisaient de 9% le temps de prise de note en consultation (soit 20min
par jour). Les scores de qualité de la prise de note par IA étaient bons
(entre 3,97 et 4,99 sur 5). De plus l&rsquo;utilisation de l&rsquo;IA semblait
réduire des éléments liés au burnout des médecins (entre -0,3 et -0,4
points sur 4 avec le <a href="https://med.stanford.edu/wellmd/wellmd-toolkit/howwemeasurewell-being.html">Stanford Professional Fulfillment Index</a>, c&rsquo;est pas énorme non plus&hellip;)</p>
<p>3/ Allergologie</p>
<p>Voici un <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0248866325007830">avis d&rsquo;expert français</a> concernant le diagnostic des angio-œdèmes héréditaires, publié dans la revue de médecine interne. Pour information,les angio-oedèmes peuvent être médiés par les mastocytes libérant de l&rsquo;histamine (MC-AE), médiés  par la bradykinine héréditaire  (BK-HAE) avec déficit en C1inh ou non héréditaire avec déficit acquis, lié à une dysfonction de l&rsquo;endothélium vasculaire, lié aux médicaments (IEC/ARAII/racécadotril), ou idiopathiques. Pour s&rsquo;orienter, on recherchera de l&rsquo;urticaire associé, on pourra faire un test aux anti-histaminiques, doser les éosinophiles, rechercher un MGUS et rechercher un déficit en C1-inhibiteur (cf ci dessous). Par comparaisons aux angio-oedemes histaminiques, les angio-oedemes bradykininiques sont rares, toujours sans urticaire associé, ni bronchospasme, ni hypotension, mais peuvent donner des douleurs abdominales, ne répondent pas à l’histamine et évoluent en 2 à 5 jours (versus moins de 3 jours pour les histaminiques). Les corticoïdes, antihistaminiques et adrénaline ne sont pas efficace. L&rsquo;acide tranexamique n&rsquo;est pas efficace en crise. Les IEC sont contre-indiqués (les sartans, c&rsquo;est pas clair), une contraception sans oestrogène est recommandée (car les oestrogènes peuvent aggraver).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEieu7mAVQBaqJzCdXdlxkpAkiwiY_MP-5oqKWWUxjDhzMK2H2vY_n2BncwEu_-pmGCGl0qOenmKESlAK1P-UkuqhENZJp09OzwVpYmAxIf8h49jRVK3zZ-oCyg2dE6LWc-fcS1QEYMrCuU4u3nsO2-Fn8HE0UVCmJNjBzdaeeRaeufTLvqOrfnWCHxrQxBI/s712/angio-oedeme.jpg"><img src="/images/articles/2025/angio-oedeme.jpg" alt=""></a></p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2842903">essai</a> randomisé incluant 28 000 femmes a comparé la stratégie classique de dépistage du cancer du sein (tous les ans à partir de 50 ans et non tous les 2 ans), versus une stratégie basée sur le risque  (&gt;6% à 5 ans selon le <a href="https://tools.bcsc-scc.ucdavis.edu/BC5yearRisk/#/">calculateur BCSC</a> ou mutation : mammo et IRM en alternance tous les 6 mois, &ldquo;élevé = top 2,5%&rdquo; : mammo tous les ans à partir de 40 ans, &ldquo;moyen&rdquo;: mammo tous les 2 ans à partir de 50 ans, et risque &lt; 1,3% avant 50 ans à 5 ans: pas de dépistage pour le moment). Après 5 ans de suivi, la stratégie du dépistage basé sur le risque était non inférieure aux soins courants concernant le nombre de stades IIb découverts, mais sans supériorité d&rsquo;une stratégie par rapport à l&rsquo;autre. Il ne semblait pas non plus y avoir de différence de cancers in situ découvertes. La stratégie basée sur le risque a conduit à prescrire moins de mammographie mais plus d&rsquo;IRM chez les patientes à haut risque et n&rsquo;a pas réduit le nombre de biopsies.  En effet le groupe &ldquo;contrôle&rdquo; avait une mammo annuelle, et le groupe &ldquo;selon le risque&rdquo; avait une mammo tous les 2 ans, mais avait des &ldquo;risques&rdquo;
d&rsquo;avoir un suivi débutant avant 40 ans. Ce n&rsquo;est donc pas vraiment
transposable vu la mammo annuelle en groupe contrôle. A voir si l&rsquo;intégration du risque permet de réduire le surdiagnostic et peut s&rsquo;intégrer dans une démarche de soins moins couteuse si elle ne réduit pas les faux positifs.</p>
<p>5/ Addictologie</p>
<p>Cet <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-01764">essai</a> randomisé ukrainien a comparé la délivrance de méthadone en soins primaires chez des patients avec troubles de l’usage des opiacés, soit en centre spécialisé, soit en centre de soins primaire. Après 24 mois, la qualité de vie des patients suivi en soins primaire était meilleure, ils avaient aussi davantage de dépistages de cancers (mammographie, dépistage du cancer de la prostate et  frottis cervico-vaginal). Il n&rsquo;y avait pas de différence dans le taux de rétention des patients sous méthadone (environ 70% dans chaque groupe).</p>
<p>6/ Grossesse</p>
<p>Cet article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS0140-6736(25)01454-0/abstract">Lancet</a> aborde l&rsquo;hyperemesis gravidarum ou hyperémèse gravidique qui correspond à des nausées ou vomissements sévères survenant avant 16 SA entrainant une impossibilité d&rsquo;alimentation ou d&rsquo;hydratation orale, réduisant les activités quotidiennes et pouvant causer une déshydratation. Elle touche 0,3 à 3,6% des patientes (versus 75% des patients qui ont des nausées et vomissements de grossesse simples). Les symptômes peuvent être évalués par le PUQE et le bilan comprend: NFS (infection), ionogramme (déshydratation), créatininémie, glycémie à jeun (diabète), BU +/- ECBU (infection urinaire) et échographie pelvienne (évaluation de grossesse). Il faut également discuter : TSH, bilan hépatique, calcémie, lipase (pour les diagnostic différentiels). Le traitement repose sur les anti-émétiques (doxylamine20 + pyridoxine B6 20mg en 1ère intention, métoclopramide 5-10mgx3/j ou ondansétron 4m x3/j en 2ème ligne, voire en 3ème ligne des corticoïdes), des IPP si RGO, et une supplémentation en thiamine B1 100mgx3/j si l&rsquo;alimentation est très difficile. Un score PUQE &gt; 5 ou des drapeaux rouges (-5% du poids, complications ou comorbidités, ou échec du traitement ambulatoire) fait discuter un passage aux urgences mais la prise en soins peut rester ambulatoire (l’hospitalisation se discute vraiment pour les score &gt; 12)</p>
<p>7/ Diabétologie</p>
<p>Voici les recommandations américaines de l&rsquo;<a href="https://diabetesjournals.org/care/issue/49/Supplement_1">ADA</a> concernant le diabète de type 2 pour 2026 ! Le diagnostic de diabète est toujours posé par une HbA1C &gt;6,4%, 2 GAJ &gt; 1,26g/L ou 1 GAJ &gt; 2g/L si symptômes. Dans le cadre du diagnostic et du suivi du diabète, vous trouverez le tableau des éléments recommandés. On y voit que l&rsquo;IPS n&rsquo;est pas systématique et que le bilan lipidique n&rsquo;est recommandé qu&rsquo;initialement (car aucun intérêt de le faire systématiquement après, sauf lorsqu&rsquo;il est pertinent de réévaluer le risque cardiovasculaire).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEis78SxW5hwcjEkqvh4VH8DWnE2ZDJ0OIca1UE-9n8Cfh7-JCOOZit2yR9y57fDVxEj1lx8zzm1kuMgyl3xlzHcDR-OiRttJo5qMQuO2Ws1foDCykKYzHzyNx2PYthrqu-o4B-8S5ttBSupvIBCvmQEw_J9iPeYSK6pFHmnCv66AAtI5RMkw2rBuiPQBFeD/s1662/suivi%20diabete.jpg"><img src="/images/articles/2025/suivi-20diabete.jpg" alt=""></a></p>
<p>Le suivi glycémique se fait sur l&rsquo;HbA1C avec une cible &lt; 7% chez la majorité des patients (fructosamine et mesure continue du glucose sont les alternatives recommandées). Cependant, le tableau nuance un peu plus cette cible de 7% vers une cible plus haute, notamment en cas de diabète ancien, de complications cardiovasculaires, du risque d&rsquo;hypoglycémie ou de iatrogénie des traitements, le fait que les traitements avec bénéfice cardiovasculaires/rénaux soient déjà introduits, et des comorbidités, comme déjà vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/12/dragi-webdo-n466.html">l&rsquo;an dernier</a>.</p>
<p>Sur le plan thérapeutique, le RHD sont à réaliser en priorité, de façon personnalisée et avec un objectif de perte de 5 à 7% du poids grâce à l&rsquo;alimentation, à l&rsquo;activité physique et aux interventions comportementales. Quelques points rapides: pas besoin de supplémentation (beta-carotène risqué), sel &lt; 2,3g/j , régime méditerranée, pas de boissons sucrées (boissons light tolérées, mais l&rsquo;eau c&rsquo;est mieux). Les iSGLT2 et aGLP1 sont les traitements des premières ligne (sans metformine) chez les patients en prévention secondaire cardiovasculaire, ou avec néphropathie ou insuffisance cardiaque ou indicateurs de haut risque cardiovasculaire ou obésité. Dans les autres circonstances (contrôle glycémique pur ou objectifs de perte de poids), ces traitements sont également les plus efficaces, et la metformine et les iDPP4 sont les traitements de 3ème ligne.</p>
<p>Et l&rsquo;insuline? Quand c&rsquo;est approprié, l&rsquo;insuline basale se commence à  10UI au coucher ou 0,1-0,2UI/kg/j, avec une augmentation de 2UI tous les 3 jours selon le protocole et une diminution de 10% si hypoglycémie. Si on atteint 0,5UI/kg, il faut rajouter une rapide. Cela correspond à 4 UI ou 10% de la lente, 1 fois par jour au moment du principal repas (on ne passe donc pas directement à du basal bolus), avec une augmentation de 1-2 UI , 2 fois par semaine si besoin. Et si c&rsquo;est toujours insuffisamment contrôlé, on peut passer à des insulines pré-mixées, en gardant la dose totale quotidienne, puis en titrant progressivement (c&rsquo;est parfois plus simple que de faire un basal-bolus qui nécessite souvent davantage de passages infirmiers).</p>
<p>Les cibles tensionnelles sont de 130/80, idéalement avec un IEC, une statine d&rsquo;intensité modérée est recommandée entre 40 et 75 ans, mais une forte dose peut être proposée en cas d&rsquo;autres facteurs de risque cardiovasculaire. En prévention secondaire, une statine forte dose +/- ézétimibe est recommandé pour obtenir un LDL &lt; 0,55g/L (ils se mettent à suivre les cibles européennes). Après 75 ans, ils proposent de faire comme avant 75 ans mais avec un niveau de preuve un peu plus faible. Enfin, vu l&rsquo;absence de bénéfice, le dépistage des coronaropathies n&rsquo;est pas recommandé chez les patients asymptomatiques, avec un grade A (et là, on est bien d&rsquo;accord!)</p>
<p>Voilà pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>Bonnes fêtes de fin d&rsquo;année et à l&rsquo;année prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°507 : EBiM (IA pour les recherches en MG), analogues du GLP-1 (OMS), évolocumab, statines/sujet âgé, vaccin HPV, épaule douloureuse, hydrocéphalie à pression normale</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/12/dragi-webdo-n507/</link><pubDate>Mon, 08 Dec 2025 00:07:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/12/dragi-webdo-n507/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Neurologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Ce congrès du #CNGE2025 était très intéressant, et c&rsquo;était très sympa de vous rencontrer !</p>
<p>Pour ceux qui n&rsquo;y étaient pas, comment ne pas vous parler du lancement de l&rsquo;outil d&rsquo;IA de recherche en médecine générale, faite par le CNGE et le CMG qui permet l&rsquo;accès à des bases de données de médecine générale pré-sélectionnées (et qui ne va pas chercher tout et n&rsquo;importe quoi sur le web), j&rsquo;ai nommé:</p>
<p><a href="https://www.cnge.fr/ebim/">EBiM</a> (pour Evidence Based artificial Intelligence Medicine, mais aussi parce que, si on a une question, ET BIM! on a une réponse !)</p>
<p>En pratique, c&rsquo;est un outil payant, réalisé en partenariat avec FasFox et utilisant la technologie IA du Chat de Mistral, qui va utiliser un corpus de bases de données: le Thérapeutique de Médecine Générale, Exercer, la HAS, la Cochrane, la base publique du médicament, vaccination info services, le CRAT, le HCSP, l&rsquo;ANSM et l&rsquo;OMS (et d&rsquo;autres à venir!). Vous pouvez également déposer des documents pour que dans le cadre de vos recherches perso, EBiM cherche les infos dedans !</p>
<p>J&rsquo;essayerai dans les prochaines semaines de télécharger les billets du blog et de vous en fournir une version pdf (ça risque d&rsquo;être un peu lourd&hellip;.) que vous pourrez intégrer dans EBiM, comme ça, vous pourrez avoir des réponses ou des synthèses du blog juste en posant une question !</p>
<p><a href="https://www.exercer.fr/#kode-package-section"><img src="/images/articles/2025/ebim.jpg" alt=""></a></p>
<p>L&rsquo;abonnement (cliquez <a href="https://www.exercer.fr/#kode-package-section">ici</a> pour vous abonner ou sur l&rsquo;image ci dessus) comprend un accès à une version pro du Chat (vous pouvez donc résilier votre abonnement chatGPT) et à tout le corpus de ressources intégrant la revue Exercer (si vous aviez déjà un abonnement, un remboursement du doublon sera effectué). Globalement, le prix de 49€/mois (39€ pour les membres d&rsquo;une structure du CMG), ce qui peut sembler cher, mais l&rsquo;outil EBiM &ldquo;seul&rdquo; ne revient au final qu&rsquo;à 10€/mois (car 15€/mois pour Exercer, 20€/mois pour l&rsquo;abonnement pro à une IA, le TMG 79€ soit 5€/mois). PS: je n&rsquo;ai pas de liens d&rsquo;intérêt financier, j&rsquo;ai même raté mon clic et payé le prix fort au lieu du prix &ldquo;membre CMG&rdquo;, mais je pense que c&rsquo;est un outil qui sera très utile et pertinent en consultation pour réaliser des recherches adaptées au contexte de la médecine générale.</p>
<p>En pratique, comme c&rsquo;est pas forcément intuitif, une fois abonné, il faut aller sur <a href="https://chat.mistral.ai/chat">Le Chat</a>, cliquer sur la case orange pour choisir un &ldquo;Agent&rdquo; et sélectionner &ldquo;Recherche rapide en consultation&rdquo; avant de poser sa question dans la barre de texte qui sera &ldquo;dans un cadre orange&rdquo; (sinon il fait une recherche sur &ldquo;le chat&rdquo; normale intégrant tout le web).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhnlgk9fDnt9a-csmTq9EQyqFxycMtBdnRY1qrmjI-A80kyu6DgXkfan9hPJC3q1rEdJhw26FRD7Jq3dzjTwfujkeoTImQ2Xr-KLW2WkvSAXPWKVtbtGtw541CKRETc-7_OCB-XkvTtvs7nVoWNYTWdxE-aezlDVz-VzgctfitX1AXV1lyqFZ2tVxlyOCPl/s1178/ebim2.jpg"><img src="/images/articles/2025/ebim2.jpg" alt=""></a></p>
<p>Aller, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire </p>
<p>Voici une <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.125.077549">réanalyse</a> de l&rsquo;étude Fourier (essai randomisé évaluant l&rsquo;évolocumab, un anti-PCSK9 chez les patients en prévention secondaire,  cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/03/dragi-webdo-n132.html">ici</a>) se concentrant uniquement sur les patients ayant un antécédent d&rsquo;AVC. Les auteurs trouvent que, par rapport aux patients avec un LDL sous traitement &gt; 0,7g/L, ceux ayant un LDL &lt; 0,4g/L avaient un risque moindre de survenue du critère composite principal, et d&rsquo;AVC. Ils concluent donc qu&rsquo;il faut une cible &lt; 40g/L. Cependant, on voit aussi que ceux qui ont atteint un LDL &lt; 0,4g/L avaient un LDL initial à 0,8g/L, et ceux avec un LDL &gt; 0,7 avaient un LDL initial à 0,98g/L avec un gradient entre les 2. Logiquement, si on part de plus bas, on arrive plus bas quand on applique le même traitement. Ainsi, on ne fait que redémontrer l&rsquo;association entre un LDL plus élevé et le risque cardiovasculaire plus élevé, et non qu&rsquo;il faut viser plus bas. De plus, il n&rsquo;y a a priori pas de différence significative entre les patients &lt;40g/L versus les catégories intermédiaires comme 40-55g/L et 55-70g/L. Ainsi, même si on essaye de suivre leur logique, être &lt; 40g/L de LDL n&rsquo;est pas associé à moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires que 55-70g/L. Une cible &lt; 0,7g/L semblerai suffisante, ce qui serait concordant avec l&rsquo;essai randomisé ayant comparé une cible &lt; 0,7g/L et une cible &lt;1,0g/L en post AVC (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/11/dragi-webdo-n247.html">ici</a>)</p>
<p>En attendant l&rsquo;étude SAGA, voici une <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/STROKEAHA.125.051157">étude</a> de cohorte rétrospective ayant inclus des patients en EHPAD d&rsquo;environ 82 ans, avec et sans troubles mnésiques. L&rsquo;utilisation de statine était associée à une augmentation du risque d&rsquo;hospitalisation pour évènements cardiovasculaires et d&rsquo;hospitalisation toute cause chez les patients atteints de démence. L&rsquo;analyse en sous groupe montrait que ce sur-risque était présent en prévention primaire et en cas de démence Alzheimer ou vasculaire. Chez les patients sans troubles mnésiques associé ni a une majoration ni à une diminution du risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiOClOc9jEWgkcijY6-GBYDRs2vbMPtFLxkOuRFdVmx3hrqsJr7sBSgznWDJSSt8-Cv47tY187BceEDrddFSmNdjWm4ShhxkvzhZPMeUf4kWfxBjPhB7Idb-lsB4roVs-C_IcdNKDcdSDlWsVlbSkOYgbWSyxqTJAg-KR-7ZqFBrsAL8BRaCBBamjrhSeBq/s507/statine%20ag%C3%A9.jpg"><img src="/images/articles/2025/statine-20ag-c3-a9.jpg" alt=""></a></p>
<p>2/ Oncologie</p>
<p>On en avait déjà parlé plusieurs fois (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/02/dragi-webdo-n257.html">ici</a>), voici un nouvel <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2506765">essai randomisé</a> comparant une monodose de vaccin anti-HPV (bivalent et nonavalent) versus un schéma classique à 2 doses, incluant 20 000 filles de 12 à 16 ans recrutées au Costa-Rica. Le critère de jugement était la persistance d&rsquo;un test HPV positif pendant plus de 6 mois sur une période allant de 12 à 60 mois après l&rsquo;inclusion. La non-infériorité entre 1 versus 2 doses a été établie pour chacun des vaccins de façon séparée. Il n&rsquo;y avait pas de différence entre le bivalent et le nonavalent sur le HPV 16 et 18 (efficacité de 97-98%), mais l&rsquo;efficacité sur le critère de jugement concernant les autres sérotypes était bien meilleure avec le nonavalent qu&rsquo;avec le bivalent (95% vs 30-40%). Bref, cela semble confirmer qu&rsquo;une seule dose suffirait, mais il faudrait voir l&rsquo;efficacité à plus long terme.</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/391/bmj-2025-086201">BMJ</a> présente un essai randomisé comparant la décompression sous arthroscopie versus intervention placebo, versus rééducation, dans le traitement des patients avec syndrome douloureux sous acromial. L&rsquo;évaluation reposait sur une EVA (/100) de douleur au repos et à l&rsquo;exercice après 10 ans de suivi (ça c&rsquo;est du long terme, c&rsquo;est très joli! mais il n&rsquo;y avait &ldquo;que&rdquo; 200 patients). Au final, il n&rsquo;y avait pas de différence entre les 3 groupes&hellip; Et visiblement, la chirurgie n&rsquo;a pas non plus  amélioré les patients pendant les premiers mois et années suivant l&rsquo;intervention.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhlGmtxxVOpey96wnFykiXlULEMG6lZD5GNrVcg0ig4PV99piQckjbCSOXNMaXmCoro6ZlaXS9K_x3W5A8-Wn0Exsk5pfIGvO_n2MaNnqrgje-MLmWhCfgY8N5Z32zEgH4S3UdpNWz7BvBE17eG_RUJYgQ1r7mlX22Dt9HJCISKqOHU2PbyWXd0gpoFjx5q/s938/%C3%A9paule.jpg"><img src="/images/articles/2025/c3-a9paule.jpg" alt=""></a></p>
<p>4/ Endocrinologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2842199">OMS</a> a publié des recommandations concernant l&rsquo;utilisation des analogues du GLP-1. Ces 2 recommandations sont conditionnelles et de niveau de preuve modéré et faible, respectivement. La 1ère dit que les aGLP1 sont des traitements au long cours de l&rsquo;obésité, c&rsquo;est à dire devant être pris pendant plus de 6 mois. La 2ème réside dans la nécessité d&rsquo;une intervention comportementale intensive associée au traitement médicamenteux avec de l&rsquo;activité physique, un rééquilibrage alimentaire, un suivi et des conseils réguliers.</p>
<p>5/ Neurologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra2306506">NEJM</a> aborde l&rsquo;hydrocéphalie à pression normale, qui peut être idiopathique ou secondaire. Sa prévalence serait de 1,5% après 70 ans. Elle est connue pour sa triade troubles de la marche, incontinence urinaire type urgenturie et troubles mnésiques présente chez 2 tiers des patients (les troubles de la marche sont présents chez 90% des patients) et le diagnostic est finalement posé suite à une IRM cérébrale. Les diagnostics différentiels et concomitant doivent être recherchés (Parkinson, Alzheimer etc&hellip;) pour évaluer le pronostic après traitement. Le traitement repose sur la dérivation du LCR qui réduit les symptômes et améliore la qualité de vie et la survie.</p>
<p>Et Bim (&ldquo;EBiM&rdquo;), c&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°506 : dépistages (CNGE), Jaydess/GEU (ANSM), sténose carotidienne, sensibilité au gluten, albuminurie, vaccin VRS, tirzépatide</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/12/dragi-webdo-n506/</link><pubDate>Mon, 01 Dec 2025 22:40:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/12/dragi-webdo-n506/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Infectiologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, pour commencer ce billet, voici un avis du CS du <a href="https://www.cnge.fr/wp-content/uploads/2025/11/251127_Avis-depistage_VBDD.pdf">CNGE</a> concernant la pertinence des dépistages en médecine générale en France, alors que les agences de recommandations dans le dépistage internationales en recommandent beaucoup moins&hellip; Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://diabetesjournals.org/care/article-abstract/48/12/2127/163686/Risk-of-Acute-Pancreatitis-and-Biliary-Events?redirectedFrom=fulltext">étude</a> de cohorte rétrospective incluant plus d&rsquo;un million de patients pendant 7 ans a trouvé que les aGLP1 et iDPP4 augmentaient légèrement le risque de pathologies biliaires par rapport aux iSGLT2, mais pas le risque de pancréatite. Le risque de pancréatite ayant déjà été décrit de nombreuses fois, c&rsquo;est peut être que les iSGLT2 augmentent également ce risque&hellip;</p>
<p>Les DIU sont connus pour être associés à un sur-risque de grossesse extra-utérine. En effet, comme il y a peu de grossesses, la proportion de GEU est plus importante. Cependant, dans cet article de l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/sterilet-confirmation-du-surrisque-de-grossesse-extra-uterine-avec-le-sterilet-hormonal-jaydess">ANSM</a>, le DIU hormonal Jaydess moins dosé, est associé à un sur-risque de GEU ( 0,18 GEU pour 100 patientes par an) par rapport aux autres DIU (Mirena: 0,04/100, Kyleena: 0,1/100 et DIU cuivre : 0,07/100), d&rsquo;après une étude produite par <a href="https://evidence.nejm.org/doi/10.1056/EVIDoa2500117">EPIPHARE</a>. Bien qu&rsquo;il ne soit plus commercialisé depuis 2023, certains sont encore en cours d&rsquo;utilisation par les patientes qu&rsquo;il faut informer, et discuter du maintien ou d&rsquo;un changement de contraception. Notons qu&rsquo;il n&rsquo;est pas &ldquo;obligatoire&rdquo; de retirer le DIU.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un article très intéressant du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2508800">NEJM</a> a comparé &ldquo;traitement médical optimal&rdquo; versus chirurgie (stent ou endartériectomie) dans la prise en charge des sténoses carotidiennes asymptomatiques de plus de 70% (NASCET). Le traitement optimal comprenait aspirine faible dose, cible tensionnelle &lt; 140 de PAS, cible de LDL &lt; 0,7g/L (initiation avec atorvastatine 40), sevrage tabagique et contrôle glycémique si diabétique (HbA1C &lt; 7%). Il y a eu 1200 patients randomisés âgés d&rsquo;environ 70 ans, et le critère principal composite était le décès et les AVC dans les 44 jours suivant la randomisation (pour prendre en compte les risques post-op) ou la survenue d&rsquo;AVC ipsilatéral dans les 4 ans (pour le suivi à plus long terme). Par rapport aux patients sous traitement médical seul, le traitement par stent était associé à moins d&rsquo;évènements à 4 ans (NNT= 32 patients à 4 ans), mais il n&rsquo;y avait pas de différence avec l&rsquo;endartériectomie. Les évènements péri-opératoires sont survenus chez 1,3% et 1,4% des patients opérés, soit un NNH d&rsquo;environ 75 patients. Le stenting des patients asymptomatiques pourrait ainsi être une option par rapport au traitement médical seul chez ces patients asymptomatiques.</p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)01533-8/abstract">Lancet</a> aborde les &ldquo;sensibilité au gluten&rdquo; sans maladies cœliaque, qui pourrait concerner 10% de la population, et serait plus une intolérance au blé. Les symptômes sont aspécifiques (douleurs abdominales, aérophagie, éructations, nausées, reflux, ballonnements, flatulences, diarrhées, constipation, aphtes, perte de poids, céphalées, troubles anxio-dépressif, lourdeur des membres, fatigue, arthralgies&hellip;). La démarche diagnostic repose sur 1/ l&rsquo;interrogatoire, 2/ la recherche de maladie cœliaque avec recherche des IgA anti-transglutaminase après un régime comprenant au moins 3g/j de gluten pendant 6-8 semaines (pour éviter un faux négatif) 3/ exclure une allergie au blé, sur l&rsquo;interrogatoire voire avec dosage des IgE spécifiques ou prick-test cutanés. La prise en charge repose sur une exclusion d’épreuve du gluten pendant 4-6 semaines, puis en cas d&rsquo;amélioration évaluer si ce ne sont pas les FODMAP de façon plus large qui sont impliqué (et tester l&rsquo;effet nocebo) et en cas d&rsquo;absence d&rsquo;amélioration, revoir le diagnostic. Au long cours, une éviction des produits spécifiques pourra être proposé selon les déclencheurs, et une TCC pourra être envisagée.</p>
<p> 4/ Néphrologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/391/bmj-2025-084911.full">BMJ</a> aborde la prise en charge de l&rsquo;albuminurie chez l&rsquo;adulte. Le rapport albuminurie/créatininurie permet d&rsquo;évaluer les risques d&rsquo;insuffisance rénale terminale en cas de maladie rénale chronique, d&rsquo;HTA ou de maladie cardiovasculaire.  Une réduction de 30% du RAC est associée à une réduction d&rsquo;insuffisance rénale terminale et du risque cardiovasculaire. Les traitements efficaces pour réduire ces risques sont les IEC/ARAII, iSGLT2, antagonistes des minéralocorticoïdes et les aGLP1. Les auteurs recommandent d&rsquo;adresser au néphrologue si la cause de l&rsquo;albuminurie est inconnue ou si une glomérulopathie est suspectée, si le RAC est &gt; 30mg/mmol, en présence d&rsquo;hématurie associée ou si le risque d&rsquo;insuffisance rénale terminale est &gt; 3-5% à 5 ans selon le score KFRE (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/10/dragi-webdo-n241.html">ici</a>).</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2841272">étude</a> de type essai émulé a étudié l&rsquo;évolution de l&rsquo;efficacité du vaccin VRS chez les sujets âgés. Ils retrouvent qu&rsquo;alors que l&rsquo;efficacité était de 82% sur les infections et de 89% sur les hospitalisations après 1 mois, elle baisse à 59% et 57% à 18 mois, respectivement. Il va donc se poser la question des doses de rappel (à 300€ le vaccin non remboursé actuellement&hellip;)</p>
<p>6/ Endocrinologie</p>
<p>Voici une analyse de SURMOUNT-4, un essai randomisé évaluant le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2841273">tirzépatide</a>. Ici, les auteurs se sont intéressés à l&rsquo;évolution après l&rsquo;arrêt du traitement en ce qui concerne les caractéristiques métaboliques (pour le poids, on avait vu ici qu&rsquo;il <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/12/dragi-webdo-n423.html">remontait</a>&hellip;). Pour mémoire, 82% des patients ont repris 25% du poids perdu, 57% plus de 50% du poids perdu et 24% plus de 75% du poids perdu. On voit également qu&rsquo;après l&rsquo;arrêt, l&rsquo;IMC, la PAS, l&rsquo;HbA1C, le LDL remontent, de façon proportionnelle à la reprise de poids. On est loin du médicament miracle; encore une fois, les règles diététiques mis en place sous traitement ne suffisent pas à maintenir le poids ou les éléments cardio-métaboliques qui ont été améliorés sous traitement.</p>
<p>Merci pour votre fidélité, on se croisera peut-être au congrès du CNGE si vous y allez !</p>
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<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°505 : activité physique de l'enfant (HAS), vitesse de sédimentation (HAS), QT long, pneumopathies, vaccins grippe, neuropathies périphériques, micro-ARN/endométriose</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/11/dragi-webdo-n505/</link><pubDate>Mon, 24 Nov 2025 23:08:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/11/dragi-webdo-n505/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Neurologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, bonne lecture pour ce nouveau billet !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Cet <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0002939425005914">article</a> basé sur une cohorte rétrospective confirme l&rsquo;association entre traitement par alpha-bloquant pour l&rsquo;adénome de prostate et le risque de glaucome par fermeture de l&rsquo;angle, avec une incidence de 1,5/1000 pour des traitements de moins de 1 mois augmentant jusqu&rsquo;à 4,1/1000 pour des traitements de plus de 6 mois.</p>
<p>2/ Cardiologie</p>
<p>Voici un article sur le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra2400853">QT Long</a> publié dans le NEJM, 1ère cause de mort subite chez les jeunes. Bien que la cause soit très majoritairement congénitale et génétique, elle est parfois acquise, en particulier médicamenteuse. Il est défini par un QTc &gt;  440 ms chez les hommes et &gt; 460 ms chez les femmes. Parfois, l’allongement du QT n&rsquo;est vu que sur les épreuves de stress. Le traitement repose essentiellement sur les bêta-bloquants (propranolol et nadolol uniquement), et l&rsquo;éviction des médicaments allongeant le QT (disponibles sur: <a href="https://www.crediblemeds.org/">https://www.crediblemeds.org/</a>, site proposé par les auteurs et la HAS mais il faut se connecter).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj9d7QeZ4DqzSkRRanYqqRFpnuFVOgp-IL-ben3_sroVicGfTD_fddhm5pIV_tFIXEDBypNWoypVRghFgD4hGhwrM7BBJeF8qZxT0sVC9QRaLOclUW4uiW4yIJXcndlf4AL2LLcVIXzmI1x1_cV_j2NUWYXetdujXqVDYluOtmCq0Ltg6JaUv2rxfNnz9EC/s1760/ecg%20qtlong.jpg"><img src="/images/articles/2025/ecg-20qtlong.jpg" alt=""></a></p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_2876862/fr/consultation-et-prescription-medicale-d-activite-physique-a-des-fins-de-sante">HAS</a> publié un guide concernant la consultation d&rsquo;activité physique chez l&rsquo;enfant. On passe rapidement sur les très nombreuses pages rappelant que faire du sport c&rsquo;est bon pour la santé, qu&rsquo;il faut 180min/jour avant 5 ans et au moins 60min/jour après, et qu&rsquo;il faut limiter le temps d&rsquo;écran et la sédentarité. Les auteurs rappellent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas besoin de certificats médicaux pour les licences sportives et que le questionnaire santé sport avec réponses &ldquo;normales&rdquo; est suffisant &quot; grâce au suivi des consultations obligatoires&quot;, bien que les patients puissent mentir pour avoir leur certificat (ça serait une thèse intéressante de voir combien seraient prêts à répondre &ldquo;pas de problème&rdquo; pour ne pas avoir à demander de certificat). La société française de cardiologie recommande toujours des ECG mais ce n&rsquo;est pas une obligation; il faut cependant être vigilant en cas d’antécédents familiaux cardiovasculaire et de mort subite. Un avis spécialité est alors recommandé, tout comme en cas de symptômes clinique (HTA, souffle&hellip;) ou symptôme d&rsquo;effort (dyspnée, douleur thoracique&hellip;) Les auteurs rappellent de ne pas faire de sport en cas de fièvre ni dans les 8 jours suivants un épisode grippal (probablement à cause du risque de myocardite). En cas de pratiques intensives, la HAS rappelle les risques de fractures de fatigue, d&rsquo;ostéochondrose, de tendinite, de sur-entrainement et de RED syndrome (syndrome de déficit énergétique relatif, avec troubles pubertaires/aménorrhée, troubles de croissance, voire troubles du comportement alimentaire).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjcSAbXUbIgq0wiSB5d52NhyhAsgshOXAlA9TehtYcs6fI7A-9rFzFLuDeqNQP65bg2ngAN5wHMhFyD79GxMR7Ko60zipGzAvS2xS4lYHbweL0oemp0AFP8-K08eNubdbzLHq7aA5iJRldx9EYi9vZFlYTJ5DS6O92UL3Etoa11fZlwI31rIQ_c0ZJCx2AO/s1269/activit%C3%A9%20physique.jpg"><img src="/images/articles/2025/activit-c3-a9-20physique.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S014067362501493X">Lancet</a> revient sur les pneumopathies infectieuses. La difficulté à faire un diagnostic repose sur le fait qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de gold standard, mais sur un faisceau d&rsquo;éléments cliniques (toux, dyspnée, crépitants, avec signes généraux type température &gt; 38°C ou &lt; 36°C et tachycardie), associé à des anomalies  biologiques (leucopénie &lt; 4000 ou leucocytose &gt; 10000 avec plus de 15% de PNN ou CRP élevée) et radiologiques (radio, écho, scanner). La gravité est évaluée essentiellement avec le CRB65 (facile et rapide) ou le score PSI (long mais prenant en compte les comorbidités). En ambulatoire, les auteurs ne recommandent pas de prise de sang, mais éventuellement un test COVID/Grippe en période épidémique pour rechercher une pneumopathie virale ne nécessitant pas d&rsquo;antibiotiques. L&rsquo;amoxicilline ou la doxycycline (non retenue en France) sont le traitement de 1ère ligne, l&rsquo;amoxicilline+ac. Clavulanique ou C3G orale +doxycycline/macrolide sont indiqué si comorbidité respiratoire ou asplénie. Les traitements sont de 3 à 5 jours, et une réévaluation est recommandé à 1 semaine</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2416779">NEJM</a> a publié un essai randomisé de Pfizer, comparant un vaccin anti-grippal à ARN modifié (modRNA) versus vaccins classiques. Les auteurs trouvent une supériorité du modRNA sur la survenue d&rsquo;une grippe (0,63% vs 0,95%, NNT=313), soit une efficacité relative de 34%. Les patients avaient cependant davantage de réactions locales (70% vs 43%) et systémiques (66% vs 49%). Bref, en l&rsquo;absence de données sur les grippes sévères, ce n&rsquo;est pas très convaincant.</p>
<p>En parallèle, <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-04028">Annals of internal medicine</a> a publié une revue systématique comparant les vaccins anti-grippaux. Les auteurs trouvent que les vaccins recombinants et à forte dose sont plus efficaces pour réduire les grippes symptomatiques mais causent d&rsquo;avantage de fièvre. Les données sur les vaccins à ARN modifié sont peu nombreuses mais ils semblent multiplier par 5 le risque d&rsquo;effets indésirables graves.</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2841552">JAMA</a> aborde les neuropathies périphériques. Les symptômes sont des engourdissements, paresthésies, douleurs des extrémités, faiblesse musculaire, trouble de l&rsquo;équilibre. L&rsquo;examen clinique recherche des anomalies de pallesthésies, de proprioception, du tact fin, de la sensibilité à la température, du Romberg,  des ROT et des déformations des pieds (creux, orteil en marteau) et de la trophicité musculaire. Le bilan comprend l&rsquo;EMG et glycémie à jeun, EPP et vitamine B12, mais d&rsquo;autres causes plus rares sont possibles (maladie de Wilson, carence B1/B6, alcool, médicaments notamment anticancéreux et anti-viraux, héréditaire type Charcot Marie Tooth). En l&rsquo;absence de traitement étiologique, le traitement repose sur des antiépileptiques (gabapentine, prégabaline), antidépresseurs (tricyclique ou duloxétine) et les TENS.</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Voici une recommandation simple et claire de la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3609754/fr/pertinence-de-prescrire-la-vitesse-de-sedimentation-vs-reste-t-il-des-indications-a-la-vs-rapport-d-evaluation">HAS</a>: ne plus prescrire de VS ! C&rsquo;est valable pour l&rsquo;infectiologie, mais également pour le Horton, la PPR, le lupus, la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Still, le lymphome et les gammapathies monoclonales. C&rsquo;est justifié par une cinétique trop lente (24-48h de délai), une variabilité liée aux facteurs du patient et sur un même échantillon allant jusqu&rsquo;à 30%, et l&rsquo;existence d&rsquo;alternatives comme la CRP.</p>
<p>6/ Gynécologie</p>
<p>Voici un article évaluant l&rsquo;utilisation des <a href="https://evidence.nejm.org/doi/full/10.1056/EVIDoa2400195">micro-ARN signature de l&rsquo;endométriose</a> (mi-RNA) dans des tests salivaires. Chez 900 patientes avec des symptômes évocateurs d’endométriose, le diagnostic d&rsquo;endométriose a été établi par imagerie ou chirurgie et retrouvé chez 77% des patientes. Dans ce contexte, le mi-RNA ont eu une sensibilité de 97% et une spécificité de 97%, une VPP de 98% et une VPN de 91%. Cependant, bien que les mauvaises classifications aient été rare chez les patientes avec diagnostic chirurgical (&lt;5%), et 27% étaient mal classées par le test chez celles avec un diagnostic par imagerie seul&hellip;</p>
<p>C&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°504 : #AHA25 (risque cardiovasculaire, dépistage hypercholestérolémie, evolocumab/prévention primaire, bêta-bloquants/infarctus), pneumopathies (reco NICE), traumatisme cranien, caries</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/11/dragi-webdo-n504/</link><pubDate>Sun, 16 Nov 2025 21:16:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/11/dragi-webdo-n504/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Traumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les actualités de la semaine durant laquelle s&rsquo;est déroulé le congrès américain de cardiologie, donc il y aura pas mal de cardiovasculaire. Mais commençons avec une <a href="https://bmcmededuc.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12909-025-08072-z">revue systématique</a>  évaluant les groupes Balint chez les médecins et les étudiants en médecine. Les auteurs trouvent que ceux y participant ont de meilleurs scores de communication et d&rsquo;empathie, et moins d&rsquo;anxiété et de burnout. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/medicaments-a-base-de-nicorandil-rappel-sur-le-risque-dulcerations-et-limportance-darreter-le-traitement-en-presence-de-signes-evocateurs">ANSM</a> revient sur le nicorandil, utilisé comme anti-angineux et responsables d&rsquo;ulcérations. L&rsquo;agence rappelle que c&rsquo;est le traitement de dernière intention de l&rsquo;angor, et qu&rsquo;il ne doit pas être associé à des corticoïdes, AINS ou aspirine quelle que soit la dose.</p>
<p>Epiphare a publié des données sur l&rsquo;utilisation du vaccin anti-VRS Abrysvo (<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/vaccination-contre-le-vrs-pendant-la-grossesse-une-etude-depi-phare-confirme-la-securite-maternelle-et-foetale-du-vaccin-abrysvo">ici</a> et <a href="https://journals.lww.com/greenjournal/fulltext/9900/maternal_and_neonatal_outcomes_after_respiratory.1404.aspx">là</a>). Il y a eu 29 000 femmes vaccinées appariées avec des femmes non vaccinées. Il n&rsquo;y a pas eu de sur-risques de prématurité, de mort fœtale, de césariennes, de retard de croissance, de pré-éclampsies ou d&rsquo;hémorragies du post-partum chez les femmes vaccinées, ni entre 32 et 36SA (période recommandée), ni avant 32 SA (où un risque de prématurité était suspecté).</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>On l&rsquo;avait demandée suite aux études publiées au <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/09/dragi-webdo-n494.html">congrès européen de cardiologie</a>, voici la méta-analyse sur la place des <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2512686">bêta-bloquants</a> en post-infarctus, chez des patients sans indication particulière à des BB- donc notamment avec une FEVG &gt; 50%). Les 5 principaux ECR, comprenant 17 000 patients ont été inclus. Il n&rsquo;y avait pas de différence entre les patients sous BB- et placebo que ce soit sur la mortalité toute cause, mortalité cardiovasculaire, infarctus, AVC ou insuffisances cardiaques, ni même sur le critère composite cardiovasculaire. Les analyses en sous groupes ne montrent pas de catégories chez qui ce traitement pourrait être profitable à ce jour. On regrette tout de même l&rsquo;absence de funnel plot pour voir s&rsquo;il y avait un biais de sélection dans les études analysées.</p>
<p>Rapidement, d&rsquo;après cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2841253">essai randomisé</a>, boire 1 tasse de café avec caféine par jour dans les suites d&rsquo;une cardioversion de fibrillation auriculaire permettrait de réduire le risque de récidive par rapport à l&rsquo;abstinence de café !</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2841257">JAMA</a> s&rsquo;est posé la question de savoir si un dépistage de l’hypercholestérolémie familiale (HF) à 10 ans ou 18 ans était cout-efficace. A partir de la cohorte NHANES, les auteurs trouvent que sur 3 millions d&rsquo;évènements cardiovasculaire, 16 000 surviendraient chez des patients avec HF, et que le dépistage permettrait d&rsquo;en éviter 1500, soit moins de 0,1% des évènements. Il n&rsquo;est donc pas cout-efficace de dépister. Les auteurs concluent que le dépistage pourrait devenir cout-efficace, s&rsquo;il servait en fait à aider à la mise en place de RHD pour l&rsquo;ensemble de la population (et non juste les patients avec HF).</p>
<p>On essaye toujours de trouver le meilleur moyen de &ldquo;classer&rdquo; les patients selon leur risque. Ainsi, cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2841255">étude de cohorte</a> incluant des patients suivis pendant  8 ans a comparé le PCE (score clinico-biologique américain), au score calcique et au coroscanner. Les auteurs concluent que le bénéfice des imageries était modéré pour reclasser les patients et évaluer au mieux leur risque cardiovasculaire. Ce qu&rsquo;on voit c&rsquo;est que le reclassement des PCE faible et modérés, vers du haut risque par  score calcique ou coroscanner est rare (respectivement: 5 patients et 8 patients sur 24791). Plus fréquemment les risques élevés PCE étaient reclassés en faible/modéré selon le score calcique ou le coroscanner (respectivement: 12 et 15 patients sur 24 791). Bref, on savait déjà que le PCE avait tendance à surestimer par rapport au score clinico-biologique <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/10/dragi-webdo-n498.html">PREVENT</a> par exemple. Il est donc dommage de ne pas avoir ajouté le PREVENT dans les analyses, mais il est clair que le bénéfice des score calciques et coroscanner pour reclasser les patients est quasi inexistant, ne profitant qu&rsquo;a moins de 1 patient sur 1000, au prix de probables surdiagnostics liés à ces imageries). C&rsquo;est concordant avec ce qu&rsquo;on avait déjà dit <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/05/dragi-webdo-n401.html">ici</a>.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgpQ5_TVrfP-9alAmZu9XC_r0WJXt5vnlZicsPuBndDZ8HYyKMcv1-t6Qk8iz8G6JxjmTO8NcU9IhnbD0UK-LyRqyzlbm5xW-kNHPywHp4O72CGoGbo1eIiUNImI6kxkhgoYeh2DV2U36i1lb50cw3M5EDlQg7OY7K_cymcDYHd0rdkTjQEKoL0iD2ePQB8/s1238/PCE.jpg"><img src="/images/articles/2025/pce.jpg" alt=""></a></p>
<p>En avait vu le bénéfice d&rsquo;évènements cardiovasculaire avec l&rsquo;evolocumab, un anti-pcsk-9, chez les patients en prévention secondaire chez les patients déjà sous statine dans l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/03/dragi-webdo-n132.html">étude Fourier</a>. Voici l<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2514428">&rsquo;essai randomisé</a> en prévention primaire (VESALIUS-CV), chez 12 000 patients avec LDL &gt; 0,9g/L (environ 1,1g/L), à 60% diabétiques, et ayant à 90% déjà une statine. Après 4,6 ans de suivi, le critère composite cardiovasculaire était réduit chez les patients sous evolocumab (NNT=56), tout comme la mortalité par infarctus (NNT= 72), et les infarctus (NNT=72). Mais dans cette succession d&rsquo;analyses hiérarchiques (tant que les critères sont significatifs, dans l&rsquo;ordre prévu, on peut valider le suivant), ils ont fait l&rsquo;erreur de tester la mortalité par coronaropathie (pas seulement infarctus) qui n&rsquo;est pas significative, et qui interdit donc de conclure sur la mortalité cardiovasculaire et sur la mortalité globale qui étaient significativement réduites&hellip; Il n&rsquo;y avait pas de différence notable dans les effets indésirables. Bref, pour les chiffres, on était a un LDL de 0,45g/L (-55% environ) dans le groupe evolocumab versus 1,1g/L dans le groupe placebo. Encore une fois, vu que l&rsquo;effet est identique quel que soit le LDL initial, il n&rsquo;est pas dit que le bénéfice forcément soit liée à la baisse du LDL plutôt qu&rsquo;à un effet propre du traitement. Malgré cette étude intéressante, on ne traitera pas tous les patients à haut risque par evolocumab, des études médico-économiques seront nécessaires pour cibler les patients à traiter par ce médicament injectable administré 2 fois par mois.</p>
<p>Cet article du <a href="https://www.bmj.com/content/391/bmj-2025-084380">BMJ</a> a analysé rétrospectivement des cohortes de patients avec une thrombose veineuse profonde et comparé les patients avec un traitement de 3 mois versus prolongé (en moyenne 12 mois). Les auteurs trouvent que les patients avec le traitement prolongé avaient un risque moindre de récidive de TVP (-25 récurrences pour 1000 patients par an) et, malgré un sur-risque hémorragique, un risque de mortalité global diminué! Il a déjà été démontré qu&rsquo;un traitement de 3 mois pour une TVP sans cause retrouvée était trop court, et qu&rsquo;un traitement à vie après un premier évènement n&rsquo;était pas cout-efficace (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/07/dragi-webdo-n406.html">ici</a>). La question est donc plutôt, 6 mois versus 12 mois&hellip; Dans cette population âgée de 73 ans en moyenne, on peut déjà se demander si ceux ayant eu un traitement prolongé n&rsquo;avaient pas un état général le permettant et donc un risque de mortalité de base inférieur. D&rsquo;autre part, une TVP sans facteur déclencheur à 73 ans est probablement lié à une cause persistante, cancéreuse, non encore identifiée et là on retombe sur une indication de traitement prolongé&hellip;</p>
<p> 3/ Infectiologie</p>
<p>On avait parlé des <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/04/dragi-webdo-n480.html">recos</a> du NICE sur les pneumopathies, <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng250/chapter/Recommendations">elles ont été publiées</a>. Le CRB65 est recommandé pour l&rsquo;orientation: 0: ambulatoire, 1-2: décision partagée, 3: hôpital. La CRP est indiquée pour les suspicions de pneumopathies à l&rsquo;hôpital, la reco est peu étoffée sur la médecine ambulatoire. Le traitement repose sur de l&rsquo;amoxicilline 500mgx3/j pendant 5jours chez l&rsquo;adulte et chez l&rsquo;enfant, la posologie d&rsquo;amoxicilline est selon l&rsquo;âge (et non le poids) pendant 3 jours entre 3 mois et 11 ans, et sinon pendant 5 jours. Ils ne font pas la distinction &ldquo;suspicion pneumocoque&rdquo; vs &ldquo;suspicion atypique&rdquo;, mais disent qu&rsquo;il y a des épidémies de mycoplasmes chez les enfants en âge scolaire tous les 4 ans.</p>
<p>4/ Stomatologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2841318">JAMA</a> aborde les caries de l&rsquo;adulte. Il y a 40% des patients avec des caries qui souffrent de douleurs. Le traitement symptomatique repose sur le paracétamol et les AINS. Le traitement est toujours odontologique. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;indication à une antibiothérapie pour les pulpites avec ou sans parodontite. Si un patient ne peut avoir accès à un dentiste pour le traitement définitif, et qu&rsquo;il y a un abcès localisé, un oedème ou des signes systémiques, une antibiothérapie (amox 500mg x3/j pendant 3-7j) peut être indiquée dans l&rsquo;attente du traitement odontologique (avec un niveau de preuve très faible). En termes de prévention, il n&rsquo;y a que l&rsquo;administration de fluor qui réduise les caries (niveau de preuve modéré). Et sinon, les check-up dentaires avec nettoyage et éducation du patient, ne réduisent pas les caries et les panoramiques dentaires systématiques ne permettent pas de bien dépister à cause des faux négatifs (Se= 47%, Sp=88%)</p>
<p>5/ Traumatologie</p>
<p>Des <a href="https://www.annfammed.org/content/early/2025/09/02/afm.250352">recommandations</a> sur les patients avec traumatismes crâniens suivis en ambulatoire ont été publiées dans Annals of family medicine. Un TC est défini par  un mécanisme compatible et 1/ des signes d&rsquo;interruption du fonctionnement cérébral (perte de connaissance, amnésie post-TC..) ou 2/ des anomalies cliniques, ou 3/ une lésion à l&rsquo;imagerie cérébrale. Il y a une indication à aller aux urgences si troubles de conscience, anomalie clinique (signe fracture crânienne, asymétrie pupillaire, ecchymose mastoïdienne, ecchymose péri-orbitaire, trouble neurologique focal), ou céphalées intenses ou s&rsquo;aggravant. Ainsi, les imageries cérébrales ne sont pas systématiques et devraient être limitées aux patients avec les anomalies décrites précédemment.  Le contexte médico-psycho-social est à prendre en compte dans la prise en soins des patients, certains facteurs pouvant favoriser les symptômes persistants (traumatisme sévère, antécédents de migraines, de TC ou de trouble mental). Une fiche d&rsquo;information peut être remise pour faciliter l&rsquo;éducation du patient. Le repos est recommandé pendant les 2 jours suivant le TC, puis une reprise progressive des activités est proposée. Les auteurs recommandent de voir avec le patient quels symptômes sont à prioriser pour les prendre en charge en 1er. Le traitements sont globalement symptomatiques: antalgiques de pallier 1, règles hygiéno-diététiques &ldquo;classiques&rdquo;, voire kinésithérapie. Une prise en charge des troubles psychologiques associés est recommandée. En cas de céphalées &gt; 10 jours par mois, un traitement prophylactique peut être discuté, tout comme des avis spécialisés en fonction des symptômes. Enfin, il faut penser aux populations particulières pouvant nécessiter des prises en charges complémentaires adaptées: violences intrafamiliales, militaires, sportifs, patients âgés.</p>
<p>Voilà pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°503 : asthme/activité physique, liraglutide/AVC, hémorroïdes, ostéoporose, vitamine D, rapport albuminurie/créatininurie, grossesse/TCC, metformine/AOMI, EBM</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/11/dragi-webdo-n503/</link><pubDate>Mon, 10 Nov 2025 00:26:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/11/dragi-webdo-n503/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pédiatrie</category><category>Diabétologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Rhumatologie</category><category>Néphrologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2841244">article</a> est dans cardiovasculaire mais pourrait bien être dans &ldquo;pharmacovigilance&rdquo; car à un moment, tester n&rsquo;importe quoi n&rsquo;est pas sans risque pour les patients. Bref, en essai randomisé, la metformine n&rsquo;a pas montré de bénéfice clinique dans l&rsquo;AOMI en n&rsquo;améliorant pas le test de marche de 6min chez des patients avec AOMI sans diabète.</p>
<p>2/ Pédiatrie</p>
<p>Des <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s12519-025-00976-6">recommandations</a> ont été publiées concernant l&rsquo;activité physique et l&rsquo;asthme. Bien sûr, c&rsquo;est recommandé, ça permet d&rsquo;améliorer le contrôle de l&rsquo;asthme et de réduire les exacerbations. L&rsquo;intensité doit être modérée et augmenter progressivement, rien de très original. Il y a également une partie sur la bronchoconstriction à l&rsquo;effort (EIB) dont nous avions déjà parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/04/dragi-webdo-n94.html">ici</a>. Il s&rsquo;agit de symptômes de type wheezing, toux, dyspnée, oppression thoracique survenant dans les 15 minutes suivant 5-10min d&rsquo;exercice intense. Le diagnostic est posé avec une diminution du VEMS de plus de 10% après l&rsquo;effort. Le traitement repose sur des BDCA 5-20min avant le sport et éviter le sport dans le froid et la pollution. Si les besoins sont pluriquotidiens, les CSI et anti-leucotriènes sont recommandés.</p>
<p>3/ Diabétologie</p>
<p>Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2840370">essai randomisé</a> a évalué le liraglutide versus placebo chez des patients diabétiques de type 2 ayant eu un AVC mineur ou un AIT. Le critère de jugement était la récidive d&rsquo;AVC ou d&rsquo;AIT à 90 jours. Le groupe traité a eu 7,9% de récidive versus 13,8% dans le groupe placebo (NNT=17 patients!!). Il n&rsquo;y avait pas de différences d&rsquo;hypoglycémies entre les 2 groupes. Pour mémoire, le liraglutide est aussi l&rsquo;aglp1 ayant le plus haut niveau de preuve en post infarctus, on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/06/dragi-webdo-n102-congres-diabeto.html">ici</a>, avec une réduction d&rsquo;évènements et de de mortalité globale. Cette réduction à 3 mois seulement renforce la place des aGLP1 en prévention secondaire, notamment du liraglutide (même s&rsquo;il ne fait pas perdre autant de poids que les autres et qu&rsquo;il est en 1 injection/ jour). [edit: malheureusement, <a href="https://www.ema.europa.eu/en/documents/other/medicine-shortage-communication-msc-victoza-6-mg-ml-solution-injection-pre-filled-pen-liraglutide_en.pdf">il ne sera bientôt plus disponible</a> ]</p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>Les hémorroïdes ont été abordées dans un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2837775">JAMA</a>. Les principaux facteurs de risques sont la grossesse, la constipation, la diarrhée et la cirrhose. Les symptômes sont des douleurs anales, une gêne anale, des démangeaisons périanales, une tuméfaction et des rectorragies, mais 50% sont asymptomatiques et ne nécessitent aucune prise en charge. Globalement, les hémorroïdes internes saignent et les externes sont douloureuses. Des rectorragies non liées au transit doivent être explorées par coloscopie. Il n&rsquo;est pas clair qu&rsquo;il faille ou non, réaliser une coloscopie si les saignements semblent hémorroïdaires. Il est admis qu&rsquo;avant 40 ans, ce n&rsquo;est pas indispensable et qu&rsquo;après 50 ans c&rsquo;est recommandé (et entre les 2&hellip;. à voir). La prise en charge, passe d&rsquo;abord par les RHD et l&rsquo;acronyme TONE (Three: Trois minutes pour aller à la selle ; One, une selle par jour ; No effort, pas d&rsquo;effort pendant la défécation ; Enough fibers, suffisamment de fibres [20 à 30g/jour ou 5 à 6 cuillères à café psyllium par jour et 1L d&rsquo;eau/jour]). Les bains chauds de siège n&rsquo;ont pas été suffisamment étudiés pour conclure à une efficacité ou un inefficacité. Les phlébotoniques ont un effet modéré sur les symptômes (prurit, saignement, fuites) ce qui est concordant avec la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD004322.pub3/full">cochrane</a>, mais pas sur la résolution complète des symptômes. Les topiques aux corticoïdes/anesthésiants sont efficaces sur la douleur et les saignements. Les traitements par ligature ou sclérothérapie sont indiqués en cas d&rsquo;échec.</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Alors qu&rsquo;on râle régulièrement sur le niveau de <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0040595725001246">preuve des recommandations</a> de nombreuses spécialités médicales, une revue a étudié le niveau de preuve dans les recommandations d&rsquo;infectiologie en France. Malheureusement, force est de constater que plus de 70% ne mentionnent pas de niveau de preuve, et des sources de bon niveau de preuve n&rsquo;ont été retrouvé que pour 8% des recommandations&hellip; En soit, il peut être adapté de recommander d&rsquo;agir dans l&rsquo;incertitude, mais il est important que le niveau de certitude ou d&rsquo;incertitude soit mentionné.</p>
<p>6/ Psychiatrie</p>
<p>Dans la dépression pendant la grossesse et du post-partum, <a href="http://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-03520">cette revue</a> a trouvé que les TCC, l&rsquo;activation comportementale et les thérapies interpersonnelles étaient efficaces pour améliorer la dépression. La taille d&rsquo;effet était cependant faible, d&rsquo;environ -1,7 points sur 30 sur l&rsquo;Edinburgh Postnatal Depression Scale.</p>
<p>7/ Rhumatologie </p>
<p>Reparlons encore de l&rsquo;ostéoporose avec cet article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)01385-6/abstract">Lancet</a>.
Cette revue narrative aborde premièrement le dépistage de l&rsquo;ostéoporose
et ses discordances. En effet, certaines sociétés savantes américaines
proposent un dépistage systématique à 65 ans par DMO, d&rsquo;autres à 70 ans
comme au Canada, et enfin certaines (les endocrinologues américains)
sont pour un dépistage basé sur les facteurs de risques après 50 ans
sans dépistage systématique lié à l&rsquo;âge. C&rsquo;est lié à une divergence
d&rsquo;interprétation. Il y a 3 essais randomisés ayant proposé un dépistage
des patients par le FRAX, mais aucun n&rsquo;a montré de réduction des
fractures. Cependant, la méta-analyse des 3 essais montré un bénéfice du
dépistage sur les fractures majeures (number needed to screen, NNS=
247) et sur les fractures fémorales (NNS=272), bien que la validité de
faire une méta-analyse sur 3 études concordantes et donnant un résultat
opposé, soit plus que discutable. Sur le plan thérapeutique, les auteurs
reparlent des études ne montrant pas de bénéfice clinique à la
supplémentation en vitamine D, et des discordances entre l&rsquo;efficacité de
la supplémentation calcique dans certaines études uniquement avec un
sur-risque de mortalité cardiovasculaire en cas d&rsquo;association vitamine D</p>
<ul>
<li>calcium. Ainsi, les auteurs sont en faveur d&rsquo;une décision partagée
avant l&rsquo;initiation d&rsquo;un traitement, notamment par bisphosphonates, en
prévention primaire des fractures ostéoporotiques. Enfin, avec un très
faible niveau de preuve, ils suggèrent d&rsquo;utiliser le dosage des
télopeptides C (CTX) comme marqueur de suivi car ils devraient être dans
la fourchette &ldquo;normale basse&rdquo; sous traitement.</li>
</ul>
<p>Suite à tout ça, on avait raté les recos vitamine D du <a href="https://www.larhumatologie.fr/app/uploads/2025/08/Supplementation_vitamineD.pdf">GRIO</a> chez
les patients avec ostéoporose ou à risque d&rsquo;ostéoporose. Il est amusant
de voir que dans la justification de prescription de vitamine D aux
patients avec facteurs de risque, les auteurs ne citent que
l&rsquo;association calcium + vitamine D en donnant le bénéfice décrit
ci-dessus sur les fractures mais sans parler du sur-risque
cardiovasculaire. Ainsi, comme c&rsquo;est cette association qui donne un
&ldquo;bénéfice modeste mais significatif&rdquo;, ils expliquent que c&rsquo;est pour cela
que la supplémentation doit être quotidienne et non
périodique/intermittente. En effet, les prises intermittentes étaient
également associées à un sur-risque de fracture. Ils concluent que la
prise quotidienne est la plus optimale pour obtenir une concentration
sanguine de vitamine D normale. Bref, tout ça pour dire qu&rsquo;il faut
supplémenter quotidiennement (4 gouttes par jour,  300UI/goutte) sans
bénéfice clinique sauf si associé au calcium qui peut augmenter la
mortalité cardiovasculaire.</p>
<p>8/ Néphrologie</p>
<p>On voit encore passer quelques rapports protéinurie/créatininurie bien que la recommandation soit de faire albuminurie/créatininurie. Cet <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-02117">article</a> confirme que l&rsquo;utilisation de l&rsquo;albuminurie est un meilleur prédicteur d&rsquo;insuffisance rénale que la protéinurie.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°502 : HAS (IA générative, AVC précoce), cancer prostate, cancers cutanés, troubles fonctionnels intestinaux, aGLP-1/iSGLT-2, exercice médical</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/11/dragi-webdo-n502/</link><pubDate>Sun, 02 Nov 2025 22:37:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/11/dragi-webdo-n502/</guid><category>Médecine générale</category><category>Pharmacovigilance</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Oncologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Neurologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Exercice médical</p>
<p>Pour commencer, encore un <a href="http://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-01412">article</a> sur la pratique médicale : à partir des données des logiciels médicaux, les auteurs ont vu que les médecins généralistes travaillaient environ 61h/semaine pendant 46 semaines par an. Chaque patient est vu en moyenne pendant 1h42min par an (intervalle inter-quartiles, IQR=[1h24 ; 2,12]). A noter que les médecins en temps partiel avaient plus de temps par patient.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3703115/fr/premieres-clefs-d-usage-de-l-ia-generative-en-sante">HAS</a> a publié des &ldquo;clefs d&rsquo;usage de l&rsquo;IA générative en santé&rdquo;. En gros, comment utiliser bien &ldquo;chat GPT ou autre&rdquo;. Les auteurs proposent l&rsquo;acronyme AVEC: Apprendre à utiliser l&rsquo;IA (se renseigner, se former), Vérifier la pertinence et la qualité de la requête (et ne pas partager d&rsquo;information personnelles), Estimer ses besoins en IA et les réévaluer, Communiquer avec les développeurs et les autres utilisateurs.</p>
<p>2/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/48/10/1774/163054/Risk-of-Phimosis-Associated-With-SGLT2i-Versus-GLP">étude</a> de cohorte émulée a étudié le risque de phimosis sous inhibiteurs de SGLT-2 par rapport aux analogues du GLP-1. Le risque de phimosis était augmenté avec les iSGLT2 à 1 an de 0,4% (NNH=250) et de 1,2 ans à 8 ans (NNH=84).</p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>On a déjà parlé du régime <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/04/dragi-webdo-n439.html">pauvre en FODMAP</a> dans les TFI. Un <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-01519">essai randomisé</a> a évalué si le régime méditerranéen était efficace dans le syndrome du colon irritable. Les auteurs trouvent que le régime méditerranéen améliore les symptômes chez 62% des patients versus 42% avec des conseils traditionnels (manger peu épicé, peu gras, éviter les produits transformés, l&rsquo;alcool et la caféine). Dommage qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas eu un bras &ldquo;pauvre en FODMAP&rdquo; pour comparer avec le régime le plus éprouvé actuellement.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Le cancer de la prostate n&rsquo;a pas fini de faire parler de lui. On avait vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/12/dragi-webdo-n209.html">ici</a> que la radiothérapie dans les cancers peu avancé réduisait la mortalité à 20 ans, et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/04/dragi-webdo-n438.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/12/dragi-webdo-n379.html">là</a> que l&rsquo;utilisation de l&rsquo;IRM et du 4-kallikren score pouvait permettre de mieux cibler les cancers de haut grade mais sans données de mortalité. Cet article du NEJM parle du suivi à 23 ans de l&rsquo;étude ERSPC, ayant randomisé entre 1993 et 2003, 160 000 patients de 55 à 69 ans en &ldquo;dépistage par PSA&rdquo; versus &ldquo;groupe contrôle&rdquo;. Ainsi, après 23 ans de suivi la mortalité relative par cancer de prostate était réduite de 13% ce qui peut justifier un dépistage pour les auteurs, vu qu&rsquo;on arrive a mieux optimiser le balance bénéfice/risque en ciblant mieux et en réduisant les effets indésirables des traitements. En pratique, si on reformule avec les autres chiffres présentés dans l&rsquo;article: la réduction absolue est de 0,22% de mortalité par cancer de prostate (1,4% vs 1,6%), soit un NNT de 456 patients en 23 ans, soit un NNT annualisé de 10500 patients a dépister chaque année pour éviter 1 décès par cancer. Le nombre de cancer à diagnostiquer pour éviter 1 décès était de 12 à 23 ans soit 276 par an. En termes de mortalité globale, on est à 48,7% dans le groupe dépisté versus 49,1% sans différence entre les groupes. Donc en infographie, ça donnerait:</p>
<p>pour 10000 patients dépistés suivis pendant 20 ans :</p>
<ul>
<li>
<p>200 cancer de prostate supplémentaire diagnostiqués (1400 vs 1200)</p>
</li>
<li>
<p>20 décès par décès par cancer de prostate en moins (140 vs 160)</p>
</li>
<li>
<p>pas de différence de mortalité globale significative vu la part mineure liée à ce cancer (48700 vs 49199)</p>
</li>
<li>
<p>et 180 cancers de prostate surdiagnostiqués et 500 biopsies inutiles (dont 30 se surinfectant d&rsquo;après <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/04/dragi-webdo-n395.html">ici</a>)</p>
</li>
</ul>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2840731">JAMA</a> aborde les cancers cutanés non mélanocytaires. L&rsquo;incidence en Europe est d&rsquo;environ 0,3% pour les carcinomes basocellulaires et de 0,1% pour les carcinomes épidermoïdes Que ce soit pour les  basocellulaires ou les épidermoïdes, le risque de métastases est faible (respectivement 0,004% et 1,5%) tout comme celui de décès (0,08 pour 100 000 et 3 pour 100 000). Le phototype clair, avoir eu de nombreux coup de soleil, et avoir une kératose actinique sont des facteurs de risque. Cliniquement, les basocellulaires touchent la tête et torse, ont souvent la forme d&rsquo;une lésion perlée/translucide vascularisée ou lésion plate érythémateuse et squameuse. Les épidermoïdes touchent la tête et les membres supérieurs, et se présentent sous la forme de lésions rouges squameuses ou érosives plates ou en relief (il y a des photos dans l&rsquo;article). Le diagnostic est réalisé suite à une biopsie au punch ou par rasage qui a l&rsquo;avantage de ne pas nécessiter de suture (cf vidéo). Le traitement est majoritairement chirurgical, mais dans certains cas, un traitement par fluorouracile ou imiquimod local est possible. Une surveillance au moins biannuelle recommandée pendant 2 à 5 ans puis annuelle. Enfin, il n&rsquo;y a pas de dépistage recommandé par l&rsquo;USPSTF (ni par le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/06/dragi-webdo-n446.html">CNGE</a>).</p>
<p>5/ Endocrinologie</p>
<p>On avait déjà parlé de l&rsquo;association <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/04/dragi-webdo-n440.html">iSGLT2+aGLP1</a>. Voici une <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-025-06565-6">revue systématique</a> d&rsquo;études de cohortes étudiant cette combinaison sur des critères cardiovasculaires et de mortalité. Par rapport à une monothérapie, l&rsquo;association des 2 traitements était associé à une réduction de mortalité globale (1,9% vs 3,8%), d&rsquo;événements cardiovasculaire (3,3% vs 5,4%). L&rsquo;efficacité était également retrouvée sur les infarctus, AVC, hospitalisations pour insuffisance cardiaque, et néphropathie. Cependant, ça reste des études de cohortes, et des essais randomisés confirmatoires de cette stratégie seraient bienvenus.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgEEs10LqYVCK6DpkP4qf9bcjXACIz9YQLI7FGmuMclTEWe63KqBOG_KlitMv44OGO5-CtYaUaWdqDmgHWjAvxdiu458-le8IOUxNze9rETqKV3DR6PqFOPJ6I7ji1jrR9SBj6T1oYJ30yiRZAXyrUwqRuOrl4GQEadDAFTQmR5Oyw-UnRdmdw2Q18YoEK5/s695/Sans%20titre.png"><img src="/images/articles/2025/sans-20titre.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Neurologie</p>
<p>Enfin, la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_830203/fr/accident-vasculaire-cerebral-prise-en-charge-precoce-alerte-phase-prehospitaliere-phase-hospitaliere-initiale-indications-de-la-thrombolyse-intraveineuse-et-de-la-thrombectomie-mecanique">HAS</a> aborde la prise en charge pré-hospitalière de l&rsquo;AVC. Du point de vue du généraliste, ces recos sont quand même très maigres: 1/ informer les patients à risque des symptômes d&rsquo;AVC et leur expliquer la conduite à tenir en urgence (faire le 15 et noter l&rsquo;heure des premiers symptômes, la thrombolyse étant indiquée dans les 4h30) 2/ en cas de contact avec un patient avec des symptômes évocateurs: transférer l&rsquo;appel au 15 ou appeler le 15.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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spams)</em></p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°501 : Anti-Alzheimer (CNGE), angine (recos US), antidépresseurs, C. Difficile, alopécie de la femme, ostéopénie, cancer pulmonaire, colchicine/covid long</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/10/dragi-webdo-n501/</link><pubDate>Sun, 26 Oct 2025 22:01:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/10/dragi-webdo-n501/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Neurologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, merci pour vos messages de soutien de la semaine passée ! Voici sans attendre le DragiWebdo de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une revue systématique du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)01293-0/fulltext">Lancet</a> a concerné les effets métaboliques des antidépresseurs. Si on regarde par molécule:</p>
<ul>
<li>
<p>fluoxétine: perte de poids, HTA,</p>
</li>
<li>
<p>paroxétine: légère perte de poids</p>
</li>
<li>
<p>sertraline: perte de poids</p>
</li>
<li>
<p>duloxétine: perte de poids, hypercholestérolémie, hyperglycémie, HTA, cytolyse, hyponatrémie</p>
</li>
<li>
<p>venlafaxine: perte de poids, hypercholestérolémie, HTA, hyponatrémie</p>
</li>
<li>
<p>amitriptyline:  prise de poids, tachycardie, HTA</p>
</li>
<li>
<p>mirtazapine: prise de poids</p>
</li>
</ul>
<p>Pour aucune molécule, y compris le citalopram, le QTc n&rsquo;était augmenté dans la méta-analyse, ce qui est en contradiction avec d&rsquo;autres études et pose la question de l&rsquo;identification des EI dans les études ensuite utilisées dans les méta-analyses.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2840352">JAMA</a> aborde les infections récurrentes à C. Difficile. Ce n&rsquo;est absolument pas MG, mais cela rappelle d&rsquo;une part que l&rsquo;âge &gt; 65 ans et les IPP sont les facteurs de risques principaux de cette infection. Après traitement, il y a 15% de patients avec infection récurrente. Après un premier traitement, 50% des tests sont toujours positifs après 1 semaine, donc ne pas recontrôler trop tôt. Les études retrouvent qu&rsquo;il y a 20% de patients avec des troubles digestifs post-infectieux qui peuvent persister 2 ans&hellip;. De plus, si un test PCR négatif permet bien d&rsquo;exclure une infection, un test positif ne distingue pas une colonisation d&rsquo;une infection active. On considère quand même que des symptômes persistants avec une PCR positive et un test ELISA montrant la présence de toxine signent une récidive d&rsquo;infection (si l&rsquo;ELISA est négatif, ça peut selon l&rsquo;avis du spécialiste). Le traitement reposera sur la flidaxomycine, la vancomycine voire sur la transplantation de microbiote fécal en cas de 2è récidive.</p>
<p>Après son efficacité non démontrée dans le Covid (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/01/dragi-webdo-n298.html">ici</a>), la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2840468">colchicine</a> a été testée dans le traitement du Covid-long. Bon, sans grande surprise, il n&rsquo;y avait pas de différence d&rsquo;efficacité entre les groupes colchicine et placebo, le critère principal étant la distance parcourue au test de marche de 6 minutes.</p>
<p>La <a href="https://www.idsociety.org/practice-guideline/streptococcal-pharyngitis2/">société américaine d&rsquo;infectiologie</a> vient de publier des recommandations dans la prise en charge des angines. Les auteurs recommandent l&rsquo;utilisation d&rsquo;un score pour évaluer le risque d&rsquo;angine à streptocoque A (recommandation conditionnelle de faible niveau de preuve). L&rsquo;objectif est de ne pas tester tout le monde avec un prélèvement oro-pharyngé. Cependant, chez les patients avec facteurs de risques (antécédent de RAA, signes de complications loco-régionales) un test devrait quand même être effectué même si le score indique une probabilité faible de streptoA. Enfin, les scores ne s&rsquo;appliquent pas avant 3 ans.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>On parle souvent du cancer du poumon chez le fumeur, mais il y a aussi des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2840343">cancers pulmonaires chez les non-fumeurs</a> (patients ayant fumé moins de 100 cigarettes dans leur vie) qui représentent 15-20% des cancer pulmonaires. Une hypothèse diagnostique à ne pas exclure d&rsquo;emblée chez un non-fumeur avec une toux,  une dyspnée persistante et/ou une perte de poids.</p>
<p>4// Dermatologie</p>
<p>Cet article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp2412146">NEJM</a> s&rsquo;intéresse aux pertes de cheveux chez la femme. L&rsquo;algorithme propose de repérer s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une alopécie: 1/ en patch (pelade ou alopécie cicatricielle), 2/ globale (pelade, effluvium télogène ou effluvium anagène post radiothérapie ou chimiothérapie) 3/ pattern particulier de perte de cheveux. Revenons donc sur ces patterns, a/ le pattern masculin (perte au niveau du vertex qui donne une &ldquo;tonsure&rdquo; et évocateur d&rsquo;hyperandrogénisme voire de tumeur) b/ prédominance frontale c/ extension depuis la zone médiane). Globalement, en l&rsquo;absence d&rsquo;hyperandrogénisme, c&rsquo;est un traitement symptomatique qui
est proposé par minoxidil 5% local deux fois par jour (ou oral à faible
dose éventuellement, mais risque d&rsquo;hypotension, d&rsquo;hypertrichose ou d’œdèmes). S&rsquo;il y a des signes d&rsquo;hyperandrogénisme (hirsutisme, dysménorrhées, acné&hellip;), on part sur un bilan d&rsquo;hyperandrogénisme et un traitement par spironolactone (ou finasteride/dutastéride) qui peut être associé au minoxidil. En cas de doute, des biopsies peuvent être effectuées et en l&rsquo;absence d&rsquo;efficacité, un avis spécialisé peut aussi être indiqué pour des traitements plus complexes.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjEFyMZyY-8yTirWXqQvDhPIdBwWzmfXwg7r4QAAdlVhwL_cyJDUjCVyg5drm6Bupf3lYBTHVOMEl6n1J1Zuu3-7NMTccIDpc0AirzmGOEQDA1Hd5gSDLrC1jSQGxTphZuv8VXhknwf5TRMeQAy_32aqA7oZyrQ9I8vTPUy1nFTIkLnxHK37BWw2NPvKJCt/s1724/cheveux.png"><img src="/images/articles/2025/cheveux.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/391/bmj-2025-085622">BMJ</a> propose un point &ldquo;ostéopénie&rdquo; en consultation. Les auteurs insistent sur l&rsquo;utilisation du FRAX pour évaluer le risque de fracture. Ils présentent différentes recommandations : les britanniques proposant un dépistage à 50 ans chez les hommes et chez toutes les femmes ménopausées, et les américaines recommandant une évaluation du risque chez les femmes de 50 à 64 ans et une DMO chez celles de  65 ans. Il y a aussi 2 visions des indications de traitements: l&rsquo;utilisation de seuils fixes tels que risque de fracture majeur &gt; 20% ou de fracture de hanche &gt; 3% à 10 ans (vision plutôt nord américaine) , ou l&rsquo;utilisation de seuils liés à l&rsquo;âge pour déterminer le haut et très haut risque de fracture (vision plutôt européenne). En cas de risque supérieur au seuil un traitement serait alors indiqué (notamment par bisphosphonates)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgQD-g1QUNX-haBrYDYRjSFnGkMn8u_rqxfE0PiZchjA7l7aqNr3Z5B2XzyKVj8P5DIDygZMZ3gvP-klzTR0DqAU4rdVGGVeQc6BGOIpBNdMuEg2wPkmiBsJ3BF1mpLc2nK3JI2xt5sNoD4Cxgz0gx0bARBFkZQ00hJN1uQEjijrK5KimNqdcQp6UjlPBWZ/s946/dmo.jpg"><img src="/images/articles/2025/dmo.jpg" alt=""></a></p>
<p>6/ Neurologie</p>
<p>Finissons avec ce communiqué du <a href="https://www.cnge.fr/wp-content/uploads/2025/10/251023_Avis-troubles-cognitif_AM_Vbdd.pdf">CS du CNGE</a> rappelant l&rsquo;inefficacité des traitements anti-Alzheimer, que ce soient les anticholinesthérasiques, de la mémantine et des nouveaux anticorps monoclonaux. En effet, la HAS vient de refuser l&rsquo;accès précoce au Lecanemab et a été chahutée pour cette décision pourtant rationnelle et concordante avec celle prise par le NICE britannique. En effet, malgré l&rsquo;efficacité statistique, la pertinence clinique t&rsquo;es pas au rendez-vous, malheureusement pour les patients et leur entourage qui en espéraient beaucoup.</p>
<p>Merci pour votre fidélité, c&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°500 : HTA (recos US), CCU et immunodépression (reco HAS), vaccin VZV, TFI et psychothérapies, iSGLT-2 et maladies auto-immunes, 'global burden of disease'</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/10/dragi-webdo-n500/</link><pubDate>Mon, 20 Oct 2025 22:23:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/10/dragi-webdo-n500/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Oncologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour !</p>
<p>C&rsquo;est le 500ème Dragi Webdo !!!!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgj931vpvSfY2psfwBofkHXSpll8dVjAg9yNtI-ez_-AA3IyAy-O1I_cE8qQ60o8YfFatdRqUX_JvQVhc7UBOIi9oOEyVHhYecIMUXlXq56fiH9pxJgfVj6Qg-s-UN66YVkKROEmc6yHroJ4M3RBRulKWja_mpsV6BGMK10tdAkSdM897I2aXSOWBJMN0n-/s1024/blog.png"><img src="/images/articles/2025/blog.png" alt=""></a></p>
<p>Merci à toutes et tous pour votre fidélité de lecture. Merci à ceux qui ont encouragé le blog, à ceux qui y ont contribué. Merci à @DrePétronille pour sa transformation et ses relecture, @CartThom pour la version transitoire de la version en anglaise, à la pub réalisée par @mimiryudo et @Whydoc_, etc&hellip;. J&rsquo;aurai bien aimé vous annoncer une nouveauté genre un podcast ou une version avec de l&rsquo;audio via Instagram ou même un serveur chatGPT pour que vous n&rsquo;ayez qu&rsquo;à poser une question, mais les journées ne comportent pas assez d&rsquo;heures. On en restera donc à la version écrite disponible partout où vous avez internet ! Merci encore !</p>
<p>Comme chaque année, le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)01637-X/fulltext">Lancet</a> publie sa revue sur le &ldquo;global burden of diseases&rdquo; qui classe les maladies les plus impliqué selon la perte d&rsquo;année de vie en bonne santé qu&rsquo;elles causent. Point intéressant, les maladies du top10 ont tout de même vu une diminution de leur fardeau même si elles sont &ldquo;mieux classées&rdquo;. Cependant, en 11ème et 12ème place, on voit les troubles dépressifs et anxieux, qui ont vu leur fardeau (+50% et +80% respectivement&hellip;)  Bonne lecture !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhFKKh1XLSDSpguq-_ZIf8R6hcZM9dg2P9G4bCqVaqpk9impLz1Il8d_4p9etpz25ZrJyp7YxEACs50_VUmpJqnjSi_7Xxmx29bSkspNpU9q1R9Gh0K5UEPtL3n0uw9GvxHrJYIMtvmvEyeAPmMxtURRMGFdkDb26RMe7-ZplW3UTSgi3K5AsesBSB1lVZk/s1220/GBD.png"><img src="/images/articles/2025/gbd.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>On avait raté les recos HTA de la <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIR.0000000000001356">société américaine de cardiologie</a> présentées cet été. Ils définissent toujours l&rsquo;HTA comme des valeurs &gt; 130/80 . Les mesures au cabinet doivent être standardisées, mais des mesures ambulatoires doivent être réalisées pour le diagnostic et le suivi. Les automesures tensionnelels (AMT) sont recommandées avec 2 mesures après 5 minutes de repos sans activité physique ou prise de café ou tabac dans les 30minutes espacées de 1 minutes, 2 fois par jour (matin à jeun après avoir uriné et le soir au coucher) pendant 3 à 7 jours. Le bilan initial comprend: NFS, Na, K, calcémie, créatinine, EAL, TSH, GAJ ou HbA1C, rapport albuminurie/créatininurie, ECBU et ECG.</p>
<p>Le bilan d&rsquo;HTA secondaire est donc indiqué si HTA résistante ou hypokaliémie (spontanée ou induite par diurétiques) ou SAOS ou incidentalome surrénalien, ATCD familial d&rsquo;HTA juvénile ou AVC &lt; 40 ans ou HTA maligne ou HTA diastolique isolée débutant après 65 ans, ou atteinte d&rsquo;organe cible disproportionnée par rapport aux mesures. Ils disent que le bilan peut être effectué quel que soit le traitement (sauf antagoniste des minéralo-corticoïdes = spironolactone etc..) pour faciliter le dépistage.</p>
<p>Sur le plan thérapeutique, les RHD sont le traitement de 1ère ligne (activité physique, -5% du poids, arrêt du tabac et de l&rsquo;alcool, sel &lt; 2,3g/j (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/10/dragi-webdo-n111-ainsinsuf-cardiaque.html">ici</a>) voire &lt; 1,5g/j mais on avait vu que <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/05/dragi-webdo-n99.html">&lt;3g/j</a> augmente aussi le risque CV) . Bien que l&rsquo;HTA soit défini &gt; 130/80, un traitement est indiqué à partir de 140/90 pour réduire la mortalité et les évènements CV ou  à partir de 130/80 en prévention secondaire ou en prévention primaire avec un score PREVENT &gt; 7,5% ou ASCVD &gt; 10%. Les auteurs recommandent une bithérapie si PA &gt; 140/90 mais une monothérapie si &gt; 130/90. Ils ne recommandent pas une classe particulière en 1ère ligne mais disent dans le texte que les thiazidiques sont un peu meilleurs sur la réduction de l&rsquo;insuffisance cardiaque et des AVC et que les bêta-bloquants ne sont pas un traitement 1ère ligne. Les IEC/ARAII sont à préférer si diabète avec microalbuminurie. En cas d&rsquo;hta résistante, la spironolactone (ou l&rsquo;éplérénone) sont recommandées, puis les BB- et les centraux. Notons que si in</p>
<p>La cible tensionnelle sous traitement est généralement de 130/80, mais il est possible de cibler 120/80 pour réduire les évènements et la mortalité (ce qui est faux, comme on l&rsquo;a déjà vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/12/dragi-webdo-n207.html">ici</a> , <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/12/dragi-webdo-n464.html">là</a> et encore <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/02/dragi-webdo-n387.html">là</a>, le bénéfice du 130mmHg portant sur les événements non fatals uniquement, quant au 120&hellip;) Bien qu&rsquo;elles soient toujours évaluée &ldquo;au cabinet&rdquo;, les auteurs ont posé un tableau de correspondance avec les mesures a domicile (automesures = HBPM, cf ci dessous).</p>
<p>En cas d&rsquo;HTA sévère (ex-crise hypertensive) avec PAS &gt; 180 ou PAD &gt; 120, la PEC peut être réalisée en médecine de ville en l&rsquo;absence d&rsquo;atteinte d&rsquo;organe aiguë (OAP, IDM, trouble neurologique, dissection&hellip;)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgH3p2e2Kj6qJjN9wiK0SkKaJ4a7YKGK35HUrCNpVuu7IExNDI2plczHfkTFPOXgAAGpnAhVZLlxC3B_paWg3hKi3KzjuFx-KL82wkjMeyEL6S0fNKmgUhluljG5Z-cEXQBCkAgdiySQjM_3dSNYQUE2-DzB9Fqd_SAsu1XcxWHkopD0lVX01ShL6gZ9HYO/s567/HTA.png"><img src="/images/articles/2025/hta-2.png" alt=""></a></p>
<p>2 / Infectiologie</p>
<p>Cet <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-02409">article</a> étudie l&rsquo;efficacité du vaccin zona recombinant chez les patients antérieurement vaccinés par le vaccin vivant. C&rsquo;est un essai émulé, qui trouve que la revaccination par vaccin recombinant a une efficacité de 56% sur la survenue de zona et de 72% sur les douleurs post-zostériennes, ces taux montant à 68% et 81% en cas de réalisation de 2 doses, respectivement.</p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/langas/article/PIIS2468-1253(25)00238-9/abstract">Lancet Gastro</a> a publié une revue systématique sur les thérapie comportementales dans les troubles fonctionnels intestinaux. Les types de thérapies les plus efficaces sont les thérapies d&rsquo;auto-gestion de la maladie, les TCC, les psychothérapies dynamiques et émotionnelles, les thérapies comportementales à multi-composantes et un groupe vague des &ldquo;autres types&rdquo;. Ne semblent pas efficaces: les simples RHD, l&rsquo;éducation et le soutien &ldquo;simples&rdquo; et les thérapies digitales.</p>
<p>4 / Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/391/bmj-2025-085196">BMJ</a> a publié une étude comparant le risque de survenue de maladies auto-immune chez des patients diabétiques traités par inhibiteurs de SGLT2. Dans cette étude de cohorte appariée via un score de propension, les auteurs ont trouvé un risque de maladie auto-immune rhumatologique 6,5 cas pour 100000 patients par an sous iSGLT2 par rapport aux patients sous sulfamides. Bon, on ne sait pas encore trop les implications de ce &ldquo;bénéfice&rdquo;.</p>
<p>5/ Oncologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3585926/fr/depistage-du-cancer-du-col-de-l-uterus-chez-les-personnes-immunodeprimees-hors-pvvih#xtor=EPR-1-%5BL'Actu%20de%20la%20HAS%5D-20251016">HAS</a> a publié des recommandations sur le dépistage du cancer du col de l&rsquo;utérus chez les patientes immunodéprimées (hors VIH). Cette recommandation concerne donc les patients avec déficits immunitaires congénitaux, avec greffe de cellules souches, avec lupus systémique, sous immunosuppresseurs depuis au moins 1 an, et toute situation jugée comme immunodépression sévère par le médecin. Les auteurs recommandent de débuter le dépistage 1 an après le diagnostic de l&rsquo;immunodépression quel que soit la date du dépistage antérieur. Entre 25 et 29 ans, une cytologie annuelle est recommandée, puis le 1er test HPV est à réaliser à 30 ans puis tous les 3 ans (et non 5), éventuellement avec auto-prélèvement si c&rsquo;est nécessaire pour assurer le suivi. Après 65 ans, le dépistage peut être stoppé ou poursuivi selon les situations</p>
<p>Pour les patients vivant avec le VIH, il est rappelé la reco ANRS-MIE/CNS qui stipule que les patientes vivant avec le VIH suivent le dépistage similaire à la population générale sauf : 1/ entre 25 et 30 ans, en cas de CD4&lt;350 ou nadir des CD4&lt;200 auquel cas la cytologie est annuelle. 2/ le dépistage est prolongé après 65 ans si antécédent de lésion intraépithéliale ou persistance d&rsquo;infection sur le test HPV-HR.</p>
<p> C&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°499 : médecine générale, vaccin covid, MGUS, cancers ORL à HPV, candésartan/migraine, insuffisance rénale</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/10/dragi-webdo-n499/</link><pubDate>Sun, 12 Oct 2025 21:24:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/10/dragi-webdo-n499/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Oncologie</category><category>Neurologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour !</p>
<p>Pour introduire ce billet, voici deux articles sur la profession de médecin généraliste. Le premier donne des raisons expliquant la <a href="https://www.bmj.com/content/391/bmj.r1829">complexification</a> du métier de généraliste comme l&rsquo;augmentation de la multi-morbidité des patients, la multiplication des recos et de ce qu&rsquo;il faudrait faire malgré le temps réduit y compris en termes de prévention chez tous les patients bien portant, la réduction des temps de prises en charges hospitalières (8,5 jours d&rsquo;hospitalisation en moyenne en 1999 vs 4,5 en 2020), l&rsquo;augmentation des délais et le développement des prise en charges &ldquo;simples&rdquo; par les non médecins (IPA, pharmaciens etc&hellip;) qui font que les médecins n&rsquo;ont plus que les taches complexes à réaliser.</p>
<p>Le deuxième décrit plus objectivement les <a href="https://www.annfammed.org/content/23/5/419">changements entre 2004 et 2020</a> dans une province canadienne : les patients de plus de 60 ans sont passés de 16% à 22%, ceux avec plus de 5 maladies chroniques de 2,8 à 5,2%; et coté médecins: le nombre de jour travaillé par an est passé de 167/an à 156/an (soit 4j de travail par semaine avec 13 semaines de vacances) et le nombre de patients vus par jour de 23 à 20 (soit 25 patients/j pour 4jours par semaine).</p>
<p>Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Dans une <a href="https://academic.oup.com/ndt/advance-article-abstract/doi/10.1093/ndt/gfaf125/8185938">cohorte de patients insuffisant rénaux</a>, des auteurs ont cherché les différences de prise en charge entre les hommes et les femmes. Les femmes avaient davantage de traitements pour la thyroïde, le reflux, la douleur et de psychotropes et les hommes plus de traitements cardiovasculaires. L&rsquo;incidence des effets indésirables était de 10,8% des patientes/an pour les femmes et de 9,7% des patients par an pour les hommes. Les femmes avaient davantage d&rsquo;effets indésirables (surtout gastro-intestinaux pour les femmes et surtout néphrologique et urologiques pour les hommes), mais il n&rsquo;y avait pas de différence pour les effets indésirables graves.</p>
<p> 2/ Infectiologie</p>
<p>On se demande si les vaccins Covid ont toujours une efficacité. Cette <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2510226?query=featured_home">étude de cohorte rétrospective</a> incluant les vétérans américains en 2024-2025 a comparé ceux ayant eu un vaccin grippe + covid versus ceux ayant reçu uniquement grippe. A 6 mois de suivi, les patients vaccinés contre le covid avaient un risque d&rsquo;hospitalisation pour covid diminué de 39% (NNT= 1340), et de mortalité par covid de 68% (NNT=4550). Les tailles d&rsquo;effets étaient similaires quelques soient l&rsquo;âge et les comorbidités. Il est dommage de ne plus avoir d&rsquo;essais randomisés sur la question, ces études observationnelles ne permettant pas de conclure réellement à une efficacité liée aux facteurs de confusion et au potentiels biais d&rsquo;indication malgré les ajustements (les patients vaccinés covid étaient un peu moins fragiles, d&rsquo;avantage d&rsquo;origine caucasienne, et avaient un peu moins de comorbidités).</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Peu après l&rsquo;article du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/02/dragi-webdo-n473.html">JAMA</a> sur les MGUS, le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra2412716">NEJM</a> publie le sien. Peu de choses &ldquo;nouvelles&rdquo;, mais voici des éléments complémentaires. Tout d&rsquo;abord, le site<a href="https://istopmm.com/riskmodel/">https://istopmm.com/riskmodel/</a> permet de calculer le risque d&rsquo;évolution maligne d&rsquo;un MGUS. En dehors de ces évolutions malignes, un MGUS peut être responsable de néphropathies et de neuropathie périphériques qui peuvent nécessiter des traitements spécifiques. Les MGUS à faible risque ( IgG &lt; 15g/L + FLC ratio normal  ou IgM &lt; 15g/L ou chaines légères avec FLC ratio normal  ou score iStopMM &lt; 5-10%), un contrôle à 6 mois puis tous les 2 ans serait suffisant. Dans les autres cas, un avis spécialisé pour BOM ou myélogramme est nécessaire.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/391/bmj-2025-086142">BMJ</a> aborde les cancers oropharyngés à HPV qui sont essentiellement des carcinomes épidermoïdes oropharyngés. Ils sont souvent diagnostiqués tardivement car ils se produisent chez des patients plus jeunes, avec une faible consommation d&rsquo;alcool ou de tabac. Les principaux facteurs de risques étant &gt; 20 partenaires sexuels dans la vie, &gt; 6 partenaires avec rapports bucco-génitaux, l&rsquo;antécédent d&rsquo;IST. La présentation est une adénopathie indolore cervicale associé a des symptômes ORL &ldquo;légers&rdquo; souvent minimisés par les patients, datant de plus de 3 semaines, et à questionner de façon proactive si besoin (dysphagie, odynophagie, otalgie). L&rsquo;examen clinique comporte la palpation des aires ganglionnaires cervicales, et de l&rsquo;ensemble de la cavité buccale. Les cancers ORL à HPV sont généralement des masses ou ulcérations situées sur une amygdale ou sur la base de la langue qui peuvent être palpés à la recherche d&rsquo;une induration (cf. ci-dessous pour palper la base de la langue. Selon les auteurs, c&rsquo;est &ldquo;bien toléré, ne fait que rarement vomir et un spray lidocaïne améliore la tolérance&rdquo;). L&rsquo;absence de symptômes infectieux concomitants comme la fièvre augmente la probabilité d&rsquo;une cause cancéreuse. Et si c&rsquo;est anormal, avis spécialisé pour nasofibroscopie, puis biopsie etc&hellip; Concernant la prévention, les auteurs abordent le vaccin anti-HPV aussi bien aux jeunes femmes qu&rsquo;aux hommes (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/06/dragi-webdo-n52.html">ici</a>).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiSFkx9QJaYyPkbzlEZrqqSyJRlY_72T_sKULxNC7VgUDG_RRqleU3QGC7TbVYeMRGG6g7B4iXDZmfzNt_LmRTxVabwGU7boWocnxU2zGBHU5EFcX86zPLPtUow9y9oQ_KxfkUWcfQLa7UXFbmiCjgYxiKAhbSwvNWJ-Qq3lyAQHJ6bqwEtGHHttncIV2zV/s824/langue.png"><img src="/images/articles/2025/langue.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p> Voici un essai randomisé testant le <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1474442225002698">candesartan</a> dans le traitement de fond de la migraine chez des patients avec 2 à 8 épisodes de migraines par mois qui ont reçu du candesartan 8mg ou 16mg ou un placebo pendant 3 mois. Les patients avaient 38 ans en moyenne, une PAS de 130, 40% avaient des auras, et 90% utilisaient des triptans. Partant de 6 jours de migraine par mois environ, les placebos réduisait le nombre de jours sans migraines de 0,8 jours par mois et le candesartan de 2 jours par mois quelle que soit la dose. Il y avait 2 fois plus de malaises avec candesartan (30% vs 13%), et un peu plus d&rsquo;évènements indésirables sévères (3% vs 1%). De façon subjective, 60% étaient satisfaits de l&rsquo;efficacité sous candesartan contre 30% sous placebo. Il est dommage que le comparateur n&rsquo;ait pas été le propranolol, et que les insuffisances rénales n&rsquo;aient pas été répertoriées vu l&rsquo;utilisation possible d&rsquo;AINS en traitement de crise en association au candesartan.</p>
<p>Voilà pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°498 : Evénements négatifs dans l'enfance (CS du CNGE), paracetamol/autisme (ANSM), risque cardiovasculaire, crise d'asthme légère, pose DIU, neuropathie diabétique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/10/dragi-webdo-n498/</link><pubDate>Mon, 06 Oct 2025 20:56:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/10/dragi-webdo-n498/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, le conseil scientifique du <a href="https://www.cnge.fr/wp-content/uploads/2025/09/20250930_Avis_CS_CNGE_ENE_vbdd.pdf">CNGE</a> a publié avis concernant le repérage et l&rsquo;accompagnement des événements négatifs dans l&rsquo;enfance, qui touchent plus de 50% de la population et peuvent être impliqués dans des troubles de santé. Les périodes le plus à risque sont l&rsquo;enfance, l&rsquo;adolescence et la périnatalité. Le repérage peut être réalisé avec les questionnaires <a href="https://www.cnge.fr/wp-content/uploads/2025/09/ENE_-annexe_proposee-par-le-CS.pdf">ACE BRFSS, ACE-IQ ou CTQ</a>). Et maintenant, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Suite à l&rsquo;opinion de certains, l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/il-nexiste-pas-de-lien-demontre-entre-le-paracetamol-et-lautisme">ANSM</a> revient sur les risques entre paracétamol et autisme, en déclarant qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de risque prouvé entre paracétamol et troubles du neuro-développement (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/04/dragi-webdo-n438.html">ici</a>)</p>
<p>L&rsquo;ANSM revient également sur le <a href="https://ansm.sante.fr/actualites/finasteride-et-risque-didees-suicidaires-nouvelles-mesures">finastéride</a> et le risque suicidaire. Cet effet est connu (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/03/dragi-webdo-n133.html">ici</a> ou là), dès l&rsquo;utilisation du finasteride 1mg dans l&rsquo;alopécie. De plus, l&rsquo;effet semble persistant, car 50% des patients ont encore des troubles 3 ans après l&rsquo;arrêt du traitement.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>On avait déjà parlé du score PREVENT pour évaluer le risque cardiovasculaire des patients, et qui montre un moindre nombre de patients avec indication de statines en prévention primaire (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/06/dragi-webdo-n447.html">ici</a>).  Il a été montré que le PREVENT est <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12155567/">plus précis</a>.  Voici une nouvelle comparaison du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2839349">PREVENT</a> versus le score américain &ldquo;PCE/ASCVD&rdquo; cette fois sur l&rsquo;aspirine en prévention primaire. Alors, certes, l&rsquo;indication est déjà très discutable, mais ce qui est en fait étudié, c&rsquo;est le pourcentage de patients avec un risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire supérieur à 10%. Et une fois encore, on peut voir à quel point les anciens scores semblent sur-estimer le risque de la population actuelle, soit par &ldquo;imprécision&rdquo;, soit parce que la population s&rsquo;est modifié (notamment via le niveau de vie, les RHD etc&hellip;).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg878kiftqnXu86HBrez2S5QWO3W6j_ZSz-8LHyPZXTCPaw9fKs0GH8jM1I8Mto39yjuynuHw39ygwTjDCfllzY5O8C1Ce8BQXhQovOfb0R1LQ61lQXKhQkO_4-I4ourpwrtic3CkI6vKZKkrhUOtLAoQpli6pf5A484y-wEk4unACGTmYFa88QICMp_yWg/s985/PREVENT.png"><img src="/images/articles/2025/prevent.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Voici un essai du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)00861-X/abstract">Lancet</a> qui compare salbutamol 2 bouffées si besoin versus formoterol+budesonide (c&rsquo;est l&rsquo;équivalent Symbicort*) 2 bouffées si besoin comme traitement de crise chez les enfants avec asthme léger. C&rsquo;est une des rares études s&rsquo;intéressant à cette bithérapie de crise dans l&rsquo;asthme léger, et en plus chez l&rsquo;enfant. Il y a eu 360 enfants randomisés de 10 ans en moyenne, leur ACQ5 à l&rsquo;inclusion était proche de 1, ils faisaient 2 bouffées par semaine environ et 20% avait eu une crise sévère dans l&rsquo;année, et le taux de crise d&rsquo;asthme était de 0,2 par an dans le groupe bithérapie versus 0,4 par an dans le groupe monothérapie, soit 17% des patients ayant eu au moins une crise versus 32% (NNT=7), et 9% versus 16% en ce qui concerne les crises sévères (NNT=13). Il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;effets indésirables supplémentaires dans le groupe bithérapie. Le salbutamol va prochainement disparaitre des protocoles recommandés&hellip; Cependant, il n&rsquo;y avait pas de différences sur le VEMS ou le nombre de jours manqués par les enfants ou les parents.</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Cet <a href="https://www.annfammed.org/content/23/5/460">essai</a> randomisé a inclus 47 patients devant avoir une pose de DIU. La moitié a eu une pose standard (avec toucher vaginal, hystérométrie, pince de Pozzi) et l&rsquo;autre moitié une pose guidée par échographie réalisée. La durée de la pose était plus courte dans le groupe échographie (4min 51sec versus 6min 04sec) car pas de toucher pelvien ni d&rsquo;hystérométrie à réaliser, mais il n&rsquo;y avait pas de différence concernant la douleur (en fait, vu le nombre de patientes c&rsquo;est difficile à dire, mais il y avait même une tendance à plus de douleur avec l&rsquo;échographie sur l&rsquo;EVA: 4,58/10 vs 3,73/10). Il est dommage de ne pas avoir de données d&rsquo;efficacité ou de sécurité un peu à distance&hellip; parce que si l&rsquo;écho ne permet &ldquo;que&rdquo; de gagner 1min 15sec&hellip;. [à noter que <a href="https://amj.journals.ekb.eg/article_212588.html">certaines études</a> montrent des résultats en faveur de l&rsquo;écho, mais non réalisées en MG]</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Voici un <a href="https://www.bmj.com/content/390/bmj-2024-081109">article</a> sur les neuropathies diabétiques atypiques (la typique étant la polyneuropathie distale ascendante bilatérale). Les neuropathies induites par les traitements sont se manifestent par des douleurs neuropathiques, surviennent en cas de baisses d&rsquo;HbA1C &gt; 2% en quelques mois et leur traitement repose sur un contrôle glycémique avec une amélioration en 1-3 ans. Il y a également des neuropathies crâniennes généralement unilatérales et des radiculopathies douloureuses de localisation variables plutôt aux membres inférieurs dont le traitement est celui des douleurs neuropathiques &ldquo;classiques&rdquo; et le contrôle glycémique, et des compressions nerveuses type médian au canal carpien ou ulnaire au coude pouvant nécessiter un traitement chirurgical. Enfin, des polyneuropathies inflammatoires démyélinisantes chroniques (déficit sensitivo-moteur distal et proximal plus rapidement progressif qu&rsquo;une neuropathie diabétique) nécessitent des traitements spécialisés.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
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<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjaytfvJ0lrxLyxW5PACYTIsphxdLarWo77ULLgTAWBsYgg1m0DjPiDNspjokYr37Q8ttSs4YJcesvBr0MYghUP9Yq6p6rG25ZtIrrJsUOeN10wkQ3243fBja4QT5E44-ZK6NEfi_cC4fyQ6ui30iM0sC9zwqH1XexoLzM2dsYbkIALoSZzVJd7LVMZo0pZ/s1348/numbers.png"><img src="/images/articles/2025/numbers.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-00997">étude</a> de cohorte danoise a inclus plus d&rsquo;un million d&rsquo;enfants de moins de 2 ans et cherché une association entre vaccin avec aluminium et 50 maladies chroniques, notamment auto-immunes et neuro-développementales. Aucune association n&rsquo;est revenue significative.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD006742.pub3/full/fr">Cochrane</a> a mis à jour sa revue systématique concernant le traitement (médicament versus placebo) de l&rsquo;hypertension artérielle modérée (&lt; 159/99) chez les patients en prévention primaire. Il y a eu 5 études éligibles et incluses correspondant environ à 10 000 patients randomisés. Ils recevaient dans 4 études un thiazidique et dans 1 étude un IEC. Les auteurs ne retrouvent pas de baisse de mortalité globale, ni du critère composite d&rsquo;évènements cardiovasculaires, ni d&rsquo;infarctus du myocarde après 2 à 5 ans de suivi. Il semble cependant y avoir une réduction du risque d&rsquo;AVC (NNT=250 à 2-5 ans) au prix d&rsquo;une augmentation des arrêts pour effets indésirables (NNH=12). Certes, 5 ans, ce n&rsquo;est pas une vie, donc on n&rsquo;a pas d&rsquo;ECR montant qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de risque à laisser sans traitement une TA &lt; 160/100 pendant 30 ans. Mais il n&rsquo;y a clairement pas de bénéfice clair à introduire un traitement intensif d&rsquo;emblée.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Voici une revue systématique d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-01877">Annals of internal medicine</a> s&rsquo;est intéressé aux tests de dépistage sanguins &ldquo;multi-cancer&rdquo; (par exemple avec l&rsquo;ADN circulant). Aucun essai contrôlé n&rsquo;a été retrouvé. Selon les études observationnelles, la sensibilité des tests variait entre 1% et 99% et la spécificité entre 65% et 100%. En pratique, les bénéfices et risques ne peuvent être évalués vu le niveau de preuve insuffisant.</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2839294">revue systématique</a> a étudié l&rsquo;efficacité des TCC dans la prise en charge de l&rsquo;insomnie des patients avec maladies chroniques. Les auteurs ont analysé les données de 5000 patients ayant des maladies cardiovasculaires, des douleurs chronique, des cancers&hellip; Ils ont trouvé une efficacité significative des TCC sur la sévérité de l&rsquo;insomnie, la qualité du sommeil et sur la latence d&rsquo;endormissement. Les effets indésirables étaient rares et les interruptions d&rsquo;interventions ne concernaient que 13% des patients.</p>
<p>5/ Neurologie</p>
<p>Des auteurs ont fait une revue systématique évaluant l&rsquo;efficacité des <a href="https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/13872877251378156">anticorps</a> monoclonaux des maladies de Parkinson ou d’Alzheimer sur les symptômes dépressifs. En effet, on avait vu que ça ne marchait pas dans la maladie neurologique (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/01/dragi-webdo-n427.html">ici</a>), donc on cherche d&rsquo;autres critères qui pourraient marcher&hellip; Malheureusement pour les patients, encore une fois, il n&rsquo;était pas retrouvé d&rsquo;association entre les anticorps monoclonaux et  les symptômes dépressifs chez ces patients.</p>
<p>Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2838003">essai randomisé</a> a inclus des patients de plus de 60 ans à risque de chute pour évaluer une intervention de prévention des chutes versus groupe contrôle. L&rsquo;intervention se composait d&rsquo;exercices des membres supérieurs et inférieurs, et de séances d&rsquo;éducation sur le risque de chute (polymédication, chaussage, environnement domestique&hellip;). Après 1 an de suivi, 29.7% des patients de l&rsquo;intervention (vs 38.3%) ont chuté au moins une fois (NNT=12!).</p>
<p>6/ Infectiologie</p>
<p>On avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/06/dragi-webdo-n403.html">metformine et Covid long</a> il y a quelques temps. Voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2836528">essai</a> randomisé étudiant la metformine versus placebo chez des patients avec un Covid de moins de 7 jours. Il n&rsquo;y a pas eu de différence sur le critère de jugement principal (temps de guérison clinique), ni sur les hospitalisations ou consultations aux urgences. Bref, encore un essai loupé pour la metfomine.</p>
<p>Enfin, voici une revue du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2837543">JAMA</a> sur les prostatites. Les bactéries sont essentiellement des E.Coli et les IST ne concernent que 1% des cas. Cliniquement la prostatite aiguë se manifeste par de la fièvre, des frissons et une rétention d&rsquo;urine dans 10-20% des cas. La BU peut monter des nitrites (se: 55%, sp: 90%) ou des leucocytes (se: 80%, sp 70%). Sur le plan thérapeutique, les auteurs reconnaissance l&rsquo;absence de données de haut niveau de preuve. Le traitement probabiliste repose essentiellement sur des quinolones, le co-trimoxazole, les C3G ou les carbapénèmes et l&rsquo;amikacine. Il n&rsquo;y a pas non plus de consensus sur la durée de traitement mais entre 2 et 4 semaines semble approprié (avec un essai randomisé montrant une absence de différence de guérison entre 2 vs 4 semaines de traitement: &gt;90% de guérison) [En pratique, éviter le cotrimoxazole en probabiliste vu le taux de résistance en France, mais très bien après antibiogramme, pour des durées de 14 jours, pas 28j, et pas de traitement de moins de 10 jours]. A noter qu&rsquo;ils différencient prostatite et cystite, mais n&rsquo;abordent pas les cystites ici. Concernant les prostatites chroniques correspond à une infection bactérienne persistant malgré antibiothérapie et les syndromes pelviens chroniques sont des douleurs chroniques après exclusions d&rsquo;autres causes (cancers, infections, HBP, vessie neurogène&hellip;). Pour ces derniers, les alphabloquants ou la prégabaline peuvent être proposés après décision médicale partagée.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°496 : Prescriptions de placebos, thromboses veineuses superficielles, clesrovimab/VRS, analogues du GLP-1, THM, acide tranexamique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/09/dragi-webdo-n496/</link><pubDate>Mon, 22 Sep 2025 21:47:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/09/dragi-webdo-n496/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Gynécologie</category><category>Médecine générale</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, de retour après quelques jours à la très sympathique <a href="https://x.com/hashtag/WONCAWorld2025">#WONCAWorld2025</a> de Lisbonne, où a été présenté les <a href="https://family-medicine.org/golden_nuggets/">golden nuggets de la médecine générale</a>: un dragi webdo en anglais, sous forme de newsletter, réalisé par un MG autrichien. Mais voici sans attendre, et en français, les actualités de la semaine, alors bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p> L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/decision-du-12-09-2025-portant-exoneration-a-la-reglementation-des-substances-veneneuses-destinees-a-la-medecine-humaine">acide tranexamique</a> vient d&rsquo;être retiré de la liste 1, ce qui veut dire que les femmes avec métrorragies pourront y avoir accès sans ordonnance. Il n&rsquo;est pas certain que ce ne soit pas au dépend d&rsquo;éléments concernant la sécurité des patients, vu les contre-indications liées au haut-risque cardiovasculaires fréquentes en population générale (antécédents cardiovasculaires, risque majoré avec oestrogènes&hellip;)</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Voici une revue du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2838995">JAMA</a> concernant les thromboses veineuses superficielles (TVS), on en avait déjà parlé ici. Leur incidence est presque 2 fois plus faible que les TVP, mais 10% d&rsquo;entre elles évoluent vers une TVP ou une embolie pulmonaire. Les TVS du membre inférieur concernent la grande saphène, petite saphène, les perforantes et les veines dorsales du pied (réseau profond : veines iliaques externes, fémorale commune, fémorale superficielle, poplité, tibiale antérieure. Au membre supérieur, il s&rsquo;agit de toutes les veines sauf axillaire et brachiale. Les facteurs de risque sont des varices, l&rsquo;obésité, les cancers, les immobilisations, la grossesse et les cathéters. Les symptômes sont une douleur, un érythème, un oedème ou un cordon induré et le diagnostic est posé suite à un doppler. Il y a une indication à l&rsquo;anticoagulation d&rsquo;une TVS pour 3-6 mois (comme TVP) lorsqu&rsquo;elle est à moins de 3cm du réseau profond (jonction saphéno-fémorale pour le MI). A plus de 3cm du réseau profond, si elle fait plus de 5cm de long, le fondaparinux 2,5/j pendant 45 jours est indiqué (ou rivaroxaban 10mg/j ou HBPM à dose préventive). Dans tous les autres cas, le traitement est conservateur (compresses chaudes, contention veineuse, AINS oraux ou locaux) avec un très faible niveau de preuve, et une aggravation à 72h être en faveur d&rsquo;une indication du fondaparinux.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Revenons sur les anticorps monoclonaux en prévention du VRS. On avait vu le niveau de preuve très limité du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/01/dragi-webdo-n424.html">Nirsevimab</a> (Beyfortus) à cause de l&rsquo;absence d&rsquo;aveugle et d&rsquo;un critère de jugement principal subjectif, mais c&rsquo;est français (Sanofi). Voici donc l&rsquo;étude <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2502984">CLEVER</a> évaluant le Clesrovimab de MSD versus placebo, en double aveugle chez 3600 enfants de 3,7 mois environ, en bonne santé et nés à 80% après 35 SA. Le critère de jugement était la survenue d&rsquo;une infection respiratoire basse ou sévère à VRS à 5 mois. Sur le CJP, l&rsquo;efficacité de l&rsquo;injection était de 60% (NNT=26). Le risque d&rsquo;hospitalisation toute cause était également réduit (efficacité de 84%, NNT=50), les infections respiratoires toute cause aussi (efficacité de 52%, NNT 15), et les infections respiratoire basses sévères aussi (efficacité: 92%, NNT= 108). Les données à 6 mois étaient très proches. Il n&rsquo;y avait pas de différence d&rsquo;effets indésirables entre les groupes, pas de différence de décès non plus mais on note 1 réaction anaphylactique dans le groupe clesrovimab vs 0 dans le groupe placebo.  Bref, un essai bien conduit, avec des données plus solides que le nirsevimab (et des tailles d&rsquo;effet similaires), mais encore une fois le labo était très impliqué dans l&rsquo;analyse et le manuscrit.</p>
<p>4/ Endocrinologie</p>
<p>Voici une étude médico-économique d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-03609">Annals of internal medicine</a> concernant le tirzepatide et le semaglutide dans la gonarthrose chez les patients avec un WOMAC &gt; 70 et un IMC &gt; 40. Les comparateurs étaient les RHD et le by-pass. Les auteurs trouvent, par rapport au soins courants, les RHD (alimentation + exercice) sont coût-efficaces (25 400/QALY) et semaglutide aussi (57 400$/QALY). Cependant le semaglutide était moins coût efficace que les RHD ou le tirzepatide, ce dernier étant le plus coût-efficace des traitements non chirurgicaux (52 800$/QALY vs soins courant et 57400$/QALY versus RHD). Mais, le by-pass était encore plus cout-efficace, coûtant 2 fois moins cher (22 700$/QALY versus soins courants).</p>
<p>Retour sur le semaglutide oral dans la perte de poids. Après <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/07/dragi-webdo-n406.html">OASIS-1</a> qui avait évalué ce traitement à 50mg/j, voici <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2500969">OASIS-4</a> qui le teste à 25mg. Après 15 mois, la perte de poids était -13,6% vs -2,2% soit une perte d’environ 5 points d&rsquo;IMC. Les NNT pour des réductions de 5%,
10%, 15% et 20% étaient respectivement de 2 , 2, 3 et 4 patients, ce qui est similaire aux doses de 50mg/j. Probablement qu&rsquo;il ne sera pas nécessaire de dépasser 25mg/j dans la majorité des cas.</p>
<p>Voici maintenant l&rsquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2511774">orforglipron</a> , un analogue du GLP1 non peptidique par voir orale également. Des patients avec un IMC &gt; 30 ou &gt; 27 avec complications ont été inclus. Après 72 semaines, l&rsquo;orforglipron a permis des baisses entre -7% et -11% du poids selon la dose ( vs -2% sous placebo). Si on prend la plus forte dose, les NNT pour des réductions de 5%, 10%, 15% et 20% du poids étaient respectivement de 3, 3, 4 et 6 patients. Le traitement baissait aussi la PAS d&rsquo;environ 4,5mmHg. Les effets indésirables graves étaient identiques dans les 2 groupes et globalement, les EI sont ceux des aGLP1 (troubles digestifs chez 5% des patients, légère augmentation des pancréatites chez 0,3%).</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Ceci est une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2838720">réanalyse des études randomisées WHI</a> concernant les traitements hormonaux de la ménopause (estrogènes équins combinés dit CEE avec ou sans acétate de medroxyprogesterone dits MPA) versus placebo. Elle évalue le risque cardiovasculaire sous traitement. Tout d&rsquo;abord, nous pouvons voir que l&rsquo;efficacité des THM diminuent avec l&rsquo;âge des patients pour ne plus montrer de bénéfice significatif après 70 ans en cas d&rsquo;association CEE+MPA. Ensuite, le sur-risque cardiovasculaire entre 60 et 69 ans n&rsquo;était pas significatif, mais le devenait après 70 ans avec un NNH de l&rsquo;ordre de 30 patientes par an, ce qui est très élevé. La décision de traitement est donc à prendre en fonction du risque cardiovasculaire mais aussi du risque de cancer du sein comme vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/06/dragi-webdo-n230.html">ici</a>.</p>
<p>6/ Exercice médical</p>
<p>Voici un article étudiant la fréquence de <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2839063">prescription de placebo</a> par les médecins généraliste de 21 pays! La notion de placébo était a suivante &ldquo;un traitement est essentiellement placebo lorsque, selon votre estimation, tout effet positif du traitement sur les symptômes du patient n&rsquo;est pas dû aux composants pharmacologiques ou biologiques du traitement&rdquo;. Ainsi, on est les champions!!! En effet, les médecins français prescrivent des placebos dans 2% de leurs consultations avec un intervalle interquartile 1%-6% des consultations (on sent quand même la sous-déclaration vu que 92% en ont déjà prescrit, ou les médecins pensent vraiment que la vitamine D et l&rsquo;homéopathie ont un effet car c&rsquo;étaient les principaux placebos prescrits dans cette étude&hellip;). A l&rsquo;inverse, on félicite les médecins croates et roumains (faudrait-il avoir d&rsquo;avantage de médecin formés en Roumanie?). Les facteurs associés à la prescription de placebo étaient: être un médecin homme, être plus âgé, et travailler moins d&rsquo;heures par semaine. On en revient à la question: faut il prescrire des placebos? des placebos impurs? en disant aux patients qu&rsquo;ils sont placebo? On en parlait un peu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/08/dragi-webdo-n278.html">ici</a>. L&rsquo;étude n&rsquo;évalue pas les raisons de ces prescriptions, mais la littérature dit que c&rsquo;est pour réassurer le patient ou maintenir la relation médecin-patient. Il n&rsquo;y avait que 25 médecins français, le questionnaire est disponible en annexe de l&rsquo;article, les motivations de ces prescriptions ne sont pas données, donc voilà un sujet de thèse d&rsquo;interne très facile à réaliser !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhlJilPIO8dBeNDBNOB-iEtI2tAhF6iyADxh1WwOueu23AJeL9YS0gKT1-y9xI2ZLAuNsydAcTjVEOnOfXJziKQdUrh8WHfXK25TCHoM0oBGKI61wW1bz6y1k1ncM1p_uz2FmCGDEsxlNn6gE_VEvmAq9uUTdDS2PckO2ifPsy-0IlbriSEn6S8ies4RXTM/s1118/placebo.png"><img src="/images/articles/2025/placebo.png" alt=""></a></p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°495 : Infertilité, hypothyroïdie, H.Pylori/aspirine, dépistage CCR, grossesse/risque TDM, élinzanetant, gale</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/09/dragi-webdo-n495/</link><pubDate>Mon, 15 Sep 2025 00:01:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/09/dragi-webdo-n495/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>Dermatologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici sans attendre les actualités de la semaine, le billet n&rsquo;est pas trop long, promis! Bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>On avait dit qu&rsquo;il était utile d&rsquo;éradiquer Hélicobacter Pylori chez des patients sous aspirine au long cours ayant un test respiratoire à l&rsquo;urée positif (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/06/dragi-webdo-n403.html">ici</a>). Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2838493">essai randomisé en cross-over suédois</a> a inclus tous les patients consultant pour infarctus du myocarde dans 35 hôpitaux. Les patients avaient soit des soins courants soit un dépistage d&rsquo;Hélicobacter Pylori (et donc étaient inclus aussi les patients avec HP négatifs contrairement à l&rsquo;autre étude). Sur 18 000 patients inclus, 70% ont été testés et 23% d&rsquo;entre eux avaient un test positif. Au total, après 2 ans de suivi, le taux de saignements était de 1,7% patients par an dans le groupe dépistage et de  1,9% dans le groupe soins courants. Il n&rsquo;y avait donc pas de différence significative entre &ldquo;dépistage&rdquo; et &ldquo;pas de dépistage&rdquo; systématique. Mais comme on l&rsquo;a vu dans l&rsquo;autre étude, en cas d&rsquo;HP+ il faut mieux traiter que ne rien faire. Et si on regarde l&rsquo;analyse en sous groupe de cette nouvelle étude, on voit aussi qu&rsquo;il y a une hétérogénéité significative dans l&rsquo;analyse du critère de jugement principal par rapport au statut d&rsquo;anémie. Cela signifie qu&rsquo;on ne peut pas conclure sur le critère de jugement principal sur l&rsquo;ensemble des patients, mais qu&rsquo;il faut analyser séparément les patients avec anémie et ceux sans anémie. Et là, on voit qu&rsquo;il y avait une efficacité chez les patients avec anémie et aucune en l&rsquo;absence d&rsquo;anémie. Ainsi, il faudrait faire une recherche d&rsquo;HP chez tous les patients sous anti-agrégant ayant une Hb &lt; 12g/dL et traiter en conséquence si besoin.</p>
<p>2/ Oncologie</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2837228">essai randomisé</a> a comparé 4 stratégie d&rsquo;invitation par mail et de dépistage du cancer colorectal chez des patients de 45 à 49 ans: 1/ courrier d&rsquo;invitation à faire un test immunologique fécal (FIT) (possibilité d&rsquo;accepter et de recevoir le test par la poste ou de différer le dépistage), 2/ courrier d&rsquo;invitation à faire une coloscopie (idem avec courrier du médecin traitant envoyé), 3/ courrier d&rsquo;invitation à réaliser un FIT ou une coloscopie (idem)  4/ envoi systématique d&rsquo;un FIT par courrier. Les dépistages ont été significativement plus réalisés dans le 4ème groupe où le FIT est systématiquement (26% versus environ 15-17% dans les autres groupes). A noter que quand les patients avaient le choix entre FIT et coloscopie (groupe 3), la coloscopie était préférée (12% vs 6% du groupe). On regrette qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de données clinique sur les diagnostics d&rsquo;adénomes ou de cancer (peut être une prochaine publication de cette étude?). Il se pose quand même la question lors de cet envoi systématique des patients qui auraient une indication à une coloscopie et qui sont &ldquo;faussement rassurés&rdquo; par un test normal.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEja57gfC6ypIhFQAsj-hIJlxqHJwMTo6xR5cFCJ3BV7VluD2Ohe5Lgv4qssGIkTF5sYGXfKWgApS3UDK5antlW9Y4cFdnKxrAwF724r0KUZrJvX6RIEMwd7t0JTtYqPBLYAG99ORGoyDZJw2ag1wBinPF5N-FnFBonYT8Bp_dLdH_cMM_v35M637YDcHK2C/s1339/ccr.png"><img src="/images/articles/2025/ccr.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Dermatologie</p>
<p>On revient rapidement sur la gale avec le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2838870">JAMA</a>. Les auteurs rappellent que la gale se transmet par contact généralement de 15min de contact peau à peau avec une personne infectée. Le prurit peut arriver dans les 4-6 semaines et les lésions prédominent aux espaces interdigitaux, poignets et zones pelviennes. Le diagnostic de certitude est posé cliniquement avec un dermatoscope. Les 2 traitements principaux sont la permethrine 5% appliquée pendant 8-14h et renouvelée après 1-2 semaines et l&rsquo;ivermectine répétée également après 1-2 semaines (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/04/dragi-webdo-n225.html">ici</a>)</p>
<p>4/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2838457">JAMA</a> revient sur l&rsquo;hypothyroïdie, qui touche entre 0,5 et 2% des patients. La cause est majoritairement auto-immune (Hashimoto), mais peut être congénitale, iatrogène (chirurgie, amiodarone, lithium), carentielle (iode)&hellip; La prévalence est importante chez les patients avec trisomie 21, syndrome de Turner ou autre maladie auto-immune (diabète, polyarthrite rhumatoïde, vitiligo, insuffisance surrénalienne). Les sociétés savantes recommandent un dépistage par TSH dans ces populations, si antécédent familial d&rsquo;hypothyroïdie, si irradiation cervicale et pendant la grossesse si un de ces facteurs de risque est présent. La prise en charge initiale est décrite dans la figure ci-dessous. Le contrôle se fait toutes les 6-8 semaines jusqu&rsquo;à équilibre, puis annuellement. Les auteurs proposent de recontrôler en cas de variation de poids de plus de 4,5kg, et de déprescrire si la lévothyroxine a été introduite pour hypothyroïdie fruste. En cas de grossesse, il est recommandé d&rsquo;augmenter de 30% le dosage (+1 dose habituelle, 2 fois par semaine).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjv8NOmxPlDt7UkUAnjgUew8TqqX-K0E2f-F12jASRO6FAjbE48Q1T_bi0NY0YRzhM0H811evFlrdE6EOnKp5L29VgFQYx1EbpDLXctXPAuSuLq9mEKdgWTc4bmlDq0IYmPFzLN4Q8YY3jM2k5G9NshTih9BK7odQSoUEfqZkM_wec__XY3j24quRComcm3/s1305/thyro.png"><img src="/images/articles/2025/thyro.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Après le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/11/dragi-webdo-n463.html">fézolinétant</a>, un essai randomisé s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2838538">élinzanetant</a> dans le traitement des symptômes vasomoteurs de la ménopause. La fréquence des symptômes a été réduite de 5 par jour dans le groupe élinzanetant versus 3 dans le groupe placebo (p&lt; 0,05). L&rsquo;efficacité atteinte en 12 semaines environ se prolongait sur l&rsquo;année de traitement. Les patientes traitées avaient davantage de céphalées, de fatigue et de somnolence. Il n&rsquo;y a pas eu de sur-risque hépatique, d&rsquo;anomalies mammaire ou endométriales, mais seuls 350 patientes ont été incluses. Peut être une option de plus dans les années à venir, mais la sécurité reste encore a être étudiée.</p>
<p>Dans une <a href="https://www.acpjournals/doi/10.7326/ANNALS-24-03479">étude</a> de cohorte rétrospective incluant plus de 5 millions de femmes (âge moyen 29 ans), des auteurs ont étudié le risque de fausses couches et de malformations congénitales chez celles ayant eu un scanner dans les 4 semaines précédant la conception. Le risque de fausses couches augmentait progressivement de 10% à 14% pour les femmes ayant eu &ldquo;0&rdquo; à &ldquo;3 scanner ou plus&rdquo; et le risque de malformation de 6,4% à 10,5%. Cette étude appel une vigilance lors de la prescription d&rsquo;imagerie, mais elle ne permet pas dire si c&rsquo;est le nombre de scanner qui augmente les risques ou la maladie sous-jacente explorée par un ou plusieurs scanners qui les augmentent</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/390/bmj-2024-079609">BMJ</a> aborde le bilan d&rsquo;infertilité en soins primaire. L&rsquo;infertilité atteindrait 15% de la population est définie par l&rsquo;absence de grossesse après 12 mois de rapports réguliers non protégés. Les auteurs conseillent de prendre en compte la culture et les attentes des patients et de proposer un support psychologique. Les principales causes sont une dysfonction ovarienne dans 22% des cas (cycles irréguliers de moins de 24 jours ou plus de 35 jours, flush, hirsutisme, SOPK), une dysfonction tubaire ou cervico-utérine dans 24% des cas (IST, tuberculose, endométriose, fibromes, polypes, tumeurs&hellip;), une cause masculine dans 24% des cas (hyperprolactinémie, hypothyroïdie, anomalie hypothalamo-hypophysaire, diabète, cryptorchidie, prise de stéroïdes anabolisants ou drogues, traumatisme médullaire&hellip;) et idiopathique dans 30% des cas. Le bilan est a réaliser après 1 an de rapports avant 35 ans  et 6 mois après 35 ans. Il comprend un bilan IST, NFS, TSH, et éventuellement une électrophorèse de l&rsquo;hémoglobine si VGM bas ou risque d&rsquo;hémoglobinopathie. S&rsquo;y ajoutent:</p>
<ul>
<li>
<p>en cas de cycles réguliers : hystérosalpingographie, échographie pelvienne, spermogramme (si spermogramme anormal: à répéter à 1-3 mois + recherche masse testiculaire/varicocèle et FSH pour cause hypothalamique ou testiculaire</p>
</li>
<li>
<p>en cas de cycles irréguliers: 1/ confirmer l&rsquo;ovulation avec LH urinaire ou progestérone sérique en phase lutéale ou avec échographie pelvienne étudiant le développement folliculaire, 2/ évaluer la réserve folliculaire en dosant à J3 FSH ou AMH (si normal: SOPK, si anormal: insuffisance ovarienne précoce), 3/ rechercher les autres causes avec GAJ, TSH, prolactine, androgènes (testostérones, 17OH progestérone). Les autres trucs dosables ne sont pas recommandés systématiquement en 1ère intention.</p>
</li>
</ul>
<p>C&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°494 : Recos ESC (dyslipidémie, péricartite, santé mentale), recos HAS (syphilis, gonocoque, chlamydia, mycoplasma), dépistages cardiovasculaires, anticoagulation, vaccin VRS, DRP/sinusite</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/09/dragi-webdo-n494/</link><pubDate>Tue, 09 Sep 2025 21:04:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/09/dragi-webdo-n494/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici un billet assez lourd à cause du congrès européen de cardiologie. Au programme: beaucoup de cardiologie, mais aussi beaucoup d&rsquo;infectiologie, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Chez les patients avec coronaropathie stable stentée (pas SCA) et anticoagulation au long cours (90% de FA), cet <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2507532">essai</a> randomisé français confirme encore une fois un sur-risque de l&rsquo;association aspirine + anticoagulation par rapport à l&rsquo;anticoagulation seul après 6 mois de l&rsquo;association. L&rsquo;étude a été arrêtée prématurément après environ 2 ans. Le critère composite cardiovasculaire est survenu chez 16.9% des patients sous aspirine + anticoagulant et 12.1% de ceux sous anticoagulant seul (NNH=21 patients), la mortalité toute cause était également augmentée (NNH=20 patients), tout comme les saignements cliniquement pertinents (NNH=15).</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>On en attendait pas grand-chose, mais on est quand même déçu! Voici les recommandations ESC 2025 sur la prise en charge des <a href="https://www.escardio.org/Guidelines/Clinical-Practice-Guidelines/Focused-Update-on-Dyslipidaemias">dyslipidémies</a> qui en sont toujours pas basées sur une méthode Grade avec revue systématique! Le score 2 et score 2 OP sont toujours recommandés pour évaluer le risque cardiovasculaire des patients. Malgré sa mention dans le texte, le score 2 diabètes n&rsquo;est pas repris sur les figures récapitulatives, qui mentionnent uniquement un risque évalué par la durée du diabète et les complications microangiopathiques. Aux évaluations via le SCORE, s&rsquo;ajoutent des facteurs qui peuvent &ldquo;aggraver&rdquo; le risque (ATCD familiaux &lt; 55 ans chez le père et &lt;60 ans chez la mère, stress, obésité, sédentarité, précarité, maladies auto-immunes, troubles psychiatriques, ménopause précoce, pré-éclampsie/HTA gravidique, SAOS, VIH, CRP-hs &gt;2 ou Lp-A &gt; 50mg/dL).</p>
<p>Sur le plan thérapeutique, on reste sur une approche avec des cibles. Avec un grade I, un traitement est recommandé si LDL &gt; 1,0g/L chez un patient à haut risque, ou &gt; 0,7g/L à très haut risque (ce qui impliquerai de ne pas traiter quelqu&rsquo;un à haut risque qui serait à l&rsquo;objectif spontanément contrairement aux études montrant le bénéfice quel que soit le LDL inital). Avec un grade IIa, il est recommandé de traiter également les patients non à l&rsquo;objectif malgré des RHD, y compris un patient à risque faible avec un LDL au dessus de 1,16g/L! L&rsquo;ezetimibe est une option à ajouter quand l&rsquo;objectif n&rsquo;est pas atteint, et l&rsquo;acide bempédoïque recommandé si l&rsquo;objectif n&rsquo;est atteint est une statine non tolérée. Une statine est recommandée chez tout patient avec VIH de plus de 40 ans. Les compléments alimentaires ne sont pas recommandés pour baisser le LDL.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjt6zl_1GQMhNgmh0xpW9wo6n9WRfMZjN1_vEiW7fSFd3xJ-4fuzZm-SpMbwVFEl7f5L8i-po-r88F7GM4NYCtkSITMvjopdwfzT1l5E3mF7YutbKzVrcqVIxn8Oi7phmqF6f4dZFqLydCnKYfwXbPFC8z9Ae_h3sv7c9WLwIyjw2nG0xkWxehcLwccKDt0/s1182/dyslipidemie%20ESC.png"><img src="/images/articles/2025/dyslipidemie-20esc.png" alt=""></a></p>
<p>Voici ensuite les recommandations ESC sur les <a href="https://www.escardio.org/Guidelines/Clinical-Practice-Guidelines/Myocarditis-and-Pericarditis?utm_source=social&amp;utm_medium=BlueSky&amp;utm_campaign=ESCCongress">myocardites et péricardites</a>. On regrette que les algorithmes soient posés à partir de services d&rsquo;urgences et pas trop du coté médecine générale. On parlera essentiellement des péricardites. Le diagnostic repose sur des symptômes cliniques (douleur thoracique majorée à la toux et à l&rsquo;inspiration profonde) associés à au moins 1 facteurs associés (frottement péricardique, ECG avec sous décalage du PR ou sus-ST, CRP élevée, épanchement à l&rsquo;ETT). Des signes d&rsquo;insuffisance cardiaque droite, de tamponnade, une fièvre ou un échec du traitement initial sont des marqueurs de risque de complication élevé et ont une indication d&rsquo;hospitalisation. Le bilan initial comporte NFS, CRP, NT-pro-BNP, troponine (plutôt myocardite si élevé), ECG, RXT et ETT.</p>
<p>Sur le plan thérapeutique, l&rsquo;arrêt des activités physiques est la 1ère mesure à réaliser. Il est recommandé de traiter par ibuprofène 600-800 x 3/jour (donc doses antiinflammatoires et non antalgiques) pendant 1 à 2 semaines avant diminution progressive de 200mg toutes les 1-2 semaines. L&rsquo;aspirine 1000x3/j, l&rsquo;indométacine 25-50x3/j sont des options également. Les corticoïdes 0,2-0,5mg/kg/j sont indiqués si récidive ou persistance malgré le traitement initial. Il est recommandé d&rsquo;associer aux anti-inflammatoires de la colchicine à 0,5mg x2/j (ou x1/j si &lt; 70kg ou insuffisance rénale) pendant 3-6 mois pour réduire le risque de récidive. Les bêta-bloquants sont proposés si symptômes non soulagés et FC &gt; 75/min</p>
<p>Dernière reco ESC, celle concernant le <a href="https://www.escardio.org/Guidelines/Clinical-Practice-Guidelines/Mental-Health-and-CVD?utm_source=social&amp;utm_medium=BlueSky&amp;utm_campaign=ESCCongress#">risque cardiovasculaire et la santé mentale</a>. Beaucoup de choses connues en MG, mais c&rsquo;est une reco qui devait manquer au catalogue ESC. Les auteurs reviennent sur l&rsquo;intrication entre les deux: les maladies cardiovasculaires ont un retentissement psychologiques et les troubles psychologiques favorisent les maladies cardiovasculaires. Tous les troubles psy peuvent être impliqués: dépression, anxiété, antécédents de violences, solitude&hellip; Les tests les plus sensibles et spécifiques pour le dépistage des troubles dépressif sont le PHQ-2 (97% et 48%) et les 2 questions de Whooley (95% et 65%). En cas de traitement, il faut être vigilant: à la prise de poids majorant le risque cardiovasculaire, à l’allongement du QT (tachycardies ventriculaires avec citalopram/escitalopram &gt;20mg et tricycliques), au risque de saignement lié à l’interaction IRS/antiagrégants et au risque d&rsquo;insuffisance cardiaque avec IRSNA. La sertraline semble celle qui a le meilleur profil chez les patients avec maladie cardiovasculaire. Un QTc &gt; 470ms doit faire prendre un avis avant l&rsquo;introduction d&rsquo;un traitement allongeant le QT, et un QTc &gt; 500ms doit conduire à l&rsquo;arrêter. Mais l&rsquo;ECG à J0, puis 1 semaine, 6 semaines, et 3 mois, ça va être compliqué à mettre en place. Bien sûr, il faut encourager et accompagner l&rsquo;arrêt du tabac (et là on est déçus qu&rsquo;il n&rsquo;abordent pas la balance bénéfice risque de la varénicline qui aurait été bien utile en pratique).</p>
<p> On avait vu en <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/08/dragi-webdo-n364.html">2022</a> l&rsquo;inutilité des dépistages systématiques par ECG/IPS/score calcique. Voici <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehaf704/8243695">DANCAVAS II</a>, c&rsquo;est pareil, un essai randomisé avec un dépistage par scanner évaluant le score calcique, les anévrismes aortiques et iliaques, un ECG, des IPS et une EAL+Glycémie à jeun. Après 7 ans de suivi, 5000 patients ont été invités au dépistage et 25 000 contrôles inclus. Il y a eu 33% des dépistés (vs 15%) qui ont eu de l&rsquo;aspirine introduite, 44% (versus 30%) un traitement hypolipémiant et pas de différence sur les anticoagulants, ni les antihypertenseurs ni antidiabétiques. Au final, augmentation des saignements sévères chez les dépistés (NNH=113) et pas de différence sur la mortalité globale, ni sur les évènements cardiovasculaires.  Si on se concentre sur ce qui fait débat actuellement, utiliser le score calcique et traiter ne permet toujours pas de réduire les évènements cardiovasculaire! (Et oui, ça &ldquo;marche&rdquo; en per protocole, mais on ne conclue pas sur un per protocole pour ce type d&rsquo;étude. Le per protocole est particulièrement intéressant pour évaluer les effets secondaires de traitements, pas pour évaluer l&rsquo;efficacité d&rsquo;une intervention)</p>
<p> </p>
<p>Un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2509426">essai</a> randomisé a comparé un traitement anticoagulant par apixaban de 3 mois versus 15 mois (prolongé de 12 mois) dans le traitement des thromboses veineuses profondes avec facteur déclencheur majeur mais chez 600 patients ayant un facteur de risque de persistance (maladie auto-immune, maladie pulmonaire chronique, maladie cardio-vasculaire, obésité&hellip;). Dans le groupe traité, il y a eu une récidive chez 1,3% des patients versus 10% du groupe placebo (NNT=12). Il y a eu 1 saignement sévère sous apixaban (vs 0) et 4,8% (vs 1,7%) saignements significatifs non majeurs (NNH=32). A confirmer, mais il y a donc probablement un intérêt à prolonger le traitement chez ces patients.</p>
<p> On avait déjà suspecté en <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/05/dragi-webdo-n183.html">étude observationnelle</a> le faible bénéfice à prolonger anticoagulation dans la FA résolue. Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2838294">essai randomisé</a> a étudié la poursuite ou non de l&rsquo;anticoagulation chez des patients ayant eu une ablation de FA. Il y a eu environ 800 patients avec un chadsvasc médian à 2, et un has-bled médian à 2 également suivis pendant 2 ans. Le critère composite (AVC, embolies, saignements majeurs) est survenu  chez 0,3% des patients non anticoagulés versus 2,2% des patients anticoagulés (NNH du maintien de l&rsquo;anticoagulation : 53 patients en 2 ans), porté par les saignements majeurs. Nous verrons si les recommandations évoluent!</p>
<p>Les bêta-bloquants en post-infarctus sont-ils utiles? Il y a eu un grand nombre d&rsquo;article sur le sujet sur le blog. Voici donc 2 essais randomisés qui ne vont toujours pas nous aider ! Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2505985">1er article</a> montre une efficacité des BB- en post infarctus chez des patients avec une FEVG &gt; 40% (NNT= 46) sur le critère composite cardiovasculaire (porté uniquement par les infarctus du myocarde) après un suivi médian de 3,5 ans. Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2504735">2ème article</a> incluant également des patients en post-infarctus avec une FEVG &gt; 40% ne montre pas de bénéfice après un suivi médian de 3,7 ans, ni sur le critère composite cardiovasculaire, ni sur les récidives d&rsquo;infarctus. Bref, il faudrait une belle méta-analyse!</p>
<p>Alors qu&rsquo;on a déjà les 5 médicaments &ldquo;magiques&rdquo; réduisant la mortalité cardiovasculaire voire totale dans l&rsquo;IC à FE &lt; 40% (bb-, iec/araII, spironolactone, inhibiteur de néprilysine et iSGLT2), voici un essai randomisé étudiant versus placebo, la <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2415471">digoxine</a> (0,07mg initialement, et titré jsuqu&rsquo;à 0,1mg pour une digoxinémie entre 10.5 et 23.6nmol/L). Le critère composite composé de la mortalité globale et des hospitalisations pour insuffisance cardiaque était réduit avec un NNT 22 patients (soit 35 patients par an), mais aucun des 2 composants du critère n&rsquo;étaient significatifs isolément. Les effets indésirables graves se sont produits chez 4,7% des patients sous digoxine versus 2,8% (NNH=52). Au total, bien que cela soit &ldquo;efficace&rdquo; sur le CJP composite, la balance bénéfice risque ne semble pas franchement positive.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Voici un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2509810">nouvel essai randomisé</a> étudiant un vaccin contre le VRS chez 130 000 patients de plus de 60 ans. Les auteurs trouvent une efficacité du vaccin sur les hospitalisations pour VRS de 83% (NNT=1800 patients). Dans les analyses secondaires, le vaccin réduisait les hospitalisations pour toute cause pulmonaire, mais n&rsquo;était efficace que chez les 60-75 ans (pas après). Il y a eu 2,1% et 2,4% d&rsquo;effets indésirables graves respectivement dans le groupe vaccin et le groupe placebo. C&rsquo;est donc intéressant, mais vu le nombre de patients à vacciner, il est nécessaire d&rsquo;avoir des études médico-économiques selon le prix du vaccin.</p>
<p>Voici maintenant un <a href="https://bjgpopen.org/content/early/2025/08/22/BJGPO.2024.0307">essai randomisé</a> évaluant l&rsquo;irrigation nasale saline dans la sinusite aigue! Les 2 groupes étaient &ldquo;solution saline + antibiothérapie différée&rdquo; versus &ldquo;soins courants&rdquo;. Le groupe solution saline a eu des symptômes pendant 8 jours, a pris les antibiotiques pour 57% d&rsquo;entre eux et 37% a reconsulté. Dans le groupe soins courants, les symptômes ont duré 5 jours, 40% ont pris des antibiotiques et 40% a reconsulté. Une étude qualitative a ensuite été réalisée chez les participants ayant fait les DRP, certains trouvant que c&rsquo;était horrible, et d&rsquo;autres bizarre mais pas si mal.</p>
<p>On reste dans le nez avec un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2838335">essai randomisé testant l&rsquo;azélastine</a> en spray nasal en prévention du COVID! Et en effet, les patients prenant l&rsquo;azélastine avaient moins de COVID confirmé par PCR et des COVID symptomatiques (NNT=23 patients pour ces 2 critères!)</p>
<p>Voici maintenant une petite série de recos HAS sur les IST. On commence par la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3604647/fr/recommandations-de-prise-en-charge-des-personnes-ayant-une-syphilis">syphilis</a>! Le traitement de la syphillis précoce, soit toute syphilis primaire, secondaire ou latente de moins d&rsquo;un an, repose sur la benzathine pénicilline G 2,4 MUI en IM, ou en cas de rupture doxycycline 200 mg/jour (en 1 ou 2 prises) pendant 14 jours. Pour les syphilis tardives, le BPG est à la dose de 2,4MUI en IM, en 3 injections espacées d&rsquo;une semaine chacune, ou la doxycycline 200mg/j pendant 28 jours. Chez la femme enceinte, le traitement est le même mais en grade C car non étudié et il est possible de prévenir une éventuelle réaction de Jarisch-Herxheimer avec 40-60mg de prednisone pendant 3 jours et de n&rsquo;administrer la BPG qu&rsquo;après 24h de corticoïdes&hellip;  Il est recommandé de remplacer le solvant de la BPG par de la lidocaine 1% non adrénaliné et une surveillance de 30min après injections est recommandée. Les partenaires &lt; 3 mois peuvent être traités immédiatement ou surveillés par sérologie J0, S6, M3, M6 et une surveillance pour ceux de plus de 3 mois est indiquée avant traitement : J0, M3, M6. Les rapports doivent être protégés pendant 7 jours ou jusqu&rsquo;à cicatrisation du chancre. Le VDRL (test non tréponémique) après traitement est indiqué à M3 (vérifier absence réinfection), puis M6 (objectif: division du titre par 4) et M12 (penser à neuro syphilis si toujours &gt; 8)</p>
<p>On continue avec le <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3604670/fr/recommandations-de-prise-en-charge-des-personnes-infectees-par-neisseria-gonorrhoeae">gonocoque</a> ! Un traitement est indiqué si TAAN positif, culture positive ou rapport avec un partenaire infecté surtout si symptomatique. Tout TAAN positif doit donner lieu à une culture. Le traitement recommandé en cas d&rsquo;atteinte urétrale ou oropharyngée est une monothérapie par ceftriaxone 1g IM. L&rsquo;azithromycine 2g en dose unique n&rsquo;est proposée en association qu&rsquo;en cas de contamination en Asie-Pacifique. En cas d&rsquo;allergie aux C3G, c&rsquo;est la gentamicine 240 mg dose unique IM , voire ciprofloxacine 500mg dose unique (si antibiogramme compatible), et l&rsquo;azithromycine 2g dose unique n&rsquo;arrive qu&rsquo;en 3ème alternative vu les résistances. Pour les infections génitales hautes chez la femme, on reste sur les recos des gynécologues: ceftriaxone 500 IM dose unique,
doxycycline 100x2 10jours et metronidazole  500x2 10 jours. Un contrôle par TAAN à 14j minimum de la fin du traitement est recommandé si persistance ou traitement différent de la ceftriaxone. Les rapports doivent être protégés pendant 7 jours. Les partenaires &lt; 14 jours symptomatiques sont à traiter (grade A) et asymptomatiques aussi (accord d&rsquo;expert, AE). Pour ceux datant de plus de 14 jours, possibilité de traiter si risque de perdu de vue ou attente du dépistage.</p>
<p>Concernant les infections à <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3604614/fr/traitement-curatif-des-personnes-infectees-par-chlamydia-trachomatis">Chlamydia trachomatis</a>, elles peuvent être des urétrites, cervicites, infections génitales hautes, lymphogranulomatose vénérienne génitale (ulcération génitale discrète avec adénopathie inflammatoire inguinale évoluant vers la fistulisation) ou rectale (douleurs, écoulement, ténesme, rectorragie), conjonctivite néonatale (&lt;15j de vie) et pharyngites. Le diagnostic repose sur un TAAN effectué sur un prélèvement local. Un dépistage est recommandé tous les 3 mois, multisite chez les HSH avec rapports multiples, et entre 15 et 25 ans en cas de grossesse ou de nouveau partenaire. Le traitement de 1ère intention dans les formes urogénitales non compliquée (urétrite/cervicite) ou ano-rectale ou oro-pharyngées est la doxycycline 100mg x2 pendant 7 jours (azithromycine 1g dose unique si allergie ou 2ème et 3ème trimestre de grossesse, et ofloxacine 200x2/j ou ciprofloxacine 500x1/j pendant 7 jours en dernier recours). Les auteurs rappellent que la doxycycline se prend sans s&rsquo;allonger pendant 1 heure, avec un grand verre d&rsquo;eau et nécessite une photoprotection (AE). Si orchiépididymite ou infection génitale haute, la doxycycline est prescrite pour 10 jours (14j si hospitalisation), et l&rsquo;azithromycine 1g se fait à J1 et J7. Pour la LVG le traitement de doxycycline est de 21 jours. Un TAAN de contrôle est recommandé à 4 semaines si grossesse, persistance de symptômes ou en cas d&rsquo;utilisation des traitements de 2ème lignes pour les infections rectales et LVG. Les partenaires dans les 6 mois doivent être dépistés (traitement d&rsquo;emblée possible si &lt; 14 jours).</p>
<p>Finissons sur le <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3604652/fr/traitement-curatif-des-personnes-infectees-par-mycoplasma-genitalium">mycoplasma genitalium</a>.  Il ne doit être recherché et traité qu&rsquo;en cas d&rsquo;infections génitales ou rectales symptomatiques aiguës ou persistantes.  Il est nécessaire de traiter les partenaires infectés même asymptomatiques (seule exception). Un contrôle du traitement n&rsquo;est pas nécessaire sauf si persistance des symptômes 3 semaines après la fin du traitement. En cas d&rsquo;autres co-infections, leur traitement est prioritaire. Le dépistage est fait par un TAAN qui soit être obligatoirement complété d&rsquo;un test de résistance aux macrolides. Le traitement repose sur la doxycycline 100mg x 2 par jour pendant 7 jours prescrite dans le cadre d&rsquo;un traitement &ldquo;syndromique&rdquo;(symptômes intenses et invalidant), puis si azithromycine 1g à J1 puis 500mg à J2 et J3 en l&rsquo;absence de résistance. Si résistance : moxifloxacine 400mg/j pendant 7 jours. D&rsquo;autres schémas plus complexes existent en cas de double résistance.</p>
<p>Voilà pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°493 : HAS (fibromyalgie, transidentité, diabète type 2, vaccins/VIH), vaccin HPV, carence martiale, BPCO/cancer poumon, GEA/ondansétron</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/08/dragi-webdo-n493/</link><pubDate>Sun, 31 Aug 2025 23:17:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/08/dragi-webdo-n493/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Médecine générale</category><category>Infectiologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Nous espérons que vous avez passé de bonnes vacances. C&rsquo;est reparti pour une nouvelle saison de Dragi Webdo ! Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/pds.70204">étude</a> de cohorte rétrospective incluant environ 4000 patients BPCO a trouvé que ceux ayant un LABA avaient un risque de cancer du poumon supérieur à ceux sans LABA. Ce risque est estimé à 1 pour 1000 patient par an. Les corticoïdes inhalés étaient associés à un risque de cancer plus faible. Notons que cette étude est quand même soumise à de nombreux biais, en particulier l&rsquo;impossibilité de prendre en compte le tabagisme comme facteur de confusion, il s&rsquo;agit donc juste d&rsquo;un signal pour le moment.</p>
<p>2/ Exercice médical</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2837758">Jama internal medicine</a> aborde l&rsquo;impact des seuils en médecine et notamment celui de l&rsquo;anémie par carence martiale. L&rsquo;OMS a fixé le seuil de ferritine pour ce diagnostic à 15µg/L et la société américaine de gastro-entérologie fixe ce seuil à 45µg/L. En partant de la cohorte NHANES tirée de la population américaine et en extrapolant à la population américaine, les auteurs trouvent que la prévalence de l&rsquo;anémie par carence martiale passe de   5,9 millions de personnes à  9,2 millions de personnes (sur une population globale de  214 millions d&rsquo;américains.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgQjJsMqrRj2D6Q8t5J2WPks_9WH0bRm49fHFzamRYv7Y_EL3fgYroMnyMa7hFv060aMT70oV1gcsyv_M2t7T4uUXRCOEu4bawydbQhjfIoegeMqeHK7dcKTMgtsXg3NIaCR4jmPPHoNb6pWbh8ciggks2xd7YyJlbV8ih6CwIrsWkUrGMn4GHTZvuGQ9SM/s902/ferritine.png"><img src="/images/articles/2025/ferritine.png" alt=""></a></p>
<p> 3/ Douleur</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3634512/fr/fibromyalgie-de-l-adulte-conduite-diagnostique-et-strategie-therapeutique#at_medium=Email%20marketing&amp;at_campaign=fibromyalgie">HAS</a> a publié des recommandations concernant la fibromyalgie. Sa prévalence est estimée à 1,5-2% de la population et son diagnostic est clinique. Elle peut être évoquée devant des douleurs de plus de 3 mois, diffuses, fluctuantes en intensité et en localisation, parfois associées à de la fatigue, des troubles du sommeil, du transit, cognitifs et/ou psychologiques. L&rsquo;examen clinique est normal, et il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre maladie ou de traitements pouvant être responsable des symptômes (indication à faire une biologie &ldquo;minimale&rdquo;:  CPK, CRP, NFS, TSH, ASAT, ALAT). L&rsquo;auto-questionnaire <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-07/aide_au_depistage_de_la_fibromyalgie._auto-questionnaire_fibromyalgia_rapid_screening_tool_first.pdf">FIRST</a> (Fibromyalgia Rapid Screening Tool) peut être une aide au dépistage en médecine générale, puis le diagnostic et la sévérité sont évalué selon les <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-07/criteres_de_diagnostic_de_lamerican_college_of_rheumatology_acr_revises_2016.pdf">critères ACR 2016</a>. Les auteurs recommandent de légitimer les plaintes, expliquer les mécanismes en s&rsquo;aidant de la <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-07/fibromyalgie._informations_a_echanger_avec_le_patient.pdf">fiche patient</a>. La prise en charge passe par un plan personnalisé co-construit axé sur les besoins du patient, basé sur 1/ l&rsquo;activité physique (RHD, APA), 2/ l&rsquo;auto-gestion (psychologue, ETP), 3/ le maintien de l&rsquo;emploi (médecin du travail, RQTH) et 4/ prise en charge des symptômes. Les traitements médicamenteux initiaux sont les antidépresseurs et antiépileptiques à faible dose pour traiter les douleurs chroniques et les AINS ou paracétamol pour les pics douloureux. Le tramadol ou autres opioïdes doivent être évités. Les TENS et la stimulation transcrânienne sont des traitements discutés ensuite de façon pluri-disciplinaire.</p>
<p>4/ Vaccination</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3635651/fr/vaccination-des-personnes-vivant-avec-le-vih">HAS</a> a publié des recommandations concernant la vaccination des patients vivant avec le VIH. Les vaccins vivants atténués (BCG) sont toujours contre-indiqués et les vaccins viraux atténués sont contre indiqués si les CD4 sont &lt; 200/µL et souvent quand même à différer si charge virale &gt; 50 copies/ml. Le réponse immunitaire altérée peut nécessiter des rappels plus fréquents. Les vaccins Covid, grippe, zona et VRS sont toujours indiqués quels que soient les CD4 et la CV. Les vaccins VHB, méningocoque B et ACYW, pneumocoque, varicelle si non immunisé (penser à rechercher!) et éventuellement Mpox sont spécifiquement recommandés chez les patients vivant avec le VIH. Le vaccin VHA peut être indiqué si HSH ou co-infections VHB/VHC, et les autres vaccins sont recommandés comme en population générale.</p>
<p>Un <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40604454/">article</a> abordant la création d&rsquo;un outil d&rsquo;aide à la décision pour la vaccination anti-HPV a été publié. Il décrit la construction de l&rsquo;outil : <a href="http://soshpv.fr">soshpv.fr</a> (<a href="https://soshpv.fr/#1611229010791-63b510d9-543c">ici</a> les infographies sur l&rsquo;efficacité, et <a href="https://soshpv.fr/#1611229022192-cda19619-0396">là</a> sur les effets indésirables). Les données sont bien séparées entre les essais randomisés donnant les résultats sur les CIN2+ et les études de cohortes étudiant l&rsquo;incidence des cancers.</p>
<p>5/ Pédiatrie</p>
<p>On avait parlé de l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/05/dragi-webdo-n314-covid-19-sante.html">ondansétron</a> &ldquo;one shot&rdquo; dans la gastro-entérite de l&rsquo;enfant. Voici un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2503596">article</a> du NEJM dans lequel 1000 enfants de 6 mois à 18 ans (moyenne 4 ans) vus aux urgences pour gastro-entérite sont repartis avec 6 doses d&rsquo;ondansétron (ou placebo) à utiliser dans les 48 heures en cas de vomissements persistants. Le nombre de symptômes modérés à sévères  était de 5,1% dans le groupe traité versus 12,5% dans le groupe placebo (NNT= 14 patients). Cependant, il n&rsquo;y avait pas de différence sur les vomissements persistants après inclusion, ou les re-consultations ou l&rsquo;utilisation de réhydratation IV dans les 7 jours. Enfin, il n&rsquo;y avait pas de différences de survenue d&rsquo;effets indésirables modérés ou grave entre les 2 groupes.</p>
<p>6/ Endocrinologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3636735/fr/transidentite-prise-en-charge-de-l-adulte">HAS</a> a également publié des recommandations sur la prise en charge de la transidentité. Ce sont globalement des recos de grade C ou avis d&rsquo;expert. La fiche pour généraliste est suffisante pour une utilisation pratique. L&rsquo;accueil des patient.e.s doit se faire sans jugement dans un environnement bienveillant et en reconnaissant pleinement le genre exprimé. L&rsquo;entretien aborde l&rsquo;histoire personnelle, les violences et autres facteurs de vulnérabilité. Il n&rsquo;y a pas de parcours &ldquo;type&rdquo;, et cela dépend des besoin du/de la patient.e. et il peut faire intervenir généralistes, gynécologues, urologues, endocrinologues, dermatologues, médecins de PMA, prothésistes, orthophonistes, kinés&hellip;</p>
<p>Pour une prescription d&rsquo;hormones féminisantes, le bilan initial comporte testostérone totale et oestradiol, puis EAL, glycémie et bilan IST selon les recommandations générales. Le 17-bêta-estradiol est généralement le traitement de 1ere ligne (transdermique, oral, injectable), parfois la spironolactone et les agonistes de la GnRH (triptoréline, leuproréline) peuvent être ajoutés. Dans le suivi, l&rsquo;oestradiol, de la testostérone sont dosés, ainsi que la fonction rénale et le ionogramme si spironolactone, et la prolactine si apparition de céphalées, galactorrhée ou troubles visuels.</p>
<p>Pour la prescription d&rsquo;hormones masculinisantes, le bilan comporte une évaluation du risque cardiovasculaire, une NFS, un bilan hépatique, et éventuellement une EAL, une glycémie à jeun et un bilan IST. La testostérone peut être injectable (SC/IM) toutes les semaines, 2 semaines ou toutes les 10 semaines selon le produite ou en transdermique quotidien. La surveillance comporte testostéronémie, NFS 3 mois après chaque changement de dose (puis annuel si Ht &lt; 54%), LH si gonadectomie,</p>
<p>Enfin, la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3634754/fr/parcours-de-soins-du-patient-adulte-vivant-avec-un-diabete-de-type-2">HAS</a>a publié un nouveau guide du parcours de soins du patient atteint de diabète de type 2.  Rien de très neuf, mais on notera, la glycémie annuelle si pré-diabète (pas plus souvent).</p>
<ul>
<li>
<p>Le bilan initial comportent l&rsquo;évaluation du risque cardiovasculaire par le score-2 diabète, et du risque de fibrose hépatique par FIB-4 : NFS-plaquettes, HbA1C, créatininémie, EAL, ASAT, ALAT, GGT, PAL, TP, albuminurie/créatininurie (RAC). Il y a aussi l&rsquo;évaluation podologique, une évaluation psychologique (PHQ-9), le bilan bucco-dentaire, les IPS et l&rsquo;ECG de repos et l&rsquo;examen du fond d&rsquo;oeil.</p>
</li>
<li>
<p>Dans le suivi, on note : le suivi podologique (au moins annuel avec podologue si grade différent de 0 mais non pris en charge par la CPAM si grade 0, 1 ou 2), le suivi bucco-dentaire, le RAC annuel, l&rsquo;ophtalmologue annuel ou tous le 2 ans si diabète contrôlé, le fib-4 annuel (tous les 2-3 ans d&rsquo;après les recos ADA/EASD), le score 2 diabète et EAL annuel (tous les 3 ans d&rsquo;après l&rsquo;ESC) et l&rsquo;absence de bilan cardiologique systématique (comme dans les recos ADA/EASD).</p>
</li>
</ul>
<p> - Sur le plan thérapeutique, les auteurs insistent sur les RHD initiales, mais la fiche présentée de 3 pages est peut être un peu longue. Enfin, on appréciera que le recours au diabétologue soit présenté comme des &ldquo;avis ponctuels selon les situations&rdquo; : suspicion diabète non type 2, HbA1C initiale 9%, complications au diagnostic ou évolutive, instauration d&rsquo;insulinothérapie en plusieurs injections par jour, hypoglycémies itératives, objectif non atteint après 6-12 mois, IMC &gt; 40, toute situation jugée par le MG, et grossesse pour une prise en charge spécialisée.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°492 : Voyage (Recos HCSP), aspirine, vaccination, hormonothérapie féminisante, dépistage CCR, HTA résistante, tétanos</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/07/dragi-webdo-n492/</link><pubDate>Mon, 14 Jul 2025 22:37:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/07/dragi-webdo-n492/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici le dernier Dragi Webdo avant la pause estivale ! Les billets reprendront la dernière semaine d&rsquo;aout. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance </p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/arret-de-commercialisation-de-vitamine-a-dulcis-pommade-ophtalmique-recommandations-et-alternatives">ANSM</a> aborde l&rsquo;arrêt de commercialisation de la vitamine A. Dans le contexte, elle recommande une restriction d&rsquo;utilisation aux syndromes secs sévères, aux ulcères, aux cicatrisations résistantes et compliquées, et aux anomalies de conformation des paupières. Dans les autres indications, les produits à base d&rsquo;acide hyaluronique ou de dexpanthénol sont à utiliser</p>
<p> Le <a href="http://www.bmj.com/content/390/bmj-2024-081606">BMJ</a> fait une synthèse sur l&rsquo;aspirine. Dans les douleurs, l&rsquo;aspirine 1000mg est efficace mais moins que les
autres AINS dans la lombalgie, et avec un NNT de 8 dans les migraines ce
qui est semblable au sumatriptan. L&rsquo;effet antipyrétique de l&rsquo;aspirine est similaire à celui du paracetamol. En cas de prescription d&rsquo;aspirine au long cours. Aux doses &lt; 300mg, l&rsquo;action de l&rsquo;aspirine est une inhibition irréversible de la COX-1 dans les plaquettes bloquant la formation de thromboxane A2 favorisant l&rsquo;agrégation plaquettaire. Donc l&rsquo;effet de l&rsquo;aspirine persiste sur ces plaquettes pendant leur durée de vie: 7-10 jours.  Les auteurs rappellent que l&rsquo;aspirine n&rsquo;est plus recommandée en prévention primaire, les risques surpassant les bénéfices et qu&rsquo;en cas d&rsquo;AOMI le clopidogrel est à préférer à l&rsquo;aspirine. En prévention secondaire, le NNT (nombre de sujet à traiter) pour réduire les récidives d&rsquo;évènements est d&rsquo;environ 25-30 patients. A l&rsquo;initiation du traitement une NFS, créatininémie et bilan hépatique sont recommandés, puis NFS et créatininémie sont indiqués annuellement. Une co-prescription d&rsquo;IPP est recommandée si antécédent d&rsquo;ulcère ou de saignement digestif, ou facteurs de risques (&gt;75 ans, autres antiagrégant, anticoagulant ou AINS associé). Avant un traitement au long cours, les auteurs proposent un dépistage et un traitement d&rsquo;H. Pylori.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjnINUSXo62npx7RwldaRRcWn0uwXSUklrCg1ciOBOHLKbB_gwGy2EgxE8wLPtnsTHBZwD45gDbZSfLoaY4h8c6-GZEbpzaTtdufeObxrLBxjp5buRjSnYNy1oV8KMjQs89KVbWA4y4q9LcoASGElH0lsrCPuvKtfxn15c_HlyE2-18secrz6V2-q_TUdHx/s680/aspirine.jpg"><img src="/images/articles/2025/aspirine.jpg" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La société européenne de cardiologie a publié des recommandations concernant la <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehaf384/8177060">vaccination</a>  chez les patients avec cardiopathie ischémique, AVC ou insuffisance cardiaque. En effet, ils reprennent l&rsquo;étude ayant montré que la vaccination anti-grippe diminuait la mortalité (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/09/dragi-webdo-n322.html">ici</a>). Ainsi, la vaccination grippe est recommandée annuellement, la vaccination pneumocoque, le vaccin Zona recombinant, ainsi que le DTP comme en population générale. Concernant le Covid et le VRS, il y a peu d&rsquo;études de bon niveau de preuve. Ils sont recommandés mais le rythme n&rsquo;est pas clairement défini.</p>
<p>Une <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)00439-8/fulltext">revue</a> systématique s&rsquo;est intéressée au délai pour introduite un anticoagulant chez un patient ayant un AVC récent pour cause thrombo-embolique. Introduire un AOD dans les 4 jours était associé à une réduction du risque de récidive (1.7% vs 2.6%) sans majoration du risque d&rsquo;hémorragies (0.4% vs 0.4%) à 30 jours.</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2835763">Lorundrostat</a> est un anti-aldostérone testé versus placebo chez des patients avec HTA non contrôlée (dont 60% d&rsquo;HTA résistante). Le groupe lorundrostat a permis une baisse de 16.9mmHg versus 7.9mmHg dans le groupe placebo. Le traitement augmentait le risque d&rsquo;hyperkaliémie (+2%), d&rsquo;hyponatrémie (+4-6%) et d&rsquo;altération du DFG (+2%). Les traitements de référence restent cependant encore la spironolactone ou l&rsquo;amiloride (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/05/dragi-webdo-n485.html">ici</a>).</p>
<p>Cette revue systématique d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-00253">Annals of internal medicine</a> a étudié l’efficacité de l&rsquo;ablation de fibrillation auriculaire. L&rsquo;ablation par cathéter réduisait le risque relatif de mortalité globale de 27%, d&rsquo;hospitalisation pour insuffisance cardiaque de 32% et d&rsquo;AVC après 30 jours de 37% au prix d&rsquo;une multiplication par 6,8 du nombre des AVC dans les 30 jours. L&rsquo;ablation chirurgicale ne réduisait que le risque d&rsquo;AVC global de 66%, sans effets sur les insuffisances cardiaques ou la mortalité. Cette étude semble concordante avec les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/05/dragi-webdo-n441-mammographie-uspsft-fa.html">recommandations</a> incitant à l&rsquo;ablation de FA.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1439">HCSP</a> a publié les recommandations aux voyageurs 2025 ! Tout d&rsquo;abord, les auteurs rappellent que le don du sang n&rsquo;est pas possible dans les 4 semaines suivant une vaccination par vaccin vivant atténué. Les recommandations vues <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/05/dragi-webdo-n483.html">ici</a> concernant la vaccination Dengue ont été confirmées (vaccination entre 6 et 60 ans quelle que soit la durée de séjour si comorbidité). L&rsquo;encéphalite japonnaise présente en Asie et en Océanie justifie maintenant une vaccination par le vaccin Ixiaro si saison des pluies ou séjour rural à proximité de rizières. Une augmentation des infections à Oropouche Virus (OROV) ont été notées en Amérique du sud: il faut juste penser à l&rsquo;évoquer en cas de contexte évocateur chez les femmes enceintes compte tenu des complications materno-foetales (comme toutes les arboviroses, les symptômes sont aspécifiques). Les recommandations concernant le vaccin Chikungunya en cas de séjour prolongé (&gt;6mois ou expatriation) à la Réunion, Mayotte et Amérique du sud notamment sont présentées dans le tableau ci dessous. Enfin, comme on ne l&rsquo;avait pas encore mise, voici la trousse à pharmacie proposée (à laquelle on peut discuter d&rsquo;ajouter les antibiotiques: fosfomycine, azythromycine, ofloxacine auriculaire et amoxicilline pour les situations particulières de façon exceptionnelle).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh7gYbDxzPmocrM89SGwlnGvo5OZ6-7dLWnotdasfMJ9YYfF4lFD2MB74WDbQQmm8XYUiQyIYbWyM_2c_KB2j-T2F-qAK6Hpx7SRk8TAoMwPB2b2bdOjZxHJCem3-KcvkWoSNg4VLBL5t7FBf4K014_XwHrDM2wwY5RlKn-HOisrOvBJMeM96qmw-diebsC/s1350/Capture%20d'%C3%A9cran%202025-07-06%20153652.png"><img src="/images/articles/2025/capture-20d-c3-a9cran-202025-07-06-20153652.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgdgu-oiqJiryWaMWKkEyWbymovDDvLMdBydHu4TCgrhyphenhyphenGb002UN-I8G0XNL86svC3Z6G4vrAKvp9lLPRF_Lr5NTVirWMwh_dZmZhKWKSqAMBryEZjJC6dR8BWB-xBNe5pYt5uBTZe32B56CaXI9OiCZV2aTBYXULDOTxXWjzCF8p-AWDPJ4cN9MxPm3TqN/s1056/Capture%20d'%C3%A9cran%202025-07-06%20223052.png"><img src="/images/articles/2025/capture-20d-c3-a9cran-202025-07-06-20223052.png" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS1473-3099(25)00292-0/abstract">JAMA</a> aborde le tétanos (ce n&rsquo;est pas courant mais parlons en au moins 1 fois). C&rsquo;est rare en Europe avec un incidence 4-10 cas par an au Royaume Uni. Les facteurs de risque sont notamment les drogues IV, l&rsquo;âge (patients non vaccinés dans l&rsquo;enfance) et le diabète. Les principales voies d&rsquo;inoculation sont les accidents de moto, les piercings, l&rsquo;acuponcture et les IM. Après inoculation les symptômes débutent généralement après 8 jours: myalgies, rigidité musculaires avec spasmes, trismus, dysphagie voir opisthotonos. Ils peuvent parfois faire évoquer une myasthénie, une PF à frigore, un botulisme, un syndrome malin des neuroleptiques, une hypocalcémie. Une PCR sur la plaie ou le pus fera le diagnostic rapidement. La prise en charge est bien sur hospitalière. Enfin, la prévention passe par une vaccination systématique pour obtenir une couverture vaccinale maximale.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Après le dépistage du CCR sur ADN dans les selles, voici une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2834891">étude</a> évaluant la recherche d&rsquo;ADN tumoral sur prise de sang périphérique. Dans cette étude de cohorte, les patients ont passé une coloscopie et eu une recherche sanguine d&rsquo;ADN tumoral. La sensibilité pour un CCR était de 79.2% et la spécificité pour un &ldquo;cancer avancé&rdquo; de 91.5%. La VPP était de 15.5% et la VPN de 90.8%. Enfin, pour les lésions pré-cancéreuses, la sensibilité n&rsquo;était que de 12,5% ce qui était trop faible pour être retenu.</p>
<p>5/ Endocrinologie</p>
<p>On avait parlé de la prise en charge des personnes transgenres en <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/06/dragi-webdo-n359.html">2022</a>. Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2835686">article</a> aborde les l&rsquo;hormonothérapie féminisante d&rsquo;affirmation du genre (fGAHT). L&rsquo;estradiol oral est initié à 2 mg/j pendant 2 semaines puis peut être augmenté à 4 mg/j. Le valérate d&rsquo;estradiol parentéral est prescrit à 10 mg/semaine et l&rsquo;estradiol transdermique, avec le plus faible risque thrombo-embolique, à la dose de 0,1 à 0,2 mg/24 heures. Des traitements complémentaires sont souvent utilisés tels que la spironolactone 50-100mg, 2 fois par jour, le finastéride 1-5mg/j ou le leuprolide entre 11,25 et 22,5 mg/3 mois. Les changements physiologiques apparaissent en quelques semaines et se stabilisent vers 2 ans de traitement. La cible d&rsquo;oestradiol est entre 370 et 730pmol/L et celle de testostérone inférieure  à  1,7nmol/L. Biologiquement, l&rsquo;hémoglobine et l&rsquo;hématrocrite seront abaissées, et l&rsquo;évaluation du DFG est difficile, l&rsquo;utilisation du genre féminin pouvant sous estimer de 30% le DFG (préférer idéalement les formules avec cystatine).</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour ce billet! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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spams).</em></p>
<p>Passez de bonnes vacances et à bientôt !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°491 : Violences (USPSTF), nutrition femme/enfant (NICE), vaccin zona (CNGE), SCA sujet âgé, diabète de type 2 (dépistages, déprescription, cagrilintide)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/06/dragi-webdo-n491/</link><pubDate>Mon, 30 Jun 2025 21:37:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/06/dragi-webdo-n491/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pédiatrie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p>On en parle régulièrement (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/09/dragi-webdo-n452.html">ici</a> ou <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/06/dragi-webdo-n361.html">là</a>), voici une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2835614?">revue systématique</a> comparant un traitement invasif ou conservatif dans les syndromes coronaire aigus du sujet âgé de plus de 70 ans. Il y a eu 8 ECR inclus correspondant à 3000 patients âgés d&rsquo;environ 82 ans. Il n&rsquo;y avait pas de différence de mortalité globale entre les patients avec traitement invasif ou médical seul, mais ceux avec traitement invasif avait un taux moindre de récurrences d&rsquo;infarctus et de revascularisation au prix d&rsquo;un sur-risque hémorragique (NNH=49).</p>
<p>2/ Violences</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2835641">USPSTF</a> a publié des recommandations concernant le dépistage des violences intra-couple, et recommande un dépistage avec un garde B, mais trouve des preuves insuffisantes pour dépister celles chez le sujet âgé ou autre population vulnérables. D&rsquo;après la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2835642">revue systématique</a> associée, il n&rsquo;y a pas de bénéfice direct du dépistage sur les violences ou la dépression des personnes victimes en essais randomisé, et les interventions auprès de personnes victimes de violences ont une efficacité/inefficacité variant selon les études, avec quelques études efficaces notamment pendant la grossesse. Vu l&rsquo;absence de risques du dépistage, l&rsquo;USPSTF tend quand même à recommander ce dépistage. Les tests utilisés pour le dépistage : concernant les évènements &ldquo;en cours&rdquo;, le <a href="https://www.mdcalc.com/calc/10418/ongoing-violence-assessment-tool-ovat">OVAT</a> semble être le plus efficace avec une Se de 87% et une Sp de 83% (validé aux urgences), et concernant les évènements passés,  le <a href="https://www.mdcalc.com/calc/10420/humiliation-afraid-rape-kick-hark">HARK</a> a une Se de 80% et une Sp de 95% (développé en MG) et le <a href="http://medicalcul.free.fr/wast.html">WAST</a> a une Se de 87% et une Sp de 89% (mais un peu plus long).</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/389/bmj.r954">BMJ</a> revient sur les nouvelles recommandations du NICE britannique concernant la nutrition pendant la grossesse et chez l&rsquo;enfant de moins de 5 ans.</p>
<p>Concernant la grossesse, 0,4mg d&rsquo;acide folique jusqu&rsquo;à 12 SA est recommandé, sauf si antécédent familial ou de grossesse précédente avec malformation congénitale, diabète de type 1 ou 2, hémoglobinopathie (drépanocytose, thalassémie ou autre hémolyse), inducteurs enzymatique (VIH, anti-épileptiques) . De la vitamine D est recommandée (400UI/j) d&rsquo;octobre à mars ou toute l&rsquo;année si facteurs de risque (peau noire par exemple). L&rsquo;huile de foie de morue et les multivitamines ne doivent pas être prises, notamment car elles peuvent contenir de la vitamine A (rétinol), cependant il y a possibilité de prendre les associations &ldquo;vitamine D, acide folique, vitamine C&rdquo;. La vitamine B12 peut être supplémentée chez les patients avec régime végan. Enfin, il n&rsquo;y a pas de raison de peser les patients systématiquement (sauf diabète, vomissements gravidiques etc&hellip;)</p>
<p>Chez l&rsquo;enfant, la vitamine D est recommandée à 400UI/j jusqu&rsquo;à 5 ans, les vitamines A et C de 6 mois à 5 ans en cas d&rsquo;allaitement maternel et de 12 mois à 5 ans si allaitement artificiel. En effet, les laits artificiels sont enrichis en vitamines A et C, et ces laits ne sont pas recommandés après l&rsquo;âge de 1 an! Ces éléments (pas preuve de bénéfices de la vitamine D après 5 ans ni du lait artificiel après 1 an) sont concordants aux données de la science. De façon un peu moins justifiée, selon eux, la diversification est à débuter aux alentours de 6 mois. Entre 1 et 5 ans, les enfants doivent avoir 3 repas équilibrés par jour et 2 collations saines, du lait et/ou de l&rsquo;eau (pas de soda, pas de jus ou maxi 150ml/j de jus de fruits).</p>
<p>4/ Vaccins</p>
<p>Le CS du CNGE a publié un avis concernant la vaccination contre le <a href="https://www.cnge.fr/wp-content/uploads/2025/06/250609-Vaccin_Zona-VBDD.pdf">Zona</a>, accompagné d&rsquo;une <a href="https://www.cnge.fr/wp-content/uploads/2025/06/250609-Vaccin_Zona.pdf">infographie</a> basée sur l&rsquo;étude princeps dont on avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/09/dragi-webdo-n107.html">ici</a>. Les principales limites évoquées sont l&rsquo;absence d&rsquo;études chez le moins de 70 ans (et donc chez les plus de 18 ans avec facteurs de risque, comme énoncé dans les recos), et l&rsquo;absence d&rsquo;étude médico-économiques considérant le prix des 2 doses de vaccin (à une époque où il semble difficile de trouver des financements pour les activités médicales nécessaire à la survie du système de santé français).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjHNAdxuNvzRDuzz7oGQGXZyYfEPW0QqafboMi4SvX-s6P8CJ5LDH2QIaLZLnNnjYsIuQ24RXQjC5h3Go2axEaJs5gN573qirqyOEMY5yvpnQKTBzKaMVAUjF33_xYaqSV9CurleEWGnRpE2sK_jubaKro7CoLC4vfocWNw6aIaNbDAQGudFQeRBQe6CED-/s1737/zona.jpg"><img src="/images/articles/2025/zona.jpg" alt=""></a></p>
<p>5/ Endocrinologie</p>
<p>Voici un <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/doi/10.2337/dci24-0103/158257/Is-Screening-for-Heart-Failure-and-Peripheral">article</a> de &ldquo;perspectives&rdquo; en diabétologie revient sur les dépistages. En effet, il parcourt la littérature et confirme que le dépistage de l&rsquo;insuffisance cardiaque et de l&rsquo;AOMI chez les patients diabétiques asymptomatiques n&rsquo;est soutenu par aucun critère de &ldquo;dépistage&rdquo; et pas aucune donnée scientifique. Concernant l&rsquo;AOMI, c&rsquo;est en effet ce qui est recommandé dans les dernières recos de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/12/dragi-webdo-n466.html">société américaine de diabétologie</a>.</p>
<p>Cet essai randomisé du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2835615">JAMA internal medicine</a> concerne la déprescription chez des patients diabétiques de plus de 75 ans avec une HbA1C &lt; 8% et des sulfamides ou de l&rsquo;insuline. L&rsquo;étude a comparé une intervention de 45minutes auprès de médecin sur la déprescription &ldquo;seule&rdquo; ou associé à une fiche de pré-visite informant les patients sur la déprescription et la décision partagée. Après 6 mois, les patients du groupe avec pré-visite ont davantage bénéficié d&rsquo;une déprescription que les autres (15,8% vs 9%) et cela persistait à 12 mois (22% vs 16%).</p>
<p>Le cagrilintide est un analogue de l&rsquo;amyline qui induit une perte de poids. Il est testé en association avec le semaglutide (<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2502082">CagriSema</a> injectable 1 fois par semaine) versus placebo dans l&rsquo;étude Redefine-2 chez des patients diabétiques avec un IMC &gt; 27. A 68 semaines, la perte de poids a été de 13,7% sous CagriSema et de 3,4% sous placebo et l&rsquo;Hba1C a baissé de 1,8% versus 0,4%. Concernant les effets indésirables, il y avait 72% vs 34% de troubles digestifs, 6% vs 3,4% d&rsquo;hypoglycémie cliniquement significatives, et un signal de 4 décès (0,4%) sous CagriSema versus 0 (liés à des causes diverses: cancer du pancréas, mort subite, suicide et autre cause non cardiovasculaire). La même <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2502081">étude</a> a été réalisée chez les patients non diabétiques et la baisse de poids a été de -20,4% vs -3%. Les effets indésirables étaient dans des proportions similaires avec 80% vs 40% de troubles digestifs, et il y a eu 2 décès dans le groupe CagriSema (suicide et cancer) et aucun dans le groupe placebo.</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2835629">JAMA</a> a publié une revue sur le diagnostic et le traitement du diabète de type 2. Mis à part les grands tableaux de synthèse, il n&rsquo;y a pas grand chose de neuf et c&rsquo;est très proche de ce que disent les recommandations. On retiendra: que le traitement &ldquo;intensif&rdquo; (inférieur à 6,5% ou 7,5% selon les études) peut réduire les complications microvasculaires, ne semble pas avoir d&rsquo;efficacité claire sur les complications macrovasculaires et ne réduit pas la mortalité. Les cibles selon différentes recos sont les suivantes et seuls l&rsquo;American college of physicians et le département des vétérans ont des cibles moins strictes, conformément à ces données.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhmI3uVqiYXg9oysU6PJ_z519kW99ldxvQKq13XXZjuyscgKKYiSRVIkaNFbKf85A0KE_hk419ZlS6-34RJPyi5U3021Yb1NhBLPJneaygt7JxkV0dGYicJIwiaKn2A6o_HJcdGM2zQrqU2l-uczakuvZwYRluP44xZduZG9IPU1n0PV8tBIqlAlydafa_s/s1842/DT2.png"><img src="/images/articles/2025/dt2.png" alt=""></a></p>
<p>  Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°490 : CMV et grossesse (HAS), intoxications CBD (ANSM), diabète (aGLP1 vs iSGLT2), jeûne intermittent, BPCO non contrôlée, C.Difficile/transplantation fécale</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/06/dragi-webdo-n490/</link><pubDate>Mon, 23 Jun 2025 22:21:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/06/dragi-webdo-n490/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Gynécologie</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! La page LinkedIn du blog vient d&rsquo;être crée : <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">Médicalement Geek</a> (il faut être connecté pour voir la page). Merci encore pour votre soutien régulier, et sans plus attendre, voici les actualités de la semaine. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Commençons avec les analogues du <a href="https://ansm.sante.fr/actualites/analogues-du-glp-1-indiques-dans-le-traitement-de-lobesite-lansm-fait-evoluer-leurs-conditions-de-prescription-et-de-delivrance">GLP-1 et du GLP-1/GIP</a> (Wegovy : sémaglutide, Saxenda : liraglutide, et Mounjaro : tirzépatide) qui peuvent désormais être prescrits par les médecins généralistes dans le cadre de leur AMM dans l&rsquo;obésité (IMC &gt;30 ou &gt; 27 avec une complication) en 2ème ligne après des interventions hygiéno-diététiques et comportementales. Ils ne sont pas remboursés. Ils s&rsquo;introduisent à faible dose, puis sont augmenté progressivement selon la tolérance et l&rsquo;objectif pondéral. On rappelle les risques de <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/03/dragi-webdo-n478.html">neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique</a> et de <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/02/dragi-webdo-n470.html">grossesses</a> chez les femmes sous contraception orale.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/augmentation-des-intoxications-causees-par-des-produits-a-base-de-cbd-contenant-dautres-substances">ANSM</a> alerte également sur les intoxications aux produits à base de CBD. D&rsquo;après des analyses, les concentrations en CBD sont différentes de celles indiquées sur l&rsquo;étiquetage 8 fois sur 10. Les effets indésirables peuvent survenir quelle que soit la voie d&rsquo;administration et sont liés à la présence de THC ou de cannabinoïdes de synthèses : fatigue, somnolence, troubles digestifs, céphalées  anxiété, hallucinations, perte de connaissance, convulsions…</p>
<p>2/ Grossesse</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3587389/fr/evaluation-de-la-pertinence-d-un-depistage-systematique-de-l-infection-a-cytomegalovirus-cmv-au-cours-de-la-grossesse">HAS</a> rejoint l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/10/dragi-webdo-n457.html">académie de médecine</a> en se prononçant en faveur d&rsquo;un dépistage généralisé du CMV pendant la grossesse. On voit aussi que jusque-là, seules les sociétés savantes de 3 pays (en Italie, Israël et Grèce) recommandent ce dépistage. La reco HAS reprend point par point l&rsquo;avis rationnel du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/02/dragi-webdo-n429.html">HCSP</a> qui concluait à la non recommandation de ce dépistage en systématique vu l&rsquo;absence de bénéfice démontré d&rsquo;un point de vue
médico-économique, l&rsquo;absence de traitements ayant démontré un bénéfice
dans un essai clinique de bonne qualité et l&rsquo;absence de
protection conférée par des IgG présentes en début de grossesse. Bref, malgré tout cela, la HAS recommandé un dépistage chez toutes les femmes enceintes au 1er trimestre par une sérologie IgM, IgG +/- test d&rsquo;avidité si IgG+, ensuite, sérologie répétée toutes les 4 semaines si IgG+ jusqu&rsquo;à 16SA. Le traitement à mettre en place est le valaciclovir 8g/jour (16cp/j) jusqu&rsquo;à réalisation de l&rsquo;amniocenthèse qui tranchera sur la poursuite ou non du traitement (c&rsquo;est bien sûr hors AMM normalement, l&rsquo;AMM dans le CMV ne concernant que les prophylaxies après transplantation d&rsquo;organe).</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>En ville, il est impossible d&rsquo;initier les traitements par vancomycine ou fidaxomicine dans le traitement des infections à clostridium difficile. Voici donc un nouveau traitement qu&rsquo;on ne pourra pas réaliser non plus! Cet essai randomisé a évalué la t<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-03285">ransplantation de microbiote fécal</a> versus vancomycine dans une étude de non infériorité. L&rsquo;absence de récurrence à 2 mois a été mise en évidence chez 66% des patients avec transplantation de microbiote fécale versus 61% avec vancomycine , sans différence d&rsquo;effets secondaires. Les auteurs plaident pour que ce soit le traitement de 1ère ligne !</p>
<p>4/ Mode de vie</p>
<p>On avait abordé plusieurs fois le jeune intermittent, notamment [ici](<a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/06/La">https://www.medicalement-geek.com/2025/06/La</a> Cochrane encore, avait étudié l&rsquo;efficacité du jeûne intermittent dans la survenue des maladies cardiovasculaires. Ils ne retrouvent pas de données suffisante pour conclure sur des critères cardiovasculaires mais confirment de façon concordante avec d&rsquo;autres publications que le jeûne intermittent peut permettre une réduction pondérale de façon similaire à une restriction calorique (on en avait parlé ici et là) ). Voici une nouvelle revue systématique publiée dans le <a href="https://www.bmj.com/content/389/bmj-2024-082007">BMJ</a>, qui évalue le jeûne intermittent, versus régime avec restriction calorique ou sans, sur des critères de jugement métaboliques. Ainsi 99 études incluant 6500 patients ont été analysées. Par rapport à un régime avec restriction calorique en continue, le jeune intermittent réduisait davantage le poids de -1,3kg. Par rapport au jeune intermittent selon les heures de la journée, jeûner un jour sur 2 réduisait davantage le cholestérol.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjCWUViFNVw7wCuvBAvfZPkyoOtuV3pUstFkH685EJS3OhtgvFMTplBzjQB7HlND1JePrLhBDB8FHkyqCljJAd0aVLsn65r05KBLbcVBQnw16eynmlF_G47CLE9n4EgRzEFK8KUndBy1zKRKgYLI1KkFwOoKx9YwyYJ-cGHLXblQ7h4CjN8U1fHCNi3PBt5/s1108/jeune%20intermittent.png"><img src="/images/articles/2025/jeune-20intermittent.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Pneumologie</p>
<p>Une <a href="https://publications.ersnet.org/content/erjor/11/3/00976-2024">étude</a> originale
a été publiée et concerne les BPCO instables. A partir des bases de
données d&rsquo;une assurance, et en utilisant du machine-learning, les
auteurs ont pu identifier des 2,6 millions de patients atteints de BPCO
et parmi eux, il y avait 14% de patients non contrôlés (définis par la
prescription de corticoïdes oraux au moins 3 fois dans l&rsquo;année). On peut
voir que les traitements de fond de ces patients étaient souvent non
adaptés : 47% avaient soit aucun traitement de fond, soit une
monothérapie, soit une bithérapie avec corticoïdes inhalés&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgxI_0IZvIkmBdpISkybiFfJp75pEVC9f_kwP4UiTpn2stJF3RsIuBnYL0_AT9Gt7l-j_UteZV7fHL8p7BrzkI49H-3FJPVyyK2MVIi1yiMEY7Bqu0NPKvr8QG9NKfs6TthddJCJTu5HJYM4waWgCYfTSfGnSOi08baBqIfuVLfN3E2YnRZ3pz97EX3pzqc/s669/bpco.jpg"><img src="/images/articles/2025/bpco.jpg" alt=""></a></p>
<p>6/ Endocrinologie</p>
<p>Il y a peu de comparaisons directes entre aGLP1 et iSGLT2 et dans <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/09/dragi-webdo-n238.html">SUSTAIN-8</a> il n&rsquo;y avait pas de critères cliniques. Cette <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-00775">étude</a> est un essai émulé comparant le semaglutide ou le dulaglutide avec l&rsquo;empagliflozine à partir de bases de données ambulatoires et hospitalières américaines. Il y a eu 8000 patients dans chaque groupe et les auteurs ont comparé la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires avec un suivi de 2,3 ans en moyenne. Globalement, il n&rsquo;y avait pas de différence de survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires ou de mortalité entre les 2 classes testées. De façon exploratoire, on voit cependant un risque d&rsquo;AVC légèrement inférieur sous semaglutide par rapport à l&rsquo;empagliflozine (NNT= 675 patients par an).</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a>, <a href="https://www.linkedin.com/company/medicalement-geek/posts/">LinkedIn</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°489 : santé 15-25 ans, CCR précoces, dénutrition du sujet âgé, diabète (IcoSema, démences), désogestrel/méningiomes, implant contraceptif, onradivir/grippe, soins de faible qualité</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/06/dragi-webdo-n489/</link><pubDate>Mon, 16 Jun 2025 22:08:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/06/dragi-webdo-n489/</guid><category>Médecine générale</category><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Nutrition</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Cette étude de la <a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse/etudes-et-resultats/250521_ER_etat-de-sante-des-jeunes-avant-crise-sanitaire">Drees</a> décrit l&rsquo;état de santé des 15-25 ans. On y voit que 14% sont en surpoids, 5% obèses, 7% en insuffisance pondérale, que 17% ont une maladie chronique, que  17% fument quotidiennement et 9% occasionnellement et que 80% ont vu un généraliste dans l&rsquo;année. Bonne lecture !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg6Rmu3Y88peR89elOnRXhuYMpD79zgAjwULjCShCCM1l5kPh_KDfJt9NoN7PZD1R78raBcd6jDMmIg3M37gKCTa09ykfIvG_-bQZV-uLPGWsB9NU4HpxPRs4ueLQaLklJaawseydX8x-tED2hErkzs-A7lrLl8JN5vMitF8-bvh87yHdVLMsWCT1BRGgIU/s2080/jeunes.png"><img src="/images/articles/2025/jeunes.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Exercice médical</p>
<p>Dans cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama-health-forum/fullarticle/2834906">étude</a> japonaise, les auteurs ont établi une liste de soins de faible qualité : expectorants, antibiotiques et codéine dans les infections respiratoires hautes, prégabaline dans la lombalgie, vitamine B12 dans la neuropathie diabétique, réalisation de plus d&rsquo;une DMO par an, dosage de la T3, dosage de la vitamine D sans maladie particulière, infiltrations dans la lombalgie et endoscopie digestifs avant 50 ans sans signe d&rsquo;alarme. Les auteurs ont étudié les caractéristiques des médecins prescripteurs de ces soins de faible qualité par rapport aux non prescripteurs. Ils étaient plus âgés, n&rsquo;avaient pas été &ldquo;certifiés&rdquo; après leur diplôme de médecine, avaient des patientèles plus importantes.</p>
<p>2/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;équipe d&rsquo;EPIPHARE a publié dans le <a href="https://www.bmj.com/content/389/bmj-2024-083981">BMJ</a> ses résultats sont nous avions parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/01/dragi-webdo-n467.html">ici</a>. On y retrouve le risque de 1 méningiome nécessitant un traitement chirurgical pour 67 000 patientes traitées par désogestrel pendant plus de 5 ans, sachant que le risque n&rsquo;était plus augmenté 1 an après l&rsquo;arrêt du désogestrel. Il n&rsquo;y avait pas de sur-risque mis en évidence avec le lévonorgestrel.</p>
<p>On reste sur les contraceptions avec un maintien des recommandations concernant l&rsquo;implant contraceptif publiées par l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/migration-de-limplant-contraceptif-nexplanon-dans-lartere-pulmonaire-bilan-et-nouvelles-recommandations">ANSM</a>. Toujours, 3-5cm sous le sillon bicipital et à 8-10cm de l&rsquo;épicondyle médial du coude. Depuis les mesures de réductions du risque de migration en 2020, le taux de migration estimé est passé de  2,60 à 0,73 /100 000 implants vendus.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Parce qu&rsquo;on cherche toujours à traiter la grippe, <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(25)00046-3/abstract">un essai randomisé chinois</a> incluant 700 patients, à comparé l&rsquo;onradivir au placebo et à l&rsquo;oseltamivir dans la grippe non compliquée. Le critère de jugement était le temps pour soulager les symptômes. Ce temps a été de 38 heures sous onradivir, de  42h sous oseltamivir (pas de différence significative) et de 63h sous placebo, soit une réduction significative de 24h de symptômes. Bref, on ne va encore une fois pas en faire grand chose, et il y avait davantage d&rsquo;effets indésirables de type diarrhée sous onradivir (50% versus environ 20% dans les 2 autres groupes).</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/389/bmj-2024-082452">BMJ</a> insiste sur une augmentation des cancers colo-rectaux précoces, chez les sujets de moins de 50 ans, et qui deviendraient la 1ère cause de décès précoces d&rsquo;ici 2030. Les symptômes sont souvent minimisés, mis sur le compte hémorroïdes ou de troubles fonctionnels intestinaux, ce qui conduit à des cancers découverts à des stades avancés. Les principaux symptômes sont en effet des rectorragies, beaucoup plus fréquentes que chez les cancers découverts après 50 ans. Contrairement aux recos françaises pour lesquelles le FIT n&rsquo;est pas indiquée en cas de symptômes et  où une coloscopie est indiquée d&rsquo;emblée, les britanniques recommande de guider l&rsquo;adressage par un FIT avant 50 ans si trouble du transit persistant, rectorragie, douleurs abdominales, anémie inexpliquée après 60 ans. En cas de masse, le FIT n&rsquo;est pas requis avant avis, et il est peu contributif en cas d&rsquo;anémie ferriprive. Avant adressage, il est également recommandé de réaliser une NFS, et une calprotectine fécale (toujours pas remboursée si c&rsquo;est une MG qui prescrit en France, il faut une prescription par <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049144826">un gastroentérologue ou un pédiatre</a>&hellip;..)</p>
<p>5/ Nutrition</p>
<p>On se rappelle des <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/12/dragi-webdo-n249.html">recos HAS</a> non applicables en vraie vie concernant la dénutrition. Une revue du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra2412275">NEJM</a> aborde la dénutrition des sujets âgés. Elle est favorisée par la réduction de la sensation de faim, des troubles physiques (problème pour mâcher, troubles neurologiques comme des tremblements ou un déficit, arthrose des mains, démence, dépression). Le diagnostic repose, d&rsquo;après du GLIM sur la présence d&rsquo;un critère phénotypique (perte de poids, IMC faible et réduction de masse musculaire), et d&rsquo;un critère étiologique (réduction des apports par malabsorption ou mal digestion,  ou maladie/inflammation). Après 70 ans, le seuil d&rsquo;IMC est 22kg/m² et 20kg/m² pour la dénutrition sévère. Le MNA est un outil de dépistage évaluant le risque de dénutrition (si &lt; 12) qui est ensuite confirmée avec les critères GLIM. Les auteurs disent que l&rsquo;albumine et pré-albumine ne devraient pas être utilisés comme marqueurs nutritionnels. L&rsquo;apport d&rsquo;énergie recommandé par jour est estimé à 30kcal/kg/j et 1g/kg/j de protéine est recommandé. Il faut donc estimer selon ce que les patients mangent pour adapter au cas par cas la supplémentation.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Dans une <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/doi/10.2337/dc25-0433/160540/SGLT2i-Versus-Metformin-for-Delirium-Prevention-in">étude</a> de cohorte rétrospective 80 000 patients sous metformine ont été appariés et comparés 80 000 sous inhibiteurs de SGLT2. Les auteurs ont trouvé que le risque de démence était réduit avec iSGLT2 (NNT =20 à 10 ans, 4% vs 9%), et il y avait également une mortalité globale réduite significativement (NNT= 11 à 10 ans). C&rsquo;est donc intéressant, surtout sur la mortalité globale, mais comme toujours, il y a souvent un biais d&rsquo;indication et les patients les plus fragiles ont souvent moins de &ldquo;nouveaux traitements&rdquo;.</p>
<p>On avait parlé de l&rsquo;insuline hebdomadaire icodec. Voici l&rsquo;essai <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(25)00096-8/abstract">Combine-1</a> qui compare l&rsquo;insuline icodec à une association icodec+ semaglutide hebdomadaire (IcoSema) ! Après 1 an , les patients du groupe IcoSema avaient une HbA1C abaissée de -1,55% versus 0,89% dans le groupe icodec seul, avec un risque d&rsquo;hypoglycémie cliniques inférieur sous IcoSema (0,14 épisodes par personne par an versus 0,63). Les effets indésirables survenaient chez environ 40% des patients dans les 2 groupes et étaient essentiellement des troubles digestifs.</p>
<p>C&rsquo;est fini! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°488 : infection à VHB, multivitamines, inhibiteurs de P2Y12, dapagliglozine/MASH, dépistage CCR, auto-prélèvement CCU, arthrose (MTX, infiltrations)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/06/dragi-webdo-n488/</link><pubDate>Tue, 10 Jun 2025 23:56:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/06/dragi-webdo-n488/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Hépatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, merci encore à tous pour vos messages et vos <a href="https://www.lepotcommun.fr/pot/wab95hk4">dons</a>! Sans plus attendre, voici les actualités de la semaine !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Les multivitamines! On en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/06/dragi-webdo-n186.html">ici</a> déjà. Voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2830883">nouvel essai randomisé</a> qui a testé les multivitamines  (A, B1, B6, B9, B12, C, D, E, K, calcium, zinc, magnésium, iode etc&hellip;) versus placebo chez des patients diabétiques avec coronaropathie. Bon, sans grand surprise, cela n&rsquo;a pas d&rsquo;effet cardiovasculaire.</p>
<p>On a également parlé pas mal de fois du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/dragi-webdo-n383.html">clopidogrel</a> ou du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/03/dragi-webdo-n432.html">ticagrelor</a> en anti agrégation plaquettaire prolongée à la place de l’aspirine en prévention secondaire. Voici la revue systématique publié dans le <a href="https://www.bmj.com/content/389/bmj-2024-082561">BMJ</a>, incluant les 5 essais testant les inhibiteurs de P2Y12 (clopidogrel ou ticagrelor) versus aspirine en prévention secondaire chez les patients ayant eu une angioplastie. Avec iP2Y12, les patients avaient moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires sur critère composite (NNT= 80) mais aussi une réduction significative des AVC et des infarctus, et il n&rsquo;y avait pas de différence sur les saignements majeurs ou digestifs. Bref, il ne serait pas étonnant que les prochaines recos évoluent en ce sens.</p>
<p> 2/ Oncologie</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2834891">nouvelle</a> étude de cohorte a déterminé les capacité diagnostiques des tests à
ADN multi-cible dans les selles. Ainsi, par rapport à la coloscopie, la sensibilité des tests à ADN est de 79% pour détecter un cancer et la spécificité de 92% pour détecter un cancer avancé. La VPP pour un cancer avancé est e 16% et la VPN pour exclure un cancer avancé est de 91%. Ces données sont concordantes avec ce qu&rsquo;on avait trouvé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/03/dragi-webdo-n435.html">ici</a>.</p>
<p>Dans le dépistage du cancer du col de l&rsquo;utérus, cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2835169">essai</a> randomisé a comparé un rappel téléphonique seul à un rappel téléphonique avec envoie d&rsquo;un kit d&rsquo;auto-prélèvement par courrier chez des patientes non à jour du dépistage. A 6 mois de l&rsquo;intervention,  17% des patientes avaient réalisé un test dans le groupe rappel téléphonique seul, versus 40% en cas d&rsquo;envoi du kit. Cela semble donc une stratégie intéressante pour favoriser le dépistage chez des patients non à jour.</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://pubs.rsna.org/doi/10.1148/radiol.233081">article</a> qui va faire se poser des questions de la semaine concerne les infiltrations dans la gonarthrose. C&rsquo;est une étude de cohorte avec appariement de patients, ayant comparé les patients n&rsquo;ayant pas eu d&rsquo;infiltrations, ceux ayant eu des infiltrations d&rsquo;acide hyaluronique et ceux ayant eu des infiltrations de corticoïdes. Les auteurs retrouvent que ceux ayant eu une injection de corticoïdes avaient une progression plus rapide de l&rsquo;arthrose par rapport à ceux qui ont eu de l&rsquo;acide hyaluronique ou aucune injection d&rsquo;après le score WORMS qui est un score d&rsquo;IRM. Les 2 types d&rsquo;injections étaient associés à une réduction de la douleur. On ne peut pas dire grand chose au final comme ce n&rsquo;est pas un essai randomisé: est ce que le recours aux corticoïdes était plus fréquent chez les patients qui s&rsquo;aggravaient et avaient donc une progression plus élevée? Bref, rappelons que les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/08/dragi-webdo-n364.html">essais</a> randomisés ne montrent pas de bénéfices cliniques à l&rsquo;acide hyaluronique et les infiltrations de corticoïdes sont aussi discutées (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/04/dragi-webdo-n394.html">ici</a>).</p>
<p>Après l&rsquo;efficacité plus que modeste du méthotrexate 15mg/semaine dans la gonarthrose (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/08/dragi-webdo-n450.html">ici</a>), un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2834774">nouvel essai randomisé</a> s&rsquo;y essaye. Cette fois c&rsquo;est net, pas de différence ni sur l&rsquo;EVA ni sur les synovites à 1 an. Globalement, il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;avantage d&rsquo;effet indésirables dans le groupe MTX, mais il y avait quand même 19% de cytolyses versus 9% dans le groupe placebo. Aller, on oublie donc le MTX dans l&rsquo;arthrose!</p>
<p>4/ Hépatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/389/bmj-2024-079579">BMJ</a> fait un point sur l&rsquo;hépatite B. La transmission est essentiellement materno-foetale dans le monde, mais principalement horizontale par voie sexuelle ou IV dans les pays occidentaux. La mesure de prévention principale repose sur la vaccination des nourrissons. Le dépistage est recommandé chez les patients à risque (usagers de drogues injectables, patients avec VIH ou immunodéprimés, contact à risque ou personne atteinte dans le foyer, migrants, partenaires sexuels multiples, travailleurs en santé, population carcérale). La maladie évolue en plusieurs phases : la phase d&rsquo;hépatite aiguë et la phase de réactivation  au cours de la phase chronique (elle même définie par 6 mois d&rsquo;AgHbS positifs) sont les moments les plus propices à initier un traitement. Le bilan d&rsquo;hépatite B chronique comprend NFS, bilan hépatique complet, albumine, Ag-Hbe, Ac-HbE, quantification de l&rsquo;ADN du virus de l&rsquo;hépatite B, charge virale VHB, recherche d&rsquo;hépatites A, C, D. L&rsquo;évaluation non invasive de la fibrose hépatique peut se faire avec le Fib-4. Pour le traitement dont l&rsquo;objectif est de réduire le risque de cirrhose, de décompensation et de CHC, on laissera le spécialiste gérer&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhvyTIfSeVcVl8fr5ONZGWWZvFRaxPoRVrJy9LjEikv91O2c6P_zXu_XCIwny330MrVrUKE_VHb8QpFu2asQHkAPCBw59GhX54gOx46PHNmYwC1f-vl19faq07W4dNYe8Je8vsWkfXHFEwGnuHrtV4ZLnjjqCMvQ_whZDdCOLvzBhwlkVVU13SYdW4vvAwC/s2000/VHB.jpg"><img src="/images/articles/2025/vhb.jpg" alt=""></a></p>
<p>On parlait récemment de la MASH et du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/05/dragi-webdo-n483.html">semaglutide</a>, c&rsquo;est maintenant un essai randomisé évaluant la <a href="https://www.bmj.com/content/389/bmj-2024-083735">dapagliflozine</a> dans cette pathologie hépatique. Après 48 semaines, la MASH a régressé chez 53% des patients sous dapagliflozine vs 30% sous placebo (NNT= 5), et il y a eu une résolution chez 23% des patients versus 8% (NNT= 7). Il n&rsquo;y avait pas plus d&rsquo;effets indésirables dans le groupe dapagliflozine. On a donc 2 traitements efficaces pour ralentir la progression de la MASH, à suivre.</p>
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<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>On avait parlé du Zilebesiran il y a <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/02/dragi-webdo-n431.html">quelques temps</a>. Voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2834632">essai</a> le randomisant versus placebo en ajout d&rsquo;une monothérapie par indapamide, amlodipine ou olmesartan. L&rsquo;ajout du Zilebesiran permettait une baisse de 12mmHg, 9.7mmHg et 4.5mmHg, respectivement. Il y avait un sur-risque d&rsquo;hyperkaliémie (NNH= 27), d&rsquo;hypotension (NNH=46) et d&rsquo;insuffisance rénale aigu (NNH= 30) évoluant favorablement sans intervention médicale. Cette fois ci, pas de décès dans l&rsquo;étude.</p>
<p>Une <a href="https://www.bmj.com/content/389/bmj-2024-082765">étude</a> chinoise a inclus des patients à haut risque cardiovasculaire, en prévention primaire et les a randomisés en soins courant versus une intervention de santé mobile incluant une évaluation du risque CV et l&rsquo;établissement de cibles personnalisées sur une décision partagée, des vidéos de promotion de la santé, un suivi avec feedback réguliers et des activités ludiques permettant d&rsquo;améliorer la motivation. Avec tout ça, les patients du groupe intervention réduisaient davantage leur risque cardiovasculaire à 10 ans calculé par le score ASCVD après 1 an d&rsquo;intervention ( -6% versus - 3%), leur PAS (- 23mmHg vs  -15mmHg), le nombre de fumeurs (-3% vs -0.6%) et le taux de personnes inactives (-3% vs +1.3%). Ces interventions de santé mobile pourraient donc être utiles, encore faut il ne pas arrêter de les utiliser après 2 semaines&hellip;</p>
<p>Beaucoup de patients vivant avec le VIH (PVVIH) sont à haut risque cardiovasculaire, à cause de l&rsquo;inflammation chronique évaluable par le nadir des CD4, le rapport CD4/CD8, l&rsquo;ancienneté du VIH ou à cause des traitements qui ont été pris. L&rsquo;étude <a href="https://www.nejm/doi/full/10.1056/NEJMoa2304146">Reprieve</a>, avait démontré un bénéfice sur les évènements cardiovasculaire de la pitavastatine 4mg avec un NNT de  400 patients par an chez des PVVIH de plus de 40 ans à risque intermédiaire (90% des patients avec un ASCVD entre 0% et 7.5%. Ainsi, des <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-03564">recommandations</a> ont été publié sur la prescription de statines chez ls PVVIH avec une indication de traitement dès que le risque dépasse 5% à 10 ans, comme le montre la figure ci dessous. Le dernier point de vigilance concerne les interactions médicamenteuses. Il n&rsquo;y en a pas de décrites avec la pitavastatine, et pour l&rsquo;atorvastatine/rosuvastatine, attention aux inhibiteurs de protéase boostés par ritonavir ou cobicistat qui augmentent les concentrations, pouvant soit les contre indiquer soit restreindre l&rsquo;utilisation aux faibles dosages. (Pour info la pitavastatine / Lippiza n&rsquo;est pas remboursée en France, malgré un bénéfice en prévention secondaire dont nous avions parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/05/dragi-webdo-n183.html">ici</a>)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiyHFRUrZksGh7v8FoKtHZDgxB7cn5HEfbGbnEU487pfjSxboxnO3-v7417ljG1v5p22nAN03cyY2YNKRVrNnSbmc3-Yo3KGWKKbM2smS1TkF2z9wWhzb0LyjhSRtenVlfr9hy_khIjblahUjq2iHe6fuL_CMmEQeiXn20JuRuWDSxGuFSRPIToSzR7h5Qr/s3911/statine%20pvvih.png"><img src="/images/articles/2025/statine-20pvvih.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_2722749/fr/choix-et-durees-d-antibiotherapies-otite-moyenne-aigue-purulente-de-l-enfant#xtor=EPR-1-%5BL'Actu%20de%20la%20HAS%5D-20250528">HAS et la SPILF</a> ont mis à jour leurs recommandations de prise en charge de l&rsquo;otite moyenne aigue de l&rsquo;enfant. En pratique pas de changement majeur. Ce document ne valide pas le streptatest sur otorrhée pour adapter l’antibiothérapie comme vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/10/dragi-webdo-n457.html">ici</a>. Retour en arrière également sur l&rsquo;âge seuil pour une abstention thérapeutique/prescription différée si peu symptomatique car c&rsquo;était passé à <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/11/dragi-webdo-n376.html">6 mois</a>, comme au Royaume Uni par exemple, et les auteurs remettent ici un âge seuil de 2 ans. Le traitement est donc de 10 jours avant 2 ans et 5 jours après 2 ans sauf si récidive ou otorrhée auquel cas c&rsquo;est 10 jours. L&rsquo;amoxicilline est l&rsquo;antibiotique à prescrire, sauf si otite-conjonctivite auquel cas c&rsquo;est amoxicilline+ acide clavulanique. On note un paragraphe sur le fait d&rsquo;éviter les AINS servant uniquement en cas de douleur malgré paracétamol mais pas pour &ldquo;faire baisser la fièvre&rdquo;, ni en cas d&rsquo;infection ORL sévère ni en cas de varicelle.</p>
<p>Une nouvelle revue systématique du <a href="https://www.bmj.com/content/389/bmj-2024-081165">BMJ</a> concerne les traitements du COVID non sévère. Le nirmatrelvir-ritonavir et le remdesivir réduiraient le risque d&rsquo;hospitalisation (NNT=40 et 48 respectivement. L&rsquo;azythromycine réduit la durée des symptômes de  4 jours. La doxycycline réduit le temps d&rsquo;hospitalisation (mais un COVID non sévère n&rsquo;est pas sensé être hospitalisé). Le molnupiravir et les corticoïdes oraux pourraient réduire le risque d&rsquo;hospitalisation, mais c&rsquo;est pas sur&hellip;</p>
<p>3/ Ophtalmologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2834628">JAMA</a> a publié une revue sur les uvéites. Elles peuvent être infectieuses (toxoplasmose, herpès, tuberculose, VIH&hellip;) ou non-infectieuses, favorisées par l&rsquo;environnement ou la mutation HDL-B27, mais globalement la majorité est soit idiopathique, soit associé à une maladie auto-immune comme la SPA ou le Behçet si origine Turque. Cliniquement l&rsquo;oeil est rouge, douloureux avec une baisse d&rsquo;acuité visuelle et photophobie. On peut voir un cercle péri-kératique, des synéchies, un hypopion et des précipités kératiques. Il faut adresser à l&rsquo;ophtalmologue pour le diagnostic précis et la prise en charge initiale. Le traitement repose sur des corticoïdes locaux +/- oraux et par un traitement spécifique (antibiotiques, antiviraux&hellip; selon la cause). Pour un 1er épisode d&rsquo;uvéite antérieure aigue, aucun bilan n&rsquo;est recommandé. Dans les autres cas (récidive ou uvéite intermédiaire/postérieure/panuvéite), le bilan dépend essentiellement des autres symptômes. Globalement il comprend : NFS, CRP, ionogramme, ECBU, facteur rhumatoïde, ECA, HLA-B27, sérologies VIH, syphilis, PCR chlamydia, RXT et selon sérologie toxoplasmose, Lyme, IRM sacro-iliaque et autres imageries localisées.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2834322">article</a> aborde l&rsquo;utilisation du dénosumab dans l&rsquo;ostéoporose. Tout d&rsquo;abord, les bisphosphonates sont le traitement de 1ère intention, et il n&rsquo;est pas démontré qu&rsquo;il y ait un bénéfice à switcher vers du dénosumab après 3-5 ans de bisphosphonates quand il y a des récidives de fractures ou une perte persistante de minéralisation osseuse. L&rsquo;efficacité du dénosumab porte sur une réduction des fractures de hanches et vertébrales à 3 ans de traitements chez des femmes de plus de 60 ans à 75% en prévention primaire. Elle n&rsquo;est pas étudiée au delà de 3 ans dans les essais randomisés (mais les patients étaient suivi jusqu&rsquo;à 7-10 ans) et il y a un sur-risque de fractures à l&rsquo;arrêt du traitement. Ainsi, la dernière injection de dénosumab, il est recommandé donner des bisphosphonates en relai (1 injection de zoledronate 6 mois après la dernière injection de dénosumab, par exemple).</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Des <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/doi/10.2337/dci24-0094/160536/Metabolic-Dysfunction-Associated-Steatotic-Liver">recommandations</a> concernant la stéatose hépatique (MASLD: Metabolic Dysfunction–Associated Steatotic Liver Disease) ont été publié par la société américaine de diabétologie, car elle peut se compliquer de MASH (Metabolic Dysfunction–Associated Steatohepatitis), de CHC et de cirrhose. Elle est définie par une stéatose hépatique associée à 1 syndrome métabolique clinique ou biologique, sans prise significative d&rsquo;alcool (sinon ça devient une ALD: metabolic dysfonction and alcohol liver disease ou juste une ALD en l&rsquo;absence de syndrome métabolique associé). Chez les patients atteints de diabète de type 2, un pré-diabète ou ayant une obésité + 1 FDRCV, les auteurs recommande une évaluation du risque de fibrose et un dépistage par FIB-4 (âge, asat, alat, plaquettes) avec un seuil de 1,3. Si c&rsquo;est normal, à refaire tous les 2 ans, si c&rsquo;est anormal une mesure de l&rsquo;élastométrie (Fibroscan) est nécessaire. Mais si indisponible (car on manque de gastro&hellip;), une mesure sanguine &ldquo;ELF&rdquo; est indiquée avec un seuil de 9,8. Si c&rsquo;est inférieur, on refait refera un suivi tous les 2 ans, et si c&rsquo;est supérieur, l&rsquo;avis spécialisé est indispensable. Enfin, si un FIB-4 est supérieur à 2,67, un avis gastro est également nécessaire directement. Les implications thérapeutiques sont tout de même limitées. En cas de MASLD sans risque élevé de fibrose, les RHD réduisent l’aggravation et en cas de fibrose, le traitement repose essentiellement sur les RHD également. En cas d’obésité ou de diabète, des analogues du GLP-1 (notamment le semaglutide) ont montré une réduction de la progression et sont donc indiqués si un traitement est mis en place.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjC-5TN7_69C4uAw6S2CiGPIChIQvXk__g5_n6dWK5ChWkg68OhVnv3y_EnmPg4mBzDkakN3P3YtSgqPX-Q3Ek0H4jmDNrDyi4Qr5AbH4aw0-WhJCF2WOk4Alx4BY36E9UEAW49dKfKk-yEJ7BFp1V-98aJ7U4ZoQe_tMUGyw-V71MJzvVGRHHK5msDhPXz/s1418/MASH.png"><img src="/images/articles/2025/mash.png" alt=""></a></p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
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<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEieQN8YeD4-NNpgiIJwjZkeZWnuN2CglSx4z84WPMIj27_umAqSZkvf1amKJ8u1FEx9WWnplw2bxBaYHvGfWJxfKNDziKl5-sSmfBUE2yzE7suk0wEZtJcUEYqUA8RtlNLJMn4vTVFUoX2yLcgHWM2Cw1Uj90IuwL1PFLy9jPL-s4asKwpOFAr6AsiRMPCZ/s5041/8039.jpg"><img src="/images/articles/2025/8039.jpg" alt=""></a></p>
<p>1/ Exercice médical</p>
<p>Cet article du <a href="https://ai.nejm.org/doi/full/10.1056/AIoa2300015">NEJM-AI</a> a demandé à 300  non-spécialiste de classer des conseils médicaux générées par une IA ou par des médecins et de les classer en &ldquo;bonne qualité&rdquo; et &ldquo;mauvaise qualité&rdquo;. Les participants ne faisaient pas la différence entre IA ou médecin, mais semblaient préférer les réponses de l&rsquo;IA. Les réponses de &ldquo;mauvaise qualité&rdquo; de l&rsquo;IA étaient aimées autant que celles des médecins, et les participants étaient prêts à suivre les conseils de l&rsquo;IA même s&rsquo;ils pouvaient être dangereux ou conduire à des actes inutiles&hellip; Bref, tout ça va causes des problèmes à un moment&hellip;</p>
<p>Cet <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0895435624002348">article</a> qui était passé sous les radars étudie le niveau de preuve des principaux traitements prescrits en France, au Royaume Uni et aux Etats Unis. Déjà, il est intéressant de voir que le traitement n°1 en France est le paracetamol, qui est à la 14è et 115è place dans les 2 autres pays, et il y a de nombreuses discordances de intéressantes dans le classement des molécules! Sur l&rsquo;objectif de réel, on voit que quasiment toutes les molécules ont un bénéfice prouvé dans au moins 1 de leurs indications (sauf quelques un comme le phloroglucinol et la vitamine D où une absence de bénéfice est démontré&hellip;), mais on voit aussi que pour la moitié de leurs indications, il n&rsquo;y a pas de données&hellip;.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgE9ScORhJGp3UzgXu2N0Z2KuBpc3HzUqBvlJUvz1YKy2-Kfdt6PftOWlqLNLSqko3Ex3IAXTkxUKfQd_z9-CTcOFD1oKKhyX3hgbIANo31fmQ1Nd3fo2CmSh4GizqxR3Y3zuVMTtNv6-Y-bt-PDcT4VMnDpQJ9YqyxOu2nQ7bi1HWNsN_GIi9k3GpdRrtA/s508/traitements.jpg"><img src="/images/articles/2025/traitements.jpg" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiologie</p>
<p>Cet <a href="https://www.escardio.org/Councils/Council-for-Cardiology-Practice-(CCP)/Cardiopractice/asymptomatic-ventricular-extrasystoles">article</a> de cardiologie aborde les extrasystoles ventriculaires (ESV) asymptomatiques. Selon les auteurs cardiologues, tout épisode d&rsquo;ESV, même asymptomatique nécessite un bilan médical pour rechercher des red flags permettant de suspecter une cardiopathie sous jacente ou d&rsquo;évaluer le risque ultérieur de complications. L&rsquo;ECG recherchera notamment un QT court ou long, un Brugada (ST élevé suivi d&rsquo;une inversion de l&rsquo;onde T en V1-V3), des ondes T négatives, une HVG électrique, un trouble de conduction ou des ondes Q significatives. Le Holter ECG évaluera ensuite la fréquence. Enfin, l&rsquo;échographie transthoracique est recommandée. Globalement, dans la majorité des cas, elles sont quand même bénignes (ETT normale, ECG normal par ailleurs et ESV monomorphes), et le fardeau pourra guider le traitement, le seuil pouvant être placé entre 5000 et 10000 ESV par jour (mais comme là on parlait d&rsquo;ESV asymptomatiques&hellip;) Bref, le traitement symptomatique repose notamment sur les BB- cardio-sélectifs en 1ère ligne (bisoprolol ou metoprolol).</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Et si on se renouvelait dans le diagnostic de la BPCO ? En effet, le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2834253">diagnostic</a> pourrait désormais ne pas reposer seulement sur une &ldquo;obstruction spirométrique&rdquo; en intégrant des critères radio-cliniques. En effet l&rsquo;utilisation de ces nouveaux critères permet de diagnostiquer des patients avec un sur-risque de mortalité qui n&rsquo;auraient pas été étiquetés BPCO selon les critères spirométriques seuls. La question qui va se poser, c&rsquo;est : quelle est l&rsquo;efficacité des traitements chez ces patients? car comme ce sont des nouveaux critères, ils n&rsquo;étaient pas éligibles aux anciens critères &ldquo;BPCO&rdquo; utilisés dans les études&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiOjANggeMlwvBq9hFokqz0BB6DCBueXdZFjMsyOdEcbD8zVqpBLQq_v_FlAqGUsZ5lo1GfyAzf6HtytuTX89JXPfc5T0HXQM3oIAk5AwoWvoTVv5N8T3IWW1-_oOBE0UvbxWjEvwxSHHZXkhz5KbclXJnibIMGEcCZ4tLgq9DAP0-i97g8xJko2XBwiYUE/s933/BPCO.png"><img src="/images/articles/2025/bpco-2.png" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2504544">NEJM</a> revient sur le traitement de la crise d&rsquo;asthme combinant salbutamol +  budésonide si besoin versus salbutamol si besoin chez des patients de plus de 12 ans avec un asthme non controlé en pallier 1 ou 2 (salbutamol ou salbutamol + CSI à la demande). Après 52 semaines, il y a eu un taux annuel d&rsquo;exacerbation sévère de 0,15/an dans le groupe bithérapie à la demande, versus 0,32/an dans le groupe salbutamol seul. Il n&rsquo;y avait pas de différence sur les effets indésirables modérés ou sévères. Mais la prise plus fréquente de CSI peut inquiéter. Les auteurs ont donc comparé les doses de corticoïdes systémiques reçues entre les 2 groupes. Les patients sous bithérapie recevaient au final 38mg d&rsquo;équivalent prednisone en moins que ceux prenant le salbutamol à la demande, ce qui devait compenser les prises de CSI supplémentaires. Un point particulier dans la méthode de l&rsquo;étude était qu&rsquo;il était &ldquo;totalement décentralisé et virtuel&rdquo;, c&rsquo;est à dire que les patients étaient contactés via internet, les réseaux sociaux etc, l&rsquo;information faite en visio, les documents signés par internet, les produits envoyés par coursier aux participants et le suivi par une appli et des contacts en distanciel. Bref, cette étude est concordante avec celle similaire publiée en <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/05/dragi-webdo-n357.html">2022</a>.</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Cette <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-03016">revue</a> systématique a évalué si les régimes alimentaires avaient une incidence sur les symptômes d&rsquo;anxiété et de dépression. Les auteurs trouvent que des conseils concernant une restriction calorique chez des patients à haut risque cardiovasculaire pouvait réduire légèrement les symptômes dépressifs. Le résultat est d&rsquo;une taille d&rsquo;effet faible. Les régimes pauvres en graisse ou méditerranéen pouvaient avoir un bénéfice dans certains cas, mais la pertinence clinique de ces résultats est plus qu&rsquo;incertaine. Aucun effet sur l&rsquo;anxiété n&rsquo;a été retrouvé.</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/389/bmj-2025-084789">BMJ</a> publie une revue sur les urétrites à gonocoque. C&rsquo;est une infection fréquente (30/1000 personne par année, mais touchant davantage les HSH et travailleurs du sexe), généralement symptomatique, mais il faut environ 8 jours pour que les symptômes apparaissent. Les symptômes sont généralement génitaux mais il y a une dissémination hématogène dans 3% des cas avec possiblement une oligoarthrite ou une triade synovite, arthralgie, polyarthralgies. Le diagnostic est posé suite à un prélèvement avec une PCR qui est le moyen le plus fiable avec prélèvement urinaire et selon le type de rapports anal, vaginal et pharyngé. Le traitement antibiotique proposé varie selon les sociétés savantes et est essentiellement guidé par le taux de résistantes augmentant. Ainsi, les recos européennes proposent 1g de ceftriaxone + 2g d&rsquo;azithromycine, l&rsquo;OMS: 250mg de ceftriaxone +1g d&rsquo;azithromycine, les britanniques juste 1g de ceftriaxone, et le CDC américaine 500mg de ceftriaxone. La prise en charge passe aussi par l&rsquo;éducation des patients, parler des mesures de protections, dépister les partenaires, rechercher s&rsquo;il y a eu des violences et dépister les autres IST.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2833831">essai</a> randomisé a comparé les traitements de 2ème ligne après la metformine pour étudier si l&rsquo;insuline glargine, le gliméipride, le liraglutide ou la sitagliptine réduisait le risque de troubles cognitifs. Aucune différence n&rsquo;a été mise en évidence entre les différents traitements à 4 ans. Mais de façon exploratoire, le fait d&rsquo;avoir une HbA1C plus basse était associé à des scores cognitifs très modestement meilleurs.</p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un <a href="https://accpjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/phar.70020">article</a> revient sur le risque d&rsquo;anévrisme et de dissection aortique sous fluoroquinolone dans une étude de cohorte étudiant plus de 2 millions de prise de FQ appariée avec des prises de macrolides. La prise de FQ était associée à une augmentation du risque relatif d&rsquo;anévrisme et de dissection de 50% , ce qui correspond à un NNH de 5100 patients par an (4.2 vs 2.2 pour 10 000 patients par an) . C&rsquo;est donc particulièrement rare mais un peu plus fréquent que ce qui était décrit <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/03/dragi-webdo-n174.html">ici</a>.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>On en a parlé plusieurs fois, faut il prendre les anti-HTA le matin ou le soir ? Voici la 3ème étude &ldquo;BedMed&rdquo; qui vient trancher, les 2 précédentes étant discordantes (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/10/dragi-webdo-n373.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/08/dragi-webdo-n364.html">là</a>). Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2833860">essai</a> randomisé a inclus 3 000 patients suivis pendant presque 4 ans et il n&rsquo;y avait pas de différence dans la survenue du critère cardiovasculaire composite. Il y a une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2833842">sous-étude</a> qui ne concernait que les patients fragiles, âgés de plus de 80 ans (moyenne 88 ans), qui ne retrouve pas de différence non plus. On peut donc prendre ses traitements quand on préfère: matin ou soir. La principale différence entre les 2 essais qui ne montrent pas d&rsquo;intérêt et celui qui montrait un intérêt réside dans les faits que les 2 essais négatifs faisaient prendre &ldquo;tous&rdquo; les antiHTA le matin ou le soir, alors que l&rsquo;essai positif faisait prendre tout le matin versus &ldquo;au moins 1 le soir&rdquo;</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2834040">étude</a> intéressante a comparé l&rsquo;amiloride à la spironolactone dans le traitement de l&rsquo;HTA résistante. Une centaine de patients ont été randomisés et suivis pendant 3 mois. La baisse de PAS avec l&rsquo;amiloride (5mg) a été de -13.6mmHg et -14.7mmHg pour la spironolactone (12,5mg), ce qui a permis d&rsquo;établir la non infériorité de l&rsquo;amiloride par rapport à la spironolactone. Cependant, avec un suivi de 3 mois seulement, c&rsquo;est peu et les critères cardiovasculaires cliniques ne sont pas étudiés, et le nombre de patients était trop faible pour vraiment comparer les effets indésirables.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3605077/fr/papillomavirus-hpv-le-rattrapage-vaccinal-recommande-chez-les-femmes-et-les-hommes-jusqu-a-26-ans-revolus">HAS</a> a modifié sa recommandation concernant le vaccin anti-HPV, en recommandant désormais le vaccin jusqu&rsquo;à 26 ans en rattrapage, aussi bien chez les femmes que les hommes. C&rsquo;est un alignement sur les recos américaines par exemple. C&rsquo;est probablement pour une homogénéisation et cela réduire le risque de discrimination lié à l&rsquo;orientation sexuelle. Ce qui est sûr c&rsquo;est qu&rsquo;au dessus de 30 ans, ce n&rsquo;est pas cout-efficace (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/03/dragi-webdo-n305.html">ici</a>).</p>
<p>L&rsquo;USPSTF a publié une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2833883">recommandation</a> et la revue systématique correspondante : ils recommandent le dépistage de la syphilis pendant la grossesse avec un rang A. Cependant, les auteurs n&rsquo;ont trouvé aucune étude montrant que le dépistage réduisait le risque les complications materno-foetales&hellip; Sur les risques du dépistage, les auteurs recommandent un dépistage en 2 étapes, car il y a trop de faux positifs avec les tests en 1 seule étape (entre 0 et 65%). Sur la tolérance en cas de traitement, il y a 5% de réactions de Jarisch-Herxheimer. Bref, le rang A est peut être un peu élevé vu les études d&rsquo;efficacité sur lesquelles ce dépistage repose.</p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>Cette étude de cohorte d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-03353">Annals of internal medicine</a> évalue le risque de diverticulite selon le régime alimentaires. Avec un suivi de 400 000 patients-année et la survenue de 1500 cas de diverticulites, les auteurs trouvent que la consommation de fruits à coque n&rsquo;était pas associée à une augmentation du risque de diverticulite. Les régimes &ldquo;sains&rdquo; type DASH (proche du régime méditerranéen) étaient associés à un plus faible risque de diverticulite (difficile d&rsquo;avoir les chiffres absolus dans cet article&hellip;)</p>
<p> 5/ Psychiatrie</p>
<p>Un essai randomisé a été publié dans le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(25)00105-1/fulltext">Lancet</a> et évalue la thérapie cognitive en pleine conscience chez les patients avec un épisode dépressif majeur modéré à sévère en échec d&rsquo;une psychothérapie de 1ère ligne (12 séances, gratuite, organisé par le système de santé britannique). Les auteurs trouvent que la &ldquo;mindfulness&rdquo; réduit significativement les symptômes dépressifs de 2,49 points sur le PHQ-9 à 34 semaines (7,8 mois), et ce traitement aurait 90% de chance d&rsquo;être coût efficace, et n&rsquo;a pas d&rsquo;effets indésirables décrits. Cependant, les auteurs disent que la différence minimale cliniquement pertinente est de 2,59 points sur le PHQ-9, l&rsquo;étude ne montre donc pas de différence cliniquement pertinente.</p>
<p>6/ Rhumatologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3460983/fr/entorse-du-ligament-collateral-lateral-ligament-lateral-externe-de-cheville-diagnostic-reeducation-et-reprise-de-l-activite-physique-et-de-la-pratique-sportive">HAS</a> a publié des recommandations concernant l&rsquo;entorse du ligament collatéral (latéral externe) de la cheville. En gros, il va falloir 45min pour évaluer une entorse&hellip; on a rarement vu une reco aussi complexe pour un évènement aussi courant, probablement parce qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de généraliste &ldquo;non-médecin du sport&rdquo; et qu&rsquo;un seul urgentiste dans le groupe de travail. Il y a de nombreux tests tous décrits <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-05/_reco475_entorse_cheville_boiteaoutils.pdf">ici</a>.</p>
<p>Ainsi, tout traumatisme de la cheville nécessite un avis médical ou kiné dans les 24 heures.</p>
<p>L&rsquo;examen est d&rsquo;abord subjectif pour évaluer le mécanisme, les antécédent d&rsquo;entorse et la douleur, puis objective avec 1/ les critères d&rsquo;Ottawa (grade A) 2/ si positif, les critères bernois : test indirect de provocation fibulaire (10 cm proximalement à l’extrémité de la fibula), test direct de provocation de la malléole médiale et test de provocation par compression du médio-pied vers l’arrière-pied (grade B), 3/ si encore positif, un test au diapason 128Hz à 10cm de l&rsquo;extrémité distale de la fibula (grade C). S&rsquo;il est positif c&rsquo;est une indication à effectuer une radiographie &ldquo;face, profil et 3/4&rdquo;. L&rsquo;ensemble de ces étapes est recommandé, entre 5 et 65 ans, pour réduire le risque de faux positif avec les critères d&rsquo;Ottawa seuls. Après 65 ans le niveau de preuve est plus faible compte tenu du risque plus élevé de fractures.</p>
<p>Il est ensuite recommandé d&rsquo;évaluer l&rsquo;intégrité des ligaments latéraux de la cheville et de la syndesmose pour évaluer le garde de l&rsquo;entorse. Il est dit que la classification en grade est controversée mais c&rsquo;est quand même du grade A. L&rsquo;intérêt serait de repérer les entorse de grade III (&ldquo;atteinte structurelle importante du faisceau talo-fibulaire et du faisceau calcanéo-fibulaire&rdquo;, cliniquement: il peut y avoir un tiroir antérieur). Sont aussi recommandés: la manoeuvre en 8 avec un mètre ruban pour évaluer l&rsquo;oedème, Weight-Bearing Lunge Test (test de fente en charge) pour évaluer les amplitudes, Foot Lift Test pour évaluer la stabilité statique et Modified Star Excursion Balance Test pour l&rsquo;équilibre dynamique. On peut ensuite demander aux patients des données auto-rapportées sur son activité, notamment avec le Cumberland Ankle Instability Tool qui évalue la stabilité de la cheville. Enfin, il faut évaluer les facteurs pronostic de mauvaise récupération, mais il est impossible de recommander particulièrement certains facteurs.</p>
<p>Il ne faut pas oublier d&rsquo;éliminer les diagnostics différentiels: fractures, entorses de syndesmose, lésions du Chopard et du Lisfranc , ruptures tendineuses, luxations , fracture de fatigue, infections etc&hellip;.</p>
<p>On passe ensuite à la synthèse de l&rsquo;évaluation et à la recherche de drapeaux rouges. Il y a besoin de 5 figures pour les décrire, et c&rsquo;est de l&rsquo;avis d&rsquo;expert&hellip; On retiendra:</p>
<ul>
<li>initialement: les critères d&rsquo;Ottawa, une impotence majeure, un craquement ressenti, un oedème de l&rsquo;avant pied, un signe de Thompson (rupture achiléenne ou une plaie), un trouble vasculo-nerveux</li>
</ul>
<p> - à la réévaluation à 7 jours et 21 jours : l&rsquo;impotence persistante, la douleur persistante, l&rsquo;oedème persistant, l&rsquo;instabilité, des douleurs inflammatoires, l&rsquo;absence d&rsquo;amélioration avec la rééducation</p>
<ul>
<li>à 6 mois: une réévaluation est recommandée pour évaluer l&rsquo;instabilité, notamment si 2 épisodes de récidives ou instabilité ressentie en 6 mois, incapacité de réaliser une activité quotidienne liée à une déficience de la cheville.</li>
</ul>
<p>Sur le plan thérapeutique, pour les grade I et II, il est recommandé de réaliser le protocole RICE, même s&rsquo;il est dit que le protocole POLICE est plus scientifique (Protection du pied, Optimal Loading=mise en charge du pied, Ice= glaçage, Compression, Elevation au repos), et que le protocole PEACE&amp;LOVE serait mieux mais n&rsquo;a pas de niveau de preuve suffisant, retenons surtout POLICE. Ainsi, une rééducation précoce, une contention souple pour 2 semaines maxi, des glaçages, un encouragement de la marche et des mobilisations passives sont recommandés conjointement (aucun élément n&rsquo;est recommandé en monothérapie). Pour les grade III, une immobilisation de cheville est recommandée pendant 10 jours maxi puis, avec une attelle semi-rigide pour 2-6 semaines maximum. En phase chronique, c&rsquo;est de la kiné (mobilisations et exercices) qui est recommandée. La cryothérapie, les ultrasons, la stimulation électrique, le laser et l&rsquo;acuponcture ne sont pas recommandés comme traitement de phase chronique. La reprise du sport est possible selon le score Ankle-GO.</p>
<p>Bref, le plus &ldquo;clair&rdquo;, ça reste la figure qui n&rsquo;est présente que dans l&rsquo;argumentaire complet :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg-7ysphHnCp3Tnu4q1KSm_rW2Wim_039c4_WtNgZyab_kn9L3-znQoZnJId9Y1di4Sf5sJayob4Ne7UmLJmt44cfoSVrqSQQyGE9MWJ3rbqHFNzz3xohXmR1eVqIqTSg89TEl9fqfn4bTNW5eJ-D3NgYu-DTNLdcdVOjxEfeIUHAlDpRBOagYGc8Mcl0RO/s1951/cheville%20has.png"><img src="/images/articles/2025/cheville-20has.png" alt=""></a></p>
<p>7/ Endocrinologie</p>
<p>Après les études concernant le tirzépatide versus placebo dans l&rsquo;obésité, voici l&rsquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2416394">essai</a> randomisé le comparant au semaglutide (surmount-5). Il y a eu 750 patients âgés de  45 ans et avec un IMC moyen de 39 qui ont été suivis pendant 72 semaines. Les patients sous tirzépatide ont perdu 20% de leur poids contre 14% sous semaglutide, 20% des patients des patients sous tirzepatide ont perdu plus de 30% de leur poids contre 7% dans le groupe semaglutide. Concernant les effets secondaires, ils étaient similaires entre les 2 groupes : 44% de nausées, 27% de constipation, 23% de diarrhées et 21% de vomissements quand même. Mais malgré ce bénéfice sur le poids, il n&rsquo;y a toujours pas de bénéfice sur des critères cliniques cardiovasculaires.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°484 : cancer radio-induits, endométriose, ménopause, stress post-traumatique, CPAP/mortalité, anti-CETP, indicateurs diabète, Ixchiq, burnout médecins</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/05/dragi-webdo-n484/</link><pubDate>Mon, 12 May 2025 22:28:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/05/dragi-webdo-n484/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>A l&rsquo;heure des discussions autour du dépistage du cancer du poumon, cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2832778">article</a> évalue les projections de risques de cancer radio-induits par TDM chez les patients. Dans le modèle statistique de l&rsquo;étude, 90 millions de scanners ont été fait chez 60 millions de patients. Ils trouvent que 100 000 cancers seraient dus aux TDM, dont 10% chez les enfants, et que cela concernerait notamment des cancers pulmonaires, colo-rectaux, leucémies et du sein. Les hypothèses des auteurs vont jusqu&rsquo;à dire que les cancers radio-induits pourraient correspondre à 5% de l&rsquo;ensemble des cancers diagnostiqués. [édit: notons que la méthode et les résultats sont assez débattus ce qui rend difficile de connaitre la réelle fiabilité de ces résultats]</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/lansm-accompagne-la-campagne-vaccinale-contre-le-chikungunya-vaccin-ixchiq">ANSM</a> fait un point sur le vaccin vivant atténué Ixchiq contre le Chikungunya. En effet, il recommandé de ne pas le faire chez des patients de plus de 65 ans suite à 17 cas d&rsquo;effets indésirables graves dont 2 décès. La campagne de vaccination à la Réunion ciblait justement les plus de 65 ans. Les moins de 65 ans avec comorbidités (hypertension artérielle, diabète, maladies cardiovasculaires, respiratoires, rénales, hépatiques et neurovasculaires) peuvent toujours être vaccinées. Une surveillance de 15min est recommandée après chaque vaccination et une fiche d&rsquo;information est à remettre.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>L&rsquo;obicetrapib est un traitement oral, inhibiteur sélectif de la cholesteryl ester transfer protein (inhibiteur de CETP) qui vise à baisser le LDL. Il a été testé dans un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2415820">ECR du NEJM</a> chez des patients en prévention secondaire ayant un traitement &ldquo;maximal&rdquo; mais un LDL &gt; 1,0 g/L. Dès 3 mois, le LDL du groupe traitement baissait à 0,62g/L en moyenne alors qu&rsquo;il restait stable à 0,96g/L dans le groupe contrôle. Si on s&rsquo;intéresse à la sécurité, il n&rsquo;y avait pas de différence d&rsquo;effets indésirables. Les auteurs ne présentent pas de comparaisons, mais à 1 an, il y avait des évènements cardiovasculaires chez 4.2% des patients traités vs 5.2% dans le groupe placebo, et la mortalité toute cause était de 1.1% vs 1.4% respectivement. Affaire à suivre.</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)00721-4/abstract">Lancet</a> publie lui aussi son essai randomisé concernant l&rsquo;obicetrapib, cette fois ci, soit en association à l&rsquo;ezetimibe, soit seul, versus ezetmibe ou placebo (randomisation en 4 bras). Les patients avaient une maladie cardiovasculaire dans 70% des cas et leur LDL initial était d’environ 0,97g/L. A 3 mois, le LDL baissait de 46% avec la bithérapie, de 29% avec obicetranib seul, de 18% avec ezetimibe. Il n&rsquo;y avait pas de différence concernant les effets indésirables et trop peu d&rsquo;évènements cardiovasculaires à étudier.</p>
<p>Cet <a href="https://www.ahajournals.org/doi/full/10.1161/CIRCULATIONAHA.125.074388">article</a> de Circulation aborde le fait qu&rsquo;un régime pauvre en sel agit par le même mécanisme d&rsquo;action sur la tension que l&rsquo;utilisation de diurétiques thiazidique. Il n&rsquo;est donc pas nécessaire de demander à un patient de consommer moins de 5g/j de sel s&rsquo;il est sous thiazidique, d&rsquo;autant que cela peut augmenter les risques d&rsquo;hyponatremie. On avait déjà parlé ici du fait que la restriction sodée n&rsquo;était pas toujours très utile (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/06/dragi-webdo-n446.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n351.html">là</a>)</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>On est un peu à court de traitement dans la BPCO sévère malgré une double bronchodilatation voire une trithérapie inhalée si hyper-éosinophilie &gt; 300. Cet essai randomisé a étudié le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2413181">mepolizumab</a>, un anticorps monoclonal injectable, chez des patients BPCO avec exacerbation et éosinophiles &gt; 300. Leur mMRC était majoritairement ≥ 2, avec un CAT à 19. Le traitement a réduit significativement les exacerbations : 0,80/an versus 1.01/an (et 0,13/an vs 0,20/an pour les EABPCO hospitalisées). Les EI étaient similaires entre les 3 groupes. Bref, concluons sur l&rsquo;efficacité, c&rsquo;est statistiquement significatif mais cliniquement, c&rsquo;est peu, et même moins que ce que trouvait le dupilimab (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/05/dragi-webdo-n444-deficit-hypophysaire.html">ici</a>).</p>
<p>Alors que le traitement par pression positive <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/10/dragi-webdo-n413.html">n&rsquo;arrivait pas a démonter un bénéfice cardiovasculaire</a> de façon stricte en ECR, une nouvelle <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2810031">revue systématique</a> a été menée incluant des essais randomisés et non randomisés. Une fois encore, les auteurs trouvent que la CPAP en réduit pas ni la mortalité cardiovasculaire ni la mortalité globale, mais une efficacité en études non randomisées. Le mélange des 2 permettant de trouver un effet significatif sur la mortalité globale et cardiovasculaire. Les auteurs expliquent l&rsquo;échec du traitement en essai randomisé parce qu&rsquo;ils manquent de puissance, que les patients ne gardent souvent pas l&rsquo;appareil plus de 4 heures par nuit et qu&rsquo;en essai randomisé les patients sont souvent en prévention secondaire &ldquo;donc c&rsquo;est déjà trop tard&rdquo;. D&rsquo;un point de vu scientifique, les hypothèses sont d&rsquo;abord posée via les études non randomisées puis doivent être confirmées par des essais randomisés compte tenu du risque de biais. Si les essais randomisés, analysée en méta-analyse, ne montrent pas de bénéfice alors qu&rsquo;il y a plus de 5000 patients randomisés, il est possible qu&rsquo;avec davantage de patients inclus les différences puissent être statistiquement significative, mais la pertinence clinique sera douteuse.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgwtDMbdcVCEEEBMaW25mBhvx98I251wRbUDRGQdHRqcvTiisoy2E9QwSDcWfz5T8714xHQSlbNSEhwxUh9_OtiIjIlI4MYDpxHceOGimFFkxIg3XBmR0VAt5qdMEiVvxpLesiAXOjkx0vrwuDhIAyXPTswUuQn8L93zwWoviNQrSoSVbikuwdyxVzARfbp/s691/CPAP.png"><img src="/images/articles/2025/cpap.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/389/bmj-2024-082092">BMJ</a> a publié un essai randomisé incluant des patients ayant un syndrome de stress post-traumatique sortant de réanimation après avoir survécu à une maladie grave. Les patients étaient randomisés dans un groupe &ldquo;thérapie d&rsquo;exposition narrative&rdquo; (thérapie utilisant la narration pour reconditionner la mémoire) ou prise en charge habituelle. La thérapie consistait en 3 RDV de 45min avec leur généraliste et 8 entretiens téléphoniques de 15min avec des IDE. Bien que la thérapie améliore significativement les symptômes anxieux de 5,4 points sur le PDS score à 12 mois, cela n&rsquo;atteignait pas la pertinence clinique qui était de 6 points. Dommage&hellip; prévoir 3 RDV de 45min étaient une étude possiblement organisable pour certains patients au cabinet si c&rsquo;était cliniquement pertinent.</p>
<p>La prévalence du <a href="http://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-02896">burnout</a> (définie comme épuisement émotionnel élevé (≥27) ou dépersonnalisation élevée  (≥10) ou l&rsquo;accomplissement personnel faible (≤33) sur l&rsquo;échelle de Maslach) était de 10% chez les internistes américains. On est loin des <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/12/dragi-webdo-n337.html">44% de généralistes</a> en BO et des <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/05/dragi-webdo-n99.html">50% d&rsquo;étudiants en médecine</a>&hellip;</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2833235">Jama internal medicine</a> décrit les traitements non-hormonaux efficaces dans le traitement des troubles vasomoteurs de la ménopause d&rsquo;après des essais randomisés. On trouve :</p>
<ul>
<li>
<p>les IRS qui réduisent les symptômes de 10 à 25% par rapport au placebo (paroxetine 7.5mg le soir, citalopram 10-30mg/j, escitalopram 10-20mg/j, venlafaxine 37,5-75mg/j et desvenlafaxine 100mg/j)</p>
</li>
<li>
<p>le fézolinétant 45mg/j qui réduit les symptômes de 20-25% et nécessite une surveillance hépatique</p>
</li>
</ul>
<p>-  les anti-épileptiques : gabapentine 300-800 x3/j (ou juste au coucher mais peu étudié) qui réduit les symptomes de 10-20%, et la prégabaline 75-150 x 2/j qui réduit les symptômes de 15-25%</p>
<ul>
<li>
<p>les autres traitements médicamenteux: oxybutinine 2.5-5mg x2/j qui réduit les symptômes de 30-50% et la clonidine 0,025-0,1mg/j qui réduit les symptômes de 10-20%</p>
</li>
<li>
<p>les traitements non médicamenteux: la TCC (2h/semaine) qui réduit les symptômes de 15-25% et l&rsquo;hypnose (45min/semaine) qui réduit les symptômes de 45-55%</p>
</li>
</ul>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2833561">JAMA</a> publie une revue sur l&rsquo;endométriose, qui concerne environ 10% des femmes et 25% de celles avec douleurs pelviennes chroniques. La douleur, les dysménorrhées et les dyspareunies sont présentes chez la majorité des patientes. Un diagnostic d&rsquo;infertilité (pas de grossesse dans les 12 mois) concerne 20-25% des patients et 50% de ces dernières ont eu au moins 1 enfant . Il y a 4 formes endométriose:</p>
<ul>
<li>
<p>Superficielle : surface péritonéale de la séreuse des viscères abdominaux ou pelviens</p>
</li>
<li>
<p>Profonde: qui pénètre la surface péritonéale pelvienne (les ligaments utéro-sacrés) ou infiltrent la musculeuse des viscères (intestin, vessie ou uretère).</p>
</li>
<li>
<p>Les endométriomes: kystes ovariens avec glandes endométriales</p>
</li>
<li>
<p>Extrapelvienne: lésinos hors du bassin pouvant toucher tout organe (paroie abdo, thorax, cerveau&hellip;)</p>
</li>
</ul>
<p>La suspicion initiale repose sur la clinique. Puis l&rsquo;échographie est l&rsquo;examen de 1ère intention. Si l&rsquo;échographie ne montre pas de signe d&rsquo;endométriose profonde, extrapelvienne ou d&rsquo;endométriome, le traitement de 1ère ligne repose sur une contraception oestro-progestative ou progestative associée à des AINS. Si ces signes sont présents, ou qu&rsquo;il y a une infertilité, ou que l&rsquo;infertilité est un enjeu pour la patiente ou que le traitement de 1ère ligne est inefficace, un avis gynécologique est nécessaire (mais le traitement de 1ère ligne peut quand même être débuté si besoin). L&rsquo;avis gynécologique nécessitera une IRM pelvienne. La prise en charge pourra nécessiter des agonistes ou antagonistes de la GnRH, de la kiné pelvienne, des TCC, le recours à la PMA, une exploration ou un traitement chirurgical. Un certain nombre de conditions ont des symptômes similaires ou sont associées aux symptômes d&rsquo;endométriose et peuvent co-exister et donc les prendre en charge qu&rsquo;il y ait ou non une endométriose avérée (cf figure)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEitioSoQl5AEcKdBfdVcWveF3Q0fM1u76KyQjsINFe4v8lO5GX-7UIcN1decriKpTWgLXmEAaD4Qb7nR58J58lifG1jQuUkv5CsEK-8BQm2Z8-5SbVSYcqHFzEFe3UbekP6tI3faCLePiDkBj3bGqrEzNw2M63Zfn9fGxYmnBvC2WiT22FmrGDbo491OLBx/s1715/endom%C3%A9triose.png"><img src="/images/articles/2025/endom-c3-a9triose.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Diabétologie </p>
<p><a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-03770">L&rsquo;American College of Physicians</a> valide quelques indicateurs de qualité dans le suivi du diabète. On y retrouve, le suivi par HbA1C, le dépistage de rétinopathie, l&rsquo;évaluation de la fonction rénale (DFG et RAC) et le traitement par IEC ou ARAII si coronaropathie, Les autres indicateurs ne sont pas de bonne qualité.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°483 : Calendrier vaccinal (Reco), pharmaciens, VRS (nirsevimab, vaccin), F5 Leiden, semaglutide/MASH, audition, diabète, insuffisance surrénale, système de santé privé</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/05/dragi-webdo-n483/</link><pubDate>Sun, 04 May 2025 20:57:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/05/dragi-webdo-n483/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Hématologie</category><category>Hépatologie</category><category>ORL</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! En introduction, voici une <a href="https://diabetesjournals.org/care/article-abstract/doi/10.2337/dc24-2746/158094/Association-of-Patient-Cost-Sharing-With-Adherence?redirectedFrom=fulltext">étude</a> &ldquo;logique&rdquo;
mais il faut peut-être le rappeler à nos dirigeants politiques. Cette
étude rétrospective a utilisé les données d&rsquo;une assurance privée
américaine concernant 60 000 patients diabétiques. Les auteurs ont montré que plus le prix &ldquo;à payer par le
patient&rdquo; (out of pocket) concernant les analogues du GLP-1 était élevé, moins les patients prenaient leur traitement,
plus l&rsquo;observance était mauvaise et plus il y avait de consultations aux
urgences, de risque d&rsquo;hospitalisations liées au diabète, et d&rsquo;augmentations  des durées d&rsquo;hospitalisations. La conséquence de ceci était une
augmentation des coûts des prises en charges par les hôpitaux, et donc
par le service public à cause d&rsquo;avoir favorisé une médecine basée sur
des organismes d&rsquo;assurance privés ! Pour la suite des actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2833309">essai randomisé</a> français mené dans un service d&rsquo;accueil des urgences qui a proposé une intervention par les pharmaciens hospitaliers suite à des consultations pour effets indésirable médicamenteux. Les pharmaciens expliquaient au patient l&rsquo;EI, contactaient le pharmacien d&rsquo;officine et le médecin traitant du patient pour les informer et leur proposer une conduite à tenir. Par rapport à un groupe &ldquo;soins habituels&rdquo;, l&rsquo;intervention diminuait le risque de re-consultation aux urgences pour le même motif avec un NNT de 6 patients à 6 mois. En l&rsquo;absence d&rsquo;intervention plus de 20% des patients reconsultaient !</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>L&rsquo;essai qui fait parler de lui cette semaine concerne l&rsquo;efficacité &ldquo;en vie réelle&rdquo; du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanchi/article/PIIS2352-4642(25)00093-8/abstract">Nirsevimab</a> (Beyfortus). Cette revue systématique a inclus des études observationnelles. Parmi elles, seules 4 concernaient des patients en ambulatoire (soit 4000 patients) et le poids est majoritairement porté par 4 études espagnoles ayant inclus au total 50 000 patients dans des études de cohortes et des études rétrospectives sur les 60 000 patients analysés. Les auteurs trouvent que le nirsevimab a réduit de 86% le risque d&rsquo;hospitalisation pour bronchiolite (1.2% vs 23%), de 83% celui d&rsquo;admission en réanimation (0,5% vs 10%) et de 73% celui d&rsquo;infection respiratoire basses à VRS (0,7% vs 9%). Ce qui est particulièrement impressionnant c&rsquo;est le taux de 23% d&rsquo;hospitalisations pour bronchiolite (et 10% d&rsquo;enfant en réanimation) lié au recrutement hospitalier (par rapport aux <a href="https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/bronchiolite/la-maladie/#tabs">2-3%</a> dans des population ambulatoires). Il est important de poursuivre la surveillance nationale pour continuer au mieux à évaluer l&rsquo;efficacité du nirsevimab sur d&rsquo;autres saisons, l&rsquo;incidence des bronchiolites lors de l&rsquo;hiver 23-24 ayant été particulièrement atypique et limitant les comparaisons possibles.</p>
<p>Une <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1201971224001899">revue systématique</a> a étudié l&rsquo;efficacité du vaccin anti-VRS (Abrysvo) chez la femme enceinte pour protéger le nourrisson et chez les sujets âgés. Elle n&rsquo;a inclus que des essais randomisés. Chez l&rsquo;enfant, 2 essais ont pu être inclus et montrent une réduction des hospitalisations pour bronchiolite de 54% (1,1% versus 2%), des infections respiratoires basses à VRS sévères de  70% (0,5% vs 1,4%) et des infections respiratoires basses à VRS de 48% (1,5% vs 2,4%). Ce qui est intéressant, par rapport aux résultats ci dessus du Nirsevimab, c&rsquo;est que pour les groupes traitements (nirsebimab et vaccin) qu&rsquo;on a les mêmes des incidences d&rsquo;hospitalisation (1,1% et 1,2%) et de cas sévères identique (0,5% et 0,5%). L&rsquo;efficacité &ldquo;importante&rdquo; du nirsevimab en risque relatif est lié au lieu d&rsquo;inclusion : il y a beaucoup plus d&rsquo;hospitalisation quand on recrute à l’hôpital qu&rsquo;en ville (10% vs 2% ce qui est concordant avec les données de Santé publique France). Concernant les sujets âgés, l&rsquo;efficacité du vaccin était de 78% sur les infections respiratoires basses à VRS (0,6 pour 1000 vs 2,5 pour 1000) et de 87% sur les infections sévères (0,1 pour 1000 vs 1,0 pour 1000).</p>
<p>Voici le <a href="https://sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/vaccination/calendrier-vaccinal">calendrier vaccinal 2025</a> publié par la HAS sur le site du ministère ! Les points importants sont notamment l&rsquo;extension d&rsquo;obligation vaccinale pour le vaccin méningocoque ACWY jusqu&rsquo;à 24 mois (donc il faut vacciner ceux qui auraient eu un vaccin méningo C à 12 mois), et pour le vaccin méningocoque B jusqu&rsquo;à 24 mois également (donc vacciner ceux qui avait l&rsquo;option recommandé non obligatoire et qui n&rsquo;ont pas été vaccinés). Le vaccin ACWY est également recommandé entre 11 et 14 ans (privilégier 14 ans compte tenu du pic après entre 15 et 25 ans et de la durée d&rsquo;efficacité moins éprouvée à 5 ans de la vaccination), et le vaccin méningo B est proposable entre 15 et 24 ans (vaccination également recommandée à l&rsquo;étranger compte tenu du pic à cet âge). Concernant la coqueluche, une revaccination à 5 ans est recommandée pour les femmes enceintes non vaccinées pendant la grossesse (entre 20 et 36 SA) et les professionnels de santé en cas d&rsquo;épidémie. La vaccination anti-pneumocoque chez tous les plus de 65 ans est confirmée (et chez le nourrisson Prevenar 13 et Vaxneuvance : toujours pas de préférence annoncée). La vaccination par vaccin anti-VRS est recommandée chez les femmes enceintes entre 32 et 36SA et chez tout le monde à partir de 75 ans (ou 65ans + facteurs de risque). Le vaccin zona recombinant (Shingrix) est recommandé après 65 ans sans limite d&rsquo;âge supérieure. Aux Antilles, Guyane, Mayotte et La Réunion, le vaccin anti-dengue (Qdenga) est recommandé entre 6 et 16 ans si antécédent de dengue et entre 17 et 60 ans en cas de comorbidités, même pour les voyages &lt; 4 semaines vu l&rsquo;épidémie active, ce qui est confirmé par une mise à jour des <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1379">recommandation aux voyageurs</a> 2024 en attendant les recos 2025.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg3-uO49MUM5FX0HsIHmCObU1RZ5mz0cSF_4CeW0eNpfY4SDhiMDWf4zh86re-qaANjYI7DXPg-W5dBM0Jj5Kw7F0CLfr7yb0QmwXsLR6W-VnEXHgLi_UAPRsX1euBi-HkZOqtphWWzg6OhEiBq9RO67oPOasAtB7CXGqkuWiISLMEDPt9izD4tzfiEQ2Cw/s1176/vaccin%202025.png"><img src="/images/articles/2025/vaccin-202025.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Hématologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2833423">JAMA</a> aborde la mutation Facteur V Leiden. Il y a une indication à la dépister en cas de FV Leiden + antécédent de MTEV familial en prévision d&rsquo;une grossesse chez une patiente, et c&rsquo;est à peu près tout. La recherche n&rsquo;est pas recommandée chez les patients ayant une MTEV provoquée ou non provoquée car cela ne modifiera pas la stratégie thérapeutique, ni chez les patientes avant une contraception oestro-progestative (le risque de base étant de 0,1% par an, il n&rsquo;est que de 0,3% par an en cas de facteur V Leiden hétérozygote, et monte à 0,86% par an si homozygote mais c&rsquo;est rare).</p>
<p>4/ Hépatologie</p>
<p>Quand on perd du poids, cela améliore la stéatose. C&rsquo;est ce qu&rsquo;a  confirmé cet <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2413258">essai randomisé</a> testant le semaglutide 2,4mg dans le traitement de la MASH (Metabolic dysfunction Associated Steato-Hepatitis). Après 1 an, les patients traités avaient une résolution de la stéato-hépatite sans majoration de fibrose a été retrouvée pour 62% des patients vs 43% du groupe placebo (NNT=4) et une réduction de la fibrose chez 37% des patients versus 22% (NNT=7).  A noter que la perte de poids du groupe semaglutide était de -10,5kg versus -2kg.</p>
<p>5/ ORL</p>
<p>Une <a href="https://www.annfammed.org/content/early/2025/04/21/afm.240346">étude</a> montpelliéraine s&rsquo;est intéressée au dépistage des troubles auditif en médecine générales grâce à des tablettes. Ils utilisaient les outils &ldquo;SoTone&rdquo; (son isolé) et &ldquo;SoNoise&rdquo; (écoute en milieu bruyant) de l&rsquo;application &ldquo;Sonup&rdquo;. Sur les 500 patients éligibles, le test n&rsquo;a pu être effectué que chez 40% (notamment parce que le médecin n&rsquo;avait pas le temps, et parfois parce que le patient refusait par manque de temps, barrière de langue ou sans raison particulière). Parmi les 219 participants, 27% avaient une hypoacousie mais seulement 24% a été consulter un ORL malgré la demande du généraliste. Moins de 7 minutes de consultations permettaient de réaliser les 2 tests (incluant 2 minutes d&rsquo;explications). Le SoTone réalisé seul (1 min 10sec) avait une sensibilité de 92% (faute de frappe dans l&rsquo;article qui met 2%) soit une VPP de 92% et une VPN de 50%. Il serait donc possible de dépister efficacement les troubles auditifs chez les plus de 50-60 ans en à peine 3minutes de consultation!</p>
<p>6/ Endocrinologie</p>
<p>Après 20 ans de suivi, voici les données du &ldquo;<a href="https://diabetesjournals.org/care/article/doi/10.2337/dc25-0014/158195/The-Diabetes-Prevention-Program-and-Its-Outcomes?searchresult=1">diabetes prevention programme</a>&rdquo;, essai randomisé qui étudiait l&rsquo;effet des règles hygiéno-diététiques &ldquo;intensives&rdquo; et de la metformine par rapport à un placebo chez des patients prédiabétiques. Ainsi, les RHD ont réduit le risque de diabète de 24% et la metformine de 17%. Les patients du groupes RHD intensives avaient moins de risque de fragilité à 20 ans. Il n&rsquo;y avait pas de différence sur la survenue de complications micro- ou macro-vasculaires (ce qui est un peu décevant, mais peut s&rsquo;expliquer par le fait qu&rsquo;à partir de 2002, les 3 groupes avaient une intervention de RHD). Cependant, les patients devenus diabétiques avaient un risque supérieur de micro-angiopathie par rapport aux non diabétiques (donc un bénéfice indirect des interventions, et notamment des RHD intensives)</p>
<p>Cet <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-03849">essai randomisé</a>, avec participation importante du sponsor pharmaceutique, a comparé l&rsquo;augmentation du dosage de dulaglutide versus un switch vers du tirzépatide chez des patients diabétiques de type 2 avec HbA1c entre 7% et 9,5%. Après 40 semaines, les patients sous dulaglutide augmenté à 4,5mg avaient une baisse d&rsquo;HbA1c de 0,67% (et -3,6kg) et ceux sous tirzépatidde de 1,44% (et -10,5kg) soit une différence significative de 0,77% (et -6,9kg). Malheureusement, l&rsquo;efficacité sur des critères cliniques n&rsquo;a pas été étudiée&hellip;</p>
<p>Enfin, le <a href="https://www.bmj.com/content/389/bmj.r330">BMJ</a> aborde l&rsquo;insuffisance surrénalienne en synthétisant les recos du NICE. Les causes primaires sont essentiellement auto-immunes, infectieuses (tuberculose), médicamenteuses (anti-coagulation par hémorragie surrénalienne, imidazolés, phénytoïne, rifampicine) et cancéreuse (métastases bilatérales). Les causes secondaires sont toutes les pathologies touchant la tige pituitaire (adénomes, tuberculose, sarcoïdose, trauma, infection&hellip;) et les causes tertiaires sont essentiellement le Cushing et les corticoïdes. Les symptômes d&rsquo;IS chronique sont notamment une perte de poids, une appétence pour le sel, des nausées, vomissements et diarrhées, une faiblesse musculaire, une asthénie, une hyponatrémie, une hyerkaliémie et notamment chez l&rsquo;enfant des hypoglycémies et hypotensions. La crise aiguë se manifeste par ces mêmes troubles ioniques avec hypotensions, douleurs abdominales. Il faut alors injecter 100mg d&rsquo;hydrocortisone IM et laisser la main aux services d&rsquo;urgences. Un cortisol &lt; 150nmol/L signe l&rsquo;insuffisance, entre 150 et 300 on ne sait pas trop, et &gt; 300 l&rsquo;insuffisance est exclue. Le traitement initial repose essentiellement sur de l&rsquo;hydrocortisone à 15-25mg/jour réparti en 2-4 prises (ou prednisone 3-5mg/j). La fludrocortisone entre 50µg et 300µg peut être ajoutée en cas d&rsquo;absence de normalisation du ionogramme ou si persistance de symptômes.</p>
<p>C&rsquo;est fini! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°482 : Vitamine D (reco US), metformine/arthrose, maltraitance/pédiatrie, FA/AVC, score calcique, activité physique, mode de vie familial, transmission grippe, sevrage tabac</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/04/dragi-webdo-n482/</link><pubDate>Mon, 28 Apr 2025 23:05:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/04/dragi-webdo-n482/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Prévention</category><category>Addictologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici sans plus attendre les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une étude d&rsquo;<a href="http://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-01967">Annals of internal medicine</a> revient sur le risque d&rsquo;AVC à 1 an chez les patients atteints de FA dans une étude de cohorte rétrospective. Il y a eu 20 000 patients inclus, et à 1 an, seulement 30% environ des patients avaient un traitement anticoagulant (y compris en cas de CHA2DS2-VA &gt;4). Chez les patients sans anticoagulants, le risque d&rsquo;AVC était de 0,8% à 1 an si CHA2DS2-VA entre 1 et 4, et de 1,8% si supérieur à 4. C&rsquo;est assez concordant avec le faible risque retrouvé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/05/dragi-webdo-n183.html">ici</a> et le faible risque de décès (0,2%) à 30 ans chez des femmes non traitées d&rsquo;après <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/06/dragi-webdo-n100.html">Woolf</a> en 1999.</p>
<p>Voici un nouvel article sur le score calcique. C&rsquo;est une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2831117">revue narrative</a> dont l&rsquo;intérêt est le tableau ci dessous. Les auteurs l&rsquo;utilisent pour dire &ldquo;que le score calcique pourrait aider à mieux traiter les patients borderline qui ne sont pas déjà sous statine&rdquo;. Cependant, on voit que pour les patients avec un risque &lt; 5% selon le score américain ASCVD, il est inutile, pour ceux entre 5% et 7,5% il pourrait faire modifier la prise en charge qui est basée sur &ldquo;considérer un traitement selon une décision partagée&rdquo;, et en fait plutôt permettre de déprescrire. En aucun cas il augmente la force d&rsquo;indication à mettre un traitement par rapport aux recos américaines basées sur leur score clinico-biologique.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhS-5KewvgjDuEZPj5F-sY6isK-fkx5oeLpfEGafSXFpy5_8H4qung5w8nvw_maf96gyyP4GtFPTCD-d7ZJ29o-eQ7CO81ggqyXE_GlSAVXcbW9mjGzx7stk-6kpQnINHtDupCTrsj3jRQgpRQi94SrUpLQT8f35FFoY2u3_0wHK-7e5AvcxFnPJ8k5j0pK/s1963/score%20calcique.png"><img src="/images/articles/2025/score-20calcique.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Prévention</p>
<p>Cette <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.124.070335">étude de cohorte</a> incluant 26 000 patients suivis pendant 20 ans a évalué le risque cardiovasculaire en fonction du niveau d&rsquo;activité par semaine mesuré en &ldquo;MET-minute par semaine&rdquo; (on regarde le nombre de MET aux activités et on multiplie par la durée de l&rsquo;activité en minute, en cumulant toute activité physique réalisée sur la semaine). Les auteurs trouvent que, par rapport aux patients réalisant moins de 500MET-minute/semaine, il y avait un bénéfice de l&rsquo;activité physique sur le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire jusqu&rsquo;à 3000 MET-minute par semaine, mais que la réduction de mortalité globale était la plus importante pour les patients au delà de ce seuil.</p>
<p>Voici l&rsquo;article vitamine D du mois avec les <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2833140">recommandations</a> de la société américaine d&rsquo;endocrinologie. Les auteurs sont contre le dépistage systématiques chez les adultes en bonne santé. Les auteurs recommandent une supplémentation 1/ chez les enfants de 1 à 18 ans pour &ldquo;potentiellement&rdquo; réduire le risque d&rsquo;infection pulmonaires (en effet les revues systématique <a href="https://www.bmj.com/content/356/bmj.i6583">ici</a> et <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(24)00348-6/fulltext">là</a> montre un bénéfice uniquement chez les 1-15 ans mais sans interaction ce qui signifie qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de raison d&rsquo;interpréter cette classe d&rsquo;âge différemment de l&rsquo;ensemble des populations) 2/ chez les sujets âgés pour &ldquo;potentiellement&rdquo; réduire la mortalité (bah non , cf <a href="https://www.bmj.com/content/348/bmj.g2035">les revues systématiques</a> et <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(21)00345-4/abstract">essais randomisés</a> plus récents, c&rsquo;est les comparaisons d&rsquo;études observationnelles qui montrent un bénéfice) 3/ en cas de pré-diabète pour réduire la progression du diabète (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/02/dragi-webdo-n386.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/12/dragi-webdo-n466.html">là</a> &hellip;). Il n&rsquo;y a que des recommandations &ldquo;conditionnelles&rdquo; basées sur un niveau de preuve faible, comme quoi il s&rsquo;en est fallu d&rsquo;un cheveu pour que ces recos disent qu&rsquo;il ne fallait jamais supplémenter. Le cheveu en question peut être les liens d&rsquo;intérêt. En effet, sur les 14 experts de la reco, il est noté qu&rsquo;un seul avait des liens d&rsquo;intérêt significatifs, mais en tapant au hasard le nom de quelques autres experts sur pubmed, ils ont des liens d&rsquo;intérêt pharmaceutiques déclarés dans les autres articles qu&rsquo;ils ont publiés&hellip;.</p>
<p>Cette étude d&rsquo;<a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2214109X21003193?via%3Dihub">Annals of family medicine</a> rappelle qu&rsquo;il est important de prendre en charge le patient et sa famille quand il s&rsquo;agit de modifications du mode de vie. C&rsquo;est un essai randomisé proposant une intervention comportementale familiale de prévention cardiovasculaire (dépistage des facteurs de risque cardiovasculaire, séances de modification du mode de vie, orientation vers un centre de 1er recours si nécessaire). Ainsi, 750 familles ont été incluses soit 1600 personnes, et après 2 ans, les patients du groupe traité avaient un IMC plus bas que le groupe contrôle (-1,1kg/m²), la publication princeps ayant déjà montré qu&rsquo;ils avaient également un meilleur contrôle tensionnel, du cholestérol et moins de tabagisme.</p>
<p>3/ Addictologie</p>
<p>Toujours pas disponible en France, les preuves d&rsquo;efficacité de la cytisine s&rsquo;accumulent dans le sevrage tabagique (on en avait déjà parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/05/dragi-webdo-n398.html">ici</a> ou <a href="https://www.medicalement-geek.com/2014/12/dragi-webdo-n29-recos.html">là</a>). Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2832701">essai randomisé</a> compare la cytisine (aussi appelée cytisinicline) pendant 6 semaines ou pendant 12 semaines versus placebo. Les patients du groupe intervention avaient un succès du sevrage supérieur au groupe placebo (NNT  pour 6 semaines de traitement = 12  , et pour 12 semaines de traitement  = 5). Après la fin du traitement, l&rsquo;évaluation de la persistance du sevrage à 24 semaines une efficacité persistante avec un NNT de 18 pour le traitement de 6 semaines et de 6 pour 12 semaines de traitement. </p>
<p>Passons à la varenicline testée chez les jeunes de 16 à 25 ans dans <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2833137">un essai randomisé</a> en 3 groupes: varenicline + conseils + SMS, placebo + conseils+SMS, soins courants + SMS. Après 12 semaines, le sevrage atteignait 51% dans le groupe varenicline, 14% dans le groupe placebo+ conseils et 6% dans le groupe soins courants, soit un NNT de 3 patients pour la varénicline. A 24 semaines, l&rsquo;abstinence se maintenait avec un NNT de 5 patients.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Voici l&rsquo;essai de la semaine publié dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2833338">JAMA</a>. C&rsquo;est la metformine (2000mg/j) testée versus placebo chez des patients de 58 ans ayant de l&rsquo;arthrose du genou. L&rsquo;EVA initiale était de 59/100 et a baissé de 31 points sous metformine et de 19 points sous placebo à 6 mois. Ainsi, la différence est statistiquement significative -11,4 points entre les 2 groupes. Cependant, les auteurs ont pré-spécifié que la différence minimale cliniquement pertinente était une différence de 15 points. Difficile d&rsquo;être d&rsquo;accord avec leur conclusion &ldquo;ces résultats soutiennent l&rsquo;utilisation de la metformine pour le traitement de l&rsquo;arthrose symptomatique du genou chez les personnes souffrant de surpoids ou d&rsquo;obésité&rdquo;, on est dans la même situation que l&rsquo;efficacité statistique et non cliniquement significative que l&rsquo;ostéopathie ou l&rsquo;acide hyaluronique.</p>
<p>5/ Pédiatrie</p>
<p>Une revue du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2833017">JAMA</a> s&rsquo;est intéressé aux éléments cliniques pertinents à relever pour suspecter une maltraitance chez un enfant. Dans le cadre d&rsquo;un traumatisme crânien, les hémorragies rétiniennes ont un rapport de vraisemblance positif de 11. Pour les autres éléments,  des ecchymoses des fesses (RV+ entre 15 et 83!) ou sur le cou (RV+ entre 2,2 et 84!) ou des ecchymoses à répétition (RV+ entre 2 et 66!) et des hémorragies sous-conjonctivales (RV+ entre 5,4 et 130!) sont les éléments les plus évocateurs. Les  lésions orales comme rupture du frein labial (RV+ = 6,6) et toute fracture (RV+ =5,9) sont également des signaux mais loin derrière les principaux signes.</p>
<p>6/ Infectiologie</p>
<p>On avait parlé du Baloxavir comme le seul anti-grippal s&rsquo;approchant d&rsquo;un bénéfice clinique sur les hospitalisations et réduisant les symptômes de la grippe de 1 jour (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/01/dragi-webdo-n469.html">ici</a>). Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2413156">NEJM</a> a publié un essai randomisé international évaluant une dose unique de baloxavir pour réduire la transmission de la grippe dans les foyers. Le patient index avait donc soit un traitement dose unique soit un placebo et l&rsquo;entourage était testé à J5 pour évaluer le critère de jugement principal de contamination. Le critère secondaire était les cas positifs symptomatiques dans l&rsquo;entourage. Il y eu 1500 cas index inclus et 2500 membres de l&rsquo;entourage étudiés. Le critère de jugement principal (biologique) a été retrouvé chez 8,4% membres de l&rsquo;entourage du groupe traité et 11,9% du groupe contrôle (NNT= 29, p = 0,01). Si on passe au critère secondaire (biologique et clinique), il était retrouvé chez 5% pour le groupe traité et 6,6% contrôle, sans différence significative. Donc on voit quand même que même sans traitement la transmission est plutôt faible et que le traitement ne réduit pas la transmission symptomatique qui est encore plus faible.</p>
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<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh_Xi6Ep4YBbcx6SozefQ8tt2f3fz1CfcJtJpsISvhmX1OMBdYO6QN-5Oor8_n12Ov-SlzFL12DbBkmfTh2j8anxVRmOJyCZXcPmPYUYe2miXec6PgB9Bg-Z60w_zOINoxNC1rfCdwfs5PQeyY1hbhaZc560HUsNqSCQjbC6c2up7JU1nz8-YJKdaqIcUti/s1738/taches%20ill%C3%A9gitimes.png"><img src="/images/articles/2025/taches-20ill-c3-a9gitimes.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>On  en avait déjà parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n333.html">ici</a>, l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/le-proto-des-cas-dintoxication-toujours-en-augmentation">ANSM</a> revient sur les intoxications au protoxyde d&rsquo;azote (N2O). Il y a eu une augmentation de 30% des signalements aux centres de pharmacodépendance-addictovigilance pour la consommation de N2O en 1 an, liés à plus de 90% des cas à des prise de doses élevées et dans 50% des cas la consommation était régulière. C&rsquo;est malheureusement assez concordant avec <a href="https://www.tandfonline.com/doi/10.1080/00952990.2024.2392566">cette étude</a> chez les étudiants en médecine, qui retrouvait que 70% avaient déjà testé le N2O de façon récréative, que 20% consommaient mensuellement et que 8% avaient déjà eu une complication notamment en cas de prises supérieures à 10 ballons.</p>
<p>On entend souvent dire qu&rsquo;il y a beaucoup trop de cours de &ldquo;relation et communication&rdquo; en médecine générale. Cette revue systématique d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-02904">Annals of internal medicine</a> a trouvé que, dans incidents mettant en danger les patients, les problèmes de communication étaient impliqués dans 24% des cas et exclusivement responsables dans 13%  des cas.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le seuil du nt-proBNP dans le diagnostic de l&rsquo;insuffisance cardiaque est toujours autant étudié: 125? 400? autre chose? (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/02/dragi-webdo-n127.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/dragi-webdo-n382.html">là</a>). Cette nouvelle <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.124.072156">étude</a> de Circulation concerne l&rsquo;insuffisance cardiaque à FE préservé et fait introduire la notion d&rsquo;IMC pour choisir les seuils. Ainsi, le seuil de 125 a une sensibilité de 82% si IMC &lt; 35 mais est moins performant (67%) au delà. Le seuil &gt;500 a une spécificité de 85% si IMC &lt; 35 et de 100% si IMC &gt; 35. Mais si IMC &gt; 35, un seuil de 220 a déjà une sensibilité de 90% environ. Enfin, quel que soit l&rsquo;IMC, un nt-proBNP &lt; 50 excluait l&rsquo;insuffisance cardiaque avec une sensibilité de 97%. Au total, on peut retenir de cette étude, les seuils:  nt-proBNP &lt; 50 = exclusion de l&rsquo;IC, et pour le diagnostic: &gt; 125 si IMC &lt; 35 et &gt; 420 si IMC &gt; 35.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Cet <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2416112">essai</a> randomisé français a comparé l&rsquo;apixaban 5mg x 2 par jour versus 2,5mg x 2 par jour chez des patients atteints de cancer dans le traitement préventif des MTEV suivant un épisode de phlébite traitée par 6 mois à pleine dose. Les auteurs ont confirmé la non-infériorité du dosage réduit par rapport au dosage classique sur le risque de survenue de récidive (2,8% versus 2,1%). De plus, il y avait un risque d&rsquo;hémorragie plus faible avec le faible dosage (12,1% vs 15,6%).</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>En attendant le nouveau calendrier vaccinal français qui ne devrait pas tarder, voici le <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-25-01576">calendrier américain</a> 2025. Chez l&rsquo;enfant, on retrouve les classiques DTPCa, hépatite B, pneumocoque, haemophilus, varicelle (politique vaccinale américaine depuis longtemps), rotavirus, puis anti-HPV entre 9 et 14 ans. Mais on trouve aussi nirsevimab si la mère n&rsquo;a pas été vaccinée, les vaccins Covid et grippe annuels dès 1 an, et hépatite A. Le vaccin anti-méningo ACWY n&rsquo;est recommandé qu&rsquo;à 11 et 16 ans (soit 2 doses), et le vaccin méningo B n&rsquo;est recommandé que selon un modèle de décision partagée entre 16 et 23 ans. Chez l&rsquo;adulte, les DTPCa sont tous les 10 ans (et à chaque grossesse pour les femmes), les vaccins grippe et covid sont toujours recommandés annuellement. Et il y a aussi le vaccin VRS à partir de 75 ans (ou 60 ans si facteurs de risque), le vaccin zona recombinant à 50 ans, et le vaccin pneumocoque à 50 ans (soit P15 suivi du P23 ou P20, soit 1 dose P20 ou P21)</p>
<p>La <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)00628-2/abstract">gepotidacine</a> est un nouvel antibiotique, la 1er triazaacénaphtylène bactéricide (ça fait des points au Scrabble, mais en gros, elle inhibe la réplication de l&rsquo;ADN bactérien). Bref, voici un essai randomisé du Lancet comparant la gepotidacine orale (3g pris à H0 et H12) à 500 mg de ceftriaxone IM + 1g d&rsquo;azithromycine oral dans le traitement de l&rsquo;infection urogénitale à gonocoque évaluée à 1 semaine du traitement par culture. Il y a eu 600 patients analysés ( 70% d&rsquo;hommes HSM, 20% d&rsquo;hommes HSF, 10% de femmes). La gepotidacine a été efficace chez 93% des patients et le traitement classique à 92%. Cependant, il y avait 74% d&rsquo;effets indésirables dans le traitement testé versus 16% dans le traitement classiques (NNH=2). Les effets indésirables étaient modérés et quasiment tous gastro-intestinaux.</p>
<p>5/ Neurologie</p>
<p>Voici une méta-analyse de <a href="https://www.nature.com/articles/s41562-025-02159-9">Nature</a> a étudié l&rsquo;association entre l&rsquo;utilisation de technologies (smartphone, internet, ordinateur) et le risque de déclin cognitif. A partir des études observationnelles incluant 400 000 patients âgés de 69 ans en moyenne, les auteurs trouve que l&rsquo;utilisation de technologies réduisait le risque de troubles cognitifs et le déclin cognitif au cours du temps. Mais encore une fois, est-ce que c&rsquo;est parce que les capacités cognitives sont bonnes qu&rsquo;on utilise des technologies ou parce qu&rsquo;on utilise des technologies qu&rsquo;elles le sont&hellip;</p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°480 : allaitement (USPSTF), pneumopathies (NICE), OMA, vaccin zona/démences, guide en radiologie, gonocoque/chlamydia, traitements BPCO</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/04/dragi-webdo-n480/</link><pubDate>Sun, 13 Apr 2025 20:30:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/04/dragi-webdo-n480/</guid><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><category>Pneumologie</category><category>Neurologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2830127">essai randomisé</a> comparant un groupe contrôle à un groupe de médecin qui bénéficiaient d&rsquo;un guide au choix de prescription d&rsquo;examen d&rsquo;imagerie mis en place par la société européenne de radiologie (<a href="https://www.esriguide.org/">ESR iGuide</a>). Point intéressant, il n&rsquo;y avait que 6-7% d&rsquo;examens d&rsquo;imagerie inappropriés. Cependant, l&rsquo;utilisation du guide n&rsquo;a pas amélioré ce taux d&rsquo;examen inappropriés. Voici les autres actualités, bonne lecture !</p>
<p>1/ Infectiologie</p>
<p>Cette étude d&rsquo;<a href="https://www.annfammed.org/content/23/2/136">Annals of internal medicine</a> a inclus d&rsquo;après un registre américain, plus de 6000 patients avec chlamydia et 2000 avec gonocoque. Les auteurs ont trouvé qu&rsquo;il y avait 25% des patients avec chlamydia et 30% avec gonocoque qui n&rsquo;avait pas eu de prescriptions d&rsquo;antibiotiques dans les 30 jours suivants le diagnostic&hellip; De plus, le traitement recommandé de doxycycline pour chlamydia n&rsquo;était prescrit que dans 14% des antibiothérapies et la ceftriaxone pour le gonocoque dans 39% des cas. Il y a donc encore pas mal de progrès à faire&hellip;.</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp2400531#f4">NEJM</a> publie une revue narrative sur les otites moyennes aiguës chez l&rsquo;enfant. Selon les auteurs, environ 1/3 des viroses des voies respiratoires supérieures se compliquent d&rsquo;une OMA dans un délai moyen de 4 jours. Les prélèvements retrouvent une bactérie dans 80% des cas,  incluant des pneumocoques (40% de sensibilité diminuée aux pénicillines), les Haemophilus (50% producteurs de beta-lactamases) et M Catarrhalis (100% de beta-lactamases). L&rsquo;otoscopie fait le diagnostic, et repose essentiellement sur 1 seul signe: le bombement tympanique. Les autres formes d&rsquo;otites sont la myringite bulleuse, l&rsquo;otite pavimenteuse (avec plein de petites bulles dessus et qui serait un signe de régression de l&rsquo;OMA mais c&rsquo;est pas clair) et l&rsquo;otite séreuse. Sur le plan thérapeutique, vu l&rsquo;évolution naturelle et la rareté des complications (4 mastoïdites pour 10 000, NNH de ne pas traiter: 5000), une
surveillance initiale est adaptée dans les formes non sévères (sans que
des critères de sévérité unanimes n&rsquo;aient été définis). Concernant les antibiotiques, le NNT pour être asymptomatique à 3 jours, ou 7 jours est d&rsquo;environ 20 patients. Les antibios réduisent le risque de bilatéralisation (NNT=11) et le risque de perforation (NNT=33). Le NNH pour les diarrhées sous antibiotiques est de 5-8 patients. L&rsquo;amoxicilline est le traitement de 1ère ligne, mais l&rsquo;amoxicilline+acide clavulanique peut être préféré si suspicion d&rsquo;Haemophilus (conjonctivite, antibiotiques dans les 30 jours, otorrhée). Enfin, avant 24 mois, un traitement de 5 jours semble insuffisamment efficace par rapport à un traitement de 10 jours (34% d&rsquo;échec versus 16%). Les otites récurrentes sont définies comme 3 épisodes en 3 mois ou 4 en 12 mois. Dans 5 essais de qualité moyenne, les ATT pour OMA récurrentes réduisaient le nombre d&rsquo;épisode d&rsquo;OMA dans les 6 mois de 1 (ce qui semble pas terrible), mais correspondant quand même à un NNT à 6 mois de 3 patients à traiter pour ne pas avoir de récidive d&rsquo;OMA.. Dans un bon essai récent, il n&rsquo;y avait pas de différence significative chez des enfants majoritairement âgés de 6 à 24 mois sur le nombre de récidive d&rsquo;OMA à 2 ans de suivi (c&rsquo;est peut être un peu long 2 ans d&rsquo;un point de vue parental, car si on regarde les courbes de l&rsquo;étude, il y a une différence probablement significative à jusqu&rsquo;à 12 mois après intervention) .</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2832389">USPSTF</a> a publié une recommandation en faveur de la réalisation d&rsquo;intervention en soins primaires ou d&rsquo;adressages pour mettre en place des interventions sur l&rsquo;allaitement pendant la grossesse et le post-partum. En effet, ces interventions améliorent l&rsquo;initiation et la durée de l&rsquo;allaitement maternel (dont les bénéfices rappelés sont notamment des réductions de l&rsquo;asthme, des infections respiratoires et digestives et de la mortalité chez l&rsquo;enfant, et des réductions du cancer de l&rsquo;ovaire, du diabète et de l&rsquo;HTA chez la mère). Initier et poursuivre l&rsquo;allaitement c&rsquo;est bien (si souhaité!), mais la durée des congés parentaux en France n&rsquo;appuie pas tellement le maintien dans de bonnes conditions dans la durée..</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Le débat de la double bronchodilatation (LAMA+LABA) versus trithérapie (LAMA+LABA+CSI) dans la BPCO fait toujours rage chez les pneumologues. Cet article de l&rsquo;<a href="https://publications.ersnet.org/content/erjor/11/2/00438-2024">ERJ</a> est une modélisation qui retrouve qu&rsquo;il y aurait un bénéfice à traiter par trithérapie les patients BPCO quand ils atteignent 50 ans. Par rapport à l&rsquo;absence de traitement, la double bronchodilatation réduirait la mortalité de 5% et que l&rsquo;ajout des CSI réduirait la mortalité de 12% supplémentaires! Cependant, ces modélisations ont inclus les 2 études ETHOS et IMPACT pour évaluer le bénéfice de la trithérapie, études montrant en effet un bénéfice de mortalité, mais seulement chez des patients exacerbateurs fréquents malgré une double bronchodilatation. Il ne semble donc pas très judicieux d&rsquo;extrapoler ces résultats à des patients &ldquo;plus jeunes&rdquo; et leur analyse ne prend pas en compte les effets indésirables des CSI (cf  <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/02/dragi-webdo-n385.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/09/dragi-webdo-n410.html">là</a>).</p>
<p>Selon son &ldquo;draft&rdquo; de recommandations sur les pneumopathies infectieuses, <a href="https://www.bmj.com/content/389/bmj.r717">NICE</a> britannique prévoit un traitement de 5 jours chez l&rsquo;adulte mais de 3 jours chez l&rsquo;enfant si cliniquement stable (sinon 5 jours). Les bithérapies amox + macrolides sont proposées si sévérité modérée et suspicion de bactérie atypique (l&rsquo;amoxicilline + acide clavulanique n&rsquo;est pas mentionné dans les pneumopathies ambulatoires non sévères). Enfin, un dosage initial de CRP, recommandé pour les patients hospitalisés.</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>Un <a href="https://www.nature.com/articles/s41586-025-08800-x">article</a> de la grande revue Nature a étudié l&rsquo;impact de la vaccination anti-zona (par Zostavax®) sur la survenue de démence. Ils ont comparé 2 cohortes de patients dans le pays de Galles ceux nés avant le 1er septembre 1933 et ceux nés à partir du 2 septembre 1933. En effet, il a été recommandé qu&rsquo;au 2 septembre 2013, les patients de 80 ans étaient éligibles au vaccin. En comparant des populations &ldquo;immédiatement consécutives&rdquo;, il est peu probable qu&rsquo;elles soient différentes. Les auteurs n&rsquo;ont donc pas comparé des vaccinés et des non vaccinés, mais la population &ldquo;non vaccinable&rdquo; et la population &ldquo;vaccinable&rdquo;. Après 8 ans de suivi, la population &ldquo;vaccinable&rdquo; était vaccinée à 47% environ, a eu moins de Zona et a eu un risque de démence diminué par rapport à la population &ldquo;non vaccinable&rdquo;. Comme c&rsquo;est toute une population qui est étudiée, indépendamment de la vaccination individuelle, cela évite le biais selon lequel &ldquo;ce sont ceux qui avaient le moins de troubles mnésiques qui ont été vaccinés&rdquo;. Bref, c&rsquo;est intéressant, cependant, si le mécanisme des démences était aussi fortement lié au VZV, il est étrange que la diminution du risque de démence ne soit retrouvée que chez les femmes et pas chez les hommes. Un essai randomisé serait intéressant pour conclure!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgP6MEcLIJCi9boNBzdaUsKM_68rBFru8Wg3X_lWuQlAbvx4aTOYPsXG8WrJf497wQjr7cUdsxKBdM5-D4K5lUc0W0_kt3mInZXJk0nxpOSK9sr3nvkP-dSx0ZjXDNT6wgpE8ZF6dJVyEDxCM9-j-_RR1Jdg8XXojxvuDFfxXY1G4c_nyqC2swWDFpbGub0/s982/zona.png"><img src="/images/articles/2025/zona.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°479 : insuffisance veineuse (recos US), semaglutide oral, aGLP-1/efficacité, ostéopénie, patient précaire, richesse/mortalité</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/04/dragi-webdo-n479/</link><pubDate>Wed, 09 Apr 2025 20:34:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/04/dragi-webdo-n479/</guid><category>Médecine générale</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, j&rsquo;espère que vous avez bien croisé les doigt la semaine dernière mais vous pouvez maintenant reprendre une activité normale ! Encore une fois, merci tout le monde pour votre fidélité, vos  messages  et vos encouragements ! Ça a été un plaisir d&rsquo;en croiser certain et certaines au #CMGF2025 ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Exercice médical</p>
<p>Dans une <a href="https://www.annfammed.org/content/23/2/151">étude</a> américaine, les patients déclarent à 71% qu&rsquo;il est très important d&rsquo;avoir &ldquo;son&rdquo; MG. Les patients voulaient consulter &ldquo;leur&rdquo; MG pour des bilans annuels (53%), le suivi des maladies chroniques (55%) et le suivi de maladies psychiatriques (57%). Pour ces 3 motifs, les patients étaient prêts à attendre 3-4 semaines pour voir &ldquo;leur&rdquo; MG. Cependant, pour un symptôme aigu, voir &ldquo;son&rdquo; MG n&rsquo;était important que pour 7% des patients.</p>
<p>Cet article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMsa2408259">NEJM</a> a comparé la mortalité à 10 ans dans des populations américaines et européennes selon la richesse des personnes divisées en quartiles de richesse par région. Assez logiquement, parmi les 73 000 patients inclus, la mortalité globale des patients dans le quartile le plus pauvre était supérieure à celle des 3 autres quartiles. De plus, la mortalité du quartile le plus riche américain était similaire à la mortalité du quartile le plus pauvre des pays d&rsquo;Europe de l&rsquo;ouest et du nord (Autriche, Belgique, Danemark, France, Allemagne, Pays-Bas, Suède et Suisse).</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/388/bmj-2024-080768">BMJ</a> aborde la prise en charge du patient sans domicile fixe. Tout d&rsquo;abord, il faut rappeler comme on vient de l&rsquo;écrire ci dessus, que les patients SDF ont un risque de mortalité augmenté. De plus, ils subissent une discrimination de la part des professionnels de santé, réduisant leur volonté d&rsquo;accéder aux soins. Parmi les points spécifiques:</p>
<ul>
<li>Concernant la stigmatisation:  il est nécessaire d&rsquo;interroger sur traumatismes anciens ou actuels et de demander si les patients se sentent &ldquo;en sécurité&rdquo;. Il faut bien entendu rester empathique, valoriser les patients qui nous parlent de leur expérience, et essayer de les impliquer dans les soins pour obtenir une meilleure adhésion</li>
<li>Concernant les barrières administratives: les auteurs recommandent d&rsquo;accepter les patients consultants, en étant flexible sur les horaires de RDV, les patients ayant souvent des difficultés sur ce point, et ne pas interrompre les prises en charge en cas de RDV non honorés. De plus, le médecin est une ressource pour orienter dans les difficultés administratives</li>
<li>Concernant les prescriptions: il faut arriver a surmonter de nombreuses barrières à la prise de médicaments telles que leur stockage (armoire? réfrigérateur?), le timing des prises, les modalités de prise (par exemple à prendre en mangeant s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de repas)&hellip;</li>
<li>Concernant les soins: une vigilance est nécessaire devant les risques d&rsquo;IST, d&rsquo;HTA, de diabète, de dépendance au tabac et à l&rsquo;alcool, d&rsquo;usage de drogues, de troubles psychiatriques et de suicide. Enfin,  la non-vaccination est également fréquente.</li>
</ul>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Deux ans après leur publication, le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2832193">JAMA</a> décrit les recommandations américaines de 2023 concernant l&rsquo;insuffisance veineuse chronique des membres inférieurs. Pour les télangectasies et les veines réticulaires de  1-3mm de diamètre qui sont asymptomatiques, le Doppler n&rsquo;est pas recommandé systématiquement et une prise en charge par bas de contention, contrôle du poids et limiter la station debout est recommandée (avis d&rsquo;expert). En cas de symptômes, un Doppler est recommandé. La sclérothérapie est recommandée pour les téléngectasies et veines réticulaires. Pour les veines variqueuses (&gt;3 mm de diamètre) et reflux veineux des saphènes, une prise en charge chirurgicale est recommandée sans passer par un test thérapeutique de 3 mois avec une compression. Dans ce cas, une ablation endoveineuse semble à préférer devant la ligature ou le stripping. Ce sont des recommandations &ldquo;fortes&rdquo; mais avec un niveau de preuve modéré&hellip;</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(24)00225-0/abstract">Lancet</a> s&rsquo;intéresse au traitement préventif des fractures chez les patientes avec ostéopénie (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/05/dragi-webdo-n441-mammographie-uspsft-fa.html">ici</a>). Globalement c&rsquo;est une revue narrative, montrant l&rsquo;importance du nombre de fractures survenant chez des patientes en ostéopénie. Les auteurs estiment que le risque de fracture de hanche au cours de la vie d&rsquo;une femme est de 50% si elle a de l&rsquo;ostéopénie à 50 ans. D&rsquo;un point de vue médico-économique, alors que les recommandations classiques proposent un traitement lorsque le FRAX est &gt; 3% pour les fractures de hanche ou &gt; 20% pour le risque de fractures majeures, il est possible qu&rsquo;il soit coût-efficace de traiter quand le risque de fracture majeurs est &gt; 10-15% (NNT = 22 à 5 ans pour un seuil à 15% à 65 ans et NNT=35 pour un seuil à 10%). Concernant la sécurité, les fractures atypiques surviennent 2.5 patientes pour 10 000 par an après  3-5 ans de traitement et 6-13 patientes pour 10 000 par an au delà, ce qui justifie la fenêtre thérapeutique de 2 ans après 3-5 ans. Les ostéonécroses de la mâchoire surviennent chez 5 patientes pour 10 000 par an. En pratique, la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/09/dragi-webdo-n-408.html">stratégie canadienne</a> semble encore une fois la plus adaptée avec un seuil à 15% déclenchant une ostéodensitométrie et une réévaluation du risque avec les résultats.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhvKJ3Evz_I_oZ8LQdUnCY80u_NHROdcxEoYHeWLmENagMgfrvHrB74X9FDZVwcXfkwYmaTmxWf47cXFDWdrRPygDRGbaxW5Ccv_HtbuZ-t4_GC-EK8mpUU0jEFhEk6YaQhYto0WSiMcvBnzPFlR_WzyR-JAvraNxwH5H5C5kBYJbQvaB3_8oRUkccUcjir/s1244/ost%C3%A9op%C3%A9nie.jpg"><img src="/images/articles/2025/ost-c3-a9op-c3-a9nie.jpg" alt=""></a></p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>On va revenir sur le semaglutide oral, qui dans l&rsquo;étude PIONNER-6 n&rsquo;avait pas montré d&rsquo;efficacité sur son critère principal mais réduisait la mortalité globale et cardiovasculaire de façon exploratoire (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/06/dragi-webdo-n232.html">ici</a>). On espérait donc beaucoup de l&rsquo;étude <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2501006">SOUL</a> qui comparait le semaglutide oral vs placebo chez des patients ayant environ 66 ans, une HbA1c à 8%, une maladie rénale pour  40% d&rsquo;entre eux et une maladie cardiovasculaire pour  80%. Après 4 ans de suivi, le critère composite cardiovasculaire est survenu moins fréquemment dans le groupe traité (OR= 0,86, NNT = 167 patients par an). De façon exploratoire, ce résultat semblait porté par les infarctus non fatals, sans différence sur les mortalités cardiovasculaires ou globales. C&rsquo;est donc un peu une déception pour cet analogue oral qui a finalement des résultats cardiovasculaires semblables à sa version injectable, mais sans réduction de mortalité en cas de maladie rénale chronique (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/06/dragi-webdo-n445.html">ici</a>).</p>
<p>Malgré cela, si on réalise une <a href="https://diabetesjournals.org/care/article-abstract/doi/10.2337/dc25-0241/158048/Cardiovascular-and-Kidney-Outcomes-and-Mortality?redirectedFrom=fulltext">revue systématique</a> avec méta-analyse, on voit que les analogues du GLP-1 réduisent significativement la mortalité globale (NNT = 100), la mortalité cardiovasculaire (NNT=143), les évènements cardiovasculaires (NNT=72), les infarctus (NNT=67), les AVC (NNT=250), les insuffisances cardiaques (NNT= 200) et les insuffisances rénales terminales (NNT=500). Enfin, il ne semblait pas y avoir d’interaction entre l&rsquo;administration oral et injectable, ce qui signifie que les effets sont supposés homogènes entre ces 2 modes d’administration. Sur l&rsquo;efficacité, rien de surprenant, mais dans cette immense méta-analyse incluant 71 000 patients, il est intéressant de regarder les effets indésirables. Il n&rsquo;y avait pas de sur-risque de pancréatite, de tout cancer, de cancer du pancréas ni de cancer thyroïdien.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiYQMTckW2SMHi0akk8-w4Z7CLv0RCUQKRf5YXJ-dPcor1BrRrMDDrvCVocfvXlaUFbQpvlGHZYP5aLPgFJxRSo_-Y6CiIYyAMHCqgvOnBJuRK_lALZTSIoHHFWRsM58K-AL5uBhVTcpjuYvwypQ_RGQAUsAwuYAogS7wJ7ECCJBJLR0ZYIlpK-G-8_wMfv/s2005/aglp1.png"><img src="/images/articles/2025/aglp1.png" alt=""></a></p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
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<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Dans une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamaophthalmology/fullarticle/2831924">cohorte</a> incluant  170 000 patients diabétiques, les patients prenant du semaglutide avaient un risque de neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique (NOIA-NA) augmenté à partir de 2 ans de traitement par rapport à ceux prenant des traitements non analogues du GLP-1 mais cet évènement reste très rare (0.24 pour 1000 vs 0.15 pour 1000)</p>
<p>Une nouvelle <a href="https://www.annfammed.org/content/23/2/127">étude</a> s&rsquo;intéresse aux effets indésirables des corticoïdes inhalés (CSI) dans la BPCO. Le critère de jugement principal (CJP) était constitué de survenue diabète de type 2, cataracte, pneumonie, ostéoporose ou fracture non traumatique. A 4 ans de suivi, pour les patients en prenant au long cours versus ceux en ayant eu uniquement de façon ponctuelle, le NNH pour au moins un élément du CJP était de 5 patients. Pour chacun des éléments du critère, le risque  de survenue était multiplié par environ 2,5.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgHL6UE46_E-NKeWNxaj0rTENdUgDhh49F3H7Mb_S5ynGSGTOm6v2vS-TOO1T0xnwjR8K9z5CjGuAoPAd3TbIRzsq3ecG_lxe2yxa6HPOA4aENzTbp79sHzWfYsZCfYzddHdiMe7KTW9vw4ZAG5Uk3AxWIbP71YgV1RGmlKpL1GBlTOaNlPltUiBECZbR0P/s1061/copd.png"><img src="/images/articles/2025/copd-2.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiologie</p>
<p>Une méta-analyse publiée dans le <a href="http://www-jchirovascr-com.proxy.insermbiblio.inist.fr/article/S0140-6736(24)EDF-Score">Journal of Chirovascular Reviews</a> suggère que croiser les doigts quotidiennement améliorerait significativement la chance de ne pas avoir un infarctus ou un AVC avec un NNT = 120 patients par an pour éviter un évènement cardiovasculaire, soit a peine moins bien que l&rsquo;efficacité des statines. Les auteurs préconisent l&rsquo;utilisation du score EDF (Elasticity and Dexterity Finger score) pour stratifier le risque, et des essais sont en cours pour évaluer si l&rsquo;index et le majeur sont les doigts à croiser préférentiellement (à noter que les patients avec un Marfan ou un Ehlers Danlos étaient exclus de ces études). Reste à voir si les recommandations ESC s’aligneront sur ces données (en tous cas, ça sera du même niveau de preuve que certaines de leurs précédentes recos&hellip;). Croisons les doigts!</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3459735/fr/evaluation-des-strategies-de-depistage-et-de-reperage-precoce-de-la-tuberculose-pulmonaire">HAS</a> a publié une recommandation sur le dépistage de tuberculose pulmonaire. Le dépistage doit être centré sur les populations à risque de façon systématique pour les patients en milieu carcéral, les patients migrants en France depuis moins de 2 ans, les patients ayant vécu en pays de forte endémie pendant plus de 6 mois, et de façon opportuniste pour les patients précaires ou SDF ou en marge de la société +/- usagers de drogues IV. Ce dépistage s&rsquo;intègre dans un prise en charge globale (avec éventuellement dépistages VIH, VHB, VHC). Chez l&rsquo;adolescent et l&rsquo;adulte, la RXT est l&rsquo;examen de dépistage recommandé (un test de biologie moléculaire rapide peut aussi être utilisé notamment en milieu carcéral). Chez l&rsquo;enfant, une IDR ou une IGRA (quantiféron) sont proposé en 1er lieu chez les patients avec indication. En cas de positivité, une RXT est indiquée pour déterminer s&rsquo;il faut hospitaliser (RXT positive) ou faire un traitement prophylactique (IDR/IGRA positive avec RXT négative). Concernant la vaccination par BCG, il est recommandé de vacciner les enfants nés en Guyane ou Mayotte, ou avant 5 ans si facteur de risque dans les autres département (incluant Ile de France).</p>
<p>4/ Néphrologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2831904">JAMA</a> aborde la polykystose rénale autosomique dominante (PKAD) . Elle se caractérise par des kyste rénaux (&gt;10) et des reins de plus de 13cm (alors que les polykystoses acquises montrent des reins atrophiés &lt;10cm). Des kystes hépatiques sont également présents chez  90% des patients et 10% ont des anévrismes cérébraux. Pour le diagnostic, l&rsquo;échographie (notamment chez l&rsquo;enfant) ou l&rsquo;IRM sont proposés (sachant que l&rsquo;IRM détecte mieux les petits kystes). En cas de forme typique, il n&rsquo;est pas nécessaire de  faire le test génétique. Le principal risque est néphrologique avec  50% de dialyse à  60 ans et le risque est évaluer par le <a href="https://adpkdsim.org/expert/prognostic-tools/propkd-score">PROPKD Score</a>. Le traitement repose essentiellement sur des RHD (hyperhydratation avec 2,5L/j , objectif IMC &lt; 25, pas d&rsquo;alcool ni tabac, activité physique, pas d&rsquo;AINS&hellip;) , un contrôle tensionnel parfait ( &lt;110/75 avant 50 ans et  &lt; 120/80 après  50 ans) notamment avec IEC/ARAII. Le tolvaptan est un traitement spécifique réduisant la dégradation néphrologique. Concernant les anévrismes cérébraux, un dépistage est recommandé, mais une IRM normale ne prédit pas de la survenue ultérieure d&rsquo;anévrismes (le rythme d&rsquo;un éventuel dépistage n&rsquo;est pas détaillé). Enfin, le dépistage chez les membres familiaux est recommandé à l&rsquo;âge adulte (donc à 18 ans), plutôt par IRM qu&rsquo;échographie selon les auteurs. Cependant, un suivi tensionnel est nécessaire chez les enfants et adolescents car 30% ont de l&rsquo;HTA juvénile.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhnXjoYTe8TLZB2VGDc1HlC4yeFtRf2xViPq4j5gMZ7LSxGmfVVFaaFfwO7sBgr0kA5KFRvzEJFvW9FJYHpC6ZXr4-2Gx3TYcSMdknJRKoFZ2WmC7O1iAO8Q2Y6iz1GjzEpuV1uTcnWu_Z8FvqF4XG3hcptBHsruxUFMSuF97ajeJ8aqy9jpHa3gVWkPXZl/s1961/PKAD.png"><img src="/images/articles/2025/pkad.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Pédiatrie</p>
<p>Cet article revient sur le <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s12519-025-00892-9">Kawasaki</a> en s&rsquo;appuyant notamment sur les <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/ped.14326">recommandations de 2020</a>. Ainsi, il est nécessaire 3 ou 4 autres critères minimum (avec généralement la fièvre) pour qu&rsquo;il y ait un diagnostic de Kawasaki.</p>
<ul>
<li>
<p>Concernant la fièvre, il n&rsquo;y a pas de durée dans les critères, car 30% surviennent à moins de 5 jours de fièvre.</p>
</li>
<li>
<p>L&rsquo;exanthème polymorphe est remplacé par &ldquo;rash cutané&rdquo;, l&rsquo;éruption n&rsquo;étant pas forcément polymorphe, et pouvant être scarlatiniforme, morbiliforme, urticarienne ou être une rougeur au site d&rsquo;inoculation du BCG (signe présent chez 70% des moins de 20 mois avec Kawasaki)</p>
</li>
<li>
<p>L&rsquo;enanthème buccal se manifeste par une chéilite, une langue framboisée, une rougeur diffuse de la cavité oro-pharyngée.</p>
</li>
<li>
<p>L&rsquo;hyperhémie conjonctivale bulbaire bilatérale non purulente</p>
</li>
<li>
<p>L&rsquo;atteinte des extrémités:  érythème et oedème palmo-plantaire au stade initial puis desquamation péri-unguéale au stade tardif.</p>
</li>
<li>
<p>Une adénopathie cervicale non suppurative qui est plus rare que les autres signes.</p>
</li>
</ul>
<p>La présence de 2 critères peut parfois suffire si le diagnostic est suspecté après avoir écarté les autres diagnostics, ou en présence d&rsquo;anomalie biologiques (syndrome inflammatoire biologique, présences de lymphocytes immatures,
hyponatrémie, anomalie du bilan hépatique, nt-proBNP anormal&hellip;) ou coronariennes évocatrices. La prise en charge est poursuivie aux urgences pour un traitement par immunoglobulines.</p>
<p>Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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<p>A la semaine prochaine et bon 1er avril !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjP1sMnbE0aaZyt_cnC32KNZyOWgvnhe3vzP9kIAHC12SvigbJ4r8Se6kz6jSldH83Od5rHKo9kYe7U3r_0bUzqKu9frYIYeW89AY59hR9Cg9pkgcGc21Z1Oh7Zi2fyOL04OEX13ev7u-__vOuCDj-1xN5HdCx8y9b4yZzjiZXKv-ozpeirXTlmnsv759PQ/s224/images.png"><img src="/images/articles/2025/images.png" alt=""></a></p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°477 : vaccin méningite (HAS), désogestrel/méningiomes (ANSM), migraines (recos US), dépistage rétinopathie diabétique, Ramadan/pneumologie, nirsevimab, LMC, négociations médecin/patient</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/03/dragi-webdo-n477/</link><pubDate>Wed, 26 Mar 2025 19:39:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/03/dragi-webdo-n477/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><category>Neurologie</category><category>Hématologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Commençons ce billet avec un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2831715">article</a> parlant de &ldquo;négociation avec les patients à propos de tests, médicaments et adressages&rdquo;, correspondant à environ 15% des consultations. Les réponses &ldquo;éducatives&rdquo; sont moins efficaces que des réponses &ldquo;d’exploration&rdquo; (on va donc détailler des éléments d&rsquo;entretien motivationnel) . Ainsi, les auteurs recommandent de questionner pour permettre au patient d&rsquo;exprimer totalement ses préoccupations, de répondre au patient en nommant/validant ses sentiments et d&rsquo;éviter les déclarations avant d&rsquo;avoir entièrement compris la demande du patient.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgYOMATVIbpkMrSQDoyx1T2cu3tOjAo8oZcP9UP47sIUKcVuQky_xD_Kw1rkUH4hAW981lSCQCvO_YgcJRBsphhQDhhEurk68-rARsNWfmvuOUKWq4eHXdvSJVOBBfLBSxGIps_fcF96eTKwia5WUQc-4cjvmq4886wKDSS8vxWKYrR0g0e1VxzD9g_DpCb/s1598/communication.png"><img src="/images/articles/2025/communication.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/contraception-et-risque-de-meningiome-nouvelles-recommandations">ANSM</a> s&rsquo;appuie sur les données d&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/01/dragi-webdo-n467.html">Epiphare</a> pour publier des recommandations concernant le risque de méningiome sous désogestrel (risque estimé à 1 méningiome opéré pour 67 000 utilisatrices). Ainsi, l&rsquo;agence recommande de réaliser une IRM cérébrale aux patientes sous désogestrel en pilule (cerazette, optimizette &hellip;) ou en implant (nextplanon) et sous désogestrel 150 associé à l&rsquo;éthinylestradiol (varnoline, mercilon&hellip;) si : 1/ antécédent de prise d&rsquo;un progestatif à haut risque (chlormadinone, cyprotérone, nomégestrol, médrogestone
et médroxyprogestérone ) pendant plus d&rsquo;un an ou si 2/apparition de symptômes de méningiome sous traitement (maux de tête persistants, troubles visuels, faiblesse musculaire,
troubles de l’équilibre, troubles du langage, perte de mémoire,
épilepsie nouvelle ou aggravée). Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;IRM recommandée systématiquement. En cas de méningiome, le traitement doit être interrompu et sera contre-indiqué.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3597524/fr/strategie-de-vaccination-contre-les-infections-invasives-a-meningocoques">HAS</a> a publié des recommandations rattrapage vaccinal élargies dans le contexte d’augmentation du nombre de méningites (cf ci-dessous, mais c&rsquo;est pas flagrant sur les données exposées dans l&rsquo;argumentaire, mais on voit mieux sur le graphique cumulé du Pr Taha au CMGF [ajout 27/03/25]) . Concernant les méningocoques ACWY, un rattrapage vaccinal entre 1 et 3 ans en 1 dose est recommandé et le rattrapage des jeunes adultes jusqu&rsquo;à 25 ans devrait être recommandé pendant 2 ans. Concernant le méningocoque B, un rattrapage en 2 doses jusqu&rsquo;à 5 ans est recommandé mais il n&rsquo;est pas recommandé de le faire systématiquement chez l&rsquo;adolescent. Les auteurs demandent un remboursement possible à cet âge entre 15 et 24 ans (ce qui n&rsquo;est pas le cas actuellement) pour permettre une vaccination eux adolescents le souhaitant (ce qui serait similaire aux recommandations américaines).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi1D6OBVglNzW8L8kOB3bxPGdrPUux0XEw9OhP6JeW30RVWVqbQNfCC_KNkPwiEeFFc9LKyYZipPsD56yLF45PMXsKexEFpCbome6GEKamcKLnXUE92GvkpkgF9-2o4W-T1p9ckVCu5R6spVmx9Y8cIMATSbCTEjid0eS7z03_zrwKILJf1U61WQbI3z_lK/s2048/meningites.jpg"><img src="/images/articles/2025/meningites.jpg" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgBdQ4n3BmJ8EQYQrLVBjGhwU3ONpgIf3sDMyCuX320yISc4EqyKjRjDAjevWw0w1Ncbj_qkzyjySkN4dPlzs3E5Qhf-seYWEesXWmiPKBhiQUCggGrqJrUgYRpYf9yjAS52O-W2yQtsTVKUuWZWpjw5Y3wLavqnkPzEvRKql_HmLAqZefcIRYVHbrC2R57/s859/vaccin%20m%C3%A9ningo.png"><img src="/images/articles/2025/vaccin-20m-c3-a9ningo.png" alt=""></a></p>
<p>Un article français a été publié concernant l&rsquo;efficacité du <a href="https://evidence.nejm.org/doi/full/10.1056/EVIDoa2400275">Nirsevimab</a> en
se basant sur les données du SNDS. Les auteurs ont appariés 40 000
nourrissons ayant reçu du Nirsevimab avec 40 000 nourrissons n&rsquo;en ayant
pas reçu entre septembre  2023 et janvier 2024. Les nourrissons non
traités avaient plus souvent la CSS (23% vs 11%), consultaient plus en
PMI et étaient davantage nés en hôpital public. Concernant le critère de
jugement principal après ajustements, 0.8% des enfants traités ont été
hospitalisés pour une infection respiratoire basse à VRS versus  2.4%
chez les non traités (NNT=63), soit une efficacité de  65% sur ce
critère. Enfin, notons que sur ces 80 000 enfants, incluant  379 traités
hospitalisés dans le groupe traité et 1102 non traités, il n&rsquo;y a eu
aucun décès dans aucun groupe. Le nirsevimab semble donc efficace à 65%
sur les bronchiolites à VRS sans efficacité sur la mortalité des
nourrissons d&rsquo;après ces données en vie réelle.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Une <a href="https://publications.ersnet.org/content/erjor/early/2025/02/06/2312054101102-2024">revue systématique</a> s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;impact du Ramadan chez les patients avec une maladie respiratoire chronique. Bien qu&rsquo;il y ait peu d&rsquo;études, il semble que le Ramadan n&rsquo;influe pas sur le risque d&rsquo;hospitalisation ou autre critère de jugement clinique. Les auteurs recommandent un bon contrôle des maladies avec une optimisation du traitement de fond avec des prises aux horaires permises. Ils recommandent aux patients ayant besoin de traitements de courte durée d&rsquo;action en journée de suspendre le jeûne. Ils rappellent que la CPAP, la VNI et l&rsquo;oxygénothérapie sont compatibles et ne doivent pas être arrêtés. Les vaccins sont également possibles et doivent être réalisés pour éviter une décompensation. Enfin, le tabagisme étant interdit, cela peut être un moment adapté pour essayer un sevrage, les substituts en patch étant autorisés.</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>Peu de temps après leurs recos sur le traitement chronique de la migraine, le collège américain de médecine propose des <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-03095">recommandations</a> pour le traitement de crise. Les auteurs recommandent d&rsquo;utiliser un triptan en plus d&rsquo;un AINS en cas de migraine non soulagée par les AINS (ou triptan + paracetamol si non soulagé par paracetamol). L&rsquo;argumentaire rentre un peu plus dans les détails, celles qu&rsquo;on avait vues <a href="https://www.medicalement-geek.com/2025/01/dragi-webdo-n468.html">ici</a> sont plus précises et la comparaison entre triptans a été vue <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/09/dragi-webdo-n454.html">ici</a>.</p>
<p>5/ Hématologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2831659">JAMA</a> publie
une revue sur la leucémie myéloïde chronique (LMC) définie par la
présence d&rsquo;un chromosome Philadelphie (= mutation BCR: ABL1). Les
patients sont pour 50% à 60% asymptomatiques au moment du diagnostic,
suspecté devant une splénomégalie ou une anomalie de la NFS avec souvent
plus de 15 000 leucocytes, des myélocytes, métamyélocytes, PN
Basophiles et une thrombocytose. Les symptômes peuvent être asthénie,
anorexie, amaigrissement ou une dyspnée. Le diagnostic peut être géré en
ville en dehors des signes de sévérité : leucocytes &gt; 50 000,
asthénie, fièvre, douleurs abdominales, priapisme. Le diagnostic
reposera sur la biopsie ostéo-médullaire. Le traitement nécessitera
ensuite des inhibiteurs de tyrosine kinase.</p>
<p>6/ Endocrinologie</p>
<p>Un article de <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-025-06379-6">Diabetologia</a> propose une méthode pour évaluer la fréquence souhaitable du suivi ophtalmologique chez les patients diabétiques. L&rsquo;objectif étant à la fois de réduire le fardeau lié à la prise en charge de la maladie et de ne pas trop espacer pour éviter un retard diagnostic. Les recommandations britanniques proposent un fond d&rsquo;oeil tous les 2 ans en cas de faible risque de rétinopathie et annuel sinon. Cette étude propose un score simple pour aider à décider chez des patients avec un FO normal : s&rsquo;il y a 0 à 3 points, le FO est tous les 2 ans, et s&rsquo;il y a 4 points ou plus, il est recommandé annuellement :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhLOM7cM1Gkk2I4udn_HYTU0O1exUR4kWR_tMUv8qz9TiDY6QsSTqqJZo8ev25syOuc_ADHeziis3Cw7xLigNTiI6MhHsOmrx9QWxVkQ9n2_bpDUGOXaibUoahn1H9QyGCjaft_w2a3RJ3ClOGbOpXGRlzio90slhKDI78lVQMVWOjPunIMgcwPCamxK-G1/s955/r%C3%A9tinopathie%20diab%C3%A9tique.png"><img src="/images/articles/2025/r-c3-a9tinopathie-20diab-c3-a9tique.png" alt=""></a></p>
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<p>A la semaine prochaine ! (ou à demain au congrès!)</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°476 : insuffisance rénale (reco), alimentation végétarienne, troubles du comportement alimentaire, jeux d'argent, anxiété généralisée, seuils HTA, CBD, lombalgie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/03/dragi-webdo-n476/</link><pubDate>Thu, 20 Mar 2025 20:24:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/03/dragi-webdo-n476/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Psychiatrie</category><category>Néphrologie</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/melanger-cbd-et-medicaments-ce-nest-jamais-anodin">ANSM</a> aborde le risque d’interactions entre médicaments et produits contenant du CBD. En effet, les interactions peuvent conduire à une augmentation des effets indésirables du CBD ou modifier l&rsquo;efficacité et la tolérance d&rsquo;un autre traitement. Il y a des interactions décrites avec les morphiniques, les anticoagulants, les hypolipémiants, la levothyroxine, le repaglinide, les IPP, la rifampicine, les IRS et les tricycliques, les anti-épileptiques et les benzodiazépines.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un article de <a href="https://www.ahajournals.org/doi/full/10.1161/CIRCULATIONAHA.124.072696">Circulation</a> revient sur l&rsquo;impact des définitions de l&rsquo;HTA, dont les seuils ont été régulièrement abaissés ces dernières années, et le bénéfice des traitements. Si la proportion de patients hypertendus ne bouge pas (30% dans la cohorte Constances), les patients avec &ldquo;PA élevée&rdquo; passe de  18% avec les seuils de  2018 à  53% avec les seuils  2024! On voit effectivement que, par rapport aux patients avec une PA &lt;  120/70mmHg, ceux ayant une PA &gt; 120/80mmHg ont un sur-risque d&rsquo;IDM et ceux avec une PA &gt;  130/85mmHg ont un sur-risque d&rsquo;AVC. Cependant la prévalence d&rsquo;IDM et d&rsquo;AVC dans ces catégories limites  est respectivement de 0,4% par an  et  0,5% par an, contre  1% par an et 1% par an dans les catégories &ldquo;réelles d&rsquo;HTA&rdquo;.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhSGGl0T9O_hsMms39SattnthIp_yHt9LYwmZRG0F57hf-5U1NP3oSvcspehfG_HThi7igBK3Sq_voiOK6xshSgwzCTWFd_0O__sTmWVxTo145UIOiHYsNZU8EqUzmp6GxzUAFPf-xD6VQNmPcNrTHjHH2QCVCTvz5JtxC7J5QPAy4HVMo3RemMcgKPAqss/s1475/HTA.png"><img src="/images/articles/2025/hta.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>Le JAMA aborde les <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2831140">troubles du comportement alimentaire</a>. Ils atteignent 2-5% des personnes au cours de leur vie et majoritairement des femmes. L&rsquo;important est essentiellement d&rsquo;évaluer la sévérité du trouble pour discuter de la prise en charge ambulatoire ou hospitalière.</p>
<ul>
<li>L&rsquo;anorexie correspond à une restriction sévère des apports alimentaires, un très faible poids, et un peur intense de prendre du poids. Il y a plusieurs formes (restrictive pure, anorexie-boulimie avec conduire de purges&hellip;). Parmi les conséquences, il y a des troubles hydro-électrolytiques, des hypotensions, des bradycardies, de l’ostéoporose et des fractures. La prise en charge repose sur la restauration du poids avec des thérapies comportementales, et éventuellement une thérapie familiale chez les adolescents. Les médicaments sont peu efficaces.</li>
<li>La boulimie correspond à une prise massive d&rsquo;aliments avec perte de contrôle suivie de conduites de purge (diurétiques, laxatifs, sport excessif&hellip;) survenant au moins 1 fois par semaine pendant 3 mois chez des patients avec préoccupations sur les poids ou l&rsquo;apparence corporelle. L&rsquo;IMC est généralement normal. Les complications sont essentiellement liées aux conduites de purge: érosion dentaires hypertrophie parotidiennes. Les TCC et les IRS, notamment la fluoxétine 60mg/j, sont efficaces.</li>
<li>L&rsquo;hyperphagie-boulimie comporte  des prises massives d&rsquo;aliments avec perte de contrôle (prises très rapides, sensation pénible de distension abdominale, manger seul car gêne liée aux quantités prises, dégoût de soi après les prises). Il y a une détresse liée à ces prises alimentaire qui surviennent au moins 1 fois par semaine pendant 3 mois et il n&rsquo;y a pas de conduites de purges. Les patients sont majoritairement en obésité. Les TCC et les antidépresseurs sont efficaces. La lisdexamphétamine est également proposée.</li>
<li>L&rsquo;ARFID (avoidant/restrictive food intake disorder ou trouble de restriction ou évitement de l’ingestion d’aliments) correspond à des évictions alimentaires non liées à un trouble de l&rsquo;image corporelle, mais plutôt à la texture, la couleur ou à  un évènement tel que des vomissements après une prise. L&rsquo;ARFID touche majoritairement des enfants. Il peut y avoir de carences, des troubles de la croissance, des troubles de la puberté et des troubles psychologiques. Le traitement n&rsquo;est pas bien étudié mais repose à ce jour sur des TCC.</li>
</ul>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/388/bmj.r323">NICE</a> a publié des recommandations concernant l&rsquo;addiction aux jeux d&rsquo;argent. Les auteurs proposent un dépistage en même temps que les autres addictions (tabac, alcool, drogues) du type &ldquo;<em>est ce que vous jouez aux jeux d&rsquo;argent?</em>&rdquo; ou &ldquo;<em>Êtes-vous inquiet de votre propre comportement aux jeux ou de celui d&rsquo;une autre personne ?</em>&rdquo;. Les populations à risques, et donc particulièrement importantes à dépister sont les patients avec comorbidité psychiatriques (dépression, anxiété, stress post traumatique, TDAH, addiction autres&hellip;), ceux sous agonistes dopaminergiques ou aripiprazole, ceux avec problème d&rsquo;argent ou SDF, ceux en contact avec le milieu carcéral (police, travailleurs pénitenciers), les anciens militaires ou sportifs. Après évaluation des risques, la prise en charge repose sur les TCC, la mise en place de mesures (exclusion des salles, blocages de sites en ligne, sauvegarde de justice, aide a la prise en charge des dettes, retrouver un emploi&hellip;). Sur le plan médicamenteux, la naltrexone est le seul traitement semblant efficace.</p>
<p>On avait déjà vu les meilleurs traitements dans l&rsquo;anxiété généralisée <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/02/dragi-webdo-n214.html">ici</a>. Pour avoir une idée de la taille d&rsquo;effet, cette revue <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD012942.pub2/full/fr#CD012942-abs-0007">Cochrane</a> trouve le NNT des IRS pour réduire de 50% le score d&rsquo;anxiété de Hamilton était de 5 patients à 3 mois et de 7 patients à 6 mois avec les IRSNa.</p>
<p>4/ Néphrologie</p>
<p>Les recommandations du <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-01926">KDIGO</a> sur la maladie rénale chronique 2024 ont été publiées. Les auteurs recommande d&rsquo;utiliser la créatininémie et le rapport albuminurie/créat pour dépister les patients à risque de MRC, mais si la cystatine-C est disponible, il faut mieux évaluer le DFG avec, en plus du DFG estimé par créatininémie. Un point intéressant est qu&rsquo;ils recommandent d&rsquo;éviter l&rsquo;utilisation de la race dans les équations. Chez les patients avec un DFG &lt;60ml/min, l&rsquo;utilisation d&rsquo;un score d&rsquo;évaluation du risque absolu d&rsquo;insuffisance rénale est recommandé (type <a href="https://ckdpcrisk.org/kidneyfailurerisk/">KFRE</a>). Un score entre 3% et 5% à 5 ans peut indiquer un avis néphrologique. Un score &gt; 10% nécessite une prise en charge en équipe pluridisciplinaire et &gt; 40% préparer la dialyse ou la transplantation. Les auteurs recommandent un iSGLT2 en cas de diabète et à poursuivre même si DFG &lt; 20ml/min, mais interrompre en cas de situations aiguës à risque d&rsquo;acédocétose. Les iSGLT2 sont également recommandé en l&rsquo;absence de diabète si insuffisance cardiaque ou RAC ≥200 mg/g (≥20 mg/mmol) (1A) ou si DFG &lt; 45ml/min avec RAC normal (2B). Les hypo-uricémiants ne sont pas indiqués en l&rsquo;absence de symptômes. Enfin, une statine est recommandée après 50 ans si MRC notamment si DFG &lt; 60ml/min.</p>
<p>5 / Infectiologie</p>
<p>Très rapidement, voici un traitement de PrEP injectable, le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)00405-2/abstract">lenacapavir</a>, qui serait efficace avec une seule injection annuelle basée sur la concentration plasmatique dans une étude de phase 1. Affaire à suivre !</p>
<p>6/ Rhumatologie</p>
<p>Cette revue <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD001703.pub4/full">Cochrane</a> a étudié les antidépresseurs dans les lombalgies aiguës et chroniques. Une efficacité est trouvée  uniquement dans les lombalgies chroniques (&gt; 3 mois), avec les IRSNa (notamment duloxétine) réduisant la douleur lombaire ou la radiculalgie d&rsquo;environ 10 points sur 100 sur l&rsquo;EVA par rapport au placebo , et améliorant légèrement le score fonctionnel. Les tricycliques avaient un effet similaire, mais seulement sur la radiculalgie et le score fonctionnel.</p>
<p>7/ Métabolique</p>
<p>Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2831270">étude</a> française a randomisé des patients avec sclérose en plaque en placebo versus vitamine D 100 000 UI tous les 15 jours. L&rsquo;activité de la maladie était présente chez 60% des patients traités contre 74% sous placebo (NNT= 7 !). Compte tenu du nombre d&rsquo;études sur la vitamine D, le principe statistique de la multiplication des études sur un sujet, c&rsquo;est que parfois, ça marche par hasard. Donc à confirmer par d&rsquo;autres études.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.anses.fr/fr/content/regimes-vegetariens-effets-sur-la-sante-et-reperes-alimentaires">ANSES</a> a publié un rapport sur les régimes végétariens. Les auteurs trouvent qu&rsquo;un régime végétarien est légèrement associé à un plus faible risque de diabète qu&rsquo;un régime avec de la viande avec un niveau de preuve modéré. Les autres associations sont d&rsquo;un niveau de preuve faible. Les végétariens ont du mal couvrir leurs besoins nutritionnels en omega 3 et en vitamine D, et les végétaliens en B12 et Zinc. Pour reprendre les définitions :</p>
<ul>
<li>lacto-ovovégétarien : se dit d’un régime excluant les produits animaux à l’exception des œufs et dérivés, du lait et des produits laitiers et du miel.</li>
<li>ovovégétarien : se dit d’un régime excluant les produits animaux à l’exception des œufs et dérivés et du miel</li>
<li>lactovégétarien : se dit d’un régime excluant les produits animaux à l’exception du lait et des produits laitiers et du miel ;</li>
<li>végétalien : se dit d’un régime excluant tous les aliments d’origine animale.</li>
</ul>
<p>C&rsquo;est concordant avec la revue de <a href="https://www.nature.com/articles/nature13959">Nature</a> sur le sujet concernant le risque de diabète, mais le régime méditerranéen reste celui réduisant le plus la mortalité, ce que ne fait pas le régime végétarien.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi381APzKASJMd8meXjH2DxtXSEg4s6XmPWSXMev8rBA-S2NB8TzKGfBnXG9Iyi3suhvPeVQD7ap4lJB7_j_QCU1mxpMbpi3fwINWVVZ6L51T43rSB1fLSOlQUV7ZhdXvEWS9swQQ7v0EtB-hk5fu5y5pMZtDQ18xJOkAOAN7b8T65hLSX3vtq9jlgVAS5X/s1136/vegan.png"><img src="/images/articles/2025/vegan.png" alt=""></a></p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°475 : Pneumopathies communautaires (recos SPILF), frottis cervico-utérin (recos gynéco), BPCO (reco GOLD), obésité de la femme (HAS), vaccins méningites (CMG), incontinence fécale, aGLP1/dépression, score calcique, vaginoses, micro-nutriments, finérenone/diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/03/dragi-webdo-n475/</link><pubDate>Tue, 11 Mar 2025 22:34:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/03/dragi-webdo-n475/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Pneumologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici un gros Dragi Webdo, l&rsquo;actualité ayant été très riche cette semaine-ci, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Le risque de dépression et de suicide sous analogue du GLP1 est étroitement surveillé. Cette <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-01347">étude</a> ne retrouve pas de différence de risques entre aGLP1 et iSGLT2 et montre même une réduction du risque de dépression sous aGLP1 par rapport aux iDPP4 (-6 personnes pour 1000/an). Voilà qui est rassurant et concordant avec les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/09/dragi-webdo-n452.html">autres études</a>.</p>
<p>Dans la continuité, une nouvelle <a href="https://www.bmj.com/content/388/bmj-2024-080679">étude</a> de
cohorte montre en analyses brutes un sur-risque suspecté de suicide
sous analogues du GLP-1 par rapport aux autres antidiabétiques oraux.
Mais après ajustement sur les facteurs de confusion, ce sur-risque
disparaît. Nous voilà également rassurés.</p>
<p>2/ Cardiologie</p>
<p>Des algorithmes produits par certaines sociétés savantes se basent sur des études observationnelles pour trouver une place au score calcique en l&rsquo;absence de données probantes. Certains essais randomisés commencent à voir le jour. Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2831115">étude</a> a inclus des patients à risque intermédiaire selon le score clinico-biologique américain et ayant un antécédent familial cardiovasculaire (&lt;60 ans au 1er degré ou &lt; 50 ans au 2ème degré), paramètre non pris en compte dans les scores. Les patients ont passé un score calcique et ceux entre  0 et 400 ont été inclus (seul 25% des patients avaient un score &gt;100) . Ensuite ils ont été randomisés en &ldquo;soins courants&rdquo; (pas d&rsquo;info sur le score calcique et pas de statine systématique) ou &ldquo;renseignement du score calcique&rdquo; (info par une IDE et statine systématique). Au final, après 3 ans, les patients du groupe &ldquo;score calcique&rdquo; avaient une moindre progression des plaques et les auteurs concluent que le score calcique est utile pour orienter le traitement des patients à risque intermédiaire avec antécédent familial. Cependant&hellip; cette étude n&rsquo;étudie pas le score calcique, les auteurs ont simplement traité systématiquement un groupe (indépendamment du score calcique)&hellip;. La pertinence clinique sur la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires chez des patients à risque intermédiaires est donc a étudier sur des critères clinique et non radiologiques.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Voici enfin les recommandations de la <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2772743225000716">SPILF</a> sur la prise en charge des pneumopathies infectieuses! Dans les éléments importants à prendre en compte devant une pneumopathie,</p>
<ul>
<li>il y a les arguments pour une pneumopathie atypique notamment à mycoplasme : sujet jeune, tableau progressif avec signes extra-respiratoires et à la RX un infiltrat non systématisé des 2 bases, syndrome interstitiel micro-nodulaire centrolobulaire - bronchiolite.</li>
<li>les comorbidités faisant modifier la prise en charge : insuffisances cardiaque, rénale sévère (DFG &lt; 30) ou hépatique, immunodépression, cancer actif, BPCO avec VEMS &lt;50%, dépendance alcoolique, trouble neurologique ou trouble de déglutition, hospitalisation &lt; 3 mois, antibiothérapie &lt; 1 mois (sauf antibiotiques des cystites)</li>
<li>La radio thoracique est recommandée pour poser le diagnostic et sa normalité doit fait reconsidérer le diagnostic et le traitement. Mais les auteurs conçoivent qu&rsquo;on ne la réalise pas initialement mais seulement à 72h en cas d&rsquo;évolution défavorable. L&rsquo;échographie est une alternative possible. La CRP, la PCT, les ECBC, antigénuries et les recherches virales ne sont pas recommandées en ambulatoire. Aucun TDM de contrôle n&rsquo;est spécifiquement recommandé après une PAC évoluant favorablement mais il est suggéré si évolution défavorable à 72h. Il est également proposé à au moins 2 mois de la fin du traitement dans le cadre du dépistage du cancer du poumon chez les patients de plus de 50 ans à  plus de 20PA après information éclairée.</li>
<li>L&rsquo;antibiothérapie est recommandée pour 3 jours si les tous critères de stabilité sont obtenus : T&lt; 37,8°C, FR &lt; 24, SpO2 &gt; 90%, FC &lt; 100 et PAS &gt; 90mmHg (oui, certains patient ont tous les critères au moment du diagnostic déjà &hellip;) . Mais pour pouvoir stopper le traitement à 72h, il faut être en mesure de réévaluer le patient à 72h, ce qui n&rsquo;est pas toujours possible. Dans ce cas, un traitement de 5 jours recommandé le temps d&rsquo;évaluer l&rsquo;évolution favorable. Sinon, 7 jours maximum sont recommandés.</li>
<li>L&rsquo;antibiothérapie est décrite dans le tableau ci dessous. Les bi-thérapies initiales ne sont justifiées qu&rsquo;en cas de pneumopathies sévères (en dehors des critères de choc, il faut 3 critères parmi : FR &gt; 30 , leuco &lt; 4000, plaquettes &lt;  100000/mm3, T &lt; 36°C, urée &gt; 3,3 et PaO2/FiO2 &gt; 250 mais pas de critère de SpO2&hellip;..)</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiYmgCMPTve2h0TcpgJT3pSm7uXrZqG9iPbO0RBno_lh6mj9MmpbFTP0auLcOo31EEy4D1bhrzcNXzGWEo8m9rLrDTCrOUhPurvsSV4n3YK0nHJ2UAOpywtnggG2yobGcyVoDQ6iTDTgT9K-gSnBjKIELmWVWBlUw9wLo8qZuq4W2sRYr7u27lG_CXi1byQ/s1066/antibio%20spilf.png"><img src="/images/articles/2025/antibio-20spilf.png" alt=""></a></p>
<p>Cet essai randomisé du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2405404">NEJM</a> a proposé un traitement des partenaires masculins de patientes ayant une vaginose bactérienne (traitée majoritairement par metronidazole 400mgx2, 7 jours). Les partenaires étaient randomisés pour recevoir un placebo ou metronidazole 400mgx2/jour pendant 7 jours et de la clindamycine  2% crème x2/jour pendant 7 jours sur le gland. Les rapports étaient &ldquo;interdits&rdquo; pendant les 7 jours. Après 3 mois de suivi, 35% des patientes du groupe &ldquo;partenaire traité&rdquo; ont eu une récidive, versus  63% du groupe contrôle (NNT= 4 à 3 mois, soit une réduction absolue de 2,6 récurrence par patiente par an). Bref, il faudra probablement traiter les partenaires, notamment en cas de vaginoses récidivantes.</p>
<p>Pour aborder les nouveaux vaccins anti-méningite de l&rsquo;enfant et de l&rsquo;adolescent, le <a href="https://www.cmg.fr/wp-content/uploads/2024/05/Fiche-vaccin-meningo-CMG-Mai-2024-.pdf">CMG</a> a publié une fiche de synthèse. Le CMG approuve l’utilisation du vaccin ACWY à 12 mois et entre 11 et 14 ans (avec rattrapage jusqu&rsquo;à 25 ans), mais se questionne sur l&rsquo;utilité du maintien d&rsquo;une dose à 6 mois et sur l&rsquo;absence d&rsquo;études médico-économiques françaises pour appuyer ces décisions.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Des <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3612463#vp_1">recommandations</a> sur les conduites à tenir en cas de frottis HPV+ ont été mises à jour lors du congrès de la société de colposcopie et pathologie cervicale, notamment pour les patientes de plus de 30 ans :</p>
<ul>
<li>Si ASCUS ou LSIL avec HPV + : colposcopie avec biopsie. Si anormale, le gynécologue gère la suite. Si normale avec jonction vue : test HPV à 1 an, puis à 5 ans si normal (sinon re-colposcopie). En cas de lésion intra-épithéliale de bas grade, un traitement ne sera indiqué que si persistance &gt; 24 mois.</li>
<li>Si ASC-H, HSIL ou AGC (atypie de cellules glandulaires) avec HPV+ : colposcopie avec biopsie. Si lésion de bras grade avec jonction vue (refaire colposcopie +/- curetage si jonction non vue): cytologie et colposcopie à 6 mois, puis 1 an après si normal, sinon le gynéco gère pour traitement de lésion/exérèse.</li>
</ul>
<p>5/ Pneumologie</p>
<p>Voici les recommandations <a href="https://goldcopd.org/wp-content/uploads/2024/11/GOLD-2025-Report-v1.0-15Nov2024_WMV.pdf">GOLD</a> pour 2025 concernant la prise en charge de la BPCO. Il n&rsquo;y a pas de grand changement depuis le GOLD 2022 décrit <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/11/dragi-webdo-n376.html">ici</a>. Le diagnostic peut être suspecté devant une dyspnée, une toux chronique, un wheezing, des infections respiratoires récurrentes ou des expositions (tabac, fumées, poussières, produits chimiques&hellip;). Il repose sur une spirométrie avec un VEMS/CV &lt; 0.7 non totalement réversible. La sévérité est évaluée par le grade A-B-E selon le CAT, le MMRC et le nombre d&rsquo;exacerbations annuelles. Le bilan initial évalue les comorbidités, l&rsquo;alpha1-antitrypsine et le nombre d&rsquo;éosinophiles. Les bases du traitement sont le sevrage tabagique, les vaccinations (pneumocoque, VRS, covid, grippe, coqueluche et zona). Le traitement bronchodilatateur est recommandé de façon similaire avec un LABA ou LAMA au grade A (les LAMA étant supérieurs pour réduire les exacerbations et hospitalisation), une bithérapie des 2 si grade B et toujours bithérapie si grade E avec possibilité d&rsquo;ajouter un corticoïde inhalé si toujours symptomatique et éosinophiles &gt; 300 (mais envisageable si &gt; 100). Les antibiotiques au long cours réduisent les exacerbations chez les exacerbateurs notamment avec tabagisme sevré au prix d&rsquo;une augmentation des résistances bactériennes. Le Roflumilast et les mucolytiques peuvent être indiqués chez certains patients pour réduire les exacerbations. En cas d&rsquo;exacerbations, des bronchodilatateurs de courte durée d&rsquo;action sont recommandés, ainsi que des corticoïdes oraux &lt; 5jours et antibiotiques &lt; 5 jours peuvent réduire la durée des symptômes.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi_qnhDNC0cmU-XKoI_5SQykRIkhgqivX_PFHwO5RPZBDJMItpJ5mnl_S04VtHi4Wr4pHYXxVZ-3_12H0aMJsJQ_YyaSkgDPYXTjunvoClU54rMGn5ok9yNB1irhmuxsmZZXb0lPXtMURrWO6QCmZh4pL-HQxawPgIwq8OaEwKykOyBRKdpenWaaS8G6hog/s821/bpco.png"><img src="/images/articles/2025/bpco.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjfXFIUG5pcp95XQ9McbZ80mXIvybS6Axmr84EUqhDqiN2CT_0eB0i5fTHnMUJKX2rKYKx-b3aqQPDLYbr44ndRAobVqo7Fp-CjI7oaqycTlyoHj4NoMCpTdFpRQUbVzjEi0wlakogTf8xNafFt2zcrWohfWGrCEcm38hMMCdNURCFbFiIUNcrQyt-GWcPl/s635/copd.png"><img src="/images/articles/2025/copd.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/388/bmj-2024-079980">BMJ</a> aborde l&rsquo;incontinence fécale, définie par une émission involontaire de selles quelle que soit l&rsquo;ancienneté des symptômes et sa prévalence serait de 8%. Les drapeaux rouges nécessitant un avis gastroentérologique rapide sont des rectorragies (non expliquées par des hémorroïdes), une perte de poids de 10% en 3 mois, des troubles du transit récents, une incontinence nocturne, une anémie ou carence martiale. L&rsquo;incontinence peut être de 2 types : d&rsquo;urgence (le patient ressent le besoin urgent mais incontrôlable) ou passive (le patient ne sent rien venir). L&rsquo;examen comprend un examen périnéal, la recherche de prolapsus pelvien et un tonus du sphincter anal. La prise en charge repose un agenda alimentaire (pour trouver les facteurs déclencheurs éventuels), des règles hygiéno-diététiques (repas à heure fixe, toilettes à heures fixes etc&hellip;, régime faible en FODMAP), la rééducation périnéale, et éventuellement des médicaments (lopéramide par exemple). En cas d&rsquo;échec malgré ces mesures, un avis spécialisé est recommandé. Les scores de Wexner ou Vaizey peuvent être utilisés pour évaluer la sévérité mais sont surtout utiles pour évaluer l&rsquo;efficacité des traitements (amélioration des scores).</p>
<p>7/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra2314150">NEJM</a> parle des micronutriments. On retiendra tout d&rsquo;abord, que d&rsquo;après des essais randomisés, la vitamine C et E ne réduisent pas les risques de cancer, d&rsquo;insuffisance cardiaque, ni d&rsquo;autres maladies chroniques. La vitamine A augmente le risque de fracture de hanche et de cancer de prostate, et la vitamine E augmente le risque d&rsquo;infections respiratoires, de cancer de prostate et de mortalité. Cependant la supplémentation AREDS (vitamines E et C, du bêta‐carotène et du zinc) réduit le risque de progression de DMLA. Ainsi, pour avoir des bons apports en micronutriments qui sont quand même utiles à l&rsquo;organisme, les apports alimentaires sont les éléments importants à considérer:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg8gpE2y9bBAZzCAnsgmOC6-FV3P_U_3TPlfID16afzz6bDyaWIwAq2DZYHkqCyFzrp2jAWx2uz6MR37ShFUkyW9QymG1uPORH4r_zxp2LZouy29Qzj_7ma9WLGC-DX-g9riRXFjKV6G1lZcyBqCNAxchH26HCAxEAcv0Z1qezomN-b1HKriOzL6nFOLXOd/s2972/micronutriments.png"><img src="/images/articles/2025/micronutriments.png" alt=""></a></p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3591257/fr/surpoids-et-obesite-chez-la-femme-depistage-et-accompagnement">HAS</a> a publié une recommandation sur le surpoids et l&rsquo;obésité de la femme. Il y a peu d&rsquo;éléments nouveaux. Les auteurs insistent sur un dépistage en consultation, le fait de demander l&rsquo;autorisation de la patiente pour aborder le poids, valoriser les modifications de comportement favorables, ne pas stigmatiser en ayant notamment du matériel médical adapté, repérer et prendre en charge les vulnérabilités sociales. Enfin, il est nécessaire d&rsquo;identifier les ruptures de suivi médicaux, notamment assurant la prévention des cancers, accompagnant pour les grossesses et le post partum, ainsi qu&rsquo;en péri-ménopause.</p>
<p>Nous avions déjà parlé de la Finerenone chez les patients avec <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/12/dragi-webdo-n422.html">néphropathie</a>. Cet <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/doi/10.2337/dc24-1873/157943/Efficacy-and-Safety-of-Finerenone-in-Type-2">article</a> a poolé les essais randomisés incluant des patients diabétiques ayant soit une néphropathie soit une insuffisance cardiaque à FE non altérée (&gt; 40%). Les patients avaient une HbA1c d&rsquo;environ 7.6%, un DFG de 57ml/min en moyenne, un RAC moyen à 400mg/g et  22% avaient un antécédent d’insuffisance cardiaque. Les auteurs trouvent que la finerenone réduit les évènements cardiovasculaires, les poussées d&rsquo;insuffisance cardiaque, l&rsquo;aggravation de la néphropathie et la mortalité globale, indépendamment de l&rsquo;HbA1c. Méthodologiquement, il est dommage que le critère principal soit la mortalité cardiovasculaire, qui est le seul critère non significatif, rendant donc tous les résultats ci dessus purement exploratoires. De plus, l&rsquo;efficacité semble réduire par les co-prescriptions d&rsquo;inhibiteur de SGLT2 et d&rsquo;aGLP1 dont le bénéfice cardiovasculaire en cas d&rsquo;insuffisance cardiaque ou de néphropathie est clairement démontré.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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spams)</em></p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°474 : Alcool (HAS), syndromes coronaires aigus (reco us), aGLP1 versus sGLT2, FA et AVC hémorragique, dépistage des cancers, téléconsultations, Donjons &amp; Dragons</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/03/dragi-webdo-n474/</link><pubDate>Sun, 02 Mar 2025 23:06:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/03/dragi-webdo-n474/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Addictologie</category><category>Douleur</category><category>Oncologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer ce billet abordons la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2830180">télémédecine</a> avec une étude qui a comparé les soins reçus par des patients consommateurs &ldquo;importants&rdquo; de télémédecine versus les consommateurs &ldquo;rares&rdquo; de télémédecine. Les utilisateurs de télémédecine faisaient plus de consultations, et avaient moins d&rsquo;examens &ldquo;peu utiles&rdquo; (bilans métaboliques, ECG de dépistage, imagerie pour lombalgie aiguë, PSA) mais on voit qu&rsquo;ils avaient aussi moins de dépistage du CCR et moins de frottis, considérés comme de faible valeur par les auteurs&hellip; mais l&rsquo;absence de prise en charge globale et de prévention semble donc encore mise en évidence dans cette étude qui n&rsquo;étudie pas les soins utiles qui ne seraient pas réalisés en télémédecine par rapport à des consultations présentielles. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Revenons encore une fois sur les analogues de GLP-1 et aGLP-1/GIP via un article du <a href="https://www.bmj.com/content/388/bmj.r390">BMJ</a> qui aborde les 22 décès dans les indications perte de poids et 60 décès dans l&rsquo;indication diabète de type 2. Cela rappelle une fois encore qu&rsquo;il faut évaluer la balance bénéfice-risque de ces traitements. Dans l&rsquo;indication diabète de type 2, les bénéfices sur les évènements cardiovasculaires sont prouvés et ceux sur la mortalité probables, mais il est indispensable d&rsquo;informer des risques d&rsquo;acidocétose notamment en cas de jeûne.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIR.0000000000001309">AHA/ACC</a>, collège de cardiologie américain a publié des recommandations de prise en charge de syndromes coronaires aigus (SCA). Quand un SCA est suspecté, un ECG dans les 10min est recommandé, puis répété régulièrement avec un dosage de troponine (1 et 2h si Tropo HS ou 3 et 6h si troponine conventionnelle).</p>
<ul>
<li>Une dose de charge d&rsquo;aspirine 162 à 325mg est recommandée dès le diagnostic posé (et d&rsquo;autres inhibiteurs de P2Y12 aussi mais c&rsquo;est dépendant de plusieurs facteurs que l&rsquo;urgentiste gérera).</li>
<li>L&rsquo;antiagrégation est indiquée 12 mois après un SCA (aspirine + inhibiteur P2Y12) avec IPP si risque de saignement élevé. Si c&rsquo;est du ticagrelor qui avait été introduit en inhibiteur de P2Y12, on peut poursuivre par une monothérapie par ticagrelor après 1-3 mois pour réduire le risque hémorragique. Si AOD pour FA, la double antiagrégation + AOD est à poursuivre pendant 1 mois, puis monothérapie par clopidogrel + AOD jusqu’à 1 an.</li>
<li>Les auteurs recommandent une statine forte dose (plutôt atorvastatine 40-80 cf <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIR.0000000000001309">ici</a>) et si le LDL est toujours &gt; 0,7gL, un autre agent (ezetimibe en 1er lieu) est à ajouter (grade 1), mais on peut l&rsquo;ajouter aussi si &gt; 0,55 (grade 2b).</li>
<li>Contrairement aux <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/08/dragi-webdo-n407.html">recos européennes(ESC)</a>, les bêta-bloquants sont recommandés après un SCA. Un IEC/ARAII est recommandé en grade 1 si FEVG &lt; 40%, diabète, HTA ou STEMI antérieur (ces 2 dernières critères ne sont pas dans les recos ESC) et, en grade 2a en l&rsquo;absence de ces facteurs. Un épargneur potassique (surtout l&rsquo;éplérénone) est recommandé (grade 1a) en présence d&rsquo;un des facteurs cités ci dessus.</li>
<li>La colchicine à faible dose est proposée avec un grade IIb. Enfin, on n&rsquo;oublie pas le vaccin grippe qui réduit la mortalité et les évènements cardiovasculaire (grade 1)</li>
</ul>
<p>Voici un essai randomisé très intéressant du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)00333-2/fulltext">Lancet</a>: chez  les patients avec une fibrillation auriculaire et un antécédent d&rsquo;AVC hémorragique, faut-il anticoaguler ? Après un suivi moyen de 1,7 ans, un AVC ischémique est survenu chez 0,83% des patients anticoagulés par an, versus 8,6% chez les non anticoagulés (NNT=13). Cependant, une récidive d&rsquo;hémorragie cérébrale est survenue chez 5% des patients anticoagultés par an versus 0,82% des non anticoagulés (NNH=24). Il y avait également plus de saignements sévères chez les anticoagulés (NNH=15 patients par an). Ainsi, le bénéfice clinique net prenant en compte les évènements ischémiques et hémorragies sévères est nul, et ne permet pas de privilégier une des 2 stratégies. Mais le principe &ldquo;<em>primum non nocere</em>&rdquo; peut aider à choisir.</p>
<p>3/ Addictologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3592850/fr/accompagner-des-le-premier-recours-pour-diminuer-le-risque-alcool-des-femmes">HAS</a> a publié un guide d&rsquo;accompagnement à la prise en soins de la consommation d&rsquo;alcool chez les femmes. Les femmes ont des risques plus importants que les hommes et la consommation sous-dépistée. Pendant la grossesse, il est important de déculpabiliser, d&rsquo;accompagner de manière non stigmatisante, de prioriser le dialogue, de mesure l&rsquo;importance des changements liés à période péri-natale favorisant les changements et la consommation d&rsquo;alcool, et d&rsquo;agir sur l&rsquo;environnement. De façon générale, il y a des actions de réduction des risques aussi à mener en dehors de la grossesse : déconstruire les représentations, soutenir pour alléger la charge mentale des femmes au quotidien, informer et reconnaitre les liens entre violences et consommation d&rsquo;alcool, et prendre en charge les éventuels psychotraumatismes. Pour tout cela, on peut utiliser des psychothérapies, des approches motivationnelles, s&rsquo;appuyer sur les CSAPA, centres d&rsquo;addictologie ou autre structure, ainsi que par les associations de patientes permettant un accompagnement par les pairs. Sur le plan du secret médical, la consommation d&rsquo;alcool même sévère ne justifie pas d&rsquo;une déclaration à la CRIP ou d&rsquo;une mesure de protection, et les éléments recueillis en consultations doivent donc toujours être utilisés dans le respect du secret professionnel.</p>
<p>4/ Douleur</p>
<p>Une étude qualitative du <a href="https://bjgpopen.org/content/early/2025/02/23/BJGPO.2024.0079">BJGP Open</a> s&rsquo;est intéressée aux téléconsultations réalisées dans le cadre du suivi de patients atteints de fibromyalgie et de syndrome de fatigue chronique. Les patients ont manifesté un besoin de se sentir écouté bien que ce soit difficile en téléconsultation. Cependant, les patients ont également déclaré que la téléconsultation pouvait avoir des avantages, notamment lorsqu&rsquo;ils étaient atteints de symptômes/douleurs invalidants . Enfin, il était également important d&rsquo;avoir un suivi régulier et que la complexité de leur maladie soit reconnue.</p>
<p>5/ Oncologie</p>
<p>Le [BEH](<a href="https://www.medicalement-geek.com/">https://www.medicalement-geek.com/</a> Oncologie  <a href="https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2025/3-4/index.html">https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2025/3-4/index.html</a> ) a publié plusieurs études sur les dépistages organisés des cancers en France.</p>
<ul>
<li>Concernant le cancer du col de l&rsquo;utérus, 55% des femmes de 14 ans sont vaccinées avec au moins 1 dose et avec de grandes disparités régionales (pour mémoire la cible OMS est de 70% de couverture). La réalisation de FCU a augmenté, avec des couvertures entre 67% à 25-30 ans et 47% à 60-65 ans.</li>
<li>Concernant le cancer du sein, la participation est de 50% environ au dépistage organisé et de 18% environ par des dépistages individuels, ce qui permet une couverture de 60% (il y a des femmes qui font DO+DI). Les auteurs rappellent en cas de DI sans DO, que le DO est plus performant grâce à la double lecture et d&rsquo;une meilleure qualité des procédures.</li>
<li>Concernant le dépistage colo-rectal, le taux de dépistage est de 48% influant FIT et coloscopie. Parmi les dépistés, le taux de patients couvert par FIT était de 58% et celui par coloscopie de 42% (donc au total, seuls 1/4 des français réalisent leur FIT)</li>
</ul>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Cette <a href="https://diabetesjournals.org/diabetes/article/doi/10.2337/db24-0688/157860/Comparison-of-the-Effects-of-SGLT-2i-versus-GLP">revue systématique</a> a comparé aGLP-1 et iSGLT-2 sur de nombreux critères de jugement selon le DFG des patients : (pour les catégories non présentées, iSGLT2 = aGLP1)</p>
<ul>
<li>insuffisance cardiaque : iSGLT2 &gt; aGLP1 si DFG &lt; 90ml/min</li>
<li>néphropathie:  iSGLT2 &gt; aGLP1 si DFG entre 60 et 90ml/min</li>
<li>évènements cardiovasculaires  : iSGLT2 = aGLP1, mais seuls aGLP1  &gt; placebo si DFG &gt; 90ml/min</li>
<li>mortalité cardiovasculaire: iSGLT2 = aGLP1 mais aGLP1&gt; placebo si DFG &gt;90ml/min et iSGLT2 &gt; placebo si DFG &lt; 60ml/min</li>
<li>mortalité toute cause:  aGLP1 &gt; iSGLT2 si DFG &gt; 90ml/min</li>
</ul>
<p>7/ Le jeu du mois: Donjons &amp; Dragons</p>
<p>Le manque de temps permet de moins en moins de jouer de nouveaux jeux à vous présenter, donc c&rsquo;est peut être le dernier &ldquo;jeu du mois&rdquo;. Donc abordons le jeu de rôle et notamment Donjons &amp; Dragon (D&amp;D). C&rsquo;est donc un jeu dans lequel un &ldquo;maitre du jeu&rdquo; guide un groupe d&rsquo;aventuriers dans des aventures médiévales fantastiques. Chacun interprète donc un personnage, plus ou moins héroïque, de la race de son choix (elfe, humain, nain&hellip;) avec des compétences de combat, de réflexion et éventuellement des sorts selon sa classe (paladin, magicien, barde, barbare&hellip;). Les actions sont réalisées selon des jets de D (souvent des dés à 20 faces, nommés D20), avec des scores de difficultés dépendant de la tâche à effectuer (convaincre, se battre, crocheter une porte etc&hellip;). Longtemps décrié, force est de constater que la littérature sur le &ldquo;JDR&rdquo; et donjon et dragons s&rsquo;étoffe. Cet <a href="https://researchonline.jcu.edu.au/81119/1/JCU_Merrick%20et%20al%202023%20AAM.pdf">article</a> trouve que D&amp;D améliore les symptômes anxio-dépressifs et améliore l&rsquo;estime de soi dans une étude avant-après mono-bras. Cette <a href="https://journals.uu.se/IJRP/article/view/321">étude</a> qualitative décrit comment D&amp;D permet l&rsquo;évasion, l&rsquo;exploration de soi, l&rsquo;expression créative, la création d&rsquo;un soutien social et la mise en place de routines rassurantes. Même si ces articles publiés dans &ldquo;Games for health journal&rdquo; et &ldquo;international journal of role playing&rdquo; ont probablement un parti pris, par tous ces éléments, les JDR ont de nombreux points communs avec les TCC. Ils permettent de s’exposer de façon sécurisée à des niveaux de stress croissants, à la survenue d&rsquo;évènements aléatoires, à la gestion des émotions, et après avoir surmonté les épreuves, d&rsquo;améliorer l&rsquo;estime de soi. Des études plus poussées sont en cours, notamment à l&rsquo;université de Lausanne. Bref, jouez !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhSX3dCHM7FRVXEYa3RrQA7X1vBgtRt9V6u1uVP66yLXnVMmYpi-SwDxaMTBAubbbmklVvDa2f_Q0E2T489En2BpROQMXxmhTuARTj5b-hmIwWL4-1yK8qcFfvtu7C8L5BNzaNvzsJkPqda3XAoIhkTzsux6evlNqKPZGBGmn5nKwIN2aZ66iU6VA4wZt7R/s2016/IMG-20230528-WA0006.jpg"><img src="/images/articles/2025/img-20230528-wa0006.jpg" alt=""></a></p>
<p><em>(Le maître du jeu se prépare&hellip;)</em></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgg1LI2V_5xUe-8obPEgcVrnNW5oWj1MXozRrwPS2oftdl8k_EMXX87d4eFjq7tcG8ZZEU2wcRltrQb-8WG5SouUiwn_uXuM8TVeJNh_RYeJYGodANRPUVWburdfZJqzb7-9iHSfzr8JhVTLcG7KthslfA2V67zosYimmYH9CXxq5XPONidYbQfw2XMJcHI/s4000/20221029_221011.jpg"><img src="/images/articles/2025/20221029-221011.jpg" alt=""></a></p>
<p><em>(Le groupe s&rsquo;avance dans l&rsquo;antre du roi des gobelins)</em></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEidSd7dDdLzE4JAcQBVklFzMccmEP4n-_Pkud4CK9tde0CXWZ6iQvF6_bvxZwsDiMwn1c8Nz42B56_mI1lt6Q8C98S2xJaVogtOPGbZg3a0qKj2e_LIKlN_jTZtAgZP2PMHwqmLDNDZQsFvdQgwZcykvtcaLdIoTU8UNXztR_ZBjvB5VSBCdSjMeT1WcNhW/s2016/IMG-20250302-WA0003.jpg"><img src="/images/articles/2025/img-20250302-wa0003.jpg" alt=""></a></p>
<p><em>(Le druide se retrouve face à des rats-garous)</em></p>
<p>C&rsquo;est fini! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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intitulé &ldquo;Veuillez confirmer votre abonnement à Médicalement Geek&rdquo;, qui
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°473 : Lyme (HAS), infiltrations rachidiennes (recos), acide hyaluronique (recos), MGUS, gestion insuline, vitamine C/rhume, vitamine D/infections respiratoires, Nirmatrelvir/ritonavir</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/02/dragi-webdo-n473/</link><pubDate>Fri, 28 Feb 2025 07:59:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/02/dragi-webdo-n473/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Merci encore à toutes et tous pour votre fidélité, vos commentaires, vos encouragements et bienvenue aux nouveaux sur le blog ! Voici les actualités de la semaine !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/fluoroquinolones-nous-rappelons-limportance-du-bon-usage-de-ces-antibiotiques">ANSM</a> revient encore une fois sur les prescriptions inappropriées de fluoroquinolones. En effet, il semblerait qu&rsquo;il y ait encore trop de prescriptions inadaptées. Elle rappelle qu&rsquo;elles ne doivent pas être prescrites pour les infections non sévères résolutives spontanément, les cystites, les diarrhées du voyageur, les EABPCO, les rhino-sinusites, les OMA et les affections non infectieuses (prostatites chroniques). Il est également nécessaire d&rsquo;informer les patients des effets indésirables lors des prescriptions indiquées, comme pour tout traitement avec des effets indésirables nécessitant une vigilance.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Les études sur la fin de la bithérapie antiagrégation (DAPT) après angioplastie se poursuivent (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/03/dragi-webdo-n435.html">ici</a>). Cette revue systématique d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-03102">Annals of internal medicine</a> a comparé la DAPT au ticagrelor seul après un syndrome coronaire aigu. L&rsquo;inclusion de 3 essais randomisés avec plus de  90% de patients asiatiques, a montré l&rsquo;absence de différence de récidive d&rsquo;évènements cardiovasculaires (1.7% vs 2.1%) et un risque moindre d&rsquo;hémorragies sous ticagrelor seul (0.8% vs. 2.5%, NNT= 59). Des essais en population européenne semblent maintenant indispensables pour confirmer ces données.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_2857558/fr/borreliose-de-lyme-et-autres-maladies-vectorielles-a-tiques-mvt">HAS</a> a publié de nouvelles recommandations concernant la maladie de Lyme et autres maladies vectorielles à tiques (mais on ne parlera que du Lyme, les autres étant quand même du domaine de l&rsquo;infectiologue). Donc pour le Lyme, rien de très neuf en vrai. Le diagnostic repose sur le triptyque 1/ exposition aux tiques + signe clinique évocateur + sérologie positive , avec un algorithme qui va bien pour décider du traitement. Globalement pour les généralistes, soit c&rsquo;est un érythème migrant clinique et il n&rsquo;y a pas besoin de sérologie, soit le triptyque est complet notamment sur les paralysies faciales oligoarthrite, et ça va, soit il faut adresser pour explorations (cf ci dessous). Les signes cliniques évocateurs en dehors de l&rsquo;EM sont le lymphocytome cutané bénin, l&rsquo;acrodermite atrophiante, les neuroborrélioses (notamment les paralysies faciales, méningoradiculite, méningite), les oligoarthrites,  les myo-péricartides, et les uvéites et neuropathies optiques. Sur le plan thérapeutique, un changement majeur est à noter. En effet, la doxycycline, est toujours en 1ère intention chez l&rsquo;adulte (100mg x2/j), mais aussi chez l&rsquo;enfant, y compris avant 8 ans si &gt; 20kg (4mg/kg/j en 2 prises/j) ! La durée de traitement dépend de la forme (10 jours pour l&rsquo;EM, 14 jours si EM multiple ou neuroborréliose &lt; 6mois, et ensuite  21 à 28 jours selon les formes). L&rsquo;amoxicilline est en 2ème ligne (ou 1ère pour les enfants et femmes enceinte dans l&rsquo;arthrite car c&rsquo;est 28 jours). En cas de piqûre, il n&rsquo;y a jamais lieu de donner un traitement préventif quels que soient les situations en France, mais une surveillance clinique d&rsquo;apparition d&rsquo;un EM pendant 1 mois est recommandée.  Enfin, revenons sur le PTLDS (le Post-Treatment Lyme Disease Syndrome). Il signifie qu&rsquo;il y a eu une borréliose prouvée, et qu&rsquo;elle a été traitée puisque c&rsquo;est &ldquo;post traitement&rdquo;, sinon ce n&rsquo;est pas ça. Ensuite, les symptômes doivent être invalidants depuis plus de 6 mois et comportent asthénie et/ou arthralgies et/ou troubles cognitifs qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;autre cause retrouvée et qui ne sont pas des séquelles attendues de la manifestation initiale. Le bilan doit donc comprendre: NFS plaquettes, TP-TCA, CRP, Na, K, créatininémie, bilan hépatique, GAJ, ferritinémie, EPP, CPK, LDH, calcium, phosphore, TSH, bilan auto-immun, carences vitaminiques, sérologies VIH, VHB, VHC, syphilis, EBV, CMV, toxoplasmose et  Tick-Borne Encephalitis Virus (TBEV). L&rsquo;imagerie sera centrée sur les symptômes. La prise en charge sera pluridisciplinaire basée sur l&rsquo;écoute, dans un centre spécialisé.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjFjnmPaGx4m5UURYLvTV5R0xc7C9qTA7gqmsw1ukGRREYeGUynxMzR88SCtKpSsnr8YsKmeFYHZcpbXP5qi391ExxtL7EnB3Am8vmQ73y5jANYQDeZ7pbvKPL0emwhXJyqqWD-L2N10A8R4CRtKHhbp2qrR5WB6lyq3D7Px6RbqAXu3IKwTMXd4L0k-PJQ/s1817/lyme.png"><img src="/images/articles/2025/lyme.png" alt=""></a></p>
<p>Parlons un peu du rhume! Une <a href="https://bmcpublichealth.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12889-023-17229-8">revue systématique</a>, incluant 10 essais, a réussi a montrer que la prise de vitamine C semblait réduire la sévérité des symptômes du rhume de  15%, réduisant ainsi la durée des symptômes sévères (parce que les symptômes peuvent être sévères !) , mais elle ne réduisait pas la durée des symptômes modérés ni la durée totale.</p>
<p>Continuons avec la vitamine D maintenant, qui reste quant à elle fidèle à elle même. En effet, une fois encore, une revue systématique a été publiée. Cet article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(24)00348-6/fulltext">Lancet endoc and diab</a>, a inclus 40 essais randomisés, et inclus au total 60 000 patients pour savoir si la supplémentation en vitamine D réduisait le risque d&rsquo;infections respiratoires. La réponse est toujours  non (OR= 0,94 [0,88-1,00];p=0,057) . De plus le &ldquo;funnel plot&rdquo; montre qu&rsquo;il y a un biais de publication, avec une probable non publication de petites études n&rsquo;ayant pas montré d&rsquo;effet protecteur de la vitamine D. Bref, toujours aucune donnée solide pour prescrire de la vitamine D chez l&rsquo;adulte. Ou plus&hellip; encore des données solides pour ne pas s&rsquo;attendre a un bénéfice clinique de la vitamine D au delà de l&rsquo;effet placebo.</p>
<p>On avait déjà vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/04/dragi-webdo-n437.html">l&rsquo;an dernier</a> que le Nirmatrelvir/ritonavir (Paxlovid*) ne semblait plus efficace dans une population vaccinée. Cette nouvelle <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2830683">étude</a> sur databases américaine conclue que le traitement ne semblait pas réduire les hospitalisations ni la mortalité des patients en 2022. Au mieux, il réduirait de  1.3% d&rsquo;hospitalisations liée au Covid, ce qui est 4 fois moins que ce qui était retrouvé dans la publication initiale du traitement en cours d&rsquo;épidémie.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Cet article aborde le diagnostic et la prise en charge des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2830017">MGUS (gammapathie monoclonale de signification indéterminée)</a> dont la prévalence serait de  3% à 50 ans et 10% à 85 ans. Ainsi, la découverte d&rsquo;une gammapathie monoclonale conduit à compléter le bilan par électrophorèse des protéines sériques (EPP), l&rsquo;immunofixation (IEPP) et un dosage des chaînes légères libres sériques pour calculer le FLC ratio (rapport des chaînes légères kappa/lambda: norme 0,44 à 2,16 avant 70 ans et de 0,46 à 2,59 après). La recherche de protéines urinaires se fait par immunofixation urinaire. Une NFS, calcémie et créatininémie sont enfin réalisés pour rechercher une atteinte d&rsquo;organes cibles. Ces éléments permettent de classer la gammapathie en à faible risque (pic monoclonal &lt; 15g/L ET sous type IgG ET FLC ratio normal), intermédiaire si 1-2 caractéristiques anormales, et haut risque si les 3 sont anormales. Pour un faible risque, un contrôle à 6 mois par NFS, EPP, IEPP, FLC, créatininémie et calcémie, et en cas d&rsquo;absence de progression, à répéter tous les 2 ans (plus souvent si signes cliniques ou évolution). Pour les risques intermédiaires et élevés, un avis hématologique est nécessaire pour réalisation d&rsquo;un myélogramme/BOM (et si le bilan est rassurant, contrôle à 6 mois puis annuel).</p>
<p> 5/ Rhumatologie</p>
<p>Parlons de qualité de recommandations en rhumatologie. Voici un article du <a href="https://www.bmj.com/content/388/bmj-2024-079970">BMJ</a> qui propose une recommandation concernant les infiltrations rachidiennes pour des douleurs chroniques (&gt;3 mois) non liées à un cancer ou a une maladie inflammatoire, que la symptomatologie soit une rachialgie ou une radiculalgie. Ils n&rsquo;ont pas déclaré de liens d&rsquo;intérêt avec l&rsquo;industrie pharmaceutique. Ils se prononcent contre tout type d&rsquo;infiltration rachidienne avec un niveau de preuve fort. Pour cela, ils ont mené une revue systématique également publiée dans le <a href="https://www.bmj.com/content/388/bmj-2024-079971">BMJ</a> et qui incluait  81 essais randomisés et 8000 patients ayant eu des injections d&rsquo;anesthésiant, de corticoïdes ou des deux versus des procédures factices. Il n&rsquo;y avait aucun bénéfice concernant la douleur ou la fonction à 3 ou 6 mois de l&rsquo;intervention. (Y&rsquo;en a qui vont pas aimer cette conclusion objective&hellip;)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg0GhY5wYNS825TFkd0LFfvuO3HOEZR024SZ83KI8PhFHuM46vOi7jx6jLFrvpUWZJElHY6RGPLzPIL_03jR7mTzPCO0N-S8PlDopx6xfsQ9v-iwRUnemGHzWq785Bm8YwN9Fr733Iok2v80jPB2Ih4DLxPA-uz4tEmgtArJVgintHszwMZOvnPx2BZV6f2/s705/rachis%20infiltrations.png"><img src="/images/articles/2025/rachis-20infiltrations.png" alt=""></a></p>
<p>Et d&rsquo;un autre coté, voici les <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11577334/">recos</a> de &ldquo;l&rsquo;Eurovisco group&rdquo;, 12 experts de l&rsquo;arthrose avec 18 lignes de liens d&rsquo;intérêt (dont Royal Canin!), qui se prononce sur la viscosupplémentation ave acide hyaluronique dans la gonarthrose. La méthode employée est un groupe Delphi (on fait des propositions et on demande aux participants de noter entre 0 et 10 s&rsquo;ils sont d&rsquo;accord). Bref, les auteurs sont pour que les injections d&rsquo;acide hyaluronique soient proposées dans la gonarthrose symptomatique, même si douleurs modérées (mais pas en cas de crise aiguë). Rappelons que la revue systématique du BMJ, et les revues narratives du NEJM et du JAMA ne les recommandaient pas devant l&rsquo;absence de bénéfice clinique démontré (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/08/dragi-webdo-n364.html">ici</a>), suite à quoi le <a href="https://www.cnge.fr/wp-content/uploads/2023/09/220905_Avis_CS_CNGE_Supplementation_gonarthrose_vsite.pdf">CNGE</a> avait publié un avis contre la visco-supplémentation qui avait déclenché la colère des rhumatologues qui trouvaient un possible bénéfice et aucun effet secondaire grave à ce traitement qui venait d&rsquo;être déremboursé.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Un <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(24)00372-3/abstract">article</a> aborde la simplification et la déprescription dans le diabète. Il rappelle l&rsquo;importance de la décision partagée, de fixer des objectifs personnalisés basés sur le contexte psychosocial, l&rsquo;environnement et les préférences du patient, et de préférer des traitements avec un risque iatrogène limité. En effet, après 65 ans, le sur-traitement augmente de 73% la mortalité, et les études montrent qu&rsquo;une cible &lt; 8,6% réduit la mortalité. L&rsquo;article suggèrent d&rsquo;interrompre les sulfamides si hypoglycémie, la metformine si insuffisance rénale, les aglp1 si poids faible, et les isglt2 si poids faible ou alimentation faible/jeûne. Il y a aussi un schéma concernant l&rsquo;adaptation de doses d&rsquo;insulines:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgGEZNpCqE0niltKnv7mzLgo5_aie5yunIoCsZj0h53lpezKO796nHLUSeHkk2nxcBCefAMjq67Q-dyeaC-MtC8rqAZP98BntrLuSFUgqFW5osaN5FkzmFFI8vG2BfR629rZWrez-Dr07UUK75BCVZYkd3T6B9tRB-UUZQoUvVhO_wi2ztJWN3mIBHCzQCh/s4168/glyc%C3%A9mie.png"><img src="/images/articles/2025/glyc-c3-a9mie.png" alt=""></a></p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°472 : Sujet âgé avec FDRCV (Académie), HAS (TAAN/GEA, mesure de protection), contraception/risque vasculaire, antidépresseurs/poids, rougeole, IA/littératie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/02/dragi-webdo-n472/</link><pubDate>Fri, 21 Feb 2025 08:15:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/02/dragi-webdo-n472/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Médecine générale</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour,  c&rsquo;est les 11 ans du blog, déjà !! Aller, pour commencer parlons de cette <a href="https://www-acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-02738">étude</a> évaluant une formation aux MG sur les prescriptions de PSA, le sur-traitement du diabète et les ECBU inutiles n&rsquo;a montré qu&rsquo;une amélioration des pratiques sur les prescriptions de PSA pendant la période d&rsquo;intervention. Après l&rsquo;intervention, les MG reprenaient leurs pratiques antérieures&hellip; Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/388/bmj-2024-082801">BMJ</a> étudie le risque d&rsquo;AVC et d&rsquo;infarctus chez les femmes sous contraception hormonale. Les risques d&rsquo;AVC et d&rsquo;IDM sont respectivement de 1,8/10 000 par an et 0,8/10 000 sans contraception, 3,9/10 000 et 1,8/10 000 sous COP, 3,3/10 000 et 1,3/10 000 sous progestatifs oraux et 2,3/10 000 et 1,1/10 000 pour un DIU. Les DIU hormonaux n&rsquo;augmentaient pas significativement le risque d&rsquo;AVC ou d&rsquo;IDM.</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2830130">JAMA</a> revient sur le risque thrombo-embolique veineux des contraceptions hormonales. L&rsquo;incidence des MTEV était de  2/10 000 par an en l&rsquo;absence de contraception, 12/10 000 pour les injections de progestatifs, 10/10 000 sous COP, 8/10 000 sous anneaux et patchs OP, 3,5/10 000 pour les pilules et DIU aux progestatifs seuls, 2,1/10 000 pour les DIU. Enfin, si on entre dans les détails des COP, le sur-risque par rapport aux non utilisatrices variait entre 3/10 000 sous 2è génération à 14/10 000 pour les 3ème génération !</p>
<p>Un article d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-2742">Annals of internal medicine</a> comparait les variations de poids sous divers antidépresseurs par rapport à la sertraline. La fluoxétine et le bupropion ont tendance à faire perdre du poids  alors que l&rsquo;escitalopram et la paroxétine sont ceux en faisant prendre le plus.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiafetaTs24-VPayv9_cf4qsMQxiwSn0_PdPup2U2r6RF8kL1GDyajFjXi_tJS-UO8wwtoF2bmY4WtOjU8kPGVGTW8Z8kBWkEJ8ipriW51luMvMx-vJW0TCW2n9o2wMRJIsX0xhGX3jHIoeHjiR9Pr6czuN3zQy1SL1Vn7e8j6sTFynh9dnCeGqeMu7knT1/s553/poids%20atd.png"><img src="/images/articles/2025/poids-20atd.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(24)02086-5/abstract">Lancet</a> revient sur les arrêts cardiaques chez les sportifs. En prévention, l&rsquo;interrogatoire centré sur les symptômes et les antécédents familiaux, et l&rsquo;examen clinique ont une faible sensibilité. L&rsquo;ajout de l&rsquo;ECG améliorer la sensibilité du dépistage des troubles pouvant conduire à un arrêt cardiaque. Cependant, il ne permet pas de détecter un certain nombre de pathologie et augmente les faux positifs conduisant à des explorations inutiles et restrictions inappropriées. Ainsi, les scientifiques ne sont pas unanimes sur la conduite à tenir et il n&rsquo;y a pas d&rsquo;indication à d&rsquo;autres explorations systématiques autres que l&rsquo;ECG si effectué. Après 35 ans, il n&rsquo;y a pas non plus de bénéfice démontré à dépister une coronaropathie avant l&rsquo;activité physique. Cependant, un dépistage est recommandé si facteurs de risque cardiovasculaires.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.academie-medecine.fr/prise-en-charge-des-facteurs-de-risque-cardiovasculaire-des-personnes-agees-de-75-ans-et-plus/">académie de médecine</a> a publié un avis sur la prise en charge des facteurs de risques cardiovasculaires des patients de plus de 75 ans. Techniquement, il aurait été plus adapté de parler de prise en charge de patients avec facteurs de risque cardiovasculaire que de la prise en charge de facteurs.</p>
<p>Concernant l&rsquo;HTA, l&rsquo;académie propose la cible &ldquo;ESC&rdquo; de 140mmHg de PAS, assouplie chez les patients fragiles autonomes avec une cible  &lt; 150mmHg en commençant à traiter si PAS &gt; 160mmHg. En cas de patient fragiles dépendant, une cible &lt; 160mmHg peut être suffisante.</p>
<p>Concernant le diabète, l&rsquo;académie suit les recos HAS de 2014, avec 7% pour les patients non fragiles, entre 7% et 8% pour les patients fragiles et entre 7,5% et 9% pour les patients très fragiles dépendants.</p>
<p>Concernant les dyslipidémies, l&rsquo;académie reprend les cibles de l&rsquo;ESC. Cependant, elle note qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de preuve de bénéfice des statines en prévention primaire après 70 ans (mais une étude observationnelle trouvait un sur-risque d&rsquo;AVC si arrêt). En prévention secondaire, il faut continuer (études prosper et  improve-it mais peu de patients &gt; 80 ans).</p>
<p>Enfin, un paragraphe est dédié à la décroissance thérapeutique en l&rsquo;absence d&rsquo;effets indésirables, en mettant en avant la non re-prescription systématique et la place du médecin traitant comme pivot dans la gestion des médicaments en coordination avec les autres spécialistes.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/388/bmj-2024-079895">BMJ</a> aborde la prise en charge de la rougeole. Pour commencer, il est estimé que la vaccination a éviter plus de 50 millions de décès dans le monde entre 2000 et 2020. Elle n&rsquo;évite cependant pas la rougeole à 100% (efficacité 97-99%). Son incubation varie entre 7 et 21 jours, et les premiers symptômes initiaux sont toux, rhinite, conjonctivite. Le signe de Koplick (spots blanc-gris sur muqueuse jugale érythémateuse) apparait et l&rsquo;éruption typique de rougeole fait suite 3-4 jours après. Les complications sont les otites (7-9%), les pneumonies (1-6%), diarrhées (8%), convulsions ( 0,5%), encéphalite ( 0,5 à 1 pour 1000), pan-encéphalite sub-aigue sclérosante ( 1 pour 25000, mais 16 fois plus si infection avant 3 mois). On est contagieux pendant 4 jours après l&rsquo;apparition du rash, et les contacts non vaccinés dans la maison doivent être isolés 21 jours, car le R0 de la rougeole est de 12-18 (chaque personne contaminée contamine 12 à 18 personnes, soit 10 fois plus que le Covid ou la grippe). Il n&rsquo;y a pas de traitement spécifique et la supplémentation en vitamine A n&rsquo;a pas de bénéfice démontré (car la rougeole entraine une carence en vitamine A responsable de xérophtalmie).</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3557049/fr/interet-des-techniques-d-amplifications-des-acides-nucleiques-taan-multiplex-dans-la-prise-en-charge-medicale-des-infections-gastro-intestinales">HAS</a> a publié une recommandation concernant l&rsquo;utilisation des tests d&rsquo;amplification des acides nucléiques (TAAN) multiplex dans les gastro-entérites :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEibnKYEdRdxcY0zjx73iX0RDveYXZ_CX-zxoaGOrT7iIluI0uO-Ezop30qNUAyiih2hALtrhokGY20yRpwytoGZ63E342RDNONAC-QUvTKQP7O_lmCM-CzjBL_te5WPjpAl72BTao-lzsiV0c79JSoMi_f1Jvz21raRv2vUT5dnbbyURq61Qw5dV9m7dWmz/s874/GEA.png"><img src="/images/articles/2025/gea.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Exercice médical</p>
<p> La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3343657/fr/accompagner-la-personne-necessitant-une-mesure-de-protection-juridique#xtor=EPR-1-%5BL%27Actu%20de%20la%20HAS%5D-20250123">HAS</a> a publié une recommandation concernant l&rsquo;accompagnement des personnes ayant une mesure de protection. Concernant le médecin généraliste, il est cité au moment du certificat où la formulation &ldquo;médecin traitant&rdquo; veut en fait dire &ldquo;tout médecin ayant vu le patient. Un médecin inscrit sur la liste du procureur peut solliciter l&rsquo;avis du médecin traitant, qui n&rsquo;a alors pas le droit de refuser de répondre aux questions du médecin inscrit, mais n&rsquo;a pas à donner accès au dossier médical: il faut juste répondre aux question du certificat.</p>
<p>Des <a href="https://ai.nejm.org/doi/full/10.1056/AIoa2400402">chercheurs</a> ont fait lire 4 comptes rendus d&rsquo;hospitalisation à des patients, en remplaçant aléatoirement 2 des 4 (pas toujours les mêmes donc) par des CR retravaillés par chat-GPT. La compréhension était améliorée avec les CR issus de chat-GPT avec une efficacité plus importante dans les populations ayant historiquement une plus faible littératie (sujets noirs, hispaniques, patients âgés et hommes). C&rsquo;est un exemple de sujet de thèse qu&rsquo;il serait facile de refaire en France&hellip;</p>
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°471 : Doxy post-exposition (HAS), migraines (reco US), réhabilitation pulmonaire (reco US), paracétamol, substitut de sel, suivi mammo, cancer testiculaire, vaccin covid, continuité des soins</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/02/dragi-webdo-n471/</link><pubDate>Sun, 09 Feb 2025 21:00:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/02/dragi-webdo-n471/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Neurologie</category><category>Oncologie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Commençons cette semaine par parler de <a href="https://bjgpopen.org/content/early/2025/01/27/BJGPO.2024.0144">continuité des soins des patients diabétiques</a>. Cette étude incluant plus de 10 000 diabétiques a mis en évidence que les patients voyant 0 ou 1 fois leur MG dans l&rsquo;année ont un risque de mortalité plus élevé que ceux ayant un suivi régulier avec lui (et ceux voyant le plus souvent également, mais c&rsquo;est probablement parce que leur santé se dégrade qu&rsquo;ils ont besoin de plus de RDV). Voici les autres actualités, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://acrjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/acr.25471">étude</a> de cohorte a inclus 100 000 patients de plus de  65 ans prenant du paracetamol qui ont été appariés avec 400 000 non exposés. Les auteurs trouvent que le paracetamol est associé à un sur risque d&rsquo;ulcères gastriques non compliqués, d&rsquo;hémorragies digestives, d&rsquo;HTA, d&rsquo;insuffisance cardiaque et d&rsquo;insuffisance rénale. Bref, même si c&rsquo;est un des mieux tolérés, toujours penser aux effets indésirables potentiels&hellip;</p>
<p>Le thiocolchicoside avait déjà été signalé comme tératogène par la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/11/dragi-webdo-161.html">HAS</a> il y a plusieurs années. L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/informations-de-securite/specialites-contenant-du-thiocolchicoside-rappels-et-nouvelles-recommandations-concernant-le-risque-potentiel-de-genotoxicite?">ANSM</a> publie maintenant une alerte concernant ce risque, aussi bien chez l&rsquo;homme que chez la femme. Ainsi, il est contre indiqué chez la femme et l&rsquo;homme sans contraception efficace, et la contraception doit être maintenue pendant 1 mois pour les femmes et 3 mois pour les hommes. Bref, poubelle, comme dirait Prescrire®.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/fullarticle/2829790">étude</a> chinoise en cluster a randomisé 14 000 patients avec antécédent d&rsquo;AVC (64 ans en moyenne, 85% HTA, 30% en prévention secondaire), en un bras intervention dans lequel un substitut de sel (&ldquo;sel de régime&rdquo;) était fourni (75% de chlorure de sodium et 25% de chlorure de potassium), versus un bras contrôle avec utilisation de sel habituel (chlorure de sodium à 100%). Les auteurs montrent une réduction des récidives d&rsquo;AVC fatals et non fatals (NNT= 200 par an), principalement hémorragiques, et de mortalité toute cause (NNT=  175 par an) porté par la mortalité cardiovasculaire. La tolérance était bonne et l&rsquo;étude n&rsquo;a pas montré davantage d&rsquo;hyperkaliémie.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2829940">recommandations</a> américaines recommandent fortement de la réhabilitation pulmonaire chez les patients BPCO stables et chez ceux ayant été hospitalisés pour exacerbation. Cela peut être réalisé en présentiel ou en distanciel.  Elle améliore la dyspnée, la qualité de vie, le risque de réadmission après une hospitalisation pour EABPCO. En dehors de quelques sensations de malaise, il ne semble pas y avoir d&rsquo;effets indésirables. (On en avait aussi parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/03/dragi-webdo-n39.html">ici</a>)</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-01052">American college of physicians</a> a publié des recommandations concernant le traitement préventif des migraines. En première intention, les bêta-bloquants (propranolol ou metoprolol), le valproate, les IRSNA ou l&rsquo;amitriptyline sont recommandés. Les gepants (bloqueur des récepteurs CGRP) et le topiramate sont les 2ème et 3ème lignes de traitement. Les autres traitements efficaces n&rsquo;ont pas été inclus par manque d&rsquo;études comparatives de bon niveau de preuve. La revue complète est <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-00315">ici</a>.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhD2FhuUJ4N5m6O6vjXh3YlO9ASJzT_0eXlyyo3D7LuEeXvRlQy5DhClmpZVH2lWdkJXMcMBOp5_4LQs67x2_QiGPDi78ud9CohL_w7moFxkbZigPcoJLFgIZF_SIeksmQrmhA2Ki3s97qQ8KXGCjm4kK_BxUxk2E9MiLeEOEH8o0WyH1KqentL8du7B6T2/s400/migraine.png"><img src="/images/articles/2025/migraine.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Oncologie</p>
<p>Voici un <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(24)02715-6/fulltext">essai randomisé</a> chez des femmes avec antécédent de cancer du sein, comparant une surveillance par mammographie annuelle (standard) versus par mammographie moins fréquente (tous les 2 ans ou tous les 3 ans selon le traitement réalisé) après 3 ans de mammographie annuelle. Après 9 ans (6 ans de suivi dans l&rsquo;étude), la survie spécifique liée au cancer du sein dans le groupe mammographie annuelle était de 98.1% et de 98.3% dans le groupe mammographie moins fréquente, ce qui a confirmé la non infériorité de cette stratégie plus légère.</p>
<p>Abordons les cancers <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2829847">testiculaires</a>, dont l&rsquo;âge moyen de découverte est de  33 ans et la survie à  5 ans  de 95%, avec une prévalence de 6/100 000 hommes. Les facteurs de risques sont une crypto-orchidie, des antécédents familiaux, une infertilité, un Klinfelter et la consommation de cannabis. Cliniquement, il s&rsquo;agit d&rsquo;une masse testiculaire indolore, et il y a une gynécomastie dans 2% des cas (lié à l&rsquo;élévation des β-hCG). Le bilan comprend une échographie, puis les marqueurs: β-hCG, AFP, LDH. Ensuite, avis urologique, traitement etc&hellip; Le suivi post traitement comportera surveillance annuelle avec  vigilance sur l&rsquo;état psychique du patient, fonction rénale, bilan lipidique et glycémique selon les recommandations américaines.</p>
<p>6/ Infectiologie</p>
<p>La HAS a publié des recommandations concernant la <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-01/reco501_reco_doxycycline_cd_2025_01_23.pdf">doxycycline post-exposition</a>. Les auteurs considères qu&rsquo;est pas recommandé de traiter en post exposition par doxycycline les HSH et femmes trans, avec un grade &ldquo;avis d&rsquo;expert&rdquo;. Cependant, elle peut être envisagée après discussion et décision partagée pour les patients à haut risques d&rsquo;IST (2 partenaires dans l&rsquo;année et 2 IST dans l&rsquo;année). Dans ce cas, il est recommandé de prescrire la doxycycline 200mg dose unique le plus tôt possible et maximum 72h après (max 3 fois par semaine), d&rsquo;associer un bilan IST voire un traitement préventif du VIH type PrEP et de réaliser un bilan IST tous les 3 mois avec traitement si positif et contrôle biologique après traitement (risque de résistances). Le niveau de preuve &ldquo;avis d&rsquo;expert&rdquo; est assez étonnant compte tenu de l&rsquo;existence d&rsquo;essais randomisés efficaces (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/12/dragi-webdo-n164.html">ici</a>) même s&rsquo;ils ne sont pas nombreux. Enfin, chez les autres populations, le traitement post-exposition n&rsquo;est pas recommandé (grade B)</p>
<p>Un <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-01015">essai émulé</a> à partir de la cohorte des vétérans américains, l&rsquo;efficacité des vaccins Covid administrés entre octobre 2023 et janvier 2024, avec une date de point placée en mai 2024. A 2 mois, les risques d&rsquo;infection, d&rsquo;hospitalisation pour Covid et de décès lié au covid étaient respectivement réduits de  14%,  37% et 54%. A 4 mois l&rsquo;efficacité du vaccin diminuait rapidement pour ces 3 critères, étant respectivement de 3%, 25% et 30%. La population étudiée avait 70 ans en moyenne, un IMC &gt; 30kg/m2 chez  40% des patients, un diabète chez 40% des patients, une coronaropathie chez  40% des patients. Les auteurs concluent à une efficacité faible du vaccin qui diminue rapidement avec le temps.</p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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<p>A l&rsquo;année prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et relecture par @DrePétronille)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°470: Vaccin pneumocoque (HAS), ostéopathie/nourrisson, tirzépatide/insuffisance cardiaque, aGLP-1/grossesses, épicondylites, MoCA, HTA au marché, Next station Paris</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/02/dragi-webdo-n470/</link><pubDate>Tue, 04 Feb 2025 22:26:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/02/dragi-webdo-n470/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Rhumatologie</category><category>Neurologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les articles de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/fortes-tensions-dapprovisionnement-en-quetiapine-xeroquel-lp-et-generiques-premieres-conduites-a-tenir">ANSM</a> alerte sur les tensions d’approvisionnement de quétiapine. Ainsi, elle recommande de ne plus introduire de traitements sauf pour les syndromes dépressifs dans le cadre de troubles bipolaires. Il est nécessaire d&rsquo;utiliser une alternative dans les autres circonstances.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/388/bmj.q2440">BMJ</a> aborde dans un article court les grossesses imprévues sous analogues du GLP-1. Elles sont probablement favorisées par une réduction de l&rsquo;absorption des contraceptifs oraux liés au ralentissement de vidange gastrique d&rsquo;une part, et par une amélioration de la fertilité liée à la perte de poids.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>On avait déjà parlé d&rsquo;informer sur l&rsquo;HTA chez le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/03/dragi-webdo-n176.html">coiffeur</a>. Cette nouvelle <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-00873#">étude</a> a comparé la pression artérielle de patients quand elle était prise: 1/ au cabinet médical , 2/ dans un marché alimentaire 3/ dans un marché alimentaire avec des bouchons d&rsquo;oreille. Les PAS n&rsquo;étaient pas significativement différentes entre les 3 types de mesures et les PAD étaient supérieure dans les 2 groupes &ldquo;marché alimentaire&rdquo; de 1.5mmHg par rapport aux mesures au cabinet. On peut donc prendre la PA n&rsquo;importe où et avec la même fiabilité qu&rsquo;une PA &ldquo;au cabinet&rdquo;</p>
<p>Après les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/09/dragi-webdo-n453.html">aGLP1</a> dans l&rsquo;insuffisance cardiaque, efficaces grâce à la perte de poids plutôt que grâce à un effet spécifique, le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2410027">tirzépadide</a> est maintenant testé également. Les auteurs ont inclus 700 patients de  65 ans en moyenne, diabétiques à  50%, avec une FE moyenne de 60% et un BMI de  38. Il y avait 2 co-critères principaux. Sur le critère de mortalité cardiovasculaire ou aggravation d&rsquo;insuffisance cardiaque, le traitement était efficace avec un NNT de  31 patients par an, porté par les insuffisances cardiaques (pas de différence de mortalité cardiovasculaire ou globale). Sur l&rsquo;amélioration du score fonctionnel d&rsquo;insuffisance cardiaque KCCQ-CSS,  il y avait une différence de  7 points sur 100 entre les 2 groupes, (53/100 au début de l&rsquo;étude). Enfin, la perte de poids était de 13% dans le groupe tirzépatide. Donc les résultats semblent concordants avec ce qui est déjà connu sur la perte de poids et insuffisance cardiaque a FE préservée.</p>
<p>3/ Vaccination</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3586414/fr/elargissement-des-criteres-d-eligibilite-a-la-vaccination-antipneumococcique-chez-les-adultes-recommandation-vaccinale">HAS</a> s&rsquo;aligne sur les recommandations américaines en recommandant la vaccination anti-pneumococcique chez tous les patients de plus de 65 ans par Prevenar 20. On avait vu que le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/12/dragi-webdo-n379.html">NNT</a> pour éviter une hospitalisation était de
1667 patients par an en l&rsquo;absence de comorbidité que c&rsquo;était plutôt intéressant <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/03/dragi-webdo-n389.html">après  70 ans</a> que 65 ans.</p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>Retour sur l&rsquo;ostéopathie pour prévenir les <a href="https://www.em-consulte.com/article/1716473/figures/early-osteopathic-manipulative-treatment-to-preven">déformations crâniennes</a> chez le nourrisson dans un essai contrôlé randomisé français! Les nourrissons avaient entre 3 et 10 jours, et avaient des facteurs de risque de déformation crânienne (accouchement instrumental ou côté préférentiel de soutien de la tête, hypertonie axiale globale, hypertonie sous-occipitale localisée, déformation crânienne congénitale, déformation faciale et déformation du tronc). Il y a donc eu 60 enfants randomisés en ostéopathie ou conseils et le critère de jugement était une plagiocéphalie ou brachycéphalie à 4 mois. Au final, il n&rsquo;y avait aucune différence entre les 2 groupes (6/35 vs 8/30). Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;effets indésirables notés (mais sur un si faible échantillon et avec des ostéopathes travaillant dans un service pédiatrique de CHU). Bref, malgré la tendance d&rsquo;efficacité, la taille des effectifs ne permet pas de trouver une efficacité de l&rsquo;ostéopathie, on en reste donc à une absence de bénéfice prouvé et donc pas d&rsquo;indication.</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Dans l&rsquo;épicondylite, se pose la question des différents traitements injectables en cas de persistance. Cet <a href="https://www.mdpi.com/2077-0383/14/2/472">essai randomisé</a> a comparé le plasma riche en plaquettes (PRP), les corticoïdes, l&rsquo;acide hyaluronique et le placebo (Sérum physio). Après les injections, il n&rsquo;y avait aucune différence d&rsquo;efficacité entre les traitements par rapport au placebo, malgré une amélioration globale. On peut juste noter, qu&rsquo;à 1 mois les corticoïdes semblaient avoir plus rapidement soulagé la douleur à 1 semaine, avant que l&rsquo;intensité rejoigne celle des autres traitements après. Bref, pas de traitement injectable efficace au delà de l&rsquo;effet placebo.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhKSCBTEZz2KQrLgEgXBNJi-eiyd2YUyMjdF4ZG3788Xy6kh048ep5cZvN4WrwEKmCV3aFlZUYfSiMJFLcr1RIhcoNdFavxnn26uTA1ExjsNIr1gVZ1SZizH2salCm2Ip-uR1NaYMoNrW4Ufu_o_kIh_hnf1H_hbwjd_uU-g-O3ruGT3ByHbBCZG_vteEuS/s840/%C3%A9pcondylite.png"><img src="/images/articles/2025/c3-a9pcondylite.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Neurologie</p>
<p>Un <a href="https://bjgpopen.org/content/early/2025/01/27/BJGPO.2024.0039">article</a> lillois publié dans le BJGP Open porte sur l&rsquo;évaluation des troubles mnésiques par le test MoCA (≥ 26/30 = normal; &lt; 10/30 = sévère). Le MoCa aurait un intérêt pour un dépistage précoce des troubles cognitifs modérés notamment après 60ans. Il est réalisé par les généralistes de l&rsquo;étude en moins de 10min pour 80% d&rsquo;entre eux. Pour comparaison, le MMSE met 10-15 minutes et est recommandé plutôt pour les troubles modérés à sévères.</p>
<p>7/ Le jeu du mois :  Next station Paris</p>
<p>&ldquo;Next Station Paris&rdquo; est un petit jeu &ldquo;flip and write&rdquo; dans lequel l&rsquo;objectif est de créé des lignes de métro, chaque joueur créant 1 ligne de métro de chaque couleur. Les stations sont représentées par des symbole (carré, rond, triangle etc&hellip;) et chaque tour , une carte est tirée avec un symbole. Sur leur carte personnelle, les joueurs doivent tirer une ligne de métro entre la station où ils sont et une station suivante correspondant à la forme représentée sur la carte. Plusieurs options sont possibles, et pour marquer le plus de point, il faut essayer d&rsquo;aller dans le plus de quartiers de la ville, relier des monuments, créer des intersections sur les stations&hellip; Quand la manche est finie avec une ligne, on passe son crayon de couleur au joueur d&rsquo;à côté, et une nouvelle manche débute pour créer une nouvelle ligne d&rsquo;une autre couleur.  Il faut quand même réfléchir à ce qui est à optimiser et réfléchir à ce qui peut arriver après pour définir les lignes les plus rentables. Bref, c&rsquo;est un jeu sympa,  sans prise de tête prenant  30min environ : on retourne une carte, on trace un trait, et on recommence jusqu&rsquo;à compter les points !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiUPzrcFFDZFvEzACHKpQ6enm6WrVwPZDYY4cK8l04-KwW_HyuIVsmIB7iTkQVhtdxUqjPO63yGWbcMWGVW9ZsGefpRxRF6K0iSXiTtdxmhyphenhyphenlyU9Maq3NtLCe0ThuLFD80pxyYKlQ1HzGCJC-g1wdclDZ4iQEgwteikb0swbo-8uf16ZVvdyAo1pqsfYGG1/s4530/20241214_185523.jpg"><img src="/images/articles/2025/20241214-185523.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°469 : Pneumopathies (HAS), infections génitales hautes (HAS), arthrose mains (reco SFR), dysphonies, anti-viraux/grippe, conisations/complications, isglt-2</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/01/dragi-webdo-n469/</link><pubDate>Thu, 30 Jan 2025 23:13:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/01/dragi-webdo-n469/</guid><category>Rhumatologie</category><category>Gynécologie</category><category>Infectiologie</category><category>ORL</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Voici, sans plus attendre, les actualités de la semaine !</p>
<p>1/ Rhumatologie</p>
<p>La <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3612356#vp_1">société de rhumatologie</a>
a présenté des recommandations dans l&rsquo;arthrose des mains en congrès.
Sur le plan thérapeutique, rien de très neuf: faire des exercices (mais
l&rsquo;effet ne se maintient pas dans le temps si arrêt), et prescrire des
orthèses notamment pour la rhizarthrose et l&rsquo;arthrose digitale sont les 2
recommandations de grade 1A. Il est recommandé de ne pas proposer des
ondes de choc, le laser, l’acupuncture ou les bandes adhésives. En grade
1B, les AINS locaux et oraux (en l&rsquo;absence de contre indication) et les
corticoïdes oraux sont possibles notamment pour les poussées
douloureuses. Le paracetamol et les infiltrations de corticoïdes sont
des options.  Les opioïdes, la colchicine, l’hydroxychloroquine, le methotrexate et les infiltrations autre qu&rsquo;avec des corticoïdes ne sont pas recommandés.
Enfin, les auteurs proposent de la chondroïtine comme traitement
réduisant la douleur à partir d&rsquo;une étude de 2011 (-9 points sur 100 sur
l&rsquo;EVA et -2 sur 30 sur le FIHOA score), mais la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/02/dragi-webdo-n35.html">Cochrane</a> n’approuverai pas.</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/388/bmj-2023-078140">BMJ</a> aborde les complications des conisations dans une cohorte danoise. Les auteurs décrivent qu&rsquo;il faut 6-8 conisations pour éviter un cancer du col et 50 pour éviter une mort par cancer. Les conisations avaient comme complications des saignements ( 2.8%), des infections (0.5%), des ré-interventions (4%), ce qui impliquait au moins 1 complication chez  6.3% des patients. Les patients conisées avait 14 fois plus de risque d&rsquo;avoir une sténose du col, et  3 fois plus de dilatation cervicale, notamment en cas de suture suite à des saignements. Si les niveaux de preuve de la vaccination sur le risque de cancer ou de mortalité par cancer du col n&rsquo;est pas encore démontré avec des études du plus haut niveau de preuve, la vaccination réduit ces lésions qui entraînent ensuite des conisations pouvant se compliquer, éléments de morbidité à prendre en compte en complément du risque de cancer.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3575605/fr/choix-et-durees-d-antibiotherapie-dans-les-infections-genitales-hautes-non-compliquees">HAS</a> a publié une mise à jour des recommandations pour infections génitales hautes (IGH). Leur diagnostic repose d&rsquo;une part sur la clinique (douleurs pelviennes &gt; 4 jours avec douleurs à la mobilisation utérine ou cervicale +/- fièvre, leucorrhée, masse palpée, dyspareunies, syndrome inflammatoire). Les prélèvements microbiologiques ou sanguins renforcent le diagnostic mais peuvent être normaux. Les auteurs proposent PCR gonocoque, chlamydia, mycoplasma G, NFS, CRP, recherche des autres IST (VIH, VHB, VHC, syphilis) +/- b-hcg. L&rsquo;échographie en ville peut également être une aide au diagnostic. Dans les formes simples (endométrite et salpingite), un traitement probabiliste ambulatoire est recommandé avec ceftriaxone 500 IM dose unique, doxycycline 100x2 10jours et metronidazole  500x2 10 jours (Si allergie C3G: ofloxacine, levofloxacine voire si mycoplasme : moxifloxacine avec surveillance QT et bilan hépatique). Un doute diagnostic, des symptômes sévères, une grossesse, une détresse psychologique, une voie orale impossible, un échec de traitement ou une IGH compliquée (abcès, sepsis, péritonite) doivent nécessiter un recours.</p>
<p>Voici également les <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3575597/fr/choix-et-durees-d-antibiotherapies-pneumonie-aigue-communautaire-de-l-adulte-en-ambulatoire">recommandations HAS</a> sur les durées d&rsquo;antibiothérapies dans les pneumopathies de l&rsquo;adulte. En attendant les recommandations de la SPLF/SPILF, la HAS dit que le traitement est probabiliste, et que l&rsquo;imagerie thoracique est recommandée, ne doit pas faire retarder le traitement mais que sa normalité doit faire reconsidérer le diagnostic. Le traitement &ldquo;classique&rdquo; est amoxicilline   (ou si allergie: pristinamycine ) et si échec à  72h ou profil de bactérie atypique :clarithromycine, spiramycine ou azithromycine (et si allergie: pristinamycine ou doxycycline). En cas de comorbidité, l&rsquo;amoxicilline+acide clavulanique , ou une C3G injectable est recommandée (la levofloxacine est le dernier recours si rien d&rsquo;autre n&rsquo;est possible). Enfin, la durée d&rsquo;antibiothérapie est de 7 jours maximum, 5 jours idéalement, et ils proposent 3 jours si réévaluation  par un médecin avec apyrexie, TA normale, FR &lt; 24, FC&lt;100 et spO2 &gt; 90%. Il faut informer les patients que la toux, la fatigue et autres symptômes peuvent persister plusieurs semaines après traitement.</p>
<p>Il y a un article tous les ans sur la place des anti-viraux dans le traitement de la grippe. Une fois encore, l&rsquo;inutilité des traitements disponibles en France (ozeltamivor et zanamivir) est confirmée. Mais, cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2829156">méta-analyse en réseau</a> a étudié tous les antiviraux disponibles dans la grippe. Et il semblerait que  le baloxavir pourrait réduire le risque d&rsquo;hospitalisation chez les patients à haut risque. Mais, il y a peu d&rsquo;études le concernant, et sur cette analyse, la réduction du risque d&rsquo;hospitalisation n&rsquo;est pas significative ( -16 [-20 et +4] patients pour 1000 traités) . Enfin, il réduirait significativement les symptômes de 1 jour [ −1.41 à −0.63].</p>
<p>4/ ORL</p>
<p>Parlons des dysphonies avec ce <a href="https://www.bmj.com/content/388/bmj-2024-079623">BMJ</a>. La plupart des dysphonies sont bénignes.</p>
<ul>
<li>
<p>Il faut d&rsquo;abord évaluer l&rsquo;ancienneté des symptômes. Les dysphonies aiguës (&lt;3 semaines) ou intermittentes sont généralement dues à des laryngites ou à des lésions bénignes (kystes, nodules, polypes&hellip;). Les dysphonies persistantes (&gt; 3 semaines) doivent faire rechercher des signes d&rsquo;alarme (cf dessous).</p>
</li>
<li>
<p>Puis rechercher les signes associés qui sont bénins (rhinorrhée, fièvre, gastrite, phlegmon, pathologies neurologiques associée comme Parkinson, la SEP, la SLA et la myasthénie), ou qui peuvent être des signes d&rsquo;alarme: enrouement, dysphagie, odynophagie, otalgie avec otoscopie normale, œdème parotidien, masse orale ou adénopathie cervicale, sensation de boule dans la gorge,  perte de poids.</p>
</li>
<li>
<p>Certains médicaments peuvent être impliqués: corticoïdes inhalés, diurétiques, anticholinergiques, antihypertenseurs, antidépresseurs, mucolytiques.</p>
</li>
<li>
<p>Sur le plan thérapeutique: boire 2L/jour a montré un bénéfice, traiter un RGO s&rsquo;il y a des symptômes, réduire le tabac, la caféine et l&rsquo;alcool et ne pas forcer sur sa voix.</p>
</li>
</ul>
<p>5/ Endocrinologie</p>
<p>Dapagliflozine, empagliflozine, canagliflozine&hellip; Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2829196">étude</a> a
comparé les différents ISGLT-2 chez les patients diabétiques dans un
essai simulé à partir de databases américaines. Avec l&rsquo;empagliflozine
prise comme référence, il n&rsquo;y avait pas de différence de survenue
d&rsquo;infarctus ou d&rsquo;AVC avec les 2 autres isglt2 mais les patients sous
dapagliflozine avaient légèrement plus d&rsquo;insuffisance cardiaque et moins
d&rsquo;infections urinaires et d&rsquo;acidocétose.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°468 : Obésité (recos), pédiatrie (recos HAS: pneumopathie, sinusite, colobome), migraines (recos), ostéoporose (USPSTF), mesure HTA, IA/dépression, santé mentale/enfant</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/01/dragi-webdo-n468/</link><pubDate>Sun, 19 Jan 2025 21:44:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/01/dragi-webdo-n468/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Neurologie</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Visiblement blogger a décidé de mettre un avertissement de redirection pour chaque page qui est sur le nom de domaine personnalisé &ldquo;medicalement-geek.com&rdquo;, obligeant à &ldquo;valider&rdquo; la redirection&hellip; On va voir ce qu&rsquo;on peut faire, désolé pour la gêne occasionnée&hellip; En attendant, voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2589790X25000356">article</a> compare les diagnostics d&rsquo;HTA chez des patients selon une évaluation au cabinet versus une MAPA, examen de référence. Les auteurs trouvent que parmi les patients avec une HTA contrôlée ou normotendus, 49% ont une HTA blouse blanche au cabinet, et parmi les patients avec une HTA non contrôlée, 54% avaient une HTA masquée (donc non repérée avec des mesures au cabinet).  Il aurait été intéressant de faire la même étude avec des automesures tensionnelles à domicile versus MAPA. Cela montre l&rsquo;importance des mesures ambulatoires, mais pour les 54% d&rsquo;HTA masquée, on ne peut pas faire une MAPA à toute la population &ldquo;au cas où&rdquo;, cependant, il faut y penser devant des symptômes malgré une PA normale au cabinet.</p>
<p>2/ Rhumatologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2829238">USPSTF</a> a renouvelé à l&rsquo;identique ses recommandations de dépistage de l&rsquo;ostéoporose avec un grade B. Un dépistage systématique par ostéodensitométrie chez toutes les femmes de  65 ans. Chez les femme de moins de  65 ans si 1 facteur de risque associé, une évaluation du risque est recommandée (FRAX par exemple), puis si le risque est élevé, une ostéodensitométrie est indiquée. Chez l&rsquo;homme, il n&rsquo;y a pas suffisamment d&rsquo;élément pour recommander le dépistage. C&rsquo;est globalement cohérent avec d&rsquo;autres recos, on en avait parlé ici, mais il y a tout de même un risque de surdiagnostic avec une DMO systématique à  65 ans plutôt qu&rsquo;un dépistage par évaluation du risque à 65 ans comme le proposent les canadiens (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/09/dragi-webdo-n-408.html">ici</a>).</p>
<p>3/ Endocrinologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(24)00316-4/abstract">obésité</a> est redéfinie par une commission internationale, pour ne plus reposer sur l&rsquo;IMC uniquement. Ainsi, il est nécessaire d&rsquo;avoir des éléments en faveur d&rsquo;une augmentation de la graisse corporelle via le tour de taille (&gt; 102 cm pour les hommes et 88 pour les femmes),  le rapport taille/hanches (&gt;0.9 H et &gt; 0.85 F) ou le rapport tour de taille/taille (&gt;0,5 H et F). Ainsi, l&rsquo;obésité est définie comme IMC &gt; 30 + 1 mesure corporelle anormale  OU 2 mesures corporelles indépendamment de l&rsquo;IMC OU 1 mesure directe de la masse grasse OU évaluation &ldquo;pragmatique&rdquo; si IMC &gt; 40. Une fois le diagnostic d&rsquo;obésité posé, il faut définir s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une obésité &ldquo;pré-clinique&rdquo; ou &ldquo;clinique&rdquo;. L&rsquo;obésité préclinique est une obésité sans aucun retentissement d&rsquo;organe ou maladie associée. La prise en charge repose sur des règles hygiéno-diététiques, et éventuellement une perte de poids si haut risque de passage au stade clinique. Le stade clinique correspond à une obésité avec retentissement organique ou maladie associée à l&rsquo;obésité ou avec limitation des activités quotidiennes. Le traitement repose alors sur les interventions EBM (médicamenteuses ou chirurgicales), avec une évaluation d&rsquo;efficacité qui doit être sur les symptômes et l&rsquo;évolution des maladies et non limité à une baisse de poids chiffrée.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhsVUMpz3SQIktw5GbffPcrRW45b0MkI4iGEsZ0TaeI2MfWb_6pZ91qhvHv1jWuoN-Il3pffaWyuu7SXFV650TZIvtce5V_tLXp8gsiszlPeuTp5HluSOTFbUrG0fmPmpbllAieVMcMUjnG8dvxHloFnfgFXwB4JvE11SG4cWK4XIL5HzXi7xOY1U6yJIaO/s1176/ob%C3%A9sit%C3%A9.png"><img src="/images/articles/2025/ob-c3-a9sit-c3-a9.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Cette étude d&rsquo;<a href="https://www.annfammed.org/content/early/2025/01/07/afm.240091">Annals of family medicine</a> a comparé des enregistrements vocaux de 10 000 patients qu&rsquo;ils ont soumis à une IA. Les patients étaient enregistrés pendant au moins 25 secondes en réponse a la question &ldquo;comment était votre journée?&rdquo;. Ils avaient également complété un PHQ-9 pour rechercher un syndrome dépressif. Sur les échantillons vocaux, l&rsquo;IA a réussi a repérer les patients dépressifs modérés à sévères (PHQ-9 ≥10) avec une sensibilité de 71% et une spécificité de 73%. C&rsquo;est pas mal du tout, mais ça reste relativement faible.</p>
<p>5/ Neurologie</p>
<p>La <a href="https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/03331024241252666">société internationale des céphalées</a> a publié des recommandations sur le traitement aigu des migraines. Ils ont fait 17 recommandations, chacune en 2 niveau : &ldquo;essentiel&rdquo; et &ldquo;optimal&rdquo;. Tout d&rsquo;abord, en cas d&rsquo;échec des AINS, les auteurs proposent de passer à un triptan dès la crise suivante (donc prescrire les 2 sur l&rsquo;ordonnance initiale). Si un triptan n&rsquo;est pas efficace, il faut le prendre à dose maximale, avant de passer à un autre triptan (et en essayer jusqu&rsquo; à 3). Si les triptans ne sont que partiellement efficaces, les auteurs recommandent la combinaison &ldquo;sumatriptan 50-100  + naproxène 550&rdquo; en traitement combiné de crise. Les traitements doivent être pris lorsque les céphalées sont modérées (et si migraines, pas pendant l&rsquo;aura mais dès que les céphalées débutent). En cas de nausées/vomissement, la prise d&rsquo;un anti-émétique est recommandé ou sinon utiliser une autre voie d&rsquo;administration (nasale, sous-cutanée&hellip;). En cas de rechute, une nouvelle prise de traitement est recommandée (attendre au moins 2h). Des triptans à 1/2 vie plus longues comme le naratriptan peuvent aussi être proposés. Il est recommandé d&rsquo;utiliser au maximum les traitements  2-3 jours par semaine et maxi 10 jours par mois pour limiter les  &ldquo;<em>medication overused headache</em>&rdquo;, MOH). Si ça ne suffit pas ou en cas de <em>status migrainosus</em> (migraines &gt;  72h) un avis spécialisé est nécessaire pour discuter des greptans, des dérivés de l&rsquo;ergot ou  du lasmiditan. Pendant la grossesse, les triptans peuvent être utilisés avec précaution, notamment le sumatriptan qui est bien étudié. Chez l&rsquo;enfant, l&rsquo;ibuprofène est l&rsquo;AINS de premier choix, et le rizatriptan ou sumatriptan sont utilisables. Après 65 ans, les auteurs recommandent d&rsquo;abord le paracetamol, puis en 2è ligne les AINS en l&rsquo;absence de contre indication (antiagrégant ou anticoagulants, insuffisance rénale), en 3ème ligne le lasmiditan ou les greptans (donc avis neuro), et en 4ème ligne, si la 3ème ligne n&rsquo;est pas possible, les triptans en l&rsquo;absence d&rsquo;HTA mal contrôlée, d&rsquo;AVC ou d&rsquo;IDM.</p>
<p>6/ Pédiatrie</p>
<p>Infectiologie pour commencer, la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3575612/fr/choix-et-durees-d-antibiotherapie-pneumonie-aigue-communautaire-chez-l-enfant">HAS</a> a
mis à jour la durée d&rsquo;antibiothérapie dans la pneumonie aiguë
communautaire de l&rsquo;enfant et cette reco diffère en de nombreux points
avec celle de l&rsquo;adulte. En pédiatrie, il est recommandé de doser la
microCRP pour orienter après 36h de fièvre (&gt; 100mg/L orientant vers
une cause bactérienne et &lt; 40 mg/L vers une cause virale, un peu
comme chez les anglais). La radiographie thoracique est généralement
recommandée mais pas indispensable ! Les auteurs placent également
l&rsquo;échographie thoracique en diagnostic pour les médecins formés. Les
critères d&rsquo;hospitalisation y sont rapportés (âge &lt; 6 mois, trouble
hémodynamique, insuffisance respiratoire aiguë, difficultés
alimentaires, vomissements nécessitant une prise en charge per os,
comorbidités graves (lesquelles?)). L&rsquo;amoxicilline 80-100mg/kg/j pendant
5 jours est proposée, à défaut ceftriaxone 50mg/kg/j en 1 injection en
cas de pneumocoque (pas de place pour l&rsquo;Amox+ac. clavulanique, donc). En
cas d&rsquo;échec ou de suspicion d&rsquo;atypique, la clarithromycine 15mg/kg/j
pendant 5 jours est recommandée (quand elle n&rsquo;est pas en rupture!). Dans
tous les cas, il faut prévoir une réévaluation à 48-72h. Il n&rsquo;y a pas
de place pour la radiographie de contrôle.</p>
<p>Pour continuer,  la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_2722824/fr/choix-et-durees-d-antibiotherapies-sinusites-de-l-enfant">HAS</a> met
à jour les durées des antibiothérapies des sinusites de l&rsquo;enfant. La
nouveauté 2024 est l&rsquo;adressage en ORL pédiatrique en cas de sinusite
ethmoïdale, sphénoïdale ou frontale compliquée (l&rsquo;objectif étant d&rsquo;éviter les antibiothérapies sauvages inadaptées). Pour le reste (sinusites maxillaires et frontales non compliquée),
l&rsquo;amoxicilline reste indiquée à la dose de 80 mg/kg/j dans la sinusite
maxillaire (non dentaire) ou frontale et l&rsquo;amoxicilline + acide clavulanique en cas de sinusite
maxillaire dentaire.</p>
<p>Estimés à 1/5000 naissances, les colobomes ont fait l&rsquo;objet d&rsquo;une <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-12/pnds_colobomes_oculaires.pdf">synthèse HAS</a>. Ils résultent d&rsquo;un défaut de fermeture de la fissure choroïdienne au cours du développement oculaire précoce (très visible si forme irienne, formant une fente nasale inférieure). Un avis spécialisé doit être demandé pour faire un bilan visuel (ophtalmologue, orthoptiste dès que l&rsquo;âge le permet) rechercher les anomalies génétiques (10% des cas) ou les symptômes ou malformations associés (5-10% de TND associés aux colobomes).</p>
<p><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/sante-mentale/depression-et-anxiete/documents/enquetes-etudes/premiers-resultats-de-l-etude-nationale-enabee-sur-le-bien-etre-et-la-sante-mentale-des-enfants-de-3-a-6-ans-scolarises-en-maternelle-en-france-hex">Santé Publique France</a> propose de nouveaux résultats de l&rsquo;étude Enabee, portant sur la santé mentale des enfants de 3 à 6 ans.  A partir d&rsquo;une étude transversale descriptive menée dans les écoles en 2022 durant laquelle l&rsquo;enseignant et le parent de l&rsquo;enfant ont été interrogés. Sur les 2683 enfants pour lesquels les données étaient disponibles, 8,3% des enfants présentaient un problème retentissant sur leur vie (1,8% de difficultés émotionnelles, 5,9% de difficultés oppositionnelles et 1,9% de difficultés type inattention/hyperactivité). 13% des enfants scolarisés avaient consulté un professionnel de santé pour difficulté dans l&rsquo;année précédente. Il convient donc d&rsquo;améliorer l&rsquo;accompagnement des familles qui consulteront en rappelant que les difficultés de comportement ou émotionnels varient facilement à cet âge.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°467 : recos HAS (HSV, condylomes, trichomonas, morpions), carbamazepine, désogestrel, fièvre prolongée, fibrillation auriculaire, rétrécissement aortique, Nucleum</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/01/dragi-webdo-n467/</link><pubDate>Mon, 13 Jan 2025 00:23:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2025/01/dragi-webdo-n467/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à toutes et tous ! Nous vous souhaitons une excellente année 2025 ! Pour la reprise, le premier billet de l&rsquo;année va être rempli de recos labélisées HAS. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/carbamazepine-et-grossesse-renforcement-de-linformation-des-femmes-pour-les-sensibiliser-aux-risques-encourus-par-les-enfants-a-naitre">ANSM</a> renforce les mesures pour la délivrance de la carbamazépine pour limiter le risque de grossesse sous traitement. Le traitement est indiqué dans l&rsquo;épilepsie, les troubles bipolaires et les douleurs neuropathiques notamment les névralgies du trijumeau. Il y a désormais une fiche d&rsquo;information et de consentement à présenter annuellement en pharmacie, signée par le médecin et la patiente. La prescription initiale par un généraliste semble encore possible (pour le moment&hellip;). </p>
<p>Alors que les risques de méningiomes sont bien connus avec les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/04/dragi-webdo-n437.html">macro-progestatifs</a>, ce risque semble également présent avec le désogestrel (optimizette, cérazette..) dans une étude cas témoins de l&rsquo;équipe d&rsquo;<a href="https://www.epi-phare.fr/actualites/communique-de-presse-19-12-2024/">EPIPHARE</a> basée sur les données du SNDS. Le risque reste cependant particulièrement faible (1 méningiome opéré pour 67 000 utilisatrices, et principalement après 45 ans). Le risque n&rsquo;était pas présent pour le lévonorgestrel seul (mais utilisation rare), ni si associé a de l&rsquo;ethinylestradiol.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2828110">JAMA</a> aborde la fibrillation auriculaire dans une revue.  C&rsquo;est proche des recommandations, mais revenons sur quelques éléments abordés. Les auteurs rappellent l&rsquo;absence de bénéfice démontré d&rsquo;un dépistage systématique en population générale asymptomatique (essai Loop avait permis de dépister 3 fois plus de FA mais pas de réduction du critère cardiovasculaire après anticoagulation). La FA est maintenant classifiée en stade et non en &ldquo;valvulaire/non-valvulaire. Chez les patients avec FA, l&rsquo;incidence annuelle des AVC est de 3,6/1000, d&rsquo;insuffisance cardiaque de 11,1/1000, d&rsquo;infarctus de 1.4/1000 et de mortalité globale de 3,8/1000. L&rsquo;indication de l&rsquo;anticoagulant est posée devant un risque annuel d&rsquo;AVC &gt; 2% (donc CHA2DS2VA≥2), et repose principalement sur les AOD sauf si valve mécanique ou rétrécissement mitral sévère où la coumadine est a préférer. Les stratégies de contrôle du rythme sont recommandées chez le sujets jeunes ou avec une FA récente, par rapport aux stratégies de contrôle de fréquence.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhEkeoirtM73n3-yGP4J6tiDN8X-rWVlnfaNSGjeSSKi-g2rL9IVXod3CGFcgFoQ0W_ea68P6gQHqJPOM0qPmIybBvunwA4swBweV82AR-CZmQFRCkGR9rrr_FAnHasNb9fhdtI6nN_vdjD-xrFZa4Z7zRon7FDvTNmlMco2s7DJ6uCtgWxCSCuaf2Kcp0_/s1454/FA.png"><img src="/images/articles/2025/fa.png" alt=""></a></p>
<p>Continuons avec une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2826117">revue</a> sur les rétrécissements aortiques calcifiés. Le RAC touche 25% des plus de 65 ans, et est considéré comme sévère quand la Vmax est &gt; 4 m/s ou si gradient moyen &gt; 40 mm Hg (avec généralement une surface &lt;  1cm² ou 0,6cm²/m²) Il n&rsquo;est pas démontré qu&rsquo;il y ait un bénéfice à traiter un RAC serré asymptomatique, et un remplacement valvulaire peut être proposé si FE &lt; 50% ou très serré (Vmax &gt;5m/s) selon les recommandations américaines (les européens préfèrent la surveillance si RAC asymptomatique). Le côté &ldquo;asymptomatique&rdquo; peut être remis en question si des BNP sont augmentés à 3 fois la limite de la normale. Enfin, la prise en charge chirurgicale réduit la mortalité en cas de RAC serré symptomatique.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Après le 1er article de Pneumocap en <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/12/dragi-webdo-n464.html">décembre</a>, voici le <a href="https://www.nature.com/articles/s41533-024-00405-7">2ème</a>, concernant la description des pneumopathies en ville. Ainsi, sur les 348 patients éligibles, 13 ont été orientés vers l’hôpital (soit 4% de sévères) et 259 ont pu avoir une radiographie et un suivi en ville. Sur ces derniers, seulement 144 (56%) avaient une radiographie positive. Parmi eux, 21(15%) étaient des pneumopathies à Pneumocoque, 25 (17%) à d&rsquo;autres bactéries, 27 (19%) à des virus isolés et 71 (49%) étaient sans cause retrouvée.</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2828329">article</a> aborde le covid long avec le &ldquo;long covid index&rdquo; qui peut indiquer un covid long sévère si supérieur à 11. Les symptômes et points attribués sont les suivants :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiAxNCQvHtntcUqA1iMSm8jO66L4JEI07rGjEqKeT4DXF3rtewlPSP2CJ_pzK0qSMtlMQVPGj5LAUoZGYV7pcxacXyS5kWhCpadEIxfF7J0r04vq39A_7Dyx8CH4lUAmAPBsDV-Ir4GtQNPTDtM3gRZg8eIFBjGlkJ2rn0zpZxQ7R6W9TTXGGQFJYd6ytyJ/s734/covid.png"><img src="/images/articles/2025/covid.png" alt=""></a></p>
<p>Voici maintenant une série de recommandations HAS :</p>
<p>Concernant l&rsquo;<a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-11/prise_en_charge_therapeutique_du_patient_atteint_dherpes_genital_-_recommandations.pdf">herpès génital</a>, le valaciclovir 500x2 pendant 5 jours est recommandé en première intention (grade AE), et aciclovir 200x5/j pendant  5 jours en 2ème intention (A). Le traitement des récurrences permet de réduire les symptômes de  24-48h seulement si débuté dans les 48 heures. Il repose notamment le valaciclovir  2000x2/j pendant 1 jours (AE) ou 500x2/j pendant 3 jours (A) ou l&rsquo;aciclovir 800x3 pendant 2 jours (AE). Les traitements locaux ne sont pas recommandés. Le traitement suppressif (=de fond en prévention) est indiqué si ≥ 4 récurrences par an avec retentissement sur la qualité de vie +/- risque de transmission aux partenaires. C&rsquo;est en 1ère intention le valaciclovir 500mg/j pendant 6 à 12 mois avec réévaluation annuelle (A), ou aciclovir  400x2/j (A). Si inefficace, il est possible d&rsquo;augmenter le valaciclovir à 500x2/j et l&rsquo;aciclovir à 400x3/j.</p>
<p>Concernant le <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-11/prise_en_charge_du_patient_atteint_dinfection_a_trichomonas_vaginalis_-_recommandations.pdf">trichomonas vaginalis</a>, généralement asymptomatique mais parfois se manifestant par des leucorrhées nauséabondes jaunes ou verdâtres spumeuses chez la femme. Une recherche de trichomonas par examen direct sur PV ou 1er jet urinaire ou écouvillon urétral d&rsquo;un écoulement est indiqué si partenaire atteint(e), ou en 2ème intention si symptômes avec recherche de chlamydia et gonocoque négative. Le traitement repose sur du metronidazole 500x2/j pendant 7 jours (A), ou si observance attendue médiocre metronidazole 2g dose unique, ou secnidazole 2g dose unique. En 2ème ligne, un nouveau traitement de métronidazole 7jours est recommandé.</p>
<p>On passe aux <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-11/prise_en_charge_du_patient_atteint_de_pthirose_-_recommandations.pdf">morpions</a>, responsables d&rsquo;une pthirose (ou phtiriase) qui est une IST. Les traitements de 1ère ligne sont la permethine crème 5% ou la lotion dimeticone, à renouveler à 7-10 jours. Si persistance, essayer l&rsquo;autre traitement de 1ère intention. En 3ème ligne, ou si forme profuse, l&rsquo;ivermectine  200mg/kg en dose unique à répéter à 7-10 jours est recommandée. Enfin, dans tous les cas, les mesures associées : lavages du linge à 60°C, le rasage/épilation, traitement des partenaires infectés et dépistage des autres IST sont recommandées.</p>
<p>Concernant les <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-11/prise_en_charge_therapeutique_des_patients_atteints_de_condylomes_ano-genitaux_-_recommandations.pdf">condylomes génitaux</a>, la cryothérapie (+ un émolient a appliquer ensuite) est le traitement de 1ère intention notamment en cas de lésions isolées. Si le nombre est plus élevé, la podophyllotoxine 0,5% solution  est une alternative (condyline solution: 1 app x 2 par jour pendant 3 jours consécutifs, à faire 1 fois par semaine pendant 5 semaines), tout comme l&rsquo;imiquimod (1 app le soir au coucher et rincer le matin, pendant 3 jours non consécutifs par semaine, pendant 16 semaines maximum. Une crème émoliente est également à associer à ces traitements. Si échec, un traitement par chirurgie, microchirurgie ou laser est indiquée. Si récurrences après un/des traitements efficaces, sont recommandés, le 5FU (Effudix, 2 fois par jour pendant 3 semaines, baisser à 1 fois par jour si érythème, brûlure oedème ou ulcération), l&rsquo;hydroxyde de potassium (KOH, molutrex 1 fois par jour jusqu&rsquo;à obtention d&rsquo;une inflammation de la base, ou 10j max). Pour les condylomes anaux et vaginaux, l&rsquo;imiquimod est à privilégier. Enfin, chez l&rsquo;enfant, les abus sexuels sont à rechercher, mais ne pas culpabiliser les parents car il n&rsquo;y en a pas dans 80% des cas de moins de 2 ans.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/388/bmj-2024-080847">BMJ</a> aborde les fièvres prolongées d&rsquo;origine indéterminée. La définition est 3 semaines de fièvre dont 3 pics à au moins 38,3°C malgré un bilan de débrouillage négatif. En Europe, les principales causes sont des tuberculoses, des maladies de
Still, des artérites à cellules géantes, des lymphomes et des
dysthyroïdies. Le bilan en question comprend: NFS-plaquettes, ionogramme, créatinine, calcémie, bilan hépatique, VS, CRP, ferritinémie , TSH, facteur rhumatoide, ANCA, AAN, sérologie VIH, hémocultures x 3, ECBU, IDR ou quantiféron et un TDM-TAP. Suite à ce bilan, un avis spécialisé est requis, soit pour traitement de la pathologie diagnostiquée, soit pour poursuivre les investigations.</p>
<p>4/ Grossesse</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2828808">essai</a> randomisé a comparé l&rsquo;insulinothérapie versus &ldquo;metformine puis metformine + glibenclamide, puis metformine + insulinothérapie si les objectifs n&rsquo;étaient pas atteints&rdquo; chez les femmes atteintes de diabète gestationnel. La stratégie séquentielle a conduit à davantage de macrosomie que l&rsquo;insuline d&rsquo;emblée (NNH = 25) et il y avait également davantage d&rsquo;hypoglycémies maternelles (NNH = 10).</p>
<p>5/ Le jeu du mois : Nucleum</p>
<p>&ldquo;Nucleum&rdquo; est un jeu de la catégorie expert, il faudra développer des villes en les alimentant en énergie. Pour cela, on a des centrales à charbon, ou à nucléum (uranium). Il faudra donc créer un réseau en plaçant des tuiles sur des rails pour relier les centrales aux différentes villes et les villes entre elles pour qu&rsquo;elles soient dans votre réseau de villes. On peut ensuite y construire des habitations, des industries, des bâtiments gouvernementaux etc&hellip; Cependant, les tuiles utilisées pour créer les réseaux sont également des &ldquo;cartes&rdquo; à utiliser qui permettre de faire des actions. Au cours du jeu, il faut constituer son deck de tuiles qui permettront de jouer des actions, et les gérer en tant que &ldquo;tuile action&rdquo; réutilisables ou les jouer sur le plateau pour augmenter son réseau (mais elle ne pourra plus être utilisée en action). Pour gagner des points de victoire, il faut étendre son réseau, construire des bâtiments, les alimenter en électricité et répondre à différents contrats qui peuvent être achetés avec l&rsquo;action correspondante. Au total, c&rsquo;est un jeu de stratégie passionnant, très immersif grâce à ses illustrations qui est vraiment recommandé si vous avez 2 ou 3 heures devant vous !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhKlEdHtTooqm3TSRPntBV2WsBD4hRf64QLmBPFXL-4ik19psXA0Vi52tYxvN-9qboppi3RjFXWbKaxWZPZ-fhSLcSS-Hv048_Xye8K1tLEGZNxpYj3eXY4wfbIvhhErJfHCpTOvxxheZF3ol7IpIXdShSDXk5UahdHcH6sgnP5VIG1Dwh9R35zzSnvTZA1/s4624/20240816_003202.heic"><img src="/images/articles/2025/20240816-003202.heic" alt=""></a></p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°466 : Diabète (reco ADA 2025), cancer du sein/surveillance active, otite moyenne aigue perforée, hémochromatose, vitamine D, chocolat, BMJ Xmas</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/12/dragi-webdo-n466/</link><pubDate>Fri, 20 Dec 2024 21:48:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/12/dragi-webdo-n466/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Hépatologie</category><category>Nutrition</category><category>Oncologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, pour ce dernier DragiWebdo de l&rsquo;année, parlons vitamine D ! On avait parlé de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/02/dragi-webdo-n386.html">revue systématique</a> qui, à partir de 3 essais ne montrant pas d&rsquo;efficacité, concluait à une efficacité de la vitamine D pour réduire le risque de diabète. Un nouvel <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-024-06336-9">essai randomisé</a>, finlandais a comparé la vitamine D versus placebo et n&rsquo;a, encore une fois pas trouvé de réduction du risque de diabète grâce à la vitamine. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Il y avait une suspicion de risque suicidaire sous doxycycline selon certaines publications. Une analyse du <a href="https://ansm.sante.fr/actualites/retour-dinformation-sur-le-prac-de-decembre-2024-25-28-novembre">comité de pharmacovigilance européen (PRAC)</a> conclue à l&rsquo;absence de données suffisance pour établir une causalité à ce jour.</p>
<p>Après de nombreuses années à exposer leurs risques (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/p/pharmacovigilance.html#Rhume">ici</a>), l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/rhume-ordonnance-obligatoire-pour-toute-dispensation-de-medicament-a-base-de-pseudoephedrine">ANSM</a> rend enfin les traitements du rhume à base de pseudo-éphédrine à délivrance obligatoirement sous ordonnance, compte tenu des risques graves d&rsquo;AVC et d&rsquo;IDM. Enfin, ils recommandent de ne pas utiliser ces médicaments dans le traitement du rhume (dommage qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas plutôt un retrait du marché).</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/early/2024/12/12/BJGP.2024.0053">BJGP</a> a publié une revue très intéressante concernant les otites moyennes aiguës (OMA) perforées. Parmi les 6 millions d&rsquo;enfants et jeunes adultes suivis pendant 15 ans,  100 000 otorrhées sont survenues soit  2.4/1000 patients par an (soit 4 fois moins que ce que dit la littérature) pour un coût global de prise en charge de plus de 2 millions d&rsquo;euros par an! Sur le plan thérapeutique, 60% étaient traités par antibiotiques oraux, 25% par abstention thérapeutique, 10% par antibiotiques locaux uniquement et 5% par antibiotiques oraux et topiques. Si on regarde plus en détail la littérature décrite dans l&rsquo;article, on voit que les recos du NICE disent &ldquo;amoxicilline&rdquo; en se basant sur une revue systématique montrant une réduction de la douleur et de la fièvre versus placebo. Les ORL britanniques recommandent en alternative un traitement local (moins de nausées et de diarrhées) avec des aminosides (le risque d&rsquo;ototoxicité ne serait pas formellement démontré) ou des quinolones (non oto-toxiques mais hors AMM au Royaume Uni) sachant que 4-8% des bactéries impliquées sont résistantes à la ciprofloxacine et 15% à l&rsquo;amoxicilline. Bref, il faudrait un essai randomisé comparant ces différentes stratégies vu la discordance entre les recos pro &ldquo;antibio per os&rdquo; et des essais randomisés par exemple en cas d&rsquo;aérateurs transtympaniques montrant la supériorité des traitements locaux (90% d&rsquo;efficacité versus 60% environ cf <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1301630">ici</a> et <a href="https://publications.aap.org/pediatrics/article/118/3/e561/69287/Topical-Ciprofloxacin-Dexamethasone-Superior-to">là</a>).</p>
<p>3/ Hépatologie</p>
<p>Petit point rapide sur l&rsquo;<a href="https://www.bmj.com/content/387/bmj-2023-079147">hémochromatose</a>. Cette étude de cohorte du BMJ ayant suivi des patients pendant plus de 20 ans. Les auteurs trouvent que les patients avec mutation homozygote C282Y avaient un surrisque d&rsquo;hépatopathie, de cardiopathie, de diabète même avec ferritinémie et CST normaux . De plus les &ldquo;mutés&rdquo; diabétiques avaient un sur-risque de mortalité globale supérieure aux non-mutés diabétiques, la proportion de risque de mortalité attribuable au diabète étant estimée à  27%. Ainsi, dépister le diabète chez les patients atteints d&rsquo;hémochromatose semble important dans leur prise en charge.</p>
<p>4/ Nutrition</p>
<p>On en avait déjà parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/04/dragi-webdo-n307.html">ici</a>, mais comme c&rsquo;est la fin d&rsquo;année, parlons des bienfaits du chocolat. Cette <a href="https://www.bmj.com/content/387/bmj-2023-078386">étude</a> de cohorte trouve que consommer 5 portions de chocolat par semaine (chocolat noir, et pas au lait) était associé à une réduction de  20% de diabète de type 2! Malheureusement, l&rsquo;article ne dit pas combien de grammes contient une &ldquo;portion&rdquo;&hellip;</p>
<p>5/ Oncologie</p>
<p>Alors que la mammographie dès 40 ans aux Etats Unis va augmenter les surdiagnostics, voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2828218">essai</a> randomisé comparant la surveillance active (imagerie et examen clinique tous les 6 mois) versus traitements recommandés (chirurgie +/- radiothérapie) chez des patientes avec carcinomes canalaire in situ. Le critère de jugement à 2 ans était le nombre de cancers invasifs ipsilatéraux. Ce critère est survenu chez 4.2% des patientes sous surveillance et 5.9% patients du groupe traitement standard, ce qui a confirmé la non infériorité de la surveillance. Cette augmentation des carcinomes chez les patientes opérées pourrait correspondre à des cancers surdiagnostiqués sur les pièces opératoires, mais un suivi de 2 ans est quand même relativement court. Enfin, notons que 70% des patients sous &ldquo;surveillance active&rdquo; ont quand même eu une hormonothérapie ce qui plus &ldquo;actif&rdquo; que &ldquo;surveillance&rdquo;.</p>
<p>Cancer du sein toujours, avec un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2412063">essai</a> randomisé comparant &ldquo;le protocole ganglion sentinelle&rdquo; versus &ldquo;pas de chirurgie axillaire&rdquo; chez les patientes avec un cancer du sein T1 ou T2 de moins de 5cm, sans adénopathie clinique. Les patients sans chirurgie axillaire avaient une survie à 5 ans de  92%, identique à celle des patients avec le protocole standard examinant le ganglion sentinelle. Il est intéressant de voir les désescalades thérapeutiques dans ce cancer.</p>
<p>6/ Psychiatrie</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2827637">étude</a> de cohorte rétrospective américaine a analysé 60 000 patients ayant eu un dépistage de dépression en soins primaires, parmi lesquels 4000 (7%) avaient un syndrome dépressif majeur (PHQ-9 ≥ 10), et donc une indication à un antidépresseur. Il y a eu 40% des patients à recevoir un antidépresseur immédiatement suite au dépistage mais 70% en ont eu un dans les 8 semaines. Les facteurs associés à la prescription d&rsquo;antidépresseurs étaient les idées suicidaires, l&rsquo;âge jeune (&lt; 30 ans notamment) et l’ethnie caucasienne (versus afro-américains et asiatiques).</p>
<p>7/ Diabétologie</p>
<p>Voici les <a href="https://diabetesjournals-org.proxy.insermbiblio.inist.fr/care/issue/48/Supplement_1">nouvelles recommandations 2025</a> de la société américaine de diabétologie pour le diabète de type 2! Globalement, il n&rsquo;y a pas de différence majeures par rapport aux recommandations de  2024  (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/12/dragi-webdo-n423.html">ici</a>), alors on va cibler sur d&rsquo;autres points.</p>
<p>Concernant les bilans, les dépistages des dysfonctions érectiles et des dysfonctions sexuelles de la femme sont recommandés tout comme la recherche de troubles cognitifs dès 65 ans. Le dépistage clinique des neuropathies est recommandé annuellement avec le monofilament et un diapason à 128 Hz (pour les grosses fibres). La recherche de pouls pédieux +/- IPS est recommandée uniquement si le diagnostic changerait la prise en charge (donc indication de statine si pas encore introduit chez un patient asymptomatique ou aspirine/chir vasculaire si symptomatique), chez les patients de plus de  65 ans, ayant plus de 10 ans de diabète ou en cas d&rsquo;autre atteinte microvasculaire. Cette reco met l&rsquo;accent sur le dépistage de la MAFLD/MASH (metabolic associated fat liver disease au lieu de &ldquo;non alcoolique&rdquo;). Pour cela un FIB-4 est recommandé et une valeur &gt; 1,3 indique de poursuivre les explorations avec une élastométrie (ou à défaut un ELF test qui indique un avis gastro si &gt;  9.8). Un dosage de TSH est recommandé au diagnostic, associé à une recherche de maladie coeliaque si diabète de type 1. Un dosage de b12 est recommandé tous les 5 ans si traitement par metformine. Enfin, une DMO est indiquée à 65 ans ou avant si facteurs de risque (HbA1c &gt;8%, diabète &gt; 10 ans, chutes, hypoglycémies, traitement pourvoyeurs d&rsquo;hypoglycémies qui seront à éviter si ostéoporose comme les sulfamides). Le dépistage des coronaropathies n&rsquo;est pas recommandé ! En effet &ldquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;amélioration des évènements
cardiovasculaires s&rsquo;ils sont pris en charge&rdquo;. Cependant, un dépistage de l&rsquo;insuffisance cardiaque par nt-pro-BNP chez les patients diabétiques à risque avec un seuil de 125pg/ml (les facteurs de risques ne sont pas décrits mais sont probablement: obésité, FA, âgé, cardiopathie autre).</p>
<p>Sur le plan thérapeutique, les cibles glycémiques sont à 7% ou &gt; 70% dans la cible (0.7-1.8g/L) en cas de mesure continue du glucose, les patients âgés de plus de 65 ans ayant plutôt un objectif à  7-7.5%  (cf ci dessous). Les RHD sont recommandées avec un objectif de perte de  3-7% du poids (sachant que moins 10% du poids peut parfois permettre une rémission du diabète). Les compléments vitaminiques ne sont pas recommandés et le bêta-carotène contre-indiqué compte tenu de risques de cancer pulmonaire voire de surmortalité cardiovasculaire. La chirurgie bariatrique est proposée en cas de diabète dès un IMC &gt; 30kg/m2. L&rsquo;algorithme ci-après montre encore une fois la metformine qui disparait de plus en plus. Elle n&rsquo;est pas du tout dans la branche &ldquo;prévention cardiovasculaire&rdquo;, et la branche &ldquo;poids et contrôle glycémique&rdquo; se subdivise d&rsquo;abord dans le contrôle pondéral où elle apparait en dernier et en contrôle glycémique où elle est proposée en 1er : &ldquo;metformine ou un autre agent&rdquo;. En cas de contrôle insuffisant ou d&rsquo;HbA1c supérieure à 10% l&rsquo;insuline est suggérée. Il faut alors débuter à 10UI ou  0.1-0.2UI/kg et augmenter de 2UI tous les 3 jours jusqu&rsquo;à l&rsquo;objectif. Si l&rsquo;objectif n&rsquo;est pas atteint avec 0,5UI/kg on parle de sur-basalisation. On n&rsquo;augmente plus l&rsquo;insuline lente, et on introduit de la rapide : 1 dose de  4UI (ou 10% de la basale) au plus &ldquo;gros repas&rdquo; , et baisser la basale d&rsquo;autant si HbA1c &lt; 8%. La titration se fait par augmentation de 1-2UI (ou 10-15%), 2 fois par semaine. Et si ça ne suffit toujours pas, soit passer en basal-bolus, soit utiliser de l&rsquo;insuline mixte en mettant 2/3 de la dose au petit déjeuner et 1/3 au diner en ajoutant 4UI de rapide à chaque injection (pour mémoire le pourcentage des mixtes correspond au pourcentage de rapide: novomix 30 = dans 100 UI: 30UI de rapide et 70UI de semi-lente NPH)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgOkuAmDFn1uKwFtq0lB22-VN-b0L2Eo2fEmD2vP6H5jlH8uPaEeOgsSuPxKTHNVvkCSN0kTpuPUUIsxb19ABshPYG_jF5-ohx6cISJp6a6OLYz05MlaMepCeIlYacczBjMsNFRQto7JlRGVWL-vAvtd6eDvJPc16BBkWOSqf8_rp5EjhVjkpsxteR7pQmp/s840/cibles%20diab%C3%A8te.png"><img src="/images/articles/2024/cibles-20diab-c3-a8te.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgH4WGamoHdKoZs8Mdjj-1Koist2Ij8cR9b24CO9Rgoi6NKRdcIvDcFS32tmaygyCmlQlWiXgnclio6oiCUajyNkpF4xTWlk12Wp4kuskubTu6Z2a1pFM-xk5uIY2QvzaotdZdHG0M4pYfPvPpA_qLqOB9qmZGI3-98BvaTlI5wJXJyBFaYMOSnFHSxNGho/s1009/traitement%20diabete.png"><img src="/images/articles/2024/traitement-20diabete.png" alt=""></a></p>
<p>8/ BMJ Chrismas</p>
<p>Comme chaque année, le BMJ publie des articles amusants, toujours rigoureux scientifiquement, mais amusants.</p>
<p>Tout d&rsquo;abord, soyons transportés dans le monde de Disney, dans cet <a href="https://www.bmj.com/content/387/bmj.q2548">article</a> expliquant que les 7 nains sont probablement atteints d&rsquo;un SAOS à favorisé par leur achondroplasie. En effet, les symptômes du SAOS sont : la somnolence (dormeur), l&rsquo;irritabilité (grincheux), avec une perte des contacts sociaux (timide). Par ailleurs, ne négligeons pas la rhinite allergique d’origine professionnelle de &ldquo;Atchoum&rdquo;. La princesse au petit pois, quant à elle montre une hypersensibilité qui ferait évoquer un trouble du spectre autistique et Peter Pan souffre malheureusement de parasomnies.</p>
<p>Des <a href="https://www.bmj.com/content/387/bmj-2024-081948">chercheurs</a> ont proposé à  Chat GPT, GPT-4o, Claude, Gemini 1 et Gemini 1.5 de répondre à un test cognitif le MoCA. Force est de constaté, qu&rsquo;à part GPT 4o, les IA souffrent de troubles cognitifs débutants.</p>
<p>Enfin, un <a href="https://www.bmj.com/content/387/bmj-2024-081814">test</a> nécessitant un haut niveau de dextérité (cf image ci dessous) a été réalisé auprès du personnel d&rsquo;un hôpital. Les chirurgiens étaient les plus performants pour réaliser le test, par rapport aux médecins, infirmier(ère)s et staff non cliniques (pas de différences entre ces 3 professions). D&rsquo;un certain coté, c&rsquo;est rassurant. Les chirurgiens étaient également ceux qui juraient le plus pendant le test, et le personnel non cliniques faisaient le plus de &ldquo;bruits de frustration&rdquo;.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgCqQyHHH4dHzRRbQhIBTJ86bKLgxyw8sKsuwMaSB8IkwHB0qMmTGiyyHpiyqnjR8szNYKoY8oO_zzQDtbFkjAZgTfwK-fZScuNqL0dZ8XJ9sn5FabDpkfaiXij7qUYC0mZb-Oobq2EmJIRMk6lbLlDf-mGlW6_dHtl8od1ivJ5Yme0XgLt4uAn0A94AHvV/s842/F1.medium.jpg"><img src="/images/articles/2024/f1-medium.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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spams)</em></p>
<p>A l&rsquo;année prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°465 : polyarthrite rhumatoïde (recos SFR), VIH (recos), mammographie (recos US), personnalisation, tabac/risque cardiovasculaire, SPA, eczéma, SOPK</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/12/dragi-webdo-n465/</link><pubDate>Mon, 09 Dec 2024 20:48:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/12/dragi-webdo-n465/</guid><category>Médecine générale</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici sans plus attendre les actualités de la semaine. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Exercice médical</p>
<p>Pour commencer parlons de cet <a href="https://www.annfammed.org/content/22/6/483">article</a> qui
retrouve que les patients qui consultent le week end ou en soirée dans
les centres de soins sans RDV ont une probabilité plus importante de
reconsulter dans les 7 jours aux urgences que ceux qui ont consulté dans
un cabinet médical de groupe auquel appartient le médecin traitant du
patient (sans avoir vu leur MT)</p>
<p>Cette <a href="https://doi.org/10.1016/j.puhe.2024.11.023">étude</a> s&rsquo;est intéressée aux pratiques de personnalisation des médecins dans les maladies chroniques. De façon assez prévisibles, les recommandations qui souhaite que les prises en charges soient personnalisées ne sont absolument pas rédigées pour permettre cette personnalisation, ni en France, ni à l&rsquo;international. Les généralistes ont notamment besoin d&rsquo;avoir des recommandations s’appuyant sur les caractéristiques du patient à prendre en compte, les caractéristiques des traitements et les caractéristiques de la maladie pour permettre une certaine standardisation &ldquo;EBM&rdquo; de la personnalisation. Ainsi, voici des propositions de &ldquo;roues de personnalisation&rdquo; pour l&rsquo;HTA et la dépression (chaque cercle correspond à un type de caractéristiques : démographique, clinique, comorbidités, effets spécifique du traitement , effets indésirables du traitement. Et en &ldquo;alignant les cercles on peut avoir la ou les molécules les plus appropriées)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg_qAnVwPrhgKe4_aowjX6xnLEZZuBg5m7Hu_cMbDJiTUPOVbIMtbELtmntpnSnZf8roSK0lnvB8LI43mkiSPttJsCcUV1nbUdT-eK8_BHIgnKethiFN8tCDCmKTub5-sneTGJqcsRbRkk-tyhCQ8DBNjMotn8dt5OLROpvjp_iqiLemFrDBCEIa2Rt5yL9/s847/personnalisation.png"><img src="/images/articles/2024/personnalisation.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>En 2008, <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/181851">Kenfield</a> trouvait qu&rsquo;il fallait 5 ans pour qu&rsquo;un fumeur qui se sèvre ait un sur-risque de décès cardiovasculaire réduit de 75% et 20 ans pour que son risque de décès cardiovasculaire ou pulmonaire rejoigne celui des non fumeurs. Ce nouvel <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2825743">article</a> a inclus 5 millions de patients coréens (16% de fumeurs, 2% d&rsquo;anciens fumeurs, 82% non fumeurs) . Les auteurs trouvent que le sur-risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire chez les patients avec un tabagisme inférieur à 7PA sevré est très rapidement équivalent à celui des non fumeurs, et que celui des patients avec un tabagisme &gt; 7PA sevré met 20 à 25 ans à rejoindre celui des non fumeurs.</p>
<p>3/ Infectiologie </p>
<p>Des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2827545">recommandations internationales</a> sur le traitement du VIH ont été publiées. Les auteurs recommandent de débuter un traitement dans les 7 jours suivant le diagnostic en l&rsquo;absence d&rsquo;arguments pour une infection opportuniste. Le traitement de 1ère ligne recommandé est: Bictégravir+ Emtricitabine  + Ténofovir (Biktarvi*) 
ou Dolutégravir + Ténofovir + Emtricitabine. Le bilan initial comporte:
charge virale, CD4, bilan hépatique, rénal, NFS, glycémie, EAL, b-HCG,
génotypage de résistance, recherche des co-infections (hépatites A, B,
C, tuberculose, IST). Le suivi régulier doit évaluer le risque cardiovasculaire. Les auteurs recommandent une statine après 40 ans si risque cardiovasculaire intermédiaire ou même faible selon les scores en vigueurs si d&rsquo;autres facteurs de risque sont présents (initiation d&rsquo;antirétroviraux retardée, nadir CD4 &lt; 350, échec thérapeutique, syndrome métabolique, lipodystrophies, NAFLD (stéatose), co infection VHC). Enfin, ils s&rsquo;accordent avec les recommandations américaine sur les indications de PrEP (TDF/FTC ou cabotegravir injectable) et sur la doxycycline 200mg post exposition.</p>
<p>4/ Maladies inflammatoires</p>
<p>La société française de rhumatologie a publié des recommandations concernant <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1169833024002291">polyarthrite rhumatoïde</a>. Le généraliste a un rôle dans le dépistage et le suivi en coordination avec le rhumatologue, mais le rhumatologue &ldquo;est le spécialiste qui doit prendre en charge les patients atteints ou suspectés de PR&rdquo;. Le diagnostic repose sur la présence d&rsquo;au moins 1 arthrite clinique et doit être confirmé par le rhumatologue. Le bilan paraclinique comprends, NFS-plaquettes, CRP et VS (ouaip!), facteur rhumatoïdes, AAN, anti-peptides citrulliné, ASAT, ALAT, créatininémie, BU, RX des mains et poignets, RX de toute articulation douloureuse et RXT ou TDM thoracique low dose (pour éliminer un lymphome, une sarcoïdose ou une tuberculose). Le diagnostic repose en fait sur les critères ACR/EULAR 2010 et sont assez simples. Une atteinte respiratoire est a rechercher (toux chronique, dyspnée, anomalies de l&rsquo;auscultation pulmonaire, hippocratisme digital, etc.). S&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;arthrite clinique, il n&rsquo;y a pas de PR et pas de traitement à introduire, mais surveillance de ce statut &ldquo;pré-PR&rdquo; maintenant appelé &ldquo;patient à risque de PR&rdquo; . L&rsquo;objectif du traitement de la PR est la rémission clinique (DAS-28 &lt;2,6) (ou une activité clinique aussi faible que possible= DAS 28 &lt; 3,2), évalué tous les 1 à 3 mois jusqu&rsquo;au contrôle puis tous les 6 mois. Le traitement initial est le Méthotrexate 15mg/semaine (optimisable par 1 à 3 mois jusqu&rsquo;à 25-30mg/semaines soit 0,3mg/kg maxi, et penser à la supplémentation folique 10mg/semaine minimum, 48h après la prise) . Des corticoïdes peuvent éventuellement être introduits pour soulager les symptômes le temps d&rsquo;obtenir une efficacité avec le MTX. En cas de pneumopathie interstitielle diffuse, un suivi conjoint avec le pneumologue est recommandé. En pratique, pour une PR avec arthrite clinique et ACR/EULAR   ≥ 6, avec une bonne réponse à du MTX introduit par un MG (comme c&rsquo;est le seul immunosuppresseur qu&rsquo;on peut prescrire), la place incontournable du rhumatologue peut se discuter vu les pénuries&hellip;.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiJDHLfJLCU_6s69WZ5MHlQfrVqWW7FcLcb_EiSplF_Gr4DWkjkaBapceW2GbpPVyaxEC67l91f-ac0KhiCxyxGhJQlht813yKidR7lH5Ews2dz0s-j7r_AnAGwFKNRZbBEjbensR4nA4NAHd7uGxgP6UIBksorZdYjeAcnpSgKqJ72jD_QsI9WSaAS6GVl/s961/polyarthrite%20rhumatoide.png"><img src="/images/articles/2024/polyarthrite-20rhumatoide.png" alt=""></a></p>
<p> Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2827540">JAMA</a> aborde la spondylarthrite axiale qui se manifeste classiquement par des lombalgies inflammatoires avec sacro-ilite une oligoarthrite périphérique et des enthésopathies achiléennes avant 45 ans. Peuvent s&rsquo;y associer du psoriasis, des doigts en saucisse, une MICI, un HLA-B27+ , une uvéite antérieure ou un syndrome inflammatoire biologique. Il n&rsquo;y a pas de test diagnostic spécifique, le diagnostic repose sur un ensemble de signes et symptômes. Le bilan comprend une CRP, une RX des sacro-iliaques et la recherche de HLA-B27 (Se 50%, Sp 90%). Le traitement de 1ère ligne repose sur les AINS (notamment le naproxène avec une diminution de l&rsquo;EVA de 30 points sur 100 vs - 10 pour le placebo, ou le celecoxib ou etoricoxib), puis si insuffisant ou inefficace des immunothérapies (les corticoïdes sont à éviter).</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(24)01810-5/fulltext">eczéma</a> des mains est le sujet principal d&rsquo;un article du Lancet. Il n&rsquo;y a rien de très novateur dans cet article pour les généralistes. L&rsquo;intérêt réside surtout dans la figure décrivant l&rsquo;ensemble des causes possibles à cette manifestation chronique et donc à rechercher. Les diagnostics différentiels sont notamment le psoriasis, la gale, le lichen plan et la kératodermie palmo-plantaire. Le traitement initial repose sur l&rsquo;éviction du facteur déclencheur et les dermo-corticoïdes. Des immuno-suppresseurs topiques et de la photothérapie pourront ensuite être prescrits par les dermatologues.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgv6PJ_VjEZKxsn56d71MxbdlEvUm3dn0YUnbzgZLizd45SzGQgrxOpH5W7i4FH_Gge59Gc5saWye-1gTQmSHKmzwZReDTUAhE0rDLMk9onTvZg8dGKswApH5Z4_lmNIwNWzzcXTQbYYrLIMuoaY2PKaummrgmcHZwy5AHWwJYfDwfwgUIUnlYrG2tPcj4u/s618/eczema.png"><img src="/images/articles/2024/eczema.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Abordons le SOPK de l&rsquo;adolescente. L&rsquo;<a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s12519-024-00857-4">article</a> est proche de ce que nos avions dit <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/04/dragi-webdo-n264.html">ici</a>. Il pose que chez l&rsquo;adolescente, des cycles irréguliers + un hyperadrogénisme clinique suffisent au diagnostic, après exclusion des diagnostics différentiels: prolactine, 17-OH progesterone, FSH, TSH. En l&rsquo;absence d&rsquo;hyperandrogénisme clinique, un hyperandrogénisme biologique est recherché : testostérone totale et libre, voire SDHEA si la testostérone est normale. L&rsquo;échographie pelvienne ne doit pas être réalisée avant 8 ans après les ménarches (car ovaires multifoliculaires à cet âge) et l&rsquo;AMH n&rsquo;est pas indiquée non plus. Enfin, en cas de cycles irréguliers isolés ou d&rsquo;hyperandrogénisme clinique isolé, une réévaluation à 1-2 ans est proposée. Le traitement de 1ère intention repose sur des RHD et une contraception oestro-progestative (ou si contre-indiquée, des anti-androgènes + une autre contraception car ils sont tératogènes)</p>
<p>Enfin, le <a href="https://www.acog.org/clinical/clinical-guidance/practice-bulletin/articles/2017/07/breast-cancer-risk-assessment-and-screening-in-average-risk-women">collège de gynécologie américain</a> s&rsquo;aligne sur les recommandations de l&rsquo;USPSTF en recommandant de proposer la mammographie à partir de 40 ans et en la recommandant fortement à partir de 50 ans, jusqu&rsquo;à 75 ans (ou plus . Pour mémoire, ils proposent aussi l&rsquo;examen clinique des seins &ldquo;dans un contexte de décision partagée compte tenu de l&rsquo;incertitude vis à vis des bénéfices et compte tenu des risques potentiels&rdquo;. On a toujours du mal à comprendre cette recommandation quand il l&rsquo;appuie avec ce tableau ne montrant pas de bénéfice de mortalité spécifique avant 50 ans&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhrzOWzDNQUru95ag-7n2kf3_wG2dDVNyC5UInmMHew29UPpOMco7AYOdtfMx-I-Ru3ikyRkl4oQ8B1j5oQwjV0PpIs6CEQ4TBdjZQDwPXF7E_vkBkV03RR0Etx9WXG0_pnmRZdtafz3UeU5QHX6RZb-9RYXMK_ZHtc9tT94bp64nrDaDWaEknd7qpsmpzx/s958/mammo.png"><img src="/images/articles/2024/mammo.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°464 : asthme (NICE), pneumopathies (pneumocap, crp), cout-efficacité (Abrysvo, nirsevimab, HPV), hématurie, cible TA, THM/risques CV, 'rhume d'homme', Kyoto no Neko</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/12/dragi-webdo-n464/</link><pubDate>Tue, 03 Dec 2024 23:24:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/12/dragi-webdo-n464/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Infectiologie</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Nous espérons que vous allez bien et vous rappelons que vous pouvez nous suivre sur Bluesky : <a href="https://bsky.app/profile/petronille.bsky.social">@Petronille</a>  et <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">@Agibus</a> ! Pour commencer, abordons les fameux, les dangereux, les fracassants, &ldquo;rhumes d&rsquo;homme&rdquo;. Cet article du <a href="https://www.bmj.com/content/387/bmj.q2535">BMJ</a> parle donc du &ldquo;man flu&rdquo; et décrit une différence pouvant expliquer la meilleure tolérance des femmes : un effet anti-inflammatoire des œstrogènes peut amoindrir les symptômes et la testostérone semble diminuer la réponse immunitaire. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Voici un <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2412006">nouvel essai randomisé</a> (BPROAD) ciblant une PAS &lt; 120 mmHg versus &lt;140mmHg, cette fois ci chez 12 000 patients diabétiques (les 2 autres sont ici: <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/11/Dragi-webdo-n71.html">SPRINT</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/09/dragi-webdo-n322.html">STEP</a> ). Après 1 an, les patients du groupe intensif avaient une PAS à  121mmHg vs 133mmHg (et à  4 ans 119mmHg versus 135mmHg). A 4 ans, les patients du groupe intensif avaient une réduction des évènements cardiovasculaires (nombre de patients à traiter , NNT=228/an) porté par les AVC uniquement (NNT= 323/an), sans différence de mortalité cardiovasculaire ou globale, ni sur le développement d&rsquo;une MRC. Sur le plan des effets indésirables, pas d&rsquo;effets indésirables statistiquement augmentés (même les hypotensions symptomatiques étaient non significatives). Les auteurs ne donnent pas les traitements anti-hypertenseurs finaux. La question qui se pose est : l&rsquo;effet est il lié à l&rsquo;utilisation d&rsquo;un médicament en particulier ou vraiment à la baisse de PA aussi basse? En effet, on avait vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/01/dragi-webdo-n427.html">ici</a> que les thiazidiques réduisaient particulièrement les AVC par rapport aux calciques et IEC, or dans cette étude, seuls  7% des patients avaient un thiazidique donc si le groupe intensif a &ldquo;juste&rdquo; reçu plus de thiazidique, ça pourrait expliquer en partie la différence.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/387/bmj-2023-078784">BMJ</a> aborde le risque des traitements hormonaux de la ménopause dans un &ldquo;emulated trial&rdquo; basé sur une cohorte suédoise comparant  77 000 patientes avec THM et 840 000 sans THM. Les auteurs confirment des risques 1/ thromboemboliques veineux avec THM combinés continus ou séquentiels y compris transdermiques, 2/ cardiovasculaires avec tibolone et THM combinés continus mais un moindre risque avec les THM combinés transdermiques.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng245/chapter/Recommendations">NICE</a> a publié ses recommandations sur l&rsquo;asthme. L&rsquo;asthme est suspecté devant des symptômes cliniques et doit être coté &ldquo;asthme suspecté&rdquo; jusqu&rsquo;à une confirmation par des tests. En cas de crise, ne pas hésiter à faire un DEP pré et post bronchodilatateur si le traitement ne peut être différé pour effectuer d&rsquo;autres tests objectifs. Il est recommandé de doser les éosinophiles (asthme si &gt; 500/mm3) et/ou une FeNO (NO expiré) pour confirmer le diagnostic. Si ces 2 éléments sont normaux une spirométrie est recommandée avec comme critère diagnostic une majoration du VEMS de 12% et 200mL,  qui peut être normal si le patient prend des corticoïdes inhalés (CSI) (ils ne parlent même pas du VEMS/CV). Si tout est normal, les auteurs proposent des mesures 2 fois par jour du DEP à domicile pendant 2 semaines pour mettre en évidence une variabilité &gt;20%. Il est recommandé de ne jamais prescrire de B2 de courte durée d&rsquo;action SANS CSI. Avant 5 ans, un traitement d&rsquo;épreuve par CSI pendant 8-12 semaines (+B2 CDA à la demande) est recommandé vu l&rsquo;absence de possibilité de réaliser les tests. Puis, si symptômes sous traitement: poursuivre 12 mois sinon stop à 12 semaines et reprendre si récidive après. Pour le schéma général, le pallier 1 correspond donc a CSI/formoterol à la demande chez l&rsquo;adulte et  salbutamol+CSI chez l&rsquo;enfant, le pallier 2 à CSI/formoterol en SMART (crise et fond) à faible dose, puis à dose modérée au pallier 3. Enfin, si non contrôlé on arrive au pallier 4 avec l&rsquo;ajout d&rsquo;un anti-cholinergique ou d&rsquo;un anti-leucotriène (mais attention aux troubles neuro de ces derniers). Le contrôle de l&rsquo;asthme s&rsquo;effectue grâce à des questionnaires validés
(ACT, ACQ&hellip;.). Sur le plan thérapeutique, toujours évaluer les causes de
non contrôle (tabac, observance, technique d&rsquo;inhalation non maîtrisée,
expositions environnementales/professionnelles, facteurs
psychologiques).</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Les premiers résultats issus de l&rsquo;étude <a href="https://www.annfammed.org/content/22/6/509">PneumoCap</a> sont
publiés! 250 patients avec pneumopathie suspectée ont été inclus et les
auteurs trouvent que 55% ont eu une pneumopathie confirmée par la
radiographie thoracique (RX systématique dans les 24h du diagnostic).
Les antibiotiques étaient débutés chez  99% des patients avec RX+ et 
70% de ceux avec RX - . On note qu&rsquo;il y avait plus de RX+ chez les
diabétiques, les patients avec tachycardie, avec douleurs thoracique
unilatérale, et avec MV diminué (mais les différences et prévalences
sont insuffisantes pour que ce soit de vrais critères diagnostiques).</p>
<p>Un <a href="https://www.clinicalmicrobiologyandinfection.com/article/S1198-743X%2824%2900343-4/fulltext">essai randomisé</a> en soins primaire a inclus 400 patients avec infection respiratoire et a comparé l&rsquo;utilisation d&rsquo;une CRP point of care avec les soins courants sur la prescription d&rsquo;antibiotiques. Ainsi, 43% des patients du groupe CRP ont eu des antibiotiques versus 48% dans le groupe soins courant sans différence significative. Il n&rsquo;y avait pas de différence selon les groupes sur la prescription d&rsquo;une RXT et pas non plus de sous-groupe d&rsquo;âge où la différence était significative.</p>
<p>Voici une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M24-0421">étude</a> de
coût-efficacité, cette fois si sur l&rsquo;intérêt de poursuivre la
vaccination anti-HPV entre 27 et 45 ans aux États-Unis. Les auteurs ont
comparé &ldquo;tous les adultes&rdquo;, &ldquo;ceux avec plus de 10 partenaires au cours
de leur vie&rdquo; et ceux &ldquo;séparés récemment&rdquo;. Les coûts par QALY sont
respectivement 2 005 000$, 763 000$ and 1 164 000$ par QALY pour des nombres de sujets à vaccinés (NNV) respectifs de 7670, 3190, et 5150 patients pour éviter un cancer. Bref, c&rsquo;est globalement pas du tout coût-efficace.</p>
<p>Deux articles de modélisation
médico-économique ont été publiés concernant les stratégies de
prévention de la bronchiolite à VRS. Ainsi, la vaccination maternelle
par <a href="https://publications.aap.org/pediatrics/article/doi/10.1542/peds.2024-066481/199962/Cost-Effectiveness-of-Maternal-Vaccination-to?autologincheck=redirected">Abrysvo</a> au
prix de 295$/dose serait coût-efficace pour réduire les
hospitalisations (et très légèrement la mortalité) avec un rapport de
163513$ par QALY si effectuée entre septembre et janvier à toutes les
femmes enceintes. On note que la perte de QALY est nulle sur les effets
secondaires liés au vaccin montrant une bonne tolérance. De l&rsquo;autre
coté, le traitement par <a href="https://publications.aap.org/pediatrics/article/doi/10.1542/peds.2024-066461/199963/Cost-Effectiveness-of-Nirsevimab-for-Respiratory">Nirsevimab</a> au
prix moyen de 445$/dose serait coût-efficace pour réduire les
hospitalisations (et très légèrement la mortalité) avec un rapport de
153517$ par QALY en étant effectué à 50% des enfants de moins de 8 mois
entre octobre et novembre. Notons qu&rsquo;il y a une perte de 50 QALY liée
aux effets indésirables pour ce traitement, mais c&rsquo;est pris en compte.
Ainsi il y aurait donc un avantage à la stratégie par Nirsevimab par
rapport à Absysvo. Cependant, il est difficile de comprendre pourquoi
ils ont considéré un traitement par nirsevimab chez uniquement  50% de
la population, les 50% autres pouvant recevoir du palivizumab en cas de
facteurs de risque, mais cela ne concerne qu&rsquo;une très faible partie de
ces patients et plus de 45% des enfants ne seraient donc pas traités.
Traiter 100% des enfants aurait probablement trop augmenté les coûts
pour que cette stratégie reste coût-efficace (NB: un traitement est
coût-efficace dans la culture anglo-saxonne si son cout par QALY est
inférieur à 3 fois le PIB/habitant).</p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/387/bmj-2022-072501">BMJ</a> parle
de l&rsquo;hématurie de l&rsquo;enfant en consultation. Les hématuries
microscopiques sont fréquentes (5%) et transitoires (&lt;0.5% à 6 mois),
donc peu d&rsquo;explorations sont nécessaires en dehors de la recherche
d&rsquo;une protéinurie et d&rsquo;un contrôle à 3-6 mois. Les hématuries
macroscopiques peuvent être d&rsquo;origine néphrologiques (oedemes,
synovites, purpura (dans le purpura rhumatoïde), HTA&hellip;) nécessitant
créatinine, et rapport albuminurie/créatininurie (norme RAC &lt;
3 mg/mmol ) ou urinaires (sang rouge vif, traumatismes, atcd
d&rsquo;infections urinaires, lichen, balanite, phimosis, vulvite, arguments
pour lithiase) nécessitant une échographie rénale (voire un TDM si
aucune cause n&rsquo;est retrouvée). Un antécédent de surdité familiale
précoce peut faire évoquer un syndrome d&rsquo;Alport, et des voyages en
Afrique peuvent faire suspecter une bilharziose.</p>
<p>5/ Le jeu du mois: Kyoto no Neko</p>
<p>&ldquo;Kyoto no Neko&rdquo; est un jeu familial dans lequel vous incarnez un chat. Pour remporter la partie vous allez devoir récolter 4 grelots pour gagner. Les grelots sont des récompenses que vous obtenez quand vous chassez des petits animaux, quand vous combattez des chiens errants, quand vous devenez ami avec d&rsquo;autres animaux ou quand vous remplissez des missions (échapper à la petite fille, fouiller les poubelles, manger un gros rat&hellip;). Pour chacune de ces actions, il faut lancer un dé et ajouter la valeur à la caractéristique correspondante du chat (vitesse, amour, combat, chasse). Si on réussit, l&rsquo;action est réalisée. Si on échoue, la caractéristique augmente, ce qui fait que le jeu est &ldquo;encourageant&rdquo; même si on rate! Le jeu est assez rapide, la mécanique plaisante et abordable ce qui permet de passer un bon moment !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiW2YafGXxYKaSzazU6repGm6vSKC6xckQiF6uvNzH8pSSMTDMSdxYtaJyIkgYzmCDl6c6WFLd3fyUleD4BF1mzZJUj5nOf5WeQnmwZ-nXc-wMX3wWmIFKzqNCh1U6NWXfWcOPvgcpLUNsUv9fX7m8M4JzzU_9b63dsSMAxogzoxSEFMdzaMzgNfWuSjQPf/s4624/20241124_142506.heic"><img src="/images/articles/2024/20241124-142506.heic" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
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<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un <a href="https://www.ahajournals.org/doi/abs/10.1161/CIRCULATIONAHA.124.072679">essai</a> randomisé a comparé le tirzepatide versus placebo chez les patients avec obésité (âge moyen 65 ans, IMC moyen = 38kg/m2, NYHA II à 78%, FEVG moy= 60%). Après 1 an, les patients traités par tirzepatide avaient une perte de poids de 12%, et avaient également une réduction du CJP (mortalité cardiovasculaire ou aggravation d&rsquo;insuffisance cardiaque) avec un NNT de 19 patients, porté par l&rsquo;insuffisance cardiaque et sans réduction de mortalité. Encore une fois, la question se pose de savoir si l&rsquo;effet est propre à la molécule ou uniquement médiée par la perte de poids, mais l&rsquo;effet reste positif dans tous les cas.</p>
<p>Revenons sur la colchicine en prévention secondaire avec l&rsquo;étude CLEAR. Pour mémoire, 2 études (COLCOT et LoDoCo) trouvaient un bénéfice sur les évènements cardiovasculaires en post infarctus (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/11/dragi-webdo-n288.html">ici</a>) mais 2 autres n&rsquo;en retrouvaient pas en post infarctus (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/06/dragi-webdo-n449.html">là</a>). CLEAR a inclus 7000 patients en plan factoriel 2x2, randomisant versus placebo, d&rsquo;une part de la colchicine, et d&rsquo;autre part de la spironolactone chez des patients avec SCA récent. Concernant la <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2405922">colchicine</a>, les évènements cardiovasculaires sont survenus chez 9.1% des patients sous colchicine et 9.3% des patients sous placebo, sans différence significative, sans différence sur la mortalité cardiovasculaire ou globale (mais avec une baisse de mortalité non cardiovasculaire contraire aux résultats des LoDoCo qui retrouvait une hausse de cette mortalité non cardiovasculaire). Donc une étude contraire à la colchicine en prévention secondaire. Les principales limites de cette étude sont 1/ une possible interaction avec la survenue de la Covid, le sous groupe de patients inclus avant le covid ayant une taille d&rsquo;efficacité proche de celle de colcot et locodo mais non significative peut être par manque de puissance 2/ une incidence d&rsquo;infarctus du myocarde plus faible qu&rsquo;attendu par rapport à des études menées au même moment, faisant suspecter un sous-diagnostic. Bref, une méta analyse complète des études colchicine après évaluation du risque de biais sera nécessaire pour conclure. Concernant la <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2405923">spironolactone</a>, pas de différence non plus sur la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires, on peut donc passer vite (au contraire du post-infarctus avec FEVG altéré dans lequel l&rsquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa030207">eplerenone</a> réduit la mortalité).</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>La lettre <a href="https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/spilf/atb/info-antibio/info-antibio-2024-11-inf-cerv.pdf">info-antibio</a> de ce mois ci expose les recommandations <a href="https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/spilf/recos/rpc-pharyngite-2024.pdf">ORL</a> sur les infections cervicales profondes, complications des angines avec une fréquence de 0,2% (10 cas pour 100 000 habitants par an environ). Les abcès péri-amygdaliens, abcès péripharyngé ou rétropharyngé, adénite aiguë suppurée grave, cellulite nécessitent un traitement IV et donc un recours hospitalier.  Cependant, les adénites suppurées non graves peuvent être traitées chez l&rsquo;enfant par amoxicilline 50mg/kg/j 10 jours si TDR+ ou amoxicilline+ ac. clavulanique 80mg/kg/j pendant 10 jours si TDR nég et, chez l&rsquo;adulte par amoxicilline +ac.clavulanique 80mg/kg/j pendant 7 jours. Ces adénites suppurées sont définies par les symptômes suivants: fièvre, cervicalgie, tuméfaction cervicale unilatérale, rénitent à la palpation, avec signes cutanés en regard (oedeme, erythème voire fistule). L&rsquo;abcès péri amygdalien donne une voix en &ldquo;patate chaude&rdquo;, s&rsquo;accompagne d&rsquo;un trismus, d&rsquo;une voussure du pilier antérieur et une déviation de la luette et le torticolis est un signe d&rsquo;abcès rétropharyngé ou rétrostyléen.</p>
<p>3/ Hématologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2826341">JAMA</a> aborde la polyglobulie primitive (dit, maladie de Vaquez). Biologiquement, il y a une Hb &gt; 16.5g/dl ou hématocrite &gt;  49% chez les hommes, et une Hb &gt; 16g/dL ou Ht &gt;  48% chez les femmes. Il peut s&rsquo;y associer une thrombocytose et une hyperleucocytose. Les patients peuvent  présenter des symptômes  comme des céphalées, un prurit aquagénique, des érythémalgies, des troubles visuels, une splénomégalie ou des thromboses.  Le diagnostic repose désormais sur la présence de 3 critères majeurs ou des 2 premiers critères majeurs  + 1 mineur (mais la recherche de mutation JAK2 est toujours non remboursée en ville&hellip;). Les diagnostics différentiels sont  les fausses polyglobulies (masse globulaire normale), les cardiopathies cyanogènes, le tabagisme, le SAOS , la haute altitude et certaines tumeurs. Le traitement initial repose sur l&rsquo;aspirine 75mg préventive, des saignées pour un objectif d&rsquo;Ht &lt; 45% et la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire. Chez les patients à haut risque ( &gt; 60 ans ou antécédent de thrombose), un traitement cytoréducteur, notamment par hydroxyurée (EI:  inflammation des muqueuses, céphalées, malaise, éruption, anorexie, oedèmes) est recommandé.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgpXraXwW7sXJUmTcMD5gBGkhOZLSgDgd591V_fCTM9hyR8ESR9N5C9PIXhOXqKXD3P0_zTrfXjX5MofB5MgrwwhNzyDRnQTE7ZVGuFmzKS1eqZ_Cwipb-j4P1dTL9_4b3_rbPE19muUCZKC4DEj2tW3hBHixOOl0q0eG6x41lnnMd8nTRVjjT7FmAyAigL/s1432/vaquez.png"><img src="/images/articles/2024/vaquez.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>On avait parlé du fezolinetant (antagoniste du récepteur de la neurokinine 3, donc traitement non hormonal) dans les symptômes de la ménopause <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/03/dragi-webdo-n391.html">il y a quelques temps</a>. Voici un nouvel essai randomisé du <a href="https://www.bmj.com/content/387/bmj-2024-079525">BMJ</a> le comparant versus placebo. Chez  400 femmes de  54 ans en moyenne (donc 70% ne souhaitaient pas de traitement hormonal), le fezolinetant améliorait la fréquence et l&rsquo;intensité des bouffées de chaleur (10/jour initialement, 5/jour sous placebo versus 3/jour sous traitement) et les troubles du sommeil. Les améliorations étaient perçues dès la 1ère semaine. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;avantage d&rsquo;effets indésirables qu&rsquo;ils soient sévères ou non, mais les principaux effets indésirables du traitement étaient les céphalées et la fatigue.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Cette <a href="https://diabetesjournals.org/care/article-abstract/doi/10.2337/dc24-1612/157398/Risk-of-Infection-in-Older-Adults-With-Type-2">étude</a> de cohorte rétrospective incluant  100 000 patients diabétiques, a voulu comparer une cible glycémique stricte (6-7%) versus moins stricte (entre 7% et 9% mais séparé en  7-8% et 8-9%). Les auteurs montrent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de sur-risque d&rsquo;hospitalisation pour motif infectieux quand l&rsquo;HbA1c est inférieure à 8%, mais qu&rsquo;il augmente pour les infections cutanées et osseuses au dessus de  8% par rapport à inférieur à 7%. Autre point intéressant, il y avait même moins d&rsquo;hospitalisations pour infections pulmonaires à  7-8% qu&rsquo;à moins de 7% d&rsquo;HbA1c!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg0DaLEJOwAjvXlUOrxShQb5gNPrzFZHJB27eWwjeU74e84KtPLXZEZ3neXXkavuu-6pfuXX8vXcWsaeomLXogJrYnRVvv4QJCCtITPspFb8-tu3gScF0GbF3TglQEznxCj0anxjhpadcGLcDLXohW2lRbKs8ygvmgX5hOpzfQU9S7IVjPGDiNg1c37Xts7/s729/diab%C3%A8te%20infections.png"><img src="/images/articles/2024/diab-c3-a8te-20infections.png" alt=""></a></p>
<p>Un <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/39/6/861/29305/Metabolic-Surgery-in-the-Treatment-Algorithm-for">article</a> d&rsquo;expert a été publié sur quand recommander une chirurgie bariatrique selon le profil des patients diabétiques. Voici leurs conclusions en se basant sur l&rsquo;IMC, et le contrôle glycémiques (on notera qu&rsquo;ils rappellent que l&rsquo;obésité est définie par un IMC &gt;  27.5kg/m2 en population asiatique) :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJSbHM5LxpqfqtRPXLUCCmKmdFA7vSc2emsY0zb2d9znyITgjVZLIoLgg3NYTUCvJDBEhdHdvY_MEb1wbNoihWDM3-8lxNNXrBT5dsTrVJN8J1ypabLbyRYf6MWx6A2ia8uZfiUo-cpeIhhU3m56_JGl1K7G8LrxaCi5MVnixfS5OH0PElrh4DS8G5HdEz/s1280/chir%20diabete.jpeg"><img src="/images/articles/2024/chir-20diabete.jpeg" alt=""></a></p>
<p>On teste toujours un peu la metformine dans tout et voici donc une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2826086">étude</a> de cohorte rétrospective incluant 2500 patients diabétiques asthmatiques sans metformine et  5800 patients diabétiques asthmatiques avec metformine. Les auteurs trouvent que la metformine était associée à moins de crises d&rsquo;asthme, indépendamment de l&rsquo;HbA1c et que cette efficacité était renforcée avec l&rsquo;ajout d&rsquo;analogues du GLP-1. Ceci n&rsquo;étant pas un essai randomisé, il est possible que la prise de metformine soit liée à de meilleures habitudes d&rsquo;observance et de RHD. Il faut donc des essais randomisés avant de conclure à une première efficacité clinique de la metformine dans une indication.</p>
<p>Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°462 : Nouvelles consultations pédiatrie (Légifrance), vaccins pneumocoque (CMG), maltraitance, urticaire, dialyse, tirzepatide, moustiques</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/11/dragi-webdo-n462/</link><pubDate>Mon, 18 Nov 2024 22:54:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/11/dragi-webdo-n462/</guid><category>Pédiatrie</category><category>Infectiologie</category><category>Dermatologie</category><category>Néphrologie</category><category>Nutrition</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! La saison ne s&rsquo;y prête peut être pas, mais parlons des moustiques. En effet, cet article très intéressant de <a href="https://www.nature.com/articles/s41586-024-07848-5">Nature</a> a trouvé que les moustiques sont attirés par le CO2 émis, les odeurs corporelles et  les rayonnements infrarouges corporels correspondant notamment à 34°C qu&rsquo;ils repèrent à  70cm. Bref, porter des vêtements longs et amples peuvent apporter une bonne protection supplémentaire. Voici à quoi vous ressemblez pour un moustique (34°C c&rsquo;est orange), et bonne lecture !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJ6pKvqJsgFkXMDwRaV5zLo1rHkltWMD_C9JR1N0nn6qSoEA8_lefCb-aQTfrh328UhmqbMgulEb3Eli1doPWt9sVYQwZD-aM4-keuf57gmOYtKpjEmi1lDXPT-oXrwg_52JwOLFmT4u7J5iXpnfR1JdcdxF_KXOyqGxE6vrHcAF6S375Mq4N0_Y5MYbdi/s460/moustiques.png"><img src="/images/articles/2024/moustiques.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pédiatrie</p>
<p>Des arrêtés (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050500736">ici</a> et <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050500751">là</a>) ont
été publiés, modifiant les 20 consultations obligatoires de l&rsquo;enfant
qui sont maintenant à effectuer aux âges suivants (en gros: suppression
de la visite des 1 mois, et ajout d&rsquo;une visite à 7 ans) :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhK1F_hc5Ncf5V1QXwYh4ln5zPhN5R3UhK2l_8F6b2MvQ6jWxMkwwHJkhXoCRvs2qOhASvFDQq0rvVQTYin3yRwKCoqWGpjOxj3yx_BNMcTo77qLaD7bnQjZdcGugg-wkzu9lcLydp39QCRXU2kZwy0Gi-mfevZx7PKxIc6GmPx-LsrQ7Lgf4BJ9rtJeO0P/s876/consult%20enfant.png"><img src="/images/articles/2024/consult-20enfant.png" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/387/bmj-2023-079054">BMJ</a> aborde la maltraitance chez l&rsquo;enfant, définie comme tout abus physique, sexuel et psychologique/émotionnel, la négligence et la provocation/falsification de maladies à l&rsquo;égard des enfants en bas âge par des parents, professionnels de santé ou tout autre figure d&rsquo;autorité. Les principaux facteurs de risques sont 1/ liés à l&rsquo;enfant (complexité médicale, déficience intellectuelle, troubles du comportement/neurologique, identification en tant que LGBT+), liés à la personne qui s&rsquo;en occupe (antécédents personnels de maltraitance, activité criminelle, toxicomanie, difficulté à créer des liens, stress élevé), ou communautaires (violence familiale, isolement, manque de soutien, pauvreté, instabilité socio-économique). Avant 4 ans, le &ldquo;TEN-4-FACEp&rdquo; aide au repérage. L&rsquo;article rappelle également comment compléter le dossier: utiliser des verbatims entre guillemets, éviter les interprétations subjectives, décrire les lésions et ne pas supposer des syndromes.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj_gm8mlPD_tOSig5lYouk0h-E0kS24gZLB12ue0YN516ppQdnAnQ7oFsNqXqNKTGDUY_deiUeVz4RzoZgvvls_hOUnh6VIaxzrKGvtpdHlEcauYixGNhO1ZHVrAU69CgU8jcWZTHkF6EYAHB1Tgw4PO-xRwSx4x7ImbfOq7iINdJbjASOA_BYeNnF1sW02/s913/ten4facep.jpg"><img src="/images/articles/2024/ten4facep.jpg" alt=""></a></p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.cmg.fr/wp-content/uploads/2024/11/Fiche-vaccin-pneumo-CMG-Novembre-2024.pdf">CMG</a> a publié une fiche pour aider à se décider dans les vaccins anti-pneumocoque. Globalement, chez l&rsquo;enfant, il y a une meilleur efficacité théorique qui pourrait éviter des infections en vaccinant avec le vaxneuvance (VPC15) par rapport au prevenar 13 (VPC13) . Cependant, il n&rsquo;y a pas de données comparatives sur l&rsquo;efficacité clinique. Chez l&rsquo;adulte, la simplification du schéma à 1 dose par rapport aux 2 doses différentes devrait améliorer la couverture, les études semblant équivalentes sur l&rsquo;immunogénicité. Encore une fois, il n&rsquo;y a pas de données comparatives sur l&rsquo;efficacité clinique. Le CMG incite donc a utiliser ces nouveaux vaccins, et recommande une surveillance de l&rsquo;évolution sérotypique.</p>
<p>3/ Dermatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/09/dragi-webdo-n366.html">NEJM</a> avait parlé urticaire, et maintenant, le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2824115">JAMA</a> aborde également l&rsquo;urticaire chronique. On ne reviendra donc pas sur les causes. Les diagnostics différentiels sont les vascularites et maladies auto-immunes (CRP élevée) ou angio-oedeme bradykininque (&gt; 2-5j sans réponse aux anti histaminiques ou corticoïdes). Ici, ils proposent donc un bilan minimal: NFS-plaquettes CRP. Le traitement de 1ère intention repose sur des anti-histaminiques jusqu&rsquo;à 4 fois la dose. Un avis spécialisé est recommandé si échec du traitement (résolution en 24h avec hyperpigmentation séquellaire, ou &gt; 2-5 jours ou Urticaria Control Test score &lt;12) , suspicion de maladie inflammatoire ou d&rsquo;un diagnostic différentiel.</p>
<p>4/ Néphrologie</p>
<p>Voici un article concernant la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2824363">dialyse</a>. Peu utile en médecine générale, mais la figure des différents schémas peut être utile pour ré-expliquer au patient. Il n&rsquo;y a pas de seuil clair de DFG pour débuter (pas de différence de mortalité quand débuté à  10-15ml/min vs  5-7ml/min), ce sont les symptômes, la fatigues et le ionogramme qui vont déterminer le moment de l&rsquo;initiation. Il faut bien sur penser à éviter les traitements néphrotoxiques (notamment AINS) et adapter les posologies des traitements. Les auteurs précisent que malgré le risque cardiovasculaire plus élevé, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;intérêt à prescrire une statine en prévention primaire si dialyse en l&rsquo;absence d&rsquo;autre indication (1 ECR, négatif, mais c&rsquo;était avec rosuvastatine&hellip;). Pour l&rsquo;hypertension, la cible est de 130mmHg avant 65 ans, et 140mmHg après, avec les IEC/ARAII et BB-  non dialysables en 1ère intention et inhibiteurs calciques en 3ème ligne, puis la spironolactone (très faible niveau de preuve de tout ça). La vitamine D est recommandée pour obtenir un équilibre calcique et métabolique, mais pas de différence sur la survie. Enfin, concernant l&rsquo;anémie, l&rsquo;EPO ou le fer est indiqué si Hb &lt; 10g/dL.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEghAwGKl6iyKnX2RjGM48noNLvH8xiGzYHMHQnfsefnllv47r5f0TFbn-wpMosCd3OCUx4eYDa7Yf6K09jSGPFqyX1c5oajEyxi6BlUselej6grix5_66xmQ0ZR5ljzgg8dCUwPiec9_tks2dBhIdIB4mQ7sHZ6pTBXam8fz6Wi9ISyTr2PSvL8ZVeQvaN5/s1962/dialyse.png"><img src="/images/articles/2024/dialyse.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Obésité</p>
<p>Voici <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2410819">SURMOUNT-1</a>, testant le tirzepatide versus placebo chez les patients pré-diabétique avec obésité (imc moyen = 38), avec un recul maintenant de 3 ans (le retour à 1an et demi avait été fait <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/06/dragi-webdo-n360.html">ici</a>). La perte de poids variait entre  -12.3% pour 5mg à  -19.7% à  15mg par semaine, versus  -1.3% sous placebo. Il y avait aussi moins de diabète dans les groupes traitements (1,3% versus 13.3%, NNT=8). Les effets indésirables sont maintenant connus avec principalement des troubles digestifs. Cependant, comme on l&rsquo;avait vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/12/dragi-webdo-n423.html">ici</a>, à l&rsquo;arrêt du traitement, les patients ont été suivis pendant 4 mois et déjà, le poids remontait.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgumsbtaBezjGQozHPOHtxvCxUsDQoM2sva8byT-r-volCJ0WZTACcsJptho21Bs_2IIQm1Vi2YE0CgtVLFYziRkb90YcJRIjC6PuB3xQ5DvR0qPR2vm5gElK2JqYuirkU1MCFqYs7gacvB0S965hQsMgM_R3uYMWzvYr_n6oZcROpLMUPwuoqZ4Fnf3YoK/s1069/tirzpatide2.png"><img src="/images/articles/2024/tirzpatide2.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini et au plaisir de croiser ceux qui vont au congrès du CNGE !</p>
<p>Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> , <a href="https://bsky.app/profile/agibus.bsky.social">Bluesky</a> (et oui!) et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°461 : ménopause (NICE), arthrose (chirurgie, aGLP-1), galantamine, IU pédiatrie, PrEP, SOPK, insomnie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/11/dragi-webdo-n461/</link><pubDate>Thu, 14 Nov 2024 23:55:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/11/dragi-webdo-n461/</guid><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Neurologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, introduisions ce billet avec un article du <a href="https://bjgp.org/content/early/2024/10/24/BJGP.2024.0276">BJGP</a> qui aborde la relation entre l&rsquo;expérience patient et le type/volume de consultations du médecin. Les auteurs retrouvent que les cabinets avec un grand nombre de consultations disponibles par jour amélioraient la satisfaction des patients notamment pour les RDV présentiels (70% des RDV), et que consulter dans les cabinets disposant d&rsquo;un grand nombre de RDV &ldquo;du jour&rdquo; diminuait la satisfaction. Enfin, notons que la moyenne du nombre de consultation par mois pour 1000 patient médecin traitant était de 230.</p>
<p>1/ Infectiologie</p>
<p>Cet <a href="https://publications.aap.org/pediatrics/article/doi/10.1542/peds.2024-066758/199819/Prophylaxis-Options-in-Children-With-a-History-of?utm_source=twitter?autologincheck=redirected">article</a> américain concerne la prophylaxie antibiotique chez les enfants avec infections urinaires répétées. La revue systématique conclue que les cranberries et la nitrofurantoïne sont les seuls traitements réduisant l&rsquo;incidence des infections urinaires chez l&rsquo;enfant. Le cotrimoxazole, les probiotiques ou la vitamine D (ouais, on ne sait jamais&hellip;), ne semblaient pas efficaces. Pour mémoire, les risques de cancer de vessie avaient conduit à l&rsquo;arrêt de l&rsquo;utilisation de la nitrofurantoïne en traitement de fond chez l&rsquo;adulte en France.</p>
<p>Dans une <a href="https://www.annfammed.org/content/22/5/437">cohorte</a> de patients gays, bisexuels ou HSH canadienne, les patients sous PrEP (13%), avaient une incidence 4 fois supérieure d&rsquo;infections à gonocoque par rapport à ceux ne la prenant pas. Il n&rsquo;y avait cependant pas d&rsquo;augmentation de l&rsquo;incidence des autres IST.</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-3179">revue</a> systématique s&rsquo;intéresse à la perte de poids dans le SOPK. Les interventions proposant une perte de poids (interventions comportementales, aGLP1 ou autres médicaments) amélioraient les critères biologiques (hormonaux, insulino-résistance), et augmentaient la fréquence de règles. Cependant, il n&rsquo;y avait pas de bénéfice mis en évidence sur la qualité de vie ou l&rsquo;hirsutisme.</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng23/chapter/Recommendations">NICE</a> a proposé des recommandations concernant les traitements de la ménopause, définie comme une absence de règles de plus de 12 mois après 45 ans ne prenant pas de contraception hormonale. Les examens complémentaires ne sont pas recommandés (AMH, oestradiol, compte folliculaire, volume ovarien&hellip;) La FSH peut être utilisée uniquement si symptômes avant 45 ans ou ménopause avant 40 ans (et pas chez les patientes sous contraception hormonale). Les TCC peuvent être proposées, mais les thérapies complémentaires ne sont pas recommandées devant l&rsquo;absence de données sur l&rsquo;efficacité et les risques. Pour les symptômes vasomoteurs, les traitements hormonaux sont recommandés en 1ère ligne, les IRS et la clonidine sont des options de 2eme ligne. Pour les symptômes génitaux, les oestrogènes vaginaux sont les traitements de 1ère ligne en combinaisons avec les lubrifiants (traitements possibles si antécédent de cancer du sein, notamment si récepteurs oestrogènes nég) ; la prasterone vaginale et l&rsquo;ospemifene oral sont des options de 2ème ligne. Le THM (oestrogène+progestogene) a pour conséquences: pas de modification de la mortalité ou des infarctus, augmentation des risques d&rsquo;AVC et de MTEV si THM oral, et des risques de K sein et ovaire; baisse des K de l&rsquo;endomètre sous traitement combiné, et baisse du risque de fracture. Il faudrait préférer les oestrogènes transdermiques (moindre risque thrombo-embolique), séquentiels (moindre risque de cancer du sein par rapport à continu). En cas d&rsquo;hystérectomie, un THM avec oestrogènes seuls est recommandé.</p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>Une étude qualitative du <a href="https://bjgpopen.org/content/early/2024/10/28/BJGPO.2024.0157">BJGP Open</a> s&rsquo;intéresse aux réflexions des MG sur leur prescriptions d&rsquo;hypnotiques aux sujets âgés. Globalement, les médecins savent que c&rsquo;est contraire aux recos, mais cela ne les  dérange pas et ils sont conscient qu&rsquo;ils faut s&rsquo;efforcer d&rsquo;éviter les dépendances. Ils déclarent que la prescription est ciblée chez des patients avec troubles du sommeil sévères sans autre alternative possible, dans une démarche de décision partagée centrée patient.</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>Une nouvelle revue systématique de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD001747.pub4/full">Cochrane</a> a étudié la galantamine (16-24mg/j) dans la maladie d&rsquo;Alzheimer. Les auteurs trouvent qu&rsquo;elle pourrait ralentir l&rsquo;aggravation cognitive et fonctionnelle à 6 mois, avec des différences cliniquement significatives sur l&rsquo;ADAS-cog (-2.86 [-3.29;-2.43] et NNT pour amélioration fonctionnelle : 10 patients à 6 mois). Les troubles digestifs étaient les principaux effets secondaires (NNH=8). Comme <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/12/dragi-webdo-n379.html">on l&rsquo;avait déjà dit</a>, sur des critères secondaires, la mortalité était plus faible dans le groupe galantamine (NNT=100). Actuellement, c&rsquo;est le traitement qui montre le &ldquo;plus&rdquo; d&rsquo;efficacité, au delà des nouveaux <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/01/dragi-webdo-n427.html">anticorps monoclonaux</a> cliniquement inefficaces.</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Dans un essai randomisé du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2400141">NEJM</a>, la prise en charge chirurgicale de la coxarthrose sévère avec indication opératoire est supérieure au traitement conservateur par kinésithérapie (resistance training).</p>
<p>Arthrose toujours, cet <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2403664#fv-t1fn4">essai</a> randomisé a évalué le semaglutide dans la gonarthrose chez des patients de 56 ans en moyenne avec IMC moyen de 40. Encore une fois, les patients du groupe semaglutide ont perdu  13% de leur poids en moyenne versus 3% sous placebo, ce qui s&rsquo;est traduit par une amélioration du WOMAC de -42 points vs -27 points, respectivement (Womac de départ = 70/100). Mais bon, vu qu&rsquo;on va plus pouvoir en prescrire&hellip;</p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°460 : Otite moyenne aigue, crise d'asthme, rosuvastatine, rétrécissement aortique, crampes, CCR, Alzheimer, cible HbA1C, isglt2/lithiases, cartes à collectionner (JCC)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/11/dragi-webdo-n460/</link><pubDate>Thu, 07 Nov 2024 07:55:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/11/dragi-webdo-n460/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><category>Oncologie</category><category>Neurologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>La rosuvastatine est de plus en plus comparée l&rsquo;atorvastatine (souvent c&rsquo;est <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/10/dragi-webdo-n415.html">pas en sa faveur</a>). Cette <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M24-0178">étude de cohorte</a> a inclus des patients de données chinoises (60% de patients en prévention secondaire) et britanniques (70% de patients en prévention primaire) et comparé le risque de mortalité globale et d&rsquo;évènements cardiovasculaires chez les patients sous rosuvastatine vs atorvastatine. A 6 ans, les patients sous rosuvastatine avaient un risque de mortalité moindre que ceux sous atorvastatine (NNT= 385/an en Chine et 420/an au R-U). Il y avait également une réduction des évènements cardiovasculaires sous rosuvastatine (NNT environ  400/an), mais davantage de diabètes (NNH = 67 à 6 ans. Encore une fois, il est compliqué de conclure sur des études de cohortes alors que des essais randomisés sont possibles. <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/05/dragi-webdo-n142.html">Hope-3 et Jupiter</a> ne montraient pas de réduction de mortalité en prévention primaire avec rosuvastatine et en prévention secondaire, seuls la simvastatine et la pravastatine réduisaient la mortalité, et l&rsquo;atorvastatine la morbidité (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/02/les-statines-sont-mes-copines.html">ici</a>).</p>
<p>Faut il pousser les patients avec un RAC serré asymptomatique à avoir un remplacement valvulaire par TAVI ? Des patients d&rsquo;environ 75 ans avec RAC serré et FEVG &gt;50% ont été randomisé entre <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2405880">TAVI versus surveillance</a>. Le critère principal (composite: décès, AVC, hospitalisation cardiologique) était réduit significativement avec un NNT de 6 (porté essentiellement par les hospitalisations, étant donné l&rsquo;absence de diminution significative des AVC et de la mortalité). Bon, ça semble donc efficace, mais le critère de jugement au final n&rsquo;est probablement pas idéalement explicité, dans cette étude financée par un laboratoire vendant des valves : un score de symptômes ou la survenue de malaises aurait peut être été plus pertinent pour expliquer ce qu&rsquo;étaient les &ldquo;hospitalisations cardiologiques&rdquo; et montrer l&rsquo;intérêt clinique (vu l&rsquo;absence de bénéfice sur la mortalité ou les AVC).</p>
<p>2/ Rhumatologie</p>
<p>Dans les crampes, on est souvent démuni. Mais voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2825457">essai randomisé</a> du Jama Internal Medicine incluant 300 patients chinois de plus de 65 ans ayant au moins 2 épisodes de crampes nocturnes au cours des 2 dernières semaines (2.6 crampes par semaine en moyenne). Ils ont été traités par vitamine K2 (=menaquinone, c&rsquo;est pas la vitamine K habituelle qui est de la K1), versus placebo. Après  8 semaines, le groupe traitement avait une diminution significative de 1,2 crampes par semaines par rapport au placebo et elles duraient 35secondes de moins! Il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;effets indésirables sous traitement. A méditer, pour passer de 3 crampes par semaines à 2.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Voici un débat du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMclde2404416">NEJM</a> sur l&rsquo;otite moyenne aiguë: traitement immédiat ou traitement différé. Les critères britanniques pour une antibiothérapie sont: après 6 mois des symptômes sévères (T &gt; 39°C, otalgie modérée à sévère ou persistant plus de 48h) ou otite bilatérale ou otorrhée sans otite externe. Faisons un point sur l&rsquo;otite-conjonctivite qui est décrite ici comme fréquemment associée à H.Influenzae souvent producteur de bêtalactamases, mais la guérison survient à 50% sans antibiotiques. Les <a href="https://publications.aap.org/pediatrics/article/131/3/e964/30912/The-Diagnosis-and-Management-of-Acute-Otitis-Media?autologincheck=redirected">recommandations américaines de 2013</a> proposent cependant l&rsquo;amox+ac.clavu. avec un grade C en cas de conjonctivite purulente à cause des H.influenzae avec beta-lactamases retrouvé dans une étude de 1989 tout en disant que les études plus récentes montrent une réduction des H.influenzae producteur de beta-lactamase. C&rsquo;est probablement ce qui justifie l&rsquo;amoxicilline seule dans les recos britanniques entre autres.</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Une revue systématique du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2825533">JAMA</a> compare les SABA (salbutamol), versus l&rsquo;association SABA+CSI et versus formoterol + CSI dans les crises d&rsquo;asthme. Cette revue systématique montre globalement, une réduction du risque d&rsquo;exacerbations sévères, avec les 2 associations versus SABA seul, et un risque moindre avec formoterol+ CSI versus SABA+ CSI (OR=0.78). En analyses en sous groupes, les résultats étaient identiques quel que soit le pallier de traitement des patients, donc même en pallier 1 (asthme intermittent). Les associations amélioraient également le contrôle de l&rsquo;asthme sur l&rsquo;ACQ-5 sans différence entre les 2 associations. Enfin, il ne semblait pas y avoir plus d&rsquo;effets indésirables graves. Il est juste dommage qu&rsquo;on n&rsquo;ait pas le nombre de bouffées moyennes données en cas de crise selon les études.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjDMcVBzks4vfU9ZfRmIK7fEi50sxaddP3Cf16ChLKbzdY8OjyY8D2iuojiIySIvB4Ji7VRXkbZdMyRRzMQ3PZNglcja8erYIqOqndkkOV1MYqIg5-NzcqqV_p4vos7LrAFhtd627M8Tcmj7rwbm3phnat581UfCMLVb1sTJ0Rm5D-eXkKi1tmAvgbP38dC/s882/asthme.png"><img src="/images/articles/2024/asthme-2.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Oncologie</p>
<p><a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-00910">Annals of internal medicine</a> aborde l&rsquo;efficacité de nouveaux tests moléculaires dans le dépistage du CCR. On retiendra surtout la figure 1 qui montre la réduction du risque de mortalité selon les tests (avec les tests bDNA (blood-DNA) : tests sanguins  ; sDNA (stool-DNA) : tests au niveau des selles ; FIT: test immunologique fécal). Dans l&rsquo;analyse de coût-efficacité, le FIT reste ce qui est le plus coût efficace avec la coloscopie, suivis par les nouveaux tests recherchant l’ADN dans les selles. Ainsi leur seul bénéfice semble d&rsquo;être réalisable tous les 3 ans et non annuellement (oui, en France, c&rsquo;est tous le 2 ans donc on ne rentre pas dans les cases américaines).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEglyzednuOcbdN5mksR3cZQvJsDxYpcbuh2hvmwa4N5oAPJZujN18uwDDM-AN3X_n9naM3dJM3nuWXEdBmpfUP09I0-gpO-mfLW5kymfcwWA9ad06tZvPIjPnSe0CrPjaYjEKmbbwWW7EL1YhHUOYVR6qcnsovldNkoC1N-0sC9GNlDvLsXt5Eic4eLAIjB/s852/ccr.png"><img src="/images/articles/2024/ccr.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Neurologie</p>
<p>On parlait il y a peu du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/10/dragi-webdo-n458.html">dépistage</a> de la maladie d&rsquo;Alzheimer, dans un contexte dans lequel le diagnostic a tendance à se résumer à la présence d&rsquo;un biomarqueur selon l&rsquo;Alzheimer Association. Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamaneurology/fullarticle/2825806">article</a> publié par un groupe de travail international revient sur les critères diagnostics. En effet, les auteurs disent que le diagnostic doit reposer sur l&rsquo;association de critère cliniques et de biomarqueurs, la présence de biomarqueurs seuls correspondant à un &ldquo;pré-Alzheimer&rdquo;. Les critères cliniques sont des troubles mnésiques hyppocampiques, une aphasie logopénique, une atrophie corticale postérieure, des troubles comportementaux ou dysexécutifs, un syndrome cortico-basal) et les biomarqueurs sont des signes dans le LCR ou au PET scan, ou des signes biologiques comme le dosage de protéine Tau.</p>
<p>7/ Diabétologie</p>
<p>On va forcément la voir passer, cette <a href="https://diabetesjournals.org/diabetes/article-abstract/doi/10.2337/db24-0166/157389/When-does-metabolic-memory-start-Insights-from-the?redirectedFrom=fulltext">étude</a> de cohorte trouvant que des patients avec un contrôle intensif dès le diagnostic réduit les évènements cardiovasculaire, notamment quand l&rsquo;HbA1C est &lt;  5.7% ! C&rsquo;est donc une étude de cohorte avec des patients diabétiques suivi pendant 4.5 ans environ. Globalement, les patients n&rsquo;étaient pas comparables initialement (plus jeunes, moins de tabac, moins d&rsquo;HbA1c) donc il n&rsquo;est pas improbable que les auteurs comparent des groupes pour lesquelles des différences de caractéristiques cardiovasculaires n&rsquo;ont pas été prises en compte dans les ajustements. On a déjà vu que les patients <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/11/dragi-webdo-n117.html">pré-diabétiques</a> avaient un risque évènements cardiovasculaires supérieur aux patients non diabétiques: les patients ayant moins de 5.7% d&rsquo;HbA1C après plusieurs années sont ils toujours diabétiques?</p>
<p>Dans une nouvelle étude du <a href="https://www.bmj.com/content/387/bmj-2024-080035">BMJ</a> incluant des patients de base de données canadienne a comparé dans un essai simulé l&rsquo;efficacité des iSGLT2 sur le risque de lithiase rénale. Chez des patients diabétiques avec antécédent de colique néphrétique, les auteurs retrouvent un risque réduit de récidive   avec un NNT de 20 patients par an, et de 5 chez ceux avec une lithiase active récente. Les patients avaient également un moindre risque de crise de goutte (NNT= 60 patients par an) mais davantage d&rsquo;infections urinaires (NNH= 75). C&rsquo;est concordant avec ce qu&rsquo;on avait vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/05/dragi-webdo-n312.html">là</a>.</p>
<p>8/ Le jeu du mois : les jeux de cartes à collectionner!</p>
<p>Parlons ce mois ci des &ldquo;trading card games&rdquo;, les cartes à collectionner mais qui servent surtout ensuite à construire un deck pour s’affronter entre joueurs! Il y en a plein, avec des niveaux de complexité différents. Parmi les plus célèbres, on retrouve Magic L&rsquo;Assemblée (le plus célèbre et le plus varié, dans lequel on pose des terrains pour pouvoir ensuite récolter leur mana, invoquer créatures, enchantements, rituels&hellip; et réaliser de nombreux combos pour gagner), Pokémon TCG (dans lequel on peut facilement poser et faire évoluer ses adorables créatures, mais il faut leur donner des énergies pour qu&rsquo;elles puissent attaquer), Yu-Gi-Oh (pas d&rsquo;énergie ni de mana, mais il faut sacrifier ses propres monstres pour pouvoir en invoquer de plus puissant, tout en s&rsquo;appuyant sur des cartes magie et des cartes pièges), le récent Lorcana (TCG de Disney dans lequel les cartes de personnages servent aussi de réserve d&rsquo;encre nécessaire pour invoquer les cartes et l&rsquo;objectif n&rsquo;est pas de réduire des points de vie adverses à 0 mais de gagner 20 points de victoire), ou encore Vampire The eternal struggle (plus complexe, dans lequel il faut utiliser ses propres points de vie pour invoquer ses vampires aux pouvoirs redoutables). Bref, ce sont des jeux stratégiques, immersifs, extrêmement variés, mais qui peuvent coûter cher pour se construire des decks très performants ou par le côté addictif de la collection. Cependant, l&rsquo;utilisation de deck pré-construits agrémentés de l&rsquo;achat de quelques boosters pour personnaliser son deck et glaner quelques nouvelles capacités peut suffire à bien profiter ! (A noter que beaucoup existent en jeu en ligne aussi!)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhu9QdvDx73r-VKgUjTAxg17cxYAgFawiCDY0NJZ7frUedFODVihvU15DAfsin0hyphenhyphen9n2AxQl3sSCrFgVuiM6JAmvndub3CWXOcywMQS-XbyEXxj4g7zP1Vd5QSJvgucGgwhSRePV0CbWE0-LBD6Xopssg_Gta98TDB4-L-YSpUaSqX4oHDjhSDff3JNxLBo/s7207/JCC.png"><img src="/images/articles/2024/jcc.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine!  Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°459 : Maltraitance (HAS), H. Pylori (recos US), mal des montagnes (recos US), diabète/conuite (recos US), DRP (SPLF), vaccins (VRS, HPV), dépistage CCR, IA</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/10/dragi-webdo-n459/</link><pubDate>Sun, 27 Oct 2024 20:45:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/10/dragi-webdo-n459/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Pneumologie</category><category>Oncologie</category><category>Néphrologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer, le <a href="https://www.bmj.com/content/387/bmj.q2270">BMJ</a> aborde l&rsquo;utilisation de l&rsquo;IA au cabinet: 20% des médecins l&rsquo;utilisent. Les auteurs commencent par alerter sur l&rsquo;utilisation d&rsquo;outils non dédiée à la médecine qui pourraient faire courir un risque pour le patient. Les médecins restent responsables de leurs diagnostics et des prises en charge proposées aux patients. Ainsi, la vérification complète des informations données est indispensable. En effet, les IA peuvent avoir des hallucinations, des biais et ne pas avoir accès à certaines données. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/campagne-vaccinale-contre-les-infections-a-papillomavirus-humains-hpv-les-dernieres-donnees-confirment-de-nouveau-le-profil-de-securite-du-vaccin-gardasil-9">ANSM</a> revient sur les effets indésirables de la vaccination anti HPV par Gardasil-9. Il faut informer le patient qu&rsquo;il doit signaler tout malaise immédiatement après la vaccination. L&rsquo;agence rappelle qu&rsquo;une surveillance de 15min est indispensable après injection, et que les patients devraient rester allongés (sur des tapis ou des couvertures dans les écoles, on suppose qu&rsquo;on réquisitionne le gymnase et les tapis de gym pour la vaccination?) ou assis par terre adossé au mur pour éviter le risque blessure en cas de chute. Enfin, compte tenu du risque d&rsquo;anaphylaxie, le cabinet doit disposer d&rsquo;adrénaline.</p>
<p>2/ Gastro-entérologie</p>
<p>La <a href="https://journals.lww.com/ajg/fulltext/2024/09000/acg_clinical_guideline__treatment_of_helicobacter.13.aspx">société américaine de gastro-entérologie</a> a publié des recommandations sur Helicobacter pylori. Rappelons que l&rsquo;épidémiologie d&rsquo;HP n&rsquo;est pas exactement la même en France. Aux US, la prévalence est de  30-40% des adultes et la résistance à la clarithromycine de 32% (en France : 20-30% de prévalence et 20% de résistance à la clarithromycine). Les auteurs recommandent un traitement par quadrithérapie bisthmutée de 14 jours en 1ère ligne chez les patients naïfs de traitement (vs 10 jours en France). En cas d&rsquo;échec, une trithérapie à base de rifabutine est recommandée pendant 14 jours (rifabutine 150x2 + amox 100x3 + IPP simple ou double dose x 2 par jour). Les traitements basés sur la clarithromycine et la levofloxacine sont à éviter en l&rsquo;absence de preuve de sensibilité. Il ne semble pas que les probiotiques améliorent la tolérance de la quadrithérapie bisthmutée. Un contrôle d&rsquo;éradication est recommandé 4 semaines après traitement.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Alors que le vaccin VRS est recommandé chez les sujets âgé, cette &ldquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc2311560">research letter</a>&rdquo; du NEJM trouve que l&rsquo;efficacité sur les infections respiratoires basse avec au moins 3 symptômes passait de  89% en fin de saison 1 à 78% en fin de saison 2. Cette efficacité est jugée suffisante sur les formes &ldquo;les plus symptomatiques&rdquo;. Ainsi, une vaccination tous les 2 ans serait possible. Il est cependant dommage de ne pas avoir d&rsquo;étude des hospitalisations dans cet article.</p>
<p>Le groupe kiné respiratoire de la SPLF a publié des recommandations sur les <a href="https://cdn2.splf.fr/wp-content/uploads/2024/08/Recommandations-pour-la-prise-en-charge-de-l-encombrement-des-voies.pdf">techniques de désencombrement des voies respiratoires.</a> La grande majorité ne concerne pas la médecine générale, alors focalisons nous sur le rinçage nasal (les DRP). Dans la bronchiolite, pas de différence clinique entre DRP  au sérum hypertonique ou physiologique versus &ldquo;soins standard&rdquo;. Dans la rhino-sinusite aigue, les DRP améliorent les symptômes notamment l&rsquo;obstruction et sont recommandées chez l&rsquo;enfant de plus de 3 ans. Dans la rhino-sinusite chronique de l&rsquo;adulte, la douche nasale (rhinohorn ou autre) est plus efficace pour irriguer les sinus, mais le niveau de preuve ne permet pas de faire de recommandations. Enfin, la désobstruction rhinopharyngée rétrograde (=avec inspiration nasale) n&rsquo;a pas suffisamment de preuve pour être recommandée dans la bronchiolite ou les infections respiratoires hautes de l&rsquo;enfant.</p>
<p>4/ Violences</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3552118/fr/evaluation-du-risque-de-maltraitance-intrafamiliale-sur-personnes-majeures-en-situation-de-vulnerabilite">HAS</a> a publié un guide sur l&rsquo;évaluation du risque de maltraitance intrafamiliale sur personne vulnérable. La maltraitance est définie comme &ldquo;tout geste, parole, action ou défaut d’action compromettant ou portant atteinte au développement d&rsquo;une personne, à ses droits, à ses besoins fondamentaux ou à sa santé et qui intervient dans une relation de confiance, de dépendance, de soin ou d’accompagnement&rdquo;. Elle peut être ponctuelle ou durable, intentionnelle ou non. Le guide aborde la maltraitance sur personne âgée, les violences conjugales et la maltraitance des enfants envers leurs parents. Difficile de synthétiser les guides, mais il faut identifier ces situations à risque, les signes physiques de violence, des modifications de comportement, les relations avec l&rsquo;entourage et les facteurs associés (comorbidités somatiques/psychiatriques). La prise en charge repose notamment sur un signalement et l&rsquo;assistance par les services spécialisés (3977: violences personne âgés ;  3919: femmes victimes de violences).</p>
<p>5/ Oncologie</p>
<p><a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M24-0743">Annals of internal medicine</a> étudie le dépistage du cancer colorectal via test fécal immunologique (FIT) chez les patients entre 45 et 49 ans, par rapport à ceux de 50 ans. Les tests étaient légèrement moins souvent positifs (3.6% vs 4%), il y avait  23% de faux positif en plus  (NNH = 12 quand même!) et donc moins d&rsquo;adénomes. Le nombre d&rsquo;adénocarcinomes découverts était identique 2.7-2.8%. On ne sait bien évidemment pas si avoir découvert ces adénomes 5 ans après aurait conduit à un pronostic plus sombre mais cette information est indispensable pour évaluer la balance bénéfice/risque de ce dépistage plus précoce.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhjDbhOE0d69psllm-HWaRcl-2PHAU7Iav7yqtN2etcJyWp2U2nWqhoFg8ObHoi-Ux29g0nkuRNLAnxePQKtvCakf3K4AVlMYWE2cJHQ3nEz9eUUZ9GB8MZJFPkZ9sUhEUSqmT6qe4UFjTAEujSXTMnAdfgeLtV6IKN3n0UPqz9bFGvFtRWckVc8qFahhsy/s2058/images_m240743ff3_figure_3_colorectal_cancer_screening_yield_measures_arrs_for_patients_aged_45_to.jpg"><img src="/images/articles/2024/images-m240743ff3-figure-3-colorectal-cancer-screening-yield-measures-arrs-for-patients-aged-45-to.jpg" alt=""></a></p>
<p>6/ Voyages</p>
<p>La <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2825331">Société américaine de Nature Sauvage</a> (oui, ça existe!) a publié des recommandations sur le mal des montagnes pour les voyages à plus de 2500m d&rsquo;altitude. Les symptômes sont des céphalées, une fatigue, nausées/vomissements pour le mal des montagnes, une encéphalopathie pour l&rsquo;oedème cérébral et une dyspnée avec toux sèche pour l&rsquo;oedème pulmonaire. Pour limiter les risques, il est nécessaire de monter par pallier de 500m/j avec un jour de repos sans ascension tous les 3-4 jours. Le traitement prophylactique de 1ère intention est l&rsquo;acétazolamide (125mg x 2/j), la dexaméthasone est une alternative (4mg x 2/j). Il concerne les patients avec facteurs de risque:  antécédent de mal des montagnes, dormant à plus de 2800m le premier jour, ou vitesse d’ascension &gt; 500m/j au delà de 3000m. En cas de symptômes modérés, le traitement repose sur un arrêt de l’ascension, et dans les formes sévères, une descente, l&rsquo;acétazolamide, la dexaméthasone, de l&rsquo;oxygène et de la nifédipine si atteinte pulmonaire.</p>
<p>7/ Néphrologie</p>
<p>On avait parlé d&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/11/dragi-webdo-n374.html">Empa-kidney</a> qui montrait l&rsquo;efficacité de l&rsquo;empagliflozine dans la maladie rénale chronique (mais un peu moins efficace que la dapagliflozine). Les patients ont été suivis après la fin de l&rsquo;étude dans un &ldquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2409183">post-trial</a>&rdquo;. Au cours de ce suivi,  l&rsquo;utilisation libre d&rsquo;inhibiteur de SGLT2 était similaire, égale à 40%, dans les 2 groupes (ex-empagliflozine et ex-contrôle). Au cours des 3 ans du &ldquo;post-trial&rdquo;, les patients du groupe initialement sous empagliflozine avaient toujours un risque plus faible de progression de néphropathie ou d&rsquo;évènement cardiovasculaire. Mais quand on regarde en détail, seule la 1ère année restait significative. Cependant, cette fois ci, le risque de mortalité cardiovasculaire était réduit de façon exploratoire.</p>
<p>8/ Diabétologie</p>
<p>La <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/47/11/1889/157262/Diabetes-and-Driving-A-Statement-of-the-American">société américaine de diabétologie</a> écrit un article concernant diabète et conduite automobile. Les médecins devraient aborder ce sujet avec les patients, et informer des risques liés aux hypoglycémies, à la perte de sensibilité des pieds sur les pédales et aux troubles visuels si rétinopathie. Les patients devraient avoir un lecteur glycémique en voiture, mesurer avant les longs trajets et avoir un moyen de resucrage à portée si &lt; 0,9g/L. Ils recommandent d&rsquo;arrêter le véhicule au moindre symptôme et de ne repartir qu&rsquo;après rétablissement des symptômes et de la glycémie. Enfin, ils conseillent d&rsquo;avoir une voiture disposant de commandes manuelles en cas de perte de sensibilité des pieds.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°458 : hémochromatose, sinusites et rhinopharyngites, acuponcture/sciatique, dépistage Alzheimer, lavage de dents/diabète, DIU au LNG</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/10/dragi-webdo-n458/</link><pubDate>Thu, 24 Oct 2024 21:18:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/10/dragi-webdo-n458/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Neurologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2825059">étude</a> s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;association entre DIU au levonorgestrel (SIU) et cancer du sein. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une étude de cohorte &ldquo;exposées-non exposées&rdquo; incluant environ 80 000 femmes avec un SIU et  80 000 femmes sans. Les auteurs trouvent une augmentation du risque de cancer du sein de 40%. Cela correspond à un sur-risque absolu de 14 cas pour 10 000 utilisatrices entre 0-5 ans d&rsquo;utilisation, 30 cas entre 5 et 10 ans et 70 cas à  10-15 ans (soit un sur-risque inférieur à 1% à 10 ans). Comme on l&rsquo;avait déjà dit <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/12/dragi-webdo-n163.html">ici</a> sur l&rsquo;ensemble des contraceptions hormonales, ce risque est connu mais les bénéfices et intérêts du traitement le surpassent généralement.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/reevaluation-europeenne-de-la-balance-benefice-risque-des-medicaments-contenant-du-finasteride-ou-du-dutasteride">ANSM</a> revient encore une fois sur les inhibiteurs de 5-alpha réductase (finasteride et dutasteride) et alerte sur les risques de troubles psychiatriques et des fonctions sexuelles. L&rsquo;Agence insiste sur la nécessité de déclarer à la pharmacovigilance ces effets indésirables s&rsquo;ils survenaient.</p>
<p>2/ Hépato-gastro-entérologie</p>
<p>Voici une revue du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra2119758">NEJM</a> sur l&rsquo;hémochromatose. Elle est majoritairement liée à une mutation homozygote C282Y, parfois à des doubles hétérozygotes et rarement à des mutation non-HFE. Le dépistage est recommandé uniquement chez les apparentés au 1er degré d&rsquo;un patient atteint (idéalement avant 18 ans), en cas d&rsquo;anomalie du bilan hépatique ou d&rsquo;hyperferritinémie, ou en cas de symptômes. Un CST &gt;45% a une Se de 94% chez l&rsquo;homme et 73% chez la femme. Un CST normal associé à une ferritine normale a une VPN de 97%. Notons que le VGM &gt; 94fL est un signe également, et que la morbidité augmente significativement pour une ferritine &gt; 1000ug/L. Les principales complications sont la cirrhose et les cancers hépatiques. Le risque d&rsquo;arthrite, de diabète, de pneumopathies, de cancers colo-rectaux et du sein chez la femme sont multipliés par 1,5 à 2 (donc nécessité d&rsquo;avis sur le dépistage le plus approprié du CCR et cancer du sein). Un faible risque de cirrhose est déterminé par l&rsquo;ensemble de ces éléments: pas d&rsquo;arthrite, ferritinémie &lt; 1000,  APRI &lt; 0,44 (ASAT/plaquettes ratio index= (ASAT/ norme sup des ASAT)×100 ÷ plaquettes) et FIB-4 &lt; 1,1. En cas de risque élevé, une IRM hépatique sera nécessaire. Le traitement repose sur des saignées hebdomadaires jusqu&rsquo;à obtention d&rsquo;une ferritinémie entre 50 et 100ug/L, puis tous les 3 mois pour maintenir ce taux (rythme à adapter au patient). Ce traitement permet une réduction de la fatigue et une régression de la fibrose hépatique chez 1/4 des patients environ.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2825060">JAMA</a> fait un point sur les sinusites de l&rsquo;enfant. Le diagnostic repose sur des symptômes tels qu&rsquo;une toux ou rhinorrhée persistant au moins 10 jours (=symptômes persistants), une majoration des symptômes ou aggravation de la rhinorrhée après amélioration initiale (=aggravation), ou une fièvre &gt; 39°C avec rhinorrhée purulente pendant plus de 3 jours (=sévère) (c&rsquo;est vrai que la rhinorrhée de l&rsquo;enfant est exceptionnelle!). Le traitement antibiotique réduit la durée des symptômes de  9 à 7 jours, de façon similaire quelle que soit la couleur de la rhinorrhée. Les patients traités avaient un peu moins d&rsquo;otites (0% vs 3%) et plus de diarrhées (11% vs 5%), mais les études montrent que 14% à 80% des patients guérissent sous placebo. Ainsi, les auteurs proposent une surveillance initiale avec antibiothérapie en l&rsquo;absence d&rsquo;amélioration ou, si symptômes sévères, l&rsquo;antibiothérapie initiale. Concernant l&rsquo;antibiotique, les études comparant amoxicilline et amoxicilline + ac. clavulanique datent d&rsquo;avant l&rsquo;introduction des vaccins anti-pneumocoque et montrent un taux d&rsquo;échec proche, d&rsquo;environ 3%, et les complications étaient rares ( 0.01%). Ainsi, ils recommandent amoxicilline et l&rsquo;amoxicilline + ac. clavu. seulement en cas d&rsquo;échec du traitement initial.</p>
<p>Et justement, un <a href="https://bjgpopen.org/content/early/2024/10/10/BJGPO.2024.0006">article</a> français étudie les prescriptions antibiotiques dans les rhinopharyngites grâce aux bases de données Cegedim issues des logiciels Crossway et monLogicielMedical.com. Ils ont analysé les prescriptions de 2700 médecins concernant 750 000 patients et ont trouvé que, pour une rhino, les médecins prescrivaient en moyenne 3 médicaments, et qu&rsquo;il y avait 16% d&rsquo;antibiotiques. C&rsquo;est beaucoup, mais en même temps on aurait pu craindre pire&hellip; En effet, ce taux atteignait 26% chez les médecins de plus de 70 ans contre 3% chez les médecins de moins de 30 ans! (Rappelons que ces données de santé ont laissé l&rsquo;éthique de la recherche de côté et que la <a href="https://www.cnil.fr/fr/donnees-de-sante-sanction-de-800-000-euros-societe-cegedim-sante">Cnil</a> a sanctionné Cegedim en septembre 2024 pour avoir utilisé des données de santé sans autorisation)</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2825064">essai</a> randomisé chinois a comparé l&rsquo;acupuncture dans la lombo-sciatique chronique versus acupuncture factice. Les auteurs trouvent, après 4 semaines, qu&rsquo;il y a une amélioration significative de −16.0 points [ −21.3; −10.6] sur l&rsquo;EVA (/100) et de −8.1 points [−11.1; −5.1] sur l&rsquo;indice fonctionnel ODI (/100). Les auteurs concluent que l&rsquo;acupuncture est donc une option, en oubliant que dans leur méthode, le seuil de pertinence clinique pour ces 2 scores est de 15 points et  7 points. Or, les intervalles de confiance des résultats de l&rsquo;étude les recoupent largement, la pertinence clinique de l&rsquo;acupuncture n&rsquo;est donc pas établie.</p>
<p>5/ Neurologie</p>
<p>Des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2821669">auteurs</a> ont inclus des patients avec suspicion de maladie d&rsquo;Alzheimer (MA) et ayant un bilan cognitif en soins primaire (500 patients, 77 ans, MMS moyen  27/30) et en soins secondaires (700 patients, 74 ans, MMS moyen  26/30). Ils ont défini un Score &ldquo;APS2&rdquo; basé sur le ratio de protéine Tau phosphorylée et non phosphorylée et sur le ratio des protéines β-amyloïde 40 et B42. Bref, les gériatres diagnostiquaient une MA avec une Sp de 60% et une Se de  85%, les généralistes avec une Se de 45% et une Sp de 70%, alors que l&rsquo;APS2 avait une Se et une SP de 90%. Cette étude pose 3 problèmes principaux. 1/ Celui de la pertinence clinique de dépister plus tôt une maladie pour laquelle aucun traitement n&rsquo;est cliniquement efficace, 2/ Celui du diagnostic de la maladie en lui même. En effet, la référence était basée sur le ratio Aβ42:Aβ40 et le taux de p-tau217 sur le LCR ou sur le PET-scan. Ce n&rsquo;est donc absolument pas un critère clinique pour une maladie dont les principales complications sont cliniques. Et 3/ Celui du suivi des patients, corollaire de la méthode diagnostique, car il n&rsquo;y a pas de suivi dans cette étude. Les Se et Sp devraient être établies après 5 ans de suivi par exemple, avec un seuil de pertinence clinique en référence associé aux protéines dosées (pour éliminer un autre type de démence). Cela explique probablement pourquoi les généralistes sont &ldquo;peu sensibles&rdquo; et &ldquo;très spécifique&rdquo; (on diagnostique que les démences cliniques avérées) alors que les gériatres sont &ldquo;très sensibles&rdquo; et &ldquo;peu spécifiques&rdquo; (dès que la mémoire baisse, c&rsquo;est une MA).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEitL4AKcZG0t11d-jTTVap6fV_Z3yyCxFolmpnqTvuPHEg0f6YuGxBcO_A-FK5JcoqILCGbK5gDjrOb7CuPOY5q9BKfO6_6c5T70BQdWdwGXzHOlnnEoOrRU3tKLMTxbEdRsR-zHeSfxm83kSVP8Jsb_tB944lmFt3E413U6HXiEm9NI-Z8nmXcHDcrSuZu/s785/alzheimer.png"><img src="/images/articles/2024/alzheimer.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>On avait déjà parlé des <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/01/dragi-webdo-n254.html">parodontopathies</a> à prendre en charge pour améliorer le diabète. Cette <a href="https://diabetesjournals.org/spectrum/article/36/4/364/151483/A-Scoping-Review-of-the-Relation-Between">scoping review</a> montre qu&rsquo;un lavage de dents régulier (2 fois par jour) est associé à une meilleure HbA1c, d&rsquo;environ -0.2% par rapport à des lavages moins réguliers. Comme ce sont essentiellement des études observationnelles, il est aussi possible que ceux qui se lavent les dents 2 fois par jour aient une meilleure hygiène de vie et suivent de meilleures RHD et aient donc une HbA1c plus basse&hellip;</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine! Vous
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<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°457 : CMV/grossesse (Académie), allaitement maternel (HCSP), infections de l'enfant (reco), cancer thyroïde, metformine/cancer, cannabis, Dupuytren, renoncement aux soins</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/10/dragi-webdo-n457/</link><pubDate>Sun, 13 Oct 2024 23:03:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/10/dragi-webdo-n457/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Infectiologie</category><category>Addictologie</category><category>Oncologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer ce billet, abordons l&rsquo;état de santé des patients renonçant aux soins durant la pandémie de Covid grâce à cet article du <a href="https://bjgp.org/content/early/2024/09/30/BJGP.2023.0637">BJGP</a>. En effet, ne pas avoir consulté un médecin (MG ou autre spécialiste) était associé à une augmentation des symptômes anxio-dépressifs et à une surmortalité toutes causes. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/analogues-du-glp-1-et-obesite-nous-prenons-des-mesures-pour-securiser-leur-utilisation-en-france">ANSM</a> revient sur les aGLP-1 avec indication &ldquo;prise en charge de l&rsquo;obésité&rdquo; en rappelant la limitation de prescription initiale aux endocrinologues et nutritionnistes, avec renouvellement possible par les généralistes. De plus l&rsquo;indication est en 2ème intention, après RHD, chez les patients avec IMC &gt; 35 kg/m2.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>On parle régulièrement des écarts aux bonnes façons de mesurer la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/06/dragi-webdo-n404.html">pression artérielle</a>. Ce nouvel <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2824754">article</a> compare les différences de PAS entre la manière recommandée (bras posé sur une table) et les bras posés sur les genoux ou bras ballants. Ainsi, avoir les bras posés sur les genoux surestime de 4mmHg la PAS et la PAD, et avoir les bras ballants surestime la PAS de 6,5mmHg et la PAD de 4,5mmHg !</p>
<p>3/ Grossesse</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2024/10/Infection-congenitale-a-CMV-un-depistage-a-organiser-en-France-PCRA-67.pdf">Académie de médecine</a> a publié un avis en faveur du dépistage de l&rsquo;infection à CMV pendant la grossesse, confirmant sa position de 2020. Il y a 4 enfants sur 1000 infectés, avec un taux de complications de
18%, correspondant à. 500 enfants par an sur 700 000 naissances soit 7 pour
10 000. Ils s&rsquo;appuient sur le fait qu&rsquo;en cas de sérologie négative, une surveillance (comme pour la toxoplasmose) peut être effectuée et permettre de débuter un traitement. Ils s&rsquo;appuient sur des recommandations européennes (cf <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanepe/article/PIIS2666-7762(24)00058-9/fulltext">ici</a>) et critiquent l&rsquo;avis du HCSP de 2024 (en défaveur du dépistage, on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/02/dragi-webdo-n429.html">ici</a>)  en disant qu&rsquo;il &ldquo;omet en particulier d’inclure, dans l’analyse des coûts induits pour la société, la prise en charge à vie des enfants handicapés&rdquo;. Cependant, l&rsquo;Académie de médecine omet peut être la vision &ldquo;santé publique&rdquo; au profit d&rsquo;une vision &ldquo;compassionnelle&rdquo;, que le fait d&rsquo;avoir une sérologie positive n&rsquo;évite pas une réinfection et rassurerait à tort, que le traitement repose sur 1 seule étude non randomisée, qu&rsquo;il s&rsquo;agit de 8 comprimés de 500mg de valaciclovir pendant au moins 7 semaines et idéalement jusqu&rsquo;à la fin de la grossesse avec une observance sub-optimale (et avec une efficacité de 70%) et qu&rsquo;aucune étude médico-économique n&rsquo;appuie ce dépistage. Ainsi, il est possible qu&rsquo;il soit judicieux à l&rsquo;avenir de proposer ce dépistage supplémentaire, mais les données actuelles sont insuffisantes pour le recommander.</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1392">HCSP</a> a rendu un avis concernant l&rsquo;allaitement maternel. Il rappelle les bénéfices pour l&rsquo;enfant, notamment sur la mortalité globale, la mort inattendue du nourrisson, le risque d&rsquo;infections respiratoires et de gastro-entérites,  le risque d&rsquo;obésité et de caries, et le développement cognitif. Les bénéfices maternels sont une diminution du risque de dépression du post-partum, de diabète de type 2, de cancer du sein et une amélioration du lien mère-enfant. Le HCSP s&rsquo;engage contre le marketing des laits artificiels et les conflits d&rsquo;intérêt, et pour le développement de consultation allaitement téléphonique. Il plaide pour 4 mois de congé maternel avec possibilité de prolonger par un congé allaitement de 6 mois (ce n&rsquo;est pas la dynamique politique actuelle qui tend vers une diminution de la durée du congé parental, déjà mal rémunéré, avec une volonté politique de retour au travail précoce&hellip;).</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Le CRAtb (centre régional d&rsquo;antibiothérapie) Ile de France et les sociétés savantes de pédiatrie ont publié une mise à jour des recommandations sur les principales <a href="https://ghparis10.aphp.fr/wp-content/blogs.dir/288/files/2024/10/reco-ped_CRAtb_V4_V1publiees.pdf">infections de l&rsquo;enfant</a>. En pratique, aucun changement sauf pour:</p>
<ul>
<li>
<p>otite moyenne aiguë :</p>
</li>
<li>
<p>si syndrome otite-conjonctivite: Amoxicilline 80-100mg/kg pendant 10 jours, (ou  le classique amoxicilline+ac. clavulanique)</p>
</li>
<li>
<p>si otorrhée: faire un streptAtest sur l&rsquo;otorrhée : si + : amoxicilline 50mg/kg pendant 6 jours (comme angine), sinon amoxicilline ou amoxicilline + ac. clavulanique 80-100mg/kg pendant 10 jours</p>
</li>
<li>
<p>si échec ou récidive (symptômes récidivant &lt; 72h après la fin des antibiotiques): amoxicilline+ac. clavulanique 10 jours, cefpodoxime 10 jours, amoxicilline 150mg/kg en 3 prises 10 jours ou ceftriaxone IV/IM 50mg/kg 3 jours.</p>
</li>
<li>
<p>panaris:</p>
</li>
<li>
<p>pas d&rsquo;antibiotique en 1ère intention</p>
</li>
<li>
<p>Faire streptAtest sur le pus : si + : amoxicilline 50mg/kg 7 jours et si - : pas d&rsquo;antibiotique</p>
</li>
<li>
<p>Anite:</p>
</li>
<li>
<p>Faire streptAtest anal systématiquement: si + amoxicilline+ac. clavulanique 10 jours.</p>
</li>
</ul>
<p>5/ Addictologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2824833">JAMA</a> aborde le syndrome cannabinoïde, associé aux consommations prolongées de cannabinoïdes. Il se manifeste par des douleurs abdominales intenses avec nausées et vomissements survenant brutalement dans les 24h suivant la dernière consommation (et soulagées par un bain ou une douche chaude). Il peut se compliquer d&rsquo;érosions dentaires, de troubles ioniques avec insuffisance rénale, de convulsions, de troubles cardiaques et de décès. Le traitement est symptomatique, avec réhydratation, anxiolytiques si besoin voire antidépresseurs tricycliques au long cours, mais le principal traitement est le sevrage en cannabis.</p>
<p>6/ Oncologie</p>
<p>La metformine fait toujours parler d&rsquo;elle malgré tous les essais randomisés ne montrant pas de bénéfice cardiovasculaire (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/les-traitements-du-diabete-formule-all.html">ici</a>). Dans cette <a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-024-03484-y">étude</a> de cohorte incluant 4000 survivants de cancers, 450 patients diabétiques avaient de la metformine, 400 étaient diabétiques sans metformine et les 3150 restant n&rsquo;étaient pas diabétiques et n&rsquo;avaient pas de métformine. Les auteurs trouve qu&rsquo;après un suivi médian de 6 ans, les patients sous metformine avaient une risque de mortalité global diminué de 38% (NNT=43), de mortalité cardiovasculaire de  35% (NNT=24) porté à la fois par les AVC et les infarctus. Malgré les ajustements, il faudrait des essais randomisés pour confirmer de tels résultats car il peut y avoir un biais de prescription (Pour mémoire, la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/12/dragi-webdo-n422.html">vitamine D</a> donne peu près les mêmes résultats en études observationnelles, mais jamais en essais randomisé)</p>
<p>Ca faisait longtemps qu&rsquo;on avait pas parlé du surdiagnostic du cancer de la thyroïde avec toutes les découvertes fortuits sur écho des TSA, scanner et autre &ldquo;bilans&rdquo; sur des TSH systématiques. Voici l&rsquo;article mis à jour du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(24)00223-7/abstract">Lancet</a>. Après l&rsquo;augmentation des diagnostics jusqu&rsquo;en 2015 environ, l&rsquo;incidence rebaisse (environ 20 cas pour 100000), la mortalité restant toujours stable 1-2 cas pour 100000). Le surdiagnostic global est estimé à 75%.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhwtq7K0vrjJZ8Ls3gTgIbwsMZndC1uvArn3Sf2o3sq-ix69SjAslretwzVu6VMg1yLckIsSmKMS760cVnLyslT-iRS-NKaYm58UGG_dNQ5qe4kuiBFG3KsAIHPerHnfQUHN8s15BTVVdjTZF58dH3o4ynqZOU4p3YbFmaLf52AqvpTC6AlBTEMlMLhSPy4/s445/thyroide.png"><img src="/images/articles/2024/thyroide.png" alt=""></a></p>
<p>7/ Rhumatologie</p>
<p>Un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2312631">essai</a> randomisé a comparé un traitement chirurgical à des injections de collagénase dans les rétractions de Dupuytren. Les injections n&rsquo;étaient pas &ldquo;non inférieures&rdquo; au traitement chirurgical (score PEM = 18/100 versus 12/100 après chirurgie). Cependant, le score initial avant traitement était de 34/100, ce qui montre quand même une efficacité clinique de cette option rarement proposée aux patients (cette <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa0810866">autre étude</a> en parle aussi).</p>
<p>C&rsquo;est fini! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°456 : douleur thoracique, IEC/ARAII, dénervation rénale, i-SGLT2, cannabis/grossesse, bronchiolites (ziresovir, nirsevimab), H. Pylori, suicides, troubles de l'hémostase</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/10/dragi-webdo-n456/</link><pubDate>Mon, 07 Oct 2024 22:17:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/10/dragi-webdo-n456/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Psychiatrie</category><category>Néphrologie</category><category>Hématologie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour et bonne lecture de ce nouveau Dragi Webdo qui va être très visuel, avec plein d&rsquo;images !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Dans une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2821358">étude</a> de cohorte américaine incluant 300 000 grossesses, une consommation de cannabis par la mère pendant la grossesse a été retrouvée chez 6.3% femmes au 1er trimestre. Cette consommation était associée à de l&rsquo;HTA gravidique, des pré-éclampsies, des anomalies de prise de poids (hypotrophie ou macrosomie) et des décollements placentaires.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/prevention-de-la-bronchiolite-du-nourrisson-les-premieres-donnees-de-pharmacovigilance-confirment-le-profil-de-securite-du-nirsevimab-beyfortus">ANSM</a> a publié un rapport sur le nirsevimab (Beyfortus). Les auteurs sont rassurant avec comme effet secondaire principalement rapporté: une faible efficacité (75% des déclarations). Les auteurs concluent à 3 signaux: 1/ un risque d&rsquo;AVC (signal faible, risque sévère), 2/ un risque d’affection respiratoire post-injection de type détresse respiratoire (signale modéré, risque sévère) 3/ épisodes hypotonie-hyporéactivité (signal modéré, risque faible).</p>
<p> 2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Des auteurs ont <a href="https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1004465">réanalysé l&rsquo;étude Ontarget</a>, essai randomisant 15 000 patients évaluant <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa0801317">telmisartan vs ramipril</a>.  Bien qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de différence d&rsquo;efficacité retrouvée sur  le critère cardiovasculaire dans l&rsquo;ensemble de l&rsquo;étude, les auteurs ont fait une analyse par sous groupe ethnique. Les sujets noirs auraient un surrisque de mortalité cardiovasculaire avec ARAII par rapport aux IEC (NNH=93) et les sujets blancs un moindre risque cardiovasculaire avec les ARAII (NNT=115). On est sur une comparaison ramipril vs telmisartan dans 1 seule étude, cela demanderait à être confirmé d&rsquo;autant que versus placebo, le telmisartan ne réduisait pas les évènements cardiovasculaires dans <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140673608612428/">Transcend</a>.</p>
<p>Une <a href="https://www.annfammed.org/content/22/5/426">revue systématique</a> d&rsquo;annals of family medicine a comparé les différents scores d&rsquo;évaluation d&rsquo;une douleur thoracique en médecine générale. Les règles de décisions cliniques ont une sensibilité qui varie entre 75% et 97% sans troponine et entre 82% et 99,7% avec troponine point of care. Les score cliniques sans troponine les plus performants si on se fie aux aires sous la courbe sont l&rsquo;<a href="https://www.mdcalc.com/calc/10225/interchest-clinical-prediction-rule-chest-pain-primary-care">Interchest</a> (score ≥  2 : risque non faible, Se 88%, Sp 79%, ) et le <a href="https://www.ncbi.nlm.nih-gov/pmc/articles/PMC8160073/">Heart GP score</a> (score ≥ 3, Se  97%, Sp 59%).</p>
<p>Toujours plébiscitée dans les dernières recos, voici une <a href="https://www.ahajournals.org/doi/abs/10.1161/CIRCULATIONAHA.124.069709">revue systématique</a> sur la dénervation rénale. Les auteurs retrouvent une efficacité sur les mesures sur 24h de -4.4mmHg de PAS et -2.5 mmHg de PAD (si on regarde les mesures au cabinet : -6.6mmHg de PAS et -3.5mmHg de PAD). Ils ne retrouvent pas de signaux d&rsquo;un risque lié au traitement. Cependant, on voit quand même qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de modification du risque de mortalité, du risque d&rsquo;AVC ou de crise hypertensive avec ou sans traitement&hellip;. Donc pas certain de la pertinence du bénéfice clinique de ces -4.4mmHg vu les risques potentiels procéduraux.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjiNiQTiLNKLMwrDLd7kRAX2W6PQIcM9Lbr5CUngry1K0-IHfRHUyvQXwu7jNVgob8ATdVTuL0GkZgDRLRzrMh4-hYkKUdQfuZn-i-ria6SQDrV3oIv3xiJv84M-uqas9M3Hql_0Yny_j6ZUQVeDFDhQPic9pBCgGjmwIKvdLeC2Ku6eDa7ea9cpMFR6Qn-/s1307/d%C3%A9nervation%20r%C3%A9nale.png"><img src="/images/articles/2024/d-c3-a9nervation-20r-c3-a9nale.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>Alors que la santé mentale est une priorité nationale, cet <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M24-0024">essai</a> randomisé a évalué un programme de prévention du suicide en médecine générale versus soins courants. Dans cette étude, le programme de prévention a permis de réduire de 25% le nombre de tentatives de suicides à 3 mois (4,5 vs 6 pour 10 000 patients vus). Le programme comportait: un dépistage le PHQ-2, complété si positif par un PHQ-9 permettant d&rsquo;évaluer le risque suicidaire avec la question 9, puis une évaluation avec la C-SSRS (mais ça c&rsquo;est long à faire). Ce qu&rsquo;on peut retenir, c&rsquo;est le dépistage avec PHQ-2, puis évaluation du risque suicidaire et mis en place du plan de sécurité:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgHSlcF_XMlxalxMz1O6f2WuAXwtQvB4lGxdnMTuX9OiB-FqMOuvKfezNhA8TeBDKelWLYAQSFROiHtXax3hnp5MQ0fcJSelPFvzqD9d3utFej8mQWmlYHIO2rROqH1Od7Wy2yxGW_C_YvdkkwXQsFFGbVfsDo-frYZ0ZrkCZ2FrBP_2fvh1M_7HIjkMU1H/s425/suicide.png"><img src="/images/articles/2024/suicide.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Néphrologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/387/bmj-2024-080257">BMJ</a> a publié une recommandation pratique sur l&rsquo;utilisation des iSGLT2 dans la maladie rénale chronique, dépendant du DFG et du rapport albumine/créatininurie (RAC).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhmMpsDo6c956-f-nUiofZMkJkvl-mfoB2JtbflZ3uz2xM1yJ3783xeZNn9gI7SPUVHv9hYszjMJTRLF9ZQYQ98Nv7lIBvq26dKNrp_w_hN4QKgoKft8eI_XpRjR3EKK0NISLYK0uTYeuDiRZzNwWDu_49ejtq2HOCrJsS22T_mm4t413N9mjtocpV8GWty/s790/isglt2.png"><img src="/images/articles/2024/isglt2.png" alt=""></a></p>
<p>En suivant les flèches sur la figure ci-dessus, vous avez des profils
de patients  qui conduisent à 4 catégories de bénéfices: &ldquo;faible&rdquo;, &ldquo;modéré&rdquo;,
&quot; élevé&quot; et &ldquo;très élevé&rdquo; (par exemple, un patient avec &ldquo;DFG &gt; 60&rdquo; et &ldquo;RAC </p>
<blockquote>
<p>30&rdquo; donne un bénéfice de traitement &ldquo;élevé&rdquo;). Voici à quoi
correspondent ces bénéfices en termes chiffres absolus :</p>
</blockquote>
<ul>
<li>Bénéfice faible: NNT pour la mortalité = 143 à 5 ans</li>
<li>Bénéfice modéré: NNT pour la mortalité = 77 à 5 ans</li>
<li>Bénéfice élevé : NNT pour la mortalité = 42 à 5 ans, pour la mortalité cardiovasculaire=167, pour les évènements cardiaques non fatals = 48.</li>
<li>Bénéfice très élevé: NNT pour la mortalité = 21 à 5 ans,  pour la mortalité cardiovasculaire = 100, pour les évènements cardiaques non fatals = 32, pour l&rsquo;insuffisance rénale = 18, pour l&rsquo;insuffisance cardiaque = 40.</li>
<li>Risques chez ces patients &ldquo;non diabétiques&rdquo; : pas de sur-risque d&rsquo;acidocétose, de fracture, d&rsquo;infection génitale, d&rsquo;amputation, de dialyse ou d&rsquo;hypovolémie symptomatique.</li>
</ul>
<p>5/ Hématologie</p>
<p>La <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0248866324005642?via%3Dihub">revue de médecine interne</a> fait le point sur les anomalies du TP et du TCA. Alors, voici les arbres algorithmiques (ça sera plus clair que de longues phrases).</p>
<ul>
<li>TP diminué:</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgJRnXKJIt2e8EX_Cr04ZUCe01-dQHk-QYEoYYroTycbIsxPlEVHSg2HXfCCMIp-JY9nPvqS2ELQNFLeo8l2aBhfvS8C0snAunuUrW8Hh7wf9X92A4uyPjsk5__Wte2cuLHoPc8JT12uk4esoyBq61cDOj5ABt0PAna-ky_OwWZxJ30LgyfCkv8fp_0ibXp/s2050/TP.jpg"><img src="/images/articles/2024/tp.jpg" alt=""></a></p>
<ul>
<li>TCA allongé :</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg2MvYhjIQKodz2O0RoK0OI9quvjWRhzcDfGK3OvShI-IUnV-t35mCuNgdQH3V31FXxNTEaxHTRzWLbh0phmvx3kWQEm7qVrjMcT3DgTYmBPXHDha1y4MZDX18tuAaYzDXZcYt9LOagLI9ZB8s3Dm2gwhyphenhyphenQfNMaY9unGbcoqjbMWO4Y14qaxjmeoIELeTrx/s2000/TCA.jpg"><img src="/images/articles/2024/tca.jpg" alt=""></a></p>
<p>6/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2313551">NEJM</a> a publié un essai randomisé évaluant le Ziresovir, antiviral à prendre pendant 5 jours, dans le traitement de la bronchiolite à VRS chez des enfants de moins de  24 mois (moyenne 6 mois) hospitalisés. Par la méthode des moindres carrés, le traitement antiviral était efficace. Si on regarde sur les critères cliniques ce que ça donne, à J3, les symptômes de bronchiolite étaient réduits à 75% chez 34% des enfants traités versus  7% si non traité, mais il n&rsquo;y avait pas de différence de taux de rémission à J3 (13% vs 6%) et il ne semble pas y avoir de différence dans le symptômes entre les groupes à J5-J6. Il n&rsquo;y avait pas de différence significative d&rsquo;effets indésirables entre les groupes. Bref, pas certain que le faible bénéfice dépasse les coûts du traitement.</p>
<p>On avait parlé du bénéfice du dépistage d&rsquo;Hélicobacter Pylori avant un traitement par AINS ou aspirine au long cours (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/03/dragi-webdo-n220.html">ici</a>). Cet essai randomisé taiwanais du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2824276">JAMA</a> a évalué le bénéfice d&rsquo;un dépistage d&rsquo;H. pylori sur test fécal (HPSA) réalisé en même temps que le dépistage colo-rectal (FIT). Environ 150 000 patients ont été randomisés. L&rsquo;ajout du HPSA a permis de diagnostiquer une infection à HP chez  38% des patients (71% ont été traiter par antibiotique). Un cancer gastrique a été diagnostiqué chez 0.032%  des patients du groupe HPSA + FIT et 0.037% du groupe FIT seul (différence de 0.002% non significative). Après plusieurs ajustements ils trouvent finalement qu&rsquo;il y a moins de cancers gastriques mais pas de réduction de mortalité. Au total, c&rsquo;est une idée intéressante, il faudrait voir avec une prévalence d&rsquo;HP européenne ce que ça donne, et aussi si ça a une influence à 10-20 ans sur les hémorragies digestives dans une population vieillissante et multimorbide.</p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°455 : Cirrhose (recos US), maladies dégénératives (recos), symptômes somatiques persistants, codéine/tramadol (ANSM), déprescription/HTA, dépistages (K poumon, K prostate), Darwin's journey</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/10/dragi-webdo-n455/</link><pubDate>Thu, 03 Oct 2024 18:29:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/10/dragi-webdo-n455/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Neurologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Oncologie</category><category>Pneumologie</category><category>Douleur</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, une <a href="https://www.commonwealthfund.org/publications/fund-reports/2024/sep/mirror-mirror-2024">comparaison des systèmes de santé de 10 pays</a> &ldquo;occidentaux&rdquo; trouve que la France est vraiment moyenne, en la classant 5ème sur 10, notre &ldquo;meilleur rang&rdquo; étant 4ème pour &ldquo;l&rsquo;efficacité administrative&rdquo; (lol, mais ça correspond aux interactions avec les mutuelles et pour ça, oui, la CPAM se débrouille bien pour permettre les remboursements). Les &ldquo;top&rdquo; sont l&rsquo;Australie et les Pays-Bas.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjkKv65XRnbrlmU_rj8MsdsGBKpFpOV0YPzUFE1c4DCZ6hyphenhyphenoXyM51GUhJUoaWlyxKNJvtxROfcD6_NOhl1OCxrZ4kWb_4rkqVSWDZfN8c3zw1AL3QIKq_Cf3jbyYTMF3r4Hy634qHH4VLTofpTk558gZU9CpNiIRG8riZU1Kdrf-lZP0_LA7Ar2lajDekLp/s1301/ranking.png"><img src="/images/articles/2024/ranking.png" alt=""></a></p>
<p>1 / Pharmacovigilance</p>
<p>Un point de pharmacovigilance important d&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/tramadol-et-codeine-devront-etre-prescrits-sur-une-ordonnance-securisee-des-le-1er-decembre">ANSM</a> concerne la prescription de &ldquo;codéïne&rdquo; et &ldquo;tramadol&rdquo; qui devra se faire en toutes lettres sur ordonnance sécurisée et pour une durée de 3 mois maximum à partir du 1er décembre 2024. Notons que les spécialités à base de poudre d&rsquo;opium ne sont pour l&rsquo;instant pas concernées et qu&rsquo;un report de prescription est à craindre, tout comme un report vers des AINS, notamment chez des patients potentiellement à risque (sous aspirine, avec IEC/ARAII, avec antécédent d&rsquo;ulcères&hellip;). Comme dirait Prescrire, de toutes façons, la balance bénéfice/risque de la morphine est meilleure, et maintenant si les modalités de prescriptions sont similaires en dehors de la durée, c&rsquo;est peut-être un début vers la fin des &ldquo;paliers II&rdquo;.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2823919">cohorte</a> de patient en Ehpad a été analysée de sorte à réaliser un &ldquo;emulated trial&rdquo;. C&rsquo;est un joli mot pour dire qu&rsquo;ils ont comparé les patients ayant ayant un anti-hypertenseur et ceux chez qui le traitement anti-hypertenseur a été récemment diminué ou arrêté après les avoir appariés sur de nombreuses caractéristiques pour qu&rsquo;ils soient similaires, &ldquo;simulant ainsi un essai randomisé&rdquo;. Les auteurs trouvent que 10.8% patients ayant eu une déprescription d&rsquo;anti-HTA avaient un déclin cognitif versus 12.1% dans ceux ayant eu un traitement stable. Les auteurs concluent que déprescrire peut ralentir le déclin cognitif notamment chez les patients ayant déjà des troubles mnésiques. En vrai, on voit surtout que les patients du groupe déprescription avaient 124mmHg de PAS et ceux du groupe traitement stable avaient 129mmHg de PAS. Ce qu&rsquo;il faut surtout revoir, contrairement à ce que prônent les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/09/dragi-webdo-n451.html">recommandations</a> actuelles, ce sont les cibles de PA qui devraient être plus élevées chez les patients de plus de 70 ans.</p>
<p>3/ Neurologie</p>
<p>Les <a href="https://sfgg.org/media/2024/09/SFGG-def-2024.pdf">gériatres</a> ont publié des recommandations sur la prise en charge des symptômes psychologiques et comportementaux dans les maladies dégénératives. Les principaux symptômes ou troubles étudiés sont les troubles comportementaux, l&rsquo;anxiété, la dépression et les troubles mnésiques. Un repérage par questionnaire standardisé le MIB-C Globalement, les auteurs recommandent la musicothérapie, l&rsquo;activité physique adapté et la psychoéducation avec un niveau de preuve fort (ils proposent aussi de l&rsquo;art thérapie, de la luminothérapie, des interventions multidomaines etc&hellip; avec un niveau de preuve moindre). Sur le plan pharmacologique, en cas trouble du comportement, les neuroleptiques sont recommandés (aripiprazole = le mieux toléré, quétiapine= ok si Parkinson ou Démence à corps de Lewy, risperidone et olanzapine = en dernière intention). On évite les NRL de 1ère génération en traitement de fond: haldoperidol et tiapride. Dans les formes légères les IRS sont proposés, notamment le citalopram et escitalopram (attention les QT!) en première ligne, la sertraline, la mirtazapine et venlafaxine viennent après. Les benzodiazépines ont une balance bénéfice/risque défavorable, hors situation de crise aiguë.</p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>Dans une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2823685">étude</a> de cohorte chez des patients diabétiques de type 2 avec hépatopathie, l&rsquo;utilisation d&rsquo;analogues du GLP-1 était associée à une réduction de l&rsquo;évolution vers la cirrhose par rapport aux utilisateurs d&rsquo;IDPP-4 (NNT=1000 patients par an), et à une moindre mortalité (NNT= 400 patients par an), chez les patients sans cirrhose pré-existante.</p>
<p>Des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2822999">recommandations américaines</a> avaient été publiées en 2023 concernant la cirrhose. Du point de vue des généralistes, notons que la principale mesure de prévention repose sur la vaccination anti-VHB et l&rsquo;éviction du tabac et de l&rsquo;alcool. Ils recommandent également un traitement des patients atteint de VHB et VHC. En cas de cirrhose, une échographie hépatique et un dosage d&rsquo;AFP est recommandé tous les 6 mois. En cas de lésion de plus de 1cm ou d&rsquo;AFP &gt;20, un scanner ou une IRM est recommandée (la lésion est à coter en &ldquo;LI-RADS&rdquo;)</p>
<p>5/ Oncologie</p>
<p>Dans le dépistage du cancer du poumon, les <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-3250">chercheurs</a> tentent d&rsquo;affiner les critères d&rsquo;inclusion des patients. Par rapport aux critères de l&rsquo;USPSTF tiré des études (50-80 ans, &gt;20PA sevré depuis moins de 15 ans), les critères alternatifs (cf après) améliorent la sensibilité (91% au lieu de 78%) sans trop altérer la spécificité (84% vs 86%)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiIAFGpmAaexlLVMnI4iW_JVra6FpuUxMWf0oaoaQhxUUNUDFHoDgVPRsIh8dsrhKCKftIylkfbg0OTK0gsF5cppC8RbLRMQmN1ce3T4t4ldb0PaHKz0h7cUBJfvGMoBk-1pO_U0FwrV7q4DDqWxv_SZ9erQaBS4Magk3kCAkPpJZ8wm63LQuygVhRwHfJD/s999/poumon.png"><img src="/images/articles/2024/poumon.png" alt=""></a></p>
<p>On avait parlé de l&rsquo;essai randomisé publié en 2022 à propos de l&rsquo;IRM ciblant les biopsies et non systématiques (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/12/dragi-webdo-n379.html">ici</a>). Le suivi à 4 ans est maintenant publié dans le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2406050">NEJM</a>, avec donc parfois plusieurs &ldquo;rounds&rdquo; de dépistages. Les auteurs trouve qu&rsquo;il y avait 2.4% de cancers non cliniquement pertinents dans le groupe biopsies systématiques, versus 1%  dans le groupe biopsies selon IRM. En parallèle, il n&rsquo;y a pas eu statistiquement plus de cancer cliniquement pertinent découverts en cas de biopsies systématiques (2.1% vs 1.8%). Bref, pas de biopsies prostatiques non guidées par l&rsquo;IRM.</p>
<p>6/ Pneumologie</p>
<p>Juste pour le plaisir, voici une nouvelle revue systématique testant la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013284.pub2/full">vitamine D</a> dans la BPCO. Les auteurs trouvent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de modification du nombre d&rsquo;exacerbations, du risque de mortalité ou des EFR avec versus sans supplémentation.</p>
<p>7/ Douleur</p>
<p>Faisons un point de terminologie concernant les &ldquo;troubles fonctionnels&rdquo; aussi appelés &ldquo;symptômes médicalement inexpliqués&rdquo; (SMI). Cet <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0248866324007537">article</a> propose un changement d&rsquo;appellation pour aller vers des &ldquo;symptômes somatiques persistants&rdquo;, car le mécanisme de ces symptômes est maintenant bien expliqué et que le &ldquo;médicalement inexpliqué&rdquo; pourrait conduire à des prises en charges &ldquo;non médicales&rdquo; injustifiées. Ces &ldquo;symptômes somatiques persistants&rdquo; nécessitent bien une prise en charge médicale personnalisée, intégrant des thérapies ayant prouvé une efficacité comme les TCC.</p>
<p>8/ Diabétologie</p>
<p>Le diagnostic du diabète est toujours une question difficile. Quel est le meilleur test? Glycémie à jeun, HbA1c, test de provocation?  Cet <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(24)00201-8/abstract">article</a> du Lancet Endoc a trouvé à partir d&rsquo;une étude de cohorte que l&rsquo;HbA1c &gt;5.9% et le test de provocation avec glycémie à 2 heures &gt; 1.63g/L (notamment ce dernier) étaient particulièrement associés au risque futur d&rsquo;évènements cardiovasculaires après 1,6 ans de suivi en moyenne. La population était quand même particulière, car probablement en prévention secondaire à 80%, et donc la pertinence clinique d&rsquo;un dépistage sur un nouveau critère reste très faible.</p>
<p>9/ Le jeu du mois &ldquo;Darwin&rsquo;s journey&rdquo;</p>
<p>&ldquo;Darwin&rsquo;s journey&rdquo; est un jeu expert, qui a d&rsquo;ailleurs été nominé dans la catégorie &ldquo;expert&rdquo; de l&rsquo;As d&rsquo;or 2024. Pour marquer des points, il faut principalement arriver à découvrir des nouvelles espèces en déplaçant son explorateur sur la carte en bas du plateau principal. Tout le reste du plateau permet de réaliser d&rsquo;autres actions grâce à ses autres explorateurs. Il faut les rendre compétent pour réaliser différents type d&rsquo;actions (se déplacer, faire avancer son navire pour ne pas être à la trainer par rapport à celui de Darwin, déposer les espèces découvertes au museum, envoyer du courrier pour avoir des bonus&hellip;). Le jeu combine, de la pose d&rsquo;ouvrier, de la course, du développement et de l&rsquo;exploration. Bref, c&rsquo;est un excellent jeu, qui donne surtout envie d&rsquo;une deuxième partie après la première pour bien exploiter ses possibilités!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEifdFqVkSyh0hnSG_2sh8rlaQvC_hTpGGZKEdzxqycu4wyhhu9HcVMGmoJ08EmT5QZwAf_omU85-O0RfoPAFCEMDe9A1kRZLzozDLbqmltv3cS_s89eBLDfDQtEY7rseDChPzpASwVYZfs9q6y16Kj9CH4sKICTo7ak-tJEH_y2yEpHUJOAJP7jOBgrRyCY/s4624/20240815_202759.heic"><img src="/images/articles/2024/20240815-202759.heic" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine!  Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°454 : TDAH (reco HAS), asthme de l'enfant (recos), pneumopathies infectieuses, HSV-2, traitements de migraine, allergie pénicilline, sédentarité</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/09/dragi-webdo-n454/</link><pubDate>Tue, 24 Sep 2024 22:49:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/09/dragi-webdo-n454/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Allergologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Infectiologie</category><category>Neurologie</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/vitamine-b12-injectable-et-buvable-preferez-les-comprimes-aux-ampoules-pour-lusage-par-voie-orale">ANSM</a> informe des ruptures de stock de vitamine B12 injectables, alors pour les réserver aux patients ayant besoin d&rsquo;un traitement parentéral, il est recommandé de ne pas prescrire les ampoules per os mais d&rsquo;utiliser les formes en comprimés si la voie orale est choisie.</p>
<p>2/ Allergologie</p>
<p>Pour venir appuyer les recos du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/09/dragi-webdo-n453.html">DW précédent</a> sur les allergies à la pénicilline, une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2823686">revue</a> systématique a inclus 9 200 patients avec antécédent d&rsquo;allergie à la pénicilline. Le taux de patients ayant une réaction allergique après une réintroduction directe (sans test cutané préalable) était de 3,5%. Or ce taux est similaire à la survenue de réactions chez les patients ayant un test cutané préalable normal.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p><a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-024-03599-2">Deux études de cohortes</a> ont suivi des patientes pendant respectivement 13,5 et 6,7 ans. Les auteurs montrent que les patients restant sédentaires (assis plus de 5 heures par jour comprenant notamment la télé, l&rsquo;ordinateur et la conduite) avaient des risques de mortalité globale (NNT environ 40-45 patients à 13 ans, la courbe étant c&rsquo;est linéaire: 600 patients par an environ), de mortalité par cancer, d&rsquo;évènements cardiovasculaires et de maladie pulmonaires supérieurs aux patients assis moins de 5h/jour. De plus, remplacer un temps sédentaire par 30min d&rsquo;activité physique quotidienne (incluant la marche pour le plaisir), améliorait quand même la mortalité globale, par cancer, par maladies cardiovasculaires et pulmonaires (-3,5% de risque relatif pour la mortalité globale, pas de chiffres absolus disponibles).</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>La <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n334-asthme-reco-splf-covid.html">société savante de pneumologie et allergologie pédiatrique</a> a publié des recommandations sur l&rsquo;asthme entre 6 et 12 ans à travers une succession d&rsquo;articles en accès limité, une fois encore.</p>
<p>Le <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0761842524002419">diagnostic</a> repose sur des signes cliniques typiques (sifflements, toux, dyspnée, oppression), variant en intensité, de majorant la nuit, déclenchés par l&rsquo;exercice, le froid, les viroses ou les allergènes. La spirométrie est recommandée mais pas systématique à cet âge d&rsquo;autant plus que souvent normale entre les crises. Le diagnostic peut être posé via une spirométrie avec un  VEMS/CV &lt; - 1,645 z-score et la réversibilité concise à  +10%. En l&rsquo;absence de spirométrie, le DEP, mesuré 2 fois par jour pendant 7 jours et mettant en évidence une variabilité &gt; 15% confirme l&rsquo;asthme. Le bilan comprend une radiographie thoracique et une recherche d&rsquo;allergènes respiratoires.</p>
<p>L&rsquo;évaluation de sévérité <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0761842524002432">initiale</a> n&rsquo;est pas modifiée par rapport aux recos antérieures: s&rsquo;il y a 1 crise par mois maximum, sans symptôme nocturne ni retentissement, c&rsquo;est un asthme intermittent qui ne requiert pas de traitement de fond (palier I). Le reste est persistant, plus ou moins intense selon la fréquence des crises et le recours aux urgences et nécessite un traitement de fond. Mais les patients sont soit asthmatiques connus, soit arrivent pour 1 première crise donc ça s&rsquo;applique assez mal en vrai, donc on débutera généralement par le palier II lors d&rsquo;une découverte d&rsquo;asthme persistant. Pour le contrôle, les auteurs proposent l&rsquo;ACT ou le score GINA qui est un peu moins intuitif, mais intègre la spirométrie anormale comme critère de &ldquo;partiellement contrôlé&rdquo;.</p>
<p>On passe au <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0761842524002444">traitement de fond</a>. Rien de neuf, on ne fait pas de SMART (même traitement de crise et de fond) chez l&rsquo;enfant. Donc l&rsquo;augmentation des paliers est classique. A noter que le fluticasone x2/j pourrait mieux contrôler les symptômes que les autres et peut être utiliser une fois par jour lorsque les symptômes sont contrôlés (alors que le beclometasone doit être utilisé 2 fois par jour). Le montélukast n&rsquo;a de place qu&rsquo;en cas d&rsquo;asthme induit par l&rsquo;effort ou d&rsquo;impossibilité d’adhésion aux CSI ou avec les CSI faible dose si palier supérieurs non supportés. On note que les généralistes et les pédiatres sont incapables de gérer les enfants avec un asthme nécessitant un palier 3 et qu&rsquo;il faudrait adresser ces enfants à un pneumo-pédiatre et donc il faut probablement anticiper le RDV 6 mois à l&rsquo;avance. En vrai, c&rsquo;est niveau &ldquo;avis d&rsquo;expert&rdquo;, donc on fait comme on peut, avec EFR idéalement quand même (Par contre au delà du palier 3, il faut en effet un avis plus spécialisé).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEizUXo51O2sHqZub8c7zLanKCyhY8N-LxA7wCzqssyk376WGHGZKsVvEMwRqb3TRzQbwW7bwJFuPqsbaDlqvalUEaKx9tsPVW3Mpq0RfPtsdDIADELsxu2HgOX4X56lJVU8MGeRUI4sc_JIuYLE3Brer8PiW3bk_K0_J7-d36YOXcY8Ti6BcuzY7xU26Kxc/s834/asthme.png"><img src="/images/articles/2024/asthme.png" alt=""></a></p>
<p>Enfin, le traitement de la <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0761842524002468">crise</a> d&rsquo;asthme est abordé. Il est recommandé d&rsquo;évaluer la sévérité, notamment avec le score <a href="http://medicalcul.free.fr/pram.html">PRAM</a> (&lt;4 = léger, 4-7= modéré &gt;7 = sévère) et en recherchant les signes de gravité: fatigue, difficulté à marcher ou à parler, FR &lt; 16 ou &gt;30, FC &gt; 125, spo2 &lt; 95%, MV diminué et détresse respiratoire. En l&rsquo;absence de signe de gravité : faire 4 bouffées de salbutamol toutes les 20 minutes, et 10 bouffées si signes de gravité. Les corticoïdes oraux sont recommandés à 20mg pendant 3 jours si poids &lt; 20kg et à 40mg si poids &gt;40kg en cas de crise non sévère avec facteurs de risque d&rsquo;asthme sévère (non contrôlé &gt; 7 jours, terrain polyallergique, allergie alimentaire, logement humide, atcd de séjour en réanimation) ou en cas de crise sévère. Au décours, le salbutamol 4 bouffées x 4 par jour est à poursuivre jusqu&rsquo;à résolution des symptômes. Le DEP est totalement absent sauf pour dire qu&rsquo;il est utilisable si la valeur de base de l&rsquo;enfant est connue et qu&rsquo;un retour à domicile est possible s&rsquo;il est &gt;75%. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;examen complémentaire systématique recommandé pour les crises non graves.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgYXuzrKzds-BrtkrDsTvvoG8UBTaBemneoYKvvz-u1w1ZS4htdqwlxHUuPIdKCMgezOfOVdpm6fAIompO95g6STwyASjWZSTPpxChASPmAGWJcskcRQnRq3VM75duzFf04p3LQPv4nAi3520Q8TsKJbiKE9LyJP68QOYNmJ621LD-Rev7Dr9WQUqTfv0AT/s583/crise%20d'asthme.png"><img src="/images/articles/2024/crise-20d-asthme.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>En attendant les futures recos de la SPILF, le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2823762">JAMA</a> a publié une revue sur les pneumopathies. Le diagnostic repose sur la présence de 2 signes (fièvre &gt; 38°C ou &lt;36°C ou leuco &gt; 10000/mm3 ou &lt; 4000/mm3) ou symptômes (toux, dyspnée) associés à une radiographie compatible et sans autre étiologie. Devant les faibles sensibilité et spécificité des signes, une radio thoracique systématique est recommandée mais sa sensibilité n&rsquo;est que de 70% et sa spécificité de 55%&hellip;. Donc si la radio est normale malgré la suspicion, ils conseillent un scanner. La CRP n&rsquo;est pas mentionnée du tout. Au final, les auteurs estiment que 10% à 30% des pneumopathies sont du surdiagnostic. Des études montreraient que l&rsquo;utilisation systématique de tests Covid et grippe devant toute pneumopathie réduirait l&rsquo;utilisation d&rsquo;antibiotiques, et favoriserait le traitement précoce par antiviraux (mais comme les antiviraux ne réduisent rien et qu&rsquo;il existe des pneumopathies bactériennes post virales&hellip;). Sur le plan thérapeutique, l&rsquo;évaluation repose sur l&rsquo;utilisation du PSI ou score de Fine, mais cela sous estime les risques chez les moins de 50 ans. En ambulatoire, une monothérapie est recommandée notamment amoxicilline ou doxycycline et en cas de comorbidité amoxicilline+ac. clavulanique ou C3G orale + doxy ou macrolide (les quinolones seulement si allergie vraie contre indiquant les autres classes). En hospitalier, la bithérapie betalactamine + macrolide est recommandée malgré les études discordantes notamment en cas de pneumopathie non sévère. La durée d&rsquo;antibiothérapie recommandée est de 3 jours en ville (3 à 5 jours à l’hôpital et 7 jours si BMR). Revenons sur ces 3 jours. Il y a des études hospitalières (&ldquo;si ça marche à l’hôpital, ça marche en ville comme c&rsquo;est moins grave, hein&rdquo;), qui montrent que l&rsquo;évolution peut permettre de limiter à 3 jours l&rsquo;antibiothérapie si à J3, il n&rsquo;y a plus de signes infectieux (apyrexie, FC &lt; 100/min, spO2 &gt;90%, FR &lt; 24/min, PAS &gt; 90mmHg). Ce qui implique une réévaluation systématique, ou sinon c&rsquo;est peut être que c&rsquo;est pas des pneumopathies bactériennes&hellip; quand on voit que dans le même temps le traitement de l&rsquo;otite augmente à 10 jours avant 2 ans en France, ou que les infectiologues rechignent à dire &ldquo;pas d&rsquo;antibiotiques dans les angines non hyperalgiques à streptocoque &quot; alors que c&rsquo;est fait dans de nombreux pays.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhN3-DSdo8PuXKB17zADtNsFXdLROXO6bGiGueTG5v0JLmRgdwKH3S2gYeSZ3_i5-gyxagQTk9BzLkVWk1Ao5P20NUbbmd9Tt1LvyMXuJHdvLWJntW2fAcDC2d_-ebvqO66-h1juwVHJ4cSVosMI4Qid6TGNcWg2RT1E_VbAWBsSULYbaMmAuqgTd67SUiI/s1963/pnp.png"><img src="/images/articles/2024/pnp.png" alt=""></a></p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2822474">article</a> aborde les infections herpétiques génitales majoritairement à HSV-2. Épidémiologiquement, plus de 80% des patients avec anticorps anti HSV-2 n&rsquo;ont jamais eu d&rsquo;épisodes d&rsquo;herpès génital. Les patients symptomatiques ont en moyenne 4 épisodes de récurrence par an. La confirmation diagnostique est effectuée par prélèvement local avec PCR (car 75% de faux négatif avec la culture). Tous les patients avec herpès génital peuvent avoir un traitement suppressif (notamment valaciclovir), qui réduit de 50% les poussées, de 80% l’excrétion virale, et améliore la qualité de vie. Les femmes enceintes avec antécédent d&rsquo;herpès génital devraient avoir un traitement suppressif proposé à partir de 36SA. Les traitements épisodiques sont quant à eux des traitements allant jusqu&rsquo;à 10 jours. Il ne faut pas oublier le fardeau de la maladie, le retentissement psychologique qui peut être associé et l&rsquo;information concernant le risque de transmission pendant les rapports visiblement bien diminués avec l&rsquo;utilisation systématique de préservatifs.</p>
<p>6/ Neurologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/386/bmj-2024-080107">BMJ</a> a publié un article comparant l&rsquo;efficacité des différents traitements de la migraine. Le traitement de référence était le sumatriptan et les critères de jugement étaient le soulagement de la douleur à 2 heures, puis la persistance de l&rsquo;antalgique entre 2 et 24 heures après traitement. Globalement l&rsquo;élétriptan et le rizatriptan sont plus efficaces que le sumatriptan. L&rsquo;ibuprofène est légèrement plus efficace sur les douleurs à 2-24heures et les nausées/sensations de malaise. Le naproxène soulage aussi ces derniers symptômes, mais est moins efficace sur la douleur. Dans tous les cas, chacun des traitements étudiés est efficace, c&rsquo;est vraiment l&rsquo;efficacité relative par rapport au sumatriptan qui était étudiée ici. On regrette quand même l&rsquo;absence d&rsquo;étude concernant une bithérapie triptan+AINS par rapport à triptan seul.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgh68NkmIAMptA_rkZyz_uDcRtLerG0kdzh_PLnZI0URmk_qf-QZK0gttE6Y5qF9395273kBoOJ_M6Ee4s0sCN2ZvmnjHMTIk8CXjXqGwZLHVn5hO-0xuKq49GsvQURnouPVqWUdetAftK1S09e38baWwlZ23AxCzdfPo8RbC3-vnpei8AR9BecPrqLb_pg/s673/bmj%20migraine.png"><img src="/images/articles/2024/bmj-20migraine.png" alt=""></a></p>
<p>7/ Pédiatrie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3302482/fr/trouble-du-neurodeveloppement/-tdah-diagnostic-et-interventions-therapeutiques-aupres-des-enfants-et-adolescents">HAS</a> a sorti ses recommandations sur la prise en charge des patients souffrant de TDAH. Le diagnostic ne doit pas être posé avant 5 ans et uniquement par un professionnel formé aux TDAH (si &lt;5 ans équipe spécialisée ++). L&rsquo;examen doit évaluer les symptômes mais aussi le retentissement personnel, familial et scolaire ainsi que les comorbidités (tout est détaillé dans la reco). La PCO peut être une aide pour l&rsquo;évaluation multidimensionnelle. Les outils qui peuvent être utilisés proposés : <a href="https://afpa.org/outil/outil-de-depistage-tdah-premier-recours/">SNAP IV</a>, Conners, ADHAD-RS et le <a href="https://sfpeada.fr/k-sads-pl-dsm-5-version-francaise-2018/">KIDDIE-SADS</a> pour l&rsquo;entretien psychiatrique. La prise en charge comprend des interventions non médicamenteuses :  psychoéducation et proposition d&rsquo;outils pour les parents (mais on peut regretter l&rsquo;absence d&rsquo;annuaire de professionnels formés à la psychothérapie dans un climat pédopsychiatrique assez désertique et des délais d&rsquo;accès toujours plus longs) grade B, programmes d’entraînement aux habiletés parentales (avec là un recensement des ressources !) grade C, programmes d&rsquo;ETP, accompagnement scolaire et pédagogique, du soutien psychologique par les TCCE (TCC et émotionnelles), hygiène de vie (sommeil, alimentation, activité physique). Côté médicamenteux,  le méthylphénidate LP reste en première ligne avec une fiche de suivi du traitement, y compris avant 6 ans dans les TDAH sévère (hors AMM et donc NR) avec possibilité de changer de forme LI, LP ou libération modifiée selon la sensibilité individuelle (variable selon les individus entre les molécules). La surveillance de la tolérance recherche des troubles du sommeil ou de l&rsquo;appétit, des tremblements, des palpitations et des modifications du poids. En 2e intention, l&rsquo;atomoxétine peut être utilisée moyennant des démarches <a href="https://ansm.sante.fr/vos-demarches/industriel/acces-compassionnel">d&rsquo;AAC</a> puisque hors AMM et décommercialisé et en 3e intention la clonidine (hors AMM). La reco a aussi des conseils aux enseignants pour les adaptations (probablement utile vu la vague d&rsquo;enseignants sans expérience recrutés après les speed dating la veille de la rentrée).</p>
<p>C&rsquo;est fini!  Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°453 : allergies aux antibiotiques (recos US), semaglutide/ICFEP, nutriscore, BPCO, nirsevimab, ménopause, insuline hebdomadaire</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/09/dragi-webdo-n453/</link><pubDate>Tue, 17 Sep 2024 22:49:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/09/dragi-webdo-n453/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Allergologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Sans plus attendre, voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiologie</p>
<p>Commençons par une revue systématique du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(24)01643-X/abstract">Lancet</a> évaluant l’efficacité du semaglutide dans l’insuffisance cardiaque à fraction d&rsquo;éjection non altérée (FE &gt; 40%). Notons que bien qu&rsquo;on soit dans l&rsquo;IC à FE préservée, 80% des patients avaient un bêta bloquant et un IEC. L&rsquo;analogue du GLP1 réduisait le critère composite cardiovasculaire de mortalité cardiovasculaire ou d&rsquo;hospitalisation/consultation urgente pour insuffisance cardiaque (NNT= 48), porté par les aggravations d&rsquo;insuffisance cardiaque (NNT=22) et sans différence sur la mortalité cardiovasculaire. Il y avait moins d&rsquo;effets indésirables sévères dans le groupe semaglutide (ce qui est un peu étrange)! Enfin, l&rsquo;analyse en sous groupe montre une interaction sur l&rsquo;IMC impliquant que ces résultats ne sont applicables que chez les patients avec IMC &gt;35. Bref, on a un effet connu de la perte de poids sur les poussées de l&rsquo;insuffisance cardiaque, mais il n&rsquo;est pas certain qu&rsquo;il y ait un effet propre aux aglp1 sur l&rsquo;insuffisance cardiaque.</p>
<p>Le <a href="https://presse.inserm.fr/la-consommation-daliments-moins-bien-classes-au-nutri-score-est-associee-a-un-risque-accru-de-maladies-cardiovasculaires/69020/">Nutriscore</a> a de nombreux détracteurs, car certains produits ne sont pas si &ldquo;A&rdquo; que ça (mais une mise à jour 2024 reclasse par exemple les sodas 0 de A à B) et car l&rsquo;industrie agroalimentaire souhaiterait peut être qu&rsquo;il disparaisse. Mais une nouvelle étude de l&rsquo;INSERM montre que la consommation d&rsquo;aliments moins bien notée est associée à davantage de maladies cardiovasculaires. Conservons cette information globalement pertinente!!</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Une <a href="https://erj.ersjournals.com/content/early/2024/07/11/13993003.00314-2024">étude</a> s&rsquo;est intéressée aux effets du tabagisme &ldquo;faible&rdquo; sur le risque de BPCO. La BPCO était définie comme VEMS/CV &lt; 0.7 et VEMS &lt; 80% de la théorique. Les auteurs ont suivi pendant 5 ans des patients avec un tabagisme &lt; 10PA parmi lesquels il y a eu 23% des patients qui a développé une BPCO. Puis sur une période de suivi pouvant aller jusqu&rsquo;à 40 ans, les auteurs ont trouvé que les patients avec une BPCO et un tabagisme &lt; 10PA avaient 3 fois plus de risque d&rsquo;exacerbation que ceux qui n&rsquo;ont pas de BPCO et moins de 10 PA et ceux sans BPCO avec un tabagisme &gt;10 PA avaient déjà un risque d&rsquo;exacerbation multiplié par 2 !</p>
<p>3/ Allergologie</p>
<p>Les américains avaient publié des recommandations sur les allergies aux antibiotiques en 2022 qui sont synthétisées dans un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2823626">JAMA</a>. L&rsquo;ensemble des recommandations est d&rsquo;un niveau de preuve modéré ou faible. Tout d&rsquo;abord, les tests allergiques sont recommandés pour retirer les &ldquo;allergies à la  pénicilline&rdquo; des dossier médicaux des patients (reco forte). Chez les enfants, avec une suspicion d&rsquo;allergie à la pénicilline ayant entraîné une allergie cutanée bénigne (érythème morbiliforme, urticaire),  la réintroduction ne nécessite pas de test cutanés (reco forte). Il en est de même pour les allergies &gt; 5 ans chez l&rsquo;adulte, concernant les pénicillines, macrolides, fluoroquinolones et sulfamides (reco faible). La réintroduction doit tout de même être faite sous surveillance. En cas d&rsquo;allergie à la pénicilline, l&rsquo;utilisation de C3G est recommandée sans réserve en cas d&rsquo;allergie non-anaphylactique et proposée avec surveillance en cas d&rsquo;allergie anaphylactique.</p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>Une <a href="https://publications.aap.org/pediatrics/article-abstract/doi/10.1542/peds.2024-066584/199339/Nirsevimab-and-Acute-Bronchiolitis-Episodes-in">étude</a> de cohorte rétrospective a été menée dans des urgences pédiatriques espagnoles. Ils ont noté une stagnation du nombre d&rsquo;infections respiratoires et d&rsquo;infections à VRS durant les hivers 2018-2019, 2019-2020 et 2022-2023 (les années covid ont été exclues). A l&rsquo;hiver 2023-2024, le gouvernement espagnol a mené une campagne d&rsquo;immunisation contre le VRS par Nirsevimab chez les nourrissons nés pendant l&rsquo;hiver et ceux de moins de 6 mois en période épidémiques. Les auteurs trouvent que le nombre d&rsquo;infections respiratoires, le nombre de bronchiolites et le nombre de bronchiolites sévères en 2023-2024 ont diminué de 60% environ. Il n&rsquo;y avait pas de région &ldquo;contrôle&rdquo; en dehors de la région de Navarre qui ne vaccinait que les nourrissons nés durant la période hivernale et pas &ldquo;ceux de moins de 6 ans). Dans cette région la réduction des hospitalisations pour bronchiolites à VRS n&rsquo;était réduite que de  30% environ.</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p><a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-00610">Annals of internal medicine</a> aborde les traitements des symptômes génitaux de la ménopause. Il est assez concordant avec la revue du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/09/dragi-webdo-n239.html">JAMA</a>. Avec un niveau de preuve faible, les oestrogènes vaginaux étaient efficaces pour réduire la sécheresse vaginale et les dyspareunies, tout comme la DHEA locale et les hydratants vaginaux. La testostérone et l’ocytocine vaginale, la DHEA orale et le raloxifène oral n&rsquo;ont pas démontré de bénéfice.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Après l&rsquo;insuline hebdomadaire <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/10/dragi-webdo-n412.html">icodec</a> (cf ici), un essai du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2403953">NEJM</a> compare l&rsquo;insuline hebdomadaire efsitora avec l&rsquo;insuline degludec (ultralente quotidienne) chez les patients diabétiques de type 2. Sur le contrôle glycémique évalué par l&rsquo;HbA1c, l&rsquo;efsitora était non inférieure à la degludec (respectivement 6.97% vs 7.05% d&rsquo;HbA1C à 52 semaines). Le temps dans la cible était significativement supérieur dans le groupe efsitora (64% vs 61%) et il n&rsquo;y avait pas de différence significative de risque d&rsquo;hypoglycémie. Plus en détails, il y avait une augmentation non significative +30% d&rsquo;hypoglycémies clinique avec efsitora mais les 6 hypoglycémies sévères survenues dans l&rsquo;étude étaient dans le groupe degludec.</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonner sur Facebook, Twitter et à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez votre adresse mail tout en haut à droite sur la page (sans oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail provenant de &ldquo;<a href="mailto:hi@follow.it">hi@follow.it</a>&rdquo; et intitulé &ldquo;Veuillez confirmer votre abonnement à Médicalement Geek&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams)</p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°452 : HAS (PrEP, TPE, Mpox), insuffisance surrénale (NICE), coronaropathie (sujet âgé, AOD), finerenone et ICFEP, mammographie, acuponcture, surtraitement diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/09/dragi-webdo-n452/</link><pubDate>Sun, 08 Sep 2024 23:34:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/09/dragi-webdo-n452/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir, on est dimanche soir (ça faisait longtemps&hellip;) et voici donc un nouveau Dragi Webdo ! Commençons par parler de l&rsquo;évolution de la charge de travail pour les patients dans une étude du <a href="https://bjgp.org/content/early/2024/09/02/BJGP.2023.0527">BJGP</a>. On y voit qu&rsquo;entre 2005 et 2019, le temps clinique nécessaire par patient a augmenté d&rsquo;environ 50 % (intégrant les MG et les nurses). Concernant la charge des généralistes plus spécifiquement, le temps d&rsquo;actes purement administratifs a été multiplié par 2,7 sur cette période, faisant passer ces actes de 16% du temps de travail à 30% !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhg-DsVKQvxadEHcvs2L1dhYjSHFKJeaTLBbC-tuJ4uVnvsH_9jC8KnkIY_fTSzRUytg8xwJ2c4KrRhdzogb87STxhHQgQ0C229FzlI3O4p3rI2AJLePtWW6l00eozAOusIYnbRInOvsVizW5R9KokZZWzGuTeuL0OX17HHXEVgW2BhOk9TvBOoETPhXTys/s1280/workload.jpg"><img src="/images/articles/2024/workload.jpg" alt=""></a></p>
<p>Sur ces éléments dont nos dirigeants devraient être conscients, nous vous souhaitons une bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Il y avait des doutes sur l&rsquo;utilisation des aGLP1 et les risques de suicide. Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2823084">étude</a> concernant le semaglutide a trouvé que les patients obèses traités n&rsquo;avaient pas de sur-risque de dépression par rapport aux groupes placebos dans l&rsquo;analyse combinée de 4 essais randomisés. Le traitement réduisait même les symptômes dépressifs de façon statistiquement significative, mais cette réduction n&rsquo;était pas cliniquement pertinente.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Cet <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2407791">essai randomisé</a> a comparé une stratégie conservative versus une revascularisation chez des patients de plus de  75 ans avec un SCA ST-. Les patients avaient 82 ans en moyenne et 30% étaient fragiles. La stratégie invasive n&rsquo;a pas réduit le critère composite cardiovasculaire ni la mortalité cardiovasculaire. Encore une fois, faire trop ne sert pas.</p>
<p>Au cas où certains seraient encore partisans de la bithérapie &ldquo;aspirine  + AOD&rdquo; dans les coronaropathies stables des patients avec fibrillation auriculaire alors que l&rsquo;AOD seul est suffisant, voici un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2407362">essai</a> randomisé comparant les 2 stratégies avec l&rsquo;edoxaban comme AOD. Sur le critère de jugement principal (composite d&rsquo;évènements thrombo-emboliques, de saignement et de mortalité), les patients du groupe bithérapie avaient un surrisque global par rapport au groupe AOD seul (NNH =11 patient par an!), résultat essentiellement porté par les hémorragies. Bref, restons-en aux AOD seuls.</p>
<p>La finerenone, est un un antagoniste non stéroidien des
minéralo-corticoide déjà recommandé dans l&rsquo;insuffisance rénale (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/12/dragi-webdo-n422.html">ici</a>). Elle a été essayée dans l&rsquo;insuffisance cardiaque avec FEVG &gt; 40% dans un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2407107">essai randomisé</a> incluant 6000 patients suivis pendant près de 3 ans (60% avec FE&gt;50%). Le CJP (poussées d&rsquo;insuffisance cardiaque et mortalité cardiovasculaire) a été réduit de 16% dans le groupe finerenone (NNT=38/an), porté par les poussées d&rsquo;insuffisance cardiaque, sans différence de mortalité cardiovasculaire ou globale. Il n&rsquo;y avait pas globalement davantage d&rsquo;effets indésirables sous traitement, mais plus d&rsquo;hyperkaliémies &gt; 6mmol/L (NNH=63 patients sur 3 ans) et d&rsquo;hypotensions &lt; 100mmHg (NNH=17 sur 3 ans). On est donc à une efficacité proche de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/08/dragi-webdo-n364.html">dapagliflozine</a> et de l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/08/dragiwebdo-n321.html">empagliflozine</a> dans cette indication.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3538112/fr/mpox-mpxv-la-has-actualise-ses-recommandations-vaccinales-pour-mieux-lutter-contre-la-circulation-du-virus">HAS</a> a mis à jour des recommandations sur la vaccination contre le Mpox en recommandant la vaccination chez les personnes HSH et trans avec rapports multiples, les personnes en situation de prostitution, les professionnels des lieux de rencontre sexuelle et l&rsquo;entourage proche de toutes ces personnes. Il s&rsquo;agit de 2 doses de vaccin MVA-BN (Imvanex® ou Jynneos®) espacées de 28j (1 seule dose si antécédent de vaccin variole et 3 doses si immunodépression). Une dose de rappel est proposée aux patients vaccinés complètement il y a plus de 2 ans</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-08/traitement_preventif_pre-exposition_de_linfection_par_le_vih_-_fiche_synthetique_2024-08-06_11-05-11_184.pdf">HAS</a> revient sur le traitement pré-exposition de l&rsquo;infection à VIH (PrEP). Le principal changement est l&rsquo;ajout du cabotégravir-LP (pas encore disponible) en traitement de 2ème intention: 2 injections à 1 mois d&rsquo;intervalle (M0 et M1), puis tous les 2 mois (M3, M5&hellip;). A l&rsquo;arrêt, un relais par TDF/FTC (tenofovir/emtricitabine) doit être entrepris (mais pas de durée indiquée). Pour la PrEP classique par TDF/FTC, on rappellera le schéma continu qui nécessite 7 jours de prise avant d&rsquo;être efficace et 7 jours après le dernier rapport chez toute personne, avec possibilité, chez les personnes avec rapport anaux d&rsquo;une initiation rapide avec 2 cp en 1 prise initiale 2 à 24h avant le rapport, puis à poursuivre jusqu&rsquo;à 2 jours après le dernier rapport. En cas de prise discontinue, possible chez les patients avec rapport anaux c&rsquo;est 2 cp avant le 1er rapport, et à poursuivre également jusqu&rsquo;à 2 jours après le dernier rapport. Les cp sont à prendre à heure fixe +/- 2 heures.</p>
<p>Enfin, la <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-08/traitement_preventif_post-exposition_au_vih_-_fiche_synthetique.pdf">HAS</a> aborde aussi le traitement post exposition (TPE), qui doit être effectué dans les 48 heures suivant l&rsquo;exposition (les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/dragi-webdo-n382.html">recos internationales</a> disent 72h&hellip;). L&rsquo;algorithme ci dessous redonne les indications de TPE, en considérant que les groupes de patients avec une prévalence de VIH &gt;1% sont : certains pays Afrique subsaharienne, et la Guyane, les usagers de drogue intraveineuse, l&rsquo;activité sexuelle en groupe ou sous produits psychoactifs et les violences sexuelles. Dans le cadre d&rsquo;une exposition au sang, l&rsquo;indication du TPE est limitée aux situations de partages d&rsquo;aiguilles ou de seringues si situation du patient contact non connue et un peu plus large si patient VIH avec &gt; 50 copies/mL. Quelle que soit l&rsquo;exposition, il n&rsquo;est pas recommandé de prescrire un TPE si patient VIH avec CV &lt; 50 copies/mL. Enfin, la doxycycline en post exposition n&rsquo;est pas recommandée (contrairement à ce que recommandent les américains).</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p><a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M24-0123">Annals of internal medicine</a> a publié une étude intéressante à l&rsquo;heure où les US abaissent le dépistage du cancer du sein à 40 ans. En effet, les auteurs ont inclus des femmes de  40 à 73 ans participant du dépistage par mammographie. Ils ont trouvé qu&rsquo;après un résultat faux positif ayant conclu à des examens complémentaires, les patientes participaient moins au dépistage par la suite (par rapport à des patientes avec une mammographie vraie négative): -2% de façon globale, mais -15% pour le suivi à court terme, et  -10% après une biopsie. A méditer lorsuqu&rsquo;on souhaite faire davantage de mammo en augmentant plus le risque de faux positifs que le risque de vrais positifs.</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Ca faisait un moment qu&rsquo;on n&rsquo;avait pas parlé d&rsquo;acuponcture. Cet <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-2425">essai</a> randomisé a évalué l&rsquo;acupuncture versus acupuncture factice versus liste d&rsquo;attente dans les cervicalgies. Que ce soit à 1 mois ou 6 mois de l&rsquo;intervention, l&rsquo;acupuncture était statistiquement efficace, réduisant l&rsquo;EVA de 6 points sur 100 par rapport au groupe acupuncture factice et de presque 10 points sur 100 par rapport à la liste d&rsquo;attente. Cependant, les auteurs reconnaissent que cette différence est inférieure au seuil de pertinence clinique (fixé à 10 points).</p>
<p>6/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng243/chapter/Recommendations">NICE</a> a publié des recommandations sur l&rsquo;insuffisance surrénalienne.  Elle peut être suspectée devant une grande variété de symptômes: perte de poids/AEG, appétence pour le sel, hyponatrémie, hyperkaliémie, hypoglycémie (surtout chez l&rsquo;enfant), hypotension, puberté précoce, ralentissement staturo-pondéral chez l&rsquo;enfant&hellip; Les facteurs de risque sont une maladie auto-immune, un traitement par corticoïdes en cours ou interrompu, ou la prise d&rsquo;opioïdes. L&rsquo;examen de 1ère intention est un cortisol sanguin à 8h: &lt; 150nmol/L : certain, entre 150 et 300nmol/L: incertain, &gt; 300nmol/L: exclu. Le traitement repose sur de l&rsquo;hydrocortisone 15 à 25mg/j en 2-4 prises chez l&rsquo;adulte. Dans les causes primaires ou congénitales, la flutrocortisone peut être proposée en plus pour soulager les symptômes et normalises le ionogramme (50µg initialement et ajuster jusqu&rsquo;à 300 si besoin). Un kit d&rsquo;urgence de 100mg d&rsquo;hydrocortisone injectable doit être prescrit avec la conduite à tenir rédigée. En cas de stress aigu, augmenter l&rsquo;hydrocortisone à 40mg/jour en 2-4 prises, ou prendre 10mg de prednisone par jour en 1 ou 2 prise. Dans la prévention de l&rsquo;insuffisance surénalienne chez les patients sous corticoïdes au long cours, il faut d&rsquo;abord atteindre progressivement les doses physiologiques (3-5mg de prednisone chez l&rsquo;adulte), puis prendre la dose 1 jour sur 2 pendant 2 semaines, puis seulement  2 fois par semaine pendant 2 semaines puis arrêter (ici: d&rsquo;autres <a href="https://www.impendo.co.uk/prednisolone/prednisolone-withdrawal">protocoles de décroissances progressive</a>). Enfin, il n&rsquo;est recommandé de faire un test avant l&rsquo;arrêt qu&rsquo;en cas de dose infra physiologique associée à une apparition de symptômes. Il faut alors doser le cortisol à 8h, 24h après la dernière prise de corticoïdes (interprétation identique à ci dessus: arrêt du cortico si &gt; 300) Ils ne parle pas de test de stimulation à l&rsquo;ACTH dans cette reco, qui pourrait avoir sa place en cas de corticol &ldquo;incertain&rdquo; d&rsquo;après d&rsquo;autres recommandations.</p>
<p>Faisons un point sur le surtraitement du diabète chez les patients de plus de 75 ans sous insuline. Cette <a href="https://diabetesjournals.org./care/article/doi/10.2337/dc24-1058/157153/Diabetes-Overtreatment-and-Hypoglycemia-in-Older">étude</a> a comparé d&rsquo;une part, les objectifs standardisés (surtraitement = HbA1c &lt;7%) et des objectifs personnalisés (surtraitement = HbA1c &lt; 7%, 7,5% ou 8% selon le patient) par rapport aux données obtenues par une mesure continue du glucose (surtraitement  = temps inférieur à la cible &gt; 1%, ce qui correspond à 15min/jour en hypoglycémie). Les auteures montrent que 15% à 40% des patients sont surtraités par rapport aux cibles d&rsquo;HbA1c et que quasiment tous les patients le sont selon la mesure continue du glucose. Dans tous les cas, aucune des définitions du surtraitement n&rsquo;était suffisamment sensible ou précise pour prédire le risque d&rsquo;hypoglycémies.</p>
<p>C&rsquo;est fini! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°451: Recos #ESC (HTA, artériopathies périphériques, coronaropathies, FA), contraception (recos US), syncopes de l'enfant, psychédéliques, A-GLP1/I-SLT2, Dinner in Paris</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/09/dragi-webdo-n451/</link><pubDate>Fri, 06 Sep 2024 10:33:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/09/dragi-webdo-n451/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pédiatrie</category><category>Gynécologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, ce sera un double Dragi Webdo cette semaine ! En effet, c&rsquo;est le congrès européen de cardiologie, alors, il y aura beaucoup de cardiologie cette semaine (enfin, encore plus que d&rsquo;habitude&hellip;). Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/informations-de-securite/crayon-au-nitrate-dargent-restriction-des-indications-et-rappel-des-risques">ANSM</a> fait un rappel des indications et des risques des crayons au nitrate d&rsquo;argent. Ils ne doivent pas être utilisés pour traiter des verrues ni être appliqués sur des muqueuses, près des yeux ou sur peau saine. Pour mémoire, dans le <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33154632/">granulome ombilical du nourrisson</a>, une application d&rsquo;une pincée de sel de table ou de cuisson avec occlusion pendant 30min, 2 fois par jours pendant 3 jours est un traitement efficace sans effet secondaire démontré.</p>
<p>On le savait déjà, mais une nouvelle <a href="https://www.acpjournals.org/doi/full/10.7326/M18-2101">étude</a> de cohorte incluant plus de 600 000 enfants ne retrouve pas d&rsquo;association entre vaccin ROR et autisme.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>2.1/ Commençons avec les <strong>recommandations ESC concernant l&rsquo;<a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehae178/7741010">HTA</a></strong> (les précédentes datant de <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/06/dragi-webdo-n188.html">2018</a>). On va passer vite sur les choses qui ne changent pas, mais globalement il y a encore une mouvance vers un traitement plus précoce et plus intensif chez la majorité des patients (assez critiquable quand on compare à d&rsquo;autres recos. Une méthode GRADE basée sur des revues systématiques n&rsquo;aurait probablement pas les mêmes conclusions)</p>
<ul>
<li>
<p>Le diagnostic nécessite idéalement des mesures ambulatoires &gt; 135/85mmHg. Le dépistage est recommandé tous les 3 ans ou tous les ans après 40 ans, et doit être effectué aux 2 bras, une différence &gt; 10mmHg de PAS étant associé à un sur-risque CV et peut faire suspecter une sténose (toute mesure ultérieure doit être faite au bras avec la PAS la plus élevée).</p>
</li>
<li>
<p>Cette PA est à utiliser pour calculer le risque CV des patients avec le SCORE-2, SCORE-2 OP et SCORE-2 diabète. Les auteurs rajoutent que: pré-éclampsie, HTA gravidique, diabète gestationnel, accouchement prématuré, enfant mort né, fausses couches récurrentes, ATCD familiaux CV précoces, faible niveau socio-économique, maladies mentales, VIH et maladies auto-immunes, sont des facteurs modifiant le risque en &ldquo;l&rsquo;augmentant d&rsquo;une catégorie&rdquo; (faisant ainsi passer des patients intermédiaires à élevés, grade IIa). En grade IIb (avis d&rsquo;expert sur études observationnelles), le score calcique, troponine ultrasensible, écho des TSA peuvent être des facteurs modifiant également. Et on arrive à une première nouveauté: pour les patients considérés à haut risque cardiovasculaire (prévention secondaire ou &gt;10% ou intermédiaire + facteurs modificateurs), il y a une indication de traitement si PAS &gt; 130/80 mmHg!</p>
</li>
<li>
<p>Le bilan initial standard comporte: NFS, Na, K, calcémie, TSH, EAL, GAJ, créatininémie, rapport albuminurie/créatininurie (RAC) et ECG. Un bilan d&rsquo;HTA secondaire chez un spécialiste est indiqué si HTA &lt; 40 ans ou HTA résistante (à noter que avant 40 ans, en cas d&rsquo;obésité, il faut commencer par une recherche de SAOS avant le bilan d&rsquo;HTA résistante)</p>
</li>
<li>
<p>La cible tensionnelle est &lt; 130mmHg pour tout le monde, sauf
espérance de vie limitée ou âge &gt; 85 ans pour laquelle la cible est
&lt; 140mmHg (on a déjà parlé de nombreuses fois de ces cibles avec un bénéfice peu éprouvé pour tout ce qui est plus strict que 140/90, cf <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD004349.pub3/full">ici</a>, <a href="https://www.medicalement-geek.com/p/hta-dyslipidemie.html#HTA2">là</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/02/dragi-webdo-n387.html">ici</a>)</p>
</li>
<li>
<p>Concernant la prise en charge, rien de neuf dans les RHD (activité physique, sevrage tabac, OH limité, selon les recos OMS), sauf concernant HTA et insuffisance rénale où ils recommandent avec un grade IIa d&rsquo;augmenter de 0,5-1g/j les apports potassiques, notamment avec les fruits et légumes.</p>
</li>
<li>
<p>Sur le plan pharmacologique, une monothérapie est recommandée si TA &lt; 140/90mmHg, fragilité, hypotension orthostatique ou &gt;85 ans. Sinon, une bithérapie faible dose est recommandée parmi les 3 classes possibles (IEC/ARAII, diurétiques, calciques). En cas d&rsquo;HTA résistante (à une trithérapie maximale), la spironolactone est recommandée (si inefficace: éplérénone, puis les bêtabloquants puis les centraux ou alphabloquants).</p>
</li>
<li>
<p>En cas de grossesse, la nifédipine LP, le labétalol et le methyldopa sont les traitements recommandés, avec une cible &lt; 140/90mmHg. En cas d&rsquo;insuffisance rénale et HTA, les ISGLT2 sont indiqués tant que le DFG est supérieur à 20mg/mL. Chez les patients d&rsquo;origine africaine sub-saharienne, une bithérapie avec calciques + thiazidique ou iec/araII est recommandée.</p>
</li>
</ul>
<p>En bref, pas de revue systématique, des grades ne correspondant pas vraiment au niveau de preuve, pas d&rsquo;analyse plus fine des classes à privilégier selon les patients. On est dans la continuité des recos de la société européenne d&rsquo;HTA (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/08/dragi-webdo-n407.html">recos  2023</a>) et des recos américaines, les recos de la société internationale d&rsquo;HTA de <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/05/dragi-webdo-n269.html">2020</a> étaient plus précises, plus utiles et un peu mieux sourcées.</p>
<p>2.2/ On passe aux recos <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehae179/7738955">ESC</a> sur les <strong>artériopathies périphériques</strong>. On se concentrera sur les carotides, l&rsquo;aorte et les membres inférieurs (mais il y a aussi des spécificités décrites pour les sténoses sous clavière, et les patients avec syndromes de Turner, Marfan et Elher Danlos).</p>
<ul>
<li>
<p>Concernant l&rsquo;<em><strong>aorte abdominale</strong></em>, le dépistage est recommandé à 65 ans en cas d&rsquo;antécédent de tabagisme ou à 50 ans en cas d&rsquo;antécédent familial au 1er degré par Doppler avec une surveillance tous les 3 ans si diamètre &gt;30mm et annuelle dès 40mm. Les indications chirurgicales sont &gt; 45mm chez la femme et &gt;50mm chez l&rsquo;homme.</p>
</li>
<li>
<p>Concernant <em><strong>l&rsquo;AOMI</strong></em>, le dépistage  se fait via l&rsquo;IPS. Il normal est entre 1 et 1,4 ; il est borderline entre 0,9 et 1, et pathologique &lt; 0,9 ou &gt; 1,4 et une confirmation par Doppler est recommandée. Il est suggéré de dépister (grade IIa) les patients de plus de 65 ans avec FDRCV. Il est recommandé d&rsquo;évaluer le risque d&rsquo;amputation avec le score Wound, Ischemia, Foot Infection (WIFI) <em>(cet acronyme n&rsquo;est pas là pour vérifier que vous suiviez toujours même si c&rsquo;est un bon test de lecture&hellip;)</em>. L&rsquo;aspirine 75-100mg est recommandée chez les patients avec AOMI symptomatiques (grade I) et suggérée si asymptomatiques (IIb). Une bithérapie aspirine+rivaroxaban 2.5x2/j est suggérée si faible risque hémorragique (IIa). Le clopidogrel peut être préféré à l&rsquo;aspirine (IIb). En cas d&rsquo;indication autre à un anticoagulant, un AOD seul est suggéré (IIb). La revascularisation dépend des symptômes: elle n&rsquo;est  indiquée que pour améliorer les symptômes majeurs apres échec de rééducation supervisée et du traitement medical.</p>
</li>
<li>
<p>Concernant les <em><strong>carotides</strong></em>, il est recommandé de diagnostiquer les sténoses par un Doppler avec la méthode NASCET et il est recommandé de ne pas utiliser la méthode ECST. Concernant l&rsquo;antiaggrégation, elle est recommandée (grade I) si sténose symptomatique (=AVC/AIT) avec une bithérapie aspirine-clopidogrel pour 21 jours suivis d&rsquo;une monothérapie. En cas de sténose asymptomatique &gt;50% NASCET, une monothérapie peut être considérés si le risque hémorragique est faible (on est très loin de l&rsquo;aspirine chez tous les patients avec des &ldquo;plaques&rdquo;). La revascularisation est indiquée si sténose symptomatique &gt;70% (grade I) ou à discuter en RCP si &gt;60% asymptomatique (IIb) et non indiqués si occlusion.</p>
</li>
</ul>
<p>Sur le plan thérapeutique, c&rsquo;est globalement pareil pour tous: RHD avec sevrage tabagique et activité physique. La cible tensionnelle est de 130/80, en privilégiant les IEC/ARAII (grade IIa) y compris si sténose unilatérale des artères rénales voire bilatérale si une surveillance rapprochée est possible (IIb). Une statine est indiquée chez tous les patients avec artériopathie périphérique, notamment pour obtenir une baisse de 50% du LDLc et un LDLc &lt; 0,55g/L (grade I mais en fait totalement extrapolé des essais sur les coronarographies et AVC). Si insuffisant, l&rsquo;ezetimibe est à ajouter, et il est recommandé de ne pas prescrire de fibrates. Chez les diabétiques, ISGLT2 et AGLP1 sont indiqués et la metformine est un traitement de 2ème ligne si besoin d&rsquo;ajouter un traitement pour contrôler la glycémie (un jour, peut être, on pourra suivre cette reco en France!).</p>
<p>Pour revenir sur la place du rivaroxaban en plus de l&rsquo;aspirine dans l&rsquo;AOMI, cet <a href="https://evidence.nejm.org/doi/full/10.1056/EVIDoa2400021">essai</a> randomisé retrouve que la bithérapie augmente la distance de marche à 6 minutes de 70 mètres (250m avant traitement, puis 332m vs 271m). Rappelons que dans les grand essais (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/11/dragi-webdo-n160.html">Compass</a>), pour une réduction des évènements CV avec un NNT de 50 et des ischémies de membre inférieur de 90, il y avait un saignement majeur avec un NNH de 85 patients&hellip;.</p>
<p>2.3/ On passe aux <strong>recos ESC sur la <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehae176/7738779">fibrillation auriculaire</a></strong>. Un dépistage par ECG est recommandé chez tous les patients de plus de 65 ans (grade I, niveau de preuve C = <em>&ldquo;on a pas d&rsquo;études qui le montre mais on veut dire ça&rdquo;</em> . On avait en effet vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n281.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/06/dragi-webdo-n402.html">là</a> que le dépistage par ECG est inutile). Le diagnostic est posé sur l&rsquo;ECG (la notion de durée d&rsquo;au moins 30 secondes à été supprimée de la définition, ils disent juste que si c&rsquo;est &gt; 30 secondes, il peut y avoir des implications cliniques). L&rsquo;ETT est recommandée dans l&rsquo;évaluation de la FA pour recherche d&rsquo;une cause valvulaire, et un bilan initial comprend: NFS, Na, K, créatininémie, bilan hépatique, TSH et glycémie à jeun. La prise en charge repose sur le CARE:</p>
<ul>
<li>Comorbidity: traitement des poussées d&rsquo;insuffisance cardiaque, contrôle PA, glycémique, activité physique pour perte de poids, arrêt de l&rsquo;alcool</li>
<li>Avoid stroke: évaluation par le CHA2DS 2-VA (<em>oui, le Sc pour sexe a été supprimé</em>) et anticoagulation si <strong>≥</strong> 2 ( grade I) ou <strong>=</strong> 1 (grade IIa). Les AOD sont recommandés en 1ère intention <em>(c&rsquo;est pas dedans mais on a déja vu que l&rsquo;apixaban avait la meilleure balance bénéfice/risque)</em>. Un patient sous AVK bien contrôlé n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;être switché vers un AOD. Les scores de risque de saignement permettent d&rsquo;évaluer ce risque mais ne doivent pas être utilisés strictement pour stopper une anticoagulation. L&rsquo;aspirine n&rsquo;est jamais une alternative. En cas de coronaropathie, la trithérapie aspirine+clopidogrel+AOD ne dépasse jamais 1 mois, puis la bithérapie clopidogrel+ AOD jusqu&rsquo;à 6 mois si traitement de coronaropathie stable et 12 mois si SCA avant de poursuivre par AOD seul.</li>
<li>Reduce symptomes by rhythm or rate control: chez un patient hémodynamiquement stable, un contrôle de fréquence est à initier (grade I) par bêtabloquant ou digoxine ou verapamil/diltiazem (seulement si FE &gt; 40% pour les calciques) ou une combinaison si symptômes persistants. La cible de FC est  &lt; 110/min avec un contrôle plus strict si symptômes ou une cardioversion sera proposés en cas de persistance de symptômes. En cas de FA paroxystique (&lt;7j) ou persistante (&gt;7j), à nouveau sinusal, un contrôle de rythme est à proposer dans le cadre d&rsquo;une décision partagée avec les patients (Grade I) avec amiodarone si cardiopathie (coronaropathie ou FE &lt; 50%) ou flécaine sinon. En cas d&rsquo;échec du traitement médicamenteux et après décision partagée, une ablation est recommandée</li>
<li>Evaluation : surveillance et réévaluation.</li>
</ul>
<p>2.4/ Enfin, parlons des <strong><a href="https://academic.oup.com/eurheartj/article-lookup/doi/10.1093/eurheartj/ehae177">coronaropathies</a> stables</strong> dans ces dernières recos ESC.</p>
<ul>
<li>
<p>Tout d&rsquo;abord, un ECG est recommandé devant toute douleur thoracique à moins qu&rsquo;une cause non cardiaque évidente soit identifiée. Une évaluation opportuniste du risque cardiovasculaire avec les SCORE2/SCORE2-OP est recommandée lors des consultations en étant éventuellement précisé par un score calcique ou un Doppler des TSA (grade IIb). Le risque cardiovasculaire des patients chez lesquels une coronaropathie est suspecté doit être évalué et le bilan initial comporte: NFS, créatininémie, EAL, GAJ, TSH (et éventuellement une CRP ultrasensible et parfois une RXT, grade IIa).</p>
</li>
<li>
<p>La probabilité clinique de coronaropathie est à évaluer selon le score Risk Factor-weighted Clinical Likelihood model (cf ci-dessous). Si le score est &lt;5%, les explorations complémentaires peuvent être différées, entre 5 et 15% un score calcique est recommandé (IIa) pour ajuster le score précédent ou un ECG d&rsquo;effort (IIb). Dans tous les cas si la suspicion se confirme, une ETT est recommandée. Malgré tout cela, on voit quand même écrit que l&rsquo;ECG d&rsquo;effort est recommandé pour évaluer les symptômes, l’arythmie, la réponse tensionnelle à l&rsquo;exercice (classe 1, <em>grade C = on veut, mais il n&rsquo;y a pas d&rsquo;étude qui en montre l&rsquo;intérêt</em>) ou quand les imageries non invasives ne sont pas disponibles (IIb).</p>
</li>
<li>
<p>Bref, ce qui est recommandé chez les patients à risque très faible (&lt;5%): rien. Chez les patients à risque faible (5-15%): coroscanner. Chez les patients à risque modéré  (15-50%) : coroscanner ou au mieux un test fonctionnel et notamment l&rsquo;échographie de stress ou un TEP de perfusion myocardique (ou sinon une scintigraphie de perfusion myocardique ou une IRM cardiaque). Chez les patients à risque  élevé (50-85%): test  fonctionnel. Chez les patients à risque très élevé : la coronarographie est indiquée (ou après les examens non invasifs) et ils recommandent d&rsquo;utiliser la FFR (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/04/dragi-webdo-n438.html">ici</a>, c&rsquo;est la fraction flow reserve qui estime l&rsquo;importance d&rsquo;une sténose) avec un seuil &lt; 0,8 (<em>avec un grade I alors que les études sont quand mêmes pas folles</em>).</p>
</li>
</ul>
<p>Sur le plan thérapeutique, la symptomatologie peut être soulagée par des bêta-bloquants ou des calciques non bradycardisants (grade I) ou une combinaison des 2 si besoin voire en ajoutant des nitrés de longue durée d&rsquo;action (IIa). L&rsquo;ivabradine est suggérée (IIa) si persistance des symptômes en cas de FE &lt; 40% (et pas si FE &gt; 40%) voire du nicorandil (IIb).  Concernant l&rsquo;anti-aggrégation après revascularisation, une bi-antiaggrégation (notamment aspirine + clopidogrel) est recommandée pendant 6 mois avant une monothérapie par l&rsquo;un ou l&rsquo;autre. La bithérapie peut être limitée à 1-3 mois en cas de haut risque hémorragique (grade I) et prolongée pendant plus de 6 mois si risque hémorragique faible et haut risque de récidive (IIa). En l&rsquo;absence d&rsquo;infarctus ou de revascularisation, l&rsquo;aspirine est recommandée en cas d&rsquo;obstruction coronaire significative (g<em>rade I mais ils disent en intro qu&rsquo;ils ne sont pas tous d&rsquo;accord sur ce qu&rsquo;est une obstruction significative, probablement 50% sur le vaisseau gauche dominant ou 70% sur plusieurs vaisseaux à la coronarographie</em>). Les IPP sont recommandés en cas de bithérapie et &ldquo;selon le risque individuel du patient&rdquo; en cas de monothérapie (<em>ce qui ne veut rien dire de concret</em>). Une statine à la plus forte dose tolérée est recommandée pour atteindre un LDL &lt; 0.55g/L et une diminution de 50% du taux, avec ajout d&rsquo;ezetimibe (ou d&rsquo;anti pcsk9 si besoin). Et si il y a des récidives malgré ça, la cible passe à 0.4g/L (grade IIb)! Pour en revenir au &ldquo;BASIC&rdquo; appris pendant l&rsquo;externat, les IEC sont recommandés si HTA, diabète ou insuffisance cardiaque et suggérés en l&rsquo;absence de ces conditions (IIb). En complément, la colchicine 0.5mg/j est proposée en prévention secondaire (IIb). Chez les patients diabétiques un isglt2 ou un aglp1 est recommandé indépendamment de l&rsquo;HbA1c.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgXdV_l6NQxVtCy6qZX6HXkfkl0daj1d-wJRGnJS15ItudUP-unLt4tAG7iFM1LnHQ0W4VQwWhw5ZbqkKWgM5OUa8IWh65sd5LXsjYej9HbiOmksskoAQZWjbvjNYD0jXcbdL10k-MxmesXnNoqwabYepaR9Bmb-fVmiRdztcXmj7ZfQZiUscpuViuTsBxG/s560/score%20sca.png"><img src="/images/articles/2024/score-20sca.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg1cPal9OT9wH55D_wvISc4IXUxZl_4kJ5BOovceu8HfSyZB9KPQw9Ntv6TP0W27qS1FV3B9dg_s8Byoc5N6lbssg6IpF219cb7nSiv2H7YSSpHvdcaeAstLgh4UpHE87uS0QzXtbpagIisqVrzO0sgzoBB8IGhQDnzyLxzQVMLedsPjFyaprEQcLcNIEhQ/s605/score%20calcique.png"><img src="/images/articles/2024/score-20calcique.png" alt=""></a></p>
<p>On avait déjà parlé (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/04/dragi-webdo-n438.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/02/dragi-webdo-n213.html">là</a>) de l&rsquo;arrêt des bêta bloquants après un infarctus et de leur non indication dans les recommandations ESC en l&rsquo;absence de FEVG altérée même si les recos coronaropathies stables ci dessus les placent en 1ère ligne pour soulager les symptômes . Cet <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2404204">essai</a> randomisé français a évalué l&rsquo;arrêt des bêta bloquants chez des patients avec antécédent d&rsquo;infarctus, mais FEVG &gt; 40% et pas d&rsquo;évènements cardiovasculaires depuis au moins de 6 mois. Plus de 3000 patients ont été randomisés, leur dernière évènement CV datait de 3 ans en moyenne et ils ont été suivi pendant environ 3 ans après randomisation. Il y a eu 23,8% d&rsquo;évènements dans le groupe déprescription versus 21,1% dans le groupe maintien du bêta bloquant, ce qui n&rsquo;a pas permis d’établir la non infériorité de la déprescription! Donc les études étant divergentes mais de plus en plus nombreuses, une revue systématique va être nécessaire!</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>Des <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s12519-024-00819-w">recommandations</a> pédiatriques chinoises sur les syncopes ont été publiées. L&rsquo;entretien et l&rsquo;examen clinique associés à un ECG permettent d&rsquo;établir le diagnostic des syncopes situationnelles, hypotension/hypertension orthostatiques, tachycardie posturale orthostatique, et syncope iatrogène. Il permet aussi de suspecter des causes comme HTAP, cardiomyopathies, cardiopathies cyanogènes et arythmies pour lesquels un bilan complémentaire sera nécessaire. Les causes encore indéterminées devront être explorées en service spécialisé notamment avant de conclure à une syncope vagale.</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/73/rr/rr7303a1.htm">CDC</a> américain a publié des nouvelles recommandations concernant les contraceptions.</p>
<ul>
<li>
<p>Quelle que soit la contraception choisie, l&rsquo;examen des seins n&rsquo;est pas recommandé chez une patiente asymptomatique avant de l&rsquo;initier ni aucun examen sanguin, et l&rsquo;examen pelvien n&rsquo;est recommandé que si DIU. Les contraceptions sont utiles jusqu&rsquo;à ce que la ménopause soit établie, et aucun test biologique n&rsquo;est suffisamment fiable pour poser le diagnostic.</p>
</li>
<li>
<p>DIU:  Les auteurs rappellent que la pose est efficace et sure dans les 48 heures après un accouchement et que DIU peut être placé n&rsquo;importe quand dans le cycle du moment que le risque de grossesse en cours peut être &ldquo;raisonnablement exclu&rdquo;. L&rsquo;application de lidocaine avant la pose d&rsquo;un
DIU pourrait diminuer la douleur des patientes avec un bloc paracervical en 2 injection ou en topique (spray ou gel, délai d&rsquo;action 7-15min selon les études), et que le misoprostol ne
doit pas être utilisé pour faciliter la pose&hellip;&hellip; Un examen clinique bimanuel est recommandé avant la pose pour &ldquo;saisir la position du col&rdquo; et vérifier qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de signes clinique d&rsquo;infection. Une recherche de chlamydia et gonocoque est recommandée avant ou au moment de la pose. En cas d&rsquo;infection génitale haute, il est nécessaire de retirer le DIU seulement en l&rsquo;absence d&rsquo;amélioration clinique à 48-72h. En cas de grossesse sur DIU, il est recommandé de retirer le DIU (surrisque de FCS et d&rsquo;accouchement prématuré, mais le retrait ne fait pas baisser le risque au niveau des grossesses sans DIU).</p>
</li>
<li>
<p>Les auteurs proposent les auto-injections d&rsquo;acétate de médroxyprogestérone pour faciliter ce type de contraception. Un retard de moins de 15 jours sur l&rsquo;injection n&rsquo;entraine pas de sur-risque de grossesse.</p>
</li>
<li>
<p>Concernant les contraceptions oestro-progestatives, elles peuvent être prescrites dès 42 jours post-partum (mais si absence d&rsquo;allaitement et de facteurs de risque CV c&rsquo;est possible dès 21 jours). Le point de changement important concerne les pilules prises en retard (&lt;24h) ou oubliées (&gt;24h). Les auteurs considèrent que moins de 48 heures d&rsquo;oubli n&rsquo;entraine pas de surrisque et qu&rsquo;il suffit de prendre immédiatement les comprimés oubliés. Un oubli de plus de 48h (donc de 2 pilules), entraine un surrisque qui nécessite une protection pendant 7 jours, si les oublis étaient dans les 7 derniers jours, poursuivre sans effectuer de &ldquo;pause&rdquo; entre les plaquettes, et si c&rsquo;était dans les 7 premiers et qu&rsquo;il y a eu des rapports dans les 5 jours, une contraception d&rsquo;urgence est recommandée (et peut aussi l&rsquo;être si jugé nécessaire quelles que soit les circonstances).</p>
</li>
<li>
<p>Concernant les progestatifs, pour le norgestrel, un oubli de plus de 3 heures est à risque, et pour la drospirenone, un oubli de plus de 48h est à risque (rien sur le desogestrel).</p>
</li>
<li>
<p>Concernant les contraception d&rsquo;urgence par pilules, elles peuvent être prises dans les 5 jours mais moins efficaces après 3 jours. Concernant l&rsquo;ulipristal, la contraception habituelle peut être reprise à J5 et immédiatement concernant le levonorgestrel. Si un vomissement survient dans les 3h après la prise, reprendre un comprimé.</p>
</li>
<li>
<p>Méno-métrorragies: les contraceptifs oestro-progestatifs, l&rsquo;acide tranexamique (500x2/j, 5j), les AINS et le tamoxifène sont des traitements proposés</p>
</li>
</ul>
<p>5/ Endocrinologie</p>
<p>Cette <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.124.071689">revue systématique</a> étudie compare l&rsquo;efficacité cardiovasculaire des analogues du GLP1 seuls ou en combinaison avec un inhibiteur de SGLT2 dans le diabète de type 2. Globalement, les AGLP1 conservent leur efficacité propre sur  le risque d&rsquo;hospitalisation pour insuffisance cardiaque, le risque d&rsquo;aggravation rénale, mais pas sur les évènements cardiovasculaires majeurs (même taille d&rsquo;effet, mais non significatif dans le groupe antérieurement sous ISGLT2).</p>
<p>6/ Psychiatrie</p>
<p>Une revue systématique du <a href="https://www.bmj.com/content/386/bmj-2023-078607">BMJ</a> a comparé les monothérapies des traitements psychédéliques (ayahuasca, LSD, MDMA et psilocybine) avec l&rsquo;escitalopram (<em>on aurait pu trouver mieux comme comparateur</em>) dans la dépression. L&rsquo;efficacité du placebo dans les essais n&rsquo;incluant que des psychédéliques était plus faible que dans ceux avec escitalopram. Ainsi, si tous les psychédéliques semblaient supérieurs au placebo dans leurs essais, seul la psilocybine forte dose était supérieure au placebo dans les essais incluant l&rsquo;escitalopram. Par ailleurs, la psilocybine semblait également plus efficace que l&rsquo;escitalopram, mais les tailles d&rsquo;effets étaient faibles (différence de moyennes standardisées = 0,51).</p>
<p>7/ Le jeu du mois : &ldquo;Dinner in Paris&rdquo;</p>
<p>&ldquo;Dinner in Paris&rdquo; est un jeu dans lequel les joueurs vont ouvrir des restaurants sur une grande place ! Forcément, ouvrir un restaurant gastronomique rapportera plus de points qu&rsquo;une friterie, mais ça coute aussi plus cher. Il faut sélectionner les ingrédients nécessaires pour ouvrir les restaurants que l&rsquo;on souhaite et qui rapporteront des revenus. Avec ces revenus, on peut ensuite étendre l&rsquo;influence de ses restaurants sur la place en y plaçant des terrasses : plus on pose se terrasses, plus on a de points! Les joueurs vont donc d&rsquo;affronter en essayant de mieux placer ses terrasses, de bloquer le développement des terrasses des concurrents et de récupérer les bonus laissés par les pigeons (oui, ils sont aussi de la partie) C&rsquo;est un jeu de stratégie assez abordable sur un thème immersif et qui procurera de très bons moments !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhpJHF2UQnH7-woIbrQomub87jVEqoeDP7D-3N2FIQWg_po3pOdxmeCOiwpozY3AxyNO2op6Zg23SPi0m5YJJZQA9THjGR9mhc9aPM221-AukLdrRRX6iCt1UzGj70Znq9k_sBGFeqHiqHIgYQDOnVnNjPWemNSy4ZB8MP23P4Oqig5tEudVq2NnJrGaNtv/s4624/20240710_161635.jpg"><img src="/images/articles/2024/20240710-161635.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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spams)</em></p>
<p>À la semaine prochaine et NON aux <a href="https://www.certificats-absurdes.fr/">certificats absurdes</a> (sauf pour les bébés nageurs en compétition aux jeux olympiques, évidemment!) !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEic_SpAY7JoeYoOaoQ1x66PNx9wLACHlfrSPHFp75803wAzakpH_AVbS6RSW8Xl8pWu6V6wTeGsQDf-kUqYh-cvVLai54nLG4bm4F5rg77SsoXFAdUTsenTYEd6J5cGCO22a-PxUmismncQ_rBZAVqXp2bKiFJzOBddLM5_aeeVE3rEqQ-a1nazTr8_MJN2/s690/ht_240902_CMG_Septembre_Violet_article_690x380.webp"><img src="/images/articles/2024/ht-240902-cmg-septembre-violet-article-690x380.webp" alt=""></a></p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°450 : BPCO (HAS), VRS (CDC et HAS), migrant (SPILF), PEP Doxy (CDC), fer et grossesse (USPSTF), vitamine D/fractures, ECG, PRADO-IC, arthrose/MTX, nirsevimab, risque suicidaire, Wazabi</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/08/dragi-webdo-n450/</link><pubDate>Mon, 26 Aug 2024 23:47:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/08/dragi-webdo-n450/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Nous espérons que vous avez passé un excellent été ensoleillé ! Et pour rester dans ce thème, commençons avec une <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s11606-024-08933-1">revue systématique</a> évaluant le bénéfice de la vitamine D en prévention des fractures chez les patients de plus de 60 ans. L&rsquo;analyse de 7 essais randomisés incluant 72 000 patients montre clairement qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de bénéfice à supplémenter les sujets âgés pour réduire les fractures. Pire encore, l&rsquo;analyse du sous groupe des femmes montrait une augmentation des fractures de hanche de 34% (NNH= 330 patientes). Bref, encore une fois, les données sont contre l&rsquo;utilisation de la vitamine D en prévention des fractures ostéoporotiques.</p>
<p>Bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2820721">Jama internal medicine</a> a publié une étude de cohorte rétrospective japonaise étudiant l&rsquo;association entre anomalies sur des ECG systématiques et survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires. Parmi les 3,6 millions de japonais ayant participé au programme de dépistage avec ECG (47 ans, 66% d&rsquo;hommes), 17% avaient une anomalie mineure, 4% deux anomalies, et 1,5% une anomalie majeure. Le risque de coronaropathie ou de décès était associé à la présence de ces anomalies et augmentait avec avec la gravité des anomalies retrouvées. Les auteurs plaident donc pour des dépistages par ECG. Cependant, visiblement, malgré la découverte de ces anomalies, le risque de mortalité n&rsquo;a pas été réduit&hellip; et le surdiagnostic n&rsquo;est pas évoqué dans cet article.</p>
<p>Il y a peu de publications évaluant le PRADO insuffisance cardiaque. L&rsquo;<a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/JAHA.123.032931#jah39867-fig-0003">essai</a> randomisé concernant cette intervention en sortie d&rsquo;hospitalisation (IDE dans les 3 jours, MG dans les 7 jours et cardio dans les 2 mois) versus soins courants a été publié. Le PRADO n&rsquo;influence pas le taux de réhospitalisations, ni la mortalité cardiovasculaire. Les RDV étaient dans les temps pour 90% des patients du PRADO mais il n&rsquo;y a pas les délais du groupe soins courants; peut être que les consultations avec un généraliste dans les 2 semaines ont déjà lieu sans la procédure &ldquo;prado&rdquo;. Dans tous les cas, il est démontré que voir son MG dans les 2 semaines après une hospitalisation réduit les ré-hospitalisations, on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/02/dragi-webdo-n213.html">ici</a>.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3278764/fr/choix-et-durees-d-antibiotherapies-preconisees-dans-les-infections-bacteriennes-courantes">HAS</a> a mis à jour ses fiches concernant la durée des antibiotiques dans les infections courantes. La principale modification concerne la clarithromycine en cas d&rsquo;allergie aux beta-lactamines, qui est recommandée pour 5 jours dans les angines (mais c&rsquo;est toujours 7 jours pour la coqueluche). Une page sur l&rsquo;exacerbation de BPCO a été publiée pour s&rsquo;aligner avec les recos de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/10/dragi-webdo-n153.html">SPLF</a> de 2017, avec une antibiothérapie qui ne dépend pas du &ldquo;VEMS&rdquo; dans la majorité des cas mais plutôt des facteurs de risques (pour mémoire: d&rsquo;après le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/11/dragi-webdo-n376.html">GOLD</a>, le bénéfice en l&rsquo;absence d&rsquo;indication à une hospitalisation est une réduction de la durée des symptômes):</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgZEExH8fyZ7wnbCq7VJb0-3vHtqKbIcicXclEP4yj614elDpjvdqjGTwK19SxU-Uiy5IqipeJnh9LJl6X6-UjxOtXhyphenhyphenYr-lnsEkNxafeGxrQkL1PZ0A2bpEmsy5oulFgQQhxSykjU7VhYB-rBCETxE-wpJR8KHv3GTgijXP5394DEMjBbN80H_GQgPh82U/s868/eabpco.png"><img src="/images/articles/2024/eabpco.png" alt=""></a></p>
<p>Concernant le VRS chez les adultes de plus de 60 ans, la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3460918/fr/strategie-vaccinale-de-prevention-des-infections-par-le-vrs-chez-l-adulte-age-de-60-ans-et-plus">HAS</a> et le <a href="https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/73/wr/pdfs/mm7332e1-H.pdf">CDC américain</a> viennent tous les 2 de recommander une vaccination par Arexvy ou Abrysvo (1 seule vaccination), 1/ chez les plus de 65 ans avec comorbidité cardiopulmonaire (notamment BPCO, insuffisance cardiaque) (60 ans pour le CDC) 2/ chez les plus de 75 ans avec ou sans comorbidité. L&rsquo;objectif est une réduction des infections symptomatiques avec une efficacité de 75% à 4 mois, de 50% à 1 an et 30% à 2 ans. Cela permettrait d&rsquo;éviter 2500 hospitalisations et 250 décès par million de doses administrées chez les plus de 60 ans avec comorbidité et 4000 hospitalisations et 550 décès chez les plus de 75 ans.</p>
<p>VRS toujours, voici une publication française sur l&rsquo;efficacité du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2314885">nirsevimab</a> dans un essai cas-témoin (oui quand c&rsquo;est novateur, le NEJM publie des cas-témoins). Il y a eu 600 enfants de 3 mois environ hospitalisés pour bronchiolite à VRS (cas) qui ont appariés avec 300 enfants témoins consultant aux urgences en même temps dans le même hôpital pour des symptômes non respiratoires. Parmi les cas, 9% des cas avaient reçu du nirsevimab contre 28% des témoins. Ainsi, l&rsquo;efficacité estimée du nirsevimab sur les hospitalisations était de 83% et de 70% sur les hospitalisations en soins intensifs. C&rsquo;est donc en faveur de l&rsquo;efficacité du traitement, mais le cas témoins est le niveau de preuve le plus faible dans les études, donc cela apporte peu par rapport aux essais randomisés publiés et par rapport à ce qu&rsquo;aurait apporté une étude grosse de cohorte avec des traités et des non traités.</p>
<p>La <a href="https://www.infectiologie.com/fr/groupe-migrants-et-populations-vulnerables-mipop.html">SPILF</a> a publié des recommandations concernant le bilan de santé de la personne migrante. L&rsquo;entretien doit rechercher les antécédents médicaux, psycho-traumatiques et dépressifs. En plus des bilans recommandés en population non migrante, on note: NFS, créatinine, ASAT, ALAT, bandelette urinaire, sérologies VIH-VHB-VHC, syphilis, anguillulose, varicelle si pas d&rsquo;atcd, HTLV1 (pour les femmes en âge de procréer si Afrique sub-saharienne ou Amérique centrale ou du sud), bilharziose (si Afrique subsaharienne ou Egypte), filariose (si Afrique centrale forestière), Chagas (si femme en âge de procréer d&rsquo;Amérique centrale et du sud), électrophorèse de l&rsquo;hémoglobine (si projet parentalité), et RXT si originaire d&rsquo;un pays avec forte incidence de tuberculose (IDR/IGRA seulement si enfant à la place de la RXT ou si adulte entre 18-40 ans avec enfants dans l&rsquo;entourage).</p>
<p>Le <a href="https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/73/rr/rr7302a1.htm">CDC américain</a> recommande désormais d&rsquo;informer et de proposer la doxycycline post-exposition chez les HSH et femmes transgenres ayant un antécédent d&rsquo;IST dans les 12 derniers mois, à la dose de 200mg en 1 prise dans les 72h après un rapport anal, vaginal ou oral (maximum 200m/24h). Un bilan des IST est à effectuer tous les 3-6 mois chez les patients pour qui c&rsquo;est prescrit.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2822559">USPSTF</a> s&rsquo;est prononcée sur le dépistage et la supplémentation en fer pendant la grossesse. Ils concluent qu&rsquo;il n&rsquo;y a  pas assez de preuves pour évaluer ce dépistage ou cette supplémentation. Sur le dépistage, en effet, 1 seule étude observationnelle peu concluante. Sur la supplémentation systématique, il y a quand même 16 études sur les conséquences maternelles dont les résultats sont &ldquo;bénéfice limité, inconsistant ou absent&rdquo;, 6 études sur conséquences pour l&rsquo;enfant (ni mortalité, ni prématurité&hellip;) Le seul bénéfice c&rsquo;est moins de carences martiales si supplémentation&hellip; Concernant les risques, il n&rsquo;y avait aucune étude concernant le dépistage, et 12 concernant la supplémentation. Il n&rsquo;y avait généralement pas de différence entre les groupes mais il s&rsquo;agissait essentiellement de troubles gastro-intestinaux. Bref, il faut des études. Du coté des recos, le CDC et les gynécos américains recommandent tout de même un dépistage en début de grossesse et à 24-28SA et une supplémentation par 30mg/j tout au long de la grossesse.</p>
<p>4/Rhumatologie</p>
<p>Dans la catégorie &ldquo;toujours plus&rdquo;, cet essai randomisé a testé le <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M24-0303#f1-M240303">méthotrexate</a> 10 à 25mg vs placebo pendant 12 mois dans la prise en charge de la gonarthrose. Sur une échelle numérique (0-10), les patients étaient à 6,5 initialement, et l&rsquo;amélioration de la douleur s&rsquo;est faite dans les 2 groupes et a atteint 5,1 dans le groupe MTX et 6,2 dans le groupe contrôle, soit une réduction significative en faveur du MTX de 0,8 points sur 10. Ce bénéfice est modéré et comparable à celui d&rsquo;un AINS. Bref, même si ça pourrait soulager légèrement, la balance bénéfice risque est moins favorable que d&rsquo;autres traitements disponibles.</p>
<p>5/Psychiatrie</p>
<p>Concluons avec cet article du <a href="https://www.bmj.com/content/386/bmj-2022-073515">BMJ</a> s&rsquo;intéressant à l&rsquo;évaluation et à la prise en charge du risque auto-agressif et suicidaire chez l&rsquo;adulte jeune. Tout d&rsquo;abord, les auteurs recommandent d&rsquo;évaluer les comorbidités augmentant le risque suicidaire : antécédents de gestes auto-agressifs, antécédents de troubles psychiatriques, consommation de drogues ou d&rsquo;alcool, violences sexuelles, séparation parentale ou décès d&rsquo;un parent, stress a la maison ou a l&rsquo;école/travail, s&rsquo;identifier comme LGBT+. Les facteurs protecteurs sont un entourage présent, la religion, l&rsquo;éducation et l&rsquo;emploi. La principale chose à faire, est du domaine relationnel avec le patient : écoute empathique, non jugement, créer une relation de confiance, demander si de l&rsquo;information peut être partagée avec les proches. Ensuite, il est nécessaire d&rsquo;évaluer l&rsquo;état mental actuel (risque suicidaire en tant que tel, moyens, intentionnalité, état de désespoir, expression faciale et autres éléments non-verbaux). Concernant l&rsquo;évaluation du risque suicidaire, le NICE ne recommande pas l&rsquo;utilisation d&rsquo;outils comme les échelles de Beck, ni de catégoriser les patients en risque &ldquo;faible&rdquo;, &ldquo;modéré&rdquo;, &ldquo;élevé&rdquo; car 60-80% des suicides se produisent chez des patients catégorisés en &ldquo;faible risque&rdquo; 6 mois auparavant. Il ne faut pas hésiter à adresser au spécialiste en cas de récurrence des idées suicidaires, d&rsquo;inquiétude du praticien, si le patient le demande ou si la détresse du patient augmente ou en cas de trouble psychiatrique sous-jacent suspecté. Enfin la prise en charge doit être personnalisée, avec un plan d&rsquo;action permettant de reconnaître les signes d&rsquo;alerte, la conduite à tenir (utiliser des distractions, contacter ses proches, le médecin, aller aux urgences..). Sur le plan thérapeutique, les psychothérapies sont à initier comme des TCC. Le recours aux médicaments doit être mesuré, dans le sens où les intoxications médicamenteuses volontaires sont fréquentes; il faut donc limiter les quantités disponibles par les patients en fractionnant la délivrance par exemple.</p>
<p>6/ Le jeu du mois : &ldquo;Wazabi&rdquo;</p>
<p>&ldquo;Wazabi&rdquo; est un jeu familial qui peut se jouer à 6 joueurs, dans lequel il faut arriver à se débarrasser de toutes ses dés. On dispose de 4 dés que l&rsquo;on lance et on obtient selon les faces: des &ldquo;Wazabi&rdquo; qui permettent d&rsquo;utiliser nos cartes (en fonction du nombre de &ldquo;Wazabi&rdquo; obtenus), des &ldquo;piocher une carte&rdquo;, et des &ldquo;donnez un dé à l&rsquo;adversaire&rdquo;. On jour alternativement en jetant les dés, enchaînant les cartes permettant d&rsquo;avoir des avantages ou de désavantager les adversaires et les changes de dés avec les adversaires. C&rsquo;est simple, rapide, sans pression, jouable dès 8 ans d&rsquo;après l&rsquo;éditeur du jeu (mais probablement dès 6-7 ans). Amusez vous bien !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjgRc4p13i0Da8Hcu2R_GAmAE2GEsAZNibJMn9HWbBcMHdUUVaZyIOjbWmwIou96g8tRdsy9eof2tBQAljqcwweRcofKydPAB6ntP2UdOD43jwCygWHJlOEOAcackQPg7BQvY_Dj561-vouTK-j-_u8RcNffnrBW3v8B7TE12Dl1-2RIKGMd2aSeZqdJh6q/s4624/20240526_202736.jpg"><img src="/images/articles/2024/20240526-202736.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine!  Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°449 : Aidants (HAS), coqueluche (HAS), VIH/cancer (reco), APLV (recos EU), maladie coeliaque (Recos US), IVG, HbA1C (diabète gestationnel, ethnie), ronflements, vaccin covid, Faraway</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/07/dragi-webdo-n449/</link><pubDate>Sun, 28 Jul 2024 08:12:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/07/dragi-webdo-n449/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>ORL</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Gynécologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici un Dragi Webdo estival en ce début de Jeux Olympiques! Merci encore à toutes et tous pour votre soutien, votre fidélité et vos commentaires.</p>
<p>Et pour commencer, la HAS a publié des recommandations concernant le <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3351732/fr/repit-des-aidants">répit des aidants</a>. Le document insiste sur l&rsquo;importance du soutien aux aidants, et sur les moyens de proposer des solutions de répit. La grille d&rsquo;évaluation de la situation de l&rsquo;aidant est cependant inutilisable en pratique courante (7 pages&hellip;). La partie la plus intéressante est disponible dans les annexes du document rappelant les différents dispositifs existants:</p>
<ul>
<li><em>APA:</em> &gt; 60 ans, pour payer les dépenses liée au maintien à domicile</li>
<li><em>Aide au répit</em>: pour proche d&rsquo;une personne avec APA, pour financer hébergement temporaire ou relais à domicile</li>
<li><em>PCH via MDPH</em>: finance équipement, aides spécifiques techniques (téléalarme&hellip;)et aides humaines (cumulable avec AAH mais pas avec APA ni AJPP)</li>
<li><em>Congé de présence parentale (CPP)</em>: droit non refusable par l&rsquo;employeur, pour s&rsquo;occuper d&rsquo;enfant &lt; 20 ans, pour 310 jours (pas de salaire et protection contre le licenciement)</li>
<li><em>AJPP:</em> pour les parents, 22 jours/mois sur 3 ans maxi, cumulable avec le CPP</li>
<li><em>AEEH</em>: compensation des dépenses pour prise en charge du handicap d&rsquo;un enfant &lt; 20 ans</li>
<li><em>Congé proche aidant et Allocation journalière proche aidant</em>: 3 mois renouvelable jusqu&rsquo;à 1 an et allocation versée pour maximum 66 jours sur l&rsquo;ensemble de la carrière (non cumulable avec AJPP, PCH ou AAH)</li>
<li><em>Congé solidarité familial</em>: 3 mois renouvelable 1 fois,  non rémunéré mais cumulable avec AJPP</li>
<li><em>Don de jours de repo</em>s : un salarié donne ses jours de repos ou RTT à un autre salarié (refusable par l&rsquo;employeur)</li>
<li><em>L&rsquo;assurance vieillesse aidant et retraite à 65 ans</em>: l&rsquo;assurance permet de valider des trimestres non travaillés pour les aidant (nécessite d&rsquo;avoir une des aides ci dessus) et s&rsquo;être occupé d&rsquo;un proche pendant au moins 30 mois permet de prendre sa retraite à taux plein à 65 ans si suffisamment de trimestres ont été obtenus.</li>
</ul>
<p>Voilà, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance </p>
<p>Compte tenu des risques de méningiomes liés aux progestatifs, la <a href="https://ansm.sante.fr/actualites/progestatifs-et-risque-de-meningiome-renforcement-des-conditions-de-prescription-et-de-delivrance-de-depo-provera-150-mg-3-ml-et-colprone-5-mg">médroxyprogestérone (Depo Provera) et la médrogestone</a> (Colprone) nécessitent désormais une <a href="https://ansm.sante.fr/uploads/2024/06/28/20240628-progestatifs-fiche-medecin.pdf">attestation</a> d&rsquo;information annuelle, signée par le prescripteur et le patient avant dispensation en pharmacie pour les traitements &gt; 1 an. Avant 1 an, le <a href="https://ansm.sante.fr/uploads/2024/06/28/20240628-progestatifs-doc-patient.pdf">dossier</a> d&rsquo;information doit être remis et la mention &ldquo;traitement inférieur à 1 an&rdquo; doit être notée sur l&rsquo;ordonnance.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>On en parlait encore la [semaine dernière](<a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/06/On">https://www.medicalement-geek.com/2024/06/On</a> avait parlé de la colchicine qui était efficace pour réduire les évènements cardiovasculaires en prévention cardiovasculaire secondaire post infarctus. L&rsquo;essai CONVINCE a randomisé les patients avec AVC ischémique non cardio-emboliques, en colchicine ou placebo. Cette fois ci, il n&rsquo;y avait pas de différence significative de survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires majeurs entre les 2 groupes.), la colchicine est à nouveau testée en prévention secondaire chez des patients ayant fait un AVC ou AIT dans un essai randomisé publié dans le <a href="https://www.bmj.com/content/385/bmj-2023-079061">BMJ</a>. Les patients du groupe intervention recevaient de la colchicine dans les 24h suivant l&rsquo;apparition des symptômes. A 90 jours, les patients traités par colchicine n&rsquo;avaient pas moins de récidive d&rsquo;AVC que ceux du groupe placebo. Dans la coronaropathie, la colchicine peut avoir un effet, mais pas dans l&rsquo;AVC.</p>
<p>3/ ORL</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamaotolaryngology/article-abstract/2819305">essai</a> randomisé a comparé les orthèses d&rsquo;avancées mandibulaires (OAM) avec un traitement des voies aériennes supérieurs + traitement positionnel dans la prise en charge des ronflements. D&rsquo;après les patients et leurs partenaires, l&rsquo;OAM était la plus efficace avec 90% de répondeurs versus 50% dans l&rsquo;autre groupe, ce qui n&rsquo;est pas si mal en soi. Ce dernier traitement comportait : mometasone nasale + autocollant dilatateur nasal externe + fermeture de la bouche avec un pansement la nuit + dormir en position latérale.</p>
<p>Le tirzepatide est maintenant bien étudié dans la perte de poids (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/12/dragi-webdo-n423.html">ici</a>). Chez des patients avec un SAOS (IAH 50/min) et un IMC à 39 environ, le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2404881">tirzepatide</a> a permis d&rsquo;améliorer l&rsquo;IAH d&rsquo;environ 25/min versus 5/min dans le groupe placebo. Bien évidemment, le bénéfice est lié à la perte de poids, il pourrait donc y avoir des études sur le tirzepatide dans la gonarthrose par exemple&hellip;</p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>La société américaine de gastro-entérologie a publié des recommandations sur le diagnostic et la prise en charge de la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2820387">maladie cœliaque</a>. Tout d&rsquo;abord, le dépistage en population générale n&rsquo;est pas recommandé. La fibroscopie est l&rsquo;examen recommandé chez l&rsquo;adulte est l&rsquo;enfant. Cependant, en cas de symptômes, la présence d&rsquo;anticorps anti-transglutaminase &gt;10N sur une prise de sang suivie d&rsquo;une 2ème montrant des anticorps anti-endomysium peut permettre d&rsquo;établir le diagnostic chez l&rsquo;adulte ne pouvant passer une fibroscopie ou chez l&rsquo;enfant. Enfin, l&rsquo;objectif du régime d’éviction du gluten chez l&rsquo;adulte, est une résolution des anomalies histologiques (avec un faible niveau de preuve).</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2820321">étude</a> observationnelle américaine a comparé l&rsquo;efficacité et la sécurité de 3 modes d&rsquo;accès à l&rsquo;IVG médicamenteuse: 1/ no-test (type télémédecine: pas d&rsquo;examen clinique ni écho) en se basant sur l&rsquo;entretien avec les médicaments envoyé par courrier, 2/ no-test et délivrance des médicaments, 3/ consultation physique avec échographie et délivrance des médicaments en personne. Chez des femmes majoritairement entre 8 et 9 SA, l&rsquo;efficacité des IVG médicamenteuses était similaire quel que soit le groupe étudié (93% environ) et 1% des patientes ont eu un effet indésirable sévère (hospitalisation, transfusion, chirurgie) sans différence entre les groupes. Ainsi, il serait possible de poursuivre la simplification des IVG médicamenteuses, pour les réaliser même sans échographie disponible.</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(24)00151-7/fulltext">Lancet endocrino</a> pose la question du dépistage du diabète gestationnel avec l&rsquo;HbA1c. Cette étude regroupe 3 cohortes, mais focalisons-nous sur les données britanniques. Les auteurs concluent qu&rsquo;une HbA1c &lt; 5.2% permet d&rsquo;exclure la survenue d&rsquo;un diabète gestationnel, et qu&rsquo;une HbA1c &gt; 5.6% pose le diagnostic. Dans l&rsquo;intervalle, l&rsquo;HGPO est nécessaire. Cette stratégie permettrait d&rsquo;éviter un certain nombre d&rsquo;HGPO et peut être mis en place avec des HbA1c délocalisée, plus simple à réaliser que les HGPO.</p>
<p>6/ Pédiatrie</p>
<p>La société européenne de gastro-entérologie pédiatrique avait publié des recommandations sur le diagnostic de l&rsquo;<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37491714/">APLV</a> chez le nourrisson. Globalement, le diagnostic repose sur l&rsquo;efficacité d&rsquo;une éviction de 2-4 semaines en remplaçant l&rsquo;allaitement par un hydrolysat poussé ou riz hydrolysé, voire d&rsquo;acides aminés si symptômes sévères, avec réapparition des symptômes à la réintroduction (à ne pas faire si symptômes sévères). L&rsquo;éviction est ensuite réalisée pendant 6 mois avant de réaliser une réintroduction. Abordons quelques formes particulières:</p>
<ul>
<li>La proctocolite allergique induite se présente avec des rectorragies et débute dans les premières semaines de vie. C&rsquo;est bénin, l&rsquo;allaitement maternel doit être poursuivi, et en cas d&rsquo;allaitement artificiel au lait de vache, une éviction est à proposer.</li>
<li>L&rsquo;entérocolite induite se manifeste par des vomissements répétitifs et prolongés dans les 1-4 heures suivant l&rsquo;ingestion de lait, avec souvent pâleur, léthargie et suivis de diarrhées (parfois glairo-sanglantes) dans les 10 heures (le délai et l&rsquo;absence de symptômes respiratoires et cutanée permet de la différencier de l&rsquo;anaphylaxie). Une éviction urgente est nécessaire et un avis spécialisé recommandé pour confirmer le diagnostic.</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhDveVq8nzfsmOQ4nrOeeCqKsmrkoO3g2c2yPflsrMP74Y1YmCuefxOKSJbyZXvLq8YYFbPCFRcbvZgrH2ecMCzF8xmhW5RcpmH2nZJo0uouQXn80VL2HV_zun2IcY7_1V5HtfL-Ll_IgcH008uJaE82SM9fVU_u09mP2LcAoCisVmQUtmqJdPL4OE9Gn0Q/s1080/APLV.png"><img src="/images/articles/2024/aplv.png" alt=""></a></p>
<p>L&rsquo;étude <a href="https://www.epi-phare.fr/actualites/communique-de-presse-20-06-2024/">EPI-PHARE</a> a étudié les prescriptions de méthylphénidate et le recours aux orthophonistes selon le mois de naissance les enfants de 5 à 10 ans. Les auteurs trouvent que les enfants de décembre ont 55% de risque de recevoir du méthylphénidate pour suspicion de TDAH et des séances d&rsquo;orthophonie pour trouble du langage que ceux nés en janvier ! Une des hypothèses est que les enfants nés en fin d&rsquo;année sont soumis à des exigences trop élevées au cours des premières années de scolarité et seraient ainsi diagnostiqués à tort avec un TDAH ou trouble des apprentissages.</p>
<p>7/ Infectiologie</p>
<p>Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2820268">étude</a> de cohorte américaine menée en octobre-décembre 2023 trouve que le vaccin Covid Pfizer mis à jour 2023-2024 actif sur la souche dominante XBB aurait une efficacité de 60% environ sur les hospitalisations et le recours aux urgences, soit une efficacité en baisse par rapport aux 80% d&rsquo;efficacité initiale qui montait à 90% après un booster. Les patients inclus dans l&rsquo;étude avaient à 60% eu au moins 2 doses de vaccin, 30% avaient déjà eu un test Covid positif et 55% avaient des comorbidités.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-06/reco362_fiche_memo_durees_antibiotherapies_coqueluche_2024_mel_2024-06-20_16-01-48_533.pdf">HAS</a> a publié des recommandations concernant la coqueluche. Elle rappelle que la PCR permet un diagnostic si elle est réalisée dans les 3 semaines après le début des symptômes. Compte tenu des délais d&rsquo;obtention des résultats, il semble que l&rsquo;antibiothérapie par macrolides soit recommandée pour les coqueluches confirmées et suspectées, le plus tôt possible, pour briser les chaînes de contamination. C&rsquo;est la clarithromycine qui est recommandée dans les 3 semaines en 1ère intention chez l&rsquo;enfant et chez l&rsquo;adulte, puis l&rsquo;azithromycine. Les cas contact sont à traiter de la même façon par antibioprophylaxie et une éviction scolaire est recommandée jusqu&rsquo;à : ce que le diagnostic soit infirmé, ou 3-5 jours d&rsquo;antibiotiques (3j si azithro), ou 3 semaines si pas de traitement antibiotique</p>
<p>8/ Oncologie</p>
<p>Des recommandations concernant le <a href="https://cns.sante.fr/wp-content/uploads/2024/06/VIH-Cancer_Recommandation_Rapport-dexperts_-20240521.pdf">dépistage de cancer chez les patients vivant avec le VIH</a> (PVVIH) ont été publiées.</p>
<ul>
<li>Concernant le cancer du col de l&rsquo;utérus, les auteurs recommandent une extension de la vaccination jusqu&rsquo;à 26 ans quel que soit le genre, et que le dépistage soit effectué comme en population générale (dès 25 ans avec cytologie à 1 an puis tous les 3 ans, et HPV-HR à partir de 30 ans tous les 5 ans). Cependant en cas de VIH sévère ou non contrôlé, la cytologie peut être annuelle jusqu&rsquo;à 30 ans. Enfin la vaccination en prophylaxie secondaire ne peut être recommandée dans l&rsquo;état des connaissances actuelles.</li>
<li>Concernant le cancer de l&rsquo;anus, un dépistage est recommandé chez les patients HSH de plus de 30 ans et chez les femmes ayant un antécédent de lésion précancéreuse ou cancéreuse de la vulve ou du col (CIN 2+). Le dépistage repose sur un test HPV 16 tous les 5 ans avec anuscopie et cytologie anale si positif.</li>
</ul>
<p>9/ Diabétologie</p>
<p>Un article de <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/doi/10.2337/dc24-0299/156841/Non-Hispanic-Black-Individuals-Have-Higher-Glucose">Diabetes journal</a> s&rsquo;intéresse aux variations ethniques de l&rsquo;HbA1c. Ainsi, les patients noirs non hispaniques ont une HbA1c sur-estimée ce qui conduit à augmenter le risque d&rsquo;hypoglycémie. Une donnée à prendre en compte, notamment lors de l&rsquo;instauration d&rsquo;insulinothérapies.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEibxVPFL8Nx4M1OoiCzE-7tRgvls3uKbgDtniJSwAfiSdoEG7cFuudrIhfiapFDkKqvn6HLedwiL1VsP4Zf8efMY58u2jy6nM8VJ7L02-J6H1XFT-Pxw4dNL-tbnPqIXBmy7kO9AVgOEBqp4qw8dNAyMRYwwj3bteiExFTHeLpx1F8zaXFk1Ssx4ne6SjXJ/s1196/hba1c.png"><img src="/images/articles/2024/hba1c.png" alt=""></a></p>
<p>10/ Le jeu du mois : Faraway</p>
<p>&ldquo;Faraway&rdquo; est l&rsquo;As d&rsquo;Or 2024 ! C&rsquo;est un jeu de stratégie accessible à partir de 10 ans dans lequel chaque joueur va explorer un continent. Il va donc falloir, à chaque tour jouer une de ses cartes avant d&rsquo;en piocher une nouvelle, pour tenter d&rsquo;effectuer les quêtes qu&rsquo;elles proposent et qui rapportent des points de victoire. Ces quêtes peuvent être d&rsquo;avoir un certain type de ressources, un certain type de ressources, etc&hellip;. Cependant, pour s&rsquo;activer ces cartes ont parfois des prérequis, et c&rsquo;est là que ça devient stratégique. Car au lieu de résoudre les quêtes dans l&rsquo;ordre dans lequel on les a posées, on les résout dans l&rsquo;ordre inverse ! Il faut donc essayer de poser ses cartes selon ce qu&rsquo;on &ldquo;pourra poser au prochains tours&rdquo; et ne pas composer uniquement avec ce dont on dispose déjà. De plus, pour choisir en 1er les cartes à piocher parmi les 4 disponibles au centre de la table, il faut être celui ayant joué la plus petite carte, et si notre enchaînement de carte posée est fait avec des valeurs croissantes, on pioche des cartes bonus (les sanctuaires). Au final, c&rsquo;est un jeu avec une mécanique qui nécessite quelques tours de chauffe, avec plusieurs concepts à intégrer, mais qui est très original et permet des parties sympathiques ne dépassant généralement pas 30minutes. Parfait pour les vacances !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhcFfSlTSxEm7OCuzZclQQjI1UyYg4nhbXNf_zx5cRXir0-j8BiQpb6qtA_GNaXAbFaR0dTm8c38-QLBQoudSMHMbRFGw-tjHVnBHdpzt_c9IwMIUwte_9DZL69wydkLsMD3wedHSuPffcV0oHjBjO5-6yRX__q-apMnBWm8zAnpWRtPesg1SVf4Lm7idJT/s4624/20240601_215111.jpg"><img src="/images/articles/2024/20240601-215111.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini!  Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>Bonnes vacances ! Et on se retrouve fin août !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°448 : Recos voyageurs (HCSP), obésité de l'enfant (USPSTF), metformine/malformations, HTA résistante, marche/lombalgie, e-cigarette</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/06/dragi-webdo-n448/</link><pubDate>Fri, 28 Jun 2024 21:58:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/06/dragi-webdo-n448/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pédiatrie</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Addictologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici donc l&rsquo;avant-dernier billet de la
saison avant les grandes vacances. On en parlait sur les réseaux, comment
savoir si l&rsquo;on doit suivre une recommandation? Le <a href="https://www.cfp.ca/content/70/6/372">G-TRUST</a> simplifié permet de
se poser les questions concernant la pertinence, l&rsquo;interprétation et la
fiabilité de recommandations en pratique clinique. Bonne lecture !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEigFjyZm-gR0-PH0puoUdDvhyYu8b57GuXrVYjIGxrVEGxHwhwXeaLfRQvH2TYoa2QIxA28aKkaZ9LPvO6_hiS9sOM3zqvtSJirsjBk59rjJxJBtSbDdSWvE38xKI0R86pPKycdUbJYGII9hKduNA6-frJvv6ba1qL2PCCX0zoA1o_fcZXEWEhgH2Ium8Jw/s943/recos.png"><img src="/images/articles/2024/recos.png" alt=""></a></p>
<p>1/
Pharmacovigilance</p>
<p>On avait déjà
abordé les risques possibles de malformations chez les nourrissons, liés à la
prise de metformine par la mère ou le père (cf <a href="https://www.blogger.com/">ici</a>.) Deux
articles sur le sujet ont été publiés. Le 1er est un <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-2038">essai</a> émulé
chez 2500 femmes qui ne retrouve pas de différence de risque de malformations
congénitales entre insuline et insuline+metformine mais l&rsquo;échantillon est
faible. Le 2ème est une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-1405">étude</a> de cohorte incluant 380 000 naissances et
s&rsquo;intéressant a la prise de metformine par les pères. Cet essai montre un
surrisque de malformation chez les enfants dont le père prenait de la
metformine avant ajustement, mais pas après ajustement sur les facteurs de
confusions. Ces données sont donc globalement rassurantes.</p>
<p> </p>
<p>2/
Cardiovasculaire</p>
<p>Le BMJ aborde
l&rsquo;<a href="https://www.bmj.com/content/385/bmj-2023-079108">HTA résistante</a>,
définie comme une PA non contrôlée sous trithérapie après vérification de
l&rsquo;observance et confirmation avec des mesures au domicile, et affectant environ
15% des patients hypertendus. Il est nécessaire de rechercher une cause
iatrogène à cette HTA : corticoïdes, AINS, COP, cocaine/amphétamines,
méthylphénidate, décongestionnants, antidépresseurs (tricycliques, IRS/IRSNA,
IMAO), anti-VEGF, immunosuppresseurs, réglisse et ginseng. Les principales
causes sont l&rsquo;hyperaldostéronisme primaire, la sténose des artères rénale, la
maladie rénale chronique, le SAOS et plus rarement les phéochromocytomes,
syndromes de Cushing et coarctation de l&rsquo;aorte. Les auteurs ne sont pas clairs sur le fait de dépister toutes les causes ou non devant une HTA résistante, les
recos de l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/08/dragi-webdo-n407.html">ESH</a> compensent cela. Le principe du traitement
est une réduction de la tension, avec un bénéfice de réduction de 10%
d&rsquo;évènements cardiovasculaires majeurs pour une réduction de 5mmHg de PAS. En
1er lieu, les auteurs proposent de remplacer le thiazidique par un thiazidique
like (indapamide) chez ces patients sous trithérapie, puis d&rsquo;ajouter de la
spironolactone (ou éplérénone en 2 prises par jour qui a moins d&rsquo;effets
anti-androgéniques chez l&rsquo;homme), puis d&rsquo;autres classes au besoin (bêta
bloquants, alpha-bloquants, centraux). Un avis spécialisé peut être pris pour
tester les nouveaux traitements voire une dénervation rénale.</p>
<p> </p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.uspreventiveservicestaskforce.org/uspstf/recommendation/obesity-in-children-and-adolescents-screening">USPSTF</a>recommande avec un grade B les interventions comportementales
intensives chez les enfants et adolescents atteints d&rsquo;obésité. En effet, ce
type d&rsquo;intervention, d&rsquo;au moins 26 heures sur l&rsquo;année et incluant des séances
d&rsquo;activité physiques ont démontré une réduction du poids. Les effets sont
démontrés à 1 an, mais ceux à long terme sont encore incertains.</p>
<p> </p>
<p>4/
Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1379">HCSP</a> a
publié les recommandations pour les voyageurs 2024. Il y a très peu de
modifications. La chimioprophylaxie antipalustre n’est pas recommandée pour
les voyages touristiques et professionnels «conventionnels » en Amérique
tropicale et Asie du sud et sud-est (séjours courts &lt; 1 mois, avec nuitées
principalement en ville et conditions d’hébergement favorables), mais les
mesures de protection personnelle restent recommandées: répulsifs,
moustiquaires, vêtements couvrants. En cas de prophylaxie antipaludéenne,
l&rsquo;atovaquone proguanil ou la doxycycline sont à privilégier. Dans tous les cas,
toute fièvre dans les 3 mois suivant un retour de zone impaludée doit faire
évoquer un paludisme. Concernant les diarrhées, le racecadotril est le
traitement proposé en cas de diarrhées légères à modérées. L&rsquo;antibiothérapie ne
se justifie qu&rsquo;en cas de diarrhée grave (incluant le syndrome dysentérique) et
chez les patients à risque de décompensation (patients âgés, immunodépression,
drépanocytose.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjlrPtkWBiwmVZ31FiQE9-5MG3sXzrBQpA_rABnVM4ZcEXvzFg6uWBjA3xuNqYRo45qICXvCFvF9nxGPZnUVNhJc7ZleRWmgXq3VozVMShXAtp9peo_VbKu6JpsP2Zkslzf0KR66L5TChdyOFopkVEX0neeIQUUIRtRI9FNR-eG7XnU3qR6bixaKFIX1hjy/s960/diarrh%C3%A9ee.png"><img src="/images/articles/2024/diarrh-c3-a9ee.png" alt=""></a></p>
<p> </p>
<p>5/
Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(24)00755-4/fulltext">Lancet</a>a publié une étude sur la prise en charge non médicamenteuse des
lombalgies. Des patients avec lombalgie aiguë récemment résolue ont été
randomisées pour recevoir 6 séances d&rsquo;éducation à la marche par un
kinésithérapeute sur 6 mois ou pas d&rsquo;intervention. Ils ont été suivis ensuite
pendant 12 à 36 mois, le critère de jugement principal était le délai jusqu&rsquo;à
la première récidive entraînant une limitation d&rsquo;activité. Les auteurs trouvent
que l&rsquo;intervention est efficace car le délai avant la 1ère récidive invalidante
était de 200 jours dans le groupe intervention versus 100 jours
dans le groupe contrôle. En pratique le groupe intervention marchait 6500
pas/jour (versus 5900) et faisait 24min d&rsquo;activité modérée à intense par
jour (versus  18min). A 3 ans, 80% des patients des 2 groupes
avaient eu des récidives de lombalgie quand même, mais elles retentissaient
moins sur la vie quotidienne dans le groupe intervention. Bref, le traitement, c&rsquo;est le mouvement !</p>
<p> </p>
<p>6/
Addictologie</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2820176">essai</a> randomisé
a comparé l&rsquo;e-cigarette avec nicotine (+ comprimés placebo) à la varenicline
(+e-cigarette sans nicotine) et à un groupe contrôle (e-cigarette sans nicotine</p>
<ul>
<li>comprimés placebo) dans la prise en charge du sevrage tabagique. Les patients
avaient environ 50 ans et un score de Fagerström modéré à 5,6 en moyenne. Après
6 mois, les 2 groupes interventions avaient un taux de sevrage respectifs de
40% et 44% versus 20% dans le groupe contrôle (NNT=5). Il n&rsquo;y avait pas
significativement plus d&rsquo;effets secondaires dans les groupes traitement. C&rsquo;est
donc une nouvelle étude apportant des donnée en faveur de l&rsquo;utilisation de la
cigarette électronique dans le sevrage tabagique.</li>
</ul>
<p> </p>
<p> C&rsquo;est tout
pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine
prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°447 : Vaccin VRS (HAS), diabète (CNGE), allo-immunisation (CNGOF), risque CV/PREVENT, lésions cutanées, dépression, infections urinaires</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/06/dragi-webdo-n447/</link><pubDate>Fri, 21 Jun 2024 08:15:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/06/dragi-webdo-n447/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Psychiatrie</category><category>Infectiologie</category><category>Dermatologie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les actualités de la semaine. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le calculateur de risque <a href="https://professional.heart.org/en/guidelines-and-statements/prevent-calculator">PREVENT</a> est validé dans une population américaine de 30 à 79 ans pour évaluer à 10 ans le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires (CVD), composé du risque d&rsquo;évènements athéromateux (ASCVD) et du risque d&rsquo;insuffisance cardiaque (HF). Les grades de risques sont faible avec risque de CVD  &lt; 5%, borderline 5-7,5%, intermédiaire (7,5-19,9%) et élevé (&gt;20%). Dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2819821">Jama internal medicine</a>, ce score (intégrant, age, sexe, tabagisme, TA, cholestérol mais aussi HbA1C, DFG, RAC, IMC et quelques traitements en cours) a été comparé au score américain classique &ldquo;PCE&rdquo;, et montre qu&rsquo;il permet de réduire le nombre de patients éligibles à un traitement par statine en prévention primaire selon les recos US (indication si risque &gt;7,5%). Il faudrait voir l&rsquo;applicabilité en population européenne.</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra2211889">NEJM</a> publie un article sur les différents types de régimes. Voici le tableau comparatif:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi31jWnoJeRXladwnTT3czSqvolONEgB4Vcmf1DtQROCS-JlgV2s0IfrOz-NL5pr87ZZ5Ob-vOJwJLkNKXWUIRHlM8xr_sHauA4h1aLv7ZdT5luZfpO4HaYGJ_C1crk9OI9ZC9YgxExixFtXmDtQAlYiX-BVcZvhJMfT2xERKq3wzHoihAjQrtx7DhG09Zp/s1500/diets.jpg"><img src="/images/articles/2024/diets.jpg" alt=""></a></p>
<p>Depuis plusieurs mois, on voit que la monothérapie par <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/03/dragi-webdo-n435.html">ticagrelor</a> a une balance bénéfice risque meilleure que la bithérapie après une angioplastie. Cependant, après un pontage coronaire, cet essai randomisé du <a href="https://www.bmj.com/content/385/bmj-2023-075707">BMJ</a> montre que la bithérapie ticagrelor+aspirine pendant 1 an est supérieure à une monothérapie par ticagrelor ou aspirine seuls (NNT= 14 à 5 ans) pour réduire le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires majeurs.</p>
<p>On avait parlé de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/11/dragi-webdo-n288.html">colchicine</a> qui était efficace pour réduire les évènements cardiovasculaires en prévention cardiovasculaire secondaire post infarctus. L&rsquo;essai <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(24)00968-1/abstract">CONVINCE</a> a randomisé les patients avec AVC ischémique non cardio-emboliques, en colchicine ou placebo. Cette fois ci, il n&rsquo;y avait pas de différence significative de survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires majeurs entre les 2 groupes.</p>
<p>2/ Psychiatrie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2819714">JAMA</a> propose une revue sur la prise en charge de la dépression de l&rsquo;adulte. Il n&rsquo;y a rien de très neuf, mais soulignons que les psychothérapies sont les traitements le plus efficaces en 1er intention avec des efficacité modérées à élevées (notamment TCC, mindfulness et thérapies par résolution de problèmes), les traitements pharmacologiques ayant une efficacité faible à modérée. La combinaison psychothérapie et antidépresseurs apporte un bénéfice supplémentaire. Les traitements antidépresseurs recommandés par les auteurs sont plutôt la sertraline et le citalopram (malgré le surrisque signalé de QT long) mais la fluoxetine et la vortioxetine sont aussi parmi les mieux tolérés. Les antidépresseurs s&rsquo;introduisent à demi-dose pendant 2 semaines avant de passer à la pleine dose. Concernant le risque suicidaire, une revue systématique (372 ECR, 100 000 patients) a montré un sur-risque de 5% de nouvelles idées suicidaires chez les 25-65 ans sous antidépresseur, mais ce n&rsquo;était pas significatif. Chez les plus de 65 ans, il y avait 6% de moins d&rsquo;idées suicidaires sous antidépresseur. L&rsquo;activité physique, le millepertuis, l&rsquo;acuponcture, les oméga-3 et les probiotiques pourraient avoir une efficacité modérée également. La psilocybine n&rsquo;est pas assez de preuves actuellement selon les auteurs. Enfin, une prise en charge multidisciplinaire améliore les symptômes.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Comme attendu, la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3505344/fr/recommandation-vaccinale-contre-les-infections-a-vrs-chez-les-femmes-enceintes">HAS</a> publie ses recommandations sur la vaccination anti-VRS chez la femme enceinte dans un but de prévention des bronchiolites chez les nourrissons. Le vaccin Abrysvo est donc recommandé entre 32 et 36 SA (pas avant 32 à cause d&rsquo;un possible risque d&rsquo;accouchement prématuré) entre septembre et janvier, dans une stratégie concomitante avec le Beyfortus (nirsevimab), au choix des parents. Mais si l&rsquo;Abrysvo n&rsquo;a pu être effectué, le nirsevimab est recommandé en rattrapage. Ce vaccin peut être co-administré avec ceux de la grippe ou le covid, mais 2 semaines d&rsquo;écart sont recommandées avec les vaccins DTPCa</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2819823">JAMA</a> aborde les infections urinaires récurrentes de la femme âgée. Sur le plan diagnostic, la fréquence des bactériurie asymptomatiques +/- avec leucocyturie font que la spécificité de la BU est faible. Les auteurs suggèrent donc de limiter les explorations aux patientes symptomatiques et de confirmer l&rsquo;infection et la sensibilité par un ECBU avant traitement, le traitement probabiliste étant associé à un sur-risque de résistance, de bactériémie et de décès. Cependant, un traitement de 3-6 jours semble équivalent à un traitement plus long de 7-14 jours. Les antibioprophylaxies sont efficaces mais augmentent fortement le risque d&rsquo;infection résistantes. Les oestrogènes vaginaux réduisent les infections mais sont moins efficaces que les antibioprophylaxies. Les cranberries peuvent réduire le risque d&rsquo;infection urinaire de 26%. Le D-mannose et les probiotiques n&rsquo;ont pas démontré d&rsquo;efficacité claire. Enfin, les mesures comportementales peuvent être utiles bien que le bénéfice ne soit pas clairement établi (boire abondamment, mictions post-coïtales etc&hellip;).</p>
<p>4/ Dermatologie</p>
<p>Cet article du <a href="https://www.bmj.com/content/385/bmj-2023-077845">BMJ</a> parle des lésions pigmentées vues en consultation. Riches en image, il est difficilement résumable. Mais en gros, en cas de suspicion de lésions, utiliser la règle ABCDE ou la checklist d&rsquo;examen visuel en  7 points (ou en 3 points si dermatoscopie) pour décider de l&rsquo;adressage au dermatologue. Enfin, en termes de prévention, rappeler les conseils aux patients: crèmes solaire toutes les 2h + vêtements couvrant, éviter l&rsquo;exposition intense entre 11h et 16h, et dépister régulier en cas de facteurs de risques de mélanome.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg55ZL1Nk_lf4122mKlD6Aw8X5vTJ1ONPDBtWWEMSMhA3AXeNxsuf8ta7phnYqJtacX8Aq6XZLT9kQ3M9AA2jswj6MV0MK95notQORJfs0u_vwQ5RYmdko9TWeDr7JzSfdBket03xdNpl287VQhGmapN_VXW9xOoksRFVr9v05xrFbW5NrH41o4kPPFgJK1/s1129/dermato.png"><img src="/images/articles/2024/dermato.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Des recommandations du <a href="https://www.em-consulte.com/article/1672845">CNGOF</a> reviennent sur la prévention de l&rsquo;allo-immunisation materno-foetale au 1er trimestre de grossesse chez les mères Rh- quand le géniteur est Rh+ ou inconnu. Avec un faible niveau de preuve, il est recommandé de ne pas administrer d&rsquo;Ig anti D avant 12 SA en cas de fausse couche, de grossesse arrêtée ou d&rsquo;IVG, ni en cas de métrorragie sur grossesse intra-utérine évolutive. Enfin, il n&rsquo;y a pas de données pour formuler des recommandations sur l&rsquo;intérêt des Ig en cas de GEU.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>En réaction aux recos HAS, le conseil scientifique du <a href="https://www.cnge.fr/wp-content/uploads/2024/06/240617_Avis-CS-Medicaments-du-DT2_vsite.pdf">CNGE</a> a publié un communiqué, appelant au remboursement des aglp1 et isglt2 en monothérapie et à la réévaluation d&rsquo;une part de la metformine en 1ère intention et d&rsquo;autre part des cibles glycémiques. Enfin, il rappelle l&rsquo;importance des statines et des IEC en prévention cardiovasculaire chez les patients diabétiques, point qui n&rsquo;est pas abordé dans la recommandation.</p>
<p>C&rsquo;est fini! Merci encore pour vos contributions à la cagnotte ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°446 : diabète (reco HAS), cancer cutané (CNGE), sujet âgé (USPSTF), sel/insuffisance cardiaque (ESC), nirmatrelvir, Parvo B19, magnésium, IRM prostate</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/06/dragi-webdo-n446/</link><pubDate>Mon, 10 Jun 2024 23:09:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/06/dragi-webdo-n446/</guid><category>Diabétologie</category><category>Prévention</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Néphrologie</category><category>Oncologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Sans plus attendre, voici les actualités de la semaine avec pas mal de recommandations !</p>
<p>1/ Diabétologie</p>
<p>Elles étaient tant attendues, voici les <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3191108/fr/strategie-therapeutique-du-patient-vivant-avec-un-diabete-de-type-2">recos HAS</a> concernant la prise en charge thérapeutique du diabète de type 2 ! Il y a  seulement 9 recos de rang A, 41 de rang B ou C et  une grosse majorité d&rsquo;avis d&rsquo;expert: 95 (soit 67%). Il est presque aussi intéressant que la reco d&rsquo;aller lire les 250 pages d&rsquo;échanges entre les experts. Voici les principaux points:</p>
<ul>
<li>une prise en charge globale avec un objectif de prévention cardiovasculaire est recommandée (grade A), en dépistant et prenant en charge les facteurs de risques cardiovasculaires, notamment le tabagisme (rang A), l’activité physique (grade B) et la prise en charge nutritionnelle personnalisée (grade C).</li>
<li>la metformine reste le traitement recommandé en 1ère intention chez l’ensemble des patients, en l’absence de contre-indication et à dose maximale tolérée (grade C), malgré 1/ l&rsquo;absence de bénéfice clinique (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/les-traitements-du-diabete-formule-all.html">ici</a>) 2/ l&rsquo;absence de bénéfice sur l&rsquo;HbA1c au delà de 2550mg/j pour des EI supérieurs (cf par <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/06/la-diabeto-cest-rigolo.html">ici</a>). Elle serait même utilisable en cas d&rsquo;insuffisance cardiaque stable sur la base d&rsquo;études observationnelles, mais compte tenu du risque très fréquent de décompensation pouvant favoriser une acidose lactique et vu les bénéfices, cela ne semble pas très raisonnable.</li>
<li>quelle que soit l’HbA1c, la HAS recommande, chez les patients avec un antécédent de maladie cardiovasculaire inhibiteur de SGLT2 ou un analogue du GLP1 (grade A) et chez ceux ayant une insuffisance cardiaque ou une maladie rénale chronique un inhibiteur de SGLT2 (grade A), ça c&rsquo;est bien!</li>
<li>en cas haut risque cardiovasculaire un inhibiteur de SGLT2 ou un analogue du GLP1 est proposé quelle que soit l&rsquo;HbA1c en association avec la metformine (grade B), ça c&rsquo;est pas mal! Dans toutes les situations, ils sont priorisés en bi-thérapie avec la metformine en cas d&rsquo;HbA1c non contrôlée. L&rsquo;absence de remboursement en monothérapie, même si metformine contre-indiquée est un réel problème, les études de coût-efficacité les rendant plus bénéfiques que la metformine en 1ère intention.</li>
<li>le recours au spécialiste est recommandé si nécessité d&rsquo;un basal/bolus ou objectif non atteint en médecine générale. L&rsquo;HbA1c est recommandée au moins 2 fois par an et un bilan des complications (évaluation du RCV, néphropathie, rétinopathie, neuropathie et grade podologique) est recommandé 1 fois par an. L&rsquo;ECG d&rsquo;effort n&rsquo;est recommandé que si activité intense ou souhaitant faire de la compétition.</li>
<li>enfin, pas de changement de cible pour l&rsquo;HbA1c par rapport aux recos de  2013 car ce n&rsquo;était pas l&rsquo;objectif de cette reco. Donc toujours  7% pour la majorité des patients, 6.5% pour les jeunes, et 8% pour les fragiles.</li>
</ul>
<p>Le Jinlida est un produit composé de 17 extraits de plantes. Chez les patients pré-diabétiques, cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2819475">essai</a> randomisé a trouvé que  9g x 3/jour de Jinlida réduisait le risque de diabète de 40% (NNT= 7 à 2 ans) par rapport au placebo. Sur le plan de la sécurité,  94% des patients ont eu des effets indésirables sous Jinlida et  91% avec le placebo (c&rsquo;est étrangement élevé&hellip;), et 1 patient sous Jinlida est décédé par suicide dans un contexte de dépression jugé non lié au traitement&hellip; A surveiller quand même.</p>
<p>2/ Prévention</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2819573">USPSTF</a> recommande des interventions d&rsquo;activité physique chez les patients de plus de  65 ans à risque élevé de chute avec un grade B pour réduire les chutes et la morbidité associée. De plus, elle suggère des activités multifactorielles personnalisées dans la même population avec un grade C, car le bénéfice semble faible sur la prévention des chutes.</p>
<p>La <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/02/dragi-webdo-n344-piles-plates-recos-has.html">HAS</a> avait publié des recos sur l&rsquo;ingestion de piles plates par les enfants, avec comme consigne principale: ne pas faire vomir et garder l&rsquo;enfant assis. Cette <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37725021/">étude</a> sur les porcs trouve que l&rsquo;ingestion de miel (et de confiture dans une moindre mesure) permettrait de réduire le pH des tissus et ainsi de diminuer la taille des lésions causées par des piles ingérées. Il n&rsquo;y aura probablement pas d&rsquo;essai randomisés sur des enfants alors, ces données peuvent être utiles.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le groupe <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ejhf.3244">insuffisance cardiaque</a> de l&rsquo;ESC a assoupli les quantités de sel recommandées en cas d&rsquo;insuffisance cardiaque. On en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n351.html">ici</a>. Et en effet, ce groupe recommande désormais un apport en Na+ normal, donc inférieur à 4g soit 10g de sel (NaCl) par jour et un apport hydrique normal (entre 1.5L et 2.5L/jour) voir plus selon la soif en dehors d&rsquo;épisodes aigus.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgcljtyxq8oUtHfkKn5omQTCmTYTpk4w4dhFzS0MpKE78n3AT1iPQ3JRs4FnsysBykv_3ay7rDM3b2-6EVhEaT8Ezuq_S77S-8j-Kv727T524OrJHDQ-n5_tmT5pg-TAVD4btPw8mEn2uUnUdDyexj3NnauTEbEJApFAVCY63J3u10xykJUQjNff1x5XpBb/s1654/insuffisance%20cardiaque%20sel.jpg"><img src="/images/articles/2024/insuffisance-20cardiaque-20sel.jpg" alt=""></a></p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>En plus de l&rsquo;épidémie de coqueluche signalée par &ldquo;DGS Urgent&rdquo;, il y a une épidémie de <a href="https://www.ecdc.europa.eu/en/publications-data/risks-posed-reported-increased-circulation-human-parvovirus-b19-eueea">parvovirus B19</a> signalée par le CDC européen. Les risques pour la population générale sont faibles, mais modérés pour les femmes enceintes (estimation de 30% des femmes pouvant être atteinte avec un faible pourcentage de complications), les patients immunodéprimés (risques de cytopénies et de défaillance d&rsquo;organes) et les patients avec hémoglobinopathie (risque d&rsquo;érythroblastopénie aiguë transitoire). Il faut donc être particulièrement vigilant pour ces populations en cas de contage.</p>
<p>Après l&rsquo;échec du Nirmatrelvir-ritonavir en traitement aigu du Covid dans une population vaccinée (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/04/dragi-webdo-n437.html">ici</a>), il a été testé en post-covid, chez les patients ayant des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2819901">séquelles post-covid</a> (majoritairement asthénie, brouillard mental et douleurs diffuses). Le traitement antiviral donné pendant  15 jours versus placebo n&rsquo;a pas montré de bénéfice non plus chez les patients pour soulager leurs symptômes.</p>
<p>5/ Néphrologie</p>
<p>Voici un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra1510603">NEJM</a> portant sur les troubles liés au magnésium (norme: 1.7 à 2.4 mg) et aborde notamment les hypomagnésémies (les hyper étant très rares et majoritairement iatrogènes chez des patients avec insuffisance rénale). La 1ère chose à retenir, c&rsquo;est que l&rsquo;hypomagnésémie est fréquente, atteignant 3% à 10% de la population générale, avec une majorité de patients asymptomatiques. Quand il y a des symptômes, ils sont non-spécifiques tels qu&rsquo;une fatigue, des crampes ou une faiblesse musculaire, ce qui peut expliquer un sous-diagnostic d&rsquo;après les auteurs. Cependant, l&rsquo;hypomagnésémie est généralement associée à d&rsquo;autres troubles électrolytiques (notamment hypocalcémie, hypokaliémie et alcalose métabolique), l&rsquo;absence d&rsquo;autres troubles ioniques rend moins probable le diagnostic. Enfin, certains traitement peuvent favoriser l&rsquo;hypomagnésemie: antibiotiques, diurétiques, IPP, immunosuppresseurs et chimiothérapies.</p>
<p>6/ Oncologie</p>
<p>Alors que l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/04/dragi-webdo-n396.html">USPSTF</a> ne recommandait pas bénéfice au dépistage systématique des cancers cutanés, le <a href="https://www.cnge.fr/wp-content/uploads/2024/06/240606_CS_dermato_vsite.pdf">CS du CNGE</a> a également publié un avis sur la question. Les conclusions sont concordantes, avec un nombre de patients à dépister estimé à 34 000 pour éviter un décès par cancer cutané et un surdiagnostic d&rsquo;environ 50%, le dépistage systématique ne peut être recommandé. Cependant, un dépistage ciblé selon les facteurs de risque et le développement de la dermoscopie en MG pourrait permettre de cibler les adressages aux dermatologues.</p>
<p>Reparlons un peu du dépistage du cancer de la prostate. Cette étude d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-1504">Annals of internal medicine</a>
a évalué via des modèles de micro-simulation, les bénéfices et le
rapport coût-efficacité d&rsquo;un dépistage primaire par IRM versus PSA. Les
auteurs trouvent que le dépistage par PSA est plus coût-efficace que de
dépister par une IRM directement. L&rsquo;IRM réduirait la mortalité par
cancer chez 2 à 3 patients pour 1500 à 4000 biopsies supplémentaires et
38 à 124 surdiagnostics.</p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePetronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°445 : Statines/sujet âgés, IEC/sujets noirs, circoncision volontaire/IST, auto-spirométrie, prurit chronique, semaglutide, Coffee Rush</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/06/dragi-webdo-n445/</link><pubDate>Wed, 05 Jun 2024 23:40:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/06/dragi-webdo-n445/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><category>Dermatologie</category><category>Oncologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Merci énormément pour vos remerciements, encouragements et les coups de pouce! (Vous pouvez toujours nous soutenir par <a href="https://www.lepotcommun.fr/pot/wab95hk4">ici</a>, merci!!)</p>
<p> Concernant les réponses au questionnaire:</p>
<ul>
<li>
<p>Vous êtes à 85% généralistes ou internes de MG, 11% d&rsquo;autres spécialités médicales, et aussi des kinés, des psychologues, des infirmiers, des pharmaciens, des sages femmes, des patients, des journalistes et de rares industriels du médicament.</p>
</li>
<li>
<p>Vous êtes  85% de lecteurs hebdomadaires et 43 % à utiliser le blog dans la pratique quotidienne ! Ce qui ne le font pas encore, n&rsquo;hésitez pas à parcourir les onglets par discipline pour retrouver rapidement en consultation des infos que vous auriez lu!</p>
</li>
<li>
<p>Dans les innovations, 67% seraient en faveur d&rsquo;articles de pédagogie médicale de temps en temps,  42 % d&rsquo;articles anciens historiques sur la médecine d&rsquo;une autre époque, 40% d&rsquo;article sur l&rsquo;économie des soins et 20% plus d&rsquo;articles de jeux de société. Je vais voir ce que je peux faire.</p>
</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiU4GlmKh2ftzYSM1SYsD0zgq4ZzHf2uq6kEVhTxKZ1_eoe5Lzu9EEMVAwVxOQSMi6_BJEnE0DcsjOO09ReL8LAOZ47e97P0jp08AZISWewoFc-5l4qa7xZXkJCt547ClEa5rvA0UDGUeVCLAVno6JUDgXgQ0OQ7lBU_7S1Vy1oQIireegPeosE0GzXPhYS/s612/istockphoto-956610888-612x612.jpg"><img src="/images/articles/2024/istockphoto-956610888-612x612.jpg" alt=""></a></p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Nous avions vu en 2018 que le bénéfice des statines semblait disparaître à 75 ans (85 ans si diabète) dans une <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/09/dragi-webdo-n194.html">étude</a> de cohorte. Voici un <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M24-0004">essai</a> émulé concernant l&rsquo;efficacité des statines après 75 ans. Un essai émulé consiste a reprendre des patients dans d&rsquo;autres essais et à les apparier avant de comparer le suivi que des nouveaux groupes de patients constitués avec les données déjà existantes issues des essais initiaux. Ainsi, chez les patients entre 75 et 85 ans, le traitement par statine était associé à une réduction absolue du risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire à 5 ans de 1,2% (soit NNT de 84 à 5 ans, environ 417 par an), et après 85 ans, une réduction à 5 ans de  4.4% (soit NNT de 23 à 5 ans et 114/an). Il n&rsquo;y avait pas de sur-risque d&rsquo;effets indésirables lié à la prise de statines. Deux principales limites:1/ la base de données source est une base de données de Hong Kong, donc des patients non-européens, et 2/ la base de données n&rsquo;étant pas dédiée, certains éléments pouvant être manquant (évènements CV, EI, facteurs de confusion). Donc on n&rsquo;est pas encore à du très haut niveau de preuve, mais ces données viennent s&rsquo;ajouter en faveur d&rsquo;une poursuite des statines chez les sujets âgés.</p>
<p>On a coutume de dire que les IEC sont moins efficaces chez les sujets noirs. On avait vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/10/dragi-webdo-n201.html">ici</a>, qu&rsquo;en bithérapie, ils retrouvaient leur efficacité. Cette revue systématique du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2819299">JAMA</a>, incluant des essais randomisés dans l&rsquo;insuffisance cardiaque à FEVG altérée, conclue à l&rsquo;efficacité des IEC chez les sujets noirs insuffisant cardiaque avec des écarts faibles entres les non-noirs et noirs (bénéfice légèrement moindre chez les noirs mais taille d&rsquo;effet similaire). Cependant, quand on regarde les analyses, incluant quand même 8000 patients noirs randomisés au total, il n&rsquo;y a pas de réduction significative d&rsquo;hospitalisation pour insuffisance cardiaque ou de mortalité cardiovasculaire. Ça pose quand même question&hellip;.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Cet <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-3317">essai</a> randomisé a comparé la posthectomie volontaire &ldquo;dans les 3 mois&rdquo; versus &ldquo;différée à 12 mois&rdquo; dans la survenue d&rsquo;IST chez des patients HSH avec plus de 2 partenaires dans les 6 derniers mois. Après 12 mois de suivi, les 124 patients circoncis avaient un risque de VIH inférieur aux 123 non circoncis (0 vs 5, NNT=25 patients par an). Il n&rsquo;y avait pas de différence pour la syphilis, HSV et HPV. Il n&rsquo;y a pas eu de différence de pratiques sexuelles au cours du suivi entre les 2 groupes non plus.</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2815816">revue</a> systématique a étudié l&rsquo;intérêt des test rapides pour détecter les virus respiratoires aux urgences. Les auteurs trouvent que l&rsquo;utilisation des tests ne réduisait pas la consommation d&rsquo;antibiotiques, la durée de séjour ou les hospitalisations. Cependant, les tests étaient associés à une augmentation de la prescription des antiviraux anti-grippe (+33%) et à une réduction des réalisations de radiographies thoraciques (-12%). Les auteurs concluent donc que l&rsquo;utilisation des tests en routine aux urgences ne semble pas justifiée au vue des bénéfices limités.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Après le développement des spirométries chez les généralistes, des auteurs proposent l&rsquo;<a href="https://openres.ersjournals.com/content/10/3/00937-2023">auto-spirométrie</a> au domicile. L&rsquo;auto-spirométrie est réalisée au rythme de 2 fois par semaine pendant 3 semaines et sous estime légèrement le VEMS (-0,1L) et la CV (-0,03L), avec un coefficient de corrélation avec des mesures au cabinet de  0,97 ( un coefficient à 1,0 étant la corrélation parfaite). Cela pourrait faciliter le suivi des patients.</p>
<p>4/ Dermatologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2819296">JAMA</a> aborde le prurit chronique, qui peut être inflammatoire (majoritairement eczéma, psoriasis et dermatite séborrhéique), neuropathique (post zostérien par exemple) ou mixte. En l&rsquo;absence de cause évidente, le bilan comporte une NFS, GAJ, EAL, bilan hépatique complet, créatininémie, CRP et TSH, puis secondairement et selon la clinique, VIH, ferritine, EPP, RXT, IgG, et recherche d&rsquo;anticorps de pemphigoïde bulleuse. Voici l’algorithme proposé :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjNslGTLXAEyD1tBI4HWJvFniA2lej_G8ZKxygqTolItjvI3UG2UWLpRqYFNcs-s8r2yV8V0ut94gMpTxRQb9wt6FnUmPgpPEWoxU2CFk4Mx_iVZqDE5R_UbZh2NswWNyllSTk298u_koo5f0UCsjYyM0xiaHdbJpUKNa_3CubG1i-5c-XfxuBBn7S63fUa/s1958/prurit.png"><img src="/images/articles/2024/prurit.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Oncologie</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2819352">étude</a> de cohorte a inclus 2155 patients avec un cancer de prostate localisé et un PSA moyen de 5ng/mL et les a suivis pendant 7 ans environ. Le traitement initial était une surveillance active et au cours du suivi 40% des patients ont eu un traitement par prostatectomie/radiothérapie. Il y a eu 21 patients devenant métastatiques et 3 décès par cancer de la prostate, soit un risque à 10 ans de métastase de 1,4% et de mortalité spécifique de 0,1%. Ainsi, la surveillance active semble une procédure adaptée pour limiter les traitements inutiles.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>On parle régulièrement du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/11/dragi-webdo-n115.html">semaglutide injectable</a> qui réduit les évènements cardiovasculaires dans le diabète (la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n232.html">version orale</a> étant possiblement efficace sur la mortalité). L&rsquo;essai <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2403347">FLOW</a> publié dans le NEJM a randomisé des patients diabétiques de type 2 avec DFG entre 50 et 75ml/min + R.a/c &gt;300mg/g ou DFG &lt; 50ml/min et R.a/c &gt; 100mg/g, en semaglutide 1mg SC/semaine et placebo. Il y avait 77% des patients en prévention primaire cardiovasculaire. A 3,5 ans de suivi moyen, il y avait moins d&rsquo;évènements rénaux dans le groupe traitement (CJP composite, NNT= 23), puis de façon hiérarchique, moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires (NNT= 42) et moins de décès toute cause (NNT= 34). La multiplicité des tests a bien été prises en compte pour assurer ces résultats, et l&rsquo;essai a été interrompu prématurément compte tenu de ces résultats. Bien que Novo Nordisk ait réalisé les analyses, un comité indépendant aurait vérifié les analyses réalisées. Bref, le semaglutide devient un des traitements du diabète réduisant probablement la mortalité globale en prévention primaire chez les patients avec néphropathie diabétique avec albuminurie (l&rsquo;autre étant le liraglutide en prévention secondaire).</p>
<p>7/ Le jeu du mois : Coffee Rush</p>
<p>&ldquo;Coffee Rush&rdquo; est un jeu familial et dynamique dans lequel vous tenez un petit café. Vous devez préparer les commandes des clients en récoltant les ingrédients requis pour chaque boisson commandée. Pour cela, il suffit de déplacer son pion sur le tableau des ingrédients pour en obtenir jusqu&rsquo;à 3 par tour. Quand la boisson est prête: on envoie ! Cela permet de rapporter des &ldquo;likes&rdquo; (les points de victoire). Cependant, si on met trop de temps (plus de 4 tours pour envoyer), le client est mécontent et cela donne des points négatifs! L’interaction entre les joueurs est omniprésente, que ce soit pour choisir les ingrédients ou en subissant leurs commandes: en effet, chaque commande envoyée par un adversaire fait que vous récoltez autant de nouvelle commande à réaliser. Au total, c&rsquo;est un jeu simple et fun, avec un visuel très agréable (des petites tasses qu&rsquo;on remplit d&rsquo;ingrédients), avec un peu de stratégie dans le choix des commandes et de celles qu&rsquo;on choisit de ne pas réaliser (parce qu&rsquo;on ne peut pas tout faire). Seul bémol, à 4 joueurs, le dernier à jouer semble très désavantagé. Amusez-vous bien !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg14IwXt-ETHZO74RkJvio6mqcj85QOQdY06sEhDhl-r3hDkAiDx68mZS-_JJ0e3f23s3PDp7BzkBaKVr_afSy-9lMB15jEQoDvMlnGgnvf8YmRu1QJSWjlti1_96lIL4s1FA9d8aeL5Vg4dqDUjL1tn2s88K0R9MHx91JMV3jbtPK9jQqp9bdd2aGYRcN3/s4624/20240511_173748.jpg"><img src="/images/articles/2024/20240511-173748.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine!  Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez
votre adresse mail tout en haut à droite sur la page <em>(sans
oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail provenant de
&ldquo;<a href="mailto:hi@follow.it">hi@follow.it</a>&rdquo; et intitulé &ldquo;Veuillez confirmer votre abonnement à
Médicalement Geek&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos
spams)</em></p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°444 : Déficit hypophysaire, BPCO (PEC précoce/dupilumab), nirsevimab, THM, écho foetales, SOPK, krill, #10Ans</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/05/dragi-webdo-n444/</link><pubDate>Mon, 27 May 2024 22:25:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/05/dragi-webdo-n444/</guid><category>Gynécologie</category><category>Pneumologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour
à tout le monde !! Voilà, ça fait déjà 10 ANS que DragiWebdo parait
toutes les semaines !!!!!! Alors, merci à tous pour votre fidélité, vos
commentaires et les échanges sur les réseaux ou ailleurs ! Merci à ceux
qui nous ont soumis des articles, aux correcteurs récurrent ou
occasionnels et bien sûr à @DrePetronille pour son implication et les
évolutions passées et à venir du blog !</p>
<p>Pour faire un peu le point sur ce que vous souhaiteriez, voici un questionnaire rapide pour que vous fassiez des suggestions : <a href="https://forms.gle/LnQWzEx8x85vjcxk8">QUESTIONNAIRE 10 ANS DU BLOG</a> .</p>
<p>Le
blog restera bien évidemment gratuit, il y a peu de frais: un nom de
domaine et du temps perso (le mailing est gratuit, d&rsquo;où les pub
absolument pas toujours adaptées qui font parfois sourire en bas des
mails).</p>
<p>Cependant, si vous souhaitez nous soutenir, nous remercier ou autre, vous pouvez toujours le faire en <a href="https://www.lepotcommun.fr/pot/wab95hk4">CLIQUANT ICI</a> ou sur le bouton permanent en haut à droite de la page &ldquo;le petit coup de pouce&rdquo;.</p>
<p>Merci encore et bonne lecture !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgy66FNXfAArJPhVd6cP6RyrvFk_bb_bDNC2Ice9FPcQ33bkiDG4yXFiM1XjNhDXCr-NU0bc8R00EgWcoqfKutolevXxOSzVgNpVrXM6tK-BTnxxpv_N1hMn9chD4aojbkKzMJvvEVrmEq6KRyQMOHrUwXgJ_JcqCV3V4dQS5UOS19XLO6u_RcE27h5D-C7/s672/10th.png"><img src="/images/articles/2024/10th.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Gynécologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(24)00538-5/fulltext">Lancet</a> a
évalué la chirurgie bariatrique versus RHD chez des patientes avec IMC</p>
<blockquote>
<p>35kg/m2,  et un SOPK. Chez 80 patientes incluses, d&rsquo;âge moyen de 32
ans, les auteurs trouvent qu&rsquo;il y a eu, à 1 an de l&rsquo;intervention : 6
ovulations dans le groupe opéré contre 2 dans le groupe non opéré. On ne
sait pas s&rsquo;il y eu des grossesses menées à terme, et il y avait  des
effets indésirables chez 66% des patientes opérées vs 30% des patientes
non opérées. Le SOPK ne sera probablement pas à lui seul une indication
chirurgicale, mais la chirurgie pourrait apporter un bénéfice sur le
plan de la fertilité.</p>
</blockquote>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD014715.pub2/full">Cochrane</a> a
évalué la précision des échographies foetales. Les auteurs concluent
que l&rsquo;écho T1 permet de repérer 91% des anomalies létales mais
seulement  37% des foetus avec une anomalie (létale ou non). Le taux de
faux positif est faible, inférieur à 0,1%. Une écho T2 unique
dépisterait 50% des anomalies avec 0,2% de faux positifs. Enfin, une
stratégie de dépistage en 2 étapes (T1 puis T2) permet de dépister 83%
des anomalies avec  0,1% de faux positifs.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2818206">étude WHI</a>
(women&rsquo;s health initiative) est une des plus grosses études sur la
santé des femmes, incluant des femmes dans les années 1990 avec un suivi
de plus de 20 ans, combinant essai randomisé et suivi de cohorte. La
synthèse des données conclut qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de bénéfice à un traitement
hormonal de la ménopause pour réduire le risque cardiovasculaire, la
mortalité ou autres maladies chroniques. On voit le sur-risque d&rsquo;EP et
d&rsquo;AVC notamment. Le bénéfice est cependant présent pour réduire les
symptômes invalidants de ménopause lors d&rsquo;un traitement entrepris avant
l&rsquo;âge de 60 ans (après la balance bénéfice risque devient négative).
Enfin, la supplémentation systématique en calcium et vitamine D ne
réduit pas le risque de fractures ostéoporotiques (et on peut même noter
un sur-risque chez les 50-60 ans)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiBL-SLpnUZQ48eNM3DxoeXFH6XlWG0C4RlLlCwm4Vt0yn3_dE_GyPA6VyrHRLhhsGyg75yJToJ72HjQ5mZUP8-8xpuSVVcHAihiBId1_WsrPCH85UtyPPDMLA4h7gLOuCNheQz2z4rwi3uTLGZ_ASCsrHvwcrRO4kghgLvdFx9rLwmu_-e9aTZQVTMvE68/s1696/whi.png"><img src="/images/articles/2024/whi.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Cet article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2401389">NEJM</a> a
randomisé 600 patients avec asthme ou BPCO non diagnostiqués en se
basant sur des questionnaires diffusés largement portant sur d’éventuels
symptômes respiratoires (toux, dyspnée, crachats, sifflements&hellip;) puis
un questionnaire &ldquo;diagnostique&rdquo; asthme/BPCO avant d&rsquo;avoir une
spirométrie. Le groupe traitement était &ldquo;adressage immédiat à un
pneumologue + un éducateur asthme/BPCO&rdquo; versus &ldquo;soins courant&rdquo; (=adressé
au généraliste). Sans grande surprise, le critère de jugement (recours
aux soins pour évènement respiratoire) était réduit de 50% dans le
groupe intervention (0,53 évènements/an versus 1.12 évènements/an), et
le contrôle des maladies était meilleur. En effet, cela peut être
rapport au fait qu&rsquo;il y ait des cours d&rsquo;éducation thérapeutique dans le
groupe intervention et aussi au fait que 13% des patients seulement du
groupe intervention était sans traitement de fond, versus 50% dans le
groupe soins courant. Cependant, cette différence significative peut
être discutée: une consultation tous les 2 ans d&rsquo;écart entre les
groupes, c&rsquo;est peu, sans différence non plus sur les hospitalisations,
et les améliorations de qualité de vie globale, de qualité de vie
respiratoire et de symptômes respiratoires du groupe intervention
n&rsquo;atteignaient pas le seuil de pertinence clinique (SF-12, CAT et SGRQ).
Au final, le bénéfice ne semble pas si énorme, mais effectivement,
permettre de l&rsquo;éducation thérapeutique et adapter les traitements en
médecine générale permettrait de réduire légèrement l&rsquo;écart retrouvé
dans cette étude.</p>
<p>Chez
des patients BPCO avec éosinophiles &gt;300/mm2 sous trithérapie
LAMA+LABA+CSI ayant encore 2 exacerbations dans l&rsquo;année ou 1 sévère, on
est assez démuni. Cet <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2401304">essai</a> randomisé
a comparé le dupilumab versus placebo. Le traitement par anticorps
monoclonaux a permis de réduire le risque d&rsquo;exacerbation de 36% (0.9/an
versus 1.3/an) sans augmentation significative des effets indésirables.
Peut être une option à discuter chez ces patients.</p>
<p>On a parlé récemment (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/08/dragi-webdo-n407.html">ici</a> ou <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/10/dragi-webdo-n413.html">là</a>)
du Nirsevimab (Beyfortus), avec une efficacité probable sur une
réduction du nombre d&rsquo;hospitalisations chez tout nourrisson mais non
formellement démontrée, et une efficacité bien démontrée en cas de
nourrisson avec facteurs de risques. On en sait un peu plus sur son
utilisation future : le <a href="https://francais.medscape.com/s/voirarticle/3611419?ecd=soc_tw_240524_mscpfr_news_mdscp,peds,id_bronchiolite">nirsevimab</a> sera
donc remboursé à 30% pour un prix de 401,8€ en France, les indications
de remboursement étant avec ou sans facteurs de risques non éligibles au
palivizumab et ceux avec facteurs de risque éligibles au palivizumab.
Donc soit, ça ne sera pas fait, soit ça ne sera pas remboursé avec 280
euros de reste à charge impayable pour les patients qui en auraient le
plus besoin (le risque d&rsquo;hospitalisation étant supérieur chez les
familles CSP- par rapport au CSP+), soit les mutuelles vont rembourser
mais si c&rsquo;est le cas la facture va fortement augmenter car ça ferait
 220 millions d&rsquo;euros à débourser pour elles chaque année (mais pas
d&rsquo;inquiétude, il n&rsquo;y aura probablement pas le stock suffisant pour
tout le monde).</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Les
Krill sont des petits crustacés des mers du Nord notamment, et certains
ont cherché à en faire de l&rsquo;huile et à l&rsquo;injecter dans le genou des
gens (vu que l&rsquo;acide hyaluronique ne marche pas, que le PRP aussi,
fallait bien tester quelque chose&hellip; enfin, ils ont pas encore injecté
de la vitamine D directement dans le genou, mais on est pas loin de
l&rsquo;injection de huile de foie de morue) Cet essai randomisé du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2819125">JAMA</a> a donc testé les injections d&rsquo;huile de krill dans la gonarthrose. Soyons brefs, ça ne fonctionne pas.</p>
<p><a href="/images/articles/2024/avvxseien91ypplewynbq-zecmtlned7nc3ojtpg0cw8uaqkzvufh1krnq-ar57brzazspdii9cxg7f4hcnsrqw2nykf6yxt4xjmwy5lyw-aes0sxhhueyhrii-4f7kp0yvzoa0ktrkthlwtjj4xrpprkick7cansd9n-bwijy8kfzv2rt727gg-wefbaruhns.jpeg"><img src="/images/articles/2024/avvxseien91ypplewynbq-zecmtlned7nc3ojtpg0cw8uaqkzvufh1krnq-ar57brzazspdii9cxg7f4hcnsrqw2nykf6yxt4xjmwy5lyw-aes0sxhhueyhrii-4f7kp0yvzoa0ktrkthlwtjj4xrpprkick7cansd9n-bwijy8kfzv2rt727gg-wefbaruhns.jpeg" alt=""></a></p>
<p><em>Image de macrovector sur Freepik</em></p>
<p>4/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(24)00342-8/abstract">Lancet</a> aborde
l&rsquo;hypopituitarisme. Forcément, c&rsquo;est assez complet et spécialisé car il
y a les signes pour chaque déficit et le dosage auquel initier chaque
traitement substitutif. Comme un déficit central limité ou global sera à
orienter à un endocrinologue, on va se focaliser sur le gros tableau
récapitulatif de dépistage:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEggTDbkYmUn79xpApnjwSqh3flvtRSge_pNH4sMaxCoPT2VC7hrq3jPBGw27bFxQ8uLD22RUytwIBanKfZMH5_01GAEN1iL5mybsho7pVW-taDzK5Ve8rrp_6AuYlx_05zbVzam2CZ4nqAXzclZjOlBOceQKbfxAEtW6pfFNFLpY-ZeKgsys9ejbLYMr2F2/s910/d%C3%A9ficit%20hypophysaire.png"><img src="/images/articles/2024/d-c3-a9ficit-20hypophysaire.png" alt=""></a></p>
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de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail provenant de &ldquo;<a href="mailto:hi@follow.it">hi@follow.it</a>&rdquo; et
intitulé &ldquo;Veuillez confirmer votre abonnement à Médicalement Geek&rdquo;, qui
vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams)</em></p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°443 : Angines (CNGE), AOMI (AHA/ACC), endocardite (HAS), dapagliflozine/empagliflozine, dermatite de contact, endométriose, traitements en oncologie, burnout MG</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/05/dragi-webdo-n443/</link><pubDate>Fri, 24 May 2024 17:08:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/05/dragi-webdo-n443/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Dermatologie</category><category>Gynécologie</category><category>Oncologie</category><category>Médecine générale</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Le Semaglutide oral est en train d&rsquo;arriver doucement, et ce sera plus pratique que les traitements injectables. Voici quelques données exposées au <a href="https://twitter.com/DrRaniKhatib/status/1790008283572379980">congrès</a> d&rsquo;insuffisance cardiaque américain. Il faudrait le prendre avec un petit verre d&rsquo;eau (50ml) et ne rien manger d&rsquo;autre pendant 30-60min (voire 120min) après la prise pour améliorer l&rsquo;absorption. L&rsquo;absorption de 14mg de semaglutide oral correspond à 1mg SC.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIR.0000000000001251">AHA/ACC</a> américaine a publié des recommandations concernant la prise en charge de l&rsquo;AOMI. Les auteurs décrive 4 catégories: asymptomatique, symptomatique, ischémie menaçante chronique et ischémie aiguë. Le diagnostic repose sur des IPS &lt; 0.9 (mesure de la pression à l&rsquo;orteil si IPS &gt; 1,4), avec une recherche recommandée chez les patients symptomatiques (grade I), proposée si asymptomatique et facteurs de risque (&gt; 65 ans ou &gt; 50 ans avec FDRCV ou diabète) (grade IIb), et non recommandé dans les autres cas. Si l&rsquo;IPS est normal malgré une forte suspicion, un IPS d&rsquo;effort est recommandé.  Un Doppler artériel est suggéré au diagnostic, mais recommandé fortement avec l&rsquo;angioscanner (l&rsquo;un ou l&rsquo;autre) chez les patients symptomatiques malgré le traitement médical pour lesquels une revascularisation sera envisagée. Un antiagrégant est recommandé chez les patients symptomatiques (grade 1A) en privilégiant le clopidogrel à l&rsquo;aspirine, et le rivaroxaban  2.5x2/j est recommandé pour réduire les évènements chez les patients symptomatiques également (grade 1A) (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/11/dragi-webdo-n160.html?m=1">ici</a>, au vu les risques, pas si sûr que la balance B/R soit favorable chez tous les patients comme noté dans la reco). Chez les patients asymptomatiques, les auteurs recommandent un AAP (&ldquo;avis d&rsquo;expert&rdquo;, d&rsquo;ailleurs non recommandé d&rsquo;après l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/08/dragi-webdo-n148.html">ESC</a>). Le cilostazol (non disponible en France) est efficace pour améliorer la distance de marche en cas de claudication (pas d&rsquo;effet sur les évènements ischémiques). Un traitement par statine est recommandé pour une réduction de 50% du LDLc et l&rsquo;intensification proposée si LDLc &gt; 0,7g/L. La cible de TA est à  130/80 en privilégiant un IEC ou un ARAII. En cas de diabète, aglp1 et isglt2 sont recommandés (et pas de cible d&rsquo;hBA1C notée). Penser: sevrage tabagique, marche active, inspection des pieds et vaccination antipneumococcique. Si après tout ça, le patient est toujours symptomatique, la revascularisation se discute en cas de sténose significative aorto-iliaque ou fémoro-poplitée voire fémorale commune, mais sans bénéfice démontré si atteinte isolée infra-poplitée. Et dans le pire cas on arrive à l&rsquo;amputation. Dans tous les cas le traitement médical sera à poursuivre.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjC9BUHAurIGdhOWabX2sKn9j7nMKXRDu7KuqucppsrFoydeyi76nSfcS7ka88ESX3_87H0NGUo7GW8JSojZuTflvzhyDwLyT3uvJ0_5bW2lCZsx_RntIdXJih3xRRq_EGTFu1nKV2a7djsD4V4GGp5_5V7OKyW1TpXVQWfmJSwgbYGHFyYIjeD6FVMuz26/s1748/AOMI.png"><img src="/images/articles/2024/aomi.png" alt=""></a></p>
<p>Cette étude de cohorte comparative du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2818219">JAMA network</a> incluant 28 000 patients insuffisants cardiaques a comparé le risque d&rsquo;hospitalisation et de mortalité (critère composite) de ceux ayant un traitement par empagliflozine et ceux ayant un traitement par dapagliflozine. Les patients sous empagliflozine avaient un risque d&rsquo;évènement plus faible que ceux sous dapagliflozine à 1 an (32.2% vs 34.8%), de façon similaire dans les sous-groupes IC à FE préservée et à FE réduite. C&rsquo;est intéressant et à confirmer, car en essai randomisé, l&rsquo;empagliglozine ne réduisait que le critère composite cardiovasculaire alors que la dapagliflozine réduisait la mortalité cardiovasculaire (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n330.html">ici</a>).</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Le conseil scientifique du <a href="https://www.cnge.fr/wp-content/uploads/2024/05/240430_CS_CNGE-angine_Vsite.pdf">CNGE</a> a présenté un avis concernant la prise en charge des angines. Compte tenu du bénéfice faible de l&rsquo;antibiothérapie (réduction des symptômes de moins de 1 jour), il propose de ne pas faire de streptatest chez les patients avec symptômes modérés car le bénéfice de l&rsquo;antibiothérapie serait minime et augmenterait le risque de résistance ultérieure. Ce n&rsquo;est pas une recommandation, mais cela pourrait correspondre à un algorithme de ce type :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgI95pzHCgWmcxMgqkUFvIo00kRUf21G9iRF6TieyttvldAPjU8tTyY1-ETk0x8gU0rXnqrU6bXV7hdorozVsZyShoXw9hCiTeww9Sixqbi6bc0EzKBAklvMbe7kgdXfSKW4cmHJXO9XZD-y_XaKt1RTsZcHrRiUbtRV4D1ptuJpdY-ZUeosv_PQqyrlVht/s919/angine.png"><img src="/images/articles/2024/angine.png" alt=""></a></p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3301328/fr/prise-en-charge-bucco-dentaire-des-patients-a-haut-risque-d-endocardite-infectieuse">HAS</a> a publié des recommandations concernant les soins bucco-dentaires chez les patients à risque d&rsquo;endocardite. Les patients à haut risque sont ceux avec antécédent d&rsquo;endocardite, porteurs de valves prothétique ou autre matériel de réparation valvulaire, porteurs de cardiopathie congénitale cyanogène ou opérée, et porteurs de pompe d’assistance ventriculaire. Une prophylaxie n&rsquo;est recommandée que pour les actes dentaires invasifs chez les patients à haut risque (pas chez les patients à risque intermédiaires tels que les valvulopathies non traitées, CMH, autres cardiopathies congénitales et pacemaker). Cependant, certains actes restent contre indiqués même avec prophylaxie (coiffage pulpaire en denture permanente mature, pulpectomie de dents temporaire, usage de membranes de régénération osseuse, traitements de la péri-implantite). La prophylaxie repose sur un bain de bouche à la chlorexidine pendant 1 minute avant le geste et à l&rsquo;antibioprophylaxie 1 heure avant le geste : amoxicilline 2g ou 50mg/kg  per os, ou azythromycine 500mg ou 15mg/kg per os.</p>
<p>4/ Dermatologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2818663">JAMA</a> aborde les dermatites de contact liées au sumac vénéneux. Il y en a très peu en France, mais comme il y a d&rsquo;autres plantes responsables de ce genre de dermatites à cause de la toxicité de la sève, parlons-en. La dermatite (éruption prurigineuse, érythémateuse parfois pseudo-vésiculeuse) se développe entre 24h et 48 heures après le contact (parfois jusqu&rsquo;à 3 semaines après), et peut, par l&rsquo;intermédiaire des vêtements ou des objets touchés affecter des zones non exposées &ldquo;classiquement&rdquo;. L&rsquo;évolution sera favorable en 1 à 3 semaines. Les traitements sont essentiellement symptomatiques : se laver pour éviter la propagation, compresses humides, baumes apaisants. Les dermocorticoïdes permettent de limiter le prurit et les vésicules. Les antihistaminiques sont inefficaces sur le prurit de la dermatite de contact mais peuvent soulager en favorisant l&rsquo;endormissement. Enfin, les corticoïdes oraux ou IV peuvent être nécessaires dans les formes sévères (visage, OGE ou &gt; 20% de surface corporelle)</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Un essai randomisé du <a href="https://www.bmj.com/content/385/bmj-2023-079006">BMJ</a> a comparé un progestatif de longue durée d&rsquo;action (injectable ou DIU au lévonorgestrel) versus une contraception orale combinée dans le soulagement des douleurs liées à l&rsquo;endométriose. A 3 ans, le score de douleur d&rsquo;endométriose (EHP-30 pain) avait été amélioré de 40% environ sans différence significative entre les 2 groupes. Il y avait un peu plus de périodes de règles et possiblement plus de d&rsquo;interventions chirurgicales sous COP (bien que les auteurs l&rsquo;affirment, l&rsquo;intervalle de confiance contient 1, donc pas de différence significative). Il aurait été intéressant de comparer la prise continue de COP avec une prise discontinue&hellip; Bref, les 2 options semblent tout à fait valables sans qu&rsquo;une semble supérieure à l&rsquo;autre.</p>
<p>6/ Oncologie</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamaoncology/article-abstract/2818763">JAMA</a> oncology a inclus 75 000 patients atteint de cancers via des bases de données américaines. Les auteurs trouvent que, chez les patients avec un stade avancé ou métastatique, les centres de soins proposant beaucoup de chimiothérapies ne permettent pas de réduire la mortalité par rapport à ceux en proposant moins. Les auteurs concluent qu&rsquo;une décision partagée sur le sujet serait probablement bienvenue plutôt que d&rsquo;insister sur des traitements non dénués d&rsquo;effets secondaires, et qu&rsquo;il est nécessaire d&rsquo;aider les oncologues aà identifier quand les traitements deviennent futiles.</p>
<p>Cet autre article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2819132">JAMA</a> a évalué dans une revue systématique le bénéfice sur la survie de participer à des essais cliniques oncologiques pour recevoir des traitements innovants. Lorsque les auteurs analysent toutes les études, il y avait un bénéfice sur la survie. Cependant, en ne considérant que les études à faibles risques de biais ou en ajustant sur le biais de publication, il n&rsquo;y avait plus de bénéfice. Les traitements innovants ne semblent pas si prometteurs au final&hellip;</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(24)00425-2/abstract">Lancet</a> aborde le surdiagnostic et sur-traitement des cancer canalaire in situ dont le nombre a explosé depuis les mammographies de dépistage et qui représentent 15% à 25% des cancers du sein. Les auteurs abordent les 4 essais cliniques ayant proposé une surveillance active dans ces cancers. Ainsi selon la description histologique et le pronostic, une surveillance active peut être proposée dans certains cas. À voir si les recos évoluent dans ce sens.</p>
<p>7/ Exercice médical</p>
<p>Voici un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2818667">JAMA</a> concernant
la désinformation et comment la débunker. Les auteurs conseillent de ne
pas réfuter d&rsquo;emblée mais de faire une inoculation du doute : commencer
par (1) un avertissement puis (2) un pré-bunking : (1) vous avez pu
voir certaines informations peu fiables ou qui ont pour but de vous
manipuler; (2) actuellement, il n&rsquo;y a pas de donnée montrant&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgbMkDmgsHD8uAY9wLOMUL6C2PP52iC4FDY_1wcvvmVcBsIQpHcu6zNNg0vyyK5b8Mm-YPNjt3niCdc289L0ZlhuM8mnG32Hso9RqltdUX93Kkltms7mvI4Q8JGrlN7P-NjDmvMRgGjNza_sqaJn2MKWKftEBd4pHu2OiWFz0kahSh0w5L3S8SR-W0-5Coh/s1472/pr%C3%A9bunk.png"><img src="/images/articles/2024/pr-c3-a9bunk.png" alt=""></a></p>
<p>Enfin, cet article du <a href="https://bjgpopen.org/content/early/2024/05/13/BJGPO.2023.0171">BJGP Open</a> s&rsquo;est intéressé aux facteurs associés au burnout en médecine générale. L&rsquo;épuisement et le désengagement étaient prédits par la perception d&rsquo;une faible qualité du travail, d&rsquo;un faible sens du travail, d&rsquo;une faible clarté du
rôle et par la perception d&rsquo;un haut niveau de conflits vie pro-vie perso. Cependant, ils étaient réduits par un exercice multidisciplinaire (par rapport à mono-disciplinaire seul ou en groupe).</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine!  Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°442 : Iatrogénie, auto-titration HTA, cytisinicline/e-cigarette, fibromes utérins, lupus, zinc/rhume</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/05/dragi-webdo-n442/</link><pubDate>Fri, 17 May 2024 06:32:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/05/dragi-webdo-n442/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Addictologie</category><category>Gynécologie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, un article intéressant de <a href="https://www.nature.com/articles/s41562-024-01841-8">Nature human behavior</a> aborde le &ldquo;toucher&rdquo; et trouve que &ldquo;toucher&rdquo; améliorer la prise de poids et la douleur des nourrissons, et réduit les émotions d&rsquo;anxiété et de dépression chez l&rsquo;adulte. Les bénéfices sur la santé physique étaient similaires que le toucher soit par un humain ou par un robot, mais l&rsquo;humain améliore davantage la santé mentale. Pas de différence non plus entre un toucher effectué par un proche ou un professionnel de santé, sauf chez les nourrissons pour lesquels le contact parental était plus bénéfique. Une explication à &ldquo;l&rsquo;efficacité&rdquo; de l&rsquo;ostéopathie? Faut-il serrer à nouveau la main aux patients? Sur ces réflexions, voici maintenant les articles de la semaine: bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un nouvel <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-2063">article</a> parle de la iatrogénie, cette fois chez des patients consultant en hôpital avec un suivi ambulatoire. En 2018, les auteurs trouvent que 7% des patients ont eu un effet indésirable, lié principalement à un effet secondaire d&rsquo;un médicament, puis à une infection associée aux soins. 17% étaient sévères, 2% ont menacé le pronostic vital, et 23% étaient évitables !</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2818560">essai</a> randomisé s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;autosurveillance et à l&rsquo;auto-titration des antihypertenseurs par les patients. Environ 300 patients ont été randomisés en &ldquo;auto-titration&rdquo; vs soins courants. A 2 ans, les patients du groupe auto-titration avec une tension significativement inférieure de -3,4mmHg de PAS et -2,5mmHg de PAD, sans augmentation des effets indésirables ou dégradation de qualité de vie.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgdFMN0UMH-IEbU3lUOxVSnGM1IrTYx_mB3ZrHpQW8jCtT1sW2Nsx5EjObXRLSkIt16Y3Kn4A9Soc3p0BCgkur-YOH5XZcXnwaIcQLlXKzIaRfNASST0Om3RnEzZKqWsMDzMVhtu9RCYG9oDHWPY87dHr_qz52ZARfmDiHuWtiD23dkJuD16s_MhgiSydLy/s569/HTA.png"><img src="/images/articles/2024/hta.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Addictologie</p>
<p>On a vu que l&rsquo;e-cigarette pouvait améliorer le sevrage tabagique. Mais il faut arriver à se sevrer de l&rsquo;e-cigarette ensuite. Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2818194">essai</a> randomisé a comparé la cytisinicline versus placebo dans le sevrage en e-cigarette chez 160 patients. Il y a eu 31,8% d&rsquo;abstinence dans le groupe traitement et 15,1 dans le groupe placebo (NNT= 6 patients) à 12 semaines de traitement. Un mois après la fin du traitement il restait 25% d&rsquo;abstinence dans le groupe cytisinicline.</p>
<p> </p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2817458">JAMA</a> revient sur les fibromes utérins. C&rsquo;est une pathologie fréquente, atteignant 70% des femmes caucasiennes et plus de 80% des femmes noires. Le diagnostic est généralement suspecté lors d&rsquo;un bilan de métrorragies/dysménorrhées, grâce à une échographie pelvienne. Après 45 ans ou en cas de facteur de risque de cancer ou d&rsquo;hyperplasie endométriale, une biopsie est recommandée devant un risque de 1 à 13 pour 10 000 de léiomyosarcome. La prise en charge est liée aux symptômes, aux désirs de grossesse ultérieurs et aux préférences des patientes. Si un traitement médical est décidé, les AINS sont les traitements de 1ère intention, associés parfois à une supplémentation martiale voire à de l&rsquo;acide tranexamique. En traitement hormonal, les contraceptions oestro-progestatives et progestatives permettent un amincissement de l&rsquo;endomètre. Les traitements chirurgicaux sont lamyomectomie ou l&rsquo;hystérectomie (à éviter avant 40 ans du fait d&rsquo;un léger sur-risque cardiovasculaire et de mortalité, indépendamment de l&rsquo;annexectomie).</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD014914.pub2/full">Cochrane</a> a publié une revue systématique sur l&rsquo;efficacité du zinc dans la prévention et le traitement du rhume. Le zinc n&rsquo;avait pas d&rsquo;efficacité pour réduire la survenue de rhume. Cependant, en traitement du rhume, il semblait réduire la durée des symptômes de 2,3 jours, avec un surrisque d&rsquo;effets indésirables non graves type dysgueusie ou gêne abdominale (NNH= 9) .</p>
<p>6/ Médecine interne</p>
<p>Et si c&rsquo;était un Lupus? Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2817347">JAMA</a> aborde le lupus érythémateux systémique, qui touche à 90% des femmes. Les critères de l&rsquo;EAAR/ACR ont une sensibilité de 96% et une spécificité de 93%. La présentation la plus typique comporte une fièvre, alopécie, érythème cutané, ulcération buccales,  arthralgies avec oedèmes et anticorps anti ADN natif double brin. Le traitement de base repose sur l&rsquo;hydroxychloroquine à vie (réduction des complications et de la mortalité quelle que soit la sévérité de la maladie) à une dose inférieure à 5mg/kg/j, avec un contrôle ophtalmologique initial, à 5 ans puis annuel. Pour limiter les corticoïdes au long cours au maximum, les immunosuppresseurs sont recommandés mais ça c&rsquo;est l&rsquo;interniste qui va gérer.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiN1rIp2spmEJ-j9tCVV_7MLVZ3R4UhdMs0EeLVYaORcl2xm51RNIMujAE0nO8wwyOzvdQjdjtGRHjt0zHR93olWxqgMxu96y6UrG2Ob36UpbACleAZSGmNS42lOW4TmKNegclR-t3wtRbZxNPh8wWs1cmwvSD3IIANPHdyUPnn5YGawz1ubYbWrEbHGUno/s1961/Lupus.png"><img src="/images/articles/2024/lupus.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini!! <strong>Si vous aviez répondu au questionnaire principal</strong> de l&rsquo;étude concernant les cibles thérapeutiques,
nous vous remercions une nouvelle fois énormément par avance si vous pouviez <strong>répondre à
ces 6 courtes questions socio-démographiques</strong> en cliquant <a href="http://up5.fr/preccipit-medecin">ICI</a> ou sur le logo (temps de réponse inférieur à 1 minute!) :</p>
<p><a href="http://up5.fr/preccipit-medecin"><img src="/images/articles/2024/logo-20precipit-6.png" alt=""></a></p>
<p>Merci! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°441 : Mammographie (USPSFT), FA (recos rythmo), sevrage tabagique, asthme résolu, VRS, cystite homme, timing sport, psilocybine, la petite mort</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/05/dragi-webdo-n441/</link><pubDate>Thu, 09 May 2024 00:05:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/05/dragi-webdo-n441/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Vous êtes 400 à avoir répondu à l&rsquo;étude concernant les cibles thérapeutiques dans l&rsquo;HTA, les dyslipidémies et le diabète, merci ! Cependant, un problème dans la base ne nous permet pas d&rsquo;exploiter les données décrivant les participants&hellip;.</p>
<p>Ainsi, <strong>si vous avez répondu au questionnaire principal</strong>, nous vous remercions énormément par avance si vous pouviez répondre à ces 6 courtes questions socio-démographiques en cliquant <a href="http://up5.fr/preccipit-medecin">ICI</a> ou sur le logo (temps de réponse inférieur à 1 minute!) :</p>
<p><a href="http://up5.fr/preccipit-medecin"><img src="/images/articles/2024/logo-20precipit-5.png" alt=""></a></p>
<p>Encore une fois, merci beaucoup et voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>La <a href="https://academic.oup.com/europace/article/26/4/euae043/7639428">Société européenne de rythmologie</a> et d&rsquo;autres sociétés de rythmologie ont publié des recommandations sur les indications d&rsquo;ablation de FA. Il y a un bénéfice en 1ère intention en cas de FA paroxystique symptomatique, ou en cas de FA persistante malgré traitements médicaux et en cas de FA liée à une dysfonction VG. Après l&rsquo;ablation, ils recommandent une anticoagulation préférentiellement par AOD pour au moins 2 mois, selon un avis d&rsquo;expert, mais il pourrait être raisonnable d&rsquo;interrompre l&rsquo;anticoagulation après 12 mois en cas de faible risque d&rsquo;AVC (CHA2DS2-VASc  ⩽ 1 chez l&rsquo;homme et ⩽ 2 chez la femme) en l&rsquo;absence de récidive. Enfin, le traitement antiarythmique n&rsquo;est pas systématique après la procédure.</p>
<p>Chez les patients obèses, une <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/47/5/890/154403/Timing-of-Moderate-to-Vigorous-Physical-Activity">étude</a> de cohorte a comparé le risque cardiovasculaire avec le moment auquel l&rsquo;activité physique est effectuée. Toute activité physique aérobique d&rsquo;intensité modérée à intense était associée à une réduction de mortalité globale, d&rsquo;évènements cardiovasculaires et chez les diabétiques, de complication néphro-, ophtalmo- ou neuro-pathique. Cependant, on peut observer pour chacun de ces critère de jugement, que le risque était plus faible lorsque l&rsquo;activité physique était effectuée en soirée c&rsquo;est à dire entre  18h et 0h (mortalité: OR=  0.39 en soirée vs  0.60 l&rsquo;après midi vs  0.67 le matin). Bref, faites du sport le soir plutôt que le matin !</p>
<p>2/ Oncologie</p>
<p>Bien que le dépistage du cancer de la prostate soit plus que débattu, la <a href="https://evidence.nejm.org/doi/full/10.1056/EVIDoa2300289">fondation du cancer de la prostate américaine</a> (fondation privée), recommande d&rsquo;abaisser le dépistage de 50 à 40 ans chez les &ldquo;black men&rdquo; car ils développeraient un cancer 3 à 9 ans avant les patients caucasiens. On ne sait pas trop s&rsquo;ils veulent dire &ldquo;caraibbean&rdquo; par exposition à la chlordécone par exemple ou tout patient d&rsquo;origine africaine plus ou moins lointaine. Ils disent que cela améliorerait la mortalité par cancer dans cette population, sans augmenter le surdiagnostic&hellip;.</p>
<p>Dans la même idée, l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2818283">USPSTF</a> recommande un dépistage du cancer du sein dès 40 ans aux Etats Unis. Cela repose sur une augmentation épidémiologique des cancers du seins plus avancés chez les patientes défavorisées. Cependant, lorsqu&rsquo;on regarde la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2818284">revue systématique associé</a>e, il n&rsquo;y a pas de données scientifiques justifiant cet abaissement d&rsquo;âge, par rapport au 50 ans (à noter que leurs recos font le yoyo: c&rsquo;était 40 ans, puis ils avait monté à 50 ans en disant &ldquo;décision partagée entre 40 et 50 ans&rdquo;, et là, re 40 ans). En effet, la revue systématique dit &ldquo;les données probantes étaient insuffisantes pour déterminer l&rsquo;âge du début ou de la fin du dépistage. Aucune étude éligible comparant différents âges de début de dépistage n&rsquo;a été identifiée&rdquo;. Compte tenu des autres études sur le dépistage dont nous avions parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/05/dragi-webdo-n99.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/01/dragi-webdo-n123.html">là</a>, dépister à 40 ans réduirait la mortalité par cancer de 3 décès supplémentaires mais serait causerait de 2000 faux positifs et 11 surdiagnostics, soit + de 50% de surdiagnostics dans cette tranche d&rsquo;âge.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Une <a href="https://bjgp.org/content/early/2024/04/29/BJGP.2023.0271">étude</a> de cohorte a comparé le risque d&rsquo;infections respiratoires chez les patients de médecine générale avec asthme actif, asthme résolu (sans traitement depuis 12 mois) et sans asthme connu. Les auteurs trouvent que les patients avec asthme résolu avaient 70% d&rsquo;hospitalisations en moins que ceux avec asthme actif, et une réduction de 95% du risque de consultation en ville pour exacerbation. Les patients avec asthme résolu avaient autant d&rsquo;hospitalisations que les patients sans asthme, mais consultaient 2,3 fois plus fréquemment en médecine générale pour une infection des voies respiratoires basses. On peut donc se poser la question de l&rsquo;indication du traitement de fond chez ces patients avec &ldquo;asthme résolu&rdquo;, mais en l&rsquo;absence de sur-risque évident d&rsquo;hospitalisation, la balance bénéfice risque du traitement de fond par rapport à un traitement en cas de crise uniquement n&rsquo;est pas forcément évidente.</p>
<p>Alors que la HAS pose la question du vaccin VRS pendant la grossesse avec une recommandation prochaine, la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD015134.pub2/full">Cochrane</a> publie une revue systématique montrant des résultats majoritairement portés par un des 6 essais randomisés (18 000 patientes). Ainsi, les auteurs concluent à une efficacité du vaccin pour réduire les hospitalisations des nourrissons (NNT=91). Il n&rsquo;y a pas d’alerte significative concernant les malformations et les RCIU, mais un risque d&rsquo;accouchement prématuré serait possible et doit être exploré (RR 1.16 [0.99 to 1.36], NNH de l&rsquo;ordre de 125).</p>
<p>Une nouvelle <a href="https://bjgpopen.org/content/early/2024/04/29/BJGPO.2023.0207">étude</a> aborde la &ldquo;cystite&rdquo; chez l&rsquo;homme. Cette étude de cohorte norvégienne a inclus 100 000 hommes permettant d&rsquo;étudier 150 000 infections urinaires évocatrices de cystites. Le traitement était un antibiotique à spectre étroit dans 71% des situations (à 50% du pevmicillinam), et était efficace dans 75% des cas (versus 82% en cas d&rsquo;antibiotique à spectre large). Les complications infectieuses étaient rares:  0.5% de prostatites, 0.7% de pyélonéphrite et 0.7% d&rsquo;hospitalisation. Les autres données sont peu interprétables: sur-risque d&rsquo;hospitalisation en cas de prescription d&rsquo;antibiotique à spectre large, mais probablement parce que cliniquement, il y avait des facteurs de risques supplémentaires par exemple.</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Un article très intéressant a été publié dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2818356">JAMA</a> concernant le sevrage tabagique. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un SMART trial, (sequential multiple assignment randomized trial): les patients sont randomisés plusieurs fois selon le résultat d&rsquo;une étape précédente. Ainsi, les patients recevaient soit un traitement par 2mg de varenicline, soit par substituts nicotiniques(SN) (patch de 21mg + pastilles de 2mg).  En cas d&rsquo;échec de ce premier traitement à 6 semaines, ils étaient re-randomisés entre : soit varenicline (à 3mg si varenicline2mg ou 2mg si SN) soit SN (simple ou double dose si déja sous SN), soit bithérapie. Au total après 12 semaines de traitement, le critère de jugement (sevrage pendant 7 jours au moins) était atteint à  80% par les patients qui ont eu un traitement initial efficace (varenicline ou SN). Chez ceux en échec à 6 semaines, augmenter les doses de varenicline chez ceux sous varenicline, et augmenter les SN ou ajouter la varenicline chez ceux sous SN, permettait d&rsquo;obtenir 20% d&rsquo;abstinence.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEik9x9T1-IUUan5ifgVZImn-8N3y1wK8viyQe8lu2uT22puPpQlN7GNJogZaFtpljKQcEGMNnlKnmvZw_NoRHMFL5kbsQpPE6rzNUOZyhKXsIdKraCBVqh01jsREiBQR-QbxEQauOn19QCHBL8sv3tqtmPrerPrTyRZiRyHRRpzLoGcMP4zPDtAfvrXcmF6/s1958/sevrage%20tabac.png"><img src="/images/articles/2024/sevrage-20tabac-2.png" alt=""></a></p>
<p>On a déjà parlé de la psilocybine dans le traitement de la dépression (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/09/dragi-webdo-n-408.html">ici</a>). Le <a href="https://www.bmj.com/content/385/bmj-2023-078084">BMJ</a> publie une revue systématique sur ce traitement. Les 9 études incluaient  436 patients. Les auteurs retrouvent une efficacité significative de la psilocybine dans la dépression primaire, mais surtout dans la dépression secondaire (liée à une autre maladie), et principalement porté par les fortes doses. Cependant, bien que les tailles d&rsquo;effet soit assez importante et que les études incluses soient à faible risque de biais, les auteurs montrent un funnel plot asymétrique témoignant d&rsquo;un biais de publication d&rsquo;études &ldquo;négatives&rdquo; sur le sujet.</p>
<p>[edit: des erreurs méthodologiques ayant pu conduire à une sur-estimation du bénéfice ont été retrouvées. Les auteurs sont en train de répondre à l&rsquo;éditeur qui verra les suites à donner à cet article. cf <a href="https://www.bmj.com/content/385/bmj.q1025">ici</a>.]</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>En 2018, nous parlions de cette étude du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/10/dragi-webdo-n201.html">NEJM</a> trouvant un bénéfice à l&rsquo;acide zolédronique chez les patientes avec ostéopénie (4 injections à 18 mois d&rsquo;intervalle), permettant une réduction du risque de fracture toute localisation à 6 ans avec un NNT de 63. Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(24)00003-2/abstract">Lancet Diab&amp;endoc</a> a publié le suivi à 10 ans de 750 des 1000 femmes assignées au groupe traitement. Les auteurs trouvent que la réduction de fractures par rapport au groupe placebo s&rsquo;est maintenue jusqu&rsquo;à entre 1,5 à 3,5 ans après la dernière injection seulement. Sur le plan des effets indésirables, il n&rsquo;y a pas eu de fracture atypique ni d&rsquo;ostéonécrose mandibulaires. Ainsi, cela fait dire qu&rsquo;il faudrait maintenir le traitement pour que l&rsquo;efficacité soit possiblement conservée, mais cela ne serait probablement pas coût efficace en population générale et contribuerai encore une fois au disease mongering.</p>
<p>6/ Le jeu du mois : la petite mort</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, voici un jeu de @DrePétronille : &ldquo;la petite mort&rdquo;. C&rsquo;est un jeu de carte dans lequel chaque joueur est un ou une apprenti faucheuse qui doit passer son diplôme:  être le premier à réaliser 4 missions sur une liste de missions réalisables. Ainsi, chaque joueur va faire vieillir ses personnages (en ajoutant des cartes vieillissement leur apportant des faiblesses et des protections), puis faucher les personnages des autres joueurs pour tuer les personnages prématurément. Pour faucher prématurément, il faut utiliser une carte fauche ciblant une faiblesse d&rsquo;un personnage. C&rsquo;est avec une mécanique assez simple, et très sympathique qui peu se jouer en famille (enfin, à partir de 14 ans d&rsquo;après la boite, mais plus pour le thème que pour la complexité du jeu, probablement). Bon jeu !</p>
<p><a href="https://lumberjacks-studio.com/fr/la-petite-mort/"><img src="/images/articles/2024/petite-20mort.png" alt=""></a></p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°440 : Calendrier vaccinal, anti-HTA, stéroïdes, aGLP-1/iSGLT2, nirsevimab</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/04/dragi-webdo-n440/</link><pubDate>Sun, 28 Apr 2024 20:28:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/04/dragi-webdo-n440/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Petit billet cette semaine, et on commence par parler des femmes. En effet, il y avait eu cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2593255">article</a> de 2017 disant que les patients âgés mourraient moins quand ils étaient traités par des femmes, et voici un nouvel <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-3163">article</a> trouvant que la mortalité et les réadmissions des patientes (femmes) sont plus faibles quand elles sont prise en charge par des femmes médecin par rapport à une prise en charge par des hommes médecins, mais qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence pour les patients (hommes). Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2818019">article</a> aborde le risque de fracture chez les patients traités par antihypertenseurs en Ehpad dans une étude de cohorte. Ainsi, les patients ayant eu un antihypertenseur avaient un risque de chute, de fracture et de syncope presque doublé dans les 30 jours suivant l&rsquo;introduction. Le risque de fracture était notamment majeur en cas de démence, de PA &gt; 140/80 (ça c&rsquo;est logique sinon on introduirait pas l&rsquo;antiHTA&hellip;) et d&rsquo;absence de traitement anti-hypertenseur récent. Bref, réfléchissons au bénéfice des traitements que l&rsquo;on introduit et à leurs risques.</p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/74/741/187">BJGP</a> parle des bilans à réaliser chez les patients utilisant des stéroïdes anabolisants androgènes (SAA). Il semblerait que 20% des hypogonadismes vus en soins primaires soient consécutifs à un arrêt de SAA. Un patient sous SAA peut avoir une atrophie testiculaire, de l&rsquo;acné, une gynécomastie, une dysfonction érectile et une infertilité, des troubles cognitifs, des troubles du comportement tels qu&rsquo;une irritabilité. Les bilans proposés peuvent être la testostéronémie (pour évaluer la sévérité de l&rsquo;hypogonadisme),  oestradiol (impliqué dans la gynécomastie et les troubles de libido), bilan hépatique,  HbA1c (si prise d&rsquo;hormones de croissance augmentant le risque de diabète), créatinine +/- urée  (et vérifier l&rsquo;absence d&rsquo;HTA);  NFS (polyglobulie possible) et EAL (pour évaluer le risque cardiovasculaire).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjd9huhE1hGcTw7Fq_oGl28EZJiVsdCW90ZnNEShn0T1oX0mG7H78ypmiCDA2pFyOsnzMHto6nnC-oP1A5vOCVeBaDtR9ZMft0EBpXo4Cj5jGojx40Y_gSUv-7Q91yFQRXItm9pfRXT6SRJgL-wnYu-zj8ZGizKqugF6xuNjPgbaRL-f6Wy7LhhFCRkKWBj/s1280/AAS.jpg"><img src="/images/articles/2024/aas.jpg" alt=""></a></p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://emergency.cdc.gov/han/2024/han00505.asp">CDC</a> américain alerte sur une augmentation des méningites à méningocoque Y. L&rsquo;augmentation touche principalement les 30-60 ans, les patients d&rsquo;origine africaine et les patients vivant avec le VIH.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEilMklsx7_c7P0UJPTeWfa9lZB4xd-8TWvExSu62JKyUTJ3ESc17t02S4z7g77RKPQOZ6s_GLGfnAAC7KujtGzkmaMV7LaU4PrAw-HTw3aTStyZ7U0hewYL8ZxdeIeYffRJ4yaXO_I2BhxtomWEIJUFGLX7B8FyfsKOB2UXiKWBZSBFAsoDZdOiZa-4sdeP/s1054/meningo.jpg"><img src="/images/articles/2024/meningo.jpg" alt=""></a></p>
<p>Sur cette évolution épidémiologique, voici le <a href="https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinal_avril24.pdf">nouveau calendrier vaccinal pour 2024</a> ! La principale nouveauté concerne la recommandation de vaccination anti-méningocoque tétravalente ACWY chez les adolescents de 11 à 14 ans en 1 dose, avec un rattrapage jusqu&rsquo;à 18 ans. Le remplacement de la vaccination méningo C à 5 mois et 12 mois par un ACWY est simplement &ldquo;proposée&rdquo; pour le moment mais devrait devenir &ldquo;obligatoire&rdquo; en janvier 2025. Pour la vaccination anti-pneumocoque, chez les enfants, le prevenar 13 et le vaxneuvance (15 valences) sont proposés de façon équivalente. La vaccination par Repevax entre 20 et 36 SA est confirmée pendant la grossesse. Chez l&rsquo;adulte, c&rsquo;est la fin du schéma 13 puis 23 valences, car c&rsquo;est un schéma simplifié avec Prévenar 20 qui est recommandé (On avait vu ça au CMGF en détails <a href="https://x.com/Dr_Agibus/status/1771456362758701268">ici</a>). Enfin, chez les adultes de plus de 65 ans, le vaccin Zona Shingrix est recommandé en 2 doses (au lieu du Zostravax, même s&rsquo;il a déjà été fait) ainsi qu&rsquo;un vaccin Covid annuel. Enfin, notons la fin du Revaxis (donc tout vaccin dTP sera avec coqueluche) et du Zostravax a l&rsquo;été 2024, et que la plupart de ces modifications ne sont pas remboursées par l&rsquo;assurance maladies dans le droit commun.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhERuUxQ2RkHpk2H4g6zL68sXSz2vOMluKA-avScCLJjf0_G1T6bFD-56xw3B1Q9xKCmifOQouLNMWiNIzWpwQZI92XHQhPsD3Vf27Tq9QI6nf3Xwy2-PTYWMWMYPySWU0we5X5iWqckElVo-Vm2kVJmv3QiniaV_0rPcUgQZ1d4lzSujkLv8aC1jtGxbfk/s1349/calendrier%20vaccinal%202024.png"><img src="/images/articles/2024/calendrier-20vaccinal-202024.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2024/bronchiolite-deux-etudes-francaises-demontrent-l-efficacite-du-beyfortus-R-dans-la-prevention-des-cas-graves-et-la-reduction-des-hospitalisations">Santé Publique France</a> publie 2 études qui montreraient une réduction du risque d&rsquo;hospitalisation grave au nirsevimab. Ces 2 études s&rsquo;appuient sur des données réelles sur la période hivernale en France. La 1ère est une étude cas témoins, qui retrouve une efficacité du nirsevimab de  80% sur le risque d&rsquo;hospitalisation. La 2eme est une étude de modélisation basée évaluant le nombre d&rsquo;hospitalisation pour VRS suite à un passage aux urgences et trouve que le nirsevimab réduirait alors les hospitalisations de  73% par rapport à un scénario sans nirsevimab (NNT= 39). Pour le coup, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/01/dragi-webdo-n424.html">Harmonie</a> avait quand même un meilleur niveau de preuve.</p>
<p>3/ Diabétologie</p>
<p>Compte tenu des tensions d&rsquo;approvisionnement en analogues du GLP-1 qui devaient s&rsquo;améliorer dans les prochains mois d&rsquo;après l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/diabete-de-type-2-et-tensions-dapprovisionnement-en-a-glp1-perspectives-devolution-de-la-situation-et-des-recommandations-1">ANSM</a>, il sera a nouveau possible d&rsquo;initier du liraglutide et du semaglutide aux patients avec un antécédent cardiovasculaire établi (AVC, coronaropathie, AOMI)!</p>
<p>Enfin, une double <a href="https://www.bmj.com/content/385/bmj-2023-078242">étude</a> de cohorte a inclus des patients sous aGLP-1 ayant ensuite eu un ajout d&rsquo;iSGLT2, et des patients sous iSGLT2 ayant ensuite eu un ajout d&rsquo;aGLP1. Ces patients étaient environ à 75% en prévention primaire et âgés de  57 ans en moyenne. Les auteurs retrouvent que le risque de survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires était plus faible lors des traitements associant aGLP1+iSGLT2 que lors que chacune des molécules était prescrite de façon isolée. La réduction du risque composite d&rsquo;évènements cardiovasculaires était de 30% soit un NNT estimé à 334 patients par an.</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine!  Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°439 : diabète (reco ACP US), vaccin cystites, diverticulite, LCH, jeune intermittent, TFI/RHD, AOD/diltiazem, neuroleptiques/démence, grossesse/complications</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/04/dragi-webdo-n439/</link><pubDate>Tue, 23 Apr 2024 00:24:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/04/dragi-webdo-n439/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Gynécologie</category><category>Nutrition</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2817546">JAMA</a> vient signaler une nouvelle interaction médicamenteuse avec les AOD. Cette étude de cohorte retrouve un sur-risque hémorragique et de mortalité suite à un saignement lors de l&rsquo;association rivaroxaban ou apixaban avec du diltiazem pour contrôle de fréquence dans la FA par rapport à une association avec du métoprolol.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/385/bmj-2023-076268">BMJ</a> revient sur les risques des antipsychotiques chez les patients atteints de démence. Une cohorte a permis d&rsquo;apparier  35 000 patients sous antipsychotiques avec des patients non utilisateurs. Les utilisateurs avaient un risque augmenté de pneumopathies (NNH= 9 à 3 mois et  15 à 2 ans), d&rsquo;insuffisance rénale (NNH= 35 et 84), de fractures (NNH= 40 et 45), d&rsquo;évènements thrombo-emboliques (NNH= 107 et 167), d&rsquo;AVC (NNH= 29 et 41), d&rsquo;infarctus du myocarde (NNH= 167 et 254) et d&rsquo;insuffisance cardiaque (NNH= 63 et 166)! Ces risques sont donc particulièrement plus élevés durant les 3 premiers mois de traitement.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>On vaccine contre de plus en plus de choses. Voici le <a href="https://evidence.nejm.org/doi/full/10.1056/EVIDoa2100018">vaccin</a> sublingual MV140, dans la prévention des infections urinaires chez les femmes avec antécédent de cystite récidivante. Ce vaccin est un mélange de cellules entières de bactéries (E.Coli, K. pneumoniae, E. Fecalis et P. Vulgaris) inactivées par la chaleur. Après 3 mois de traitement quotidien ou de placebo, il y a eu environ 3 infections urinaires dans le groupe placebo et 0 en moyenne dans le groupe traité au cours des 9 mois suivants, soit 25% des patients sans infections dans le groupe placebo et  55% dans le groupe traité (NNT=4)! En analyses <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2666168324003501">secondaires</a>, le vaccin améliorait également la qualité de vie, et le nombre de jours sous antibiotiques des patients.</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamasurgery/fullarticle/2817649">revue</a> narrative revient sur les diverticulites aiguës. Les données sont proches des recommandations <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/12/dragi-webdo-n164.html">HAS</a>. La prévention repose sur des RHD (alimentation riche en fibres avec légumes, fruits et céréales, et pauvre en viande, activité physique et sevrage tabagique). En l&rsquo;absence de complication les antibiotiques ne sont pas nécessaires. Il n&rsquo;y a pas de seuil de CRP énoncé contrairement à ce qui est dit dans d&rsquo;autres <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/03/dragi-webdo-n306.html">articles</a>. Il y a même des essais antibiotiques (amox-a.clav) versus traitement symptomatiques (AINS+Paracetamol) concluant à la non infériorité du traitement symptomatique et même à moins de douleurs dans le groupe symptomatique. Autre divergence, les auteurs ne semblent proposer une coloscopie qu&rsquo;en cas de diverticulite compliquée, le risque de cancer étant de 11% dans ce cas et inférieur à 1% en cas de diverticulite simple.</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>Après l&rsquo;article du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/11/dragi-webdo-n420.html">BMJ</a>, le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2817545">JAMA</a> propose sa revue narrative concernant la luxation congénitale de hanche dont la prévalence est estimée à  0.94%. La manœuvre de Barlow et d&rsquo;Ortolani a une sensibilité de 46% et une spécificité de 99%, un RV+ de 52 et un RV- de 0.55. D&rsquo;autres signes sont un peu moins sensibles et aussi spécifiques: la limitation d&rsquo;abduction (20° d&rsquo;écart entre les 2 hanches) et le craquement audible, mais leur RV+ est respectivement de 3.6 et 1.6.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg_r5l-ISS6vAR7kVPU2RqGTFRv2E1kSD4Tydgjblsj6opC15Rpwb9LAi8EHA_j2HXOVZoc_m-pNXNWdksobsJbsNpAWa3-YCyEe4LsN77G2y3hA9r3dvXyH5cDWWj1Sp06dY4vFHwVxxEaTLjaNJkHSEi6oHujbCGygxCmxc-AGRKdh6m2mC4o9MKJ37XO/s2490/hanches.png"><img src="/images/articles/2024/hanches.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Grossesse</p>
<p>On savait que le risque de pré-éclampsie était un facteur de risque cardiovasculaire à prendre en compte chez les patientes dans leur évaluation du risque. Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2817608">étude</a> incluant 2 millions de femmes a trouvé que l&rsquo;antécédent de diabète gestationnel, d&rsquo;HTA gravidique, de pré-éclampsie et de nourrisson avec RCIU ou prématuré était associé à une augmentation du risque de mortalité 40 ans après l&rsquo;accouchement.</p>
<p>5/ Nutrition</p>
<p>On avait vu que le &ldquo;jeune intermittent&rdquo; pouvait être aussi efficace qu&rsquo;une restriction calorique modérée par rapport à un régime normal (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/07/dragi-webdo-n406.html">ici</a>.) Ce nouvel <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-3132">essai</a> a comparé le jeune intermittent et des horaires alimentaires classiques avec le même nombre de calories entre les 2 bras comparés. Il n&rsquo;y avait pas de différence entre les 2 groupes à 3 mois, mais la perte de poids était d&rsquo;environ 2kg dans chacun.</p>
<p>Le Lancet avait publié une synthèse sur la prise en charge des troubles fonctionnels intestinaux en mettant en avant le régime pauvre en FODMAP (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/10/dragi-webdo-n285.html">ici</a>). Cet <a href="https://www.thelancet.com/journals/langas/article/PIIS2468-1253(24)00045-1/abstract">essai</a> randomisé a comparé 3 groupes : régime pauvre en FODMAP, régime optimisé en fibre pauvre en carbohydrates et riche en protéines, et traitement médical optimisé seul. Après 4 semaines d&rsquo;intervention, plus de  70% des patients des groupes &ldquo;régimes adaptés&rdquo; avaient une réduction d&rsquo;au moins 50 points IBS-SSS par rapport au score initial, contre  58% dans le groupe traitement médical. Ainsi, les RHD sont probablement le traitement le plus efficace de 1ere ligne à proposer en cas de TFI.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-2788">American College of physicians</a> (académie de médecine américaine) a publié ses nouvelles recommandations concernant la prise en charge thérapeutique du diabète (infographie <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M24-0803">ici</a>). Les auteurs rappellent les cibles qu&rsquo;ils considèrent pour la majorité des patients : entre 7% et 8% avec une recommandation de dé-prescription si HbA1c &lt; 6.5%. En cas de contrôle glycémique insuffisant, ils recommandent l&rsquo;ajout à la metformine d&rsquo;un aglp-1 (pour réduire la mortalité toute cause, les AVC et les évènements cardiovasculaires), ou d&rsquo;un isglt-2 (pour réduire la mortalité toute cause, les évènements cardiovasculaire, la progression des maladies rénales chroniques et les hospitalisations pour insuffisance cardiaque). Aucune des 2 classes n&rsquo;est privilégiée. Les auteurs ne recommandent pas des monothérapies par isglt2 et aglp1 d&rsquo;après <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-1492">leur analyse médico-économique</a>. En effet, ils ont bien inclus l&rsquo;étude dont nous avions parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/10/dragi-webdo-n370.html">ici</a>, mais ils considèrent que le bénéfice est trop faible en monothérapie. Cela peut être lié au prix des médicaments: 1 mois d&rsquo;aglp-1 coûte 7700$ et d&rsquo;isglt2 coûte 6000$
aux US alors qu&rsquo;en France les coûts correspondant sont respectivement de 460 €
(450$) et 965€ (940$). Enfin, ils recommandent de ne pas ajouter d&rsquo;iDPP-4 à la metformine pour réduire la morbi-mortalité.</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine!  Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez votre adresse mail tout en haut à droite sur la page <em>(sans oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail provenant de &ldquo;<a href="mailto:hi@follow.it">hi@follow.it</a>&rdquo; et intitulé &ldquo;Veuillez confirmer votre abonnement à Médicalement Geek&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams)</em></p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°438 : dépistage PSA+IRM, statines/coût-efficacité, bêta-bloquants/IDM, endocardite, d-mannose, paracetamol/grossesse, contrôle du diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/04/dragi-webdo-n438/</link><pubDate>Sun, 14 Apr 2024 19:21:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/04/dragi-webdo-n438/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Urologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! L&rsquo;étude concernant
l&rsquo;utilisation des cibles thérapeutiques dans les maladies
cardiovasculaires est toujours en cours ! N&rsquo;hésitez pas répondre au questionnaire que vous trouverez <a href="http://up5.fr/preccipit">ICI</a>
(ou
en cliquant sur le logo). Il y ales 3 vignettes cliniques donc comptez 10-15 minutes pour le
remplissage. C&rsquo;est anonyme et il n&rsquo;y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, alors ne vous torturez pas l&rsquo;esprit (même si les questions vous poussent à réfléchir !)</p>
<p><a href="http://up5.fr/preccipit"><img src="/images/articles/2024/logo-20precipit-4.png" alt=""></a></p>
<p>Et voici les actualités, avec beaucoup de cardiologie compte tenu du congrès de la société américaine de cardiologie qui s&rsquo;est déroulé la semaine dernière. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>On avait <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n326.html">plusieurs fois</a> des risques de troubles du développement, d&rsquo;autisme et de TDAH associé à la prise de paracetamol pendant la grossesse. Cette nouvelle étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2817406">JAMA</a> trouve en effet un très léger sur-risque chez les enfants exposés par rapport aux enfants non exposés concernant le TDAH et l&rsquo;autisme. Cependant, les auteurs ont suspecté des facteurs de confusions familiaux, non pris en compte dans les analyses et ont donc fait des comparaisons parmi la fratrie. Dans cette nouvelle analyse complémentaire, la prise de paracétamol  pendant la grossesse n&rsquo;était plus associée à une augmentation de ces risques chez l&rsquo;enfant. Ainsi, il est probable qu&rsquo;un facteur de confusion familial soit à prendre en compte lors des futures études concernant les risques de troubles du neuro-développement.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanepe/article/PIIS2666-7762(24)00053-X/fulltext">Lancet</a> a publié une étude de coût-efficacité des statines d&rsquo;intensité forte et modérée. Elle retrouve globalement, que les statines sont coût efficace chez tous les patients, même à risque faible (selon le QRISK3 en catégories faible &lt; 5%, intermédiaire 5-10%, élevé &gt;10%), sauf en cas de risque faible après 60 ans. De plus, à partir de 50 ans, les statines d&rsquo;intensité élevée seraient plus coût efficaces que les statines d&rsquo;intensité modérées. Ces résultats sont logiques compte tenu du fait que les auteurs sont partis des études de la Cholesterol Treatment Trialists’ Collaboration qui avait publié une méta-analyse montrant le bénéfice sur les évènements cardiovasculaire de chaque baisse de 1mmol/L de LDL. Cependant, ce postulat sur méta-analyse est débattu, compte tenu de l&rsquo;efficacité de la simvastatine et de la pravastatine en prévention primaire sur la mortalité des patients. C&rsquo;est pourquoi les recommandations <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/10/dragi-webdo-n414.html">canadiennes</a> ne recommandaient pas de statines forte dose en prévention primaire dans la majorité des cas (mais seulement des statines d&rsquo;intensité modérées).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgZm8hFOOFYgym3-BlD_q5wjCHXsym6zGfnyvIoPCwZ8-BdOHTQG722pYztl10GTSoMuvYNqgcwacRFHGD40Pg5bd4V9iWBdOtEvlI4eBuL8x5aClLnM4IMdk4ca49ChrybS-BXPQVOz7rcoIr-7bS0XWE5kmFxDsgMx1MsKWlU0SikNZ3GA5V_ruDqhJae/s1461/statines.png"><img src="/images/articles/2024/statines.png" alt=""></a></p>
<p>Une nouvelle étude va venir appuyer la fin des bêta bloquants post infarctus (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n332.html">ici</a>). Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2401479">NEJM</a> publie un essai randomisé BB- versus pas de BB- au long cours en post infarctus en l&rsquo;absence d&rsquo;altération de la FEVG. Les auteurs trouvent qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de différence sur la survenue de décès toute cause ou cardiovasculaires, d&rsquo;infarctus, d&rsquo;AVC ou d&rsquo;insuffisance cardiaque. On va pouvoir les oublier et il va falloir changer le &ldquo;BASIC&rdquo; appris à l&rsquo;ECN!</p>
<p>De la même façon, des chercheurs ont voulu tenter l&rsquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2314051">empagliflozine</a> en post infarctus avec risque d&rsquo;insuffisance cardiaque (ou insuffisance cardiaque récente durant l&rsquo;hospitalisation). Cependant, ce traitement n&rsquo;a pas permis de réduire le critère de jugement principal (insuffisance cardiaque ou mortalité) bien qu&rsquo;il y ait un peu moins d&rsquo;hospitalisation pour insuffisance cardiaque  à 2 ans de suivi (NNT=91), ce qui est exploratoire compte tenu de l&rsquo;échec du critère principal.</p>
<p>C&rsquo;est pas MG, mais ça a longtemps été débattu. Cet article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2314149">NEJM</a> concernant les SCA chez des patients avec atteinte multi-vaisseaux, a proposé une revascularisation des lésions responsable d&rsquo;obstruction coronaire uniquement <em>versus</em> une revascularisation de ces lésions et des lésions avec une FFR (fraction flow reserve) &gt; 0,8. Les auteurs montrent que l&rsquo;utilisation de la FFR pour revasculariser n&rsquo;a pas montré de bénéfice pour réduire la mortalité, la récidive d&rsquo;infarctus ou les revascularisations non programmées à 5 ans. Bref, ne déboucher que ce qui est bouché!</p>
<p>Cet article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2817467">JAMA</a> aborde le traitement prophylactique des endocardites en cas d&rsquo;intervention dentaire. Cette revue systématique montre une absence de preuve d&rsquo;efficacité claire chez les patients à risques modérés, mais une réduction du risque d&rsquo;endocardites de  59% chez les patients à haut risque.</p>
<p>Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-2626">revue</a> systématique s&rsquo;est intéressé au bénéfice des sels de substitution dans la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires. La revue systématique est dominée par une <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2105675">étude</a> chinoise incluant  20000 patients (70% en prévention secondaire). Les auteurs montrent qu&rsquo;il y avait une réduction de mortalité globale (NNT=200) et de mortalité cardiovasculaire (NNT=  334), portée par la mortalité par AVC (NNT=500) . Cependant, il n&rsquo;y avait pa de réduction significative des évènements cardiovasculaire non fatals.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/10/dragi-webdo-n369.html">Cochrane</a> était restée dubitative sur l&rsquo;efficacité du D-Mannose dans le traitement des infections urinaires. Cet essai randomisé du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2817488">JAMA</a> internal medicine a étudié le D-Mannose en prévention des infections urinaires chez des patients avec cystites récidivantes (2 dans les 6 mois ou 3 dans l&rsquo;année). Chez ces patientes âgées de 58 ans en moyenne et avec 4 cystites en moyenne dans les 12 derniers mois, le d-mannose n&rsquo;a pas réduit significativement la survenue d&rsquo;infections urinaires à 6 mois.</p>
<p>4/ Urologie</p>
<p>On va revenir sur le dépistage du cancer de la prostate grâce à une nouvelle <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2817323">étude</a> randomisée (ProScreen) testant l&rsquo;absence de dépistage versus la stratégie &ldquo;PSA et si &gt; 3 : calcul du 4-kallikren score, si 4-Kscore &gt;7,5%: IRM et si Pirads ≥ 3 :biopsies ciblées&rdquo; chez des patients âgés de 50 à 63 ans à l&rsquo;inclusion.  Dans cet essai finlandais, 15000 patients ont été randomisés dans le bras intervention et 45000 dans le bras &ldquo;pas de dépistage&rdquo;. Parmi les patients du bras intervention, 7500 ont effectué un dépistage selon la fréquence suivante: PSA &lt; 1,5 : contrôle à 6 ans, PSA entre 1,5 et 3: contrôle à 4 ans, PSA &gt; 3: si pas de cancer, contrôle à 2 ans. On note donc un espacement important du dosage du PSA pour tenter de limiter le surdiagnostic et l&rsquo;ajout du 4K score puis de l&rsquo;IRM dans cet optique également. Voici donc les résultats intermédiaires après un suivi de 3,5 ans : parmi le groupe intervention réellement dépisté: il y avait 0,4% de cancer de bas grade, et 1,65% de cancer de haut grade. Pour les patients du groupe intervention non dépistés et les patients du groupe contrôle, les incidences étaient similaires: 0,14% de bas grade et 0,62% de haut grade. Les auteurs concluent que le dépistage permet de dépister 1 patient avec cancer de haut grade pour 196 dépistés et 1 pour 909 un cancer de bras grade. L&rsquo;algorithme permet de dépister plus de haut grade que de bas grade, c&rsquo;est déjà bien. Mais en l&rsquo;absence de données clinique sur la mortalité et vu l&rsquo;évolution des cancers de la prostate, on ne sait pas encore dans quelle proportion ces cancers dépistés sont du surdiagnostic, même pour les haut grade. Attendons donc les résultats complets.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhnPFwIolS8iDqJ9-1bLjtsO5MtMM3d4H9-dAp4RFrUsGQAFpqIN_uQBvyMQJts7DvXFBfyNV-KFeaQhVs__0OrB46M0jlZBE_aUvv0ZMcJvJn03gyOLsH-GmZBSGzkw4GKy5puXxfe9q_CVLfdBJMPoEUPPZtKrvxfUAhyLXNEznPmo9AEgNJSg7sHlrMp/s1978/PSA.png"><img src="/images/articles/2024/psa.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Une <a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-024-03343-w#Sec11">étude</a> de cohorte a inclus 15 000 patients diabétiques et 300 000 non diabétiques suivis pendant environ 14 ans. Après ajustement, le diabète augmentait le risque de mortalité globale de 60%, de mortalité cardiovasculaire de 78% et de mortalité par cancer de 32%. Les auteurs ont ensuite considéré 7 objectifs : pas de tabac, hbA1C &lt; 7%, TA &lt; 140/90, IMC entre 20 et 25, cholestérol total &lt; 2,0g/L, activité physique selon l&rsquo;OMS (150min/sem modérée ou 75min/sem intense) et règles diététiques (4 critères sur 7). Ils ont trouvé que les patients ayant 6 ou 7 des objectifs atteints n&rsquo;avaient  plus de sur-risque de mortalité par rapport aux patients non diabétiques. A noter que les objectifs les plus fréquemment atteintes sont le sevrage tabagique, puis la cible de cholestérol, puis l&rsquo;HbA1C, puis le contrôle TA, puis l&rsquo;activité physique, puis le régime alimentaire et enfin rarement l&rsquo;IMC normal.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhafsRtHXfdIFdngVGA7tOHXocMjJO10h-6J1tTfi_BjGjJWA18NRIttnOctPQAjqR-_1mPhKKkrnbwAlJ9xD4C8E09N6A-hh-33wipD8Xvc-E-ufMzUTN1khLC9iTqav9Fw751zbi9dToavWSvGZ7CT4T2KMmsYfnqU0Paxtu5dGz3NFDSow85008qHOMo/s829/diab.png"><img src="/images/articles/2024/diab.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Le questionnaire pour l&rsquo;étude est aussi accessible <a href="http://up5.fr/preccipit">ICI</a>, maintenant que vous avez fini de lire les articles!</p>
<p>Enfin, vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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spams)</em></p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°437 : vaccin VRS (HAS), méningiomes, obésité, insuff cardiaque, Nirmatrelvir/Covid, aGLP1/Parkinson</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/04/dragi-webdo-n437/</link><pubDate>Thu, 11 Apr 2024 19:55:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/04/dragi-webdo-n437/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Endocrinologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Neurologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture et bonnes vacances à ceux qui y sont !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.bmj.com/content/384/bmj-2023-078078">étude</a> EPI-PHARE est reprise par l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/progestatifs-et-risque-de-meningiomes-intracraniens-le-bmj-publie-une-etude-epidemiologique-francaise">ANSM</a> et précise les risques de méningiomes associés à la prise de progestatifs. Les auteurs retrouvent un sur-risque avec la médrogestone (Colprone), la promégestone (Surgestone) et la médroxyprogestérone injectable (Depo Provera) lorsqu&rsquo;ils étaient utilisés pendant au moins 1 an. Ils s&rsquo;ajoutent donc à la liste des progestatives à risque de méningiome (cyprotérone, nomégestrol et chlormadinone). Il n&rsquo;y avait pas de surrisque avec la progestérone orale/intravaginale ou percutanée (Utrogestan) ni avec la dydrogestérone (Duphaston), ni avec les DIU au lévonorgestrel.</p>
<p> Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2816687">JAMA</a> Open trouve fait suspecter une interaction entre l&rsquo;utilisation d&rsquo;IRS et d&rsquo;anticoagulants oraux (AOD et AVK). En effet, dans cette étude cas témoins, cette co-prescription serait associée à un sur-risque relatif de 33% d&rsquo;hémorragies sévères par rapport à l&rsquo;utilisation d&rsquo;anticoagulants seuls. Ce sur-risque était maximal à 2 mois de traitement, et était présent que ce soit avec des IRS &ldquo;forts&rdquo; (paroxetine, fluoxetine, sertraline) ou des IRS &ldquo;faibles&rdquo; (citalopram, escitalopram, fluvoxamine).</p>
<p>2/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/384/bmj-2022-072686">BMJ</a> fait
un point sur les traitements de l&rsquo;obésité. Un traitement peut être
indiqué si IMC &gt; 30 ou &gt; 27 avec comorbidités, ce qui ne
correspond pas aux indications françaises. En ce qui concerne
l&rsquo;applicabilité de l&rsquo;article en France, seuls les aGLP1 ont un bénéfice
clinique démontré sur le plan cardiovasculaire (notamment le semaglutide
en prévention secondaire, traitement le plus cout-efficace), mais
l&rsquo;objectif du traitement est évalué sur la perte de poids. On peut
oublier les autres traitements dans l&rsquo;indication obésité (orlisat,
naltrexone-bupropion, phentermine)  dont l&rsquo;efficacité est moindre avec
une balance bénéfice/risques moins bien établie. Ainsi, une baisse d&rsquo;au
moins 5% du poids à 3-6 mois est considéré comme un succès. En l&rsquo;absence
de succès, un switch de molécule peut être proposé. Les études montrent
cependant un effet rebond à l&rsquo;arrêt du traitement, et il est nécessaire
d&rsquo;informer le patient qu&rsquo;un traitement prolongé (à vie?) sera
nécessaire (AOM= anti-obesity medication)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjrhCNPyl6JX7Lb8VFmFLWFMazyZ6rx2KG2arJ40BXsimYWIpd0DRiMiN3ZEfvAuFqI67uSNAXT7DnStBz5O_X5X1peovCTxAnueW2u_iLQaqKp_fX9092WyUPhD1kYidB5_Mf75qPxi6Mo8mIyBfI47LfjpNHMDL9Rzevb7_R0HOVfcmY4OfWjUPIFvGo1/s1417/obesit%C3%A9.jpg"><img src="/images/articles/2024/obesit-c3-a9.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Cardiologie</p>
<p>C&rsquo;est au tour du <a href="https://www.bmj.com/content/385/bmj-2023-077057">BMJ</a> de faire une synthèse sur l&rsquo;insuffisance cardiaque. Sur le plan diagnostic, les auteurs insistent sur la place du NT-proBNP pour confirmer ou exclure une IC dans le diagnostic en soins primaire. L&rsquo;ECG et la RXT permettent de voir des causes ou diagnostics différentiels mais leur normalité n&rsquo;exclue pas l&rsquo;IC. Maintenant concentrons nous sur la prescription des traitements, notamment dans l&rsquo;IC à FE réduite ( &lt; 40%). Pour la phase congestive, ce sont les diurétiques de l&rsquo;anse qui sont les plus efficaces avec pour objectif l&rsquo;euvolémie (et donc attention à l&rsquo;hypovolémie). Dans les traitements de fond, la pentathérapie iSGLT2, b-bloquants, ARNi (inhibiteurs de népgilysine+ARAII), et antagonistes des minéralo-corticoides (MRA) réduit la mortalité globale, les évènements cardiovasculaires et les hospitalisations pour insuffisance cardiaque. Les traitements doivent être introduits à faible dose puis titrés. Avant l&rsquo;ajout d&rsquo;une nouvelle molécule, il est recommandé de s&rsquo;assurer que la kaliémie soit inférieur à  5.4mmol/L et que la PAS soit &gt; 100mmHg. Les MRA sont à éviter si DFG  &lt; 30ml/min et les bb- doivent être réduits si FC &lt; 50/min ou hypotension orthostatique. L&rsquo;introduction est soit séquentielle soit plus rapide comme le préconisent les recos ESC actuelles car l&rsquo;introduction des ARNi et isglt2 serait coût-efficace malgré leur coût unitaire plus élevé (et dans les études, l&rsquo;ajout des ARNi et isglt2 concernait des patients toujours symptomatiques malgré la trithérapie de base).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjsuYayEsLq_MZWDmwFDxW4HFF-9TRAMgPoVbh8LFB1vd9ywhFdUmfhogjUzcvIQx3_7dez56qm_p_dzjl5KWeb9eXPk7i-Rf7ndijcYpZ4as9T_iS2-6qREt52gssxNiTjb782a3GD8NqNhXI3EosXr0VALcc4nIQDivTdeGCqieBo2qds1MyUUamLRZGI/s1342/IC.png"><img src="/images/articles/2024/ic-2.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Retour sur le Covid et le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/02/dragi-webdo-n344-piles-plates-recos-has.html">Nirmatrelvir/ritonavir</a> (Paxlovid) avec un essai randomisé publié dans le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2309003">NEJM</a> et financé par Pfizer. Cette fois ci, 1300 patients ont été inclus entre août  2021 et juillet 2022, étaient atteints de Covid depuis moins de 5 jours et avaient un test positif (TAG ou RT-PCR). Les patients avec facteurs de risque entièrement vaccinés étaient éligibles. Ainsi, les patients avaient  42 ans en moyenne,   56% étaient vaccinés, 49% avaient au moins 1 facteur de risque de sévérité (notamment obésité, tabac et HTA) et 75% avaient une forme de Covid non grave à l&rsquo;inclusion. Le critère de jugement principal, temps jusqu&rsquo;à l&rsquo;amélioration clinique était identique entre les 2 groupes (paxlovid:12j vs placebo: 13j p= 0.6). Le critère de jugement secondaire s&rsquo;intéressait aux hospitalisations sans différence significative (0.8% vs 1.6%) L&rsquo;analyse centrée sur le sous-groupe de patients à haut risque ne montrait pas de bénéfice significatif non plus (0.9% vs 2.2%). Il n&rsquo;y avait pas de différence significative entre les groupes concernant la survenue des effets indésirables (26% vs 24%). Ainsi, dans une population majoritairement vaccinée et à 50% à haut risque de complication, le Nirmatrelvir n&rsquo;était pas efficace. Cet échec d&rsquo;efficacité s&rsquo;explique d&rsquo;une part par l&rsquo;antécédent de vaccination des patients avec facteur de risque et d&rsquo;autre part le variant différent circulant au moment de cette 2ème étude. Bref, on peut donc oublier ce traitement du Covid et en rester à la dexamethasone dans les formes sévères.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3505344/fr/consultation-publique-sur-la-recommandation-vaccinale-contre-les-infections-a-vrs-chez-les-femmes-enceintes">HAS</a> a mis en consultation publique ses futures recommandations concernant la vaccination des femmes enceintes pendant la grossesse avec un vaccin anti VRS procurant une immunisation passive du nouveau né pendant 6 mois (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/04/dragi-webdo-n394.html">ici</a>). La HAS revient sur l&rsquo;efficacité sur les infections VRS chez le nourrisson avant 6 mois (NNT = 56 pour une infection et NNT =77 pour une infection sévère). Les auteurs comparent avec l&rsquo;efficacité du nirsevimab (beyfortus) (NNT=84 environ sur les infections et 100 sur les hospitalisations). Ainsi, la reco propose une vaccination entre 32 et 36 SA chez la femme enceinte entre septembre et janvier. Les études vaccinaient entre  28 et  36 SA mais à cause d&rsquo;un doute sur des accouchements prématurés, la HAS préfère décaler un peu. Cette stratégie vaccinale est proposée de façon concomitante au traitement par nirsevimab (l&rsquo;un ou l&rsquo;autre, pas les 2) selon le choix éclairé des parents (et probablement la disponibilité des traitements également). Il serait quand même nécessaire d&rsquo;avoir une autre étude que l&rsquo;étude MATISSE montrant l&rsquo;efficacité de cette vaccination pour ne pas avoir de mauvaise surprise.</p>
<p>5/ Neurologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2312323">lixisenatide</a> (aGLP1) a été testé dans un essai randomisé dans le traitement précoce de la maladie de Parkinson. Le mécanisme d&rsquo;action n&rsquo;est pas très clair et l&rsquo;étude fait suite à des tests sur des souris. Bref, 156 patients avec Parkinson depuis moins de 3 ans sans complications motrices ont été inclus pour recevoir du lixisenatide ou un placebo en plus du traitement anti-parkinsonien &ldquo;classique&rdquo; précédemment introduit. A 12 mois, les patients sous lixisenatide avaient un score MDS-UPDRS part III (Unified Parkinson’s Disease Rating Scale, allant de  0 à  132 points, 15 points en moyenne pour les patients à l&rsquo;inclusion) s&rsquo;améliorant légèrement (-0.04 points) alors qu&rsquo;il s&rsquo;altérait dans le groupe placebo (+3.04 points). La différence était statistiquement significative mais pas cliniquement significative (le seuil étant fixé à  3.25 points d&rsquo;écart). Concernant les effets indésirables,  il y avait 46% des patients sous aGLP1 qui avaient des nausées vs  13% avec le placebo. Au total, rien de miraculeux, mais peut être un signal à suivre.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°436 : vitamine D enfant (CNGE), vaccin méningo (HAS), maltraitance enfant (USPSTF), prévention chutes (reco US), problèmes buccaux, sécheresse oculaire, aspirine/statine en prévention, vaccin HPV/cancer, Distilled</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/04/dragi-webdo-n436/</link><pubDate>Mon, 01 Apr 2024 20:20:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/04/dragi-webdo-n436/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pédiatrie</category><category>Pneumologie</category><category>Ophtalmologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour ce nouveau billet,  ça va être un peu dense. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>On a vu un certain nombre de fois que la balance bénéfice risques de l&rsquo;aspirine en prévention primaire était défavorable (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n329.html">ici</a> ou <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/10/dragi-webdo-n241.html">là</a>). Cependant, cette <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.123.065420">revue</a> systématique concernant l&rsquo;arrêt de l&rsquo;aspirine vient semer le trouble. Deux études (ASCEND et ASPREE) ont été inclues et les auteurs trouvent que l&rsquo;arrêt de l&rsquo;aspirine sans indication est associé à un sur-risque cardiovasculaire relatif de 21% sans réduction significative des évènements hémorragiques. Certains parlent d&rsquo;une effet rebond à l&rsquo;arrêt. Bref, mieux vaut ne pas introduire un traitement non indiqué, et attendons des études dédiées sur la déprescription pour préciser les éventuels risques</p>
<p>Cet article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(24)00040-8/fulltext">Lancet</a> revient sur le surrisque de diabète avec les statines. Cette revue systématique inclue  les 120 000 patients suivi environ 4 à 5 ans dans 19 essais randomisés. Le risque de diabète sous statine faible à modérée était augmenté de 10 %  (NNH=1000/an) et avec les fortes doses de 36% (NNH=77/an). Cependant, si on s&rsquo;intéresse aux variation d&rsquo;HbA1c, l’augmentation moyenne était inférieure à 0,1%, ce qui signifie que les &ldquo;nouveaux diabétiques&rdquo; sous statines étaient proches du seuil. Quoi qu&rsquo;il en soit, le risque cardiovasculaire de ces &ldquo;nouveaux&rdquo; diabétiques est pris en compte dans les résultats des essais randomisés, qui concluent au bénéfice cardiovasculaire global chez les patients à haut risque cardiovasculaire.</p>
<p>Continuons sur les <a href="https://www.neurology.org/doi/10.1212/WNL.0000000000209189">statines</a> chez le sujet âgé. Cette étude de cohorte rétrospective incluant des patients de 82 ans en EHPAD en moyenne suivis pendant 2,5 ans. Après appariement sur un score de propension, les patients sous statines avaient un risque de mortalité globale moindre (-20 à 25%) que ceux sans statine, quel que soit le niveau de démence ou la quantité de soins nécessaire.</p>
<p>Alors que les désaccords sont nombreux quant à l&rsquo;utilisation du score calcique (toujours sans preuve clinique d&rsquo;utilisation), <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-1898">Annals of internal medicine</a> propose un algorithme, le CXR CVD-Risk, qui permet d&rsquo;évaluer le risque cardiovasculaire à partir d&rsquo;une radiographie thoracique ! Attendons de voir ce qu&rsquo;ils vont en faire&hellip;</p>
<p>2/ Pédiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.cnge.fr/wp-content/uploads/2024/03/240326_AvisCS_VitamineD_vbdd.pdf">CNGE</a> a publié un avis concernant la vitamine D chez l&rsquo;enfant. Pour faire simple, le niveau de preuve de la prescription de vitamine D chez l&rsquo;enfant est faible et repose essentiellement sur des données historiques. Après l&rsquo;âge de 1 an et en l&rsquo;absence de facteurs de risques (obésité, peau noire, absence d’exposition au soleil, diminution de l’apport) ou d&rsquo;allaitement maternel, aucune donnée ne permet de justifier scientifiquement une supplémentation sur des arguments cliniques (autres que &ldquo;le dosage de vitamine D est bas&rdquo;).</p>
<p>En attendant la publication du calendrier vaccinal, la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3460601/fr/strategie-de-vaccination-contre-les-infections-invasives-a-meningocoques-revision-de-la-strategie-contre-les-serogroupes-acwy-et-b">HAS</a> préconise une vaccination obligatoire contre le méningocoque B chez le nourrisson et de remplacer la vaccination contre le méningo C par une vaccination obligatoire contre les méningocoques ACWY chez le nourrisson et de façon recommandée entre  11 et 14 ans. En regardant l&rsquo;évolution du nombre d&rsquo;infections ayant conduit à cette reco, on voit une augmentation franche post covid, mais les incidences semblent proches de celles pré-Covid, à quelques cas près (+10 cas/an en France de W, mortalité 1 cas sur 32; les autres méningo c&rsquo;est pareil). Quoi qu&rsquo;il en soit, un vaccination généralisée par Nimenrix (41.23€) au lieu de Neisvac (20.48€)  qui rapporterait une quinzaine de millions d&rsquo;euros supplémentaires par an pour le labo Pfizer commercialisant les 2 vaccins, si on vaccine 800 000 enfants par an.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEinEQqZLkGceVlmJZykc_GQxgIe8pwAUKQiLUkZCaHjJw7TmdMTUXbvpvQGLAMYLJe6h25PTzTzVo4p5Gil-XaUCMy-6aq6U-84gh4OZgkB2ZKjDAABxJTmny6N6K8x0WLUe71lfTHII69EHgcfW4GuG2BCwnFnbHNf7Cqq_MjODYLOiraSy9RsCqq1TAv0/s1044/m%C3%A9ningo%20%C3%A9pidemio.png"><img src="/images/articles/2024/m-c3-a9ningo-20-c3-a9pidemio.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj8BQsPkhQ3M2LcYpFx_4i82y8OyqEnIRcKgg9vT05bb4rrFH65NPszjiDkgyk0H4qctvRhuxXEs5Tu8mpDWbbwv4N93yiT8Ys18UkRX0P404jt71eqwI72PNvEK1_iiZ0TUEZsxHMZoyt9rL76QS4Ix6cTxbhnHXf9-iiDiSRoRap4pWWGMOexOuDy-C8l/s1058/meninco%20evolution.png"><img src="/images/articles/2024/meninco-20evolution.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEga1GZ_Tar_Yg4vAE25qoQGpTLK_vEt4wTJ8S9rs7_m67c4SAZxlj93mKigAqq3E6_KEGmXMa-vkVJj_P8Zq-lOpQEjCJ0UxOp3dntvUt-zD46FsXC2vYylNricaM-PsyDSy_ofHRmCzbATh-G_fUCmNHL83E4S_aerVMatXD9-OhoBFLc9Nn9o0OeCCv-x/s1222/vaccin%20m%C3%A9ningo.png"><img src="/images/articles/2024/vaccin-20m-c3-a9ningo.png" alt=""></a></p>
<p>La maltraitance des enfants est un sujet important. Cependant, comme le montre la revue systématique de l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2816231">USPSTF</a>, les  25  études incluant  15 000 patients ne montrent pas de bénéfice aux interventions en soins primaires pour réduire la maltraitance, les consultations aux urgences ou améliorer le bien-être&hellip; Bref, on a encore beaucoup de progrès à faire, et notamment améliorer le dépistage, point délicat qui peut expliquer en partie l&rsquo;échec des interventions proposées.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Nous avions vu que les corticoïdes oraux semblent inefficaces dans l&rsquo;EABPCO en ambulatoire (et ne réduisant que les symptômes de quelques jours dans les exacerbations plus importantes). Cette <a href="https://err.ersjournals.com/content/33/171/230151">revue</a> systématique compare les corticoïdes oraux aux corticoïdes inhalés en cas d&rsquo;EABPCO. Les auteurs ne retrouvent pas de différences entre ces 2 stratégies sur le taux d&rsquo;échec de traitement ou l&rsquo;essoufflement. Cependant, il y avait un peu moins d&rsquo;effets indésirables en général (mais un peu plus de candidoses orales).</p>
<p>4/ Gériatrie</p>
<p>Des recommandations internationales concernant la prévention des chutes chez le sujet âgé ont été reprises dans un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2816814">JAMA</a> et la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2816808">revue</a> correspondante. Les auteurs recommandent de dépister le risque de chute en demandant les antécédents de chutes, la crainte de tomber, et en utilisant la vitesse de marche &lt;0.8-1.0m/s comme indicateur (grade 1A). Des interventions multidomaines pour réduire le risque de chute sont recommandées (NNT= 2 patients par an pour réduire le nombre de chute mais pas le nombre de patients faisant des chutes) et devraient intégrer une revue de médication avec dé-prescription des traitements à risque tels que les antidépresseurs, anxiolytiques et hypnotiques, neuroleptiques, diurétiques et opioïdes (grade 1B, pas de réduction des chutes si intervention isolée mais inclus dans de nombreuses interventions multidomaines). Enfin, de la rééducation physique personnalisée, 3 fois par semaine pendant 12 semaines est recommandée pour réduire le risque de chute (grade 1A, NNT=6 patients par an).</p>
<p>5/ ORL et Ophtalmologie</p>
<p>Une <a href="https://err.ersjournals.com/content/33/171/230173">revue</a> systématique s&rsquo;est intéressée aux effets de la PPC dans le SAOS. Outre la réduction d&rsquo;environ 15 évènements/h sur l&rsquo;IAH, elle baisse la PAS de  2.8mmHg et la PAD de  2.2mmHg. Ces faibles diminutions peuvent expliquer l&rsquo;absence de résultat significatifs sur la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires.</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2816624">JAMA</a> abordes les principaux problèmes buccaux:</p>
<ul>
<li>
<p>sécheresse buccale: c&rsquo;est lié à une xérostomie ou à une dysfonction
salivaire et peut être lié à des médicaments (anticholinergiques,
diurétiques). Le traitement repose sur une hyperhydratation orale
(2L/j), des stimulants mécaniques (chewing gum sans sucre) et
éventuellement des sialologues systémiques (pilocarpine 5-10mg x 3/j).</p>
</li>
<li>
<p>candidose orale: elle est favorisée par les antibiothérapies, les corticoïdes, l&rsquo;immunodépression, les cancers, le port d&rsquo;appareil dentaires et la dysfonction salivaire. Les patients décrivent des sensations de brûlure, une dysgueusie métallique ou un gout salé et l&rsquo;examen montrant un érythème ou des pseudomembranes (muguet). Les traitements préventifs sont les mêmes que ceux de la sécheresse buccale. Les antifongiques proposés sont locaux (clotrimazole, miconazole et nystatine  7-14j) ou oraux (fluconazole 100-200/j pendant 14 jours, ou 100 x3/ semaine si récurrent en faisant attention aux interactions).</p>
</li>
<li>
<p>aphtose récurrente : La cause est soit génétique soit lié à des anémies carentielles (fer, B9, B12), soit liée à des maladies de l’immunité (Behçet, maladie coeliaque, MICI, VIH, PFAPA), soit idiopathiques. Une lésion unique persistant 4 semaines doit faire évoquer un carcinome et un 1er épisode d&rsquo;aphtose récurrente après 40 ans doit faire rechercher une cause auto-immune. Concernant le traitement, l&rsquo;évolution est spontanément favorable en  7-10 jours pour les formes légères. Les corticoïdes locaux sont souvent proposés à visée symptomatique. Dans les formes plus sévères des traitements oraux de corticoïdes, colchicine ou dapsone peuvent être proposés. Des extraits de curcumin, de miel et les probiotiques pourraient soulager les douleurs de façon significative d&rsquo;après des essais randomisés. Les auteurs n&rsquo;abordent pas l&rsquo;efficacité des gels de lidocaïne.</p>
</li>
</ul>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/384/bmj-2023-077344">BMJ</a> aborde la sécheresse oculaire, principalement causée par la dysfonction des glandes de meibomus et les blépharites. Elle est favorisée par l&rsquo;âge, le sexe féminin, des traitements (lentilles de contact, anti-histaminiques, antidépresseurs, traitements hormonaux, bêta bloquants, rétinoïdes), l&rsquo;environnement (sec, tabagisme, sommeil court, pollution&hellip;), et des maladies (blépharites, dysthyroïdie, rosacée, maladies auto-immunes, diabète, Parkinson, SEP&hellip;). La prise en charge commence par la règles trois 20: toutes les 20min, prendre 20 secondes sans écran pour regarder à au moins 20 pieds (6 mètres), l&rsquo;hygiène des paupières et l&rsquo;application de compresses chaudes. Ensuite, les larmes artificielles 4 fois par jour (de préférences sans conservateurs) sont le 1er traitement à proposer, puis des gels ophtalmiques. Enfin, le traitement causal pourra être proposé par l&rsquo;ophtalmologue (antibiotiques locaux ou oraux comme la doxycycline ou l&rsquo;azithromycine dans les dysfonctions de Meibomus, corticoïdes&hellip;)</p>
<p>6/ Gynécologie</p>
<p>Voici une <a href="https://academic.oup.com/jnci/advance-article/doi/10.1093/jnci/djad263/7577291">3ème étude</a> concernant la vaccination contre le papillomavirus apportant des résultats sur la survenue de cancer (les autres sont <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/10/dragi-webdo-n283.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n331.html">là</a>). C&rsquo;est une étude de cohorte écossaise incluant toutes les femmes nées entre 1988 et 1996 ayant recherché par recoupement un diagnostic de cancer du col  avant 2020. Chez les femmes vaccinées à 12-13 ans, il n&rsquo;y avait aucun cas de cancer diagnostiqué quel que soit le nombre de doses reçues (1 ou 2 ou 3). Après 14 ans, seule la vaccination avec 3 doses semblait significativement efficace pour réduire la survenue de cancer chez 3 femmes pour 100 000. Enfin, alors que les patientes les plus défavorisées avaient un risque de cancer supérieur, la vaccination semblait davantage réduire l&rsquo;incidence des cancers (13 femmes pour 100 000) que chez les plus aisées. Les principales limites de cette étude sont que c&rsquo;est encore une étude de cohorte et que le suivi relativement &ldquo;court&rdquo;, les femmes ayant entre  24 ans et 32 ans.</p>
<p>7/ Le jeu du mois: Distilled</p>
<p>&ldquo;Distilled&rdquo; est un jeu de gestion dans lequel chaque joueur va, comme on peut le deviner, gérer une distillerie ! Les mécanismes sont assez abordables, et intègrent des mécanismes proches des procédés réels. Chaque joueur commence par acheter des ingrédients, des ustensiles, des recettes et éventuellement des améliorations. Il est ensuite nécessaire de mettre en cuve de l&rsquo;eau, de la levure et une combinaison de sucres (de céréale, de fruits ou de plantes) pour créer la liqueur souhaitée ! Cependant, comme dans une réelle distillation, le 1er jet et le fond de cuve ne sont pas utilisés : on mélange les cartes utilisées et on retire celle du dessus et du dessous. Ainsi, le produit créé risque de ne pas correspondre à celui souhaité si on s&rsquo;est mal préparé. Enfin, il ne reste qu&rsquo;à mettre en cuve pour faire vieillir ou vendre directement, ce qui permet de récolter de l&rsquo;argent et des points de victoire. Le jeu est stratégique, car il nécessite une bonne gestion des ingrédients, de l&rsquo;argent et du temps de vieillissement (car quand on fait vieillir, on ne gagne pas d&rsquo;argent!). Bref, un excellent jeu de gestion qui permet en plus une très bonne immersion dans le thème !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgplN2LfyEXHGBR_r7fliGZVV5qLJ13m7rSu_W-r_NO8EbMVGUpG1CnyfJWzOcaMXjv8xs3_RAnRrkvyAsgu10E-vIvx71OHl32gnq5G5NKvtLc54uRMzstwpLWM9jPshoUCCBtB74Bkj9mX_y63hBSgdrI5yxsYRfL6VN1cdDfKYlY1FosdN70RO6ONR9E/s4624/20231126_162422.jpg"><img src="/images/articles/2024/20231126-162422.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°435 : RGO du nourisson (HAS), anémie (OMS), IC à FE préservée, simple ou double anti-agrégation, dépistage CCR, insuffisance ovarienne précoce, valproate/autisme, plastique/athérome</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/03/dragi-webdo-n435/</link><pubDate>Tue, 26 Mar 2024 21:27:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/03/dragi-webdo-n435/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pédiatrie</category><category>Oncologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! A l&rsquo;heure où la prévention semble intéresser les politiques, une revue systématique du <a href="https://bjgp.org/content/early/2024/03/18/BJGP.2023.0180">BJGP</a> revient sur les interventions de prévention en soins primaire chez les sujets âgés. Bien qu&rsquo;elles ne semblent pas réduire les hospitalisations, elles améliorent la réalisation des activités de la vie quotidienne et la santé perçue. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un nouvel article insiste sur les risques liés à l&rsquo;utilisation d&rsquo;anti-épileptiques pendant la grossesse. Il trouve une association entre cette utilisation et le risque d&rsquo;autisme qui ne persiste, après ajustement qu&rsquo;avec le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2309359">valproate</a>.</p>
<p> 2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2309822">article</a> faisant parler de lui cette semaine concerne la présence de micro et nano plastiques dans les plaques athéromateuses. Dans une étude observationnelle incluant 300 patients, ceux avec ces plastiques au niveau de plaques carotidiennes avaient un surrisque d&rsquo;évènements cardiovasculaires (infarctus, AVC, mortalité toute cause). D&rsquo;après les auteurs, ces traces de plastiques proviennent de l&rsquo;environnement, par inhalation, ingestion ou exposition cutanée. En étant dans le sang, ils viennent se mettre dans les plaques athéromateuses et les rendent instables, ce qui expliquerait les risques vasculaires.</p>
<p>Cet article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(23)02756-3/abstract">Lancet</a> reprend rapidement &ldquo;ce que tout médecin doit savoir sur l&rsquo;insuffisance à fonction d&rsquo;éjection préservée. Sur le plan diagnostique, il est nécessaire d&rsquo;avoir 1/ une suspicion clinique 2/ des signes radiologiques et/ou nt-pro-bnp &gt;125 et 3/ des anomalies échographiques (qu&rsquo;on ne peut pas avoir en MG mais devant la clinique+ les signes radiologiques il faut de toute façon évaluer la FEVG). Si le nt-pro-bnp est normal malgré la suspicion élevée, il est recommandé de rechercher les éléments pour calculer le score <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/09/dragi-webdo-n193-coroscanner.html">H2HPEF</a>. S&rsquo;il est de 0 ou 1, la probabilité d&rsquo;IC FE préservée est exclue. Si 5 ou 6, c&rsquo;est très probable. Et si c&rsquo;est intermédiaire, on revoit ce qu&rsquo;en pense le cardio. Sur le plan thérapeutique, les isglt2 sont recommandés (que ce soit IC a FE préservée ou altérée d&rsquo;ailleurs, donc on peut toujours les introduire). Les diurétiques, notamment de l&rsquo;anse sont recommandés en cas de congestion (et éventuellement spironolactone si hypokaliémie). Enfin, il faut prendre en charge les comorbidités (diabète, FA, coronaropathie, obésité, dysthyroidie, HTA&hellip;)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEja2wvsNP6rYXPW1Di0DDu9cve2QQtugR0CkgZ1ncn6GCvwx_nVjTvAWu0GKVzlIQRyIFkXacy53wn7Sd9Jv3siVGtW330lRGa4tRoqusl40adPrMDDqlCI7ufi6Zzidu09gAMLJgcKd1ZXfhtHy_LaEZfgOXATbURvyIvQ6kZLFsv_Wzq3qUSrqRHY2o7y/s963/ic.png"><img src="/images/articles/2024/ic.png" alt=""></a></p>
<p>Il se pourrait qu’on arrive prochainement à la fin des bi-antiagrégation plaquettaire après un infarctus du myocarde. On l&rsquo;avait déjà vu il y a peu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/03/dragi-webdo-n432.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/dragi-webdo-n383.html">là</a>. Cette nouvelle étude est une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2816711">revue systématique</a> incluant 6 essais et 25 000 patients environ a évalué la monothérapie par ticagrelor ou clopidogrel par rapport à une double antiagrégation (DAPT) après une angioplastie coronaire. Les auteurs montrent que le ticagrelor est non inférieur à la DAPT concernant la mortalité et évènements cardiovasculaire et avait un risque hémorragique moindre. Cependant, le clopidogrel n&rsquo;était pas non inférieur, le risque cardiovasculaire étant augmenté par rapport à la DAPT malgré un risque hémorragique moindre.</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3423859/fr/reflux-gastro-oesophagien-chez-l-enfant-de-moins-d-un-an-definitions-prise-en-charge-et-pertinence-des-traitements-pharmacologiques">HAS</a> a publié des recommandations concernant le RGO de l&rsquo;enfant de moins de 1 an. Les régurgitations simples concernent 70% des enfants avant 2 mois et sont sans gravité. Le RGO pathologique est plus rare (1 à 12% selon les études), peut se compliquer d’œsophagite et est à évoquer devant une hématémèse, un ralentissement/cassure pondérale  ou perte de poids, un refus ou une appréhension à s&rsquo;alimenter, l&rsquo;apparition après 6 mois ou la persistance après 12 mois. Initialement, il faut donc rechercher les critères d&rsquo;urgences (vomissements en jets, bilieux ou troubles neuro/fontanelle bombée). L&rsquo;algorithme est <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-03/arbre_decisionnel_de_prise_en_charge_du_reflux_gastro-oesophagien_chez_lenfant_de_moins_de_un_an.pdf">ici</a>, mais le voici en résumé:</p>
<p>En cas de régurgitations simples ou de RGO pathologique avec régurgitations extériorisée:</p>
<p>-  la prise en charge repose sur la correction des volumes donnés, le fractionnement des repas, les pauses et les rots. Il est recommandé également de rappeler de ne pas secouer en cas de &ldquo;coliques&rdquo; et si l&rsquo;envie prend: coucher l&rsquo;enfant dans son lit et partir quelques instants.</p>
<ul>
<li>
<p>En cas d&rsquo;échec après 2 semaines, on peut proposer des poudres épaississantes ou des laits AR.</p>
</li>
<li>
<p>En cas d&rsquo;échec après 2 semaines à nouveau, les anti-acides sont à proposer</p>
</li>
<li>
<p>Enfin, les IPP (1mg/kg à jeun 30min avant repas) ne sont à proposer qu&rsquo;en cas d&rsquo;échec après pHmétrie.</p>
</li>
</ul>
<p>En cas de régurgitations pathologiques:</p>
<ul>
<li>
<p>sans régurgitations extériorisée (dit RGO occulte), une pHmétrie est recommandée</p>
</li>
<li>
<p>avec suspicion d’œsophagite, un avis spécialisé pour FOGD est recommandé</p>
</li>
<li>
<p>avec suspicion d&rsquo;APLV (eczéma, terrain atopique, diarrhées chroniques, voire rectorragie), que ce soit initialement ou en cours de suspicion pendant une PEC de régurgitations simples: une éviction des PLV (lait hydrolysat poussé de lait ou hydrolysat de protéines de riz) pendant 2 à 4 semaines avec réintroduction reproduisant les symptômes. Si positif: adresser (et cf ici pour la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/08/dragi-webdo-n235.html">PEC</a>)</p>
</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgkmqNv8VS1VlaVRUj_JQwIwW_aOgwgYwuCxRzkPNqSEmi-8FhEntS7U0dhRc2BeOZ3EXg0ooVtFV8ttzkaAWoKzCX0aSi6qu4oHo0y7bGfQeyigE51FikoB9uIYvRwTS0CmCs0iGrtog1XPVCAGJjcMvw27yyoN-h-SC2OzRyVy7ezx_Q_IWu7cEhTztyI/s843/RGO%20ou%20regurgitations.png"><img src="/images/articles/2024/rgo-20ou-20regurgitations.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2310336">NEJM</a> aborde les futurs tests de dépistage du cancer colo-rectal qui sont des tests à ADN multi-cible dans les selles. Une étude de cohorte de 20 000 patients a permis d&rsquo;établir que ces tests ont une sensibilité de 94% et une spécificité de 91% pour le CCR et spécificité de 94% pour une lésion non-néoplasique, alors que le test immunologique a une sensibilité de 67% et une spécificité de 94% pour le CCR et une spécificité de 97% pour une lésion non-néoplasique. Ainsi, la sensibilité des test ADN est supérieure au FIT mais la spécificité est un peu inférieure pour le cancer.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(24)00502-6/abstract">OMS</a> refixe les seuils permettant de définir l&rsquo;anémie dans différentes conditions de santé (et il faut ajouter 0,1g/dL entre 1000 et 2000m d&rsquo;altitude, puis 0,2g/dL jusqu&rsquo;à 3500m, et 0,3g/dL au dessus)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhWzpwkx9o-bGqVMjVNI_rosem_zT2AiqPn9xynoNIJ6gsOH0-hWsGFrnBwQffW0cgaS3NVzkpJd0YNSGAmSd_9GN9knsgU0TbOFRMjI8EWfrmZhyx4hKZ_LRiuEBGsPUoESan7OyaVqlocNnFUzhWue6VIBe0FZpwN-7TzCz2h0IJt3F_-8qG1MrcZmERx/s461/hb.png"><img src="/images/articles/2024/hb.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/dragi-webdo-n383.html">NEJM</a> et les recos <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/05/dragi-webdo-n313.html">HAS</a> décrivent bien la prise en charge de l&rsquo;insuffisance ovarienne précoce (IOP). Ce <a href="https://www.bmj.com/content/384/bmj-2023-077469">BMJ</a> reprend certains points de façon un peu moins claire, donc on ne va pas les reprendre. Cependant, il insiste sur le surrisque de mortalité globale chez les patientes avec IOP, liées au risque cardiovasculaire essentiellement. Ainsi, ils proposent, dans les suites du diagnostic, un bilan lipidique et une recherche de diabète. Concernant le suivi par DMO, ils proposent une DMO au diagnostic puis tous les 3 à 5 ans pendant le traitement substitutif (THS), ou tous les 2-3 ans en l&rsquo;absence de traitement hormonal. Sur le plan pharmacologique, ils proposent des contraceptifs oestro-progestatifs (avec 30mg d&rsquo;EE), plutôt en prise continue, car ils sont un peu moins bénéfiques que les THS sur la tension. En THS, ils proposent de commencer par 2 mg oraux ou 50 μg en patch ou 1.5 mg en gel d&rsquo;oestrogènes, à associé à de la progesterone (utrogestan* &ldquo;mieux&rdquo; que les autres). Les oestrogènes vaginaux peuvent être utilisés en complément en cas de symptômes uro-génitaux également. Enfin, les traitements non hormonaux ne sont pas recommandés.</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine!  Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°434 : Pneumopathies (NICE), produits ultra-transformés, traitements du TDAH, calcium et vitamine D, télémédecine (antibiotiques, rééducation)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/03/dragi-webdo-n434/</link><pubDate>Mon, 18 Mar 2024 22:35:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/03/dragi-webdo-n434/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Nutrition</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour ceux qui souhaiteraient répondre et qui n&rsquo;ont pas eu le temps avant, sachez que vous trouverez <a href="http://up5.fr/preccipit">ICI</a> (ou
en cliquant sur le logo), les 3 vignettes de l&rsquo;étude concernant l&rsquo;utilisation des cibles thérapeutiques dans les maladies cardiovasculaires. Comptez 10-15 minutes pour le
remplissage. C&rsquo;est anonyme et il n&rsquo;y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, alors ne vous torturez pas l&rsquo;esprit (même si les questions vous poussent à réfléchir sur vos pratiques ^^). Bonne lecture !</p>
<p><a href="http://up5.fr/preccipit"><img src="/images/articles/2024/logo-20precipit-3.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-2598">revue</a> systématique incluant 40 essais randomisés et  35 000 femmes ménopausées sans cancer du sein a étudié l&rsquo;effet de la supplémentation en calcium + vitamine D. Les auteurs montrent que cette supplémentation est associée, après 22 ans en moyenne,  à une réduction de la mortalité par cancers de 7% soit un NNT de 288 patientes. Cependant, dans le même temps, il y avait un risque de mortalité cardiovasculaire augmenté de 6% soit un NNH de 181 patientes. Ainsi, bien qu&rsquo;en risques &ldquo;relatifs&rdquo;, la réduction du risque de mortalité par cancer soit supérieure à l&rsquo;augmentation du risque de mortalité cardiovasculaire, en regardant les risques absolus, l&rsquo;augmentation du risque de mortalité cardiovasculaire est bien plus élevée que le bénéfice sur les cancers.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2816065">essai</a> randomisé mené en cabinet de médecin générale a comparé l&rsquo;amélioration tensionnelle selon l&rsquo;utilisation d&rsquo;un outil d&rsquo;aide à la décision présenté par les médecins à des patients hypertendus non contrôlé avec insuffisance rénale. Bien que la tension moyenne du groupe intervention soit statistiquement plus basse de 3mmHg, la pertinence clinique de cette différence est quand même douteuse chez des patients de  75 ans en moyenne, et il n&rsquo;y avait pas davantage de patients &ldquo;contrôlés&rdquo;.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>On avait déjà parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/04/dragi-webdo-n223.html">télémédecine</a> et surprescription d&rsquo;antibiotiques à l&rsquo;époque d&rsquo;avant le Covid. La téléconsultation s&rsquo;étant globalement installée, comparons via cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2816194">étude</a> les prescriptions d&rsquo;antibiotiques par les plateformes de téléconsultation versus les médecins traitants répondant aux demandes de leurs patients en téléconsultation. Cette étude rétrospective a inclus 27 000 enfants téléconsultant pour infection des voies respiratoires. Parmi ceux ayant vu un médecin généraliste, 29% ont eu des antibiotiques versus 37% par les plateformes de téléconsultation. Cependant, il y avait autant de prescriptions d&rsquo;antibiotiques non concordantes aux recos dans les 2 groupes (environ 5%).</p>
<p>En fin d&rsquo;année, le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng237">NICE</a> britannique avait mis à jour ses recommandations concernant la prise en charge initiale des pneumopathies infectieuses, et elles divergent de celles proposées par la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/01/dragi-webdo-n427.html">SPLF</a> récemment. Un premier point intéressant concerne les téléconsultations car le NICE dit qu&rsquo;elles doivent être évitées si signe de gravité ou comorbidité et que la prescription d&rsquo;antibio ne doit pas se baser uniquement sur une évaluation à distance dans le cas général. Ensuite, avant même de poser un diagnostic, il faut évaluer l&rsquo;état global pour savoir s&rsquo;il y a un sepsis nécessitant une prise en charge urgente. Ensuite, en cas de pneumopathie clinique, la gravité est évaluée sur le CRB65 pour discuter une hospitalisation à partir de 2 points (et le risque de mortalité a 30 jours dépasse les 10% à 3 ou 4 points). En cas de doute sur la prescription d&rsquo;antibiotiques, le NICE recommande une micro-CRP (&lt; 20: pas d&rsquo;antibio, &gt;100: antibio, et entre les 2 : à discuter ou antibio différés). Cependant, les tests rapide grippe ou autre virus ne sont pas recommandés, leur positivité n&rsquo;excluant pas une infection bactérienne associée. Enfin, la radiographie n&rsquo;est pas mentionnée dans cette recommandation, ni l&rsquo;antibiothérapie recommandée.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhzqtuBdMNRem18z-Tfk9NnSaq2376Ug2NMFYQRrL50CJatKa0Bb0thTLHBmx4TzCMGqovePJ4ax_h7-ZVpmqEy4jYXbtkSoJFF3G8bM64VSFaW8-gokq5_hptBSVyV4UXZmpn1K1iaSWCIdoFQNfVcfcu5fo_YU6SVSshYxTdXCD_bd2c60TwsrnLn3-aV/s620/crp%20inf%20pulm.png"><img src="/images/articles/2024/crp-20inf-20pulm.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Un <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(23)02630-2/abstract">essai</a> contrôlé randomisé publié dans le Lancet a comparé la rééducation en télé-rééducation versus en présentiel chez 400 patients avec gonalgie chronique. Les 2 modes de rééducation ont permis de réduire la douleur et d&rsquo;améliorer la fonction à 3 mois, avec une équivalence entre ces deux modes. La rééducation à distance semble donc aussi efficace qu&rsquo;en présentiel. On noter cependant qu&rsquo;il n&rsquo;y a eu, au cours des 3 mois que 5 séances de rééducation, ce qui semble peu&hellip;</p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p>Dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2816084">TDAH</a>, une revue systématique s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;impact des traitements médicamenteux sur la mortalité des patients. Chez près de 150 000 patients âgés d&rsquo;environ 17 ans en moyenne, la mortalité à 2 ans était statistiquement plus faible en cas de traitement par méthylphénidate ou amphétaminiques avec une taille d&rsquo;effet de 9 patients pour 10 000. Cette différence était liée à la réduction de mortalité pour des causes non naturelles telles que les suicides, accidents et empoisonnements. Il n&rsquo;y avait pas de différence pour les causes naturelles.</p>
<p>6/ Nutrition</p>
<p>Une revue systématique du <a href="https://www.bmj.com/content/384/bmj-2023-077310">BMJ</a> a étudié les différents effets sur la santé des produits alimentaires ultra-transformés. On y retrouve notamment avec un niveau de preuve modéré et un grade I : le risque de diabète, et avec un niveau de preuve faible et un grade I : des troubles anxieux et troubles du sommeil. Ensuite, avec un faible niveau de preuve et un grade II, on trouve les risques d&rsquo;obésité, de mortalité globale et cardiaque.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhAvXiOgDkIfIwcix5F0oYXLqP3xkfh7cWOaa_fRtPFiVkcloKelYOuEwyHAgQkqmFLdh2gdnv_G7ykRj64pnk5L60pst9wlpQXR_bFKvzJWE_sKbJtfhrmd2tHVnetfGoJ28DWAqtm1-ETipLQvVDKP7zy4y5oOFIPxwBrDJS3gu0FSd59zXBGZX-oQMDO/s725/processed%20food.png"><img src="/images/articles/2024/processed-20food.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé ! On se croisera peut-être au congrès pour ceux qui y vont.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°433 : vaccin zona (HAS), carence B12 (reco NICE), HTA, démences/prévention, PCR rapides pneumopathies, covid/maladie auto-immune</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/03/dragi-webdo-n433/</link><pubDate>Thu, 14 Mar 2024 21:44:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/03/dragi-webdo-n433/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Infectiologie</category><category>Neurologie</category><category>Nutrition</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Merci à ceux qui ont répondu à l&rsquo;étude sur les cibles thérapeutiques et vous pouvez toujours y répondre <a href="http://up5.fr/preccipit">ICI</a>. On ne peut pas tout voir sur le blog, alors dans les outils complémentaires utiles à la pratique quotidienne, n&rsquo;oublions pas <a href="https://www.ebmfrance.net/fr">EBMFrance.net</a> qui recense de nombreuses recos HAS et des synthèses adaptées à la médecine générale. Bonne lecture pour les nouveautés de la semaine !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Cet article du <a href="https://bjgp.org/content/74/740/140">BJGP</a> refait le point sur les mesures de pression artérielle en médecine générale. Pas de grandes nouveautés, mais quelques points intéressants. Le fait de prendre la PAS à un seul bras et non aux deux en choisissant
la mesure la plus élevée peut conduire à un sous diagnostic de 12% des
patients hypertendus.  En cas d&rsquo;obésité utiliser un brassard trop petit pour le bras du patient surestime la pression artérielle. Si besoin d&rsquo;un brassard extra-large (bras &gt;45cm), le large (bras 35-44cm) augmente la PAS de 10 mmHg et le standard (27-34cm) de  20mmHg environ) et un brassard trop grand la sous estime. En cas de FA, il est recommandé de préférer une mesure manuelle qu&rsquo;électronique.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Le suivi des patients asthmatiques semble compliqué à mettre en place. Cet <a href="https://bjgp.org/content/early/2024/03/04/BJGP.2023.0214">article</a> retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;y a que 60% des patients hospitalisés pour crise d&rsquo;asthme qui revoient leur médecin généraliste dans le mois post-hospitalisation pour une réévaluation. Si on s&rsquo;intéresse aux points abordés: 8% ont eu un plan d&rsquo;action, 8% ont eu une démonstration de leur inhalateur, et 1% des fumeurs ont eu un conseil minimal concernant le sevrage tabagique. Les patients d&rsquo;origine africaine, les adolescents et les adultes de moins de 25 ans étaient le moins susceptibles d&rsquo;avoir un suivi en ville dans le mois suivant l&rsquo;hospitalisation.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-1831">étude</a> de cohorte asiatique incluant plus de 10 millions de personnes a comparé  400 000 patients ayant eu le Covid avec 100 000 ayant eu la grippe. Après matching, les patients ayant eu le Covid avaient plus fréquemment une maladie auto-inflammatoire rhumatologique dans les 30 jours suivant l&rsquo;infection que ceux ayant eu la grippe ou ceux n&rsquo;ayant pas eu d&rsquo;infection (OR= 1.30 et 1.25), la prévalence étant aux alentours de 1% des patients. Plus le Covid était sévère, plus le risque était élevé. C&rsquo;est un signal intéressant. Cependant, la prévalence du Covid pose question car &ldquo;seulement&rdquo; 4% des patients avaient un antécédent de Covid d&rsquo;après l&rsquo;étude, ce qui est particulièrement faible vu la pandémie. D&rsquo;autre part, les auteurs utilisent en critère de jugement les maladie auto-inflammatoires rhumatologique à 30 jours, dont le délai d&rsquo;apparition et de diagnostic est généralement bien supérieur à 30 jours avec des anticorps préexistant souvent plusieurs mois ou année avant les symptômes. Ainsi, il est possible qu&rsquo;un biais lié à la sélection des patients covid (les plus &ldquo;symptomatiques&rdquo;) et lié au critère de jugement ne permettent pas d&rsquo;affirmer le sur-risque de maladie auto-immunes après un Covid.</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2815769">JAMA Open</a> s&rsquo;est intéressé aux tests de diagnostic rapide de pneumopathie par PCR &ldquo;point of care&rdquo; , dans un essai contrôlé randomisé aux urgences (PCR rapide détectant 27 bactéries et virus vs soins standard intégrant la recherche de légionelle, mycoplasma P, C. pneumoniae, coqueluche et des principaux viraux). Les auteurs montrent que l&rsquo;utilisation de la PCR permettait de dispenser plus souvent et plus rapidement un antibiotique adapté au pathogène dans les pneumopathies en milieu hospitalier. Cependant, pour ce qui est au final de la pertinence clinique du test par rapport au soins courant, il faut aller regarder l&rsquo;appendice. Il n&rsquo;y a pas de différence de réadmission, pas de différence de mortalité et pas non plus de différence dans la durée de séjour entre les 2 groupes, ce qui limite au final fortement l&rsquo;intérêt de ces tests en milieu hospitalier, mais on peut se poser la question de leur intérêt en ville.</p>
<p>Le <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-03/recommandation_vaccinales_contre_le_zona._place_du_vaccin_shingrix_2024-03-04_11-26-41_450.pdf">vaccin</a> recombinant  anti zona (Shingrix) va enfin être disponible en France. La HAS recommande désormais une vaccination chez les patients immunodéprimés de plus de 18 ans exclusivement avec le Shingrix et chez les plus de  65 ans préférentiellement avec le Shingrix par rapport au Zostravax compte tenu d&rsquo;une efficacité supérieure dont nous avions déjà parlé (75% vs 45%).</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2815813">JAMA internal medicine</a> revient sur la prévention et le traitement des démences dont la plus prévalente est la maladie d&rsquo;Alzheimer (60-80%), suivie des démences vasculaires (5-10%), démences frontotemporales (5% environ) et démence à corps de Lewy (5%, sous diagnostiqué). Le risque de démence est attribuable à  40% à des facteurs modifiables notamment: le niveau d&rsquo;éducation, la perte d&rsquo;audition, les traumatismes crâniens, le tabagisme, l&rsquo;alcool, la dépression, l&rsquo;isolement social, la pollution atmosphérique, l&rsquo;HTA, le diabète et l&rsquo;absence d&rsquo;activité physique. Ainsi, l’entraînement cognitif, l&rsquo;appareillage auditif, le contrôle tensionnel, et la prise en charge multifactorielle par règles hygiéno-diététiques sont des interventions ayant réduit le risque de déclin cognitif en essai randomisé. Concernant les traitements médicamenteux, les auteurs confirment qu&rsquo;une réduction de la progression de la maladie est retrouvée dans les études mais que la pertinence clinique de ces résultats n&rsquo;est pas établie, sans compter les effets indésirables notamment pour les nouveaux immunomodulateurs (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2024/01/dragi-webdo-n427.html">ici</a> aussi)</p>
<p>5/ Nutrition</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng239/chapter/Recommendations">NICE</a> britannique a publié des recommandations concernant la carence en B12. Un dosage est recommandé en cas de symptômes (anémie ou macrocytose, troubles cognitifs, troubles visuels, glossite, neuropathie centrale ou périphérique, glossite, asthénie inexpliquée) ET d&rsquo;au moins facteurs de risque (exclusion alimentaire de sources de B12, ATCD familial de carence ou de maladie auto-immune, ATCD personnel de maladie auto-immune ou de maladie coeliaque, chirurgie bariatrique, traitement par IPP, metformine, antiH2, antiépileptiques ou colchicine, ou utilisation récréative de N2O), mais on peut aussi doser s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de facteur de risque. Un dosage des anticorps anti facteurs intrinsèque est recommandé si suspicion de gastrite auto-immune et si normal mais qu&rsquo;il n&rsquo;y a toujours pas d&rsquo;étiologie: anticorps anti cellule pariétales voire fibroscopie. Passons au traitement: les symptômes peuvent s&rsquo;améliorer après 2 semaines de supplémentation mais peuvent mettre plus de 3 mois a être résolus. Le traitement est par voie IM si auto-immune (=Biermer) ou chirurgie bariatrique, et peut être par voie IM pour les autres causes de malabsorption. Si un traitement oral est donné pour malabsorption, le dosage recommandé est de 1mg/j minimum. Quand la carence est lié à un traitement médicamenteux, la supplémentation peut être IM ou orale et le traitement impliqué arrêté si possible (sinon poursuivi avec la supplémentation en B12). Enfin en cas de gastrite auto-immune, des fibroscopie gastriques seront à organiser devant le risque de tumeurs neuroendocrines et de cancers gastriques.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°432 : obésité (HAS), ESPT (reco US), HTA résistante, pancréatite chronique, gabapentinoïdes, calcium/mortalité, BPCO/mortalité, diabète (RHD, chirurgie), vasectomie, Tzolk'in</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/03/dragi-webdo-n432/</link><pubDate>Wed, 06 Mar 2024 21:24:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/03/dragi-webdo-n432/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Urologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Cette semaine, nous vous proposons de participer à une étude concernant l&rsquo;utilisation des cibles thérapeutiques par les médecins dans la prévention cardiovasculaire. En cliquant <a href="http://up5.fr/preccipit">ICI</a> (ou sur le logo) vous trouverez les 3 vignettes cliniques et les questions associées qui concernent votre pratique. Comptez 10-15 minutes pour le remplissage. C&rsquo;est anonyme et il n&rsquo;y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, alors ne vous torturez pas l&rsquo;esprit (même si les questions vous poussent à réfléchir sur vos pratiques ^^).</p>
<p><a href="https://sondage.app.u-paris.fr/144721?lang=fr"><img src="/images/articles/2024/logo-20precipit.png" alt=""></a></p>
<p>Merci beaucoup et bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://www.annfammed.org/content/22/1/45">étude</a> américaine montre l&rsquo;augmentation d&rsquo;utilisation des gabapentinoïdes passant de 2% en  2007 à 4,7% en 2021. Vu les risques et la dépendance possible on peut se dire que c&rsquo;est une évolution dangereuse dans l&rsquo;utilisation de ces médicaments. Cependant, l&rsquo;augmentation &ldquo;brutale&rdquo; s&rsquo;est produite en 2011-2012, les alertes sur les morphiniques et le dextropopoxifène (morphinique impliquée dans de nombreux décès retiré du marché européen en  2011) et il vaut mieux que les reports se fassent vers des gabapentinoïdes que vers des opioïdes. De plus, la prégabaline au risque de dépendance plus élevé, reste bien moins utilisée que la gabapentine, ce qui est également un point positif. Bref, continuons à prescrire de façon raisonnée.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgMQNGgzZtpZoPa9YVgNwX72KzfqklBA6eZEfJDXdtP23za9gAJvwTTh8p5l5G_bhRrL_Pl9X0iX8Vcke4TmGeboDRiY7s2jVPQgBtclTIPBjLpnKRiDfyW864VJXIqUWS85I0vgT7rm19O5XY800jS6sNIFr-L1cS9p1F7yQWsN1Z-XvSGKU9aKv6d7e_p/s1280/gabapentine.jpg"><img src="/images/articles/2024/gabapentine.jpg" alt=""></a></p>
<p>Un <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/47/2/199/151370/Associations-of-Habitual-Calcium-Supplementation">article</a> s&rsquo;intéresse à la supplémentation en calcium, et une étude de cohorte rétrospective de 400 000 patients, retrouve que cette supplémentation est associée à une surmortalité cardiovasculaire (HR=1.67) et globale (HR=1.44)  chez les patients diabétiques (mais pas chez les non diabétiques).</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2815018">JAMA internal medicine</a> aborde l&rsquo;HTA résistante, définie par une TA &gt; 140/90 malgré IEC/ARAII + calcique + thiazidique à la dose maximale tolérée ou patient sous quadrithérapie quelle que soit la TA. Les auteurs proposent d&rsquo;abord de mettre le diurétique à la dose maximale si ce n&rsquo;était pas déjà le cas puis de contrôler la tension sur une MAPA. En l&rsquo;absence de contrôle tensionnel, les auteurs recommandent de vérifier l&rsquo;observance, de renforcer les RHD (activité physique 45min x 3/semaine, apport sodés &lt; 1.5g/j et éviction des néphrotoxiques tels que les AINS). Ils proposent un calcul du rapport aldostérone/rénine pour toute HTA secondaire (alors que l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/08/dragi-webdo-n407.html">ESH</a> dit &ldquo;seulement avant 65 ans&rdquo;). Le traitement de 4ème ligne à introduire est la spironolactone (ou éplérénone ou amiloride) et celui de 5ème ligne dépend de la fréquence cardiaque : alphabloquant (doxasozine notamment) si FC &lt; 60/min, ce qu&rsquo;on veut si FC entre 60 et 80/min, et bêta bloquant ou calcique bradycardisant ou central si FC &gt; 80/min.</p>
<p>On avait vu qu&rsquo;au long cours, après une angioplastie coronaire, le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/dragi-webdo-n383.html">clopidogrel</a> faisait mieux que l&rsquo;aspirine. Cet <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.123.067283">article</a> aborde l&rsquo;efficacité du ticagrelor en monothérapie après seulement 3 mois de double antiagrégation plaquetttaire. Les auteurs retrouvent que la monothérapie par ticagrelor, au lieu d&rsquo;une bithérapie &ldquo;classique&rdquo; ticagrelor+aspirine, permet de réduire le nombre d&rsquo;accidents hémorragiques sévères à 1 an avec un NNT de 77, sans augmentation des risques de mortalité globale, cardiovasculaire ou des évènements cardiovasculaires.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Un peu d&rsquo;épidémiologie dans la BPCO avec cet <a href="https://openres.ersjournals.com/content/10/1/00838-2023">article</a> étudiant  65 000 patients hospitalisés pour exacerbation de BPCO. Parmi eux,  32% ont été réhospitalisés et  10% sont décédés dans l&rsquo;année. Les principaux facteurs de risque de mortalité étaient avoir été en soins intensifs et avoir déjà fait 2 hospitalisations pour EABPCO dans l&rsquo;année. On pourra peut être réduire ces risques en réévaluant les traitements de fond à la sortie d&rsquo;hospitalisation.</p>
<p>4/ Urologie</p>
<p>L&rsquo;ANSM et <a href="https://ansm.sante.fr/uploads/2024/02/13/20240212-epi-phare-rapport-vasectomie.pdf">Epi-phare</a> publient un rapport concernant la contraception masculine définitive en France. Pour la 1ère fois, en  2022, le nombre de vasectomies dépasse celui des ligatures des trompes. La vasectomie est réalisée vers 40 ans en moyenne (vs 44 ans ces 10 dernières années), concerne plutôt des hommes de niveau socio-économiques élevés et est efficace après 1 seul act dans  99,1% des cas. L&rsquo;intervention est à 98% en ambulatoire (contre 76% pour les ligatures de trompes), et les complications survenaient dans 1% des cas (surtout infectieuses).</p>
<p>5/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/384/bmj-2023-070920">BMJ</a> aborde les pancréatites chroniques, dont les facteurs de risques principaux sont l&rsquo;alcool, le tabac, la génétique, les lithiases des voies biliaires, et le pancreas divisum (malformation congénitale). Le diagnostic ne fait pas toujours suite à une succession de pancréatites aiguës. Il repose sur une imagerie, notamment le TDM ou l&rsquo;IRM. Les insuffisances endocrines (glycémie à jeun/HbA1c, diabète de type 3c) et exocrines (recherche de stéatorrhée sur 3 jours et élastase fécale). Le traitement repose sur 50 000 unités d&rsquo;enzymes pancréatiques par repas, avec un suivi reposant sur l&rsquo;amélioration de la stéatorrhée, la prise de poids et l&rsquo;amélioration de la densitométrie osseuse dans cette population à haut risque de fracture. Pour le diabète, la metformine est proposée en 1ère intention puis l&rsquo;insuline assez vite, les incrétines (aglp1 et idpp4) étant à éviter compte tenu d&rsquo;un sur-risque de pancréatites. Il faut être vigilant aux hypoglycémies car l&rsquo;insuffisance pancréatique limite également la sécrétion de glucagon. La prise en charge de la douleur passe par l&rsquo;arrêt du tabac, les gabapentinoïdes (et éventuellement tricycliques et IRSNA) et les anti-oxydants qui ont montré un bénéfice d&rsquo;après la Cochrane. Enfin, en cas d&rsquo;échec ou de complications, des prises en charges endoscopiques et chirurgicales sont proposées.</p>
<p>6/ Psychiatrie</p>
<p>Le départements des vétérans américains a publié des recommandations concernant l&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-2757">état de stress post traumatique</a>. Les recommandations sont majoritairement de niveau de preuve &ldquo;impossibilité de se prononcer&rdquo; (comme pour savoir s&rsquo;il faut proposer un psychothérapie aux patients exposés à un trauma) ou  faible (comme l&rsquo;utilisation de questionnaires de dépistage ou proposer une TCC en cas d&rsquo;état de stress aigu). Ainsi, avec un niveau de preuve élevé, il est recommandé de traiter un ESPT par une TCC ou EMDR ou  psychothérapie d&rsquo;exposition prolongée. Quand un traitement médicamenteux est nécessaire, la paroxétine, la sertraline et la venlafaxine sont les seuls avec efficacité démontrée et il est recommandé de ne pas utiliser de benzodiazépines ou de cannabinoïdes. Enfin, avec un faible niveau de preuve, les auteurs suggèrent l&rsquo;utilisation de prazosine dans le traitement des cauchemars de l&rsquo;ESPT.</p>
<p>7/ Endocrinologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3408871/fr/guide-du-parcours-de-soins-surpoids-et-obesite-de-l-adulte">HAS</a> a actualisé son guide concernant l&rsquo;obésité de l&rsquo;adulte. C&rsquo;est très long, la fiche 20 messages clé est synthétique mais parfois insuffisante mais on se perd un peu dans le fichier de synthèse&hellip;. (les fiches paramed sont bien). La HAS propose l&rsquo;acronyme des 4D de la prise en charge:</p>
<ul>
<li>
<p>Dépister: avec l&rsquo;IMC, le tour de taille et proposer une consultation dédiée sur le poids.</p>
</li>
<li>
<p>Diagnostiquer: donner le diagnostic selon le stade d&rsquo;obésité et la complexité (non complexe: IMC &lt; 35 sans complications, complexe: &gt; 35 ou &lt; 35 + facteurs de risques , très complexe: &gt; 40 ou &gt;35 + comorbidités) dépister les comorbidités</p>
</li>
<li>
<p>Discuter: mettre en place le projet de soins avec accompagnement psychologique, éducation thérapeutique (RHD, APA)</p>
</li>
<li>
<p>Décider ensemble:  personnaliser l&rsquo;objectif, maintenir les RHD, traiter les comorbidités physiques et psychiques, et en 2ème intention, discuter d&rsquo;un traitement médicamenteux (aglp1 si obésité complexe avant 65 ans, à réévaluer à 3 mois) ou d&rsquo;une chirurgie (et assurer le suivi après chirurgie car 50% de perdus de vue à 2 ans)</p>
</li>
</ul>
<p>On a parlé plusieurs fois de <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/03/dragi-webdo-n218.html">DIRECT</a>, l&rsquo;étude montrant la rémission du diabète grace à des RHD. Après le suivi à 1 an et 2 ans, voici <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(23)00385-6/fulltext">le suivi à 5 ans</a>! Le groupe intervention a été divisé en &ldquo;extension&rdquo; (à une intervention de suivi allégée) et &ldquo;non extension&rdquo; sans suivi particulier. Après 5 ans, les patients des groupes intervention (et extension) étaient plus souvent en rémission lors du suivi que les autres. Mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;une formulation qui masque le résultat réel à 5 ans: il n&rsquo;y avait plus de différence significative concernant les rémissions (ils avaient cependant toujours moins de médicaments). En effet, parmi les patients en rémission à 2 ans, seuls 25% l&rsquo;étaient encore à 5 ans. Donc l&rsquo;arrêt de l&rsquo;intervention ou le suivi modéré au final rendent l&rsquo;intervention beaucoup moins utile qu&rsquo;initialement, et les auteurs reconnaissent en fin de discussion que les traitements médicamenteux seront certainement utiles aux patients qui n&rsquo;arrivent pas à tenir avec les règles diététiques (contrairement à ce que laisse entendre la conclusion du résumé).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiFxkROSEnDoX2rA0v1QuewDBeYR-NW5rJeGqEZsp7E2qw1-8R1iNzqUQKCeIXuSpDCKRYdx3mXBV6oVoSEZaahMXAn6wJxkwogAn7EAe4JozKnIxcjBFosxP2Pn3Ds-2xxkIkjVS5CEZ3iTWvUDd5xa3zbDTW-Q0BI0MtL-xIa8bpFAFpIZ60ulhjLRlWr/s796/direct.png"><img src="/images/articles/2024/direct.png" alt=""></a></p>
<p>Et si on se concentre maintenant sur la chirurgie bariatrique chez les patients diabétiques, cet article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2815401">JAMA</a> rapporte les données combinées de 4 essais randomisés avec un suivi de 12 ans des patients âgés de  50 ans à l&rsquo;inclusion. A 7 ans, il y avait 6% de rémission dans les groupes médicament/RHD et  18% dans les groupes chirurgie; et à 11 ans, 0% dans le groupe médicament/RHD et  12,7% dans les groupes chirurgie (NNT=8). A 12 ans, il y avait cependant plus d&rsquo;anémies (NNH=8) et de troubles digestifs (NNH=10) en cas de chirurgie. Concernant la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires, il n&rsquo;y a pas de différence entre les 2 groupes concernant les infarctus et les AOMI malgré une survenue un peu moindre en cas de chirurgie (4% vs 6% et 0% vs 1%), et pas de différence non plus sur la mortalité globale (1% vs  2%). C&rsquo;est décevant encore une fois, en un sens de ne pas arriver à réduire la mortalité même avec de la chirurgie bariatrique, mais il n&rsquo;y avait que 166 patients opérés vs 96 non opérés, donc il peut y avoir un manque de puissance sur ces critères secondaires.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhpjz7V5xiXxweu2TM-BoxXyh9WS3v2JAH8BfZRKwOvVhB4euoMV5GjqfcOZVL_drkKF2u0UmDMoH1KN1N07tecuvQ9OLA-31Tc1koYq_5PEVtR-xLIPryq-A4TPQnY-2zIHuyUMf6LeP97CG4RqudIsQRb7_3BAbhf9z60YlrdYV1E6y25P930kr9kCAN4/s891/chir.png"><img src="/images/articles/2024/chir.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé pour les actualités médicales, alors voici encore le lien de l&rsquo;étude (maintenant que vous avez fini de lire ce pour quoi vous êtes venus sur le blog) :  <a href="http://up5.fr/preccipit">ICI</a> (ou en cliquant sur le logo). Encore merci énormément pour votre participation !!!!</p>
<p><a href="https://sondage.app.u-paris.fr/144721?lang=fr"><img src="/images/articles/2024/logo-20precipit.png" alt=""></a></p>
<p>8/ Le jeu du mois: Tzolk&rsquo;in</p>
<p>&ldquo;Tzolk&rsquo;in&rdquo; est un jeu de pose d&rsquo;ouvrier magnifique qui vous emmènera au beau milieu de temples Maya ! Vous pourrez placer vos statuettes sur différentes &ldquo;roues&rdquo; du calendrier Maya, qui tourneront à chaque tour, vous permettant ainsi de bénéficier de ressources de plus en plus intéressante. Il faudra jongler entre &ldquo;laisser ses statuettes&rdquo; sur les roues ou récupérer des ressources plus vite pour avancer sur le tableau des pyramides des dieux (qui apportent des bonus), sur celui des ressources (améliorant le rendement de vos statuettes) ou pour acheter des bâtiments qui apporteront des bonus. Bref, c&rsquo;est une excellent jeu de stratégie avec de nombreux moyens à combiner pour progresser sur la piste des scores, mais la partie ne sera pas pliée en 60 minutes !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiHN46NfCAsY1uxxGwWbs4yEfAPEh_JiHGp0oSdwJmsaIV4837coOo1ny100ulZ09JBfskyZWFSYbim5DHZldd24NWMLsjDHqE2CW7nJJny_ydG9dOPaoF02wP3eqIxdeYRfAlGiZsNyQZwUGBiNX-oX9uxAgKasmWwUvxWc_yMo-ZVafdWsUDZVFFgByqA/s4624/20230721_145856.jpg"><img src="/images/articles/2024/20230721-145856.jpg" alt=""></a></p>
<p>Enfin, vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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spams)</em></p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°431 : Opioïdes (chutes, grossesse), ARN interférents/HTA, dénosumab/diabète, BPCO, Behçet</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/02/dragi-webdo-n431/</link><pubDate>Wed, 28 Feb 2024 22:58:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/02/dragi-webdo-n431/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici un court billet pour cette semaine, bonne lecture !</p>
<p> 1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2815009">JAMA  internal medicine</a> s&rsquo;est intéressé au risque de chutes chez les patients âgés sous opioïdes grâce à une cohorte de 3 millions de patients qui ont fait 500 000 chutes en 4,3 ans en moyenne, dont 5000 fatales. Ainsi, le taux de mortalité annuel était de 3 pour 10 000 sur l&rsquo;ensemble de la population, mais de 30 pour 10 000 chez les plus de 80 ans. Le risque de chute était multiplié par 5 dans les 28 jours suivant la prescription d&rsquo;un opioïde.</p>
<p>On reste dans les <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2815071">opioïdes</a> avec un sur-risque d&rsquo;accouchement prématuré chez les patientes sous opioïdes durant la grossesse. C&rsquo;est une étude cas-témoins nichée dans une cohorte rétrospective et les auteurs montrent qu&rsquo;il y a une augmentation du risque d&rsquo;accouchement prématurée de 4% à chaque doublement des doses de morphine (en mg équivalent morphinique), sans différence entre le type d&rsquo;opioïdes. Ainsi, bien que le risque soit relativement faible, s&rsquo;en tenir aux plus faibles doses semble important.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjg4xCUss5FTfbnFuJNsYF91J6TS4dG31wDQfjHABQIHJ5Ftdj0jZvZaVgmIhl3bGs7tVNREriKFE0MK_pgH515LwM9-A5XvFz0pCOaE_SEhd6Zc_1HfGStAJSlYP4gc6r3xORPRuvL3-CCkL7Lob6kczMZFbf6p4JOC4LsucmQfm6sg_mIDC_it9ukjpHg/s661/morphine.png"><img src="/images/articles/2024/morphine.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Les ARN interférents vont peut-être devenir des traitements incontournables. Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2815379">Zilbesiran</a> est un de ces traitements anti-hypertenseur qui agissent en amont du système rénine angiotensine. Dans cette étude de phase 2, 400 patients avec des MAPA à 140-142/81-82 et ayant à 75% au moins 1 traitement antihypertenseur ont reçu une injection trimestrielle du traitement ou de placebo (randomisation 4:1) pendant 6 mois. Dans le groupe traitement, la PAS a été réduite de 8mmHg environ par rapport au début d&rsquo;étude et de 15mmHg par rapport au placebo. Bien qu&rsquo;il y ait eu 7% d&rsquo;effets indésirables sévères sous placebo et 4% sous traitement, il y a eu 1 décès par arrêt cardiaque dans le groupe traitement. Aucun des effets indésirables grave n&rsquo;a été considéré comme lié au traitement, mouais&hellip;. Affaire à suivre.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Nous avions parlé plusieurs fois des risques de décompensation chez les patients BPCO. Cette <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3611112?ecd=soc_tw_240222_mscpfr_news_pulm,card_BPCO">étude</a> présentée au congrès de la SPLF confirme qu&rsquo;un sur-risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires survient plus fréquemment dans les mois suivant une exacerbation de BPCO mais précise que le risque est maximal dans la semaine qui suit l&rsquo;exacerbation. On sait que les traitements de la BPCO ne réduisent pas directement la mortalité, mais en réduisant la survenue d&rsquo;exacerbations, ils pourraient réduire la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires chez ces patients fumeurs ou anciens fumeurs à haut risque.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2814873">dénosumab</a> n&rsquo;est pas le traitement de 1ère ligne de l&rsquo;ostéoporose. Cependant, des auteurs ont retrouvé dans une étude de cohorte que des patients sous ayant poursuivi du dénosumab avaient un risque plus faible de diabète que ceux ayant interrompu leur dénosumab avec une réduction de 8 patients traités pour 1000 par an. Ce &ldquo;bénéfice&rdquo; manque encore de solidité et de données sur les complications qui seraient réduites sachant qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas non plus d&rsquo;un traitement &ldquo;à vie&rdquo;.</p>
<p>Abordons rapidement la maladie de <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra2305712">Behçet</a>,
qui atteint 400 personnes sur 100 000 d&rsquo;origine turque et 5 pour 100
000 en moyenne en population occidentale. Les symptômes caractéristiques
comportent notamment l&rsquo;aphtose buccale suivi d&rsquo;ulcérations génitales
(plus importants et profond que les ulcères buccaux et souvent
responsables de cicatrices), et de lésions cutanées papulaires et
nodulaires. Il y a également des mono ou oligoarthrites pouvant faire
évoquer une SPA périphérique, ainsi que des atteintes ophtalmologiques
comme des uvéites. Des phlébites profondes ou superficielles surviennent
chez un tiers des patients et des anévrismes vasculaires peuvent être
retrouvés. Le diagnostic repose sur un score clinique incluant un test
pathergique (papule ou pustule 48h après piqure de l&rsquo;avant bras avec une
aiguille 20-26G), ce score &gt;3 ayant une sensibilité et une
spécificité de plus de 90%. Le traitement initial repose généralement
sur la colchicine et sur un suivi conjoint multidisciplinaire
(internistes, vasculaires, ophtalmo..).</p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°430 : Gastro-entérite virale, TDAH, allergies alimentaires, asthme de l'enfant, dépression, gepotidacine/cystite, triptans, bithérapies aGLP1/iSGLT2, canagliflozine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/02/dragi-webdo-n430/</link><pubDate>Mon, 19 Feb 2024 00:50:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/02/dragi-webdo-n430/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Allergologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, ce billet s&rsquo;annonce assez long avec plein d&rsquo;articles intéressants. Abordons le sur diagnostic avec cette <a href="https://ebm.bmj.com/content/early/2024/01/18/bmjebm-2023-112460">étude</a> qui semble dire qu&rsquo;actuellement il y aurait environ 50% de surdiagnostic de mélanomes (pour une prévalence au cours de la vie de 1 adulte sur 20) et de 85% pour les mélanomes <em>in situ</em> (prévalence 1 adulte/40). Alors, voici les actualités de la semaine !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork-com.ezproxy.u-paris.fr/journals/jamaneurology/article-abstract/2814687">étude</a> de cohorte retrouve un sur-risque d&rsquo;AVC et d&rsquo;infarctus chez les patients prenants des triptans (OR = 3,3), avec une prévalence d&rsquo;environ 5 pour 100 000. Bien que les patients de la cohorte aient une 38 ans en moyenne, les cas concernaient notamment des patients de plus de 60 ans avec un risque cardiovasculaire élevé. Cependant difficile quand même de savoir si c&rsquo;est le directement triptan qui donne l&rsquo;AVC ou si c&rsquo;est parce que le patient a des migraines persistantes, elles même FDR d&rsquo;AVC, que le patient prend un triptan et qu&rsquo;on retrouve l&rsquo;association. Bref, prudence chez les patients migraineux à risque cardiovasculaire.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(23)02037-8/abstract?hss_channel=tw-27013292&amp;utm_campaign=seminar24&amp;utm_medium=social&amp;utm_content=282030203&amp;dgcid_twitter_organic_seminar24_lancet=&amp;utm_source=twitter">Lancet</a> fait un point sur les gastro-entérites virales grâce à un article publié par des infectiologues. On trouve tout d&rsquo;abord un algorithme pour établir s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une GEA présumée virale ou non, avec indication d&rsquo;exploration en cas de persistance pendant plus de 5 jours. Le rotavirus a tendance à faire 1-3j de fièvre + nausées suivi de 3-5 jours de diarrhées alors que l&rsquo;adénovirus a des symptômes ORL/grippaux et dure 3 jours Le traitement principal est la réhydratation, bien évidemment, en notant qu&rsquo;un retour à l&rsquo;alimentation  4-6h après une réhydratation semble réduire la durée de la diarrhée. Une supplémentation en Zinc est également recommandée par l&rsquo;OMS dans les pays à faible revenus (5mg/j à 20mg/j pendant 10-14j réduit la durée de l&rsquo;épisode et le risque de récidive à 3 mois). L&rsquo;utilisation d&rsquo;anti-émétiques est controversée mais l&rsquo;ondansétron a montré une efficacité et une bonne tolérance notamment après 4 ans. Concernant les antidiarrhéiques, le lopéramide (antagoniste opioide) est efficace sur la fréquence et durée des diarrhées, et possible à partir de 3 ans et le racecadotril n&rsquo;a pas d&rsquo;efficacité clairement démontrée et encore moins avant 5 ans. Dans les diarrhées à rotavirus, le Nitazoxanide pendant 3 jours réduit les symptômes de 1 jour.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj0XhVygBYj7hYw8P5FyCzhXd0-GJZg-mjgV1JbJO2hgt4DhyQxdZtpoEGYztBDgs4FVt73tEeHpiaHdrKRoREk5jcI-YcSAq4y9GMKj8d5c_h45LHCPrE4W4yR8X2Yfa4s5yr2fR2jpQ7By1na8RH5uvV4wvm_K63Qdbv1_JiZR_OH-Bw6ZuESvth0OX74/s1305/algo%20gea.png"><img src="/images/articles/2024/algo-20gea.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiQbB6OkoW8Ql9egPnrV93Cf2n629miRJ_EcvKVS1Lkjij7MmzWuvX5bON-qPGdivp7_54VDWZPEszwk2A3w_uWDqzA9vs1VWAiMG4pCNbZsQL4r3uEVWDuUzB73i8Lx01vjFM6W7OfHZcYaLjL6EbYhu5w5FWLRwb5TkuqLaet0WOvauuAgrHdogaha92S/s1570/rehydratation.png"><img src="/images/articles/2024/rehydratation.png" alt=""></a></p>
<p>Dans les infections urinaires non compliquées (cystites simples), un nouvel antibiotique est à l&rsquo;essai: la gepotidacine (1500x2 pendant 5 jours), qui est évaluée vs nitofurantoïne (100x2 pendant 5 jours) dans 2 essais randomisés de non infériorité analysés conjointement dans un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(23)02196-7/abstract">Lancet</a>. La gepotidacine était non inférieure à la nitrofurantoïne dans 1 des essais (50.6% vs 47%, NNT=28) et supérieure dans l&rsquo;autre essai (58.5% vs 43.6%, NNT=7). Ca pourrait donc être une molécule intéressante. On s&rsquo;étonne quand même du faible taux de succès (environ 50%) avec les 2 traitements du fait d&rsquo;un CJP nécessitant un succès clinique + biologique. Quand on regarde que le succès clinique, on est à 65%, ce qui est plus classique (proche de 70% habituellement avec la nitrofurantoïne). Enfin, on note un peu plus d&rsquo;effets indésirables non sévères (surtout gastro-intestinaux) avec la gepotidacine (NNH= 8).</p>
<p>3/ Allergologie</p>
<p><a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2814877">Lancet</a> encore, cette fois sur les allergies alimentaires anaphylactiques (IgE médiées) qui concernent environ 8 % des enfants et  11% des adultes et sont liées à 90% aux crustacés, produits laitiers, cacahuète et fruits à coque, poissons, œufs, blé, soja et sésame. L&rsquo;alpha-gal syndrome, allergie à la viande suite à une piqure de tique est une cause croissance d&rsquo;anaphylaxie. Les diagnostics sont posés suite à l&rsquo;histoire racontée et à une preuve sérologique/prick test ou test de réintroduction. Le traitement repose sur l&rsquo;éviction de l&rsquo;aliment ! En cas de crise, une injection d&rsquo;adrénaline est efficace dans 90% des cas, et une 2ème dose si échec permet d&rsquo;atteindre  98% d&rsquo;efficacité. Les antihistaminiques et corticoïdes réduisent les symptômes (et, la réduction des anaphylaxies biphasiques grâce aux corticoïdes n&rsquo;est pas soutenue par les revues systématiques: OR 0.8 [0.74-1.02]) mais ne traitent pas l&rsquo;anaphylaxie: ils ne doivent pas retarder l&rsquo;injection! Enfin, la désensibilisation est une option a discuter compte tenu des effets indésirables et de la durée selon le risque d&rsquo;exposition à l&rsquo;allergène.</p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/384/bmj-2022-073448">BMJ</a> fait un focus sur le TDAH. Les auteurs synthétisent le message principal en disant: qu&rsquo;il faut moins se focaliser sur le diagnostic (on est passé de 2% à près de 4% des enfants, en partie par amélioration du diagnostic mais aussi par surdiagnostics également) et plus se focaliser sur des soins. En effet, il n&rsquo;est pas démontré que poser le diagnostic ou le poser précocement améliore le devenir à long terme. En effet, les expériences positives sont très médiatisées mais les risques de ces interventions sont souvent mis de coté. Selon les auteurs, donner des soins centrés sur les symptômes des enfants, sans se focaliser sur un diagnostic permet d&rsquo;accéder à des interventions qui leur seront bénéfiques sans subir les conséquences d&rsquo;une étiquette diagnostique. Sur le plan médicamenteux, les dérivés des amphétamines seraient efficaces à court terme sur les symptômes (SMD: -0.82 à 12 semaines, soit cliniquement très significatif) dans une revue systématique de 2018, mais les effets à long terme sont peu étudiés d&rsquo;après la Cochrane. Au total, leur niveau d&rsquo;efficacité et l&rsquo;absence de bonne étude sur les effets indésirables fait que les traitements médicamenteux sont recommandés avec un faible niveau de preuve. Concernant les interventions non pharmacologiques le niveau de preuve est encore plus faible.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.bmj.com/content/384/bmj-2023-075924">asthme</a> de l&rsquo;enfant est un diagnostic complexe, notamment avant 5 ans, avec des critères diagnostiques variant selon les sociétés savantes. Le pronostic de l&rsquo;asthme semble meilleur quand les premiers sibilants arrivent tôt (vers 2 ans), ce qui est associé à une résolution des symptômes en milieu d&rsquo;enfance. Pour le diagnostic, après 5 ans, il faut une obstruction à la spirométrie  (VEMS/CV &lt; 70% ou &lt; 80% selon la reco)  et une réversibilité ou une variation du DEP de 12% pour certains et de 20% pour d&rsquo;autres (ou une FeNO anormale, mais non reco d&rsquo;après le GINA ou la HAS). Globalement, pour chaque élément diagnostic, la sensibilité est de 50% et la spécificité entre 70% et 90%, d&rsquo;où l&rsquo;importance d&rsquo;en avoir plusieurs. L&rsquo;histoire retrouve généralement des épisodes de wheezing, une toux à l&rsquo;effort ou en début de nuit, des antécédents d&rsquo;atopie ou d&rsquo;asthme familiaux. Une toux &ldquo;chronique isolée&rdquo; est rarement compatible avec un asthme, notamment avant 24 mois. Les B2 de courte durée ne sont pas un test thérapeutique, le test thérapeutique, notamment avant 5 ans, consiste dans 2 mois de CSI. Concernant ceux ci, la béclométasone et le budésonide sont moins efficaces mais beaucoup plus étudiés sur le plan de la sécurité. Inversement, la fluticasone est 2 fois plus efficace mais pourrait augmenter le risque d’insuffisance surrénalienne. Enfin, les CSI au long cours réduiraient la taille adulte finale de 1cm. En cas de crise, 10 bouffées de salbutamol sont recommandées, aussi bien chez les enfants avec un &ldquo;asthme allergique&rdquo; que ceux ayant un &ldquo;asthme viro-induit&rdquo; (ie. la &ldquo;bronchite asthmatiforme&rdquo; qui est vraiment de l&rsquo;asthme), les 2 phénotypes cohabitant souvent.</p>
<p> 5/ Psychiatrie</p>
<p>Rapidement sur la <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp2305428">dépression résistante du  sujet âgé</a>, les molécules les plus efficientes malgré l&rsquo;essai de 2 IRS (notamment la sertraline qui est adaptée chez le sujet âgé) sont la mirtazapine (ou un irsna) et si besoin l&rsquo;ajout d&rsquo;un antipysychotique type aripiprazole 2 à 15mg/j (ou quétiapine). Les psychothérapies sont à encourager en parallèle</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/384/bmj-2023-075847?utm_campaign=usage&amp;utm_content=tbmj_sprout&amp;utm_id=BMJ005&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">BMJ</a> a étudié l&rsquo;efficacité de l&rsquo;activité physique dans la dépression. La marche et le jogging étaient les sports les plus efficaces, autant que les TCC, suivis de près par le yoga, le renforcement musculaire puis l&rsquo;aérobic. Enfin, notons que tous ces exercices physiques et les TCC étaient cliniquement efficaces, alors que les IRS étaient supérieurs au placebo sans apparaître comme lui étant cliniquement supérieurs.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Dans cette <a href="https://cardiab.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12933-023-02118-6">étude</a> observationnelle, de patients diabétiques ayant eu un infarctus de moins de 3 mois, les patients éligibles devaient être soit sous aGLP1 soit sous iSGLT2. Si leur HbA1x passait au dessus de 7%, la molécule &ldquo;complémentaire&rdquo; (aGLP1 ou iSGLT2) était ajoutée. La survenue du critère de jugement principal (récidive d&rsquo;infarctus, insuff cardiaque par IDM ou mortalité cardiovasculaire) était de 26% à 2 ans sous iSGLT2, 30% sous aGLP1 et&hellip;  6% sous bithérapie ! Cela ferait un NNT de 10 patients par an à traiter pour éviter un évènement CV en prévention secondaire. Après traitement, il n&rsquo;y avait pas de différence d&rsquo;HbA1c, ni de LDL entre les groupes. Il serait bien qu&rsquo;un bel essai randomisé évalue cette bithérapie (et qu&rsquo;on en profite pour le faire sans mettre de metformine).</p>
<p>Parlons de la <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/doi/10.2337/dc23-1450/154163/Impact-of-Canagliflozin-on-Kidney-and">canagliflozine</a> qui vient d&rsquo;être mise à disposition en France dans cette analyse poolée de Canvas et Credence. Les patients avaient 60 ans en moyenne et avaient à 75% un antécédent cardiovasculaire. Le traitement réduisait les évènements cardiovasculaires majeurs avec un NNT de 73 patients en  2.5 ans (c&rsquo;est la seule gliflozine efficace sur ce critère). Sur le plan rénal, il y avait également moins d&rsquo;insuffisances rénales et moins de progressions d&rsquo;albuminurie avec des NNT entre 8 et 27 selon l&rsquo;ancienneté du diabète, mais ça c&rsquo;est commun à toutes les gliflozines. La mortalité cardiovasculaire et globale n&rsquo;est pas étudiée spécifiquement c&rsquo;est dommage. Enfin, le fait qu&rsquo;il y ait moins d&rsquo;effets indésirable dans les groupes canagliflozine est suspect pour cette molécule aux EI de classe connus et le risque d&rsquo;amputation soulevé par Canvas n&rsquo;est pas réabordé.</p>
<p>Un nouveau &ldquo;<a href="https://europepmc.org/article/MED/38152893">marqueur</a>&rdquo; de risque cardiovasculaire dans le diabète de type 2 pourrait être le nombre de monocytes. En effet, le nombre de monocytes circulant, reflet de l&rsquo;inflammation, est associé au résultat du score calcique. Ainsi, les patients avec plus de 0.5 x10^9 monocytes auraient un risque cardiovasculaire multiplié par 5. D&rsquo;un point de vu clinique, on n&rsquo;en fait pas encore grand chose, les patients étant en majorité à haut risque sous statine déjà&hellip;</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°429 : CMV (HCSP), sevrage tabac/mortalité, hypercholestérolémie familiale, AVC, jus de betterave/BPCO, mesures COVID, dépression, ébastine/TFI</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/02/dragi-webdo-n429/</link><pubDate>Sun, 11 Feb 2024 21:06:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/02/dragi-webdo-n429/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Neurologie</category><category>Gynécologie</category><category>Pneumologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Gastro-entérologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, pour commencer ce billet, parlons d&rsquo;une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-2183">intervention</a> basée sur des supports d&rsquo;aide à la décision clinique pour les médecins et qui a permis de réduire les prescriptions de PSA après 75 ans, d&rsquo;ECBU non justifié après 65 ans et de sur-traitement glycémique chez les diabétiques après 75 ans. Ces réductions de prescriptions ne se sont pas accompagnées d&rsquo;augmentation des hospitalisations (il y avait juste un peu plus de patients avec HbA1c &gt; 9%). Voici les autres actualités, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un article du <a href="https://bjgp.org/content/early/2024/02/06/BJGP.2023.0010">BJGP</a> revient de l&rsquo;hypercholestérolémie familiale (HF) à suspecter devant un cholestérol total &gt; 2.9g/L avant 30 ans et &gt; 3.5g/L après 30 ans. Sa prévalence est estimée à  0.16% des patients, soit 2 patients dans une patientèle, mais comme on suit des familles, en fait ça fait probablement un peu plus. Les patients avaient un LDL sans traitement à 1.55g/L (donc pas très élevé) et un SCORE 2 à 6% environ en moyenne (donc intermédiaire), mais ce score ne s&rsquo;applique pas en cas de HF. Enfin 60% avaient quand même une statine, et plus d&rsquo;un tiers aurait du en avoir et n&rsquo;en avait pas. Cela reste compliqué de dépister ces patients si leur LDL n&rsquo;est pas si élevé que ça au final&hellip;.</p>
<p>Voici un <a href="https://evidence.nejm.org/doi/abs/10.1056/EVIDoa2300272">article</a> concernant l&rsquo;effet de l&rsquo;arrêt du tabac sur la mortalité chez les patientes et patients en fonction de l&rsquo;âge de l&rsquo;arrêt. Arrêter avant 40 ans permet ne pas avoir de sur-risque de mortalité. Arrêter plus tard, quel que soit l&rsquo;âge de l&rsquo;arrêt apporte un bénéfice sur la survie, mais de plus en plus réduit avec un sevrage tardif. Enfin, les principales causes de mortalité étaient dans l&rsquo;ordre: les causes respiratoires, puis cardiovasculaires, puis les cancers.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhCEZX1cQ3EOtO0Hy2feaMcA_PNAqGVVVL78TlwJ72c5QKcCyBVhfl_hOBdjnCep9FwjLGfKm2Rt8pDQzcJu3MUsaENStVhinK9cLXXaI2lM5J5wo27Tl9UcP_mX_n6DE-FiDlL3S0WvrCNo_wPbkFQnxITEsRXI4r6VtDvSFpAT5J_WXx2161OvoTiDIA6/s1317/sevrage%20tabac.png"><img src="/images/articles/2024/sevrage-20tabac.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Neurologie</p>
<p>On avait déjà parlé de l&rsquo;anticoagulation par <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/05/dragi-webdo-n184.html">rivaroxaban</a> des AVC sans cause retrouvée en suspectant une FA. Cette nouvelle <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2814933?guestAccessKey=8f257726-9463-4c14-a26e-681429809d2b&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jama&amp;utm_term=12592077253&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=313925375">étude</a> a des résultats concordants avec l&rsquo;Apixaban vs aspirine chez les patients avec AVC sans cause retrouvée et cardiopathie atriale (qui est un FDR de FA). En effet, l&rsquo;apixaban n&rsquo;a pas réduit le risque de récidive d&rsquo;AVC, ni celui de mortalité. Il n&rsquo;y avait pas de différence concernant le risque d&rsquo;hémorragies majeurs sauf concernant les hémorragies cérébrales qui étaient légèrement moins nombreuses avec l&rsquo;apixaban qu&rsquo;avec l&rsquo;aspirine (mais ça ne suffira pas a faire pencher la balance bénéfice risque vers une prescription d&rsquo;anticoagulant)</p>
<p>Très rapidement, d&rsquo;après cette revue systématique, le délai maximal entre le début de symptômes d&rsquo;AVC et la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2815005">thrombolyse</a> pour permettre une évolution favorable à 90 jours est de 2 heures 20 minutes. Au delà, il n&rsquo;y avait plus de bénéfice significatif.</p>
<p>3/ Grossesse</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1367">HCSP</a> a publié un nouvel avis concernant le dépistage systématique du CMV pendant la grossesse. Comme on l&rsquo;avais vu, le HCSP était contre en 2018, le CNGOF ambivalent la même année et l&rsquo;Académie de Médecine s&rsquo;était prononcée en faveur en 2020. En effet un essai randomisé étudiant le valaciclovir s&rsquo;était avéré &ldquo;positif&rdquo; et des essais testant les immunoglobulines ont été conduits. Cependant l&rsquo;essai sur le valaciclovir avait un critère de jugement non pertinent (transmission materno-foetale et non les séquelles cliniques), ne comportait que 90 patientes, a inclus des patientes qui ne respectaient pas les critères d&rsquo;inclusion, et les HCSP note que l&rsquo;observance dans l&rsquo;essai pour la prise de 8cp x 2 par jour pendant au moins  7 semaines était suboptimale chez 10% des patientes (étonnant que ce ne soit pas plus!) ce qui limite l&rsquo;applicabilité en population générale. Les études avec immunoglobulines ont toutes été interrompues par manque de patientes ou futilité et n&rsquo;ont pas montré de bénéfice. Ainsi, dans sa nouvelle évaluation, le HCSP ne modifie pas sa position : pas de dépistage systématique, ce qui est concordant avec les recommandations internationales (Etats Unis, Royaume Uni, Canada, Suisse, Espagne, Italie, Allemagne et Brésil).</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Chez des patients BPCO avec une PAS &gt; 130mmHg, un <a href="https://erj.ersjournals.com/content/63/2/2202353">essai</a> randomisé incluant 81 patients a mis en évidence que boire une fois par jour un jus contenant 400 mg de NO3− (nitrates) pendant 12 semaines réduisait la PAS de  5mmHg  et améliorait la distance parcourue en 6 minutes de 30m ! Mais où trouver ces 400mg de nitrates ? En buvant 70ml de jus de betterave tous les jours!</p>
<p>Concernant le Covid, une <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1755436524000057">modélisation</a> confirme l&rsquo;efficacité des mesures prises. En effet, elle estime que la vaccination a évité 160 000 décès et 1,5 million d&rsquo;hospitalisations (et si la vaccination avait été disponible 3 mois plus tôt, 70 000 décès supplémentaires auraient été évités. Les confinements ont réduit la transmission de  84%, puis 74% et enfin 11% pour le dernier (et si le 1er avait été mis en place 1 semaine plus tôt, 20 000 décès et 90 000 hospitalisations auraient pu être évitées).</p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p>Un article canadien revient sur &ldquo;ajout ou switch&rdquo; d&rsquo;antidépresseur. Pour mémoire les bithérapies &ldquo;efficaces&rdquo; en soins primaire dans les dépressions résistantes se font plutôt avec <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/05/dragi-webdo-n356.html">ajout de mirtazapine/miansérine</a> à un IRS et pour discuter de switcher ou d&rsquo;augmenter aux doses &ldquo;optimales&rdquo;, on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/04/la-depression-sans-pression18.html">là</a>.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgSSYQiv0AhNFlC4XMhI83SInhSjV4JTxT6VjF-pmkgJ4Xmbf3TJCLQL8fvrQHdGoDGg7RKMTruhTDAZ5fstImkv9hOb28RGYj5A8hV4uIow-aDB5QFfozF7NN4Arpcqf7Pd0MVCQIXPSHMVThgS0L7Iq4bnU0lFHE7yX9ASDdVzy-1YdaZ9NTlpS6y2f7e/s760/antid%C3%A9presseur.png"><img src="/images/articles/2024/antid-c3-a9presseur.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Gastro-entérologie</p>
<p>Un <a href="https://gut.bmj.com/content/early/2024/01/08/gutjnl-2023-331634">essai</a> randomisé a testé l&rsquo;ébastine 20mg/j vs placebo pendant 12 semaines dans le syndrome du colon irritable &ldquo;non constipé&rdquo;. Les patients traités avaient significativement moins de symptômes sur le critère composite &ldquo;score global de symptômes + douleurs abdominales&rdquo;  (12% de répondeurs vs 4% ce qui fait quand même très peu de répondeurs, NNT=13 patients). Cependant, lorsque les 2 parties du critère composite sont étudiées séparément, la différence n&rsquo;était significative pour aucun des deux.</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°428 : rhume, e-cigarette, sciatique, analogues du GLP-1, methotrexate, Skyjo</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/02/dragi-webdo-n428/</link><pubDate>Wed, 07 Feb 2024 23:45:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/02/dragi-webdo-n428/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Addictologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un <a href="https://rmdopen.bmj.com/content/10/1/e003827">article</a> suggère une augmentation de la toxicité du méthotrexate, même aux faibles doses, chez les patients ayant une co-prescription par diurétiques, IPP ou levetiracetam. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une étude sur peu de patients mais, restons vigilants.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/384/bmj-2023-075306">BMJ</a> a publié un article concernant la prise en charge du rhume chez l&rsquo;enfant. Les auteurs disent que symptômes évoluent spontanément favorablement en 10 jours (ils prennent un peu plus de marge que nous), et que l&rsquo;objectif des traitements est de &ldquo;soulager&rdquo; sans réduire la durée de la maladie. Ils disent également que les antitussifs, anti-histaminiques, décongestionnants, expectorants et l&rsquo;aspirine ne sont pas recommandés (jusque là ça va) avant l&rsquo;âge de 6 ans ! (Parce qu&rsquo;après, pas de souci???) Bon, ils reprennent ensuite les preuves des traitements.</p>
<ul>
<li>Sont inefficaces ou d&rsquo;efficacité non cliniquement significative : antitussifs, décongestionnants, anti-histaminiques, antalgiques, AINS (mais sont un peu plus forts que le paracetamol sur la baisse de la température et la douleurs), antibiotiques, les corticoïdes nasaux, la vitamine D, les herbes chinoises</li>
</ul>
<p>Sont efficace avec un niveau de preuve faible: les DRP au sérum physiologique (sur la rhinorrhée mais pas sur les symptômes respiratoires), le miel (sur la toux, pas avant 1 an même pasteurisé), les probiotiques (moins de jours d&rsquo;absence en cours&hellip;), les massages Tui Na (sur la toux), le pelargonium (Belivair rhume pelargonium*, sur les symptômes de bronchite)</p>
<p>Enfin, il faut être vigilants aux red flags nécessitant une consultation: fièvre avant 3 mois, fièvre de plus de 3 jours, déshydratation/anurie/apports &lt;50%, dyspnée/signes de lutte, symptômes de Kawasaki, pétéchies, convulsions, céphalées intenses, confusion, état léthargique et inquiétude parentale.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj-WutttXkvRbDvH-RNe44E33H0JK3l6VGf_7b3jHYO4lrq4e1l6T22O2p-EijdGW9Rye2LbyvlgAcUXBG_iT3BU0VJ85UKpuZHdtpjp20c2AZytivJQwCu3hP3bAMvJME7CJDX2TVxF8rSpb_DGy_F6iQM3FfFvEYBeXAucAApoP6VN4ohFBpsOl0OaseC/s1743/symptomes%20rhume.png"><img src="/images/articles/2024/symptomes-20rhume.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Addictologie</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2814489">essai</a> randomisé a comparé les cigarettes électroniques à la varenicline et aux substituts nicotiniques de type gomme à mâcher. Le sevrage à 6 mois a été évalué et les auteurs ont trouvé que l&rsquo;e-cigarette avec nicotine était non inférieure à la varenicline et supérieure aux substituts nicotiniques (respectivement 15,7% de sevrage, 14,2% et 8,8%). Les effets secondaires étaient dans des proportions similaires entres les traitements (environ 15%), notamment des irritation et sécheresse buccale pour l&rsquo;e-cigarette et les substituts nicotiniques, et nausées pour la varenicline. Il est dommage que le &ldquo;bras&rdquo; substituts ait été limité aux gommes étant donné qu&rsquo;il est démontré que le sevrage est mieux réussi en cas d&rsquo;association d&rsquo;un substitut &ldquo;de fond&rdquo; et d&rsquo;un substitut &ldquo;en cas de besoin&rdquo;.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2811335">JAMA</a> nous donne l&rsquo;occasion de fait un point sur les sciatalgies. En effet, comme le schéma le montre, la compression ne se situe pas toujours au niveau du rachis lombaire mais peut se faire au niveau du muscle piriforme. 1/3 des patients ont une évolution favorable en 2 semaines, 3/4 en 3 mois. Les auteurs rappellent que les myorelaxants, les opioïdes et la gabapentine, n&rsquo;ont pas d&rsquo;efficacité démontrée. L&rsquo;activité physique et la kiné sont recommandées et les infiltrations permettent de soulager la douleur sans améliorer le pronostic de la sciatique. Une chirurgie peut être proposée dans certains cas, mais les douleurs peuvent récidiver, il peut y avoir des lésions nerveuses et des infections post-opératoires et la convalescence dure 6 à 12 semaines environ.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhplzHV30yGI5RI_efoEf0VNGdTCzPL-NVRHII4WZvTNxHkkhlH4IiXTBBSAFRRT3wQIu7_pbLRVenWbIIOrK7SDRuvaUfzCBRUDIahSkyOgb6ATkHCHZc-Bcu99GUT09PJu6z11dzu6k5LPJsLRN-HM92s3DGKdi23Sf_csTaYA64pP0yqjDUOO0ulII2K/s810/sciatique.png"><img src="/images/articles/2024/sciatique.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Une <a href="https://www.bmj.com.ezproxy.u-paris.fr/content/384/bmj-2023-076410">revue</a> systématique en réseau a comparé l&rsquo;efficacité des différents analogues du GLP-1 (ce qui sera utile quand on en aura à nouveau à disposition un jour peut être). Sur l&rsquo;HbA1c, le tirzepatide (analogue GIP/GLP-1) est le plus efficace avec une réduction de -2%, puis le semaglutide fait baisser de 1,4%, le dulaglutide et liraglutide de -1% et l&rsquo;exenatide de -0,8%. Concernant la baisse de poids, les plus éprouvés sont le tirzepatide (-8,5kg), le semaglutide (-3,1kg) et le liraglutide (-1,3kg) (le dulaglutide : - 0,7kg, non significatif). Ce n&rsquo;est malheureusement pas abordé dans cette étude, mais rappelons que le liraglutide et le dulaglutide sont ceux qui ont un niveau de preuve supérieur aux autres concernant la réduction des évènements cardiovasculaires voire de la mortalité : cela semble confirmer que toutes les molécules ne sont pas équivalentes et que le bénéfice cardiovasculaire n&rsquo;est pas lié à la baisse d&rsquo;HbA1c ou à la perde de poids! Concernant la tolérance, il n&rsquo;y a pas de différence significative entre les molécules sur les arrêts de traitements, les diarrhées, les nausées ou les vomissements.</p>
<p>6/ Le jeu du mois: &ldquo;Skyjo&rdquo;</p>
<p>&ldquo;Skyjo&rdquo; est un petit jeu familial dans lequel il faut faire le moins de point possible. Les joueurs ont une grille de cartes face cachées devant eux, réparties sur 3 lignes, et vont devoir arriver à se débarrasser des cartes faisant beaucoup de points. Pour cela, il est possible de remplacer une carte que l&rsquo;on a devant soi par une carte de la pioche ou une de la défausse. Quand les cartes devant soi sont encore face caché, c&rsquo;est un pari (qui peut se baser sur un peu de probabilités quand même). Pour arriver quand même à se débarrasser des cartes élevées (parce qu&rsquo;on en aura forcément), il faut arriver à créer une colonne de carte avec le même chiffre: dans ce cas, l&rsquo;ensemble de la colonne est défaussé et ne rapportera donc aucun point ! Le jeu se finit au moment où un joueur révèle sa dernière carte face cachée et il ne reste plus qu&rsquo;à compter les points. Le jeu est simple, fluide, facile à transporter et la partie est assez rapide. Bref, un bon jeu si on ne veut pas trop se prendre la tête pour les 5 à 99 ans !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjg7Vs3LESN1twjUa6WX3qoTfJDLd-Hs3klHSXabst0koMCm8T6AGy2Hgw3oAV8AjWPvbAMCLBv0XoC6QtU7bgWNSZbP46Xv90BWOQZWFDiJ0TRnn9Au-v2JbT6wVYHxBSGh8hyphenhyphenFs4UbteMVFWRkJLu_lYFNbG3DfTh2CBrDBs2oYqeeRkLtBl3A6RoY8Fp/s4624/20230721_102410.jpg"><img src="/images/articles/2024/20230721-102410.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°427 : Céphalées (HAS), pneumopathies (SPLF), hyperferritinémie, antihypertenseurs, anti-Alzheimer, cancer prostate, emplois précaires</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/01/dragi-webdo-n427/</link><pubDate>Sun, 28 Jan 2024 21:36:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/01/dragi-webdo-n427/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Neurologie</category><category>Infectiologie</category><category>Hépatologie</category><category>Urologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Cet <a href="https://www.annfammed.org/content/22/1/26">article</a> aborde le dépistage des emplois précaires en médecine générale grâce à 3 questions rapportant chacune 1 point. Ce PEPSO score a une sensibilité de 40% et une spécificité de 90% en cas de score de 2 ou 3 (et si 1, 2 ou 3 : se 82% et sp 55%). Voici les questions:</p>
<ul>
<li>
<p>Occupez-vous actuellement un emploi occasionnel, de courte durée ou temporaire ?</p>
</li>
<li>
<p>Craignez-vous d&rsquo;être licencié si vous soulevez des problèmes liés à l&rsquo;emploi ?</p>
</li>
<li>
<p>Votre salaire varie-t-il beaucoup d&rsquo;un mois à l&rsquo;autre?</p>
</li>
</ul>
<p>Bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>On a parlé de nombreuses fois du &ldquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/11/dragi-webdo-n245.html">meilleur anti-HTA</a>&rdquo;. Ce <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2812523">nouvel article du JAMA Open</a> est parti de l&rsquo;étude randomisée <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/195626">ALLHAT</a> publiée en 2002 qui a inclus des patients entre 1994 et 1998 et conclue à la supériorité des thiazidiques par rapport aux calciques et IEC. Les auteurs ont donc fait un suivi de 23 ans maintenant et publié cette étude comparant les différentes classes. Ainsi, il n&rsquo;y avait pas de différence de mortalité entre les groupes, mais il semble qu&rsquo;il y ai une  moindre risque de mortalité liée aux AVC et d&rsquo;AVC avec les thiazidiques par rapport aux IEC et de mortalité par AVC avec les calciques par rapport aux IEC encore (ordre de grandeur: NNT= 84 sur 23 ans, soit 2000 par an en extrapolant si on veut comparer aux autres études vu la linéarité des courbes). Premièrement, on peut voir que les écarts sont très faibles et que la mortalité globale reste similaire, ce qui n&rsquo;incitera pas forcément à privilégier absolument les autres classes. Deuxièmement, cette étude ne comparait pas &ldquo;les IEC&rdquo;, &ldquo;les thiazidiques&rdquo; et les &ldquo;calciques&rdquo;. Elle comparait l&rsquo;amlodipine, calcique de référence, la chlorthalindione, thiazidique de référence équivalent à l&rsquo;hydrochlorothiazide (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/02/dragi-webdo-n258.html">ici</a>) et le lisinopril, IEC de moins en moins utilisé, le ramipril semblant plus efficace que les autres (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2014/12/dragi-webdo-n28.html">ici</a>, concernant la mortalité globale, dommage qu&rsquo;on n&rsquo;ait pas de données sur les AVC et mortalité par AVC!). Bref, les thiazidiques semblent rester une fois encore les traitements à privilégier, suivi des calciques dans cette étude. A noter qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;analyses en sous groupe concernant les patients diabétiques qui dans d&rsquo;autres études tirent plus de bénéfice des IEC que des autres classes.</p>
<p>2/ Neurologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3383435/fr/cephalees-de-l-enfant-et-l-adolescent-pertinence-de-l-imagerie">HAS</a> a publié des recommandations concernant les céphalées de l&rsquo;enfant et de l&rsquo;adolescent. Les algorithmes sont bien faits (on regrette qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas les hypothèses sur celui des généralistes), et il y a une <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-01/app480_document_patient_cephalee_mel_vd.pdf">fiche info-parents</a> sur &ldquo;pourquoi on fait ou ne fait pas d&rsquo;imagerie&rdquo; et ça peut être bien utile. Pour faire simple, quand une imagerie cérébrale est recommandée, c&rsquo;est une IRM cérébrale, SAUF: pour la céphalées en coup de tonnerre, les troubles de conscience ou HTIC menaçante et l&rsquo;anomalie neurologique en contexte fébrile sans signe de localisation et avec porte d&rsquo;entrée ORL. Dans ces cas, un TDM en urgence est recommandé. Enfin, quand une imagerie est nécessaire immédiatement, il est recommandé de contacter le 15.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgW-hEhli5i8XP7yIFtNT6RkkqlgJe4BHQcEJztfIPxlUbDwI-8mNykWCykn5fsJMb-bODn2KDgZONWzDxlgS_TdtP7_E-YB7OKR5DOWPYgOhksH0WNuJSnOyUUI-trirUU1JBw99voVDLQqFExpffAw-GBhRd0wRdbzVFOLh1wKc_-fzdUnG1-6FPDKvg0/s1795/HAS%20c%C3%A9phal%C3%A9es.png"><img src="/images/articles/2024/has-20c-c3-a9phal-c3-a9es.png" alt=""></a></p>
<p>Une <a href="https://www.annfammed.org/content/22/1/50?utm_source=web&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_campaign=topol">revue</a> systématique s&rsquo;est intéressé aux nouveaux traitements de la maladie d’Alzheimer et notamment aux anticorps anti-amyloïde. Ces traitements permettent des améliorations statistiquement significatives sur l&rsquo;ADAS cog (SMD= -0.07), le MMSE (+0.32 points) et sur des scores combinés fonctionnels (SMD= +0.09). Aucun de ces bénéfices n&rsquo;était supérieur au seuil minimal de pertinence clinique. De plus,  il y avait une augmentation des risques d&rsquo;ARIA (amyloid-related imaging abnormalities) de type oedème (NNH= 9), ARIA de type hémorragie (NNH=13) et ARIA symptomatique de type oedème (NNH= 86). Bref, des risques et pas de bénéfice clinique.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Au congrès de la société française de pneumologie, des nouvelles recommandations &ldquo;pneumopathies aiguës communautaires&rdquo; (PAC) ont été présentées. Voici une <a href="https://twitter.com/Leleuolivier80/status/1750880708556718241">synthèse rapide</a> par <a href="https://twitter.com/Leleuolivier80">@Leleuolivier80</a> en attendant la publication. La RXT est recommandée soit initialement soit en cas d&rsquo;évolution défavorable. L&rsquo;échographie est aussi une option et le TDM non recommandé. Les imageries de contrôle ne sont pas recommandées sauf à au moins 2 mois si &gt; 50 ans + tabac. La CRP au diagnostic n&rsquo;est pas recommandée. Sur le plan thérapeutique, en cas de suspicion de &ldquo;pneumocoque&rdquo;: c&rsquo;est toujours amoxicilline, si doute: amoxicilline ou pristinamycine, si &ldquo;atypique&rdquo;: macrolide, et si &ldquo;âgé/comorbide&rdquo;: amox+ac.clav. En cas d&rsquo;échec à 48h, a priori c&rsquo;est plutôt un switch qu&rsquo;une bithérapie. La durée recommandée est de 3 jours, ou 5 jours ou 7 jours selon l&rsquo;évolution clinique (cf figure) La question étant: &ldquo;stabilité clinique&rdquo; ça veut dire quoi? Dans les études, c&rsquo;est &ldquo;apyrexie+amélioration des symptômes (toux/dyspnée)&rdquo;. Bref, 3 jours de traitement potentiellement, c&rsquo;est non inférieur aux traitement longs et on peut réduire les résistances (mais pour les otites avant 2 ans, les infectios avaient augmenté les durées de  8 à 10 jours, à croire qu&rsquo;on meure plus des otites que des pneumopathies).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhE6w6OcW74v25FImdfWx-fX8cjGq76OpIKWSHaJCE5Dyo_kEozq1Jy48kQRFeJzDIXEK_gaFZpmfZShYYhXZlj0-vlOiVaEYEwttCEmHDIDK2CI1UPNqQz-uJlhe2N-JJ4v-bNFkYBx8fk49ZIeTafnqS2v87YX9PFi2gnjqRMkUc94lco7xEFfa5hw5_i/s2048/antibio%20PAC.jpg"><img src="/images/articles/2024/antibio-20pac.jpg" alt=""></a></p>
<p>On a parlé un certain nombre de fois des troubles menstruels post vaccin covid (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/05/dragi-webdo-n398.html">ici</a> ou <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/10/dragi-webdo-n369.html">là</a>). L&rsquo;<a href="https://www.epi-phare.fr/actualites/communique-de-presse-24-01-2024/">étude</a> Epi-Phare retrouve de façon concordante, une augmentation du risque de métrorragies chez les patientes primo-vaccinées depuis moins de 3 mois mais pas après 3 mois ni après les rappels. Cela pourrait correspondre à un sur-risque de  8 saignements sévères pour 1 million de femmes vaccinées.</p>
<p>4/ Hépatologie</p>
<p>La <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S024886632300680X?via%3Dihub">revue de médecine interne</a> a publié une revue narrative concernant l&rsquo;hyperferritinémie. Bien que la surcharge ne soit significative qu&rsquo;au delà de 450, une hyperferritinémie &gt; 200 chez la femme et 300 chez l&rsquo;homme incite à effectuer le bilan suivant (un peu plus complet que celui des gastro) : NFS-plaquettes, CRP, haptoglobine, transaminases, CPK, bilan lipidique, glycémie à jeun, TSH et CST à jeun. Les principales causes sont l&rsquo;hémochromatose, l&rsquo;hépatosidérose métabolique, les syndromes inflammatoires, l&rsquo;hémolyse, les hépatites, l&rsquo;alcool, l&rsquo;hyperthyroïdie, les syndromes myélodysplasiques et les myolyses (on y ajoute la maladie de Gaucher, le Still, le syndrome d&rsquo;activation macrophagique, le déficit en céruloplasmine et la maladie de la ferroportine). Concernant l&rsquo;hépatosidérose métabolique, le diagnostic repose sur ferritine &gt; 450 avec CST &lt; 60%, tour de taille augmenté (&gt;80cm pour une femme, &gt;94 pour un homme) ou obésité, et 1 autre critère de syndrome métabolique.</p>
<p>5/ Urologie</p>
<p>Abordons rapidement les effets indésirables des traitements du cancer de la prostate via un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2814131">NEJM</a>. Concernant les cancers avec un pronostic favorable (max T2bN0M0, PSA &lt; 20) et par rapport à la surveillance active, la mortalité par cancer de la prostate à 10 ans est identique quelle que soit le traitement (0-1%). A 10 ans, la prostatectomie était associée a davantage de troubles urinaires mais il n&rsquo;y avait pas de différence concernant la fonction sexuelle. Cependant quand on regarde dans les 5 premières années (soit entre  65 et 70 ans vu l&rsquo;age des patients de la cohorte), les troubles sexuels étaient bien supérieurs en cas de prostatectomie, ces résultats sont donc à modérer.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgg5o2-OYzX_gQHU7el2sZT-WtqQI7zVITDok9LzWCubl8Ffcgo4PVmYIsM7fUhyphenhyphentZdwTlGCvEW2z1ylqh7zL5C1LHD8eXYgid_xPIG4pdqMB4jOf9WFW7V22M_4Mx9AxMxBNgJ_5kqQWZctWmOqcV7URcVCzVqOgMI8bKcHNoIsVY_uPX5sQ5GJtryfv_s/s2231/prostate.png"><img src="/images/articles/2024/prostate.png" alt=""></a></p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°426 : précarité et troubles psy (HAS), dépistage CCU, RHD diabète/mortalité, anticholinergiques, gabapentinoïdes, simnotrelvir</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/01/dragi-webdo-n426/</link><pubDate>Thu, 25 Jan 2024 18:32:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/01/dragi-webdo-n426/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Psychiatrie</category><category>Oncologie</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici sans plus attendre les actualités de la semaine. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/384/bmj-2023-075708">BMJ</a> revient sur l&rsquo;impact négatif des anticholinergiques aussi bien sur l&rsquo;environnement que sur la santé des patients par la iatrogénie. Dans un certain nombre de cas, ils pourraient être évités en prescrivant de la rééducation ou des psychothérapies. En effet, ce sont notamment des antidépresseurs tricycliques et IRS, les opioides de pallier 2, les anticholinergiques urinaires, mais aussi, dans une moindre mesure, les inhibiteurs calciques et les diurétiques de l&rsquo;anse.</p>
<p>Dans une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-0849">étude</a> de cohorte, près de 15 000  patients avec des gabapentinoïdes (majoritairement pour douleurs neuropathiques) ont été appariés à des patients ne prenant pas ce traitement. Les auteurs ont trouvé une association entre l&rsquo;utilisation de ces traitements et la survenue d&rsquo;exacerbation de BPCO sévères. Une vigilance à prendre en compte&hellip;</p>
<p>2/ Psychiatrie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3289276/fr/grande-precarite-et-troubles-psychiques-intervenir-aupres-des-personnes-en-situation-de-grande-precarite-presentant-des-troubles-psychiques">HAS</a> a publié des recommandations concernant la prise en charge des patients en grande précarité avec des troubles psychiques. Les auteurs rappellent notamment quelques principes fondamentaux, tels que proposer une prise en charge globale, assurer un suivi pluridisciplinaire, utiliser une démarche &ldquo;d&rsquo;aller vers&rdquo; et lutter contre la stigmatisation. Il est important de prendre en compte les traumatismes, de s&rsquo;adapter aux vulnérabilités spécifiques de chaque patient et de s&rsquo;appuyer sur le principe de réduction des risques. Les auteurs recommandent un repérage précoce des troubles psychiques et d&rsquo;anticiper les crises psychiatriques. Enfin, les auteurs demandent le développement d&rsquo;offres de logement, d&rsquo;offres de soins en santé mentale et d&rsquo;offres d&rsquo;accompagnement médico-social.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Voici deux articles discutant du dépistage du cancer de col de l&rsquo;utérus publiés dans la revue Nature. Le 1er <a href="https://www.nature.com/articles/s41591-023-02600-4">article</a> aborde le dépistage du cancer du col de l&rsquo;utérus en population générale. La stratégie la plus efficace est le dépistage par test HPV primaire tous les 5 ans entre 30 et 50 ans avec une réduction de 57% de l&rsquo;incidence des cancers et de 67% de la mortalité par cancer du col. Lorsqu&rsquo;il y a un tri des patientes suite au test HPV positif (cytologie, colposcopie ou autre), il y a une réduction de 30-50% des traitements de lésions précancéreuses, et le NNT pour réduire la mortalité est d&rsquo;environ 30 patientes. La stratégie avec une cytologie réduit le risque de mortalité par cancer du col avec un NNT de 190 et entrainerait un sur-risque d&rsquo;accouchement prématuré de 1 pour 1000. Le 2ème <a href="https://www.nature.com/articles/s41591-023-02601-3">article</a> s&rsquo;intéresse en particulier aux patientes infectées par le VIH, et les auteurs montrent qu&rsquo;une stratégie de dépistage utilisant un test-HPV primaire tous les 3 ans réduirait la mortalité par cancer du col de 70% (NNT= 38). C&rsquo;est ce qui est recommandé par l&rsquo;OMS. La stratégie utilisant une cytologie est bien moins efficace avec un NNT de 108 patientes.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Dans la lignée du nirmatrelvir/ritonavir (paxlovid), voici un essai randomisé comparant le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2301425">simnotrelvir/ritonavir</a> au placebo dans le Covid modéré. Chez des patients de 35 ans en moyenne et ayant a 50% un facteur de risque de Covid sévère (essentiellement obésité), lorsqu&rsquo;il a été administré dans les 72 heures, il permet de réduire la durée des symptômes de 35 heures (6,5 jours vs 9 jours). Les patients du groupe traitement avaient un peu plus d&rsquo;effets indésirables non sévères avec un NNH de 14. Bref, ça réduit la durée des symptômes mais pas de données sur d&rsquo;éventuelles complications donc peu intéressant à ce stade.</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/384/bmj-2023-076925">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé à la luxation antérieure de l&rsquo;épaule et a comparé une kinésithérapie après un 1er épisode avec des conseils et de l&rsquo;information. A 6 mois, il n&rsquo;y avait pas de différence entre les 2 groupes concernant la stabilité de l&rsquo;épaule ou les symptômes. On peut donc probablement garder la kiné dans un 2ème temps selon l&rsquo;évolution clinique.</p>
<p>6/ Diabète</p>
<p>On avait <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/11/dragi-webdo-n288.html">déjà parlé</a> de la colchicine en prévention secondaire en population &ldquo;générale&rdquo;. Voici un article abordant une sous étude de <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/doi/10.2337/dc23-1825/154052/Low-Dose-Colchicine-in-Patients-With-Type-2">COLCOT</a> qui a évalué la colchicine 0.5mg/j en prévention secondaire chez environ 1000 patients diabétiques. Ils ont été suivis près de 2 ans, et les patients traités par colchicine avaient moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires (NNT=22). Cependant, en analysant les différentes composantes du critère de jugement principal, ce bénéfice n&rsquo;était retrouvé que pour les AVC (NNT=63), et pas pour la mortalité cardiovasculaire ni pour les infarctus. Concernant les effets indésirables, on note davantage de nausées (NNH=53) et de pneumopathies (NNH=50). De façon étonnante, il y avait moins de diarrhées sous traitement&hellip;</p>
<p>L&rsquo;essai <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-023-06048-6">Look Ahead</a> est un essai randomisant une intervention complexe comportementale intensive (1200-1800Kcal/j +3h/semaine d&rsquo;activité physique modérée + intervention comportementale) versus une éducation simple non personnalisée (contrôle) dans le diabète de type 2. Les patients ont été suivis pendant 2 ans et étaient observés les rémissions (HbA1C &lt; 6,5% sans traitement), et la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires. Dans le groupe intervention, la rémission passait de 10% les premières années à 4% à 12 ans, et stagnait à 2% dans le groupe contrôle. Les patients en rémission avaient perdu entre 7kg et 12kg, et ceux sans rémission moins de 5kg. Quel que soit le groupe, la rémission réduisait le risque de néphropathie de 33% après 1 an de rémission et de 55% après 4 ans de rémission et d&rsquo;évènements cardiovasculaires respectivement de 40% et 49%, avec des NNT de l&rsquo;ordre de  10-15 patients. Contrairement à l&rsquo;étude <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/12/dragi-webdo-n163.html">DIRECT</a>, cette étude ne visait pas une perte de 15kg avec un régime à 800KCal/j, elle semble présenter des bénéfices durables pour des mesures plus réalisables.</p>
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<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°425 : vaccination (recos US), dépression péri-partum, DMLA, médicaments et grossesse, conduite automobile, FA, AVC/AIT, e-cigarette, cocaïne, avaler des comprimés</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/01/dragi-webdo-n425/</link><pubDate>Sun, 14 Jan 2024 21:21:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/01/dragi-webdo-n425/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Addictologie</category><category>Gynécologie</category><category>Ophtalmologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! On avait parlé des <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n328.html">méthodes</a> pour faciliter la prise de gélules et de comprimés chez les patients ayant des difficultés à les avaler. Cet article du <a href="https://www.bmj.com/content/384/bmj-2023-076257">BMJ</a> revient sur l&rsquo;importance de savoir avaler des comprimés. En effet, les enfants peuvent apprendre à les avaler à partir de 4 ans, et par rapport aux équivalents buvables, ils facilitent l&rsquo;observance et les dosages adapté (en nécessitant souvent moins de prises et la variabilité est moindre dans la dose prise), contiennent moins d&rsquo;excipients et ont un packaging moindre. Les auteurs concluent donc qu&rsquo;ils sont plus adaptés dans le cadre d&rsquo;une démarche de développement durable. Pour faciliter les prises, il faut commencer par des petits comprimés, choisir la boisson avec laquelle on va avaler, placer le comprimé (ou le bonbon pour s’entraîner) au milieu de la langue, et prendre 3 gorgées de boisson, puis recommencer ! Voici les autres articles de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0295897">étude</a> de cohorte française a étudié les médicaments dangereux les plus utilisés pendant la grossesse à cause de leur effet tératogène ou foetotoxique. On retrouve les AINS oraux et locaux (3% des grossesses!!), puis les rétinoides topiques, les anti-épileptiques, les statines. Bref, surveillons nos prescriptions.</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2813342">JAMA</a> aborde les problèmes de santé nuisant à la conduite automobile chez le sujet âgé. En gros, il faut être vigilant aux affections baissant les capacités visuelles, les capacités de coordination, la vigilance et celles pouvant entraîner des malaises :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhb2QPq0MajhTdB0_2sYfmmv0kZOMDYmf6qgb2rK7_eFUZ3NO86phJ1y_1rFM9NrB6E9n0LxNX07-nqWXwgVSzFiRvSavyzC4pe2NnaenU9eBk40IKR3e_iLG3Ry8P0fXPVv2C0-j2-P_nMOvYPnXForFw1mBpao3OywFTx8UMlWt5Q_r-o72h7z6Fly3q8/s1005/driving.png"><img src="/images/articles/2024/driving.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2310234">nouvelle</a> étude s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;anticoagulation de la fibrillation auriculaire chez des patients avec FA infraclinique (ayant durée au moins 6 minutes et moins de 24h) en comparant l&rsquo;apixaban 2.5x2/j à l&rsquo;aspirine 81mg/j. L&rsquo;Apixaban réduisait significativement le risque d&rsquo;évènements thromboemboliques artériels (NNT= 218 par an) au prix d&rsquo;un sur-risque d’hémorragies majeures (NNH= 120 par an).</p>
<p>Une <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2309137">étude</a> a comparé une bithérapie aspirine + clopidogrel débutée dans les 72h et pendant 21 jours suivie d&rsquo;une monothérapie par aspirine versus une monothérapie par aspirine d&rsquo;emblée chez les patients ayant eu un AVC modéré (NIHSS &lt;6) ou AIT à haut risque de récidive (ABCD² &gt; 3). A 3 mois, il y avait moins de récidive d&rsquo;AVC en cas de bithérapie (NNT= 53) pour un surrisque hémorragique faible (NNH=200). Cette étude confirme donc les recommandations de bithérapie pendant 21 jours, même chez les patients avec un AVC modéré ou un AIT.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>On attend depuis des années le vaccin Zona recombinant (Shingrix). Cette <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-3269">étude</a> de cohorte a évalué son efficacité en population réelle. Ainsi, après 1 dose, l&rsquo;efficacité pour éviter la survenue d&rsquo;un zona était de 70% après 1 an puis tombait à 50% environ. Après 2 doses, l&rsquo;efficacité était de  79% après 1 an, puis se maintenait à  75% environ les années suivantes. Un schéma en 2 doses semble donc à préférer.</p>
<p>Le <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-3269">calendrier vaccinal</a> américain 2024 de l&rsquo;adulte a été publié. On y retrouve les classiques DT-Coqueluche (pas de vaccin polio aux US chez l&rsquo;adulte ayant eu 3 dose enfant) tous les 10 ans, Covid et grippe annuel dès 19 ans,  2 doses de varicelle et de ROR,  2 doses d&rsquo;HPV avant 26 ans, une vaccination VHB avant 60 ans, 2 doses de vaccin Zona recombinant dès 50 ans et enfin le pneumocoque systématique après 65 ans. Le vaccin VRS est recommandé chez les patientes entre 32 et 37SA entre septembre et janvier, et selon une décision partagée pour les plus de 65 ans. Enfin, le méningo B est à proposer selon une décision partagée entre 16 et 23 ans.</p>
<p>4/ Addictologie</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD010216.pub8/full">Cochrane</a> actualise sa revue concernant l&rsquo;efficacité des e-cigarettes dans le sevrage tabagique dont on avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/11/dragi-webdo-n376.html">ici</a>. Les auteurs confirment l&rsquo;augmentation du sevrage à 1 an avec une e-cigarette avec nicotine par rapport aux substituts nicotiniques (NNT= 25), par rapport aux e-cigarettes sans nicotine (NNT=34), par rapport aux interventions comportementales (NNT=25), avec une augmentation des effets indésirables non sévères uniquement par rapport aux interventions comportementales (NNH = 8).</p>
<p>On est totalement hors AMM, mais la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD007024.pub3/full">Cochrane</a> trouve que le Disulfirame peut être efficace pour réduire la consommation de cocaïne avec un NNT de 6 en fin de traitement, sans effet démontré sur abstinence prolongée ou la fréquence de consommation. Par rapport à la Naltrexone, le disulfirame pouvait réduire légèrement la fréquence de consommation. Les effets indésirables n&rsquo;étaient cependant pas évaluables dans ces petits échantillons.</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/384/bmj-2023-075462">BMJ</a> aborde la dépression périnatale à partir d&rsquo;une cohorte de patients suédois. Les patients avec une dépression péri-partum avaient un risque de mortalité augmenté (1/1000) par rapport à celles sans dépression (0.5/1000), et était prédominant dans la 1ère année de dépression. Ce risque de mortalité était supérieur pour les dépressions du post-partum par rapport aux dépression ante-partum. Les causes de mortalité étaient notamment le suicide et les accidents, mais les causes naturelles étaient également augmentées.</p>
<p>6/ Ophtalmologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2813768">JAMA</a> aborde la DMLA dans une revue narrative. La DMLA atteint 0,3 personnes pour 1000 entre 50 et 60 ans, et 40 pour 1000 après 90 ans, avec comme principaux facteurs de risque, l&rsquo;hérédité et le tabac dans une moindre mesure. On distingue 4 formes: débutante, intermédiaire, avancée atrophique (&ldquo;sèche&rdquo;) et avancée exsudative. Les symptômes sont des difficultés de vision en faibles conditions lumineuses et des lignes droite qui apparaissent courbes chez 40% des patients. Un avis ophtalmologique rapide est nécessaire pour limiter la perte de vision. Sur le plan thérapeutique, la supplémentation multivitaminique (vitamine C, vitamine E, carotène, et zinc) réduit la progression d&rsquo;une DMLA avec un NNT de 13 patients à 5 ans et les anti-VEGF dans la DMLA exsudative réduisent la baisse de vision à 12 mois avec un NNT de 3.</p>
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°424: Mycoplasma Pneumoniae (HAS), nirsevimab (Harmonie), hydroxychloroquine/mortalité, thiazidiques, ATM, obésité, Sea salt and paper</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/01/dragi-webdo-n424/</link><pubDate>Mon, 08 Jan 2024 00:46:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2024/01/dragi-webdo-n424/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Douleur</category><category>Nutrition</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour et bonne année !! C&rsquo;est le retour, en douceur, du Dragi Webdo, alors voici les actualités de ces dernières semaines, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un article d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-1989">annals of internal medicine</a> étudie la survenue d&rsquo;hyponatrémies sous thiazidiques. Les auteurs trouvent une incidence d&rsquo;hyponatrémie de 3,5% en 2 ans, avec un risque multiplié par 4 dans le 1er mois d&rsquo;utilisation, puis par 1,3. Cela semble justifier l&rsquo;importance du ionogramme de contrôle 1 mois après l&rsquo;instauration du traitement.</p>
<p>On avait parlé du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/06/dragi-webdo-n404.html">surrisque</a> de mortalité évalué a 11% chez les patients traités par hydroxychloroquine pour le Covid. Une <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S075333222301853X">étude</a> a extrapolé ces résultats en pratique clinique et trouve que ces prescriptions compassionnelles ont entrainé le décès de 200  patients en France, 240 en Belgique, 1800 en Italie et en Espagne et de 12 000 patients aux Etats Unis. A méditer&hellip;.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2023-12/reponses_rapides_mycoplasma_pneumoniae_2023-12-22_09-16-40_110.pdf">HAS</a> a publié des réponses rapides concernant l&rsquo;épidémie de pneumopathies à mycoplasme. Ces infections sont à évoquer devant des tableaux de pneumopathies progressives ou en cas d&rsquo;échec à 48-72h d&rsquo;un traitement par amoxicilline. Sur le plan diagnostique, la radiographie reste recommandée mais ne doit pas retarder la mise en place du traitement. L&rsquo;antibiothérapie recommandée comporte des macrolides : clarithromycine pour 5 jours, ou azithromycine pour 2-5 jours chez l&rsquo;adulte et 3 jours chez l&rsquo;enfant. En cas de rupture de stock ou d&rsquo;allergie, la spiramycine (7 jours, adultes uniquement), roxithromycine (10 jours), la pristinamycine (7 jours) et doxyxcyline (7 jours) sont des alternatives. </p>
<p>On l&rsquo;attendait impatiemment, l&rsquo;étude <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2309189">Harmonie</a>, évaluant le nirsevimab a été publiée (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/09/dragi-webdo-n410.html">ici</a> pour l&rsquo;historique). C&rsquo;est donc un essai randomisé en ouvert comparant le nirsevimab versus groupe contrôle chez 8000 enfants de moins de 12 mois nés après 29SA . Les résultats ont été analysés et l&rsquo;article rédigé par Sanofi en collaboration avec les auteurs. Le critère de jugement principal était la survenue d&rsquo;une hospitalisation pour infection respiratoire liée à VRS selon l&rsquo;avis du médecin (il n&rsquo;y avait pas de critère strict, les auteurs mettent en avant une étude pragmatique). Les critères de jugement secondaires sont plus intéressants et concernent les hospitalisations à VRS avec spO2 &lt; 90% (analysé de façon hiérarchique si le CJP était concluant) et les hospitalisations pour infection respiratoires basses toute causes (purement exploratoire). Compte tenu des analyses multiples, le seuil de significativité est de 0,0166. Les enfants avaient moins de 3 mois à 50% et 85% étaient nés après 37SA. Le CJP est survenu chez 0,3% des enfants traités et 1,5% du groupe contrôle (NNT=200/mois; p&lt;0,001). Le critère secondaire (hospitalisation avec SpO2 &lt; 90%) est survenu chez 0,1% des enfants traités et 0,5% des enfants du groupe contrôle (NNT= 500/mois, p= 0,004) et de façon exploratoire le risque d&rsquo;hospitalisation pour infection respiratoire tout cause était également abaissé (1,1% vs 2,4% , NNT= 167/mois) . Concernant la sécurité, les effets indésirables étaient relativement
bénins (NNH=50 patients) : notamment de la fièvre (NNH=167). Au final, malgré les limites de l&rsquo;étude (implication importante du financeur et absence d&rsquo;aveugle, qui fait peu varier les tailles d&rsquo;effet même si l&rsquo;aveugle est méthodologiquement plus joli cf <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31964641/">ici</a>), les données sont en faveur d&rsquo;une efficacité sur les hospitalisations liées à VRS et les hospitalisations pour infections à VRS très sévères (SpO2&lt;90%).</p>
<p>3/ Douleur</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj-2023-076226">BMJ</a> a publié une revue systématique concernant la prise en charge des douleurs chroniques de l&rsquo;articulation temporo-mandibulaire (ATM). Les interventions ayant un niveau de preuve modéré à élevé et ayant démontré un meilleur bénéfice sur la douleur sont la TCC, la mobilisation de la mâchoire assistée par un thérapeute et la thérapie manuelle des points de déclenchement (c&rsquo;est une technique de kinésithérapie, ce n&rsquo;est ni de l&rsquo;ostéopathie, ni de l&rsquo;acupression après une rapide recherche). La kinésithérapie avec manipulation et exercices posturaux est une option  pouvant soulager la douleur voir la fonction avec un niveau de preuve plus faible. Enfin, des gouttières associées à des injections de corticoïdes sont pourraient être efficace pour soulager la douleur mais le niveau de preuve est très faible.</p>
<p>4/ Obésité</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj-2022-071027">BMJ</a> a publié sur les critères de jugement à long terme des chirurgies de l&rsquo;obésité à partir d&rsquo;études de cohortes. La chirurgie bariatrique était associée à une rémission du diabète (NNT=2-5 à 10 ans), à une réduction des évènements cardiovasculaires (réduction relative d&rsquo;environ 40%), des cancers (réduction relative d&rsquo;environ 30%) et de la mortalité globale (réduction relative d&rsquo;environ 50%). Cependant, il y a un regain de poids chez 35% des patients avec anneau gastrique et 5-10% pour les autres chirurgies, et une augmentation des risques d&rsquo;addictions, de dépendance alcooliques, d&rsquo;idées suicidaires et de mortalité accidentelle. Les auteurs concluent à la nécessité du suivi à vie, de ces comorbidités et du risque de carence motivant un traitement substitutif à vie quelle que soit la chirurgie effectuée. Dans le suivi, les AINS sont fortement déconseillés, une DMO est recommandée tous les 2 ans et le bilan annuel recommandé comporte vitamine B9, B12, ferritinémie, vitamine D, PTH et, pour  dérivations bilio-pancréatiques, calciurie des 24h.</p>
<p>5/ Le jeu du mois:  Sea salt and paper</p>
<p>&ldquo;Sea salt and paper&rdquo; est un jeu de carte familial, dans lequel chaque joueur va essayer de combiner des cartes d&rsquo;un même type pour marquer le plus de points. Les cartes ont également des effets spéciaux permettant d&rsquo;échanger des cartes, d&rsquo;en prendre dans la défausse ou aux adversaires etc&hellip; Ainsi, à chaque tour, on choisi entre piocher dans des cartes visibles de la défausse ou dans la pioche et dans ce cas défausser une carte pour la mettre dans la défausse visible qui pourra être utilisée par un autre joueur. La manche se termine quand un joueur le décide &ldquo;en pariant qu&rsquo;il a plus de points que les autres&rdquo; ou s&rsquo;il a obtenu les 4 sirènes (qui assurent la victoire de la manche). C&rsquo;est au final un jeu assez simple, stratégique tout de même qui permet des parties d&rsquo;environ 30 minutes et qui plaira aux joueurs occasionnels aussi bien qu&rsquo;à des joueurs plus expérimentés.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjoGv4eWEjll5gRUtMHq9Mq3tyZq74kJU_cOpgAbfWum547ArveNBFCb9HEUftat1Lj8darsQnEMmt0ZrQ6_bsub6oHGcTE4sj7HULnhwRvyEx9YjK0HrBgA9Sgl1whve8veuV_6Efazx0BqJdxq8wDdeaGyMmu3TrUdi52YbEW0kiryuZuDL_M6I7OyPzh/s4624/20230721_095744.jpg"><img src="/images/articles/2024/20230721-095744.jpg" alt=""></a></p>
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°423: prévention cardiovasculaire (reco NICE), diabète (recos ADA), symptômes urinaires masculins, (HAS) santé sexuelle (recos Europe + BEH), dépistage K poumon (reco US) obésité (tirzepatide, semaglutide), IST</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/12/dragi-webdo-n423/</link><pubDate>Tue, 19 Dec 2023 06:48:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/12/dragi-webdo-n423/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Nutrition</category><category>Diabétologie</category><category>Oncologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici le dernier billet de l&rsquo;année ! Nous vous remercions une fois encore pour votre fidélité, vos commentaires et vos encouragements. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2812743">étude</a> de cohorte rétrospective internationale incluant 3.5 millions de femmes a permis d&rsquo;étudier 50 000 patientes diabétiques enceintes traitées dans 15 000 cas par antidiabétiques de 2ème ligne. Les auteurs trouvent que le risque de malformations congénitales majeures avec ces antidiabétiques (idpp4, aglp1, isglt2, sulfamides) n&rsquo;était pas différent de celui des patientes sous insuline. Ce qui est rassurant vu le nombre de patientes incluses dans l&rsquo;étude.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Alors qu&rsquo;on attend très prochainement les recos françaises et que les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/10/dragi-webdo-n414.html">recos canadiennes</a> ont été publiées il y a peu, c&rsquo;est au tour du <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng238/chapter/Recommendations#aspirin-for-primary-prevention-of-cardiovascular-disease">NICE</a> britannique de publier ses nouvelles recommandations sur la prévention du risque cardiovasculaire, chez des patients en prévention primaire et secondaire.</p>
<p>Tout d&rsquo;abord, l&rsquo;aspirine n&rsquo;est pas recommandée en prévention primaire. Ensuite, les principales mesures sont les règles hygiéno-diététiques &ldquo;classiques&rdquo;. Le NICE recommande :</p>
<ul>
<li>
<p>une évaluation du risque cardiovasculaire de 25 à 85 ans avec le <a href="https://qrisk.org/">QRISK-3</a></p>
</li>
<li>
<p>sauf chez des patients à risque élevé d&rsquo;emblée :</p>
</li>
<li>
<p>diabète de type 1 (si: &gt; 40ans ou diabète &gt; 10 ans, ou complications)</p>
</li>
<li>
<p>DFG &lt; 60</p>
</li>
<li>
<p>suspicion d&rsquo;hypercholestérolémie familiale (chol total &gt; 2.9g/L avant 30 ans ou &gt; 3.5g/L après 30 ans</p>
</li>
<li>
<p>Le seuil de risque utilisé avec le QRISK-3 est placé à 10% pour décider de l&rsquo;introduction d&rsquo;un traitement dans le cadre d&rsquo;une décision partagée,</p>
</li>
<li>
<p>On peut aussi discuter de traiter avant 10% en fonction de facteurs de risques non présents dans le QRISK-3.</p>
</li>
</ul>
<p>Ils recommandent d&rsquo;utiliser une statine avec un bénéfice de morbimortalité démontré.</p>
<ul>
<li>Le bilan pré-thérapeutique comprend une glycémie, une TSH, ASAT, ALAT et créatinine.</li>
<li>Les contre indications aux statines sont une cytolyse &gt;
3N ou des CPK &gt; 5N (seulement si symptômes).</li>
<li>En prévention primaire, ils recommandent de traiter par atorvastatine 20 les patients diabétiques et non diabétiques dont le QRISK-3 est &gt;10% (étrange vu que l&rsquo;atorva 20 n&rsquo;a pas montré de bénéfice chez le non diabétique), avec une cible de réduction de non-HDL cholestérol de  40% (ne reposant sur pas grand chose encore une fois).</li>
<li>En prévention secondaire, ils recommandent atorvastatine 80 (ça c&rsquo;est prouvé, cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/02/les-statines-sont-mes-copines.html">ici</a>) avec une cible à  0.77g/L de LDL (ce qui est relativement &ldquo;cool&rdquo; et devrait être atteint avec l&rsquo;atorva 80. En cas de cible non atteinte en prévention secondaire, l&rsquo;ajout de l&rsquo;ézétimibe est recommandé. En cas de non tolérance, on peut réduire les doses ou changer d&rsquo;intensité de statine.</li>
<li>La surveillance repose sur un bilan hépatique annuel et EAL.</li>
</ul>
<p>Les fibrates ou omega-3 ne sont actuellement pas recommandés. Enfin, concernant l&rsquo;hypertriglycéridémie, ils recommandent un avis spécialisé au delà de 8g/L malgré des règles diététiques, pour rechercher des causes secondaires, mais ne recommandent que d&rsquo;optimiser les RHD et facteurs de risque CV en dessous.</p>
<p>3/ Obésité</p>
<p>Revenons sur le tirzepatide, inhibiteur du GIP/GLP-1, chez des patients avec IMC &gt; 30 ou &gt; 27 avec complications dans un essai randomisé du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2812936?guestAccessKey=fa34c695-f2c1-49d0-bd97-84ebe72ba749&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jama&amp;utm_term=12033135215&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=254362274">JAMA</a>. Il s&rsquo;agit de la suite de l&rsquo;étude SURMOUNT-4, ainsi les patients du bras tirzepatide à 36 mois ont été re-randomisés en placebo ou poursuite du tirzepatide. La poursuite du traitement par tirzepatide a permis d&rsquo;obtenir un gain supplémentaire de 5% de perte de poids alors que les patients qui sont passés sous placebo ont repris 14% du poids. Il serait intéressant de voir si les patients arrivent quand même à stabiliser le poids malgré l&rsquo;arrêt du traitement ou s&rsquo;il faut que le traitement soit &ldquo;à vie&rdquo; avec peut-être des intervalles de pause.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg1BwqShdNJrLgnCzwGLUSoTxlU3VZTxsRLA62xJm_W_wXbOQeF2Pwr-4-14p5VLVmqeFmKwsjvqiU7fYSe6EyI3w-Z9G5FU5jFP9ahk2yMk1844V0vJsTx8wlse3UhDFj7VnGxiL3T-h9eladbX26XAOu5Em0x9h0DzdeO4tMqv8UFrujwPZkHC1p2bsz1/s1513/tirzepatide.png"><img src="/images/articles/2023/tirzepatide.png" alt=""></a></p>
<p>On continue avec l&rsquo;étude <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2307563">SELECT</a>, qui évaluait le semaglutide vs placebo chez les patients en prévention secondaire sans diabète avec IMC &gt; 27 sur des critères cardiovasculaires avec un suivi de 3 ans. Les patients avaient 31 ans en moyenne, un IMC à 33, 67% avaient un antécédent d&rsquo;IDM. Les patients du groupe semaglutide avaient une réduction du risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires sur critère composite de 20% (NNT=  67), porté essentiellement par les infarctus non fatals (NNT=100). Ensuite, pour les critères secondaires, il faut analyse de façon hiérarchique. Ainsi, le 2ème critère est la mortalité cardiovasculaire, qui n&rsquo;est pas significatif. Les autres critères sont donc exploratoires: réduction de la mortalité globale (NNT=112), réduction des insuffisance cardiaques (NNT=143) et réduction des néphropathies (NNT= 250). Bref, ça pourrait être un traitement &ldquo;systématique&rdquo; en cas de post infarctus et obésité, mais c&rsquo;est en rupture de stock donc&hellip;</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Voici maintenant les recommandations de la <a href="https://diabetesjournals.org/care/issue/47/Supplement_1">société américaine de diabétologie</a> pour l&rsquo;année 2024! Concernant le diagnostic, rien de très neuf, les auteurs proposent une 2 GAJ &gt; 1,26g/L, une HbA1c &gt; 6,5%, une HGPO &gt; 2g/L à 2h ou une glycémie &gt; 2g/L en cas de symptômes. En cas de suspicion de DT1, les anticorps recommandés sont les anti-GAD, et si normaux, les anti-IA2 et anti-ZnT8. Le diabète est à dépister chez les patients avec facteurs de risque cardiovasculaire ET une obésité ou un surpoids (IMC &gt; 23 si asiatique et &gt; 25 si non asiatique). Reconcentrons nous sur le diabète de type 2. Le suivi clinique annuel comporte l&rsquo;examen au monofilament, les IPS, un fond d&rsquo;oeil et une palpation thyroïdienne, et le bilan biologique annuel comporte EAL, bilan hépatique, rapport albuminurie/créatininurie, vitamine B12 si metformine, TSH si DT1, kaliémie si diurétiques/IEC/ARA2. L&rsquo;HbA1c est à réaliser au moins 2 fois par an. Un dépistage de la NAFLD est également recommandé par fib-4 puis si non-faible un test ELF sanguin est à réaliser pour adresser au gastro en cas de risque élevé. Le dépistage systématique des coronarographies n&rsquo;est pas recommandé car n&rsquo;améliore pas le pronostic, le risque CV étant traité par ailleurs (cf après). Concernant la tension, une monothérapie est recommandée si TA entre 130 et 150 et une bithérapie si TA &gt; 150 (avec IEC/ARA2 si coronaropathie ou microalbuminurie). Une statine est recommandée chez tout diabétique de type 2 de 40 à 75 ans, avec une statine d&rsquo;intensité modéré, ou élevée si plusieurs autres FDRCV, la cible étant alors à 0,7g/L. Les hypertriglycéridémies &lt; 5g/L ne se traiteent qu&rsquo;avec des RHD. L&rsquo;aspirine reste proposée en prévention primaire chez les patients à très haut risque après discussion avec le patient etc etc&hellip; La prise en charge du diabète proprement dite, repose comme toujours sur les RHD mais ils recommandent de ne pas utiliser d&rsquo;e-cigarette dans le sevrage tabagique. Concernant la prise en charge glycémique, la cible d&rsquo;HbA1c est mise à 7% pour la majorité des patients (TIR &gt;70% pour ceux en mesure continue du glucose (MCG)), et plutôt 7-7,5% chez le sujet âgé. Sur le plan thérapeutique, pas de modifications: la metformine n&rsquo;est pas le traitement de 1ère intention chez les patients avec insuffisance cardiaque, insuffisance rénale, maladie CV établie ou haut risque cardiovasculaire pour lesquels les isglt2 sont en 1ère intention avec les aGLP1 .</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg0lyG7N6FPLYFvVEzEd_wisWKfQFKwpkwlSLWzbyyDrgA9vFBAXJ0R6pxlsIeJCNO7jR9GQu2sZT_0O8vdmtPlEjyoJg3L7kPwcDwiI2EPti60-DbvO7xWhNc4eZV3znZM_0_LaD3TvbDw-GO3HqmVhiTK_T9HA3rr2JrlCPjbZN8wAPCnbL_G2XlNtWmd/s1053/DT2.png"><img src="/images/articles/2023/dt2.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Oncologie</p>
<p>Les américains ont modifié les critères d&rsquo;inclusion des patients à dépister par un <a href="https://acsjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.3322/caac.21811">TDM thoracique annuel</a> chez les patients asymptomatiques en augmentant les critères d&rsquo;éligibilité: patients de 50 à 80 ans avec un tabagisme de plus de 20PA actifs ou sevrés depuis moins de 15 ans (au lieu de 55-74ans avec tabagisme de 30PA).</p>
<p>6/ Santé sexuelle</p>
<p>Et voici des <a href="https://d56bochluxqnz.cloudfront.net/documents/pocket-guidelines/EAU-Pocket-on-Sexual-and-Reproductive-Health-2023.pdf">recommandations</a> concernant la santé sexuelle de la société européenne d&rsquo;urologie.</p>
<p>Concernant l&rsquo;hypogonadisme tardif, il est recommandé de doser la testostérone à jeun entre 7h et 11h, avec un seuil à 12nmol/L à contrôler sur 2 prélèvements. Les dosages de LH/FSH et de PRL sont recommandés et une IRMc est à réaliser si hypogonadisme secondaire ou hyperPRL. Une fois le diagnostic posé, il est nécessaire d&rsquo;évaluer le risque cardiovasculaire (notons que pour les urologues, le risque s&rsquo;évalue en faisant la somme de FDRCV et pas en utilisant les scores&hellip;) , le PSA et l&rsquo;hématocrite avant un éventuel traitement par le spécialiste.</p>
<p>Concernant la dysfonction érectile, elle s&rsquo;évalue avec un questionnaire validé: l&rsquo;IIEF (trouble sévère si entre 5 et 10). Le bilan comprend: glycémie à jeun, EAL et testostérone totale. Cela permet une évaluation du risque cardiovasculaire, ainsi que la recherche d&rsquo;une cause curable. Les traitements reposent ensuite principalement sur les IPDE-5 ou les traitements locaux comme l&rsquo;Alprostadil local.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjo1FPahpAejPdE2NWQ_c4z6ef-H5n-IglQADShTVx61ED5zIKSRrLKQsx2aIkooXTu8xDOX2O4saxrSnjJeG9aw_kYiDIDV4QhOk99AZxDUTcMyvksdli_Gp4yEqMfwad3-_-oy1VUU2iUAsUMq2MUW_PyPALgJMar2F7JE8KLBBjDqdhUoTHaQrtMIR1u/s582/tr%20%C3%A9rection.png"><img src="/images/articles/2023/tr-20-c3-a9rection.png" alt=""></a></p>
<p>On y trouve aussi des recos sur l&rsquo;éjaculation prématuré (dapoxetine ou
lidocaine/pilocaine), douloureuse, rétrograde, l&rsquo;hématospermie (NFS,
iono, TP-TCA, spermiogramme, ECBU, bilan IST et si récidive ou après 40
ans: PSA, IRM pelvienne, cystographie, écho testiculaire avant 40 ans),
l&rsquo;anorgasmie, Lapeyronie et infertilité masculine&hellip;</p>
<p>Le dernier <a href="http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2023/24-25/">BEH</a> est sorti et porte sur les IST. Dedans, on retrouve les prévalences des IST vues en MG en France à partir des données du réseau Sentinelle. Ainsi entre 2020 et 2022, la prévalence des IST à Chalmydia, Gonocoque et Syphilis a augmenté. Concernant le Chlamydia, il s&rsquo;agissait plus de femmes, majoritairement hétérosexuelles. Pour la syphilis 3/4 des cas étaient des HSH, pour le gonocoque, il s&rsquo;agissait majoritairement d&rsquo;hommes avec en 2022, plus d&rsquo;HSH que d&rsquo;hétérosexuels (à l&rsquo;inverse de 2020).</p>
<p><img src="/images/articles/2023/aen0k-ui60sip9rgkrnelodgfsa-rc4gnzqwtncvil3mcdlh1zmi7zgwojbvzawvwt0itnv9u-vn085kta6e1ejxfrobm1kzw3of60d-ku-kjjw6rsge5oih-ghjabflxxojnhalremes3moywwhnz1vgb4aqdqvqrhpj32wla-s0-d.jpeg" alt=""></p>
<p>On retrouve également dans ce BEH une étude sur les utilisateurs de la PreP réalisée à propos des données d&rsquo;une enquête ayant inclus 19 000 participants HSH cisgenre. 1/3 des répondants étaient éligibles à la Prep (multipartenaires, séronégatifs pour le VIH, n&rsquo;utilisant pas systématiquement le préservatif dans le cadre de rapports anaux avec des partenaires occasionnels). Parmi eux, la moitié utilisait la PreP. Les répondants n&rsquo;utilisant pas la Prep étaient souvent plus jeunes, moins urbains, moins aisés financièrement, plus éloignés de la communauté gay, avec un moindre accès à l&rsquo;offre de soins, notamment en santé sexuelle.</p>
<p>La primo-prescription de la PreP s&rsquo;ouvre de plus en plus vers la médecine de ville avec en 2023, 31.7% des primoprescriptions en cabinet de médecine générale.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3323646/fr/label-bilans-pre-therapeutiques-des-troubles-mictionnels-de-l-homme-adulte-modalites-et-acteurs">HAS</a> a mis à jour les recommandations du bilan concernant les symptômes du bas appareil urinaire des hommes de plus de 50 ans (troubles mictionnels ou de vidange). L&rsquo;algorithme MG est plutôt clair et bien fait. La présence d&rsquo;un des signes suivants doit faire adresser au second recours :</p>
<ol>
<li>Interrogatoire/examen: rechercher hématurie, infection récidivante, douleurs pelviennes persistances, rétention d&rsquo;urines, anomalie des OGE, induration de la prostate</li>
<li>Calendrier mictionnel (optionnel)/interrogatoire structuré recherchant des symptômes urinaires et sexuels prédominants lors de la phase de remplissage</li>
<li>BU/ECBU retrouvant une leucocyturie ou une hématurie persistante</li>
<li>Résidu post mictionnel significatif, lithiase vésicale, diverticule vésical, hydronéphrose, suspicion de cancer, anomalie morphologique</li>
<li>élevation suspecte du PSA</li>
<li>Echec du traitement médical de première ligne</li>
</ol>
<p>A noter que ce bilan ne recommande pas l&rsquo;échographie prostatique par voie endorectale, l&rsquo;IRM prostatique et l&rsquo;uroTDM dans le cadre des SBAU.</p>
<p>Comme souvent, on peut regretter que ces recommandations se basent essentiellement sur des niveaux de preuve faible (grade C, accord d&rsquo;experts uniquement dans tout le document !)</p>
<p>7/ BMJ X-Mas</p>
<p>C&rsquo;est le retour des BMJ de Noël! Premièrement, et contre toute attente, le <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj-2023-077294?utm_campaign=usage&amp;utm_content=tbmj_sprout&amp;utm_id=BMJ005&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">Coca-Cola</a> ne permet pas de résoudre une impaction du bol alimentaire, malgré un pouvoir caustique évident&hellip;.</p>
<p>Pour finir, voici un <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj-2023-076309?utm_campaign=usage&amp;utm_content=tbmj_sprout&amp;utm_id=BMJ005&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">essai</a> randomisant le placement du médecin dans la chambre du patient durant un entretien. Il se trouve qu&rsquo;être assis a côté du lit permet davantage de satisfaction et une meilleure communication médecin patient qu&rsquo;avec une chaise à l&rsquo;autre bout de la chambre. Maintenant, on pourrait faire la même chose en cabinet de MG, en comparant la présence d&rsquo;un bureau ou non entre le patient et le médecin! (Sachant qu&rsquo;une étude quali parue dans <a href="https://www.exercer.fr/full_article/1615">Exercer</a> avait montré une bonne acceptabilité pour les médecins et les internes de l&rsquo;absence de bureau séparateur, considérant l&rsquo;écoute comme un soin avec la limite de la gestion des patients considérés comme difficiles.)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhNLzTNKvja9cZxCzqenVOexCW-Fm4zEd6lVzKd9bbl8r6uDitqIQSb85vMXKHI_TcxBt48TLJhkRF2fkG1vd-EeUgA9FhGm-vXAdIXNNBmvPaE66gwHyh7pakwLSAzz_u4mFTT-yjrbWF2FK_QlIvH37mnyYAjuPs_PC4whwr5IMAOT-oU4NmjLxddiMmf/s547/chaises.png"><img src="/images/articles/2023/chaises.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini !! Nous vous souhaitons de belles fêtes de fin d&rsquo;année. On vous retrouve en 2024 !!</p>
<p>Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A l&rsquo;année prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°422 : Vitamine D (désillusions?), lithiase vésiculaire, maladie rénale chronique, BPCO (trithérapie), ruture aGLP-1</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/12/dragi-webdo-n422/</link><pubDate>Sun, 10 Dec 2023 22:03:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/12/dragi-webdo-n422/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Néphrologie</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici un nouveau billet d&rsquo;actualités, alors bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>À cause des abus, les aGLP-1 sont en tension d&rsquo;approvisionnement mondiale. Ainsi, l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/diabete-de-type-2-et-tensions-dapprovisionnement-conduite-a-tenir-pour-la-prescription-des-analogues-de-glp1">ANSM</a> recommande de ne pas introduire de nouveau traitement par aGLP-1 et de leur préférer les iSGLT2. Ces tensions d&rsquo;approvisionnement devraient se poursuivre toute l&rsquo;année 2024.</p>
<p>2/ Vitamine D</p>
<p>Parce qu&rsquo;elle mérite bien une partie à elle seule, on va aborder la vitamine D!! Vous vous rappelez des anciennes recos vitamine D chez l&rsquo;enfant ? Il fallait supplémenter jusqu&rsquo;à 5 ans puis de  11 à 16 ans, avec 2 à 4 gouttes par jour. La mise à jour de <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n353.html">2022</a> était bienvenue pour réduire les doses et ainsi le risque de surdosage non justifié, mais a étendu la supplémentation entre 5 et 11 ans et entre 16 et 18 ans (pour ainsi recommander une supplémentation de 0 à 18 ans). Voici donc un <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(23)00317-0/fulltext">essai</a> randomisé conduit en Mongolie chez 9000 enfants de  6 à 13 ans, qui ont reçu soit 14 000UI de vitamine D par semaine, soit un placebo pendant 3 ans. Dans les 2 groupes, 95% des enfants étaient carencés en vitamine D, il ne fait donc aucun doute que le groupe supplémenté tirera bénéfice de la vitamine D! Et pourtant, contre tout attente (ou pas), il n&rsquo;y a eu de différence de survenue de fracture entre les 2 groupes: 6.4% de fractures dans le groupe vitamine D et  6.1% dans le groupe placebo (p=0.27), mais il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;effets indésirables particuliers (enfin, 3 morts dans le groupe vitamine D et 0 dans le groupe placebo).</p>
<p>En 2021, cette <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n332.html">étude</a> du Lancet Endocrino montrait une association entre mortalité et vitamine D basse, et nous mettions en doute la relation causale supposée par les auteurs. Nous sommes donc 2 ans après, et la revue vient de <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2213858723003649?via%3Dihub">rétracter</a> cet article et a accepté une republication avec correction des erreurs méthodologiques mises en évidence par les lecteurs. La <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2213858723002875?via%3Dihub">conclusion</a> est désormais la suivante : &ldquo;les analyses suggèrent l&rsquo;absence de relation causale entre les concentrations de 25(OH)D et la mortalité. Une réduction substantielle de la mortalité  due à une supplémentation à long terme en vitamine D à faible dose est peu probable, même si elle est ciblée sur les individus ayant une vitamine D basse.&rdquo;</p>
<p>3/ Gastroentérologie</p>
<p>On aime bien essayer de ne pas opérer (comme l&rsquo;appendicite, cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/10/dragi-webdo-n197.html">ici</a>). Cet essai du <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj-2023-075383">BMJ</a> incluait des patients avec lithiase vésiculaire non compliquée randomisés en cholécystectomie ou traitement conservateur. A 18 mois (oui, c&rsquo;est pas très long), 25% des patients en traitement conservateur avaient été opérés versus  67% dans le groupe chirurgie. La qualité de vie des patients était similaire dans les 2 groupes, il y a eu 15% de complications dans le groupe ttt (essentiellement préopératoires: cholécystites etc&hellip;) conservateur et 20% dans le groupe chirurgie (essentiellement post opératoires) (p=0,17). Le coût moyen du traitement conservateur était de 1000£ de moins que la chirurgie. Les auteurs concluent donc qu&rsquo;un traitement conservateur pourrait être une option coût-efficace. Cependant, vu que les complications pré-opératoire vont augmenter avec le temps, et que les récidives de coliques vont indiquer une chirurgie, pas certain que le bénéfice financier soit vraiment durable s&rsquo;il faut opérer tout le monde quand même au final.</p>
<p>4/ Néphrologie</p>
<p>Il y a quelques temps, la finérénone (un antagoniste non stéroidien des minéralo-corticoide) a fait son entrée dans les recos sur les néphropathies (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/10/dragi-webdo-n414.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/10/dragi-webdo-n370.html">là</a>). Cet <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-1023">article</a> d&rsquo;Annals of internal medicine a poolé les résultats des différents essais randomisés utilisant cette molécule, et étudié la réduction du risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire selon la réduction de l&rsquo;albuminurie. Avec un RAC de 500mg/g (55mg/mmol) dans les 2 groupes, 53% des patients ont obtenu une réduction de 30% du RAC dans le groupe finarenone et 27% dans le groupe placebo. Les auteurs ont calculé que le bénéfice rénal était lié à 64% à cette amélioration du RAC et que le bénéfice cardiovasculaire y était lié à 24%.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj-2022-074216">BMJ</a> publie une synthèse concernant la prise en charge de la maladie rénale chronique. Il n&rsquo;y a rien de très novateur. Il est recommandé d&rsquo;adresser au néphrologue quand le score <a href="https://ckdpcrisk.org/kidneyfailurerisk">KFRE</a> est &gt; 2% à 2 ans, ce qui est un seuil particulièrement vite atteint en fait. La prise en charge est relativement simple à réaliser en ambulatoire:  1/ vaccination pneumocoque et grippe, éviter les médicaments néphrotoxiques (AINS++). 2/ contrôle tensionnel, contrôle glycémique, contrôle du risque cardiovasculaire, exercice physique, régime méditerranéen. 3/ éducation aux risques et éventuellement conseil génétique 4/ utilisation des traitements spécifiques: IEC ou ARAII à poursuivre quel que soit le DFG car bénéfice sur la mortalité même en cas d&rsquo;IR sévère, les ISGLT2 en bithérapie avec les bloqueurs du SRA, les aGLP-1 (non indiqués en l&rsquo;absence de diabète actuellement), les antagonistes non stéroidiens des minéralo-corticoïdes (spironolactone, éplérénone et surtout finérénone), et enfin les antagonistes des récepteurs de l&rsquo;endothéline (dont on a parlé la semaine dernière).</p>
<p>5/ Pneumologie</p>
<p>Cette revue de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD011600.pub3/full">Cochrane</a> aborde la triple thérapie CSI + LAMA +LABA versus la double bronchodilatation LAMA + LABA dans la BPCO. Les auteurs trouvent que la triple thérapie peut réduire les exacerbations modérées et sévères (NNT = 30 pour 1 exacerbation en moins), voire la mortalité (NNT=170), améliorer la qualité de vie mais les améliorations en termes de dyspnée et de VEMS n&rsquo;atteignaient pas le seuil de pertinence clinique et le risque de pneumopathie était significativement augmenté (NNH= 72).</p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°421 : diabète (avis SFD), FA (recos US), grossesse et trouble psy (recos US), carré de White français, dépistage CCU, AI/stéthoscope, obésité, Darwin</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/12/dragi-webdo-n421/</link><pubDate>Tue, 05 Dec 2023 19:48:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/12/dragi-webdo-n421/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Néphrologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, pour ceux qui n&rsquo;y étaient pas, vous pouvez revive le congrès via le hashtag #CNGE2023 ! On connaît tous le carré de White, actualisé par Green en 2001. Voici enfin la version <a href="https://academic.oup.com/fampra/advance-article-abstract/doi/10.1093/fampra/cmad098/7338780">française</a> publié par Catherine Laporte et de nombreux autres (d&rsquo;autres carrés seront à venir centrés sur des thématiques: ALD, Covid&hellip;). Bonne lecture !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhR_KsvDPsf8U355ZhJOUN-Gz1YSRaGQxeIA-OgYnbFusV6g3qcv5BR-BAa8X7JJNq2TiP2R4Pzr8sZRUJkeEf6nENe0poK8dhdOzPLZXswkSL9nRGWbWAc483q6I-5rN7imdChBnjKOx5VnJi4IXukW57e2_Nod8YCzeb3SMe-MgODbYS9B6rnp2E40cJb/s559/carr%C3%A9%20de%20Laporte.png"><img src="/images/articles/2023/carr-c3-a9-20de-20laporte.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p>La société américaine de cardiologie a publié des recommandations concernant la <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIR.0000000000001193">fibrillation auriculaire</a> (quant à l&rsquo;auscultation ça fait &ldquo;temps de vide - boum boum pacha boum&rdquo; irrégulièrement). Ainsi, la prise en charge repose sur l&rsquo;évaluation du risque d&rsquo;AVC, la prise en charge des facteurs de risques et le traitement des symptômes (ralentir ou réduire). Une fois le diagnostic posé via l&rsquo;ECG, le bilan initial comporte une NFS, un &ldquo;bilan métabolique&rdquo; (ionogramme, créatininémie, glycémie on peut supposer), TSH et des bilans ciblés au besoin. Il ne doit pas comporter de bilan à la recherche de coronaropathie ou d&rsquo;embolie pulmonaire s&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;argument clinique pour ces pathologiques. Le traitement commence par la prise en charge du tabagisme, de la consommation d&rsquo;alcool, de l&rsquo;HTA, du diabète et par la mise en place des autres RHD habituelles. Le dépistage du SAOS est proposé (grade 2b) car prévalent mais le bénéfice du traitement pour maintenir le rythme sinusal est décrit comme incertain. Concernant le risque thrombo-embolique, le CHA2DS2-VASc est recommandé (haut risque: ≥ 2 chez l&rsquo;homme et ≥ 3 chez la femme, grade 1; mais anticoagulation suggérée si 1 chez l&rsquo;homme et 2 chez la femme, grade 2a), mais les scores GARFILED-AF (haut risque: ≥ 1.60) et ATRIA (haut risque:  7-15) sont également validés. L&rsquo;indication est posée devant un risque élevé (= risque annuel ≥ 2%) d&rsquo;AVC. Les AOD sont recommandés en 1ère intention (sauf sténose mitrale et valve mécanique). Un risque hémorragique élevé ne remet pas forcément en cause l&rsquo;anticoagulation mais va entraîner un suivi plus rapproché. Le suivi biologique repose sur une NFS, tous les 6 mois (3 mois si HAS-BLED ≥ 3), une créatininémie tous les 6 mois (plus souvent si DFG &lt; 60ml/min) et un bilan hépatique annuel. Concernant les symptômes, quand un contrôle de fréquence est choisi, l&rsquo;objectif est une FC &lt; 100-110/min (pas de bénéf du contrôle strict &lt; 80/min), à obtenir avec un bêta bloquant (métoprolol, bisoprolol, propranolol essentiellement) ou un inhibiteur calcique bradycardisant (si FEVG&gt;40%). Si c&rsquo;est insuffisant, la digoxine pourra être proposée. Le contrôle du rythme est recommandé si les symptômes sont invalidants, chez des patients plutôt jeunes, avec une FEVG altérée ou dans le cadre d&rsquo;une FA &lt; 1 an. Après cardioversion, le traitement de maintien repose sur des recos de grade 2a : flécaine, puis amiodarone si FEVG conservée, amiodarone si FEVG altérée (le sotalol apparaît en dernier recours).</p>
<p> 2/ Gynécologie</p>
<p>La <a href="https://journals.lww.com/greenjournal/Fulltext/2023/06000/Treatment_and_Management_of_Mental_Health.36.aspx">société américaine de gynécologie</a> a publié des recommandations concernant la prise en charge des troubles psychiatriques pendant la grossesse. Globalement, les auteurs recommandent un dépistage et un diagnostic des troubles anxio-dépressifs pendant la grossesse et le post-partum, avec des questionnaires validés pour permettre l&rsquo;initiation d&rsquo;un traitement adapté de façon conjointe à un approche comportementale, les psychothérapies étant le traitement de 1ère intention. Les médecins doivent pouvoir discuter de la balance bénéfice/risque des traitements et il n&rsquo;est pas recommandé d&rsquo;interrompre les traitements pour troubles psychiatriques seulement pour cause de grossesse ou allaitement. Dans les traitements pharmacologiques, les auteurs recommandent préférentiellement la sertraline ou l&rsquo;escitalopram en 1ère intention. Le brexanolone fait son entrée dans les traitements recommandés de la dépression du post-partum mais de façon individualisée (manque de preuve si allaitement, pas d&rsquo;efficacité après 30 jours, coût élevé&hellip;). Dans l&rsquo;anxiété, les benzodiazépines sont à éviter.</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2812323">essai</a> randomisé a comparé des stratégies dans le dépistage du cancer du col de l&rsquo;utérus: soins courants (rappels via dossier), soins courants + éducation, mailing direct (+soins courant +éducation), ou une stratégie opt-in (soins courant + éducation + une option pour demander directement un kit). C&rsquo;est l&rsquo;option avec le mailing direct qui s&rsquo;est avéré être la plus efficace (+14% de participation), l&rsquo;option opt-in augmentait la participation de 3%. Le mailing semble donc être un moyen efficace d&rsquo;impliquer les patients.</p>
<p>3/ Néphrologie</p>
<p>Dans le traitement de la maladie rénale chronique, les antagonistes des récepteurs de l&rsquo;endothéline (ERA) sont en cours de développement. Dans cet <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(23)02230-4/fulltext">essai</a> randomisé, le zibotentan a été associé à de la dapagliflozine chez des patients avec albuminurie et un DFG &gt; 20ml/min (le DFG moyen était de 45ml/min). L&rsquo;amélioration de l&rsquo;albuminurie était plus importante avec le zibotentan, et les variations de DFG étaient sensiblement les mêmes. A suivre sur des critères plus durs qu&rsquo;une amélioration de l&rsquo;albuminurie</p>
<p> 4/ Pneumologie</p>
<p>Les <a href="https://www.annfammed.org/content/21/6/517">patients</a> ont un thermomètre à la maison, depuis le Covid beaucoup ont un saturomètre, et bientôt, ils auront peut être leur stéthoscope ! Dans cette étude observationnelle, les patients ont eu accès à un saturomètre, un débimètre de pointe et à un stéthoscope électronique avec intelligence artificielle informant sur l&rsquo;intensité de ronchis, de crépitants, de sibilants, la fréquence respiratoire et cardiaque. Dans l&rsquo;optique de dépister les crises d&rsquo;asthme, la détection de sibilants et de ronchis à l&rsquo;auscultation étaient les paramètres les plus efficaces. Chez l&rsquo;adulte, la réponse à un questionnaire sur les symptômes était le meilleur paramètre. La combinaison de différents signes et appareils améliorait encore l&rsquo;efficacité pour diagnostiquer une crise d&rsquo;asthme.</p>
<p>5/ Endocrinologie</p>
<p>Comme tous les 2 ans, la <a href="https://www.sfdiabete.org/actualites/medical-paramedical/prise-de-position-de-la-sfd-sur-les-strategies-dutilisation-des-0">société française de diabétologie</a> a publié sa prise de position sur la prise en charge du diabète. La 1ère chose frappante en ouvrant le document est l&rsquo;absence totale de référence appuyant chacun des éléments énoncés et l&rsquo;absence de gradation du niveau de recommandation: tout semble être au même niveau de certitude. Bref, les cibles glycémiques sont toujours aussi classiques, les auteurs sont en faveur, comme d&rsquo;habitude d&rsquo;une cible &lt; 7% voire 6,5% en l&rsquo;absence de traitement induisant des hypoglycémies. La cible est placée à 8% pour les patients avec comorbidités, et à 9 % pour les patients de plus de 75 ans. Concernant les molécules recommandées, la metformine reste le traitement de première intention en monothérapie en l&rsquo;absence de comorbidité et en bithérapie avec un analogue du GLP1 ou iSGLT2 en cas de maladie cardiovasculaire établie, insuffisance cardiaque ou insuffisance rénale. Sur ces points, cet avis est en opposition avec les recos internationales européennes et américaines qui reconnaissent l&rsquo;absence de bénéfice de la metformine (ainsi que les risques d&rsquo;acidose lactique lié à ces comorbidités). Enfin, les iDPP-4 sont recommandés en 2ème ligne chez les patientes de plus de 70 ans en cas d&rsquo;HbA1c non contrôlée. Quelques détails sont cependant intéressants : il est reprécisé que la metformine n&rsquo;apporte pas de bénéfice supplémentaire sur l&rsquo;HbA1c au delà de 2g/jour, que bien que metformine+sulfamide soit possible ce n&rsquo;est pas une association à privilégier, et que les aglp1 sont préférés aux isglt2 en cas d&rsquo;antécédent d&rsquo;AVC.</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2812316">JAMA</a> a
publié une revue concernant la prise en charge de l&rsquo;obésité. Les
auteurs rappellent les différences de normes selon les populations (IMC</p>
<blockquote>
<p>27,5 chez les patientes asiatiques). La prise en charge repose sur
les interventions comportementales (environ -2.4kg), modifications
alimentaires (régime méditerranéen: -2.5kg, weight watchers ou régime
végétarien: -6kg) et l&rsquo;activité physique (-2 à 3kg). Concernant les
médicaments, les analogues du GLP-1 sont une option (semaglutide:-15%,
liraglutide:-8%), les analogues GLP1/GIP (tirzepatide: -20%),
l&rsquo;association phentermine-topiramate (-10%), naltrexone-bupropion (-5%)
et l&rsquo;orlistat (-5%). La balance bénéfice risque de ces traitements est
très peu discutée&hellip;  En cas de traitement chirurgical, les auteurs
recommandent une supplémentation multi-vitaminique dont l&rsquo;intensité
varie selon le type de chirurgie.</p>
</blockquote>
<p>6/ Le jeu du mois: Sur les traces de Darwin</p>
<p> &ldquo;Sur les traces de Darwin&rdquo; est un jeu invitant les joueurs à collecter différentes espèces d&rsquo;animaux provenant de tous les continents. Le bateau des joueurs fait le tour du &ldquo;monde&rdquo; (des 9 cartes d&rsquo;animaux centrales), et chaque joueur choisi à son tour de prendre une des cartes d&rsquo;animal située sur la même ligne ou colonne que le bateau. L&rsquo;objectif est d&rsquo;arriver à organiser les animaux récupérés sur son plateau personnel pour qu&rsquo;ils obtenir des lignes complètes: de continents ou de type d&rsquo;animaux, pour faire des points. On peut ajouter à cette mécanique simple, des capacités présentes sur les cartes animaux, permettant de recruter des personnages, de modifier la position du bateau ou de faire plus de points grâce à des objectifs individuels à cumuler. C&rsquo;est un jeu qui implique vraiment le joueur dans cette quête de nouvelles espèces, avec une mécanique relativement simple mais nécessitant quand même d&rsquo;être stratégique. Bref, un bon jeu familial !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiljHOz9J21-lSsfLTOw-qHYGK2RKdzS0XM8vJQ_uQxaw0fBfFUEI9PyibSo0CuQDsyHwgVhuLic644bhaGNTPPbJJ-CBjAeBiakQsgyagxB4TlPybgjBGLcb6riJxwJFPMuwH6zmciy6YMEiEt95VUvn2VVhv28wSLrYP9c9CkdJsGLbmyBRcUxzR8X8sp/s4624/20230718_112307.jpg"><img src="/images/articles/2023/20230718-112307.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p> @Dr_Agibus et @DrePétronille <em>(pour la relecture et la sémiologie cardiologique !)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°420 : luxation congénitale de hanche, ostéoporose, multimorbidité, AOD, antibiothérapie différée, vaccin zona</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/11/dragi-webdo-n420/</link><pubDate>Mon, 27 Nov 2023 00:28:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/11/dragi-webdo-n420/</guid><category>Rhumatologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer, un article du <a href="https://bjgp.org/content/early/2023/11/14/BJGP.2023.0026">BJGP</a> permis d&rsquo;identifier les typologies de patients multimorbides ayant un &ldquo;coût le plus élevé&rdquo;. Ainsi, les patients avec anxiété, douleurs chroniques et dépression étaient le &ldquo;pattern&rdquo; le plus fréquent chez les patients à &ldquo;coût élevé&rdquo;, mais les patients combinant coronaropathie, insuffisance rénale chronique, diabète et insuffisance cardiaque coûtaient sensiblement plus cher. Enfin, il est intéressant de voir quelles sont les maladies chroniques les plus fréquentes dans cet échantillon de 100 000 patients :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjBsi5XeLjT89q_VpxZQaWZ_O1QyU6yvMC-8W5lw6Ra2FG5npBArbjHGud3c3JkNnvwLY99oMgu62Rw-j_Z4uAkg_NZFl78jK1Zdk2G_l5p_eBIgtFntI9NsNyCYWDZBwKxTRKvVtLNk0YN8wZHSVaUwEP2TqBXsoOW8yJGF8ewYvcUuH0J4kuB9C40z6s9/s382/LTC.png"><img src="/images/articles/2023/ltc.png" alt=""></a></p>
<p>Voici les autres actualités, bonne lecture !</p>
<p> 1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un nouvel <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/JAHA.122.029865">article</a> aborde les spécificités de dosage des AOD, cette fois, chez les patients multimorbides. Cette étude rétrospective incluait 20 000 patients en EHPAD, âgés en moyenne de 82 ans et dont la moitié avait une dose &ldquo;réduite&rdquo; d&rsquo;AOD. Les patients avec une dose standard avaient plus de saignements (9.4 vs 8 pour 100 patients par an), en particulier après 80 ans et lorsque l&rsquo;IMC est &lt; 30. Cependant, il n&rsquo;y avait pas de différence en termes de mortalité, ni de survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires. Il faudrait se poser la question de l&rsquo;adaptation de la dose sur des critères moins &ldquo;stricts&rdquo; que les AMM, mais d&rsquo;autres <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/01/dragi-webdo-n298.html">études</a> ont montré un risque de sous dosage lié à des réductions de dose inappropriées.</p>
<p>2/ Rhumatologie</p>
<p>L&rsquo;algorithme de dépistage de l&rsquo;ostéoporose des recommandations canadiennes est particulièrement intéressant, on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/09/dragi-webdo-n-408.html">ici</a>. Un article du NEJM propose une synthèse concernant l&rsquo;ostéoporose, plutôt proche des recommandations américaines :</p>
<ul>
<li>
<p>dépister par DMO à  65 ans, ou avant si facteurs de risque</p>
</li>
<li>
<p>bilan initial: NFS, créatininémie, calcémie, phosphatémie, albuminémie, vitamine D,  PAL, et selon le contexte clinique: TSH, PTH, EPP, IgA anti-TG, calciurie des 24h.</p>
</li>
<li>
<p>traitement si très haut risque (t-score &lt; -2.5 et fracture rachis/hanche) voire risque élevé (t-score &lt;-2.5 ou fracture hanche/rachis ou ostéopénie + Frax avec risque de fracture majeur &gt;20% ou risque de fracture de hanche &gt; 3%)</p>
</li>
<li>
<p>les bisphosphonates (alendronate, risendronate ou zolendronate) sont recommandés en 1ère intention, pour un durée de 3 ans si IV, 5 ans si per os, avec une pause d&rsquo;environ 1 an, après cette durée avant de reprendre pour réduire le risque de fracture paradoxale (4.5 -&gt; 0.5 pour 10 000)</p>
</li>
<li>
<p>Concernant la vitamine D chez les patients avec ostéoporose, l&rsquo;article dit &ldquo;Certains experts et recommandations recommandent d&rsquo;ajuster l&rsquo;apport en vitamine D pour atteindre des taux sériques de 25-hydroxyvitamine D supérieurs à 20 à 30 ng par millilitre, mais cette approche est controversée et n&rsquo;est pas étayée par des données rigoureuses&rdquo;</p>
</li>
</ul>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj-2023-074507">BMJ</a> aborde la luxation congénitale de hanche. Le dépistage se fait par examen clinique des hanches dans les 72 heures de vie puis à  6-8 semaines de vie. En cas d&rsquo;anomalie à l&rsquo;examen ou en cas de facteur de risque (antécédent familial au 1er degré, présentation par le siège), une échographie est recommandée avant 8 semaines mais elle reste l&rsquo;examen recommandé jusqu&rsquo;à 4 mois (après, c&rsquo;est la radiographie). Le dépistage radiologique systématique est recommandé par des sociétés savantes britanniques car il pourrait être efficace mais les revues systématiques ne concordent pas toutes. Concernant l&rsquo;examen clinique, avant 2 mois: les manœuvres de Barlow et Ortolani sont efficaces, mais pas après. Entre 2 mois et l&rsquo;âge de la marche, l&rsquo;examen comporte une recherche une abduction limitée, une différence de longueur des membres notamment avec le signe de Galeazzi, ou une asymétrie des plis. A l&rsquo;âge de la marche, on peut avoir des troubles de la marche (boiterie, dandinement, marche sur la pointe des pieds).</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Une revue systématique de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD004417.pub6/full">Cochrane</a> compare les stratégies d&rsquo;antibiothérapies immédiate, différée ou absence de prescription dans les infections des voies aériennes. Globalement, dans l&rsquo;angine et l&rsquo;OMA, l&rsquo;antibiothérapie immédiate soulageait modérément les symptômes par rapport à la stratégie différée, sans différence sur le risque de complications. Il n&rsquo;y avait pas de différence de satisfaction des patients entre ces 2 stratégies, mais la prescription différée permettait de réduire le nombre d&rsquo;antibiothérapies délivrées. L&rsquo;absence de prescription réduisait encore davantage la délivrance d&rsquo;antibiotiques, mais si on n&rsquo;est pas à l&rsquo;aise avec la &ldquo;non prescription&rdquo;, la prescription différée peut être une option.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj-2023-076321">BMJ</a> aborde l&rsquo;efficacité du vaccin vivant atténué contre le zona (Zostavax) dans une étude de cohorte incluant  1.5 millions de patients de plus de 50 ans, dont 30% ont été vaccinés. Il y a eu 75 000 cas de zona, 7% d&rsquo;entre eux ont eu des névralgies post zostériennes et 0.7% ont été hospitalisés. L&rsquo;efficacité du vaccin sur la survenue d&rsquo;un zona est passée de 67% la 1ère année à  15% à 10 ans, de 83% à 41% pour les névralgies et de 90% à 53% pour le risque d&rsquo;hospitalisation. Bien qu&rsquo;on n’ait pas de données à 10 ans concernant le vaccin recombinant (Shingrix prochainement disponible), il semblait néanmoins plus efficace (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/09/dragi-webdo-n107.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/09/dragi-webdo-n194.html">là</a>).</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°419 : OSM (NICE), paracetamol, IPP, Covid-19, cancer du sein, cancer pulmonaire, obésité et communication, diabète et statines</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/11/dragi-webdo-n419/</link><pubDate>Thu, 23 Nov 2023 00:42:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/11/dragi-webdo-n419/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>ORL</category><category>Oncologie</category><category>Dermatologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine : bonne lecture de ce nouveau Dragi Webdo !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj-2022-070753">BMJ</a> aborde le paracetamol, en rappelant qu&rsquo;il peut être efficace dans les douleurs aigues mais pas dans les douleurs chroniques. Sa posologie maximale de 4g/jour est abaissée à 3g/jour en cas de facteurs de risque d&rsquo;hépatotoxicité (poids &lt; 50kg, insuffisance rénale, hépatopathie décompensée, sujet âgé ou fragile, dénutrition ou déshydratation chronique, dépendance alcoolique, médicaments inducteurs enzymatiques)</p>
<p>Concernant les <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj-2022-070752">IPP</a>, cet article reparle de leur prescription, qu&rsquo;il faut idéalement limiter à 4 semaines en traitement initial. Les effets indésirables plus récemment découverts comportent des fractures ostéoporotiques (+ 4 personnes sur 100 par an), des infections à <em>C. difficile</em>, des hypoparathyroidies et hypocalcémie, des hypovitaminoses B12, des insuffisances rénales, des démences et des pneumopathies. Il faut également être vigilent concernant les interactions médicamenteuses avec l&rsquo;omeprazole et l&rsquo;esomeprazole; ainsi, en cas d’interaction, on préférera le lansoprazole, le pantoprazole, ou le rabeprazole. Le traitement prolongé ne se justifie qu&rsquo;en cas de risque de saignement ou d&rsquo;ulcère élevé (oesophage de Barrett, AINS chronique, œsophagite chronique, antécédent d&rsquo;hémorragie digestive). Pour l&rsquo;arrêt, 44% des patients ont un rebond d&rsquo;acidité qui peut être limité par une décroissance progressive du dosage des IPP sur 4 semaines (et c&rsquo;est plus efficace que de switcher avec un antiH2).</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Après le succès des AGLP-1 en prévention secondaire chez le  non diabétique, voici un essai randomisé évaluant la <a href="https://evidence.nejm.org/doi/full/10.1056/EVIDoa2300286">dapagliflozine</a> en post infarctus chez des patients non diabétiques sans insuffisance cardiaque. Cette fois ci, bien que la dapagliflozine améliore le critère de jugement principal composite, le bénéfice était porté par la réduction du risque de diabète, et aucune différence n&rsquo;était retrouvée sur la survenue des évènements cardiovasculaires.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m3379">BMJ</a> a mis à jour sa synthèse des traitements du Covid, en fonction de la sévérité des patients et de leur risque de complication. En gros, pour les patients ambulatoires à risque élevé, le nirmatrelvir-ritonavir est le seul traitement avec une recommandation forte.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgpOSXyuI3E1Qv37qzG8cFrbMzXx6KNxSm17X3-hbiZr1dXH8eDfuDiaJ6MCiJwxwgZOHOXvTr6d8SJqy1H3ouYAIFFC8KzjzBziZnmn9LIVRNxU9ljzEM4rLKghN7rPdnl8rze8ieiBj_asYZw6pa76DlkvgM44-dkeoUsyw_Oa2TiOyUEa8L6rM03jv2y/s684/covid.png"><img src="/images/articles/2023/covid.png" alt=""></a></p>
<p>Après l&rsquo;efficacité en début de Covid, puis son <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/dragi-webdo-n382.html">échec</a> ensuite, la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2812204">fluvoxamine</a> est à nouveau testée mais cette fois ci à forte dose dans le traitement du Covid. Et une fois encore, la fluvoxamine ne montre pas de bénéfice, ni sur la durée des symptômes, ni sur les hospitalisations.</p>
<p>4/ ORL</p>
<p>Le NICE a publié des recommandations concernant l&rsquo;otite séro-muqueuse qui ont été reprises dans le <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj.p2314">BMJ</a>. Le diagnostic peut être suspecté devant tous les symptômes de &ldquo;retard&rdquo; de l&rsquo;enfant. Le traitement repose avec un faible niveau de preuve sur les auto-insufflations. Les auteurs recommandent de ne pas utiliser des antibiotiques, des corticoïdes oraux ou nasaux, des anti-histaminiques, des anti-leucotriènes, de mucolytiques, des IPP ou des décongestionnants. En cas d&rsquo;otorrhée sur aérateurs trans-tympaniques, un traitement par antibiotiques locaux non ototoxiques (donc par quinolones locales) est recommandé pendant 5 à 7 jours.</p>
<p>5/ Oncologie</p>
<p><a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/AITC202311210">Annals of internal medicine</a> redonne quelques chiffres sur la prévention du cancer du sein. En dehors des patientes à très haut risque (BRCA, irradiation thoracique, antécédent de cancer, on pourrait ajouter Score d&rsquo;Eisinger élevé) qui ne suivent pas les recommandations, les patientes à risque légèrement élevé peuvent suivre les recos en les adaptant un peu (y compris si 2 ATCD familiaux de cancer du sein au 1er degré). Le risque peut être évalué par ce calculateur : <a href="https://bcrisktool.cancer.gov/">https://bcrisktool.cancer.gov/</a> Un suivi par IRM est recommandé en cas de risque cumulé sur la vie supérieur à 20%. Pour ce qui est des recommandations de population générale, on voit de nombreuses disparités entre les sociétés savantes américaines, sur l&rsquo;âge de départ (40-45-50), le rythme (annuel, biennal) et l&rsquo;âge de fin (75-80, aucun). L&rsquo;article montre que la réduction de mortalité spécifique n&rsquo;est significative qu&rsquo;entre 50 et 69 ans (8 à 20 décès évités pour 10 000 femmes dépistées pendant 10 ans). Concernant les effets indésirables, le risque d&rsquo;un faux positif quand on est dépisté pendant 10 ans est de 50%, et le risque de subir une biopsie est de 10%, conduisant à 15% de cancers sur-diagnostiqués.</p>
<p>Concernant le dépistage du cancer du poumon, cette <a href="https://erj.ersjournals.com/content/62/suppl_67/OA3264">étude</a> française a évalué les résultats de 3 rounds de dépistage. Sur les 1300 patients avec un tabagisme de puis de 30PA âgés de 55 à 75 ans, 75% ont passé leur 1er scanner, 38% le 2ème et 28% le 3ème. Il y a eu 2,7% de faux positifs. Le taux de cancer dépisté a été de 2.5% et 72% d&rsquo;entre eux ont été découvert à T0. Il y a donc énormément de perdus de vus, par rapport aux données des essais randomisés ayant démontré une efficacité. Vu le nombre de cancer dépistés à T0 et la chute des patients participants, il serait intéressant d&rsquo;étudier si se limiter à un TDM initial puis un à 1 an est suffisant, sachant que les patients dans cette étude étaient à 30PA contre 15PA dans les études de référence.</p>
<p>6/ Dermatologie</p>
<p>Un <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-1043">essai</a> randomisé a testé l&rsquo;efficacité de l&rsquo;acupuncture dans la prise en charge de l&rsquo;urticaire chronique. Bien que l’efficacité soit statistiquement significative, elle n&rsquo;atteint pas le seuil de pertinence clinique. Restons en aux antihistaminiques.</p>
<p>7/ Endocrinologie</p>
<p>Un <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-2360">article</a> intéressant concerne la façon dont les médecins abordent l&rsquo;obésité en consultation. Les médecins ayant un langage positif entraînaient une meilleure adhésion au programme et permettaient une meilleur perte de poids que les médecins ayant des éléments de langage négatifs.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgYRsU8ZuMM15qML28bWN0IHCeQD8l5g-iNe5ucnRT7rWqVbvQCYZWh9oXOOzyWgwKY-DcOvYY8oUXA21F-YFko4j6kgIvfyrMscwRBxNtoMejno3Ktc22Q-dHJfEBfJeYv7yP3HKHz8uGbH_6bzL9uPwk0y0pNurgi1yXDUb6Hb8_G_UlUxrKR2i9sq9w2/s1067/obesity.png"><img src="/images/articles/2023/obesity.png" alt=""></a></p>
<p>Dans une <a href="https://diabetesjournals.org/care/article-abstract/doi/10.2337/dc23-0816/153736/Impact-of-Guideline-Directed-Statin-Intervention?redirectedFrom=fulltext">étude</a> de cohorte incluant  28 000 patients diabétiques, seulement deux tiers avaient une statine adapté selon les recos américaines. En gros, le recos US recommandent une statine d&rsquo;intensité intermédiaire à modérée pour les patients diabétique à risque intermédiaire ou élevé. Les auteurs montrent que les diabétiques n&rsquo;ayant pas de statine avaient un risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire et de mortalité augmenté par rapport à ceux ayant une statine recommandée, et ceux ayant une statine faible dose avaient un risque de mortalité augmenté seulement s&rsquo;ils étaient à haut risque. Ceci confirme l&rsquo;intérêt de la statine (simvastatine 40 ou atorvastatine) chez les patients ayant un risque calculé &ldquo;modéré&rdquo; les calculateurs n&rsquo;intégrant généralement pas risque lié au diabète.</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiVFUTgozxd8s-YeMk-iMHdk1T3PFoq0rTvLY3hrYkCwgZ4OigVJLFDUXFLn8t6BNvShhwh8cT2-BOuIWC16Fny298Ku1_BBUi03ytp1iA1t5w39fsVpwHjSg9ufRt7NKREOeIx6fRjNgA1r-nELfwm7vU7eOxItF_WrMOtQcgXVc9MbnX3k8yRwKh_jtpt/s749/DDurable.png"><img src="/images/articles/2023/ddurable.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Après avoir été efficace sur les évènements cardiovasculaires chez les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/09/dragi-webdo-n107.html">diabétiques</a> , le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2307563">semaglutide</a> est testé chez des patients non diabétiques en prévention secondaire sur son efficacité cardiovasculaire dans l&rsquo;étude SELECT: 17 000 patients en prévention secondaire (65% avec IDM) et avec un IMC &gt; 27 (moyenne = 33,  70% avec IMC &gt;30) ont été randomisés dans 2.4mg de semaglutide hebdomadaire ou placebo et suivis pendant 3 ans. Les auteurs ont démontré une réduction du critère de jugement composite de 20% (NNT= 67 patients à 3 ans) porté essentiellement par les infarctus non fatals. L&rsquo;analyse était ensuite hiérarchique, et malheureusement, le critère suivant à évaluer était la mortalité cardiovasculaire qui n&rsquo;était pas significativement réduite. Les analyses suivantes sont donc purement exploratoires et devront être confirmées, notamment la réduction de mortalité globale (4,3% vs 5.2%, OR=0.81 [0.71 to 0.93]). De façon plus classique, ces analyses complémentaires retrouvent la baisse d&rsquo;insuffisance cardiaque et des néphropathies, et il y avait une diminution du poids de 8% en moyenne. Les effets indésirables étaient prévisibles : notamment troubles digestifs (NNH=13), métaboliques (NNH=112) , troubles neurologiques (NNH=250), lithiases vésiculaires (NNH=200) et EI généraux et au point d&rsquo;injection (NNH=143). C&rsquo;est donc un nouvel effet très intéressant, voir un nouveau traitement additionnel chez les patients obèses en post-infarctus, d&rsquo;autant plus que les patients avaient déjà une statine (85%, LDL 0.8), de l&rsquo;aspirine (70%), des bb- (70%) et IEC (45%, oui c&rsquo;est peu). Enfin, d&rsquo;après les auteurs, l&rsquo;efficacité ne semblait pas expliquée uniquement par la perte de poids.</p>
<p>Un <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.123.065614">article</a> revient sur le dosage de l&rsquo;apixaban chez les patients avec un DFG &lt; 30ml/min. Les auteurs trouvent qu&rsquo;une réduction de la dose à 2,5mg x2/j est associée à un risque moindre de saignement sans sur-risque d&rsquo;AVC, de MTEV ou de décès. Donc bien penser à adapter la dose selon la créatininémie si l&rsquo;âge est &gt; 80 ans ou le poids corporel &lt; 60kg.</p>
<p>Une étude d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-1182">Annals of internal medicine</a> a retrouvé que l&rsquo;utilisation d&rsquo;appareils de surveillance à distance des patients, notamment dans l&rsquo;HTA, était associé à une délivrance des traitements plus régulière, moins de consultations non programmées pour HTA, mais il y avait d&rsquo;avantage de consultations chez le généraliste et une augmentation des coûts de prise en charge de 230$ (ce qui peut s&rsquo;expliquer par le prix du matériel et le fait que les gens achètent plus régulièrement leur traitement, et qu&rsquo;ils voient plus leur MG en suivi ce qui évite les consultations urgentes ou aux urgences).</p>
<p>2/ Diabétologie</p>
<p>C&rsquo;était une étude remplie d&rsquo;espoir à l&rsquo;approche des fêtes de Noël: un <a href="https://diabetesjournals.org/care/article-abstract/doi/10.2337/dc23-1012/153696/Cocoa-Extract-Supplementation-and-Risk-of-Type-2?redirectedFrom=fulltext">essai</a> randomisé incluant 20 000 patients et testant si l&rsquo;extrait de cacao versus placebo réduisait le risque de diabète. Malheureusement, ce n&rsquo;est pas le cas. Pour mémoire, l&rsquo;étude <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35294962/">princeps</a> montrait quand même une réduction de la mortalité cardiovasculaire dans le groupe cacao avec un NNT de 1500 à 3 ans, mais c&rsquo;était un critère secondaire et critère principal n&rsquo;était pas significatif; c&rsquo;est donc purement exploratoire.</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>L&rsquo;USPSTF a publié ses recommandations en santé buccale de l&rsquo;enfant. Les <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2811427">auteurs</a> concluent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas suffisamment de données pour évaluer le bénéfice des dépistages systématiques ou des interventions préventives concernant la santé orale incluant les caries chez les enfants de 5 à 17 ans. La <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2811428">revue systématique</a> sur laquelle ils s&rsquo;appuient ne trouve pas d&rsquo;études &ldquo;dépistage&rdquo; versus &ldquo;absence de dépistage&rdquo;. Concernant les traitements préventifs, la supplémentation en fluor par des professionnels et les gels fluorés et vernis réduisaient le risque de caries. Cependant, 1 seule étude évaluait la supplémentation à domicile et ne retrouvait pas de bénéfice à cause de problèmes d&rsquo;observance. Enfin, les effets indésirables étaient généralement mal rapportés.</p>
<p>4/ Addictologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2811435">JAMA</a> a publié une revue systématique concernant les traitements de l&rsquo;alcool. Pour éviter une rechute, l&rsquo;acamprosate et la naltrexone (50mg/j)  sont les traitements les plus efficaces (NNT respectifs de 11 et 18). L&rsquo;acamprosate donne essentiellement des diarrhées et le naltrexone des nausées et vomissements. Le baclofène réduit avec un niveau de preuve faible les rechutes. Le dissulfiram ne montre pas de bénéfice dans les études. Enfin, voici le tableau des effets indésirables attendus par molécule.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh5uAa3-gxphl11fh57W7YX22U-C-m9FSHNCSIFs6V4FuOroMxjm4MVQ8gmCaBgwACzFcQICAnT8-iWlhMrWngJ4hdIlgrPhEDzsPM0TdhtIHG_X2pNKUoidTO7W4gVv8wO9jPsXv1Zsy0zsmGn53peFgz36je6EQ3iLVAjxRbePqhRIopFSKAVQmLN9qSk/s1957/EI%20alcool.png"><img src="/images/articles/2023/ei-20alcool.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Neurologie</p>
<p>Dans la prise en charge du syndrome du canal carpien, on est un peu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/10/dragi-webdo-n201.html">démuni</a> entre les attelles, les infiltrations et la chirurgie. Dans cet <a href="https://journals.lww.com/clinicalpain/abstract/2023/11000/evaluating_the_effect_of_pregabalin_in_the.5.aspx">essai randomisé</a>, la prégabaline a été testée versus placebo et titrée jusqu&rsquo;à 150mg/j. Sur le questionnaire de Boston, les auteurs montrent que la prégabaline améliore la fonction de 1.23 points (pertinence clinique &gt; 0.23 d&rsquo;après cette <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0003999323004598">étude</a>) et les symptômes des patients de 1.63 points (pertinence clinique &gt;  0.64) à 8 semaines. Ce pourrait être une option de plus à considérer.</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamaneurology/fullarticle/2811629">JAMA</a> Neurology présente un nouvel antipsychotique, le brexpiprazole, dans le traitement de l&rsquo;agitation en cas de démence par maladie d&rsquo;Alzheimer. Les patients sous brexpiprazole avaient moins d&rsquo;agitation que les patients sous placebo avec une taille d&rsquo;effet de 0.35 (effet clinique faible). Cette différence apparaissait en fait après 6 semaines de traitement. La tolérance était bonne selon les auteurs, mais les effets classiques des antipsychotiques sont à prévoir.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p> 1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Suite à des signaux dans des essais randomisés, des <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-023-05972-x">auteurs</a> ont voulu étudier si les analogues du GLP-1 réduisaient le risque de cancer de la prostate. Dans une étude de cohorte incluant 15 000 utilisateurs d&rsquo;aGLP1 comparés à 20 000 patients sous insuline, le risque de cancer de la prostate n&rsquo;était pas significativement diminué et on pourrait donc s&rsquo;arrêter là. Mais les analyses de sous groupes chez les plus de 70 ans montrent une association moindre, notamment pour les Gleason &gt;8. Bref, contrairement à la conclusion des auteurs, les preuves d&rsquo;une association inverse entre aGLP-1 et cancer de la prostate restent très maigres.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>L&rsquo;étude française <a href="https://bjgp.org/content/early/2023/07/05/BJGP.2022.0565">DISCO</a> visait a étudié le dépistage de la BPCO en médecine générale et a comparé le taux de dépistage de BPCO selon 4 groupes: soins courants, questionnaire <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2014-06/questionnaire_depistage_bpco_gold_web.pdf">HAS/GOLD</a>, coordinateur BPCO (le médecin pense à une BPCO et adresse au coordinateur qui gère le dépistage) ou questionnaire HAS/GOLD + coordinateur. Dans le groupe contrôle, les BPCO n&rsquo;étaient pas évoquées, ce qui suggère qu&rsquo;il est utile d&rsquo;utiliser un questionnaire de dépistage, et c&rsquo;est &ldquo;logiquement&rdquo; dans les groupes avec un coordinateur qu&rsquo;il y a eu le plus de dépistages effectifs. Les points les plus intéressants de cette étude sont épidémiologiques : un recrutement de plus de 3000 patients en médecine générale, ayant conduit à 800 suspicions pour lesquels une spirométrie a été prescrite, soit 25% des patients vus en MG qui sont à risque de BPCO. Au total, 1 % de l&rsquo;ensemble des patients avait une BPCO soit 3% des patients avec suspicion de BPCO ce qui est particulièrement faible. Enfin, 80% des patients BPCO dépistés étaient de GOLD1 (et 95% GOLD 1 ou 2) pour lesquels les traitements ont une efficacité minime. Bref, pour arriver à dépister des patients à risque de complication, il faut dépister beaucoup trop de patients (3000 patients adultes -&gt;  800 suspicion de BPCO -&gt; 24 BPCO -&gt;  1 BPCO sévère; ça fait un beau &ldquo;carré de White&rdquo;!) . J&rsquo;espère qu&rsquo;on arrivera vite à valider le score <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0761842519300877">GLORI-COPD</a> pour mieux cibler les dépistages ! (et grand merci aux investigateurs pour leurs efforts de recrutement !)</p>
<p>Revenons sur le Paxlovid (Nirmatrelvir–Ritonavir). Dans ce qu&rsquo;on appelle un <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-1394">essai simulé/émulé</a> (emulated trial, on prend une cohorte et on compare les patients prospectivement après avoir ajusté sur les caractéristiques pour faire comme si on avait fait un essai randomisé), le Paxlovid n&rsquo;a pas démontré qu&rsquo;il réduisait la survenue de syndromes post-covid par rapport à l&rsquo;absence de traitement, sauf pour la survenue de complications thrombo-emboliques (-0,29% d&rsquo;incidence cumulée sur 180 jours).</p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>On l&rsquo;avait vu à propos de la mammographie (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/03/dragi-webdo-n39.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/10/dragi-webdo-n155.html">là</a>) et du cancer de la prostate (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/05/dragi-webdo-n229.html">ici</a>). Voici un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2811097">essai</a> randomisé comparant une intervention d&rsquo;information d&rsquo;aide à la décision personnalisée sur le dépistage du cancer colo-rectal versus une information standardisée. Globalement, il n&rsquo;y avait pas de différence sur les commandes de kits de dépistage, mais à 6 mois, il y avait moins de patients réalisant le test dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle. De plus, il est à noter que dans le groupe intervention, les patients avec un bénéfice moindre réalisaient moins le test et ceux avec un bénéfice élevé réalisaient plus le test. L&rsquo;utilisation du test était donc bien adaptée au risque et il n&rsquo;est probablement pas justifié de donner la même information à tout le monde dans le cadre d&rsquo;une approche centrée patient avec information claire et adaptée, recommandée de nos jours.</p>
<p>4/ ORL</p>
<p>Passons à l&rsquo;ORL avec 2 revues de la Cochrane concernant l&rsquo;otite séreuse. La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD015254.pub2/full">première</a> évalue les antibiotiques dans cette situation et trouve un bénéfice à 3 mois sur la résolution de l&rsquo;otite (NT=17), mais sans bénéfice démontré sur l&rsquo;audition (5dB de différence). La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD015252.pub2/full">deuxième</a> porte sur l&rsquo;adénoïdectomie dans l&rsquo;OSM. Les auteurs ne retrouvent pas de bénéfice clair de l&rsquo;adénoïdectomie +/- associée aux aérateurs transtympaniques versus traitement standard ou versus ATT seul. Le seul bénéfice retrouvé est dans l&rsquo;analyse adénoïdectomie+ATT avec une amélioration du seuil auditif de 3dB.</p>
<p>5/ Neurologie</p>
<p>Un <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-1603">essai</a> randomisé a comparé le stretching versus tai ji quan versus tai ji quan amélioré avec des activités cognitives, dans la prise en charge des troubles cognitifs légers. La version améliorée du tai ji quan améliorait le MoCA de 1,5 points par rapport à la version standard et de 2,8 points par rapport au stretching à 24 semaines (la différence minimale cliniquement pertinente étant de 1,22 points). Notons quand même que les patients avaient un MMSE moyen de 27 à l&rsquo;inclusion et un MoCA à 25.3, donc &ldquo;normal&rdquo; pour la moitié des patients. Bref, les exercices cognitifs, ça maintient le potentiel cognitif.</p>
<p>6/ Infectiologie</p>
<p>Voici une étude que la sécu va aimer ! Cet essai randomisé du <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj-2023-076305">BMJ</a> évaluait l&rsquo;impact d&rsquo;une information concernant les recommandations dans les infections urinaires + un feedback sur les prescriptions régionales et les résistances de façon trimestrielle. Les médecins du groupe intervention ont ainsi prescrit moins d&rsquo;antibiotiques de 2ème ligne dans les infections urinaires non compliquées. Sinon, coté médical pur, on voit également que quand on prescrit mieux, il n&rsquo;y a pas plus de complications que si on utilise des antibio &ldquo;forts&rdquo;, et il y aurait même un moindre taux de récidives (12% vs 17%), peut être parce que l&rsquo;on  induit moins de résistance&hellip;.</p>
<p>7/ Le jeu du mois: Akropolis </p>
<p>&ldquo;Akropolis&rdquo; est un jeu familial, élu As d&rsquo;or 2023, qui va nous amener à bâtir notre cité grecque, comme son nom le laisse sous-entendre. La mécanique est simple, et incite également à faire preuve de stratégie. On pioche une tuile qui comporte des quartiers de différente couleur et on gagne des points selon le nombre de quartier, leur position (s&rsquo;ils ont été empilés sur d&rsquo;autres tuiles, s&rsquo;ils sont adjacents, ou s&rsquo;ils sont en bordure de cité par exemple), et du nombre d&rsquo;étoiles de la couleur correspondante dans la cité. Au final, c&rsquo;est un bon jeu qui plaira aussi bien aux joueurs chevronnés qu&rsquo;aux joueurs occasionnels !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiAz_ioMP1PkPMlKoA-7gaCbAL05Zdx09vaPH8kCvYcKs_7j-4SdnCin5CerEfzr7kO4lKyYCGfLASASUVxmLV9T-NGZfCSHGMfX0VAxGHeRFFeNNZ4V_TlcdsTN3Iu_jOLoS-juTMNxBJPF59i1RSWkoDNvzX37dAzE9N95OI-sICRdFHxW1odUCYi1fax/s4624/20230717_214320.jpg"><img src="/images/articles/2023/20230717-214320.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°416 : Alcool (HAS), TCA (recos), vasoconstricteurs (ANSM), eczéma (recos US), gonarthrose, montélukast, dépistage CCR, tongxinluo, liens d'intérêt</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/10/dragi-webdo-n416/</link><pubDate>Sun, 29 Oct 2023 21:02:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/10/dragi-webdo-n416/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Dermatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer, voici un nouvel article parlant des liens d&rsquo;intérêt dans le <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj-2023-075512">BMJ</a>. Dans une étude de cohorte, les patients dont les oncologues avaient des liens d&rsquo;intérêt avec l&rsquo;industrie pharmaceutique recevaient davantage de traitements non recommandés et moins éprouvés. Bonne lecture pour la suite !</p>
<p> 1/ Pharmacovigilance</p>
<p>On en parle <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/02/dragi-webdo-n387.html">régulièrement</a>, et cette année encore, l&rsquo;ANSM, le CMG, le CNP d&rsquo;ORL, l&rsquo;ordre et le syndicat des pharmaciens déclarent qu&rsquo;il ne faut pas utiliser les <a href="https://ansm.sante.fr/actualites/en-cas-de-rhume-evitez-les-medicaments-vasoconstricteurs-par-voie-orale">vasoconstricteurs</a> oraux. Ces médicaments étant en vente sans ordonnance, on se demande pourquoi ils ne sont toujours pas retirés du marché&hellip;</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le Tongxinluo est un complément alimentaire avec des extraits de plantes et d&rsquo;insectes utilisé en médecine chinoise. Un essai randomisé du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2811016">JAMA</a> a mis en évidence que ce traitement réduisait les évènements cardiovasculaires à 1 mois (NNT= 56) mais aussi à 1 an (NNT=33) et la mortalité cardiovasculaire à 1 an (NNT=63) chez les patients ayant fait un infarctus du myocarde.</p>
<p>Un <a href="https://diabetesjournals.org/care/article-abstract/46/11/2015/153644/Computed-Tomography-Versus-Invasive-Coronary">essai</a> randomisé a inclus des patients avec une douleur thoracique avec probabilité intermédiaire de coronaropathie. L&rsquo;intervention randomisait l&rsquo;examen de dépistage: coronarographie ou coroscanner en 1ère intention. Globalement, un évènement cardiovasculaire survenait à la même fréquence quel que soit l&rsquo;examen de dépistage effectué, sauf chez les patients diabétiques pour lesquels le coroscanner en 1er lieu réduisait davantage les évènements cardiovasculaires que la coronarographie (respectivement 3.8 vs 6.5%) qui était également associée à des complications plus nombreuses (0.4% vs 2.7%).</p>
<p> 3/ Pneumologie</p>
<p>Une <a href="https://err.ersjournals.com/content/32/170/230124?ctkey=shareline&amp;utm_medium=shareline&amp;utm_source=0124-2023&amp;utm_campaign=shareline">revue</a> systématique évalue le montélukast dans l&rsquo;asthme (et la rhinite allergique mais c&rsquo;était 1 seule étude sur 22) chez l&rsquo;enfant. Par rapport au placebo, le montélukast améliorait significativement et cliniquement les symptômes sur un score global. Cependant, par rapport aux corticoïdes inhalés, le montélukast était moins efficace que les CSI sur les symptômes nocturnes et diurnes, et équivalent sur le score global de symptômes ou la qualité de vie. Vu l&rsquo;absence de bénéfice par rapport au traitement de référence et les effets indésirables neuro-psychiatriques du montélukast, leur indication est vraiment limitée.</p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>On avait l&rsquo;hémoccult, surpassé par le test immunologique et qui va être encore dépassé par la recherche d&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2811133?guestAccessKey=4d473907-56fd-4531-90f7-ab61287eebbf&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jama&amp;utm_term=11626827267&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=243405184">ARN</a> dans les selles. En effet, cette technique a une sensibilité de 94% (vs 78% pour le test immunologique) pour le cancer du colon et de 46% pour un adénome avancé (vs 29% ). Sa spécificité pour l&rsquo;absence de lésion est de 88%. Dans le cadre du dépistage, il est recommandé de le réaliser tous les 3 ans si négatif.</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Pour compléter la recommandation <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/12/dragi-webdo-n293.html">HAS</a> concernant les cervicalgies, voici une <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMvcm2204780">vidéo</a> du NEJM abordant l&rsquo;examen clinique du rachis cervical en médecine générale. Certes, on aura rarement  besoin de tout faire à chaque fois, mais ça repose les bases.</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2811009">JAMA</a> met à jour la revue concernant la gonarthrose qui avait été publiée <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/02/dragiwebdo-n301-covid-gonocoque.html">il y a quelques années</a>. Tout d&rsquo;abord, le diagnostic est clinique et ne nécessite pas de radiographies. Les critères cliniques varient selon les sociétés savantes mais combinent généralement des gonalgies, l&rsquo;absence de raideur de plus de 30min et un âge &gt; 45-50 ans. On peut y ajouter un grincement, une hypertrophie osseuse et une limitation des amplitudes. Aucun signe n&rsquo;a de caractéristiques suffisantes pour permettre de façon isolée de poser le diagnostic. Sur le plan thérapeutique, la perte de poids, la kinésithérapie et l&rsquo;exercice sont recommandés. Les AINS locaux et oraux sont les seuls traitements à peu près consensuels et il est clairement recommandé de ne pas utiliser de tramadol. Les infiltrations de corticoïdes sont une option et les autres infiltrations (acide hyaluronique, plasma riche en plaquettes, cellules souches&hellip;) ne sont pas recommandées.</p>
<p>Concernant le syndrome fémoro-patellaire, le meilleur test repose sur une douleur lors de squats (Se:  91%; Sp: 50%). Les examens complémentaires ne sont pas nécessaires mais peuvent trouver une autre cause de douleur. Bien que peu utile en pratique clinique, l&rsquo;échographie serait un très bon examen diagnostic pour ce syndrome (Se: 85%; Sp:100%). La kiné, les orthèses plantaires et le bandage patellaire de McConnell sont less traitements de 1ère ligne.</p>
<p>Concernant les méniscopathies, le MacMurray a une sensibilité de 61% et spécificité de  84%, mais le test de sensibilité de l&rsquo;interligne articulaire a une sensibilité de  83% et une spécificité de 83%.</p>
<p>6/ Psychiatrie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2023-10/guide_agir_en_premier_recours_pour_diminuer_le_risque_alcool.pdf">HAS</a> a publié des recommandations sur le repérage des mésusages de l&rsquo;alcool en médecine générale.  Ce sont globalement des principes d&rsquo;abord de la consommation d&rsquo;alcool à chaque nouveau patient et dès que les occasions de parler des RHD se présentent, avec une approche non jugeant (repérage précoce avec intervention brève ou RPIB). Il est recommandé d&rsquo;avoir une approche motivationnelle, de rappeler que l&rsquo;alcool est une question de santé pour tous et pas seulement en cas de complications. Il est recommandé d&rsquo;aborder: le pourquoi (pour obtenir quoi), le comment (quel type de consommation: binge/ régulier&hellip;), le combien (quantités), les vulnérabilités et ressources internes, et les complications (audit-C et Face). On avait parlé de tout ça <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/06/lalcool-ca-me-saoule.html">ici</a>. Sur le plan du sevrage, il est recommandé de réduire les situations à risque, ne pas contraindre l&rsquo;arrêt on la réduction, d&rsquo;encadrer le sevrage (car risques) et de ne pas hésiter à avoir recours aux autres professionnels (via les CPTS, les CSAPA, consultations jeunes consommateurs, CAARUD etc&hellip;)</p>
<p>Des <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/15622975.2023.2179663">recommandations</a> concernant les traitements pharmacologiques des troubles du comportement alimentaire. L&rsquo;ensemble des recommandations est de faible niveau de preuve. Ainsi, l&rsquo;olanzapine peut être utilisée dans l&rsquo;anorexie car elle fait prendre du poids, mais l&rsquo;effet psychologique n&rsquo;est pas démontré. Dans la boulimie, la fluoxétine et le topiramate sont les traitements recommandés. Enfin, dans l&rsquo;hyperphagie boulimique (binge eating  disorder), le topiramate et la lisdexamfetamine sont proposés. De nombreux autres antidépresseurs et anxiolytiques ont été essayés dans ces maladies et également dans d&rsquo;autres TCA, mais il n&rsquo;est pas possible de conclure à leur efficacité.</p>
<p>7/ Dermatologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2811421">JAMA</a> revient sur les traitements de l&rsquo;eczéma en présentant les recommandations 2023 de la société américaine de dermatologie. Les auteurs recommandent des émollients comme traitement de fond pour réduire le prurit et la sévérité de la maladie. Ils ne rentrent pas dans les détails des dermo-corticoïdes, mais ce sont les traitements de 1ère intention recommandés. Inversement, les anti-histaminiques, anti-bactériens et antiseptiques ne sont pas recommandés compte tenu d&rsquo;effets indésirables supérieurs aux bénéfices. L&rsquo;application de DC 2 jours par semaine en traitement d&rsquo;entretien est recommandée avec un fort niveau de preuve. Enfin, en cas de besoin d&rsquo;épargne des corticïides, le tacrolimus et pimecrolimus sont des traitements éprouvés.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p> @Dr_Agibus (et @DrePétronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°415 : lombalgie/opioïdes (CNGE), Score GARFIELD-AF, trouble bipolaire, SII/amitriptyline, SIADH, NAFLD, septoplastie, statines en prévention 2ndr, téléconsultation</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/10/dragi-webdo-n415/</link><pubDate>Mon, 23 Oct 2023 00:46:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/10/dragi-webdo-n415/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Psychiatrie</category><category>ORL</category><category>Néphrologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, en introduction abordons la télémédecine ! Dans cet <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-1335">article</a> comparant des consultations de télémédecine et des consultations présentielles sur les traitements prescrits et les visites suivant la consultation, il y avait moins de reconsultation après une consultation présentielle (1% vs 7%). Cependant, il y avait plus de traitements prescrits en présentiel (47% des consultations versus 38% des téléconsultations), on peut donc penser qu&rsquo;on prescrit trop en présentiel? Mais en voyant un pourcentage plus élevé d&rsquo;antibiotiques en présentiel pour les consultations de &ldquo;lombalgie&rdquo; ou encore &ldquo;consultation psy&rdquo;, on peut se demander si la consultation présentielle ne traite pas plusieurs motifs alors que la téléconsultation n&rsquo;en traite qu&rsquo;un, ce qui peut expliquer la différence de nombre prescriptions! Aller, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Commençons par un essai randomisé du <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj-2023-075837">BMJ</a> comparant rosuvastatine versus atorvastatine en post-infarctus. Les 2 traitements ont été introduits à une intensité modérée, puis titrés pour obtenir un LDL entre 0,5g/L et 0,7g/L. Au final, les patients étaient en moyenne à 0,7g/L. Les auteurs montrent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence de survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires entre les 2 groupes, mais il y avait un sur-risque de diabète avec la rosuvastatine (NNH= 63).  Ça confirme encore la préférence pour l&rsquo;atorvastatine par rapport à la rosuvastatine.</p>
<p>On en avait déjà parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n280.html">ici</a>, et une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2810698">nouvelle revue systématique</a> d&rsquo;essais randomisés s&rsquo;est intéressée au risque d&rsquo;hypotension orthostatique et aux traitements de l&rsquo;HTA. Les auteurs trouvent que 9% des patients avaient une hypotension orthostatique à la randomisation et 5% une hypotension (TA &lt; 110/60). Un traitement &ldquo;plus intensif&rdquo; était associé à une réduction de mortalité chez l&rsquo;ensemble des patients, ce qui permet de conclure que globalement, même en cas d&rsquo;hypotension orthostatique, il y a un bénéfice au traitement. Cependant, lors des analyses en sous groupe, le bénéfice du traitement intensif sur la mortalité n&rsquo;était présent que chez les patients sans HTO ni hypotension.</p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/early/2023/10/16/BJGP.2023.0082">BJGP</a> revient sur l&rsquo;évaluation des traitements anticoagulants dans la FA. On connaît le CHA2DS2-VASc et le HAS-BLED. Cependant, le score GARFIELD- AF (disponible <a href="https://af.garfieldregistry.org/garfield-af-risk-calculator">ici</a>), réalisé à partir d&rsquo;un échantillon de 10% de MG britanniques, est supérieur à ces 2 scores pour discriminer les patients à risque thrombo-embolique et ceux à haut risque de saignement. Cependant, il n&rsquo;y a pas de seuil de risque clairement défini. Il permet de voir le risque de mortalité sans traitement, avec AVK et avec AOD ainsi que le risque hémorragique. Par comparaison, un CHA2DS2-VASc de 1 donne un risque d&rsquo;AVC de 2% par an et un CHA2DS2-VASc de 3 donne un risque de plus de 5%. En parallèle un HAS-BLED de 1 donne un risque d&rsquo;hémorragie de 2.5% et un HAS-BLED de 3 de 8,4%.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjVoP1r0lxonongwjzIZKZ9DK8gM8mFhj6KZxrBzoHl3QD5AYJeLPCkWC2A4Ih6N6gh40FlYlHGJ6wOwZeUFb4sUlgcZxRZ0eT7gzWoVRTZxaQIEsPEmane29k3wXZnJQEhjdIG4bEbJgh2eBMCvzqFp_BT7Vs79_LHjW1-fvNsHqSD8ZmXMrh6Dj89jkep/s1017/garfield%20af.png"><img src="/images/articles/2023/garfield-20af.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Rhumatologie</p>
<p>Le conseil scientifique du <a href="https://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/les_antalgiques_opioides_dans_la_lombalgie_aigue_c/">CNGE</a> revient sur le traitement par opioïdes dans les lombalgies aigues. L&rsquo;avis détaille quelques articles majeurs qui ne retrouvent pas de bénéfice à ces traitements sur la douleur. Il regrette cependant que les critères de jugement soient évalués à 2 ou 4 semaines et non à 2 ou 4 jours. Ainsi, les opioïdes ne peuvent être recommandés en 1ère intention dans la lombalgie aiguë, mais il faut parfois également tenir compte de l&rsquo;intolérance à d&rsquo;autres médicaments par exemple (et rappeler que l&rsquo;évolution est généralement favorable en quelques semaines).</p>
<p>3/ Hépatologie-gastroentérologie</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2823%2901523-4/fulltext">Lancet</a> a publié un essai randomisé testant l&rsquo;amitriptyline faible dose (débuté à 10mg et titré jusqu&rsquo;à 30mg) en traitement de 2ème intention chez des patients souffrant de syndrome de l&rsquo;intestin irritable (la 1ère intention étant les RHD, antispasmodiques, laxatifs/anti-diarrhéiques) après bilan ne montrant pas d&rsquo;anomalie  (NFS, CRP, recherche de maladie coeliaque et pas d&rsquo;idées suicidaires). Les auteurs concluent que l&rsquo;amitriptyline améliorait les symptômes statistiquement significativement sans bénéfice sur la gène sociale ou au travail. Cependant, la différence mise en évidence est inférieure au seuil de pertinence clinique défini par les auteurs qui argumentent que c&rsquo;est un seuil arbitraire et qu&rsquo;il y avait quand même significativement plus de patient déclarant un effet notable dans le groupe traitement (61%) que dans le groupe placebo (45% !! on pourrait proposer le placebo en 1ère intention!). Sur le plan des effets secondaires, c&rsquo;était des effets anticholinergiques, il y en avait autant dans les 2 groupes.</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2810964">JAMA</a> propose une prise en charge de la NAFLD (maladies du foie non alcoolique), basée sur les recos américaines de 2022. Ils recommandent de dépister les patients en pré-diabète, diabète, avec 2 facteurs de risques métaboliques ou une anomalie du bilan hépatique, avec un score non invasif comme le FIB-4 ou ELF et d&rsquo;adresser en cas de résultat anormal à un hépatologue  (FIB-4 &gt; 1,3). La prise en charge repose sur des RHD, sur des pioglitazones ou des aglp-1 en cas de NASH (hépatite non alcoolique) ou de diabète, voire sur une chirurgie bariatrique si IMC &gt; 35.</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Après l&rsquo;article du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/04/dragi-webdo-n395.html">BMJ</a>, c&rsquo;est le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2810502">JAMA</a> qui aborde les troubles bipolaires. Pour compléter, on peut y lire que 75% du temps symptomatique correspond à des épisodes dépressifs et que les épisodes maniaques ou hypomaniaques sont rares. Ainsi, le diagnostic de trouble bipolaire est posé environ 9 ans après le 1er épisode dépressif. Les diagnostics différentiels principaux sont notamment les troubles de personnalité (borderline), les addictions et le TDAH. Les traitements reposent sur les antipsychotiques et stabilisateurs de l&rsquo;humeur selon les formes. En plus du risque suicidaire (15-20% des patients atteints décèdent suite à un suicide), les auteurs insistent sur les comorbidités concourant à la surmortalité de ces patients: tabagisme, obésité, diabète, syndrome métabolique.</p>
<p>5/ ORL</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj-2023-075445">BMJ</a> pose la question entre une septoplastie et un maintien d&rsquo;un traitement par corticoïdes nasaux dans l&rsquo;obstruction nasale avec déviation de cloison. Cet essai montre que l&rsquo;intervention chirurgicale améliore significativement les symptômes de façon cliniquement pertinente (amélioration de 20 points sur le score SNOT-22, pour un seuil de pertinence clinique à 9) et la qualité de vie par rapport aux corticoïdes, mais 15% des patients ont eu des complications (saignement ou infection). Il parait donc utile d&rsquo;adresser à l&rsquo;ORL pour ce motif.</p>
<p>6/ Néphrologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp2210411">NEJM</a> aborde le SIADH. Le diagnostic est posé devant une hyponatrémie (na &lt; 130), euvolémique hypotonique (Natriurèse &gt; 30mmol/L et osmolalité urinaire &gt; 100 mOsm/kg d&rsquo;eau). Il est également nécessaire d&rsquo;exclure une hypothyroïdie et une insuffisance surrénalienne. Les principales causes sont des cancers, des médicaments (AINS, IRS, neuroleptiques, opioïdes, desmopressine, chimiothérapies&hellip;) et les troubles respiratoires. En l&rsquo;absence d&rsquo;hyponatrémie sévère (troubles de conscience, vomissements, cause intracranienne..) et si Na &gt; 120, un traitement ambulatoire peut être proposé. En 1er lieu, la restriction hydrique à 1,5L/j voire 1L/j associé à un arrêt des traitements impliqués et un traitement de la cause si connue est à entreprendre.  Si c&rsquo;est insuffisant, il est possible d&rsquo;associer du chlorure de sodium (2 à 5g/j) et du furosémide à 20mg x2/j, en surveillant la kaliémie, la fonction rénale et les hypotensions. En cas d&rsquo;inefficacité, d&rsquo;autres traitements sont envisageables par les spécialistes (tolvaptan, urée, voire empagliflozine).</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°414 : Dyslipidémies (recos Canada), colchicine (ANSM), asthme (recos ERS), maladie rénale chronique (reco HAS), infections respiratoires (HCSP), poussées d'arthrose, oméga-3</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/10/dragi-webdo-n414/</link><pubDate>Tue, 17 Oct 2023 21:39:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/10/dragi-webdo-n414/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Néphrologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Pour réduire le risque de surdosage de colchicine, l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/informations-de-securite/prise-en-charge-par-colchicine-de-la-goutte-une-nouvelle-posologie-plus-faible-et-un-message-dalerte-sur-les-boites-pour-reduire-le-risque-de-surdosage">ANSM</a> approuve les recommandations des sociétés savantes et réduit la posologie recommandée à : 1mg suivi une heure plus tard de 0,5mg le 1er jour, puis 0,5mg x 2-3/jour les jours suivants. En cas de traitement préventif (comme lors de l&rsquo;introduction d&rsquo;un hypo-uricémiant), l&rsquo;ANSM recommande 0,5 à 1mg par jour.</p>
<p>Concernant les oméga-3 qui n&rsquo;ont pas de bénéfice clairement démontré à ce jour (hormis peut être quelques niches comme l&rsquo;hypertriglycéridémie post infarctus), un avis de l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/retour-dinformation-sur-le-prac-doctobre-2023-25-28-septembre">ANSM</a> signale qu&rsquo;ils augmentent le risque de fibrillation auriculaire. Cela renforce la balance bénéfice-risque défavorable.</p>
<p>Un article de <a href="https://n.neurology.org/content/early/2023/10/03/WNL.0000000000207847.long">Neurology</a> utilisant les données de la SNIIRAM met en évidence un sur-risque de syndromes de Guillain-Barré chez les patients vaccinés par vaccins Covid Jansen et à la 1ère dose de vaccin AstraZenaca de l&rsquo;ordre de 6 cas par million de vacciné. Concernant la 2ème dose de vaccin AZ, le sur-risque n&rsquo;était présent que dans le sous groupe des 12-49 ans. Il n&rsquo;y avait pas de sur-risque avec les vaccins à ARNm.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Alors que nous sommes toujours dans l&rsquo;attente des recos HAS concernant les dyslipidémies, des recos <a href="https://www.cfp.ca/content/69/10/e189?etoc">canadiennes</a> a destination des généralistes ont été publiées (merci Rémy), et repose sur une méthode GRADE (et sur cette <a href="https://www.cfp.ca/content/69/10/701.abstract?etoc">revue systématique</a>). On peut donc y lire :</p>
<ul>
<li>
<p>le bilan est recommandé à 40 ans chez les hommes et 50 chez les femmes, tous le 5 à 10 ans, et il n&rsquo;est pas recommandé de le compléter par un score calcique ou un dosage de LpA ou ApoB (contrairement aux préconisations des recos de cardio)</p>
</li>
<li>
<p>En se basant sur le risque <a href="https://cvdcalculator.com/">Framingham à 10 ans</a>, une statine d&rsquo;intensité élevée est indiquée si &gt; 20% ou prévention secondaire, une statine d&rsquo;intensité modérée est indiquée si risque &gt; 10%, et aucun autre traitement que des statines n&rsquo;est recommandé en prévention primaire</p>
</li>
<li>
<p>Les auteurs ne recommandent pas de cibles thérapeutiques de LDL.</p>
</li>
<li>
<p>A 75 ans, il n&rsquo;est pas généralement pas recommandé d&rsquo;initier un traitement, mais un traitement peut être poursuivi et il n&rsquo;est pas recommandé d&rsquo;arrêter un traitement &ldquo;juste&rdquo; à cause de l&rsquo;âge.</p>
</li>
</ul>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://erj.ersjournals.com/content/62/4/2300047">ERS</a> a publié des recommandations concernant les traitements par CSI+formotérol dans l&rsquo;asthme léger. Les auteurs suggèrent un traitement par CSI/formotérol si besoin en cas de crise à la place du traitement par CSI en traitement de fond + B2CDA (salbutamol) en traitement de crise. De façon générale, en traitement de crise, les auteurs recommandent CSI+formotérol plutôt que des B2CDA. Dans chacun des cas le niveau de preuve est faible.</p>
<p>4/  Néphrologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3288950/fr/guide-du-parcours-de-soins-maladie-renale-chronique-de-l-adulte-mrc">HAS</a> a mis a jour son guide du parcours de soins du patient atteint de maladie rénale chronique qui datait de 2021 (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n327.html">ici</a>). En pratique, il n&rsquo;y a quasiment aucune modification pour les parties concernant la médecine générale. Il est ajouté qu&rsquo;en cas d&rsquo;échec du traitement par IEC/ARAII pour contrôler la PA et la protéinurie, une intensification par gliflozine ou agoniste non stéroidien des minéralocorticoïdes (Finerenone) est à discuter et un avis cardiologique ou néphrologique doit être pris. Cela va fortement ralentir la prise en charge alors que les gliflozines sont aisément accessibles et utilisables en médecine générale. Concernant l&rsquo;utilisation de produits de contraste iodés, les auteurs recommandent un contrôle à 48h du DFG et de ne réintroduire les traitements interférants (IEC/ARAII, gliflozine, diurétiques) qu&rsquo;après s&rsquo;être assuré de l&rsquo;absence d&rsquo;aggravation. L&rsquo;hyperkaliémie liée aux traitements est à considérer à partir de 5.5mmol/L prélevé sans garrot, et une hospitalisation est recommandée à partir de 6mmol/L (ce qui est plus strict que les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/09/dragi-webdo-n323.html">recos britanniques</a> disant: à 6mmol/L, on arrête le traitement, et on fait un ECG).</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/383/bmj-2023-076455">BMJ</a> aborde les poussées d&rsquo;arthrose. Elles se manifestent par une poussée douloureuse soudaine, pire que les douleurs habituelles,  avec raideur matinale &gt; 20min et oedèmes pendant au moins 24 heures et affectant le sommeil et les activités quotidiennes. Elles durent de 3 à 8 jours avec une évolution favorable avec ou sans traitement. Elles sont favorisées par des activités physiques plus intenses, les altérations psychologiques et la fatigue, ainsi que par les temps froids et humides. Le traitement de 1ère intention repose sur les AINS. Le paracétamol et les opioïdes sont utilisés en 2ème intention. L&rsquo;activité physique régulière permettrait de réduire la fréquence des crises.</p>
<p>6/ Infectiologie </p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1343">HCSP</a> a
publié un avis concernant la prévention des infections respiratoires.
En gros, le lavage des mains et les masques chirurgicaux sont recommandés.
Ils recommandent les vaccinations antigrippales et Covid chez les
populations éligibles. En cas d&rsquo;infections à risque de complication, les
auteurs préconisent un traitement par nirmatrelvir-ritonavir en cas de
Covid et d&rsquo;oseltamivir en cas de grippe (bien que l&rsquo;efficacité soit plus
que <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/12/dragi-webdo-n250.html">débattue</a>).</p>
<p>Une étude qualitative d&rsquo;<a href="https://www.annfammed.org/content/21/5/432">Annals of family medicine</a>
a interrogé des parents d&rsquo;enfants atteints de gastro-entérites pour
savoir pourquoi ils consultaient dans le cadre de la permanence des
soins aux Pays-Bas. Les signes les faisant consulter était un état
inhabituel, des vomissements ou diarrhées continus, une anurie ou une
hydratation impossible (ce qui est plutôt bien!). Ils souhaitaient un
examen clinique sérieux et être rassurés mais étaient insatisfaits quand
pas écoutés, pas compris, pas pris au sérieux, ce qui augmentait le
risque d&rsquo;une nouvelle consultation.</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°413 : Nirsevimab (CNGE), hépatites virales (HAS), bilans sanguins inutiles, déprescription/démence, traitements Covid, SAOS/prévention secondaire, dépistage BPCO</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/10/dragi-webdo-n413/</link><pubDate>Sun, 08 Oct 2023 19:19:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/10/dragi-webdo-n413/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Neurologie</category><category>Pneumologie</category><category>Gastro-entérologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Dans une <a href="https://bjgp.org/content/early/2023/10/02/BJGP.2023.0191">étude</a> rétrospective britannique concernant 2500 patients issus de 57 patientèles, il apparaît qu&rsquo;un quart des tests sanguins effectués sont partiellement ou totalement inutiles et près de 50% n&rsquo;ont pas entraîné de modification de prise en charge !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Dans un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2810542">JAMA</a>, les risques digestifs des analogues du GLP-1 ont été étudiés dans une population de patients prenant ces traitements pour &ldquo;obésité&rdquo; et non pour diabète. Il y avait un surrisque de pancréatites (x9), d&rsquo;occlusions (x4) et de gastroparésies (x4). Compte tenu des risques, il est encore nécessaire d&rsquo;évaluer clairement le bénéfice des aGLP-1 à long terme dans l&rsquo;indication d&rsquo;obésité.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2206916">NEJM</a> aborde l&rsquo;impact des 5 principaux facteurs de risques cardiovasculaires modifiables. L&rsquo;impact sur le risque cardiovasculaire était dominé par la pression artérielle, puis le non HDL cholestérol, puis le diabète, puis le tabagisme et enfin l&rsquo;obésité. Les 5 facteurs réunis étaient responsables de 55% du risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires et d&rsquo;environ 20% du risque de mortalité globale à 10 ans! Bref, contrôler ces facteurs de risque est indispensable.</p>
<p>En prévention primaire cardiovasculaire, le traitement du SAOS n&rsquo;a pas d&rsquo;autre objectif que de réduire les symptômes (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/04/dragi-webdo-n223.html">ici</a>). En prévention secondaire, cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2810031">revue</a> systématique avec méta-analyse a inclus 3 essais et montre également qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de réduction des évènements cardiovasculaires chez les patients du groupe traité versus groupe contrôle. Cependant, une analyse du sous groupe de patient avec une observance supérieure à 4 heures par nuit suggère que lorsque la CPAP est portée plus de 4 heures, il y aurait une réduction de 31% du risque de récidive d&rsquo;évènements cardiovasculaires.</p>
<p> 3/ Grossesse</p>
<p>Un nouvel <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2810387">essai</a> randomisé a comparé la metformine au placebo introduits précocement en cas de diabète gestationnel diagnostiqué soit par une GAJ &gt; 0,92 soit par une HGPO anormale avant 28 semaines. Le critère de jugement, GAJ &gt; 0,92 à 32-38SA, ne différait pas selon les groupes. Les patientes traitées par metformine accouchaient d&rsquo;un bébé plus petit, mais il n&rsquo;y avait aucune différence entre les 2 groupes concernant le recours aux soins intensifs, les détresses respiratoires, les anomalies congénitales ou les autres complications néonatales maternelles ou foetales. Il semble qu&rsquo;on puisse donc se passer de la metformine dans cette indication.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Le conseil scientifique du <a href="https://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/nirsevimab_beyfortus_en_prevention_des_infections_/">CNGE</a> a publié un avis concernant le nirsevimab et conclue qu&rsquo;il n&rsquo;y a, à ce jour, pas de preuve suffisante pour conclure à une efficacité sur les hospitalisations chez les nourrissons bien portants, mais qu&rsquo;il y a un bénéfice démontré sur la survenue d&rsquo;infections symptomatiques à VRS. Attendons encore une fois la publication d&rsquo;Harmonie&hellip;</p>
<p>Avec l&rsquo;évolution des variants de Covid-19, les traitements ayant eu une efficacité dans les essais randomisés initiaux sont ils toujours efficaces? Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2809779">étude</a> de cohorte a comparé la mortalité de patients non traités avec celle de patients traités par nirmatrelvir (paxlovid*) et molnupiravir. Les auteurs montrent une réduction importante de la mortalité chez les patients traités (respectivement HR= 0.16 et 0.23). Cependant, dans cette étude de cohorte, les groupes n&rsquo;étaient pas forcément comparables: les non traités avaient, par exemple, moins souvent eu de dose booster (75% vs  50%), or ce booster était associé également à une réduction de 40% de la mortalité. Les analyses d&rsquo;efficacité des traitements n&rsquo;ayant pas été ajustées sur les facteurs de confusion potentiels, il est difficile que la réduction de mortalité est uniquement liée aux traitements (ça fait d&rsquo;ailleurs poser la question: pourquoi n&rsquo;y a t il pas eu d&rsquo;analyses multivariées? peut être parce que la réduction de mortalité n&rsquo;était plus statistiquement significative? )</p>
<p>5 / Neurologie</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2809989">étude</a> transversale a interrogé environ 900 médecins généralistes concernant les aspects éthiques d&rsquo;une déprescription médicamenteuse chez un patient avec démence modérée. Les deux freins principaux à la déprescription étaient &ldquo;le ressenti d&rsquo;efficacité symptomatique du traitement par l&rsquo;entourage&rdquo; et &ldquo;la prescription du traitement par un autre médecin&rdquo;, que ce soit pour un risque augmenté d&rsquo;effets indésirables ou pour un bénéfice limité.</p>
<p>6/ Pneumologie</p>
<p>Un <a href="https://erj.ersjournals.com/content/62/3/2300806">équipe</a> américaine s&rsquo;est intéressé au dépistage des patients &ldquo;pré-BPCO&rdquo; pour analyser quand ils allaient être atteints d&rsquo;une BPCO: le SLIM risk calculator. Ainsi, ils espèrent diagnostiquer plus tôt les patients susceptibles d&rsquo;avoir une BPCO pour permettre une prise en charge précoce ciblée sur un risque individuel. Ils proposent l&rsquo;algorithme suivant évaluer le risque de CAL (chronic airflow limitation) avec un seuil de risque à 16% permettant d&rsquo;obtenir une sensibilité de 79% et une spécificité de 67% :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhbQeJcVq0oIEdcZ1dSOLk_PAHNxCnGp0E4ibNv4ctJl7jrdTGE8NizaCPBoO968phkxlZ7pPx2cM9z0rKR8cwc7-IEo5zfxbxCatj5xOexNJAKcJul2R3soif4yZlkfRl3fP9RoIKyVKwNoze06JLZAADP_DBhmV-jCeVfKGXWl8CvIhYee6DXZwNpNPFE/s1993/SLIM%20score.jpg"><img src="/images/articles/2023/slim-20score.jpg" alt=""></a></p>
<p>7/ Gastro-entérologie</p>
<p>Cette revue systématique de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD011806.pub2/full">Cochrane</a> a évalué l’intérêt de la vitamine D dans le traitement des MICI. Il pourrait y avoir moins de rechutes cliniques chez les patients prenant de la vitamine D avec un niveau de preuve faible basé, mais il n&rsquo;y a pas d&rsquo;impact du traitement sur la réponse clinique aux traitements ou la qualité de vie.</p>
<p>Enfin, la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3324682/fr/prise-en-charge-des-personnes-infectees-par-les-virus-de-l-hepatite-b-c-ou-d">HAS</a> a publié des recommandations concernant les hépatites virales B, C et D. Quelques précisions concernant l&rsquo;hépatite C par rapport à ce qu&rsquo;on avait écrit suite à la recommandation précédente (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/05/dragi-webdo-n229.html">ici</a>), sachant qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de changement majeur :</p>
<ul>
<li>le traitement est possible en médecine générale pour les patients Child A, sans fibrose sévère (fibrose sévère = F3-F4 soit fibromètre &gt; 0,786 ou fibrotest &gt; 0,58), sans comorbidité.</li>
<li>Les interactions médicamenteuses doivent être recherchées sur <a href="https://www.hep-druginteractions.org">www.hep-druginteractions.org</a> .</li>
<li>La surveillance de la tolérance du traitement est clinique et un bilan hépatique est recommandé si manifestations cliniques; le traitement interrompu si ASAT &gt; 10N (et faire un bilan d&rsquo;hépatite aiguë)</li>
<li>La recherche d&rsquo;ARN VHC négative 12 ou 24 semaines après le traitement signe la réponse virologique soutenue. Pour les patients suivis en MG, le suivi peut alors être arrêté.</li>
</ul>
<p>Concernant l&rsquo;<a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3324682/fr/prise-en-charge-des-personnes-infectees-par-les-virus-de-l-hepatite-b-c-ou-d">hépatite</a> B, elle guérit le plus souvent spontanément et est considérée comme chronique quand l&rsquo;AgHBs persiste après 6 mois. Le bilan initial comporte: AgHBe, Ac anti-HBe, ADN VHB, ASAT, ALAT, GGT, PAL, NFS, TP, plaquettes, albumine, glycémie à jeun, EAL, recherche de co-infection VHD (Ac anti VHD complété par ARN VHD si positif), VHC ou VIH et mesure de la fibrose par élastométrie. Compte tenu des subtilités de phases pouvant indiquer un traitement, et de la nécessité d&rsquo;élastométrie, l&rsquo;avis spécialisé est nécessaire même si dans certains cas une surveillance simple est organisée.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibuset @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°412 : mammographies, migraines, otite séreuse, corticoïdes/BPCO, patients transgenres, insuline icodec, rétinopathie, diabète gestationnel, Stella</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/10/dragi-webdo-n412/</link><pubDate>Sun, 01 Oct 2023 23:44:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/10/dragi-webdo-n412/</guid><category>Neurologie</category><category>ORL</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, commençons ce mois d&rsquo;octobre avec l&rsquo;<a href="https://cancer-rose.fr/2023/09/30/nouveau-notre-outil-daide-a-la-decision-interactif/?amp">outil</a> du collectif cancer rose permettant d&rsquo;évaluer de façon plus personnalisée la balance bénéfice/risque du dépistage du cancer du sein. Cet outil prend en compte les divergences d&rsquo;opinion et présente des résultats selon une hypothèse &ldquo;favorable&rdquo; et une hypothèse &ldquo;défavorable&rdquo;. Ça fait beaucoup de chiffres, mais difficile de visualiser les choses facilement pour les femmes avec qui on en discuterait… Et voici les actualités de la semaine. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Neurologie</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/laneur/article/PIIS1474-4422(23)00206-5/fulltext">Lancet neurology</a> aborde les migraines du sujet âgé de plus de 60 ans. Les critères diagnostiques sont les mêmes que chez le sujet jeune, mais les tableaux souvent incomplets. On s&rsquo;attachera surtout à rechercher un diagnostic différentiel &ldquo;grave&rdquo;: l&rsquo;AIT (symptômes neurologiques de moins de 24h, avec début brutal et intensité maximale &lt; 1min, au moins 2 symptômes simultanés, absence de céphalée dans l&rsquo;heure suivant le début des symptômes). Pour les traitements de crises, il faut tenir compte dues risques d’effets indésirables des traitements : gastrique des AINS (qui sont contre-indiqués si hémorragie digestive ou insuffisance cardiaque),  cardiovasculaire (infarctus, AVC)  des triptans (ce qui les contre-indique en prévention secondaire cardiovasculaire). Pour le traitement de fond, le propranolol (80-160mg LP x 1/j) et metoprolol (50-100mgx2/j) sont les bêtabloquants les plus éprouvés, le topiramate (50-100x1/j) et le valproate (600-1500mg x1/j) ont également un niveau de preuve élevé, suivis de l&rsquo;amitriptyline (50-100mg/j) et de la venlafaxine (150mg/j), puis du candesartan (16mg/j).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi56SmZR0_5ELaIh2fZNIBTlUW8uKla1eq-Ao9SBZ7bbo4pLOxQk3GwtJPTCYqPkJFgLtkL5IBhb3jlvr8vXwcBf_QAg-txOwQzxlM-9aT1bENApB1ibnIBVO8Suru1F-wPdi2xmdouNzH3FA5B2vzYrXGmZgDMiFWK_vSjUjGU7ZORnEWy0WRlZaUMy2dO/s881/migraines.png"><img src="/images/articles/2023/migraines.png" alt=""></a></p>
<p>2/ ORL</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD015253.pub2/full">Cochrane</a> aborde les auto-gonflages (auto-inflations en anglais) dans l&rsquo;otite séreuse. Les auteurs ont analysé les données de 1000 enfants entre 3 et 11 ans. A 3 mois de traitement environ, il y avait 2,6 fois plus de retour à une audition normale avec les auto-gonflages (NNT= 2), une réduction de 12% de la persistance de l&rsquo;OSM (NNT= 12), ainsi qu&rsquo;une amélioration légère de la qualité de vie. Les auto-gonflages pouvaient cependant augmenter transitoirement la douleur (NNH =  32). (Si on veut en prescrire,  il existe des dispositifs comme Otovent)</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Après l&rsquo;effet possiblement délétère des corticoïdes dans l&rsquo;EABPCO vue dans <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/09/dragi-webdo-n410.html">BECOMEG</a> il y a peu, un nouvel <a href="https://openres.ersjournals.com/content/9/5/00492-2023?ctkey=shareline&amp;utm_medium=shareline&amp;utm_source=00492-2023&amp;utm_campaign=shareline">article</a> concerne les corticoïdes oraux. Dans cette étude de cohorte, les patients BPCO ayant eu recours à des corticoïdes oraux avaient une force musculaire plus faible que ceux n&rsquo;en ayant pas utilisé, et cette association n&rsquo;était pas retrouvée pour les patients asthmatiques. Il reste cependant difficile de conclure à un effet secondaire des corticoïdes sur cette étude ne prenant pas en compte le nombre d&rsquo;exacerbations : c&rsquo;est possiblement parce que les patients sont plus fragiles qu&rsquo;ils font des exacerbations et reçoivent des corticoïdes, plutôt qu&rsquo;un effet des corticoïdes sur la force musculaire (même si les myopathies cortisoniques existent).</p>
<p>4/ Transidentité</p>
<p>Une étude qualitative d&rsquo;<a href="https://www.annfammed.org/content/21/5/408">Annals of family medicine</a> présente le vécu de patients transgenres (hommes, femmes, non binaires et sans genre identifié) lors de consultations médicales en Amérique du Nord. Les participants décrivent percevoir les questions des médecins comme stigmatisantes ou du domaine du voyeurisme. Ils déclarent avoir reçu des soins de qualité inférieure ou avoir subi des préjudices après que le médecin ait appris qu&rsquo;ils étaient transgenre. Ainsi, ils devaient choisir entre délivrer l&rsquo;information concernant leur genre et risquer d&rsquo;être stigmatisé ou ne pas la délivrer et risquer une erreur liée au fait que les médecins ne connaissait pas leur antécédents. Au final, ils jugeaient l&rsquo;amélioration de la sécurité des personnes transgenres difficile dans les milieux médicaux actuels.</p>
<p>5/ Diabétolgie</p>
<p>L&rsquo;insuline Icodec est une insuline hebdomadaire dont nous avions déjà parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/05/dragi-webdo-n398.html">ici</a>. Cette nouvelle <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-1288">étude</a> publiée dans Annals of internal medicine a étudié si l&rsquo;insuline icodec avec une application d&rsquo;adaptation des doses était non-inférieure aux insulines lentes quotidiennes sur le contrôle glycémique dans le diabète de type 2. Les auteurs trouvent une non infériorité puis, comme prévu au protocole, un meilleur contrôle glycémique avec icodec + l&rsquo;application par rapport aux insulines quotidiennes (-0.38%, c&rsquo;est énorme non plus, et ils faisaient 42UI/semaine de plus). La satisfaction des patients et l&rsquo;observance semblaient légèrement supérieures dans le groupe icodec+application. Les hypoglycémies sévères étaient moins fréquentes dans le groupe icodec + application, ce qui contre-balance la tendance des études précédentes avec icodec &ldquo;sans l&rsquo;application&rdquo; à avoir un sur-risque d&rsquo;hypoglycémie.</p>
<p>Plusieurs études ont fait craindre un risque d&rsquo;aggravation de rétinopathie diabétique lors d&rsquo;une réduction trop rapide d&rsquo;HbA1c. Cette <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/46/9/1633/153370/Rapid-Reduction-of-HbA1c-and-Early-Worsening-of">étude</a> cas-témoin a comparé des patients avec une aggravation précoce de rétinopathie avec des patients avec rétinopathie ne s&rsquo;aggravant pas. Une baisse rapide correspondait à une baisse d&rsquo;au moins 1,5% d&rsquo;HbA1c en moins de 12 mois et une baisse très rapide à une baisse d&rsquo;au moins 2% en moins de 6 mois. Les auteurs ne retrouvent pas d&rsquo;association entre une aggravation de rétinopathie et ces baisses rapides. Ceci peut être rassurant pour se dire que -2% en 6 mois ne risque pas d&rsquo;aggraver la rétinopathie. Cependant, 1/ il se dégage une tendance non significative de sur-risque de progression pour les baisses très rapides qui peut être liée à un manque de puissance de l&rsquo;étude et 2/ une baisse de 2% en 6 mois, ce n&rsquo;est quand même pas une baisse très rapide (-2% en moins de 3 mois aurait peut être été un critère plus pertinent).</p>
<p>Le dépistage du diabète gestationnel basé sur la glycémie à jeun précoce est quelque peu débattu (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n280.html">ici</a>, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/04/dragi-webdo-n177-antipsychotiques-hta.html">là</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/05/dragi-webdo-n398.html">là</a>). Une <a href="https://www.em-consulte.com/article/1608481/glycemic-status-during-pregnancy-according-to-fast">étude</a> de cohorte française a comparé les issues de grossesse selon que le diabète soit diagnostiqué après 22SA sur une glycémie à jeun élevée de façon isolée ou une HGPO. Pour les patientes avec une hyperglycémie à jeun isolée, le nourrisson était à risque de macrosomie, et pour celles avec une HGPO élevée, il y avait un risque de prématurité et de soins intensifs néonataux. Cette étude confirme qu&rsquo;il est nécessaire de ne pas se limiter à une glycémie à jeun pour dépister un diabète gestationnel après 22SA, mais fait apparaître le risque de complication plus élevé en cas de glycémies post-charge élevées.</p>
<p>6/ Le jeu du mois : Stella</p>
<p>&ldquo;Stella&rdquo; est un jeu reprenant les principes de Dixit : des cartes joliment imagées permettent de faire évoquer des idées, des émotions que les joueurs doivent identifier. Dans ce jeu, un joueur annonce un mot et tous les joueurs, lui compris, regardent les 15 cartes imagées se trouvant au milieu. Puis ils doivent cocher sur leur tableau personnel, les cartes faisant évoquer ce mot. Les joueurs ayant coché la même carte gagnent des points, et ils en gagnent encore plus s&rsquo;ils ne sont que 2 à avoir coché la même carte. On pourrait se dire qu&rsquo;il suffit de cocher beaucoup de cartes pour gagner, mais un malus important s&rsquo;applique aux joueurs trop gourmands. C&rsquo;est un jeu familial, se jouant jusqu&rsquo;à 6 joueurs, amusant et avec une pointe de stratégie dans la sélection des cartes à cocher ainsi que dans l&rsquo;ordre dans lequel il faut annoncer les cartes cochées. En bref, il permet de passer de très bons moments !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiiXD2TNtjzSNMJv9NfsNhqXyWhKaXDbz4rcUx5h5YjioHRgxTiBiCjcVTIkrH0gZnwOY2GqLxQYpUsTF9pOh423YxubX8c-5oDaQseY2xDfIADOiyE3w63vfZ_qtvWKClSEDgdVRmihXA33VWndbIeJybJXHW1yFh6JUI-h5_YKl8x5MVFzSR3_5_5Y7DM/s4624/20230508_095106.jpg"><img src="/images/articles/2023/20230508-095106.jpg" alt=""></a></p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°411 : épaule douloureuse (reco HAS), strepto A (HCSP), HTA gravidique (USPSTF), cannabis médicial, DMLA, risque hémorragique (DOAC score), mammo &lt; 50 ans, sinusite enfant</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/09/dragi-webdo-n411/</link><pubDate>Mon, 25 Sep 2023 00:31:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/09/dragi-webdo-n411/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Ophtalmologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Après 2 billets plutôt courts, les revues ont repris leurs activités, voici un billet plus long ! Commençons avec un <a href="https://bjgpopen.org/content/early/2023/09/15/BJGPO.2023.0029">article</a> portant sur les situations où les généralistes ont été trop lents pour adresser des patients atteints de cancer vers le spécialiste, lors du diagnostic. Dans cette étude qualitative, les 158 généralistes européens interrogés ont expliqué ces retards de prise en charge par 1/ des symptômes peu évocateurs  2/ des facteurs parasites ont réduit la suspicion de cancer (difficultés relationnelles, symptômes attribués à une anxiété ancienne) 2/ l&rsquo;hésitation des patients qui a retardé le diagnostic (oubli de réalisation d&rsquo;un examen) 4/ les éléments contextuels qui n&rsquo;ont pas permis un diagnostic rapide (délai de RDV de l&rsquo;avis spécialisé). Malgré ces retards de prise en charge indépendants des propositions des généralistes, les médecins avaient le sentiment d&rsquo;avoir fait une erreur dans la prise en charge. Bonne lecture pour la suite !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/informations-de-securite/medicaments-a-base-de-mianserine-rappel-du-bon-usage-et-des-risques-deffets-indesirables-graves-notamment-chez-les-patients-ages">ANSM</a> revient sur la miansérine, antidépresseur couramment utilisé chez le sujet âgé et rappelle que son indication est bien la dépression et non les troubles du sommeil. Ses effets indésirables potentiellement graves sont des somnolences, des agranulocytoses, des hépatites, des convulsions et un risque suicidaire augmenté.</p>
<p>Après son évaluation dans les douleurs (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/09/dragi-webdo-n323.html">ici</a>),  le <a href="https://www.bmj.com/content/382/bmj-2022-072348">BMJ</a> a publié une revue concernant la balance bénéfice/risque des cannabinoïdes médicaux de façon plus large grâce a une revue systématique intégrant 101 méta-analyses. De façon générale, chez des patients atteints de troubles douloureux ou de diverses pathologies (sclérose en plaques, douleur chronique, maladies inflammatoires de l&rsquo;intestin et médecine palliative), les cannabinoïdes médicaux améliorent les nausées et vomissements, la douleur (-30%), la spasticité et parfois la qualité de vie. Cependant, ils augmentent les troubles du système nerveux central (x3), les troubles psychologiques (x3), les troubles visuels (x3), les troubles digestifs non spécifiques et la somnolence. De plus, le cannabidiol a un effet anti-épileptique (-50% de crises) mais augmente le risque de pneumopathie, de somnolence et de troubles digestifs. En population générale, les cannabinoïdes augmentent les accidents de voiture (+20%), les symptômes psychotiques (x5) et plus globalement les symptômes psychiatriques (x7) mais diminuent la sensation douloureuse et le sentiment de déplaisir. Chez la femme enceinte, des RCIU et des troubles néonataux ont été retrouvés. Au total, les cannabinoïdes sont dangereux en l&rsquo;absence de maladie ou en cas de trouble psychiatrique, mais peuvent avoir leur utilité dans certaines maladies douloureuses et l&rsquo;épilepsie au prix d&rsquo;effets indésirables non négligeables.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.123.064556">article</a> de circulation propose un nouveau score pour classifier le risque hémorragique, spécifiquement chez les patients prenant un AOD : le DOAC score (le HAS-BLED ayant été élaboré pour des patients traités par warfarine). Il s&rsquo;échelonne entre 0 (risque très faible) et 10 (risque élevé, même si le score peut être &gt; 10 il est ramené à 10). Le score peut être très faible (0-3) : risque de saignement globalement &lt; 1% par an, faible (4-5) : risque &lt; 2% par an, modéré (6-7): risque &lt;3.5% par an,  élevé (8-9): risque &lt; entre 3% et  7% par an, et très élevé (10): risque entre 3,7% et 14% par an (les fourchettes de pourcentages sont liées aux différentes études et se chevauchent parfois)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEji0SgiPz4vQD1V_FAN5aBYoccod1nWr4QcXBJCw1i_pIhxNm2mF_SJftAaNvA9JWZ8Ez1OSqRiagltFvg8NEEz2dDPUoNzClurImlyapjN2r0uG6FhMHTCR_2U__dImflOajqcQiMf855Cdv5Rn_2doBtyjHtHw1np9x-W0Q9f1mxGv7DFLG9EIcAKAK57/s846/DOAC%20score.png"><img src="/images/articles/2023/doac-20score.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1338">HCSP</a> a mis à jour sa conduite à tenir autour d&rsquo;un cas d&rsquo;infection à streptocoque du groupe A. Après des rappels cliniques sur les infections invasives (IISGA) et non invasives, et les définitions des sujets contact des IISGA (même domicile/chambre/locaux communs, contacts intimes en face à face y compris aux sports de corps à corps (combat, rugby), contacts répétés contigus (voyage &gt; 8h, voisins de classe) ), et des cas groupés : au moins 2 cas confirmés microbiologiquement dans une période de 10 jours et la mise en évidence de contacts rapprochés entre les cas. Concernant les cas contact d&rsquo;IISGA, une antibioprophylaxie est proposée pour les populations à risque (femmes enceintes et post-partum, nouveau-nés, âge &gt; 65 ans, grande précarité, varicelle dans les 7 jours précédemment et sujets contact partageant le toit d&rsquo;une personne ayant besoin d&rsquo;une antibioprophylaxie) : amox/macrolides/C1G sont des options thérapeutiques. En cas de cas groupés d&rsquo;IIASGA, une déclaration obligatoire à l&rsquo;ARS est indispensable pour mettre en place les éléments de gestion d&rsquo;épidémie. En parallèle, il faut communiquer auprès des personnes, améliorer l&rsquo;hygiène personnelle et environnementale, éviction de la collectivité 24h après le début de l&rsquo;antibiothérapie, promouvoir la vaccination varicelle si épidémie concomitante, éviction des viroses respiratoires concomitantes. La prise en charge des infections non invasives (angines notamment) ne semble pas modifiée.</p>
<p>Dans une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2809688">étude</a> de cohorte rétrospective, 200 000 enfants et adolescents traités par antibiothérapie orale dans le cadre d’une sinusite ont été appariés pour comparer l&rsquo;efficacité la tolérance d&rsquo;un traitement par amoxiciline versus amoxicilline + acide clavulanique. Les auteurs ne retrouvent pas de différence d&rsquo;efficacité entre les deux antibiothérapies mais une augmentation des effets indésirables avec amoxicilline + acide clavulanique (notamment troubles digestifs et mycoses vaginales).</p>
<p>Alors que l&rsquo;incidence du Covid remonte, un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2209421">essai</a> randomisé a comparé la fluticasone inhalée versus placebo dans les infections à Covid non sévère. Le traitement inhalé ne réduisait pas la durée des symptômes. En revanche, le risque d&rsquo;hospitalisation ou de recours aux urgences ou de consultation urgente ou de décès était significativement augmenté (NNH=62). C&rsquo;est concordant avec l&rsquo;absence d&rsquo;efficacité franche des autres traitements par corticoïdes inhalés (ciclesonide et budesonide), malgré quelques résultats initialement encourageants (Il ne faut donc pas se précipiter avec des trucs qui semblent efficaces, infirmés par les études suivantes et montrant même parfois un sur-risque au final&hellip;)</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2809680">USPSTF</a> recommande un dépistage de l&rsquo;HTA chez les femmes enceintes lors des consultations de suivi mensuelles ainsi qu&rsquo;un traitement préventif par aspirine 81mg dès  12SA si facteurs de risque de prééclampsie.</p>
<p>Alors que l&rsquo;USPSTF va proposer de réabaisser le début du dépistage de cancer du sein à 40 ans, un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMp2307229">NEJM</a> présente une fois de plus les bénéfices plus que modestes de ce dépistage par rapport aux risques :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh-525AzeKcrMK9f4P2PWTZqfhAT6ncLGlkCbWZ-O2U40CLQoPlYU7_q6HRZsz9Z39UbxsE2RWMloM3wVhFrG1aEYo9fRnaGcLXvyS4eicJnXie4AMfltsjN4ZNSvMAH08ae6VFuOM1TTkqN10pKIG9FqhuqnpcJjOCBPztS9PEPhqvmDUmiRrB9l5hoh3Z/s1800/mammo.png"><img src="/images/articles/2023/mammo.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3459565/fr/conduite-diagnostique-devant-une-epaule-douloureuse-non-traumatique-de-l-adulte-et-prise-en-charge-des-tendinopathies-de-la-coiffe-des-rotateurs">HAS</a> a publié des recommandations concernant les pathologies de l&rsquo;épaule. Les arbres diagnostiques et de prise en charge sont facilement utilisables.</p>
<p>Devant une épaule douloureuse aigue (&lt; 6 semaines), il est recommandé d&rsquo;évoquer une tendinobursite dégénérative (gestes répétés), une résorption de calcification (brutal et hyperalgique), une arthropathie en poussée (microcristaline ou arthrose) ou un Parsonage-Turner (douleur brutale et intense suivi d&rsquo;un défaut d&rsquo;élévation du bras et scapula alata). Puis éliminer les diagnostics différentiels :SCA, EP, pneumothorax, tumeur de l&rsquo;apex, PPR et arthrite septique. L&rsquo;examen clinique est possible avec plein de tests dont le niveau d&rsquo;utilité est &ldquo;accord d&rsquo;expert&rdquo; (on se rappellera juste que l&rsquo;arc douloureux est le meilleur, cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/05/dragi-webdo-n226.html">ici</a>).</p>
<p>Pour les épaule douloureuses chroniques ( &gt;6 semaines) ,  il faut différencier:</p>
<ul>
<li>l&rsquo;épaule non enraidie : sans limitation à la mobilisation active
(tendinite, bursite, arthropathie acromio-calviculaire), ou avec
limitation à la mobilisation active (rupture tendineuse ou limitation
liée à la douleur)</li>
<li>l&rsquo;épaule enraidie: capsulite rétractile
primaire ou secondaire (interligne normal à la radio), ou arthropathie
gléno-humérale (pincement articulaire=arthrose)</li>
<li>l&rsquo;épaule instable: souvent post-traumatismes répétés, à adresser au chirurgien ou spécialiste de l&rsquo;épaule</li>
<li>l&rsquo;épaule neurologique: syndromes canalaires, à adresser au spécialiste adapté</li>
</ul>
<p> La prise en charge repose :</p>
<ul>
<li>initialement : le maintien des activités, les antalgiques de pallier 1 et 2 (accord d&rsquo;expert) et les AINS (grade B, donc plus éprouvés).</li>
<li>En cas de persistance à 6 semaines:  la radiographie est l&rsquo;examen recommandé : épaule face 3 rotations + faux profil de Lamy. Le traitement est identique, adapté aux radios pour la kinésithérapie (grade B), et éventuellement des infiltrations de corticoïdes (grade B, possible si
AAP ou INR &lt; 3 ou interruption 24h avant de l&rsquo;AOD et reprise à H+6) L&rsquo;acide hyaluronique et les PRP n&rsquo;ont pas montré d&rsquo;efficacité.</li>
<li>En cas de persistance malgré tout: refaire un bilan de kinésithérapie, réévaluer le contexte professionnel et la perte d&rsquo;autonomie, faire une échographie par un échographe expérimenté ou une IRM, adresser au MPR, rhumato ou chirurgien selon la prise en charge, sachant que &ldquo;la prise en charge chirurgicale est inutile dans la tendinopathie non rompue&rdquo;.</li>
</ul>
<p>6/ Ophtalmologie</p>
<p>Dans une revue systématique portant sur la DMLA, la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD000254.pub5/full">Cochrane</a> met en évidence un bénéfice d&rsquo;une supplémentation par oligo-éléments AREDS (vitamine C, E, béta‐carotène, et zinc) pour ralentir la progression de la maladie. Cependant, la HAS et le NICE ne les recommandaient franchement pas compte tenu du bénéfice peu clair et des risques d&rsquo;effets indésirables urinaires et pulmonaires (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/11/dragi-webdo-n375.html">ici</a>)</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°410 : allergie pénicilline, nirsevimab, kyste pilonidal, BPCO (exacerbations/corticoïdes, trithérapie inhalée)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/09/dragi-webdo-n410/</link><pubDate>Mon, 18 Sep 2023 00:07:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/09/dragi-webdo-n410/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Il n&rsquo;était déjà plus possible d&rsquo;initier du topiramate en médecine générale (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/10/dragi-webdo-n371.html">ici</a>). L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/topiramate-epitomax-et-generiques-et-troubles-neurodeveloppementaux-mise-en-place-de-mesures-en-europe-pour-limiter-lutilisation-pendant-la-grossesse">ANSM</a> renforce la protection des patientes avec une mesure justifiée par laquelle il aurait peut être fallu commencer : il n&rsquo;est plus possible de prescrire le topiramate aux femmes enceintes ni aux femmes n&rsquo;ayant pas de contraception efficace.</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2806976">nouvel article</a> sur l&rsquo;allergie à la pénicilline a été publié et concerne une nouvelle fois l&rsquo;utilisation du PEN-FAST (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/06/dragi-webdo-n405.html">ici</a>). C&rsquo;est un essai randomisé dans lequel les patients avec une &ldquo;notion d&rsquo;allergie à la pénicilline&rdquo; passaient le questionnaire PEN-FAST et étaient éligibles s&rsquo;il était strictement inférieur à 3. Les patients étaient randomisés soit dans &ldquo;réintroduction classique&rdquo; (groupe contrôle: schéma progressif avec test cutané à l&rsquo;amoxicilline puis ré-administration orale chez un allergologue) soit dans &ldquo;réintroduction orale à 250mg d&rsquo;amox&rdquo; (groupe intervention). 180 patients ont été inclus dans chaque groupes et il y a eu 1 cas de réaction allergique dans chaque groupe soir 0,5%. Ainsi la réintroduction orale directe chez les patients avec PEN-FAST &lt; 3 a démontré sa non infériorité par rapport à la réintroduction chez un allergologue. En pratique, le protocole prévoyait l&rsquo;administration au cabinet de 250mg d&rsquo;amox puis une surveillance de 1h dans le cabinet médical avec l&rsquo;administration orale d&rsquo;antihistaminiques en cas de réaction allergique. Selon les auteurs, ce protocole faciliterait la réintroduction en cabinet car ne nécessitant pas de RDV d&rsquo;allergologue chez les patients à faible risque.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Toujours dans l&rsquo;attente de l&rsquo;étude Harmonie concernant le nirsevimab, voici une <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc2214773">correspondance</a> publiée dans le NEJM venant compléter l&rsquo;étude Melody dont nous avions parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/09/dragi-webdo-n368.html">ici</a>. En effet, le recrutement avait été limité à 1500 patients avec le Covid, mais l&rsquo;étude prévoyait d&rsquo;inclure 3000 patients pour évaluer la sécurité du traitement. Dans cette prolongation d&rsquo;étude, les auteurs trouvent qu&rsquo;il y a une réduction significative des hospitalisations pour infections respiratoires basses à VRS : efficacité de 76% (ce qui était le critère de jugement secondaire, non significatif initialement). On pourrait donc conclure sur cette publication à une efficacité du nirsevimab sur les hospitalisations, mais les auteurs précisent bien que ces tests sont exploratoires et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas eu de prise en compte de la multiplicité des tests. Alors que les premières doses peuvent être commandées et administrées, et que les recommandations se multiplient au sujet de cette immunothérapie coûteuse, il n&rsquo;y a toujours pas de preuve probante disponible au sujet de l&rsquo;efficacité de ce traitement sur la prévention des hospitalisations. Rappelons que l&rsquo;étude Harmonie, sensée démonter l&rsquo;efficacité du nirsevimab sur les hospitalisations, n&rsquo;est toujours pas publiée : il n&rsquo;est donc pas possible à ce jour d&rsquo;évaluer sa qualité.</p>
<p>En attendant, la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3461236/fr/nirsevimab-beyfortus-dans-la-prevention-des-bronchiolites-a-virus-respiratoire-syncytial-vrs-chez-les-nouveau-nes-et-les-nourrissons">HAS</a> a quand même fait une fiche de recommandations rapides concernant le nirsevimab. Elle rappelle que ce traitement peut être fait pour tous les enfants nés après le 6 février 2023, en 1 injection, à espacer de 2.5cm d&rsquo;une injection d&rsquo;un vaccin si injecté le même jour.</p>
<p>Le BMJ aborde la prise en charge du <a href="https://www.bmj.com/content/382/bmj-2022-071511">kyste pilonidal</a> en médecine générale. L&rsquo;incidence est estimée à  26 pour 100 000.  Les manifestations peuvent être un abcès, une fistule, un granulome chronique. Une lésion non inflammatoire asymptomatique peut ne pas être traitée et ne nécessite pas de surveillance particulière jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle devienne symptomatique. Le traitement des formes symptomatiques aiguës est chirurgical (et les antibiotiques n&rsquo;ont pas d&rsquo;efficacité clairement démontrée hormis en post-opératoire éventuellement), mais une prise en charge non chirurgicale peut être discutée par le chirurgien dans les formes chroniques.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Abordons maintenant <a href="https://openres.ersjournals.com/content/9/5/00057-2023">Becomeg</a>, un essai controlé randomisé en médecine générale évaluant l&rsquo;intérêt des corticoïdes dans l&rsquo;exacerbation de BPCO. Bien que les auteurs n&rsquo;aient pas atteint le nombre de sujets nécessaires, il s&rsquo;agit de la plus grosse étude en ambulatoire sur la question. Ainsi,  175 patients avec suspicion d&rsquo;EABPCO non sévère ont été randomisés. À 8 semaines de l&rsquo;exacerbation, il y avait  42% d&rsquo;échec du traitement dans le groupe corticoïdes oraux et  35% dans le groupe placebo. Cette différence n&rsquo;était pas significative, mais peut être que si la puissance de l&rsquo;étude avait été meilleure, il y aurait pu avoir un sur-risque d&rsquo;échec chez les patients sous corticoïdes. D&rsquo;après les recommandations <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/11/dragi-webdo-n376.html">GOLD</a>, 40mg/j pendant  5 jours de corticoïdes réduirait la durée des symptômes de quelques jours uniquement sur des exacerbations durant 4 à 6 semaines, mais cette étude est plutôt en défaveur de leur utilisation.</p>
<p>La place de la double bronchodilatation versus trithérapie dans la BPCO est régulièrement discutée. Cette nouvelle <a href="https://erj.ersjournals.com/content/62/3/2300883?ctkey=shareline&amp;utm_medium=shareline&amp;utm_source=00883-2023&amp;utm_campaign=shareline">analyse</a> concerne les patients en stade E (ayant &gt; 1 exacerbation dans l&rsquo;année) qui sont éligibles soit à une double bronchodilatation soit a la trithérapie, notamment si la bithérapie est insuffisante et éosinophilie &gt;  300 d&rsquo;après les essais randomisés Ethos et Impact. Une étude de cohorte en vie réelle semble donner des résultats allant dans le même sens. La trithérapie ne réduirait les exacerbations qu&rsquo;en cas d&rsquo;hyperéosinophie et ne serait associée à un sur-risque de pneumopathie que chez ceux ayant des éosinophiles bas. Cela confirmerait donc l&rsquo;absence d&rsquo;intérêt des CSI dans la BPCO en l&rsquo;absence d&rsquo;éosinophiles &gt; 300.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEilUilkcInJZR0ETTAYm_Oq5mYI6i0ovjHZJ0I4bDgXS8dUg4z6cy5SYUQihTVUKoucoomC4u7E0-WLb70R8SUx0A6001_iIIg8I-TvuWQigILaEqNqFuZL5q0vpkDlCunX75DogaQhXFXERI3L4g85pvhOa6ZWmjQsovI-1iUaLGr1mlsoKYst5Jym58XH/s1280/bpco.jpg"><img src="/images/articles/2023/bpco.jpg" alt=""></a></p>
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°409 : motivations en MG, antipsychotiques, troubles de personnalité, AINS et MTEV, vaccin Covid, vaccin pneumocoque, température, iSGLT2/prévention primaire</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/09/dragi-webdo-n409/</link><pubDate>Mon, 11 Sep 2023 23:39:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/09/dragi-webdo-n409/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Psychiatrie</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, les choix post-ECN se poursuivent encore pour quelques jours, et dans ce contexte, on peut parler des motivations des MG à travailler. Cet article du <a href="https://bjgp.org/content/73/734/e687">BJGP</a> classe les MG en 5 catégories de motivations: &ldquo;appartenir à une classe et pas tant l&rsquo;argent&rdquo; (53%), &ldquo;à peu près tout&rdquo;(26%),  &ldquo;aider les autres&rdquo; (9%), &ldquo;le travail&rdquo; (8%) et &ldquo;l&rsquo;argent et le patient&rdquo; (4%). Et vous, quelles sont vos motivations ? Aller, voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/  Pharmacovigilance</p>
<p>Un article de cohorte rétrospective publié dans <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-3021">Annals of internal medicine</a> a comparé la sécurité de différents antipsychotiques. Elle concerne les patients de plus de 65 ans sans troubles psychiatriques pour lesquels un antipsychotique a été prescrit dans les suites d&rsquo;une chirurgie majeure notamment pour &ldquo;délire post opératoire&rdquo;. Il n&rsquo;y avait pas de différence de mortalité hospitalière, d&rsquo;arythmie cardiaque, de pneumonie ou d&rsquo;AVC/AIT entre la quétiapine, haldopéridol, olanzapine et risperidone.</p>
<p>Une étude de cohorte publiée dans le <a href="https://www.bmj.com/content/382/bmj-2022-074450">BMJ</a> a étudié le risque de maladie thrombo-embolique veineuse de différents AINS et des contraceptions hormonales. Deux millions de femmes ont été suivies pendant 10 ans environ et les risques thromboemboliques veineux ont été étudiés chez celles prenant uniquement des AINS, celles prenant uniquement un contraceptif hormonal, celles prenant les deux et celles en prenant aucun. Sans traitement, l&rsquo;incidence de MTEV était de 2,5/10000 par an, avec un AINS de 25/10000 par an (16-18/10000 pour naproxène et ibuprofène mais 42/10000 pour diclofénac!!), avec les contraceptions combinées de 3è/4è génération de 11/10000, avec une contraception combinée de 2è génération de 7/10000, avec les progestatifs seuls de 3/10000. Enfin, l&rsquo;association AINS+contraception hormonale était associé à un risque de MTEV de 142/10000 avec les 3è/4è génération, de 64/10000 avec les 2è génération et 17/10000 pour les progestatifs. Ainsi, la prise d&rsquo;AINS multiplie par 7-11 le risque de MTEV chez les patientes prenant une contraception hormonale à risque thromboembolique, avec un risque supérieur lié au diclofénac par rapport au naproxène et à l&rsquo;ibuprofène (une raison de plus de les privilégier)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg7b0MdOs0sJTOET-S5y3mUJa3LsaENHxP45f0AumJHzycWidDQUvliWyC7Sf970xwXx5IR97WfFivEfO2uFnQkoeFfmgiOe6u1d0Ae94suJiXkIu6iUFs8CK23GX-Q-lpu_FL_joYAna7S8MJXQVLTNVfw2pL7xMq7KbFe071S2-8G4X9_U0-ifElVZCQi/s2000/mtev.jpg"><img src="/images/articles/2023/mtev.jpg" alt=""></a></p>
<p>2/ Psychiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/382/bmj-2019-050290">BMJ</a> aborde les troubles de personnalité. Leur prévalence atteindrait 10% de la population générale, 50% de la population suivie en psychiatrie et 70% des patients hospitalisés en psychiatrie (avec 10-20% de personnalité borderline). Les principaux indicateurs pouvant faire suspecter un trouble de personnalité sont :</p>
<ul>
<li>des troubles de l&rsquo;affectivité (changements d&rsquo;humeur rapides, humeur maussade, anxiété, colère, détachement&hellip;)</li>
<li>un dérèglement des impulsions (comportements à risque, promiscuité sexuelle, abus d&rsquo;alcool et de drogues)</li>
<li>des problèmes interpersonnels dans sa vie : relations turbulentes et instables (borderline), dépendance, isolement, et dans la relation de soins (utilisation accrue des ressources, sentiment d&rsquo;impasse, prescriptions inhabituelles, consultations à rallonge)</li>
<li>une mauvaise réponse aux traitements éprouvés d&rsquo;autres troubles mentaux (anxiété, dépression, syndrome de stress post-traumatique&hellip;)</li>
<li>il peut s&rsquo;y ajouter des indicateurs mineurs: bizarreries, des symptômes dissociatifs, des actes auto-agressifs, des symptômes médicalement inexpliqués, des troubles émotionnels et du comportement dans l&rsquo;enfance, des antécédents de traumatisme, une déficience dans l&rsquo;environnement familiale.</li>
</ul>
<p>La prise en charge en soins primaires repose sur une approche centrée patient, utilisant l&rsquo;empathie et une attitude de non-jugement. Il est nécessaire de reconnaitre ses limites sur cette prise en charge, de reconnaître les symptômes du patient, de valider ses expériences et de faire attentions à nos propres émotions. Le plan de soins doit être clair, utiliser les médicaments si nécessaire mais éviter la polymédication inutile ou les changements fréquents. Les RHD classiques et les thérapies comportementales peuvent être proposées et il peut être également utile de faire réfléchir le patient à la 3ème personne: &ldquo;que diriez-vous à un ami dans cette situation?&rdquo;. Ainsi, il est préférable d&rsquo;anticiper des consultations régulières, plus longues que des consultations classiques et avoir une procédure pour répondre aux demandes urgentes et crises aiguës du patient. Un avis spécialisé est nécessaire pour préciser le diagnostic, adapter les traitements ou en cas de difficulté de gestion du patient.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3457419/fr/strategie-de-vaccination-contre-les-infections-a-pneumocoque-place-du-vaccin-pneumococcique-polyosidique-conjugue-20-valent-adsorbe-chez-l-adulte#xtor=EPR-1-%5BL'Actu%20de%20la%20HAS%5D-20230911">HAS</a> a modifié sa reco concernant la vaccination pneumocoque chez l&rsquo;adulte. C&rsquo;est la fin du schéma Prevenar 13 puis Pneumovax (23valences). En effet, le vaccin à 20 valences, Apexxnar®, a démontré sa non infériorité par rapport au 13 valences et au 23 valence. Le schéma 13 puis 20 valences serait même supérieur aux schéma 13 puis 23. Cependant, compte tenu du faible bénéfice des doses répétées et pour simplifier, il est maintenant recommandé de ne vacciner contre le pneumocoque qu&rsquo;avec le vaccin 20 valences, les vaccins 13 et 23 n&rsquo;ayant selon la HAS plus leur place chez l&rsquo;adulte. MAIS : ce vaccin n&rsquo;est pas disponible en France !</p>
<p>Un article de <a href="https://www.nature.com/articles/s41591-023-02517-y?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">Nature</a> concerne les nouveaux vaccins à ARNm bivalents et les compare aux vaccins monovalents à ARNm originaux. La réponse face aux variants omicron BA4/BA5 était supérieure avec les vaccins bivalents et sans différence d&rsquo;efficacité entre les 2 types de vaccins concernant la souche originale. Concernant les données de sécurité, les évènements étaient similaires entre les 2 types de vaccins sans que les vaccins bivalents ne fassent apparaître de sur-risque ou de nouveaux effets indésirables.</p>
<p>Bien que la fièvre soit définie comme une température &gt; 38°C, la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2809098?guestAccessKey=6fa9ff4e-3557-45ed-93fb-946d7792ba2e&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jamaim&amp;utm_term=11254214117&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=233353272">température</a> &ldquo;normale&rdquo; des personnes varie. Elle est supérieure chez les hommes par rapport aux femmes d&rsquo;environ 0,1°C, varie au cours de la journée +0,2°C entre 8h et 16h et diminue de 0,15°C entre 25 ans et 80 ans. Bon, au final, ça ne varie pas tant que ça !</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>En prévention primaire, l&rsquo;inhibiteur de SGLT2 le plus éprouvé est la dapagliflozine avec un bénéfice sur &ldquo;mortalité+ insuffisance cardiaque&rdquo; mais pas sur les évènements cardiovasculaires (DECLARE-TIMI comportant 60% de patients en prévention primaire, cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/12/dragi-webdo-n206.html">ici</a>.). Voici une <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/JAHA.123.030578">revue systématique</a> des molécules de cette classe en prévention primaire. Les iSGLT2 semblent avoir un bénéfice sur les évènements cardiovasculaires (AVC et IDM) uniquement chez les patients diabétiques ayant une maladie rénale chronique (OR = 0,74). Ils ne montrent pas de bénéfice sur les évènements cardiovasculaires en prévention primaire chez les patients diabétique avec facteurs de risque CV multiples. Cependant, ils montraient une réduction de mortalité globale, essentiellement portée par DAPA-CKD (dapagliflozine chez patients avec maladie rénale chronique).</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°408 : gliflozines (recos), ostéoporose (recos Canada), dépistages/mortalité, AVK vs AOD, FA infraclinique, insuffisance veineuse, acné, psilocybine, Cerebria card game</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/09/dragi-webdo-n408/</link><pubDate>Sun, 03 Sep 2023 23:51:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/09/dragi-webdo-n408/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Prévention</category><category>Dermatologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Le congrès de l&rsquo;ESC est maintenant fini, mais le billet va donc être encore marqué par de nombreuses actualités cardiovasculaires. Bonne lecture et bonne rentrée des classes !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://www.jle.com/fr/revues/ndt/e-docs/quand_et_comment_utiliser_les_inhibiteurs_de_la_sglt2_ou_gliflozines_en_pratique_clinique_un_consensus_propose_par_la_societe_francophone_du_diabete_sfd_la_societe_francaise_de_cardiologie_sfc_le_college_national_des_cardiologues_francais_cncf_et_la_societe_francophone_de_nephrologie_dialyse_et_transplantation_sfndt__332532/article.phtml">revue</a> de synthèse a été publiée par les sociétés françaises de cardiologie, de diabétologie, de néphrologie et de médecine générale  concernant l&rsquo;efficacité des inhibiteurs de SGLT-2 dans les indications relatives à ces 3 domaines médicaux. L&rsquo;article rappelle les indications pour lesquelles ils ont démontré une efficacité et qui peut les prescrire dans ces indications (cf tableau suivant). Par ailleurs, les auteurs rappellent le risque d&rsquo;infection génitale et urinaire, et suggèrent que ce ne sont pas des contre-indications aux gliflozines. Cependant, leur balance bénéfice/risque est à réévaluer à partir de 4 cystites/an. Il y a des risques d&rsquo;hypotension orthostatique, le DFG va initialement s&rsquo;altérer, dans  90% des cas la baisse est de moins de 30%. Chez les patients diabétiques, il est recommandé d&rsquo;interrompre le traitement en cas de vomissement, déshydratation, jeûne, AEG, régime cétogène&hellip;. pour limiter le risque d&rsquo;acidocétose. Il est également recommandé de les interrompre 3 jours avant une chirurgie programmée sous AG et jusqu&rsquo;à reprise de l&rsquo;alimentation. Enfin, devant le risque d&rsquo;amputation possible, les gliflozines sont à éviter si antécédent d&rsquo;amputation ou AOMI sévère.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgfAYbxxsOrvPeIzpGEaCtMlqrFRzBX6GNK02GUP23Owpa5HMcKcgoAFA5hY2xbRD68smK2N8oMreeZYwAomh1tA5F8chUmtAQt0zIveyYU3IoKAclRS8D-MMWHemd_hbDIwIAQgaxJSwgbh6D7lq1chIjyd2f28ltDMDzOTavZeJl7tbsZQ0ITAWbIFsZo/s1267/isglt2.png"><img src="/images/articles/2023/isglt2.png" alt=""></a></p>
<p>On avait abordé le sur-risque de cancer cutanés non mélanome avec l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/11/dragi-webdo-n287.html">hydrochlorothiazide</a> mais non retrouvé avec l&rsquo;indapamide. Cette étude présentée au congrès de l&rsquo;ESC (si quelqu&rsquo;un à la ref biblio&hellip;) met en évidence que le risque global de cancer est plus faible avec l&rsquo;hydrochlorothiazide qu&rsquo;avec les autres diurétiques mais confirme le sur-risque de cancer cutané, qui ne remet pas en cause la balance bénéfice risque (mais qui suggère de l&rsquo;éviter en cas d&rsquo;antécédent de cancer cutané)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiqWi74nbYJpR2nu8sq4q31XO4yOVqs8yCGyD0DQW_BB7LNb7GAY84RJb2p9RWeTsUQCgg877DSv0_DkwZKg8V2dHvX9-0Vv-fSStqYu-xpYVtAT-q4B_A8FjIJf2PEbLD10b2-oVsYyI5dV_Ytway1iWuQ3jxsFLQQD5b4n8wb_HUR_6tNvEx5V-FrW8Xx/s2048/hctz.jpg"><img src="/images/articles/2023/hctz.jpg" alt=""></a></p>
<p>Ce n&rsquo;est pas de la pharmacologie, mais un <a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-022-02468-0">article</a> de cohorte incluant 26 000 femmes suivies pendant 20 ans environ, montre que les patientes ne consommant pas de chair animale (végétariennes) avaient un sur-risque de fracture du col du fémur par rapport aux consommatrices régulières. Ce sur-risque n&rsquo;étaient pas retrouvé chez les patientes consommant de la chair animale moins de 5 fois par semaine, ni chez les patientes pesco-végétariennes (avec consommation de poisson).</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un article va relancer le débat sur le choix AVK vs AOD. Cet essai randomisé de <a href="https://www-ahajournals-org.proxy.insermbiblio.inist.fr/doi/abs/10.1161/CIRCULATIONAHA.123.066485">Circulation</a> a comparé le maintien des AVK (dérivés de coumadine) avec un switch pour un AOD chez des patients fragiles de plus de 75 ans traités par AVK pour fibrillation auriculaire. Les auteurs montrent qu&rsquo;il y a un sur-risque d&rsquo;hémorragie avec le switch vers AOD: NNH de 17 pour les hémorragies majeures et saignement significatifs non majeurs. Ce résultat était en fait lié au sur-risque de saignements significatifs non majeures, c&rsquo;est à dire ayant nécessité une consultation. Il n&rsquo;y avait pas de différence concernant les hémorragies majeures seules, ni la mortalité, ni le risque embolique. L&rsquo;analyse des sous groupes d&rsquo;AOD prescrits retrouve que ce sur-risque est présent aussi bien pour le rivaroxaban que pour l&rsquo;apixaban. Pour mémoire, l&rsquo;apixaban est le seul AOD ayant démontré une supériorité par rapport aux AVK (moins d&rsquo;hémorragies) et le rivaroxaban est un des plus pourvoyeur de saignements. Ainsi, il est probable qu&rsquo;instaurer un traitement par apixaban soit bénéfique, mais il semble préférable de ne pas switcher un AVK pour un AOD chez un sujet âgé fragile si l&rsquo;INR est stable et l&rsquo;AVK bien toléré.</p>
<p>Un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2303062">essai</a> randomisé a proposé d&rsquo;anti-coaguler ou de traiter par placebo des patients avec des &ldquo;épisodes auriculaires à fréquence élevée&rdquo; qui sont des épisodes courts de FA détectés par les dispositifs implantables. Cet essai mené chez des patients de plus de 65 ans (pour qu&rsquo;il y ait une indication d&rsquo;anticoagulation d&rsquo;après le CHA2DS2-VASc) ne retrouve pas de réduction d&rsquo;évènements cardiovasculaires chez les patients anticoagulés, mais ils avaient un surrisque hémorragique (NNH=72). Bref, cet essai va permettre d&rsquo;avancer sur l&rsquo;ensemble des épisodes de FA courts dépistés par les appareils portables, smartwatch et autres dispositifs. En gros, le bénéfice d&rsquo;anticoagulation (quand le CHA2DS2-VASc le requiert) ne semble exister que sur des FA retrouvées à l&rsquo;ECG, le reste étant du surdiagnostic et du surtraitement.</p>
<p>Un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2306963">essai</a> contrôlé randomisé a étudié l&rsquo;efficacité du semaglutide chez les patients insuffisants cardiaque à FEVG préservée avec un IMC&gt;30kg/m2. Les patients traités avaient en effet, moins de symptômes d&rsquo;insuffisance cardiaque que ceux du groupe placebo sur un questionnaire spécifique et amélioraient leur test de marche de 6min de 20m. Cependant, le semaglutide et les analogues du GLP-1 n&rsquo;ayant pas d&rsquo;effet physiologique sur l&rsquo;insuffisance cardiaque, le plus probable est que l&rsquo;amélioration des symptômes soit non spécifique et liée à la perte de poids : -13% dans le groupe semaglutide vs - 3% dans le groupe contrôle.</p>
<p>3/ Dépistage</p>
<p>On avait parlé de l&rsquo;inefficacité des <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/01/dragi-webdo-n33.html">dépistages</a> en termes de mortalité globale il y a quelques années (seul le dépistage de l&rsquo;anévrisme de l&rsquo;aorte abdominale pouvait peut être montrer un bénéfice sur ce critère). Cette nouvelle étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2808648?guestAccessKey=c7d91084-054d-49f3-97be-9b302f883c9c&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jamaim&amp;utm_term=11181634494&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=232083149">JAMA internal medicine</a>, montre qu&rsquo;il n&rsquo;y a toujours pas de gain de mortalité sur les dépistages du cancer du sein, de la prostate, du CCR par test fécal et par TDM pour le cancer du poumon (compte tenu de l&rsquo;intervalle de confiance très large). Cependant, le dépistage du CCR par sigmoïdoscopie (tous les 5 ans, on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/10/dragi-webdo-n371.html">ici</a>), pourrait améliorer la durée de vie des patients.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEipOUB9DpgQlNx_XI66mR_xZs7HmAdmcG-P4TmM8K3xDtLn7jS05C-wt-a4A0DBokbgM1AD_jYA_Q8MhEAnmlqGZHU8M5jvfzt6o-rgIJiv9ZTDu61-_2Z0VATVzUpa9D6hCgSO6KRSb0WRJdjrWo1gWagvBUXd-Lry8K-0bemWAXzqvdg8rWIjt5SY_4x9/s903/d%C3%A9pistages.png"><img src="/images/articles/2023/d-c3-a9pistages.png" alt=""></a></p>
<p>Un <a href="https://www.cfp.ca/content/69/8/537">article</a> canadien aborde leurs nouvelles recommandations de dépistage de l&rsquo;ostéoporose. Pour recontextualiser : aux <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/08/dragiwebdo-n321.html">Etats -Unis</a>, le dépistage par DMO est recommandé systématiquement à 65 ans et en <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/05/dragi-webdo-n228.html">France</a>, il n&rsquo;y a pas de dépistage systématique mais seulement si facteurs de risque. Cette recommandation canadienne s&rsquo;appuie sur un article <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29218381/">danois</a> et propose un dépistage systématique à 65 ans par calcul du FRAX sans utilisation de la DMO. La DMO n&rsquo;est indiquée qu&rsquo;en seconde intention en cas de FRAX supérieur à 15%. Ils recommandent ce dépistage systématique chez toutes les femmes à 65 ans. Le dépistage avant 65 ans ou chez l&rsquo;homme n&rsquo;est pas recommandé. Cette approche permet de passer en revue les principaux facteurs de risque d&rsquo;ostéoporose à 65 ans et de faire la DMO aux patients les plus à risque. C&rsquo;est proche des recos HAS, mais mieux cadré.</p>
<p>4/ Dermatologie</p>
<p>Une <a href="https://www.annfammed.org/content/21/4/358">revue</a> systématique d&rsquo;Annals of Family medicine revient sur les traitements de l&rsquo;acné dans une revue systématique. Les auteurs trouvent que les traitements les plus efficaces sont (du plus au moins efficace) : l&rsquo;isotrétinoine orale, puis une trithérapie locale combinant antibiotiques + rétinoïdes + peroxyde de benzoyle,  puis une trithérapie comportant antibiotiques oraux + rétinoïdes locaux +  peroxyde de benzoyl (mais la différence est faible avec la trithérapie locale). Les monothérapies avaient des effets similaires, en notant cependant que les antibiotiques oraux et locaux et les rétinoïdes  locaux sont plus efficaces sur les lésions inflammatoires que sur les lésions non inflammatoires. Au niveau des arrêts de traitement pour mauvaise tolérance, les rétinoïdes topiques semble être les moins bien tolérés, et les antibiotiques locaux les mieux tolérés mais la probabilité d&rsquo;arrêt est similaire entre tous les traitements (et les antibiotiques locaux ne sont pas recommandés en monothérapie).</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/382/bmj-2022-074602">BMJ</a>aborde la prise en charge de l’eczéma variqueux des membres inférieurs. L&rsquo;examen clinique va retrouver des varicosités, des oedèmes, une hyperpigmentation cutanée et une sclérose cutanée. Les examens complémentaires, dont le Doppler, ne sont pas nécessaire sauf en cas de suspicion de une thrombose veineuse associée. Et une fois qu&rsquo;on a éliminé une cellulite, un psoriasis, une dermatite de contact, une dermatophytose et un coup de soleil (brûlure 1er degré),  la prise en charge est symptomatique. Cela consiste en l&rsquo;application d’émollients, parfois associés à des dermocorticoïdes si le prurit est intense. Les auteurs proposent également une sur-élévation des jambes, l&rsquo;activité physique, la perte pondérale et une contention de grade II à III (notamment en cas d&rsquo;ulcères veineux). Un avis dermatologique ou phlébologique/vasculaire peut être pris en cas de cellulite récidivante, ulcère persistant, AOMI associée ou doute diagnostic.</p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p>Dans la dépression, un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2808950">JAMA</a> a comparé une dose unique de psilocybine 25mg (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/11/dragi-webdo-n375.html">ici</a>) versus placebo (ils ont utilisé de la niacine car produit des effets indésirables similaires sans effet antidépresseur connu). Ces 2 traitements étaient accompagnés de psychothérapie. Les patients devaient avoir un score MADRS &gt; 28 et ne pas s&rsquo;être amélioré de 30% dans les jours précédents pour s&rsquo;assurer que les patients aient une dépression modérée à sévère au début du traitement. Ainsi, les patients inclus avaient un MADRS moyen à 35 (+/- 5) soit environ la moitié des patients avec dépression sévère et l&rsquo;autre moitié avec dépression modérée. Dès J8, le traitement améliorait significativement la dépression (MADRS: -17,8 vs -5,8) et cela se maintenait à J48 (MADRS: - 19,1 vs -6,8). Cette différence est considérée comme significativement pertinente et presque &ldquo;substantielle&rdquo;. Il n&rsquo;y a pas eu davantage d&rsquo;effets indésirables avec la psilocybine qu&rsquo;avec la niacine ni d&rsquo;effets indésirables graves. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;augmentation des idées suicidaires avec le traitement, comme ça peut être le cas avec les IRS. Il est dommage de ne pas avoir présenté une analyse en sous groupe des dépressions modérées (MADRS &lt; 34) et sévères (MADRS &gt;35). Les champignons sont peut être un des futurs traitements les plus efficaces de la dépression, à suivre !</p>
<p>6/ Le jeu du mois: Cerebria the card game</p>
<p>&ldquo;Cerebria the card game&rdquo; est le petit frère du gros jeu &ldquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n350.html">Cerebria</a>&rdquo; dont nous avions parlé ici. On y retrouve le thème global: mettre en jeu des émotions positives et négatives. Le principe du jeu et de sélectionner des émotions proposées aux joueurs et de les jouer devant soi pour réaliser des combinaisons de &ldquo;vibrations&rdquo; correspondant à une couleur (3 ou 4 cartes de &ldquo;vibration&rdquo; identique, ou 4 cartes de &ldquo;vibration&rdquo; différentes par exemple). Ces combinaisons rapporteront des fragments lumineux ou obscurs en fin de manche et le premier à atteindre un objectif de fin de partie remporte le jeu. Pour ajouter de la stratégie à ce jeu de carte, chaque émotion mise en jeu vient avec des fragments, qui peuvent être économisés pour être récoltés en fin de manche ou utilisés pour déclencher un des pouvoir spécifique à chaque carte et ainsi prendre l&rsquo;avantage en piochant, échangeant ou pénalisant l&rsquo;adversaire. Les parties sont rapides (beaucoup plus que le &ldquo;gros&rdquo; jeu du même nom), le jeu visuellement plaisant et stratégiquement accessible. C&rsquo;est donc un bon jeu dans ce format !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj_3xFQ7IGF-F0Y2Kr9xpC-MHTxeYJqKPACnVDAUlL5gUnXloWi-txKoBrDqqlHbp4kfhOBoq8lOzd4fIpt_WvJkrhhqtB5NfHGvBb5253z5D3xx3Opnd3WXbBtE7jjMCBO99n_Q-cLddW-SyElhv4i30-afKaSNN5lSujWnxFqzYJ4TRC1I2QO2SxmKGr6/s4624/20230429_180158.jpg"><img src="/images/articles/2023/20230429-180158.jpg" alt=""></a></p>
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<p> 1/ Infectiologie</p>
<p>Voici maintenant 2 documents concernant le traitement préventif des infections à VRS par Nirsevimab (Beyfortus®). Le 1er est publié par les <a href="https://www.infovac.fr/docman-marc/public/bulletins/2023/1895-lien-1-avis-sfn-gpip-nirsevimab-comm-texte-def-def/file">sociétés savantes de pédiatrie</a>, et intègrent les données de l&rsquo;étude Melody dont nous avions parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/09/dragi-webdo-n368.html">ici</a> (réduction des infections de VRS NNT=27, mais pas de réduction d&rsquo;hospitalisations), et aussi Harmonie incluant 8000 nourrissons en bonne santé et retrouvant une réduction des hospitalisations pour bronchiolite avec un NNT de 84 enfants. Les données de sécurité sont rassurantes sur les populations d&rsquo;enfant prématurés car ce traitement était déjà utilisé au sein de cette population particulière. Les résultats sont donc encourageants, mais il n&rsquo;y a qu&rsquo;une étude chez les enfants non prématurés
montrant une réduction d&rsquo;hospitalisation et elle n&rsquo;a pas été encore publiée (Harmonie). Il est probable qu&rsquo;une &ldquo;vaccination&rdquo; à grande échelle fasse apparaître des effets indésirables plus sévères que ceux décrits dans les études mais la balance bénéfice/risque resterait positive compte tenu du bénéfice sur les hospitalisations s&rsquo;il était confirmé par une autre étude ou si la publication d&rsquo;Harmonie confirmait l&rsquo;absence de biais méthodologique majeur. En prévision de la campagne nationale de &ldquo;vaccination&rdquo; par Nirsevimab (Beyfortus), le <a href="https://lecmg.fr/prevention-des-bronchiolites-a-vrs-des-nourrissons-par-lutilisation-dun-anticorps-monoclonal-au-cabinet-le-nirsevimab-beyfortus/">CMG</a> a publié une synthèse: indication pour les enfants de moins de 1 an et nés après le 6 février 2023, sur prescription à partir de mi-septembre (50mg si &lt; 5kg, et 100mg si &gt;5kg), 1 injection IM réalisable en même temps que les vaccins, EI: réactions locales, éruptions cutanées, fièvre.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2808515?">USPSTF</a> a publié des recommandations concernant la PrEP, concordantes avec les recos <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/dragi-webdo-n382.html">internationales</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/09/dragi-webdo-n368.html">françaises</a>. L&rsquo;USPSTF recommande de prescrire une PrEP chez les patients à risque élevé de VIH (partenaire VIH+, atcd d&rsquo;IST dans les 6 mois, rapports avec partenaire de statuts inconnu ou MSM ou patientes transgenre, usager de drogues injectables, travailleurs du sexe. La prophylaxie préférentielle est le ténofovir + emtricitabine (TDF/FTC, Truvada®) mais le cabotegravir injectable toutes les 8 semaines est une option car il serait supérieur au traitement oral.</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>Rapidement, voici quelques données concernant le dépistage du cancer du sein après 70 ans dans une publication d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/abs/10.7326/M23-0133?af=R&amp;journalCode=aim">Annals of internal medicine</a>. Chez les femmes âgées de 70 à 74 ans, l&rsquo;incidence de cancer était de 6,1/100 chez les femmes dépistées contre 4,2/100 chez les non dépistées soit 30% de surdiagnostic. Chez celles de plus de  74 ans, le surdiagnostic atteignait 50% des patientes. Enfin, quelque soit la tranche d&rsquo;âge, le dépistage ne réduisait pas la mortalité par cancer du sein.</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(23)01240-0/fulltext">Lancet</a> a publié un article concernant la contraception d&rsquo;urgence. La contraception par levonorgestrel étant susceptible d&rsquo;échouer lorsqu&rsquo;elle est prise après l&rsquo;ovulation, les auteurs ont randomisé des patientes nécessitant une contraception d&rsquo;urgence entre levonorgestrel ou levonorgestrel + 40mg de piroxicam (<em>pour mémoire, les AINS sont toxiques avec une loi dite du &ldquo;tout ou rien&rdquo; dans les 14 premiers jours de grossesse</em>). 800 femmes ont été incluses, et il y a eu 1,7% de grossesses dans le groupe LNG versus 0.2% dans le groupe LNG+piroxicam (NNT=67). Si cette étude est confirmée, l&rsquo;ajout d&rsquo;AINS à la &ldquo;pilule du lendemain&rdquo; pourrait bientôt être recommandé.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Les dernières recommandations au sujet de l&rsquo;hypertension artérielle dataient de 2020, voici les nouvelles publiées par la <a href="https://journals.lww.com/jhypertension/fulltext/9900/2023_esh_guidelines_for_the_management_of_arterial.271.aspx">société européenne d&rsquo;HTA</a>. Alors, l&rsquo;HTA est définie par une PA &gt; 140/90mmHg (contrairement au 130/80 américain). La mesure au cabinet est recommandée car c&rsquo;est là dessus que reposent les seuils d&rsquo;efficacité démontrés des traitements (à faire aux 2 bras, si différence &gt; 15-20mmHg: sur-risque CV). Sinon, il faut des mesures ambulatoires au diagnostic en privilégiant l&rsquo;AMT pour le suivi des patients et améliorer l&rsquo;observance (à faire sur 3 à 7 jours matin et soir, et SANS compter la 1ère journée de mesure), et les MAPA si on cherche une HTA masqué/nocturne. Un suivi tous les 3 mois la 1ère année est recommandé (car associé à moins d&rsquo;évènement CV) puis tous les 6 mois.</p>
<p>Il y est défini 3 grades:</p>
<ul>
<li>Grade 1: &lt;160/100 mmHg</li>
<li>Grade 2 : &lt;180/110 mmHg</li>
<li>Grade 3:  &gt;180/110 mmHg</li>
</ul>
<p>Et 3 stades:</p>
<ul>
<li>Stade 1: non compliquée</li>
<li>Stade 2: atteinte d&rsquo;organe ou diabète</li>
<li>Stade 3: maladie cardiovasculaire établie ou DFG &lt; 30 mL/min.</li>
</ul>
<p>Le bilan initial est classique.</p>
<ul>
<li>
<p>Au laboratoire : NFS-plaquettes, EAL, glycémie à jeun, Na, K, créatininémie, BU et calcémie et acide urique.</p>
</li>
<li>
<p>On y ajoute un ECG systématiquement et tout un tas d&rsquo;examens non hiérarchisée &ldquo;basiques&rdquo; pour rechercher les atteintes d&rsquo;organes cibles et évaluer le risque CV (dans une partie non évaluée par le système &ldquo;GRADE&rdquo; qui serait de grade très faible): ETT, score calcique, écho de TSA, Doppler Aorte, IPS, écho rénale et Doppler artères rénales, fond d&rsquo;oeil, MMSE, IRM cérébrale, lp(a) et nt-pro-BNP.</p>
</li>
<li>
<p>Le bilan d&rsquo;HTA secondaire :</p>
</li>
<li>
<p>Indications: HTA stade 2 avant 40 ans, toute suspicion d&rsquo;HTA secondaire, HTA résistante, HTA s&rsquo;aggravant brutalement, HTA grade 3, anomalies au bilan initial.</p>
</li>
<li>
<p>Contenu: entre 19 et 65 ans : Doppler des artères rénales (donc DAR plutôt que le TDM), rapport aldo/rénine, métanéphrines urinaires, test de freinage à la DXM pour mesure du cortisol et cortisol libre urinaire sur 24h. Le TDM surrénalien n&rsquo;est pas un examen de 1ère attention. Après 65 ans, les causes étant l&rsquo;athérosclérose réno-vasculaire et les maladies du parenchyme rénal, les bilans hormonaux ne semblent pas recommandés (donc juste DAR).</p>
</li>
</ul>
<p>Concernant le traitement, il y a bien sur les RHD sur lesquelles on ne reviendra pas. Avant 80 ans, le seuil d&rsquo;initiation thérapeutique est 140/90mmHg (mais on peut commencer à 130/80 si prévention secondaire). Après 80 ans, le seuil d&rsquo;initiation thérapeutique est 160mmHg de PAS (mais on peut commencer a 140 si on veut). La cible de PA à atteindre se mesure au cabinet (en AMT c&rsquo;est pas étudié) et est de 130/80 entre 18 et 64 ans (pas merci à SPRINT qui ne correspond pas à des mesures au cabinet en vrai), de 140/90 entre 64 et  79 ans, et de  140-150 après 80 ans (mais &lt;140 si bien toléré, ça va aussi). Enfin, ne JAMAIS viser une systolique &lt;  120mmHg. Une bithérapie initiale est recommandée avec IEC (ou ARAII) + calcique/diurétique. La monothérapie s&rsquo;envisage si grade 1 et faible risque, ou patient âgés/fragiles. En cas d&rsquo;échec de bithérapie, la trithérapie est recommandée. Les BB- sont à mettre si une autre indication que l&rsquo;HTA existe. En cas d&rsquo;HTA résistante et après exclusion d&rsquo;une HTA secondaire, la spironolactone est à ajouter, puis BB- ou alpha-bloquant, puis anti-HTA central. En cas de DFG &lt; 30ml/min, la spironolactone est CI et ils recommandent un diurétique de l&rsquo;anse en plus du thiazidique (mouais, vu que le thizidique est aussi CI si DFG &lt; 30 normalement&hellip; on peut utiliser la chlorthalidone si DFG &lt; 30 mais non dispo en France), et penser à ajouter l&rsquo;inhibiteur de SGLT2 (voire la finerenone si diabète).</p>
<p>Enfin, voici quelques cas particuliers:</p>
<ul>
<li>Sujets noirs: préférer calcique si monothérapie ou calcique + IEC et calcique + thiazidique si bithérapie.</li>
<li>Grossesse: seuil et cible 140/90mmHg, avec labetalol ou alpha-methyl-dopa (2eme intention: nifedipine LP) + aspirine 100mg/j si risque de prééclampsie.</li>
<li>HTA maligne: labetalol ou nicardipine (2ème intention: urapidil) (le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/11/dragi-webdo-n245.html">nejm</a> disait pas tout à fait ça).</li>
<li>Coronaropathie: iec+BB- avec cible &lt; 80bpm et si TA insuffisamment contrôlée, ajouter calcique dihydropiridine (=DHP, car on associe pas un BB- et un calcique bradycardisant) si angor et calcique DHP ou thiazidique en l&rsquo;absence d&rsquo;angor (faudra revoir car les BB- sont pas systématique en l&rsquo;absence d&rsquo;IC dans les recos ESC).</li>
<li>FA: les BB- sont une classe de choix avec un objectif &lt; 110 bpm voire  &lt; 80 ppm si symptomatique. Eviter diltiazem et verapamil qui interfèrent avec les AOD.</li>
<li>BPCO/Asthme: les BB- cardiosélectifs réduisent la mortalité en cas de coronaropathie, et ne sont donc pas contre indiqués.</li>
</ul>
<p>En parallèle, la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD008161.pub3/full">Cochrane</a>a mis à jour sa revue systématique concernant les traitements de 1ère ligne dans l&rsquo;HTA. Elle confirme cette fois ci le bénéfice des diurétiques en 1ère intention, devant les IEC (et les calciques et BB-) avec une probable réduction de morbidité notamment moins d’évènements cardiovasculaires (moins d&rsquo;avc par rapport aux IEC et moins d&rsquo;insuffisances cardiaque par rapport aux calciques) et moins d&rsquo;effets indésirables. Il n&rsquo;y a cependant pas de différence sur la mortalité.</p>
<p>L&rsquo;ESC a publié des recommandations sur les <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehad191/7243210?login=false">syndromes coronaires aigus</a> (SCA). On ne se contentera de décrire que des parties qui peuvent intéresser les généralistes.</p>
<ul>
<li>
<p>En cas de SCA, on fait un ECG et on fait le 15! Ils ne recommandent pas d&rsquo;aspirine ou d&rsquo;anti-agrégant par les généralistes en urgence. Les cardios font ensuite ce qu&rsquo;ils ont à faire.</p>
</li>
<li>
<p>Le patient ressort ensuite avec 12 mois de double antiagrégation plaquettaire (DAPT), puis une simple antiagrégation (SAPT) par aspirine et en fonction du risque hémorragique la DAPT peut être raccourcie. (étonnant, alors que des études récentes semblaient plutôt en faveur du clopidogrel au long cours).</p>
</li>
<li>
<p>En cas d&rsquo;indication à une anticoagulant, AOD + DAPT pendant 1 mois, puis AOD+ SAPT jusqu&rsquo;à 12 mois, puis AOD seul.</p>
</li>
<li>
<p>De nouvelles cibles de LDL ont été établies : On passe de  &ldquo;&lt;0.7g/L mais essayer 0.55g/L&rdquo; à &ldquo;&lt;0.55g/L pour tout le monde et essayer &lt;0.40g/L si récidive&rdquo;. Pour cela, une statine forte dose (ou dose maximale tolérée) est recommandée, avec ajout d&rsquo;ezetimibe si nécessaire puis ajout d&rsquo;anti-PCSK-9 si la cible n&rsquo;est pas atteinte. À noter qu&rsquo;en prévention secondaire, le traitement intensif semble en effet réduire les évènements CV avec atorvastatine 40-80 ou simvastatine  80 (si on se fie aux références utilisées justifiant le grade I sur le choix de statine).</p>
</li>
<li>
<p>Les IEC, BB- et l&rsquo;éplérénone ne sont recommandés que si FEVG &lt; 40% (ou diabète et HTA pour les IEC) (grade I), donc, pas systématiquement, bien qu&rsquo;ils puissent être proposés systématiquement quand même (grade IIa)</p>
</li>
<li>
<p>Les RHD restent indiquées:  sevrage tabagique, réhabilitation cardiorespiratoire et activité physique, régime méditerranéen, &lt; 100g/semaine d&rsquo;alcool.</p>
</li>
</ul>
<p>L&rsquo;AHA (collège américain de cardiologie) a publié des recommandations concernant la prise en charge des <a href="https://www.jacc.org/doi/10.1016/j.jacc.2023.04.003">coronaropathies chroniques</a>. Le diagnostic est peu abordé et la prise en charge met en avant les règles hygiénodiététiques et le sevrage tabagique. Sur le plan médicamenteux, ils recommandent une statine forte dose pour atteindre une baisse de 50% du LDL ou à défaut si non tolérée, une statine à dose modérée (grade IA). Avec un grade IIa, ils proposent l&rsquo;ezetimibe pour une cible &lt;  0,7g/L de LDL seulement chez les patients à très haut risque (récidive d&rsquo;évènements CV ou 1 évènement CV associé à 2 conditions incluant l&rsquo;âge &gt;65 ans, le diabète, l&rsquo;HTA, tabac actif, DFG &lt; 60ml/min, LDL &gt;1g/L, insuffisance cardiaque, hypercholestérolémie familiale). La cible tensionnelle est à 130/80 en privilégiant IEC/ARAII et BB- en 1ère ligne. En cas de diabète, aglp1 et isglt2 sont à privilégier. Concernant l&rsquo;antiagrégation, l&rsquo;aspirine seule est recommandée au long cours après 12 mois d&rsquo;un SCA ou en l&rsquo;absence d&rsquo;angioplastie. En cas de SCA, une double antiagrégation est recommandée pour 12 mois, et en cas d&rsquo;angioplastie sans SCA, elle est de 6 mois avant de poursuivre par une antiagrégation simple. Enfin, en cas de symptômes persistants, 1 puis 2 anti-ischémiques si nécessaire sont recommandés (BB-, calciques ou nitrés)</p>
<p>On en avait parlé plusieurs fois (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/09/dragi-webdo-n108.html">ici</a> et [là](<a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/08/L'">https://www.medicalement-geek.com/2023/08/L'</a>étude CLARIFY semble confirmer que l&rsquo;efficacité des bêta-bloquants en post-infarctus est surtout présente la 1ere année de traitement. Passé ce cap, il n&rsquo;y a pas de différence de mortalité entre les patients. Cette étude retrouve aussi l&rsquo;absence de bénéfice des inhibiteurs calciques.) et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2014/07/dragi-webdo-n10.html">ici</a>), une <a href="https://heart.bmj.com/content/109/15/1159">étude</a> de cohorte retrouve que le risque de mortalité globale, cardiovasculaire, d&rsquo;infarctus ou d&rsquo;AVC n&rsquo;est pas diminué chez les patients avec antécédent d&rsquo;infarctus ne prenant pas de bêta-bloquant au delà de 1 an après l&rsquo;évènement cardiovasculaire sans insuffisance cardiaque.</p>
<p>Les &ldquo;polypills&rdquo; sont les comprimés regroupant plusieurs classes différentes (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/08/dragi-webdo-n364.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/09/dragi-webdo-n325.html">là</a>). Une <a href="https://www.ajconline.org/article/S0002-9149(23)00367-3/fulltext">revue</a> systématique incluant 11 ECR (polypills vs soins courant) et 25 000 patients confirme qu&rsquo;aussi bien en prévention primaire que secondaire, les polypills (souvent statine, IEC, aspirine et un autre anti HTA) réduisent la mortalité globale (NNT= 145), la mortalité cardiovasculaire (NNT= 105) et les évènements cardiovasculaires (primaire: NNT= 44 et secondaires: NNT=30). Les durées des études sont variables mais pour la majorité, le suivi était de 5 ans environ. Peut être que la HAS finira par les rembourser.</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Le SCORE 2 n&rsquo;est pas adapté pour les patients diabétiques. Ainsi, des auteurs ont développé un <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/article/44/28/2544/7185610?utm_medium=Email&amp;utm_source=eTOC&amp;utm_campaign=European+Heart+Journal&amp;login=false">SCORE 2-Diabetes</a> pour évaluer le risque CV des patients diabétiques, à ce jour considérés comme à haut risque dès l&rsquo;âge de 50 ans d&rsquo;après l&rsquo;ESC. Le calculateur n&rsquo;est disponible qu&rsquo;en format &ldquo;excel&rdquo; en appendice de l&rsquo;article, c&rsquo;est à dire <a href="https://oup.silverchair-cdn.com/oup/backfile/Content_public/Journal/eurheartj/44/28/10.1093_eurheartj_ehad260/1/ehad260_supplementary_data.zip?Expires=1695615449&amp;Signature=NzRlkxIygPhTCJGUHe7z4GK4hlCaPU2YoDEeIJfKdr4ONXgQrMMYp5nCcHMYd3GD4Gn3FGM6r57oXLe-ur9mCCvsAFDsXgT-Nt-xL6-lNVqh7iDSfBPCNnl1c3lW8KEIHK6bx8qCDoW4Yxm4LH31lt15l-KY6OgaLQDufY~NXsDd2nvlpARJx6VwcKAlJcS9ZEz21pkJxqiAxR4XAfHJWTt9rrb5gYFEf-F~xtAT8nENH50vJjLRtZ8gpaZpT4mkW8BAK5AfCwRenArOy~pR3wdn0dWF0-OPQjIt3hYlX8BziEWCz8GnYn-lVs1kJqhn1zv4s8oMtWq8bifr7NXHJQ__&amp;Key-Pair-Id=APKAIE5G5CRDK6RD3PGA">ici</a> (il existe aussi une feuille de calcul, mais c&rsquo;est assez fastidieux). Après quelques essais, cela permettrait de reclasser à risque &ldquo;faible&rdquo; des femmes de moins de 50 ans non fumeuses et certains hommes. Le bénéfice clinique par rapport au traitement par &ldquo;statine systématique&rdquo; si diabète et âge &gt; 50 ans (qui sont des patients à haut risque d&rsquo;après les recos &ldquo;prévention&rdquo; de l&rsquo;ESC) est encore à déterminer.</p>
<p>L&rsquo;ESC a publié des recos concernant la prise en charge des <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehad192/7238227?login=false">maladies cardiovasculaires</a> chez les patients atteints de diabète. Et pour commencer, il est recommandé d&rsquo;évaluer le risque CV avec le SCORE-2-diabetes dont on vient de parler. Le haut risque correspond à un Score2D &gt; 10%. Les règles diététiques et sevrage tabagique sont recommandés. On passe à une partie intéressante concernant la cible d&rsquo;HbA1c. &ldquo;Une cible de 7% est recommandée pour réduire le risque microvasculaire&rdquo;: l&rsquo;objectif n&rsquo;est donc pas de réduire les évènements CV avec cette cible. Ils ajoutent que les objectifs doivent être individualisés, qu&rsquo;il faut éviter les hypoglycémies et qu&rsquo;un contrôle étroit peut être recherché pour un bénéfice CV avec les molécules ayant démontré ce bénéfice (En cas de diabète et de maladie rénale chronique, ils disent bien entre 6.5% et 8% ce qui devrait être le cas pour tout le monde si on se fie aux données de la science). Ainsi, ils recommandent de &ldquo;prioriser les traitements avec un bénéfice CV prouvé, suivi de ceux avec une sécurité CV&rdquo; et ne donnent pas d&rsquo;autre alternative que débuter par iSGLT2 et/ou aGLP-1 pour les patients en prévention secondaire. En 5 ans, on arrive enfin à retirer progressivement la metformine des traitements de 1ère intention, qui ne reste recommandée que chez les patients à risque modérés. Les isGLT2 sont aussi recommandés si insuffisance rénale ou insuffisance cardiaque (grade I) et les a-GLP1 sont si surpoids ou obésité (IIa).</p>
<p>Dans les autres traitements IEC/ARAII sont recommandés systématiquement si HTA, et les statines sont recommandées avec une cible à  1.0g/L de ldl si risque modéré, de 0.7g/L si risque élevé et de 0.55g/L si risque très élevé (ils ajoutent aussi des cibles de non-HDL à 1.0g/L si risque élevé et  0.85g/L si très élevé). Ils disent que les statines forte dose sont à prioriser car réduisent plus le LDL et les accidents cardiovasculaire avec 1 référence de 1998 (ce qui ne peut donc pas être du grade A comme ils le disent puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul essai randomisé). Or cette référence dit bien que l&rsquo;atorvastatine baisse plus le LDL que la simva et prava, mais il n&rsquo;y a pas de différence rapportée sur des critères cliniques. Rappelons que seuls la simva et l&rsquo;atorva ont démontré un bénéfice clinique en prévention primaire (et secondaire) chez le diabétique, et ce, indépendamment du LDL initial et atteint (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/les-traitements-du-diabete-formule-all.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/02/les-statines-sont-mes-copines.html">là</a>). Une intensification est proposée par ezetimibe (voire anti-pcsk-9 si les cibles inatteignables ne sont pas atteintes sans). Malgré toutes les données, ils disent quand même que l&rsquo;aspirine en prévention primaire &ldquo;peut être considéré&rdquo; avec un grade IIb. Quand il y a une double antiagrégation, ils recommandent un IPP systématique (à discuter si aspirine seul) et rappellent de ne pas donner d&rsquo;omeprazole ou esomeprasole en cas de coprescription de clopidogrel (interaction médicamenteuse).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjqNzqxuWZk_YqMIfhZqnQYqUTlI67zlrUDYJZfd5KTKB79WsrLnad7FLMceKsWe7p6HYK2XlqRwYC44rSR42TyCmRCoGTjJ9voEUJFcE8UzGLCabLfrnNT32LiVy8M4fx4SRlF5pm776UiISfcZriwomQhEDZoSbdUeTgqIQUG05bNpeaj8UKQHv6hkBB8/s1255/diab.png"><img src="/images/articles/2023/diab.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Le jeu du mois : Ark Nova</p>
<p>&ldquo;Ark Nova&rdquo; est un gros jeu dans la catégorie expert, qui aborde le thème des parcs zoologiques. En effet, dans ce jeu, il va falloir construire son parc, y mettre des animaux, acquérir de l&rsquo;aide auprès de mécènes&hellip; tout cela dans le but d&rsquo;avoir le plus de visiteurs possible qui rapporteront ainsi de l&rsquo;argent. Cependant, ce n&rsquo;est pas si simple. Car l&rsquo;objectif d&rsquo;un parc zoologique est la préservation des animaux, leur réintroduction dans leur milieu, etc&hellip; Il faudra donc mener des actions écologiques en parallèle du développement du zoo et il n&rsquo;est pas possible de gagner si un de ces 2 objectifs est laissé de côté. Le système de jeu repose sur 5 actions de base dont l&rsquo;efficacité augmente quand on patiente avant de les jouer. Il faut donc les jouer au meilleur moment pour les optimiser et développer son zoo. On est dans un jeu de stratégie un peu complexe au premier abord, dont la mécanique est, au final, assez fluide mais nécessitant pas mal de réflexion à chaque tour. Le plateau est magnifique, les cartes d&rsquo;animaux aussi, ce qui permet une immersion totale dans le thème. Un très bon jeu, qui a décroché l&rsquo;As d&rsquo;or 2023, à ne pas manquer pour ceux qui auront la patience de s&rsquo;y mettre !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjWWt11fu2EOco7ZqbkO8TravOfgbcrlYPKfWoJDNrjjoiGqFxJwTBit2WthtQXGNGunX8gcOGRK69_r5RF59fXWZHlPSdewFN06RERdcNandigChwx4kqbqJmsw8-7RwhD5txrjyZjmjnzcyK-pfPeoE60fWfXlLsT_6Od8RQTpUX_r61i0uou8rntW8gD/s4624/20230501_110048.jpg"><img src="/images/articles/2023/20230501-110048.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! On conclura quand même sur la mise à jour de la page d&rsquo;ameli.fr concernant les <a href="https://www.ameli.fr/medecin/exercice-liberal/regles-de-prescription-et-formalites/certificat-medical-quand-et-pour-qui">certificats inutiles</a>, pour lutter plus facilement contre la perte de temps!</p>
<p>Voilà, vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille sans qui le billet serait imbuvable</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°406 : Voyageurs (HCSP), traitement de l'obésité, HTA gravidique, vitamine D, douleurs/opioïdes, VPPB, serenoa repens, Edgar &amp; Lucien</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/07/dragi-webdo-n406/</link><pubDate>Mon, 03 Jul 2023 23:07:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/07/dragi-webdo-n406/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Douleur</category><category>ORL</category><category>Urologie</category><category>Nutrition</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici donc le dernier billet de la saison ! Merci pour votre fidélité encore une fois et bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/clomid-citrate-de-clomifene-le-traitement-doit-etre-arrete-en-cas-dalteration-de-la-vision">ANSM</a> alerte sur le risque de trouble de la vision sous clominofène
(clomid*), utilisé dans le cadre de la procréation médicalement
assistée. Ces troubles peuvent être des scotomes, vision trouble, phosphènes et nécessitent d&rsquo;interrompre le traitement qui sera désormais contre-indiqué si l&rsquo;examen ophtalmologique ne retrouve pas d&rsquo;autre cause.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-071653">BMJ</a> propose une synthèse sur l&rsquo;HTA gravidique.  L&rsquo;HTA gravidique se définit par une PA &gt;  140/90mmHg de novo après 20 SA. La pré-éclampsie est une HTA gravidique associée à une protéinurie ou à une atteinte d&rsquo;organe ou une dysfonction utéro-placentaire. En prévention, l&rsquo;aspirine de 50 à 150 mg/j est recommandée si antécédent d&rsquo;HTA gravidique ou de prééclampsie, maladie rénale chronique, diabète, HTA ou maladie auto-immune (SAPL ou lupus). Il y a aussi un <a href="https://www.fetalmedicine.org/research/assess/preeclampsia/first-trimester">calculateur</a> de risque utilisable pour déterminer s&rsquo;il faut de l&rsquo;aspirine, mais non utilisable en médecine générale. En cas d&rsquo;HTA gravidique, sont recommandé le labétalol, la nifédipine, et la méthyldopa. L&rsquo;amlodipine, la prasozine et la doxazosine sont souvent utilisées sans étude à l&rsquo;appui. Bien que la cible thérapeutique ait été longtemps débattue et fixée à  160mmHg, les récentes études sont en faveur d&rsquo;une cible à 140mmHg. Le traitement devra être maintenu en post partum pendant quelques semaines et réduit progressivement. Enfin à long terme, l&rsquo;HTA gravidique et la pré-éclampsie, sont des marqueurs de risque cardiovasculaire à prendre en compte dans le risque cardiovasculaire global.</p>
<p>On avait parlé de l&rsquo;étude <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/01/dragi-webdo-n339.html">D-Health</a>, essai randomisé vitamine D versus placebo, ne montrant pas de bénéfice de mortalité globale ou cardiovasculaire. Les auteurs abordent maintenant les critères secondaires dans un article du <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2023-075230">BMJ</a>. Le critère de jugement principal de cette étude (qui est en fait un secondaire de la principale&hellip;) est un critère composite d&rsquo;évènements cardiovasculaires. Les auteurs disent que, dans le groupe vitamine D, il y a moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires: HR: 0.91 [0.81-1.01]! <em>Zut c&rsquo;est pas significatif en fait !</em> Ils disent donc &ldquo;mais en fait, dans le sous groupe de ceux ayant une maladie cardiovasculaire, c&rsquo;est significatif&rdquo;: HR=0.84 [0.74-0.97], tout en précisant qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d’interaction sur le critère &ldquo;d&rsquo;avoir une maladie cardiovasculaire&rdquo; <em>(en effet, s&rsquo;il y a une interaction significative, on n&rsquo;a pas le droit d&rsquo;analyser la population dans son ensemble, et on doit donner une conclusion pour chaque sous-groupe, mais ce n&rsquo;est pas le cas ici)</em>. On passera sur le fait qu&rsquo;ils donnent un NNT (172 patients) alors que le critère n&rsquo;est pas significatif, et qu&rsquo;ils concluent qu&rsquo;il y a moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires dans le groupe vitamine D car le seul résultat significatif concerne les infarctus du myocarde (pas les revascularisations ni les AVC). Cette étude malgré une tentative de &ldquo;spin&rdquo; <em>(= d&rsquo;embellissement des résultats)</em>, permet donc de conclure une nouvelle fois à l&rsquo;inutilité de la vitamine D et offre une intéressante formation à la lecture critique d&rsquo;article. (On pourra toujours tenter une étude dédiée chez les patients à haut risque cardiovasculaire si on veut pousser l&rsquo;idée soulevée par l&rsquo;analyse des auteurs de cet article&hellip;). Qui paie toutes ces études sur la vitamine D? </p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-3559">étude</a> de médico-économique de la semaine évaluait l&rsquo;intérêt d&rsquo;une thromboprophylaxie à vie versus 3-6 mois de traitement après un 1er épisode de phlébite profonde non provoqué. Les auteurs retrouvent que ce n&rsquo;est pas coût-efficace de traiter à vie dans ces conditions, car pour 1000 patients traités, 368 TVP seraient évitées incluant 14 embolies pulmonaires fatales, mais cela entraînerait 114 saignements majeurs dont 11 saignements mortels.</p>
<p>3/ Douleur</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2023-076036">BMJ</a> (encore) aborde les douleurs chronique. Cet article se concentre sur la définition. Il est assez aisé d&rsquo;y penser devant les critères purement &ldquo;douloureux&rdquo; : douleurs diffuses, depuis plus de 3 mois, avec échec des traitements introduits, et parfois avec un diagnostic d&rsquo;une douleur chronique déjà posé. Cependant, il faut y penser également devant des symptômes non douloureux associés : un sommeil non réparateur, une asthénie, des troubles de l&rsquo;humeur, une hypersensibilité visuelle, auditive ou au toucher, et des troubles mnésiques ou de concentration. Enfin, la consultation peut faire apparaître que le patient est &ldquo;allergique&rdquo; à de nombreux traitements, a de nombreuses maladies +/- bien identifiées, et que la douleur affecte la vie professionnelle, familiale et les loisirs du patient. Enfin, le patient et le médecin peuvent se sentir débordés lors de ces consultations. Ces éléments doivent être des points de vigilance pouvant faire évoquer une douleur chronique si elle n&rsquo;apparaissait pas de façon évidente, pour prendre en charge le patient, souvent de façon non pharmacologique en rejoignant celle des syndromes médicalement inexpliqués.</p>
<p>On savait que les opioïdes ne fonctionnaient que très partiellement dans les douleurs chroniques <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/12/dragi-webdo-n209.html">non cancéreuses</a>, la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/05/dragi-webdo-n99.html">lombalgie chronique</a>. Cet essai randomisé publié dans le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(23)00404-X/fulltext">Lancet</a> concerne la lombalgie aiguë et va dans le même sens. A 6 semaines, les patients sous opioïdes avaient une EVA à 2.78/10 versus 2.25 sous placebo, p =0.051*. Par contre, il y avait  7.5% de patients constipés sous opioïdes contre 3,5% sous placebo. Il est dommage qu&rsquo;on n&rsquo;ait pas d&rsquo;info sur la façon de laquelle les patients ont consommé d&rsquo;autres antalgiques, fait de la kiné ou eu une activité physique !</p>
<p><em>* NB méthodologique: on est dans un ECR donc on ne peut pas dire que les opioïdes sont presque pire que le placebo car 0.051 est &ldquo;presque significatif. Dans un ECR 0.051 c&rsquo;est comme  0.7: c&rsquo;est négatif. Et quand bien même ça serait significatif, la différence ne serait pas cliniquement pertinence ici.</em></p>
<p>4/ ORL</p>
<p>Un essai randomisé du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamaneurology/article-abstract/2806601">JAMA</a> a comparé l&rsquo;auto-réalisation de manœuvre par les patients atteints de VPPB. Les auteurs montrent que l&rsquo;utilisation de la manœuvre de &ldquo;Semont +&rdquo; est supérieure à la manœuvre d&rsquo;Epley, car il y avait 2 jours versus 3 jours de délai avant d&rsquo;obtenir 3 réveils consécutifs sans vertiges (oui, le critère est un peu tordu mais semble cliniquement pertinent). Bref, voici la manœuvre &ldquo;Semont +&rdquo; à effectuer par les patients :</p>
<p>5/ Voyages</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1314">HCSP</a> a publié les nouvelles recommandations aux voyageurs, pour  2023. Il y a quelques changements et notamment des simplifications. On peut y apprendre que les anophèles responsables du paludisme et les <em>Culex</em> entraînant l&rsquo;encéphalite japonaise et le West Nile piquent plutôt la nuit, alors que les <em>Aedes</em> responsables du chikungunya, de la dengue et du Zika piquent plutôt le jour. Il est rappelé que toute fièvre en retour de zone tropicale dans les 3 mois nécessite une consultation. Concernant la chimioprophylaxie anti-palustre (CPAP), elle n&rsquo;est recommandée pour les voyages &ldquo;conventionnels&rdquo; touristiques et professionnels courts (&lt; 1 mois), avec nuitées principalement en ville et, conditions d’hébergement favorables, à destination de l’Asie et de l’Amérique tropicale. Ces notions de séjour &ldquo;conventionnels et non conventionnels&rdquo; permettent de simplifier les recos (cf tableau). Cependant, les difficultés financières a mettre en place les mesures non pharmacologiques peuvent faire favoriser la prescription d&rsquo;une CPAP (même si non remboursé mais les auteurs invitent les autorités à revoir ce non remboursement compte tenu des enjeux de santé publique). Dans les diarrhées, toujours racecadotril si besoin (attention si IEC: augmente le risque d&rsquo;angio-oedème) et azthromycine (mais ils mettent quand même cipro si diarrhée dysentérique grave non contractée en Asie). La mélatonine de 0.5 à 5mg peut être utilisée pour  les décalages horaires. Les antibiotiques préventifs sont &ldquo;acceptables&rdquo; pour l&rsquo;azythro si diarrhée, fosfomycine si cystite, ofloxacine locale si atcd d&rsquo;otites externes, et amoxicilline pour une infection orl/pulmonaire si enfant ou comorbidités.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi1OOqjiUYandNMKebnpxBYB-RyPlaxLglZvmNggcpuJC91J9kZnOROTG_fnSzn1dfVHY-PNQAd1v8hlD17mJvnvFGxCYkV3qe0mtf6LxT4BWsw4N5mTgpwJVPEZsxgEyN1BVYhnRjzE-e5ajl8i-oHPQcu_etpbIWKvMkItGb0dYenLXE80Q4XZXv2_N8A/s957/voyageurs.png"><img src="/images/articles/2023/voyageurs.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Urologie</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD001423.pub4/full">Cochrane</a> a publié une étude concernant le serenoa repens dans le traitement de l&rsquo;hypertrophie bénigne de la prostate. Ce traitement pouvait améliorer significativement le score IPSS de 0.9 points sur 35 en monothérapie, ce qui n&rsquo;apportera pas de bénéfice clinique. En association, le bénéfice est de 2.4 points avec les 2 traitements versus placebo. Bref, pas de bénéfice démontré pour ce traitement.</p>
<p>7/ Obésité</p>
<p>Dans les traitements de l&rsquo;obésité, on commence avec un <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-0052">essai</a> randomisé comparant le jeune intermittent (en mangeant uniquement entre midi et 20h) sans restriction calorique versus régime avec réduction des calories de 25% et versus un groupe contrôle. Les auteurs trouvent que les 2 groupes interventions réduisaient plus le poids (environ 5kg à 12 mois) que le groupe contrôle, sans différence significative entre eux.</p>
<p>Après les analogues du GLP1, les doubles analogues de GLP-1 et du GIP, voici le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2301972">retatrutide</a>, un triple agoniste du GLP-1, du GIP et des récepteurs au glucagon! Dans un essai randomisé de phase 2, ce traitement permettait une baisse de 5% du poids chez 65% des patients dès la plus petite dose (1mg), de 100% des patients à 8mg, et une baisse de plus de 15% du poids chez 75% des patients prenant la dose de 8mg. Les effets indésirables étaient essentiellement digestifs et dose dépendants. A suivre, sur la tolérance à long terme et la reprise de poids après arrêt du traitement.</p>
<p>Revenons sur un traitement un peu plus classique, avec le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(23)01185-6/fulltext">semaglutide</a>, qui a déjà démontré des baisses de poids en injectable et qui est maintenant étudié sous forme orale dans l&rsquo;obésité (pour mémoire c&rsquo;était un traitement réduisant possiblement la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/06/dragi-webdo-n232.html">morbimortalité</a> en cas de diabète mais pas encore disponible en France). Dans l&rsquo;étude OASIS-1 publiée dans le Lancet, le traitement randomisé versus placebo était 50mg de semaglutide oral chez des patients non diabétiques. La perte de poids moyenne a été de -15.1% avec semaglutide et -2.4% avec placebo après 15 mois de traitement. Les NNT pour des réductions de 5%, 10%, 15% et 20% étaient respectivement de 2 , 2, 3 et 4 patients. Les patients traités avaient également une PA plus faible (-6.5mmHg) et un LDL plus faible (-20mg/l) par rapport au bras placebo. Les effets secondaires sont connus et essentiellement digestifs  (NNH=3) et reste du domaine de ce qui est connu avec cette classe: nausées/vomissements, constipation, dysphagie, perte d&rsquo;appétit, lithiases vésiculaires.</p>
<p>8/ Le jeu du mois: Edgar &amp; Lucien</p>
<p>&ldquo;Edgar &amp; Lucien&rdquo; est un jeu de stratégie sur un thème steampunk dans lequel chaque joueur a le contrôle de 2 personnages: Edgar et Lucien ! L&rsquo;un est un politicien (Lucien) qui vise à atteindre les sommets et l&rsquo;autre son homme de main (Edgar) qui se charge des basses besognes. Le système de jeu est original : chaque quartier de la ville (case) a une bordure d&rsquo;une couleur différente, et chaque joueur dispose d&rsquo;un cadran avec les couleurs correspondant et 2 flèches indiquant les personnages. Tout le monde positionne secrètement les flèches sur une ou plusieurs couleurs, et le personnage se déplacera vers un nouveau quartier en franchissant la bordure de cette couleur. Une fois les déplacements effectué, Lucien peut acheter des quartiers et améliorer sa popularité alors qu&rsquo;Edgar va faire des manigances pour extorquer de l&rsquo;argent et voler des quartiers etc&hellip; La victoire s&rsquo;obtient en réunissant 3 des 4 conditions de victoires : contrôler la majorité des quartiers, être à 100 points de popularité, contrôler des quartiers ministériels et avoir 150 000 d&rsquo;argent. C&rsquo;est un jeu plein de rebondissements, avec des mécanismes pas très complexes mais qui nécessitent pas mal d&rsquo;anticipation pour réaliser les objectifs et vérifier que les adversaires ne vous les soufflent pas sous le nez !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh3nWXdwTRonOahHNkHe4gQp6Nc_iMTTwbak9PEUqSq13HdImnELDvKpjZc8Wsth5-DHGdS41zQjs6PLuWQp7Jbk3twXrpmBPVuzxLE5t8L6m4KONaEU7N9Q0G13BV2kwNX7saezDV9Tw1aJIapG3uPnVO7FzNh2zA9LaXXvxo1to7j30B9FuUAIWBAsmTr/s4000/20221016_144008.jpg"><img src="/images/articles/2023/20221016-144008.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette seremaine ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>On se retrouve fin août, bonnes vacances !</p>
<p> @Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°405 : Dépistage anxiété/dépression (uspstf), thrombophilie (recos us), sécurité des patients, allergie pénicilline, asthme/cancer, vomissements gravidiques, amygdalectomie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/06/dragi-webdo-n405/</link><pubDate>Mon, 26 Jun 2023 21:03:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/06/dragi-webdo-n405/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! C&rsquo;est l&rsquo;avant dernier DW avant la pause estivale, et en introduction abordons l&rsquo;impact du temps de travail prolongé sur les médecins. Cette étude du <a href="https://bmjmedicine.bmj.com/content/2/1/e000320">BMJ Open</a> retrouve que travailler plus de 48h par semaine augmente le risque d&rsquo;erreurs médicales et d&rsquo;effets indésirables fatals évitables, quand c&rsquo;est plus de 60 heures, c&rsquo;est pire et quand c&rsquo;est sur des horaires étendues (journée+ garde) c&rsquo;est bien aussi. Bref, un jour les politiciens comprendront que faire travailler plus les médecins c&rsquo;est pas une bonne idée, enfin, pas pour la population en tous cas&hellip;</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://www.cambridge.org/core/journals/epidemiology-and-psychiatric-sciences/article/populationbased-cohort-study-of-oral-contraceptive-use-and-risk-of-depression/B3C611DD318D7DC536B4BD439343A5BD">étude</a> de cohorte britannique montre une association entre la prise de contraception orale et le risque de dépression notamment dans les 2 premières années (ça c&rsquo;est déjà <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/11/dragi-webdo-n204.html">connu</a>). Cependant il y avait aussi un risque de dépression au cours de la vie plus élevé en cas de pilule prise dans l&rsquo;adolescence. Bref, il faut se rappeler des effets indésirables psychologiques des contraceptions pour agir au mieux.</p>
<p>On avait parlé du score <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/03/dragi-webdo-n262.html">PEN-FAST</a> pour les allergies à la pénicilline suspectée. Une nouvelle <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2806194">étude</a> de validation a été effectuée et retrouve que le seuil de 0-2 vs 3-5 a une sensibilité de 100%, une spécificité de 75%, une VPN de 100% et une VPP de 4%. Environ 75% des patients inclus dans ce centre tertiaire avaient un PEN-FAST de 2 ou moins. Ceci confirme donc que c&rsquo;est un &ldquo;bon&rdquo; test de dépistage, mais une validation ambulatoire serait bienvenue (même si la probabilité d&rsquo;allergie vraie est probablement plus élevée au CHU qu&rsquo;en ville).</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Des <a href="https://ashpublications.org/bloodadvances/article/doi/10.1182/bloodadvances.2023010177/495845/American-Society-of-Hematology-2023-Guidelines-for">recommandations</a> sur le bilan de thrombophilie après un évènement thrombo-embolique veineux ont été publiée par la société américaine d&rsquo;hématologie.</p>
<ul>
<li>
<p>Ils ne recommandent pas de bilan en cas de TVP provoquée par une chirurgie ou non provoquée pour guider la durée du traitement. Pour les TVP provoquée par des facteurs non chirurgicaux (hospitalisation 3jours, grossesse, contraception ) et les MTEV sur des sites atypiques (thrombophlébite cérébrale, splanchnique sans cirrhose), ils recommandent un recherche de thrombophilie pour discuter d&rsquo;un traitement au long cours si le bilan est positif. Si une RCP a décidé d&rsquo;un traitement a vie, il n&rsquo;est pas recommandé de faire le bilan de thrombophilie. En cas de TVP avec facteur déclencheur mineur et atcd familial de thrombphilie, il n&rsquo;est recommandé de tester QUE si la thrombophilie familiale est identifiée ET à haut risque (prot C, prot S, antithrombine et pas pour fac V Leiden ou prothrombine).</p>
</li>
<li>
<p>Pas de bilan non plus si asymptomatique en population générale avant un traitement hormonal ou en cas de thrombophilie familiale (1er degré), sauf si 1/ thrombophilie à haut risque et désir de traitement hormonal: car COP/THM contre indiqué si la même thrombophilie est retrouvée et 2/ thrombophilie à haut risque et exposition à un facteur de risque mineur car cela pourrait indiquer une thromboprophylaxie 3/ thrombophilie familiale connue et désir de grossesse pour une prophylaxie pré et post partum si a même thrombophilie est retrouvée, 4/ thrombophilie familiale connue et cancer pour débuter une prophylaxie.</p>
</li>
</ul>
<p>Une <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/cam4.5875">étude</a> de cohorte retrouve une association entre le risque de cancer (prostate, poumon, CCR, col de l&rsquo;utérus et endomètre, hémopathies, ovaire, mélanomes) et le fait d&rsquo;avoir de l&rsquo;asthme. L&rsquo;association cancer et maladies inflammatoire a été décrite dans d&rsquo;autres maladies inflammatoires. Il est intéressant de voir qu&rsquo;ici, pour  les patients traités par CSI l&rsquo;association cancer/asthme n&rsquo;était plus significative que pour les cancers pulmonaires et mélanomes.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Un <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-2974">essai</a> randomisé en plan factoriel 2x2 a comparé l&rsquo;acuponcture pendant 30min et la doxylamine+B6 pendant 14 jours au placebo et fausse acuponcture dans la prise en charge des vomissements gravidiques. Le critère de jugement était la réduction du score PUQE(léger &lt; 7, modéré 7-12, sévère &gt;12) à 15 jours. A l&rsquo;inclusion, le score moyen était de 11 et 30% des patientes avaient des vomissements sévères. Le score a baissé dans tous les groupes d&rsquo;environ 5 points en 15 jours et était significativement plus bas dans les groupes doxylamine+B6 (-1,0) et dans le groupe acuponcture vraie (-0,7). Il y avait plus de somnolence avec doxylamine+B6, et plus de dyspnée, ecchymoses, prurit et douleur avec acuponcture vraie, et pas de différence dans les issues maternelles et fœtales concernant la grossesse. C&rsquo;est concordant avec les données des recos, mais le bénéfice ne semble pas énorme par rapport au placebo&hellip;</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>L&rsquo;USPSTF a publié des recommandations concernant le dépistage en médecine générale de l&rsquo;anxiété et de la dépression. En réalité, il s&rsquo;agit plutôt de diagnostic précoce ou de repérage. Concernant l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2806250">anxiété</a>, les études concernant les programmes de dépistages ne sont pas franchement en faveur d&rsquo;un bénéfice mais les traitements sont efficaces et les questionnaires de dépistages les plus utilisés sont le GAD-7 et le GAD-2 (Au cours des 2 dernières semaines, vous êtes vous senti: 1/ anxieux, nerveux ou à vif? 2/ incapable d&rsquo;arrêter ou de contrôler une inquiétude?). Ainsi, ils recommandent un dépistage (grade B) systématique y compris pendant la grossesse mais ne peuvent se prononcer sur le sujet âgé. Concernant la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2806144">dépression</a>, le dépistage réduit la prévalence de la dépression après 6-12 mois et les données sont en faveur de l&rsquo;utilisation du PHQ-9 avec un seuil de positivité à 10. Bien que les données soient en faveur d&rsquo;un bénéfice des traitements médicamenteux et des psychothérapies, les études de la FDA font suspecter une augmentation légère du risque de tentatives de suicides avec antidépresseurs de seconde génération (IRSNA notamment). Les auteurs recommandent un dépistage de la dépression à tout âge (grade B), mais ne peuvent se prononcer sur le dépistage du risque suicidaire.</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Un essai randomisé du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(23)00519-6/fulltext">Lancet</a> a comparé amygdalectomie versus traitement conservateur chez des patients de plus de 16 ans avec au moins 7 épisodes d&rsquo;angine dans l&rsquo;année précédente ou 5/ans dans les 2 ans. A 24 mois les auteurs montrent qu&rsquo;il y avait une réduction significative de 47% du critère de jugement principal. Ce critère de jugement était le nombre de jour avec une odynophagie sur 2 ans : médiane de 24 dans le groupe opéré versus 30 dans le groupe conservateur&hellip;&hellip;.. Il y avait 39% d&rsquo;effets indésirable sous chirurgie, les effets indésirables sévères touchant 19% des patients (notamment des saignements) et 20% de réhospitalisation. Les auteurs arrivent à conclure à un rapport cout-efficacité bénéfique, avec une absence de surcout significatif (+488£ ) et une réduction de 0,12QALY. Cependant, il est difficile de voir que c&rsquo;est cout efficace d&rsquo;avoir 3 jours de moins par an d&rsquo;odynophagie par rapport à une chirurgie requérant un bloc opératoire et 20% de réhospitalisation, mais visiblement les patients trouvent que leur qualité de vie est meilleure après chirurgie (on peut quand même se questionner sur l&rsquo;effet placebo de la chirurgie qui pourrait faire surestimer le bénéfice en l&rsquo;absence d&rsquo;aveugle, un peu comme le placebo avec mauvais gout est perçu comme plus efficace que le placebo avec un bon gout) L&rsquo;intérêt de cette étude est surtout qu&rsquo;elle inclus les douleurs post opératoires d&rsquo;où le gain de 3 jours/an et non de 10 jours qui avait été retrouvé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/04/dragi-webdo-n137.html">précédemment</a>&hellip;</p>
<p>Les <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj.p1423">recommandations</a> de vaccination anti-HPV chez les patients de 12-13 ans, les HSH de moins de 25 ans sont en train de se modifier au Royaume Uni qui va se prononcer pour la dose unique de Gardasil-9 devant les études d&rsquo;efficacité suffisante dont nous avions parlé (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/12/dragi-webdo-n378.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n352.html">là</a>) (mais ils semblerait que les labo tentent de dire &ldquo;on a pas assez de données pour ça&rdquo;, ce qui n&rsquo;est pas forcément faux, mais c&rsquo;est sur que c&rsquo;est moins rentable de faire un vaccin en 1 dose au lieu de 3 !).</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°404 : inégalités sociales, toux chronique (reco), HCQ/Covid, post-covid, variabilité HTA, oseltamivir, antalgie/pédiatrie, thérapie familiale/obésité</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/06/dragi-webdo-n404/</link><pubDate>Mon, 19 Jun 2023 21:35:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/06/dragi-webdo-n404/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, pour commencer ce billet, parlons des différences ethniques et inégalités en médecine. Ce <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj.p1281">BMJ</a> aborde le sujet avec un tableau par ethnie, la couleur de la case correspondant à un gradient d&rsquo;incidence dans la colonne de droite (plus c&rsquo;est foncé, plus c&rsquo;est élevé). Bonne lecture !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj4BB_d1lfUSZDzQg3eQVf2yruDu14_MYze1pujjIRG_YuLlLauk1B_FeuLe1wDM4_E1d5iJ2CdBJxvjHcmcWvhaO7aNJMY4cGBBhTy58VLVMryY1MlFZLsRsuyHUXhYTRrGlXZBu0QAD1kx7DMRGXj6ltVnYPat8JeBZMdOpPbVqRbN_dHlMKFUJvDbA/s1066/in%C3%A9galit%C3%A9s.png"><img src="/images/articles/2023/in-c3-a9galit-c3-a9s.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-021-22446-z">revue</a> systématique intégrant les essais hydroxychloroquine/chloroquine versus placebo dans la prise en charge du Covid a été publiée. Elle a inclus des articles publiés et non publiés, le funnel plot est parfaitement équilibré, ce qui permet de s&rsquo;assurer de la bonne inclusion des études dans cette revue systématique. Au total, 28 essais randomisés ont été inclus, en grande majorité concernant des patients hospitalisés (22 essais), incluant plus de 10 000 patients. Pour l&rsquo;hydroxychloroquine, le risque de mortalité était augmenté de 11% de façon significative (et de 77% de façon non significative pour la chloroquine). Ce qui va semer le trouble parmi les &ldquo;pro HCQ&rdquo;, c&rsquo;est que cette augmentation de mortalité retrouvé en méta-analyse ne saute pas aux yeux à 1ère vue. En effet, il y  a eu  14% de décès dans les groupes HCQ et  16.9% dans les groupes contrôle, et on pourrait donc conclure à tort à un bénéfice sur la mortalité en traitant par HCQ. Cependant, 1/ dans un certain nombre d&rsquo;études (12/26), il n&rsquo;y a eu aucun décès, ce qui fait qu&rsquo;elles ne sont pas utilisables en méta-analyse (il faut au moins 1 évènement dans 1 groupe), 2/ les études n&rsquo;ont pas toutes le même poids dans une méta-analyse et dans beaucoup il y a un déséquilibre entre les groupes et des durées de suivi différentes. Ces éléments font que l&rsquo;ont ne peut pas se fier aux &ldquo;pourcentages globaux&rdquo;: les résultats de la méta-analyse sont une combinaison des OR de chaque étude (Merci Rémy pour les explications sur le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_Simpson">paradoxe de Simpson</a>).  Enfin, si on s&rsquo;intéresse uniquement aux études avec une randomisation 1:1 dédiées à l&rsquo;HCQ, on a un risque de mortalité de 7.7% avec HCQ contre 7.1% en groupe contrôle (soit OR concordant de 1.1 et un NNH de 167 patients). Pour ceux qui seraient septiques, les auteurs ont mis en PJ la base de données et les codes statistiques utilisées pour permettre à d&rsquo;autres chercheurs de jouer et de confirmer leurs analyses. Bref, contrairement à ce que certains ont pu penser, il est dangereux de donner l&rsquo;HCQ dans le Covid.</p>
<p>Le <a href="https://ansm.sante.fr/actualites/lansm-classe-lhexahydrocannabinol-hhc-et-deux-de-ses-derives-sur-la-liste-des-stupefiants">HHC</a> (hexahydrocannabinol) est un psychotrope de synthèse à partir de cannabinoïdes naturels. Compte tenu du risque d&rsquo;abus, de dépendance et des effets secondaires cardiologiques (tachycardie, douleur thoracique, poussé hypertensive) et neurologiques (malaise, confusion, tremblements, bad trips), il a été inscrit sur la liste des stupéfiants par l&rsquo;ANSM et leur production/vente/consommation est interdite.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La pression artérielle est particulièrement variable selon les circonstances de mesures. Cette <a href="https://www.acc.org/Latest-in-Cardiology/Articles/2023/06/05/19/18/Why-Is-Cuff-Size-So-Important-and-Other-Factors-That-Affect-Accurate-BP-Measurement?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter_post&amp;utm_campaign=twitter_post">publication</a> s&rsquo;intéressant notamment à la taille du brassard, montre aussi les variations de PA liés aux autres circonstances de mesure :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhX-cH4gd7LQlBb0VP1SumyWjoKun3DSQ8-PzqpJw_IjBjDMy8ZWlLKpWNNjkMUjjrvjmPiWr3RFONrlAJCSNV6lI1DSozQwecTffSewo_0kaELpjDwpxXHMunSrfFuXkzZdZW-G5fnNehwfl4QXbkWuoUtGw32p3QA_2fLTq5YIRT8BEIfrbt22H9HeA/s1375/HTA.png"><img src="/images/articles/2023/hta.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>On reste dans les &ldquo;grosses&rdquo; méta-analyse avec un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2805976">JAMA internal medicine</a>
évaluant l&rsquo;efficacité de l&rsquo;oseltamivir chez les patients en
ambulatoire. Cet article a inclus 15 essais randomisés soit plus de 6000
patients. Comme attendu, l&rsquo;oseltamivir n&rsquo;a pas réduit significativement
le risque d&rsquo;hospitalisation chez l&rsquo;ensemble des patients ni dans les
sous-groupes &ldquo;plus de 65 ans&rdquo; ou &ldquo;avec comorbidité à haut risque
d&rsquo;hospitalisation&rdquo;. Cependant, il y avait un sur-risque de vomissement
et de nausées (NNH 7 et 10). Voilà donc qui confirme l&rsquo;absence d&rsquo;intérêt
de ces médicaments malgré les préconisations de certains organismes.</p>
<p> Le <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2023-074937">BMJ</a> aborde la prise en charge des troubles respiratoires post-covid. Ces troubles sont fréquents malgré des diagnostics différentiels à éliminer (insuffisance cardiaque, FA, coronaropathie, EP, fibrose pulmonaire, myocardite, pleurésie, cancer pulmonaire&hellip;). Le bilan comprend donc: SpO2, test d&rsquo;hypotension orthostatique, NFS-plaquettes (+/- ferritinémie), NT-pro-BNP, ECG, RXT, spirométrie, PHQ-9 et GAD-7 (pour éliminer un syndrome anxio-dépressif),  et un Self Evaluation of Breathing Questionnaire pour évaluer la dyspnée (anormal si &gt;11). L&rsquo;avis spécialisé est requis en cas d&rsquo;orientation vers une pathologie cardio/pulmonaire suspectée, ou en cas de symptômes post-covid multiples qui peuvent être pris en charge par une équipe pluridisciplinaire spécialisée dans le covid long. Et sinon, la prise en charge en soins primaire c&rsquo;est: encourager l&rsquo;activité physique de façon adapté avec des sports tels que le yoga, essayer de mettre en place une rééducation pulmonaire par des kinés et faire de la relaxation.</p>
<p>La <a href="https://splf.fr/wp-content/uploads/2023/06/Recos-Toux2023.pdf">SPLF</a> a publié des recommandations concernant la toux chronique. Une toux chronique est une toux persistant plus de 8 semaines. Le bilan initial comporte une EVA de la toux, une radiographie thoracique et une prise en charge des éventuelles complications de la toux. En l&rsquo;absence de signes d&rsquo;alarme (AEG, hémoptysie, dysphonie, ADP&hellip;) , il est recommandé d&rsquo;arrêter le tabac pendant 8 semaines (rappel: ca fait tousser aussi d&rsquo;arrêter au début), d&rsquo;arrêter les traitements tussigènes pendant 8 semaines après accord du prescripteur bien sûr (notamment IEC/ARAII). Si la toux persiste, il faut rechercher et traiter les 3 principales causes: RGO (interrogatoire =&gt; IPP 8 semaines), asthme (spirométrie =&gt; CSI au moins 4 semaines), rhinosinusite (nasofibroscopie =&gt; antihistaminiques si allergique ou corticoïdes nasaux si non allergique). Si la toux persiste toujours malgré traitement ou que le bilan ne retrouve rien après 6 mois, on parle alors de TOCRI (toux chronique réfractaire ou inexpliquée) et on passe au TDM thoracique et à l&rsquo;avis pneumo (pour résumer). Si pas de cause, un traitement antitussif symptomatique par gabapentine (1800mg/j) ou prégabaline (grade B), par morphine (5-10mg x2/j) (grade B), ou par amitriptyline 10mg/j (grade C) et de mettre en place de la réhabilitation respiratoire (grade B).  Enfin, une toux psychogène est un diagnostic d&rsquo;élimination pour une toux aboyante ne survenant pas la nuit et cessant lors des activités nécessitant de se concentrer.</p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>Un essai randomisé du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2805906">JAMA</a> a comparé les soins courants à une thérapie comportementale familiale dans la prise en charge de l&rsquo;obésité de l&rsquo;enfant. L&rsquo;intervention visait a améliorer les comportements alimentaires, encourager l&rsquo;activité physique, et modifier les comportement parentaux au cours de 26 sessions avec un coach réparties sur 2 ans. Les IMC respectifs des enfants, parents et de la fratrie étaient respectivement de 26,8 (84% en obésité), 37 (80% en obésité) et 26 (70% en obésité) au début de l&rsquo;intervention. Les auteurs montrent que dans le groupe intervention aucun enfant n&rsquo;était au dessus de la médiane américaine d&rsquo;IMC contre 6% dans le groupe contrôle. Le critère de jugement n&rsquo;est pas très causant&hellip; On voit surtout que les participants arrivent à maintenir leur IMC stable alors qu&rsquo;il augmente dans le groupe contrôle. Ainsi,  il y avait une réduction du z Score d&rsquo;IMC pour l&rsquo;âge significative (&gt;25%) chez 27% des enfants du groupe intervention contre 9% du groupe contrôle, avec un effet possible sur l&rsquo;IMC de la fratrie (mais pas trop sur celui des parents).</p>
<p>Enfin, une revue <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD006275.pub4/full">Cochrane</a> fait le point sur l&rsquo;antalgie non médicamenteuse chez le nourrisson et l&rsquo;enfant. Chez les prématurés, la succion non nutritive, la tétée facilitée et l&rsquo;emmaillotage réduisaient la douleur en cas de prématurité et la succion non nutritive était également efficace chez les nourrissons nés à terme avec un niveau de preuve faible.</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°403 : plantes, coronaropathie stable, dépistage HP, metformine/Covid long, dépistage CCR (colo, FIT), craniosténose</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/06/dragi-webdo-n403/</link><pubDate>Sun, 11 Jun 2023 23:13:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/06/dragi-webdo-n403/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, pour commencer ce nouveau billet, le <a href="https://bjgp.org/content/73/731/e399">BJGP</a> aborde les conséquences des fermetures de cabinet de médecins généralistes. Les auteurs trouvent près de 10% de fermetures de cabinet en 3 ans, et que la re-répartition des patients a entrainé une augmentation d&rsquo;environ 5% des patientèles des cabinets environnants, une baisse de la satisfaction des patients, une baisse de 2£/patient du &ldquo;forfait médecin traitant britannique&rdquo; et pas de modification des &ldquo;ROSP britanniques&rdquo;. Bref, surcharger les médecins ayant déjà des patientèles pleines n&rsquo;est pas une bonne idée pour rendre la MG attractive et satisfaire les patients. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.anses.fr/fr/content/complements-alimentaires-plantes-meilleure-information-des-consommateurs">ANSES</a> a publié un tableau concernant les compléments alimentaires à base de plantes. On y trouve la liste d&rsquo;un très grand nombre de plantes sous leur nom vernaculaire ou scientifique ainsi que si elles ont des contre-indications ou des interactions médicamenteuses et si elles sont utilisables pendant la grossesse ou en pédiatrie. On pourra enfin expliquer et informer clairement aux patients !</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-0231">revue</a> systématique parle du diagnostic de coronaropathie stable (la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/09/dragi-webdo-n323.html">HAS</a> avait publié des recos et l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/09/dragi-webdo-n236.html">ESC</a> aussi). Sur le plan diagnostic,  l&rsquo;utilisation du coroscanner était associé a une mortalité cardiovasculaire et à une survenue d&rsquo;infarctus du myocarde identique à une prise en charge par une coronarographie d&rsquo;emblée, et à moins de revascularisations. Par rapport à l&rsquo;épreuve d&rsquo;effort ou à la scintigraphie myocardique, l&rsquo;utilisation du coroscanner était associé à une moindre mortalité cardiovasculaire et à moins d&rsquo;infarctus et à plus de revascularisation. Ainsi, ceci semble confirmer la place importante du coroscanner dans la PEC, bien que ce soit un test anatomique et non un test fonctionnel.</p>
<p>Un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(22)01843-8/fulltext">Lancet</a> de 2022 était un peu passé à la trappe. Rappelons que les recommandations de prescription d&rsquo;un dépistage d&rsquo;Hélicobacter Pylori sont en faveur d&rsquo;un dépistage avant mise sous antiagrégant plaquettaire au long cours. Cet essai a donc randomisé des patients sous aspirine (60% en prévention secondaire) et ayant un test HP positif en &ldquo;traitement antibio&rdquo; versus &ldquo;placebo de traitement&rdquo; (c&rsquo;est couillu) et a exclu ceux sous protecteurs gastriques. A 2,5 ans de suivi, l&rsquo;incidence des hospitalisations pour ulcère gastrique a été réduite de  65% dans le groupe traité (NNT =591 patients). Après les 2,5 ans, il n&rsquo;y avait plus de différence entre le groupe traité et non traité. On peut aussi se dire que les patients non traités ont été mis plus souvent sous IPP au long cours, et ben non c&rsquo;est l&rsquo;inverse : il y avait un risque majoré de 10% d&rsquo;être sous IPP après éradication (environ  25% des patients,  et ils avaient aussi plus d&rsquo;AINS autre qu&rsquo;aspirine&hellip;). Au total, il est probablement utile de dépister et de traiter à cause de l&rsquo;impact marqué dans les 3 premières années, mais si ça fait &ldquo;longtemps&rdquo; que les patients sont sous aspirine sans avoir été dépisté/traités pour HP, ça ne sert probablement à rien. (Petit point intéressant: les 5000 patients ont été recrutés dans 1200 cabinets de MG, ça serait tellement beau qu&rsquo;on arrive à recruter autant dans autant de cabinets en France&hellip;)</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Le gros <a href="https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(23)00299-2/fulltext">article</a> de la semaine concerne un essai randomisé comparant la metformine au placebo dans la survenue d&rsquo;un Covid Long. Méthodologiquement l&rsquo;article tient la route (c&rsquo;est un plan factoriel 2x3 avec metformine vs placebo, et également metformine+ivermectine et metformine+fluvoxamine à leurs placebo respectifs). Les patients inclus étaient des patients de plus de 30 ans ayant un IMC &gt;25 et ayant eu un test Covid+ et ne nécessitant pas d&rsquo;hospitalisation. L&rsquo;analyse combinée de tous les patients ayant reçu de la metformine versus ceux n&rsquo;en ayant pas reçu montre une réduction du risque de Covid long de 40% (p=0.012) à 10 mois (NNT= 25!). C&rsquo;est un des &ldquo;meilleurs&rdquo; essais réalisés concernant la metformine, et ce n&rsquo;est pas dans le diabète ! Cependant, plusieurs points vont venir chatouiller le lecteur. Premièrement, l&rsquo;essai <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2201662">princeps</a> testait ces traitements pour le risque d’aggravation de Covid &ldquo;aigu&rdquo; (les 3 traitements étaient inefficaces). Le critère &ldquo;Covid long&rdquo; a été placé comme critère de jugement secondaire, donc nous n&rsquo;analysons pas là une étude dédiée au Covid long. S&rsquo;attendant à la remarque &ldquo;mais il faut ajuster sur les comparaisons multiples&rdquo;, les auteurs ont trouvé des références disant qu&rsquo;en plan factoriel, il n&rsquo;est pas utile de  les prendre en compte car chaque comparaison est indépendante de l&rsquo;autre. Mais ici, il aurait fallu prendre en compte qu&rsquo;il y a déjà eu des analyses comparant metformine vs placebo dans l&rsquo;article princeps, ainsi que des analyses intermédiaires de sécurité. Cela aurait réduit le seuil de significativité retenu (on est quand même à 3 comparaisons dans le princeps et 3 dans celui ci&hellip; difficile de dire que le risque est contenu dans les 5% pour chaque comparaison). Ensuite, le critère de jugement était la question &ldquo;est ce qu&rsquo;un professionnel de santé vous a dit que vous aviez un covid long? A quelle date? était ce : un généraliste, un spécialiste, un spécialiste du Covid ou un chiropracteur?&rdquo; (hein??). Ce critère déclaratif et rétrospectif est évalué tous les 2 mois jusqu&rsquo;à 10 mois. Dans les analyses, il est négatif à 4 mois et positif ensuite. D&rsquo;après les <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng188">recommandations</a>, les symptômes débutant après 3 mois post covid sont peu en faveur du Covid long; et là, on a que les dates de diagnostic posé pas de début de symptômes. Donc est ce que les diagnostics sont bien posés pour des symptômes apparus depuis le covid? Mais ce biais n&rsquo;est pas différentiel, cela veut dire qu&rsquo;il affecterai de la même façon les 2 groupes. La metformine réduit bien le risque de symptômes, mais on ne sait pas si c&rsquo;est vraiment des covid long. Enfin, il est possible que bien que l&rsquo;étude soit en aveugle, les patients puisse savoir dans quel groupe ils étaient compte tenu des effets indésirables digestifs de la metformine. Cependant, il est peu probable que les patients se souviennent 6 mois après avoir &ldquo;peut être eu&rdquo; la metformine et consultent moins pour leurs symptômes sachant cela. Au total, une bonne étude qui aurait besoin d&rsquo;être reproduite dans une étude dédiée et sur un critère de jugement mieux construit.</p>
<p>Un essai randomisé du <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-072724">BMJ</a> propose d&rsquo;avancer le vaccin ROR à  6 mois au lieu de 12 mois. Les enfants ont donc eu une première dose à 6 mois ou un placebo. A 12 mois, il n&rsquo;y avait pas de différence de survenue du critère de jugement principal (risque d&rsquo;hospitalisations globales), ce qui n&rsquo;est pas en faveur d&rsquo;un avancement de l&rsquo;âge vaccinal. L&rsquo;hypothèse était que le ROR aurait des effets non spécifiques sur l&rsquo;immunité, mais visiblement ça ne fonctionne pas sur autre chose que la rougeole, les oreillons et la rubéole.</p>
<p>4/ Gastroentérologie</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2803491">JAMA int med</a> s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;espérance de vie des patients de plus de 75 ans bénéficiant d&rsquo;une coloscopie de dépistage du CCR aux Etats Unis. Il est montré que chez les patients de 76 à 80 ans ayant passé une coloscopie de dépistage, 30% d&rsquo;entre eux ont une espérance de vie de moins de 10 ans et environ 10 sur 1000 avaient un évènement iatrogène de la coloscopie. Au delà de 80 ans, on passe à près de 75% des patients ayant une coloscopie qui ont une espérance de vie inférieure à 10 ans (et 100% après 85 ans) et les colos ont entrainé environ 30 patients sur 1000 avaient une conséquence iatrogène de l&rsquo;intervention (jusqu&rsquo;à  80/1000 après 85 ans). Sur les résultats des colos, le risque de néoplasie avancé était de  moins de 4% quand l&rsquo;espérance de vie était supérieure à 10 ans et de près de 10% quand elle était inférieure, et globalement le risque de cancer colo-rectal était de  2 pour 1000. Ce qui est clair c&rsquo;est qu&rsquo;en cas d&rsquo;espérance de vie estimée &lt; 10 ans, il est inutile de rechercher un CCR devant la rareté et les risques élevés.</p>
<p>Alors qu&rsquo;il est recommandé de n&rsquo;utiliser le test immunologique fécal (FIT) que chez les patients asymptomatiques pour ne pas 1/rassurer à tort un patient qui aurait des symptômes et 2/passer à coter de l&rsquo;indication d&rsquo;une coloscopie, un article du <a href="https://bjgp.org/content/73/731/283">BJGP</a> propose une conduite à tenir chez les patients symptomatiques. Les auteurs indiquent que le FIT peut être utilisé chez les patients symptomatiques avec un seuil de 10µg/g (et non 150µg/g seuil utilisé dnas le dépistage du CCR), et a une VPN de 99% d&rsquo;après 2 études (entre 4 pour 1000 et 7 pour 10000 patients ont un CCR malgré un FIT négatif à ce seuil). L&rsquo;idée n&rsquo;est pas de ne pas adresser au spécialiste, mais de savoir qui prioriser pour négocier un RDV urgent. En effet, si pour des &ldquo;douleurs ou troubles du transit&rdquo;, le FIT a cette fiabilité permettant de n&rsquo;adresser qu&rsquo;en cas de persistante prolonger des symptômes, en cas de &ldquo;rectorragie&rdquo;, il faudra quand même explorer le saignement.</p>
<p>5/ Pédiatrie</p>
<p>La différence entre plagiocéphalie et craniosténose est bien abordée dans la reco <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/03/dragi-webdo-n260.html">HAS</a>, mais revenons dessus avec le <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-073906">BMJ</a>. En dehors des syndromes spécialisés, en médecine générale il s&rsquo;agit de sutures uniques isolées. La plus fréquente est la craniosténose sagittale qui donne une tête en forme de bateau et la métopique qui donne une tête en forme de triangle. A l&rsquo;examen la tête doit être regardée en vue de dessus et on va regarder la forme globale et la position des oreilles. La plagiocéphalie positionnelle montre un aplatissement postérieur d&rsquo;un côté avec une avancée ipsilatérale du front et une oreille légèrement placée en avant, ce qui donne une tête en forme de parallélogramme plutôt qu&rsquo;en forme de trapèze comme dans la craniosynostose. In regarde ensuite de profil et de face pour voir les déformations. C&rsquo;est souvent visible dès la naissance, il peut y avoir des symptômes associés (trouble du sommeil, irritabilité, retard de croissance, convulsions =&gt; HTIC). En cas de doute ou de suspicion: adresser avant 4 mois (séquelles si PEC après 6 mois)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi1EfO1kEnBPA0tBF04JISHTagBXAng8gFCLB_1V_DLiEZKEntwWTO4TS-uhnemnQYMcknZgZJ-lQcSj8XLVbm0YuP3NL_wy4Y_vmjey9vqf2XlM2XaoPoSq0Uh1J5ZOLt2_BKzKRZ0ph_nFoZElthN1qj4r11fN9OH0XrWIvPx2VI94FtM7fvBY_s5Og/s2000/craniost%C3%A9nose2.jpg"><img src="/images/articles/2023/craniost-c3-a9nose2.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°402 : Diabète (recos US), dépistage FA, HTA, vaccin Covid, vaccin HPV, colchicine/arthrose, risque TVP/cancer, observance, Détective club</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/06/dragi-webdo-n402/</link><pubDate>Sun, 04 Jun 2023 19:24:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/06/dragi-webdo-n402/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Oncologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, commençons ce billet par parler de l&rsquo;observance des patients avec une <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s40801-023-00361-7">étude</a> française qui trouve, de façon inattendue, que plus le nombre de traitements est élevé, plus les patients sont observants et que la majorité de la non-observance est en fait &ldquo;involontaire&rdquo;. Sur ce, voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/article/44/3/196/6806218?login=false">étude</a> suédoise a évalué si le dépistage de la FA en population générale était cout-efficace. Les auteurs sont partis d&rsquo;un essai randomisé comparant le dépistage par un ECG monopiste portable utilisé en autonomie par les patients de plus de 70 ans, 2 fois par semaine, versus un groupe contrôle n&rsquo;en bénéficiant pas. Les patients ont ensuite été suivis pendant 6 ans minimum et il y avait moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires dans le groupe dépisté (NNT=434/an). Cette intervention était coût-efficace après 3 ans et permettant de réduire les coûts de 1,77 millions d&rsquo;Euros dans le groupe dépisté. Faut il donc dépister avec des ECG monopistes et smartwatches? Probablement pas, car les autres études comparant ces outils (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n350.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n281.html">là</a>) ne montrent pas de différence avec dépistage clinique en consultation régulière de la FA. Il est visiblement suffisant de dépister cliniquement lors des consultations de suivi des patients âgés.</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2805021">article</a> s&rsquo;est intéressé au traitement intensif de la pression artérielle chez les patients âgés hospitalisés pour cause non cardiologique dans une étude rétrospective. Les patients traités intensivement avaient une PAS a peine plus basse que ceux traités &ldquo;classiquement&rdquo; (138 vs 139,4mmHg). Cependant, ils avaient un sur-risque d&rsquo;insuffisance rénale, d&rsquo;atteinte cardiaque et de transfert en soins intensifs. Il est toujours impossible d&rsquo;établir un lien de causalité dans ce type d&rsquo;études, mais, a priori, cela n&rsquo;incite pas à intensifier le traitement des patients hospitalisés si la TA n&rsquo;est pas contrôlée pendant cette période.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Dans une <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-074521">étude</a> de cohorte rétrospective américaine, la vaccination anti-Covid durant les périodes omicron et delta était associé à une réduction des hospitalisations, des hospitalisations en soins intensifs, et de la mortalité. Le fait d&rsquo;avoir une 3ème dose était associé à une meilleure réduction de ces risques. La vaccination par vaccin à adénovirus semblait un peu moins efficace que celle par vaccins à ARN, et la vaccination par Moderna semblait légèrement plus efficace que par le vaccin Pfizer.</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Un essai randomisé américain a comparé la colchicine versus placebo chez les patients avec coronaropathie stable (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/11/dragi-webdo-n288.html">ici</a>). De façon <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M23-0289">exploratoire</a>, ils ont comparé si les patients sous colchicine 0.5mg/j plus ou moins souvent opéré d&rsquo;arthrose de hanche et de genou. Et en effet, les patients traités étaient moins fréquemment opérés (NNT =  250 patients par an). On peut supposer que la colchicine par son action antalgique permet de rendre les douleurs suffisamment supportables pour en pas avoir recours à une chirurgie de l&rsquo;arthrose. Si le bénéfice de la colchicine dans la coronaropathie stable peut permettre moins de chirurgie de l&rsquo;arthrose en bénéfice secondaire, il n&rsquo;est pas certain que le bénéfice soit supérieur aux risques chez la grande majorité des patients souffrant d&rsquo;arthrose.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Une revue <a href="https://academic.oup.com/jid/advance-article/doi/10.1093/infdis/jiad183/7187322">systématique</a> d&rsquo;essais randomisés et d&rsquo;études observationnelles en populations réelles s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;efficacité du vaccin HPV sur les cancers de l&rsquo;anus. Les auteurs montrent que, chez les moins de 26 ans, le vaccin aurait une efficacité variant entre 55% (en intention de traiter) et 84% (en per protocole) (en vie réelle on est au milieu :  77% d&rsquo;efficacité) sur l&rsquo;infection à HPV et entre 59 et 98% sur les infections persistantes. Sur les néoplasie anales 2+ (AIN2+), l’efficacité varie entre  54% et 75% (NNT entre  13 et 22). Cependant, les résultats chez les plus de  26 ans ne montrent pas d&rsquo;efficacité de la vaccination.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-072715">BMJ</a> aborde la prévention des phlébites chez les patients atteints de cancer. On y notera surtout l&rsquo;existence du score Khorana qui permet d&rsquo;évaluer le risque et de discuter d&rsquo;une prophylaxie par AOD en ambulatoire (et plutôt HBPM en hospitalier).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj9qPISqtX1zanh8Osn3ll4dDCEMekn4cCvyTW23UIRK9AidgTxjcitpc8AnilNzvkePPi9WJ4_OvpL6guacVZcfi1XoDDpy95J1qjtsIKUWvib0vPTUzuh4Uflv_WkC_kWNlhYiTf5trC-vq2kZlQhso1TGT32T005kTl6xQkacetw8O53WN0xcgi6wA/s1145/onco%20tvp.png"><img src="/images/articles/2023/onco-20tvp.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>La <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1530891X23000344">société américaine d&rsquo;endocrinologie</a> a publié a son tour des recommandations sur la prise en charge du diabète. Un certain nombre de point est discutable. Tout d&rsquo;abord, pour les patients pré-diabétiques, en plus des RHD et de la prise en charge du risque cardiovasculaire, ils recommandent en cas de surpoids ou d&rsquo;obésité un traitement par a-GLP1 (donc vraiment dans l&rsquo;indication perte de poids) et sinon un traitement par metformine (qui est inefficace sur les complications en cas de prédiabète), acarbose (inefficace) ou pioglitazone (retiré du marché à cause de cancers de vessie). En cas de diabète, ils proposent d&rsquo;abord un algorithme basé sur les complications, plaçant clairement la metformine comme un traitement de 2è ligne en cas de complication. En l&rsquo;absence de complication, ils orientent vers un algorithme basé sur le contrôle glycémique proposant la metformine puis, des aglp1 ou iSGLT2 en bithérapie si l&rsquo;objectif glycémique n&rsquo;est pas atteint.  L&rsquo;objectif glycémique proposé est &lt; 6,5% pour la majorité des patients (cible connue pour augmenter la mortalité, hein), et entre 7 et 8% pour les patients fragiles. Concernant le risque cardiovasculaire, ils proposent des statines avec des cibles de LDL &lt;1g/L en cas de diabète récent non compliqué, &lt; 0.7g/L si diabète &gt; 10 ans non compliqué ou si facteurs de risque associé et &lt; 0.55g/L si atteinte d&rsquo;organe cible sévère ou préventions secondaire. Pour l&rsquo;HTA, les auteurs recommandent des IEC ou ARAII en première intention en monothérapie si TA &lt; 150/100 ou en bithérapie avec un thiazidique ou un calcique si TA supérieure.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh3rXge42fUnVWOelLW2uofY19ykn6wf8aG-k-i1qB1-cleWvSxnNPeof2EkGoA02-zjlPAJSMGxECThXAhKOi8St2L9goltQAoJg_HY2IcnhcX9DvvGqAJ2J2ksvTCrR_kLU9X3XCffYKbnOEuzIAuhXRYVOy_y4B7ihj0CG84YGHfWyFDdPxvgtS3Jg/s969/diabete%201.png"><img src="/images/articles/2023/diabete-201.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Le jeu du mois &ldquo;Détective club&rdquo;</p>
<p> &ldquo;Détective club&rdquo; est un jeu familial, dans lequel les joueurs vont devoir trouver le voleur qui s&rsquo;est glissé parmi eux (ou de ne pas être démasqué si on est le voleur). Pour cela, chaque joueur dispose de cartes plus ou moins abstraite type &ldquo;Dixit&rdquo; qu&rsquo;il va devoir jouer devant lui. Ainsi, un des joueurs, choisi secrètement un mot à partir de ces cartes et le note sur des carnets qui vont être distribué aléatoirement aux autres joueurs. Cependant, ce mot ne sera pas noté sur un des carnets, ce sera le carnet du voleur. Ensuite, chaque joueur va jouer une carte en rapport avec le mot. Le voleur va devoir être attentif et poser une carte qui pourrait correspondre au mot pour ne pas être découvert. Quand chaque joueur a posé 2 cartes, vient le moment des explications! Ce moment fun où chacun tente d&rsquo;argumenter sur les cartes qu&rsquo;il a posées pour faire croire qu&rsquo;il n&rsquo;est pas le voleur (même si c&rsquo;est le cas). A la fin de ces discussions, chaque joueur vote pour celui qu&rsquo;il considère être le voleur. Le jeu est rapide (un peu plus long si on joue sérieusement et qu&rsquo;on compte vraiment les points), accessible et permet de passer un sympa dans une ambiance détendue!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhcG-Fq-wswpL8gEJrByQCmw-KdFijA0STFOJvPhhSVq45HcgeTBGIH3c8zjtEiSBm3EMlTUhIcrAt5jyk6Olz5qNXDOr8qo3n672_WGtGWovPE4l5RU3_AAxxgvXTyWQEWjgFonxZbGbE72sidh4WF92yfzU5vD__U6nBBd76feS-3awQBm-etXh8HXQ/s4000/20221015_162558.jpg"><img src="/images/articles/2023/20221015-162558.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°401 : metformine/acidoses , sacubitril/FE modérément réduite, score calcique, mucolytiques/BPCO, PSA, dépistage MRC</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/05/dragi-webdo-n401/</link><pubDate>Mon, 29 May 2023 19:06:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/05/dragi-webdo-n401/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Oncologie</category><category>Néphrologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/acidose-lactique-et-metformine-un-risque-evitable">ANSM</a> fait campagne pour rappeler les risques d&rsquo;acidose lactique sous metformine. L&rsquo;agence rappelle les contre-indications néphrologiques (DFG&lt; 30ml/min) mais aussi celles liés aux risques de décompensation d&rsquo;affections chroniques (infarctus du myocarde récent, insuffisance cardiaque, insuffisance respiratoire, insuffisance hépatocellulaire). L&rsquo;arrêt de la metformine pendant 48h après injection d&rsquo;un produit de contraste iodé est toujours mentionnée mais c&rsquo;était <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/12/dragi-webdo-n209.html">débattu</a> pour les patients avec DFG &gt; 45ml/min qui pourraient ne pas l&rsquo;interrompre.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0735109723054293">essai</a> randomisé (PARAGLIDE-HF) a testé l&rsquo;efficacité des inhibiteurs de néprilysine (ARNi = sacubitril+valsartan) chez les patients ayant une insuffisance cardiaque à FEVG modérément altérée (entre 40 et 50%). Les patients traités avaient une nt-proBNP plus bas que les patients sous placebo (succès pour ce critère de jugement principal!) Le critère secondaire composite intégrant la mortalité cardiovasculaire, les hospitalisations pour insuffisance cardiaque et les consultations urgentes pour insuffisance cardiaque n&rsquo;était pas amélioré par le traitement. Bref, sur des critères cliniques, les ARNi ne semblent pas efficaces. (on a l&rsquo;impression de revoir le débat sur les hypoglycémiant baissant l&rsquo;HbA1C mais ne réduisant pas les complications cliniques&hellip;.)</p>
<p>On avait parlé de l&rsquo;absence du bénéfice du calcul du score calcique par rapport aux équations de risque cardiovasculaire <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/05/dragi-webdo-n354.html">ici</a>. Une nouvelle <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2805138">étude</a> compare le risque évalué par le score américain ASCVD et le score calcique dans 2 cohortes de patients suivie pour obtenir l&rsquo;incidence &ldquo;réelle&rdquo; de survenue des évènements cardiovasculaires. On voit déjà que les scores sont assez fiables, ceux avec un risque évalué à moins de 5% ou moins de 7,5% ont, en effet, en grande majorité une incidence de coronaropathie inférieur à ces seuils, et ceux ayant un risque calculé supérieur à 7,5 ont également une incidence d&rsquo;évènement concordante. Quand on regarde les figures, on voit que les patients avec un score calcique à 0, ont une incidence d&rsquo;infarctus extrêmement faible, ce qui justifie la conduite proposé dans certains articles d&rsquo;arrêter les traitements préventif (type statine). De plus, on peut en effet voir qu&rsquo;il existe des patients avec un score calcique supérieur à 300 qui ont un risque d&rsquo;évènement cardiovasculaire supérieur à15-20% malgré des risques calculés inférieurs à 7.5%. Les auteurs concluent que le score calcique est donc utile pour reclasser ces patients à haut risque et les traiter. Cependant, d&rsquo;après les caractéristiques des patients,  75% des patients des études avaient un score calcique inférieur à 200. En effet, quand on va lire les annexes, les patients avec un risque effectif supérieur au score calculé parmi ceux à risque faible ou modérés représentaient 1% des patients. Ainsi, il faudrait faire un score calcique à 5000 patients à risque modérés pour trouver 50 patients à risque élevés dont 10 feraient un infarctus  dans les 10 ans si on n&rsquo;agit pas (car survenue chez 20% des patients environ d&rsquo;après l&rsquo;article). La statine réduisant le risque relatif de 20%, un évènement serait évité chez 2 patients traités, soit un nombre de patient à dépisté de 2500 pendant 10 ans (soit 25 000 pour un NNT par an). Bref, les scores calculés sont probablement pas si mauvais compte tenu du faible nombre de patient &ldquo;rattrapés par le score calcique&rdquo;.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhVjwRfQBEJf78UeZLMwHR9Fdh6SEr0Nv1luCuHOCqdPvKqQTyzP55elMl1WQCyYs0koWhamOFvhDgTfZl_mvFvXIQnmKrn72NsRVEnlbAocRWenc3ehvCVuc9_TxgiWu8oKpbqFEcEPejqVCzpkKxf18sKOWcDe8nmbh9DvNRIF1r4ovirV0E4Jz9ftQ/s1121/score%20calcique2.png"><img src="/images/articles/2023/score-20calcique2.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>On avait vu que les mucolytiques (notamment l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/dragi-webdo-n384.html">erdosteine</a>) étaient étrangement efficace pour réduire les exacerbations de BPCO. Une étude va peut être proposer une explication. En effet, cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2805343">article</a> retrouve dans une cohorte de 4000 patients BPCO que les agrégats de mucus dans les bronches de calibre moyen et important (2 à 10mm de diamètre) étaient associés à un sur-risque de mortalité globale variant entre  15% et 24% selon le nombre de segments atteints.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Suite aux recos des <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/05/dragi-webdo-n398.html">urologues américains</a> pro &ldquo;dépistage&rdquo; par PSA, une analyse a été publiée dans le <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-071082">BMJ</a>. Les auteurs parlent des divergences entre les recommandations, prises de positions et le dépistage en pratique. En effet, les recos disent souvent qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une décision partagée, car devant l&rsquo;absence de bénéfice sur la mortalité spécifique clairement démontré et vu les conséquences, un dépistage systématique n&rsquo;est pas recommandé. Mais en pratique, en France par exemple, 30% des hommes de plus de 40 ans ont un dépistage annuel avec une incidence maximale du dépistage après 70 ans, alors qu&rsquo;après cet âge il n&rsquo;y a plus de bénéfice. Ainsi, en l&rsquo;absence de recommandation &ldquo;de ne pas dépister&rdquo; les patients sont quand même dépistés massivement avec en plus un renforcement des inégalités sociales de santé, du surdiagnostic et du surtraitement. L&rsquo;information des patients semble rarement faite pour permettre un choix éclairé. Certaines options proposées seraient de limiter le remboursement ou le dosage du PSA aux urologues ou en cas de symptômes.</p>
<p>5/ Néphrologie</p>
<p>Alors que la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n327.html">HAS</a> venait de retirer l&rsquo;âge de plus de 60 ans comme critère de dépistage de la maladie rénale chronique, une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-3228">étude</a> médico-économique concernant ce dépistage a été publié dans Annals of internal medicine. Les auteurs trouvent, dans la population Américaine, qu&rsquo;un dépistage unique par recherche d&rsquo;albuminurie à 55 ans était cout-efficace en réduisant l&rsquo;incidence des besoins de dialyse et les transplantations rénales. Il est également coût efficace de réaliser un dépistage unique entre 35 à 75 ans ou un dépistage tous les 10 ans jusqu&rsquo;à 75 ans. Bref, l&rsquo;âge pourrait revenir dans les critères de dépistage, avec 1 dépistage unique à 55 ans en l&rsquo;absence d&rsquo;autres indication.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°400 : cibles HbA1C, sueurs nocturnes, spironolacone/acné, autoprélèvement HPV, statines, portables/HTA, prescriptions/burnout</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/05/dragi-webdo-n400/</link><pubDate>Mon, 22 May 2023 22:32:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/05/dragi-webdo-n400/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Dermatologie</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est (déjà) le 400ème Dragi Webdo !!!!!! Alors bonjour et merci encore tout le monde pour les encouragements et le soutien !</p>
<p>Commençons en introduction avec une <a href="https://bjgp.org/content/early/2023/05/12/BJGP.2022.0394">étude</a> retrouvant que la prescription d&rsquo;opioïdes et d&rsquo;antibiotiques par les médecins est associée aux composantes de burnout : dépersonnalisation, fatigue émotionnelle, insatisfaction au travail et aux horaires étendues de travail. Bref, encore une fois, pour réduire les sur-prescriptions inutiles voire dangereuse, il faut améliorer la qualité du travail des médecins et pas leur demander de voir plus de patients&hellip;</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Il y a encore une aller de l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/evaluation-europeenne-du-risque-potentiel-de-troubles-neurodeveloppementaux-chez-les-enfants-dont-le-pere-a-ete-traite-par-valproate-dans-les-mois-precedant-la-conception">ANSM</a> qui revient sur les risques liés au valproate chez des nouveau nés exposés. Les enfants dont le père a été exposé au valproate 1 mois avant la conception auraient 2 fois plus de risque de troubles neuro-développementaux (environ 6% au lieu de 3%). D&rsquo;autres études vont être conduites pour explorer ce signal (L&rsquo;ANSM rappelle que pour une prise de valproate par la mère durant la grossesse, ce risque est de 30-40%!)</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La <a href="https://www.cfp.ca/content/69/5/e108">revue</a> canadienne de médecine générale fait le point sur les risques musculaires liés aux statines. Bien qu&rsquo;environ 25% des patients se plaignent de myalgies, elles ne seraient responsables de ces douleurs musculaires que dans la 1ère année que pour 1 patient sur 125. Les statines &ldquo;forte dose &quot; sont légèrement plus pourvoyeuses de myalgies que les statines &ldquo;faible dose&rdquo; (NNH=77). Les rhabdomyolyses avec CPK &gt; 10N surviennent chez moins de 1% des patients avec un NNH d&rsquo;environ 3000.</p>
<p>On continue avec une <a href="https://academic.oup.com/ehjdh/advance-article/doi/10.1093/ehjdh/ztad024/7131479?login=false">étude</a> britannique basée sur un registre de patients suivis pendant 12 ans, dans laquelle ceux utilisant un téléphone mobile pour téléphoner au moins 1 fois par semaine avaient un sur-risque d&rsquo;HTA. Ce sur-risque était croissant avec la durée hebdomadaire passée au téléphone portable (HR passant de  1,08 à  1,25 par rapport à ceux passant moins de 5min/semaine au téléphone). Alors, mode de vie stressant ou effet des ondes? L&rsquo;histoire ne dit pas si passer son temps sur les réseaux sociaux sur le téléphone augmente ou diminue le risque d&rsquo;HTA&hellip;.</p>
<p>3/ Dermatologie</p>
<p>Voici un <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-074349">essai randomisé</a> a traité des femmes avec de l&rsquo;acné par spironolactone (augmenté progressivement à 100mg/j) versus placebo pendant 6 mois, avec comme critère de jugement principal le score &ldquo;Acne-Specific Quality of Life (Acne-QoL) &ldquo;. Les patientes ne devaient pas changer leur traitement topique et ne devaient pas prendre d&rsquo;autre traitement oral. Dans le groupe traitement, le score est passé de   13.2 à  19.2 et dans le groupe placebo, de 12.9 à  17.8 à 12 semaines, et le bénéfice continuait a augmenter jusqu&rsquo;à 21.2 avec spironolactone à  24 semaines (contre 17.4 avec placebo). Malgré la différence statistique à 12 semaines, les participants n&rsquo;ont déclaré être plus améliorées qu&rsquo;à  24 semaines. Les effets secondaires les plus fréquents sous spironolactone étaient les céphalées avec un NNH de  13 patientes. Bref, une option qui est celle des recos du traitement de l&rsquo;hyperandrogénie. Rappelons qu&rsquo;une contraception est également recommandée devant les risques chez l&rsquo;animal de féminisation des foetus males (donc les risques sont surtout avant 17 SA) .</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>En vaccinologie, une <a href="https://www.jmir.org/2023/1/e45493/">revue</a> systématique
d&rsquo;études médico-économiques concernant les outils numériques pour
promouvoir la vaccination des anti-ROR, grippe et HPV a été publiée. Les
auteurs concluent que ces différents outils sont coût-efficaces et
reposaient essentiellement sur des SMS de rappel, des spot télévisuels,
des rappels sur ordinateur et des outils d&rsquo;aide à la décision en ligne.</p>
<p>Y&rsquo;a encore des études qui cherchent à montrer l&rsquo;intérêt des auto-prélèvement dans le dépistage du cancer du col de l&rsquo;utérus. Cette <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(23)00076-2/fulltext">étude</a> américaine incluant des femmes avec indication de dépistage dont les revenus étaient inférieurs à  2,5 fois le seuil de pauvreté ont été randomisées pour recevoir soit: un kit de dépistage par autoprélèvement et une assistance pour prendre un RDV pour un prélèvement gratuit , soit : uniquement une assistance pour prendre un RDV pour un prélèvement gratuit. Le critère de jugement principal était la réalisation du dépistage (soit par auto-prélèvement soit par présence au RDV gratuit). La participation au dépistage a été supérieure dans le groupe intervention (72% vs 37%), avec dans le groupe intervention un taux d&rsquo;autoprélèvement de  78%. Ainsi, le nombre de participantes prenant un RDV suite à l&rsquo;invitation est à peu près stable, et la possession du test en auto-prélèvement permet bien d&rsquo;augmenter de façon importante la participation à un des tests de dépistage réduisant la mortalité.</p>
<p>On aborde aborde maintenant la conduite à tenir devant des sueurs nocturnes grâce à un article du <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-073982">BMJ</a>. Les principaux diagnostics à évoquer vont être des infections (tuberculose, VIH, mononucléose, arbovirose, endocardite, infections respiratoires autres&hellip;), des causes malignes (hématologiques ou cancers solides), endocrines (ménopause, déficit gonadotrope, hyperthyroïdie, hypocalcémie), rhumatologiques (maladies inflammatoires), le RGO, le SAOS, la iatrogénie (IRS, paracetamol, hypoglycémiants) , syndrome de sevrage), et dormir dans un environnement chaud. C&rsquo;est l&rsquo;association à d&rsquo;autres symptômes (toux, flush, arthralgies, palpitations&hellip;), les antécédents/contexte (immunodépression, atcd de cancer, alcool, drogues injectables&hellip;) et l&rsquo;examen clinique qui permettront d&rsquo;avancer vers le diagnostic. Le bilan initial comporte notamment une NFS et une CRP +/- LDH, TSH, radiographie thoracique. Le bilan n&rsquo;est pas standardisé et doit dépendre des hypothèses. En médecine général et en l&rsquo;absence de point d&rsquo;appel franc, le TDM-TAP peut être une option devant des sueurs nocturnes avec un syndrome inflammatoire biologique sans cause évidente.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Un <a href="https://diabetesjournals.org/care/article-abstract/doi/10.2337/dc22-2146/148459/A-National-Physician-Survey-of-Deintensifying?redirectedFrom=fulltext">article</a> américain a étudié comment des généralistes, gériatres et endocrinologues adapteraient les traitements de patients diabétiques âgés selon 3 scénario: HbA1C 6.3% + patient en bonne santé,  7.3% + patient complexe, ou  7.7% + patient en mauvais état général. 48% des médecins déprescrivaient  dans le 1er cas, 20% dans le dernier cas, mais seulement  4% dans le 2ème cas. Au total, la moitié des médecins avaient une cible d&rsquo;HbA1C plus basse que les recommandations pour les patients complexes ou précaires. L&rsquo;analyse selon la spécialité médicale est intéressante: scénario 1: les gériatres et MG déprescrivent plus que les endocs qui switchent les &ldquo;hypoglycémiants&rdquo;, scénario 2: les MG intensifient le traitement, les gériatres baissent un peu et les endocs switchent, scénario 3:les MG baissent et switchent, les gériatres arrêtent, les endocs switchent beaucoup.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh5WDTy4HpD0-2wzh_jfXrp3KcPt2aTcevkZdl4vSkctz2DkHp4qaThDfq3lG1IQpQ0ipIpgk2quQ3utRHqoLzL8Nu92DTYofWYlk0qPCkSXG3dxOOgye2gU_mXJOtFK4g9zaR0YrbhF7gNfjDgEjRDmzVgygAF18X1gRszjxUgZHgYFzoq2e7AfYtFrQ/s685/cible%20diab.png"><img src="/images/articles/2023/cible-20diab.png" alt=""></a></p>
<p>J&rsquo;espère que les billets continueront à vous plaire ! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>Une bonne semaine tout le monde et à très bientôt !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjL6ubom-8MYEA_DYfIPIgtwZ9R-wfZa5EYm5o-cGWbf5YGDfT4n2V3zaYNIHxtF1ApKcQkAYkGjhPBFd8u4T8DZi6ScmZt5lJuhyk2nsYktRMc6pdk9hKUIrxjbIosZQ8JNetRc56FDjrMZvyJ30uoxJeO-g7wV0951qqXshaC1cwq1BZ4PIoHJfrH_Q/s573/400.png"><img src="/images/articles/2023/400.png" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°399 : dépistage génétique, infections urinaire (recos US), mammo (USPSTF), vaccin VRS, découvertes fortuites TDM, buprénorphine/méthadone, vessie hyperactive</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/05/dragi-webdo-n399/</link><pubDate>Sun, 14 May 2023 21:47:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/05/dragi-webdo-n399/</guid><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><category>Addictologie</category><category>ORL</category><category>Gynécologie</category><category>Urologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pas mal d&rsquo;articles cette semaine, alors on va essayer de synthétiser quand même&hellip; Bonne lecture !</p>
<p>1/ Génétique</p>
<p>On ne parle pas souvent de génétique, mais <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-0846">Annals of Internal medicine</a> évalue l&rsquo;intérêt de dépister 3 maladies génétiques de façon systématique dans une analyse médico-économique. Ainsi, les auteurs retrouvent que dépister le syndrome de Lynch, les syndromes de cancer héréditaire sein/ovaire (BRCA 1/2), et l&rsquo;hypercholestérolémie familiale pourrait être coût efficace chez les personnes de moins de 40 ans, à condition que les prix soient inférieurs à 400$ (pour atteindre un seuil de 100 000$ par QALY). Bref, va t on dépister systématiquement ces mutations à l&rsquo;avenir ??</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://uroweb.org/guidelines/urological-infections/summary-of-changes">société américaine d&rsquo;urologie</a> a mis a jour ses recommandations concernant les infections urinaires récidivantes. Les auteurs déclarent qu&rsquo;avant 40 ans et en l&rsquo;absence de facteurs de risque, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;indication à effectuer un bilan complémentaire (écho abdo/cystoscopie). Ils recommandent en 1er lieu un traitement non antibiotique: boire plus, oestrogènes vaginaux en post-ménopause (fort), hippurate de méthénamine (fort), D-mannose. En traitement antibiotique, les auteurs ne font pas de préférence entre la fosfomycine, le trimetoprime, la nitrofurantoïne et les C1G. Rapidement en regardant le reste des recos, la BU n&rsquo;est pas recommandée fortement pour la cystite sans facteurs de risque de complication et les traitements de 1ère ligne sont la fosfomycine, la nitrofurantoine ou le pevmecilinam. Le cotrimoxazole peut être une option avec un traitement de 3 jours chez les femmes ou de  7 jours chez les hommes (seul traitement de cystite de l&rsquo;homme recommandé). Pour les pyélonéphrites, l&rsquo;imagerie est systématiquement recommandée et le traitement proposé comprend la ciprofloxacine  7 jours, la levofloxacine 5 jours seulement, le cotrimoxazole  14 jours et les C3G pour 10 jours. Pour les prostatites, les auteurs recommandent une  C3G IV ou éventuellement de la ciprofloxacine orale si la résistance est inférieure à 10% et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas eu de quinolone depuis 6 mois. Pour les urétrites, ceftriaxone 1g dose unique + azithromycine 1g dose unique est le traitement de 1ère ligne du gonocoque. En cas d&rsquo;infection non gonococcique, les auteurs recommandent soit la doxy 7 jours, soit l&rsquo;azithromycine  1 à 1.5g dose unique.</p>
<p>Comme les Américains sont en train de recommandé ce vaccin, revenons sur le vaccin VRS chez les sujets âgés. C&rsquo;était une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2209604?url_ver=Z39.88-2003&amp;rfr_id=ori:rid:crossref.org&amp;rfr_dat=cr_pub%20%200pubmed">NEJM</a> randomisant  25 000 patientes de plus de 60 ans suivis pendant 7 mois. Le vaccin a réduit le risque d&rsquo;infection à VRS (NNT=100/an), le risque d&rsquo;infection pulmonaire basse à VRS (NNT=209/an) et le risque d&rsquo;infection pulmonaires basses sévères à VRS (NNT=417/an). Il n&rsquo;y avait pas plus d&rsquo;effets indésirables graves dans le groupe vaccination mais les effets &ldquo;bénins temporaires&rdquo; y étaient plus fréquents (33% vs 18%).</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Alors que l&rsquo;on se dirige progressivement vers un dépistage du cancer du poumon, le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2804380?guestAccessKey=f125ff2a-a89e-42a6-ab02-2ea4d8fa3a3a&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jamaim&amp;utm_term=9885443762&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=213517852">JAMA internal medicine</a> aborde la question des anomalies de découvertes fortuites. Dans une cohorte de 25 000 patients dépistés sur 3 cycles de dépistage,  30% avaient une anomalie découverte fortuitement. C’était essentiellement de l&rsquo;emphysème (40%), de l&rsquo;athérome coronarien (12%),  des masses (7%). (Cet <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n333.html">article</a> proposait une gestion des lésions découvertes fortuitement)</p>
<p>4/ Addictologie</p>
<p>Une revue systématique du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(23)00095-0/fulltext">Lancet</a> a comparé la buprénorphine et la méthadone dans la prise en charge de la dépendance aux opioïdes. Le maintien du traitement était supérieur avec la méthadone qu&rsquo;avec la buprénorphine. Sous méthadone, il est également possible que les soient moins souvent hospitalisés et consomment moins d&rsquo;alcool. Cependant, il y avait possiblement un peu moins de consommation d&rsquo;autres opioïdes , un peu moins de cocaïne, de craving et de dysfonction cardiaque sous buprénorphine. La surmortalité initiale sous méthadone (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/06/dragi-webdo-n316.html">ici</a>) n&rsquo;est pas retrouvée dans cette étude.</p>
<p>5/ ORL:</p>
<p>Dans le SAOS, les traitements par CPAP sont parfois difficilement tolérés. Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-3473">revue</a> systématique a étudié l&rsquo;effet des traitements médicamenteux agissant sur l&rsquo;état de veille. Les auteurs trouvent que le solriamfetol, le armodafinil-modafinil et le pitolisant améliorent la somnolence sur l&rsquo;échelle d&rsquo;Epworth de 3.8 , 2.2 et 2.8 points sur l&rsquo;échelle d&rsquo;Epworth. Ils augmentent aussi significativement le temps d&rsquo;éveil diurne, le solriamfetol semblant un peu plus efficace que les autres. Il y avait aussi plus d&rsquo;effets secondaires pouvant entrainer un arrêt du traitement.</p>
<p>6/ Gynécologie</p>
<p>Un <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(23)00346-X/fulltext">essai</a> randomisé népalais a étudié la supplémentation en vitamine B12 (50µg/j) pendant la grossesse et le post-partum. Bien que 70% des femmes soit carencées au début de l&rsquo;étude, cette supplémentation n&rsquo;a que corrigé le taux de vitamine B12 sanguin, sans influencer la croissance et le neurodéveloppement des enfants. Donc pas besoin de supplémenter en B12.</p>
<p>L&rsquo;USPSTF est plutôt un organisme de reco pertinent . Les recos qu&rsquo;ils ont mis en &ldquo;consultation publique&rdquo; avant validation vont faire poser de nombreuses questions. En effet, les <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj.p1077">auteurs</a> suggèrent qu&rsquo;il y aurait un bénéfice à débuter le dépistage par mammographie dès l&rsquo;âge de 40 ans. C&rsquo;était leur position il y a plusieurs années, puis ils étaient revenus dessus, vu les bénéfices faibles dans les essais randomisés et le risque de surdiagnostic. Pourquoi ce revirement?? Une des raisons serait le sur-risque de décès par cancer du sein chez les patientes noires et donc de proposer plus tôt et donc plus fréquemment pour réduire le retard diagnostic et améliorer la survie. Attendons de voir sur quelles études ils s&rsquo;appuient (peut être celle <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/02/dragi-webdo-n300.html">ci</a>, mais celle <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/05/dragi-webdo-n99.html">là</a> n&rsquo;est pas du tout en faveur et celle <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/01/dragi-webdo-n123.html">ci</a> non plus, estimant à 50% le surdiagnostic)</p>
<p>7/ Urologie</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD003781.pub3/full">Cochrane</a> a publié une revue sur les traitements anticholinergiques dans la vessie hyperactive. Ces traitements réduisent le nombre d&rsquo;urgenturies quotidiennes de  0.85/jour et augmente la probabilité que les patients se sentent améliorés sous traitement (NNT=4). Cependant, il y a un risque de sécheresse buccale (NNH=11) et de rétention d&rsquo;urine (NNH= 166).</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°398 : cancer de prostate (recos US), AVC, anti-ostéoporose, vaccin Covid/troubles menstruels, Lyme, tabac (filtres/cytisine/varenicline), diabète gestationnel</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/05/dragi-webdo-n398/</link><pubDate>Tue, 09 May 2023 21:24:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/05/dragi-webdo-n398/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Infectiologie</category><category>Addictologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un article d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-3186">Annals of Internal Medicine</a> a évalué les différents éléments de la prise en charge post-AVC permettant une amélioration de la durée et de la qualité de vie. On voit que l&rsquo;élément comptant le plus est l&rsquo;échographie des TSA, puis la thrombolyse, holter ECG et l&rsquo;anticoagulation.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjDiJusVa9g_5s_uiXLBqk8nzIVIiZiV1g3G-0KcUXgj_hXF7UxNtCd81D1B8-3ajlSUrdp84UWiFlG8fjiKY19tmFeZprs7i3ujrtg4XMYf1ZlmZ-MKDnZAAWW7UCbWTk8EoF01Bt6bhULpluZo9RG0X0FVLtj-Kv3t0izxNwnfAdpSHdOYzS2qhIPqg/s1412/avc.png"><img src="/images/articles/2023/avc.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Oncologie</p>
<p>La <a href="https://www.auanet.org/guidelines-and-quality/guidelines/early-detection-of-prostate-cancer-guidelines">société américaine d&rsquo;urologie</a> a publié des recommandations sur le diagnostic précoce du cancer de la prostate. Les auteurs recommandent un dépistage tous les 2 à 4 ans entre  50 et 69 ans et de débuter à partir de 40 ans en cas de haut risque (ancêtres africains, mutations germinales, forts antécédents familiaux). Le PSA est l&rsquo;examen de première intention qui doit être contrôlé en cas d&rsquo;augmentation et qui peut être accompagné d&rsquo;un toucher rectal. Toute cette démarche doit se faire dans un contexte de décision partagée. Si une biopsie est décidée, il est recommandé qu&rsquo;elle soit faite après IRM prostatique. Les biopsies peuvent être répétées dans le temps si besoin, ou annulées si le risque de cancer est évalué comme faible. Bref, des recos très &ldquo;2000&rdquo;, à contre courant des recos des sociétés &ldquo;générales&rdquo; (non urologiques) comme l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/05/dragi-webdo-n183.html">USPSTF</a>, ne recommandant pas le dépistage à une population particulière. Pour mémoire, quelques chiffres récents <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/04/dragi-webdo-n395.html">ici</a>.</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2021-068033">BMJ</a> aborde la réduction du risque de fracture avec les traitements anti-ostéoporotiques. Dans cette revue systématique en réseau, la moitié des 73 essais inclus concernaient les bisphosphonates versus placebo. En comparaison directes, les bisphosphonates réduisaient le risque de fracture de 14 pour 1000 patients traités, le Romosozumab de 9 pour 1000 et le tériparatide de 35 pour 1000. Ces deux dernières classes semblaient supérieures aux bisphosphonates en termes de fractures cliniques (le Romosozumab  sur les fractures vertébrales et de hanches, et le teriparatide uniquement sur les fractures vertébrales). Le denozumab ne faisait pas mieux que le placebo sur les fractures majeures (mais était supérieur aux bisphosphonates sur les fractures vertébrales). Concernant les effets indésirables, seuls les bisphosphonates avaient un sur-risque d&rsquo;effets indésirables probablement sous-estimé pour les autres molécules dont les études étaient moins nombreuses.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37071406/">analyse</a> des données du réseau Sentinelle a mis en évidence une augmentation de l&rsquo;incidence des maladies de Lyme entre 2012 et 2019 passant de 40 à 80 cas pour 100 000 habitants mais avec un taux d&rsquo;hospitalisations stable entre 1.6 et 1.8 pour 100 000. Les régions Limousin et Alsace-Lorraine avaient un taux plus élevé avec des incidences entre 200 et 300 pour 100 000 pour les cas et supérieures à 4 pour 100 000 pour les hospitalisations.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2804319">USPSTF</a> renouvelle sa recommandation en faveur d&rsquo;un dépistage de tuberculose latente chez les
patients majeurs à risque (patients étant né ou ayant vécu dans un pays
à forte prévalence ou vivant dans des conditions précaires). Le test de
dépistage proposé est le test à la tuberculine intradermique ou les
tests à interféron gamma.</p>
<p>Une nouvelle étude de cohorte publiée dans le <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2023-074778">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;association vaccin Covid et troubles menstruels. Les auteurs ont pris en critères de jugement les consultations médicales ou hospitalisation. Dans cette population suédoise, il y avait un sur-risque de saignements post-ménopausique après la 3ème dose et un sur-risque de troubles menstruels chez les 12-49 ans après la 1ère dose. Ces effets survenaient globalement dans les 3 mois post vaccinaux. Cependant les auteurs considèrent ces associations comme faibles et inconstantes pour établir un lien de causalité entre le vaccin et ces troubles.</p>
<p>5/ Addictologie</p>
<p>Le <a href="https://www.health.belgium.be/fr/avis-9726-filtres-cigarette">conseil de santé publique belge</a> s&rsquo;est prononcé pour une interdiction des filtres à cigarette. En effet ces filtres ne réduisent pas les risques du tabagisme, adoucissent le goût et pourraient ainsi favoriser la consommation et sont des déchets non bio-dégradables responsable d&rsquo;une pollution durable.</p>
<p>Concernant le sevrage tabagique justement, la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD006103.pub8/full">Cochrane</a> retrouve que la varenicline est plus efficace que le placebo (NNT=8), que le bupropion (NNT=16) ou que les substituts nicotiniques (NNT=23) pour permettre un sevrage tabagique à 6 mois malgré un sur-risque d&rsquo;effets indésirables globaux (NNH=167) et possiblement d&rsquo;effets indésirables cardiaques (NNH=500). La cytisine serait également un traitement efficace (NNT=22), avec un peu moins d&rsquo;effets indésirables (NNH=500) que la varenicline mais aussi un peu moins efficace bien qu&rsquo;il y ait peu de comparaisons directes.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>On a parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n280.html">plusieurs fois</a> du bénéfice modéré du dépistage du diabète gestationnel au 1er trimestre. Un essai randomisé du NEJM a comparé un traitement avant 20 SA versus un traitement différé selon l&rsquo;HGPO à  24-28SA. Dans le groupe traitement immédiat, il y avait significativement moins d&rsquo;évènements néonataux  sur un critère composite incluant prématurité, macrosomie, mort néonatale, dystocie des épaules, détresse respiratoire et traumatisme néonatal (-5,6% d&rsquo;évènements, RR 0.82), et moins de lésions périnéales maternelles (-2.8%, RR=0.23). Le critère composite n&rsquo;était significatif que pour le sous groupe de patientes avec les niveaux glycémiques les plus élevés et les éléments constituant le critère composite n&rsquo;étaient pas significatifs individuellement. Par ailleurs le &ldquo;traitement&rdquo; initial pouvait se  limiter à des RHD et dans le groupe différé, il y a eu un peu moins d&rsquo;insulinothérapie. Ainsi, les auteurs concluent à un faible bénéfice à une prise en charge immédiate, mais il est possible qu&rsquo;instaurer des RHD &ldquo;uniquement&rdquo; puisse déjà limiter l&rsquo;aggravation du diabète et qu&rsquo;il ne faille pas trop différer l&rsquo;insulinothérapie non plus lorsqu&rsquo;un diabète est confirmé à 24-28SA.</p>
<p>Enfin, nous avions parlé de l&rsquo;insuline hebdomadaire il y a quelques temps. Cette <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(23)00093-1/fulltext">étude</a> a randomisé un switch d&rsquo;insulinothérapie en cas de diabète non contrôlé: iodec hebdomadaire versus degludec une fois par jour. Les auteurs retrouvent que les patients traités par iodec avaient une HbA1C plus basse que sous degludec (-0.22%). Les patients sous iodec avaient également plus d&rsquo;effets indésirables (61% des patients avec un EI vs  51%, +1.4kg vs -0.3kg, 0.7 hypoglycémies sévères par an vs 0.3 mais non significatif).</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°397 : télémédecine, suicide ado, torsion d'annexe, K sein, nature, hypophyse, Covid-19, Papy Winchester</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/05/dragi-webdo-n397/</link><pubDate>Mon, 01 May 2023 21:02:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/05/dragi-webdo-n397/</guid><category>Médecine générale</category><category>Psychiatrie</category><category>Gynécologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Santé publique</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! En introduction, parlons de la <a href="https://bmjopen.bmj.com/content/13/4/e069850">personnalité</a> des médecins: les médecins seraient plutôt agréables, extravertis et consciencieux mais aussi névrosés. Bon c&rsquo;est une étude australienne, il faut voir à quel point c&rsquo;est extrapolable en France. Voici les actualités, bonne lecture !</p>
<p>1/ Exercice médical</p>
<p>Le <a href="https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/external-package/rapport/10ax7i9/cnom_mesusage_de_la_telemedecine.pdf">CNOM</a> a publié un avis concernant les mésusages de la télémédecine. Il insiste sur l&rsquo;importance de la connaissance préalable du patient, s&rsquo;oppose aux plateformes commerciales de téléconsultations &ldquo;illégales&rdquo; si elles ne sont pas ancrées dans une organisation territoriale.</p>
<p>Un <a href="https://www.cfp.ca/content/69/4/e78">article</a> canadien aborde le remodelage des soins primaires. Dans cette étude qualitative, les médecins pensaient que les téléconsultations pouvaient parfois être pratiques mais pouvaient être aussi inappropriées et responsables de sur-consommation des soins. Ils semblaient préférer les échanges de messages asynchrones pour des raisons de flexibilité.</p>
<p>2/ Psychiatrie </p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-070630">BMJ</a> a publié une revue concernant le risque suicidaire de l&rsquo;adolescent. Les taux de suicides sont plus importants à l&rsquo;adolescence chez les hommes, les sujets noirs, les personnes LGBT ou non certaines de leur identité sexuelle. Comme le recommandait la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n326.html">HAS</a>, le questionnaire le plus validé dans la littérature et à utiliser pour dépister le risque suicidaire est le questionnaire ASQ en 4 questions (Se 95%, Sp 90%):</p>
<p>1.Au cours des dernières semaines, as-tu souhaité être mort ?</p>
<ol start="2">
<li>
<p>Au cours des dernières semaines, as-tu eu le sentiment qu’il serait préférable, pour toi ou ta famille, que tu sois mort ?</p>
</li>
<li>
<p>Au cours de la dernière semaine, as-tu eu des pensées suicidaires ?</p>
</li>
<li>
<p>As-tu déjà essayé de te suicider ?</p>
</li>
<li>
<p>Et si oui à une de ces questions : As-tu l&rsquo;intention de te suicider en ce moment ?</p>
</li>
</ol>
<p>Encore une fois, le BITS est absent des revues internationales. Sur le plan thérapeutique, les thérapies comportementales sont les traitements ayant le plus
d&rsquo;efficacité démontrée et sont la pierre angulaire de la prise en
charge. Il était noté un surrisque de suicide sous IRS chez l&rsquo;adolescent estimé par un NNH de 143 (soit +0.7%) dans une revue systématique de  2008, mais une méta-analyse de 2018 ne montre pas de sur-risque suicidaire et souligne sur seul la fluoxétine et l&rsquo;escitalopram avaient une efficacité statistiquement significative (la fluoxétine réduisant également le risque de rechute).</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Un <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s10549-023-06934-y">article</a> concerne
l&rsquo;évolution des carcinomes mammaires canalaires in situ à faible
risque. Les auteures retrouvent que les devenir son semblables qu&rsquo;ils
soient opérés ou non, car seuls 10% de ces cancers deviennent invasifs à
10 ans et leur mortalité à 10 ans est de 1-2%. Ainsi ils suggèrent de
revoir la prise en charge souvent chirurgicale de ces cancers.</p>
<p>Parlons des torsions d&rsquo;annexe grâce au <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-074514">BMJ</a>. Les torsions d&rsquo;annexe sont une urgence gynécologique, et surviennent plus fréquemment sur des masses ovariennes (généralement kystes folliculaires), notamment quand elles font plus de 5cm. C&rsquo;est une douleur brutale, pelvienne, plutôt en fosse iliaque droite. Dans près de la moitié des cas, il y a des antécédents d&rsquo;épisodes de douleurs similaires possiblement lié à des torsions-détorsions. L&rsquo;examen clinique est totalement aspécifique et les prises de sang sont souvent normales (un syndrome inflammatoire peut être un signe d&rsquo;ischémie). L&rsquo;écho a une sensibilité variant entre 45et 75%.  Le délai &ldquo;optimal&rdquo; d&rsquo;intervention chirurgicale est &ldquo;le plus court possible&rdquo;, la préservation de l&rsquo;ovaire variant à 8h étant de 40% dans une étude, et à 24h entre 30% et 0%.</p>
<p>4/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2804060">JAMA</a> aborde les adénomes hypophysaires. Les micros font moins de 10mm et les macros adénomes plus de 10mm et sont fréquemment (environ 25-75% des cas) responsables de céphalées, troubles visuels et hypopituitarisme. Le bilan initial comporte une IRM cérébrale et un bilan hormonal. Les macro adénomes nécessitent également un bilan ophtalmologique à la recherche d&rsquo;un effet de masse sur le chiasma optique. Les symptômes généraux vont dépendre de l&rsquo;adénome en question et de l&rsquo;existence d&rsquo;une hyperprolactinémie associée. Le bilan comprend donc: prolactinémie (hyperPrl ou prolactinome très probable si &gt; 250µg/L), IGF1 (acromégalie), cortisol libre urinaire sur 24h / freinage minute à la DXM / cortisol salivaire à minuit (Cushing, puis ACTH pour déterminer si la cause est pituitaire/ectopique ou surrénalienne) , TSH et T4 (hyperthyroïdie, doser les 2 car il y a des hyperthyroïdie à TSH anormalement normale à cause d&rsquo;un résistance aux hormones thyroïdienne faisant que le rétrocontrôle est inefficace). Le traitement chirurgical est indiqué pour les adénomes non-sécrétant de plus de 10mm ou symptomatiques. Pour les prolactinomes ou les hyperprolactinémies idiopathiques, un traitement par bromocriptine (2.5-10 mg/j) ou cabergoline (0.5-2.0 mg/semaine) est indiqué si macro adénome, symptômes ou grossesse prévue. Ce traitement peut être interrompu après 2 ans de traitement minimum en cas de régression totale de l&rsquo;adénome et la normalisation de la prolactine. Dans les autres cas (autres adénomes), le traitement sera chirurgical en 1ère intention.</p>
<p>5/ Covid-19</p>
<p>Une publication du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc2302134">NEJM</a> basée sur les résultats d&rsquo;Epi-Phare a comparé la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires dans les 21 jours suivant un vaccin Covid bivalent par rapport à un vaccin monovalent. En comparant 370 000 doses bivalentes à  97 000 doses monovalentes, il n&rsquo;y avait pas de différents d&rsquo;infarctus ou d&rsquo;AVC ou d&rsquo;embolie pulmonaire entre les 2 populations.</p>
<p>Une <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-074572">étude</a> de cohorte américaine a inclus 230 000 patientes atteint de Covid-19 dont 11 000 ont reçu dans les 5 jours du molnupiravir (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/02/dragi-webdo-n343.html">ici</a>) et les autres n&rsquo;ont pas reçu d&rsquo;antiviraux. Les patients traités avaient un moindre risque de décès su-aigus (NNT=114), moins de risque de syndromes post-Covid (NNT= 34). Ce bénéfice était retrouvé quel que soit le statut vaccinal, et les symptômes post-covid diminués étaient les arythmies, MTEV, myalgies, fatigues, troubles neuro-cognitifs, les insuffisances rénales et hépatiques.</p>
<p>6/ Santé planétaire</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanplh/article/PIIS2542-5196(23)00025-6/fulltext">Lancet</a> a publié une revue systématique concernant les prescriptions de &ldquo;temps passé en contact avec la nature&rdquo;. Les auteurs retrouvent que ces prescriptions sont associées à une PAS réduite d&rsquo;environ 5mmHg et une PAD réduite de 4mmHg (c&rsquo;est presque aussi bien que la dénervation rénale!), à une réduction des scores de dépression et d&rsquo;anxiété (soit autant que les antidépresseurs) et à plus de pas par jour (mais pas plus d&rsquo;activité physique modérée). Bref, c&rsquo;est intéressant, on peut toujours se poser la question des comparateurs et de ce qu&rsquo;est réellement une &ldquo;prescription de nature&rdquo; (peut être une recos HAS là dessus, en espérant qu&rsquo;elle soit plus claire que celle du sport sur ordonnance!)</p>
<p>7/ Le jeu du mois : Papy Winchester</p>
<p>&ldquo;Papy Winchester&rdquo; est un jeu familial se déroulant au Far West dans lequel vous allez affronter les autres prétendants à l&rsquo;héritage de la fortune de feu Papy Winchester. C&rsquo;est un jeu d&rsquo;enchères : chaque parcelle du domaine de Papy est mise en vente successivement, et il faudra en acheter plus ou moins selon vos objectifs secrets. Ainsi, il est parfois préférable de se concentrer sur quelques parcelles stratégiques (les mines, les voies de chemin de fer&hellip;) plutôt que d&rsquo;en avoir le maximum (et parfois, plutôt que de surenchérir, mieux vaut déclencher un duel au pistolet!) Une partie durera une vingtaine de minutes, le jeu est très abordable et permet de passer un bon moment en famille.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh92nSNEefeq_Z1IBWABP-28ctGrebiOIPcPvhcr0AuoO7nR3HnPR_dsikYl_Ji2wTdovjd8Ax9xA5V-wpixvz6HBrX001AAKhV_A4Hgx8jpeYQColghLP47WUqUPtFBVq4lqBGxIdIZBXwk0VZJjLEDqr8SwDOjdo57kefoorIpnpcIU4AryxFkhuIlQ/s4000/20220820_092120.jpg"><img src="/images/articles/2023/20220820-092120.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°396 : prolapsus pelvien (HAS), cancers cutanés (USPSTF), canneberge, LDL, boissons/mortalité, lombo-sciatique, annonce décès</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/04/dragi-webdo-n396/</link><pubDate>Sun, 23 Apr 2023 18:39:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/04/dragi-webdo-n396/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Urologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Dermatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour et bonnes vacances pour ceux qui en prennent ! Merci encore à ceux qui ont répondu au <a href="http://www.process.care/survey/personomic">questionnaire</a> et à ceux qui soutiennent le blog via la <a href="https://www.lepotcommun.fr/pot/qzeojtdt">cagnotte</a> ! Voici sans attendre, les actualités !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un nouvel <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.122.063399">article</a> aborde les cibles de LDL en prévention secondaire. C&rsquo;est une suite de l&rsquo;étude Fourier dans laquelle les patients étaient traités par évolocumab. Ainsi, les auteurs retrouvent que ceux ayant un LDL plus bas sous traitement avaient un risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire plus faible que ceux ayant un LDL plus élevé (notamment &lt; 0.55 vs &gt;  0.55g/L). Certains diront donc qu&rsquo;il faut absolument cibler  0.55g/L en prévention secondaire. Cependant, comme les patients avaient le même traitement (évolocumab), et qu&rsquo;il y a eu un ajustement sur les principaux facteurs de confusion (les autres traitements, le LDL initial etc&hellip;), les patients les plus &ldquo;sensible&rdquo; a l&rsquo;évolocumab ont moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires. Effectivement, indépendamment de tout traitement, cette étude confirme qu&rsquo;avoir un LDL plus élevé est un facteur de risque cardiovasculaire, mais elle ne permettra pas de déterminer des cibles thérapeutiques.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-073406">BMJ</a> a proposé d&rsquo;étudier le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires et de mortalité chez les patients diabétiques en fonction de leur consommation de boisson. Dans cette étude de cohorte prospective,  les auteurs retrouvent que le café, le thé et l&rsquo;eau plate sont bon pour la santé, alors que les boissons sucrées augmentent la mortalité ! Bon, pour l&rsquo;eau et les boissons sucrées, on s&rsquo;en doutait un peu. Pour la consommation de café et thé, un peu moins, mais ça reste une étude de cohorte dans laquelle tous les facteurs de confusion ne peuvent être pris en compte.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEguj2HlHCRFngVjlyD_PPowW7KxWzovAF5kVXBLXxbIoHrAHcxsOY58hPkkINdX-ObsH9Trco9D76jRld9am9yv6wJ6sAX4Fe8-Ay1Iy2wQFEQOjLTktmIi1rB3gtnA2vFgcWFjGIFFSYSRsM0Cp9vCw-Ka_7hNZ5kkPfCJppvDPVmQDlWRN97D5jINng/s917/boissons.png"><img src="/images/articles/2023/boissons.png" alt=""></a></p>
<p>2 / Urologie</p>
<p>Dans les suites de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/06/dragi-webdo-n317.html">recommandation</a> concernant le prolapsus pelvien, la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3235557/fr/complications-de-la-chirurgie-avec-prothese-de-l-incontinence-urinaire-d-effort-et-du-prolapsus-genital-de-la-femme">HAS</a> a publié un guide sur les complications de la chirurgie de l&rsquo;incontinence urinaire. Globalement, les symptômes post-opératoires sont multiples: infections urinaires, récidive d&rsquo;incontinence, troubles urinaires, hématurie, troubles digestifs, douleurs pelvi-périnéales,  dyspareunies, fièvre ou syndrome inflammatoire. Ces symptômes sont des signes d&rsquo;alerte devant conduire à reconsulter le chirurgien et pourront conduire, après examen clinique, à des bilans urodynamiques, un TDM, une échographie ou une IRM . Des fiches pour patientes sont également disponibles: incontinence d&rsquo;effort, utiliser un pessaire, prise en charge des prolapsus génitaux.</p>
<p>Une revue systématique de la <a href="https://www.cochrane.org/CD001321/RENAL_cranberries-preventing-urinary-tract-infections">Cochrane</a> a étudié l&rsquo;efficacité de la canneberge dans la prévention des infections urinaires. Les auteurs montrent que cela permet une réduction des infections urinaires chez les patientes avec cystite récidivante avec un NNT de 15. Il y aurait aussi une efficacité en prévention des infections urinaires chez l&rsquo;enfant et en prévention des infections urinaires post-opératoires. Les principaux effets indésirables sont d&rsquo;ordre digestifs avec un NNH de 77.</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013815.pub2/full/fr">Cochrane</a> publie une revue systématiques des traitements de la lombalgie, concordante avec <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/03/dragi-webdo-n392.html">celle</a> dont nous avions parlé il y a quelques jours. Dans la lombalgie aigue, le paracetamol ne semblait pas réduire la douleur ou le retentissement fonctionnel mais n&rsquo;était pas non plus associé à plus d&rsquo;effets indésirables que le placebo. Les AINS réduisaient de 7 points sur 100 la douleur et de 2 points sur 24 la gêne fonctionnelle sans augmenter les effets indésirables. Les myorelaxants réduisaient également la douleur et la gêne fonctionnelle (réduction relative du risque de 40%, les chiffres absolus ne sont pas donnés) et augmentaient également de 50% le risque d&rsquo;effets indésirables. Dans les lombalgies chroniques, les résultats étaient similaires pour ces 3 classes. Les opioïdes semblaient avoir une efficacité modérée en réduisant la douleur de 8 points sur 100, avec des données les plus certaines pour le tapentadol et les opioïde de pallier 3.</p>
<p>Une revue systématique du <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-070730">BMJ</a> compare le traitement chirurgical et non chirurgical des sciatiques. La discectomie réduit la douleur de 12 points à court terme et de 7 points sur 100 à moyen terme par rapport à un traitement non chirurgical. A long terme, la réduction de 2 points est considérée comme non cliniquement pertinente. Il n&rsquo;y avait pas de bénéfice au traitement chirurgical concernant l&rsquo;amélioration de la fonction. Le risque d&rsquo;effet indésirable n&rsquo;était pas significativement supérieur dans les prises en charge chirurgicales. En 2016, la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/03/dragi-webdo-n90.html">HAS</a> avait émis un avis sur les prises en charge chirurgicales qui pouvaient être efficaces, notamment en l&rsquo;absence de rééducation intensive.</p>
<p>4/ Dermatologie</p>
<p>Les cancers cutanés sont relativement fréquents. Malheureusement, la revue systématique conduite par l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2803797">USPSTF</a> retrouve que les données sont insuffisantes pour évaluer la balance bénéfice-risque du dépistage des cancers cutanés chez les patients asymptomatiques.</p>
<p>5/ Soins palliatifs</p>
<p>Un <a href="https://cn2r.fr/wp-content/uploads/2023/02/Ressource_soignants_annonce_deces.pdf">document</a> a été produit par le centre national de ressource et de résilience concernant l&rsquo;annonce d&rsquo;un décès aux proches du patient décédé. Les auteurs proposent d&rsquo;utiliser la méthode du disque rayé pour demander aux proches de venir pour essayer d&rsquo;éviter une annonce téléphonique, d&rsquo;annoncer graduellement et chronologiquement les évènements ayant conduit au décès et d&rsquo;employer des mots simples et clairs &ldquo;décès&rdquo;/&ldquo;mort&rdquo;. Il est nécessaire de respecter les silences permettant l&rsquo;acceptation du message et enfin, de prendre soins de nous, car c&rsquo;est difficile et que c&rsquo;est également une épreuve pour le médecin annonçant le décès.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°395 : calendrier vaccinal 2023, antihypertenseurs, Covid, hypogammaglobulinémie, trouble bipolaire, cancer prostate, prédiabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/04/dragi-webdo-n395/</link><pubDate>Wed, 19 Apr 2023 10:13:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/04/dragi-webdo-n395/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Oncologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour
! Merci à ceux qui ont répondu à l&rsquo;étude sur &ldquo;l’adaptation
de la prise en charge de patients&rdquo;. Pour ceux qui accepteraient encore de participer, ça ne
vous prendra que 5-10 minutes et il suffit de cliquer ici : <a href="http://www.process.care/survey/personomic">http://www.process.care/survey/personomic</a> . Merci beaucoup et voici les actualités de la semaine !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjDlUc9-llOJxY8QItnzfmH1WoInzf6VPqFa-GgvWiTWX3a2-aVhiRTdGsit2alh8ncyJ1duu-9BWTbr48u7Tz0rGbJcZLox3onQr_jvMyp1-wppd-j-opvt-XGoNbtMWHQU9k4QlOEpRUl_GaQ4w8Wbnec8p1VNs7wQgzKjVYz-cEw5ffhrpWub5ZoeA/s1239/Personomic.png"><img src="/images/articles/2023/personomic-2.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>On a déjà vu plusieurs fois que les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/pour-traiter-lhta-tu-fais-quoi.html">thiazidiques</a> étaient les traitements de 1ère intention les plus éprouvés, suivi de près par les IEC, et que les recos sont en faveur des calciques pour des raisons de tolérance. Cette étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2803518">JAMA</a> parle de l&rsquo;hétérogénéité de la réponse aux anti-HTA en randomisant en cross-over des patients avec du lisinopril, du candesartan, de l&rsquo;hydrochlorothiazide et de l&rsquo;amlodipine. En trouvant &ldquo;le&rdquo; traitement le plus efficace pour chaque patient, les auteurs montrent qu&rsquo;on peut obtenir une  baisse supplémentaire de 4,4mmHg de PAS. Ce qui soulève quand même un point sur les cibles tensionnelles: faut il mieux baisser un peu plus la PAS ou utiliser une classe qui a montré un bénéfice supérieur en termes de réduction d&rsquo;évènements cardiovasculaires en comparaison directes ? (ça fait penser aux débats sur les cibles de LDL et les statines&hellip;)</p>
<p>Une revue systématique du <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-071609">BMJ</a> a étudié l&rsquo;effet de la consommation de sucre. Bon, les résultats ne sont pas très surprenants avec une augmentation des risques: de mortalité globale et cardiovasculaire, d&rsquo;infarctus, d&rsquo;AVC, d&rsquo;HTA, de diabète, d&rsquo;obésité, de dyslipidémie, de goutte, d&rsquo;asthme, de cancer du sein, de cancer de la prostate, de cancer hépatique et pancréatique, de dépression, de trouble déficitaire de l&rsquo;attention&hellip; Les auteurs recommandent de limiter le sucre à moins de 25g/jour (6 cuillères à café) et à 1 verre de boisson sucrée par semaine.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/vaccination/calendrier-vaccinal">calendrier vaccinal</a> 2023 est sorti ! Pas de vraies grandes nouveautés. On y voit le vaccin anti-rotavirus recommandé à  2-3(-4) mois, le vaccin anti-méningo B à 3-5-12mois, la coqueluche pendant la grossesse et le vaccin antigrippal qui peut être proposé entre  2 et 17 ans (mais n&rsquo;est pas noté en &ldquo;recommandé&rdquo;). Concernant le méningo B, les auteurs sont cependant assez souples en disant que la vaccination peut être commencée entre 2 mois et 2 ans. Chez les enfants prématurés, pas de différence de schéma, mais il y a 1 dose de Prevenar supplémentaire à 3 mois.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgctpY9SSfocLqekEj1Pa666cLj2xsKHqf13YG7Nfb0u28zvUhOi7RhZjt2CQ0VGfe_JlV8p3RTLoxnF2JP1Jm05EsKiRYodYFE-4WcCzQeWvLWQLVLdNT_JDf2J8q1gyXzHRpTP9DuceWvk8OZQ1vNWeZxilKNNCkkhTrs0yW4UUs13tcjz-RwERLN_g/s1797/vaccin%20enfant.png"><img src="/images/articles/2023/vaccin-20enfant.png" alt=""></a></p>
<p>Les hypogammaglobulinémies ne sont pas rares en médecine générale. Cet <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S024886632300036X?via%3Dihub">article</a> de la revue de médecine interne propose une conduite à tenir. On peut la trouver sur une électrophorèse des protéines, indiquée devant: des infections répétées, une suspicion de maladie auto-immune, une vascularite, une néphropathie, une neuropathie, une hypercalcémie, un syndrome inflammatoire ou des anomalies sur l&rsquo;hémogramme. Elle est définie par des gammaglobulinémies &lt; 7g/L, mais le bilan ne s&rsquo;envisage que si inférieur à 6g/L. En cas d&rsquo;hypogamma &lt; 6g/L: 1/  protéinurie des 24h avec EPU (rech myélome ou syndrome néphrotique), et si normal: dosage d&rsquo;albuminémie (qui est en fait déjà sur l&rsquo;EPP)  2/ hypoalbuminémie : clairance fécale d&rsquo;alpha1-AT et calprotectine fécale pour chercher une cause digestive, 3/ pas d&rsquo;hypoalbuminémie (ou bilan 2/ normal) : TDM-TAP et immunophénotypage à la recherche d&rsquo;un clone B (biopsies si anormal) . 4/ si le 3 est normal: rechercher un médicament impliqué et sinon rechercher un DICV ou un déficit en sous classe d&rsquo;IgG.</p>
<p>Une <a href="https://evidence.nejm.org/doi/full/10.1056/EVIDoa2200283">revue</a> systématique a regardé l&rsquo;efficacité des corticoïdes chez les patients atteint de Covid-19 non oxygéno-requiérants. Et ben, ça augmente le risque de mortalité, avec un NNH de  27 patients. Donc, c&rsquo;est un des seul traitement à réduire la mortalité, mais à réserver aux patients avec Covid sévère, sinon, c&rsquo;est encore pire que l&rsquo;HCQ!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiJriXJbTe3h7ziZ-4C5vO39DFHyolfyUVeJIg3kpYtgFZQE0a18J01A7WlOX9H_jxsD6Y3U6puamN5ELyfa6xU4Snk3pA3CxaIlJ4wFq7yY8yHE-h_7g5GhrLQeqd9yI4CQulckSeCiD8-1PHSMGP1jQBbIR4B2licMOOa_bg1OktUwAIC_1MnnjQLnQ/s1652/cortico.png"><img src="/images/articles/2023/cortico.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-073591">BMJ</a> publie une synthèse sur la prise en charge des troubles bipolaires. Un épisode maniaque (TB de type 1) est défini par une humeur élevée  pendant au moins une semaine, accompagnée d&rsquo;au moins trois autres caractéristiques (activité accrue, une vitesse de pensée accrue, une logorrhée, insomnie,  hyper-investissement, des changements dans l&rsquo;estime&hellip;). Le TB de type 2 présente des symptômes moindres dit &ldquo;hypomaniaques&rdquo;, durant au moins 4 jours et une prédominance de symptômes dépressifs. Les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/10/dragi-webdo-n66.html">recos HAS</a> rappellent bien &ldquo;quand penser à un trouble bipolaire&rdquo;. Le traitement doit être adapté selon les symptômes et phases du patient: crise maniaque, traitement d&rsquo;entretien et dépression bipolaire. Les traitements peuvent être de 3 types : les stabilisateurs de l&rsquo;humeur (lithium, carbamazepine, lamotrigine, divalproate), les antipsychotiques (on retiendra notamment quétiapine, olanzapine, risperidone) et les antidépresseurs (inefficace dans le TB type 1, et a utiliser avec précaution dans le TB type 2 si monothérapie). De façon pratique: épisode maniaque: risperidone ou quétiapine ou carbamazepine ou dibalproate. En traitement d&rsquo;entretien, une association antiépileptique + antipsychotique est recommandée. La lamotrigine est une option assez bien tolérée notamment en cas de symptômes dépressifs (a monter progressivement  à 200mg).  Dans le TB type 2, un antidépresseur, peut être proposé seulement si associé à un stabilisateur antiépileptique mais la quétiapine semble une option plus adaptée.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp2209151">NEJM</a> aborde le dépistage du cancer de la prostate. On va surtout retenir les chiffres clés donnés dans cet article : dépister 1000 hommes pendant 13 ans, peut permettre d&rsquo;éviter 1,3 décès par cancer de la prostate. Environ 8% des test de PSA sont positifs au seuil de 4 et il y a 10-15% de faux positifs sur 3-4 séquences de dépistage et 5% de faux positif qui ont conduit à une biopsie revenant normale (5-7% des biopsies s&rsquo;infectent, et 1-3% nécessitent une hospitalisation). Il y a entre 20 et  40% de surdiagnostic de cancer de la prostate (soit entre 20 et 40 hommes sur-diagnostiqués pour 1000 dépistés sur 11 ans). Parmi les recommandations internationales présentées, la plupart disent &ldquo;décision partagée&rdquo; entre 50 et 70 ans, et seuls les canadiens assument de recommander le &ldquo;pas de dépistage&rdquo; dans cette tranche d&rsquo;âge.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2803510">JAMA</a> publie un article concernant le diagnostic et la prise en charge du pré-diabète. Comme on l&rsquo;a déjà vu, il y a un continuum entre la glycémie normale et le diabète en ce qui concerne le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire, donc les patients en pré-diabète ont un surrisque de 7 décès pour  10000 patients par an et de 9 évènements cardiovasculaire pour 10000 patients par an. Le diagnostic n&rsquo;est pas consensuel: GAJ &gt; 1.0g/L (ou 1,1g/L) ou HbA1C &gt; 5.7% (ou &gt;6%), HGPO&hellip; Les règles hygiénodiététiques (activité physique, alimentation hypocalorique&hellip;) réduit la progression vers un diabète chez  6 patients pour 100 par an. Les auteurs proposent la metformine qui réduit la survenue de diabète chez 3 patients pour 100 par an. Ils précisent cependant qu&rsquo;aucune bonne étude médicamenteuse ne réduit les évènements cardiovasculaires ou la mortalité (enfin, y&rsquo;en a  une avec l&rsquo;acarbose&hellip;)</p>
<p>Les <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(23)00062-1/fulltext">anomalies glycémiques</a> pendant la grossesse sont associées à une augmentation du risque de diabète. En effet,  le risque de diabète est de  2,6 patientes pour 10 000 par an en l&rsquo;absence de diabète et de 71,9 patientes pour 10 000 par an en cas de diabète gestationnel. Les patientes ayant des glycémies anormales sans remplir les critères de diabète gestationnel avaient un risque de diabète variant entre 9 et 26 pour 10 000 par an.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°394 : hydroxychorloquine/grossesse, doxycycline post-exposition, VRS, mammographie/échographie, vitamine D</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/04/dragi-webdo-n394/</link><pubDate>Tue, 11 Apr 2023 21:35:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/04/dragi-webdo-n394/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Avant les actualités, nous vous proposons de participer à une étude dans laquelle vous pouvez partager votre expérience &ldquo;d’adaptation de la prise en charge de patients&rdquo;. Il suffit de rédiger un cours texte dans lequel vous décrivez une situation où vous avez adapté une prise en charge, en gros: ce qu&rsquo;il se passe en consultation dans la vraie vie ! (Merci à ceux qui ont déjà répondu via Twitter !) C&rsquo;est ludique, ça ne vous prendra que 5-10 minutes et ça permet de se questionner sur l&rsquo;implicite de notre pratique quotidienne ! Il suffit de cliquer ici : <a href="http://www.process.care/survey/personomic">http://www.process.care/survey/personomic</a> Merci beaucoup !!!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjDlUc9-llOJxY8QItnzfmH1WoInzf6VPqFa-GgvWiTWX3a2-aVhiRTdGsit2alh8ncyJ1duu-9BWTbr48u7Tz0rGbJcZLox3onQr_jvMyp1-wppd-j-opvt-XGoNbtMWHQU9k4QlOEpRUl_GaQ4w8Wbnec8p1VNs7wQgzKjVYz-cEw5ffhrpWub5ZoeA/s1239/Personomic.png"><img src="/images/articles/2023/personomic.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/les-enfants-exposes-a-lhydroxychloroquine-pendant-la-grossesse-de-leur-mere-courent-un-risque-plus-eleve-de-malformation-grave-a-la-naissance">ANSM</a> aborde le sujet des risques de malformation chez les enfants exposés à l&rsquo;hydroxychloroquine pendant la grossesse. En effet, une étude retrouve une multiplication de ce risque par  1,5 soit un NNH de 50 patientes. Bref, pas d’hydroxychloroquine pendant la grossesse (sauf rares situations de maladies chroniques). Ils recommandent l&rsquo;utilisation d&rsquo;une contraception en parallèle de sa prescription chez les femmes en âge de procréer.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Voici une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2802816">étude</a> rétrospective avec appariement des patients sur score de propension qui aborde les AOD. Cette fois encore, les auteurs retrouvent que l&rsquo;apixaban est associé à un moindre risque hémorragique et d&rsquo;évènements ischémiques et de mortalité globale chez les patients avec FA qu&rsquo;ils soient atteints de démence ou non, par rapport à la warfarine et au rivaroxaban. Par rapport au dabigatran, le bénéfice de l&rsquo;apixaban ne portait que sur les évènements ischémiques. On avait déjà vu de nombreuse fois que l&rsquo;apixaban était l&rsquo;AOD à utiliser préférentiellement, surtout par rapport au rivaroxaban (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/04/dragi-webdo-n264.html">ici</a>).</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Chez les patients prenant la PREP, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/12/dragi-webdo-n164.html">nous avions vu</a> que la doxycycline post exposition permettait de réduire les infections à Chlamydia et treponème. Une nouvelle étude de plus grande ampleur, <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2211934">DoxyPEP</a>, a randomisé les patients infectés par le VIH ou prenant la PREP en &ldquo;doxycycline 200mg dans les 24h après un rapport non protégé (et jusqu&rsquo;à 72h)&rdquo; versus soins courants. Il y avait moins d&rsquo;IST que ce soit chez les patients traités par doxy (NNT= 5), le bénéfice portant sur le gonocoque, le Chlamydia et la syphilis chez les patients prenant la PREP et uniquement chez les 2 premiers chez les patients vivant avec le VIH. Concernant les effets indésirables de la doxycycline au cours des 9 mois de suivi environ, ils n&rsquo;étaient pas significativement différents entre les groupes, cependant, il y avait légèrement plus de gonocoque et de staphylocoques résistant aux tétracyclines chez les patients du groupe &ldquo;doxycycline&rdquo;.</p>
<p>Quelques temps après le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/06/dragi-webdo-n361.html">précédent</a>, un nouvel essai randomisé sur la vaccination anti-VRS chez les femmes enceintes entre 24 et 36 SA a été publié dans le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2216480">NEJM</a>. Dans cette étude 7000 femmes ont été vaccinées et à peu près autant d&rsquo;enfants évalués sur la survenue d&rsquo;infections à VRS sévères. A 6 mois, il y avait 0,5% d&rsquo;infections sévères chez les enfants de mère vaccinée et 1,8% chez ceux de mère non vaccinée (NNT=77), et respectivement 1,6% et 3,4% pour toute infection à VRS (NNT=56). Il y avait plus de rougeur, d&rsquo;oedème, de douleur au point d&rsquo;injection et de myalgies que le placebo mais pas plus d&rsquo;autres effets systémiques ni chez les mères ni chez les enfants. Dans cet étude encore, Pfizer a participé activement au financement de l&rsquo;étude, à sa mise en place et à l&rsquo;analyse des résultats&hellip;</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD009632.pub3/full">Cochrane</a> discute de l&rsquo;association mammographie + échographie dans le dépistage du cancer du sein. Les auteurs concluent que cela permet de dépister plus de cancers que la mammographie seule (5/1000 vs  3,2/1000, NNT=560), avec moins de cancers avancés dans le groupe mammo+écho (18% vs 34%) , mais sans différence pour les femmes avec des seins peu denses. Cependant, le nombre de faux positifs était plus important en cas d&rsquo;échographie associée (123/1000 vs 86/1000, soit une différence de  37/1000, soit un NNH de 27 patientes dépistées pour un faux positif!) et 27 patientes/1000 qui ont eu une biopsie supplémentaire).</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>On l&rsquo;aime bien, donc on y revient : la vitamine D ! Après avoir dit que supplémenter en vitamine D était inutile dans toutes les indications rhumatologiques, on revient aux bases: <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(23)00063-3/fulltext">vitamine D</a> et risque de fracture après 60 ans, mais avec une supplémentation mensuelle de 60 000UI/mois (ce qui change des administrations trimestrielles et ce qui correspond aussi à 2000UI/jour quand les recos sont à 800UI/j). Bon, sans grande surprise, la vitamine D ne réduisait pas le risque de fractures total, ni celui de fractures ostéoporotiques majeures (hanche, vertèbre, poignet, humérus), ni les fractures de hanches, ni les fractures non-vertébrales.</p>
<p>On avait parlé du bénéfice débattu des infiltrations de corticoïdes <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2776205">(ici</a> et <a href="https://www.bmj.com/content/380/bmj.p24">ici</a> vs  <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1905877">là</a> et <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2626573">là)</a>, voici une <a href="https://josr-online.biomedcentral.com/articles/10.1186/s13018-023-03637-4">étude</a> qui les évalue lorsqu&rsquo;ils sont utilisés dans les 3 mois précédent une intervention arthroplastie totale de genou. Les auteurs retrouvent une augmentation de 26% du risque d&rsquo;infection du site opératoire en cas d&rsquo;infiltration dans les 3 mois avec un NNH de 175 patients. Entre 3 et 6 mois, l&rsquo;augmentation de ce risque n&rsquo;était plus significative, p=0.06, mais rappelons que c&rsquo;est une évaluation sur critère secondaire exploratoire donc cette tendance est probablement aussi à prendre en compte)</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Voici une <a href="https://www.bmj.com/content/381/bmj-2022-074068">revue systématique relative</a> aux bénéfices et aux risques de tous les traitements antidiabétiques ! Une image vaudra mieux que toutes les explications, le vert c&rsquo;est bien, le rouge c&rsquo;est pas bien, le gris c&rsquo;est inutile (et sinon on en a longuement parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/les-traitements-du-diabete-formule-all.html">ici</a>) :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEimvZ76rHM2EkXbwKNIA5-ZIwmhjvAeFKGaiyj64H5xjjOaE7M5PtIz24-MkUVdwgQL4SQMGmg6NZx_MU1_Wzank60gLSvAVloGOF8o45SacPM_kwY7FI1TrqPVgCtxAVDw0snXwGPIjGKp7gsHjc7o6jGsePvObVkz8Ob1mr0BlPfDVCq_t4TLNk5nyg/s1885/diab%C3%A8te.jpg"><img src="/images/articles/2023/diab-c3-a8te.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus <em>(et @DrePetronille pour la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°393 : Vaccins/professionnels (HAS), post-mastectomie (HAS), alimentation/risque mortalité, TCC, dépistage IST, prophylaxie Covid, Sobek</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/04/dragi-webdo-n393/</link><pubDate>Mon, 03 Apr 2023 21:50:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/04/dragi-webdo-n393/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3423882/fr/flash-securite-patient-les-medicaments-en-pediatrie-ce-n-est-pas-un-jeu-d-enfant">HAS</a> publie un document &ldquo;les médicaments en pédiatrie&hellip; ce n&rsquo;est pas un jeu d&rsquo;enfant&rdquo;. Suite à des évènements indésirables graves, les instances rappellent notamment de vérifier les posologies adaptées au poids, d&rsquo;être vigilant sur les prescriptions entre mg et mL et d&rsquo;expliquer le mode de dispensation aux parents.</p>
<p>2 / Cardiovasculaire</p>
<p>Dans une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-3027">étude</a> de cohorte danoise de patients de plus de 40 ans asymptomatiques sur le plan cardiovasculaire et en prévention, les 9500 patients ont fait un coroscanner et ont été suivis. Ceux présentant une sténose coronarienne obstructive ou étendue asymptomatique (10% quand même) avaient un risque d&rsquo;infarctus. On ne va pas conclure qu&rsquo;il faut dépister tout le monde comme ça, mais la question est de savoir si un SCORE2 aurait permis de les classer à haut risque.</p>
<p>Parlons des régimes alimentaires. Dans cette étude du <a href="https://www.bmj.com/content/380/bmj-2022-072003">BMJ</a>, les auteurs ont comparés 7 régimes différents: méditerranéen, pauvre en graisses, très pauvres en graisses, graisses modifiée, pauvre en graisses et en sel, végétarien pauvre en graisses (Ornish et Pritikin) par rapport aux soins courants (conseils standards ou rien). C&rsquo;est sans appel, le régime méditerranéen réduit, la mortalité globale, cardiovasculaire, les AVC et les IDM. Seul le régime faible en graisses réduit aussi la mortalité globale et les infarctus. C&rsquo;est assez cohérent avec cette revue de <a href="https://www.nature.com/articles/nature13959">Nature</a> qui compare les différents régimes également.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj5equjllHMMQYxKusmiu7hpHBaaaSFh9voZLSGgEJQyfP7b1NKF4rBek6c6bcd1VPzqnbSFBrcNl9jMGVPn7zpjErsI9JjKuaFq-cj6T43p27ei4wKtZDBP40Nh3QJ0AABFRSaqJYIxqQJx_P6UoT9XwX8UVcJn1Y3QNv4MRxTjl_i--B-z-BCgjZL1Q/s920/r%C3%A9gimes.png"><img src="/images/articles/2023/r-c3-a9gimes.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p> La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3424586/fr/obligations-et-recommandations-vaccinales-des-professionnels-actualisation-des-recommandations-et-obligations-pour-les-etudiants-et-professionnels-des-secteurs-sanitaire-medicosocial-et-en-contacts-etroits-avec-de-jeunes-enfants">HAS</a> publie des recommandations pour la vaccination des professionnels de santé. En gros, le DTP est recommandé (et non obligatoire sauf Mayotte), l&rsquo;immunisation pour le VHB est obligatoire pour les étudiants, professionnels hospitaliers et libéraux, pour le Covid, l&rsquo;obligation est remplacée par une recommandation forte. Revenons sur ce dernier point. Lors de la consultation publique, il y a eu un très grand nombre d&rsquo;avis. Tous les avis des sociétés savantes &ldquo;reconnues&rdquo; (de médecine du travail, SPILF, de pédiatrie), les associations de patients atteints de maladies chroniques, et le groupe nofakemed ont se sont opposés à cette levée d&rsquo;obligation. Les associations antivax, et les sociétés &ldquo;savantes&rdquo; (type société savantes d&rsquo;homéopathie, notons que c&rsquo;est la seule qui a besoin de mettre &ldquo;savante&rdquo; dans son nom&hellip;) ont salué la levée d&rsquo;obligation. La HAS semble avoir choisi son camp&hellip; (L&rsquo;<a href="https://www.academie-medecine.fr/vaccinations-obligatoires-des-soignants-lhonneur-dune-profession/">académie de médecine</a> donne aussi son avis dans un article intitulé: obligation vaccinale, l&rsquo;honneur d&rsquo;une profession)</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n949">BMJ</a> a publié une revue systématique concernant les prophylaxies contre le Covid : RIEN ne fonctionne pour réduire la mortalité ou les hospitalisations. Par contre, l&rsquo;hydroxychloroquine, le zinc, la vitamine C et la povidone iodée se démarquent pour ce qui est des effets indésirables&hellip;</p>
<p>Plutôt que de dépister le VIH chez tout le monde, les recommandations actuelles sont de dépister des populations ciblées (changement de partenaire, diagnostic d&rsquo;IST, prescription de contraception, HSH, origine africaine, usager de drogues injectables, travailleurs du sexe). Une <a href="http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2023/5/2023_5_1.html">intervention</a> sur un logiciel médical consistant en une alerte pop-up à l&rsquo;ouverture des dossiers de patients avec antécédent d&rsquo;IST, de VHC ou de tuberculose, a permis d&rsquo;augmenter la prescription de sérologies VIH par les médecins. Mais on ne sait pas s&rsquo;il y a eu en effet plus de dépistages positifs.</p>
<p>Un article d&rsquo;<a href="https://www.annfammed.org/content/21/2/172">Annals of family medicine</a> confirme que les prélèvements vaginaux sont plus efficients que les analyses d&rsquo;urines pour rechercher les IST chez les femmes. En effet, les sensibilités du PV pour <em>Chlamydia</em>, gonocoque et <em>trichomonas</em> étaient de  94,1%, 96,5% et 98% et pour le prélèvement urinaire de 86,9%, 90,7% et 95,1% (p&lt;0,01).</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Une revue systématique a comparé les <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/wps.21069">TCC</a> et les autres psychothérapies dans la prise en charge de la dépression. Les TCC sont plus efficaces que les autres psychothérapies, avec une différence globalement faible. Cependant, elle est plus importante sur du long terme (6-12 mois).</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Dans un <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2352302623000133">article</a>, on peut voir que l&rsquo;incidence des thromboses superficielles pendant la grossesse est de  0,06 % et de  0,16% en post-partum. Malgré la rareté de ces évènements, 10% des patientes ayant fait une TVS ont fait une TVP, le risque étant presque multiplié par 100 par rapport aux patients n&rsquo;ayant pas fait de TVS.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3385847/fr/professionnels-decision-partagee-sur-la-reconstruction-mammaire">HAS</a> a proposé des documents pour intégrer la décision médicale partagée dans les suites d&rsquo;une mastectomie : reconstruction mammaire, buste plat, tatouages, rien. Les fiches proposées permettent d&rsquo;ouvrir le dialogue et d&rsquo;en discuter si une patiente souhaite aborder ce sujet en consultation.</p>
<p>6/ Le jeu du mois:  &ldquo;Sobek&rdquo;</p>
<p>&ldquo;Sobek&rdquo; est un jeu 2 joueurs, nous transportant dans environnement égyptien. Des tuiles représentant différentes ressources sont disposées sur le plateau de jeu. La mécanique du jeu, consiste à déplacer l&rsquo;Ankh sur la ligne tracée par ses &ldquo;bras&rdquo;, jusqu&rsquo;à une des tuiles qui est alors prise pour le joueur. L&rsquo;Ankh et alors repositionné dans un axe déterminé par la tuile qui a été prise. Le joueur suivant re-déplace ensuite l&rsquo;Ankh pour prendre à son tour une tuile. Si un joueur ne souhaite pas prendre la 1ère tuile  disponible sur l&rsquo;axe de déplacement de l&rsquo;Ankh, il peut &ldquo;sauter&rdquo; des tuiles pour aller jusqu&rsquo;à la tuile désirée. Mais, les tuiles sautées vont venir s&rsquo;ajouter à une pile de corruption (qui donnera bien sur un malus en fin de jeu). On fait des points en collectant des tuiles de la même familles (certaines permettent d&rsquo;avoir plus de points que d&rsquo;autres). Il y a aussi des joker, et des personnages avec des &ldquo;pouvoirs&rdquo; pour pimenter le jeu (comme se débarrasser de ses tuiles corruption)! Le jeu est bien construit, assez stratégique et les parties durent une vingtaine de minutes. C&rsquo;est donc un très bon jeu pour 2 joueurs !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh2KEhea0GI9R1bQT8EH9JJheDnD24l6mi_F34ti00UVqvu9tltZAq-lG8OiNeFcdZkHptGjJ4Fx0dhBBbTUdgQosd0YuEsR2MrrG3rToEZ5RMpI4TF_gf-Mijq-8GXBRtCTf3Z68xwid_vSN0U2HdqvoxNYCvbmO2G6RTdQYLEq5un5QtYMCXZ5QSkEg/s4000/20220727_095257.jpg"><img src="/images/articles/2023/20220727-095257.jpg" alt=""></a></p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus <em>(et @DrePetronille pour la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°392 : Exercice médical/prescriptions inappropriées, laits pour APLV, DIU/post-partum, antalgiques, rhinite, Ménière, hydratation, évolution santé mentale</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/03/dragi-webdo-n392/</link><pubDate>Sun, 26 Mar 2023 23:33:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/03/dragi-webdo-n392/</guid><category>Médecine générale</category><category>Gynécologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Rhumatologie</category><category>ORL</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, comme chaque année, vous pourrez retrouver un grand nombre de commentaires concernant les présentations du CMGF sur Twitter : <a href="https://twitter.com/hashtag/CMGF2023?src=hashtag_click&amp;f=live">#CMGF2023</a> ! Et voici sans plus attendre les actualités de la semaine ! </p>
<p>1/ Exercice médical</p>
<p>On va parler d&rsquo;un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama-health-forum/fullarticle/2802144?utm_source=twitter&amp;utm_campaign=content-shareicons&amp;utm_content=article_engagement&amp;utm_medium=social&amp;utm_term=032323#.ZBxJnIrk-Ns.twitter">JAMA</a> health forum qui a étudié
les prescriptions inappropriées en soins primaire selon&hellip; la durée de
consultation! Ainsi, parmi les 4 millions de consultations étudiées, les
consultations courtes étaient associées à plus d&rsquo;antibiotiques
inappropriés, plus d&rsquo;opioïdes et plus de benzo!</p>
<p>Une <a href="https://www.health.org.uk/publications/reports/stressed-and-overworked">publication britannique</a> comparait les généralistes selon les pays. On voit en 1er lieux que les MG français sont les plus insatisfaits d&rsquo;Europe, tout juste devancés depuis 2022 par les Britanniques, et que cette insatisfaction n&rsquo;est pas liée au revenus mais à la charge de travail notamment administrative. Nous voyons en moyenne 114 patients en 45h (15min/patient), en nombre de patients c&rsquo;est dans le top 3, (les allemands font 250 patients avec des cs de 10min!!) mais nous ne sommes pas &ldquo;trop&rdquo; en burn out par rapport aux autres (quand même 1/3 des médecins avec des symptômes&hellip;). Nous sommes ceux qui offrons le plus souvent des consultations après 18h et qui travaillons au moins 1 fois par mois le week end. Il est aussi plaisant de voir qu&rsquo;on fait près de 90% de consultations présentielles (contre 40% au Royaume Uni!). Par contre, nous sommes les moins informés quand nos patients sont hospitalisés ou passent aux urgences. Nous demandons plus que les autres s&rsquo;ils ont besoin d&rsquo;un &ldquo;bon de transport&rdquo;, mais sommes mauvais pour dépister ou prendre en charge l&rsquo;insécurité alimentaire, les démences et l&rsquo;addictologie.</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2802616">étude</a> a comparé la pose d&rsquo;un DIU &ldquo;précoce&rdquo; entre 2 et 4 semaines après un accouchement, versus &ldquo;normal&rdquo; entre  6 et 8 semaines étant donné qu&rsquo;à 6 semaines 50% des patientes ont déjà repris un cycle. Les auteurs montrent ainsi que poser le DIU de façon précoce est non inférieur au délai standard sur le risque d&rsquo;expulsion complètes à 6 mois, chez des femmes d&rsquo;environ 29 ans et à 65% multipares. Dans cet essai de non infériorité, la différence était de 2% pour une marge de non infériorité placée à 6% (6% de risque d&rsquo;expulsion en plus, ça nous semble énorme!). Notons que sur les critères d&rsquo;expulsions partielles (endo-cervical) et &ldquo;tout type d&rsquo;expulsion&rdquo;,  la pose &ldquo;précoce&rdquo; n&rsquo;était pas non inférieure à la pose &ldquo;normale&rdquo;, sans qu&rsquo;il n&rsquo;y ait non plus significativement plus de retrait du DIU. Vu les marges, ça ne semble pas très convaincant. Notons que la pose de DIU dans les 48h après accouchement n&rsquo;est pas abordée.</p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>Cette [étude](<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36520827/">https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36520827/</a>  suicide pdt le covid) du
réseau Sentinelles a évalué les actes suicidaires et décès par suicide
déclarés par les médecins du réseau sentinelle entre mars 2010 et mars
2022. Leur taux était stable pendant la pandémie Covid mais les actes
concernaient des personnes plus jeunes et plus âgées (notamment
étudiants et retraités).</p>
<p>Abordons l&rsquo;<a href="https://bjgp.org/content/early/2023/03/20/BJGP.2022.0196">anxiété</a> en Belgique chez les patients suivis en médecine générale. Entre 2000 et 2021, l&rsquo;incidence de l&rsquo;anxiété des patients est passée de 1/1000 patient année à 10/1000 patient année, avec une proportion de patients anxieux traités médicalement passant de 25% à  40% (anxiolytiques et IRS)! Durant cette période, le nombre de maladies chroniques des patients est passée de 1,5 à 2,3. Les principales comorbidités associées à l&rsquo;anxiété étaient, bien sur les cancers, mais aussi, l&rsquo;HTA (car fréquent), et l&rsquo;intestin irritable (lié à l&rsquo;état psychologique).</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Régulièrement il y a une grosse revue systématique avec méta-analyse sur les antalgiques dans les douleurs (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/03/dragi-webdo-n89.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n328.html">là</a>). Voici celle dans la lombalgie aiguë publiée dans le <a href="https://www.bmj.com/content/380/bmj-2022-072962">BMJ</a>. Ce qui est le plus efficace sur le critère &ldquo;douleur&rdquo;, dans cette revue,  c&rsquo;était des myorelaxants ! La tolperisone et le thioccolchicoside réduisaient de 20 points /100 l&rsquo;intensité de la douleur. La prégabaline était également dans le top des médicaments, suivi de peu par le kétoprofène. L&rsquo;étoricoxib, l&rsquo;aceclofenac, le piroxicam étaient également efficaces. Le tramadol, le paracétamol, le diclofenac, l&rsquo;ibuprofène, le célécoxib et les corticoïdes n&rsquo;étaient pas plus efficaces que le placebo. Malheureusement, le naproxène n&rsquo;apparait pas, il était pris en référence pour certaines études mais n&rsquo;a pu être intégré à cause du manque de comparaison versus placebo. Concernant la tolérance, seuls le tramadol et le baclofène faisaient plus d&rsquo;effets indésirable que le placebo. Dans les analyses par classes médicamenteuses: les anticonvulsivants étaient les plus efficaces (mais avaient le plus d&rsquo;effets indésirables avec les opioïdes faibles),  suivis des myorelaxants, des coxibs et des AINS. Ce qu&rsquo;il faut surtout retenir, c&rsquo;est que ces résultats sont de faible à très faible niveau de preuve à cause des biais des études, sauf pour celles concernant la tolérance où le niveau de preuve est modéré.</p>
<p>Rapidement, des <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3609887">recommandations</a> alimentaires ont été faites chez les patients avec rhumatisme inflammatoire. Il est recommandé d&rsquo;accompagner le patient vers une perte de poids, le régime méditerranéen est recommandé et les oméga-3 peuvent être proposés à visée symptomatique. Le régime sans gluten, le jeûne, le régime végétalien,  l&rsquo;éviction de produits laitiers, la supplémentation vitaminique ou en oligo-éléments et les probiotiques ne sont pas recommandés.</p>
<p>5/ ORL</p>
<p>La <a href="https://www.evidentlycochrane.net/menieres-disease/">Cochrane</a> a publié plusieurs revues concernant la maladie de Ménière. Concernant les traitements oraux, il est impossible de tirer la moindre conclusion de l&rsquo;efficacité de la beta-histine, des diurétiques ou des corticoïdes (1 ou 2 études à chaque fois, sans efficacité retrouvé sauf peut être celle évaluant les diurétiques). Les injections de corticoïdes intratympaniques et la pression positive ne fonctionnent pas. Les injections intratympaniques de gentamycine, les aérateurs transtympaniques et le fait de boire abondamment réduisait la survenue de crise de vertiges dans 1 étude pour chaque intervention, soit un faible niveau de preuve également (mais bon, ça permet de découvrir des interventions insoupçonnées!)</p>
<p>Parlons de la rhinite, avec une <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/lary.30306#.ZBTRdyr6r3k.twitter">revue systématique</a> qui a évalué les anticholinergiques nasaux (type ipratropium) dans les essais randomisés. Les auteurs montrent une diminution de la sévérité de la rhinorrhée et de la durée des symptômes sous traitement par rapport au placebo, aussi bien dans la rhinite allergique que non allergique. Il y avait significativement plus d&rsquo;épistaxis mais les autres effets indésirables n&rsquo;étaient pas significativement augmentés (céphalées, irritations, pharyngite).</p>
<p>6/ Pédiatrie</p>
<p>Cette <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36518150/">étude française</a> sur
le rapport coût-efficacité des substituts indiqués dans l&rsquo;allergie aux
protéine de lait de vache est en faveur des laits à base de caséine +
probiotiques (par exemple Nutramigen* en France) avec une réduction des
coûts de 674 euros par enfant par rapport aux formules aux formules à
base de protéines de riz, et 1248 euros par rapport à celles à base
d&rsquo;acides aminés,  ou aux hydrolysats des protéines solubles du
lactosérum sans probiotiques (exemple Peptijunior*). Cette estimation du
coût est faite à partir d&rsquo;une étude anglaise prospective non randomisée
permettant d&rsquo;évaluer l&rsquo;intensité des symptômes, le recours aux soins
pour asthme/rhinite allergique/eczéma/urticaire et la tolérance du lait
de vache. Les enfants sous caséine+probiotiques semblaient tolérer plus
rapidement le lait de vache permettant donc un arrêt plus précoce des
formules avec un niveau de preuve pas très élevé. Cependant, quand on
pense aux coûts importants de ces laits dans le quotidien des enfants
allergiques, c&rsquo;est une modélisation intéressante.</p>
<p>7/ Gériatrie</p>
<p>Enfin, abordons l&rsquo;<a href="https://www.bmj.com/content/380/bmj-2022-072116">hydratation</a> parentérale des patients lors des derniers jours de vie. Donc, la sous-cut&rsquo; de NaCl, est ce que ça sert à quelque chose en fin de vie ? Les bénéfices potentiels seraient d&rsquo;améliorer le confort en limitant la sécheresse buccale et en évitant la dégradation rénale qui serait responsable d&rsquo;accumulation de toxines et de médicaments favorisant alors les délires. Cependant, cela peut engendrer une congestion (oedèmes, insuffisance cardiaque&hellip;), augmenter les complications liées à la perfusion, favoriser les sécrétions respiratoires et les vomissements et la production de cétones lié à l&rsquo;absence d&rsquo;apport aurait des effets des effets sédatifs et antalgiques. Les revues systématiques d&rsquo;essais randomisés de bonne qualité sont rares et contradictoires : un montre un bénéfice sur la sédation et les myoclonies à 48h, et l&rsquo;autre ne retrouve pas de différence de qualité de vie, de symptômes ou de survie à 7 jours. En gros, pas de réponse simple, à faire selon les patients, leurs préférences, l&rsquo;état aigu/chronique et en surveillant régulièrement.</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°391 : Dysthyroïdie (HAS), sport/grossesse (recos), parentalité, conseils/obésité, dépistage/cancer, K prostate, IC à FE préservée, vaccin coqueluche, coupe menstruelle, football, café</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/03/dragi-webdo-n391/</link><pubDate>Sun, 19 Mar 2023 22:51:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/03/dragi-webdo-n391/</guid><category>Endocrinologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer, parlons du football. En effet, une étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(23)00027-0/fulltext">Lancet Public Health</a> met en évidence que les joueurs de 1ère division suédoise ayant joué au moins 1 match entre 1924 et 2019 ont un risque de maladies neuro-dégénératives plus important  (Alzheimer et démences) que des patients similaires de population générale avec lesquels ils ont été appariés (8,9% vs 6,2%). Cette augmentation était significative pour les joueurs de champs, mais pas pour les gardiens de but. Cependant les footballeurs avaient un risque de mortalité un peu moindre que la population générale (parce que le sport, c&rsquo;est quand même protecteur!). Bref, il faut maintenant interpréter cette association: le football favorise-t-il les maladies neuro-dégénératives, ou bien est ce que qu&rsquo;il existe une prédisposition cérébrale qui pousse à devenir footballeur professionnel? Aller, bonne lecture !</p>
<p>1/ Endocrinologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3216305/fr/prise-en-charge-des-dysthyroidies-chez-l-adulte">HAS</a> a publié des recommandations sur la prise en charge des dysthyroïdies. Elles sont globalement concordantes avec les données de la littérature et sont bien faite avec des arbres diagnostiques et thérapeutiques clairs.</p>
<p><em>Concernant l&rsquo;hypothyroïdie</em> : dosage de TSH, si augmentée &gt; 10mUI/L ou mesurée 2 fois entre &ldquo;norme sup&rdquo; et 10mUI/L un dosage de la T4 en cascade (automatique sur le même prélèvement) est recommandé. Les anticorps anti-TPO sont recommandés en cas d&rsquo;hypothyroïdie avérée (T4 basse) ou fruste (T4 normale) et les anti-TG seulement si les anti-TPO sont négatifs avec suspicion de cause auto-immune. La &ldquo;norme sup&rdquo; après  65 ans est définie par le chiffre des dizaines de l&rsquo;âge : 65-69ans =&gt; 6mUI/L, 70-79=&gt; 7mUI/L etc (grade 2 mais y&rsquo;a aucune ref, donc avis d&rsquo;expert)</p>
<p>Ainsi, avant 65 ans, un traitement est recommandé si T4 diminuée ou TSH &gt;10mUI/L ou TSH entre 4 et 10mUI/L avec facteurs de risques CV, goitre, symptômes ou anti-TPO+ (les anti-TPO sont prédictifs d&rsquo;une dégradation, mais l&rsquo;intérêt de traiter sur anti-TPO+ seul n&rsquo;est pas très clair). Après 65 ans, pour une hypothyroïdie, si l&rsquo;augmentation est entre la &ldquo;norme sup&rdquo; et 20mUI/L: traitement seulement selon décision partagée si facteur de risque cardiovasculaire ou symptômes, et systématiquement proposé si TSH &gt; 20mUI/L. La dose de levothyroxine recommandée est de 1,6µg/kg mais à débuter à 25-50µg si âgé ou maladie CV. Le contrôle se fait à 6-8 semaines, pour s’espacer jusqu&rsquo;à 1 fois par an si contrôlé.</p>
<p>Pendant la grossesse, indication à doser la TSH si &gt; 35ans, IMC&gt;40kg/m2, atcd perso ou fam de dysthyroïdie, atcd perso de maladie auto-immune, irradiation cervicale ou goitre, fausses couches/infertilité ou accouchement prématuré. Si la TSH &lt; 2,5mUI/L : tout va bien. Si entre 2,5 et 4mUI/L : la positivité des anti-TPO va inciter à traiter, sinon décision partagée et surveillance régulière. Si &gt; 4mUI/L: indication à un traitement quels que soient les anti-TPO.</p>
<p><em>Concernant l&rsquo;hyperthyroïdie</em>: si dosage TSH &lt; 0,1mUI/L ou 2 fois mesurée entre 0,1 et 0,4mUI/L , un dosage de T4 en cascade est recommandé. Si la T4 est élevée, c&rsquo;est une hyperthyroïdie avérée. Si elle est normale, un dosage de T3 est recommandé (pour dépister la très rare hyperthyroïdie à T3 qui fait généralement des TSH &lt; 0,1mUI/L). L&rsquo;hyperthyroïdie est infraclinique si la T3 et la T4 sont normales. Le dosage des TRAK est recommandé ensuite pour le bilan étiologique. S&rsquo;ils sont élevés: Basedow, sinon, faire &ldquo;échographie et scintigraphie&rdquo;.</p>
<p>Sur le plan thérapeutique, on ne s&rsquo;intéresse qu&rsquo;à la TSH. Si &lt; 0,1 : bêta-bloquant à visée symptomatique, et débuter antithyroïdiens de synthèse (ATS) en attendant un avis endoc. Si &gt; 0,1 (probable hyperthyroïdie infraclinique): plutôt surveillance /6mois sauf si facteurs cardiovasculaires, âge &gt; 65 ans, ostéoporose, symptômes. Ne pas oublier l&rsquo;ophtalmologue si orbitopathie. En cas d&rsquo;introduction d&rsquo;un ATS privilégier thiomazole ou carbimazole, avec surveillance T4 (+/-T3) toutes les 3 à 6 semaines puis TSH tous les 2-4 mois.  (MAIS ATTENTION: il faut faire une NFS et transaminases toutes les 2 semaines pendant les 3 premiers mois pour la tolérance ATS et ce n&rsquo;est malheureusement pas dans la reco. Donc on n&rsquo;attend pas 3-6 semaines pour le 1er bilan). Dans un Basedow, on peut tenter un arrêt des ATS après 12-18 mois et un traitement radical sera à proposer si récidive. Bien penser à redoser les TRAK avant arrêt du traitement si Basedow. Si nodule toxique, on utilisera des plus faibles doses d&rsquo;ATS que dans le Basedow.</p>
<p>Pour les autres articles avec algorithmes parfois un peu plus précis: <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/01/dragi-webdo-n339.html">hypo frustes</a>, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/05/dragi-webdo-n311.html">hypo avéré</a>, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2014/10/dragi-webdo-n19-jnmg-reco-lithiases.html">hypo grossesse</a>, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/06/dragi-webdo-n189.html">hyper infraclinique</a>, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/03/dragi-webdo-n389.html">hyper avérée</a>, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n326.html">nodules CAT</a>, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/01/dragi-webdo-n252.html">nodules suivi</a>.</p>
<p>Cette <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36510443/">étude qualitative</a> est
partie d&rsquo;une méthode particulière puisqu&rsquo;elle a analysé des
enregistrements audios de consultations menées au Royaume-Uni pour y
recueillir et analyser ce qui est fait en consultation concernant les
conseils pour la prise en charge de l&rsquo;obésité. Cette méthodologie en
&ldquo;vie réelle&rdquo; (bien que dans un cadre de recherche) va donc plus loin que
les dires des uns et des autres au cours d&rsquo;entretiens qualitatifs
&ldquo;habituels&rdquo; et les nombreux biais qu&rsquo;on leur connait. Sur les 159
consultations étudiées, la majorité des messages portaient sur une
meilleure alimentation et une augmentation de l&rsquo;activité physique,
exceptionnellement personnalisés et rarement basés sur des faits
validés, donc même si appliqués, sans effet probable sur une perte de
poids. Ces conseils peu utiles sont souvent les seuls donnés, par une
méconnaissance réelle des praticiens sur l&rsquo;obésité, le tabou persistant
et un timing serré qui fait évoquer le poids dans un temps toujours trop
court. L&rsquo;effort des praticiens doit être d&rsquo;adresser vers des équipes
formées qui auront et le temps et les connaissances justes pour proposer
une prise en charge non vouée à l&rsquo;échec.</p>
<p>2/ Santé environnementale</p>
<p><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36518418/">Certains chercheurs</a>
se sont intéressés à l&rsquo;excrétion de composants nocifs sur les
oestrogènes, donc perturbateurs endocriniens (benzophénone, bisphénol A,
phtalates notamment) issus du plastique, dans les urines des
consommateurs de café en capsule (vs café pressé sans capsule). Il n&rsquo;y a
pas de différence entre les groupes étudiés mais avec un nombre de
participants extrêmement faible (30!). Cela restera à surveiller,
puisque les composants plastique aiment diffuser avec la chaleur, et le
café est mis à chaud.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2802310">JAMA</a> fait une synthèse sur l&rsquo;insuffisance cardiaque à fraction d&rsquo;éjection préservée. Le diagnostic repose sur la clinique qui peut être celle d&rsquo;un syndrome congestif franc ou d&rsquo;une dyspnée inexpliquée avec ECG, Radiographie thoracique, ETT normales. Le NT-Pro BNP aide au diagnostic mais peut aussi être normal si patient jeune, obèse avec fonction rénale normal. Le score <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/09/dragi-webdo-n193-coroscanner.html">H2FPEF</a> est à utiliser pour évaluer la probabilité d&rsquo;IC à FE préservée. On retiendra surtout que l&rsquo;HTA, la FA, l&rsquo;âge et l&rsquo;obésité sont des facteurs de risque importants. Comme un avis cardio sera nécessaire, on ne va pas détailler les causes particulières comme l&rsquo;amylose, la cardiomyopathie hypertrophique, la sarcoïdose, les coronaropathies et les péricardites. Le traitement est désormais très codifié et concordant avec les recommandations : inhibiteurs de sglt2 (sauf DT1, atcd d&rsquo;acidocétose ou DFG &lt; 20 mL/min), éducation thérapeutique, activité physique, perte de poids si obésité, traitement de l&rsquo;HTA et si signe de surcharge, diurétiques de l&rsquo;anse. La spironolactone, le saccubitril/valsartan ou le candesartan sont des options avec un niveau de preuve faible (Mais dans leur tableau, seule la spironolactone réduit modérément le critère composite cardiovasculaire).</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Le fezolinetant est un nouveau traitement non-hormonal des symptômes de la ménopause. Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(23)00085-5/fulltext">Lancet</a> publie un essai randomisé de 450 patientes (sur 2000 éligibles, dont 900 ont été exclues sans raison&hellip;) réparties en 2 groupes de dosage différents de fezolinetant et 1 groupe placebo. Les patientes des groupes traités avaient des symptômes moindres en fréquence et en intensité à 4 et 12 semaines par rapport au placebo, sans surcroit d&rsquo;effets indésirables. La taille d&rsquo;effet &ldquo;clinique&rdquo; est difficilement quantifiable dans l&rsquo;étude.</p>
<p>Après les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/09/dragi-webdo-n237-boulimie-has.html">canadiens</a>, des recommandations concernant le sport et la grossesse ont été publiées par le collège des <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/jmwh.13425">sages femmes</a>. Il est recommandé de commencer une activité physique avant la grossesse car c&rsquo;est prédictif de la poursuite pendant la grossesse (et ça peut réduire le poids et l&rsquo;insulinorésistance). Pendant la grossesse, il est recommandé d&rsquo;avoir une activité physique modérée de 150min/semaine en au moins 3 séances de 30min, de renforcer les grands groupes musculaires et de limiter la sédentarité à moins de 7h/jour. Il n&rsquo;y a pas de restriction importante tant que l&rsquo;activité est modérée (possibilité d&rsquo;avoir une conversation pendant le sport) et que l&rsquo;on évite les sports de contact ou à risque de chute, de même la plongée sous marine est fortement contre-indiquée. Après la grossesse, il est conseillé de continuer à faire du sport. Concernant les athlètes, pas de contre-indication stricte non plus mais les modifications corporelles peuvent modifier les performances. Il est recommandé d&rsquo;éviter le sport intensif au dessus de 1500-2000m.</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2802797">JAMA</a> revient sur la &ldquo;cup&rdquo; (coupe menstruelle) en mettant en avant son impact écologique avantageux et le faible coût. Sur le plan des effets indésirables, une revue systématique intégrant les données de plus de 3319 patientes a mis en évidence la survenue de douleurs chez 5 femmes, d&rsquo;allergies chez 6, de troubles urinaires chez 9 et de choc toxinique staphylococcique chez 5 (1,5/1000). Les fuites sont rapportées chez 2 à 13 % des patientes explicables notamment par des règles abondantes ou une malposition. Les déplacements de DIU ne sont pas clairement démontrés car rares mais c&rsquo;est possible (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/10/dragi-webdo-n201.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/10/dragi-webdo-n243.html">là</a>).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhL7IEmPN7MUBBm2t6O4vT8-SAmoAxEDMUJnyXGxkytNkyHACFBiYmfhtADG7o7kfs_-H1DnbOloGuE9wUFLR1uK0gU_2ixfNYcGfCuCCSVGNMAHOjKMVcRu9WeYdKdwowMp7aGEwLH_IhQLV8p0q13JMT_I4m-NZGfIQ7hWl8uoOU0dy9CZH5rWPaVWg/s1961/cup.png"><img src="/images/articles/2023/cup.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Pédiatrie</p>
<p>La dermatite atopique amène plein de discussions entre parents. Cette <a href="https://bjgpopen.org/content/early/2023/03/16/BJGPO.2022.0155.long">étude qualitative</a>
a interrogé des parents d&rsquo;enfants atopiques sur leur usage des forums
internet. Dans les réponses, il y a de tout, ce qui est plutôt
intéressant c&rsquo;est de se rappeler qu&rsquo;une partie des gens en parle avec
son médecin tandis qu&rsquo;une autre suivra les conseils d&rsquo;inconnus sur
internet sans en parler. À nous de laisser une porte ouverte aux
discussions sur l&rsquo;automédication en consultation.</p>
<p>Consulter en pédiatrie, c&rsquo;est accueillir un enfant mais aussi souvent un parent. Une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36927621/">étude qualitative</a> hollandaise
a souhaité comprendre ce qui motivait un parent à consulter pour son
enfant malade. Les parents consultent pour une inquiétude spécifique
(maladie suspectée, suspicion de signes de gravité) ou non spécifique
(symptômes persistants, plusieurs symptômes concomitants, besoin de
réassurance, changement de comportement de l&rsquo;enfant). Une partie des
consultations n&rsquo;était pas forcément nécessaire, notamment le besoin de
réassurance, et les campagnes d&rsquo;information sur les signes d&rsquo;alarme ou
signes devant amener à consulter pourrait réduire le nombre de
sollicitations. Ces résultats ne sont pas surprenants et reprennent
globalement ce qu&rsquo;on voit en consultation ou en soins non programmés,
cette étude ne parle pas de considérations administratives motivant la
consultation, c&rsquo;est donc possible qu&rsquo;un pays fonctionne sans certifier
chacune de ses absences.</p>
<p>6/ Infectiologie</p>
<p>Malgré la vaccination, la coqueluche se transmet toujours. Un <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0140673622026447?dgcid=rss_sd_all">essai randomisé</a> a testé l&rsquo;immunogénicité d&rsquo;un vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche nasal versus par rapport au vaccin DTCoqueluche acellulaire. La réponse immunitaire était satisfaisante avec le vaccin nasale (présente chez  90-95% des patients), et la présence d&rsquo;IgA était aussi notée dans les sécrétions nasales, ce qui n&rsquo;est pas le cas avec le vaccin injectable DTCa. Reste à voir si cela se traduit par une efficacité clinique.</p>
<p>7/ Oncologie </p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2802346">JAMA internal medicine</a>
parle de comment aborder l&rsquo;arrêt des dépistage systématiques des
cancers chez les sujets âgés. Les principaux points à aborder avec le
patient sont les risques et complications des examens, l&rsquo;absence de
bénéfice démontrés et d&rsquo;études après  75 ans, la priorité de prendre en
charge d&rsquo;autres maladies aux risques plus prioritaires, et bien sur, les
préférences du patient.</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2214122">NEJM</a> revient
sur le dépistage du cancer de la prostate. L&rsquo;étude Protect était un
essai randomisé britannique incluant 1600 patients avec cancer de
prostate localisé entre 1999 et 2009 a comparé: surveillance active,
radiothérapie et prostatectomie. Voici les données à 15 ans de suivi. La
mortalité par cancer de prostate était respectivement de 3,1%, 2,9% et
2,2% sans différence significative et la mortalité globale identique
également (22%). Les patients avec radiothérapie ou prostatectomie
avaient 2 fois moins de progressions et de métastases que les patients
sous surveillance active (11% vs 25% et 5% vs  9%). 25% des patients en
surveillance active n&rsquo;avaient toujours aucun traitement à la fin du
suivi. Bref, quelle que soit la prise en charge, la mortalité est très
faible. Les préférences des patients devaient peut être davantage être
prises en compte dans le choix thérapeutique, compte tenu des effets
indésirables des traitements chirurgicaux et de la radiothérapie.</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! On se croisera peut-être au #CMGF2023 ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°390 : notification des partenaires (HAS), aérosols pneumo (NICE), cibles de LDL, acide bempédoïque, sommeil, alprazolam/dépendance, lithiase calcique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/03/dragi-webdo-n390/</link><pubDate>Sun, 12 Mar 2023 19:24:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/03/dragi-webdo-n390/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Urologie</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Merci encore à ceux et celles qui continuent à écrire des messages de support et à donner un petit coup de pouce via la cagnotte ! Voici le DW de la semaine, et en introduction , revenons sur le Covid. Les gens ont moins consulté pendant cette période, il y a eu moins de
diagnostics faits et pourtant, chaque année, on arrive à estimer le
nombre de maladies qui sont censées survenir. Les <a href="https://bjgp.org/content/early/2023/03/06/BJGP.2022.0353">auteurs</a> estiment donc
que suite au Covid, il y a un important sous diagnostic de BPCO, de
dépression, de diabète, d&rsquo;HTA, d&rsquo;anxiété et d&rsquo;asthme. Au total, dans une
patientèle de 1000 patients, il y aurait 40 patients avec une maladie
chronique non diagnostiquée à cause du Covid (en plus de celles qui sont
sous diagnostiquées habituellement).</p>
<p>1/ Cardiovasculaire  </p>
<p>Voici un des rares essais randomisé étudiant les cibles de LDL ! Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2802214">essai randomisé</a> de non infériorité comparait une cible à  0,7g/L versus un traitement par statine forte dose (rosuvastatine 20 ou atorvastatine 40) chez des patients coréens avec antécédent d&rsquo;infarctus du myocarde. Il n&rsquo;y avait pas de différence sur le LDL &lt; 0,7g/L entre les groupes (environ 58% des patients à cette cible) et la survenue du critère de jugement composite cardiovasculaire était de  8,1% dans le groupe &ldquo;cible&rdquo; versus 8,7% dans le groupe &ldquo;intensif&rdquo;, ce qui correspond à une différence de 0,6%, inférieure au seuil de 3% de non infériorité choisi pour l&rsquo;étude. Donc les 2 stratégies sont équivalentes. Cependant, 1/ un seuil de non infériorité de 3% à 3 ans de suivi (1% par an), c&rsquo;est énorme. Cela fait une différence équivalente à l&rsquo;efficacité de la simvastatine sur les évènements cardiovasculaires : réduction absolue de 5% des évènements en 5 ans dans <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(02)09327-3/fulltext">HPS</a> (1% par an). 2/ Si la différence de 0,6% était significative, ça ferait un NNT de 500 patients par an, donc ce n&rsquo;est pas très élevé pour des études cardiovasculaires 3/ En admettant qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de différence, il est difficile de conclure que les &ldquo;objectifs ciblés&rdquo; (recos européennes) sont aussi efficaces que les statines forte dose systématique (recos américaines), car les statines forte dose n&rsquo;ont pas montré de bénéfice en prévention secondaire contrairement à la simvastatine (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/02/les-statines-sont-mes-copines.html">ici</a>). Un bras &ldquo;contrôle&rdquo; par simvastatine 40 à tout le monde aurait pu montrer que la simva diminuait plus les évènements que les 2 autres bras, et ça, ils l&rsquo;auraient peut être pas vu venir! En fait, ce qui a été comparé dans cette étude c&rsquo;est rosuvastatine/atorvastatine forte dose (groupe forte dose) versus rosuvastatine /atorvastatine forte dose ou dose modérée + ezetimibe si LDL &gt; 0,7g/L (groupe objectif cible) car il n&rsquo;y avait quasiment pas d&rsquo;autres statines utilisées. Et la différence en faveur du groupe cible pourrait être lié au fait que 2 fois plus de patients du groupe cible avaient de l&rsquo;ezetimibe, qui a montré un bénéfice sur la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaire en prévention secondaire. A noter que la survenue de diabète était moindre dans le groupe &ldquo;cible&rdquo; car il y avait moins de statines forte doses pourvoyeuse de diabète (NNH=143 patients par an). Bref, chaque société savante pourra interpréter cette étude non interprétable dans le sens qui l&rsquo;arrange.</p>
<p>Nous avions parlé de l&rsquo;acide bempédoïque (AB) <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/04/dragi-webdo-n222.html">il y a quelque temps</a>, qui en plus d&rsquo;une statine ne réduisait pas les évènements cardiovasculaires.  Voici une <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2215024">nouvelle étude</a> randomisée comparant l&rsquo;AB au placebo chez des patients intolérants aux statines. Cette fois ci, chez des patients sans statines, l&rsquo;AB réduisait le critère composite cardiovasculaire principal (NNT=212 patients par an) et les infarctus fatals et non fatals (NNT= 308 patients par an), sans effet sur les AVC ou la mortalité. Il y avait davantage d&rsquo;anomalie du bilan hépatique (NNH=225/an), d&rsquo;insuffisances rénales avec l&rsquo;AB (NNH=117/an), de goutte (NNH=340/an) et de lithiases hépatiques  (NNH=340/an). Bref, ok, ça semble réduire les évènements cardiovasculaires, mais il y a quand même pas mal d&rsquo;effets indésirables potentiels.</p>
<p>Dans une <a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-023-02732-x">étude</a> de cohorte rétrospective incluant 300 000 patients britanniques, l&rsquo;association entre le sommeil est la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires a été étudiée en prenant en référence les patients avec un &ldquo;bon sommeil&rdquo; (entre  7 et 9h/nuit, sans trouble du sommeil). Ainsi, les patients avec un mauvais sommeil avaient un évènement cardiovasculaire 2 ans plus tôt, ceux avec un SAOS 7 ans plus tôt et ceux avec d&rsquo;autres troubles du sommeil entre 1,4 et 3,8 ans selon le sexe et le trouble du sommeil. La question reste de savoir si le mauvais sommeil entraine des problèmes cardiovasculaires ou si c&rsquo;est l&rsquo;inflammation ou l’apparition d&rsquo;une maladie sous-jacente qui entraine des troubles du sommeil.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3187510/fr/la-notification-au-x-partenaire-s">HAS</a> a publié des recommandations concernant la notification des partenaires (NP) dans les IST. La NP est recommandée pour chlamydia, gonocoque, syphilis, VIH, VHB, VHC, VHA, trichomonas vaginalis, mycoplasmes. Elle s&rsquo;intègre dans un colloque singulier pour HSV et HPV. Elle n&rsquo;est pas recommandée pour les partenaires anciens pour trichomonas et les mycoplasmes. Mais en quoi ça consiste? Actuellement, il s&rsquo;agit d&rsquo;une démarche par le patient lui même incitant les partenaires à être dépistés. Mais si le cadre légal, sur demande et après consentement du patient, cette notification pourrait être effectuée par un professionnel de santé ou un conseiller en NP. Cependant, ce n&rsquo;est ni de la divulgation ni de la déclaration obligatoire de maladie.</p>
<p>Une étude du <a href="https://bjgpopen.org/content/6/2/BJGPO.2021.0212">BJGP</a> s&rsquo;est intéressé aux tests &ldquo;point of care&rdquo; en médecine générale et à la la prescription d&rsquo;antibiotiques dans les infections respiratoires. Globalement, la décision d&rsquo;antibiothérapie ne repose pas sur les tests (streptoA ou micro-CRP), mais sur des caractéristiques des patients. Inutile de dire que la France était dans le top 5 des prescripteurs d&rsquo;antibiotiques avec plus de 40% des infections traitées par antibio (sur 18 pays dans l&rsquo;étude, nos voisins belges sont à 18% et je ne crois pas qu&rsquo;ils aient plus de morts que nous), avec un fort taux de prescription d&rsquo;amoxicilline+ac.clavulanique. Enfin, les médecins étaient surs de leur prescription d&rsquo;antibio dans 88% des consultations! Y&rsquo;a du boulot&hellip;.</p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>Une <a href="https://www.bmj.com/content/380/bmj-2022-074224">revue</a> systématique a évalué l&rsquo;état de santé mental des patients avant et pendant la pandémie Covid dans 134 cohortes de patients. Il y avait bien une majoration de la santé mentale, des symptômes dépressifs et anxieux avec l&rsquo;arrivée du Covid. Cependant, cette aggravation de l&rsquo;état de santé mental était de pertinence clinique faible, les changements retrouvés à l&rsquo;état populationnel étant faible.</p>
<p>Une <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0040595723000306?via%3Dihub">analyse</a> des bases de données de pharmacovigilance française entre 2011 et 2020 a mis en évidence une augmentation des abus et mésusages d&rsquo;alprazolam. Pour mémoire sa demi vie d’élimination est comprise entre 10 et 20 heures, donc intermédiaire. Les auteurs retrouvent que la France est le  3ème pays au monde pour les mésusages d&rsquo;alprazolam et que les risques de mésusage et de dépendance est supérieur avec l&rsquo;alprazolam qu&rsquo;avec les autres benzodiazépines.  Par ailleurs, c&rsquo;est aussi la 1ère benzodiazépine retrouvée dans le registre des ordonnances falsifiées. Enfin, les associations alprazolam-opioïdes étaient retrouvées dans les cas de décès liés à l&rsquo;alprazolam.</p>
<p>4/ Urologie</p>
<p>Un des traitement des lithiases urinaires calciques récidivantes en cas d&rsquo;hypercalciurie est l&rsquo;instauration d&rsquo;un diurétique thiazidique. D&rsquo;après ce nouvel essai randomisé du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2209275">NEJM</a>, l&rsquo;hydrochlorothiazide ne permet pas de réduire le risque de récidive de lithiases chez les patients avec lithiases calciques récidivantes, qu&rsquo;il y ait une hypercalciurie ou non. La justification de ce nouvel essai est la faible qualité méthodologique des anciennes études (sans aveugle, avec des imageries peu sensibles, pas en ITT), donc il est probable que les thiazidiques sortent des recos de prise en charge des lithiases calciques.</p>
<p>5/ Pneumologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng80/resources/inhalers-for-asthma-patient-decision-aid-pdf-6727144573">NICE</a> s&rsquo;implique dans le développement durable en abordant la problématiques des inhalateurs avec gaz propulseur c&rsquo;est à dire les aérosol doseurs (sprays) ou auto-déclenchés (autohaler). En effet, ils contribuent fortement à la production de gaz à effet de serre par rapport aux inhalateurs poudre sèche (turbuhaler, novolizer, diskus, ellipta, respimat)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjBOsw2Pq-ht5F8yqyu_XPo39QOuOOTkHbUCbY_3dRI1n8FYTL4XLW-fWQBZx9m_5ZiFtfvZDHENm9y7dxVUzAj15dnqlsZyauleHHvKVbwATs88ZXPV9JGle4UqSgFiTOzVX0JRqwYZJMT7WxXXUjx7o_5UXSTvLrlCO26gG5zk9SkUSoMldbcmIEjIA/s989/a%C3%A9rosols.png"><img src="/images/articles/2023/a-c3-a9rosols.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°389 : hyperthyroïdie, SAPL, baisse des IRS, dénervation rénale, sevrage tabac opt-out, trouble de personnalité limite, vaccins (US), IPP, Daimyo</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/03/dragi-webdo-n389/</link><pubDate>Sat, 04 Mar 2023 16:36:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/03/dragi-webdo-n389/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Endocrinologie</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! C&rsquo;est la fin des vacances pour ceux qui en avaient. Bonne reprise et bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Commençons par rouvrir un chapitre concernant les inhibiteurs de la pompe à proton et leurs effets indésirables déjà explorés <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/06/dragi-webdo-n230.html">ici</a>, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/12/dragi-webdo-n119.html">là</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/01/dragi-webdo-n80.html">là</a> (surmortalié, évènements cardiovasculaires, clostridium, démences, insuffisances rénales, fractures&hellip;) . Cette nouvelle <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2801744">étude</a> hospitalière retrouve une association entre les IPP et le risque d&rsquo;infections à entérobactéries multi-résistantes. Encore une fois, pensons à <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/06/dragi-webdo-n143.html?m=0">déprescrire</a>.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le chapitre maladies rares concerne cette fois ci le SAPL. Cet article du <a href="https://www.bmj.com/content/380/bmj-2021-069717">BMJ</a> aborde les différentes manifestations de ce syndrome qui peuvent être cardiovasculaires (thromboses, athérosclérose, valvulopathies, cardiomyopathies), neurologiques (migraines, épilepsie, chorée, troubles cognitifs, ischémie rétinienne), hématologiques (hémorragies, thrombopénie, anémie hémolytique auto-immune), rhumatologiques (ONA, arthrite), néphrologiques (néphropathie, protéinurie, sténose des artères rénales, insuffisance surrénalienne) et dermatologiques (ischémie digitale, livedo reticularis/racemosa, ulcère, Raynaud). Les critères diagnostiques et le bilan est dans le tableau ci dessous (il faut 1 critère clinique et 1 biologique). Concernant la prise en charge, en prévention primaire d&rsquo;évènements, l&rsquo;aspirine est réservée aux patients à haut risque de thrombose. En prévention secondaire d&rsquo;évènements thrombotiques, les AVK sont le traitement de référence avec un objectif d&rsquo;INR souvent entre 3 et 4 (les AOD sont insuffisamment efficaces). En cas de grossesse, un traitement par aspirine 75-100mg est recommandé à partir de la fin du 1er trimestre (11-14SA). Dans les traitements à l&rsquo;étude actuellement, on trouve les statines  et l&rsquo;hydroxychloroquine.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjDSJuyVcYuGKZe_JwCCV8L-lK6aTDdnIiYvWCFFJIIaAZAmkmggERoHZHDWlyGRLSqzdLw6Ir3BwKo0m-KX8XCSW1VE8WVwg8TnFefL5gD6jus5y6m3A_VvkI5jTF-u69i6VphVs_6y7PhqemAhwPjvMIOzapH9QS8v6un2XNR8OZdaUGK6ECowf42Og/s1290/SAPL.png"><img src="/images/articles/2023/sapl.png" alt=""></a></p>
<p>Après un <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/06/dragi-webdo-n316.html">certain nombre d&rsquo;essais</a> plus ou moins efficaces, un nouvel article revient sur la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2801849?guestAccessKey=7020ccfc-39e8-4107-bb32-50b241d42a0f&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jama&amp;utm_term=9046002082&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=203446674">dénervation rénale</a> dans l&rsquo;HTA. Il est conduit par la même équipe que les études précédentes. Cet essai randomisé a comparé la dénervation rénale à une procédure factice chez des patients hypertendus. Les patients devaient avoir plus de 140/90 malgré une mono ou bithérapie, ET des automesures entre 135/85 et 170/105 après 4 semaines de wash-out des traitements. A 2 mois de l&rsquo;intervention, la dénervation réduisait la PAS de  6,3mmHg (7.9 vs 1.8mmHg) sur mesures ambulatoires, ce qui est concordant avec les autres études. Si on regarde les mesures en cabinet, les patients avaient une PAS avant whash-out de 155mmHg et de 157 après 4 semaines sans traitement. Il est étrange que l&rsquo;arrêt d&rsquo;un ou deux médicaments pendant 4 semaines ait uniquement fait monter la PAS de 2mmHg&hellip;..  On attend toujours un essai dénervation versus traitement médicamenteux, ou même un essai avec un suivi supérieur à 2 mois.</p>
<p>3/ Endocrinologie </p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(23)00005-0/fulltext">Lancet</a> endocrinology aborde l&rsquo;hyperthyroïdie, causée à 70% par le Basedow et 16% par un goitre multinodulaire toxique. En cas de TSH basse avec une T4 normale, les auteurs recommandent de vérifier que la T3 est normale avant de conclure à une hyperthyroïdie infraclinique. Le bilan initial c&rsquo;est les TRAK, et selon écho ou scintigraphie ou biologie complémentaire (anti-TPO, CRP, HCG), comme dit la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n326.html">HAS</a>. Sur le plan thérapeutique, les bêta bloquants non cardiosélectives soulagent les symptômes (propranolol 10-40mg x 3-4/j, ou metoprolol et atenolol si cardiosélectif souhaité). Concernant les anti-thyroïdiens de synthèse: la molécule à préférer est le méthimazole (aussi appelé thiamazol = thyrozol*) car le carbimazole est son précurseur métabolique et est plus toxique. En traitement d&rsquo;attaque, les auteures recommandent 5-10mg de méthimazole si T4 &lt; 1,5N, 10-20mg si T4 entre 1,5 et 2N, et 30-40mg si  T4 entre 2 et 3N  (NB: 20mg de carbimazole= 15mg de méthimazole). Puis, ils y a 2 possibilités pour le traitement d&rsquo;entretien après au moins 4 semaines de traitement d&rsquo;attaque: soit baisser le méthimazole à une dose fixe entre 2,5-10mg/jour; soit maintenir la dose élevée 20-40mg et ajouter de la levothyroxine pour compenser l&rsquo;hypothyroïdie (aucune des stratégie n&rsquo;a montré sa supériorité par rapport à l&rsquo;autre). Pour mémoire : surveiller la NFS, le bilan hépatique et la TSH-T4 toutes les 2 semaines. La décision d&rsquo;un traitement radicale sera ensuite dépendante de la cause. Pour les nodules, compte tenu du taux de récidives: IRAthérapie ou chirurgie. Pour les thyroïdites gravidiques: pas de traitement en dehors de propranolol. Pour le Basedow, 12 à 18 mois d&rsquo;antithyroïdiens sont nécessaire pour une rémission et la suite sera déterminée par le score GREAT (TBII=TRAK).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjlBIHsrg7L8fOE7mH6BgSpuYpe1-aj9t_FmbtHfOPHaE07c2kFZSLlGxBVM0hNwJJqu5NSTS2F7DoTe5713D0llS-MrgFtwB-1op5GMqkogSGtGdHYIOtwBeOkBK2REHJQLmhC1tHm12C00u72TmYmQ-BxDSOZgfHfwmG42eAmGYq6OGeiiZyB2rpOTg/s834/hyperthyro%C3%AFdie.png"><img src="/images/articles/2023/hyperthyro-c3-afdie.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Les <a href="https://www.cdc.gov/vaccines/schedules/index.html">américains</a> ont publié leur calendrier vaccinal  2023 sur le site du CDC. Chez l&rsquo;enfant, on retrouve en vaccins recommandés: DTPCa, HiB, VHB, pneumocoque, ROR, HPV mais aussi Covid et grippe dès 6 mois, rotavirus, varicelle, hépatite A et méningo ACYW à 11 ans (pas de méningo B qui est en décision partagée entre 19 et 23 ans, hein). Chez l&rsquo;adulte: DTCa (sans Polio) tous les 10 ans et à chaque grossesse, zona recombinant entre 50 et 74 ans, et pneumocoque à partir de 65 ans. On en a vachement moins en France !</p>
<p>Pour revenir rapidement sur la vaccination pneumocoque systématique chez l&rsquo;adulte, un article de <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-023-36624-8">Nature Communication</a> conclue que l&rsquo;âge optimal de vaccination dans les pays de faible niveau socio-économique est aux alentours de  55 ans, et dans les pays plus riche (comme le Royaume Uni) de 70 ans pour réduire la survenue d&rsquo;infections invasives à pneumocoque.</p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/73/728/138">BJGP</a> aborde l&rsquo;arrêt des antidépresseurs et notamment des IRS. Étant donné leurs syndromes de sevrages fréquent proportionnel à la durée d&rsquo;utilisation et invalidants (sauf pour la fluoxétine qui a une demi vie longue), les auteurs argumentent en faveur d&rsquo;une diminution progressive des doses de 25% à chaque palier. En effet, il est souvent supporté de baisser les doses élevées que les faibles doses (car les récepteurs ne sont plus saturés à faible dose). Compte tenu des demi-vies des IRS, il est donc préférable de réduire la dose quotidienne en s&rsquo;aidant de formes buvables si possible, plutôt que de faire des sauts de prise (de type prendre le médicament 1jour sur 2). Enfin, une des difficultés peut être de faire la différence un syndrome de sevrage et une rechute dépressive. La reprise du traitement à un dosage supérieur corrigera rapidement le syndrome de sevrage, mais pas la rechute.</p>
<p>Un essai randomisé intéressant concernant le sevrage tabagique a été publié dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2801751">JAMA internal medicine</a>. Une stratégie opt-out (proposer systématiquement un sevrage en donnant des conseils et des substituts, le consentement est implicite) a été comparée à une stratégie opt-in (ne proposer la même chose qu&rsquo;au patients acceptant formellement de recevoir l&rsquo;intervention , le consentement est explicite). A 1 mois, le sevrage était de 22% dans la stratégie opt-out versus 16% dans la stratégie opt-in, avec 2 fois plus d&rsquo;utilisation des médicaments dans le groupe opt-out (60%  vs 34%). Cependant, le taux de sevrage à 6 mois était identique entre les 2 groupes (19% et 18%). Il manque probablement un médecin généraliste entre 1 et 6 mois pour une approche motivationnelle.</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2801843">JAMA</a> propose une synthèse sur le trouble de personnalité limite (personnalité borderline). Il s&rsquo;agit d&rsquo;un trouble complexe avec des changement brutaux d&rsquo;identité, de relations interpersonnelles et d&rsquo;affect. Les patients ont un comportement impulsif, des colères intenses périodiques, un sentiment de vide, un comportement suicidaire, une automutilation, des idées paranoïaques transitoires liées au stress et des symptômes dissociatifs. Ce trouble cohabite souvent avec d&rsquo;autres troubles psychiatriques (bipolaire, dépression, anxieux&hellip;) et a une cause souvent mixte: génétique et expériences négatives dans l&rsquo;enfance comme des agressions. Le traitement repose sur des thérapies comportementales et psychodynamiques. Les traitements médicamenteux n&rsquo;ont pas montré de bénéfice en dehors du traitement des troubles psychiatriques associés (sertraline et fluoxétine si dépression, quietiapine si crise anxieuse ou psychotique à préférer par rapport aux benzodiazépines).</p>
<p>6/ Le jeu du mois: Daimyo</p>
<p>&ldquo;Daimyo&rdquo;, c&rsquo;est un gros jeu, ne nous leurrons pas, il est complexe, stratégique mais très prenant et intéressant dans un univers néo-médiéval japonais! Ce jeu se déroule en 5 manches et se base sur un draft de dés : chaque joueur choisir un dé, le place sur son plateau personnel de la même couleur pour faire une action et le joueur suivant choisi parmi les dés restants. On va pouvoir recruter des unités, des gouverneurs et des assassins, bâtir des fermes et des tours radar, produire des ressources, rechercher des reliques, faire du commerce au marché noir et recruter des héros. Les actions permettent de gagner de l&rsquo;influence sur chacune des pistes et qui permettront de gagner des points de popularité (de victoire) selon notre rang sur ces pistes.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiFg6oni0FymeFhWkqaPi33mlnDTCweaCBoRsUDqRoTwTahfxR4tkexg0LEurj2KAE1-pdFP8hAm3Z-QKZo5ZX_FoU-yf2rN9K7XZODShlFGC85vXdkh5nBZjURtiQvbvCTA4o8Q4o3QDzCZ5r5ygQtjHAOeh556w6t9jqSNIuLYPnnKBfeBBbGIRb0sQ/s3190/20220717_182520.jpg"><img src="/images/articles/2023/20220717-182520.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°388 : vaccin Covid (HAS), DIU-LNG (ANSM), infections urinaires masculines/nitrofurantoïne, canal carpien/infiltrations, soins primaires</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/02/dragi-webdo-n388/</link><pubDate>Mon, 27 Feb 2023 21:39:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/02/dragi-webdo-n388/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour ce nouveau billet, commençons par aborder la place qu&rsquo;ont eu les soins primaires durant la Covid. Cette <a href="https://www.annfammed.org/content/21/1/27">étude</a> japonaise demandait aux patients de renseigner un questionnaire &ldquo;primary care assessment tool&rdquo; évaluant le premier contact, la continuité, la coordination, l&rsquo;exhaustivité et orientation des soins reçus. Les auteurs retrouvent que quand ce score était élevé était associé à une réduction des hospitalisations. Nota bene: cela concernait chaque dimension du score, dont la continuité des soins, la coordination, la prise en charge globale&hellip; et pas seulement le 1er contact. Comme quoi l&rsquo;avenir des soins primaires pour éviter les hospitalisations, ce n&rsquo;est pas les soins non programmés! Le billet ne sera pas très long, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/les-sterilets-contenant-le-plus-dhormone-presenteraient-davantage-de-risque-de-troubles-depressifs">ANSM</a> alerte sur les risques de syndromes dépressive favorisés par les DIU hormonaux en s&rsquo;appuyant sur une étude analyse d&rsquo;EPI-PHARE publiée dans le JAMA. Les auteurs retrouvent que les DIU à  52mg de levonorgestrel étaient associés à davantage de syndromes dépressif nécessitant un traitement antidépresseur que ceux à  19,5mg (4% vs 3,6% à 2 ans)</p>
<p>Le <a href="https://formindep.fr/allergies-alimentaires-et-protection-de-lallaitement/?utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter">Formindep</a> s&rsquo;insurge contre la recommandation de la société française d&rsquo;allergologie de donner 10ml de lait 1er age aux nourrissons en allaitement maternel à risque d&rsquo;atopie, dès la 1ère semaine de vie jusqu&rsquo;à la diversification. En effet, il dénonce d&rsquo;une part le lobby des laits en s&rsquo;appuyant sur le Lancet et sur le très faible niveau de preuve des études ayant conduit à cette recommandation.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Parlons cure thermales ! Enfin, balnéothérapie. Cette revue de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013085.pub3/full/fr">Cochrane</a> montre que la balénothérapie améliore modérément les symptômes de l&rsquo;insuffisance veineuse et pourrait améliorer également la qualité de vie.</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013496.pub2/full/fr">Cochrane</a> encore, avait étudié l&rsquo;efficacité du jeûne intermittent dans la survenue des maladies cardiovasculaires. Ils ne retrouvent pas de données suffisante pour conclure sur des critères cardiovasculaires mais confirment de façon concordante avec d&rsquo;autres publications que le jeûne intermittent peut permettre une réduction pondérale de façon similaire à une restriction calorique (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n353.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/01/dragi-webdo-n253.html">là</a>)</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3417245/fr/strategie-de-vaccination-contre-la-covid-19-anticipation-des-campagnes-de-vaccination-en-2023">HAS</a> publie des recommandations concernant la vaccination anti-covid au cours de l&rsquo;année 2023. En gros, la HAS dit simplifier les facteurs de risques mais en fait ce sont les mêmes (&gt; 65 ans, grossesse, immunodépression et les comorbidités classiques). Ainsi, les auteurs recommandent une vaccination à l&rsquo;automne couplée à la grippe pour l&rsquo;ensemble de ces patients avec facteurs de risques ainsi que pour les personnes en contact avec des patients à risque. De plus, pour les plus de 80 ans, une dose de rappel au printemps est recommandée, l&rsquo;immunité faiblissant fortement après 6 mois. Le niveau de preuve de tout ça est faible, reposant sur des études observationnelles avec un suivi de 3-4 mois et non  6 mois. Les rappels se font avec des doses de vaccins  bivalents. On avait parlé de l&rsquo;efficacité de ces vaccins <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/dragi-webdo-n384.html">ici</a>. Les primo-vaccinations, quant à elles, ne sont plus recommandées, mais si on souhaite, on peut se faire primo-vacciner. Tout ceci pourra être modifié en fonction de l&rsquo;évolution de l&rsquo;épidémie.</p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/73/728/e204">BJGP</a> aborde les infections urinaires masculines, qui sont, selon les recommandations britanniques et néerlandaises divisées en &ldquo;non compliquées&rdquo; (= cystite) et &ldquo;compliquées&rdquo; (= fièvre, signes généraux: prostatite). Cette étude évalue les échecs d&rsquo;antibiothérapie dans les IUM non compliquées grâce aux données d&rsquo;une cohorte rétrospective. Les auteurs ont analysées  environ  7000 IUM non compliquées sur 10 000 (donc  70% sont non compliquées). La nitrofurantoïne a été prescrite dans  56% des cas, suivie de la ciprofloxacine dans 28%. Les résistances à la nitrofurantoïne était de  25%, celle à la ciprofloxacine de  10% (amox+ac.clavu 20% et cotrimoxazole14%). Les auteurs concluent à un taux important d&rsquo;échec de la nitrofurantoïne. D&rsquo;un autre coté, si on peut éviter des quinolones dans  75% des infections urinaires masculines non fébriles, c&rsquo;est plutôt très bien! Sachant qu&rsquo;il y a un antibiogramme pour adapter au besoin secondairement (pour une quinolone ou du cotrimoxazole). Cette étude semble plutôt en faveur d&rsquo;un traitement de 1ère intention par nitrofurantoïne chez l&rsquo;homme (100mg x2/jour pendant 7 jours)</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD015148/full/fr">Cochrane</a> a mis à jour une revue sur la prise en charge du canal carpien. Les auteurs montrent que les infiltrations de corticoïdes améliorent les symptômes à 3 mois et que cette amélioration peut se poursuivre à 6 mois. Par ailleurs, les patients traités étaient moins fréquemment opérés à 1 an de l&rsquo;infiltration (bon, si c&rsquo;est pour être opéré dans tous les cas, on peut quand même se questionner mais ça peut permettre de soulager le temps de choisir le moment de l&rsquo;opération). Concernant les effets indésirables de l&rsquo;infiltration, ils étaient rares. Il y avait des douleurs durant plusieurs semaines chez  1/180 patients et une main &ldquo;froide et pâle&rdquo; pendant 20 minutes pour 1/360 patients.  Un œdème durant 2 semaines chez  9% des patients a été signalé dans seule étude sur 110 patients mais pas dans plusieurs études englobant 500 patients.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
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<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/informations-de-securite/codeine-ibuprofene-antarene-codeine-risque-datteintes-renales-gastro-intestinales-et-metaboliques-graves-devolution-parfois-fatale-en-cas-dabus-et-de-dependance-a-lantarene-codeine">ANSM</a> alerte sur les risques d&rsquo;Antarène (ibuprofène + codéine), avec des déclarations faisant état d&rsquo;insuffisance rénales, digestives, métabolique à évolution parfois fatale. En effet, l&rsquo;insuffisance rénale provoquée par les AINS va probablement majorer les effets indésirables de la codéine&hellip; Le paracétamol + codéine a, à priori, moins de risque. Pour mémoire, il existe de la codéine seule, non associée : Dicodin LP60* (1 à 2x/j)</p>
<p>Quelques années après les alertes de l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/11/dragi-webdo-n287.html">ANSM</a>, et alors que les <a href="https://www.bmj.com/content/363/bmj.k3786">anglais</a> trouvent qu&rsquo;ils ne sont &ldquo;pas si mal&rdquo;, l&rsquo;<a href="https://www.ema.europa.eu/en/news/prac-starts-safety-review-pseudoephedrine-containing-medicines">agence européenne du médicament</a> (EMA) va enfin réévaluer la balance bénéfice/risque des vasoconstricteurs dans le rhume !</p>
<p>Un article de l&rsquo;<a href="https://erj.ersjournals.com/content/61/2/2200302">ERJ</a> s&rsquo;est intéressé au risque cardiovasculaire des traitements comportant des LAMA dans la BPCO. Ainsi, les auteurs ont conduit une revue systématique qui retrouve que l&rsquo;association LAMA+LABA et LAMA+LABA+CSI est associée à un sur-risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires par rapport à un traitement par LABA+CSI. Le NNH serait estimé à environ 200 à 300 patients par an. Cependant par rapport à un traitement de LAMA ou de LABA seul, il n&rsquo;y pas d&rsquo;augmentation du risque, ni par rapport à un traitement placebo. Les auteurs supposent que les LAMA et LABA augmentent aussi le risque cardiovasculaire d&rsquo;où l&rsquo;absence de différence et que par rapport au placebo, il y a un manque de puissance (sur 10 000 patients hein&hellip;). Un effet anti-inflammatoire des CSI qui réduiraient modérément le risque CV est également une hypothèse probable.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.aafp.org/pubs/afp/issues/2022/1200/practice-guidelines-aafp-hypertension-full-guideline.html">Académie américaine des médecins de famille</a> a publié des recommandations concernant les cibles tensionnelles. Les auteurs recommandent une cible inférieure à 140/90 qui est l&rsquo;objectif ayant démontré une réduction de mortalité. Ils proposent néanmoins d&rsquo;avoir une cible inférieure à  135/85 dans le but d&rsquo;obtenir une réduction des infarctus du myocarde, mais sans bénéfice sur les AVC ou la mortalité.</p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>Voici une revue du <a href="https://www.bmj.com/content/380/bmj-2021-068947">BMJ</a> concernant la calprotectine fécale, dont nous avions déjà parlé plusieurs fois (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/06/dragi-webdo-n275.html">ici</a> ). Les auteurs reviennent sur les indications cet examen recommandé dans les pays anglo-saxons mais pas en France. D&rsquo;après les recommandations britanniques et  Son intérêt est surtout pour exclure une MICI chez des patients ayant des symptômes digestifs avant 60 ans, car sa valeur prédictive négative est très importante (quasiment  100%) au seuil de  50µg/g. En cas de symptômes évocateurs de cancer ou après 60 ans, une coloscopie est indiquée. Le résultat est influencé par la prise d&rsquo;AINS et d&rsquo;IPP.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhDD8hTCCDVzxTTeLQHHxAVGIfzpg7J83csoF1nf7fn-wDMNBDhpCiJF1lIAid8UZceYCt5L4HG3-rsSzlAIsRZp3y5LIeTepw-ve8DvuZ3o_7QhBZJ7hYG-M_Oi4ypYHpIfUXnKswUaZE4zJ7fs_ITy2szZSubcQu1B1G2kayuxP7DnYAs8pcL6uRDgQ/s1795/calprotectine.png"><img src="/images/articles/2023/calprotectine.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Ça peut paraitre évident, mais l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2801311?guestAccessKey=d6ae4a06-fc07-4f48-ac5b-4a7235cde153&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jama&amp;utm_term=8898989529&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=201469652">USPSTF</a> ne recommande pas de dépister l&rsquo;HSV-2 par une sérologie chez les patients et patientes asymptomatiques.</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/qs90/chapter/Quality-statements">NICE</a> a mis à jour ses recommandations dans le traitement des infections urinaires. Premièrement, l&rsquo;organisme de recommandations britannique recommande de ne pas réaliser de bandelettes urinaires chez les patientes de moins de  65 ans présentant au moins 2 symptômes urinaires et pas d&rsquo;autres causes ni signe d&rsquo;alarme (c&rsquo;est concordant avec les données d&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/04/dragi-webdo-n308.html">autres études</a>). Il n&rsquo;est toujours pas recommandé de traiter les bactériuries asymptomatiques hors grossesse. La durée de traitement des infections urinaires basses chez la femme est de 3 jours, et chez l&rsquo;homme de 7 jours (ils font la différence IU basse ou haute chez l&rsquo;homme)</p>
<p>5/ Douleurs</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3218057/fr/parcours-de-sante-d-une-personne-presentant-une-douleur-chronique">HAS</a> a présenté un parcours de soins pour les patients atteint de douleurs chroniques. Si on regarde ce qui est recommandé en médecine générale, il est d&rsquo;abord nécessaire d&rsquo;évaluer le parcours initial du patient (début des douleurs, diagnostics posés, évolution, la nécessité d&rsquo;arrêt de travail). Ensuite, les auteurs recommandent une évaluation du type de douleur DN4, des caractéristiques de douleurs QCD (questionnaire concis de la douleur), et évaluation du risque de mésusage d&rsquo;antalgiques (POMI). Une fois le retentissement évalué, les projets et attentes du patients sont a évaluer. Le parcours ambulatoire s&rsquo;articule autour du MG, des kinésithérapeutes, du pharmacien, du psychologue, du médecin du travail. Si besoin il faut adresser ensuite aux &ldquo;niveau 2 et 3&rdquo; qui sont les centres spécialisés. La fiche n&rsquo;est pas très &ldquo;pratique&rdquo; en vrai, c&rsquo;est dommage&hellip;</p>
<p>Parlons des bouchons de cérumen dans un article du <a href="https://bjgp.org/content/73/727/90">BJGP</a> (oui, c&rsquo;est dans la catégorie douleur, parce que ça fait mal!). L&rsquo;article est un plaidoyer pour que les MG débouchent les oreilles car c&rsquo;est plus coût-efficace que d&rsquo;aller chez l&rsquo;ORL. D&rsquo;après eux 90% des patients avec du cérumen sont gênés et  83% se sentent mieux après débouchage. Aucune goutte ou pré-traitement ramollissant n&rsquo;est supérieur à un autre d&rsquo;après le NICE ou la Cochrane mais il semble recommander de les utiliser. L&rsquo;utilisation de seringues n&rsquo;est pas recommandée car trop traumatique. L&rsquo;utilisation de matériel d&rsquo;irrigation électronique est à préférer en soins primaires. C&rsquo;est contre-indiqué en cas de pathologie ORL préexistante, de corps étranger ou de patients avec 1 seule oreille fonctionnelle et les complications sont de l&rsquo;ordre de 1/1000.</p>
<p>6/ Oncologie</p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/73/727/54">BJGP</a> aborde le diagnostic du cancer de la prostate en médecine générale. Il ne parle de dépistage, mais aborde les recommandations du NICE d&rsquo;effectuer un PSA chez les patients avec des symptômes cliniques comme des signes fonctionnels urinaires. Les auteurs recommandent alors d&rsquo;utiliser les valeurs seuils de PSA liées à l&rsquo;âge  (40-49 ans : &gt; 2,5 ; 50-59 ans &gt;3,5 : 60-69 ans: &gt; 4,5 ; 70-79 ans: &gt; 6,5 et &gt; 80 ans: selon le jugement clinique), bien qu&rsquo;elle soit basées sur des études observationnelles et jamais testées en médecine générale. Un PSA anormal requiert un RDV urologique sous 2 semaines, et une IRM pré-biopsie est recommandée.</p>
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]]></content:encoded></item><item><title>Les statines sont mes copines !</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/02/les-statines-sont-mes-copines/</link><pubDate>Wed, 15 Feb 2023 21:25:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/02/les-statines-sont-mes-copines/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voilà longtemps qu&rsquo;un billet de synthèse sur les dyslipidémies est sollicité. Une partie des éléments ont déjà été évoqués dans un <a href="http://doi.org/10.56746/EXERCER.2021.177.415">article du n°177 de la revue Exercer</a>.  Et voici la synthèse réalisée par <a href="https://twitter.com/DocTotoscope">@DocTotoscope</a>, suivie de l&rsquo;argumentaire !</p>
<p><em>[Billet mis à jour le 16/12/2023]</em></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgO_AxbQgzR1GGHSTFn-3oOhSW5maVynjldYzvMJCJ-FnqqAqIhOB_slGj0jVnRy0LoP4vw_Tn8_6iVLM42V8jagHtjMaqb4qOzqJ8dVDdI_PDlQgVEQvYWZQrSBrua9uca_vo7RweHG8AFRhok0IG7CTKcwhzaCwQ0dDCzQXMdSy5dCmwUW0VhN80ONRFb/s1024/statine%20doctotoscop%202.jpeg"><img src="/images/articles/2023/statine-20doctotoscop-202.jpeg" alt=""></a></p>
<p><em>Le contexte</em></p>
<p>La Société européenne de cardiologie
(ESC) a publié des recommandations concernant la prévention cardiovasculaire
en  2021 qui ont évolué vers une
intensification des objectifs de LDL-cholestérol chez l’ensemble des patients[1] Les auteurs des
recos recommandent donc des cibles de LDL :</p>
<p>-       En prévention primaire, le risque
cardiovasculaire s’évalue par le SCORE2 ou SCORE2-OP (après 70ans), avec des
seuils de risque variant selon l’âge (ça c’est bien). En cas de risque modéré
avec des facteurs de risques non pris en compte, de risque élevé ou de risque
très élevé, il est recommandé de cibler 1,0g/L de LDL. Mais, il est
suggéré d’atteindre 0,7g/L en cas de haut risque et 0,55g/L en cas de très haut
risque. (notons que c’est mieux que les recommandations de 2018 qui
recommandaient une cible à 1,16g/L de LDL même en cas de risque faible !).
Subtilité : si le LDL est &gt; 1,9g/L, on peut suspecter une
hypercholestérolémie familiale hétérozygote et il se discute de traiter car le
SCORE ne s’applique pas (mais on peut utiliser le score de Dutch pour évaluer
la probabilité d’hypercholestérolémie familiale)</p>
<p>-       
En prévention secondaire, la cible de
LDL-cholestérol recommandée est de 0,7g/L. Mais il est suggéré d&rsquo;intensifier le
traitement pour atteindre 0,55g/L chez tous ces patients.</p>
<p>-       
Pour atteindre ces cibles, il est souvent
nécessaire de recourir à des statines d’intensité élevée : atorvastatine
40-80, rosuvastatine 5-10, simvastatine 80 qui réduisent le LDL de plus de 50%
(alors que la simvastatine 40 et pravastatine 40 ne le réduisent respectivement
« que » de 40% et 30% environ)</p>
<p> </p>
<p><em>La problématique</em></p>
<p>Premièrement, 80 % des auteurs des
recommandations européennes en cardiologie ont un conflit d&rsquo;intérêt financier
avec l&rsquo;industrie pharmaceutique qui peut fortement influencer leurs choix[2].</p>
<p>Deuxièmement, cela repose sur la
théorie « lower is better » : plus le LDL est bas, plus on
réduit le risque d’évènements cardiovasculaire. Et c’est en effet ce qui est
retrouvé dans de nombreuses études observationnelles. Cependant, si cette
théorie était vraie : on peut se poser la question de pourquoi les
fibrates qui diminuent le LDL n’apportent pas de bénéfice cardiovasculaire
clair (et ne sont même pas cité dans la pratique correspondant au risque
cardiovasculaire dans la reco ESC), et pourquoi les statines d’intensité
modérée réduisent la mortalité globale alors que les statines d’intensité forte
n’ont jamais réussi à démontrer cela en essai randomisé bien qu’elles baissent
davantage le LDL.</p>
<p>On va y revenir, mais on voit se
dessiner que la théorie du LDL le plus bas possible ne semble pas tenir et que
celle d’un effet propre à certaines molécules semble plus plausible.</p>
<p> </p>
<p><em>En prévention primaire :</em></p>
<p>En
prévention primaire, la pravastatine et la simvastatine sont les seuls
traitements ayant démontré une diminution de la mortalité globale chez des
patients à haut risque cardiovasculaires du fait de leur facteurs de risque cardiovasculaire[3,4]. L’atorvastatine
a démontré une réduction des événements cardiovasculaires chez les patients
diabétiques, mais pas de mortalité[5]. Dans chacune de
ces études, le bénéfice était retrouvé pour une dose fixe de statine,
indépendamment du taux de LDL initial et aucune étude n’ayant étudié une baisse
intensive du LDL ou des cibles de LDL en prévention primaire, il ne semble pas
nécessaire d’utiliser des cibles de LDL en prévention primaire[6].</p>
<p>Dans
des études incluant des patients à risque modéré ont aussi montré des
réductions d’événements cardiovasculaires. En effet les statines permettant une
réduction du risque de mortalité quel que soit risque cardiovasculaire des
patients. Mais réduire d’environ 20% (c’est la réduction relative du risque
retrouvée de façon assez constante) un risque cardiovasculaire évalué à 2%, ça
fait une réduction absolue du risque minime, amenant le patient à un risque de
1,6% : ce n’est donc pas cliniquement pertinent. Le seuil de prescription retrouvé
d’après les études citée ci-dessus et pour lequel l’indication d’un traitement
doit toujours s’effectuer dans une démarche de décision partagée avec le
patient, c’est le risque cardiovasculaire élevé (donc soit calculé par le
SCORE2, soit parce que le patient appartient à une catégorie à risque élevée
comme le diabète) [6].</p>
<p>Le
NNT chez les patients en prévention primaire après 5 ans de traitement est
d’environ 334 pour la survenue d’évènements cardiovasculaires et 1000 pour la
mortalité[7]. Ce bénéfice
pourrait persister jusqu’à l’âge de 
70-75 ans (selon les études) chez le patient  non diabétique et  85 ans chez le patient diabétique[8]. Mais cerise sur
le gâteau, l’effet bénéfique sur la mortalité semble persister même après arrêt
du traitement[9].</p>
<p>Certains
parleront de l’étude JUPITER, montrant un bénéfice de la rosuvastatine en
prévention primaire chez des patients à haut risque cardiovasculaire concernant
les événements cardiovasculaires et même la mortalité globale[10]. Cependant, cette
étude a été très fortement critiquée et ses résultats ne sont finalement pas
interprétables car le protocole a été modifié en cours d’étude, elle a été
interrompue précocement et les données statistiques ne sont pas cohérentes avec
les autres études sur les statines.</p>
<p> </p>
<p><em>Prévention
secondaire</em></p>
<p>En prévention secondaire,
la pravastatine, la simvastatine et la fluvastatine sont les seules statines
ayant démontré une diminution de la morbi-mortalité versus placebo chez ces patients, comme le
rappelle la HAS en 2021[11]. L’utilisation de
cibles de LDL-cholestérol n’a été étudiée que chez les patients ayant un
accident vasculaire cérébral et atteindre un LDL inférieur à 0,7g/L réduisait
davantage la survenue des évènements cardiovasculaires par rapport à un seuil de
1g/L (NNT=42 patients par an). Chez les patients avec une coronaropathie, les
cibles de LDL reposent essentiellement sur 3 publications retrouvant une
association entre la baisse du LDL et une diminution de la mortalité globale[12–14]. Mais elles présentent
des discordances quant à la comparaison entre une statine d’intensité élevée
par rapport à une statine d’intensité modérée : le bénéfice sur la
mortalité n’est pas toujours retrouvé (et quand il est retrouvé, le NNT serait
de  250 patients par an) [12,13]. Une dernière
méta-analyse de 2022 montre qu’il n’y a pas de relation claire entre baisse de
LDL et mortalité ou survenue d’évènements cardiovasculaires (sauf peut-être
pour les AVC ce qui pourrait être concordant avec l’étude citée ci-dessus)[15].</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgjIryybScq9zNmZlUwNzF5ig1amn_FW-DUI2taCwKIfh_zVQDDtA2xgnOZ4zd3upRCCI5n8eq-fyJOcowBhS9YpjtXnjSumv9BwkCa7fqNhwbcnOb5bhlQWGp_5VXmqcNioCpFo8rKYsp4E-7jn5JWyj1crCsinmaquRpwcFnRmEbhSoRrte67qYsi_Q/s3625/statin%20regression.png"><img src="/images/articles/2023/statin-20regression.png" alt=""></a></p>
<p> Une
stratégie combinant les 2 approches serait d’essayer de baisser davantage le
LDL en utilisant des molécules ayant montré un bénéfice. Comme dit
précédemment, en prévention secondaire, la simvastatine et la pravastatine sont les seules molécules ayant montré une réduction de mortalité versus placebo. Intensifier la simvastatine de 80mg baisse un peu le LDL sans apporter de bénéfice clinique[16].  L’ajout de l’ézetimibe à la
simvastatine permet d’atteindre un LDL d’environ 0,53g/L et réduit la survenue
d’évènements cardio-vasculaires ( NNT = 50 patients à 6 ans) mais pas la
mortalité[17]. D&rsquo;un autre côté, la place de l&rsquo;atorvastatine pose question. En effet, un essai comparant atorvastatine 10 à atorvastatine 80 réduit les évènements cardiovasculaires en post-infarctus (NNT = 45 à 5 ans) [18]. De plus, un essai randomisé comparant l&rsquo;atorvastatine 80 avec la pravastatine 40 en post-infarctus a montré que l&rsquo;atorvastatine réduisait significativement les évènements cardiovasculaires avec un NNT de 26 patients à 2 ans, par rapport à la pravastatine qui réduisait déjà la mortalité (les LDL obtenus était respectivement de 0,62g/L et 0,95g/L) [19]. On regrettera l&rsquo;absence de comparaison simvastatine 40 +/-ezetimibe versus atorvastatine 80. En post-AVC, un essai randomisé comparant atorvastatine 80mg versus placebo montrait un bénéfice sur les évènements cardiovasculaires (NNT 50 à 5 ans soit 250 patients par an)[20]. Cependant un ajustement sur le critère de jugement principal a été nécessaire pour que le seuil de significativité (p&lt; 0,048 compte tenu des analyses intermédiaires) soit atteint. Cet ajustement n&rsquo;est pas courant étant donné que s&rsquo;il y a une différence dans les
groupes, elle est liée au hasard et &ldquo;intégrée&rdquo; dans la valeur du p. Mais des publications récentes sont en faveur de ces ajustements s&rsquo;ils sont bien prévus a priori [21]. Une revue systématique confirme quand même le bénéfice de l&rsquo;atorvastatine 80, mais aussi à la simvastatine  40
avec une taille d&rsquo;effet similaire mais la simvastatine semble être
une molécule plus éprouvée en post-AVC [22]. L’obtention d’un
LDL-cholestérol inférieur à 0,5g/L chez l’ensemble des patients (moyenne à
0,30g/L) a été possible dans les études évaluant l’évolocumab, un anti-PCSK 9
injectable. Il réduisait la survenue des évènements cardiovasculaires avec un
NNT de 67 patients traités pendant 2 ans, sans réduire la mortalité [23]. Compte tenu de
ce qui a été énoncé en problématique, Il est possible (probable ?) que ce
bénéfice repose davantage sur un effet de classe thérapeutique que sur la
baisse du LDL. </p>
<p>[Edit 06/04/26]  Jusque-là, en prévention secondaire, nous avions une série
de 3 études
réanalysant des essais randomisés ou des études de cohorte trouvant que
plus la cible était basse, plus le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires
était faible (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/04/dragi-webdo-n181.html">ici</a>). Puis il y eu un ECR en post-AVC qui montrait qu&rsquo;une cible à 0,7 g/L de LDL réduisait davantage les récidives que 1g/L (<a href="http://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n247.html">ici</a>). Enfin, un <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/03/dragi-webdo-n390.html">dernier ECR</a> avait comparé statine forte dose à dose fixe versus une cible à 0,7g/L qui montrait une équivalence des 2 stratégies.  Voici donc l&rsquo;étude <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2600283">Ez-PAVE</a>,
essai randomisé sud coréen ayant testé une cible de 0,55g/L (intensif)
versus 0,7g/L (modéré) chez 3000 patients en prévention secondaire (AVC,
AIT, coronaropathie ou AOMI). Après 3 ans, le LDL du groupe intensif était à 0,56g/L
(cible atteinte pour 60% des patients), et celui du groupe modéré était
à 0.66g/L (cible de 0.7g/L pour 68% des patients du groupe modéré, et
atteint pour 85% des patients du groupe intensif). Sur le critère
cardiovasculaire, le groupe intensif avait moins d&rsquo;évènements (OR=0,67
que je note exceptionnellement pour y revenir après, NNT= 33 à 3 ans,
soit environ 100/an), porté par les revascularisations coronaires (NNT=
38 ) et les infarctus non fatals (NNT= 112). Il n&rsquo;y avait pas davantage
d&rsquo;effets indésirables dans le groupe intensif. Et donc, effet traitement
ou bénéfice uniquement lié à la cible? La différence de 0,10g/L soit
0,26mmol/L explique-t-elle la réduction de 33% d&rsquo;évènements ? Si on se
fie à la référence qu&rsquo;est la méta-analyse du CTT publiée dans le <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2988224/">Lancet</a> en
2010, chaque baisse de 1mmol/L de LDL réduit le risque de 22%. Donc là,
nous avons une réduction moindre de LDL mais une meilleure réduction du
risque. Il faudrait donc chercher plutôt du coté des médicaments
utilisées plutôt que de penser uniquement à la cible. L&rsquo;appendice
de l&rsquo;article nous informe qu&rsquo;il y a eu une 2eme randomisation après
groupe intensif ou modéré : dans chaque bras il y a eu statine +
ézétimibe (connu pour réduire les évènements CV dans <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/06/dragi-webdo-n53.html">IMPROVE-IT</a>)
versus rosuvastatine ou atorvastatine. Il s&rsquo;agissait de rosuva 20 ou
atorva 40-80 dans le groupe intensif et de rosuva 10-20 ou atorva 20-40
dans le groupe modéré. Ainsi, l&rsquo;étude a surtout comparé l&rsquo;atteinte de la
cible sous rosuvastatine ou atorvastatine +/- ezetimibe pour atteindre
l&rsquo;objectif. Les molécules ayant démontré une réduction de mortalité
(simvastatine et pravastatine) étaient prescrites pour moins de 1% des
patients et les anti-PCSK9 également. Ainsi, à 3 ans les grandes
différences de traitements sont: l&rsquo;ézétimibe prescrit chez 66% du groupe
intensif vs 56% du groupe modéré à la fin de l&rsquo;étude et la
rosuvastatine 20 prescrite chez 34% du groupe intensif vs 23% du groupe
modéré (a la place d&rsquo;atorvastatine 10-20 prescrite chez 7% du groupe
intensif vs 16% du groupe modéré). Tout ça pour dire qu&rsquo;une cible de
0,55g/L semble réduire les récidives de revascularisation, possiblement
grâce à la rosuvastatine 20 (mais comme elle n&rsquo;a jamais montré de
bénéfice versus placebo&hellip;), ou à davantage d&rsquo;ezetimibe (qui a un effet
propre démontré comme on l&rsquo;a dit!). En pratique, l&rsquo;objectif de 0,55g/L de LDL peut être atteint avec de
l&rsquo;atorvastatine et de l&rsquo;ezetimibe si on souhaite utiliser des
médicaments dont le bénéfice a été déjà démontré versus placebo en
prévention secondaire sur la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaire
(mais encore une fois, aucun traitement sauf la simvastatine et la
pravastatine ne l&rsquo;ont fait sur la mortalité en essai randomisé) (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/02/les-statines-sont-mes-copines.html">ici</a>).</p>
<p> </p>
<p><em>Conclusion</em></p>
<p>Le
CNGE s’est positionné depuis  2014 sur
l’évaluation du risque cardiovasculaire par un score pour discuter de
l’initiation d’un traitement par statine en prévention primaire avec le
patient, en utilisant une statine ayant une efficacité clinique démontrée et
non un effet basé sur la baisse d’un critère de jugement intermédiaire [24]. Il est évident,
mais il faut le redire, qu’il ne suffit pas de prescrire une statine : les
règles hygiéno-diététiques et le régime méditerranéen sont le traitement de
première intention et permettent de réduire les évènements cardiovasculaires
avec un NNT de 250 patients par an en prévention primaire et de 100 en
prévention secondaire[25,26].</p>
<p>En
simple, il suffit de prescrire la molécule efficace au patient chez qui elle a
démontré une efficacité et d’oublier les autres cas.</p>
<p>-       
Prévention primaire :</p>
<p>o  
simvastatine 40 ou pravastatine 40 (sans cible
de LDL)</p>
<p>o  
<em>si diabète</em> :
simvastatine 40 ou atorvastatine 10 (qui permet d’atteindre une « cible »
plus basse mais ne réduit pas la mortalité)</p>
<p>-       
Prévention secondaire :</p>
<p>o  
Simvastatine 40 (le plus éprouvé) ou atorvastatine 80 (pour un possible gain supplémentaire sur les évènements cardiovasculaires) et si non toléré: pravastatine 40 (<em>et si la
« cible » est atteinte avec ces molécules : s’arrêter là !)</em></p>
<p>o   Ajout éventuel d&rsquo;ézétimibe, préférentiellement avec simvastatine (pour une
cible &lt; 0,7 en cas d’AVC et atorvastatine 80 non toléré, ou pour réduire modérément les évènements non
fatals si infarctus du myocarde)</p>
<p> </p>
<p> <em>Bonus</em>:
Chez qui prescrire une EAL ? <em>(source : les recos correspondantes,
y’a rien qui synthétise clairement tout)</em></p>
<p>-       
<em>Patients « en bonne
santé » :</em></p>
<p>o   Vu les tableaux de
SCORE-2 en France, en l&rsquo;absence de FDR, le risque sera faible jusqu&rsquo;à 50
ans quel que soit le cholestérol, donc : pas d&rsquo;intérêt clinique de dépister avant 50 ans (selon la reco: évaluation du risque cardiovasculaire chez
un homme de 40 ans et chez une femme de 
50 ans sans facteurs de risque, tous les 5 ans jusqu’à 75 ans,  les
Américains disent tous les 10 ans)</p>
<p>o  
Evaluation du risque cardiovasculaire chez
un patient de 40 ans avec facteurs de risque, tous les 5 ans jusqu’à  75 ans (en vrai, y&rsquo;aura donc eu un bilan si HTA etc&hellip;)</p>
<p>o  
Prescription initiale puis tous les 5 ans
d’une contraception oestro-progestative</p>
<p>o  Suspicion d’hypercholestérolémie familiale
hétérozygote (là, ça peut être dès l’adolescence, voire dès l&rsquo;enfance)</p>
<p> -       
<em>Dans le cadre des comorbidités :</em></p>
<p>o  
Découverte d’HTA</p>
<p>o  
Découverte de diabète</p>
<p>o  
Survenue d’une maladie athéromateuse (AVC,
IDM, AOMI…)</p>
<p> </p>
<p>Références :</p>
<p>1          Visseren FLJ, Mach F, Smulders YM, <em>et
al.</em> 2021 ESC Guidelines on cardiovascular disease prevention in clinical
practice: Developed by the Task Force for cardiovascular disease prevention in
clinical practice with representatives of the European Society of Cardiology
and 12 medical societies With the special contribution of the European
Association of Preventive Cardiology (EAPC). <em>Eur Heart J</em> 2021;<strong>42</strong>:3227–337.
doi:10.1093/eurheartj/ehab484</p>
<p>2          Hinton J, Reeves T, Shah
BN. Analysis of conflicts of interest among authors and researchers of European
clinical guidelines in cardiovascular medicine. <em>Clin Med</em> 2021;<strong>21</strong>:e166–70.
doi:10.7861/clinmed.2020-0552</p>
<p>3          Shepherd J, Cobbe SM,
Ford I, <em>et al.</em> Prevention of coronary heart disease with pravastatin in
men with hypercholesterolemia. West of Scotland Coronary Prevention Study
Group. <em>N Engl J Med</em> 1995;<strong>333</strong>:1301–7.
doi:10.1056/NEJM199511163332001</p>
<p>4          Heart Protection Study
Collaborative Group. MRC/BHF Heart Protection Study of cholesterol lowering
with simvastatin in 20,536 high-risk individuals: a randomised
placebo-controlled trial. <em>Lancet Lond Engl</em> 2002;<strong>360</strong>:7–22.
doi:10.1016/S0140-6736(02)09327-3</p>
<p>5          Colhoun HM, Betteridge
DJ, Durrington PN, <em>et al.</em> Primary prevention of cardiovascular disease
with atorvastatin in type 2 diabetes in the Collaborative Atorvastatin Diabetes
Study (CARDS): multicentre randomised placebo-controlled trial. <em>Lancet Lond Engl</em>
2004;<strong>364</strong>:685–96. doi:10.1016/S0140-6736(04)16895-5</p>
<p>6          Boussageon R, Aubin-Auger I, Pouchain D. Cholestérol et
prévention primaire :  une révolution
fondée sur les faits. <em>exercer</em> 2015;:26–32.</p>
<p>7          Armitage J, Baigent C, Barnes E, <em>et al.</em> Efficacy and
safety of statin therapy in older people: a meta-analysis of individual
participant data from 28 randomised controlled trials. <em>The Lancet</em> 2019;<strong>393</strong>:407–15.
doi:10.1016/S0140-6736(18)31942-1</p>
<p>8          Ramos R, Comas-Cufí M,
Martí-Lluch R, <em>et al.</em> Statins for primary prevention of cardiovascular
events and mortality in old and very old adults with and without type 2
diabetes: retrospective cohort study. <em>BMJ</em> 2018;<strong>362</strong>:k3359.
doi:10.1136/bmj.k3359</p>
<p>9          Ford I, Murray H,
McCowan C, <em>et al.</em> Long-Term Safety and Efficacy of Lowering Low-Density
Lipoprotein Cholesterol With Statin Therapy: 20-Year Follow-Up of West of
Scotland Coronary Prevention Study. <em>Circulation</em> 2016;<strong>133</strong>:1073–80.
doi:10.1161/CIRCULATIONAHA.115.019014</p>
<p>10        Ridker PM, Danielson E, Fonseca FAH, <em>et
al.</em> Rosuvastatin to prevent vascular events in men and women with elevated
C-reactive protein. <em>N Engl J Med</em> 2008;<strong>359</strong>:2195–207. doi:10.1056/NEJMoa0807646</p>
<p>11        Haute Autorité de santé. Guide du
parcours de soins – Syndrome coronarien chronique. 2021.https://www.has-sante.fr/jcms/p_3279083/fr/guide-du-parcours-de-soins-syndrome-coronarien-chronique
(accessed 14 Sep 2021).</p>
<p>12        Koskinas KC, Siontis GCM, Piccolo R, <em>et
al.</em> Effect of statins and non-statin LDL-lowering medications on
cardiovascular outcomes in secondary prevention: a meta-analysis of randomized
trials. <em>Eur Heart J</em> 2018;<strong>39</strong>:1172–80. doi:10.1093/eurheartj/ehx566</p>
<p>13        Rodriguez F, Maron DJ,
Knowles JW, <em>et al.</em> Association Between Intensity of Statin Therapy and
Mortality in Patients With Atherosclerotic Cardiovascular Disease. <em>JAMA Cardiol</em>
2017;<strong>2</strong>:47–54. doi:10.1001/jamacardio.2016.4052</p>
<p>14        Navarese EP, Robinson JG, Kowalewski M, <em>et
al.</em> Association Between Baseline LDL-C Level and Total and Cardiovascular
Mortality After LDL-C Lowering: A Systematic Review and Meta-analysis. <em>JAMA</em>
2018;<strong>319</strong>:1566–79. doi:10.1001/jama.2018.2525</p>
<p>15        Byrne P, Demasi M, Jones M, <em>et al.</em>
Evaluating
the Association Between Low-Density Lipoprotein Cholesterol Reduction and
Relative and Absolute Effects of Statin Treatment: A Systematic Review and
Meta-analysis. <em>JAMA Intern Med</em> 2022;<strong>182</strong>:474–81.
doi:10.1001/jamainternmed.2022.0134</p>
<p>16        Study of the Effectiveness of Additional
Reductions in Cholesterol and Homocysteine (SEARCH) Collaborative Group.
Intensive lowering of LDL cholesterol with 80 mg versus 20 mg simvastatin daily
in 12 064 survivors of myocardial infarction: a double-blind randomised trial. <em>The Lancet</em>. 2010;376:1658–69.</p>
<p>17        Cannon CP, Blazing MA,
Giugliano RP, <em>et al.</em> Ezetimibe Added to Statin Therapy after Acute
Coronary Syndromes. <em>N Engl J Med</em> 2015;<strong>372</strong>:2387–97.
doi:10.1056/NEJMoa1410489</p>
<p>18        LaRosa JC, Grundy SM, Waters DD, <em>et al.</em>
Intensive Lipid Lowering with Atorvastatin in Patients with Stable Coronary
Disease. <em>N Engl J Med</em>. 2005;352:1425–35.</p>
<p>19        Cannon CP, Braunwald E, McCabe CH, <em>et al.</em>
Intensive versus Moderate Lipid Lowering with Statins after Acute Coronary
Syndromes. <em>N Engl J Med</em>. 2004;350:1495–504.</p>
<p> 20        SPARCL investigators, High-Dose Atorvastatin after Stroke or Transient
Ischemic Attack. <em>N Engl J Med</em>. 2006;355:549–59.</p>
<p> 21        Holmberg MJ, Andersen LW. Adjustment for
Baseline Characteristics in Randomized Clinical Trials. <em>JAMA</em>. 2022;328:2155–6.</p>
<p> 22        Tramacere I, Boncoraglio GB, Banzi R, <em>et al.</em>
Comparison of statins for secondary prevention in patients with ischemic stroke
or transient ischemic attack: a systematic review and network meta-analysis. <em>BMC Med</em>. 2019;17:67.</p>
<p> 23        Sabatine MS, Giugliano
RP, Keech AC, <em>et al.</em> Evolocumab and Clinical Outcomes in Patients with
Cardiovascular Disease. <em>N Engl J Med</em> 2017;<strong>376</strong>:1713–22. doi:10.1056/NEJMoa1615664</p>
<p>24        Conseil scientifique du CNGE. Prise en
charge du patient hypercholestérolémique en prévention primaire : vers de
nouvelles recommandations ? 2014.https://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/prise_en_charge_du_patient_hypercholesterolemique_/
(accessed 14 Sep 2021).</p>
<p>25        Estruch R, Ros E, Salas-Salvadó J, <em>et
al.</em> Primary Prevention of Cardiovascular Disease with a Mediterranean Diet
Supplemented with Extra-Virgin Olive Oil or Nuts. <em>N Engl J Med</em> 2018;<strong>378</strong>:e34.
doi:10.1056/NEJMoa1800389</p>
<p>26        Delgado-Lista J,
Alcala-Diaz JF, Torres-Peña JD, <em>et al.</em> Long-term secondary prevention of
cardiovascular disease with a Mediterranean diet and a low-fat diet
(CORDIOPREV): a randomised controlled trial. <em>Lancet
Lond Engl</em> 2022;<strong>399</strong>:1876–85.
doi:10.1016/S0140-6736(22)00122-2</p>
<p> </p>
<p><em>Version initiale du paragraphe sur la prévention secondaire:</em></p>
<p>En prévention secondaire,
la pravastatine, la simvastatine et la fluvastatine sont les seules statines
ayant démontré une diminution de la morbi-mortalité chez ces patients, comme le
rappelle la HAS en 2021[11]. L’utilisation de
cibles de LDL-cholestérol n’a été étudiée que chez les patients ayant un
accident vasculaire cérébral et atteindre un LDL inférieur à 0,7g/L réduisait
davantage la survenue des évènements cardiovasculaires par rapport à un seuil de
1g/L (NNT=42 patients par an). Chez les patients avec une coronaropathie, les
cibles de LDL reposent essentiellement sur 3 publications retrouvant une
association entre la baisse du LDL et une diminution de la mortalité globale[12–14]. Mais elles présentent
des discordances quant à la comparaison entre une statine d’intensité élevée
par rapport à une statine d’intensité modérée : le bénéfice sur la
mortalité n’est pas toujours retrouvé (et quand il est retrouvé, le NNT serait
de  250 patients par an) [12,13]. Une dernière
méta-analyse de 2022 montre qu’il n’y a pas de relation claire entre baisse de
LDL et mortalité ou survenue d’évènements cardiovasculaires (sauf peut-être
pour les AVC ce qui pourrait être concordant avec l’étude citée ci-dessus)[15].</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgjIryybScq9zNmZlUwNzF5ig1amn_FW-DUI2taCwKIfh_zVQDDtA2xgnOZ4zd3upRCCI5n8eq-fyJOcowBhS9YpjtXnjSumv9BwkCa7fqNhwbcnOb5bhlQWGp_5VXmqcNioCpFo8rKYsp4E-7jn5JWyj1crCsinmaquRpwcFnRmEbhSoRrte67qYsi_Q/s3625/statin%20regression.png"><img src="/images/articles/2023/statin-20regression.png" alt=""></a></p>
<p> Une
stratégie combinant les 2 approches serait d’essayer de baisser davantage le
LDL en utilisant des molécules ayant montré un bénéfice. Comme dit
précédemment, en prévention secondaire, ni la rosuvastatine ni l’atorvastatine
n’ont montré de bénéfice cardiovasculaire (et elles n’ont pas l’AMM alors
qu’on les voit souvent prescrites !). L’ajout de l’ézetimibe à la
simvastatine permet d’atteindre un LDL d’environ 0,53g/L et réduit la survenue
d’évènements cardio-vasculaires ( NNT = 50 patients à 6 ans) mais pas la
mortalité[16]. L’obtention d’un
LDL-cholestérol inférieur à 0,5g/L chez l’ensemble des patients (moyenne à
0,30g/L) a été possible dans les études évaluant l’évolocumab, un anti-PCSK 9
injectable. Il réduisait la survenue des évènements cardiovasculaires avec un
NST de 67 patients traités pendant 2 ans, sans réduire la mortalité[17]. Compte tenu de
ce qui a été énoncé en problématique, Il est possible (probable ?) que ce
bénéfice repose davantage sur un effet de classe thérapeutique que sur la
baisse du LDL.</p>
<p>L&rsquo;atorvastatine, a démontré dans 1 <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/nejmoa061894">essai randomisé</a>
une bénéfice sur les évènements cardiovasculaire (NNT 50 à 5 ans soit
250 patients par an), à la dose de 80mg/j dans le post-AVC de cause non
cardiologique (donc pas si FA). Cependant, pour une raison obscure, les
auteurs ont décidé de faire un ajustement sur le critère de jugement
principal de cet essai randomisé (ce qui n&rsquo;est pas courant étant donné
que s&rsquo;il y a une différence dans les groupes, elle est liée au hasard et
&ldquo;intégrée&rdquo; dans la valeur du p). Une des explications peut être une
modification du protocole (non publié et non disponible) car le p du
critère de jugement principal non ajusté n&rsquo;était pas significatif: p
=0,05 (c&rsquo;est limite vous allez dire, peut être que c&rsquo;est l&rsquo;arrondi?)
Mais compte tenu des 7 analyses intermédiaires, les auteurs avait noté
que la significativité se ferait à un seuil de 0,048. Cette pirouette
statistique peut semer le doute sur la validité de l&rsquo;étude, car selon
des standards statistiques strictes, cette étude ne serait donc pas
significative sur son critère de jugement principal.  Une <a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-019-1298-5#ref-CR33">revue systématique</a>
trouve quand même un bénéfice à l&rsquo;atorvastatine, mais aussi à la
simvastatine avec une taille d&rsquo;effet similaire. Ces 2 molécules seraient
pourraient donc réduire les évènements post AVC, mais la simvastatine
semble être une molécule plus éprouvée.</p>
<p><em>Algorithme initial:</em></p>
<p>Prévention primaire :</p>
<p>o  
simvastatine ou pravastatine (sans cible
de LDL)</p>
<p>o  
<em>si diabète</em> :
simvastatine ou atorvastatine (qui permet d’atteindre une « cible »
plus basse mais ne réduit pas la mortalité)</p>
<p>-       
Prévention secondaire :</p>
<p>o  
Simvastatine ou pravastatine (si la
« cible » est atteinte avec ces molécules : s’arrêter là !)</p>
<p>o  
Ajout éventuel de l’ézétimibe (pour une
cible &lt; 0,7 en cas d’AVC ou pour réduire modérément les évènements non
fatals si infarctus du myocarde)</p>
<p>o   Atorvastatine 80 éventuellement en post-AVC non cardiologique uniquement</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°386 : vaccin grippe (HAS) / pneumocoque / HPV, vitamine D (diabète/asthme), Paxlovid, trouble bipolaire, sport/dépression, THM, dépistages (sein, poumon), déprescription</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/02/dragi-webdo-n386/</link><pubDate>Sun, 12 Feb 2023 18:13:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/02/dragi-webdo-n386/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Gynécologie</category><category>Oncologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour et bon 8ème anniversaire le blog! Merci pour vos messages de soutien, pour vos encouragements, pour vos participations aux discussions sur les réseaux et en commentaires,  et pour les partages des billets que vous faites ! (Pour ceux qui souhaiteraient soutenir, y&rsquo;a toujours une petite cagnotte
&ldquo;le petit coup de pouce&rdquo; sur le côté droit de la page et <a href="https://www.lepotcommun.fr/pot/qzeojtdt">ici</a>, mais le blog restera toujours gratuit)</p>
<p>Pourquoi ne pas commencer avec un peu de méthodologie et un article sur la vitamine D ! (c&rsquo;est un peu un fil rouge du blog parce qu&rsquo;on peut aborder plein de biais avec!) Voici donc, dans la prestigieuse &ldquo;annals of internal medicine&rdquo;, une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-3018">revue systématique</a> d&rsquo;essais randomisés avec méta-analyse montrant que la vitamine D donnée chez les prédiabétiques réduit le risque de diabète (NNT= 130 patients par an) ! Alors, méthodologiquement, aucun souci, c&rsquo;est très carré. Les auteurs arrivent à inclure 3 ECR soit 4000 patients au total. Mais ces 3 ECR chacun de leur coté, avaient atteint leur nombre de sujets nécessaire et conclu à l&rsquo;inefficacité de la vitamine D dans cette indication. Donc l&rsquo;intérêt de la méta-analyse est très discutable puisqu&rsquo;aucun signal d&rsquo;efficacité n&rsquo;existait préalablement. La méta-analyse se justifie si des essais donnent des résultats divergeant, là tout convergeait vers l&rsquo;inefficacité. Ils ont donc poolé leur études (avec des américains, des norvégiens et des japonais, on est bien sur l’hétérogénéité, mais comme c&rsquo;est un travail sur données individuelle, les auteurs ne la présente pas) et le hasard fait que le <em>p</em> est significatif. &ldquo;Ils&rdquo;, mais c&rsquo;est qui d&rsquo;ailleurs, &ldquo;ils&rdquo; ? Les 3 premiers auteurs de cette méta-analyse sont, vous l&rsquo;avez deviné, les premiers auteurs de chacun des 3 ECR! C&rsquo;est magnifique! Allez, concluez par vous même, et on passe aux actualités de la semaine !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2800886">essai</a> randomisé hospitalier à inclus des patients de plus de 50 ans avec au moins 5 médicaments dans un groupe &ldquo;déprescription après revue par pharmacien/infirmier&rdquo; ou soins courants. Les patients du groupe intervention ont pu voir leur nombre de traitements davantage réduit, permettant une réduction des prescriptions inappropriées et de leur fardeau lié au traitement (mais à 3 mois, pas d&rsquo;effet sur les réhospitalisations ou les effets indésirables). Les traitements interrompus étaient majoritairement (dans l&rsquo;ordre): des vitamines, des laxatifs, des antihypertenseurs, des anticoagulants/anti-agrégants, des antalgiques (non opioïdes et opioïdes), des antidiabétiques et des anti-acides.</p>
<p>Nous avions abordé un risque limité de la metformine pris par la femme pendant la grossesse concernant les malformation cardiaques (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/07/dragi-webdo-n190.html">ici</a>). Cette <a href="https://drc.bmj.com/content/11/1/e002919">revue</a> systématique confirme l&rsquo;absence de risque malformatif majeur mais ne pouvait étudier spécifiquement les anomalies cardiaques. C&rsquo;est plutôt rassurant quand même. Il persiste le risque possible de malformation génitales quand le père est sous metformine dont nous avions parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n350.html">ici</a>.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3350703/fr/revision-de-la-strategie-de-vaccination-contre-la-grippe-saisonniere-evaluation-de-la-pertinence-de-l-extension-de-la-vaccination-chez-les-enfants-sans-comorbidite">HAS</a> recommande que la vaccination antigrippale puisse être proposée aux enfants de  2 à 17 ans sans comorbidité (ce qui est quand même différent de recommandé le vaccin à tous les  2-17 ans) en favorisant le vaccin intranasal fluenz tetra* qui n&rsquo;est pas disponible en France. Le rationnel repose sur 1/ la grippe y&rsquo;en a beaucoup 2/ le vaccin réduit les grippes 3/ dans d&rsquo;autres pays comme aux US, c&rsquo;est recommandé. En effet, il y a une réduction des grippes confirmées au laboratoire avec la vaccination de l&rsquo;enfant sans comorbidité, sans efficacité sur les hospitalisations ni les décès, ni l&rsquo;absentéisme scolaire, ni l&rsquo;absentéisme parental. Bref, on est pas dans un bénéfice majeur. La consultation publique est intéressante, pas de réponse d&rsquo;organismes de MG (faudrait vraiment qu&rsquo;on s&rsquo;améliore là dessus). Les pédiatres ont dit &ldquo;chouette&rdquo;, Sanofi a dit &ldquo;bof parce qu&rsquo;on pourrait commencer à 6 mois au lieu de 2 ans&rdquo; (lol), et le CEMKA (un cabinet d&rsquo;étude en santé) fait une analyse plutôt bonne: les données Françaises extrapolées des patients en ALD sont pas fiables, l&rsquo;acceptabilité en France n&rsquo;a pas été évaluée et cela ne permettra pas une protection collective, ne faudrait il pas mieux améliorer la couverture des patients avec facteurs de risque déjà peu vaccinés, cette reco va aggraver les inégalités de santé car ce sont les classes favorisées qui en bénéficieront.</p>
<p>Parlons des vaccins efficaces, ici le vaccin pneumocoque chez l&rsquo;enfant. Cette <a href="https://jogh.org/2023/jogh-13-05002">revue</a> systématique confirme, notamment chez les moins de 5 ans, que la vaccination réduit (pourcentages selon les études): les pneumonies (12-85%), les hospitalisations pour pneumonies (7-60%), les hospitalisations pour pneumonies sévères (8-90%) et la mortalité par pneumonie (10-78%). Malheureusement, les études n&rsquo;avaient pas la mortalité globale en critère de jugement. Donc ce vaccin là, il y a un bénéfice net.</p>
<p>Longtemps, un des seuls bénéfices de la vitamine D d&rsquo;après la Cochrane était la réduction des crises d&rsquo;asthme. Mais ils ont mis à jour leur revue avec les nouvelles études dont nous avions parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/02/dragi-webdo-n343.html">ici</a>. Ainsi, la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD011511.pub3/full">Cochrane</a> conclue finalement, que la vitamine D ne réduit pas les exacerbations d&rsquo;asthme ! (game over, again&hellip;)</p>
<p>Concernant l&rsquo;utilisation du nirmatrelvir-ritoniavir (Paxlovid*), une <a href="https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(23)00011-7/fulltext">étude</a> de cohorte rétrospective américaine a apparié environ 10 000 patients non hospitalisé traités avec Paxlovid avec autant non traités grâce à un score de propension intégrant  l&rsquo;âge, le sexe, l&rsquo;ethnie, le nombre de vaccination, les comorbidités et le variant Covid impliqué. Les auteurs ont mis en évidence, chez les patients traités, une moindre mortalité globale (RR= 0,15 , NNT= 500), moins d&rsquo;hospitalisations toute cause (RR=0,45 , NNT=200), et moins d&rsquo;hospitalisations liées au Covid (RR= 0,4  , NNT= 200). L&rsquo;efficacité était retrouvée quelque soit le nombre de doses vaccinales et aussi bien avant qu&rsquo;après l&rsquo;apparition des variants BA.4 et BA.5. Le seul point manquant d&rsquo;ajustement serait la sévérité initiale qui ne pouvait pas être recueillie, pour s&rsquo;assurer qu&rsquo;il n&rsquo;y ai pas un biais important de prescription avant de conclure à une efficacité probable en l&rsquo;absence de nouvel essai randomisé.</p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>Une <a href="https://bjsm.bmj.com/content/early/2023/02/01/bjsports-2022-106282">revue</a> systématique d&rsquo;essais randomisés évalue l&rsquo;effet du sport dans la réduction des symptômes de patients avec épisode dépressif majeur. L&rsquo;efficacité est importante avec des réductions de près de 5 points sur l&rsquo;échelle de Hamilton par rapport à l&rsquo;absence d&rsquo;intervention (certes, on ne peut pas faire d&rsquo;aveugle pour ça), soit un NNT de 2 patients. Pour mémoire, la dépression est une des indication de sport sur ordonnance et d&rsquo;APA! (mais la sévérité de la maladie peut aussi fortement limiter la capacité a avoir une activité physique&hellip;)</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/380/bmj-2022-070678##">BMJ</a> parle des traitements des troubles bipolaires. Les auteurs ont fait un tableau synthétique &ldquo;parfait&rdquo;, donnant les bilans à faire dans le suivi de chaque traitement (Voici un extrait, sans le lithium parce qu&rsquo;on le voit quand même très très rarement)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgo2z1Lh75_EP6WCzwCK92qF9RCD8i1As6MkWIJOSaAgaJrWRqhJctJFLZCtSrBm0pnJ1wV4skL5pGbzugzoxMnnUaaOTHOZybYvHMAoRvI3mfdrcWxzGcfTiwE_Yru7c44zwgaaL-lYWDoNth5CpFwWR37jnaZXzN0TOZtAPgcWsQhmKbbPzBlvJK5zA/s1547/trouble%20bipolaire.jpg"><img src="/images/articles/2023/trouble-20bipolaire.jpg" alt=""></a></p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Comme régulièrement, un article , ici du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2801054">JAMA</a>, aborde les traitements de la ménopause. Les symptômes durent souvent plus de 7 ans. Les oestrogènes +/- progestérone permettent de réduire de 75% les symptômes, mais les études évaluant leur tolérance ne concernent que les estrogènes équins conjugués et retrouve un sur-risque de cancer du sein, d&rsquo;AVC et d&rsquo;évènements thrombo-emboliques veineux de 1 patiente pour 1000 chaque année (soit sur 5 ans :1 sur 200 quand même&hellip;). Ainsi, les symptômes légers ne sont pas une indication de traitement. Les patientes avec symptômes plus importants sans contre-indication (antécédents vasculaires ou thromboemboliques ou thrombophilie ou de cancer hormonodépendant ou d&rsquo;hépatopathie) de moins de 60 ans et avec une ménopause depuis moins de 10 ans peuvent bénéficier d&rsquo;oestrogènes + progesterone (ou bazedoxifene qui ne semble pas augmenter les cancers du sein). En cas de contre-indication, les options sont le (es)citalopram, la (des)venlafaxine, la paroxétine et la gabapentine, qui réduisent globalement les symptômes de  40% à 65%. Pour les symptômes génitaux, des hydratants et lubrifiants sont généralement suffisant mais des traitements hormonaux locaux, notamment oestrogènes peuvent être proposés (mêmes contre-indications) avec une efficacité réduisant de  60% à 80% les symptômes.</p>
<p> </p>
<p>5/ Oncologie-hématologie</p>
<p>Un <a href="https://www.academicradiology.org/article/S1076-6332(23)00020-X/fulltext">article</a> s&rsquo;intéresse à la mammographie et aux cancers d&rsquo;intervalles. Les auteurs ont comparé les cancers diagnostiqués sur les mammographies par un dépistage et ceux diagnostiqués  alors qu&rsquo;une autre mammographie de dépistage avait été faite précédemment. Ils trouvent que les cancers d&rsquo;intervalle sont de stades plus élevés et de moins bon pronostique (triple négatifs, adénopathies) que les cancers découverts lors du dépistage. Cette étude confirme (en tous cas apparait en faveur) du fait que la mammographie de dépistage dépiste des cancers peu agressifs (les lapins et tortues, parfois trop tortue d&rsquo;ailleurs), alors que les cancers agressifs (les oiseaux) passent entre les mailles et sont dépister sur des symptômes même en cas de mammographies régulières. Pour mémoire:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEibsU85EcQUh1ii2_ujL-CVqivuGGk96hUk6TjjQIEpUbfVg0H0bIaYhMKsOQ8RVeHu9oSOGlV2A5pPlQPB1z3zBSoNKpTVJEK5kr9SLTr8accIjOfBxbhffMAz3qNpJKmD1qHE2az2Ry_t89K81734E98UQj6OaLyaUpXbATliT4oDClAItMSmyNZzXA/s1400/overdiagnosis_2018.jpg"><img src="/images/articles/2023/overdiagnosis-2018.jpg" alt=""></a></p>
<p>Pour revenir sur le dépistage du cancer du poumon, dont la vision des sociétés savantes semble en faveur d&rsquo;un dépistage, une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-2216">étude</a> compare l&rsquo;approche sur l&rsquo;age et les paquets-année (recommandations américaines essentiellement) avec l&rsquo;approche sur le risque évalué par PLCOm (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n333.html">ici</a> dans un bel article de synthèse canadien). L&rsquo;approche basée sur le risque est plus coût efficace pour réduire la mortalité, avec un score seuil PLCOm à 1,2% de risque à 6 ans de cancer. Le seuil est généralement placé à 2%, donc il faudra voir ce que les experts conseillent entre 1,2% et 2%. (En gros, on suit le même processus que pour les maladies cardiovasculaires: avant on comptait les FRDCV, maintenant on utilise les scores qui sont plus efficaces)</p>
<p>Un avis de la <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC9770105/">société américaine de colposcopie</a> propose une vaccination chez les patientes de moins de  45 ans même en cas d&rsquo;antécédent de CIN2+. En effet, le taux de récurrences après conisation serait de 5-7%   sans vaccination et passerai à  2-4% avec vaccination (réduction relative de 60%). Mais on avait vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/03/dragi-webdo-n305.html">ici</a> qu&rsquo;en population générale, la vaccination n&rsquo;est pas coût-efficace après 30 ans.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Merci encore pour votre fidélité une année de plus et merci à @DrePetronille ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail provenant de
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spams)</em></p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°385 : obésité (HAS), téléconsultations, trithérapies asthme et BPCO, vaccin méningocoque B, morsures, antidépresseurs et douleurs, vitamine D, Celestia</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/02/dragi-webdo-n385/</link><pubDate>Sun, 05 Feb 2023 23:37:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/02/dragi-webdo-n385/</guid><category>Pneumologie</category><category>Infectiologie</category><category>Douleur</category><category>Nutrition</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, pour commencer billet, parlons d&rsquo;un <a href="https://www.annfammed.org/content/20/Supplement_1/2947">article</a> d&rsquo;annals of family medicine concernant la téléconsultation et la consultation par téléphone. Les patients interrogés étaient satisfaits de leur expérience à distance, avec des scores à  75% environ. Mais dans le détail, si la qualité de la relation avoisinait les 85%, la qualité des soins n&rsquo;était qu&rsquo;à 66% et la prise en charge globale à 50%! Bref, les gens sont contents car seulement 5% ne souhaitait pas refaire de consultation à distance, mais la qualité des soins et la prise en charge globale ne sont pas au RDV (c&rsquo;est quand même une grande partie de la MG). Voici les autres articles de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pneumologie</p>
<p>Tout d&rsquo;abord, une revue de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013799.pub2/full/fr">Cochrane</a> a comparé dans l&rsquo;asthme, les bithérapies CSI/LABA et les trithérapies CSI/LABA/LAMA. Les auteures retrouvent qu&rsquo;une trithérapie réduit les exacerbations d&rsquo;asthme mais pas les hospitalisations. Notons que cette trithérapie est actuellement recommandée en pallier 5 du traitement de l&rsquo;asthme d&rsquo;après le <a href="https://ginasthma.org/gina-reports/">GINA</a>.</p>
<p>Une <a href="https://openres.ersjournals.com/content/9/1/00615-2022?ctkey=shareline&amp;utm_medium=shareline&amp;utm_source=00615-2022&amp;utm_campaign=shareline">analyse</a> revient sur l&rsquo;intérêt des trithérapies avec CSI dans la BPCO, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/11/dragi-webdo-n376.html">actuellement recommandés</a> si symptômes non tolérés sous double bronchodilatation et éosinophiles &gt; 300 car certaines études montraient une diminution de la mortalité en essais randomisés. Cependant, il semble que la procédure de ces études était d&rsquo;inclure à la fois des patients sous trithérapie et sous bithérapie, puis de faire arrêter le CSI aux patients sous trithérapie. Ensuite, l&rsquo;ensemble des patients était randomisé pour recevoir ou non le CSI en plus de la bithérapie en place. Les évènements se sont majoritairement produits dans le premier mois de l&rsquo;étude et concernaient essentiellement des patients ayant une trithérapie antérieure avec CSI (peut-être n&rsquo;aurait il pas fallu leur interrompre brutalement leur traitement). De plus, l&rsquo;analyse du sous groupe de patient qui n&rsquo;avait jamais eu de trithérapie auparavant ne montrait pas de bénéfice. Donc, le bénéfice attendu de la trithérapie est probablement plus faible qu&rsquo;escompté et il ne faut probablement pas mettre tout patient BPCO non contrôlé par bithérapie sous trithérapie en l&rsquo;absence du critère d&rsquo;hyperéosinophilie.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Maintenant que le Bexsero est recommandé, parlons d&rsquo;un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2206433">NEJM</a> qui aborde l&rsquo;efficacité de la vaccination anti-méningocoque B dans une étude cas-témoin sur une cohorte nationale espagnole portant chez des enfants de moins de 5 ans. Dans cette étude, l&rsquo;efficacité de la vaccination anti-méningo B était de 76% sur l&rsquo;ensemble des méningites à méningocoque et 71% contre celle du groupe B. Etant donné que c&rsquo;est une base nationale et que la déclaration des infections à méningocoque, on peut estimer qu&rsquo;il y avait environ 300 méningites à méningocoque B par an et environ 50 pour les autres sérotypes. Cependant, on est dans une étude cas-témoin donc on a pas de réelle prévalence des infections, donc cette étude ne permet pas d&rsquo;avoir tous les éléments pour décider de vacciner de façon généralisée les enfants de moins de 5 ans.</p>
<p>En cas de morsure humaine ou animale, on est souvent pris au dépourvu. Le <a href="https://www.bmj.com/content/380/bmj-2022-071921">BMJ</a> publie un article concernant la prise en charge des morsures de mammifères (incluant les hommes). Il faut s&rsquo;intéresser au type d&rsquo;animal et aux circonstances de la morsure, évaluer le risque de lésions vasculaires, fonctionnelles, nerveuses et musculo-tendineuses. La 1ère chose à faire est de rincer abondamment à l&rsquo;eau. Les plaies punctiformes c&rsquo;est à dire quasiment toutes les morsures de félins, ne doivent pas être suturées, ni les morsures humaines (sauf au visage où on suture pour des raisons esthétiques). Les morsures de chien peuvent être suturées sauf celles des pieds et main qui sont à risque élevé d’infection. Une antibiothérapie, par amoxicilline-acide clavulanique pour 3-5 jours est recommandée chez les patients avec risque infectieux (diabète, immunodépression&hellip;), en cas de morsure des mains/pieds/visage/OGE, en cas de morsure humaine, les morsures suturées, les morsures punctiformes ou avec atteinte osseuse ou articulaire possible. Un avis spécialisé est notamment nécessaire en cas de suspicion d&rsquo;atteinte sous-jacente, chez l&rsquo;enfant, ou en cas d&rsquo;évolution défavorable. Une vaccination contre la rage est nécessaire pour les morsures de chauve-souris (il y a peu de risque pour les chats, chiens, petits rongeurs et lapins).</p>
<p>3/ Douleur</p>
<p>Mis à part les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/05/dragi-webdo-n268.html">antiépileptiques</a> dont nous avons déjà parlé dans les douleurs chroniques, il y a aussi les antidépresseurs qui ont le doit à leur article dans le <a href="https://www.bmj.com/content/380/bmj-2022-072415">BMJ.</a> La duloxétine a une efficacité modérée sur les lombalgies, la fibromyalgies, les douleurs post-opératoires, les douleurs neuropathiques, les douleurs de gonarthrose avec une réduction de douleur entre  -5 et -10 points sur 100 (les autres IRSNA sont moins étudiés). Les IRS (paroxetine, fluoxétine, escitalopram) réduisent de 6 points l&rsquo;intensité de la douleur dans les douleurs associées à des syndromes dépressifs. Enfin, l&rsquo;amitriptyline (et dans une moindre mesure les tricycliques), améliore les douleurs du syndrome d&rsquo;intestin irritable, les douleurs neuropathiques, et la fréquence des céphalées de tension. Dans les autres situations, les antidépresseurs sont soit inefficaces soit non concluants.</p>
<p>Abordons le traitement des douleurs neuropathiques des patients diabétiques. Une monothérapie par amitriptyline, duloxetine, prégabaline ou gabapentine (qui sont les 4 traitements de 1ère intention dans les recommandations) permet de soulager 35% des patients. Dans cet <a href="https://www.cbip.be/fr/articles/3998?folia=3979">article</a>, l&rsquo;ajout d&rsquo;une autre molécule de l&rsquo;autre classe (antidépresseur / antiépileptique), permet de soulager 18% des patients supplémentaires.</p>
<p>4/ Nutrition</p>
<p>Nouvelle tentative pour la vitamine D! La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD012664.pub2/full/fr">Cochrane</a> a étudié si la supplémentation en vitamine D était susceptible d&rsquo;améliorer la minéralisation osseuse et de réduire le risque de fractures chez des femmes non ménopausées. La réponse est clairement que cela ne sert à rien, et ils ajoutent que le niveau de preuve de ces résultats est suffisant pour ne pas avoir a réaliser des études complémentaires. Nouvel échec.</p>
<p>Quoi de neuf à propos de l&rsquo;obésité en 2023 ? La HAS avait publié en <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/06/dragi-webdo-n362.html">2022</a> des recommandations concernant la prise en charge de l&rsquo;obésité de l&rsquo;adulte. Elle publie désormais le <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3408871/fr/guide-du-parcours-de-soins-surpoids-et-obesite-de-l-adulte">guide du parcours de soins</a>. Les messages clés sont de repérer l&rsquo;obésité avec l&rsquo;IMC, d&rsquo;effectuer une prise en charge pluri-professionnelle et multi-dimensionnelle, de ne pas stigmatiser les patients. Dans les situations non complexes (IMC &lt; 35 et absence cumul de facteurs associés tels que les comorbidités, un retentissement important, des TCA, une problématique sociale&hellip;), le médecin généraliste est le principal interlocuteur et a pour objectif un maintien du poids initial et non une perte de poids rapide. (A noter que dans l&rsquo;ensemble, les documents ne sont quand même pas hyper-pratique)</p>
<p>5/ Le jeu du mois: &ldquo;Celestia&rdquo;</p>
<p>Un jeu familial qui combine, de la chance, des statistiques et du bluff: &ldquo;Celestia&rdquo; (c&rsquo;est donc un peu comme le poker). L&rsquo;ensemble des joueurs embarque dans un aéronéf qui doit progresser d&rsquo;île céleste en île céleste. Pour cela, le capitaine (qui change à chaque fois) lance des dés d&rsquo;évènements et doit disposer dans sa main des cartes permettant de contrer ces évènements pour permettre d&rsquo;arriver sur l’île suivante. Heureusement, si les autres joueurs anticipent que le capitaine va être incapable de surmonter les dangers, ils peuvent descendre de l&rsquo;aéronef et récupérer les points de victoire correspondant à l&rsquo;île sur laquelle ils sont descendus. En effet, si l&rsquo;aéronef se crashe, aucun point de victoire ne sera gagné par les joueurs encore à bord (capitaine inclus, mais le capitaine n&rsquo;a jamais le droit de descendre de lui-même!). Diverses cartes viennent pimenter le jeu pour aider ou saboter l&rsquo;aventure. Ce jeu permet des parties assez rapides (le 1er à 50 points gagne), sympathiques et en plus il est facilement transportable : amusez-vous bien !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgY6IUD8Drzit8ERg3u9mJM58Dg-TWuHm9Uzyw8NDgeyvbbLfSoQ8wjJIs6S30Auhq-TYjO91ZfCnmfZ-zN4Kacdms__7jAznPAPTgYw8zG7gr0kUQrc4xSNJskiuZQ3ocRk5A1VbQxygzQF5BOJ1gXoWSIZPrr8Vyq4v_Xp08CwJD2stdsYreDW9xHBw/s4000/20220714_212340.jpg"><img src="/images/articles/2023/20220714-212340.jpg" alt=""></a></p>
<p>Et c&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>Semaine prochaine: ce sera le 9ème anniversaire du blog, à très vite !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°384 : arthrose (NICE), dépression (reco US), céphalées aiguë (reco Lux.), iatrogénie, asthme, vaccins bivalents, mucolytiques/BPCO, baclofène, DFG/EFKC</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/01/dragi-webdo-n384/</link><pubDate>Mon, 30 Jan 2023 21:22:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/01/dragi-webdo-n384/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><category>Neurologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Néphrologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici sans plus attendre, les actualités de la semaine ! Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://bjgp.org/content/early/2023/01/23/BJGP.2022.0181">cohorte</a> de 592 patients de plus de 70 ans a été constituée à partir de cabinets de médecine générale. Ces patients ont été suivis pendant 6 ans. Au cours de cette période, 27 % des patients ont eu un évènement iatrogène, léger dans  89% des cas, mais  3.8% ont nécessité une hospitalisation en urgence. Les facteurs associés à ces évènements étaient le sexe féminin, la polymédication (&gt;5 traitements) et la grande polymédication (&gt;10 traitements).</p>
<p>Dans le cadre du suivi des patients porteuses d&rsquo;implants mammaires (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/11/dragi-webdo-n205.html">ici</a>), l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/lansm-publie-de-nouvelles-donnees-sur-la-surveillance-des-implants-mammaires">ANSM</a> rappelle que 30% des ruptures se produisent dans les 5 ans après la pause, qu&rsquo;une surveillance régulière est nécessaire et qu&rsquo;un remplacement est à discuter après 10 ans.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Une revue du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(22)02125-0/fulltext">Lancet</a> s&rsquo;intéresse à l&rsquo;asthme. Très complète, elle discute de la différence entre la stratégie 1 : &ldquo;CSI+formoterol&rdquo; si besoin aux paliers 1-2 puis systématique au palier 3 versus  la stratégie 2: &ldquo;SABA (ventoline) +CSI&rdquo; si besoin au palier 1, &ldquo;CSI&rdquo; systématique au pallier 2, et &ldquo;CSI+LABA&rdquo; au pallier 3. En effet, la stratégie 1 permet un meilleur contrôle au stade 1 notamment, mais il est possible que l&rsquo;utilisation soit moins régulière au stade 2 que l&rsquo;utilisation systématique du CSI de la stratégie 2. En fait, pour un asthme purement intermittent ou saisonnier (stade 1), l&rsquo;apprentissage de l&rsquo;utilisation de &ldquo;CSI+formoterol&rdquo; pourrait être plus adapté en poursuivant le traitement en &ldquo;fond&rdquo; pendant la période à risque, mais en cas d&rsquo;asthme persistant léger, commencer par des CSI en traitement de fond  + ventoline si besoin semble plus adapté. Sur du stade 3 par contre, CSI+formoterol en traitement de crise et de fond est ce qui a démontré la meilleure efficacité.  Les auteurs rappellent le risque de pneumopathies des corticoïdes et que 1600mg de beclomethasone/j inhalés correspondent à  5-8mg de prednisone par voie systémique (ce qui explique les effets secondaires sur la croissance, la fragilité osseuse et les infections). Par ailleurs, le montélukast serait possible à chaque stade pour &ldquo;essayer d&rsquo;améliorer le contrôle&rdquo;, donc probablement que c&rsquo;est en stade 3-4 qu&rsquo;il pourrait être suggéré.</p>
<p>Après un article peu en faveur des <a href="https://www.medicalement-geek.com/2023/01/dragi-webdo-n382.html">vaccins bivalents</a> sur des critères immunologiques, voici un nouvel <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc2215471">article</a> s&rsquo;intéressant à leur efficacité sur les risques de Covid sévère. Les auteurs ont comparé la survenue d&rsquo;infection sévère chez des patients ayant eu un booster monovalent entre mai et aout  2022 et ceux ayant un booster bivalent entre septembre et décembre 2022. Il y avait une meilleure efficacité des vaccins bivalents par rapport aux monovalents (58% d&rsquo;efficacité vs  25% d&rsquo;efficacité sur les hospitalisations). Les vaccins bivalents semblent donc plus efficaces que les monovalents pour booster en réduisant davantage les hospitalisations, mais la période n&rsquo;étant pas la même et la virulence du virus non plus, il est possible que cette efficacité ne soit que le reflet d&rsquo;une souche moins virulente de Covid.</p>
<p>Les mucolytiques ne servent à rien. Mais, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/10/dragi-webdo-n155.html">on avait vu</a> que &ldquo;peut-être&rdquo;, ils seraient utiles dans la BPCO. Une <a href="https://err.ersjournals.com/content/32/167/220141">revue systématique</a> de l&rsquo;efficacité des mucolytiques dans la BPCO a donc été menée. Les auteurs trouvent que les mucolytiques, et notamment l&rsquo;erdosteine (un peu l&rsquo;ambroxol), améliorent le taux de guérison et la toux, et réduisent les scores globaux de symptômes. Cependant, ils ne réduisent pas la mortalité ni les durées d&rsquo;hospitalisations et leurs effets secondaires sont peu décrits. Des résultats mitigés donc, qui semblent insuffisants pour les recommander systématiquement compte tenu de l&rsquo;absence d&rsquo;essais de grande envergure pour compléter cette méta-analyse de petits essais.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgm5NXv9F1F_R7HXAI9esGv_W9JHuCJ7IOa1wCUxZNNYNbGaANkgzTNJjpB4EUCqw76PrqNrg3F9iAjM7ZYo9y63lsnOtIN4mEPjZJ36HlmdpjDfy26MnAafZ1shCh5r39i5hTw4v7uZuT0Gk26mAFiL1uOLZGiTZdS-zb_tLMcWpxT6TTHF_gFqiT7jQ/s798/mucolytiques2.png"><img src="/images/articles/2023/mucolytiques2.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Neurologie </p>
<p>Des recommandations luxembourgeoises concernant l&rsquo;indication d&rsquo;une imagerie en cas de <a href="https://conseil-scientifique.public.lu/fr/publications/imagerie-medicale/cephalees-aigues-et-chroniques-non-traumatiques-arbre-decisionnel.html">céphalées</a> aigues ont été publiées. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un algorithme simple rappelant qu&rsquo;en céphalées primaires (migraines, céphalées de tension) sans red flag, l&rsquo;imagerie n&rsquo;est pas nécessaire (red flags: fièvre, intensité max en 5min, troubles neurologique/psychique/conscience, majoré par Valsalva/toux, déclenché par le sport, posturales (aggravées debout ou allongé), de type inhabituel, céphalée nouvelle survenant après 50 ans, atcd de cancer, immunodépression, sur une crise comitiale, avec vomissement sans étiologie).</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/380/bmj-2021-064767">BMJ</a> aborde la conduite à tenir devant des phosphènes. Globalement, s&rsquo;ils sont monoculaires, il faut cherche une cause ophtalmologique (majoritairement un décollement postérieur du vitrée pouvant conduire à un décollement de rétine ou DMLA), et s&rsquo;ils sont binoculaire, plutôt une cause neurologique (AIT, encéphalopathie, migraines, hypoglycémie&hellip;). Selon l&rsquo;hypothèse, un avis ophtalmologique ou neurologique est requis dans les 24 heures sauf si évocateur de migraines avant 40 ans.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/380/bmj.p24">BMJ</a> aborde les recommandations du NICE britannique concernant la prise en charge de l&rsquo;arthrose. Comme il n&rsquo;y a rien de très neuf, abordons les points principaux. Le diagnostic est clinique est ne requiert pas d&rsquo;imagerie chez: les patients de plus de 45 ans, avec des douleurs articulaires liées à l&rsquo;activité sans raideur matinales de plus de 30min (=mécaniques) et sans éléments atypiques évocateurs d&rsquo;un diagnostic alternatif. La prise en charge repose sur une perte de poids, de l&rsquo;activité physiques et des traitements médicamenteux incluant AINS et infiltrations de corticoïdes à visée symptomatique ne réduisant pas la progression de l&rsquo;arthrose. Les AINS oraux (avec IPP) sont recommandé après échec des AINS locaux. Un avis chirurgical peut être pris si les traitements sont inefficaces et que l&rsquo;arthrose a un retentissement fonctionnel ou sur la qualité de vie important. Ils notent les traitement à ne pas proposer: acuponcture, électrothérapie, opioïdes forts, glucosamine, paracetamol en systématique. A noter que l&rsquo;ostéopathie pour la gonarthrose et la coxarthrose peut être proposée en complément de la rééducation selon un niveau de preuve &ldquo;avis d&rsquo;experts&rdquo;.</p>
<p>5/ Néphrologie</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2203769">NEJM</a> revient sur la validité des équations utilisées pour estimer le débit de filtration glomérulaire. Les auteurs comparent différentes formules utilisant la créatininémie et la cystatine-C. Les formules CKD-EPI utilisant la créatininémie ou la cystatine sont moins performantes que la formule European Kidney Function Consortium dite « EFKC » pour estimer le DFG. En effet, la CKD-EPI a des différences de plus de  5ml/min avec le DFG mesuré chez les personnes d’âge moyens avec une grande variation avant 35 ans et après 75 ans. La EFKC est plus stable quel que soit l’âge avec un minime avantage pour la formule utilisant la cystatine.</p>
<p>6/ Psychiatrie</p>
<p>Le Collège de médecine américain a publié des recommandations concernant la prise en charge aigue des <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-2056">épisodes dépressifs majeurs</a>. Ils recommandent une thérapie cognitivo-comportementale pour les EDM légers, une TCC ou un antidépresseur de 2ème génération (irs/irsna notamment) ou une association des deux pour les EDM modérés à sévères. En cas d&rsquo;échec, un switch d&rsquo;antidépresseur, une augmentation de dose ou l&rsquo;association de 2 antidépresseurs est proposée.</p>
<p>Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/full/10.7326/M22-1900?af=R">revue</a> systématique s&rsquo;est intéressé  aux préférences des patients dans les traitements pharmacologiques et non pharmacologiques dans la dépression. Il y a peu de données, mais les effets indésirables à prendre en compte les plus importants pour les patients  sont l&rsquo;insomnie, l&rsquo;anxiété, la fatigue, la prise de poids, l&rsquo;agitation et les troubles sexuels. Les patients masculins caucasiens  sembleraient préférer un traitement médicamenteux aux psychothérapies.</p>
<p>Dans une revue <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD012557.pub3/full/fr">Cochrane</a> concernant les troubles d&rsquo;usage de l&rsquo;alcool, le baclofène semble finalement démontrer une efficacité. Il augmente le nombre de jours abstinence et réduit le risque de rechute (NNT=10) par rapport au placebo. Il entraine de la la fatigue, des vertiges, une somnolence/sédation, une sécheresse buccale, des paresthésies et des spasmes musculaires. Il n&rsquo;y a pas assez de données pour comparer le baclofène aux autres traitements : acamprosate (pas de franche différence) et naltrexone (peut être plus de rechute sous baclofène mais moins d&rsquo;effet secondaires avec)</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Les traitements du diabète, formule all-inclusive</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/01/les-traitements-du-diabete-formule-all-inclusive/</link><pubDate>Thu, 26 Jan 2023 20:18:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/01/les-traitements-du-diabete-formule-all-inclusive/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour !   </p>
<p>Voici une
nouvelle collaboration avec @DocTotoscope, cette
fois-ci, sur un gros morceau : la prise en charge thérapeutique du diabète de type 2.
Retrouvez aussi l’algorithme sur son blog : <a href="https://doctotoscope.wordpress.com/">https://doctotoscope.wordpress.com/</a></p>
<p>Vous trouverez donc l’algorithme
établi avec les données actuelles de la science disponible sur ce blog et en
dessous, des justifications concernant certains points et réponses aux
questions qui ont été posées sur les réseaux.</p>
<p>Il ne s’agit pas d’un algorithme strict. Bien évidemment, les
molécules proposées sont à discuter avec les patients compte tenu de leurs
effets indésirables et des préférences des patients,
notamment en ce qui concerne les injections hebdomadaire ou quotidiennes et les
effets indésirables attendus des traitements.</p>
<p>N’hésitez pas à laisser des
commentaires que vous soyez d’accord ou pas d’accord (mais pensez à mettre des
références dans ce cas-là ^^)</p>
<p>Bonne lecture !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj5u1dc7ObUYJcUU8NbOUHE2dmnI2JImt6TpJTGsY2R-86kASjHT3mzGtXKg85ckxrzbikwsn4neu7nBcIm1Q5MtiUnpl7RRBqbzAVqCAQfbnqTUVm3dyqpP6WckenETBPqlbmO4Kq7kDqJr5rdKuzXlYH8wSgc9D61VUdoFeyYocSdN3kwoM6MzEmGAQ/s2048/diabete%20synth%C3%A8se.jpg"><img src="/images/articles/2023/diabete-20synth-c3-a8se.jpg" alt=""></a></p>
<h3 id="explications-">Explications :</h3>
<p>La metformine n’est pas en 1ère
intention dans un grand nombre de situation car :</p>
<p>-       
La
metformine ne réduit pas la mortalité dans un essai randomisé bien conduit :
il y avait une possible efficacité dans UKPDS (UKPDS Group, Lancet 1998), essai
randomisé mais sans placebo, sans d&rsquo;aveugle, avec des critères de jugements
composites changés en cours d&rsquo;étude, de multiples comparaisons, et sans
protocole publié. Donc y&rsquo;a eu des revues systématiques qui ont été
faites et elles ne retrouvent pas de bénéfice cardiovasculaire ni de
bénéfice sur les complications microvasculaires ni de bénéfice sur la
mortalité : <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-017-4337-9">ici</a>, <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22509138/">là</a>, et <a href="https://bmj.com/content/343/bmj.d4169">là</a>, encore <a href="https://em-consulte.com/article/902926/article/effects-of-pharmacological-treatments-on-micro-and">ici</a>, et enfin <a href="https://cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD012906.pub2/full/fr">là</a> (ça en fait pas mal en fait!).</p>
<p>-       Des études
de cohortes, trouvaient néanmoins (Hipsley-Cox BMJ 2016) que les patients sont
metformine avaient moins de cécité, amputation et dialyse que ceux sous un
autre traitement ou sous rien, mais c&rsquo;était avant les aglp1 ou isglt2.</p>
<p>-      Certaines
autres études trouvent peut-être un bénéfice cardiovasculaire à la metformine.
Mais si on compare cette efficacité supposée à l&rsquo;efficacité clinique certaines
des aglp1 et isglt2, le niveau d’efficacité clinique de la metformine est très
loin derrière. Dans la mesure ou les iSGLT2 et aGPL1 réduisent les évènements
cardiovasculaires voire la mortalité, indépendamment de l’HbA1C, quand les
patients ont certaines caractéristiques (IC, IR, IDM/AVC, âge &gt;55a + 2FDR),
la metformine ne peut s’envisager en 1ère intention que chez les
patients qui n’ont pas ces caractéristiques (mais des patients 55 ans, non
obèses, sans insuffisance rénale/cardiaque en prévention primaire, il n’y en a
pas beaucoup).</p>
<p>-    Certes, la
metformine ne coute pas cher,  (couts
annuels : DULAGLUTIDE 1,5mg/s : 1021€, 
DAPAGLIFLOZINE 10mg/j : 459€, SITAGLIPTINE 100mg/j: 213€, METFORMINE
CHRLORHYDRATE 2g/j: 59€ , GLIMEPIRIDE 4mg/j: 61€).  Cependant, malgré leur coûts, les isglt2 et
aglp1 en monothérapie en 1ère intention sont plus coût efficace que la
metformine aux prix du marché français (et le seraient encore si leur prix
doublait) d’après une <a href="http://acpjournals.org/doi/10.7326/M21-2941">étude</a> médico-économique. </p>
<p> </p>
<p>Concernant l’efficacité clinique des
anti-diabétiques :</p>
<p>-       
L’ADA et
l’EASD les classe en 2 catégories : ceux réduisant les évènements
cardiovasculaires (isglt2, aglp1) et ceux pour le contrôle glycémique (incluant
la metformine). Ainsi, ils disent de changer de paradigme et d&rsquo;avoir une
approche basée sur des facteurs de risque n&rsquo;impliquant pas forcément la metfomine en 1ère
intention.</p>
<p>-       
Il n’y a
pas de comparaison directe entre la metformine, les aglp1 et isglt2. Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M21-4012">étude</a> de cohorte trouve cependant que ces
nouvelles molécules sont associées à une moindre mortalité+insuffisance
cardiaque et moins d’IDM  (des essais randomisés metformine vs gliflozine vs aGLP1 sont
en cours)</p>
<p>-       
Les
bithérapies aglp1+isglt2 sont peu étudiées. Une <a href="https://ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.120.047965">étude</a> de cohorte a comparé
l’ajout d’un iSGLT2 ou d’un sulfamide (pas top comme comparateur, certes) à un
aGLP1. Il semblait y avoir un moindre risque cardiovasculaire avec
aglp1+isglt2.  Les auteurs parlent aussi
en discussion de DURATION-8 et AWARD-10 qui rassurent sur la tolérance mais
n&rsquo;explorent pas les évènements cardiovasculaires.</p>
<p> </p>
<p>Quel aGLP1 choisir (Dulaglutide
et Liraglutide privilégiés par rapport au Semaglutide)</p>
<p>-      En
prévention primaire:  Le dulaglutide (étude
REWIND), 70% de patients en prévention primaire, réduction des évènements CV.
Il n’y a pas d&rsquo;autre étude sur les aglp1 avec majorité de patients en
prévention primaire.</p>
<p>-     En
prévention secondaire: le semaglutide ( Sustain 6): réduction d&rsquo;évènements CV.
Le liraglutide (Leader): liraglutide: réduction de mortalité cardiovasculaire
et globale.</p>
<p>-   Donc
primaire = dulaglutide et secondaire = liraglutide (selon l’acceptation des
injections quotidiennes…) Quand le semaglutide oral sera disponible en France, il
pourra peut être être privilégié si le patient le souhaite (compte tenu d’un
possible bénéfice sur la mortalité cardiovasculaire et globale dans PIONEER-6).</p>
<p>-       
Lors de
son avis de 2021, la société française de diabétologie déclarait que  le sema avait le niveau de preuve le plus
faible parmi les aGLP1.</p>
<p> </p>
<p>Choix de molécule iSGLT2 et les freins à la
généralisation des ISGLT2 (par rapport au aGLP1)</p>
<p>-     En
prévention primaire : la dapagliflozine est la seule étude incluant
suffisamment de patients en prévention primaire pour conclure sur ce point dans
declare-timi. Elle montre une réduction 
de mortalité CV + insuffisance cardiaque et des néphropathie (mais pas
des évènements cardiovasculaires.</p>
<p>-   En
prévention secondaire : l’empagliflozine dans empa-reg outcome montre une
réduction des évènements cardiovasculaires et de la mortalité globale en
critère exploratoire.</p>
<p>-       Risques
d’infections uro-génitales, de gangrènes de Fournier, d’acidocétoses et
d’amputations liées à l’effet diurétique (cf <a href="https://bmj.com/content/363/bmj.k4365">ici</a>) également décrit avec
l’hydrochlorothiazide (cf <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15072112/">ici</a> et <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30809716/">là</a>)</p>
<p>-       Cependant,
les bénéfices sur la mortalité et les évènements cardiovasculaires permettent
de conserver un balance bénéfice risque favorable.</p>
<p>-     Les Effets indésirables des aGLP-1 sont
essentiellement des troubles digestifs, il n’y a pas d’effets indésirables
grave et relativement fréquents.</p>
<p> </p>
<p>Comparaison de l’insuline degludec et
de l’insuline glargine :</p>
<p>-    Parlons de
l’étude DEVOTE comparant degludec vs glargine: moins d&rsquo;hypoglyémie sévère avec
dégludec.</p>
<p>-       
Pas de
différence de mortalité entre les 2 traitements,</p>
<p>-      Mais dans
une analyse ancillaire chez l’ensemble des patients de l’étude, les
hypoglycémies sévères étaient un facteur de risque indépendant associé à la
mortalité des patients. Donc
éviter les hypoglycémies sévères semble un point important.</p>
<p>-   De plus,
si le patient est déja sous liraglutide, ne faire qu&rsquo;une injection par jour de
xultophy (degludec+liraglutide) peut favoriser l’adhésion au traitement
(Attention : il faut estimer que la dose maximale d’insuline ne sera pas
supérieure à  50UI)</p>
<p>-       
L’insuline
glargine est aussi une très bonne option dans tous les cas.</p>
<p> </p>
<p>Et que fait-on des patients sous
sulfamides ?</p>
<p>-       Ils sont
quand même relégués bien loin dans l’algorithme des recos, voire à ne pas utiliser
notamment en co-prescription avec la metformine.</p>
<p>-      Le seul
sulfamide ayant montré un bénéfice sur les microangiopathies était le
glibenclamide (bénéfice sur les photocoagulations panretiniennes dans UKPDS). Il n’est
plus trop recommandé cause du surrisque cardiovasculaire (<a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2814%2970213-X/fulltext">ici</a> et <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(19)30422-X/fulltext">là</a>)</p>
<p>-       Les autres n’ont
pas démontré de réduction du risque cardiovasculaire ou de mortalité.</p>
<p>-    De plus il
existe un sur-risque de mortalité lors de l&rsquo;association metformine+sulfamide (cf <a href="http://cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/medicaments_du_diabete_de_type_2_le_traitement_cen/">ici</a>, <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/43/6/1209/35690/Risk-of-Major-Adverse-Cardiovascular-Events-Severe">là</a>, et encore <a href="https://bmj.com/content/362/bmj.k2693">là</a> )</p>
<p> </p>
<p>Et les gliptines ?</p>
<p>-       
Les
gliptines baissent simplement l&rsquo;HbA1C.</p>
<p>-       
Les études
de &ldquo;sécurité&rdquo; avaient pour objectif que ces traitements étaient
non-inférieurs au placebo…</p>
<p>-      Elles ne
réduisent ni le risque cardiovasculaire, ni les complications
microangiopathiques, certaines augmentent le risque d’insuffisance cardiaque
(saxagliptine) et il n’est pas possible de les prescrire en même temps qu&rsquo;un
aglp1 qui a démontré des bénéfices certains.</p>
<p>-       
Enfin,
elles ont d’autres <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1262363616305055">effets indésirables</a> : pancréatites, atteintes cutanées,
troubles de l’immunité… </p>
<p>Néphropathie diabétique : IEC et
la préférence pour les aGLP1 si néphropathie (alors que les isglt2 sont à préférer
d’après les recommandations ADA/EASD) :</p>
<p>-    La recommandation du KDIGO 2023 ne recommande
les IEC qu’en cas d’HTA associée à une microalbuminurie pour réduire la
mortalité et l’insuffisance rénale terminale.</p>
<p>-       Pour l’HTA
seule sans néphropathie, il semble qu’il y ait un bénéfice des IEC (que n’ont
pas les ARAII) pour réduire l’apparition des néphropathies.</p>
<p>-      S’il y a
une néphropathie seule sans HTA, les isglt2 et aglp1 sont recommandés dans cet
ordre et cumulables vu leur efficacité dans la néphropathie (et les IEC
seraient en 3ème ligne si la microalbuminurie persiste). Mais, le
diabète a la particularité de ne pas être une néphropathie isolée.</p>
<p>-       
L&rsquo;empagliflozine
réduit les néphropathies mais pas les évènements CV (empakidney). La
dapagliflozine réduit les néphropathies et les évènements CV qui ne sont pas en
fait des évènements CV car le critère était 
&ldquo;mortalité CV+ insuff card&rdquo; porté presque uniquement par
l&rsquo;insuffisance cardiaque (declare-timi).</p>
<p>-       
Le
dulaglutide réduit aussi les néphropathies, mais, réduit également les
évènements cardiovasculaires, dont AVC non fatals (qui sont peut-être plus
délétère sur la qualité de vie qu&rsquo;un avc fatal&hellip;) (rewind).</p>
<p>-       
Donc en
cas de diabète + néphropathie, il semble plus bénéfique de préconiser un aGLP1
(dulaglutide) en 1er même s&rsquo;il est un peu moins efficace sur les critères
néphrologiques.</p>
<p>-       
D’ailleurs,
le <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-2904">KDIGO</a> a ajouté dans ses recommandations : &ldquo;si diabète +
néphropathie + obésité: aglp1 peut être utilisé préférentiellement&rdquo; .</p>
<p> </p>
<p>Retour sur les cibles glycémiques et
les rétinopathies:</p>
<p>-         Bien qu&rsquo;il y ait une association entre HbA1C
élevée et rétinopathie, un traitement glycémique stricte ne diminue pas le
risque de cécité: il n&rsquo;y a pas plus de cécités avec un contrôle strict qu’un
contrôle standard (cf <a href="https://bmj.com/content/367/bmj.l5887">ici</a>)</p>
<p>-       Certaines
études ont pourtant trouvé qu&rsquo;il y avait moins de rétinopathies en traitant
plus intensément. Dans un <a href="https://thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(17)30104-3/fulltext">article</a>, il y avait une diminution de 13% des &ldquo;eyes events&rdquo;, un gros
critère composite. Mais quand on le regarde de plus près : aucun évènement de
type rétinopathie n&rsquo;est diminué significativement à par le traitement des
cataractes. Dans cette même méta-analyse, le critère &ldquo;eye events&rdquo; est
atteint uniquement grâce à l&rsquo;étude ACCORD dans laquelle les patients avec une
HbA1C&lt;6,5% avait une surmortalité globale par rapport à ceux ayant plus de
7%.</p>
<p>-    Dans
l&rsquo;étude UKPDS, le contrôle strict avec glibenclamide réduisait les photocoagulations
pan-rétininennes (uniquement), mais les études ultérieures ont conduit à ne
plus recommander le glibenclamide compte tenu d&rsquo;un sur-risque cardiovasculaire.</p>
<p>-       
De plus,
une baisse rapide de l&rsquo;HbA1C favorise les aggravations de rétinopathies préexistante,
vu dans les vieilles études sur l&rsquo;insuline et plus récemment dans SUSTAIN-6.</p>
<p>-      Ce qui va
réduire le risque de rétinopathie: 1/ le contrôle tensionnel et notamment les
IEC (<a href="https://thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(14)70256-6/fulltext">ici</a> et <a href="https://cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD006127.pub2/full">là</a>) ,
2/ les traitements qui ont un effet propre, l&rsquo;empagliflozine peut être (notons
que dans les études les bénéfices de ce traitement sont obtenues avec 7.8%
d&rsquo;HbA1C versus 8.2% dans le groupe placebo</p>
<p>-       
Donc
réduire le risque de complications, c’est bien, mais si possible sans tuer le
patient c&rsquo;est mieux. (on parle là dans le type 2, dans le type 1, un contrôle
strict les réduit mais je ne crois pas que les glycémies des groupes intensifs
atteignent moins de 7% non plus)</p>
<p> </p>
<p>Pour compléter sur les cibles
glycémiques :</p>
<p>-       Les objectifs glycémiques « classiques »  ont été définis grâce aux études UKPDS33,  UKPDS 34, ADVANCE et  ACCORD qui évaluaient la survie, la survenue
de microangiopathies, de macroangiopathie et les effets indésirables des
traitements en comparant des groupes de patients avec un traitement
&ldquo;conventionnel&rdquo; ou un traitement &ldquo;intensif&rdquo;.</p>
<p>-    La survenue d&rsquo;évènements microangiopathiques était diminuée
significativement avec une HbA1c inférieure à 7%, mais ce dernier point était
évalué par l’utilisation de photocoagulation rétinienne, et les résultats ne
sont pas valables pour l’apparition d’une rétinopathie, une néphropathie ou une
neuropathie.</p>
<p>-       
Les évènements cardio-vasculaires étaient majorés quand l&rsquo;HbA1c était
supérieure à 8% ou inférieure à 6%</p>
<p>-     Un traitement intensif causait significativement plus d&rsquo;hypoglycémies
sévères, et viser un contrôle glycémique avec une HbA1c inférieure à 6%
augmentait la mortalité globale.</p>
<p>-       
Les revues systématiques de ces études mettent en
évidence une réduction des infarctus non fatals et des néphropathies mais pas
de baisse de mortalité globale ou cardiovasculaire ni d’insuffisance rénale
terminale (cf <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19655124/">ici</a> et <a href="https://bmj.com/content/367/bmj.l5887">là</a>)</p>
<p>-      En <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-018-4547-9">étude observationnelle</a>, la majoration des risques de mortalité cardiovasculaire
et globale semble devenir significativement plus importante au-dessus de  8% voire 
9% </p>
<p>-       Enfin, les molécules efficaces, aglp1 et isglt2, ont démontré leur bénéfice
cardiovasculaire avec des différences d’Hba1c de 0.4% par rapport au placebo
(7.7% vs 8.1% dans et ce qui est insuffisant pour expliquer le bénéfice sur la
mortalité).</p>
<p>-       
Ainsi, des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2456152">recos américaines</a> de gériatrie proposaient en 2013 de cibler entre  7% et 8% chez les patients de plus de 65 ans</p>
<p>-       Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2685139">Collège des médecins américains</a> (sorte d’académie de médecine)
recommandait en 2018 que la cible devait être entre 7% et 8% pour la majorité
des patients et de déprescrire si &lt; 6,5% , ce qui est concordant avec les
études ci-dessus.</p>
<p>-       
Enfin, l’avis du <a href="http://www.cnge.fr/media/docs/cnge_site/cnge/CP_CS_CNGE_-_Mars2016-_Medicaments_du_diabete_de_type_2.pdf">CNGE</a> de 2012 reprenait déjà tous ces éléments.</p>
<p> </p>
<p> Concernant les statines chez tous les
diabétiques :</p>
<p>-       
Si on se
fie aux recos de la société européenne de cardiologie, le diabète est un signe
de haut risque cardiovasculaire après 50 ans et 
a un objectif de LDL = 0.7g/L . Donc 99% des diabétiques ne sont pas à
l&rsquo;objectif et il faudrait les traiter.</p>
<p>-       
Si on se
fie aux données de la science (nuance !), les statines diminuent la
mortalité relative de 20%, le bénéfice devenant cliniquement pertinent à partir
d&rsquo;un risque cardiovasculaire élevé.</p>
<p>-       
Les
patients diabétiques sont à risque cardiovasculaire élevé et il existe des
études incluant des patients diabétiques qui montrent un bénéfice des statines
(simvastatine) indépendant du taux de LDL chez tous les patients à haut risque
(étude HPS). </p>
<p>       Cependant, les revues systématiques ciblant les patients diabétiques ne montrent pas de bénéfice net sur la mortalité globale (cf  <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0939475322003210">là</a>). Cependant elles montrent un bénéfice sur les évènements cardiovasculaires et les AVC avec des NNT respectifs de 43 et 111, ce qui peut justifier leur traitement chez ces patients à haut risque (en privilégiant les molécules utilisées dans les études).</p>
<p>-       
Donc même si
le patient diabétique a un LDL à 0.6g/L , le bénéfice des statines a effet
prouvé est sur le risque CV global et quelque soit son LDL.</p>
<p>-       
L’objectif
de LDL n’est donc pas important, le traitement n’a pas pour objectif de baisser
le LDL mais de baisser le risque cardiovasculaire (ceci est vrai au moins en
prévention 1re, en prévention secondaire, peut y avoir des débats).</p>
<p>-       Cependant,
un patient ayant moins de 50 ans, un diabète &lt;10 ans et pas d’autre FDRCV,
on peut discuter un risque modéré (après calcul du SCORE2), et dans ces
circonstances précises, il n’est pas forcément justifié d’introduire une statine.</p>
<p> </p>
<p>Quelle statine mettre chez un
diabétique en prévention primaire :</p>
<p>-        L&rsquo;étude
HPS évaluant la simvastatine baisse de mortalité toute cause</p>
<p>-       
L’étude ASCOT-LLA
l&rsquo;atorvastatine baisse d&rsquo;évènements cardiovasculaire.</p>
<p>-     La
synthèse de la <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2012-02/statine_-_fiche_bum.pdf">HAS</a> était et est toujours juste (attention la pravastatine
qui réduit de mortalité dans Woscops en prévention primaire excluait les patients
diabétiques)</p>
<p> </p>
<p>Et l’aspirine en prévention
primaire chez le diabétique (ou pas d&rsquo;ailleurs) ?</p>
<p>-       
Pour faire simple, c’est non (<a href="https://ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.116.025760">ici</a>, <a href="https://medicalement-geek.com/2018/09/dragi-webdo-n193-coroscanner.html">là</a> et encore <a href="https://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/pas_daspirine_pour_les_patients_risque_cardiovascu/">là</a> et là) </p>
<p> Le plus important, ce n’est pas les
médocs, c’est les règles hygiéno-diététiques (RHD):</p>
<p>-       Le diabète
de type 2 semble être réversible à 50% d&rsquo;après l&rsquo;étude DIRECT avec des RHD
(=activité physique + régime à 800kCal/j et éducation).</p>
<p>-      Même une
fois en rémission, le temps passé en &ldquo;diabète&rdquo; (dont les critères ne
sont pas clairement définis) augmente le risque cardiovasculaire.</p>
<p>-       Sur des
critères cliniques, elles réduisent la mortalité des diabétiques de 50% ce qui
est mieux que les médicaments (cf <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-019-04985-9">ici</a>).</p>
<p> Et une synthèse :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh5CFjUXbGZDvIiAgPjdoDFTltHPooU9ufMbuwJGo3H6hZ64IoZiB-_yKvFk84Sr2iAZLyNolROKYHwgePPocAQLKVF5NuIagtNI64D_KNI3St778g0ghvSWiXwrLkbgaDXjDDvxkG9H0plzZ_EhUIx4s7lM2MhQqF-c0V88WEgI7aH7GCDU0FGEX842N3s/s2339/tableau%20du%20traitement%20du%20diab%C3%A8te%20v3-1.png"><img src="/images/articles/2023/tableau-20du-20traitement-20du-20diab-c3-a8te-20v3-1.png" alt=""></a></p>
<p>  @Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°383 : Contraception d'urgence (HAS), obésité de l'enfant (recos US), développement durable, protocoles asthme, insuffisance ovarienne précoce</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/01/dragi-webdo-n383/</link><pubDate>Mon, 23 Jan 2023 21:54:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/01/dragi-webdo-n383/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Infectiologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir ! Pour commencer ce billet  et dans la lignée des documents produits par le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/05/dragi-webdo-n311.html">CMG</a> sur le développement durable, une <a href="https://doi.org/10.1093/fampra/cmad003">étude</a> qualitative a étudié les comportements des médecins généralistes vis à vis de cette problématique. Ce qu&rsquo;il faut retenir, en dehors de faire attention aux modes de transports et au tri des déchets, c&rsquo;est surtout que le développement durable en MG, c&rsquo;est les prescriptions: éviter le sur-diagnostic, le sur-traitement, prescrire à bon escient&hellip; Voici les autres actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Après le risque de méningiome mis en évidence avec la cyprotérone, le nomégestrol et la chlormadinone (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/p/pharmacovigilance.html#Gyneco">ici</a>), l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/risque-de-meningiome-et-progestatifs-lansm-reunit-un-nouveau-comite-dexperts-patients-et-professionnels-de-sante">ANSM</a> va enquêter sur le risque de méningiome survenant avec tout progestatif suite à des déclarations de pharmacovigilance. D&rsquo;une façon purement théorique, il serait logique que tout traitement progestatif augmente le risque de méningiome compte tenu de la nature hormono-dépendante de ces tumeurs. La vraie question est plutôt de savoir dans quelle mesure le risque absolu est augmenté pour juger de la balance bénéfice/risque.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/intoxication-au-protoxyde-dazote-lansm-publie-un-document-daide-au-diagnostic-et-a-la-prise-en-charge-pour-les-professionnels-de-sante">ANSM</a> alerte à nouveau sur les risques liés au protoxyde d&rsquo;azote. Le document rappelle les signes cliniques neurologiques (paresthésie, hypoesthésie, déficits sensitivo-moteurs, troubles de la marche, ataxie, vertiges, malaises), les signes cardiovasculaires (EP, AVC, IDM, troubles du rythme, douleurs thoraciques), et les signes psychiatriques (anxiété, troubles du comportement, insomnie, psychoses&hellip;). La prise en charge initiale est symptomatique (après exclusion des autres causes possibles) et repose ensuite sur l&rsquo;arrêt définitif du N2O (Et nous espérons en apprendre encore plus en assistant au jury de thèse de notre ancienne interne!)</p>
<p>2/ Cardiologie</p>
<p>On avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/07/dragi-webdo-n320.html">il y a peu</a> de HOST-EXAM, qui retrouvait une supériorité du clopidogrel versus aspirine en monothérapie après une angioplastie coronaire après 2 ans de suivi. Voici la <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.122.062770">publication</a> concernant le suivi prolongé à 5,8 ans en moyenne qui retrouve des résultats similaires: diminution du critère composite cardiovasculaire (NNT= 25!), avec une réduction significative des évènements thrombotique, des évènements hémorragiques, des AVC et des revascularisation coronaires. Ce suivi rassure aussi sur l&rsquo;absence de sur-risque de mortalité sous clopidogrel. Les recos post-angioplastie vont-elles changer dans quelques années?</p>
<p>Chez les sujets âgés de plus de 60 ans, une <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/10/dragi-webdo-n109.html">analyse</a> avait montré un sur-risque de mortalité en cas de LDL &ldquo;trop bas&rdquo;. Voici un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2800308">JAMA</a> qui étudie cette fois ci le risque de fracture et le HDL (censé être protecteur cardiovasculaire) et qui met en évidence une association entre HDL élevé et un risque de fracture élevé chez les patients de plus de 65 ans (il y avait aussi une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/fullarticle/2792282">étude</a> de 2022 montrant que le HDL élevé était associé à une surmortalité cardiovasculaire). Ainsi, avoir trop de &ldquo;bon cholestérol&rdquo;, ne serait pas si protecteur&hellip; (en même temps, on a déjà dit qu&rsquo;il ne fallait pas parler de bon ou de mauvais cholestérol&hellip;)</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>La SPLF a recensé un grand nombre de plans d&rsquo;action de l&rsquo;asthme et les met à disposition sur son <a href="https://splf.fr/plans-daction-dans-lasthme/">site</a>. Il y&rsquo;en a des plus ou moins pratiques, il faut les lire pour trouver le plus adapté. Normalement, celui du Collège de la Médecine Générale devrait être ajouté prochainement, mais en attendant, il est disponible <a href="https://lecmg.fr/wp-content/uploads/2021/05/Asthme-de-ladulte-et-de-lenfant-2021.pdf">ici</a> (dans les annexes du document).  </p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>On rouvre rapidement une partie Covid, avec une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc2214114">NEJM</a> qui montre que le taux de réinfections est important, même en cas d&rsquo;antécédent de vaccination ou d&rsquo;antécédent de Covid. Une infection par les souches &ldquo;pré-omicron&rdquo; ne protège qu&rsquo;à 50% contre un &ldquo;omicron&rdquo; pendant environ 1 an, et une infection &ldquo;omicron&rdquo; protègerai à 80% contre une infection par un variant récent (BA.4 ou BA.5). La vaccination améliorerait cette protection, notamment en cas d&rsquo;antécédent d&rsquo;infection à BA.4 ou BA.5.</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(22)02467-9/fulltext">Lancet</a> incluant plus de 4600 femmes enceintes à partir de la période &ldquo;omicron&rdquo; a étudié les conséquences du Covid et de la vaccination. Le Covid était responsable d&rsquo;une augmentation de la morbidité et de la mortalité maternelle et périnatale. L&rsquo;efficacité de la vaccination sans et avec booster était respectivement de 74% et 91% sur les diagnostics de Covid et de  48% et 76% sur les complications sévères du Covid.</p>
<p>Pour ceux qui s&rsquo;intéressent à la tuberculose latente, le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2800774">JAMA</a> propose une synthèse dans un algorithme. Pour les autres, le tableau récapitulatif des effets indésirables peut être utile, comme ce sont des traitements longs, ça peut être utile de savoir quoi rechercher ou si un effet indésirable peut être rattaché au traitement.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj63awUrj26163l5bZGQ00Eucdz3cMeVubPYizI11j4CSlnHzLSUZusjjjKWM4q5EbAKFeKfx2Ag2NnN474NwfdpSz7_MyOdFxnwpyJmzhL7YPRzd8QDQFQBr8py28S5MdVjGt6Wl3BpnVBeDRM0sNuCMldBokKxx_IzwxfEyRBc0_cyJy-hWyaFKdmhg/s1962/tuberculose.png"><img src="/images/articles/2023/tuberculose.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Pédiatrie</p>
<p>Des <a href="https://publications.aap.org/pediatrics/article/doi/10.1542/peds.2022-060640/190443/Clinical-Practice-Guideline-for-the-Evaluation-and?utm_source=TrendMD?autologincheck=redirected">recommandations</a> américaines concernant l&rsquo;obésité de l&rsquo;enfant ont été publiées. Le contenu est assez classique: suivre les enfants selon l&rsquo;IMC, demander la permission avant d&rsquo;aborder la question du poids et du ressenti sur le poids et l&rsquo;apparence, parle d&rsquo;enfant atteint d&rsquo;obésité et non d&rsquo;enfant obèse, et utiliser des mots neutres, peu agressifs &ldquo;un poids trop élevé pour l&rsquo;âge et la taille&rdquo; plutôt que &ldquo;obèse, surpoids, gros&rdquo;. Il est nécessaire d&rsquo;aborder l&rsquo;alimentation, les rythmes alimentaires, la sédentarité, l&rsquo;exposition aux écrans et l&rsquo;entourage. La figure jointe résume la conduite à tenir diagnostique et le bilan initial. Sur le plan thérapeutique, l&rsquo;entretien motivationnel est la mesure recommandée à tous les âges. A partir de 6 ans, les thérapies comportementales et de modification des habitudes de vie sont recommandées. Enfin, les traitements médicamenteux et la chirurgie ne s&rsquo;envisagent pas avant 12 ans (pas sûr que ce soit très applicable en France, cette partie là).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgYNuTH5O1wx7Dg4-JM7mpRyBPkix51IbQuRjRiItB87GkBkBlSFOedTl2uhMR_w3_BJOYABj_ILxtwWIuoFNva9aldpkokT5wdlkppNvo4NkSv_mNPKZlaHDk_H9mPq_f7dpaS1yVaA4JsiuQ0K0YH6k1PsUVix7_1eZ3azkXw14YsPekAPTm3JWV66A/s1116/ob%C3%A9sit%C3%A9.png"><img src="/images/articles/2023/ob-c3-a9sit-c3-a9.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Gynécologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_1754842/fr/contraception-d-urgence">HAS</a> a publié une fiche de recommandations concernant la contraception d&rsquo;urgence. La contraception au Levonorgestrel est recommandée dans les 3 jours mais à utiliser de façon préférentielle dans les 12 heures (à noter une préconisation de suspendre un allaitement pendant 8h après la prise). L&rsquo;ulipristal acetate est utilisable dans les 5 jours et est contre-indiquée en cas d&rsquo;insuffisance hépatique ou d&rsquo;asthme non contrôlé (à noter une préconisation de suspendre un allaitement pendant 1 semaine et donc d&rsquo;utiliser un tire lait et de jeter le lait pour entretenir l&rsquo;allaitement). Pour ces 2 contraceptions d&rsquo;urgence, les données concernant une modification d&rsquo;efficacité en cas d&rsquo;IMC élevé ne permettent pas de conclure à une diminution d&rsquo;efficacité. Un test de grossesse est recommandé en cas de retard de règles de plus de 7 jours. Elles sont également accessibles sans ordonnance et gratuitement pour les moins de 26 ans en pharmacie et sans ordonnance et gratuitement auprès des infirmières scolaire et services de médecine préventive universitaires quel que soit l&rsquo;âge. Le DIU au cuivre est également recommandé dans un délai de 5 jours, quelle que soit la gestité. Il nécessite, recherche de chlamydia/gonocoque,  une ordonnance et un RDV à 1-3 mois pour évaluer la tolérance est recommandé.</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp2116488">NEJM</a> aborde l&rsquo;insuffisance ovarienne précoce. Il y a peu de différence avec la recommandation <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/05/dragi-webdo-n313.html">HAS</a>. Leur définition repose aussi sur une spanioménorrhée ou aménorrhée avant 40 ans avec FSH élevée mais aussi estradiol bas sur 2 prélèvements espacés d&rsquo;un mois. Le bilan initial comporte FSH, estradiol prolactine, TSH et b-HCG. La recherche d&rsquo;étiologie génétique est recommandée en cas d&rsquo;argument cliniques (X-fragile, Turner&hellip;). Les autres étiologies sont soit environnementale (exposition à des toxiques, oreillons, VIH), soit iatrogène (chimiothérapies, chirurgies), soit auto-immunes soit idiopathiques (40% à 65% des cas). Le seule bilan biologique étiologique systématique concerne les causes auto-immunes: glycémie, TSH/anti-TPO et anti-21 hydroxylase (pour l&rsquo;insuffisance surrénalienne). En cas de désir de grossesse, la réserve ovarienne est à évaluer par échographie et dosage de l&rsquo;AMH puis un avis spécialisé en PMA est nécessaire. En l&rsquo;absence de désir de grossesse, les auteurs recommandent une contraception (en plus du traitement hormonal substitutif) car une ovulation intermittente se produit dans 50 à 75% des cas, avec un retour de règles dans  25 à 50% et une grossesse chez 5 à 10% des patientes. Le traitement hormonal substitutif est recommandé jusqu&rsquo;à 51 ans, plutôt à dose &ldquo;THS&rdquo; que simplement des oestro-progestatifs contraceptifs (qui seraient moins efficaces sur les symptômes et la protection cardiovasculaire):  oestrogènes transermique (dermestril*/femsept*) à 100 à 150 μg /jour (transdermique évite le 1er passe hépatique et donc moindre risque cardiovasculaire; et forte dose protégeant mieux de l&rsquo;ostéoporose, mais 25-50µg normalement en post-ménopause) associé à des progestatifs 12-14 jours par mois de type (dihydrogesterone= duphaston* 10mg/j ou progesterone micronisée= utrogestan*/estima* 100-200mg/j oral à préférer si désir de grossesse) sauf  si hystérectomie auquel cas la progestérone n&rsquo;est pas nécessaire.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez
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oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail provenant de
&ldquo;<a href="mailto:hi@follow.it">hi@follow.it</a>&rdquo;</em> et intitulé <em>&ldquo;Veuillez confirmer votre abonnement à
Médicalement Geek&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos
spams)</em></p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Pour traiter l'HTA, tu fais quoi ?</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/01/pour-traiter-l-hta-tu-fais-quoi/</link><pubDate>Fri, 20 Jan 2023 21:15:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/01/pour-traiter-l-hta-tu-fais-quoi/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour !</p>
<p>Depuis le temps que les Dragi Webdo
concernant les traitements antihypertenseurs s’accumulent, il était temps de
faire une synthèse.</p>
<p>Remercions donc ce billet qui été permis grâce au travail de
synthèse de @DocTotoscope et que vous pourrez aussi
retrouver sur son blog : <a href="https://doctotoscope.wordpress.com/">https://doctotoscope.wordpress.com/</a></p>
<p>Vous trouverez donc un algorithme
établi avec les données actuelles de la science disponible sur ce blog et en
dessous, des justifications concernant certains points et réponses aux
questions qui ont été posées sur les réseaux.</p>
<p>Il ne s’agit pas d’un algorithme strict. Bien évidemment,
les molécules proposées sont à discuter avec les patients compte tenu de leurs
effets indésirables et des préférences des patients. L’algorithme tend à
privilégier l’efficacité plutôt que le risque d’effets indésirables non graves
(la tolérance) car en tant que MG nous pouvons revoir les personnes traitées
très rapidement pour adapter le traitement. C’est peut-être une des raisons des
divergences entre cet algorithme et 
certaines recommandations de cardiologie (en faisant l’hypothèse
qu’elles privilégient la tolérance car les délais de consultation sont plus
longs)</p>
<p>N’hésitez pas à laisser des
commentaires que vous soyez d’accord ou pas d’accord (mais pensez à mettre des
références dans ce cas-là ^^)</p>
<p>Bonne lecture !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiDPLuKbpHNxMOhkcAOpWyGQdwoe1DY03namjcT9OuOF3-ql8hrdAateMNd7VNXGMKIW_BghnJ4nPjKt8e9Tpj3_aE9gArCS-xmAjP-I67yVmqTDGKaEDKyL00cgKmCjSON-31UWG7qAd5bC9QlglsvThTqUlc87VbhloLWkYmtx-e-f2-1N1bwfJzzCQ/s2048/hta.jpg"><img src="/images/articles/2023/hta.jpg" alt=""></a></p>
<h3 id="explications-">Explications  :</h3>
<p>Les thiazidiques-likes (indapamide)
sont préférés aux IEC et inhibiteurs calciques car :</p>
<p>-       
Selon la <a href="https://www.cochrane.org/CD001841/HTN_thiazides-best-first-choice-hypertension">Cochrane</a>, bien que leur efficacité soit similaire, le niveau de
preuve est plus important pour les thiazidiques dans les essais contrôlés
randomisés que pour les IEC.</p>
<p>-       Selon la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD003654.pub5/full">Cochrane</a> toujours, les thiazidiques
sont plus efficaces que les inhibiteurs calciques sur les évènements
cardiovasculaires (contrairement à ce que laissait supposer l’étude ACCOMPLISH)</p>
<p>-       
Dans une revue
systématique d’étude observationnelles du <a href="http://thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)32317-7/fulltext">Lancet</a>, les thiazidiques sont associés à une réduction plus
importante des évènements cardiovasculaires et la mortalité que les IEC et  que les inhibiteurs calciques</p>
<p>-       
L’utilisation de
thiazidiques-like semble apporter une réduction supplémentaire de survenue des
événements cardiovasculaires et des insuffisances cardiaques par rapport aux
thiazidiques, sans majoration des effets indésirables (cf <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25733241/">ici</a>)</p>
<p>-       
Dans une étude de
<a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s40264-020-01015-1">cohorte</a> , l’hydrochlorothiazide est associé à une minime risque de
cancers cutanés ne remettant pas en cause sa balance bénéfice risque, mais ce
risque n’est pas retrouvé sous indapamide.</p>
<p>Les IEC (ramipril) sont privilégiés
par rapport aux ARAII :</p>
<p>-       
Bien que les ARAII
soient mieux tolérés et qu’il n’y ait pas de différence d’efficacité entre
ARAII et IEC (cf <a href="https://www.jacc.org/doi/10.1016/j.jacc.2018.01.058?sso=1&amp;sso_redirect_count=1&amp;access_token=">ici</a>) , les IEC ont réussi à démontrer qu’ils réduisaient la
mortalité versus placebo, ce que n’ont jamais réussi à faire les ARAII (cf <a href="https://www.ahajournals.org/doi/full/10.1161/circulationaha.117.026112">ici</a>).</p>
<p>-       
Une <a href="http://ajh.oxfordjournals.org/content/early/2014/12/10/ajh.hpu237.short?rss=1">étude</a> sur base
de données retrouve que le ramipril réduit davantage la mortalité que d’autres
IEC .</p>
<p>Et pourquoi pas la bithérapie
initiale comme dans les recos ?</p>
<p>Les recos disent &ldquo;bithérapie initiale&rdquo; (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/06/dragi-webdo-n188.html">ici</a> ou <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/HYPERTENSIONAHA.120.15026">là</a>). Mais, elle dit &ldquo;sauf&hellip;&rdquo; TA &lt;
160/100 et pas d&rsquo;autres FDRCV. En pratique une grande partie des patients vu en
MG rentrent dans le &ldquo;sauf&rdquo;. Avant, c&rsquo;était monothérapie sauf TA &gt;
160 ou facteurs de risque. En gros, les populations ciblées par la mono ou
bithérapie n’ont pas changé, il n’y a que le sens des phrase qui a été inversé
pour favoriser « la bithérapie » car 50% des patients hypertendus ne
seraient pas contrôlés. D&rsquo;ailleurs la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD010316.pub3/full">Cochrane</a> ne retrouve pas de bénéfice à une bithérapie d&rsquo;emblée par rapport à une monothérapie.</p>
<p>Note pour le bilan d&rsquo;HTA secondaire:</p>
<p>En fait, il vaut mieux mettre du verapamil que de l&rsquo;amlodipine, car les inhibiteurs calciques dihydropyridine ont un effet sur le SRA. Donc verapamil et si besoin ajout d&rsquo;un alphabloquant (type doxazosine) et d&rsquo;un central (rilmenidine) le temps de faire le bilan avant de repasser sur un traitement classique (cf. <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n353.html">ici</a>).</p>
<p> </p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°382 : VIH (recos), CBD, autisme, vaccin bivalent Covid, insuffisance cardiaque, fatigue/cancer, multimorbidité</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/01/dragi-webdo-n382/</link><pubDate>Tue, 17 Jan 2023 23:59:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/01/dragi-webdo-n382/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! La multimorbidité est centrale en médecine générale et une étude du <a href="https://bjgp.org/content/early/2023/01/09/BJGP.2022.0405#ref-16">BJGP</a> vient apporter de nouvelles données épidémiologiques. En utilisant une liste de 80 maladies et la base commune de patients vue en médecine générale (plus d&rsquo;un million de patients, de 0 à plus de 90 ans, 44 ans en moyenne) , les auteurs retrouvent que 40% des patients ont au moins 2 maladies chroniques et 28% au moins 3 maladies chroniques. Être un patient défavorisé et/ou une femme étaient des facteurs de risques de multimorbidité.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiyUPlWWLwNrICD6GZNqYBcQxCPsh9wAWty2tqt8b7qnM6zWQ33_6EYOQ0uqB7Zys6x15YUPfPAVHHViBMehTqD5cy2-hlUpmBOztrhCReP-bkBniB9KEUq3VbRJcyWrmDoan16lJxGJg7DuJkJ7bIRfEVQzey4tCeusI_zVzQYDRua3YoCSHwoHlMk-A/s1280/multimorbidit%C3%A9.jpg"><img src="/images/articles/2023/multimorbidit-c3-a9.jpg" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.academie-medecine.fr/cannabidiol-ce-que-vous-devez-oser-demander-et-savoir/">Académie de médecine</a> a publié un avis sur le CBD (cannabidiol), non addictif et de plus en plus utilisé pour des troubles du sommeil, anxiété, douleurs, sevrage en cannabis, alors que la seule efficacité démontrée est en traitement adjuvant d’épilepsies pharmaco-résistantes. Parmi les effets indésirables, on trouve des troubles digestifs, une hépatotoxicité, la somnolence et la fatigue. Les auteurs préconisent un avis médical pour des doses &gt; 50mg/j, notamment pour évaluer les interactions médicamenteuses.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>On avait déjà parlé du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/06/dragi-webdo-n361.html">CoDE-HF</a> pour aider au diagnostic d&rsquo;insuffisance cardiaque, mais peu applicable entièrement en MG. le <a href="https://bjgp.org/content/73/726/e1">BJGP</a> publie un article comparant le seuil de 125pg/mL de l&rsquo;ESC avec celui de 400pg/mL du NICE pour le NT-ProBNP. Pour le 1er seuil (ESC), les paramètres du NT-ProBNP étaient: sensibilité: 95%, spécificité  50% , VPP : 16% et VPN 99%. Pour le 2nd seuil (NICE), ils étaient de: sensibilité:82% spécificité: 80% , VPP: 30% , VPN: 98%). La spécificité et VPP du seuil ESC pouvant conduire à un nombre important d&rsquo;examens complémentaires pour confirmer le diagnostic, le NICE semble peut être plus adapté à la MG pour cibler un peu plus les patients à adresser.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2799240?guestAccessKey=9b7ea0f1-729e-4b44-885c-ba54e0215362&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jama&amp;utm_term=8543875206&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=195862099%C2%A0">recommandations</a> de prise en charge du VIH ont été publiées par la société internationale des antiviraux. Les auteurs recommandent tout d&rsquo;abord, d&rsquo;instaurer un traitement rapidement, dans les 7 jours suivant le diagnostic de VIH et idéalement le jour du diagnostic pour améliorer les chances d&rsquo;obtenir une charge virale négative et dans certains contextes d&rsquo;améliorer la survie. Les traitements initiaux recommandés comportent un anti-intégrase qui permet une réponse plus rapide que les inbititeurs de protéase et les INNTI et sont mieux tolérés. Ainsi, il est recommandé de commencer par du Bictégravir+ Emtricitabine  + Ténofovir (Biktarvi*)  ou Dolutégravir + Ténofovir + Emtricitabine ou Lamivudine (là, c&rsquo;est pas en 1 seul comprimé). Mais en fait y&rsquo;a plein de situations décrites où le traitement sera probablement différent. Le bilan initial comporte: charge virale, CD4, bilan hépatique, rénal, NFS, glycémie, b-HCG, génotypage de résistance, recherche des co-infections (hépatites A, B, C, tuberculose, IST). Au cours du suivi, il faut notamment être vigilant au risque de diabète et au risque cardiovasculaire. Pour la PrEP, les auteurs sont concordants avec les <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3262060/fr/reponses-rapides-dans-le-cadre-de-la-covid-19-prophylaxie-prep-du-vih-par-tenofovir-disoproxil-/-emtricitabine-dans-le-cadre-de-l-urgence-sanitaire">recommandations françaises</a>. concernant le traitement oral. Le traitement injectable (cabotegravir) est recommandé comme alternative avec un grade III (peu d&rsquo;études encore). Le traitement post-exposition est recommandé dans un délai de 72 heures par Dolutégravir + Ténofovir + Emtricitabine ou Lamivudine, ainsi que le traitement post-exposition par doxycycline 200mg dose unique en prévention des IST</p>
<p>Un article a été publié dans le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc2213948">NEJM</a> concernant les &ldquo;nouveaux&rdquo; vaccins covid bivalents. Les boosters de vaccination anti-covid avec les vaccins BA.5 produisent bien une augmentation de la réponse immunitaire. Cependant, cette réponse n&rsquo;est pas différence de celle d&rsquo;un vaccin monovalent, que ce soit contre la souche BA.5 que contre la souche d&rsquo;origine (il y avait une tendance modeste à une réaction plus importante avec les vaccins bivalents, c&rsquo;est tout). Donc pas de gros progrès à priori avec les bivalents, mais nous n&rsquo;avons pas encore d&rsquo;études concernant des résultats cliniques sur le sujet.</p>
<p>Retour sur le fluvoxamine, dont on avait parlé plutôt favorablement <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/09/dragi-webdo-n367.html">ici</a>, avec un essai du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2800448">JAMA</a>. Cette fois ci, 1500 patients d&rsquo;âge moyens  47 ans, ont été randomisés entre fluvoxamine et placebo pendant 10 jours. Il n&rsquo;y a pas eu de différence d&rsquo;efficacité entre les 2 groupes, ni sur le critère primaire (résolution des symptômes), ni sur les critères secondaires d&rsquo;hospitalisation/urgences/mortalité. Une des explications est la fréquence des hospitalisations (2-3%) vs 8% dans les autres études. En effet, cette étude a été réalisé en 2021-2022, donc chez des patients probablement bien vaccinés, avec des souches covid moins &ldquo;virulentes&rdquo;. Si la fluvoxamine est efficace, elle l&rsquo;est probablement beaucoup moins dans le contexte actuel.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/early/2023/01/09/BJGP.2022.0371">BJGP</a> aborde le risque de cancer parmi les patients consultant pour &ldquo;fatigue&rdquo;. Parmi les patients consultant pour ce motif, 85% n&rsquo;avaient pas de signe d&rsquo;alarme ni d&rsquo;anémie, et parmi eux  38% avaient également un autre symptôme  non spécifique. Chez ces derniers, 2,2% des hommes ont eu un diagnostic de cancer dans les  9 mois et 1,1% des femmes. Les caractéristiques augmentant le risque était notamment l&rsquo;âge de plus de 65 ans, la perte de poids et les symptômes digestifs. Donc en général, pas de cancer, mais y penser quand même.</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Cet article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2799653">JAMA</a> s&rsquo;est intéressé à la prise en charge des rachialgies aiguës et subaiguës (notamment cervicales et lombaire). Les auteurs ont comparé des soins courant à une intervention biopsychosociale personnalisée et à une thérapie posturale individualisée. Les 2 traitements testés étaient statistiquement efficaces dans la réduction du score ODI évaluant la capacité fonctionnelle (respectivement - 5.8 et -4.3 points), mais ces réductions n&rsquo;étaient pas cliniquement pertinentes (seuil de pertinence clinique -6 points). Parmi les explications d&rsquo;échec clinique de ces interventions personnalisées, on trouve 1/ qu&rsquo;il s&rsquo;agit de rachialgies aiguës, dont l&rsquo;évolution est souvent favorable spontanément, 2/ que le groupe &ldquo;soins courant&rdquo; pouvait inclure aussi des psychothérapies et de la kiné qui sont également personnalisées. On note quand même que l&rsquo;intervention biopsychosociale revenait moins cher que les soins courants, et que la thérapie posturale coutait plus cher.</p>
<p>6/ Pédiatrie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2800182">JAMA</a> propose une revue des  troubles du spectre autistique. Ils concerneraient 2.3% des enfants de 8 ans aux Etats-Unis, prédominant chez les garçons (ratio 2:1 ), et un quart des patients avec TSA ont un TDAH et/ou un déficience intellectuel. Il s&rsquo;y associe également de l&rsquo;épilepsie, des troubles moteurs (notamment de coordination), des troubles digestifs et des troubles du sommeil. Chez l&rsquo;enfant, un dépistage entre  16 et 30 mois est recommandé par M-CHAT-R ou M-CHAT, et chez l&rsquo;adulte sans déficience intellectuelle l&rsquo;Autism Spectrum Quotient. Ensuite on adresse pour diagnostic à une équipe pluridisciplinaire. La prise en charge repose sur les thérapies comportementales pour améliorer les interactions sociales et réduire les troubles comportementaux. Il n&rsquo;y a pas de traitements pharmacologiques efficaces mais des neuroleptiques peuvent parfois être utilisés pour réduire l&rsquo;irritabilité et les troubles émotionnels, et le méthylphénidate peut être utilisé en cas de TDAH associé. Malgré les traitements, le risque de mortalité des patients est augmenté par rapport à la population générale, à cause des troubles neurologiques et psychiatriques associés à prendre en charge également, le risque de suicide étant multiplié par 3.</p>
<p>Un synthèse à destination des généralistes concernant la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3390303/fr/fievre-mediterraneenne-familiale-fmf">fièvre méditerranéenne familiale</a> (FMF) a été publiée. Pour faire simple, il faut l&rsquo;évoquer devant des fièvres récurrentes stéréotypées durant 48-72h de début et de fin brutale, débutant dans l&rsquo;enfance. Il s&rsquo;y associé volontiers des épanchements articulaires, péritonéaux, pleuraux voire péricardiques. Les épisodes de fièvre avec douleurs abdominales très intenses sont donc évocateurs. Le bilan biologique retrouve une CRP augmentée qui permettra d&rsquo;orienter pour que le diagnostic génétique soit posé. Le traitement de fond reposera sur de la colchicine 0.5-1mg chez l&rsquo;enfant à  2.5mg chez l&rsquo;adulte. En cas de crise, paracétamol +AINS sont recommandé avec recours aux antalgiques de pallier 2 si besoin.</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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spams)</em></p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°381 : Temps médical, ostéoporose (recos US), coqueluche (HCSP), hyperéosinophilie (recos), BPCO, mesure tensionnelle, sport/score calcique, Medieval Academy</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/01/dragi-webdo-n381/</link><pubDate>Wed, 11 Jan 2023 21:09:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2023/01/dragi-webdo-n381/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Pneumologie</category><category>Hématologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour et bonne année ! On va commencer par parler du manque de temps des médecins. Alors qu&rsquo;une tribune dans l&rsquo;<a href="https://www.egora.fr/actus-pro/conditions-d-exercice/78536-ces-200-medecins-listent-les-7-actes-qui-font-perdre-le-plus">Express</a> signée par 200 généralistes demande la suppression des actes inutiles, le <a href="https://www.bmj.com/content/380/bmj-2022-072953">BMJ</a> revient sur la non prise en compte du temps du médecin pour l&rsquo;application des recommandations, ce qu&rsquo;ils appellent le &ldquo;clinicians&rsquo; time need to treat&rdquo; (TNT) qui va dépendre de la complexité du patient et du traitement à mettre en place. Par exemple, une intervention brève personnalisée sur l&rsquo;activité physique prendrait au moins 10min, et il faut aborder le sujet chez 14 patients pour qu&rsquo;un modifie son comportement, et il faut screener 34 patients pour repérer les 14 qui ont besoin de ce conseil. Il faudrait donc 3 heures de travail pour entrainer 1 modification comportementale chez 1 patient et si on rapporte ça à une patientèle de 1000 patients, ça fait 80h par an &ldquo;uniquement pour cet acte&rdquo;. Ne disposant pas d&rsquo;un temps illimité de consultation, les recommandations devaient indiquer les TNT pour permettre de sélectionner les mesures efficaces et réalisable, pour que les médecins passent moins de temps sur des mesures chronophages et moins efficaces. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Nous avions parlé de l&rsquo;étude <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/03/dragi-webdo-n132.html">Fourier</a> qui avait démontré une réduction du critère composite cardiovasculaire dans le groupe evolocumab, versus placebo. Une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36585131/">réanalyse</a> de l&rsquo;étude a été effectuée compte tenu de discordance entre le rapport d&rsquo;étude et l&rsquo;article. Ainsi, il y aurait une surmortalité avec l&rsquo;evolocumab, mais cette différence n&rsquo;est pas significative. Donc en dehors d&rsquo;un signal éventuel, restons juste vigilants sur les anti-PCKS9.</p>
<p>Pour revenir sur la fiabilité du score calcique, cet <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.122.061173">article</a> a comparé le score calcique de patients d&rsquo;âge moyen effectuant une activité physique intense (6-9 METs) et très intense (&gt; 9METs). Les patients ayant une activité physique très intenses avaient un score calcique qui progressait davantage que les autres ainsi qu&rsquo;une plus rapide progression des plaques. Le sport serait il dangereux? D&rsquo;après une revue narrative dans <a href="https://www.exercer.fr/full_article/2122">Exercer</a>, ces plaques seraient plus stables au final. C&rsquo;est <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/05/dragi-webdo-n354.html">un biais de plus</a> à intégrer dans l&rsquo;utilisation du score calcique. Des études cliniques non observationnelles seraient une fois de plus bienvenues.</p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/73/726/e16">BJGP</a> revient sur la question des auto-mesures tensionnelles par MAPA qui seraient plus pertinentes que les AMT. Dans cette étude de cohorte ambulatoire, 10% des patients étaient &ldquo;<em>reverse deeper</em>&rdquo;, c&rsquo;est à dire avec une PA nocturne supérieure à la PA diurne. Les auteurs déclarent donc qu&rsquo;il y a un risque d&rsquo;HTA masquée qui ne serait pas diagnostiquée en l&rsquo;absence de MAPA. Mais si on regarde les graphiques moyens, même chez les <em>non-deeper</em> et <em>reverse deeper</em>, les moyennes sur 24h étaient normales. Il est probablement judicieux de ne chercher les HTA masquées que lorsqu&rsquo;on les suspecte, comme le recommande la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/12/dragi-webdo-n208.html">SF de cardio</a> (AMT et si suspicion MAPA, alors que l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/06/dragi-webdo-n319.html">ESC</a> dit MAPA ou à défaut AMT)</p>
<p>2/ Rhumatologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-1034">American College of physicians</a> a publié des recommandations concernant la prise en charge de l&rsquo;ostéoporose. Ils recommandent l&rsquo;utilisation de bisphosphonates en 1er lieu dans le traitement de l&rsquo;ostéoporose post-ménopausique (cf tableau) et les suggèrent dans l&rsquo;ostéoporose masculine (efficacité uniquement sur le nombre de fracture radiologique vertébrales, pas cliniques, et pas de hanche). En cas de contre-indication ou d&rsquo;effets indésirables, le dénosumab est l&rsquo;option proposée de 2ème ligne avec un niveau de preuve faible à modéré. Enfin, ils recommandent d&rsquo;individualiser l&rsquo;indication thérapeutique chez les patientes avec ostéopénie de plus de 65 ans.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjYM06h5PQEyWfo4nfQod9QdEEBxyLzzK4mTlI__6TDhq8fF2ktQyOM5T34AR5MWBTXROXwrF4yljLOQsJY39sHgwseMwEc-A4AcL42QGMVgnzzq9EH-fs34sxPrc7Xipg7biynq59Rf4Yzsnr55XjPloO-bj1B9ZjHZMK4AUBLUjLEC98D24kgWHv_sQ/s799/ost%C3%A9oporose.png"><img src="/images/articles/2023/ost-c3-a9oporose.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Un article de l&rsquo;<a href="https://openres.ersjournals.com/content/early/2022/08/11/23120541.00217-2022">ERJ Open</a> concerne 80 000 patients BPCO hospitalisés pour une 1ère EABPCO sévère. Ces patients avaient des comorbidités pour 58% d&rsquo;entre eux (cardiovasculaires, diabète, cancer et dépression) et  un traitement de fond depuis moins de 6 mois pour 65% d&rsquo;entre eux. Au cours des 5 années suivantes, 82% ont été hospitalisés à nouveau, mais dans 59% des cas, il s&rsquo;agissait de causes non respiratoires et principalement cardiologiques. Ainsi, il semble important, d&rsquo;une part de bien éduquer le patient à la nécessité et à la prise du traitement de fond de la BPCO, et d&rsquo;autre part de dépister et de prendre en charge les comorbidités associées à la BPCO pour tenter de limiter les hospitalisations.</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1265">HCSP</a> a publié un avis concernant la conduite à tenir autour d&rsquo;un cas de coqueluche. Les auteurs recommandent une recherche de <em>B. pertussis</em> et <em>B. parapertussis</em> devant toute suspicion de coqueluche. Cependant, ils ne recommandent pas de traiter les patients avec <em>B. parapertussis</em> peu symptomatiques ou asymptomatiques en l&rsquo;absence de patients à risque de coqueluche grave dans l&rsquo;entourage, ni de dépister les cas contact de patients avec <em>B. parapertussis</em>. Le traitement antibiotique est recommandé dans les 3 semaines d&rsquo;évolution pour réduire la contagiosité mais ne modifie pas l&rsquo;évolution de la maladie. A noter que les patients contact d&rsquo;une coqueluche sont à traiter si non vaccinés ou vaccin de plus de 5 ans.</p>
<p>4/ Hématologie</p>
<p>Un guide de maladie chronique a été mis en ligne sur le site de la HAS et concerne les <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3346155/fr/hypereosinophilies-et-syndromes-hypereosinophiliques">hyperéosinophilies</a>. On va passer sur les choses qui ne sont pas du domaine du MG pour se concentrer sur les étapes initiales de la démarche. Une hyperéosinophilie &gt;1500/mm3 doit être explorée. Dans les causes fréquentes il y a surtout les médicaments (ains, antibio, anti-épileptiques, sulfamides, allopurinol, produits de contraste iodés, phytothérapie) . Après disparition de l&rsquo;agent causal, le bilan se normalise mais ça peut mettre 6 mois. Le bilan recommandé comprend: NFS, CRP, ionogramme, créatininémie, bilan hépatique, LDH, CPK, calcémie, phosphorémie, EPP, IgE totales, BNP, troponine, vitamine B12, tryptase sérique, sérologie VIH, sérologie toxocarose, examen parasitologique des selles avec recherche d&rsquo;anguillulose, d&rsquo;autres sérologies parasitaires et un scan TAP (il faut peut être pas tout balancer d&rsquo;un coup&hellip;). Ensuite, on passe à une partie un peu plus spécialisée. Un traitement d&rsquo;épreuve par antiparasitaire est discutée (avis d&rsquo;expert car pas d&rsquo;étude) en l&rsquo;absence de contre-indication (bilharziose &lt; 3 mois, filariose, neuro-cysticercose ou toxocarose, donc à rechercher avant ttt): flubendazole (100 mg pendant 3 jours, puis 100 mg dose unique 15 jours plus tard) ou albendazole (400mg/j  pendant 1 à 3 jours puis 400mg/j à J15) si &lt; 1500/mm3; albendazole (10 à 15 mg/kg/j sans dépasser 800 mg/j en 2 prises par jour pendant 10 à 15 jours) si &gt; 1500/mm3. Après, un test thérapeutique aux corticoïdes est parfois indiqué (0,5-1mg/kg pendant 7 jours), associés à un traitement présomptif par ivermectine.</p>
<p>5/ Le jeu du mois :  Medieval Academy</p>
<p>&ldquo;Médiéval Academy&rdquo; est un jeu familial qui va vous faire passer du statut d&rsquo;écuyer à celui de chevalier. Pour y parvenir, il faudra s&rsquo;entrainer pour gagner des compétences de bravoure, d&rsquo;érudition, de courage, de dévouement au roi mais aussi être galant, faire la charité et accomplir des quêtes. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un jeu de &ldquo;draft&rdquo;, les cartes tournes entre les mains des joueurs et il faut en choisir une nouvelle a chaque fois, correspondant à la compétence sur laquelle vous souhaiter progresser. Les points sont calculés soit à chaque tour, soit après plusieurs tours sur les plateaux correspondant aux compétences. Il faut donc gérer des objectifs à court terme, à long terme et éviter d&rsquo;être trop à la traine pour ne pas avoir de points négatifs. C&rsquo;est un jeu sympathique avec de nombreuses interactions entres les joueurs et assez simple pour permettre de jouer avec toute la famille.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhzG9EOPctxYIHcFrwzjojPFV73Dr7WYQwDWhrqtscqSaHQOEqKSSAUBD6kBpKgRlxjcMu7W7SPy4WvoPot3YNx5snZXBy76PWzsppOp7K_8gdMVGRNkTBthAoZsHR-Le4zLSSt-Arasu-5sRgFaI3NuUW7xwdBUN7bWwAub7HiUReYoVt5SZIUFJcGJg/s4000/20220712_161613.jpg"><img src="/images/articles/2023/20220712-161613.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini, merci pour votre fidélité cette année encore ! N&rsquo;hésitez pas à vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°380 : diurétiques thiazidiques, asthme, traitements BPCO, Paxlovid, conjonctivites, eczema, vaccin HPV, diabète (recos ADA)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/12/dragi-webdo-n380/</link><pubDate>Sun, 18 Dec 2022 21:52:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/12/dragi-webdo-n380/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Infectiologie</category><category>Dermatologie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici probablement le dernier Dragi Webdo de l&rsquo;année, car c&rsquo;est les vacances! On avait parlé du froid la semaine dernière, on continue avec un <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.122.061832">article</a> mettant en évidence un excès de mortalité cardiovasculaire associée aux jours &ldquo;les plus chauds et les plus froids&rdquo;, avec un sur-risque de 2 morts pour 1000 les jours chauds et 9 morts pour 1000 les jours froids (le froid semble donc plus dangereux que le chaud). Bonne lecture ! (même si on a perdu la finale&hellip;)</p>
<p>1/ Cardiologie</p>
<p>Le diurétique thiazidique de référence est la chlorthalidone, mais elle peu disponible et peu utilisée dans la majeure partie des pays. C&rsquo;est donc souvent de l&rsquo;hydrochlorthiazide que les patients reçoivent. Cette <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2212270">étude</a> randomisée a comparé l&rsquo;efficacité de ces 2 molécules (HCTZ 25-50mg et CTLD 12.5-25mg). Après environ 2 ans et demi de suivi, les auteurs ne mettent pas en évidence de différence de contrôle tensionnel, ni de survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires. Seules les hypokaliémies étaient plus fréquentes dans le groupe CTLD. Dans le sous groupe avec coronaropathie, la CTLD était plus efficace que l&rsquo;HCTZ sur le contrôle tensionnel,  à confirmer au cours d&rsquo;une étude dédiée.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Au sein de cette <a href="https://openres.ersjournals.com/content/8/4/00074-2022">cohorte</a> étaient étudiées la survenue d&rsquo;un asthme dans l&rsquo;enfance ainsi que son évolution. Les antécédents d&rsquo;asthme dans la famille, d&rsquo;allergie et d&rsquo;allaitement inférieur à 3 mois étaient associé à la survenue d&rsquo;un asthme au cours de l&rsquo;étude. Le petit poids de naissance, le tabagisme maternel pendant la grossesse, les infections respiratoires sévères, les rhino-conjonctivites et l’eczéma étaient associées à un asthme débutant avant 13 ans. Voici l&rsquo;incidence en fonction de l&rsquo;âge:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgJIE9IEt5PiIbHOa87Yfd7bR9HoYWPyLSPI5IX_NY2BBKDpZaDJ2AdtN2_37O5Ywk_zuatTJSQ6JBaxDnzs2qqQb-JbvA5yn_RxYpUIWEGycifpTf7K7-Y4jeE0FJfySINgGTR4SWaXu02mYFHRyz_op7d0PZk0qangOvoMZ5jPeK4791AeKhf7EXKow/s1280/asthme.png"><img src="/images/articles/2022/asthme-2.png" alt=""></a></p>
<p>Une <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0012369222041976">étude</a> de cohorte rétrospective a comparé l&rsquo;efficacité et la tolérance de différentes associations de LAMA+LABA dans le traitement de la BPCO chez 45 000 patients. Les auteurs montrent que les associations umeclidinium /vilanterol (Anoro* en France) et Indacaterol / Glycopyrronium (Ultibro*) étaient associées à moins d&rsquo;exacerbations de BPCO que l&rsquo;association Tiotropium / Olodatérol (Spiolto*), avec un NNT d&rsquo;environ 10 personnes.année. Enfin, les patients sous Indacaterol / Glycopyrronium semblaient avoir un risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire inférieur à ceux sous Tiotropium / Olodatérol.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-2141">étude</a> de cohorte incluait plus de 40 000 patients majoritairement âgés de 50 à 79 ans (90%) et ayant reçu une vaccination anti-covid et un booster ( 65%). Les patients ayant reçu un traitement par nirmatrelvir+ritonavir pour Covid durant la vague Omicron avaient un risque inférieur d&rsquo;hospitalisation et de décès que ceux n&rsquo;en ayant pas reçu (NNT=245 patients). Il y avait également un risque plus faible d&rsquo;hospitalisations et de décès lorsqu&rsquo;ils étaient analysés séparément. Il est dommage qu&rsquo;un essai randomisé récent ne soit pas réalisé pour confirmer cette efficacité potentielle.</p>
<p>Selon un article de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD002190.pub5/full">Cochrane</a> basé sur une seule étude des années 1960, la vaccination anti-adénovirus prévenant le rhume ne fonctionne pas pour réduire l&rsquo;incidence du rhume même s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;effets indésirables notables. La recherche de la rhinopharyngite ne semble pas être très porteuse.</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2793248">JAMA</a>  revient sur la conjonctivite infectieuse. Les auteurs retrouvent que les conjonctivites bactériennes sont plus fréquentes que les conjonctivites virales chez l&rsquo;enfant (71% vs 16%) mais pas chez l&rsquo;adulte (16% vs 78%). La présence d&rsquo;une pharyngite, d&rsquo;adénopathies prétragiennes, un contage et un écoulement clair étaient en faveur d&rsquo;une conjonctivite virale (LR+ supérieur à 4 en moyenne). Un écoulement purulent, des papules conjonctivales et une otite moyenne aigue associée sont en faveur d&rsquo;une conjonctivite bactérienne (LR+ supérieurs à 2 environ).</p>
<p>4 / Dermatologie</p>
<p>Pour évaluer le contrôle de la dermatite atopique, des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamadermatology/article-abstract/2797297">auteurs</a> recommandent l&rsquo;utilisation de questionnaires validés tels que le RECAP et le <a href="https://www.adcontroltool.com/adct-downloads1">ADTC</a>. Ce dernier étant en accès libre, il semble plus facile à utiliser: un score supérieur à  7 ou une majoration de 5 points par rapport au précédent test indique un mauvais contrôle de l’eczéma. Pour évaluer le prurit, une échelle numérique semble suffisante, en évaluant le prurit sur 24h et sur 1 semaine. Ces 2 versants (contrôle et prurit) sont nécessaires pour évaluer la maladie.</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2022-070115.short">BMJ</a> a publié une synthèse concernant la vaccination anti-HPV. Il est intéressant de voir que dans les pays développés, les cancers liés à l&rsquo;HPV sont à 65% des cancer du col utérin, 13% de l&rsquo;oropharynx, 10% de l&rsquo;anus, 9% de la vulve et du vagin et  3% du pénis. La vaccination anti-HPV a une efficacité dans les essais randomisés de 95% environ sur les lésions CIN2+. Dans les études de cohorte, l&rsquo;efficacité varie entre 50 et 100%. Enfin, des données épidémiologiques sont en faveur d&rsquo;une réduction des cancers du col invasifs d&rsquo;après les données australiennes  notamment. On en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/10/dragi-webdo-n283.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n331.html">là</a>, mais il n&rsquo;y a pas un mot dans l&rsquo;article du BMJ sur les effets indésirables du vaccin (mais on en avait aussi parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/10/dragi-webdo-n154.html">ici</a>, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/01/dragi-webdo-n32.html">là</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2014/10/dragi-webo-n21.html">là</a>)</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Les recommandations 2023 de la <a href="https://diabetesjournals.org/care/issue/46/Supplement_1">société américaine du diabète</a> ont été publiées. Elles sont logiquement concordantes avec celles de l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/09/dragi-webdo-n368.html">ADA/EASD</a> de septembre 2022. Les cibles glycémiques sont toujours fixées à  7% avec les mêmes références de très faible niveau de preuve (car la comparaison principale est 7% vs 9% et le risque de microangiopathie). Concernant l&rsquo;HTA et les statines, ils recommandent de traiter selon les recommandations américaines de cardiologie : &lt; 130/80mmHg et LDLc &lt; 0.7g/l, sur un niveau de preuve tout aussi faible. Sur le plan des molécules, la metformine garde une place importante, mais n&rsquo;est pas le traitement de 1ère intention à introduire chez tous les patients. Les inhibiteurs de SGLT2 et analogues de GLP1 étant parfois recommandés en 1ère intention comme dans les recos de l&rsquo;ADA/EASD.</p>
<p>Dans un article de <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/doi/10.2337/dc22-1705/148124/Association-of-Sodium-Glucose-Cotransporter-2">Diabetes Care</a>, la prescription d&rsquo;inhibiteurs de SGLT2 (notamment dapagliflozine puis empagliflozine) chez les patients diabétiques semblait être associée à moins de risque de démence par rapport à ceux sous inhibiteurs de DPP-4 (réduction absolue de  14 pour 1000 patients.année).</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>Bonnes vacances !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°379 : anti-émétiques (HAS) , amoxicilline (SPILF), anti-cholinesthérasiques/mortalité, BPCO/cancer, cancer de prostate, vaccin pneumocoque, rhume/froid</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/12/dragi-webdo-n379/</link><pubDate>Mon, 12 Dec 2022 22:22:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/12/dragi-webdo-n379/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Gynécologie</category><category>Neurologie</category><category>Oncologie</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer ce billet, revenons sur le phénomène de l&rsquo;hiver bien connu par tous, à savoir, #AttraperFroid ! En effet, un <a href="https://www.jacionline.org/article/S0091-6749(22)01423-3/fulltext#%20">article</a> semble monter que des vésicules extracellulaires de l&rsquo;épithélium nasal sont sécrétées et participent à la défense contre les virus en s&rsquo;y liant par exemple. Cependant, quand il fait froid, ces vésicules sont moins sécrétées et se lient moins bien aux virus. Cela pourrait expliquer pourquoi on tombe malade quand il fait froid ! Voici maintenant les autres actualités de la semaine !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-11/fiche_bum_-_medicaments_antiemetiques_dans_le_traitement_symptomatique_des_nausees_et_des_vomissements.pdf">HAS</a> a publié une fiche concernant les traitements anti-émétiques. Ainsi, leur prescription ne devrait se justifier qu&rsquo;en cas de vomissements pouvant entrainer à court terme des complications graves ou très gênantes. En effet, les auteurs insistent sur le risque d&rsquo;effets indésirables cardiaques et neurologiques graves. Donc si le risque de complication des vomissements est quasi nul, pas de traitement. Ensuite, chez les sujets âgés, la HAS recommande de les éviter. Chez l&rsquo;enfant, la métopimazine a une balance bénéfice risque qui n&rsquo;est pas favorable, le métoclopramide est un traitement de 2ème ligne post opératoire ou en cas de chimiothérapie et la dompéridone n&rsquo;a pas d&rsquo;indication.</p>
<p>Dans le cadre des tensions d&rsquo;approvisionnement en amoxicilline et des déclarations de cas d&rsquo;infections à streptocoque A mortelles, la <a href="https://www.infovac.fr/actualites/propositions-des-societes-savantes-sur-les-tensions-d-approvisionnement-des-formes-pediatriques-orales-d-amoxicilline-et-d-amoxicilline-acide-clavulanique">SPILF et les sociétés de pédiatrie</a> confirment la durée de traitement limitée à 5 jours quand un traitement est débuté. En l&rsquo;absence de spécialité buvable enfant, ils recommandent de dissoudre les comprimés de 1g dans 10mL d&rsquo;eau pour obtenir une solution à 100mg/ml et ensuite de donner le bon nombre de mL par prise. A partir de l&rsquo;âge de 6 mois, ils recommandent également de ne pas traiter systématiquement les OMA.</p>
<p>Des effets secondaires cardiovasculaires étaient suspectés avec les traitements du TDAH. Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2798903">revue</a> systématique d&rsquo;études de cohortes incluant environ 4 millions de patients (enfants, adultes, adultes plus âgés) ne retrouve finalement pas de sur-risque d’arythmie, d&rsquo;AVC ou d&rsquo;infarctus du myocarde.</p>
<p>Donner de la vitamine D peut-il réduire le risque de myalgies sous statines ? Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2798958">essai</a> contrôlé randomisé montre (étonnamment !) que ça ne marche toujours pas!</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>Alors que l&rsquo;OMS recommande un intervalle de 6 mois entre une IVG ou une fausse couche et une nouvelle grossesse, une <a href="https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1004129">étude</a> de cohorte a comparé les issues de grossesse en fonction du respect de ce délai. Les auteurs mettent en évidence que conception dans les 3 mois après une IVG ou une fausse couche n&rsquo;était pas associée à une augmentation du risque de diabète gestationnel, de retard de croissance, de pré-éclampsie ou autre complication de grossesse. Les auteurs concluent donc qu&rsquo;une nouvelle grossesse peut être envisagée dès que souhaité.</p>
<p>3/ Neurologie </p>
<p>Voilà une <a href="https://n.neurology.org/content/99/20/e2313">revue systématique</a>
qui a étudié l&rsquo;efficacité des traitements anti-cholinestérasiques chez
les patients avec démence en incluant des essais randomisés et des
cohortes de patients. Les auteurs retrouvent une réduction relative
de mortalité de 25% environ chez ces patients (avec un NNT d&rsquo;environ 27
patients par an), et une réduction de mortalité cardiovasculaire
d&rsquo;environ 50%. Donc, ils ne sont pas efficaces pour ralentir la
progression de la démence mais auraient un effet cardioprotecteur ? Si
on regarde les analyses plus précisément, dans les essais randomisés,
l&rsquo;effet est en fait porté uniquement par les études concernant la
galantamine. De plus, aucun essai randomisé n&rsquo;avait comme critère de
jugement principal la mortalité (et le critère de
jugement principal d&rsquo;évolution de la démence était toujours rempli),
donc c&rsquo;est une grosse limite concernant l&rsquo;extrapolation de ces
résultats. Concernant les essais non randomisés, les résultats sont
similaires mais il y un biais important résidant dans le fait que les
patients prenant un
traitement médicamenteux bénéficiaient probablement d&rsquo;une prise en
charge particulière pouvant inclure des atelier
cognitifs (l&rsquo;effet pourrait donc ne pas être lié spécifiquement aux
traitements). Enfin, le funnel plot est asymétrique, et les auteurs le
reconnaissent: il y a donc probablement un biais de publication et seuls
les études &ldquo;positives&rdquo; étaient publiées. En cherchant uniquement les
ECR avec galantamine sur clinicaltrials.gov, il y a au moins 30 études
randomisées terminées, dont une partie n&rsquo;a pas de résultats publiés.
Bref, on ne peut clairement pas conclure que les anticholinesthérasiques
réduisent la mortalité. D&rsquo;autres études avaient étudié la mortalité,
notamment une <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8166426/">étude</a> de
cohorte (non randomisée) qui retrouvait les mêmes résultats (avec le même biais que précédemment). Une <a href="https://agsjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/jgs.15069">autre revue</a>
systématique d&rsquo;essais randomisés retrouvait que seule la galantamine
était susceptible d&rsquo;abaisser la mortalité. Enfin, notons que la galantamine
était associée à un sur-risque non significatif dans une revue de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD009132.pub2/full">Cochrane</a> concernant
les troubles cognitifs légers. Re-bref, avant de conclure à un bénéfice sur une méta-analyse de critères secondaires, il
faudrait un essai randomisé ayant pour critère de jugement principal la
mortalité montrant une efficacité.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2209454">NEJM</a> a publié un article concernant le dépistage du cancer de la prostate. Les auteurs ont envie de trouver un moyen de faire &ldquo;marcher&rdquo; ce dépistage. Ils ont donc randomisé des patients qui ont soit: un dépistage par PSA suivi de biopsies systématique et guidées par l&rsquo;IRM si supérieur à 3 (référence), soit un dépistage par PSA suivi de biopsies uniquement guidées par l&rsquo;IRM si supérieur à 3. Le critère de jugement principal était le taux de découverte de cancer &ldquo;non cliniquement significatif&rdquo; (gleason 3+3) (en espérant qu&rsquo;il y en ait moins de trouver dans le 2eme groupe), et le critère secondaire était le taux de cancer &ldquo;cliniquement significatif&rdquo; (gleason 3+4). Il y avait 1.2% cancers non significatifs dans le groupe de référence et 0.6% dans le groupe expérimental (p&lt;0.01). Environ 1% des patients de chaque groupe avait un cancer cliniquement significatif, sans différence entre les groupes. Donc si un dépistage est fait il semble préférable de se limiter à des biopsies ciblées selon l&rsquo;IRM (ainsi seuls 2.8% des patients ont eu une biopsie contre 6.8% dans le groupe biopsie systématique). Enfin, on pourra critiquer le seuil de PSA de 3 plutôt que 4&hellip;</p>
<p><a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)30069-1/fulltext">SUMMIT</a> était une grande étude randomisée ayant recruté des patients fumeurs à haut risque cardiovasculaires, pour leur faire un dépistage de la BPCO et ensuite randomiser les patients en traitement par CSI, LABA, CSI+LABA ou placebo. Au final, ni les CSI, ni les LABA ne réduisaient la mortalité dans la BPCO. Une <a href="https://erj.ersjournals.com/content/60/6/2200795">étude</a> ancillaire s&rsquo;est intéressé au risque du cancer du poumon chez les patients fumeurs ou anciens fumeurs âgés de 55 à 77 ans, à qui ils ont fait passer une spirométrie. 46% de ces patients avaient une BPCO dont 73% étaient symptomatiques. Parmi les patients avec une BPCO, 42% étaient des patients avec une BPCO non diagnostiquée initialement mais diagnostiqués à l&rsquo;occasion du bilan réalisé pour l&rsquo;étude. Les patients ont ensuite été dépistés pour le cancer du poumon : par rapport aux patients sans BPCO, le risque de cancer était augmenté pour les patients avec une BPCO symptomatique (mMRC &gt;1 ou toux &gt; 6semaines), qu&rsquo;ils soient BPCO connus ou non diagnostiqués, mais pas pour les patients BPCO asymptomatiques.</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2799225">étude</a> de cohorte rétrospective utilisant les bases de données américaines a étudié l&rsquo;efficacité du vaccin pneumocoque chez les patients de plus de 65 ans. Un tiers des patients avait une maladie chronique, et 20% avaient été vaccinés contre le pneumocoque. Les patients vaccinés avaient une incidence d&rsquo;hospitalisation pour pneumocoque de 131 pour 100 000 personne.mois versus 136 pour les non vaccinés, soit une efficacité vaccinale d&rsquo;environ 6%. C&rsquo;est pas énorme au final, ça fait un NNT de 1667 patients par an sur l&rsquo;ensemble de la population, mais 440 en cas de comorbidité et 153 en cas de comorbidité + immunodépression. Cette étude est donc en faveur d&rsquo;une vaccination des patients avec comorbidité, mais probablement pas de ceux qui n&rsquo;en ont pas.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Voici un <a href="https://www.em-consulte.com/article/1556253/clinical-relevance-of-coronary-risk-">article</a> qui discute de la pertinence clinique du score calcique chez les patients diabétiques dans une étude rétrospective. Parmi les 377 patients inclus, 65% étaient à risque élevé et 35% à risque très élevé. L&rsquo;utilisation du score calcique a permis de reclasser les patients à risque élevé en 66% de risque intermédiaire, et 16% de risque élevé et 19% de très élevé (car score calcique &gt; 400 ou &gt;100 après 60 ans, &ldquo;classification arbitraire des recos&rdquo;). En effectuant une scintigraphie myocardique aux patients à risque très élevé, ils ont trouvé initialement 18 ischémies silencieuses dont 6 seulement ont nécessité une revascularisation, puis secondairement 7 ischémies silencieuses dont 5 ont été revascularisées. Le score calcique permet donc surtout de reclassifier vers le bas, comme on l&rsquo;avait déjà dit (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/05/dragi-webdo-n354.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/05/dragi-webdo-n312.html">là</a>). La pertinence clinique reste surtout à valider sur des critères cliniques (étant donné que les patients étant donné que tous les patients à haut risques, faut-il aller plus loin si asympto? et est-il acceptable de retirer la statine si risque modéré selon le score calcique?).</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°378 : HPV, masques, zona, opioïdes/grossesse, ACNES, troubles cognitifs léger/jeux, Hippocrates</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/12/dragi-webdo-n378/</link><pubDate>Mon, 05 Dec 2022 21:16:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/12/dragi-webdo-n378/</guid><category>Gynécologie</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Neurologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités du début de mois, alors bonne lecture !</p>
<p>1/ Gynécologie</p>
<p>Alors que l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n352.html">OMS</a> propose une vaccination anti-HPV avec 1 unique dose de vaccin, cette <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0264410X22014578">étude</a> de cohorte menée en Inde met en évidence que 10 ans après la vaccination, le taux d&rsquo;anti-corps protecteurs après 1 seule dose de Gardasil persiste se façon significative pour permette une protection. En comparaison, les schémas à 2 et 3 doses ont une réponse plus importante qui tend à rejoindre le taux d&rsquo;anticorps du schéma à 1 dose après 10 ans.</p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/72/725/e865">BJGP</a> a publié une revue concernant les interventions pré-conceptionnelles en soins primaires. Une des études retrouve que les conseils sur les facteurs de risque durant la grossesse dispensés par des généralistes réduisent les complications de la grossesse, l&rsquo;anxiété maternelle, la prise d&rsquo;alcool pendant la grossesse, et augmentent l&rsquo;observance concernant l&rsquo;acide folique. Globalement, les interventions brèves (c&rsquo;est à dire une seule session pouvant aller de 15min à 1 journée selon les études) étaient efficaces pour améliorer les connaissances des patientes, réduire le tabac et l&rsquo;alcool et améliorer les prises d&rsquo;acide folique.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-1966">étude</a> internationale quasi-expérimentale  comparait l&rsquo;utilisation de masques chirurgicaux et FFP2 contre le Covid. C&rsquo;était donc non randomisé, et l&rsquo;utilisation du type de masque dépendait de la politique locale. Les auteurs ne retrouvent pas de différence d&rsquo;infection à Covid entre les 2 types de masques, bien que le taux d&rsquo;infection était variable selon les pays.</p>
<p>Un <a href="https://academic.oup.com/jid/article/222/5/798/5674927">article</a> de 2020 abordait l&rsquo;épidémiologie du zona. Avec le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/09/dragi-webdo-n194.html">nouveau vaccin</a> qui devrait être prochainement disponible, ça peut être intéressant de revoir les conséquences du zona en l&rsquo;absence de vaccination. Chez les plus de 50 ans, l&rsquo;incidence annuelle est de 1% de la population, 1% par an des patients atteint ont une récurrence. Les complications sont essentiellement cutanées (6%) à type de persistance des lésion, cicatrices, cellulite et anomalie de pigmentation. Les complications neurologiques sont présentes chez environ 1% des patients. C&rsquo;est donc rare mais pas tant que ça sur une vie (après 50 ans, ça fait presque 30% de risque et autant de risque de récidive).</p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2203318">NEJM</a> a comparé la buprénorphine et la méthadone dans la prise en charge de la dépendance aux opiacés chez la femme enceinte dans une étude de cohorte (pour mémo, la reco HAS sur la prise en charge est <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n351.html">ici</a>). Sous buprénorphine, il y avait moins fréquemment de syndrome de sevrage néonatal, moins d&rsquo;accouchements prématurés, moins de retards de croissance. Il y avait autant de césariennes et de complications maternelles. Il semblerait donc que la buprénorphine soit préférable, mais il est possible que, dans cette étude de cohorte, les patientes sous méthadone aient un profil d&rsquo;addiction plus sévère ayant conduit à la prescription de ce traitement et responsable des complications plus nombreuses.</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>Dans les troubles cognitifs légers, un <a href="https://evidence.nejm.org/doi/full/10.1056/EVIDoa2200121">essai</a> randomisé chez 107 patients a mis en évidence que les exercices de mots croisés sur internet étaient supérieurs aux jeux vidéos pour ralentir le déclin cognitif. En fait, les mots croisés amélioraient le score cognitif alors que ce dernier continuait de se dégrader avec les jeux vidéos.</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2799179">JAMA</a> aborde une pathologie fréquente selon les auteurs et responsables de nombreuses investigations inutiles: l&rsquo;ACNES (anterior cutaneous nerve entrapment syndrom ou syndrome de compression de nerf cutané antérieur). En effet, le rameau antérieur du nerf cutané traverse le muscle. Cela correspondrait à 2% des douleurs abdominales consultant aux urgences et affecte essentiellement des patients adolescents et de moins de 50 ans, avec une prédominance féminine. C&rsquo;est une douleur abdominale intense récidivante, très localisée, sur environ 1 à 2 cm au niveau du muscle grand-droit. En décubitus dorsal, elle est majorée à la flexion active de la tête qui met en tension les muscles abdominaux (signe de Carnett). Le Pinch test consiste à pincer et à faire rouler la peau au niveau de la douleur, et est positif quand la douleur est supérieure à la manoeuvre controlatérale. Une hypoesthésie au froid peut être aussi retrouvé chez plus de 60% des patients. Le traitement repose sur une injection locale de  5mL de lidocaïne soulage le patient en 1 heure. En cas de récidives fréquentes un traitement chirurgical peut être envisagé.</p>
<p>5/ Le jeu du mois : Hippocrates</p>
<p>&ldquo;Hippocrates&rdquo; est un jeu qui va parler de médecine ! Nous allons gérer une clinique antique, recevant des patients de diverses ethnies pour les soigner. On peut les prendre en charge dans l&rsquo;ordre d&rsquo;arrivée ou les sélectionner (en l&rsquo;échange d&rsquo;un pot de vin qui baissera votre réputation). Les patients nous payent et ensuite, il est nécessaire de recruter des médecins, puis de les payer aussi sinon ils vous quittent (si si, je vous jure!). Pour soigner un patient, sa fiche indique qu&rsquo;il est nécessaire d&rsquo;utiliser une combinaison d&rsquo;herbes, d&rsquo;onguents et de potions. Mais tous les médecins ne sont pas compétents pour dispenser tous ces soins. Il faut donc recruter les médecins ayant les bonnes compétences pour chaque patient, puis attribuer un ou plusieurs patients à chaque médecin de façon optimisée pour former une sorte de puzzle. Enfin, il ne reste plus qu&rsquo;à acheter les différents remèdes (et oui, avoir des médecins, compétents de surcroit, ne suffit pas: il faut des ressources qui vont avec). C&rsquo;est un jeu de stratégie très intéressant, faisant intervenir plusieurs mécanismes, avec pour but final d&rsquo;éviter que des patients ne soient pas traiter car sinon, ils s’aggravent puis décèdent (toute ressemblance avec la réalité serait purement fortuite). Bon jeu !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjQkwRWClrBv21ARw1G6GHPe6Yrwa4oIeTHI21FQyQV0YVBwZ7rfKKpCalxw7eR4E64J1nCLO_4uXGFNWAl6so8UCKYjSjLJ_81S8x__QumvKXMfatzUav2yMioHHYmsVSYxYeBiqyky-Wn0XvEkZL6leHXzQJsSRoi8eGG3ONTG2TiIDpn9Hf2YqOUWA/s4000/20220618_230714.jpg"><img src="/images/articles/2022/20220618-230714.jpg" alt=""></a></p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°377 : Vaccin rotavirus, violences (HAS), endométriose, TVP distales, TVP et grossesse, cible HTA, SLA, thérapie en pleine conscience, dépistage HbA1C</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/11/dragi-webdo-n377/</link><pubDate>Tue, 29 Nov 2022 23:46:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/11/dragi-webdo-n377/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Neurologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer, le vaccin rotavirus est désormais <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046583303">remboursé</a> (en plus d&rsquo;être <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/08/dragi-webdo-n364.html">recommandé</a>). Ce qui pu faire pencher la balance bénéfice risque, c&rsquo;est une revue systématique d&rsquo;essais randomisés publiée dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2752349">JAMA Open</a> incluant 200 000 enfants vaccinés et ne retrouvant finalement pas d&rsquo;augmentation du risque d&rsquo;invagination intestinales, et une efficacité relative de 85% environ sur les hospitalisations, recours aux urgences ou à un professionnel de santé d&rsquo;après une revue de <a href="https://academic.oup.com/cid/article/65/5/840/3746914">Clinical infectious disease</a>.</p>
<p>1/ Violences</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3104867/fr/reperage-des-femmes-victimes-de-violences-au-sein-du-couple#toc_1_1_5">HAS</a> a mis à jour des documents concernant les violences conjugales. Plusieurs fiches sont à disposition. Il y en a une concernant le repérage:  y penser devant des consultations itératives, des blessures répétées, des troubles psychologiques, un comportement inhabituel du conjoint ou des enfants&hellip; La fiche &ldquo;comment agir&rdquo; se veut pratique, rappelle qui contacter et comment rédiger un certificat (en rappelant qu&rsquo;il n&rsquo;est pas nécessaire d&rsquo;inscrire l&rsquo;ITT, le MG n&rsquo;ayant que rarement la compétence pour l&rsquo;évaluer).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgUBLqy6EdP-ELe3OcOJJ0kZOzQNuYB0HrxTd6oroZjphbeXWZaz56XrV2K_frE3I_4peQuFxLZB98Bm85Drjqu8LV0FCskzhovRN3zEbwqUKRDryGr7WooL_NbtJwXlUyL1DMn9GFXLEZ1AQ1UYA5GGk4It_dy3dv43tuCHIP_HDFzMYaTYmV9WML0xg/s1581/violences.png"><img src="/images/articles/2022/violences.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>On cherche encore quelques traitements qui serait aisément utilisables en médecine ambulatoire pour améliorer le pronostic du Covid. Les <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2022-072175">ARAII</a> et notamment le telmisartan ont été testés, et ne sont clairement pas efficaces.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD010315.pub5/full">Cochrane</a> revient sur les cibles tensionnelles chez les patients en prévention secondaire. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de bénéfice en terme de mortalité globale ou cardiovasculaire à choisir une cible tensionnelle de 135/85 ou moins par rapport à la cible classique de 140/90. De même, le critère composite d&rsquo;évènements cardiovasculaire survenait de façon non significative, moins fréquemment chez les patients avec une cible tensionnelle plus basse. Donc 140/90 semble être un objectif suffisant.</p>
<p>Dans un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(22)02128-6/fulltext?utm_campaign=trials22&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social">Lancet</a>, 1350 patientes enceintes avec un antécédent de thrombose veineuse profonde, ont été traitée par HBPM à faible dose (comme recommandé) ou dose intermédiaire depuis avant 14 SA jusqu&rsquo;à 6 semaines après accouchement. Il n&rsquo;y avait pas de différence d&rsquo;efficacité ou de tolérance entre les groupes, la faible dose semble donc adaptée à la prévention des TVP chez ces patientes.</p>
<p>Pour continuer dans la prise en charge des phlébites, cet article du <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2022-072623">BMJ</a> a comparé 6 semaines et 3 mois de traitements par rivaroxaban pour une TVP distale quelque soit la cause (avec facteurs de risque majeurs ou sans cause retrouvée). Il y avait moins de récidive du critère combiné de thrombose dans un traitement à 3 mois (NNT=13), porté par une TVP distale récurrente (NNT=15). Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;augmentation du risque d&rsquo;extension vers une TVP proximale ou embolie pulmonaire lors du suivi de 2 ans. Il n&rsquo;y avait pas de surrisque hémorragique à traiter pendant 3 mois au lieu de 6 semaines. Les résultats étaient similaires dans l&rsquo;analyse de sous groupe, pour les TVP distales avec FDR ou sans cause retrouvée. On peut donc discuter de traiter 3 mois les TVP distales même en présence d&rsquo;un facteur déclencheur. Cependant, vu l&rsquo;absence de complications confirmées par cette étude, un traitement court ou une surveillance comme proposé par les recommandations américaines semble également être une option (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/11/dragi-webdo-n202.html">ici</a>)</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Une revue du <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2022-070750">BMJ</a> aborde l&rsquo;endométriose en revenant d&rsquo;abord sur sa prévalence estimée à 10% des femmes. Les symptômes sont variées et peuvent être des douleurs pelviennes chroniques, des dysménorrhées, des dyschésies/dysuries, des dyspareunies ou de la fatigue rythmée par les règles. Rarement il peut y avoir des douleurs scapulaires, pneumothorax, toux ou hémoptysie cyclique qui évoquent une endométriose extra-abdominale. Il peut s&rsquo;y associer des fibromes, de l&rsquo;adénomyose et de l&rsquo;infertilité. Il semblerait aussi que l&rsquo;endométriose soit associé aux migraines, à la fibromyalgie, aux polyarthrites et à la colopathie fonctionnelle (mais les études ne disent pas si c&rsquo;est parce qu&rsquo;on multiplie les examens chez ces patients avec symptôme persistants qu&rsquo;on découvre l&rsquo;endométriose). L&rsquo;algorithme proposé est simple: l&rsquo;échographie est l&rsquo;examen de 1ère intention. Si elle retrouve des arguments en faveur d&rsquo;une endométriose ou qu&rsquo;elle n&rsquo;en retrouve pas mais que la clinique est très évocatrice, considérer que c&rsquo;est une endométriose. Si l&rsquo;écho est normale avec des symptômes peu évocateurs ou qu&rsquo;elle retrouve une autre cause: continuer les explorations ou traiter l&rsquo;autre cause. Une fois le diagnostic d&rsquo;endométriose retenu comme le plus probable, si la plainte principale concerne la douleur : traiter la douleur par traitement hormonaux (COP, progestatifs voire GnRH agonistes ou antagonistes et anti-aromatases) ou antalgiques (AINS), et si la plainte est de l&rsquo;ordre de l&rsquo;infertilité adresser en PMA. Enfin, si les traitements ne sont pas efficaces, adresser au spécialiste pour un avis chirurgical.</p>
<p>5/ Neurologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2022-073857##">BMJ</a> aborde les maladies du motoneurone et la sclérose latérale amyotrophique. Les auteurs proposent d&rsquo;y penser devant une faiblesse musculaire progressive et indolore, principalement asymétrique des membres, une modification de la voix ou  des troubles de déglutition. L&rsquo;examen clinique peut retrouver une amyotrophie de la langue, un réflexe masséter prononcé, une atrophie musculaire avec une hyperréactivité, une amyotrophie de la partie externe de la main (<em>split hand sign</em>) et des troubles du comportement. Le bilan initial proposé comporte hémogramme, ionogramme, créatininémie, TSH, vitamine B9, vitamine B12, EPP, une IRM médullaire et un avis neurologique pour un électromyogramme.</p>
<p>6/ Psychiatrie</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé publié dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/article-abstract/2798510">JAMA Psychiatry</a> a comparé en essais de non infériorité la thérapie en pleine conscience et l&rsquo;escitalopram dans la prise en charge des troubles anxieux. Les auteurs retrouvent que la thérapie pleine conscience était équivalente au traitement médicamenteux à 24 semaines. On peut regretter que les effets indésirables ne soient pas étudiés aussi bien dans le groupe escitalopram que dans le groupe thérapie pleine conscience.</p>
<p>7/ Diabétologie</p>
<p><a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-022-05824-0">Diabétologia</a> aborde le dépistage du diabète de type 2. Les auteurs de cette étude ont utilisé des bases de données britanniques. Tous les patients de l&rsquo;étude ont eu un dosage de l&rsquo;HbA1c pour lequel aucun retour ne leur a été fait. En croisant avec les registres, les auteurs ont retrouvé que 7.3% des 180 000 patients avaient un diabète connu. Parmi les patients restants, il y avait 1% des patients qui avaient un diabète non diagnostiqué basé sur une HbA1c &gt; 6,5%, représentant 13% de l&rsquo;ensemble des patients diabétiques. Leur HbA1c moyenne était de 6.8%. Les auteurs mettent en évidence que ces patients non diagnostiqués sont finalement diagnostiqués avec un &ldquo;retard&rdquo; de 2 ans, l&rsquo;HbA1c était alors de 7.5% en moyenne. Il faudrait voir si des patients qui n&rsquo;ont pas été diagnostiqués &ldquo;tôt&rdquo; ont plus de complications que certains qui auraient été dépistés.</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°376 : Amoxicilline (ANSM), BPCO (GOLD 2023), SAOS (USPSTF), vaccin Covid (CDC), hémochromatose, insuff. surrénalienne, gabapentinoïdes</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/11/dragi-webdo-n376/</link><pubDate>Wed, 23 Nov 2022 09:53:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/11/dragi-webdo-n376/</guid><category>Pneumologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Hépatologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Encore et toujours des ruptures de stock d&rsquo;amoxicilline signalées par <a href="https://ansm.sante.fr/actualites/amoxicilline-des-recommandations-pour-contribuer-a-garantir-la-couverture-des-besoins-des-patients">l&rsquo;ANSM</a>. En bref, les durées de traitement d&rsquo;amoxicilline doivent être réduites à 5 jours (otites, angines, pneumonies&hellip;). De plus, l&rsquo;indication d&rsquo;antibiothérapie systématique dans les otites moyennes ne concerne plus que les enfants de moins de 6 mois (et non 2 ans comme les recommandations françaises, mais se rapprochant plus des <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/06/dragi-webdo-n187.html">recos anglaises</a> ) ou les otites compliquée d&rsquo;une otalgie intense, de fièvre élevée ou d&rsquo;otorrhée..</p>
<p>1/ Pneumologie</p>
<p>Le <a href="https://goldcopd.org/wp-content/uploads/2022/11/POCKET-GUIDE-GOLD-2023-ver-1.0_14Nov2022_WMV.pdf">GOLD</a> a publié des nouvelles recommandations pour 2023 concernant la BPCO! Premièrement, la définition est modifiée: la BPCO est un ensemble de conditions pulmonaires caractérisées par des symptômes liés à des anomalies des voies respiratoires responsables d&rsquo;une obstruction persistante. Donc, il y a la notion de symptômes et d&rsquo;obstruction chronique. Elle est à suspecter devant tout patient ayant une toux chronique, une dyspnée, des expectorations, des infections respiratoires récurrentes ou une exposition à un facteur de risque, mais la spirométrie est obligatoire pour poser le diagnostic (VEMS/CV &lt; 0.7 après bronchodilatation). Le dosage d&rsquo;alpha1-AT est toujours recommandé 1 fois dans la vie. Dans la classification de la BPCO, les catégories anciennement C et D sont fusionnées dans une catégorie E. Les traitements sont décrits selon le CAT, le mMRC et les exacerbations ci dessous, et bien sur, le sevrage tabagique est le traitement le plus important. En cas de traitement insuffisant, il est recommandé de passer au pallier supérieur, incluant l&rsquo;ajout de CSI même si les éosinophiles sont &lt; 300 (mais &gt; 100). En effet, la mortalité des patients est réduite (1) par la trithérapie par rapport à une double bronchodilatation (-30% dans IMPACT et -50% dans ETHOS) chez les patients du groupe E ayant des symptômes (ex-groupe D), (2) par le sevrage tabagique (NNT=645 patients par an) et (3) par la rééducation pulmonaire chez les patients ayant été hospitalisés pour EABPCO (et par des mesures d&rsquo;oxygénothérapie, VPP et transplantation dans certains cas). Les macrolides au long cours peuvent être considérés chez les patients sevrés ayant toujours des exacerbations sous traitement optimal (bithérapie avec éosinophiles &lt; 100 ou trithérapie). La réhabilitation est recommandé pour les patients des groupes B et E. Les vaccinations DTPCa, pneumocoque et covid sont recommandées. En cas d&rsquo;EABPCO, les B2CA sont recommandés et l&rsquo;introduction d&rsquo;un traitement de fond à débuter. De plus,  5 jours de corticoïdes oraux sont recommandés en cas d&rsquo;EABPCO modérée et sévère, et 5 jours d&rsquo;antibiotiques peuvent être indiqués pour réduire la durée des symptômes, mais l&rsquo;épisode peut durer 4 à 6  semaines. Enfin, les auteurs abordent rapidement les patients &ldquo;pré-COPD&rdquo; (patients symptomatiques ou avec emphysème mais VEMS/CV &gt;0,7) et les PRISm (VEMS/CV&gt;0,7 mais spirométrie anormale cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/01/dragi-webdo-n252.html">ici</a>) qui sont à risque de développer une BPCO.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjrs0pGWn3oyg1XyKwqKK_Nxu31zSV5vNsky3JXIwpAm2HCBB7SZWjsSqKRmr086yqbICVmIydsSyri9QBiVFvFa2ytBWBA9Dao1QfGUEEr4eTpLKLnIK-tZFBxZGGVUFqDPoG2qZaMcPzoBHe22nv2_ZSCDt6hkKZFbRrbuS60t4naTbh8rmcEh083aA/s821/bpco.png"><img src="/images/articles/2022/bpco.png" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/71/wr/mm7145a2.htm">CDC</a> a publié des recommandations en faveur de la vaccination anti-covid par vaccin bivalent en tant que booster ou chez les non vaccinés à risque, mais le niveau de preuve n&rsquo;est pas très élevé. Il repose sur le fait que les boosters sont un peu efficaces, le virus à muté, donc booster avec un vaccin plus adapté au variant devrait être efficace.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2798399">USPSTF</a> a publié des recommandations concernant le dépistage du SAOS. Leur <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2798400">revue systématique</a> conclu qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas suffisamment de données pour évaluer la balance bénéfice/risque du dépistage aussi bien chez les patients asymptomatiques que chez les patients ayant des symptômes non identifiés de SAOS (ronflement, apnées, somnolence diurne&hellip;). Le dépistage par questionnaire n&rsquo;a pas été évalué en contexte de médecine générale et la PPC améliore le sommeil et la qualité de vie mais pas la mortalité ou les autres critères cliniques de santé.</p>
<p>Alors que le GOLD dit que l&rsquo;e-cigarette est trop incertaine pour être recommandée dans le sevrage tabagique dans les recos ci dessus, la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD010216.pub7/full">Cochrane</a> met à jour sa revue systématique. Les auteurs concluent que l&rsquo;e-cigarette avec nicotine est plus efficace que les substituts nicotiniques avec un bon niveau de certitude et sans nicotine avec un niveau de certitude un peu moindre. Le NNT à 1 an pour obtenir un sevrage est d&rsquo;environ 25 patients pour un risque d&rsquo;effets indésirables sévère correspondant à un NNH de 100 patients. Cependant, les études étaient souvent de petite taille et ne duraient pas plus de 2 ans.</p>
<p>2/ Psychiatrie</p>
<p>Un <a href="https://www.nature.com/articles/s41380-021-01386-6">article</a> a
étudié l&rsquo;efficacité de la gabapentine et de la prégabaline dans diverse
pathologie. Dans le trouble bipolaire, les études étaient trop
hétérogènes pour conclure à un effet thymorégulateur efficace de ces
traitements. Dans l&rsquo;anxiété, ils étaient efficaces, avec des tailles
d&rsquo;effet un peu supérieure sous gabapentine par rapport à la prégabaline.
Enfin, dans l&rsquo;insomnie, ces traitements ne semblaient pas efficaces.</p>
<p>3/ Hépatologie</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2798181">JAMA</a> aborde l&rsquo;hémochromatose. Le diagnostic chez des patients ayant un parent au 1er degré avec hémochromatose héréditaire ou chez ceux présentant une fatigue, des arthralgies ou toute élévation des taux de transaminases et chez les patients présentant une hépatomégalie ou une cardiomyopathie d&rsquo;origine inconnue. Ils proposent un algorithme (qui n&rsquo;a pas été validé en pratique clinique cependant). La prise en charge repose essentiellement sur les saignées avec une cible de ferritine entre 50 et 100 sans anémie. Il est également nécessaire d&rsquo;éviter les supplémentations en vitamine C et de limiter les prises d&rsquo;alcool.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgAwepgM1IhEd32119euNkkuKv2CH136sT1jXIwC7aQNQXJxeIp-od6GO6VtapgxT5Odg6iiwfhCYb86Zgf4fkx6jU0wsLPTrLH8lwBWQZ6oj0EJHAYUkLiBZzfdfP28v2R8hZ-7O45v-cf1kIrRRPDBw4tvgPxQ4HsaJcKia4rRUBC_CS_xK47wGWMkA/s1155/hfe.png"><img src="/images/articles/2022/hfe.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Endocrinologie</p>
<p>L&rsquo;insuffisance surrénalienne liée aux corticoïdes est abordée dans un article du <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2021-065137">BMJ</a>. Le risque augmente à partir de 5mg d&rsquo;équivalent prednisone pris pendant 4 semaine, ou  de 40mg pris pendant  plus de 7 jours ou de cures courtes répétées plus de 3 fois par an. Les symptômes sont une fatigue, des douleurs abdominales, des nausées, une hypotension, de la fièvre, des troubles de conscience, une hyponatrémie, une hypoglycémie, une hyperkaliémie, une anémie normocytaire ou une insuffisance rénale. Les auteurs proposent un diagnostic sur une cortisolémie 9h du matin, à 24h de la prise du dernière. Un dosage supérieur à  350nmol/L permet d&rsquo;exclure le diagnostic.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°375 : DMLA (HAS), opioïdes (recos US), congrès cardio #AHA22 (HTA, insuff. cardiaque, anti-agrégants, omega-3)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/11/dragi-webdo-n375/</link><pubDate>Wed, 16 Nov 2022 10:11:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/11/dragi-webdo-n375/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Douleur</category><category>Ophtalmologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pas mal de cardio cette semaine suite au congrès de la société américaine de cardiologie. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire </p>
<p>Un cardiologue, un généraliste et un endocrinologue ont publié une revue narrative sur les traitements de l&rsquo;HTA dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2798165">JAMA</a>. Certaines interventions permettent une possible réduction des chiffres de PAS:</p>
<ul>
<li>Perte de 5 kg de poids  (5mmHg)</li>
<li>Réduction de 1g/j des apports en sel (3 mmHg)</li>
<li>Augmentation des apports en potassium</li>
<li>Régime méditerranéen (7mmHg)</li>
<li>Activité physique (5mmHg)</li>
<li>Arrêt de la consommation de 2 unités d&rsquo;alcool par jour (5 mmHg)</li>
</ul>
<p>Les auteurs placent une cible tensionnelle inférieure à 130mmHg de PAS
chez les patients de moins de 65 ans, diabétiques ou insuffisant rénaux. Les thiazidiques, inhibiteurs calciques, IEC et ARAII sont des traitements de 1ère intention de l&rsquo;HTA sans qu&rsquo;une classe ne soit particulièrement privilégiée. Cependant, en cas d&rsquo;HTA résistante, ils proposent de switcher l&rsquo;hydrochlorothiazide (courte durée d&rsquo;action) pour un thiazidique-like (indapamide) qui a une durée d&rsquo;action plus longue, avant d&rsquo;ajouter un 4ème traitement : la spironolactone ou l&rsquo;éplérénone.</p>
<p>Après une angioplastie coronaire, la bithérapie antiagrégante est recommandé pour 1 an (en général). Ensuite, une monothérapie par aspirine est recommandée. Une <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.122.062770">étude</a> a comparé la poursuite d&rsquo;une antiagrégation par aspirine versus par clopidogrel. Les patients ont été suivis pendant presque 6 ans, et les patients traités par clopidpgrel avaient moins de récidive d&rsquo;évènements cardiovasculaires thrombotiques (NNT =27) moins de saignements (NNT=63) et moins de saignements majeurs (NNT=77).</p>
<p>On avait parlé de l&rsquo;efficacité de l&rsquo;empagliflozine dans l&rsquo;insuffisance cardiaque à FE préservée. Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2797773">étude</a> médico-économique retrouve que le rapport coût-efficacité en fait un médicament au bénéfice limité. Cependant, le prix par mois pris en considération est de 327$/mois et les auteurs disent qu&rsquo;à 153$/mois, la molécule atteint le bénéfice intermédiaire. Or en France, on est à 39€/mois, soit 10 fois moins que le prix américain. On avait déjà parlé de cette différence de prix France/US <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/10/dragi-webdo-n370.html">ici</a>, alors pour continuer à avoir accès à des médicaments, merci aux politiciens de ne pas détruire notre système de santé.</p>
<p>Reparlons des oméga-3 et notamment de l&rsquo;acide eicosapentaénoïque (EPA) qui avait montré une réduction de mortalité en prévention secondaire dans <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/11/dragi-webdo-n204.html">REDUCE-IT</a> chez les patients avec hypertriglycéridémie. Nous avions dit que d&rsquo;autres études arrivaient et <a href="https://www.acc.org/Latest-in-Cardiology/Clinical-Trials/2022/11/05/03/10/respect-epa">RESPECT-EPA</a> a été présentée en congrès. L&rsquo;EPA était comparée au placebo chez des patients japonais en prévention secondaire sous statine et à 45% diabétiques. Le critère de jugement principal (décès cardiovasculaire, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, angine instable nécessitant une hospitalisation et revascularisation) est survenu chez  10.9% des patients sous EPA et chez 14.9% des patients sous placebo, mais cette différence n&rsquo;était pas significative (p=0.055). Ainsi, selon l&rsquo;analyse stricte, on n&rsquo;est pas proche de la significativité, l&rsquo;analyse est binaire dans les essais randomisés (au contraire des études exploratoires): il n&rsquo;y a pas de différence, et comme on est pas significatif, on ne conclura rien sur les critères secondaires qui devient de fait simplement exploratoires. Donc même s&rsquo;il y avait un peu moins d&rsquo;évènements ischémiques coronarien, il faudrait une nouvelle étude pour confirmer ou infirmer si l&rsquo;EPA a un intérêt.</p>
<p>Un <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(22)02076-1/fulltext">article</a> intéressant concerne la prise en charge post-hospitalisation pour insuffisance cardiaque. Les patients ont été randomisés entre soins courants et traitement intensif à la sortie d&rsquo;hospitalisation, comportant: IEC + bêta-bloquant + inhibiteur de minéralocorticoïdes à demi dose, augmenté à pleine dose 2 semaines après la sortie (selon la tolérance clinique et biologique évalue à 1 et 2 semaines). Ainsi, 50% des patients du groupe traitement étaient à dose maximale contre  5% du groupe contrôle. Le critère de jugement principal (mortalité toute cause ou rémission de l&rsquo;insuffisance cardiaque à 6 mois) survenait moins fréquemment chez les patients du groupe traitement (NNT= 13), mais sans bénéfice sur le critère de mortalité tout cause. Bien qu&rsquo;il y ait plus d&rsquo;évènements indésirables dans le groupe traitement intensif, notamment hypotensions et hyperkaliémie (NNH=9), il n&rsquo;y avait pas de différence sur les effets indésirables sévères. Bref, il semble intéressant de mettre le traitement &ldquo;complet&rdquo; après une hospitalisation pour insuffisance cardiaque et d&rsquo;essayer de titrer jusqu&rsquo;à une dose maximale tolérée.</p>
<p>2/ Douleur</p>
<p>Le <a href="https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/71/rr/rr7103a1.htm">CDC</a> a publié des recommandations concernant la prescription d&rsquo;opioïdes. Ces recommandations sont très concordantes avec celles de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n351.html">HAS</a>. Tout d&rsquo;abord, les auteurs incitent à utiliser des traitements non opioïdes qui sont aussi efficaces que les opioïdes dans la plupart des douleurs aiguës (musculo-squelettiques, post-opératoires, migraines, lithiases&hellip;). Dans les douleurs sub-aiguës ou chroniques, il est préférable de ne pas utiliser d&rsquo;opioïdes. La balance bénéfice risque doit être évaluée avant l&rsquo;introduction, en particulier après  65 ans, en cas de coprescription d&rsquo;une benzodiazépine, de SAOS, d&rsquo;insuffisance rénale ou hépatique. Si le patient est à risque de surdosage, de la naloxone peut être co-prescrite. Quand un opioïde est prescrit, il est recommandé d&rsquo;utiliser des doses d&rsquo;action &ldquo;rapide&rdquo; à faible dose (5-10mg/prise, 20-30mg/j), et de les réévaluer à 14 jours maximum. Quand les bénéfices des traitements opioïdes ne sont plus perçus ou sont dépassés par les risques, une décroissance progressive est recommandée avant d&rsquo;arrêter: une baisse de 10% maximum par mois est proposée chez les patients sous opioïdes depuis plus d&rsquo;un an.</p>
<p>3/ Ophtalmologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3383781/fr/degenerescence-maculaire-liee-a-l-age">HAS</a> publié des recommandations concernant le dépistage de la DMLA. Les principaux facteurs de risque sont le tabagisme, l&rsquo;obésité, les antécédents familiaux de DMLA et une alimentation pauvre en oméga-3. La HAS recommande un dépistage à domicile régulier chez les patients de plus de 50 ans ayant des facteurs de risque grâce à une grille d&rsquo;Amsler (repérant des métamorphopsies) et bénéficier d&rsquo;un examen ophtalmologique tous les 1 à 2 ans. Le dépistage en médecine générale n&rsquo;est malheureusement pas abordé. En cas de signes fonctionnels (métamorphopsies, gêne à la vision nocturne, à la perception des contrastes, une modification des couleurs, un éblouissement, un scotome ou des difficultés à la lecture), un RDV ophtalmologique sous 1 semaine est recommandé. Une fois le diagnostic posé, la prise en charge repose sur le sevrage tabagique, les anti-VEGF dans la DMLA exsudative et la rééducation orthoptique basse vision si besoin dans la DMLA atrophique. Concernant les oligo-éléments, ils ne sont pas recommandés, sauf pour réduire de 25% le risque relatif de bilatéralisation à 5 ans selon l&rsquo;étude AREDS (mais selon le NICE, pas de bénéfice clair). Le zinc et le bêta-carotène ne sont pas recommandés non plus compte tenu de leurs risques de d&rsquo;infections urinaires, d&rsquo;incontinence urinaire et d&rsquo;anémie par carence en cuivre pour le 1er, et de cancer du poumon pour le 2ème. Bref, mieux vaut s&rsquo;en tenir à de bonnes règles hygiéno-diététiques.</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2206443">NEJM</a> publie une étude randomisée chez les patients avec épisode dépressif majeur comparant 3 dosages d&rsquo;une prise unique de psilocybine (des champignons hallucinogènes) : 25mg, 10mg et 1mg. Les patients avaient une récidive d&rsquo;EDM pour 95% d&rsquo;entre eux, étaient en échec de 2 traitement antidépresseur pour l&rsquo;épisode en cours, et 58% avaient une dépression sévère selon le MADRS et 28% selon le Hamilton. Le critère de jugement était la variation du MADRS à 3 semaines, et les patients ayant reçu 25mg avaient une réduction du MADRS supérieure à ceux ayant reçu 1mg (-6.6/60 points). Le taux de rémission à 3 semaines était supérieur avec la psilocybine 25mg (NNT=5), mais il n&rsquo;y avait pas de différence à 3 mois. La dose de 10mg était comparée à celle de 1mg, et il n&rsquo;y avait pas de différence significative. Au total, un traitement qui nécessite encore d&rsquo;être étudié, notamment sur le plan des idées suicidaires suite au traitement pour lesquels une analyse statistique n&rsquo;est pas possible sur ces petits échantillons.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°374 : RGO pédiatrique (recos), réanimation cardio-pulmonaire (recos), pathologies aortiques (recos), AOD, H. Pylori, empagliflozine/IRC, Conspiracy</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/11/dragi-webdo-n374/</link><pubDate>Tue, 08 Nov 2022 21:49:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/11/dragi-webdo-n374/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Néphrologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour ceux qui seraient intéressés (et qui ne seraient pas encore inscrits), il y a toujours possibilité de s&rsquo;inscrire au webinaire gratuit organisé avec
WeLinkCare qui explicitera comment se tenir à jour des articles et
recos et quelle est la méthode utilisée sur ce blog. Il aura lieu le
29/11 de 13h à 13h30: &ldquo;<a href="https://www.welinkcare.com/listing/bibliographie-medicale-au-quotidien-veiller-realiser-et-partager-grace-au-dragi-webdo/">Bibliographie médicale au quotidien : veiller, réaliser et partager grâce au Dragi Webdo</a>&rdquo; (inscriptions <a href="https://www.welinkcare.com/listing/bibliographie-medicale-au-quotidien-veiller-realiser-et-partager-grace-au-dragi-webdo/">ici</a>!). Et maintenant,  voici un nouveau billet d&rsquo;actualités médicales. Nous vous souhaitons une bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Pour venir compléter l&rsquo;article du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/10/dragi-webdo-n372.html">mois dernier</a>, voici une étude de <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-0511">cohorte</a> comparant l&rsquo;efficacité et la tolérance de tous les AOD dans 5 bases de données européennes et américaines. L&rsquo;apixaban présentait un risque de saignement digestif inférieur aux autres anticoagulants oraux, sans différence sur la mortalité ou les évènements thromboemboliques. Quand une dose réduite devait être utilisée ou en cas d&rsquo;insuffisance rénale, l&rsquo;apixaban était également associé à moins d&rsquo;hémorragies digestives.</p>
<p>Un consensus international revient sur la <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIR.0000000000001095">réanimation cardiopulmonaire</a>. Pour en rester à ce qui peut être utile au grand public et en médecine générale, l&rsquo;objectif est de minimiser les pauses dans les compressions, pour que le temps de compressions soit supérieur à 60%. Si la séquence &quot; 30 compressions&quot;-&ldquo;libération des voies aériennes&rdquo;- &quot; 2 ventilations&quot; semble recommandée dans la majorité des cas. Cependant, en cas de réanimation conduite par des professionnels sur un patient avec un arrêt cardiorespiratoire par noyade, il semble préférable de commencer par libérer les voies aérienne et les ventilations avant de faire les compressions.</p>
<p>Des <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIR.0000000000001106">recommandations</a> concernant les pathologies aortiques ont également été publiées. On va passer sur les recos concernant les dissections aortiques et s&rsquo;attarder sur l&rsquo;anévrisme de l&rsquo;aorte abdominale. Les auteurs recommandent un dépistage de l&rsquo;AAA  chez les hommes et les femmes de plus de 65 ans ayant un antécédent d&rsquo;AAA familial ou de tabagisme. En cas d&rsquo;anévrisme, les auteurs recommandent un sevrage tabagique et de traiter la TA dès 130/80. En cas d&rsquo;AAA entre 30 et 39mm, une surveillance échographique tous les 3 ans est recommandée, puis annuellement jusqu&rsquo;à 49mm chez l&rsquo;homme et 44mm chez la femme, et tous les 6 mois pour les plus gros anévrismes. Un AAA de plus de 55mm asymptomatique ou ayant pris  5mm en 1an ou étant responsable de symptômes a une indication chirurgicale.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiH5A50HhAWNxgwGgb2eokTyK27d5fV7kul8CsP718jHyfp4ksuE-nh54qmlmv5HGGUycnjoLgbEVgWdMLmHAL97TTDFEEH70UyMu0LTOSWmrWiL4koquvfC5lqsLDpl2iZMeTt--SvrpwizgJZBEXo1ubLeHcWAdQqviWQ5_yWz9kEbIH2yomHXOrQOw/s978/aaaa.png"><img src="/images/articles/2022/aaaa.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.academie-medecine.fr/quand-le-masque-redevient-necessaire/">Académie de médecine</a> recommande à nouveau l&rsquo;utilisation de masques FFP2 dans les espaces clos pour les patients fragiles et les professionnels de santé au contact de ces patients, et de masques chirurgicaux dans les hôpitaux, centres de soins et transports en commun. Enfin, l&rsquo;utilisation de solutions hydroalcooliques sont toujours recommandées dans les lieux publics. Cette recommandation survient dans un contexte d&rsquo;augmentation importante des syndromes viraux (covid, vrs et grippe).</p>
<p>Au congrès de gastro-entérologie, des recommandations concernant <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3609273?src=soc_tw_221102_mscpfr_news_mdscp_helicobacter&amp;faf=1">Helicobacter pylori</a> ont été proposées. Concernant le dépistage, les auteurs proposent de dépister les patients les patients de moins de 50 ans avec une dyspepsie et sans signe d&rsquo;alarme pour pouvoir les traiter directement sans recours à une endoscopie. Après 50 ans, une endoscopie reste recommandée. Pour l&rsquo;éradication, les auteurs recommandent la quadrithérapie bismuthée pour 14 jours au lieu de 10 jours, en 1ère intention.</p>
<p>3/ Néphrologie</p>
<p>Une des études attendues en néphrologie était <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2204233">EMPA-Kidney</a> évaluant l&rsquo;efficacité de l&rsquo;empagliflozine chez les patients avec un DFG entre 20 et 45ml/min ou entre 45 et 90ml/min avec une RAC &gt; 200mg/g. Notons que 50% étaient diabétiques et que  73% étaient en prévention primaire. Après plus de 2 ans de suivi, le critère composite (dégradation rénale et mortalité cardiovasculaires) était moins fréquent dans le groupe empagliflozine que dans le groupe placebo (NNT=  48 patients par an). Cependant, il n&rsquo;y avait pas de réduction des évènements cardiovasculaires seuls ni de la mortalité globale (que la dapagliflozine avait réussi à améliorer dans <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2024816">DAPA-CKD</a>)</p>
<p>On se pose parfois la question de la poursuite ou de l&rsquo;arrêt des IEC chez les patients avec une insuffisance rénale sévère. Cet <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2210639">essai randomisé</a> chez des patients avec un DFG &lt; 30ml/min a évalué l&rsquo;arrêt ou la poursuite des IEC et ARAII à 3 ans. Les auteurs ne retrouvent pas de différence de DFG entre les 2 groupes, ni d&rsquo;insuffisance rénale terminale, ni de mortalité globale. Ainsi, on pourrait se dire que ces traitements ne sont pas utiles, mais il semblerait que le bénéfice cardiovasculaire, non évalué ici, fasse pencher la balance vers une poursuite du traitement comme nous l&rsquo;avions vu [ici](<a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/11/L'efficacit">https://www.medicalement-geek.com/2022/11/L'efficacit</a>é des IEC pour réduire la mortalité et le déclin rénal est bien connu. Mais cette étude s&rsquo;est intéressée au bénéfice de la poursuite des IEC en cas d&rsquo;insuffisance rénale sévère (DFG estimé &lt; 30mL/min). Les auteurs retrouvent une moindre mortalité à 5 ans chez les patients pour qui l&rsquo;IEC a été poursuivi (NNT= 18!) notamment lié à une réduction des évènements cardiovasculaires et sans majoration de la progression vers l&rsquo;insuffisance rénale terminale. ).</p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>La <a href="https://cps.ca/fr/documents/position/reflux-gastro-sophagien-chez-les-nourrissons-en-sante">société canadienne de pédiatrie</a> a publié une synthèse concernant la prise en charge du reflux gastro-œsophagien du nourrisson. Les auteurs retrouvent que 20% des nourrissons de 1 mois régurgitent ou vomissent régulièrement et atteignent  40% à 3 mois. Chez un nourrisson avec une bonne croissance, les traitements sont peu susceptibles d&rsquo;améliorer les symptômes, et il y a souvent un traitement par excès. Les laits épaissis peuvent être testés sur 2 semaines; ils réduisent le nombre de vomissements et améliorent la prise de poids. L&rsquo;éviction des protéines de lait de vache ne &ldquo;fonctionnera&rdquo; que chez les rares enfants ayant une APLV qui se manifeste par des symptômes proches du RGO. Le traitement &ldquo;positionnel&rdquo; (décubitus latéral ou surélévation de tête) n&rsquo;est pas conseillé car peu probant et il faut privilégier le couchage sur le dos pour réduire le risque de mort subite. Les traitements anti-acides sont une option chez les enfants avec des signes d’œsophagite (hématémèse, difficulté à s&rsquo;alimenter ou retard de croissance). Ils s&rsquo;introduisent à faible dose pour 4 à 8 semaines avant d&rsquo;être réévalués. Leur utilisation par excès peut favoriser des infections pulmonaires et gastro-intestinales ainsi que les fractures. Enfin, les prokinétiques n&rsquo;ont pas montré de bénéfice pour des risques neurologiques et cardiologiques connus.</p>
<p>5/ Pneumologie</p>
<p>La BPCO est de plus en plus décrite comme une maladie systémique ne se limitant pas à une atteinte pulmonaire, et certains traitements &ldquo;non pulmonaires&rdquo; pourraient améliorer la fonction pulmonaire de façon complémentaire. Une étude de cohorte du <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2022-071380">BMJ</a> retrouve que les patients diabétiques traités par analogues du GLP-1 ou inhibiteurs de SGLT-2 avaient un risque d&rsquo;exacerbation de BPCO sévères plus faible que ceux traités par sulfamides avec un NNT de 67 patients par an. Cet effet n&rsquo;était pas retrouvé avec les inhibiteurs de DPP-4.</p>
<p>6/ Le jeu du mois : Conspiracy</p>
<p>Conspiracy est un jeu qui se déroule dans l&rsquo;univers d&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/01/dragi-webdo-n210.html">Abyss</a>. Ce spin-off est un jeu de cartes dans lequel chaque joueur doit sélectionner des seigneurs (cartes) et les disposer devant lui pour former progressivement une pyramide. Pour cela, il faut piocher 1 à 3 seigneurs pour en inclure 1 dans sa pyramide à chaque tour, les autres étant laissés visibles pour être pris par les autres joueurs. Il faudra donc essayer de ne pas trop créer d&rsquo;ouvertures pour ses adversaires tout en essayant de récupérer des seigneurs &ldquo;intéressants&rdquo;. L&rsquo;influence des seigneurs et leur agencement dans la pyramide en fonction de leur guilde (couleur) permettront de marquer des points de victoire. A cette simple mécanique, on ajoute quelques pouvoirs spécifiques et la possibilité de découvrir des lieux qui apportent également des points de victoire. Bref, un jeu court (environ 30min), facilement transportable et immersif qui devrait plaire aussi bien aux joueurs débutants qu&rsquo;aux plus expérimentés.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjFgyzQyWvWwFubSxBzGvmBAQ3eFB2DfNMnGHA0C6jZqBO_dTETvEqXT9-mMPhc2mYvt19JEb4Clxi1hewNHUp1LQ0vnE8wZxefYTbX7w9IqjPfpUjz5vC2PMjBzZhZv2WpXiUAMqOKifczQ33t0R6RstmBSvEZ4cla3nM88ZRKT4FVvNstd4ZqF7JbDA/s4000/20220526_102336.jpg"><img src="/images/articles/2022/20220526-102336.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°373 : Hypercalcémie, Ménopause (recos US), exercice médical (bilan, évènements liés aux soins, déserts médicaux), IPP, horaire de prise des antihypertenseurs</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/10/dragi-webdo-n373/</link><pubDate>Sun, 30 Oct 2022 22:42:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/10/dragi-webdo-n373/</guid><category>Médecine générale</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Gynécologie</category><category>Néphrologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour !  Voici un court billet pour finir le mois, bonne lecture !</p>
<p>1/ Exercice médical</p>
<p>Introduisons ce billet par un article du <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2022-070698.full##">BMJ</a> qui
parle de réduire les bilans de routine dans les services hospitaliers
car associé à critères négatifs tels qu&rsquo;une augmentation des durées de
séjour, des anémies induites, à soins et des couts non nécessaires
(150£/patient environ).</p>
<p>Un <a href="https://qualitysafety.bmj.com/content/31/11/806">article</a> incluant 6000 patients de  4 ans en moyenne aux urgences pédiatrique, retrouve que  3% d&rsquo;entre eux ont eu un évènement indésirable associé aux soins, majoritairement lié à un problème de diagnostic ou de prise en charge. Parmi eux, 12% ont du être hospitalisés et 1,6% ont été hospitalisés en soins intensifs. Il est intéressant de travailler sur les évènements associés aux soins, notamment en cette période où les équipes fatiguent pour mieux les prévenir. Dans cette étude, il y avait  75% de ces évènements qui étaient évitables.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2022/10/22.10.24-Communique-Deserts-medicaux.pdf">académie de médecine</a> a communiqué des recommandations pour les déserts médicaux. La 1ère mesure repose sur un service civique obligatoire de 1 an pour tout nouveau médecin, dans le cadre d&rsquo;un salariat (peut être qu&rsquo;ils espèrent que les médecins resteront sur place&hellip; mais changer de médecin tous les ans, c&rsquo;est pas top niveau coordination des soins). Les autres mesures sont adaptées: réduire l&rsquo;administratif, favoriser l&rsquo;installation précoce, l&rsquo;absence de coercition en phase de consolidation (mais y&rsquo;a le service civique qui remplacerai en fait&hellip;) et information/éducation de la population au &ldquo;bon usage&rdquo; du système de santé.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>L&rsquo;étude <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(22)01786-X/fulltext">TIME</a> dont on avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/08/dragi-webdo-n364.html">ici</a> à propos de la prise vespérale des antihypertenseurs été publiée. En effet, les 20 000 patients hypertendus ont été randomisés entre prise de l&rsquo;ensemble des comprimés entre 8h et 10h ou entre 20h et 0h (sauf si diurétique qui pouvaient être pris à partir de 18h). Les chiffres tensionnels le matin étaient un peu plus faible après une prise le soir et ceux du soir un peu plus faible après une prise le matin (1mmHg de différence&hellip;) . Il n&rsquo;y avait pas de différence sur les critères de jugement cardiovasculaires après 5 ans de suivi. Cependant, lors d&rsquo;une prise le soir, il y avait un peu moins de sensation de malaise, de douleurs abdominales, de diarrhées et de myalgies, et un peu plus de mictions diurnes ou nocturnes, et &ldquo;d&rsquo;autres effets indésirables non spécifiées&rdquo;.</p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2021-069211##">BMJ</a> aborde la réduction des inhibiteurs de la pompe à proton (IPP) prescrits de façon prolongée et inutile. La durée maximale recommandée de prescription est de 8 semaines en dehors d&rsquo;indications particulières: œsophage de Barett, AINS au long cours quand le risque hémorragique est au moins modéré, œsophagite sévère, hémorragie sur ulcère gastro-duodénal documentée, Zollinger Ellison et patient avec dyspepsie et échec d&rsquo;arrêt. Les stratégies possibles pour réduire sont un arrêt progressif, une poursuite à plus faible dose, une prise à la demande, un switch thérapeutique ou un arrêt brutal. Il y a un risque d&rsquo;effet rebond après l&rsquo;arrêt dont il faut prévenir le patient. Les RHD sont également à conseiller, selon les auteurs : sevrage tabagique, perte de poids,  pas de repas 3h avant le coucher, éviter alcool/caféine, élever la tête du lit&hellip;</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>La société savante Nord-Américaines sur la ménopause avait publié des <a href="https://www.menopause.org/docs/default-source/professional/nams-2022-hormone-therapy-position-statement.pdf">recommandations</a> et sont reprise dans un article du <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2213858722002856">Lancet Endocrinology</a>. Avec un niveau de preuve I, les auteurs retrouvent que le THM est le traitement de référence des troubles vasomoteurs de la ménopause et que les progestatifs sont requis pour contrer les effets indésirables des oestrogènes sur l&rsquo;endomètre. En cas de symptômes génitaux un traitement vaginal est à préférer devant le traitement systémique et ne nécessite a priori pas de progestatifs. Le traitement hormonal réduit la perte de densité osseuse, le risque de fracture et le risque de diabète. Avant 60 ans ou dans les 10 premières années de ménopause chez des patients avec troubles vasomoteur, le THM est à considérer car les bénéfices en termes de coronaropathie et de mortalité toute cause sont supérieurs aux risques de cancers du sein, d&rsquo;AVC et de thrombose veineuses.</p>
<p>5/ Néphrologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2797565">JAMA</a> publie un article sur l&rsquo;hypercalcémie. Les 2 principales causes sont l&rsquo;hyperparathyroïdie primitive et les
néoplasies, puis on trouve la iatrogénie (thiazidiques, calcium, vitamine D, vitamine A&hellip;) et les autres causes (sarcoïdose, phéochromocytome, acromécalie&hellip;) . L&rsquo;hypercalcémie modérée est définie comme une hypercalcémie inférieure à  3.0mmol/L, et est généralement asymptomatique (éventuellement constipation ou fatigue). La calcémie corrigée par l&rsquo;albumine est généralement suffisante pour une évaluation du calcium, mais un dosage du calcium ionisé peut être nécessaire en cas d&rsquo;insuffisance rénale ou de trouble acido-basique). Le dosage de la PTH permettra généralement d&rsquo;orienter vers une cause. Le traitement (en dehors de l&rsquo;urgence de l&rsquo;hypercalcémie sévère) et généralement étiologique (chirurgical si HPTP). Des bisphosphonates peuvent être proposés pour un traitement symptomatique.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiYwnIi9Bn7KZyqmGUDPALPRPJY-5Jx7Z6p0JsWKOdsemE4K3CHX3ilsuqiET8l2qtP2VDoCarz7dFk9HR8VoZttoeCO55D89sTHdAnLEzvd4zZUZ4pipiC_mvzy3U4L_jS1KL9THKxsTyaTiV43Kr7iVzjMf7lUH46Tyz4W-0lW-aFLDbsHjP0rpqqNw/s1955/hypercalc%C3%A9mie.png"><img src="/images/articles/2022/hypercalc-c3-a9mie.png" alt=""></a></p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°372 : pathologies de l'épaule (recos danoises), symptômes ménopause (CNGOF), brulûres, gynécomastie, dysphagie, iatrogénie (opioïdes, iSGLT2, AOD), coroscanner</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/10/dragi-webdo-n372/</link><pubDate>Mon, 24 Oct 2022 00:01:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/10/dragi-webdo-n372/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Dermatologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour , voici les actualités de la semaine ! Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;étude <a href="https://www.rfcrpv.fr/etude-iatrostat/">IATROSTAT</a> s&rsquo;intéressait aux hospitalisations pour effet indésirable médicamenteux  (EIM) en France. Les auteurs retrouvent que  8.5% des hospitalisations seraient liées à un EIM et parmi eux, 1,3% seraient mortels. Les principaux EIM sont des troubles digestifs, hématologiques et néphrologiques causés majoritairement par des traitements anticancéreux, des anticoagulants ou antiagrégants et des psychotropes.</p>
<p>Une <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/doi/10.2337/dc22-1174/147692/Sodium-Glucose-Cotransporter-2-Inhibitors-and-the">étude</a> a étudié le risque de cancer de la vessie chez les patients traités par iSGLT2 en faisant une comparaison avec ceux sous iDPP-4 et aGLP-1. Après un suivi d&rsquo;environ 2 ans, les iSGLT2 ne semblaient pas associés à une augmentation de ce risque. Tant mieux !</p>
<p>Un article d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-2162">Annals of internal medicine</a> revient sur l&rsquo;efficacité des opioïdes pour douleurs musculo-squelettiques aux urgences. Ils sont statistiquement mais pas cliniquement plus efficace que le paracétamol et sont aussi efficaces que les AINS. Les données concernant leur tolérance sont hétérogènes mais ils semblait y avoir plus d&rsquo;effets indésirables avec les opioïdes par rapport aux AINS, au paracétamol et au placebo.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une nouvelle <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-0318">étude</a> a comparé l&rsquo;efficacité et la tolérance du rivaroxaban et de l&rsquo;apixaban chez 20 000 patients traités pour FA à partir d&rsquo;une base de données d’assurance maladie. Les patients traités par apixaban avaient un risque absolu d&rsquo;AVC ou d&rsquo;embolie réduit significativement de 1,1% (NNT=91 patients par an) et un risque absolu d&rsquo;hémorragie également réduit de 1,2% (NNT=84 patients par an). Donc une fois encore, laissons tomber le rivaroxaban au profit de l&rsquo;apixaban (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/04/dragi-webdo-n264.html">ici</a>)</p>
<p>Voici un article du <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2022-071133##">BMJ</a> qui expose un essai randomisé comparant le coroscanner et la coronarographie en examen de 1ère intention chez des patients avec douleur thoracique stable évocatrice de coronaropathie stable. 3500 patients ont été inclus et suivis pendant 3,5 ans. Il n&rsquo;y avait pas différence entre les 2 groupes sur la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires ou sur les complications liées aux procédures. Dans l&rsquo;analyse de sous-groupes, les auteurs retrouvent moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires chez les hommes ayant passé le coroscanner et moins d&rsquo;effets indésirables des procédure chez les femmes ayant passé le coroscanner; pas sûr qu&rsquo;on en tire grand chose&hellip; Mais cette étude tend à favoriser le coroscanner en tant qu&rsquo;examen de 1ère intention devant une douleur thoracique. Ce qui est étonnant c&rsquo;est de le comparer à la coronarographie qui n&rsquo;est pas l&rsquo;examen de 1ère intention non plus, car le diagnostic de coronaropathie stable est posé sur un coroscanner ou un test d&rsquo;effort fonctionnel voire une épreuve d&rsquo;effort d&rsquo;après l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/09/dragi-webdo-n236.html">ESC</a>. Donc l&rsquo;étude confirme juste de ne pas commencer une exploration de douleur thoracique stable par une coronarographie.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Il y avait eu des recommandations de la <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2468718921000775">CNGOF</a> concernant la prise en charge des symptômes génito-urinaires post-ménopausiques. Les lubrifiants-hydratants parfois avec acide hyaluronique sont recommandé en 1ère intention car ils diminuent les symptômes. En 2ème intention, les oestrogènes par voie locale sont proposés car ils ont moins d&rsquo;effets indésirables que le traitement oral. La testostérone, la tibolone et la DHEA n&rsquo;ont pas de niveau de preuve suffisant. Quelques tableaux pour avoir une idée des produits existants:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhsHrODyKNwhOGSIG8mjrdokzDqN1cqmxHEPt2EHwuyxzJbNEhQTuB3EQI7N1zAJks1NoEBZmE8C5eKrFsp58FPhOrAys2wxn4e0rzAn6V5FspXreQmRCzoJRjWmd2QESl7FAOCirYa1LmmfoAWPB7srigt3FWyEkDwdDoRH5hxunxHS0n28WpgTTDGMQ/s1647/gyn%C3%A9co.png"><img src="/images/articles/2022/gyn-c3-a9co.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Dermatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2021-068812">BMJ</a> aborde les brulures de petite taille, c&rsquo;est-à-dire, de moins de 2% se surface corporelle chez l&rsquo;enfant et 3% chez l&rsquo;adulte (1 paume de main faisant 1% et en ne comptant pas dans la surface brulée les zones érythémateuses sans phlyctène ou perte de substance). Les red flags des brulures non accidentelles sont à rechercher (histoire peu claire ou peu compatible avec l&rsquo;examen, brulures ayant la forme d&rsquo;un objet, parties du corps non exposées, retard à la consultation et la présence d&rsquo;autres blessures). Les brulures étendues, circonférentielles, infectées, de 3ème degré, celles concernant la face, les mains et les parties génitales, les brulures chimiques, électriques, par friction et par le froid et les brulures persistantes depuis plus de 2 semaines nécessitent un avis spécialisé. En premier lieu, refroidir la brulure à l&rsquo;eau tiède pendant 20minutes est une mesure efficace dans les 3 heures suivant la blessure. Il faut également retirer les bijoux du membre concerné. Une crème hydratante est généralement suffisante, mais pour le visage de la vaseline, des hydrogels ou des pommades antibiotiques peuvent être utilisées. Pour les blessures de 2eme degré, les auteurs proposent de nettoyer la blessure avec de la chlorexidine diluée, de retirer les phlyctènes rompues et de ne pas retirer celles intactes de moins de 6mm. Le pansement recommandé comporte un pansement primaire non adhérent (type tulle gras) idéalement avec des propriétés antibiotiques (bacitracine par exemple) et un pansement secondaire absorbant l&rsquo;exsudat. La flammazine est à éviter sur les brûlures en l&rsquo;absence de signes d&rsquo;infection.</p>
<p>5/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2021-069771##">BMJ</a> propose un article concernant la prise en charge des gynécomasties. Elles sont généralement physiologiques chez les nouveau-nés, à l&rsquo;adolescence (régression spontanée chez 90% des ados) et parfois chez le sujet âgé. Un quart d&rsquo;entre elles sont physiologiques et un quart iatrogènes. La consommation l&rsquo;alcool, d&rsquo;aliments à base de soja, de lavande et d&rsquo;huile d&rsquo;arbre à thé est à rechercher. La liste des médicaments impliqués est longue (spironolactone, kétoconazole, métronidazole, finastéride, anti-androgènes, analogues de la GnRH, IPP, anti-histaminiques, benzodiazépines, antirétroviraux, neuroleptiques, métoclopramide, chimiothérapies, antidépresseurs tricycliques, opioïdes, amiodarone, digoxine, IEC et inhibiteurs calciques) et leur arrêt permet une résolution de la gynécomastie. L&rsquo;examen clinique permet de différencier la gynécomastie de l&rsquo;adipomastie: en attrapant juste sous l&rsquo;aréole entre le pouce et l&rsquo;index, ils se touchent en cas d&rsquo;adipomastie mais pas en cas de gynécomastie car du tissu glandulaire (disque ferme d&rsquo;au moins 2cm) s&rsquo;est développé. L&rsquo;examen recherche un cancer du sein, une hypotrophie ou masse testiculaire, des signes d&rsquo;hyperthyroïdie, d&rsquo;insuffisance rénale ou hépatocellulaire. Un bilan est indiqué en cas de gynécomastie importante rapidement, de gynécomastie récente chez l&rsquo;homme maigre de plus de 20 ans, de gynécomastie persistante douloureuse (&gt;6mois), et chez l&rsquo;adolescent si elle est massive ou persistant plus de 18-24 mois.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjtmpFqvz4fqHLPsTboS1o1iGcr8WiubU4zXckZ7swRfgbql05G-cdVBfBYZ3mxWPT1XHK2qRpP4AAoEgEjvasvFIV1XhHDCe5zs4mvmwTnLDIjIv_au2bqL683BUBh8bAS29ws0t5FjsYTJvcjqHRQ0Rn5KWl7YgwnEun1uBeg5J6Ahw9eqcGI__qyuA/s738/gyn%C3%A9comastie.png"><img src="/images/articles/2022/gyn-c3-a9comastie.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Gastro-entérologie</p>
<p>Les dysphagies sont abordées dans le <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2021-067347##">BMJ</a>. L&rsquo;enjeu est d&rsquo;arriver à repérer les red flags d&rsquo;une part pour les cancers ORL ( voix rauque/gonflement/ulcère/dysphagie persistant plus de 3 mois, otalgie prolongée, sensation de masse avec sang dans la bouche, masse cervicale) et d&rsquo;autre part pour les cancer de l’œsophage nécessitant un avis sous 15 jours (dysphagie, âge &gt; 55 ans avec perte de poids ou douleur abdominale/dyspepsie/reflux). Des symptômes ORL intermittents sont des éléments rassurants concernant le risque de cancer ORL. Un bilan comprenant NFS, ionogramme, créatininémie et bilan hépatique peut permettre de gagner du temps, tout comme un TDM-TAP en cas amaigrissement chez un patient avec symptômes digestifs.</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2208375">NEJM</a> parle de la coloscopie en dépistage du CCR. Cet essai randomisé comparait donc une coloscopie et l&rsquo;absence de dépistage chez 80 000 patients de plus de 55 ans entre 2009 et 2014. Les auteurs retrouvent une diminution du risque de cancer (nombre de patient à dépister:  455 pendant 10ans) sans diminution de la mortalité par cancer ni de la mortalité globale. Il faudrait voir pourquoi la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/10/dragi-webdo-n371.html">sigmoïdoscopie</a> marchait mieux dans l&rsquo;article de la semaine dernière, mais c&rsquo;est probablement parce que les 2 études ne concernent pas des patients suivis à la même époque, l&rsquo;étude sur les sigmoïdoscopie incluant des patients dans les années 1990. Bref, le test immunologique a l&rsquo;air plutôt adapté au vu de toutes ces données</p>
<p>7/ Rhumatologie</p>
<p>Merci à  @NoSuperDoc pour cet article de recommandations danoises du <a href="https://bjsm.bmj.com/content/early/2022/10/19/bjsports-2022-105674">BJSM</a> abordant les blessures de l&rsquo;épaule du sportif. Concernant les conflits sous acromiaux, les tests &ldquo;habituels&rdquo; (Neer, Jobe etc&hellip;) sont peu performants avec des rapport de vraisemblance positif et négatifs de 2,9 et 0,3. Concernant l&rsquo;instabilité antérieure, les RV+ et RV- du test d’appréhension sont de  17 et 0.4, et sont améliorés quand la manœuvre est combinée avec un test de recentrage (40 et 0.2). Sur le plan thérapeutique, une rééducation active semble plus efficace qu&rsquo;une rééducation passive pour réduire la douleur et améliorer la fonction.</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°371 : topiramate (ANSM), dépression et adolescents (USPSTF), acromégalie, migraines chroniques, Covid long, sigmoïdoscopie/CCR, acide folique/suicide</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/10/dragi-webdo-n371/</link><pubDate>Sun, 16 Oct 2022 22:10:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/10/dragi-webdo-n371/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Neurologie</category><category>Oncologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici, sans plus attendre, les actualités de la semaine. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Le topiramate est connu pour être <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/04/dragi-webdo-n225.html">tératogène</a>. L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/informations-de-securite/medicaments-contenant-du-topiramate-epitomax-et-generiques-modification-des-conditions-de-prescription-et-de-delivrance">ANSM</a> vient de modifier ses conditions de prescription en restreignant donc la prescription initiale aux neurologues et aux pédiatres pour protéger les patients des généralistes qui prescrivent  ces traitements pendant la grossesse. Cette prescription doit s&rsquo;accompagner d&rsquo;un accord de soins signé par la patiente et le prescripteur de façon annuel. Donc tant pis pour les pour les patientes et patients qui auraient besoin d&rsquo;un traitement de fond de la migraine de 2eme intention après échec des bêta-bloquants, on devra se passer de cette classe ou adresser aux neurologues&hellip; Le carnet d&rsquo;information signé aurait probablement suffi en laissant aux généralistes le droit de prescrire.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2796902">JAMA</a> a publié un essai de non infériorité incluant des patients ayant eu une angioplastie coronaire randomisé en : inhibiteur de P2Y12 seul (clopidogrel, ticagrelor ou prasugrel) après 3 mois de double antiagrégation ou poursuite de la double antiagrégation (aspirine+ inhibiteur de P2Y12) pendant 12 mois comme recommandé actuellement. Les auteurs retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de différence entre les 2 groupes concernant la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaire mais qu&rsquo;il y avait une augmentation du risque de saignement en cas de double antiagrégation prolongée. On verra comment les prochaines recos intègrent cette étude&hellip;</p>
<p>3/COVID-19</p>
<p>Le BMJ et le JAMA ont publié 2 études intéressantes sur le Covid long. Le <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2022-071050">BMJ</a> a publié une étude dans laquelle 50 000 patients atteint de Covid ont été invités à répondre, mais il n&rsquo;y a eu que 24% de répondeurs. Parmi les répondeurs, il y avait 28% des patients avec des symptômes prolongés persistants (notamment du domaine de la fatigue, des troubles neuro-cognitifs et des douleurs thoraciques). C&rsquo;est beaucoup. Mais les auteurs sont conscients du biais de recrutement, et en considérant que tous les non répondeurs n&rsquo;aient pas de symptômes prolongés, ils concluent qu&rsquo;il y a au moins 6.5% de patients avec un Covid long. De son coté, le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2797443?guestAccessKey=93d9ef1f-a36d-4bb6-8239-639740037f1f&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jama&amp;utm_term=7848331462&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=185010792">JAMA</a> a inclus des patients provenant de 54 études et de 2 bases de données soit un peu plus d&rsquo;un million de patients ayant eu le Covid. Dans ces données,  6.2% des patients avaient au moins 1 type de symptôme de covid long à 3 mois. On est donc très proche du chiffre &ldquo;bas&rdquo; de l&rsquo;étude du BMJ considérant que les non répondeurs ne répondaient pas car ils n&rsquo;avaient plus de symptômes, et ces 2 résultats sont donc très cohérents. L&rsquo;étude du JAMA a permis de suivre ces patients et retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus que  0.9% des patients ayant toujours des symptômes de Covid après 1 an, c&rsquo;est encourageant !</p>
<p>3/ Neurologie</p>
<p>On en parlait un peu au-dessus, le <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2021-067670">BMJ</a> publie une revue concernant la prise en charge des migraines chroniques, c&rsquo;est à dire ayant des céphalées migraineuses plus de 15 jours par mois. Tout d&rsquo;abord, les signes de céphalées secondaires doivent être recherchés pour conduire à un bilan si besoin. La prise en charge passe par des règles hygiéno-diététiques e selon l&rsquo;acronyme &ldquo;SEEDS&rdquo; : Sleep, Exercise (parfois ça évite les migraines, parfois ça les déclenche), Eat (alcool et caféine sont des facteurs de risque), Diary, Stress. Quand un traitement pharmacologique est entrepris, l&rsquo;efficacité s&rsquo;évalue après 12 semaines et vise à obtenir une baisse de  30 à 50% du nombre de migraines, une amélioration de leur intensité, une amélioration de la qualité de vie et une amélioration de la réponse aux traitements de crise. Les traitements de fond sont notamment l&rsquo;amitriptyline (débuter à 10mg et augmenter de 10mg/semaine), le topiramate (débuter à 25mg et augmenter de 25mg par semaine, quand on a le droit de le prescrire, hein), le propranolol (40 à 240mg/j en 2 ou 3 prises ou en utilisant les formes LP), le candesartan et le telmisartan, la flunarizine (inhibiteur calcique donnant des dépressions et des syndromes extrapyramidaux, uniquement recommandé en France&hellip;) et les autres sont vraiment trop spécialisés mais qui semblent avoir un bon niveau de preuve: les anticorps monoclonaux anti-CGRP et la toxine botulique.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgMLeuk1XK2K4Z9VVm1-_SrryB5HIsIMFwZw3_9LM1yevui36ZLHHLpvpCcRdcqmlosc2Dh9RCcmc9r2RU3evEz5F7uujIWV304pSNWBza45Z_0IA3WjcuRty4FSWtdtPNkLhZibezue6ZNAhFcfCiIaEt64RbeqRn1Z8OWsu3a09fQxMZDD_SjzTd16g/s2000/migraine.png"><img src="/images/articles/2022/migraine.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Cet article d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-0835">Annals of internal medicine</a> parle de la sigmoïdoscopie. En effet, après 15 ans de suivi et <em>versus</em> soins courants, avoir une sigmoïdoscopie unique diminue le risque de cancer du colon de 21% (RAR: 5 pour 1000), de mortalité par cancer du colon de 20% ( (RAR: 1,4 pour 1000) et de mortalité toute cause de 2% (RAR: 3 pour 1000). Pour chaque critère de jugement le résultat était surtout porté par le dépistage chez les hommes. Donc, faudrait il faire des sigmoïdoscopies chez tous les patients? Le principal problème de ces études, est que les périodes d&rsquo;études datent des années  1990 à 2000, alors qu&rsquo;aucun des pays les ayant conduit n&rsquo;avait de dépistage par test fécal en place. Les patients ont néanmoins été suivis pendant 15 ans environ. Les recommandations américaines sont de proposer, au choix du patients, une coloscopie tous les 10 ans, une sigmoïdoscopie tous les 5 ans ou un test fécal tous les 2-3 ans. Ces 3 options semblent acceptables, malgré certains risques peut-être plus élevés avec les gestes invasifs (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/10/dragi-webdo-n240.html">ici</a>).</p>
<p>5/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(22)00244-3/fulltext">Lancet</a> a publié un article concernant la prise en charge de l&rsquo;acromégalie. Elle est suspectée devant des symptômes clinique : élargissement des extrémités, prognathisme, crêtes supra-orbitaires proéminentes, macroglossie, HVG et insuffisance cardiaque, HTA, céphalées, diabètes, SAOS, arthrose, hyperhydrose et molluscum pendullum. Un dosage de l&rsquo;IGF-1 est alors indiquée. Si elle est basse, le diagnostic est exclu; si elle est très élevée, le diagnostic est confirmé et une IRM cérébrale est indiquée; enfin, si elle est modérément élevée, un test de freinage au glucose est indiqué (75g de glucose, et dosage de l&rsquo;IGF1 toutes les 30min pendant 2 heures). Sur le plan thérapeutique, la chirurgie est généralement le traitement de 1ère intention, l&rsquo;octréotide et la cabergoline sont parfois des options médicamenteuses.</p>
<p>6/ Psychiatrie</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/fullarticle/2796907?guestAccessKey=df649546-ee8a-4b5c-b5e5-aae19562203a&amp;utm_source=For_The_Media&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=ftm_links&amp;utm_content=tfl&amp;utm_term=092822">JAMA Psychiatry</a> a étudié l&rsquo;association entre prescription d&rsquo;acide folique et suicide. Les auteurs retrouvent, dans une étude de cohorte, que les patients prenant de l&rsquo;acide folique avaient un risque suicidaire moindre que ceux n&rsquo;en prenant pas. Les auteurs ont aussi comparé le risque suicidaire chez les patients prenant de la vitamine B12 pour avoir un &ldquo;contrôle&rdquo;, et il n&rsquo;y avait pas de différence de risque de suicide chez ces patients. Ainsi, il faudrait un essai randomisé pour savoir si l&rsquo;acide folique réduit le risque de suicide. L&rsquo;introduction de l&rsquo;article est intéressante, car les auteurs citent une précédente étude retrouvant que l&rsquo;alprazolam était un des traitements associés à une augmentation des suicides et que la mirtazapine, l&rsquo;hydroxyzine, le disulfiram, la naltrexone et l&rsquo;acide folique étaient associé à une baisse de suicides.</p>
<p>Enfin, l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2797145?guestAccessKey=cd32260c-eba7-4ece-af92-9162dfcbfd44&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jama&amp;utm_term=7858034059&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=185165770">USPSTF</a> recommande de dépister la dépression chez les adolescents de 11 à 18 ans, en abordant notamment les antécédents personnels et familiaux, les violences, les évènements traumatisants, le stress et les problèmes relationnels, car une prise en charge précoce peut réduire le risque de suicide. Cependant, il est un peu étonnant que la revue systématique que l&rsquo;USPSTF a effectuée n&rsquo;ait pas retrouvé le <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31058453/">BITS test</a>&hellip;</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°370 : diabète et MRC (recos), cancer ORL (recos), fer/vitamine D (HCSP), embolie pulmonaire, iSGLT2/aGLP1, hyponatrémie, drogues, violences</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/10/dragi-webdo-n370/</link><pubDate>Sun, 09 Oct 2022 21:41:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/10/dragi-webdo-n370/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Néphrologie</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Introduisons ce billet par un article du <a href="https://www.bmj.com/content/378/bmj-2021-069043">BMJ</a> parlant de la coercition reproductive. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;ensemble des comportements pouvant favoriser ou empêcher une grossesse sans respecter les désirs de la personne et 8 à  30% des femmes ont déjà été victime de ces comportements. Cela englobe les comportements du/de la partenaire mais aussi de l’entourage qui peuvent exercer des pressions. Les personnes victimes de coercition reproductive sont souvent également victimes de violences conjugales.</p>
<p>Vous pouvez toujours vous inscrire au Webinaire gratuit organisé avec WeLinkCare qui explicitera comment se tenir à jour des articles et recos et quelle est la méthode utilisée sur ce blog, et qui aura lieu le 29/11 de 13h à 13h30: &ldquo;<a href="https://www.welinkcare.com/listing/bibliographie-medicale-au-quotidien-veiller-realiser-et-partager-grace-au-dragi-webdo/">Bibliographie médicale au quotidien : veiller, réaliser et partager grâce au Dragi Webdo</a>&rdquo; (inscriptions <a href="https://www.welinkcare.com/listing/bibliographie-medicale-au-quotidien-veiller-realiser-et-partager-grace-au-dragi-webdo/">ici</a>!) Voici les autres actualités, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>De façon concordante avec ce que nous avions décrit <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n331.html">ici</a>,  une nouvelle <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2797101">étude</a> de cohorte incluant  145 000 enfants exposés à des antidépresseurs pendant la grossesse et  3 millions d&rsquo;enfants non exposés ne met pas en évidence d&rsquo;association entre l&rsquo;exposition aux antidépresseurs durant la grossesse et la survenue de trouble du neurodéveloppement, d&rsquo;autisme, de TDAH, de déficit intellectuel, de trouble du comportement ou de trouble dys.</p>
<p>Alors que les sessions de vaccination grippe/Covid vont arriver, la revue <a href="http://www.minerva-ebm.be/FR/Article/2285">Minerva</a>, qui reprend et critique des articles publiés, aborde le sujet de cette co-vaccination grâce à un article du Lancet. Cet essai randomisé incluant  600 patients a démontré qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de sur-risque à effectuer ces 2 vaccins en même temps par rapport à la réalisation de ces 2 vaccins espacés de 3 semaines. Il n&rsquo;y avait pas de différence de réponse immunitaire, mais l&rsquo;étude n&rsquo;a pas été conçue pour comparer l&rsquo;efficacité de ces 2 schémas.</p>
<p>2/ Cardiologie</p>
<p>Compte
tenu des nombreuses nouvelles études sur l&rsquo;embolie pulmonaire, les
recos vont probablement évoluer. En attendant, cet article du JAMA de Y.
Freund propose un nouvel algorithme basé sur le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/02/dragi-webdo-n171.html">PERC</a>, le Wells, le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/12/dragi-webdo-n336.html">YEARS</a> (hémoptysie,
signes cliniques de TVP, l&rsquo;EP est le diagnostic le plus probable) et les D-Dimères ajustés à l&rsquo;âge, en ce
qui concerne la démarche diagnostique. Pour la prise en charge
thérapeutique, elle peut ensuite être ambulatoire en cas de score
PESI-simplifié égal à 0. Concernant la durée du traitement, aucune
recommandation claire ne peut être faite compte tenu des études parfois
discordantes.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjOGCetgckm2K-tUHj4CGtAoGxsr1EWlkx1g3-sUfq-TaMHI4TeX6lju9qBrwU2SNsec-7wRwgp8nXiIMCgMDcdIy9dThGFskiBaLAqFOr0xi45kPbtnjKnFLBLWn4OMacWrTBWyFEB8eU8axiIVY4AblDZfuXtUfWH6rNcGWmkQ2a7s7foOjj6RORvBA/s1962/EP.png"><img src="/images/articles/2022/ep.png" alt=""></a></p>
<p>Voici plusieurs années que les IEC et ARAII
ne sont plus recommandés dans le traitement systématique de l&rsquo;AOMI.
C&rsquo;est une fois de plus confirmé dans un essai randomisé du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2796948?guestAccessKey=653d44d4-fece-4ef2-b1a9-95d4251b62ca&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jama&amp;utm_term=7788536548&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=184391305">NEJM</a> dans lequel les patients avec AOMI n&rsquo;ont pas eu d&rsquo;amélioration à leur test de marche sous telmisartan par rapport au placebo.</p>
<p>3/ Néphrologie</p>
<p>Une synthèse sur l&rsquo;hyponatrémie a été publiée par Adrogué et Madias dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2794358">JAMA</a>. On va juste compléter le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/05/dragi-webdo-n227.html">billet précédent</a> sur le sujet. La figure rappelle plus précisément comment diagnostiquer les causes de l&rsquo;hyponatrémie. Rappelons une fois encore les causes iatrogènes: les diurétiques, les tricycliques, les neuroleptiques, les immunosuppresseurs, les corticoïdes, les AINS, la desmopressine, l&rsquo;oxytocine, les IEC, les IRS et IRSNA, la nicotine, l&rsquo;héroïne, la cocaïne, et l&rsquo;extasy. Le traitement consiste généralement dans l&rsquo;arrêt du médicament incriminé. L&rsquo;hospitalisation est requise pour des hyponatrémies inférieures à 120mmol/L (au dessus, ça peut être en ambulatoire).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhA5SK3YhCCK2GQhiONzIyFcOxyHqgaaOOqTaWm2VHCD6p1aP2A0WI-6uPd7IpcauFDq08AsZW8yRmv63dw01QFXu263b-eIESencldHXZEA1dzCXumEZTcY9fKgpm-L4UI98Wpeec0C0aFBN__GHAz0vYtRowNgW8GweMxKgpywN1jdo70wyqpTbM0XQ/s1910/hypoNA2.png"><img src="/images/articles/2022/hypona2.png" alt=""></a></p>
<p>Le KDIGO, société savante de néphrologie a mis à jour ses <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/doi/10.2337/dci22-0027/147614/Diabetes-Management-in-Chronic-Kidney-Disease-A">recommandations</a> dans la prise en charge du diabète avec maladie rénale chronique (MRC). Il n&rsquo;y a quasiment pas de différences avec leurs recos de 2020 (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/10/dragi-webdo-n283.html">ici</a>). On notera qu&rsquo;ils recommandent pour tout patient diabétique avec MRC (DFG&lt;60 ou Rapport A/C &gt; 3mg/mmol ou &gt; 30mg/g) une bithérapie par metformine (si DFG&gt;30) et inhibiteur de SGLT2 (si DFG&gt;20) avec ajout d&rsquo;analogue du GLP1 si l&rsquo;objectif glycémique n&rsquo;est pas atteint. En parallèle, un traitement par IEC ou ARA2 est recommandé si albuminurie ET hypertension artérielle. Si l&rsquo;albuminurie persiste malgré une dose maximale d&rsquo;IEC/ARA2 et que le potassium est normal, un traitement par antagoniste des récepteurs aux minéralocorticoides non stéroïdiens (Finerenone notamment) est indiqué devant un bénéfice sur la progression de la MRC et sur les évènements cardiovasculaires. En plus, un traitement par statine chez tout patient diabétique avec MRC. Enfin, les auteurs marquent leur divergence avec les recommandations de l&rsquo;ADA, en recommandant une cible d&rsquo;HbA1C entre 6,5% et 8% (et non à 7%)! (Et un petit rappel sur l&rsquo;efficacité des antidiabétiques)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiN8ndfWIsgkRvJIZpsftgtz26l6o1lidzvNhir0HGaBgfpG769xOizpqaq78oo-JZpwWUh_zWF57UwJ6Z79QMuNOaIZSloc5vAczpPeHU2HT1jPzlZHakPGrC-_i0KPfHLB-jfgSpPjvOL2zvIZfiKXYeFK96GsmLKlKXB9FuiheY4cTAE0sBKIMbniw/s1286/antidiab%C3%A9tiques.png"><img src="/images/articles/2022/antidiab-c3-a9tiques.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/379/bmj-2022-072635##">BMJ</a> aborde les affections aigues chez les patients utilisateurs de drogues injectables. Parmi ces affections, il y a notamment les infections cutanées et des tissus mous, les nécroses de tissus mous, le pseudo-anévrisme infecté, les thrombophlébites et EP septiques, les endocardites et les infections ostéo-articulaires. Le bilan biologique initial comprend une NFS, CRP, créatininémie, bilan hépatique et bilan de coagulation. En l&rsquo;absence de points d&rsquo;appel, un angioTDM permet de différencier les foyers infectieux, EP septiques et pseudo anévrismes. Dans la majorité des cas, il est nécessaire d&rsquo;adresser pour la prise en charge, mais une infection des tissus mous non compliquée peut être traitée par une antibiothérapie orale (type doxycycline ou clindamycine)</p>
<p>5/ Oncologie</p>
<p>Des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2797278">recommandations</a> américaines concernant le suivi des patients ayant eu un cancer de la tête et du cou ont été publiées. Les recommandations de grade 1 sont d&rsquo;aider au sevrage tabagique et de l&rsquo;alcool, d&rsquo;encourager l&rsquo;activité physique et d&rsquo;évaluer la dépression et l&rsquo;anxiété des patients. Les suivantes sont essentiellement de grade 2A et 2B et proposent notamment de faire un suivi tous les 6 à 12 mois de la TSH en cas d&rsquo;irradiation cervicale, de réaliser un TDM thoracique chez les patients fumeurs, de poursuivre les dépistages des autres cancers comme recommandé en population générale.</p>
<p>6/ Nutrition et diabétologie</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1251">HCSP</a> a publié des recommandations concernant les supplémentations en fer et en vitamine D. Concernant le fer, un dépistage général n&rsquo;est pas recommandé, mais il est pertinent de dépister et de traiter les anémies par carence martiale en cas de facteurs de risque (femmes d&rsquo;un faible niveau socio-économique et dans les départements d’outre-mer, femmes multipares, femme utilisant un DIU). Concernant la vitamine D, la conclusion du rapport énonce qu&rsquo;il &ldquo;existe de nombreuses études observationnelles portant sur
l’association entre la concentration sérique en vitamine D et divers
états pathologiques, mais à ce jour, aucun essai randomisé bien conduit
ne confirme l’intérêt d’un traitement ou d’une supplémentation en
vitamine D.&rdquo; Ils recommandent donc de s&rsquo;exposer au soleil (en respectant les mesures de protection) et de manger des poissons gras à hauteur toutefois d’une portion par semaine, œufs, fromages et produits laitiers 2 par jour).</p>
<p>Alors que les nouvelles <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/09/dragi-webdo-n368.html">recommandations</a> placent les inhibiteurs de SGLT2 et analogues du GLP1 en 1ère ligne thérapeutique dans un certain nombre de cas, une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M21-2941">étude cout-efficacité</a> les concernant a été publiée. Elle retrouve que ces traitement seront coût efficace si leur prix baissait de  70%. Dans leur calcul, ils considèrent qu&rsquo;un an  sous aglp1 coute 7700$ et sous isglt2 coute 6000$ alors qu&rsquo;en France les couts correspondant sont respectivement de 460 € (450$) et 965€ (940$). Ces traitements sont donc coût efficace en France en 1ère intention!</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°369 : Asthme (reco ERS), patient.e.s transgenres (Recos), syphilis (USPSTF), lipoprotéine A (reco ESC), covid long, RGO, antidiabétiques, Khôra</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/10/dragi-webdo-n369/</link><pubDate>Sun, 02 Oct 2022 20:39:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/10/dragi-webdo-n369/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehac361/6670882?login=true">ESC</a> confirme dans un nouvelle publication sa recommandation de doser 1 fois dans la vie de tout le monde la lipoprotéine A (Lp(a)), on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/01/dragi-webdo-n254.html">ici</a>. En effet son taux élevé est associé à une augmentation du risque cardiovasculaire (considérer comme hypercholestérolémie familiale si &gt; 1,8g/L), mais, si elle est faible, ce serait un facteur de risque de diabète (quand inférieur à 0,05g/L). Elle est considérée comme normales si inférieure à 0,30g/L. A ce jour, aucune étude n&rsquo;a démontré d&rsquo;impact thérapeutique suite à ce dosage, les auteurs recommandent d&rsquo;intégrer ce facteur de risque dans l&rsquo;évaluation de la prise en charge globale.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/378/bmj-2022-072117##">BMJ</a> fait une synthèse sur le Covid long, qui comporte les symptômes prolongés de Covid (jusqu&rsquo;à  12 semaines) et les symptômes &lsquo;&ldquo;post-covid&rdquo;. Les symptômes les plus fréquents comportent la fatigue, la dyspnée, les douleurs thoraciques, les myalgies, les troubles neurologiques, les vertiges, les dysosmie/dysgueusies, les dysphonies et les troubles psychologiques. Le bilan peut comporter une NFS, créatininémie, bilan hépatique, CRP, TSH, vitamine D (&hellip;), HbA1C, nt-pro-BNP, ECG, RX thoracique et épreuves fonctionnelles respiratoires. La prise en charge est généralement symptomatique et pluridisciplinaire si besoin, en fonction des types de symptômes. Cependant, certains red flags sont à prendre en compte et doivent conduire à une prise en charge plus rapide.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjae-n0twv018tl28tPkNKRyV96jrxkQxK4xDiZoVqNkR6P183cXA2I3hILwVBh3DPcfYa8auG-jcNYb1kt4iVymuwyh3n1Y4yLt5GsPKkMBPV2Gcomm2AGPpGMtyiqrY3GoZtGH9fTiFUPwEIFHSZ9FC97tn5023dIIO0h-hwSgOITytoPuUlGTuHMSQ/s453/covid.png"><img src="/images/articles/2022/covid.png" alt=""></a></p>
<p>Une nouvelle <a href="https://bmjmedicine.bmj.com/content/1/1/e000297">étude</a> a étudié la relation entre vaccin Covid et les troubles menstruels. Sur une cohorte de  20 000 patientes, la durée du cycle était globalement légèrement modifiée, sans modification de la durée des règles. C&rsquo;est concordant avec ce que nous avions déjà abordé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/01/dragi-webdo-n339.html">ici</a>. Cependant, parmi les patientes vaccinées, 13.5% avaient une modification de plus de 8 jours, contre 5% chez les non vaccinées quand elles avaient reçu 2 doses dans le même cycle. Donc globalement, pas de différence, mais certaines patientes peuvent avoir eu des effets plus prononcés de la vaccination sur leur cycle, notamment en cas de vaccination rapprochée.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2796685">USPSTF</a> renouvelle sa recommandation de dépister la syphilis chez les adolescents et adultes ayant des rapports sexuels et des facteurs de risque (antécédent d&rsquo;IST, HSH, personne vivant avec le VIH, utilisation de drogues, antécédent d&rsquo;incarcération, travailleurs du sexe ou réalisant son service militaire). Le dépistage est recommandé avec un VDRL complété d&rsquo;un TPHA si positif, une fois par an ou plus souvent si besoin (tous les 3 à 6 mois si conduites à risque) (et oui, c&rsquo;est bien dans ce sens là qu&rsquo;ils le recommandent)</p>
<p>Dans le traitement des infections urinaires avec des traitements non antibiotiques, la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013608.pub2/full/fr">Cochrane</a> revient sur le D-Mannose, pour lequel il n&rsquo;y a que 2 études réalisées en aveugle : une <em>versus</em> absence de traitement qui retrouvait un bénéfice et une <em>versus</em> nitrofurantoïne ne retrouvant pas de différence entre les traitements. Compte tenu du nombre de patients inclus et du risque de biais, les données d&rsquo;évaluation sont insuffisantes pour conclure.</p>
<p>3/ Pneumologie:</p>
<p>La <a href="https://erj.ersjournals.com/content/60/3/2101585">société européenne de pneumologie</a> a publié de nouvelles recommandations concernant l&rsquo;asthme. Un changement majeur s&rsquo;effectue: le diagnostic repose toujours sur une spirométrie (sans pléthysmographie) mais l&rsquo;asthme est à considérer si le rapport VEMS/CV est inférieur à  90% de valeur théorique ou si le rapport est inférieur à  0,75 et non 0,70! Ce changement permet une sensibilité à 50% et mais abaisse la spécificité à moins de 80%. Par ailleurs, une spirométrie normale n&rsquo;exclue pas un asthme non plus. En l&rsquo;absence de spirométrie avec réversibilité, la principale méthode pour mettre en évidence l&rsquo;hyperréactivité bronchique est le débit expiratoire de pointe. Il se surveille pendant 2 semaines et est positif s&rsquo;il existe une variabilité de plus de 20% entre des valeurs, mais sa normalité n&rsquo;exclue par l&rsquo;asthme non plus. Il est aussi possible de mesurer la fraction expirée de NO (asthme si &gt; 40ppb). La recherche d&rsquo;une hyper-éosinophilie ou le dosage des IgE totales n&rsquo;est pas recommandée pour diagnostiquer un asthme. Enfin, en cas de forte suspicion avec tous les tests normaux, un test de provocation à la méthacholine peut être utile.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiZP7KtrsCY55sTr3M6Xs5HMZA8VSEmv-dxc2AmjiWzrt67NPdFThYNb9EGfIwB4TKS-DVsmZ1HsI6EGdvvsoiUBhacyqK6KoVYn2wiR23zmUcnMR7S8yxXUUnBA98yjfrfv7vjxX96Z8OUmIwFMLEsKnsbvAIH5TkhVmSszT0x5GUUx_bBuyymzNtxGg/s1113/asthme.png"><img src="/images/articles/2022/asthme.png" alt=""></a></p>
<p>Du côté de la BPCO, la réhabilitation respiratoire est une des mesures les plus efficaces pour améliorer l&rsquo;état respiratoire des patients, mais elle est peu accessible dans les centres spécialisés. Cette <a href="https://err.ersjournals.com/content/31/165/220076">étude</a> retrouve que la réhabilitation effectuée à domicile est aussi efficace qu&rsquo;en centre en ce qui concerne la capacité respiratoire et la qualité de vie des patients.</p>
<p>4/ Gastro entérologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp2114026">NEJM</a> revient sur le reflux gastro-oesophagien (RGO). Le diagnostic est essentiellement clinique, avec des symptômes de reflux ou de pyrosis le plus fréquemment. Un test thérapeutique peut être proposé, soit par IPP simple dose pendant 8 semaines, soit par un traitement IPP double dose pendant 2 semaines pour voir si ça améliore les symptômes (sensibilité  79%, spécificité  45%). La FOGD est indiquée devant des signes d&rsquo;alerte (dysphagie, odynophagie, perte de poids, anorexie, saignements digestifs, vomissements.), des symptômes persistant ou récidivant après  8 semaines, qui vont avoir une chirurgie bariatrique ou qui ont des facteurs de risque d&rsquo;oesophage de Barett (RGO de plus de 5 ans chez des hommes de plus de 50 ans avec tabagisme ou obésité ou antécédent familial). Sur le plan thérapeutique, les RHD les plus éprouvées sont la perte de poids, la surélévation de la tête du lit, et ne pas manger dans les 3 heures avant de se coucher. On peut aussi éviter l&rsquo;alcool, le tabac, la caféine, les plats épicés,  et éviter la iatrogénie favorisant le reflux (benzodiazepines, inhibiteurs calciques, tricycliques, anticholinergiques et sildenafil). Les IPP sont cliniquement tous aussi efficaces, et sont à prendre le matin 30-60min avant de manger. Pour limiter leurs effets secondaires, un traitement intermittent ou à la demande peut être proposé.</p>
<p>5/ Endocrinologie</p>
<p>En congrès de diabétologie, l<a href="https://www.dtu.ox.ac.uk/generic/article.php?ArticleID=350">&lsquo;étude &ldquo;44-years UKPDS&rdquo;</a> a été présentée. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;étudier ce que sont devenus les patients de l&rsquo;étude UKPDS (qui avait initialement soutenu l&rsquo;importance du contrôle glycémique et l&rsquo;efficacité de la metformine). Ainsi, le contrôle intensif avec insuline et sulfamides permettrait de réduire la mortalité de  11% et les complications du diabète de 26%, et avec metformine la mortalité de 25% et les infarctus de  31%. Compte tenu du nombre de biais possibles, attendons une publication complète.</p>
<p>Ceci nous amène a un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2200436">NEJM</a> comparant les différents traitements possibles en complément de la metformine en cas de contrôle insuffisant. L&rsquo;étude randomisait 5000 patients qui ont été suivis pendant 5 ans et qui ont reçu de l&rsquo;insuline glargine, du liraglutide, du glimepiride, ou de la sitagliptine. L&rsquo;HbA1C était mieux contrôlée pour les 2 premiers traitements. Dans les comparaisons 2 par 2, les patients traités par liraglutide avaient moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires que ceux ayant un autre traitement, une mortalité cardiovasculaire moindre que ceux sous insuline glargine (malgré une HbA1C pareil, hein), et une mortalité globale moindre que ceux sous glimepiride. Dans les comparaisons d&rsquo;une classe versus l&rsquo;ensemble des autres classes, le liraglutide réduisait la mortalité globale et cardiovasculaire. C&rsquo;est concordant avec efficacité des analogues du GLP-1, mais c&rsquo;est la 1ère étude qui retrouve ces résultats dans une population intégralement en prévention primaire.</p>
<p>Peu après cet <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/06/dragi-webdo-n359.html">article de revue</a> sur la prise en charge des patients transgenres, voici des <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/26895269.2022.2100644">recommandations</a> internationales sur le sujet. Elles font  260 pages donc, on va essayer de revenir sur les points principaux. Les auteurs recommandent d&rsquo;être inclusifs, d&rsquo;appeler les patient.e.s comme ils le souhaitent et de se former à ce type de prise en charge pour qu&rsquo;elle se déroule dans le respect des patient.e.s. Il est important de prendre en charge les patient.e.s dans le cadre d&rsquo;une prise en charge globale, de laisser du temps après un traitement hormonal avant de réaliser des interventions chirurgicales (au moins 6 mois d&rsquo;hormonothérapie). Il est nécessaire d&rsquo;aborder la santé sexuelle et la santé de la reproduction pour informer des effets des traitements et de la conservation de gamètes. Concernant les traitements hormonaux chez les patientes MtF, les auteurs recommandent notamment des œstrogènes transdermiques et des traitements abaissant la testostérone (acétate de cyprotérone, spironolactone, agoniste de la GNRH) pour atteindre les concentrations de femmes cisgenre. Ils recommandent d&rsquo;éviter l&rsquo;ethinylestradiol et les œstrogènes conjugués. Pour les patients FtM, la supplémentation en testostérone doit se faire sous surveillance de l&rsquo;hématocrite. En soins primaires, les auteurs recommandent de bien renseigner les antécédents cardiovasculaires et de prises hormonales, d&rsquo;encourager le sevrage tabagique en prévision des traitements. Il faut suivre les recommandations de dépistage du cancer du col de l&rsquo;utérus chez les patient.e.s ayant un col et celles du cancer du sein chez la femme cisgenre pour les patient.e.s ayant eu des seins à la puberté (et pas de chirurgie) ou ayant eu une hormonothérapie par œstrogènes. La prise en charge de l’ostéoporose est à discuter selon les facteurs de risque, les hormonothérapies et les éventuelles chirurgies. Bref, pour synthétiser tout ça, y&rsquo;a aussi des formations ANDPC pour les MG, cf <a href="https://www.sftg.eu/formations/liste-formations/1016-promouvoir-la-sante-des-personnes-transgenres-et-non-binaires.html">ici</a>.</p>
<p>6/ Le jeu du mois: Khôra</p>
<p>Khôra est un jeu de stratégie se déroulant dans l&rsquo;Antiquité et dans lequel chaque joueur va devoir étendre son empire utilisant les 6 actions disponibles. La sélection de ces actions dépend, bien évidemment de la stratégie que l&rsquo;on veut adopter, mais également de jets de dés à 6 faces: si on fait 4, il est possible de faire une des actions numéroté de 1 à 4. Heureusement, en &ldquo;dépensant&rdquo; des citoyens, il est possible de réaliser des actions d&rsquo;un niveau plus élevé. Ces actions permettent de faire du commerce, de la politique et également l&rsquo;annexer des cités pour récupérer de la gloire et des jetons de cultures permettant de développer sa civilisation. La mécanique du jeu est assez rapidement intégrée, mais la gestion globale du jeu, entre le plateau personnel, le plateau commun et l&rsquo;anticipation de &ldquo;mauvais&rdquo; jets de dés complexifie la chose et ce qui en fait un jeu &ldquo;expert&rdquo;. L&rsquo;immersion dans le thème est bonne, le matériel agréable, de qualité et très joli. Bref, si ça vous tente, n&rsquo;hésitez pas !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhooRUs5y1KWBAV4grQPSz3w8Y5gpTeI3tlY2biYBaZhFVMf6nkI63xxNNks_Y121iJLMk7DRK85AiatCHx9eC8DlxyRQZwc0qHveUoUnKifWd1W6NB3wojmOVLwxTpSJqW5YGo707_VF60sxFKIXdHGIpRcKpioLUL7-BT1nRqbOAJkl8hhOfhkbI7bg/s4000/20220319_174603.jpg"><img src="/images/articles/2022/20220319-174603.jpg" alt=""></a></p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
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<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Revenons sur les prescriptions d&rsquo;<a href="https://bjgp.org/content/early/2022/09/19/BJGP.2022.0178">inhibiteurs de pompe à proton (IPP)</a>, qui sont encore une fois étudiée pour mettre en évidence les facteurs prédictifs de leur prescription inappropriée. Les auteurs retrouvent que les IPP étaient continués dans 30% des cas après une prescription courte dans le cadre d&rsquo;une dyspepsie. Les facteurs associés à une prescription inappropriés sont les traitements par AINS, aspirine à faible dose, les inhibiteurs de P2Y12 (clopidogrel, ticagrelor etc&hellip;). En effet, les auteurs ont pris comme références le recommandations britanniques selon lesquelles les IPP  sont indiqués en cas de coprescription d&rsquo;AINS si : âge &gt; 70 ans, ou antécédent d&rsquo;ulcère, ou âge &gt; 60 ans et maladie inflammatoire/insuffisance cardiaque/diabète (y&rsquo;a aussi âge &gt;60 ans et anticoagulants, mais comme c&rsquo;est plutôt contre indiqué hein, on va passer&hellip;). C&rsquo;est également indiqué en cas de copresciption d&rsquo;aspirine faible dose si: âge &gt; 80 ans, ou âge &gt;70 ans et IRS/IRSNA/spironolactone (qui augmentent le risque de saignement apparemment), ou âge &gt; 60 ans et antécédent d&rsquo;ulcère.</p>
<p>Les corticoïdes inhalés utilisés dans l&rsquo;asthme exposent à des effets indésirables qui ont été étudiés dans cette <a href="https://erj.ersjournals.com/content/60/3/2103054?ctkey=shareline&amp;utm_medium=shareline&amp;utm_source=03054-2021&amp;utm_campaign=shareline">étude</a> de cohorte rétrospective danoise comparant 30 000 utilisateurs à  120 000 patients non exposés. Chez les utilisateurs, il y avait une augmentation significative des épisodes anxieux et des dépressions (NNH=233 patients par an), des fractures (NNH=334/an), des coronaropathies et insuffisances cardiaques (NNH= 358/an), des diabètes (NNH=435/an) et des insuffisances surrénaliennes (NNH=10 000/an). De plus, ces effets indésirables étaient dose dépendant. Enfin, les patients avec des CSI avaient un risque de mortalité plus élevé que ceux sans CSI, mais même malgré des ajustements il est très hasardeux de conclure que cette surmortalité est liée aux traitements étant donné que les patients asthmatiques les plus sévères ont un risque de mortalité plus élevé et ont également les doses de CSI les plus élevées.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Des <a href="https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/23969873221100032">recommandations</a> européennes ont été publiées concernant la prise en charge post-AVC. Les auteurs recommandent une cible tensionnelle à  130/80 (plutôt que  140/90) sur des mesures ambulatoires plutôt qu&rsquo;au cabinet, en utilisant une bithérapie initiale chez les patients non traités jusque là avec un niveau de preuve modéré. Les auteurs recommandent un contrôle lipidique avec une cible &lt;  0.7g/L à obtenir par une statine (c&rsquo;est cohérent avec la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/11/dragi-webdo-n247.html">seule étude</a> ayant montré un bénéfice sur une cible de LDL bien qu&rsquo;elle ait aussi des limites) et éventuellement avec ajout d&rsquo;ezetimibe (et pas d&rsquo;une autre classe, c&rsquo;est concordant avec <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/06/dragi-webdo-n53.html">IMPROVE-IT</a>), soit un niveau de preuve modéré. Un traitement par antiagrégant plaquettaire est recommandé (monothérapie passé 1 à 3 mois après l&rsquo;évènement). L&rsquo;ajout d&rsquo;un traitement par rivaroxaban à faible dose est proposé uniquement chez les patients avec également une coronaropathie ou une AOMI (la balance bénéfice-risque est cependant discutable, on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/03/dragi-webdo-n217.html">ici</a>). Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;indication à une anticoagulation chez les patients avec AVC de cause indéterminée en supposant que la cause est une FA. Enfin, on ne va pas trop écouter leurs recos sur le diabète car ils recommandent une cible d&rsquo;HbA1C à 7% (sans parler du bénéfice des nouvelles molécules), et recommandent l&rsquo;utilisation de pioglitazone qui peut avoir un léger bénéfice, mais retiré du marché en France à cause d&rsquo;un surrisque d&rsquo;insuffisance cardiaque et de cancer de vessie&hellip;</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Le CMG a publié des fiches synthétiques concernant la primo-prescription de PrEP en médecine générale. Elles sont disponibles <a href="https://lecmg.fr/prep-primo-prescription-en-soins-primaires/">ici</a>.</p>
<p>Il y a quelques mois, le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2110275">NEJM</a> a publié un essai randomisé étudiant le nirsevimab, un anticorps monoclonal anti-VRS, versus placebo en traitement préventif de la bronchiolite à VRS chez des près de 1500 enfants nés après 35SA (13%) et nés à terme (87%) . A 5 mois après l&rsquo;injection, 1,2% des enfants du groupe traité et 5% du groupe placebo avaient eu une infection à VRS, la différence étant significative (NNT=27). Cependant, il n&rsquo;y avait pas de différence sur les hospitalisations (0.6% vs 1.6%; p=0.07). Il n&rsquo;y avait pas de différence d&rsquo;effets indésirables entre les groupes. Les auteurs disent que c&rsquo;est un traitement efficace pour prévenir les infections à VRS, mais il est probable que le prix de mise sur le marché ne justifie pas d&rsquo;un traitement par anticorps monoclonal chez tous les nourrissons s&rsquo;il ne réduit pas le risque d&rsquo;hospitalisation.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Dans une <a href="https://bjgp.org/content/early/2022/09/19/BJGP.2021.0547">cohorte</a> de patients âgés de  45 à 65 ans, une étude du BJGP retrouve que parmi ceux avec des douleurs de hanche, 13.3% avaient de l&rsquo;arthrose avancée et 41.2% de l&rsquo;arthrose débutante à la radio et que parmi ceux sans douleur de hanche,  9.5% avaient de l&rsquo;arthrose avancée radiologique et 35.3% de l&rsquo;arthrose débutante. Donc même s&rsquo;il y a une association statistique entre les douleurs et les anomalies radiologiques, une part non négligeable peut avoir des signes radiologiques sans arthrose symptomatique (on en avait déjà parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/12/dragi-webdo-n74.html">ici</a>)</p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-1603">département des vétérans américains</a> a publié des recommandations concernant la prise en charge des épisodes dépressifs majeurs. Il recommande de dépister la dépression chez tous les patients et d&rsquo;initier un traitement par psychothérapie (TCC, thérapie cognitive, mindfulness etc&hellip;) ou monothérapie anti-dépresseur selon les préférences du patients en cas d&rsquo;épisode caractérisé. Les antidépresseurs recommandés en 1ère intention sont le bupropion, la mirtazapine, les IRS, les IRSNA et la vortioxetine. En cas d&rsquo;épisode sévère, les auteurs recommandent un traitement concomitant par antidépresseur et psychothérapie (PHQ9 &gt;20, durée de plus de 2 ans ou, 2 récidives ou plus). Dans ce cas, ils proposent également une augmentation des posologies ou un switch vers un tricyclique, un imao ou la kétamine, voire d&rsquo;ajouter un neuroleptique de 2ème génération. Ils recommandent une sismothérapie en cas d&rsquo;échec de 2 traitements pharmacologiques ou de la kétamine/eskétamine. En cas de réponse au traitement antidépresseurs, il doit être poursuivi à dose efficace pendant 6 mois minimum et une psychothérapie peut ensuite être poursuivie pendant la décroissance si le risque de récidive est élevé. Enfin, en cas de dépression légère à modérée, saisonnière ou non, ils proposent de la luminothérapie.</p>
<p>Il y avait des doutes sur l&rsquo;efficacité des antidépresseurs et psychothérapies pour traiter la dépression chez les adultes avec antécédent de traumatisme dans l&rsquo;enfance. Cette <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(22)00227-9/fulltext">revue systématique</a> confirme désormais qu&rsquo;ils sont aussi efficaces en cas de traumatisme qu&rsquo;en l&rsquo;absence de traumatisme, bien que dans la 1ère situation les dépressions soient plus sévères.</p>
<p>6/ Diabétologie et obésité : </p>
<p>Les <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/doi/10.2337/dci22-0034/147671/Management-of-Hyperglycemia-in-Type-2-Diabetes">sociétés européennes et américaines de diabétologie</a> ont publié des nouvelles recommandations! Les auteurs recommandent donc un traitement individualisé basé sur les
comorbidités des patients. La cible glycémique doit également être
individualisés, mais la cible glycémique est de 7% pour la majorité des patients, sachant
que les auteurs recommandent de réduire les doses en cas d&rsquo;hypoglycémie
ou d&rsquo;HbA1C &lt; 6,5%. Quand une mesure continue du glucose est
entreprise, l&rsquo;objectif est de 70% des valeurs entre 0.7 et 1.8g/L et
moins de 4% d&rsquo;hypoglycémies. Sur le plan thérapeutique, il y a un changement principal dans l&rsquo;organisation du document. Les molécules sont séparées en 2 catégories: celles offrant une protection cardio-rénale (ISGLT2 et aGLP1) et les autres (metformine incluse ici). En effet, les auteurs disent &ldquo;bien que la metformine ait été le traitement de première intention, il semblerait que d&rsquo;autres approches soient plus appropriées&rdquo;. Ainsi, il y a 4 points à prendre en compte: 1/ la prévention cardiovasculaire dans le choix des hypoglycémiants, 2/ le contrôle du poids, notamment avec les RHD et éventuellement en utilisant une classe faisant perdre du poids (en faisant si possible que ce soit une de celle utilisée en cas de risque cardio-rénal d&rsquo;après le point 1) 3/ le contrôle glycémique à atteindre soit avec la metformine, soit avec une molécule (indiquée d&rsquo;après un des 2 points précédents), 4/ le contrôle des autres facteurs de risque cardiovasculaires (servage tabagique, statine, cible tensionnelle, aspirine [seulement si prévention secondaire, hein]). Et au centre de la figure, on trouve tout ce qui va influer sur la prise en charge: la décision partagée, les facteurs sociaux, éviter les hypos etc&hellip;. Voici donc la figure synthétique (qui en fait regroupe 2 figures car la figure originale en cercle ne mettait pas les détails des critères ou des traitements). On n&rsquo;y voit peu de place pour l&rsquo;insuline, sauf dans le contrôle glycémique, et elle s&rsquo;introduit alors à 10UI ou à 0,1-0,2 UI/kg. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;indication spécifique à la chirurgie bariatrique, mais, c&rsquo;est une option qui peut permettre une rémission.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgrMzp6K0tDzxaS2irxMoxysURCs6mGo_EpVVgrEmLVYdyMLIXdlEY56T43mKRRrKRYQ518dBrcXllo_OmPv72FKq1Sy9FC7U1rPa5S15kigf5-siKUipaWsZu-_yiBW-0aHf0imKSnbuLAPxC_fyLHEr6Q5kflKzhwvlnBijrA5c_tSrpzO6WamCma7g/s1702/diab%C3%A8te%20recos.png"><img src="/images/articles/2022/diab-c3-a8te-20recos.png" alt=""></a></p>
<p>Pour compliquer la chose, alors qu&rsquo;on voit que les aGLP1 sont indiqués chez beaucoup de patient en 1ère intention, l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/diabete-de-type-2-et-tensions-dapprovisionnement-conduite-a-tenir-pour-la-prescription-des-analogues-de-glp1">ANSM</a> alerte sur des tensions d&rsquo;approvisionnement en dulaglutide et semaglutide. L&rsquo;Agence recommande donc, pour le moment, de poursuivre les traitements déjà initiés, mais de ne les introduire qu&rsquo;en prévention secondaire (c&rsquo;est dommage car en prévention secondaire c&rsquo;est le liraglutide qui est le plus efficace et le dulaglutide en prévention primaire), et d&rsquo;utiliser des alternatives comme les iGSLT2 en prévention primaire.</p>
<p>On parle de plus en plus du tirzepatide, analogue du GIP et du GLP1 dont l&rsquo;effet semble associé à une importante perte de poids et dont on avait parlé <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(22)00243-1/fulltext">ici</a>. Une réanalyse de l&rsquo;étude randomisée <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(22)00243-1/fulltext">SURPASS-4</a> (tirzepatide vs insuline glargine chez des patients en prévention secondaire suivis 1,6 ans en moyenne) retrouve que les patients sous tirzepatide avaient une baisse du DFG plus faible que ceux sous insuline (2.2ml/min par an de différence absolue). Le critère de jugement composite rénal (déclin de DFG de plus de 40%, insuffisance rénale terminale, décès pour cause rénale ou survenue d&rsquo;une microalbuminurie) survenait également moins fréquemment sous tirzepatide (essentiellement porté par la progression de 40%: NNT= 143 et la survenue d&rsquo;une microalbuminurie NNT=28). Continuons à étudier l&rsquo;efficacité clinique de cette molécule.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°367 : Kawasaki (HAS), psychiatrie (OMS), dépistage diabète/enfants (USPSTF), prix médicaments hommes/animaux, bactériurie asymptomatique, fluvoxamine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/09/dragi-webdo-n367/</link><pubDate>Sun, 18 Sep 2022 14:54:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/09/dragi-webdo-n367/</guid><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Pédiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, pour commencer, parlons du prix des médicaments. Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2796060">JAMA internel medicine</a> a comparé le prix des médicaments selon qu&rsquo;ils soient en formule pour humains ou pour les animaux aux États Unis. De façon non surprenante (malheureusement), les produits pour humains étaient tous plus cher (40% plus cher par rapport à des pharmacies discount, et 5 fois plus chers par rapport au prix moyen). Les labos ont une bonne marge de manœuvre quand ils vendent leurs produits&hellip; Le billet de cette semaine sera court, bonne lecture !</p>
<p>1/ Infectiologie </p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/72/722/e649">BJGP</a> a publié une revue systématique comparant un traitement antibiotique versus pas de traitement dans la bactériurie asymptomatique des patients âgés en maison de retraite. Bien que le traitement réduise le portage bactérien, il n&rsquo;y avait pas plus d&rsquo;apparition d&rsquo;infection symptomatique, de complication ou de risque de mortalité en cas d&rsquo;absence de traitement. De plus, les patients traités avaient significativement plus d&rsquo;effets indésirables. Donc, toujours pas d&rsquo;indication au traitement.</p>
<p>Chez les patients <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-022-33036-y?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">immunodéprimés</a> qui ne séroconvertissent pas après vaccination contre le Covid, il semble préférable d&rsquo;effectuer les doses booster avec le même vaccin plutôt qu&rsquo;en changeant de marque. Il faudrait donc préférer une vaccination homologue à une vaccination hétérologue (qui semble un peu plus efficace chez les sujets immunocompétents, cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n330.html">ici</a>)</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD015391/full">Cochrane</a> s&rsquo;intéresse à la fluvoxamine dans le traitement du Covid (on en avait déjà parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n351.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n333.html">là</a>). Cette revue systématique confirme que cet antidépresseur pourrait réduire le risque de mortalité globale à 1 mois, ainsi que le risque d&rsquo;hospitalisation chez les patients avec un Covid modéré, de façon concordante avec les autres études. L&rsquo;ANSM va-t-elle revoir son jugement?</p>
<p>2/ Psychiatrie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.who.int/news/item/17-06-2022-who-highlights-urgent-need-to-transform-mental-health-and-mental-health-care">OMS</a> a publié un rapport sur la santé mentale. La Covid a été responsable d&rsquo;une augmentation de 25% de la prévalence des troubles anxieux et de la dépression. Un décès sur 100 est lié à un suicide survenant majoritairement avant 50 ans et les patients atteints de maladie mentale ont une espérance de vie réduite de 10 à 20 ans par rapport à la population générale. Une des explications est la stigmatisation et la discrimination subies par les patients atteints de maladie mentale. Ainsi, moins de 30% des patients avec psychose ou dépression reçoivent les soins mentaux appropriés. Un livre a été publié et revient sur <a href="https://editionsatelier.com/boutique/accueil/333-en-finir-avec-les-idees-fausses-sur-la-psychiatrie-et-la-sante-mentale--9782708245709.html">les fausses idées en santé mentale</a> du type &ldquo;c&rsquo;est normal d&rsquo;être déprimé quand on est vieux&rdquo; ou &ldquo;c&rsquo;est un enfant, il ne peut pas avoir de dépression&rdquo;. En ce qui concerne les soins somatiques, ce n&rsquo;est pas ça non plus parce qu&rsquo;on a du mal à prendre ces patients en charge (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/11/dragi-webdo-n202.html">ici</a>). Bref, y&rsquo;a du boulot&hellip;</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3363015/fr/maladie-de-kawasaki">HAS</a> a publié un guide concernant la maladie de Kawasaki. Elle rappelle les critères (5 nécessaires dont la fièvre): fièvre &gt; 5 jours, ADP cervicale &gt; 1,5cm, éruption cutanée polymorphe (souvent morbiliforme), hyperhémie conjonctivale, atteinte des extrémités (érythème des paumes, oedème, desquamation), et atteinte buccale (langue framboisée, chéilite, énanthème). Les signes ne sont pas forcément synchrones et peuvent apparaitre sur 1 à 2 semaines après le début de la fièvre. La présence d&rsquo;un syndrome inflammatoire biologique aide au diagnostic. Les principaux diagnostics différentiels sont la rougeole (si enfant non vacciné++), la scarlatine et une réaction allergique. Le PIMS peut aussi être un diagnostic différentiel, mais touche principalement les enfants de plus de 5 ans et donne des signes digestifs importants (Kawasaki plutôt entre 1 et 5 ans et peu de signes digestifs). Le traitement reposant sur des immunoglobuline, il faut adresser aux urgences. En cas d&rsquo;atteinte coronaire, le traitement par aspirine est parfois indiqué à vie.</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2796244">USPSTF</a> a publié des recommandations concernant le dépistage du diabète de type 2 et du pré-diabète chez l&rsquo;enfant. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas suffisamment d&rsquo;études pour évaluer la balance bénéfice-risque de ce dépistage. Il y avait 2 études de faible taille évaluant le bénéfice, mais aucune n&rsquo;a mis en évidence que le dépistage réduisait significativement le risque d&rsquo;acidocétose. Les risques du dépistage n&rsquo;ont jamais été évalués&hellip;</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°366 : Monkeypox (HAS), fibrillation auriculaire, BPCO, rééducation périnéale, urticaire chronique, goutte, nutri-score, chirurgie/diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/09/dragi-webdo-n366/</link><pubDate>Sun, 11 Sep 2022 23:14:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/09/dragi-webdo-n366/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Dermatologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Vous demandez souvent comment se tenir à jour des articles et recos ou quelle est la méthode utilisée sur ce blog. Pour avoir des éléments de réponses, vous pouvez vous inscrire au Webinaire gratuit organisé avec WeLinkCare et qui aura lieu le 29/11 de 13h à 13h30: &ldquo;<a href="https://www.welinkcare.com/listing/bibliographie-medicale-au-quotidien-veiller-realiser-et-partager-grace-au-dragi-webdo/">Bibliographie médicale au quotidien : veiller, réaliser et partager grâce au Dragi Webdo</a>&rdquo; (inscriptions <a href="https://www.welinkcare.com/listing/bibliographie-medicale-au-quotidien-veiller-realiser-et-partager-grace-au-dragi-webdo/">ici</a>!) Voici sans plus attendre les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>On avait déjà parlé du dépistage de la fibrillation auriculaire avec les applis <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/09/dragi-webdo-n195.html">ici</a>. Un <a href="https://www.nature.com/articles/s41591-022-01979-w">essai</a> randomisé incluant plus de 5000 patients a comparé un dépistage par smartphone versus les soins courants. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;il y avait 2 fois plus de dépistage avec le smartphone (1.33% vs  0.63%), soit un nombre de sujet à dépister de 142 pendant 6 mois pour trouver une FA. Les auteurs ont fait un cross over après 6 mois, et le groupe initial smartphone est passé en soins courant et vice versa. A la fin des 6 mois de suivi supplémentaire, les données sont concordantes dans des proportions similaires. Les auteurs étudient ensuite que la découverte de FA est associée à un sur-risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires mais ils ne comparent pas ces évènements selon la façon de laquelle la FA a été découverte.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_2876862/fr/consultation-et-prescription-medicale-d-activite-physique-a-des-fins-de-sante">HAS</a> a mis à jour les recommandations pour la prescription d&rsquo;activité physique (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/11/dragi-webdo-n205.html">ici</a>). Pas de grosses mise à jour à part que l&rsquo;algorithme est devenue interactif pour aller directement lire la bonne partie  du très long document. A noter également le retour de mangerbouger.fr pour évaluer son <a href="https://www.mangerbouger.fr/bouger-plus/test-de-niveau-d-activite-physique-et-de-sedentarite-des-adultes">niveau d&rsquo;activité physique</a> et sa sédentarité ainsi que de <a href="https://www.mangerbouger.fr/manger-mieux/la-fabrique-a-menus/?xtor=SEC-148-GOO&amp;gclid=Cj0KCQjwjvaYBhDlARIsAO8PkE2i_v_uoetnHEwOmt61hDH96azQaVcr6mxgeweO0pVDSNRjcZdLj5caAgp8EALw_wcB&amp;gclsrc=aw.ds">la fabrique à menus</a> qui permet davantage de personnalisation dans la création des repas.</p>
<p>On a déjà vu plusieurs fois que dans la fibrillation auriculaire, un <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/06/dragi-webdo-n360.html">contrôle de la fréquence</a> semble suffisant. Cependant, quelques études semblent en faveur d&rsquo;un contrôle du rythme chez certains patients. Cette <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M21-4798">étude</a> de cohorte a comparé les 2 stratégies grâce à un score de propension. Ils retrouvent qu&rsquo;un contrôle du rythme précoce par antiarythmiques ou ablation (flécaine, amiodarone ou sotalol en grand majorité) était plus efficace pour réduire le critère de jugement principal composite (mortalité cardiovasculaire, évènements cardiovasculaires et hospitalisation pour insuffisance cardiaque), aussi bien dans une population avec un CHADSVASC médian à 1 sans indication à anticoagulation (NNT= 250 patients par an) que dans celle avec un CHADSVASC médian à 4 avec indication à anticoagulation (NNT= 90 patients par an). Dans cette dernière, le résultat était également significatif pour chaque composante du critère de jugement principal. Par ailleurs, la mortalité globale était également inférieur en cas de contrôle du rythme (NNT= 218 et NNT = 117 , respectivement), avec un peu plus d&rsquo;effets secondaires cardiaques liés au contrôle du rythme de type syncope ou sick sinus syndrome (NNH entre  500 et 1000)</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-09/reco462_reponses_rapides_mpxv__fiche_mg_mel_v0.pdf">HAS</a> a publié des réponses rapides concernant la Monkeypox en soins de 1er recours. Compte tenu de la transmission cutanéo-muqueuse et gouttelette, le port
de masque FFP2, gants et lunettes est recommandé en consultation (si on
est prévenu avant que le patient n&rsquo;arrive dans le cabinet). Le diagnostic est clinique, la PCR peut être réalisée en cas de doute diagnostic. Un bilan des infections sexuellement transmissibles est recommandé en cas de diagnostic. Un isolement de J1 à J21 minimum (ou jusqu&rsquo;à cicatrisation des lésions) est recommandé. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une maladie à déclaration obligatoire. Les sujets contacts à risque peuvent être vaccinés en post exposition, mais il n&rsquo;y a pas de traitement préventif ou curatif à instaurer. L&rsquo;évolution est en générale simple en 4 semaines. Il n&rsquo;y a eu que 3% d&rsquo;hospitalisations, sans décès. Cependant, les patients à risque de complication (immunodépression, grossesse&hellip;) nécessitent un avis spécialisé. La vaccination pré-exposition peut être proposé aux patient VIH+, aux patients HSH avec partenaires multiples et aux travailleurs du sexe.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg0hxMgRzXAt_BQVk_Q7MmN9Jy7eIsv7a2AjCNuyvEljkhjIj5f6EdkFhUGqzM27plZ0cK8l3aSNXYjuSfgq_UxfyxQtrpX9DBt8Cq1v9fVekmMgxEH6_7mN3CUSHRIxYQGJK5i2k_jGAPWu2jWH8nNBrdu8DKcsYH4m48YQg6-UODBGKMxCOPZ6_D-4Q/s787/mpx.png"><img src="/images/articles/2022/mpx.png" alt=""></a></p>
<p>La vitamine D systématique dans le traitement du Covid étant inefficace, des <a href="https://www.bmj.com/content/378/bmj-2022-071230">auteurs</a> ont tenté une approche &ldquo;test and treat&rdquo; dépistant les carences en vitamine D et proposant un traitement (800UI/j ou  3200UI/j selon la carence) versus l&rsquo;absence de dépistage/supplémentation pour prévenir les infections respiratoires. Cette étude a randomisé  6000 patients. Comme on pouvait s&rsquo;y attendre, la vitamine D n&rsquo;a pas permis de réduire le risque d&rsquo;infections respiratoires quelle que soit la cause ni celles liées au Covid-19.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Deux cohortes américaines ont été analysées pour donner une description des patients atteints de <a href="https://www.annfammed.org/content/20/4/319">BPCO</a>. Parmi les 20 000 patients inclus, il y avait  56% de femmes, l&rsquo;âge moyen était de 67 ans, la moitié était des anciens fumeurs et un tiers de fumeurs actifs. Les 3/4 avaient également de l&rsquo;hypertension artérielle, la moitié du diabète et autant de la dépression. 38% avaient eu une  exacerbation dans l&rsquo;année, c&rsquo;est beaucoup. Si on regarde les traitements, les 3/4 avaient un corticoïdes inhalé seul ou en association, malgré la recommandation limiter leur utilisation au vu des risques de pneumopathies, ce qui peut expliquer la fréquence des exacerbations.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjyxgb-z8AQeNsnd87jzPbrRoAgQnn2ixB5j6K3LtVpBsS28-dCCWGVGnG4uUXXcB52T-EJpUJMdoDELInxPkfs0LmymFmVAoffcH-Qva78KzqMws8Jp_94NMeCOvYPQ0R98hRTiX2l9HDpOEGl6ce2VdZyR_6KiHuaOg00XCNYJXLW6MzZSDtrzBZDuw/s1200/copd.png"><img src="/images/articles/2022/copd.png" alt=""></a></p>
<p>Nous avions parlé des patients avec VEMS/CV normal et VEMS diminué dont le pronostic était moins bon que celui de certains patients avec BPCO dans un <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/01/dragi-webdo-n252.html">précédant article</a>. Cette étude contrôlée randomisée du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2204752">NEJM</a> a regardé s&rsquo;il était justifié de traiter par LAMA+LABA des patients fumeurs de plus de 10 PA avec un VEMS/CV normal et symptomatique (CAT  &gt; 10). Le critère de jugement était l&rsquo;amélioration des symptômes après 12 semaines. Il n&rsquo;y avait pas de différence d&rsquo;amélioration des symptômes entre le groupe traité et le groupe placebo. Donc ces patients sont peut-être à plus haut risque que certains BPCO, mais débuter un traitement en cas de spirométrie normale n&rsquo;apporte rien!</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/378/bmj-2022-070186">BMJ</a> a prescrit un guide pour mener une rééducation périnéale. Cette rééducation est indiquée chez les patientes avec une incontinence urinaires ou fécale ou un prolapsus pelvien. Elle peut être effectuée seule par le patient ou sous supervision. Les auteurs recommandent d&rsquo;effectuer: des séries de 8 à 10 contractions périnéales, 3 fois par jour. Au niveau de base, les contractions durent  1 à 2 secondes et sont suivies de  1 à 2 secondes de repos. Progressivement, des contractions plus soutenues pourront être effectuées: de 6 à 10 secondes de contraction et autant de repos. Ces exercices peuvent être effectuées au repos ou en activité (en faisant de la course à pied par exemple). Enfin, il est également possible de faire une contraction avant un effort entrainant une fuite urinaire (comme pendant un épisode de toux ou un éternuement).</p>
<p>5/ Dermatologie</p>
<p>Les recommandations concernant l&rsquo;urticaire chronique avaient été décrites <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/12/dragi-webdo-n249.html">ici</a>. Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra2120166">NEJM</a> revient sur cette maladie. L&rsquo;urticaire chronique peut être  aquagénique (très rare, test: eau à 35°C), cholinergique (courant, lié au sport, aux émotions, test: eau à 42°C, prescrire adrénaline), du dermographisme (le plus courant), à la pression (résiste aux antihistaminiques, test: porter un sac de 7kg 10min sur l&rsquo;épaule), vibratoire (rare), au froid (test: pack de glace sur l&rsquo;avant bras, prescrire adrénaline), solaire (test: UV/ exposition solaire), lié à l&rsquo;exercice (test: faire du sport, prescrire adrénaline++).  L&rsquo;urticaire chronique peut être associé à de nombreuses conditions (prise de contraceptifs, maladies rhumatologiques inflammatoires, dysthyroïdie, cancers et infections à EBV, herpès virus, virus hépatiques, mycoplasmes ou à H. Pylori). Cependant, réaliser un bilan n&rsquo;est pas utile devant la rareté de ces maladies (sauf s&rsquo;il y a d&rsquo;autres symptômes ou éléments en faveur). En effet, dans une étude incluant plus de 356 cas d&rsquo;urticaire chronique,  319 ont eu des bilans anormaux, 30 ont eu des bilans répétés ou été adressés à des spécialistes et 1 seul a eu une prise en charge modifiée devant la découverte d&rsquo;une dysthyroïdie. Sur le plan thérapeutique, les auteurs recommandent de commencer avec des antihistaminiques de 2ème génération en continu (et pas à la demande), puis si nécessaire d&rsquo;augmenter la dose jusqu&rsquo;à 4 fois la posologie initiale (jusque là c&rsquo;est solide sur le plan scientifique). En cas d&rsquo;échec, les auteurs proposent d&rsquo;ajouter des anti-H2 ou des anti-leucotriènes, ou de remplacer avec des anti-H1 de 1ère génération à dose élevée (hydroxyzine) voire des corticoïdes oraux bien qu&rsquo;ils soient souvent soumis à un effet rebond. En cas de nouvel échec, on laissera le dermatologue proposer d&rsquo;autres traitements. Mais sinon, l&rsquo;évolution est spontanément favorable chez la moitié des patients (surtout si c&rsquo;est de l&rsquo;urticaire spontanée plutôt qu&rsquo;induit).</p>
<p>6/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/378/bmj.o1754">BMJ</a> publie une revue sur la prise en charge de la goutte, tirée des recommandations du NICE en  2022 et qui présente des discordances avec les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/06/dragi-webdo-n274.html">recommandations françaises</a>. Le diagnostic repose sur la clinique et une uricémie supérieure à 60mg/L (si la suspicion est forte, répéter le dosage d&rsquo;uricémie au moins 2 semaines après une crise). Le traitement de la crise repose selon les préférences et comorbidité sur les AINS (+IPP souvent), la colchicine ou les corticoïdes oraux. Selon les auteurs, le traitement de fond n&rsquo;est pas à débuter dès la 1ère crise de goutte chez tous les patients, mais ça peut être proposé selon la gêne. Les indications fortes du traitement de fond sont la présence de tophi, une arthrite gouteuse chronique, la prise d&rsquo;un diurétique (on peut aussi voir pour l&rsquo;arrêter si possible, hein), un DFG &lt; 45ml/min ou les crises de goutte invalidantes et répétées. Le traitement de fond est à débuter 2 à 4 semaines après une crise, et sous couverture d&rsquo;un traitement par colchicine. Bien que des études aient montré une surmortalité avec le febuxostat, les auteurs recommandent au même niveau l&rsquo;allopurinol et le febuxostat en traitement de fond de 1ère intention car ce dernier permet d&rsquo;atteindre la cible thérapeutique. Cette cible est une uricémie &lt;  60mg/L ou &lt;50mg/L si tophi, goutte chronique ou crises malgré une uricémie inférieure à 60mg/L. Concernant les règles diététiques, ils semblent que leur niveau de preuve soit particulièrement bas.</p>
<p>7/ Nutrition - diabétologie</p>
<p>Pour renforcer l&rsquo;intérêt du nutriscore que certains lobby souhaiteraient voir disparaitre, une <a href="https://www.bmj.com/content/378/bmj-2022-070688">cohorte</a> de plus de 20 000 hommes et femmes suivis pendant 12 ans en moyenne a été étudiée selon leur FSAm-NPS (d&rsquo;où est dérivé le NutriScore). Il y avait un surrisque de mortalité globale et cardiovasculaire chez les patients dans le 4ème quartier (avec une alimentation moins bonne) par rapport à ceux du 1er quartier, avec une augmentation absolue de ces risques, respectivement de 4.3% et 2.6% par an, c&rsquo;est énorme). Bref, je vous renvoie à la fabrique à menu ci dessus.</p>
<p>Enfin, reparlons de chirurgie bariatrique chez les patients diabétiques. Cet <a href="https://diabetesjournals.figshare.com/articles/figure/Diabetes_Remission_in_the_Alliance_of_Randomized_Trials_of_Medicine_Versus_Metabolic_Surgery_in_Type_2_Diabetes_ARMMS-T2D_/19237437">article</a> a rassemblé les résultats de 4 essais randomisant chirurgie versus prise en charge médicale et diététiques dans la prise en charge du diabète. Après 3 ans, 38 % des patients du groupe chirurgie et 3% du groupe contrôle étaient en rémission définie comme une HbA1C &lt;  6.5% sans traitement pendant 3 mois. Bien qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas d&rsquo;analyses statistiques sur les évènements cardiovasculaires, on en compte 8 (4.1%) dans le groupe chirurgie et 16 (13.2%) dans le groupe contrôle. Cependant, il y avait plus d&rsquo;effets indésirables digestifs (lithiases, ulcères, occlusions) (15% versus  1%), plus d&rsquo;épisodes de déshydratations et d&rsquo;anémie.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°365 : Risque cardiovasculaire, statines, antidépresseurs, vertiges, sinusites, diabète gestationnel, diagnostic diabète, Little Town</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/09/dragi-webdo-n365/</link><pubDate>Sun, 04 Sep 2022 10:21:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/09/dragi-webdo-n365/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Psychiatrie</category><category>ORL</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Normalement, si vous êtes abonnés, vous avez dû recevoir la newsletter du billet de la semaine dernière via follow.it, mais si ce n&rsquo;est pas le cas, il faut aller vérifier vos spams. Normalement, une fois que vous avez noté que la newsletter n&rsquo;est pas un spam, elle ne retourne pas dans vos spam les semaines suivantes. Vous pouvez aussi vous même modifier l&rsquo;horaire d&rsquo;arrivée de la newsletter! Si vous n&rsquo;êtes pas abonnés, n&rsquo;hésitez pas à le faire en inscrivant votre mail dans l&rsquo;espace prévu à cet effet sur la droite de la page. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance </p>
<p>Les sirops contre la toux ont une balance bénéfice-risque défavorable (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/05/dragi-webdo-n50.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/10/dragi-webdo-n68.html">là</a>), sauf peut-être le dextrométorphane. Voici une nouvelle alerte de l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/risque-dallergie-grave-aux-curares-en-cas-dutilisation-des-sirops-contre-la-toux-contenant-de-la-pholcodine">ANSM</a> concernant les sirops à base de pholcodine qui favoriserai le risque d&rsquo;allergie ultérieure aux curares utilisés lors des anesthésies générale. Bref, on oublie ces sirops et on prend du miel (pas avant 1 an), du sirop d&rsquo;agave ou d&rsquo;autre sucreries!</p>
<p> 2/ Cardiovasculaire</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2795521">USPSTF</a> américaines a publié des recommandations sur l&rsquo;utilisation des statines en prévention primaire. Les auteurs recommandent avec un grade B, la prescription d&rsquo;une statine entre  40 et 75 ans chez les patients ayant un ou plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire (dyslipidémie, diabète, hypertension, tabagisme) ET un risque cardiovasculaire ASCVD supérieur à 10% (soit un risque élevé). Avec un grade C, ils proposent de traiter les patients avec facteurs de risque mais avec un ASCVD entre 7,5 et 10%, en soulignant que le bénéfice est moindre (risque intermédiaire). Enfin, il n&rsquo;y a pas suffisamment d&rsquo;étude pour faire des recommandations concernant l&rsquo;initiation d&rsquo;une statine après  75 ans.</p>
<p>Cependant, chez les patients sans facteurs de risque cardiovasculaire, une revue du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2794559?widget=personalizedcontent&amp;previousarticle=2795526">JAMA</a> montre que donner des conseils et encourager les règles hygiénodiététiques et l&rsquo;activité physique permet de réduire modérément les évènements cardiovasculaires fatals et non fatals, la pression artérielle et le cholestérol sans qu&rsquo;il n&rsquo;y ait de signaux concernant d&rsquo;éventuels effets indésirables.</p>
<p>On en avait déjà parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/11/dragi-webdo-n290.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/02/dragi-webdo-n302.html">là</a>, mais la relation entre symptômes sous statines et statines est plus que douteuse. Une <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(22)01545-8/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=218843256&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-27013292">méta-analyse</a> sur données individuelles incluant près de 100 000 patients. Les auteurs retrouvent que dans la 1ère année de traitement, la statine augmentait le risque de myalgies et faiblesse musculaire chez 11 patients pour 1000, soit 1 patient avec douleur liée aux statines pour 15 patient se plaignant de douleurs qui n&rsquo;y sont en fait pas liées. Après cette première année, il n&rsquo;y avait plus d&rsquo;augmentation significative du risque de myalgies sous statines. Notons enfin que sur l&rsquo;ensemble des années, les statines à fortes doses (atorva 40-80 et rosuva  10-20) étaient plus pourvoyeuses de myalgies que les statines à plus faible doses.</p>
<p>3/  Psychiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/378/bmj-2021-067606">BMJ</a> a publié un article réévaluant l&rsquo;efficacité des traitements antidépresseurs dans les 232 essais randomisés mis à disposition de la FDA (ANSM américaine) et incluant près de 73 000 patients. En utilisant l&rsquo;échelle de Hamilton comme critère de jugement, les patients traités réduisaient leur score de  9.8 points et ceux sous placebo de 8 points, soit une différence significative de 1.75 points. Si on sépare selon l&rsquo;âge, chez l&rsquo;adulte la différence était de 1.82 et chez l&rsquo;enfant de 0.71 (ce qui n&rsquo;est cliniquement pas très pertinent dit comme ça). Une autre représentation suggère que parmi les patients traités, 15% auront une réponse significative au delà de l&rsquo;effet placebo. Cette réponse était plus élevé pour l&rsquo;anafranil, la clomipramine et la venlafaxine, mais tous les antidépresseurs quasiment étaient supérieur au placebo (mais on en a déjà parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/04/la-depression-sans-pression18.html">ici</a>). . Cependant, comme dit dans le commentaire sur le billet psychiatrie,  les patients peuvent avoir eu un traitement auparavant et le fait de prendre un placebo entraine un syndrome de sevrage dont les symptômes correspondent aussi aux symptômes de dépression: donc le simple fait d&rsquo;avoir eu un antidépresseur avant l&rsquo;étude peut faussement majorer le bénéfice du traitement dans un essai.</p>
<p>4/ ORL</p>
<p>Un article du <a href="https://bjgp.org/content/72/721/e601">BJGP</a> a essayé de mettre en évidence les caractéristiques des sinusites selon 2 modèles. Dans le 1er, les facteurs associés à une sinusite confirmée par un TDM étaient l&rsquo;antécédent de sinusite, des symptômes précédés par une infection des voies respiratoires, une anosmie, une aggravation des symptômes après 5 jours, une rhinorrhée purulente, la nécessité d&rsquo;antibiotiques d&rsquo;après le médecin et une CRP élevée. Dans le 2nd modèle, plus simple, une sinusite bactérienne confirmée par microbiologie était une douleur dentaire, une rhinorrhée purulente et une CRP élevée. Mais une fois qu&rsquo;on sait que c&rsquo;est bactérien, ça ne nous dit pas si ça vaut le coup de mettre les antibiotiques ou si l&rsquo;évolution peut être spontanément favorable quand même.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/378/bmj-2021-069850">BMJ</a> revient sur les vertiges. Les auteurs proposent une figure pratique : on clique sur les symptômes et on voit à quels causes ça peut correspondre. Une imagerie cérébrale est nécessaire pour un vertige isolé durant plus de 24h, un réflexe occulocéphalique normal, une céphalée de novo, une surdité unilatérale, une anomalie sensitivo-motrice des paires crâniennes ou d&rsquo;un membre ou une ataxie sévère. Il n&rsquo;est pas nécessaire de faire une imagerie en cas de vertige sub-aigue (de quelques heures maximum), sans symptômes neurologiques, avec un réflexe occulocéphalique anormal (évocateur de névrite vestibulaire), ou de perte d&rsquo;audition évocatrice de maladie de Ménière (acouphènes, perte d&rsquo;audition unilatérale, vertiges/nausées/vomissements de plus de 30minutes). Bien que la cause la plus fréquente soit un VPPB, chez les patients jeunes, il faut penser aux migraines vestibulaires et chez les moins jeunes avec facteurs de risque cardiovasculaires, aux AVC.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2204091">NEJM</a> a
comparé le risque de macrosomies chez des patientes enceintes
randomisée selon différents seuils diagnostics du diabète gestationnel à
l&rsquo;HGPO: seuil bas (0,92 à jeun - 1,80 à 1heure - 1,53 à 2 heures, ce
qui est la reco actuelle en France) vs seuil plus élevé (0,99 à jeun et
1,62 à 2 heure). 4000 femmes ont été incluses, et il y a eu 15,3% de
diabètes gestationnels dans le 1er groupe versus  6.1% dans le 2ème
groupe. Cependant, il y a eu 8,8% et  8,9% d&rsquo;enfants macrosomes dans
chaque groupe sans différence significative. Sur les critères
secondaires, il n&rsquo;y avait pas non plus de différences sur la mortalité,
les dystocies des épaules, les complications néonatales, ni de
complications maternelles. Il y avait par contre, plus
d&rsquo;insulinothérapies, de déclenchements du travail, de consultations
spécialisées, et d&rsquo;hypoglycémies nécessitant  un traitement chez
l&rsquo;enfant dans le groupe avec un seul diagnostic bas. Les conclusions étaient un peu différentes dans d&rsquo;un <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/06/dragi-webdo-n54.html">article antérieur</a> mais ce n&rsquo;était pas un essai randomisé. Cette étude du NEJM est cependant concordante avec ce qu&rsquo;on avait déjà dit <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n280.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/04/dragi-webdo-n177-antipsychotiques-hta.html">là</a> sur le faible bénéfice à débuter un traitement pour des GAJ inférieures à 1g/L. Bref, si on
remontait les seuils diagnostics ?</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiBc0siqyuN0ToebKXJvBHSCSAkJGinBse0RTPpclch7D8iE9NsFbcFX0ZmRvJnYNJGC9Vrds6vYhNZYZ42hq7twvq-9uY-jm5T2SMa7v9GAJLppjWm0Xd_RPl-5UfNbFaumXHk7PWEjw9cwkc0tvaFer0WK4BD-_9i2UYnY9ohYiV-qfzFJlKy1i5j7w/s1739/diab.png"><img src="/images/articles/2022/diab.png" alt=""></a></p>
<p>On reste dans les tests provoqués. Une <a href="https://www.ahajournals.org/doi/abs/10.1161/CIRCULATIONAHA.122.059430">étude</a> a comparé les risques micro et macrovasculaires de patients diabétiques diagnostiqués avec un test de provocation au glucose (HGPO) avec ou sans confirmation par une HbA1C &gt; 6,5%. Les auteurs que 40% des patients avec HGPO positive n&rsquo;ont pas eu de confirmation par HbA1C. Lorsqu&rsquo;ils ont regardé la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires ou de maladie rénale chronique, les patients avec HGPO+ et HbA1C - avaient des risques similaires à ceux sans diabète, alors que les patients HGPO+ et Hba1C+ avaient des risques augmentés, similaires à ceux de diabétiques connus. Il serait maintenant intéressant de faire la même chose pour les patients diagnostiqués par 2 glycémies à jeun &gt; 1,26 mais avec des HbA1C &lt; 6,5%.</p>
<p>5/ Le jeu du mois : &ldquo;Little Town&rdquo;</p>
<p> &ldquo;Little Town&rdquo; est un jeu de gestion adapté à une ambiance familiale. C&rsquo;est un jeu de pose d&rsquo;ouvrier dans lequel on doit se placer à proximité de ressources pour les obtenir. Grâce à ces ressources, on construit des bâtiments qui rapportent des points et on essaye de compléter ses objectifs. Comme dans tous les jeux de gestion, il faut penser à garder un peu de nourriture en fin de tour pour nourrir sa population. Le jeu est à la fois simple et stratégique, parfait pour s&rsquo;initier à ce type de jeu (abordable dès 7-8 ans) ou pour profiter d&rsquo;un jeu de gestion dans une partie d&rsquo;une vingtaine de minute (et pas de 4 heures avec 1h15 d&rsquo;explications de règles).  En somme, un petit jeu bien sympathique !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgklXRhDvIbp9TSQcKyy-vD2P38haSH_wwYIlG7-_bG9hYx2G2ch0ZAUbkK8TD0wALPbhZiFVaK6z7K-S6AVvWsru9NukF1xraWiUr9Px5jaa3KlHA8R1Lat0NFtvABsacyWPkfLcc6XWiBwBZF7hBqo42Ij9K7qyePmal_RHoqemzkBj57POONMl-sfQ/s4000/20220227_182906.jpg"><img src="/images/articles/2022/20220227-182906.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°364 : Rotavirus (HAS), eczéma, risque cardiovasculaire, dapagliflozine, polypill cardiovasculaire, dépistage cardiovasculaire, folates/grossesse, acide hyaluronique, rupture LCA, WeLinkCare, Villainous</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/08/dragi-webdo-n364/</link><pubDate>Sun, 28 Aug 2022 00:09:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/08/dragi-webdo-n364/</guid><category>Pédiatrie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à toutes et tous ! Nous espérons que vous avez passé de bonnes vacances !</p>
<p>Changement majeur à partir de cette semaine, la diffusion par mail sera maintenant assurée par follow.it compte tenu de la fermeture de Feedburner. On va voir comment les mails vont arriver, surveillez vos mails au cas où le Dragi Webdo se retrouve en indésirable !</p>
<p>Dans la catégorie des projets collaboratifs, voici &ldquo;<a href="https://www.welinkcare.com/">We Link Care&rdquo;</a> , une plateforme de partage de connaissances médicales avec des soignants et des institutions. Il y a également un lien sur la barre de droite du blog pour y accéder.</p>
<p>Sur ce, bonne rentrée et bonne lecture  (avec pas mal de cardio comme c&rsquo;est l&rsquo; #ESCCongress !)</p>
<p>1/ Pédiatrie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3352137/fr/la-has-recommande-la-vaccination-des-nourrissons-contre-les-infections-a-rotavirus?id=p_3352137&amp;preview=true">HAS</a> recommande à nouveau la vaccination contre le Rotavirus par les vaccins oraux (Rotarix : 2 doses espacées de 4 semaines à débuter entre 6 et 16 semaines / Rotateq : 3 doses espacées de 4 semaines chacune à débuter entre 6 et 12 semaines). Cette décision ne repose pas sur de nouvelles données par rapport à celles données par le HCSP (et qui avaient conduit à l&rsquo;arrêt de la recommandation vaccinale) et ni par rapport à celles de la HAS (donnant un SMR insuffisant à ces vaccins)  (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/p/vaccinations.html#Rotavirus">ici</a>.). Selon les modèles utilisés, la vaccination permettrait  d&rsquo;éviter 71 à  700 décès par gastro-entérite pour 1 décès par invagination intestinale aigue entrainé par la vaccination. Comme ça, ça semble miraculeux mais on a pas d&rsquo;études en vie réelle pour confirmer cete efficacité en France. Pour rappel les IAA se produisent dans les 7 jours suivant la vaccination. Cette recommandation a possiblement été favorisée par un certain lobbying qui était déjà en marche l&rsquo;an dernier &ldquo;vacciner contre la rotavirus pour ne pas surcharger les urgences qui auront à subir les vagues de Covid&rdquo;. C&rsquo;est ce que souligne l&rsquo;avis du CMG dans la reco &ldquo;le CMG estime que le bénéfice/risque individuel n’est pas en faveur de la vaccination, mais qu’il peut y a avoir un bénéfice collectif compte tenu des difficultés de l’hôpital&rdquo;. L&rsquo;autre point important qu&rsquo;il souligne est que les patients les plus à risque d&rsquo;hospitalisation sont les patients précaires, mais ce vaccin non remboursé ne permettra probablement pas de toucher ces patients.</p>
<p>Concernant l’eczéma, la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013356.pub2/full/fr">Cochrane</a> a étudié les stratégies d&rsquo;utilisation des dermocorticoïdes. Les auteurs retrouvent que les corticoïdes d&rsquo;action modérée et forte sont plus efficaces que les faibles et que les très fort ne sont pas supérieurs. Appliquer les corticoïdes une fois par jour est aussi efficace que 2 fois par jour ou plus en traitement de crise. Enfin, un traitement dit &ldquo;proactif&rdquo;, préventif des poussées en appliquant les corticoïdes uniquement 2 jours par semaine (le week end), est efficace pour prévenir les récidives sans augmenter le risque d&rsquo;atrophie cutanée.</p>
<p>Des auteurs ont réfléchi à la pertinence du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(22)00141-3/fulltext">dépistage du diabète de type 1</a> chez l&rsquo;enfant.  Dans cette étude, 11% des enfants à haut risque suivis ont développé un diabète avant 15 ans. Il serait pertinent d&rsquo;effectuer un dépistage du diabète par anti IA2, anti GAD et anti-insuline aux âges 2 et 6 ans dont les caractéristiques seraient une sensibilité de 82% et une VPP de 79%. Mais pourquoi dépister des anticorps asymptomatiques? D&rsquo;après les auteurs, il est démontré que dépister le diabète de type 1 (c&rsquo;est à dire retrouver les anticorps) permet d&rsquo;assurer un suivi régulier qui réduit le risque d&rsquo;acido-cétose à la découverte. Les enfants à haut risques étaient globalement définis par : soit 1 antécédent familial de diabète de type 1, soit une prédisposition génétique sur les allèle HLA DR/DQ (dépisté de façon systématique en maternité pour la cohorte suivie). Bref, on ne va pas dépister selon le HLA, mais la question peut se poser pour ceux ayant un antécédent familial au 1er degré.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/fullarticle/2793729">JAMA cardiology</a> s&rsquo;est intéressé au pourcentage de patients avec indication aux statines en prévention primaire d&rsquo;après les recommandations ESC 2021 par rapport aux autres recos (américaines, britanniques et ESC antérieures). Les auteurs retrouvent que les recos ESC  2021 recommandent un traitement chez 4% des patients, contre 20% pour les recos ESC basées sur le SCORE 1, et environ 30% pour les recos américaines et britanniques. Ce qu&rsquo;il faut regardé, c&rsquo;est donc qui est considéré comme ayant une indication d&rsquo;après l&rsquo;ESC 2021: ce sont uniquement les catégories &ldquo;très haut risque&rdquo; (mais en fait c&rsquo;est &ldquo;juste&rdquo; du haut risque, en rouge dans les tableaux) à savoir risque &gt; 7.5% avant 50 ans, &gt; 10% après 50 ans (= recos de classe I) et les patients à &ldquo;haut risque&rdquo; (mais en fait c&rsquo;est le risque &ldquo;intermédiaire, en orange dans les tableaux) ayant également une AOMI, une faible niveau socio économique, un périmètre abdominal &gt; 94cm chez les femmes ou 102 cm chez les hommes, ou un antécédent familial significatif de maladie cardiovasculaire (recos de classe II). C&rsquo;est sur cette dernière catégorie que se fait la différence car ils n&rsquo;ont pas considéré tous les patients à risque intermédiaire qui ont, d&rsquo;après la reco, une indication à une statine si leur LDL est  &gt;1g/L (donc presque tous en fait). Ils justifient ce choix car leur sélection s&rsquo;est basée uniquement sur les recommandations de classe I et II. C&rsquo;est un choix probablement judicieux (mais on aurait pu limiter aux recos de classe I). Cependant leur conclusion est la suivante: &ldquo;les recos ont réduit l&rsquo;utilisation de statines, il est nécessaire d&rsquo;abaisser les seuils de traitement dans les prochaines recos pour augmenter l&rsquo;utilisation de statines en prévention primaire&rdquo;.  Compte tenu du nombre des lignes de conflits d&rsquo;intérêt des auteurs, et du fait que les indications de statines décrites sont celles qui ont démontré un bénéfice, il est probable que ces recos soient en fait plutôt bonnes pour sélectionner les patients à traiter. (PS: les auteurs ont aussi artificiellement augmenter les indications selon les recos américaines en donnant une indication aux patients avec un score ASCVD &gt;7,5% pour lesquelles le choix n&rsquo;est pas tranché, au lieu de ceux à haut risque avec un score ASCVD à 20%)</p>
<p>Par ailleurs, le calculateur de SCORE2 est désormais disponible <a href="https://heartscore.escardio.org/calculate/quickcalculator.aspx?model=low">ici</a> pour la France (et autres pays à faible risque).</p>
<p>On avait parlé des <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/05/dragi-webdo-n313.html">prises d&rsquo;antihypertenseurs le soir</a> qui permettaient de mieux contrôler la tension artérielle et de réduire la mortalité. Un très gros essai contrôlé, <a href="https://twitter.com/escardio/status/1563141783428943884">TIME</a>, a randomisé la prise d&rsquo;anti-HTA soit le matin, soit le soir chez 20000 patients. Il n&rsquo;y a pas eu de différences en termes d&rsquo;évènements cardiovasculaires à 5 ans. La principale différence avec la revue systématique précédente réside dans le fait que TIME faisait prendre tous les traitements au même moment, alors que la revue systématique faisait prendre &ldquo;au moins 1 anti-HTA le soir&rdquo;, et donc un certain nombre de cas &ldquo;matin et soir&rdquo; (attendons la publication, car là, c&rsquo;est la communication du congrès de l&rsquo;ESC). Bref, pour le moment, on peut laisser les patients choisir quand ils préfèrent le prendre pour que l&rsquo;observance soit optimale.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/08/dragiwebdo-n321.html">empagliflozine</a> avait démontré un bénéfice cardiovasculaire chez les patients avec insuffisance cardiaque à FE préservée. C&rsquo;est maintenant la <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2206286?query=featured_home">dapafliflozine</a> qui a été testé versus placebo chez des patients avec insuffisance cardiaque à FE modérément altérée ou préservée ( &gt;  40%). Le critère de jugement était l&rsquo;hospitalisation pour insuffisance cardiaque ou la mortalité cardiovasculaire. Concernant les patients inclus, plus de  50% avaient une FEVG préservée (&gt;50%) et 44% étaient diabétiques. Le critère de jugement est survenu moins fréquemment dans le groupe traité par dapagliflozine (NNT= 56 patients par an), mais il n&rsquo;y avait pas de différence de mortalité cardiovasculaire ou globale. Il n&rsquo;y avait pas de différences concernant les effets secondaires entre les 2 groupes. Cela fait donc 2 traitements intéressant dans cette maladie, mais il n&rsquo;y en a toujours aucun qui réduise la mortalité chez ces patients.</p>
<p>Un essai randomisé en prévention secondaire a proposé une &ldquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2208275">polypill</a>&rdquo; contenant &ldquo;aspirine 100 + ramipril 2.5 à 10mg + atorvastatine 40mg&rdquo; chez des patients ayant eu un infarctus dans les 6 mois (l&rsquo;étude dit atorva  20 ou  40, mais 90% ont reçu 40mg). Le critère composite cardiovasculaire était plus fréquent dans la stratégie &ldquo;soins courant&rdquo; que dans le groupe &ldquo;polypills&rdquo; , avec un NNT de 32 patients, avec un suivi médian de 36 mois. L&rsquo;observance a été étudié et était meilleure dans le groupe &ldquo;polypill&rdquo;, ce qui peut expliquer une partie des résultats. Ensuite, les patients en soins courant avaient majoritairement de l&rsquo;atorvastatine et du ramipril. L&rsquo;atorvastatine n&rsquo;ayant pas démontré de bénéfice en prévention secondaire, il est dommage que la polypill n&rsquo;ait pas contenu de la simvastatine plus éprouvée en prévention secondaire. Cependant, il semble qu&rsquo;elle puisse avoir un bénéfice d&rsquo;après cette étude. Par ailleurs, le LDL dans le groupe polypill et dans le groupe soins courant était à  0.69 g/L (donc loin de la cible de  0.55g/L retrouvée dans les dernières recommandations), sans différence significative! Prendre le traitement régulièrement, indépendamment du chiffre de LDL atteint est donc l&rsquo;objectif a atteindre. La tension artérielle était également similaire entre les 2 groupes, le groupe contrôle avait du ramipril à  67%, énalapril pour 10% et un peu de périndopril et lisinopril. Il est possible qu&rsquo;en plus de l&rsquo;observance, il y ait un effet molécules qui soit intervenu dans cette étude. Il est quand même dommage de ne pas avoir randomisé en donnant les mêmes traitements.</p>
<p>Pour finir cette partie, l&rsquo;étude  <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2208681">Dancavas</a> a randomisé des hommes de 65 à 74 ans en &ldquo;pas de dépistage cardiovasculaire&rdquo; versus &ldquo;dépistage cardiovasculaire&rdquo; comportant ECG (pour la FA), TDM  (pour score calcique, anévrisme de l&rsquo;aorte), IPS (pour AOMI), mesure tensionnelle, dosage glycémique et lipidique. Les patients sont ensuite suivis pendant 10 ans. Voici les résultats intermédiaires à 5 ans (parce que ça fait pas encore 10 ans). Les patients  étaient en prévention secondaire pour 5% d&rsquo;entre eux, mais  25% avaient de l&rsquo;aspirine en prévention primaire, 35% une statine et 50% un antihypertenseur. Le critère de jugement principal est la mortalité toute cause: il n&rsquo;y a pas de différence entre les groupes sur ce critère, donc on arrête donc là l&rsquo;analyse  (Parce que certains diront que le  p est à 0.06, donc c&rsquo;est pas loin. Mais non, dans un essai randomisé, c&rsquo;est tout ou rien, c&rsquo;est pas &ldquo;proche de la significativité&rdquo; (voir <em>p</em> de Neyman et Pearson). D&rsquo;autres diront: oui mais dans le sous groupe 65-69 ans, le p est &lt; 0.05 avec un NNT estimable à 455 patient par an. Mais comme le critère de jugement principal est pas significatif, on ne peut aller regarder les sous groupes.)  On verra à 10 ans si les résultats sont probants et réduisent la mortalité. Ce qui est intéressant, si on regarde les résultats secondaires quand même, c&rsquo;est que ce sont les AVC uniquement qui seraient réduits, donc on pourrait peut être cibler les examens de dépistage plutôt que de faire toute la batterie, en se rappelant que le dépistage systématique de la FA n&rsquo;apporte pas de bénéfice, cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n281.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/01/dragi-webdo-n341.html">là</a>).</p>
<p>3/ Sommeil</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD010459.pub3/full/fr">Cochrane</a> a publié une revue systématique retrouvant qu&rsquo;écouter de la musique le soir permet d&rsquo;améliorer l&rsquo;insomnie ! Un traitement à proposer avant les médicaments ?</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Un article d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-0741">Annals of Internal medicine</a> retrouve que les patientes enceinte avec des taux élevés de folates avait des enfants avec un risque moindre de malformations congénitales cardiaque. Ces données sont à confirmer dans des études de meilleur niveau de preuve, mais renforce l&rsquo;importance de la supplémentation en acide folique.</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Voici une revue systématique du <a href="https://www.bmj.com/content/378/bmj-2022-069722">BMJ</a> concernant la visco-supplémentation à l&rsquo;acide hyaluronique dans la gonarthrose. Au total, les données de plus de 20000 patients ont été analysées. Les patients traités par visco-supplémentation avaient une baisse statistiquement significative de la douleur de 2mm sur une échelle de 100mm, ce qui est en dessous du seuil de pertinence clinique fixé à 10mm. Concernant le score fonctionnel, il y avait également une amélioration significative mais inférieure au seuil de pertinence clinique. En parallèle, il y avait une augmentation des effets indésirables graves en cas de viscosupplémentation (3.7% vs 2.5% , NNH =84). Bref, diffusions largement l&rsquo;inutilité de ces traitements, non remboursés et non recommandés (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/02/dragiwebdo-n301-covid-gonocoque.html">ici</a> ou <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/01/dragi-webdo-n296.html">là</a>).</p>
<p>Enfin, le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(22)01424-6/fulltext">Lancet</a> aborde les ruptures du ligament croisé antérieur non-aigues chez des patients avec instabilité persistante. L&rsquo;étude a randomisé ces patients (majoritairement ayant eu un traumatisme de moins de 5 mois) en traitement chirurgical ou rééducation. Les patients opérés avaient un questionnaire KOOS4 significativement meilleur (-7.9 point sur une échelle de 100). Il y a eu 41% des patients du groupe rééducation qui ont finalement été opérés et 28% du groupe chirurgical qui n&rsquo;ont pas été opérés. Les auteurs concluent donc qu&rsquo;il y a un bénéfice au traitement chirurgical en cas d&rsquo;instabilité persistante après une rupture du LCA post-traumatique. Il est dommage de ne pas savoir si les patients avaient eu de la rééducation avant l&rsquo;inclusion: faire 3 mois de rééducation à tous les patients puis randomiser entre chirurgie ou poursuite de la rééducation aurait peut être réduit la taille de l&rsquo;effet.</p>
<p>6/ Le jeu du mois : &ldquo;Villainous&rdquo;</p>
<p>&ldquo;Villainous&rdquo; est un jeu familial qui vous plonge dans l&rsquo;univers Disney ! En effet, chaque joueur va interpréter un des fameux méchants de l&rsquo;univers (Capitaine Crochet, Maléfique, Jafar, Ursula&hellip;) et vous allez devoir accomplir sa quête respective (capturer Peter Pan, jouer des malédictions&hellip;). Pour cela, vous vous déplacer sur votre plateau de jeu, en allant d&rsquo;un lieu à un autre pour y réaliser différentes actions qui vous permettront d&rsquo;accomplir votre quête. Le 1er jour y arrivant gagne la partie ! Cependant, les autres joueurs pourront vous faire piocher des cartes &ldquo;héros&rdquo; et vous aurez a affronter vos ennemis jurés (Peter Pan, Blanche Neige, le Prince&hellip;). C&rsquo;est un jeu asymétrique qui peut se jouer à partir de 8 ans (plutôt que 10 comme indiqué sur la boite) avec règles simples et qui pourra ravir les jeunes et les moins jeunes !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgLxOGq43s3d6vBSKIuKiXcy1czViSvldYLOlFwKAfikNpBjLrcBIxFT6bLRr-Z1dLWZH6KQ2N701NjysEAwt-UulWnY5acPrndQM5MvOykGX9hFgcS8RQPeWolzb5f6a9ACmtlb_hqQNprglApP-Upy3NHnG9B6fmHZ8JZGSd-HW1uIFs0aaWwDavmWA/s4000/20220220_144858.jpg"><img src="/images/articles/2022/20220220-144858.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez
votre adresse mail tout en haut à droite sur la page <em>(sans
oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail provenant de &ldquo;<a href="mailto:hi@follow.it">hi@follow.it</a>&rdquo; et intitulé &ldquo;Veuillez confirmer votre abonnement à Médicalement Geek&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos
spams)</em></p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Commentaire sur la ligne éditoriale du Dragi Webdo</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/08/commentaire-sur-la-ligne-editoriale-du-dragi-webdo/</link><pubDate>Tue, 23 Aug 2022 11:50:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/08/commentaire-sur-la-ligne-editoriale-du-dragi-webdo/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour !</p>
<p>Il y a quelques temps, nous avons
débattu sur les réseaux de la place des recommandations dont les auteurs sont
potentiellement sous l’influence de l’industrie pharmaceutique au vu des
conflits d’intérêt déclarés. Certains étaient partisans de ne pas tenir compte
de ces recommandations et de ne pas les diffuser compte tenu d’une part des
liens d’intérêt qui nuisent à l’intégrité scientifique nécessaire à
l’établissement de recommandations basées sur les preuves, et d’autre part du
faible niveau de preuve de nombreuses recommandations, souvent des accords
professionnels.</p>
<p>Nous sommes d’accord le faible
niveau de preuve de ces recommandations, mais nous avons plusieurs motivations
pour aborder ces recommandations dans les Dragi Webdos.</p>
<p>Premièrement, dans le cadre de la
formation continue en médecine, nous souhaitons que le blog soit un
facilitateur d’apprentissages. Il est nécessaire de se former continuellement
et malheureusement, un accès aux nombreuses connaissances évolutives passe par
la lecture d’articles de synthèse comme des recommandations.  En l’absence connaissances sur une
pathologie, un médecin compétent pourra avoir recours à un professionnel
spécialisé qui appliquera (ou pas) les recommandations émises par son collège
professionnel. Nous pensons qu’il est préférable d’avoir connaissance des
éléments, même débattus, pour que les généralistes puissent juger de
l’acceptabilité et de la faisabilité des recommandations de spécialité et les
adapter au besoin à leur pratique. Les éléments présents dans les recommandations
peuvent permettre de progresser dans la démarche de prise en charge des
patients de façon adapté aux soins primaires pour éviter une prise en charge de
2ème ligne qui serait moins adaptée. Le généraliste pourra ensuite
approfondir ses connaissances sur le sujet avant de revoir le patient et
organiser des soins fondés sur les preuves si c’est de son ressort.</p>
<p>Deuxièmement, le fait de parler
de toutes les recommandations permet en effet de les critiquer et d’avoir une
approche réflexive pour développer une conduite à tenir adaptée en médecine
générale. Ainsi, lorsque des recommandations paraissent ne pas être en accord
avec des articles de référence récents, notamment cités à d’autres endroits sur
le blog, nous vous en informons et réorientons vers ces articles. Cependant,
nous ne pouvons être, nous non plus, à jour de l’ensemble des connaissances
biomédicales et n’utiliseront pas d’argument d’autorité pour déclarer que
certaines données ne sont pas à jour. Si nous n’avons pas connaissance
d’articles précis auxquels faire référence pour critiquer une recommandation,
nous ne pourrons donc que la décrire sans commenter en profondeur. C’est
pourquoi nous remercions et encourageons chaque lecteur (et vous être nombreux
maintenant !), à commenter et apporter sa contribution. Les billets sont
rapidement mis à jour avec des modifications visibles pour prendre en compte
les commentaires et améliorations suggérées (souvent dans les 48h suivant la
publication du billet parce que vous êtes très réactifs !).</p>
<p>Ainsi, nous continuerons à
publier et critiquer les recommandations pour favoriser une prise en charge
scientifique des patients en soins primaire, avec votre aide si des éléments
nous ont échappés.</p>
<p>A la semaine prochaine pour la reprise des Dragi Webdos!</p>
<p> @Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°363 : gonalgie (recos HAS), pathologies de la main, vaccination Covid, acné, nodules mammaires, colchicine/antiépileptiques (ANSM), Dice hospital</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/07/dragi-webdo-n363/</link><pubDate>Sun, 03 Jul 2022 14:48:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/07/dragi-webdo-n363/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Rhumatologie</category><category>Infectiologie</category><category>Dermatologie</category><category>Oncologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour !!! C&rsquo;est le dernier Dragi Webdo de la saison alors, encore une fois: merci pour votre fidélité de lecture, vos commentaires, vos critiques, vos dons, vos messages de soutien et votre contribution à l&rsquo;amélioration du blog! Bref, MERCI!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/informations-de-securite/intoxications-graves-a-la-colchicine-colchicine-opocalcium-1-mg-et-colchimax-rappel-des-regles-de-bon-usage">ANSM</a> a republié une alerte sur la colchicine. Les auteurs rappellent que la posologie recommandée avait été abaissée en <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/09/dragi-webdo-n108.html">2016</a> (2mg pendant 3 jours, puis 1mg/j), qu&rsquo;elle ne soit pas être associée à des macrolides (sauf spiramycine) ou à la pristinamycine, qu&rsquo;elle est contre-indiquée si DFG &lt; 30ml/min, et qu&rsquo;il est nécessaire de baisser ou d&rsquo;interrompre le traitement en cas de diarrhées ou de vomissements (on se demande donc pourquoi le colchimax* est toujours en vente&hellip;)</p>
<p>On continue avec une autre <a href="https://ansm.sante.fr/actualites/topiramate-pregabaline-et-valproate-publication-de-nouvelles-donnees-sur-les-risques-lies-a-lexposition-a-ces-medicaments">alerte</a>, qui concerne les anti-épileptiques pendant la grossesse. Le valproate est un agent tératogène connu. Un risque de malformation a aussi été mis en évidence lors de l&rsquo;utilisation de la prégabaline pendant la grossesse. Enfin, le topiramate induirait un surrisque de trouble neuro-développementaux de type autisme et retard mental. Ces traitements nécessitent donc la prise d&rsquo;une contraception en cas de prescription chez une femme en âge de procréer.</p>
<p>2/ Rhumatologie</p>
<p>Voici des recommandations de la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3278662/fr/pertinence-de-l-imagerie-en-cas-de-gonalgie-chez-l-adulte">HAS</a> concernant la prise en charge radiologique des gonalgies traumatiques et non traumatiques. Pour les premières, l&rsquo;urgence chirurgicale à rechercher est la luxation fémoro-tibiale. Ensuite, les critères d&rsquo;Ottawa déterminent l&rsquo;indication d&rsquo;une radiographie en urgence (traumatisme &lt; 7jours avec âge&gt;55 ans, douleur isolée de la patella, douleur de la tête de la fibula, incapacité de flexion à 90°, incapacité de réaliser 4 pas) auxquels s&rsquo;ajoute une douleur exquise à un autre endroit et une plaie entrainant un risque septique. En l&rsquo;absence de ces critères, une radiographie peut toujours être indiquée devant la persistance des symptômes. En l&rsquo;absence de fracture et en cas de persistance, une IRM peut être indiquée en cas de suspicion d&rsquo;atteinte méniscale nécessitant une prise en charge, un avis chirurgical sera pris en cas d&rsquo;anse de sceau et un scanner peut être indiqué si suspicion de fracture occulte. Pour les gonalgies non traumatiques, l&rsquo;examen clinique peut être suffisant pour permettre d&rsquo;éliminer une arthrite septique et d&rsquo;orienter sur la nature des lésions. La radiographie est l&rsquo;examen de première intention. L&rsquo;arthrose sera souvent le diagnostic et ne nécessite pas d&rsquo;autre examen dans le cadre d&rsquo;une évolution typique (Sujet &gt; 40 ans, douleurs articulaires liées aux mouvements, raideur matinale absente ou &lt; 30 minutes, résolution de l’épisode douloureux en moins de 10 jours sous traitement symptomatique). En cas d&rsquo;évolution atypique de l&rsquo;arthrose, de suspicion d&rsquo;atteinte articulaire/abarticulaire, de syndrome douloureux complexe, ou de radiographies non contributives, l&rsquo;IRM est l&rsquo;examen utilisable dans toutes ces situations en 2ème intention. Enfin, inutile de répéter l&rsquo;imagerie si la récidive des symptômes est compatible avec une pathologie connue et évoluant de façon &ldquo;normale&rdquo;.</p>
<p>Ensuite, voici un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2793654">JAMA</a> qui traite des principales pathologies de la main. Les AINS peuvent être proposées en 1ère ligne et la chirurgie en 2ème ligne pour toutes ces pathologies, mais voici les spécificités. Concernant le syndrome du canal carpien, la manoeuvre de Durkan a une sensibilité de 64% et une spécificité de 74% (ce qui est un peu mieux que Phalen 68%/73% ou Tinel 50%/77%). Les attelles de nuit du poignet en position neutre sont très efficaces en 1ère intention (NNT  à 4 semaines= 1,3 patients). Les infiltrations ne sont efficaces à 2-4 semaines sans efficacité durable. Concernant le doigt à ressaut, les infiltrations sont un traitement soulageant efficacement jusqu&rsquo;à 12 mois par rapport à la chirurgie et à la kinésithérapie (NNT=6 patients), mais en cas de récidive, un traitement chirurgical est indiqué. Concernant la tendinite de De Quervain, diagnostiquée avec une spécificité de  100% par le test de Finkelstein, peut être traitée de façon conjointe par une infiltration de corticoïdes associée à une immobilisation du pouce, qui est plus efficace que chacune des interventions effectuées séparément (NNT entre 3 et  5). Concernant la rhizarthrose, un grinding test axial a une sensibilité de 30% et une spécificité de 97%, et un test de traction essayant de subluxer et réduire l&rsquo;articulation a une sensibilité de 67% et une spécificité de 100%. L&rsquo;immobilisation améliore la douleur et la fonction. L&rsquo;absence d&rsquo;évolution favorable avec immobilisation et AINS après 6 semaines est une indication à prendre un avis spécialisé pour des infiltrations qui ne sont pas très efficaces ou une chirurgie. (Notons qu&rsquo;il y a des très beau schémas dans l&rsquo;article!)</p>
<p>3/ Infectiologie et vaccins</p>
<p>Une publication de la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3335030/fr/elargissement-des-competences-en-matiere-de-vaccination-des-infirmiers-des-pharmaciens-et-des-sages-femmes-chez-les-enfants-et-adolescents-de-moins-de-16-ans">HAS</a> concerne cette fois-ci l&rsquo;élargissement des compétences vaccinales des non-médecins. Infirmiers et pharmaciens pourront prescrire et administrer les vaccins recommandés chez les enfants de 24 mois à 15 ans. Les sage-femmes pourront prescrire et administrer les vaccins de  29 jours à 15 ans (mais d&rsquo;après les textes, il semble que le suivi pédiatrique par les sages femmes ne soit possible que pour les nouveaux-nés, soit avant 30 jours, donc un suivi conjoint par un médecin reste nécessaire)</p>
<p>Juste quand la Covid remonte, on trouve une étude concernant les <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanepe/article/PIIS2666-7762(22)00135-1/fulltext">facteurs de risque résiduels de Covid sévère</a>
dans une population vaccinée. Cette étude française incluant  28
millions de patients entièrement vaccinés tirés du SNDS retrouve un
risque d&rsquo;hospitalisation de 0,09% patient/an et parmi ces patients
hospitalisés, la mortalité était de 0,02% par an. Les patients les plus à
risque de Covid sévères  étaient les patients transplantés, les
patients dialysés, les patients avec une trisomie 21 ou une
mucoviscidose, les patients avec un déficit intellectuel et ceux avec un
cancer du poumon. Les autres facteurs de risque majeurs étaient un
traitement immunosuppresseur ou corticoïde, l&rsquo;âge élevé et le nombre de
comorbidités. Au total, moins de 2% des décès étaient survenus chez des
patients sans comorbidité.</p>
<p>Une étude rétrospective à partir des bases de données israéliennes s&rsquo;est intéressée à <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2205011">vaccination anti-Covid</a> chez l&rsquo;enfant de 5 à 11 ans. Entre 14 et 27 jours après la 2ème dose, les auteurs retrouvent une efficacité vaccinale de 48%, correspondant à une réduction absolue du risque de Covid de 0,6% (NNT=167). Cependant, malgré l&rsquo;inclusion de près de 100 000 enfants vaccinés appariés avec 100 000 non vaccinés, il n&rsquo;y a eu que 1 hospitalisations chez les vaccinés et 2 chez les non-vaccinés, ce qui ne permet pas d&rsquo;étudier l&rsquo;efficacité du vaccin chez l&rsquo;enfant sur les formes sévères vu leur rareté.</p>
<p>4/ Dermatologie</p>
<p>L’<a href="https://www.cfp.ca/content/68/6/445">acné vulgaire</a> a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une publication dans un article de synthèse canadien. Dans les essais retrouvés, l&rsquo;association peroxyde de benzoyle 2.5% et adapalène 0.1% était plus efficace à 12 semaines que le peroxyde de benzoyle seul (NNT=10), que l&rsquo;adapalène seul (NNT=17) et que le placebo (NNT=5). En contrepartie, les effets indésirables locaux étaient plus fréquents à type de sécheresse, irritation, érythème avec des NNH entre 13 et 6. Ils étaient majoritairement transitoire et plus importants dans les deux premières semaines de traitement. L&rsquo;association peroxyde de benzoyle et clindamycine était plus efficace que chaque composant pris seul (NNT=12), et que le placebo (NNT=6), sans différence sur les effets secondaires. C&rsquo;est assez conforme aux recommandations qui proposent la bithérapie peroxyde de benzoyle + adapalène en 1ère intention et l&rsquo;association peroxyde de benzoyle + macrolide local est une alternative notamment si grossesse ou allaitement d&rsquo;après le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/06/dragi-webdo-n319.html">NICE</a> (mais pas recommandé par la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/10/dragi-webdo-n68.html">SFD</a>).</p>
<p>5/ Oncologie</p>
<p>Il y a un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2794023">JAMA</a> qui aborde rapidement les nodules mammaires. Chez les patients de moins de 30 ans, l&rsquo;échographie est l&rsquo;examen de première intention à effectuer si le nodule persiste après 1 à 2 cycles (car ce sont souvent de anomalies hormonales régressant spontanément). Après 30 ans, la mammographie est recommandée pour investiguer tout nodule.</p>
<p>6/ Le jeu du mois: Dice Hospital</p>
<p>Enfin, parlons de &ldquo;Dice hospital&rdquo;, le jeu parfait pour ne pas oublier qu&rsquo;on est soignant, même pendant les vacances! Le jeu a une mécanique assez simple. Des patients (les dés), arrivent en ambulance dans votre hôpital, avec des niveaux de gravité variables (le chiffre sur le dé). Il faut donc utiliser les médecins disponibles pour améliorer leur état de santé. Pour cela vous pourrez recruter de nouveaux médecins avec différentes capacités pour soigner les patients (selon leur couleur), créer de nouvelles salles de soins dans votre hôpital pour améliorer aussi vos possibilités de soins. C&rsquo;est un jeu familial, qui met un peu de pression quand les patients se dégradent ou qu&rsquo;on manque de personnel; bref, la vraie vie quoi!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgpXo41vLIEnt5EgVyOcJbekTe6Y4RO9qtvV3vTDnPyV_Ss436kpxuQg11Zqvg2ar4bA8bC3smYsL-PZ-c0w9HdBe8oCpt3AylhaFhCEV0EH5v8R7YzqZdmceiUaEg6k2h_-aXSvvKE3J825Tgnh19bC9gOjTQtlORgVzTKRtGg_j8HgvaH6Ss4K9_hNw/s4000/20211204_162456.jpg"><img src="/images/articles/2022/20211204-162456.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé! N&rsquo;hésitez pas à vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>On se retrouve fin
août pour le prochain DragiWebdo, bon été!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°362 : Maladie coeliaque (recos), obésité (recos HAS), Paxlovid (CNGE), AVC hémorragiques (recos US), vaccin/troubles menstruels (ANSM), imagerie cérébrale/troubles psychiatriques</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/06/dragi-webdo-n362/</link><pubDate>Sun, 26 Jun 2022 11:13:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/06/dragi-webdo-n362/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Prévention</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Nutrition</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! On arrive sur l&rsquo;avant dernier DW avant la pause estivale. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Devant les déclarations de troubles menstruels post vaccin Covid à la pharmacovigilance (dysménorrhées, aménorrhée, méno-métrorragies), l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/troubles-menstruels-apres-la-vaccination-contre-le-covid-19-etat-des-connaissances-et-conseils-aux-femmes-concernees">ANSM</a> propose une conduite à tenir pour les professionnels: vérifier l&rsquo;observance en cas de contraception hormonale (ou d&rsquo;absence de vomissements), vérifier s&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une symptomatologie aigüe, vérifier l&rsquo;absence de grossesse. Si les symptômes persistent après 1 mois, rechercher une pathologie sous-jacente (se déclenchant de façon concomitante à la vaccination ou peut être liée à la vaccination): SOPK, hyperprolactinémie, adénomyose/endométriose&hellip; Enfin, il est recommandé de déclarer tout effet indésirable grave ou inattendu.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/candidose-mammaire-et-allaitement-eviter-le-violet-de-gentiane">ANSM</a> revient également sur les candidoses mammaires pendant l&rsquo;allaitement. Elle recommande de ne pas dépasser 7 jours de traitement par violet de gentiane (qui peut se prescrire sous forme d&rsquo;une préparation magistrale) s&rsquo;il était utilisé et recommande également de ne pas le prescrire en 1ère intention compte tenu d&rsquo;une toxicité pour le nourrisson. Les antifongiques locaux sont les traitements de 1ère intention.</p>
<p>2/ Prévention</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2793446">USPSTF</a> publié des recommandations sur les supplémentations multi-vitaminiques en population générale (hors femmes enceintes). Les auteurs  recommandent de ne pas utiliser le beta-carotène ou la vitamine E pour prévenir les cancers ou maladies cardiovasculaires devant un risque d&rsquo;AVC hémorragique augmenté. Ils ne recommandent pas l&rsquo;utilisation de compléments minéraux ou multivitaminiques (vitamine A, B3, B6, B9, B12, C, D, calcium, sélenium) pour prévenir les cancers ou les maladies cardiovasculaires car les études sont insuffisantes pour évaluer leur balance bénéfice/risque.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Des <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/STR.0000000000000407">recommandations américaines</a> concernant les AVC hémorragiques ont été publiées. Pour la partie concernant les généralistes, la découverte de microbleeds ou d&rsquo;une sidérose corticale superficielle doivent entrainer des mesures de prévention des hémorragies cérébrales et une évaluation du risque hémorragique. Quand on va donc à la partie concernant ces éléments, il est uniquement dit &ldquo;l&rsquo;existence de ces anomalies doit faire entreprendre une prise de décision partagée concernant les mesures de prévention&rdquo;. Il s&rsquo;agit a priori, de définir les cibles tensionnelles, mettre en place les règles hygiéno-diététiques classiques, éviter la consommation d&rsquo;alcool , et de réévaluer la balance bénéfice risque des traitements antiagrégants. Chez les patients ayant un antécédent d&rsquo;hémorragie cérébrale, l&rsquo;utilisation prolongée d&rsquo;AINS est contre-indiquée et la balance bénéfice/risque des statines est incertaine même en prévention secondaire. Les anti-agrégants en prévention secondaire et les anticoagulants pour fibrillation auriculaire ou valve mécanique semblent conserver une balance bénéfice/risque positive. Enfin, les auteurs suggèrent une cible de pression artérielle inférieure à 130/80.</p>
<p>Après une évaluation des statines en &ldquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/11/dragi-webdo-n290.html">temps pour obtenir un bénéfice</a>&rdquo;, voici l&rsquo;étude concernant le &ldquo;temps pour obtenir&rdquo; un bénéfice des traitements anti-hypertensifs. Dans cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2791680">étude</a>, une cible tensionnelle inférieur à 140mmHg était associée à une réduction du risque relatif d&rsquo;évènements cardiovasculaires de 20%. Le temps de traitement nécessaire pour éviter 1 évènement était de 34 mois (2,8 ans) pour 100 patients traités et de 9 mois pour 500 patients traités. C&rsquo;est sensiblement proche de l&rsquo;effet des statines.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/paxlovid/">CNGE</a> a publié un avis concernant le Paxlovid. Conformément aux données de la science, ce traitement est recommandé aux patients à haut risques de plus de 60 ans, non vaccinés. D&rsquo;autres études, notamment des essais randomisés sont nécessaires pour confirmer les données exploratoires issues des cohortes rétrospectives. Chez les patients dont la vaccination est ancienne, et qui auraient un taux d&rsquo;anticorps non protecteur, d&rsquo;autres études sont également nécessaires.</p>
<p>Concernant la Monkeypox, la <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-06/avis_n2022.0037_ac_sespev_du_16_juin_2022_du_college_de_la_haute_autorite_de_sante_relatif_a_la_vaccination_des_primovaccine.pdf">HAS</a> a publié un avis concernant les patients antérieurement vaccinés contre la variole et définis comme cas contact. Pour eux, 1 seule dose de vaccin de 3ème génération est suffisante, mais 3 restent nécessaire en cas d&rsquo;immunodépression.</p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2793621">JAMA Internal medicne</a> a étudié s&rsquo;il était pertinent de faire une imagerie cérébrale pour les patients ayant des troubles psychiatriques. Actuellement, les recommandations demandent une imagerie devant un 1er épisode de psychose. Cette étude rétrospective a étudié les résultats des imageries cérébrales effectuées pour des patients avec hallucinations (60% des patients inclus), psychose, catatonie ou idées suicidaires. Sur les 369 patients inclus sur 6 ans ayant eu un TDM, aucun n&rsquo;avait d&rsquo;anomalie avec un intervalle de confiance inférieur à 1%. Ainsi, les auteurs ne jugent pas nécessaire les TDM en urgence devant ces symptômes. En effet, les TDM effectués dans cette étude étaient réalisés à 80% aux urgences, donc ça n&rsquo;exclue pas l&rsquo;indication d&rsquo;un IRM cérébrale, par exemple, à un autre stade de la prise en charge.</p>
<p>6/ Nutrition</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3346001/fr/obesite-de-l-adulte-prise-en-charge-de-2e-et-3e-niveaux-partie-i-prise-en-charge-medicale">HAS</a> a mis à jour les recommandations obésité pour les professionnels de 2ème et 3ème niveau. en gros, les MG s&rsquo;occupent des patients avec un IMC inférieur à 35 avec altérations métaboliques modérées (HTA contrôlée, NAFLD= ex-NASH), avec une atteinte fonctionnelle légère à modérée, des troubles psychologiques associés contrôlés. Quand les complications sont plus importantes ou le retentissement physique ou psychologique majeur malgré les traitements entrepris, une prise en charge spécialisée est nécessaire. Les auteurs recommandent un dépistage du diabète tous les 3 ans (annuel si pré-diabète), une mesure tensionnelle avec un brassard adapté (ou au poignet à défaut), un bilan lipidique (mais pas d&rsquo;objectif thérapeutique précis dans l&rsquo;attente des recos HAS sur le sujet), une recherche du SAOS (si symptômes quand l&rsquo;IMC &lt; 35, systématique si &gt;35), une fonction rénale,  un dépistage de la stéatose par Fatty liver index anormal si &gt; 60 (nécessitant des GGT et des triglycérides, cf <a href="https://www.mdcalc.com/calc/10001/fatty-liver-index">ici</a>) puis le NAFLD Fibrosis Score (NFS) ou Fib-4 pour évaluer la fibrose si nécessaire (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/08/dragi-webdo-n278.html">ici</a>). Sur le plan thérapeutique, les auteurs proposent un analogue du GLP-1 sur avis du spécialiste de l&rsquo;obésité en cas d&rsquo;absence de perte de 5% du poids à 6 mois avec une prise en charge nutritionnelle.</p>
<p>Les sociétés savantes ont mis à jour leur proposition de dépistage de la <a href="https://pap-pediatrie.fr/sites/pap-pediatrie.fr/files/perped_pap2022.pdf">maladie coeliaque</a>. Devant un enfant symptomatique, le dosage des IgA anti-transglutaminases avec IgA totales est recommandé.</p>
<ul>
<li>
<p>Si les anti-corps sont supérieurs à 10N, la présence d&rsquo;IgA anti endomysium confirmera le diagnostic (et on adresse au gastro-pédiatre).</p>
</li>
<li>
<p>Si les Ac anti-TG sont inférieurs à 10N, ou supérieurs à 10N avec des Ac anti EM négatifs, une biopsie sera nécessaire.</p>
</li>
<li>
<p>Si les Ac anti-TG sont normaux et qu&rsquo;il y a un déficit en IgA totales (&lt;0.07g/L), il est nécessaire de doser les IgG antiTG, IgG anti EM et les IgG anti gliadine déamidée. Leur positivité indique des biopsies et leur négativité exclu le diagnostic.</p>
</li>
<li>
<p>Si les Ac anti TH son normaux en l&rsquo;absence de déficit en IgA, la maladie peut être raisonnablement exclue sauf si: le régime était déjà pauvre en gluten, auquel cas, il faut reprendre du gluten 2 mois et recontrôler, ou si la suspicion est forte, auquel cas les IgA anti EM et un avis spécialisé peut être demandé quand même.</p>
</li>
</ul>
<p>Enfin, chez les enfants avec facteurs de risque (antécédent familial de maladie coeliaque, déficit en IgA, diabète de type 1, thyroïdite auto-immune ou autre maladie auto-immune, trisomie 21, Turner et William-Beuren), un dépistage par IgA totale, IgA anti-TG et phénotypage HLA DQ2-DQ8 est recommandé. C&rsquo;est proche de ce qu&rsquo;on avait retrouvé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/01/dragi-webdo-n252.html">ici</a>.</p>
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°361 : Diversification (recos), vaccins (Monkeypox, VRS), VIH, CoDE-HF/insuff. cardiaque, varenicline, vaginites</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/06/dragi-webdo-n361/</link><pubDate>Sun, 19 Jun 2022 20:07:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/06/dragi-webdo-n361/</guid><category>Pédiatrie</category><category>Infectiologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Psychiatrie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tout.e.s ! Merci encore pour vos messages d&rsquo;encouragement, de soutien et vos dons. Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pédiatrie</p>
<p>Les <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0929693X21002414">recommandations</a> de la société française d&rsquo;allergologie concernant la diversification chez l&rsquo;enfant rejoignent celles de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/04/dragi-webdo-n307.html">société européenne</a>. En effet, la SFA recommande une diversification entre 4 et 6  mois chez les enfants pour limiter le risque allergique. Pour être plus précis:</p>
<ul>
<li>
<p>en cas d&rsquo;allaitement maternel (AM) souhaité: ne pas introduire de complément de lait 1er âge la 1ère semaine de vie. Puis en l&rsquo;absence de risque atopique (=antécédents familiaux d&rsquo;atopie), il est recommandé de poursuivre l&rsquo;AM exclusif jusqu&rsquo;à la diversification. En cas de facteurs de risque, les auteurs proposent un complément de 10mL/jour de lait 1er âge jusqu&rsquo;à la diversification.</p>
</li>
<li>
<p>en cas d&rsquo;allaitement artificiel: utilisation d&rsquo;emblée d&rsquo;une formule 1er âge non hydrolysée quel que soit les facteurs de risque (et pas de lait HA qui n&rsquo;ont pas démontré de bénéfice)</p>
</li>
</ul>
<p> - En cas de dermatite atopique (DA), les émollients et dermocorticoïdes sont recommandés (et lutter contre la corticophobie). Les émollients à base de protéine alimentaire ne sont pas recommandés.</p>
<ul>
<li>La diversification alimentaire est recommandée à 4 mois. En l&rsquo;absence de dermatite atopique (ou DA faible), introduire arachide, fruits à coque (purée &ldquo;Noisette, Noix de cajou et Cacahuète&rdquo; de &ldquo;La vie Claire&rdquo;) et oeuf (boudoir Brossard ou Blédina). En cas de DA sévère: avis allergologique avant introduction.</li>
</ul>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>L&rsquo;OMS se prononce sur la vaccination contre la <a href="https://www.who.int/publications/i/item/who-mpx-immunization-2022.1">Monkeypox</a>. La vaccination massive n&rsquo;est pas recommandée. Une vaccination post-exposition dans un délai de 4 jours du contact est recommandée. La vaccination pré-exposition est recommandé pour le personnel de santé, laborantins et autres professions à risque d&rsquo;exposition.</p>
<p>Pour diminuer les bronchiolites chez les nourrissons, Pfizer a conduit un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2106062">essai randomisé</a> dans lequel le laboratoire a réalisé l&rsquo;analyse des données (&hellip;). Dans cet essai, des femmes enceintes étaient vaccinées contre le VRS entre 24 et 36 SA. Les auteurs de l&rsquo;article décrivent une augmentation des anticorps maternels après vaccination et un taux d&rsquo;anticorps augmenté également chez les nourrissons, sans augmentation des effets indésirables sévères. Il y avait notamment des douleurs au site d&rsquo;injection, des myalgies et des céphalées. Bref, attendons un essais dans lequel le financeur n&rsquo;effectue pas l&rsquo;analyse lui même, sur des critères cliniques: les hospitalisations pour bronchiolite, avant de se prononcer sur l&rsquo;intérêt de ce vaccin pendant la grossesse.</p>
<p><a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/AITC202206210?url_ver=Z39.88-2003&amp;rfr_id=ori:rid:crossref.org&amp;rfr_dat=cr_pub%20%200pubmed">Annals of internal medicine</a> a publié une synthèse sur la prise en charge du VIH. Les nouveaux tests de 4è génération permettent de détecter le VIH à partir de J6 après l&rsquo;infection car ils contiennent un test d&rsquo;amplification nucléique (NAAT) détectant l&rsquo;ARN viral précocement. Les auteurs recommandent de tester tout patient sexuellement actif de plus de 13 ans, au moins 1 fois dans la vie, de proposer le dépistage aux femmes enceintes et de tester 1 fois par ans les patients avec facteurs de risque. Les patients VIH+ devraient être vaccinés pour le pneumocoque (P13 puis P23, puis rappel P23 à 5 ans et à 65 ans, soit 3 doses max dans la vie), grippe, covid-19, hépatite A et B, méningocoque ACYW, Varicelle et Zona (nécessite CD4 &gt;200), HPV avant 26 ans et DTP tous les 10 ans. Dans cette synthèse américaine, le bilan initial est les traitements (en 1ère intention bictégravir / emtricitabine / ténofovir alafénamide: Biktavry*) peuvent être introduits par les médecins non spécialisés dans le VIH. Le recours au spécialiste ne se fait qu&rsquo;en as de génotype de résistance, d&rsquo;infection sévère à la découverte ou de cancer, d&rsquo;échec thérapeutique avec une charge virale restant positive, d&rsquo;effets indésirables ou d’interactions médicamenteuse limitant les traitements possibles.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Pour poser le diagnostic d&rsquo;insuffisance cardiaque, une <a href="https://www.bmj.com/content/377/bmj-2021-068424">étude</a> a évalué le CoDE-HF (combinant 10 variables cliniques avec le dosage de la créatininémie, de l&rsquo;hémoglobinémie et du nt-pro-BNP par rapport au BNP (seuil 300). Chez les patients sans insuffisance cardiaque connue, sa valeur prédictive négative était d&rsquo;environ 98% et une valeur prédictive positive de 75%. Si on ne s&rsquo;intéresse que au nt-pro-bnp, un seuil inférieur à 100 avait une excellente valeur prédictive négative (99%) et un seuil supérieur à 1000 une bonne valeur prédictive positive (75%). Pour utiliser le CoDE-HF, c&rsquo;est par <a href="https://decision-support.shinyapps.io/code-hf/">ici</a></p>
<p>Une revue du <a href="https://www.bmj.com/content/377/bmj-2021-067085">BMJ</a> parle de la coronaropathie stable. Pour synthétiser, suite aux études ISCHEMIA, COURAGE et ORBITA notamment, le traitement médical optimal est à privilégier. La revascularisation est à discuter en cas de symptômes persistants et le pontage à privilégier en cas d&rsquo;atteinte multivasculaire. Le traitement médical repose sur  les statines et  aspirine qui réduisent les infarctus et la mortalité. IEC, anti aldostérone, ezetimibe, anti-pcsk-9, rivaroxaban et icosapent ethyl réduisent le critère combiné cardiovasculaire. Un critère reste manquant dans l&rsquo;article mais c&rsquo;est peut être clair pour les cardios: la définition de la coronaropathie stable (car l&rsquo;article ne parle pas que d&rsquo;angor stable): &ldquo;athérome coronarien&rdquo;? &ldquo;plaques &lt; 50%&quot;?  &ldquo;&gt; X%&rdquo;? Du coup, si des cardios veulent bien faire la lumière sur ce point, merci beaucoup!</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/fullarticle/2790780">JAMA Psychiatrie</a> a effectué une revue systématique d&rsquo;études de cohortes étudiant l&rsquo;association entre activité physique et syndrome dépressif. Les patients faisant au moins 2h30 d&rsquo;activité physique (marche rapide = 6,5km/h) par semaine avaient un risque moindre de dépression. Les auteurs encouragent donc l&rsquo;activité physique pour limiter la dépression. C&rsquo;est concordant avec les recommandations et d&rsquo;autres études. Cependant, dans ces études de cohorte, on peut toujours se demander si ce n&rsquo;est pas parce que le patient est pas dépressif qu&rsquo;il fait plus de sport, plutôt que l&rsquo;inverse.</p>
<p>Un nouvel <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2793252">article</a> s&rsquo;intéresse au sevrage tabagique médicamenteux, cette fois ci dans une population de patients américains d&rsquo;origine africaine. La vareniciline (1mgx2/j) ou un placebo a été distribuée de façon aléatoire en complément des conseils pour sevrage tabagique chez 500 patients pendant 12 semaines. A 6 mois, il y a eu davantage de sevrages dans le groupe vareniciline (15,7% vs 6,5%, NNT=11), mais ils avaient plus de nausées (56% vs 46%, NNH=10 ) C&rsquo;est concordant avec d&rsquo;autres études sur la varenicline, notamment la revue de la Cochrane (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/p/addictologie_22.html#Tabac3">ici</a>).</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>La tomosynthèse mammaire a été comparée à la mammographie classique dans le dépistage du cancer du sein chez des femmes avec des seins denses. Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2793253">étude</a> retrouve que la tomosynthèse ne permettait pas de dépister plus de cancers d&rsquo;intervalles que la mammographie et elle dépistait moins de cancer à un stade avancé chez les 3,6% de femmes avec des seins très denses (on est vraiment dans l&rsquo;analyse de sous groupe). Bref, pas de bénéfice, comme le disent les recos, on l&rsquo;avait déjà vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/06/dragi-webdo-n53.html">ici</a>.</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2793251">JAMA</a> fait une synthèse sur les vaginites post-ménopausiques dans un article pour les patients. Dans les vaginoses à candida, on voit qu&rsquo;aux Etats Unis aussi, le traitement monodose par fluconazole oral est recommandé, comme au <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/05/dragi-webdo-n354.html">Royaume Uni</a> devant son efficacité à 80-90%. Dans la plupart des cas, les auteurs recommandent un prélèvement, possiblement analysé directement au cabinet. Voici le tableau de synthèse:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgEz8szXjc2p6ekq3QpCHdPnh0KvqZ-o1hU4vxYXVcpijMvUPBPjjFdia0UOPCYKj6ob0aJ5JiSal_CmNX__FIHrSjxrg2Bzu02IYGUR5U-jAQL-4HnNtf08oKmjYT7YjrzSNziN9C6sZbIqVUxwEYqdDesODQgDxioxXLazpwxo5C7tbOyM3OLoZNtPA/s805/vaginoses.png"><img src="/images/articles/2022/vaginoses.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonner sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
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<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/informations-de-securite/reactions-cutanees-graves-et-cytolyse-hepatique-avec-etifoxine-gelules-50-mg-stresam-et-generiques-nouvelles-contre-indications-mises-en-garde-et-precautions-demploi">ANSM</a> publie une nouvelle alerte de sécurité sur l&rsquo;étifoxine concernant des réactions cutanées et hépatiques graves. Ainsi, ce traitement est contre indiqué en cas d&rsquo;antécédent ayant déjà présenté une réaction cutanée ou une cytolyse sous étifoxine et les patients et médecins doivent être vigilants aux symptômes évocateurs de réaction provoquée par le traitement (réaction cutanée, vomissement, douleurs abdominale, ictère, diarrhées)</p>
<p> L&rsquo;utilisation d&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jamaophthalmology/fullarticle/2790661">IPDE-5</a> pour les troubles de l&rsquo;érection de façon prolongée ont une augmentation du risque relatif de décollement rétinien, de neuropathie optique et d&rsquo;occlusion vasculaire de la rétine de 85% soit un risque absolu de 1,6/1000 patients par an.</p>
<p>Chez les patients avec hypogonadisme, une revue du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanhl/article/PIIS2666-7568(22)00096-4/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=210652244&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-27013292">Lancet</a> ne retrouve pas de sur-risque cardiovasculaire lié au traitement par testostérone par rapport aux patients traités par un placebo, mais la durée de suivi était inférieure à 1 an, ce qui laisse de grandes incertitudes au final.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Bien que le contrôle de la fréquence soit suffisant dans la prise en charge dans la FA d&rsquo;après les recos, une étude avait finalement suggéré que l&rsquo;ablation ou la cardioversion étaient préférables dans une étude avec un suivi quelque peu biaisé (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n279.html">ici</a>). Voici un <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.121.057095?url_ver=Z39.88-2003&amp;rfr_id=ori:rid:crossref.org&amp;rfr_dat=cr_pub%20%200pubmed">nouvel essai randomisé</a> comparant ablation de FA versus contrôle de la fréquence chez des patients insuffisants cardiaques. Malgré une amélioration du test de marche et de la qualité de vie en cas d&rsquo;ablation, le critère de jugement principal (mortalité globale et poussées d&rsquo;insuffisance cardiaque) n&rsquo;était pas différent entre les 2 stratégies thérapeutiques.</p>
<p> 3/ Infectiologie</p>
<p>Les recommandations concernant le Paxlovid étaient basées sur un essai randomisé chez des patients non vaccinés non touchés par le variant omicron. Cette <a href="https://academic.oup.com/cid/advance-article/doi/10.1093/cid/ciac443/6599020?login=false">étude</a> rétrospective issue des bases de données israéliennes concerne des patients vaccinés pour 2/3 d&rsquo;entre eux et s&rsquo;est déroulée pendant la période omicron (début 2022). Les patients avaient en moyenne 55 ans et au moins 1 comorbidité. Ils étaient plus fragiles dans le groupe traité par Paxlovid par rapport à ceux ne l&rsquo;ayant pas reçu. Ainsi, en risque absolu non ajusté, les patients traités avaient une mortalité supérieure à ceux non traités. Après ajustement sur les comorbidités et l&rsquo;âge (entre autres), le risque de Covid-19 sévère et de mortalité étaient réduit de 46% et 80% (risque relatif), respectivement, en cas de traitement par Paxlovid. Le Paxlovid était efficace quel que soit le statut vaccinal. On peut regretter de ne pas avoir de données absolues ajustées pour mieux se rendre compte de la taille de l&rsquo;effet.</p>
<p>Dans le contexte tendu vis à vis des vaccins contre la Monkeypox, l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/monkeypox-informations-sur-les-vaccins">ANSM</a> a publié une note d&rsquo;information. Les vaccins recommandés sont des vaccins de 3ème génération (c&rsquo;est la 1ère génération qui avait participé à l&rsquo;éradication de la variole), vivants atténués non réplicatifs. Leurs effets secondaires sont généralement bénins. Une vigilance est portée notamment en cas de dermatite atopique car les patients atteints vaccinés avaient davantage de symptômes locaux et généraux. Les patients de plus de 65 ans étaient rares dans les études. Des troubles cardiaques sont survenus chez environ 0,08% (anomalies ECG, élévation de troponines, palpitations); aucun n&rsquo;a été considéré comme grave. Pour comparaison, d&rsquo;après les données de l&rsquo;<a href="https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/monkeypox">OMS</a>, la létalité de la Monkeypox serait de  3-6%.</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2793170?resultClick=1">JAMA</a> revient sur les IVG médicamenteuses. Les contre-indications énoncées sont : être à plus de 10 SA,
l&rsquo;allergie aux traitements, un DIU en place, une  GEU, une anticoagulation
ou une insuffisance surrénalienne (et utilisation prolongée de corticoïdes).
L&rsquo;échographie pré-traitement n&rsquo;est indispensable qu&rsquo;en cas de métrorragies, de
cycles menstruels irréguliers, de douleur abdominale unilatérale, d&rsquo;antécédent
de GEU, de DIU en place ou d&rsquo;antécédent de ligature. La procédure comporte
200mg de mifepristone suivie à 24-48h de 800mg de misoprostol oral (ou vaginal
à 6-48h), ce qui est concordant avec les recos <a href="https://www.blogger.com/">HAS</a>. Le recours aux AINS
peut être utile pour soulager les douleurs liées à l&rsquo;IVG. L&rsquo;expulsion du sac
gestationnel est généralement contrôlée par échographie mais ce n&rsquo;est pas
indispensable (cf <a href="https://www.blogger.com/">ici</a>).
Une complication peut être suspectée et la patiente doit nécessiter une
consultation en cas de métrorragies importantes (plus de 2 protections/h
pendant plus de 2 heures), de fièvre de plus de 24h après le misoprostol, de
douleurs abdominales récurrentes intenses après expulsion ou persistance des
symptômes sympathiques de grossesse après 1 semaine.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/377/bmj-2021-067728">BMJ</a> propose un article revenant sur l&rsquo;acide folique au premier trimestre de grossesse  jusqu&rsquo;à 12SA. Ainsi, les auteurs rappellent qu&rsquo;une forte dose (5mg au lieu de 0,4mg) est recommandé en cas de diabète, d&rsquo;IMC &gt; 30 , de médicament à risque de carence (antiépileptiques ou autre antagonistes des folates) ou d&rsquo;antécédent de grossesse avec une anomalie du tube neural. Il n&rsquo;y a pas vraiment d&rsquo;effets secondaires liés à cette augmentation de dose, en dehors d&rsquo;un probable risque d&rsquo;eczema en cas d&rsquo;exposition au 3ème trimestre aux fortes doses d&rsquo;acide folique.</p>
<p>Un <a href="https://breathe.ersjournals.com/content/18/2/220004?ctkey=shareline&amp;utm_medium=shareline&amp;utm_source=0004-2022&amp;utm_campaign=shareline">article</a> aborde les troubles du sommeil pendant la grossesse dont se plaignent 76% des patientes enceintes. La prise en charge sera essentiellement étiologique. Parmi les causes fréquentes, on retrouve le RGO (75% des patientes, que l&rsquo;on peut traiter par IPP),  un syndrome des jambes sans repos (qui peut s&rsquo;améliorer après correction d&rsquo;une carence martiale), un SAOS (améliorable en évitant de se coucher à plat sur le dos, en utilisant des oreillers, ou avec une orthèse d&rsquo;avancée mandibulaire), des insomnies proprement dites (dont la prise en charge repose sur des TCC), et des crampes (pour lesquels il faut faire des étirements et des massages de façon préventive régulièrement)</p>
<p>5/ Douleur</p>
<p>Une nouvelle <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M21-4520de">revue systématique d&rsquo;Annals of Internal Medicine</a> parle du cannabis dans la prise en charge des douleurs. Il semble apporter un bénéfice modéré à court terme, mais des effets indésirables à type de sédation, vertiges et nausées sont fréquents, notamment en cas de produits avec des ratio THC/CBD élevés. C&rsquo;est concordant avec les données précédentes dont nous avions parlé (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/12/dragi-webdo-n337.html">ici</a>).</p>
<p>6/ Obésité</p>
<p>On avait parlé du Tirzepatide dans le diabète <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/05/dragi-webdo-n354.html">ici</a>. Compte tenu d&rsquo;une efficacité attendue sur le poids, il est maintenant testé dans l&rsquo;obésité chez des patients non diabétiques. Cette étude du NEJM a randomisé  2500 patients avec un poids moyen de 105kg (IMC 38) pour recevoir du tirzepatide 1 fois par semaine à différentes doses ou un placebo. Après  72 semaines, les patients traités avaient une perte de poids de 15 à 20 % contre 3% dans le groupe placebo. Il y a eu  4 à 7% d&rsquo;arrêts pour effets indésirables (notamment digestifs) dans le groupe traité et 2,6% dans le groupe placebo. Les auteurs ont également observé une amélioration des critères de jugements intermédiaires cardiovasculaires sous traitement : -6mmHg de PAS, -4mmHg de PAD, -0,4g/L de LDL. Bref, à suivre, mais nous n&rsquo;avons toujours pas connaissances de l&rsquo;efficacité à plus long terme ou après arrêt du traitement, ni des effets secondaires potentiels à long terme.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Une fois encore merci! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°359 : recos voyageurs 2022 (HCSP), patient.e.s transgenre, iSGLT2 en 1ère intention, chirurgie obésité/cancer, Covid, Monkeypox, comprimés sécables, sténose carotidienne, Nemesis</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/06/dragi-webdo-n359/</link><pubDate>Tue, 07 Jun 2022 22:18:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/06/dragi-webdo-n359/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, peu d&rsquo;articles cette semaine, mais certains sont particulièrement intéressants. Voici les actualités de la semaine !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un article du <a href="https://bjgpopen.org/content/early/2022/05/31/BJGPO.2022.0001">BJGP Open</a> aborde les problématiques liés à la découpe des comprimés dans une revue systématique. Les principaux problèmes d&rsquo;utilisation démontrés concernaient les difficultés à couper les comprimés sans coupe-comprimé pour les patients âgés et le fait de couper des médicaments en formule à libération prolongée ce qui altère la libération. Cependant, il n&rsquo;y avait pas significativement de pertes de masse de molécule, d&rsquo;instabilités chimiques (hors forme LP) ni de difficultés d&rsquo;observance.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Les <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1215">recommandations sanitaires pour voyageurs 2022</a> ont été publiées! Voici les changements majeurs. La chloroquine n&rsquo;est désormais plus recommandée en prophylaxie anti-palustre compte tenue de sa balance bénéfice-risques défavorable. De même, la toxicité des vêtements imprégnés à la permethine et son absence de bénéfices démontrés font qu&rsquo;ils ne sont plus recommandés en population générale. La Chine est considérée comme exempte de paludisme et ne nécessite plus de prophylaxie. Enfin, concernant la prévention du risque thrombo-embolique veineux, la conduite à tenir dépend des facteurs de risques : antécédents personnels ou familiaux de thrombose veineuse, thrombophilie, cancer actif, grossesse et post-partum, contraception œstroprogestative ou traitement hormonal substitutif, obésité, âge avancé, tailles extrêmes, chirurgie ou anesthésie générale &lt; 4 semaines, tabagisme. Voici ce que les auteurs proposent pour les vols de plus de 4 heures:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjVlVOnV5sJInMO9n6_XMGax7apgFkqfI7LNYGDK-xi0KhnUbsDCnKQEm966CAFbqGpAswtqNqkWmxS0ld1NBLP2Hl9xtEdSTpfBKHyf7wL4ZK04WmTN5e7IuYD8H4Ki1XKpLesaTpKSVdX1oSA629xfAXSZC0DCJSvKfLetm0ibN_om4KwpgQ11PWRTQ/s1009/mtev.png"><img src="/images/articles/2022/mtev.png" alt=""></a></p>
<p>Concernant la variole du singe, le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1212">HCSP</a> a publié une conduite à tenir, résumé en une fiche par le <a href="https://lecmg.fr/wp-content/uploads/2022/05/Infog-variole-4.pdf">CMG</a>. Les patients suspects doivent être isolés à domicile si forme non grave ou adressés à l&rsquo;hôpital. Le diagnostic peut être confirmé par une PCR notamment en cas de suspicion de cluster. Il est nécessaire de signaler à l&rsquo;ARS les cas suspects et de déclarer les cas confirmés (maladie à déclaration obligatoire). Le traitement est symptomatique mais selon l&rsquo;avis infectiologique, il peut être nécessaire de recourir au tecovirimat. A noter que les patients nés avant 1977 sont possiblement protégés compte tenu de leur vaccination contre la variole.</p>
<p>Une étude de <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2793109">cohorte</a> sur registre norvégien a étudié le risque de Covid dans les 4 premiers mois de vie chez les nourrissons en fonction de la vaccination maternelle. Durant la période du variant Delta et la période Omicron, le risque d&rsquo;infection chez les nourrissons chez les mères de vaccinée pendant la grossesse était diminué de 1,8 pour 10 000 (-71%) et de 3,9 pour 10 000 (-33%) respectivement. Cependant, il n&rsquo;y avait pas de différence sur les hospitalisations des nourrissons pour Covid.</p>
<p> 3/ Endocrinologie</p>
<p>Un article d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/L19-0533">Annals of internal medicine</a> est consacré aux soins pour les patient·es transgenres. Les auteurs abordent l&rsquo;approche face à un·e patient·e transgenre qu&rsquo;il y ait ou non une dysphorie de genre. Ils décrivent les attentes et possibilité d&rsquo;actions par le milieu médical chez un·e patient·e souhaitant une intervention médicale. Les médecins s&rsquo;assurent de la transidentité, et informent des risques des interventions. Le bilan initial avant un traitement hormonal comporte notamment une NFS en cas de prescription de testostérone et une kaliémie en cas de spironolactone. Les dépistages des cancers s&rsquo;effectuent selon les tissus et organes présents chez le/la patient·e en suivant les recommandations pour la population générale.</p>
<ul>
<li>Pour les transgenres MtF, l&rsquo;objectif est de descendre le taux de testostérone de 10-34nmol/L au taux féminin &lt;1,7nmol/L et d&rsquo;oestradiol &lt; 730pmol/L grâce à des œstrogènes qui peuvent augmenter les risques thrombo-emboliques (pour limiter ce risque, on peut utiliser des plus faibles doses ou utiliser des oestrogènes transdermiques ou injectables). Il est recommandé d&rsquo;utiliser 1 seul oestrogène à la fois, et d&rsquo;ajouter au besoin des traitements complémentaires (spironolactone, acetate de cyproterone, voire finasteride en cas d&rsquo;alopécie androgénique). L&rsquo;efficacité clinique peut s&rsquo;observer après 6 à 18 mois environ.</li>
<li>Pour les transgenre FtM, l&rsquo;objectif est donc d&rsquo;atteindre des taux de testostérone entre 10 et 34nmol/L avec de la testostérone en injection, en gel ou en patch notamment (la testostérone undecanoate est à éviter à cause des risques de microembolies pulmonaires et d&rsquo;anaphylaxie). Environ 3 à 6 mois de traitement permettent une aménorrhée, une modification de la voix et une augmentation de la masse musculaire.</li>
</ul>
<p>Avant l&rsquo;introduction d&rsquo;un traitement, les patient·es devraient être encouragé·es à faire une cryoconservation de gamètes. Toute cette prise en charge doit être multidisciplinaire, en intégrant notamment le médecin traitant, un endocrinologue et un psychiatre. Une autre partie de l&rsquo;article détaille les possibilités de prise en charge chirurgicales en complément du traitement hormonal.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhVd9zMJqnka-YcUSJkMvRL86dBrnChATxnuWLV_xjHbX2m9phPUasV-UCg8KvljtQgkvTOY-DFGK3FaaxjwvC85cFOGvnhzZUitxQYz-MljzWOI40ivsqQ2mU4_Iqhs6kyb1EGSPR2ABuMYGCTonLWSRjUoS-vyccAySi5sRGEecR6v8zJ1Yqxmvot2g/s810/transgenre.png"><img src="/images/articles/2022/transgenre.png" alt=""></a></p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2793220">JAMA</a> a apparié 5 000 patients obèses ayant effectué une chirurgie bariatrique avec 25 000 patients obèses n&rsquo;ayant pas subi de chirurgie dans une étude de cohorte rétrospective. Après 6 ans de suivi en moyenne, les auteurs ont retrouvé que les patients opérés avaient un risque significativement diminué de cancer lié à l&rsquo;obésité (0,3% vs 0,46% par an, NNT=625 par an), de cancer invasif quel que soit le type (0,63% vs 0,8% par an, NNT=589 par an) et de mortalité liée aux cancers (0,06% vs 0,12% par an, NNT=1667 par an). Le bénéfice peut sembler faible, mais les patients avaient 46 ans en moyenne, et le bénéfice sur la mortalité liée aux cancers se poursuit des années après l&rsquo;intervention. Ainsi dans cette étude, le bénéfice à 10 ans correspond à un NNT de 167 patients.</p>
<p>4/ Diabétologie </p>
<p>La metformine, dont le bénéfice n&rsquo;est pas clair, est elle toujours le traitement de 1ère intention dans le diabète ? Des <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M21-4012">chercheurs</a> ont comparé la metformine à un inhibiteur de SGLT2 en traitement de 1ère ligne dans une étude de cohorte. Il n&rsquo;y avait pas de différence sur le critère principal qui associait infarctus du myocarde, AVC et mortalité. Cependant, il y avait une diminution du critère secondaire associant insuffisance cardiaque et mortalité avec un NNT de 200 patients par an (réduction du risque relatif de 20%) et du risque d&rsquo;infarctus du myocarde (seul) avec un NNT de 450 patients par an. Les infections génitales étaient augmentées sous iSGLT2 (+120%, NNH=33 patients par an). En analyse complémentaires, les auteurs ont également comparé la metformine versus les inhibiteurs de DPP-4 et les iSGLT2 versus iDPP-4. Le critère principal, le critère  secondaire et la mortalité globale étaient plus faible sous metformine et iSGLT2. Peut être que les pratiques et les recos vont évoluer. On aimerait bien l&rsquo;essai randomisé iSGLT2 vs metformine car les premiers pourraient être supérieurs sur le plan cardiovasculaire en 1ère ligne dans le diabète (à voir si le risque d&rsquo;infection génitale annule le bénéfice). Cette étude confirme une fois de plus l&rsquo;absence d&rsquo;intérêt des iDPP-4 compte tenu des autres classes disponibles.</p>
<p>5/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une étude <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2792617">rétrospective</a> a étudié la survenue d&rsquo;AVC chez des patients avec une sténose carotidienne sévère entre 70%et 99% de sténose. Les auteurs ont retrouvé qu&rsquo;il n&rsquo;y avait que 0.9% AVC par an soit, 4,7% sur 5 ans. Ce risque faible incite à élaborer le projet thérapeutique chirurgical ou médicamenteux avec les patients sous l&rsquo;angle d&rsquo;une décision médicale partagée.</p>
<p>6/ Le jeu du mois: Nemesis</p>
<p>&ldquo;Nemesis&rdquo; est un jeu très immersif, dans lequel vous et vos coéquipiers tentez de survivre dans un vaisseau infesté d&rsquo;aliens. Le vaisseau est en mauvais état: il faut réparer les pannes, éteindre les incendies, programmer la destination de retour sur Terre, combattre les aliens&hellip; C&rsquo;est un jeu semi-coopératif. Cela signifie que tout le monde doit s&rsquo;aider pour survivre, mais que chaque participant à son propre objectif pour gagner et bien sûr, ils ne sont pas tous compatibles. Certains devront ramener le vaisseau sur Terre, d&rsquo;autres sur une autre planète et d&rsquo;autres encore le détruire et s&rsquo;enfuir dans une navette de sauvetage (en espérant qu&rsquo;elles n&rsquo;aient pas été détruites avant). On est vraiment plongés dans le vaisseau à courir entre les réacteurs, la cantine, le poste de de commandement etc&hellip; Bref, un excellent jeu pour des joueurs habitués à des parties plus de 2 heures sans être forcément réservé à un public &ldquo;expert&rdquo; (mais ce n&rsquo;est pas un jeu familial non plus&hellip;).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiawauM3mZUMIuGd0-wExmTYY5hjYlqHS4hbsbGKQJyPZH6TfM9d0JozLNcG5P8a6Sv339pzZoisb7zGQzDdiohb4ipoKn-3K49is8g4QXqdydpO8JvkDiMx0wLVCV_1o6HphgzPxlRNbooeLJo978RtxxT2FuiOp88QXrPx7BK8r4s5gscxpfMFgm16g/s4000/20211114_161855.jpg"><img src="/images/articles/2022/20211114-161855.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonner sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePetronille pour la sélection et la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°358 : antidépresseurs (ANSM), échographie en médecine générale/pneumopathie, bithérapie HTA (Cochrane), dépistage troubles visuels (USPSTF), diabète gestationnel</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/05/dragi-webdo-n358/</link><pubDate>Sun, 29 May 2022 20:24:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/05/dragi-webdo-n358/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Médecine générale</category><category>Infectiologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Ophtalmologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Merci à tous pour les messages et les dons à la cagnotte, ça fait très plaisir ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/informations-de-securite/citalopram-et-escitalopram-seropram-seroplex-generiques-rappel-sur-le-risque-dallongement-dose-dependant-de-lintervalle-qt">ANSM</a> rappelle les risques d&rsquo;allongement du QT avec le citalopram et l&rsquo;escitalopram. Ils sont contre-indiqués en co-prescription avec certains antibiotiques, certains anti-histaminiques, les anti-arythmiques, les neuroleptiques et les antidépresseurs tricycliques. De plus, il faudrait les éviter en cas d&rsquo;infarctus du myocarde récent, d&rsquo;insuffisance cardiaque et de bradycardie significative. Bref, il existe des antidépresseurs à privilégier avant d&rsquo;utiliser ceux ci (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/04/la-depression-sans-pression18.html">ici</a>)</p>
<p>2/ Exercice médical</p>
<p>Deux études d&rsquo;<em>Annals of family medicine</em> parlent de l&rsquo;échographie en médecine générale. La <a href="https://www.annfammed.org/content/20/3/211">première</a> est une étude mixte concernant la place de l&rsquo;écho en MG. Les participants ne déclaraient l&rsquo;utiliser que pour un nombre restreint de situations pour lesquelles ils devaient avoir reçu une formation spécifique afin d&rsquo;être compétents. L&rsquo;utilisation était généralement ciblée selon les hypothèses diagnostiques et non exploratoire. Les médecins effectuaient généralement des échographies dans les domaines de la gynécologie, des troubles musculo-squelettiques, pathologies abdominales, lésions sous cutanées, pathologies pulmonaires, pathologies cardiaques et pour la recherche de phlébites.</p>
<p>La <a href="https://www.annfammed.org/content/20/3/227">deuxième</a> concerne l&rsquo;utilisation de l&rsquo;échographie dans les suspicions de pneumopathie en MG. 21 généralistes et 7 pédiatres ont inclus 82 patients avec suspicion de pneumopathie à l&rsquo;échographie (consolidation de plus de 1cm ou patron de lignes B focales ou asymétriques). Par rapport à la radiographie thoracique prise comme gold standard (ce qui est un point discutable), l&rsquo;écho avait une sensibilité de 88%, une spécificité de 59%, un rapport de vraisemblance (RV) positif de 2.12 et un RV négatif de 0.21. Ainsi, les auteurs ont proposé l&rsquo;algorithme suivant:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjgnhMdwMV_BvMY6Wrt3z_VV1mAu1om8iRtrpURuYAj8yTktaCOirpdWOQ0J22xWMayq_vs0un2cxLay8sHlgx7AbQO6HHxRgGmcjzpQi00tpXr9h2tFWKwI6AQb0vni0cNwclx9N80opv5pI-ryQ2Cvwi4mmaWW1WHFZ77N-Kb70rKsbbUbn_XmYo5Tw/s1280/pnp%20echo.jpg"><img src="/images/articles/2022/pnp-20echo.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Concernant la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3340419/fr/monkeypox-vacciner-les-adultes-et-professionnels-de-sante-apres-une-exposition-a-la-maladie">Monkeypox</a>, la HAS recommande une vaccination dans les 4 jours après un contact (max 14 jours) avec un schéma à 2 doses (vaccin antivariole: Imvanex) chez les professionnels de santé. Cliniquement la maladie se déclare avec de la fièvre, des céphalées et des adénopathies, puis l&rsquo;éruption arrive en une seule poussée et peut atteindre les paumes et les plantes (ce qui n&rsquo;est pas le cas de la varicelle). Elle dure environ 2 à 3 semaines et n&rsquo;est plus contagieuse au stade de la chute des croutes.</p>
<p>4/ Cardiovasculaire</p>
<p>Alors que les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/05/dragi-webdo-n269.html">recommandations</a> dans l&rsquo;HTA sont d&rsquo;initier le traitement par une bithérapie, la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD010316.pub3/full">Cochrane</a> a étudié le bénéfice de cette bithérapie initiale versus une monothérapie. Les auteurs concluent qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucun bénéfice démontré sur des critères de mortalité ou d&rsquo;évènements cardiovasculaires et que les recommandations ne s&rsquo;appuient pas sur des essais cliniques puisqu’il n&rsquo;existe pas de bénéfice mis en évidence dans ces essais.</p>
<p>5/ Ophtalmologie</p>
<p>Deux articles du JAMA rapportent les décisions de l&rsquo;USPSTF concernant le dépistage des troubles visuels. D&rsquo;une part, le niveau de preuve est insuffisant pour évaluer la balance bénéfice/risque du dépistage du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2792609">glaucome chronique</a> chez les patients asymptomatiques de plus de 40 ans. Notons que le glaucome est la 2ème cause de cécité aux États-Unis, et la 1ère pour les patients d&rsquo;origine africaine et hispanique. Le 2ème article concerne l&rsquo;avis de l&rsquo;USPSTF concernant le dépistage des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2792705">troubles visuels</a> systématiques chez les patients asymptomatiques de plus de 65 ans et il n&rsquo;y a pas non plus de possibilité d&rsquo;évaluer la balance bénéfice/risque de ces dépistages. Cependant, on peut estimer à 50% les personnes de plus de 75 ans souffrant de cataracte, à 13% celles souffrant de DMLA, et il est difficile d&rsquo;avoir la prévalence des troubles de réfraction, ce qui laisse peu de personnes de plus de 65 ans asymptomatiques&hellip;</p>
<p>6/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/377/bmj-2021-067946.short">BMJ</a> a publié une revue systématique sur le diabète gestationnel. Le fait d&rsquo;avoir un diabète gestationnel sans recours à l&rsquo;insuline augmentait le risque relatif d&rsquo;un recours à une césarienne de 16%, d&rsquo;accouchement prématuré de 51%, d&rsquo;APGAR faible à 1 minute de 43% (mais pas à 5min), de macrosomie de 70%. En cas de recours à l&rsquo;insuline, le risque relatif de détresse respiratoire était augmenté de 61%, celui d&rsquo;ictère néonatal de 28% et celui d&rsquo;admission en soins intensif néonatal de 129%. Il n&rsquo;y avait pas plus de pré-éclampsie, de dystocie des épaules, d&rsquo;hémorragies du post-partum, de bébé morts-nés, de malformations ou d&rsquo;APGAR faible à 5min.</p>
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°357 : Diabète (Recos NICE), Cannabis (CMG), fibrillation auriculaire, régime méditerranéen, QT long, traitement asthme</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/05/dragi-webdo-n357/</link><pubDate>Sun, 22 May 2022 19:31:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/05/dragi-webdo-n357/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Addictologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Bien que le bénéfice du régime méditerranéen ait été démontré en <a href="https://www.medicalement-geek.com/p/mode-de-vie.html#Nutrition2">prévention primaire</a>, peu d&rsquo;études s&rsquo;y étaient intéressées en prévention secondaire. C&rsquo;est dans cette dernière situation qu&rsquo;un <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(22)00122-2/fulltext?utm_campaign=trials22&amp;utm_content=208370290&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-27013292">essai</a> a été publié dans le Lancet. Il compare régime méditerranéen et régime pauvre en graisses. Le critère de jugement composite (évènements + mortalité cardiovasculaires) est survenu avec une incidence de 2.8% par an en cas de régime méditerranéen versus 3.8% (NNT=100 par an et NNT=20 sur les 7 ans l&rsquo;étude). Dommage qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas eu de groupe &ldquo;contrôle&rdquo; sans conseils diététiques pour comparer et montrer un bénéfice encore supérieur, mais ce n&rsquo;était probablement pas éthique&hellip;</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3290161/fr/syndrome-du-qt-long">HAS</a> a publié des recommandations concernant le syndrome du QTLong. Il est à dépister par un ECG chez les patients ayant fait une syncope ou ayant un antécédent familial de mort subite. Le traitement repose sur un bêta bloquant (nadolol préférentiellement, et contre-indication au sotalol) et l&rsquo;éviction des médicaments allongeant le QT. Les sports de loisir seront possible après une épreuve d&rsquo;effort sauf les sports aquatiques et à risque sonore où la situation est délicate. Le suivi repose sur un ECG annuel, puis un holter ECG et une épreuve d&rsquo;effort tous les 2-3 ans. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une ALD et il faut demander au patient d&rsquo;informer ses proches compte tenu du caractère familial de la maladie.</p>
<p>Une <a href="https://bjgp.org/content/early/2022/05/12/BJGP.2021.0548">étude</a> de cohorte a observé la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires chez des patients avec une fibrillation auriculaire. Ils avaient un risque de mortalité toute cause de variant entre 1% par an pour les patients CHA2DS2-VASc 0-1 et 4% environ si &gt;1, et de saignement majeur de 1,2% par an en moyenne. Les patients anticaogulés avaient un risque relatif de mortalité réduit significativement de 30% et d&rsquo;AVC de  60% par rapport à ceux non anticoagulés, sans augmentation significative des saignements majeurs. Il semble bien intéressant d&rsquo;anticoaguler les patients avec un CHA2DS2-VASc &gt;1 même avec un HAS-BLED &gt;2 (ce qui nécessite plus de surveillance quand même, comme décrit dans les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n279.html">recos</a>)</p>
<p>2/ Pneumologie </p>
<p>Selon les recos, il faut ajouter un corticoide inhalé au beta2 de courte durée d&rsquo;action dans les crises d&rsquo;asthme, mais il y a peu de données. Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2203163">NEJM</a> a publié une étude comparant le salbutamol+budesonide, versus salbutamol seul dans le traitement des crises d&rsquo;asthmes chez des patients avec un asthme non contrôlé sous corticoïdes inhalés au long cours. Les auteurs de l&rsquo;étude retrouvent qu&rsquo;il y a significativement moins d&rsquo;exacerbations sévères en cas de bithérapie (risque relatif diminué de 26%, nombre d&rsquo;exacerbations sévères annuelles: environ 0,45/an vs 0,60/an, soit un bénéfice de 0,15/an). Ainsi, chez des patients non contrôlés avec un corticoïde seul, il semble préférable d&rsquo;utiliser une bithérapie en traitement de crise (et probablement aussi en traitement de fond puisque les CSI seuls sont insuffisants).</p>
<p>3/ Addictologie</p>
<p>Le <a href="https://lecmg.fr/wp-content/uploads/2021/12/Kit-addictions-CMG-Cannabis.pdf">Collège de la médecine générale</a> a publié une fiche concernant la consommation de cannabis. Dès le 1er usage, des attaques de panique et un syndrome de dépersonnalisation sont possibles. Pour un usage occasionnel, les capacités de concentration et de mémorisation sont réduites, et il existe un risque d&rsquo;infarctus du myocarde. Un usage régulier entraine en plus un sur-risque de cancers, de pathologies ORL et pulmonaires, de troubles psychiatriques. Voici également un tableau sur le repérage du cannabis sur les prélèvements biologiques:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjvWDfewmZKdIZsa9zvmQWrp_fnnbdzZdTJQT4kdoTuJ6Q--wWdYjGqHrl7cNpY8jVit3Ym2tQRwMqkE9fzhqrXnzTPGUFJViqFvLdV8A0gsY8KBD_61xCWG3wSAkRxqmdCjdWMop79GBcwoVGUjmsTMW1Enk59GDJET40IJQ1icxViE2qShRSL-RCCIA/s1007/cannabis.png"><img src="/images/articles/2022/cannabis.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/bmj/377/bmj.o775/F1.large.jpg?width=800&amp;height=600">BMJ</a> revient sur les nouvelles recommandations du <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng28/chapter/Recommendations">NICE</a> britannique concernant la prise en charge du diabète de type 2. Les auteurs proposent des cibles glycémiques à 7%, mais ne proposent d&rsquo;intensifier le traitement que si l&rsquo;HbA1c est supérieure à 7,5%.</p>
<p>La metformine est, comme toujours, le traitement médicamenteux recommandé en première intention. Ensuite, cela dépend du risque cardiovasculaire évalué, au Royaume Uni par le QRISK 2 (qui évalue la morbimortalité à 10 ans comme le SCORE2, mais en un peu plus précis). En cas de QRISK 2 &gt;10% (risque élevé), d&rsquo;au moins 1 facteur de risque cardiovasculaire avant 40 ans (tabac, obésité, dyslipidémie&hellip;.) ou de maladie cardiovasculaire ou rénale avec (micro-)albuminurie, les auteurs recommandent un inhibiteur de SGLT2 systématique en complément de la metformine. Ensuite les autres traitements sont proposés selon l&rsquo;HbA1c: iDPP-4, sulfamides, glitazones (non commercialisées en France à cause du sur-risque de cancer vésical). Les analogues du GLP-1 sont en retrait, et ne sont recommandés qu&rsquo;en 3ème ligne. Ils sont à privilégier par rapport à l&rsquo;insuline en cas d&rsquo;obésité et selon les désirs du patient (cette place éloignée est probablement liée à leur coût supérieur aux autres traitements malgré le fait qu&rsquo;ils réduisent la mortalité&hellip;).</p>
<p>Revenons sur les inhibiteurs de SGLT-2. Premièrement, leur introduction doit se faire de façon séquentielle avec la metformine (et non concomitante) pour s&rsquo;assurer que la metformine est bien tolérée. Deuxièmement, leur prescription doit se faire suite à une évaluation du risque d&rsquo;acido-cétose car ils favorisent ce risque. Les facteurs de risques d&rsquo;acidocétose sous iSGLT2 sont l&rsquo;antécédent d&rsquo;acidocétose, patients avec altération de l&rsquo;état général lors de maladies intercurrentes et le régime très faible en glucide (&lt;10%) ou cétogène.</p>
<p>Rien de très novateur sur les complications. En cas de gastroparésie (ballonnements et vomissements inexpliqués), les auteurs proposent du métoclopramide en alternance avec de l&rsquo;érythromycine. Enfin, on apprécie la ligne disant de &ldquo;ne pas prescrire d&rsquo;aspirine chez un patient diabétique sans maladie cardiovasculaire établie&rdquo;, conforme au niveau de preuve concernant l&rsquo;aspirine en prévention primaire actuellement.</p>
<p>C&rsquo;est fini! Vous pouvez toujours vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°356: BPCO (recos US), Covid/PIMS, automesures tensionnelles, asthme/dexaméthasone, probiotiques, IVG, cancer prostate, dépression/bithérapie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/05/dragi-webdo-n356/</link><pubDate>Sun, 15 May 2022 22:14:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/05/dragi-webdo-n356/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Urologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour !! Merci énormément à toutes et tous pour les messages de soutien et les dons que vous avez faits !!! (La cagnotte est toujours active <a href="https://www.lepotcommun.fr/pot/qzeojtdt">ici</a> et sur le côté de la page pour ceux qui souhaiteraient).</p>
<p>Voici sans plus attendre, les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanchi/article/PIIS2352-4642(22)00100-6/fulltext?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">Lancet</a> a pu estimer le risque de PIMS en fonction du statut vaccinal chez les enfants et adolescents. Les auteurs ont retrouvé que ce risque chez les non vaccinés était d&rsquo;environ 1 pour 4000 infectés et 1 pour 9900 chez les vaccinés (notons tout de même que les 5-11 ans chez qui survenaient la majorité des PIMS n&rsquo;étaient pas une population éligible à la vaccination, donc les comparaisons sont à prendre avec précaution)</p>
<p>2/ Cardiologie</p>
<p>D&rsquo;après cet article du <a href="https://bjgp.org/content/72/718/242">BJGP</a>, les automesures (AMT) sont une bonne alternative à la MAPA en médecine générale. Ses principaux inconvénients sont le coût personnel de l&rsquo;appareil, les mesures qui doivent correctement être rapportées par le patient, l&rsquo;adhésion du patient, une précision un peu moindre que la MAPA, na nécessité de  recalibrer l&rsquo;appareil (notamment tous les 5 ans). L&rsquo;objectif est de 135/85mmHg (145/85 est acceptable chez les plus de 80 ans). Au-delà de 170/115mmHg,  un contact médical rapide est souhaitable. Enfin, si le médecin ne peut demander de les avoir qu&rsquo;une fois par an, il est conseillé au patient de les réaliser un peu plus fréquemment (à adapter au patient.)</p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>Voici un <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35317278/">article</a> qui tente de montrer l&rsquo;efficacité des probiotiques dans le syndrome de l&rsquo;intestin irritable. Dans une étude non aveugle monobras, le traitement par <em>Bifidobacterium longum</em> a permis une amélioration des symptômes chez  57% des patients. Bon rappelons que, comme l&rsquo;indiquent les synthèses du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/03/dragi-webdo-n303.html">JAMA</a> et du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/10/dragi-webdo-n285.html">Lancet</a>, leur efficacité est mineure avec un effet placebo important et qu&rsquo;ils peuvent parfois être responsables d&rsquo;infections sévères.</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2791924">USPSTF</a> a publié de nouvelles recos, et ne recommande pas le dépistage de la BPCO chez les patients asymptomatiques. En effet, il n&rsquo;est pas démontré que ce dépistage améliore les critères cliniques. De plus les études concernant l&rsquo;âge pulmonaire n&rsquo;ont pas clairement démontré qu&rsquo;informer le patient de l&rsquo;âge de ses poumons améliorait le sevrage tabagique. Le problème reste d&rsquo;être certain que les patients soient asymptomatiques, les symptômes passant souvent inaperçus &ldquo;une ou deux bronchites, l&rsquo;hiver, c&rsquo;est normal non?&rdquo; Mais des études sont en cours pour améliorer le dépistage dans des populations ciblées.</p>
<p>Un <a href="https://breathe.ersjournals.com/content/18/1/210151">article</a> aborde l&rsquo;ensemble des infections respiratoires virales. On y voit les traitements symptomatiques comme traitements récurrents. Concernant la grippe, les auteurs rappellent que les inhibiteurs de neuraminidase réduisent la durée de la maladie mais pas la mortalité et que les vaccins ont une efficacité moyenne de 59% sur la survenue d&rsquo;une grippe.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhmSzrq38dEVNyG4U2SFWlZxjXTFotUVEkUVD4NVRZy9bVmS4DlvdFtpezPOWZvEqCSyyQEqL3snLY_h8D9VI1KEQm7eLjj7UEq5tnootM1B1aSJQ7FPV8iAxzLAIkr2ODBZEXcG4-0OJHLCK6RjaoAeNd2aZ5v9tPYCNqojhrTCMI2uwb3jD4PfYt7WA/s1280/infection%20respiratoires.png"><img src="/images/articles/2022/infection-20respiratoires.png" alt=""></a></p>
<p>Le traitement par corticoïdes dans la crise d&rsquo;asthme est recommandé pendant 3-5 jours d&rsquo;après les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n334-asthme-reco-splf-covid.html">recos</a>, en privilégiant la prednisone et prednisolone qui sont les moins cortico-frénatrices. Cette <a href="ttps://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35507383/">étude</a> menée aux Etats-Unis a comparée 0,6mg/kg de Dexamethasone en dose unique par rapport à un traitement de 2 jours chez les enfants et adolescents avec crise d&rsquo;asthme légère à modérée (pediatric asthma score &lt; 12). Il n&rsquo;y a pas eu de différence entre les groupes, ni dans les sous-groupes d&rsquo;asthme léger et modéré. Il serait intéressant de discuter de ce traitement &ldquo;monodose&rdquo; chez des patients pour lesquels l&rsquo;observance pourrait être difficile.</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Alors que le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/issue/vol399no10338/PIIS0140-6736(22)X0019-6">Lancet</a> s&rsquo;alarme sur les droits des femmes pour l&rsquo;accès à l&rsquo;IVG et les risques pour la santé au point d&rsquo;en faire la une de son dernier numéro, cet article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2790319">JAMA</a> a étudié une cohorte rétrospective de patientes ayant réalisé une IVG médicamenteuses réalisées sans échographie ni examen pelvien, avec délivrance de médicaments en présentiel ou envoyés par la poste (tolérance accordée en raison de la pandémie Covid par la FDA, on est donc loin des comprimés mangés en face à face!). Le taux d&rsquo;efficacité des IVG était de 95% avec 0,54% d&rsquo;effets indésirables graves (transfusion, hospitalisation, chirurgie pour GEU. 0,4% des patientes ont été identifiées comme dépassant le terme de 70j normalement recommandé pour les IVG médicamenteuses. Tout cela a de quoi rassurer, mais l&rsquo;accès à l&rsquo;échographie permet d&rsquo;éviter les soucis de grossesse ectopique ou de grossesse trop avancée (il y avait tout de même une grossesse de 33 SA non diagnostiquée par l&rsquo;interrogatoire dans la cohorte !).</p>
<p>6/ Urologie</p>
<p>A propos du cancer de la prostate, cet <a href="https://ascopubs.org/doi/10.1200/JCO.22.00123">article</a> rapporte que 30% des cancers de la prostate découverts après 50 ans sont du surdiagnostic et 60% après 80 ans, ce qui contribue au fait que le dépistage systématique n&rsquo;est pas recommandé en France ni ailleurs. Les lésions Gleason 2-5 ne sont plus considérées comme des cancers depuis 2005. Compte tenu du risque de mortalité inférieur à 1% des cancers Gleason 6, les auteurs sont en faveur de ne plus considérer ces lésions comme des cancers et qu&rsquo;elles ne nécessitent plus de traitement radical. À suivre.</p>
<p>7/ Psychiatrie</p>
<p>Nous avions décrit <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/04/la-depression-sans-pression18.html">ici</a> que les bithérapies d&rsquo;antidépresseurs n&rsquo;apportaient pas de bénéfice supplémentaire par rapport à une monothérapie. Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/fullarticle/2789300?guestAccessKey=93ba7b66-f43e-4ae8-b7e2-aab5bf6f6ce7">revue systématique</a> s&rsquo;est intéressée aux différentes associations d&rsquo;antidépresseurs et il semblerait que l&rsquo;association d&rsquo;un inhibiteur de recapture de monoamine (c&rsquo;est à dire un IRS, un IRSNA ou un tricyclique) associé à un antagoniste des récepteurs alpha2 (c&rsquo;est à dire la miansérine et la mirtazapine) soit plus efficace qu&rsquo;une monothérapie en augmentant le taux de rémission et de réponse sans augmentation des sorties d&rsquo;études dues au traitement. Il y aurait également un effet sur l&rsquo;amélioration des symptômes dans le sous groupe des non répondeurs à une monothérapie. Donc, ce pourrait être une option, mais probablement pas sans recourir à l&rsquo;avis d&rsquo;un psychiatre.</p>
<p>Voilà, pensez à vous abonner sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>À la semaine prochaine,</p>
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°355 : douleurs chroniques (recos NICE), hypocholestérolémiants/risque CV, ménopause/THM, contraceptions/LARC, lombalgie, canal lombaire rétréci</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/05/dragi-webdo-n355/</link><pubDate>Sun, 08 May 2022 22:53:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/05/dragi-webdo-n355/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Douleur</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, c&rsquo;est l&rsquo;anniversaire du #DragiWebdo qui fête ses 8 ans ! Merci à tous pour votre fidélité, pour vos commentaires et vos remarques ! Comme tous les ans, à cette occasion, on vous rappelle qu&rsquo;il y a un lien permanent vers une petite cagnotte sur la droite de la page (et <a href="https://www.lepotcommun.fr/pot/qzeojtdt">ici</a>), pour ceux qui voudraient nous soutenir et nous remercier de cette façon. Nous tenons une nouvelle fois à préciser que le blog est et restera gratuit !!</p>
<p>Passons aux choses sérieuses, on avait l&rsquo;Etude Ecogen qui étudiait les motifs de consultation en France, voici les principaux motifs de <a href="https://journals.plos.org/globalpublichealth/article?id=10.1371/journal.pgph.0000196">consultation et diagnostics</a> posés dans les pays à revenus faibles et intermédiaires. Bonne lecture !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhTjFk-R3DDSpVaGScvIuNBmMFoHQcg595CJV4YdE5tTnohDQ68qf3_uKVK5nlAKxNKxaPsyWwbd5rT_JKxDhii9itGOcYHW0ISWAPqMk-vYZFAGtX7GykF8fuIw-7O7p_HFTOzlb93QMVixP6X8xPtDwbCld9S1ZDGVXBICx8XYkSX-DMyWCZIwVQFcg/s1567/motifs%20de%20consult.png"><img src="/images/articles/2022/motifs-20de-20consult.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://asbmr.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/jbmr.4548">étude</a> britannique à partir d&rsquo;essais randomisés a mis en évidence que les patients prenant des AINS de façon chronique/récurrente lors d&rsquo;un traitement par bisphosphonate voient l&rsquo;efficacité de ce bisphosphonate fortement réduite, de sorte qu&rsquo;il y avait autant de fractures sous bisphosphonate+AINS que chez les patients prenant un placebo (avec ou sans AINS).</p>
<p>2/ Covid-19 </p>
<p>Une <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-022-30059-3">nouvelle étude</a> a comparé l&rsquo;efficacité des vaccins Pfizer et Moderna dans le Covid. Après la 2ème dose, les patients vaccinés par Moderna avaient un risque plus faible d&rsquo;infections à Covid-19 avec un NNT d&rsquo;environ 290 patients. Cependant, il n&rsquo;y avait pas de différence concernant le risque d&rsquo;hospitalisations, de transferts en réanimation ou de décès.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Les recommandations de <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/09/dragi-webdo-n322.html">cardiologie</a> visent un contrôle du LDLc toujours plus bas alors que c&rsquo;est une approche non démontrée, notamment en prévention primaire comme le rappelait le <a href="https://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/patients_hypercholesterolemiques_quelle_attitude_a/">CNGE</a>. Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2790055">article</a> du Jama Internal Medicine revoit une fois encore l&rsquo;efficacité des statines en prévention primaire et secondaire. Les auteurs ont comparé les réductions absolues de risque avec les réductions relatives. Elles sont respectivement, pour la mortalité globale de 0,8% et 9%, pour les infarctus de 1,3% et 29% et pour les AVC de  0,4% et 14%, soient des réductions absolues que les auteurs qualifient de modestes. Ils ont aussi regardé si la baisse du LDL-cholestérol était associée à la réduction de ces 3 critères de jugement: les résultats sont non concluants ou non cohérents. S&rsquo;il y avait un lien direct entre la baisse du LDL et le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires, cette baisse expliquerait moins de 14% de l&rsquo;effet, et concernerait plutôt le risque d&rsquo;AVC que les autres critères de jugement. On peut regretter qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas d&rsquo;analyses du lien entre LDL et évènements cardiovasculaires en fonction de la prévention primaire ou secondaire (mais s&rsquo;ils ne l&rsquo;ont pas présenté, c&rsquo;est probablement que ça n&rsquo;apportait rien par rapport à l&rsquo;analyse conjointe).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgTCWwADzPA5ag-dyrB2pNHKygGsma0V0HbxK2CTSkVxO-5jPbiyBukEujBPRv4rpS1ERZWoAIsGOdxuOigR5UaUP26GIumjSrmkGNifc50C1jcQwDBandv45XXFnp21kXljs9FeqAKN2xtxPcFcs5F5EhW4tWatMZlhAH9YSfYwkhIf-cN1vS5rOD6wA/s944/statin.png"><img src="/images/articles/2022/statin.png" alt=""></a></p>
<p>Dans les autres &ldquo;réducteur de cholestérol&rdquo;, on trouve l&rsquo;ezetimibe et les anti-pcsk-9. Le <a href="https://www.bmj.com/content/377/bmj-2021-069066">BMJ</a> a publié une synthèse dans laquelle les auteurs proposent des recommandations concernant leur utilisation. Les recommandations des sociétés savantes placent généralement l&rsquo;ezetimibe voire un anti-pcsk9 dans les cas où la cible n&rsquo;est pas atteinte. Il est intéressant de voir que les sociétés de cardiologie cotent ces recos comme &ldquo;fortes&rdquo; avec un &ldquo;grade A&rdquo; alors que les sociétés de recommandations nationales (NICE, SIGN, NHS&hellip;) disent que c&rsquo;est une reco de force &ldquo;<em>unclear</em>&rdquo; avec un niveau de preuve &ldquo;<em>unclear</em>&rdquo;. Ainsi, cet article s&rsquo;adresse aux patients avec un LDLc &gt; 0,7g/L sous statine ou intolérants aux statines et qui souhaitent réduire davantage leur risque cardiovasculaire. Dans le tableau ci dessous inspiré de l&rsquo;article, on voit aussi que le risque anglais est calculé selon le risque cardiovasculaire à 5 ans, le haut risque étant à 15%  (donc ce sont des seuils beaucoup plus hauts que le SCORE 2 où le haut risque est 10% à 10 ans)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiX1qbrO5WQ5RyQmOVtunegtUC817nESe0hYjQWep5SgTQeSQTr3wTpi_NshVHMF3rsLZ42x6hmGv_JMYrcsqegQ0W0g6J0pZmK4lE9OXVVXcTHCIhohYCLPeJKw5NbQEfjPKwwceiP7fwVB06S1jbZZwwrUF64dzfvhPJvKrDSV6LF3HQnWL2EMggAPg/s796/pcsk.png"><img src="/images/articles/2022/pcsk.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Du nouveau sur les traitements substitutifs de la ménopause: un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(21)00269-2/fulltext">Lancet Endocrinology</a> revient sur le bénéfice des traitements hormonaux substitutifs de la ménopause. Les auteurs décrivent que les oestrogènes seuls réduisent la mortalité globale de 15 personnes pour 10000 traitées par an entre 50 et 60 ans, le risque de diabète de 26, de fracture de 16 et la mortalité par cancer de 4 mais augmentent les évènements thromboemboliques veineux de 8. En association à de la progestérone, le gain sur les risques de mortalité globale, de mortalité par cancer, de diabète et de fracture sont du même ordre mais les risques d&rsquo;accident thromboemboliques veineux ou artériel augmentent à 21 patientes pour 10000 par an et de cancer du sein de 6. Cela repose essentiellement sur les données d&rsquo;une revue systématique avec meta-analyse de 19 essais randomisés dont 1 seul avait des résultats directement en faveur d&rsquo;un bénéfice du THM sur la mortalité. Le même auteur avait déjà parlé des bénéfices attendus du THM en <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/02/dragi-webdo-n128.html">2017</a> avec les mêmes conclusions. Le gain de mortalité pourrait donc contrebalancer les effets indésirables graves non mortels (mourir moins mais avoir plus d&rsquo;évènements cardiovasculaires et de cancers du seins tout en mourant moins de cancer), mais on peut se poser la question de la médicalisation d&rsquo;une condition normale chez des patientes asymptomatiques. Ainsi, ces éléments ne permettent pas de recommander le THM chez des patients asymptomatiques (à quelques débats près, cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/p/gynecologie.html#Menopause">ici</a>)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiTh1RSfBPsy9aKudgG7BIJsvK5e3NhJI-m-954hqxhcJPLZTuyjiml8rNwywToS1iA5xIAJPftRsf3Z4M-uHbinnUO8Uewq3gjqSvZqCm9EMBuVGsXJuPyBh3fV-VEf4Mu7bZwUxynMsczPrB4Z5ncBqN3_zo2hV3V96objGKxj8EEULbdJ_HDUUzSXA/s1126/thm.png"><img src="/images/articles/2022/thm.png" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2792212">JAMA</a> consacre cette semaine un article sur les LARC (contraceptions réversibles de longue durée). Les auteurs proposent un tableau intéressant comparant la durée d&rsquo;utilisation validée par la FDA et la durée &ldquo;<em>evidence based</em>&rdquo;. Ainsi, l&rsquo;implant validé pour 3 ans est efficace pendant 5 ans, les DIU au cuivre type T (TSTA) validés pour 10 ans sont efficaces pendant 12 ans, le SIU-52mg (Mirena) est validé pour 7 ans (!) et efficace 7 ans, et le SIU-19,5 (Kyleena) validé et efficace pour 5 ans. Les auteurs soulignent que les DIU et SIU au LNG sont efficaces en contraception d&rsquo;urgence dans les 5 jours (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/02/dragi-webdo-n299.html">ici</a>). Un des nouveaux points abordés concerne les DIU qui ne sont pas situés au niveau du fond utérin. Ces DIU doivent être retirés s&rsquo;ils sont en partie au niveau de l&rsquo;orifice interne du col ou que la patiente présente des douleurs ou des saignements. Chez les patientes asymptomatiques, le remplacement du DIU qui ne serait pas au fond repose sur une décision partagée sachant qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de données disant qu&rsquo;il y aurait un taux d&rsquo;échec supérieur avec des DIU mal positionnés. Enfin, en cas de grossesse survenant sur un DIU, il est recommandé de le retirer si les fils sont visibles, mais de le laisse en place s&rsquo;ils ne sont pas visibles.</p>
<p>6/ Douleur</p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/72/718/240">BJGP</a> parle de la prise en charge des douleurs chroniques pour &ldquo;les médecins surchargés&rdquo; en résumant les recommandations du NICE. En premier lieu, le NICE recommande des traitements non pharmacologiques: l&rsquo;activité physique, la rééducation supervisée, les thérapies cognitivo-comportementales, les thérapies d&rsquo;acceptation et l&rsquo;acupuncture (5 sessions maximum). Les auteurs recommandent de ne pas prescrire d&rsquo;antalgiques classiques (paracetamol, ains) ou complexes (gabapentinoides, opiacés, corticoïdes, produits dérivés du cannabis, benzodiazépines ou antalgiques locaux) compte tenu d&rsquo;une balance bénéfice/risque négative avec des effets secondaires importants et des dépendances. Cependant, ils recommandent l&rsquo;utilisation d&rsquo;antidépresseurs qui améliorent la qualité de vie, le sommeil, la douleur et le retentissement psychologique. La duloxétine serait la plus efficace versus placebo avec un NNT de 6 patients à traiter pour réduire de 50% la douleur, mais en l&rsquo;absence de comparaison directe avec d&rsquo;autres antidépresseurs, le choix de la molécule est à personnaliser selon le patient.</p>
<p>Un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp2032396">NEJM</a> aborde les lombalgies aigues et chroniques. Rien de très nouveau dans le diagnostic et la prise en charge qui doit tenir compte du risque de passage à la chronicité. Revenons quand même sur l&rsquo;imagerie recommandée en cas de trouble neurologique, de persistance à 2 mois ou de drapeaux rouges. Parmi ces derniers, seuls l&rsquo;antécédent de cancer et la forte suspicion clinique de cancer sont associés à un cancer associé (pas la perte de poids ni la fièvre). L&rsquo;âge de plus de 70 ans, un traumatisme et des corticoïdes prolongés sont associés à des fractures vertébrales. Une étude menée chez les plus de 65 ans retrouve qu&rsquo;une imagerie (radiographie ou irm) n&rsquo;améliore pas la prise en charge à 1 an.  On peut donc raisonnablement considérer que le critère <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/04/dragi-webdo-n222.html">HAS</a> &ldquo;imagerie si âge &gt; 55 ans&rdquo; est désuet. La rééducation, l&rsquo;activité physique, les TCC, l&rsquo;acupuncture, le yoga, les AINS, les opioïdes et les antidépresseurs ont une efficacité pour réduire la douleur et le retentissement fonctionnel.</p>
<p>Après le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/07/dragi-webdo-n320.html">BMJ</a>, c&rsquo;est le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2791689">JAMA</a> qui fait une revue sur le canal lombaire rétréci. Il n&rsquo;y a pas de grande différences entre les 2 articles. Celui-ci insiste sur d&rsquo;autres signes cliniques comme la douleur lombaire et des membres inférieurs majorée à l&rsquo;extension du rachis et soulagée par la flexion, et le syndrome cordonal postérieur (diminution de pallesthésie, élargissement du polygone de sustentation, Romberg anormal). La rééducation, l&rsquo;activité physique adaptée et les AINS sont les traitements de première intention. L&rsquo;imagerie est indiquée quand une indication d&rsquo;infiltration (sans efficacité démontré dans les études après 3 semaines) ou de chirurgie est posée (modérément efficace) devant le retentissement fonctionnel important. Notons enfin que 20% des plus de 60 ans sont atteints mais 80% d&rsquo;entre eux sont asymptomatiques et qu&rsquo;après 3 ans de suivi, 30% des patients sont améliorés, 50% des patients sont stables et 10-20% décrivent une aggravation des symptômes.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Une fois encore merci! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus <em>(et @DrePetronille pour la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°354 : Calendrier vaccinal 2022, frein de langue (Académie), candidoses vaginales (recos UK), diabète gestationnel (reos SFD), aspirine (recos US), score calcique, radiologie et grossesse, prescriptions en pédiatrie, Naheulbeuk</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/05/dragi-webdo-n354/</link><pubDate>Mon, 02 May 2022 21:07:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/05/dragi-webdo-n354/</guid><category>Pédiatrie</category><category>Gynécologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les actualités de la semaine: bonne lecture !</p>
<p> 1/ Vaccinations</p>
<p>Le <a href="https://solidarites-sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/vaccination/calendrier-vaccinal">calendrier vaccinal 2022</a> est sorti avec quelques  nouveautés. Tout comme la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n352.html">HAS</a>,  il confirme la vaccination coqueluche durant la grossesse entre 20 et 36 SA. La vaccination contre la méningite B est recommandée à 3, 5 et 12 mois (seul le Bexsero a l&rsquo;AMM à cet âge) et pour l&rsquo;entourage des personnes à risque de méningite B. Enfin, la recommandation vaccinale contre la grippe inclut les professionnels exposés aux grippes porcines et aviaires. (Malheureusement le calendrier ne s&rsquo;aligne pas sur les recos <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/04/dragi-webdo-n352.html">OMS</a> concernant la vaccination HPV, et on reste à 2 injections de Gardasil-9 jusqu&rsquo;à 14 ans puis 3 injections).</p>
<p>2/ Pédiatrie</p>
<p>Parlons de cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2791284?utm_source=For_The_Media&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=ftm_links&amp;utm_term=042522">étude</a> publiée
dans le Jama qui a comparé les prescriptions pédiatriques dans 11 pays
de l&rsquo;OCDE. Sans surprise, la France est mauvaise élève et prescrit plus
de médicaments que les autres pays étudiés. 857 enfants français sur
1000 se voient prescrire un médicament dans l&rsquo;année contre 480 pour la
Suède. Nous sommes champions de la prescription de corticoïdes et de
bronchodilatateurs et sur quasiment 1er ex-aequo pour l&rsquo;amoxicilline !
Il est temps d&rsquo;informer et de réduire nos prescriptions.</p>
<p>Après notre <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/06/sur-le-bout-de-la-langue.html">synthèse</a> sur le frein de langue il y a 2 ans, voilà l&rsquo;Académie de Médecine qui publie un <a href="https://www.academie-medecine.fr/coup-de-frein-a-la-frenotomie-linguale-chez-les-nouveau-nes-et-les-nourrissons/">document</a>
sur le sujet rappelant l&rsquo;absence de preuves et d&rsquo;études solides sur le
sujet. L&rsquo;Académie se prononce contre les frénotomies en l&rsquo;absence de
difficulté d&rsquo;allaitement et la nécessité de favoriser les traitements
conservateurs, en formant correctement les
professionnels de santé à l&rsquo;accompagnement de l&rsquo;allaitement maternel.</p>
<p>3/ Covid-19</p>
<p>Un <a href="https://www.nature.com/articles/s41591-022-01832-0">nouvel article</a> concernant la 4ème dose de vaccin Covid (2ème booster) a été publié dans Nature Medicine. Il repose encore une fois sur une étude rétrospective des bases de données israéliennes. 300 000 patients de plus de 60 ans ayant eu un 2ème booster ont été comparés à  250 000 n&rsquo;ayant eu qu&rsquo;un seul booster. Il y a eu une réduction relative des hospitalisations de 64% dans le groupe avec 2 booster (NNT= 658) et une réduction de la mortalité due au covid de 78% (NNT= 1413) à 40 jours. Ce sont donc 3 études rétrospectives qui sont en faveur d&rsquo;un bénéfice modéré vu le NNT chez les plus de 60 ans avec facteurs de risque (mais 2 de ces études portent sur la même base de donnée et toutes proviennent du même pays).</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Le traitement des mycoses vaginales est en train d&rsquo;évoluer. D&rsquo;après les <a href="https://www.guidelines.co.uk/womens-health/bashh-vulvovaginal-candidiasis-guideline/455164.article">recommandations britanniques</a>, pour le traitement des candidoses, il est désormais recommandé de privilégier un traitement oral par une dose unique de fluconazole à 150mg en dose unique après prélèvement vaginal (à renouveler à J4 si sévère). En 2ème ligne, c&rsquo;est le clotrimazole 500 par voie vaginale en dose unique qui est recommandé (à renouveler à J4 si sévère). En cas d&rsquo;infections récidivantes démontres à <em>Candida</em>, Les auteurs proposent du fluconazole  150mg  J1, J3, J6, puis 1 fois par semaine pendant 6 mois. Si l&rsquo;infection récurrente n&rsquo;était pas sensible, des ovules de nystatine sont proposés pour 14 jours (mais ça n&rsquo;existe pas en France).</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/377/bmj-2022-070486">BMJ</a> parle des examens de radiologie pendant la grossesse. Les échographies sont sans risque mais à utiliser raisonnablement pour éviter le surdiagnostic. Les IRM sont sont également sûres, mais il serait plus prudent de les éviter pendant le 1er trimestre de grossesse selon certaines sociétés savantes. Par ailleurs, l&rsquo;utilisation de gadolinium est rarement nécessaire et plutôt à éviter pendant la grossesse du fait du possible risque de maladies inflammatoires, de mortalité fœtale et néonatale. Les radiations ionisantes (radiographies et TDM) sont possibles, en étant raisonnable dans leur utilisation. Pour ce qui est au dessus du diaphragme et en dessous du genou, le risque de cancer fœtal est entre 1/10000 et 1/100000. Pour ce qui est des imageries rachidiennes c&rsquo;est plutôt 1/1000 à 1/10000 et pour un scanner abdominal entre 1/200 et 1/1000. Les injections de produit de contraste iodé sont possibles, mais il faudrait vérifier l&rsquo;absence d&rsquo;hypothyroïdie néonatale durant la 1ère semaine de vie (généralement transitoire). Enfin, les tabliers de plomb ne sont pas recommandés car ils n&rsquo;ont finalement pas de bénéfice d&rsquo;efficacité prouvé et peuvent être parfois responsables d&rsquo;une augmentation de la dose reçue liée à la préparation de l&rsquo;examen.</p>
<p>La <a href="https://www.sfdiabete.org/sites/www.sfdiabete.org/files/files/ressources/reco_nutrition_diabete_gestationnel_2022.pdf">SFD</a> a mis à jour ses recommandations sur la nutrition dans le cadre du diabète gestationnel.  La prise de poids doit être similaire aux femmes sans diabète gestationnel et suit les recommandations de l&rsquo;OMS dont on avait déjà parlé. Les glucides à IG bas sont à privilégier et à répartir sur 3 repas (250g pour une ration de 2000 kcal) avec possibilité de prendre des produits sucrés en fin de repas (50g/j); les édulcorants sont à éviter, les lipides à limiter (80-90g/j pour une ration de 2000 kcal) en évitant les acides gras saturés (beurre, fast food, charcuterie&hellip;) et en privilégiant les acides gras insaturés (huile d&rsquo;olive/colza, avocat, noix, poissons gras). Pour les protéines, pas de limitation de quantité mais veiller à limiter les lipides dans les produits riches en protéines. Les glycémies sont réalisées avant et 2h après les repas. Ces recommandations ne placent le fractionnement des repas qu&rsquo;en seconde intention, mais insistent sur le fractionnement des glucides sans interdit alimentaire ! L&rsquo;activité physique doit être de 150-180 minutes par semaine en l&rsquo;absence de contre-indication médicale (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/09/dragi-webdo-n237-boulimie-has.html">rare</a>!). Dans la recommandation il y a des tableaux d&rsquo;équivalence glucidique et lipidiques, intéressants à montrer aux patientes pour comprendre les portions.</p>
<p>5/ Cardiovasculaire</p>
<p>Les recommandations de l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2791399">USPSTF</a> américaine concernant l&rsquo;aspirine en prévention primaire ont enfin été publiées. Les auteurs recommandent que l&rsquo;instauration d&rsquo;aspirine soit faite de façon individualisée, chez les patients de  40 à  59 ans dont le score ASCVD à 10 ans est supérieur à 10% (haut risque cardiovasculaire) et à faible risque hémorragique. De plus, ils recommandent de ne pas instaurer d’aspirine en prévention primaire après  60 ans. C&rsquo;est un peu moins strict que l&rsquo;avis du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n329.html">CNGE</a>, mais on progresse doucement !</p>
<p>On avait parlé du score calcique <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/05/dragi-webdo-n312.html">ici</a>, en disant qu&rsquo;il permettait de déprescrire si égal à 0 mais que le niveau de preuve était faible pour &ldquo;instaurer&rdquo; des traitements notamment une statine s&rsquo;il est supérieur à 100. Cette revue systématique du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2791663">Jama Internal Medicine</a> revient sur l&rsquo;apport du score calcique par rapport aux calculateurs cliniques de risque cardiovasculaire. Parmi les patients ayant un score clinique à faible risque qui sont reclassés en risque intermédiaire ou élevé par le score calcique (soit 10% des patients environ), 86% à 96% (selon les études) n&rsquo;ont pas eu d&rsquo;évènements cardiovasculaires durant le suivi de 5 à 10 ans. Inversement, les patients à haut risque selon un score clinique mais à faible risque selon le score calcique (soit moins de 1% environ),  91% à 99% n&rsquo;ont pas eu d&rsquo;évènements cardiovasculaires. Ainsi, les auteurs concluent, logiquement, que le bénéfice que le score calcique pourrait apporter chez un petit nombre de patients est contrebalancé par les coûts, les incidentalomes et le risque de radiations ionisantes et qu&rsquo;il n&rsquo;y a donc pas de preuves suffisantes pour intégrer le score calcique dans la pratique courante.</p>
<p>Quelques éléments rappelés par le Dr Amara sur <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3607929?src=soc_tw_220425_mscpfr_video_card_automobile&amp;faf=1#vp_2">Medscape</a> concernant la conduite est les maladies cardiaques. En cas de myocardite, la conduite est contre-indiquée pendant 4 semaines. En cas de coronaropathie avec indication à une revascularisation ou pose d&rsquo;un défibrillateur, la conduite est interdite jusqu&rsquo;à l&rsquo;intervention puis 4 semaines après. Il en est de même pour une pose de pacemaker jusqu&rsquo;à 2 semaine après l&rsquo;intervention. Enfin, avec une FEVG &lt; 35%, la conduite serait contre-indiquée également.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Le tirzepatide avait été comparé précédemment au semaglutide <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n327.html">ici</a>. Cette fois ci, il est comparé à une insulinothérapie par insuline dégludec. L&rsquo;intérêt de cette <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(22)00077-8/fulltext">étude</a> n&rsquo;est pas de dire que le tirzepatide abaisse plus l&rsquo;HbA1c que l&rsquo;insuline, car c&rsquo;est déjà démontré. Les auteurs ont pris comme critère de jugement le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/06/dragi-webdo-n274.html">Time In Range</a> (TIR, temps dans la cible =  0.7g/L-1.8g/L). Les patients sous tirzepatide sont passés de  23% de temps dans la cible à  73% (ce qui est dans l&rsquo;objectif des &gt;70% du temps dans le TIR) et ceux sous insuline de 23% à 48%. Si on regarde les HbA1C, on est à  6% pour le tirzepatide et 6.8% avec l&rsquo;insuline dégludec, ce qui est particulièrement bas (sur-mortalité dans <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/06/la-diabeto-cest-rigolo.html">ACCORD</a> quand HbA1c &lt; 6,5% pour mémoire) donc on va craindre les hypoglycémies. Les patients sous tirzepatide passaient en moyenne 25min de moins en hypoglycémie (&lt;0,7g/L) que ceux sous insuline. Les effets indésirables sont peu étudiés mais semblent proches entre les groupes, il n&rsquo;y a eu aucun décès. Attendons des essais de plus grande ampleur reposant sur des critères cliniques.</p>
<p>7/ Le jeu du mois : &ldquo;Le donjon de Naheulbeuk&rdquo;</p>
<p>&ldquo;Le donjon de Naheulbeuk&rdquo;, le jeu de société, va plonger les joueurs dans l&rsquo;univers de la <a href="http://www.penofchaos.com/warham/donjon-telecharge.htm">série audio</a>, en les faisant incarner un groupe d&rsquo;aventuriers déjantés ayant pour mission d&rsquo;affronter le maléfique Zangdar dans son donjon. Les aventuriers vont explorer différentes salles avec des missions à réaliser, nommées &ldquo;tests&rdquo;. Ces tests sont parfois des épreuves de mémoire, d&rsquo;habileté&hellip; ou de &ldquo;baston!&rdquo;. Pour les combats, on distribue des cartes représentant des lettres qu&rsquo;il faut s&rsquo;échanger le plus vite possible, dans le temps imparti pour réaliser un &ldquo;mot&rdquo; qui déclenchent des dégâts aux monstres. (oui, c&rsquo;est un peu le bordel, mais c&rsquo;est le principe&hellip;) Bref, c&rsquo;est un jeu d&rsquo;aventure sympathique, fidèle à l&rsquo;ambiance du donjon qui peut permettre de s&rsquo;aventurer dans un donjon dans une ambiance légère!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgBNPrk7IHQCyaYQHTSZDaDV1PHkc6mpK7VrQTSPflYXbmm0Ke0TuCGQh6irMp3rRWOjou9mJKRgQH2fROmYEytXkslJM42GiasEIHFZoO2Iboe5t7R-Tx2lfWjgsrTg3DIFTjsMWDqAJ-FyCe3-YzBG6BxuZcDebFvuTNC4airr6hcCCnGq65tGpR-Jg/s4000/20211009_175641.jpg"><img src="/images/articles/2022/20211009-175641.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonner sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°353 : Vitamine D (recos pédiatriques), hyperaldostéronisme primaire, capsulite de l'épaule, sepsis, ipde-5/nitrés, HTA blouse blanche, jeûne intermittent</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/04/dragi-webdo-n353/</link><pubDate>Mon, 25 Apr 2022 21:28:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/04/dragi-webdo-n353/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Nutrition</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, une fois encore, rappelons l&rsquo;importance de la clinique. En effet, pour reconnaitre un sepsis en soins primaires, un <a href="https://bjgp.org/content/early/2022/04/19/BJGP.2021.0520">score</a> basé sur l&rsquo;âge &gt; 65 ans, la température &gt;38°C, la PAS &lt; 110mmHg, la FC &gt;110bpm, la SpO2  ≤95% et l&rsquo;altération de la conscience (1 point par item) n&rsquo;est pas amélioré par l&rsquo;ajout de marqueurs biologiques comme la CRP ou la PCT.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj7VXwMpTqlaudqJWEVdgkE53cr88-n079STrf8cfefyyxHDqi2F5m8I85tC54Jia4KMTWP_PyZ7PjlYuVdhkvgoEco886zFNcbKfD1xRMsMkjynbgeqZXuY2cdVcE-Ex6c011Nhyc3QBubP4vBfadbJmlclvoa3lLLRI0zbdqts8FgKrYxAI4bESihFQ/s1280/sepsis.jpg"><img src="/images/articles/2022/sepsis.jpg" alt=""></a></p>
<p>Bonne lecture pour les autres actualités !</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Un <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M21-3445">article</a> s&rsquo;est intéressé aux effets de la prise d&rsquo;inhibiteurs de phosphodiesthérase-5 (IPDE-5) associés à la prise de dérivés nitrés oraux dans le cadre de coronaropathie. Pour rappel, c&rsquo;est considéré comme une contre-indication dans l&rsquo;AMM. Les prescriptions sont d&rsquo;IPDE-5 sont passées de 1 patient pour 100 avec nitrés par an en 2000 à 20 patients pour 100 en 2018. Il n&rsquo;y avait cependant pas d&rsquo;augmentation du risque d&rsquo;infarctus, d&rsquo;AVC, de syncope, d&rsquo;arrêt cardiaque, de choc ou d&rsquo;effets iatrogènes chez les patients avec cette co-prescription, ce qui est plutôt rassurant.</p>
<p>La <a href="https://www.fda.gov/news-events/press-announcements/fda-permits-marketing-first-condom-specifically-indicated-anal-intercourse">FDA</a> a autorisé des préservatifs avec comme indication spécifique, la prévention des IST lors de rapports sexuels anaux, avec un taux d&rsquo;échec de 0.68% (1.89% pour les rapports vaginaux, mais on n&rsquo;a pas de comparaison avec les préservatifs classiques). Les autres préservatifs peuvent toujours être utilisés bien évidement pour les rapports anaux et vaginaux.</p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m3379">BMJ</a> a mis à jour la revue systématique des recos de l&rsquo;OMS concernant les traitements du Covid. Le Nirmatrelvir/ritonavir (Paxlovid*) fait son entrée dans les traitements fortement recommandés en ambulatoire pour les Covid modérés (NNT sur la mortalité= 167). En cas de Covid sévère, les corticoïdes (dexametasone notamment), les anti-IL6 (Tocilizumab et Sarilumab) et Baricitinib sont des traitements également recommandés et efficaces avec des NNT sur la mortalité respectivement de 30, 67 et 23.</p>
<p>Des <a href="https://www.nature.com/articles/s41598-022-10370-1">chercheurs</a> ont mené un essai randomisé comparant le paracétamol à l&rsquo;indométacine (un AINS) dans la prise en charge du Covid chez les patients hospitalisés pour Covid non grave. Le critère de jugement principal, la SpO2 &lt; 94%, est survenu chez 0/103 patients avec indométacine et chez 20/107 patients sous paracétamol (NNT=6). Les patients sous indométacine étaient également plus rapidement asymptomatiques. Une stratégie à confirmer dans d&rsquo;autres études portant sur d&rsquo;autres critères cliniques.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>On avait parlé des risques de l&rsquo;HTA blouse blanche pouvant être de réelles HTA avec atteinte d&rsquo;organe et nécessitant un traitement (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/06/dragi-webdo-n232.html">ici</a>). Dans cette <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/HYPERTENSIONAHA.121.18792">étude</a> ayant suivi un échantillon représentatif de la population italienne pendant près de 30 ans, 1400 patients ont été suivis. Que ce soit en présence ou en absence d&rsquo;atteinte d&rsquo;organe, les patients avec HTA blouse blanche avaient un risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires mortels ou de mortalité globale plus faible que les patients avec HTA, mais plus élevé que ceux sans HTA. Actuellement, les recos sont pour traiter les patients avec HTA blouse blanche et atteinte d&rsquo;organe cible mais on ne sait pas s&rsquo;il y aurait un bénéfice à traiter les patients sans atteinte d&rsquo;organe. (WHC: hypertension blouse blanche, NT: normotendu, SH: sujet hypertendu)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhso2Kyfw1A9kCf8IlbdMmFOLnBUTb4gbECJ-QtusH7-1dkijWQM-VS0WAAXyqat4lZOjhSgnzJAoynSTqXtDiMcGZUgpVNpQ2j4_1o2MkKZMZ02RTrNGO0Ezf6f-M9dcukCVAizWi5ar60tjNxHGe3itVdtsIKPlwWiIZw_M3WzusZhrlqtd9VhcbPkA/s979/WCH.png"><img src="/images/articles/2022/wch.png" alt=""></a></p>
<p>Nous avions abordé en <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/07/dragi-webdo-n104.html">2016</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n334-asthme-reco-splf-covid.html">2021</a> l&rsquo;hyperaldostéronisme primaire. Le <a href="https://www.bmj.com/content/377/bmj-2021-065250">BMJ</a> fait une nouvelle synthèse sur ce sujet.</p>
<ul>
<li>
<p>La prévalence est estimée entre 2% et 13% des patients hypertendus dans les études réalisées en soins de premiers recours. Il y aurait néanmoins un sous diagnostic important puisque la prévalence observée en milieu réel est inférieure à 0,5% des patients hypertendus.</p>
</li>
<li>
<p>Les patients avec hyperaldo ont un sur-risque cardiovasculaire par rapport aux patients hypertendus sans hyperaldo. Il s&rsquo;agit souvent de causes curables, et des études ont retrouvé que le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires est plus faible chez les patients avec hyperaldo avec traitement chirurgical que chez les patients avec HTA essentielle.</p>
</li>
<li>
<p>Il faut donc dépister les patients avec HTA (PAS&gt;140 mmHg), HTA résistante (non contrôlée malgré 3 antiHTA dont un diurétique), incidentalome surrénalien,  et HTA avec hypokaliémie (spontanée ou sous traitement).</p>
</li>
<li>
<p>Les auteurs recommandent d&rsquo;effectuer un calcul du rapport aldostérone/rénine.</p>
</li>
<li>
<p>Là on ne va pas être d&rsquo;accord: on ne peut doser le rapport aldostérone/rénine à tous les patients hypertendus dans la vraie vie. On mesure la kaliémie dans tous les bilans d&rsquo;HTA, cependant il semblerait que peu de patients avec hyperaldo aient une hypokaliémie au final).</p>
</li>
<li>
<p>Pour le test: les diurétiques sont à arrêter pour 4 semaines (y compris les anti-aldostérone, apparemment ce n&rsquo;est pas utile de faire un arrêt de 6 semaines s&rsquo;il y en avait), et les ARAII, IEC, BB- ET inhibiteurs calciques dihydropyridine (non bradycardisants) sont à arrêter 2 semaines. Il reste donc des inhibiteurs calciques bradycardisants, les centraux (moxonidine, rilmenidine, methyldopa) et les alphabloquants (prazosine, doxasozine).</p>
</li>
<li>
<p>Si le rapport est élevé, il est alors nécessaire d&rsquo;adresser en centre spécialisé (avec un TDM surrénalien) pour discuter d&rsquo;une prise en charge, généralement chirurgicale, mais fois par diurétique épargneur de potassium si adénome bilatéral, risque chirurgical important ou préférence d&rsquo;un traitement médical.</p>
</li>
</ul>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/377/bmj.o997">BMJ</a> fait une synthèse rapide sur la vaccination anti-méningocoque B et&hellip; le risque d&rsquo;infection à gonocoque! En effet, 3 études récentes du Lancet Infecitous Disease observationnelles retrouvent qu&rsquo;une vaccination méningo B aurait une efficacité relative de  30-40% sur le gonocoque. Cette efficacité était retrouvée pour les adolescents et jeunes adultes quand ils étaient vaccinés dans les 2 premières années ainsi que chez les adultes HSH vaccinés en raison de rapports à risque.</p>
<p>5/ Nutrition</p>
<p>Voilà plusieurs mois qu&rsquo;il était attendu: le <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35305879/">consensus d&rsquo;experts pédiatriques</a> (surtout membres de centres de maladie rares) sur la prise de vitamine D et de calcium en population générale (c&rsquo;est dommage qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de généralistes dans des recos concernant le suivi de l&rsquo;enfant&hellip;). Les auteurs recommandent que les enfants aient une concentration de vitamine D supérieure à 20 ng/mL (&gt;50 nmol/L) avec un grade A pour prévenir le rachitisme mais suggèrent une cible &gt; 30 ng/mL (&gt;75 nmol/L) et &lt; 60 ng/mL (&lt;150 nmol/L) pour limiter la toxicité. Pour atteindre cet objectif, il n&rsquo;est pas recommandé de faire de dosage en population générale, mais :</p>
<ul>
<li>il est recommandé de supplémenter de la naissance à 18 ans par 400UI (grade A), soit 1,5 gouttes de vitamine D native pour les solutions buvables type ZymaD (on va donc dire 2 gouttes, mais max 800UI sinon risque de surdosage), de façon quotidienne jusqu&rsquo;à 2 ans (grade A), puis soit de façon quotidienne soit de façon séquentielle: 50000UI/3mois (même si en fait à 400UI/j c&rsquo;est plutôt tous les 4 mois)  ou 80000-100000UI en automne et en hiver.</li>
<li>il faut éviter les apports brutaux de 200 000UI en dose unique compte tenu des risques de surdosages.</li>
<li>800 UI à 1600 UI (donc 3 gouttes suffisent) sont recommandés si facteurs de risques de carence: obésité, ethnie noire, absence de exposition de la peau au soleil) ou une diminution de l&rsquo;apport (régime végétalien). Notons que l&rsquo;allaitement maternel exclusif n&rsquo;est pas un motif d&rsquo;augmentation des doses: les études chez les nourrissons allaités montrent que 400 UI sont suffisantes si allaitement exclusif.</li>
<li>3 à 4 produits laitiers quotidiens sont recommandés, mais une supplémentation de 500-1000mg de calcium est recommandée en cas d&rsquo;apports &lt; 300mg/j (notamment si régime vegan)</li>
<li>En cas de fracture, les auteurs recommandent une évaluation des apports en calcium. Le diagnostic de déficit en calcium se fait sur des radiographies des poignets, des genoux, et dosage des PAL, PTH, 25OHvitD, calcémie, phosphorémie et calciurie</li>
</ul>
<p>La lecture des études à la source des recommandations montre peu de données entre 5 et 11 ans justifiant de supplémenter cette tranche d&rsquo;âge alors que ce n&rsquo;était pas le cas dans les précédentes recommandations. De plus, les études ont pour critère de jugement le dosage de la vitamine D, et non la survenue de fracture et de rachitisme en population occidentale. Cependant, la baisse des doses recommandées, facteurs de risques nécessitant une augmentation des doses et le rythme de supplémentation semblent plus en accord avec les données de la science que les précédentes recommandations.</p>
<p>Un article du <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35443107/">NEJM</a> a évalué le jeûne intermittent (alimentation uniquement entre 8h00 et 16h00) + restriction calorique versus restriction calorique seule (&lt;1800kcal pour les hommes et &lt;1500kcal pour les femmes) pour perdre du poids. Ainsi, 140 patients en surpoids ou obèses ont été randomisés et suivis pendant 12 mois. Il y a eu une perte de poids similaire dans les 2 groupes (-8kg soit  9% du poids initial). Cette perte a été maximale après 3 mois et s&rsquo;est globalement maintenue tout au long de l&rsquo;étude. Donc, le jeune intermittent ne semble pas apporter de bénéfice en complément de la restriction calorique dans la perte de poids. Dommage qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas eu un bras jeune intermittent seul.</p>
<p>6/ Rhumatologie</p>
<p>Pour finir, voici un point sur la capsulite rétractile/épaule gelée grâce au <a href="https://www.bmj.com/content/377/bmj-2021-068547">BMJ</a>. Le diagnostic est clinique, avec une limitation douloureuse des mobilités de l&rsquo;épaule, une rotation externe passive &lt;30° et une élévation passive &lt;100°. Des radiographies sont recommandées;  une échographie voire une IRM peuvent être indiquées selon la clinique ou pour éliminer un diagnostic différentiel (tendinopathie, arthrose, luxation, arthrite septique ou inflammatoire). Les auteurs recommandent d&rsquo;adresser les patients avec une limitation importante des mobilités ou en cas de persistance de la douleur après 3 mois. Mais cette pathologie, dont le diabète est un des principaux facteurs de risque, évolue en 3 phases (qui ne se produisent pas toutes forcément): installation de la raideur de façon douloureuse, raideur persistante avec amélioration de la douleur, puis amélioration des mobilités. Cette amélioration peut prendre plusieurs mois voire plusieurs années mais la majorité des patients guérissent après 1 à 3 ans&hellip; La prise en charge passe essentiellement par la kinésithérapie (plutôt en cabinet qu&rsquo;à domicile) et les infiltrations (qui sont efficaces pour soulager rapidement mais sans résultats probants à moyen terme). Les manœuvres sous anesthésies, la libération capsulaire sous arthroscopie sont des options chirurgicales qui ne semblent pas plus efficaces que la kinésithérapie et les infiltrations et présentent des effets indésirables plus importants. L&rsquo;hydrodilatation n&rsquo;a pas démontré de bénéfice dans les revues systématiques.</p>
<p>Voilà, pensez à vous abonner sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus <em>(et @DrePetronille pour la relecture et la réécriture de tous les passages pas clairs)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°352: vaccin coqueluche (HAS), vaccin HPV (OMS), Covid-19 (vaccin, myocardites), syndrome coronaire, infiltration/coxarthrose</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/04/dragi-webdo-n352/</link><pubDate>Mon, 18 Apr 2022 23:20:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/04/dragi-webdo-n352/</guid><category>Infectiologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, merci encore à tous ceux qui ont complété le <a href="http://up5.fr/perfect-medecin">questionnaire</a> de thèse ! Sans plus attendre, voici les actualités de la semaine !</p>
<p>1/ Covid</p>
<p>On commence par parler des myocardites. L&rsquo;analyse de la base française <a href="https://www.epi-phare.fr/rapports-detudes-et-publications/myocardite-pericardite-vaccination-covid19-12-50ans/?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">EPI-PHARE</a>  retrouve que 46 millions de doses de vaccin à ARNm ont été injectées à environ 24 millions de patients. Il y a eu 1612 cas de myocardites et 1613 de péricardites. Le sur-risque de myocardites est estimé à 5 pour 100 000 avec le vaccin Pfizer et 17 pour 100 000 pour le Moderna. Avoir eu une infection à Covid-19 dans le mois précédant la vaccination multipliait par 9 le risque de myocardite et par 4 celui de péricardite.</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(22)00059-5/fulltext">Lancet Respiratory Med</a> a également étudié le risque de myopéricardite en fonction de la vaccination. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une revue systématique intégrant les données liées à 400 millions de doses de vaccin. Le risque de myopéricardite était de 33 par million de doses et ne différait pas entre les vaccins Covid et les vaccins non-covid avec quelques différences. Par exemple, le vaccin contre la variole était responsable de 130 fois plus de myocardites que les vaccin Covid, alors qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de différence avec le risque de myocardite lié au vaccin de la grippe.</p>
<p>Une <a href="https://www.bmj.com/content/377/bmj-2021-068898">cohorte danoise</a> d&rsquo;environ 1 million de personnes de moins de 18 ans a comporté 7,5% de positifs par PCR (environ 70 000). Parmi eux, le risque d&rsquo;hospitalisation était de 0,5%, celui de soins intensifs de  0,01% et le risque de PIMS était de 0,05%. En comparant les enfants vaccinés et non vaccinés, les auteurs ont estimé l&rsquo;efficacité de 2 doses vaccinales à 96% sur le risque d&rsquo;infection à 2 mois en période delta.</p>
<p>Une nouvelle <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2201688">étude</a> s&rsquo;intéresse à la 4ème dose, à partir de bases de données israéliennes. Les auteurs retrouvent que la 4ème dose chez les plus de 60 ans a une efficacité de 55% sur les infections symptomatiques (NNT=50-80), de 68% sur les hospitalisations (NNT: 600-700) et de 74% sur la mortalité liée au Covid (NNT= 4500 environ). Les patients avaient 1 facteur de risque pour 23% d&rsquo;entre eux, 2 facteurs de risque pour 23% d&rsquo;entre eux et 3 facteurs ou plus pour 38% d&rsquo;entre eux. Ça manque quand même d&rsquo;une analyse selon le nombre de facteurs de risque.</p>
<p>[Edit] Pour mémoire : l&rsquo;efficacité vaccinale est toujours calculée à partir de risques relatifs et non de risques absolus.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/377/bmj-2021-069591">BMJ</a> aborde la reconnaissance du syndrome coronaire aigu (SCA) en consultation. Les douleurs thoraciques représentent 1% des consultations de médecine générale et parmi elles, 2-4% correspondent à un SCA. Le nombre de SCA non diagnostiqués est d’environ  3,8 pour 1000 patients et la stratification du risque permet de corriger les erreurs diagnostiques. Ci-après, le tableau de sensibilité/spécificité/RV+/RV- d&rsquo;un grand nombre de signes pouvant faire évoquer un SCA. Les auteurs précisent que l&rsquo;intuition médicale a un RV+ de 4 et un RV- de 0,2, ce qui est mieux que chacun des signes présentés dans le tableau (excepté pour les anomalies de repolarisation à l&rsquo;ECG). Les auteurs proposent l&rsquo;utilisation du HEART score pour évaluer la probabilité de SCA mais il n&rsquo;est évalué qu&rsquo;aux urgences (car nécessite une troponine). On peut regretter que le <a href="https://www.mdcalc.com/marburg-heart-score-mhs">score de Marburg</a> ne soit pas analysé car il est développé pour de la médecine générale et recommandé par la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2014/09/dragi-webdo-n16-maladie-coronaire.html">HAS</a>. L&rsquo;ECG pré-hospitalier est utile pour mieux classifier l&rsquo;urgence et les auteurs recommandent l&rsquo;administration de 160-325mg d&rsquo;aspirine en attendant l&rsquo;arrivée de l&rsquo;ambulance (la HAS dit qu&rsquo;on peut donner 500mg si on a pas 300mg).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhEa1LImHRcZyPtRbenHGI0vaKSUFov_i2rFhl22Ih0h9UY7yorjUMaPYkBmuBKdIMjUSfBPnusB643NHUWM30xbNVwgUZ5spXDin5i-WGLKLsADAbNF1W1e8ofQ5fcwANzgkf72LsVQ5qWz7HXuQxS-DqP9Q_2_4pcxvqdKksyOf4BqGk0gRtBpbzCAA/s1419/douleur%20tho.jpg"><img src="/images/articles/2022/douleur-20tho.jpg" alt=""></a></p>
<p>Il a déjà été retrouvé que les troubles du sommeil sont associés à certaines pathologies &ldquo;somatiques&rdquo;. Des patients ayant eu une coronaropathie ont été suivis dans une <a href="https://www.escardio.org/The-ESC/Press-Office/Press-releases/Insomnia-is-linked-with-recurrent-heart-events-in-coronary-patients?utm_source=social&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_campaign=Press-releases">étude</a> évaluant leur sommeil et le risque de récurrence d&rsquo;évènements cardiovasculaires. 45% des patients avaient des troubles du sommeil et 24% avaient pris un somnifère dans la semaine précédent l&rsquo;inclusion dans l&rsquo;étude. Les patients avec insomnie avaient 60% de risque en plus d&rsquo;avoir une récurrence d&rsquo;évènements cardiovasculaires. Les auteurs estiment que la proportion de risque attribuable à l&rsquo;insomnie dans la récidive d&rsquo;évènement est de 16% (soit la 3ème  position après le tabagisme 27% et le manque d&rsquo;activité physique 21%). Mais cela ne dit pas si l&rsquo;insomnie est le symptôme d&rsquo;une maladie évolutive ou si c&rsquo;est une cause que l&rsquo;on peut traiter pour réduire le risque.</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Un <a href="https://www.bmj.com/content/377/bmj-2021-068446">essai</a> pragmatique incluant 199 patients a évalué l&rsquo;efficacité d&rsquo;une infiltration de corticoïdes et de lidocaïne écho-guidée dans la prise en charge de la coxarthrose par rapport au &ldquo;<em>best current treatment</em>&rdquo; à savoir les conseils et l&rsquo;éducation seuls. Les auteurs retrouvent que l&rsquo;infiltration de corticoïdes (triamcinolone) + lidocaïne améliore la douleur de 1,4 points sur 10 au cours des 6 mois de suivi. En fait, quand on regarde la figure, le bénéfice semble &ldquo;important&rdquo; à 2 semaines, puis diminue pour ne plus être significatif après 3 mois. Concernant les effets indésirables, 6% des patients ont eu une réaction au point d&rsquo;injection et autant des flushs (NNH= 4 patients). Il y a eu 7 effets indésirables graves sont 1 décès par endocardite sur prothèse valvulaire 4 mois après l&rsquo;infiltration et potentiellement imputable. Au total, la balance bénéfice-risques n&rsquo;est pas si favorable que ça.</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3084228/fr/recommandation-vaccinale-contre-la-coqueluche-chez-la-femme-enceinte">HAS</a> a publié des nouvelles recommandations concernant la vaccination contre la coqueluche pour protéger les nouveaux nés. Il est désormais recommandé de vacciner toutes les femmes enceintes pendant la grossesse entre 20 et 36 SA, quel que soit la vaccination antérieure. L&rsquo;efficacité de cette vaccination serait de 90% environ chez les nourrissons. Si la mère est vaccinée au moins 1 mois avant l&rsquo;accouchement, les auteurs ne recommandent plus la stratégie de cocooning. Si la vaccination n&rsquo;a pu avoir lieu pendant la grossesse, on reste sur une vaccination en post-partum associé à une stratégie de cocooning de l&rsquo;entourage. C&rsquo;est assez en accord avec les données et avec ce qui se fait ailleurs (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/03/dragi-webdo-n305.html">ici</a>).</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.who.int/news/item/11-04-2022-one-dose-human-papillomavirus-(hpv)-vaccine-offers-solid-protection-against-cervical-cancer">OMS</a> recommande désormais une vaccination anti-HPV avec un schéma à 1 seule ou 2 doses avant 20 ans, puis un schéma à 2 doses (espacées de 6 mois) à partir de 21 ans. Cependant, les patients immunodéprimés doivent toujours avoir 3 doses. Cette recommandation s&rsquo;appuie sur un article du <a href="https://www.thelancet.com/pdfs/journals/lanonc/PIIS1470-2045(21)00453-8.pdf">Lancet</a> incluant des femmes non mariées indiennes de 10 à 18 ans pour lesquelles l&rsquo;efficacité de 1, 2 ou 3 doses était similaire et d’environ 95% sur les infections à HPV 16/18.</p>
<p>C&rsquo;est fini! Vous pouvez toujours vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°351 : Opioïdes (recos HAS), Covid (4ème dose, fluvoxamine, masques), HTA gravidique, sel, rémission asthme, exposition plomb, dépistage HPV sans spéculum</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/04/dragi-webdo-n351/</link><pubDate>Tue, 12 Apr 2022 08:00:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/04/dragi-webdo-n351/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Nutrition</category><category>Douleur</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, quelques actualités pour commencer: depuis le 5 avril, le dispositif <a href="https://monpsy.sante.gouv.fr">MonPsy</a> est officiellement lancé. Alors que l&rsquo;actualité est marquée par les rappels de pizzas Buitoni et d&rsquo;oeufs en chocolat Kinder (à si peu de jours de la chasse aux oeufs!), on vous rappelle que l&rsquo;ANSM a aussi sa <a href="https://ansm.sante.fr/informations-de-securite/">page</a> des rappels et informations aux usagers. Vous pouvez aussi faire vos déclarations de pharmacovigilance sur le <a href="https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/signalement-sante-gouv-fr/">site dédié</a> : la déclaration est simple et rapide et amène souvent à une discussion avec les centres régionaux de pharmacovigilance, une façon comme une autre de faire avancer l&rsquo;information médicale et d&rsquo;en apprendre plus sur les médicaments et plus largement les dispositifs médicaux. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;utilisation de <a href="https://ansm.sante.fr/actualites/lutilisation-de-vaccins-vivants-attenues-comme-le-ror-ou-bcg-doit-etre-differee-chez-les-enfants-de-meres-traitees-par-infliximab-pendant-la-grossesse-ou-lallaitement">l&rsquo;infliximab</a> chez la mère pendant la grossesse ou l&rsquo;allaitement doit faire décaler l&rsquo;administration de vaccins vivants (ROR, BCG) chez l&rsquo;enfant concerné (minimum 12 mois après l&rsquo;accouchement et pas pendant l&rsquo;allaitement sauf si l&rsquo;infliximab est indétectable dans le sang de l&rsquo;enfant).</p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p><a href="https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=TF%20296">L&rsquo;INRS</a> a comparé l&rsquo;efficacité des masques dans la protection contre les virus sur des &ldquo;têtes factices&rdquo; émettant des particules. Les masques dits FFP2 sont plus efficaces que les masques chirurgicaux (lorsqu&rsquo;ils sont bien ajustés !). Les masques &ldquo;grand public&rdquo; (qui ne sont officiellement pas des protections médicales) sont aussi efficaces que les masques chirurgicaux et nécessitent que tout le monde porte un masque dans une même pièce. On en avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/p/covid.html">ici</a>. Rentrez masqués dans les pièces closes !</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2201570">NEJM</a> utilisant les données de la base nationale israélienne a inclus plus d&rsquo;un million de patients âgés de plus de 60 ans. Les risques d&rsquo;infections  et d&rsquo;infections sévères étaient respectivement de 144 et 1,5 pour 100 000 chez les patients avec 4 doses de vaccin anti-covid et de 361 et 3,9 dans le groupe de patients avec 3 doses. Ces différences étaient statistiquement significatives, ce qui est en faveur du bénéfice d&rsquo;une 4eme dose. Cependant, il est difficile de bien cibler la population qui en bénéficierait le plus avec cette publication.</p>
<p>Alors que l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/lansm-ne-valide-pas-lutilisation-de-la-fluvoxamine-dans-le-traitement-curatif-du-covid-19?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">ANSM</a> s&rsquo;oppose à la fluvoxamine dans la prise en charge du Covid modéré, une revue systématique du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2790742">JAMA Open</a> parle des ses bénéfices. Ainsi, à partir de 3 études regroupant 2200 patients, les auteurs retrouvent un bénéfice relatif d&rsquo;environ 25% sur le risque d&rsquo;hospitalisation selon une approche bayésienne et une approche fréquentiste (fréquentiste c&rsquo;est les statistiques &ldquo;classiques&rdquo;). Le NNT peut être estimé à 35 patients pour éviter une hospitalisation.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Nous avions parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/01/dragi-webdo-n340.html">quelques fois</a> du doute sur les seuils thérapeutiques dans l&rsquo;HTA gravidique: 160 ou 140mmHg. Dans cet article du <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2201295">NEJM</a>, 2000 patientes avec HTA gravidique ont été randomisées entre: traitement si PAS &gt; 140mmHg (groupe intervention) et PAS &gt; 160mmHg (groupe contrôle). Le critère composite principal composé notamment de prééclampsies, prématurité &lt; 35 SA, décollement placentaire et mortalité foetale ou néonatale est survenu moins fréquemment dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle(NNT= 14), avec une efficacité notamment sur les prééclampsies et la prématurité. Cette étude peut faire évoluer les recommandations et inciter à traiter dès 140mmHg de PAS.</p>
<p>Le bénéfice du régime pauvre en sel n&rsquo;a pas montré de bénéfice clair chez les patients insuffisants cardiaques, on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/11/dragi-webdo-n203.html">ici</a>. Cet essai randomisé du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(22)00369-5/fulltext">Lancet</a> a randomisé des patients insuffisants cardiaques selon un régime &ldquo;classique&rdquo; versus régime pauvre en sel à moins de 1,5g/j. Une fois encore, il n&rsquo;y a pas eu de bénéfice de ce régime restreint en sel par rapport au régime classique sur la mortalité ou les hospitalisations pour motif cardiovasculaire. Il faut cependant noter que les différences de consommations en sel étaient faibles entre les 2 groupes: 1,6/j dans le groupe régime strict versus 2,0g/j dans le groupe classique après 12 mois. Pas sûr qu&rsquo;on soit à ces chiffres-là avec des données de vie réelle pour le régime « classique ».</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Un article de l&rsquo;<a href="https://erj.ersjournals.com/content/early/2022/03/17/13993003.02583-2021">ERJ</a> parle de la rémission de l&rsquo;asthme. La rémission à l&rsquo;âge adulte pourrait concerner 2 à 52% des patients (c&rsquo;est large comme intervalle&hellip;). Elle se définit par une rémission clinique: absence de symptômes cliniques (ACT&gt;20), absence d&rsquo;exacerbation et une optimisation de la fonction pulmonaire (VEMS&gt;80%). La rémission complète consiste en une rémission clinique associée à une normalisation des signes inflammatoires (qu&rsquo;on ne cherche pas vraiment en MG): éosinophiles &lt; 300cellules/µL, éosinophiles dans les crachats &lt; 3%, FeNO&lt;40ppb. Cette rémission peut être obtenue sans traitement ou sous traitement, il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une &ldquo;guérison&rdquo;.</p>
<p>5/ Nutrition</p>
<p>L&rsquo;exposition au plomb chez l&rsquo;enfant est le sujet d&rsquo;un article du <a href="https://www.bmj.com/content/377/bmj-2020-063950">BMJ</a>. En France en 2018, 2% des enfants entre 6 mois et 6 ans avaient une plombémie supérieure à la normale (c&rsquo;est beaucoup!). Cela peut entrainer des troubles neurologiques (ataxie, céphalées, neuropathie, épilepsie&hellip;), de l&rsquo;anémie, une insuffisance rénale et des troubles digestifs (coliques, diarrhées, vomissements, constipations). Il faut notamment rechercher les facteurs de risques: PICA, comportement de mettre des objets à la bouche, domicile dégradé ou récemment rénové, trouble nutritionnel, patient migrant notamment provenant d&rsquo;un pays à usage élevé de plomb. Les auteurs recommandent de dépister les enfants avec des symptômes évocateurs, avec un antécédent de saturnisme ou ayant une personne de l&rsquo;entourage avec un saturnisme s&rsquo;il peut exister une exposition commune. Au besoin un traitement sera introduit en milieu spécialisé en plus de l&rsquo;arrêt de l&rsquo;exposition. Le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/01/dragi-webdo-n167_21.html">HCSP</a> avait émis un avis sur l&rsquo;exposition au plomb il y a plusieurs années.</p>
<p>Concernant la prise en charge de l&rsquo;obésité, malheureusement, l&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M21-3128">entretien motivationnel</a> n&rsquo;est pas un outil plus efficace qu&rsquo;une prise en charge sans entretien motivationnel pour favoriser une perte de poids dans cette revue systématique d&rsquo;Annals of Internal medicine.</p>
<p>6/ Douleur</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3215131/fr/bon-usage-des-medicaments-opioides-antalgie-prevention-et-prise-en-charge-du-trouble-de-l-usage-et-des-surdoses">HAS</a> a mis à jour ses consignes de bon usage des opioïdes. Y sont présentées notamment les recommandations pour les douleurs aiguës et chroniques non cancéreuses ainsi que celles d&rsquo;origines cancéreuses en incluant les patients ayant un traitement substitutif aux opiacés ainsi que la prévention des troubles de l&rsquo;usage liés aux opiacés. Dans les points importants, il y a la réévaluation rapprochée, l&rsquo;évaluation du risque de trouble de l&rsquo;usage (avec le <a href="http://medicalcul.free.fr/pomi.html">POMI</a> dans le cadre d&rsquo;une prescription pour douleur) et la prescription de naloxone à discuter à chaque prescription (&ldquo;kit de naloxone prêt à l&rsquo;emploi&rdquo;).</p>
<p>En médecine de ville, il est notamment recommandé de commencer par prescrire uniquement un opioïde à libération immédiate, pour une durée de 14 jours à réévaluer, avant de discuter d&rsquo;un passage à une forme à libération prolongée si les douleurs persistent de façon intense, et de ne pas dépasser 120mg/j d&rsquo;équivalent de morphine orale (devant l&rsquo;absence de bénéfice à des doses supérieures).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEguWBKIFTX2xrz5gcaug8EEcZGSGexrSRlb-EjQeHYzjwnN8yKhH2LNfAeBWLpoR46IuRcme4jlomz-2u9kz-X3gMhokTh8pWbP-5twD_GbO4Nb8H07F_HikXMeQcmbDmTWnbVniwqaf0Dw4-IC3lBtPlWwfPXzOmAp2-7Cf_pc1W40lq_09rAPEaNE2w/s1109/opioides.png"><img src="/images/articles/2022/opioides.png" alt=""></a></p>
<p>Concernant la prescription d&rsquo;un traitement de substitution aux opioïdes, la méthadone est à préférer à la buprénorphine si une réduction de la consommation est envisagée. Pour planifier un arrêt, la buprénorphine est plus sûre, si c&rsquo;est en accord avec les préférences du patient. Il est recommandé de débuter la buprénorphine à 4mg initiaux puis 4mg si besoin à +2h en l&rsquo;absence de signes de sevrage ou  8mg d&rsquo;emblée si signes de sevrages légers à modérés. [Pour substituer du tramadol, <em>LR Prescrire</em> dit plutôt 2mg renouvelable 2
fois initialement et de bien attendre au moins 24h l&rsquo;arrivée des
premiers symptômes de sevrage]. L&rsquo;augmentation de la dose se fait par pallier de 2 à 8mg/j jusqu&rsquo;à 24mg (en général 16 suffisent). La forme sublinguale et la forme lyophilisat ne sont pas interchangeables, la 2ème permet une absorption plus rapide (biodisponibilité +30%) et apparait plutôt comme une alternative et à une dose max de 18mg/j. Le sevrage en médicament peut ensuite être débuté après plusieurs mois ou années de traitement. Une réduction de 25% de la dose toutes les 1 à 4 semaines est proposée. La méthadone (prescription initiale spécialisée) s&rsquo;initie à  20-40mg/j avec une augmentation de 5-10mg tous les 3 à 5 jours en s&rsquo;assurant de l&rsquo;apparition de symptômes de sevrage avant d’augmenter (et non d&rsquo;intoxication). L&rsquo;objectif est une posologie entre 60 et 120mg/j. Le sevrage en médicament, quand il sera envisagé, est plus lent : 5-10% toutes les 1 à 4 semaines (attention au risque de prise d&rsquo;autre médicament lors du sevrage).</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/377/bmj-2021-066375">BMJ</a> aborde justement les interventions pour réduire la consommation d&rsquo;opioïdes au long cours dans une revue systématique. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;adhérer aux recommandations et participer à des programmes d&rsquo;autogestion de la douleur sont modérément efficaces pour réduire la consommation de morphiniques. L’acupuncture était inefficace pour réduire la consommation. Enfin, les méthodes de déprescription, et traitements substitutifs ne parvenaient pas à démontrer clairement leur efficacité dans les études incluses.</p>
<p>7/ Gynécologie</p>
<p>Cette <a href="https://bjgp.org/content/early/2022/04/06/BJGP.2021.0708">étude</a> s&rsquo;est intéressée à la qualité de la recherche d&rsquo;HPV sans examen au spéculum chez des patientes  (dans l&rsquo;idée de l&rsquo;inconfort lié à la ménopause de l&rsquo;examen au spéculum). L&rsquo;étude porte sur peu de femmes (182), et l&rsquo;échantillon mériterait d&rsquo;être agrandi pour rendre les résultats plus solides. L&rsquo;acceptabilité de l&rsquo;examen sans spéculum était meilleure qu&rsquo;avec. En ce qui concerne la fiabilité, la recherche retrouve que dans une population dépistée en ambulatoire ayant d&rsquo;abord un test sans spéculum, puis un test avec spéculum, la concordance entre les 2 prélèvements est bonne avec une sensibilité et une spécificité de l&rsquo;ordre de  95%, un coefficient Kappa à 0,72 et avec un peu plus de tests positifs (+3.4%) lors du prélèvement sans spéculum qui dépisterait aussi des infections vaginales et pas seulement cervicales (donc non dépistées par le prélèvement avec spéculum). Ainsi, la recherche sans spéculum est parfaitement acceptable, mais nécessite tout de même un nouveau prélèvement en cas d&rsquo;HPV pour faire une cytologie selon les recos HAS.</p>
<p>Pour ceux qui ne l&rsquo;ont pas encore fait et qui accepteraient de répondre au questionnaire de thèse que l&rsquo;on a déjà diffusé la semaine dernière (10 questions, court, rapide et fini en moins de 5 minutes), il suffit
d&rsquo;être médecin et de participer au sevrage tabagique de patients. Merci beaucoup par avance, c&rsquo;est ici:</p>
<p><a href="https://www.process.care/survey/perfect-medecin">https://www.process.care/survey/perfect-medecin</a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhWRLmk-VDkaxGxxIiMz8rJpUJuPTwSOeeiLYR3ZffTr_BSV9nws5kl81AoGFkHxnW3FqF_5vI5zv5Ykb-HaCDgH88XXsFs6RsJSp5aCJAXYi8IS2KpqviCMhfol_SZLwOq_8Htcc-x6kKqb35T-IgV8Ofs22Gd25jz1QoGUtqQKR2GVJXNNlEn5rFjLQ/s665/logo%20Perfect.png"><img src="/images/articles/2022/logo-20perfect-2.png" alt=""></a></p>
<p>Voilà, pensez à vous abonner sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail intitulé &ldquo;FeedBurner
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°350 : insuffisance cardiaque (recos US), lombalgies/interventions non-pharmacologiques, TDM/cancer pulmonaire, Dry January, risques antidiabétiques, Cerebria</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/04/dragi-webdo-n350/</link><pubDate>Sun, 03 Apr 2022 19:59:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/04/dragi-webdo-n350/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Pneumologie</category><category>Addictologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour !</p>
<p>Pour commencer cette semaine, si le cœur vous en dit, participez et partagez la thèse d’épidémiologie de @Dr_Agibus qui concerne la personnalisation du sevrage tabagique (merci à ceux qui l&rsquo;ont déjà fait!). Pour pouvoir répondre au questionnaire (10 questions, court, rapide et fini en moins de 5 minutes), il suffit d&rsquo;être médecin et de participer au sevrage tabagique de patients.</p>
<p>Merci beaucoup à tous ceux qui répondront et qui partageront le lien : <a href="https://t.co/g248sobdH6">http://up5.fr/perfect-medecin</a></p>
<p><a href="https://www.process.care/survey/perfect-medecin"><img src="/images/articles/2022/logo-20perfect.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2790392">revue systématique</a> d&rsquo;essais randomisés a réévalué le risque de lithiase vésiculaires et autres pathologies biliaires avec les analogues du GLP-1. Les auteurs retrouvent que ces traitements augmentent de 32% le risque relatif de pathologies biliaires, soit une augmentation de risque absolue de 2,7 cas pour 1000 patients par an. Il s&rsquo;agissait principalement de lithiases et de cholécystites, favorisées par le liraglutide et le dulaglutide (les autres ne sont pas significatifs peut être par manque de puissance), en particulier en cas de forte dose et d&rsquo;utilisation prolongée. C&rsquo;est cohérent avec ce qu&rsquo;on avait déjà vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/10/dragi-webdo-n112.html">ici</a>.</p>
<p>Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M21-4389">étude</a> de cohorte rétrospective a inclus plus d&rsquo;un million d&rsquo;enfants dont le père avait un traitement antidiabétique pendant la période de leur conception. Il y aurait une augmentation de 40% des malformations congénitales chez les enfants dont le père prenait de la metformine. De plus, les garçons avaient un risque multiplié par 3 de malformations génitales.</p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2202826">NEJM</a> a publié une étude cas-témoins concernant l&rsquo;efficacité de la vaccination chez l&rsquo;enfant et l&rsquo;adolescent pendant la prédominance de variants delta et omicron. 1100 patients vaccinés ont été comparés à 1600 contrôles non vaccinés. L&rsquo;efficacité vaccinale était d&rsquo;environ 90% sur le delta concernant le risque d&rsquo;hospitalisation. Sur l&rsquo;omicron, l&rsquo;efficacité vaccinale était de 40% sur ce même critère. Cependant, dans le sous groupe des 5-11 ans, vacciné plus récemment, l&rsquo;efficacité sur les hospitalisations liées à Omicron était de 68%.</p>
<p>3/Cardiologie</p>
<p>Quelques mois après l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/08/dragiwebdo-n321.html">ESC</a>, la société américaine de cardiologie <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIR.0000000000001062">AHA/ACC</a> a publié des recommandations concernant la prise en charge de l&rsquo;insuffisance cardiaque. L&rsquo;insuffisance cardiaque est catégorisée en 4 catégories (et non 3): à fonction altérée (FEVG &lt; 40%), modérée (FEVG entre 40 et 49%), à fonction préservée (FEVG &gt; 50%) et, à fonction améliorée (FEVG anciennement &lt; 40% maintenant &gt; 40%). Dans l&rsquo;insuffisance à fonction altérée, les inhibiteurs de néprilysine sont notés comme traitement de 1ère intention. S&rsquo;ils ne sont pas tolérés, des IEC peuvent les remplacer, et si les IEC ne sont pas tolérés, un ARAII. Cependant les inhibiteurs de néprilysine (sacubitril) n&rsquo;existent qu&rsquo;en association avec un ARAII, ce qui signifie au moins une bithérapie. A ces traitements s&rsquo;ajoutent en 1ère intention aussi: les antagonistes de minéralocorticoides (= diurétiques épargneur potassiques: spironolactone ou éplérénone), les bêta bloquants (bisoprolol, carvedilol et metoprolol succinate uniquement car ce sont les seuls réduisant la mortalité), et les inhibiteurs de SGLT-2. Ces classes sont toutes recommandées car elles diminuent la mortalité, sans préciser de stratégies thérapeutiques évolutives. Il faudrait donc que tout patient insuffisant cardiaque ait: sacubitril+valsartan + bêta-bloquant + spironolactone + inhibiteur de SGLT-2. L&rsquo;ESC proposait un schéma un peu plus évolutif : l&rsquo;inhibiteur de néprilysine n&rsquo;étant recommandé qu&rsquo;en cas de persistance de symptômes sous IEC. En cas d&rsquo;insuffisance cardiaque à fonction préservée ou modérément altérée, seuls les diurétiques au besoin ont un niveau de preuve élevé, les inhibiteurs de SGLT-2 sont une option acceptable avec un niveau de preuve de grade 2a. Ensuite ils parlent de l&rsquo;amylose, mais ça, c&rsquo;est pas de la MG.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhnLvGwDq-eWEEZ3XashEX3Rc0IR9Sbj0m6tKf5_tWqotZKl056MFBeQAbyaAgVyg6UDYwWBsgQZSmXEqyU_S2FIdb9sTRdu8h4MVjUNs4Myt7_Zg5juswYOq8Pw-rJ8aw8FZTQDyA_pCIH2cUlcvhbrs62-dG6vnkLzEPKm6ESK_SdJZ-MJnF_DTAcgg/s1137/ic.png"><img src="/images/articles/2022/ic.png" alt=""></a></p>
<p>La question a été posée du <a href="https://www.ahajournals.org/doi/abs/10.1161/CIRCULATIONAHA.121.057014">dépistage de la fibrillation auriculaire par un ECG monopiste</a> systématique lors d&rsquo;une consultation de suivi (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/10/dragi-webdo-n241.html">ici</a>) par rapport aux soins habituels en médecine générale dans un essai randomisé incluant  30 000 patients de plus de 65 ans. Les auteurs ont retrouvé qu&rsquo;il y a eu 1,72% de patients avec une FA dans le groupe dépisté et 1,59% dans le groupe contrôle, sans différence significative. Bref, les soins courants et le dépistage par l&rsquo;examen clinique c&rsquo;est aussi bien.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/bmj/376/bmj-2021-067718.full.pdf">BMJ</a> a publié une revue systématique évaluant l&rsquo;efficacité des interventions psychologiques dans la prise en charge des lombalgies chroniques non spécifiques. L&rsquo;association de thérapies cognitivo-comportementales,  d&rsquo;éducation à la douleur et de soins délivrés par un kinésithérapeute permettaient une amélioration de la douleur et une amélioration fonctionnelle. Les effets semblaient se poursuivre jusqu&rsquo;à moyen terme (6-12 mois) pour ces interventions. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;études avec des critères de jugement à long terme. Les conseils, la thérapie pleine conscience, les thérapies de modification comportementales et les approches psychologiques combinées ne montraient pas d&rsquo;efficacité.</p>
<p>5/ Pneumologie</p>
<p>Une <a href="https://www.bmj.com/content/bmj/376/bmj-2021-069008.full.pdf">étude</a> quasi-expérimentale (avant-après) concernant la prescription de TDM pour dépistage du cancer du poumon a été conduite sur des registres de données américains. Le dépistage ayant été introduit en 2013, les auteurs ont comparé le taux de stade 1 chez des patients avec cancer non à petite cellules et leur survie les périodes 2010-2013 avec 2014-2018. Sur la 1ère période, le taux annuel de dépistage de cancers du poumon non à petites cellules de stade 1 était stable, puis a augmenté de 4% par an sur la 2ème période. Il y a donc probablement eu une augmentation des cancers découverts à un stade précoce. Sur le critère de jugement de la survie des patients, elle était également stable sur la 1ère période, puis a augmenté de 12% par an sur la 2ème période. Les auteurs estiment qu&rsquo;entre 2014 et 2018, le dépistage du cancer du poumon a permis d&rsquo;éviter 10 000 décès, mais le risque de découverte de cancer de stade 4 restait plus élevé chez les patients non-blancs, avec un faible niveau socio-économique. Il y a donc une amélioration de la survie spécifique, peut être grâce au dépistage, mais l&rsquo;amélioration des traitements au cours du temps peut également être impliquée.</p>
<p>6/ Addictologie</p>
<p>Alors que Santé Publique France communique sur cette étude qualitative sur le Dry January comme une étude &ldquo;prouvant&rdquo; l&rsquo;utilité de la campagne, intéressons-nous à <a href="http://www.sfalcoologie.asso.fr/download/AA2021_2-QUATREMERE.pdf">l&rsquo;étude</a>. Le dry January, c&rsquo;est ce défi d&rsquo;un mois sans alcool qu&rsquo;une partie des participants ont relevé et une partie non. 71 participants (dont la moitié consommaient plus de 10 verres par semaine) ont expliqué les freins à la restriction de la consommation d&rsquo;alcool, profondément ancrée dans la culture française, une consommation valorisée conviviale et une dépendance stigmatisée, des risques peu connus (on l&rsquo;avait déjà vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n282.html?m=1">ici</a>). Pour en revenir au Dry January, l&rsquo;expérience apparaît dans un questionnement autour du bien être ou des habitudes de vie, ou encore dans un contexte collectif (soutien aux amis, soutien à la collectivité) ou tout simplement pour le challenge. La pression sociale (peur d&rsquo;une stigmatisation, de devoir limiter les interactions sociales) et le manque de notoriété de l&rsquo;évènement étaient des freins forts à l&rsquo;engagement et la réussite de ce défi. L&rsquo;article est intéressant à lire comme un reflet de l&rsquo;image de l&rsquo;alcool en France, rappelons cependant qu&rsquo;une étude qualitative montre la diversité des points de vue sur une question mais que la méthodologie n&rsquo;est pas vraiment adaptée à prouver l&rsquo;utilité de quelque chose, sauf pour les participants en faveur et uniquement chez eux&hellip;</p>
<p>7/ Le jeu du mois : Cerebria</p>
<p>Cette semaine, nous vous parlerons d&rsquo;un jeu expert: &ldquo;Cerebria, le monde intérieur&rdquo;. Tout d&rsquo;abord, le jeu est magnifique, avec des figurines somptueuses qui permettent l’immersion dans ce monde qu&rsquo;est l&rsquo;esprit d&rsquo;une personne. Chaque figurine que vous allez incarner est une émotion: l&rsquo;empathie, l&rsquo;harmonie, la colère&hellip; L&rsquo;équipe des émotions positives affronte celle des émotions négatives (on joue donc en 1 vs 1, ou 2vs2 et même 2vs2vs2 avec l&rsquo;extension &ldquo;équilibre&rdquo;). Le but du jeu est, grâce à un deck de cartes émotions, d&rsquo;arriver à placer et renforcer les émotions que l&rsquo;on met en jeu. Le placement des émotions sur des territoires donne le contrôle du territoire quand on est majoritaire et ainsi accomplir les objectifs de la manche. Chaque objectif rempli permet de mettre une pièce sur la colonne de l&rsquo;esprit qui se construit au fur et à mesure des manches. S&rsquo;il y a plus de pièces bleues, l&rsquo;équipe des émotions négatives gagne, et s&rsquo;il y a plus de pièces oranges, c&rsquo;est l&rsquo;équipe des émotions positives. La mécanique est assez complexe car il chaque joueur a un plateau d&rsquo;actions individuelles et un plateau d&rsquo;actions d&rsquo;équipe s&rsquo;ajoutant au plateau commun. Bref, c&rsquo;est un jeu passionnant, magnifique et immersif. Malgré sa complexité, c&rsquo;est un coup de cœur !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjt_MVUkhbl3bTryencLQUANZIuol10ZJhI8NDEYqIzUvjhYZr1BIRupCN_GZ1T-TNYz5y8IbP9zGqwerHPUGRZYFYJEjJFzuXvTXSGQexYT5YNfJnj77__C8sl0_PIqyhizMfJOuZUG84O4hjUa2mD8kLN8Wlyeeq-euDh_uKe5Cnb6dfySv8T5HsSFw/s4000/20210815_201129.jpg"><img src="/images/articles/2022/20210815-201129.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini ! Nous vous remercions pour le petit questionnaire <a href="https://t.co/g248sobdH6">http://up5.fr/perfect-medecin</a> qui ne vous prendra que quelques minutes, et vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°349 : Covid-19 (ciclésonide, 3ème dose), conjonctivite néonatale, e-cigarette, HTA juvénile, aspartame/cancer, anti-émétiques/AVC</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/03/dragi-webdo-n349/</link><pubDate>Sun, 27 Mar 2022 22:30:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/03/dragi-webdo-n349/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Addictologie</category><category>Ophtalmologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Encore un #CMGF2022 très sympathique et ceux qui ont manqué des présentations qui les intéressaient peuvent peut être les retrouver grâce aux #LiveTweet des Twittos sur place. Merci à <a href="https://twitter.com/BaptouB">@BaptouB</a> pour la synthèse par demi-journée <a href="https://twitter.com/BaptouB/status/1508127179158216704?t=0Ny7x5NAKYAmWyFNXrKvWw&amp;s=19">ici</a> ! Encore merci à ceux qui sont venus assister à la <a href="https://twitter.com/VeroniqueORCEL/status/1507674271325335552?s=20&amp;t=yCI8MTg9Fed63F-_NqkR1Q">présentation du blog</a> et merci à tous les lecteurs ! Voici donc les actualités de la semaine, avec pas mal d&rsquo;études françaises!</p>
<p>1/ Pharmacovigiance</p>
<p>La HAS recommandait d’éviter d&rsquo;utiliser des anti-émétiques (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/p/pharmacovigilance.html">ici</a>). Voici une n<a href="https://www.bmj.com/content/376/bmj-2021-066192">ouvelle étude</a> publiée dans le BMJ et menée en France sur les bases de données du SNDS. Elle retrouve que l&rsquo;utilisation d&rsquo;anti-émétiques anti-dopaminergiques est associée à un sur-risque d&rsquo;AVC (OR= 3,12). Ce risque était plus faible pour la domperidone et plus élevé pour la métopimazine,  le métoclopramide étant entre les deux.</p>
<p>Les risques liés aux édulcorants comme l&rsquo;aspartame sont en train d&rsquo;être étudiés. Cette <a href="https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1003950">étude</a> française basée sur la cohorte Nutri-net, comprenant 100 000 patients suivis pendant près de 8 ans. Les consommateurs importants d&rsquo;édulcorants étaient plutôt des femmes, jeunes, fumeuses, plus éduquées, faisant moins d&rsquo;activité physique et avaient plus fréquemment du diabète. La consommation d&rsquo;aspartame était associée à une augmentation du risque global de cancer (augmentation de 15 à 20% pour un nombre de patients prenant de l&rsquo;aspartame d’environ 500 pendant 8 ans pour entrainer 1 cancer supplémentaire), de cancer du sein (augmentation de 22%) et des cancers liés à l&rsquo;obésité c&rsquo;est à dire ORL et digestifs (augmentation de 15 à 20%).</p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>L&rsquo;étude <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8920965/">Coverage</a> a été conduite en France et a randomisé 200 patients avec Covid récent et facteurs de risque de complication en 2 bras: en ciclésonide inhalé versus contrôle. Devant l&rsquo;absence de bénéfice démontré après l&rsquo;inclusion de ces patients, le comité de sécurité de l&rsquo;étude a demandé l&rsquo;interruption de l&rsquo;essai pour futilité après la première analyse intermédiaire. Ceci est concordant avec l&rsquo;essai <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n331.html">Contain</a> qui ne retrouvait pas de bénéfice non plus.</p>
<p>Alors qu&rsquo;une 4ème dose commence à être recommandée par l&rsquo;Etat sans qu&rsquo;il n&rsquo;y ait d&rsquo;article scientifique pour appuyer cette décision, revenons sur le bénéfice de la 3ème dose. Un essai contrôlé randomisé du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2200674">NEJM</a> étudiait donc la 3ème dose ou une dose placebo chez 10000 patients entre juillet et octobre 2021 (donc variants beta et delta). Les auteurs retrouvent que 20 à 25% des patients ont au moins 1 effet secondaire (notamment douleurs locales et fatigue). À 2 mois de l&rsquo;injection, il y avait eu 6 cas dans le groupe vacciné contre 110 dans le groupe contrôle soit une efficacité de 95%. Cependant, dans aucun des groupes il n&rsquo;y a eu de cas de Covid grave dans cette population de 50 ans en moyenne avec 50% des patients atteints de comorbidités.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le BMJ revient sur l&rsquo;<a href="https://www.bmj.com/content/376/bmj-2021-067924">HTA</a> juvénile, définie comme une HTA découverte avant 40 ans. Les recommandations sont notamment de dépister une HTA secondaire. Les auteurs de cet article recommandent le bilan classique de découverte d&rsquo;HTA ainsi qu&rsquo;une TSH et une recherche des pouls radiaux et fémoraux pour vérifier l&rsquo;absence de coarctation de l&rsquo;aorte. Une échographie rénale et un doppler des artères rénales sont indiqués car les anomalies du parenchyme rénal et les dysplasies fibromusculaires font partie des principales causes d&rsquo;HTA à cet âge. Parmi les autres examens complémentaires requis dans la recherche d&rsquo;HTA secondaires, il semblerait que la mesure des catécholamines urinaires sur 24h ne soit pas pertinente en l&rsquo;absence de symptômes évocateurs de phéochromocytome ou antécédents familiaux. De même, une mesure isolée du cortisol n&rsquo;est pas informative, une mesure salivaire à minuit ou un freinage minute est à préférer.</p>
<p>4/ Addictologie</p>
<p>Une revue systématique publié dans l&rsquo;<a href="https://err.ersjournals.com/content/31/163/210215">ERJ</a> a publié des données faisant réfléchir sur l&rsquo;e-cigarette. Les auteurs de cette revue retrouvent que l&rsquo;utilisation d&rsquo;e-cigarette augmente de 58% la probabilité d&rsquo;arrêt du tabac par rapport à l&rsquo;utilisation de substituts nicotiniques seuls. Cependant, il y avait 8 fois plus de patients toujours dépendants à la nicotine avec l&rsquo;e-cigarette par rapport aux utilisateurs de substituts nicotiniques. Ainsi, arrêter ce qui est toxique dans le tabac c&rsquo;est bien, mais attention à la persistance de la dépendance à la nicotine avec e-cigarette.</p>
<p>5/ Ophtalmologie</p>
<p>Enfin, le <a href="https://www.bmj.com/content/376/bmj-2021-068023">BMJ</a> aborde les conjonctivites du nouveau né (on avait un peu abordé la question <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/05/dragi-webdo-n50.html">ici</a>). Une conjonctivite néonatale est à évoquer devant tout écoulement de l’œil avant 4 semaines. Les élément clé de l&rsquo;examen clinique sont: &ldquo;l&rsquo;oeil collé&rdquo; qui signe le problème ophtalmologique et la couleur de la conjonctive (qui objective la conjonctivite infectieuse: si l’œil coule avec une conjonctive bien blanche, pas de risque de conjonctivite infectieuse). Pour les causes infectieuses survenant avant 1 mois, les auteurs sont pour adresser pour avis ophtalmologique en urgence. L&rsquo;ophtalmo fera alors un prélèvement et traitera de façon empirique jusqu&rsquo;à obtention des résultats des prélèvements. Comme suggéré dans l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/05/dragi-webdo-n50.html">autre article</a>, peut être qu&rsquo;on peut faire ça en ville, vu les difficultés d&rsquo;accès aux ophtalmo, mais une suspicion de gonocoque, de chlamydia ou d&rsquo;HSV est une indication d&rsquo;hospitalisation. Voici donc les causes principales de conjonctivite infectieuses et leurs caractéristiques pour les suspecter :</p>
<ul>
<li>à 24h:  iatrogène liée au produits prophylactiques appliqués pour éviter les conjonctivites gonococciques et à <em>Chlamydia</em> (et dont la pertinence en routine est actuellement débattue compte tenu de la faible prévalence des complications)</li>
<li>entre 2-5 jours: gonocoque (souvent bilatéral, très purulent avec oedeme palpébral)</li>
<li>entre 5 et 12 jours: <em>Chlamydia</em> (cause la plus fréquente de conjonctivite, très purulent avec pseudomembranes sur la conjonctive) et HSV (conjonctive modérément rouge mais test à la fluorescéine peut aider au diagnostic)</li>
<li>variable: <em>Pseudomonas aeruginosa</em> et autres bactéries.</li>
<li>obstruction congénitale du canal lacrymal: cas à part d’œil collé, sans signe infectieux. C&rsquo;est rassurant et ne nécessite pas d&rsquo;intervention avant l&rsquo;âge de 1 an si persistance (sauf apparition d&rsquo;une dacryocystite infectieuse qui est une urgence ophtalmo).</li>
</ul>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonner sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus <em>(et @DrePetronille pour la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°348 : Lyme (HAS), TCA (USPSTF), tics de l'enfant, algies vasculaires de la face, statines (RRR, RAR), Covid (delta vs omicron)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/03/dragi-webdo-n348/</link><pubDate>Sun, 20 Mar 2022 22:57:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/03/dragi-webdo-n348/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pédiatrie</category><category>Psychiatrie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Nous espérons que vous avez passé une belle semaine. Voici les actualités de la semaine, bonne lecture, avec ce billet court mais varié !</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M22-0308">étude</a> française a comparé les infections à Delta et Omicron dans les services d&rsquo;accueil des urgences parisiens. Sur environ 1700 patients, les patients atteints par le variant Omicron étaient plus jeunes,  mieux vaccinés. Ils avaient moins de dyspnée, moins de risque d&rsquo;hospitalisations et une mortalité plus faible hospitalière qui persistait notamment après ajustement sur le nombre de doses de vaccins. L&rsquo;Omicron semble donc bien moins virulent que le Delta.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Nous avions discuté des quelques études retrouvant un bénéfice à un traitement intensif hypolipémiant en prévention secondaire bien que les résultats ne soient pas concluants en essai randomisé (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/11/dragi-webdo-n158.html">ici</a>). Cette revue systématique du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2790055">Jama Internal Medicine</a> a étudié le bénéfice des statines en prévention primaire et secondaire. Les auteurs retrouvent en prévention primaire: une réduction relative du risque de 13% et une réduction absolue du risque de 0,6%. En prévention secondaires la RRR est de 14% et la RAR 0,9%. Le plus intéressant est de voir que le gain cardiovasculaire ne semble pas lié à la baisse du LDL, compte tenu de la pente non significative de la relation entre baisse du LDL et baisse de mortalité.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEg7pYuzP5ib3KxJxMBH79S9oWekraIiIuTwUTKBtWWIfPj6GihywlaHFuIR1jDS9LE1IzaYtzorsmZci2ZWxo2ZuEGTbAjYwN5HbYZqlxTbzv-leMSVAocDPI1jBRJDZAEnqdapbG1mR8P8-thrYTOMZz2pcfFc7GfAByk0B3P2l-XFJnmyNzsrMAFM_A=s882"><img src="/images/articles/2022/avvxseg7pyuzp5ib3kxjxmbh79s9owekraiiiutwutkbtwwifpj6gihywlahfuir1jds9le1izaytzorsmzci2zwxo2zuegtbajywn5hbyzqlxtbzv-lemsvaocdpi1jbrjdzaenqdapbg1mr8p8-thrytomzz2pcffc7gfabyk0b3p2l-xfjnmynzsrmafm-a-w400-h285.png" alt=""></a></p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/bmj/376/bmj-2020-059577.full.pdf">BMJ</a> fait
le point sur les algies vasculaires de la face. Ce sont des violentes
douleurs unilatérales (plus souvent à droite), péri-orbitales avec des
symptômes associés de type larmoiement, rhinorrhée, obstruction nasale
ou ptosis et/ou de l&rsquo;agitation. Les symptômes durent entre 15 et 180
minutes et se reproduisent souvent entre 2 et 4 fois par jour. La forme
principale se manifeste par des périodes de crises s&rsquo;étalant sur 7 jours
à 1 an, avec des périodes de rémission de plus de 3 mois. L&rsquo;oxygène de 6
à  12L/min  étant difficilement réalisables en ville, les triptans sont
les traitement de choix. Le sumatriptan 6mg SC ou 20mg nasal et le
zolmitriptan nasal ou oral de 5 à 10mg semble réduire la douleur chez
plus de 50% des patients après 10min en SC et 30 minutes en nasal. En
cas de crises répétées et le temps de mettre en place un traitement de
fond, de la prednisone 100mg/j pendant 5 jours suivie d&rsquo;une décroissance
de 20mg/jour tous les 3 jours semble être efficace pour réduire le
nombre de crises la 1ère semaine (7 vs 9,5). Le verapamil à libération
immédiate 120mg x 3 par jour est le traitement préventif de référence.
Le topiramate, la gabapentine et le baclofène semblent aussi avoir une
efficacité pour prévenir les crises.</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/376/bmj-2021-069346">BMJ</a> aborde également les tics moteurs chez l&rsquo;enfant. C&rsquo;est une pathologie fréquente, atteignant 20% des enfants mais dont la durée n&rsquo;excède généralement pas quelques semaines à quelques mois. Le syndrome de Gilles de La Tourette comporte des tics moteurs et vocaux durant plus de 1 an. Un des principaux diagnostics différentiels est les stéréotypies (tics: mouvements abrupts/brefs, touchant la tête, avec besoin prémonitoire soulagé par le tic, sans lien avec les pensées, survenant vers 6-7 ans, aggravé par le stress et l&rsquo;anxiété, s&rsquo;améliorant à l&rsquo;adolescence <em>versus</em> stéréotypies: mouvement rythmé/coordonné, touchant les membres, sans besoin prémonitoire, en lien avec les pensées, débutant avant 3 ans, non modifié par le stress ou par l&rsquo;âge). Il faut rechercher les comorbidités (TOC, anxiété, dépression&hellip;) et les difficultés psychosociales. Si le symptômes sont modérés: réassurer les parents. S&rsquo;ils sont plus importants, les TCC sont la base du traitement et parfois des traitements médicamenteux peuvent être instaurés après un avis spécialisé (pédiatre, psychiatre ou neurologue selon le tic). </p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2790195">USPSTF</a> a publié des recommandations sur le dépistage des troubles de conduites alimentaires. Les auteurs ne retrouvent pas de preuves suffisantes pour recommander ou ne pas recommander un dépistage des adolescents et adultes asymptomatiques. Il est cependant possible de dépister grâce au SCOFF (cf <a href="https://www.obecentre.fr/wp-content/uploads/2015/12/D%C3%A9tection-des-TCA-SCOFF.pdf">ici</a>), ou grâce à un questionnaire pour le dépistage en médecine générale (2 réponses positives faisant suspecter un TCA):</p>
<ul>
<li>Êtes-vous satisfait de vos habitudes alimentaires ?</li>
<li>Vous arrive-t-il de manger en cachette ?</li>
<li>Votre poids affecte-t-il la façon dont vous vous sentez ?</li>
<li>Des membres de votre famille ont-ils souffert d&rsquo;un trouble alimentaire ?</li>
<li>Souffrez-vous actuellement ou avez-vous déjà souffert d&rsquo;un trouble alimentaire ?</li>
</ul>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Dans l&rsquo;attente de nouvelles recommandations, la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3323862/fr/guide-du-parcours-de-soins-de-patients-presentant-une-suspicion-de-borreliose-de-lyme">HAS</a> a publié un guide du parcours de soins dans la maladie de Lyme. Après une exposition possible à une piqure de tique, la recherche de tique sur l&rsquo;ensemble du corps doit être effectuée pour effectuer un retrait immédiat avec un tire-tique (sans anesthésie locale). Les patients peuvent alors faire un signalement sur &ldquo;<a href="https://www.citique.fr">CiTique</a>&rdquo; (projet de l&rsquo;INRAE), puis surveiller la zone pendant 1 mois. En cas d&rsquo;érythème <em>migrans</em> (érythème de plus de 5cm de plus d&rsquo;une semaine après la piqure), une antibiothérapie est recommandée ainsi qu&rsquo;une surveillance pendant 1 mois pour s&rsquo;assurer de la disparition de l&rsquo;EM. S&rsquo;il persiste ou qu&rsquo;il y a des signes autres d&rsquo;une maladie de Lyme, un avis spécialisé est recommandé.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEjgsJSIiFrzvQpuiVoGzG77VfyDnXcleZBsVLnyLDuTAWrQs2waxeoOvNEzn4YhMd45l6TIOtCNU4VCWAFiqUURRFrpZjjOMFBknlhTJU-a0o9G6HcPul33MCVMuYPZpYP6skZzxbjC2zPr_9QwefafRkK5jXLToR_ifgRK_OWCXX_pW-pRgQLBzHhjkw=s1563"><img src="/images/articles/2022/avvxsejgsjsiifrzvqpuivogzg77vfydnxclezbsvlnyldutawrqs2waxeoovnezn4yhmd45l6tiotcnu4vcwafiquurrfrpzjjomfbknlhtju-a0o9g6hcpul33mcvmuypzpyp6skzzxbjc2zpr-9qwefafrkk5jxltor-ifgrk-owcxx-pw-prgqlbzhhjkw-w640-h240.png" alt=""></a></p>
<p>Voilà, pensez à vous abonner sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°347 : Glaucome (HAS), alimentation grossesse (HCSP), Covid (mortalité, vaccin enfant), RHD (diabète/HTA), méthénamine et IU, ostéoporose masculine.</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/03/dragi-webdo-n347/</link><pubDate>Mon, 14 Mar 2022 20:53:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/03/dragi-webdo-n347/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Ophtalmologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, j&rsquo;espère que vous avez passé un bon week-end. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est la fin du masque obligatoire (lol)! On en profite au passage pour remercier @fredericadnet pour la super newletter Covid tenue régulièrement pendant 2 ans. Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1 / Covid-19</p>
<p>Un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)02796-3/fulltext">Lancet</a> a évalué les conséquences de la Covid sur la mortalité mondiale au cours des 2 dernières années. Les auteurs ont retrouvé qu&rsquo;environ 6 millions de décès liés à la Covid ont été déclarés (120 décès pour 100 000 habitants). Cependant, en mesurant l&rsquo;excès de mortalité, la Covid serait impliquée dans 18 millions de morts (300 décès pour 100 000 habitants). En France, la surmortalité liée à la Covid serait de 150 000 décès (soit 124 décès pour 100 000 habitants).</p>
<p>Un <a href="https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/71/wr/mm7111e1.htm">article</a> revient sur l&rsquo;efficacité vaccinale sur les formes asymptomatiques et symptomatiques par vaccin Comirnaty chez l&rsquo;enfant et l&rsquo;adolescent entre juillet 2021 et février 2022. L&rsquo;efficacité vaccinale serait de 30% chez les 5-11 ans (quelque soit le variant), de 85% sur le delta chez les ado de 11 à 15 ans (mais baissant à 60% après 5 mois), et de 60% sur l&rsquo;omicron chez les ado de 11 à 15 ans.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Des auteurs ont publié dans le <a href="https://bjgp.org/content/early/2022/03/07/BJGP.2021.0493">BJGP</a> un article comparant les traitements reçus par les patients diabétiques et hypertendus en s&rsquo;intéressant à la fréquence d&rsquo;une prescription médicamenteuse et à la fréquence d&rsquo;une prescription de conseils hygiéno-diététiques. Les figures parlent d&rsquo;elles même&hellip; alors que ce qui réduit le plus les évènements cardiovasculaires, ce sont les RHD&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEiqv7buCkx-nxED3gj4rJ3HfDbPvhUmpGWlNZ_aOvGsgZ0PmS8PpTAXX72FeeibPEdXgWuUYTQeb01A0yx-eRqTKQiOWKIre6uTQhh7e2CW9ZdpF7IfalMbtuFbqoxo47bw4IK0RF_X22_NMvg6VJLzT7ieWvPjynlzXdsKP9pbbMrZLsDXFNkX5HI42g=s2317"><img src="/images/articles/2022/avvxseiqv7buckx-nxed3gj4rj3hfdbpvhumpgwlnz-aovgsgz0pms8pptaxx72feeibpedxgwuuytqeb01a0yx-erqtkqiowkire6utqhh7e2cw9zdpf7ifalmbtufbqoxo47bw4ik0rf-x22-nmvg6vjlzt7iewvpjynlzxdskp9pbbmrzlsdxfnkx5hi42g-w640-h168.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Grossesse</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1165">HCSP</a> a publié un avis concernant les règles diététiques pendant la grossesse. Pour une patiente avec un IMC pré-conceptionnel entre 19 et 25, il est recommandé un gain de poids entre 11,5 et 16kg. Il y a eu environ 32 cas de formes de listériose materno-foetales en 2019 dont 11% ont été létales. Elles justifient les mesures d&rsquo;éviction des aliments à risque. Il n&rsquo;y a pas de grandes nouveautés : pas d&rsquo;alcool, alimentation équilibrée, acide folique pendant 3 mois à débuter avant la conception. On peut regretter que les supplémentations en iode et en fer soient évoquées &ldquo;selon le besoin&rdquo; mais qu&rsquo;aucun paragraphe ne les aborde spécifiquement.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(22)00012-2/fulltext">Lancet Diabetes and endocrinology</a> s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;ostéoporose masculine. L&rsquo;article est assez proche de ce que recommande le GRIO (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/04/dragi-webdo-n309.html">ici</a>). Selon les auteurs, 1 patient sur 15 avec une fracture de hanche décède durant l&rsquo;hospitalisation est 1/3 décède dans l&rsquo;année suivante. Le dépistage est souvent recommandé à 65 ans ou avant si facteurs de risque, ainsi qu&rsquo;en cas de perte de 4 cm de taille, d&rsquo;antécédent de fracture vertébrale ou d&rsquo;indication à une corticothérapie de plus de 3 mois. Bien que non évalué spécifiquement le FRAX est l&rsquo;outil recommandé pour évaluer le risque de fracture. Ainsi, un traitement serait indiqué (d&rsquo;après les sociétés savantes) en cas d&rsquo;antécédent de fracture de hanche ou vertébrale, de T-SCORE &lt; -2,5, de Frax avec un risque de fracture de hanche &gt; 3% ou de fracture majeure &gt; 20%. Les bisphosphonates améliorent la densité osseuse, mais seul le zoledronate semble avoir démontré une efficacité sur les fractures vertébrales à 3 ans en prévention secondaire.</p>
<p> 5/ Infectiologie</p>
<p>Un <a href="https://www.bmj.com/content/376/bmj-2021-0068229.long">essai</a> randomisé du BMJ a inclus 240 patientes avec une indication de traitement prophylactique d&rsquo;infection urinaires récidivantes. Elles recevaient soit une antibiothérapie (nitrofurantoïne, trimetoprime ou une C1G) soit de l&rsquo;hippurate de méthénamine (1gx2/jour) dont l&rsquo;utilisation pourrait permettre de réduire l&rsquo;antibiorésistance. Les patientes ont eu 0.89 épisodes d&rsquo;infection par patiente.année en cas d&rsquo;antibiothérapie prolongée, et 1,38 dans le groupe méthénamine, ce qui a fait conclure à une non infériorité de ce dernier. Bon, on peut quand même discuter de l&rsquo;antibiothérapie utilisée au long cours dans cette étude qui n&rsquo;est probablement pas celle avec la meilleure balance bénéfice-risque&hellip; et du fait que 0.49 [0.15-0.84] infection urinaire par patiente par an de différence, ça fait quand même une patiente sur 2 qui fait une IU de plus. Mais passer d&rsquo;une fréquence antérieure d&rsquo;au moins 4-6 infections par an (car c&rsquo;est l&rsquo;indication du traitement prophylactique) à 1 à 2 par an c&rsquo;est quand même très bien! Ces résultats confirment la revue de la <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD003265/RENAL_hippurate-de-methenamine-dans-la-prevention-dinfections-urinaires">Cochrane</a> sur le sujet datant de 2012.</p>
<p>6/ Ophtalmologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3321655/fr/diagnostic-et-prise-en-charge-de-l-hypertonie-oculaire-et-du-glaucome-primitif-a-angle-ouvert">HAS</a> a publié des recommandations concernant le glaucome chronique à angle ouvert. En ce qui concerne les généralistes, il est recommandé d&rsquo;adresser les patients suivants pour un dépistage: âge &gt; 40 ans, antécédent familial de glaucome, myopie forte, corticothérapie prolongée, antécédent de pathologie oculaire même ancienne (uvéite, décollement de rétine, traumatisme&hellip;), mélanodermie, antécédent d&rsquo;hypertonie oculaire ou malformation oculaire. Les analogues de prostaglandine et bêta bloquants sont recommandés en 1ère intention en monothérapie sans prioriser une des classes, les premiers étant cependant plus efficaces pour baisser la pression intra-oculaire.</p>
<p>C&rsquo;est fini! Vous pouvez toujours vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°346 : Obésité de l'enfant (HAS), IST (recos CDC), pratiques inapropriées, levothyroxine, surdiagnostic/sein, ACR/sportif, LDL/AVC, neuroleptiques, Kluster</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/03/dragi-webdo-n346/</link><pubDate>Tue, 08 Mar 2022 23:30:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/03/dragi-webdo-n346/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Oncologie</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Nutrition</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir ! Pour commencer cette semaine (enfin ce milieu de semaine&hellip; ce billet ne sera pas publié un dimanche), voici un <a href="https://www.cmaj.ca/content/194/8/E279">article canadien</a> concernant les pratiques inappropriées en médecine générale. On y trouve des pratiques sous-utilisées (protéinurie/fond d&rsquo;oeil/examen des pieds chez les diabétiques, les statines dans la maladie rénale chronique), et des pratiques sur-utilisées (le frottis cervical trop fréquent, le dosage de TSH etc&hellip;). Les tableaux 2 et 3 sont très intéressants! Voici les autres articles de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2789278">étude</a> s&rsquo;est intéressée aux risques de déséquilibre de TSH chez des patients sous levothyroxine continuant avec la molécule du même laboratoire ou switchant vers celle d&rsquo;un autre laboratoire. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;environ 85% des patients ont une TSH normale après 6-12 semaines que les patients aient conservé leur molécule ou switché de laboratoire. Les déséquilibres sévères étaient de 2.5% et 3.1% (c&rsquo;est plutôt rassurant) sans différence significative non plus, nécessitant une adaptation du traitement.</p>
<p>Un article de <a href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0263461">PlosOne</a> utilisant les données de 172 000 patient.année a mis en évidence un sur-risque de cancer et notamment de cancer pulmonaire chez les patients traités par ARAII. Entre 65 et 69 ans, le NNH pour déclencher un cancer quelle que soit son origine est de 120 pendant 5 ans et celui pour déclencher un cancer du poumon est de 500 pendant 5 ans. Ces résultats sont du même ordre de grandeur que ceux de l&rsquo;étude ayant retrouvé le même sur-risque des <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/10/dragi-webdo-n201.html">IEC</a> (environ 2500 patients/an). Cependant, le NNT pour réduire la mortalité cardiovasculaire étant d&rsquo;environ 100-150 patients par an, la balance bénéfice-risque reste clairement en faveur de ces traitements. Les études sur des méga-cohortes et les grosses méta-analyses vont faire apparaitre de nombreux effets indésirables statistiquement significatifs dont la pertinence clinique sera mineure par rapport aux bénéfices (on l&rsquo;avait aussi vu avec les risques de cancers cutanés sous <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/01/dragi-webdo-n166.html">hydrochlorothiazide</a>).</p>
<p> 2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un <a href="https://www.jacc.org/doi/10.1016/j.jacc.2021.11.011">article</a> s&rsquo;intéresse aux arrêts cardiaques liés au sport et à leur prise en charge entre 2005 et 2018. On voit une remarquable amélioration de la survie lié aux corrélée aux mesures mises en place et à l&rsquo;utilisation des défibrillateurs automatisés. En ce qui nous concerne en MG, on voit que l&rsquo;incidence est stable à 6-7 ACR par million d&rsquo;habitants par an, d&rsquo;âge moyen 49 ans, et dont la cause principale est coronaire (70% des cas). Les auteurs parlent rapidement du débat sur l&rsquo;examen de dépistage du sportif. Les auteurs disent que compte tenu de l&rsquo;augmentation du nombre de licences, la stabilité de l&rsquo;incidence montrerait peut être un bénéfice des stratégies de dépistage. Cependant, le paragraphe consacré à ce sujet cite davantage de sources suggérant que les causes des ACR ne sont pas dépistables.</p>
<p><a href="https://www.jacc.org/cms/asset/4db9dc84-4d22-4a91-adf6-89c78a4e0e7e/fx1.jpg"><img src="https://www.jacc.org/cms/asset/4db9dc84-4d22-4a91-adf6-89c78a4e0e7e/fx1.jpg" alt=""></a></p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamaneurology/fullarticle/2789410">revue</a> systématique a étudié l&rsquo;intérêt d&rsquo;un contrôle du LDLc stricte en prévention secondaire des AVC. Dans cette pathologie, la comparaison de patients sous statine versus sans statine ne réduisait pas significativement le risque de récidive d&rsquo;AVC! Mais, en cas de traitement plus intensif avec statines à plus forte dose et éventuellement ezetimibe, il y avait une réduction des récidives de 23% (NNT=45). Les anti-pcsk-9 ne réduisaient pas le risque de récidive (malgré leur très fort effet sur la baisse de LDL, hein). Cependant les statines augmentaient le risque d&rsquo;AVC hémorragique de 57% (NNH=152). C&rsquo;est assez concordant avec l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/11/dragi-webdo-n247.html">étude</a> française retrouvant qu&rsquo;un objectif &lt; 0,7g/L réduisait les évènements cardiovasculaires, mais un objectif plus bas avec des anti-pck9 ne semblait pas apporter de bénéfice.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Une nouvelle <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M21-3577">étude</a> d&rsquo;Annals of Internal Medicine a estimé le surdiagnostic dans le dépistage du cancer du sein chez les femmes de 50 à 74 ans. Il y a eu 35 000 femmes incluses, 80 000 mammographies effectuées et  700 cancers diagnostiqués. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;un cancer sur 7 relevait du surdiagnostic (15%), soit un peu moins que ce qui était estimé par d&rsquo;autres études (plutôt à 20% dans cette tranche d&rsquo;âge)</p>
<p>Le dépistage du CCR peut désormais être effectué sans passer par son médecin traitant en allant sur le site suivant: <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/03/monkit.depistage-colorectal.fr">monkit.depistage-colorectal.fr</a>. Les patients doivent remplir un questionnaire recherchant les non-indications du test et conduisant à recourir à un médecin (pour bénéficier d&rsquo;une autre technique de dépistage adapté au risque). Ensuite, ils recevront le cas échéant le test sous 15 jours et le médecin traitant sera également informé du résultat.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2789560">CDC</a> a publié une mise à jour de ses recommandations concernant les infections sexuellement transmissibles. Elles ont fait l&rsquo;objet d&rsquo;un article dans le JAMA. Ainsi, le traitement recommandé pour le gonocoque est de la ceftriaxone 500mg en dose unique (1g si poids &gt; 150kg) et le Chlamydia T. par doxycycline 100mg x2 pendant 7 jours. En cas d&rsquo;infection génitale haute chez les femmes, les auteurs recommandent une trithérapie par ceftriaxone 500mg dose unique, doxycycline 100x2 et métronidazole 500x2 pendant 14 jours. Ils proposent de suspecter un mycoplasme devant les cas de cervicite ou urétrite persistant et de tester ces patients là. En cas d&rsquo;infection à mycoplasme, un traitement empirique par doxycyline 100x2 pendant 7 jours suivi de 400mg de moxifloxacine pendant 7 jours est proposé.</p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p>Une revue systématique du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)01997-8/fulltext">Lancet</a> a comparé les différents neuroleptiques dans le traitement de la schizophrénie. Pour faire simple, ils étaient tous efficaces sans différences significatives entre les molécules; la palipéridone (métabolite de la rispéridone) semblait un peu plus efficace et la quiétiapine un peu moins efficace. L&rsquo;olanzapine et la quétiapine semblaient un peu moins pourvoyeuses de syndromes parkinsoniens, alors que l&rsquo;halopéridol multipliait ce risque par 2. L&rsquo;olanzapine, la palipéridone et la quétiapine augmentaient particulièrement le poids. L&rsquo;halopéridol et la quétiapine étaient particulièrement sédatifs.</p>
<p>6/ Nutrition</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3321295/fr/guide-du-parcours-de-soins-surpoids-et-obesite-chez-l-enfant-et-l-adolescent-e">HAS</a> a publié un guide du parcours de soins de prise en charge de l&rsquo;obésité de l&rsquo;enfant et de l&rsquo;adolescent. Les auteurs recommandent un suivi régulier du surpoids et de l&rsquo;obésité par mesure de l&rsquo;IMC tout au long de l&rsquo;enfance. Le bilan en cas d&rsquo;obésité est à réaliser de façon &ldquo;ciblée&rdquo; et peut se limiter à &ldquo;EAL, glycémie à jeun&rdquo; (le bilan hormonal étant indiqué en cas de dysménorrhées ou d&rsquo;hyperandrogénie). Un bilan multidisciplinaire est recommandé pour évaluer les causes, complications, retentissement psychologique, troubles associés (TCA) et facteurs de vulnérabilité sociale. Pendant la croissance, l&rsquo;objectif est un ralentissement de la prise de poids, et en fin de croissance, une stabilisation pondérale. Cependant, en cas de complications, une perte pondérale est nécessaire. Les réseaux multidisciplinaires faisant intervenir des diététiciens, psychologues, l&rsquo;APA, ergothérapeutes&hellip; peuvent permettre d&rsquo;accompagner l&rsquo;enfant au mieux vers l&rsquo;âge adulte</p>
<p>7/ Le jeu du mois : &ldquo;Kluster&rdquo;</p>
<p>Pour varier les types de jeu, voici &ldquo;Kluster&rdquo;, un jeu d&rsquo;adresse très simple sur le principe. Chaque joueur dispose d&rsquo;une pile d&rsquo;aimants et doit à tour de rôle, déposer 1 aimant dans une zone de jeu délimité par une ficelle. Le premier qui a déposé toute sa pile gagne la partie. Mais, lorsque plusieurs aimants se collent entre eux, le joueur doit récupérer les aimants accolés et les remettre sur sa pile! Pour arriver a placer ses aimants, on peut tirer sur la ficelle pour gagner un peu de place et espérer ne pas attirer d&rsquo;autres aimants. Une partie dure une dizaine de minutes, c&rsquo;est facile, rapide mais nécessite un peu (beaucoup) d&rsquo;adresse et un peu (parfois beaucoup) de chance.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEhXrT1KFmgrKsfTSdWaLYJxb6Sq9hLppsPdLaMqAjOZ49gKmYMoMZvjdmy72Omz9mN6GxDZkzSY34CFpdvvPlfYmwuGYXdmG1DGd5IanqKg1M180JVJC_zSNQGqM-UENKaa_9A1Uu5Bf1mYHJ6WT_Eg3tY6Q4-vAx219GRevTqmnXrzTPcmNLkCa5AFuA=s4000"><img src="/images/articles/2022/avvxsehxrt1kfmgrksftsdwalyjxb6sq9hlppspdlamqajoz49gkmymomzvjdmy72omz9mn6gxdzkzsy34cfpdvvplfymwugyxdmg1dgd5ianqkg1m180jvjc-zsnqgqm-uenkaa-9a1uu5bf1myhj6wt-eg3ty6q4-vax219grevtqmnxrztpcmnlkca5afua-s320.jpeg" alt=""></a></p>
<p>Voilà, pensez à vous abonner sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°345 : IVG, Osgood-Schlatter, allergie/vaccin Covid, ivermectine/Covid, paracetamol effervescent/HTA, D-dimères/TVP, douleur mammaire, infections urinaires</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/02/dragi-webdo-n345/</link><pubDate>Sun, 27 Feb 2022 23:30:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/02/dragi-webdo-n345/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Urologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir ! Voici sans plus attendre les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p><a href="https://ansm.sante.fr/actualites/lansm-classe-desormais-les-substances-veneneuses">L&rsquo;ANSM</a> doit désormais classer les médicaments sur la liste des substances vénéneuses, il y aura une page dédiée sur le site&hellip;  La définition est intéressante :  &ldquo;Les substances vénéneuses correspondent à toutes les substances stupéfiantes, psychotropes ou susceptibles de présenter un danger pour la santé&rdquo;, qui en soit, correspond à peu près tous les médicaments, par leurs effets indésirables&hellip; En pratique, cela entrainera une prescription médicale obligatoire.</p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>Une revue systématique du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2788991">Jama internal medicine</a> a étudié le risque de 2ème réaction allergique à un vaccin covid quand il y a eu une réaction allergique après la 1ère injection. Parmi les 1400 patients ayant eu une réaction allergique, 6 patients ont eu une réaction allergique sévère et 232 ont eu des symptômes modérés. Parmi les 78 patients ayant eu une réaction initiale sévère, la 2ème dose a entrainé une nouvelle réaction sévère chez  5% d&rsquo;entre eux et une réaction modérée chez 10% (la plupart avaient eu une prémédication, non décrite). Il n&rsquo;y a eu aucun décès. Ainsi, c&rsquo;est plutôt très rassurant pour revacciner les personnes dans des conditions requises.</p>
<p>Un nouvel <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2789362">essai randomisé</a> a été publié pour tester l&rsquo;ivermectine dans le Covid. Des patients de plus de 50 ans avec facteurs de risque et des symptômes modérés ont donc reçu de l’ivermectine ou un placebo dans les 7 jours suivant l’apparition des symptômes. De façon concordante (surprenant!) avec les autres essais bien conduits (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/03/dragi-webdo-n303.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/04/dragi-webdo-n308.html">ici</a>), l’ivermectine n’a pas réussi à réduire l’évolution vers la nécessité d’une ventilation mécanique ou d’une hospitalisation en soins intensifs, ni le risque de décès. Il y a cependant eu davantage d’effets indésirables notamment des diarrhées.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire </p>
<p>Après l’<a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/02/dragi-webdo-n344-piles-plates-recos-has.html">étude</a> de la semaine dernière sur la paracétamol, <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehac059/6535634">celle-ci</a> s’est intéressé à l’effet du paracétamol effervescent (contenant du sodium) par rapport à du paracétamol sans sodium dans 2 cohortes de patients. Le paracétamol avec sodium augmentait le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires d&rsquo;environ 50% et le risque de mortalité globale d&rsquo;environ 100%, aussi bien chez les patients hypertendus que non hypertendus. La taille d&rsquo;effet semblait légèrement supérieure chez les patients déjà hypertendus, et il y avait une majoration du risque de développer une HTA de 40% chez les patients non hypertendus prenant du paracétamol avec du sodium par rapport à ceux en prenant sans sodium.</p>
<p>Un <a href="https://academic.oup.com/ehjcvp/advance-article/doi/10.1093/ehjcvp/pvac006/6518285?login=false">nouvel article</a> s&rsquo;est intéressé au bénéfice des bêta-bloquants en prévention cardiovasculaire secondaire. Les patients de cette étude avaient eu un pontage coronaire. Après 10 ans, 73% des patients étaient encore sous bêta-bloquants cardio-sélectifs. Les auteurs retrouvent que les patients toujours traités avaient moins de risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires notamment grâce à une réduction des récidives d&rsquo;infarctus (mais il n&rsquo;y avait pas de réduction des AVC ni de la mortalité globale). Cet effet était retrouvé chez les patients avec et sans antécédent d&rsquo;infarctus du myocarde, avec et sans insuffisance cardiaque. Voilà qui ajoute au débat de ne pas traiter toutes les coronaropathies par bêta-bloquants (cf les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/09/dragi-webdo-n236.html">recos ESC</a>) ou de leur effet réduit après 1 an de traitement (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/02/dragi-webdo-n213.html">ici</a>)</p>
<p>Les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/03/dragi-webdo-n218.html">recommandations</a> de prise en charge des thromboses veineuses profondes recommandent la réalisation de D-Dimères pour les probabilités faibles et intermédiaires avec un seuil de 500 ou égal à l&rsquo;âge x 10. Cette étude du <a href="https://www.bmj.com/content/376/bmj-2021-067378.short">BMJ</a> propose une prise en charge différente: (1) pour les probabilité faibles (score de Wells entre  -2 et 0), le seuil de D-dimères était placé à 1000; (2) pour les probabilités intermédiaires (1 ou 2), le seuil classique de 500 était conservé; (3) pour les probabilités fortes (3 ou plus), un Doppler était effectué. Cette approche a réduit le recours à l&rsquo;imagerie de 47% (0,72 écho par patients en moyenne versus 1,36).</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p><a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/04/dragi-webdo-n224.html">On avait vu</a> que l&rsquo;examen clinique des seins était d&rsquo;une utilité médiocre pour orienter vers un cancer du sein. La douleur n&rsquo;était pas un facteur &ldquo;rassurant&rdquo; ni particulièrement inquiétant. Une <a href="https://bjgp.org/content/early/2022/02/18/BJGP.2021.0475">étude</a> du BJGP incluant 10 000 femmes, retrouve que l&rsquo;incidence de cancer parmi les femmes adressées pour une mammographie dans un contexte de &ldquo;douleur&rdquo; était de 0,4%, contre environ 5% pour les autres signes (masse palpable, anomalie du mamelon et autres signes). Le risque de cancer pour une douleur mammaire était réduit de 95% par rapport à un autre signe. Les auteurs concluent qu&rsquo;adresser les femmes pour une imagerie en cas de douleurs, en soins primaires, n&rsquo;est pas coût-efficace, £260 sans bénéfice en termes de QALY (quality-adjusted life-year) par rapport à des réassurances.</p>
<p>Du nouveau pour l&rsquo;IVG, l&rsquo;Assemblée a adopté la <a href="https://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/discours/article/discours-d-olivier-veran-proposition-de-loi-visant-a-renforcer-le-droit-a-l">proposition de loi</a> permettant d&rsquo;allonger le délai pour recourir à une interruption volontaire de grossesse. Les délais sont désormais de 14 semaines de grossesse (soit 16 SA) dont 9 semaines pour l&rsquo;IVG médicamenteuse, la loi ouvre aussi la possibilité de réaliser les IVG chirurgicales aux sage-femmes. Par ailleurs, la loi propose des sanctions contre les pharmaciens refusant de délivrer la contraception d&rsquo;urgence. En bref, une avancée pour les femmes, en espérant que l&rsquo;accès aux soins puisse suivre !</p>
<p>5/ Pédiatrie</p>
<p>Une étude du <a href="https://bjgp.org/content/early/2022/02/18/BJGP.2021.0386">BJGP</a> aborde la prise en charge des Osgood-Schlatter aux Pays-Bas. Les recommandations locales sont en faveur d&rsquo;un diagnostic clinique. Il y a une douleur et une sensibilité du genou au niveau de la tubérosité tibiale, un gonflement, un épaississement du tendon rotulien et une hypertrophie de la tubérosité tibiale lors de l&rsquo;examen. La douleur survient généralement lors d&rsquo;activités qui sollicitent les extenseurs du genou et s&rsquo;atténue à l&rsquo;arrêt de l&rsquo;activité. La maladie évolue spontanément favorablement et dure rarement plus de 18 mois. L&rsquo;imagerie ou l&rsquo;avis d&rsquo;un chirurgien orthopédique ne sont pas recommandés devant l&rsquo;absence de bénéfice additionnel. La prise en charge est conservatrice (conseils, repos) et guidée par l&rsquo;intensité des symptômes. Dans cette étude, l&rsquo;incidence de la pathologie était de 3.8 pour 1000 patient année, avec un pic à 11-12 ans et une prédominance chez le garçon (2/1). La prise en charge des médecins généralistes reposait à 55% sur des conseils et 21% sur du repos. 20% proposaient une imagerie et 13% de la kinésithérapie. Les auteurs trouvent que le recours à l&rsquo;imagerie est trop fréquent. La kinésithérapie pourrait avoir un intérêt en réduisant l&rsquo;intensité des symptômes selon une auto-évaluation des patients.</p>
<p>6/ Urologie</p>
<p>Une <a href="https://bjgp.org/content/early/2022/02/18/BJGP.2021.0564">étude qualitative</a>, intégrée dans un essai contrôlé randomisé portant sur les infections urinaires a interrogé les femmes sur les prélèvements urinaires pour recherche d&rsquo;infection. L&rsquo;analyse n&rsquo;est pas incroyable mais globalement, les femmes connaissent mal la manière de réaliser correctement un prélèvement urinaire pour limiter les contaminations et notamment la pertinence du prélèvement en milieu de jet, sa difficulté de réalisation lorsque la miction est peu importante et douloureuse, ainsi que la difficulté de viser dans le petit pot, les bricolages maison avec transvasement étant parfois utilisés et risquant de contaminer les prélèvements. Proposons les analyses à bon escient, en expliquant correctement aux femmes la pertinence et les moyens de réaliser correctement le prélèvement pour éviter de ne savoir que faire d&rsquo;un prélèvement contaminé.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°344 : Piles plates (recos HAS), Covid (Nirmatrelvir, vaccin/grossesse), psychologues remboursés, paracetamol/HTA, allaitement, iSGLT2/amputations, caféine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/02/dragi-webdo-n344/</link><pubDate>Sun, 20 Feb 2022 23:20:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/02/dragi-webdo-n344/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer, parlons du dispositif &ldquo;<a href="https://monpsy.sante.gouv.fr/medecins">Mon psy</a>&rdquo; mis en place tout récemment pour permettre aux patients d&rsquo;accéder à 8 consultations avec un psychologue prises en charge par l&rsquo;Assurance Maladie. Pour cela, le site propose des modèles des 2 courriers nécessaires: le courrier d&rsquo;adressage &ldquo;Adressage pour un accompagnement psychologique (entretien d’évaluation et jusqu’à 7 séances de suivi) par un psychologue conventionné avec l’Assurance Maladie (préciser si ALD/AT/Maternité)&rdquo; et le courrier d&rsquo;accompagnement comportant la description des symptômes. Voici les autres articles de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>L&rsquo;article concernant le Nirmatrelvir (Paxlovid) a été publié dans le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2118542">NEJM</a>. Les données sont concordantes avec celles présentées il y a quelques semaines dans le dossier de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/01/dragi-webdo-n340.html">HAS</a>. L&rsquo;étude décrit les résultats complets et confirme un bénéfice sur la mortalité avec un NNT de 76 pour les patients traités dans les 3 jours et de 88 pour ceux traités dans les 5 jours.</p>
<p>Un article du <a href="https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/71/wr/mm7107e3.htm">CDC</a> retrouve que les enfants de moins de 6 mois sont moins à risque d&rsquo;hospitalisation pour Covid-19 en cas de vaccination maternelle pendant la grossesse. L&rsquo;efficacité de la vaccination sur ce critère pendant la grossesse était de 61% en moyenne, mais variant entre 30% chez les nourrissons de mère vaccinée en début de grossesse (&lt; 20 semaines de grossesse) à 80% chez ceux de mère vaccinée en fin de grossesse. Enfin, notons que ces résultats ont été obtenus à une période où les variants Delta et Omicron circulaient.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>On avait vu dans les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/05/dragi-webdo-n269.html">recos de l&rsquo;HTA de 2020</a> que le paracétamol augmentait la pression artérielle. Cette <a href="https://www.ahajournals.org/doi/epub/10.1161/CIRCULATIONAHA.121.056015">étude</a> contrôlée randomisée en cross-over, chez des patients non douloureux, a retrouvé que la prise de 1g de paracetamol x 4/ jour pendant 2 semaines augmentait la systolique de 4,7mmHg et la diastolique de 1,6mmHg. C&rsquo;est probablement un facteur à prendre en compte lors de la prise en charge de patients douloureux chroniques.</p>
<p>Les bénéfices de l&rsquo;allaitement sur les cancers du sein, de l&rsquo;ovaire et le diabète sont bien connus. Un <a href="https://www.ahajournals.org/doi/full/10.1161/JAHA.121.022746">revue</a> systématique a inclus plus d&rsquo;un million de patientes dont 80% ayant déjà allaité. La durée moyenne d&rsquo;allaitement dans la vie des patientes ayant allaité était de 15 mois. Elles ont été suivies pendant environ 10 ans. Les auteurs retrouvent que l&rsquo;allaitement réduisait significativement le risque de coronaropathie, d&rsquo;AVC et la mortalité cardiovasculaire. Ces bénéfices étaient progressifs pour des durées d&rsquo;allaitement croissantes jusqu&rsquo;à 12 mois où un pallier était atteint.</p>
<p>3/ Nutrition et diabétologie</p>
<p>Les études de pharmacovigilance faisaient suspecter un sur-risque d&rsquo;amputation avec les inhibiteurs de SGLT2. Ceci était retrouvé dans une comparaison entre iSGLT2 et aGLP-1 (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/11/dragi-webdo-n204.html">ici</a>). Une <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1262363622000088">étude</a> s&rsquo;est intéressée à ce risque et fait finalement suspecter que la différence de survenue d&rsquo;amputation pourrait être liée à un effet protecteur des aGLP-1 plus qu&rsquo;à un effet délétère spécifique des iSGLT2. (Cependant, étant donné que les diurétiques sont connus pour augmenter légèrement le risque d&rsquo;amputation et que les iSGLT2 sont des diurétiques, il est probable que les 2 mécanismes soient impliqués.)</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2789026">JAMA</a> a publié un article sur les effets de la caféine sur la santé. Aux doses usuelles (moins de 16oz par jour, soit 2 tasses/jour). Elle permet d&rsquo;améliorer l&rsquo;attention, d&rsquo;améliorer le temps de réaction, de diminuer la fatigue, de diminuer la sensation de faim et de réduire modestement le poids, et de diminuer les symptômes dépressifs et le risque de suicide. Cependant, elle augmente l&rsquo;anxiété et les troubles du sommeil, entraine des syndromes de sevrage en cas d&rsquo;arrêt brutal (céphalées, dépression, asthénie). A forte dose (&gt; 1200mg soit plus de 16 tasses/jour), la caféine peut entrainer de l&rsquo;anxiété sévère, majorer la pression artérielle et être impliquée dans une augmentation du risque de mortalité quand associée à de l&rsquo;alcool.</p>
<p> 4/ Pédiatrie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3165810/fr/diagnostic-et-prise-en-charge-des-enfants-ayant-ingere-une-pile-bouton-ou-une-pile-plate-note-de-cadrage">HAS</a> a publié des recommandations concernant l&rsquo;ingestion de piles plates/bouton par les enfants. C&rsquo;est une urgence vitale, nécessitant une prise en charge dans les 2 heures, des lésions graves (surtout œsophagiennes) pouvant apparaître après ce délai. Les facteurs de gravité sont un âge &lt; 5 ans et une pile mesurant plus d'1,5cm. En cas de suspicion d&rsquo;ingestion de pile plate (devant témoin ou suspectée devant des symptômes atypiques comme une toux, dysphagie&hellip;), il s&rsquo;agit d&rsquo;une urgence et l&rsquo;enfant doit être adressé au SAU le plus proche pour réaliser une radiographie thoracique afin de confirmer l&rsquo;ingestion, auquel cas, une fibroscopie gastrique urgente est recommandée dans un grand nombre de situations. Deux points importants: ne pas faire vomir l&rsquo;enfant et maintenir l&rsquo;enfant assis durant le transport (ne pas l&rsquo;allonger).</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonner sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°343 : Asthme/vitamine D, AVC/FOP, FFP2/masques chir, grossesse/vaccin Covid, Paxlovid, Molnupiravir</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/02/dragi-webdo-n343/</link><pubDate>Mon, 14 Feb 2022 23:25:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/02/dragi-webdo-n343/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici un nouveau billet qui sera très orienté Covid et cardiovasculaire cette semaine. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>La <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/01/dragi-webdo-n340.html">HAS</a> avait validé l&rsquo;utilisation du Paxlovid; pour simplifier l&rsquo;utilisation, une page dédiée sur le site <a href="https://antibioclic.com/strategie/483/2932">antibioclic</a> renvoie sur le site permettant de faire la déclaration de prescription et dont le patient aura besoin pour que son traitement soit délivré en officine.</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2116044">NEJM</a> a publié l&rsquo;essai contrôlé randomisé concernant le molnupiravir chez les patients non hospitalisés. 1400 patients avec Covid confirmé non-sévère et avec facteurs de risque ont été randomisés pour recevoir 800mg molnupriavir pendant 5 jours. Les patients étaient à 75% obèses et âgés de 45 ans. Le risque d&rsquo;hospitalisation ou de décès à 1 mois était réduit dans le groupe traitement avec un NNT de 15 patients. Si l&rsquo;on intéresse à la mortalité uniquement, le risque de décès était réduit de 89% dans le groupe molnupiravir (NNT=84). Le traitement semble donc intéressant, mais rappelons que la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/12/dragi-webdo-n336.html">HAS</a> n&rsquo;autorise pas, à ce jour son utilisation compte tenu de l&rsquo;existence d&rsquo;alternatives et du risque mutagène. Les effets au long terme n&rsquo;ont pu être étudiés dans cette étude car elle a été stoppée précocement suite aux &ldquo;très bons&rdquo; résultats intermédiaires dans une analyse pré-spécifiée et que la durée de suivi ne permettait pas l&rsquo;étude de ces effets.</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2788067">JAMA</a> s&rsquo;est intéressé à la fiabilité des tests antigéniques anti-COVID. Il y a eu 900 000 tests effectués et 0,15% étaient positifs. Parmi ces de tests antigéniques positifs, pour 0,05% d&rsquo;entre eux, le test PCR de confirmation s&rsquo;est révélé négatif. Par ailleurs la moitié des faux positifs étaient issus d&rsquo;un même lot de test ce qui suggère qu&rsquo;il y avait un problème lié à ce lot. Ainsi, les TAG exposent peu au risque de faux positif et ne nécessitent pas de confirmation par un test PCR (sauf problème de lot). </p>
<p>Cette étude de <a href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0263512">PlosOne</a> a inclus 600 femmes enceintes françaises. Seulement 30% ont déclaré une intention de vaccination anti-Covid. Les patients plus âgés, ayant discuté avec leur médecin de la vaccination antigrippale étaient plus encline à accepter. La principale réticence étant la peur des effets indésirables.</p>
<p>Pour répondre à cette inquiétude, voici un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapediatrics/fullarticle/2788938">JAMA Pediatrics</a> qui vient compléter les connaissances sur la vaccination pendant la grossesse. Les auteurs retrouvent  que les nouveaux-nés de  patientes vaccinées aux 1er ou 2ème trimestres n&rsquo;avaient pas un risque augmenté de complications ou d&rsquo;hospitalisations néonatales/post-néonatales, ni de mortalité ni de malformations congénitales. La tendance était même en faveur d&rsquo;une réductions des risques généralement non significative (sauf pour les enfants de moins de 1500g et la prématurité avant 32SA qui étaient significativement meilleures chez les patientes vaccinées).</p>
<p>Une <a href="https://www.nature.com/articles/s41591-022-01701-w">étude cas-témoin brésilienne</a> basée sur les registres nationaux a étudié l&rsquo;efficacité du vaccin vivant atténué Coronavac. Sur les formes symptomatique, l&rsquo;efficacité était de 55% et sur les formes sévères de 82%. L&rsquo;efficacité baissait ensuite progressivement jusqu&rsquo;à 6 mois (35% et 76%, respectivement), moment où était réalisé un booster par Comirnaty permettant des efficacités respectives de  92% et 97%. Chez les plus de 80ans, la place du booster semblait indispensable pour assurer une efficacité suffisante.</p>
<p>L&rsquo;étude française <a href="https://www.epi-phare.fr/actualites/communique-de-presse-11-02-2022/?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">Epi-phare</a> a permis de préciser le risque de Covid après vaccination durant la période Omicron. Les auteurs que l&rsquo;incidence des hospitalisations liées au covid chez les vaccinés était 19 pour 100 000 et l&rsquo;incidence des décès de 4 pour 100 000. L&rsquo;âge élevé, le sexe masculin et le niveau de défavorisation sociale étaient les facteurs majorant ces risques.</p>
<p>Pour revenir sur l&rsquo;intérêt du masque FFP2 versus chirurgical, un article du <a href="https://www.pnas.org/content/118/49/e2110117118">PNAS</a> a calculé les bornes supérieures théoriques de risque de transmission. On voir que le risque infectieux si la personne infectée et le contact portent un FFP2 est inférieur à 1% si un test d&rsquo;ajustement du FFP2 a été effectué, 5% s&rsquo;il n&rsquo;a pas été effectué, et 10% si les 2 portent un masque chirurgical. Bref, il est indispensable d&rsquo;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=TvVSfNaC0dA">ajuster les masques FFP2</a> pour bénéficier pleinement de leur efficacité.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEjURohZtuiOipobKxqVNMAj22veW6r0HURsJ0p8kXvX17wbaCHi5P45nkeNojqUf-RDITW1Dh4I72Bm-5GKYBuefMkd4I5Mp8cUoNGkkwXtU2l9OqlIYIt4gFBwDWzb7BibWIIHhSuzDI5iRCsM2VXlqomWe9wdw-_HaE_LOl72YcSzHRgBs_YbKhs8hA=s759"><img src="/images/articles/2022/avvxsejurohztuioipobkxqvnmaj22vew6r0hursj0p8kxvx17wbachi5p45nkenojquf-rditw1dh4i72bm-5gkybuefmkd4i5mp8cuongkkwxtu2l9oqliyit4gfbwdwzb7bibwiihhsuzdi5ircsm2vxlqomwe9wdw-hae-lol72ycszhrgbs-ybkhs8ha-w400-h254.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Cette étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2788465">JAMA Open</a> a comparé les antihypertenseurs stimulant les récepteurs de l&rsquo;angiotensine (thiazidiques, inhibiteurs calciques dihydropyridine et ARAII) avec ceux l&rsquo;inhibant (bêta-bloquants, inhibiteurs calciques bradycardisants et IEC). L&rsquo;étude est une réanalyse de SPRINT et s&rsquo;intéresse au risque de troubles mnésiques. Les auteurs retrouvent que les patients avec uniquement antihypertenseurs stimulant réduisaient le risque de démence de 24% (NNT=71 à 5 ans). Cependant, plus de 50% des patients avaient des traitements mixtes, et il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;analyse molécule par molécule (car même s&rsquo;il y a un mécanisme commun, mettre dans le même sac les IEC avec les BB- et les calciques bradycardisants ce n&rsquo;est pas très logique compte tenu de la différence de niveau de preuve).</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/376/bmj-2020-063161">BMJ</a> a publié une revue de synthèse sur l&rsquo;implication du foramen ovale perméable (FOP) chez les patients ayant eu un AVC. Les risques de récidives d&rsquo;AVC sont plus élevés chez les patients ayant un 1er AVC cryptogénique (= sans cause retrouvée) en cas de FOP par rapport à ceux sans FOP. Par ailleurs, la présence d&rsquo;un anévrisme du septum inter auriculaire (ASIA) associé au FOP augmente encore le risque de récidive. Le diagnostic est généralement posé à l&rsquo;échographie cardiaque transthoracique et confirmé avec une échographie trans-oesophagienne. Chez les patients de moins de 60 ans, une fermeture du FOP est à discuter. Si l&rsquo;indication de fermeture n&rsquo;est pas retenue, l&rsquo;anticoagulation et l&rsquo;antiagrégation plaquettaire sont 2 options à peu près équivalentes avec une probable supériorité de l&rsquo;anticoagulation dans de rares études.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Nous avions parlé plusieurs fois du possible bénéfice de la vitamine D dans l&rsquo;asthme suggéré par la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/09/dragi-webdo-n106.html">Cochrane</a> et plutôt démenti dans un <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/08/dragi-webdo-n278.html">gros essai randomisé</a>. Cette nouvelle méta-analyse de l&rsquo;<a href="https://openres.ersjournals.com/content/8/1/00662-2021">ERJ</a>
regroupant 18 essais randomisés (1500 patients) ne retrouve pas que la
supplémentation en vitamine D réduise le recours aux corticoïdes oraux, 
les passages aux urgences, les hospitalisations ou la sévérité de
l&rsquo;asthme. Bon, c&rsquo;était une des dernières niches où la vitamine D
semblait peut-être avoir un bénéfice&hellip; </p>
<p>Voilà, pensez à vous abonner sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>1/ Covid-19</p>
<p>Une <a href="https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1003871">étude</a> de cohorte britannique a comparé 25 000 patients hospitalisés pour Covid avec des patients contrôle de population générale et des patients hospitalisés pour grippe avant la période Covid. Les auteurs retrouvent que le risque de mortalité au décours de l&rsquo;hospitalisation des patients hospitalisés pour Covid était multiplié par 4 par rapport à la population générale et par 1,7 par rapport aux patients ayant été hospitalisés pour grippe. La plupart des autres risques post hospitalisation étaient similaires entre les patients hospitalisés pour Covid ou pour une grippe.</p>
<p>Le HCSP a émis des recommandations concernant le port de masque FFP-2. <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1148">Premièrement</a>, il recommande, pour les professionnels, le port de FFP-2 pour les gestes techniques invasifs ou de la sphère ORL, pour les professionnels avec facteurs de risque, et pour les professionnels exposés à un cluster complexe évolutif et non contrôlé (donc plutôt: pas de FFP-2 systématique chez les pro). <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1149">Deuxièmement</a>, pour les patients, le HCSP déclare que le FFP-2 peut être utilisé par les patients à risque de forme grave, mais qu&rsquo;il n&rsquo;est pas envisageable de recommander son utilisation chez les enseignants. En milieu scolaire et universitaire, le port de masque en tissus ou chirurgical est recommandé.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Compte tenu des recommandations et analyses américaines, canadiennes et de l&rsquo;Académie de médecine (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n333.html">ici</a>, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/03/dragi-webdo-n303.html">là</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/03/dragi-webdo-n304.html">là</a>) , la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3310940/fr/depistage-du-cancer-bronchopulmonaire-par-scanner-thoracique-faible-dose-sans-injection-actualisation-de-l-avis-de-2016">HAS</a> donne son avis sur le dépistage du cancer broncho-pulmonaire chez les patients. Les auteurs confirment que ce dépistage réduit le risque de mortalité spécifique et permet un diagnostic plus précoce. Cependant, l&rsquo;hétérogénéité des protocoles de dépistage et le risque de surdiagnostic ne permettent pas de le recommander de façon généralisée. Mais la HAS autorise des expérimentations en France pour répondre à ces questions. (L&rsquo;autre problème en France étant la faible disponibilité des scanners et donc de l&rsquo;accessibilité au dépistage). </p>
<p>Un article de l&rsquo;<a href="https://erj.ersjournals.com/content/early/2022/01/20/13993003.03246-2021">ERJ</a> a étudié la performance des oxymètres de pouls en cas de Covid, en la comparant aux données de gaz du sang. L&rsquo;oxymétrie surestimait la saturation quand la SaO2 était inférieure à 90% et la sous estimait quand la SaO2 était supérieure à 95%. La surestimation était d&rsquo;environ 3% chez les patients blancs et 5% chez les patients noirs et asiatiques. Ainsi, il y avait 17% de patients noirs qui présentaient une hypoxémie masquée. Donc, attention aux valeurs de SpO2 chez les patients à la peau pigmentée.</p>
<p>3/ Nutrition</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/376/bmj-2020-063613">BMJ</a> a publié un article concernant la prise en charge des patients lors du Ramadan. Les auteurs recommandent d&rsquo;évaluer le risque en fonction des comorbidités, des traitements, des valeurs du patients et de ses habitudes de vies. L&rsquo;évaluation du risque permet de mettre en place un processus de décision partagée avec le patient pour discuter de la réalisation du jeûne ou des adaptations à effectuer. Le risque est élevé ou très élevé pour les patients insuffisants cardiaques, avec un coronaropathie récente, un diabète mal contrôlé, une insuffisance rénale sévère. L&rsquo;HTA, les migraines, une épilepsie bien contrôlée par monothérapie sont à risque faible ou modéré. Parmi les principaux traitements qui sont possiblement modifiables et auxquels il faut faire attention, on trouve les anti-épileptiques, les sulfamides hypoglycémiants et les diurétiques. Si les molécules ne peuvent être modifiées, il est parfois possible de décaler la prise des traitements après le coucher du soleil. Si le jeun n&rsquo;est médicalement pas recommandé, le patient peut s&rsquo;il le souhaite recourir mesures alternatives (charité, prières, différer le jeûne&hellip;). </p>
<p>4/ Grossesse</p>
<p>Une lettre du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2788362">JAMA</a> revient sur le risque de prééclampsie pendant la grossesse. Les pré-éclampsies surviennent chez 7 % des femmes avec facteurs de risque et 3% sans facteurs de risques. Les auteurs retrouvent une sous-prescription de l&rsquo;aspirine chez les femmes atteinte de diabète, d&rsquo;HTA ou d&rsquo;obésité car seulement 17%, 28% et 7% d&rsquo;entre elles auraient ce traitement malgré la recommandation. Prescrire de l&rsquo;aspirine faible dose (60-150mg) après 12 SA et jusqu&rsquo;à l&rsquo;accouchement en présence de ces facteurs de risque permettrait de réduire les prééclampsies de 24%, les RCIU de 20% et les accouchements prématurés de 14%, sans augmentation du risque hémorragique néonatal ou d&rsquo;hémorragie de la délivrance.</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Alors que la PrEP dans la prévention du VIH se démocratise, des auteurs ont évalué si les nouvelles <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M21-1548">PrEP injectables de longue durée d&rsquo;action</a> (cabotegravir) étaient coût-efficaces. Les auteurs concluent que le coût actuel des PrEP orales ne sont pas en faveur de l&rsquo;utilisation des PrEP injectables bien qu&rsquo;elles soient également efficaces.</p>
<p>Un article d&rsquo;<a href="https://www.annfammed.org/content/20/1/35">Annals of Family medicine</a> a évalué si l&rsquo;utilisation d&rsquo;un outil d&rsquo;aide à la décision pour les médecins dans les infections respiratoires permettait de réduire la prescription d&rsquo;antibiotiques. L&rsquo;intervention a amélioré significativement les connaissances des médecins du groupe intervention, mais il n&rsquo;y a pas eu de différence significative sur l&rsquo;amélioration de la prescription d&rsquo;antibiotiques par rapport aux soins courants. Mais il faut dire qu&rsquo;il n&rsquo;y avait que 3% des consultations qui se soldaient par une prescription d&rsquo;antibiotiques, donc pas facile d&rsquo;améliorer les chiffres dans une étude n&rsquo;incluant qu&rsquo;une centaine de médecins généralistes.</p>
<p>6/ Urologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/376/bmj-2021-067395.short">BMJ</a> publie un article sur l&rsquo;hématurie macroscopique. Les causes d&rsquo;hématurie transitoires sont notamment les infections urinaires et les hématuries d&rsquo;effort (se résolvant en 24-48heures et devant être confirmées par des BU pendant 3 jours après l&rsquo;effort). Les causes chroniques sont notamment les cancers (rein, vessie, prostate), les causes bénignes (lithiases, adénomes de prostate, infectieuses, traumatiques, inflammatoires) et les fausses hématuries (médicamenteuses comme avec la rifampicine ou d&rsquo;autres saignements comme des métrorragies). Ainsi, un homme de plus de plus de 45 ans avec hématurie sans cause ou persistant après une infection urinaire devrait être adressé sous 15 jours pour bilan (ils recommandent une BU de contrôle à 14 jours après traitement d&rsquo;une infection urinaire avec hématurie). Il en est de même pour une hématurie avec augmentation du PSA. Le bilan initial réalisable dans l&rsquo;attente du RDV spécialisé comprend: NFS-plaquettes, créatininémie, PSA chez l&rsquo;homme et une échographie des voies urinaires. Les femmes avec hématurie et anémie, thrombocytose ou hyperglycémie devraient réaliser une échographie pelvienne pour rechercher un cancer de l&rsquo;endomètre en plus du RDV avec un urologue pour rechercher un cancer urothélial.</p>
<p>7/ Le jeu du mois: &ldquo;Maracaïbo&rdquo;</p>
<p>Maracaïbo est un jeu qui nous emmène dans la mer des Caraïbes au bord de notre bateau. Chaque joueur va progresser sur différentes voies maritimes pour aller d&rsquo;île en île pour prendre des ressources, ou les déposer, affronter une puissance coloniale, partir explorer un territoire inconnu, remplir des quêtes. Différentes cartes de personnages viennent ajouter des compétences et des actions possibles. Le jeu est plus expert que familial quand même, et permet d&rsquo;évoluer de façon très immersive et plutôt fluide pour un jeu complexe avec de nombreuses stratégies possibles. Il faudra plus d&rsquo;une partie pour les tester et cela donne une très bonne re-jouabilité au jeu. Un très beau jeu que je conseille fortement à ceux qui rêvent de se prendre pour des aventuriers de la mer !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEgT18oe_o-g--B2Pn7dIEhDFuaBZfNRrP-f6SJREdiw5icIFjgN8EGX-5i5z5Ls1-ON40g1jcItBmL4eNGp87XVLSLZZNoOOW3vYYeQ3z8bqJza74Xk6sWDr3j-zCgP30ThYGofcGOpIbge4j3BcedUrroffTbyK1XQU2fLF5pjVNsGLX9xhv_OBN9axQ=s4000"><img src="/images/articles/2022/avvxsegt18oe-o-g-b2pn7diehdfuabzfnrrp-f6sjrediw5icifjgn8egx-5i5z5ls1-on40g1jcitbml4engp87xvlslzznooow3vyyeq3z8bqjza74xk6swdr3j-zcgp30thygofcgopibge4j3bcedurrofftbyk1xqu2flf5pjvnsglx9xhv-obn9axq-w400-h300.jpeg" alt=""></a></p>
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°341 : Vaccin Covid/transmission, réinfection Covid, Paxlovid/interactions, dépistage FA (recos US), trouble panique, trouble neurologique fonctionnel, vitamine D</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/01/dragi-webdo-n341/</link><pubDate>Mon, 31 Jan 2022 00:49:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/01/dragi-webdo-n341/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Psychiatrie</category><category>Neurologie</category><category>Infectiologie</category><category>Nutrition</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voilà, il y a eu au total plus de 1 million de visites sur le blog : merci et merci !! Le blog ne devrait pas s&rsquo;arrêter de sitôt, alors bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un <a href="https://mcusercontent.com/6d7cf1abfc15e385895884714/files/260d6565-f21d-e060-1cee-b9da1b5f335c/Arr%C3%AAt%C3%A9_du_15_d%C3%A9cembre_2021_modifiant_la_liste_des_sp%C3%A9cialit%C3%A9s.01.pdf">arrêté</a> vient d&rsquo;être publié pour permettre de represcrire le midazolam injectable en ville dans le cadre de la sédation proportionnée et de la sédation profonde et prolongée. Pour mémoire, la reco HAS sur le sujet est <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/02/dragi-webdo-n257.html">ici</a>.</p>
<p> 2/ Covid-19</p>
<p>Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M21-4245?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">revue</a> systématique s&rsquo;est intéressée au risque de réinfection de Covid-19. Les auteurs retrouvent un taux de réinfection variant entre 0 et 2.2%. Les patients avec antécédent de Covid avaient un moindre risque d&rsquo;infection que les non vaccinés, cette protection étant efficace à 80% après 7 mois. Cependant, ces études datent d&rsquo;avant les variant delta et omicron.</p>
<p>Concernant l&rsquo;utilisation du Paxlovid, la <a href="https://sfpt-fr.org/recommandations-et-publications/1611-recommandations-th%C3%A9rapeutiques-dans-le-cadre-d-associations-de-m%C3%A9dicaments-avec-le-nirmatrelvir-ritonavir-paxlovid?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">société de pharmacologie et de thérapeutique</a> a publié des recommandations concernant les interactions et les adaptations de posologie à effectuer selon les co-traitements.</p>
<p>Suite aux 3 précédents articles discordants sur l&rsquo;efficacité de la vaccination sur la transmission (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n331.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/01/dragi-webdo-n338.html">là</a>), voici 2 études complémentaires. La <a href="https://www.science.org/doi/10.1126/science.abm3087">1ère</a> évaluait le risque de covid chez les enfants non vaccinés selon qu&rsquo;il y ait 1 ou 2 parents vaccinés, à l&rsquo;époque du variant Alpha, puis du variant Delta. Les auteurs retrouvent que le risque d&rsquo;infection à variant Alpha était réduit de 26% et 72% avec 1 et 2 parents vacciné et celui à variant Delta était réduit de 20% et 60% .Une <a href="https://www.science.org/doi/10.1126/science.abl4292">étude</a> similaire étudiait cette fois ci plus largement la transmission au domicile et retrouve que la vaccination réduit la susceptibilité d&rsquo;infection de 90% environ et le risque d&rsquo;infection donné de 23% dans les 3 mois suivant la 2eme dose. Malheureusement la différence entre ces 2 concepts n&rsquo;est pas décrite, alors si un infectio veut mettre des commentaires&hellip; Les auteurs concluent à une efficacité globale de 92% du vaccin sur la transmission mais qui diminue avec le temps.</p>
<p>3/ Cardiologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2788340">USPSTF</a> a mis à jour ses recommandations concernant le dépistage de la fibrillation auriculaire. Leur analyse retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;études suffisantes pour évaluer la balance bénéfice/risque du dépistage chez les patients asymptomatiques. Cependant, les recos <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n279.html">ESC</a> de 2020 recommandaient un large panel d&rsquo;outils de dépistage, mais on avait déjà vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n281.html">ici</a> que l&rsquo;examen clinique était suffisant si on dépistait.</p>
<p>4/ Psychiatrie </p>
<p>Une revue systématique du <a href="https://www.bmj.com/content/376/bmj-2021-066084">BMJ</a> avec méta-analyse en réseau s&rsquo;est intéressée aux traitements du trouble panique avec ou sans agoraphobie. Les benzodiazépines, inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) et antidépresseurs tricycliques étaient les traitements avec les taux de rémission les plus élevés malgré un risque d&rsquo;effets indésirables élevé. La buspirone avait un taux d&rsquo;effets secondaires particulièrement faible. Les IRS avaient au final la balance bénéfice/risque la plus favorable, notamment la sertraline et l&rsquo;escitalopram.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEgt-bWnPHddnSx1bdxPQDr-pJZC9ghqt7qWE_Q8CCRhWxbKrFYx-9kR0LwVXxtHkp3oKr7AzLCquBKJYDD93aCk3msH0qU3qSDSV_GiQUYwmc7gMtG0JkQt7CyyVNzIF9XOSQX7C_Qhkw0KimT8sDsj-a8YnvRtTcnUc9ZBVHqAIyrC3e-kq3dKjYx0Qw=s1159"><img src="/images/articles/2022/avvxsegt-bwnphddnsx1bdxpqdr-pjzc9ghqt7qwe-q8ccrhwxbkrfyx-9kr0lwvxxthkp3okr7azlcqubkjydd93ack3msh0qu3qsdsv-giquywmc7gmtg0jkqt7cyyvnzif9xosqx7c-qhkw0kimt8sdsj-a8ynvrttcnuc9zbvhqaiyrc3e-kq3dkjyx0qw-w365-h400.jpeg" alt=""></a></p>
<p>5/ Neurologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/376/bmj.o64">BMJ</a> a publié un article sur les troubles fonctionnels neurologiques (TFN), notamment moteurs et convulsifs. La plupart des éléments ont déjà été écris dans un article du BMJ précédents <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/11/dragi-webdo-n287.html">datant de 2020</a>. Leur prévalence serait de 50/100 000. Le diagnostic selon le DSM-5 repose sur A/ un ou plusieurs symptômes d&rsquo;altération de la fonction motrice ou sensitive (ils peuvent être &ldquo;négatifs&rdquo;: perte de fonction ou &ldquo;positifs&rdquo; : mouvements anormaux), B/ l&rsquo;incompatibilité entre les symptômes et une pathologie médicale ou neurologique (ce qui permet de faire un diagnostic positif sur ce critère: le TFN n&rsquo;est pas un diagnostic d&rsquo;exclusion quand tous les examens sont normaux),  C/ les symptômes ne sont pas mieux expliqués par une pathologie médicale ou psychiatrique (il faut donc parfois faire des examens pour exclure un autre cause, et le patient peut avoir une maladie neurologique/psychiatrique ET un TFN dont les symptômes ne sont pas expliqués par cette pathologie) et D/ les symptômes ont un retentissement fonctionnel ou sur la qualité de vie. Le traitement repose essentiellement sur une prise en charge psychologique. Les antidépresseurs IRS sont souvent prescrits pour traiter les comorbidités psychiatriques, mais n&rsquo;ont pas d&rsquo;indication directe dans les TFN. La rééducation a également un intérêt dans les troubles moteurs.</p>
<p>6/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/early/2022/01/24/BJGP.2021.0344">BJGP</a> a publié un article concernant la présentation clinique des syndromes grippaux par rapport aux infections bactériennes dans les infections respiratoires hautes. Les auteurs n&rsquo;ont pas vraiment mis en évidence de signe clinique permettant de différencier virose et infection bactérienne. Il y avait un peu moins de congestion nasale et moins de toux chez les patients avec une infection bactérienne, mais aucun autre signe n&rsquo;était évocateur. De toutes façons, il n&rsquo;y avait pas de différence de complication selon l&rsquo;étiologie bactérienne ou virale.</p>
<p>7/ Nutrition</p>
<p>On avait déjà parlé de l&rsquo;étude <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/11/dragi-webdo-n204.html">VITAL</a> qui étudiait les omega 3 et la vitamine D dans un essai randomisé et ne retrouvait pas de bénéfice sur les évènements cardiovasculaire. Une <a href="https://www.bmj.com/content/376/bmj-2021-066452.long">analyse</a> ancillaire a étudié la survenue de maladie auto-immunes et cette fois ci, les auteurs retrouvent que la vitamine D réduirait le risque de maladie auto-immune! Le critère de jugement principal &ldquo;survenue de maladie auto-immune&rdquo; est positif avec un p = 0,05. Cependant, compte tenu des autres analyses effectuées sur cette étude, il aurait été nécessaire d&rsquo;ajuster ce critère sur les comparaisons multiples effectuées (il n&rsquo;est pas très éthique scientifiquement de considérer que comme c&rsquo;est un nouvel article, il s&rsquo;agit d&rsquo;une nouvelle étude alors que les données utilisées sont les mêmes). En ajustant grossièrement sur les critères de jugement des 2 articles publiés, il faudrait que le p soit &lt; 0,025 pour chacune des études, pour que le p global soit à 0,05 (2 critères principaux: 0,025 x 2 = 0,05, selon la méthode de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Correction_de_Bonferroni">Bonferroni</a>) Bref, il est probable que les résultats de cette étude soient liés au hasard, une grosse revue systématique n&rsquo;avait pas trouvé de lien non plus en  2017 (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/10/dragi-webdo-n157.html">ici</a>)</p>
<p>Voilà, pensez à vous abonner sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°340 : Diabète (recos ADA), diverticulite (reco US), Covid (HAS, Paxlovid), HTA gravidique, pieds plats, dermatologie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/01/dragi-webdo-n340/</link><pubDate>Sun, 23 Jan 2022 22:43:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/01/dragi-webdo-n340/</guid><category>Gynécologie</category><category>Dermatologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Merci à tous de nous lire encore cette année et d&rsquo;être aussi nombreux à être abonnés ! N&rsquo;hésitez pas à nous faire des commentaires concernant les billets ou le blog (mais pour le module de recherche, on ne pourra pas faire mieux que de vous inciter à passer par Google ou par les pages de spécialités en faisant  une recherche grâce au raccourci ctrl+F) Bonne lecture !</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3310186/fr/covid-19-point-sur-la-prise-en-charge-des-patients-en-ambulatoire">HAS</a> a mis à jour ses recommandations concernant la prise en charge des patients atteints de Covid en ambulatoire. Un patient à risque de forme grave est un patient Covid+ avec soit des symptômes respiratoires, soit un âge supérieur à 65 ans, soit des facteurs de risques. Il est recommandé de leur prescrire un oxymètre de pouls (Et d&rsquo;appeler le 15 si SpO2 &lt;95%) et de les informer du risque d&rsquo;aggravation entre J6 et J12. Les auteurs alertent également sur le risque de PIMS (syndrome inflammatoire multi-systémique) chez les enfants, qui survient entre 4 et 6 semaines après un Covid (souvent fièvre + AEG + signes digestifs).</p>
<p>La <a href="https://has-sante.fr/jcms/p_3311074/fr/covid-19-acces-precoce-accorde-au-paxlovid-en-traitement-curatif">HAS</a> a également validé l&rsquo;utilisation du Paxlovid° (nirmatrelvir/ritonavir) chez les patients atteint de Covid ne nécessitant pas d&rsquo;oxygénothérapie à risque de forme grave et en particulier celles à risque de forme très grave (immunodéprimées) et à risque de forme grave de plus de 65 ans incomplètement vaccinées. De nombreuses précautions sont à prendre notamment lié aux interactions médicamenteuses de ces antiviraux. D&rsquo;après le <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-01/paxlovid_decision_et_avis_ct_et_annexes.pdf">dossier</a> qui fait 94 pages, l&rsquo;évaluation repose sur 1 étude randomisée non publiée à ce jour. Les auteurs retrouvent une survenue d&rsquo;hospitalisation ou de décès chez 0.8% des patients du groupe Paxlovid versus 7% dans  le groupe placebo, soit un NNT de 16 (dont respectivement  0 et 7 décès, NNT=55). L&rsquo;efficacité est semblable que les patients aient été traités dans les 3 jours ou 5 jours après le début des symptômes. Il y a eu 7,3% de patients avec un effet indésirable lié au traitement dans le groupe Paxlovid versus 4.3% dans le groupe placebo soit un NNH de 34 (et respectivement 1 EI grave et 0). Le traitement pourrait donc en effet avoir un intérêt, mais les résultats présentés sont issus d&rsquo;une analyse intermédiaire et nous n&rsquo;avons pas de données sur Omicron. Le traitement est de 5 jours : 2cp de 300mg de nirmatrelvir + 1 cp de 100mg ritonavir   x2/jour.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEhvEOnCALMtO8C6DEAzGOp0Tq2OxNG6Jp-n64YD_Wtv9nNfn8PlZIgvkY0J2h5D5u1Xc3ZDsK9kXJzbm121YGUu_R_lHSfhGlM5Noyqf-FbFEc9ktM2JmkJ_7R9FR4fONY4Xd40bXxZKsQJDKv9pIuJTEiJ66gpFuM7Gd-9eaJMU8Ijty3YLiAsSDqOng=s1077"><img src="/images/articles/2022/avvxsehveoncalmto8c6deazgop0tq2oxng6jp-n64yd-wtv9nnfn8plzigvky0j2h5d5u1xc3zdsk9kxjzbm121yguu-r-lhsfhglm5noyqf-fbfec9ktm2jmkj-7r9fr4fony4xd40bxxzksqjdkv9piujteij66gpfum7gd-9eajmu8ijty3yliassdqong-w640-h173.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Grossesse</p>
<p>On avait abordé les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/01/dragi-webdo-n338.html">recos</a> concernant l&rsquo;HTA gravidique il y a quelques semaines. Le <a href="https://www.bmj.com/content/376/bmj-2021-066333.long">BMJ</a> fait également un point sur le sujet. Les auteurs différencient l&rsquo;HTA chronique survenant avant 20 semaines de grossesse et l&rsquo;HTA gravidique survenant après 20 semaines de grossesse. Les seuils de traitement ne sont pas consensuels allant de 140mmHg à 160mmHg pour la systolique. En effet, le bénéfice du traitement avant 160mmHg est peu éprouvé pour réduire le risque d&rsquo;AVC, de pré-élampsie, de prématurité ou de mort foetale. Le traitement permet cependant de réduire le risque d&rsquo;HTA sévère. Les comparaison directes entre traitements sont rares. Les traitement les plus étudiés sont le labetolol et la nifédipine (c&rsquo;est l&rsquo;Adalate*, pas Loxen*!). La methyldopa est une alternative aux 2 précédents.</p>
<p>3/ Dermatologie</p>
<p>Un <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34976609/">essai randomisé</a> a proposé à des femmes à risque de cancer cutané une formation à l&rsquo;auto-examen cutanée. Les patients pouvaient adresser les images des lésions suspectes à un dermatologue par un outil de télémédecine. Les patientes non formées ont consulté 3 fois plus un médecin pour une lésion bénigne que les patientes formées et majoritairement pour des lésions bénignes. Chez les patientes formées, le diagnostic de mélanome était plus fréquent que chez les patientes non formées. Elles ne ressentaient pas davantage d&rsquo;anxiété lié à cette auto-examen. Ainsi, une formation des patientes à risque par leur dermatologue pourrait peut être améliorer la pertinence du recours au soins.</p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M21-2710">American College of physicians</a> a publié des recommandations concernant les diverticulites aigües. Ils recommandent une prise en charge ambulatoire, sans traitement antibiotique s&rsquo;ils n&rsquo;y a pas de signes systémiques (ça, c&rsquo;est comme les recos <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/12/dragi-webdo-n164.html">HAS</a>). Cependant, il ne recommandent le TDM-abominal qu&rsquo;en cas de doute diagnostic car bien qu&rsquo;il ait une sensibilité de 94% et une spécificité de 99%, les études ne montent pas de bénéfice d&rsquo;un TDM initial systématique par rapport à un TDM si doute ou si signes de complications (et ça, c&rsquo;est différent des recos HAS qui sont pour un TDM à chaque poussée).</p>
<p>5/ Pédiatrie</p>
<p>La <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35029841/">Cochrane</a> a étudié l&rsquo;efficacité des orthèse plantaires (semelles) pour prendre en charge les pieds plats de l&rsquo;enfant. Les auteurs retrouve qu&rsquo;il est peu probable que des orthèses personnalisées ou préfabriquées améliorent la douleur, la fonction ou la qualité de vie en cas de symptômes (sauf peut être en cas d&rsquo;arthrite juvénile idiopathique). Les chaussures adaptées étaient le comparateur dans la plupart des études. Chez les enfants asymptomatiques, il n&rsquo;y a aucun bénéfice démontré non plus.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>La société américaines de diabétologie (ADA) a mis à jour ses <a href="https://diabetesjournals.org/clinical/article/40/1/10/139035/Standards-of-Medical-Care-in-Diabetes-2022">recommandations 2022</a> concernant le diabète de type 2. Comme il n&rsquo;y a pas énormément de nouveautés, on va se concentrer sur certains points. Les auteurs recommandent un dépistage du diabète à 35 ans chez les patients avec un surpoids ou une obésité et des facteurs de risque (atcd familial de diabète, HTA, dyslipidémie, SOPK, VIH, sujets noirs/hispaniques/ originaire de l&rsquo;océan pacifique), ou tous les 3 ans après un diabète gestationnel. Ils recommandent en priorité une mesure continue du glucose avec 70% du temps passé entre 0.7 et 1.8g/L (TIR) , ou une HbA1c &lt; 7% (là dessus, ils ne changent pas). L&rsquo;algorithme de traitement est disponible ci-dessous ou <a href="https://diabetesjournals.org/view-large/figure/4097812/diaclincd22as01f3.tif">ici</a>. La cible tensionnelle recommandée en cas d&rsquo;HTA associée est de 130/80mmHg. Un traitement par statine est recommandé pour tout patient âgé de 40 à 75 ans. L&rsquo;aspirine n&rsquo;est recommandée en prévention primaire que dans certains cas après discussion des bénéfices et risques avec les patients. Enfin, les auteurs recommandent de ne pas dépister systématiquement une coronaropathie chez le patient diabétique en l&rsquo;absence de symptômes!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEgP-okLWJHiqOjDsfHyj3dJXdUR8X9pcOqpQAffnLQy-ZgcmrOPT5HH4bQGupmzSRxkXEDEAsNCzpcXRmTkMo1k3OkFobC_h7mX5pRLfMpD5rXy-HYNZxqn9QTFpr9pbdrdWgY0-w71cglpWL5Iw4uEKMb5p5JVhDkfWG9VYpj05eowdHnWERrmrE79XQ=s2607"><img src="/images/articles/2022/avvxsegp-oklwjhiqojdsfhyj3djxdur8x9pcoqpqaffnlqy-zgcmropt5hh4bqgupmzsrxkxedeasnczpcxrmtkmo1k3okfobc-h7mx5prlfmpd5rxy-hynzxqn9qtfpr9pbdrdwgy0-w71cglpwl5iw4uekmb5p5jvhdkfwg9vypj05eowdhnwerrmre79xq-w640-h448.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°339 : asthme (GINA), hypothyroïdie, mesure continue du glucose, vitamine D/mortalité, SEP, fissure anale, autisme, COVID (vaccin/ménorragies, traitements)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/01/dragi-webdo-n339/</link><pubDate>Mon, 17 Jan 2022 21:11:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/01/dragi-webdo-n339/</guid><category>Pédiatrie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture!</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>Nous parlions la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2022/01/dragi-webdo-n338.html">semaine dernière</a> des signalements de perturbations du cycle menstruel post vaccin Covid. Dans une <a href="https://journals.lww.com/greenjournal/Fulltext/9900/Association_Between_Menstrual_Cycle_Length_and.357.aspx">étude</a> menée chez environ 4000 patientes suivies pendant 6 cycles, les auteurs ont retrouvé une augmentation de la durée moyenne des cycles de moins de 1 jour chez les vaccinées (pas de modification chez les non vaccinées). La durée des règles n&rsquo;était pas modifiée par la vaccination.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m3379">BMJ</a> a mis à jour sa revue évolutive des traitements efficaces dans la Covid. On y retrouve désormais: les corticoïdes (notamment dexaméthasone), les inhibiteurs d&rsquo;IL-6 (tocilizumab) et le baricitinib qui ont démontré un gain de mortalité. Le remdesivir n&rsquo;est pas validé en ambulatoire d&rsquo;après les données de cette revue systématique.</p>
<p> 2/ Pneumologie</p>
<p>Un point de rappel sur les recommandations du <a href="https://www.atsjournals.org/doi/10.1164/rccm.202109-2205PP">GINA 2021</a> a été publié. Les auteurs recommandent un diagnostic par spirométrie à partir de 6 ans. Chez les moins de 5 ans les B2 de courte durée d&rsquo;action permettent de traiter les épisodes initiaux de dyspnée sifflante. Un terrain atopique ou des récidives doivent faire discuter un traitement de fond. Pour tout patient asthmatique, une association CSI+formoterol est recommandée dès le step 1 (asthme intermittent) en traitement à la demande, puis le maintien de ce traitement si besoin au step 2 (traitement de fond + si symptômes). L&rsquo;alternative est un B2 de courte durée d&rsquo;action + des CSI en traitement de fond et en cas de crise. Les auteurs proposent une décroissance thérapeutique en cas d&rsquo;asthme bien contrôlé après 3-4 mois de traitement. Un avis spécialisé est recommandé avant 5 ans en cas de non réponse au traitement initial, quand le diagnostic ne peut être confirmé, en cas de suspicion d&rsquo;asthme professionnel, en cas de symptômes non contrôlés avec CSI dose modérée ou forte + LABA, en cas de recours aux CSI oraux plus d&rsquo;une fois par an.</p>
<p>3/ Pédiatrie:</p>
<p>Le dépistage de l&rsquo;autisme est recommandé à 18 mois. Une <a href="https://molecularautism.biomedcentral.com/articles/10.1186/s13229-021-00480-4">étude</a> a comparé le M-CHAT et le <a href="https://docs.autismresearchcentre.com/tests/QCHAT-10.pdf">Q-CHAT</a>. Alors que les M-CHAT sont plus spécifiques, le Q-CHAT-10 serait plus sensible que le M-CHAT. Malheureusement, il n&rsquo;y a pas de Q-CHAT-10 validé en français.</p>
<p> </p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/376/bmj-2021-066834">BMJ</a> aborde les fissures anales de l&rsquo;adulte. Les douleurs anales peuvent être des fissures, des hémorroïdes, des abcès, des fistules, des cancers, des proctites, des IST ou fonctionnelles. L&rsquo;entretien en faveur d&rsquo;une fissure retrouve des douleurs à la défécations (comme un coup de couteau), la présence de sang rouge à la surface des selles/à l&rsquo;essuyage, l&rsquo;absence incontinence et doit rechercher un retentissement sur la qualité de vie. Les fissures sont généralement causées par de la constipation, des diarrhées, un accouchement, un traumatisme anal, mais aussi des MICI, IST ou cancers. La prise en charge passe par des règles hygiénodiététiques: activité physique, régime riche en fibres. Des bains chauds du périnée peuvent également soulager. La lidocaïne topique est un des traitements de 1ère intention pour soulager la douleur et agit en 30 minutes. Les AINS et le paracetamol peuvent être proposés. Les traitements les plus efficaces seraient la trinitrine topique (on trouve donc le rectogésic° sur le Vidal°) et le diltiazem topique (non disponible dans le vidal). Un avis spécialisé est recommandé chez les patients âgés (risque de cancer plus élevé), en cas de symptômes non soulagés ou persistant après 6-8 semaines.</p>
<p>5/ Neurologie et psychiatrie</p>
<p>Un des articles qui fait beaucoup parler de lui cette semaine et celui publié dans <a href="https://www.science.org/doi/10.1126/science.abj8222">Science</a> et
qui concerne la sclérose en plaque (SEP). Grâce aux prises de sang
systématiques de l&rsquo;armée américaine, les auteurs ont comparé 801 cas de
SEP avec 1566 témoins. Les auteurs retrouvent un risque de SEP multiplié
par 32 chez les patients ayant une sérologie EBV positive (et ce surrisque est non
retrouvé pour les autres virus comme le CMV). La SEP se déclarerait en
moyenne 7,5 ans après la séroconversion EBV. En fait, ce n&rsquo;est pas si novateur mais c&rsquo;est la 1ère fois que cette relation est aussi bien mise en évidence.</p>
<p>Une <a href="https://europepmc.org/article/MED/34976275">revue systématique</a> retrouve que l&rsquo;acupuncture améliore la qualité de vie chez des patients avec syndrome dépressif sous paroxétine. Le niveau de preuve reste quand même faible, seules 5 études ont pu être analysées.</p>
<p>La <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8733777/">Cochrane</a> a étudié si les produits chauffés du tabac permettaient de réduire le tabagisme. Ces produits le chauffent sans entrainer de combustion et ne comprennent les e-cigarettes car ils chauffent des feuilles et non un liquide. Aucune des études retrouvée dans la revue systématique n&rsquo;a montré un bénéfice sur l&rsquo;arrêt du tabac et les risques n&rsquo;ont pas pu être évalués.</p>
<p>6/ Gynécologie</p>
<p>Une <a href="https://e-jmm.org/DOIx.php?id=10.6118/jmm.21022">revue systématique</a> a étudié les traitements complémentaires efficaces dans le traitement des symptômes de la ménopause. L&rsquo;aromathérapie, les massages, le yoga et l&rsquo;acupuncture semblaient améliorer les symptômes psychologiques de la ménopause comme l&rsquo;anxiété, le stress et la dépression. Les échelles utilisées étaient très variables et la qualité des études pas toujours optimales pour permettre de conclure avec un niveau de preuve satisfaisant.</p>
<p>7/ Diabétologie et endocrinologie</p>
<p>Aller finissons en avec la vitamine D. Un <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(21)00345-4/fulltext">nouvel essai contrôlé randomisé</a> a inclus 20 000 participants suivis pendant 5 ans et demi en moyenne et l&rsquo;âge moyen était de 69 ans. Il n&rsquo;y a pas eu de baisse de mortalité globale, ni cardiovasculaire ni non-cardiovasculaire. Voilà!</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(21)00285-0/fulltext">Lancet endocrinology</a> fait un point sur l&rsquo;hypothyroïdie fruste du sujet âgé de plus de 65 ans. Les auteurs retrouvent que les patients souffrant d&rsquo;hypothyroïdie fruste ont un risque augmenté d&rsquo;évènements coronaires et de mortalité globale, notamment pour des TSH &gt; 7 et chez les patients &ldquo;jeunes&rdquo; (de moins de 70-80 ans, environ, selon les études). Le bénéfice d&rsquo;un traitement entre 7 et 10 de TSH est limité le principal essai randomisé n&rsquo;ayant pas recruté suffisamment de patients, les données reposent sur des études rétrospectives montrant un bénéfice possible sur les infarctus et la mortalité. Ainsi, voici l&rsquo;algorithme qu&rsquo;ils proposent:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEgBlQ9G0CplICySVXKDOZsDTNsw8JLQR2__8AgXuAJELWjE2LoJnp6qbRe_7CAVtcwOTpN0RhKa6UODwME-JwF1sJ5OLoQCZ2wJ0t2FLrtAYq-2UYFmTo3lS0VeEFcvMxhQZtMmhJR5tXJFg0wKnPFQNnTIny4-rfPqwWzL4MnMaNePAE8wWjd9qy2hFg=s911"><img src="/images/articles/2022/avvxsegblq9g0cplicysvxkdozsdtnsw8jlqr2-8agxuajelwje2lojnp6qbre-7cavtcwotpn0rhka6uodwme-jwf1sj5oloqcz2wj0t2flrtayq-2uyfmto3ls0veefcvmxhqztmmhjr5txjfg0wknpfqnntiny4-rfpqwwzl4mnmanepae8wwjd9qy2hfg-w640-h429.png" alt=""></a></p>
<p>On avait parlé des <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/06/dragi-webdo-n274.html">recommandations</a> sur la mesure continue du glucose. Dans <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34980591/">cette revue systématique</a>, les patients de ces études avaient un diabète depuis environ 10 ans et une HbA1c moyenne de 8,2%. Une augmentation de 10% du &ldquo;time in range&rdquo; (entre 0,7 et 1,8g/L) était associée à une diminution de l&rsquo;albuminurie, de la sévérité de la rétinopathie diabétique et de la prévalence de la neuropathie diabétique. Ces associations étaient indépendantes de l&rsquo;HbA1C après ajustement sur ce paramètre. Cela semble confirmer que l&rsquo;HbA1c est un assez mauvais critère de substitution car elle ne prend pas en compte la variabilité glycémique qui est maintenant reconnu comme un facteur important. Cependant, l&rsquo;étude ne parle pas des traitements utilisés qui auraient pu avoir un effet sur les complications microvasculaires. Ces données sont néanmoins concordantes avec celles sur le la MCG et le risque de complications macrovasculaires (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/10/dragi-webdo-n286.html">ici</a>), il ne manque plus qu&rsquo;un essai randomisé!</p>
<p>Voilà ! N&rsquo;hésitez pas à vous abonner (et partager l&rsquo;adresse du blog !) sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°338 : e-cigarette (HCSP), BPCO (recos GOLD), HTA/diabète (recos GB), vaccin Covid, remdesivir, AOD, HTA gravidique, primo-infection HSV, Caylus</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/01/dragi-webdo-n338/</link><pubDate>Mon, 10 Jan 2022 21:49:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2022/01/dragi-webdo-n338/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour et bonne année tout le monde ! Nous vous remercions une fois de plus de nous lire. L&rsquo;année commence avec une billet particulièrement riche vu ce qui a été publié ces 3 dernières semaines. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p><a href="https://ansm.sante.fr/actualites/point-de-situation-sur-la-surveillance-des-vaccins-contre-la-covid-19-periode-du-26-11-21-au-09-12-2021">L&rsquo;ANSM</a> revient sur les troubles du cycle menstruels observés suite à la vaccination contre le Covid. Le signal existe, tous les troubles rapportés ont été bénins et résolutifs (aménorrhées, métrorragies, ménorragies) et ont pu survenir après la première ou 2e dose de vaccin à ARNm. Il est rappelé de ne pas méconnaître d&rsquo;autres causes de troubles du cycle menstruel en cas de consultation (grossesse, pathologie gynéco, problème dans la prise de contraceptif).</p>
<p>Une étude rétrospective du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2787319">JAMA</a> a comparé la survenue d&rsquo;évènements thromboemboliques et hémorragiques chez les patients de plus de 65 ans avec une fibrillation auriculaire traitée par apixaban ou rivaroxaban. Les patients sous rivaroxaban avaient un risque d&rsquo;évènements supérieur à ceux sous apixaban (16 vs  13 pour 1000 personnes années). De plus cette augmentation de risque était présente à la fois pour les évènements ischémiques et pour les évènements hémorragiques. Il faut vraiment arrêter de prescrire du rivaroxaban (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/07/dragi-webdo-n191.html">ici</a> ou <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/12/dragi-webdo-n207.html">là</a>).</p>
<p>2 / Covid-19</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé en ambulatoire publié dans le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2116846">NEJM</a> incluait 562 patients non graves avec facteurs de risque de Covid sévère (&gt;60 ans, obésité, comorbidités) ayant des symptômes depuis moins de 7 jours. Le groupe traitement recevait 3 jour de remdesivir (200mg J1, puis 100mg/j). Dans ce groupe le risque d&rsquo;hospitalisation était réduit de 87% (NNT=22 patients) à J28. Aucun patient n&rsquo;est décédé dans l&rsquo;étude. Les patients traités avaient également moins de toux, de pneumopathies mais avaient plus de nausées. le NNT pour entrainer 1 effet indésirable lié au traitement était de 33. Cette étude pourrait faire reconsidérer la place du remdesivir en ambulatoire.</p>
<p>Un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2116597">NEJM</a> aborde
l&rsquo;efficacité vaccinale sur la transmission du virus. Pour environ 100
000 patients positifs, il y avait 150 000 contacts dont 37% étaient
positifs. Sur la variant alpha, une vaccination complète par Pfizer
réduisait de près de 70% la transmission et de 50% avec Astrazeneca. Sur
le variant delta, les réductions de transmissions étaient
respectivement de 50% et 25%.</p>
<p>Les <a href="https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/1044481/Technical-Briefing-31-Dec-2021-Omicron_severity_update.pdf?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">autorités sanitaires britanniques</a> ont publié une rapport décrivant un risque d&rsquo;infection à covid omicron réduit de 65% les hospitalisations après une 2ème dose de vaccin et de 81% après une dose booster (sur le variant delta, ces réductions étaient respectivement de 82% et 85%). Cependant, l&rsquo;efficacité à plus de 10 semaines du boost baissait à environ 50% selon le vaccin initial.</p>
<p>3/ Cardiologie</p>
<p>Des <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8722287/">recommandations britanniques</a> sont parues concernant la prise en charge de la pression artérielle chez les patients avec néphropathie diabétique. Globalement, les auteurs recommandent une cible thérapeutique à 140/90 en l&rsquo;absence de microalbuminurie, 130/80 en cas de microalbuminurie et 150/90 après 75 ans, avec un traitement par IEC (les ARAII sont une alternative si intolérance).</p>
<p>Un article de la <a href="https://www.ahajournals.org/doi/epdf/10.1161/HYP.0000000000000208">société américaine de cardiologie</a> concerne les divergences concernant la prise en charge de l&rsquo;HTA gravidique (on avait parlé des recos du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/09/dragi-webdo-n237-boulimie-has.html">NICE</a> et de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/01/dragi-webdo-n78.html">SFHTA</a>). En effet, les anciennes recommandations américaines, comme les françaises, proposaient un seuil de traitement et un objectif à  160mmHg, mais il est possible que conserver un seuil classique à 140/90 (comme les britanniques) permette de réduire légèrement les complications. Le labetalol et le methyldopa sont les traitement les plus éprouvés, puis la nifedipine est également une option possible. L&rsquo;HTA gravidique peut se maintenir 4 semaines après l&rsquo;accouchement, il est donc nécessaire de continuer de surveiller les patientes au décours de l&rsquo;accouchement.</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1138">HCSP</a> a publié une mise à jour de son avis concernant l&rsquo;e-cigarette dans le sevrage tabagique. Les auteurs recommandent aux médecins de proposer des produits avec un niveau de preuve démontré: les substituts, mais pas les produits de vapotage avec ou sans nicotine (bien que <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/02/dragi-webdo-n213.html">certaines études</a> aient néanmoins montré un bénéfice). Ils pensent cependant que cela peut être un outil utilisable chez les patients en faisant expressément la demande (mais pas chez les femmes enceintes).</p>
<p>Les recommandations internationales du <a href="https://goldcopd.org/wp-content/uploads/2021/11/GOLD-REPORT-2022-v1.0-12Nov2021_WMV.pdf">GOLD</a> concernant la prise en charge de la BPCO en 2022 ont été publiées. Une BPCO doit être suspectée devant des patients présentant une dyspnée, une toux chronique ou des bronchites récurrentes et/ou une exposition à un facteur de risque de BPCO (tabac, profession). Le diagnostic est à confirmer par une spirométrie montrant un VEMS/CV &lt; 0,7. Il est nécessaire de faire un test de bronchodilatation pour évaluer l&rsquo;état pulmonaire des patients mais le degré de réversibilité n&rsquo;est plus un critère orientant vers un BPCO, ni pour différencier d&rsquo;un asthme: la spirométrie peut donc être faite sous traitement. Un dosage 1 fois dans la vie de l&rsquo;alpha-1-antitrypsine est recommandé, tout comme une radiographie thoracique pour éliminer un diagnostic différentiel et rechercher des comorbidités pulmonaires. Le sevrage tabagique est la clé du traitement (et la balance bénéfice/risque des e-cigarettes est incertaines) et la vaccination antipneumococcique recommandée. Les auteurs classifient la BPCO selon le VEMS, mMRC et le CAT, et le traitement initial est défini comme dans l&rsquo;image ci dessous.</p>
<p>Les LABA (B2 longue durée d&rsquo;action) et LAMA (anti muscariniques) sont indiqués en 1ère intention avec une léger avantage pour ces derniers sur le risque d&rsquo;exacerbation et d&rsquo;hospitalisation. Puis la bithérapie est recommandée en cas de symptômes non contrôlés. Les CSI peuvent être ajoutés s&rsquo;il y a un asthme concomitant, plus de 2 exacerbations modérées dans l&rsquo;année ou une hospitalisation malgré la bithérapie, les éosinophiles sont &gt;300 sur la NFS. L&rsquo;azithromycine 3 fois par semaine peut apporter un bénéfice sur les exacerbations chez les anciens fumeurs uniquement.</p>
<p>Concernant les exacerbations, il s&rsquo;agit de dégradation de l&rsquo;état respiratoire requérant l&rsquo;ajout d&rsquo;un traitement supplémentaire. Les EABPCO légères sont traitées par ajout d&rsquo;un SABA (salbutamol par exemple). Les EABPCO modérées peuvent nécessiter des corticoïdes (pour réduire la durée des symptômes: 40mg pendant 5 jours) ou des antibiotiques (si signes d&rsquo;infection: amox+ac.clavu, macrolides ou cyclines). Les EABPCO sévères nécessitent une hospitalisation.</p>
<p>Enfin, concernant les comorbidités, les auteurs recommandent un dépistage du cancer du poumon annuel par scanner faible dose chez les patients avec BPCO liée au tabac et un dépistage des comorbidités cardiovasculaires. Le RGO, l’ostéoporose, l&rsquo;anxiété et la dépression sont sous diagnostiqués et peuvent aggraver le pronostic.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEhGzlwXgBslA5Z49aRlLeDATaV7gC35Wmf9djFfPTwWp7P6CRHqHSji0YgfiXLIXd7j_S6-rSw03A6RdayKg31RN6Rf7boovL-edv1Gjcwl4XYCp3eeyzguQvVHftGX7Ap1civ4cCwP9_OC6QCX85qb5NeRQxL1-ICQpd9r8leXmAJeF7XJdqDni0nlKQ=s1064"><img src="/images/articles/2022/avvxsehgzlwxgbsla5z49arlledatav7gc35wmf9djffptwwp7p6crhqhsji0ygfixlixd7j-s6-rsw03a6rdaykg31rn6rf7boovl-edv1gjcwl4xycp3eeyzguqvvhftgx7ap1civ4ccwp9-oc6qcx85qb5nerqxl1-icqpd9r8lexmajef7xjdqdni0nlkq-w640-h216.png" alt=""></a></p>
<p>5/ pédiatrie:</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/375/bmj-2021-065540.short">BMJ</a> aborde les gingivo-stomatites liées à une primo-infection herpétique. L&rsquo;évolution naturelle est de 10 à 14 jours. Un traitement par aciclovir oral est indiqué s&rsquo;il est débuté dans les 5 premiers jours. L&rsquo;application de chlorexidine 0.1-0.2% appliquée sur les lésions avec un coton ou en bain de bouche après 6 ans peut éviter les surinfections. L&rsquo;hydratation et l&rsquo;utilisation de glace sont également des éléments de la prise en charge. Les diagnostics différentiels sont à évoquer devant une tuméfaction, une érythroplasie ou une ulcération persistant plus de 3 semaines. Un avis est nécessaire devant ces signes ou une impossibilité de réhydrater l&rsquo;enfant, ou devant la persistance des symptômes après 14 jours.</p>
<p>6/ diabétologie:</p>
<p>Une revue systématique du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2787632">JAMA</a> a
étudié l&rsquo;efficacité cardiovasculaire des inhibiteurs de SGLT2. Les
auteurs confirment le bénéfice cardiovasculaires, mais celui ci est
notamment porté par la réduction des insuffisances cardiaque car ils ne
réduisent pas la survenue d&rsquo;infarctus du myocarde.</p>
<p>7 / Le jeu du mois : &ldquo;Caylus 1303&rdquo;</p>
<p>&ldquo;Caylus 1303&rdquo; est une actualisation légèrement simplifiée du jeu de stratégie &ldquo;Caylus&rdquo; primé en 2005. L&rsquo;objectif est de gagner des points de victoire en apportant des ressources permettant la construction du château. Pour cela, il faudra récolter des ressources disponible dans les bâtiments disposés tout le long de la route et en construire de nouveaux grâce à vos ouvriers. Cependant, tout le monde ne pourra pas accéder aux ressources dont il a besoin à chaque tour. Le jeu est vraiment très sympathique, demandant de la réflexion mais avec une mécanique très accessible. Bref, de quoi passer de bon moments!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEgLv40K8p2l33d3Yy0c7svCkeBrP_VUgaFs8y_LRz_DzwrxQz61eo_2EF-9aFlFdBbR0GsReaMkrrI-FdSPVVKHt0-q7mP-s25zxDjK3utibCnX0AvAMUVp25ZQ-Bxwr3lp3OTHoS1Dj5EAsvbS3u8MEaTT93xxlEvuo9s3JF_BiiWdhT2-v2g5wMMFDQ=s4032"><img src="/images/articles/2022/avvxseglv40k8p2l33d3yy0c7svckebrp-vugafs8y-lrz-dzwrxqz61eo-2ef-9aflfdbbr0gsreamkrri-fdspvvkht0-q7mp-s25zxdjk3utibcnx0avamuvp25zq-bxwr3lp3othos1dj5easvbs3u8meatt93xxlevuo9s3jf-biiwdht2-v2g5wmmfdq-w400-h225.jpeg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini! Vous pouvez toujours vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°337: Contraception (masculine/féminine), Covid (myocardites, grossesse, Novavax), GEA, régurgitations, CBD/THC, PMA, dépression, démence, burn-out, #BMJChristmas</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/12/dragi-webdo-n337/</link><pubDate>Tue, 21 Dec 2021 19:04:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/12/dragi-webdo-n337/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pédiatrie</category><category>Douleur</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à vous, pour certains vous êtes peut-être déjà en vacances, pour d&rsquo;autres, vous assurez encore vaccins, tests covid, consultations, &hellip; Merci ! Voici de dernier DW de l&rsquo;année avec les actualités de la semaine !  Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Les dispositifs intra-utérins de type <a href="https://ansm.sante.fr/actualites/suspension-de-marquage-ce-des-sterilets-iub-ballerine-nous-publions-des-recommandations-a-destination-des-femmes-porteuses-de-ce-sterilet-et-des-professionnels-de-sante">Ballerine</a> ont perdu leur norme CE en rapport avec un taux d&rsquo;expulsions élevé, associés ou non à des grossesses. Il est conseillé de réaliser une échographie (plutôt 3D) pour vérifier que les DIU déjà posés sont en place, et de privilégier les autres dispositifs pour la pose (de toute manière, les Ballerine ne sont plus commercialisés sans norme CE).</p>
<p>L&rsquo;ANSM revient sur <a href="https://ansm.sante.fr/actualites/anneau-contraceptif-masculin-andro-switch-il-faut-demontrer-lefficacite-et-la-securite-du-dispositif-1">l&rsquo;androswitch</a> masculin, anneau en silicone à visée contraceptive. Comme pour le DIU ballerine, la norme CE n&rsquo;est plus possible et la commercialisation suspendue en l&rsquo;absence de données suffisantes sur la sécurité, avec notamment un risque de sténose de l&rsquo;urètre. Il est conseillé de ne pas entamer de projet de grossesse dans les 6 mois après son utilisation après quoi il est conseillé de réaliser un spermogramme.</p>
<p>Face au risque de surdosage de méthadone et d&rsquo;ingestion accidentelle par les enfants, <a href="https://ansm.sante.fr/actualites/deces-denfants-suite-a-lingestion-accidentelle-de-methadone-rappel-des-regles-de-bon-usage">l&rsquo;ansm</a> rappelle les règles de bon usage : hors de portée des enfants, ne pas ouvrir avant l&rsquo;utilisation, ne jamais consommer devant les enfants. Par ailleurs, la prescription associée de naloxone est recommandée afin d&rsquo;en permettre l&rsquo;administration en cas de surdosage.</p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>Un <a href="https://www.nature.com/articles/s41591-021-01630-0">article</a> de Nature retrouve que le surrisque de myocardite était de 2 pour 1 million avec le vaccin Vaxzevira (AZ), 1 pour 1 million avec le Comirnaty (Pfizer) et 16 avec le Spikevax (Moderna) (dont 10 après la 2ème dose). Ce surrisque n&rsquo;était retrouvé que chez les moins de 40 ans.</p>
<p>Une <a href="https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1003857">étude</a> rétrospective française a comparé les risques de COVID chez les femmes enceintes de plus de 22 SA en incluant  244 000 naissances dont  875 chez des patientes atteintes de COVID. Les patientes COVID+ avaient un surrisque d&rsquo;hospitalisation en réanimation (5.9% versus 0.1%), de mortalité (0.2% versus 0.005%), de prééclampsie (4.8% versus 2.2%), d&rsquo;hémorragie du post partum (10.0% versus 5.7%), d&rsquo;accouchement prématuré (16.7% versus 7.1%, et de césarienne (33.0% versus 20.2%). Bref, mieux vaut être vaccinée.</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2116185">NEJM</a> a publié une étude concernant l&rsquo;efficacité du vaccin Novavax, un vaccin recombinant. Environ 20 000 patients ont reçu le vaccin et 10 000 un placebo. Il y a eu 21 cas pour 1000 personnes dans le groupe vacciné versus 52 dans le groupe non vacciné (NNT=32 patients par an). En utilisant la population per protocole, les auteurs estiment l&rsquo;efficacité du vaccin à 90% sur les formes symptomatiques et 100% sur les formes sévères. Les effets secondaires locaux et généraux touchaient environ 40% des patients (fatigue, céphalées, myalgies, réactions locales).</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>Une <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13814788.2021.2011205">étude</a> a observé les gastroentérites chez les moins de 2 ans ayant consulté la permanence de soin pour gastro-entérite aigue. Il y avait 63% de rotavirus, et les enfants avec rotavirus n&rsquo;avaient pas une GEA plus sévère que ceux ayant une infection à un autre virus. Environ 15% étaient adressées pour avis pédiatrique dans les 7 jours quel que soit la cause de l&rsquo;infection. La plus grosse limite de cette étude est qu&rsquo;il n&rsquo;y avait que 75 enfants inclus.</p>
<p>Une <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/mcn.13290">revue</a> systématique s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;efficacité des probiotiques dans la prévention et le traitement des régurgitations. Les auteurs retrouvent une efficacité avec une réduction de 1,8 épisode de régurgitation par jour, mais une augmentation de 1,3 du nombre de selles par jour. Il n&rsquo;y avait pas de différence sur la prise de poids. Il faut quand même dire que l&rsquo;hétérogénéité était élevée.</p>
<p>4/ Cardiopulmonaire</p>
<p>Une revue du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2786196">JAMA cardiology</a> a testé une application pour améliorer la qualité de vie des patients avec fibrillation auriculaire (FA) en limitant la survenue de facteurs déclencheurs (alcool, caféine, temps de sommeil réduit, activité physique, déshydratation, repas copieux etc&hellip;). Au final, cela n&rsquo;améliorait pas la qualité de vie mais il y avait moins d&rsquo;épisodes de FA. L&rsquo;alcool était le seul facteur associé à la survenue d&rsquo;évènements de FA.</p>
<p>5/ Douleur</p>
<p>Une <a href="https://www.minervamedica.it/en/journals/europa-medicophysica/article.php?cod=R33Y9999N00A21121701">revue</a> systématique s&rsquo;est intéressée au traitement du canal carpien par ultrason. Les auteurs retrouvent une amélioration des latences motrices distales avec ce traitement et concluent que cela implique une amélioration neurophysiologique et une réduction du grade de sévérité. Cependant, il n&rsquo;y avait pas de différence concernant la douleur, la sévérité des symptômes, la force musculaire et la capacité fonctionnelle. Donc, non, ce traitement n&rsquo;est pas efficace.</p>
<p>On avait parlé du cannabis thérapeutique <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/09/dragi-webdo-n323.html">ici</a>. Voici une <a href="https://jdapm.org/DOIx.php?id=10.17245/jdapm.2021.21.6.479">revue</a> systématique concernant l&rsquo;usage de CBD et THC dans les douleurs neuropathiques. Dans cette étude, l&rsquo;utilisation de CBD, THC et dronabinol réduisaient la douleur de 6 à 9 points sur une échelle de 0 à 100 et les patients avaient environ 80% de chance d&rsquo;obtenir une réduction de 30% de la douleur par rapport au placebo. Les effets indésirables étaient de l&rsquo;anxiété, une sédation, des vertiges, des nausées, de la fatigue, une bouche sèche et de la toux.</p>
<p>6/ Psychiatrie </p>
<p>Le JAMA revient sur la santé mentale des adolescents issus d&rsquo;une PMA (FIV/ICSI) à travers cette <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34910092/">cohorte</a> suédoise ayant inclus 1 221 812 enfants. Les adolescents nés par PMA n&rsquo;avaient pas de surrisque de dépression ou de risque suicidaire, et ce indépendamment de la technique utilisée. Il y avait cependant légèrement plus de troubles anxieux, différence expliquée par les caractéristiques des parents plus que par la PMA elle même d&rsquo;après les auteurs.</p>
<p>Toujours dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/fullarticle/2786974?utm_source=podcast_platforms&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=related_article_links">JAMA</a>, une étude a comparé une prise en charge par pallier (d&rsquo;abord les thérapies faibles, puis on augmente leur &ldquo;force&rdquo; selon l&rsquo;évolution) avec une prise en charge stratifiée (la thérapie initiale dépend des symptômes et peut être une thérapie faible ou modérée selon un algorithme de personnalisation). Il y avait 40% d&rsquo;amélioration des symptômes supplémentaire dans le groupe de PEC stratifiée (52 % vs 45 %). Le coût de cette PEC par patient était supérieur à une PEC par pallier (+£100), mais les auteurs concluent que compte tenu du bénéfice, c&rsquo;est quand même cout-efficace. Bref, personnalisons les interventions !</p>
<p>Cet <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34912512/">essai randomisé</a> contre placebo a proposé à des femmes enceintes (3e trimestre) avec au moins un FDR de dépression du post partum (DPP) de prendre de 80mg de vitamine B6 au cours du 3e trimestre et en post partum avec évaluation 1,5 mois après l&rsquo;accouchement. Le faible nombre de patientes incluses (81) rend les stats fragiles mais l&rsquo;étude met en évidence une réduction significative des DPP dans le groupe intervention. On attend donc d&rsquo;autres études sur le sujet !</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/es/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013304.pub2/abstract/es">Cochrane</a> revient sur les traitements antipsychotiques chez les patients présentant une démence vasculaire ou d&rsquo;Alzheimer dans l&rsquo;agitation ou la psychose.</p>
<ul>
<li>Les antipsychotiques typiques (ex: haldoperidol) pourraient diminuer légèrement l&rsquo;agitation et la psychose chez les patients atteints de démence.</li>
<li>Les antipsychotiques atypiques (ex: risperidone, olanzapine, aripiprazole, quetiapine) réduisent légèrement l&rsquo;agitation dans la démence, mais leur effet sur la psychose dans la démence est négligeable.</li>
<li>L&rsquo;efficacité apparente des médicaments observée dans la pratique quotidienne peut s&rsquo;expliquer par une évolution naturelle favorable des symptômes, comme cela a été observé dans les groupes placebo.</li>
<li>Attention, les deux classes de médicaments augmentent le risque de somnolence et d&rsquo;autres effets indésirables.</li>
</ul>
<p>Cette <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34831796/">étude française</a> revient sur l&rsquo;épuisement professionnel des généralistes. On y retrouve malheureusement des résultats semblables à la santé mentale des étudiants en médecine&hellip; 44,8% des 1926 généralistes interrogés rentrent dans la définition du burn out selon l&rsquo;échelle de Maslach. Être maître de stage et travailler en groupe (mais aussi réaliser des visites à domicile) semblaient être des facteurs protecteurs tandis que travailler plus de 50h par semaine ou plus de 28 consultations par jour des facteurs favorisants. Prenez soin de vous !</p>
<p>7/ C&rsquo;est noël avec le BMJ :</p>
<p>Un peu de légèreté désormais avec la sélection du traditionnel BMJ de noël. Ça mériterait presque des chants de noël et des <a href="https://twitter.com/hashtag/sapinNoel2021?src=hashtag_click">sapins</a> (avec une pensée pour la guirlande lumineuse de @<a href="https://twitter.com/vonbateman/status/1470337798368542722">vonbateman</a>)</p>
<p>Le Heavy Metal est un enjeu national finlandais. Ainsi, une <a href="https://www.bmj.com/content/bmj/375/bmj-2021-067633.full.pdf">étude</a> de cohorte de près de 4 millions de personne a regardé la mortalité des habitants selon la densité de groupes de heavy métal dans la commune. Après ajustement sur le niveau socio-économio-culturel, il y avait une moindre mortalité dans les communes avec une forte densité de groupes de heavy métal. D&rsquo;après les auteurs, cela contribuerait à promouvoir la santé par des modes de vie plus sains et un sens plus fort de la communauté!</p>
<p>Continuons avec la chanson <a href="https://www.bmj.com/content/375/bmj-2021-067726.long">“1-800-273-8255”</a> de Logic qui aborde le suicide. La sortie de cette chanson s&rsquo;est accompagné d&rsquo;une augmentation des appels de la ligne d&rsquo;aide Lifeline de 10 000 appels (+7%) et les auteurs ont retrouvé une réduction de 245 décès par suicides (5.5%) par rapport au nombre attendu sur la période.</p>
<p>Pour finir, que vont devenir les <a href="https://www.bmj.com/content/375/bmj-2021-068001">super héros Marvel</a>? Un point positif, ils suivent globalement bien les règles hygiénodiététiques recommandées en faisant beaucoup d&rsquo;activité physique, ils ne fument pas et ne boivent pas (enfin sauf Thor). Ils sont également socialement bien intégrés ce qui permet de réduire leur risque de démence, mais ce risque est augmenté par les nombreux traumatismes physiques et psychologiques qu&rsquo;ils subissent (et il y a un risque de surdité compte tenu de l&rsquo;exposition répétés aux bruits importants comme les explosions). Et sinon, on peut craindre de Bruce Banner (Hulk), une survenue de trouble du rythme cardiaque car sa fréquence dépasse 200bpm pour qu&rsquo;il se transforme en Hulk et son IMC est alors de 120kg/m² (pas top)!</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine, on vous souhaite de jolies fêtes ! N&rsquo;hésitez pas à vous abonner (et partager l&rsquo;adresse du blog !) sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez votre adresse mail e-mail tout en haut à droite sur la page <em>(sans oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail intitulé &ldquo;FeedBurner Email Subscriptions&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams)</em></p>
<p>A l&rsquo;année prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°336 : Diabète (recos SFD), coronaropathies (recos ESC), Covid (réinfection, boost), embolie pulmonaire, hyperactivité vésicale, angine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/12/dragi-webdo-n336/</link><pubDate>Sun, 12 Dec 2021 22:42:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/12/dragi-webdo-n336/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Urologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ou bonsoir ! Voici sans plus attendre les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p> 1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2786014">JAMA internal medicine</a> revient sur les traitements pouvant augmenter la pression artérielle. Dans une cohorte américaine de  27 000 personnes représentatives de la population américaine, 15% prenait des traitements pouvant majorer la PA, notamment antidépresseurs et AINS en grande majorité (puis corticoïdes, oestrogènes, stimulants, testostérone, décongestionnants, neuroleptiques).</p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>L&rsquo;arrivée des nouveaux variants fait poser la question des réinfections. Cet article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanhl/article/PIIS2666-7568(21)00253-1/fulltext?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">Lancet</a> a retrouvé entre 1,5% et 3,5% de réinfections chez des patients ayant eu une infection à Covid-19. Il s&rsquo;agissait du personnel et de patients d&rsquo;ehpad (donc des patients jeunes et des très âgés). L&rsquo;immunité liée à une infection antérieure serait efficace au moins 9 mois.</p>
<p>Une nouvelle <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2115624">étude</a> a comparé l&rsquo;efficacité d&rsquo;un boost vaccinal 5 mois après 2 doses de vaccin Pfizer chez 840 000 patients de plus de 50 ans. Les auteurs retrouvent un risque de décès par Covid de  0,16 patients pour 100 000 chez les boostés versus 2,98 pour 100 000 chez les non boostés soit une réduction de 90% de la mortalité et un équivalent de NNT de 35 000 patients&hellip; (et une réduction des Covid symptomatiques de 83%).</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3304161/fr/covid-19-deux-nouveaux-traitements-evalues-par-la-has">HAS</a> s&rsquo;est prononcée contre l&rsquo;utilisation du molnupiravir chez les patients avec une forme légère à modérée à risque de développer une forme sévère compte tenu d&rsquo;une efficacité inférieure aux anticorps monoclonaux et d&rsquo;un risque mutagène suspecté par l&rsquo;ANSM.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork-com.proxy.insermbiblio.inist.fr/journals/jama/article-abstract/2786829">étude</a> française a évalué la règle &ldquo;YEARS&rdquo; dans la prise en charge diagnostique de l&rsquo;embolie pulmonaire. Les patients inclus étaient soit à risque intermédiaire, soit à risque faible avec au moins 1 critère <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/02/dragi-webdo-n171.html">PERC</a>. Le score YEARS était ensuite calculé (1 point par item: hémoptysie, signes cliniques de TVP, l&rsquo;EP est le diagnostic le plus probable). Si le YEARS est &gt;0 , les D-Dimères ajustés à l&rsquo;âge sont indiqués. Si le YEARS = 0, les D-dimères avec un seuil fixe à 1000 sont effectués. Un TDM était ensuite indiqué si les D-dimères étaient supérieurs au seuil et sinon l&rsquo;EP était exclue. Cette stratégie était comparée au standard d&rsquo;utilisation des D-dimères ajustés à l&rsquo;âge d&rsquo;emblée. Le critère de jugement était le diagnostic de TVP à 3 mois (étrange comme critère pour un algorithme d&rsquo;EP). Sur les critères secondaires, il y avait moins d&rsquo;imageries effectuées, la durée de séjour aux urgences était plus courte et il n&rsquo;y avait pas de différence sur la mortalité à 3 mois. Ainsi, l&rsquo;utilisation de YEARS ne diminue pas la probabilité de trouver une EP mais réduit l&rsquo;utilisation de l&rsquo;imagerie.</p>
<p>Les sociétés américaines de cardiologie ont publié des <a href="https://www.ahajournals.org/doi/abs/10.1161/CIR.0000000000001039?af=R">recommandations</a> concernant la revascularisation coronaire. Le point intéressant les généralistes concerne les durées d&rsquo;antiagrégation plaquettaire. Chez les patients avec coronaropathie stable, les auteurs recommandent 6 mois d&rsquo;aspirine + clopidogrel en cas de stent actif et 1 mois seulement en cas de stent nu. En cas de syndrome coronaire aigu, les auteurs recommandent 12 mois de bithérapie par aspirine + clopidogrel ou prasugrel ou ticagrelor. Passé ces délais, une monotharapie est recommandée mais prolonger la biantiagrégation plaquettaire est proposé chez les patients avec un risque hémorragique faible (grade IIb). En cas de risque hémorragique élevé, les bithérapies peuvent également être interrompues plus précocement.</p>
<p>4/ Urologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/375/bmj-2020-063526">BMJ</a> aborde les vessies hyperactives chez les femmes. Le bilan d&rsquo;hyperactivité vésicale doit faire rechercher une infection urinaire, la nycturie peut être évocatrice d&rsquo;insuffisance cardiaque et il faut exclure une incontinence d&rsquo;effort. Le calendrier mictionnel permet de mieux caractériser les symptômes. L&rsquo;examen comprend une palpation abdominale, une recherche de prolapsus et d&rsquo;atrophie vaginale et une BU qui doit être normale. La prise en charge commence par des mesures conservatives: perte de poids, éviter les boissons gazeuses et la caféine. La rééducation consiste à essayer de se retenir 5 à 15 minutes de plus, de façon progressive pour arriver à espacer les mictions de 2h30. Les auteurs proposent des oestrogènes vaginaux pour traiter l&rsquo;atrophie vaginale. Puis les anticholinergiques sont indiqués (mais à éviter chez les sujets âgés). Les auteurs préfèrent solifenacine qui a moins d&rsquo;effets secondaires que l&rsquo;oxybutynine. Enfin des bêta 3 agonistes peuvent être utilisés comme le mirabegron.</p>
<p>5/ Pédiatrie</p>
<p>La <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34881426/">Cochrane</a> a mis à jour sa revue concernant les antibiotiques dans l&rsquo;angine. Les céphalées et douleur de gorge étaient réduites, les phlegmons, otites moyennes et RAA également. Cependant les sinusites n&rsquo;étaient pas modifiées.</p>
<p>6/ Diabétologie </p>
<p>La <a href="https://www.sfdiabete.org/sites/www.sfdiabete.org/files/files/ressources/reco_dt2_sfd_2021.pdf">société française de diabétologie</a> a publié sa prise de position 2021. Concernant les cibles glycémiques, rien ne change, on reste sur une cible &lt; 7% pour la majorité des patients, voire  &lt;6,5% si atteignable sans traitement donnant des hypoglycémies. Pour les patients avec un diabète de plus de 10 ans, des comorbidités sévères, une insuffisance rénale sévère et les sujets fragiles de plus de 75 ans, la cible est entre  7 et 8%. La cible de 9% est acceptable pour les patients dépendants avec des comorbidités sévères.</p>
<p>Sur le plan thérapeutique, la SFD semble rejoindre les recommandations de l&rsquo;EASD avec quelques nuances. La metformine est le traitement de 1ère intention. En présence de maladie rénale chronique, d&rsquo;insuffisance rénale chronique et de maladie CV établie, les inhibiteurs de SGLT2 sont recommandés en bithérapie quel que soit l&rsquo;HbA1C et les analogues du GLP1 sont une alternative (sauf pour la maladie CV établie où c&rsquo;est équivalent). En l&rsquo;absence de ces pathologies, les inhibiteurs de DPP-4, sulfamides, iSGLT2 et aGLP1 sont recommandés en bithérapie en cas de cible d&rsquo;HbA1c non atteinte, en privilégiant ces 2 dernières classes en cas d&rsquo;obésité. Les auteurs précisent que les bithérapies metformines + sulfamides ne sont pas à privilégier. En cas de bithérapie insuffisante pour obtenir un contrôle glycémique, les auteurs recommandent principalement d&rsquo;ajouter un iSGLT2 ou aGLP1 pour obtenir une trithérapie, puis de passer à une insulinothérapie basale (ou d&rsquo;aller directement a l&rsquo;insulinothérapie après la bithérapie).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEjfUrj7zu0aJC5AS_t_rGPZTkco_EJvaaqmrhwsmBUrLikbkSt3jrwoWdVBaFOfucmBmnDYBsFKLTt6feYubMyCpjjYX1yb32CtJP8wAYsDjb_0ToI9lHLYgxMKIGDfYxX8vXEuSv_XIAoaJeRIaia_1t4YJ4F_1UUjOPIZfsRGD5HDLYN-5c55mYg7tA=s1435"><img src="/images/articles/2021/avvxsejfurj7zu0ajc5as-t-rgpztkco-ejvaaqmrhwsmburlikbkst3jrwowdvbafofucmbmndybsfkltt6feyubmycpjjyx1yb32ctjp8waysdjb-0toi9lhlygxmkigdfyxx8vxeusv-xiaoajeriaia-1t4yj4f-1uujopizfsrgd5hdlyn-5c55myg7ta-w640-h344.png" alt=""></a></p>
<p>Voilà pour les actualités de la semaine ! N&rsquo;hésitez pas à vous abonner sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus <em>(et @DrePetronille pour la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°335 : Covid (vaccins, protection), empagliflozine, infection urinaire, grossesse/tabac, contraception, gut feeling, infectio/James Bond, Galèrapagos</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/12/dragi-webdo-n335/</link><pubDate>Sun, 05 Dec 2021 22:43:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/12/dragi-webdo-n335/</guid><category>Infectiologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Pour ceux qui ont raté le congrès du #CNGE2021, vous pouvez aller retrouver les LiveTweets des sessions par <a href="https://twitter.com/search?q=%23CNGE2021&amp;src=typed_query&amp;f=live">ici</a>. Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Covid</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/375/bmj-2021-065312?s=09">BMJ</a> a publié une infographie interactive très intéressante sur l&rsquo;efficacité des mesures de protection pour limiter la transmission du Covid. Vous pouvez faire varier le port de masque, les activités (parler, manger, crier, tousser&hellip;), le lieu (intérieur ventilé ou non, extérieur&hellip;) pour visualiser le risque de transmission du virus.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEhOXg2U9ZwofLFnYg02lzN9HknFrHg9pDP_hbwQc2xUcKv4CxhGO83TPTCQyqvCxH2O-LLTBpRDRUfAgEwJUpDocbJSVLP-yHpwUvvbkOcGuLze-wqHsm2PGZO5b_NQZQKmIZc5MyFkHuyfLth0bEc81SPLshQl_91NQ-MVtejluz9sAuq-ot4HgI0wpw=s727"><img src="/images/articles/2021/avvxsehoxg2u9zwoflfnyg02lzn9hknfrhg9pdp-hbwqc2xuckv4cxhgo83tptcqyqvcxh2o-lltbprdrufagewjupdocbjsvlp-yhpwuvvbkocgulze-wqhsm2pgzo5b-nqzqkmizc5myfkhuyflth0bec81splshql-91nq-mvtejluz9sauq-ot4hgi0wpw-w400-h203.png" alt=""></a></p>
<p>Il y a quelques mois s&rsquo;était tenu le <a href="https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(21)00673-3/fulltext#%20">concert test</a> d&rsquo;Indochine à l&rsquo;AccorHotels Arena. Les 6000 participants âgés de 18 à 45 ans sans facteur de risque cardiovasculaire devaient faire un test antigénique dans les 3 jours précédent l&rsquo;évènement. Ils ont été randomisés en 2 groupes: participation au concert et pas de participation au concert. Sept jours après le concert, 0,2% des participants au concert avaient une PCR positive versus 0,15% du groupe contrôle, ce qui a rempli les critères de non infériorité. Cela a permis de conclure qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de surrisque à réaliser des concerts dans ces conditions (mais l&rsquo;incidence de Covid était plus faible qu&rsquo;actuellement). </p>
<p>Une <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(21)00491-4/fulltext?utm_campaign=lancetcovid21&amp;utm_content=189295738&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-27013292">étude</a> publiée dans le JAMA Respir Med a étudié le risque d&rsquo;hospitalisation pour covid chez les enfants asthmatiques de 5 à 17 ans. 60 000 enfants asthmatiques ont été étudiés : 0,1% ont été hospitalisés versus 0,05% chez les non asthmatiques. Les patients ayant un asthme bien contrôlé avait un léger sur-risque d&rsquo;hospitalisation par rapport aux non asthmatique (RR= 1,36). Ceux avec un asthme mal contrôlé ayant eu des corticoïdes oraux au moins 2 fois dans l&rsquo;année ou une hospitalisation dans l&rsquo;année avait un risque d&rsquo;hospitalisation pour Covid (respectivement RR= 3,5 et RR= 6,4).</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3302411/fr/covid-19-la-has-recommande-la-vaccination-des-enfants-fragiles">HAS</a> recommande la vaccination des enfants de 5 à 11 ans s&rsquo;ils ont une ou plusieurs comorbidités, ou qu&rsquo;ils vivent avec des personnes ayant des comorbidités ou ne pouvant pas être vaccinées.</p>
<p>Deux cent mille vétérans américains vaccinés par le vaccin Comirnaty et autant vaccinés par le vaccin Moderna ont été comparés pour étudier l&rsquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2115463">efficacité entre les 2 vaccins</a>. Il y avait une incidence de Covid-19 respective de 5,8 pour 100 000 et 4,5 pour 100 000 vaccinés, soit un risque de Covid augmenté de 40% avec le Comirnaty. Le risque d&rsquo;hospitalisation était augmenté 70% (0,36 vs 0,28 pour 1000), mais pas de mortalité.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Voici une nouvelle analyse de l&rsquo;étude <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(21)00292-8/fulltext">EMPEROR-Reduce</a> comparant l&rsquo;empagliflozine dans l&rsquo;insuffisance cardiaque à FE altérée (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n279.html">ici</a>). Les auteurs retrouvent dans ces analyses de sous groupes que l&rsquo;empagliflozine 10mg réduisait les évènements cardiovasculaires quel que soit la dose associée d&rsquo;IEC, d&rsquo;ARA2, de spironolactone ou de bêta-bloquant. De même le bénéfice était également présent lorsque l&rsquo;empagliflozine était ajoutée à une trithérapie bloqueur du SRA, bêta-bloquant et spironolactone. C&rsquo;est donc en faveur d&rsquo;un traitement systématique par empagliflozine en cas d&rsquo;IC à FE altérée, comme proposé dans les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/08/dragiwebdo-n321.html">recos</a>, mais rappelons que cette étude était financée par l&rsquo;industrie.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>J&rsquo;avais raté cette étude du <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34313686/">JAMA</a> comparant un traitement 7 jours versus le standard de 14 jours dans les infections urinaires masculines peu symptomatiques (non fébriles en ambulatoire). Les antibiotiques utilisés étaient la ciprofloxacine ou le cotrimoxazole selon les préférences du clinicien. Il y avait 43% d&rsquo;<em>E. coli</em>. Les symptômes évalués à 14 et 28 jours étaient présents chez 10% des patients dans les 2 groupes, ce qui a permis d&rsquo;établir la non infériorité du traitement de 7 jours par rapport à 14 jours. Par ailleurs, il y avait sensiblement moins d&rsquo;effets indésirables dans le groupe traité 7 jours (21% des patients vs 24%).</p>
<p>Une <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1477893921002167">étude</a> s&rsquo;est intéressée aux risques pris par James Bond au cours de ses missions. Entre les risques de dengue, de chikungunya, d&rsquo;encéphalite japonaise, de paludisme alors qu&rsquo;on ne le voit pas prendre de prophylaxie et d&rsquo;IST (au travers de ses 59 liaisons, 2,4/film en moyenne), le héros s&rsquo;avère extrêmement chanceux. Cependant, compte tenu des risques démesurés qu&rsquo;il prend et de l&rsquo;hygiène alimentaire précaire qu&rsquo;il peut y avoir au cours de certaines missions, les auteurs suspectent que ses prises de risques inconscientes peuvent être liées à une toxoplasmose. L&rsquo;objectif de l&rsquo;article est en fait de reprendre de façon originale les risques infectieux et les mesures de prévention nécessaires pour les voyageurs</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/tableau-marr/etonogestrel">ANSM</a> a publié des fiches concernant l&rsquo;implant contraceptif à l&rsquo;Etonogestrel (Nexplanon*). La &ldquo;fiche professionnel&rdquo; reprend la technique de pose, le matériel nécessaire, le site d&rsquo;insertion (3cm sous le sillon et pas dans le sillon), ainsi que des radiographies &ldquo;exemple&rdquo; pour repérer un implant qui ne serait plus palpable.</p>
<p>Un article publié dans le <a href="https://www.bmj.com/content/375/bmj-2021-065217">BMJ</a> a étudié l&rsquo;efficacité des incitations financière dans l&rsquo;arrêt du tabac pour les femmes enceintes dans un essai randomisé. Toutes les femmes recevaient 20€, puis celles du groupe intervention, en cas d&rsquo;abstinence, des sommes de montant croissant à chacune des 6 visites selon leur statut tabagique (soit jusqu&rsquo;à 500€ maximum). L&rsquo;abstinence était supérieure dans le groupe intervention (16% vs 7%, RR= 2,45). Dans le groupe intervention, il y avait aussi 7% de moins de complications néonatales.</p>
<p>Une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34860137/">étude européenne</a> (mais pas en France !) a exploré les occasions manquées de mieux conseiller les patientes à propos de leur contraception à travers un protocole proposant une discussion des MG, SF et gynécos avec une patiente simulée (3 types de motif caché avec souhait de changement de contraception: X: problème d&rsquo;observance, Y: céphalées, Z: ne veut pas d&rsquo;hormones, patiente proactive). A l&rsquo;issue de cette discussion, on voyait la prescription proposée par le soignant. Ensuite on donnait le dossier complet, incluant le motif caché au soignant, pour voir si sa prescription changeait. Les motifs cachés X et Y étaient peu retrouvés lors de la consultation simulée avec peu de changement de contraception, mais les prescriptions des soignants changeaient après obtention de tous les éléments alors que pour la patiente Z, proactive, une contraception plus adaptée à ses besoins/désirs était plus proposée. Il nous reste du chemin à faire pour améliorer le conseil autour du &ldquo;simple renouvellement&rdquo; de contraception.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEiqKlVRBAzYJT4F8sni6av1xCDBUDxvZzzWGYQoyhiYNKGtIEAhfsafPhH3_xpon8aIjBVvC8XeTaPa_EdFBH1B2-ztO5osbZocNUvofJhA33q0_K-SMMivUUCcF-yUTyRkbgXOrcnmmMHHMir-32HXYBkMP7c7Q9tV3tCOnYaFwRkr9AFJWzMcLO6JYg=s806"><img src="/images/articles/2021/avvxseiqklvrbazyjt4f8sni6av1xcdbudxvzzzwgyqoyhiynkgtieahfsafphh3-xpon8aijbvvc8xetapa-edfbh1b2-zto5osbzocnuvofjha33q0-k-smmivuuccf-yutyrkbgxorcnmmmhhmir-32hxybkmp7c7q9tv3tconyafwrkr9afjwzmclo6jyg-w400-h231.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Pratique médicale</p>
<p>Cette <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/11/29/BJGP.2021.0275">étude qualitative</a> publiée dans le BJGP a étudié le versant &ldquo;patient&rdquo; du <em>gut feeling</em> du médecin. De manière assez intéressante, les patients considèrent le gut feeling comme une composante à part entière de la relation médecin-patient et pensent qu&rsquo;il est fondé sur les connaissances du médecin, et donc plutôt fiables et qu&rsquo;il s&rsquo;inscrit bien dans la problématique des soins de premier recours, avec des symptômes parfois flous ou hors du cadre. Il serait intéressant d&rsquo;évaluer dans nos pratiques le nombre de fois où on a recours à notre intuition et de voir si celle-ci était pertinente a posteriori. Ils ont aussi rapporté leur propre expérience du Gut feeling, qui les a parfois amenés à consulter, sans forcément oser parler de ce sentiment intense que quelque chose n&rsquo;allait pas à leur médecin.</p>
<p>Cette <a href="https://bjgpopen.org/content/early/2021/12/03/BJGPO.2021.0168.long">étude</a> française a montré que former des MG aux stratégies communicationnelles pouvant aider à discuter d&rsquo;éjaculation précoce entraine un plus grand dépistage de ce trouble chez les hommes de 18 à 80 ans consultant pour raison psychologique, urogénitale ou sexuelle (42% vs 4,9% dans le groupe &ldquo;soins classiques&rdquo;!).</p>
<p>6/ Jeu du mois:  Galèrapagos</p>
<p>Après un jeu expert le mois dernier, voici un jeu familial: Galèrapagos ! Le jeu est simple, il suffit de survivre sur une ile déserte, en récoltant de la nourriture, de l&rsquo;eau et en construisant un radeau pour chacun des survivants. Cependant, ça se complique quand il n&rsquo;y a plus assez de nourriture ni d&rsquo;eau, car cela va arriver. Il y aura alors un vote qui exclura immédiatement un des survivants qui ne mangera pas et quittera donc la partie. Il faudra prévoir quelques pistolets, munitions ou autre outil permettant d&rsquo;échapper au vote des survivant ou au moins orienter ce vote pour que vous passiez la journée. C&rsquo;est très sympa, ça négocie, on s&rsquo;embrouille amicalement aussi. Enfin, un des points forts du jeu et qu&rsquo;on peut y jouer à 12 joueurs !!!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/a/AVvXsEi4ZOiWeKb-Kk7DAwgCSmSejTLhya68QrKMs8cytY3SA2NkiXcWFzHmZnEy3rApbDT-YmCURkLQqg7ma_OdL3sqmrOqVvD2eQCqIcylPKCgMpHOGTuP1EQ1hoXf8pYqR5qKb5_sQXp8Ol_msZ6XYjM2ImoDs8lfRn3y1el8ooSO9WoS5A_O8H6GT1sGwA=s2048"><img src="/images/articles/2021/avvxsei4zoiwekb-kk7dawgcsmsejtlhya68qrkms8cyty3sa2nkixcwfzhmzney3rapbdt-ymcurklqqg7ma-odl3sqmroqvvd2eqcqicylpkcgmphogtup1eq1hoxf8pyqr5qkb5-sqxp8ol-msz6xyjm2imods8lfrn3y1el8ooso9wos5a-o8h6gt1sgwa-w400-h225.jpeg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°334 : Asthme (reco SPLF), Covid (vaccins), cible HTA, hyperaldo, bisphosphonates, kyste de Tarlov, injection PRP</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/11/dragi-webdo-n334/</link><pubDate>Mon, 29 Nov 2021 21:01:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/11/dragi-webdo-n334/</guid><category>Infectiologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Nous espérons que vous allez bien dans le contexte sanitaire qui se redégrade. Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Covid</p>
<p>Commençons avec l&rsquo;avis du <a href="https://t.co/XyH5zAxCsH?amp=1">CNGOF</a> qui recommande une 3ème dose de vaccin Covid chez les femmes enceintes en cas de 2ème dose datant de plus de 6 mois. Cette décision est justifiée par le fait que ce sont des patientes à risque de forme grave et sur l&rsquo;avis d&rsquo;expert concordant d&rsquo;autres sociétés savantes, en l&rsquo;absence d&rsquo;études dédiées.</p>
<p>Les <a href="https://www.sfpediatrie.com/sites/www.sfpediatrie.com/files/medias/documents/cp_sfp_15nov2021.pdf">sociétés savantes de pédiatrie</a>, quant à elles, se prononcent en défaveur d&rsquo;une vaccination systématique des enfants de moins de 12 ans pour les mêmes raisons que l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n333.html">Académie de médecine</a>.</p>
<p>De son coté, l&rsquo;<a href="https://www.ema.europa.eu/en/news/comirnaty-covid-19-vaccine-ema-recommends-approval-children-aged-5-11?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">Agence européenne du médicament</a> (EMA) valide l&rsquo;utilisation du vaccin Comirnaty entre 5 et 11 ans. C&rsquo;est quand même nécessaire pour pouvoir vacciner les enfants avec facteurs de risque.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2111437">étude</a> chinoise s&rsquo;est à nouveau intéressée au traitement intensif de la pression artérielle dans un essai contrôlé randomisé chez des patients âgés de 60 à 80 ans. Ainsi, les patients du groupe intensif avaient pour cible une PAS entre 110 et 130mmHg et le groupe contrôle une PAS entre 130 et 150mmHg. Bien que ce soient des cibles mesurées au cabinet, les patients avaient un appareil d&rsquo;automesure couplé à une appli qui envoyait les données de mesures ambulatoires au médecin. Le critère de jugement était un critère composite d&rsquo;évènements cardiovasculaires. 8000 patients âgés de 66 ans en moyenne (donc plutôt jeunes au final), avec 146mmHg de PAS ont été randomisés et suivis pendant 3 ans (au lieu de 4 devant un bénéfice clinique clair d&rsquo;après le comité de suivi). Dans le groupe intensif, la PAS à la fin de l&rsquo;étude était de 127mmHg (vs 136 mmHg dans le groupe contrôle) et avaient 26% d&rsquo;évènements cardiovasculaires en moins (NNT: 250/an). Sur les composantes du CJP, il y avait moins d&rsquo;AVC (NNT; 500/an) et moins d&rsquo;infarctus (NNT=500/an) mais la mortalité cardiovasculaire était inchangée. Le nombre d&rsquo;hypotensions était bien évidemment augmenté (NNH=125 patients/an) sans augmentation des insuffisances rénales. De façon intéressantes, les mesures ambulatoires étaient de 129mmHg vs 138mmHg en fin d’étude donc supérieures de celles « au cabinet », ce qui est assez discordant car les mesures au cabinet sont normalement supérieures de 7 à 10mmHg (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/10/dragi-webdo-n285.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/10/dragi-webdo-n109.html">là</a>). Le problème est donc le même que dans l’étude SPRINT, les mesures « au cabinet » étaient probablement particulières et peu reproductibles. Si on se fie aux automesures, on voit que les patients avec plus de 135mmHg ont des évènements supérieurs à ceux inférieurs à 135 de PAS, ce qui est concordant avec la cible classique d&rsquo;être &lt; 135mmHg en automesure. Bref, cette étude va être utilisée pour dire qu&rsquo;il faut cibler &lt; 130 mmHg de PAS alors qu&rsquo;elle ne montre probablement rien d&rsquo;autre que l&rsquo;intérêt d&rsquo;être en dessous de 135mmHg en mesures ambulatoires.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>La SPLF et la SP2A (société de pneumo pédiatrique) ont publié une mise à jour des <a href="https://www.em-consulte.com/article/1483389/mise-a-jour-des-recommandations-2021-pour-la-prise">recommandations</a> concernant le diagnostic et la prise en charge de de l&rsquo;asthme. Le diagnostic repose sur l&rsquo;évaluation de la probabilité d&rsquo;asthme et la disponibilité de la spirométrie. Une probabilité forte est caractérisée par la présence de symptômes (toux, dyspnée, sifflements) majorés la nuit ou au réveil, soulagée par des B2CDA et déclenchés par des allergènes, la présence de sibilants à l&rsquo;auscultation, un terrain atopique (perso ou familial), et l&rsquo;absence d&rsquo;argument pour un diagnostic différentiel. Une probabilité faible est caractérisée par une toux isolée, ou productive chronique, une dyspnée d&rsquo;effort avec des bruits inspiratoires, une douleur thoracique, ou une dyspnée avec vertiges/flou visuel/paresthésies.</p>
<p>Globalement, quand on peut faire une spirométrie, le diagnostic est posé sur un VEMS/CV&lt; 0,7 avec réversibilité. Quand on n&rsquo;a pas de spirométrie ou qu&rsquo;elle ne remplit pas les caractéristiques précédentes, les auteurs recommandent d&rsquo;étudier la variabilité du DEP (augmentation de 20% après 200-400µg de salbutamol ou variation quotidienne matin/soir sur plusieurs jours &gt; 10%) puis de faire un traitement d&rsquo;épreuve de 4 à 6 semaines par corticoïdes inhalés (CSI). Si une spirométrie n&rsquo;a pas été réalisée et qu&rsquo;un diagnostic est rendu probable par un des tests, il est recommandé d&rsquo;effectuer la spirométrie pour confirmer le diagnostic. Un bilan allergologique est ensuite recommandé notamment avec des tests cutanés aux pneumallergènes (les trophallergènes ne sont recommandés que si suspicion clinique d&rsquo;allergie alimentaire). Les mesures sériques d&rsquo;IgE ne sont pas recommandées dans la majorité des cas.</p>
<p>Pour les exacerbations d&rsquo;asthme, les B2CA sont recommandés à la dose de 4-10 bouffées/20min pendant la 1ère heure puis toutes les 4 heures. Les corticoïdes oraux sont recommandés à la dose de  0,5 à 1 mg/kg jusqu&rsquo;à 60 mg maximum pendant 5 à 7 jours. Une réévaluation par le médecin traitant est recommandée dans les 7 jours suivant une exacerbation.</p>
<p>Sur le plan des traitements de fond, pas de grande nouveauté par rapport à ce qui était recommandé par les autres organismes de recos:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgE4mdYCOqD_TpjBe98ALQVNjU5SGrzROnuEzOIh-Ef8wUH4AxAEz9Lw5atRX-9-aN0IjvVoTCO99SbFU1rfWDdSvcpMc9Tdc5c_ra3qqvvlIEUNcYDBJGpZ1wba0zwyeFlO3mbZmKhvc5k/s1154/asthme.png"><img src="/images/articles/2021/asthme.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Pour commencer avec la rhumatologie, une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2786013">méta analyse</a> a analysé différemment l&rsquo;efficacité des bisphosphonates pour réduire les fractures en s&rsquo;intéressant au délai de traitement. Les auteurs retrouve qu&rsquo;il est nécessaire de traiter 100 femmes avec ostéoporose post-ménopausique pendant 12,4 mois pour éviter 1 fracture non vertébrale. Il était nécessaire de traiter 200 femmes pendant 20,3 mois pour éviter une fracture de hanche et autant pendant 12,1 mois pour éviter une fracture vertébrale.</p>
<p>La HAS a publié des <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3293086/fr/les-kystes-de-tarlov-prise-en-charge-diagnostique-et-therapeutique-place-du-traitement-micro-chirurgical">recommandations</a> sur les kystes de Tarlov, avec une synthèse à destination du médecin traitant. Ces lésions bénignes du rachis toucheraient 5% de la population et sont souvent découvert fortuitement. En ce qui concerne les kystes de Tarlov symptomatiques (1/5 environ), peuvent être responsables de douleurs lombaires, pelviennes, de troubles sphinctériens et rarement de radiculalgie avec diminution de force musculaire. La prise en charge médicamenteuse est classique utilisant des AINS, des antiépileptiques et antidépresseurs tricycliques pour soulager au long cours. Les indications chirurgicales ne sont pas consensuelles.</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2786501">article</a> a randomisé des injections articulaires de plasma riche en plaquettes versus placebo dans la prise en charge de la gonarthrose. Après 12 mois, la différence de douleurs entre le traitement et le placebo n&rsquo;était pas significative. Bref, il n&rsquo;y a toujours pas d&rsquo;intérêt démontré à ce type de traitement.</p>
<p>5/ Endocrinologie </p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(21)00210-2/fulltext">Lancet</a> a publié une étude concernant le diagnostic et le traitement de l&rsquo;hyperaldostéronisme primaire. Les auteurs recommandent de dépister les patients avec une HTA de grade 2-3, ou avec une hypokaliémie (spontanée ou sous diurétiques), ou avec des antécédents familiaux d&rsquo;HTA ou d&rsquo;AVC avant 40 ans ou avec fibrillation auriculaire sans anomalie cardiaque morphologique. L&rsquo;examen de dépistage recommandé est le rapport aldostérone/rénine à effectuer sans prise d&rsquo;IEC/ARAII/BB- depuis 2 semaines et sans prise de diurétiques depuis 4 semaines. Un test de confirmation sera ensuite à effectuer en milieu spécialisé. (En pratique, le scanner surrénalien censé arriver après le dosage est souvent fait avant parce que c&rsquo;est plus simple à réaliser). Un bilan génétique est à effectuer en cas de suspicion d&rsquo;hyperaldostéronisme familial. Le traitement repose sur la chirurgie en cas d&rsquo;hypersécrétion unilatérale et sur un traitement médicamenteux dans les autres cas. La spironolactone 12.5-25mg/j en 1 prise est le traitement de 1ère intention (l&rsquo;éplérénone 25x2/j ou l&rsquo;amiloride 5-20 en 2 prises/j sont des alternatives selon la tolérance a la spironolactone). L&rsquo;objectif du traitement est d&rsquo;obtenir un contrôle tensionnel et une normalisation de la kaliémie.</p>
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus <em>(et @DrePetronille pour la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°333 : Covid-19 (antidépresseurs, vaccination, mesures), pharmacovigilance (antidépresseurs, antiHTA, AINS), dépistage cancer poumon, IVG, régime végétarien, prévention</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/11/dragi-webdo-n333/</link><pubDate>Sun, 21 Nov 2021 22:43:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/11/dragi-webdo-n333/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer ce billet, parlons d&rsquo;un article du <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/11/15/BJGP.2021.0325">BJGP</a> qui retrouve que les patients multimorbides consomment 2 à 3 fois plus de soins que les autres patients. Les patients avec &ldquo;dépendances&rdquo; et ceux ayant des problèmes de &ldquo;santé mentale&rdquo; augmentaient le plus leur recours aux soins primaires quand une nouvelle comorbidité s&rsquo;ajoutait, mais ce sont les patients &ldquo;cardiovasculaires&rdquo; qui consultaient le plus, environ 7,5 consultations/an. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0165032721011253">article</a> s&rsquo;est intéressé au risque de syndrome de sevrage avec les antidépresseurs. Ceux avec une demi vie courte (paroxétine, venlafaxine et duloxétine) étaient le plus à risque de syndrome de sevrage en multipliant ce risque par 2 à 3.</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)01920-6/fulltext">Lancet</a> a publié une méta-analyse d&rsquo;essais randomisés concernant le risque d&rsquo;apparition d&rsquo;un diabète associé aux traitement anti-hypertenseurs. Environ 150 000 patients ont été étudiés. Le risque de diabète était majoré avec les bêta-bloquants et les thiazidiques, et réduit avec les IEC et ARAII.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhxlgvyV_Mdy0h7RIhzmzIUNjKdGr_tJUPRj0yk9PVyf1F1WQs4UbVaqq3yrOD1LHezXvydLwX6LfSH6CkYiSalRyqYqBdhFYDRhf08Bax0AqvnNJZ4WxWoGxoov6GaPzkJ-Sez5BGDnFRu/s734/antiHTA.png"><img src="/images/articles/2021/antihta.png" alt=""></a></p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/protoxyde-dazote-des-intoxications-en-hausse">ANSM</a> et l&rsquo;<a href="https://www.anses.fr/fr/system/files/Toxicovigilance2021AST0027Ra.pdf">ANSES</a> ont rédigé un dossier rappelant les risques des mésusages de protoxyde d&rsquo;azote. En plus des risques immédiats (asphyxie, perte de connaissance, brûlure par le gaz, vertiges, chutes&hellip;), il y a des risques liés à l&rsquo;utilisation régulière: des troubles cardiaques, psychiques et neurologiques.</p>
<p><a href="https://ansm.sante.fr/actualites/diabete-maladie-renale-chronique-insuffisance-cardiaque-prescription-initiale-de-dapagliflozine-et-dempagliflozine-etendue-a-tous-les-medecins">L&rsquo;empagliflozine et la dapafliflozine</a> peuvent désormais toutes les deux être prescrites par les médecins généralistes, la 1ère dans le diabète et l&rsquo;insuffisance cardiaque, et la 2ème dans le diabète, l&rsquo;insuffisance cardiaque et la maladie rénale chronique. (Attention, il ne sont pas tous remboursés dans toutes les indications pour le moment!)</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/alcoolo-dependance-nouvelles-recommandations-posologiques-pour-le-baclofene">ANSM</a> revient sur le baclofène dans la prise en charge de la dépendance alcoolique. Le traitement peut être prescrit à des doses supérieures à 80mg. Il est recommandé que les doses allant jusqu&rsquo;à 300mg maximum soient mises en place dans le cadre d&rsquo;une prise en charge multidisciplinaire en addictologie. (<a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/06/dragi-webdo-n319.html">Nous avions vu</a> que des doses supérieures à 30mg chez les femmes et 90mg chez les hommes ne semblent pas apporter plus de bénéfices.)</p>
<p>Un <a href="https://accp1.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/jcph.2003">article</a> s&rsquo;est intéressé au risque de saignement lorsque les patients prennent des AINS alors qu&rsquo;ils sont sous anticoagulant. A partir de l&rsquo;EBG, ils ont inclus les patients hospitalisés pour saignement sous anticoagulants entre  2009 et 2017. Ils ont retrouvés 33 patients sous anticoagulants et  253 sous antiagrégants ayant reçu des AINS. Le risque de saignement digestif était multiplié par 3.5 pour les patients sous anticoagulants et par 1.44 pour ceux sous antiagrégants. Seule l&rsquo;association anticoagulants+AINS augmentait le risque de saignements extra-digestifs.</p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/le-risque-de-myocardite-et-pericardite-apres-la-vaccination-covid-19-est-confirme-mais-peu-frequent-et-devolution-favorable">ANSM</a> revient
sur le risque de myocardite avec les vaccins à ARNm. Il serait plus
élevé avec le Spikevax qu&rsquo;avec Comirnaty, et concernerait surtout les
moins de 30 ans.</p>
<p>Suite à cet article du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/11/dragi-webdo-n331.html">Lancet</a>, la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3300273/fr/avis-n-2021-0081/ac/sespev-du-18-novembre-2021-du-college-de-la-haute-autorite-de-sante-relatif-a-la-pertinence-d-une-extension-de-la-population-eligible-a-une-dose-de-rappel">HAS</a> recommande désormais une dose de rappel chez l&rsquo;ensemble des patients de plus de 40 ans.</p>
<p>De son coté, l&rsquo;<a href="https://www.academie-medecine.fr/faut-il-vacciner-les-enfants-contre-la-covid-19/">Académie de médecine</a> se positionne contre la vaccination systématique des enfants de moins de 12 ans. Elle recommande néanmoins une vaccination en cas de facteurs de risque de Covid sévère ou pour ceux vivant avec des personnes vulnérables. Cette décision est motivée par le peu d&rsquo;enfants inclus dans les études et la rareté des formes graves dans cette population.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3190801/fr/prise-en-charge-de-premier-recours-des-patients-suspectes-de-covid-19">HAS</a> a publié des recommandations concernant la prise en charge des patients suspects de Covid en ambulatoire. En pratique, rien n&rsquo;a changé, les synthèses de @Thor_vastatine sur son <a href="https://mg-noob.blogspot.com/search/label/Infectio">blog</a> sont toujours d&rsquo;actualité!</p>
<p>Suite à l&rsquo;efficacité possible de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n330.html">fluoxamine</a> dans les Covid précoces, un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2786136">JAMA Open</a> s&rsquo;est intéressé aux patients d&rsquo;une base de données américaine prenant des antidépresseurs &ldquo;autour&rdquo; d&rsquo;un diagnostic de Covid (entre 10 jours avant et 7 jours après le diagnostic). Ils retrouvent que les patients prenant de la fluoxétine, et ceux prenant de la fluoxétine ou de la fluvoxamine avait un risque plus de mortalité réduit de  26-28% (NNT environ 30 patients). Attendons de voir si des essais randomisés avec la fluoxétine donnent des résultats comparables.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/375/bmj-2021-068302">BMJ</a> a publié une synthèse concernant l&rsquo;efficacité des mesures publiques de protection contre la transmission du Covid. La distanciation physique et le port de masque réduisaient significativement la survenue et la mortalité par Covid-19. Le lavage des mains réduisait peut-être la survenue de Covid mais ce n&rsquo;est pas certain. Le confinement et la fermeture des écoles semblaient associés à une réduction des infections et de la mortalité. Bref, distanciation physique et port de masque restent les mesures les plus importantes.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Un <a href="https://www.cfp.ca/content/67/11/823">article</a> canadien revient sur les modalités du dépistage du cancer du poumon pour les médecins généralistes. Selon les auteurs, le dépistage permettrait de réduire la mortalité par cancer du poumon avec un nombre de sujets à dépister de 250 pour éviter 1 décès. Pour savoir qui dépister, ils utilisent le calculateur <a href="https://www.evidencio.com/models/show/993">PLCOm2012</a> et recommandent de dépister les patients avec un risque supérieur à 2%. Cependant, le rythme optimal de suivi n&rsquo;est pas clair, ce peut être un scanner annuel ou biannuel pendant au moins 5 ans. Compte tenu des risques de surdiagnostic d&rsquo;autres lésions (calcifications coronaires/aortiques, emphysème, nodule thyroïdien/mammaire/surrénalien&hellip;.), les auteurs proposent des conduites à tenir devant chaque découverte fortuite. Enfin, ils rappellent que la 1ère mesure est l&rsquo;arrêt du tabac.</p>
<p>4/ Endocrinologie et nutrition</p>
<p>Une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33740036/">étude</a> s&rsquo;est intéressée aux conséquences des régimes végétariens et végan/végétalien par rapport au régime omnivore chez des enfants de 5 à 10 ans dans une étude transversale. Les enfants avec ces 2 régimes avaient une densité osseuses inférieure (notamment chez les végans qui étaient aussi plus petits) et un plus faible taux de vitamine D, de vitamine B12 et de cholestérol. Les carences en vitamine B12 et anémies ferriprives étaient plus fréquentes chez les végans. Les enfants supplémentés en vitamine B12 et en vitamine D n&rsquo;étaient plus à risque de carences.</p>
<p>Nous avions parlé des ballons gastriques ajustables <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/12/dragi-webdo-n292.html">ici</a>. Cette étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)02394-1/fulltext">Lancet</a> a randomisé des patients en &ldquo;ballon gastrique + RHD&rdquo; versus &ldquo;RHD seules&rdquo;. Les patients du groupe intervention avaient une perte de poids de 15% (vs 3%) après 32 semaines, mais 17% des patients du groupe intervention ont dû avoir un retrait du ballon pour intolérance et 4% des patients ont eu des effets indésirables graves. Il n&rsquo;y a pas eu de carences survenues dans le groupe intervention.</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Cette <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S246871892100283X?via%3Dihub">étude</a> française a évalué le taux de bHCG en dessous duquel il est raisonnable de considérer une IVG médicamenteuse réalisée avant 7 SA comme réussie sans faire d&rsquo;échographie pelvienne. Mesuré 2 à 3 semaines après l&rsquo;IVG,  un taux à 253 UI/mL était discriminant (Se 84%, Sp 85%, VPP 63%, VPN 94%) au delà duquel il faut réaliser une échographie pelvienne (non prise en charge dans le forfait IVG en ville&hellip;). A noter, 23% des 624 patientes incluses avaient un échec de l&rsquo;IVG méd. [Edit: il y a la cotation IVE mais on ne l&rsquo;a pas souvent vue&hellip;]</p>
<p>6/ Pratique médicale</p>
<p>Cet <a href="https://www.cambridge.org/core/journals/primary-health-care-research-and-development/article/role-of-organization-of-care-in-gps-prevention-practice/492A6319FC047A2F479BF8C1B9F8ADC9">article</a> a étudié les pratiques en matière de prévention de 1813 généralistes français. La base de données utilisée pour l&rsquo;étude est un peu vieille (2009) et les auteurs se sont intéressés au pratiques vaccinales (HPV et grippe) et addictologiques (tabac et alcool). En augmentant le nombre de consultations quotidiennes, il y avait une meilleure stratégie préventive vaccinale mais une moindre attention sur la prévention en addictologie. L&rsquo;utilisation de dossiers numérisés améliorait la prévention globale. Les auteurs expliquent ces chiffres par le temps nécessaire à l&rsquo;acte vaccinal (rapide) comparé à celui de la prise en charge globale qu&rsquo;impose la prévention en addictologie (plus long), avec une tarification à l&rsquo;acte similaire pour les deux pratiques, avec une sensation de compétence incomplète en addictologie contrairement à l&rsquo;acte vaccinal. A quand une revalorisation réelle des actes de prévention en médecine générale afin de permettre une organisation au sein des cabinets ?</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°332 : vaccin Covid, Covid long, antihypertenseurs, SAOS (recos NICE), dénutrition (HAS), délai diagnostic diabète, pré-diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/11/dragi-webdo-n332/</link><pubDate>Tue, 16 Nov 2021 19:09:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/11/dragi-webdo-n332/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ou bonsoir ! Voici les actualités de la semaine avec un peu de retard&hellip; Bonne lecture !</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>Alors que la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3297315/fr/strategie-de-vaccination-contre-la-covid-19-place-du-vaccin-a-arnm-spikevax#toc_1_1_3">HAS</a> recommande une 3ème dose (Comirnaty ou Spikevax à demi dose) chez les plus de 60 ans et les plus de 16 ans avec facteurs de risque, les <a href="https://www.inspq.qc.ca/publications/3178-pertinence-dose-rappel-vaccin-covid-19-aines-communaute">recommandations canadiennes</a> divergent. Ces dernières recommandent une dose de rappel chez les plus de 80 ans, considèrent qu&rsquo;une dose de rappel est acceptable entre 70 et 79 ans, et qu&rsquo;une dose de rappel n&rsquo;est pas nécessaire chez les moins de 70 ans.</p>
<p>La vaccination des enfants de 5 à 11 ans a récemment été approuvée aux Etats Unis. Voici une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2116298">NEJM</a> évaluant l&rsquo;efficacité du vaccin Comirnaty dans cette population. 2200 enfants ont été randomisés pour recevoir le vaccin ou un placebo avec un ratio 2:1. L&rsquo;âge moyen était de 8 ans, 12% étaient obèses et 8% asthmatiques. L&rsquo;incidence cumulée à 4 mois des infections était d&rsquo;environ 0.25% dans le groupe vacciné et  2,5% dans le groupe non vacciné. Les auteurs ont calculé une efficacité vaccinale d&rsquo;environ 90% sur les formes symptomatiques. Il n&rsquo;y avait pas de formes graves. Sur la tolérance, 75% des enfants ont eu une réaction locale suite à l&rsquo;injection et 30% des effets secondaires notamment de la fatigue. Il y a eu 0.1% d&rsquo;effets secondaires sévères chez les patients vaccinés (et autant dans le groupe placebo).</p>
<p>Le Covid long serait-il une construction sociale ? Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2785832">article</a> français du Jama Internal Medicine a interrogé environ 25 000 patients de la cohorte Constances. Le fait de croire que l&rsquo;on a eu la Covid était associé à la persistance de symptômes de covid long (arthralgie, lombalgie, myalgies, troubles digestifs, troubles de l&rsquo;attention, céphalées, dyspnée, palpitations, douleurs thoraciques, anosmie&hellip;.), alors que le fait d&rsquo;avoir une sérologie positive n&rsquo;était associé qu&rsquo;a l&rsquo;anosmie persistante. Notons au passage que parmi les 1000 patients avec une sérologie +, 600 pensaient ne pas avoir eu la Covid.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD003654.pub5/full">Cochrane</a> a comparé les antihypertenseurs en prenant en référence les inhibiteurs calciques:</p>
<ul>
<li>
<p>les thiazidiques réduisent davantage les évènements cardiovasculaires et l&rsquo;insuffisance cardiaque que les inhibiteurs calciques.</p>
</li>
<li>
<p>les inhibiteurs calciques réduisent plus les évènements cardiovasculaires que les bêta-bloquants, plus les AVC que les IEC et plus les infarctus que les ARA2 mais augmentent le risque d&rsquo;insuffisance cardiaque par rapport aux IEC et aux ARA2.</p>
</li>
</ul>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD012565.pub2/abstract">Cochrane</a> encore revient sur l&rsquo;intérêt des bêta-bloquants en post-IDM chez les patients sans insuffisance cardiaque. En effet, ils ne sont plus recommandés en cas de SCA sans insuffisance cardiaque ou sans infarctus d&rsquo;après l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n279.html">ESC</a>. Cette revue retrouve que les BB- réduisent la mortalité globale, la récidive d&rsquo;infarctus et les évènements cardiovasculaires chez les moins de 75 ans. Le bénéfice pourrait être lié en partie à des insuffisances cardiaques non diagnostiquées et les données chez les plus de 75 ans ne sont pas claires.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng202">NICE</a> a publié des recommandations concernant le SAOS. Les auteurs insistent que tous les patients avec SAOS ne sont pas somnolents: certains sont fatigués, ont des insomnies et qu&rsquo;il ne faut pas limiter le dépistage aux patients somnolents. On peut suspecter un SAOS chez des patients ayant 2 symptômes parmi les suivants : ronflements,  apnées constatées, sommeil non réparateur, céphalées matinales, somnolence, fatigue, nycturie, sommeil fragmenté, troubles cognitifs. Il faut adresser en priorité les patients ayant un retentissement important, un risque professionnel (conducteurs, besoin d&rsquo;être vigilant&hellip;) et des comorbidités (cardiovasculaire, grossesse&hellip;). La PPC est le traitement de référence pour les SAOS modérés et sévères. L&rsquo;orthèse d&rsquo;avancée mandibulaire peut être proposée pour les SAOS légers ou en cas d&rsquo;intolérance ou de refus de la PPC.</p>
<p>La &ldquo;<a href="https://openres.ersjournals.com/content/7/4/00211-202">fan therapy</a>&rdquo; qui consiste à faire un effort avec un mini-ventilateur soufflant de l&rsquo;air devant la figure de patients BPCO semble être une intervention acceptable chez 92% des patients (sur 14 patients&hellip;.). Elle améliorerait les performances au test de marche de 6 minutes (+21mètres) et la vitesse de récupération après un effort. A tester dans des essais de plus grande ampleur?</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMsr2030640">NEJM</a> a comparé l&rsquo;efficacité des différents test utilisés dans le dépistage du cancer du col de l&rsquo;utérus. Les auteurs retrouvent que la recherche d&rsquo;HPV est la méthode dont la balance bénéfice-risque est la plus favorable, notamment par rapport à la cytologie. Ceci est cohérent avec les recommandations de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/08/dragi-webdo-n235.html">HAS</a>.</p>
<p>5/ Endocrinologie et nutrition</p>
<p>Dans la continuité des recommandations concernant la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/12/dragi-webdo-n249.html">dénutrition de l&rsquo;enfant et de l&rsquo;adulte</a>, la HAS  a publié des <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3165944/fr/diagnostic-de-la-denutrition-chez-la-personne-de-70-ans-et-plus">recommandations</a> concernant la dénutrition de la personne de plus de 70 ans. Le diagnostic repose sur 1 des critères suivants: IMC&lt; 21/mm2 ou perte de poids de 5% en 1 mois ou 10% en 6 mois, ou une sarcopénie confirmée (2 critères: baisse de force musculaire = faire 5 levers de chaise en plus de 15 secondes ou baisse de la force de préhension  ET baisse de masse musculaire par DEXA ou impédancemétrie). Donc le MNA&lt; 15 ou l&rsquo;albuminémie &lt;35 ne sont plus des critères diagnostiques. La sarcopénie n&rsquo;étant PAS confirmable dans la majorité des cabinets de médecine générale (où l&rsquo;on ne fait pas d&rsquo;impédancemétrie ni de DEXA) cela va majorer de façon importante le sous-diagnostic (qui est déjà important). Il aurait été intéressant d&rsquo;entendre les avis des généralistes du groupe de travail, mais il n&rsquo;y en avait pas! Cependant un IMC&lt;20 ou une albuminémie &lt; 30 sont des critères de sévérité. Bref, il est ensuite recommandé de rechercher une étiologie: réduction des apports alimentaires, malabsorption, maladie aiguë, chronique ou maligne. Les auteurs alertent sur le fait qu&rsquo;un IMC normal ou élevé n&rsquo;exclut pas la dénutrition et que la mesure du poids à chaque consultation est recommandée.</p>
<p>Une <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(21)00263-1/fulltext">nouvelle</a> étude concernant la vitamine D a été publiée dans le Lancet. Elle retrouve que les patients avec des taux de vitamine D faible (&lt;50nmol/L) avaient un risque de mortalité globale augmenté par rapport à ceux ayant des taux plus élevés. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;association significative sur les AVC ni les infarctus. Les auteurs concluent qu&rsquo;il y a peut être une relation causale entre vitamine D et mortalité. Cependant, cette étude ne permet pas d&rsquo;arriver à cette conclusion car la relation n&rsquo;est pas linéaire mais en J (les patients ayant des taux de vitamine D élevé semblaient avoir une mortalité plus élevée que ceux ayant entre 50 et 70nmol/L). De plus, même si cette association était causale, à ce jour, les études n&rsquo;ont pas montré que supplémenter en vitamine D améliorait la survie des patients, cette association a donc peu de probabilité d&rsquo;être causale.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi9MM7cTE-itZRpamNJNe6koG2j7l9VBoGpcS-Ow3Or5IDclGZQlf-j8kGD_iKCadyqlndKNPqv0d0WQrLqIl74lZbZTQDw7hnDAKgdL1NtmIi3sv2i6aAmGKXgKdo9G5k9O4fA6OkLwktZ/s614/vit+d.png"><img src="/images/articles/2021/vit-d.png" alt=""></a></p>
<p>Une <a href="https://care.diabetesjournals.org/content/38/8/1449">étude</a> a estimé le risque cardiovasculaire des patients diabétiques selon le délai de leur prise en charge et l&rsquo;intensité de leur traitement. Comme on peut le voir sur la figure modélisée par les statisticiens, l&rsquo;intensité du traitement influe peu sur les évènements cardiovasculaires, mais effectuer un diagnostic retardé de 3 ans ou de 6 ans augmente respectivement les risques d’évènement cardiovasculaire de 29% (NNH=30) et 38% (NNH=83) et de mortalité globale de 17% (NNT=20) et 24% (NNT=53 ) à 5 ans.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhZw__KEeUT83tTXpsm-hvnfITdHED2kcdgzY3NjvdXHcfsYTDr1U4-SIyfKdhqTuuezqv4MXooEu1FkV646tybjMIOK8F9V269yBooqVOnMeNhpLOo8AuwBJ3ZXWRgFhRRC6rDeKhxrk6B/s767/DT2.png"><img src="/images/articles/2021/dt2.png" alt=""></a></p>
<p>Nous avions déjà parlé du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/11/dragi-webdo-n117.html">pré-diabète</a> et de l&rsquo;augmentation de risque cardiovasculaire. Cette <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-021-05592-3">revue</a> de Diabetologia vient la compléter. Elle retrouve que les patients avec prédiabète présentent une mortalité globale, un risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires, d&rsquo;insuffisance rénale, de cancer et de démence plus élevé que les patients avec une glycémie normale. Une fois encore, malgré ces risques augmentés, il n&rsquo;est pas prouvé qu&rsquo;une intervention autre que des règles diététiques aient montré un bénéfice.</p>
<p>C&rsquo;est terminé! Mais voici juste, en dessous, une jolie radiographie thoracique via <a href="https://twitter.com/radiologistpage">@Radiologistpage</a> de face pour conclure ce billet. N&rsquo;hésitez pas à vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>@Dr_Agibus <em>(et @DrePetronille pour la relecture)</em></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiA1QmwyuZGAWZBwwvLc0xqTRdwRw7036_tmofZsy3h3148z1sNizsZqXjZwLhoHPFaUAV3FrmIJBargTYbgxVhq3miM24tgdot54jesLBmB3XbixIf8kDILvBVMCMIjYAw9FCdqvXMg4eH/s535/rxt.png"><img src="/images/articles/2021/rxt.png" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°331 : asthme enfant (reco), Covid (traitements, 3ème dose), vaccin HPV, allaitement, pneumopathies enfant, traitements cardiovasculaires, ATD/grossesse</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/11/dragi-webdo-n331/</link><pubDate>Sun, 07 Nov 2021 18:59:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/11/dragi-webdo-n331/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pédiatrie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine avec beaucoup de Covid. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une étude publiée dans la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2785717">JAMA</a> s&rsquo;est intéressée aux anti-dépresseurs pendant la grossesse. Il y a eu 500 000 enfants inclus, 10 000 enfants dont la mère prenait des antidépresseurs pendant la grossesse. Ils avaient entre 8 et 14 ans, et les auteurs ne retrouvent pas de différence entre les enfants dont la mère était sous antidépresseurs et les autres sur les capacités de langages, mais ils avaient un score significativement plus bas sur les mathématiques. Cependant,  la pertinence clinique d&rsquo;une baisse de 2 points sur 100, laisse plutôt à penser qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas vraiment de risque lié à la prise d&rsquo;antidépresseurs pendant la grossesse sur le développement des capacités cognitives de l&rsquo;enfant.</p>
<p>Une étude de <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33270649/">cohorte</a> a étudié la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires chez 85000 patients atteints de maladie inflammatoire (type polyarthrite rhumatoïde, PPR/Horton, MICI) en fonction de leur traitement par corticoïdes. Les auteurs retrouvent une augmentation du risque cardiovasculaire même pour les doses inférieures à 5mg/j d&rsquo;équivalent prednisone par rapport aux patients sans corticoïdes.</p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ons.gov.uk/peoplepopulationandcommunity/birthsdeathsandmarriages/deaths/bulletins/deathsinvolvingcovid19byvaccinationstatusengland/deathsoccurringbetween2januaryand24september2021?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">office national des statistiques</a> britannique a évalué le risque de décès lié au covid chez les vaccinés par rapport aux non vaccinés. L&rsquo;incidence des décès liés au covid était de 26 pour 100 000 chez les vaccinés et de 850 pour 100 000 chez les non-vaccinés. Bref, voilà.</p>
<p>Suite aux annonces internationales se multipliant sur la nécessité d&rsquo;une 2ème dose après un vaccin Janssen ont l&rsquo;air d&rsquo;avoir fait réagir le labo. Du coup, une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2785664">étude</a> (dont les auteurs ont des liens d&rsquo;intérêt avec eux) retrouve une efficacité du vaccin Janssen à 73% sur les infections. Il y avait également une réduction relative de 68% des hospitalisations et de 100% des hospitalisations en réanimation.</p>
<p>Jusque là, la 3ème dose ne reposait que sur des avis d&rsquo;experts et une baisse du taux d&rsquo;anticorps. Cette étude israélienne du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)02249-2/fulltext">Lancet</a> a apparié 700 000 patients ayant eu 3 doses avec 700 000 patients ayant eu 2 doses. Les auteurs retrouvent une efficacité de cette 3ème dose de 90 % sur les hospitalisations et les infections sévères et de 80% sur la mortalité liée au Covid. Si on regarde l&rsquo;analyse en sous groupe, il y avait trop peu d&rsquo;évènements entre 16 et 39 ans pour mettre en évidence un bénéfice de la 3ème dose. Chez les 40-69 ans ou les patients avec 1-2 comorbidité(s), le NNT était de 1800 patients et chez les plus de 70 ans ou les patients avec au moins 3 comorbidités le NNT était de 250 patients pour éviter un Covid sévère. Pour éviter une infection symptomatique, le NNT était de 57 patients.</p>
<p>Dans une <a href="https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(21)00648-4/fulltext">étude</a> britannique étudiant les cas contact enregistrés dans le système britannique, le taux de infections secondaires issus de patients vaccinés était proche de celui de patients non vaccinés, ce qui va à l&rsquo;encontre d&rsquo;une efficacité vaccinale sur la transmission du virus mais les patients vaccinés avaient une charge virale qui diminuait plus vite. Cette étude est en faveur d&rsquo;un maintien des mesures barrières mais contraste avec l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n328.html">étude</a> de plus grande ampleur présentée il y a 2 semaines.</p>
<p>Concernant la vaccination de la femme enceinte, le <a href="https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(21)00691-5/fulltext">Lancet infectious disease</a> a calculé les nombres de patientes à vacciner (NNV) pour éviter des infections. Le NNV pour éviter une infection (delta ou pas delta) variait entre 10 et 60 patientes, celui pour éviter une infection symptomatique variait entre  40 et 200, et celui pour éviter une infection sévère entre 400 et 2000. La vaccination réduisait aussi le risque de complications materno-foetales liées au covid avec un NNV de prééclampsie entre 800 et 4000, de mort foetale entre 2000 et 11000, et de complications néonatales entre 450 et 2500. En contre partie, les risques liés au vaccins (NNH) étaient de 166 pour un effet indésirable sévère, de 40 000 pour les myocardites et  50 000 pour les thromboses thrombocytopéniques.</p>
<p>Un rapport du <a href="https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/70/wr/mm7044e1.htm">CDC</a> a
comparé le risque d&rsquo;infection à covid chez des patients ayant déjà eu
le covid non vaccinés et des patients vaccinés depuis 3-6 mois. Les
auteurs retrouvent que le risque d&rsquo;hospitalisations liée à covid était 5 fois
supérieur pour les patients avec antécédent de Covid non vaccinés, en
particulier chez les plus de 65 ans et depuis la période du variant
Delta. Ainsi, le vaccin est indispensable même en cas d&rsquo;antécédent
d&rsquo;infection à Covid.</p>
<p>Le ciclesonide inhalé a été testé en France dans l&rsquo;essai Coverage dont les résultats en sont pas encore parus. En attendant, voici l&rsquo;essai <a href="https://www.bmj.com/content/375/bmj-2021-068060">Contain</a> qui testait le ciclesonide inhalés et intranasal versus placebo dans un essai de phase 2. Il y a eu 200 patients inclus et il n&rsquo;y avait pas plus de patients avec des symptômes résolus à 7 jours dans le groupe ciclesonide. Il s&rsquo;agissait de patients âgés de 35 ans en moyenne avec peu de comorbidités. Voyons si les autres études retrouvent les mêmes résultats sachant que ceux avec le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/09/dragi-webdo-n325.html">budesonide</a> nous laissaient également sur notre faim.</p>
<p>La famotidine est un antihistaminique H2 qui aurait un effet sur le Covid. Ainsi, cette <a href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0259514">méta-analyse</a> d&rsquo;études observationnelles a évalué ses effets et ne retrouve pas de baisse de mortalité ni d&rsquo;hospitalisation chez les patients traités par famotidine versus placebo.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Voici un <a href="https://www.ahajournals.org/doi/abs/10.1161/CIRCULATIONAHA.121.057534">article</a> parlant du bénéfice à se faire vacciner contre la grippe en post infarctus (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/09/dragi-webdo-n322.html">ici</a>). Mais ce qui est très intéressant c&rsquo;est le tableau qu&rsquo;ils présentent montrant le bénéfice de chaque traitement habituellement prescrit en post infarctus. Cependant, ils ne mettent que les risques relatifs, voici le tableau avec les NNT ajoutés :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhU2DNceHDJYXyvSIsXuXgBI31rgmMzRcN0xMrzbfZJxnVhmu2rzMiR0L9tsSpT8AHVPx5tuP75WUp6l9OrPeSJ58eo67fY4q6IX8Zyoi9dzo4orCPfB0urY8LRuwgxaZJxsg3uu7EeJOd-/s913/NNT+post+idm.png"><img src="/images/articles/2021/nnt-post-idm.png" alt=""></a></p>
<p>Une <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(21)00263-1/fulltext">étude</a> bayésienne retrouve une relation dose-réponse entre le taux de vitamine D et les risques d&rsquo;évènements cardiovasculaires et de mortalité: avoir moins de 50nmol/L de vitamine D est associé à un surrisque cardiovasculaire et de mortalité. Sans remettre en cause cela, il n&rsquo;empêche que supplémenter en vitamine D ne permet pas de réduire ni le risque cardiovasculaire ni la mortalité, comme nous l&rsquo;avions vu <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/10/dragi-webdo-n157.html">ici</a>, <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/02/dragi-webdo-n172.html">là</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/06/dragi-webdo-n186.html">là</a>.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgfOxdt5fAgIJma48igS7Zcpflg86_cFKo7fQotFfWDwFulD2hN0pZt_0IPGtUf6hPxrUd-UssWkfMxpFsGk-WWVpKWExq5MnsE6P1gdK1Bk9nRMV7znGvOs7MwQkot0W4Bu2Bbk4Az-8un/s588/vitamine+D.png"><img src="/images/articles/2021/vitamine-d.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>Une étude publiée dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2785716">JAMA</a> a randomisé des enfants (âge moyen 2,5 ans) atteints de pneumopathie selon 4 groupes (plan factoriel 2x2), selon la dose d&rsquo;amoxicilline 35-50mg/kg versus 70-90mg/kg et selon la durée de traitement 3 jours versus 7 jours. Le critère de jugement principal était l&rsquo;indication d&rsquo;une nouvelle antibiothérapie et a été d&rsquo;environ 12% dans chaque groupe quel que soit la dose ou la durée de l&rsquo;antibiothérapie. Il n&rsquo;y avait pas non plus de différence pour les pneumopathies sévères. Dans les critères secondaires, la seule différence retrouvée était 2 jours de moins de toux quand les patients étaient traités 7 jours plutôt que 3 jours (10j de toux vs 12j de toux). Il est donc probable 3 jours d&rsquo;amoxicilline à 35-50mg/kg soit suffisant pour traiter les pneumopathies de l&rsquo;enfant.</p>
<p>La <a href="https://erj.ersjournals.com/content/58/5/2004173">société européenne de pneumologie</a> a publié des recommandations concernant le diagnostic de l&rsquo;asthme de l&rsquo;enfant âgé de  5 à 11 ans. Les auteurs recommandent un diagnostic basé sur une spirométrie (et pas sur des symptômes, un test thérapeutique ou le DEP seulement) et un test de réversibilité à 400µg de salbutamol doit  être effectué si le VEMS est inférieur à 80% ou si le VEMS/CV est inférieur à  80% (et pas 70%). Ils recommandent également l&rsquo;utilisation de la FeNo (asthme probable si &gt; 25ppb malgré une spirométrie ou une réversibilité qui ne seraient pas en faveur).  Pour un asthme d&rsquo;effort, une baisse de 10% du VEMS après un effort sur tapis ou vélo est le critère diagnostic retenu. Voici leur algorithme:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhqqmR_5qWkeuoK9wHaImU8p4XApF-qx1tSYo8eUPRxWB3mO75MnEowQPVMYiYHhaFF0VIDRzw20vmCQZwT7yyzB4VT8_R22ZFN5dH_9BaQpvvR7PAMcBeTL9kdpO5dJR3NG2ioOWaVq47S/s1280/asthme.jpg"><img src="/images/articles/2021/asthme.jpg" alt=""></a></p>
<p>5/ Gynécologie </p>
<p>Il y a 1 an, une <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/10/dragi-webdo-n283.html">première étude</a> retrouvait que la vaccination contre le papillomavirus réduisait le risque de cancers invasifs en Suède avec un NNT de  2300. Voici une <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)02178-4/fulltext">étude</a> observationnelle britannique basée sur le registre des national des cancers. 13 millions.années de suivis de femmes âgées de 20 à 30 ans ont été analysées. Les auteurs retrouvent une baisse des CIN3+ de 97% pour les patientes vaccinées entre 12 et 13 ans, de 75 % pour celles entre 14 et 16 ans et  de 39% pour celles entre 16 et 18 ans.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/375/bmj-2021-065927">BMJ</a> a publié une étude apportant des données pour encourager l&rsquo;allaitement maternel en soins primaires. Cet article s&rsquo;applique donc aux femmes qui souhaitent poursuivre un allaitement maternel (le meilleur mode d&rsquo;allaitement, maternel ou artificiel, étant toujours celui choisi). Les auteurs proposent d&rsquo;écouter les besoins des mères, d&rsquo;être des supports et des facilitateurs d&rsquo;allaitement, de donner des informations personnalisées. Ils proposent de favoriser les contacts peau à peau avec le nourrisson pour favoriser la sécrétion d&rsquo;ocytocine, de montrer comment positionner le bébé, de bien connaitre les signaux d&rsquo;alimentation (remuer, ouvrir la bouche, sucer les doigts, essayer d&rsquo;attraper) pour allaiter avant qu&rsquo;il ne pleure, de reconnaître les signes d&rsquo;une tétée efficace (succion et déglutition longues, lentes et rythmées, avec des pauses pendant la phase active de la tétée), d’expliquer aux mères qu&rsquo;elles doivent éviter d&rsquo;avoir les seins trop pleins car cela réduit la production de lait, d&rsquo;éviter d&rsquo;avoir recours à l&rsquo;allaitement artificiel (sauf raison médical ou désir de la patiente) pour ne pas qu&rsquo;il y ait de réduction de production de lait, et d&rsquo;avoir recours à des spécialistes en allaitement au besoin.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus <em>(et @DrePetronille pour la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°330 : douleurs thoracique (recos us), fluvoxamine/Covid, boost hétérologue, dapagliflozine, vaccination, classification diabète, littératie, préjugés, the magnificent</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/11/dragi-webdo-n330/</link><pubDate>Mon, 01 Nov 2021 22:03:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/11/dragi-webdo-n330/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Néphrologie</category><category>Diabétologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Rhumatologie</category><category>Oncologie</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Nous espérons que ceux qui sont en vacances en profitent. Pour les autres, voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p> 1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Après l&rsquo;affaire des <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/08/dragi-webdo-n192.html">impuretés</a> dans les sartans il y a 2-3 ans, de nouvelles impuretés de type azide ont été retrouvées cette fois ci dans du <a href="https://ansm.sante.fr/actualites/medicaments-a-base-de-losartan-seul-ou-en-association-conduite-a-tenir-dans-un-contexte-de-tensions-dapprovisionnement">losartan</a>. On ne connait pas encore les risques de cette impureté. Plusieurs génériques sont donc suspendus ce qui pourrait entrainer des tensions d&rsquo;approvisionnement.</p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>Le <a href="https://www.ecdc.europa.eu/en/publications-data/options-use-rapid-antigen-tests-covid-19-eueea-and-uk-first-update?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">CDC Européen</a> a déterminé la place des tests antigéniques dans la stratégie diagnostique. Ils sont recommandés en alternative aux tests PCR quand ceux ci sont peu disponibles. En effet, ils sont moins sensibles que les tests PCR, notamment chez les patients asymptomatiques. Ils ont une efficacité démontrée dans le diagnostic de la Covid chez les patients symptomatiques, notamment dans les 5 premiers jours de symptômes.</p>
<p>L&rsquo;article qui a fait parler de lui concerne la fluvoxamine. <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/11/dragi-webdo-n289.html">Nous avions dit</a> attendre de nouvelles études utilisant cette molécule il y a quelque mois compte tenu de résultats prometteurs. Voici une nouvelle étude, <a href="https://www.thelancet.com/journals/langlo/article/PIIS2214-109X(21)00448-4/fulltext?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">TOGETHER</a>, qui randomisait 1500 patients entre fluvoxamine (100mg x2 pendant 10 jours) et placebo au Brézil. Le critère de jugement est un critère composite un peu étrange associant les hospitalisations à la durée de séjour aux urgences. Il y avait une réduction de 32% du critère de jugement principal (NNT=20), mais pas de diminution des hospitalisations, ni des hospitalisations nécessitant une ventilation mécanique, ni des décès. Les auteurs mettent cependant en avant le succès du critère principal (reposant sur le recours à des services d&rsquo;urgences avec un temps sur place de plus de 6h&hellip;.) et sur une réduction de la mortalité globale uniquement en per protocole). Cette étude est au final moins spectaculaire que la précédente. Cependant, malgré l&rsquo;inclusion de 10 fois plus de patients, les résultats sont très mitigés et d&rsquo;autres études seront donc à nouveau nécessaires.</p>
<p>Un article de <a href="https://www.nature.com/articles/s41586-021-04120-y">Nature</a> revient sur la vaccination hétérologue. Comme on l&rsquo;avait dit <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/06/dragi-webdo-n316.html">précédemment</a>, l&rsquo;association d&rsquo;une 1ère dose par vaccin Astrazenaca suivi d&rsquo;une 2ème dose par vaccin Pfizer est plus efficace sur les infections sévères à Sars-Cov2 que 2 doses de Pfizer. Ce serait lié à une meilleure réponse immunitaire des lymphocytes T et lymphocytes B mémoire avec le vaccin AZ (mais une plus faible réponse IgG).</p>
<p>Sur le plan de la pharmacovigilance, le vaccin <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2785009">Janssen</a> pourrait être impliqué dans un risque de syndrome de Guillain Barré évalué à 1 sur 100 000 patients vaccinés. Un ordre de grandeur assez classique, mais bon, ce vaccin n&rsquo;est plus trop administré en ce moment.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Ça y est, les médecins généralistes peuvent primo-prescrire de la dapagliflozine ! Par contre, l&rsquo;empagliflozine est toujours soumise à primo-prescription par le cardiologue, le diabétologue ou l&rsquo;interniste. Les inhibiteurs de SGLT-2 permettent, en <a href="https://academic.oup.com/ehjqcco/advance-article-abstract/doi/10.1093/ehjqcco/qcab072/6382994?redirectedFrom=fulltext">méta-analyse</a> de réduire le risque de mortalité globale chez les patients insuffisant cardiaques ainsi que les hospitalisations pour insuffisance cardiaque, mais ne réduisent pas la mortalité globale. Si on regarde au niveau des molécules, la dapagliflozine réduit la mortalité cardiovasculaire si FE&lt;40%, mais pas l&rsquo;empagliflozine qui ne réduit que le critère cardiovasculaire composite si FE &lt; 40%. Cependant, seule l&rsquo;empagliflozine semble efficace sur insuffisance cardiaque à FE préservée (critère composite cardiovasculaire) et sur la mortalité globale chez les patients diabétiques (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/p/blog-page.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2015/09/dragi-webdo-n63.html">là</a>).</p>
<p>Des recommandations concernant les <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIR.0000000000001030">douleurs thoraciques</a> ont été publiées par la Société américaine de cardiologie. Les auteurs commencent par rappeler la fréquence des différentes étiologies des douleurs thoracique selon l&rsquo;âge aux urgences (cf figure, histoire de se rappeler que le plus souvent, on sait pas vraiment). Ils recommandent de faire un ECG devant toute douleur pour laquelle une étiologie n&rsquo;est pas évidente. Le reste est peu applicable à la médecine générale ambulatoire et concerne plus l&rsquo;évaluation du risque coronarien en urgence et le bilan au décours.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgr7LNIE4HupwLr1BBJzn302iPTvyKhWOwkLI71RRWctkLwL3sDLDFJmV5NLtzYNovYV464fOe7avpRb4oUXZqp7j1kdM_hubwVd3imeZPlItzpek6a1PisOy16dECJY1qLEwWF-r9vxnqQ/s1415/douleur+tho.png"><img src="/images/articles/2021/douleur-tho.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Néphrologie:</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2783456">Jama Internal medicine</a>
critique le seuil de 60ml/min commun à tous les patients pour définir
l&rsquo;insuffisance rénale chronique. En effet, dans leur cohorte de patient
en population générale, 75% avaient plus de 65 ans et avaient un DFG
entre 45 et 60mL/min sans augmentation du risque d&rsquo;insuffisance rénale
sévère ou de mortalité par rapport aux patients avec un DFG</p>
<blockquote>
<p>60ml/min du même âge.</p>
</blockquote>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Il y a 2 ans, nous avions parlé d&rsquo;un <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/03/dragi-webdo-n174.html">nouvelle classification</a> des diabètes: diabète auto-immun sévère (SAID), diabète insulino-déficient sévère (SIDD; sans anticorps patients jeunes avec un IMC faible); diabète insulino-résistant sévère (SIRD) (IMC élevé), diabète modéré liés à l&rsquo;obésité (MOD) (IMC &gt; 30 kg/m2) et diabète modéré lié à l&rsquo;âge (MARD).  Elle est à nouveau étudiée et validée dans un <a href="https://link.springer.com/article/10.1007%2Fs00125-021-05567-4">article</a> de Diabetologia. Le risque de complications micro et macroangiopathique a été étudié pour chacun 5 nouveaux sous-type de diabète: le SIRD est celui qui augmente le plus le risque de coronaropathie et de néphropathie, et le SIDD augmentait le risque de rétinopathie. L&rsquo;insuline basale semblait apporter un bénéfice sur le contrôlé glycémique uniquement pour les SAID et SIDD.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEizUuNw37H6AHuKmr2BLAkiQjsMhvgI3rhWqJpc1zO7_UNN1HpgeLwq0CcN7WaV7ugNojpd-r5koXhOfIAG6dBARw-i-S0U1v-App2InqFMhc41eeh3lLyIC4PI0HsDHetTw1aLec24Z1X7/s956/diab%25C3%25A8te+complications.png"><img src="/images/articles/2021/diab-25c3-25a8te-complications.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Psychiatrie:</p>
<p>Une <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0165032721008168">étude</a> s&rsquo;est intéressée à la prescription des antidépresseurs chez les patients obèses. Elle retrouve que les médecins leur prescrivent plus de bupropion ou de fluoxétine (qui tendent à faire baisser le poids), et moins de mirtazapine (qui peut en faire prendre). Si on s&rsquo;intéresse aux facteurs décisionnels entrant en jeu dans l&rsquo;instauration d&rsquo;un traitement antidépresseur, les variables permettant de le personnaliser la molécule prescrite étaient l&rsquo;existence de comorbidité, l&rsquo;âge, le poids et le genre (dans cet ordre).</p>
<p>7/ Rhumatologie</p>
<p>Cette <a href="https://bmcmusculoskeletdisord.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12891-021-04772-x">étude</a> n&rsquo;a pas mis en évidence de différence entre un groupe ayant été traité par manipulations du rachis cervical et étirements versus étirements à domicile seuls chez des patients souffrant de cervicales chroniques que ce soit sur des scores de douleurs ou sur le handicap. Les auteurs parlent d&rsquo;un surplus d&rsquo;effets indésirables dans le groupe intervention, sans en détailler les effets, et en minimisant les risques liés aux manipulations du rachis cervical dans leur discussion, c&rsquo;est dommage.</p>
<p>8/ Oncologie</p>
<p>Parlons un peu de littératie en santé avec cette <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/ecc.13532">étude transversale</a> danoise qui a utilisé un score de Littératie en santé (<a href="https://reflis.fr/wp-content/uploads/2020/07/HLQ-Dimensions-French.pdf">HLQ</a>) et notamment ses dimensions 6 (Capacité à s&rsquo;engager activement avec les professionnels de santé), 7 (Navigation dans le système de santé) et 9 (Compréhension suffisante de l’information en santé pour savoir ce qu&rsquo;il faut faire). Un bas niveau de littératie était associé à un plus long délai entre la première consultation chez le MG et l&rsquo;initiation d&rsquo;un bilan, indépendamment du niveau socio-économique des patients. En revanche, il n&rsquo;y avait plus d&rsquo;association avec le délai jusqu&rsquo;au diagnostic.</p>
<p>Oncologie toujours, avec cet <a href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0257794">article</a> américain qui a étudié la gestion d&rsquo;une douleur osseuse métastatique d&rsquo;un cancer pulmonaire résistante aux antalgiques chez des patients standardisés (psychologues avec dossiers fictifs) d&rsquo;ethnie noire ou blanche par des oncologues et médecins de premier recours. Les médecins ayant des préjugés ethniques plus importants prescrivaient moins d&rsquo;opioïdes contre la douleur et avaient une moins bonne communication autour de la douleur, tandis que ceux qui avaient des préjugés moins forts étaient plus susceptibles de prescrire des antalgiques adaptés.</p>
<p>9/ Gériatrie:</p>
<p>Cette <a href="https://bmcgeriatr.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12877-021-02485-3">étude</a> belge s&rsquo;est intéressée à la prévalence des violences sexuelles chez les interrogés de plus de 70 ans. Ainsi 44% des 513 interrogés ont déclaré avoir subi des violences sexuelles au cours de leur vie et une femme sur 12 et un homme sur 30 ont déclaré avoir subi un viol ou une tentative de viol au cours de leur vie. Une personne sur 12 déclare avoir été victime de violences au cours des 12 derniers mois. Dans plus de 40% des cas, que ce soit au cours de la vie ou récemment, l&rsquo;agresseur était un.e inconnu.e.</p>
<p>10/ Pédiatrie</p>
<p>Cette synthèse de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013265.pub2/full">Cochrane</a> autour des facteurs entrant en jeu dans la décision des parents de vacciner leurs enfants est très complète et met en avant l&rsquo;acte de vaccination, empreint des habitudes sociales mais aussi de la confiance dans les professionnels impliqués dans la vaccination. La synthèse des thèmes principalement retrouvés en entretien avec les parents est peu surprenante: la fragilité de l&rsquo;enfant, la protection naturelle, les croyances personnelles ou religieuses autour du vaccin, la responsabilité portée par les parents&hellip; mais aussi la méfiance envers les décideurs ou les controverses précédentes. Les auteurs proposent des questions à destination des décideurs créant les campagnes de vaccination mais certaines sont aussi des questions adaptées aux soins de premier recours: a-t-on pris en compte les croyances du parent sur la vaccination? a-t-on pris en compte l&rsquo;accessibilité de la vaccination, lorsqu&rsquo;on lui propose un vaccin non remboursé ?</p>
<p>11/ Jeu du mois: The Magnificent</p>
<p>&ldquo;The Magnificent&rdquo; est un jeu de la catégorie &ldquo;experts&rdquo;, avec une mécanique un peu complexe sur un thème très immersif: celui de l&rsquo;illusionnisme. Le but du jeu est de créer des spectacles, de se produire, et de gagner des points de victoire de cette façon (sans oublier de payer votre troupe). La mécanique repose d&rsquo;une part sur la sélection de dés de couleurs différente à disposer sur des emplacements d&rsquo;action, et d&rsquo;autre part sur la pose de tuiles à imbriquer pour constituer un puzzle. Le choix de dés parmi le pool commun entraine forcément des interactions, le plateau et le matériel sont de belle qualité et les parties durent moins de 2 heures. Trickerion dont on avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/02/dragi-webdo-n255.html">ici</a> est un peu plus immersif dans ce thème (et beaucoup plus long), mais the Magnificent est un excellent jeu du genre !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh-13pn_9IRvCNylMSJVRp6merY7I0x9QPP21iffENEunPinJWr3UiU-xz9RVcMXVIh6fCp-a1XanrGrF-xGslGUWpX2aYnDKtDTfJwDXWyd8g6T6_mFLBrl5q_PC_M-J-Q5Ia2DNRxd-5t/s2048/20201011_170730.jpg"><img src="/images/articles/2021/20201011-170730.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé! N&rsquo;hésitez pas à vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°329 : Aspirine prévention primaire (CNGE), asthme (NICE), Cushing (reco), ostéoporose (reco US), AINS/paracetamol</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/10/dragi-webdo-n329/</link><pubDate>Mon, 25 Oct 2021 22:01:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/10/dragi-webdo-n329/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ou bonsoir selon votre heure de lecture du billet ! Voici les actualités de la semaine et comme c&rsquo;est la fin du mois il n&rsquo;y en a pas beaucoup. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>Le vaccin <a href="https://www.bmj.com/content/375/bmj.n2551.short">Valneva</a> (le français que certains attendent) est en cours d&rsquo;étude. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un vaccin à virus entier inactivé anti-Covid avec un adjuvant d&rsquo;aluminium (et de CpG 1018*). Dans une étude comparant ce vaccin au vaccin AstraZenaca, il serait supérieur à ce dernier sur la concentration d&rsquo;anticorps d&rsquo;après un communiqué de presse. Attendons la publication de l&rsquo;étude pour étudier les critères cliniques.</p>
<p>Une analyses des propriétés des <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0045653521028368">masques chirurgicaux</a> (norme AFNOR) retrouve qu&rsquo;ils peuvent être lavés 10 fois ou lavés 5 fois et autoclavés 5 fois sans perdre leurs propriétés. Ceci permettrait de les économiser sans augmenter le risque d&rsquo;inefficacité de cette mesure barrière. Cependant, ceci a été étudié dans un contexte d&rsquo;utilisation en population générale mais pas dans un milieu chirurgical.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire </p>
<p>Le conseil scientifique du <a href="https://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/pas_daspirine_pour_les_patients_risque_cardiovascu/">CNGE</a> a publié un avis concernant la balance bénéfice-risque défavorable du traitement par aspirine en prévention primaire chez les patients, quelque soit leur âge ou leur statut diabétique. En effet, le bénéfice sur les évènements cardiovasculaire n&rsquo;est pas retrouvé dans toutes les études et ne serait que limité (NNT= 500 patients), alors que le risque hémorragique est supérieur (NNH= 200). Cet avis arrive quelques jours après la soumission au public de celui de l&rsquo;<a href="https://www.uspreventiveservicestaskforce.org/uspstf/draft-recommendation/aspirin-use-to-prevent-cardiovascular-disease-preventive-medication">USPSTF</a> américaine qui va dans le même sens, mais nous en reparlerons quand sa publication sera définitive.</p>
<p>3/ Pneumologie </p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng80/chapter/Recommendations">NICE</a> a mis à jour ses recommandations concernant l&rsquo;asthme, les dernières datant de 2017 (oui, le rythme des MAJ est bien plus rapide que celui de la HAS). Il y a peu de changements par rapport aux précédentes en dehors des algorithmes qui sont bien faits. Avant 5 ans, il est recommandé de traiter selon les symptômes puis d&rsquo;effectuer une spirométrie dès 5 ans. Si elle ne montre pas un syndrome obstructif réversible, les auteurs recommandent de mesurer la fraction exhalée de NO (FenO) et d&rsquo;évaluer la variabilité du DEP (&gt;20%) pour poser le diagnostic d&rsquo;asthme. Si suspicion d&rsquo;asthme non contrôlé malgré B2CDA avant 5 ans, les auteurs
recommandent un traitement d&rsquo;épreuve par CSI pendant 8 semaines à dose
modérée. Si c&rsquo;est inefficace, il faut penser à un diagnostic
différentiel. Si c&rsquo;est efficace mais qu&rsquo;une crise re-survient moins de 4
semaines après l&rsquo;arrêt, il faut instaurer un traitement de fond par CSI à
faible dose au long cours, et si c&rsquo;est après 4 semaines après l&rsquo;arrêt,
il est recommandé de recommencer un traitement limité à 8 semaines. Chez les plus de 5 ans, les auteurs restent sur une B2CDA à la demande pour le pallier 1, puis recommandent un CSI en traitement de fond pour le pallier 2, puis CSI et anti-leucotriène pour le pallier 3, puis CSI+B2LDA +/- anti-leucotriène pour le pallier 4 (sans privilégier un traitement SMART de prime abord) et enfin l&rsquo;ajout d&rsquo;un anti-muscarinique pour le pallier 5. Une décroissance peut être discutée après 3 mois d&rsquo;asthme contrôlé.</p>
<p>4/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(21)00235-7/fulltext">Lancet Endocrinology</a> a publié des recommandations concernant le syndrome de Cushing. Concernant le diagnostic, il repose sur le dosage du cortisol libre urinaire ou un dosage du cortisol salivaire à minuit ou à défaut d&rsquo;un test de freinage minute avec 1mg de dexaméthasone. Puis l&rsquo;ACTH permet de déterminer si la cause est plutôt centrale (adénome ou sécrétion ectopique) ou surrénalienne.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj98FaHYpa2QDAC-1RP_vbQH9WTLoDiohOKPQCQS-e7_BZeAduNE95i-ZlCuWRZ9MjlyWQsRt8MH4OUteJ0oIaaab7PS-TFLz6LiH6C7etpf2F4OE6cJ-mDCEXAwYVsxWrdq-VPZa5eg4Wn/s1313/cushing.png"><img src="/images/articles/2021/cushing.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>On avait déjà parlé des risque de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/10/dragi-webdo-n111-ainsinsuf-cardiaque.html">co-supplémentation calcium + vitamine D</a>. Cet étude publiée dans le <a href="https://www.bmj.com/content/375/bmj.n2364">BMJ</a> a étudié une augmentation des apports calciques alimentaires (lait, yaourt et fromage) versus groupe contrôle chez des patients âgés institutionnalisés avec une vitamine D normale. Les patients ont été suivis pendant 12 mois en moyenne. Les patients du groupe intervention avaient significativement moins de fractures globales (NNT= 52), moins de fractures de hanche (NNT=82) et moins de chutes (NNT=17), sans différence sur la mortalité. Il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;effets indésirables digestifs lié à l&rsquo;intervention. Cela confirme qu&rsquo;il est nécessaire d&rsquo;avoir des apports calciques alimentaires plutôt qu&rsquo;une supplémentation médicamenteuse.</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD007789.pub3/full">Cochrane</a> a comparé l&rsquo;efficacité du paracetamol et des AINS dans l&rsquo;antalgie des traumatismes des tissus mous. Les auteurs ne retrouvent pas de différence sur la douleur à 1 ou 2 heures de la prise ni à 2 ou 3 jours. Cependant il y avait d&rsquo;avantage d&rsquo;effets indésirables digestifs avec les AINS. Par rapport aux opioïdes, les AINS avaient moins d&rsquo;effets secondaires pour une efficacité antalgiques similaire.</p>
<p>La <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34448749/">société américaine de la ménopause</a> a publié des recommandations concernant la prise en charge de l&rsquo;ostéoporose. Ils rappellent les causes iatrogènes favorisant la perte de densité osseuse et les fractures (notamment anti-aromatases, corticoïdes, IPP, IRS, iSGLT2, les hypoglycémies et l&rsquo;hyperthyroïdie). Le dépistage est recommandé chez les femmes de plus de 65 ans ou avant si facteurs de risque. Le bilan de recherche de cause secondaire comprend NFS-plaquettes, calcémie, phosphorémie, albuminémie, EPP, créatininémie, PAL, vitamine D, PTH, TSH, Ac anti transglutaminase, calciurie des 24h (et aussi, cortisol libre urinaire des 24h et tryptase pour rechercher une mastocytose&hellip; bon&hellip;). Le traitement est recommandé si antécédent de fracture vertébrale/rachidienne, ostéoporose à un des site ou ostéopénie + fracture périphérique ou FRAX &gt;20% pour les fractures majeures ou &gt;3% pour les fractures de hanche. Enfin les traitements proposés sont un peu déconnectés, proposant aussi bien des bisphosphonates que du raloxifène ou le denosumab.</p>
<p>Voilà ! N&rsquo;hésitez pas à vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus <em>(et @DrePetronille pour la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°328 : Covid-19 (vaccin, transmission), dépression (reco canada), arthrose/AINS, gélules/comprimés, dysménorrhées, multimorbidité</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/10/dragi-webdo-n328/</link><pubDate>Mon, 18 Oct 2021 01:55:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/10/dragi-webdo-n328/</guid><category>Médecine générale</category><category>Rhumatologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer ce billet, parlons des personnes ayant des difficultés à avaler les médicaments (comprimés ou gélules). Dans cette <a href="https://www.annfammed.org/content/12/6/550">étude</a>, une technique consistant à mettre le comprimé sur la langue puis de mettre la bouteille à la bouche et de boire en levant la tête en arrière améliorait la prise de comprimés chez 60% des patients. La méthode améliorant la prise de gélules chez 90% des patients consistait à mettre la gélule dans la bouche, prendre de l&rsquo;eau dans la bouche puis d&rsquo;avaler en ayant la tête penchée en avant sur la poitrine. Y&rsquo;a plus qu&rsquo;à essayer ! Bonne lecture !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjMuKxnqnOTTTzyNEW7muC6BhmLwmcsAM113_Zdci_TGS4poEI7JY-lN4QlnAcyIPMCn7lJ30xQ1vTXtGxLP9K2FDTGat8Uz8i6YaQJ3yN1kJboTDYKLJmeiEvmmbzPT00_hjA0gVEojtDc/s1050/prise+cp.jpg"><img src="/images/articles/2021/prise-cp.jpg" alt=""></a></p>
<p>1/ Exercice médical :</p>
<p>Depuis longtemps les formules de lait pour enfant sont recommandées. <a href="https://www.bmj.com/content/375/bmj.n2202">Cependant</a>,
il semble que seulement 14% des essais les concernant soient
indépendants des laboratoires, 21% étaient enregistrés préalablement et
le protocole n&rsquo;a été fourni que dans 9% des essais. Il y a également un
probable biais de publication. Une méta-analyse sur l&rsquo;intérêt des laits de croissance avait été publié dans Exercer (O.Saint-Lary et al, 2009)
concluait: &ldquo;il n’y a pas de preuves des bénéfices apportés par les laits de
croissance sur la santé des enfants. Cependant, ils apportent une
quantité de fer qui pourrait être bénéfique aux populations carencées.
Leurs prix est un obstacle, d’autant que carence martiale et bas niveau
socio-économique sont intimement liés&rdquo;.</p>
<p>Des <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34607052/">auteurs</a> ont
fait une recherche systématique de revues systématiques concernant
l&rsquo;impact de l&rsquo;alcool sur les maladies cardiovasculaires. Ils ont
retrouvé 14 revues systématiques dont les auteurs avaient été financées
par l&rsquo;industrie de l&rsquo;alcool (certaines financées directement par
l&rsquo;industrie de l&rsquo;alcool). Toutes ces revues montraient un bénéfice
cardiovasculaire de l&rsquo;alcool, contre 50% pour celles dont les auteurs
n&rsquo;ont pas été financés par l&rsquo;industrie. Par ailleurs, celles financées
étaient également le plus souvent citées.</p>
<p>Une <a href="https://fmch.bmj.com/content/9/4/e000798">étude qualitative</a> suisse a étudié le raisonnement clinique des généralistes face aux patients multimorbides. C&rsquo;est assez intéressant de poser des concepts sur la pratique menée tous les jours et de comprendre ce qui se joue dans les consultations de patients multimorbides : il ne s&rsquo;agit pas simplement d&rsquo;additionner des problèmes les uns après les autres, puisqu&rsquo;ils peuvent s&rsquo;intriquer et sont partagés par un même patient. Diagnostiquer la situation, prioriser, articuler les maladies chroniques entre elles, anticiper les problèmes à venir en faisant participer le patient à son suivi. Le raisonnement des généralistes étant à la fois intuitif et analytique. Un article intéressant à lire, notamment pour être réflexif dans nos pratiques.</p>
<p>Enfin, un article d&rsquo;opinion publié dans le <a href="https://www.bmj.com/content/375/bmj.n2407">BMJ</a> discuter de l&rsquo;implication du surdiagnostic dans l&rsquo;empreinte carbone liée aux soins. En effet, les auteurs dénoncent principalement les surdiagnostics des cancers de la prostate et de la thyroïde dont les soins génèrent des émissions de carbone sans améliorer la santé. En attendant pour les actes du quotidien au cabinet, il y a le groupe du <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/05/dragi-webdo-n311.html">CMG</a> qui propose outils et affiches pour agir en termes de développement durable.</p>
<p>2/ Covid-19:</p>
<p>L&rsquo;étude française <a href="https://www.epi-phare.fr/rapports-detudes-et-publications/impact-vaccination-covid-octobre-2021/?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">EPIPHARE</a> utilisant les données de la sécurité sociale a publié des résultats concernant l&rsquo;efficacité vaccinale chez les 50-74 ans et les plus de 75 ans. Les auteurs retrouvent une efficacité vaccinale sur les 3 vaccins (Pfizer, Moderna et AstraZenaca) située entre 90% et 95% sur le risque de forme grave. Avec l&rsquo;arrivée du variant Delta, l&rsquo;efficacité se maintenait au même niveau avec une efficacité du vaccin Pfizer supérieure à 90% chez les 50-74 ans et de 84% sur les hospitalisations chez les plus de 75 ans.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.nature.com/articles/s41591-021-01548-7">étude</a> des bases de données britanniques concernant le variant Delta montre une efficacité sur les formes symptomatiques de 85% environ avec le vaccin Pfizer et 70% avec l&rsquo;AZ (et 80% pour les patients non vaccinés avec un antécédent de covid). Ceci correspond à une baisse d&rsquo;efficacité respective de 10% et 16% par rapport au variant alpha, mais le vaccin est bel et bien efficace. Ces 2 études sont cohérentes avec celle de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n327.html">semaine</a> dernière montrant une baisse d&rsquo;efficacité sur les formes symptomatiques mais pas sur les formes graves avec le variant Delta.</p>
<p>Pour étudier l&rsquo;immunité collective liée au vaccin, des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2785141">chercheurs</a> ont étudié le risque de transmission du virus chez des patients non vaccinés vivant avec des personnes immunisées (vaccin ou ancienne infection). 1,7 millions de patients dans 800 000 familles ont été inclus. Ils retrouvent que ces patients non immunisés avaient un risque d&rsquo;infection covid diminué de 45% (si 1 seul membre de la famille était vacciné) à 97% (si 4 autres membres de la famille étaient vaccinés). Les résultats étaient similaires sur le risque d&rsquo;hospitalisation lié à la covid. C&rsquo;est une des premières études montrant ce bénéfice collectif.</p>
<p>En cas de Covid symptomatique non sévère, cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2785218">essai</a> randomisé montre qu&rsquo;il est inutile de prescrire de l&rsquo;aspirine ou de l&rsquo;apixaban pour réduire les risques cardiopulmonaires liés à la maladie. Cependant, une une <a href="https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1003820">étude</a> de cohorte retrouve que les patients  ayant un traitement par statine avaient un risque de mortalité moindre que les patients sans statine (diminution du risque relatif de 12%, NNT d&rsquo;environ 440). Le bénéfice est présent chez les patients avec diabète et maladie cardiovasculaires, mais aussi chez ceux sans pathologie, notamment après 80 ans (la mortalité liée au covid étant en partie liée à des causes cardiovasculaires c&rsquo;est plutôt cohérent)</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Une méta-analyse bayésienne en réseau du <a href="https://www.bmj.com/content/375/bmj.n2321">BMJ</a> a étudié les différents AINS et opioïdes dans la prise en charge de la gonarthrose. L&rsquo;étude retrouve clairement que les opioïdes ont une faible probabilité d&rsquo;être efficace pour un risque d&rsquo;effets indésirables important. Le diclofenac gel montre des résultats intéressant avec 92% de probabilité d&rsquo;efficacité et aucun arrêt à cause des effet secondaires. Enfin, en comparant les AINS, le diclofenac, l&rsquo;etoricoxib et le rofecoxib étaient les traitements avec la probabilité la plus importante de réduire cliniquement la douleur.  L&rsquo;intervalle de crédibilité pour l&rsquo;efficacité du naproxène et de l&rsquo;ibuprofène chevauchait le seuil de pertinence clinique bien qu&rsquo;ils soient significativement plus efficace que le placebo (donc ils étaient significativement efficaces mais pas cliniquement). Concernant la tolérance des AINS, ils avaient 30% de risque d&rsquo;effets secondaires. Le paracetamol était peu efficace avec un risque d&rsquo;effet secondaire augmenté au delà de 3g/j. Pour mémoire, le diclofenac et les coxibs ont un risque d&rsquo;effets secondaires cardiovasculaires probablement supérieur aux autres AINS (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/09/dragi-webdo-n194.html">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/05/dragi-webdo-n140.html">là</a> ).</p>
<p>4/ Psychiatrie :</p>
<p>Des <a href="https://ccsmh.ca/wp-content/uploads/2021/06/CCSMH_Depression_Guidelines_FR_FINAL.pdf">recommandations</a> canadiennes ont été publiées concernant la prise en charge de la dépression du sujet âgé. Pour le dépistage, ils recommandent l&rsquo;utilisation du PHQ-9 ou du GDS. La psychothérapie est le traitement non médicamenteux recommandé en 1ère intention. La méditation pleine conscience, le yoga, taï-chi et l&rsquo;activité physique sont aussi recommandés. Ensuite, ils recommandent de la sertraline ou de la duloxétine (elle n&rsquo;a pas la meilleure balance bénéfice/risque en 1ère ligne, mais elle semble en effet préférable aux autres IRSNA, cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/04/la-depression-sans-pression18.html">ici</a>). La fluoxétine n&rsquo;est pas recommandée en raison de sa longue demi-vie (c&rsquo;est pourtant bien pour éviter les sevrages) ni la paroxétine en raison de ses effets indésirables. Un dosage de natrémie est recommandé avant traitement IRS ou IRSNA et éventuellement 2 semaines après instauration (la mirtazapine et les tricycliques sont peu pourvoyeurs d&rsquo;hyponatrémie). Les antidépresseurs tricycliques sont placés en 3ème intention. Dans tous les cas l&rsquo;instauration et la baisse du traitement doit être progressive.</p>
<p>5/ Gynécologie :</p>
<p>Concernant les dysménorrhées douloureuses des jeunes femmes, un <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34560833/">essai</a> randomisé a comparé des bains de pied pendant 20min à l&rsquo;eau chaude (42°C) avec bulles et vibrations à J1 et J2 des règles avec les bains de pied tièdes. L&rsquo;intervention avec eau chaude a diminué de façon significative les douleurs ressenties (l’échelle numérique de douleur passant de 7 à 2 versus 7 à 5 sur 10).</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°327 : Maladie rénale chronique (HAS), vaccin Covid (HAS), Covid long (reco), vaccin paludisme (OMS), DT1 (recos), antidiabétiques (iSGLT2, aGLP1, tirzepatide), macrolides</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/10/dragi-webdo-n327/</link><pubDate>Sun, 10 Oct 2021 23:45:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/10/dragi-webdo-n327/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Psychiatrie</category><category>Infectiologie</category><category>Néphrologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Ce billet va être très long, mais il y a eu beaucoup d&rsquo;articles très intéressant cette semaine.  Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance :</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2784662">étude</a> américaine retrouve que 6 visites aux urgences pour 1000 habitants par an (12 chez les plus de 65 ans) sont liées à la iatrogénie médicamenteuse (et 38% conduisent à une hospitalisation). Les médicaments impliqués étaient des anticoagulants (15%), des opioïdes (11%), des benzodiazépines (11%), des antibiotiques  (9%) et de l&rsquo;insuline (8%).</p>
<p>2/ Covid-19 :</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ema.europa.eu/en/news/comirnaty-spikevax-ema-recommendations-extra-doses-boosters?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">EMA</a> a déclaré qu&rsquo;il était possible de faire une 3ème dose de vaccin anti-covid chez les patients immunodéprimés 28 jours après la 2ème dose et qu&rsquo;il était également possible de vacciner avec une dose booster les patients de plus de 18 ans non immunodéprimés à 6 mois de la 2ème injection (mais il n&rsquo;y a pas de références pour cela).</p>
<p>Ainsi, la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3290614/fr/strategie-de-vaccination-contre-la-covid-19-place-d-un-rappel-par-le-vaccin-a-arnm-comirnaty">HAS</a> a également émis un avis sur les doses booster. Elle recommande une 3ème dose chez les patients de plus de 65 ans, ou immunodéprimés ou avec facteurs de risque de forme grave, chez les professionnels de santé et professionnels prenant en charge ou accompagnant les personnes vulnérables et chez l&rsquo;entourage des patients immuno-déprimés. Elle ne recommande pas de 3ème dose en l&rsquo;absence de facteur de risque chez les moins de 65 ans. Le rationnel de cette dose booster repose sur une baisse des anticorps de 6% tous les 2 mois environ sur les formes symptomatiques et les données de tolérances sur une sous étude incluant des patients de 18 à 55 ans ayant reçu une dose booster.</p>
<p>Si on regarde cette étude publiée dans le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)02183-8/fulltext">Lancet</a>, on peut voir que l&rsquo;efficacité du vaccin diminue progressivement après la 2ème dose, jusqu&rsquo;à atteindre une efficacité voisine de 50% sur les formes symptomatiques à 5 mois. Cependant, l&rsquo;efficacité sur les formes sévères se maintient parfaitement au cours du temps (ce qui n&rsquo;est pas en faveur d&rsquo;une 3ème dose au final, car le but de la vaccination est surtout d&rsquo;éviter les formes graves) Sur le graphique: A: cas symptomatiques; B: formes graves.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiM4v4NwRx06flhFJUidyqxQttN2d3YzpCbGB_nBJQ_8DsfbE4Pb8jzD2LlGNB_ucSiK1NtCyPlL167va81ow8W6NI7KuF3YdmetzWJzAlWyhT_yvTF7b_-r2mPss6GOSTik23Miq-qRfuj/s1146/effectiveness+vaccine.png"><img src="/images/articles/2021/effectiveness-vaccine.png" alt=""></a></p>
<p>Dans une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2784800">cohorte</a> de 2 millions de patients de plus de 18 ans, l&rsquo;incidence des myocardites était de 6 cas pour 1 million de dose chez les vaccinés et 2 pour 1 million en l&rsquo;absence de vaccin, soit un risque multiplié par 3 après la 2eme dose (NNH environ 280 000 patients).</p>
<p>En <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2109730">Israël</a>, près de 10 millions de patients ont été vaccinés. Le risque de myocardite était le plus élevé chez les 16-18  ans, avec un risque multiplié par 9 par rapport aux non vaccinés. Pour l&rsquo;ensemble de la population, ce risque était multiplié par 2,3 par rapport aux non vaccinés et l&rsquo;incidence correspondante était de 5,3 myocardites pour 100 000 vaccinés avec 2 doses. Cela donne un NNH d&rsquo;environ 50 000 patients sur l&rsquo;ensemble de la population et de 6600 patients chez les 16-19 ans. Ces fréquences sont bien plus élevées ici que dans les cohortes américaines ou européennes, notamment avec la comparaison avec l&rsquo;incidence de myocardites dans les années précédentes. Peut-on suspecter une sous-déclaration des diagnostics de myocardites avant le covid ?</p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/10/04/BJGP.2021.0265">BJGP</a> a publié des recommandations basées sur une méthode Delphi concernant les Covid long. La définition associe la positivité d&rsquo;un test (ou des critères OMS) et des symptômes très larges (un essoufflement, une douleur thoracique, des palpitations, une tachycardie inappropriée, une respiration sifflante, un stridor, une urticaire, des douleurs abdominales, une diarrhée, une arthralgie, une névralgie, une dysphonie, une fatigue, des troubles cognitifs, une fièvre prolongée et une neuropathie) persistant après 4 semaines. Le généraliste est au coeur du diagnostic en recherchant une cause autre par un bilan (NFS, créatininémie, CRP, bilan hépatique, TSH, glycémie, vitamine D, magnésium, vitamine B12, acide folique, ferritine, bilan osseux +/- RXT, troponine, ECG, ETT&hellip;). La prise en charge peut ensuite nécessiter le recours aux spécialistes et doit s&rsquo;accompagner d&rsquo;un soutien psychologique.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire:</p>
<p>Une <a href="https://academic.oup.com/ehjqcco/advance-article-abstract/doi/10.1093/ehjqcco/qcab069/6374553?redirectedFrom=fulltext">étude</a> a comparé l&rsquo;utilisation du HAS-BLED et le score ORBIT pour évaluer le risque hémorragique des patients sous AOD pour fibrillation auriculaire. Les auteurs retrouvent que le HAS-BLED conduit à moins de mauvaises classifications des patients que le ORBIT.</p>
<p>4/ Psychiatrie:</p>
<p>Des <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.121.054967?url_ver=Z39.88-2003&amp;rfr_id=ori:rid:crossref.org&amp;rfr_dat=cr_pub%20%200pubmed">patients coréens</a> sevrés du tabac ont été suivis jusqu&rsquo;à survenue d&rsquo;un évènement cardiovasculaire. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;il y a un sur-risque cardiovasculaire chez les patients ayant cessé le tabac en utilisant un produit nicotinique sans combustion (e-cigarette ou tabac chauffé) par rapport à ceux ayant cessé le tabac sans produit nicotinique sans combustion (avec des substituts classique ou sans rien par exemple), avec un NNH d&rsquo;environ 250 patients (OR d&rsquo;environ 1.5)</p>
<p>Après la reco de la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/10/dragi-webdo-n326.html">HAS</a> sur la prévention du suicide, voici une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2784787">étude</a> concernant la survenue des tentatives de suicide des adolescent (âgée de 13 ans et demi en moyenne) au cours des dernières années à Paris (Hopital Robert Debré). En gris, on peut voir le début du confinement en mars 2020&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjTeDyyTs0k98lpfOB9zz1oGsM34xZ3Y1c4FlBlYXexQbZTGWWVPwNPMuwqYzmgZhTdr7gSkBOcmYyo2lZrn93UDaRMoCurB6Azqioa6VhSA_S_DDNrsn8We4ljNjeVCntyTpgfPnh7r8ji/s872/suicide+ado.png"><img src="/images/articles/2021/suicide-ado-2.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Cette <a href="https://breathe.ersjournals.com/content/17/3/210056">revue</a> narrative concerne la prise de macrolides au cours des
pneumopathies de l’enfant. L’auteur, revient sur le fait que certaines
recommandations favorisent les macrolides par rapport aux pénicillines selon l’âge
de l’enfant (notamment après 3-5 ans) et selon la présentation clinique (« pneumopathie
atypique »). Cependant, le fait que les infections à mycoplasma pneumoniae
soient moins sévères que celles à pneumocoque et la hausse des résistances aux
macrolides fait que la prescription initiale de macrolides devrait être évitée
dans les pneumopathies de l’enfant.</p>
<p>Dans ces temps difficiles pour la vaccination, l’<a href="https://www.who.int/fr/news/item/06-10-2021-who-recommends-groundbreaking-malaria-vaccine-for-children-at-risk">OMS</a> recommande un vaccin
très attendu : celui contre le paludisme pour les enfants. L’étude ayant permis
cette recommandation a été publié dans le <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2026330">NEJM</a> et retrouve que la vaccination d’enfants
entre 5 et 17 mois est non inférieure à la prise d’une chimioprophylaxie et que
la combinaison des 2 est plus efficace que chacune des mesures.</p>
<p>6/ Néphrologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-09/guide__mrc.pdf">HAS</a> a publié une mise à jour des recommandations sur l’insuffisance rénale chronique. Un des premières modifications est la suppression de l’âge supérieur à 60 ans dans les facteurs de risque devant conduire à un dépistage. Les autres facteurs de risque décrits <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/02/dragi-webdo-n215.html">ici</a> sont maintenu et le dépistage se fait par mesure de la créatininémie et du rapport albuminurie/créatininurie (RAC).  Le déclin de DFG physiologique est de  2ml/min/an, il est modéré entre 2et 5ml/min/an et rapide au-delà de 5ml/min/an. Pour la 1ère fois le score KFRE est recommandé et un risque de déclin rapide &gt; 3% doit conduire à adresser au spécialiste (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/10/dragi-webdo-n241.html">ici</a>). Le suivi peut être assuré par le généraliste pour les DFG &gt;45ml/min, stable et sans complication (ou jusqu’à 20ml/min chez le sujet âgé). Les auteurs recommandent l’utilisation de la formule CKD-EPI pour adapter les posologies des traitements. Sur le plan thérapeutique, les auteurs recommandent d’introduire un IEC ou un ARA2 pour obtenir une TA &lt; 140/90 et même de viser &lt; 120mmHg de PAS (sauf si diabète, âge &gt;90 ans, protéinurie &gt;1g, DFG&lt;20ml/min ou PAD&lt; 50mmHg). L’IEC et l’ARA2 sont également recommandé dès 120mmHg si RAC &gt; 300mg/g ou &gt;30mg/g si diabète. L’atorvastatine est la statine recommandée chez tous les patients de plus de 50 ans lorsque le LDL est &gt; 1,9g/L. Enfin, voici le tableau de suivi :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgQjq1kC0KzJSF5540advrD7GSFPtfyw_tU3_XESp0LQZU5txnAyCTZD-3v0Xf-WYLt5ul5x0q8HS_-_VpQye6Yqrk-ihzu5ZU8qc2h-VZh5L5C9Dx8q3hEEQsizocdJCCI2Vg9JCIH1PFw/s1609/IRC.png"><img src="/images/articles/2021/irc.png" alt=""></a></p>
<p>7/ Diabétologie</p>
<p>La semaine dernière, le congrès européen de diabétologie a permis de sélectionner quelques articles. De nouvelles <a href="https://link.springer.com/content/pdf/10.1007/s00125-021-05568-3.pdf">recommandations</a> concernant le diabète de type 1 ont été publiées. Pour les généralistes, on retiendra pour le diagnostic que les anticorps anti GAD sont à faire en 1er lien devant une suspicion de diabète, puis, s&rsquo;ils sont normaux les anti-corps anti IA2 et anti ZN8. Puis selon l&rsquo;âge, il est recommandé de rechercher un diabète monogénique avant 35 ans, en s&rsquo;aidant du dosage du peptide C ou de rechercher un diabète de type 2 après 35 ans, en s&rsquo;aidant éventuellement du dosage du peptide C si le patient est insulino-requiérant 3 ans après le diagnostic de diabète. Le traitement repose ensuite sur une insulinothérapie, avec des objectifs basés sur le pourcentage de temps dans la cible à l&rsquo;aide d&rsquo;une mesure continue du glucose (on en avait parlé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/06/dragi-webdo-n274.html">ici</a>, les objectifs sont inchangés). Les antidiabétiques non insuliniques ne sont généralement pas recommandés dans le diabète de type 1.</p>
<p>Une <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-021-05529-w">revue</a> systématique actualise les bénéfices des différents antidiabétiques en les comparant entre eux dans la prise en charge du DT2. Le schéma se suffit à lui même, une fois encore, mais pour faire simples: les iDDP4 sont aussi efficaces que des placebo, les aGLP1 et iSGLT2 réduisent les évènements et la mortalité cardiovasculaire, avec un léger avantage aux iSGLT2 qui sont plus efficaces sur la néphropathie et l&rsquo;insuffisance cardiaque.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2y_VnjH2dNx0XRjHz63wNOvHZB1DCvmcWXbwf6pcQ9sSqJTkuF17rSdY8uIeLmsf4WW0TZH3P4sDC1RkS4iLPU9n8DCqzMYO0xF1I4i-jSdn-OgLNAp5PU_aIZjU_3wdhbcA2pr3emNWj/s685/dt2+ttt.png"><img src="/images/articles/2021/dt2-ttt.png" alt=""></a></p>
<p>Dans les essais randomisés, le fenofibrate chez les patients diabétiques n’a jamais réussi a démontrer un bénéfice clinique significatif sur le critère de jugement principal malgré des bénéfices possibles sur les critères secondaires. Ainsi, des <a href="https://care.diabetesjournals.org/content/44/8/1868">auteurs</a> coréens ont comparés des 5000 patients traités par fenofibrates pendant 6 ans en les appariant grâce à un score de propension à 5000 patients n’en prenant pas. Les auteurs retrouvent une réduction de la survenue d’évènements cardiovasculaires (NNT d’environ 480 patients par an) mais aussi de la mortalité globale (NNT d’environ patients 130 par an). L’effet cardiovasculaire est donc moins important que celui des statines et ce n’est pas un essai randomisé, mais il pourrait faire discuter le fénofibrate quand les statines ne sont pas tolérées du tout si d’autres études venaient rejoindre celle-ci.</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2784799">étude</a> rétrospective retrouve que les traitements par statines chez les diabétiques sont associés à une progression du diabète proportionnelle à l’intensité de la statine utilisée. Les auteurs disent donc de réfléchir à la balance bénéfice risque de la statine pour chaque patient. Cependant, le bénéfice des statines est lié au haut risque cardiovasculaire des patients diabétiques en début de leur risque hyperglycémiant connu. Cette étude est une fois encore en faveur de la nécessité de changer de paradigme dans le diabète et de prendre en compte le risque cardiovasculaire global et non des marqueurs glycémiques comme critères de contrôle ou de suivi.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2108269">efpeglenatide</a> est
un nouvel analogue du GLP-1 qui a été comparé au placebo chez des
patients à 90% en préventions secondaire. Ce traitement réduisait
significativement la survenue du critère composite cardiovasculaire de
27% (NNT=72 personnes.années), mais sans efficacité sur les avc,
infarctus, la mortalité cardiovasculaire ou la mortalité globale pris
séparément. Bref, il y a de meilleurs analogues du GLP1 en prévention
secondaire, notamment le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/06/dragi-webdo-n102-congres-diabeto.html">liraglutide</a> qui diminue la mortalité globale.</p>
<p>Enfin, de nouvelles molécules ont été présentées. Le <a href="https://www.nejm.org/doi/pdf/10.1056/NEJMoa2107519">tirzepatide</a>, un double agoniste du GLP-1 et du GIP comparé au semaglutide dans SURPASS-2. Les auteurs retrouvent que le tirzepatide abaisse plus l&rsquo;HbA1c que le semaglutide. Cependant, il y avait 0.9% de décès avec le tirzepatide contre  0.2% avec semaglutide. Les auteurs n&rsquo;ont attribué aucun décès aux traitements. Attendons d&rsquo;avoir plus d&rsquo;infos sur ce nouveau traitement, notamment sur des critères cliniques.</p>
<p>C&rsquo;est terminé! N&rsquo;hésitez pas à vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus <em>(et @DrePetronille pour la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°326 : suicide adolescent (HAS), thyroïde (HAS), déficit en testostérone (recos), arrêt antidépresseurs, paracétamol, vaccin Covid, Catan</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/10/dragi-webdo-n326/</link><pubDate>Sun, 03 Oct 2021 23:05:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/10/dragi-webdo-n326/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Urologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir, voici sans plus attendre les actualités de la semaine ! Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance :</p>
<p>Nous avions évoqué les risques possibles de <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/11/dragi-webdo-n245.html">troubles du développement</a> liés à la prise de paracetamol pendant la grossesse il y a quelques années. Cet article publié dans <a href="https://www.nature.com/articles/%20s41574-021-00553-7">Nature reviews endocrinology</a> confirme que des études observationnelles concernant environ 200 000 patientes enceintes font suspecter des risques de trouble du développement, des troubles de l&rsquo;attention, de l&rsquo;autisme, des troubles du comportement et d&rsquo;autres troubles neuro-psychologiques. Les auteurs appellent donc à la prudence et à limiter l&rsquo;utilisation du paracetamol pendant la grossesse qui agirait comme un perturbateur endocrinien. Leur étude retrouve néanmoins que 65% des femmes enceintes consomment du paracétamol et la rareté des troubles peut faire douter de la causalité suspectée par cette association.</p>
<p>Un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(21)00241-8/fulltext#%20">Lancet</a> retrouve que l&rsquo;utilisation d&rsquo;antipsychotiques hyperprolactinémiant pendant plus de 5 ans était associé à une augmentation du risque de cancer du sein, mais il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;augmentation du risque pour les non hyperprolactinémiants (clozapine, quetiapine, aripiprazole). Les auteurs suggèrent un monitoring de la prolactinémie. Cependant, compte tenu de la faible participation aux dépistages des patients atteints de pathologie psychiatrique, il est probable qu&rsquo;avoir un suivi régulier soit déjà une 1ère étape importante chez les patients ayant un surrisque de cancer du sein lié aux antipsychotiques hyperprolactinémiants.</p>
<p>2/ Covid-19:</p>
<p>Un peu après tous les autres, le <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2105290">NEJM</a> publie finalement l&rsquo;étude d&rsquo;efficacité et de sécurité du vaccin Astrazenaca incluant  32 000 patients. Les auteurs retrouvent une efficacité de 74% chez l&rsquo;ensemble des patients (NNT= 91) et 85% dans le sous groupe des plus de 65 ans pour éviter une infection symptomatique. Pour éviter une hospitalisation, l&rsquo;efficacité atteint 95%. Il y a eu moins de 0,1% de thrombose/phlébite/thrombopénie chez les vaccinés. Les autres effets secondaires étaient classiques.</p>
<p>Des <a href="https://www.inspq.qc.ca/publications/3173-syndrome-guillain-barre-vecteur-viral-covid19?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">recommandations canadiennes</a> ont été publiées concernant l&rsquo;indication de vaccination et les antécédents de syndrome de Guillain Barré (SGB). Ils recommandent de proposer le vaccin COVID aux patients avec antécédent de SGB même post-vaccinal d&rsquo;un autre vaccin (type grippe). Un SGB survenant dans les 6 semaines après une vaccination COVID ne contre indique pas la poursuite du calendrier vaccinal normal et n&rsquo;est pas une contre-indication absolue à la 2ème dose qui doit être discutée après évaluation de la balance bénéfice-risque.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Un article de l&rsquo;<a href="https://erj.ersjournals.com/content/early/2021/08/26/13993003.00768-2021">European Respiratory Journal</a> s&rsquo;est intéressé aux facteurs associés au suivi des ordonnances et conseils promulgués par les médecins par les patients asthmatiques. Appartenir à une minorité ethnique, avoir eu des changements récents de médicaments était associé à une moins bonne réalisation des conseils. Au contraire, avoir été aux urgences pour une crise d&rsquo;asthme dans l&rsquo;année était associé à une meilleure observance. Enfin, 97% suivaient les conseils quand il s&rsquo;agissait de maintenir un traitement, mais seulement  70% quand il s&rsquo;agissait de l&rsquo;augmenter ou le baisser.</p>
<p>3/ Psychiatrie:</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3288864/fr/idees-et-conduites-suicidaires-chez-l-enfant-et-l-adolescent-prevention-reperage-evaluation-prise-en-charge">HAS</a> a publié des recommandations concernant la prévention des conduites suicidaires chez l&rsquo;adolescent. Le BITS est recommandé pour dépister les adolescents tout venant, et l&rsquo;ASQ dans les consultations en lien avec la santé mentale. En cas de crise suicidaire, il est nécessaire d&rsquo;évaluer l&rsquo;urgence suicidaire (risque à court terme: idées, scénario, intentionnalité) et la vulnérabilité suicidaire (risque à moyen et long terme: facteurs de risques environnementaux, antécédents personnels et familiaux de suicide). Ces éléments permettent de déterminer si la prise en charge peut être ambulatoire ou hospitalière.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhOwzVj4kAVnxdek9a6RLCFZ4Ipm6hvhLud5pkoz1rpv0Pa6x9JfRW2rzIsAYGOiMjYXiYvqemR-gtRigKBIwlHBGO5gjxQAN_O5q9Frtn8jlCCzL6OFBoUA8uYhGMKdGZTOFUXbk7ns7wZ/s1071/suicide+ado.png"><img src="/images/articles/2021/suicide-ado.png" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2106356">NEJM</a> a publié un article concernant l&rsquo;arrêt des antidépresseurs en médecine générale. Il y avait environ 1500 patients sous sertraline, fluoxétine, citalopram ou mirtazapine soit suite à au moins 2 épisodes dépressifs majeurs soit 1 seul traité depuis au moins 2 ans. Ils ne devaient plus avoir de symptômes dépressifs majeurs et se sentir assez bien pour arrêter l&rsquo;antidépresseur. Ils ont été randomisés entre un groupe arrêt des antidépresseurs (demi dose pendant 1 mois, puis 1 jour sur 2 pendant 1 mois, puis stop) et un groupe poursuite des antidépresseurs à la même dose. Les patients avaient 55 ans en moyenne et 94% avaient eu au moins 3 épisodes dépressifs. Après 52 semaines, il y a eu 39% de rechutes dans le groupe poursuite du traitement et 56% dans le groupe arrêt. Chez ces patients avec dépression récidivante, et un traitement bien toléré, il est probablement préférable de poursuivre le traitement antidépresseur. Cependant, on peut aussi se dire que pour 44% des patients, il n&rsquo;est effectivement pas utile de poursuivre le traitement indéfiniment.</p>
<p>4/ Urologie</p>
<p>La société de médecine sexuelle et l&rsquo;association française d&rsquo;urologie ont publié des recommandations concernant le <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1166708720307430">déficit en testostérone</a> (DT) (ex-andropause, ex-déficit androgénique lié à l&rsquo;âge) pour faire face à &ldquo;la réticence de certains praticiens à traiter le DT et la demande des patients non pris en charge&rdquo;. Le DT est défini par :</p>
<ul>
<li>des signes cliniques évocateurs de déficit en testostérone (baisse de libido, dysfonction érectile, trouble du sommeil, petits testicules, ostéoporose, obésité, syndrome métabolique, diabète, fatigue, bouffée de chaleur,  diminution de pilosité, humeur dépressive, anxiété, troubles cognitifs),</li>
<li>et une baisse de la testostéronémie à jeun ou de l&rsquo;activité des androgènes sériques, mais sans seuil précis parce que c&rsquo;est trop variable</li>
</ul>
<p>Les auteurs recommandent un dosage de testostérone libre ou biodisponible plutôt que totale chez les patients présentant un des signes clinique évocateur. En cas de doute, on peut doser LH, prolactine, PSA, hématocrite. Mais, un test thérapeutique de 6 mois peut quand même être considéré si le critère biologique n&rsquo;est pas obtenu.</p>
<p>Le traitement mis en place peut être transcutané, oral ou injectable. Les contre-indications au traitement par testostérone sont un cancer de la prostate recherché par toucher rectal et dosage du PSA, un cancer du sein recherché par l&rsquo;examen clinique et une hématocrite &gt; 54%.</p>
<p>Enfin, on aurait pu commencer par ça: il n&rsquo;y a aucune donnée épidémiologique permettant d&rsquo;évaluer la pertinence du dépistage et des traitements. Les symptômes sont fréquents et peu spécifiques, les bilans diagnostics et pré-thérapeutiques peuvent conduire au surdiagnostic de cancers, ce qui n&rsquo;a pas été évalué. Le niveau de preuve de la majorité des recommandations sont des accords d&rsquo;expert. Et pour finir, les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d&rsquo;intérêt, pourtant il y a des centaines parfois milliers d&rsquo;euros sur leur fiche transparence.sante.gouv, ce qui peut faire douter de la fiabilité de la recommandations.</p>
<p>Une <a href="https://www.annfammed.org/content/19/5/437">revue</a> systématique a évalué les signes évocateurs d&rsquo;infections urinaires chez l&rsquo;enfant en soins de 1er recours. Les signes étudiés sont un peu étranges quand même. Ainsi, une circoncision, la présence d&rsquo;un stridor et un érythème fessier étaient les éléments les plus utiles pour réduire la probabilité d&rsquo;infection urinaire. La persistance de la fièvre n&rsquo;était pas un élément très utile. Les auteurs recommandent l&rsquo;utilisation d&rsquo;outils comme l&rsquo;UTI Calc (cf <a href="https://uticalc.pitt.edu/">ici</a>).</p>
<p>5/ Endocrinologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-09/fiche_exploration_des_pathologies_thyroidiennes_chez_ladulte_pertinence_et_criteres_de_qualite_de_lechographie_pertinence_de.pdf">HAS</a> a publié des recommandations concernant la pertinence des examens dans les explorations des pathologies thyroïdiennes. L&rsquo;échographie thyroïdienne est indiquée si:  nodules palpables ou signes de compression (dyspnée, dysphagie, dysphonie), à visée diagnostique (sauf De Quervain ou Basedow typique) et éventuellement si TSH élevée avec anti-TPO normaux et facteurs de risque de cancer (antécédents familiaux, irradiation dnas l&rsquo;enfance, maladies génétiques). La ponction thyroïdienne est indiquée selon le score <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/04/dragi-webdo-n222.html">EU-TIRADS</a>. Attention, le médecin demandeur doit vérifier les critères de qualité de l&rsquo;échographie qu&rsquo;il a prescrite (contexte clinique, dimension et échogénicité de la thyroide, nombre des nodules avec schéma et eu-tirads, aires ganglionnaires et extension).</p>
<p>6/ Jeu du mois : &ldquo;Catan&rdquo;</p>
<p>Parlons aujourd&rsquo;hui de &ldquo;Catan&rdquo;, anciennement appelé &ldquo;Colons de Catane&rdquo;. C&rsquo;est un jeu de société de 1997 qui a été un des précurseurs du jeu de société moderne. Dans ce jeu, vous allez devoir construire des villes reliées entre elles pour marquer des points. Pour bâtir vos monuments, il faudra recolter des ressources qui produites par les territoires accolés à vos villes. A chaque tour, on lance un dé, et la valeur du dé détermine les régions qui vont pouvoir produire une ressource. Il y a donc une part de hasard diront certains, mais il s&rsquo;agit surtout de probabilités qui vont aider à déterminer où placer vos cités pour récolter les ressources qui vous feront progresser le plus rapidement. C&rsquo;est un jeu sympathique et assez simple à expliquer. Un classique à avoir même si la mécanique peut ne pas satisfaire tous les joueurs.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgwjgqlDJGpS8tzYz8Mjd-XvqW7yYQTV2ENZ7EYUDe42Sn1_fgzbyzTHBwLElPUuYddP_an6a7y2mVFNun3Oakfd_Mxt6sWKzRM2YOZYb5YjA7vMQRby8b0qntRgMtkUMNCddacOPg_iH-l/s2048/20200925_134058.jpg"><img src="/images/articles/2021/20200925-134058.jpg" alt=""></a></p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et @DrePetronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°325 : budesonide/Covid, pneumopathies, polypills cardiovasculaires, hyperémèse gravidique, dysfonction érectile</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/09/dragi-webdo-n325/</link><pubDate>Mon, 27 Sep 2021 19:47:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/09/dragi-webdo-n325/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><category>Oncologie</category><category>Urologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer, l&rsquo;utilisation d&rsquo;<a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0001457521003857">applis de jeux en réalité augmentée</a>(en gros: Pokémon GO) permet bien de favoriser l&rsquo;activité physique et les interactions sociales mais ça induit aussi des comportement dangereux en voiture (&ldquo;Ne joue pas à Pokémon Go en conduisant!&rdquo;). Bref, voici les actualités que nous avons trouvées cette semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/Pharmacovigilance :</p>
<p>Une alerte sur le conditionnement du <a href="https://ansm.sante.fr/informations-de-securite/topalgic-100-mg-ml-et-contramal-100-mg-ml-solution-buvable-tramadol-rappels-de-bon-usage-et-evolution-des-boites-pour-limiter-le-risque-de-surdosage">tramadol</a> buvable pédiatrique pour réduire le risque d&rsquo;intoxication accidentelle a été publiée par l&rsquo;ANSM. Désormais il faudra utiliser le compte-goutte disponible dans la boite (1 goutte = 2,5 mg). Cette notification survient plusieurs mois après un article de la revue Prescrire, peu satisfaite de ce conditionnement, encore trop concentré et exposant toujours aux surdosages rappelant que le compte goutte proposé ne permet pas de limiter la dose maximale administrée.</p>
<p>2/ Covid-19 :</p>
<p>Les <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8442301/">sociétés de pédiatrie européennes</a> se prononcent pour la vaccination des enfants de moins de 12 ans non seulement pour limiter la transmission et l&rsquo;émergence de nouveaux variants, mais aussi pour obtenir une protection individuelle des enfants. Cependant, ils sont opposés à une vaccination avant que les études aient été terminées pour déterminer les effets secondaires précis. En effet, au vu du faible taux d&rsquo;infections sévères proche du risque d&rsquo;hospitalisations post vaccinales chez l&rsquo;enfant, il ne semble pas indispensable de vacciner les moins de 12 ans pour réduire la transmission si les adultes sont vaccinés. Attendons donc des études plus précises, notamment sur le bénéfice de la vaccination pour les Covid-sévères et les syndromes inflammatoires multi-systémiques survenant chez l&rsquo;enfant.</p>
<p>On avait parlé du budésonide inhalé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/04/dragi-webdo-n309.html">ici</a>. Un essai contrôlé randomisé a été publié dans le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)01744-X/fulltext">Lancet</a> effectuant des statistiques Bayésiennes. Des patients de plus de 65 ans ou de plus de 50 ans avec facteurs de risques suspects de Covid avec des symptômes depuis moins de 14 jours vue en ambulatoire ont été randomisés entre placebo et budesonide 800x2/j pendant 14 jours. Sur environ 2000 patients randomisés, la moitié était COVID + et a été analysée en analyse principale: le budesonide réduisait les symptômes significativement de 3 jours (11,7j vs 14.8j) mais ne réduisait pas significativement le risque d&rsquo;hospitalisations ou de décès (le NNT aurait été de 50 patients). Cependant, en analyse de sensibilité, les auteurs ont randomisé les patients COVID+ et non symptomatiques, et là, c&rsquo;était ça réduisait significativement les hospitalisations et décès. Donc si une autre étude pouvait renforcer l&rsquo;idée de l&rsquo;efficacité du budesonide chez les patients à risque avec un test COVID+, ça serait bien avant d&rsquo;en faire le traitement de la COVID en soins primaires.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire :</p>
<p>On avait également parlé des polypills cardiovasculaires <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/09/dragi-webdo-n237-boulimie-has.html">ici</a> (ces pilules en prévention primaire contenant des antihypertenseurs, des statines et parfois de l&rsquo;aspirine). Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)01913-9/fulltext">Lancet</a> a publié une revue systématique avec méta-analyse sur données individuelles concernant ces traitements. Ils ont inclus TIPS-3, HOPE-3 et PolyIran et concernent donc des patients de  63 ans en moyenne, à  65% hypertendus, 20% de diabétiques et autant de fumeurs. Leur score de Framingham moyen était de  17.7%+/-8.7, soit du risque intermédiaire (mais environ la moitié de la population était à risque élevé, le seuil étant à 20%). Les auteurs retrouvent que les polypills réduisaient significativement les critères composites cardiovasculaires avec un NNT de 52 patients à 5 ans (avec un effet sur les composantes suivantes: le risque d&rsquo;infarctus, d&rsquo;AVC et de mortalité cardiovasculaire). Les auteurs ont comparé polypill avec aspirine vs contrôle et polypill sans aspirine vs contrôle pour retrouver des effets similaires, mais un OR un peu meilleur avec aspirine. Ils n&rsquo;ont pas retrouvé de saignements supplémentaires sous aspirine (ce qui est étrange au vu des autres études). Ils n&rsquo;ont malheureusement pas comparé polypill avec aspirine vs sans aspirine, ce qui me met en désaccord avec leur conclusion disant que l&rsquo;aspirine est utile en prévention primaire. Une fois de plus, les 2/3 des patients étant hypertendus, il est logique qu&rsquo;un traitement antihypertenseur réduise les évènements cardiovasculaires. De plus, les statines réduisant les évènements cardiovasculaires chez tout le monde, les résultats retrouvés sont une fois de plus concordants avec le fait de traiter des patients selon leur risque cardiovasculaire (ici, la moitié des patients était à haut risque, et le bénéfice sur le sous groupe des patients à risques faible et modéré n&rsquo;est pas significatif notamment sans aspirine).</p>
<p>Une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34556798/">étude</a> s&rsquo;est intéressée aux dyskaliémie chez les patients sous antihypertenseurs notamment avec des calciques, des ARAII et de l&rsquo;hydrochlorothiazide. Ils retrouvent que le losartan est plus hyperkaliémiant que le valsartan, et que le risque d&rsquo;hyperkaliémie des ARAII peut être compensé par l&rsquo;HCTZ 12.5mg. Cependant, associer un ARAII avec 25mg d&rsquo;HCTZ, est à risque d&rsquo;hypokaliémie.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjhoEnQ73FTyr9aPNBHPQFRqqjF_LDINvKuH65coPcFUoxIDhJIqIkmBSwG9duscIjA9N8PTIHXBCoyrHKQYPROocV-78O6KldKJ4-ngKnV3fYLWCZ-V8pFWRBglP8HDvoE73oPqSLmrl27/s1241/kali%25C3%25A9mie.png"><img src="/images/articles/2021/kali-25c3-25a9mie.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Infectiologie:</p>
<p>Une étude suisse publiée dans <a href="https://www.bmj.com/content/374/bmj.n2132">BMJ</a> s&rsquo;est intéressée à la prise en charge des pneumopathies en médecine générale et évaluait la probabilité de prescription d&rsquo;un antibiotique à J28. L&rsquo;utilisation de la PCT seule permettait de réduire de 25% la prescription d&rsquo;antibiotiques, mais pas le fait d&rsquo;utiliser en plus échographie en fonction de la PCT. Les symptômes duraient 1 jour de plus dans le groupe PCT par rapport au groupe contrôle (qui prescrivait plus d&rsquo;antibiotiques). A priori, il n&rsquo;y a pas eu d’issues défavorables dans chacun des groupes.</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)01431-8/fulltext">Lancet</a> a publié un essai contrôlé randomisé évaluant un traitement par amoxicilline versus placebo dans la prise en charge des infections respiratoires basses non sévères de l&rsquo;enfant sans suspicion de pneumonie. Il y a eu 400 enfants âgés de 3 ans en moyenne de randomisés. Les symptômes modérés à importants sous antibiotiques duraient 5 jours, et 6 jours sous placebo, sans différence significative. Il y a eu 2% d&rsquo;hospitalisation dans les 2 groupes. Il est donc inutile de traiter par antibiotiques les bronchites de l&rsquo;enfant sans suspicion de pneumopathie.</p>
<p>5/ Gynécologie:</p>
<p>Cet <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34555550/">article</a> se propose de définir l&rsquo;hyperémèse gravidique. Toute une revue de la littérature et un Delphi pour s&rsquo;accorder sur : des nausées et vomissements sévères débutant en début de grossesse (avant 18 SA), avant un âge gestationnel de 16 semaines, avec une incapacité de manger et/ou de boire normalement limitant fortement les activités quotidiennes.</p>
<p>6/ Oncologie:</p>
<p>Les cancers du pancréas étant souvent découverts au stade IV, un article du <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/09/08/BJGP.2021.0153">BJGP</a> s&rsquo;est intéressé aux symptômes qui pourraient aider à les dépister pour les traiter à symptômes cancer du pancréas. Les cancers surviennent surtout chez des patients diabétiques, avec un syndrome de Cushing, des kystes pancréatiques ou une maladie thromboembolique veineuse et la consommation d&rsquo;alcool et de tabac étaient des facteurs de risque. Parmi les symptômes évocateurs on retrouve notamment, l&rsquo;ictère, l&rsquo;hémorragie digestive, une modification du transit, des vomissements, des douleurs abdominales, une masse palpable, une perte de poids et une anorexie. Je crains malheureusement que ces symptômes retrouvés rétrospectivement soient soit très peu spécifiques soit plutôt tardifs&hellip;</p>
<p>7 / Urologie:</p>
<p>Pour commencer cette partie à thème, la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013169.pub2/full">Cochrane</a> retrouve que l&rsquo;utilisation de la pression positive chez les patients avec un syndrome d&rsquo;apnée du sommeil pourrait légèrement améliorer les troubles de l&rsquo;érection à 4 semaines, mais pas à 12 semaines. L&rsquo;utilisation du sildenafil semble quand même plus efficace d&rsquo;après leur analyse.</p>
<p>Une <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/2090598X.2021.1926753">revue</a> s&rsquo;est intéressée aux mesures non pharmacologiques, médecine complémentaires et phytothérapie dans la prise en charge des dysfonctions érectiles. Bien que des plantes comme le ginseng ou l&rsquo;acupuncture semblent améliorer les scores de fonction érectile, les règles diététiques et la pratique d&rsquo;une activité physique régulière semblaient aussi efficaces, avec moins d&rsquo;effet secondaires et apportant également des bénéfices sur les marqueurs cardiovasculaires.</p>
<p>D&rsquo;après cette <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/2090598X.2021.1926763">étude</a>, ce qui semble fonctionner le mieux dans les dysfonctions érectiles, c&rsquo;est l&rsquo;association d&rsquo;intervention psychologique et d&rsquo;inhibiteurs de phosphodiestérase-5 qui est plus efficace que chaque composante prise séparément.</p>
<p>Pour finir, une <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/2090598X.2021.1943273">revue</a> a cette fois ci comparé les traitements utilisés dans l&rsquo;éjaculation précoce. On y retrouve pas mal d&rsquo;inhibiteurs de recapture de sérotonine possiblement efficaces (aux prix de leurs effets secondaires connus dans les troubles dépressifs), les anesthésiants locaux comme la lidocaine-prilocaine qui semble efficace (et aussi à privilégier selon Prescrire), et les opioïdes comme le tramadol, modérément efficaces mais avec des risques d&rsquo;abus et de dépendance disproportionnés.</p>
<p>Merci pour votre fidélité, c&rsquo;est fini ! Les liens vers les abonnements  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°324 : vaccin Covid, dépistage HPV (recos OMS), anticoagulation, lithiases biliaires, symptômes uro, soins palliatifs</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/09/dragi-webdo-n324/</link><pubDate>Sun, 19 Sep 2021 22:10:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/09/dragi-webdo-n324/</guid><category>Oncologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Urologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! voici en introduction un article du <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/08/26/BJGP.2021.0340">BJGP</a> qui a utilisé la durée de relation médecin généraliste-patient comme marqueur de coordination des soins. Les auteurs retrouvent que plus la relation était longue, moins les patients mourraient, moins ils étaient hospitalisés et moins ils utilisaient les services de garde médicale ! Sans plus attendre, voici les actualités de la semaine !</p>
<p>1/ Covid-19:</p>
<p>L&rsquo;actualité est à la 3ème dose de vaccin Covid. D&rsquo;une part, un document de la <a href="https://www.fda.gov/media/152161/download?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">FDA</a> (Food Drug and Administration américaine) affirme que la balance bénéfice/risque est positive dès 16 ans (je n&rsquo;arrive pas à savoir si c&rsquo;est la FDA qui l&rsquo;a écrit ou si c&rsquo;est le document qu&rsquo;a fourni Pfizer pour demander l&rsquo;autorisation pour la 3ème dose).</p>
<p>D&rsquo;autre part, une analyse publiée dans la <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)02046-8/fulltext">Lancet</a> dit non seulement que les vaccins sont efficaces sur le variant Delta, mais aussi qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas besoin de 3ème dose dans l&rsquo;état actuel des choses car l&rsquo;efficacité des 2 doses serait suffisante en population générale. La baisse du titre des anticorps ne correspondrait pas forcément à une baisse d&rsquo;efficacité. (Cas particulier, en cas de trouble de l&rsquo;immunité, la 3eme dose semble nécessaire)</p>
<p>Et en pratique une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2114255">NEJM</a> a comparé 3 doses vs 2 doses de vaccin Pfizer en Israël chez les plus de 60 ans. Le bénéfice de la 3ème dose booster est ainsi estimé à un NNT 1305 patients pour éviter une infection et NNT 16 770 pour une infection sévère. C&rsquo;est donc efficace, mais au vu des NNT chez dans cette population, ce n&rsquo;est en effet probablement pas nécessaire pour les patients sans facteur de risque.</p>
<p>2/ Oncologie:</p>
<p><a href="https://www.euro.who.int/en/health-topics/noncommunicable-diseases/cancer/news/news/2021/9/who-recommends-dna-testing-as-a-first-choice-screening-method-for-cervical-cancer-prevention">L&rsquo;OMS</a> a mis à jour ses recommandations concernant le dépistage des cancers du col de l&rsquo;utérus. Cette stratégie place le test HPV en première intention chez toutes les femmes et espace le suivi (ce qui va faire un choc pour les patientes et soignants habitués au frottis annuel). Par contre, pas de réponses pour les patientes gardant un HPV +, qui constituent tout de même une partie de la population&hellip;</p>
<ul>
<li>La recherche d&rsquo;HPV est le test à réaliser à partir de 30 ans (25 ans si VIH+), tous les 5 à 10 ans (3 à 5 ans si VIH+), et jusqu&rsquo;à 2 tests négatifs après 50 ans. Cette recherche peut être faite par auto test ou prélèvement par professionnel de santé.</li>
<li>En cas de test HPV positif, le génotype d&rsquo;HPV, la cytologie, l&rsquo;examen sous acide acétique ou la colposcopie sont proposés. Si ce second test est négatif, le test HPV est proposé 24 mois après (ou 12 mois si VIH+) puis si le test HPV est négatif, retour à un suivi classique.</li>
<li>Chez les patientes ayant été traitées par CIN 2/3, l&rsquo;absence d&rsquo;HPV 1 an après le traitement ramène à un suivi comme pour la population normale.</li>
<li>Chez les patientes VIH+, le suivi proposé est le même qu&rsquo;en population générale. En cas d&rsquo;anomalie à la cytologie, si la colposcopie est normale et le test HPV négatif à 1 an, on repasse aussi à un suivi classique.</li>
</ul>
<p>En parallèle, les américains &gt;ont mis à jour leurs <a href="https://www.aafp.org/afp/2021/0900/p314.html">recommandations</a> sur le dépistage du cancer du col. Ils proposent le test HPV de 25 ans (et plus 21 ans) à 65 ans, tous les 5 ans rappelant que le test est plus sensible que la cytologie et réduit l&rsquo;examen pelvien. Pour le moment les recommandations françaises sont toujours en faveur d&rsquo;une cytologie entre 25 et 30 ans.</p>
<p>3/Cardiovasculaire:</p>
<p>Alors que les recommandations internationales font discuter l&rsquo;intérêt d&rsquo;une anticoagulation à vie dès le 1er épisode de maladie thromboembolique veineuse (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/03/dragi-webdo-n218.html">ici</a> ou <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/09/dragi-webdo-n236.html">là</a>),  une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M21-1094">revue systématique</a> concernant la tolérance de cette anticoagulation prolongée a été publiée dans Annals of Internal Medicine. À 5 ans de traitement, il y avait 1,7 hémorragies par an pour 100 personnes sous AVK et 1,1 pour 100 patients sous AOD. Parmi les patients ayant une hémorragie sévère sous AVK, il y avait 8,3% de décès et 9,7% sous AOD (donc plus de décès en cas de saignement sévère avec AOD mais il y a moins de saignement). Les facteurs associés au risque hémorragique étaient l&rsquo;âge de 65 ans, le DFG &lt; 50ml/min, les antécédents d&rsquo;hémorragie et l&rsquo;utilisation concomitante d&rsquo;anti-agrégants plaquettaires.</p>
<p>Les recos de l&rsquo;ESC prônent une pression artérielle diastolique (PAD) inférieure à 80mmHg chez tous les patients hypertendus. Cette <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/clc.23713">étude</a> transversale retrouve que l&rsquo;HTA diastolique isolée n&rsquo;est pas associée au développement d&rsquo;une microalbuminurie, à une HVG ou à des signes d&rsquo;artériopathie. C&rsquo;est concordant avec ce que l&rsquo;on avait déjà dit <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/02/dragi-webdo-n255.html">ici</a>. Va t il falloir uniquement se concentrer sur la PAS?</p>
<p>Le blog Perruche en Automne en a parlé souvent: <a href="https://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=6112">boire &ldquo;plus&rdquo; n&rsquo;est pas utile pour les reins</a>. Cette fois ci, une <a href="https://www.authorea.com/users/375397/articles/492649-total-and-drinking-water-intake-and-risk-of-all-cause-and-cardiovascular-mortality-a-systematic-review-and-dose-response-meta-analysis-of-prospective-cohort-studies">étude</a> confirmé l&rsquo;absence d&rsquo;association entre les apports hydriques et la mortalité globale. Cependant, la mortalité cardiovasculaire était associée aux apports hydriques: plus on boit d&rsquo;eau, moins on a de problèmes cardiovasculaires. Quand on regarde les figures, ce n&rsquo;est pas si évident que ça, car le modèle n&rsquo;est pas linéaire, et s&rsquo;il y a un bénéfice, c&rsquo;est probablement aux alentours de 6 verres par jour (soit 1,5L).</p>
<p>4/ Gastro-entérologie:</p>
<p>Cette semaine, le <a href="https://www.bmj.com/content/374/bmj.n2085">BMJ</a> parle des lithiases biliaires. Il y aurait une prévalence des lithiases biliaires d&rsquo;environ 10-15% de la population en Europe et 80% seraient asymptomatiques. En cas de colique hépatique, 50% récidivent chaque année et 1 à 2% se compliquent. Des douleurs de l&rsquo;hypochondre droit ou épigastriques ou irradiant à l&rsquo;épaule droite sont évocatrices. En cas de suspicion de pathologie lithiasique, le bilan de recommandé comprend un bilan hépatique et une échographie. La persistance d&rsquo;une douleur à l&rsquo;hypochondre droit, les signes systémiques ou la triade de Charcot (douleur de l&rsquo;HCD, fièvre, ictère) sont en faveur d&rsquo;une complication. Après une colique hépatique simple, une cholécystectomie par coelioscopie est recommandée car 2% des patients opérés ont une complication contre 14% en cas de traitement conservateur. Il faut néanmoins savoir que 10 à 40% des patients opérés ont un syndrome post cholécystectomie (douleurs abdominales / dyspepsie).</p>
<p>5/ Endocrinologie :</p>
<p>Cet <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34414269/">article</a> a évalué les recommandations de prise en charge des personnes transsexuelles. Sur les 17 recommandations analysées, aucune française (ça ne nous étonne pas trop) avec seulement 4 jugées comme étant de bonne qualité. On espère de vraies belles recos pour nous permettra d&rsquo;accompagner au mieux nos patient·es. En attendant, les sources disponibles peuvent être aidantes.</p>
<p>Un article de <a href="https://care.diabetesjournals.org/content/early/2021/08/11/dc21-1331">Diabetes Care</a> a modélisé qu&rsquo;il y avait un risque de complications cardiovasculaires et rénales plus importantes dans le diabète de type 1 quand un patient avait une HbA1c à 9% pendant 10 ans suivi d&rsquo;une HbA1c à 7% pendant 10 ans, en comparaison d&rsquo;une HbA1c à 7% pendant 10 ans suivi de 10 ans avec une HbA1c à 9%.</p>
<p>6/ Urologie:</p>
<p>Intéressons nous à la prise en charge des symptômes urinaires des hommes de plus de 40 ans, à travers cette <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/07/27/BJGP.2020.1043">étude qualitative</a> qui a croisé les regards des généralistes et des patients. La principale crainte des médecins comme des patients reste le cancer de la prostate, c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs souvent le motif principal de la consultation, avant même le soulagement des symptômes. Ensuite, le soulagement des symptômes est souvent incomplet, avec la crainte d&rsquo;effets indésirables des traitements, surtout chez les plus âgés. Les patients préfèrent consulter en soins de premier recours, étant en confiance avec leur généraliste.</p>
<p>7/ Soins palliatifs:</p>
<p>Cet article du <a href="https://bjgp.org/content/71/710/410">BJPG</a> propose une réflexion autour des soins palliatifs et des soins effectués durant la dernière année de vie. En effet, alors qu&rsquo;on a introduit les soins palliatifs plus précocement en parallèle des soins curatifs (et non plus comme lorsque le principe était proche des &ldquo;soins palliatifs lorsqu&rsquo;on ne peut plus rien faire de curatif&rdquo;), les auteurs ont observé un renforcement des soins curatifs en fin de vie avec une surmédicalisation autour de la mort. C&rsquo;est une vraie réflexion, de la justesse de nos prescriptions, de l&rsquo;acceptation de nos déprescriptions. On attend d&rsquo;ailleurs les résultats prochains de l&rsquo;étude <a href="https://www.sentiweb.fr/france/fr/?page=enquetes">Hestia</a> du réseau Sentinelles, sur la perception des MG de la prise en charge de la fin de vie de ses patients. </p>
<p>Voilà pour cette semaine, n&rsquo;hésitez pas à laisser des commentaires si vous avez des points de vue différents, des articles complémentaires et d&rsquo;autres remarques à faire. Il est toujours possible de vous abonner au blog sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez
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<p>À la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°323 : Coronaropathie chronique (HAS), insuffisance rénale (NICE), cibles tensionnelles, vaccin Covid/grossesse, cannabis thérapeutique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/09/dragi-webdo-n323/</link><pubDate>Sun, 12 Sep 2021 23:07:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/09/dragi-webdo-n323/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Douleur</category><category>Néphrologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Nous espérons que cette semaine s&rsquo;est bien passée et que les néo-internes ont les affectations qu&rsquo;ils désirent. Voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/  Covid-19:</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1089&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">HCSP</a> a publié un avis concernant les personnes ayant une contre-indication à la vaccination anti-covid (définitive: allergie à un composant du vaccin, anaphylaxie de grade ≥ 2 après la 1ère injection, syndrome de fuite capillaire, syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique, avis d&rsquo;une RCP / transitoire: traitement par ac monoclonaux anti-covid, myocardites et péricardites actives). Ainsi, il faut que ces patients puissent accéder aux établissements recevant du public sur présentation d&rsquo;un test de dépistage négatif, que les tests soient gratuits pour eux et de maintenir voire d&rsquo;adapter les mesures barrières. Le HCSP recommande également qu&rsquo;ils puissent avoir accès aux traitements par anticorps monoclonaux en pré-exposition si facteurs de risque ou en post-exposition dans les 3 jours suivant le contact.</p>
<p>Cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2782978">article</a> retrouve qu&rsquo;attraper la Covid pendant la grossesse était associé à des accouchements prématurés (NNH= 21), des hospitalisations en réanimation (NNH=24) et une mortalité hospitalière augmentée (NNH =1100).</p>
<p>Heureusement, le <a href="https://www.nature.com/articles/s41591-021-01490-8">vaccin</a> chez les femmes enceintes est efficace à 96% pour l&rsquo;infection à Covid et à 89% pour les hospitalisations. De plus, le <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMc2113891?url_ver=Z39.88-2003&amp;rfr_id=ori:rid:crossref.org&amp;rfr_dat=cr_pub%20%200pubmed">risque de fausse couche</a> n&rsquo;est pas modifié par comparaison à des cohortes de femmes non vaccinées.</p>
<p>Enfin, l&rsquo;<a href="https://www.ema.europa.eu/en/news/ema-evaluating-data-booster-dose-covid-19-vaccine-comirnaty">agence européenne du médicament</a> commence à étudier la nécessité d&rsquo;une dose de rappel au moins 6 mois après la vaccination initiale. Surveillons leurs conclusions.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire:</p>
<p>Après le congrès de cardiologie prônant, comme souvent le &ldquo;lower is better&rdquo; concernant les cibles tensionnelles, la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD004349.pub3/full">Cochrane</a> retrouve que viser plus bas que 140/90 ne réduit pas la mortalité. Cependant, il y a probablement moins d&rsquo;infarctus du myocarde (NNT= 250 sur 3,7 ans), moins d&rsquo;insuffisances cardiaques (NNT= 167 sur 3,7 ans). Les effets secondaires totaux étaient sensiblement similaires car la diminution des évènements cardiovasculaires était compensée par une augmentation des autres effets secondaires (NNH= 33 sur 4 ans). Les auteurs concluent donc que le bénéfice ne surpasse pas les risques et qu&rsquo;il vaut mieux s&rsquo;en tenir aux cibles standard.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3279083/fr/guide-du-parcours-de-soins-syndrome-coronarien-chronique">HAS</a> a publié un guide du parcours de soins du patient avec syndrome coronarien chronique (mise à jour du document de <a href="https://www.medicalement-geek.com/2014/09/dragi-webdo-n16-maladie-coronaire.html">2014</a>). Il est nécessaire d&rsquo;évaluer la probabilité clinique devant une douleur thoracique selon le tableau ci-après. La probabilité pré-test peut être faible (&lt;5%), intermédiaire, ou élevée (&gt;15%).  Le bilan comprend un ECG (notamment recherche de BBG, ondes Q, et repolarisation anormale), une radiographie thoracique et NFS, ionogramme, créatininémie, EAL, glycémie à jeun +/- selon les signes TSH, D-Dimères, NT-proBNP qui peuvent modifier la probabilité. Ainsi, il est recommandé d&rsquo;effectuer une imagerie couplée à un test fonctionnel chez les patients à risque intermédiaire ou élevé. Le coroscanner peut être proposé pour les risques faibles  (mais il faut mieux chercher une autre cause à la douleur d&rsquo;abord) et intermédiaires. L&rsquo;ECG d&rsquo;effort, est recommandé par la société française de cardiologie, mais ne l&rsquo;est pas par l&rsquo;ESC ni par d&rsquo;autres recommandations internationales, parce que les autres tests sont bien plus performants.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiIuuGtOI8ZL-AAr3XwhamqvLoKKC77E-QjmhMT7oVwsiMg-_KijQ4jcCTQNhx7cCD98ekSuMYQBxjAJL-YuP3Wzz8nBbtImu2Ky5Kx9ZLVWhOR_G4cnY2bZPmZCOtfCXimbZXafiX3nHlW/s846/proba+scc.png"><img src="/images/articles/2021/proba-scc.png" alt=""></a></p>
<p>Une fois le diagnostic posé, la HAS recommande un traitement par statine en précisant qu&rsquo;en prévention secondaire, les statines de choix sont la simvastatine et la pravastatine (il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre statine mentionnée, ni de notion d&rsquo;utilisation de statine forte dose ou dose modérée: c&rsquo;est bien, ce sont les molécules efficaces qui sont recommandées). En cas de contrôle insuffisant, l&rsquo;ajout de l&rsquo;ezetimibe est recommandé pour atteindre une cible de 0,7g/L. Sinon, l&rsquo;evolocumab peut être indiqué. Une antiaggrégation plaquettaire par aspirine 75-100 est recommandée (ou clopidogrel notamment si AOMI ou AVC), et parfois l&rsquo;ajout d&rsquo;un autre anti thrombotique peut être proposé (mais non remboursé normalement). La HAS est moins nuancée que l&rsquo;ESC sur l&rsquo;utilisation des IPP en recommandant de l&rsquo;associer à tout traitement par aspirine au long cours. Les bêta-bloquants sont recommandés en 1ère intention comme anti ischémiques mais peuvent être associés à un inhibiteur calcique dihydropyridines en cas de persistance de symptômes. Cependant, comme les IEC/ARAII, ils ne sont plus indiqués en systématique comme le proposaient les recommandations de l&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n279.html">ESC</a> (globalement, c&rsquo;est indiqué si FEVG &lt;40% ou infarctus ou diabète). Concernant le suivi du patient asymptomatique, après 2 consultations la 1ère année suivant le diagnostic, un RDV cardiologique annuel associé à un suivi par le généraliste est généralement suffisant, le bilan lipidique est recommandé tous les 2 ans et l&rsquo;ETT/test d&rsquo;ischémie tous les 3-5 ans. (NB: pour l&rsquo;angor vaso-spastique, le traitement repose sur les inhibiteurs calcique et les dérivés nitrés)</p>
<p>3/ Douleur :</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/374/bmj.n2040">BMJ</a> aborde
le sujet du cannabis thérapeutique dans la prise en charge des douleurs
chroniques cancéreuses, non cancéreuses et neuropathiques. Les auteurs
de cette revue retrouve que le cannabis est efficace pour réduire les
douleurs (NNT= 10 patients) et améliorer l&rsquo;état fonctionnel (NNT= 25) à 4
mois au prix de troubles de l&rsquo;attention (NNH=33) , de troubles cognitif
(NNH=50) et de somnolence (NNH=20). Il est recommandé d&rsquo;instaurer le
cannabidiol à faible dose et d&rsquo;utiliser une voie d&rsquo;administration non
inhalée.</p>
<p> </p>
<p>4/ Néphrologie :</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng203/chapter/Recommendations">NICE</a> britannique
a publié des recommandations concernant la prise en charge de
l&rsquo;insuffisance rénale chronique. Le dépistage est recommandé en cas de
diabète, HTA, maladie
cardiovasculaire, pathologie des voies urinaires, antécédent familial de
maladie rénale, goutte, antécédent d&rsquo;insuffisance rénale aigüe. Les
auteurs recommandent d&rsquo;évaluer l&rsquo;insuffisance rénale chronique par le
dosage de la créatinine en utilisant la formule CKD-EPI et la mesure du Rapport Albuminurie/Créatininurie (RAC&gt;3: microalbuminurie, &gt;30:
albuminurie).  Une échographie rénale est indiquée si progression, symptômes obstructifs, hématurie, DFG &lt; 30, antécédent familial de
PKAD. Les indications d&rsquo;adressage à un néphrologue sont plus claires
dans <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/10/dragi-webdo-n241.html">cet article</a>, mais c&rsquo;est globalement les mêmes.</p>
<p>Sur
le plan thérapeutique, ils recommandent une PA à 140/90 avec un IEC ou
un ARAII et d&rsquo;ajouter un iSGLT2 en cas de diabète avec RAC&gt;30. En
l&rsquo;absence d&rsquo;HTA, un RAC&gt;70 est une indication à un traitement par
IEC/ARAII. Les bloqueurs du SRA s&rsquo;introduisent si  la kaliémie est
inférieure à 5mmol/l et s&rsquo;arrêtent si elle est supérieure à 6mmol/l. Une
augmentation de la créatinine jusqu&rsquo;à 30% est normale (déclin du DFG de
25% maxi). La cause d&rsquo;une anémie peut être rattachée à l&rsquo;insuffisance
rénale chronique si le DFG est inférieur à  30ml/min (possible mais rare
entre 60 et 30ml/min). La recherche de troubles du bilan
phosphocalcique n&rsquo;est recommandée qu&rsquo;a partir d&rsquo;un DFG &lt; 30ml/min. La
suite des prises en charge semble un peu trop spécialisée, mais si ça
vous intéresse, c&rsquo;est dans la reco.</p>
<p> </p>
<p>5/ Gynécologie:</p>
<p>Une <a href="https://www.bmj.com/content/374/bmj.n1872">étude</a> a
étudié l&rsquo;efficacité de l&rsquo;intelligence artificielle pour l&rsquo;analyse des
mammographies de dépistage. Les auteurs retrouvent que l&rsquo;IA est moins
performante que les radiologues pour dépister les cancers du sein. La
sensibilité semble bonne mais la spécificité ne l&rsquo;est pas, ce qui peut
exposer à encore plus des surdiagnostics voire des sur-traitements.</p>
<p>Merci pour votre fidélité, c&rsquo;est terminé pour cette semaine. Si ce n&rsquo;est pas encore fait, pensez à vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus <em>(et @DrePetronille pour la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°322 : Prévention cardiovasculaire/dyslipidémie/HTA (recos ESC), rémission diabète (recos), vaccin grippe/post-IDM, sécurité vaccin Covid, dépression ado, Fiesta de los muertos</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/09/dragi-webdo-n322/</link><pubDate>Sun, 05 Sep 2021 21:01:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/09/dragi-webdo-n322/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Psychiatrie</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, le lien pour s&rsquo;abonner est (pour le moment en tous cas) à nouveau fonctionnel! Vous pouvez donc inscrivez
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oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail intitulé &ldquo;FeedBurner
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spams).</em> Bonne lecture !</p>
<p>1/ Covid-19:</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2784015">JAMA</a> a publié un article concernant la fréquence des effets indésirables liés aux vaccins à ARNm. Cette étude de cohorte intègre les données de 12 millions de doses administrées chez 6 millions de personnes. L&rsquo;incidence des réactions anaphylactiques est de 5 cas pour 1 million de vaccinés (survenant à 80% chez des patients avec antécédents allergiques), celle des myocardites attribuées au vaccin chez les 12-39 ans estimée à 6 cas pour 1 million de vaccinés, et celle des phlébites attribuées au vaccin de 7.5 cas pour 1 million de vaccinés (non significatif, mais pas loin alors à surveiller). Cependant, il y avait moins d&rsquo;appendicites chez les vaccinés (15 patients pour 1 million de vaccinés) et la vaccination n&rsquo;était pas associée à un sur-risque de paralysies faciales, de thrombopénie, d&rsquo;évènements cardiovasculaires ischémiques ou de syndromes de Guillain-Barré.</p>
<p>Je ne suis pas fan des pré-prints alors j&rsquo;espère que cette <a href="https://osf.io/6ebxu/download">étude</a> sera publiée. Les auteurs ont estimé les bénéfices de la vaccination anti-covid en France. Ils retrouvent qu&rsquo;au 30 août 2021, la vaccination a permis d&rsquo;éviter 40 000 hospitalisations en soins intensifs et 47 000 décès par rapport à un scénario sans vaccination. De plus, ils estiment que la transmission du virus a été réduite de 43% depuis l&rsquo;arrivée des vaccins.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire :</p>
<p>Dans la suite du congrès de la société européenne de cardiologie, voici les <a href="https://www.escardio.org/Guidelines/Clinical-Practice-Guidelines/2021-ESC-Guidelines-on-cardiovascular-disease-prevention-in-clinical-practice">recommandations</a> de prévention cardiovasculaire.</p>
<p><strong>Généralités</strong></p>
<ul>
<li>Il y a des recommandations générales:
adopter un régime méditerranéen, consommer moins de 100g d&rsquo;alcool par
semaine, avoir une activité physique et réduire la sédentarité et le
sevrage tabagique (<a href="https://oup.silverchair-cdn.com/oup/backfile/Content_public/Journal/eurheartj/42/34/10.1093_eurheartj_ehab484/2/ehab484f11.jpeg?Expires=1634677665&amp;Signature=bMjQmmTT1hMOYgWffDP3ZrwMb2dqnOI1xDEA9px3qEK4IZbn5hmRHWM1hesEy0lsucfchYXs91ljclLH~FOvg3jygpbP~ymnERgOwg-RnxrYeITzkyMaq5RvdivX7HAgWvViV3u6MUFWGHdf-Tbz62cP1AM7cjZN3dOsMheGNJ6Kt-PgGEpVA-uLEYXrf~yjKPUlzJNs9yMmZ65DM1xwXfSX97F5Dacndywzq~pMZxe0P8Uu8ZDJ5z1cTk39Wuydj1HW-H5rW4Eg5wjwdWg6IUaBB36oYi1DdUn8T3kmYuAycgMQW-CVfbVE4kI6kkzwDpPdSlRLJFs1NMgn9X99fw__&amp;Key-Pair-Id=APKAIE5G5CRDK6RD3PGA">ici</a> on peut voir le nombre d&rsquo;années de vie gagnées quand on arrête le tabac selon l&rsquo;âge, le sexe, la PA)</li>
</ul>
<p><strong>Risque cardiovasculaire</strong></p>
<ul>
<li>Les auteurs commencent par confirmer l&rsquo;utilisation du SCORE2 et du SCORE 2-OP pour évaluer le risque cardiovasculaire chez les patients de 40-69 ans et de plus de 70 ans (on l&rsquo;avait anticipé <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/06/dragi-webdo-n318.html">ici</a>), avec une réévaluation tous les 5 ans (début: 40 ans chez les hommes et 50 ans chez les femmes).</li>
<li>Notons que ces valeurs qui correspondraient à du risque &ldquo;intermédiaire&rdquo; ont été renommées risque &ldquo;élevé&rdquo; et le risque &ldquo;élevé&rdquo; et devenu &ldquo;risque très élevé&rdquo;. Notons également que les scores peuvent être ajustés à l&rsquo;ethnie: x0.85 pour les caribéens, x0.7 pour les patients d&rsquo;origine chinoise ou africaine. (le tableau pour la France est <a href="https://oup.silverchair-cdn.com/oup/backfile/Content_public/Journal/eurheartj/42/34/10.1093_eurheartj_ehab484/2/ehab484f3b.jpeg?Expires=1634677566&amp;Signature=xk6d2ZjVfbAiZRpwATLR58FZYefWQF0fmDF3ZHGKsnZKZrVG3qDuAGp5v65rrvRMwQUu1ZBhG3JMNDK7-rwvRqyEQ8tKu6H-sgoED5q0tSf8BO5~Ii9-C7JgmzB0uoDrhYjebCAp42OCRv44ehSRE~al-oS4Nd6VZ4vk2vv0JrakNZSoyysTI6OAgFX9w23rOMd4RYcTFGMMFgciVcueiTbHbHyYUdlwyRfQCBmP9ejVYYLqkgO03d7IsRanmrjfGeUzL-j4~HxALMLr6mHlZl8sIOR9~lRfq39TmbdwirxZ933KdUkKJdhypn9hlu9X6vnMXLV1plKn3-zIVFOA8A__&amp;Key-Pair-Id=APKAIE5G5CRDK6RD3PGA">ici</a>)</li>
<li>Les patients avec un diabète de type 2 de moins de 10 ans sans
complications sont à risque modéré; ceux avec 1 ou 2 complication
microvasculaire à risque élevé et les autres à très haut risque.</li>
<li>La recommandation d&rsquo;introduire un traitement est posée en cas de très haut risque cardiovasculaire (7,5% avant 50 ans, 10% jusqu&rsquo;à 69 ans et 15% à partir de 70 ans). Il est recommandé de considérer un traitement chez les patients à haut risque (2.5-7.5% avant 50 ans, 5-10% jusqu&rsquo;à 69 ans et 7.5-15% après 70 ans) en fonction des autres facteurs de risque, incluant maintenant les migraines avec aura.</li>
<li><em>NB: Le score calcique pourrait être considéré (même si le <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/05/dragi-webdo-n312.html">BMJ</a> a bien dit que ce n&rsquo;était pas scientifiquement justifié) et une alternative peut être l&rsquo;évaluation du haut risque par la présence d&rsquo;une plaque carotidienne définie comme sténose 50% NASCET ou épaisseur média-intima &gt;_1.5 mm.</em></li>
</ul>
<p><strong>Cibles de LDL</strong></p>
<ul>
<li>Concernant les patients avec LDL &gt; 1.9g/L, il faut suspecter une dyslipidémie familiale et l&rsquo;évaluation se fait à l&rsquo;aide du score de Dutch. En cas de dyslipidémie familiale &ldquo;possible&rdquo;, il faut considérer les cibles de LDL les plus basses.</li>
<li>Concernant les cibles de LDL (dont certains raffolent et qui ne reposent sur aucune étude), en prévention primaire, il est recommandé de cibler 1.0g/L de LDL (si risque élevé ou très élevé) mais il est suggéré de viser 0.7g/L si haut risque et  0.55 si très haut risque (grade IIa/C) (donc là on est à presque tout patient doit être à 0.7g/L hein!!!). En prévention secondaire, la cible de LDL est de 0.7g/L mais il est suggéré d&rsquo;intensifier à 0.55g/L pour tous les patients. Si l&rsquo;objectif n&rsquo;est pas atteint (ce qui sera souvent le cas) malgré statine +/- ezetimibe, il est recommandé d&rsquo;introduire un anti-PCSK9. Les recommandations demandent de personnaliser le traitement selon les bénéfices adaptés aux besoins du patient.</li>
</ul>
<p><strong>Hypertriglycéridémie</strong></p>
<ul>
<li>Les auteurs précisent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;objectifs thérapeutiques pour les hypertriglycéridémies, mais indiquent un traitement par statine à partir de 2,0g/L de triglycéridémie, avec ajout de fénofibrate si &gt;2g/L malgré cela ou icosapent ethyl si haut risque cardiovasculaire (effectivement il y a <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/11/dragi-webdo-n204.html?m=1">1 étude</a> en faveur de ça).</li>
</ul>
<p><strong>Cibles tensionnelles</strong></p>
<ul>
<li>Concernant les cibles tensionnelles, les auteurs recommandent d&rsquo;obtenir une PA &lt; 140/80 chez l&rsquo;ensemble des patients mais viser 120-130 de PAS avant 69 ans et 130-140 après 70 ans (je n&rsquo;ai pas vu beaucoup d&rsquo;études justifiant une diastolique inférieure à 80mmHg&hellip;). Le traitement de 1ère intention recommandé comporte un IEC ou ARAII + un inhibiteur calcique ou un diurétique, puis une trithérapie avec IEC/ARAII + calcique + diurétique, puis ajout de spironolactone après bilan d&rsquo;HTA secondaire (car HTA résistante, mais aussi si HTA grade 2 avant 40 ans, ou atteinte d&rsquo;organe cible ou HTA grade 3 ou argument clinico/bio pour une HTA secondaire)</li>
</ul>
<p><strong>Aspirine</strong></p>
<ul>
<li>L&rsquo;aspirine en prévention primaire peut être proposée chez les patients diabétiques à haut ou très haut risque (pourtant les études ne sont pas vraiment en faveur de ce choix thérapeutique ! cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/11/dragi-webdo-n116.html">ici</a> ou encore <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/11/dragi-webdo-n203.html">là</a>, et la source de la reco retrouve un NNT à 95 patients sur 5 ans sur les évènements CV mais &ldquo;<em>Aspirin use had no effect on other endpoints including all-cause mortality</em>&rdquo;)</li>
<li>Les IPP sont recommandés en cas de prescription d&rsquo;aspirine seulement si risque hémorragique élevé (ils ne disent pas sur quoi se baser pour évaluer le risque hémorragique)</li>
</ul>
<p><strong>AOMI</strong></p>
<ul>
<li>Une antiaggrégation plaquettaire est recommandée chez les patients avec AOMI symptomatique (pas asymptomatique)</li>
<li>Chez les patients avec AOMI et diabète, ou en prévention secondaire, ils proposent d&rsquo;ajouter du rivaroxaban faible dose à l&rsquo;aspirine si le risque hémorragique est faible (pour mémoire induit autant d&rsquo;hémorragies sévères et cela ne prévient d&rsquo;évènements ischémiques&hellip; étude compas <a href="https://www.medicalement-geek.com/2017/11/dragi-webdo-n160.html?m=1">ici</a> et <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/03/dragi-webdo-n217.html">ici</a>)</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjUkaN8j4kOSAacYEojnpzZHDNJCgt7wWvnKgihTxfbUf1Q5TNulmnRM6zEkOnRi4B-rr6qIV-9m5w5EtYDyWykosqXQvKzHtMzAC_heciZVLJ5sjPmpkH98AKXhBrul8oUvB7CsaN-QlBX/s1052/recos+esc.png"><img src="/images/articles/2021/recos-esc.png" alt=""></a></p>
<p>Continuons plus rapidement avec d&rsquo;autres articles présentés au congrès de cardio. Cet <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)01922-X/fulltext">article</a> retrouve un meilleur contrôle tensionnel lorsqu&rsquo;on introduit une quadrithérapie très faible dose plutôt qu&rsquo;une monothérapie&hellip; Ça enfonce un peu des portes ouvertes, il n&rsquo;y a pas de suivi suffisant pour voir si cela a des conséquences sur les évènements cardiovasculaires (et les investigateurs ont probablement oublié que la une bithérapie d&rsquo;emblée est recommandée actuellement, il aurait donc fallu l&rsquo;utiliser en comparateur plutôt qu&rsquo;une monothérapie)</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/pdf/10.1056/NEJMoa2111437">NEJM</a> propose une étude ciblant 110-130mmHg de PAS versus 130-150 chez des patients chinois âgés en moyenne de 66 ans (ce qui n&rsquo;est pas vraiment &ldquo;older patients&rdquo;). Les patients traités intensivement avec une PAS à 126 versus 135, et avaient un risque moindre risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires (NNT= 250 patients/an) sans réduction de la mortalité cardiovasculaire ou globale. C&rsquo;est cohérent avec la reco proposant d&rsquo;essayer de cibler 130mmHg. Cependant, le bénéfice de ce traitement intensif est bien moins marqué dans d&rsquo;<a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/11/dragi-webdo-n202.html">autres articles</a>; il est probable que la population chinoise ne réponde pas aux même caractéristique que les européens et que cette étude ne soit pas transposable à nos patients.</p>
<p>Plus intéressant, un <a href="https://www.ahajournals.org/doi/abs/10.1161/CIRCULATIONAHA.121.057042">essai</a> a randomisé la vaccination antigrippale chez les patients avec antécédent d&rsquo;infarctus. Les patients vaccinés avaient une risque de mortalité globale ( NNT= 50, mieux qu&rsquo;une statine) et cardiovasculaire (NNT=56) diminuée à 12 mois !</p>
<p>3/ Psychiatrie :</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013674.pub2/full/fr?cookiesEnabled">cochrane</a> revient sur les antidépresseurs chez l&rsquo;adolescent. Ils pourraient avoir un intérêt pour réduire les symptômes de la dépression, notamment la sertraline, l&rsquo;escitalopram, la duloxétine, ainsi que la fluoxétine.</p>
<p>4/ Rhumatologie:</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD006190.pub3/full?cookiesEnabled">Cochrane</a> a évalué la colchicine dans le traitement de la goutte. Elle serait efficace, à un niveau similaire aux AINS et avec un nombre d&rsquo;effets secondaires équivalent lorsqu&rsquo;elle est prescrite à faible dose. Ceci est concordant avec le fait de ne pas privilégier la colchicine sur les AINS (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/11/dragi-webdo-n246.html">ici</a>)</p>
<p>On avait parlé du diagnostic du névrome de Morton <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/10/dragi-webdo-n285.html">il y a quelque temps</a>. Le traitement repose essentiellement sur un chaussage adapté (non serrée) ou la neurolyse en traitement curatif. Il semblerait aussi qu&rsquo;une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34478534/">seule injection de corticoïdes</a> puisse soulager les patients.</p>
<p>5/ Diabétologie :</p>
<p>La notion de rémission du diabète semblait très hétérogène dans les études (cf <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/11/dragi-webdo-n288.html">ici</a>). Des <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/dme.14669">recommandations</a> ont été publiées pour clarifier cette notion. Un diabète est donc en rémission en cas d&rsquo;HbA1c &lt; 6,5% au moins 3 mois après arrêt de tout traitement antidiabétique. On parle de rémission partielle quand l&rsquo;HbA1c est &lt; 6,5% et complète si &lt; 6% (et GAJ &lt; 1g/L). Suite à ce &ldquo;diagnostic&rdquo; de rémission, il est néanmoins recommandé de poursuivre la surveillance glycémique tous les 6 ou 12 mois. La notion d&rsquo;héritage glycémique fait alors son apparition:  malgré un diabète en rémission (même complète), il est possible que des complications micro ou macrovasculaires surviennent à cause des années d&rsquo;hyperglycémie antérieures. Le suivi cardiovasculaire et podologique doit donc être maintenu. Il se pose la question du maintien des traitements ayant un bénéfice non limité au contrôle glycémique (analogue du GLP-1 par exemple), et des conséquences/bénéfices à long terme de la rémission.</p>
<p>6/ Le jeu du mois : Fiesta de los
muertos</p>
<p>Pour ce mois-ci, je vous présente « Fiesta de los
muertos », un jeu d’ambiance parfaitement adapté une session de jeu entre
amis ou en famille. Chaque joueur se voit attribuer une « carte personnage »
avec un nom de personnage. Il note sur son ardoise un mot que lui évoque ce
personnage. Puis les ardoises sont passées au joueur d’à côté qui, à son tour,
efface le mot pour le remplacer par un nouveau mot que lui évoquait celui du
joueur précédent. Une fois que les ardoises ont été passées 4 fois, elles sont
placées au milieu de la table et chaque joueur doit associer une ardoise avec
le « mot final » à la carte personnage initiale. C’est rapide et on
se prend rapidement au jeu. Amusez-vous bien !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgW5Wq1mtmSVRqTqksMKClobqDTlJUDO39H1sR80KVaKdka66TA7fKvA4u0hx2S9yvVUBiXwgJfI4SYeUt_-nveZGfPkDmjAlkGyPEVQ7osD9k-awnJhKBokSeKm25dSdGL3bhfMVjsP1fv/s2048/20200815_210525.jpg"><img src="/images/articles/2021/20200815-210525.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé! N&rsquo;hésitez pas à vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus <em>(et @DrePetronille pour la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°321 : Insuffisance cardiaque (recos ESC), infections courantes (recos HAS), Covid-19 (HAS, HCSP), HBP (recos US), hématurie (recos US), ostéoporose (recos US), diabète gestationnel (recos US), Cartographers</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/08/dragi-webdo-n321/</link><pubDate>Sun, 29 Aug 2021 21:06:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/08/dragi-webdo-n321/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Urologie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! C&rsquo;est la reprise, nous espérons que vous avez passé un bel été. Nous devrions pouvoir continuer à vous faire suivre les billets du blog par mail!</p>
<p>Attention, le premier DW que vous recevrez risque d&rsquo;arriver dans vos SPAM! En cas de souci avec l&rsquo;abonnement (inscription dans l&rsquo;encadré a droite de la page), vous pouvez envoyer un mail à &ldquo;<a href="mailto:dragiwebdo@medicalement-geek.com">dragiwebdo@medicalement-geek.com</a>&rdquo; en demandant d&rsquo;être abonné et nous ajouterons manuellement les nouvelles demandes. </p>
<p>Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance:</p>
<p>Le <a href="http://www.cngof.fr/actualites/751-diu-ancora-novaplus-retrait-preventif-2021">CNGOF</a> et l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/dispositifs-intra-uterins-ancora-et-novaplus-seuls-ou-en-kit-de-pose-sethygyn-retrait-preventif-des-diu-poses-avant-mars-2019">ANSM</a> ont publié un avis demandant le retrait des DIU Ancora et Novaplus posés avant mars 2019 de façon préventive, compte tenu d&rsquo;une augmentation du nombre de déclarations de pharmacovigilance concernant des expulsions et grossesses avec ces DIU.</p>
<p>2/ Covid-19:</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3283044/fr/avis-n-2021-0061/ac/seesp-du-23-aout-2021-du-college-de-la-has-relatif-a-la-definition-des-populations-a-cibler-par-la-campagne-de-rappel-vaccinal-chez-les-personnes-ayant-eu-une-primovaccination-complete-contre-la-covid-19">HAS</a> recommande désormais une dose de rappel chez les patients de plus de 65 ans ou facteurs de risque de Covid-sévère ou vaccinés par une unique dose de vaccin Janssen. Cette dose de rappel est à effectuer à 6 mois de la dernière dose reçue pour les patients ayant eu un schéma à 2 doses, et 4 semaines après l&rsquo;unique dose de Janssen pour ceux vaccinés par ce vaccin. Il n&rsquo;est pas recommandé que les patients ayant eu la Covid-19 malgré un schéma vaccinal complet bénéficient de cette dose de rappel. Dans la <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n1659.long">littérature</a>, il y a peu de données étayant cette dose de rappel à ce jour.</p>
<p>De son côté, le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1086&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">HCSP</a> a déclaré qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de raison suffisante pour rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics dont l&rsquo;accès est contrôlé par un Pass Sanitaire. Cependant, il ne faudrait pas que cela entraine un sentiment de &ldquo;fausse sécurité&rdquo; selon leurs termes. Donc, le port du masque ne devrait pas être obligatoire mais très très fortement recommandé&hellip; L&rsquo;épidémiologie actuelle et les modalités d&rsquo;obtention d&rsquo;un pass sanitaire semblent quand même plutôt en faveur d&rsquo;un maintien du port du masque.</p>
<p>Un article du <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34251417/">JAMA</a> concernant la vaccination des femmes enceintes. Les auteurs retrouvent dans une étude rétrospective qu&rsquo;à 1 mois de suivi environ après une vaccination, 0,33% des 7000 femmes vaccinées avaient eu un Covid contre 1,63% des femmes enceintes non vaccinées, soit une réduction d’environ 80% des infections (NNT= 76). Il y a eu 1% d&rsquo;effets secondaires déclarés chez les patientes vaccinées et aucun n&rsquo;était sévère.</p>
<p>Une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34397701/">revue narrative</a> s&rsquo;est intéressée aux effets de la fermeture des écoles. La réduction de mortalité lié à cette fermeture est débattue et serait estimée à environ 1,5 décès pour 100000 personnes pendant 16 jours de fermeture. Cette efficacité est inférieure à une stratégie d&rsquo;isolation des cas. En revanche, la fermeture des écoles aurait augmenté le retard scolaire, les troubles psychologiques et violences intrafamiliales.</p>
<p>3/ Cardiologie:</p>
<p>Le congrès de la Société Européenne de Cardiologie se déroule actuellement avec plusieurs recommandations. Le congrès a été l&rsquo;occasion de la mise à jour des recommandations de l<a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehab368/6358045">’insuffisance cardiaque</a> (les précédentes dataient de <a href="https://www.medicalement-geek.com/2016/09/dragi-webdo-n106.html">2016</a>).</p>
<p>En cas d&rsquo;IC suspectée, un NT-proBNP/BNP anormal doit conduire à la réalisation d &lsquo;une échographie transthoracique pour évaluer la FE et rechercher la cause (HTA, coronaropathie, valvulopathie, cardiomoypathie, trouble du rythme, iatrogène, infectieuse&hellip;). Le bilan initial comprend donc : ECG, ETT, RXT, NT-proBNP et NFS plaquettes, EAL, TSH, ionogramme, créatininémie, TSH, bilan glycémique, ferritinémie et CST.</p>
<p>La prise en charge sera guidée par la FEVG :</p>
<ul>
<li>
<p>En cas d&rsquo;IC à FE réduite (FEVG&lt; 40%),</p>
</li>
<li>
<p>le traitement comprend de façon systématique: IEC (et pas les ARA2 en 1ère intention) + bêta bloquant (objectif: FC &lt; 70bpm) + diurétique épargneur potassique (antagonistes des récepteurs minéralocorticoides=MRA) + inhibiteur de SGLT2 (empagliflozine et dapafliglozine).</p>
</li>
<li>
<p>Un inhibiteur de néprilysine associé à un ARA2 (sacubitril/valsartan) peut remplacer l&rsquo;IEC si le patient est toujours symptomatique. Les diurétiques de l&rsquo;anse sont recommandés en cas de surcharge volémique.</p>
</li>
<li>
<p>En cas de fibrillation auriculaire, l&rsquo;anticoagulation est bien évidemment recommandée (AOD en 1ère intention) et la digoxine une option (Les autres traitements sont un trop spécialisés)</p>
</li>
<li>
<p>En cas d&rsquo;IC à FE modérément réduite  (FEVG entre 41 et 49%),</p>
</li>
<li>
<p>la seule recommandation de grade 1 concerne l&rsquo;utilisation de diurétiques de l&rsquo;anse en cas de poussée congestive.</p>
</li>
<li>
<p>Les IEC/BB-/MRA/inhibiteurs de néprilisine sont recommandés avec un niveau de preuve IIb, donc peuvent éventuellement être utilisés, mais aucun autre traitement n&rsquo;est recommandé (ni la digoxine, ni l&rsquo;ivabradine&hellip;)</p>
</li>
<li>
<p>En cas d&rsquo;IC à FE préservée (FEVG &gt;50%), seuls les diurétiques de l&rsquo;anse semblent avoir une efficacité bien que les thiazidiques puissent être utilisés pour contrôler également la tension. Les auteurs ne recommandent pas d&rsquo;autres traitements (ni IEC, ni ARA2, ni spironolactone, ni BB-)</p>
</li>
</ul>
<p>Il n&rsquo;est pas recommandé d&rsquo;utiliser de marqueur biologique (BNP/NT-proBNP) pour assurer le suivi de l&rsquo;insuffisance cardiaque. Il faut contrôler la tension artérielle, le risque cardiovasculaire par statine en cas de haut risque et de traiter les patients diabétiques avec inhibiteurs de SGLT2 en cas de haut risque cardiovasculaire ou en prévention secondaire. Une supplémentation martiale est recommandée pour réduire les hospitalisations si ferritine &lt;100 ng/mL ou entre 100 et 300 avec un CST &lt; 20%. La prise en charge doit être multidisciplinaire avec des règles diététiques adaptées (&lt;5g/j de sel, activité physique) et la rééducation cardiorespiratoire est recommandée chez tous les patients.</p>
<p>Concernant la poussée d&rsquo;insuffisance cardiaque, le bilan comprend un ECG, une oxymétrie, une radiographie thoracique, un bilan biologique (avec nt-proBNP/BNP, troponine (en ville? on va s&rsquo;amuser !), Na, K, créatinémie, TSH, bilan hépatique). La prise en charge ambulatoire est inexistante dans ces recos, mais si on transpose pour un patient stable seuls les diurétiques de l&rsquo;anse sont recommandés (bolus de 20 à 40mg, 2 à 3 fois par jour).</p>
<p>Bien sûr, pour confirmer ce qui a été dit dans les recos ci dessus, le <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34449189/">NEJM</a> a publié une étude évaluant l&rsquo;empagliflozine dans l&rsquo;insuffisance cardiaque à FE préservée. Après avoir randomisé et suivi 6000 patients pendant 26 mois, les auteurs retrouvent une réduction de 21% du critère de jugement cardiovasculaire composite (NNT= 30 patients) sous empagliflozine, lié à l&rsquo;efficacité sur les hospitalisations pour insuffisance cardiaque. Il n&rsquo;y avait cependant pas de baisse de mortalité cardiovasculaire et il n&rsquo;y a donc toujours aucun traitement réduisant la mortalité dans l&rsquo;IC à FE préservée.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3278764/fr/choix-et-durees-d-antibiotherapie-preconisees-dans-les-infections-bacteriennes-courantes#toc_1_5">HAS</a> a publié une mise à jour des recommandations en infectiologie . Cela reprend les recommandations concernant les infections urinaires, les infections cutanées, les infections ORL, l&rsquo;éradication d&rsquo;<em>H. pylori</em> et la diverticulite aigüe. Les fiches ont été élaborées en partenariat avec la SPILF, le CMG et le groupe de pathologie infectieuse pédiatrique. On note 3 différences avec les recommandations antérieures (erreur dans la retranscription ou modification des recos?):</p>
<ul>
<li>Concernant l&rsquo;éradication d&rsquo;H.Pylori, la HAS recommande en 1ère intention probabiliste la quadrithérapie (IPP+clarithromycine+amoxiciline+métronidazole) alors que le taux de résistance à la clarithromycine avait fait recommandé la quadrithérapie bisthmutée en 1ère intention par le GEHF (cf <a href="http://www.helicobacter.fr/2021/03/04/decouvrez-la-nouvelle-fiche-de-recommandation-de-prise-en-charge-de-linfection-a-helicobacter-pylori/#">ici</a> pour leurs recos 2021)</li>
<li>Concernant les cystites à risque de complication, la HAS recommande en 2ème ligne la fosfomycine 3g en dose unique, alors que la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2018/05/dragi-webdo-n184.html">SPILF</a> recommande 3g à J1-J3-J5.</li>
<li>Concernant le traitement probabiliste anti <em>Chlamydia</em> des urétrites et cervicites, la HAS note le traitement par doxycycline avant le traitement monodose par azithromycine, et ça <a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/07/dragi-webdo-n320.html">c&rsquo;est cohérent</a> avec l&rsquo;épidémiologie du <em>Chlamydia</em>.</li>
</ul>
<p>5/ Urologie :</p>
<p>Des <a href="https://www.auajournals.org/doi/10.1097/JU.0000000000002183">recommandations</a> américaines concernant la prise en charge des symptômes attribués à une hypertrophie bénigne de prostate (HBP) ont été publiées.</p>
<ul>
<li>L&rsquo;évaluation initiale nécessite un examen clinique, une évaluation par le score IPSS, un ECBU et si possible une mesure du résidu post mictionnel.</li>
<li>Un traitement par alphabloquant est recommandé (ils sont tous aussi efficaces globalement car les intervalles de confiance se recoupent, mais on pourrait écrire: doxazosine &gt; silodosine &gt; tamsulosine &gt; alfusosine).</li>
<li>En cas de persistance des symptômes associés à une prostate de plus de 30cc, des inhibiteurs de 5 alpha réductase sont possibles en monothérapie ou associés aux alphbloquants (après avoir informé le patient qu&rsquo;ils ont comme effet secondaire des troubles sexuels, des cancers de prostate et des dépressions).</li>
<li>En cas de dysfonction érectile associée aux symptômes urinaires, 5mg de tadalafil quotidien peut être une option.</li>
<li>En cas de symptômes non soulagés ou de résidu post mictionnel &gt; 300cc un avis urologique est nécessaire. (Et si la nycturie est le symptôme prédominant malgré le traitement, rechercher un SAOS).</li>
</ul>
<p>Les américains ont refait un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2782877">point</a> sur la prise en charge de l&rsquo;hématurie microscopique, avec des recommandations de grade C.  D&rsquo;abord recontrôler l&rsquo;ECBU si une cause gynécologique ou urologique est suspectée et la traiter. En cas de suspicion de cause néphrologique, adresser au néphrologue. Pour le reste, il faut stratifier le risque (ci dessous):</p>
<ul>
<li>Bas risque : contrôle à 6 mois ou cystoscopie</li>
<li>Risque intermédiaire : cystoscopie et échographie rénale</li>
<li>Haut risque : cystoscopie et uroscanner.</li>
<li>Si l&rsquo;ensemble du bilan est négatif, contrôle à 1 an de l&rsquo;ECBU.</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhqK2bRrhw_GkAUgen5Ai_Kw6a6J35lcTxAQEd3GVJyhXe81ktCIIhCgHBIjcIkJkWSSNKnlkJ_qL1tV829fO3VmUt3sqsah5TTvsMxdOXZCh1vTwcp70wM0kmmOKIEIIe2TgJumOCtPTc/s1456/Capture+d%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran+2021-08-22+a%25CC%2580+20.43.20.png"><img src="/images/articles/2021/capture-d-25e2-2580-2599e-25cc-2581cran-2021-08-22-a-25cc-2580-20-43-20.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34412075/">collège de gynécologie américain</a> a publié des recommandations concernant l&rsquo;ostéoporose. Il recommande d&rsquo;avoir une activité physique régulière et des apports alimentaires adaptés de calcium et en vitamine D (avis d&rsquo;expert). Les auteurs recommandent un dépistage si facteur de risque avant 65 ans et systématique à 65 ans chez toutes les femmes ménopausées (contrairement à la <a href="https://www.medicalement-geek.com/2019/05/dragi-webdo-n228.html">HAS</a> qui recommande un dépistage basé sur les facteurs de risques). En cas de résultats proche d&rsquo;un seuil de traitement, ils recommandent de ne refaire la densitométrie osseuse qu&rsquo;à 2 ans (et pas avant).</p>
<p>7/ Diabétologie :</p>
<p>Les <a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/09/dragi-webdo-n280.html">études récentes</a> ont montré le risque de surdiagnostic et de surtraitement du diabète gestationnel dépisté précocement. L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2782858">USPSTF</a> a publié des recommandations en faveur d&rsquo;un dépistage du diabète à partir de 24SA chez toutes les femmes, mais ne peut se prononcer sur un dépistage avant 24SA. La stratégie française en 2 temps basée sur les facteurs de risque n&rsquo;est pas abordée clairement, mais le dépistage en début de grossesse n&rsquo;a clairement pas fait preuve de son intérêt.</p>
<p>8/ Le jeu du mois: &ldquo;Cartographers&rdquo;</p>
<p>Pour cette rentrée, voici &ldquo;Cartographers: A Roll Player Tale&rdquo;. C&rsquo;est un jeu très simple qui peut se jouer à un nombre illimité de joueurs. Le jeu consiste à dessiner sur votre parchemin de cartographe, une forme qui est tirée au hasard et commune à l&rsquo;ensemble des joueurs. A chaque tour, une nouvelle forme est à dessiner et le parchemin se rempli progressivement. Il faut arriver à imbriquer chaque forme comme dans un Tetris. Les combinaisons et les emplacements des formes sur le parchemin permettent ensuite de marquer des points selon le tableau des scores qui change à chaque partie!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg2BUXl0swL_sKUZjnMcNBrCO_XywrEPQcdNKb3Yi6U-LpM9mGVg5R8ipgBwF2Qq3OWqa2IXZaxQqbUwLt1lCs35Z0dPdXL8APcxWRarJbPMFHHIsgoK4lSql5JOA3ewhn6gomNCsjaZ_Za/s2048/20200813_235631.jpg"><img src="/images/articles/2021/20200813-235631.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini ! J&rsquo;espère que vous avez appris autant de trucs que nous cette semaine. Pensez à faire des commentaires ou des suggestions.</p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePétronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°320 : Covid-19 (tests, vaccins), teigne (reco), chlamydia/doxycycline, clopidogrel/aspirine, douleur, canal lombaire rétréci, chirurgie bariatrique, Just One</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/07/dragi-webdo-n320/</link><pubDate>Sun, 04 Jul 2021 23:06:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/07/dragi-webdo-n320/</guid><category>Infectiologie</category><category>Douleur</category><category>Rhumatologie</category><category>Addictologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici finalement le dernier Dragi Webdo de la saison ! Merci à tou·te·s pour votre fidélité et votre soutien ! La newsletter continuera et proviendra de &ldquo;@Dr_Agibus et @DrePetronille&rdquo; (alors vérifiez vos spams fin août, au cas où ça arrive dedans&hellip;) Bonne lecture !</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>Un <a href="https://www.sentiweb.fr/document/5281">article</a> du réseau Sentinelles a comparé l&rsquo;efficacité des tests PCR nasopharyngé et salivaires. Les auteurs ont donc comparé ces 2 techniques et ont retrouvé un coefficient de concordance d&rsquo;environ 0,9 (0= ça ne concorde pas, et 1= ça concorde très bien). Cependant, ils n&rsquo;ont cependant pas redonné la sensibilité et la spécificité du test salivaire par rapport au test nasopharyngé (environ 90% dans d&rsquo;autres études).</p>
<p>Un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc2103825">NEJM</a> parle de la bonne réponse immunitaire après 1 dose de vaccin anti-Covid chez les patients ayant un antécédent de Covid. Il y avait plus d&rsquo;anticorps chez les patients avec un antécédent de Covid que chez ceux sans antécédent de Covid. De plus, la réponse était meilleure quand la dose vaccinale était effectuée au moins 3 mois après l&rsquo;infection.</p>
<p>Cet article de <a href="https://www.nature.com/articles/d41586-021-01680-x">nature</a> propose une lecture des données actuellement disponibles concernant l&rsquo;allaitement maternel et la vaccination contre la Covid-19. C&rsquo;est assez décevant malgré un titre prometteur. Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2778766">étude</a> a montré une élévation du taux d&rsquo;anticorps dans le lait maternel (possiblement digérés rapidement par les enfants) mais pour le moment aucune étude n&rsquo;a étudié le taux d&rsquo;anticorps des enfants allaités ni donné de résultats sur leur taux d&rsquo;infection par rapport aux enfants non allaités. Attendons d&rsquo;autres études pour nous réjouir !</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Étant donné l&rsquo;arrêt de commercialisation de grisefulvine, la <a href="https://www.sfdermato.org/site/centre-de-preuves-en-dermatologie.html#hot-topics">société française de dermatologie</a> a publié des recommandations pour prendre en charge les teignes de l&rsquo;enfant. Si l&rsquo;enfant fait plus de 10kg, il est recommandé de traiter par terbinafine orale à dose adaptée pendant 4 semaines en association à un traitement local.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiJpH4eMSRZwftX4rxHoXdAG3BhFkTSFxXZKKSC11E6QQEFinJYOkquA8xr4wAaJM20_6gGTOUUVWwj819E1gQH3J2ExlAT2vGThegJVl-gYFeRuTrZYRdw2H40XHmUkL1jwlwsjE-BUP3V/s960/teigne.png"><img src="/images/articles/2021/teigne.png" alt=""></a></p>
<p>Une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2031631">NEJM</a> s&rsquo;est intéressé au traitement du Chlamydia trachomatis rectal asymptomatique. Dans cette étude randomisant un traitement par azithromycine 1g dose unique versus doxycycline 100x2/j pendant 7 jours, les patients HSH inclus étaient dépistés dans des centres de santé sexuelle. Après 4 semaines de traitement il y avait 97% de test négatif chez les patients sous doxycycline versus 76% sous azithromycine (NNT=5). Cette étude est cohérente avec le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/12/dragi-webdo-n77.html">contexte actuel</a>, et il semble que la doxycycline soit un traitement plus efficace que l&rsquo;azythromycine dans le traitement de Chlamydia T, mais le traitement est plus long et pas toujours bien toléré par rapport à une dose unique, ce qui pourrait donner des résultats différents en vie réelle.</p>
<p> 3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)01063-1/fulltext">Lancet</a> (HOST-EXAM) a comparé l&rsquo;aspirine 100mg versus le clopidogrel 75mg dans le traitement au long cours après pose de stent coronarien. L&rsquo;étude a été conduite pendant 2 ans. Le critère de jugement composite cardiovasculaire est survenu moins fréquemment chez les patients sous clopidogrel que sous aspirine, avec un NNT de 51 patients. Il y avait également moins de saignements (NNT=100). Étonnamment, la mortalité globale était augmentée de façon non significative avec le clopidogrel. Cette étude ayant recruté des patients d&rsquo;Asie de l&rsquo;Est, la résistance génétique au clopidogrel n&rsquo;est pas la même qu&rsquo;en Europe, je ne suis donc pas certain que l&rsquo;étude soit très extrapolable (mais il me semblait qu&rsquo;il y avait plus de résistance au clopidogrel en Asie, et donc cela devrait mieux fonctionner en Europe si une telle étude était reproduite, non?)</p>
<p>4/ Douleur</p>
<p>Cet <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1744388121001298">essai</a> contrôlé randomisé a étudié l&rsquo;effet du massage à l&rsquo;huile essentielle de lavande dans la neuropathie diabétique (3 groupes: huile essentielle de lavande, placebo, groupe contrôle). Le massage des pieds était effectué le soir et l&rsquo;évaluation portait sur la douleur neuropathique et la qualité de vie qui étaient toutes les 2 améliorées contre placebo et contre soins courants après 4 semaines. On peut vraiment regretter le faible nombre de participants (90) limitant probablement l&rsquo;extrapolation des résultats mais aucun effet indésirable n&rsquo;a été retrouvé dans le groupe.</p>
<p>Profitons de parler de douleur pour vous partager cette infographie créée par les kinésithérapeutes du podcast <a href="https://letempsdunlapin.health.blog/">Le Temps d&rsquo;un Lapin</a>.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEitGTGoaNUAJ1zSrft2rpDvprKqsOkeC3Vy_GgDlzI3xEU96-uzQ1L6HCHzdD1O2nve9yHLaYwnmjuJEnmYNv2NPSpBNvyuZ0mtjmmDmazZvseFd7cK9V0KP4zrD4Z4cTopwcXRGAaVAa4/s2000/impr-parler-de-sa-douleur-1.png"><img src="/images/articles/2021/impr-parler-de-sa-douleur-1.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Pour aborder la lombalgie, une synthèse a été publiée dans le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00733-9/fulltext">Lancet</a>. Rien d’exceptionnel, on y retrouve l’importance de la prise en charge selon le modèle bio-psycho-social. Je reviendrai sur le fait que les drapeaux rouges sont des indications à une imagerie dans les lombalgies aiguës, mais que l’indication d’imagerie est à décider au cas par cas dans les lombalgies chroniques. L’imagerie recommandée est l’IRM, mais la radiographie peut lui être préférée dans les suspicions de scoliose, d’instabilité et pour la recherche de spondylolisthésis.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n1581">BMJ</a> parle du canal lombaire rétréci dont le symptôme le plus classique est la claudication médullaire (douleurs ou paresthésies à la marche réduisant la distance de marche). La douleur peut être également reproduite en maintenant le rachis en extension pendant 30 secondes. Initialement l’imagerie n’est pas nécessaire compte tenu de la prise en charge qui réside essentiellement dans la rééducation et l’exercice physique qui améliorent 30% à 50% des patients. Les infiltrations sont un traitement possible en 2ème ligne. En l’absence d’amélioration à 3-6 mois, une imagerie est recommandée pour prendre un avis chirurgical. Cependant, il n’est pas noté de diamètre seuil pour discuter de l’intervention.</p>
<p>5/ Addictologie</p>
<p>D’après la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD012880.pub2/full">Cochrane</a>, la participation aux AA avec un manuel aidant à effectuer les 12 étapes du sevrage de l’alcool sont un outil plus efficace que les autres traitements non médicamenteux (comme les thérapies comportementales) pour obtenir l’abstinence à 12, 24 et 36 mois.</p>
<p>6/ Endocrinologie - obésité</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(21)00141-8/fulltext">Lancet</a> revient sur les risques d’anémie en cas de chirurgie bariatrique. Les patients de cette étude de cohorte ont été suivis pendant 10 ans (médiane), et jusqu’à 20 ans pour certains. Que ce soit suite à un anneau gastrique, sleeve ou surtout bypass, le risque d’anémie était majoré par rapport aux patients. Il est donc important que la surveillance biologique soit régulière et à vie après tous les types de chirurgie bariatrique. C’est également en faveur d’une supplémentation systématique quelque soit l’opération, comme recommandé aux États Unis, et pas seulement après les chirurgies malabsorptives (by-pass).</p>
<p>Dans une <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(21)00115-7/fulltext">analyse</a> ancillaire de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n232.html">Rewind</a> (étude testant le dulaglutide chez les patients diabétiques), les auteurs retrouvaient une légère diminution des troubles de l’érection et de leur risque d’aggravation dans le groupe traité par dulaglutide. Encore un avantage des analogues du GLP-1, probablement que ce léger bénéfice est lié au bénéfice vasculaire sur la micro-circulation.</p>
<p>7/ Le jeu du mois: &ldquo;Just One&rdquo;</p>
<p>&ldquo;Just One&rdquo; est un jeu familial qui a remporté le prix du meilleur jeu de l&rsquo;année (Spiel des Jahres) 2019. Le principe est simple pour en faire un jeu accessible et convivial: il suffit de tirer une carte et de laisser l&rsquo;équipe choisir quel nom faire deviner à un des joueurs. Chaque joueur (sauf celui qui doit deviner), écrit sur sa petite ardoise un mot en rapport avec le mot à deviner. Le joueur devant deviner regarde ensuite l&rsquo;ensemble de ces indices pour deviner le mot qu&rsquo;il faut découvrir. Ça a l&rsquo;air très simple, mais quand 2 joueurs ou plus écrivent le même mot sur leur ardoise, ce mot est effacé de toutes les ardoises sur lesquelles il est écrit ! Il est donc nécessaire de faire preuve de créativité sans trop s&rsquo;éloigner du sujet. C&rsquo;est un très bon jeu d&rsquo;ambiance qui permet de jouer jusqu&rsquo;à 7 joueurs, parfait pour les soirées estivales !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj0QAZN_42egsl0DqT6i9RgGjmN4EcM1xUdjMH40F1V8jgWEtY1Qvj9oD8rmv0TNjwLDlviPXMaHdmVZHEIapgfrqsi3ZorRazt067AJoNahLWpe-AuakOYXLpo2u-wDJ9dB0uMXw3NeC65/s2048/20200705_171103.jpg"><img src="/images/articles/2021/20200705-171103.jpg" alt=""></a></p>
<p>Pour terminer la saison du DragiWebdo, vous avez été 553 à avoir répondu au sondage sur le blog. Vous êtes une majorité de généralistes (82% dont 14% d&rsquo;internes) mais aussi des spécialistes, dentistes, sages-femmes, patients ! Les pages regroupant les articles par catégories sont appréciées par 50% d&rsquo;entre vous, une partie d&rsquo;entre vous ne les connaissait pas avant ce sondage et certains les utilisent même en consultation (nous aussi!). Vos messages sont super encourageants, merci. Pour celles et ceux qui souhaitent plus de synthèses médicales sur un sujet précis, les revues françaises de médecine générale le font mensuellement, et nous continuerons de le faire ici de temps en temps mais le but n&rsquo;est pas de refaire ce qui est déjà fait ailleurs. Une majorité souhaite pouvoir poursuivre la Newsletter, nous avons trouvé une solution qui devrait permettre tout ça. Ce blog restera gratuit (et indépendant !) mais nous laissons la possibilité de <a href="https://www.paypal.com/pools/c/8cLzV1gpfq">dons</a> qui permettront de financer les envois de mail hebdomadaires.</p>
<p>Merci de votre fidélité et rendez-vous à la rentrée. Passez un bel été !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°319 : vaccin méningo B (HAS), HTA (ESH), acné (NICE), baclofène, anxiété, ophtalmologie, FA résolue, vitamine D, chocolat</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/06/dragi-webdo-n319/</link><pubDate>Mon, 28 Jun 2021 00:40:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/06/dragi-webdo-n319/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Ophtalmologie</category><category>Dermatologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! C&rsquo;est le dernier ou l&rsquo;avant dernier DragiWebdo de la saison avant la pause estivale. Nous vous remercions de répondre au rapide sondage<a href="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScCfQvXfbtK-DpecCK1AFzPGl5qEm8pZNjjfdmPnJnjm7ZDXA/viewform?usp=sf_link"><strong>ICI</strong></a> si vous ne l&rsquo;avez pas encore fait, ça nous aidera à réfléchir à d&rsquo;éventuelles modifications pour la rentrée. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Concernant les fluoroquinolones, cet <a href="https://www.annfammed.org/content/19/3/212">article</a> d&rsquo;Annals of family medicine retrouve que les fluoroquinolones de 3ème génération (type levofloxacine), n&rsquo;avaient pas de sur-risque de rupture de tendon achilléen, alors que celles de 1ère et 2ème génération l&rsquo;augmentaient (acide nalidixique, ciprofloxacine, ofloxacine, norfloxacine).</p>
<p>Une <a href="https://err.ersjournals.com/content/30/160/210075">revue systématique</a> revient sur les effets indésirables des corticoïdes inhalés pris pendant plus de 1 an augmentaient le risque de pneumopathie et mycobactéries, de candidose oropharyngée et de dysphonie. Les risques de diabète et de fractures n&rsquo;étaient pas clairs et apparaissaient qu&rsquo;après des traitements à forte dose. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;augmentation du risque d&rsquo;hypertension ou d&rsquo;insuffisance surrénalienne.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3273097/fr/meningocoques-b-la-has-recommande-la-vaccination-des-nourrissons">HAS</a> vient de recommander la vaccination contre le méningocoque B chez tous les enfants avant l&rsquo;âge de 4 ans. C&rsquo;est le Bexsero qui est recommandé, mais il n&rsquo;est pour le moment pas pris en charge (83€/dose) et s&rsquo;effectue en 2 doses initiales espacées de 2 mois, suivies d&rsquo;une dose de rappel à 6 mois ou 2 mois ou 12 mois selon l&rsquo;âge de la dose initiale. Bref, il y a des schémas plus simples, mais pour l&rsquo;intégrer dans le calendrier vaccinal précisément, attendons un avis confirmant cette recommandation pour voir quand l&rsquo;intégrer (le schéma avec 1ère dose à 6 mois et 2ème à 16-18mois semble le plus adapté).</p>
<p>3/ Addictologie/Psychiatrie</p>
<p>Un <a href="https://www.nature.com/articles/s41386-021-01055-w">essai</a> contrôlé randomisé ayant inclus 120 participants avec dépendance alcoolique évaluait le baclofène 30mg et 90mg versus placebo. A 4 mois, le traitement par baclofène réduisait les jours de &ldquo;heavy drinking&rdquo; (&gt; 5verres/j pour un homme et &gt;4 verres/j pour une femme), avec un NNT de 7,7 patients, et augmentait le nombre de jours abstinence de 12 jours par rapport au placebo. Si on regarde les sous groupes, on voit que la dose de 90mg apportait les meilleurs résultats chez les hommes et c&rsquo;était celle de 30mg chez les femmes.</p>
<p>On avait déjà eu un comparatif des traitements de l&rsquo;anxiété <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/02/dragi-webdo-n214.html">ici</a>. Voici une nouvelle <a href="https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1003664">revue</a> systématique s&rsquo;intéressant spécifiquement aux inhibiteurs de recapture de la sérotonine (IRS). Les données sont plutôt concordantes, avec l&rsquo;escitalopram, le citalopram, la paroxétine, la duloxétine et venlafaxine qui sont les plus efficaces, mais les intervalles de confiance se recoupent presque tous et les traitements sont donc équivalents. La fluoxétine et la sertraline semblaient un peu moins efficaces.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiVkWQX589MMftPwOYShqkHzKnDyZX8sw8Kie9LIka3rd2_YS92I3b2p83ec7qE5ymyqAd5gJLcDTdaTlCPyk9cZdjy5VQCgiUFs4GzRM-fsgiOCKQMLn38oOE9rjak4QH2ymJ_VC2STMLW/s1772/journal.pmed.1003664.g001.PNG"><img src="/images/articles/2021/journal-pmed-1003664-g001.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Ophtalmologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n1490">BMJ</a> a publié un article concernant la prise en charge des problèmes ophtalmologiques en téléconsultation. Mis à part les jolies photos, l&rsquo;algorithme qu&rsquo;ils présentent s&rsquo;applique bien évidemment aux consultations normales (étant donné qu&rsquo;on n&rsquo;a pas forcément de matériel plus spécifique pour examiner un oeil en présentiel ou en visio). Il faut surtout rechercher les signes d&rsquo;alerte: douleur, céphalée homolatérale, baisse d&rsquo;acuité visuelle, diplopie, photophobie, traumatisme/chirurgie/port de lentilles, opacité cornéenne, signes d&rsquo;infection systémique.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgqAUto2T_GTYUrFXVPOLqmVQYBdWWVa93wHHcDGxIyeuU25WYCJv_vP9WMi2-0NT6Kb8GMVd0BsWET1mYTo2kVThp3nrgU9xdlHwqQlLg4T3DX_C2te7thYRheIbPTHlW-_ZXZsVTyTUJt/s2000/F1.large.jpg"><img src="/images/articles/2021/f1-large-3.jpg" alt=""></a></p>
<p>5/ Dermatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng198">NICE</a> a publié des recommandations concernant l&rsquo;acné. Les auteurs recommandent d&rsquo;adresser au dermatologue en cas d&rsquo;acné fulminans, d&rsquo;acné conglobata, d&rsquo;acné nodulo-kystique. Le traitement de 1ère intention est une association fixe adapalène + peroxyde de benzoyle (Epiduo* non remboursé en France). Les alternatives sont adapalène (+ contraception) + macrolides topiques (pas si grossesse/allaitement) ou peroxyde de benzoyle + macrolides (ok si grossesse/allaitement). La doxycycline ou limecycline orales peuvent être ajoutés au peroxyde de benzoyle, à l&rsquo;adapalène ou à l&rsquo;acide azélaique (Finacea* ou Skinoren*) si l&rsquo;acné n&rsquo;est pas contrôlée. Quelques règles: pas de monothérapie par antibiotique local, pas de monothérapie par antibiotique oral, pas d&rsquo;association antibiotique oral avec antibiotique local. Le traitement est prescrit initialement pour 3 mois, prolongeable pour 3 mois si besoin. Concernant les rétinoïdes oraux, la dose recommandée est de 0.5 à 1mg/kg/j jusqu&rsquo;à atteindre 120-150mg/kg de dose cumulée (on peut y ajouter des corticoïdes oraux au début pour éviter l&rsquo;aggravation initiale). En cas de SOPK, les auteurs proposent une contraception par oestroprogestatifs et préférentiellement contenant de la cyproterone.</p>
<p>6/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M21-0834">KDIGO</a> a proposé des recommandations concernant l&rsquo;HTA chez les patients avec insuffisance rénale. Le dépistage s&rsquo;effectue par des mesures standardisées au cabinet suivies de mesures ambulatoires. Les cibles tensionnelles proposées sont de 120mmHg en s&rsquo;appuyant essentiellement sur l&rsquo;étude SPRINT&hellip; Ils recommandent des IEC ou ARA2 chez les patients avec HTA et insuffisance rénale et albuminurie (diabétique ou non). Il n&rsquo;y a pas de recommandations en l&rsquo;absence d&rsquo;albuminurie. Ils prônent également une restriction sodée importante à 2g de sodium/jour (soit 5g de chlorure de sodium.)</p>
<p>C&rsquo;est concordant avec la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD010070.pub3/full">Cochrane</a> qui a mis à jour sa synthèse sur le sel dans l&rsquo;insuffisance rénale chronique (la précédente datant de 2015) avec un haut niveau de preuve sur la diminution de la PA (- 6,91/3,91 mmHg) et de l&rsquo;albuminurie à court terme (les études à long terme sont toujours en cours).</p>
<p>De son coté, la <a href="https://journals.lww.com/jhypertension/Fulltext/2021/07000/2021_European_Society_of_Hypertension_practice.5.aspx">société européenne d&rsquo;HTA</a> a émis des recommandations concernant la mesure de la pression artérielle. Il n&rsquo;y a rien de très neuf. Les mesures au cabinet doivent être confirmées par des mesures ambulatoires. Les indications de la MAPA sont : détecter l&rsquo;HTA masquée et l&rsquo;HTA blouse blanche, diagnostiquer l&rsquo;HTA nocturne, confirmer des hypotensions liées à un surtraitement, et en cas de discordance entre les mesures au cabinet et les automesures tensionnelles. La MAPA est considérée comme étant la méthode préférentielle pour le diagnostic d&rsquo;HTA, les AMT étant celles de choix pour le suivi (on ne va pas pouvoir faire des MAPA à tout le monde&hellip;)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg3OCy-TXDCW6Urbf9IwboaiCAOvKc62znTQnMDzPZfVG3ODM9MjUpS0y5rhcr4hhtlE6uAcYtX907jhwF8_WOH-AGv_uxut66O2m1_kA8vWcC0QBI3aVGjc0TFfLRJDKmX9ObLe7qoGj5G/s1105/hta.jpeg"><img src="/images/articles/2021/hta.jpeg" alt=""></a></p>
<p>Rapidement, cette <a href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0253709">méta-analyse</a> s&rsquo;est intéressée aux évènements thrombotiques selon la poursuite ou non d&rsquo;un traitement anticoagulant après une ablation de fibrillation auriculaire. Le bénéfice à la poursuite de l&rsquo;anticoagulation n&rsquo;est pas certain puisqu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de différence entre les groupes sur les évènements thrombotiques, en revanche il y avait plus d&rsquo;évènements hémorragiques chez les patients toujours anticoagulés. Dommage que le niveau de preuve des études incluses n&rsquo;ait pas été élevé. (On en avait déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/05/dragi-webdo-n183.html">ici</a>.)</p>
<p>7/ Vitamine D</p>
<p>Comme presque toutes les semaines, les articles sur la vitamine D continuent de sortir. Cette semaine, un <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34166843/">article</a> s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;impact de la supplémentation en vitamine D au cours de la grossesse sur le risque de rhinite allergique de l&rsquo;enfant à naître. Supplémenter en vitamine D les patients avec un déficit en début de grossesse réduisait le risque d&rsquo;allergie à 3 et 6 ans chez l&rsquo;enfant.</p>
<p><a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34165766/">Celui ci</a> a regardé 13 études concernant vitamine D et mortalités/admission en soins intensif pour Covid afin d&rsquo;en faire une méta-analyse qui serait en faveur d&rsquo;une réduction des admissions en soins intensifs chez les patients traités par vitamine D après leur diagnostic de Covid. Bon, il n&rsquo;y a que 3 essais contrôlés randomisés dans la méta-analyse (le reste étant des études observationnelles) et parmi ces 2 essais, seul un a montré une différence en faveur de l&rsquo;utilisation de la vitamine D sur la réduction des admissions en soins intensifs (mais pas sur la mortalité).</p>
<p>8/ Manger, bouger</p>
<p>Manger du <a href="https://faseb.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1096/fj.202002770RR">chocolat</a>, c&rsquo;est ce qui était proposé aux participantes ménopausées de cet essai contrôlé randomisé. Les femmes étaient réparties en 3 groupes : 100g de chocolat le matin, 100 grammes de chocolat le soir, et pas de chocolat. Bonne nouvelle, manger du chocolat pendant 14 jours n&rsquo;a pas fait prendre de poids ! La consommation de chocolat a diminué la faim et le désir de sucreries, et a réduit les apports énergétiques du reste de la journée sans  compenser l&rsquo;apport énergétique supplémentaire du chocolat (542 kcal/jour pour 100g !). Selon le moment de prise dans la journée, les effets sur le métabolisme étaient différents. Par exemple, l&rsquo;activité physique était augmentée en cas de prise le soir et la glycémie à jeun réduite en cas de prise le matin. Les rythmes de sommeil étaient également différents selon le moment de prise. Comme quoi, on peut faire de la recherche sur n&rsquo;importe quoi (mais entre nous, ça ne sert pas à grand chose en l&rsquo;état&hellip;) !</p>
<p>En revanche, plus utile, cette <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34163383/">méta-analyse</a> d&rsquo;essais contrôlés randomisés a montré qu&rsquo;intégrer de l&rsquo;activité physique régulière (physique ou psychocorporelle) améliorait la qualité de sommeil déclarée par les participants mais sans montrer de différence sur le sommeil étudié par actigraphie (capteur mis sur le poignet, beaucoup plus accessible financièrement que la poly(somno)graphie dans les études).</p>
<p>9/ Pneumologie</p>
<p>Cette <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0954611121002134">étude</a> pilote a montré que l&rsquo;intervention d&rsquo;un pharmacien sur les techniques d&rsquo;utilisation d&rsquo;un inhalateur pour l&rsquo;asthme et pour la BPCO améliorait la technique d&rsquo;inhalation. Cependant, à 6 mois, il n&rsquo;y avait aucune différence sur le contrôle de l&rsquo;asthme ou de la BPCO ou encore sur les exacerbations le groupe intervention et le groupe contrôle&hellip;</p>
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<p>On se retrouve fin août pour le prochain DragiWebdo la semaine prochaine si on arrive à régler le souci de newsletter d&rsquo;ici là, sinon RDV fin août!! Bon été!</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°318 : Covid (HCSP, EuroCDC), Score2 (ESC), douleurs pelviennes, migraines, observance (diabète, pneumo), dépression, CRP/infections respiratoires, erreurs diagnostiques</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/06/dragi-webdo-n318/</link><pubDate>Mon, 21 Jun 2021 00:41:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/06/dragi-webdo-n318/</guid><category>Psychiatrie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Douleur</category><category>Diabétologie</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Cela fait maintenant 7 ans que le Dragi Webdo existe, merci à tous les lecteurs! Cela fait également plus d&rsquo;un an que le blog a été restructuré et que chaque billet est co-écrit par DrePetronille et Dr_Agibus (du coup, le nom du webdo n&rsquo;est plus approprié&hellip;). La newsletter va bientôt changer d&rsquo;aspect, Blogger ne permettant plus
de passer par son hébergeur pour envoyer les flux par mail. Nous
cherchons une solution pour maintenir les envois hebdomadaire aux abonnés. Et pour mieux vous connaître et répondre à vos besoins, voici le <a href="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScCfQvXfbtK-DpecCK1AFzPGl5qEm8pZNjjfdmPnJnjm7ZDXA/viewform?usp=sf_link">traditionnel sondage annuel</a>
auquel nous vous demandons de répondre si le coeur vous en dit (vous
étiez près de 500 à répondre l&rsquo;an dernier, on fait mieux cette année?).
Cela nous permettra de faire le bilan à un an du nouveau blog et de
préparer la rentrée ! Bonne lecture!</p>
<p>1/ Psychiatrie</p>
<p>Parfois, dans les dépressions résistantes, on voit des antipsychotiques co-prescrits aux antidépresseurs, peut être pour leur effet thymorégulateur si on suspecte un trouble bipolaire. Une <a href="https://www.cbip.be/fr/articles/3626?folia=3622">étude</a> retrouve une surmortalité chez ces patients avec antipsychotiques + antidépresseurs par rapport aux patients ayant 2 antidépresseurs (mais on avait déjà dit qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de bénéfice clair à mettre un <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/04/la-depression-sans-pression18.html">2ème antidépresseur</a>)</p>
<p>Un <a href="https://www.nature.com/articles/s41598-021-90728-z">article</a> publié dans la revue Nature a utilisé les données de la cohorte française de 5000 étudiants de plus de 18 ans i-Share dans laquelle 17,4% des filles et 16,8% des garçons ont exprimé des idées suicidaires. Les facteurs prédisant le plus le risque suicidaire étaient les pensées suicidaires, l&rsquo;anxiété, les symptômes de dépression et le manque d&rsquo;estime de soi.  Le manque d&rsquo;estime de soi est un nouveau facteur et l&rsquo;<a href="https://www.irbms.com/download/documents/echelle-estime-de-soi-de-rosenberg.pdf">échelle de Rosenberg</a> permet de l&rsquo;évaluer. Pour l&rsquo;anxiété, elle peut être évaluée par l&rsquo;échelle de STAI-YB de Spielberger, pour la dépression, l&rsquo;échelle PHQ-9 est conseillée (échelle la plus adaptée, on en avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/12/dragi-webdo-n249.html">là</a>, mais elle ne permet pas de coter ALPQ003).</p>
<p>Cet <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/hel.12824">article</a> taïwanais, publié dans la revue Helicobacter (oui elle existe!), met en évidence un surrisque de dépression dans les 30 jours suivant une éradication d&rsquo;Helicobacter pylori par antibiothérapie en cas d&rsquo;ulcère gastro-duodénal, et notamment après clarythromycine et/ou metronidazole (pour ce dernier, les troubles dépressifs pourraient survenir jusque 6 mois après l&rsquo;antibiothérapie). Ainsi, peut-être faut-il prévenir les patients de ne pas hésiter à consulter en cas de symptômes dépressifs dans les suites du traitement (là encore, les auteurs conseillent l&rsquo;échelle PHQ-9.</p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1040">HCSP</a> a émis des recommandations concernant le retour au travail des patients à haut risque de Covid ayant reçu un schéma vaccinal complet. Chez les patients non fortement immunodéprimés, un retour au travail est possible après avis du médecin du travail dans la mesure où elles ne sont pas exposées à des fortes densités virales. Pour celles fortement immunodéprimée, il est proposé de poursuivre les mesures mises en place avant la vaccination (télétravail, poste aménagé ou arrêt de travail).</p>
<p>Concernant le nombre de doses vaccinales, j&rsquo;ai trouvé dans le document du <a href="https://www.ecdc.europa.eu/sites/default/files/documents/Overview-of-the-implementation-of-COVID-19-vaccination-strategies-and-deployment-plans-14-June-2021.pdf">CDC européen</a> que 11 des 25 autres pays européens recommandaient également une seule dose en cas d&rsquo;antécédent de Covid, à effectuer souvent 6 mois après l&rsquo;infection. Un seul pays ne recommande pas de vaccination en cas d&rsquo;antécédent. Les 13 autres pays recommandent un schéma complet, parfois avec un délai après l&rsquo;infection.</p>
<p>Cet <a href="https://www.nature.com/articles/s41598-021-91685-3">article</a> a décrit la population atteinte de Covid prouvé par PCR en soins de premier recours de mars à mai 2020 (Lyon). Il est intéressant de voir que les symptômes les plus fortement associés à un test positif étaient la perte du goût et de l&rsquo;odorat (et encore mieux avec l&rsquo;association des 2 symptômes). Les myalgies étaient plus fréquentes chez les patients avec un test positif. En revanche, dyspnée, mal de gorge, congestion nasale étaient plus fréquents chez les personnes testées négativement. L&rsquo;accès au test PCR de cette période de 2020 n&rsquo;était peut-être pas vraiment représentative de l&rsquo;ensemble des personnes symptomatiques, avec à l&rsquo;époque 35% de soignants testés parmi la population étudiée.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Deux articles viennent de paraitre sous l&rsquo;impulsion de la société européenne de cardiologie. L&rsquo;ancien <a href="https://www.heartscore.org/fr_FR/access">HeartS</a><a href="https://www.heartscore.org/fr_FR/access">core</a> datant de 2003, validé chez les 45-65 ans et donnant le risque de décès cardiovasculaire à 10 ans vient d&rsquo;être mis à jour. Le <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehab309/6297709">Score2</a> et le <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehab312/6297711">Score2-OP</a> (old people), ont été publiés cette semaine et donnent le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire fatals et non fatals à 10 ans. Le Score 2 est pour les 40-69 ans, et le score 2 OP pour les plus de 70 ans. On voit aussi que les seuils des risques faible, modéré et élevé est différent selon les âges: le haut risque est de 7,5% avant 50 ans, 10% jusqu&rsquo;à 69 ans et 15% à partir de 70 ans. Malgré ce progrès, il est probable que ce nouvel outil conduise à une augmentation des personnes traitées en augmentant le nombre de patients à risque élevé. En effet, l&rsquo;ancien score considérait qu&rsquo;un patient était à haut risque à partir de 5%. Or il faut à peu près multiplier par 4 pour obtenir le risque de morbi-mortalité. Ainsi, dans le Score 2, le seuil du risque élevé aurait dû être situé à 20%, comme pour les calculateurs de risques américain (ASCVD) et britannique (Qrisk3). Un seuil 2 fois plus bas risque donc d&rsquo;entrainer un surtraitement si les seuils ne sont pas réévalués dans les recommandations de l&rsquo;ESC qui intègreront ces calculateurs. De plus, les modificateurs qui s&rsquo;appliquaient à l&rsquo;ancien score (par exemple x2 en cas d&rsquo;antécédent familial cardiovasculaire précoce) ne s&rsquo;appliquent peut être pas à l&rsquo;identique dans le score 2.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjXxJuymJ745iMzFByZJYzHqGMDACh3I92oZf2S_723L-iSeO97EvEtc_CkUMqzjV6KV8xhQP8lmPTv489Ud32FjCs8b_V6Zhwcnu8b16zaNiAIcrkf5NzLe7H7ns6zcZZ_LXFWmgMp-Qum/s1350/score2.png"><img src="/images/articles/2021/score2.png" alt=""></a></p>
<p> 4/ Infectiologie</p>
<p>Une revue du <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n1409">BMJ</a> revient sur l&rsquo;intérêt de la CRP et de la PCT pour réduire la consommation d&rsquo;antibiotiques dans les infections respiratoires de l&rsquo;enfant. Il semblerait que leurs performances n&rsquo;aient pas été déterminées en soins primaires, et donc il n&rsquo;y a pas de preuve qu&rsquo;il puisse être utile de les utiliser. Cependant, en soins urgent, chez des enfants non sévères avec une présentation équivoque, une CRP inférieure à 20 et un PCT inférieur à 0,5 rendent le diagnostic d&rsquo;infection bactérienne peu probable et donc évitent le recours aux antibiotiques (et si supérieur à 80 et 2, respectivement, ça devient très probable).</p>
<p>5/ Douleur</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2781052">JAMA</a> présente une revue concernant le traitement aiguë des migraines. Rien de très neuf par rapport à la revue du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2021/03/dragi-webdo-n306.html">Lancet</a> d&rsquo;il y a quelques semaines:</p>
<ul>
<li>les AINS sont efficaces et les triptans aussi.</li>
<li>La combinaison du naproxène avec du sumatriptan est presque 2 fois plus efficace que l&rsquo;utilisation d&rsquo;un seul antalgique.</li>
<li>Les nouveaux traitements oraux comme les grepants (rimegepant  et ubrogepant) et les ditans (lasmiditan) sont modérément efficaces chez les patients résistants aux triptants et AINS.</li>
<li>Le tramadol est une option efficace avec un faible niveau de preuve.</li>
<li>Les anti-émétiques ont également été évalués: la chlorpomazine, le métochlopramide et haldopéridol sont efficaces en injectables (mais pas sûr que la balance bénéfice risque vaille le coup).</li>
</ul>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2781048">JAMA</a> aborde les douleurs pelviennes chroniques chez la femme qui affecteraient 25% des femmes. L&rsquo;entretien doit évaluer les symptômes, leur retentissement dans la vie quotidienne, les comorbidités et les facteurs environnementaux et psychologiques favorisants. Les drapeaux rouges à rechercher sont des ménorragies après 40 ans, une
masse abdominale, des saignements post coïtaux ou des rectorragies, ou
une majoration de la douleur. Le bilan initial recherchera une grossesse (test urinaire), une vaginose et une IST (prélèvement vaginal), une infection urinaire (ECBU) et l&rsquo;endométriose (échographie pelvienne). La prise en charge peut faire intervenir des myorelaxants, des antalgiques, des
traitements hormonaux, et des traitements non pharmacologiques
(kinésithérapie, acuponcture, chirurgie&hellip;), avec une évaluation à 4 à 8 semaines.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiDeLwCVS1F_1r0FLkO2q2aTBDgr26-gtUrnGPlUimUFBE_vBjbTezkHVS4-LketiNtdANKk6pp80uq7t0kNOI2lxnxS6D-KfzclXxTeSI1eMou93TGwHEPHwGmtGVe6PDEWMkzHRQgXLwx/s1923/douleurs+pelviennes.png"><img src="/images/articles/2021/douleurs-pelviennes.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Des <a href="https://www.recodiab.ch/RPC13_antidiabetiques.pdf">recommandations</a> suisses concernant la prise en charge du diabète sont cohérentes avec celles des sociétés européennes et américaines de diabétologie. La metformine reste le traitement de 1ère intention en cas d&rsquo;HbA1c &lt; 10% (si &gt;10%, l&rsquo;insulinothérapie d&rsquo;emblée est recommandée). Les auteurs recommandent des iSGLT2 quel que soit l&rsquo;HbA1c si insuffisance rénale ou insuffisance cardiaque, et des aGLP1 ou iSGLT2 en cas de risque cardiovasculaire élevé ou très élevé. Quand aucune de ces pathologies n&rsquo;est présente, ils recommandent les traitements en faisant pas prendre de poids, et notamment les aGLP1, et d&rsquo;éviter les sulfamides. A quand la mise à jour des recos HAS dépassées ?</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://care.diabetesjournals.org/content/44/6/1419">étude</a> d&rsquo;une cohorte de patients diabétiques avec dosage urinaires des médicaments a permis de comparer des patients &ldquo;observants&rdquo; (tous les médicaments étaient retrouvés dans les urines) et des patients &ldquo;non observants&rdquo; (au moins 1 traitement manquait dans l&rsquo;analyse urinaire). Les auteurs retrouvent que 90% des patients étaient adhérents (ce qui est bien plus que les 50% habituels, mais le détail de l&rsquo;observance est difficile à savoir avec les seules urines du fait de la demi-vie des traitements plus longue que le délai après une prise, ainsi, le test ne peut préciser les oublis ou les sauts de prise.) Les patients observants avaient un risque absolu de complications microvasculaires significativement plus faible de 15% et de complications macrovasculaires plus faible de 17%. Les observants avaient une HbA1c plus basse mais ils n&rsquo;étaient pas significativement plus &ldquo;à l&rsquo;objectif d&rsquo;HbA1c&rdquo; que les non observants. Comme quoi, encore une fois, les objectifs ne sont pas l&rsquo;élément permettant de réduire les complications.</p>
<p>Manger des pommes de terre ou ne pas en manger, telle est la question de cette <a href="https://www.clinicalnutritionjournal.com/article/S0261-5614(21)00231-4/fulltext">revue de littérature</a> qui a montré que manger des pommes de terre (consommation totale, cuites ou frites) augmenterait le risque de diabète de type 2 et de diabète gestationnel et ce avec un effet dose-dépendant, notamment pour les frites.  Il n&rsquo;y a pas vraiment de significativité des résultats néanmoins, mais les auteurs ont l&rsquo;air d&rsquo;avoir retourné les résultats pour conclure à cette tendance&hellip; (Peut-être vaut-il mieux <a href="https://www.youtube.com/watch?v=HriNRnIR3VM">manger des tomates</a>?)</p>
<p>7/ Pratique médicale et relation médecin-malade</p>
<p>Cet <a href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0252836">article</a> publié dans PLoS One a mis en évidence que le principal critère de choix entre les différents vaccins contre la grippe par les généralistes était la disponibilité du vaccin, même si ce vaccin n&rsquo;est pas considéré comme le plus approprié. Les stocks fluctuants restent un véritable problème pour proposer des soins de qualité conformes aux données de la science.</p>
<p>Cet <a href="https://qualitysafety.bmj.com/content/early/2021/06/16/bmjqs-2020-012594">article</a> s&rsquo;est intéressé au risque d&rsquo;erreur de diagnostic médical chez les médecins anglais par analyse rétrospective de 2100 dossiers. L&rsquo;analyse par les relecteurs indépendants a mis en évidence 4,3% d&rsquo;erreurs possibles ou confirmées, dont 72% qui résultaient de plusieurs défaillances parmi anamnèse, examen clinique, prescription d&rsquo;examens, interprétation de résultats d&rsquo;examens, suivi, et traçabilité. 37% de ces erreurs ont été évaluées comme ayant eu un préjudice modéré pour le patient (détresse physique ou psychologique, sans complication avec le temps) à sévère (impact prolongé dans le temps incluant les hospitalisations). Le plus souvent, les erreurs concernaient le système génito-urinaire et la dermatologie puis venaient le système digestif et l&rsquo;endocrinologie.</p>
<p>8/ Pneumologie</p>
<p>Cet <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2213219821006486">article</a> propose une boite à outils, créée suite à une revue de la littérature, pour évaluer la non adhérence au traitement des patients atteints d&rsquo;asthme et de BPCO, par exemple chez les personnes ayant une maladie non contrôlée, des exacerbations fréquentes, une utilisation fréquente des inhalateurs à courte durée d&rsquo;action. Les auteurs proposent un questionnaire, le TAI, <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26230150/">validé</a>, qui doit être proposé de manière non jugeante (&ldquo;De nombreuses personnes ont des difficultés à prendre leur inhalateur en permanence. Puis-je vous demander &hellip;. ?&rdquo;). En fonction du degré de non adhérence au traitement, les auteurs proposent des stratégies d&rsquo;accompagnement en proposant l&rsquo;inclusion d&rsquo;aidants familiaux, l&rsquo;association de la prise du médicament à une habitude quotidienne (ex: brossage de dents), la mise en place de rappels. Un plan personnalisé de soins limitant le nombre de traitements et expliquant les modalités d&rsquo;administration peut être utile pour les patients ayant des difficultés à prendre le traitement. Enfin, pour les personnes récalcitrantes au traitement, l&rsquo;entretien motivationnel avec éducation thérapeutique sur les bénéfices et les risques liés aux traitements, ainsi que l&rsquo;histoire naturelle des maladies peut être utile pour aboutir à une décision médicale partagée.</p>
<p>C&rsquo;est fini! C&rsquo;était encore un plaisir de croiser certain·es d&rsquo;entre vous au congrès
du #CNGE2021 de Bordeaux (puis qu&rsquo;il y aura aussi un #CNGE2021 à Lille
dans quelques mois). Vous pourrez trouver les #LT de nombreuses
communications orales et de plénières sur Twitter par <a href="https://twitter.com/search?q=%23CNGE2021&amp;f=live">ici</a>! D&rsquo;ailleurs une des plénières concernait la communication du risque en santé et les outils d&rsquo;aide à la décision, et voilà un <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n1430">article</a> de cette semaine sur le sujet qui l&rsquo;aborde aussi au travers des recommandations du NICE britannique.</p>
<p>En attendant le nouveau système de newsletter, vous pouvez toujours vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez
votre adresse mail e-mail tout en haut à droite sur la page <em>(sans
oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail intitulé &ldquo;FeedBurner
Email Subscriptions&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos
spams)</em></p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°317 : Bilans systématiques, prolapsus génital (HAS), suivi coloscopie (recos), pharmacien correspondant, dermatose masques</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/06/dragi-webdo-n317/</link><pubDate>Sun, 13 Jun 2021 23:19:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/06/dragi-webdo-n317/</guid><category>Gynécologie</category><category>Dermatologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, ouvrons ce Dragi Webdo avec un commentaire publié dans le <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n1387">BMJ</a> concernant le syndrome de l&rsquo;imposteur chez les médecins. En quelque mots: &ldquo;S&rsquo;il y a des jours où vous vous sentez comme un imposteur, ne vous inquiétez pas, nous avons tous cette sensation&rdquo; Bonne lecture !</p>
<p>1/ Exercice professionnel</p>
<p>Une revue systématique du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2780614">JAMA</a> a étudié la place des bilans généraux de santé en médecine générale au travers d&rsquo;essais randomisés et d&rsquo;études observationnelles (on en avait déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/01/dragi-webdo-n166.html">ici</a>). Aucun des bilans généraux n&rsquo;améliorait la mortalité globale ou les évènements cardiovasculaire. Cependant, ces auteurs retrouvent que ces bilans améliorent le diagnostic et le contrôle de maladies chroniques, notamment l&rsquo;hypertension artérielle, le diabète et de la dépression, améliorent la participation aux actions de prévention de de dépistage, notamment pour le cancer colo-rectal et le cancer du col de l&rsquo;utérus, et une amélioration dans le suivi des règles hygiéno-diététiques et parfois de la qualité de vie. Cependant, certaines études retrouvaient une sur-mortalité non expliquée, un surdiagnostic d&rsquo;AVC. Ainsi, les bilans systématiques sont une fois de plus inutiles, mais des bilans cliniques ciblés (mesure de tension artérielle, évaluation de l&rsquo;humeur, actions de prévention) semblent pouvoir apporter un bénéfice.</p>
<p>Une étude du <a href="https://bjgp.org/content/71/707/e423">BJGP</a> s&rsquo;est intéressé à la complexité en médecine générale. Grâce à une méthode Delphi, les auteurs ont relevés 34 indicateurs de situation complexe (comme &ldquo;patient dément&rdquo;, &ldquo;violences conjugales&rdquo;, &ldquo;symptômes médicalement inexpliqués&rdquo;, &ldquo;dépendance alcoolique&rdquo;&hellip;) Ainsi, les consultations complexes étaient plus longues que les consultations non complexes (environ 1 minute de plus), et représentaient 42% des consultations de médecine générale.</p>
<p>Suite à plusieurs <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3607224?src=soc_tw_210607_mscpfr_news_mdscp_pharmaciens&amp;faf=1#vp_2">décrets</a>, le patient peut désigner des pharmaciens correspondants qui peuvent adapter les posologies des traitements chroniques. De plus, les pharmaciens peuvent également diagnostiquer et traiter par antibiotiques les cystites, l&rsquo;odynophagie, la rhino-conjonctivite allergique et les varicelles après avoir reçu une formation. J&rsquo;aime beaucoup travailler avec les pharmaciens, mais je ne sais pas dans quelle mesure ces actes diagnostiques et thérapeutiques doivent s&rsquo;ajouter à leurs missions ou si ça modifie beaucoup ce qui était déjà fait (dans le sens où il n&rsquo;est pas rare que le pharmacien appelle pour discuter d&rsquo;une adaptation de posologie à la fonction rénale par exemple). L&rsquo;autre écueil serait de  rendre le généraliste &ldquo;uniquement &quot; médecin de maladie chronique et moins un médecin de premier recours au sens large, alors que ces consultations plus simples permettent d&rsquo;aborder la prévention et le dépistage chez des patients consultant uniquement à l&rsquo;occasion de problèmes aigus de ce type.</p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>Pour favoriser les schémas vaccinaux en 1 dose, la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3269859/fr/decision-n-2021-0139/dc/seesp-du-31-mai-2021-du-college-de-la-haute-autorite-de-sante-completant-les-recommandations-du-11-fevrier-2021-relatives-a-la-vaccination-des-personnes-ayant-un-antecedent-de-covid-19">HAS</a> recommande d&rsquo;effectuer des TROD en centre de vaccination pour dépister les patients avec antécédent de Covid. Je n&rsquo;ai pas encore vu de pays non francophone qui recommande de ne faire qu&rsquo;une dose chez les patients avec antécédent de Covid, donc je suis assez dubitatif pour le moment. Cependant, des <a href="https://www.thelancet.com/journals/ebiom/article/PIIS2352-3964(21)00194-8/fulltext">données</a> commencent à être publier confirmant la réponse immunitaire chez ces patients, ce qui justifie cette dose unique.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3271074/fr/prolapsus-genital-de-la-femme-comment-ameliorer-sa-prise-en-charge">HAS</a> a publié des recommandations sur la prise en charge du prolapsus génital. Le diagnostic est clinique et ne nécessite pas d&rsquo;examen complémentaires. Seuls les prolapsus symptomatiques nécessitent un traitement. La prise en charge est initialement non pharmacologique avec des mesures hygiéno-diététiques (perte de poids, activité physique, traitement de la constipation, éducation au contrôle de la toux et au port de charges) et de la rééducation parfois associés à un pessaire avec oestrogénothérapie vaginale pour améliorer éventuellement la tolérance. La persistance de symptômes est l&rsquo;indication chirurgicale principale.</p>
<p> Le <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n1212">BMJ</a> propose un article concernant l&rsquo;infection à CMV congénitale. En ce qui concerne les généralistes, les auteurs confirment que l&rsquo;utilisation de la sérologie en début de grossesse est controversée, et rappellent l&rsquo;importance de l&rsquo;information et de éducation pour éviter les infections. Il faut donc éviter les contacts avec la salive de jeunes enfants, ne pas partager les couverts, se laver les mains au moins 20 secondes après un changement de couches ou lavages de nez d&rsquo;un enfant, et éviter de sucer les tétines des enfants.</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2780745">Jama Internal Medicine</a> s&rsquo;est intéressé aux fractures post ménopausiques. Les auteurs ont retrouvé que le risque de récidive de fracture était augmenté que la fracture initiale soit post-traumatique sévère (accident de voiture, de sport, chute de haut ou dans les escaliers) ou à faible traumatisme. Ainsi, la recherche d&rsquo;ostéoporose pourrait également être effectuée en cas de fracture liée à un traumatisme sévère.</p>
<p>4/ Dermatologie</p>
<p> Cet article du <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n1304">BMJ</a> aborde les différentes dermatoses cutanées favorisées par le port de masque (&ldquo;maskné&rdquo; comme ils disent). L&rsquo;entretien doit mettre en évidence une relation temporelle entre la survenue des lésions et le port du masque. On retrouve l&rsquo;eczema, la dermatite allergique, la dermite séborrhéique (kétoconazole lotion ou cures courtes de dermocorticoïdes modérés), l&rsquo;acné (ttt: adapalène ou adapalène+peroxyde de benzoyle, voire cyclines si besoin), la rosacée (ttt: ivermectine crème 1% ou doxycyline 40mg/j pendant 3 mois), l&rsquo;urticaire, mais aussi le lupus, le psoriasis et la dermatite périorificielle (ttt: erythromycine locale ou lymecycline 408mgx1/j pendant 4 semaines). Le traitement repose également sur une réduction du temps de port du masque si les conditions le permettent. Il est également nécessaire de nettoyer la peau avec un savon doux, d&rsquo;appliquer un émollient au moins 30min avant le port d&rsquo;un masque, d&rsquo;utiliser une interface siliconée sous le masque, et de bien se laver les dents!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgqLTqiBpZQqY5cbHbwf49vf49QpkpEJVfNCeq6WPcorjA-MvgDBe2aMl3mGPmWTES93kT36260hJ_VL8Y8e0g4LYatFd1YjDAhyW40FiIp4Bz61J_xfmEOLdETbToM_UmxRpAkTos5WDKf/s1247/maskne.png"><img src="/images/articles/2021/maskne.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Cardiologie</p>
<p>Les traitements de l&rsquo;insuffisance cardiaque à FE altéré n&rsquo;ont pas clairement faire leur preuve d&rsquo;efficacité dans l&rsquo;insuffisance cardiaque a fonction préservée. Cette revue de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD012721.pub3/full">Cochrane</a> retrouve que les inhibiteurs de la neprilysine et les diurétiques épargneurs de potassium pourraient réduire les hospitalisations pour insuffisance cardiaque, sans efficacité démontré sur la mortalité. Les bêta bloquants, IEC et sartans n&rsquo;ont pas démontré d&rsquo;efficacité d&rsquo;après cette revue.</p>
<p>6/ Gastro-entérologie</p>
<p>On avait parlé plusieurs fois (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/05/dragi-webdo-n271.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/11/dragi-webdo-n288.html">là</a>) de recommandations concernant le suivi des patients ayant eu des polypes dans le cadre du dépistage du cancer colo-rectal. Des <a href="https://www.sfed.org/files/files/modalites_de_surveillance_0.pdf">recommandations</a> françaises ont été publiées. Après la 1ère coloscopie retrouvant avec des polypes, les patients sont classés en 2 groupes qui déterminent la suite de la prise en charge. On y retrouve notamment un espacement des coloscopies ou un retour au dépistage par test immunologique fécal en cas de coloscopie de contrôle à faible risque suite à une discussion personnalisée prenant en compte les comorbidités et de l&rsquo;âge du patient. Les auteurs semblent préférer la coloscopie mais les comorbidités importantes peuvent orienter vers le FIT, Or on peut se poser la question de l&rsquo;intérêt de vouloir continuer à dépister à 5 ans un patient asymptomatique dont l&rsquo;état générale ne permet pas de faire une coloscopie&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi2-q12AQcCtMa5QgX5Bjfr2Pnb7bSKVkvr_6H4lSRj3ezfPUax8_Ow1rD57Uw07vSoCf07HfHS7Pq3z79rjqyRZwkZzFFZhoHM1yMsB7yC_kTp3HDfck6p2p1cEyLN3NTf_QskoUcZUC-0/s962/colo.png"><img src="/images/articles/2021/colo.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé! N&rsquo;hésitez pas à vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p>(Et bonne pause du blog à @DrePetronille! Merci pour tous ces mois à l&rsquo;améliorer et à co-écrire!!!!)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°316 : Voyageurs (recos), covid-19 (réinfections, vaccination), Dupuytren, dépendance, PrEP, maladies chroniques, contraception, migraine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/06/dragi-webdo-n316/</link><pubDate>Sun, 06 Jun 2021 22:35:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/06/dragi-webdo-n316/</guid><category>Infectiologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer, cette <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13814788.2021.1932810?af=R">étude qualitative danoise</a> a exploré la perception des généralistes sur le suivi des maladies chroniques (BPCO et diabète). Le généraliste danois est au coeur du système de santé, et sans surprise, les généralistes interrogés se sentent pilier du suivi des patients avec une nécessité d&rsquo;avoir des connaissances solides. La relation de confiance entre les généralistes et leurs patients améliore la qualité des soins. Le généraliste apparaît comme un élément incontournable et permet la coordination des soins. L&rsquo;approche centrée patient est complétée par une approche holistique des patients, notamment du fait de comorbidités fréquentes.</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2780557">étude italienne</a>, s&rsquo;est appuyée sur des laboratoires desservant une
population de 450 000 habitants et sur des programmes de dépistage et de
contact-tracing pour étudier le risque d&rsquo;infection et réinfection.
Parmi les 13 000 patients non infectés, 3% ont été infectés et
l&rsquo;incidence des réinfections était de 1 personne pour 100 000. Ainsi, le
risque de réinfection existe mais est plutôt faible chez les patients
avec antécédent de Covid.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj884w66RsqCbtQtkC4UpidoaVJIegskgv4zcApxQV7I9Tai8Ed6cH5elgHS8yW_-VeMh98xWU-ESda0JkIOrt7k2QEO_6c26-qA4TnAqnSvDbmO8wAhYqjEMTW9R0GYXAeEyCq7TExCU5i/s876/r%25C3%25A9infections.png"><img src="/images/articles/2021/r-25c3-25a9infections.png" alt=""></a></p>
<p>Concernant la vaccination Covid, et l&rsquo;interchangeabilité des vaccins. Les <a href="https://www.canada.ca/content/dam/phac-aspc/documents/services/immunization/national-advisory-committee-on-immunization-naci/reponse-rapide-ccni-interchangeabilite-vaccins-authorises-covid-19-fr.pdf">recommandations canadiennes</a> recommandent, de proposer un vaccin à ARNm après un vaccin AstraZeneca, devant les données d’innocuité et d&rsquo;immunogénicité avec un taux d&rsquo;anti-corps multiplié par 80 à 14 jours de la 2ème dose lorsqu&rsquo;elle était effectuée à plus de 8 semaines de la 1ère. Il n&rsquo;y a cependant pas de comparaison directes avec un schéma à 2 doses de vaccin AZ et les 2 schémas peuvent être proposés.</p>
<p>Une communication dans le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)01115-6/fulltext?utm_campaign=lancetcovid21&amp;utm_content=168633932&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-27013292">Lancet</a> appuie ces recommandations. En effet, le prime-boost hétérologue (un vaccin différent en 1ère injection=prime et en 2ème=boost) permet une meilleure réponse immunitaire d&rsquo;après les analyses intermédiaires publiées ici. Il y avait un peu plus de malaises, fatigue et céphalées lors des schémas hétérologues par rapport à des schémas homologues. L&rsquo;effet du paracetamol prophylactique systématique est en cours d&rsquo;étude.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/voyage/documents/magazines-revues/bulletin-epidemiologique-hebdomadaire-1er-juin-2021-n-hors-serie-recommandations-sanitaires-pour-les-voyageurs-2021-a-l-attention-des-professio">BEH</a> a publié les recommandations 2021 pour les voyageurs (enfin, si on peut voyager, hein&hellip;). Il n&rsquo;y a, <em>a priori</em>, aucune modification par rapport aux versions précédents dont nous avions parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/p/vaccinations.html#Voyages">ici</a>. Pour cette fois ci, parlons de la prévention du mal des montagnes qui concerne les voyages à plus de 2500m d&rsquo;altitude. Son traitement préventif est constitué par l&rsquo;acetazolamide 125mg x 2 par jour à commencer 2 jours avant l&rsquo;arrivée en haute altitude et à poursuivre 2 jours après avoir atteint le point culminant (le traitement prophylactique n&rsquo;est pas systématique mais proposé notamment en cas d&rsquo;antécédent de mal des montagnes ou si l’ascension n&rsquo;est pas progressive). En cas de contre-indication, la dexamethasone 4mg x2 par jour est une alternative. Enfin, le traitement curatif, c&rsquo;est de redescendre.</p>
<p>Concernant la prescription de la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2021/05/dragi-webdo-n311.html">PrEP</a> en médecine générale, dont nous avions parlé il y a peu, l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/tableau-marr/emtricitabine-tenofovir-disoproxil">ANSM</a> a mis à disposition des fiches pour aider les généralistes: check-list du généraliste, brochure information médecin et brochure patient&hellip;</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Nous vous avions parlé de la dénervation rénale dont les bénéfices étaient très limités en <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n186.html">2018</a>, avec une baisse de 6mmHg de PAS à 2 mois de l&rsquo;intervention. Une nouvelle <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00788-1/fulltext">étude</a> randomisée a inclus des patients avec HTA résistante sous trithérapie pour traiter par dénervation rénale ou procédure factice. Cette fois ci, la baisse a été de 8mmHg dans le groupe intervention contre 3 dans le groupe contrôle à 2 mois du traitement. Une nouvelle fois, on n&rsquo;a pas de données supérieures à 2 mois. Le groupe &ldquo;contrôle&rdquo; n&rsquo;a pas d&rsquo;anti-aldostérone pour comparer à la dénervation ce qui est dommage car on ne compare pas à la prise en charge classique qui apporterai peut être un meilleur contrôle tensionnel.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n1308">BMJ</a> a publié un article concernant la prise en charge de la maladie de Dupuytren. Les causes de cette maladie restent imprécises (l&rsquo;hérédité, les travaux manuels, le diabète, le tabac, l&rsquo;alcool). L&rsquo;évolution vers la contracture ne survient que chez 35% des patients après un suivi de 18 ans. Il est important d&rsquo;évaluer le retentissement fonctionnel qui guidera la suite. La prise en charge précoce peut proposer de la kinésithérapie et des massages avec un faible niveau de preuve. Les antalgiques et infiltrations de corticoïdes peuvent soulager les douleurs des nodules aux stades initiaux. La prise en charge chirurgicale est indiquée en cas de contracture d&rsquo;au moins 30° d&rsquo;une MCP ou de 10-20° de l&rsquo;IPP, un retentissement fonctionnel important sur le pouce ou une progression rapide en quelques mois. Cependant, la chirurgie n&rsquo;améliore pas toujours les symptômes en raison du risque de raideur post-opératoire et du risque de récidive qui peuvent être élevés.</p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p>Nous avons souvent parlé des risques des <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/p/pharmacovigilance.html#Morphine">opioïdes</a>. Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/fullarticle/2780655">revue</a> systématique revient sur l&rsquo;efficacité des traitements agonistes morphiniques dans la dépendance aux opioïdes. Cet article incluait 4000 patients issus d&rsquo;essais randomisés et 750 000 issus d&rsquo;études de cohortes ambulatoires. Les patients traités par agonistes morphinique avaient une mortalité réduite de 50% par rapport aux patients non substitués (taux de mortalité entre 10-30 décès pour 1000 patient.année sans traitement diminuant à 5-15 décès pour 1000 patient.année). Il n&rsquo;y avait pas de différence entre la substitution par méthadone ou buprénorphine mais il y avait une surmortalité pendant les 4 premières semaines d&rsquo;instauration de la méthadone. En regardant les causes de mortalité diminuées, il y avait la mortalité cardiovasculaire, par cancer, par suicide, liée au drogues et liée à l&rsquo;alcool.</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2780600">JAMA</a> a publié un article concernant l&rsquo;efficacité des traitements (type méthylphénidate) des enfants atteints de troubles déficitaires de l&rsquo;attention. Parmi les 11 000 enfants de la cohorte, 8% avaient un traitement et 8% avaient des idées suicidaires. Le traitement médicamenteux permettait de réduire le risque suicidaire notamment chez les enfants avec plus de symptômes externalisés (ces symptômes devant également être prise en charges par ailleurs).</p>
<p>6/ Gynécologie</p>
<p>En attendant les recommandations qui feront suite au congrès de Colposcopie de ce week-end, notamment pour le suivi des femmes ayant un antécédent de conisation pour lésion cervicale bien trop flou dans les recommandations actuelles, parlons contraception. Cet <a href="https://bmcpregnancychildbirth.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12884-021-03895-2">article</a> a associé une méthode mixte qualitative et quantitative pour explorer les attentes concernant les conseils sur les contraceptions post natale par les femmes britanniques et les sage-femmes. Les femmes ont manifesté de l&rsquo;intérêt plutôt pour la pilule oestro-progestative et ont souhaité avoir plus de conseils en provenance des sage-femmes, plus accessibles en post-partum immédiat que leur généraliste. Les sage-femmes sont aussi vues comme plus informées sur les méthodes contraceptives compatibles avec l&rsquo;allaitement. Pour que l&rsquo;information puisse être complète, elle doit être proposée avant l&rsquo;accouchement, en post partum immédiat et à distance. En parallèle, les sage-femmes ne se sentent pas toutes assez formées pour accompagner les femmes dans leur choix contraceptif.</p>
<p>Continuons avec la contraception chez les adolescents et les jeunes adultes, puisque c&rsquo;est le sujet de cette <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34077748/">revue</a> systématique de la littérature. La revue met en évidence de grandes disparités entre les choix des adolescent(e)s que ce soit dans le type de méthode ou encore l&rsquo;influence ou non du choix de la méthode sur les règles. En revanche, les études ont mis en évidence le souhait du respect de la confidentialité via les parents, la contraception faisant lien avec la sexualité et l&rsquo;intimité de chacun. A ce sujet, les prescriptions peuvent être <a href="https://www.ameli.fr/essonne/pharmacien/exercice-professionnel/dispensation-prise-charge/contraception/delivrance-contraception">anonymisées</a> en France et certaines consultations en rapport avec la contraception doivent bénéficier du tiers payant chez les mineures.</p>
<p>Cet <a href="https://www.mdpi.com/2077-0383/10/11/2263">article</a> propose un traitement préventif et curatif des migraines cataméniales et durant la périménopause. Les migraines cataméniales concernent 3% des jeunes femmes (et 22% des 30-34 ans) et sont plus douloureuses que les migraines hors période de menstrues. Les traitements curatifs sont : triptans (sumatriptan, naratriptan, frovatriptan, zolmitriptan, almotriptan avec une meilleure efficacité du frovatriptan - 1/2 vie plus longue), AINS, antalgiques à prendre le plus tôt possible, plutôt sous forme d&rsquo;action rapide et en association. Les traitements préventifs proposés sont l&rsquo;utilisation de triptans ou d&rsquo;AINS en systématique autour de la période prémenstruelle (mais avec des risques d&rsquo;inefficacité secondaire, de surconsommation et les effets indésirables spécifiques aux médicaments), ou encore les traitements hormonaux avec supplémentation en oestrogènes autour de la période menstruelle (gel ou comprimé) ou l&rsquo;utilisation de contraceptions oestroprogestatives en continu, notamment sous forme non orale (patch, anneau). Les phyto-oestrogènes auraient donné des résultats intéressants avec un moindre risque cardiovasculaire.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhivx9pR7f9f67akCtJa4521-06ZB_1NXe3LA7zHh4l-5HnblYrBmuyMj2ze5Ket0RbqOiw4ab-PRNkDOUHpzuoWB3KMc09RrUWofGHXnLv2jbe8nPO7_tM3wHB-Yr0yG-rJD_kA4tqvFI/s2048/jcm-10-02263-g004.png"><img src="/images/articles/2021/jcm-10-02263-g004.png" alt=""></a></p>
<p>Durant la périménopause, si un THS est prescrit, il faut privilégier la prescription en continu. Les phyto-oestrogènes pourraient être utiles. Mais ces deux traitements ont des effets indésirables, notamment cardiovasculaires, y compris à faible dose, à mettre dans la balance B/R. La venlafaxine pourrait être une alternative efficace dans les effets périménopausiques et de la migraine (effet de l&rsquo;ordre d&rsquo;un THS). D&rsquo;autres antidépresseurs sont étudiés avec des données moins solides. L&rsquo;article manque tout de même de chiffres pour mieux évaluer les bénéfices attendus des traitements.</p>
<p>C&rsquo;est terminé! N&rsquo;hésitez pas à vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°315 : Covid (tests, vaccination), traitement dépression, BPCO, ginseng, Kanagawa</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/06/dragi-webdo-n315/</link><pubDate>Tue, 01 Jun 2021 00:50:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/06/dragi-webdo-n315/</guid><category>Psychiatrie</category><category>Pneumologie</category><category>Urologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici le Dragi Webdo de la semaine (avec un peu de retard). Il ne devrait pas être trop long, bonne lecture !</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.iledefrance.ars.sante.fr/system/files/2021-05/20210521_Comprendre%20les%20diff%C3%A9rents%20tests_VDEF_0.pdf">ARS</a> Île de France a publié une synthèse concernant l&rsquo;utilisation et l&rsquo;efficacité des différents tests de dépistage et diagnostic de Covid. Voici un petit résumé:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh1lysLuAHTGfQyIQcMIFJIBo3_KPJ0N4OlnXDv-VsyqOcci8ZhU7zU-fKqlisGTjGmZupL6FKRjzBNsjtgyHW2rB9mZH0nHEom6RsFAwpE6COWZ3OeUxrVAL0kjJxzTpuE1HrSs-jAN4dR/s705/pcr.png"><img src="/images/articles/2021/pcr.png" alt=""></a></p>
<p>Ça ne va pas tarder à être discuté en France: Les <a href="https://www.cps.ca/fr/documents/position/le-vaccin-contre-la-covid-19-pour-les-enfants">autorités canadiennes</a> recommandent la vaccination chez les enfants âgés de plus de 12 ans par le vaccin Pfizer. Il est recommandé de ne pas utiliser d&rsquo;antipyrétiques systématiquement après la vaccination pour ne pas risquer de modifier la réponse immunitaire.</p>
<p>Il semble se confirmer que le <a href="https://ard.bmj.com/content/early/2021/05/18/annrheumdis-2021-220597">méthotrexate</a> diminue l&rsquo;efficacité vaccinale des vaccins anti-Covid d&rsquo;après une étude comparant des patients sains, des patients sous immuno-suppresseurs et des patients sous méthotrexate. Il n&rsquo;y avait que 61% des patients avec une réponse immunitaire satisfaisante  chez ces derniers contre 90% chez les autres patients. Cela pourrait justifier de sauter la prise de méthotrexate suivant le vaccin comme <a href="https://sfpc.eu/wp-content/uploads/2021/02/FAQ-SFPC-ANEPC-Vaccin-AntiCOVID-19_V3_210222-MAJ-1-1.pdf">certains le recommandent</a>.</p>
<p>Il y avait eu une centaine de décès en EHPAD en Norvège après un vaccin anti-Covid. L&rsquo;<a href="https://tidsskriftet.no/en/2021/05/originalartikkel/nursing-home-deaths-after-covid-19-vaccination">étude</a> menée retrouve que finalement, 10 décès sont probablement liés au vaccin,  26 possibles et 59 improbablement liés à la vaccination et aucun n&rsquo;était certain. Les experts ont considéré que les effets secondaires des vaccins avaient précipité les décès. Ainsi, bien que les personnes en maison de retraite restent des patients à vacciner prioritairement, la balance bénéfice/risque est à discuter chez les patients les plus fragiles.</p>
<p>2/ Psychiatrie</p>
<p>Cette <a href="https://www.annfammed.org/content/19/3/262">revue systématique</a> avec méta-analyse en réseau a comparé les psychothérapies et les traitements pharmacologiques dans le traitement de la dépression. Les auteurs retrouvent que les psychothérapies et traitements pharmacologiques sont tous les deux efficaces par rapport au placebo et que la combinaison des deux semble encore plus efficace. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;avantage de réponse ou de rémission lors de la comparaison d&rsquo;efficacité entre traitement pharmacologique et psychothérapies.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Une <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13814788.2021.1912729">étude grecque</a> s&rsquo;est intéressée à la prévalence et au diagnostic de BPCO. Chez les patients fumeurs ou anciens fumeurs de plus de 40 ans, il y avait 10 % de patients atteint de BPCO et la moitié d&rsquo;entre eux étaient &ldquo;sur-traités&rdquo;. Parmi eux, 50% n&rsquo;avaient pas été diagnostiqués BPCO. Inversement, parmi les patients qui étaient censés avoir une BPCO, 60% n&rsquo;avaient en fait pas de BPCO!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiSq1A8BE5H3sB2OHeVdhvg5vFzRdNLlls6Oe7tr1QNw-47Ax-dnTEH8bECCrKTg2KRx7m4nfJxpVEXCGqp8LOTj2GnkcxzRGVaXiCh9NKxGf2GpTqZunewSTzxOx822feBYPk_k0XlCT_7/s2048/BPCO.png"><img src="/images/articles/2021/bpco.png" alt=""></a></p>
<p>Du coup, concernant le dépistage de la BPCO, une <a href="https://err.ersjournals.com/content/30/160/200350?ctkey=shareline&amp;utm_medium=shareline&amp;utm_source=0350-2020&amp;utm_campaign=shareline">revue</a> systématique a comparé différent outils de dépistage: les questionnaires COPD-PS et CDQ, et les mini-spiromètres. Les mini-spiromètres avaient de meilleures performances que les questionnaires mais la différence était significative uniquement entre les mini-spiromètres et le CDQ (pas avec le COPD-PS). Comme montré dans l&rsquo;article ci dessus, se baser uniquement sur un
mini-spiromètre ou un questionnaire pour diagnostiquer une BPCO peut
expliquer le sur-diagnostic. Ainsi, vu l&rsquo;absence de différence significative entre les mini-spiromètres et le COPD-PS, il est probablement plus utile de dépister par questionnaire et de confirmer par spirométrie que l&rsquo;on peut effectuer au cabinet (plutôt que d&rsquo;investir à la fois dans un mini-spiromètre et un spiromètre&hellip;)</p>
<p>4/ Urologie</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD012654.pub2/full">Cochrane</a> a effectué une revue concernant l&rsquo;utilité du Ginseng dans la dysfonction érectile. Pour reprendre la conclusion, &ldquo;il ne pourrait avoir que des effets insignifiants&rdquo; sur la fonction érectile et la satisfaction par rapport au placebo, mais présente peu d&rsquo;effets indésirables.</p>
<p>5/ Le jeu du mois: &ldquo;Kanagawa&rdquo;</p>
<p>&ldquo;Kanagawa&rdquo; est un jeu dont le nom rappelle la peinture de la Grande Vague de l&rsquo;artiste japonais Hokusai. Il va en effet s&rsquo;agir de créer une peinture en assemblant différents éléments décoratifs: des arbres, des animaux, des saisons&hellip; Il faut donc se procurer les peintures de la bonne couleur pour pouvoir les &ldquo;peindre&rdquo; sur votre toile. C&rsquo;est leur combinaison qui va permettre d&rsquo;accumuler des points de victoire (et souvent une jolie toile rapporte de nombreux points!). Le jeu est stratégique et présente une mécanique accessible, ce qui en fait un bon jeu familial. Je recommande donc ce jeu aux graphismes magnifiques si vous cherchez des idées pour vous occuper cet été!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgIypvVBrdayo2s2W23UrwpUUi4V1uhq4NhLGYQsgw43FHmT1vdBXVAAzGeT9UYdLDj7xWYaSYdWBG4A9NKlq0mWXAy1fcIqSD-UYf04ddtvZmiizHPqQQYYHhKgZ3izxdL1wlj8Kjk6iww/s2048/20200614_175156.jpg"><img src="/images/articles/2021/20200614-175156.jpg" alt=""></a></p>
<p> </p>
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<p>@Dr_Agibus (et @DrePetronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°314 : Covid-19 (santé publique, vaccins), dépistage CCR (recos US), anti-hypertenseurs, LAMA/asthme, obésité, otite externe, vaccinations, ondansetron</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/05/dragi-webdo-n314/</link><pubDate>Sun, 23 May 2021 23:58:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/05/dragi-webdo-n314/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><category>Oncologie</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ou bonsoir tout le monde ! Voici la sélection d&rsquo;articles de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>Cet <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n1137">article</a> retrouve que la France est le 6ème pays ayant eu le plus de décès lié au Covid en 2020. Cependant, avec un taux de décès de 60 pour 100 000 personnes, la France passe à la 19ème place du classement de ces 29 pays à haut revenus.</p>
<p>Un article du <a href="https://bmcfampract.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12875-021-01413-z">BMC Family practice</a> a
analysé les recommandations de réorganisation des cabinets de ville
durant la pandémie dans 15 pays différents. On voit les différentes
pratiques concernant l&rsquo;organisation des consultations, l&rsquo;organisation du
cabinet et l&rsquo;organisation de l&rsquo;examen clinique. Il n&rsquo;y avait
visiblement qu&rsquo;en France qu&rsquo;il n&rsquo;était pas recommandé de porter des
lunettes de protection et des gants pour examiner et mais nous étions un
des rares pays à recommander de ne pas faire d&rsquo;examen ORL aux patients.</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n1087">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé à la vaccination à grande échelle en discutant d&rsquo;une stratégie vaccinale avec une 2ème dose après un délai standard ou en cas de 2ème dose différée pour permettre de vacciner plus de personnes avec des 1ères doses. Dans leurs simulations, les auteurs retrouvent qu&rsquo;il y aurait une réduction de la mortalité en cas de vaccination différée en cas d&rsquo;efficacité vaccinale d&rsquo;au moins 80% et notamment dans le cadre de la vaccination des moins de 65 ans. C&rsquo;est concordant avec l&rsquo;espacement des 2èmes doses à 6 semaines pour les vaccins à ARNm recommandé en France.</p>
<p>Concernant les déclarations de <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S004059572100130X">thromboses</a> en France avec le vaccin AztraZeneca, il y a eu 27 cas de thromboses atypiques pour environ 3 millions de doses injectées, soit une incidence de 0,8 pour 100 000. Elles sont survenues environ à J11 de l&rsquo;injection et ont été fatales pour 8 patients soit 30% de mortalité.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Nous avons souvent parlé des discordances de bithérapies antihypertensives de 1ère intention. D&rsquo;après cet <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.120.053151">article</a> s&rsquo;appuyant sur l&rsquo;étude ACCOMPLISH, les auteurs sont pronent, comme dans les recommandations de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/05/dragi-webdo-n269.html">2020</a>, une bithérapie inhibiteur calcique + IEC plutot que IEC+ thiazidique. L&rsquo;étude ACCOMPLISH retrouvait une mortalité cardiovasculaire plus faible avec benazepril+amlodipine que benazepril+HCTZ indépendamment de la valeur du chiffre tensionnel. D&rsquo;autre part, il y a moins effets secondaires et une meilleure observance vis à vis des calciques.</p>
<p>Concernant la promotion de l&rsquo;activité physique en médecine générale, on a encore des progrès à faire. En effet, cette <a href="https://bjgp.org/content/71/706/e399">revue</a> systématique retrouve que ces interventions ont une efficacité très limitée. Seule une intervention comprenant 3 sessions d&rsquo;entretien motivationnel avait eu une efficacité modérée.</p>
<p>Un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(21)00088-7/fulltext">Lancet endocrinology</a> a identifié les IMC seuil pour l&rsquo;obésité dans différentes ethnies en se basant sur le risque de diabète de type 2. Ainsi, l&rsquo;équivalent à l&rsquo;IMC de 30 chez les patients caucasiens correspondait à un IMC de 24 pour l&rsquo;Asie du Sud, 27 chez les chinois, 28 chez les afro-américains et 26,5 chez les patients d&rsquo;origine arabe.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Cet <a href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0251395">article</a>
propose de définir l&rsquo;otite externe aiguë avec une méthode Delphi. Au
total, rien de très surprenant dans la définition proposée, en dehors de
la durée de 6 semaines maximum depuis l&rsquo;apparition des symptômes qui
semble avoir été débattue par les auteurs (avec 12 semaines).</p>
<ul>
<li>
<p>Un des symptômes suivants :</p>
</li>
<li>
<p>otalgie</p>
</li>
<li>
<p>ottorhée</p>
</li>
<li>
<p>démangeaisons</p>
</li>
<li>
<p>Et au moins 2 signes cliniques parmi:</p>
</li>
<li>
<p>sensibilité du tragus</p>
</li>
<li>
<p>œdème du conduit auditif</p>
</li>
<li>
<p>érythème du conduit auditif</p>
</li>
<li>
<p>Débris humides</p>
</li>
</ul>
<p>Un <a href="https://www.annfammed.org/content/19/3/232">essai</a> Néo-Zélandais a inclus des patients consultant pour des infections respiratoires hautes. Ils ont été randomisés pour recevoir avant la consultation : une information concernant la futilité des antibiotiques dans ces indications, les effets indésirables des antibiotiques ou les bénéfices de l&rsquo;activité physique (groupe contrôle). Les patients des 2 groupes interventions avaient moins d&rsquo;attentes avis à vis des antibiotiques après présentation des fiches d&rsquo;information. Les patients ayant des attentes importantes vis à vis des antibiotiques avaient plus fréquemment des antibiotiques prescrits, tout comme ceux avec des symptômes plus sévères, mais leur donner ces informations n&rsquo;a pas influencé les prescriptions des médecins.</p>
<p>On cherche toujours des moyens de traiter les infections urinaires en évitant les antibiotiques. Une <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/05/14/BJGP.2020.0833">revue systématique</a> s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;hippurate de méthénamine dont le principe est d&rsquo;acidifier les urines. Malgré une tendance allant dans le sens d&rsquo;un bénéfice pour éviter les infections, les résultats n&rsquo;étaient pas significatifs et il n&rsquo;y a donc pas d&rsquo;argument pour prescrire ce traitement à visée curative. La <a href="https://www-cochranelibrary-com.proxy.insermbiblio.inist.fr/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD003265.pub3/full/fr">Cochrane</a> avait retrouvé qu&rsquo;il pouvait cependant y avoir une efficacité lors de traitements préventifs.</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>L&rsquo;utilisation des anticholinergiques dans l&rsquo;asthme était débattue mais a été proposée dans les dernières <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/12/dragi-webdo-n293.html">recommandations</a> américaines. Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2780374">JAMA</a> a publié une revue systématique comparant une trithérapie (CSI+LABA+LAMA) à une bithérapie (CSI+LABA). La trithérapie permettait de réduire significativement le risque d&rsquo;exacerbations chez les patients non contrôlés par une bithérapie avec un NNT pour réduire de 1 exacerbation dans l&rsquo;année de 19 patients. Le contrôle de l&rsquo;asthme était également amélioré de 0,7 points sur le questionnaire ACQ-7 (une différence étant considérée comme cliniquement pertinente à partir de 0,5 points). Il n&rsquo;y avait cependant pas de bénéfice sur la qualité de vie ou la mortalité. Concernant les effets indésirables, il y avait plus de sécheresse buccale et de dysphonie en cas de trithérapie (NNH=84).</p>
<p>5/ Oncologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.uspreventiveservicestaskforce.org/uspstf/recommendation/colorectal-cancer-screening">USPSTF</a> a publié des recommandations concernant le dépistage du cancer du colon. Ils recommandent désormais un dépistage à partir de 45 ans au lieu de 50 ans (brade B). Le dépistage reste recommandé entre 50 et 75 ans (grade A) et peut être proposé jusqu&rsquo;à 85 ans (grade C). Le dépistage peut être fait par test immuno-histochimique tous les ans, coloscanner tous les 5 ans ou coloscopie tous les 10 ans. Des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2779986">modélisations</a> montrent que l&rsquo;extension du dépistage entre 45 et 50 ans permettrait de dépister 3 cancers et 1 décès lié au cancer pour 1000 individus dépistés, au prix d&rsquo;environ 200 coloscopie supplémentaires et 0,2 complications de coloscopie pour 1000 individus dépistés.</p>
<p>6/ Pédiatrie</p>
<p>Cette <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/05/14/BJGP.2020.1093">essai contrôlé randomisé</a> a étudié le rapport coût-bénéfice de l&rsquo;ondansetron administré en dose unique aux enfants de 6 mois à 6 ans dans le cadre d&rsquo;une gastro-entérite aiguë. L&rsquo;idée était de diminuer les vomissements mais aussi les coûts liés à la maladie des enfants. Le traitement réduisait le nombre de vomissements à H4 (NNT = 4) et les coûts directs (liés aux soins) et indirects (l&rsquo;absence au travail des parents). L&rsquo;article ne parle pas des effets indésirables du traitement survenus au cours de l&rsquo;étude.</p>
<p>Cette <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0929693X21000889">étude</a> a décrit les pratiques de vaccination de 1931 médecins français. L&rsquo;article rappelle que l&rsquo;aspiration avant injection n&rsquo;est pas recommandée (bien que pratiquée par  21,1% des interrogés), ni la purge (effectuée chez 77,9% des interrogés) et qu&rsquo;il est recommandé d&rsquo;injecter rapidement pour limiter la douleur. A partir de la marche, le site d&rsquo;injection doit passer du vaste externe au deltoïde lorsque la masse musculaire est suffisante pour ne pas attribuer de boiterie au vaccin (et 1% des interrogés vaccinent dans la fesse !). L&rsquo;article rappelle qu&rsquo;il est recommandé de vacciner les enfants dans les bras de leurs parents, que l&rsquo;effet des anesthésiants locaux est très modeste et qu&rsquo;on pourrait leur préférer l&rsquo;application de froid en local par spray réfrigérant (1,6% d&rsquo;utilisateurs). Le saccharose et l&rsquo;allaitement maternel peuvent être proposés à visée analgésique. 69% des pédiatres et 61% des MG utilisaient la distraction pour accompagner le geste vaccinal. Il est également recommandé de proposer des antalgiques pour les vaccins douloureux (par exemple méningocoque).</p>
<p>7/ Opioïdes</p>
<p>Une <a href="https://journals.lww.com/pain/Abstract/9000/Barriers,_facilitators_and_resources_to_opioid.98020.aspx">étude Australienne</a> s&rsquo;est intéressée à la déprescription des opioïdes. Le principal facilitateur de déprescription était la peur de la dépendance et l&rsquo;image qu&rsquo;ont les opioïdes incitant les patients à souhaiter un sevrage. Pour réussir l&rsquo;initiation de la déprescription, il fallait pouvoir avoir accès aux thérapeutiques non pharmacologiques, limitées par les inégalités sociales de santé.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°313 : certificat enfant (Légifrance), insuffisance ovarienne prématurée (HAS), dépistage dépression, bronchite, aspirine, traitements diabète (iSGLT2, aGLP1, insuline), RDV manqués</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/05/dragi-webdo-n313/</link><pubDate>Sun, 16 May 2021 22:03:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/05/dragi-webdo-n313/</guid><category>Pédiatrie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les articles sélectionnés cette semaine ! Pour commencer, on parle beaucoup des lapins (juste le temps d&rsquo;écouter un <a href="https://letempsdunlapin.health.blog">podcast</a>!), et cette <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/05/04/BJGP.2020.1017">revue</a> systématique a voulu comprendre pourquoi les patients manquaient leur rendez-vous en soins premiers:  avec une moyenne de 15% (12% de médiane) de rendez-vous manqués. Ils sont plus fréquents chez les patients ayant un antécédent de maladie psychique ou multimorbides, issus d&rsquo;un milieu socio-économique défavorable, les personnes de moins de 21 ans, et ceux qui ont déjà manqué un rendez-vous. Associés à une mortalité ultérieure plus élevée, les rendez-vous manqués étaient liés à des engagements personnels ou professionnels, une oubli, des difficultés d&rsquo;accès au rendez-vous (transports, météo) ou le fait de se sentir mieux ! D&rsquo;autres raisons comme des problèmes liés à la prise de rendez-vous (mauvais date/horaire donnés, le jour de la semaine (plus fréquents le lundi!), ou un rendez-vous avec la mauvaise personne, l&rsquo;absence de rappels). Rappelons les rendez-vous à nos patients mais sachons déceler ce qui se cache derrière les rendez-vous manqués ! Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pédiatrie</p>
<p>On avait parlé du questionnaire pré-consultation pour les enfants proposé par le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/10/dragi-webdo-n283.html">HCSP</a>. Ce questionnaire a été repris en grande partie comme questionnaire permettant de sursoir à une consultation médicale nécessaire à l&rsquo;obtention d&rsquo;un certificat de sport d&rsquo;après un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043486809">décret</a> paru la semaine dernière. Donc si l&rsquo;enfant répond &ldquo;non&rdquo; partout, pas besoin de certificat pour l&rsquo;inscription à une fédération sportive dans le cadre de l&rsquo;obtention ou du renouvellement de licence (sauf pour les disciplines à contrainte particulière). Le questionnaire est disponible <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043486824">ici</a>.</p>
<p>Dans le cadre d&rsquo;un dispositif <a href="https://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/actualites-du-ministere/article/le-dispositif-psyenfantado">PsyEnfantAdo</a>, il va être possible de prescrire jusqu&rsquo;à 10 séances de psychothérapie intégralement prises en charge par l&rsquo;assurance maladie, sur ordonnance pour les enfants et adolescents de 3 à 17 ans ayant une souffrance psychologique légère à modérée.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://erj.ersjournals.com/content/erj/50/2/1602139.full.pdf">ERS</a> aborde la &ldquo;bronchite bactérienne prolongée&rdquo; de l&rsquo;enfant, item qui n&rsquo;est pas à l&rsquo;ECN. Elle se caractérise par &ldquo;une toux productive ou non persistant plus de 4 semaines chez l&rsquo;enfant, sans signe associé faisant évoquer une autre cause et répondant à un traitement antibiotique approprié de 2 à 4 semaines&rdquo; (comme on ne met pas d&rsquo;antibiotique sur ces critères là en France, enfin normalement, on aura du mal a faire ce diagnostic de BBP). En effet, des virus ne sont identifiés que dans 34% des patients atteints. Pour être actif sur <em>H. influenzae</em>, <em>M. catarrhalis</em> <em>et Staph. aureus,</em> c&rsquo;est donc l&rsquo;amoxicilline + ac. clavulanique qui est recommandé (14 à 28 jours donc&hellip;). Concernant l&rsquo;histoire naturelle de cette pathologie, les auteurs disent qu&rsquo;il y a un manque d&rsquo;études (probablement parce que sinon ça guérit tout seul et que les patients ne sont donc pas vus par les hospitaliers).</p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>Le <a href="https://www.cnge.fr/media/docs/cnge_files/file_manager/marilyn_peronnet/210427_Fact-Box_Medecins_Janssen_VF.pdf">CNGE</a> a publié l&rsquo;infographie correspondant à l&rsquo;évaluation du vaccin Janssen.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEif0_8SZZYpMyc8rkhuw1BXIOhZBQiB_H7jfhFEDUqRLU1zAHzQLn4QgiDCr-6dMbf_nTyZX4-Vq4p19gopuKFrjKTsTFhGaF7vqxn7OfC0Cl_n92hXEjhm_OPRmBcIM4mOPSg5zIyTJgK1/s900/janssen.png"><img src="/images/articles/2021/janssen.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une <a href="https://www.nature.com/articles/s41371-020-00469-1">revue systématique</a> vient confirmer l&rsquo;idée de prendre les traitements antihypertenseurs plutôt le soir (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/10/dragi-webdo-n243.html">ici</a>). En effet, la prise d&rsquo;au moins un anti-hypertenseur le soir était associée à une réduction relative du risque de mortalité globale et d&rsquo;évènements cardiovasculaires de  50 % environ par rapport à des patients sans antihypertenseurs le soir.</p>
<p>On se demande souvent quelle est la dose optimale d&rsquo;aspirine en prévention secondaire. Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2102137?query=featured_home">NEJM</a> a publié un essai randomisé en ouvert randomisant 81mg versus 325mg d&rsquo;aspirine chez 15000 patients essentiellement atteint de coronaropathie. Dans cette étude, il n&rsquo;y avait pas de différence d&rsquo;évènements cardiovasculaires entre les 2 groupes ni de mortalité globale (bien que ce soit presque significatif pour un moindre risque avec 81mg, ça ne l&rsquo;est pas). Il n&rsquo;y avait pas non plus davantage de saignement avec 325mg, mais l&rsquo;observance était moins bonne avec de nombreux switch vers le dosage à 81mg. Ne pas mettre en évidence de différence ne veut pas dire qu&rsquo;il n&rsquo;y en a pas car ce n&rsquo;est pas un essai d&rsquo;équivalence qui était mené. D&rsquo;autre part, compte tenu du fait que 40% des patients à 325mg ont switché pour 81mg au cours de l&rsquo;étude, il aurait été intéressant d&rsquo;avoir une analyse de sensibilité &ldquo;per protocol&rdquo; pour mieux évaluer la sécurité des différents dosages. Ils ont effectué une sorte de &ldquo;per protocol&rdquo; en comparant les patients avec les différents dosages mais indépendamment du groupe de randomisation. Cette analyse retrouve une surmortalité avec 81mg (alors que l&rsquo;analyse principale était plutôt en faveur d&rsquo;une moindre mortalité). Il est possible que les patients ayant switché de 325 à 81mg aient des caractéristiques plus sévères ayant conduit à la réduction de dose, ce qui pourrait expliquer ces résultats. Bref, probablement que la plus faible des doses semble suffire si on s&rsquo;en tient au résultat principal de l&rsquo;étude.</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3264990/fr/insuffisance-ovarienne-prematuree-iop">HAS</a> a publié des recommandations concernant l&rsquo;insuffisance ovarienne prématurée. Le diagnostic est posé devant une aménorrhée ou spanioménorrhée de plus de 4 mois associée à une élévation de la FSH &gt; 25 UI/L à 2 reprises espacées de 4 semaines survenant avant l&rsquo;âge de 40 ans. Ce n&rsquo;est pas forcément un état définitif. Le bilan étiologique comprend la réalisation d&rsquo;un caryotype, une recherche d&rsquo;anticorps anti-TPO et anti 21-hydroxylase (une recherche de mutation FMR-1 peut être proposée en 2ème intention et donner lieu à un conseil génétique si positif). Le bilan du retentissement comprend une DMO tous les 5 ans, un dosage de l&rsquo;AMH et une échographie pelvienne évaluant la réserve folliculaire. Un traitement hormonal substitutif est recommandé jusqu&rsquo;à 51 ans avec des œstrogènes associés à un progestatif au moins 12 jours par mois.</p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n972">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé aux capacités de dépistage de la dépression du questionnaire <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2014-11/outil__echelle_had.pdf">HADS-D</a> (sous échelle du questionnaire HAD concernant la dépression). Les auteurs retrouvent qu&rsquo;un seuil de 7 ou plus sur cette sous échelle permettait d&rsquo;obtenir une sensibilité de 82% et une spécificité de 78%. Le questionnaire est beaucoup plus rapide qu&rsquo;un Hamilton et pourrait en effet permettre de dépister les patients même si, comme le nom l&rsquo;indique, c&rsquo;est un score initialement hospitalier.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>C&rsquo;est au tour du <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n1091">BMJ</a> de parler de la place des inhibiteurs de SGLT-2 et analogues du GLP-1. Dans cette revue systématique, les auteurs proposent des recommandations selon les caractéristiques des patients:</p>
<ul>
<li>diabète avec 3 facteurs de risque ou moins (parmi: âge &gt; 60 ans, sexe masculin, origine hispanique asiatique ou africaine, ATCD familiaux de maladies cardiovasculaire ou rénale, tabagisme actif, HbA1c &gt;6,5%, dyslipidémie, HTA &gt; 140/90):  ne pas utiliser d&rsquo;iSGLT2 ni d&rsquo;aGLP1</li>
<li>diabète avec 4 facteurs de risque ou plus: faible niveau de preuve en faveur des iSGLT2 (pas des aGLP1)</li>
<li>Diabète + ATCD de maladie cardiovasculaire ou de maladie rénale chronique: faible niveau de preuve en faveur des iSGLT2 (pas des aGLP1)</li>
<li>diabète + ATCD de maladie cardiovasculaire ET de maladie rénale chronique : fort niveau de preuve pour les iSGLT2 et faible niveau de preuve pour les aGLP1.</li>
<li>Quand les 2 sont possibles: faible niveau de preuve en faveur des iSGLT2 grâce à un gain sur la mortalité globale (NNT 95 vs 107) qui serait supérieur. Dans les effets secondaires on note surtout plus d&rsquo;infection génitales avec les iSGLT2 (NNH 216 vs 52)  mais moins de troubles digestifs (NNH 44 vs 102).</li>
</ul>
<p>Pour finir une <a href="https://care.diabetesjournals.org/content/early/2021/04/21/dc20-2623">étude randomisée</a> s&rsquo;est intéressée à la simplification de schéma d&rsquo;insulinothérapie basal-bolus (groupe 1) en schéma basal + iSGLT2  (groupe 2) ou basal + aGLP1 (groupe 3) chez les patients diabétiques de type 2. A 6 mois, les patients du groupe 2 et 3 nécessitaient 2 fois moins d&rsquo;insuline et avaient 3 fois moins d&rsquo;hypoglycémies que les patients du groupe 1 pour des baisses d&rsquo;HbA1c similaires. Les indications du basal-bolus dans le diabète de type 2 vont se faire de plus en plus rares. </p>
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<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Après les mesures de renforcement concernant la prescription des rétinoïdes dans l&rsquo;acné avec une prescription initiale réservée aux dermatologues (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/05/dragi-webdo-n50.html">ici</a>), l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/actualites/traitement-de-lacne-severe-premieres-recommandations-pour-ameliorer-la-securite-dutilisation-de-lisotretinoine">ANSM</a> propose un renforcement des mesures en instaurant une consultation d&rsquo;information initiale, qui sera suivie d&rsquo;une 2ème consultation pour la prescription (il n&rsquo;est pas dit que la consultation d&rsquo;information doit être obligatoirement faite par le dermatologue). De plus, en cas de contraception orale, l&rsquo;ANSM demande à ce qu&rsquo;il y ait systématiquement une prescription de préservatifs et d&rsquo;une contraception d&rsquo;urgence (pas si la contraception est un DIU ou un implant). Le suivi doit être mensuel, y compris chez les hommes.</p>
<p>L&rsquo;influence des inhibiteurs de SGLT-2 sur le risque de lithiase urinaire a été explorée compte tenu leur effet diurétique. Un <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33715024/">article</a> retrouve que leur prescription est associée à un moindre risque de lithiase urinaire par rapport aux analogues de GLP-1 chez les patients diabétiques, avec un NNT de 526 patients par an (ça fait un peu pilule miracle: moins de morts, moins d&rsquo;infarctus, moins d&rsquo;insuffisance cardiaque, moins de lithiases! mais n&rsquo;oublions pas les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/p/pharmacovigilance.html#Endoc">risques</a>)</p>
<p>Un article du <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/05/04/BJGP.2020.0871">BJGP</a> a mis en évidence chez des patients avec une insuffisance rénale, 4% qui avaient un traitement contre-indiqué du fait de la fonction rénale, 15% avaient un traitement à une posologie non adaptée et 24% un traitement &ldquo;à éviter&rdquo; en cas d&rsquo;insuffisance rénale. Pensons à réévaluer chaque traitement chez les patients avec une insuffisance rénale.</p>
<p>2/ Covid-19 </p>
<p>Un article du <a href="https://doi.org/10.1136/bmj.n1114">BMJ</a> revient sur les évènements thrombotiques avec le vaccin AstraZenaca. Le surrisque de thrombose serait de 11 personnes sur 100 000 vaccinées et celui de thrombose cérébrale de 2,5 sur 100 000. Cependant, parmi les 300 000 personnes vaccinées dans cette étude de cohorte, la mortalité était 3 fois moins importante que ce qui était attendu en population générale.</p>
<p>La vaccination par le vaccin Pfizer pourrait augmenter les myocardites et myopéricardites qui seraient soit d&rsquo;origine non-infectieuse induites par le vaccin, soit d&rsquo;origine infectieuse par réactivation de virus (VZV ou parvovirus B19). <a href="https://ansm.sante.fr/actualites/point-de-situation-sur-la-surveillance-des-vaccins-contre-la-covid-19-periode-du-23-04-2021-au-29-04-2021">L&rsquo;ANSM</a> est particulièrement vigilante aux alertes suite aux déclarations de pharmacovigilance.</p>
<p>Revenons sur les AINS et le risque de Covid sévère. Les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/03/dragi-webdo-n262.html">autorités françaises</a> conseillaient d&rsquo;éviter la prise d&rsquo;AINS et les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/04/dragi-webdo-n266.html">britanniques</a> qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de sur-risque démontré. Cette étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanrhe/article/PIIS2665-9913%2821%2900104-1/fulltext">Lancet</a> a apparié 4000 patients suspects de Covid prenant des AINS à 4000 patients n&rsquo;en prenant pas. Les patients ayant pris des AINS n&rsquo;avaient pas de sur-mortalité hospitalière, ni d&rsquo;hospitalisation en réanimation, ni de recours supplémentaire à l&rsquo;oxygène.</p>
<p>Contrairement à ce qui avait été trouvé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/09/dragi-webdo-n282.html">en fin d&rsquo;année dernière</a>, il n&rsquo;y a pas qu&rsquo;un sur-risque de pré-éclampsie lié aux infections à coronavirus durant la grossesse. Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapediatrics/fullarticle/2779182">étude</a> retrouve également un sur-risque d&rsquo;infections sévères, de mortalité maternelle, d&rsquo;accouchement prématuré et de comorbidités néonatales pour le nouveau né.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Après la petite synthèse que nous avions faite sur le score calcique (CAC) <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2021/03/dragi-webdo-n304.html">ici</a>, le <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n776">BMJ</a> publie un état de l&rsquo;art sur la ce score. Il est démontré que le score est associé à la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires et à la mortalité globale. Il permettrait de mieux reclasser des patients à risque intermédiaire que l&rsquo;utilisation de l&rsquo;échographie des troncs supra-aortiques, que la mesure des index de pression systoliques, la CRPus, le nt-proBNP ou l&rsquo;homocysteine. L&rsquo;étude MESA a retrouvé que la moitié des patients avec une indication à une statine (risque ASCVD intermédiaire, entre 5% et 20%) avaient un CAC=0 et ne nécessitaient donc pas de statine. C&rsquo;est une utilisation qui permet donc uniquement de ne PAS prescrire de statine qui est ainsi validée. De cette façon, l&rsquo;utilisation du CAC chez les patients à risque intermédiaire est aussi coût efficace que la stratégie uniquement basée sur le risque calculé par les scores et plus efficace si le score calcique coute moins de 100$. Si l&rsquo;on utilise le score calcique pour introduire des traitements supplémentaires, il semble raisonnable d&rsquo;introduire la statine si le CA est &gt; 100 chez les patients à risque intermédiaires testés (entre 0 et 100, c&rsquo;est à voir). Concernant l&rsquo;aspirine, le NNT est inférieur au NNH pour un CAC &gt; 100, mais il n&rsquo;y a pas de recommandation disant clairement d&rsquo;en prescrire dans cette situation. Le seuil de 400 n&rsquo;est pas mentionné comme du très haut risque. La répétition de mesures du CAC serait entre 3 et 5 ans pour la plupart des patients et 3 ans en cas de diabète.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://solidarites-sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/vaccination/calendrier-vaccinal">calendrier vaccinal 2021</a>
est sorti. Rien ne change en dehors de la vaccination contre les
papillomavirus chez les adolescents déjà en vigueur depuis le 1er
janvier 2021 et une extension du vaccin anti grippal aux personnes en
contact régulier avec des personnes à risque.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgSp8PMTrRZ21MPTxD1g5PD-o55sziRIJq5tE_Mm1QszPDjiXgsqplDlbtQAcu1cqcwz5pTi3YioRDf1IIQ4qFjb4U2Q4kkueIyaZJ6fcLGxEMgGBUC96GPXhFkDqV2L9vvCZ0ei2YIGT3p/s1046/vaccin.png"><img src="/images/articles/2021/vaccin-3.png" alt=""></a></p>
<p>Cette <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33949255/">étude</a>
qualitative belge a exploré l&rsquo;expérience et la perception de
l&rsquo;utilisation du paracétamol dans les maux de gorge aigus (pharyngite,
angine) à travers des entretiens semi-structurés de généralistes et de
patients. L&rsquo;analyse thématique semble un peu superficielle mais a
néanmoins mis en évidence une discordance entre ce que les médecins
pensent que les patients attendent et leurs attentes réelles. Les
patients souhaitent soulager leur douleur, et leur expérience
personnelle d&rsquo;un paracétamol (pas toujours bien pris) non efficace ne
les oriente pas forcément vers cet antalgique en première intention,
mais ils sont prêts à le prendre si les explications sont claires. Les
médecins ont rapporté ne pas toujours demander aux patients ce qu&rsquo;ils
attendaient du traitement et supposé que le paracétamol avait déjà été
essayé car disponible en vente libre, avec aussi une représentation
personnelle d&rsquo;un médicament pas assez fort. Là encore, les médecins
interrogés rapportaient que leur sens clinique pouvait leur donner
possibilité de prescrire des antibiotiques en dehors des
recommandations. L&rsquo;apport de cette étude est surtout de bien identifier
le motif de consultation et le souhait du patient, permettant ainsi de
permettre une thérapeutique simple éprouvée dans le respect du bon usage
pour limiter l&rsquo;emploi d&rsquo;antibiotiques.</p>
<p>5/ Pédiatrie</p>
<p>Concernant la santé dentaire, l&rsquo;UFSBD a émis des <a href="http://www.ufsbd.fr/wp-content/uploads/2020/03/2019-10-04-Colloque-Fluor-et-Pr%C3%A9vention-dentaire-r%C3%A9tablissons-les-faits-.pdf">recommandations</a>
en 2019 pour le bon usage du fluor (et elles n&rsquo;avaient pas été prises en compte dans <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/07/une-affaire-de-dents.html">ce billet</a>&hellip; désolé). Ce qui change est notamment un
dosage de 1000 ppm au minimum dès l&rsquo;âge de 6 mois afin de limiter le
risque de caries (à noter, dans le commerce, les dentifrices étiquettes
&ldquo;bébé&rdquo; ont souvent 500 ou 750 ppm, il faut donc se diriger vers les
dentifrices &ldquo;enfant&rdquo;). Pour limiter le risque de fluorose, les dentistes
proposent de jouer plutôt sur la quantité de dentifrice à chaque
brossage : grain de riz/trace de dentifrice pour les plus petits,
 &ldquo;petit pois&rdquo; ou plutôt dentifrice sur la large de la brosse au niveau
des poils colorés à partir de 3 ans. Après 6 ans, la quantité est moins
importante car le risque d&rsquo;ingestion est moindre.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiEgnCyNG1DyziBSWD0CByaYM7_33cFVYmMd0AC9T4XLv9tZXd7_mF2ZpFbSWt6BUees5tLlAmuFwK7SMyNGbB0n9Y3Mf8ahSm4BhxeF2avxj2Q7BN9-wmgGluEq2sxjhy9A2l1_TMF0lg/s2048/Capture+d%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran+2021-05-09+a%25CC%2580+10.49.53.png"><img src="/images/articles/2021/capture-d-25e2-2580-2599e-25cc-2581cran-2021-05-09-a-25cc-2580-10-49-53.png" alt=""></a></p>
<p>Ces
recommandations s&rsquo;alignent sur les recommandations internationales.
Deux revues de la Cochrane ont été publiées concernant le risque de
fluorose dentaire. L<a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD007693.pub2/abstract/fr">a première</a>,
en 2010, recommande plutôt un niveau de fluor sous les 1000 ppm pour
les enfants âgés de moins de 6 ans du fait d&rsquo;un risque accru de fluorose
suspecté notamment entre 12 et 24 mois. La <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD007868/ORAL_dentifrices-au-fluorure-de-differentes-concentrations-pour-prevenir-la-carie-dentaire">seconde</a>,
en 2019, retrouve une diminution des caries chez les enfants dont le
brossage a été accompagné d&rsquo;un dentifrice fluoré d&rsquo;au moins 1000ppm vs dentifrice non
fluoré avec un niveau de preuve bas entre les différents dosages.</p>
<p>Des recommandations sur le diagnostic de l&rsquo;asthme chez l&rsquo;enfant ont été publiées dans l&rsquo;<a href="https://erj.ersjournals.com/content/early/2021/04/08/13993003.04173-2020">ERJ</a>. Ainsi dès 5 ans, il est recommandé de faire une spirométrie pour rechercher un syndrome obstructif ou test de réversibilité aux bronchodilatateurs positif ou une mesure du monoxyde d&rsquo;azote exhalé (FeNo) (ça on ne pourra pas le faire en MG et c&rsquo;est pas recommandé par la SPLF). Le point important est que le diagnostic ne soit pas être uniquement posé sur les antécédents médicaux seuls.</p>
<p>6/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n877">BMJ</a> revient sur le risque de cancer colo-rectal selon les antécédents familiaux de polypes. L&rsquo;étude retrouve que le risque de cancer colo-rectal est augmenté en cas d&rsquo;antécédent familiaux de polypes, quel que soit leur type ou leur nombre, y compris lorsque la découverte a été faite chez un apparenté après 70 ans. C&rsquo;est concordant avec les recommandations de la société d&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/10/dragi-webdo-n240.html">endoscopie</a> qui recommande une coloscopie en cas de polypes familiaux au 1er degrés quel que soit l&rsquo;âge.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°311 : PrEP (HAS), vaccin covid (HCSP, grossesse), Covidom, HTA, bilan sportif, NAFLD/NASH, hypothyroïdie, méditation, développement durable, Oriflamme</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/05/dragi-webdo-n311/</link><pubDate>Sun, 02 May 2021 18:54:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/05/dragi-webdo-n311/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Endocrinologie</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Gastro-entérologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir ! Le <a href="https://lecmg.fr/wp-content/uploads/2021/04/Sante-plane%CC%81taire_CMG-avril2021.pdf">groupe de santé planétaire</a> du CMG a publié une fiche avec quelques pistes d&rsquo;actions en termes de développement durable à mettre en place au cabinet comme la gestion des déchets, l&rsquo;adaptation de ses modes de transports, la limitation de l&rsquo;impact lié aux prescriptions médicamenteuses. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>Il y a quelques semaines, le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2021/03/dragi-webdo-n304.html">CDC</a> avait proposé des recommandations pour les patients vaccinés contre la Covid-19. Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1006&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">HCSP</a> vient d&rsquo;émettre son avis sur la question: reco pour les gens vaccinés. Les auteurs recommandent de poursuivre les mesures barrières et le contact tracing en cas de contact pour les patients ayant eu un schéma vaccinal complet. Dans le cercle familial ou amical en milieu intérieur fermé, les auteurs concèdent que le port du masque peut être suspendu pour des pièces aérées contenant moins de 6 personnes si toutes ont eu un schéma vaccinal complet et qu&rsquo;aucune ne présente de facteur de risque de forme grave. Dans toutes les autres situations l&rsquo;intégralité des mesures barrières est à respecter.</p>
<p>Une <a href="https://nutrition.bmj.com/content/early/2021/04/20/bmjnph-2021-000250">étude</a> a interrogé environ 500 000 personnes durant la 1ère vague en 2020 concernant les compléments alimentaires qu&rsquo;elles ont pris. Les personnes prenant des probiotiques, des oméga-3, des compléments multi-vitaminiques ou de la vitamine D avaient un risque réduit d&rsquo;environ 10% la survenue d&rsquo;une infection à Sars-Cov2. Le zinc, la vitamine C et l&rsquo;ail ne montraient rien du tout. C&rsquo;est une étude incluait des patients d&rsquo;environ 50 ans avec un IMC moyen a 27 ayant pour 40% d&rsquo;entre eux une rhinite allergique (original de relever cet antécédent là). Bref, c&rsquo;est une grosse étude de cohorte qui ne permettra pas de dire que ces suppléments sont réellement bénéfiques compte tenu d&rsquo;essais randomisés qui ont déjà été menés.</p>
<p>L&rsquo;étude portant sur les données de télésurveillance <a href="https://www.clinicalmicrobiologyandinfection.com/article/S1198-743X(21)00193-2/fulltext">COVIDOM</a> a été publiée. Il y a eu 43 000 patients inclus âgés d&rsquo;environ 43 ans et dont 70% n&rsquo;avaient pas de comorbidité. Il y a eu 4% d&rsquo;hospitalisations et 0,1% de décès ce qui est concordant aux données de la littérature. Le sexe masculine, l&rsquo;âge de plus de 65 ans, l&rsquo;IMC &gt; 25 et la présence de comorbidités était associée à une aggravation de la maladie. De même, la fièvre &gt;38,5°C, la dyspnée et l&rsquo;anorexie augmentaient ce risque, alors que l&rsquo;anosmie et l&rsquo;agueusie semblaient associées à des formes ne s&rsquo;aggravant pas (intéressant à noter!).</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2104983">NEJM</a> a publié un article concernant 35 000 femmes enceintes vaccinés contre la Covid-19. Elles avaient notamment des douleurs au point d&rsquo;injection (90%), de la fatigue (70%), des céphalées et myalgies (50%), principalement après la 2ème injection. Concernant les issues de grossesse, la comparaison avec les données de la littérature retrouve que les femmes vaccinées n&rsquo;avaient pas plus de fausses couches, d&rsquo;enfant mort-né, d&rsquo;accouchement prématuré ou d&rsquo;enfant avec des anomalies congénitales que les femmes enceintes non vaccinées. Voilà qui est rassurant!</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/jep.13569">étude</a> qualitative a interrogé des médecins généralistes sur leur vision des mesures tensionnelles et du risque cardiovasculaire global. Bien qu&rsquo;ils aient peu confiance dans les mesures au cabinet, ils considéraient qu&rsquo;elles étaient importantes pour évaluer le risque cardiovasculaire des patients. Cependant, ils considéraient que c&rsquo;était le principal déterminant du risque cardiovasculaire, et la prise en compte des autres facteurs de risque dans l&rsquo;évaluation du risque global était limitée. Ils déclaraient, à juste titre probablement, que l&rsquo;introduction d&rsquo;un traitement pour la tension et le cholestérol était à prendre en compte selon une approche centrée-patient, bien que chaque facteur de risque semble être pris indépendamment.  Il semble donc important d&rsquo;essayer de développer cette notion de risque global à introduire dans la discussion avec le patient plutôt qu&rsquo;une approche par facteur de risque.</p>
<p>Une méta-analyse du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00590-0/fulltext">Lancet</a> incluant 350 000 patients dans 48 essais randomisés a conclu que chaque baisse de 5mmHg réduisait de 10% le risque relatif d&rsquo;évènements cardiovasculaires et de 5% la mortalité cardiovasculaire. Quand on va regarder le détail des figures, on s&rsquo;aperçoit: d&rsquo;une part que la mortalité globale n&rsquo;est pas diminuée par cette baisse de 5mmHg, et d&rsquo;autre part qu&rsquo;en prévention primaire et secondaire, les AVC et les infarctus sont significativement diminués de façon linéaire pour une baisse de 5mmHg seulement pour des PAS initiales supérieures à 140mmHg (et inférieure à 120mmHg de façon un peu étrange. C&rsquo;est certainement à cause de l&rsquo;étude SPRINT qui avait cette cible mais <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/10/dragi-webdo-n109.html">on a déjà parlé</a> des mesures de tensions dans cette étude qui sont hétérogènes par rapport aux autres études et dans laquelle une cible de 120mmHg correspond plutôt à 130mmHg mesuré de façon classique). Bref, non, il ne semble pas indispensable de baisser la tension le plus bas possible pour limiter les évènements cardiovasculaires d&rsquo;autant plus que la mortalité globale ne semble pas améliorée.</p>
<p>Une <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.120.053168">étude</a> italienne a comparé l&rsquo;utilité d&rsquo;un examen cardiovasculaire unique versus répété chez des jeunes athlètes qui avaient systématiquement un interrogatoire, un examen clinique, un ECG et une épreuve d&rsquo;effort (donc on n&rsquo;est pas chez le sportif tout venant qui veut juste son certificat pour la compétition). Sur 15 000 athlètes ayant passé 50 000 examens, il y a eu 5000 examens complémentaires qui ont révélé 63 cardiopathies associée à un risque de mort subite et 266 pathologies non associées à un risque de mort subite (donc on surdiagnostique pas mal&hellip;). Sur les 63 patients avec cardiopathie, 30% avaient un interrogatoire/examen clinique anormal, 60% une anomalie ECG et au total, seuls 30% des pathologies avaient été vues après l&rsquo;examen initial. Ainsi les auteurs concluent qu&rsquo;il est important d&rsquo;avoir un examen répété. Donc chez ces athlètes, des examens complémentaires ont dû être effectués suite à 10% des consultations, la prévalence des cardiopathies à risque de mort subite était de 0,4% et celle des cardiopathies non à risque de 1,7% des patients (c&rsquo;est probablement du surdiagnostic, 4 fois plus important que les diagnostics d&rsquo;intérêt qui sont très peu fréquents). Donc cette étude est assez cohérente avec les recommandations de ne pas faire de bilan systématique chez les sportifs (hors athlètes de haut niveau comme ici en tous cas) et de limiter l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/p/blog-page.html#ECG">ECG</a> aux patients symptomatiques ou avec antécédents familiaux.</p>
<p>3/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n993">BMJ</a> revient sur les hypothyroïdies. L&rsquo;article revient sur le dépistage qui ne doit pas être effectué chez des patients asymptomatiques. Il faut cependant y penser particulièrement devant des symptômes dans des populations à risque: diabète de type 1, trisomie 21, dyslipidémie du sujet jeune, dépression, démence, obésité et prise de médicaments particuliers (amiodarone et lithium essentiellement en MG, pour qui la surveillance de la TSH doit être tous les 6-12 mois). Les auteurs recommandent un dosage de TSH, puis T4 si anormale, et anti TPO en cas d&rsquo;hypothyroïdie fruste uniquement. Le dosage de la T3 n&rsquo;est pas indiqué et les échographies non plus en dehors de goitre clinique ou de nodule palpable, pour limiter le surdiagnostic. Après initiation d&rsquo;un traitement, l’adaptation des doses se fait par paliers de 12,5-25µg tous les 4 à 6 semaines.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>La HAS avait publié une fiche de mon usage de la PrEP par tenofovir + emtricitabine (Truvada*) (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n233.html">ici</a>). Voici maintenant des <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3262060/fr/reponses-rapides-dans-le-cadre-de-la-covid-19-prophylaxie-du-vih-par-tenofovir-disoproxil-/-emtricitabine-dans-le-cadre-de-l-urgence-sanitaire">réponses rapides concernant la mise en place de la PrEP  en ville</a> dans le cadre de l&rsquo;urgence sanitaire. Avant de se mettre à la prescrire, il est recommandé d&rsquo;effectuer une formation par exemple sur <a href="https://www.formaprep.org/">www.formaprep.org/</a>. La PrEP peut être instaurée dès la première consultation si on dispose de résultats récents de sérologies VIH et VHB et de créatininémie de moins de 7 jours en l&rsquo;absence de suspicion de primo-infection VIH. Il est aussi recommandé de prescrire des sérologies VHC, VHA, syphilis, de rechercher des infections à  gonocoque  et  Chlamydia  trachomatis  par  PCR  (pharyngé,  anal,  urinaire  ou  vaginal),  et prescrire un bilan hépatique (ASAT) et des b-HCG chez les femmes.  Les contre-indications sont un DFG estimé &lt; 60mL/min, une allergie aux médicaments et tout éléments faisant évoquer une primo-infection ou une infection en cours au VIH).</p>
<p>La primo-prescription est pour 1 mois puis par 3 mois. Les schémas sont soit en continu sans dose de charge (1/j pendant 30 jours, nécessitant une protection pendant les 7 premiers jours, et l&rsquo;arrêt se fait 7j après le dernier rapport), soit avec dose de charge (2 cp en 1 prise entre 2h à 24h avant le 1er rapport puis 1/j, pour une efficacité dès le 1er jour, et l&rsquo;arrêt se fait 7j après le dernier rapport), soit en discontinu chez les HSH (2 cp entre 2h à 24h avant le rapport puis 1 cp 24h après la 1ère prise et 1 cp 24h après la 2ème prise à +/-2h près)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjzh7XfBH7g6plsU9xBJSHi_DESgewnVWwIjRK4CRTviOVYdcusRX0qZqOSOeXm9t3PMiW3UmLntuQ9vDrMpz5BXzzAZeZnE59WRsaGvmhcYKNB47sYTayzUpvj8QxxCnsaDIO48cvW-UYF/s622/prep.png"><img src="/images/articles/2021/prep.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p>Un <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/pdf/10.1111/acps.13225">article</a> parle des effets indésirables de la méditation en pleine conscience dans une revue systématique. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;il y avait environ 8% d&rsquo;effets indésirables, allant de 3% dans les essais cliniques à 30% dans les études observationnelles! Il s&rsquo;agissait essentiellement d&rsquo;angoisse (33%), de syndromes dépressifs (27%), troubles cognitifs (25%), troubles digestifs (11%) et idées suicidaires (11%). Donc soyons quand même prudents dans l&rsquo;accompagnement des patients qui utilisent ces thérapies.</p>
<p>6/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)32511-3/fulltext">Lancet</a> a effectué une revue concernant les hépatopathies non alcooliques (NAFLD/NASH). Tout ce qui y est dit est concordant avec les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/08/dragi-webdo-n278.html">recommandations françaises</a>. Dans les traitements, c&rsquo;est essentiellement les règles diététiques et la perte de poids, mais ils en évoquent également plusieurs médicaments de très faible niveau de preuve, comme les analogues du GLP-1 qui ne sont pas recommandés dans cette indication France. Je vais juste remettre l&rsquo;algorithme qui est bien fait et qui contient les valeurs seuils des tests sanguins non invasifs selon l&rsquo;âge (<a href="http://medicalcul.free.fr/fib4.html">Fib-4</a> et <a href="http://medicalcul.free.fr/nafld.html">NFS</a>)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh0GnYSI2lnSZIvQeJfCJPTVh3Ftq_Kgi6x_oaBsHc_wkTKPe0MpbnSalIocW8zeyo5mt3mFtXepq89ER60cXpl4XNNfeo_ZSg7O-kmGRrMUTECQ3yiwiRS-Yjq-EosRt_tkA6SE8nql63X/s532/nafld.png"><img src="/images/articles/2021/nafld.png" alt=""></a></p>
<p>7/ Le jeu du mois : Oriflamme</p>
<p>&ldquo;Oriflamme&rdquo; est l&rsquo;As d&rsquo;Or de l&rsquo;année 2020. C&rsquo;est un jeu de carte familial dans lequel chaque joueur dispose des mêmes personnages ayant une capacité spéciale. Chaque joueur pose à tour de rôle un personnage face caché. Quand chaque joueur a posé sa carte, on peut, dans l&rsquo;ordre de la file des cartes, la révéler pour activer son pouvoir ou poser un jeton influence dessus, qui permettra de gagner des points de victoire. Les personnages révélés peuvent modifier l&rsquo;ordre des cartes, en faire défausser, voler des jetons influence etc&hellip;. C&rsquo;est un jeu de complots et de bluff. Le principe est simple, le jeu est amusant et accessible, ce qui lui a valu son prix!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgQixbdR6HslaguRhpgN_Y-wIxxpnBB8n_gZiEsA_oDTJhJBhkTe6KSzcFab00FPq_PKAXgjsBLIe-WsOHK_2Dlkx4L_3fDhJyimwgSUaMzOsQcy8sD5iRyOQgPm_HPq70SBEq0UkDlRXKe/s2048/20200607_204058.jpg"><img src="/images/articles/2021/20200607-204058.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini ! N&rsquo;hésitez pas à vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°310 : Vaccin Covid, hypotension orthostatique, arrêt antidépresseurs, dépistage IST, fardeau, douleurs chroniques (NICE)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/04/dragi-webdo-n310/</link><pubDate>Mon, 26 Apr 2021 00:08:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/04/dragi-webdo-n310/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Psychiatrie</category><category>Infectiologie</category><category>Douleur</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour (enfin bonsoir) ! Pour commencer, parlons du <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/04/19/BJGP.2020.0883">fardeau du traitement</a> des patients multimorbides avec un article du BJGP. Il existe plusieurs questionnaires pour l&rsquo;évaluer, mais des chercheurs ont proposé de l&rsquo;évaluer avec une seule question: &ldquo;Sur une échelle de 0 à 10, où 0 correspond à aucun effort et 10 à l&rsquo;effort le plus important que vous puissiez imaginer, comment évalueriez-vous l&rsquo;effort que vous devez fournir pour gérer votre état de santé ?&rdquo; Ainsi, pour une réponse  ⩾ 5,  la sensibilité de la question était de 89% et sa spécificité de 58%, ce qui est pas mal pour repérer et essayer d&rsquo;alléger le fardeau des patients concernés. Voici les articles de la semaine, bonne lecture!</p>
<p>1/ Covid-19 :</p>
<p>Voici l&rsquo;article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2101544">NEJM</a> concernant l&rsquo;efficacité du vaccin Janssen en 1 seule dose. Environ 40 000 patients âgés de 52 ans en moyenne (mais allant de 18 à 100 ans) et dont 40% avaient au moins 1 comorbidité ont été randomisés. L&rsquo;efficacité était d&rsquo;environ 65%-70% selon l&rsquo;âge et la sévérité et atteignait 85% pour les formes les plus sévères. L&rsquo;efficacité à J14 était un peu moins bonne en Afrique du Sud (52%) mais rejoignait les autres à J28. Les effets indésirables étaient des réactions locales chez 60% des patients (surtout la douleur) et systémiques chez 40% (notamment fièvre, fatigue et courbatures). Il y avait entre 2% de réactions sévères, comprenant 11 évènements thrombotiques veineux chez les vaccinés contre 3 dans le groupe placebo.</p>
<p>Pour continuer sur ce sujet, l&rsquo;<a href="https://www.ema.europa.eu/en/news/covid-19-vaccine-janssen-ema-finds-possible-link-very-rare-cases-unusual-blood-clots-low-blood?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">EMA</a> confirme le risque thrombotique avec le vaccin Janssen mais maintient que la balance bénéfice-risque est favorable.</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanmic/article/PIIS2666-5247(21)00069-0/fulltext">Lancet</a> a publié un article montrant les nombre de sujet à traiter et les efficacité des différents vaccins (RRR= pourcentage d&rsquo;efficacité, NNV: nombre de sujet à vacciner pour éviter 1 infection modérée à sévère, de mémoire car ce n&rsquo;est pas reprécisé dans cet article):</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEidfXUc4HurWXXB2oQPX67P-FnqncWfKQjViBux1JBG8I0PmA_ewo6Xj2raujypoGy9XINUKcsV0_ODgrA5AZIBcFgAwyTFSRANzEN7oQoDxjezs1Gqd-35JCZtarCNdB2yVhmd3sx2pzUb/s520/vaccin.png"><img src="/images/articles/2021/vaccin-2.png" alt=""></a></p>
<p>Et pour finir, on va parler de la 5G  (dans la partie vaccin du Covid, bien sûr!); car l&rsquo;<a href="https://www.anses.fr/fr/content/5g-pas-de-risques-nouveaux-pour-la-sant%C3%A9-au-vu-des-donn%C3%A9es-disponibles">Anses</a> a publié son rapport sur cette technologie. Il n&rsquo;y a pas de nouveau risque mis en évidence, et l&rsquo;utilisation de bandes de fréquences autour de 3,5 GHz ne semble pas présenter pas, à l’heure actuelle, de nouveaux risques pour la santé. Quand on passera aux bandes de 26 GHz, il y aura potentiellement une exposition de la peau ou de l’œil, mais ces niveaux d&rsquo;exposition sont estimés faibles et ne laissent, pour le moment, pas présager de conséquences sanitaires.</p>
<p> </p>
<p>2/ Cardiovasculaire :</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n922">BMJ</a> a publié un article sur l&rsquo;hypotension orthostatique. Bien que les définitions varient un peu, globalement elle se définit comme une baisse de 20mmHg de PAS ou de 10mmHg de PAD dans les 3 minutes après s&rsquo;être levé. (On en avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/10/dragi-webdo-n157.html">ici</a>, c&rsquo;est à 1 min que c&rsquo;est le plus important). Une dysautonomie (absence d&rsquo;augmentation de la fréquence cardiaque d&rsquo;au moins 15/min au à l&rsquo;orthostatisme) est évocatrice d&rsquo;une cause neurologique.</p>
<p>Il faut penser à la rechercher devant tout malaise, ou symptôme survenant aux changements de position. On peut également la rechercher chez tout patient avec maladie de Parkinson ou diabète ou hypertendu de plus de 80 ans. Le bilan initial passe par la recherche d&rsquo;une cause iatrogène avant tout. Ensuite, on peut compléter le bilan par une NFS, recherche de diabète, dosage de vitamine B12, et éventuellement ECG ou ETT si on suspecte un trouble du rythme ou une cardiopathie.</p>
<p>Le traitement repose sur les règles hygiéno-diététiques (se lever doucement, boire abondamment, utiliser un moyen de compression veineuse, faire de l&rsquo;exercice physique, éviter l&rsquo;alcool et les bains chauds&hellip;). Chez les patients hypertendus, c&rsquo;est plus à cause du nombre de médicaments plutôt que de la cible tensionnelle en elle même. (Enfin notons qu&rsquo;il existe une HTA orthostatique, majoration de 20mmHg en se levant, qui est associée à un sur-risque cardiovasculaire, mais on ne sais pas ce qu&rsquo;il faut en faire)</p>
<p> </p>
<p>3/ Psychiatrie :</p>
<p>Une revue de la <a href="https://www.cochrane.org/CD013495/DEPRESSN_stopping-long-term-antidepressants-people-depression-or-anxiety">Cochrane</a> s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;arrêt des antidépresseurs prescrits pour dépression ou anxiété. Les auteurs retrouvent avec un faible niveau de preuve que l&rsquo;arrêt brutal ou même progressif augmente le risque de rechute. Ce qui permet d&rsquo;obtenir un arrêt satisfaisant c&rsquo;est d&rsquo;accompagner un arrêt progressif d&rsquo;une psychothérapie (entre 40% et 75% de succès). Dans les études, les baisses étaient effectuées sur des périodes de moins de 4 semaine en général. Un des problèmes de l&rsquo;analyse des articles résidait dans le fait que les symptômes de rechute se confondent souvent avec les syndromes de sevrage. </p>
<p> </p>
<p>4/ Infectiologie :</p>
<p>Les <a href="https://www.cmaj.ca/content/193/16/E573">canadiens</a> ont émis des recommandations concernant le dépistage des infections à chlamydia et gonocoque. Ils recommandent, avec un de très faible niveau de preuve, de dépister ces 2 infections annuellement chez les patients de moins de 30 ans indépendamment de leurs facteurs de risque.</p>
<p> </p>
<p>5/ Douleurs :</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n895">BMJ</a> a publié un article s&rsquo;intéressant aux douleurs chroniques et reprenant les recommandations du NICE. Les auteurs recommandent d&rsquo;avoir une approche centrée patient et de chercher une cause de la douleur sachant que des douleurs primaires peut s&rsquo;associer à des douleurs secondaires à une pathologie. L&rsquo;entretien doit déterminer le retentissement de la douleur sur le quotidien et le retentissement du quotidien sur la douleur. La prise en charge passe essentiellement par des traitement non pharmacologiques personnalisés comme des exercices supervisés en groupe,  des TCC voire de l&rsquo;acupuncture, mais les TENS et les thérapies par ultrasons ne sont pas recommandés car il n&rsquo;y a pas de bénéfice prouvé. Les antidépresseurs (amitriptyline, citaloprame, duloxetine, fluoxetine, paroxetine, ou sertraline) peuvent éventuellement être proposés. Cependant, il semble préférable de se passer d&rsquo;antalgiques locaux, de gabapentinoïdes, d&rsquo;opiacés, d&rsquo;AINS et de paracetamol.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°309 : IVG (HAS), oxymètres (HAS), ostéoporose masculine (recos GRIO), radiographie thoracique, fibrillation auriculaire, courriers</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/04/dragi-webdo-n309/</link><pubDate>Sun, 18 Apr 2021 22:16:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/04/dragi-webdo-n309/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Médecine générale</category><category>Oncologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à toutes et à tous ! Blogger, l&rsquo;hébergeur du blog, va supprimer en juillet le module permettant l&rsquo;abonnement par mail. On devrait trouver un moyen de poursuivre la diffusion, mais dans le doute, pensez quand même à vous abonner via <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a> et/ou <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ! </p>
<p>Pour commencer parlons de la vitamine D et des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2778487">recommandations américaines</a> dans lesquelles il n&rsquo;y a pas d&rsquo;argument pour recommander un dépistage du déficit en vitamine D. Allez, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>La <a href="https://ansm.sante.fr/informations-de-securite/laroxyl-40-mg-ml-solution-buvable-changement-du-dispositif-dadministration-pour-diminuer-le-risque-derreur-medicamenteuse">solution buvable d&rsquo;amitriptyline</a> (Laroxyl*) va changer de conditionnement en passant d&rsquo;un dispositif compte-goutte à un dispositif avec seringue gradué de 5mg en 5mg de 10 à 80mg. Cela devrait réduire les erreurs de prescription, mais les graduations semblent non adaptées, car certains patients sont soulagés à moins de 10mg, et la progression lente pour limiter les effets indésirables est parfois nécessaire par paliers inférieurs à 5mg&hellip; </p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3260815/fr/reponses-rapides-dans-le-cadre-de-la-covid-19-suivi-des-patients-covid-19-en-ambulatoire-place-de-l-oxymetre-de-pouls">HAS</a> a publié des recommandations sur l&rsquo;utilisation des oxymètres de pouls par les patients. Il est recommandé d&rsquo;informer les patients du risque d&rsquo;aggravation entre 6 et 12 jours après le début des symptômes. Une mesure de la saturation au repos et à l&rsquo;effort est nécessaire chez les patients ayant plus de 96% de saturation au repos. La surveillance (auto-surveillance ou par IDE) par oxymétrie est recommandée 3 fois par 24h chez les patients de plus de 65 ans ou autre facteur de risque ou avec signes respiratoires.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj9u7J8BtqeKSEBGzY1Wt8r5ERk8ALBGdxIqaeQafbrBr1KZp6D9X8hXJfqOH5HWV3LsaaFLnpcXKe30OXrI2UvF0zw7hd6zS3o8D6eLW8jAiKLWwtgHCWjXinn-GZ1iyXQqzb7cmmQnH6H/s656/oxym%25C3%25A9trie.png"><img src="/images/articles/2021/oxym-25c3-25a9trie.png" alt=""></a></p>
<p>Une <a href="https://www.bmj.com/content/373/bmj.n957">étude</a> randomisée retrouverait que le budesonide inhalé 800x2/j réduirait le risque d&rsquo;hospitalisation à 28 jours chez les patients atteints de Covid-19 en ambulatoire, avec un NNT de 47 patients. Ces résultats ont été transmis dans un communiqué mais l&rsquo;étude n&rsquo;a pas encore été publiée, donc attendons. (Mais encore une fois, les asthmatiques ont tout intérêt a ne pas interrompre les corticoïdes inhalés en cas de Covid).</p>
<p> </p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/bmj/373/bmj.n379.full.pdf">BMJ</a> a publié une revue de la prise en charge de la fibrillation auriculaire en soins de premier recours. Il n&rsquo;y a vraiment pas grand chose de neuf par rapport aux recommandations de l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/09/dragi-webdo-n279.html">ESC</a> dont nous avions déjà parlé. Il est nécessaire de (re)contacter le spécialiste, si </p>
<ul>
<li>un traitement de contrôle de fréquence ne permet pas de soulager les symptômes,</li>
<li>un traitement de contrôle de rythme est envisagé,</li>
<li>en cas de syncope, d&rsquo;AVC ou d&rsquo;AIT</li>
<li>en cas de cardiopathie sous-jacente,</li>
<li>en cas de bradycardie &lt; 40bpm</li>
<li>en cas de discussion autour du bénéfice/risque de l&rsquo;anti-coagulation.</li>
</ul>
<p>Dans leur algorithme, les auteurs sont en faveur d&rsquo;un contrôle du rythme chez les patients de moins de 65 ans ou chez les patients symptomatiques. On peut quand même discuter de l’intérêt de l&rsquo;aspirine&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhgqF2XpKw7Mike4Uzhee3ipalSmOFIOGURutISEyrWgEO6QINSwxGeBPufBaa84tzLm3A_4jemaNT6qikzZDoeDwCG1Mffq2JL3MAKuHpMoG0rwfYuUQxBsDKPDpY80adCpsIUnmpWNd8q/s446/fa.png"><img src="/images/articles/2021/fa.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3223429/fr/interruption-volontaire-de-grossesse-par-methode-medicamenteuse-mise-a-jour">HAS</a> a confirmé la prolongation du délai permettant de réaliser une interruption volontaire de grossesse en ville qui avait été mis en place en contexte de Covid, prolongeant également la possibilité de réaliser l&rsquo;intégralité de la procédure en téléconsultation lorsque cela est possible (dans ce cas, la délivrance des médicaments s&rsquo;effectue en officine). Peu de choses changent sur les modalités. Devant les délais allongés, il faut informer les femmes/couples qu&rsquo;il est possible de visualiser le sac gestationnel jusqu’à 7 SA, et l’embryon entre 7 et 9 SA. Il est nécessaire d&rsquo;informer que les métrorragies survenant dans les 4h après la prise de prostaglandines sont normales mais ne signifient pas une expulsion complète. Il est donc important d&rsquo;insister sur la nécessité du contrôle après 2 semaines. Il faut également rechercher des violences conjugales et un entretien psychosocial doit être proposé. Il n&rsquo;y a plus de délai de réflexion sauf si un entretien psychosocial (obligatoire pour les mineures) a lieu, auquel cas il est de 48h.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiUrGzNExoskoKD0bHiioV6KRvtntk5057pEXIu7eKglPTQ_NGP07tNzjqEiape5DnEDUJzTojR5B_uQoWQu61BkLxM6ZlKzAjqa1MqHrhPhpeQLeXrUy6Zd_Do5PhX8VUauKi1zqPZBa07/s863/ivg.png"><img src="/images/articles/2021/ivg.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="http://www.grio.org/documents/page246/reco-op-masculine.pdf">GRIO</a> a publié de recommandations sur la prise en charge de l&rsquo;ostéoporose masculine [Edit: Elles sont a prendre avec un peu de distance compte tenu des liens d&rsquo;intérêt des auteurs]. Elles ont été faites pour essayer de se rapprocher de celles concernant les femmes. Concernant le dépistage, il est recommandé de dépister l&rsquo;ostéoporose à partir de 70 ans ou quel que soit l&rsquo;âge en cas de facteurs de risque (corticothérapie prolongé, hyperthyroïdie, hypercorticisme, HPTP, chutes répétées, VIH, maladies pulmonaires chroniques, rhumatismes inflammatoires, ostéogenèse imparfaite), de fracture spontanée/liée à un traumatisme mineur ou de découverte de fracture vertébrale. </p>
<p>En cas de fracture par fragilité ou de DMO &lt; -3, le bilan de fragilité osseuse comprend: calcémie, albuminémie, phosphatémie, créatininémie, EPP, NFS-plaquettes, CRP, 25(OH)vitamineD, ASAT, ALAT, GGT, PAL et testostérone totale. Chez un sujet jeune, on peut faire un bilan beaucoup plus exhaustif, plutôt du ressort du spécialiste. </p>
<p>Sur le plan thérapeutique, la supplémentation en vitamine D et un ajustement des apports alimentaire calciques (mais pas de compléments en calcium qui n&rsquo;ont pas de bénéfices prouvés) sont recommandés. Le traitement est recommandé par acide zolendronique si possible car c&rsquo;est le seul traitement vraiment éprouvé chez l&rsquo;homme. Le risendronate et alendronate sont des alternatives. Voici les indications (l&rsquo;utilisation du Frax est à limiter aux cases &ldquo;avis spécialisé&rdquo; des &ldquo;fractures non sévères&rdquo; et &ldquo;pas de fracture&rdquo;):</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgZvj_Z9L9j5UO7D-Q0sYLEoO4hmbupbHXI5yKmStHbA7Hmi2FqFwuURP5beU2j1VCzX-sSivqZKYU-gOkeTPGQ3f5VasSDdrRX85EfOJnE1RMjgDLyZGUibfENF4LZQXPR2UFN2WDbo1DL/s1125/dmo.png"><img src="/images/articles/2021/dmo.png" alt=""></a></p>
<p>La réévaluation du traitement se fait à 2-3 ans et les critères d&rsquo;arrêt sont les suivants:</p>
<ul>
<li>Pas de nouvelle fracture</li>
<li>pas d’apparition de nouveaux facteurs de risque d’ostéoporose;</li>
<li>pas de diminution significative de la DMO &gt; 0,03g/cm2</li>
<li>en cas de fracture sévère, un T-score au col du fémur &gt; -2,5 voire &gt; -2</li>
</ul>
<p>6/ Exercice médical</p>
<p>Communication interprofessionnelle d&rsquo;abord: cette <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33858383/">étude</a> britannique s&rsquo;est proposée de définir les critères d&rsquo;une lettre de sortie d&rsquo;hospitalisation réussie en interrogeant des généralistes. Pour cela, il fallait qu&rsquo;elle contienne le motif d&rsquo;admission, le diagnostic, les changements de traitement et la raison du changement, les examens effectués ainsi que leurs résultats, l&rsquo;information du patient, ainsi que le suivi prévu à l&rsquo;hôpital et par le généraliste.</p>
<p>Cette <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33836652/">étude</a> mixte a recueilli l&rsquo;expérience de patients multimorbides et de professionnels de santé hollandais autour d&rsquo;un programme d&rsquo;amélioration des soins centrés sur le patient.</p>
<p>Les professionnels de santé de l&rsquo;étude ont participé à un programme d&rsquo;amélioration des compétences en approche centré-patient et les intitulés des ateliers donnent vraiment envie de participer à ce type de programme : travail de l&rsquo;écoute, de l&rsquo;entretien motivationnel, atelier autour de l&rsquo;interprétation des émotions, prise de décision partagée, apprendre à s&rsquo;assurer de la compréhension des patients, formation à la reconnaissance de l&rsquo;illettrisme&hellip;  Pour la partie qualitative: l&rsquo;analyse thématique des entretiens a réaffirmé l&rsquo;importance de l&rsquo;information du patient et de ses proches pour adapter les soins à ses besoins mais aussi de prendre en compte le confort physique des patients, le médecin prenant la place de coach pour accompagner le patient à comprendre et décider en fonction de sa santé. Pour la partie quantitative, la participation au programme des professionnels a amélioré le ressenti des patients sur leur confort physique, leur soutien émotionnel, et dans l&rsquo;implication de la famille et des amies sans amélioration de leur niveau d&rsquo;information malgré des ateliers dédiés.</p>
<p>7/ Oncologie</p>
<p>Cette <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/04/16/BJGP.2020.1099">étude</a> rétrospective a évalué la sensibilité de la radiographie thoracique dans le diagnostic de cancer pulmonaire en incluant des patients diagnostiqués avec un cancer ayant réalisé une radio de thorax l&rsquo;année précédent le diagnostic. Sans surprise, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;examen le plus performant puisque 18% patients avaient des radiographies non évocatrices de cancer. Néanmoins, cela n&rsquo;a pas eu d&rsquo;impact sur la survie ou le stade du diagnostic. Cela rejoint les recommandations qui préconisent plutôt le scanner pour rechercher un cancer pulmonaire.</p>
<p>C&rsquo;est terminé! Le billet est assez court du fait d&rsquo;une panne d&rsquo;ordi n&rsquo;ayant pas permis de récupérer les quelques autres articles repérés. Alors, à la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°308 : Vaccin Covid (HAS/EMA), douleurs neuropathiques (recos), AOMI, infections, dermocorticoïdes, diabète (traitements, aspirine, statine), dungeon drop</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/04/dragi-webdo-n308/</link><pubDate>Sun, 11 Apr 2021 22:22:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/04/dragi-webdo-n308/</guid><category>Activité physique</category><category>Gynécologie</category><category>Neurologie</category><category>Infectiologie</category><category>Dermatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture ! Commençons par un peu de pharmacovigilance avec cet <a href="https://ebm.bmj.com/content/early/2021/04/08/bmjebm-2020-111648.long">article</a> qui rappelle que les émollients contiennent de la paraffine, produit inflammable, et peuvent favoriser la survenue d&rsquo;incendies. Des décès dans les suites de brûlures graves ont ainsi été décrits. Les risque d&rsquo;incendie est plus important lorsque les émollients sont absorbés par les vêtements, les bandages, la literie ou les meubles, ou qu&rsquo;il existe un stockage de ces produits et qu&rsquo;ils sont associés à une source d&rsquo;inflammation (cigarette, allumette&hellip;).</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ema.europa.eu/en/news/astrazenecas-covid-19-vaccine-ema-finds-possible-link-very-rare-cases-unusual-blood-clots-low-blood?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">EMA</a> confirme le lien probable entre vaccin AstraZenaca (renommé Vaxzevira) et les évènements thrombotiques auto-immuns. Ce n&rsquo;est pas une surprise car toute réaction immunitaire est suceptible de déclencher une maladie immunitaire chez des personnes généralement prédisposées c&rsquo;est à dire que si ce n&rsquo;avait pas été ce vaccin, une autre stimulation comme un autre vaccin ou une virose auraient pu la déclencher. Ces évènements sont retrouvés particulièrement avec les vaccins à ADN (par rapport à ceux à ARNm) car ils utilisent un vecteur viral qui déclenche la réaction immunitaire. Les données retrouvent 62 cas de thrombophlébites cérébrales et 24 cas de thromboses splanchniques et 18 cas étaient fatals pour 25 millions de doses (soit 1 cas pour 300 000 de vaccinés d’incidence et 1 décès pour 1,5 million de vaccinés)</p>
<p>En conséquence, la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3260361/fr/avis-n-2021-0027/ac/seesp-du-8-avril-2021-du-college-de-la-haute-autorite-de-sante-concernant-le-type-de-vaccin-a-utiliser-pour-la-seconde-dose-chez-les-personnes-de-moins-de-55-ans-ayant-recu-une-premiere-dose-du-vaccin-astrazeneca-nouvellement-appele-vaxzevria-contre-la-covid-19">HAS</a> a émis des recommandations concernant les patients ayant eu une première dose de vaccin AstraZenaca âgés de moins de 55 ans : leur 2eme dose doit être effectuée à 12 semaines avec un vaccin à ARNm (Pfizer ou Moderna). En parallèle, à compter de demain, la vaccination AstraZeneca peut être proposée à toutes les personnes de plus de 55 ans avec ou sans comorbidité.</p>
<p>La revue systématique évolutive du <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m3379">BMJ</a> concernant les traitements de la Covid a été mise à jour avec l&rsquo;ajout de l&rsquo;ivermectine: toujours pas d&rsquo;efficacité de cette molécule dans cette indication, et seule la dexamethasone a démontré un bénéfice chez les patients avec une covid sévère.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.academie-medecine.fr/les-prelevements-nasopharynges-ne-sont-pas-sans-risque/?utm_medium=social&amp;utm_source=twitte">Académie de médecine</a> s&rsquo;est prononcée sur les risques liés aux prélèvements nasopharyngés répétés. En plus des désagréments de type douleurs et saignements, il pourrait y avoir un risque de brèche de l&rsquo;étage antérieur de la base du crâne responsable de méningites. Ainsi, il est recommandé de vérifier les antécédents ORL du patient, de ne pas incliner sa tête en arrière, de la laisser dans une position neutre et de bien introduire l&rsquo;écouvillon horizontalement. Il faut également informer du risque des auto-prélèvements et privilégier les prélèvements salivaires chez l&rsquo;enfant.</p>
<p>2/ Activité physique</p>
<p>La marche est un des principaux traitements de l&rsquo;AOMI (les recos sur le sujet sont ici). Un essai contrôlé randomisé publié dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2778112">JAMA</a>  a comparé des exercices faisant intervenir une marche de faible intensité (n&rsquo;induisant pas de symptômes des membres inférieurs) à des exercices avec une marche d&rsquo;intensité élevée (induisant des symptômes d&rsquo;ischémie des membres inférieurs). Les auteurs retrouvent que la marche d&rsquo;intensité élevée améliore significativement la distance parcourue en 6 min de +35m sans différence d&rsquo;effets indésirables ou de modification de la qualité de vie à 12 mois. On peut donc plutôt proposer de la marche plus intensive aux patients avec AOMI plutôt que de la marche de moindre intensité.</p>
<p>Cette <a href="https://bmcpublichealth.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12889-021-10727-7">étude norvégienne</a> a interrogé des adolescents suivis en soins premiers avec un IMC &gt; 25 kg/m2 sur leur expérience de l&rsquo;activité au sein de leur réseau social. Bien que les résultats soient surtout rédigés sous une forme &ldquo;facilitateurs/barrières&rdquo; à l&rsquo;activité physique qui fait craindre une analyse un peu superficielle, on peut relever le fait que les jeunes interrogés ont décrit la participation à un groupe également en surpoids comme facilitateur de l&rsquo;activité physique, se sentant égaux et plus motivés, dans un environnement sûr et favorable.</p>
<p>3/ Grossesse</p>
<p>Une revue de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD001689.pub4/full">Cochrane</a> ne retrouve pas de bénéfice clair à une prophylaxie anti-thrombose pendant la grossesse ou en post-partum, que ce soit par des chaussettes de contention ou de l&rsquo;héparine à dose préventive.</p>
<p>Cette <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33813305/">étude</a> australienne s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;expérience de devenir mère durant la 1ère vague de Covid-19 avec une analyse thématique. Les participantes ont évoqué la solitude et l&rsquo;isolement imposés par les mesures sanitaires comme un regret et le poids de porter seule, durant la grossesse mais aussi le post partum, alors que l&rsquo;expérience de la maternité peut demander le soutien des proches. Les outils numériques ont permis aux participantes de rechercher des informations fiables, de garder le contact avec leurs proches malgré les distances mais aussi de trouver du soutien auprès de d&rsquo;autres mères qui ont partagé la même expérience, à travers des groupes de soutien qui se sont créés. En parallèle, les femmes ont décrit l&rsquo;anxiété liée au contexte sanitaire, la peur de l&rsquo;infection, et les difficultés d&rsquo;accès aux soins. Des participantes ont été proactives, une d&rsquo;entre elle avait même acheté du matériel (perfusion&hellip;) pour pouvoir accoucher à domicile en cas d&rsquo;impossibilité d&rsquo;aller à l&rsquo;hôpital ! En bref, cette étude met en évidence la solitude fortement ressentie par les femmes, avec une expérience de la grossesse et de la maternité loin de ce qu&rsquo;elles avaient imaginé, lourde d&rsquo;anxiété. Les mesures sanitaires sont aujourd&rsquo;hui moins lourdes dans les maternités, mais restons à l&rsquo;écoute des expériences uniques de l&rsquo;entrée dans la parentalité.</p>
<p>3/ Neurologie</p>
<p>Des recommandations françaises sur la prise en charge des <a href="https://www.em-consulte.com/article/1359173/pharmacological-and-non-pharmacological-treatments">douleurs neuropathiques</a> (DN) ont été publiées. Rien de très novateur à vrai dire, mais le schéma récapitulatif peut aider les médecins. Notons que les traitements de DN localisées et ceux de 3ème ligne sont plutôt réservés aux centres spécialisés, soit du fait d&rsquo;un niveau de preuve plus faible, soit pour des conditions de mise en place complexes en ambulatoire. Dans les IRSNa, la duloxétine est à privilégier devant la venlafaxine. Parmi les anti-épileptiques, la gabapentine est privilégiée devant la prégabaline compte tenu des risques plus importants de dépendance et de mésusage notamment. Encore une fois, le tramadol est mis en avant, on connait pourtant ses risques supérieurs à ceux de la codéine parmi les antalgiques de palier 2.</p>
<p>[Édit:] Pour ce qui est des emplâtres à la lidocaïne, ils sont hors AMM sauf en cas de douleurs neuropathiques post zostériennes.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiGomigFc771IpEZQsZTpQBl47M1VjT6FTkGbH6ct2zdCNZa_2ab8J3eVDBbvvDCXEUa3Uhki19cK6VVXKCu7HXn09AY5M1xPywLKGPKIMgl6yMjBXrToppZURQ5yQH_-diXHw7z9PwfUAm/s802/douleur+neuro.png"><img src="/images/articles/2021/douleur-neuro.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.n725.long">BMJ</a> a publié une revue sur la prise en charge des infections urinaire en consultation. Les auteurs considèrent qu&rsquo;une prescription différée d&rsquo;antibiotiques peut être une option dans le cadre d&rsquo;une décision partagée, compte tenu de l&rsquo;évolution potentiellement favorable en 7-10 jours sans antibiotiques. Les auteurs confirment que la bandelette urinaire (BU) n&rsquo;est pas forcément utile en présence de 2 ou 3 symptômes évocateurs parmi dysurie, nycturie, urines troubles/hématurie (VPP 81% VPN 57%). Chaque signe pris individuellement a un rapport de vraisemblance plus faible, entre 1 et 2 ce qui est donc peu pertinent et confirme l&rsquo;importance de réaliser une BU devant un symptôme isolé. Le prurit vaginal et la leucorrhée ont des rapports de vraisemblance modérés de 0.2 et 0.3 respectivement et diminuent donc la probabilité d&rsquo;une infection urinaire de façon cliniquement intéressante. Les douleurs lombaires, la fièvre, les frissons et les vomissements sont en faveur d&rsquo;une pyélonéphrite. Pour le traitement antibiotique, se référer aux recommandations nationales!</p>
<p><a href="https://www.acpjournals.org/doi/full/10.7326/M20-7355">Annals of Internal medicine</a> a publié les recommandations américaines de bonnes pratiques dans les infections courantes. On peut y voir quelques divergences avec les recommandations françaises, peut être à cause d&rsquo;une épidémiologie parfois un peu différente. Ainsi, en cas d&rsquo;exacerbation de BPCO avec majoration de la purulence des crachats, 5 jours d&rsquo;antibiotiques sont recommandés, comme en <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/10/dragi-webdo-n153.html">France</a>. On en parlait la semaine dernière, dans les pneumopathies, ils recommandent également des traitements courts de 5 jours si l&rsquo;évolution clinique est favorable. Dans les pyélonéphrites aiguës, un traitement de 7 jours voire 5 jours par fluoroquinolone serait suffisant (14 jours pour le co-trimoxazole). Enfin, dans les infections cutanées, 5 à 6 jours d&rsquo;antibiotiques antistreptocociques sont recommandés.</p>
<p>6/ Dermatologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2778116">JAMA</a> a publié un article concernant les traitements de l&rsquo;eczema en décrivant les différentes classes de dermocorticoïdes (ils ont beaucoup plus de classes que nous, mais en gros ça donne ça):</p>
<ul>
<li>classe très forte: clobetasol 0.05% toute forme (Clobex*) = betamethasone dipropionate 0.05% pommade (Diprolene*)</li>
<li>classe forte : betamethasone dipropionate 0.05% crème (Diprosone*) = betamethasone valérate 0,1 %  crème (Betneval*) &gt; hydrocortisone butyrate 0,1% crème (Locoid*)</li>
<li>classe modérée: desonide 0,05% (Tridesonit*)</li>
<li>classe faible: hydrocortisone acétate 0,5 % crème (Cortapaisyl* disponible sans ordonnance)</li>
</ul>
<p>7/ Diabétologie</p>
<p>Un article revient sur la place de l&rsquo;<a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article-abstract/doi/10.1093/eurheartj/ehab128/6186730">aspirine</a> en prévention primaire chez les patients diabétiques (on avait déjà dit que la balance bénéfice risque était défavorable <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/09/dragi-webdo-n193-coroscanner.html">ici</a>). Les auteurs de cet article disent que l&rsquo;aspirine pourraient être considérée uniquement chez les patients diabétiques à haut risque cardiovasculaire. Quand on regarde le tableau des différentes études, on voit surtout que le bénéfice est porté par une seule étude alors que les 3 autres n&rsquo;en retrouvent pas, et que au final le NNT est d&rsquo;environ 100 et le NNH pour un saignement entre 150 et 200 selon les études et le type de saignement.</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMcp2000280">NEJM</a> a publié une revue concernant les traitements anti-diabétiques. Concernant les objectifs glycémiques, ils sont toujours fixés aux alentours de 7% d&rsquo;HbA1c avec une individualisation. Le tableau intéressant reprend les traitements ayant démontré un bénéfice clinique. Bien que le liraglutide soit le seul analogue du GLP-1 baissant la mortalité globale chez des patients en grande majorité en prévention secondaire, le dulaglutide est l&rsquo;analogue du GLP-1 réduisant les évènements cardiovasculaires en prévention primaire. On en avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n232.html">ici</a>, mais je n&rsquo;avais pas fait attention au fait que 80% des patients étaient en prévention primaire.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgKLu5OFh_p5tHwWWnFDgvLFuL_cCZl3tCbl8_X8SwR_Luysoa2HXAPNtEHj6r_jzfzlosW7WwnGJiWMawiRo-OpOBBXlaeHUVvIPM78wpAT5hlhOxKIWGq1r3HX5fMZWnITssf7uZyVnju/s852/diab.png"><img src="/images/articles/2021/diab.png" alt=""></a></p>
<p>Voici une synthèse des différentes recommandations sur la prise en charge des <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2666970621000019">dyslipidémies</a> chez le patient diabétique. Les auteurs redéfinissent le risque cardiovasculaire différemment des sociétés de cardiologie en plaçant les patients avec une maladie cardiovasculaire en haut risque et ceux sans maladie cardiovasculaire en risque intermédiaire. Ainsi, ils recommandent une cible de 1g/L de LDL pour les patients en prévention primaire et une cible à 0,7g/L pour ceux en prévention secondaire. Ils recommandent de ne pas introduire de traitement pour les patients étant spontanément à l&rsquo;objectif (ça peut être débattu étant donné le risque quand même élevé et le bénéfice de mortalité quelque soit le LDL). Ils proposent de commencer par une statine d&rsquo;intensité modérée puis d&rsquo;intensifier au besoin selon l&rsquo;algorithme suivant:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEixTLrVt5JVHWVhGrud9jwVs2gU1MD-kK0k0u-FEPuPG7TouVWOdSiAIn-SjE3QCzJQMzGLoUHGxHg18znB6bYkRgORpXDILo2m9lyabO6QEBh7wuGu-udlIFykFr3OsfwmK2wC9tJ9GUMk/s527/statine+diab.png"><img src="/images/articles/2021/statine-diab.png" alt=""></a></p>
<p> 8/ Le jeu du mois: &ldquo;Dungeon Drop&rdquo;</p>
<p>&ldquo;Dungeon Drop&rdquo; est un petit jeu très sympathique avec une mécanique originale. Vous allez incarner un aventurier, en choisissant une race (elfe, humain, dragon, golem&hellip;) et une classe (sorcier, assassin, guerrier&hellip;) et allez progresser dans un donjon. Le donjon est créé en lachant sur la table une série de cubes de couleurs, ce qui donne un donjon inédit à chaque nouvelle partie. Les salles à parcourir sont déterminés par les triangles formés par les cubes gris, et ces salles contiennent des monstres (cubes verts), des trésors (cubes marrons) et des joyaux (cubes blanc, bleus et roses). Ainsi, pour accomplir votre quête personnelle et gagner le plus de points, il faudra utiliser vos pouvoirs d&rsquo;aventuriers et sélectionner au mieux les pièces que vous allez explorer! La mécanique est simple, originale avec une bonne re-jouabilité.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg5UrOakE9oLfpL6smz-_SLJ1NonMzeJtZc7S7TQLyVR_WCpYf5vDyHF1OeIVkIdDiqUaOHGE7QH68hUqlfbmrvwC5LpY5UAYH1DYWk7CVFlC2L9VGZ9F8t77n4hFGDKTUCP3S0wWYMDTGq/s2048/20200607_133849.jpg"><img src="/images/articles/2021/20200607-133849.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°307 : allergie/pédiatrie (recos), hémorroïdes (recos), Covid (vaccin/thrombopénie), durée traitement pneumopathie, contraception, IVG, multimorbidité, gut feeling</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/04/dragi-webdo-n307/</link><pubDate>Sun, 04 Apr 2021 23:42:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/04/dragi-webdo-n307/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour tout le monde. Week-end pascal confiné, commençons par faire un point sur les effets du chocolat: pas d&rsquo;article récent, néanmoins, une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29903472/">méta-analyse de 2019</a> (avec des études de qualité variable et pas de RCT, comme dans ce <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21875885/">BMJ</a> de 2011) montrait une association possible avec la réduction des décès d&rsquo;origine cardiovasculaire, infarctus, AVC et diabète. Une autre <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31356717/">étude</a> suggérait que la consommation régulière de chocolat noir était associée à un réduction des symptômes dépressifs. Même sans preuve solide, vous pouvez continuer de manger vos chocolats en lisant ce DragiWebdo !</p>
<ol>
<li>Covid-19:</li>
</ol>
<p>Une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33775692/">étude</a>s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;efficacité des vaccins à ARNm chez les patientes enceinte et allaitantes. Les auteurs retrouvent que les anticorps induits par la vaccination était présents dans des valeurs similaires chez les patientes enceintes, allaitante ou ni enceinte ni allaitantes, et ces anticorps étaient présents dans le lait maternel. Ces données supportent l&rsquo;efficacité du vaccins chez les patients enceintes ou allaitantes, mais la sécurité du vaccin n&rsquo;était pas étudiée ici, bien qu&rsquo;aucun élément particulier n&rsquo;ait été décrit dans ce relativement faible échantillon.</p>
<p>Des alertes sur la thrombocytopénie immunitaire causée par le vaccin ont fait restreindre l&rsquo;utilisation du vaccin AstraZeneca aux personnes âgées de plus de 55 ans (on attend toujours les recommandations pour la seconde dose des personnes primovaccinées&hellip;.). Dans ce contexte, les <a href="https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/document-002983/?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">québécois</a> ont proposé un algorithme décisionnel ci dessous avec les symptômes  survenant dans les 4 à 20 jours après la vaccination devant faire évoquer le diagnostic. Le document rappelle qu&rsquo;il n&rsquo;y a pour le moment pas de population identifiée à fort risque et notamment, l&rsquo;antécédent personnel ou familial ou personnel de thrombose ne serait pas un facteur favorisant du fait de la médiation immunitaire.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJP8HpK8t7MNlZtfdyLIZMxQV-5SzYafIM1ToLexN2XFYmJcyMKGswzdfN__WePOIf6zoK5bcyrjEYsDlXU9YdSCMJlC9QZxKSu8GJJQU6N7tk8qCMQj1OrdkeaEwgxAPO3Vi4Q4SqgoQ/s2048/Capture+d%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran+2021-04-04+a%25CC%2580+17.43.07.png"><img src="/images/articles/2021/capture-d-25e2-2580-2599e-25cc-2581cran-2021-04-04-a-25cc-2580-17-43-07.png" alt=""></a></p>
<ol start="2">
<li>Infectieux</li>
</ol>
<p>Le retour du retour de la vitamine D, cette fois dans une <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(21)00051-6/fulltext">méta-analyse</a> d&rsquo;essais contrôlés randomisés pour évaluer son rôle dans la prévention des infections respiratoires. La vitamine D réduit significativement le risque d&rsquo;infection respiratoire aiguë, mais faiblement (OR 0,92, NNT=100). A force de secouer ce médicament dans tous les sens, on finit par trouver des choses. Grâce aux analyses de sous groupes, notons quand même que le bénéfice n&rsquo;était présent que dans le sous groupe d&rsquo;études pour lesquelles l&rsquo;administration était quotidienne pour les patients asthmatiques de 1 à 15 ans essentiellement. Les auteurs n&rsquo;ont pas retrouvé d&rsquo;effet indésirable lié à l&rsquo;utilisation de la vitamine D dans ces essais. Ça fera encore longtemps débat, on avait une <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(20)30380-6/fulltext">étude</a> ne retrouvant pas de bénéfice franc il y a quelques semaines, et le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/02/dragi-webdo-n128.html">BMJ</a> retrouvait que le bénéfice n&rsquo;était présent que pour une administration de vitamine D quotidienne et non trimestrielle, comme dans cette étude.</p>
<p>Infections respiratoires toujours, cette <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00313-5/fulltext">essai contrôlé randomisé</a> contre placebo français a évalué la guérison à 15 jours de pneumopathies modérées stables traitées par 3 jours de bêta-lactamines vs 8 jours. Les patients inclus avaient 73 ans en moyenne et une CRP initiale d&rsquo;environ 120. Cette étude n&rsquo;a pas montré d&rsquo;infériorité du traitement sur 3 jours. C&rsquo;est un débat qui se pose depuis plusieurs années. On en avait parlé il y a quelques temps mais l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/09/dragi-webdo-n105.html">étude</a> présentait trop de biais pour conclure à une réelle non infériorité. D&rsquo;après cette étude, il semble en effet possible de ne traiter que 3 jours les patients atteints de pneumopathie infectieuses non graves évoluant favorablement à J3. Cependant, l&rsquo;antibiothérapie initiale était de l&rsquo;amoxicilline + acide clavulanique ce qui est logique compte tenu de l&rsquo;âge des patients. Cela ne me semble à ce jour pas encore extrapolable aux pneumopathies de patients jeunes traitées par amoxicilline seule.</p>
<ol start="3">
<li>Proctologie</li>
</ol>
<p>Les <a href="https://www.aecp-es.org/images/site/documentos/GUIAS/ESCP_haemorrhoids20.pdf">recommandations</a> européennes pour la prise en charge des hémorroïdes sont sorties. La plupart des éléments sont des accords d&rsquo;expert ou des recommandations de faible niveau de preuve&hellip; En première intention, les mesures hygiène-diététiques classiques sont recommandées: alimentation équilibrée, activité physique et position correcte pour assurer la défécation. En traitements médicamenteux: laxatifs, phlébotoniques et anti-inflammatoires à visée antalgiques sont proposés. En cas d&rsquo;échec, les traitements locaux peuvent associer la sclérothérapie, la ligature élastique ou la coagulation infrarouge jusqu&rsquo;à l&rsquo;hémorroïdectomie pour les hémorroïdes grades 3 ou 4 (niveau de preuve modéré !). A noter, les thromboses hémorroïdaires ont la même conduite à tenir, et placent le traitement chirurgical en cas d&rsquo;échec du traitement médical.</p>
<ol start="4">
<li>Contraception &amp; IVG</li>
</ol>
<p>En France, cette <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33743652/">étude</a> a interrogé les femmes ayant eu une naissance entre 2010 et 2016, en interrogeant leur contraception préalable à la grossesse. Il est à noter qu&rsquo;entre 2010 et 2016, le nombre de femmes ayant une pilule OP comme contraception a baissé, possiblement dans les suites des alertes des pilules de 3e génération de 2012 (qui avaient d&rsquo;ailleurs entraîné une augmentation du nombre d&rsquo;IVG en 2013), alors que les autres modes de contraception ont augmenté. Parmi les grossesses, 7,8 (en 2010) à 10% (en 2016) étaient liés à un échec de contraception. Les facteurs associés à un échec de contraception étaient:</p>
<ul>
<li>Femmes jeunes</li>
<li>Femmes ayant au moins 2 enfants</li>
<li>Femmes avec un antécédent d&rsquo;interruption de grossesse</li>
<li>Milieu socioéconomique défavorable: faible niveau d&rsquo;éducation, naissance a l&rsquo;étranger, absence de couverture sociale, femme immigrée sans papiers.</li>
</ul>
<p>La période Covid a ouvert la téléconsultation à l&rsquo;interruption médicamenteuse de grossesse en France, les médicaments étant délivrés en pharmacie et non plus par le soignant. Aux États-Unis, une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33781760/">étude qualitative</a> a exploré les représentations des prescripteurs sur la délivrance en pharmacie de la mifepristone, alors que les auteurs rappellent en introduction qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de données de sécurité justifiant le protocole de délivrance directement par les soignants. Les soignants interrogés ont plutôt soutenu la levée des restrictions de délivrance, pensant permettre ainsi un meilleur accès à l&rsquo;interruption de grossesse, en normalisant le traitement comme un soin comme un autre et limitant aussi la logistique pour les soignants d&rsquo;avoir toujours des médicaments en stock. Les limites pourraient être l&rsquo;acceptation des pharmaciens de délivrer ce médicament ainsi que la barrière financière du coût des médicaments, absente en France avec le forfait IVG de l&rsquo;Assurance Maladie. Reste à savoir si ce type d&rsquo;expérience va être poursuivie après la période Covid, quand on sait les débats politiques autour de l&rsquo;IVG.</p>
<ol start="5">
<li>Pédiatrie</li>
</ol>
<p>Les <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33710678/">recommandations</a> européennes d&rsquo;allergologie pour la prévention des allergies ont été mises à jour. En bref. Il faut introduire, idéalement entre 4 et 6 mois, l&rsquo;oeuf (pas en chocolat cette fois) bien cuit, et l’arachide, y compris en cas d&rsquo;antécédent familial d&rsquo;allergie, et il faut éviter les compléments à base de lait de vache chez les enfants allaités au cours de la première semaine de vie. A propos d&rsquo;allaitement, aucun allergène n&rsquo;est interdit pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement. Cependant les auteurs sont contre l&rsquo;utilisation de lait de soja les 6 premiers mois à des fin de limitation de risque allergique, et ne peuvent se prononcer sur l&rsquo;utilisation de probiotiques et l&rsquo;utilisation de vitamines au cours de la grossesse ou chez le nourrisson.</p>
<ol start="6">
<li>Exercice médical </li>
</ol>
<p>Parlons gut feeling et cancer: un <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/03/22/bjgp21X714269">premier</a> article, qualitatif, a exploré à travers des entretiens semi-dirigés, le rôle du gut feeling dans les consultations faisant évoquer un cancer. Comme d&rsquo;autres <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/10/dragi-webdo-n284.html">études</a> sur le gut feeling, les généralistes lui ont donné une place d&rsquo;expertise, tissée au fil du temps avec l&rsquo;expérience du généraliste. Il permet de décider dans l&rsquo;incertitude dans la zone grise entre le normal et le franchement pathologique, là où les recommandations trouvent mal leur place. La limite principale pouvait être le surdiagnostic ou la création d&rsquo;anxiété chez le patient. Le <a href="https://bjgp.org/content/70/698/e612">versant</a> quantitatif retrouve que ressentir un gut feeling faisant craindre un cancer lors d’une consultation est associé à une augmentation du risque de découverte de cancer multiplié par 4. Le gut feeling se manifestait alors par une &ldquo;intuition&rdquo; , une &ldquo;sonnette d&rsquo;alarme&rdquo;, une &ldquo;inquiétude&rdquo;, une &ldquo;suspicion&rdquo;, une &ldquo;boule dans l&rsquo;estomac&rdquo; ou des &ldquo;poils sur la nuque&rdquo;.</p>
<p>Cet <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8002771/">article</a> s&rsquo;est intéressé aux conflits d&rsquo;intérêt des auteurs des recommandations européennes en cardiologie et retrouve que 80% d&rsquo;entre eux ont un conflit d&rsquo;intérêt financier avec l&rsquo;industrie pharmaceutique. De quoi se questionner lorsque les recommandations s&rsquo;éloignent des résultats des études publiées !</p>
<p>Cette <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33783098/">revue de la littérature</a> s&rsquo;est intéressée à la gestion des patients multimorbides par les généralistes. L&rsquo;article est assez riche et aborde la complexité de la multimorbidité. Le raisonnement clinique est peu décrit dans les études incluses, mais décrit par les auteurs comme un raisonnement inductif avec des stratégies de priorisation. L&rsquo;objectif principal des généralistes, au delà de poser des diagnostics, est d&rsquo;assurer une certaine qualité de vie aux patients en adoptant l&rsquo;approche centrée patient (bien que ce soit plutôt la saison des pâquerettes que celle des marguerites) pour adapter le traitement et les décisions lorsque cela est possible, bien que les priorités des acteurs soient souvent différentes. Les spécificités de cette approche incluent un manque de recommandations pour la multimorbidité, avec des recommandations essentiellement centrées sur une pathologie, la nécessité d&rsquo;une collaboration entre professionnels de santé et des discussions autour de la polymédication et de la nécessité de déprescrire.</p>
<p>C&rsquo;est terminé! Si vous ne voulez manquer aucun billet, pensez à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>ou à la newsletter par mail  (ou les 3!). Pour la newsletter, il faut inscrire votre e-mail tout en haut à droite sur la page (sans oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail intitulé &ldquo;FeedBurner Email Subscriptions&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams). </p>
<p>Passez une belle semaine et à la semaine prochaine !</p>
<p>@DrePetronille et @Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°306 : Vaccin Covid (HAS), migraines, diverticulite colique, diabète/ischémie silencieuse</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/03/dragi-webdo-n306/</link><pubDate>Mon, 29 Mar 2021 00:04:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/03/dragi-webdo-n306/</guid><category>Médecine générale</category><category>Psychiatrie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, une semaine de plus avec les courbes de contamination qui s&rsquo;envolent progressivement&hellip; Bon courage à tous. Voici les quelques articles que j&rsquo;ai vus cette semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-03/reponses_rapides_dans_le_cadre_de_la_covid-19_-_demarche_medicale_pour_la_vaccination_contre_la_covid-19__premieres_phases.pdf">HAS</a> a publié des réponses rapides concernant la vaccination anti-Covid. On y retrouve les pourcentages d&rsquo;efficacité et les effets indésirables des 4 principaux vaccins ainsi que la confirmation de n&rsquo;effectuer qu&rsquo;une seule dose en cas d&rsquo;antécédent de Covid documenté. En cas de grossesse, il est recommandé de préférer un vaccin à ARNm par rapport au vaccin à ADN si une vaccination est décidée après discussion avec la patiente. En fin de document, les recommandations en cas d&rsquo;antécédent allergique sont présentées:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh9kw9EfQ55L-gfTWRq7pEi9foapt4-v3G4SRWXDOmXirjGH-YjEfyW7WXt87RDN2Fx-1fHhwljj3xVVaXJxU8AbF5_j6keeFSPP2is2s36jP7KfOOlf1lzCo75NApe_hrH5XJ9MEghZFLp/s824/vaccination.png"><img src="/images/articles/2021/vaccination.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Médecine générale</p>
<p>On a déjà vu qu&rsquo;avoir <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/02/dragi-webdo-n216.html">des médecins généralistes</a> ça diminue les morts. Certains se sont demandé si investir dans les soins primaires améliore le système de santé dans les pays de l&rsquo;OCDE. Cette <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0168851021000762">étude</a> retrouve que qu&rsquo;augmenter les dépenses de santé par habitant ne réduit pas les hospitalisations notamment en ce qui concerne la BPCO, l&rsquo;asthme, le diabète et l&rsquo;insuffisance cardiaque. Cependant, cela améliorait la participation aux dépistages notamment pour les cancers du col de l&rsquo;utérus et du sein.</p>
<p>3/ Neuro-psychiatrie</p>
<p>Les médicaments c&rsquo;est bien, mais ça ne fait pas tout. En effet, cette étude publiée dans le <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.n532">BMJ</a> a étudié les traitements dans la prise en charge de la dépression chez les patients déments. Cette revue systématique retrouve que la stimulation cognitive associée à des interactions sociales était le traitement le plus efficace pour réduire les symptômes dépressifs. Globalement, les traitements non pharmacologiques étaient plus efficaces que les traitements médicamenteux (ça a déjà été vu dans la prise en charge de patients à haut risque cardiovasculaire, cf <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/0003-4819-159-3-201308060-00005">ici</a>)</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)32342-4/fulltext">Lancet</a> a publié un article concernant la prise en charge des migraines. Tout d&rsquo;abord, on y retrouve les NNT pour différents traitements: 12 pour le paracetamol, 7,4 pour le diclofenac, 7,2 pour 400mg d&rsquo;ibuprofène et 6,8 pour 600mg d&rsquo;ibuprofène. Les triptans ont un NNT d&rsquo;environ 5. Le rizatriptan 10mg est le plus efficace avec un NNT à 3 et les moins efficace sont le naratriptan et frovatriptan avec des NNT de 8 et 12 mais ce sont des triptans de longue durée d&rsquo;action qui peuvent être utiles en cas de crises prolongées ou en période prémenstruelles pour les migraines cataméniales. Bien qu&rsquo;il ne soit pas cité précédemment, il est souvent utile et efficace de prendre de façon conjointe du naproxène avec le triptan. Il est recommandé de co-prescrire des antiémétiques (type metoclopramide) si besoin. L&rsquo;objectif des traitements est double: réduire les migraines et éviter les abus d&rsquo;antalgiques. Le traitement de fond est recommandé dès 2 migraines/mois avec un retentissement sur la qualité de vie. Les antihypertenseurs recommandés sont notamment le propranolol (80-160mg/j) et le metoprolol (100-200mg/j) et dans une moindre mesure le candesartan (16mg/j). Les anti-épileptiques (topiramate 50-100mg/j et valproate 500-1600mg/j) sont les autres traitements de fond recommandés, un peu devant l&rsquo;amitriptyline (50-100mg/j). Enfin la flunarizine (5-10mg/j) peut être efficace au risque de rares effets syndromes parkinsoniens.</p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>Une revue systématique du <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.n72">BMJ</a> revient sur la prise en charge de la diverticulite colique. Les auteurs comparent également les recommandations internationales. Ainsi, il ressort qu&rsquo;un TDM est généralement recommandé pour confirmer le diagnostic. Les diverticulites non compliquées ne doivent pas être systématiquement traitées par antibiothérapie. Les indications concerneraient les patients fragiles, avec comorbidité, avec des symptômes importants, avec un CRP &gt; 140 ou plus de 15 000 leucocytes. Cela semble cohérent avec les recos <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/12/dragi-webdo-n164.html">HAS</a>. Les auteurs de cet article rejoignent plusieurs autres recommandations en suggérant une coloscopie à 6 semaines de la poussée de diverticulite (cat un cancer est retrouvé chez 1,3% des patients avec diverticulite non compliquée et 7,9% si compliquée). Cette coloscopie n&rsquo;a pas à être reconduite en l&rsquo;absence de signe d&rsquo;alerte. Il faut noter que 45% des patients ont des symptômes digestifs persistants 1 an après un premier épisode. Pour prévenir les récidives, il est recommandé de suivre des règles hygiéno diététiques classiques (régime équilibré, activité physique, pas de tabac), sans éviction d&rsquo;aliments et éviter les AINS ou l&rsquo;aspirine en prévention primaire.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>C&rsquo;était le e-congrès de la société française de diabétologie. La <a href="https://twitter.com/SFDiabete/status/1374678798734663680">présentation</a> que j&rsquo;ai vu passer et qui a retenu mon attention concerne la controverse sur le dépistage de l&rsquo;ischémie silencieuse chez les patients diabétiques. Cela fait plusieurs années que les généralistes sont dubitatifs sur ce dépistage systématique recommandé, et il est agréable de voir que le message semble arriver jusqu&rsquo;aux sociétés de diabétologie. En effet, Après une présentation reprenant les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/10/dragi-webdo-n286.html">recommandations françaises</a> de 2020 (dépister après un score calcique &gt; 400), le Dr Potier rappelle que ce dépistage n&rsquo;a pas démontré de bénéfice, qu&rsquo;il est préférable de se concentrer sur les autres dépistages et d&rsquo;évaluer cliniquement le risque cardiovasculaire et agir en cas de symptômes plutôt que de se lancer dans des explorations systématiques.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgg2d84iTEM2ulF-cQE2p7dl709W8MZtJjxjbQ0DP5BPFolvYJjPRpWTEi1AEBIeuvCvHoEnhd66W0R5i4lYyrYH7YMNcnw1htMN6kGee1qBFtJcEgFZ6xYmOIzcWwA2UywJcyI5xoGw9ji/s1897/diab%25C3%25A8te.jpg"><img src="/images/articles/2021/diab-25c3-25a8te.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé! N&rsquo;hésitez pas à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus <em>(et @DrePetronille pour la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°305 : exercice médical/pandémie, ménopause (recos CNGOF), douleurs de l'enfant (recos OMS), vaccin (COVID-19, HPV, coqueluche), AVC/AIT, poisson, ostéopathie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/03/dragi-webdo-n305/</link><pubDate>Sun, 21 Mar 2021 13:34:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/03/dragi-webdo-n305/</guid><category>Médecine générale</category><category>Infectiologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Gynécologie</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à toutes et à tous ! Voici un nouveau Dragi Webdo pour vous présenter les actualités de la semaine. N&rsquo;hésitez pas à laisser un commentaire sur les articles, bonne lecture !</p>
<p>1/ Exercice médical</p>
<p>Cette semaine, on vous partage un <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4606524/">article</a>
qualitatif de 2015, qui a étudié le rôle des médecins de premier
recours dans la pandémie H1N1 de 2009 en Israel, Australie et
Grande-Bretagne. En dépit de stratégies différentes entre les pays
(certains adressaient directement les patients suspects à l&rsquo;hôpital
quand d&rsquo;autres ont placé leurs MG en première ligne des tests). C&rsquo;est
intéressant de voir que les mêmes problématiques se répètent 11 ans
après avec la survenue de l&rsquo;épidémie à coronavirus, posant question sur
les moyens à mettre en oeuvre pour gérer une pandémie&hellip; une piste
serait quand même que les autorités sanitaires prennent le temps de
considérer et d&rsquo;informer les soignants correctement, ce serait un bon
début! En bref, on retrouvait dans les entretiens  :</p>
<ul>
<li>l&rsquo;absence d&rsquo;équipements de protections personnels en quantité suffisante,</li>
<li>une
demande importante des patients de conseils personnalisés malgré les
conseils émanant des autorités sanitaires (anxiété, manque de confiance
dans les autorités) augmentant le nombre de recours aux soins</li>
<li>la
difficulté à réorganiser les cabinets habituellement tournés vers la
pathologies chroniques et à séparer les flux de patients (Australie) ou
d&rsquo;assurer en nombre les visites à domicile (Angleterre)</li>
<li>un manque de confiance des autorités dans leurs médecins et d&rsquo;implication dans les prises de décision</li>
<li>le
retard des recommandations pour les bonnes pratiques spécifiques des
soins premiers ou rythme trop rapide des mises à jour empêchant le suivi
par les soignants</li>
</ul>
<p>2/ Vaccination</p>
<p>Commençons avec le vaccin AstraZenaca (AZ) suspendu pendant quelques jours. L&rsquo;<a href="https://www.ema.europa.eu/en/news/covid-19-vaccine-astrazeneca-benefits-still-outweigh-risks-despite-possible-link-rare-blood-clots">Agence Européenne du Médicament</a> (EMA) a confirmé que la balance bénéfice risque était en faveur d&rsquo;une poursuite de la vaccination. L&rsquo;Agence affirme que le vaccin n&rsquo;est pas associé aux risques thrombotiques, mais que les thromboses déclarées survenaient majoritairement chez des femmes de moins de 55 ans dans les 14 jours suivant la vaccination (il faut donc être vigilant sur les signes respiratoire, vasculaires et neurologiques pendant cette période).</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3244283/fr/avis-n-2021-0018/ac/seesp-du-19-mars-2021-du-college-de-la-haute-autorite-de-sante-sur-la-place-du-vaccin-astrazeneca-dans-la-strategie-vaccinale-suite-a-l-avis-de-l-agence-europeenne-des-medicaments-concernant-des-evenements-indesirables-survenus-dans-plusieurs-pays-europeens-chez-des-personnes-vaccinees">HAS</a> a ensuite rendu son avis de reprise de vaccination en limitant l&rsquo;utilisation du vaccin AZ aux patients de plus de 55 ans. (Les moins de 55 ans redevenant <a href="https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/infog_vaccins_particuliers.pdf">éligibles au vaccins à ARN</a> s&rsquo;ils sont dans les critères actuels). On ne sait pas encore quelles seront les consignes pour les patients de moins de 55 ans ayant déjà eu 1 dose  de vaccin AZ&hellip; L&rsquo;incidence au Royaume Uni des évènements thrombotiques était de 1 patient pour 10 millions de patients vaccinés et de 2 pour 1 million en France. Autant dire qu&rsquo;il y a à peu près autant de risque mourir d&rsquo;un œdème de Quincke en se faisant livrer un repas que d&rsquo;avoir un une thrombose non mortelle avec le vaccin (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2021/02/dragi-webdo-n302.html">ici</a>).</p>
<p>D&rsquo;après le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2102214">NEJM</a>, le vaccin ChAdOx1 nCoV-19 ne serait pas du tout efficace sur le variant B.1.351. En clair, l&rsquo;AstraZenaca ne protègerait pas du variant Sud Africain.</p>
<p>Concernant maintenant les vaccins de la grippe et de la coqueluche, l&rsquo;<a href="https://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2021/03/Rapport-vaccination-femmes-enceintes.pdf">Académie de médecine</a> se prononce en faveur de la vaccination pendant la grossesse. C&rsquo;était déjà fait pour la grippe, mais c&rsquo;est nouveau en France pour la coqueluche. En effet, une injection du vaccin anticoqueluche au 2ème trimestre apporte une très bonne transmission de l&rsquo;immunité maternelle au foetus, et, malgré un taux moindre d&rsquo;anticorps chez le nouveau né, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;augmentation du taux d&rsquo;infections. (C&rsquo;est concordant avec les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/06/dragi-webdo-n55.html">recos américaines</a> qui proposent une vaccination pendant la grossesse et la sécurité de ces injections est également <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/p/vaccinations.html#DTP">bien démontrée</a>)</p>
<p>Concernant le vaccin contre les papillomavirus, on peut se demander l&rsquo;intérêt de vacciner les femmes âgées de plus de 26 ans et les hommes de plus de 21 ans (c&rsquo;est l&rsquo;âge limite aux États Unis respectivement chez les femmes et les hommes). Cette étude de <a href="https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1003534">Plos Medicine</a> a montré que la vaccination entre 30 et 45 ans n&rsquo;était pas coût-efficace en population générale.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2777474">JAMA</a> a publié une revue concernant le diagnostic et la prise en charge des AVC et AIT. Les quelques points à retenir sont les objectifs de prise en charge au long cours. Les cibles tensionnelles sont fixées à 140/90 sauf chez les patients diabétiques pour qui la cible est à 130/80. La cible de LDL est à 1g/L (mais l&rsquo;étude d&rsquo;Amarenco retrouvant un bénéfice avec une cible &lt; 0,7g/L n&rsquo;a pas été prise en compte, cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n247.html">ici</a>). En cas de cause thrombotique, l&rsquo;aspirine à 81-325mg est recommandée au long cours (c&rsquo;est très large comme intervalle mais ils ne se prononcent pas sur le fait de préférer une faible dose). Et en cas de cause embolique, ce sont les AVK, l&rsquo;apixaban et le dabigatran qui sont le plus éprouvés.</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD003610.pub4/full">Cochrane</a> a évalué les antibiotiques (notamment macrolides et quinolones) au long cours en prévention secondaire des maladies cardiovasculaires. Ces traitements augmentent la mortalité globale, cardiovasculaires et le risque de mort subite. Compte tenu du risque artériel des quinolones et des allongements du QT des macrolides, ce n&rsquo;est pas vraiment surprenant&hellip;</p>
<p>Concernant l&rsquo;alimentation, manger 175g/semaine de poisson (environ 2 portions) est associé à une réduction de la mortalité globale chez les patients en prévention cardiovasculaire secondaire mais pas en population générale d&rsquo;après cette étude de cohorte publiée dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2777338?utm_source=twitter&amp;utm_campaign=content-shareicons&amp;utm_content=article_engagement&amp;utm_medium=social&amp;utm_term=031421">Jama internal medicine</a>. C&rsquo;est quand même pas beaucoup 2 portions par semaine&hellip;</p>
<p>4/ Rhumatologie </p>
<p>J&rsquo;avais annoncé un essai étudiant l&rsquo;ostéopathie dans la prise en charge des lombalgies non spécifiques sub-aigues ou chroniques. Voici donc un essai randomisé évaluant l&rsquo;ostéopathie versus manipulations factices publié dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2777527">JAMA internal medicine</a>. Les auteurs retrouvent que l&rsquo;ostéopathie réduit significativement la gêne fonctionnelle d’environ 4 points sur 100 à 3 mois et 12 mois sans différence sur l&rsquo;intensité douloureuse. Bref, c&rsquo;est statistiquement significatif mais la pertinence clinique est plus que douteuse.</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3606981?src=soc_tw_210316_mscpfr_news_obgyn_menopause&amp;faf=1#vp_1">CNOGF</a> a publié des recommandations concernant la prise en charge de la ménopause. Les auteurs insistent sur la prise en charge des symptômes génito-urinaires en commençant par de la rééducation, des traitements locaux parfois associés à des traitements hormonaux (oestriol ou oestradiol). Ils recommandent le traitement hormonal substitutif dans les syndromes climatériques mais aussi chez les femmes à risque important d&rsquo;ostéoporose à 15 ans (attendons de voir comment c&rsquo;est déterminé, mais pas certain que la balance bénéfice risque soit vraiment favorable en existences d&rsquo;alternatives&hellip;). Si un traitement est mis en place, les œstrogènes transdermiques (oestradiol) sont à privilégier (car moins de risque thrombotique), en association à un progestatif oral (progestérone micronisée ou dydrogestérone) en prévention du cancer de l&rsquo;endomètre.</p>
<p>6/ Pédiatrie</p>
<p>L&rsquo;OMS a publié des <a href="https://www.who.int/publications/i/item/9789240017870">recommandations</a> concernant la prise en charge des douleurs chroniques de l&rsquo;enfant. Les auteurs mettent en avant la place de la kinésithérapie, des thérapies comportementales et des psychothérapies bien que le niveau de preuve soit faible. Les opioïdes ne devraient être prescrits qu&rsquo;au cas par cas par des médecins habitués à les utiliser. Les antidépresseurs et antiépileptiques n&rsquo;ont pas montré d&rsquo;efficacité clinique chez les enfants.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°304 : Vaccins Covid (AZ/Janssen), dépistage cancer poumon (recos US), score calcique, acide folique, thyroïdite post-partum, rupture du LCA, vitamine D, acuponcture</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/03/dragi-webdo-n304/</link><pubDate>Sun, 14 Mar 2021 21:48:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/03/dragi-webdo-n304/</guid><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, j&rsquo;aimerais introduire ce billet avec une revue de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013522.pub2/full">Cochrane</a> sur le sevrage tabagique. Contrairement à ce qu&rsquo;on peut penser, le sevrage améliore l&rsquo;anxiété, la dépression et le stress! Voici les autres actualités de la semaine, bonne lecture et merci pour votre fidélité !!!</p>
<p>1/ Covid-19 </p>
<p>Le <a href="https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/vaccines/fully-vaccinated-guidance.html">CDC</a> (centre de contrôle des maladies infectieuses américain) a publié des recommandations concernant les patients &ldquo;totalement&rdquo; vaccinés contre la Covid. Ils autorisent ces personnes à ne pas porter de masque en milieu intérieur s&rsquo;ils ne sont qu&rsquo;en présence d&rsquo;autres personnes totalement vaccinées, ou en présence de personnes à faible risque (mouais&hellip;.. je n&rsquo;ai pas vu d&rsquo;étude pour appuyer ça), et à ne pas être confinés s&rsquo;ils sont cas contact et asymptomatiques. Le port de masque reste recommandé dans les autres circonstances et dans les lieux publics.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3242795/fr/strategie-de-vaccination-contre-la-covid-19-place-du-vaccin-covid-19-janssen">HAS</a> valide l&rsquo;utilisation du vaccin Janssen (de Johnson &amp; Johnson) en 1 seule injection chez les patients devant une efficacité sur les formes symptomatiques à formes sévères d&rsquo;environ 66%. Il serait efficace sur les variants brésiliens et sud africains mais il n&rsquo;y a pas de données sur le variant britannique.  (la seule <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2777598">étude</a> publiée est une étude de phase 1 sur 25 patients&hellip;)</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ema.europa.eu/en/news/covid-19-vaccine-astrazeneca-prac-investigating-cases-thromboembolic-events-vaccines-benefits">Agence européenne du médicament</a> a émis une alerte concernant les risques thrombotiques suspectés dans le cadre de l&rsquo;administration de vaccins AZ. Aucun lien n&rsquo;est à ce jour établi et la balance bénéfice-risque du vaccin reste largement favorable.</p>
<p>Un <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33692189/">article</a> qualitatif paru dans le BMJ s&rsquo;est intéressé au vécu de l&rsquo;activité physique chez les patients atteints de Covid long. Alors que les symptômes prolongés de la Covid peuvent occasionner notamment fatigue, douleurs ou dyspnée, le maintien d&rsquo;une activité physique comptait pour les participants, avec une perte d&rsquo;identité ressentie en cas de perte des capacités physique (souhait de la vie d&rsquo;avant, retentissement psychique du handicap ressenti). Il est apparu important de tenir compte, dans les conseils autour de l&rsquo;activité, de la variabilité des symptômes au fil des jours avec prise en compte des rechutes mais aussi du souhait des participants d&rsquo;être accompagnés (par des professionnels ou des outils d&rsquo;auto-surveillance) dans leur activité physique, en l&rsquo;absence de recommandations claires (nécessaires, pour mieux accompagner les patients).</p>
<p>2/ Cardiovasculaire (le score calcique en bref)</p>
<p>Une <a href="https://pubs.rsna.org/doi/full/10.1148/ryct.2020200281">revue</a> de radiologie revient sur le score calcique. Ce score est en effet associé au risque de mortalité cardiovasuclaire. Les auteurs parlent de son intérêt pour identifier les patients à haut risque cardiovasculaire, notamment chez ceux à risque intermédiaire d&rsquo;après les recommandations américaines (risque entre 5 et 20%) ou chez les patients de moins de 50 ans à faible risque ayant un antécédent familial cardiovasculaire. (Merci @RadioactiveJib)</p>
<blockquote>
<p><em>Pour reprendre les autres données sur le score calcique:</em></p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>En 2018, l’USPSTF a retrouvé qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas
suffisamment d&rsquo;arguments pour justifier une évaluation via les mesures non
conventionnelles telles que l&rsquo;indice de pression systolique, le score calcique
ou la CRP ultrasensible chez les patients asymptomatiques. Mais quelques mois
après la société savante de cardiologie proposait de l&rsquo;utiliser pour faire
pencher la balance décisionnelle:</p>
</blockquote>
<ul>
<li>CAC égal 0 =&gt; pas de traitement,</li>
<li>CAC entre
1 et 99 =&gt; statine si âge &gt; 55 ans</li>
<li>CAC &gt;100 =&gt; statine.</li>
</ul>
<blockquote>
<p>En 2019, les recos de l’ESC (très
décriées pour leurs cibles de LDL aberrantes) proposent d&rsquo;adapter le risque cardiovasculaire selon le calcul du
score calcique ou la présence d&rsquo;athérome carotidien en complément du calcul du HeartScore.</p>
<p>Chez les diabétiques,</p>
</blockquote>
<ul>
<li>les recommandations de l’ESC et EASD recommandent un ECG de repos chez les patients diabétiques hypertendus ou suspect de
coronaropathies (donc pas chez tous?), mais l&rsquo;IPS, le Doppler des troncs supra
aortiques et le score calcique ne sont recommandés qu&rsquo;avec un grade II (parmi
ces dépistage seul l’IPS a réellement prouvé son intérêt et les preuves du
bénéfice de l’ECG, du Doppler des TSA sont très limitées)</li>
<li>En 2020 des recommandations
françaises ont été publiées concernant la stratification du risque
cardiovasculaire chez les patients diabétiques de type 2. Elles ont été élaborées
par les sociétés savantes de diabétologie, de cardiologie et de vasculaire. Le
score calcique se prescrit en demandant soit un coroscanner, soit un scanner
thoracique (mais certains centres ne le faisaient pas). Ainsi, les patients à
risque élevé devraient être évalués par une mesure du score calcique pouvant
les classer en &ldquo;très haut risque&rdquo; s&rsquo;il est supérieur à 400 ou
supérieur à 100 avant 60 ans (cf l&rsquo;algorithme de l’article). Cette évaluation
par le score calcique est à effectuer tous les 3 à 5 ans chez ces patients
entre 35 et 75 ans.</li>
</ul>
<blockquote>
<p>Un article du JAMA de 2020 en parle en
population non diabétique pour évaluer le bénéfice de l&rsquo;aspirine en prévention
primaire. Les auteurs plaident pour un bénéfice net de l&rsquo;aspirine, en l&rsquo;absence
de risque hémorragique élevé, chez les patients à risque cardiovasculaire élevé
(score américain 20%), et ceux à risque intermédiaire (5-20%) avec un score
calcique &gt;100. L&rsquo;article parle en réduction de risque et en risque de
saignement, mais aucune valeur absolue en termes de NNT et NNH n&rsquo;est
calculable. Compte tenu des autres études en prévention primaires sur
l&rsquo;aspirine même chez les patients à risque élevé (chez qui le score calcique
n&rsquo;est pas utile d&rsquo;après cet étude), le bénéfice était déjà douteux. Bref, le
score calcique n&rsquo;est probablement pas le plus adapté pour déterminer qui doit
avoir de l&rsquo;aspirine en prévention primaire.</p>
</blockquote>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Après la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2021/03/dragi-webdo-n303.html">SPLF</a>, l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2777244">USPSTF</a> américaine recommande également le dépistage du cancer du poumon chez les patients fumeurs de 50 à 80 ans avec un tabagisme d&rsquo;au moins 20PA actif ou sevré depuis moins de 15 ans devant le bénéfice sur la mortalité spécifique. Cependant, ils notent quand même le risque de faux positifs conduisant aux examens inutiles, à de l&rsquo;anxiété, des surdiagnostics et des expositions aux rayonnements ionisants, en estimant que ces risques sont de &ldquo;magnitude modérée&rdquo;(donc pas faible quand même pour un dépistage ne réduisant pas la mortalité globale). On verra ce que dit la HAS quand elle se prononcera&hellip;</p>
<p>Un <a href="https://erj.ersjournals.com/content/early/2020/12/17/13993003.01798-2020">essai contrôlé randomisé</a> s&rsquo;est intéressé à la simvastatine pour prévenir les exacerbations de BPCO. Il y avait 200 patients randomisés et les patients sous simvastatine avaient significativement moins d&rsquo;exacerbations (NNT= 6 patients). Le temps avant 1ère exacerbation et le nombre annuel d&rsquo;exacerbations étaient également plus faibles sous statine. C&rsquo;est encore un peu juste comme étude pour traiter tous les BPCO par statine, mais ça va dans le sens selon lequel la BPCO se rapprocherait plus d&rsquo;une pathologie systémique qu&rsquo;une pathologie purement pulmonaire.</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Les thyroïdites du post-partum sont abordées dans un article du <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.n495">BMJ</a>. Le message important pour les généralistes est surtout de penser à contrôler la TSH 6 à 12 semaines après l&rsquo;accouchement en cas de facteur de risque de dysthyroïdie, de dépression du post partum, de troubles de la lactation ou de symptômes de dysthyroïdie (hypo ou hyper).</p>
<p>Un <a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-021-01914-9">essai contrôlé randomisé</a> a évalué l&rsquo;intérêt de la poursuite de la supplémentation en acide folique au 2ème et 3ème trimestres de grossesse. Les auteurs retrouvent que les enfants de mères avec une supplémentation prolongée avaient un meilleur développement notamment à 3 ans, mais l&rsquo;écart se réduisait à 11 ans. Notons quand même qu&rsquo;il n&rsquo;y avait qu&rsquo;une soixantaine d&rsquo;enfants inclus dans les analyses. C&rsquo;est peu couteux, il faudrait voir si d&rsquo;autres études sont concordantes.</p>
<p>5/ Rhumatologie-orthopédie</p>
<p>Dans la prise en charge des lombalgies chroniques, la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013814/full/fr?cookiesEnabled">Cochrane</a> confirme l&rsquo;absence de bénéfice prouvé d&rsquo;une prise en charge par acuponcture par rapport à une autre intervention. Cependant, elle faisait mieux que &ldquo;rien&rdquo; sur le ressenti immédiat de la douleur dans des études avec un risque de biais élevé. [Et comme certains ont remarqué que je suis fatigué et que j&rsquo;avais marqué ostéopathie au lieu d&rsquo;acuponcture, voici la revue de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD008880.pub2/full/fr">Cochrane</a> ne retrouvant pas de bénéfice des manipulations vertébrales dans la prise en charge des lombalgie.]</p>
<p>Une <a href="https://www.bmj.com/content/bmj/372/bmj.n375.full.pdf">étude</a> a comparé une reconstruction immédiate des ruptures de ligament croisé antérieur (sous 6 semaines après l&rsquo;inclusion), versus une reconstruction non systématique à distance après au moins 3 mois de rééducation. Les auteurs ont évalué la perception des symptômes et la douleur régulièrement jusqu&rsquo;à 24 mois. Les patients étaient inclus en moyenne 40 jours après le traumatisme. Les auteurs mettent en évidence une amélioration significative des critères de jugement lors d&rsquo;une reconstruction immédiate. Cependant ils nuancent leurs résultats en mettant en doute la pertinence clinique de leur résultat et soulignent que ces résultats ont été trouvés avec 50% de patients du groupe &ldquo;reconstruction non systématique&rdquo; qui ont été opérés (ça me semble beaucoup non?). Ainsi, la différence ne semblant pas cliniquement pertinente, on peut légitimement commencer par de la kinésithérapie pour éviter des chirurgies.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.n484">BMJ</a> parle
du bénéfice de la supplémentation en vitamine D au cours des 20
dernières années au Royaume Uni. Alors qu&rsquo;avant 2016, il était
recommandé de supplémenter uniquement en cas de facteur de risque, il a
été recommandé de tester et supplémenter de façon large. Mais il n&rsquo;y a
pas eu de diminution franche des carences et hospitalisations pour
rachitisme malgré un coût important. Les auteurs sont donc en
faveur de l&rsquo;approche nutritionnelle large plutôt que d&rsquo;une
supplémentation et demandent une réévaluation des recommandations vu
l&rsquo;absence de bénéfice prouvé de la supplémentation. (Une idée qu&rsquo;il
faudrait peut être suivre en France également?)</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine! Pensez à vous abonnez pour ne pas rater les nouveaux billets soit sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, soit <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> soit à la newsletter par mail : pour cela, inscrivez
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<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille <em>(pour le quali et la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°303 : Covid, dépistage des cancers, alopécie, violences, troubles fonctionnels intestinaux, endométriose, Bang !</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/03/dragi-webdo-n303/</link><pubDate>Sun, 07 Mar 2021 22:54:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/03/dragi-webdo-n303/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour tout le monde, après ce weekend riche en vaccinations, voici les actualités que nous avons sélectionnées pour vous. Dans ce numéro, beaucoup de clinique (ça fait du bien !). Bonne lecture !</p>
<p>Pour commencer, un peu de pharmacovigilance avec cette <a href="https://erj.ersjournals.com/content/57/2/2000515?etoc">étude</a> suédoise qui a montré un sur-risque (RR 1,57 pour les CSI forte dose) d&rsquo;ostéoporose chez les patients atteints de BPCO utilisant des corticostéroïdes inhalés. Pour continuer, comme DrAgibus adore les statines, cet <a href="https://bjgp.org/content/71/704/e219">article</a> rappelle qu&rsquo;il faut calculer les scores de risque cardiovasculaire pour prescrire en accord avec les recommandations de bonne pratique.  </p>
<p><strong>1/ Dermatologie</strong></p>
<p>Cette semaine, le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2776865">JAMA</a> revient sur l&rsquo;alopécie en soins premiers:</p>
<ul>
<li>L&rsquo;article propose un traitement par minoxidil topique dans l&rsquo;alopécie androgénétique avec des effets indésirables tels qu&rsquo;une pilosité faciale décrite chez les femmes ou une perte de poils initiale. Le finasteride est également proposé chez les hommes.</li>
<li>L&rsquo;effluvium télogène doit quand à lui faire rechercher une cause secondaire avec une facteur déclenchant survenu le plus souvent 2 à 4 mois auparavant : maladie aiguë ou chronique grave ; chirurgie majeure ; maladie de la thyroïde ; grossesse ; anémie ferriprive ; malnutrition ; perte de poids rapide ; carence en vitamine D ; certains médicaments (le plus souvent le lithium, le valproate de sodium, la fluoxétine, la warfarine, le métoprolol, le propranolol, les rétinoïdes et l&rsquo;isoniazide ; et l&rsquo;arrêt des pilules contraceptives orales contenant des œstrogènes). a perte de cheveux peut durer jusqu&rsquo;à 6-9 mois, patience, donc. Là aussi, le minoxidil peut être proposé si la gène est importante.</li>
<li>L&rsquo;alopécie focale peut être liée à une maladie auto-immune. La repousse spontanée survenaient dans 30% des cas. Le traitement peut comprendre de l&rsquo;acétone de triamcinolone, des dermocorticoïdes, le minoxidil, l&rsquo;anthraline ainsi que des inhibiteurs de la janus kinase en cas de maladie grave.  (L&rsquo;article parle des soins premiers mais franchement, la moitié des traitements proposés pour l&rsquo;alopécie focale n&rsquo;est pas connue classiquement des généralistes&hellip;)</li>
</ul>
<p><strong>2/ Oncologie</strong></p>
<p>Après l&rsquo;avis de l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2021/02/dragiwebdo-n301-covid-gonocoque.html">Académie de médecine</a> sur le dépistage des cancers pulmonaires (pour rappel &ldquo;c&rsquo;est pas recommandé mais pourquoi pas&rdquo; et on en avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/02/dragi-webdo-n255.html">ici</a>, <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/11/dragi-webdo-n289.html">là</a> et encore <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/02/dragi-webdo-n257.html">là</a> pour l&rsquo;infographie), voici les <a href="https://www.rev-mal-respir.com/article/1429916/recommandations-de-l-intergroupe-francophone-de-ca">recommandations</a> des sociétés savantes d&rsquo;oncologie thoracique, de pneumologie et d&rsquo;imagerie thoracique. Les auteurs recommandent une tomodensitométrie faible dose pour les patients âgés entre 50 et 74 ans fumeurs ou sevrés récemment et avec information éclairée. L&rsquo;examen est proposé tous les 2 ans maximum (les 2 premiers scanners étant espacés de 1 an). Ça semble quand même beaucoup pour le faible niveau de preuve pour ce dépistage&hellip; (merci @totomathon pour l&rsquo;article!)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhC83UfZ9mTUQYWaMpjknDjaFXMATWZdfIDHi8fzwGnzaUYJ8OGZ8XSZ9OV1f7l_FI8ihtQi5gtIvBHUMyGY_RydVGpjiHW8JpnxJteclb9KMl5ak5WSUdx-JKy8oXXcSXg0IXS7TTzUVo/s1888/Capture+d%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran+2021-03-06+a%25CC%2580+19.30.34.png"><img src="/images/articles/2021/capture-d-25e2-2580-2599e-25cc-2581cran-2021-03-06-a-25cc-2580-19-30-34.png" alt=""></a></p>
<p>Une <a href="https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/0969141321993866#articleShareContainer">revue de la littérature</a> a regardé le bénéfice des mammographies montrant une réduction de la mortalité par cancer du sein uniquement pour la tranche d&rsquo;âge 50-69 ans (138 à 483 décès évités pour 100 000 femmes invitées au dépistage) avec un risque de surdiagnostic dans toutes les tranches d&rsquo;âge.</p>
<p>De l&rsquo;oncologie encore, mais cette fois en pédiatrie : les <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/02/22/bjgp21X715241">britanniques</a> ont mis à disposition des médecins généralistes des outils pour repérer les cancers de l&rsquo;enfant et notamment les symptômes qui doivent amener à rechercher un cancer pédiatrique:</p>
<ul>
<li>leucocorie, perturbation de la vue, strabisme récent</li>
<li>Palpation d&rsquo;un masse</li>
<li>Distension abdominale, organomégalie, constipation réfractaire</li>
<li>Infections virales récurrentes, perte de poids, sueurs nocturnes</li>
<li>Céphalées, vomissements matinaux, changement de comportement, mouvements anormaux, instabilité</li>
<li>Pâleur, saignements, hématomes anormaux</li>
<li>Hématurie, dysurie</li>
<li>Douleur osseuse, douleur du dos, boiterie</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhpW3B2eBeZQ1oKh0qHOB5htMsnCc4buN-ny8tcdteUuGO0u_Her59pw-7UIatHRWx45XTa3tPo67q5zj-Bf4ef4tDUr55B3E3niFvz66cEA2ItH6f6CyicJiHOw2I_WmdFXYkH6LTq5Bs/s1280/F1.large.jpg"><img src="/images/articles/2021/f1-large-2.jpg" alt=""></a></p>
<p><strong>3/ Gynécologie</strong></p>
<p>Cet <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00389-5/fulltext">article</a> du Lancet fait le point sur l&rsquo;endométriose. Touchant 5 à 10% des femmes en âge de procréer, elle provoque des douleurs pelviennes pendant et hors des règles (dont des dyspareunies profondes) ainsi qu&rsquo;une infertilité. Des processus inflammatoires associés seraient responsables d&rsquo;autres atteintes :  troubles de l&rsquo;humeur (anxiété, dépression), majoration de la douleur centrale, augmentation du risque cardiovasculaires, faible IMC, asthénie&hellip; Les examens complémentaires à réaliser sont l&rsquo;échographie et l&rsquo;IRM pelvienne (endométriomes, fibromes, adénomyose (qui peuvent co-exister) ou d&rsquo;autres masses annexielles). Les traitements proposés sont les AINS à visée symptomatique et les contraceptions oestre-progestatives en continu ou progestatives en continu. En cas d&rsquo;échec, un traitement plus lourd peut être envisagé (analogues de la GnRH, inhibiteurs de l&rsquo;aromatise, analogues aux androgènes). En dernière intention, un traitement chirurgical partiel (ablation des lésions d&rsquo;endométriose) ou total (hystérectomie +/- annexectomie) est une option thérapeutique. Les auteurs envisagent dans le futur des thérapies ciblées agissant spécifiquement sur les processus inflammatoires, on attend les études ! Tout ceci est cohérent avec les recos actuelles (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/01/dragi-webdo-n167_21.html">ici</a>)</p>
<p><strong>4/ Gastro-entérologie</strong></p>
<p>Après la revue parue dans le Lancet dont on avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/10/dragi-webdo-n285.html">ici</a>, le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2776885">JAMA</a> s&rsquo;est intéressé aux troubles fonctionnels intestinaux. On ne revient pas sur les critères diagnostiques cliniques et para cliniques qui sont similaires entre les deux papiers (logique). Les auteurs rappellent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de preuve solide sur l&rsquo;indication de la coloscopie en cas de suspicion de troubles fonctionnels en l&rsquo;absence de signe d&rsquo;alerte (modification récente du transit, anémie, carence martiale, amaigrissement, présence de sang dans les selles). Globalement, les propositions thérapeutiques sont similaires: les mesures hygiénodiététiques comprennent de l&rsquo;activité physique et l&rsquo;apport de fibres alimentaires, ainsi qu&rsquo;un régime réduit en FODMAP en cas de persistance des symptômes malgré un niveau de preuve faible. Les traitements sont symptomatiques : laxatifs en cas de constipation, antispasmodiques, opioïdes en cas de diarrhée et une prise en charge psychologique (TCC) si besoin. L&rsquo;article discute l&rsquo;efficacité des probiotiques qui semble mineure avec de vrais effets indésirables d&rsquo;infections graves décrites. Enfin, pour certains patients souffrant de dyssynergie, la rééducation pelvienne peut être efficace.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhyL9l0jrGggWF4O-B2rAXhkhpjCPbvdbG4Tx_EHR1egrygojRtfW8KjAxRXdrmOtrXNAWwXJFxbsAF4-SfSUvlrgEMdEkw73agsGAnOk4A3dA0NweDb1gongHXf4_ZCt2W_3ax88QBph4/s2048/Capture+d%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran+2021-03-07+a%25CC%2580+21.01.51.png"><img src="/images/articles/2021/capture-d-25e2-2580-2599e-25cc-2581cran-2021-03-07-a-25cc-2580-21-01-51.png" alt=""></a></p>
<p><strong>5/ Violences</strong></p>
<p>On avait parlé des recommandations de la HAS sur le dépistage et la prise en charge des violences <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/07/dragi-webdo-n277.html">ici</a>, <a href="http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2021/2/2021_2_2.html">une étude</a> a permis de valider la version française du WAST (Woman Abuse Screening Tool) pour dépister les violences conjugales faites aux femmes, avec une sensibilité de 97,7% et une spécificité de 97,1% ainsi qu&rsquo;une bonne acceptabilité du test pour les femmes.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhEOfUsslXpN_y0pHgOP47EhkqIvPmBBSzonkQ0vr52A5rgLglR8OhBy2MzuUhzZ7BQkx6jZYyCjAM-ENwpUyZtGMVwkEgkThPfdkXpuHbH8jyAe1w4aYNXN7UwwGxNL9Ln5TVZaLxdtqw/s934/Art2-Fig1_zoom.jpg"><img src="/images/articles/2021/art2-fig1-zoom.jpg" alt=""></a></p>
<p><strong>6/ L&rsquo;article quali de la semaine</strong></p>
<p>Cet <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33006194/">article</a> qualitatif a exploré les attentes de parents canadiens ayant eu un diagnostic de bronchiolite pour leur enfant. Les parents interrogés ont fait part de leur anxiété concernant la bronchiolite (peur de ne pas reconnaitre les symptômes, de consulter pour rien, de la mort ou d&rsquo;une maladie respiratoire chronique sous jacente), anxiété persistante longtemps après leur sortie témoignant également un besoin de consignes claires et de réassurance, par oral et par écrit sur les symptômes devant amener à consulter.</p>
<p><strong>7/ Covid</strong></p>
<p>La vaccination s&rsquo;intensifie et tous les acteurs de santé sont impliqués. A compter du 15 mars, les pharmaciens, les IDE et les sage-femmes pourront vacciner. Les indications prioritaires ont changé cette semaine et la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3240076/fr/covid-19-quels-leviers-pour-vacciner-plus-vite-les-personnes-les-plus-vulnerables">HAS</a> recommande désormais de vacciner également les patients souffrant de maladies hépatiques chroniques et en particulier la cirrhose, atteints de troubles psychiatriques (vu le niveau de précision et la prévalence des troubles anxiodépressifs, on pourrait donc vacciner quasiment tout le monde), les personnes atteintes de démences ains que les personnes présentant un antécédent d’accident vasculaire cérébral. Elle rappelle que la vaccination n&rsquo;est pas contre-indiquée chez la femme enceinte. Pour aider à la décision, le <a href="https://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/vaccin_azd1222_astrazeneca_contre_la_covid_19_une_/">CNGE</a> propose un outil d&rsquo;aide à la décision utilisable pour le vaccin AstraZeneca.</p>
<p>Concernant les traitements : <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2777389">l&rsquo;ivermectine</a> ne marche pas et <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00461-X/fulltext">l&rsquo;azithromycine</a> ne semble pas fonctionner plus. Le <a href="https://sfpt-fr.org/vie-de-la-sfpt/communiques-sfpt/1454-bamlanivimab_cp_sfpt">Bamlanivumab</a>, prôné par les mails DGS, ne semble pas non plus convaincre la société française de pharmacologie et de thérapeutique. Bref, rien de nouveau sous le soleil.</p>
<p><strong>8/ Le jeu du mois : Bang!</strong></p>
<p>&ldquo;Bang!&rdquo; est un jeu familial d&rsquo;ambiance dans lequel chaque joueur interprète un rôle tenu secret dans un univers western. Vous pourrez donc être shérif, adjoint, bandit ou renégat et allez tenter d&rsquo;accomplir votre mission : abattre le shérif pour les bandits et abattre les bandits pour le Shérif et ses adjoints. Il faudra donc découvrir qui est qui pour faire des alliances efficaces (sauf pour le renégat qui est seul contre tous&hellip;) Il s&rsquo;agit d&rsquo;un jeu dans lequel on pioche des cartes d&rsquo;action pour tirer, esquiver, changer d&rsquo;armes, boire de la bière etc&hellip; Il y a ainsi beaucoup d’interactions, et un peu de hasard aussi lors que la dynamite est posée devant vous et que votre survie dépendra de la prochaine carte que vous allez piocher. Bref, c&rsquo;est un jeu simple est immersif qui permet de passer de bons moments !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhCkEy-diKn6xSHyn_li1B45QD3tv5tSxWhBt33z0BgXmkBC2lYC0XCGmlhXt74oVt6vD6p3J1Wt1lUmwBkqWC67aw5MZScmYgg99Hci2OKmVUJBsVKT3cGVo2qUkKGPChVH3CoRhhQoGxl/s2048/20200517_145830.jpg"><img src="/images/articles/2021/20200517-145830.jpg" alt=""></a></p>
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<p>@DrePetronille <em>(et @Dr_Agibus pour le jeu du mois et la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°302 : Covid (vaccins Pfizer/AZ, troubles ORL/HAS, zinc), diverticulite, allergies alimentaires, examen des seins, prégabaline, antidépresseurs</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/02/dragi-webdo-n302/</link><pubDate>Sun, 28 Feb 2021 23:08:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/02/dragi-webdo-n302/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Merci à tous ceux qui ont fait un don et qui ont envoyé des messages d’encouragement et de remerciement suite au billet de @DrePetronille de la semaine dernière! Ce blog et les DragiWebdo resteront gratuits, mais c&rsquo;est vrai qu&rsquo;une fois par an je rappelle l&rsquo;existence de la cagnotte sur le côté de la page (ou <a href="https://www.paypal.com/pools/c/8cLzV1gpfq">ici</a>). Merci encore et voici les actualités de la semaine: bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance:</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Pregabaline-Lyrica-et-generiques-modification-des-conditions-de-prescription-et-delivrance-pour-limiter-le-mesusage">ANSM</a> s&rsquo;inquiète du risque de dépendance et de complications lié au mésusage de la prégabaline et fait modifier les modalités de prescription à partir du 24 mai. Il sera désormais nécessaire de la prescrire sur ordonnance sécurisée pour une durée maximale de 6 mois. Les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/03/dragi-webdo-n219.html">britanniques avaient déjà commencé à prendre des mesures</a> pour limiter ces risques il y a quelques mois.</p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>Une fiche concernant les troubles du goût et de l&rsquo;odorat a été publiée par la <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-02/fiche_-_les_troubles_du_gout_et_de_lodorat.pdf">HAS</a>. Concernant les troubles olfactifs, la fiche présente un protocole de rééducation à donner au patient. Le recours à une IRM des voies olfactives et à la consultation ORL n&rsquo;est nécessaire qu&rsquo;après 2 mois de symptômes. Concernant les troubles cochléo-vestibulaires, la consultation ORL est systématiquement requise pour une évaluation, parfois en urgence si surdité.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjobYDSCCI52K8SlGX_fDRjY5VQARlKX2TiCLZGBAkAevDL5cCVCIDD8U-4PxpkxeVVYxK7URRi5OCuYWj2V-sJ-XLgN8gL32vqddVDy9OtTM31D8rr-No7OHMGQmaZhtzM4Cu0Di25SXoF/s1096/HAS+olfatif+et+vertiges.png"><img src="/images/articles/2021/has-olfatif-et-vertiges.png" alt=""></a></p>
<p>Rapidement, un essai contrôlé randomisé publié dans le <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33576820/">JAMA Open</a> retrouve que ni le zinc ni la vitamine C n&rsquo;améliorent le Covid, donc &ldquo;on&rdquo; peut arrêter les protocoles &ldquo;maison&rdquo; non éprouvés.</p>
<p>On avait parlé du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/12/dragi-webdo-n293.html">vaccin</a> Pfizer efficace à 95%. L&rsquo;utilisation massive de ce vaccin en Israël a été étudiée dans une <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2101765">étude</a> de cohorte appariant 600 000 patients vaccinés avec autant de patients non vaccinés. Après 1 seule dose l&rsquo;efficacité sur une infection symptomatique et sur une infection sévère étaient d&rsquo;environ 60% et atteignaient 90% après la 2ème dose. L&rsquo;efficacité sur la mortalité était de 74% après la 1ère dose (il n&rsquo;y avait plus assez de patients suivis pour savoir après la 2eme car le principal problème de cette étude est le suivi moyen de 15 jours des patients).</p>
<p>Complétons maintenant les données sur le vaccin AstraZeneca (on en avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/12/dragi-webdo-n293.html">ici</a> aussi). Cette étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00432-3/fulltext">Lancet</a> a publié des données plus complètes que précédemment. Ainsi, après 2 doses, l&rsquo;efficacité de ce vaccin atteindrait 66% (NNT= 53). Cependant, les auteurs suggèrent qu&rsquo;une seule dose permettrait d&rsquo;avoir une protection de de 76% dans les 3 mois suivant cette première injection. Parmi les patients ayant eu 2 injections, la réponse serait meilleure lorsque la 2ème dose était effectuée à plus de 12 semaines de la 1ère. Bien que ce soit le titre de l&rsquo;article, ces données sont issues d&rsquo;analyses exploratoires, donc ça limite un peu leur portée quand même.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire:</p>
<p>Le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/11/dragi-webdo-n290.html">NEJM</a> avait publié un &ldquo;n of 1 trial&rdquo; il y a quelques semaines pour étudier l&rsquo;effet nocebo des statines. Le <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.n135">BMJ</a> publie une étude similaire où chaque patient avait 6 séquences de 2 mois pour recevoir &ldquo;atorvastatine&rdquo; ou &ldquo;placebo&rdquo; avec une évaluation à chaque période des douleurs musculaires par échelle visuelle analogique. Il n&rsquo;y avait pas de différence à l&rsquo;EVA entre les périodes avec statine ou placebo, pas de différences sur les activités quotidiennes et le nombre d&rsquo;arrêts des traitements pour &ldquo;douleurs insupportables&rdquo; était similaire dans les 2 groupes.</p>
<p>4/ Gastro-entérologie :</p>
<p>Les recos <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/12/dragi-webdo-n164.html">HAS</a> recommandaient en 2017 de traiter les diverticulites par de l&rsquo;amoxiciline + acide clavulanique en 1ère intention et fluoroquinolone + métronidazole en 2ème intention alors que d&rsquo;autres sociétés savantes préféraient C3G + métronidazole. Un article d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M20-6315">Annals of internal medicine</a> pose la question du traitement antibiotique des diverticulites aiguës en ambulatoire et retrouve que le traitement par Amox+A.Clav n&rsquo;expose pas à plus d&rsquo;hospitalisations ou de chirurgies que l&rsquo;association FQ+metronidazole. Cette dernière était cependant pourvoyeuse de plus d&rsquo;infections à <em>Clostridium difficile</em>.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.n251">BMJ</a> aborde les allergies alimentaires en analysant une base de données britannique nationale. Entre 1998 et 2018, l&rsquo;incidence des hospitalisations pour anaphylaxie alimentaire est passée de 1,2 à 4,0 pour 100 000 personnes par an, cependant le risque de décès a diminué en passant de 0,7% à 0,2% des cas d&rsquo;anaphylaxie. Chez l&rsquo;enfant, le lait est le 1er allergène en cause alors que ce sont les fruits à coque chez l&rsquo;adulte.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEijJKa-wMq2mS8A7XRRu8cvA7MiGQ4XSP1eFJDfLgT830-sKQinh3uFX_lEHNbcmNefCNIuyllBtBjNZYHugcMxxbIt_mA2DI5y_CJgCuDtUy1NWGGKXgYfnV8oEL7NibJGZ9Co8aSJvOyW/s2302/allergies.png"><img src="/images/articles/2021/allergies.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Psychiatrie:</p>
<p>Une <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/01/14/BJGP.2020.0913.short">étude</a> qualitative a interrogé les généralistes australiens sur l&rsquo;arrêt des traitements anti-dépresseurs utilisés à long terme. Pour les médecins interrogés, l&rsquo;arrêt ne peut s&rsquo;entendre que dans le cadre d&rsquo;une décision médicale partagée avec prise en compte du contexte social (qui doit être stable) et de la préparation du patient à l&rsquo;arrêt du traitement médicamenteux. Les médecins ont rappelé qu&rsquo;il est souvent plus facile de renouveler un traitement que de creuser pour accompagner la déprescription. </p>
<p> </p>
<p>6/ Gynécologie:</p>
<p>On avait parlé plusieurs fois de l&rsquo;examen clinique des seins dont les performances sont <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/04/dragi-webdo-n224.html">très faibles</a> et qui n&rsquo;est pas recommandé dans le suivi des femmes à l&rsquo;étranger (il l&rsquo;est seulement en France&hellip; bref, passons). Le <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.n256">BMJ</a> publie un essai contrôlé randomisé &ldquo;examen clinique des seins tous les 2 ans&rdquo; versus &ldquo;pas de dépistage du tout&rdquo;, en Inde, pendant 20 ans, chez des patientes âgées de 35 à 64 ans et c&rsquo;est très intéressant puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de mammographie recommandée entre 35 et 50 ans (comme en France, enfin, ici la moitié des femmes ont déjà eu une mammographie avant 50 ans en l&rsquo;absence de recommandation&hellip; bref passons). Les auteurs retrouvent que:</p>
<ul>
<li>sur l&rsquo;ensemble des patientes: pas de différence de mortalité spécifique au cancer du sein ni de mortalité globale</li>
<li>chez les patientes de moins de 50 ans: pas de différence de mortalité spécifique ni de mortalité globale</li>
<li>chez les patientes de plus de 50 ans: réduction de la mortalité spécifique, mais pas de la mortalité globale.</li>
</ul>
<p>Ainsi, l&rsquo;examen clinique des seins avant 50 ans n&rsquo;apporte rien en dehors d&rsquo;éventuels surdiagnostics ou diagnostics plus précoces (on a quand même un suivi à 20 ans là!). Si on y trouve un éventuel intérêt, ce serait après 50 ans, où le dépistage par mammographie est déjà en place et la comparaison mammo versus examen clinique a déjà été débattue <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/12/dragi-webdo-n163.html">ici</a>: c&rsquo;est plutôt soit la mammo soit rien. Cet article ne permet donc pas de trouver une solution aux problèmes de surdiagnostics liés à la mammographie, mais semble surtout montrer une fois de plus les limites de l&rsquo;examen clinique des seins (cela ne veut pas dire qu&rsquo;on ne trouverait pas de cancer en le faisant, mais ce n&rsquo;est pas pertinent sur des critères cliniques autres que le stade des cancers. Et cela ne veut pas non plus dire qu&rsquo;il ne faut rien faire: une auto-surveillance reste recommandée, mais ce n&rsquo;est pas non plus une auto-palpation régulière comme c&rsquo;était recommandé avant et qui ne l&rsquo;est plus car cela conduisait à des surdiagnostics et des examens inutiles).</p>
<p> </p>
<p>6/ Diabétologie:</p>
<p>Dans la prise en charge du diabète, on arrive maintenant assez vite aux analogues du GLP-1 qui baissent la mortalité. Les inhibiteurs de SGLT-2, et notamment l&rsquo;empagliflozine, ont montré une réduction de la mortalité. Cette <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.120.047965">étude</a> de Circulation étudie le bénéfice de l&rsquo;ajout d&rsquo;un iSGLT-2 par rapport à l&rsquo;ajout d&rsquo;un sulfamide à une thérapie par aGLP-1 dans une étude de cohorte avec appariement des patients sur un score de propension. Les auteurs retrouvent que l&rsquo;ajout d&rsquo;un iSGLT-2 réduisait d&rsquo;avantage les hospitalisations pour insuffisance cardiaque (NNT=130) et le critère composite cardiovasculaire (infarctus, AVC et mortalité toute cause) (NNT=325). Aucun des sous critères du critère composite n&rsquo;était diminué significativement, donc le bénéfice de cette bithérapie semble quand même incertain au vu des effets secondaires des analogues de SGLT2. Cependant c&rsquo;est quand même probablement mieux qu&rsquo;une autre bithérapie avec des antidiabétiques oraux. Il aurait été intéressant de comparer avec l&rsquo;ajout d&rsquo;insuline basale, plus neutre, plutôt que l&rsquo;utilisation de sulfamides qui peuvent favoriser les évènements cardiovasculaires en majorant les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n205.html">variations glycémiques</a>.</p>
<p>C&rsquo;est fini ! Vous pouvez toujours vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>Ah, j&rsquo;oubliais, dans l&rsquo;<a href="https://www.lequipe.fr/Football/ligue-1/page-classement-equipes/general">Equipe</a>, retrouvez bien évidemment le classement de la ligue 1, avec le PSG qui, après sa victoire 4-0 au pays de la moutarde, reprend la 2ème place du classement en repassant devant l&rsquo;OL qui fait match nul dans l&rsquo;Olympico face à l&rsquo;OM suite à un penalty très controversé en faveur des marseillais (ben oui, il parait qu&rsquo;il faut lire l&rsquo;<a href="https://twitter.com/mimiryudo/status/1366103016278007808?s=20">équipe</a> pour ne pas être un bon scientifique!)</p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus <em>(et @DrePetronille pour le quali et la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°301 : Covid, gonocoque, arthrose, déprescription, cancers pulmonaires, intervention brève, fissure anale</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/02/dragi-webdo-n301/</link><pubDate>Sun, 21 Feb 2021 17:07:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/02/dragi-webdo-n301/</guid><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Oncologie</category><category>Addictologie</category><category>Gastro-entérologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour tout le monde, pour ce DragiWebdo, DrAgibus prend une pause en famille méritée et me charge de vous partager quelques actualités, ce sera donc plus court que d&rsquo;habitude ! Pour commencer, un peu de pharmacovigilance avec l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Traitement-contre-l-acne-severe-avec-isotretinoine-orale-l-ANSM-informe-d-un-risque-potentiel-de-troubles-neuro-developpementaux-en-cas-d-exposition-pendant-la-grossesse">ANSM</a> qui alerte sur les risques potentiels de troubles neuro-développementaux en cas d&rsquo;exposition in utero à l&rsquo;isotrétinoïne, en plus du risque malformatif déjà connu. Pour rappel, la prescription initiale est limitée aux spécialistes et est sous-tendue à une contraception efficace avec test de grossesse avant, mensuellement et une mois après l&rsquo;arrêt. En cas de grossesse sous traitement, le traitement doit immédiatement être arrêté.  Bonne lecture !</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>La vaccination contre la Covid-19 se poursuit et s&rsquo;ouvre, dès la semaine prochaine, aux cabinets de médecine générale.</p>
<ul>
<li>Le Collège de la Médecine Générale a édité une <a href="https://lecmg.fr/wp-content/uploads/2021/02/Vacciner-avec-le-vaccin-AZ-en-MG-CMG-11-02-21.pdf">fiche pratique</a> pour organiser la vaccination avec le vaccin AstraZenecca au sein des cabinets.</li>
<li>La SPILF a mis à jour ses <a href="https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/groupe-prevention/covid-19/vaccins-covid-19-questions-et-reponses-spilf.pdf">questions-réponses</a> à destination des soignants sur la vaccination.</li>
<li>Dans votre boite à outils, vous pouvez ajouter l&rsquo;<a href="https://www.cnge.fr/media/docs/cnge_files/file_manager/marilyn_peronnet/FU_COVID19_Outil_Vaccination_4_fev_v1(1).pdf">outil d&rsquo;aide à la décision</a> pour les patients pour le vaccin Pfizer pour leur permettre de faire un choix plus en adéquation avec leurs valeurs publié par le CNGE et la HAS, en association avec les associations de patients.</li>
</ul>
<p>Un article propose une <a href="https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2021.02.14.21251708v1.full.pdf">projection</a> du nombre de cas hospitalisés pour Covid-19, selon le variant, en fonction des mesures de distanciation sociale (renforcement: confinement de novembre, relaxation: pré couvre-feu de janvier). L&rsquo;épidémie devrait s&rsquo;orienter vers une augmentation du nombre de patients infectés par le variant britannique B.1.1.7 et une diminution de la souche historique. Les projections amènent à une prédominance du variant fin février-début mars (demain quoi). Finalement, l&rsquo;exposition de nos boites mail par DGS est un autre signal épidémiologique fort, avec une traduction mise à jour par <a href="https://mg-noob.blogspot.com/2020/09/strategie-et-modalites-disolement-pour.html">@Thor_vastatine</a> sur son blog.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEghlBO44MdQniTEsgxCTZJKVwW3vq8NnwG5AvEBj8slJNcqOTxzl14uaLUiNRYmcTocN57f3RZXdcGtLegqV8Rs-mKXbnv3IDf_EfabhPVvcfd7G8-QbFyL4-TIoy4MVTbmEtLyifZo7n4/s1904/Capture+d%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran+2021-02-20+a%25CC%2580+14.26.02.png"><img src="/images/articles/2021/capture-d-25e2-2580-2599e-25cc-2581cran-2021-02-20-a-25cc-2580-14-26-02.png" alt=""></a></p>
<p>Deux études de cohorte se sont intéressées à l&rsquo;anticoagulation dans le contexte de la Covid-19. <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.n311">La première</a>,  américaine, a inclus 4267 patients a montré une association entre l&rsquo;anticoagulation préventive instaurée précocement au cours d&rsquo;une hospitalisation et la diminution de la mortalité à 30 jours de 27% (HR 0.73, IC95 0.66-0.81, NNT=23 patients), sans effet hémorragique grave signalé dans la population étudiée. La <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/JAHA.120.018624">seconde</a>, française, a inclus 2878 patients, a montré une association entre l&rsquo;anticoagulation orale pré-hospitalière et la réduction de la gravité du Covid définie par un critère composite: décès/admission en soins intensifs (HR 0,7, IC95 0,55-0,88). En revanche, dans cette étude, les données n&rsquo;ont pas mis en évidence d&rsquo;association lorsque le traitement anticoagulant était instauré au cours de l&rsquo;hospitalisation. On attend donc des essais plus robustes pour décider de la conduite à tenir.</p>
<p>Un nouvel <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2776738">article</a> parle (encore) de vitamine D et de Covid. Cet essai contrôlé randomisé chez des patients atteints de Covid modéré à sévère n&rsquo;a pas mis en évidence de réduction de la durée de séjour chez les patients ayant reçu une ampoule de vitamine D (on passe quand à autre chose que la vitamine D?).</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Les Américains ont mis à jour leurs <a href="https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/69/wr/mm6950a6.htm?s_cid=mm6950a6_w">recommandations</a> pour le traitement des infections à gonocoque dans un contexte de majoration des résistances. Ils proposent 500mg de ceftriaxone (voire 1g pour les patients pesant plus de 150kg). Si indisponibilité, 800mg de cefixime en prise unique. En cas d&rsquo;allergie, un traitement IM par gentamycine 240mg associé à 2g d&rsquo;azithromycine est indiqué. En cas d&rsquo;infection à Chlamydia associée, un traitement par doxycycline 100mg x 2 pendant 7 jours est associé.</p>
<p>3/ Rhumatologie:</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2776205">revue de la littérature</a> parue dans le JAMA s&rsquo;intéresse à l&rsquo;arthrose du genou et de la hanche. Les principales mesures sont l&rsquo;activité physique et la perte de poids. Les anti-inflammatoires locaux ou généraux peuvent également être proposés, de même que les infiltrations de corticoïdes. D&rsquo;autres médicaments comme la duloxetine (on en avait déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2021/01/dragi-webdo-n297.html">là</a>) ou les opiacés peuvent être proposés, avec une tolérance moindre. En cas d&rsquo;arthrose évoluée, la chirurgie a montré un bénéfice. Un tableau de synthèse hiérarchisé les propositions thérapeutiques:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgPtHAN0A9hFRWH7eNXG9z8lKn7JXmnweXRHsNetwd66KyuY29w4wzMbsUiKfSdTTqSD6zjMSkzKGXzHXJ1nFfbvwVJXcoilvTPSB2ErNroN_-JO8HkP7UGRsJvKZuaajPRAQ2DONfcNsQ/s1496/Capture+d%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran+2021-02-20+a%25CC%2580+12.39.18.png"><img src="/images/articles/2021/capture-d-25e2-2580-2599e-25cc-2581cran-2021-02-20-a-25cc-2580-12-39-18.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Sujets âgés :</p>
<p>Cette <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/imj.15208">étude</a> qualitative s&rsquo;est intéressée au lien ville-hôpital dans les prescriptions/déprescriptions de médicaments chez les sujets âgés et plus précisément sa perception par les généralistes australiens. Les généralistes interrogés en focus groups et en entretiens individuels ont rappelé l&rsquo;importance d&rsquo;être impliqués et informés des raisons de changement de prescription décidés au cours d&rsquo;un passage à l&rsquo;hôpital pour leurs patients, connus de longue date. Ils ont émis le souhait de prendre part à la décision, y compris au moment de l&rsquo;hospitalisation, en étant contactés plutôt par téléphone avec lettre de liaison dématérialisée à la sortie de l&rsquo;hospitalisation pour pouvoir poursuivre le traitement décidé conjointement en sortie d&rsquo;hospitalisation. Améliorons la communication dans nos courriers et échanges sur les indications de nos traitements et les motifs de déprescription.</p>
<p>Un <a href="https://www.cfp.ca/content/67/1/25">article canadien</a> rappelle les étiologies de troubles du sommeil chez le sujet âgé. L&rsquo;interrogatoire doit. notamment rechercher des douleurs, une dyspnée, des mictions nocturnes, l&rsquo;environnement non propice au sommeil, un partenaire avec. des troubles du sommeil ainsi que les médicaments qui agissent de manière directe ou indirecte sur le sommeil:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjNLNhA8-nRKqiqLjKp6YgaZK20DbNbleXEjU6CBHz9_SFy2IV2n5SEqbx7Z86y37VZi2oIpERWPbQDpZ5xP8xjvhe7Hl-Fos2mbu0cGEWy0aM5mNKGe_ysjU1tdyO2fJLfAXNGjWJmeB0/s1232/Capture+d%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran+2021-02-20+a%25CC%2580+18.11.59.png"><img src="/images/articles/2021/capture-d-25e2-2580-2599e-25cc-2581cran-2021-02-20-a-25cc-2580-18-11-59.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Oncologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.academie-medecine.fr/le-depistage-du-cancer-du-poumon-par-scanner-thoracique-faible-dose-stfd-reste-non-justifie-mais-peut-etre-utile-pour-un-bilan-de-sante-des-fumeurs/">Académie de médecine</a> met à jour son point de vue sur le dépistage des cancers pulmonaires en affirmant que le scanner thoracique faible dose &ldquo;reste non justifié mais peut être utile dans le bilan de santé des fumeurs&rdquo; (avec ça&hellip;). En gros, l&rsquo;Académie rappelle que les études n&rsquo;ont pas mis en évidence de gain sur la mortalité et donc que le scanner ne doit pas entrer dans une campagne organisée, mais les auteurs y évoquent un bénéfice potentiel sur l&rsquo;initiation d&rsquo;un sevrage tabagique en montrant des lésions pulmonaires ou cardiaques (un jour passé, <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/08/dragi-webdo-n60.html">DrAgibus avait lu du quali</a> qui avait montré que le dépistage pouvait être un outil dans l&rsquo;arrêt du tabac, mais pas toujours).</p>
<p>6/ Addictologie</p>
<p>La HAS propose une <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_1795221/fr/outil-d-aide-au-reperage-precoce-et-intervention-breve-alcool-cannabis-tabac-chez-l-adulte">fiche</a> d&rsquo;aide au repérage précoce et d&rsquo;aide à l&rsquo;intervention brève pour les addictions à l&rsquo;alcool, au cannabis et au tabac de l&rsquo;adulte qui tient sur 2 pages avec notamment les questionnaires d&rsquo;évaluation du risque pour chaque substance.</p>
<p>Le <a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Alcoolo-dependance-fin-de-la-RTU-du-baclofene-Lettre-aux-professionnels-de-sante">baclofène</a> est officiellement disponible en pharmacie dans le traitement de l&rsquo;alcoolodépendance, mettant fin à sa RTU.</p>
<p>7/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le JAMA revient sur le diagnostic et la prise en charge des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2776317">fissures anales</a>.  Le plus souvent il s&rsquo;agit d&rsquo;une déchirure linéaire ou ovale de la partie postérieure, parfois accompagnée d&rsquo;un pseudo polype fibreux à sa partie supérieure ou d&rsquo;une pseudomarisque sentinelle sur sa partie inférieure. Les fissures atypiques (latérales notamment) doivent faire compléter le bilan pour recherche une infection par le VIH, une maladie de Crohn, la tuberculose, la syphilis ou encore des pathologies tumorales avec réalisation d&rsquo;une endoscopie. Le traitement de première intention, non médicamenteux, consiste en l&rsquo;évitement de traumatisme, l&rsquo;augmentation d&rsquo;apports en fibres alimentaires et en eau et en des bains d&rsquo;eau chaude pluriquotidiens. Pour les mesures médicamenteuses, éviter les opiacés (constipants) et la lidocaïne (peu efficace). Les traitements des fissures chroniques. (&gt; 8 semaines) peuvent associer des inhibiteurs calciques topiques (diltiazem, nifédipine) ou de nitrates topiques (nitroglycérine). La toxine botulique est également une option. En dernier recours, la chirurgie peut être proposée.</p>
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<p>PS: je profite d&rsquo;avoir la main sur le blog pour vous rappeler l&rsquo;existence d&rsquo;une <strong><a href="https://www.paypal.com/pools/c/8cLzV1gpfq">cagnotte</a></strong>, en haut à droite sur le blog, parce qu&rsquo;on ne va pas se mentir, @DrAgibus améliore nos dimanches soirs et petits déjeuners du lundi, alors on peut lui rendre la pareille.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgLTL61DOETGH-TlO4NkGpddVAZNlczORNjSDwIsrkRdDjaGvfcP_coDuZKm2eDqzVG6BNTFT0LMKYRk6UuMruZcprbNLFX4tKn6cU038d_wz5hxTEq1mJwywJoTo8attWYAVnWZkdw_yc/s456/Capture+d%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran+2021-02-20+a%25CC%2580+13.17.30.png"><img src="/images/articles/2021/capture-d-25e2-2580-2599e-25cc-2581cran-2021-02-20-a-25cc-2580-13-17-30.png" alt=""></a></p>
<p>À la semaine prochaine !</p>
<p>@DrePetronille (et @DrAgibus pour la relecture !)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°300 : Covid-19 (HAS), antibiothérapie (CMG), antihypertenseurs, mammographie à 40 ans, insulinothérapie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/02/dragi-webdo-n300/</link><pubDate>Sun, 14 Feb 2021 21:18:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/02/dragi-webdo-n300/</guid><category>Infectiologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir ! C&rsquo;est le numéro 300 !!!!! Merci à tous de continuer à lire le blog et à en faire la pub ! Bonne lecture !</p>
<p>1/ Covid-19</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3237271/fr/strategie-de-vaccination-contre-le-sars-cov-2-vaccination-des-personnes-ayant-un-antecedent-de-covid-19">HAS</a> a formulé une recommandation sur la vaccination à destination des patients ayant un antécédent de Covid-19. Les auteurs recommandent d&rsquo;attendre 3 mois (idéalement 6 mois) après l&rsquo;épisode aigu pour vacciner et de n&rsquo;effectuer qu&rsquo;une seule dose de vaccin. En effet, la réaction immunitaire chez ces patients semble suffisante après 1 seule dose et limite les effets indésirables d&rsquo;une 2ème injection.</p>
<p>L&rsquo;autre recommandation de la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3237041/fr/symptomes-prolonges-suite-a-une-covid-19-de-l-adulte-diagnostic-et-prise-en-charge">HAS</a> concerne la prise en charge des symptômes prolongés post-Covid. Pour résumer, il est nécessaire d&rsquo;effectuer une prise en charge globale en ambulatoire après avoir recherché une complication de la phase aigüe. Les traitements sont essentiellement symptomatiques, mais une prise en charge basée sur la rééducation est essentielle (rééducation physique, pulmonaire, olfactive&hellip; selon les symptômes) ainsi que la prise en charge des troubles psychologiques associés.</p>
<p>Les résultats de l&rsquo;étude <a href="https://www.epi-phare.fr/rapports-detudes-et-publications/covid-19-facteurs-risques/">Epi-phare</a> ont été publiés. C&rsquo;est une étude basée sur les données de l&rsquo;assurance maladie (ALD, remboursements&hellip;) et les motifs d&rsquo;entrée et de sortie d&rsquo;hospitalisation. Ainsi, 66 millions de français étaient éligibles, parmi eux 87 800 ont été hospitalisés pour Covid dont 15 600 en sont décédés. Toutes les maladies chroniques étaient associées à un surrisque de Covid sévère. Les principaux facteurs de risque d&rsquo;hospitalisation et de décès étaient l&rsquo;âge &gt; 85 ans, avoir un trisomie 21 ou un retard mental, avoir une insuffisance rénale ou transplantation rénale et avoir la mucoviscidose ou un cancer pulmonaire ou un transplantation pulmonaire.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Les collèges nationaux professionnels de médecine générale et de pédiatrie ont écrit des recommandations concernant les bonnes pratiques dans la <a href="https://lecmg.fr/wp-content/uploads/2021/02/Contribution-CMG-Antibioresistance-2021-02.pdf">prescription d&rsquo;antibiothérapie</a>. Ainsi, le document reprend les principales infections bactériennes traitées en ambulatoire pour globalement dire, qu&rsquo;avant toute situation pouvant amener à prescrire un antibiotique, un examen clinique est indispensable et que la téléconsultation ne permet pas de remplir ce critère. Quand l&rsquo;examen clinique n&rsquo;est pas indispensable les auteurs s&rsquo;inquiètent tout de même des difficultés à effectuer la prise en charge globale en rapport avec les pathologies (comme l&rsquo;abord des conduites à risque dans les IST ou du retentissement psychologique de l&rsquo;acné&hellip;.)</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Cet article  du <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.n189">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé aux effets secondaires  des anti-hypertenseurs chez les patients traités versus non traités ou traitement intensif versus standard. La revue systématique a permis d&rsquo;analyser les données de 280 000 patients et elle ne met pas en évidence de sur-risque de chute chez les patients traités ou intensivement traités. Cependant, il y avait une augmentation du risque d&rsquo;insuffisance rénale aiguë, d&rsquo;hyperkaliemie, d&rsquo;hypotension et de syncope. Le bénéfice du traitement était une réduction de la mortalité globale (NNT: 100 environ) et des AVC (NNT: 210) mais pas des infarctus du myocarde.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>La mammographie à partir de 40 ans, on pensait que [c&rsquo;était &ldquo;plié&rdquo;](<a href="https://www.medicalement-geek.com/2021/02/Un">https://www.medicalement-geek.com/2021/02/Un</a> article d&rsquo;annals of internal medicine, retrouve que pour 1000 femmes dépistées par mammographie tous les 2 ans entre 50 et 74 ans:) vu les doutes déjà après 50 ans. Et ben,  cette <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanonc/article/PIIS1470-2045(20)30398-3/fulltext">étude</a> britannique a randomisé 160 000 patientes de 39-41 ans en mammographie tous les 2 ans dès 40 ans ou suivi standard et mammographie à partir de 50 ans. Les patientes ont été suivies pendant 23 ans en moyenne. Les auteurs retrouvent une diminution de la mortalité liée au cancer du sein de 25% a 10 ans (donc avant qu&rsquo;elles aient 50 ans) soit un NNT de 7400 patientes.annés d&rsquo;après mes calculs (1150 patientes sur 10 ans d&rsquo;après les auteurs). Cependant, lorsque l&rsquo;on considère le suivi global sur les 20 ans, il n&rsquo;y avait pas de différence de mortalité. Les auteurs disent qu&rsquo;il y a peu de surdiagnostic mais vu l&rsquo;absence de bénéfice après 50 ans on peut se poser la question de l&rsquo;intérêt de débuter aussi tôt. L&rsquo;autre biais important de cette étude réside dans la période d&rsquo;inclusion: les 10 premières années correspondent aux années 1990 à 2005 et donc à des méthodes diagnostiques et thérapeutiques qui ont déjà plus de 15 ans (les performances radiologiques actuelles augmenteraient probablement le surdiagnostic et les traitements actuels pourraient diminuer la mortalité d&rsquo;une prise en charge après 50 ans pour un cancer qui aurait pu être diagnostiqué plus tôt).</p>
<p>5/ Métabolisme</p>
<p>Un <a href="https://clinical.diabetesjournals.org/content/38/3/304.full">article</a> parle de la &ldquo;sur-basalisation&rdquo; des patients diabétique de type 2 ou &ldquo;quand l&rsquo;insulinothérapie basale ne suffit plus&rdquo;. Il faut penser à introduire des doses d&rsquo;insuline rapide si le dosage d&rsquo;insuline basale est &gt; 0,5UI/kg, les glycémie post prandiale sont &gt; 1,80g/L, la différence entre glycémie au coucher et celle au réveil est &gt; 0,5g/L ou que les cibles glycémiques ne sont pas atteintes.</p>
<p>Je parle <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/11/dragi-webdo-n117.html">régulièrement</a> du concept de &ldquo;pré-diabète&rdquo;. Une nouvelle <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2775594">étude</a> publiée dans la Jama internal medicine retrouve que parmi 1500 patients prédiabétiques d&rsquo;environ 75 ans suivis pendant 6 ans, seuls 9% devenaient diabétiques, 13% sont redevenus normoglycémiques et 19% sont décédés (pas à cause de diabète). Ainsi malgré la prévalence élevé de pré-diabète dans la population âgée, l&rsquo;évolution vers le diabète ou ses complications sont plutôt rares, ce qui suggère que ce n&rsquo;est pas un &ldquo;paramètre robuste&rdquo; à cet âge comme le formulent les auteurs.</p>
<p>Une des conséquences des analogues du GLP-1, c&rsquo;est la perde de poids. Des auteurs ont donc mené un essai contrôlé randomisé testant le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2032183">semaglutide</a> injectable 1/semaine versus placebo chez des patients obèses (ou avec IMC&gt;27 si comorbidité) non diabétiques. Les patients traités ont eu une perte de poids de 15%(15kg en moyenne) versus 2,5% (2,5kg) et le NNT pour obtenir une perte de poids d&rsquo;au moins 10% était de 2 patients. Les patients sous semaglutide avaient aussi des pressions artérielles, des glycémies et un LDL plus bas et une meilleure évaluation de la qualité de vie. On peut se demander si les a-GLP1 vont être indiqués dans le traitement de l&rsquo;obésité. Les risques semblent plutôt rares d&rsquo;après les études chez les patients diabétiques, mais des études plus longues chez les patients non diabétiques, notamment pour évaluer le maintien de la perte de poids après arrêt du traitement sont nécessaires.</p>
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]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°299 : Covid-19 (vaccin, hésitation vaccinale, réinfections), vaccin HPV, dépistage cancer thyroïdien, contraception d'urgence/DIU, cyproterone/méningiomes</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/02/dragi-webdo-n299/</link><pubDate>Sun, 07 Feb 2021 16:48:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/02/dragi-webdo-n299/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>Gynécologie</category><category>Néphrologie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ou bonsoir (selon l&rsquo;heure à laquelle vous allez lire ce nouveau billet) ! Je n&rsquo;ai pas réussi à limiter le nombre d&rsquo;articles, c&rsquo;est le début du mois, tous les journaux sortent leur nouveau numéro, bref, trop de trucs intéressants (avec plein d&rsquo;études françaises en plus!)&hellip; bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un article du <a href="https://bjgp.org/content/71/703/e128">BJGP</a> retrouve une association entre les injections articulaires de corticoïdes et la survenue d&rsquo;infarctus du myocarde avec une incidence de 1,9 syndrome coronaires aigus pour 1000 infiltrations.</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.n37">BMJ</a> a utilisé les données de l&rsquo;assurance maladie française pour comparer l&rsquo;incidence des méningiomes chez des patientes traitées par acetate de cyproterone (Androcur* ou autre) par rapport à des patientes contrôle. Il y avait 6 fois plus de méningiomes chez les patientes sous acetate de cyproterone (NNH=5200 patientes.année). Le risque était multiplié par 20 chez les patientes ayant eu plus de 60g de cyproterone, et diminuait après l&rsquo;arrêt du traitement. Tout cela vient mettre des chiffres sur les alertes de l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/02/dragi-webdo-n257.html">ANSM</a>.</p>
<p>2/ Covid-19</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3235927/fr/astrazeneca-la-has-recommande-son-utilisation-chez-les-professionnels-de-sante-et-les-personnes-de-50-a-64-ans">HAS</a> valide l&rsquo;utilisation du vaccin AstraZeneca chez les professionnels de santé et les patients de 50 à 64 ans, mais pas après car il n&rsquo;y avait pas assez de patients de plus de 65 ans dans l&rsquo;étude ayant conduit à cette décision. L&rsquo;efficacité est d&rsquo;environ 70%, ce qui est quand même moins que pour le Moderna et le Comirnaty. Cependant il se conserve au réfrigérateur donc c&rsquo;est bien plus pratique. Compte tenu du manque de vaccins, c&rsquo;est probablement une bonne chose de pouvoir vacciner avec une efficacité suffisante plus de patients dans une tranche d&rsquo;âge non encore vaccinée, mais si les vaccins étaient en quantité suffisante, on peut se demander s&rsquo;il ne faudrait pas prioriser les autres.</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00234-8/fulltext">vaccin russe</a> à adénovirus recombinant (Sputnik V) a été testé dans une étude de phase 3 randomisant 22 000 patients vaccin versus placebo (3:1). Les auteurs retrouvent une efficacité du vaccin de 91%, et 0,4% d&rsquo;effets indésirables graves (vs 0,3% avec le placebo), mais les effets indésirables non graves sont moins bien décrits (notons que c&rsquo;est la 1ère fois dans un Lancet la formule de calcul d&rsquo;un Odd Ratio&hellip;)</p>
<p>En pleine campagne de vaccination, le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(21)00012-8/fulltext?utm_campaign=tlcoronavirus21&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social#%20">Lancet</a> a publié un article sur les Français, car on est quand même les meilleurs quand il s&rsquo;agit d&rsquo;étudier l&rsquo;hésitation vaccinale ! Ainsi, près de 2000 Français actifs ont été interrogés selon diverses modalités de vaccins. On voit que les opposants au vaccin le sont quelles que soient les circonstances, mais la part d&rsquo;hésitants se réduit au profit des personnes acceptant de se faire vacciner quand on réduit la probabilité d&rsquo;effets secondaires, qu&rsquo;on augmente l&rsquo;efficacité et selon le lieu de fabrication. Globalement, l&rsquo;opposition/hésitance vaccinale était associée au sexe féminin, à l&rsquo;âge, au faible niveau socio-économique, à une mauvaise adhésion aux autres recommandations vaccinales et au fait de ne pas avoir de maladies chroniques.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjBfLNJ6QDF1S7OES-a1k9Leb3nNvPLNcAQwZbRAhFvOxE8aV4N71OCXJNpAAka0c_KqvzB8nn80wcGy-dNUii9pE29ab6D_yX0jhk1GwD4xW_FKSi6Krm9CWPEKPD83u8Gjj9bNM-0YqWT/s998/h%25C3%25A9sitation+vaccinale.png"><img src="/images/articles/2021/h-25c3-25a9sitation-vaccinale.png" alt=""></a></p>
<p>Une <a href="https://www.nature.com/articles/s41562-021-01056-1">étude</a> américaine et britannique a, de la même façon, retrouvé que la désinformation sur internet concernant la vaccination anti-Covid diminuait de 6% le nombre de personnes qui souhaitaient se faire vacciner.</p>
<p>Une <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/23744235.2020.1871066">revue systématique</a> s&rsquo;est intéressée à la récurrence des infections à Sars-Cov2. Ces récurrences se sont produites de façon variables dans les cohortes: entre 2 et 20% des patients. Il n&rsquo;y a que chez 3% des patients que l&rsquo;intensité des récurrences était supérieure à l&rsquo;épisode initial. Les auteurs concluent que le risque de récurrences est donc notable, même chez les personnes immunisées.</p>
<p>Dans les traitements testés, l&rsquo;étude <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00149-5/fulltext">Recovery</a> randomisait azithromycine versus placebo chez des patients hospitalisés pour COVID-19. Les auteurs retrouvent que l&rsquo;azithromycine ne fonctionne pas, ni pour réduire la mortalité, ni pour réduire d&rsquo;autres critères cliniques, voilà.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Devant l&rsquo;absence de bénéfice, l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2775719">USPSTF</a> se positionne contre le dépistage des sténose scarotidiennes chez les patients asymptomatiques en population générale (Pas de preuve d&rsquo;un bénéfice et quelques risques à dépister).</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Dans un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(19)30324-9/fulltext">Lancet Diab&amp;Endoc</a>, les auteurs confirment l&rsquo;absence d&rsquo;intérêt de dépistage du cancer de la thyroïde sauf chez certaines populations à haut risque:</p>
<ul>
<li>les enfants exposés à des retombées nucléaires ou à des radiations thérapeutiques: palpations tous les 5 ans</li>
<li>syndromes héréditaires (sauf cancer médullaire): palpation systématique</li>
<li>hérédité familiale de cancer non médullaire de la thyroïde (2 voire 3 cas familiaux): palpation annuelle à partir de l&rsquo;âge du cas le plus jeune</li>
</ul>
<p>Notons que l&rsquo;échographie n&rsquo;est jamais recommandée systématiquement. En effet, le tableau des risques du dépistage est bien plus long que celui de ses indications (On avait déjà parlé du surdiagnostic de ce cancer plusieurs fois notamment <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/02/dragi-webdo-n255.html">ici</a>)</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2022141">essai</a> contrôlé randomisé a comparé l&rsquo;utilisation d&rsquo;un DIU au levonorgestrel à 52mg versus un DIU au cuivre en T à 380mg (LA référence en termes de DIU) dans l&rsquo;indication de contraception d&rsquo;urgence. C&rsquo;est une étude de non infériorité ayant randomisé 600 femmes. À 1 mois, il y avait 1 grossesse dans le groupe LNG et aucune dans le groupe T380 soit une différence absolue de 0,3% suffisante pour prouver la non infériorité. Cette étude est intéressante mais compte tenu du plus faible nombre de grossesses qu&rsquo;attendu par les auteurs, on peut se demander s&rsquo;il ne faudrait pas une étude de plus grande ampleur.</p>
<p>6/ Néphrologie</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD011393.pub2/full/fr">Cochrane</a> a publié une revue concernant les traitements du prurit chez les patients atteints de maladie rénale chronique. Les antihistaminiques sont le traitement le plus courant malgré le manque de preuves. Les traitements les plus efficaces sont les antiépileptiques comme la gabapentine et la prégabaline. D&rsquo;autres traitements comme le montélukast et le sulfate de zinc pourraient avoir une efficacité de moindre ampleur.</p>
<p>7/ Vaccination HPV</p>
<p>Une <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.m4931">étude</a>Sud-Coréenne a comparé environ 350 000 patientes vaccinées contre le HPV et 50 000 non vaccinées. Les auteurs ne retrouvent pas d&rsquo;augmentation d&rsquo;effets indésirables (endocrinien, auto-immun/vasculaire ni neurologique), en dehors d&rsquo;une légère augmentation des migraines de 3 patients pour 1000 vaccinées qui n&rsquo;était pas retrouvée en analyse secondaire. Voilà qui est globalement rassurant encore une fois.</p>
<p>Une <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13814788.2020.1851677">étude</a> qualitative irlandaise s&rsquo;est intéressée au point de vue de parents de jeunes filles au sujet de la vaccination contre le papillomavirus. Les composantes de l&rsquo;hésitation vaccinale se rapprochent de celles habituellement citées : l&rsquo;historique des doutes autour des vaccins (notamment le ROR), la peur d&rsquo;effets indésirables renforcée par les communications autour d&rsquo;effets indésirables potentiels, mais aussi le manque de sources fiables d&rsquo;informations à destination du grand public, notamment sur l&rsquo;efficacité du vaccin. Les parents ont en revanche des connaissances, incomplètes, sur les effets du vaccin et le souhait de protéger leurs filles. Enfin, en Irlande, la confiance envers les autorités sanitaires a été ébranlée par un scandale révélé en 2018 autour des dépistages du cancer du col avec des erreurs de résultats limitant la confiance autour des campagnes promues par les autorités, dont la campagne vaccinale. La confiance à l&rsquo;égard des professionnels de santé est réaffirmée dans cette étude. Il serait intéressant d&rsquo;ouvrir cette discussion aux parents de jeunes hommes, inclus plus récemment dans la campagne vaccinale pour lesquels les enjeux personnels sont différents. Il semble nécessaire de mieux identifier le rôle des différentes sources d&rsquo;information afin de s&rsquo;en saisir pour améliorer la qualité de l&rsquo;information diffusée auprès des populations ciblées par la campagne vaccinale.</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p> @Dr_Agibus et @DrePetronille <em>(pour le quali et la relecture!)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°298 : vaccin Covid-19 (grossesse/allaitement), colchicine/Covid-19, vitamine D (ANSM), loperamide, AOD inappropriés, sevrage tabac, Terraforming Mars</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/01/dragi-webdo-n298/</link><pubDate>Sun, 31 Jan 2021 23:21:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/01/dragi-webdo-n298/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Addictologie</category><category>ORL</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir ! Merci de me lire encore une fois, j&rsquo;essaye de ne pas faire trop long et de mieux sélectionner les articles cette année (parfois c&rsquo;est dur quand même&hellip;) Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/afssaps/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Vitamine-D-chez-l-enfant-recourir-aux-medicaments-et-non-aux-complements-alimentaires-pour-prevenir-le-risque-de-surdosage">ANSM</a> et l&rsquo;<a href="https://www.anses.fr/fr/content/vitamine-d-chez-l%E2%80%99enfant-recourir-aux-m%C3%A9dicaments-et-non-aux-compl%C3%A9ments-alimentaires-pour">ANSES</a> alertent sur l&rsquo;utilisation des compléments alimentaires utilisés pour supplémenter les nourrissons en vitamine D, devant des risques de surdosages et d&rsquo;hypercalcémie liés aux dosages très différents et non contrôlés de compléments. Les agences informent également d&rsquo;une future mise à jour des recommandations sur la supplémentation menée par le centre de référence des maladies rares en du calcium avec l&rsquo;aval de plusieurs sociétés de pédiatrie pour aligner les doses recommandées à celles d&rsquo;autres pays européens: 400 UI/j de 0 à 18 ans et 800UI/j si facteurs de risque (je ne sais pas si une société aussi spécialisée est vraiment un excellent choix pour une prise en charge aussi générale&hellip;)</p>
<p>Un article publié dans Circulation s&rsquo;est intéressé au <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.120.050587">Loperamide</a>. En effet, on avait déjà parlé de possibles troubles cardiaques <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/06/dragi-webdo-n101.html">ici</a>, et les auteurs de cette nouvelle étude ont retrouvé que les troubles cardiaques se produisaient majoritairement chez des hommes de 18 à 44 ans en causant notamment des troubles du rythme ventriculaire, mais leur fréquence serait très faible quand même (3 pour 100 000 prescriptions). Pour mémoire, le loperamide est toujours déconseillé par le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/05/dragi-webdo-n229.html">HCSP</a> dans les diarrhées du voyageur et par les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/09/dragi-webdo-n152.html">pédiatres</a> dans les gastroentérites, mais c&rsquo;est toujours aussi un médicament en vente sans ordonnance&hellip; (Edit: on me rappelle de ne pas négliger le rôle des pharmacien dans la délivrance des médicaments en vente libre. Merci pour leurs bon conseils bien sur, je ne voulais pas les froisser. Mais un médicament en vente libre est perçu comme moins dangereux par les patients cf <a href="https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/875512250702300303">ici</a>,et <a href="https://academic.oup.com/fampra/article/22/2/170/522318">là</a>)</p>
<p>2/ COVID-19</p>
<p>Le <a href="https://www.health.belgium.be/fr/avis-9622-vaccination-contre-la-covid-19-chez-la-femme-enceinte?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">conseil de santé belge</a> a publié des recommandations sur la vaccination des femmes enceintes et allaitantes. Concernant les femmes enceintes, il semblerait qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas assez de données pour que le conseil recommande le vaccin dans cette population à risque de Covid sévère. Cependant, ils disent que cela peut s&rsquo;envisager après évaluation de la balance bénéfice-risque de façon individuelle. En France, il semblerait que le <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3606815?src=soc_tw_210129_mscpfr_news_obgyn_grossesse&amp;faf=1#vp_1">CNGOF</a> soit du même avis. Le conseil de santé belge déclare que bien qu&rsquo;il y ait peu de données sur les patientes allaitantes vaccinées, le risque d&rsquo;un effet toxique sur le nouveau né est extrêmement faible et que ces patientes peuvent être vaccinées.</p>
<p>Une étude publiée dans <a href="https://openres.ersjournals.com/content/7/1/00594-2020">l&rsquo;ERJ Open</a> à partir d&rsquo;une cohorte de 5000 patients atteints de Covid. Dans cette cohorte, 21,2% des patients BPCO avaient un Covid sévère contre 17,2% chez les patients sans pathologie respiratoire (différence significative). Cependant les patients asthmatiques n&rsquo;avaient pas de risque significativement augmenté de Covid sévère par rapport aux patients sans pathologie respiratoire (18,5% vs 17,2%). Plutôt rassurant pour les patients asthmatiques.</p>
<p>Je n&rsquo;aime pas regarder les pré-prints, mais j&rsquo;ai fait une exception pour <a href="https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2021.01.26.21250494v1">Colcorona</a> évaluant la colchicine dans le Covid vu qu&rsquo;un communiqué annonçait des résultats prometteurs. Les auteurs ont randomisé des patients atteints de Covid (diag par PCR ou si un prohre était PCR+) en ambulatoire diagnostiqués depuis moins de 24h, âgés de plus de 40 et avec au moins 1 facteur de risque de covid sévère. Ils recevaient soit un placebo soit de la colchcine 0,5mgx2/j pendant 3 jours puis 0,5mg/j pendant 27 jours. Le critère de jugement (CJP) était la survenue d&rsquo;un décès ou d&rsquo;une hospitalisation à J30. Compte tenu des analyses intermédiaires, la significativité du critère est placée à 0,049 et non 0,05. Les auteurs ont inclus 4500 patients (au lieu des 6000 prévus, ça commence mal) qui avaient des symptômes depuis 5 jours environ. La survenue du CJP, celle des hospitalisations et celle des décès pris en compte séparément n&rsquo;étaient pas statistiquement différentes entre les 2 groupes. Dans l&rsquo;analyse en sous groupes des patients PCR+, là, le p était  à 0,04!! Mais c&rsquo;était une analyse en sous groupe&hellip; Aller, dans le meilleur des cas, ça fait un NNT à 72. Dans ce sous groupe, il y avait un peu moins d&rsquo;hospitalisations pour Covid mais pas de réduction des décès. Côté effets indésirables, les patients sous colchicine avaient plus d&rsquo;effets indésirables sévères (NNH= 71, c&rsquo;est donc plus fréquent que le bénéfice). Il y avait plus de diarrhées (NNH=16, la diarrhée étant le 1er signe de surdosage, ces patients auraient du ne pas poursuivre le traitement - en dehors d’une étude, on ne pourrait pas aussi bien surveiller les effets indésirables, notamment plus sévères&hellip;), plus d&rsquo;embolies pulmonaires (NNH=250). Bref, même si la colchicine pourrait être efficace, cette étude ne permet pas de le démontrer et le bénéfice semble discutable au vu du nombre d&rsquo;effets secondaires sévères rapportés.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>J&rsquo;avais déjà parlé de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/03/dragi-webdo-n261.html">CACAO ici</a> . Elle étudiait la survenue d&rsquo;effet indésirables sous AVK et AOD. Le <a href="https://bjgp.org/content/71/703/e134">BJGP</a> a publié une étude ancillaire étudiant les prescriptions inappropriées d&rsquo;AOD dans la fibrillation auriculaire. Les auteurs retrouvent que près de 40% des 1111 patients traités avaient une prescription inappropriée (notamment un sous dosage pour 30%). C&rsquo;est l&rsquo;âge élevé qui était le facteur principal de sous dosage (puis la prescription d&rsquo;apixaban/dabigatran et le CHADSVASC &gt;1 étaient d’autres facteurs dans une moindre mesure). L&rsquo;insuffisance rénale et le HAS-BLED &gt;3 étaient des facteurs de surdosages (bien que les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/09/dragi-webdo-n279.html">recos ESC</a> ne contre indiquent pas les anticoagulants en cas de HAS-BLED élevé, il faut seulement &ldquo;être plus vigilant&rdquo;). Les AOD sont d&rsquo;utilisation récente mais efficaces, travaillons leurs modalités de prescriptions pour éviter ces prescriptions inappropriées pouvant faire courir des risques aux patients (d&rsquo;ailleurs comme c&rsquo;est une étude de cohorte, il pourrait être intéressant de voir dans quelles mesures ces prescriptions inappropriées ont des implications cliniques. Il faudrait voir si le sur-risque avec retrouvé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/07/dragi-webdo-n191.html">ici</a> avec l&rsquo;apixaban 2,5 était par exemple lié aux sous dosages).</p>
<p>4/ Addictologie</p>
<p>Une revue systématique du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2775286">JAMA</a> a étudié les différentes interventions pour aider au sevrage tabagique. Pour chaque traitement, les auteurs ont tenté de répondre à 3 questions. D&rsquo;abord,  y a t-il des bénéfices sur des critères cliniques: seules les thérapies comportementales pourraient diminuer le risque de mortalité avec un faible niveau de preuve. Ensuite, quels sont les traitements améliorant l&rsquo;arrêt du tabac: les interventions comportementales, substituts nicotiniques et le bupropion sont efficaces en augmentant le sevrage de 60% environ, et la vareniciline de 120%. Les auteurs ne retrouvent pas d&rsquo;effets indésirables cardiovasculaires majeurs ou psychiatriques avec chacun de ces traitements (mouais, c&rsquo;est pas forcément cohérent vu les risques augmentés sous bupropion). Pendant la grossesse, seules les interventions comportementales semblaient efficaces.(Edit: désolé, mais aucun risque absolu n&rsquo;est rapporté et c&rsquo;est bien dommage)</p>
<p>5/ ORL</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé du <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.m4903">BMJ</a> a étudié l&rsquo;utilisation des inhibiteurs de la pompe à proton dans le traitement des symptômes persistants au niveau de la gorge (enrouement, douleur, sensation de globus, hémage, rhinorrhée postérieure, expectorations, toux ou sensation d&rsquo;étouffement). Que ce soit après 16 semaines ou 12 mois, la double dose de lansoprazole s&rsquo;est avérée inefficace pour soulager ces patients.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Voici un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(20)30381-8/fulltext">Lancet Diabetes and Endoc</a> qui parle de la prise en charge hospitalière du diabète de type 2, ce qui est donc totalement inutile en médecine générale ambulatoire. Mais je me suis dit que la figure suivante pouvait quand même être utile (en dehors de ça, il n&rsquo;y a rien de neuf par rapport aux recos internationales actuelles). Il s&rsquo;agit d&rsquo;un algorithme pour introduire une insulinothérapie chez les patients chez qui on doit suspendre les antidiabétiques oraux au cours d&rsquo;une hospitalisation:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgDrCRtANgrtqsgItnqs9sbG8pqLpbAhYp6Asofwg5GDRgfX5m2vEUftDs4D2zp35Bft9TmhLQoKXhJH7GrZZgRum5RGclnFqD5-IL50JcpKEcTQk_wwcv8gZnz_MzgzcKkcL06lbWFY9Mb/s1137/diabetes.png"><img src="/images/articles/2021/diabetes.png" alt=""></a></p>
<p>7/ Le jeu du mois : &ldquo;Terraforming Mars&rdquo;</p>
<p>&ldquo;Terraforming Mars&rdquo; est un jeu expert dans lequel les joueurs vont rendre Mars habitable. En effet, au cours de chaque &ldquo;génération&rdquo; (tour), il va falloir piocher des cartes pour réaliser des projets grâces aux ressources collectées au fur et à mesure de l&rsquo;exploitation de la planète. C&rsquo;est un jeu de gestion de ressources et de conquêtes territoriales. La partie se termine quand les actions combinées des joueurs ont suffisamment fait monter niveau d&rsquo;eau, le taux d&rsquo;oxygène et la température, Le grand nombre de cartes avantage un peu les joueurs les plus habitués, mais en dehors de ça, c&rsquo;est probablement un des meilleurs jeux de tous les temps (bien que la durée des parties ne le rende pas accessible à tous).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiSBxntxCd6xB6z90jF4DCF23eFydFg6-fuycjo5DMJAFPtqBL9gZEdt6YBs_yLHGcsf_pqapd4RCGB5rqU-7UiCMM6LiBB0kiON-Fuq2mmXIa-Etg7YEOuK-9a7enVW3JfglCxb2GuIwZN/s1080/FB_IMG_1588415760198.jpg"><img src="/images/articles/2021/fb-img-1588415760198.jpg" alt=""></a></p>
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p> @Dr_Agibus  (et merci @DrePetronille pour la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°297 : COVID-19 (test, vaccin Moderna), trouble anxieux, antidépresseurs/lombalgie, antidiabétiques vs chirurgie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/01/dragi-webdo-n297/</link><pubDate>Sun, 24 Jan 2021 16:47:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/01/dragi-webdo-n297/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Rhumatologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, le billet ne sera pas trop long cette semaine, n&rsquo;ayant pas trouvé beaucoup d&rsquo;articles pertinents pour la pratique. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Comme chaque semaine, l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Point-de-situation-sur-la-surveillance-des-vaccins-contre-la-COVID-194">ANSM</a> publie un point de situation sur la vaccination anti-COVID. Sur les 390 000 patients vaccinés, il a été rapporté 135 effets indésirables à l&rsquo;ANSM dont 31 graves incluant 9 décès chez des patients fragiles multimorbides en EHPAD. Il est étonnant qu&rsquo;il n&rsquo;y ait eu que 3 cas d&rsquo;erreur d&rsquo;administration. Bref, pensez à bien déclarer tout effet indésirable même bénin survenant après une vaccination !</p>
<p>2/ COVID-19</p>
<p>En complément de l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2021/01/dragi-webdo-n296.html">article de la semaine dernière sur les tests salivaires</a>, un autre <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2775397">article</a> paru dans le Jama internal medicine donne cette fois ci les capacités diagnostiques des tests salivaires et nasopharyngés. D&rsquo;après cette méta-analyse, les tests salivaires ont une sensibilité de 83% et une spécificité de  99%, et les tests nasopharyngés ont une sensibilité de 85% et une spécificité de 99%. Ils semblent donc en effet, aussi fiables l&rsquo;un que l&rsquo;autre.</p>
<p>Le CNGE a également publié une infographie concernant l&rsquo;efficacité et la tolérance du vaccin Moderna* dans le cadre d&rsquo;une procédure de décision partagée avec les patients. Vous pouvez la lire <a href="https://cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/vaccin_moderna_mrna_1273_contre_la_covid_19_une_ai/">ici</a> en entier. (Notons tout de même, compte tenu des durées d&rsquo;études et des populations un peu différentes de celles du vaccin Comirnaty, qu&rsquo;il n&rsquo;est pas forcément judicieux de comparer les 2 infographies pour en déduire qu&rsquo;un vaccin est supérieur à l&rsquo;autre. Il est possible que des méta-analyses en réseau soient publiées dans les semaines à venir pour comparer les vaccins)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjZNf-PA0fwPIvjWR7een4twmrwxc4F5d_dx7_U43meRtAnvoPhDkZ0kTPZvdoa9lPVeFczUMjbjChHO_IfAuJ2WCb2-j-obqrV1BvWXeHSuIkSImvD-aCiI61VxoRrpDHortxKU0WrjqkI/s984/moderna.png"><img src="/images/articles/2021/moderna.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.m4825">BMJ</a> a évalué les différents antidépresseurs dans la prise en charge des douleurs lombaires/sciatalgies et de l&rsquo;arthrose. Cette revue systématique a inclus 33 études et le seuil de pertinence clinique était fixé à -10 points sur 100 lors des évaluations. Dans la lombalgie, les auteurs retrouvent une efficacité de la duloxétine avec une réduction de 5 points de l&rsquo;évaluation de la douleur à 2 semaines et jusqu&rsquo;à 3 mois. La duloxétine et l&rsquo;amitriptyline avaient une efficacité retrouvée en cas de sciatique avec une baisse de 10 à 15 points sur 100 entre 1 et 3 mois de traitement. Dans l&rsquo;arthrose, la duloxetine était également efficace avec une réduction de 5 à 6 points (Les autres antidépresseurs n&rsquo;avaient globalement pas d&rsquo;efficacité dans ces 3 indications). Les <em>funnel plots</em> sont en faveur de l&rsquo;absence de biais de publication. On peut quand même être étonné que seules la duloxetine, la paroxetine, la fluoxetine, le milnacipran et l&rsquo;amitriptyline aient été étudiées. Les effets secondaires sont peu décrits mais augmentés avec chacune des classes étudiées (mais pas pour les effets sévères). Vu la taille d&rsquo;effet, on peut quand même se poser la question de la balance bénéfice risque et décider de l&rsquo;utilité au cas par cas.</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Cet <a href="https://bjgp.org/content/early/2021/01/20/BJGP.2020.0959">article</a> de recherche qualitative confronte le point de vue des patients et des médecins généralistes sur
le trouble anxieux généralisé. Il met en évidence une difficulté à
nommer le diagnostic de troubles anxieux:  symptômes temporises, sous-estimés ou normalisés (&ldquo;émotion naturelle&rdquo;) avec parfois la peur de stigmatiser les patients.  Pourtant, poser
un diagnostic peut permettre de mieux comprendre et
accepter le diagnostic et ses symptômes pour trouver les moyens d&rsquo;y
faire face. En opposition avec les MG qui n&rsquo;osent pas poser de
diagnostic, certains patients n&rsquo;osent pas parler de leurs symptômes,
jugés trop peu importants (voire non reliés à l&rsquo;anxiété) ou ayant peur
de déranger ou encore d&rsquo;être jugés. Prenons le temps de nous poser la
question du diagnostic derrière les symptômes anxieux, et ce n&rsquo;est pas
toujours une dépression !</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>La <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2030186">sotagliflozine</a> est un nouvel inhibiteur de SGLT2 qui a été évalué chez des patients diabétiques à haut risque cardiovasculaire avec insuffisance rénale chronique modérée. Environ 10 000 patients ont été randomisés et suivis pendant 16 mois en moyenne. Le traitement réduisait significativement le critère de jugement cardiovasculaire composite (décès cardiovasculaires et insuffisance cardiaque) avec un NNT de 53 patients par an, mais ne réduisait ni la mortalité globale, ni la mortalité cardiovasculaire. Les patients traités avaient également plus de déshydratation, plus d&rsquo;infections mycosiques génitales, plus de diarrhées et plus d&rsquo;acido-cétoses. Compte tenu de ces résultats, il semble toujours préférable d&rsquo;utiliser l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/09/dragi-webdo-n63.html">empagliflozine</a> plutôt qu&rsquo;une autre gliflozine dans la prise en charge du diabète si on a recours à cette classe.</p>
<p>La question qui se pose va être: faut il utiliser des médicaments pour traiter le diabète? On avait déjà vu que les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/03/dragi-webdo-n218.html">règles diététiques</a> très strictes étaient efficace. Voici une étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)32649-0/fulltext">Lancet</a> comparant la chirurgie au traitement médicamenteux chez des patients diabétiques suivis pendant 10 ans. Cette étude a randomisé 60 patients diabétiques avec HbA1c &gt; 7% et IMC &gt; 35kg/m2 en 3 groupes: traitement médical, by-pass et dérivation biliopancréatique (DBP). Le critère de jugement principal était la rémission du diabète (HbA1c &lt; 6,5% pendant 1 an) et son maintien à 10 ans. Ainsi, 5,5% des patients du groupe &ldquo;médicament&rdquo;, 50% du groupe DBP (NNT=3 patients) et 25% du groupe by-pass (NNT=6) étaient en rémission à 10 ans. Les patients des groupes chirurgicaux avaient un risque relatif d&rsquo;avoir une complication du diabète diminué de 93%. Le risque d&rsquo;effets indésirables graves n&rsquo;était augmenté que dans le groupe DPB par rapport aux 2 autres. Cette étude est cohérente avec une <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/10/dragi-webdo-n65.html">autre</a> dont on avait parlé. On y voit un peu plus clair sur les effets secondaires (mais je n&rsquo;arrive pas à avoir l&rsquo;article du Lancet en entier pour vous les détailler).</p>
<p>Dans la catégorie des interventions bien moins invasives, la <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/dme.14525?af=R">thérapie pleine conscience et les thérapies d&rsquo;acceptation</a>  ont été étudiées dans une revue systématique concernant les patients diabétique. Les auteurs retrouvent que ces thérapies diminuaient le stress lié au diabète (et permettaient de réduire l&rsquo;HbA1c de 0,3%).</p>
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p> @Dr_Agibus et @DrePetronille <em>(pour le quali et la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°296 : COVID-19 (CNGE, tests), gliflozines (HAS), chlormadinone (ANSM), SCA (NICE), télé-dermatologie/réseaux sociaux, anti-HTA, régime peu salé, gonarthrose, vitamine D</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/01/dragi-webdo-n296/</link><pubDate>Sun, 17 Jan 2021 23:27:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/01/dragi-webdo-n296/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Commençons par parler d&rsquo;un article étudiant
la pertinence des diagnostics effectués par les généralistes et dermatologues
sur <a href="https://www.annfammed.org/content/19/1/24">Twitter et
MedPics</a> par rapport à des télédermatologues classiques. L&rsquo;étude
retrouve que les diagnostics sont aussi bons et concordants par les 2 méthodes,
mais il faut quand même faire attention aux risques concernant la sécurité des
données sur les réseaux sociaux. Voici les autres actualités, bonne lecture
! </p>
<p> </p>
<p>1/
Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.annfammed.org/content/19/1/24">ANSM</a> rappelle les modalités de suivi des
patientes traitées par acétate de chlormadinone (Lutenyl*, Luteran*) dans le
cadre du risque de méningiome. Ainsi, ce traitement est considéré comme ayant
un bénéfice dans la prise en charge des ménorragies (le traitement devra alors
être prescrit pour la durée la plus courte possible). Par contre, il a une
balance bénéfice/risques défavorable dans les indications de traitement
hormonal substitutif, dysménorrhées et contraception, et il ne devrait pas être
utilisé dans ces indications compte tenu de l&rsquo;existence d&rsquo;alternatives. La
surveillance IRM recommandée est la suivante: </p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiAm5T57K3CyJF1TH7702XaRavdTAgvS2ImmkM2FuKSDFRDwUUZOQnf6HVB5uhyPGUZet8Kcc5R2N79phKI9i2FxM3iaZum-IaC75I6OodOYJ_OLx8BUFBdlsZSRpcjaLMPWY1649VOmmCa/s460/meningiome.png"><img src="/images/articles/2021/meningiome.png" alt=""></a></p>
<p>2/ 
COVID-19</p>
<p>Le
CNGE  a publié une infographie permettant de discuter des bénéfices, des
risques et des enjeux du vaccin Comirnaty avec les patients. Elle est
disponible <a href="https://www.cnge.fr/media/docs/cnge_files/file_manager/marilyn_peronnet/2021_01_08_Boite_decision_Vaccination_COVID_VF.pdf">ici</a>.</p>
<p> </p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhsNKE3HsGw5JcldooS0V604tFRU8WW5-tfCvUvj_C5PoLN1-xl8jeIXCvekxwbLh7mjYRKXaB0LYrNme7QQYIZJQteNqDv9WoJlk8NQ0kS7ZD8AQERfbsj_4GXAhg_g8sUq0cUATqP3BPW/s864/comirnaty.png"><img src="/images/articles/2021/comirnaty.png" alt=""></a></p>
<p>Un article d&rsquo;<a href="https://www.acpjournals.org/doi/full/10.7326/M20-6569?journalCode=aim">Annals of internal medicine</a> a comparé les
capacités diagnostiques des tests salivaires versus test nasopharyngé. La
sensibilité du test salivaire est globalement un peu plus faible que celle des
tests nasopharyngés (environ 4% de moins mais sans différence significative).
Ainsi, pour une prévalence de 1% de COVID, les auteurs estiment que pour 100
000 personnes testées, le test nasopharyngé trouverait de 79 diagnostics supplémentaires
&ldquo;uniquement&rdquo; par rapport au test salivaire mais cela couterait 8 000$ de plus par patient détecté (D&rsquo;un autre coté si les non
diagnostiqués par un test salivaire contaminent et propagent le virus etc, ça reviendra probablement beaucoup plus cher, je
pense qu&rsquo;il faut réserver ces tests aux situations où le test nasopharyngé
n&rsquo;est pas possible ou refusé)</p>
<p> </p>
<p>3/
Cardiovasculaire</p>
<p>Cette <a href="https://bjgp.org/content/early/2020/12/21/bjgp21X714305">étude</a> qualitative britannique a interrogé les médecins généralistes sur leur prise
dans décision dans la prescription d&rsquo;antihypertenseurs chez les personnes de
plus de 80 ans multimorbides. L’absence de recommandation claire chez cette
population est un vrai obstacle à la déprescription favorisant une attitude
d’attente d’un évènement déclencheur, comme une chute ou une interaction
médicamenteuse, pour intervenir. Les médecins pouvaient se sentir en difficulté
face à la prescription du spécialiste ou les prescriptions « à vie »,
arguments d’autorité pour certains patients, ou encore face à des objectifs
tensionnels pas toujours atteints.  L’expérience des médecins permettait
de s’éloigner des recommandations et d’avoir la relation de confiance
nécessaire à la discussion.  </p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng185">NICE</a> a publié des recommandations concernant les
syndromes coronaires aigus (SCA). Ces recommandations ont été reprises et
publiées dans le <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.m4760">BMJ</a>. Je ne retiendrais que les parties concernant
le traitement au long cours qui sera plus utile pour les généralistes. Si on
reprend chaque traitement, les bêta bloquants sont recommandés à la dose maximale tolérée pour au moins 12
mois en l&rsquo;absence d&rsquo;insuffisance ventriculaire et à vie en cas de fonction
ventriculaire altérée (on revient donc doucement sur les bb- à vie chez tous
les patients, on en avait déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/09/dragi-webdo-n279.html">ici</a>). La double
anti-agrégation plaquettaire comprenant de l&rsquo;aspirine est à continuer pour 12
mois. La statine est à poursuivre à vie. Et pour finir, les IEC sont placés en
1ère intention, et les ARA2 à n&rsquo;utiliser qu&rsquo;en cas d&rsquo;intolérance aux IEC (les
auteurs ajoutent qu&rsquo;il faut penser à les titrer jusqu&rsquo;à la dose maximale
tolérée en surveillant à 7-15 jours, la tension, la fonction rénale et le ionogramme
sanguin).</p>
<p>On avait déjà parlé du régime peu salé dans
l&rsquo;insuffisance cardiaque <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n203.html">ici</a>. Voici maintenant un article du <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.m315">BMJ</a> sur la
baisse de consommation du sel et la pression artérielle. Entre les groupes
contrôle et consomation réduite, il y avait une différence de consommation de
7,5g/L de sel (130mmol) qui a conduit à une réduction de pression artérielle
moyenne de 4mmHg/2mmHg. Chaque baisse de 3g/j de sel (50mmol) était associée à
une baisse de 1,1mmHg/0,3mmHg. Notons que l&rsquo;effet n&rsquo;était vraiment obtenu que
dans les études durant plus de 14 jours.</p>
<p> </p>
<p>4/
Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp1903768">NEJM</a> a publié un article concernant l&rsquo;arthrose de
genou. Les auteurs commencent par rappeler la discordance fréquente entre le
retentissement de l&rsquo;arthrose et l&rsquo;arthrose radiographique (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/12/dragi-webdo-n74.html">ici</a>). Les
symptômes sont variés : douleurs, faiblesses musculaires, limitation des
amplitudes&hellip; La radiographie est l&rsquo;examen de référence et l&rsquo;IRM n&rsquo;est que très
rarement indiquée. Les règles hygniéno-diététiques restent la base du
traitement : éducation du patient, activité physique, réduire la sédentarité,
encourager la perte de poids et prendre en charge les éléments anxio-dépressifs
associés. Les traitements anti-inflammatoires topiques sont les traitements de
1ère ligne avant de passer aux AINS oraux en l&rsquo;absence de comorbidité
digestives ou cardiovasculaires. Cependant, les auteurs optent pour un
traitement par AINS plus rapide et éventuellement l&rsquo;ajout de la duloxétine si
le retentissement psychologique est plus important avec une dépression. Les
auteurs rappellent l&rsquo;absence de bénéfice prouvé pour les injections d&rsquo;acide
hyaluronique. Et si rien ne va plus, on peut discuter d&rsquo;un traitement
chirurgical.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjkgr3CKd4b5qAbQmFFbp_Hd7yjsDPQ-Eq5iXtQXQAtunOCk8tqofpQ52bkEis8TyaRuHZlSwVgxqdhSxJqwDQVGVG5U14K-vhRylAV3n_gEMXhKWnKOxdBceBRTiCK-8o159VgLNPE96GN/s1171/arthrose.png"><img src="/images/articles/2021/arthrose.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Vitamine D</p>
<p>La vitamine D a droit à sa petite partie. Une revue
systématique du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(20)30380-6/fulltext">Lancet
Diabetes and Endoc</a> a rechercher si la supplémentation en vitamine D
apportait un bénéfice sur les infections respiratoires chez les patients de 60
à 79 ans. Les auteurs retrouvent une diminution de la durée des symptômes et de
leur sévérité sans que cela ne soit cliniquement significatif. Il n&rsquo;y avait pas
non plus de réduction du risque d&rsquo;infections respiratoires, ce qui était le
critère de jugement principal.</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013046.pub2/full">Cochrane</a> a évalué la supplémentation en
vitamine D chez le nourrisson. Les auteurs retrouvent que le bénéfice de
supplémenter à 400UI/j jusqu&rsquo;à 6 mois permet d&rsquo;améliorer les concentrations en
vitamine D mais sans avoir de preuve suffisante pour montrer une amélioration
osseuse ni une diminution du risque de rachitisme, que ce soit chez les
nourrissons avec allaitement maternel ou artificiel. Il est probable qu&rsquo;une
évaluation à 6 mois soit trop précoce pour voir les conséquences des carences
éventuelles et qu&rsquo;une évaluation à 2 ans serait plus pertinente étant donné que
c&rsquo;est l&rsquo;âge moyen du diagnostic de rachitisme d&rsquo;après une <a href="https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02419598/document">thèse</a> de
2019.</p>
<p> </p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3224377/fr/medicaments-du-diabete-de-type-2-la-has-actualise-son-evaluation-des-gliflozines">HAS</a> revient enfin sur son évaluation concernant
les inhibiteurs de SGLT-2. Ainsi, elle accorde un bénéfice cardiovasculaire et
rénal aux 3 gliflozines évaluées (cana, dapa et empa-gliflozine). Ces
traitements vont être particulièrement surveillés, mais j&rsquo;espère que l&rsquo;empagliflozine
sera enfin disponible (pour la cana et la dapa, j&rsquo;avoue qu&rsquo;on pourrait s&rsquo;en
passer au vu de leur bénéfice beaucoup plus faible que l&rsquo;empagliflozine).</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.m4573">BMJ</a> a publié une méta-analyse en réseau
concernant les inhibiteurs de SGLT-2 et les analogues de GLP-1. Globalement, on
voit qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de grandes différences d&rsquo;efficacité entre les 2 classes,
avec une efficacité plus marquée sur la mortalité globale et cardiovasculaire
quand les patients sont à plus haut risque cardiovasculaire. Le principal
intérêt de cet article c&rsquo;est le site mis en place: <a href="https://magicevidence.org/match-it/200820dist/#!/">https://magicevidence.org/match-it/200820dist/#!/</a> qui permet de visualiser l&rsquo;efficacité de chaque traitement sur divers critères
d&rsquo;efficacité, de sécurité et de qualité de vie en fonction du risque
cardiovasculaire du patient.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhlu64B89woMIFTbaIGUGFXkjv3zRBZvyRuKlTpMADhgukEejsqMP3Zvicf4QQcTVKrruE_VncA6MzEt6sSFjTEIR1qTOPWQAfPz2Y5srUhG0rQfvMEagWg-AMvaPFWHVdnOFpOKds52E7R/s601/bmj.png"><img src="/images/articles/2021/bmj.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini! N&rsquo;oubliez pas de vous abonnez
sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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confirmer l&rsquo;inscription dans le mail intitulé &ldquo;FeedBurner Email
Subscriptions&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams)</em></p>
<p>A la semaine
prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus
et @DrePetronille*(pour le quali et la relecture)*</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°295: vaccins COVID-19 (reco HAS), cancer prostate (reco SFU), gonocoque (reco EU), diabète (reco US/ADA), SPA, fluoroquinolones, Blood Rage</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/01/dragi-webdo-n295/</link><pubDate>Sun, 10 Jan 2021 23:23:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2021/01/dragi-webdo-n295/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Urologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est reparti pour une nouvelle année de veille bibliographique médicale, alors meilleurs vœux à tous et toutes ! Vous êtes maintenant plus de 5000 à me suivre sur Twitter, 3000 sur Facebook et 1500 par mail, alors un grand merci à vous! Les actualités sont, comme souvent tournées autour du COVID, mais pas seulement. N&rsquo;hésitez pas à commenter ou à compléter les articles, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une nouvelle étude, publiée dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamasurgery/article-abstract/2774747">JAMA Surgery</a>, revient sur le risque d&rsquo;anévrisme de l&rsquo;aorte chez les patients traités par fluoroquinolones. Cet article portant sur 9 millions de prescriptions de quinolones et  38 millions d&rsquo;autres antibiotiques pris en &ldquo;contrôle&rdquo; confirme le surrisque d&rsquo;anévrisme de l&rsquo;aorte chez les patients de plus de 35 ans (pas avant), avec une augmentation du risque de 20%, soit un nombre de sujets à traiter par quinolones pour déclencher 1 anévrisme (NNH) de 3450 patients environ, ce qui est beaucoup moins que les 12 000 dont on avait déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/03/dragi-webdo-n174.html">ici</a>, mais ne remet pas en cause le bénéfice de ces antibiotiques quand il faut les utiliser.</p>
<p>2/ COVID-19</p>
<p>Commençons par les recommandations <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3227126/fr/reponses-rapides-dans-le-cadre-de-la-covid-19-demarche-medicale-pour-la-vaccination-contre-la-covid-19-premieres-phases">HAS</a> vis à vis de la vaccination. La HAS rappelle que la vaccination n&rsquo;est pas obligatoire et que le consentement du patient après décision partagée doit être noté dans le dossier. Les vaccins sont contre-indiqués en cas d&rsquo;allergie à un de leur composants et non-recommandés en cas d&rsquo;antécédent de réactions allergiques graves. Il n&rsquo;est pas recommandé de vacciner en cas d&rsquo;antécédent de COVID mais si le patient le souhaite, c&rsquo;est possible en l&rsquo;absence de symptômes persistants et après un délai de 3 mois. Les inconnues restent la durée de la protection vaccinale et l&rsquo;efficacité du vaccin sur la transmission du virus.</p>
<p>Continuons avec le 3ème vaccin anti-COVID après avoir fini l&rsquo;année sur les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/12/dragi-webdo-n293.html">2 autres</a>. Le Moderna (2 injections à 28 jours d&rsquo;écart) a bénéficié d&rsquo;une étude publiée dans le <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2035389">NEJM</a>. Cet essai contrôlé randomisé incluait 30 000 patients en surpoids ou obèses dont la moitié de moins de 65 ans sans facteur de risque et un quart de plus de 65 ans. Le vaccin a été efficace à 94% pour éviter une infection à 2 mois, après un délai minimal de 15 jours après la 2ème injection. En chiffres absolus, ça donnerai un NNT de 72 patients sur 3 mois (ou 15 patients.année) ce qui est extrêmement bon pour un vaccin. Par ailleurs ce vaccin montre également une réduction des COVID sévères (NNT sur 3 mois = 487 patients, c&rsquo;est plus élevé, mais on a des millions de patients à vacciner). Les effets indésirables sont marqués par des réactions locales, notamment une douleur chez plus de 75% des patients, des rougeurs, un oedème et des adénopathies. Les réactions générales surviennent surtout après la 2nde injection sous forme de céphalées, fatigue, myalgies et arthralgies, frissons et nausées. Il n&rsquo;y avait pas de différence d&rsquo;effets secondaires graves, les rares réactions d&rsquo;hypersensibilités au vaccin se sont produites avec un NNH de 250 patients, mais on note 3 paralysies faciales dans le groupe vacciné versus 1 dans le groupe placebo, ce qui a fait suspecter un effet indésirable spécifique.</p>
<p>Pour pouvoir au mieux discuter de la balance bénéfice-risque des vaccins, l&rsquo;équipe METHODS du CRESS a élaboré un site internet permettant de visualiser l&rsquo;efficacité du vaccin selon l&rsquo;âge, le sexe et le type de vaccin:  <a href="https://cress-umr1153.fr/covid_vaccines/">https://cress-umr1153.fr/covid_vaccines/</a>  Voici un exemple pour un homme de 60 ans avec 2 populations de 10000 patients (1 petit carré = 1 patient):</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjSi1qYQdwLkfgRTu9TDaI3CFr6-Qbnm7WKbdG57_9vcRu4az0kNcNcViAx0rgkC6IwYyZIBz8MOjG04iVvvS5IZ4V4TH2lwpbgOJ5xwGxsxjydCOwxpAxfj7P3iy6wnePakTHA05FKjfbv/s1068/vaccin.png"><img src="/images/articles/2021/vaccin.png" alt=""></a></p>
<p>(Le CNGE devrait prochainement produire un outil de décision partagée dans le cadre de la vaccination anti-COVID également. Et comme on aime bien les documents et vidéos à destination des patients, j&rsquo;en profite aussi pour parler de la <a href="https://www.youtube.com/channel/UCdoTJOrvwrX3HvCuCLK3xDA">chaine Youtube Whydoc</a> parce qu&rsquo;il me semble que je n&rsquo;en avais jamais parlé avant!)</p>
<p>3/ Urologie</p>
<p>La société française d&rsquo;urologie a mis à jour ses <a href="https://www.urofrance.org/base-bibliographique/recommandations-francaises-du-comite-de-cancerologie-de-lafu-actualisation-17#N15AD5">recommandations</a> concernant le cancer de la prostate (les précédentes datant de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/12/dragi-webdo-n208.html">2018</a>). Bien qu&rsquo;&ldquo;aucune étude n&rsquo;a établi selon les critères de l&rsquo;Organisation
mondiale de la santé, le bénéfice du dépistage du CaP pour l&rsquo;état
de santé de la population&rdquo; et que &ldquo;nous restons dépourvus de données interprétables sur les conséquences du dépistage sur la qualité de vie des patients&rdquo;, la SFU dit que &ldquo;une détection précoce du CaP doit être effectuée chez les hommes ayant une survie estimée au minimum à 10 ans&rdquo;, notamment à partir de 50 ans voire 40 en cas d’antécédent familiaux ou d&rsquo;origine caribéenne (à cause de la chlordécone), après information éclairée et tout ça sur les risques  (même les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/05/dragi-webdo-n183.html">américains</a> disent que ça ne doit pas être proposé systématiquement&hellip; Pour mémoire, l&rsquo;info sur le quasi-inexistant bénéfice du dépistage <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/09/dragi-webdo-n150.html">ici</a>). Ils recommandent donc un diagnostic précoce par PSA et toucher rectal, tous les 2 à 4 ans, mais s&rsquo;il est inférieur à 1ng/mL, on peut espacer. En cas de bilan évocateur de cancer, l&rsquo;IRM est l&rsquo;examen de référence à effectuer pour discuter les biopsies, on peut donc la prévoir avant la consultation urologique. La place de l&rsquo;écho n&rsquo;est pas très claire, mais elle semble quand même nécessaire. Voilà en gros ce qui peut nous intéresser en MG.</p>
<p>Des <a href="https://iusti.org/wp-content/uploads/2020/10/IUSTI-Gonorrhoea-2020.pdf">recommandations européennes</a> ont été publiées concernant la prise en charge des gonorrhées. La principale différence avec les recommandations de la société française de dermatologie et l&rsquo;OMS consiste dans la posologie de l&rsquo;injection de ceftriaxone associée aux 2g d&rsquo;azithromycine: 1g pour cette recommandations, 500mg pour la SDF (<a href="https://www.sfdermato.org/media/image/upload-editor/files/Guidelines%202016(1).pdf">2016</a>) et 250mg par l&rsquo;OMS (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/09/dragi-webdo-n106.html">2016</a>)! Mais le 1er auteur de l&rsquo;article est membre du groupe OMS pour les infections sexuellement transmissibles donc la position de l&rsquo;OMS changera peut-être.  (Notons que l&rsquo;azithro n&rsquo;a pas pour unique but de couvrir le chlamydia mais sert à traiter le gonocoque en cas de résistance croissante aux C3G, et l&rsquo;azithro doit être prise en mangeant pour limiter les effets indésirables digestifs). Le diagnostic est posé par un test PCR initial (si possible faire une culture aussi) et en cas de persistance des symptômes, un nouveau test avec culture est recommandé entre 3 et 7 jours. La durée d&rsquo;abstinence sexuelle recommandée après la fin du traitement par les 2 partenaires est de 14 jours. En cas de gonorrhée, un bilan recherchant le VIH, VHB, VHC et chlamydia est recommandé (et ajouter les mycoplasmes si patient symptomatique)</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/372/bmj.m4447">BMJ</a> a publié un article de revue sur la spondylarthrite ankylosante. On va s&rsquo;en tenir aux éléments diagnostiques. Ainsi, il est recommandé d&rsquo;évoquer cette maladie en cas de rachialgies de plus de 3 mois chez un patient de moins de 45 ans avec ou sans manifestations périphériques. Il est utile d&rsquo;effectuer un bilan par radiographie et IRM pour rechercher une sacro-illite ainsi qu&rsquo;une recherche de HLA-B27 comme le montre la figure suivante (Il n&rsquo;est probablement pas justifié de rechercher HLA-B27 s&rsquo;il n&rsquo;y a pas les 2 autres signes cliniques présent qui permettraient de poser le diagnostic)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhWENTYJRHu9ShFPYhqXghL5dFK4eZwmaRaN4fvaS7wuAo7gg4ZwcQi5ScgRlT4WFTA68YR6NKaumHRB8tH-egPQAYptAW7OtqfNvp-n-_vPn0cs8PgUptlezWB-uEQkBfyx3SWuP4sHUkL/s681/SPA.png"><img src="/images/articles/2021/spa.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Bien sur on va parler de diabétologie pour bien commencer l&rsquo;année. Voici les principaux points de la mise à jour des <a href="https://care.diabetesjournals.org/content/44/Supplement_1">recommandations de la société américaine de diabétologie</a> pour l&rsquo;année 2021. Les américains recommandent un dépistage du diabète par glycémie à jeun ou HbA1c ou HGPO-75 chez les patients à 45 ans, et plus précocement si surpoids (IMC &gt;25 ou &gt;23 chez les asiatiques pour qui l&rsquo;obésité est définie par un IMC&gt;28) associé à des facteurs de risque cardiovasculaire, de la sédentarité ou des antécédents familiaux de diabète.</p>
<p>Concernant les cibles glycémiques, les américains restent aux cibles classiques d&rsquo;HbA1c &lt; 7% pouvant être amenée à 8% chez les patients fragiles (on a déjà parlé de ces objectifs <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n180.html">ici</a> et du faible bénéfice des objectifs aussi stricts, <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n245.html">là</a>, non recommandés par d&rsquo;autres <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n189.html">sociétés savantes américaines</a>).</p>
<p>Concernant les traitements, la metformine est toujours le traitement de 1ère intention. Conformément aux données de la science, les analogues du GLP-1 et inhibiteurs SGLT-2 sont recommandés indépendamment de l&rsquo;HbA1C chez les patients avec antécédent cardiovasculaire, insuffisance cardiaque ou maladie rénale chronique. En cas de recours à l&rsquo;insuline basale, la dose ne doit pas dépasser 0,5UI/kg.</p>
<p>Concernant les autres traitements utilisés chez les patients ayant du diabète, les statines sont logiquement toujours recommandées en prévention primaire entre 40 et 75 ans avec un grade A. Concernant l&rsquo;aspirine en prévention primaire, les auteurs disent qu&rsquo;elle n&rsquo;est généralement pas recommandée (mais qu&rsquo;en discutant le risque hémorragique on pourrait en prescrire&hellip;. je renvoie aux études quand même&hellip; plutôt pas en prescrire en prévention primaire, cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/09/dragi-webdo-n193-coroscanner.html">ici</a> )</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgiYnpCxhYzq3avzh6WiH2DsxVMucU3Z2pk8dNwlqvjVZxg0CNjaSCn0mu5CIl01MJrn9IBggHJIb07-Gj1xx_ihTumqPawO_LoHcT7grc6xidBW03Mm8RlLgSBsUoiAPgtFp6Qtx7AK9yk/s1280/F1.large.jpg"><img src="/images/articles/2021/f1-large.jpg" alt=""></a></p>
<p>6/ Le jeu du mois: Blood Rage</p>
<p>&ldquo;Blood Rage&rdquo; est un jeu de figurine et de stratégie qui nous transporte à l&rsquo;époque des Vikings. Le matériel est beau, avec des petites, des moyennes et des grandes figurines détaillées. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un jeu de draft (les cartes passent d&rsquo;un joueur à l&rsquo;autre et chacun en prend une à chaque fois), durant lequel les joueurs peuvent déplacer leurs figurines, en placer de nouvelles, accomplir des quêtes et combattre d&rsquo;autres joueurs ou des démons mythologiques dans le but de gagner le plus de gloire avant la fin du monde (le Ragnarök). Une des originalités, c&rsquo;est qu&rsquo;on gagne aussi de la gloire en perdant des guerriers, car bien sur, ils sont heureux d&rsquo;aller au Walhalla pour honorer leurs dieux. La mécanique est sympathique et le jeu immersif, avec beaucoup d’interactions entre les joueurs!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjHA6dMX7r9zLjo7dhXnC4iXZwRquHsjJ2clhAuaQF3sz2yDEQGWUiM7qd8VbX9OXODZ207gK9vopqMKJCey9g8xyKrITFLV9DOFwGsBZ_JnKVgqHOK3ND3NWQ0pZ_IfNDXW0A_WSR8PX7g/s1080/FB_IMG_1588416122965.jpg"><img src="/images/articles/2021/fb-img-1588416122965.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine, avec ce billet du dimanche soir, pour reprendre des bonnes habitudes. Vous pouvez toujours vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p> @Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°294 : HTA/enfant (recos SFHTA), VHB (recos us), COVID (vaccin, symptômes), dépression/risque CV, risque de cancer</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/12/dragi-webdo-n294/</link><pubDate>Sun, 20 Dec 2020 10:33:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/12/dragi-webdo-n294/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, c&rsquo;est déjà le dernier Dragi Webdo de l&rsquo;année 2020 ! Ce billet ne devrait pas être trop long, mais commençons par un peu de joie. En effet dans le <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4290">BMJ X-mas</a> de cette semaine, on y apprend que les clowns sont efficaces pour améliorer l’anxiété, le bien-être et la douleur des enfants hospitalisés. Bonne lecture!</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>La e-cohorte <a href="https://www.aphp.fr/contenu/compare-la-communaute-de-patients-pour-la-recherche-de-lap-hp-presente-les-premiers?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">COMPARE</a>, incluant des patients avec des maladies chroniques recrutés sur internet a permis de mettre en évidence une cinquantaine de symptômes liés au COVID grâce aux environ 600 patients qui ont répondu.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgKHs6sQMIs4Tl2UmFxYi14HBV9tNvULm2hxuWXQmbHZHB1JwVE6e9PqXGUENrplhAfclhsk815Hzr_O9TjINPyVo5CFBbcYQl_N946cKBCvEa25drCRi0aVAMA8vZOaB2GTTvl-F7CjNXQ/s1024/compare.jpg"><img src="/images/articles/2020/compare.jpg" alt=""></a></p>
<p>Retour sur les vaccins. Concernant le vaccin Pfizer dont on parlait la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/12/dragi-webdo-n293.html">semaine dernière</a> et qui sera prochainement disponible en France, diverses recommandations comme celle des <a href="https://canadiensensante.gc.ca/recall-alert-rappel-avis/hc-sc/2020/74543a-fra.php">canadiens</a> ont été publiées. Ainsi, les patients ayant une allergie connue à un constituant du vaccin (détaillé dans le lien ci dessus) ne devraient pas recevoir le vaccin. Les patients avec un risque d&rsquo;allergie grave pour autre chose qu&rsquo;un vaccin ne sont pas spécialement visés par cette éviction du vaccin à ce jour, mais les recommandations peuvent évoluer selon les données de pharmacovigilance.</p>
<p>Le vaccin <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3606698?src=soc_tw_201218_mscpfr_news_id_moderna&amp;faf=1">Moderna</a> est le 3ème vaccin pour lequel nous avons des données. Il a été testé sur 30 000 patients dont plus de 40% avec des facteurs de risque. Cet essai retrouve que le vaccin était efficace à 94% et semble également diminuer la survenue de formes graves de COVID. En dehors des effets indésirables classiques, il y a eu 4 cas de paralysies faciales périphériques dans le groupe vacciné et aucun dans le groupe contrôle, donc affaire à suivre également.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Commençons par parler des nouvelles recommandations concernant l&rsquo;<a href="http://www.sfhta.eu/wp-content/uploads/2020/12/Recommandations_HTA-de-lenfant-et-de-ladolescent_2020.pdf">HTA chez l&rsquo;enfant et l&rsquo;adolescent</a> de la SFHTA. Il faut noter que la plupart de ces recommandations sont de grade C (soit le plus faible niveau de preuve). Commençons par ce qui en a surpris plus d&rsquo;un il y a quelques semaines: il est recommandé de mesurer la PA tous les ans à partir de l&rsquo;âge de 3 ans, au bras droit (On a vu il y a quelques semaines qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de preuves pour cette pratique d&rsquo;après l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/11/dragi-webdo-n289.html">USPSTF</a>). C&rsquo;est recommandé avant 3 ans chez les patients avec des antécédents de pathologie cardiaque ou endocrinologiques. L&rsquo;HTA est confirmée par 3 mesures anormales à 1 mois d’intervalle. Si l&rsquo;enfant mesure moins de 120cm, ça suffit. S&rsquo;il mesure plus de 120cm, une MAPA  est recommandée. Les automesures ne sont pas recommandées faute de valeurs de référence dans ces conditions. Voici les valeurs seuils simplifiées au cabinet (il y a les liens vers les tableaux précis selon le poids et la taille en fin de reco)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg2q8SCcXVD9IxiOm6Ac4gWfuDF9XiTlSqMYmy8Xhol4f-8A0uFpjULQBfLo4GM7xFJB7Ia13xAZ1lqacWOK0iSqYT6FodTZk22Vnns_bgOTzUkkriLZK2C6_0fT-r6oHsXeaPerYx16_-h/s490/hta+ado.png"><img src="/images/articles/2020/hta-ado.png" alt=""></a></p>
<p>Le bilan initial comporte: une kaliémie, une créatininémie (DFG par formule de Schwartz), une recherche d&rsquo;hématurie et un rapport protéinurie/créatininurie  (normale  &lt;50  mg/mmol avant 2 ans et &lt;20 mg/mmol après 2 ans). On y ajoute si obésité ou antécédent familial de dyslipidémie: une glycémie à jeun, un bilan  lipidique et un dosage des ASAT et ALAT.</p>
<p>Après le bilan, il est recommandé d&rsquo;adresser car la suite relève d&rsquo;un suivi spécialisé à cet âge. Les traitements seront en premier lieu des inhibiteurs calciques ou des IEC/ARAII. Les auteurs rappellent les contre indications à la contraception oestro-progestative en cas d&rsquo;HTA.</p>
<p>Il n&rsquo;était pas certain que la dépression soit un facteur de risque cardiovasculaire. Cette étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2774050">JAMA</a> a réuni 22 cohortes pour analyser 500 000 patients. Les patients atteints des formes les plus sévères avaient un risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires augmenté de 10% environ par rapport à ceux ayant les scores de dépression les plus faibles (soit des NNH de 1000 patients avec dépression pendant 1 an pour entrainer 1 évènement cardiovasculaire supplémentaire).</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2774056">USPSTF</a> recommande un dépistage du VHB par sérologie chez les patients asymptomatiques avec facteur de risque de VHB même s&rsquo;ils sont vaccinés. Les facteurs de risque en question sont: les patients nés en Afrique, Asie, Amérique du sud, les patients infectés par le VIH, les patients utilisateurs de drogues intraveineuses, les patients HSH, et ceux vivant avec des patients infectés par le VHB. Le dépistage est à effectuer périodiquement tant que le facteur de risque persiste.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/early/2020/12/09/bjgp20X714137">BJGP</a> a publié un article validant un algorithme pour évaluer le risque à 10 ans de survenue d&rsquo;un cancer de la prostate. L&rsquo;article renvoie à un site internet (les codes d&rsquo;accès sont dans l&rsquo;article en open acces), pour calculer ce risque en fonction du PSA, de l&rsquo;âge, de l&rsquo;ethnicité, de l&rsquo;IMC, du statut tabagique, des antécédents familiaux de cancer de prostate, d&rsquo;antécédent de diabète ou de trouble psychiatrique. C&rsquo;est dommage qu&rsquo;il y ait le PSA. Mais en fait, un autre lien du site (<a href="https://qcancer.org/">ici</a>, en accès libre) renvoie vers des algorithmes similaires pour l&rsquo;ensemble des cancers selon le sexe. Ainsi, en rentrant les paramètres du patient, on a son risque d&rsquo;avoir &ldquo;au moins 1 cancer&rdquo;, et aussi un détail par cancer (pulmonaire, colique, testiculaire, hématologique&hellip;) avec l&rsquo;infographie qui va avec. C&rsquo;est intéressant, il y a les articles sources disponibles dans le site. Mais concernant le cancer de la prostate pour y revenir, il est dommage que l&rsquo;algorithme donne le risque d&rsquo;incidence du cancer et non le risque de mortalité ce qui change beaucoup pour le cancer de la prostate et permettrait de mieux rentrer dans un processus de décision partagée.</p>
<p>C&rsquo;est terminé ! Merci à tout le monde pour vos encouragements, messages et commentaires tout au long de l&rsquo;année, et merci à @DrePetronille pour la refonte totale du blog, ses commentaires d&rsquo;articles quali et ses relectures chaque semaine (depuis plus d&rsquo;une année déjà). Comme d&rsquo;habitude, pensez à vous abonner pour ne pas rater la reprise. Pour ça il y a le <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, le <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et à la newsletter par mail (inscrivez votre adresse mail e-mail tout en haut à droite sur la page <em>- sans
oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail intitulé &ldquo;FeedBurner
Email Subscriptions&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos
spams</em>).</p>
<p> Pas à la semaine prochaine, mais à dans 3 semaines ! Bonnes vacances !</p>
<p>@DrAgibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°293 : podologie (reco HAS), cervicalgies (recos HAS), asthme (recos), insomnies (recos), vaccins COVID-19, warfarine, acuponcture, #ChristmasBMJ</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/12/dragi-webdo-n293/</link><pubDate>Sun, 13 Dec 2020 21:19:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/12/dragi-webdo-n293/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! J&rsquo;aime bien commencer par parler des liens d&rsquo;intérêt. Une <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4234">revue systématique</a> a étudié la relation entre les auteurs avec liens d&rsquo;intérêt et leur participation à l&rsquo;élaboration de recommandations, de rapports des comités consultatifs, d&rsquo;articles d&rsquo;opinion ou de revues narratives. Elle met en évidence que les auteurs avec liens d&rsquo;intérêt produisent des articles plus favorables aux traitements médicamenteux et dispositifs médicaux que les auteurs sans liens d&rsquo;intérêt. Voilà, ça va toujours dans le même sens. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://acrabstracts.org/abstract/warfarin-use-and-risk-of-knee-and-hip-replacements/">étude cas-témoins</a> présentée au congrès américain de rhumatologie retrouve une association entre la nécessité d&rsquo;une prothèse de hanche et un traitement par warfarine par rapport à un traitement par AOD chez des patients avec fibrillation auriculaire. En effet, la vitamine k serait utile pour ralentir d&rsquo;arthrose.</p>
<p>2/ COVID-19</p>
<p>Y&rsquo;en a qui ont testé l&rsquo;hydoxychloroquine en traitement post-exposition chez des personnes contact de patients COVID+. Cette <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M20-6519">étude</a> contrôlée randomisée ne retrouve pas de bénéfice dans cette situation là non plus à l&rsquo;HCQ.</p>
<p>Concernant les vaccins, un article concernant le vaccin en 2 injections développé par l&rsquo;université d&rsquo;Oxford est publié dans le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)32661-1/fulltext?utm_campaign=tlcoronavirus20&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social">Lancet</a>. C&rsquo;est une analyse intermédiaire d&rsquo;un essai contrôlé randomisé regroupant les études britannique, brésilienne et sud-africaine soit 11000 patients. Les auteurs retrouvent une efficacité de 70% du vaccin mais atteignant 90% en cas d&rsquo;une injection faible dose suivie d&rsquo;une forte dose. Il n&rsquo;y a eu aucun cas de COVID-sévère dans le groupe vacciné et autant d&rsquo;effets indésirables déclarés dans les 2 groupes.</p>
<p>Du côté du vaccin <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2034577">Pfizer</a>, 40 000 patients ont été randomisés en groupe vaccin ou placebo. Il y a eu 8 dans le groupe vacciné contre 162 cas dans le groupe placebo, soit une efficacité de 95%. Il y a eu des effets indésirables classiques dans le groupe vacciné (réactions au point d&rsquo;injection, myalgies, fatigue) et 2 décès non lié au vaccin (versus 4 décès dans le groupe placebo, non lié au placebo). D&rsquo;après l&rsquo;<a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3606671?src=soc_tw_201210_mscpfr_news_id_vaccin&amp;faf=1">agence britannique du médicament</a>, il faudrait quand même être vigilant chez les patients à risque allergique.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2773482">recommandations</a> américaines (EPR-3) concernant la prise en charge de l&rsquo;asthme ont été publiées. Elles reviennent un peu sur celles du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/08/dragi-webdo-n235.html">GINA 2019</a> et sont concordantes avec la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/05/dragi-webdo-n99.html">SPLF</a> de 2016. En effet, logiquement, elles sont en faveur d&rsquo;un traitement par b2-stimulant de courte durée d&rsquo;action (SABA) pour l&rsquo;asthme intermittent (step 1)  au lieu de corticoïdes inhalés (CSI) +formoterol d&rsquo;après le GINA, ce qui est concordant avec les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n244.html">études</a> car cette association n&rsquo;a de bénéfice que pour de l&rsquo;asthme persistant. Pour l&rsquo;asthme persistant léger (step 2), les auteurs proposent soit des CSI en fond avec un SABA à la demande, soit uniquement l&rsquo;association CSI+formoterol à la demande. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;aux étapes suivantes correspondant à l&rsquo;asthme modéré (step 3 et 4) que l&rsquo;association CSI+formoterol est recommandé en traitement de fond et de crise.  En cas d&rsquo;asthme persistant sévère (step 5), on voit l&rsquo;apparition de LAMA en plus de l&rsquo;association CSI+ b2-stimulant de longue durée d&rsquo;action (LABA). Ce n&rsquo;était pas présenté dans d&rsquo;autres recommandations, et je ne suis pas surpris de les voir apparaitre comme je l&rsquo;avais dit <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/10/dragi-webdo-n240.html">ici</a> (mais l&rsquo;efficacité est plus limitée dans d&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/01/dragi-webdo-n123.html">autres études</a> ). Au step 6, on peut discuter la corticothérapie orale en traitement de fond et les autres traitements injectables spécialisés. La place des anti-leucotriènes est toujours très mal définie. L&rsquo;immunothérapie sublinguale ou sous cutanée est recommandée de façon conditionnelle, si les symptômes sont franchement majorés par un allergène bien défini.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgMY5mzipqE5nXPJBISE9Uy0zL7CiG0lDdvkmfgxqawd3xxk6vXPPbdUvq5yzTsapOMsDYmHKq2fcIeCkyVk6_yI9WMliP9nXqrCL9nvT_4ooDvUjwxo-xXcCiZ43jdQ-GaqoFlY0oNO_z_/s1960/asthme+epr3.png"><img src="/images/articles/2020/asthme-epr3.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Le conseil scientifique luxembourgeois propose des recommandations sur la prise en charge de l&rsquo;<a href="https://conseil-scientifique.public.lu/fr/publications/psychotropes/insomnies-arbre-decisionnel-2020.html">insomnie</a>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un algorithme plutôt pratique pour progresser dans les étiologies possibles et proposant une conduite à tenir à chaque étape, mais une fois encore, la référence source date de 2006, donc pas très récent.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjZv47OkNJsutWBt_OCf3cGYZXYYEwCpKasjfo6UNaqgZ8zGWlEKz4YfgVSqJ3R70p2DCtSzPfgO7f0GrV4frW01v0Cpyxl5nRKctY0p1V2LZ5N-ClQRQHvFnxjb63B0gdVUQydT87SoyDk/s1122/insomnie.png"><img src="/images/articles/2020/insomnie.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Rhumatologie - podologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_272462/fr/le-pied-de-la-personne-agee-approche-medicale-et-prise-en-charge-de-pedicurie-podologie">HAS</a> a publié des recommandations concernant la prise en charge podologique des patients. Elles sont particulièrement longues, donc on va se concentrer sur ce qui peut être utile le plus fréquemment. On peut orienter vers un podologue pour les motifs suivants: patient avec trouble de la marche (y compris maladies neurologiques) pour prévenir le risque de chute, les patients obèses, les patients diabétiques, les patients avec maladie rhumatologique inflammatoire ou arthrose (ça peut faire du monde). Pour identifier les patients à risque de chute, il est recommandé d&rsquo;effectuer un test timed up and go (nle&lt; 20sec) et un appui monopodal (nle&gt;5secondes) chez tous les patients à partir de 60 ans.</p>
<p>Concernant les patients diabétiques, le dépistage se fait avec un examen des pieds aidé d&rsquo;un monofilament en testant 3 points à chaque pied (pulpe de l&rsquo;hallux, tête du 1er métatarsien et tête du 5ème métatarsien). Il est effectué 1 fois par an par le généraliste, le diabétologue ou le podologue pour les patients sans trouble neurologique, tous les 6 mois en cas de neuropathie isolée (grade 1) en s&rsquo;appuyant sur le podologue et tous les 3 mois en cas de neuropathie avec artériopathie ou déformation (grade 2). En cas de mal perforant ou d&rsquo;amputation, le suivi par le podologue est recommandé tous les 2 mois.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3217007/fr/pertinence-des-actes-d-imagerie-cervicale-chez-l-adulte-en-cas-de-cervicalgie-non-traumatique-ou-apres-un-traumatisme-cervical">HAS</a> a également publié une recommandation concernant la pertinence des examens complémentaires en cas de cervicalgies.</p>
<p>En cas de cervicalgie non traumatique, une imagerie cervicale est recommandée si drapeaux rouge ou cervicalgie de plus de 4-6 semaines. Il s&rsquo;agit de la radiographie si cervicalgie sans radiculalgie, de l&rsquo;IRM si suspicion de maladie inflammatoire ou radiculalgie (ça va en faire beaucoup vu la prévalence des névralgies cervico-brachiales mais les auteurs précisent que ça peut être en complément des radios et surtout à visée étiologique ou si un geste invasif est discuté), ou de l&rsquo;angio-IRM si suspicion de dissection des artères cervicales.</p>
<p>En cas de cervicalgie traumatique, un scanner cervical est recommandé si
patient instable ou avec troubles neurologique, âge &gt;65 ans , rachis
ankylosé (SPA, hyperostose&hellip;) ou selon les critères NEXUS/Canadian
C-Spine (cf  le document mais en gros imagerie si âge &gt;65 ans, cinétique importante, chute &gt; 1m, examen neurologique anormal), et une angio-IRM est recommandée si suspicion de dissection des
artères cervicales.</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013814/full">Cochrane</a> aborde l&rsquo;efficacité de l&rsquo;acuponcture chez les patients ayant une lombalgie commune non compliqué. L&rsquo;acuponcture versus procédure factice baisse significativement l&rsquo;EVA de 10 points sur 100, mais cela n&rsquo;atteint pas le critère de pertinence clinique qui était une baisse d&rsquo;au moins 15 points. Cependant il y avait une baisse d&rsquo;environ 20 points sur 100 à l&rsquo;EVA versus absence de traitement dans des études de faible niveau de preuve à cause du risque de biais. Enfin, par rapport aux soins courants, l&rsquo;acuponcture améliorait peut être la fonction à court terme. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;effets indésirable significativement plus graves chez les patients traités par acuponcture. Ainsi, l&rsquo;acuponcture semble être une option peu risquée mais dont les bénéfices sont plus que modestes et uniquement sur du court terme.</p>
<p>C&rsquo;est presque tout pour cette semaine !</p>
<p>En effet, si vous vous faites opérer, pensez à demander la date d&rsquo;anniversaire de votre chirurgien pour éviter d&rsquo;être opéré à cette date: d&rsquo;après ce <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4381">BMJ</a> X-mas, il y aurait un sur-risque de mortalité pour les patients (NNH = 76 quand même), à croire que le chirurgien aurait la tête ailleurs ce jour là!</p>
<p>On y apprend aussi les risques de &ldquo;<a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4467">la potion magique de George Bouillon</a>&rdquo; d&rsquo;après Roald Dahl. Grace à l&rsquo;infographie, vous pouvez cliquer et déposer divers ingrédients dans la casserole pour voir apparaitre les probables effets néfastes que cela aura! (un guide presque digne d&rsquo;un centre anti-poison)</p>
<p>Il va falloir ajouter le terme &ldquo;<a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4337">canino</a>&rdquo; à la prise en charge bio-psycho-socio-culturo-spirituel. En effet, il semble qu&rsquo;avoir un chien diabétique de type 2 est associé à une augmentation du risque de diabète de type 2 chez leurs propriétaires.</p>
<p>Enfin, si vous vous intéressez à la sémiologie neurologique et à l&rsquo;Art, le signe de <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4556">Babinski</a> est présent dans plus de la moitié des peintures du petit Jésus à la Renaissance. Je parie que personne ne lui a jamais cherché les réflexes&hellip;.</p>
<p>Vous pouvez toujours vous abonner sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et à la newsletter (mail). Pour cela, inscrivez votre adresse mail e-mail tout en haut à droite sur la page <em>(sans
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°292 : Gonarthrose (recos), épilepsie (reco HAS), COVID-19 (vaccin/HAS, thromboprophylaxie), fardeau financier, préjudices médicaux évitables, Imaginarium</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/12/dragi-webdo-n292/</link><pubDate>Sun, 06 Dec 2020 14:13:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/12/dragi-webdo-n292/</guid><category>Santé publique</category><category>Rhumatologie</category><category>Neurologie</category><category>Nutrition</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voici un Dragi Webdo de plus. N&rsquo;hésitez surtout pas à commenter, à compléter ou à critiquer les billets. Pour ceux qui ne lisent que la version reçue par mail, il n&rsquo;est pas rare que certaines modifications soient apportées au cours de la semaine suite à des commentaires et critiques formulés. Alors merci pour votre participation!!!  Bonne lecture !</p>
<p>1/ Santé publique</p>
<p>Le fardeau ou la charge financière des personnes multimorbides a été étudiée dans une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33264478/">revue de la littérature</a>
regroupant 46 études qualitatives, majoritairement Nord-Américaines,
avec des approches d&rsquo;analyse différentes. L&rsquo;étude rappelle les coûts
directs : consultations, achat de médicaments, transports vers les
structures de soins (et plus encore en cas de handicap), achat
d&rsquo;équipements, liés aux mesures hygièno-diététiques proposées telles que
le mieux manger ou l&rsquo;inscription en salle de sport. Dans les coûts
indirects, les participants ont rapporté les pertes de revenus liées à
la réduction des heures de travail, la diminution d&rsquo;accès aux promotions
au sein et l&rsquo;entreprise et les probabilités augmentées de perte d&rsquo;emploi
et de retraite anticipée. La présence d&rsquo;un système d&rsquo;assurance maladie
et de prestations sociales est un facteur aidant, mais souvent
insuffisant pour couvrir toutes les dépenses. Pour appréhender la charge
financière de la multimorbidité, les patients ont décrit devoir parfois
demander de l&rsquo;aide à leur famille ou encore renoncer aux soins, le
tout impactant leur bien-être. Posons-nous la question des raisons qui
ont amené les patients à ne pas prendre un traitement, voir un
spécialiste ou à suivre les mesures hygiéno-diététiques, peut-être qu&rsquo;en
plus du fardeau thérapeutique, la charge financière fait pencher la
balance vers un renoncement aux soins.</p>
<p>Parlons maintenant des erreurs médicales évitables en médecine générale grâce à un article du <a href="https://qualitysafety.bmj.com/content/early/2020/11/03/bmjqs-2020-011405">BMJ Quality and Safety</a>.
Cet article met en évidence une incidence de 35 préjudices probablement
évitables pour 100 000 patients par an (ça a l&rsquo;air beaucoup), ce qui
correspond à 1,5% des préjudices (ça a l&rsquo;air peu au final). Les
préjudices évitables étaient essentiellement liés à des erreurs dans le
diagnostic (mauvais ou retardé), puis à des erreurs thérapeutiques (pas
de traitement instauré, traitement insuffisant, erreurs de
prescription)  et enfin à des erreurs d&rsquo;orientation des patients.</p>
<p>2/ COVID-19</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3221338/fr/strategie-de-vaccination-contre-le-sars-cov-2-recommandations-preliminaires-sur-la-strategie-de-priorisation-des-populations-a-vacciner">HAS</a> a publié des recommandations concernant la stratégie vaccinale pour le COVID qui va être mis en place en 5 vagues successives:</p>
<ul>
<li>En priorité seront vaccinés les patients âgés en EHPAD et en unité de soins longue durée ainsi que les professionnels avec facteurs de risque y travaillant</li>
<li>Ensuite, ce seront les patients de plus de 75 ans, ceux de plus de 65 ans avec facteurs de risque et les professionnels de santé de plus de 50 ans ou avec facteurs de risque</li>
<li>Puis les patients de plus de 50 ans ou avec facteurs de risque et les professionnels de santé non encore vaccinés</li>
<li>Puis les personnes précaires ou vulnérables et les professionnels les prenant en charge non encore vaccinés</li>
<li>Enfin, toutes les personnes restantes.</li>
</ul>
<p>Revenons sur les indications de prise en charge prophylactique des maladies thrombo-emboliques chez les patients atteints de COVID dans un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2773516">JAMA</a> (on en avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/05/dragi-webdo-n268.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/11/dragi-webdo-n289.html">là</a>). Concernant les patients non hospitalisés, les recommandations présentées dans cet article, c&rsquo;est plutôt clair: pas de traitement prophylactique recommandé (il n&rsquo;y a pas de critère présenté pour savoir quand on pourrait les mettre au cas par cas). Chez les patients hospitalisés, il est cependant recommandé de mettre un traitement prophylactique, plutôt par HBPM.</p>
<p>Un article de la <a href="https://www.rmlg.ulg.ac.be/aboel.php?num_id=3379&amp;langue=FR">revue médicale de Liège</a> sur le même sujet propose au contraire de considérer une thromboprophylaxie pendant 14 jours chez les patients ambulatoire ayant des symptômes sévères ou un alitement ET des facteurs de risques de thrombose: thrombophilie connue, obésité, insuffisance cardiaque et/ou respiratoire, âge &gt; 70 ans, antécédent personnel ou familial de TVP/EP, cancer actif et/ou chirurgie majeure dans les 3 derniers mois (ce qui fait pas mal de patients au final).</p>
<p>Une <a href="https://bmjopen.bmj.com/content/10/12/e042119">étude</a> à laquelle un certain nombre d&rsquo;entre vous a participé vient d&rsquo;être publiée dans le BMJ Open. Elle décrit les modifications d&rsquo;organisations des généralistes au début de la 1ère vaque de COVID en France. Globalement les 2/3 des médecins se sont mis à effectuer des téléconsultations et près de la moitié ont organisé un parcours pour les patients avec suspicion de COVID.</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Voici les toutes récentes <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1169833020301769">recommandations</a> de la société française de rhumatologie concernant la prise en charge de l&rsquo;arthrose du genou. Il est recommandé d&rsquo;associer des mesures pharmacologiques et non pharmacologiques de façon personnalisée. Le paracetamol est un traitement de 1ère intention (mais ne dois pas forcément systématique ou être prescrit en continu), tout comme les AINS oraux en l&rsquo;absence de contre-indication. Les AINS topiques sont une option et les opioïdes faibles peuvent être associés aux antalgiques de palier 1. Les antalgiques de palier 3 sont à éviter ou à réserver quand aucun autre traitement médical ou chirurgical n&rsquo;est possible. Les infiltrations de corticoïdes peuvent être proposées notamment en cas de poussée inflammatoire. Jusque-là tout est logique et scientifique. Les auteurs proposent également des infiltrations d&rsquo;acide hyaluronique et des traitements anti-arthrosiques mais ils précisent bien &ldquo;sans attendre d&rsquo;effet chondroprotecteur&rdquo; (qui est ce qui est mis en avant lorsqu&rsquo;ils sont utilisés&hellip;.), que la diacéréine est contre indiquée après 65 ans et que les compléments à base de glucosamine sont déconseillés si diabète) et que la caspaïcine locale peut être proposée malgré des effets indésirables fréquentes. Enfin, la duloxétine est proposée hors AMM en traitement de fond et en l&rsquo;absence de tout autre traitement efficace.</p>
<p>4/ Neurologie </p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3214468/fr/epilepsies-prise-en-charge-des-enfants-et-des-adultes">HAS</a> a publié des recommandations concernant la prise en charge de l&rsquo;épilepsie. Elles ne sont absolument pas orientées pour le médecin généraliste, mais on peut quand même retenir plusieurs points. Une suspicion d&rsquo;épilepsie doit être vue par un spécialiste sous 15 jours (48h pour un syndrome de West). L&rsquo;arrêt du traitement peut être discuté &ldquo;après une période de stabilité en fonction du syndrome épileptique&rdquo;. Le traitement de crise doit être administré si la crise dure plus de 5min ou s&rsquo;il y a plus de 2 crises sans retour à la conscience normale. Pendant les consultations, on peut également évaluer le besoin de séances d&rsquo;éducation thérapeutique et le retentissement psychologique et social de la maladie. Enfin, il est nécessaire d&rsquo;être vigilants aux interactions médicamenteuses (notamment avec les contraceptifs) et aux effets secondaires (notamment des élévations des transaminases ne nécessitant pas de modifications de traitement si &lt; 3N).</p>
<p>5/ Obésité</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2773551">JAMA</a> aborde les thérapies nouvelles dans la prise en charge de l’obésité (on avait parlé du Gelesis <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/05/dragi-webdo-n226.html">ici</a>). Les auteurs parlent ici des ballons gastriques, qui sont donc des ballons gonflés qui occupent de la place dans l&rsquo;estomac et réduisent donc la prise alimentaire. Concernant leur efficacité, il y a des pertes de poids variant entre 6,6% et 14% du poids initial, significativement supérieures aux groupes contrôle (même en cas de procédure factice). Les troubles digestifs après procédure sont fréquents, la nécessité d&rsquo;une endoscopie pour vérifier le matériel n&rsquo;est nécessaire que chez 3% des patients mais il y a eu des suspicions de décès imputables à des fuites de liquide de remplissage des ballons chez quelques patients. Donc cette option nécessite probablement encore d&rsquo;être étudiée plus précisément avant d&rsquo;être proposée en routine.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi9T86vjZuBrjELAg-FwKH1gA2y1vx_Iad-Vba1CaRoapmu3973_5cbORfneslAOSPrIMUsbrzGDKN5eWqi99LboHGIzAeZF1UzfqHHJZ89UNiMl3n4LMz58Y71UX4LgZIpK6rZvp1MNlDd/s883/ballon.png"><img src="/images/articles/2020/ballon.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Le jeu du mois: Imaginarium</p>
<p>&ldquo;Imaginarium&rdquo; est un jeu en ambiance &ldquo;steampunk&rdquo; dans lequel chaque joueur contrôle une manufacture de rêves. Il va donc falloir collecter des matériaux, créer avec eux des machines à rêve, employer diverses créatures pour vous aider et récolter les points de victoire le plus rapidement possible en validant vos projets. Il y a d&rsquo;abord une partie d&rsquo;enchères, puis il faut récupérer les ressources produites par ses machines et décider des 2 actions à effectuer: assembler, désassembler, recruter, transformer des matériaux&hellip; La mécanique est fluide et ne nécessite pas trop de très longues explications. Ajoutez à cela un matériel de qualité avec un design totalement dans le thème et vous obtenez un de mes jeux préférés. Les parties dépassent rarement 2 heures, c&rsquo;est un jeu de stratégie plutôt abordable et très immersif. Un jeu à avoir pour des joueurs qui s&rsquo;intéressent à ce type de jeu sans vouloir s&rsquo;engager dans des parties très longues!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2rWqtv1LHlq3bkO4iEGNXay2iOIE0tqolvpE43cpHnbtzXtgKaoA7PhZB-yhBDi2YStqz7CZINGyJl_JWl223ghqBOrdFzCdakZEsNBrW_uLXBHZTgkg9gZh7Sh7slYGxfd-lTcXYT8yV/s1080/FB_IMG_1588416151763.jpg"><img src="/images/articles/2020/fb-img-1588416151763.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà, encore merci pour votre fidélité et bienvenue aux nouveaux lecteurs aussi. Pour ne pas manquer le dernier billet, abonnez-vous sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et à la newsletter (mail). Pour cela, inscrivez votre adresse mail e-mail tout en haut à droite sur la page <em>(sans
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille*(pour la partie quali et la relecture)*</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°291 : corticoïdes, RGO/IPP, otite moyenne aiguë, troubles auditifs, acné, dépendance alcool, activité physique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/11/dragi-webdo-n291/</link><pubDate>Sun, 29 Nov 2020 20:34:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/11/dragi-webdo-n291/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Activité physique</category><category>ORL</category><category>Dermatologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Addictologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Le billet ne devrait pas être trop long. Alors, sans plus attendre, voici les actualités de la semaine, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Forxiga-R-10-mg-dapagliflozine-Xigduo-R-dapagliflozine-metformine-Recommandations-pour-prevenir-les-risques-d-acidocetose-diabetique-et-de-gangrene-de-Fournier-fasciite-necrosante-perineale-Lettre-aux-professionnels-de-sante">ANSM</a> informe à nouveau les professionnels de santé des risques d&rsquo;acidose lactique et de gangrène nécrosante du périnée liés aux traitements par gliflozines (notamment la dapagliflozine qui est la seule disponible en France).</p>
<p>Cette alerte survient en même temps que la sortie du bilan des médicaments à écarter de la <a href="https://www.prescrire.org/Fr/15F000963A5247A9E454BF5B3AAD0DB2/Download.aspx">revue Prescrire</a>, et les gliflozines en font partie (sur ce point, je suis quand même en désaccord concernant l&rsquo;empagliflozine qui a démontré des bénéfices en termes de mortalité globale, cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/09/dragi-webdo-n63.html">ici</a>).</p>
<p>Un <a href="https://www.aafp.org/afp/2020/0115/p89.html">article</a> américain parle du bon usage des corticoïdes en cure courte en médecine générale. Les auteurs rappellent l&rsquo;absence de preuve d&rsquo;efficacité de ces traitements dans les bronchites, sinusites, syndromes du canal carpien, rhinites allergiques, pharyngites, lombo-radiculalgies et zonas. Ils sont par contre bien indiqués dans les crises d&rsquo;asthme, les crises de goutte et les paralysies faciales <em>a frigore</em>. Les auteurs rappellent les risques de ces traitements comme le sur-risque d&rsquo;infections (NNH=1250), de maladies thrombo-emboliques (NNH=450) et de fractures (NNH=140)</p>
<p>2/ Activité physique</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)32229-7/fulltext?rss=yes#.X7-kPq2noTM.twitter">Lancet</a> a publié un commentaire concernant les nouvelles recommandations de l&rsquo;Organisation Mondiale de la Santé sur l&rsquo;activité physique. Les recommandations s&rsquo;adressent à la population générale mais aussi aux femmes enceintes et aux patients atteints de maladies chroniques. Il est recommandé d&rsquo;effectuer 150 min d&rsquo;activité modérée par semaine ou 75 min d&rsquo;activité intense (ou un mix), mais toute l&rsquo;activité de la semaine peut être effectuée sur 1 seul jour par semaine, et il n&rsquo;y a pas de durée minimale pour chaque session. Enfin, il faut remplacer les comportements sédentaires par de l&rsquo;activité physique, même de faible intensité.</p>
<p>Dans le même temps, un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2772939">JAMA internal medicine</a> étudie la mortalité des patients ayant une activité modérée à intense selon la proportion d&rsquo;activité intense effectuée dans une étude de cohorte. Ils retrouvent que plus la proportion d&rsquo;activité intense augmente, plus le risque de mortalité globale diminue. C&rsquo;est concordant avec ce qui était suggéré par d&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/10/dragi-webdo-n284.html">autres études</a>.</p>
<p>3/ ORL</p>
<p><a href="https://www.annfammed.org/content/18/6/520">Annals of family medicine</a> parle du dépistage des troubles auditifs qui sont une source importante d&rsquo;incapacité en atteignant 30% des patients de plus de 55 ans. L&rsquo;étude permettait un dépistage systématique chez les patients grâce à un rappel systématique et leur demandait de compléter le <a href="https://www.umassmemorialhealthcare.org/sites/umass-memorial-hospital/files/Documents/Services/Ear_Nose_Throat/Hearing%20Handicap%20Inventory%20For%20Adults.pdf">Hearing Handicap Inventory</a>. Sur les 14 000 patients inclus, 3% étaient adressés pour hypoacousie avant la mise en place de cette intervention et 14% après le dépistage dans un des centres, et 0,7% et 4,7% respectivement dans un autre centre. Les auteurs retrouvent que 93% des 1600 patients adressés pour suspicion d&rsquo;hypoacousie avaient été adressés de façon justifiée et 71% des patients considéraient que l&rsquo;avis spécialisé était approprié pour leur prise en charge. Bref, pensons à rechercher les troubles auditifs.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4238">BMJ</a> revient sur les otites moyennes aiguës de l&rsquo;enfant. Le diagnostic repose sur des symptômes (douleurs de l&rsquo;oreille spontanée ou à la palpation ou fièvre), un épanchement (bombement du tympan ou diminution de mobilité au pneumatoscope <em>NB: l&rsquo;otoscope Welch Allyn a un emplacement pour brancher le pneumatoscope</em>) et une inflammation tympanique (érythème tympanique à l&rsquo;otoscopie). Les complications sont rare mais il faut être vigilent en cas de facteur de risque de gravité: enfant de moins de 3 mois, persistance des symptômes, paralysie faciale ou syndrome méningé. Concernant les traitements antalgiques, le paracétamol et les AINS sont efficaces. Les gouttes antalgiques locales ne sont pas recommandées mais réduiraient la douleur en 30min, et pourraient réduire la consommation d&rsquo;antibiotiques. Sinon, le traitement antibiotique est recommandé : avant 6 mois, si comorbidités (immunodépression, malformation faciale, trisomie 21), avant 2 ans si bilatéral, si mal toléré ou si écoulement lié à une perforation, pour réduire la durée des symptômes essentiellement. Les antibiotiques topiques ne sont recommandés que si aérateur transtympaniques, mais les auteurs disent que leur utilisation chez les enfants avec otite perforée est attractive et pourrait réduire l&rsquo;utilisation d&rsquo;antibiotiques oraux mais qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de preuve pour valider cette pratique. (l&rsquo;article ne parle pas du syndrome otite-conjonctivite qui semble très franco-français).</p>
<p>4/ Dermatologie</p>
<p>Cet <a href="https://bjgp.org/content/early/2020/11/20/bjgp20X713873">article</a>
du BJGP s&rsquo;est proposé d&rsquo;explorer les raisons qui amènent les MG
britanniques à ne pas toujours suivre les stratégies recommandées dans
le traitement de l&rsquo;acné (surprescription d&rsquo;antibiotiques, moindre
prescription de traitements topiques), en explorant les facteurs entrant
dans leur processus décisionnel. Les entretiens semi-dirigés
téléphoniques étaient courts, ce qui s&rsquo;explique probablement par la
précision de la question sur la thérapeutique. Les MG interrogés ont
évoqué leurs incertitudes sur la prescription de médicaments topiques,
avec une méconnaissances des spécialité disponibles, une peur des effets
indésirables et d&rsquo;une moindre acceptation des patients. En revanche, les
antibiotiques étaient vus comme efficaces, rapides et familiers,
favorisant leurs prescriptions, avec l&rsquo;idée que les patients avaient
souvent déjà essayé des topique avant la consultation et qu&rsquo;ils étaient déjà en situation d&rsquo;échec du traitement local. Il reste du
chemin à parcourir pour rapprocher nos perceptions de la réalité
scientifique concernant l&rsquo;efficacité des traitements, notamment des
antibiotiques, que ce soit dans le traitement de l&rsquo;acné comme dans celui
des infections respiratoires. </p>
<p>5/ Gastro-entérologie</p>
<p>Une grosse revue du <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m3786">BMJ</a> parle du reflux gastro-oesophagien. Sur le fond, rien de très neuf, la fibroscopie est recommandée si signe d&rsquo;alerte (dysphagie, saignement, perte de poids), symptômes atypiques, ou échec des inhibiteurs de pompe à proton (IPP). La prise en charge repose sur des règles diététiques: éviter le café, l&rsquo;alcool, le chocolat, les aliments gras, les plats épicés et boissons acides, mais aussi arrêter de fumer, ne pas se coucher en post-prandial, relever la tête du lit, et perdre du poids. Concernant le traitement médicamenteux, il y a bien sur les antiacides, alginates et anti-H2 mais surtout les IPP qui ne sont pas tous équivalents sur le pourcentage de temps de la journée avec un pH gastrique &gt;4 (idéalement 50-70% du temps) sans que les différences en termes d&rsquo;efficacité clinique ne soit vraiment étudiée.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEird7c12ypR-NBcbvny-iIiLC-CwciDL3Z72zXIeqkbRr5PA20_uny89yGbtmtKAQ8ZrwsFz-Nw_ra5SDn0olZpOgLM7V6HDsVObyz-FBE7G9EWrlrhmdKi-CXep4WmPY0lsxyyMVOENSz3/s1302/ipp.png"><img src="/images/articles/2020/ipp.png" alt=""></a></p>
<p>Concernant les effets secondaires des IPP au long cours, l&rsquo;article fournit également une liste très détaillée des associations retrouvées dans la littérature:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh8mMpljr06BNeOjsQMryt2RRp75bUp4t-EAB441ns6_Csu-Vs0JMMT8TjGmpZkisVJeiaZMLN1N-f_nQgTH9tofKks8g99XqQXirvQiqvh1j8PX_D5oSwgASsIVN8zTzQqi4WpWNRRmkTR/s596/ipp2.png"><img src="/images/articles/2020/ipp2.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Addictologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m3934">BMJ</a> (encore!) aborde cette fois les traitements de la dépendance alcoolique dans une grosse méta-analyse en réseau. Le seul traitement efficace avec un niveau de preuve modéré (alors que les autres sont de niveau de preuve faible) est l&rsquo;acamprosate qui multiplie la probabilité d&rsquo;arrêt par 1,86. Le baclofène est à la limite de la significativité, la quetiapine, le tipiramate et le GHB sont efficaces avec un faible niveau de preuve mais pas sûr que la balance bénéfice-risque soit vraiment favorable&hellip;</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine. Vous pouvez toujours vous abonnez sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez votre adresse mail e-mail tout en haut à droite sur la page <em>(sans
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<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille*(pour le quali et la relecture)*</p>
<p><em><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhs-k44ewpJjIpivHi8RMjeON9tegOmm3HpyfzNzQjMOX1jFn3C1-YsumG3hupiuSR-WHNPChW22inzKtFecSVGQ1BG4Ld8Gw0DGhy3PQke5wVXW9f6_iXTmKlaBZlVYg1RSVFPbWUjLokT/s1022/sw.jpg"><img src="/images/articles/2020/sw.jpg" alt=""></a></em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°290 : COVID-19 (masques, facteurs de risque), pathologies bucco-dentaires (recos), statines, gluten/pédiatrie, dépistage CCR, sotagliflozine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/11/dragi-webdo-n290/</link><pubDate>Sun, 22 Nov 2020 23:46:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/11/dragi-webdo-n290/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Oncologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Au cas où certains politiciens de la santé tombent sur ce blog, voyons ce qu&rsquo;il se passe au niveau de la population quand des patients perdent leur médecin généraliste pour différentes raisons (retraite, déménagement, décès&hellip;). Cet article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2773066">Jama Internal Medicine</a> retrouve que les patients ayant perdu leur médecin généraliste consultent moins les généralistes (logique&hellip;) mais augmentent leurs consultations chez les spécialistes et dans les services d’urgences, entrainant un surcoût (puisque c&rsquo;est l&rsquo;argent qui fait poser des décisions) de 189€ par patient par an en moyenne (mais jusqu&rsquo;à 260€ pour les patients dont le médecin généraliste exerçait seul). Bonne lecture pour la suite!</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>Une <a href="https://openres.ersjournals.com/content/6/4/00581-2020?ctkey=shareline&amp;utm_medium=shareline&amp;utm_source=00581-2020&amp;utm_campaign=shareline">étude</a> s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;efficacité des masques FFP2 en faisant sentir une odeur à des professionnels utilisant différents types de masques. Tous ne sont visiblement pas égaux au niveau de leur étanchéité (en vert, le pourcentage des 83 professionnels n&rsquo;ayant pas senti l&rsquo;odeur, en rouge ceux l&rsquo;ayant sentie). En gros, ceux qui s&rsquo;attachent derrière les oreilles et pas derrière la tête sont moins étanches (zut, c&rsquo;est ces derniers auxquels j&rsquo;ai eu droit lors des distributions de masques du stock de l&rsquo;État&hellip;.du coup, j&rsquo;ai testé mon FFP2 en allant chercher mon kebab ce soir et j&rsquo;ai parfaitement senti les odeurs! Mais bon, c&rsquo;est pas le même type de molécules senties, donc c&rsquo;est normal de sentir des odeurs quand même.)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgpnx6KSXFMvR1n_nNNTkHbRBE3GklXCKj827LjoTj_xxkI0Z2XbrAs8zT3eDdP4jPh53SpIhaAQm_5au_EdI5iTMmLfzbWlZMHf2Fn2LP5E55b8knzEkKSa2sFuHR9X8BKFWLT1clG7KXP/s1280/ffp2.jpg"><img src="/images/articles/2020/ffp2.jpg" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=942">HCSP</a> a mis à jour les facteurs de risque de COVID sévère en fonction de l&rsquo;augmentation du risque (mais pour le moment, c&rsquo;est toujours le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042512657">décret du 10 novembre</a> qui est utile pour l&rsquo;isolement sur déclare.ameli).  Sont considérés à risque les patients de la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/03/dragi-webdo-n261.html">liste précédente</a>, auxquels s’ajoutent:</p>
<ul>
<li>
<p>A/ Situation multipliant le risque entre 1 et 3 (modéré):</p>
</li>
<li>
<p>âge de 60 à 69 ans</p>
</li>
<li>
<p>sexe masculin (je ne sais pas si du coup, il faut mettre
tous les hommes en isolement&hellip;)</p>
</li>
<li>
<p>obésité (IMC ≥ 35 kg/m2)</p>
</li>
<li>
<p>diabète avec HbA1c ≥ 7,5%</p>
</li>
<li>
<p>pathologies entrainant une immunodépression</p>
</li>
<li>
<p>cancer des voies respiratoires ou autres cancers solides
de diagnostic datant de moins de 5 ans</p>
</li>
<li>
<p>hémopathies malignes y compris si le diagnostic date de
plus de 5 ans</p>
</li>
<li>
<p>chimiothérapie grade A</p>
</li>
<li>
<p>radiothérapie dans les 6 mois précédents</p>
</li>
<li>
<p>insuffisance rénale stade 3 à 5 (risque plus élevé si
stade plus élevé)</p>
</li>
<li>
<p>maladies neurologiques autres qu’AVC dont épilepsie</p>
</li>
<li>
<p>BPCO, Hypertension artérielle pulmonaire, asthme
nécessitant la prise de corticoïdes inhalés ;</p>
</li>
<li>
<p>insuffisance cardiaque, artériopathies périphériques,
fibrillation auriculaire</p>
</li>
<li>
<p>maladie thrombo-embolique</p>
</li>
<li>
<p>fracture ostéoporotique (hanche, rachis, poignet,
humérus)</p>
</li>
<li>
<p>troubles de l’apprentissage</p>
</li>
<li>
<p>cirrhose du foie (sans définition de stade)</p>
</li>
<li>
<p>polyarthrite rhumatoïde, lupus systémique, psoriasis</p>
</li>
<li>
<p>B/ Situations augmentant le risque entre 3 et 5 (élevé):</p>
</li>
<li>
<p>diabète de type 1</p>
</li>
<li>
<p>drépanocytose</p>
</li>
<li>
<p>déficit immunitaire combiné sévère</p>
</li>
<li>
<p>insuffisance rénale stade 5 avec dialyse</p>
</li>
<li>
<p>C/ Situations augmentant le risque par plus de 5 (très élevé):</p>
</li>
<li>
<p>âge ≥ 70 ans</p>
</li>
<li>
<p>syndrome de Down (trisomie 21)</p>
</li>
<li>
<p>greffe de cellules souches</p>
</li>
<li>
<p>chimiothérapie grade B et C</p>
</li>
<li>
<p>insuffisance rénale stade 5, ou greffée</p>
</li>
<li>
<p>syndromes démentiels</p>
</li>
<li>
<p>paralysie cérébrale.</p>
</li>
</ul>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/4931039?sommaire=4487854">INSEE</a> a publié les chiffres des décès de cette année par rapport à ceux des années précédentes, voilà:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi07RhSDq-uYRy9sxrwHebFBygL7xxIP-ZrXRTqgH68z696L99RP600f6NJUm6fQoo2QPo7r3A3a6OnK2XOiygN7M1P0pTvQysGEKZvDB8trKBUwacX61PiFpd-rA3IXXpyiXt2Z4mKxmnc/s575/insee.png"><img src="/images/articles/2020/insee.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc2031173">NEJM</a> a utilisé une méthode de &ldquo;N of 1 trial&rdquo;, c&rsquo;est à dire que chaque patient est une étude à lui tout seul. Ainsi, des patients connus pour ne pas avoir toléré une statine ont reçu de façon randomisée et en aveugle des flacons: de placebo ou de statines ou vides. Les auteurs retrouvent que 90% symptômes survenant sous statines survenaient aussi sous placebo! Au final, 50% des patients ont recommencé une statine après l&rsquo;étude.</p>
<p>A partir d&rsquo;une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2773065">revue systématique</a> suivant des patients pendant 2 à 6 ans, des auteurs ont estimé le temps pour obtenir un bénéfice lié aux statines en prévention primaire. Ainsi, ils ont retrouvé qu&rsquo;il fallait que 100 patients suivent leur traitement par statine pendant 2,5 ans pour éviter 1 évènement cardiovasculaire ou que 500 patients soient traités 0,8 ans, mais  sans bénéfice retrouvé sur la mortalité (ça c&rsquo;est logique puisque seul la simvastatine et la pravastatine ont montré un bénéfice de mortalité et qu&rsquo;elles se retrouvent noyées au milieu des autres statines).</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2773120">JAMA</a> a étudié l&rsquo;effet des omega-3 versus l&rsquo;huile de maïs, utilisé comme comparateur inerte, sur la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaire chez des 13000 patients à haut risque. Les auteurs ne retrouvent pas d&rsquo;efficacité chez ces patients dont la moitié était en prévention secondaire. En fait, l&rsquo;étude a même été arrêtée prématurément car les analyses intermédiaires montraient qu&rsquo;il y avait peu de chance qu&rsquo;un bénéfice soit retrouvé.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Les recommandations d&rsquo;antibiothérapies dans les pathologies buccodentaire ne sont pas très récentes, puisqu&rsquo;elles datent de <a href="https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/medias/_documents/consensus/2011-afssaps-Reco-buccodentaire.pdf">2011</a>. Des <a href="https://kce.fgov.be/fr/guide-clinique-pour-la-prescription-prudente-d%E2%80%99antibiotiques-en-pratique-dentaire#.X7aUvSabsvM.twitter">recommandations belges</a> sur le sujet viennent d&rsquo;être publiées.</p>
<p>Concernant ce qu&rsquo;on voit en médecine générale, les antibiotiques sont généralement non recommandés mais peuvent être utilisés:</p>
<ul>
<li>Abcès péri-apicaux ou parodontaux avec signes d&rsquo;extension locale ou systémique d&rsquo;infection (type cellulite, fièvre, malaise&hellip;): amoxicilline 500mg x3/jour pendant 3 à 7 jours,</li>
<li>Parodontite aigue agressive: amoxicilline 500mg+ metronidazole 500mg x3/jour pendant 3 à 7 jours</li>
<li>chez les patients à haut risque d&rsquo;endocardite (atcd de cardiopathie cyanogène, valve prothétique cardiaque, atcd d&rsquo;endocardite) avant un geste dentaire invasif : amoxicilline 2g chez l&rsquo;adulte,  ou 50mg/kg chez l&rsquo;enfant,  30-60min avant le geste.</li>
</ul>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>Alors que d&rsquo;autres étude ne retrouvaient pas de bénéfice à l&rsquo;introduction précoce du gluten (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/09/dragi-webdo-n108.html">ici</a> et les recos <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/10/dragi-webdo-n65.html">là</a>), une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapediatrics/fullarticle/2770801">nouvelle étude</a> retrouve que son introduction vers 4 mois réduit le risque de maladie cœliaque à 3 ans par rapport à une introduction standard vers 6 mois (0% vs 1,4%, donc dur de faire des statistiques avec un 0% d&rsquo;un côté, mais ça serait à confirmer par d&rsquo;autres études quand même).</p>
<p>5/ Oncologie</p>
<p>Cette <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/02813432.2020.1844391">étude</a> a exploré les motifs de non réalisation de la coloscopie après un dépistage du cancer colorectal positif en interrogeant 17 hollandais n’ayant pas réalisé leur coloscopie 6 mois après leur test par immunofluorescence fécal (FIT) positif. Les obstacles externes classiques étaient les barrages financiers, ou encore d’autres priorités de santé. Ce qu’apporte l’article, c’est surtout de comprendre les motifs intrinsèques : perception d’un faible risque, peur de la coloscopie (et/ou souhait d’une alternative), méfiance vis à vis du dépistage ou fatalisme vis-à-vis du cancer. Les auteurs ne précisent pas pourquoi ce blocage n’est pas présent avant même la première étape du dépistage alors même que les participants ont aussi évoqué un souhait de dépistage plus personnalisé et que le FIT ne l’est pas. Le rôle des médecins serait ainsi de ne pas banaliser ce test mais de prendre un temps dédié pour parler du dépistage, de ses représentations et des suites à apporter à l’enveloppe bleue remise en consultation en fonction de ses résultats.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Pour finir, voici 2 articles concernant la sotagliflozine, le 1er chez diabétiques avec [insuffisance rénale](<a href="https://www.medicalement-geek.com/2020/11/Sotagliflozin">https://www.medicalement-geek.com/2020/11/Sotagliflozin</a> in Patients with Diabetes and Chronic Kidney Disease List of authors.      Deepak L. Bhatt) et l&rsquo;autre chez les diabétiques avec <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2030183">insuffisance cardiaque</a>. Dans le 1er, 10000 patients diabétiques avec un DFG estimé entre 25 et 60ml/min ont été randomisés pour recevoir ce traitement ou un placebo. Les patients ont eu une réduction du critère principal (composite) cardiovasculaire de 26% (soit un NNT de 53 patients par an) sans réduction de la mortalité cardiovasculaire ni globale. On note une augmentation des diarrhées (NNT= 40), des acidocétoses diabétiques (NNT= 334) et des infections génitales mycosiques (NNT= 67).</p>
<p>L&rsquo;article chez les patients insuffisants cardiaques a inclus 1200 patients ayant eu des symptômes d&rsquo;insuffisance cardiaque. De la même façon, il y avait une diminution de la survenue du critère principal cardiovasculaire de 33% (NNT= 4 patients.année), et des hospitalisations pour insuffisance cardiaque de 36% (NNT=5), quelle que soit la FEVG (supérieure ou inférieure à 50%), sans diminution de la mortalité cardiovasculaire ou globale. Les effets secondaires étaient similaires à ceux de l&rsquo;autre étude. Bref, une nouvelle gliflozine qui réduit le critère de jugement composite cardiovasculaire mais qui ne réduit pas la mortalité comme le fait l&rsquo;empagliflozine.</p>
<p>C&rsquo;est fini! Pour ne pas manquer le dernier billet, abonnez-vous sur  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et à la newsletter (mail). Pour cela, inscrivez votre adresse mail e-mail tout en haut à droite sur la page <em>(sans oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail intitulé &ldquo;FeedBurner Email Subscriptions&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams).</em> Il y a eu un bug la semaine dernière avec la newsletter qui n&rsquo;est pas partie dans la nuit du dimanche au lundi, comme d&rsquo;habitude, alors j&rsquo;espère que tout va bien se passer cette semaine!</p>
<p>À la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille*(pour la partie quali et la relecture)*</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°289 : COVID (recos HAS, O2, anticoagulation, fluvoxamine), fer/insuffisance cardiaque, statines et sujet âgé, dépistage cancer poumon, e-cigarette, reflux, soins palliatifs</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/11/dragi-webdo-n289/</link><pubDate>Sun, 15 Nov 2020 14:46:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/11/dragi-webdo-n289/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>ORL</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Le billet de la semaine va être assez dense, alors bonne lecture !!</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-11/reco410_rr_covid_premier_recours_maj_mel_vd_2020-11-06_19-00-27_357.pdf">HAS</a> en partenariat avec le CMG, la SPILF et le CNGE, a publié des recommandations concernant la prise en charge en 1er recours des patients COVID. On retiendra particulièrement:</p>
<ul>
<li>Des consultations présentielles à privilégier, avec mesure de la saturation en oxygène</li>
<li>Chez le patient symptomatique: indication de PCR ou de test antigénique (entre J1 et J4 des symptômes si la PCR est indisponible sous 48h) chez les patients sans signe de gravité. S&rsquo;il y a des difficultés pour le test nasopharyngé, faire une PCR salivaire</li>
<li>Chez le patient asymptomatique: indication de PCR immédiatement puis à 5-7 jours si contact étroit (même foyer) ou à J5-J7 après l&rsquo;exposition si pas de contact étroit. S&rsquo;il y a des difficultés pour le test nésopharyngé, faire PCR oro-pharyngée</li>
<li>La surveillance des patients COVID doit être renforcée entre J6 et J12, les corticoïdes ne sont pas indiqués chez les patients non graves, et l&rsquo;anticoagulation n&rsquo;est recommandée que si patient alité ou facteurs de risque de thrombose</li>
<li>Chez l&rsquo;enfant de moins de 11 ans, un test est recommandé si fièvre sans cause après 6 ans ou si fièvre sans cause depuis 3 jours avant 6 ans.</li>
</ul>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3215547/fr/prise-en-charge-a-domicile-des-patients-atteints-de-la-covid-19-et-requerant-une-oxygenotherapie">HAS</a> a également publié des recommandations controversées sur la prescription de l&rsquo;oxygénothérapie en ville en contexte de COVID. Elle serait indiquée de façon exceptionnelle chez des patients sortant d&rsquo;hospitalisation et encore oxygénorequiérants ou chez des patients en ville d&rsquo;emblée en l&rsquo;absence de possibilité d&rsquo;hospitalisation. Le patient doit avoir une SpO2&lt; 92% mais &gt; 90%, nécessiter 3L/min maximum et avoir un aidant présent 24h/24 pour effectuer la surveillance avec un objectif de SpO2 entre 92% et 96%. Dans ces conditions l&rsquo;anticoagulation préventive et les corticoïdes sont également indiqués. Des sociétés savantes se sont insurgées contre cet avis car 1/il y a une indication formelle à hospitaliser ces patients, compte tenu de l&rsquo;évolution parfois très rapide de la maladie 2/ il n&rsquo;est pas concevable de laisser reposer la surveillance du patient sur la présence d&rsquo;un tiers aidant.</p>
<p>Dans le même temps la <a href="https://splf.fr/wp-content/uploads/2020/11/SPLF-COVID19-FOCUSO2-06112020.pdf">SPLF</a> a publié un document allant dans le même sens, mais ne recommandant pas la présence d&rsquo;un tiers en permanence et détaillant les modalités techniques et la façon de prescrire. La fiche oxygénothérapie COVID de <a href="https://lecmg.fr/wp-content/uploads/2020/11/InfogOxygen5.pdf">coronaclic</a> est très bien faite, mais le nombre de contre-indications entraine l&rsquo;exclusion de 99% des patients.</p>
<p>Pour revenir sur l&rsquo;anticoagulation préventive des patients COVID, une <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.120.049015">étude</a> française a retrouvé que les patients COVID+ font 10 fois plus de thrombopénies induites à l&rsquo;héparine, avec une incidence de 8% chez ces patients en réanimation contre 0,9% habituellement soit un NNH de 15! Donc, ça vaut probablement mieux de ne pas mettre tous les patients COVID sous anticoagulation préventive&hellip;</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2773108">JAMA</a> a publié un article randomisant 150 patients COVID+ non graves sans pathologie pulmonaire chronique dans un bras de traitement par fluvoxamine (un IRS) ou dans un bras placebo. Le critère de jugement était une aggravation clinique définie comme une saturation devenant &lt; 92% associée à une dyspnée ou hospitalisation pour dyspnée ou pneumonie. Aucun patient du groupe traitement ne s&rsquo;est aggravé contre 8.3% dans le groupe placebo (p&lt; 0.01, NNT=13!). Il n&rsquo;y avait pas de différence dans le nombre global d&rsquo;effet indésirables. Avant de traiter tout le monde par antidépresseur, attendons d&rsquo;autres études de plus grande envergure.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2772767">USPSTF</a> (équivalent américain de la HAS) retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de preuves suffisantes pour évaluer la balance bénéfice risque d&rsquo;un dépistage de l&rsquo;HTA chez l&rsquo;enfant et l&rsquo;adolescent. Pour mémoire, en France le dépistage est recommandé annuellement à partir de l&rsquo;âge de 3 ans&hellip;</p>
<p>Un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)32339-4/fulltext">Lancet</a> revient sur la supplémentation martiale en cas d&rsquo;insuffisance cardiaque gauche (FEVG&lt; 50%). Les auteurs rappellent que la carence martiale chez ces patients doit être recherchée (recos <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/09/dragi-webdo-n106.html">ESC</a>) et qu&rsquo;elle se définit par une ferritine &lt; 100 ou &lt; 300 si le coefficient de saturation est &lt; 20%. Dans l&rsquo;étude, les patients carencés ont reçu un placebo ou une injection de fer parentéral. Après 52 semaines, le traitement n&rsquo;a pas réduit la survenue du critère de jugement principal composite (hospitalisations et décès à 52 semaines) de façon significative. Si les auteurs avaient fait un simple critère sur les hospitalisations pour insuffisance cardiaque, le résultat était positif avec une réduction des hospitalisations de 25% (NNT=9 patients.année ce qui est plutôt très bien). Bref, tout ça pour rappeler qu&rsquo;il est utile de dépister et de traiter les carences martiales chez les insuffisants cardiaques, mais l&rsquo;injection ponctuelle annuelle n&rsquo;est probablement pas à préférer par rapport à un traitement oral.</p>
<p>On parle régulièrement des statines chez le sujet âgé, et de leur efficacité contestée après 75 ans dans diverses études (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/02/dragi-webdo-n213.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/09/dragi-webdo-n194.html">là</a>). Cette étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)32332-1/fulltext">Lancet</a> va à l&rsquo;encontre des autres. En effet, cette revue systématique avec méta-analyse retrouve que baisser le LDL de 1mmol/L permet de réduire le risque relatif d&rsquo;évènements cardiovasculaires (critère composite) de 26% chez les patients de plus de 75 ans, sans différence avec les moins de 75 ans ni entre ceux traités par statines ou traitement non-statine. Le principal problème c&rsquo;est qu&rsquo;ils ne séparent pas prévention primaire et secondaire: on savait déjà qu&rsquo;en prévention secondaire, c&rsquo;était plutôt utile de continuer quel que soit l&rsquo;âge. J&rsquo;apprends au passage l&rsquo;existence d&rsquo;une <a href="https://clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT02099123">étude</a> en cours randomisant l&rsquo;atorvastatine versus placebo en prévention primaire chez des patients exclusivement de plus de 70 ans, à suivre!</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Une revue systématique d&rsquo;<a href="https://www.annfammed.org/content/18/6/545">Annals of family medicine</a> s&rsquo;est intéressée à la mortalité spécifique, toute cause et au surdiagnostic dans le cadre du dépistage du cancer du poumon en intégrant les données de 8 essais randomisés soit 90000 patients. S&rsquo;il y a bien une réduction relative de la mortalité spécifique de 19% (NNT= 250), la réduction de mortalité globale reste non significative (RR=0.96 [0.92;1.01] et les auteurs tentent quand même de dire que son NNT serait de 295. Le taux de surdiagnostic est évalué à 20% ce qui est concordant avec les autres <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/07/dragi-webdo-n234.html">études</a>.</p>
<p>Il y a 2 ans, une <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/02/dragi-webdo-n213.html">étude</a> retrouvait un bénéfice à l&rsquo;e-cigarette dans le sevrage tabagique. Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2772759">étude</a> canadienne a randomisé des patients motivés pour arrêter de fumer pour qu&rsquo;ils reçoivent, en plus d&rsquo;un soutien motivationnel, soit une e-cigarette avec nicotine, soit une e-cigarette sans nicotine, soit pas d&rsquo;e-cigarette. L&rsquo;utilisation d&rsquo;e-cigarette avec nicotine était plus efficace que l&rsquo;absence d&rsquo;e-cigarette à 12 semaines (NNT=8), mais pas à 24 semaines. Au contraire, l&rsquo;e-cigarette sans nicotine n&rsquo;était pas plus efficace que l&rsquo;absence d&rsquo;e-cigarette à 12 semaines, mais l&rsquo;était à 24 semaines (NNT=10). C&rsquo;est probablement intéressant pour réfléchir sur la place de l&rsquo;addiction à la nicotine et à celle de l&rsquo;addiction à la gestuelle, voire de tester une e-cigarette avec nicotine pendant 12 semaines suivie d&rsquo;un arrêt de la nicotine.</p>
<p>4/ ORL</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4091">BMJ</a> parle du reflux laryngo-pharyngé qui est une manifestation du reflux gastro-oesophagien. Il se manifeste par une sensation de boule dans la gorge plutôt médiane (penser au cancer si latéralisé) ressentie à la déglutition (et pas lors des prises de solides ou de liquides), un hémage (raclement de gorge), un enrouement vocal, un gout amer ou de la toux (souvent plusieurs symptômes). On peut s&rsquo;aider d&rsquo;un <a href="https://www.mdapp.co/reflux-symptoms-index-calculator-385/">score (reflux symptom index)</a>, évocateur de reflux s&rsquo;il est supérieur à 13. Le traitement est empirique avec des inhibiteurs de la pompe à proton. La persistance des symptômes plus de 4 semaines doit faire demander un avis spécialisé.</p>
<p>5/ Soins palliatifs</p>
<p>Une <a href="https://bmcfampract.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12875-020-01295-7">étude</a> qualitative française a étudié les ressources des médecins généralistes pour les accompagner dans les soins palliatifs à domicile, quand environ un français sur quatre y décède. Les 21 entretiens semi-structurés ont été analysés de manière inductive et ont retrouvé des ressources internes ou externes. La gestion des soins palliatifs à domicile, peu aidée par la formation initiale théorique qui pose néanmoins le cadre légistatif, l&rsquo;était en revanche par   l&rsquo;expérientiel : stages de formation initiale, accompagnement des patients mais aussi lors d&rsquo;expériences personnelles. Le statut particulier de généraliste dans le parcours de soins et dans la relation médecin-patient permettait aux médecins de s&rsquo;engager et d&rsquo;obtenir la confiance de la famille, permettant un épanouissement qui compensait la difficulté des situations. Loin d&rsquo;être seuls, les médecins s&rsquo;appuient sur les ressources locales: infirmier.es, principalement, ou encore l&rsquo;hospitalisation à domicile. Fondamentale, la place des proches et des aidants est également évoquée dans le processus de décision et d&rsquo;accompagnement de la fin de vie.</p>
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<p>A la semaine prochaine</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille <em>(pour la partie quali et la relecture)</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°288 : corticoïdes/COVID (HCSP/CNGE), suivi après coloscopie (recos US), rémission du diabète, ECG chez l'enfant, colchicine/coronaropathie, délai de PEC/cancer, conflits d'intérêt</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/11/dragi-webdo-n288/</link><pubDate>Sun, 08 Nov 2020 23:08:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/11/dragi-webdo-n288/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>ORL</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, débutons ce Dragi Webdo par l&rsquo;article quali de la semaine qui concerne les conflits d&rsquo;intérêt. En effet, une <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m3764">étude</a> du
BMJ s&rsquo;est intéressée aux conflits d&rsquo;intérêt lorsque sont menés des
essais cliniques. Les auteurs ont interrogé 20 chercheurs,
principalement des hommes, du monde entier, à travers des entretiens
semi-dirigés téléphoniques. La méthodologie de l&rsquo;étude est bien décrite
et semble solide. La
définition des conflits d&rsquo;intérêt était variable entre les interrogés,
et ils étaient volontiers dans la difficulté de cerner tous les conflits
d&rsquo;intérêt liés à la conduite d&rsquo;essais cliniques. Les interrogés ont
rappelé les conflits d&rsquo;intérêt financiers ou politiques (nécessité de
financement, arrêts prématurés des études lorsque les résultats ne vont
pas dans le sens souhaité par le promoteur&hellip;). Certains participants
évoquaient aussi les liens d&rsquo;intérêt personnels des auteurs : l&rsquo;envie de mieux traiter, en en privilégiant les bras intervention des études, ou encore leur choix de participer
plutôt à des études pouvant améliorer leur carrière personnelle. Les
interrogés ont bien décrit les différentes stratégies pour gérer leurs
conflits d&rsquo;intérêt dans l&rsquo;article. Cette étude rappelle les limites des
études publiées et questionne sur l&rsquo;équilibre entre les moyens
nécessaires pour pouvoir mener une étude, les raisons qui poussent les
chercheurs à chercher et la façon dont sont conduites et publiées (ou
non, et cela est une question en soi) les études, sur l&rsquo;éthique de la
recherche. Pensez à vous former à l&rsquo;éthique dans la recherche si ce n&rsquo;est pas fait (il existe des Mooc passionnants sur le sujet). Bonne lecture !</p>
<p>1/ COVID-19:</p>
<p>Le conseil scientifique du <a href="https://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/decider_selon_les_donnees_de_la_science_y_compris_/">CNGE</a> a émis un avis rappelant qu&rsquo;il est nécessaire de prendre des décisions en accord avec les données de la science même en période de pandémie. Les auteurs rappellent que seuls les corticoïdes ont démontré une efficacité, uniquement chez les patients atteints de COVID sévères. Ils notent que l&rsquo;anticoagulation préventive recommandée par le HCSP chez les patients avec mobilité réduite associée à des facteurs de risque n&rsquo;est actuellement pas appuyée par des études. Bref, <em>primum non nocere</em>.</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=935">HCSP</a> a publié un avis sur l&rsquo;utilisation des corticoïdes dans le COVID-19 chez les patients hospitalisés. Ils recommandent le traitement chez les patients de médecine ou de réanimation avec une SpO2 &lt; 94% (&lt; 90% si insuffisance respiratoire) âgés de moins de 70 ans (à discuter après). C&rsquo;est bien la dexamétasone qui est recommandée, 6mg/j pendant 10 jours maximum ou à défaut de la méthylprednisolone (32 mg/j)   ou de la prednisone (40  mg/j) ou de l&rsquo;hydrocortisone (160 mg/j)</p>
<p>Une petite étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2772655">JAMA</a> super simple à réaliser a comparé la saturation en oxygène de patients âgés de 76 ans en moyenne avant, pendant et après le port d&rsquo;un masque. Les variations étaient de moins de 0,5% et les intervalles de confiance éliminaient des variations de plus de 2%.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La colchicine semblait efficace dans l&rsquo;infarctus du myocarde d&rsquo;après cet <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n247.html">article</a> de 2019. Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2021372">NEJM</a> a publié un autre essai contrôlé randomisé évaluant la colchicine 0,5 mg/j vs placebo chez les patients avec coronaropathie stable. Plus de 5000 patients ont été suivis pendant 2 ans environ et les patients traités par colchicine avait un risque plus faible d&rsquo;évènements cardiovasculaires sur le critère de jugement composite principal (NNT=91 patients.année). Quand on regarde les données de mortalité cardiovasculaire et globale, il n&rsquo;y avait cependant pas de bénéfice retrouvé du traitement. Les patients sous colchicine avaient également moins de crises de goutte (pas très surprenant), mais d&rsquo;avantage de myalgies (logique compte tenu de l’interaction statine+colchicine). Il est également inquiétant de voir une augmentation de la mortalité non-cardiovasculaire de proche de la significativité étant donné la nature exploratoire de cette analyse (OR=1,51[0.99-2.31], NNH d&rsquo;environ 500 patients.année). Notons la bonne tolérance digestive, mais 15% des patients éligibles ont été exclus, souvent pour troubles digestifs, au cours d&rsquo;une &ldquo;run-in periode&rdquo; (période durant laquelle on donne le médicament à tout le monde pour voir s&rsquo;il est bien supporté&hellip; les patients ne le supportant pas ne sont pas randomisés et donc non analysé). Le risque d&rsquo;hospitalisation pour pneumonie n&rsquo;était pas augmenté mais les nombre de pneumonies non hospitalisées n&rsquo;a pas été recueilli. Il aurait également été intéressant d&rsquo;avoir des résultats concernant le sur-risque hémorragique chez les 12% de patients sous anticoagulants pour savoir dans quelle mesure la colchicine augmentait le risque de saignement. L&rsquo;ensemble des données pourrait en faire une molécule intéressante, à voir si le bénéfice à long terme surpasse réellement les risques chez des patients moins sélectionnés.</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/fullarticle/2772380">JAMA Cardiology</a> évalue la prévalence de l&rsquo;HTA masquée nocturne dans une étude de cohorte de patients âgés d&rsquo;environ 50 ans. Ainsi, cette étude retrouve qu&rsquo;il y aurait environ 20% des patients atteints d&rsquo;après les résultats de MAPA mais seulement environ 12% auraient une HTA masquée nocturne isolée (sans HTA diurne associée). Pour mémoire, l&rsquo;HTA nocturne peut se manifester par céphalées, asthénie, nycturie&hellip; ou atteinte d&rsquo;organe (protéinurie, hypertrophie cardiaque&hellip;.) sans cause retrouvé (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/11/dragi-webdo-n160.html">ici</a>).</p>
<p>La <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n205.html">HAS</a> et l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/09/dragi-webdo-n279.html">ESC</a> sont désormais d&rsquo;accord sur le fait qu&rsquo;il n&rsquo;est pas nécessaire d&rsquo;effectuer des ECG systématiques chez l&rsquo;adulte pour la pratique du sport (même si l&rsquo;ESC les recommande quand même en cas de compétition). Chez l&rsquo;enfant, on a moins d&rsquo;éléments, mais la <a href="https://www.jwatch.org/fw117188/2020/11/02/choosing-wisely-practices-question-pediatric-cardiology">société américaine de pédiatrie</a> recommande de ne pas faire d&rsquo;ECG systématique en l&rsquo;absence d&rsquo;antécédent familiaux ou personnels de maladies cardiovasculaires (ils disent aussi de ne pas doser systématiquement la troponine pour les douleurs thoraciques de l&rsquo;enfant).</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4087">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé au surrisque de mortalité lié au retard de prise en charge de cancers. Les auteurs retrouvent une augmentation de 8% de la mortalité pour le cancer du sein et de 6% pour le cancer du colon chez les patients ayant eu un accès à la prise en charge chirurgicale différée de 4 semaines. Ainsi, pour ces cancers à la mortalité estimée à 12%, pour 1000 femmes atteintes, un délai de 1 mois entrainerait une surmortalité de 10 patients&hellip; Avec le confinement et le renoncement aux soins qu&rsquo;il y a eu, on devrait donc s&rsquo;attendre à une triste augmentation de la mortalité de ces cancers. Les études incluses étaient des études rétrospectives pour la plupart, et les stades inclus variaient également: parfois que des faibles stades (comme pour le poumon et il n&rsquo;y a pas de surmortalité lié au délai) et d&rsquo;autres fois des stades 1 à 4 (comme pour le sein) mais on n&rsquo;a pas la proportion de stades inclus (s&rsquo;il y a beaucoup de 3-4 et peu de 1-2, le délai a certainement plus d&rsquo;impact.</p>
<p>On avait abordé un article du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/05/dragi-webdo-n271.html">BMJ</a> concernant le suivi après coloscopie il y a  quelques mois et qui reprenait surtout les recos britanniques et européennes. Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2772858">JAMA</a> publie désormais les recommandations américaines de 2020 concernant le suivi par coloscopie.</p>
<ul>
<li>Pour 1 ou 2 adénomes de moins de 10mm: coloscopie dans 7 à 10 ans (retour au dépistage généralisé selon les recos européennes et britannique)</li>
<li>Pour 3 adénomes de moins de 10mm ou plus: coloscopie dans 3 ans (concordant avec les recos européennes et britanniques)</li>
<li>Dès 1 adénome de plus de 10mm: coloscopie à 3 ans (concordant)</li>
<li>Si 1 adénome ou polype sessile fait plus de 20mm: coloscopie à 6 mois (non abordé)</li>
</ul>
<p>4/ ORL</p>
<p>Un <a href="https://n.neurology.org/content/95/9/e1117">essai</a> contrôlé randomisé a cherché a évaluer l&rsquo;efficacité de la vitamine D versus placebo dans la récurrence  des vertiges paroxystiques bénins après traitement efficace par des manoeuvres. Les patients du groupe intervention avec une vitamine D &lt; 20ng/mL étaient traités par &ldquo;vitamine D 400UI+calcium 500mg&rdquo; x2/jour pendant 1 an et avaient moins de récurrence de VPPB! En chiffre absolu, il y avait 0,27 épisode de vertiges en moins dans ce groupe traitement soit un NNT de 3,7 patients.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Des auteurs ont essayé de trouver la définition de la rémission du diabète. Cette revue systématique de <a href="https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1003396">Plos Medicine</a> a mis en évidence 96 définitions différentes selon les études. Globalement, les critères reposaient sur</p>
<ul>
<li>l&rsquo;absence de traitement antidiabétique</li>
<li>un seuil glycémique en dessous d&rsquo;un seuil, le plus souvent placé à 6% d&rsquo;HbA1c.</li>
<li>A ces 2 critères s&rsquo;ajoutent un critère de temps (souvent oublié dans les études), qui est majoritairement fixé à 1 an avec les 2 critères remplis pour la rémission et à 5 ans pour la rémission prolongée.</li>
</ul>
<p>Il reste à savoir si un patient en rémission prolongée à toujours besoin du suivi
cardiologique, ophtalmologique etc&hellip;ou si on peut arrêter.</p>
<p>Un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2025845">essai</a> contrôlé randomisé a évalué l&rsquo;efficacité de la funerenone (un antialdostérone) chez les patients diabétiques avec maladie rénale chronique. Les patients traités ont eu une survenue moindre du critère de jugement composite d&rsquo;évènements rénaux (NNT=68 patient.année), et du critère de jugement composite cardiovasculaire (NNT=124 patients.année) après 1 an de suivi.. Leur DFG se dégradait moins vite, mais il n&rsquo;y avait pas moins d&rsquo;insuffisances rénales terminales, ni d&rsquo;infarctus, ni d&rsquo;AVC ni de réduction de la mortalité globale ou cardiovasculaire. Cependant, il y avait, logiquement plus d&rsquo;hyperkaliémies (NNH= 4!!) et d&rsquo;hyperkaliémies sévères (NNH= 100 patients). Au final, pas sûr que la balance bénéfice risque soit vraiment favorable compte tenu de la fréquence de cet effet indésirable.</p>
<p>C&rsquo;est terminé! Pensez toujours à vous abonner si c&rsquo;est pas fait:  <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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l&rsquo;objet ressemble à un nom de spam, qui vous sera envoyé.). On vous dit bonne soirée et à la semaine prochaine !  </p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°287 : MTEV (recos US), troubles neurologiques fonctionnels, violences, toux nocturne, score calcique, chirurgie bariatrique, dépendance OH, thiazidique, ménopause, détective</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/11/dragi-webdo-n287/</link><pubDate>Mon, 02 Nov 2020 00:57:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/11/dragi-webdo-n287/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pédiatrie</category><category>Nutrition</category><category>Douleur</category><category>Addictologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous en ce début de nouveau confinement. Bon courage tout le monde&hellip; et bien sûr bon courage aux nouveaux internes qui vont être lancés brutalement dans tout ça! Voici les actualités de la semaine, bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Les effets cardiovasculaires des quinolones sont de plus en plus connus (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/03/dragi-webdo-n174.html">d&rsquo;anévrisme de l&rsquo;aorte et de dissections aortiques)</a>. Une nouvelle alerte de l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Antibiotiques-de-la-famille-des-fluoroquinolones-administres-par-voie-systemique-et-inhalee-risque-de-regurgitation-insuffisance-des-valves-cardiaques-Lettre-aux-professionnels-de-sante">ANSM</a> informe sur le risque de valvulopathies mitrales et aortiques.</p>
<p>Comme régulièrement (cf <a href="https://medicalemen-geek.blogspot.com/2020/02/dragi-webdo-n255.html">ici</a>), l&rsquo;<a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Medicaments-utilises-en-cas-de-rhume-des-documents-pour-expliquer-leurs-risques-et-les-precautions-d-utilisation-a-respecter-Point-d-Information">ANSM</a> rappelle les traitements du rhume et les risques de vasoconstricteurs nasaux à l&rsquo;aide de fiches pratiques. Dans la même idée, l&rsquo;<a href="http://www.academie-medecine.fr/les-prescriptions-medicamenteuses-dans-le-rhume-de-ladulte-dorigine-virale/">Académie de médecine</a> communique sur le fait qu&rsquo;aucun traitement n&rsquo;a démontré d&rsquo;efficacité dans le rhume (Bon, l&rsquo;académie veut aussi créer un &ldquo;observatoire national du rhume&rdquo; qui statuera aussi sur &ldquo;définir la place des antibiotiques dans le rhume&rdquo;)</p>
<p>D&rsquo;autres alertes concernent une fois encore les morphiniques et notamment le <a href="http://www.addictovigilance.fr/IMG/pdf/bulletin_addictovigilance_ftm_vf_site.pdf">fentanyl</a> transmuqueux qui est responsable d&rsquo;abus, de dépendance et de surdosage, notamment lorsqu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de traitement de fond correctement adapté. Par ailleurs, il est préférable de ne pas dépasser 4 prises par jour.</p>
<p>On avait parlé du risque de cancer cutané (surtout spinocellulaire) chez les patients sous hydrochlorothiazide (HCTZ) <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/01/dragi-webdo-n166.html">ici</a>. Une nouvelle <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s40264-020-01015-1">étude</a> de cohorte a comparé des patients nouveaux utilisateurs d&rsquo;HCTZ avec des patients traités par d&rsquo;autres thiazidiques. Les auteurs retrouvent un risque de spinocellulaires chez les utilisateurs d&rsquo;HCTZ multiplié par 2 après 5-10 ans et par 3,7 après 10 ans. Ce risque semblant spécifique de l&rsquo;HCTZ, c&rsquo;est un argument de plus pour préférer un autre thiazidique (on en avait déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n188.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/05/dragi-webdo-n269.html">là</a>)</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m3873">BMJ</a> revient sur le risque de cancer du sein en cas de traitement hormonal substitutif de la ménopause. Les auteurs retrouvent une augmentation du risque de cancer sous traitement oestroprogestatif aussi bien pour un usage récent qu&rsquo;ancien, mais aussi pour une utilisation récente d’œstrogènes seuls dès 3 ans d&rsquo;utilisation et pour une utilisation de tibolone, et c&rsquo;est pire après 5 ans d&rsquo;utilisation. Globalement, cela correspond à un sur-risque de 3 à 8 femmes pour 10 000 par an pour un traitement par oestrogènes seuls et entre 9 et 36 cas pour 10 000 par an pour un traitement par oestroprogestatifs, ce qui est plus que ce qui avait été dit dans le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n230.html">JAMA.</a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un <a href="https://www.jacc.org/doi/10.1016/j.jacc.2020.07.070">article</a> du journal du collège de cardiologie américain revient sur les indications des traitements dans les maladies thrombo-emboliques veineuses. On retiendra surtout la classification du risque de récidive selon les type de facteurs de risque:</p>
<ul>
<li>
<p><em>risque très faible de récidive :</em> facteur transitoire chirurgical (opération, traumatisme)</p>
</li>
<li>
<p>risque faible de récidive: facteur transitoire non chirurgical (contraception, grossesse, avion &gt;8h, blessure de jambe non traumatique, pathologie aigue)</p>
</li>
</ul>
<p><em>- risque modéré de récidive</em> : facteur non transitoire (âge avancé, fragilité, maladie chronique (notamment auto-immune ou inflammatoire) ou absence de facteur identifié</p>
<p><em>- risque élevé de récidive:</em> cancer actif, antécédent de MTEV, thrombophilie génétique ou acquise,</p>
<p>Ainsi, la conduite à tenir pour discuter d&rsquo;un traitement prolongé est guidée par ces facteurs selon le risque hémorragique évalué (par le <a href="https://www.practical-haemostasis.com/Clinical%20Prediction%20Scores/Formulae%20code%20and%20formulae/Formulae/VTED_bleedng/vte_bleed_score.html">VTE-BLED</a> ou <a href="http://medicalcul.free.fr/riete.html">RIETE score</a>, comme présenté dans cet algorithme:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjsUzIv1niPmgR_hIQ6BAElSb3BMDhp5Uml9bkOg8Ym6SZiOQlcTAAcOpFWLe6jBMO1B-o5Eib26sLtIbpcde6fcp4XS2ims5yMIcuOEPDb1SC2Hxcp62TPHqXohtdYPnwNORhp8mD5xV-s/s691/mtev.png"><img src="/images/articles/2020/mtev.png" alt=""></a></p>
<p>Après avoir parlé du score calcique la semaine dernière chez les diabétiques, un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2772390">JAMA</a> en parle en population non diabétique pour évaluer le bénéfice de l&rsquo;aspirine en prévention primaire. Les auteurs plaident pour un bénéfice net de l&rsquo;aspirine, en l&rsquo;absence de risque hémorragique élevé, chez les patients à risque cardiovasculaire élevé (score américain 20%), et ceux à risque intermédiaire (5-20%) avec un score calcique &gt;100. L&rsquo;article parle en réduction de risque et en risque de saignement, mais aucune valeur absolue en termes de NNT et NNH n&rsquo;est calculable. Compte tenu des autres études en prévention primaires sur l&rsquo;aspirine même chez les patients à risque élevé (chez qui le score calcique n&rsquo;est pas utile d&rsquo;après cet étude), le bénéfice était déjà douteux (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/01/dragi-webdo-n211.html">ici</a>, <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n245.html">là</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/09/dragi-webdo-n238.html">là</a>). Bref, le score calcique n&rsquo;est probablement pas le plus adapté pour déterminer qui doit avoir de l&rsquo;aspirine en prévention primaire (à voir s&rsquo;il est utile pour explorer davantage l&rsquo;état des coronaires, comme chez les diabétiques)</p>
<p>3/ Violences</p>
<p>L&rsquo;Ordre des médecins a écrit un <a href="https://www.conseil-national.medecin.fr/publications/communiques-presse/secret-medical-violences-couple">vade-mecum</a> pour accompagner les professionnels de santé dans les procédures de signalements de violences au sein d&rsquo;un couple. Je ne reviendrais pas sur le fond de cette mesure, qui pourrait freiner certain.e.s patient.e.s à discuter avec leur médecin des violences subies par peur d&rsquo;un tel signalement. Le vade-mecum présente une fiche de signalement et les conditions de ce signalement requérant 2 conditions:</p>
<ul>
<li>
<p>lorsque les violences mettent la vie de la victime majeure en danger immédiat</p>
</li>
<li>
<p>la victime se trouve sous l&rsquo;emprise de l’auteur des violences.</p>
</li>
</ul>
<p>Il y a ainsi 2 pages proposant des questions pour évaluer le danger immédiat et l&rsquo;existante d&rsquo;une emprise. Ce guide est plutôt clair et bien fait pour répondre à ces questions et comprendre la procédure.</p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>Un article de l&rsquo;<a href="https://openres.ersjournals.com/content/6/4/00217-2020">ERJ</a> pose la question de la toux isolée nocturne chez la nuit chez l&rsquo;enfant: est-ce de l&rsquo;asthme? Cette étude longitudinale de 10 000 enfants âgés de 1 à 9 ans retrouve que 10% à 18% sont atteints, respectivement, alors que la prévalence du wheezing passait de 35% à 1 an pour atteindre 13% à 9 ans. Les seuls facteurs associés préférentiellement aux wheezing et à l&rsquo;asthme plutôt qu&rsquo;à une toux simple étaient le sexe masculin et surtout antécédent familial d&rsquo;asthme. Le fait de tousser la nuit n&rsquo;était pas associé à une augmentation du risque de wheezing ultérieur. Les auteurs discutent le fait que les wheezing avant 1 an est plus souvent lié à une infection virale et à de l&rsquo;asthme allergique après. Bref, une toux nocturne isolée n&rsquo;est pas très inquiétante, notamment en l&rsquo;absence d’antécédent familial d&rsquo;asthme.</p>
<p>5/ Obésité</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2002449">NEJM</a> a mesuré l&rsquo;évolution de l&rsquo;espérance de vie de patients obèses ayant eu une chirurgie bariatrique par rapport à des patients obèses non opérés et à des patients non obèses. Les patients ont été suivis pendant une vingtaine d&rsquo;année environ, et les patients opérés avaient une espérance de vie plus longue de 3 ans que les patients non opérés, mais de 5 ans et demi plus courte que les patients non obèses. Ça parait peu, mais pour les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/11/dragi-webdo-n69.html">statines</a>, un traitement en prévention secondaire fait gagner 1 mois (et elles font partie des meilleurs traitements médicamenteux que l&rsquo;on ait)</p>
<p>6/ Douleur</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m3745">BMJ</a> parle de reconnaitre les troubles neurologiques fonctionnels. Ce sont des symptômes sensitif ou moteurs réels (une paralysie, des tremblements, une dystonie, des troubles sensoriels, convulsions&hellip;) cliniquement incompatibles avec un mécanisme physiopathologique neurologique. Les auteurs insistent sur le fait qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un &ldquo;vrai&rdquo; diagnostic reposant sur la clinique, avec des symptômes réels, non feints, et ce n&rsquo;est pas non plus un diagnostic d&rsquo;élimination. Le contexte émotionnel a une place importante, avec une association forte entre ces troubles et les évènements de vie difficiles. A l&rsquo;interrogatoire, il faut donc recherche les symptômes, leur mode de déclenchement, et l&rsquo;histoire quotidienne pour mettre en évidence la gêne fonctionnelle quotidienne et les symptômes anxio-dépressifs associés. Le bilan peut nécessiter une imagerie, un dosage de TSH et de vitamine B12 (entre autres), ainsi que le recours à un avis neurologique. La prise en charge, pluroprofessionnelle, repose essentiellement sur une prise en charge psychologique et de la rééducation adaptée. Il est important d&rsquo;expliquer la pathologie aux patients atteints, notamment à l&rsquo;aide d&rsquo;exemples (les auteurs proposent d&rsquo;expliquer que c&rsquo;est une réelle maladie, &ldquo;[les examens vérifient le matériel, mais là votre maladie], c&rsquo;est un problème de logiciel, et non de matériel [et on va le prendre en charge, les techniques vont permette de rebooter le logiciel]&rdquo;.)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj4RjsQUL7-IHZMQVOexh710BAhNQuajEhy9CfBPA-nTiYeedV6ZJOMT3kPZn6k4bcZ0x3MOoDEX8dudqMwd8mCNO3_pgJtRPbsdKlGOIV7iIC0DxyLWiK00ALzgrR_ihLtFuNNk7rOKoSx/s1136/trouble+fonctionnel.png"><img src="/images/articles/2020/trouble-fonctionnel.png" alt=""></a></p>
<p>7/ Addictologie</p>
<p>Cette semaine, on parle (encore) d&rsquo;alcool avec cet <a href="https://bjgp.org/content/early/2020/10/19/bjgp20X713405">article</a>
du BJGP qui a exploré les perceptions de la consommation d&rsquo;alcool des
sujets âgés (&gt; 65 ans) en interrogeant en focus group les intéressés
et des professionnels de santé. Pour mémoire, on avait déjà parlé des
effets de l&rsquo;intervention brève chez les sujets consommateurs à risque <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/09/dragi-webdo-n282.html">ici</a>.
Comme pour les plus jeunes, les personnes interrogées n&rsquo;avaient pas
forcément conscience d&rsquo;avoir une consommation excessive selon les
recommandations actuelles, avec souvent une image d&rsquo;une consommation
excessive en présence de symptômes. Les participants étaient demandeurs
de conseils de la part des professionnels de santé, et notamment de
leurs MG, afin d&rsquo;avoir une information personnalisée. Ils pouvaient être
motivés à réduire leur consommation par une maladie, une moindre
tolérance à l&rsquo;alcool ou encore un souhait maintenir leur qualité de vie
et leur longévite. Les bilans (questionnaires/prise de sang) étaient
proposés par les professionnels de santé comme outil, mais ils pouvaient
également renforcer certaines consommations (Si les résultats sont
bons, pourquoi changer?). Enfin, l&rsquo;alcool restait parfois le dernier
plaisir de personnes âgées proches de la mort. Finalement, cet article
apporte peu de vraies nouveautés, si ce n&rsquo;est un renforcement de
l&rsquo;information adaptée à chacun.e et la relation privilégiée entre un
patient et son équipe soignante. On peut regretter l&rsquo;absence d&rsquo;analyse
en profondeur, sans doute liée à la méthodologie avec la réalisation de
seulement 2 focus group sur 7 incluant les personnes âgées&hellip;</p>
<p>8/ Le jeu du mois: &ldquo;Détective&rdquo;</p>
<p>&ldquo;Détective&rdquo;, c&rsquo;est l&rsquo;as d&rsquo;or 2019! Un jeu d&rsquo;enquête qui se déroule à l&rsquo;époque moderne dans lequel nous incarnons un groupe de détectives/inspecteurs de police pour résoudre une série d&rsquo;enquêtes indépendantes, mais un fil rouge les relie toutes. C&rsquo;est un jeu que l&rsquo;on ne peut donc faire qu&rsquo;une fois puisqu&rsquo;après on connait les résultats des enquêtes. Le jeu se déroule en tirant des cartes numérotées, quand on veut explorer une piste, on tire la carte de ladite piste, et chaque action prend un certain nombre d&rsquo;heure qui sont déduite progressivement alors que l&rsquo;enquête doit être résolue dans un temps limité. La grande nouveauté du jeu, c&rsquo;est que nous avons accès à la base &ldquo;Antares&rdquo; qui est en gros l&rsquo;ensemble des fichier type FBI disponible réellement sur internet en créant un compte gratuitement quand on a acheté le jeu. Ainsi, on peut rentrer des codes d&rsquo;empreintes digitales, pour voir si elles concordent avec des suspects connus, avoir accès a l&rsquo;ensemble des données bibliographiques des suspects comme elles seraient contenues dans des bases de données &ldquo;réelles&rdquo;. Ça transcende vraiment le jeu et ajoute un coté immersif impressionnant! C&rsquo;est un jeu abordable, très sympa et bien qu&rsquo;il soit classé en jeux &ldquo;expert&rdquo; c&rsquo;est plutôt un jeu intermédiaire voire familial, mais en effet, résoudre une enquête va prendre plusieurs heures!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhgG-SRU6SzqP80SPGi2VEYdB0lxVErYHfELwcYD3aQCvE2E94rwtRrLEkLisZjsq7ru9c6UJPXOi9mr21fMkVTJkYD6-ptyUQyImlphTKUHXprwAJUo995Aax1Cm7Spty3aFXzLkoabm4t/s2048/20200301_153100.jpg"><img src="/images/articles/2020/20200301-153100.jpg" alt=""></a></p>
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<p>A la semaine prochaine</p>
<p> @Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°286 : isotrétinoïne (ANSM), COVID/masques, trisomie 21, diabète et risque cardiovasculaire (recos)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/10/dragi-webdo-n286/</link><pubDate>Sun, 25 Oct 2020 18:52:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/10/dragi-webdo-n286/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Douleur</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! J&rsquo;espère que vous avez passé une bonne semaine. Les prévisions ne sont pas très optimistes pour les semaines à venir, alors bon courage&hellip; Pas mal d&rsquo;articles ont retenu mon attention cette semaine, à commencer par celui-ci (même s&rsquo;il n&rsquo;est pas récent): des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2626860">auteurs</a> ont créé une liste de 8 questions à se poser avant de re-définir une pathologie. Ça intervient dans le cadre de la prévention du surdiagnostic, car comme on peut le voir, les modifications de définitions ont surtout tendance à augmenter la prévalence des maladies&hellip; pas toujours dans l&rsquo;intérêt du patient.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhGCpyaHLN-Tfkq4uINgVhs06UprReuQwV8bw4LjdXLLO5JWt_Q8Gh-SmxLYFtCBiHKzdu3duJ9GuaPKaw-Lcwvhwwtu0wPVm5h-tSoq83oFDre0g4C8HepxnMevP0UFZ89-ViqlCHc6X3r/s758/overdiagnosis.png"><img src="/images/articles/2020/overdiagnosis.png" alt=""></a></p>
<p>Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Commençons avec l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/L-ANSM-publie-sa-decision-sur-la-demande-d-une-RTU-pour-l-hydroxychloroquine-dans-la-prise-en-charge-de-la-maladie-Covid-19-Point-d-Information">ANSM</a> qui a donné son avis sur la demande de RTU pour l&rsquo;hydroxychloroquine sollicitée par l&rsquo;IHU de Marseille: elle a conclu qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de justification pour autoriser cette RTU.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Traitement-contre-l-acne-regles-de-bon-usage-de-l-isotretinoine-pour-limiter-les-risques-Point-d-Information">ANSM</a> revient également sur les prescriptions d&rsquo;isotrétinoïne. L&rsquo;agence rappelle la nécessité d&rsquo;une contraception 1 mois avant et 1 mois après le traitement. Le renouvellement par le généraliste chez la femme est soumis à présentation: 1/ la prise d&rsquo;un contraceptif, 2/ d&rsquo;un test de grossesse négatif de moins de 3 jours, 3/ la présentation de la carte patient à compléter. Le traitement est délivré pour 30 jours maximum. Un bilan lipidique et hépatique est nécessaire dans le suivi à 1 mois puis tous les 3 mois. La surveillance de l&rsquo;état psychologique des patients est également nécessaire.</p>
<p>2/ COVID-19</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3213581/fr/distinguer-la-grippe-de-la-covid-19-dans-quelles-situations-et-avec-quels-tests">HAS</a> parle des indications des tests pour distinguer la grippe du COVID. La recherche de COVID et de grippe est recommandée pour les patients adultes hospitalisés ou aux urgences. Chez les enfants, les tests antigéniques sont recommandés en ville en cas d&rsquo;infection respiratoire pour détecter les virus grippaux et le Sars Cov 2. J&rsquo;avoue ne pas très bien comprendre le texte puisque leur argument est qu&rsquo;il faut tester les patients pour éviter les antibiotiques inutiles; comme si les patients avec un syndrome viral sans virus prouvé allaient recevoir des antibiotiques&hellip;</p>
<p><a href="https://www.ijidonline.com/article/S1201-9712(20)32150-0/fulltext">Le journal de la société internationale de maladies infectieuses</a> a publié une revue systématique sur l&rsquo;utilisation des masques. Les auteurs retrouvent que le port de masque chirurgical diminue le risque de transmission des infections respiratoires (Influenza, Sars Cov et Sars Cov2) de 30%-35% environ,  y compris, lorsqu&rsquo;il est porté à domicile pour les contacts familiaux.</p>
<p>On sait donc qu&rsquo;il faut porter les masques. Un <a href="https://www.atsjournals.org/doi/abs/10.1513/AnnalsATS.202007-812RL">article</a> s&rsquo;est intéressé aux conséquences du port du masque sur la santé de patients sans pathologie respiratoire de 30 ans environ et chez des patients BPCO  de 70 ans environ. L&rsquo;utilisation des masques chirurgicaux ne réduisait pas significativement la saturation en oxygène ni les échanges gazeux après un test de marche de 6 minutes. Chez les patients BPCO, une baisse modérée de la saturation en oxygène était retrouvée à la marche, mais c&rsquo;était prévisible compte tenu de leur état respiratoire de base. Bref, mettre des masques n&rsquo;est pas dangereux, hein.</p>
<p>3/ Douleur</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.inserm.fr/information-en-sante/expertises-collectives/fibromyalgie">Inserm</a> a publié un rapport concernant la fibromyalgie. Le rapport est long mais concordant avec les recos dont j&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/09/dragi-webdo-n105.html">ici</a>. Les auteurs recommandent une prise en charge multidisciplinaire aussi bien pour le diagnostic que pour la prise en charge, d&rsquo;avoir une activité physique régulière, de recourir aux psychothérapies, de prévenir le mésusage des médicaments et de prendre en charge les différents symptômes (troubles du sommeil, symptômes anxio-dépressifs, troubles cognitifs)</p>
<p>4/ Génétique</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2771907">JAMA</a> s&rsquo;intéresse à la trisomie 21 (le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/06/dragi-webdo-n275.html">NEJM</a> avait déjà abordé cette maladie il y a peu). Les auteurs fournissent quelques recommandations pour la pratique clinique:</p>
<ul>
<li>dépister les troubles mnésiques à partir de l&rsquo;âge de 40 ans</li>
<li>dépister un diabète par glycémie ou HbA1c tous les 3 ans à partir de 30 ans (ou de 21 ans si obésité)</li>
<li>évaluer le risque cardiovasculaire à partir de 40 ans grâce aux scores habituels</li>
<li>dépister une hypothyroïdie tous les 1-2 ans à partir de 21 ans par dosage de la TSH</li>
<li>dépister cliniquement les troubles digestifs et extra-digestifs évocateurs de maladie cœliaque.</li>
<li>ne pas dépister l&rsquo;instabilité altoïdo-axoidienne chez les patients asymptomatiques mais rechercher des symptômes de myélopathies de type: trouble de la marche, instabilité, abolition des réflexes ostéo-tendineux, clonus&hellip;</li>
</ul>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Une <a href="https://care.diabetesjournals.org/content/early/2020/10/23/dc20-1862">étude</a> de cohorte de patients diabétiques de type 2 chinois évaluait l&rsquo;association entre le &ldquo;time in range&rdquo; (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/06/dragi-webdo-n274.html">TIR</a>) lors d&rsquo;une mesure continue du glucose et la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires. Les auteurs ont donc retrouvé que, par rapport aux patients avec un TIR &gt; 85%, les patients ayant un TIR &lt; 70% ont une mortalité globale augmentée de 30% et ceux ayant un TIR &lt; 50% une mortalité globale augmentée de 85% et autant pour la mortalité cardiovasculaire. Avoir un TIR entre 70% et 85% n&rsquo;était pas associé à une augmentation de la mortalité. Cette étude dans ne dit pas si les mesures hors du TIR sont plutôt en hyper ou en hypo. En tous cas c&rsquo;est concordant avec cette autre étude dont je parlais <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/06/dragi-webdo-n275.html">ici.</a></p>
<p>Enfin, des <a href="https://www.em-consulte.com/article/1397405/risk-stratification-and-screening-for-coronary-art">recommandations</a> françaises ont été publiées concernant la stratification du risque cardiovasculaire chez les patients diabétiques de type 2. Elles ont été élaborées par les sociétés savantes de diabétologie, de cardiologie et de vasculaire, donc on regrette l&rsquo;absence de participation de généralistes, qu&rsquo;elles soient en anglais et pas en open access.</p>
<p>En gros, on va parler de score calcique qui permet d&rsquo;évaluer l&rsquo;athérome coronaire (c&rsquo;était prévisible, on en parle depuis plusieurs années, notamment chez les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/04/dragi-webdo-n135.html">diabétiques</a> et les non diabétique mais le niveau de preuve chez le patient <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/10/dragi-webdo-n199.html">asymptomatique</a> est faible). Il se prescrit en demandant soit un coroscanner, soit un scanner thoracique (mais certains centres ne le faisaient pas). Ainsi, les patients à risque élevé devraient être évalués par une mesure du score calcique pouvant les classer en &ldquo;très haut risque&rdquo; s&rsquo;il est supérieur à 400 ou supérieur à 100 avant 60 ans (cf l&rsquo;algorithme ci dessous aussi). Cette évaluation par le score calcique est à effectuer tous les 3 à 5 ans chez ces patients entre 35 et 75 ans.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEivikaeebiJ_CQ_N7PqxAo5gHRsr3k_sWKWJ8ZS0oe0S0SVhrvWh3CvObYopNIgtRIW3jgoKdV1ALsJRtiXFnRW6-FRF0P4KgtcjOSwGfC0eGnHHxfCVbUbtVKB1Aiwt0uRLtiT52mW7SEP/s645/diab.png"><img src="/images/articles/2020/diab-2.png" alt=""></a></p>
<p>Les auteurs recommandent que les patients à très haut risque soient
évalués par un des tests proposés ci dessous (avec leurs avantages et
inconvénients, la HAS et la société française de cardiologie recommandant plutôt des tests fonctionnels, cf par <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/p/blog-page.html#Coronaro">ici</a>). L&rsquo;évaluation coronaire est à évaluer tous les 3 à 5 ans chez ces patients.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgzOJM_nUpREb8xb33yFWwH8sdZVPcwRXNHMsdGvOzyagOsPKuxeWArfrZlBqFkz_EOucDjMiKQNMTHSwXs9zBs0HMGh64qZepWJttQSdaBbjlVWvTMSrWMfFloPrDJc8dluaQUx_3heYU8/s1123/diab+effort.png"><img src="/images/articles/2020/diab-effort.png" alt=""></a></p>
<p>Les auteurs proposent ensuite une stratégie thérapeutique basée sur le niveau de risque et c&rsquo;est une bonne idée. Mais certains points semblent inadaptés, puisqu&rsquo;on voit des cibles à 7% d&rsquo;HbA1c pour tout le monde et de l&rsquo;aspirine en prévention primaire chez les patients très haut risque. Or le texte associé au tableau récapitulatif dit clairement que le niveau de preuve pour l&rsquo;aspirine est très faible. On voit aussi des objectifs de LDL &lt;0,7g/L chez les patients à haut risque et &lt; 0,55g/L si très haut risque (sans preuve en prévention primaire). Il est quand même important de souligner qu&rsquo;ils recommandent l&rsquo;utilisation d&rsquo;analogues du GLP-1 et d&rsquo;inhibiteurs de SGLT2 chez les patients à haut et très haut risque cardiovasculaire (et ça c&rsquo;est bien plus efficace que d&rsquo;avoir des cibles d&rsquo;HbA1c).</p>
<p>C&rsquo;est terminé! Passez une bonne semaine, Vous pouvez vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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sur la page, sans oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail, dont
l&rsquo;objet ressemble à un nom de spam, qui vous sera envoyé.) A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus (et bien sûr @DrePetronille pour la suggestion d&rsquo;articles et la relecture)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°285 : Réinfections COVID, hypertriglycéridémie (recos), traitement VIH (recos), troubles fonctionnels intestinaux, nodules pulmonaires, douleurs de l'avant pied, vécu fausse couche</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/10/dragi-webdo-n285/</link><pubDate>Sun, 18 Oct 2020 12:46:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/10/dragi-webdo-n285/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous et à toutes, et bonnes vacances à ceux qui partent un peu ! Il n&rsquo;y a pas énormément d&rsquo;articles cette semaine, mais beaucoup de recommandations: bonne lecture !</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>Alors qu&rsquo;il y a quelques semaines une <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/09/dragi-webdo-n280.html">méta-analyse</a> n&rsquo;était pas en faveur de réinfections à COVID-19, un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(20)30764-7/fulltext?utm_content=142230937&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-27013292">Lancet Infectious disease</a> parle d&rsquo;un patient ayant bien eu 2 PCR positives séparées par 2 tests négatifs. C&rsquo;est donc que les réinfections seraient possibles. La primo-infection s&rsquo;est manifestée par un syndrome viral simple. La réinfection a nécessité une hospitalisation 1 mois après. On peut donc se poser la question d&rsquo;un premier test faux positif, d&rsquo;une vraie primo-infection pauci-symptomatique ne permettant pas de développer une immunité suffisante ou d&rsquo;une réelle absence d&rsquo;immunité (mais la comparaison avec les autres virus est plutôt en faveur de quelques mois protecteurs). À suivre.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m3109">BMJ</a> a publié une synthèse sur la prise en charge des hypertriglycéridémies (les recos ESC sur le sujet sont <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/09/dragi-webdo-n236.html">ici</a> et les américaines <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n204.html">là</a>). Pour commencer la définition n&rsquo;est pas très claire puisque la norme admise est &lt; 1,5g/L (début de l&rsquo;augmentation du risque cardiovasculaire lié à l&rsquo;hypertriglycéridémie) mais qu&rsquo;aux é    États Unis l&rsquo;hypertriglycéridémie sévère est généralement &gt; 5,0g/L (début de l&rsquo;augmentation du risque de pancréatite) alors qu&rsquo;en Europe c&rsquo;est plutôt &gt; 10g/L car le risque de pancréatite est faible avant ce seuil. Les auteurs ne recommandent de faire le prélèvement à jeun QUE si un prélèvement non à jeun est &gt; 4,0 g/L. L&rsquo;hypertriglycéridémie familiale (5%-10% de la population) a des triglycérides &lt; 10g/L, une apoB normale et un cholestérol total normal: cette pathologie n&rsquo;augmente pas le risque de pancréatite ni d&rsquo;évènement cardiovasculaire en l&rsquo;absence d&rsquo;autres facteurs de risque.</p>
<p>Concernant la prise en charge thérapeutique, elle comprend:</p>
<ul>
<li>Les règles diététiques alimentaires et l&rsquo;activité physique pour permettre également une perte pondérale</li>
<li>le sevrage alcoolique</li>
<li>l&rsquo;arrêt des médicaments impliqués : thiazidiques, oestrogènes, bêta bloquants, neuroleptiques, corticoïdes, tamoxifène pour les principaux.</li>
<li>Voici leurs propositions pour les traitements pharmacologiques: (<em>notons que ce sont les seuls à proposer un fibrate en 1ère intention si trigly élevés et non une statine. Pour le coup, je préfère la statine qui baisse moins le taux mais qui a plus de bénéfices cliniques démontrés</em>)</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgdFnCjmdEBW028QuVIT4Gec0AohEY9skdwjlVMZYN-aHbX5HSmKqDD3yk6rFRYbvypLAF86D07GN-8rDdSBqxKaWDu6uBnBRNy1rpNJhgbR5xrHofvZI1DTOLgSZUM0OVwuGaYSVrwPo_A/s1750/trigly.jpg"><img src="/images/articles/2020/trigly.jpg" alt=""></a></p>
<p>J&rsquo;en avais déjà un peu parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/10/dragi-webdo-n109.html">ici</a>, mais il existe une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2771670">discordance</a> entre les mesures de tension dans les études  et les mesures réalisées en situation réelle. Les auteurs ont repris les données de SPRINT (essai randomisé évaluant une cible tensionnelle systolique à
120 versus 140, avec des mesures effectuées de façon automatisée, 3
fois, en l&rsquo;absence de professionnel de santé). Les patients du traitement intensif avaient 7mmHg de moins lors des prises protocolisées qu&rsquo;en pratique réelle, et ceux du groupe contrôle 4mmHg de moins, avec une concordance faible entre les 2 types de mesures. Cela confirme la difficulté d&rsquo;extrapoler les objectifs tensionnels bas issus de SPRINT et qui se retrouvent parfois dans certaines recos, et aussi qu&rsquo;il faut s&rsquo;intéresser à des critères utilisés en pratique clinique dans les études plutôt qu&rsquo;à des protocoles qui ne sont plus appliqués ensuite.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>J&rsquo;avais parlé de la conduite à tenir devant un nodule pulmonaire <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n203.html">ici</a>, mais à l&rsquo;heure où le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/02/dragi-webdo-n255.html">dépistage</a> du cancer du poumon pourrait être recommandé, on va revenir dessus et le <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m3673">BMJ</a> en reparle et se concentre sur les nodules solides non calcifiés. Un des points importants est d&rsquo;essayer d&rsquo;avoir le volume du nodule plutôt que le diamètre.</p>
<ul>
<li>Si le volume du nodule fait moins de 80mm3 ou le diamètre moins de 4mm, ou si les nodules sont clairement bénins (hamartome&hellip;), ou que le patient ne souhaitera pas de traitement: stop.</li>
<li>Si le volume fait 300mm3 ou plus (soit un diamètre de 8mm ou plus): un avis spécialisé est préférable (je vous passe les détails, mais c&rsquo;est généralement une indication au TEP-scan)</li>
<li>Entre 5mm et 7mm de diamètre, selon la disponibilité de la mesure du volume: (VDT= temps de doublement du volume)</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhhRiph_8lfDu2gaS0AbC9RkLO4xQFm73H_35x7_EwO74Dgs8teIrpPExNFRNu3AaKSAGD1oeW08s3wOydw3zEumvORqZ7hfTHL0bE0dEw6KezUmGBCspuKsgXk0dTEGfHTEpW2DFneRGzE/s2000/nodule.jpg"><img src="/images/articles/2020/nodule.jpg" alt=""></a></p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2769373">essai contrôlé randomisé</a> a évalué l&rsquo;utilisation de morphine chez les patients BPCO souffrant de dyspnée réfractaire. Les patients recevaient 10mg de morphine LP, 2 fois par jour. Ce traitement a amélioré les patients du groupe intervention en diminuant de 2 points le score COPD assessment test <em>(ça, c&rsquo;est pas super cliniquement pertinent)</em> et le mMRC de 1,33 points (pour mémoire il va de 0 à 4) notamment chez les patients avec un mMRC à 3 ou 4 <em>(ça c&rsquo;est pas mal)</em>. Il y a eu 9% d&rsquo;arrêts de traitement dans le groupe morphine et 2% dans le groupe placebo à cause d&rsquo;effets indésirables mais pas d&rsquo;hospitalisation.</p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>Une revue du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31548-8/fulltext?utm_campaign=tlfunctionalgut20&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social">Lancet</a> aborde les troubles fonctionnels intestinaux (les recos françaises avaient été publiées <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/12/dragi-webdo-n119.html">ici</a>). La prévalence est aux alentours de 5-10% des patients en France. Devant une suspicion, les auteurs recommandent en bilan: NFS, CRP, recherche de maladie coeliaque, puis, en cas de symptômes d&rsquo;alertes (antécédent familiaux de MICI ou de cancer colorectal, antécédent de maladie auto-immune, utilisation d&rsquo;AINS ou d&rsquo;IPP, femmes de plus de 50 ans, perte de poids, diarrhée nocturne, rectorragie) une coloscopie ou un dosage de la calprotectine fécale en présence de diarrhée sans symptômes d&rsquo;alerte.</p>
<p>Concernant le traitement, &ldquo;comme aucun traitement n&rsquo;a démontré d&rsquo;efficacité sur l&rsquo;évolution de la maladie, une approche empathique est la clé&rdquo;.</p>
<ul>
<li>On peut proposer des règles diététiques avec un régime réduit en FODMAP (Fermentable oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides,and polyols, concrètement c&rsquo;est un régime réduit fruits et légumes) et une thérapie cognitivo-comportementale.</li>
<li>Les probiotiques n&rsquo;ont pas une efficacité suffisamment démontrée pour être recommandés.</li>
<li>Les traitements utiles selon le type de symptômes sont les antispasmodiques notamment la menthe poivrée 200mg x3 (on a du colpermint* 187mg) ou pinaverum 50mgx3/j (<em>ce sont les 2 traitements avec l&rsquo;efficacité la plus démontrée</em>), les laxatifs notamment PEG et les anti-diarrhéiques notamment lopéramide.</li>
<li>Ensuite, on peut proposer des tricycliques, voire des IRS ou la prégabaline.</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgW6Un3vWDfaZUGYMcqjtvSg-Du49LZSvcljAPTZC61UzlOC4hMfXgk9TxPERzhLxuxsbyw1EYOzVYzt3FYEDnyQvh3c6q8rtSK8HqfmJW9uqbRtM15P-G31IdUiZ1ZmaqH2APJ6nv7GEc_/s585/ibs.png"><img src="/images/articles/2020/ibs.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2771873">recommandations</a> sur le traitement du VIH ont été publiées:</p>
<p>Le dépistage est recommandé tous les 3 mois en cas de facteurs de risque en cours. Le traitement post exposition est recommandé jusqu&rsquo;à 72h. Il est toujours recommandé de traiter le plus tôt possible en cas de charge virale détectable. </p>
<p>La principale nouveauté est le traitement de 1ère intention qui est une trithérapie avec 2INTI et un anti-intégrase (type emtricitabine, tenofovir, dolutegravir) voire une bithérapie (dolutegravir, lamivudine) si les CD4 sont &gt; 200/mm3 et la charge virale inférieure à 500 000 copies/ml en l&rsquo;absence de coinfections et après vérification de la sensibilité.</p>
<p>Concernant la PrEP, emtricitabine+tenofovir (truvada*), 1 cp par jour est recommandé avec un schéma continu ou à la demande (2-1-1: 2 cp le jour du rapport, puis 1 le lendemain et 1 le surlendemain. S’il y a des rapports plusieurs jours de suite, la dose de 1 cp/jour est maintenue jusqu&rsquo;à 48h après le dernier rapport). Le bilan pré-traitement comporte une créatininémie et des sérologies VIH, VHB,VHC,VHA, syphilis et une recherche de chlamydia et gonocoque (pharynx, anus et uro-génital). A 1 mois il faut contrôler la sérologie VIH, puis tous les 3 mois un test de grossesse, la sérologie VIH, syphilis, VHC, recherche de chlamydia et gonocoque et créatininémie (à 3 mois puis annuellement).</p>
<p>6/ Rhumatologie</p>
<p>Enfin, le <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m3704">BMJ</a> parle des douleurs de l&rsquo;avant pied. Il y a globalement 3 types de diagnostics principaux:</p>
<ul>
<li>le névrome de Morton donnant des douleurs souvent neuropathiques au niveau des espaces inter-métatarsiens qui s&rsquo;évalue cliniquement par un <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Ar621njTSLU">test de Mulder</a> voire par une écho ou une IRM si doute (traitement: chaussage adapté, podologue, infiltrations voire chirurgie)</li>
<li>les métatarsalgies et l&rsquo;instabilité métatarso-phalangienne du 2ème rayon s&rsquo;évaluant par le &ldquo;drawer test&rdquo; (traitement: strapping voire chirurgie). Il y a aussi parfois des fractures de fatigue mieux visualisées par IRM que par les radiographies (traitement: rien pour les MT 2 et 4, mais risque de déplacement pour le 1 et le 5; marche doute pendant 4 à 8 semaines en &ldquo;non douleur&rdquo; et chirurgie si persistance).</li>
<li>sur le 1er rayon, on peut trouver une sésamoidite (traitement: AINS, botte amovible voire chirurgie), des douleurs d&rsquo;hallux valgus (traitement: orthèse voire chirurgie) ou d&rsquo;hallux rigidus (=arthrose). Des radiographies sont souvent utiles.</li>
</ul>
<p>7/ L&rsquo;article quali de @DrePetronille</p>
<p>Une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32972509/">étude</a> qualitative australienne a exploré le point de vue des généralistes dans leur accompagnement des femmes ayant vécu une fausse couche. Les médecins interrogés ont exprimé avoir une place dans l&rsquo;accompagnement émotionnel de cette étape difficile et fréquente de la vie des femmes, en faisant preuve d&rsquo;empathie et déculpabiliser les femmes. Ils estiment que leur rôle premier est dans la prise en charge médicale, gérer l&rsquo;urgence et adresser pour examens complémentaires si nécessaire. Ils se sont entendus à dire qu&rsquo;il leur semblait important de laisser les femmes organiser leur suivi selon leurs besoins, avec une vigilance particulière pour les patientes ayant une fragilité psychologique sous-jacente. Pour certains, le rôle d&rsquo;accompagnement pourrait se situer ailleurs: dans les associations, les réseaux sociaux ou dans un contexte religieux. Comme souvent, les obstacles émis à l&rsquo;accompagnement étaient le manque de temps, de formation et une discontinuité des soins au cabinet, avec des consultations partagées à l&rsquo;hôpital, où sont disponibles les examens complémentaires utiles dans le suivi de la fausse couche. </p>
<p>Cette étude n&rsquo;a malheureusement pas été menée jusqu&rsquo;à saturation des données, avec un échantillonnage non diversifié sur les critères souhaités par les auteurs. Il semble y avoir une disparité dans les citations rapportées entre les hommes et les femmes interrogées, mais les auteurs ne discutent pas ce point et cette différence mériterait d&rsquo;être explorée.</p>
<p>C&rsquo;est terminé! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p>Merci @DrePetronille pour sa participation et sa relecture comme chaque semaine. A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°284: tests antigéniques (HAS), engorgement mammaire, risque suicidaire, infections urinaires, gut feeling</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/10/dragi-webdo-n284/</link><pubDate>Mon, 12 Oct 2020 00:30:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/10/dragi-webdo-n284/</guid><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><category>Activité physique</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir (ou plutôt bon matin) ! Voici les articles sélectionnés de la semaine, bonne lecture!</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3212101/fr/avis-n-2020-0059/ac/seap-du-8-octobre-2020-du-college-de-la-haute-autorite-de-sante-relatif-a-l-utilisation-de-la-detection-antigenique-du-virus-sars-cov-2-sur-prelevement-nasopharynge-en-contexte-ambulatoire">HAS</a> rappelle que le test de référence dans le diagnostic de la COVID reste la RT-PCR sur prélèvement naso-pharyngé (test d&rsquo;amplification génique). Elle doit être privilégiée si les résultats peuvent être obtenus dans les 48 heures. Cependant, compte tenu des difficultés d&rsquo;accès, elle autorise l&rsquo;utilisation de test antigéniques sur prélèvement naso-pharyngé, dont les résultats sont obtenus en une demi-heure, selon les recommandations suivantes:</p>
<ul>
<li>Chez les patients symptomatiques: dans les 4 jours suivant l&rsquo;apparition des symptômes (RT-PCR recommandée à partir du 5ème jour). Un test antigénique positif ne nécessite pas de confirmation par RT-PCR, mais un test intermédiaire ou négatif doit être confirmé par une RT-PCR chez les patients de plus de 65 ans ou à risque de COVID grave.</li>
<li>Chez les patients asymptomatiques: ils sont généralement non recommandés (même dans le cadre du dépistage des clusters)</li>
</ul>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=920">HCSP</a> a publié un avis concernant les mesures contre le COVID en contexte de virus hivernaux. Les auteurs confirment la nécessité d&rsquo;appliquer les mesures barrières et de suivre le calendrier vaccinal, notamment en ce qui concerne la vaccination antigrippale des patients à risque (ALD, grossesse ou âge &gt; 65 ans) ainsi que celle des professionnels de santé. A noter, les pharmaciens ont pour <a href="http://www.ordre.pharmacien.fr/Communications/Les-actualites/Vaccination-antigrippale-priorite-aux-personnes-a-risque">consigne</a> de privilégier l&rsquo;accès au vaccin aux personnes identifiées prioritairement jusqu&rsquo;au 30 novembre. La vaccination anti-rotavirus (plébiscitée par les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/08/dragi-webdo-n278.html">pédiatres</a>) n&rsquo;est que survolée, mais le HCSP ne semble pas promouvoir la réintroduction de cette vaccination de façon systématique chez l&rsquo;enfant.</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31862-6/fulltext?utm_campaign=trials20&amp;utm_content=141880429&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-27013292">Lancet</a> a évalué l&rsquo;efficacité de l&rsquo;azithromycine versus placebo dans le traitement de patients atteints de COVID sévère. Les 2 groupes recevaient également de l&rsquo;hydroxychloroquine. Il n&rsquo;y a pas eu de différence sur le statut clinique des patients à J15 entre les groupes, ni de différence sur la mortalité non plus ou même sur l’allongement du QT (c&rsquo;est un peu étrange quand même mais il n&rsquo;y avait que 400 patients randomisés alors peut être que l&rsquo;étude manquait de puissance).</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Un article du <a href="https://bjgp.org/content/70/699/e714">BJGP</a> s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;évolution naturelle des infections urinaires non compliquées de la femme en l&rsquo;absence d&rsquo;antibiothérapie grâce à une revue systématique. Environ 40% des patientes sont asymptomatiques 9 jours après le début des symptômes. Cependant, à 6 semaines, ce taux n&rsquo;augmente qu&rsquo;a environ 50%. Chez ces patientes non traitées pendant 6 semaines, il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;évolution vers une complication telle qu&rsquo;une pyélonéphrite. Ainsi, on peut retenir qu&rsquo;un traitement sera &ldquo;indispensable&rdquo; pour soulager les patientes consultant pour des symptômes de plus de 10 jours, mais traiter le plutôt possible c&rsquo;est quand même bien mieux!</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD006946.pub4/full">Cochrane</a> a publié un article concernant les traitements de l&rsquo;engorgement mammaire pendant la lactation. Les feuilles de chou fraiches permettent de réduire significativement la douleur de 1 point sur l&rsquo;EVA, les compresses d&rsquo;herbes de 1,5 et les packs frais de 0,5. Les traitements médicamenteux à base de serrapeptase et de complexes de protéase semblaient également soulager douleur et engorgement.</p>
<p>Dans le traitement des nausées et vomissements de grossesse, un <a href="https://www.vidal.fr/actualites/25941/nausees_et_vomissements_de_la_grossesse_cariban_premiere_association_de_doxylamine_et_de_pyridoxine/">traitement</a> à base de doxylamine et pyridoxine (B6)  (CARIBAN*) a été commercialisé à la dose de 10mg/10mg x 4/jour maximum. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;association <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/01/dragi-webdo-n165.html">recommandée</a> par les gynécologues américains en 1ère intention dans cette indication et à cette posologie.</p>
<p>4/ Activité physique</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/371/bmj.m3485">BMJ</a> a publié un article concernant l&rsquo;activité physique et la mortalité chez les sujets âgés. D&rsquo;après les auteurs, cet essai randomisé retrouve une baisse possible de la mortalité lorsque les patients font des HIIT (exercices physique d&rsquo;intensité élevée , 90% de la fréquence maximale théorique) par rapport aux MCIT (exercices d&rsquo;intensité modérée, 70% de la FMT) et aux recommandations nationales concernant l&rsquo;activité physique (groupe contrôle), mais aucune de ces baisses  n&rsquo;était significative. Il n&rsquo;est donc probablement pas utile d&rsquo;avoir une activité physique intensive à 70 ans. Pour mémoire les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n230.html">HIIT</a> permettent une meilleure perte de poids chez les adultes plus jeunes.</p>
<p> Après le sport, les crampes. La <a href="https://doi.org/10.1002/14651858.CD009402.pub3">Cochrane</a> ne retrouve aucun bénéfice à l&rsquo;utilisation du magnésium dans le traitement des crampes idiopathiques et ne peut pas conclure pour les crampes survenant pendant la grossesse ou après l&rsquo;activité physique.</p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/article-abstract/2767408">revue systématique</a> avec méta-analyse retrouve que les interventions de prévention du risque suicidaire réduisent le risque de tentative de suicide de 30% et multiplient par 3 la propension à continuer le suivi médical. Les auteurs ont inclus des interventions brèves (contact médical physique, téléphonique, sms&hellip;), des actes de coordination interprofessionnelle, et des plans d&rsquo;action de crise (reconnaitre les symptômes de la crise suicidaire, identifier les ressources dans  l&rsquo;entourage et parmi les professionnels et les moyens de sécuriser l&rsquo;environnement).</p>
<p>6/ L&rsquo;article quali de @DrePetronille</p>
<p> Cette semaine, on sort les archives d&rsquo;articles et nous nous intéressons à un <a href="https://bmcfampract.biomedcentral.com/articles/10.1186/1471-2296-10-17">article</a> qui date déjà de 2009, abordant le gut feeling, sujet peu abordé sur le blog. Pour rappel, le <em>gut feeling</em> c&rsquo;est
cette intuition qu&rsquo;on peut ressentir en consultation, ces fois où on
est amenés à demander un bilan parce qu&rsquo;on ne &ldquo;le sent pas&rdquo;, parce qu&rsquo;on
a ce truc au fond de nous qui nous mène dans cette direction, cette
alarme bidale. Pour revenir à l&rsquo;article, 4 focus group ont permis
d&rsquo;interroger des MG hollandais pour essayer de comprendre les composants
du gut feeling.</p>
<p>Familier des MG interrogés, le gut feeling
s&rsquo;installe rapidement et intuitivement en consultation. Pour eux, il
comporte 2 versants: l&rsquo;alarme (&ldquo;quelque chose ne va pas&rdquo;) et la
réassurance (sans forcément comprendre tous les enjeux, l&rsquo;état clinique
du patient semblait rassurant). C&rsquo;est une boussole qui guide les MG dans
leurs décisions, avec parfois des erreurs de jugement qui diminuent
avec l&rsquo;expérience et la formation des médecins. Véritable outil pour
gérer les situations complexes, il s&rsquo;affine avec la connaissance des
patients et l&rsquo;expérience des médecins. Leurs émotions peuvent interférer
sur sa qualité. La plupart des MG interrogés l&rsquo;utilisaient,
consciemment ou non, en consultation.  Parfois, des MG préféraient le
mettre en sourdine  : pour certains il s&rsquo;agit de s&rsquo;accrocher à des
éléments rationnels, pour d&rsquo;autres il s&rsquo;agit d&rsquo;une difficulté à gérer
l&rsquo;incertitude, pour d&rsquo;autres encore la peur du jugement de leurs pairs
en cas de demande de bilan sans élément rationnel.</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine!</p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°283 : Top 5 list, QS-sport enfant, Essure, vaccins (grippe, HPV), iSGLT-2, néphropathie et diabète (recos), Charlatans</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/10/dragi-webdo-n283/</link><pubDate>Sun, 04 Oct 2020 16:24:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/10/dragi-webdo-n283/</guid><category>Santé publique</category><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Je vais commencer par souhaiter un joyeux anniversaire à @DrePetronille, aux multiples casquettes de webmaster, veilleuse et auteure, qui a permis de révolutionner le blog! Voici les articles que nous avons trouvés pour cette semaine, bonne lecture!</p>
<p>1/ Santé publique</p>
<p>Pour commencer, il nous faut parler de la<a href="https://bmcfampract.biomedcentral.com/track/pdf/10.1186/s12875-020-01235-5">&ldquo;Top 5 list&rdquo; française</a> des examens médicaux ou traitements médicaux souvent prescrits en médecine générale en France et dont la balance bénéfice/risques n&rsquo;est pas satisfaisante:</p>
<ul>
<li>la prescription d&rsquo;antibiotiques dans les bronchites, rhinopharyngites, grippes et otites séreuses</li>
<li>le dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage du PSA sans information éclairée des patients</li>
<li>la prescription d&rsquo;anticholinesthérasiques dans les troubles mnésiques</li>
<li>la prescription de statines chez les sujets âgés en prévention primaire</li>
<li>la prescription de benzodiazépines pour l&rsquo;anxiété généralisée, l&rsquo;insomnie et chez le sujet âgé</li>
</ul>
<p>Il est intéressant de regarder les autres points à éviter même s&rsquo;ils ne sont pas dans le top : les analogues de DPP-4 dans le diabète, la prévention de la grippe par homéopathie, les antitussifs et expectorant pour la toux, les IPP aux long cours sans indication précise, les vasodilatateurs dans l&rsquo;AOMI, le tramadol chez le sujet âgé, le scanner dans la lombalgie de moins de 6 semaines (à noter que c&rsquo;est l&rsquo;IRM qui est recommandée par la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/04/dragi-webdo-n222.html">HAS</a> mais c&rsquo;est probablement pareil sur les bénéfices), l&rsquo;allopurinol dans l&rsquo;hyperuricémie asymptomatique, les AINS dans les infections des voies aériennes supérieures et la mammographie systématique sans information éclairée des patientes.</p>
<p>A noter, cette Top List a été proposée aux utilisateurs de <a href="https://covidnet.fr/fr/">GrippeNet/CovidNet</a> et retrouve des <a href="https://covidnet.fr/media/uploads/covidnet_top5_retour-info.pdf">résultats</a> légèrement différents. En effet, l&rsquo;homéopathie en prophylaxie antigrippale se place en 3e position dans la liste. Être acteur de la surveillance d&rsquo;une maladie semble donc orienter les résultats vers ceux en rapport avec la maladie en question.</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=918">HCSP</a> a publié un avis concernant le certificat de sport chez l&rsquo;enfant de  6 à 18 ans. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;un entretien avec examen de prévention global de l&rsquo;enfant doit être noté dans le carnet de santé et prend environ 45min (ça veut dire qu&rsquo;il va y avoir une revalorisation? J&rsquo;ai de l&rsquo;espoir, oui.). Voici un questionnaire proposé, qui, contrairement à celui de l&rsquo;adulte, ne permet pas d&rsquo;éviter une consultation médicale, mais sert à la préparer pour mieux cerner les désirs et les axes de prévention à prendre en compte dans le suivi de l&rsquo;enfant et de l&rsquo;adolescent.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjmrZ4tTfqr7Bl4amowoeufIgc73GGRwOoTEY5VeSgMibRtau7HVm_YuAMsyWcnwMHLd3VC7FNHHWh6NrHBu9fRl0OFxAk_d-C7fDcW-zOPskAiTIBCKSQ680t1tUmD7DjCk50mQ8HGGGYt/s601/qs+enfant.png"><img src="/images/articles/2020/qs-enfant.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Connaissances-scientifiques-autour-de-l-implant-de-sterilisation-definitive-Essure-etat-des-lieux-Point-d-information">ANSM</a> fait le point sur la contraception définitive Essure (on en avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/04/dragi-webdo-n137.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/09/dragi-webdo-n151.html">là</a>). Ces dispositifs sont impliqués dans des douleurs musculo-squelettiques, de l&rsquo;asthénie et des métrorragies, des douleurs pelviennes et dyspareunies. Le retrait chirurgical a permis une amélioration chez 60% des patientes. Cependant d&rsquo;autres effets comme des troubles mnésiques et du sommeils n&rsquo;ont pas été améliorés par le retrait.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/evamed/CT-18475_SOTALEX_PIC_REEV_AvisDef_CT16396&amp;18475.pdf">HAS</a> et sa commission de transparence ont émis un avis défavorable au maintien du remboursement du sotalol dans la fibrillation auriculaire, les autres troubles supraventricualires et troubles venriculaires.</p>
<p>3/ Vaccinations</p>
<p>Continuons avec les vaccins antigrippaux. La <a href="https://www.cps.ca/fr/documents/position/les-recommandations-relatives-aux-vaccins-antigrippaux-pour-la-saison-2020-2021">société de pédiatrie</a> canadienne est en faveur d&rsquo;une vaccination systématique des enfants et adolescents contre la grippe, notamment dans le contexte actuel de pandémie au COVID.</p>
<p>Chez le patient diabétique, la vaccination antigrippale semble avoir un bénéfice plus éprouvé que pour d&rsquo;autres populations. En effet, une <a href="https://care.diabetesjournals.org/content/early/2020/07/03/dc20-0229">étude</a> de cohorte rétrospective danoise ayant inclus plus de 200 000 patients diabétiques sur 4 saisons grippales, retrouve que les patients vaccinés avaient un risque de mortalité globale diminuée de 17% et de 16% pour la mortalité cardiovasculaire après ajustement sur les facteurs de confusion. Le NNT pour éviter 1 décès lié à la grippe dans cette population est estimé à 1133 (ce qui est beaucoup, mais on parle de mortalité, et de vaccination)</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1917338">NEJM</a> a publié une étude concernant la vaccination HPV. C&rsquo;est une étude de cohorte rétrospective suédoise ayant inclus plus d'1,5 millions de femmes, basée sur les registres nationaux de population, de prescription médicamenteuse, de vaccination et de cancérologie. La grande nouveauté ce sont les résultats sur les cancers invasifs et non sur les CIN2+ ou 3+ uniquement. Les auteurs retrouvent que la vaccination était associée à une réduction de cancers invasifs de 63% (NNT=2305 patientes, encore une fois c&rsquo;est beaucoup, mais il y a beaucoup de femmes concernées). La réduction importante du nombre de cancers est concordante avec l&rsquo;efficacité attendue sur les HPV 16-18, la significativité est obtenue grâce à la puissance de la cohorte qui n&rsquo;est pas atteignable avec un essai randomisé, mais le fait que ce soit la seule étude ayant retrouvé des résultats aussi francs doit encourager à la publication de données concordantes. </p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m3342">BMJ</a> a publié une revue systématique concernant l&rsquo;efficacité des inhibiteurs de SGLT2 chez les patients diabétiques. Les auteurs retrouvent un effet similaire de la dapagliflozine, canagliflozine et empafliflozine avec une réduction d&rsquo;environ 20-25% des évènements cardiovasculaires par rapport aux inhibiteurs de la DPP-4 (qui n&rsquo;ont jamais rien montré du tout). L&rsquo;analyse combinée des i-SGLT2 retrouvent aussi une réduction de la mortalité globale et de la mortalité cardiovasculaire. On a pour le moment la dapagliflozine disponible en France soumis a prescription initiale spécialisée, ce qui limite son utilisation.</p>
<p>Des <a href="https://kdigo.org/wp-content/uploads/2018/03/KDIGO-Diabetes-in-CKD-GL.pdf">recommandations internationales</a> ont été publiées par le KDIGO concernant le rein et le diabète. Pour mémoire, la norme d&rsquo;albuminurie c&rsquo;est &lt; 30mg/24h ce qui correspond à &lt; 3mg/mmol ou &lt; 30mg/g et l&rsquo;albuminurie sévère c&rsquo;est &gt; 300mg/24h ce qui correspond à &gt; 30mg/mmol ou &gt; 300mg/g (entre les 2 c&rsquo;est modéré).</p>
<p>La metformine est recommandée si le DFG-estimé est supérieur à 30ml/min. La surveillance de la fonction rénale doit être annuelle si le DFG-estimé est normal ou plus souvent si abaissé. Le dosage la vitamine B12 est recommandé annuellement si la metformine est prise depuis plus de 4 ans.</p>
<p>Un traitement par IEC ou ARAII à la dose maximale tolérée est recommandé si diabète, hypertension chez les patients avec un DFG &lt; 60mL/min ou avec albuminurie depuis plus de 3 mois (ils ne privilégient pas une classe ou une molécule). Voici l&rsquo;algorithme intéressant pour adapter les doses qu&rsquo;ils proposent:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhOEbo6m8znBcfj93NMe1tRuGCl4ctlFFZgij_JQlnoZAczTuERqjyBbJhOPby8bNK65RMYZ2435hsUNTqz17nzUc36xv_VpZRvfqlMUXKqnOOG_rYlVH_QPsCapIWXeHyLzPAU0C55N9uj/s838/IEC+n%25C3%25A9phro+diab%25C3%25A9to.png"><img src="/images/articles/2020/iec-n-25c3-25a9phro-diab-25c3-25a9to.png" alt=""></a></p>
<p>Côté règles diététiques, ils recommandent moins de 2g de Na par jour ou moins de 5g de sel (NaCl), et d&rsquo;avoir une activité physique d&rsquo;intensité modérée (2h30/semaine).</p>
<p>Viennent ensuite des objectifs glycémiques à placer entre 6,5% et 8% selon les patients. On en a déjà parlé, les molécules utilisées sont plus importantes que les objectifs&hellip; et ils sont d&rsquo;accord car ils proposent en 1ère ligne:  bithérapie metformine +inhibiteur de SGLT2 systématique tant que le DFG-e &gt; 30mL/min, et si un de ces traitement ne peut plus être utilisé ou si la bithérapie est insuffisante, ajouter un analogue du GLP-1 préférentiellement à un autre antidiabétique. Ce récent billet de <a href="https://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=6098&amp;utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter">Perruche</a> confirme bien la place des iSGLT2 dans cette stratégie.</p>
<p>Je finirais par cette roue des traitements antidiabétiques qui montre les traitements à préférer et à éviter selon les comorbidités du patients (il manque juste les iSGLT2, car ils n&rsquo;étaient pas disponible au moment de la création de cette roue, je pense)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhh9kQIVvDwq69ps5pPr0Lf_s0xMIvh5U5WP7m8gcOLQLHfUkVqRWcuLl9zBDs5qerjmaF_uIQfqhEqWWXFX9BYBHL4j8QAHN1SCh5X58E6QcdZXNlCRQdkrPFDObbjxHZNi0Sf3Rw8rbEb/s597/diabete+roue.png"><img src="/images/articles/2020/diabete-roue.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Le jeu du mois: les Charlatans de Belcastel</p>
<p>Parlons maintenant des &ldquo;les charlatans de Belcastel&rdquo;! Le thème est approprié, puis qu&rsquo;il va falloir être le meilleur charlatan, en concoctant des potions grâce aux ingrédients disponibles dans le sachet d&rsquo;ingrédients. L&rsquo;utilisation de ces ingrédients dans le chaudron permet de progresser sur la piste des scores et d&rsquo;utiliser leurs &ldquo;pouvoirs&rdquo;. Cependant, il ne faut pas être trop gourmand: rallonger la liste des ingrédients peut faire exploser le chaudron! (oui, même chez les charlatans, il faut faire attention aux prescriptions à rallonge!). En acceptant la part de hasard lié au tirage des ingrédients dans les sachets individuels, le jeu est immersif, avec une bonne mécanique pour le rendre accessible (bien qu&rsquo;il ait remporté le prix du jeu de l&rsquo;année 2018 en catégorie &ldquo;expert&rdquo;)! Bref, je vous le conseille! (En plus, une extension est disponible pour être sûr de ne pas se lasser, mais je ne l&rsquo;ai pas testée pour le moment).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhnfq4opfPVFf7y-bnb7N9P-iTLzK_NpoFOoicj7h_Ku7Ydgid1ZK8B2cGgWpblFKIFJgyDdY__PoFAWbkDT4I6uDznWrJRAhgdl3ig5UrhSGvUdIkGeGwFnH7ANtTg72q-hYlSUgYfpzg9/s2048/20200209_161237.jpg"><img src="/images/articles/2020/20200209-161237.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p>A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus et @DrePetronille</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°282: dyslipidémies (recos US), rhinite allergique (recos ORL), paralysie faciale (recos ORL), insuline hebdomadaire, contraception/HTA, alcool, grossesse/COVID, corticoïdes/infections</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/09/dragi-webdo-n282/</link><pubDate>Sun, 27 Sep 2020 20:42:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/09/dragi-webdo-n282/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>ORL</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, j&rsquo;espère que vous avez passé un bon week-end! Voici les actualités que j&rsquo;ai repérées, bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M20-1594">article</a> a étudié le risque infectieux sous corticoïdes chez des patients traités pour polyarthrite rhumatoïde. Les auteurs retrouvent que les patients avec corticoïdes étaient hospitalisés plus fréquemment que ceux sans corticoïdes (NNH entre 40 et 80 pour moins de 5mg/j, NNH entre 17 et 24 pour des doses entre 5-10mg/j, NNH entre 11 et 15 pour plus de &gt;10mg/j).</p>
<p>2/ COVID-19</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2771110">JAMA</a> a étudié les issues de grossesses de patients positives au COVID appariées avec des patientes enceintes n&rsquo;ayant pas été infectées. Les auteurs retrouvent une augmentation de 84% du risque de prééclampsie, mais il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;autres différences sur la prématurité, le mode d&rsquo;accouchement, les hémorragies de la délivrance ou l&rsquo;APGAR à 5 minutes.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le département des vétérans américain a publié des <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M20-4648">recommandations concernant les dyslipidémies</a>. J&rsquo;aime bien la vision des américains sur les dyslipidémies (je remets leurs recos <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n204.html">ici</a>). Les auteurs recommandent de dépister la dyslipidémie pas plus fréquemment que tous les 10 ans ou tous les 5 après 40 ans si facteurs de risques, et d&rsquo;utiliser un calculateur de risque évaluant la morbimortalité à 10 ans. Ils sont également opposés au bilan lipidique systématique chez les patients traités.</p>
<p>En prévention primaire, ils recommandent d&rsquo;utiliser une statine à dose modérée en l&rsquo;absence de preuve d&rsquo;intérêt d&rsquo;une statine forte dose, si le risque est &gt; 12% ou LDL &gt;1,9g/L (et à discuter avec le patient à partir de 6%).</p>
<p>En prévention secondaire, ils recommandent l&rsquo;utilisation de statines à dose modérée et de proposer une statine forte dose selon la tolérance et les préférences du patient. L&rsquo;ezetimibe peut également être ajouté pour diminuer les évènements cardiovasculaires et non la mortalité, après discussion avec le patient. Les anti-PCSK9 peuvent de la même façon être proposé en plus de la statine et de l&rsquo;ezetimibe.</p>
<p>En cas de mauvaise tolérance des statines, on peut changer de statine ou proposer une posologie non quotidienne (1 jour sur 2 par exemple). Les auteurs sont contre l&rsquo;utilisation de niacine, fibrates, oméga 3 en complément des statines, mais pour l&rsquo;activité physique et le régime méditerranéen.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiIftD-OMVgBb72eUvYiauMVjB3diZSVFirusezRP54uxB5Am3g4xHxa6eNmJFrS9J3XaV3nnr-vI-guoXa6v6TA487KoSQmSRWiT0iaOUX-VTcYSoNg5nf0ig4dqzRxfOdfKTq1bcIEi7J/s914/dyslipid%25C3%25A9mie.png"><img src="/images/articles/2020/dyslipid-25c3-25a9mie.png" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2771023">JAMA</a> revient sur la contraception chez les patientes hypertendues (les recos HAS sont <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_1638478/fr/contraception-chez-la-femme-a-risque-cardiovasculaire">ici</a> et celles de la SFHTA <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/12/dragi-webdo-n208.html">là</a>). Une fois le diagnostic posé, il est nécessaire d&rsquo;éliminer une cause secondaire, comme chez tout patient et de réévaluer la contraception. La tension artérielle devra être réévaluée dans les 2 à 4 semaines après introduction d&rsquo;une pilule oestro-progestative si c&rsquo;est ce choix qui est fait (oui, ils sont moins stricts que le recos françaises)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjtyEHrHGW3rV5z9VLIgEIryzzRB8qkN4MQPIPYYyuq7s0i9R6Z9N-9DBRqpLcJ2ayraAwm3Z5mobN6flZqPibnzc5iLKAa9qGVM83nQtCjbJBr2o86qZV7-rx8nXkK49-3wUwrEvPiiq8U/s810/hta+contraception.png"><img src="/images/articles/2020/hta-contraception.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013113.pub2/full">Cochrane</a> a publié une revue systématique concernant les IPP et les exacerbations de BPCO. Une seule étude randomisée (!!) a pu être analysée, évaluant le lansoprazole. Les patients traités avaient moins d&rsquo;EABPCO (0,3/an vs 1,1/an, p &lt; 0.01). Les auteurs concluent que le niveau de preuve est insuffisant et que d&rsquo;autres études doivent être menées.</p>
<p>5/ ORL</p>
<p>Voici 2 recos des ORL, pour les ORL, mais qui traitent de pathologies qu&rsquo;on voit en médecine générale (on peut donc regretter l&rsquo;absence de généralistes dans les groupes de travail et de relecture).</p>
<p>Commençons donc par <a href="https://www.sforl.org/wp-content/uploads/2020/07/Recommandation-SFORL-Prise-en-charge-diagnostique-et-th%C3%A9rapeutique-des-Rhinites-Allergiques-par-lORL-2020.pdf">la prise en charge de la rhinite allergique par l&rsquo;ORL</a>:</p>
<ul>
<li>La sévérité de la rhinite s&rsquo;évalue sur le retentissement (quotidien, au travail, sur le sommeil)</li>
<li>Toute rhinite allergique devrait avoir une endoscopie nasale (niveau de preuve: accord professionnel, comme si les cabinets d&rsquo;ORL n&rsquo;étaient pas assez plein) et des pricktest (les cabinets d&rsquo;allergo aussi ne sont pas assez plein)s.</li>
<li>Les auteurs recommandent un avis allergologique en cas de polysensibilisation et un avis pneumologue en cas d&rsquo;asthme associé.</li>
<li>Il est nécessaire de remettre en cause le diagnostic devant une anosmie, une symptomatologie unilatérale ou suppurative.</li>
<li>Le traitement repose sur les antihistaminiques oraux en 1ère ligne, puis éventuellement des corticoïdes nasaux (mais pas d&rsquo;intérêt à mettre les 2 en même temps) avec ajout si besoin d&rsquo;anti-histaminiques nasaux. L&rsquo;immunothérapie n&rsquo;est recommandée que si la rhinite est modérée/sévère incontrôlée par les traitements précédents et cible les allergènes retrouvés (donc c&rsquo;est à ce stade que les tests devraient être effectués car ils n&rsquo;ont pas d&rsquo;impact sur la prise en charge avant&hellip;). Les cromones sont moins efficaces que les corticoïdes nasaux mais marchent sur l&rsquo;obstruction, les vasoconstricteurs sont des options de 2ème ligne (mouais&hellip;).</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjjCDbH8JesrvaVHxhL7Y9KIVUI3f7q-Gzdz_7IfzhSwC4YXdRE0PrLY7w2nQvMOks6246OkkTPKW08ZS0Q5E8Xf_40lnDG5XiqhKGrSge2ePYsviMg0Qe6-5dXq-pezJw1oVw2xvLA6tq7/s544/rhinite.png"><img src="/images/articles/2020/rhinite.png" alt=""></a></p>
<p>Voici maintenant la recommandation concernant les <a href="https://www.sforl.org/wp-content/uploads/2020/07/Recommandation-SFORL-Prise-en-charge-de-la-Paralysie-Faciale-Idiopathique-%C3%A0-la-phase-aigu%C3%AB-chez-l-adulte-2020.pdf">paralysies faciales aigües idiopathiques de l&rsquo;adulte</a>:</p>
<ul>
<li>La paralysie idiopathique doit s&rsquo;installer en moins de 72h, l&rsquo;otoscopie est normale, la palpation parotidienne et ganglionnaire est normale, sans surdité, ni vertige ni autre trouble neurologique.</li>
<li>Un bilan audiométrique et une recherche des réflexes stapédiens sont systématiquement recommandés (niveau de preuve: accord professionnel, aussi).</li>
<li>La gravité s&rsquo;évalue avec l&rsquo;échelle d&rsquo;<a href="http://www.urgencehsj.ca/protocoles/paralysie-faciale-peripherique-idiopathique-paralysie-de-bell/severite-de-la-paralysie-faciale-echelle-house-brackmann/">House et Brackmann</a>: grave si stade V (asymétrie importante à l&rsquo;effort) ou VI (pas de mobilité).</li>
<li>Le bilan comprend une NFS, une glycémie à jeun et une sérologie de Lyme, et éventuellement, des sérologie VIH, varicelle et HSV. Une IRM injectée systématique est recommandée dans un délai de 1 mois (accord professionnel encore). L&rsquo;électromyogramme est recommandé entre 9 et 20 jours pour les paralysies sévères.</li>
<li>Le traitement consiste dans 7 à 10 jours de corticoïdes à 1mg/kg, ou 10 jours à 2mg/kg si sévère. Un traitement antiviral (valaciclovir 1g x3, 7 jours) n&rsquo;est pas systématiquement recommandé, mais seulement si sévère et vu dans les 72 heures après le début des symptômes (accord professionnel, concordant avec les recos américaines, mais bénéfice minime et aléatoire dans les revues systématiques). Ne pas oublier les soins ophtalmologiques locaux (larmes artificielles et pommade vitamine A) et occlusion de l&rsquo;oeil la nuit. La rééducation est recommandée pour les formes sévères ou avec mauvaise récupération, à effectuer par un praticien formé (l&rsquo;électrothérapie et le travail en force comme mâcher des chewing-gums sont contre-indiqués).</li>
</ul>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>C&rsquo;était le congrès européen de diabétologie. Une étude s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;insuline à libération très prolongée, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une seule injection hebdomadaire d&rsquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2022474">insuline iodec</a>! Cette étude randomisée en double aveugle a retrouvé que le traitement par insuline iodec était aussi efficace sur l&rsquo;HbA1c et bien toléré que l&rsquo;insuline glargine utilisée comme traitement de référence.</p>
<p>Une nouvelle gliflozine a été étudiée, l&rsquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2004967">ertugliflozine</a>. Dans un essai contrôlé randomisé versus placebo, la gliflozine a été aussi sure que le placebo sur les critères cardiovasculaires, mais provoquait plus d&rsquo;infections urinaires et de mycoses génitales. il s&rsquo;agit de la 1ère gliflozine qui ne montre pas de bénéfice en termes d&rsquo;évènement cardiovasculaire (alors que l&rsquo;empa, la dapa et la cana-fliflozine l&rsquo;avaient montré). Toutes les gliflozines ne se valent pas, l&rsquo;empagliflozine est la seule à réduire la mortalité chez le patient diabétique, mais n&rsquo;est toujours pas disponible en France.</p>
<p>7/ L&rsquo;article quali de @DrePetronille</p>
<p>L&rsquo;article <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32321440/">quali</a> de la semaine date d&rsquo;il y a quelques mois et parle de l&rsquo;intervention brève sur la consommation d&rsquo;alcool en consultation en Angleterre. Les auteurs ont interrogé 22 patients identifiés comme consommateurs à risque (test AUDIT ou FAST positif) pour comprendre leur ressenti vis à vis de cette intervention et les suites qu&rsquo;ils souhaitaient y donner.</p>
<ul>
<li>
<p>La consommation d&rsquo;alcool normale selon les participants n&rsquo;était pas toujours en accord avec les recommandations, avec l&rsquo;idée que  la consommation trop importante correspondrait à des situations telles que l&rsquo;ivresse ou l&rsquo;impossibilité de réduire la consommation (chez les autres en somme). Les dangers de l&rsquo;alcool étaient perçus plutôt dans l&rsquo;immédiateté (situation à risque suite à une consommation excessive) plutôt que dans la durée (pathologies hépatiques peu retrouvées lors des entretiens).</p>
</li>
<li>
<p>Bonne nouvelle, les participants ont déclaré considérer leur MG et les IDE dignes de confiance pour parler de leur consommation d&rsquo;alcool, le professionnel de santé étant expert du sujet, non jugeant, dans l&rsquo;intérêt du patient. Les participants ont trouvé important que le sujet soit abordé, comme une porte ouverte à un dialogue immédiat ou dans le futur, notamment en cas de comorbidité.</p>
</li>
<li>
<p>Concernant les réponses aux questions posées, elles étaient variables en fonction de la situation du participant :</p>
</li>
<li>
<p>Pour les patients qui ne pensaient pas avoir de consommation excessive (mais qui en avaient une suite au tests AUDIT/FAST!), la quantification était affirmée comme juste *(*mais elle ne le serait probablement, selon eux, pas chez les autres qui buvraient trop et seraient moins enclins à dire la vérité)</p>
</li>
<li>
<p>Ceux qui ont été ou sont dans une situation de dépendance (peu nombreux dans l&rsquo;étude) ont expliqué les freins au dialogue avec leur MG: stigmatisation de la dépendance, sentiment de ne pas pouvoir contrôler ses prises d&rsquo;alcool, ne pas être prêts au changement.</p>
</li>
<li>
<p>Moins bonne nouvelle, les participants ont jugé les interventions proposées par les soignants inefficaces pour réduire leur consommation.</p>
</li>
</ul>
<p> </p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
à la newsletter par mail: il faut inscrire votre e-mail tout
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intitulé &ldquo;FeedBurner Email Subscriptions&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui
peut arriver dans vos spams). </p>
<p>A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°281 : test salivaire COVID (HAS), dépistage FA, nicorandil, NutriScore, SAOS/CPAP, représentations HSH</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/09/dragi-webdo-n281/</link><pubDate>Sun, 20 Sep 2020 15:44:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/09/dragi-webdo-n281/</guid><category>Prévention</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Ce billet ne devrait pas être trop long pour une fois. Je commencerai par parler d&rsquo;un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2770724">Jama Internal Medicine</a> concernant la désintensification dans les recommandations. Les
auteurs ont effectué une revue systématique de recommandations. Ils en ont trouvé 37 qui correspondaient à des situations pour
lesquelles la désintensification améliorerait l&rsquo;état des patients ou
concernant l&rsquo;arrêt de traitement à la balance bénéfice-risque
défavorable. On y retrouve le dépistage de la vitamine D, les
prescriptions de benzodiazépines, les traitements sans preuve du diabète
ainsi que les objectifs d&rsquo;HbA1c, les dépistage ECG chez les patients à
faible risque, le dépistage trop fréquent du cancer du colon&hellip; On a
déjà abordé pas mal de ces points dans diverses parties du blog! Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacologie et prévention</p>
<p>Commençons par le <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3201793/fr/veklury">remdesivir</a>, qui se voit attribuer, par la HAS, un SMR faible en cas de nécessité d&rsquo;oxygénothérapie faible débit, et insuffisant en cas de nécessité d&rsquo;oxygénothérapie à haut débit dans la prise en charge du COVID sévère avec pneumonie. Son ASMR est jugé insuffisant, cela semble logique vu les données.</p>
<p>Le <a href="https://www.vidal.fr/actualites/25753/premiere_amm_pour_la_methadone_dans_le_traitement_de_la_douleur_en_france_zoryon_gelule_et_sirop/">chlorhydrate de méthadone</a> (Zoryon*) vient d&rsquo;être autorisé dans la prise en charge des douleurs cancéreuses persistant sous antalgiques de pallier 3.</p>
<p>Le BMJ consacre un article au <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m3351">Nicorandil</a>, traitement peu éprouvé de l&rsquo;angor, à cause de son implication dans la survenue d&rsquo;ulcères cutanéo-muqueux, digestifs et oculaires. Ils peuvent survenir précocement ou après plusieurs année.  La prise en charge de ces ulcères est l&rsquo;arrêt du nicorandil. Une raison de plus de l&rsquo;éviter.</p>
<p>2/ COVID-19</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3202319/fr/avis-n-2020-047/ac/seap-du-18-septembre-2020-du-college-de-la-haute-autorite-de-sante-relatif-a-l-inscription-sur-la-liste-des-actes-et-prestations-mentionnee-a-l-article-l-162-1-7-du-code-de-la-securite-sociale-de-la-detection-du-genome-du-virus-sars-cov-2-par-technique-de-transcription-inverse-suivie-d-une-amplification-rt-pcr-sur-prelevement-salivaire">HAS</a> a émis un avis concernant les tests salivaires pour diagnostiquer le COVID par RT-PCR. Compte tenu de leur faible sensibilité, il ne sont pas recommandés chez les patients asymptomatiques. Chez les patients symptomatiques, il peuvent avoir leur place quand les tests naso-pharyngés ne sont pas réalisables. Lorsqu&rsquo;un prélèvement rhino-pharyngé est réalisable, il est à préférer aux tests salivaires, car ils sont moins performants.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Après les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/09/dragi-webdo-n279.html">recos ESC</a> du début du mois, voici un <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m3208">article</a> comparant les soins courants à un dépistage systématique de la fibrillation auriculaire chez les patients de plus de 65 ans par:  palpation du pouls radial + mesure de tension artérielle par un appareil électronique + ECG monopiste. Une anomalie à l&rsquo;un de ces 3 tests conduisait à réaliser un ECG voire un holter ECG si le patient acceptait. La FA a été diagnostiquée chez 1,5% des patients. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence entre les soins courants et ce dépistage systématique chez les 9000 patients randomisés. En regardant les patients du groupe intervention ayant eu un des 3 tests positif (450 patients environ), moins de 6% avait une fibrillation confirmée par un ECG (le recours à un holter ECG n&rsquo;a pas amélioré ce taux). Chez les patients avec les 3 tests négatifs, la réalisation d&rsquo;ECG chez des patients tirés au hasard n&rsquo;a pas permis de trouver des FA, mais la réalisation de Holter ECG chez ces patients avec aucun signe et ECG normal a retrouvé 3,6% de FA. Ainsi, l&rsquo;examen clinique classique fait aussi bien que la multiplication de moyens pour le dépistage de la FA, mais on passe en effet à côté de quelques cas rares et asymptomatiques.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m3173">BMJ</a> a publié un article concernant Food Standards Agency nutrient profiling system (FSAm-NPS) dont dérive le Nutriscore. Les FSAm-NPS de chaque participant ont été calculés et divisés en 5 quintiles (1er quintile = bonne qualité de l&rsquo;alimentation, 5ème = mauvaise qualité). Cette étude de cohorte internationale incluant 500 000 patients, suivi pendant 17 ans, a retrouvé que les patients du 5ème quintile avaient un risque de mortalité globale, de cancers et de maladies digestives et respiratoires plus élevé que les patients du 1er quintile. En chiffre absolu, le risque de mortalité globale est augmenté de 1 patient pour 100 tous les 10 ans (en vrai c&rsquo;est 2 pour les hommes et 0,5 pour les femmes), ce qui n&rsquo;est pas énorme, mais appliqué aux millions/milliards de personnes dans le monde, il y a un véritable enjeu à manger sainement.</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Après les articles débattant du bénéfice du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/04/dragi-webdo-n223.html">dépistage du SAOS</a> et plutôt en défaveur chez les patients peu symptomatiques, voici un <a href="https://openres.ersjournals.com/content/6/3/00057-2020">article</a> étudiant la mortalité des patients appareillés. Environ 4500 patients, avec symptômes sévères (Epworth &gt; 10) suivis en centre tertiaire ont été inclus dans cette étude de cohorte prospective de 20 ans. Les patients sans CPAP avaient un risque de mortalité multiplié par 3,1 par rapport aux utilisateurs depuis moins de 5 ans et multiplié par 5,6 par rapport aux utilisateurs depuis plus de 5 ans. Donc on n&rsquo;est pas dans le dépistage du tout, mais en cas de symptômes, il semble y avoir un intérêt à traiter pour réduire la sur-mortalité (essentiellement respiratoire et non liée aux accidents ou à des évènements cardiovasculaires).</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Des <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3606350?src=soc_tw_200914_mscpfr_news_endo_vaccination&amp;faf=1#vp_1">recommandations vaccinales</a> pour les patients diabétiques ont été présentées au congrès de diabétologie. Bien qu&rsquo;il n&rsquo;y ait en fait rien de neuf, ça me permet de ré-insister sur la vaccination anti-pneumocoque à laquelle je ne pense pas du tout en cas de diabète (aussi <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/04/dragi-webdo-n265.html">recommandée</a> en cas d&rsquo;insuffisance rénale, d&rsquo;hépatopathie et d&rsquo;insuffisance cardiaque!)</p>
<p>6/ L&rsquo;article quali de @DrePetronille</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32936601/">article quali</a> de la semaine est une étude canadienne qui a exploré les connaissances, comportements et perceptions des HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) à travers une analyse thématique. Le recrutement s&rsquo;était fait au décours d&rsquo;une IST.  On peut regretter que beaucoup d&rsquo;études publiées se cantonnent à une analyse thématique, néanmoins cette étude est intéressante dans sa lecture. On y apprend notamment que, pour les HSH interrogés, la principale IST à éviter était l&rsquo;infection par le VIH, les autres étant considérées comme secondaires car guérissables. Leurs pratiques de prévention en découlent mais restent peu efficaces pour la prévention des autres IST: préservatifs pour les rapports anaux, utilisation de la PreP. Les HSH pouvaient limiter leur suivi médical par la stigmatisation ressentie. Afin d&rsquo;améliorer la prévention des infections bactériennes dans cette population, les auteurs proposent d&rsquo;améliorer l&rsquo;accès aux tests de dépistage (et d&rsquo;en étendre les sites de prélèvement au pharynx et au rectum, de réduire la stigmatisation liée aux tests avec notamment des lieux accueillants, y compris dans les documents et affiches à disposition). Globalement les hommes interrogés connaissaient les pratiques préventives mais pouvaient avoir un obstacle d&rsquo;accès aux soins, nécessitant un véritable changement culturel pour réduire la stigmatisation autour des minorités sexuelles. Pour lutter contre les discriminations, il est conseillé que les questionnements sur les pratiques sexuelles soient inclusifs, il en est de même pour ceux autour du genre. </p>
<p>Voilà pour cette semaine. Si ce n&rsquo;est pas déjà fait, n&rsquo;hésitez pas à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj42oVgKAQL4q9KY3qsiLSM8EWnu_hU-OgtjE66Y-MN0KavkDrsktX5PGGmyYP9Qm84GZa1-UxoGQfAG7zG_-IK0WtQTAz1zCoCXyhTN_Awx4miJHM8ap5S1bRFggiXCF4786GkFG3aFu4H/s946/abo.png"><img src="/images/articles/2020/abo-3.png" alt=""></a></p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°280 : COVID-19 (allaitement, cas contact, masques, réinfections), hémorroïdes (recos), diabétologie (recos US), diabète gestationnel, hypotension orthostatique, Horton, article quali</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/09/dragi-webdo-n280/</link><pubDate>Sun, 13 Sep 2020 23:59:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/09/dragi-webdo-n280/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Dermatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici les articles que j&rsquo;ai sélectionnés cette semaine. On reprend les bonnes habitudes avec un billet publié juste avant minuit, bonne lecture !</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.academie-medecine.fr/communique-de-lacademie-allaitement-et-covid-19/">Académie de médecine</a> a publié un communiqué concernant COVID et allaitement en continuant de le promouvoir chez les patientes atteintes de forme légère. Bien sûr, la prise de paracétamol est le traitement à privilégier pour soulager les symptômes.</p>
<p>Les <a href="https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-infectieuses/coronavirus/professionnels-de-sante/article/ressources-documentaires-a-destination-des-professionnels-de-sante">ressources</a> concernant la prise en charge des patients symptomatiques et des cas contacts ont été mises à jour sur le site ministériel:</p>
<ul>
<li>en cas de contact:</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj7IfHA68TS0h-_VvbxGN8Pa_gDJWhUqVPG28j8wA4t-eCjPoadFnqF68I7pr2qNjbcGd5qMG7vWpx6BjltcmMnZldpSU_JmF1E2B4zkpM6PXfJaT95NSvX6q9FD0GKCjjsU16b6EqcDIQM/s942/contact.png"><img src="/images/articles/2020/contact.png" alt=""></a></p>
<ul>
<li>en cas de symptômes:</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiTN45USwmMjlGJSA2Udd6fvzQyLYkVwW8zOGddiiAU0uod1uYbLqtzYFKkzIMRAQSeW_Hau_gCEV5pySgzKk928nvF0GA_IcWmrhl8EEivc6ouwpwK7bcxWOH5Kr81escXyFHlFOyDc47Z/s983/symptomes.png"><img src="/images/articles/2020/symptomes.png" alt=""></a></p>
<ul>
<li>en cas de test positif: 7 jours d&rsquo;isolement, voire plus si persistance des symptômes (jusqu&rsquo;à fin de la fièvre +48h)</li>
</ul>
<p>Et sinon vous avez la mise à jour de l&rsquo;algorithme, rendu parfaitement clair, par <a href="https://twitter.com/thor_vastatine">@thor_vastatine</a> sur son <a href="https://mg-noob.blogspot.com/">blog</a>:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiLlGy7lmMhR0w2m64Gbj2JLih7ezB4rQtPbykM2khFY1KrP5glBD9AcTRfRU1Xons4ZBIOMGEvfuePsOoGwC5IT9MEKZtPazS49D4FzYILxpYXiqfSdxu0WMVvXW3sSBuBe8zurCZ797g/s2048/COVID+%25282%2529.png"><img src="/images/articles/2020/covid-25282-2529.png" alt=""></a></p>
<p>Un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMp2026913">NEJM</a> discute du bien fait des masques imparfaits. Les auteurs argumentent que la gravité du COVID est liée à la quantité d’inoculum viral reçu. Les masques n&rsquo;empêchent pas le passage de toutes les particules, ils les filtrent néanmoins réduisant l&rsquo;inoculum. Ainsi, les auteurs parlent d&rsquo;une variolisation du virus grâce aux masques permettant d&rsquo;inoculer de faibles doses de virus et entrainant des infections pauci-symptomatiques immunisant les personnes (comme pour la variole quand on inoculait le prélèvement de lésions à des patients pour les vacciner). L&rsquo;idée est intéressante mais manque cruellement de références cliniques.</p>
<p>Des <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/pdf/10.1002/jmv.26496">auteurs</a> ont effectué une revue systématique recherchant la possibilité de réinfections par Sars-Cov2 chez les patients préalablement infectés. Parmi tous les articles screenés, les auteurs ont retrouvé une quinzaine de patients susceptibles d&rsquo;avoir une réinfection. Cependant l&rsquo;analyse des cas individuels semble plutôt retrouver qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;infections initiales prolongées plutôt que de réelles réinfections car ces patients n&rsquo;ont pas eu de PCR négative entre l&rsquo;épisode initial et la réinfection présumée.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m3222">BMJ</a> a publié une étude concernant la tension artérielle normale. Cette méta analyse d&rsquo;études de cohorte incluant 4,5 millions de patients jeunes (18-45 ans) suivis pendant 15 ans environ, retrouve qu&rsquo;avoir une tension &ldquo;normale&rdquo; (PAS entre 120 et 130mmHg) ou &ldquo;normale haute&rdquo; (PAS entre 130 et 140mmHg) était associée à une augmentation des évènements cardiovasculaires par rapport à ceux avec une tension optimale (PAS &lt; 120mmHg). Sur 4 millions de patients, bien sûr que les risques relatifs sont significatifs, en chiffres absolu ça donne des augmentations du risque d&rsquo;évènement cardiovasculaire respectivement de 0,04% et 0,06% par an. D&rsquo;autre part, les patients avec une PAS normale avaient une réduction du risque de mortalité globale par rapport aux patients avec une PAS optimale (en RA: -0,015%). Bref, un objectif de PAS inférieur à 130 semble être suffisant.</p>
<p>Une <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M20-4298">revue systématique</a> a étudié le risque d&rsquo;hypotension orthostatique en cas de traitement intensif de l&rsquo;hypertension artérielle. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;un traitement intensif est associé à une réduction du risque d&rsquo;hypotension orthostatique! La question est surtout de savoir s&rsquo;il vaut mieux &ldquo;améliorer le contrôle tensionnel&rdquo; d&rsquo;un patient âgé avec hypotension orthostatique ou réduire les traitements?</p>
<p>3/ Proctologie</p>
<p>Voici les <a href="https://fascrs.org/ascrs/media/files/downloads/Clinical%20Practice%20Guidelines/cpg_management_of_hemorrhoids.pdf">recommandations</a> de la société américaine des chirurgiens du colon concernant la prise en charge des hémorroïdes:</p>
<ul>
<li>la coloscopie est recommandée en cas d&rsquo;hémorroïdes et de saignement chez les patients de plus de 50 ans n&rsquo;ayant jamais eu de coloscopie (les autres indications de coloscopie sont standard: à partir de 40 ans si antécédents d&rsquo;adénome ou de CCR familial, test fécal positif)</li>
<li>le traitement de 1ère intention correspond aux règles diététiques : augmentation de l&rsquo;hydratation et de la consommation de fibres. D&rsquo;après la Cochrane, les phlébotoniques réduisent les symptômes versus placebo, mais pas versus intervention contrôle. Les traitements topiques ne semblent pas avoir montré de bénéfice mais il n&rsquo;y a pas de référence dans l&rsquo;article&hellip; Ensuite, ça parle de discuter des traitements spécialisés en consultation ou les traitements chirurgicaux en cas de persistance ou selon le grade.</li>
</ul>
<p>4/ Médecine interne</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2769824">JAMA</a> parle de la pseudo polyarthrite rhizomélique et de l&rsquo;artérite à cellule géante (Horton). Les auteurs parlent du PET-scan pour le diagnostic (Se=80%, Sp=90%), la biopsie étant une alternative. Le traitement réside dans les corticoïdes (0,5mg/kg dans la PPR, 0,7mg/kg dans l&rsquo;ACG et 1mg/kg dans l&rsquo;ACG avec atteinte ophtalmique, mais il ne parle pas de l&rsquo;aspirine souvent ajoutée dans ce cas). Après avoir obtenu une efficacité clinique pendant 2 à 4 semaines, la réduction dans l&rsquo;ACG est de 10mg/2semaines jusqu&rsquo;à 20mg, puis une réduction de 1-2,5mg toutes les 2 à 8 semaines pour une durée totale de traitement entre 1 et 3 ans.</p>
<p>5/ Dermatologie</p>
<p>Après l&rsquo;article sur les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/06/dragi-webdo-n274.html">punaises de lit</a>, voici celui sur les <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m2856">piqûres d&rsquo;insectes</a> (au sens large). Il y a plein de photos dans l&rsquo;article. Le mieux étant la prévention avec des insecticides (DEET par exemple). Pour résumer, en cas de piqure d&rsquo;insecte, ils recommandent:</p>
<ul>
<li>d&rsquo;éliminer une anaphylaxie ou un sepsis, rechercher si la piqûre peut être vecteur de maladie (paludisme par exemple)</li>
<li>d&rsquo;éliminer un diagnostic différentiel (varicelle, impétigo, lyme, plante vénéneuse, chenilles, guêpes&hellip;)</li>
<li>Si la plaie n&rsquo;est pas infectée: compresses froides, anti-histaminiques, dermocorticoïdes et cercler la lésion. Cela peut durer 2 à 3 semaines.</li>
<li>En cas de signe d&rsquo;infection (pus, extension de l&rsquo;érythème, localisation périorbitaire) ou de facteurs de risque (immunodépression, diabète, lymphoedème, artériopathie&hellip;): antibiothérapie (cloxacilline à privilégier)</li>
</ul>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Suite au congrès de diabétologie qui vient de se tenir, voici la synthèse d&rsquo;une présentation concernant le <a href="https://twitter.com/SFDiabete/status/1304076895093485568">diabète gestationnel</a> (on en avait déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n177-antipsychotiques-hta.html">ici</a>). Il y a une baisse de la glycémie à jeun en début de grossesse et c&rsquo;est à ce moment là qu&rsquo;il faudrait effectuer la glycémie à jeun: à partir de 10SA, en cas de facteurs de risques (pour limiter les faux positifs).</p>
<ul>
<li>En cas de glycémie à jeun entre 0,92g/L et 0,99g/L: règles diététiques et on verra l&rsquo;HGPO à 24 semaines.</li>
<li>Si la glycémie à jeun est &gt; 0,99g/L, il y aurait un intérêt à une prise en charge précoce.</li>
</ul>
<p>Enfin, les <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M20-2470">recommandations</a> de la société américaine de diabétologie 2020 ont été publiées. Pas de grands changements dans ces recos américaines 2019 (on en avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/04/dragi-webdo-n225.html">ici</a>). La metformine est toujours le traitement de 1ère intention. L&rsquo;insulinothérapie précoce est à discuter en cas de catabolisme important (perte de poids) ou d&rsquo;HbA1c &gt; 10%. Le tableau récapitulatif des traitements confirme les bénéfices cardiovasculaires de la metformine (potentiel), des i-SGLT2 (empagliflozine, et dans une moindre mesure canagliflozine), des a-GLP1 (notamment liraglutide). Les autres ont des effets neutres ou délétères sur l&rsquo;insuffisance cardiaque. Si la metformine est insuffisante, on retrouve encore les analogues du GLP-1 en 2ème ligne chez les patients avec facteurs de risque cardiovasculaire ou inhibiteur de SGLT2 en cas d&rsquo;insuffisance cardiaque ou d&rsquo;insuffisance rénale. Les sulfamides sont plutôt à éviter. L&rsquo;introduction de l&rsquo;insuline est bien décrite: 10UI initialement ou 0,1-0,2UI/kg/j puis ajout de 2UI tous les 3 jours. L&rsquo;ajout d&rsquo;une post prandiale se fait quand on atteint 0,5UI/kg/j: avant le repas le plus copieux, 4UI ou 10% de la basale. Si ça ne va toujours pas, on majore avec un basal-bolus ou on utilise des insulines mixtes avec 2/3 de la dose avant le petit déjeune et 1/3 avant diner.</p>
<p>7/ L&rsquo;article quali de @DrePetronille</p>
<p><a href="https://bjgp.org/content/bjgp/early/2020/09/07/bjgp20X712625.full.pdf">L&rsquo;article</a> quali de la rentrée est une étude britannique concernant la prescription anticipée de médicaments pour les patients en fin de vie à domicile par les médecins généralistes.</p>
<ul>
<li>La décision d&rsquo;établir un protocole permettait d&rsquo;avoir à domicile les médicaments pouvant être utiles, parfois très longtemps avant leur utilisation. L&rsquo;existence du protocole pouvait être une aide pour les soignants en visite afin de mieux saisir la nécessité de prodiguer en priorité des soins de confort.</li>
<li>Parler de prescriptions anticipées nécessite tact et mesure, et une proposition adaptée au patient et à ses proches. Dans l&rsquo;étude, un participant a rappelé que ces prescriptions amènent à évoquer le décès, plus ou moins rapproché du patient. Il faut ainsi trouver le bon moment, jugé être celui de la décision de non hospitalisation/non réanimation, et adapter la quantité d&rsquo;informations à délivrer à ce que le patient et sa famille peuvent recevoir, en respectant l&rsquo;ambivalence liée au contexte de fin de vie. Les auteurs font une étude complémentaire sur le ressenti des patients concernant ces prescriptions anticipées.</li>
<li>Le passage d&rsquo;IDE à domicile sécurise la reconnaissance des symptômes et l&rsquo;administration des médicaments prescrits, et facilite les prescriptions anticipées pour le médecin, qui est responsable de ses prescriptions. Les rencontres entre les professionnels sont apparues indispensables, les MG jugeant l&rsquo;utilisation de dossiers partagés informatisés moins efficiente pour adapter les protocoles en fonction de l&rsquo;évolution des besoins. En bref, les nouveaux outils numériques sont une aide mais ne remplacent pas la coordination des soins et les rencontres (en respectant les gestes barrière!)</li>
</ul>
<p>C&rsquo;est fini! Merci encore à @DrePetronille pour sa contribution! Vous pouvez toujours vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
à la newsletter par mail: il faut inscrire votre e-mail tout
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peut arriver dans vos spams). </p>
<p>A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°279 : Recos ESC (fibrillation auriculaire, SCA ST-, sport), COVID-19 (recos corticoïdes, tests rapides, post-COVID), empagliflozine, coordination des soins, It's a Wonderful World</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/09/dragi-webdo-n279/</link><pubDate>Sun, 06 Sep 2020 20:56:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/09/dragi-webdo-n279/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! C&rsquo;est parti pour un gros Dragi Webdo qui va tourner autour du COVID et du congrès de la société européenne de cardiologie. Mais je parlerai une nouvelle fois de l&rsquo;importance de la coordination des soins: dans cette revue systématique du <a href="https://bjgp.org/content/70/698/e600">BJGP</a> qui retrouve une fois de plus que la coordination des soins était associée à une réduction de la mortalité des patients. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>On va commencer par les nouvelles recommandations <a href="https://www.escardio.org/Guidelines/Clinical-Practice-Guidelines/Atrial-Fibrillation-Management?esctwitter">ESC</a> concernant la <strong>fibrillation auriculaire</strong> (les précédentes dataient de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/09/dragi-webdo-n105.html">2016</a>).</p>
<ul>
<li>
<p>Dépistage de la FA:</p>
</li>
<li>
<p>Il est recommandé d&rsquo;informer les patients des risques du dépistage de la FA avant de dépister</p>
</li>
<li>
<p>Méthodes:</p>
</li>
<li>
<p>lors des consultations en prenant le pouls du patient après 65 ans</p>
</li>
<li>
<p>voire par ECG à partir de 75 ans ou en cas de haut risque de d&rsquo;AVC (je n&rsquo;ai pas épluché les sources de cet ECG systématique à 75 ans&hellip;)</p>
</li>
<li>
<p>Les autres méthodes utilisables sont les smart watches, les ECG monopistes, les applis, les appareils automatiques de mesures de tension, qui ont tous des sensibilités d&rsquo;environ 90% et spécificité d&rsquo;environ 80%.</p>
</li>
<li>
<p>Diagnostic: Dans tous les cas, le diagnostic reposera sur un ECG 12-dérivation mettant en évidence la FA sur au moins 30 secondes.</p>
</li>
<li>
<p>Bilan initial:  NFS-plaquettes, créatininémie, ionogramme sanguin, TSH et l&rsquo;échographie cardiaque (le reste n&rsquo;est pas systématique).</p>
</li>
<li>
<p>Les symptômes s&rsquo;évaluent selon l&rsquo;échelle EHRA:</p>
</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjD84N2ckCb-qfn2v1AI7XdcV6fJYRJrdGYmKvF-v3s9QEmWXz6L3A5VUghYaH3sduBQIyQAkuMKqcQU5NS2l2ioW1IlWLj2c9WI1jBmIsLikgr5vSgiiROrOmTKfQ_PkaucPkZuPYNHqdi/s869/ehra.png"><img src="/images/articles/2020/ehra.png" alt=""></a></p>
<ul>
<li>Stratégies thérapeutiques:</li>
</ul>
<p>L&rsquo;indication de l&rsquo;anticoagulation est initialement guidée par le CHA2DS2VASc et le HAS-BLED, et les AOD sont recommandés en 1ère intention (mais contre indiqués si sténose mitrale modérée ou sévère, ou valve mécanique, et le score <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/02/dragi-webdo-n128.html">SAME-TT2R2</a> peut être utilisé):</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgxXV-g5bjhAzHR9s8p9ThDzVBSpy0DAKdFsfq8xOr3OoDIxHVZgpgh47qscl_I8-2aI3usEyLoT-uUbTLTlgYmATNs74Sy7KrWXe2noClCEDNOhoE0Nr0U7wFr4llYzw-2BzPOD3l2hiKU/s796/ACFA.png"><img src="/images/articles/2020/acfa.png" alt=""></a></p>
<p>Concernant la prise en charge du trouble du rythme:</p>
<ul>
<li>Un contrôle de la fréquence est généralement suffisant (notamment après échec de contrôle du rythme, en 1ère ligne chez des patients peu symptomatiques, quand les risques de la stratégie de contrôle du rythme dépassent les bénéfices). Dans ce cas, l&rsquo;objectif est une amélioration des symptômes avec une FC &lt; 110bpm, et en cas de persistance de symptômes contrôler un peu plus avec une cible de FC &lt; 80bpm. Pour contrôler la fréquence, les bêta bloquants sont recommandés en 1ère ligne si FEVG altérée et les calciques bradycardisants si asthme ou BPCO sévère (sinon c&rsquo;est l&rsquo;un ou l&rsquo;autre). On laissera le cardiologue adapter si besoin (ajout d&rsquo;amiodarone si FEVG altérée ou Digoxine dans les autres situations)</li>
<li>On peut également opter pour un contrôle du rythme. Il serait à préférer si le patient est jeune, en cas de 1ère épisode, de cardiomyopathie, en l&rsquo;absence de comorbidité, par choix du patient, ou en cas de difficulté de contrôle de la fréquence. Une fois la fibrillation réduite, le traitement de maintien proposé peut être le suivant (la dronedarone a une place bien trop importante à mon avis et l&rsquo;amiodarone peut être mise partout contrairement à ce qui est mis sur la figure, mais pas en 1ère intention à cause des effets indésirables):</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgJ79IrzEoe4Wb5agiDKvWCQ2XjuHMi9mTPKIPRhmtHpo1fPxnH5rGvWpKeNt9LTkLFNXM8HwvSXJ1b8qp9EaT9zLk21zL0AqDEYPd6aKBK6_Gg4TxSJ3iYkd2zIiF3nzsNCGjCznigbCg-/s1049/rythm.png"><img src="/images/articles/2020/rythm.png" alt=""></a></p>
<p>Passons aux recommandations concernant le <strong><a href="https://www.escardio.org/Guidelines/Clinical-Practice-Guidelines/Acute-Coronary-Syndromes-ACS-in-patients-presenting-without-persistent-ST-segm">SCA sans élévation du segment ST</a></strong> (SCA ST-).</p>
<ul>
<li>
<p>Diagnostic: Il est recommandé de se baser sur la clinique, l&rsquo;ECG et les marqueurs avec un algorithme de dosage à H0 et H1 (éventuellement H2) qui permet d&rsquo;exclure le SCA ST- si négatif.</p>
</li>
<li>
<p>Traitement au long cours:</p>
</li>
<li>
<p>l&rsquo;aspirine est recommandée pour tout le monde au long cours à la dose de 75-100mg/j. (en cas de haut risque hémorragique, on peut voir de l&rsquo;aspirine seule en monothérapie au long cours ou du clopidogrel seul en cas de très haut risque hémorragique).</p>
</li>
<li>
<p>la bithérapie est cependant recommandée en général pendant les 12 premiers mois. Elle comporte désormais plutôt le prasugrel 10mg/j (ou 5mg/j après 75ans ou si poids &lt; 60kg) en cas d&rsquo;angioplastie, ou le ticagrelor. Le clopidogrel n&rsquo;est à utiliser qu&rsquo;en cas de contre indication aux 2 autres (c&rsquo;était déjà le cas pour les recos <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/08/dragi-webdo-n148.html">SCA ST+</a>)</p>
</li>
<li>
<p>après 12 mois, la bi-thérapie prolongée est proposée chez les patients à risques modéré ou élevé de récidive (âge &gt; 65 ans, diabète médicalement traité, récidive d&rsquo;infarctus du
myocarde, coronaropathie multi-tronculaire ou atteinte polyvasculaire, DFG &lt;60 ml/min/1.73 m2, maladie autoimmune concomittante) et à faible risque hémorragique (pas d&rsquo;ATCD hémorragique, de dysfonction hépatique de coagulopathie ou d&rsquo;insuffisance rénale terminale) selon les possibilités suivantes: aspirine+ticagrelor (à préférer), aspirine+prasugrel, aspirine+clopidogrel ou aspirine+rivaroxaban (ça fait beaucoup de patients au final):</p>
</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2xg8BfTMFW44EAbgRSuLwwaHIpWfrGXEWEtLTz_Du21g1iRiCrGEYaqsSxMYR-WN6P5lGD3T_M_TesrWxB4rvDzdd2H0qIZiFbLG-4fq1NyeFYV_jKNVW1-BezOcvBKwyaHjrSSsOaWFE/s822/DAT.png"><img src="/images/articles/2020/dat.png" alt=""></a></p>
<ul>
<li>en cas de fibrillation auriculaire associée: la trithérapie (2AAP+ anticoagulant) est prévue pour la 1ère semaine (éventuellement 1 mois si haut risque thrombotique), puis la bithérapie AAP + anticoagulant est à poursuivre pour 12 mois (éventuellement 1 mois si haut risque hémorragique), et après, c&rsquo;est la monothérapie par anticoagulation qui est recommandée au long cours.</li>
<li>les IPP sont recommandé si: âge &gt; 65 ans, dyspepsie, RGO, H.Pylori, alcool, ATCD d&rsquo;ulcère gastrique, AINS/corticothérapie, anticoagulation.</li>
<li>Concernant les statines, une baisse de 50% du LDL est recommandée ou un LDL &lt; 0,55 (le critère de pourcentage de baisse est un meilleur objectif que la cible chiffrée, donc les recos progressent dans le sens des recos américaines, c&rsquo;est bien). Si on n&rsquo;y arrive pas l&rsquo;ezetimibe est à ajouter, voire des anti PCSK-9.</li>
<li>Les IEC ou ARAII ne sont recommandés que si FEVG&lt;40%, diabète et insuffisance rénale (donc pas en systématique chez tous les patients), sachant que l&rsquo;argumentaire parle que de l&rsquo;efficacité des IEC sur la morbi-mortalité et pas des ARAII, hein&hellip;</li>
<li>les bêta bloquants sont recommandés si FEVG &lt;40% ou antécédent d&rsquo;infarctus (donc pas systématiquement non plus au long cours), avec un objectif de FC entre 55 et 60bpm.</li>
<li>un diurétique épargneur potassique est recommandé si FEVG&lt;40% également.</li>
</ul>
<p>Des recommandations sur le <a href="https://www.escardio.org/Guidelines/Clinical-Practice-Guidelines/sports-cardiology-and-exercise-in-patients-with-cardiovascular-disease">sport chez le patients</a> ont été publiées. En population générale, chez le plus de 35 ans, pas d&rsquo;examen si risque cardiovaculaire faible ou modéré en loisir mais ECG de repos recommandé si compétition. Une épreuve d&rsquo;effort ou imagerie fonctionnelle est recommandée chez les patients sédentaires ou à haut risque cardiovasculaire (score &gt;5%) voulant débuter une activité intense ou de compétition. C&rsquo;est cohérent avec les recos de la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n205.html">HAS</a>. Après il y a toute une partie sur le sport en cas de cardiopathie: adresser au cardiologue si activité intense ou avant une reprise en loisir après une intervention cardiaque.</p>
<p><strong>Autres articles cardiovasculaires</strong></p>
<p>Quelques articles publiés à l&rsquo;occasion du congrès maintenant. Une nouvelle analyse de l&rsquo;étude <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.120.050304">ISCHEMIA</a> dont on avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n247.html">ici</a> a été publiée, retrouve que le traitement médial de la coronaropathie stable sans atteinte du tronc commun serait suffisant chez les patients avec une FEVG &gt; 35%.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2022190">empagliflozine</a>, un des rares traitements antidiabétiques ayant démontré une <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/09/dragi-webdo-n63.html">baisse de mortalité</a> globale a maintenant démontré, chez les patients non diabétiques avec FEVG&lt;40%, une baisse des évènements cardiovasculaires sur un critère composite (NNT= 193 patients par an), sans baisse de mortalité cardiovasculaire ou globale. Bref, ça marche bien moins bien que chez les diabétiques et moins bien aussi que les autres traitements de l&rsquo;insuffisance cardiaque (bêta bloquants, IEC et saccubitril qui baissent la mortalité globale)</p>
<p>On vient de parler du contrôle de fréquence qui suffisait dans la fibrillation auriculaire, mais cet essai randomisé du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2019422">NEJM</a> retrouve qu&rsquo;un contrôle précoce (avant 1 an) du rythme par ablation ou antiarythmiques réduit les évènements cardiovasculaires (NNT=91) et la mortalité cardiovasculaire (NNT=333) par rapport aux soins courants, sans augmentation significative des effets secondaires. @FZores a quand même noté qu&rsquo;il y avait un suivi beaucoup plus rapproché dans le groupe traitement ce qui aurait pu améliorer le critère de jugement.</p>
<p>2/ COVID-19</p>
<p>Le point principal autour du COVID concerne l&rsquo;efficacité des corticoïdes dans la prise en charge des patients atteints de COVID sévère. Ainsi, le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2770279">JAMA</a> a publié une méta-analyse du traitement par corticoïdes chez les patients hospitalisés. La dexamethasone réduit le risque de décès avec un NNT de 13 patients et de 12 pour la méhylprednisolone!! (l&rsquo;hydrocortisone ne réduit pas le risque de décès significativement).</p>
<p>Suite à cela, le <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m3379">BMJ</a> a publié un article provenant de l&rsquo;OMS recommandant l&rsquo;utilisation de corticoïdes pour les patients atteints de COVID sévère (en privilégiant la dexaméthasone 6mg/j pendant 7 à 10 jours, mais les autres seraient des alternatives possibles), et recommandant de ne pas les utiliser dans les formes non sévères. Ils ont défini les formes sévères devant les critères suivants: SpO2 &lt;90%, FR&gt;30/min, tachypnée chez l&rsquo;enfant, signes de détresse respiratoire. Ainsi, ils disent que le traitement doit être entrepris même si une hospitalisation n&rsquo;est pas réalisable. Ce sont donc des patients avec indication d&rsquo;hospitalisation, et d&rsquo;ailleurs le traitement était généralement arrêté à la sortie d&rsquo;hospitalisation dans les études. Donc à priori ce n&rsquo;est pas pour des patients ambulatoires (car toutes les études ont été faites sur des patients hospitalisés), mais la FR était parfois supérieure à 30 et les patients maintenus en ambulatoire tant que la SpO2 était &gt;90% compte tenu de la surcharge hospitalière: ces patients là seraient donc à traiter en ville.</p>
<p>Une revue de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013705/full">Cochrane</a> a évalué l&rsquo;efficacité des tests rapides dans le diagnostic du COVID-19. Les auteurs retrouvent que la sensibilité moyenne est de 52% et la spécificité moyenne de 99.5% pour les tests à antigène. Pour les tests moléculaires rapides, la sensibilité est meilleure avec 95% de sensibilité et 98% de spécificité. Si on compare les 2 principaux tests moléculaires, le Xpert Xpress (Cepheid Inc) a une sensibilité de 22% supérieure à celle du ID NOW (Abbott Laboratories) pour des spécificités proches.</p>
<p>Enfin, le <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m3026">BMJ</a> a publié un article concernant la prise en charge des syndromes post-COVID. Leur nombre serait plus modeste que ceux retrouvés dans l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/08/dragi-webdo-n278.html">article</a> de la semaine dernière, mais ils représenteraient quand même 10% des patients. L&rsquo;évolution est généralement spontanément favorable avec une approche holistique, une écoute empathique et du soutien. Aucun bilan n&rsquo;est systématique, cependant, il peut être indiqué pour confirmer le diagnostic ou éliminer un diagnostic différentiel (coronaropathie, pneumopathie, embolie pulmonaire, insuffisance cardiaque&hellip;). Pour la toux et la dyspnée, les auteurs proposent des exercices respiratoires (inspirer par le nez, souffler par la bouche avec un ratio temps d&rsquo;inspiration/temps d&rsquo;expiration de 1:2 pendant 5-10min régulièrement dans la journée). La surveillance à domicile par oxymétrie devrait être effectuée au repos et après 40 pas sur terrain plat: une baisse de 3% devrait conduire à des explorations. La reprise progressive de l&rsquo;activité physique modérée (stretching, puis marche lente, ne pas dépasser 60% de la FMT) est possible en l&rsquo;absence de cardiopathie. Il y a aussi d&rsquo;autres parties concernant le support psychologique, les séquelles neurologiques et le sujet âgé.</p>
<p>3/ Le jeu du mois: &ldquo;It&rsquo;s a Wonderful World&rdquo;</p>
<p>&ldquo;It&rsquo;s a Wonderful Word&rdquo; est un jeu dans lequel nous incarnons une nation dans un univers futuriste. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un jeu de draft: les joueurs se passent les cartes, et en prennent une à chaque fois. Ces cartes permettent de construire des bâtiments produisant des ressources régulièrement pour les prochains ou peuvent être recyclées pour être directement utilisée comme ressources. Le principe est intéressant, mais je trouve que le jeu ressemble trop à un &ldquo;<a href="https://www.trictrac.net/jeu-de-societe/7-wonders">7 Wonders</a>&rdquo;, mais en moins bien équilibré, la puissance de certaines cartes favorisant trop le joueur qui les a en &ldquo;main de début de draft&rdquo;. Au final, c&rsquo;est un jeu sympa, à essayer, mais clairement pas un que je referais de nombreuses fois. Il y a néanmoins un mode &ldquo;campagne&rdquo; qui peut être intéressant et que je n&rsquo;ai pas essayé.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjc58eC2esP3y-IEZP0Ip4ILYlF5M7jSkv0WKA3h9o26sSF6WVzg1DZd-UVpf4T_WgkLuDruuY9o11USWL4t6Od1F98_N1fgGyY7-vaIyCK2lMGM4gH5thYh4o4BE4vK_r3WGRnkYTvK0yL/s2048/20191201_145820.jpg"><img src="/images/articles/2020/20191201-145820.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà pour cette semaine ! J&rsquo;ai été un peu plus vite sur les articles originaux parce que les recos étaient assez longues. Bonne soirée et à la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°278 : COVID (recos pédiatrie, mesures barrières), recos cancer thyroidien, recos hépatologie (hyperferritinémie, NASH, nodule), recos LADA, asthme/vitamine D, Anachrony</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/08/dragi-webdo-n278/</link><pubDate>Sat, 29 Aug 2020 19:27:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/08/dragi-webdo-n278/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><category>Oncologie</category><category>Hépatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous ! C&rsquo;est la reprise du Dragi Webdo et la reprise du travail pour beaucoup. Voici donc les actualités que j&rsquo;ai vues passer cet été. Pour commencer, je ne peux que vous encourager à lire l&rsquo;article sur le placebo dans les douleurs chroniques publié dans le <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m1668.short">BMJ</a> et qui montre que le placebo, même en disant que c&rsquo;est un placebo, a un effet placebo conséquent et qui montre aussi la place de la relation médecin-patient dans l&rsquo;effet placebo. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Le risque d&rsquo;amputation des membres inférieurs sous canagliflozine a été évalué dans le <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m2812">BMJ</a> dans une étude de cohorte comparant la canagliflozine aux analogues du GLP-1 avec appariement sur un score de propension. Les auteurs confirment le sur risque, mais uniquement chez les patients de plus de 65 ans ayant un antécédent de maladie cardiovasculaire avec un nombre de patient à traiter par an pour provoquer une amputation (NNH) de 274.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Levetiracetam-KEPPRA-et-allongement-de-l-intervalle-QT-mise-a-jour-du-RCP-et-de-la-notice-patients-Retour-d-information-sur-le-PRAC-de-juillet-2020-Point-d-information">ANSM</a> informe du risque d&rsquo;allongement du QT avec le levetiracetam, pour que les médecins évitent de l&rsquo;associer avec d&rsquo;autres médicaments favorisant cette anomalie cardiaque.</p>
<p>2/ COVID-19</p>
<p>A l&rsquo;approche de la rentrée, l&rsquo;<a href="https://afpa.org/2020/08/02/tribune-rentree-scolaire-automne-2020/">association des pédiatres ambulatoires</a> et la <a href="https://www.sfpediatrie.com/sites/www.sfpediatrie.com/files/medias/documents/Propositions_Ecoles_SFP_Defv2.pdf">société française de pédiatrie</a> ont publié des recommandations s&rsquo;appuyant pour certaines sur des communiqués de l&rsquo;Académie de médecine. Ils préconisent un renforcement des stratégies vaccinales: anti-grippale (selon les critères habituels, pas chez l&rsquo;enfant contrairement aux Etats-Unis), et anti-rotavirus (recommandée de façon habituelle aux Etats-Unis). Concernant cette dernière, elle n&rsquo;est plus recommandée depuis <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/p/vaccinations.html#Rotavirus">2015</a> à cause d&rsquo;un service médical rendu insuffisant en partie à cause du risque d&rsquo;invagination. Limiter ces pathologies pourrait limiter la surcharge des urgences selon les auteurs. Le communiqué de l&rsquo;Académie de médecine correspondant ne s&rsquo;appuie que sur une seule référence, c&rsquo;est peu, et le vaccin reste non remboursé. Il faudrait plus d&rsquo;information pour savoir si c&rsquo;est une stratégie à mettre en oeuvre effectivement cet hiver. Concernant les conduites à tenir, avant 6 ans, les auteurs ne recommandent un test de dépistage qu&rsquo;en cas de forme sévère ou de symptômes persistant plus de 3 jours ou de contact avec un patient COVID+. Chez les plus de 6 ans, tous doivent être testés si symptômes. L&rsquo;éviction scolaire doit être d&rsquo;au moins 7 jours et jusqu&rsquo;à disparition des symptômes.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m3223">BMJ</a> a publié un article concernant les mesures barrières, préconisant une distanciation de 2 mètres plutôt que 1 mètre entre les personnes. Ils ont également établi un tableau estimant le risque de transmission dans différentes situations :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg5kQjV0o5lRU96HXXob_wlw8Dyi7521epLsGG3BhPA-wuZfC48Yhnl60Wb9rdIGkMi3QqtNhy9RCj01w64LhYGlFaU-Ybg5PMFr-RVqM5zati1V-63pKnH-4Up4Y_hjiOEKQyNnf7jPFmz/s744/bmj+covid.png"><img src="/images/articles/2020/bmj-covid.png" alt=""></a></p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2768351">JAMA</a>a retrouvé que, parmi les patients hospitalisés pour COVID, 87% avaient un syndrome post-COVID défini comme la persistance de symptômes malgré une PCR normalisée. Les patients ont été suivis pendant 2 mois environ et présentaient essentiellement de la fatigue (53%), une dyspnée (43%), des arthralgies (27%) et des douleurs thoraciques (22%) .</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>J&rsquo;avais parlé plusieurs fois du bénéfice possible de la vitamine D dans l&rsquo;asthme de l&rsquo;enfant (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/09/dragi-webdo-n106.html">ici</a> et un peu <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/02/dragi-webdo-n128.html">là</a>). Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2769724">JAMA</a> a randomisé près de 200 enfants avec carence en vitamine D et un asthme sous corticoïdes inhalés (CSI) en groupe placebo ou vitamine D 4000UI/j. Après 48 semaines, il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;amélioration concernant le délai jusqu&rsquo;à la première exacerbation sévère. On regrettera qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas d&rsquo;information sur les crises d&rsquo;asthme non sévères et l&rsquo;utilisation de bronchodilatateurs de cours durée d&rsquo;action, mais il n&rsquo;y avait pas de différence sur la consommation de CSI. Bref, il faudrait intégrer cette étude dans la prochaine méta-analyse de la Cochrane sur le sujet.</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1911998">NEJM</a> a étudié le traitement par 3 jours d&rsquo;amoxiciline versus placebo dans les pneumopathies infectieuses non sévères de l&rsquo;enfant âgé de 2 mois à 5 ans au Pakistan en médecine générale. Le rationnel était que, compte tenu de la vaccination antipneumocoque, l&rsquo;amoxicilline n&rsquo;était plus nécessaire (puisque, avec la vaccination anti-pneumocoque et dans les pneumopathies atypiques qui deviennent majoritaires après 3 ans, les macrolides ont déjà une utilité peu établie, cf la <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25566754">Cochrane</a>). Les taux d&rsquo;échec de traitement à J3 était significativement supérieur dans le groupe placebo (NNT=43, 4,8% vs 2,5%) et sans différence à J14. Donc 2 choses, d&rsquo;une part, 3 jours d&rsquo;amoxicilline semblent suffisants au lieu de 5, et d&rsquo;autre part même si on passe à côté, ça semble bien évoluer.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Une brochure de <a href="https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Cancer-de-la-thyroide-Du-diagnostic-au-suivi">Santé Publique France</a> aborde le diagnostic et suivi des cancers de la thyroïde pour les généralistes. Ainsi, bien que la découverte soit le plus souvent fortuite, on peut les suspecter devant des dysphonie, dysphagie et dyspnée. L&rsquo;échographie est l&rsquo;examen initial, qui sera complété par une cytoponction selon le résultat (on en avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/04/dragi-webdo-n222.html">ici</a>). Le bilan biologique complémentaire comporte une TSH, la calcitonine (si hérédité de cancer médulaire, flush ou diarrhées motrices et/ou échographie/cytoponction en faveur d&rsquo;un cancer) et la calcémie en préopératoire d&rsquo;une thyroïdectomie. Après l&rsquo;intervention, les objectifs de TSH une fois le cancer en excellente réponse sont souvent difficiles à retrouver dans les dossiers&hellip; alors je les rappelle ici si besoin:</p>
<ul>
<li>
<p>hormonothérapie substitutive pour les risques intermédiaires: TSH entre 0,5 et 2,5 + dosage de la thyroglobuline et anti-TG annuellement pendant 10 ans</p>
</li>
<li>
<p>hormonothérapie freinatrice pour les risques élevés: TSH entre 0,1 et 0,5 pendant 5 ans puis entre 0,5 et 2,5 + dosage de la  thyroglobuline et anti-TG annuellement à vie.</p>
</li>
<li>
<p>les hormonothérapies très freinatrices (objectif TSH&lt; 0,1) sont à limiter dans la durée, même pour les risques élevés à cause d&rsquo;un risque d&rsquo;ostéoporose devant faire demander une ostéodensitométrie.</p>
</li>
</ul>
<p>Le dépistage organisé du <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000042238343&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">cancer du col de l&rsquo;utérus</a> va entrer en vigueur. Il sera pris en charge sans avance de frais sur présentation du courrier d&rsquo;invitation, et effectué selon les recos de 2019 (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/08/dragi-webdo-n235.html">ici</a>).</p>
<p>5/ Hépatologie</p>
<p>Des <a href="https://afef.asso.fr/wp-content/uploads/2020/07/DNI-VERSION-FINALE-RECO-2020.pdf">recommandations</a> ont été publiées concernant le suivi des maladies chroniques du foie. Je passe sur tout ce qui concerne les hépatites virales, le suivi spécialisé étant souvent bien présent.</p>
<ul>
<li>
<p>Concernant la stéatopathie métabolique (NASH ou NAFLD), le diagnostic est posé par une stéatose hépatique avec anomalie du bilan hépatique et/ou hyperferritinémie sur un terrain métabolique, mais sans cholestase, avec une cytolyse &lt; 10N, une hyperferritinémie &lt; 1000ug/L et un CST &lt; 45%. Une recherche non invasive de fibrose doit  être réalisée (voici les normes: NAFLD Fibrosis Score (uniquement pour les non diabétiques) inférieur à -1,455 ou FIB-4 inférieur à 1,30; on en avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/12/dragi-webdo-n206.html">ici</a>) et si positif, un Fibroscan ou un test sanguin spécialisé doit confirmer la fibrose. En cas de fibrose minime à modérée, l&rsquo;évaluation doit être effectuée tous  2 ans si âge &gt; 50 ans, diabète, HTA, cytolyse, ou tous les 3 ans sinon. Pour les autres, l&rsquo;hépatologue s&rsquo;occupera du suivi annuel. Il n&rsquo;est pas recommandé de dépister le cancer hépatocellulaire chez les patients avec stéatopathie non-cirrohtique.</p>
</li>
<li>
<p>Concernant l&rsquo;hyperferritinémie, le bilan ferritine + CST doit être effectué à jeun. On y ajoute le bilan suivant: NFS-paquettes, CRP, bilan hépatique, CPK, bilan lipidique, glycémie à jeun, et si le CST &gt; 45% sur 2 prélèvements à jeun, la recherche de la mutation C282Y. Si cette recherche est négative, la surcharge en fer doit être objectivée par une IRM hépatique. Penser en cas de surcharge objectivée ou de ferritinémie &gt;1000 ug/L à rechercher les atteintes d&rsquo;organes cibles: échographie cardiaque, ostéo-densitométrie et glycémie à jeun. En cas d&rsquo;hémochromatose, la cible est une ferritine &lt; 50ug/L avec une Hb &gt;11g/L et sans baisse de plus de 2 points d&rsquo;hémoglobine.</p>
</li>
<li>
<p>Concernant les nodules hépatiques, les angiomes, les hyperplasies nodulaires et focales, les kystes biliaires simples asymptomatiques, ils ne nécessitent pas de surveillances. La surveillance des adénomes doit se discuter en réunion de concertation. Sinon, voici l&rsquo;algorithme diagnostique pour recherches les tumeurs malignes:</p>
</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEilwa9zFabkI5KBUenAvsnD51dED6MwVUXft8KZ15W-nmih-KYzBqnbzOvG3yZgNiMwixg2DooU9Q_hI01Xe1-_M8_q2S8_xTsMe6KHND00UGIgC9ajLWt01sklHoFFZEQGf_XNJe3csgSm/s888/h%25C3%25A9pato.png"><img src="/images/articles/2020/h-25c3-25a9pato.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Je voulais finir par les recommandations concernant le <a href="https://diabetes.diabetesjournals.org/content/early/2020/08/26/dbi20-0017">Latent Autoimmune Diabetes in Adults</a> (LADA), une forme de diabète entre le type 1 et le type 2 atteignant entre 2 et 12% des patients diabétiques (c&rsquo;est pas mal quand même). Le diagnostic se fait chez des patients généralement de plus de 30 ans avec un IMC faible et des anticorps anti GAD+. Ces patients ont un peptide C qui baisse beaucoup moins vite que les patients diabétiques de type 1 et donc peuvent généralement être traités par antidiabétiques &ldquo;non-insuline&rdquo; selon les recos sauf quand le peptide C est faible auquel cas l&rsquo;insuline est nécessaire. Je ne m&rsquo;étendrai pas plus dessus !</p>
<p>7/ Le jeu du mois : &ldquo;Anachrony&rdquo;</p>
<p>Pour cette reprise, je vais vous parler du jeux que j&rsquo;ai préféré cet été: &ldquo;Anachrony&rdquo;. C&rsquo;est un gros jeu de stratégie et de gestion avec placement d&rsquo;ouvriers. Le plateau et les figurines sont très belles, et la mécanique de jeu très bien trouvée permettant des tours de jeu fluides. L&rsquo;histoire part du principe que nous incarnons un des peuples de la terre qui va malheureusement exploser et il faut la quitter au plus vite. Pour se préparer au départ, nous avons la possibilité de voyager dans le temps. Ainsi, lors du déroulement de chaque tour avant l&rsquo;explosion, il est possible de faire des avances de ressources qu&rsquo;il faudra rembourser dans les tours futurs. Lors du tour de jeu, il faut utiliser les ouvriers et leurs exosquelettes pour aller récolter des ressources, construire des bâtiments produisant de l&rsquo;énergie ou de l&rsquo;eau et permettant d&rsquo;effectuer les voyages dans le passé permettant de rembourser les ressources au moment où elles ont été utilisées. Ces bâtiments et chaque voyage dans le temps réussi permettent de gagner des points de victoire. Puis la Terre explose, et il faut désormais se dépêcher de remplir la mission permettant de quitter la planète. Un jeu très immersif dans lequel on ne voit pas les heures de jeu passer!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgEfHDUV6VCK4hXyy_ilsO7qOhxCNZlIGAAtpCYQFpVR1xt_O3Ar3e1ohmiCbjpxjuf8w4MW2Z6LvF0jFqC2A-cZLxCUAW9En0OMkwprotCMm5pBdidcmjnHLum2zkEduIzPRt2ukpyzhM3/s1600/IMG-20200824-WA0001.jpg"><img src="/images/articles/2020/img-20200824-wa0001.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà pour la reprise ! Merci pour votre fidélité. Si ce n&rsquo;est pas déjà fait, n&rsquo;hésitez pas à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
à la newsletter par mail: il faut inscrire votre e-mail tout
en haut à droite
sur la page (sans oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail
intitulé &ldquo;FeedBurner Email Subscriptions&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui
peut arriver dans vos spams).</p>
<p>A la semaine prochaine</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Une affaire de dents</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/07/une-affaire-de-dents/</link><pubDate>Mon, 20 Jul 2020 22:57:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/07/une-affaire-de-dents/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour!</p>
<p>Dans ce billet, je vais revenir sur un sujet que j’avais abordé sur
Twitter. J’avais demandé s’il fallait se rincer la bouche après s’être brossé les
dents.</p>
<p><a href="/images/articles/2020/tenor-3.gif"><img src="/images/articles/2020/tenor-3.gif" alt=""></a></p>
<p>Les réponses ont été celles-ci :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEif1YZDckUomXe27KnL_FhkMjFDlFeCcCny1y1B1Qii5pD3Hjpg9scOh93fFCvyuBTDuhEucvYn13ZBlB-fu-wJERQKOQnfNFaOQpajdBlvXQFU5PjaymXLuMZloD4_tbn6j0u1oCom8_IT/s1600/dentsTw.png"><img src="/images/articles/2020/dentstw.png" alt=""></a></p>
<p>J&rsquo;ai donc poursuivi mes recherches car, l&rsquo;audience était beaucoup trop unanime! (en effet, c&rsquo;est bizarre quand tout le monde est d&rsquo;accord sur un sujet sur Twitter&hellip;) Et contre toute attente, on retrouve l&rsquo;avis suivant: <em>“Spit, don’t rinse”</em> comme dit la Oral
Health Foundation, c&rsquo;est à dire: &ldquo;<em>Crachez, ne rincez pa</em>s&rdquo; [1]. C’est ce qui est fortement redit dans les recommandations britanniques
du NICE et du NHS [2]! En effet, rincer après l’utilisation d’un
dentifrice fluoré diminue l’efficacité protectrice anti-caries. En fait, c’est
plutôt, ne pas rincer à l’eau tout de suite qui est recommandé, on peut donc rincer à l’eau après
10-15 minutes (parce que c&rsquo;est pas méga agréable), ou rincer avec un bain de bouche fluoré, ce qui laisse une
couche de fluor. Y’a pas d’effets secondaires notés à
ne pas rincer. [3]</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhxrGbQTY7Qs9bCHYwKtLBOhoanjbHW_QlmCiVusQgPazNMNWRcGyd23utKOnqNKMp0RrV-oYouL3waghZ6hqsmyQLpX0Le9OTqvs8x8ttO4ZZY7tuPVWFYqafpTOz-wqWdvlV4JXV6k9lM/s1600/dentsaffiche.jpg"><img src="/images/articles/2020/dentsaffiche.jpg" alt=""></a></p>
<p>Étant perdu dans l’hygiène dentaire, quand même vérifié l’utilité des dentifrices
fluorés sur les caries . La Cochrane retrouvait qu&rsquo;il y avait un nombre de sujet nécessaire à traiter pour éviter une carie, variant entre 1,6 et 3,7 enfants selon l&rsquo;incidence locale avec en effet secondaires de rares cas de fluoroses [4] et
j’ai vu qu’il n’y avait pas de grande étude à propos de la fréquence de
brossage nécessaire dans la journée, mais l&rsquo;inobservance dans le brossage était associé à une augmentation des périodontites [5]. Les auteurs recommandent donc 2 lavages de dents par jour. Avant l&rsquo;âge de 2-3 ans le brossage semble pas indispensable. Il ne faut normalement pas utiliser de dentifrice adulte pour les enfants car ils contiennent plus de 1000ppm de fluor alors qu&rsquo;il faut être a 500ppm maximum avant 6 ans, et donc il faut mieux utiliser les dentifrices enfant qui sont adaptés.</p>
<p>[<em>Mise à jour du 15/05/2021</em>: Concernant la santé dentaire, l&rsquo;UFSBD a émis des <a href="http://www.ufsbd.fr/wp-content/uploads/2020/03/2019-10-04-Colloque-Fluor-et-Pr%C3%A9vention-dentaire-r%C3%A9tablissons-les-faits-.pdf">recommandations</a>
en 2019 pour le bon usage du fluor (et elles n&rsquo;avaient pas été prises en compte dans <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/07/une-affaire-de-dents.html">ce billet</a>&hellip; désolé). Ce qui change est notamment un
dosage de 1000 ppm au minimum dès l&rsquo;âge de 6 mois afin de limiter le
risque de caries (à noter, dans le commerce, les dentifrices étiquettes
&ldquo;bébé&rdquo; ont souvent 500 ou 750 ppm, il faut donc se diriger vers les
dentifrices &ldquo;enfant&rdquo;). Pour limiter le risque de fluorose, les dentistes
proposent de jouer plutôt sur la quantité de dentifrice à chaque
brossage : grain de riz/trace de dentifrice pour les plus petits,
 &ldquo;petit pois&rdquo; ou plutôt dentifrice sur la large de la brosse au niveau
des poils colorés à partir de 3 ans. Après 6 ans, la quantité est moins
importante car le risque d&rsquo;ingestion est moindre.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiEgnCyNG1DyziBSWD0CByaYM7_33cFVYmMd0AC9T4XLv9tZXd7_mF2ZpFbSWt6BUees5tLlAmuFwK7SMyNGbB0n9Y3Mf8ahSm4BhxeF2avxj2Q7BN9-wmgGluEq2sxjhy9A2l1_TMF0lg/s2048/Capture+d%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran+2021-05-09+a%25CC%2580+10.49.53.png"><img src="/images/articles/2020/capture-d-25e2-2580-2599e-25cc-2581cran-2021-05-09-a-25cc-2580-10-49-53.png" alt=""></a></p>
<p>Ces
recommandations s&rsquo;alignent sur les recommandations internationales.
Deux revues de la Cochrane ont été publiées concernant le risque de
fluorose dentaire. L<a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD007693.pub2/abstract/fr">a première</a>,
en 2010, recommande plutôt un niveau de fluor sous les 1000 ppm pour
les enfants âgés de moins de 6 ans du fait d&rsquo;un risque accru de fluorose
suspecté notamment entre 12 et 24 mois. La <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD007868/ORAL_dentifrices-au-fluorure-de-differentes-concentrations-pour-prevenir-la-carie-dentaire">seconde</a>,
en 2019, retrouve une diminution des caries chez les enfants dont le
brossage a été accompagné d&rsquo;un dentifrice fluoré d&rsquo;au moins 1000ppm vs dentifrice non
fluoré avec un niveau de preuve bas entre les différents dosages.]</p>
<p>Si on considère maintenant la technique, il semble qu&rsquo;une brosse à dents électrique soit plus efficace qu&rsquo;un brossage manuel en réduisant d&rsquo;avantage les plaques et le risque de gingivite [6]. Par contre l&rsquo;utilisation du fil dentaire n&rsquo;a pas démontré de preuve d&rsquo;efficacité sur la prévention des plaques, mais réduit quand même le risque de gingivite ( et puis ça évite d’avoir
un bout de poulet qui fait &ldquo;coucou&rdquo; toute la journée) [7].</p>
<p>Mais
ce qui me rassure personnellement, c’est que les détartrages réguliers ont pas
non plus fait preuve de grand-chose: il y a moins de tartre quand on se fait détartrer régulièrement&hellip; (pas de différence en ce qui concerne les plaques ou les gingivites [8,9].  Attention, on parle de détartrages réguliers systématiques, ça ne veut pas dire qu’il ne faut JAMAIS en faire, mais probablement que la fréquence doit être adapté à l’état buccodentaire !</p>
<p>Voilà, c&rsquo;est fini, les refs sont en dessous.</p>
<p>Bon été et à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="/images/articles/2020/giphy.gif"><img src="/images/articles/2020/giphy.gif" alt=""></a></p>
<p>Bibliographie:<br>
 </p>
<p>1             “Spit don’t rinse” for better oral health. Oral Health
Foundation.
<a href="https://www.dentalhealth.org/news/spit-dont-rinse-for-better-oral-health">https://www.dentalhealth.org/news/spit-dont-rinse-for-better-oral-health</a>
(accessed 20 Jul 2020).</p>
<p>2             How to keep your
teeth clean. nhs.uk.
2018.https://www.nhs.uk/live-well/healthy-body/how-to-keep-your-teeth-clean/
(accessed 20 Jul 2020).</p>
<p>3             Duckworth RM, Maguire
A, Omid N, <em>et al.</em> Effect of rinsing with mouthwashes after brushing with
a fluoridated toothpaste on salivary fluoride concentration. <em>Caries Res</em> 2009;<strong>43</strong>:391–6.
doi:10.1159/000239753</p>
<p>4             Marinho
VC, Higgins J, Logan S, <em>et al.</em> Fluoride toothpastes for preventing dental caries in children and
adolescents. <em>Cochrane Database of Systematic Reviews</em> Published Online
First: 2003. doi:10.1002/14651858.CD002278</p>
<p>5             Worsley DJ, Marshman
Z. Few studies addressing toothbrushing frequency and periodontitis. <em>Evid
Based Dent</em> 2015;<strong>16</strong>:15. doi:10.1038/sj.ebd.6401077</p>
<p>6             Robinson P, Deacon
SA, Deery C, <em>et al.</em> Manual versus powered toothbrushing for oral health.
<em>Cochrane Database of Systematic Reviews</em> Published Online First: 2005.
doi:10.1002/14651858.CD002281.pub2</p>
<p>7             Sambunjak
D, Nickerson JW, Poklepovic T, <em>et al.</em> Flossing for the management of periodontal
diseases and dental caries in adults. <em>Cochrane Database of Systematic
Reviews</em> Published Online First: 2011. doi:10.1002/14651858.CD008829.pub2</p>
<p>8             Bader J. Insufficient
evidence to understand effect of routine scaling and polishing. <em>Evidence-Based
Dentistry</em> 2005;<strong>6</strong>:5–6. doi:10.1038/sj.ebd.6400317</p>
<p>9             Lamont T, Worthington
HV, Clarkson JE, <em>et al.</em> Routine scale and polish for periodontal health
in adults. <em>Cochrane Database of Systematic Reviews</em> Published Online
First: 2018. doi:10.1002/14651858.CD004625.pub5</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°277 : violences (HAS), hyperandrogénie (recos), diarrhées (recos), sérologie COVID, oseltamivir, Paris New Eden</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/07/dragi-webdo-n277/</link><pubDate>Sun, 05 Jul 2020 20:40:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/07/dragi-webdo-n277/</guid><category>Gastro-entérologie</category><category>Neurologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Le e-CMGF c&rsquo;était vachement bien! Comme on sélectionne tout ce qu&rsquo;on veut voir, on voit vraiment ce qui nous intéresse. Les rencontres manquent quand même, et du coup, pas beaucoup de live tweet vu le format, mais je ne peux que vous conseiller de vous <a href="https://overcome.6connex.eu/event/CMGF/login">inscrire</a> pour profiter du congrès, car tout reste accessible jusqu&rsquo;à décembre! Allez, c&rsquo;est parti pour le dernier Dragi Webdo de la saison et on reprendra bien évidemment à partir de fin août-début septembre.</p>
<p>J&rsquo;introduirai ce billet avec un article du <a href="https://bjgp.org/content/70/696/e489">BJGP</a> irlandais qui parle de la charge de travail des généralistes et de la répartition du temps de travail en fonction des taches effectuées: sur environ 10 heures de travail par jour, seulement 7 sont dédiées à de la consultation (examen et prescriptions)!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhMeFyGzU895hQgmGJrDnhkZ0tYbvw4FvJ4czfptWihyphenhyphenEJVJBs3fnVrj92YV-k2XUR003MHtdQtGFBwnuc10hfAntVqlbwn-RXhyphenhyphenIdPk3iXyhjUrithw5CtPyXr7e-y50sdQoZWp1kWldJy/s1600/GP+workload.jpg"><img src="/images/articles/2020/gp-workload.jpg" alt=""></a></p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/370/bmj.m2516">BMJ</a> a publié une revue systématique concernant l&rsquo;efficacité des sérologies de dépistage. Les auteurs retrouvent que la sensibilité des tests ELISA est de 84%, pour les test rapides/TROD (LFIA) elle n&rsquo;est que de 66%, alors que pour les nouvelles techniques d*&rsquo;*immunodosage par chimiluminescence (CLIA) elle est de 98%. Les spécificités étaient toutes entre 97% et 100%. Un prélèvement à 3 semaines du début des symptômes permettait d&rsquo;optimiser la sensibilité des tests.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEimBKUIaFtfwtAd8ha3dKPFB_0VQb_B8trGHTeh8lmz_CirXpe1FsoV_DY1ywFLz66MvvjCZXYl-Erwdv_LL6Ez8epUablVFr50YouFqID3lCWf2G-L0zrRSHjjC-ZBL3TMWf9fXkTQ22Yj/s1600/BMJ+tests.png"><img src="/images/articles/2020/bmj-tests.png" alt=""></a></p>
<p>On avait parlé de la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/06/dragi-webdo-n272.html">vitamine D</a> et de l&rsquo;avis de l&rsquo;académie de médecine. Finalement, le <a href="https://www.bmj.com/content/369/bmj.m2629">BMJ</a> confirme ce que je disais: il n&rsquo;y a pas de preuve qu&rsquo;une supplémentation réduise la survenue ou la gravité d&rsquo;infections à Sars-Cov-2.</p>
<p>Allez pour le plaisir, comme l&rsquo;oseltamivir ne sert à rien dans la grippe, certains l&rsquo;ont donc tenté dans les coronavirus (pas le COVID spécifiquement). Cette étude du <a href="https://bjgp.org/content/70/696/e444">BJGP</a> a randomisé des patients avec syndrome viral positif à coronavirus pour être traités par oseltamivir ou soins courants. Le temps de guérison était de 4 jours avec l&rsquo;antiviral versus 5 jours (c&rsquo;est significatif!). On n&rsquo;a pas de données suffisantes sur les 300 patients inclus pour étudier les hospitalisations et complications mais 7 patients (5%) du groupe placebo ont été aux urgences contre 1 (1%) seul du groupe oseltamovir. Bref, le bénéfice apparait faible et les effets indésirables n&rsquo;ont pas été étudiés pour permettre de dire qu&rsquo;il faille l&rsquo;utiliser dans le COVID en médecine générale.</p>
<p>2/ Violences</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3104867/fr/reperage-des-femmes-victimes-de-violences-au-sein-du-couple">HAS</a> a publié des recommandations concernant le repérage et la prise en charge des violences faites aux femmes au sein du couple. On peut y penser devant un conjoint trop présent en consultation, répondant à la place de la patiente ou tenant des propos méprisants. Le guide propose des phrases à adapter, par exemple:</p>
<p>« Avez-vous déjà été victime de violences (physiques, verbales, psychiques, sexuelles) au cours de votre vie ? »</p>
<p>« Comment votre conjoint se comporte-t-il avec vous ? »</p>
<p>« Vous est-il déjà arrivé d’avoir peur de votre partenaire ? »</p>
<p>Sur la prise en charge, bien sûr, il y a le certificat médical descriptif (pour répondre à une question fréquente sur l&rsquo;ITT, la HAS dit bien que: &ldquo;déterminer une ITT (Incapacité totale de travail) lors du certificat initial n’est pas obligatoire : à éviter en l’absence de compétences spécifiques, elle sera fixée ultérieurement à la demande des autorités par les services compétents&rdquo;), les numéros ressource :3919, 15 en cas d&rsquo;urgence, les CRIP et penser à protéger les enfants s&rsquo;ils y en a. (et les autres ressources déjà présentées <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/10/dragi-webdo-n240.html">ici</a>)</p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>Des <a href="https://www.gfhgnp.org/wordpress/wp-content/uploads/kdocuments/DDA-enfantVF.pdf">recommandations</a> sont parues concernant la prévention des diarrhées sous antibiotiques chez l&rsquo;enfant. Les auteurs recommandent la prescription de <em>Lactobacillus rhamnosus GG</em> ou de <em>S.boulardii</em> pour réduire de 40% le risque de survenue de diarrhées sous antibiotiques (soit un NNT estimable 10 pour amox+ac.clavu et 30 pour les autres antibiotiques). Les auteurs disent que les antibiotiques entrainent une dysbiose à long terme, mais les conséquences ne sont pas bien évaluées et les bénéfices à long terme des probiotiques ne sont pas étudiés du tout. J&rsquo;oubliais, cette reco est effectuée avec le soutien de Biocodex*, vendeur de probiotiques (comme dans la reco sur les diarrhées de l&rsquo;enfant <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/09/dragi-webdo-n152.html">ici</a>, alors que le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n205.html">NEJM</a> retrouve que c&rsquo;est inutile). Bref, on sait que chez les patients avec facteurs de risque, les probiotiques diminuent le risque de <em>Clostridium difficil</em>e (et ça c&rsquo;est <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/10/dragi-webdo-n199.html">utile</a>), mais sinon, chez l&rsquo;enfant, c&rsquo;est plutôt probablement la prescription d&rsquo;antibiotiques qu&rsquo;il faut remettre en question dans un grand nombre de situations.</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>Un article du <a href="https://bjgp.org/content/70/696/e472">BJGP</a> a étudié l&rsquo;association entre la différence de pression artérielle entre les 2 bras et le déclin cognitif. Les auteurs retrouvent en effet qu&rsquo;une différence de pression systolique &gt; 5mmHg entre les 2 bras était associé à un déclin plus important des fonctions cognitives (&gt;5 points au MMSE) chez des patients de 66 ans en moyenne avec un MMSE initial à 26. On voit quand même que les patients ayant une plus grande différence de pression entre les 2 bras (&gt;10mmHg) avaient surtout 15mmHg de PAS de plus (142mmHg vs 158mmHg)&hellip;. il est donc tout aussi probable que ce soit leur tension non contrôlée qui majore les troubles cognitifs type &ldquo;démence&rdquo; vasculaire&hellip;</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32521015/">étude</a> s&rsquo;est intéressée a l&rsquo;arthrose, en comparant l&rsquo;efficacité du célécoxib versus diacéréine. Les auteurs retrouvent que la diacéréine 50x2/j n&rsquo;est pas inférieure au célécoxib 200mg/j dans cette essai randomisé ayant comme critère de jugement le WOMAC à 6 mois. La conclusion est, pour moi, toujours la même: cela ne prouve pas d&rsquo;efficacité de la diacéréine car le célécoxib à la dose de 200mg est connu pour être une <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/05/dragi-webdo-n142.html">dose</a> sous-optimale permettant d&rsquo;avoir peu d&rsquo;effets indésirables mais aussi peu d&rsquo;efficacité. La diacéréine est donc aussi efficace qu&rsquo;un traitement inefficace (ou le célécoxib 200/j est aussi inefficace que la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2014/06/dragi-webdo-n8.html">diacéréine</a> qui est aussi connue pour être inefficace, hein). La même <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/05/dragi-webdo-n142.html">équipe</a> avait déjà publié l&rsquo;étude célécoxib 200/j versus glucosamine avec un résultat et une conclusion qui est superposable à celle ci.</p>
<p>6/ Endocrinologie</p>
<p>La <a href="http://www.sfendocrino.org/_images/mediatheque/articles/pdf/recommandations/Hyperandrogenie%202020/reco%20sfe%20traitement%20hyperandrogenie%20mai%202020.pdf">société française d&rsquo;endocrinologie</a> a publié des recommandations concernant l&rsquo;hyperandrogénie. Les auteurs recommandent en 1ère intention une contraception oestro-progestative si hyperandrogénie modérée ou l&rsquo;acetate de cyprotérone associé à un oestrogène si hyperandrogénie sévère invalidant. Ils avertissent que la Diane 35µg n&rsquo;a pas l&rsquo;AMM en contraceptif et qu&rsquo;il y a un surrisque cardiovasculaire par rapport aux autres contraceptifs. L&rsquo;utilisation de plus fortes doses d&rsquo;acetate de cyprotérone n&rsquo;est pas recommandée d&rsquo;une part car des doses de 100mg n&rsquo;ont pas montré plus d&rsquo;efficacité que 35µg, et que l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/02/dragi-webdo-n257.html">ANSM</a> a rappelé le risque de méningiome à ces fortes doses. En seconde intention pour l&rsquo;hyperandrogénie modérée ou sévère, c&rsquo;est la spironolactone (associée à une contraception) hors AMM, aux doses de 100mg pouvant être augmentées jusqu&rsquo;à 300mg (Ouch, quand on voit comment les patients hypertendus sont déjà avec 25-50mg&hellip;)</p>
<p>7/ Le jeu du mois: &ldquo;Paris New Eden&rdquo;</p>
<p>Paris New Eden est un jeu de stratégie que j&rsquo;adore en ce moment! Il est beau, avec une mécanique facile à appréhender. Paris a subi une catastrophe naturelle entrainant une croissance incontrôlée de la végétation qui reprend ses droits dans tous les lieux célèbres. Il faut donc reconstruire la ville en se promenant dans différents lieux pour recruter des ouvriers, des guerriers, des médecins, des sages ou des pêcheurs (selon la face exposée sur les dés). Après avoir recruté une série de personnage, chaque joueur est opposé aux autres en misant ses personnages: celui qui a le plus d&rsquo;ouvriers remporte un bâtiment d&rsquo;ouvriers, pareil pour les guerriers etc&hellip;. Les bâtiments, les personnages ainsi que la façon dont on les nourrit grâce aux pêcheurs permettent de remplir des missions et de gagner des points de victoire. Celui là, je vous le recommande chaudement quel que soit votre degré d&rsquo;implication dans les jeux de société!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhT6GD8FODW17FYsWpPTlentZj3aw-43paUJnBhDCc0-H-kMEnDMUJV-C_hGZYfi62WBJudIyQr-R_XvN0vLD4DDtCkGACxI6jxnytQzCV4HY8Pdw7vVDuqDEtry_km0tVNnRSWl1W88unL/s1600/20200628_202634.jpg"><img src="/images/articles/2020/20200628-202634.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est les vacances ! Je vous souhaite de passer un bon été. Y&rsquo;aura peut-être quelques billets durant l&rsquo;été, on verra. Sinon, si vous cherchez des jeux de société pour vous occuper, pensez à regarde la page &ldquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/p/j2s.html">jeux de société</a>&rdquo;. Et pour ne pas rater la reprise pensez à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
à la newsletter par mail si ce n&rsquo;est pas déjà fait. Il faut inscrire votre e-mail tout
en haut à droite
sur la page (sans oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail
intitulé &ldquo;FeedBurner Email Subscriptions&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui
peut arriver dans vos spams).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi2G2rUIUPOFHZGv2_tnhYaQD63br9ecKYYaH8oxTLFiFJjXnrDOAM8awlO3GlamsXfSHArcs2urKSGQxqBkGJc2ym3zNu5ChqPEUaHsKutnJ8ve6ZrnefTbagkfLxo2W7l0cEaSxov7mH3/s1600/abo.png"><img src="/images/articles/2020/abo-2.png" alt=""></a></p>
<p>A la prochaine, passez un bon été !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°276 : recos COVID-19 (HAS, Europe, US, Canada), œdèmes cardiologiques, BPCO et trithérapie, tramadol, allopurinol, dépistage cancer pulmonaire, étudiants et MG</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/06/dragi-webdo-n276/</link><pubDate>Mon, 29 Jun 2020 00:04:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/06/dragi-webdo-n276/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Prévention</category><category>Pneumologie</category><category>Néphrologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous ! C&rsquo;est l&rsquo;avant dernier DW avant la pause estivale. Pas mal d&rsquo;articles intéressants encore cette semaine et je n&rsquo;ai pas réussi à me restreindre&hellip; Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>On a déjà parlé du risque <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/05/dragi-webdo-n228.html">addictif</a> supérieur du tramadol ainsi que de son <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/03/dragi-webdo-n219.html">sur-risque de mortalité</a>. Une <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3606076">nouvelle étude</a> présentée au congrès européen de rhumatologie va dans le même sens. En effet, les patients traités par tramadol avaient un sur-risque de mortalité par rapport aux utilisateurs d&rsquo;AINS, mais l&rsquo;utilisation du tramadol était aussi associée à une augmentation du risque d&rsquo;évènements cardio-vasculaires, d&rsquo;évènements thrombo-emboliques veineux et de fracture de hanche.</p>
<p>2/ COVID-19</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3190801/fr/prise-en-charge-de-premier-recours-des-patients-suspectes-de-covid-19-apres-la-levee-du-confinement">HAS</a> a émis des recommandations sur la prise en charge de patients suspects de COVID en ambulatoire après la levée du confinement. La consultation doit avoir préférentiellement lieu en présentiel (bien!), notamment pour mesurer une SpO2. Globalement, cela reprend les recommandations du HCSP et de la société de pédiatrie. Ce qu&rsquo;il faut retenir c&rsquo;est:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgwAIBFv_NzIEMsDICUhviSDrRuIRnwTW31vXYsjTmfS-UfO3bFNS4isX5L2KxbOWKlbcw8l6lKl4FweCpVRlpdZ7iMn8v-bTCebDDs9Jg3YMjcFob_UXjVsif6FXjRoggnx_v-6dRxhnBJ/s1600/has+covid.png"><img src="/images/articles/2020/has-covid.png" alt=""></a></p>
<p>Dans l&rsquo;attente des résultats de PCR, il faut fournir 4 masques chirurgicaux au patient (servant pour lui et son entourage). Si la PCR est négative, on peut en refaire une avant J7 et remettre en cause la qualité du prélèvement. Notons également qu&rsquo;en cas de sérologie effectuée qui reviendrait négative, il faut vérifier que le test soit un des tests performants d&rsquo;après le ministère et remettre en cause la sensibilité du test.</p>
<p>En parallèle, la <a href="https://www.idsociety.org/practice-guideline/covid-19-guideline-diagnostics/">société d&rsquo;infectiologie américaine</a> a également émis des recommandations concernant le diagnostic de COVID. Il faut retenir que la RT-PCR sur prélèvement nasopharyngé est la référence et peut être répétée en cas de forte suspicion chez un patient symptomatique. Chez un patient asymptomatique, il est recommandé d&rsquo;effectuer un test en cas d&rsquo;exposition ou d&rsquo;hospitalisation pour une autre raison si la prévalence est élevée dans la communauté ou que le patient est immunodéprimé ou avant des actes chirurgicaux ou à risque d&rsquo;aérosolisation (fibroscopie etc&hellip;) A ce jour, aucune recommandation ne peut être faite sur l&rsquo;utilisation de la sérologie d&rsquo;après les auteurs.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgYNlxunsWdDF0Npf0279qR4jyOO3RXKWEuTy4tjOhRp1pYDZUrO4qVfX24NMhOH_P2XOkO7COdZp-HQtNAhckDgApABiwkwMQ3e6cFN1cktn4Z1_6B1QVyte8pgPfe-Ka5omeVcM1PSxAD/s1600/us+COVID.png"><img src="/images/articles/2020/us-covid.png" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://www.ecdc.europa.eu/en/publications-data/heating-ventilation-air-conditioning-systems-covid-19">centre de contrôle des maladies européen</a> a publié des recommandations concernant l&rsquo;utilisation de la climatisation et des ventilateurs dans le cadre du COVID. Une mauvaise ventilation dans des petits espaces intérieurs est associé à une augmentation du risque de transmission des maladies respiratoires. Certaines études émettent l&rsquo;hypothèse selon laquelle la ventilation peut augmenter le risque de transmission du COVID, mais ça peut aussi être parce que ces études sont menées dans des espaces intérieurs. Donc, à la fois les climatisations peuvent diffuser en intérieur les gouttelettes sur de plus longues distances mais elles participent aussi à la circulation de l&rsquo;air permettant de diminuer le risque de transmission. Cependant, les ventilateurs qui ne font que diffuser des particules sans renouveler l&rsquo;air avec de l&rsquo;air extérieur, sont à éviter.</p>
<p>La <a href="https://www.inspq.qc.ca/publications/3032-personnes-gueries-nouveau-test-positif-covid19">société canadienne de santé publique</a> a statué sur les patients COVID+ considérée comme guéries ayant un nouveau test PCR positif. Si le 1er test positif date de moins de 3 mois, le patient est considéré comme guéri avec une persistance d&rsquo;ARN viral et une autre cause aux symptômes actuels est à chercher. Si le 1er test positif date de plus de 3 mois et que le patient est symptomatique, il faut répéter le test et étudier le nombre de &ldquo;cycles thermiques&rdquo; et rechercher une autre cause: en l&rsquo;absence d&rsquo;autre cause, on peut considérer que le patient a été réinfecté. Ainsi, les auteurs évoquent une immunité protectrice durant 3 mois après l&rsquo;infection mais pas au delà.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/369/bmj.m2099">BMJ</a> propose un article sur la prise en charge des œdèmes des membres inférieurs d&rsquo;origine cardiaque. Après avoir exclu une autre cause d&rsquo;OMI (insuffisance rénale, phlébite, érysipèle, insuffisance veineuse, lymphœdème et la iatrogénie médicamenteuse), il est nécessaire de rechercher la cause de la décompensation cardiaque (mauvaise observance, traitement non adapté, insuffisance rénale aigüe, poussée hypertensive, syndrome coronaire aigu, arythmie cardiaque, infection ou iatrogénie type AINS). On recherche alors d&rsquo;autres signes d&rsquo;insuffisance cardiaque droite comme la turgescence jugulaire: elle se mesure à 30-45° d&rsquo;inclinaison et &ldquo;le plus haut point du reflux ne doit pas dépasser 4cm au dessus de l&rsquo;angle de Louis&rdquo;(cf l&rsquo;image). Le dosage du BNP n&rsquo;est utile que pour poser le diagnostic d&rsquo;OMI
cardiologique, il est inutile pour assurer le suivi des patients avec
insuffisance cardiaque connue( cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/08/dragi-webdo-n148.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/02/dragi-webdo-n127.html">là</a>)</p>
<p>Pour le traitement, il s&rsquo;agit bien sur des diurétiques, principalement de l&rsquo;anse. Ils s&rsquo;introduisent à faible dose, ou bien, le traitement actuel peut être double chez les patients en prenant déjà. L&rsquo;efficacité s&rsquo;évalue à 24h avec une augmentation de la diurèse et une perte de poids. Si la diurèse n&rsquo;augmente pas, on peut augmenter le diurétique (car il y a un effet seuil, on en avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/03/dragi-webdo-n217.html">ici</a>). Il est recommandé de ne pas dépasser 80 à 120mg de furosémide par jour, et 40mg de furosémide correspondent à 1mg de bumetanide (Burinex*). On tolère une augmentation de 25% de la créatinine (ou déclin de 20% du DFG). Après l&rsquo;épisode, le diurétique est plutôt à poursuivre jusqu&rsquo;à avis cardiologique sauf en cas de résolution de la cause de la décompensation.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgDghlBWLT51jrUzCXoY6CwYxKCd6Vj6cyXTciSoXBFyqCBN67qnhMd8go1Aovkx6IOTHP-Xjg2-U2GqBh473LEIQZwjn7XvSEz7rB8csBjb02V7QsI_l6zucwPAmDyzUfp3bLba-DXxTvA/s1600/TJ.png"><img src="/images/articles/2020/tj.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Dépistages</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2766430">USPSTF</a> s&rsquo;est intéressé au dépistage d&rsquo;utilisation de substances illicites chez les adolescents et jeunes adultes. La prévalence est estimée à 8% d&rsquo;utilisation dans le mois précédent et 50% Bon, c&rsquo;est quelque chose que l&rsquo;on dépiste depuis un petit moment, mais visiblement, il y a un manque d&rsquo;études permettant d&rsquo;évaluer la balance bénéfice risque de ce dépistage. Il faut donc plus publier sur le sujet!</p>
<p>D&rsquo;après un article d&rsquo;<a href="https://www.annfammed.org/content/18/3/243?ijkey=5b286862c7dd6771ffe0d43c1a0ddae6e176b53d&amp;keytype2=tf_ipsecsha">Annals of Family Medicine</a>, a étudié l&rsquo;applicabilité du dépistage du cancer du poumon en ambulatoire car le collège de médecine générale américain n&rsquo;est pas en faveur de ce dépistage. Sur les 6000 dépistages effectués, 15% des patients ont eu une exploration complémentaire, 6,6% ont eu une procédure invasive et un cancer a été diagnostiqué chez 1,5% des patients. Il y a eu 0,6% de complications sur l&rsquo;ensemble des patients (correspondant à 10% de ceux ayant eu une procédure invasive, et 2% de mortalité chez les patients ayant eu une chirurgie). Ces chiffres sont cohérents avec les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/07/dragi-webdo-n234.html">autres données</a> auxquelles il faut ajouter le surdiagnostic qui n&rsquo;est pas étudié ici.</p>
<p>Voici un article parlant d&rsquo;un <a href="https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fonc.2020.00408/full">test salivaire</a> recherchant les HPV oncogènes pour diagnostiquer les cancers oro-pharyngés. Il restera à déterminer si ça a une pertinence clinique dans le cadre de dépistages plus larges.</p>
<p>5/ Pneumologie</p>
<p>Une nouvelle étude, <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1916046">ETHOS</a>, a comparé la trithérapie (corticoïdes inhalés, LAMA et LABA) versus une double bronchodilatation (LAMA+LABA) chez des patients BPCO avec un CAT&gt;10 et ayant 2 antécédents d&rsquo;exacerbation dans l&rsquo;année (1 seule si VEMS&lt;50%), malgré une bithérapie inhalés. Les auteurs retrouvent que les patients avec trithérapie avaient un nombre d&rsquo;exacerbations modérées ou sévères diminuées de 24% par an pour les fortes doses de corticoïdes et on voit même que la mortalité globale des patients sous trithérapie est plus faible que celle sous double bronchodilatation (NNT=100)! La trithérapie est donc bien supérieure chez ces patient, et le sur-risque de pneumopathie (NNH=59) ne suffit pas à rendre cette trithérapie défavorable face au bénéfice sur la mortalité. Cependant, on sait que le bénéfice des corticoïdes inhalés est incontournable chez les asthmatiques, or bien que les patients avec antécédent d&rsquo;asthme aient été exclus, 30% des patients de l&rsquo;étude avaient une spirométrie réversible après bronchodilatateurs. Ensuite, les patients ayant un CAT non contrôlé (je remets le lien vers le questionnaire <a href="https://www.catestonline.org/patient-site-test-page-french-france.html">ici</a>) et des antécédents d&rsquo;exacerbations malgré une bithérapie sont classés en stade GOLD D et ont une indication à une trithérapie. Ainsi, cette étude ne fait que remontrer que les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/05/dragi-webdo-n268.html">recommandations</a> sont adaptées chez des patients non contrôles par une bithérapie (et c&rsquo;est une des rares fois où un gain sur la mortalité est retrouvé), et n&rsquo;est absolument pas en faveur d&rsquo;une trithérapie chez des patients moins sévères (chez qui le risque de pneumopathie fait alors pencher la balance du côté des risques).</p>
<p>6/ Néphrologie</p>
<p>Il y a longtemps, une <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2014/06/dragi-webdo-n7.html">étude</a> supposait que l&rsquo;allopurinol pouvait ralentir la progression de la maladie rénale chronique, mais ce n&rsquo;était pas très clair. Cet essai contrôlé randomisé du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1915833">NEJM</a> incluant des patients avec un DFG moyen de 31ml/min n&rsquo;a pas retrouvé de bénéfice au traitement par allopurinol sur le déclin de la fonction rénale évalué à 2 ans.</p>
<p>7/ L&rsquo;article quali de @DrePetronille</p>
<p>A l&rsquo;approche de l&rsquo;ECN et du choix des spécialités, <a href="https://bjgpopen.org/content/early/2020/06/23/bjgpopen20X101045">l&rsquo;article</a> quali de la semaine a interrogé des étudiant·es en médecine canadiens et britanniques au cours de <em>focus Groups</em> sur
leur perception de la stimulation intellectuelle en médecine générale
dans l&rsquo;idée de mieux comprendre pourquoi les postes de MG sont moins
choisis que ceux des autres spécialités. En faveur du choix de la
médecine générale, les participant·es ont évoqué la stimulation
intellectuelle obtenue grâce à la diversité des consultations et des
patient·es, le haut niveau de connaissances requis pour y faire face
ainsi que l&rsquo;incertitude sur le déroulement de la journée. Ils ont évoqué
également les aménagements de carrière au cours du temps. A contrario,
certains participants ont décrit la MG comme une spécialité où on ferait
toujours la même chose, avec nécessité d&rsquo;adresser aux spécialistes.
Cette image négative de la MG pourrait avoir été favorisée par l&rsquo;image
renvoyée de ce métier par les enseignants au cours du cursus
universitaire initial, spécialité choisie par défaut. Les étudiants
interrogés n&rsquo;ont pas associé la recherche avec la médecine générale,
réservée plutôt aux spécialistes ainsi qu&rsquo;aux autres domaines
scientifiques avec des MG universitaires peu visibles pour les
étudiants, qui se retrouvent sans <em>role model</em>. Cette étude apporte
quelques pistes pour comprendre ce qu&rsquo;implique la perception de la
stimulation intellectuelle dans le choix de la spécialité, elle
mériterait d&rsquo;être complétée par les autres aspects du métier par exemple
l&rsquo;organisation des soins, la gestion administrative&hellip;</p>
<p>A propos de stimulation intellectuelle, n&rsquo;oubliez pas le <a href="https://www.congresmg.fr/">CMGF</a>
les 2 et 3 juillet (vous pouvez encore vous <a href="https://www.congresmg.fr/inscriptioncmgf">inscrire</a>!), sous la forme d&rsquo;un e-congrès (#CMGF2020 pour suivre
en direct! Mais si vous ne pouvez pas tout voir durant ces 2 jours, l&rsquo;inscription vous permettra d&rsquo;avoir accès aux présentations jusqu&rsquo;en décembre!). Pour plus de fun, on vous propose un bingo (by @DrePetronille) pour vous
divertir !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgvjaxQLj9Qm1H8uqH57VKl6Mdz314MmR26hVmu0o2XB724aaFJm4uuUWs49GbjBzCaOYtDPSa_CJIZBepHBB2V4fUCzptO92SjXcC7grV2jpCfwLQaOH6Xzrl_JvpEtByLth52V8tm2io/s1600/bingo1.png"><img src="/images/articles/2020/bingo1.png" alt=""></a></p>
<p>Bonne semaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Sur le bout de la langue...</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/06/sur-le-bout-de-la-langue/</link><pubDate>Sat, 27 Jun 2020 10:25:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/06/sur-le-bout-de-la-langue/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Voilà plusieurs semaines que je
vois passez de nombreux débats à propos de la frénotomie linguale chez les
nourrissons en prévention ou en traitement de difficultés d’allaitement
maternel et de troubles du langage. C’est en effet quelque chose que l’on m’a
enseigné dans mon stage de pédiatrie, mais que je n’ai donc pas faite depuis un
certain nombre d’années. On voit sur les réseaux sociaux s’opposer les
« pros » et les « contres ». Mais comme souvent en médecine,
il y a souvent des situations avec plus de « pour » que de
« contre » et vice-versa. J’ai donc été faire une recherche sur
pubmed, avec des mots clés simples : « lingual frenotomy » et
« Ankyloglossia » (ça me rappelle presque les RSCA, un peu comme si ce qu&rsquo;on nous apprenait à faire à la fac était réellement utile pour notre pratique ultérieure!)</p>
<p>L’ankyloglossie est en effet une
malformation congénitale attteignant entre 1% et 10% des nouveau nés et se
manifestant par un frein de langue anormalement court ce qui limite la mobilité
de la langue. Donc, voir un frein de langue qui peut être impressionnant car
atteignant le bout de la langue, c’est rassurant car il est long. Bien que tout
le monde soit d’accord sur cette définition, personne n’a réussi à caractériser
ce qu’était un frein « court » de façon certaine et les spécialistes
ont des définitions variées sur cette notion. D’après Walsh et al[1],
voici une revue des différentes définitions :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhpjHtPk8IcE_8T79jXZ3dET00q2u3Y0t0Cl9DhyGhhGvA_kV92TdrSopHr3r5GiA7kmCmJxsh2sxnWQn56tqAeRPliJuF7O2tYTH_p4PbHEe0qHFJMQuuhU0rqHGxAvtiFtRT3JXM1sLQz/s1600/jama+int+med.png"><img src="/images/articles/2020/jama-int-med.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh8QbvHEXv1N8CEHhfvg-QgnhtnwtVioqPU_4amYo76Jww0f_IMItRtPNt7lkrt3t3LmnEXXAJvifBa77uZYFx3Nw3jsS3aFaLTzhR_-I0AEU48-i2Z26sjLbp9lBkHb7AJn38Cv5fNg2wC/s1600/jamaintmed+2.png"><img src="/images/articles/2020/jamaintmed-2.png" alt=""></a></p>
<p>Les auteurs d’une conférence de
consensus sur le sujet s’accordent à dire qu’il y a un surdiagnostic et un
surtraitement de cette pathologie[2].
La présence de cette malformation est associée à la survenue de difficultés
d’allaitement, mais elle n’affecte typiquement pas le langage[2,3].
Les auteurs ne recommandent pas de frénotomie en prévention de troubles de
l’allaitement ou de trouble du langage Ils recommandent un avis par un
spécialiste en lactation avant qu’une frénotomie soit envisagée. Il est
notamment recommandé de rechercher une autre cause de trouble de l’allaitement
comme une obstruction des voies aériennes supérieures, un reflux ou des
anomalies vélo-palatines. En cas de souhait, éclairé, d’une frénotomie, il faut
bien préciser que cela ne résoudra pas forcément les problèmes d’allaitement.</p>
<p>Concernant l’analgésie pensant
cette intervention, seul la prise de glucose semble avoir un bénéfice,
l’application de lidocaïne ou autre antalgique local n’a pas semblé utile.[4]
Cliniquement, d’après quelques études chez des nourrissons de moins de 3 mois,
la frénotomie améliore le « Breastfeeding Self-Efficacy Scale-Short Form »
de 8 points entre avant l’intervention et à 1 semaine (44 versus 52). Il est
également noté une amélioration du volume bu passant de 3 à 5mL/min et la douleur ressentie lors de l&rsquo;allaitement.[5]
Cependant, chez les enfants ayant un ankyloglossie légère ou modérée, il n’y
avait pas de bénéfice de l’intervention par rapport à l’éducation à l’allaitement
effectuée par un spécialiste en lactation pour améliorer objectivement l’allaitement.
On notait néanmoins une amélioration fonctionnelle de la langue  et une amélioration de la qualité perçue de l’allaitement
par les mères (mais pas la douleur mesurée par EVA) après l’intervention.[6]</p>
<p>Le temps de cicatrisation après
intervention est d’environ 7 jours. Les complications sont essentiellement des
hémorragies (3-8%), plus rarement formations de kystes de rétention ou d’hématomes,
des infections, des lésions de la langues parfois des parésies, et à plus long
terme, des troubles du langage.[7]</p>
<p>J’ai surtout vu des
ankyloglossies de type Coryllos 1 et 2 qui ont été traitées préventivement, c’était
probablement un excès de zèle compte tenu de leur faible implication dans les
troubles de l’allaitement et du caractère préventif de l’acte. Une frénotomie sur
un type 4 semble plus délicate à effectuer dans un cabinet, mais pourrait être
réalisée éventuellement sur un type 3 (et encore). Au total, les freins de la langue se
dépistent notamment lorsque des troubles de l’allaitement sont présents (on peut aussi penser à rechercher un frein de lèvre supérieur qui est plus rare). Une
frénotomie peut être proposée dans cette indication après échec des mesures non chirurgicale, mais pas en préventif, et
de préférence après recherche et traitement d’autres cause pouvant être
responsable de ces troubles (les canadiens disent quand même que le niveau de preuve est faible pour permettre des recommandations claires) [8,9].
Il est important de prévenir les parents que cette intervention est
généralement sans conséquences négatives notables, mais elle peut faire saigner
et est douloureuse pour l’enfant sans que des antalgiques efficaces ne soient
disponibles.</p>
<p>Références:</p>
<p>1             Walsh J, Tunkel D. Diagnosis and Treatment of
Ankyloglossia in Newborns and Infants: A Review. <em>JAMA Otolaryngol Head Neck
Surg</em> 2017;<strong>143</strong>:1032–9. doi:10.1001/jamaoto.2017.0948</p>
<p>2             Messner AH, Walsh J,
Rosenfeld RM, <em>et al.</em> Clinical Consensus Statement: Ankyloglossia in
Children. <em>Otolaryngol Head Neck Surg</em> 2020;<strong>162</strong>:597–611.
doi:10.1177/0194599820915457</p>
<p>3             Suter VGA, Bornstein
MM. Ankyloglossia: facts and myths in diagnosis and treatment. <em>J Periodontol</em>
2009;<strong>80</strong>:1204–19. doi:10.1902/jop.2009.090086</p>
<p>4             Shavit I, Peri-Front
Y, Rosen-Walther A, <em>et al.</em> A Randomized Trial to Evaluate the Effect of
Two Topical Anesthetics on Pain Response During Frenotomy in Young Infants. <em>Pain
Med</em> 2017;<strong>18</strong>:356–62. doi:10.1093/pm/pnw097</p>
<p>5             Ghaheri BA, Cole M,
Fausel SC, <em>et al.</em> Breastfeeding improvement following tongue-tie and
lip-tie release: A prospective cohort study. <em>Laryngoscope</em> 2017;<strong>127</strong>:1217–23.
doi:10.1002/lary.26306</p>
<p>6             Emond A, Ingram J,
Johnson D, <em>et al.</em> Randomised controlled trial of early frenotomy in
breastfed infants with mild–moderate tongue-tie. <em>Arch Dis Child Fetal
Neonatal Ed</em> 2014;<strong>99</strong>:F189–95. doi:10.1136/archdischild-2013-305031</p>
<p>7             Varadan M, Chopra A,
Sanghavi AD, <em>et al.</em> Etiology and clinical recommendations to manage the
complications following lingual frenectomy: A critical review. <em>Journal of
Stomatology, Oral and Maxillofacial Surgery</em> 2019;<strong>120</strong>:549–53.
doi:10.1016/j.jormas.2019.06.003</p>
<p>8             Van Biervliet S, Van
Winckel M, Vande Velde S, <em>et al.</em> Primum non nocere: lingual frenotomy
for breastfeeding problems, not as innocent as generally accepted. <em>Eur J Pediatr</em> Published Online
First: 6 June 2020. doi:10.1007/s00431-020-03705-5</p>
<p>9             <em>Frenectomy for the
Correction of Ankyloglossia: A Review of Clinical Effectiveness and Guidelines</em>.
Ottawa (ON): : Canadian Agency for Drugs and Technologies in Health 2016.
<a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK373454/">http://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK373454/</a> (accessed 27 Jun 2020).</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°275 : trisomie 21, candidoses vulvo-vaginales, ibuprofène, COVID-19/symtômes, aspirine/CCR, K de prostate</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/06/dragi-webdo-n275/</link><pubDate>Sun, 21 Jun 2020 21:34:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/06/dragi-webdo-n275/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer voici un <a href="https://guidetrans.wordpress.com/">guide simple pratique</a> concernant &ldquo;les soignant.e.s qui prennent en soin des personnes trans&rdquo;. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une <a href="https://doi.org/10.1016/j.therap.2020.04.005">revue</a> systématique concernant l&rsquo;utilisation de l&rsquo;ibuprofène chez l&rsquo;enfant a été publiée pour créer une fiche factuelle comparée au paracetamol. La principale différence est une durée d&rsquo;apyrexie de 2,5h avec l&rsquo;ibuprofène vs 2h avec le paracetamol, chacun des traitements permettant de baisser la température de 1,6°C. Ces traitements sont responsables d&rsquo;effets secondaires rares, mais un sur-risque de complications infectieuses est suspecté pour l&rsquo;ibuprofène.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.academie-medecine.fr/communique-de-lacademie-quels-symptomes-inhabituels-doivent-faire-rechercher-une-covid-19/">Académie de Médecine</a>
revient sur les symptômes inhabituels évocateurs de COVID-19. Les
auteurs décrivent bien les atteintes neurologiques comme les dysgueusies
et l&rsquo;anosmie mais aussi des troubles mnésiques et des syndromes de Guillain-Barré. Il y a
des atteintes cutanées de type engelures, dyshydroses, urticaire,
purpura et Kawasaki. Sur le plan métabolique, on peut observer des
lymphopénies, des hypokaliémies, des hyperglycémies et des
hyperlipasémies.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/369/bmj.m1995">BMJ</a> aborde les candidoses vulvo-vaginales récurrentes définies par 4 épisodes en 12 mois (dont 2 confirmées par prélèvement). Il faut rechercher les facteurs favorisants: antibiotiques, oestrogènes, THM, diabètes, vêtements, douches vaginales et protèges-slip quotidiens. L&rsquo;examen clinique est indispensable et permet de faire la différence entre candidose, lichen scléreux, vulvodynie, dermatite de contact et eczéma (lichen simplex). Le prélèvement vaginal est nécessaire pour rechercher à les fois les causes fongiques et les causes bactériennes (incluant les IST). Une glycémie à jeun peut aussi être demandée dans ce contexte. En cas de <em>Candida</em>, un traitement par fluconazole 150mg tous les 3 jours pendant 6 jours (3 doses) suivi de 1 dose par semaine toutes les semaines est proposé. En cas d&rsquo;atteinte par un non-candida, des ovules à la nystatine 100000UI sont recommandés 14 nuits consécutives par mois pendant 6 mois. Il n&rsquo;est pas nécessaire de dépister les partenaires, ni d&rsquo;utiliser des probiotiques, mais de la cetirizine peut être utile en cas de prurit important.</p>
<table>
  <thead>
      <tr>
          <th></th>
          <th><strong>Candidose</strong></th>
          <th><strong>Lichen scléreux</strong></th>
          <th><strong>Vulvodynie</strong></th>
          <th><strong>Dermatite de contact</strong></th>
          <th><strong>Lichen simplex</strong></th>
      </tr>
  </thead>
  <tbody>
      <tr>
          <td>Erythème</td>
          <td>+</td>
          <td>+</td>
          <td>+/−</td>
          <td>+</td>
          <td>+/−</td>
      </tr>
      <tr>
          <td>Fissure</td>
          <td>+/−</td>
          <td>+/−</td>
          <td>−</td>
          <td>+/−</td>
          <td>+/−</td>
      </tr>
      <tr>
          <td>Exsudat</td>
          <td>+</td>
          <td>−</td>
          <td>−</td>
          <td>+/−</td>
          <td>−</td>
      </tr>
      <tr>
          <td>Œdème</td>
          <td>+/−</td>
          <td>−</td>
          <td>−</td>
          <td>+/−</td>
          <td>+/−</td>
      </tr>
      <tr>
          <td>Autre</td>
          <td>Lésions satellites</td>
          <td>Pâleur, atrophie</td>
          <td>Écouvillonnage douloureux</td>
          <td>exsudat</td>
          <td>Lichénifi-cation</td>
      </tr>
  </tbody>
</table>
<p>Compte tenu des foyers d&rsquo;<a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=856">encéphalites à tiques</a> en Auvergne-Rhône-Alpes, cette pathologie devient une maladie à déclaration obligatoire.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>J&rsquo;ai déjà parlé de la calprotectine fécale qui semblait efficace pour éliminer une cause inflammatoire ou cancéreuse dans les troubles du transit (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/12/dragi-webdo-n119.html">ici</a>). La <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-06/rapport_calprotectine_troubles_digestifs.pdf">HAS</a> a réévalué son utilité à la demande des professionnels. Elle aurait sont utilité dans le bilan de troubles du transit chez les patients sans signe d&rsquo;alerte avec une CRP négative. une calprotectine fécale négative permettrait de conclure à un trouble fonctionnel, une coloscopie étant requise si positive. Cependant, la HAS ne s&rsquo;aligne pas sur les recommandations d&rsquo;autres pays en jugeant qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas encore assez de preuves et que des études françaises doivent être menées. Cette décision est en partie due à des désaccords sur les seuils.</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30366-4/fulltext?utm_campaign=trials20&amp;utm_content=131789351&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-27013292">Lancet</a> a étudié l&rsquo;impact de la prescription d&rsquo;aspirine en prévention du cancer colo-rectal chez des patients à très haut risque, atteint de syndrome de Lynch (le sujet est en effet débattu, cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/09/dragi-webdo-n196.html">ici</a>). Comme ces patients avaient un suivi régulier du fait de leur pathologie,
on peut supposer que les 2 groupes avaient des coloscopies
systématiques. Ici, les patients ont été suivi pendant 10 ans, et 9% de patients traités par aspirine développaient un cancer versus 13% sans aspirine. On n&rsquo;a cependant pas de données concernant la mortalité des patients.</p>
<p>Concernant le cancer de la prostate, un algorithme &ldquo;<a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-020-01606-w">PREDICT</a>&rdquo; permet d&rsquo;évaluer le risque de mortalité chez les patients atteints pour permettre de discuter sur les traitements éventuels.</p>
<p>Pour rester dans ce sujet, un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMsb2000250?rss=searchAndBrowse">NEJM</a> on retrouve les courbes retrouvant une baisse de mortalité par cancer de la prostate
à partir des années 1990. Cette tendance est superposable à celles de
mortalité pour les cancers du sein, et du poumon (pour lequel il n&rsquo;y a
pas de dépistage). On voit aussi que le nombre de patients à dépister pour éviter 1 décès par cancer du poumon est entre 380 et 570, alors que le nombre à screener pour entrainer un surdiagnostic est entre 11 et 18! Soit une trentaine de surdiagnostics pour réduire de 1 patient la mortalité spécifique et non globale&hellip;</p>
<p>4/ Génétique</p>
<p>Voici maintenant un article de revue, très complet, du NEJM concernant la <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra1706537?rss=searchAndBrowse">trisomie 21</a>. Je vais me concentrer sur les pathologies associées et complications les plus fréquentes pour assurer le suivi de des patients atteints. Ainsi, 44% des patients ont une malformation cardiaque, 30% à 40% d&rsquo;infections liées à une immunodéficience, plus de 80% de déficit auditif et 50% avec trouble visuel, des anémies par carence martiale mais avec VGM augmenté (c&rsquo;est comme ça), une augmentation du risque de leucémie et de cancer testiculaire et 50% avec dysthyroïdie. L&rsquo;instabilité altoido-axoidienne est source de complications, mais son dépistage n&rsquo;apporte pas de bénéfice sur le risque de myélopathie.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>On en a déjà parlé plein de fois, une nouvelle revue systématique de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD012906.pub2/full">Cochrane</a> concernant la metformine: il n&rsquo;y a pas de preuve claire concernant l&rsquo;efficacité de la metformine versus pas d&rsquo;intervention, versus autres antidiabétiques et versus interventions comportementales.</p>
<p>On parlait du &ldquo;time in range&rdquo; (TIR) la semaine dernière. Apparemment, au congrès de l&rsquo;<a href="https://twitter.com/drpatrickholmes/status/1272263549688205314">#ADA2020</a> (société américaine de diabétologie), une étude a présenté une réduction d&rsquo;évènements cardiovasculaires chez les patients ayant un TIR à 50%-70% ou &gt; 70% par rapport à ceux ayant un TIR &lt; 50%. Mais ces mesures étaient faites sur des automesures répétées et non sur une mesure continue du glucose.</p>
<p>C&rsquo;est terminé! N&rsquo;hésitez pas à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°274 : Goutte (Reco), mesure continue du glucose (reco), varicocèle, TDR/angine, punaise de lit, migraine/risque CV</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/06/dragi-webdo-n274/</link><pubDate>Sun, 14 Jun 2020 22:03:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/06/dragi-webdo-n274/</guid><category>Rhumatologie</category><category>Infectiologie</category><category>Neurologie</category><category>Urologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Je vous présente sans plus attendre les études que j&rsquo;ai repérées cette semaine. Bonne lecture!</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>Les articles sur le COVID se font un peu plus rare. Voici une <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/article/41/22/2058/5851436">étude</a> rétrospective chinoise de 2800 patients hospitalisés pour COVID, qui retrouve que les patients hypertendus ont un risque de mortalité supérieur aux non-hypertendus. Parmi les patients hypertendus, ceux traités par IEC ou ARA2 n&rsquo;avaient pas de sur-risque de mortalité par rapport à ceux traités par d&rsquo;autres traitements. Mais les patients hypertendus sans traitement avaient un risque de mortalité augmenté.</p>
<p>En accord avec l&rsquo;étude précédente, l&rsquo;<a href="https://www.ema.europa.eu/en/news/latest-data-support-continued-use-ace-inhibitors-arb-medicines-during-covid-19-pandemic">EMA</a> (Agence européenne du médicament) déclare également qu&rsquo;il est préférable de poursuivre les traitements par IEC et ARAII devant l&rsquo;absence d&rsquo;argument pour une association avec des formes plus graves chez les patients prenant ces traitements dans les études récentes.</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.bmj.com/content/369/bmj.m2195">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé aux équipements personnels de protections. Ainsi, 400 médecins, infirmiers et infirmières étaient équipés de masques, de gants, de lunettes de protection, d&rsquo;écrans faciaux et de blouses pour effectuer leur travail quotidien comportant des gestes invasifs sur des patients COVID+ pendant 2 semaines de confinement. A la fin des 2 semaines, aucun des professionnels de santé n&rsquo;avait de symptômes, ni de PCR nasopharyngée, ni de sérologie revenant positive pour le SarsCov2. Je pense qu&rsquo;un autre test une semaine après aurait pu être utile, mais les auteurs disent qu&rsquo;ils voulaient pouvoir faire profiter rapidement la communauté de ces informations. Soit dit en passant les tests sérologiques utilisés étaient plutôt fiables avec une sensibilité et une spécificité de 88% et 99% pour les IgM et 98% et 98% pour les IgG, respectivement.</p>
<p>2/Rhumatologie</p>
<p>Quelques mois après les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n246.html">recos américaines</a>, ce sont les recommandations françaises concernant la <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1297319X20300853">goutte</a> qui viennent d&rsquo;être publiées par la société française de rhumatologie grâce à une méthode Delphi comprenant 9 rhumatologues, 3 généralistes, 1 néphro, 1 cardio et 1 patient (les rhumatologues ayant la majorité des 2/3, pas sûr que les avis des autres soient très entendus dans un Delphi&hellip;). Il y a des préconisations générales: informer le patient sur le fait que la goutte est lié à des cristaux d&rsquo;acide urique, et qu&rsquo;il va falloir modifier les habitudes de vie pour faire baisser l&rsquo;uricémie. La 1ère recos stipule de traiter tous les patients avec goutte par un traitement de fond&hellip;&hellip;&hellip; recos grade D, niveau de preuve 4= avis d&rsquo;expert qui n&rsquo;est pas retrouvé dans les recommandations (qui disent si &gt; 2 crises/an ou tophus ou maladie rénale chronique), 2ème reco: baisser l&rsquo;uricémie à 50µmol/L(300mg/L) ou à 60µmol/L (360mg/L) si pas possible. 3ème reco: l&rsquo;allopurinol est le traitement de 1ère ligne (sauf si DFG&lt;30mL/min, ça c&rsquo;est en faveur du febuxostat). 4ème reco: la colchicine à la dose de 0,5mg à 1mg/j doit être prescrite pour 6 mois pour éviter les crises induite par l&rsquo;introduction d&rsquo;un traitement hypo-uricémiant. 5ème reco: dépister les comorbidités rénales, cardiovasculaires et métaboliques (avis d&rsquo;expert également). Ces recos augmentent donc la prescription d&rsquo;hypo-uricémiants sans que les preuves suffisantes soient apportées et ne parlent pas de la réelle controverse dans le traitement de la goutte: colchicine ou AINS en première ligne dans la crise de goutte.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD012431.pub2/full">Cochrane</a> a publié une revue concernant l&rsquo;efficacité et la sécurité des tests de diagnostic rapide dans le cadre des angines à streptocoque A (On en avait déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2014/07/dragi-webdo-n9.html">ici</a>). Je rappelle rapidement les 3 approches principales: 1/ française: streptatest avant antibio, 2/<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/01/dragi-webdo-n168.html">britannique</a>: antibio selon le MacIsaac, 3/ nordique: pas d&rsquo;antibio sauf abcès ou phlegmon. Donc, cette revue retrouve que l&rsquo;utilisation de TDR réduit de 25% la prescription d&rsquo;antibiotique par rapport à l&rsquo;utilisation de la clinique seule, mais cela ne permet pas de réduire la dispensation (donc les gens n&rsquo;achètent pas directement l&rsquo;antibio quand il est prescrit. On voit que c&rsquo;est pas une étude faite en France!). Il est possible qu&rsquo;il y ait moins de complications infectieuses chez les patients ayant eu un TDR (mais le niveau de preuve est incertain puisque ce résultat n&rsquo;est pas significatif). Les approches 1 et 3 semblent les plus cohérentes avec les données de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD000023.pub4/full/fr">science</a> retrouvant que l&rsquo;efficacité de l&rsquo;antibio se résume à une réduction de 16 heures des symptômes.</p>
<p>Parlons des punaises de lit grâce au <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp1905840">NEJM</a> avec cet article rédigé par des auteurs de IHU Méditerranée Infection. Le diagnostic est évoqué devant des piqures répétées et des lésions papuleuses ou vésiculeuses, sur les zones non couvertes, au nombre de 3 à 5 (&ldquo;petit déj&rdquo;, &ldquo;déjeuner&rdquo;, &ldquo;diner&rdquo; pour ces bestioles là aussi), qui sont parfois décrites comme &ldquo;en amas&rdquo; ou &ldquo;linéaires&rdquo; ou &ldquo;en zigzag&rdquo; mais en fait, ce n&rsquo;est pas du tout spécifique des punaises de lit (Zut!). On retrouve surtout leurs traces sur les matelas, les tapisseries, les câbles électriques, en repérant leurs déjections sous forme d&rsquo;amas de petits points noirs ou les exosquelettes des punaises. Les patients ont un impact psychologique de ces piqures liées au prurit important et aux troubles du sommeil associés. La prise en charge consiste utiliser l&rsquo;aspirateur pour aspirer les punaises de lit (et jeter le sac d&rsquo;aspirateur après l&rsquo;avoir fermé), puis de laver les vêtements et la literie à 60°C (seulement si des traces d&rsquo;infestation ont été trouvées dessus, pas la peine de laver TOUS les vêtements). Il ne faut pas utiliser d&rsquo;insecticides commerciaux car les parasites y sont résistants. Y&rsquo;a des recos françaises sur le sujet visiblement: <a href="http://eficnl.free.fr/2015%2009%20rapport%20punaises%20de%20lits.pdf">ici</a>.</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>On avait déjà parlé du risque cardiovasculaire majoré par les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/02/dragi-webdo-n169.html">migraines</a>. Cet article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2766867">JAMA</a> revient dessus à travers une étude de cohorte ayant suivi des femmes pendant environ 20 ans. Ainsi, parmi ces femmes âgées de 55 ans en moyenne, 8% des femmes avaient des migraines sans aura et 5% avec aura. Le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire lié aux migraines avec aura été supérieur à celui lié à l&rsquo;obésité, similaire à celui lié à l&rsquo;HTA, à l&rsquo;hérédité cardiovasculaire et à l&rsquo;hyperlipidémie, et inférieur à celui lié au diabète et au tabagisme actif.</p>
<p>5/ Urologie</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2766636">article</a> parle maintenant des varicocèles, présents chez 20% des hommes. En augmentant la température testiculaire, ils peuvent altérer la spermatogenèse, abaisser production de testostérone et conduire à une infertilité. Ceux de grade 1 et 2 sont généralement asymptomatiques. Le diagnostic est clinique et l&rsquo;échographie plutôt à utiliser en cas de symptômes (après avoir éliminé une infection si le symptôme est la douleur). Le traitement (chirurgical ou embolisation) n&rsquo;est nécessaire qu&rsquo;en cas d&rsquo;inconfort ou d&rsquo;infertilité, avec une efficacité d&rsquo;environ 80%.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Des recommandations internationales (avec l&rsquo;aide du laboratoire Abott, créateur du FreeStyle libre) ont été publiées pour interpréter les <a href="https://care.diabetesjournals.org/content/time-in-range-translations">mesures continues du glucose</a> (MCG). Les capteurs se sont développés et les société savantes sont en faveur d&rsquo;un suivi par MCG plutôt qu&rsquo;ASG (auto-surveillance glycémique). Il faut retenir 3 indicateurs:</p>
<ul>
<li>
<p>le TIR: time in range (intervalle cible): 0,7g/L à 1,8g/L.</p>
</li>
<li>
<p>le TBR: time below range (temps en hypoglycémie)</p>
</li>
<li>
<p>le TAR: time above range (temps en hyperglycémie)</p>
</li>
</ul>
<p>L&rsquo;objectif le plus courant est que le patient soit à 70% dans l&rsquo;intervalle cible, et passe maximum 4% du temps en hypoglycémie.</p>
<p>Voici donc les objectifs en figure ainsi que la correspondance avec l&rsquo;HbA1C (qui est approximative parce qu&rsquo;être à 70% dans la cible mais 20% en dessous et 10% au dessus, c&rsquo;est pas pareil que d&rsquo;être 25% au dessus et 5% en dessous&hellip;..) Bref, vous le voyez venir, ces cibles relèvent du consensus d&rsquo;expert et n&rsquo;ont pas été évaluées sur des critères cliniques. Je pense que les 4% maxi en hypo sont adaptés, mais si on se fie à la corrélation donnée entre HbA1C et TIR, un TIR vers 60% serait un objectif plus adapté  pour avoir une hbA1C vers 7,5%, que 70% minimum. Encore une fois, si c&rsquo;est 70% des valeurs qui sont bonne et qu&rsquo;il y a bien moins de 4% d&rsquo;hypo, il est possible que ça soit en effet un &ldquo;bon objectif&rdquo; mais des études devront être menées pour le confirmer (de ce que j&rsquo;ai vu du congrès de l&rsquo;ADA, ces objectifs permettraient de réduire les rétinopathies chez les patients diabétiques de type 1, mais j&rsquo;ai pas vu d&rsquo;autre études avec outcomes cliniques)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEglZYieSWHteVXKPoHF0P2uHJZ5PbRJRtfHFhD4pqYTj7pPuZUfV59Y9ZwQd1tYe2lkr9EtnlrBxrTKJLDAEayZBnFnzz2td5Mo9ZlbROJhSEFysLhridedAX7nL6gTbFrodlSnPOWjKU7D/s1600/MCG.png"><img src="/images/articles/2020/mcg.png" alt=""></a></p>
<p>L&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/03/">DIRECT</a> avait montré que les RHD strictes permettaient de guérir du diabète avec un NNT entre 2 et 3. Cette étude randomisée a été répliquée au Qatar et publiée dans le <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(20)30117-0/fulltext">Lancet Diab&amp;Endoc</a>, chez 140 patients diabétiques de type 2 depuis moins de 3 ans : 12 semaines avec un régime à 800Kcal, puis 12 semaines de rééducation alimentaire, 10 000 pas par jour à effectuer et 150min d&rsquo;activité physique par semaine. La rémission du diabète était définie comme une HbA1C &lt; 6,5%, mais le critère de jugement était principal était la perte de poids à 1 an. La perte de poids a été significativement plus importante dans le groupe intervention (-12kg vs -4kg), sur l&rsquo;HbA1C seulement 0,6% d&rsquo;écart (mais c&rsquo;est significatif en faveur du groupe traitement), et le taux de rémission de diabète a été de 61% vs 12% (NNT=2).</p>
<p>Merci de m&rsquo;avoir lu cette semaine encore, à la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°273 : COVID-19 (hydroxychloroquine, ACR en ambulatoire), déprescription/HTA, déprescription/CSI (reco européennes), THM, cancer thyroïdien, liraglutide/obésité</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/06/dragi-webdo-n273/</link><pubDate>Mon, 08 Jun 2020 00:20:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/06/dragi-webdo-n273/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir ! Une nouvelle semaine qui s&rsquo;achève et une nouvelle qui va bientôt commencer. J&rsquo;espère, comme toujours que vous allez bien et je vous remercie pour votre fidélité et vos mots d&rsquo;encouragement ! Voici les articles sélectionnés de la semaine, bonne lecture!</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>Forcément, on va commencer par parler par la rétractation de l&rsquo;article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31324-6/fulltext?utm_campaign=tlcoronavirus20&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social">Lancet</a> dont on avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/05/dragi-webdo-n271.html">il y a quelques semaines</a>. Je ne m&rsquo;étais pas étendu sur la méthode de l&rsquo;article, tout simplement parce que la semaine précédente, 3 études avaient déjà montré l&rsquo;inutilité de la chloroquine, donc celle ci, qu&rsquo;elle soit valide ou rétractée, ne change absolument rien.</p>
<p>D&rsquo;ailleurs, des résultats de l&rsquo;étude britannique <a href="https://www.recoverytrial.net/news/statement-from-the-chief-investigators-of-the-randomised-evaluation-of-covid-19-therapy-recovery-trial-on-hydroxychloroquine-5-june-2020-no-clinical-benefit-from-use-of-hydroxychloroquine-in-hospitalised-patients-with-covid-19">Recovery</a> ont été présentés: c&rsquo;était une étude randomisant les patients atteints de COVID hospitalisés en 5 bras: soins courant, lopinavir-ritonavir, dexamethasone, hydroxychloroquine ou azithromycine. Ainsi, avec 1500 patients dans le bras hydroxychloroqine et 3000 dans le bras soins courants, il n&rsquo;y avait pas différence de mortalité à 28 jours entre les 2 groupes (respectivement: 25,7% vs 23,5%). On peut toujours s&rsquo;obstiner, mais à un moment, ça devient vraiment déraisonnable.</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(20)30117-1/fulltext">Lancet Public Health</a> s&rsquo;est intéressé à la survenue des arrêts cardiaques survenant hors de l’hôpital en région parisienne pendant la période COVID. Bon, ben la figure parle d&rsquo;elle même, hein, et la mortalité a varié en conséquence&hellip; ce sont probablement les effets collatéraux du COVID liés à l&rsquo;inaccessibilité de certains services de santé et au renoncement au soins durant cette période.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJb2JNXQyACmgH3wT2aZtNDOb9pyN8fM9ZEYeUi6Hld9DxnTlV92SkkR3hHFia4R8BCxoSU6aZLXxqEXtYBnGLMD0xHH38QcUKwB99Imx9GGg5WXY1sb1QV4vFehr_mQTacJzRpxao0VGA/s1600/covid.png"><img src="/images/articles/2020/covid.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2766421">JAMA</a> a évalué la déprescription des antihypertenseurs chez des patients de plus de 80 ans avec une PAS &lt; 150mmHg versus un groupe contrôle. Ainsi, il y avait respectivement 86% et 89% de patients avec une PAS &lt; 150mmHg à 12 semaines avec une déprescription maintenue chez 66% des patients du groupe intervention. J&rsquo;espère que les auteurs fourniront prochainement des données sur une durée de suivi plus longue et sur des critères cliniques d&rsquo;évènements cardiovasculaire ou de mortalité.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>La <a href="https://erj.ersjournals.com/content/55/6/2000351">société européenne de pneumologie</a> émet des recommandations sur la déprescription des corticoïdes inhalés chez les patients BPCO. La société américaine avait également suggéré cette option de désescalade thérapeutique (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/04/dragi-webdo-n266.html">ici</a>). L&rsquo;ERS recommande donc une déprescription des CSI chez les patients qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;antécédent récent d&rsquo;exacerbation et ayant des éosinophiles &lt; 300. En cas de déprescription, un traitement de fond doit être maintenu par bronchodilatateur de longue durée d&rsquo;action (LABA ou LAMA).</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Suite à l&rsquo;article du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/09/dragi-webdo-n237-boulimie-has.html">Lancet</a> sur les risques des traitement hormonaux de la ménopause, l&rsquo;agence européenne du médicament avait été saisie sur la persistance du sur-risque de cancer du sein jusqu&rsquo;à 10 ans après l&rsquo;arrêt du THM, sauf pour les oestrogènes vaginaux faible dose qui ne semblaient pas augmenter le risque de cancer du sein. Ces <a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Leuproreline-et-erreurs-de-manipulation-traitements-hormonaux-substitutifs-THS-et-risque-de-cancer-du-sein-retour-d-information-sur-le-PRAC-de-mai-2020-Point-d-information">informations</a> ont été validées par l&rsquo;EMA et devront être notées dans les résumés des caractéristiques du produit.</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2766634">essai</a> contrôlé randomisé a évalué l&rsquo;impact d&rsquo;un outil de décision partagé concernant le choix d&rsquo;un accouchement par voie basse ou par césarienne chez des patients avec antécédent d&rsquo;accouchement par césarienne en espérant réduire des chirurgies pas forcément indiquées. L&rsquo;étude a inclus plus de 1400 patientes et l&rsquo;outil n&rsquo;a fait réduire le nombre de césarienne que de 3% (43% vs 46%) . Il n&rsquo;y avait pas non plus de différence significative sur les suites maternelles et néonatales. Bref, cet outil ne marche pas pour ça, mais il est intéressant (mais uniquement en appendice et trop long pour être mis malheureusement)</p>
<p>5/ Endocrinologie et nutrition</p>
<p>Un nouvel <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(20)30115-7/fulltext">article</a> parle du surdiagnostic des cancer thyroïdiens (on en avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/09/dragi-webdo-n105.html">ici</a>). En France, le surdiagnostic des cancers de la thyroïde est estimé à 83% entre 2008 et 2012. La mortalité estimée de ce cancer est inférieure à moins de 1 pour 100 000 patients.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhherqgLZmg7-VbozC51MyUtufwJbJmN2WubGteT9DDOLZA8I5U7ntWAwmkDucRptQgGK5RGAjrusxkEeW56zRxH-DqzcNt2wtZloLjGpQS2RJJtNDiqNqjhkUjcAK2khendeSGbLaTqTiD/s1600/thyro.png"><img src="/images/articles/2020/thyro.png" alt=""></a></p>
<p>Un <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa1916038">essai</a> contrôlé randomisé a évalué l&rsquo;efficacité du liraglutide chez les adolescents obèses non diabétique avec comme objectif la perte de poids. Les auteurs concluent à une efficacité du traitement, devant une baisse significative de 0,37 déviation standard d&rsquo;IMC (soit -5 point d&rsquo;IMC environ chez des patients avec un IMC moyen initial de 35) à 56 semaines. Cependant, dès l&rsquo;arrêt du liraglutide, le poids remontait pour revenir quasiment à l&rsquo;état de base 6 mois après l&rsquo;arrêt&hellip; (et coté groupe contrôle, après l&rsquo;arrêt, l&rsquo;IMC a également augmenté de sorte qu&rsquo;une différence entre les groupes persistait, mais le résultat sur le poids n&rsquo;était donc pas satisfaisant&hellip;)</p>
<p>C&rsquo;est terminé! N&rsquo;oubliez pas <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et la newsletter ! A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°272 : Voyages (recos 2020), COVID (vitamine D, hydroxychloroquine), Lyme, mésothéliome, démence, Chakra</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/06/dragi-webdo-n272/</link><pubDate>Mon, 01 Jun 2020 00:51:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/06/dragi-webdo-n272/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><category>Neurologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! C&rsquo;est la fin du semestre pour les internes, j&rsquo;espère que le prochain sera plus &ldquo;classique&rdquo;, bien que déjà écourté d&rsquo;un mois. Voici les articles de la semaine, bonne lecture!</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.academie-medecine.fr/communique-de-lacademie-nationale-de-medecine-vitamine-d-et-covid-19/">Académie de médecine</a> a pris position en faveur d&rsquo;un dépistage de la carence en vitamine D chez patients de plus de 60 ans atteints de COVID puis d&rsquo;un traitement en cas de carence, et d&rsquo;un traitement sans bilan préalable des moins de 60 ans atteints de COVID. Cet avis repose sur une association retrouvée dans une seule étude. On prête depuis des années de multiples propriétés à la vitamine D mais la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/p/mode-de-vie.html#Nutrition3b">supplémentation</a> n&rsquo;arrive pas a améliorer les critères de jugement cliniques. Dans les maladies respiratoires, en cas de carence, il est vrai qu&rsquo;il semble y avoir un peu moins de complications respiratoires chez les patients <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/03/">BPCO</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/09/dragi-webdo-n106.html">asthmatiques</a> en cas de supplément s&rsquo;il y a une carence.</p>
<p>Suite à l&rsquo;article du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/05/dragi-webdo-n271.html">Lancet</a> de la semaine dernière, le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=837">HCSP</a> recommande de ne plus utiliser l&rsquo;hydroxychloroquine dans le traitement du COVID-19.</p>
<p>Pour confirmer ce choix, voici une revue systématique publiée dans <a href="https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M20-2496">Annals of Internal medicine</a>. Les auteurs n&rsquo;ont pas trouvé d&rsquo;étude publiée concernant un traitement préventif par (hydroxy)chroroquine. Les bénéfices de ce traitement sur la mortalité, l&rsquo;aggravation clinique, la nécessité d&rsquo;intubation et la résolution des symptômes étaient globalement similaires à ceux des traitements conventionnels. Les effets secondaires consistent essentiellement dans une augmentation du QT chez les patients traités, sans qu&rsquo;il y ait forcément de conséquences cliniques, car je suppose que, dans une étude, on arrête le traitement et on n&rsquo;attend pas que le trouble du rythme ventriculaire ne survienne.</p>
<p>Et pour ceux réalisant des <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc2015949">prélèvements nasopharyngés,</a> le meilleur moyen de l&rsquo;effectuer, c&rsquo;est de viser le lobe de l&rsquo;oreille:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgDFJt33WMqSulcFEClCPjfQlivN7yXjZZjVaTMXQZNwvGHA2Ode8PCB1lC8kf0Y5rYmv0F7POvgtQ2fY94QZKuIpgtNkeBbNUtECB5lhV7qeHsjbQ0rQYoRfTFayz6-pH9AZBH9SUdPSDU/s1600/swab.jpeg"><img src="/images/articles/2020/swab.jpeg" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Chez les patients ayant des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2766422">anévrismes aortiques</a> sous rénaux de petite taille (&lt; 50mm), un essai contrôlé randomisé a testé la doxycycline 100mg/j pendant 2 ans. Et force est de constater, que ça ne marche pas pour réduire la progression de l&rsquo;anévrisme. La prochaine fois, ils pourront toujours essayer l&rsquo;hydroxychloroquine (ben quoi, les 2 sont des traitements du paludisme alors pourquoi pas&hellip;)</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>En voilà une transition pour parler des <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=829">recommandations sanitaires pour les voyageurs</a> de 2020 publiées par le HCSP. Par rapport aux <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/05/dragi-webdo-n229.html">recos 2019</a>, je n&rsquo;ai pas trouvé de changement. Alors, cette année je vais parler de la prévention des thromboses veineuses. Les bas de contention classe 2 sont recommandés en cas de facteurs de risque ou pour les patients ne déambulant pas dans l&rsquo;avion pour les vols de plus de 6 heures. Les HBPM préventif n&rsquo;ont d&rsquo;indication validée mais sont parfois prescrit si les bas de contention ne peuvent être utilisés ou en cas de risque très élevé (notamment en cas d&rsquo;antécédent de phlébite post-voyage, cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/05/dragi-webdo-n226.html">ici</a>).</p>
<p>Et maintenant, parlons de la maladie de Lyme, avec une revue du <a href="https://www.bmj.com/content/369/bmj.m1041">BMJ</a>. Concernant l&rsquo;érythème migrant, il apparait entre une durée de quelques jours à quelques semaines, contrairement à l&rsquo;éruption de morsure de tique qui apparait entre quelques heures et quelques jours et disparait dans les jours suivants (qui ne nécessite pas de traitement). L&rsquo;érythème n&rsquo;a un centre clair que dans le cas de Borrellia Afzelli ( et que dans 60% des cas, elle est présente en Europe), alors que B. Burgdorferi (aux US) et B. garinii font des érythèmes homogènes (et ouai, donc dans plus de la moitié des cas, si c&rsquo;est homogène c&rsquo;est quand même un Lyme!). La doxycycline est maintenant, comme dans les recos <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n232.html">française</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n179.html">britanniques</a>, à privilégier pour le traiter. Passons aux &ldquo;symptômes chroniques attribués à la borréliose de Lyme&rdquo; correspondant à 5%-10% des patients ayant eu un traitement et étant toujours symptomatiques. Les critères sont 1/ une infection prouvée au stade primaire ou tardif 2/ une amélioration après traitement 3/ la survenue dans les 6 mois et pour au moins 6 mois de troubles musculosquelettiques, de troubles cognitifs ou de fatigue. Le traitement antibiotique ne marche pas et n&rsquo;est pas recommandé dans ces conditions là car la maladie n&rsquo;est pas &ldquo;active&rdquo;, ce sont des symptômes séquellaires. Certaines sociétés savantes proposent au cas par cas, 1 fois, 3 à 6 semaines de traitement en suspectant un traitement initial insuffisant ou une réinfection. Concernant le traitement post-morsure, seule &ldquo;la société internationale de la maladie de Lyme&rdquo; le recommande en systématique, sinon, c&rsquo;est quand même plutôt surveillance et traitement si érythème migrant (pour les américains, c&rsquo;est selon certains critères cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/04/dragi-webdo-n225.html">ici</a>)</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Des recommandations européennes sur la prise en charge du <a href="https://erj.ersjournals.com/content/early/2020/02/20/13993003.00953-2019">mésothéliome</a> ont été publiées. J&rsquo;avoue que c&rsquo;est pas très MG&hellip; Mais, il y a une petite partie sur le dépistage. Et dans les populations à risque, c&rsquo;était surtout la radiographie qui était utilisée. Ainsi, on sait maintenant que la présence de plaque pleurales n&rsquo;est qu&rsquo;un signe d&rsquo;exposition à l&rsquo;amiante et non un facteur de risque supplémentaire (même si c&rsquo;est corrélé puisque le mésothéliome est aussi lié à l&rsquo;amiante). Le scanner thoracique injecté est donc à préférer car plus précis mais on manque d&rsquo;étude sur le bénéfice du dépistage (je renvoie aux recos <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/p/pneumologie.html#Expo1">HAS</a>)</p>
<p>5/ Neurologie</p>
<p>Ma grand mère le savait: manger du poisson, c&rsquo;est bon pour la mémoire! Cet <a href="https://alz-journals.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/alz.12077">article</a> parle du régime méditerranéen, et retrouve qu&rsquo;une alimentation riche en poisson réduit le risque de démence, et réduit la progressions de troubles mnésiques. Il s&rsquo;agit d&rsquo;analyses ancillaires de 2 essais randomisés en cours étudiant la progression de la DMLA.</p>
<p>Après l&rsquo;échec de l&rsquo;analyse de l&rsquo;étude Aspree concernant l&rsquo;efficacité de l&rsquo;aspirine en prévention primaire sur <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/09/dragi-webdo-n196.html">la mortalité globale et cardiovasculaire</a>, voici l&rsquo;analyse d&rsquo;Aspree concernant l&rsquo;efficacité de l&rsquo;aspirine sur le risque de <a href="https://n.neurology.org/content/early/2020/03/25/WNL.0000000000009277">troubles cognitifs</a>. Cette analyse ne retrouve pas non plus de bénéfice de l&rsquo;aspirine pour réduire le risque de démence.</p>
<p>6/ Le jeu du mois : Chakra</p>
<p>&ldquo;Chakra&rdquo; est un jeu familial de stratégie dans lequel il faut atteindre la zénitude. D&rsquo;ailleurs, le joueur qui commence est celui qui est jugé par les autres comme étant le plus stressé. Dans ce jeu, il y a une pioche commune avec des pierres de différentes couleurs et 7 couleurs de chakra qu&rsquo;il faut homogénéiser en regroupant 3 pierres de la même couleur dans la case correspondante de son plateau (en les faisant monter ou descendre grâce à nos actions). Chaque couleur homogénéisée rapporte des points selon un barème &ldquo;caché&rdquo; qu&rsquo;il faut découvrir pour essayer de miser sur la bonne couleur. Bien évidemment, il y a également des énergies négatives (pierres noires) qu&rsquo;il faut apaiser pour gagner des points de victoire. C&rsquo;est un jeu sympathique, pas très compliqué avec une mécanique originale.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg8-Np46Q2_IDcjN6QWKOYeiucRGJjV9fTwYA4teMnoMuW8DskHhSsvn8e_H7TMN6QMEgLhM6Yr1GVSi3zhaSNnjqFgJKO0wnNv9asJhpIizpJKb_w3ljKLGmok9sYpU4FY1Kx0SmJpuVFN/s1600/20191111_204710.jpg"><img src="/images/articles/2020/20191111-204710.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine, Pour ne rien rater n&rsquo;hésitez pas à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p>Bonne journée, bon courage aux internes et à la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°271: COVID (HCQ, remdesivir, troubles olfactifs), MTEV (reco NICE), dépistage CCR/surveillance coloscopie, PrEP injectable, HGPO, insuline</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/05/dragi-webdo-n271/</link><pubDate>Sun, 24 May 2020 14:11:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/05/dragi-webdo-n271/</guid><category>Pneumologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Toujours pas mal d&rsquo;actualités autour du COVID cette semaine, et quelques autres articles tout aussi intéressants. Bonne lecture!</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>Pour enterrer définitivement l&rsquo;hydroxychloroquine, le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31180-6/fulltext?utm_campaign=tlcoronavirus20&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social">Lancet</a> a publié une étude basée sur les registres de plus de 600 hôpitaux dans le monde pour comparer la mortalité et la survenue de troubles du rythme cardiaque chez de patients ayant reçu de l&rsquo;hydroxychloroquine (ou chloroquine) seule ou en association à l&rsquo;azithromycine, par rapport aux patients n&rsquo;ayant eu aucun de ces traitements. Sur 96 000 patients inclus, près de 15 000 avaient eu un des traitements ci dessus. Les auteurs retrouvent, après ajustement sur la sévérité et tout un tas d&rsquo;autres facteurs que les patients traités par HCQ avaient un risque de mortalité augmenté (18% vs 9,3%, NNH=12) et c&rsquo;est encore pire avec HCQ+azithromycine (22% vs 9,3%, NNH= 8). Notons également une augmentation des arythmies ventriculaires chez les patients traités. Bref, c&rsquo;est pas un essai contrôlé randomisé, mais ceux ayant compassionnellement traité leurs patients par HCQ auraient peut être dû attendre des données solides. On voit aussi que les principaux facteurs associés à une augmentation de la mortalité en plus de ces traitements sont le tabagisme, les maladies cardiovasculaires et la BPCO, alors que l&rsquo;utilisation des IEC semble protectrice.</p>
<p>Passons maintenant à un essai contrôlé randomisé concernant le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2007764">remdesivir</a> publié dans le NEJM. Déjà c’est une étude non financée par l’industrie. Les patients inclus sont des patients avec covid+ et atteinte respiratoire basse (donc pas tous les covid). Le critère de jugement était le temps de guérison (en fait, c’est le temps pour ne plus nécessiter une hospitalisation avec des soins en actifs. On note aussi que le CJP a été modifié en cours d’étude, au moins ils ne le cachent pas). Les résultats de cette étude sont les résultats intermédiaires d’une étude toujours en cours, cependant les auteurs ont atteint leur nombre d’évènements (guérisons) nécessaire.
Il n’y a pas eu d’ajustement concernant la multiplicité des tests, on ne conclura donc que sur le critère principal. Le plan d’analyses statistiques décrit l’utilisation d’une méthode d’Obrien et Fleming pour les analyses intermédiaires effectuées : en gros le alpha global est à 5%, mais à la 1ere analyse intermédiaire le seuil de significativité est par exemple  0.0001, puis un peu plus élevé à la suivante 0.001 puis à la finale 0.0489 de sorte que la somme fasse 5%. Mais là, on ne sait pas clairement quel est le seul de l’analyse intermédiaire qui a servi au final d’analyse principal de cet article.
Bref, plus de 1000 patients randomisés, (50% avec HTA, 30% avec diabète, 30% avec obésité). La guérison était plus rapide 11jours avec traitement versus 15 jours sous placebo avec un p &lt; 0,001 (a priori, c&rsquo;est assez faible pour que l’on considère que cela remplisse la condition décrite ci-dessus pour l’analyse intermédiaire), mais il n&rsquo;y avait pas moins de mortalité. Au total, c’est un traitement qui semble efficace pour réduire la durée d’hospitalisation de 4 jours (c&rsquo;est pas énorme non plus) sans effet démontré actuellement sur la mortalité, mais peut être que les résultats obtenus à la fin du suivi nous renseigneront davantage sur ce point.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-05/rapport_tests_serologiques_rapides_covid-19_vd.pdf">HAS</a> a publié un avis sur la place des tests sérologiques rapides. Concernant les tests diagnostiques  rapides (TDR) en laboratoire, les indications sont les mêmes que celles des sérologies classiques (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/05/dragi-webdo-n268.html">ici</a>). Concernant les TROD pouvant être effectués hors laboratoire, la HAS ne retrouve pas d&rsquo;étude publiée sur le sujet. Bien qu&rsquo;ils puissent être une option dans le cadre de rattrapage diagnostique chez des patients n&rsquo;ayant pas accès à un laboratoire ou symptomatiques malgré une PCR négative ou n&rsquo;ayant pas pu effectuer une PCR, la HAS recommande qu&rsquo;un test de sérologie classique confirme systématiquement le résultat d&rsquo;un TROD positif (et pareil pour un TROD négatif en fait, mais là c&rsquo;est juste encouragé&hellip;.)</p>
<p>Et du coup, combien de personnes ont été atteintes du COVID? Cette étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2766367">JAMA</a> effectuée à Los Angeles retrouve que sur 1700 personnes ayant accepté d&rsquo;être dépistées à partir d&rsquo;une base représentative de la population, 13 % avaient eu de la fièvre avec toux, 9% de la fièvre avec dyspnée et 6% une dysosmie ou dysgueusie. Ainsi, les auteurs concluent qu&rsquo;environ 4,5% seulement de la population a été atteinte par le COVID !</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2766523">JAMA</a> encore, parle des troubles olfactifs dans le cadre du COVID. Il permet de découvrir plein de mots pour caractériser les troubles olfactifs: les troubles de l&rsquo;olfaction orthonasale, rétronasale, les phantosmies, parosmies, paragueusies. Si les troubles sont brutaux en contexte viral, le COVID peut être évoqué. Si les troubles sont progressifs avec une composante d&rsquo;obstruction nasale d&rsquo;intensité fluctuante, c&rsquo;est probablement une cause rhino-sinusienne. S&rsquo;ils sont progressifs, non fluctuants, chez des sujets âgés avec troubles mnésiques, la cause est probablement neuro-dégénérative. Enfin, s&rsquo;ils sont post-traumatiques, c&rsquo;est brutal et souvent avec une anosmie sévère, et il y a un contexte traumatique. Concernant la prise en charge des troubles olfactifs liés au COVID, les auteurs proposent: 1/ mettre des détecteurs de fumée dans la maison et bien vérifier les dates de péremption des aliments avant de les consommer 2/ essayer la rééducation aux odeurs en reniflant du citron, de la rose, de l&rsquo;eucalyptus etc, 20 seconde chacun, 2 fois par jour pendant au moins 3 mois 3/ on peut toujours essayer pour finir les oméga 3 orale et la vitamine A intra-nasale.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng158">NICE</a> a publié des recommandations concernant les maladies thrombo-emboliques veineuses. Pas grand chose de neuf par rapport aux références européennes et francophones dont j&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/09/dragi-webdo-n236.html">ici</a>. Les auteurs recommandent l&rsquo;utilisation des critères de PERC pour exclure une embolie pulmonaire en cas de risque faible, ainsi que l&rsquo;utilisation du seuil de D-Dimères ajusté sur l&rsquo;âge au delà de 50 ans. Les auteurs s&rsquo;opposent à la recherche de cancer dans le bilan des évènements idiopathiques en l&rsquo;absence d&rsquo;autres symptômes évocateurs. Les traitements de première ligne recommandés reposent sur l&rsquo;apixaban et le rivaroxaban, pour une durée de 3 mois en cas d&rsquo;évènement avec facteur déclencheur et pour une durée indéterminée selon la balance bénéfice risque pour les évènement sans cause retrouvée. Pour des patients refusant une anticoagulation au long cours, les auteurs suggèrent de proposer de l&rsquo;aspirine faible dose.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh95JTE3XUrAMPR4ncBipXRMFnI4AHEmnHN7rKVDxls5cgtbSvhRZLm-xEIjMvTFw9Nvto2QzTqQqpBjHAEAj3I32X3Hv0mnQgWQe7k6tCFb0pqoPd2f1gEiCwND1fGOy6xCWBap-i-nXcd/s1600/DVT.png"><img src="/images/articles/2020/dvt.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgn4mTyDkSS8XvVCFsslSJo3XlQXfiBdVTdIr-vZoLzwZfQkheYBWXDLoZmQgJVnwDU7FfWTEHs8ljSeZ864oMx0VgNLQ09RqkkEeVzN4SoZGm1zP62s5Fa4BxbAwybFSVb0x4K3uZwpGVv/s1600/PE.png"><img src="/images/articles/2020/pe.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>Après la discussion sur le dépistage du CCR (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/10/dragi-webdo-n240.html">ici</a>), voici un article du <a href="https://www.bmj.com/content/369/bmj.m1706">BMJ</a> discutant de la surveillance par coloscopie et de l&rsquo;arrêt de la surveillance surtout. Ainsi, une coloscopie était indiquée et a retrouvé des polypes, quelle doit être la surveillance?</p>
<ul>
<li>
<p>Pour 1 ou 2 polypes festonnés ou adénomes &lt; 10mm, il est recommandé un retour au test de dépistage non invasif.</p>
</li>
<li>
<p>A partir de 3 (les recommandations anglaises disent 5) polypes festonnés ou adénomes &lt;10mm, une coloscopie à 3 ans est recommandée (s&rsquo;il n&rsquo;y a que des polypes festonnés, un retour au dépistage non invasifs peut être envisagé)</p>
</li>
</ul>
<p>Le retour aux tests non invasifs est à reprendre 10 ans après la coloscopie! Il n&rsquo;y a que les américains qui, dans ces 2 situations recommandent un
suivi par coloscopie entre 3 et 10 ans selon la situation. C&rsquo;est aussi
ce que je vois faire le plus souvent, mais le retour aux tests non
invasifs est motivé par le risque faible (&lt;0,5%) de complications
sévères lors des coloscopies qui peut devenir significatif compte tenu
du nombre de coloscopies effectuées.</p>
<ul>
<li>Dans les autres situations (adénomes &gt; 10mm ou avec dysplasie de haut grade ou polypes festonnés &gt;10mm ou avec une dysplasie quel que soit le grade): une coloscopie à 3 ans est recommandée.</li>
</ul>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Dans le contexte de la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n233.html">PrEP</a>, un nouveau traitement préventif de l&rsquo;infection par le VIH est en cours de développement: le cabotegravir qui a une durée d&rsquo;action de 8 semaines. Un <a href="https://www.niaid.nih.gov/news-events/long-acting-injectable-drug-prevents-hiv-among-men-who-have-sex-men-and-transgender">essai</a> contrôlé randomisé , chez des hommes (et femmes trans) ayant des rapport avec des hommes, a donc comparé le cabotegravir injectable au truvada oral actuellement recommandé en tant que PrEP. Après environ 4 ans, lors d&rsquo;une analyse intermédiaire, 0,38% des patients sous cabotegravir ont eu une séroconversion contre 1,21% sous truvada. Il y avait 80% de patients avec des effets indésirables avec le traitement injectable contre 30% avec le traitement oral. Attendons la publication finale des résultats maintenant.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Peut être un biologiste pourra-t-il me dire quand sont centrifugés les tubes pour les tests HGPO pendant la grossesse. En attendant, cette <a href="https://care.diabetesjournals.org/content/early/2020/04/29/dc20-0304">étude</a> retrouve que les taux de glucose sont plus élevés en cas de centrifugation précoce par rapport à une centrifugation tardive, ce qui conduirait (lors d&rsquo;une centrifugation précoce) à augmenter le nombre de diagnostics de diabète gestationnel de 11,6% !</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2766597">JAMA</a> revient sur la place de l&rsquo;insuline dans le diabète de type 2 non contrôlé. Les auteurs recommandent de ne pas retarder l&rsquo;instauration de l&rsquo;insuline lorsque l&rsquo;HbA1C initiale est &gt;9% (et non &gt;10% comme disent les recos) car les traitements non-insuline ne baissent l&rsquo;HbA1C que de 1,6% en moyenne, ce qui est insuffisant pour descendre sous les 8%, seuil semblant associé à une réduction de la mortalité et des complications du diabète (notons que les auteurs ne plaident pas pour un <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/p/diabetologie.html#Objectifs">contrôle &ldquo;strict&rdquo;</a> qui n&rsquo;a pas montré de bénéfice)</p>
<p>Merci pour votre fidélité, on se retrouve la semaine prochaine pour le prochain Dragi Webdo!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°270 : COVID-19 (HCSP, SFPédiatrie, hydoxychloroquine, PCR), AINS/infections, gonarthrose, examen gynécologique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/05/dragi-webdo-n270/</link><pubDate>Sun, 17 May 2020 23:50:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/05/dragi-webdo-n270/</guid><category>Oncologie</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour pour ce premier Dragi Webdo post déconfinement ! J&rsquo;espère que vous et vos patients avez les masques suffisants à disposition pour vous protéger. On l&rsquo;a déjà dit mais prenez soin de vous, la HAS a publié des &ldquo;<a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3183574/fr/souffrance-des-professionnels-du-monde-de-la-sante-prevenir-reperer-orienter">réponses rapides</a> : Souffrance des professionnels du monde de la santé : prévenir, repérer, orienter.&quot;(les numéros d&rsquo;écoute sont en page 10). Bonne lecture !</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>Pour commencer, je vais mettre ici le lien vers la page COVID du site <a href="https://www.atoute.org/n/article383.html">atoute</a> du Dr Dupagne, parce qu&rsquo;elle est très complète et intéressante.</p>
<p>Continuons avec l&rsquo;hydroxychloroquine. Dans un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2012410">NEJM</a>, 1400 patients avec une forme sévère de COVID ont reçu de hydroxychloroquine de façon non randomisée ou des soins courants dans un hôpital américain. Après appariement sur un score de propension, il n&rsquo;y avait pas de lien entre hydroxychloroquine et la survenue de décès ou d&rsquo;intubation oro-trachéale. Bon, mais c&rsquo;est pas un essai randomisé.</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/369/bmj.m1844">BMJ</a>, cette fois a observé le devenir de patients avec COVID et pneumonie hospitalisés et recevant une oxygénothérapie sans indication à une réanimation, en France. Il y a eu 84 patients qui ont reçu de l&rsquo;hydroxychloroquine de façon non randomisée, sur les 181 patients inclus. A J21, 76% traités par hydroxychloroquine avait été transférés en réanimation (et 11% de décès) contre 75% dans le groupe contrôle (et 9% de décès). Une fois encore pas de différence.</p>
<p>Une étude rétrospective du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2766117">JAMA</a> comparait aussi la mortalité de patients COVID ayant reçu de l&rsquo;azithromycine, de la hydroxychloroquine, les deux ou aucun des deux. Il n&rsquo;y avait toujours pas de différence de mortalité entre les différents patients après ajustement sur les facteurs de confusion.</p>
<p>Alors voici un <a href="https://www.bmj.com/content/369/bmj.m1849">essai contrôlé randomisé</a> de 150 patients chinois avec un COVID léger à modéré hospitalisés recevant hydroxychloroquine + soins courant versus soins courants seuls. A 28 jours, il n&rsquo;y avait pas eu de dégradation en COVID sévère chez environ 80% des patients quel que soit le traitement reçu, sans différence entre les 2 groupes. On note 30% d&rsquo;effets indésirables versus 10% chez les patients ayant reçu de l&rsquo;hydroxychloroquine. Donc ce traitement semble non seulement inefficace même chez des patients &ldquo;peu sévères&rdquo; et pourvoyeur d&rsquo;effets indésirables. Là, c&rsquo;est randomisé, il est temps d’essayer d&rsquo;autres molécules dans la lutte contre le COVID (je vous renvoie vers cet éditorial de <a href="https://www.bmj.com/content/369/bmj.m1847">P.Glasziou</a> sur &ldquo;waste COVID-19 in research&rdquo;)</p>
<p>Les <a href="https://afpa.org/2020/05/12/propositions-societes-savantes-de-pediatrie-indications-de-pcr-covid-19-chez-enfants/">sociétés de pédiatrie</a> ont proposé un algorithme concernant la prise en charge des enfants suspects de COVID-19 et les indications de PCR (ça s&rsquo;applique de la crèche aux écoles élémentaires, mais ça va être sportif de faire le prélèvement en dessous de 5 ans&hellip;). En gros, la PCR est à faire en cas de symptômes s&rsquo;il y a un patient COVID dans l&rsquo;entourage ou si la fièvre n&rsquo;a pas d&rsquo;étiologie clinique évidente en l&rsquo;absence de contage.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgon1fPKkcUXvBaG2uUsM6EKQ_oi9t-gAAmDCO9DcQoJsn6XwYb5pjzc6dWnKe1EVJoiSwhDoSZkvMP26jVVoasGPR_Kc0SUVHKMIpwhgpEvgOO_uZiZF-2sse8Up-lIYmoIf7_07QnGte7/s1600/p%25C3%25A9diatrie.png"><img src="/images/articles/2020/p-25c3-25a9diatrie.png" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=819">HCSP</a> a publié des recommandations concernant les personnes ayant eu un COVID suspecté comme antécédent. Si un tel patient (patient A) est en contact avec un patient COVID+ (patient B), il y a 2 cas de figure:</p>
<ul>
<li>
<p>soit le patient A avait une PCR positive: dans ce cas, il n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;être mis en quatorzaine</p>
</li>
<li>
<p>soit le patient A n&rsquo;avait pas eu de diagnostic par PCR: dans ce cas, une sérologie est recommandée pour établir le statut vis à vis de la maladie. La quatorzaine est recommandée si la sérologie ne montre pas d&rsquo;infection ancienne.</p>
</li>
</ul>
<p>Quelques données du <a href="https://www.bmj.com/content/369/bmj.m1808">BMJ</a> sur les tests de dépistage du COVID: la PCR a une sensibilité variant entre 70% et 98% dans une étude, mais de 63% seulement si l&rsquo;on regarde que les PCR effectuées sur prélèvement nasopharyngé. On peut voir un tableau calculant la probabilité post PCR selon que le résultat soit positif ou négatif, en fonction de la probabilité clinique pré-test de COVID. On utilise très peu les algorithmes de probabilité pré-test en France (sauf pour l&rsquo;embolie pulmonaire en fait).</p>
<table>
  <thead>
      <tr>
          <th></th>
          <th></th>
          <th></th>
      </tr>
  </thead>
  <tbody>
      <tr>
          <td><strong>Probabilité</strong>  <strong>pré-test</strong></td>
          <td><strong>PCR negative</strong>  <strong>Probabilité post test</strong></td>
          <td><strong>PCR positive</strong>  <strong>Probabilité post test</strong></td>
      </tr>
      <tr>
          <td>5%</td>
          <td>1.6%</td>
          <td>42%</td>
      </tr>
      <tr>
          <td>15%</td>
          <td>5%</td>
          <td>71%</td>
      </tr>
      <tr>
          <td>25%</td>
          <td>10%</td>
          <td>82%</td>
      </tr>
      <tr>
          <td>50%</td>
          <td>24%</td>
          <td>93%</td>
      </tr>
      <tr>
          <td>75%</td>
          <td>49%</td>
          <td>98%</td>
      </tr>
      <tr>
          <td>90%</td>
          <td>74%</td>
          <td>99%</td>
      </tr>
  </tbody>
</table>
<p>Dans l&rsquo;étude française <a href="https://diabetologia-journal.org/wp-content/uploads/2020/05/20-0610-Cariou-in-press.pdf">CORONADO</a> incluant 1300 patients diabétiques atteints de COVID, les auteurs retrouvent que seul le BMI était un facteur associé au risque d&rsquo;intubation ou de décès dans les 7 jours: pas l&rsquo;âge, pas le contrôle glycémique, ni les traitements bloqueurs du système rénine-angiotensine&hellip;</p>
<p>2/ Oncologie</p>
<p>Pendant le confinement, il y a eu une baisse importante dans la réalisation des <a href="https://ehrn.org/wp-content/uploads/Preventive-Cancer-Screenings-during-COVID-19-Pandemic.pdf">tests de dépistage</a> des cancers (colo-rectal, sein, col de l&rsquo;utérus). Il sera important de voir les conséquences sur la mortalité que cela pourrait avoir, notamment sur la mammographie par rapport aux autres&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj0G4vH_gAhwRit3bwb1hOOXpMUK92tAD68uVkulNi2EPOe0SWgRjcllI9hEAJU_trCJpn6pMg6IGjUfeFZiHgC3LAAhyphenhyphenM5recg_9miCc5d3S3vtSpFcH1nNPpiwzIKipY5TDUVIaXsg6Jx/s1600/d%25C3%25A9pistage+cancer.png"><img src="/images/articles/2020/d-25c3-25a9pistage-cancer.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Une <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1879729619301668">étude</a> rétrospective multicentrique a étudié le risque infectieux des AINS dans les sinusites fronto-ethmoïdales de l&rsquo;enfant. Les auteurs ont retrouvé que la prise d&rsquo;AINS était associée à une augmentation des complications intracraniennes et orbitales chez les 30 patients en ayant pris par rapport à 90 patients n&rsquo;en ayant pas pris (80% versus 44% de complications). C&rsquo;est encore du rétrospectif, mais ce sont encore des éléments qui s&rsquo;empilent dans le dossier AINS.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Beaucoup de choses ont déjà été essayées dans la gonarthrose. Cet article d&rsquo;<a href="https://www.annfammed.org/content/18/3/235">Annals of Family medicine</a> étudie l&rsquo;injection intra-articulaire de dextrose hypertonique dans le cadre d&rsquo;une prolothérapie (thérapie complémentaire/alternative visant à faire proliférer les structures). Les auteurs ont randomisé 76 patients pour recevoir soit des injections de dextrose, soit du sérum salé. A 1 an, les auteurs retrouvent que le WOMAC était plus faible chez les patients ayant reçu le dextrose (-10 points sur 50), tout comme le score fonctionnel du WOMAC. Il y avait également une meilleure évaluation de la qualité de vie évaluée par l&rsquo;EQ5D, et aucun effet secondaire significatif n&rsquo;a été noté. Bref, attendons d&rsquo;autres études avant de nous lancer sur ce remède miracle.</p>
<p>5/ L&rsquo;article quali de @Petronille</p>
<p><a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13814788.2020.1760243?af=R">L&rsquo;article</a>
de la semaine est un article français (cocorico !) qui a étudié le
premier examen gynécologique (pelvien) chez les femmes françaises âgées
entre 18 et 30 ans, recrutées chez des médecins généralistes. Pour les
femmes interrogées, le premier examen est vécu comme un rite de passage
vers l&rsquo;âge adulte (à noter, une bonne relation mère-fille pourrait avoir
un impact positif sur le vécu de cette expérience). L&rsquo;examen en lui
même devrait faire suite à un entretien médecin-patiente, être rapide,
doux et indolore et être suivi d&rsquo;une phase de réassurance - les périodes
de discussion étant vécues comme très importantes. Pour les femmes
interrogées, l&rsquo;approche centrée-patiente était plus importante que
l&rsquo;examen en lui même : respect de la volonté, qualité de la relation,
prise en compte de l&rsquo;individualité de chaque patiente. Les auteurs
proposent un guide pour améliorer les conditions de ce premier examen,
probablement limité par l&rsquo;architecture des locaux, mais qui a le mérite
de faire réfléchir sur cet examen (et sur les autres) pratiqués au
cabinet. Ce guide intègre l&rsquo;aspect relationnel, mis en avant par les
patientes de l&rsquo;étude, contrairement aux recommandations très
&rsquo;techniques&rsquo; du <a href="http://campus.cerimes.fr/gynecologie-et-obstetrique/enseignement/gynecologie_examen/site/html/cours.pdf">CNGOF</a>.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiVGJYb19nZ_p-F6kymWjv9BQcMIiXXJN2k-b_nlkpNYjSS-HHvnwRhc-rQVbfflxcOPppNwKClG1ltMofM2nDGRCJ3X33SV5qGjUjX1FSwwBJJVYex1ED4k9wY_lXUg0ChBP3V7n8wiY06/s1600/gyn.png"><img src="/images/articles/2020/gyn.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine. N&rsquo;hésitez pas à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
à la newsletter par mail si ce n&rsquo;est pas déjà fait. Il faut inscrire votre e-mail tout
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sur la page (sans oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail
intitulé &ldquo;FeedBurner Email Subscriptions&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui
peut arriver dans vos spams)</p>
<p>Je vous souhaite un excellent lundi, une très bonne semaine, plein de repos, plein de courage, plein de paillettes et de joie dans la vie! Merci de me lire chaque semaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="/images/articles/2020/gif-de-bb8.gif"><img src="/images/articles/2020/gif-de-bb8.gif" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°269 : HTA (recos 2020), COVID-19 (détection, grossesse/reco UK, réutilisation de masques), inhibiteurs de SGLT-2</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/05/dragi-webdo-n269/</link><pubDate>Mon, 11 May 2020 00:01:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/05/dragi-webdo-n269/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! J&rsquo;espère que vous aimez le nouveau design du blog et que vous pourrez l&rsquo;utiliser de façon plus aisée en consultation pour chercher une reco ou un article dont les détails vous échappent. Voici le billet d&rsquo;actualités médicales de la semaine. Ce ne sera pas très long aujourd&rsquo;hui, bonne lecture !</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2765837">JAMA</a> a publié un article concernant l&rsquo;interprétation des tests de détection du Sars-CoV2. On y voir l&rsquo;évolution des moyens de détection en fonction du temps écoulé depuis l&rsquo;infection.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjp-mvgn_gePxIsrToez7oOS0LwX1mycf1Ze2QEfKqV6Wef97TW6pLhommz760bOP-aXhlcI8ALhyE1u5Ad26lsV7gksHkGKZUoEKlXkdk3A70ASDl6j9UlJiTzbDnqdluyiBGG0fwnjpZj/s1600/covid+test.png"><img src="/images/articles/2020/covid-test.png" alt=""></a></p>
<p>Les recommandations concernant la <a href="https://www.rcog.org.uk/globalassets/documents/guidelines/2020-04-17-coronavirus-covid-19-infection-in-pregnancy.pdf">grossesse</a> en période de pandémie ont été diffusées par le Royal College of Obstetritians and Gynaecologogists. Les auteurs confirment que la période de la grossesse la plus à risque de forme sévère est le 3ème trimestre. Les soins sont bien évidemment importants et le suivi ne doit pas être interrompu. Chez les patientes suspectes de COVID, l&rsquo;anticoagulation préventive n&rsquo;est pas systématique et dépend du nombre de facteurs de risques initiaux (anticoagulation prophylactique à partir de 3 facteurs de risques, la liste définie par le NICE est <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/qs22/chapter/Quality-statement-8-Risk-assessment-intermediate-risk-of-venous-thromboembolism">ici</a>)</p>
<p>Un collectif de professionnels de santé a rédigé un guide pratique des mesures barrières au cabinet. Il est disponible ici: <a href="https://drive.google.com/file/d/1Gt1RVd4yxzRJeftJinm16rWZfnbZ_LCQ/view">https://drive.google.com/file/d/1Gt1RVd4yxzRJeftJinm16rWZfnbZ_LCQ/view</a></p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=816">Haut conseil de santé publique</a> a publié un avis concernant la réutilisation des masques à usage unique, en se basant essentiellement sur les données de la société d&rsquo;hygiène hospitalière. Les auteurs retrouvent que les méthodes de stérilisation efficaces en établissement de santé sont la vapeur d&rsquo;eau (121°C pendant 20 minutes), les UV à 254nanomètres et la stérilisation basse température au peroxyde d&rsquo;hydrogène. D&rsquo;autres méthodes utilisables en ville sont en cours d&rsquo;études comme le chauffage au miro-ondes après humidification (combien de temps?) et le chauffage par chaleur sèche ou humide à 60-70°C semblent permettre la stérilisation sans altérer les performances filtrantes, mais elle sont insuffisamment étudiées à ce jour. Le HCSP recommande finalement de ne pas recycler les masques à usage unique étant donné que les tensions d’approvisionnement sont en train de se résoudre.</p>
<p>Un <a href="https://www.ipsos.com/fr-fr/maladies-chroniques-et-confinement-quel-point-les-patients-ont-ils-renonce-se-soigner">sondage</a>, faute d&rsquo;autres études, a évalué le renoncement au soins dans les maladies chroniques durant le confinement dans une population représentative de la population française. D&rsquo;après le rapport, 32% des patients avaient une maladie chronique et parmi eux 46% ont renoncé à une consultation en ambulatoire et 12% à une consultation à l’hôpital!</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Après les recos européennes <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n188.html">2018</a> et les recos <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/10/dragi-webdo-n243.html">NICE</a> 2019, voici les nouvelles recommandations concernant l&rsquo;<a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/HYPERTENSIONAHA.120.15026">HTA</a> par la société internationale d&rsquo;hypertension qui produit les recos sous une forme originale et intéressante: elles sont développées en 2 niveau: les recos en version &ldquo;essentielles&rdquo; et en version &ldquo;optimales&rdquo;.</p>
<p>Concernant le diagnostic, rien de neuf, le seul est à 140/90 au cabinet (moyenne des 2 dernières mesure sur 3 à 1 min d&rsquo;intervalles, la 1ère suffit si &lt;130/85) à confirmer par mesures au domicile du patient par MAPA ou automesures tensionnelles (2 mesures à 1 min d&rsquo;intervalles matin avant prise du traitement et soir pendant 3 à 7 jours, là, c&rsquo;est différent des recos de la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/12/dragi-webdo-n208.html">SFHTA</a>). Petit rappel sur les traitements auxquels on ne pense pas mais faisant monter la tension: les contraceptions combinées, les antidépresseurs, le paracetamol.</p>
<p>Concernant le bilan, il comprend systématiquement: Na, K, créatininémie, bandelette urinaire à la recherche de protéinurie et ECG; et si disponible EAL et glycémie à jeun (et non Hba1C comme les recos européennes). On peut ajouter l&rsquo;acide urique et le bilan hépatique. Le reste n&rsquo;est recommandé qu&rsquo;en cas de suspicion d&rsquo;atteinte d&rsquo;organe cibles. A noter que la TSH fait partie du bilan d&rsquo;HTA secondaire, et qu&rsquo;il faut suspecter une HTA secondaire si: début &lt; 30ans, hypokaliémie spontanée ou induite par les diurétiques, HTA résistante, urgence hypertensive ou atteinte d&rsquo;organe cible.</p>
<p>Concernant les objectifs tensionnels, ils sont simples.</p>
<ul>
<li>En &ldquo;essential&rdquo;: une baisse de 20/10mmHg, idéalement pour atteindre 140/90.</li>
<li>En &ldquo;optimal&rdquo;: <strong>Avant 65 ans: 130/80</strong> (mais &gt;120/70), et <strong>après 65 ans: 140/90</strong> mais on peut faire plus bas si les traitements sont tolérés (donc on revient à des cibles moins élevées après 65 ans et non 80 ans). La bithérapie est recommandée d&rsquo;emblée avec une association en 1 comprimé sauf TA &lt; 160/100 ET absence d&rsquo;autre facteur de risque (âge&gt;65 ans, FC&gt;80/min, IMC&gt;25, diabète, dyslipidémie, antécédent familial cardiovasculaire, ménopause précoce, tabagisme, contexte psychosocial défavorable)</li>
</ul>
<p>Concernant les molécules:</p>
<ul>
<li>1ère ligne: <strong>IEC (ou ARA2) +inhibiteur calcique</strong> faible dose puis pleine dose si besoin.</li>
<li>Puis trithérapie en ajoutant un thiazidique like plutôt qu&rsquo;un thiazidique (c&rsquo;est cohérent avec la littérature)</li>
<li>Si non contrôle, c&rsquo;est une HTA résistante: ajout spironolactone (si K&lt;4,5 et DFG&gt;45)</li>
<li>Et si besoin, on peut utiliser: amiloride, doxazozine, eplerenone, clonidine ou les bêta bloquants (qui sont indiqués avant s&rsquo;il y a une indication  type coronaropathie, fibrillation auriculaire ou insuffisance cardiaque, grossesse&hellip;)</li>
</ul>
<p>D&rsquo;après ce qu&rsquo;on a vu dans les dernières revues du Lancet et du JAMA (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/p/hta-dyslipidemie.html">ici</a>), les thiazidiques sont les plus coût-efficaces, on regrette donc que l&rsquo;association IEC+thiazidique like ne soit favorisée que si AVC, insuffisance cardiaque et sujet très âgés (j&rsquo;aurais pas favorisé les diurétiques chez le très âgé&hellip;). Pour les sujets noirs, une alternative possible en 1ère ligne est inhibiteurs calciques+thiazidique like. (mais les thiazidiques étant une vieille classe peu rentable, ça m&rsquo;étonnerait pas qu&rsquo;il y a un lobby pour les évincer par rapport aux autres classes)</p>
<p>Concernant les autres traitements:</p>
<ul>
<li>les antiaggrégants plaquettaire ne sont recommandés qu&rsquo;en prévention secondaire quelque soient les autres co-morbidités</li>
<li>les objectifs de LDL: &lt; 0.55g/L ou &lt; 0,7g/L si coronaropathie (selon le paragraphe&hellip;), &lt;0,7g/L si post AVC, diabète ou haut risque, &lt; 1,15g/L si risque cardiovasculaire modéré</li>
<li>pas de traitement de l&rsquo;hyperuricémie en l&rsquo;absence de symptômes.</li>
</ul>
<p>Concernant les urgences hypertensives, ils recommandent le labetalol (ça c&rsquo;est consensuel) ou la nicardipine (ça l&rsquo;est <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n245.html">un peu moins</a>)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjNlCnAcIP8u07NcYXHQ-vALemm_BodLRxYhzLG0u7qdxKjOfbKCINMc77SSzj2PkgS4VgHxA0WL8f6Q7tkrIrJY_J3qwUZq832n6zZgN6Djrs93PXun0SZ74WpiBPiK2TvBTtQWcz-xFbs/s1600/HTA.png"><img src="/images/articles/2020/hta.png" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/fullarticle/2765274">JAMA</a> revient sur l&rsquo;utilisation des inhibiteurs de SGLT-2 dans le traitement de l&rsquo;insuffisance cardiaque dans une modélisation basée sur des données américaines. Les auteurs estiment que 70% des patients avec insuffisance cardiaque pourraient être candidats (ça me semble beaucoup pour un traitement de 3ème ligne si on considère qu&rsquo;ils viennent après les BB-, les IEC et l&rsquo;aldactone), et que 30 000 décès pourraient être évités. Il est probablement nécessaire d&rsquo;étudier plus ce traitement hors diabète avant de se lancer dans son utilisation massive compte tenu des <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/p/pharmacovigilance.html">effets indésirables</a>.</p>
<p>3/ L&rsquo;article quali de @DrePetronille</p>
<p>On parle de plus en plus des aidants, mais comment la maladie peut perturber la relation de couple? C&rsquo;est ce que se propose d&rsquo;étudier l<a href="https://bmjopen.bmj.com/content/10/5/e032948.long">&lsquo;article</a> quali qui a étudié les modifications de la relation de couple chez les patients ayant une maladie cardiovasculaire. Selon les participants (malades et leurs partenaires) interrogés, la maladie a affecté leur relation de couple par différents moyens: déconnexion émotionnelle et communicationnelle (par le stress lié à la maladie), changements de rôle au sein du couple (fardeau pour le partenaire aidant, perte du rôle habituel pour le malade), surprotection du patient, adaptation du style de vie et pour certains, des changements relationnels positifs via de nouvelles façons de communiquer. Les besoins des participants rapportés étaient d&rsquo;inclure les partenaires dans le soin, l&rsquo;éducation thérapeutique que ce soit par les professionnels de santé ou via des rencontres avec d&rsquo;autres couples. Enfin, les couples souhaitaient pouvoir être aidés dans leur relation de couple modifiée, pas seulement sur des questions purement médicales.</p>
<p>C&rsquo;est terminé! N&rsquo;oubliez pas de vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Médicalement Geek Reloaded</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/05/medicalement-geek-reloaded/</link><pubDate>Wed, 06 May 2020 23:04:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/05/medicalement-geek-reloaded/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous !! Bienvenue sur Médicalement Geek
Reloaded ! Grâce à vos commentaires et suggestions, nous avons entrepris
de transformer le blog pour répondre à vos attentes. Je dis « nous »
car il y a eu un travail monstrueux de @DrePetronille sur le graphisme et le
reclassement des DragiWebdo, et les relectures attentives de @DocteurTommy.</p>
<p>Désormais, comme le moteur de recherche de Blogger n’est pas
très performant et que la recherche vers google n’est malheureusement pas très
intuitive (bien qu’elle soit efficace), vous pourrez trouver dans la barre en
haut du blog un menu déroulant orientant vers les articles cités dans les DW.
Le classement est d’une part par discipline médicale, puis dans chaque page par
pathologie. Un sommaire situé en haut des pages vous permet d’accéder
directement à la pathologie souhaitée ! Dans chaque pathologie, les
articles sont catégorisés par sous thème sans ordre chronologique visible (il
suffit de cliquer sur la référence pour accéder à l’article et donc à la date
et les études les plus sérieuses sont priorisées), sauf pour les
recommandations de sociétés savantes pour lesquelles l’année de publication est
notée. Quand il y a du des billets médicaux spécifiques sur un sujet, un renvoi
est également présent sur la page de la discipline. (S&rsquo;il y a des liens cassés, dites le moi, je verrai ce que je peux faire!)</p>
<p>Vous pouvez également accéder aux classiques DragiWebdo,
DragiStory, articles Geek  et articles de
médecine. Les articles de médecine sont reclassés dans « S.M.U.R.F Journal »
(c’est l’acronyme de Journal de Science Médical Utile et Réflexif Francophone,
mais c’est surtout parce que les Schtroumpfs, c’est cool !) Cela concernera
tous les écrits médicaux qui ne sont pas « que » des analyses d’articles.
Il y a donc les synthèses sur une pathologies, les réflexions sur la médecine
actuelle etc… Si vous avez un truc à dire sur la médecine ou une synthèse à
partager, demandez-moi ! (en plus, le blog publie en « open access »
gratuitement ^^)</p>
<p>De nouvelles pages ont été créées : la page DragiWeekly
qui reprend les DragiWebdo mais en langue anglaise (merci d’avance à @Carttom pour
ses traductions ! Y&rsquo;a quand même 20% de lecteurs aux USA), la page jeux de sociétés, où les commentaires sur les jeux
sont compilés et classés, et les pages concernant le comité éditorial (on est
de plus en plus, youpi !), les mentions légales, la possibilité de
contacts, la méthodologie de veille documentaire utilisée pour les DW, etc…</p>
<p>Comme je l’ai toujours dit, bien qu’il y ait une cagnotte
active pour ceux qui souhaiteraient faire un don, ce blog et son contenu
resteront en accès gratuit !</p>
<p>N&rsquo;hésitez pas à nous dire en commentaire les liens qui ne seraient pas fonctionnels, pour qu&rsquo;on puisse corriger et vous permettre une meilleure navigation entre les pages !</p>
<p>Voici quelques résultats synthétisés du questionnaire auquel
vous avez répondu :</p>
<p>-         
Vous avez été 2 fois plus de répondeurs qu’il y
a 4 ans</p>
<p>-         
Essentiellement des médecins généralistes (72%)
et internes de MG (15%), mais aussi des médecins d’autres spécialité, des
pharmaciens, des non soignants et 1 externe (désolé de contredire si
souvent les Collèges que tu révises en parallèle…) !</p>
<p>-         
A 85% vous êtes des lecteurs assidus !
&lt;3 (cette fois ci aucun répondant ne m’a dit qu’il ne savait pas ce qu’il
faisait sur le blog, youpi !)</p>
<p>-         
Vous avez découvert le blog soit par le bouche à
oreille, soit via Twitter, mais aussi à la fac, sur le club des médecins
blogueurs et un peu sur Facebook (il faut que j’améliore ma com sur FB)</p>
<p>-         
Vous êtes abonnés à 69% et 19% envisagent de le
faire (pensez bien à valider le « Spam » de confirmation qui arrive
dans vos mails sinon ça ne marche pas… vous pouvez toujours me contacter en cas
de souci) Pour ceux qui ne lisent « que la newsletter par mail »,
sachez tout de même que je reçois des commentaires via les réseaux sociaux et
qu’il est possible que les billets soient enrichis et précisés au cours de la
semaine suite à ces avis pertinents !</p>
<p>-         
Ce que vous préférez, c’est bien sur les DragiWebdo
et les billets médicaux, mais appréciez également les articles quali et les
jeux de sociétés (parce qu’il n’y a pas que la médecine dans la vie,
hein !)</p>
<p>-         
Vous êtes 78% à trouver l’idée de la cagnotte
intéressante. Pour répondre une fois encore aux potentielles inquiétudes des 2%
qui la regrettent : le blog restera gratuit !</p>
<p>-         
Vous vous formez essentiellement par les
abonnements à des revues (69%), le DPC (64%), les réseaux sociaux (59% :D)
et les groupes d’échanges de pratique (46%)</p>
<p>-         
Vous n’êtes que 9% à utiliser le blog en
consultation et 27% à faire des recherches au calme. J’espère que la nouvelle
organisation ergonomique du blog vous permettra de l’utiliser davantage !</p>
<p>-         
Au total vous avez donné la note de 4,292
(soyons précis) sur 5 au blog (dont 43% de 5/5):</p>
<p><a href="/images/articles/2020/tenor-2.gif"><img src="/images/articles/2020/tenor-2.gif" alt=""></a></p>
<p>Concernant vos suggestions (je passe sur tous les
petits mots gentils qui étaient vraiment adorables et motivants &lt;3 &lt;3
&lt;3, et comme c’est anonyme, je n’ai malheureusement pu répondre à tout cet
amour individuellement XD ), voici une réponses à ce qui revenait le plus
souvent :</p>
<p>-         D’améliorer du graphisme : check</p>
<p>-         Refaire la classification avec
organisation par thème : check</p>
<p>-         Expliquer comment faire les recherches :
check</p>
<p>-         Je n&rsquo;explique pas assez les abréviations : J&rsquo;avoue m&rsquo;être relâché, je note.</p>
<p>-         Upgradder le meilleur moteur de recherche : je n’ai pas la main dessus</p>
<p>-         Les synthèses médicales trop rares :
le nouveau classement devrait compenser</p>
<p>-         Identifier les figures/figures à traduire en français : je ne peux rien promettre…</p>
<p>-         Et améliorer de la rédaction : in progress
(enfin, j’essaye…)</p>
<p>M</p>
<p>E</p>
<p>R</p>
<p>C</p>
<p>I</p>
<p>!</p>
<p>Merci d&rsquo;être aussi nombreux à lire le blog, merci pour vos commentaires, suggestions et encourgements, merci pour tout! J’espère que les modifications vous plairont autant
qu’à moi.</p>
<p>A très vite !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°268 : COVID (recos HAS sérologies, reco risque de thrombose), BPCO (reco GOLD), évaluer/traiter douleur chronique, Biermer, Dreamscape</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/05/dragi-webdo-n268/</link><pubDate>Sun, 03 May 2020 16:41:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/05/dragi-webdo-n268/</guid><category>Douleur</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Gastro-entérologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Les jours fériés permettent de se reposer et de casser un peu le rythme dans ces temps compliqués. J&rsquo;espère toujours que vous allez bien. Beaucoup de choses cette semaine, bonne lecture!</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3182370/fr/premieres-indications-pour-les-tests-serologiques-du-covid-19">HAS</a> a publié des indications aux tests sérologiques. En ambulatoire, les indications sont:</p>
<ul>
<li>En diagnostic initial de patients symptomatiques sans signes de gravité suivis en ambulatoire dont le test RT-PCR est négatif mais dont le tableau clinique est évocateur.</li>
<li>En diagnostic de rattrapage et en diagnostic différé de patients symptomatiques sans signes de gravité suivis en ambulatoire mais chez qui un test RT-PCR n’a pu être réalisé  ou n&rsquo;ayant pu avoir de RT-PCR depuis la mise en place de la phase 2 (2 mars 2020)</li>
<li>En détection d’anticorps chez les professionnels soignants et de personnel d&rsquo;hébergement collectif non symptomatiques, en complément du dépistage et de la détection de personne-contact par RT-PCR selon les recommandations en vigueur, si la RT-PCR est négative.</li>
</ul>
<p>Le <a href="https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/arret-travail-covid-19_2.pdf">ministère de la santé</a> a publié de nouvelles directives concernant les arrêts de travail liés au COVID à compter du 1er mai 2020 : les patients salariés avec facteur de risque de COVID grave n&rsquo;entrant pas dans le cadre de l&rsquo;auto-déclaration (ALD) ou vivant avec une personne à risque de COVID sévère doivent avoir un certificat d&rsquo;isolement (et non un arrêt): &ldquo;Par la présence, je certifie que xxxxx doit, compte-tenu des recommandations sanitaires, respecter une consigne d’isolement la conduisant à ne plus pouvoir se rendre sur son lieu de travail&rdquo;</p>
<p>Le <a href="http://www.onlinejacc.org/content/early/2020/04/15/j.jacc.2020.04.031">collège américain de cardiologie</a> a publié des recommandations concernant le risque thrombotique du COVID. Concernant les patients ambulatoires, les mesures de lutte contre la sédentarité doivent être menées mais une prophylaxie anticoagulante ne doit pas être systématique. Elle peut néanmoins se discuter chez les patients avec facteurs de risque de thrombose et un faible risque hémorragique. Pour les patients hospitalisés (pas en réanimation), anticoagulation prophylactique recommandée (pas à dose intermédiaire ou efficace). Pas non plus de dépistage recommandé des TVP si les D-Dimères sont &gt; 1500 et si le patient est asymptomatique.</p>
<p>Suite à l&rsquo;étude bâclée du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/04/dragi-webdo-n265.html">NEJM</a>, le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31022-9/fulltext">Lancet</a> publie un essai contrôlé randomisé évaluant le remdesivir versus placebo dans le COVID : pas d&rsquo;amélioration clinique à J28 sur l&rsquo;ensemble de la cohorte mais peut être une amélioration plus rapide chez les patients avec des symptômes de moins de 10 jours (et c&rsquo;est non significatif&hellip;.) Mais il &ldquo;marcherait&rdquo; dans une étude non publiée d&rsquo;après une communication de Gilead&hellip;</p>
<p>Une étude rétrospective publiée dans le <a href="https://www.nejm.org/doi/pdf/10.1056/NEJMoa2008975">NEJM</a> a étudié le risque de COVID lié aux antihypertenseurs. Après appariement sur un score de propension, aucune des classes d&rsquo;antihypertenseurs, IEC et ARAII inclus, n&rsquo;était associée à une augmentation significative du risque de COVID ou de COVID sévère.</p>
<p>2/ Douleur</p>
<p>Est-ce qu&rsquo;une échelle de douleur numérique (EN) est un bon outil pour évaluer la tolérance de la douleur dans les douleurs chronique? Dans cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2764594">étude</a>, quand l&rsquo;EN est inférieure à 4, la douleur est supportable (ok, là ça va) mais quand elle est entre 4 et 6, 19% des patients considèrent &ldquo;déjà&rdquo; que c&rsquo;est insupportable. C&rsquo;est à partir de 8 qu&rsquo;il y a plus de 50% des patients qui la considèrent comme intolérable mais même là entre 30% et 50% des patients la considèrent donc comme tolérable. Demandons donc simplement aux patients ce qu&rsquo;ils ressentent plutôt que de décider de l&rsquo;action à entreprendre selon un chiffre. (NB: ce serait une idée intéressante et facile de thèse de MG à refaire)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhNpcgO5yYV69qEuzzJttzAfmU-kjWzO4zhTt2q1vvovTIKvdRXwX1FvnzlkTuBvwhEfEJmJ3Rjsj_g4wMGUP3U5kvlE9mJt1-u92jqHst562MryX1Uj8foW94TND1-6IOe6CHdw2XFo_nF/s1600/pain.png"><img src="/images/articles/2020/pain.png" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/369/bmj.m1315">BMJ</a> parle des traitements des douleurs chroniques en s&rsquo;intéressant à la prégabaline et à la gabapentine. Ils marchent bien sur les douleurs neuropathiques et sont recommandés en 1ère intention. Le NNT de la prégabaline&gt;600mg/j est environ de 10 pour une réduction de douleur de 50% avec un NNH d&rsquo;arrêt pour effet indésirable similaire. Pour la gabapentine&gt;1200mg/j, le NNT est plutôt de 6, et le NNH de 30. Donc avantage à la gabapentine. Pour limiter les arrêts prématurés, les auteurs recommandent de débuter à faible dose et de stopper l&rsquo;augmentation au moment de l&rsquo;apparition de symptômes voire de rebaisser la dose. Si on regarde les antidépresseurs, les tricycliques ont un NNT de 3,6 et les IRSNA de 6,4. Donc gabapentinoïdes marcheraient moins bien au final. Enfin, ces antiépileptiques ont une efficacité prouvée dans les douleurs neuropathiques mais pas sur les lombalgies, les sciatiques et les migraines (alors que le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/04/dragi-webdo-n222.html">HAS</a> disait justement de les utiliser dans les radiculalgies)</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013577/full">Cochrane</a> a publié une revue concernant l&rsquo;efficacité des infiltrations épidurales de corticoïdes dans les douleurs radiculaires. Les auteurs retrouvent un bénéfice immédiat de -5 points sur 100, et à moyen terme (3 mois) de -4 points sur 100&hellip; Bref, c&rsquo;est statistiquement significatif mais pas forcément très cliniquement pertinent.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1915103">NEJM</a> incluant plus de 1000 patients retrouve une non infériorité de l&rsquo;apixaban versus daltéparine dans la prise en charge des thromboses veineuses associées au cancer, sans augmentation du risque hémorragique.</p>
<p>Pour mémoire la bithérapie antiagrégante <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/08/dragi-webdo-n148.html">recommandée</a> en cas de SCA ST+ c&rsquo;est aspirine+tigagrelor ou prasugrel. En cas de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/09/dragi-webdo-n236.html">coronaropathie stable</a> stentée: aspirine+clopidogrel. Cette <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30325-1/fulltext">étude</a> a comparé aspirine + ticagrelor vs aspirine + clopidogrel dans le SCA ST- chez le patient plus de 70 ans: pas de différence sur le bénéfice clinique net, mais moins de saignements avec le clopidogrel qui semble donc préférable (En France on est quand même beaucoup resté au clopidogrel j&rsquo;ai l&rsquo;impression)</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Le <a href="https://www.guidelines.co.uk/respiratory/gold-copd-2020-strategy/455088.article">GOLD</a> a mis à jour ses recommandations concernant la BPCO pour 2020. Je vais mettre en dessous les 2 figures importantes: celle permettant de déterminer le traitement initial, et celle permettant d&rsquo;adapter selon la prédominance d&rsquo;une dyspnée ou d&rsquo;exacerbations. On note toujours le recul des corticoïdes inhalés (surtout si pneumonies répétées, éosinophiles &lt; 100 ou ATCD de mycobactérie). Il faut ajouter l&rsquo;importance de l&rsquo;arrêt du tabac, de l&rsquo;activité physique et des vaccinations grippe et pneumocoque. Il faut également penser à rechercher les comorbidités (coronaropathie, dépression, RGO, ostéoporose&hellip;). En cas d&rsquo;exacerbation, les auteurs recommandent :</p>
<ul>
<li>
<p>des B2 de courte durée d&rsquo;action +/- anticholinergiques de courte durée d&rsquo;action,</p>
</li>
<li>
<p>des corticoïdes oraux: 40mg pour 5 jours &ldquo;mais il faudrait limiter aux exacerbations significatives&rdquo;</p>
</li>
<li>
<p>des antibiotiques (amox+ac.clavu ou macrolides ou tétracycline pour 5 à 7 jours si crachat purulents (sensibilité 94%, mais spécificité 52% pour une cause bactérienne) associés à majoration de dyspnée ou à augmentation du volume des crachats.</p>
</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhokslKtvifcQ_JNiYdlKT7OTp2Z8Af6V9oBj0VWc8wW6gGyWiAymCcC_KUdc-HdZuzgOMfteeeVbUkYKXg6gFItMbR36Uta41Zh7iJ8_YEsebSUxZOYTA8wrdr364h_wL81y7r3TFGXPn8/s1600/bpco+algorithme.png"><img src="/images/articles/2020/bpco-algorithme.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh9dzc7F7Op8c8ShAlsJBxGWkVU2IsoBY_AOhzsVZpk_geBgnBgxAr4h4scopVFVoPo-211Hjpu_jnmkAxb3qBLF6hfbEeQmVi923O2NbanyEn8hRfXRiqegabWB9Qs_mwugEtHY_gm6jw3/s1600/algorithme+bpco.png"><img src="/images/articles/2020/algorithme-bpco.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/369/bmj.m1319/rr">BMJ</a> revient sur la maladie de Biermer, ou anémie pernicieuse (parce que 1/3 des patients ont une anémie normocytaire avec B12 normale). On peut l&rsquo;évoquer devant une anémie, mais aussi devant des symptômes inexpliqués: fatigue, trouble mnésiques ou de concentration, paresthésies (mais aussi alopécie, dyspnée, palpitations, troubles du transit, syndrome dépressif). Les signes de gravité sont: les paresthésie et hyporéflexie, l&rsquo;ataxie et la perte de force musculaire, la dyspnée et oedèmes périphériques, les troubles cognitifs et la dépression. Le bilan nécessite donc un dosage de la vitamine B12 puis des anticorps anti facteur intrinsèque. Doser aussi les folates qui doivent être normaux. (En fait même si la B12 est normale, ça n&rsquo;élimine pas le diagnostic, il faut vérifier l&rsquo;holotranscobalamine, l&rsquo;acide méthylmalonique et l&rsquo;homocystéine avant de rechercher les Ac anti FI). Le traitement 1000µg de B12, 3 fois par semaines pendant 2 semaines puis 1 fois par mois.</p>
<p>6/ Le jeu du mois: &ldquo;Dreamscape&rdquo;</p>
<p>&ldquo;Dreamscape&rdquo; est un jeu de stratégie au visuel attrayant qui va vous emmener dans le monde des rêves! En effet, chaque joueur que nous appellerons des &ldquo;dormeur&rdquo;, pioche des cartes de difficulté variables représentant un &ldquo;paysage de rêve&rdquo;. Il va ensuite falloir aller récupérer les éléments le constituant (des jetons eau, roche, terre&hellip;) pour les recréer sur votre plateau personnel et marquer des points! Faites également attention à ne pas prendre trop de jetons Cauchemars qui viendront gâcher votre sommeil (et réduire vos chances de victoire&hellip;) La mécanique est originale, intéressante et accessible. Bref, un jeu que je conseille!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgXpuK2sQYJhAbIUpw8E6GNyDb0d-tDEw-4rwcSN7YWlf1m6cGUFfCaLRVU62u18BySDyp3IKQelTBkrkkTQWq2qn_87ws0DmkC-eLRxOFlYqmS7GAihloLz78EC0JxP7ykcXHEekro-owr/s1600/20191106_114600.jpg"><img src="/images/articles/2020/20191106-114600.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini! Vous pouvez vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
à la newsletter par mail ou les 3! (Il faut inscrire votre e-mail tout en haut à droite
sur la page, sans oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail intitulé &ldquo;FeedBurner Email Subscriptions&rdquo;, qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams)</p>
<p>A bientôt!<br>
(Et très vite, la nouvelle version du blog qui, on l&rsquo;espère, vous plaira)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°267 : Acouphènes, MTEV, consommation médicaments, coordination/oncologie, traitement diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/04/dragi-webdo-n267/</link><pubDate>Sun, 26 Apr 2020 09:41:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/04/dragi-webdo-n267/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>ORL</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour,
suite à tous vos commentaires, remarques et critiques, le blog sera
modifié, adapté et amélioré grâce au travail phénoménal de
@DrePetronille. Voici les articles que j&rsquo;ai retenus cette semaine. Le billet sera court, bonne
lecture!</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Usage-des-medicaments-en-ville-durant-l-epidemie-de-COVID-19-point-de-situation-sur-les-deux-premieres-semaines-du-confinement-Point-d-information">ANSM</a> a
publié des données sur la consommation des traitements pendant la
période COVID. C&rsquo;est intéressant de voir l&rsquo;augmentation de dispensation
d&rsquo;antihypertenseurs, antidiabétiques, diurétiques et antidépresseurs.
Est-ce que c&rsquo;est lié à des décompensations ou les patients ont-ils
anticipé leurs renouvellements pour ne pas avoir de pénurie? Bien
évidemment, il y a une forte baisse dans la dispensation de ce qui
nécessite un acte médical (vaccin, dispositifs intra utérins&hellip;). On
voit bien la baisse de délivrance d&rsquo;ibuprofène, les consignes ont été
entendues. Mais la hausse de 145% de dispensation d&rsquo;hydroxychloroquine
et de 72% d&rsquo;azithromycine est aussi visible&hellip;</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2020/04/Aux-masques-citoyens-.pdf">Académie de médecine</a> a écrit un communiqué plaidant pour le port de masques anti-projection en population générale.</p>
<p>Une publication du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2765184">Jama</a>décrit
les caractéristiques des patients New-Yorkais atteints de COVID-19 et
hospitalisés. Plus de 50% étaient hypertendus et 40% avaient un IMC</p>
<blockquote>
<ol start="30">
<li>Seuls 20% avaient une SpO2 &lt; 90% et 17% une fréquence
respiratoire supérieure à 24. Ils avaient souvent une lymphopénie, une
élévation des enzymes hépatiques, un syndrome inflammatoire biologique
et une augmentation du BNP. Durant la période de l&rsquo;étude parmi les 2634 patients pour lesquels un critère de jugement était connu, 14% des
patients ont été admis en réanimation, 12% ont eu une ventilation mécanique et 21% des patients sont décédés. Les 3066 patients restants étaient toujours hospitalisés, depuis 4 jours et demi en moyenne.</li>
</ol>
</blockquote>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La revue <a href="https://www.exercer.fr/sommaire/85">Exercer</a> a
publié une synthèse des recommandations concernant la prise en charge
des maladies thrombo-emboliques a destination des généralistes (les
recos de spécialité sont disponibles <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/05/dragi-webdo-n226.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/09/dragi-webdo-n236.html">là</a>).
Il y a quelques points que je n&rsquo;avais pas relevés concernant  l&rsquo;intérêt
de débuter l&rsquo;anticoagulation dans l&rsquo;attente du diagnostic de certitude.
Les auteurs suggèrent de la débuter si risque élevé au score de Genève
ou si risque intermédiaire et que le diagnostic ne pourra être établi
dans les 4 heures ou si le risque est faible et que le résultats des
D-Dimères ne sera pas disponible dans les 24 heures.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Dans cet article du <a href="https://bjgp.org/content/early/2020/04/20/bjgp20X709433">BJGP</a>,
parle de la place du généraliste dans le système de soins. Les auteurs
retrouvent que les patients adressés rapidement par leur généraliste aux
spécialistes pour une suspicion de cancer avaient une mortalité réduite
en ce qui concerne les cancers du colon, du sein, du poumon et de la
prostate. Ce bénéfice était lié au stade du cancer sauf pour le cancer
du colon pour lequel le bénéfice était indépendant du stade.</p>
<p>4/ ORL</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2763317">Jama</a>parle
des acouphènes dans une revue narrative. Devant des acouphènes il est
nécessaire de rechercher un facteur déclencheur (traumatisme
acoustique?), le type d&rsquo;acouphènes (pulsatiles ou non) et s&rsquo;ils sont
associés à d&rsquo;autres symptômes ORL (surdité, vertiges&hellip;). Après un
examen clinique de la tête, des cervicales et un examen neurologique,
une audiométrie est recommandée. Devant des acouphènes pulsatiles, une
IRM injectée est indiquée (suspicion de lésion vasculaire ou
d&rsquo;hypertension intracrânienne). Le traitement est la Tinnitus retraining
therapy: traitement d&rsquo;habituation aux acouphènes. On peut aussi
proposer des thérapies cognitivo-comportementales qui ont un niveau de
preuve supérieur.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(20)30038-3/fulltext">Lancet Diabetes &amp;Endocrinology</a>
a publié une revue systématique concernant les traitements du diabète.
La conclusion de cette revue incluant plus de 220 000 patients est que
les traitements du diabète réduisent les évènements cardiovasculaires.
Maintenant, on va surtout regarder par classe de médicament et on voit
que seuls les analogues du GLP-1 et inhibiteurs de SGLT-2 diminuent les
évènements cadiovasculaires (rien de neuf quoi). On voit que les
glitazones pourraient aussi avoir un effet (mais ne sont plus autorisées
en France), et que le contrôle intensif diminue les évènements
cardiovasculaires mais on en a parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n245.html">ici</a> déjà longuement. Dans les annexes, on voit que sur la mortalité, c&rsquo;est bien les aGLP-1 et iSGLT2 qui apportent le bénéfice. On voit aussi qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;étude évaluant seule la metformine&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJzndhkn_fzbiZFquW108y5PdGQSbCPep1EwDHLNQJndzijdvUuNE0Niprhr6suBDWwUECDkuVHMvSkZ31d2PCUqoqGnLht2n-w72AADYHqB81k6a1QyXgCwKOPhaID2wEhKuHQBdwlWNw/s1600/jama.png"><img src="/images/articles/2020/jama.png" alt=""></a></p>
<p>6/ L&rsquo;article quali de la semaine par @DrePetronille</p>
<p>Alors que les populations vieillissent, cet <a href="https://bmcfampract.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12875-020-01143-8">article</a>
paru dans le BMC Family practice a étudié les relations entre les soins
premiers et les services sociaux et de santé communautaires (HSS)
accompagnant les personnes âgées à travers des <em>focus Group</em> menés
au Canada. Les HSS, souvent bénévoles, ont plusieurs rôles dont
l&rsquo;accompagnement des personnes âgées dans des missions telles que le
bien être, les transports, la coordination, les visites à domicile. Les
résultats ne sont pas surprenants : les sujets âgés polypathologiques
ont plus de besoins en matière d&rsquo;accompagnement social, le délai avant
l&rsquo;inclusion dans les programmes d&rsquo;aide est souvent trop long (refus
initial des familles, places limitées dans les structures
d&rsquo;accompagnement),  la communication est difficile entre les soins
premiers et les services sociaux avec des dossiers administratifs
complexes à monter.</p>
<p>Merci pour votre fidélité. Ce billet était assez court, j&rsquo;espère que vous avez eu le temps de finir votre petit déjeuner quand même (pour les lecteurs du matin), et à la semaine prochaine !</p>
<p> @Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°266 : COVID-19 (recos HCSP, dépistage, diabète gestationnel, allaitement, IVG), BPCO (reco US)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/04/dragi-webdo-n266/</link><pubDate>Sun, 19 Apr 2020 22:57:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/04/dragi-webdo-n266/</guid><category>Gynécologie</category><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Merci pour vos nombreuses réponses au questionnaire de la semaine dernière !!! Pour celles et ceux qui n&rsquo;ont pas encore répondu, c&rsquo;est encore possible, c&rsquo;est <strong><a href="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfgypHTzFCGv8qUbO6fpB0QDTOhpG8cyhwni3n0xpPDI9dr_A/viewform">ici</a></strong>. Merci d&rsquo;avance, et bonne lecture !</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>Pour commencer, des <a href="https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/AvisRapportsDomaine?clefr=793">recommandations</a> concernant la prise en charge du COVID en ambulatoire ont été publiées par le HCSP avec la participation du CNGE. Les signes d&rsquo;alerte ont été un peu modifiés: SpO2 &lt; 95%, FR &gt; 24/min (et non 22), PAS &lt; 100mmHg, altération de l&rsquo;état général; et les signes de gravité motivant un appel au centre-15: SpO2  &lt; 90%, FR &gt; 30/min, PAS&lt; 90mmHg, altération de conscience/confusion. Aucun examen diagnostique n&rsquo;est recommandé qu&rsquo;il soit biologique (sauf NFS, CRP si on recherche une pneumopathie) ou radiologique (s&rsquo;il y a besoin d&rsquo;un TDM, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a une indication d&rsquo;hospitalisation). Il n&rsquo;y a pas de traitement médicamenteux spécifique recommandé (on s&rsquo;en doutait et c&rsquo;est logique). Une surveillance doit être effectuée la 2ème semaine (entre J6 et J12) en insistant sur la SpO2 et la fréquence respiratoire (le débit de mots est insuffisamment évalué).</p>
<p>Concernant les masques, la <a href="https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/spilf/recos/choix-des-masques-14-avril-2020.pdf">SPLF</a> a confirmé l&rsquo;efficacité du masque chirurgical pour les soignants sur la majorité des virus  (le FFP2 lui étant supérieur pour la tuberculose, la rougeole et la varicelle).</p>
<p>Concernant les traitements par AINS, le <a href="https://covid19treatmentguidelines.nih.gov/concomitant-medications/">NICE</a> britannique dit qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de données cliniques de bon niveau de preuve suggérant que les AINS aggravent le COVID et que rien ne justifie leur éviction. (J&rsquo;ai vu passer des chiffres qui mériteraient donc d&rsquo;être publiés).</p>
<p>Pour éviter des réactions croisées entre les sirops anti-tussifs à la pholcodine et les curares utilisés (en cas de besoin) en réanimation et anesthésie, l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Medicaments-antitussifs-a-base-de-pholcodine-et-risque-de-reaction-allergique-aux-curares-dans-le-contexte-de-l-epidemie-de-COVID-19-Point-d-Information">ANSM</a> recommande aux médecins de ne pas prescrire de pholcodine. En même temps, on a déjà parlé des sirops antitussifs <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/03/dragi-webdo-n88.html">un certain nombre de fois</a>&hellip;</p>
<p>Concernant les soignants, l&rsquo;<a href="http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2020/04/20.4.14-Contamination-du-personnel-soignant-FINAL.pdf">Académie de Médecine</a> recommande un dépistage par PCR et par sérologie des professionnels de santé avec un nouveau contrôle en cas d&rsquo;exposition. Les professionnels asymptomatiques atteints de COVID devraient avoir un arrêt au même titre que les personnes symptomatiques. L&rsquo;Académie recommande également un dépistage des personnes contacts des professionnels infectés.</p>
<p>Enfin, parlons des tests de dépistage, grâce à un article d&rsquo;<a href="https://annals.org/aim/fullarticle/2764737/diagnostic-testing-severe-acute-respiratory-syndrome-related-coronavirus-2-narrative">Annals of Internal Medicine</a>. Globalement, le test de référence reste à ce jour la RT-PCR sur écouvillon nasopharyngé, les tests rapides (POC sur le tableau) sont insuffisamment fiables, et la sérologie est une bonne piste mais les techniques manquent encore de précision car les réactions croisées avec d&rsquo;autres coronavirus peuvent donner des faux positifs et un résultat négatif ne peut pas exclure une exposition à la maladie notamment en cas d&rsquo;exposition récente.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi8By2ZY0hm9on-sdUVKq3j9xZR8XX8_H3K1FHpLo-jrkChhMca5JTLJFg5Jw3DjDTHxkIN_nhsyntuFLaa7o3JNDP7YGqDErngxwNsWv9hBjx5kCvK5bj76sKnvb_jpEySSEHxpHpHhwR0/s1600/test+covid.jpeg"><img src="/images/articles/2020/test-covid.jpeg" alt=""></a></p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>La partie gynécologie sera très orientée COVID aussi. Pour commencer, certains laboratoires ne faisant plus les tests HGPO pour dépister le <a href="https://www.sfdiabete.org/files/files/Divers/diabete_gestationel_et_pandemie_covid-19.pdf">diabète gestationnel</a> pour ne pas garder 2h une patiente en salle d&rsquo;attente, les sociétés de diabétologie et de gynécologie ont proposé une alternative. Ainsi, à 24-28SA, l&rsquo;HGPO peut être remplacée par une glycémie à jeun et une HbA1C et le diagnostic de diabète gestationnel tardif est posé si GAJ &gt; 0,92g/L ou HbA1c &gt; 5,7% (une GAJ &gt; 1,26g/L ou l&rsquo;HbA1c &gt; 6,5% devant déclencher une procédure plus urgente).</p>
<p>Les recommandations canadiennes concernant l&rsquo;<a href="https://www.cps.ca/fr/documents/position/lallaitement-par-les-meres-atteintes-dune-covid-19-presumee-ou-confirmee">allaitement</a> par des mères COVID+ ou suspectées sont les suivantes: allaitement encouragé car le virus ne semble pas transmissible par le lait maternel, mais port d&rsquo;un masque pour éviter une contamination gouttelette.</p>
<p>Pour faciliter l&rsquo;accès à l&rsquo;interruption volontaire de grossesse en période de pandémie, un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000041798289">arrêté</a> autorise désormais les IVG médicamenteuses en ambulatoire jusqu&rsquo;à 9 SA (au lieu de 7 SA antérieurement). Le protocole décrit par la <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-04/reponse_rapide_ivg__09_04_2020_coiv8.pdf">HAS</a> est donc de 1cp ou 3cp de mifepristone 200 suivis à 24-48h plus tard de 800mg de misoprostol oral, sublingual ou jugal (et non 400mg comme jusqu&rsquo;à 7SA si je ne me trompe pas, parce que le 1cp de  200mg de mifepristone n&rsquo;est plus réservé à l&rsquo;utilisation du géméprost, et la HAS s&rsquo;alligne sur les recos internationnales) .</p>
<p>3/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un article d&rsquo;<a href="http://www.annfammed.org/content/18/2/148.full">Annals of family medicine</a> revient sur les risques des traitements avec un effet anticholinergique. Selon l&rsquo;échelle utilisée, entre 8% et 18% des patients prenaient un de ces traitements. Les patients traités par anticholinergiques avaient un risque de mortalité globale, de chute, d&rsquo;évènements cardiovasculaires et de démences augmenté. Bref, encore des traitements à penser à déprescrire, notamment chez les sujets âgés.</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>La <a href="https://www.atsjournals.org/doi/abs/10.1164/rccm.202003-0625ST">société savante thoracique américaine</a> a publié des recommandations concernant la BPCO. Pour commencer, chez les patients avec une dyspnée, la société recommande une bithérapie anticholinergique (LAMA) + beta2 stimulant de longue durée d&rsquo;action (LABA). Chez les patients toujours dyspnéiques, ils recommandent l&rsquo;ajout d&rsquo;un corticoïde inhalé (CSI) seulement en cas d&rsquo;exacerbation ou d&rsquo;hospitalisation dans l&rsquo;année. En cas de trithérapie, le CSI peut être arrêté en l&rsquo;absence d&rsquo;exacerbation dans les 12 mois précédents. En cas de dyspnée persistante malgré un traitement optimal, ils proposent de discuter d&rsquo;un traitement symptomatique par opioïdes, mais ça on laissera les spécialistes se mouiller je pense&hellip;</p>
<p>Un article d&rsquo;<a href="http://www.annfammed.org/content/16/6/552.full">Annals of family medicine</a> a évalué la précision des oxymètres de pouls labellisés &ldquo;non conçu pour un usage médical&rdquo;. La sensibilité et spécificité de ces oxymètres pour dépister une SpO2&lt;90% est de 80% et 96% respectivement, et leur VPP et VPN dans l&rsquo;étude était de 33% et 99%. Ainsi, ils semblent être tout à fait acceptables pour éliminer une hypoxémie lorsqu&rsquo;ils sont utilisés par des patients.</p>
<p>5/ Article quali de @DrePetronille</p>
<p><a href="https://bjgp.org/content/early/2020/04/06/bjgp20X709397">L&rsquo;article</a> de la semaine a interrogé 22 personnes de plus de 70 ans sur leur expérience après une infection aigüe, à travers des entretiens semi-dirigés. Concernant les symptômes ressentis, ils ont été classiques et souvent peu spécifiques : sensation de fièvre (&ldquo;chaud/froid&rdquo;), frissons, asthénie extrême (&ldquo;tout était un effort&rdquo;), &ldquo;se sentir mal&rdquo;, douleurs, vomissements, confusion ou encore des symptômes spécifiques à la topographie de l&rsquo;infection. Les symptômes ont été difficiles à identifier chez les patients atteints de pathologies chroniques avec symptômes persistants ou chez les patients n&rsquo;ayant jamais eu d&rsquo;infection par le passé. En revanche, une expérience antérieure d&rsquo;une infection similaire a été utile pour une auto-évaluation précise. Certains participants ont pu minimiser leurs symptômes, se sentant jeunes et en forme ou avec l&rsquo;espoir d&rsquo;amélioration des symptômes, d&rsquo;autres quant à eux, se sentant plus fragiles comptes tenu de leur âge étaient plus anxieux et plus vigilants. Pour arriver en consultation, les participants ont évoqué un conseil extérieur, des symptômes devenus intolérables ou des critères de surveillance à la maison qui s&rsquo;aggravaient. Retarder le moment de consulter était motivé par la croyance d&rsquo;aller mieux actuellement ou prochainement, celle de pouvoir gérer soi même ou de ne pas vouloir déranger les soignants.</p>
<p>Voilà pour cette semaine! Vous pouvez vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
à la newsletter par mail ou les 3! (Il faut inscrire votre e-mail tout en haut à droite
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l&rsquo;objet ressemble à un nom de spam, qui vous sera envoyé.) A bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°265 : calendrier vaccinal (reco), COVID (sport, TDM), asthme (reco), maladie coeliaque</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/04/dragi-webdo-n265/</link><pubDate>Sun, 12 Apr 2020 20:42:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/04/dragi-webdo-n265/</guid><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir ! J&rsquo;espère que vous passez un bon week-end de Pâques ensoleillé pour ceux qui peuvent en profiter. En plus, ce lundi, vous pourrez lire ce billet en prenant votre petit déjeuner sans être pressé d&rsquo;aller bosser ! A cette occasion, et comme je ne l&rsquo;ai pas fait depuis 4 ans, je vous mets un lien vers un questionnaire de 2 minutes maxi, pour mieux vous connaitre, savoir ce que vous aimez sur le blog etc&hellip; Alors merci beaucoup si vous pouvez prendre quelques instants pour le compléter en cliquant <a href="https://forms.gle/ur4U6pESPWGnQBvM8"><strong>ICI</strong></a>. Et maintenant, bonne lecture !</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>Commençons par l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Medicaments-utilises-chez-les-patients-atteints-du-COVID-19-une-surveillance-renforcee-des-effets-indesirables-Point-d-information">ANSM</a> et une alerte de pharmacovigilance à propos de l&rsquo;utilisation des médicaments comme la chloroquine/hydroxychloroquine en ville. En effet, il y a déjà des déclarations de mort subite et de trouble cardiaque déclarés. Alors si on tient compte du biais de sous-déclaration&hellip;. Bref, les médicaments sans bénéfice prouvé ne sont pas à utiliser sans surveillance ni hors d&rsquo;études cliniques.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3178626/fr/reponse-rapide-dans-le-cadre-du-covid-19-indications-du-scanner-thoracique">HAS</a> a publié une recommandation sur l&rsquo;utilisation du TDM thoracique en ville dans le cadre du COVID. Ils sont à réaliser en structure hospitalière pour les patients avec un trouble respiratoire et une indication à une hospitalisation. Et c&rsquo;est à peu près tout. Il n&rsquo;est pas non plus recommandé de faire une radiographie thoracique ou une échographie cardiaque pour dépister le COVID.</p>
<p>Les documents de l&rsquo;<a href="https://www.anses.fr/fr/content/maintenir-une-activit%C3%A9-physique-et-limiter-la-s%C3%A9dentarit%C3%A9-l%E2%80%99anses-adapte-ses-rep%C3%A8res-au">ANSES</a> sont toujours assez long. Celui ci parle de maintenir une activité physique en période de confinement. Pour résumer, il est nécessaire pour les moins de 6 ans de faire 15 min d&rsquo;activité physique toutes les heures (soit 3h par jour), puis 1h/jour pour les 6-17 ans et 30min/j pour les adultes.</p>
<p>Niveau thérapeutique, on attend toujours des études de bonne qualité. le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2007016">NEJM</a> propose un article retrouvant que donner du remdesivir de façon compassionnelle aux patients avec COVID sévères hospitalisé pourrait améliorer l&rsquo;évolution clinique.  C&rsquo;est incroyable qu&rsquo;une telle étude puisse être publiée dans un &ldquo;grand&rdquo; journal&hellip; Mais comme les éditeurs savent qu&rsquo;ils seront cités, ils prennent&hellip;</p>
<p>Certains ont aussi pu voir fuiter un manuscrit en cours de révision au NEJM parlant d&rsquo;une étude quasi-randomisée incluant des patients hospitalisés pour COVID (en fait, un hôpital donnait de la chloroquine suite au diagnostic rapide de COVID donc à 24h d&rsquo;hospitalisation, et un autre la donnant après 5-7 jours car leurs tests étaient plus lents). Bref, il y aurait une dégradation de conditions respiratoires significative et une augmentation non significative (car peu de patients) de la mortalité dans le groupe chloroquine. Attendons la publication et les essais randomisés sur le sujet.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://solidarites-sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/vaccination/calendrier-vaccinal">calendrier vaccinal 2020</a> a été publié, avec une modification importante: la généralisation de la vaccination anti HPV aux garçons (comme en Belgique, aux Etats-Unis, au Royaume Uni..) entre 11 et 14 ans par gardasil 9 (le gardasil tout court allant être retiré du marché fin 2020). Cette recommandation ne s&rsquo;appliquera qu&rsquo;à partir de 2021 (car le vaccin manque au niveau mondial). Concernant le BCG, on note que l&rsquo;Ile de France est toujours notée comme facteur de risque devant motiver une vaccination (même s&rsquo;il est précisé après qu&rsquo;en contexte de tension d&rsquo;approvisionnement, il doit être accompagné d&rsquo;un autre facteur de risque, en accord avec l&rsquo;avis du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/04/dragi-webdo-n94.html">HCSP</a>). Enfin, concernant le ROR, tout professionnel de santé, né avant 1980, non vacciné et sans antécédent de rougeole ou rubéole, devrait recevoir 1 dose de vaccin.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Le <a href="https://ginasthma.org/wp-content/uploads/2020/04/GINA-2020-full-report_-final-_wms.pdf">GINA</a> a mis a jour les recommandations pour l&rsquo;asthme pour l&rsquo;année 2020. Les recommandations concernant le COVID sont simples : poursuivre les traitements de fond et donner des corticoïdes oraux si besoin car le risque de mortalité par une crise d&rsquo;asthme non traité est supérieur à celui du COVID. Sur le suivi, les auteurs confirment la nécessité (sans preuve réelle) de l&rsquo;association corticoïdes inhalé+formoterol comme traitement de pallier 1 (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/08/dragi-webdo-n235.html">ici</a>), mais cela ne concerne que les plus de 12 ans. Avant 12 ans, on garde le schéma classique avec b2 stimulant à la demande, la SMART therapy n&rsquo;étant qu&rsquo;une alternative possible. A noter les traitements max par jour:</p>
<ul>
<li>budesonide-formoterol Turbuhaler 200/6 (symbicort): 12 bouffées par jour max</li>
<li>beclometasone-formoterol 100/6 (innovair) : 6 bouffées par jour maxi.<br>
Enfin, par quel pallier commencer ? le schéma suivant permet de décider:</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgZ5GZTzB2_RYqAeGTksQS94ZzuBDWR_59utkteq1Wl_bRtoMP1Iy3oLAclg3R3MpZUcAK1pG8hyrViYQZ1Kwcg3BfPG8dYgHol68v4PEe7kreUoQPFnQ1lUsUDxCIWT1QdukIIdo48csV_/s1600/asthme.png"><img src="/images/articles/2020/asthme-2.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2764189">USPSTF</a> (équivalent américain de la HAS) a publié des recommandations contre le dépistage systématique des vaginoses bactériennes asymptomatique durant la grossesse chez les femmes sans risque élevé d&rsquo;accouchement prématuré. C&rsquo;est essentiellement lié au fait que les traitements n&rsquo;aient pas démontré de réduction de la prématurité ou des petits poids de naissance bien que ces infections soient des facteurs de risque. Je ne trouve pas que ce soit très clair sur ce qu&rsquo;ils recherchent comme vaginoses, et notamment s&rsquo;ils incluent les recherches de portage de streptocoque B recommandées en France, mais j&rsquo;ai l’impression qu&rsquo;ils considèrent aussi que ce n&rsquo;est pas utile d&rsquo;après la bibliographie qu&rsquo;ils ont faite.</p>
<p>5/ Gastro-entérologie</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2764182">JAMA</a> a étudié la mortalité des patients atteint de maladie coeliaque dans une étude de cohorte Suédoise. Les auteurs retrouvent que ces patients ont un risque de mortalité légèrement supérieur à la population générale (différence absolue de 1,2 pour 1000 personne.année), notamment lié à des causes cardiovasculaires, cancers et causes respiratoires. Notons que les patients atteints était plus fréquemment atteint d&rsquo;autres pathologies auto-immunes également (diabète de type 1, thyroïdite, MICI, polyarthrite rhumatoïde)</p>
<p>6/ Rhumatologie</p>
<p>Pour finir, une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1905877">NEJM</a> a comparé les infiltrations de corticoïdes (3/an maxi) versus rééducation dans la gonarthrose en soins primaires. Les auteurs retrouvent une amélioration supérieure du WOMAC à 1 an chez les patients traités par kinésithérapie. Il est dommage qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas eu un groupe corticoïdes + kiné pour voir quand même si les corticoïdes pouvaient apporter une plus-value. Cette étude fait suite à celle disant que la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/05/dragi-webdo-n140.html">chirurgie</a> ne fait pas mieux que la kiné, les seuls traitements ayant vraiment démontré une <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n230.html">efficacité</a> étant la kiné et l’activité physique.</p>
<p>7/ L&rsquo;article quali de @Petronille</p>
<p><a href="https://www.midwiferyjournal.com/article/S0266-6138(20)30063-2/fulltext">L&rsquo;article</a> de la semaine traite de l&rsquo;évaluation de la santé mentale des femmes enceintes par les sage-femmes (SF) à travers une analyse thématique de <em>focus groups</em> de 9 sage-femmes du sud de l&rsquo;Angleterre.</p>
<ul>
<li>La première consultation peut être l&rsquo;occasion de poser les questions du <a href="https://whooleyquestions.ucsf.edu/">test de Whooley</a> déjà évoqué <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/04/la-depression-sans-pression18.html">là</a>, si le temps le permet, après gestion des symptômes du 1er trimestre&hellip; dans un contexte de consultation limitée dans le temps avec une charge de travail lourde et des difficultés dans la coordination des soins.</li>
<li>Une explication avancée au dépistage insuffisant en consultation était la grande variabilité sociale et culturelle présente en Grande Bretagne, pouvant expliquer des difficultés de communication entre SF et patientes, avec une incompréhension des questions, ou une représentation de la dépression différente. Enfin, culturellement, certaines patientes venant accompagnées, ce qui pouvait être un véritable frein au dépistage.</li>
<li>La confiance réciproque était un élément important des entretiens dans le fait de parler ou non des problèmes en lien avec la santé mentale au cours de la grossesse. Les patientes ont peur d&rsquo;en parler et d&rsquo;être stigmatisées, a contrario, les SF peuvent penser que les femmes ne disent pas toute la vérité.</li>
</ul>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine, je remets ici le lien vers le questionnaire qui m&rsquo;aidera à mieux cerner ce que vous aimez et où vous pourrez faire anonymement toutes les suggestions et critiques que vous voulez: <a href="https://forms.gle/ur4U6pESPWGnQBvM8">https://forms.gle/ur4U6pESPWGnQBvM8</a></p>
<p>Merci et à la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°264 : masques, anticoagulants oraux, SOPK, thermomètres, vericiguat, ttt diabète, Bad bones</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/04/dragi-webdo-n264/</link><pubDate>Sun, 05 Apr 2020 17:32:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/04/dragi-webdo-n264/</guid><category>Infectiologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! J&rsquo;espère que vous allez bien. Le billet de la semaine aura beaucoup de cardiologie car cette semaine, le congrès de cardiologie américain s&rsquo;est déroulé sous la forme d&rsquo;un e-congrès. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Infectiologie</p>
<p>Tout d&rsquo;abord, une <a href="https://www.nature.com/articles/s41591-020-0843-2">publication</a> a retrouvé que dans le cas des coronavirus (mais pas de la grippe ou des rhinovirus), les masques chirurgicaux sont efficaces pour filtrer les particules de plus de 5µm mais également celles de moins de 5µm, et seraient donc utiles pour éviter la transmission aérienne (par aérosol).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhMlrXkeW2Cg2nB7bsRZgLMcttSQ7zsJh_-GjSZZd854_oNQ7dM0cgzFqUIc_f_vvq6xjp725QcnCdT9MdQRPqTIlkl0VEjdPDIczPDRrlb5t4e5sN8w-SAXDrCUast-QrgLw73GKOk26Im/s1600/masques.png"><img src="/images/articles/2020/masques.png" alt=""></a></p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.academie-medecine.fr/communique-de-lacademie-pandemie-de-covid-19-mesures-barrieres-renforcees-pendant-le-confinement-et-en-phase-de-sortie-de-confinement/">académie de médecine</a> a publié un communiqué préconisant le port du masque pour les sorties pendant le confinement ainsi que l&rsquo;utilisation généralisée de masques pour préparer la sortie du confinement. En situation de tension d&rsquo;approvisionnement en masques, les masques grand public &ldquo;alternatifs&rdquo; sont recommandés. Pour cela, je vous renvoie sur le site <a href="http://stop-postillons.fr/">stop-postillons.fr.</a></p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/70/693/e236">BJGP</a> a comparé les méthodes de mesure de la température chez les enfants de moins de 5 ans en s&rsquo;intéressant aux thermomètres sans contact infra-rouges, aux thermomètres axillaires (et tympaniques). Les auteurs retrouvent une différence de 0,14°C entre les thermomètres sans contact et les thermomètres axillaires, ce qui est plutôt bien, mais il y avait des variations allant de -1,57°C à +1,29°C, ce qui est quand même beaucoup. Les résultats pour les thermomètres tympaniques étaient similaires. Bref, les mesures de températures sont toujours aussi variables selon les instruments&hellip;</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Concernant le débat sur les IEC et ARAII chez les patients suspect de COVID, un éditorial du <a href="https://www.bmj.com/content/369/bmj.m1313">BMJ</a> a proposé un algorithme, qui va à l&rsquo;encontre des recommandations des sociétés savantes, le bénéfice de l&rsquo;arrêt préventif chez des patients asymptomatique n&rsquo;étant pas certain :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEisRLe3nLTIhBTodeCXiptorlkSozA8LZc4lxDBDplSkJvsy_LT3TRkf41pZIOd7WUc2o4aDQYVFOuPibgJNtMztnt8Ax3SYO0LP38kND72BZXBL_RfL2kmrzDsVgl4ml4uWoo6JNB7YxN5/s1600/ARB+covid.jpg"><img src="/images/articles/2020/arb-covid.jpg" alt=""></a></p>
<p>On avait parlé de l&rsquo;étude COMPASS en <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/08/dragi-webdo-n148.html">2017</a> retrouvant que le bénéfice de l&rsquo;ajout du rivaroxaban à l&rsquo;aspirine versus aspirine seule en post infarctus était modéré. Cette <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.120.046448">année</a> , les données de l&rsquo;étude ont été analysées en comparant les patients diabétiques aux patients non diabétiques. J&rsquo;avoue ne pas trop comprendre l&rsquo;intérêt du papier qui redit la même chose que la publication originale, avec des résultats qui ne sont plus significatifs sur la mortalité globale que ce soit chez les diabétiques ou les non diabétiques (alors qu&rsquo;ils l&rsquo;étaient lors de l&rsquo;analyse de l&rsquo;ensemble des patients). Les auteurs ont calculé un bénéfice clinique &ldquo;net&rdquo; (mortalité cardiovasculaire, infarctus, AVC et saignements majeurs), et là, ce bénéfice n&rsquo;est pas significatif.</p>
<p>Un autre <a href="https://academic.oup.com/ehjcvp/article/6/2/75/5704776">article</a> a comparé les différents anticoagulants oraux directs (AOD) dans une étude de cohorte appariée. Les auteurs ne retrouvent pas de différence d&rsquo;efficacité entre le rivaroxaban, l&rsquo;apixaban et le dabigatran. Cependant, le rivaroxaban est responsable de plus de saignements que le dabiagatran (NNH= 189) et que l&rsquo;apixaban (NNH=295). En comparant l&rsquo;apixaban au dabigatran, ce dernier était responsable de plus de saignement digestifs (NNH=95). Avec tout ça et depuis le temps qu&rsquo;on le dit, les risques du rivaroxaban sont clairement supérieur aux autres AOD pour des bénéfices identiques&hellip; (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/07/dragi-webdo-n191.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/10/dragi-webdo-n110.html">là</a> , encore <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/10/dragi-webdo-n199.html">ici</a> et aussi <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/12/dragi-webdo-n207.html">là</a>. A un moment, il faut arrêter le lobbying&hellip;)</p>
<p>Un nouveau traitement de l&rsquo;insuffisance cardiaque a été présenté. Il s&rsquo;agit du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1915928">vericiguat</a>, un stimulateur de la guanylate cyclase soluble testé versus placebo chez des patients symptomatiques avec FEVG &lt; 45% majoritairement traités par bêta-bloquants, IEC/ARAII et antagoniste de l&rsquo;aldostérone. Le traitement par vericiguat améliorait significativement le critère composite cardiovasculaire (NNT=24 patients par an) mais sans bénéfice sur la mortalité cardiovasculaire ni sur la mortalité globale. C&rsquo;est toujours inquiétant une étude qui retrouve plus d&rsquo;effets secondaires dans le groupe placebo par rapport au groupe traitement. Bref, un bénéfice pas très important et une place stratégique dure à trouver vu le bénéfice des <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2014/09/dragi-webdo-n14-congres-esc.html">inhibiteurs de la neprilysine</a> par rapport à ce traitement.</p>
<p>Enfin, l&rsquo;étude ISCHEMIA dont j&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n247.html">ici</a>, a enfin été officiellement publiée dans le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1915922">NEJM</a>.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Un article parle du syndrome des ovaires polykystiques (<a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-020-01516-x">SOPK</a>) de l&rsquo;adolescente. Les critères diagnostiques sont affinés:</p>
<ul>
<li>
<p>cycles menstruels irréguliers : cycles &gt; 90 jours (si ménarche &gt; 1 an), cycles de moins de 21 jours ou de plus de 45 jours (si ménarche entre 1 et 3 ans), cycles de moins de 21 jours ou de plus de 35 jours (si ménarche &gt; 3 ans) ou aménorrhée primaire (si âge &gt; 15 ans ou &gt;3 ans post-télarche). Les irrégularités de cycles sont normales la 1ère année.</p>
</li>
<li>
<p>hyperandrogénisme: hirsutisme (pilosité sur les zones habituellement glabre chez la femme), acné sévère ou hyperandrogénie biologique (testostérone libre, SDHEA, LH, FSH, 17-OH progestérone à effectuer 3 mois après l&rsquo;arrêt de toute contraception hormonale). Pas de dosage d&rsquo;AMH.</p>
</li>
</ul>
<p>-  échographie pelvienne: à ne pas faire chez les jeunes femmes avant la 8ème année post ménarche car les ovaires sont normalement multifolliculaires à cette période là (éviter le surdiagnostic).</p>
<p>Le traitement comprend notamment des règles hygiénodiététiques et une contraception oestro-progestative. Le bénéfice de la metformine est à discuter au cas par cas (mais ça ne marche pas des masses, j&rsquo;en avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2014/12/dragi-webdo-n30-ivabradine-index.html">ici</a>), et la spironolactone peut être utilisée pour contrer l&rsquo;hirsutisme. (Mon autre billet sur le SOPK et les recos britanniques: <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/01/dragi-webdo-n124.html">ici</a>)</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Un article de <a href="https://care.diabetesjournals.org/content/early/2020/03/12/dc19-2535">diabetes care</a> a étudié les traitements de 2ème ligne dans le diabète de type 2 à partir d&rsquo;une étude de cohorte. L&rsquo;association metformine + sulfamide était à risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires, de mortalité et d&rsquo;hypoglycémies plus élevé que les autres associations. Les traitements les plus efficaces et à moindre risque d&rsquo;hypoglycémies étaient metformine+analogue du GLP-1 ou + inhibiteur de SGLT2. On voit aussi clairement que metformine+inhibiteur de DPP4 ou +insuline basale est moins efficace que les associations metformine+aGLP-1 ou +iSGLT2.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh9RnbFve3QsFpql3OikUqpHFVpcIl1IAR3vAvautDLNBKX9Ia91D0xDivC9bTSVXq27GhkROPGKXneTrq7e9nadyK3mhSpvtk9oJyaHLRWuuou2ftc7UeYrO_D-Nm3QEj6LaOmvqROhlaH/s1600/diab.png"><img src="/images/articles/2020/diab.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Le jeu du mois: &ldquo;Bad Bones&rdquo;</p>
<p>Pour ce mois ci, je vous parle de &ldquo;Bad Bones&rdquo; !  Dans ce jeu, vous incarnez un brave héros qui doit défendre le village (en bas) face à des attaques de squelettes. Ces derniers se déplacent à chaque tour vers le fameux village et il faudra les contrer à l&rsquo;aide de votre héros, ou en utilisant des défenses comme les murs (pour les faire rebondir et les diriger loin du village), ou des catapultes (pour les envoyer sur les autres joueurs). Le jeu est simple, assez rapide, et fournit une bonne dose de stress avec le nombre de squelettes croissant au cours des tours!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiR72ZqWWbCfXLQrm6pGRTP0-h0wS-nRKiuBfL2RHIv2zUyDsPcYTTKuWGueqY-0bfgdZQiTIK-yhCLDLxpShVzy4D2_uTHRR3_ntYjhwRgbTFn_tYUTOOnx7fZDPAUbtK8qTni46Twkf-w/s1600/20191005_161605.jpg"><img src="/images/articles/2020/20191005-161605.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine, bon courage à tous et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°263 : COVID-19, trouble du neurodéveloppement de l'enfant (reco HAS), insomnie/SAOS (reco US), chirurgie/lombalgie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/03/dragi-webdo-n263/</link><pubDate>Sun, 29 Mar 2020 18:43:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/03/dragi-webdo-n263/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Rhumatologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous ! J&rsquo;espère que vous tenez le coup dans vos cabinets ou centres de santé, à l’hôpital, à la maison etc&hellip; Si ça ne va pas, si des images dures restent trop en tête, pensez à vous faite aider. Il y a plusieurs organismes de soutien souvent dans les structures, des associations comme ( <a href="http://www.asso-sps.fr/covid19">www.asso-sps.fr/covid19</a> ). Bref, pensez à vous aussi.</p>
<p>1/ COVID-19</p>
<p>Au chapitre COVID-19 de la semaine, on a les communiqués de nombreuses sociétés savantes qui vont globalement dans le même sens :</p>
<ul>
<li>
<p>l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/L-ANSM-securise-l-acces-aux-traitements-Plaquenil-et-Kaletra-pour-les-patients-atteints-de-maladie-chronique-Point-d-Information">ANSM</a> demande à ce que l&rsquo;hydroxychloroquine ne soit délivrée que dans son indication habituelle,</p>
</li>
<li>
<p>le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=785">HCSP</a> rappelle qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de traitement qui puisse être recommandé et que l&rsquo;utilisation de l&rsquo;hydroxychloroquine ne peut s&rsquo;intégrer que dans le cadre de protocoles après information des risques,</p>
</li>
<li>
<p>les <a href="http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2020/03/20.3.26-Communiqu%C3%A9-Anm-AnP-Chloroquine.pdf">académies</a> de médecine et de pharmacie appuient le fait que l&rsquo;utilisation de ces traitements n&rsquo;est pas justifiée et s&rsquo;inquiètent des conséquence des utilisations non raisonnées de l&rsquo;hydroxychloroquine,</p>
</li>
<li>
<p>le <a href="https://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/covid_19_y_t_il_une_place_pour_lhydroxychloroquine/">CNGE</a> fait une analyse critique de l&rsquo;article de Raoult retrouvant une efficacité de l&rsquo;hydroxychloroquine et parle d&rsquo;<a href="http://www.zjujournals.com/med/EN/10.3785/j.issn.1008-9292.2020.03.03">un petit essai</a> contrôlé randomisé ne retrouvant pas de bénéfice pour conclure que ce traitement n&rsquo;a actuellement pas sa place dans le traitement ambulatoire du COVID-19.</p>
</li>
</ul>
<p>Le <a href="https://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/covid_19_argumentaire_scientifique_sur_le_depistag/">CNGE</a> et l&rsquo;<a href="http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2020/03/20.3.25-Communiqu%C3%A9-tests-diagnostics.pdf">académie de médecine</a> ont également publié des communiqués justifiant scientifiquement la nécessité d&rsquo;un dépistage massif de la population pour permettre un meilleur confinement et préparer la sortie du confinement</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2763803">JAMA</a> fait le point sur la place des ARAII et IEC dans le cadre des patients avec COVID-19. Ils confirment qu&rsquo;il n&rsquo;y a a ce jour pas de raison suffisantes pour arrêter ces traitements en contexte pandémie.</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.m1182">BMJ</a> propose un guide pour gérer les patients suspects en téléconsultation par téléphone ou téléconsultation (visio nécessaire si symptômes sévères, comorbidités, patients anxieux ou mal entendants) Après l&rsquo;évaluation de la respiration et des symptômes, leur proposition est assez simple: tant qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas les red flags, maintien à domicile avec surveillance plus ou moins rapprochée:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhgeq9RBmeEkgyP0-CajwocGGGPETGeRgdPqDHUxET4B-rQUah050mg2-nS3MiLemO14kim5W1YyIbMbAb5AfCvS6N2bbv378fRhjN7E9GTzFrcs7GxEWfT6OQe9yOtaa_cwn4jsUjh_Ljc/s1600/covid+bmj.png"><img src="/images/articles/2020/covid-bmj.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Pharmacovigilance</p>
<p>Dans le principe de la déprescription, les inhibiteurs de pompe à proton (IPP) sont à nouveau étudiés, cette fois-ci en observant leurs effets au long cours chez les patients avec un cancer. Cette <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0007455120300606">revue</a> narrative retrouve un risque majoré d&rsquo;insuffisance rénale chronique, de fragilité osseuse, d&rsquo;infections digestives (dont <em>C. difficile</em>) et d&rsquo;anémie (notamment par diminution de l&rsquo;absorption du fer). Le risque de cancers digestifs ne semble pas cliniquement pertinent.</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa064039">NEJM</a> a comparé le traitement chirurgical versus conservateur dans les lombo-sciatiques durant depuis 6 à 12 semaines chez 128 patients avec des douleurs évaluées à environ 8/10. La douleur dans la jambe (critère principal) était inférieure dans le groupe chirurgie à 6 mois (2,4 vs 5,2 sur 10, p&lt;0,01) et à 12 mois. Il y avait également moins de douleur lombaire et un meilleur score fonctionnel. Il n&rsquo;y avait pas plus d&rsquo;effets secondaires dans le traitement chirurgical, 1 seul patient a dû être réopéré. Une option qui pourrait se justifier chez certains patients, mais un suivi plus long pourrait être intéressant.</p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3161334/fr/troubles-du-neurodeveloppement-reperage-et-orientation-des-enfants-a-risque#xtor=EPR-1-%5BL'actu%20de%20la%20HAS%5D-20200323">HAS</a> a publié un guide de repérage des troubles du développement de l&rsquo;enfant. La partie la plus importante en médecine générale concerne la <a href="https://handicap.gouv.fr/IMG/pdf/brochure_reperage_tnd_2020.janv.pdf">brochure</a> de suivi pour les moins de 7 ans, avec une page à compléter par âge &ldquo;clé&rdquo;: 6, 12, 18, 24, 36 mois et 4, 5, 6 ans. Cela permet d&rsquo;adresser au mieux vers la plateforme de coordination et d’orientation des TSA/TND (lorsqu’elle existe).</p>
<p>5/ Neurologie-psychiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.m710">BMJ</a> a publié un article sur la prise en charge de la dépendance aux opioïdes illicites. Cet article permet de revoir les principales étapes de cette prise en charge (évaluation, plan de soins médicamenteux, modifications comportementales et rétablissement). Il est intéressant mais manque, je trouve, d&rsquo;éléments pratiques.</p>
<p>Des recommandations américaines parlent de l&rsquo;<a href="https://annals.org/aim/fullarticle/2761421/management-chronic-insomnia-disorder-obstructive-sleep-apnea-synopsis-2019-u">insomnie et du syndrome d&rsquo;apnées du sommeil</a>. Concernant l&rsquo;insomnie, les auteurs recommandent en 1er lieu un traitement par psychothérapie congnitivo-comportementale.  L&rsquo;auriculothérapie aurait peut-être une efficacité, mais les auteurs sont contre l&rsquo;utilisation de la mélatonine, des anti-histaminiques, des benzodiazépines, de la valériane et de la camomille (comme quoi ils ne font pas la même analyse que d&rsquo;autres). Les auteurs font en faveur d&rsquo;un traitement court par benzodiazépine apparentée ou par 3 à 6 mg de doxépine (Quitaxon*, je ne le connaissais pas celui-là, c&rsquo;est un tricyclique).</p>
<p>Concernant le dépistage du SAOS, les auteurs recommandent l&rsquo;utilisation du questionnaire STOP (Snoring= ronflement, Tired= fatigue, Observed apnea= apnées remarquées par le.a conjoint.e, Pressure= HTA) qui est positif dès 2 items présents chez le patient. Pour un SAOS sévère (IAH&gt;30), le traitement par pression positive est recommandé, mais entre 5 et 30, une orthèse d&rsquo;avancée mandibulaire peut être proposée si le patient n&rsquo;est pas motivé par l&rsquo;appareil de pression positive (même si le bénéfice des traitements pour un IAH &lt; 15 est peu clair).</p>
<p>6/ L&rsquo;article quali de @DrePetronille</p>
<p><a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13625187.2020.1736545">L&rsquo;article</a> suédois de la semaine parle de contraception et s&rsquo;intéresse plus précisément au ressenti de 24 femmes sur leur sexualité sous contraception hormonale à travers une analyse thématique :</p>
<ul>
<li>La prise de conscience des effets du traitement hormonal survient le plus souvent au moment de l&rsquo;arrêt, notamment lorsque la contraception est prise depuis longtemps : &ldquo;être soi-même&rdquo; et vouloir le rester amène à réfléchir aux moyens de contraception, hormonaux ou non, et à la balance bénéfice/effets indésirables du traitement pris ;</li>
<li> Les femmes rapportent une altération de la sexualité sous traitement hormonal: conditions défavorables locales (diminution de la  lubrification, sensations moins agréables) et générales (diminution du désir, de l&rsquo;excitation et du plaisir). Pour les femmes présentant des dysménorrhées, en revanche, la contraception permettait de retrouver une sexualité plus épanouie, même s&rsquo;il y avait une &ldquo;uniformité&rdquo; lors des cycles, en diminuant les douleurs et en améliorant le confort quotidien ;</li>
<li>De même, les femmes rapportaient des troubles dépressifs en lien avec la prise de contraception hormonale, influant sur le choix de celle-ci. Ces troubles pouvaient avoir pour conséquence des troubles de la libido. Comme pour les dysménorrhées, les femmes souffrant de syndrome pré-menstruels trouvaient un bénéfice supérieur lié au traitement hormonal que ses effets indésirables ;</li>
<li>Enfin, les auteurs ont exploré le rôle du prescripteur : à l&rsquo;adolescence, celui-ci doit avoir un rôle plus directif puis, au fur et à mesure de la vie contraceptive, se diriger vers un accompagnement de la femme dans ses choix. L&rsquo;existence d&rsquo;une pathologie (par exemple l&rsquo;endométriose) rajoute une difficulté dans les choix contraceptifs des femmes et nécessite une expertise du prescripteur. Dans tous les cas, il est nécessaire d&rsquo;avoir une relation prescripteur-femme de qualité en explorant notamment les différentes expériences contraceptives ainsi que leurs connaissances et en leur donnant une information complète.</li>
</ul>
<p>C&rsquo;est fini ! On vous dit bon courage, à la semaine prochaine et n&rsquo;oubliez pas de vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
à la newsletter par mail ou les 3! (Il faut inscrire votre e-mail tout en haut à droite
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l&rsquo;objet ressemble à un nom de spam, qui vous sera envoyé.)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°262 : hydroxychloroquine, complications ORL/antibiotiques, allergie pénicilline (PEN-FAST)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/03/dragi-webdo-n262/</link><pubDate>Sun, 22 Mar 2020 10:35:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/03/dragi-webdo-n262/</guid><category>Infectiologie</category><category>Pharmacovigilance</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous ! Cette période de confinement, je vous souhaite tout le courage possible. Pas beaucoup d&rsquo;articles, mais on va commencer par étoffer un peu la biblio concernant le COVID en complément de l&rsquo;article de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/03/journal-de-bord-dune-epidemie.html">mardi</a> avant de parler des quelques autres actualités. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Infectiologie</p>
<p>Pour commencer, l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/COVID-19-l-ANSM-prend-des-mesures-pour-favoriser-le-bon-usage-du-paracetamol">ANSM</a> a publié des mesures concernant le bon usage du paracetamol. Ensuite, l&rsquo;agence rappelle les risques potentiels des AINS en cas d&rsquo;infection à coronavirus. Dans ce contexte et pour limiter une pénurie, la délivrance du paracetamol est restreinte à 2 boites par patient en cas de fièvre ou douleur (1 sinon), et les ventes par internet de paracetamol, d&rsquo;ibuprofène et d&rsquo;aspirine sont suspendues.</p>
<p>Suite à l&rsquo;annonce du succès de l&rsquo;hydroxychloroquine + azithromycine dans une publication, regardons cet <a href="https://www.mediterranee-infection.com/hydroxychloroquine-and-azithromycin-as-a-treatment-of-covid-19/">article</a>. C&rsquo;est un essai non randomisé ayant inclus 26 patients traités versus 16 contrôles. On voit que 6 patients du groupe traitement été exclus (dont des transfert en réa, décès&hellip;), et donc 20 patients ont été comparés aux 16 contrôles pour obtenir une réduction de charge virale sous traitement à J6 (étrangement ce n&rsquo;était pas une date prévue au protocole pré-enregistré). Ainsi 70% des patients traités avaient une charge virale négative à J6 contre 12,5% chez les contrôles (différence significative). Certains ont refait les calculs en comptant les 6 patients exclus comme des échecs pour tenter de contrebalancer ces exclusions: il y a toujours une différence significative en faveur du traitement. Cependant, l&rsquo;étude n&rsquo;étant pas randomisée, on ne sait comment ont été sélectionnés les patients contrôlés et on ne peut négliger les aggravations sous traitement. Cette étude n&rsquo;a pas évalué les issues cliniques du traitement. Cette étude devrait encourager à de nouveaux essais. En attendant, les <a href="https://sfar.org/download/recommandations-dexperts-portant-sur-la-prise-en-charge-en-reanimation-des-patients-en-periode-depidemie-a-sars-cov2/?wpdmdl=25387&amp;refresh=5e76942ed2ef11584829486">recommandations</a> semblent plutôt être pour essayer ce traitement chez les patients hospitalisés en réanimation, surtout depuis l&rsquo;échec de l&rsquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa012354">association lopinavir-ritonavir</a>.</p>
<p>On dit souvent que l’objectif du traitement antibiotique des infections ORL est symptomatique, les complications étant très rares. Cet étude rétrospective du <a href="https://bjgp.org/content/early/2020/03/09/bjgp20X708821">BJGP</a> a étudié la survenue de complications dans les otites et sinusites selon la mise sous antibiotiques. Les auteurs retrouvent que les antibiotiques réduisent significativement le risque de mastoidite dans l&rsquo;otite moyenne aigue (NNT= 2181) et d&rsquo;abcès cérébraux dans la sinusite aigue (NNT=19 988). Bon, alors, la question est de savoir si c&rsquo;est cliniquement pertinent du coup&hellip;. Autant pour la sinusite, ça n&rsquo;a pas l&rsquo;air, autant d&rsquo;un point de vue de santé publique et vue le nombre d&rsquo;otite moyenne, on pourrait se poser la question même si elles guérissent souvent spontanément après l&rsquo;âge de 3 ans (cf les recos etc&hellip;)</p>
<p>2/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Parlons encore d&rsquo;allergie à la pénicilline (cf les fois précédentes <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/01/dragi-webdo-n211.html">ici</a>), mais à chaque fois, je trouve que les articles sont mieux. Cet article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2762878">JAMA internal medicine</a> a permis de développer un score &ldquo;PEN-FAST&rdquo; évaluant le risque d&rsquo;allergie. Ce score simple sur 5 points est établi avec seuil de positivité placé à 3 points ou plus. Ainsi, le score a une sensibilité de 71%, une spécificité de 79%, VPP de 25% et VPN de 96%. Il permet ainsi d&rsquo;exclure facilement une allergie si le score est faible.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEigIDGSuvEaX-hddJOZZG254uHZod2HjjNjZ5aZckHhEpV_U104XAUBlb6JzUzNIbVBoNny8GIxBl1pEjnErtqiwdWi3G2ZrnNB27xo62dDJq-VYJPIUDQft_Z_5VFFd699AMXB5CnZGuIG/s1600/PEN-FAST.png"><img src="/images/articles/2020/pen-fast.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>La <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD008962/MUSKEL_therapie-par-ondes-de-choc-pour-les-pathologies-de-la-coiffe-des-rotateurs-avec-ou-sans">Cochrane</a> a publié une revue concernant les thérapies par ondes de choc dans les pathologies de la coiffe des rotateurs. Les auteurs rapportent des bénéfices modestes sur la douleur (NNT de 25 patients pour réduire la douleur d&rsquo;au moins 50%) et la fonction (8 points sur 100) suite à ce traitement versus placebo. Il y avait un peu plus d&rsquo;effets indésirables mais pas plus d&rsquo;arrêts pour effets indésirables. Le niveau de preuve global est faible et nécessite d&rsquo;autres études.</p>
<p>4/ Médecine interne</p>
<p>Le [BMJ](http://State of the Art ReviewManagement of ANCA associated vasculitisBMJ 2020) s&rsquo;intéresse aux vascularites à ANCA (oui, le COVID prend toutes l&rsquo;actualité et j&rsquo;avais pas grand chose d&rsquo;autre à raconter, mais ça peut servir!). De notre point de vue, je ne signalerai donc que les évènements qui doivent faire suspecter une vascularite à ANCA et donc entrainer un dosage:</p>
<ul>
<li>sclérite, lésions pulmonaires, hémorragie alvéolaire, glomérulonéphrite, mononévrite multiple, sinusite chronique avec croûtes, vascularite cutanée.</li>
</ul>
<p>5/ L&rsquo;article quali de la semaine par @DrePetronille</p>
<p><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7034460/">L&rsquo;article</a> quali
de la semaine est une étude qualitative menée à Hong Kong, afin
d&rsquo;analyser les facteurs influant l&rsquo;évaluation du risque par les
infirmières des urgences face à des infections émergentes, celles-ci
ayant un rôle indispensable de tri en contexte épidémique. L&rsquo;analyse a
été thématique. L&rsquo;étude n&rsquo;a pas été réalisée en contexte épidémique. Les
5 thèmes influençant l&rsquo;évaluation du risque retrouvés étaient les
suivants:</p>
<ul>
<li>
<p>La nouveauté de la maladie : perturbe l&rsquo;évaluation,
devant le manque de connaissances sur les symptômes mais aussi devant la
peur de contracter la maladie</p>
</li>
<li>
<p>La gravité de la maladie : par la combinaison de la létalité et de la contagiosité (incidence)</p>
</li>
<li></li>
</ul>
<p>La proximité géographique de l&rsquo;épidémie : plus l&rsquo;épidémie est proche
géographiquement, plus les infirmières se sentaient concernées</p>
<ul>
<li></li>
</ul>
<p>La complexité des maladies infectieuses émergentes : lorsqu&rsquo;elles sont
plusieurs simultanément par exemple, rend difficile l&rsquo;évaluation du
risque</p>
<ul>
<li>L&rsquo;implication des autorités : facteur majeur identifié
par les IDE dans leur évaluation des risques, en fonction du niveau
d&rsquo;alerte et du plan de prise en charge proposé par les agences de santé.</li>
</ul>
<p>Cette
étude rappelle les critères qui influent sur les évaluations de risque,
néanmoins, effectuée hors contexte épidémique, il est fort probable que
d&rsquo;autres facteurs, plus émotionnels, plus intimes jouent sur
l&rsquo;évaluation des soignant·es. Il est surprenant par exemple de ne pas
trouver d&rsquo;éléments sur les proches ou soignant·es ayant été infectés, ou
sur les images, données chiffrées, alimentées en continu dans les
médias. Prenez soin de vous, surtout.</p>
<p>C&rsquo;est fini, bonne semaine à tous, restez chez vous pour les non soignants, et bon courage pour les confinés et les soignants!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhNYU3HnkCuEsT-ITkrIFB1IzsqfN35UqEWSp2hGBb2yib3aOZyji6Hk8F4r0cBIXuJsJP0VC7p3DnwktOpoZ8X3WvQ88PQU5GQbqJEgE6aUvdMSX8wdYDixq-73HkD_sRBirhnX_iqdPN5/s1600/tenor.gif"><img src="/images/articles/2020/tenor.gif" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Journal de bord d'une épidémie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/03/journal-de-bord-d-une-epidemie/</link><pubDate>Tue, 17 Mar 2020 12:30:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/03/journal-de-bord-d-une-epidemie/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Il y avait trop longtemps que je n&rsquo;avais pas écrit autre chose que de la médecine sourcée. Il aura donc fallu cette épidémie et une proposition d&rsquo;une médecin généraliste nantaise pour que je rédige ce billet. Elle a proposé que chacun écrive un récit sur sa vision sur cette période inédite.</p>
<p>Ça a commencé en Chine, c&rsquo;était loin. Puis ça s&rsquo;est étendu en Asie. C&rsquo;était toujours loin. L&rsquo;Italie, c&rsquo;était déjà beaucoup plus près. On est parti de discussions du type &ldquo;c&rsquo;est une grosse grippe, faut se protéger comme d&rsquo;habitude, se laver les mains etc&hellip;&rdquo;. Mais quand l&rsquo;épidémie s&rsquo;est propagée et a inondé la France, c&rsquo;est pas pareil. Des connaissances contaminées, des connaissances hospitalisées, aucune décédée fort heureusement à ce jour.</p>
<p>Les annonces et déclarations se sont succédées: stade 2, puis stade 3. Je crois que c&rsquo;est vraiment là que le déclic s&rsquo;est produit. Achat de surblouses pour consulter, alors que j&rsquo;avais toujours dit ne pas vouloir consulter en blouse. Téléconsultations pour des patients pouvant se déplacer au cabinet, alors que j&rsquo;avais toujours dit que, selon ma vision des besoins de téléconsultations, elles ne s&rsquo;appliquaient pas pour ces patients là. Gestion des stocks de désinfectants, gestion des stocks de masques, gestion des stocks de solution hydro-alcoolique. Gestion, pas vraiment, rationnement plutôt&hellip;</p>
<p>Le cabinet s&rsquo;est mobilisé. #SuperCollab a révolutionné l&rsquo;organisation, protocoles de désinfection, circuits de patients. #JeuneAssociée s&rsquo;est rapidement adapté en se mettant à la téléconsultation. #SecrétaireTop a peur, a du mal à gérer les demandes des patients qui veulent des arrêts pour ne pas aller au travail, qui veulent un RDV parce qu&rsquo;ils sont inquiets, qui veulent des masques alors qu&rsquo;on en a plus. #PharmacienneDuDessous est en train de préparer de la solution hydroalcoolique maison. #LaboCool n&rsquo;a pas de test et dit qu&rsquo;ils n&rsquo;en auront pas. Pendant ce temps là, on a des soucis avec #VieilAssocié qui dit qu&rsquo;il faut accepter la mortalité, qu&rsquo;il y aura d&rsquo;autres épidémies, qui ne veut pas arrêter ses consultations sans rendez-vous. On a dû s&rsquo;organiser autour de cela pour ne pas exposer les patients. En fait, d&rsquo;eux même, les patients se sont régulés pour ne pas être nombreux en salle d&rsquo;attente et souvent, ils se sont procuré des masques.</p>
<p>Le premier lundi de stade 3, je n&rsquo;avais pas d&rsquo;interne pour cette journée test. J&rsquo;ai enfilé ma nouvelle surblouse (j&rsquo;ai essayé d&rsquo;en prendre une qui ne faisait pas trop hôpital), j&rsquo;ai branché ma nouvelle webcam, mis le micro-casque à charger, installé le logiciel de la webcam, préparé les téléconsultations, informé la secrétaire des modalités des téléconsultation, ouvert coronaclic.fr avant que le site ne soit saturé et reçu les produits de désinfection rapportés par #Supercollab. Ce qui apparaissait infaisable semblait maintenant abordable pour gérer la crise. A peine 15 minutes de retard au démarrage.</p>
<p>Les impressions des patients étaient hétérogènes, passant de la réassurance par les mesures mises en œuvre &ldquo;pas de souci pour le retard, il faut bien que vous vous organisiez face à tout ça&rdquo; à l&rsquo;humour masquant peut être la crainte &ldquo;je ne pensais pas que j&rsquo;allais me faire opérer aujourd&rsquo;hui!&rdquo;. Quand soudain, l&rsquo;heure de la 1ère téléconsultation arriva. Je devais être plus angoissé que le patient sur ce mode de consultation. Après tout, fièvre et céphalées, c&rsquo;est pas si dur. J&rsquo;avais imprimé le protocole fournit pour bien gérer les éléments en téléconsultation, car je n&rsquo;ai jamais appris à téléconsulter. Et c&rsquo;est troublant. Il faut dire que la panne de webcam du patient n&rsquo;a pas aidé à me rassurer. J&rsquo;ai blindé les conseils, fait l&rsquo;arrêt de travail, insisté sur la réévaluation et les signes d&rsquo;alerte. La 2ème téléconsultation concernait un motif administratif. Au final, avec la partie technique, c&rsquo;était presque plus long qu&rsquo;une consultation normale, avec des conditions moins favorables d&rsquo;examen. Bref, ça n&rsquo;a pour le moment pas modifié mon opinion sur la téléconsultation.</p>
<p>La journée enfin terminée, désinfection du cabinet, nouvelle discussion avec #VieilAssocié et nouveaux désaccords. J&rsquo;ai eu une peu de courbatures, probablement lié à la fatigue. J&rsquo;ai pris ma température, 37,2°C, ouf. Je ne suis pas du tout anxieux ni inquiet. Tout comme hier, quand j&rsquo;ai eu transitoirement une douleur respiratoire: SaO2: 98%, auto-auscultation: RAS. Pas du tout inquiet. La surblouse rangée et un &ldquo;à bientôt&rdquo; à #SuperCollab plus tard, direction la maison en entendant les nouvelles mesures &ldquo;de guerre&rdquo; à la radio, avant d&rsquo;aller lire, pour décompresser, les 70 mails reçus dans la journée parlant de la Coronavirus Disease 2019.</p>
<p>Bref, si on s&rsquo;intéresse à ce qui se dit autour du monde, la <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMp2003539">téléconsultation</a> est en effet un moyen de faire évoluer les soins dans ce contexte. Sur les bases de données <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2002032">chinoises</a>, la majorité des patients étaient des hommes, et les principaux symptômes sont la fièvre et la toux. Il y avait 6% d&rsquo;hospitalisation en soins intensifs et 1,4% de décès. Des <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(20)30125-9/fulltext">analyses</a> plus récentes retrouvent plutôt 2,3% de décès, avec des <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.m800">variations</a> allant entre 0,2% chez les moins de 50 ans à presque 15% chez les plus de 80 ans.</p>
<p>On s&rsquo;inquiète aussi que des patients jeunes avec <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2763184">obésité et hypertension</a> artérielle aient des formes compliquées. Le coronavirus a besoin de l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2760782">enzyme de conversion de l&rsquo;angiotensine 2</a> pour entrer dans les cellules. Ainsi, comme les AINS entrainent augmentation de la production d&rsquo;ECA2, ils favorisent l&rsquo;infection. On peut aussi en conclure que si les patients avec &ldquo;juste&rdquo; une hypertension sont plus sévères, c&rsquo;est  peut être parce que les <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(20)30116-8/fulltext">IEC et  ARAII</a> entrainent aussi une accumulation d&rsquo;ECA2. Mais normalement, ils n&rsquo;ont pas d&rsquo;action sur l&rsquo;ECA2, donc ce ne sont que des hypothèses et il ne semble <a href="https://www.eshonline.org/spotlights/esh-statement-on-covid-19/">pas raisonnable d&rsquo;arrêter</a> ces traitements antihypertenseurs de façon préventive.</p>
<p>Je finirai par une infographie du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/newonline/2020/3">JAMA</a> concernant les masques: c&rsquo;est tout un rituel!</p>
<p>A bientôt,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgA6NuxxQqQ3P472TM2BvwH1BrSCBtTeJHgGI9zdDLdHY8b5iPgZDErscf4RO0jwKjdpa7Z2MTjl1plte8QdXmdunVpRic5Y0fFRWgAlhSsHYxzRQ8dqvjSLlbKAn6p22_Pf1R5F04tlCfQ/s1600/masks.png"><img src="/images/articles/2020/masks.png" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°261 : COVID-19 (reco), CMV (reco), Clostridium difficile (reco US), mélatonine (reco), AOD/AVK (Cacao study), gabapentine/alcool</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/03/dragi-webdo-n261/</link><pubDate>Sun, 15 Mar 2020 22:27:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/03/dragi-webdo-n261/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous, l&rsquo;actualité sera bien évidement marquée par la pandémie de coronavirus. Beaucoup d&rsquo;articles étaient intéressants cette semaine, alors je vais essayer de synthétiser. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;étude française <a href="http://www.annfammed.org/content/18/2/131">Cacao</a> a été publiée dans Annals of Family Medicine. Elle a inclus plus de 3000 patients ambulatoires et comparait la sécurité et l&rsquo;efficacité des AVK avec les anticoagulants oraux directs. On notera que les molécules avec le moins bon niveau de preuve étaient les plus prescrites (fluindione et rivaroxaban) et qu&rsquo;il y avait que 20% de prescriptions de coumadine chez les patients sous AVK et 5% d&rsquo;apixaban chez les patients sous AOD. Après appariement sur un score de propension pour prendre en compte les facteurs de confusion, il y avait moins de saignements globaux sous AVK (NNT pour éviter un saignement avec AVK= 40 patients par an), sans majoration des évènements cardiovasculaires. Cependant, le risque de mortalité était supérieur sous AVK par rapport aux AOD (avec un NNH des AVK estimable à 40 patients par an pour 1 décès) et ce n&rsquo;était pas lié à des saignements. Donc, il semble raisonnable de préférer à mon avis les AOD vu les données actuelles, mais préférer les molécules faisant moins saigner notamment l&rsquo;apixaban (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/07/dragi-webdo-n191.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/12/dragi-webdo-n207.html">là</a>).</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Contraception-rappel-en-pharmacie-de-certains-anneaux-vaginaux-et-conseils-aux-femmes-qui-les-portent-Point-d-information">ANSM</a> informe des risques de rupture d&rsquo;anneau contraceptif (Etoring et Mylan) pouvant diminuer l&rsquo;efficacité. Une rupture est suspectée devant un inconfort vaginal, une douleur vaginale de type pincement, un saignement vaginal (lié à une érosion superficielle), une expulsion spontanée de l’anneau rompu, une non perception de la forme ronde de l’anneau à la palpation ou des douleurs lors des rapports sexuels.</p>
<p>Les chercheurs de l&rsquo;<a href="https://www.thelancet.com/journals/eclinm/article/PIIS2589-5370(20)30052-3/fulltext">Université de Lyon 1</a> ont retrouvé que le risque de choc toxinique staphylococcique était plus fréquent dès 6h de port d&rsquo;un tampon menstruel (et non 8 comme recommandé) et en cas d&rsquo;utilisation de tampons pendant la nuit (qui dure généralement plus de 6 heures).</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>L&rsquo;efficacité des IEC pour réduire la mortalité et le déclin rénal est bien connu. Mais cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2762699">étude</a> s&rsquo;est intéressée au bénéfice de la poursuite des IEC en cas d&rsquo;insuffisance rénale sévère (DFG estimé &lt; 30mL/min). Les auteurs retrouvent une moindre mortalité à 5 ans chez les patients pour qui l&rsquo;IEC a été poursuivi (NNT= 18!) notamment lié à une réduction des évènements cardiovasculaires et sans majoration de la progression vers l&rsquo;insuffisance rénale terminale. Donc poursuivre les IEC semble être une bonne idée (en surveillant le potassium bien évidemment).</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Dans la prise en charge du coronavirus, plusieurs documents ont été publiés sur lesquels on va pouvoir s&rsquo;appuyer en médecine de ville:</p>
<p>1/ le site: <a href="https://lecmg.fr/coronaclic/">https://lecmg.fr/coronaclic/</a> fait par les collèges et sociétés savantes de MG et d&rsquo;infectiologie. Il y a surtout le &ldquo;grand&rdquo; algorithme <a href="https://lecmg.fr/wp-content/uploads/2020/03/Prise-en-Charge.pdf">ici</a>, mais aussi les mesures à prendre au cabinet, des infos sur le virus etc&hellip;</p>
<p>2/ <a href="https://www.urps-med-idf.org/wp-content/uploads/2020/03/covid-fiche-patient-domicile-13mars.pdf">Fiche info patient à domicile</a> par l&rsquo;ARS idf et l&rsquo;URPS (et ici un <a href="https://www.urps-med-idf.org/wp-content/uploads/2020/03/covid-19-arbre-decisionnel-phase-3.pdf">algorithme</a> des mêmes auteurs, simplifié, mais moins précis sur les éléments seuils)</p>
<p>3/ Les pharmaciens d&rsquo;officine peuvent renouveler les traitements avec les anciennes ordonnance jusqu&rsquo;au 31 mai, d&rsquo;après un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=6882869CA1D219066309683F0BAA0F06.tplgfr34s_1?idArticle=JORFARTI000041722941&amp;cidTexte=JORFTEXT000041722917&amp;dateTexte=29990101&amp;categorieLien=id">arrêté</a> paru hier.</p>
<p>4/ En gros:<br>
a) les personnes devant être testées sont les patients symptomatiques avec comorbidités et les professionnels de santé symptomatiques (je n&rsquo;ai pas vu de détails sur comment se déroulent les prélèvements en ville par contre&hellip; alors si quelqu&rsquo;un sait, n&rsquo;hésitez pas à commenter en bas!)<br>
b) les patients avec comorbidités devraient avoir les mesures pendant 14 jours. Certains organismes préconisent un arrêt de travail de 20 jours mais ce n&rsquo;est pas dans les textes (à cet instant, pareil, si quelqu&rsquo;un a une réponse, un petit commentaire me ferait grandement plaisir!).<br>
c) Ces comorbidités sont:<br>
-Personnes âgées de 70 ans et plus ;<br>
-Insuffisance respiratoire chronique sous oxygénothérapie ou asthme ou mucoviscidose ou toute pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale ;<br>
-Insuffisance rénale chronique dialysée ;<br>
-Insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;<br>
-Cirrhose ≥ stade B ;<br>
-Antécédents cardiovasculaires : hypertension artérielle, ATCD accident vasculaire cérébral ou coronaropathie, chirurgie cardiaque ;<br>
-Diabète insulinodépendant ou présentant des complications secondaires à leur pathologie (micro ou macro angiopathie) ;<br>
-Immunodépression :<br>
-Médicamenteuse : chimiothérapie anti cancéreuse, immunosuppresseur, biothérapie<br>
et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive<br>
-Infection à VIH non contrôlé ou avec des CDA &lt; 200/mm3<br>
-Greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétique<br>
-Cancer métastasé<br>
-Obésité morbide IMC &gt; 40<br>
-Grossesse (par précaution)</p>
<p>5/Les téléconsultations doivent se dérouler en veillant à rechercher:<br>
a) Signes de détresse respiratoire :<br>
***Demander à voir le patient torse nu, et regarder la manière de respirer,<br>
***Recherche de signes de cyanose des extrémités (visualisation des mains),<br>
***Recherche de signes de polypnée / dyspnée d’effort : signes respiratoires pendant la discussion (essoufflement, difficulté à finir ses phrases sans pause),<br>
***La fréquence respiratoire : signe de gravité si &gt;22/min<br>
***Si on dispose d’un saturomètre digital : une oxymétrie de pouls (SpO2) : signe de gravité si &lt; 90% en air ambiant<br>
***Une pression artérielle systolique : si le patient dispose d’un brassard, demander la tension (PAS&lt; 90 mmHg)<br>
b) Altération de la conscience<br>
c) Déshydratation<br>
d) Altération de l’état général brutal chez le sujet âgé.</p>
<p>On continue avec l&rsquo;<a href="http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2020/01/Audition-foetale-Commission-X-VOT%C3%89.pdf">Académie de Médecine</a> qui s&rsquo;est intéressé au CMV pendant la grossesse. Les auteurs du rapport recommandent un dépistage en début de grossesse à toutes les femmes enceintes, ainsi qu&rsquo;à tous les nouveaux nés, de s&rsquo;assurer de l&rsquo;efficacité du dépistage des troubles auditifs à la naissance et de mener des actions de prévention dans les établissements pour enfants de moins de 3 ans. Le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/03/dragi-webdo-n173.html">CNGOF</a> était ambivalent parlant un dépistage occasionnel et le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/12/dragi-webdo-n209.html">HCSP</a> s&rsquo;était opposé à un dépistage systématique. En lisant le texte complet de l&rsquo;Académie, on peut comprendre l&rsquo;intérêt du dépistage néonatal. Cependant, dépister au 1er trimestre pour rassurer (et si ça ne rassure pas? car une séro + n&rsquo;évite pas les réinfections et réactivations), établir précocement le pronostic (si ça permet d&rsquo;agir, mais on va y venir), et traiter jusqu&rsquo;à l&rsquo;accouchement par 8g de valaciclovir par jour jusqu&rsquo;à l&rsquo;accouchement (et ça marche? c&rsquo;est sur la base d&rsquo;une seule étude de phase 2 non randomisée incluant 43 fœtus et comparant les évènements à des cohortes historiques datant d&rsquo;il y plus de 10 ans&hellip;. Bref). Le traitement par valaciclovir devrait être utilisé dans le cadre de la recherche, et vu que les autres études n&rsquo;ont pas réussi à inclure suffisamment de patients, on se pose la question de la pertinence d&rsquo;un dépistage de masse. Les mesures d&rsquo;informations et de prévention restent le meilleur outil à utiliser.</p>
<p>Des recommandations américaines concernant le <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/32150234">Clostridium Difficile</a> ont été mis à jour. Le traitement par 125g de vancomycine per os pendant 10 jours (en France: rétrocédable par les pharmacies hospitalières) est le traitement de 1ère intention, tout comme  la flidaxomicine (DIFICLIR*, à prescription initiale hospitalière). Le metronidazole est un traitement alternatif en cas de non disponibilité des 2 autres traitements.</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Des experts ont publié des recommandations concernant l&rsquo;utilisation de la <a href="https://www.em-consulte.com/article/1326593/alertePM">mélatonine</a> dans les pathologies psychiatriques.  On y voit que la mélatonine à des doses inférieures ou égales à 1mg donnée 6 à 2h avant le sommeil a un effet chronobiotique favorisant l&rsquo;endormissement, et à des doses de 2 à 5mg donnée 30min avant le coucher a un effet soporifique. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;effet clair sur les pathologies sous-jacentes, mais le traitement permettrait d&rsquo;améliorer les troubles du sommeil.</p>
<p>Après les controverses concernant le baclofène dans la prise en charge de la dépendance alcoolique, c&rsquo;est la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2762700">gabapentine</a> qui est testée. Dans cette étude ayant inclus 90 patients environ, les patients traités par gabapentine à 1200mg/j étaient plus souvent abstinents à 4 mois avec un NNT de 7! Cependant, l&rsquo;efficacité n&rsquo;était vraiment retrouvée que chez les patients avec des symptômes de sevrage importants.</p>
<p>Merci pour votre attention, prenez soins de vous et de vos proches dans cette période de pandémie. Je vous invite toujours à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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sur la page, sans oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail, dont
l&rsquo;objet ressemble à un nom de spam, qui vous sera envoyé.)</p>
<p>A la semaine prochaine et pensez à bien vous laver le nez (merci au Jama pour l&rsquo;infographie!)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgWYuowHXfVj7yndbQG6yqwmGi5A65E1WoIDTj2xxitzb66UdJ8Q-woGyixbsImw2tvVhaQXGMJ2U7l_4DLxrfb7Ci8mFlhCAn8CTLDkyshpmuDrqcVbdOVYQL_9pJGfLS2QmvXNW2e2TYO/s1600/DRP.png"><img src="/images/articles/2020/drp.png" alt=""></a></p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°260 : déformations crâniennes positionnelles (recos HAS), dépistage VHC (recos US), coopération interprofessionnelle, dépistage LCH</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/03/dragi-webdo-n260/</link><pubDate>Sun, 08 Mar 2020 16:29:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/03/dragi-webdo-n260/</guid><category>Pédiatrie</category><category>Infectiologie</category><category>Addictologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Je n&rsquo;ai pas vu énormément de choses cette semaine, peut être à cause du COVID-19 qui monopolise pas mal les journaux. Pour commencer, des protocoles de coopération interprofessionnelle publiés au journal officiel: prise en charge de l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041697945&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">entorse de cheville</a> et de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041697989&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">lombalgie aigüe</a> par le kiné, prise en charge de l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041697956&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">odynophagie</a>, de l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041697967&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">infection urinaire basse</a>, de l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041704192&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">éruption vésiculeuse de l&rsquo;enfant</a> (i.e. varicelle) et renouvellement de traitement pour la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041697978&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">rhinite allergique</a> par les infirmiers et les pharmaciens, réalisation de <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041704181&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">sutures</a> par les infirmiers (merci à Stéphane Munck pour la veille sur le sujet!). Des formations sont prévues, les algorithmes sont pas mal à première vue (genre jamais d&rsquo;AINS dans l&rsquo;odynophagie, les anti-histaminiques ne sont pas notés dans les traitements symptomatiques de la varicelle, les critères pour adresser, la place du <em>gut feeling</em> du professionnel de santé&hellip;). C&rsquo;est parti pour la suite, bonne lecture!</p>
<p>1/ Pédiatrie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3151574/fr/prevention-des-deformations-craniennes-positionnelles-dcp-et-mort-inattendue-du-nourrisson">HAS</a> a publié des recommandations concernant les déformations crâniennes positionnelles et sur la mort inattendue du nourrisson. Concernant ce qui concerne la position et le couchage, rien n&rsquo;a changé, il faut toujours que le nouveau-né dorme strictement sur le dos, dans un lit à barreau dans la chambre parentale pendant les 6 premiers mois, sans partage du lit parental. Concernant les déformations crâniennes positionnelles (plagiocéphalies, brachycéphalie et craniosynostose), il n&rsquo;y a pas de mesures préventives. Quand une déformation est présente, il est recommandé de rechercher un torticolis qui peut être postural (intermittent, attitude préférentielle sans limitation à la mobilisation) ou musculaire congénital (avec limitation permanente à la mobilisation passive) qui nécessite une prise en charge par un kinésithérapeute à orientation pédiatrique. Aucune donnée ne permet de recommander l&rsquo;ostéopathie (mais les auteurs mettent quand même qu&rsquo;en 2ème ligne on pourrait y avoir recours&hellip;.). En l&rsquo;absence d&rsquo;amélioration à 6 mois, un avis en centre spécialisé doit être pris.</p>
<p>Un article du <a href="https://bjgp.org/content/early/2020/02/20/bjgp20X708269">BJGP</a> s&rsquo;est intéressé au dépistage de la luxation congénitale de hanche chez le nourrisson qui est recommandé avec un examen clinique à 6 et 8 semaines en médecine générale. Les auteurs retrouvent que cet examen a une sensibilité de 16,7% (bof&hellip;) et une spécificité de 99,8% (youpi!), ce qui donnait une VPP de 3,5% et une VPN de 100%. C&rsquo;est la manœuvre d&rsquo;Ortolani qui était la plus prédictive d&rsquo;une LCH. Bref, c&rsquo;est pas génial, mais en France, l&rsquo;examen de hanches est recommandé 1 fois par mois jusqu&rsquo;à acquisition de la marche, donc l&rsquo;examen est bien plus répété que dans le protocole évalué ici.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi3445gBumRnVksLczskQ8A7IcxjpEvmw8HQBe1lLfZE3__1WMEyqXUXqE10siszgUf_pNh66CF_t3FJio8-UT_AB71OkhzN1HVffkxQGhJly0YrPYO0x5voRmo_petPeiUMe9AAmINo2hz/s1600/lch.png"><img src="/images/articles/2020/lch.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Une étude d&rsquo;<a href="https://annals.org/aim/article-abstract/2762506/effect-influenza-vaccination-elderly-hospitalization-mortality-observational-study-regression-discontinuity">Annals of Internal Medicine</a> s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;efficacité du vaccin antigrippal dans une étude observationnelle. Les auteurs retrouvent que les patients de plus de 65 ans étaient plus souvent vaccinés, mais qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;argument pour dire que la vaccination réduisait les hospitalisations et les décès chez ces patients vaccinés. Ils concluent que la stratégie basée sur une vaccination systématique des plus de 65 ans n&rsquo;est pas optimale.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2762186">USPSTF</a> a publié des recommandations sur le dépistage de l&rsquo;hépatite C. L&rsquo;agence américaine recommande un dépistage systématique chez les patients de 18 à 79 ans compte tenu du bénéfice du traitement qui peut être instauré chez tous les patients. En France, le dépistage n&rsquo;était pas recommandé systématiquement, mais seulement en cas de facteurs de risque, mais ça pourrait aussi évoluer de la même façon. (je remets les recos HAS sur le traitement  <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/05/dragi-webdo-n229.html">ici</a>)</p>
<p>Pour finir cette partie, la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3159895/fr/utilisation-du-vaccin-contre-la-maladie-a-virus-ebola-ervebo">HAS</a> vient de valider l&rsquo;utilisation d&rsquo;Ervebo, 1er vaccin anti Ebola, chez les professionnels se rendant en zone à risque, ceux à risque de prendre en charge les patients infectés et ceux en post-exposition à des fluides contaminés.</p>
<p>3/ Addictologie</p>
<p>Une revue systématique d&rsquo;<a href="https://annals.org/aim/article-abstract/2762505/pharmacotherapy-treatment-cannabis-use-disorder-systematic-review">Annals of internal medicine</a> a étudié les inhibiteurs de recapture de la sérotonine dans le sevrage du cannabis. Malheureusement, il y a un niveau de preuve modéré pour dire qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas d&rsquo;efficacité dans le sevrage.</p>
<p>4/ L&rsquo;article quali de @DrePetronille</p>
<p>Cette semaine, on parle d&rsquo;allergologie avec <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32145318-qualitative-analysis-of-perceived-impacts-on-childhood-food-allergy-on-caregiver-mental-health-and-lifestyle/?from_term=qualitative+study&amp;from_filter=years.2019-2020&amp;from_sort=date&amp;from_pos=7">cet article</a> à paraître. Les auteurs canadiens ont souhaité explorer les conséquences, en terme de santé mentale, des allergies alimentaires de leurs enfants chez 21 familles (mère seule ou 2 parents). Les familles ont été recrutées dans un centre spécialisé dans les allergies et ont reçu une carte de cinéma et des produits hypo allergiques comme contrepartie de leur participation.<br>
L&rsquo;allergie alimentaire a entrainé une organisation du mode de vie des familles interrogées devenant une nouvelle normalité : éviction des allergènes, parfois pour toute la famille (pour limiter l&rsquo;exclusion résultant d&rsquo;un régime alimentaire différent), mais aussi organisation des voyages et sorties en intégrant l&rsquo;allergie (certains amènent l&rsquo;ensemble de leurs aliments dans leurs valises).<br>
Concernant la santé mentale, en particulier lorsque les allergies sont multiples, les parents ressentaient un impact négatif avec une anxiété importante ainsi qu&rsquo;un isolement social (difficulté de manger à l&rsquo;extérieur mais aussi sensation d&rsquo;incompréhension et d&rsquo;absence d&rsquo;aide voire exclusion en provenance des proches, des institutions). L&rsquo;anxiété est quotidienne, un accident alimentaire potentiellement sévère pouvant survenir à tout moment, avec un sentiment d&rsquo;insécurité mais aussi une anxiété pour l&rsquo;avenir: leurs enfants porteront bientôt le fardeau de l&rsquo;allergie alimentaire. A noter, une mère a rapporté une tentative d&rsquo;intimidation envers son enfant survenue à l&rsquo;école, un autre enfant l&rsquo;ayant menacé de le forcer à manger un allergène, ce qui rajoutait de la peur à l&rsquo;anxiété.<br>
Pour parer à cette anxiété, certains se dirigeaient vers des activités de bien-être (par exemple le yoga) tandis que d&rsquo;autres évoquaient une augmentation de leur consommation d&rsquo;alcool.<br>
Pensons à dépister et accompagner l&rsquo;anxiété secondaire à une ou des allergies alimentaires !</p>
<p>C&rsquo;était un petit Dragi webdo. Pensez à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°259 : Paludisme (recos SPLF), dépistage troubles mnésiques (recos US), DTP à l'âge adulte, érysipèle, BPCO, montélukast, Indian Summer</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/03/dragi-webdo-n259/</link><pubDate>Sun, 01 Mar 2020 19:12:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/03/dragi-webdo-n259/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><category>Neurologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Voilà, le Dragi Webdo est publié à une heure correcte cette semaine. Pour commencer, un article du <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.m149">BMJ</a> parle de la variabilité interindividuelle lors des analyses biologiques. L&rsquo;article permet de comparer 2 résultats d&rsquo;un patient (choisissez le type de résultats et rentrez les valeurs) et de voir si l&rsquo;écart est lié au hasard ou à une réelle variation pour la prendre en compte.</p>
<p>Maintenant, bonne lecture à tous !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Montelukast-Singulair-et-generiques-indique-dans-le-traitement-de-l-asthme-l-ANSM-rappelle-les-risques-de-survenue-d-effets-indesirables-neuropsychiatriques-Point-d-information">ANSM</a> revient cette semaine sur les risques liés au Montélukast. Il s&rsquo;agit notamment d&rsquo;effets neuropsychiatriques (troubles du sommeils, syndromes dépressifs, trouble de l&rsquo;attention&hellip;) survenant plus fréquemment chez l&rsquo;enfant. Ces effets régressent à l&rsquo;arrêt du traitement, mais informer des risques avant de le débuter est certainement une bonne chose.</p>
<p>Parmi les IRSNA possibles pendant la grossesse, le CRAT favorise l&rsquo;utilisation de la venlafaxine. Cette étude du <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.m237">BMJ</a> étudie la duloxétine pendant la grossesse et retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;augmentation du risque de tératogénicité. Cependant, il y avait une augmentation légère des risques d&rsquo;hémorragie de la délivrance et de malformations cardiaques.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0399077X19310613">SPLF</a> a publié des recommandations concernant la prévention et le traitement du paludisme. Il doit être évoqué devant toute fièvre, isolée ou associée à des symptômes, après un séjour en zone d’endémie, même en cas de prise de chimioprophylaxie. Le diagnostic repose préférentiellement sur une goutte épaisse à un frottis mince dont le résultat doit être fourni dans les 2 heures. Le traitement, même s&rsquo;il peut se faire en ambulatoire en cas d&rsquo;infection non compliquée nécessite généralement une évaluation hospitalière. Le traitement repose en 1ère intention sur un dérivé de l&rsquo;artémisinine. La prévention repose sur 1/ les protections anti-moustiques et protections personnelles anti-vectorielles 2/ la chimioprophylaxie si la zone n&rsquo;est pas à risque faible 3/ la connaissance de la CAT au retour. Concernant la chimioprophylaxie, l&rsquo;atovaquone proguanil est très adapté pour les séjours courts, la doxycycline en cas de difficultés financières et la mefloquine pour les séjours prolongés (3 mois maximum, après il faut discuter).</p>
<p>On a régulièrement des patients qui ne souhaitent pas refaire de rappels de vaccins DTP à l&rsquo;âge adulte. La France a déjà assoupli le calendrier vaccinal en prônant un rappel tous les 20 ans au lieu de 10 ans (comme dans beaucoup de pays, voire tous les 5 ans dans certains). Dans <a href="https://academic.oup.com/cid/advance-article/doi/10.1093/cid/ciaa017/5741633">Clinical Infectious Disease</a> (2ème meilleur journal d&rsquo;infectiologie générale), une étude internationale ayant inclus plus de 10 milliards de personnes.années retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas plus de cas de diphtérie ou de tétanos dans les pays faisant un ou plusieurs rappels à l&rsquo;âge adulte par rapport à ceux qui n&rsquo;en font pas. Le calendrier vaccinal 2020 va il prendre en compte ces éléments (et ne laisser la vaccination DTP à l&rsquo;âge adulte que dans le cadre du cocooning pour la coqueluche) ?</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.m54">BMJ</a> aborde les &ldquo;grosses jambes rouges&rdquo;  et le diagnostic de dermo-hypodermite bactérienne aiguë non nécrosante (ex-érysipèle). En cas de doute diagnostic, le <a href="https://www.mdcalc.com/alt-70-score-cellulitis">score ALT-70</a> (Asymétrie des membres, Leucocytose, Tachycardie, Âge &gt; 70 ans) supérieur ou égal à 5 augmente fortement la probabilité de DHBNN alors que s&rsquo;il est inférieur ou égal à 2, la probabilité du diagnostic est fortement réduite. Entre les 2, c&rsquo;est le doute diagnostique et on peut s&rsquo;appuyer sur la présence d&rsquo;autres éléments cliniques:  l&rsquo;antécédent de DHBNN, un lymphoedème, un IMC &gt; 30kg/m2, une pathologie dermatologique et un intertrigo.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>D&rsquo;après les recos de la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/10/dragi-webdo-n153.html">SPLF</a>, il fallait avoir les antibiotiques faciles dans les exacerbations de BPCO alors qu&rsquo;orienter la prescription sur la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/01/dragi-webdo-n252.html">CRP</a> n&rsquo;était pas délétère. Les corticoïdes n&rsquo;étaient pas systématiques d&rsquo;après la SPLF mais l&rsquo;étaient pour la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n247.html">société européenne de pneumologie</a>. Une revue systématique d&rsquo;<a href="https://annals.org/aim/article-abstract/2761822/pharmacologic-therapies-patients-exacerbation-chronic-obstructive-pulmonary-disease-systematic-review">Annals of Internal Medicine</a> retrouve en effet un bénéfice des antibiotiques et également des corticoïdes pour réduire les échecs de traitements chez des patients avec EABPCO légère à sévère. On note une augmentation des effets secondaires endocrinologiques avec les corticoïdes mais les études comportaient des traitements de 9 à 56 jours (ce qui est un peu long quand même, en effet&hellip;).</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2761651">USPSTF</a> (organisme de recommandation US) a conclu qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de bénéfice démontré à dépister les troubles mnésiques chez les patients asymptomatiques de plus de 65 ans. Le test le plus utilisé pour le dépistage est le MMSE, mais compte tenu de l&rsquo;absence de traitement médicamenteux réellement efficace pour ralentir les troubles mnésiques, la balance bénéfice/risque n&rsquo;apparaissait pas favorable au dépistage.</p>
<p>5/ Le jeu du mois &ldquo;Indian Summer&rdquo;</p>
<p>Je vais vous parler d&rsquo;Indian Summer, un jeu dans lequel il va falloir recouvrir sa forêt avec des feuilles pour marquer des points. C&rsquo;est puzzle, un peu comme un Tetris, il faut que les différentes formes s&rsquo;emboitent pour recouvrir un maximum de cases. Selon les cases recouvertes, on a accès à différentes actions, on peut récolter des baies, des noisettes, des plumes qui vont aider pour la suite de la partie. Le mécanisme de jeu est simple et accessible. Ce n&rsquo;est pas le jeu de l&rsquo;année mais il permet de faire quelques parties sympathiques en famille !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhOqk5wJ94La_HZ10FteLE5tPsKtxD-Gme3YeorkgjKrHjIkAU16YVy4orUpsMCypZ2pT855ZB4C_dWRCo89t4_CWNeFgdku1BNdsLqdi1zMcTJX05FlB2qaPlSz5GRxaOV810Wfz0TQ_3C/s1600/20190915_125624.jpg"><img src="/images/articles/2020/20190915-125624.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini, bonne semaine à tous! Et n&rsquo;oubliez pas de vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgTHWF_lCHGV27FI3nh1IhxL8KUZGNkHAmO2aTNr6GvD8hZ8lHwvRCH_SC-WgsA3UsZxK9KZGqiTbcAog2pTGvnrywCqEZUxEDy7V9K0gG5x5sOjHYHu0GKgR16nGj6ztNHh1lCFkrUO1_5/s1600/abonnezvous.png"><img src="/images/articles/2020/abonnezvous.png" alt=""></a></p>
<p> À la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°258 : Parkinson, anti-hypertenseurs, insuline orale, macrolides/grossesse, scanner injecté</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/02/dragi-webdo-n258/</link><pubDate>Mon, 24 Feb 2020 07:06:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/02/dragi-webdo-n258/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Neurologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Voilà un billet du dimanche soir publié à peine en retard&hellip; Merci à tous ceux qui m&rsquo;ont envoyé des messages, à tous ceux qui m&rsquo;ont fait des dons et à tous ceux qui lisent en restant plus discrets !</p>
<p>Ce billet ne devrait pas être trop long, peut-être l&rsquo;effet &ldquo;vacances&rdquo;. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance et autres vigilances</p>
<p>D&rsquo;après une <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.m331">étude</a> de cohorte britannique de 100 000 enfants, le risque de malformations notamment cardiovasculaires était augmenté en cas de prise de macrolides au 1er trimestre de grossesse par rapport aux femmes exposées à une prise de pénicilline. La prise de macrolides était également associée à une augmentation des malformations génitales. A ce jour, le CRAT déclare que les macrolides peuvent être utilisés sans risque, mais vigilance en attendant d&rsquo;autres études quand même.</p>
<p>Le <a href="https://annals.org/aim/fullarticle/2761424/side-effects-low-dose-methotrexate">méthotrexate</a> à faible dose ( &lt; 20mg/semaine), notamment utilisé dans le polyarthrite rhumatoïde, a pour principaux effets indésirables: des nausées, des troubles hématologiques, infectieux et pulmonaires (comme les fortes doses). Il y avait cependant davantage de cancers cutanés mais moins d&rsquo;effets indésirables rénaux.</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2760776">article</a> s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;hyperhydratation des patients avec maladie rénale chronique (DGF&lt; 60ml/min) avant un scanner injecté. Les auteurs ne retrouvent pas de réduction significative des dégradations de fonction rénale en l&rsquo;absence d&rsquo;hydratation. (Pour mémoire, on avait parlé metformine et TDM injecté <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/12/dragi-webdo-n209.html">ici</a>)</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Il y a quelques semaines, le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n245.html">Lancet</a> avait comparé les différents antihypertenseurs. Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2761547">JAMA</a> publie une comparaison similaire dans une méta-analyse en réseau. Dans cet article, toutes les classes diminuent la mortalité cardiovasculaire sauf les bêta bloquants, les IEC diminuaient le plus les infarctus du myocarde contrairement aux ARA II qui ne montraient pas de bénéfice. Bref, une étude de plus montrant un bénéfice des IEC par rapport aux ARA II. Cependant, le choix entre IEC, thiazidique et inhibiteurs calciques en 1ère ligne reste confus étant donné qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de comparaison entre molécules dans cet article, que certaines analyses montrent que les diurétiques sont plus efficaces sur la mortalité globale (non étudiée ici), que les inhibiteurs calciques sont efficaces partout sans être &ldquo;la meilleure&rdquo; et que les IEC sont les plus efficaces sur les infarctus mais pas sur la mortalité cardiovasculaire. Bref, je pense que les thiazidiques restent la classe la plus cout-efficace, et que les IEC sont à privilégier quand les thiazidiques sont le moins approprié (diabète, insuffisance rénale, sujet âgé&hellip;)</p>
<p>Quel thiazidique choisir dans ce cas? Cette étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2760777">JAMA internal medicine</a> comparait la chlorthalidone (molécule la plus étudiée) à l&rsquo;hydrochrorothiazide (molécule la plus utilisée en France). Les auteurs ne retrouvent pas de différence d&rsquo;efficacité sur la mortalité ou les évènements cardiovasculaires. Cependant, l&rsquo;hydrochlorothiazide présentait beaucoup moins de risque de réactions allergiques, d&rsquo;hyponatrémie, d&rsquo;hypokaliémie, d&rsquo;hyperkaliémie et d&rsquo;insuffisance rénale.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Une <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n232.html">étude</a> retrouvait il y a quelques temps que les corticoïdes inhalés pouvaient diminuer le risque de cancer du poumon chez les patients BPCO. Cette nouvelle <a href="https://erj.ersjournals.com/content/55/2/1901720">étude</a> ne retrouve pas ce bénéfice en expliquant que les autres études observationnelles ont dû inclure des patients avec CSI qui étaient en fait des asthmatiques et donc à moindre risque de cancer du poumon que des vrais patients avec BPCO.</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2760741">JAMA</a> a publié un article sur la maladie de Parkinson. Le diagnostic est clinique et l&rsquo;IRM non indispensable, même si elle peut permettre de différencier d&rsquo;autres types de syndromes parkinsoniens. Les études récentes ne semblent plus justifier de retarder la levo-dopa par rapport à un autre traitement (notamment vu les effets secondaires des agonistes dopaminergiques), et la réponse à ce traitement est d&rsquo;ailleurs un test diagnostic suggéré par les auteurs (25/100x3 par jour). Il ne faut pas oublier les traitements non pharmacologiques (activité physique, rééducation, activités quotidiennes&hellip;). Concernant les troubles du sommeil associés, la mélatonine (6 à 15mg) et le clonazépam sont proposés. Pour mémoire, il n&rsquo;y avait pas de bénéfice à débuter un traitement précocement d&rsquo;après <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/01/dragi-webdo-n212.html">cette étude</a>.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjIvqPra3t73MXQMJfyaQTPG64WHEbyALqWAl68sfjtY6cIIglPH3V0Q9T95P31slK9NJGu-t8KcnF7Kfajb0Fzd3O1SMkhfOumkBP-iDPujjkoJY5YrAFDwCRmLAjsFYJnO2xFYoiSGpHw/s1600/parkinson.png"><img src="/images/articles/2020/parkinson.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé en cluster publié dans le <a href="https://bjgpopen.org/content/early/2020/02/17/bjgpopen20X101012">BJGP</a> a étudié un dépistage du diabète associé à des soins courants à un dépistage associé à un traitement intensif type &ldquo;steno-2&rdquo; (essai multicomposant dont j&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/10/dragi-webdo-n111-ainsinsuf-cardiaque.html">ici</a> qui avait montré une diminution de la mortalité) et à un troisième bras comprenant le traitement intensif plus de l&rsquo;entretien motivationnel. Après 8 ans de suivi environ, le traitement intensif ne permettait pas de diminuer le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire ni de mortalité (probablement parce que les patients de cette étude avaient un diabète moins avancé que dans l&rsquo;étude steno-2 où ils avaient une microangiopathie). On regrette aussi l&rsquo;absence de bénéfice apporté par l&rsquo;entretien motivationnel par rapport aux soins courants (malgré 1 jour et demi de formation présentielle et 2 demi-journées de suivi par un enseignant).</p>
<p>Je l&rsquo;avais laissé passer, mais une étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(18)30372-3/fulltext">Lancet Diabetes and Endocrinology</a> comparait l&rsquo;efficacité de l&rsquo;insuline glargine en injection sous-cutanée par rapport à de l&rsquo;insuline basale orale (i338). Les auteurs ont donc randomisé 25 patients par groupe et ils n&rsquo;ont pas retrouvé de différence sur l&rsquo;efficacité, ni les effets secondaires ni les hypoglycémies. Affaire à suivre.</p>
<p>6/ L&rsquo;article quali de @DrePetronille</p>
<p>Cet <a href="https://bmcfampract.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12875-020-01106-z">article</a> s&rsquo;est
proposé d&rsquo;étudier les attentes des patient·es consultant leur MG pour
un motif émotionnel (anxiété, dépression, baisse de moral, stress +/-
réactionnels). Au fur et à mesure des 4 <em>focus groups,</em> les auteurs ont mené une analyse thématique jusqu&rsquo;à saturation des données :</p>
<ul>
<li></li>
</ul>
<p>Le médecin-médicament a un rôle thérapeutique : la relation
médecin-patient·e empatique, connu de longue date, de confiance ou avec
leur MG ou au contraire, parfois, avec un MG inconnu, avec lequel il
peut être parfois plus facile de se livrer. Les patients appréciaient
pouvoir fixer les rendez-vous suivants d&rsquo;avance. La prise de notes
numérique pouvait être un frein à la relation.</p>
<ul>
<li></li>
</ul>
<p>Le médecin enquêteur: le médecin doit pouvoir détecter les signes de
problème émotionnel, y compris lorsque ce n&rsquo;est pas le motif de
consultation, poser un diagnostic et aider à trouver les raisons du
mal-être en explorant symptômes et circonstances de vie. Cette enquête
amène à favoriser la relation et limite la prise d&rsquo;antidépresseurs, non
souhaitée par les patient·es.</p>
<ul>
<li>Le
médecin-collaborateur : le médecin a un rôle de conseil afin d&rsquo;aboutir,
dans l&rsquo;idéal, à une décision médicale partagée, notamment pour la
prescription d&rsquo;antidépresseurs. Pour certain·es, il était important de
garder le contrôle sur leur santé, d&rsquo;autres préféraient se laisser
guider.</li>
</ul>
<p>C&rsquo;est terminé ! Bonne reprise pour ceux qui rentrent de vacances, et à la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°257 : soins palliatifs (HAS), incontinence urinaire, corticoïdes inhalés/BPCO, bêta-bloquants/IDM</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/02/dragi-webdo-n257/</link><pubDate>Sun, 16 Feb 2020 13:16:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/02/dragi-webdo-n257/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Ça fait exactement 6 ans que le blog a été créé! Merci à tous pour votre fidélité, vos encouragements, et tout et tout! (je vous passe la séquence émotion: &ldquo;ça a commencé quand j&rsquo;étais interne blablabla&rdquo;&hellip;)</p>
<p>Bref, merci ! Pour ceux qui voudraient continuer à soutenir mes billets hebdomadaires, je remets mon message annuel:  il y a un lien
pour faire un don sur le coté à droite de la page (ou en cliquant <a href="https://www.paypal.com/pools/c/8cLzV1gpfq">ici</a>). Je répète que ne veux absolument pas rendre ce blog payant puisque je compte le continuer tant que j&rsquo;ai encore le temps de le faire.</p>
<p>Bonne lecture, et n&rsquo;hésitez pas à laisser des commentaires!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Acetate-de-cyproterone-l-Agence-europeenne-des-medicaments-finalise-l-evaluation-sur-le-risque-de-meningiomes-initiee-par-la-France-Point-d-Information">ANSM</a> a publié une actualisation de l&rsquo;information à propos de l&rsquo;acétate de cyprotérone et du risque de méningiome. L&rsquo;agence confirme les risques, et la surveillance initiale, à 5 ans puis tous les 2 ans en cas de prescription à 50mg (Androcur* etc). Les pilules faible dose type Diane 35 n&rsquo;entrainent pas de surveillance particulière mais sont contre-indiquées en cas d&rsquo;antécédent de méningiome.</p>
<p>Une <a href="https://care.diabetesjournals.org/content/early/2020/02/12/dc19-1175">étude</a> de cohorte japonaise retrouve une association entre la consommation d&rsquo;antidépresseurs et le risque de diabète de type 2. Le risque diminuait après arrêt des antidépresseurs. Les habitudes de vie étant quand même plus sédentaires en cas de dépression, je ne sais pas s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de gros facteurs de confusion dans cette étude bien que certains aient été pris en compte.</p>
<p>Histoire de s&rsquo;y perdre un peu, un <a href="https://www.em-consulte.com/article/1346492/clarification-de-la-methode-utilisee-pour-adapter-">article</a> parle des méthodes utilisées pour adapter les posologies à l&rsquo;insuffisance rénale. C&rsquo;est généralement la formule de Cockroft qui est utilisée, alors que la définition repose maintenant sur la CKD-EPI, donc il faudrait utiliser la formule de Cockroft pour être plus proche des études. Sauf que la standardisation de la mesure de la créatinine pour calculer la CKD-EPI fait que la mesure n&rsquo;est pas forcément adaptable pour calculer la formule de Cockroft. Mais comme souvent la formule utilisée n&rsquo;est pas notée, autant faire avec la CKD-EPI.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>On avait parlé pas mal de fois de la place des bêta bloquants parfois controversée au long cours en post-infarctus (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n181.html">ici</a>). La <a href="https://www.cochrane.org/CD012484/VASC_beta-blockers-versus-placebo-or-no-intervention-patients-suspected-or-diagnosed-myocardial">Cochrane</a> a publié une méta-analyse concernant ces traitements en post-infarctus. Les auteurs retrouvent que les bêta bloquants permettent une diminution du risque de mortalité globale et cardiovasculaire à long terme mais pas à court terme. Cependant, ici, les études incluses étaient versus placebo, donc ça confirme le besoin d&rsquo;un traitement anti-ischémique (ici le bêta bloquant), mais il n&rsquo;y a pas eu de comparaison avec d&rsquo;autres anti-ischémiques pour savoir si on pouvait remplacer le bêta bloquant par un autre traitement s&rsquo;il était mal toléré.</p>
<p>3/ Soins palliatifs</p>
<p>La HAS a mis a disposition 2 documents concernant la fin de vie. Le 1er concerne la mise en place <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_2832000/fr/comment-mettre-en-oeuvre-une-sedation-profonde-et-continue-maintenue-jusqu-au-deces">théorique</a> de la sédation (les conditions nécessaires, la préparation, la décision collégiale etc&hellip;), et la 2ème est la fiche pratique concernant l&rsquo;<a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3150631/fr/antalgie-des-douleurs-rebelles-et-pratiques-sedatives-chez-l-adulte-prise-en-charge-medicamenteuse-en-situations-palliatives-jusqu-en-fin-de-vie">antalgie et la sédation</a> en situation palliative. La fiche généraliste est plus informative que pratique (parce que l&rsquo;introduction de la méthadone, de la ketamine et les blocs, je ne pense pas en faire beaucoup&hellip;.). La fiche concernant la sédation profonde notamment par midazolam est assez bien décrite pour pouvoir être mise en place.</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Les corticoïdes inhalés ont une place qui s&rsquo;est éloignée dans l&rsquo;algorithme de prise en charge des patients BPCO. Dans cette <a href="https://openres.ersjournals.com/content/6/1/00246-2019">étude</a> de cohorte rétrospective de patients, les patients de plus de 65 ans hospitalisés pour exacerbation de BPCO ayant eu un arrêt des CSI avaient un taux de réhospitalisations et de mortalité moindre que ceux ayant poursuivi leur CSI. Une des explications peut être que remplacer un CSI par un anti-cholinergique est plus efficace pour réduire le risque d&rsquo;exacerbation (ça c&rsquo;est <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/05/dragi-webdo-n98.html">démontré</a>) et donc de complications liées à ces exacerbations.</p>
<p>Je parlais de l&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/02/dragi-webdo-n255.html">NELSON</a> sur le dépistage du cancer du poumon chez les patients BPCO. Voici une infographie que j&rsquo;ai trouvé sur le compte Twitter @dokter_no :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEis93odFgBWYuuIi-LhB9CBmsBBWJ-omzR13hTXNb9FWSjkejNxg_grEzwODZTe3EpbOooi8UUui4DnD2vdhQoj67U9Ream8UvsiIR7v-bO9eCu6ksFtwZQSwhTyDIj9pQ02l2OCbgq9ZAY/s1600/nelson.png"><img src="/images/articles/2020/nelson.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Un article d&rsquo;<a href="https://annals.org/aim/fullarticle/2760543/urinary-incontinence-women">Annals of Internal Medicine</a> parle de l&rsquo;incontinence urinaire de la femme. Les auteurs rappellent qu&rsquo;une cause fréquente est la iatrogénie médicamenteuse. Ensuite, le diagnostic repose essentiellement sur l&rsquo;interrogatoire : favorisé par la toux et l&rsquo;activité physique: d&rsquo;effort / besoins urgent de vider la vessie: par impériosité / les 2: mixte /aucun: autre cause à rechercher (ils ne parlent pas de la miction par regorgement à moins qu&rsquo;ils l&rsquo;associent à celle d&rsquo;effort). Les auteurs rappellent que l&rsquo;examen pelvien n&rsquo;est pas nécessaire sauf si suspicion de prolapsus. Le traitement est décrit selon le type d&rsquo;après le tableau suivant:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJn3neBAuNdWOQUCN8HIiPfzalVwuye_F_1qdshiHp9MbGuXJUEbaXIP20yZ1T3GhQDMi8kWEcazkjczKSfJ47ncww-fEpnWa0xnXW06fyjfodPRyzbIKDsrUvuqam-z51bmf9f_VrE0dw/s1600/incontinence.png"><img src="/images/articles/2020/incontinence.png" alt=""></a></p>
<p>J&rsquo;en avais déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/06/dragi-webdo-n55.html">il y a quelques année</a>s, le vaccin anti-HPV fonctionnerait en 1 seule injection. Cette <a href="https://acsjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/pdf/10.1002/cncr.32700">étude</a> rétrospective retrouve également un risque de lésions précancéreuses diminuées avec 1 seule injection et du même ordre de grandeur qu&rsquo;en cas de vaccination par 2 ou 3 injections. On peut quand même se demander si le temps de suivi est suffisant car limité à 5 ans, ce qui est peu pour des injections faites avant 15 ans (aux Etats Unis, le frottis est recommandé à partir de 20 ans et non 25, il me semble).</p>
<p>6/ La revue quali hebdomadaire de @DrePetronille</p>
<p>Cette semaine, l&rsquo;<a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31358247-finding-myself-as-a-cervical-cancer-survivor-a-qualitative-study/?from_term=qualitative+study&amp;from_sort=&amp;from_filter=ds1.y_1&amp;from_page=3&amp;from_pos=6">article quali</a> parle du vécu des patientes ayant survécu à un cancer du col de l&rsquo;utérus (1 à 4 ans après la fin du traitement). L&rsquo;article colombien propose une analyse par théorisation ancrée des entretiens semi-directifs des 13 femmes âgées de 24 à 68 ans interrogées. La méthodo est plutôt bien détaillée dans l&rsquo;article et le travail a amené à une réflexion sur ce que c&rsquo;est que d&rsquo;être une survivante du cancer à travers plusieurs thèmes. La réalité du cancer: vivre avec l&rsquo;inconnu de la maladie pour soi-même (croyances, traitements, évolution, expériences&hellip;) et vis à vis des autres (notamment le fardeau thérapeutique et les coûts liés à la maladie). Ces femmes sont des femmes résiliantes, qui affrontent la maladie et ses difficultés (le poids du diagnostic de &ldquo;cancer&rdquo;, des effets secondaires du traitement et notamment ceux de la curiethérapie), et affrontent la vie malgré la fatigue générée par la maladie et ses soins (trouver la force de continuer, s&rsquo;appuyer sur le soutien familial) jusqu&rsquo;à réussir à surmonter la maladie et pouvoir se projeter malgré la peur des rechutes (affronter les effets indésirables tardifs, se réinvestir dans le travail, développer de nouveaux projets personnels satisfaisants, se réinvestir dans la vie familiale et l&rsquo;opportunité de trouver un sens nouveau à sa vie, en étant de meilleures personnes&hellip;). En bref, des femmes fortes qui jonglent entre l&rsquo;espoir et la peur, la solitude et le soutien de leurs proches, le désir de vivre et la fatigue, qu&rsquo;il faut savoir accompagner dans les différents moments de leur parcours.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgePbhDrG8-l8paIAHPShiyiwl-2JE2zTs9PqBCqBdB0yZIFWRQLmraLOj6ESzMaBTARzWMNf5HkkSaPsu1z4ynHhFXThbuTKKB1p-EyHz7XIxgKFAxYgT7wUtlmqzD7PqGR18NjEoBRPU/s1600/Capture+d%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran+2020-02-16+a%25CC%2580+10.53.44.png"><img src="/images/articles/2020/capture-d-25e2-2580-2599e-25cc-2581cran-2020-02-16-a-25cc-2580-10-53-44.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est quasiment tout pour cette semaine! Je conclurai comme souvent sur les nouvelles technologies: pour le moment les smartphones ne font pas mieux que les humains pour dépister les mélanomes et autres cancers cutanés d&rsquo;après cet article du <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.m127">BMJ</a>. Voilà, à la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiy-CEQ5DCoqDo-cJQxUm0cju6vQV7MVzxseA-b9FBUwKl3U5S5z0mL6FP-kDPpzHACWfg4_zrxj2N0cqS8ge2sREWQ7FyYstTBuz_K6OHOaGuwLhS8tifV4-JBhxWZqgAE4ocw2TM1jlcJ/s1600/gif.gif"><img src="/images/articles/2020/gif.gif" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°256 : mutilations sexuelles (HAS), calendrier vaccinal (recos US), pnemonie (recos US), paliers asthme, ondansetron, insuline glargine vs degludec</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/02/dragi-webdo-n256/</link><pubDate>Sun, 09 Feb 2020 10:25:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/02/dragi-webdo-n256/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! J&rsquo;espère que vous pourrez profiter de ces vacances pour ceux qui en prennent. Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.l6925">BMJ</a> parle cette semaine des associations de patients et de leur mode de financement par l&rsquo;industrie pharmaceutique&hellip; Je doute quand même que ce soit dans l&rsquo;intérêt des patients&hellip;</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Alors que l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/12/dragi-webdo-n250.html">ANSM</a> avait alerté sur les risques de l&rsquo;ondansetron pendant la grossesse, cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2755838">étude</a> de cohorte ayant inclus 23 000 patientes traitées par ondansetron au premier trimestre ne retrouve pas d&rsquo;augmentation du risque de malformations faciales. Voilà qui peut peut-être rassurer quand même.</p>
<p>Un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=39BF19DD1D0B6B269A7F70DFBCC906B4.tplgfr35s_3?cidTexte=JORFTEXT000041535534&amp;dateTexte=&amp;oldAction=rechJO&amp;categorieLien=id&amp;idJO=JORFCONT000041535393">arrêté</a> ministériel vient modifier le &ldquo;non substituable&rdquo; mis en place depuis le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n247.html">début de l&rsquo;année</a>.  Quand le prescripteur n&rsquo;a pas noté le &ldquo;NS MTE&rdquo;, le pharmacien peut lui même ajouter la mention &ldquo;non substituable (MTE-PH)&rdquo; pour ensuite délivrer le produit princeps.</p>
<p>2/ Violences</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3150640/fr/prise-en-charge-des-mutilations-sexuelles-feminines-par-les-professionnels-de-sante-de-premier-recours">HAS</a> a publié des fiches concernant les mutilations sexuelles féminines sur les personnes mineures. Les fiches me semblent bien faites et pratiques. Il y a un modèle de certificats de non excision avec contre-examen de contrôle à la date retour, des modèles de signalement, les procédures et démarches à suivre. Il est rappelé que la patiente peut porter plainte jusqu&rsquo;à l&rsquo;âge de 48 ans. Il est possible d&rsquo;essayer d&rsquo;aborder les mutilation en employant des mots comme : « la tradition», « la coutume» ou « le rituel» ; « le sexe coupé », « esquizeé », « excisé», «infi-bulé », ou « coupé en bas» (en désignant avec la main le bas du ventre). Il est recommandé d&rsquo;aborder le sujet avant les départs en familles hors de France, à l&rsquo;entrée en primaire, au collège, et au lycée et avant le mariage. Voici la liste des pays les plus concernés:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgRJ8MuuGI-hPHAbbgZAI8kEcCD6KbApKx7hdP_9xg6qYgibHAwJm3CIgqP7xkR7n76EVi2cezfokkhWGV647sxC19utot2lkPfARj-euOvQxyVSTrJD0oe9q5DY17-5SbQl9DIxhq-QQcX/s1600/pays.png"><img src="/images/articles/2020/pays.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Des recommandations américaines de 2019 sur la prise en charge des pneumopathies infectieuses communautaires ont été diffusées dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2760882">JAMA</a>. Le diagnostic de sévérité repose sur le <a href="https://www.mdcalc.com/psi-port-score-pneumonia-severity-index-cap">PSI</a> (score de Fine), toujours aussi inutilisable en ville. La durée d&rsquo;antibiothérapie est de 5 à 7 jours, sans clairement dire  5 jours pour les pneumopathies ambulatoires et 7 pour les hospitalisées. L&rsquo;amoxiciline ou la doxycycline sont à privilégier pour les infections non compliquées chez les patients sans comorbidité et l&rsquo;amoxicilline + acide clavulanique en cas de comorbidités.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhjeL7CELSOUQTpHgm4myscuRAVv4rPgNLWMtnuhtTZRnc79L7CMIoS26Jk_5FOE2kZsHbCTevijXdzi3Yvb741cxd-qiUC5MyK4pDk1jTuFKrddwjmR7oOoLHqRmdhb4VC8HCFZ82Q_UdM/s1600/pneumonie.png"><img src="/images/articles/2020/pneumonie.png" alt=""></a></p>
<p>Suite aux recos du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/08/dragi-webdo-n235.html">GINA</a> et de la place prépondérante de l&rsquo;association formoterol+CSI en traitement de crise et de fond, on se demande comment évoluer dans les paliers, quand intensifier et quand baisser. Voici une possibilité proposée dans le <a href="https://erj.ersjournals.com/content/55/1/1901407">journal européen de pathologie respiratoire</a>. Il y a aussi un modèle de protocole d&rsquo;action où les auteurs encouragent la prise de corticoïdes si:</p>
<ul>
<li>plus de 8 prise de formoterol+CSI/jour au total dans la journée</li>
<li>ou efficacité limitée à 2-3h</li>
<li>ou symptômes plus importants.</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhxmOdyF1lFJF8TebvLRfvO8tT9GXkg84hPe07qx0ijOLMPHbSOsnmXYm4JUWr7FPUwcsDmrfVIoAwhIBy_3hVZ5SXzP_VSVqjx1Z7W2XERgSmVj9WOSTOrPnFLKjXEwVEtUYkqDA9dEh2j/s1600/asthme.png"><img src="/images/articles/2020/asthme.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://annals.org/aim/article-abstract/2760656/recommended-adult-immunization-schedule-united-states-2020">calendrier vaccinal 2020</a> américain a été publié avec certaines propositions innovantes, dont l&rsquo;apparition claire de &ldquo;décision partagée&rdquo; concernant certaines vaccinations. En effet, le calendrier est classique (pour un calendrier américain, avec la grippe à tout âge, le vaccin varicelle et HPV pour tous jusqu&rsquo;à 26 ans), mais la vaccination anti-HPV entre 27 et 45 ans, la vaccination pneumocoque à partir de 65 ans et la vaccination anti-méningocoque B entre 19 et 23 ans sont à proposer systématiquement sur le mode de la décision partagée.</p>
<p>J&rsquo;abordais <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/06/dragi-webdo-n146.html">il y a quelques temps</a> le dépistage d&rsquo;Helicobacter Pylori. Un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1909666">essai</a> contrôlé randomise Sud Coréen a recherché H. Pylori chez des patients avec antécédent familial de cancer gastrique. Ils ont été soit traités pour une éradication, soit traités par placebo. Les patients du groupe traité ont développé moins de cancers gastriques à près de 10 ans, le NNT était de 67 patients. Il n&rsquo;y avait pas de différence de mortalité entre les groupes, mais les 2 groupes avaient une surveillance par fibroscopie tous les 2 ans.</p>
<p>5/ Diabétologie et endocrinologie</p>
<p>Très rapidement, le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2761042">JAMA</a> a publié un article sur l&rsquo;hyperparathyroïdie primitive (j&rsquo;avais parlé des recos <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/05/dragi-webdo-n229.html">NICE</a> l&rsquo;an dernier). Elle est généralement suspectée devant une calcémie corrigée &gt; 2,5mmol/L. La PTH supérieur à 11pg/ml (mais généralement &gt; 65pg/ml) confirme le diagnostic. Après, on adresse au spécialiste. (il y a aussi les critères pour un traitement chirurgical si le patient veut savoir ce qu&rsquo;on pourra lui proposer comme traitement en attendant l&rsquo;avis spécialisé)</p>
<p>L&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/01/dragi-webdo-n165.html">Devote-3</a> avait déjà retrouvé un risque moindre d&rsquo;hypoglycémie avec insuline degludec (tresiba) par rapport à l&rsquo;insuline glargine (lantus/abasaglar). L&rsquo;étude <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-019-05080-9">Conclude</a> ne retrouve pas de diminution du risque global d&rsquo;hypoglycémie avec la degludec, mais seulement moins d&rsquo;hypoglycémies nocturnes symptomatiques et d&rsquo;hypo sévères, ce qui peut être intéressant pour certains patients.</p>
<p>6/ La revue qualitative de @DrePetronille</p>
<p>Cette <a href="https://bjgp.org/content/early/2020/01/27/bjgp20X708149">étude britannique</a> a proposé d&rsquo;explorer le rôle des soins primaires dans la reprise du travail des patient·es ayant vécu un AVC ou un AIT (1/4 des accidents vasculaires surviennent en âge de travailler) à travers 4 <em>focus groups</em> regroupant des patient·es, des aidantes, des médecins généralistes, des ergothérapeutes, des <em>clinical commissionners</em>, ainsi qu&rsquo;un représentant des employeurs (dans un <em>focus group</em> sans patient). Sans surprise, les échanges retrouvent une inadéquation entre les besoins et les outils mis à disposition, avec une invisibilisation du handicap et/ou une difficulté à l&rsquo;évaluer (notamment la fatigue ou les troubles cognitifs) et/ou à planifier son évolution dans le temps ; ces difficultés s&rsquo;insérant dans un cadre de consultation avec un temps limité et d&rsquo;autres priorités, comme la prise en charge médicale qui fait suite à l&rsquo;accident vasculaire. Une solution envisagée serait de former des IDE, comme il en existe pour l&rsquo;éducation thérapeutique, qui permettraient d&rsquo;améliorer l&rsquo;aide au retour à l&rsquo;emploi. Comme souvent, un manque de connaissances des structures existantes et des compétences des autres professionnel·les de santé a été rapporté, associé à des difficultés de communication entre les acteurs de soins et les structures de réhabilitation, nécessitant un meilleur partage des informations au sein d&rsquo;un dossier partagé. Bien sûr, le système britannique n&rsquo;est pas totalement transposable au système français, mais il serait intéressant de se poser la question des moyens à notre disposition pour une reprise la plus précoce possible dans les meilleurs conditions (la reprise du travail amenant à une meilleure santé qu&rsquo;un arrêt prolongé).</p>
<p>C&rsquo;est tout pour ce billet! Merci et à la semaine prochaine ! (Et, n&rsquo;hésitez pas à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
à la newsletter par mail en haut à droite sur cette page, ou les 3!)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°255 : BPCO (HAS), rattrapage vaccinal (HAS), dépistage cancer du poumon, m. de Duchenne, empathie, surdiagnostic, dysthyroïdie, Trickerion</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/02/dragi-webdo-n255/</link><pubDate>Sun, 02 Feb 2020 21:52:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/02/dragi-webdo-n255/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Il y a longtemps que j&rsquo;attendais une étude comme ça&hellip; <a href="http://www.annfammed.org/content/17/4/311.full">Annals of family medicine</a> a retrouvé que, pour les patients diabétiques, avoir un médecin empathique était associé à une réduction de mortalité ! (En vrai, ce n&rsquo;est pas aussi clair que ça, parce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas un bel effet linéaire, mais bon). Sur ce, bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/L-ANSM-renforce-l-information-des-patients-et-des-pharmaciens-sur-les-risques-lies-aux-vasoconstricteurs-Point-d-information">ANSM</a> revient sur l&rsquo;utilisation des vasoconstricteurs dans le rhume et met en place une fiche d&rsquo;information à destination des patients, rappelant les risques cardiovasculaires et allergiques. Ça serait quand même plus simple qu&rsquo;ils ne soient plus délivrés&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhHaVFaDc_UvNSRNd-q5hRyWLTm0W2zUQHi57DHtRGsr2HwOB60SD9kk4139-D7Ye90-mnqKopeyDLxoSU44scixHhXNjvC1AAoxZ6vHO-JSwAecdSPv1FNAZUaKgiolG_uwH6lzKUxsQTE/s1600/rhume.png"><img src="/images/articles/2020/rhume.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Les dernières recos américaines pour la tension définissent l&rsquo;HTA diastolique par une PAD &gt; 80mmHg (niveau de preuve = avis d&rsquo;expert). D&rsquo;après cet article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2759472">JAMA</a>, traiter l&rsquo;HTA diastolique à partir de cette valeur au lieu des classiques 90mmHg ne semble pas associé à un bénéfice en terme de morbi-mortalité cardiovasculaire. On reparle du &ldquo;disease mongering&rdquo; et du surdiagnostic ?</p>
<p>Après les bénéfices du régime méditerranéen, des fruits à coques, des myrtilles et des poires, et les risques liés à la viande et au poulet frit, c&rsquo;est au tour du soja d&rsquo;être étudié. Cet article japonais du <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.m34">BMJ</a> retrouve que la consommation de soja fermenté était associée à une réduction de la mortalité globale (mais pas pour le soja non fermenté ni pour l&rsquo;ensemble des produits à base de soja bien qu&rsquo;il y ait une tendance). Ce soir, soupe miso !</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Après les avis de l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/07/dragi-webdo-n234.html">Académie de médecine américaine</a> et l&rsquo;avis de la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/05/dragi-webdo-n98.html">HAS</a>, voici une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1911793">NEJM</a> qui va peut être finalement relancer le dépistage du cancer du poumon chez les patients fumeurs. Cette étude, NELSON, incluait des patients fumeurs ou anciens fumeurs à plus de 15 paquets.année pour être randomisés entre pas de dépistage et dépistage par TDM pulmonaire low dose à J0, puis à 1 an, puis 2 ans après (année 3), puis 2,5 ans après (année 5,5). Les hommes dépistés ont eu une réduction de leur mortalité par cancer du poumon de 24% à 10 ans (2,5 vs 3,3 décès pour 1000). Chez les femmes, par contre, ce n&rsquo;était pas aussi efficace. De plus, il n&rsquo;y avait pas de diminution de mortalité globale, une augmentation de la mortalité par cause endocrinologique et métabolique, et il y avait un taux de surdiagnostic d&rsquo;environ 20% corrigé en 9% après prise en compte du temps d&rsquo;avance diagnostique. Bref, ce n&rsquo;est quand même pas super convaincant&hellip; (on est très proche des stats de la mammographie : un bénéfice sur la mortalité spécifique de 1 pour 1000 à 10 ans).</p>
<p>La <a href="https://has-sante.fr/jcms/c_1242507/fr/guide-du-parcours-de-soins-bronchopneumopathie-chronique-obstructive">HAS</a> a publié un guide du parcours de soins pour les patients atteints de BPCO. Le document est assez bien fait avec des points clés, et un schéma des choses à ne pas oublier sur l&rsquo;évaluation par mMRC, le suivi spirométrique annuel, l&rsquo;ALD si VEMS &lt; 50%, l&rsquo;activité physique, le sevrage tabagique etc&hellip; L&rsquo;algorithme de prise en charge n&rsquo;est pas modifié par rapport à celui de la SPLF ; notons quand même que la trithérapie est notée &ldquo;à prescription initiale par pneumologue&rdquo;&hellip; On regretterait aussi l&rsquo;absence de partie sur la vitamine D qui réduit les exacerbations dans certains essais.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhIsp3z-nP4Wyp3S7KR0NzMOAITctblsv5T0TcxHbdhq6TC_-WHnKI2qOQneD_QDCCq2CpeGICXuyMj-QmsYds0Et_Ug73ZfrUf2pTm9AOrfL_4F5Arr28hlOdPGTPNJTzYWErFpohOgxvK/s1600/bpco.png"><img src="/images/articles/2020/bpco.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>Parlons un peu de diagnostics rares. Si on ne les connait pas, on ne les dépiste pas. Le <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.l7012">BMJ</a> parle de la myopathie de Duchenne. L&rsquo;article est bien fait et dense, la figure résumant le dépistage me semble être le truc le plus utile (et connaitre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Signe_de_Gowers">le signe de Gowers</a> mais il est assez tardif.):</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgRRIWyMpDlMXKXdqeawRBjy9KG9wcrRN_6twLhiRVUJwo71bcQ-uD0Kbq9huQ9H9xfNihJD_YANdR6cVziwaRVNg_M9_JFPt3FMRWI8Xs1RmEaOhY0GejPQ-65JGD9z-xGz2pk_2F3HXo7/s1600/duchenne.png"><img src="/images/articles/2020/duchenne.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_2867210/fr/rattrapage-vaccinal-en-situation-de-statut-vaccinal-incomplet-inconnu-ou-incompletement-connu-en-population-generale-et-chez-les-migrants-primo-arrivants">HAS</a> a mis à disposition un guide concernant le rattrapage vaccinal en cas de statut inconnu ou incomplet, en population générale et chez les migrants primo-arrivants. Il est recommandé de ne pas faire plus de 4 injections en même temps. Tous les vaccins peuvent être administrés en même temps ou sans intervalle minimal sauf en cas de 2 vaccins vivants, qui doivent être administrés le même jour ou à 28 jours d&rsquo;intervalle.</p>
<p>6/ Oncologie</p>
<p>Un <a href="https://www.mja.com.au/journal/2020/212/4/estimating-magnitude-cancer-overdiagnosis-australia">article</a> du medical journal of Australia parle du surdiagnostic des cancers. Les auteurs estiment que, chez les femmes : 18% des cancers sont surdiagnostiqués (principalement le cancer du sein à 22%, les cancers thyroïdiens à 73%, les cancers rénaux à 58% et les mélanomes à 54%). Chez les hommes, ce sont 24% des cancers qui seraient surdiagnostiqués (notamment pour la prostate à 42%, la thyroïde à 73%, les cancers rénaux à 42% et les mélanomes à 58%). Il est vrai que j&rsquo;ai du mal à voir le surdiagnostic dans mélanomes qui sont perçus comme grave, rapidement métastatiques etc&hellip; mais vu comme c&rsquo;est fréquent et mal dépisté, il doit bien avoir de nombreux patients qui en ont sans le savoir et qui vont bien.</p>
<p>7/ Endocrinologie</p>
<p>En complément des articles sur l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/07/dragi-webdo-n147.html">hypothyroidie fruste</a>, sur l<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n189.html">&lsquo;hyperthyroïdie infraclinique</a>, et les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2020/01/dragi-webdo-n252.html">nodules</a>, le <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.m41">BMJ</a> revient sur les dernières recommandations du NICE britannique concernant les dysthyroïdies. En cas d&rsquo;instauration d&rsquo;un traitement : débuter à 1,6µg/kg avant 65 ans (ça me parait beaucoup!), et à 25-50µg après 65 ans ou en cas de maladie cardiovasculaire. Le contrôle de TSH est recommandé tous les 3 mois jusqu&rsquo;à stabilisation puis annuellement. Il est recommandé de dépister une dysthyroïdie si symptômes évocateur ou diabète de type 1 (et pas en cas de type 2) ou découverte de fibrillation auriculaire ou de syndrome anxio-dépressif ou chez les enfants avec développement staturo-pondéral anormal. Il ne faut pas doser la TSH pendant un épisode aigu sauf si on suppose que les symptômes présentés sont liés à une dysthyroïdie (en gros : pas de TSH dans les bilans hospitaliers &ldquo;systématiques&rdquo; car non interprétables). Si TSH élevée, doser anti-TPO une seule fois et T4. Si TSH basse, doser T3 et T4.</p>
<p>8/ Diabétologie</p>
<p>Une revue <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD008558/ENDOC_metformine-pour-la-preventionle-retardement-du-diabete-de-type-2-dt2-et-les-complications-qui-y-sont">Cochrane</a> a retrouvé que la metformine réduit et retarde le risque de diabète par rapport aux règles hygiéno-diététiques chez des patients à risque de diabète de type 2, seulement quand les RHD ne sont pas &ldquo;intensives&rdquo;. Il n&rsquo;y a pas de données de morbi-mortalité, donc on ne va pas encore se mettre à traiter tous les patients avec des facteurs de risque de diabète.</p>
<p>Après le dépistage de l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/03/dragi-webdo-n176.html">HTA</a> chez le coiffeur, le dépistage du diabète chez le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2759741">coiffeur</a>! Ben, ça marche aussi, les gens se font doser tranquillement l&rsquo;HbA1C et on trouve des patients non diagnostiqués.</p>
<p>Enfin, parlons molécules. Une revue du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(19)30422-X/fulltext">Lancet Diabetes &amp; Endocrinology</a> reprend les molécules modifiant le risque cardiovasculaire:</p>
<ul>
<li>
<p>augmentation du risque avec : les glitazones (non dispo en France) et le glimepiride qui avait déjà remplacé le glibenclamide dans l&rsquo;ordre de préférence (alors que c&rsquo;était ce dernier qui avait montré un bénéfice sur les rétinopathies dans UKPDS, bon ok, UKPDS&hellip;)  Donc il faudrait se rabattre sur le gliclazide, le Diamicron*, si on prescrit un sulfamide (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2014/10/dragi-webo-n21.html">ici</a>)</p>
</li>
<li>
<p>diminution du risque avec : les analogues du GLP-1 et inhibiteurs de SGLT-2 (et la pioglitazone, retirée à cause du risque de cancer de vessie mais assez plébiscitée outre atlantique on dirait)</p>
</li>
</ul>
<p>9/ Le jeu du mois : &ldquo;Trickerion&rdquo;</p>
<p>Voici un de mes jeux préférés, si ce n&rsquo;est mon préféré peut être&hellip; Trickerion. Il a l&rsquo;air compliqué comme ça, mais une fois qu&rsquo;on a pris le truc, il est passionnant et on ne voit pas les heures passer ! Vous incarnez un illusionniste et devez donc acquérir des ressources (miroirs, scies, colombes&hellip;) pour préparer des tours de &ldquo;magie&rdquo;. Pour mener à bien votre spectacle, chaque illusionniste dispose d&rsquo;un livret de tours pour optimiser les ressources nécessaires. Une fois les tours créés, il faut préparer le spectacle en positionnant au mieux vos créations sur le programme des représentations. Bien sûr, les autres illusionnistes veulent mieux placer leurs tours, et vous empêchent de faire vos actions pour bien préparer les vôtres&hellip;   Voilà, les actions se font alternativement par placement &ldquo;d&rsquo;ouvriers&rdquo;. Le 1er joueur change en fonction du nombre de points de victoire pour permettre de rééquilibrer le jeu tout au long de la partie. Et sinon, le jeu est esthétiquement merveilleux ! Bref, un jeu &ldquo;expert&rdquo; fantastique à ne pas manquer si vous avez la possibilité d&rsquo;y jouer.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgvcLktYAOfXurQfVDxHeV8a6gUkKbu63h5l2ar5XgrG7nMtRAwvdIFz8rCKTi-nmz1qz4cQBRde3g_rZ7rINVVyZqRm9XtBneg-aurgWs4RHlOdLFmUmMlnGal4bnZv3bs2vyXIgpSaThe/s1600/20200202_191141.jpg"><img src="/images/articles/2020/20200202-191141.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine. A très bientôt !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°254 : coronavirus, vaccin méningocoque B, HTA/BPCO, dysthyroïdie infraclinique, parodontite/diabète, motivation/psychothérapies</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/01/dragi-webdo-n254/</link><pubDate>Mon, 27 Jan 2020 00:25:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/01/dragi-webdo-n254/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Douleur</category><category>Addictologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! En introduction cette semaine, voici un article du <a href="https://bjgp.org/content/early/2020/01/13/bjgp20X707837">BJGP</a> parlant du burn-out des médecins généralistes qui serait plus fréquent chez les médecins ayant beaucoup de patients multimorbides. La prévalence de ces patients est en augmentation, et leur prise en charge est vraiment parasitée par des taches non médicales et administratives qui ne doivent pas aider&hellip; (ce qui est dommage parce qu&rsquo;intellectuellement et humainement, ce sont des patients pour lesquels on a vraiment envie de s&rsquo;investir!) Allez, bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/09/dragi-webdo-n236.html">ESC</a> recommandait de doser 1 fois chez tout le monde la lipoprotéine(A) pour rechercher un haut risque cardiovasculaire. De nouvelles molécules, les <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1905239">anti-Lp(A)</a> sont donc en cours de développement et baissent bien le taux de Lp(A) dans cet article du NEJM. Pas de résultats sur la morbi-mortalité pour le moment.</p>
<p>Un article de revue revient sur la prise en charge de l<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra1805377">&lsquo;HTA chez les patients ayant une BPCO</a>. Les diurétiques thiazidiques, IEC et ARAII sont ceux recommandés en 1ère intention, avec une préférence pour les bloqueurs du système rénine-angiotensine en cas de risque d&rsquo;hypokaliémie (favorisée par les B2mimétiques inhalés), et notamment pour les IEC qui baissent la mortalité chez les patients hospitalisés pour exacerbation de BPCO. Les inhibiteurs calciques n&rsquo;ont pas d&rsquo;effet particulier chez les patients BPCO. Les bêta-bloquants ne sont pas recommandés pour l&rsquo;HTA non compliquée, mais leur balance bénéfice/risque est favorable en cas de coronaropathie à condition d&rsquo;utiliser une molécule cardiosélective.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>L&rsquo;actualité en infectiologie est marquée par le coronavirus de Wuhan: 2019-nCov (je ne rentrerai pas dans le débat pour savoir si c&rsquo;est vraiment justifié..) <a href="https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/articles/cas-de-pneumonies-associees-a-un-nouveau-coronavirus-2019-ncov-a-wuhan-en-chine">Santé Publique France</a> a publié les patients suspects en ville qui doivent être signalés par un appel au centre 15. Ce sont les patients:</p>
<ul>
<li>présentant des signes cliniques d’infection respiratoire aiguë basse grave nécessitant une hospitalisation ET ayant voyagé ou séjourné dans la ville de Wuhan en Chine dans les 14 jours précédant la date de début des signes cliniques</li>
</ul>
<p>-  présentant une infection respiratoire aiguë quelle que soit sa gravité, dans les 14 jours 1/ suivant un contact étroit avec un cas confirmé d’infection au 2019-nCoV, pendant que ce dernier était symptomatique OU  2/ ayant été soumise aux mêmes risques d’exposition (c’est-à-dire un séjour / voyage à Wuhan, Chine) qu’un cas confirmé OU 3/ ayant travaillé ou ayant séjourné dans un hôpital dans lequel un cas d’infection au 2019-nCoV a été confirmé OU 4/ayant visité ou travaillé dans un marché d’animaux vivants à Wuhan, en Chine.</p>
<p>Une fiche de signalement et de conduite à tenir est disponible sur le lien ci dessus.</p>
<p>Parlons maintenant de 2 articles du NEJM concernant la vaccination anti-méningocoque B. La première <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1901229">étude</a> effectuée au Royaume-Uni évaluait l&rsquo;efficacité du vaccin chez les enfants. Les auteurs retrouvent une efficacité du vaccin de 52% avec 2 doses et 59% avec 2 doses + 1 rappel, concernant les méningites à méningocoques B (ça augmente à 64% si on ne considère que les souches sensibles au vaccin, sachant que cela correspond à 75% environ des méningocoques B en Angleterre). Sur 148 cas par an attendus de méningites à ménincogoque B, les auteurs estiment que le vaccin a prévenu 92 méningites. L&rsquo;étude n&rsquo;a pas été financée par un labo mais il y a quelques liens d&rsquo;intérêt chez les auteurs (dont GSK qui fait le Bexsero).</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1900236">2ème</a> concerne le portage des méningocoques à l&rsquo;adolescence. Les auteurs retrouvent, en Australie, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas moins de portage chez les adolescents ayant été vaccinés contre le méningocoque B par rapport aux non vaccinés (à la différence des méningocoques C lorsqu&rsquo;il y a une vaccination dans l&rsquo;enfance et il ne semble pas non plus y avoir de protection inter-individuelle indirecte par les vaccins anti méningocoque B).</p>
<p>Et comme aucune de ces études ne parle de sécurité du vaccin, j&rsquo;ai été fouiller un peu. Une <a href="https://fn.bmj.com/content/104/2/F171.long">étude</a> chez des enfants prématurés ne retrouve pas d&rsquo;effets secondaire grave (mais 20% de fièvre en l&rsquo;absence de prémédication par paracetamol!), une autre <a href="https://bmjopen.bmj.com/content/9/5/e026953?int_source=trendmd&amp;int_medium=cpc&amp;int_campaign=usage-042019">publication</a> retrouve plutôt 80% de fièvre (dont 15% avec fièvre &gt; 39°C) lorsqu&rsquo;il est injecté soit seul, soit de façon concomitante avec les vaccins habituels. Bref, une efficacité individuelle modeste avec des effets indésirables fréquentes mais a priori peu graves. L&rsquo;épidémiologie française étant différente de l&rsquo;épidémiologie britannique, je dirais qu&rsquo;on manque encore de données pour que la prescription en dehors de zones d&rsquo;endémies (comme l&rsquo;étaient la Normandie et la Picardie, cf <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=373">ici</a>) soit vraiment bénéfique.</p>
<p>3/ Douleur</p>
<p>Je ne connaissais pas, alors j&rsquo;en parle: le <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3146611/fr/palexia">tapentadol</a>, antalgique de pallier III, dont la place parmi les morphiniques n&rsquo;est pas clairement définie&hellip;</p>
<p>Une méta-analyse du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2753680">JAMA internal medicine</a> parle des &ldquo;mind-body therapies&rdquo; qui comportent l&rsquo;hypnose, la méditation, la relaxation, thérapies cogitivo-comportementales etc&hellip; Les auteurs, s&rsquo;intéressant à la douleur des patients, retrouvent que ces thérapies permettent une amélioration de la douleur (surtout l&rsquo;hypnose et la méditation), et favorisent une diminution de la consommation de morphiniques.</p>
<p>4/ Addictologie</p>
<p>Le conseil scientifique du <a href="https://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/la_saga_du_baclofene_une_amm_et_un_remboursement_p/">CNGE</a> avait promis de revenir sur le baclofène dans le sevrage alcoolique. La société savante retrouve que les bénéfices ne sont &ldquo;pas prouvés de façon convaincante&rdquo;. Cependant, elle semble en accord avec un essai de traitement pour une durée de 3 mois, avec une titration progressive individuelle, l&rsquo;absence de réponse à 3 mois devant conduire à une réduction puis un arrêt du traitement tout en recherchant une autre stratégie thérapeutique pour prendre en charge l&rsquo;alcoolo-dépendance.</p>
<p>5/ Diabétologie et endocrinologie</p>
<p>Concernant les dysthyroïdies infracliniques, une <a href="https://bjgp.org/content/early/2020/01/13/bjgp20X708065">étude</a> britannique a dépisté près de 3000 patients de plus de 65 ans: 1% avaient une hyperthyroïdie infraclinique et 5% avaient une hypothyroïdie fruste. La comparaison des symptômes des patients avec une dysthyroïdie infraclinique ne retrouvait pas différence avec celle des patients euthyroïdiens. C&rsquo;est bien en faveur du non traitement des hypothytoïdies frustes (cf: <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/07/dragi-webdo-n147.html">ici</a>), mais le traitement des hyperthyroïdies infracliniques est plutôt lié au risque cardiovasculaire et non aux éventuels symptômes présents (cf: <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n189.html">là</a>).</p>
<p>J&rsquo;avais parlé du bénéfice des soins dentaires sur l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n205.html">HbA1c</a> des patients. Voici une nouvelle <a href="https://care.diabetesjournals.org/content/early/2019/12/26/dc19-1201">étude</a> s&rsquo;intéressant aux parodontites chez les patients diabétiques. Il semblerait que le traitement non-chirurgical des parodontopathies permettrait de réduire les évènements microvasculaires (néphropathies, rétinopathies et neuropathies) d&rsquo;environ 15-20%. Cette intervention serait coût efficace dans la prise en charge des patients. Alors n&rsquo;oublions pas le suivi dentaire des patients!</p>
<p>6/ L&rsquo;article quali de @DrePetronille</p>
<p>Cette semaine,  un article néo-zélandais paru dans le <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/pdf/10.1111/jpm.12597">Journal of Psychiatric and Mental Health nursing</a>,
 qui s&rsquo;est proposé d&rsquo;explorer les motivations des patient·es atteints de
dépression modérée à sévère pour participer à une psychothérapie.
L&rsquo;échantillonnage des participant·es s&rsquo;est fait au sein de participant·es à
un essai contrôlé randomisé avant la randomisation, on peut donc
supposer qu&rsquo;il n&rsquo;était pas très varié néanmoins les auteurs partagent
(pour une fois) leur guide d&rsquo;entretien explorant essentiellement les
motivations et attentes des participant·es concernant la psychothérapie et
leurs expériences antérieures. L&rsquo;analyse thématique, faite
indépendamment par 2 chercheurs, retrouve 3 thèmes principaux: 1) Le
besoin d&rsquo;avoir quelque chose de plus qu&rsquo;un médicament, jugé insuffisant
malgré des augmentations de dose, et parfois proposé comme unique option
thérapeutique lors d&rsquo;un premier contact. 2) L&rsquo;atteinte d&rsquo;un point de
rupture, avec une symptomatologie forte avec idées suicidaires,
nécessitant l&rsquo;aide d&rsquo;une tierce personne. 3) L&rsquo;envie de parler à un·e
professionnel·le, non jugeant·e, pour améliorer leurs compétences et leur
gestion des émotions. Finalement, les thèmes des patient·es rejoignent la
littérature qui place la psychothérapie en complément des
antidépresseurs, comme Dr Agibus en avait déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/04/la-depression-sans-pression18.html">ici</a>.
On peut regretter que ce mode de recrutement, très artificiel au cours
d&rsquo;une étude incluant une psychothérapie, ne soit pas en vie réelle,
lorsqu&rsquo;on connait les conditions d&rsquo;accès difficiles en temps et en
argent des psychothérapies.</p>
<p>Merci pour votre fidélité et, si ce n&rsquo;est pas déjà fait, n&rsquo;hésitez pas à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
à la newsletter par mail ou les 3! (il faut inscrire votre e-mail tout en haut à droite
sur la page, sans oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail, dont
l&rsquo;objet ressemble à un nom de spam, qui vous sera envoyé.)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiEywDfY11Sf7OtgGyC6RTHvj8Gllv6HLDbXo8oQEf1t414fPjR_dPkVn1H3WczVpBFWxVynTkvlRbnzBr2-tirdPxC4FhOO8gMIAoUeCnjtb-C-QaF9fH4Uxkv98-a4Rf1owVraruqrlus/s1600/abo.png"><img src="/images/articles/2020/abo.png" alt=""></a></p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°253 : allergies médicamenteuse, inertie thérapeutique/HTA, vessie hyperactive, puberté précoce, jeûne intermittent, parler d'activité physique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/01/dragi-webdo-n253/</link><pubDate>Sun, 19 Jan 2020 19:00:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/01/dragi-webdo-n253/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Urologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir, j&rsquo;espère que vous avez passé une bonne semaine, et bienvenue à tou·tes les abonné·es arrivé·es cette semaine! Voici les actualités:</p>
<p>1/Pharmacovigilance</p>
<p>C&rsquo;est au tour du <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.l6791">BMJ</a> de parler d&rsquo;allergie médicamenteuse. L&rsquo;article est assez concordant avec celui du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/01/dragi-webdo-n211.html">JAMA</a>. En effet, la réexposition est suggérée dès que &ldquo;l&rsquo;allergie ressemble plutôt à un effet secondaire&rdquo; du traitement (diarrhée sous antibiotiques, constipation sous opioïdes&hellip;), auquel cas, la réintroduction doit être simplement faite à dose plus faible. Voici l&rsquo;algorithme que les auteurs proposent :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjpfqcGo439Pqu_KB1BgIOPO2mzktC9g5Z9vTwqJ53Z8QydnDhmH281pwkWebVkwBef9UGCgb7vL_RlzvMvINydML-AGuMpJHUh2lZk2VsKNMCe6v9cIMONK8inEpuy2RE-Bo_Gqqam59EA/s1600/allergy.jpg"><img src="/images/articles/2020/allergy.jpg" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2735447">JAMA internal medicine</a> revient sur les très faibles preuves d&rsquo;efficacité des résines échangeuses d&rsquo;ions dans le cadre des hyperkaliémies (Kayexalate* ou autre), en particulier: il n&rsquo;y a pas d&rsquo;essai contrôlé randomisé. En revanche, des risques sont mis en évidence, notamment gastro-intestinaux. Cette étude retrouve en effet un sur-risque d&rsquo;hospitalisation pour ischémie et de thrombose intestinale (0,2 % versus 0,1 % à 30 jours, c&rsquo;est pas hyper-fréquent quand même).  Pour mémoire: il y a une interaction majeure entre le kayexalate et le macrogol, donc attention!</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Alors qu&rsquo;aux <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3605539?src=soc_tw_200107_mscpfr_news_tho_hypertension&amp;faf=1">Journées d&rsquo;HTA</a> les présentateurs déplorent la baisse du taux de contrôle tensionnel à 42% des patients en France, les <a href="https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/pdfscache/37359.pdf">données 2019</a> retrouvent que nous avons le plus faible taux de mortalité cardiovasculaire et les plus faibles incidences d&rsquo;infarctus et AVC en Europe. Dans ce contexte, <a href="http://www.annfammed.org/content/18/1/50.full">Annals of Family medicine</a> s&rsquo;intéresse à l&rsquo;HTA pour différencier l&rsquo;inertie thérapeutique de l&rsquo;inaction appropriée. Les auteurs ont inclus des patients avec des mesures tensionnelles &gt; 140/90 mmHg au cabinet et leur ont fait faire des automesures tensionnelles (AMT). Parmi ces patients, 66% avait des automesures &lt; 140/90 mmHg, et 61% des patients ayant des AMT &gt; 140/90 mmHg ont eu une intensification du traitement. Alors, on va dire &ldquo;c&rsquo;est logique!&rdquo;, puisque la correspondance de 140/90 mmHg au cabinet est de 135/85 mmHg en AMT: logique qu&rsquo;une partie des patients non contrôlés au cabinet le soit en AMT si on prend 140/90 mmHg en seuil. Cependant, aucune étude n&rsquo;a évalué le seuil de 135/85 en AMT pour établir le contrôle tensionnel (c&rsquo;est prouvé seulement pour le diagnostic). Donc, on en revient au problème évoqué dans les recos de l&rsquo;ESC: on prône les AMT, mais les objectifs ne sont étudiés que sur des chiffres au cabinet&hellip; Bref, on voit quand même que les patients non contrôlés à domicile voient leur traitement intensifié, il ne semble pas trop y avoir d&rsquo;inertie thérapeutique, (sachant que pour les 39% non intensifié, les médecins justifiaient leur décision en disant que le déséquilibre était lié à un facteur contextuel transitoire).</p>
<p>Pour améliorer le dépistage de la fibrillation auriculaire dans le bilan des AVC (j&rsquo;en avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2014/07/dragi-webdo-n11_20.html">ici</a>), le <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.m133">NICE</a> (recos britannique) recommande l&rsquo;utilisation d&rsquo;un dispositif implantable chez les patients ayant un AVC cryptogénique, pour ainsi dépister plus de FA et ce serait &ldquo;coût-efficace&rdquo;. Sinon, pour moins cher il y a les montres connectées&hellip; (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n246.html">là</a>).</p>
<p>3/ Urologie</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2758797">étude</a> s&rsquo;est intéressée à la prise en charge de la vessie hyperactive chez l&rsquo;homme.  Les patients ayant eu un traitement par intervention comportementales avaient une amélioration des symptômes à 3 mois, un peu meilleure que ceux ayant eu un traitement médical seul, et semblable à ceux ayant eu à la fois un traitement par intervention comportementale et traitement médical. De plus, l&rsquo;efficacité  était plus rapide dans les groupes avec intervention comportementale que dans le groupe avec traitement médical seul. L&rsquo;intervention comportementale comprenait de la rééducation musculaire pelvienne, un journal des mictions, des feedbacks et conseils au quotidien.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEivC_R38VhjMMtx1uuKijD5jLXLmwTUSzsITpMdFA1G_sAPTFlCOSS2PPassG56PH5kAs1R4VR_jiPR5QC0zhx5pQuIsPT9RAsDmC5iHdfgJHXn-oy3evQJ4MQx4qeweR0eKQQ0Xp07pTNS/s1600/vessie.png"><img src="/images/articles/2020/vessie.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Endocrinologie et nutrition</p>
<p>Le jeûne intermittent (time restricted eating, les anglais comptent le temps durant lequel ils mangent et non le temps de jeûne) fait de plus en plus parler de lui et les publications commencent à arriver. Cet article de <a href="https://www.cell.com/cell-metabolism/fulltext/S1550-4131(19)30611-4">Cell Metabolism</a> a inclus 19 patients avec syndrome métabolique. Ils ont effectué un jeune intermittent (14h consécutives sans alimentation par jour et donc temps d&rsquo;alimentation restreint à 10h/jour) pendant 3 mois. Ils ont eu une perte de poids de 3,3 kg en moyenne, une amélioration des chiffres tensionnels, et du LDLc. Des études de plus haut niveau de preuve et de meilleure puissance sont attendues!</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.l6597">BMJ</a> aborde le sujet de la puberté précoce définie comme le développement mammaire avant 8 ans chez la fille et développement génital avant 9 ans chez le garçon. Elle est soit gonadotrophine dépendante (incluant le puberté précoce idiopathique), soit indépendante de la gonadotrophine.</p>
<p>Le bilan comprend un examen:</p>
<ul>
<li>
<p>poids, taille et calcul de la taille cible</p>
</li>
<li>
<p>la recherche des caractéristiques sexuelles secondaires</p>
</li>
<li>
<p>un bilan biologique: LH, FSH, oestradiol, testostérone, TSH, (voire SHDEA, cortisol urinaire et test de stimulation à la LHRH)</p>
</li>
<li>
<p>un bilan radiologique: âge osseux, échographie pelvienne chez la fille (voire IRM cérébrale)</p>
</li>
</ul>
<p>Enfin, quand adresser au spécialiste:</p>
<ul>
<li>
<p>puberté précoce chez un garçon / ménarches avant 8 ans ou clitoromégalie ou pilosité pubienne sans développement mammaire chez la fille</p>
</li>
<li>
<p>accélération brutale des courbes de croissance</p>
</li>
<li>
<p>symptômes comme: polyurie/polydipsie, céphalées, troubles visuels, taches café au lait unilatérale, signes d&rsquo;hyperthyroïdie, syndrome de Cushing, antécédent de pathologie neuro-cérébrale.</p>
</li>
</ul>
<p>Comme un peu plus haut, je parlais du mauvais contrôle tensionnel, je vais parler ici du mauvais contrôle glycémique. En effet, cette étude de <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-019-05078-3">Diabetologia</a> retrouve une baisse du taux de patients avec HbA1C &lt; 7% de 36 % à 30 % entre 2005 et 2017. Il y avait une baisse du taux de prescription de sulfamides et une hausse des prescriptions d&rsquo;insuline, du nombre de patients ayant au moins 2 HbA1C/an et du nombre de patients recevant des conseils d&rsquo;éducation thérapeutique. Les auteurs concluent donc qu&rsquo;il faut améliorer le système pour améliorer les résultats. Cependant, il y a 1 an exactement, <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/01/dragi-webdo-n211.html">on</a> avait parlé de l&rsquo;amélioration de la mortalité et des complications micro et macrovasculaires des 20 dernières années. Donc une fois de plus, arrêtons de nous focaliser trop sur les critères intermédiaires !</p>
<p>5/ L&rsquo;article quali de la semaine (par @DrePetronille)</p>
<p>Pour débuter cette nouvelle section, un article du <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6741803/">Collège canadien des médecins de famille</a> (sept 2019), interrogeant des patients sur les moyens de parler d&rsquo;activité physique en consultation. Si on peut regretter une analyse uniquement thématique et un guide d&rsquo;entretien probablement trop dirigé vers les nouvelles technologies que les auteurs souhaitaient mettre en place à l&rsquo;issue de l&rsquo;étude, celle-ci nous apporte tout de même quelques pistes pour mieux aborder l&rsquo;activité physique en consultation, pour tous et régulièrement. Pour commencer, évoquer des objectifs positifs en terme de santé (se sentir mieux, limiter les médicaments,&hellip;) ou encore les interaction sociales avec des participants de même niveau sportif (plutôt qu&rsquo;en salle de sport). Les patients semblent préférer qu&rsquo;on leur parle de bénéfices concrets à court terme (diminuer les douleurs, réduire le risque de chutes) plutôt que d&rsquo;objectifs &ldquo;pour le futur&rdquo; (comme améliorer l&rsquo;espérance de vie). Pour évaluer l&rsquo;activité physique, évaluer plutôt le sentiment de bien-être, l&rsquo;intensité des douleurs, la qualité du sommeil plutôt que le poids, qui ramène souvent à des expériences douloureuses. Comme souvent, privilégier l&rsquo;approche centrée-patient et individualiser les objectifs et le suivi.</p>
<p>C&rsquo;est fini, alors à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°252 : Examens gynéco inutiles, suivi nodule thyroïdien, AINS/anticoagulant, EABPCO/CRP, ostéoporose, maladie coeliaque, pédiculose, Jaipur</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/01/dragi-webdo-n252/</link><pubDate>Sun, 12 Jan 2020 19:20:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2020/01/dragi-webdo-n252/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Dermatologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonne année et meilleurs vœux ! Voici une nouvelle année qui commence donc, merci encore à vous de me lire ! Bien sur, malgré cette pause hivernale, il y a eu beaucoup trop d&rsquo;articles intéressants publiés&hellip; alors j&rsquo;ai tenté de faire une sélection, mais j&rsquo;ai jamais été doué pour ça. D&rsquo;abord, l&rsquo;article hors catégorie, publié dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2758329">JAMA internal medicine</a> concerne les examens gynécologiques et les frottis chez les femmes de 15 à 20 ans aux Etats Unis. Les auteurs ont retrouvé que 20% environ les femmes de cette tranche d&rsquo;âge ayant eu un examen bi-manuel et autant ayant eu un frottis. Ils ont estimé que 55% de ces examens cliniques et que 71% des frottis étaient probablement non nécessaires (en considérant nécessaires les examens dans le cadre d&rsquo;infections sexuellement transmissibles, de grossesses, de poses de DIU et symptômes nécessitant un examen). Je pense que les chiffres français ne seraient pas plus glorieux&hellip;</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.119.041296">analyse ancillaire</a> de l&rsquo;étude Aristotle (comparant la warfarine à l&rsquo;apixaban dans la fibrillation auriculaire) s&rsquo;est intéressée aux patients ayant pris des AINS. Ainsi, il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;augmentation du nombre de saignements ni de la mortalité sur l&rsquo;ensemble de la cohorte (AINS pris depuis avant le début de l&rsquo;étude + AINS débutés pendant l&rsquo;étude) chez les patients prenant AINS et apixaban mais chez ceux sous warfarine, il y avait une augmentation des saignements majeurs. Cependant, lorsqu&rsquo;on s&rsquo;intéressait uniquement aux patients ayant débuté un AINS durant l&rsquo;étude dans une analyse de sensibilité, il y avait une augmentation significative de la mortalité globale chez ceux prenant de l&rsquo;apixaban. Donc, malgré la conclusion plutôt rassurante des auteurs sur l&rsquo;apixaban, il me semble plus raisonnable d&rsquo;éviter les AINS chez tous les patients anticoagulés&hellip;</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>On avait déjà abordé l&rsquo;intérêt de la CRP dans les exacerbations de BPCO (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/09/dragi-webdo-n61.html">ici</a>), permettant une baisse de la prescription des antibiotiques sans analyse de critères cliniques. Heureusement, cette <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1803185">étude</a> du NEJM que j&rsquo;avais ratée durant l&rsquo;été avait évalué le devenir de patients ayant une exacerbation randomisés entre &ldquo;soins courants &quot; et &ldquo;soins guidés par la CRP&rdquo; (avec les seuils suivants: &lt; 20: pas d&rsquo;antibio, 20-40: bénéfice possible et &gt; 40: bénéfice probable). Les auteurs ont retrouvé une baisse absolue de 20% de la prescription d&rsquo;antibiotiques avec utilisation de la CRP (OR= 0.3) et il n&rsquo;y avait pas de différence de nombre d&rsquo;hospitalisations ou de pneumopathies entre les groupes. Alors que les recommandations de la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/10/dragi-webdo-n153.html">SPLF</a> sont pour un traitement antibiotique systématique, il faudrait peut être revoir cette stratégie.</p>
<p>Des recommandations européennes et américaines concernant l&rsquo;<a href="https://erj.ersjournals.com/content/55/1/1900588">asthme sévère</a> ont été publiées. Elles ne concernent pas trop les généralistes car les patients ont un suivi spécialisé normalement, mais elles proposent : un traitement par tiotropium en cas d&rsquo;asthme malgré traitements des paliers 4-5 et des macrolides au long cours en cas de symptômes non contrôlés au pallier 5. (Pour mémo, on avait parlé de ces recos du GINA <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/08/dragi-webdo-n235.html">ici</a>)</p>
<p>Une notion de spirométrie anormale avec ratio préservé (<a href="https://erj.ersjournals.com/content/55/1/1901217">PRISm</a>) concerne les patients avec un VEMS/CV&gt;0,7 mais un VEMS &lt; 80%. Ils représenteraient environ 7% des patients effectuant une spirométrie, mais 50% d&rsquo;entre eux évoluent vers une vraie BPCO. Leur pronostic semble moins bon que celui des patients BPCO de stade gold 1 (qui ont un VEMS&gt;80%).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiGMym-wEId5KGd8itRRi66iZocVH93B3EzLDKnZ1kJnElXdFdMZkT3x0W3oGlfSOdTAyXk0-NpjDj-yFeYucsBDL_nvfZs3EcNQeHyb4PWdyNkZEkJhyphenhyphenDZODjjuJ_x2EvvtRB6BH5iTJbS/s1600/PRISm.png"><img src="/images/articles/2020/prism.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Les recommandations <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/05/dragi-webdo-n228.html">HAS</a> et américaines sont en opposition sur le dépistage de l&rsquo;ostéoporose (si facteur de risque en France et systématique à 65 ans aux Etats Unis). Plutôt que d&rsquo;utiliser les facteurs de risques pour les femmes de moins de 65 ans, les américains proposent l&rsquo;utilisation de <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2758734">scores évaluant le risque</a> de T score &lt; -2,5. L&rsquo;OST est recommandé car c&rsquo;est le plus simple et facile à réaliser en consultation, avec une sensibilité meilleure que le FRAX. On pourrait même demander au éditeurs de logiciels de le calculer automatiquement a coté de l&rsquo;IMC! (L&rsquo;OSIRIS a pas l&rsquo;air mal, mais n&rsquo;est pas vraiment comparé aux autres dans l&rsquo;article, dommage.)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg2GsmM9uEs02_DRaCzVSu5xfrFrTl69Tg74or0k7E4ZAIs9KA0zXCV6_w54NQPtzgKEcMjH6YVzSrfJUpAXmhnM-yYdR8I791QQRvgIJkK11emmf4YgfKXJfh1ABK1Qt0EkzZlkRx1mNk3/s1600/ost%25C3%25A9oporose.png"><img src="/images/articles/2020/ost-25c3-25a9oporose.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>Annals of Internal Medicine parle du dépistage de la <a href="https://annals.org/aim/fullarticle/2758535/celiac-disease">maladie coeliaque</a> et recommande l&rsquo;utilisation des anti-corps anti-transglutaminase. (Il existe aussi des tests génériques par PCR : HLA-DQ2 et HLA-DQ8 pour des patients qui auraient déjà un régime sans gluten avec suspicion de maladie coeliaque génétique). Il est recommandé de dépister:</p>
<ul>
<li>
<p>les patients avec symptômes digestifs (troubles fonctionnels, diarrhée, intolérance au lactose, ballonnement&hellip;)</p>
</li>
<li>
<p>les patients avec une carence vitaminique ou martiale, infertilité, faible poids, ostéopénie, fatigue chronique ou maladie auto-immune</p>
</li>
<li>
<p>les patients avec antécédent familial de maladie coeliaque au 1er ou 2ème degré.</p>
</li>
</ul>
<p>Il y a une différence entre la maladie coeliaque (les patients ont des anticorps positifs) et la sensibilité au gluten non coeliaque (les patients ont des anticorps négatifs, mais le régime sans gluten améliore les symptômes, et on note un chevauchement avec le diagnostic de trouble fonctionnel intestinal).</p>
<p>5/ Dermatologie</p>
<p>Il y a quelques mois, la société française de Dermatologie avait fait une mise à jour sur les <a href="https://www.sfdermato.org/media/pdf/actualite/note-pediculos-sfd-gridist-51283d08cd07c9ac26310a6d2669ff30.pdf?fbclid=IwAR0Lq1wi4Wx_RlW0_eOtu2tTsKxcH4sKUyQouTy7Xsltx9Fs_m8yctkFdEk">pédiculoses</a>. Elle ne hiérarchise pas les traitements possibles, semblant quand même privilégier l&rsquo;élentage répété après utilisation d&rsquo;un démêlant mais nécessitant une très bonne observance par rapport aux insecticides ou la dimeticone. L&rsquo;ivermectine per os et locale ne devraient pas être utilisées sauf résistance avérée aux autres traitements. Enfin, les lotions sont à privilégier et les sprays à éviter en cas d&rsquo;antécédent d&rsquo;asthme.</p>
<p>6/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.l6670">BMJ</a> a publié un article concernant les nodules thyroïdiens. L&rsquo;algorithme le plus adapté reste celui dont j&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/04/dragi-webdo-n222.html">ici</a>. Mais cet article ci redonne les recommandations de suivi. Ce sont celles des radiologues américains (l&rsquo;ACR) qui sont le plus claires selon le TI-RADS:</p>
<ul>
<li>
<p>TIRADS 1 ou 2: rien et pas de suivi</p>
</li>
<li>
<p>TIRADS 3: échographie à 1 an, 3 ans et 5 ans.</p>
</li>
<li>
<p>TIRADS 4: échographie à 1 an, 2 ans, 3 ans et 5 ans</p>
</li>
<li>
<p>TIRADS 5: échographie annuelle jusqu&rsquo;à 5 ans</p>
</li>
</ul>
<p>S&rsquo;il n&rsquo;y a pas de modification de taille à 5 ans: il n&rsquo;y a plus d&rsquo;imagerie recommandée après 5 ans! (ça c&rsquo;est bien comme reco! mais faut voir si 1mm de plus c&rsquo;est une modification de taille&hellip;)</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31905405">académie de médecine américaine</a> a publié des recommandations concernant la supplémentation en testostérone. Concernant ce qui peut nous être demandé en consultation, elle n&rsquo;est indiquée qu&rsquo;en cas de testostéronémie basse chez des patients se plaignant de troubles sexuels (donc pas pour améliorer la condition physique, des troubles cognitifs etc&hellip; parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de bénéfice démontré)</p>
<p>7/ Jeu du mois : &ldquo;Jaipur&rdquo;</p>
<p>Je vais vous parler de &ldquo;Jaipur&rdquo;! Un jeu pour 2 joueurs uniquement très simple et stratégique. Il faut se débrouiller pour récupérer, à son tour, les cartes permettant d&rsquo;obtenir des marchantises donnant un nombre de point différent selon leur rareté et selon la quantité restante de la marchandise. Les chameaux disponibles peuvent être utilisés pour échanger des cartes, mais les conserver en fin de partie rapporte également des points à celui qui en a le plus&hellip; (ben oui, ça a de la valeur les chameaux!). Les parties sont relativement courtes, environ 20 minutes. Ce jeu est vraiment incontournable pour les personnes jouant souvent à 2, d&rsquo;autant plus que son petit format lui permet d&rsquo;être facilement emporté en vacances!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjfI-0Yu1hcRhZfUc8p-_y1we6y1tS6EtfikWc7VJt_x6qLEJAKhi6WZHMnlkaL_fYWlellzDUZMlR3XajfHnXDqu8FrnqQW_Hxxuc-Mt3neJmKSdC4z_-s4su9yf0n62a5pgngEVaUyoWo/s1600/jaipur.jpg"><img src="/images/articles/2020/jaipur.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà, c&rsquo;est fini pour cette semaine! Je vous dis donc à très bientôt! (Et comme d&rsquo;hab&rsquo;, n&rsquo;hésitez pas à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
à la newsletter par mail en haut à droite sur cette page) ou les 3!</p>
<p>@Dr_Agibus (et gros merci à @DrePetronille pour ses relectures qui devraient annihiler mes fautes d&rsquo;orthographe)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°251 : diabète (recos ADA/EASD), e-cigarette, ECG/mort subite, vaccin HPV (HAS), coxarthrose, dysménorrhées, métrorragies, voitures</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/12/dragi-webdo-n251/</link><pubDate>Sun, 22 Dec 2019 11:30:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/12/dragi-webdo-n251/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! J&rsquo;espère que vous allez pouvoir profiter de vos vacances, mais d&rsquo;abord, voici un dernier Dragi Webdo avant les miennes (et le prochain sera donc en 2020!). Bonne lecture à tous!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Concernant les analogues du GLP-1, une <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(19)30382-1/fulltext#%20">étude</a> du Lancet Diabetology basée sur la Vigibase  retrouve qu&rsquo;il y a un sur-risque de réactions anaphylactiques avec les analogues du GLP-1 basée sur l&rsquo;exendine (exenatide et lixisenatide) par rapport aux analogues humains (liraglutide, semaglutide, dulaglutide, albiglutide). Ça tombe bien, puis que le liraglutide et le semaglutide sont les seuls à avoir diminué la mortalité globale.</p>
<p>Continuons avec l&rsquo;e-cigarette. En effet, un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMsr1915313">NEJM</a> s&rsquo;est intéressé aux <a href="https://lightningamer.com/wp-content/uploads/2018/07/Pok%C3%A9mon-GO-Journ%C3%A9e-Communaut%C3%A9-Evoli-770x485.png">Evali</a> (c&rsquo;est pas un Pokémon, ça veut dire E-cigarette, or Vaping, product use–Associated Lung Injury, donc les atteintes pulmonaires liées aux e-cigarettes et au vapotage). En effet, il y a eu une augmentation des passages aux urgences pour Evali depuis début 2018, avec un pic l&rsquo;été dernier, pouvant correspondre à l&rsquo;annonce de risques par le CDC américain. Une autre <a href="https://www.ajpmonline.org/article/S0749-3797(19)30391-5/pdf">étude</a> retrouve un risque de développer une maladie respiratoire augmenté de 30 % chez les utilisateurs et anciens utilisateurs d&rsquo;e-cigarette. Ce risque est cependant multiplié par 2,5 avec le tabac. Notons également que les utilisateurs d&rsquo;e-cigarette et fumeurs actifs avaient, quant à eux, un risque multiplié par 3,3. C&rsquo;est donc en faveur d&rsquo;un risque moindre chez les vapoteurs exclusifs par rapport aux fumeurs pouvant encourager l&rsquo;e-cigarette comme moyen de sevrage, mais l&rsquo;utilisation de l&rsquo;e-cigarette concomitante du tabac doit être limitée à une période de sevrage limitée puis l&rsquo;e-cigarette devrait également être arrêtée compte tenu d&rsquo;un sur-risque pouvant persister.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31732657">étude</a> s&rsquo;est intéressée aux signes ECG pouvant estimer le risque de mort-subite (ça peut donc intéresser pour les ECG des jeunes sportifs, même si dans cette étude il fallait être âgé de plus de 30 ans et ils ont été suivis pendant 25 ans en moyenne). Donc, les auteurs ont retrouvé que le risque de mort subite cardiaque à 10 ans était plus élevé chez les patients ayant 3 des caractéristiques suivantes:</p>
<ul>
<li>
<p>fréquence &gt; 80 /min</p>
</li>
<li>
<p>PR &gt; 220 ms</p>
</li>
<li>
<p>QRS &gt; 110 ms</p>
</li>
<li>
<p>une hypertrophie ventriculaire (définie par Index de Sokolow-Lyon, même s&rsquo;il n&rsquo;est pas top)</p>
</li>
<li>
<p>une onde T  négative</p>
</li>
</ul>
<p>En fait, chacun de ces signes était déjà associé individuellement à une augmentation du risque, mais avoir 3 caractéristiques augmente la pertinence de ce score (Et en plus, c&rsquo;est aussi associé à une augmentation de la mortalité par autre chose que mort subite&hellip;)</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3135747/fr/la-has-recommande-de-vacciner-aussi-les-garcons-contre-les-papillomavirus">HAS</a> s&rsquo;est prononcée en faveur d&rsquo;une généralisation de la vaccination anti-HPV aux garçons, de la même façon qu&rsquo;aux filles: de 11 à 14 ans avec un rattrapage jusqu&rsquo;à 19 ans. L&rsquo;objectif est de limiter la transmission du virus.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2757584">JAMA</a> s&rsquo;est intéressé au diagnostic de coxarthrose, et l&rsquo;important, c&rsquo;est l&rsquo;examen clinique.  L&rsquo;article remontre donc les amplitudes normales de la hanche pour bien savoir l&rsquo;évaluer.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi76I-PDtapJ21b-JJg2UZK5bHyk0cl16yxJzViilCwU0SkSUquTwjM8g2GwJdOtzN2G82_MSFFc1XQWKPFbDDOuexQUD2dP_DLTQxcT9ybHBy5tsQMa-JQa-rAukZZrLEFQaZoFVvuKExd/s1600/hanche.png"><img src="/images/articles/2019/hanche.png" alt=""></a></p>
<ul>
<li>
<p>Une douleur médiane de la cuisse, des douleurs postérieures lors de flexions (squats), une douleur de l&rsquo;aine à l&rsquo;abduction ou à l&rsquo;adduction, une diminution des amplitudes passives et une faiblesse des abducteurs ont un rapport de vraisemblance positif supérieur à 4.</p>
</li>
<li>
<p>Les signes en faveur d&rsquo;une arthrose sévère sont la présence d&rsquo;au moins 4 ou 5 signes suivants: l&rsquo;âge &gt; 60 ans, douleur des ligaments inguinaux, diminution de l&rsquo;adduction, diminution de la rotation interne, diminution de la rotation externe, limitation des amplitudes passives,  et faiblesse des abducteurs.</p>
</li>
</ul>
<p>Ainsi, d&rsquo;après l&rsquo;algorithme proposé, la radiographie n&rsquo;est nécessaire qu&rsquo;en cas d&rsquo;argument pour une arthrose sévère pouvant nécessiter un traitement chirurgical. Sinon, le traitement antalgique et la kiné suffisent.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi-DiE7wYCmV2pFuP1c4R6g0-ui76dLxPdcU4v1Rf3wo1KD-w5dflu_DV3h9xkH2ZE-D8p2yxXHZTIhmAyZfRp9U4_ocjjmThvgG8UPh9pRexrDfKCrR4oQCRG-agOKU_h7MkblZoiUX0F8/s1600/arthrose.png"><img src="/images/articles/2019/arthrose.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2758078">JAMA</a> toujours, parle du diagnostic et de la prise en charge de des dysménorrhées primaires, à savoir des dysménorrhées sans pathologie pelvienne, par opposition aux dysménorrhées secondaires comme les fibromes, l&rsquo;adénomyose et endométriose, les malformations&hellip; Ainsi, les auteurs optent pour une approche pragmatique, avec, en l&rsquo;absence de signe évident de cause secondaire, l&rsquo;introduction d&rsquo;un traitement par ibuprofène pendant 3 jours (dose maximale 2400mg/j). Une autre option consiste à la mise en place d&rsquo;une contraception, soit une contraception oestro-progestative cyclique ou continue, soit des progestatifs seuls. Ils recommandent d&rsquo;y associer des traitements non pharmacologiques comme l&rsquo;activité physique. Si le traitement est efficace, une dysménorrhée primaire est probable, mais en cas d&rsquo;échec, les auteurs recommandent de rechercher une cause secondaire, avec un avis spécialisé, un examen pelvien et une échographie (de préférence endo-vaginale).</p>
<p>Un autre <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2758077">article</a> consiste dans la prise en charge des ménorragies sévères reprenant les recommandations britanniques du NICE. Les auteurs recommandent donc une NFS-plaquettes et une recherche de troubles de coagulation, mais indiquent clairement qu&rsquo;il n&rsquo;est pas nécessaire de doser d&rsquo;emblée la ferritinémie, la TSH ou d&rsquo;autres hormones. L&rsquo;échographie pelvienne n&rsquo;est pas systématique. Le traitement doit viser à améliorer la qualité de vie plutôt que de ce concentrer sur les pertes sanguines. Un DIU au levonorgestrel est le traitement de 1ère intention proposé (si fibromes &lt; 3cm sans déformation de la cavité utérine). Si le DIU n&rsquo;est pas souhaité, on peut discuter de l&rsquo;acide tranexamique, des AINS, une pilule oestro-progestative ou des progestatifs seuls.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Après l&rsquo;avis de la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/12/dragi-webdo-n250.html">SFD</a> de la semaine dernière, l&rsquo;ADA et l&rsquo;EASD ont mis à jour leurs recommandations <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/10/dragi-webdo-n200.html">2018</a> avec les nouvelles données dans un article de <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-019-05039-w">Diabetologia</a>. En accord avec les études concernant les analogues du GLP-1 et les sGLT-2, les sociétés savantes recommandent l&rsquo;utilisation de ces molécules indépendamment de l&rsquo;HbA1C chez certains patients:</p>
<ul>
<li>
<p>analogues du GLP-1 si: maladie cardiovacsculaire établie ou en prévention primaire si plus de 55 ans avec sténose coronaire,
carotidienne ou artérielle des membres inférieurs &gt; 50%, hypertrophie
ventricualire gauche, DFG &lt; 60 ou albuminurie.</p>
</li>
<li>
<p>inhitibeurs de SLGT-2 si: insuffisance cardiaque, insuffisance rénale modérée ou microalbuminurie, que ce soit en prévention primaire ou secondaire.</p>
</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhRn7OCVAcNm4Xq5FCfVhRE1KuBWxN_ZEwqHCQ2pOuhvnYTcAtngPVsdtoCTVX7M4VBcaFahMahccwZZ9qPP5DSVMmSVCxNNLlM9GWeA8mOOqRg0jiCh4NlOQjKSTzU7VJ-rGMWaxk74Ldh/s1600/diabete+recos.png"><img src="/images/articles/2019/diabete-recos.png" alt=""></a></p>
<p>Enfin, pour rappeler que les médicament c&rsquo;est bien, mais que les règles hygiéno-diététiques, c&rsquo;est mieux, voici un <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-019-04985-9">article</a> revenant sur leur efficacité. En effet, cette méta-analyse retrouve que les RHD permettent une diminution de 56% de la mortalité globale chez les patients diabétiques, de 49% de la mortalité cardiovasculaire et de 31% de la mortalité par cancer. (Pour mémoire, l&rsquo;empagliflozine et le liraglutide, c&rsquo;est environ 15% de réduction de mortalité globale).</p>
<p>Voilà, et bien évidemment, pour conclure: voici un <a href="https://www.bmj.com/content/367/bmj.l6354">BMJ</a> de Noël, étudiant la conduite des médecins ayant eu des contraventions pour excès de vitesse. On voit très clairement que les généralistes et les pédiatres dépassent peu les limitations, contrairement aux orthopédistes, internistes, psychiatres et cardiologues, ces derniers ayant le plus de contraventions dans des voitures de luxe! Bonnes vacances à tous! Pour ne pas rater la reprise des Dragi Webdo dans 3 semaines, n&rsquo;oubliez pas de vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
à la newsletter par mail ou les 3! (il faut inscrire votre e-mail tout en haut à droite
sur la page, sans oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail, dont
l&rsquo;objet ressemble à un nom de spam, qui vous sera envoyé.)</p>
<p>Bonnes fêtes et à l&rsquo;année prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°250 : Recos diabète (SFDiabéto), anévrisme aorte abdo (recos US), dépistage dysthyroïdie (reco canada), HTA sujet noir, ondanstron, oseltamivir</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/12/dragi-webdo-n250/</link><pubDate>Sun, 15 Dec 2019 14:48:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/12/dragi-webdo-n250/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Neurologie</category><category>Infectiologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Ça fait longtemps que je ne vous ai pas remercié pour votre fidélité et tout! Vous êtes maintenant plus de 1000 à recevoir mes billets par mail: MERCI!!! et bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>On commence par l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Ondansetron-Zophren-et-generiques-ne-doit-pas-etre-utilise-pendant-le-premier-trimestre-de-la-grossesse-pour-traiter-les-nausees-et-vomissements-post-operatoires-ou-lies-a-une-chimiotherapie-Point-d-Information">ANSM</a> qui revient sur le risque de malformation faciale suite à l&rsquo;utilisation d&rsquo;ondansetron (Zophren*) au 1er trimestre de grossesse. Ainsi l&rsquo;agence redit de ne pas l&rsquo;utiliser à ce moment dans le cadre des chimiothérapies et en post-opératoire car, je vous rappelle que ce traitement n&rsquo;a pas l&rsquo;AMM juste pour &ldquo;vomissement gravidiques&rdquo;, n&rsquo;est ce pas? On pourrait aussi discuter de la balance bénéfice risque du traitement hors AMM au 1er trimestre chez une patiente ayant des vomissements incoercible pouvant se compliquer de troubles ioniques, sachant le risque de malformation est de 3 pour  10 000 femmes exposées&hellip; (voilà, si vous voulez faire de la décision partagée avec la patiente)</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2757311">JAMA internal medicine</a> a évalué le risque des injections de gadolinium lors des IRM chez les patients avec insuffisance rénale sévère. Les auteurs retrouvent un risque de fibrose systémique néphrogénique d&rsquo;environ 0,07%, ce qui ne justifie pas donc pas d&rsquo;éviter l&rsquo;injection de ce produit de contraste.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>J&rsquo;étais passé à coté cet été, mais une étude s&rsquo;est intéressée au traitement anti-hypertenseur chez les sujets noirs. Cet <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1901113">essai</a> contrôlé randomisé retrouve un meilleur pouvoir anti-hypertenseur d&rsquo;un traitement par amlodipine+hydrochlorothiazide ou amlodipine+perindopril par rapport à un traitement par hyrochlorothiazide+perindopril (bien que ce dernier soit moins pourvoyeur d&rsquo;effets indésirables). Compte tenu du risque d&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n188.html">angio-oedeme</a> augmenté avec les IEC chez ces patients, il semble donc préférable de commencer par amlodipine+HCTZ si une bithérapie est souhaitée (en l&rsquo;absence de diabète ou de néphropathie)</p>
<p>Il y a <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/11/dragi-webdo-n114.html">quelques années</a>, je parlais du dépistage de l&rsquo;anévrisme de l&rsquo;aorte abdominale dont le bénéfice  en population générale après 65 ans était faible (ancienne reco américaine), et de l&rsquo;avis de la HAS recommandant un dépistage aux patients de plus de 55 ans avec un antécédent familial d&rsquo;AAA ou de plus de 65 ans avec tabagisme chronique ancien ou actif. Ce mois ci, l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2757234">USPSTF</a> (HAS américaine) a publié des recommandations sur le sujet en s&rsquo;alignant sur la HAS, et recommande un dépistage systématique chez les hommes de plus de 65 ans uniquement s&rsquo;ils ont un tabagisme ancien ou actif, et pas chez les femmes pour qui le bénéfice est incertain et les risques connus (notamment en l&rsquo;absence de notion de tabagisme). Se concentrer sur ce dépistage chez les hommes permettrait peut être de le rendre plus performant.</p>
<p>3/ Neurologie</p>
<p>Après les triptans dans la migraine, les grepants arrivent et le NEJM a publié un essai randomisé testant l&rsquo;[ubrogrepant](<a href="https://www.nejm.org">https://www.nejm.org</a> › doi › full › NEJMoa1813049) versus placebo chez des patients ayant 2 à 8 migraines par mois. Avec ce traitement, il y avait 2 fois plus de patients soulagés à 2h (ça vent du rêve mais en fait, c&rsquo;est 21% de patients soulagés par le traitement versus 12%&hellip; donc à peine 1 patient sur 5, mais je connais pas les chiffres pour les triptans et c&rsquo;est dommage qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas eu un bras triptans plutôt que placebo). A 8h, c&rsquo;était un peu mieux également 75% vs 55%. Il y avait un peu plus d&rsquo;effets indésirables de type nausée et somnolence, mais les tests statistiques ne sont pas présentés. Bref, un traitement qui ne semble pas miraculeux, mais qui semble pouvoir être utilisé chez les patients avec aura migraineuses.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>C&rsquo;est le moment de parler des traitements de la grippe! Cet essai contrôlé randomisé en soins primaires a évalué l&rsquo;<a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)32982-4/fulltext">oseltamivir</a> dans les syndromes grippaux. Plus de 3000 patients recrutés dans 15 pays européens ont été étudiés, et les auteurs retrouvent que le traitement anti-grippal permet de réduire la durée des symptômes de 1 jour en moyenne, et jusqu&rsquo;à 3 jours chez les plus de 65 ans, au prix d&rsquo;une augmentation des nausées et vomissements. Il est intéressant de voir le graphique de durée de syndromes grippaux selon l&rsquo;âge et les co-morbidités (cf après). On voit aussi qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence d&rsquo;efficacité entre les grippes prouvées et les syndromes grippaux non liés à Influenza, ni de différence dans les hospitalisations (bien qu&rsquo;il soit très dommage de ne pas avoir l&rsquo;analyse du sous groupe &gt;65 ans ou comorbidité sur les hospitalisations). Bref, un bénéfice faible qui semble tout à fait justifier de ne pas l&rsquo;utiliser ce traitement en ville, bien que les auteurs concluent à l&rsquo;efficacité du traitement.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgTKmrhoS5k_XxHitCtnFJJyBHRObkMPh5XVKOwTS-ujhdHwNfzMq7ogzWrImeiBF2JbI_KgYBttI9GzUzEX71Raj4m7pt7uZ4cPwWncBvOIiE6ZYKTKvhKr__xJreQ-qPJ8tUaa35wJ69n/s1600/ozeltamivir.png"><img src="/images/articles/2019/ozeltamivir.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Endocrinologie</p>
<p>La <a href="https://www.sfdiabete.org/actualites/medical/prise-de-position-de-la-sfd-sur-la-prise-en-charge-medicamenteuse-du-patient">société française de diabétologie</a> a actualisé sa prise de position sur la prise en charge du diabète. Commençons par les points positifs. Pour commencer, les auteurs ont bien déclaré leurs liens d&rsquo;intérêt. Ensuite, une place importante est faite à l&rsquo;approche centrée patient, à la décision partagée et à l&rsquo;individualisation des objectifs glycémiques. La metformine n&rsquo;est à introduire que si l&rsquo;HbA1C cible n&rsquo;est pas atteinte avec les règles hygiéno-diététiques (et donc pas en systématique). Enfin, toutes les options possibles sont proposée en bithérapie, y compris analogue du GLP-1.</p>
<p>Cependant, les cibles d&rsquo;Hba1C n&rsquo;ont pas été modifiées (7% pour tous), alors que de nombreuses études (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n245.html">ici</a> ou <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n180.html">là</a>) s&rsquo;accordent à les remettre en cause et que même des <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/03/dragi-webdo-n174.html">sociétés savantes</a> prônent des objectifs moins stricts. Notons quand même la présence de limites inférieures : 7% quand la cible est à 8% et 7,5% quand la cible est à 8,5%, ce qui est en accord avec le risque lié aux hypoglycémies. Mais, il n&rsquo;est pas clairement dit qu&rsquo;il faille déprescrire si l&rsquo;HbA1C était en dessous d&rsquo;un certain seuil pour le &ldquo;cas général&rdquo;.</p>
<p>Les inhibiteurs de DPP-4 sont mis comme choix préférentiel (c&rsquo;est déjà bien que ce ne soit plus les sulfamides, ce qui est cohérent avec leur profil de risque trop important, en particulier en bithérapie avec la metformine). Or, comme on l&rsquo;a déjà dit <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n180.html">plein de fois,</a> ils ont un niveau de preuve inférieur aux analogues du GLP-1 et aux inhibiteurs de SGLT-2 avec plus d’hypoglycémies et des risques pancréatiques supérieurs. Leur seul intérêt est leur plus faible coût, mais quand d&rsquo;autres molécules améliorent la mortalité&hellip;</p>
<p>Soyons quand même positifs : les objectifs glycémiques sont très stricts mais comme on peut les adapter à tous les patients en fonction de plein de chose, au final, on peut convenir d&rsquo;objectifs moins stricts. Il est possible que l&rsquo;objectif soit strict pour inciter davantage les médecins à s&rsquo;en rapprocher et à être aux alentours de 7,5% : si un patient est à 8,2% alors que l&rsquo;objectif est &lt; 8%,  le médecin ne modifiera pas le traitement, alors qu&rsquo;il y a une sur-mortalité au dessus de 8%; mais si l&rsquo;objectif est à 7%, il est probable que le médecin intensifie jusqu&rsquo;à ce que la HbA1C soit vers 7,5% mais pas pour descendre en dessous de 7%.</p>
<p>Enfin, notons quand même la recommandation forte de mettre les analogues du GLP-1 en 2ème ligne chez les patients: en prévention secondaire, en cas d&rsquo;insuffisance cardiaque, en cas de néphropathie ou en cas d&rsquo;obésité. Je ne sais pas quel pourcentage de patients diabétiques non contrôlés sous metformine seule ça fait, mais une bonne partie doit rentrer dans l&rsquo;indication des analogues du GLP-1 en 2ème ligne, je pense.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjsek_GBlgrRZw_zdDIhzFuXKVkeW-f3AD5ImcPEHclKMG5BoaMLh7VswAv_WXqHX6R2iEwbuKYRI5RbT90EwxBaNHKAYbTFOEYMc2ZvHbX-hcByq-X-GyKwli5svlRhqa6doUlxfGvF9Sp/s1600/diabete.png"><img src="/images/articles/2019/diabete-2.png" alt=""></a></p>
<p>Des <a href="https://www.cmaj.ca/content/cmaj/suppl/2019/11/12/191.46.E1274.DC1/190395-guide-fr.pdf">recommandations</a> canadiennes ont été publiées concernant le dépistage de la dysthyroïdie. Il n&rsquo;est pas recommandé chez des patientes asymptomatiques, car il n&rsquo;y a pas de vrai bénéfice clinique lié au traitement des dysthyroïdies découvertes de cette façon.</p>
<p>Voilà, bonne fin de journée et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°249 : dénutrition (recos HAS), urticaire chronique (recos SFD), Nexplanon, salbutamol, PHQ-9</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/12/dragi-webdo-n249/</link><pubDate>Sun, 08 Dec 2019 12:58:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/12/dragi-webdo-n249/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Nutrition</category><category>Oncologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Dermatologie</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! C&rsquo;est parti pour les actualités, bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Après le retrait de DIU dont j&rsquo;ai parlé la semaine dernière, ce sont les implants contraceptifs dont parle l&rsquo;ANSM. Pour prévenir le risque de migration des &ldquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Implant-contraceptif-Nexplanon-renforcement-des-mesures-de-reduction-du-risque-de-migration-notamment-dans-l-artere-pulmonaire-Point-d-Informationn">Nexplanon</a>*&rdquo; dans l&rsquo;artère pulmonaire, l&rsquo;agence recommande de bien insérer l&rsquo;implant en regarde du triceps, à 8-10cm de l&rsquo;épicondyle médial et 3-5cm sous le sillon biceps-triceps (et non dans le sillon car trop proche des structures vasculaires). Il est également recommandé d&rsquo;informer les patientes de la nécessité de palper l&rsquo;implant toutes les 2 semaines pour s&rsquo;assurer de sa présence.</p>
<p>Après les sartans, c&rsquo;est au tour de la <a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Information-concernant-les-medicaments-a-base-de-metformine-Point-d-Information">metformine</a> d&rsquo;être contaminée par des impuretés (NDMA), mais sur des lots non disponibles en France et à des doses inférieures à celles contenues naturellement dans l&rsquo;alimentation&hellip; Donc rassurer les patients sans changement de traitement pour le moment.</p>
<p>En complément des 2 billets parlant de l&rsquo;allergie à la pénicilline (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/01/dragi-webdo-n211.html">ici</a>), un <a href="https://www.nps.org.au/australian-prescriber/articles/penicillin-allergy-a-practical-approach-to-assessment-and-prescribing">article</a> donne des pistes pour essayer d&rsquo;établir un antécédent d&rsquo;allergie réel grâce à quelques questions:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhZDA4NvbVuZhUgpeHwegFpAHFuRnmrDTSDkAamOZoVRdJKxh047881W5dNSFyvXji1CVRmhhByb9p1Zx8AZGB5ibiZ04LbatEhh-PtD3L_iKCeZbtq0CrKjHQ0O74U9WMoL2_Q10LdbVM7/s1600/allergie.png"><img src="/images/articles/2019/allergie-2.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Nutrition</p>
<p>La HAS a publié des recommandations sur le diagnostic de la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3118872/fr/diagnostic-de-la-denutrition-de-l-enfant-et-de-l-adulte">dénutrition</a>. C&rsquo;est surtout la &ldquo;fiche outils&rdquo; qui est bien faite et qui est la plus facilement utilisable. Il faut différencier 3 âges: l&rsquo;enfant, l&rsquo;adulte pour lesquels il est nécessaire d&rsquo;avoir 1 critère phénotypique (comme l&rsquo;IOTF&lt;18,5 ou l&rsquo;IMC &lt; 18,5) ET un critère étiologique (réduction des prises alimentaires, maladie inflammatoire, malabsorption&hellip;), et la personne âgée qui ne nécessite qu&rsquo;un critère phénotypique (IMC&lt; 21, perte de poids de 5% en 1 mois ou 10% en 6moi, MNA&lt;17 ou  albuminémie &lt;35). Le diagnostic est clinique et l&rsquo;albuminémie n&rsquo;est généralement pas un critère diagnostic indispensable.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.who.int/wer/2019/wer9447/fr/">OMS</a> demande que les pays recommandant une vaccination anti-HPV &ldquo;universelle&rdquo; des garçons et filles suspendent leurs programmes pour se limiter temporairement la vaccination des filles. En effet, il y a des tensions d&rsquo;approvisionnement au niveau mondial qui nuisent à la vaccination dans les pays à forte prévalence.</p>
<p>Une <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/cncr.32498">étude</a> américaine utilisant les registres de l&rsquo;institut du cancer américain retrouve une augmentation du nombre de cancers de la prostate des patients entre 15 et 40 ans, avec des cancers plus agressifs et une survie variant entre 30% et 80% alors qu&rsquo;elle est de 95% à 100% chez les plus de 40 ans. Mais si on regarde l&rsquo;incidence en chiffre absolus, ce n&rsquo;est quand même pas très fréquent (incidence inférieure à 2 pour 100 000)&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiDea1azj_AhhpuA3_lt8nI93bFWBici8q5FHPyss8y7DLLwgXZpjO6H2DqysYaJovfcou6gwX2oSly9soPxWZ612nv9c6FoOZWymwQp6a6fc47qGZ0zy_GoaQaCOqY7OjG0GhR4WdpHixb/s1600/prostate.png"><img src="/images/articles/2019/prostate.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>J&rsquo;avais parlé du PHQ-9 dans le dépistage de la dépression dans le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/04/la-depression-sans-pression18.html">billet dédié</a>. Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2753532">JAMA</a> en reparle en disant que c&rsquo;est l&rsquo;outil de dépistage et de suivi de choix dans la prise en charge de patients avec dépression vus en soins primaires. Le seuil utilisé pour le diagnostic d&rsquo;épisode dépressif caractérisé est de 10, et de 20 pour un EDC sévère.</p>
<p>5/ Dermatologie</p>
<p>Des <a href="https://reco.sfdermato.org/fr/recommandations-urticaire-chronique-spontan%C3%A9e/objectifs-du-traitement">recommandations</a> sur la prise en charge de l&rsquo;urticaire chronique spontanée (&gt; 6 semaines) ont été publiées par la société française de dermatologie. C&rsquo;est assez simple: 1/ anti-histaminique de 2ème génération à dose simple (sans en privilégier un en particulier sauf chez l&rsquo;enfant: plutôt desloratadine/rupatadine et chez la femme enceinte: (levo)cetirizine/desloratadine). En cas d&rsquo;échec: augmenter la dose jusqu&rsquo;à 4 fois la dose simple. En cas d&rsquo;échec: avis spécialisé. Je regretterai quand même l&rsquo;absence de recommandations sur la réalisation ou non réalisation d&rsquo;un bilan initial (si oui, lequel) pour les généralistes, parce que je ne sais pas ce que je dois faire de leur liste de diagnostics différentiels (la vascularite pseudo-urticarienne, mastocytose, l’angio-œdème à bradykinine, les maladies
auto-inflammatoires).</p>
<p>6/ Pneumologie</p>
<p>Un article de <a href="https://breathe.ersjournals.com/content/15/4/273?ctkey=shareline&amp;utm_medium=shareline&amp;utm_source=0255-2019&amp;utm_campaign=shareline">Breathe</a> s&rsquo;intitule: les B2 stimulants inefficaces chez les moins de 2 ans: mythe ou réalité? Cet article de physiopathologie revient donc sur la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n246.html">non-recommandations</a> de salbutamol dans la bronchiolite. Les auteurs retrouvent que les enfants ont bien de récepteurs, cependant, dans la bronchiolite, l&rsquo;obstruction bronchique n&rsquo;est pas lié à une bronchoconstriction (sur laquelle le salbutamol serait efficace), mais à un oedeme des voies respiratoires et à l&rsquo;accumulation de mucus. (Et donc quand le salbutamol marche, c&rsquo;est que c&rsquo;est probablement une bronchoconstriction et donc un asthme?)</p>
<p>Les recommandations de l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/08/dragi-webdo-n235.html">asthme</a> ne laissent pas de place à l&rsquo;azithromycine en traitement de fond (contrairement aux recos BPCO). Cette <a href="https://erj.ersjournals.com/content/54/5/1901381">méta-analyse</a> de l&rsquo;European Respiratory Journal retrouve que les macrolides réduisaient de près de 40% les exacerbations (NNT d&rsquo;environ: 8 patients), mais pas les hospitalisations. Le problème de la méta-analyse est qu&rsquo;on ne connait pas le traitement inhalé ni la sévérité initiale des patients pour savoir à quel stade cette option pourrait être envisagée.</p>
<p>C&rsquo;est fini! Pour les nouveaux lecteurs ayant essayé de s&rsquo;abonner à la newsletter par mail n&rsquo;oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail, dont
l&rsquo;objet ressemble à un nom de spam, qui vous a été envoyé, sinon ça ne marche pas&hellip; Mais vous pouvez aussi me suivre sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ! A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°248: alpha-amylase et DIU (ANSM), gonocoque, IST, dépistage cancer du sein, Takenoko</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/12/dragi-webdo-n248/</link><pubDate>Sun, 01 Dec 2019 21:43:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/12/dragi-webdo-n248/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Pour commencer, je ne peux que vous conseiller d&rsquo;aller regarder le LiveTweet du congrès des généralistes enseignants grâce au hashtag <a href="https://twitter.com/hashtag/cnge2019">#CNGE2019</a> ! C&rsquo;était un congrès très intéressant, de plus en plus pertinent, avec, comme toujours, plein de fantastiques rencontres ! Maintenant, place aux quelques actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>L&rsquo;ANSM pointe du doigt le nombre de réactions allergiques rares mais sévères liées à l&rsquo;<a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Maux-de-gorge-et-medicaments-a-base-d-alpha-amylase-l-ANSM-souhaite-une-information-renforcee-sur-les-risques-d-allergie-via-le-conseil-du-pharmacien-Point-d-Information">alpha-amylase</a> dans les maux de gorge. L&rsquo;agence souhaite qu&rsquo;ils passent de l&rsquo;autre coté du comptoir. J&rsquo;avoue que vu les bénéfices apportés, je visualise une solution qui me paraitrait encore meilleure&hellip;</p>
<p>Suite à des ruptures lors des retrait et à des expulsions spontanées déclarées au delà de 3 ans après la pose, l&rsquo;ANSM suspend l&rsquo;AMM des <a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Sterilets-Ancora-et-Novaplus-seuls-ou-en-set-complet-de-pose-Sethygyn-reevaluation-de-la-contraception-par-sterilet-en-raison-d-un-risque-d-expulsion-et-de-rupture-lors-de-leur-retrait-Point-d-information">DIU</a> &ldquo;Ancora&rdquo; et &ldquo;Novaplus&rdquo;. Les signes d&rsquo;expulsion de DIU sont: la disparition des fils ou des fils plus longs, des métrorragies parfois déclenchées par les rapports sexuels, des dyspareunies. Pour un DIU posé il y a moins de 3 ans, pas d&rsquo;inquiétude; par contre, ceux de plus de 3 ans devraient être changés.</p>
<p>Un point &ldquo;visio-vigilance&rdquo; chez les enfants. Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapediatrics/fullarticle/2755652">étude</a> canadienne retrouve que 75% des enfants de moins de 2 ans, et 94% des moins de 3 ans dépassent les recommandations  OMS d&rsquo;exposition aux écrans (à savoir 1 heure par jour maximum de &ldquo;high quality program&rdquo;).</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Une <a href="https://journals.lww.com/stdjournal/Fulltext/2019/11000/Oropharyngeal_and_Genital_Gonorrhea_Infections.9.aspx">étude</a> épidémiologique australienne s&rsquo;est intéressée aux personnes hétérosexuelles ayant eu un partenaire sexuel avec une infection génitale à gonocoque. Chez les 190 personnes dépistées, il y avait d&rsquo;avantage d&rsquo;infections à gonocoque au niveau oropharyngé que génital, aussi bien chez les hommes (18% vs 2%!) que chez les femmes (46% vs 36%). Ainsi, en cas de rapport avec une personne ayant une infection à gonocoque, le dépistage chez les partenaires devrait probablement passer par une recherche génitale mais également oropharyngée.</p>
<p>On peut continuer avec un <a href="https://www.ist.kce.be/fr/">site belge</a> édité par le Centre Fédéral d&rsquo;Expertise des Soins de Santé (KCE), que l&rsquo;on pourrait nommer &ldquo;ISTclic&rdquo;. Il a l&rsquo;air assez pratique, abordant aussi bien la prévention, que le dépistage et le traitement.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>La société européenne pour le dépistage et le diagnostic du cancer du sein (ECIBC) a publié des recommandations européennes concernant le <a href="https://annals.org/aim/fullarticle/2756145/breast-cancer-screening-diagnosis-synopsis-european-breast-guidelines">dépistage du cancer du sein</a>. Les auteurs ont étudié les âges ainsi que la fréquence du dépistage. Le premier point à noter c&rsquo;est que toutes les recos ont un niveau de preuve modéré. Malgré toutes les actualités, les auteurs suggèrent un dépistage par mammographie entre 45 et 49 ans tous les 2 à 3 ans, recommandent un dépistage tous les 2 ans entre 50 et 69 ans, et suggèrent un dépistage tous les 3 ans entre 70 et 74 ans.</p>
<p>Le point intéressant est l&rsquo;espacement à 3 ans après 70 ans (mais les plus de 75 ans ne sont pas abordés) et que la seule réelle &ldquo;recommandation de dépistage&rdquo; concerne les 50-69 ans. Ils ne recommandent pas de faire d&rsquo;IRM en cas de seins denses (comme le redit cette essai récent du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1903986">NEJM</a>) ni de tomosynthèse en complément (en accord avec la HAS qui en parle dans cette publication de cette semaine: <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_2849735/fr/revue-critique-de-la-litterature-sur-la-performance-de-la-mammographie-par-tomosynthese-dans-le-depistage-organise-du-cancer-du-sein">ici</a>). Voici une synthèse de ces recommandations et d&rsquo;autres recos :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg7aJsqIqqQpQN7QVgBABs-Jd_sC4uNdAX_jNxC4B9O8dmoJ4gCDt464rtPOt3lHIF0S6svbwSzGzMG24gCIY8s6tb9vldM7aYkJlOhkjx54vUYMBvmP2WIfod9VRmCY_DNlYIqRWawW-O8/s1600/reco+mammo.png"><img src="/images/articles/2019/reco-mammo.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Le jeu du mois: &ldquo;Takenoko&rdquo;</p>
<p>Ce mois si, je vais vous parler de &ldquo;Takenoko&rdquo;! Un jeu qui n&rsquo;est pas tout récent, mais qui avait été récompensé en 2012. Le but du jeu est de gagner des points en faisant des missions. Pour réaliser ces missions, il vous faudra créer des champs, y faire pousser des bambous de différente couleur en les irrigant et en y faisant venir le jardinier. Mais vous pourrez aussi déplacer le panda qui n&rsquo;a qu&rsquo;une envie: se délecter des bambous qui poussent! Le jeu est simple, abordable et avec assez de stratégie pour le rendre accessible dès 8 ans. Encore un jeu que je recommande vous allez dire!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjbNb91RXZjn3Snx9rUwsaibg3WgsX-Ki_Fpx-CzRH3rGXn0rAUuCrfRZWJfxqRB1X-sVXdz15MPMFrTsCyfDC9n_aTThpMsyyU_7N_2oZpI5uQ2F67atZE3xXvng_-GgYzMVxejJgf0IkO/s1600/20190807_002143.jpg"><img src="/images/articles/2019/20190807-002143.jpg" alt=""></a></p>
<p>Bonne reprise du travail aux congressistes, bonne semaine à tous et n&rsquo;oubliez pas de vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
à la newsletter par mail ou les 3! (il faut inscrire votre e-mail tout en haut à droite
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l&rsquo;objet ressemble à un nom de spam, qui vous sera envoyé.)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgTHWF_lCHGV27FI3nh1IhxL8KUZGNkHAmO2aTNr6GvD8hZ8lHwvRCH_SC-WgsA3UsZxK9KZGqiTbcAog2pTGvnrywCqEZUxEDy7V9K0gG5x5sOjHYHu0GKgR16nGj6ztNHh1lCFkrUO1_5/s1600/abonnezvous.png"><img src="/images/articles/2019/abonnezvous-2.png" alt=""></a></p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°247 : exacerbation BPCO (recos ERS), non substituable, LDL/AVC, ISCHEMIA, dapagliflozine, liraglutide en prév. primaire, INOCA, lombalgie, HPV</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/11/dragi-webdo-n247/</link><pubDate>Sun, 24 Nov 2019 14:14:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/11/dragi-webdo-n247/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Le congrès de la société américaine de cardiologie (AHA) s&rsquo;est tenu la semaine dernière, et donc ce billet aura beaucoup de cardiologie. Mais en attendant, commençons par <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000039393124&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">l&rsquo;arrêté</a> qui va limiter énormément les prescriptions &ldquo;non substituables&rdquo;. En effet, à partir du 1er janvier, le &ldquo;NS&rdquo; ne sera possible que pour les médicaments à marge thérapeutique étroite pour les molécules définies par la liste  (il faudra noter &ldquo;NS MTE&rdquo;), les médicaments pour enfants de moins de 6 ans dont seul le princeps a une galénique adaptée (&ldquo;NS EFG&rdquo;) et pour les médicaments pour le patient a une contre-indication formelle (donc liée à un effet indésirable grave), et démontrée (donc tests allergologique) à un excipient à effet notoire présent dans tous les génériques mais pas dans le princeps (donc comme si on pouvait tout regarder) (&ldquo;NS CIF&rdquo;). Bref, les patients pourront toujours demander le princeps et avancer les frais avant d&rsquo;être remboursé sur la base du remboursement du générique.</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>La <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n188.html">HAS</a> avait laissé un objectif de LDL à 1g/L en post-AVC (contrairement au post infarctus qui a un objectif plus bas). Cette étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1910355">NEJM</a> a randomisé les patients ayant eu un AVC entre une cible de LDL &lt; 0,7g/L versus entre 0,9g/L et 1,1g/L . (Notons que c&rsquo;est un des rares essais qui compare vraiment des cibles de LDL et non un &ldquo;traitement intensif versus un traitement moins intensif&rdquo;). Ainsi, les patients avec une cible basse avaient en moyenne 0,65g/L et ceux avec une cible plus élevée 0,96g/L a la fin des 3 ans et demi de suivi. L&rsquo;étude a été arrêtée prématurément pour des raisons &ldquo;administratives&rdquo; (??), mais il y avait une diminution significative des évènements cardiovasculaires (critère composite) de 22% (NNT=42!) sans effet sur la mortalité cardiovasculaire ni globale (ni sur chaque évènement pris séparément). Il n&rsquo;y avait pas plus d&rsquo;effets indésirables, mais attention car  il y a une interaction significative: le bénéfice n&rsquo;est présent qu&rsquo;en cas d&rsquo;AVC, et en as d&rsquo;AIT il y a une augmentation significative des évènements! Bref, on va certainement quand même avoir un objectif &lt; 0,7g/L dans les prochaines recos.</p>
<p>Plus rapidement, la <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1912388">colchicine</a> (0,5mg/j) au long cours après un infarctus du myocarde, par son effet anti-inflammatoire, permettrait de réduire le risque de récidive d&rsquo;évènements cardiovasculaire (NNT=63) au prix d&rsquo;une augmentation du risque de troubles digestifs et de pneumopathies (NNH= 200 environ). Avec les risques de surdosages en plus, je ne pense pas que la balance bénéfice-risque soit favorable&hellip;</p>
<p>Une des études qui a fait le plus de bruit est certainement <a href="https://www.acc.org/latest-in-cardiology/clinical-trials/2019/11/15/17/27/ischemia">ISCHEMIA</a> qui comparait une revascularisation versus traitement médical optimal chez des patients avec une ischémie modérée à sévère sur une épreuve de stress non invasive. Les patients ne devait pas avoir de lésions significative du tronc commun, ni avoir eu d&rsquo;infarctus récent. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de bénéfice sur la mortalité cardiovasculaire ou les évènements cardiovasculaire à effectuer une revascularisation. Je doute que cette étude change les pratiques des interventionnistes quand même&hellip;</p>
<p>Dans le même style, l&rsquo;étude <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/fullarticle/2755874">PROMISE</a> étudiait le dépistage de coronaropathie chez des patients avec symptômes évocateurs. Elle retrouve que, chez les plus de 65 ans, les épreuves d&rsquo;effort sont plus souvent positives mais, seuls les tests fonctionnels positifs étaient associés à une diminution de la mortalité.</p>
<p>La <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1911303">dapagliflozine</a>, inhibiteur de SGLT-2 utilisée dans le diabète avec un bénéfice sur les évènements cardiovasculaire notamment grâce à l&rsquo;effet diurétique est testée  maintenant chez les patients non-diabétiques insuffisants cardiaques versus placebo. Les auteurs retrouvent une réduction des évènements cardiovasculaires (NNT=25 patients par an) , de la mortalité cardiovasculaire (NNT=72) et globale (NNT=63), que les patient diabétiques ou non diabétiques!</p>
<p>Enfin, un mot sur l&rsquo;ischémie sans preuve d&rsquo;obstruction coronaire (<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2755840">INOCA</a>), survenant chez les femmes principalement (2/3 des femmes ayant des symptômes cardiaques). Elles présentent des symptômes typiques de coronaropathies mais les coronaires sont saines. Il faut alors traiter comme une coronaropathie et voir si ça améliore les symptômes. C&rsquo;est pas très MG, mais on pourrait être amené a évoquer ce diagnostique, alors autant savoir que ça existe.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>La société européenne de pneumologie a publié des recommandations sur la prise en charge des <a href="https://erj.ersjournals.com/content/49/3/1600791">exacerbations de BPCO</a> (celles de la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/10/dragi-webdo-n153.html">SPLF</a> dataient de 2017 et proposaient des antibiotiques systématiquement). Ainsi en gardant pour définition d&rsquo;une EABPCO, les critères d&rsquo;Anthonisen:</p>
<ul>
<li>
<p>9 à 14 jours de corticoïdes oraux sont recommandés pour améliorer la dyspnée et réduire les hospitalisations (niveau de preuve: très faible)</p>
</li>
<li>
<p>Une antibiothérapie est recommandée (l&rsquo;antibiotique est a déterminer selon chaque pays, niveau de preuve modéré).</p>
</li>
</ul>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/367/bmj.l6273">BMJ</a> revient sur la sciatique. L&rsquo;article est totalement en accord sur le diagnostic et la prise en charge avec les recos <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/04/dragi-webdo-n222.html">HAS</a>, sauf sur les drapeaux rouges conduisant à la réalisation d&rsquo;une IRM (la radio est toujours inutile) : déficit neurologique, syndrome de queue de cheval, suspicion d&rsquo;infection ou de cancer, traumatisme, en vue d&rsquo;une infiltration ou d&rsquo;une chirurgie et persistance à 12 semaines (il n&rsquo;y a donc pas les critères d&rsquo;âge incitant à l&rsquo;imagerie pour toute sciatique chez le plus de 55 ans, et c&rsquo;est plutôt raisonnable).</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_2723930/fr/mieux-prescrire-les-antibiotiques-pour-les-infections-respiratoires-hautes-et-les-infections-urinaires">HAS et la SPILF</a> ont mis à disposition des fiches sur les antibiothérapies courantes (je n&rsquo;ai rien trouvé de neuf dans le contenu)</p>
<p>Une revue de la <a href="https://www.cochrane.org/CD013479/GYNAECA_comparison-different-human-papillomavirus-hpv-vaccines-and-number-doses-administered-prevent-hpv">Cochrane</a> concernant la vaccination anti-HPV chez l&rsquo;homme et la femme retrouve un bénéfice sur les lésions précancéreuses vulvaire, vaginales et du col et sur les condylomes. Il n&rsquo;y avait pas de différence clinique entre le vaccin 9-valences par rapport au vaccin 4-valences. Les effets secondaires graves étaient trop rares pour être vraiment comparés (sachant que 31 000 patients ont quand même été inclus dans ces études).</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2753986">étude</a> randomisée a retrouvé que fournir par courrier les tests d&rsquo;auto-dépistage d&rsquo;HPV aux femmes permettait d&rsquo;augmenter le dépistage du cancer du col de 17% (dépistage classique) à 26% sans augmentation significative du nombre de lésions de haut grade découvertes malgré 20 000 patientes incluses.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Une nouvelle analyse de l&rsquo;étude LEADER (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/06/dragi-webdo-n102-congres-diabeto.html">ici</a>) a été effectuée chez les <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/fullarticle/2754760">patients en prévention primaire</a>. Les auteurs retrouvent une diminution de 16% des évènements cardiovasculaires (NNT=37 en prenant en compte les risques compétitifs). Mais il n&rsquo;y a pas d&rsquo;informations permettant de retrouver un bénéfice clair sur la mortalité globale et cardiovasculaire (on l&rsquo;avait déjà vu <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/05/dragi-webdo-n184.html">ici</a>).</p>
<p>C&rsquo;est terminé! Rendez-vous à Nantes pour ceux qui vont au Congrès du CNGE, et sinon, à dimanche pour le prochain Dragi Webdo!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°246 : bronchiolite (recos HAS) goutte (recos ACR), fibrillation auriculaire</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/11/dragi-webdo-n246/</link><pubDate>Sun, 17 Nov 2019 12:33:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/11/dragi-webdo-n246/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Malgré 2 nouveaux jeux vidéo qui viennent de sortir, voici les articles intéressants cette semaine. Mais d&rsquo;abord, et pour mémoire, je mets ici un <a href="http://www.annfammed.org/content/17/6/538">article</a> d&rsquo;Annals of family medicine sur l&rsquo;évolution des pratiques des généralistes : plus de suivi de pathologie mentales et d&rsquo;examens généraux et globalement moins de place pour les motifs &ldquo;aigus&rdquo;, une augmentation de 2min du temps de consultation, plus de diagnostics par consultation, plus de mesures préventives et de prescriptions médicamenteuses également. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Pour commencer, l&rsquo;<a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Angioedeme-bradykinique-penser-aux-inhibiteurs-de-l-enzyme-de-conversion-IEC-mais-aussi-aux-antagonistes-des-recepteurs-de-l-angiotensine-II-sartans-et-aux-gliptines-Point-d-Information">ANSM</a> revient sur le risque d&rsquo;angio-oedème iatrogène en rappelant qu&rsquo;ils peuvent être causés par les IEC, les sartans mais aussi par les gliptines. La survenue d&rsquo;un angio-oedème médicamenteux est une contre-indication à vie, mais certains signes peuvent être trompeurs comme une récidive à 6 mois de l&rsquo;arrêt du médicament.</p>
<p>Dans une étude de cohorte rétrospective, le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2754806">JAMA</a> met en évidence un sur-risque d&rsquo;encéphalopathies chez les patients insuffisants rénaux traités par baclofène à dose supérieure à 20mg/jour.</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng144/chapter/Recommendations">NICE</a> a émis des recommandations sur l&rsquo;utilisation de médicaments à base de cannabis à usage thérapeutique. Selon l&rsquo;organisme britannique, les usages recommandés concernant les nausées et vomissements sous chimiothérapie et la spasticité mais pas les douleurs chroniques.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Pour compléter les recos de la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/11/dragi-webdo-n245.html">semaine dernière</a> sur la fibrillation auriculaire, un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2754788">JAMA</a> revient sur les traitements médicamenteux. Les auteurs confirment le bénéfice des AOD par rapport à la warfarine dans la FANV (FA non valvulaire), et que le contrôle de la fréquence est un objectif à privilégier car il n&rsquo;y a pas plus de complications par rapport à un contrôle du rythme. Ainsi, l&rsquo;objectif de fréquence &lt; 110 bpm semble être aussi efficace qu&rsquo;un contrôle strict &lt; 80bpm et s&rsquo;obtient grâce aux bêta bloquants ou, en cas d&rsquo;asthme par les inhibiteurs calciques bradycardisants.</p>
<p>Maintenant qu&rsquo;on a dit tout ça, de l&rsquo;autre coté, il y a le patient et tous les patients avec leurs montres connectées. Dans cette très grosse étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa1901183">NEJM</a>, 400 000 patients ont été suivis pendant une centaine de jours au cours desquels 0,52% ont eu une arythmie signalée par leur montre. Ils ont alors eu un holter ECG de 7 jours qui a retrouvé de l&rsquo;arythmie chez 34% des patients, et la valeur prédictive de la découverte d’arythmie grâce à la montre était de 84%. Que va-t-on donc faire de tous ces diagnostics jusque là inconnus et pas forcément cliniquement pertinents. Une utilisation pourrait cependant être une utilisation de ces montres dans les bilans d&rsquo;AVC en complément des holter ECG de 24h, la période d&rsquo;étude étant probablement trop courte (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2014/07/dragi-webdo-n11_20.html">ici</a>).</p>
<p>L&rsquo;étude <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2754792">CLEAR Wisdom</a> a étudié un nouveau traitement &ldquo;non-statine&rdquo; dans la prise en charge des dyslipidémies: l&rsquo;acide bempédoïque en supplément d&rsquo;une statine. Il baisse bien le cholestérol, mais, une fois de plus, le critère de jugement n&rsquo;était pas un critère clinique alors que l&rsquo;étude a duré 1 an.</p>
<p>La <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD011192/calcium-supplementaire-sous-forme-de-comprimes-avant-la-grossesse-ou-au-debut-de-la-grossesse-pour">Cochrane</a> retrouve qu&rsquo;une supplémentation calcique avant et pendant la grossesse pourrait diminuer le risque de pré-éclampsie, mais le niveau de preuve est faible et les résultats discordants sur les autres critères materno-foetaux ce qui ne leur permet pas de conclure à un bénéfice net.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Des recommandations bronchiolites par la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3118113/fr/prise-en-charge-du-1er-episode-de-bronchiolite-aigue-chez-le-nourrisson-de-moins-de-12-mois">HAS</a> ont été publiées! Les précédentes dataient de 2000&hellip; Vous allez voir qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien de très neuf en vrai, mais ce n&rsquo;était pas officiel (même si ça l&rsquo;était dans les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/06/dragi-webdo-n53.html">autres pays</a>). En fait, le 1er point, et le plus intéressant concerne la définition de la bronchiolite et de l&rsquo;asthme du nourrisson:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiC23uOiO-ReKHrcvhzxeLBHvI7bP1yV7VllznhRwYCJ1JUYlifhVFoe_3ltmdosJC0og0MjJA8fHhPdHUfHZAXGs2hg5dtLQzrb-4jV8GRmHqGMNx7D-QEqu3s3J1RANNMJyGzUohApjth/s1600/bronchiolite+asthme.png"><img src="/images/articles/2019/bronchiolite-asthme.png" alt=""></a></p>
<p>Maintenant qu&rsquo;on est d&rsquo;accord sur ces définitions, cette reco concerne le 1er épisode de bronchiolite avant 12 mois. Les auteurs incitent fortement à mesurer la saturation en oxygène des enfants en ambulatoire pour évaluer la gravité et le suivi en plus des critères classiques (il va donc falloir s&rsquo;équiper). Le diagnostic est clinique, il n&rsquo;est pas recommandé d&rsquo;effectuer des examens complémentaires biologiques ou radiologiques systématiques même en cas de fièvre. Les désobstructions nasales au sérum physiologique sont recommandées. La kinésithérapie respiratoire hors accélération du flux expiratoire (AFE) est contre-indiquée et l&rsquo;AFE n&rsquo;est pas recommandée mais pourrait se discuter en cas de comorbidités (notons que 2 kinés sur 3 du groupe n&rsquo;ont pas signé la reco). Les b2 mimétiques ne sont pas recommandés (et peuvent être mal tolérés avant 2 mois), ni les corticoïdes oraux ou inhalés, ni les antibiotiques même en cas de fièvre ou de foyer à la radiographie sauf en cas d’arguments pour une pathologie bactérienne documentée ou fortement suspectée (selon la CRP, en gros?). Il est recommandé de coucher les enfants sur un plan plat (et non proclive) et de fractionner l&rsquo;alimentation. Enfin, il est nécessaire d&rsquo;informer les parents du risque d’aggravation pendant environ 48h et sur la durée des symptômes (10 jours) sachant que la toux peut se durer jusqu&rsquo;à 4 semaines. L&rsquo;éviction de la collectivité n&rsquo;est pas recommandée, mais la fréquentation de la collectivité n&rsquo;est pas souhaitable non plus (j&rsquo;espère que vous avez compris la nuance, a mon avis: pas de certificat à faire mais éviction quand même). Enfin, la <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2019-11/hascnpp_bronchiolite_fiche_outil_conseils_surveillance_parents_2019.pdf">fiche patient</a> est top!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhhfbvNhKRsV7Hbs_gFmJZ-8JFxyk-qu3lUZ6CmuV8dmhODH3chDPAJ_IKOuLiAQTSu19GBVpPSMOG_RbhD_t4sUjQ5E57sDBE2dH0wsCIl-2xtSNIhTfQfRsPKzeJOJaLk-MjVh7bRpdcf/s1600/bronchio+crit%25C3%25A8res.png"><img src="/images/articles/2019/bronchio-crit-25c3-25a8res.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)32489-4/fulltext?utm_campaign=acr19&amp;utm_content=105333660&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-27013292">Lancet</a> a étudié dans la prise en charge de l&rsquo;arthrose et versus placebo, un traitement par prednisone 10mg pendant 6 semaines suivies de 2 semaines de décroissance puis de 6 semaines sans traitement. Il y avait effectivement moins de douleurs dans le groupe traitement à 6 semaines (moins 20 points sur 100 à l&rsquo;EVA), sans majoration des effets indésirables, mais il n&rsquo;y avait plus de différence à la fin de l&rsquo;étude. Je ne suis pas certains que cela vaille le coup d&rsquo;exposer des patients avec arthrose aux effets secondaires à moyen terme des corticoïdes pour un résultat aussi transitoire.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://emedicine.medscape.com/article/329958-guidelines#g2">ACR</a> (collège de rhumatologie américain) a présenté en congrès des recommandations pour la prise en charge de la goutte. Le traitement de la goutte repose sur de la colchicine (faible dose), des AINS ou des corticoïdes. Un traitement préventif au long cours (préférentiellement allopurinol par rapport au febuxostat) est recommandé si: tofus, modifications radiologiques, à partir de  2 crises par an (mais à discuter si 1 crise par an de façon répétée). La nouveauté est l&rsquo;introduction de ce traitement durant la crise de goutte et non au décours, à faible dose initiale avec pour objectif la normalisation de l&rsquo;uricémie, et toujours sous couvert du traitement d&rsquo;attaque le temps de l&rsquo;introduction du traitement au long cours. Enfin, il n&rsquo;est pas recommandé de traiter une hyperuricémie asymptomatique.</p>
<p>Et en parallèle de ça, un <a href="https://ard.bmj.com/content/early/2019/10/30/annrheumdis-2019-216154">essai</a> contrôlé randomisé retrouve que les AINS (naproxène: 750mg à J1 puis 250x3/j pendant 7 jours) font aussi bien que la colchicine faible dose (0,5mg x3/j pendant 4 jours) dans le traitement de la crise de goutte, avec moins d&rsquo;effets secondaires. Cela placerait donc les AINS avant la colchicine dans le traitement de la crise de goutte.</p>
<p>Bonne fin de week-end, et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°245: anti-hypertenseurs, poussée hypertensive, aspirine en prévention primaire, ACFA (recos US), schizophrénie, constipation par opioïdes, paracetamol/grossesse, traitement intensif diabétologique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/11/dragi-webdo-n245/</link><pubDate>Sun, 10 Nov 2019 23:31:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/11/dragi-webdo-n245/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! En ce week end prolongé, je ne peux m&rsquo;empêcher de vous parler de cet article du <a href="https://www.bmj.com/content/367/bmj.l6015">BMJ</a> retrouvant, une fois de plus, l&rsquo;association entre les cadeaux pharmaceutiques déclarés sur &ldquo;<a href="https://www.transparence.sante.gouv.fr/">https://www.transparence.sante.gouv.fr</a>&rdquo; et des prescriptions de médecins généralistes moins adaptées et plus couteuses (moins de génériques, plus de benzodiazépines, plus de vasodilatateurs, moins d&rsquo;IEC par rapport aux sartans etc&hellip;). C&rsquo;est de l&rsquo;observationnel, alors, est ce que les moins bonnes prescriptions poussent à se former avec l&rsquo;industrie? Ou est ce que l&rsquo;industrie entraine de moins bonnes prescriptions? Une étude à refaire dans 5 ans pour voir si l&rsquo;industrie a réussi à faire prescrire plus de génériques et moins de benzodiazépines&hellip; Pas mal d&rsquo;articles intéressants encore cette semaine: bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/01/dragi-webdo-n125.html">Agence Européenne du Médicament</a> avait déjà donné son avis sur les risques de troubles du développement de l&rsquo;enfant et la prise de paracetamol pendant la grossesse en disant qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de causalité démontrée. <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/fullarticle/2753512">Une étude</a> de cohorte américaine a retrouvé une fréquence plus élevée d&rsquo;autisme et de trouble déficitaire de l&rsquo;attention chez les enfants dont le sang de cordon contenait des métabolites du paracetamol. La fréquence d&rsquo;utilisation du paracetamol et le nombre de facteurs de confusion possibles rend quand même très difficile une causalité (notamment les co-traitements qui n’ont pas été étudiés ici).</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une nouvelle revue de la littérature s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;<a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-019-1428-0">aspirine</a> en prévention primaire. Malgré une réduction du 10% des évènements cardiovasculaires sans différence sur la mortalité cardiovasculaire et globale, mais avec une augmentation de 50% des saignements majeurs, les auteurs jugent, logiquement, le bénéfice net non significatif. Si on regarde les sous-groupes pour trouver la sous-catégorie qui pourrait avoir un intérêt à être traitée&hellip; il y aurait une efficacité cardiovasculaire chez les hommes, non fumeurs, diabétiques, déjà sous statine, mais les saignements ne sont pas montrés, et on en revient donc au bénéfice net défavorable.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi5wolD1Xbe9h_QzMjaV6VWN_4M62KR-wq2WAEvM2fOg1XCscgjbqgrtPJ-xigVyFMbFFNB6pLjRgrQ_I_V4u4TszyO1YKpMdzqB7aQ0hUbmP6X1tRnUZQR4J1eFBM6glzTv3pPoQ1THzv7/s1600/aspirine.png"><img src="/images/articles/2019/aspirine-2.png" alt=""></a></p>
<p>Je parlais il y a 2 semaines des discordances de traitement de 1ère intention dans l&rsquo;HTA entre le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/10/dragi-webdo-n243.html">NICE</a> (inhibiteurs calciques), la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n180.html">Cochrane</a> (diurétique) et l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n188.html">ESC</a> (plutôt IEC). Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)32317-7/fulltext?">Lancet</a> va peut être nous aider dans cette revue systématique. En gros toutes les classes sont comparées entre elles (certes on pourrait toujours remettre en cause le fait de travailler avec des classes et non avec des molécules, mais c&rsquo;est déjà un beau travail qu&rsquo;ils ont fait), et les auteurs retrouvent :</p>
<ul>
<li>
<p>que les thiazidiques réduisent davantage les évènements cardiovasculaires et la mortalité que les IEC, ce qui tranche un peu avec la Cochrane qui disaient que c&rsquo;étaient les 2 classes les plus efficaces de façon similaire (mais pas de différence entre thiazidiques et les sartans, étrange)</p>
</li>
<li>
<p>les thiazidiques réduisent davantage la mortalité globale que les inhibiteurs calciques (qu&rsquo;à donc fait le NICE??? eux qui recommandaient bien les thiazidiques en 1ère intention auparavant!)</p>
</li>
<li>
<p>que les inhibiteurs calciques bradycardisant sont moins efficaces que toutes les autres classes</p>
</li>
<li>
<p>qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence significative pour les autres comparaisons de molécules.</p>
</li>
</ul>
<p>Tant qu&rsquo;on est dans l&rsquo;HTA, le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp1901117">NEJM</a> propose un algorithme de gestion des hypertensions aigües sévères (TA&gt; 180/120). Je vous le mets en dessous. Concernant les traitements à donner lors de ces crises, si une hospitalisation est nécessaire, le labetalol et la nicardipine IV sont à privilégier. En cas de crise hypertensive sans symptômes (qui peuvent être des céphalées, douleurs thoraciques atypiques, dyspnée, étourdissement, vertiges et épistaxis) , les traitements à privilégier sont la clonidine (0.1 à 0.3 mg), le labetalol (200 à 400 mg), le captopril (25 à 50 mg), et la prazosine (5 à 10 mg). Notons que la nicardipine est peu étudiée per os, et que la nifédipine ne doit pas être utilisée car d&rsquo;efficacité trop variable pouvant entrainer un sur-risque cardiovasculaire.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjrdDwFAYYalqZ9lPwD9IpR998HO9SrDyGgudZVeHLhIJs9Wju5ruWzOnwnp26m-fBdRfIaZElG_q2IEACKRqEHhcfXyqM6Ic52beT5pRPsEE08SRwDbf_JlkywaOaE3STsJbvxLqi5IvpS/s1600/HTA.png"><img src="/images/articles/2019/hta-2.png" alt=""></a></p>
<p>La <a href="https://www.ahajournals.org/doi/pdf/10.1161/CIR.0000000000000665">société américaine de cardiologie</a> a publié des recommandations concernant la prise en charge de la fibrillation auriculaire. C&rsquo;est une mise à jour ciblée des recos précédentes de 2014 dont j&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/07/dragi-webdo-n59.html">ici</a>. Le changement principal concerne la prescription d&rsquo;AOD en 1ère intention (après bilan hépatique et rénal) devant la warfarine sauf chez les patients avec rétrécissement mitral modéré ou sévère et avec valve mécanique. L&rsquo;indication d&rsquo;anticoagulation peut être proposée pour un CHADS2VASC = 1 chez l&rsquo;homme et de 2 chez la femme (à la place de l&rsquo;aspirine qui est enfin exclue des ces recos). Le reste est un peu trop spécialisé à mon avis.</p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31063574">JAMA</a> a tenté d&rsquo;améliorer le dépistage du cancer colo-rectal avec le test immunologique fécal en ajoutant avant de faire le test une dose d&rsquo;aspirine ou un placebo (comme ça on espère faire un peu saigner le cancer pour mieux le voir!). Mais non, ça ne change rien, alors autant s&rsquo;en passer.</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2754105">JAMA</a> parle également de la constipation sous opioïdes. Les auteurs proposent avec un même niveau de preuve les laxatifs de lest, osmotiques, lubrifiants et stimulants en disant que les effets secondaires sont particulièrement rares quand même (probablement au vu de risques liés à cette constipation iatrogène). En cas de constipation résistante à 2 classes de laxatifs, les antagonistes des récepteurs opioïdes périphériques sont recommandés notamment le Naloxégol, mais un avis spécialisé est certainement utile car il faut éliminer un cancer digestif, un ulcère gastrique, une maladie diverticulaire, une pseudo-obstruction chronique idiopathique et une MICI, qui favoriseraient les risques de perforation digestive avec ces traitements.</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra1808803">NEJM</a> a publié une revue sur la schizophrénie. Les auteurs rappellent l&rsquo;augmentation du risque liés au cannabis. Le traitement de la crise passe par des antipsychotiques mais les auteurs ne comparent pas vraiment les molécules (haldopéridol, risperidone et quiétiapine semblent les plus faciles à utiliser.). Après la crise, le traitement doit être maintenu pendant au moins 1 an pour réduire le risque de récidive de 75% à 25%, mais un traitement au long cours peut être nécessaire en cas de récidives. Au cours du suivi, la glycémie à jeun et le bilan lipidique devrait être effectué annuellement. Il est également important de faire bénéficier les patients d&rsquo;une prise en charge globale avec des thérapies cognitivo-comportementales, des activités de réinsertions etc&hellip;</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Pour finir, saluons le gros travail publié dans le <a href="https://www.bmj.com/content/367/bmj.l5887">BMJ</a> concernant &ldquo;les bénéfices et les risques du traitement intensif du glucose dans le diabète de type 2&rdquo;. Les auteurs remettent la plupart des recommandations internationales et on voit que toutes souhaitent une cible d&rsquo;HbA1C inférieure à 7% sauf l&rsquo;équivalent américain de l&rsquo;académie de médecine qui propose une HbA1C entre 7% et 8%. Alors, les auteurs montrent (sans méta-analyse), les résultats d&rsquo;un traitement intensif dans les différentes études qui :</p>
<ul>
<li>
<p>réduit les infarctus non fatals (sans gain de mortalité ni gain sur les AVC),</p>
</li>
<li>
<p>réduit le risque de microalbuminurie (sans gain sur le risque d&rsquo;insuffisance rénale terminale),</p>
</li>
<li>
<p>augmente le risque d&rsquo;hypoglycémies sévères.</p>
</li>
</ul>
<p>Bref, ce n&rsquo;est pas génial. Les auteurs insistent sur les bénéfices liés aux molécules (analogues du GLP-1 et inhibiteurs de SGLT-2 essentiellement) qui sont efficaces indépendamment du taux d&rsquo;HbA1C, ils expliquent qu&rsquo;il est nécessaire de sortir du paradigme de la baisse d&rsquo;Hba1C pour passer à celui d&rsquo;utilisation de molécules efficaces et d&rsquo;une approche centrée-patient. Ainsi, ils proposent une fiche d&rsquo;information pour une prise de décision partagée avec les patients (je trouve juste dommage que l&rsquo;efficacité clinique n&rsquo;apparaisse pas).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhvEakAKn09WnIczTlS1ynt7syC2pRztnvWuHT4d_1LTwN2nROd2nyLrgfxhe4ZWHiMeyxgfhX9vyRc7LfJX97MIC1ajava22Vc_cb0t50ZOzTrzc7hx11TSYCy4AzyXpe7c0wuidnLbxRJ/s1600/shared+decision+diabetes.png"><img src="/images/articles/2019/shared-decision-diabetes.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini! Le billet est publié à l&rsquo;heure pour être lu avec le petit déjeuner du lundi matin, et en plus, pour la plupart d&rsquo;entre vous, vous pas besoin d&rsquo;aller travailler après! (Vous pourrez donc le lire sereinement!) Profitez en pour vous abonner si ce n&rsquo;est pas déjà fait, sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p>A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°244 : intolérance au lactose, hyperferritinémie, hyperuricémie, émolients, hypotyroïdie fruste, maladie d'Alzheimer, asthme, 'Root'</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/11/dragi-webdo-n244/</link><pubDate>Sun, 03 Nov 2019 19:54:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/11/dragi-webdo-n244/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Neurologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Dermatologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! C&rsquo;est un nouveau billet, pour lequel je m&rsquo;excuse d&rsquo;avance de ne pas avoir réussi à réduire le nombre d&rsquo;articles sélectionnés&hellip; Bref, j&rsquo;espère qu&rsquo;ils vous intéresseront aussi. Mais pour commencer, je parlerai de cet <a href="https://qualitysafety.bmj.com/content/early/2019/10/29/bmjqs-2019-009396">article</a> français parlant des recours aux urgences inappropriés: sur 1 jour du mois de juin, tous les patients de toutes les urgences de France ont été inclus (soit 29 000 après exclusion des patients avec données manquantes). Les auteurs retrouvent qu&rsquo;environ 23% des consultations étaient inappropriées d&rsquo;après les urgentistes et que 27% des patients auraient pu être vus par un généraliste dans les jours suivants. Le problème étant toujours que les cabinets étant saturés, on ne peut pas voir ces patients. On pourrait aussi demander au patient consultant si selon lui son motif relève d&rsquo;un service d&rsquo;urgences ou faire l&rsquo;étude inverse: combien de patients vus en MG chaque jour qu&rsquo;on gère en ville malgré une indication d&rsquo;adressage aux urgence ? (comme les pneumopathies chez les plus de 65 ans traitées en ville malgré un CRB65 positif, les patients qui préfèrent une prise en charge ambulatoire même si c&rsquo;est un peu juste etc&hellip;). Allez, bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une <a href="https://rmdopen.bmj.com/content/5/2/e001015">étude</a> de cohorte européenne a étudié les évènements cardiovasculaires et le décès des patients avec antécédent de goutte selon leur uricémie. Les patients avec une uricémie supérieure à 360mol/L avaient un risque de mortalité cardiovasculaire et globale augmentée (respectivement 8,1% vs 2,6% patient.année décédés) après ajustement sur l&rsquo;âge, le sexe et les facteurs de risque cardiovasculaires. On sait que l&rsquo;hyperuricémie est un facteur de risque cardiovasculaire, cependant, traiter les patients asymptomatiques n&rsquo;a pas fait preuve de son efficacité. Ici, c&rsquo;étaient des patients avec une goutte chronique avec en moyenne 2 crises de goutte par an et seuls 40% avaient un traitement hypo-uricémiant dont la prise était associée à une réduction de la mortalité cardiovasculaire et globale également. Donc, peut être faut il cibler une uricémie normale chez les patients avec poussées de gouttes répétées qui ont une indication à un traitement de fond (ou bien, les patients traités étaient également mieux suivis et plus observants sur leurs autres facteurs de risque cardio-vasculaires, mais ça, cette étude ne peut le dire)</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Un article d&rsquo;Annals of internal medicine traite de l&rsquo;<a href="https://annals.org/aim/article-abstract/2752315/asthma">asthme</a> au travers d&rsquo;une revue de la littérature. Il confirme globalement les nouvelles recommandations du GINA dont j&rsquo;avais parlé il y a peu <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/08/dragi-webdo-n235.html">ici</a>. Les auteurs précisent cependant leur point de vue sur la bithérapie &ldquo;formoterol + CSI&rdquo; en modérant le fait de la proposer en 1ere intention chez tous les patients au &ldquo;step 1&rdquo;. En effet, ils suggèrent d&rsquo;en rester au bronchodilatateur de courte durée d&rsquo;action chez les patients avec asthme intermittent (moins de 2 crises par mois) sans facteur de risque d&rsquo;exacerbation (antécédent de crise d&rsquo;asthme sévère, grossesse, hyperéosinophilie sanguine ou sur crachats, obésité, rhinosinusite chronique, atopie, tabagisme actif ou passif, niveau socio-économique faible, VEMS &lt; 60% et plus de 2 crises / semaine mais ça, ça exclu de l&rsquo;asthme intermittent). En présence d&rsquo;un de ces facteurs de risque, il serait préférable d&rsquo;utiliser la bithérapie intermittente (SMART therapy) en traitement de crise dans l&rsquo;asthme intermittent.</p>
<p>3/ Neurologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2753376">JAMA</a> propose une revue de la littérature concernant la maladie d&rsquo;Alzheimer. Les auteurs recommandent comme bilan initial: NFS-plaquettes, VS, TSH, glycémie à jeun, bilan hépatique, acide folique, vitamine B12, sérologie syphilis et une imagerie cérébrale (IRM ou TDM). La prise en charge doit passer par des traitements non pharmacologiques et pharmacologiques, selon eux. Cependant, ils répètent à plusieurs endroits dans l&rsquo;article que leur efficacité est incertaine. Les chiffres donnés: environ - 2,5 points sur 70 pendant 6 mois&hellip; ce qui n&rsquo;est vraiment pas très cliniquement pertinent.</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Une sorte de <a href="https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.0050045">méta-analyse</a> s&rsquo;est intéressée à la différence d&rsquo;efficacité entre les antidépresseurs et le placebo en fonction de la sévérité initiale à l&rsquo;inclusion des patients dans les essais contrôlés randomisés d&rsquo;après les données de la FDA (ANSM américaine, donc il y a des essais publiés et non publiés, ce qui est top). Les auteurs retrouvent une efficacité des antidépresseurs par rapport au placebo qui augmentait avec la sévérité initiale. Cependant, on voit que cette différence ne devient significative que pour des dépressions avec un score de Hamilton supérieur à 28, ce qui va dans le sens de ne prescrire que pour des épisodes dépressifs caractérisés sévères (les psychothérapies étant également des traitements efficaces par exemple <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/03/dragi-webdo-n87.html">ici</a> ou <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31658472">là</a>)</p>
<p>5/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2752417">JAMA</a> aborde également l&rsquo;intolérance au lactose qui concernerait 65% à 75% de la population mondiale. En pratique, on peut y penser devant des symptômes digestifs (douleurs abdominales, flatulences, borborygmes, distension abdominale ou diarrhées) mais aussi devant des symptômes plus généraux (céphalées, troubles de la concentration, asthénie, myalgies et arthralgies). Bref, il faut y penser. Ainsi, après avoir éliminé les causes classiques de ces troubles (notamment une maladie Cœliaque, une MICI ou une infection bactérienne ou parasitaire digestive), les auteurs proposent un traitement d&rsquo;épreuve. S&rsquo;agissant d&rsquo;une intolérance, une restriction totale n&rsquo;est pas nécessaire, mais il faudrait rester en dessous de 12mg de lactose par jour. Vous allez donc me dire: mais à quoi ça correspond? Et ben voici le tableau de correspondance. Enfin, si ça n&rsquo;améliore pas les symptômes, un avis spécialisé pourra être demandé pour continuer les investigations des troubles dont se plaint le patient.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEix2c6IfLT58cJ6oHthyphenhyphenQMmq3JTT_R1vTqnrsj2-oydhXFWC_imx_z8XdP5PQTfF4GmmO6ZF69ytzMWN8Tgbwct3A0pkOcqtOgzMMiL0gTBrVt1IFOA0g0kML5nlCaxjHP-lpArTl4HswOS/s1600/lactose.png"><img src="/images/articles/2019/lactose.png" alt=""></a></p>
<p>La société française de gastro-entérologie a proposé un algorithme simple sur la démarche à suivre devant une <a href="https://t.co/5tYpE5hhhl?amp=1">hyperferritinémie</a>:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgypx2yuffENb8uHO4jy-RS2W0GQLxSpSN1JjIWHBuqooREet-OJZlGCVDH3C5jvhcqBo0BBMPggiQ9tR_zHx_z78sZ8sfChw1sDv1f83lCAJJEDF3IRmnQ7Ef0YlzR1QfO6S0bHEvsPNL-/s1600/hyperferritin%25C3%25A9mie.png"><img src="/images/articles/2019/hyperferritin-25c3-25a9mie.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Dermatologie</p>
<p>Après l&rsquo;article du BMJ sur les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/05/dragi-webdo-n182.html">additifs</a> de bain émollients dans l&rsquo;eczéma, le journal propose cette fois un <a href="https://www.bmj.com/content/367/bmj.l5882">article</a> sur &ldquo;quel émollient est efficace dans l&rsquo;eczéma?&rdquo;. Pour commencer, il y a peu d&rsquo;études, mais le Dexeryl* semble un peu mieux que d&rsquo;autres. Les émollients sont préférentiellement à prescrire en tube (plutôt qu&rsquo;en pot), de volume de 500mL (parce qu&rsquo;on va en mettre souvent), en laissant macérer (plutôt qu&rsquo;en frottant) et en espaçant de 60min après application d&rsquo;un dermocorticoïde. Notons que plus l&rsquo;atteinte cutanée est sévère, plus le produit devrait être épais (du moins au plus épais): lotion, crème, gel, pommade.<br>
[edit: D&rsquo;après &ldquo;Que Choisir&rdquo;, le Dexeryl contenant un perturbateur endocrinien, on peut trouver mieux, mais ce n&rsquo;est pas étudié spécialement. Alors voici la liste: https://www.quechoisir.org/comparatif-ingredients-indesirables-n941/liste/hydratants-corporels-sci710/produit-sans-risque-si0/ ]</p>
<p>7/ Endocrinologie</p>
<p>Une info pour commencer cette partie: l&rsquo;<a href="https://www.ema.europa.eu/en/news/first-non-injectable-treatment-severe-low-blood-sugar-levels">agence européenne du médicament</a> vient d&rsquo;autoriser du glucagon intranasal pour le traitement des hypoglycémies sévères. C&rsquo;est le 1er non injectable.</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2753909">essai</a> contrôlé randomisé mené chez les plus de 80 ans, ce n&rsquo;est pas courant, mais ici, il s&rsquo;agissait d&rsquo;évaluer le bénéfice d&rsquo;un traitement par levothyroxine versus placebo chez des patients de plus de 80 ans avec hypothyroïdie fruste (avec TSH &lt; 20). Petit point intéressant, même à cet âge là, les auteurs ont introduit la levothyroxine à 50µg/j (ou 25µg si poids &lt; 50kg). A 1 an, il n&rsquo;y avait pas de différence entre les groupes concernant les symptômes, la fatigue ou la qualité de vie, sans majoration majeure des effets secondaires non plus. Bref, c&rsquo;est assez concordant avec le fait de ne pas traiter une hypothyroïdie fruste chez le patient âgé (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/07/dragi-webdo-n147.html">ici</a>).</p>
<p>8/ Le jeu du mois : &ldquo;Root&rdquo;</p>
<p>Ce mois ci, je vais vous parler d&rsquo;un jeu super mignon: Root!! Le principe est simple, vous êtes une tribu d&rsquo;animaux de la forêt (des oiseaux, des chats, des souris, des castors, des lézards ou un raton-laveur) et le but ultime de votre vie est de dominer la forêt! Une fois de plus, le matériel est très beau, avec des pièces en bois et un graphisme très attrayant, et  le plateau est très grand aussi. La particularité de ce jeu de stratégie et de placement d&rsquo;ouvrier réside dans l&rsquo;asymétrie entre les joueurs: chaque tribu a une mécanique de jeu qui lui est propre, des personnages avec des capacités différentes qui lui sont propres et une façon de marquer des points unique. C&rsquo;est un peu comme s&rsquo;il y avait plusieurs jeux en un seul (et c&rsquo;est assez compliqué du coup à expliquer aux nouveaux joueurs, puisqu&rsquo;il faut donner des règles différentes pour chaque joueur&hellip;) J&rsquo;ai été totalement pris et immergé dans l&rsquo;univers, mais la 1ere partie peut quand même un peu difficile à supporter le temps de bien maitriser sa tribu. En conclusion, un beau jeu, un peu complexe au début, mais qui vaut vraiment le détour à mon avis!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEidJ4OUF_7FAp96FoiumEgno8gFvlcH2BJdSI7hJUsIdZl2_zQhWK5KVzxWYPJ8dAwbpFFEuXNU1hT6U_NTjqzZlE4wIx5bnfrtqZJwv2D_Io1dc-5iJO1JJMSak_GofgDnkOJoeD3avMdZ/s1600/20190806_233732.jpg"><img src="/images/articles/2019/20190806-233732.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini, je vous dis donc à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°243: Maladie de Verneuil (Reco SFDermato), HTA (recos NICE), sartans, citalopram, coupe menstruelle, téléphone portable</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/10/dragi-webdo-n243/</link><pubDate>Sun, 27 Oct 2019 14:05:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/10/dragi-webdo-n243/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Dermatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! J&rsquo;espère que vous avez passé une bonne semaine. Il va y avoir pas mal de cardiovasculaire dans ce billet. Bonne lecture à tous !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>IEC ou sartans (ARAII) ? J&rsquo;en ai déjà parlé de nombreuses fois (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n179.html">ici</a> ou <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/06/dragi-webdo-n143.html">là</a>). Dans cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2752990">étude</a> cas-témoin nichée dans une cohorte, environ 1000 patients décédés par suicide ont été appariés à 4 témoins. Les auteurs retrouvent un sur-risque de décès par suicide chez les patients traités par ARAII dans les 100 jours par rapport à ceux prenant des IEC. C&rsquo;est du &ldquo;cas-témoin&rdquo;, donc on n&rsquo;a pas la possibilité d&rsquo;avoir une incidence ou un NNH, mais voilà un argument de plus pour préférer les IEC.</p>
<p>Une <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/JAHA.118.011607">étude</a> basée sur la base nationale de donnée de santé taïwanaise a retrouvé un sur-risque d&rsquo;arrêt cardiaque dose dépendant chez les patients traités par citalopram, avec un nombre de patients à traité pour 1 arrêt de 1113 patients par an, ce risque étant doublé en cas de co-prescription d&rsquo;omeprazole.</p>
<p>Alors qu&rsquo;on tente d&rsquo;éviter les bêta-bloquants chez les patients asthmatiques ou BPCO, un <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1908142">essai</a> contrôlé randomisé contre placebo s&rsquo;est intéressé au métoprolol (BB- peu cardiosélectif) dans la prévention des exacerbations de BPCO. Heureusement, il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;aggravation des patients, mais il n&rsquo;y a pas non plus eu d&rsquo;amélioration.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Ceftriaxone-Rocephine-R-et-generiques-Usage-non-conforme-par-voie-sous-cutanee-Lettre-aux-professionnels-de-sante">ANSM</a> revient sur la prescription de ceftriaxone en injection sous cutanée et la juge inappropriée compte tenu des réactions aux points d&rsquo;injections et du manque de données sur cette voie d&rsquo;administration. La ceftriaxone est donc à effectuer, soit en intramusculaire, soit en intraveineux.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/367/bmj.l5310/infographic">BMJ</a> revient sur l&rsquo;hypertension artérielle en parlant des nouvelles recommandations britanniques du <a href="https://www.guidelines.co.uk/cardiovascular/nice-hypertension-guideline/454934.article">NICE</a> (qui ne suivent pas vraiment les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n188.html">recos européennes</a> de 2018). L&rsquo;HTA est toujours définie comme une tension supérieure à 140/90, qui doit être confirmée en ambulatoire préférentiellement par une MAPA par rapport à des AMT (norme &lt; 135/85). Une recherche d&rsquo;hypotension orthostatique est recommandée si diabète, âge &gt;80 ans ou symptômes d&rsquo;hypotension orthostatique La nouveauté consiste dans l&rsquo;évaluation du risque cardiovasculaire par le QRisk et le bilan des complications: bandelette urinaire, ionogramme, créatininémie, EAL, ECG et examen du fond d&rsquo;oeil. Un traitement médicamenteux d&rsquo;emblée est recommandé à partir du stade 2 (TA en ambulatoire &gt; 150/95) ou à partir du stade 1 si atteinte d&rsquo;organe et/ou risque cardiovasculaire &gt;10% selon le Qrisk.</p>
<p>Au niveau des traitements, la grande nouveauté est le fait de recommander un inhibiteur calcique chez les plus de 55 ans (pourquoi 55?) non diabétiques et chez les sujets noirs (et non un thiazidique alors que les britanniques étaient les premiers à favoriser ce traitement dans les précédents recos). Ensuite, quand la monothérapie n&rsquo;est plus efficace, et qu&rsquo;une bithérapie est proposée, c&rsquo;est  un thiazidique like et non un thiazidique qui est à proposer, ce qui est probablement justifié en effet (au choix avec les autres classes, cf l&rsquo;algorithme). Enfin, en cas d&rsquo;HTA résistante la trithérapie recommandée comprend la spironoactone si la kaliémie est inférieure à 4,5mmol/L, et un bêta-bloquant si elle est supérieure.</p>
<p>Quelques détails: quand un bloqueur du système rénine angiotensine, les ARAII sont à privilégier sur les IEC chez les sujets noirs (c&rsquo;est concordant avec ce que dit la SFHTA sur un sur-risque d&rsquo;angio-oedème, mais ils ne diminuent quand même pas la mortalité&hellip;)</p>
<p>Un bilan spécialisé urgent est recommandé si TA &gt;180/120 et atteinte d&rsquo;organe cible, sinon un bilan d&rsquo;HTA secondaire doit quand même être fait si âge &lt; 40 ans ou HTA résistante.</p>
<p>Les objectifs sont de 140/90 chez les moins de 80 ans et 150/90 chez les plus de 80 ans.</p>
<p>Bref, des recos qui reviennent sur des objectifs tensionnels classiques et la monothérapie initiale. Mais les molécules proposées sont discutables étant donné l&rsquo;absence des diurétiques en 1ère intention (à cause des effets secondaires malgré le bénéfice net supérieur aux inhibiteurs calciques et semblable à celui des IEC qu&rsquo;il faudrait peut être alors privilégier, cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n180.html">ici</a>) et le retour des bêtabloquants (mais c&rsquo;est peut être pas mal de les placer là en cas de contre-indication à la spironolactone)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEic5AGeaHzR_UzO8cvcpG4aOBc3umGVhcCRE_0fqbUolAfmUm5P45m6W873ETIvq01q0TBbk9fAwImnJmetTzKZyyl_h038mCkBRCw2x4O_rrGwfrbjTULJB68SScN4j1gVPhzDGqVf9g3R/s1600/HTA.png"><img src="/images/articles/2019/hta.png" alt=""></a></p>
<p>Ces recos ne reviennent pas sur le moment de la prise. Un nouvel <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehz754/5602478">essai</a> randomisé de l&rsquo;European Heart Journal retrouve que prendre au moins un des traitements anti-hypertenseurs le soir, au lieu de tous les prendre le matin permet de diminuer davantage le risque de mortalité globale, de mortalité cardiovasculaire et d&rsquo;évènements cardiovasculaires! Ça va dans le sens <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/09/dragi-webdo-n64.html">d&rsquo;autres études</a> dont j&rsquo;avais parlé chez les patients diabétiques.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjpNsJOWAaj7FH0eomiEa0byK1bjlUWgJCILLG15531uOSEfiy0tFiSnP7gPmviiG79v65NuQeZjNPKAgWw112loTgkPPlbRiIEuC3eiW7F0jA25_EGfGftcRgE6tx4P_pZJjGucYqz09Sz/s1600/bedtime.png"><img src="/images/articles/2019/bedtime.png" alt=""></a></p>
<p>L&rsquo;examen clinique est parfois négligé. Cependant, cette étude de <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.119.039920">Circulation</a> mets en évidence que la surveillance clinique des patients insuffisants cardiaques est bel et bien un facteur pronostic sur la qualité de vie, les évènements cardiovasculaires et la mortalité, indépendamment des symptômes et du BNP. Il faut donc bien surveiller et viser à diminuer les crépitants, les OMI et la turgescence jugulaire chez ces patients, alors que viser une baisse du BNP n&rsquo;a pas de bénéfice prouvé (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n180.html">ici</a>)</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(19)30111-2/fulltext">Lancet</a> s&rsquo;est intéressée à la coupe menstruelle (<em>cup</em>) dans une revue systématique. Les auteurs ont retrouvé qu&rsquo;elle nécessite un temps de familiarisation, qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de preuve  d&rsquo;augmentation du risque de fuites, du risque d&rsquo;expulsion de dispositifs intra-utérins ni du risque d&rsquo;infections. Ils concluent que c&rsquo;est une option acceptable et fiable.</p>
<p>4/ Dermatologie</p>
<p>La société française de dermatologie a publié des <a href="https://reco.sfdermato.org/fr/recommandations-hidrad%C3%A9nite-suppur%C3%A9e#algorithme-hs">recommandations</a> et un algorithme de prise en charge de la maladie de Verneuil ou hidradénite suppurée:</p>
<ul>
<li>
<p>pour des abcès simples: amoxiciline+ac.Clavu ou pyostacine pendant 7 jours, avec traitement de fond par cycline ou co-trimoxazole pendant 6 mois si plus de 4 poussée par an (les auteurs encouragent à remettre des prescriptions anticipées)</p>
</li>
<li>
<p>en cas d&rsquo;abcès récidivant séparés avec fistules, le traitement de fond est proposé d&rsquo;emblée avec le même traitement de crise</p>
</li>
<li>
<p>en cas d&rsquo;atteinte plus importante  (abcès et fistules connectées) ou résistante, un avis spécialisé sera indispensable.</p>
</li>
</ul>
<p>5/ Environnement</p>
<p>Pour finir, l&rsquo;Anses a publié un rapport concernant le <a href="https://www.anses.fr/fr/content/expositions-aux-t%C3%A9l%C3%A9phones-mobiles-port%C3%A9s-pr%C3%A8s-du-corps">port de téléphones portables près du corps</a>. Malgré les nombreuses incertitudes, on retrouve quand même un risque de neurinome vestibulaire et de gliome chez les utilisateurs intensifs (plus de 1640 heures d&rsquo;utilisation soit 2 mois quand même), des perturbations de l&rsquo;activité cérébrale durant le sommeil et, chez l&rsquo;enfant, de possibles effets sur les fonctions cognitives.</p>
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<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°242 : toux chronique (recos ERS), statine en prév. primaire, RGO, addictologie (opioïdes, cannabis, alcool), marqueurs sanguins, antibiotiques et lombalgie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/10/dragi-webdo-n242/</link><pubDate>Sun, 20 Oct 2019 12:12:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/10/dragi-webdo-n242/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Addictologie</category><category>Oncologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Voici les articles que j&rsquo;ai trouvés intéressants cette semaine. Bonne lecture à tous!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/367/bmj.l5674">BMJ</a> parle des statines en prévention primaire en fonction du risque cardiovasculaire. Il est intéressant de voir que l&rsquo;efficacité des statines en prévention primaire sur la mortalité globale n&rsquo;est présente que pour les patients avec un risque entre 5 et 10 %, et que l&rsquo;efficacité sur les évènements cardiovasculaires commence dès les faibles risques mais n&rsquo;est plus significative pour les risques supérieurs à 20% (mais est ce parce que les statines ne sont plus assez efficace ou par manque de puissance? Parce que des patients avec un risque supérieur à 20% en prévention primaire y&rsquo;en a quand même pas beaucoup&hellip;). Enfin, notons la différence entre les sexes: le NNT à 10 ans pour éviter un évènement cardiovasculaire est de 11 pour un homme mais de 166 pour une femme. Ainsi, la prescription  de statine en prévention primaire doit vraiment être individualisée, et concerne plutôt des hommes avec un risque entre 5 et 10 % pour permettre une réduction de la mortalité et des évènements cardiovasculaires de façon cliniquement pertinente.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Le journal de la société européenne de pneumologie (ERS) a publié des recommandations concernant la <a href="https://erj.ersjournals.com/content/erj/early/2019/09/02/13993003.01136-2019.full.pdf">toux chronique</a> (soit &gt; 8 semaines chez l&rsquo;adulte et &gt;4 semaines chez l&rsquo;enfant; et non &gt;3 mois pour tous, ça a changé). On y retrouve abordées les principales causes : asthme, reflux gastrique, syndrome de toux des voies aériennes supérieures (c&rsquo;est la rhinorrhée postérieure en fait) et iatrogène (IEC/ARAII, mais aussi inhibiteur calcique et bisphosphonates par majoration du reflux). Le bilan initial recommandé comporte une radiographie thoracique de face et une spirométrie (le TDM n&rsquo;est pas systématique). Jusque là ça va. Passons au traitement qui est bien sûr étiologique quand on trouve quelque chose. Mais sinon, les auteurs proposent:</p>
<ul>
<li>
<p>2 à 4 semaine de corticoïdes inhalés que ce soit chez l&rsquo;adulte ou l&rsquo;enfant (dans l&rsquo;hypothèse d&rsquo;une forme d&rsquo;asthme)</p>
</li>
<li>
<p>il suggèrent aussi des antileucotriènes (dans l&rsquo;hypothèse d&rsquo;un asthme ou d&rsquo;une rhinorrhée postérieure chronique allergique)</p>
</li>
<li>
<p>un traitement par morphine 5mgx2/j peut être proposé à l&rsquo;essai (là, je commenterai juste en disant de lire le paragraphe &ldquo;addictologie&rdquo; à suivre), tout comme un traitement d&rsquo;essai par gabapentine ou prégabaline</p>
</li>
<li>
<p>un traitement anti-acide n&rsquo;est pas recommandé systématiquement, pas
plus qu&rsquo;un traitement par macrolides 3 fois par semaine au long cours.</p>
</li>
<li>
<p>par contre une antibiothérapie chez l&rsquo;enfant quand la radio est normale mais que la toux est grasse peut être proposée (amox. + Ac. clavu pendant 2 semaines&hellip;)<br>
Bon voila l&rsquo;algorithme si aucune cause n&rsquo;est trouvée après la RXT et la spirométrie: il faut voir si la toux est sèche ou grasse (depuis le temps qu&rsquo;on dit aux patients que ça ne sert à rien pourtant&hellip;)</p>
</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhShqYIs5F8F9cP2kRMKa58llApAz7mZHElgZOcQQdcetVB7R8KcP5vkoDyCcKPlHdj9uPzM3Vv0D0N3Nb78bl1Ejq-3J5l2QvVufv1GUY_ILUCNuyYpczUSzsByZnBMV9Sl3X9WOrm6kzP/s1600/toux.png"><img src="/images/articles/2019/toux.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Addictologie</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2753128">JAMA</a> propose un algorithme pour limiter l&rsquo;utilisation des opioïdes, pourvoyeurs de dépendance et principal cause de mortalité médicamenteuse aux Etats Unis. Les auteurs proposent de repérer les patients à risque de dépendance:  ceux avec antécédent de mésusage et d&rsquo;addiction, ceux avec des troubles psychiatriques, ceux avec des co-prescriptions de neuroleptiques. Des questionnaires comme l&rsquo;<a href="http://www.ofma.fr/echelles/echelle-ort/">Opioid Risk Tool</a> peuvent être utilisés. Voici ce qu&rsquo;ils proposent:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgcDIiQbgEOV806cwcQsuIFhmN1T5DnqrJRxpwczIrOP4FOkecPpUqtTzk4GDFV24PXotHTBNjxrFgPHg6cDzVLWxfK8mUlIaSPZoMO979bFKWPlvh2OpPKkL7jMJuPTsjQGI73lSeHRsV5/s1600/opioids.png"><img src="/images/articles/2019/opioids.png" alt=""></a></p>
<p>Le CNGE avait donné un avis sur le dépistage non stigmatisant des patients avec dépendance alcoolique en <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n233.html">juin</a>, et publie maintenant un avis sur la <a href="https://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/soins_du_patient_ayant_un_trouble_de_lusage_de_lal/">prise en charge thérapeutique</a> de ces patients. Les auteurs retrouvent un bénéfice de l&rsquo;entretien motivationnel et dans une moindre mesure des thérapies cognitivo-comportementales. Les traitements médicamenteux ayant le plus de preuve d&rsquo;efficacité sont l&rsquo;acamposate et le naltrexone (le baclofène n&rsquo;est pas traité dans cet avis). Enfin, l&rsquo;objectif du traitement doit être discuté avec le patient; une réduction de la consommation peut être un objectif au lieu d&rsquo;un arrêt complet.</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé a testé le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2737918">Nabiximols</a> en spray (tetrahydrocannabinol et cannabidiol) versus placebo dans la pris en charge de la dépendance au cannabis. Après 84 jours, les patients du groupe placebo avaient consommé plus fréquemment du cannabis illégal que les patients prenant le traitement (53 jours versus 35 jours). C&rsquo;est donc encourageant mais encore insuffisant pour tendre vers le sevrage. Il faudrait avoir un suivi des patients sur une durée bien supérieure.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/367/bmj.l5774">BMJ</a> a publié une revue sur les marqueurs sanguins de cancer. Ainsi, le journal a publié valeurs prédictives positives (VPP) de ces marqueurs dans le diagnostic des différents cancers. En pratique, concernant les marqueurs tumoraux sont tous plutôt mauvais en soins primaires sauf le CA125 et le PSA dont la pertinence clinique est particulièrement faible. Il faut mieux se contenter d&rsquo;un bilan comprenant une NFS-plaquettes, calcémie, albuminémie, bilan hépatique et CRP qui sont les seuls à avoir une VPP supérieure à 1% (entre 1% et 12% en pour la plupart, ce qui est pas énorme comme VPP). Par contre aucun test ne permet d&rsquo;exclure avec suffisamment de précision la présence d&rsquo;un cancer.</p>
<p>5/ Gastro-entérologie</p>
<p>Un essai du <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa1811424">NEJM</a> a étudié les différentes options thérapeutiques pour les brûlures d&rsquo;estomac réfractaires au traitement chez des patients avec reflux gastro-oesophagien (RGO). Sur les 366 patients inclus, seuls 78 ont été randomisés après exclusion
de ceux qui n&rsquo;avaient pas de brûlures liées à un RGO et de ceux qui ont
été soulagés par un traitement d&rsquo;épreuve par IPP. Ils ont randomisé les patients en groupes &ldquo;omeprazole 20x2/j&rdquo; ou &ldquo;omeprazole + baclofène +/- un antidépresseur tricyclique&rdquo; (parce que le baclofène a une action anti-reflux, et les tricycliques baissent l&rsquo;hyperactivité vicérale), ou traitement chirurgical (fundoplicature de Nissen).  Les auteurs retrouvent que le critère de jugement (diminution de 50% des symptômes à 1 an) a été atteint chez 12% des patients dans le groupe omeprazole, 28% dans le groupe avec baclofène (la différence n&rsquo;étant pas significative entre ces 2 groupes de traitement médicamenteux), et 76% dans le groupe chirurgical (ce qui est significativement supérieur aux 2 autres, soit un NNT de 2 patients par rapport au groupe traitement par omeprazole). Il y avait autant d&rsquo;effets indésirables graves dans chaque groupe. C&rsquo;est vrai que j&rsquo;ai certains  patients à peu près soulagés par IPP simple ou double dose au long cours, et compte tenu de la &ldquo;découverte&rdquo; de nombreux effets indésirables à ces traitements, faudrait il leur proposer une chirurgie?</p>
<p>6/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/367/bmj.l5820">BMJ</a> revient sur les infections à Mycoplasme et donne un avis tout à fait concordant avec celui de la société française de dermatologie dont j&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/12/dragi-webdo-n209.html">ici</a>. En effet, les auteurs confirment qu&rsquo;il ne faut pas faire de dépistage, mais qu&rsquo;il faut le rechercher chez l&rsquo;homme en cas d&rsquo;urétrite sans gonocoque ni chlamydia retrouvé et chez la femme en cas de syndrome pelvien douloureux. Les auteurs concluent également en disant que les traitements monodose d&rsquo;azithromycine ne doivent plus être utilisés quelque soit la bactérie ciblée dans les infections sexuellement transmissibles (on passe donc au traitement de 2ème ligne qui était la doxycycline 100mgx2 pendant 7 jours en général)</p>
<p>On va finir par un article de rhumatologie, que je mets dans la partie infectiologie car, le principal problème concerne l&rsquo;antibio-résistance à mon avis&hellip; Bref, des auteurs norvégiens ont randomisé des patients pour un traitement d&rsquo;amoxicilline pendant 3 mois versus placebo, chez des patients avec une <a href="https://www.bmj.com/content/367/bmj.l5654">lombalgie chronique</a> et des modifications MODIC 1 ou 2 à l&rsquo;IRM! Et ben, à 1 an, les scores d&rsquo;incapacité fonctionnelle et de douleur étaient identique dans les 2 groupes, et il y avait plus d&rsquo;effets secondaires dans le groupe amoxicilline&hellip; Bref&hellip; un comité d&rsquo;éthique a validé cette étude, mais vraiment, les antibiotiques pendant 3 mois sur des pathologies non infectieuses, il ne faut pas (et même si les lombalgies étaient liées à un Lyme, il ne faut pas, cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n232.html">ici</a>).</p>
<p>Voilà, passez une bonne semaine et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°241 : maladie rénale chronique, fragilité osseuse de l'enfant, hypercholestérolémie familiale</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/10/dragi-webdo-n241/</link><pubDate>Sun, 13 Oct 2019 10:39:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/10/dragi-webdo-n241/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Néphrologie</category><category>Infectiologie</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici une nouvelle semaine qui va commencer, alors bienvenue aux nouveaux lecteurs et merci aux lecteurs réguliers de me lire et de me soutenir! Je n&rsquo;ai pas vu énormément de choses cette semaine alors le billet devrait être court. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Le journal du <a href="https://www.cfp.ca/content/65/7/480">collège des généralistes canadiens</a> a publié une synthèse des études récentes concernant l&rsquo;aspirine en prévention primaire et conclut que le bénéfice absolu serait de l&rsquo;ordre de 1% chez les patients à haut risque, avec un risque équivalent d&rsquo;hémorragies. En fait, sur les 3 études principales, seule celle chez les patients diabétiques retrouvait un bénéfice avec un NNT de 91 patients sur le critère composite d&rsquo;évènements cardiovasculaires et un NNH de saignement majeur ou fatal de 112 (donc si on ajoutait les saignements non majeurs&hellip;)</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(19)30156-1/fulltext">Lancet Diabetes &amp; Endocrinology</a> a publié un article sur les hypercholestérolémies familiales. Il faudrait les repérer pour permettre une meilleure prise en charge du risque cardiovasculaire. Les auteurs proposent différents scores pour poser le diagnostic. Le Score de Dutch est celui conseillé par les recommandations francophones (les anciennes) et européennes, mais aucun score n&rsquo;est parfait. Les autres scores sont peut être plus simples car il n&rsquo;y a pas de somme à faire. Les auteurs insistent surtout sur le fait de penser à rechercher la dyslipidémie familiale si le LDL est supérieur à 1,9g/L car les scores classiques d&rsquo;évaluation cardiovasculaire (SCORE pour nous) ne s&rsquo;appliquent normalement pas. Les recommandations européennes et américaines ne s&rsquo;embêtent pas en proposant un traitement par statine à forte dose chez tous ces patients quelque soit le risque évalué par les calculateurs, mais la recherche génétique pourrait permettre un meilleur dépistage familial.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiR4Qspv1MD8OqbVdenaM8_BGivIZvM3XYuHjKB3cvPVPprxbyOuZEgF69zv8SspsY_ngEYDf1lYNy5TM8LNiZSZj1_8wBTaRFd7gf-bFiwscUN0FnOi0mrGIj62Qx-gvwyGE6V8r4By5lQ/s1600/LDL.jpg"><img src="/images/articles/2019/ldl.jpg" alt=""></a></p>
<p>Une étude d&rsquo;annals of family medicine a étudié la fiabilité des <a href="http://www.annfammed.org/content/17/5/403.full">ECG monopistes</a> sur smartphone (pour ce qui ne connaitraient pas, c&rsquo;est <a href="https://www.alivecor.eu/">ça</a>). Pour dépister une fibrillation auriculaire en ayant comme référence un ECG 12-dérivations, la sensibilité et la spécificité de ces appareils étaient de 87% et 98% respectivement, avec utilisation d&rsquo;un algorithme du smartphone et de 100% et 100% lorsque l&rsquo;ECG monopiste était lu par un cardiologue. L&rsquo;appareil permettait également de dépister d&rsquo;autres troubles du rythme et des troubles de conduction. Ils semblent donc fiables pour cela, mais il est dommage de ne pas les avoir comparés à l&rsquo;auscultation simple pour savoir si c&rsquo;était plus efficace. Étant donné que ces ECG monopiste ne semblent pas étudiés pour la prise en charge des douleurs thoracique, elles nécessiteraient quand même un ECG 12 dérivations. Mais le prix d&rsquo;environ 150€ est bien plus abordable et la facilité de réalisation de ces ECG monopistes pourrait les rendre utiles quand on aura évalué précisément ce qu&rsquo;on peut faire avec.</p>
<p>2/ Néphrologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2752067">JAMA</a> a publié une revue sur la maladie rénale chronique. Concernant le dépistage, les données de la littérature ne sont pas pour un dépistage chez les patients asymptomatiques sans facteurs de risque, mais pour un dépistage ciblé chez les patients de plus de 60 ans, en cas de diabète ou d&rsquo;HTA. Cependant, comme le dit également la HAS, le dépistage peut être considéré chez les patients obèses, avec une maladie auto-immune, prenant des AINS ou du lithium, des antécédents d&rsquo;infections urinaires répétées ou des lithiases urinaires.</p>
<p>Les objectifs de la prise en charge sont classiques (contrôle de la tension &lt;140/90 avec un bloqueur du système rénine angiotensine, du diabète, les règles diététiques et la prévention cardiovasculaire). En cas de rapport albuminurie/créatininurie &gt; 30mg/g, certaines recommandations proposent une intensification du traitement anti-HTA avec un objectif plus strict à 130/80, un régime hypoprotidique et la restriction sodée. Si on synthétise les bilans des complications, étiologiques etc&hellip; qui sont nécessaire, il faut donc:</p>
<ul>
<li>
<p>créatininémie, urée, albuminurie/créatininurie (ils ne parlent trop de protéinurie/créatininurie), kaliémie, NFS, EAL, recherche de diabète, albuminémie, calcémie corrigée, phosphore, bicarbonates,  PTH, vitamine D</p>
</li>
<li>
<p>échographie urinaire et ECBU (pour la recherche d&rsquo;hématurie et d&rsquo;infection urinaire, mais probablement qu&rsquo;une bandelette peut être suffisante dans certains cas)</p>
</li>
</ul>
<p>Ils proposent un algorithme pour savoir quand orienter au néphrologue selon les facteurs de gravité, le DFG estimé selon CKD-EPI  (dans les facteurs pronostics, le risque à 2 ans d&rsquo;insuffisance rénale terminale est évaluée grâce à ce calculateur: <a href="https://kidneyfailurerisk.com/">https://kidneyfailurerisk.com/</a> ) :  (pour mémo les recos du NICE et de la HAS avaient été discutées <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2014/07/dragi-webdo-n12.html">ici</a>)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhbCgMt5GK5HqPHrO9F1kTfa4Pe-W-v_8kMNPbYSf3CJo0CYme8tgDpyhh0F67fgmd9vCvKtuub4MpUWECcs2PyxgML3hti2U5ZWY2E-Wk2ztKsniS7GBNi4LQQR_WqBRPSv_Ka9MG9FRm5/s1600/MRC.png"><img src="/images/articles/2019/mrc.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé du <a href="https://www.bmj.com/content/367/bmj.l5337">BMJ</a> a comparé 5 jours d&rsquo;antibiotiques versus 10 jours dans l&rsquo;angine à streptocoque (il semble que la recommandation suédoise soit de traiter 10 jours). Les auteurs ne retrouvent pas d&rsquo;infériorité d&rsquo;un traitement court par rapport à un traitement long. Cependant, le traitement de 5 jours comportait 800 mg pénicilline 4 fois par jour et le traitement de 10 jours 1000mg 3 fois par jour donc le schéma posologique ne se résumait pas à une différence de jours. De plus, on sait que l&rsquo;antibiothérapie permet de réduire la durée des symptômes de quelques heures, mais que l&rsquo;enjeu est surtout de savoir s&rsquo;il y a un risque de réapparitions complications qui sont particulièrement rares. Malheureusement, les 400 patients randomisés sont bien insuffisants pour étudier les complications. Bref, on est déjà pas mal avec nos 6 jours recommandés en France, mais il serait intéressant de tester des durées plus courtes encore sur un nombre suffisant de patients.</p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>Une synthèse pour le généraliste parle des <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3112119/fr/fragilites-osseuses-secondaires-de-l-enfant">fragilités osseuses de l&rsquo;enfant</a>. Mais le texte court est assez incomplet. Ce qu&rsquo;il faut retenir, c&rsquo;est de penser à une fragilité osseuse devant 1 fracture vertébrale à faible traumatisme (quelque soit la densitométrie osseuse) ou 2 fractures des os longs avant 10 ans ou 3 fracture des os longs avant 19 ans  (avec un Z score &lt; -2 dans ces 2 cas là). La conduite à tenir est donc de faire une ostéodensitométrie et d&rsquo;adresser au spécialiste. La recherche d&rsquo;une carence en vitamine D sera une des premières étapes du bilan étiologique, mais comme de nombreuses autres pathologies seront recherchées, je pense que le spécialiste sera plus à même de tout faire pour ne pas multiplier les prises de sang chez l&rsquo;enfant.</p>
<p>C&rsquo;est fini! Passez un bon week-end et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°240 : violences (HAS), dépistage CCR et décision partagée, paracetamol/AINS, chirurgie bariatrique, LAMA dans l'asthme, Clans of Caledonia</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/10/dragi-webdo-n240/</link><pubDate>Mon, 07 Oct 2019 01:16:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/10/dragi-webdo-n240/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Douleur</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ou plutôt bonne nuit, vu l&rsquo;heure&hellip;  Bref, j&rsquo;espère que vous dormez sinon, je vais devoir vous parler d&rsquo;un <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/JAHA.119.013043">article</a> du journal de la société américaine de cardiologie retrouvant un sur-risque mortalité chez les patients dormant moins de 6 heures par nuit! (Heureusement, cela concernait des patients ayant des facteurs de risque cardiovasculaires, ce qui n&rsquo;est pas mon cas&hellip;). Voici les actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance:</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Bon-usage-du-paracetamol-et-des-anti-inflammatoires-non-steroidiens-AINS-l-ANSM-veut-renforcer-le-role-de-conseil-du-pharmacien-Point-d-Information">ANSM</a> publie un avis concernant le paracetamol et les AINS qui sont trop risqués en cas d&rsquo;autorisation inappropriée. Ainsi, l&rsquo;agence souhaiterait renforcer la place des pharmaciens et que ces traitements ne soient plus en accès libre. En attendant, elle recommande de privilégier la paracetamol par rapport aux AINS et de les utiliser pour la durée la plus courte possible.</p>
<p>Je parlais de la flammazine <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/09/dragi-webdo-n239.html">la semaine dernière</a> dans le traitement des brûlures. L&rsquo;<a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Flammazine-creme-de-sulfadiazine-argentique-ne-pas-utiliser-sur-les-plaies-autres-que-les-brulures-et-reserver-son-utilisation-a-l-adulte-et-l-enfant-de-plus-de-2-mois-Lettre-aux-professionnels-de-sante">ANSM</a> rappelle ses conditions de bonne utilisation: pas chez l&rsquo;enfant de moins de 2 mois, et pas sur des plaies qui ne sont pas des brûlures (bien que l&rsquo;action anti-infectieuse sur des colonisations à Pseudomonas soit couramment utilisée, mais je n&rsquo;ai pas de biblio là dessus).</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Que se passe-t-il quand un traitement anti-hypertenseur est intensifié au cours d&rsquo;une hospitalisation pour motif non cardiologique ? D&rsquo;après les 4000 patients de plus de 65 ans de cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2747871">étude</a> rétrospective, ceux ayant eu une intensification n&rsquo;avait pas moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires à 1 an, par contre ils avaient plus fréquemment des effets secondaires graves (NNH= 63) et étaient plus fréquemment ré-hospitalisés dans les 30 jours (NNH=27). La réévaluation rapide au retour d&rsquo;hospitalisation semble indispensable (on en avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/11/dragi-webdo-n117.html">ici</a>).</p>
<p>Le ticagrelor pourrait gagner en popularité, notamment dans les doubles anti-agrégations prolongées. Dans cette étude randomisée du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1908077">NEJM</a>, chez près de 20 000 des patients diabétiques avec coronaropathie, la bithérapie aspirine+ticagrelor versus aspirine+placebo a réduit les évènements cardiovasculaires de 10% sur le critère composite (NNT=143 sur 3 ans), essentiellement sur les infarctus, AVC non fatals et ischémies de membres inférieurs. Il y avait pourtant plus plus de saignements sévères (NNH= 84 sur 3 ans). Pas si génial du tout au final&hellip;</p>
<p>Chez les patients obèses diabétiques, le bénéfice d&rsquo;un traitement par chirurgie bariatrique semble se confirmer une fois de plus: cette étude de cohorte rétrospective du <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31475297">JAMA</a> retrouve que les patients opérés voyaient le risque de mortalité globale diminuer de 40% (NNT= 13 patients en 8 ans), tout comme le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires. Le pourcentage d&rsquo;effets indésirables graves semble faible mais n&rsquo;est pas comparé (mais quand y&rsquo;a un bénéfice sur la mortalité globale c&rsquo;est que les effets indésirables ne sont pas trop mortels)</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Après le tabac des combinaisons formoterol + corticoïdes inhalé (CSI) dans l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/08/dragi-webdo-n235.html">asthme</a>, voici un <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)32215-9/fulltext?utm_campaign=clinical19&amp;utm_content=102057163&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-27013292">article</a> parlant d&rsquo;une trithérapie combinée (beclomethasone+formoterol+glycopyrronium) versus le traitement par formoterol + CSI. Les patients inclus étaient des patients non contrôlés par cette dernière bithérapie, et en effet, l&rsquo;ajout du LAMA de longue durée d&rsquo;action a réduit la survenue des exacerbations modérées et sévères d&rsquo;environ 12-15 % et amélioré le VEMS d&rsquo;environ 65mL (c&rsquo;est pas énorme mais c&rsquo;est statistiquement significatif). Cet article est sponsorisé par BigPharma, mais il ne serait pas étonnant de voir apparaitre les LAMA dans l&rsquo;asthme prochainement.</p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>Alors que les débats sur la mammographie font rage en ce mois d&rsquo;octobre, parlons des articles du BMJ sur le dépistage du cancer colo-rectal. En effet, la revue a publié une <a href="https://www.bmj.com/content/367/bmj.l5383">étude</a> modélisant la survenue de cancer colorectal chez des norvégiens suivis pendant 15 ans. Les auteurs retrouvent que le test immunologique fécal annuel et la coloscopie unique réduisaient la mortalité par cancer du colon de 5 pour 1000 patients pour des effets indésirables sévères estimés respectivement à 3 pour 1000 et 5 pour 1000. Encore une balance bénéfice risque limite, qui confirme de privilégier le test immunologique plutôt qu&rsquo;une coloscopie d&rsquo;emblée même unique (et pourtant c&rsquo;est la coloscopie d&rsquo;emblée qui réduit le plus l&rsquo;incidence des cancers)</p>
<p>Mais ceci ne s&rsquo;applique que pour des patients dont le risque est supérieur à 3% à 15 ans. Voici donc l&rsquo;outil utilisé pour calculer le risque de cancer du colon à 15 ans : <a href="https://qcancer.org/15yr/colorectal/">https://qcancer.org/15yr/colorectal/</a> (en gros, à partir de 55 ans chez quelqu&rsquo;un sans autre facteur de risque et à partir de 50 ans sinon, ou avant si antécédents familiaux). Les auteurs de ce second article du BMJ suggèrent donc de ne pas dépister les patients dont le risque est inférieur à 3% devant des preuves contre le dépistage, et de dépister par n&rsquo;importe laquelle des méthodes les patients avec un risque supérieur à 3%. L&rsquo;article est <a href="https://www.bmj.com/content/367/bmj.l5515">ici</a> avec un résumé visuel très bien fait pouvant servir de base à une décision partagée.</p>
<p>[Edit:] Je rajoute aussi les recos de la <a href="https://www.sfed.org/files/files/Coloscopie_prevention.pdf">société d&rsquo;endoscopie digestive</a> de 2016 sur les indications de la coloscopie dans le dépistage du CCR:</p>
<ul>
<li>score de Kaminski supérieur ou égal à 5</li>
<li>ATCD d&rsquo;adénome avancé ou non avancé ou de CCR familial au 1er degré quelque soit l&rsquo;âge (dès 50 ans ou 5 ans avant le cas index)</li>
<li>ATCD de CCR familial multiple au 2ème ou 3ème degré
quelque soit l&rsquo;âge (dès 50 ans ou 5 ans avant le cas index)</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjlBcuMiWLUKNhm34rdwx8LNrTUJFUFON0XocEtOP3Y8Z5rbKv8pGqhwE6g7A4cKhTumR1jFVbUZFlheMYzh7oCdD-rn_9JSAvYD5dQRl0y6Gvv3ePCGRHfDh2NKdv4D_Hzs_Zidsb-BjfA/s1600/kaminski+ccr.png"><img src="/images/articles/2019/kaminski-ccr.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Douleur</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3104867/fr/reperage-des-femmes-victimes-de-violences-au-sein-du-couple?xtor=SEC-4">HAS</a> a publié des recommandations concernant les femmes victimes de violence au sein des couples. Une fiche concerne le repérage et comment aborder le sujet: &ldquo;comment vous sentez vous?&rdquo;, &ldquo;avez vous peur pour vos enfants?&rdquo;, &ldquo;avez vous déjà été victime de violence au cours de votre vie?&hellip; Une autre aborde les moyens d&rsquo;action: aider à quitter le domicile, déposer une plainte/main courante, faire un certificat médical descriptif, proposer d&rsquo;être aidée par le Centre départemental d&rsquo;information sur les droits des Femmes et des Familles , contacter le 115 pour un hébergement d&rsquo;urgence, ou le 3919 (Femme violence info), et pour les patientes et professionnels: <a href="http://www.stop-violences-femmes.gouv.fr/">www.stop-violences-femmes.gouv.fr</a>  et <a href="http://declicviolence.fr/index.html">http://declicviolence.fr/index.html</a> (et j&rsquo;ai envie de rajouter: <a href="https://www.memoiretraumatique.org/">https://www.memoiretraumatique.org/</a> )<br>
Et j&rsquo;ajoute aussi le nouveau site de signalement des violences: <a href="https://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Signalement-des-violences-sexuelles-et-sexistes">https://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Signalement-des-violences-sexuelles-et-sexistes</a></p>
<p>Dans le cadre de la fibromyalgie, une <a href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0221897">méta-analyse</a> de PlosOne retrouve des résultats intéressants de la méditation en pleine conscience et autres thérapies d&rsquo;acceptation, notamment sur la douleur, la dépression et l&rsquo;anxiété à la fin du traitement. Cependant, l&rsquo;efficacité sur les autres critères comme la qualité de vie n&rsquo;était pas clairement retrouvée.</p>
<p>6/ Jeu du mois: Clans of Caledonia</p>
<p>&ldquo;Clans of Caledonia&rdquo; est un jeu bien plus stratégique que celui du mois dernier (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/09/dragi-webdo-n236.html">Isle of Skye</a>) bien que le thème soit similaire. C&rsquo;est un jeu de placement d&rsquo;ouvrier, à la fois sur une carte commune et sur son plateau personnel. Ainsi, chaque joueur va développer son clan en élevant des animaux qui permettront d&rsquo;avoir des ressources secondaires comme du lait à transformer en fromage ou de la viande ou encore de l&rsquo;alcool à partir des plantations. Il faut à la fois gérer ses ressources, s&rsquo;étendre et commercer avec les autres joueurs grâce à une astucieuse table de commerce sur laquelle les ressources se vendent et s&rsquo;achètent à un coût dépendant de l&rsquo;offre et de la demande. Au final, il faudra, bien évidement remplir des objectifs pour avoir le plus de points sur la piste de score. C&rsquo;est un jeu qui n&rsquo;est pas fait pour débuter dans les jeux de société (la partie avait bien duré plus de 4 heures), mais il ravira les joueurs plus chevronnés!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjbACoFPZ4KorOdhUYr8U2P6aTKMa2beUCZ9zWHTH54Ti-HzlA2wDWTNg_FahyKgS-dS2VgKVxls7kkI0tubMZEjeFQrBVgbeMZ86VJi0lNHKcvuL6vGnJqm1ClTHysoxF-s5rrcF2VbCcB/s1600/20190530_204549.jpg"><img src="/images/articles/2019/20190530-204549.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine, alors: à la semaine prochaine!!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°239 : brûlures (SFAR), contraception (HAS), atrophie vulvo-vaginale, ticagrelor, ménorragies</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/09/dragi-webdo-n239/</link><pubDate>Mon, 30 Sep 2019 00:27:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/09/dragi-webdo-n239/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Dermatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! J&rsquo;introduis le billet de cette semaine avec une étude du <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31548353">BMJ open</a> retrouvant qu&rsquo;avoir un médecin traitant ne permet pas d&rsquo;améliorer la coordination des soins chez les personnes âgées. Mais, il me semble que le système britannique n&rsquo;est pas identique au notre car chez eux, les médecins traitants sont désignés et non choisis comme c&rsquo;est le cas en France. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Les mêmes particules de NDMA et NDEA retrouvés dans les sartans (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/02/dragi-webdo-n215.html">ici</a>) ont été retrouvées dans des lots de <a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Rappel-des-medicaments-a-base-de-ranitidine-en-comprime-Azantac-et-generiques-informations-pour-les-patients-et-les-professionnels-de-sante-Point-d-information">ranitidine</a> qui ont donc été également retirés. Je pense que si on les cherche partout, on risque d&rsquo;en trouver souvent puisqu&rsquo;elles sont liées à des processus de fabrication&hellip;</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1908419">NEJM</a> a étudié le traitement post-angioplastie coronaire. Ainsi, après 3 mois de bithérapie par ticagrelor et aspirine, les patients étaient randomisés en &ldquo;poursuite du ticagrelor + aspirine&rdquo; ou &ldquo;ticagrelor + placebo&rdquo;. Un an après la randomisation, les patients avec ticagrelor et placebo avaient 2 fois moins d&rsquo;hémorragie (NNT= 33 patients) qui était le critère principal, et les 2 traitements étaient équivalents en terme d&rsquo;évènements cardiovasculaires (critère secondaire, évalué par une vraie analyse de non infériorité). On peut donc trouve un intérêt a utiliser du ticagrelor seul après 3 mois de bithérapie après une angioplastie coronaire, malheureusement, cette stratégie n&rsquo;a pas été évaluée par rapport au traitement de référence (aspirine+clopidogrel pendant 1 an).</p>
<p>Une <a href="https://www.bmj.com/content/366/bmj.l5125">étude</a> de cohorte sponsorisée par BigPharma a comparé, après appariement sur un score de propension, la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaire chez des patients coréens de plus de 40 ans avec un syndrome métabolique en fonction de leur traitement pour une dyslipidémie: statine versus statine + fénofibrate. Les auteurs retrouvent une réduction relative de 36% des évènements, notamment en cas d&rsquo;hypertriglycéridémie. Or, l&rsquo;appariement n&rsquo;a pas été génial sur les triglycérides, sans qu&rsquo;on ait les médianes dans chaque groupe. Il n&rsquo;est donc pas facile d&rsquo;arriver à la conclusion des auteurs prônant un bénéfice du fénofibrate, avec cette étude rétrospective avec appariement imparfait dans une population non-européenne.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>La HAS a fait une minime mise à jour de ses recommandations concernant la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_1752432/fr/contraception-prescriptions-et-conseils-aux-femmes">contraception</a>. Très peu de modifications: ajout du préservatif remboursé, rappel sur l&rsquo;efficacité insuffisante des méthodes naturelles et rappel sur le risque de migration de l&rsquo;implant.</p>
<p>Je reviendrai seulement sur le fait :</p>
<ul>
<li>
<p>qu&rsquo;un DIU peut être posé après recherche de gonocoque et chlamydia en cas de facteurs de risque (IST en cours ou récente, âge &lt; 25 ans ou partenaires multiples),</p>
</li>
<li>
<p>qu&rsquo;un bilan de thromophilie peut être proposé en cas d&rsquo;antécédent personnel ou familial au 1er degré avant 60 ans de maladie thrombo-embolique (dosages d’antithrombine, protéine C, protéine S, résistance à la protéine C activée, mutation du facteur V de Leiden et mutation de la prothrombine).</p>
</li>
</ul>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2752418">JAMA</a> revient sur la prise en charge de l&rsquo;atrophie vulvo-vaginale post-ménopausique. Les symptômes peuvent être des dyspareunies, des brûlures, une sécheresse ou un prurit. Après prise en charge d&rsquo;un diagnostic différentiel (mycose, vaginose, lichen&hellip;.), les lubrifiants et émolients disponibles en pharmacie sont les traitements de première ligne. Puis viennent les oestrogènes vaginaux, en crèmes ou ovules, (en l&rsquo;absence de contre-indication: cancers hormonaux dépendant, thrombophilie ou antécédent thrombo-embolique, hépatopathie ou métrorragie sans étiologie) qui sont utilisés quotidiennement en traitement d&rsquo;attaque pendant 2 semaines, puis 1 à 3 fois par semaine. Enfin, la DHEA (prasterone) vaginale est proposée (bien qu&rsquo;il me semble que les bénéfices soient modestes par rapport au placebo).</p>
<p>Une <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD000400.pub4/full">revue de la Cochrane</a> a étudié les traitements des ménorragies et retrouve l&rsquo;efficacité des AINS (sans qu&rsquo;une molécule soit supérieure à une autre). Leur efficacité semble moindre que celle de l&rsquo;acide tranexamique et du DIU au lévonorgestrel, mais il ne semblait pas  y avoir de différence avec les contraceptions oestro-progestatives (j&rsquo;avais posé la question par <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/03/dragi-webdo-n220.html">ici</a>).</p>
<p>4/ Dermatologie</p>
<p>La société française d&rsquo;anesthésie et réanimation a publié des recommandations sur les <a href="https://sfar.org/prise-en-charge-du-brule-grave-a-la-phase-aigue-chez-ladulte-et-lenfant/">brûlures</a>. Je ne parlerais donc que de celle qui peuvent être prise en charge en ambulatoire. Les brûlures non graves  correspondent chez l&rsquo;adulte:</p>
<ul>
<li>
<p>aux brûlures thermiques avec surface cutanée brulée (SCB) second degré &lt; 10% et SCB troisième degré &lt; 3%</p>
</li>
<li>
<p>et absence de terrain particulier (âge &gt; 75 ans ou comorbidités)</p>
</li>
<li>
<p>et absence de brûlure circulaire</p>
</li>
<li>
<p>et absence de localisation à risque fonctionnel profonde : face, mains, pieds, périnée</p>
</li>
</ul>
<p>Chez l&rsquo;enfant, ce sont les mêmes critères sauf que les 2 premiers sont: brûlure thermique avec SCB second degré &lt; 5%  et  enfant âgé de plus de 1 an.</p>
<p>Voici donc l&rsquo;algorithme présenté:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiWwOPZHQnmD1YOX7IetubF52O1IOVNS7jTXNLXGLSzSjyGXCjDbwgnjKvtLj6ZqPewU3U6OOuhoOJv8pxj7235x_47BugIA5lq5bJnArYiLPGqILwhBB1luTBwG4PIgjUKNz3cVZlQrMpE/s1600/brulures.png"><img src="/images/articles/2019/brulures.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine. N&rsquo;hésitez pas à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
à la newsletter par mail en entrant votre e-mail tout en haut à droite
sur la page, sans oublier de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail (dont
l&rsquo;objet ressemble à un nom de spam) qui vous sera envoyé!</p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°238 : #EASD2019 analogues du GLP-1, metformine vs sulfamides, aspirine en prévention primaire, diversification alimentaire, vertiges</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/09/dragi-webdo-n238/</link><pubDate>Sun, 22 Sep 2019 20:55:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/09/dragi-webdo-n238/</guid><category>Diabétologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pédiatrie</category><category>ORL</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, j&rsquo;espère que vous avez passé une bonne semaine. Le congrès européen de diabétologie #EASD2019 vient de se dérouler, donc il y aura beaucoup diabéto cette semaine. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Diabétologie</p>
<p>Il y a eu pas mal d&rsquo;études, alors on va la faire de façon synthétique, sachant qu&rsquo;il semblerait qu&rsquo;une mise à jour des recommandations paraisse prochainement.</p>
<p>Comme on en a parlé il y a quelques jours à peine sur Twitter, commençons par une <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(19)30249-9/fulltext">méta-analyse</a> sur l&rsquo;efficacité et la sécurité des analogues du GLP-1: parmi les 50 000 patients étudiés, ces traitements diminuaient significativement de 12% les évènements cardiovasculaires, 12% la mortalité cardiovasculaire et 12% la mortalité globale. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;augmentation des risques de cancer pancréatique ou de pancréatites ou d&rsquo;hypoglycémie sévère. La question étant de savoir s&rsquo;ils ont tous la même efficacité. Il semblerait que le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/06/dragi-webdo-n102-congres-diabeto.html">liraglutide SC</a> et le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n232.html">semaglutide oral</a> aient le plus haut niveau de preuve de cette efficacité.</p>
<p>Etude <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1811744">CREDENCE</a>: Canagliflozine (inhibiteur de SGLT-2, l&rsquo;autre classe efficace dans le diabète) versus placebo : l&rsquo;étude a été arrêtée prématurément sur demande du comité de sureté. Le traitement a diminué le risque de complications rénales (NNT=56 patients par an) et d&rsquo;évènements cardiovasculaires (NNT=100) mais pas la mortalité globale ni la mortalité cardiovasculaire. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;augmentation du risque de cancer, d&rsquo;amputation (bien que possible d&rsquo;après l&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/06/dragi-webdo-n145.html">CANVAS</a>) ou de fracture, mais il y avait plus d&rsquo;acidocétose (NNH= 500).</p>
<p>Etude <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(19)30311-0/fulltext">SUSTAIN 8</a>: comparons ces 2 classes maintenant! semaglutide versus canagliflozine en 2ème ligne après un traitement par metformine. Là, on rentre dans les études intéressantes, parce que c&rsquo;est la 1ère étude que je vois qui compare directement 2 traitements avec des bénéfices cardiovasculaires prouvés (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/09/dragi-webdo-n107.html">ici</a> , <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n232.html">là</a> et au dessus). Malheureusement il n&rsquo;y a pas de comparaison sur des critères cliniques, mais le semaglutide était supérieur à la canagliflozine pour améliorer l&rsquo;HbA1C et le poids des patients malgré 10% d&rsquo;arrêt pour effet indésirable (surtout digestifs 47%) versus 5% (surtout infectieux 35%).</p>
<p>Etude <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2751398">CAROLINA</a> : linagliptine (un inhibiteur de DPP-4 aussi efficace qu&rsquo;un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2714646">placebo</a>) versus glimepiride (un sulfamide parmi les plus utilisé et plutôt &ldquo;bien&rdquo; toléré): cette étude retrouve l&rsquo;équivalence entre les 2 molécules sur les critères cardiovasculaires (malheureusement comme aucun de ces traitement n&rsquo;est mieux qu&rsquo;un placebo sur les critères de jugement cardiovasculaires&hellip;). Cependant concernant les effets indésirables, bien qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de différence sur le nombre global, on voit que  90% des patients de chaque groupe en a eu&hellip; mais il y avait moins d&rsquo;hypoglycémies sous iDPP4 que sous sulfamide (11% vs 38%). Bref, cette étude confirme le recul des sulfamides dans la prise en charge du diabète. Ajoutons à cela la surmortalité des sulfamides en bithérapie avec la metformine, c&rsquo;est vraiment l&rsquo;association metformine + analogue du GLP1 qui est à privilégier comme le disent le recos de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/10/dragi-webdo-n200.html">diabéto</a> et de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/09/dragi-webdo-n236.html">cardio</a> (ou au pire, metformine+ iDPP4 si le patient ne veut pas de piqure, en attendant l&rsquo;arrivée sur le marché français du semaglutide oral).</p>
<p>La metformine reste le traitement de 1ère intention malgré les bénéfices peu prouvés sur les macroangiopathies, mais probable sur les microangiopathies (j&rsquo;en avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/04/dragi-webdo-n91.html">ici</a>). On vient de voir que les sulfamides étaient aussi efficace que des placebo sur les critères cardiovasculaires, et voici une étude rétrospective comparant la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires chez les patients sous <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2751397">metformine versus sulfamides</a> en monothérapie avec DFG estimé &lt; 60ml/min (donc c&rsquo;est un peu plus restrictif mais vu la prévalence des insuffisances rénales chez les diabétiques, c&rsquo;est probablement facilement transposable car ils avaient en moyenne un DFG 55ml/min). Bref, les patients sous metformine avaient un risque ajusté d&rsquo;évènements cardiovasculaire de 20 % (NNT= 173 patients par an). Il semble donc justifié de conserver la metformine en 1ère intention au vu des effets indésirables graves rares et de l&rsquo;efficacité probable sur les micro et macroangiopathies.</p>
<p>L&rsquo;étude <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)32131-2/fulltext">VERIFY</a> a randomisé des patients nouvellement diagnostiqués diabétiques (&lt; 2 ans) entre un traitement par metformine ou metformine + vitagliptine et l&rsquo;objectif principal était le temps jusqu&rsquo;à échec de traitement défini comme une HbA1C &gt; 7% (puis les traitements étaient intensifiés). Il était de 30 mois sous metformine seule versus 60 mois. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;effets secondaires prédominant dans un des groupes et il n&rsquo;y a pas eu de décès au cours de ces 5 ans de suivi. Bref, plutôt que de conclure qu&rsquo;il est plus efficace de mettre 2 traitements d&rsquo;emblée (dont 1 aussi efficace sur les critères cliniques qu&rsquo;un placebo, cf ci dessus), je dirais qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;effet délétère à débuter par une monothérapie par metformine pour contrôler le diabète et adapter ensuite (notamment avec un analogue du GLP-1, si on suit ce qui a été dit plus haut).</p>
<p>En résumé, rien de très neuf, mais des comparaisons justifiant la metformine en 1ère intention, les analogues du GLP-1 en 2ème et des inhibiteur de SGLT-2 en 3ème; éviter les sulfamides qui semblent moins bien tolérés que les inhibiteurs de DPP-4.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un article d<a href="https://annals.org/aim/article-abstract/2751452/personalized-prediction-cardiovascular-benefits-bleeding-harms-from-aspirin-primary-prevention?utm_source=twitter&amp;utm_medium=social&amp;utm_term=&amp;utm_content=&amp;utm_campaign=">&lsquo;Annals of Internal medicine</a> a recherché a évaluer les bénéfices de l&rsquo;aspirine en prévention primaire en utilisant le calculateur de risque néozélandais. Les auteurs retrouvent que 2,5% des femmes et 12,1% des hommes auraient un bénéfice à un traitement si on considère comme équivalent 1 évènement cardiovasculaire évité avec 1 saignement sous aspirine. Ils ont donc mis en place un calculateur (<a href="https://aspirinbenefitharmcalculator.shinyapps.io/calculator/">ici</a>) permettant d&rsquo;évaluer ce bénéfice pour chaque patient. J&rsquo;e n&rsquo;ai pas encore testé en vrai mais je ferai ça la semaine prochaine en consultation pour voir quel &ldquo;type&rdquo; de patient seraient potentiellement concernés.</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>La <a href="https://www.cfp.ca/content/65/9/e389">société canadienne de pédiatrie</a> a publié des recommandations sur la diversification et le risque allergique. C&rsquo;est simple, pour les aliments contenant des arachides, et les autres allergènes (oeuf, noix, poisson, lait de vache&hellip;), il est conseillé de les introduire à environ 6 mois, mais pas avant 4 mois, et d&rsquo;exposer l&rsquo;enfant régulièrement, tout en poursuivant un allaitement maternel jusqu&rsquo;à 2 ans s&rsquo;il est toujours en cours.</p>
<p>4/ ORL</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/366/bmj.l5215">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé aux vertiges. Mise à part la vidéo intéressante sur les manœuvres pour le VPPB, l&rsquo;important est de ne pas passer à coté des AVC à évoquer devant des vertiges continus et prolongés (&gt;24h) associés à 1 facteur de risque (âge &gt; 60 ans, tabac, HTA, diabète, obésité) et parfois de signes associés (céphalées, surdité, autres troubles neurologiques). On revoit les traitements des VPPB (les manœuvres), de la névrite vestibulaire (les antiémétiques et réassurer le patient) et des troubles de Ménière (les traitements par betahistine sont proposé en désespoir de cause car ils n&rsquo;ont pas vraiment d&rsquo;efficacité démontré et la restriction sodée).</p>
<p>Passez une bonne semaine à tous! A la semaine prochaine!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiiQeADO2uypiqs7uoZKNn_qW52bYxKCpWoHFt9C2-vUsw5dWXwez64KqodFNCujRh_G4_RfMJKAAnJ2GsLFi5WCABeF5Y2qpfGylIaOj8Kh9VZfa4s9__vLoGUsYL7dMsczTCcDJYuS9PP/s1600/bye.gif"><img src="/images/articles/2019/bye.gif" alt=""></a></p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°237 : boulimie (HAS), exposition amiante (HAS), HTA gravidique (NICE), activité physique et grossesse, violences sexuelles, ménopause/THM, polypill</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/09/dragi-webdo-n237/</link><pubDate>Sun, 15 Sep 2019 22:53:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/09/dragi-webdo-n237/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous ! Ça va être un peu plus soft que la semaine dernière, alors bonne lecture ! Mais avant de commencer, un <a href="http://www.annfammed.org/content/17/5/396">article</a> pour rappeler que les médecins et les patients n&rsquo;ont pas les mêmes objectifs lors des consultations et les problèmes de santé que le patient souhaite absolument aborder ne sont pas toujours ceux du médecin. Cette étude retrouve la concordance entre les priorités des patients et des médecins est mauvaise; alors communiquons!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)31791-X/fulltext">Lancet</a> a étudié l&rsquo;effet de la &lsquo;&ldquo;polypill&rdquo; dans un essai contrôlé randomisé iranien. La polypill contenait 12,5mg d&rsquo;hydrochlorothiazide, 5mg d&rsquo;enalapril, 81 mg d&rsquo;aspirine et 20mg d&rsquo;atorvastatine et était donc distribuée à tout patient randomisé dans le bras traitement de la cohorte de patients (en prévention primaire ou secondaire). A 60 mois, les patients avaient en effet une réduction des évènements cardiovasculaires de 34% (NNT= 54 patients en 60 mois), mais il n&rsquo;y avait pas de baisse significative de la mortalité globale (ce qui n&rsquo;est pas génial quand on souhaite mettre un traitement préventif à tout le monde). Les effets indésirables et saignements sont mal décrits. Si on regarde les analyses en sous groupes, ça marche surtout en prévention primaire (puisqu&rsquo;en prévention secondaire les patients ont souvent déjà un IEC, de l&rsquo;aspirine et une statine). De plus, on sait que mettre une statine à n&rsquo;importe qui diminue le risque cardiovasculaire (parfois de pas grand chose, mais ça marche quand même). Comme les molécules ne sont pas étudiées individuellement, on ne sait pas si c&rsquo;est le cocktail qui est efficace dans l&rsquo;étude ou une seule des molécules. Dans <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/04/dragi-webdo-n92.html">Hope-3</a>, c&rsquo;est la statine qui était efficace dans le traitement &ldquo;statine+antihypertenseur&rdquo;, et l&rsquo;aspirine en prévention primaire ne marchant habituellement pas, on aurait aimé avoir un bras &ldquo;statine seul&rdquo; en comparaison, mais ça aurait été prendre le risque que la polypill ne marche pas. Bref, totalement inutile de conclure qu&rsquo;il faut mettre une polypill à tout le monde.</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng133/resources/hypertension-in-pregnancy-diagnosis-and-management-pdf-66141717671365">NICE</a> (équivalent HAS britannique) a publié des recommandations concernant l&rsquo;hypertension gravidique (la SFHTA avait publié des recos en <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/01/dragi-webdo-n78.html">2016</a>).</p>
<ul>
<li>
<p>Un traitement (surtout labetalol puis nifedipine) est recommandé au delà de 140/90 et l&rsquo;objectif est alors 135/85.</p>
</li>
<li>
<p>la bandelette urinaire est recommandée et positive à partir de 1+, si
le rapport protéinurie/créatininurie est utilisé, le seuil est de
30mg/mmol et si le rapport utilisé est albuminurie/créatininurie, le
seuil est 8mg/mmol.</p>
</li>
<li>
<p>L&rsquo;aspirine préventive est recommandée à partir de 12 semaines en cas: d&rsquo;antécédent d&rsquo;HTA gravidique, de maladie rénale chronique, de maladie auto-inflammatoire, diabète de type 1 et 2, hypertension artérielle (y&rsquo;a aussi des facteurs de risque modérés pouvant conduire à la prescription, mais &hellip; je vous laisse les lire)</p>
</li>
</ul>
<p>Les <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1701216318306996">canadiens</a> ont publié des recommandations sur l&rsquo;activité physique pendant la grossesse. En gros, c&rsquo;est un peu comme chez tout le monde (150min d&rsquo;activité par semaine sur au moins 3 jours), à modérer selon l&rsquo;état de la patiente. Mais il faut quand même connaitre les contre-indications absolues, (je vous passe celles qui doivent conduire aux urgences) : saignements vaginaux persistants inexpliqués, placenta praevia après 28 semaines de grossesse, insuffisance cervico-isthmique, retard de croissance intra-utérin, grossesse multiple de rang élevé (triplés), diabète ou HTA ou dysthyroïdie non contrôlés, autre trouble cardiovasculaire, respiratoire ou systémique grave.</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)31709-X/fulltext">Lancet</a> s&rsquo;est intéressé aux traitements hormonaux et au risque de cancer du sein (j&rsquo;avais déjà parlé des risques des THM <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n230.html">ici</a>). Cette étude retrouve notamment que le risque de cancer du sein augmente dès la 2ème année de traitement (et pas uniquement après 5 ou 10 ans), et il est supérieur en cas de co-prescription d&rsquo;oestrogènes et de progestatifs par rapport aux oestrogènes seuls. Le 2ème point intéressant est qu&rsquo;après l&rsquo;arrêt, le risque de cancer du sein persiste plus de 10 ans, notamment chez les femmes ayant eu au moins 5 ans de traitement. Donc, si un THM est mis en place, l&rsquo;arrêter le plus tôt possible, notamment avant 5 ans.</p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2019-09/boulimie_et_hyperphagie_boulimique_-_recommandations.pdf">HAS</a> a publié des recommandations concernant la boulimie (qui complèterait la fiche anorexie qui date de 2010&hellip;.. on a connu plus efficace). C&rsquo;est pas très bien rédigé, on ne voit pas de points mis en avant, pas de &ldquo;grade&rdquo; à côté des items (pas évidents à repérer): c&rsquo;est une liste de points avec des tirets. Donc pas facilement utilisable en consultation, ni en dehors&hellip; J&rsquo;ai réussi à retenir 3 choses:</p>
<ul>
<li>
<p>la ligne  Anorexie-Boulimie Info écoute au 0 810 037037 pour les patients, mais bon, c&rsquo;est un numéro surtaxé !!!</p>
</li>
<li>
<p>les patients à dépister: les &ldquo;jeunes&rdquo;, avec antécédent familiaux de troubles du comportement alimentaire, ayant une profession à risque (mannequinat, sport nécessitant un contrôle du poids comme la gymnastique, les courses hippiques etc&hellip;). On peut dépister grâce à des questions du type «Votre poids influence-t-il la façon dont vous vous sentez ?» ou grâce à des questionnaires courts comme le <a href="https://www.revmed.ch/var/site/storage/images/rms-279/images/rms_idpas_d_isbn_pu2011-03s_sa18_art18_img001.jpg/1082609-1-fre-CH/RMS_idPAS_D_ISBN_pu2011-03s_sa18_art18_img001.jpg_i1140.jpg">SCOFF</a></p>
</li>
<li>
<p>hospitaliser si IMC &lt; 12, mais ne pas systématiquement séparer de l&rsquo;entourage, ne pas forcer à s&rsquo;alimenter, ne pas prescrire de sérum glucosé ou donner des antidépresseurs/neuroleptiques dans l&rsquo;urgence.</p>
</li>
</ul>
<p>Un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(19)30286-X/fulltext#.XXj-S2reocc.twitter">Lancet</a> (je suis très Lancet cette semaine, oui) a étudié le devenir psychiatrique des enfants ayant été abusés sexuellement. Sans grande surprise, ces agressions augmentaient le risque de dépression, d&rsquo;anxiété, de trouble conversif et de trouble de personnalité borderline. L&rsquo;abord de la question est souvent difficile, mais la prise en charge peut permettre d&rsquo;améliorer la santé des patients.</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3099768/fr/suivi-post-professionnel-des-personnes-exposees-a-l-amiante-mise-a-jour-du-protocole-et-de-la-grille-de-lecture-d-imagerie">HAS</a> a publié des recommandations sur le suivi des patients exposés à l&rsquo;amiante. Il y a les expositions fortes (production d&rsquo;amiante, chantier navals, mécaniciens poids-lourds&hellip;) et les expositions intermédiaires et faibles (respectivement exposition professionnelle documentée et exposition passives comme en travaillant dans des locaux avec amiante floquée non dégradée). Il est recommandé d&rsquo;effectuer un TDM thoracique sans et avec injection initialement (selon les temps de latence:  20 ans pour les expositions fortes et 30 ans pour les intermédiaires), puis un TDM non-injecté tous les 5 ans pour les expositions fortes et tous les 10 ans pour les autres. La reco précise qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de bénéfice démontré sur la morbi-mortalité avec ce dépistage, mais que compte tenu des mesures d&rsquo;indemnisation, il peut être proposé après discussion avec le patient de la balance bénéfice-risque (au mieux avec réalisation d&rsquo;un consentement écrit signé&hellip;).</p>
<p>Encore merci pour votre fidélité depuis toutes ces semaines/mois/années (utilisez la mention qui vous convient) et bienvenue aux nouveaux sur le blog! Pensez à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°236 : recos dyslipidémies, recos coronaropathie, recos diabète, recos embolie pulmonaire (#ESCcongress 2019), PrEP, SAGE-217, Isle of Skye</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/09/dragi-webdo-n236/</link><pubDate>Sun, 08 Sep 2019 15:35:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/09/dragi-webdo-n236/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Diabétologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Comme tous les ans, ce premier billet de septembre va concerner essentiellement les évènements qui se sont déroulés lors du congrès de la société européenne de cardiologie, l&rsquo;ESC, (en plus, cette année c&rsquo;était à Paris!). Donc pas mal de recos&hellip; mais on va en reparler. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Médicament</p>
<p>Concernant la <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3605216">PrEP</a>, il va y avoir la mise à disposition d&rsquo;un implant sous cutané délivrant un anti-rétroviral pour 1 an et d&rsquo;un anneau vaginal à changer tous les mois pour favoriser l&rsquo;observance.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La première recommandation importante concerne les dyslipidémies! Pour mémoire, les précédentes de l&rsquo;ESC dataient de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/09/dragi-webdo-n105.html">2016</a>, les françaises de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/04/dragi-webdo-n134.html">2017</a> ont été retirées pour conflit d&rsquo;intérêt des auteurs et les américaines de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n204.html">2018</a> étaient pas mal. Et donc voici les <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehz455/5556353">recos ESC 2019</a> qui sont déjà très controversées et qui vont être difficilement applicables en France à ce jour, malheureusement, ce sont celles auxquelles on doit se référer maintenant:</p>
<ul>
<li>
<p>Évaluation du risque cardiovasculaire: le SCORE est toujours utilisé mais adapté sur le nouveau site (nécessitant une inscription gratuite, l&rsquo;accès est rapide une fois inscrit et le bon raccourci mis en favoris) : <a href="http://www.heartscore.org/fr_FR/access">http://www.heartscore.org/fr_FR/access</a> . Ce calculateur retrouve (d&rsquo;après mes quelques tests) des chiffres un peu plus faibles qu&rsquo;avec cardiorisk.fr . On reste sur un risque faible si &lt; 1%, modéré entre 1% et 5% (ou diabète de moins de 10 ans avant 50 ans), élevé entre 5% et 10% ou diabète non compliqué ou insuffisance rénale modérée, ou LDL &gt; 1,9g/L et très élevé si &gt; 10% ou prévention secondaire ou diabète compliqué ou insuffisance rénale sévère. Le risque cardiovasculaire peut être adapté selon le calcul du score calcique ou la présence d&rsquo;athérome carotidien. L&rsquo;apoB est à utiliser dans l&rsquo;évaluation du risque si hypertriglycéridémie, diabète, obésité ou syndrome métabolique. La Lp(a) devrait être dosée 1 fois dans la vie de tout le monde : si &gt; 1,80g/L le risque cardiovasculaire est élevé (comme pour une hypercholestérolémie familiale)</p>
</li>
<li>
<p>Les objectifs : On voit qu&rsquo;on est resté à des objectifs chiffrés, mais s&rsquo;y ajoutent aussi les baisses en pourcentage qui permettent de déterminer quelle intensité de statine utiliser (mais en fait bof vu les objectifs&hellip;) voici le tableau des objectifs de LDL :</p>
</li>
</ul>
<blockquote>
<p>  <em>risque faible</em> : LDL &lt; 1,16g/L : il faut donc traiter quasiment tout le monde (puisque même les moins de 50 ans ont rarement un LDL à ce niveau. Notons que le traitement d&rsquo;emblée n&rsquo;est recommandé que si le LDL initial est &gt; 1,9g/L , sinon, on peut tenter les RHD qui ne suffiront pas.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p><em>risque modéré</em> : LDL&lt; 1g/L : là, on est bon pour traiter tous les hommes de plus de 50 ans</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p><em>risque élevé</em> : LDL &lt; 0,7g/L : ça implique une statine forte dose (seul l’atorva a une efficacité démontrée en prévention primaire) et probablement l’ajout d’ezetimibe dont le bénéfice n’est pas démontré pour cette indication.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p><em>risque très élevé</em> : LDL &lt; 0,55g/L : c’est la prévention secondaire : statine forte dose + ezetimibe d’emblée et même avec ça, c’est inaccessible car ce sont les résultats sous anti PCSK-9 (dont j&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/03/dragi-webdo-n132.html">ici</a>) qui ne sont pas disponibles en France. Et s&rsquo;il y a une récidive sous traitement l&rsquo;objectif est abaissé à 0,40g/L!!!!!!</p>
</blockquote>
<ul>
<li>
<p>Les médicaments: Pour arriver à ces objectifs, il est recommandé de prescrire une statine de forte intensité (et oui, exit la simva et la pravastatine qui sont pourtant les seules a avoir démontré un bénéfice clinique en prévention primaire!), puis d&rsquo;ajouter l&rsquo;ezetimibe si besoin, puis de recourir aux anti-pcsk9. L&rsquo;initiation du traitement en prévention primaire est recommandée avant 75 ans, et peut être effectuée après chez les patients à haut risque. La statine n&rsquo;est pas recommandée chez les femmes diabétiques pré-ménopausées sans contraception.</p>
</li>
<li>
<p>Hypertriglycéridémie: Pour l&rsquo;hypertriglycéridémie, la statine est le traitement de 1ère intention dès 2,0g/L &hellip; Et si les trigly sont entre 1,35g/L et 5g/L chez des patients à haut risque, l&rsquo;icosapentethyl est recommandé (basé sur <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n204.html">cette</a> étude) mais comme il n&rsquo;est pas dispo en France&hellip;</p>
</li>
<li>
<p>Conclusion: ces recommandations, à mon avis, sont truffées des conflits d&rsquo;intérêt liés aux anti-PCSK9 qui ont modelé la recommandation et les objectifs. Le concept de décision partagée semble totalement étranger aux auteurs qui n&rsquo;en parlent pas une seule fois. Les recos américaines sont bien plus cohérentes avec les données scientifiques, applicables en médecine générale et acceptables par les patients. Il serait donc bien que lorsque la HAS revalidera des recommandations, elles soient adaptée et ne copient pas ces recos ESC comme cela avait été le cas avec les recos abrogées de 2017. Je retiendrai quand même, le nouveau calculateur de risque qui est plus adaptée et l&rsquo;idée d&rsquo;ajout systématique de l&rsquo;ezetimibe en prévention secondaire concordant avec les données de la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD012502.pub2/full#CD012502-sec1-0001">Cochrane</a>, mais les anti-PCSK9 en prévention secondaire ne devraient être employées que dans de rares conditions (comme LDL &gt; 1g/L malgré la bithérapie ou les récidives d&rsquo;évènements sous traitement).</p>
</li>
</ul>
<p>On continue sur les recommandations ESC concernant les <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehz425/5556137">coronaropathies chroniques</a> ! Pour parler rapidement de la place des tests dans le raisonnement menant au diagnostic de coronaropathie, on note une place importante du coroscanner et des tests fonctionnels (écho ou irm de stress ou scintigraphie voire PET-scanner) chez les patients asymptomatiques à haut risque cardiovasculaire. L&rsquo;ECG d&rsquo;effort est recommandé pour évaluer la tolérance clinique des patients suspects ou proposé quand une imagerie non invasive n&rsquo;est pas disponible.</p>
<p>Concernant le traitement au long cours:</p>
<ul>
<li>un des premiers point est que les bêta bloquants ne sont pas recommandés en systématique, bien qu&rsquo;il faille un anti-ischémique: on peut donc prescrire soit un bêta bloquant (surtout si insuffisance cardiaque) soit une inhibiteur calcique (surtout un dihydropyridine si FC &lt; 50 mais il ne parlent pas trop des bêtabloquants avec activité sympathomymétique intrinsèque type acébututolol, habituellement utilisés quand la FC est &gt; 60.) , et en seconde intention quand le patient reste symptomatique, une association des deux, ou ajout des dérivés nitrés de longue durée d&rsquo;action (surtout si insuffisance cardiaque, bradycardie ou tension artérielle basse). L&rsquo;ivabradine arrive en 3eme ligne et le nicorandil et autres trucs sans bénéfice clinique prouvé en 4ème ligne&hellip;</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjlLWed1UoYZI1MFPkFD8ExGI8WDHc3cwX7-24y-s3k0hqMxt0jOImq6J8z9BJxHeudTRkQqgtraREYorlc2X8-HQk8WmiyGrem7uYDExkRPg5UEIfKHiDKKv8vo0OdqKxquk-QgUyu4BZU/s1600/coronaropathie.png"><img src="/images/articles/2019/coronaropathie.png" alt=""></a></p>
<ul>
<li>l&rsquo;aspirine au long cours est recommandée à 75-100mg/jour, mais le clopidogrel peut lui être préféré en cas d&rsquo;AOMI ou d&rsquo;AVC dans les antécédents. Après un stent, la double antiagrégation plaquettaire avec aspirine + clopidogrel est recommandée pour 6 mois (et non 1 an). <strong>Mais</strong>, on tend maintenant à une bithérapie prolongée chez les patients qui ne sont pas à haut risque de saignement surtout si risque de récidive élevé : âge &gt; 50 ans et un des critères suivants : âge &gt; 65 ans, diabète
médicalement traité, récidive d&rsquo;infarctus du myocarde, coronaropathie
multi-tronculaire, DFG &lt;60 ml/min/1.73 m2, comme c&rsquo;était dit dans les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/08/dragi-webdo-n148.html">précédentes</a> recos SCAST+ qui disaient aussi: pas de clopidogrel. Ici je rappelle qu&rsquo;on est dans la coronaropathie chronique, pas dans le syndrome coronaire aiguë.)</li>
</ul>
<p>Ainsi on peut utiliser soit par clopidogrel (le plus simple), soit par ticagrelor (notamment cité dans les précédentes recos et le plus étudié il me semble), soit le prasugrel (pour lequel une <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1908973">étude</a> a été publiée pendant le congrès montrant qu&rsquo;il serait mieux que le ticagrelor mais après une évaluation à 12 mois seulement, pas de façon prolongée)</p>
<p>Les inhibiteurs de pompe à proton ne sont recommandés que chez les patients avant antiagrégation ou anticoagulation ayant un haut risque de saignement.</p>
<p>Donc qui sont les patients à haut risque de saignement: ceux avec un antécédent d&rsquo;AVC hémorragique, de saignement digestifs, d&rsquo;anémie pouvant être liés à un saignement, ceux ayant une insuffisance rénale terminale, une insuffisance hépatique ou un trouble de coagulation.</p>
<ul>
<li>
<p>un IEC est recommandé (pas un sartan, hein)</p>
</li>
<li>
<p>pour la statine c&rsquo;est comme écrit dans les recos d&rsquo;au dessus.</p>
</li>
</ul>
<p>Voilà pour ces recos cardiologiques pas très digestes!</p>
<p>Un article de cohorte du <a href="https://www.bmj.com/content/366/bmj.l4897">BMJ</a> a étudié les évènements cardiovasculaires de 50 000 patients et retrouvé que les mangeurs de viande avaient un risque plus élevé d&rsquo;infarctus du myocarde que les végétariens et végétaliens. Cependant les végétariens avaient un risque plus élevé d&rsquo;AVC (surtout hémorragique) que les mangeurs de viande. C&rsquo;est concordant avec la littérature qui retrouve que des taux de LDL trop bas favorisent les AVC hémorragique et que les taux trop haut favorisent les ischémies.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>L&rsquo;ESC a aussi émis des recos sur l&rsquo;<a href="https://www.escardio.org/Guidelines/Clinical-Practice-Guidelines/Acute-Pulmonary-Embolism-Diagnosis-and-Management-of">embolie pulmonaire</a> (les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2014/09/dragi-webdo-n14-congres-esc.html">précédentes</a> datant de 2014), faisant suite aux recos 2019 de la SPLF (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/03/dragi-webdo-n218.html">ici</a>) et de la société de médecine vasculaires (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/05/dragi-webdo-n226.html">là</a>).</p>
<p>Les points clés:</p>
<ul>
<li>
<p>les critères <a href="https://www.mdcalc.com/perc-rule-pulmonary-embolism">PERC</a> sont enfin cités comme utiles pour exclure cliniquement un risque d&rsquo;embolie pulmonaire s&rsquo;ils sont tous présents</p>
</li>
<li>
<p>utiliser les seuils de D-Dimères liés à l&rsquo;âge pour évaluer dans les probabilités non élevées, et y compris pendant la grossesse (il y a aussi un seuil variable selon le risque d&rsquo;embolie pulmonaire, mais je trouve le calcul pas pratique et pas top)</p>
</li>
<li>
<p>après diagnostic, chez les patients à faible risque de complication (évaluable par le <a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjMbrnDS6XM7-LaJ6OqXH9GIi0tsnYTZ3LDBhQZATpBdQNw2bsRaTb7rJrXshTivk7zvteBqHXYBN_zflKp-345u0RJ0piz1QZUunlO_o_ORGFWFaUHVFzM4w-Yiio2t0CSA8JZ4ngcaHtG/s1600/pesi.png">PESI</a>), un traitement par HBPM, fondaparinux ou AOD est recommandé</p>
</li>
<li>
<p>le traitement ambulatoire peut être entrepris directement si: hémodynamique stable ET score PESI classe I /II ou PESI simplifié = 0  ET pas de signe d&rsquo;insuffisance cardiaque à l&rsquo;angioscanner ET pas d&rsquo;autre raison d&rsquo;hospitaliser ET soutien familial ET accès facile aux soins médicaux.</p>
</li>
<li>
<p>L&rsquo;anticoagulation est recommandée pour 3 mois en cas de 1er épisode avec facteur majeur transitoire (ils ne sont pas clairement décrits&hellip;&hellip;)</p>
</li>
<li>
<p>L&rsquo;anticoaculation à vie est recommandée si : SAPL ou si EP récurrente sans facteur déclencheur mais peut être envisagée dès le 1er épisode sans facteur déclencheur majeur</p>
</li>
<li>
<p>En cas de grossesse, il est recommandé de faire une RXT et un doppler veineux des membres inférieurs. En l&rsquo;absence de thrombose des membres inférieurs, un angioscanner est recommandé si la RXT est anormale, et si elle est normale on a le choix entre un angioscanner et une scintigraphie pulmonaire.</p>
</li>
<li>
<p>A la fin du traitement (vers 3 à 6 mois), il est nécessaire d&rsquo;évaluer le risque d&rsquo;hypertension pulmonaire: recherche de dyspnée ou de facteur de risque d&rsquo;hypertension pulmonaire (2ème épisode, anomalies cardiopulmonaire sur le TDM , splénectomie, thrombophilie, groupe sanguin non O, hypothyroïdie, antécédent de cancer, MICI, myélodysplasie, ostéomyélite chronique) motivant une échographie cardiaque et une consultation spécialisée.</p>
</li>
</ul>
<p>Bref, pour les embolies pulmonaires, les recos françaises sont concordantes et bien plus claires!</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Les cardiologues ont aussi donné leur avis sur le <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehz486/5556890">traitement du diabète</a> dans ces recommandations ESC en partenariat avec l&rsquo;EASD (société européenne de diabétologie) quelques mois après les recos EASD/ADA (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/10/dragi-webdo-n200.html">ici</a>).</p>
<ul>
<li>Concernant les cibles d&rsquo;HTA et de LDL, les recos précédentes sont confirmées: PAS entre 120 et 130mmHg et PAD entre 70 et 80mmHg, et LDL &lt; 0,70g/L.</li>
</ul>
<p>L&rsquo;HbA1C cible est de 7 % pour tout le monde, à adapter à chacun.</p>
<ul>
<li>
<p>Un ECG de repos est recommandé chez les patients diabétiques hypertendus ou suspect de coronaropathies (donc pas chez tous?) , mais l&rsquo;IPS (faire un doppler s&rsquo;il n&rsquo;est pas entre 1,0 et 1,3), le doppler des troncs supra aortiques et le score calcique ne sont recommandés qu&rsquo;avec un grade II.</p>
</li>
<li>
<p>Concernant l&rsquo;aspirine, elle n&rsquo;est pas recommandée (jamais), sauf chez les patients à haut ou très haut risque selon une recommandation grade IIb (donc vraiment pas très éprouvée).</p>
</li>
</ul>
<p>L&rsquo;anti-hypertenseur de choix est un IEC (ARAII si intolérance, ENFIN!), y compris chez les patients avec pré-diabète.</p>
<ul>
<li>Les traitements: la metformine est proposée en 1ère ligne chez les patients diabétiques à risque cardiovasculaire modéré (donc diabète &lt; 10 ans avant 50 ans). Sinon, c&rsquo;est un analogue du GLP-1 (liraglutide++) ou un anti-SGLT-2 (empagliflozine++) qui est recommandé en monothérapie. Le reste de l&rsquo;algorithme:</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjYBmWSNH6QwXuc6zTW0JegDN7kVgOIJxzY29PTI_6d8Eb29HwS9WF3lUHpurLxioMMBk22FQv8dudlXG1tmbgwNQLaZgnTWXjWnsjS2iMVAdbDkUMBAWXmx9dMBxR5FsBm2S91bMAPs4LK/s1600/diabete+reco.png"><img src="/images/articles/2019/diabete-reco.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p>Un nouvel <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1815981">antidépresseur</a>, le  SAGE-217 (un modulateur des récepteurs GABA de type A) a été testé dans un essai contrôlé randomisé de 89 patients avec un épisode dépressif majeur (Hamilton &gt; 22) publié dans le NEJM. A 15 jours, la diminution du score Hamilton était supérieure dans le groupe traitement par rapport au placebo (critère principal). Sur les critères secondaires à 15 jours, la probabilité d&rsquo;avoir un Hamilton &lt; 7 était 5 fois supérieure avec le groupe traitement (NNT= 2,6!). Il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;effets secondaires sévères et le NNH pour un effet secondaire modéré (classique type céphalées, nausées, etc&hellip;) était de 12,5 patients. Je n&rsquo;ai pas souvent vu des interventions psychiatriques aussi efficaces en 15 jours de traitement, c&rsquo;est pour ça que je voulais parler de cet article.</p>
<p>6/ Jeu du mois: Isle of Skye</p>
<p>Ce mois ci, je vais donc vous parler d&rsquo;Isle of Skye ! C&rsquo;est un jeu dans lequel chaque joueur pose des tuiles de territoire pour constituer son royaume. Il faut donc arriver à obtenir des tuiles s&rsquo;assemblant en faisant le plus de points déterminés par les objectifs changeant à chaque tour. Pour cela, la mécanique réside dans des échanges commerciaux: chaque joueur mise de l&rsquo;argent pour 3 tuiles qu&rsquo;il a piochées au hasard à chaque tour, et les autres joueurs peuvent lui acheter. Celles qui ne sont pas achetées sont conservées par le joueur qui perd cependant l&rsquo;argent qu&rsquo;il avait misé dessus. Il faut donc trouver l&rsquo;équilibre entre &ldquo;se faire acheter des tuiles&rdquo; et &ldquo;en conserver&rdquo; en fonction de nos ressources. Le jeu est donc simple, mais stratégique avec une grande rejouabilité et on peut y jouer jusqu&rsquo;à 5 jours. Je ne peux donc que vous conseiller ce jeu se déroulant dans une ambiance écossaise !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgL-jLb7jZI-Q1OjYikAyTyZuN39FRNoIjinu_ZjbNRsuoARhD0Ry1qDjVomIT26CwqdhQzOVvMZkqaqwoTE8iX3nFWJbgimT1z-580JVzZMhbrRIaXugkuHF4Z4H8A873_wl3muJHmxl0T/s1600/20190428_173338.jpg"><img src="/images/articles/2019/20190428-173338.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini, et c&rsquo;était plutôt très dense cette semaine. On pourrait discuter longtemps de toutes ces recos, alors n&rsquo;hésitez pas à laisser votre avis en commentaire. A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgvSa7WMAkupF_QA678BxdHw_O6x7rE3vTm7INvDgHLVmVMxk5toU2Y7P-GjKOGtFmlVzvwbSHHp0HghO53JeiBiYsCmQX0h77RgslkNZ9djMXkjEsbQvufUWfObWPm0vGf8K8ZyvTHFpgO/s1600/md_97ad24a925191a74ac8daa52b862a6ab.jpg"><img src="/images/articles/2019/md-97ad24a925191a74ac8daa52b862a6ab.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°235 : Asthme (recos 2019), dépistage K du col (recos HAS), dépistage ophtalmo (recos), APLV</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/08/dragi-webdo-n235/</link><pubDate>Sat, 31 Aug 2019 00:23:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/08/dragi-webdo-n235/</guid><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, c&rsquo;est la rentrée! J&rsquo;espère que vous avez passé des vacances reposantes. C&rsquo;est reparti avec ce Dragi Webdo exceptionnellement publié pour le petit déjeuner du samedi (en septembre, je reprendrai les bonnes habitudes du dimanche soir)! Cette semaine, je vous présenterai quelques articles (surtout des recos en fait) que j&rsquo;ai vus passer durant l&rsquo;été et la semaine prochaine, je reprendrai ma veille pour vous présenter les nouveautés de la semaine en cours. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pneumologie</p>
<p>Je n&rsquo;avais pas fait attention aux nouvelles recommandations internationales du <a href="https://ginasthma.org/wp-content/uploads/2019/06/GINA-2019-main-report-June-2019-wms.pdf">GINA 2019</a> concernant la prise en charge de l&rsquo;asthme. Il y a en effet un changement majeur : il n&rsquo;est plus recommandé de traiter les patients par un B2-courte durée d&rsquo;action (B2CDA) seul, c&rsquo;est à dire qu&rsquo;un patient asthmatique ne doit pas avoir comme unique traitement &ldquo;salbutamol si crise&rdquo; quelque soit son stade. En effet, les auteurs s&rsquo;appuient sur l&rsquo;efficacité des SMART (j&rsquo;en avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/03/dragi-webdo-n176.html">ici</a>) pour dire que même en cas d&rsquo;asthme intermittent (step 1), il est nécessaire de combiner un B2 ayant une action rapide à un corticoïde inhalé (CSI). Un B2 d&rsquo;action rapide est soit un B2CDA comme le salbutamol, soit le formoterol qui est un B2 longue durée d&rsquo;action ayant une action rapide. Le &ldquo;step 1&rdquo; propose donc formoterol+CSI (le labo d&rsquo;Innovair va être très content), soit de rester avec un B2CDA mais de co-prescrire CSI de notre choix en même temps (donc 2 dispositifs à utiliser, ça va pas être pratique, donc ça ne sera pas trop fait je pense). Notons ensuite que quelque soit le stade l&rsquo;association formoterol+CSI est le traitement de crise privilégié. Les études dont j&rsquo;avais parlé précédemment retrouvaient en effet une efficacité supérieure d&rsquo;une bithérapie en cas de crise sur la monothérapie par B2CDA mais avec un risque de diminution d&rsquo;observance lorsque le dispositif de crise est le même que le dispositif de &ldquo;fond&rdquo;. Donc je pense qu&rsquo;il est nécessaire de bien expliquer que cela ne dispense pas de bien utiliser le traitement comme traitement de fond et pas uniquement comme traitement de crise (comme ce que les patients asthmatiques ont appris depuis des années).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiHc2Gd0ieF1FK3YD6SGjxsb833U8XkjJkpuGvd1RZziQ2B5L2z5dkpdYY52fxzyhDf_R3ni-EAwrQu_IAvDBJqjG4ggm9ttSVle2-UO0-Vtrxy8d4uumRWGMDlmzKLBok9bgal4ShSpMuh/s1600/gina+2019.png"><img src="/images/articles/2019/gina-2019.png" alt=""></a></p>
<p>Un étude publiée dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2737916">JAMA internal medicine</a> porte sur la cohorte française Constances et s&rsquo;est intéressée à la cigarette électronique. Parmi plus de 5000 fumeurs, les auteurs ont retrouvé une diminution de la consommation tabagique chez les vapoteurs par rapport aux non utilisateurs d&rsquo;e-cigarette (moins 4,4 cigarettes) , et une augmentation de 67 % de la probabilité d&rsquo;arrêt.</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_2806160/fr/evaluation-de-la-recherche-des-papillomavirus-humains-hpv-en-depistage-primaire-des-lesions-precancereuses-et-cancereuses-du-col-de-l-uterus-et-de-la-place-du-double-immuno-marquage-p16/ki67">HAS</a> a publié des recommandations concernant le dépistage du cancer du col de l&rsquo;utérus.</p>
<ul>
<li>
<p>Concernant les femmes de moins de 30 ans: on reste sur un FCU avec cytologie et typage HPV si ASCUS à partir de 25 ans, puis 26 ans, puis tous les 3 ans. La HAS ne recommande plus le double immunophénotypage même avant 30 ans (contrairement aux précédentes recos de l&rsquo;INCA).</p>
</li>
<li>
<p>Après 30 ans: la nouveauté est de placer en avant la recherche d&rsquo;HPV oncogènes qui devient le test de dépistage de 1ère intention. La cytologie n&rsquo;est effectuée par le laboratoire que si la recherche d&rsquo;HPV est positive. En cas de recherche HPV négative, le suivi peut être effectué tous les 5 ans! (ce qui est concordant aux données internationales (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/09/dragi-webdo-n152.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/10/dragi-webdo-n110.html">là</a>). Si le test est positif mais la cytologie normale, un contrôle sera effectué à 1 an.  Il y a également 2 bénéfices: pour les patientes qui n&rsquo;ont pas de suivi, le test HPV est réalisable sur un auto-prélèvement (si positif, il faudra aller faire un frottis quand même) et pour les médecins, le test HPV est réalisable même si le frottis n&rsquo;a pas été bien réussi (mais on ne le saura que si le test est positif quand le labo dira que la cytologie ne peut être réalisée).</p>
</li>
</ul>
<p>En pratique, après 30 ans, lors d&rsquo;un FCU au cabinet: faire le frottis comme d&rsquo;habitude mais prescrire un test HPV-HR avec cytologie si positif (au lieu de: cytologie avec test HPV si ASCUS comme chez les moins de 30 ans)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEipGVRXajL5NbumHfkIyIFHDbjK_7W9bDsLJDQfOUbJRYcXaRiMLgZYJXykyvU_Ar87T6L4PLACagrEEMZ6dd4nJk7pK8-3HBTDRSwwpq72MYfhjGhEj9g1uNlpwDYN3cloaR5uR6gsvcF5/s1600/HPV.jpg"><img src="/images/articles/2019/hpv.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>La société française de strabologie et d&rsquo;ophtalmologie pédiatrique a publié des recommandations concernant le <a href="https://www.afsop.fr/wp-content/uploads/2019/07/Recommandations-site-AFSOP-6-19.pdf">dépistage</a> des troubles visuels de l&rsquo;enfant.</p>
<ul>
<li>
<p>un RDV ophtalmo à 1 mois de vie est nécessaire si : antécédents familiaux de maladies oculaires potentiellement héréditaires ou congénitales, prématurité &lt; 31 semaines ou poids de naissance &lt; 1,250kg, craniosténoses héréditaires, infections materno-fœtales</p>
</li>
<li>
<p>un RDV ophtalmo à 12-15 mois est nécessaire si: antécédents familiaux au 1er degré d’amétropie forte apparue dans la petite enfance, de strabisme, de nystagmus ou d’amblyopie , prématurité &lt; 37 semaines ou poids de naissance &lt; 2,500kg, souffrance neurologique néonatale avec séquelles ultérieures, anomalies chromosomiques (surtout T21), craniosténoses et malformations de la face, exposition toxique durant la grossesse (tabac, alcool, drogues), pathologie générale avec atteinte ophtalmologique potentielle ou autres handicaps neurosensoriels</p>
</li>
<li>
<p>sinon, un examen ophtalmologique est recommandé à 36 mois et devrait comprendre: une mesure de l&rsquo;acuité visuelle pour dépister l&rsquo;amblyopie (Normale &gt; 5/10 avec 1 ligne max d&rsquo;écart entre les 2 yeux) , un test à l&rsquo;écran pour rechercher un strabisme (tolérance 0! on adresse au moindre doute), et (là, ça se complique) une photovidéoréfraction (petit appareil coutant entre 5000 et 8000 euros)&hellip;. C&rsquo;est noté que tout peut être fait par un généraliste et il faut adresser sous 1 mois si amblyopie et 3 mois pour les autres troubles, mais la photovidéoréfraction&hellip; Bref, il faudrait donc adresser tout le monde à l&rsquo;ophtalmo, vivent les délais de RDV déjà bien longs&hellip; Il n&rsquo;y a pas de données concernant l&rsquo;épidémiologie des enfants avec un trouble de la réfraction sans altération de l&rsquo;acuité visuelle, ni l&rsquo;éventuel devenir (du coup, je suis pas convaincu, mais si un ophtalmo veut donner son avis c&rsquo;est avec plaisir!) Notons qu&rsquo;ils ne parlent pas d&rsquo;examen de vision binoculaire normalement réalisée à 36 mois également, ce qui me laisse perplexe sur ces recos.</p>
</li>
</ul>
<p>La revue d&rsquo;allergologie a publié un article concernant la <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1877032018304500">réintroduction</a> lors d&rsquo;une allergie aux protéines de lait de vache (APLV). L&rsquo;article reprend les différentes formes: APLV IgE médié (se manifestant par une réaction anaphylactique) et non-IgE médiée (se manifestant par des symptômes généraux divers).</p>
<ul>
<li>
<p>Concernant les APLV non-IgE médiées, si elles sont légères ou modérées, le diagnostic est posé suite à un test d&rsquo;éviction de tout produit laitier, puis la réintoduction peut être effectuée à domicile après 2 à 4 semaines (maximum, car une durée plus longue peut faire passer à une APLF IgE médiée et la réintroduction serait plus complexe à organiser): s&rsquo;il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;amélioration franche sous hydrolysats poussés, le diagnostic d&rsquo;APLV est exclu. S&rsquo;il est retenu, le régime d&rsquo;éviction est à reprendre pour 4 à 6 mois. La réintroduction peut être faite en ville de façon progressive, après vérification d&rsquo;absence de développement d&rsquo;une forme IgE médiée (prick test lait de vache ou dosage d&rsquo;IgE spécifique lait de vache). Elle se fait grâce à des petits beurre Lu pendant les premiers jours 1/2, puis 1, puis 2, puis 3 + une noisette de beurre), puis introduction une cuillère mesure de lait est ajoutée dans le biberon tous les 3 jours (ce qui prend entre 1 semaine et 1 mois environ).</p>
</li>
<li>
<p>Pour ce qui concerne les formes IgE médiées et les atteintes type entérocolites, proctocolite et autres colites : adresser au spécialiste parce que c&rsquo;est trop complexe et qu&rsquo;il faudra une réintroduction hospitalière.</p>
</li>
</ul>
<p>4/ Jeu du mois: Wingspan</p>
<p>Pour bien commencer la rentrée, je ne peux que parler du &ldquo;jeu expert de l&rsquo;année&rdquo; (le fameux Kennerspiel das Jahres 2019) : Wingspan! Il s&rsquo;agit d&rsquo;un jeu basé sur un ensemble de petits oiseaux américains que vous allez élever, nourrir et faire se reproduire pour marquer des points. C&rsquo;est un jeu de stratégie avec une part aléatoire modeste présente dans le tirage des cartes oiseaux et au lancers de dés dans la jolie mangeoire (pour gagner de la nourriture). L&rsquo;esthétique globale est très sympathique (et la mangeoire est cool!), la mécanique dynamique et facile à maitriser même si les règles apparaissent complexes au premier abord (surtout que les oiseaux ont souvent des capacités différentes mais les cartes sont claires). Je pense que ce jeu mérite son Kennerspiel et que chaque ludiste devrait l&rsquo;avoir testé pour se faire son avis! (Et les oiseaux sont super mignons quand même pour la plupart)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiVl_fXxh7HhmVIFISfIYm0nEm0-JS1AuF07mF77E5MNX978ccQyuFN-e0MoQ_BU9gsSMu59a-DFKA3Wc1JNAea6_g31LQ1KqoCCyAcJ_aHLASu0PPdqlMHDDts7XRQGR95ZXwoBkyw0JP1/s1600/20190425_225213.jpg"><img src="/images/articles/2019/20190425-225213.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini ! Abonnez-vous sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°234: anti-cholinergiques, podomètres, vaccin HPV, double antiagrégation plaquettaire, vitamine D et risque cardiovasculaire, Bunny Kingdom</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/07/dragi-webdo-n234/</link><pubDate>Mon, 01 Jul 2019 00:06:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/07/dragi-webdo-n234/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Urologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir ! C&rsquo;était encore la canicule, donc j&rsquo;ai écrit ce billet au lieu de tondre la pelouse&hellip; Bonne lecture!</p>
<p>1/ Vigilance</p>
<p>Pour commencer, je parlerai bien sur du rapport de la <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2977317/fr/medicaments-homeopathiques-une-efficacite-insuffisante-pour-etre-proposes-au-remboursement">HAS</a> sur l&rsquo;homéopathie, puis que l&rsquo;institution a conclu, sans grande surprise que ces traitements n&rsquo;avaient pas fait preuve de leur efficacité pour pouvoir être remboursés.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/L-ANSM-publie-un-rapport-qui-confirme-la-securite-des-vaccins-obligatoires-pour-les-enfants-de-moins-de-2-ans-Point-dInformation">ANSM</a> confirme la sécurité des vaccins utilisés chez les moins de 24 mois, d&rsquo;après l&rsquo;évaluation des déclarations de pharamcovigilance. Les vaccins obligatoires étant déjà ceux utilisés avant, il n&rsquo;y a logiquement, pas de changement.</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2736353">JAMA internal medicine</a> s&rsquo;est intéressé aux risque des anti-cholinergiques. Cette étude cas-témoin nichée dans une cohorte retrouve un risque de démence augmentant entre 6 % à 49 % chez les patients exposés à des anticholinergiques. Parmi les anticholinergiques étudiés, les traitements antipsychotiques étaient les plus fréquemment associés à une augmentation du risque de démence, suivi des traitements de anticholinergiques vésicaux. C&rsquo;est concordant avec l&rsquo;étude du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/">BMJ</a> de l&rsquo;an dernier sur le sujet.</p>
<p>Un article du <a href="https://bjgp.org/content/69/684/e462">BJGP</a> s&rsquo;est posé la question de doser plusieurs marqueurs d&rsquo;inflammation simultanément comme la VS et la CRP. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucun bénéfice, que la CRP est supérieure aux autres marqueurs pour la recherche d&rsquo;infection et équivalente dans les maladies inflammatoires.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2736563">JAMA</a> a comparé dans un essai contrôlé randomisé une stratégie classique post-angioplastie (c&rsquo;est à dire 12 mois d&rsquo;aspirine+clopidogrel) versus 1 mois de double antiagrégants suivi de clopidogrel seul pendant 1 an. Les auteurs mettent en évidence une non infériorité de la stratégie avec clopidogrel seul par rapport à la double antiagrégation pendant 1 an, et même un supériorité avec le clopidogrel seul sur les critères cardiovasculaires (NNT=75, c&rsquo;est quand même un peu étrange mais bon). Il n&rsquo;y a pas de différence sur la mortalité, mais on retrouve moins de saignements sous monothéapie que sous bithérapie (NNT=89 patients)</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2735646">méta-analyse</a> a tenté, une nouvelle fois de montrer une efficacité de la vitamine D sur les évènements cardiovasculaire. Une nouvelle fois, malgré les 80 000 patients inclus dans cette méta-analyse, il n&rsquo;y avait pas de différence ni sur la mortalité globale et cardiovasculaire, ni sur les évènements cardiovasculaires.</p>
<p>Une étude de <a href="https://journals.plos.org/plosmedicine/article/file?id=10.1371/journal.pmed.1002836&amp;type=printable#page=1&amp;zoom=auto,-99,446">PlosMedicine</a> a évalué l&rsquo;impact de programmes basée sur l&rsquo;utilisation de podomètres chez des patients de médecine générale. Plus de 1000 patients ont été inclus et randomisés en &ldquo;programme avec podomètres et feedbacks&rdquo; ou &ldquo;soins classiques&rdquo; avant d&rsquo;être suivis pendant 4 ans. Les auteurs retrouvent une diminution significative des évènements cardiovasculaires (NNT= 61 patients) et des fractures (NNT= 28 patients). Bref, achetez des podomètres (mais suivez aussi les programmes car il y avait des entretiens personnalisés avec des infirmières ou infirmiers tout au long de l&rsquo;intervention)</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Il y a un petit débat sur les seuils diagnostics de <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2736562">BPCO</a>: faut il utiliser un seuil fixe de VEMS/CV à 0,7 ou préférer comme critère un VEMS/CV inférieur à la limite inférieure de la normale (LIN, qui correspond à 90% de la valeur théorique)? Cette étude du JAMA retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence statistique entre les deux mais que le seuil de VEMS/CV à 0,7 est un peu plus précis et serait donc à privilégier.</p>
<p>Quelques notions apportées par l<a href="https://www.aafp.org/afp/2019/0615/p740.html">&lsquo;académie de médecine</a> américaine concernant le dépistage des cancers du poumon:</p>
<ul>
<li>
<p>1 patient sur 320 ayant un TDM 1 fois par an pendant 5 ans sera sauvé  (mais dans 1 seule étude)</p>
</li>
<li>
<p>sur 1000 patients dépistés, 250 ont des anomalies et 2,5% auront des procédures invasives effectuées qui reviendront normales</p>
</li>
<li>
<p>20% des cancers dépistés sont du surdiagnostic</p>
</li>
</ul>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Une méga-méta-analyse du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)30298-3/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=94786274&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-27013292">Lancet</a> s&rsquo;est intéressée au devenir de patient(e)s vacciné(e)s par un vaccin anti-HPV. Ainsi, plus de 60 millions de patients ont été inclus. Les auteurs ont comparé la prévalence des évènements d&rsquo;intérêt avant et 5 à 8 ans après mise en place de vaccination. Ainsi, la vaccination permettrait, chez les femmes, de diminuer : la prévalence d&rsquo;HPV 16 et 18 de 66% à 83%,  les condylomes de 54% à 67% et les CIN2+ de 31% à 51% (le 1er pourcentage correspond aux 20-24ans et le 2ème au 15-19 ans). Chez les hommes, les condylomes étaient diminués de 32% à 48%. Donc sur le point intéressant concernant les CIN2+, on retrouve que la baisse des CIN2+ est quand même modérée à 25 ans car on a que  31% de diminution, et on n&rsquo;a pas de données encore pour des femmes de plus de 30 ans, alors que c&rsquo;est à partir de là que le risque de cancer se majore: dans cette étude du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/03/dragi-webdo-n173.html">BMJ</a>, les CIN2 régressaient à 70% avant 30 ans. A ce jour le bénéfice de la vaccination semble présent, mais la taille de l&rsquo;effet sur le cancer n&rsquo;est pas bien établie.</p>
<p>Continuons sur l&rsquo;évaluation des programmes de <a href="https://bmcpublichealth.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12889-019-7166-6">dépistages</a> par mammographies chez les femmes de plus de 50 ans en Europe (en fait, y&rsquo;a aussi à partir de 40 ans en Suède et 45 ans au Portugal). Les statistiques sont complexes, mais, les auteurs retrouvent une &ldquo;accélération de la baisse de mortalité&rdquo; liée au cancer du sein depuis l&rsquo;implémentation des programmes de dépistages . C&rsquo;est quand même pas hyper franc pour la France par rapport à d&rsquo;autre pays&hellip; (les lignes du bas représentent les 50-60ans, au milieu: 60-70ans et ligne du haut 70-80ans)</p>
<p><a href="/images/articles/2019/mammo.png"><img src="/images/articles/2019/mammo.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Urologie</p>
<p>Pour finir, une méta-analyse du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2736354">Jama Internal Medicine</a> s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;impact des outils de décision partagée dans le cadre du dépistage du cancer de la prostate. Les auteurs retrouvent que ces outils améliorent les connaissances des patients concernant le dépistage du cancer et que leur utilisation est associée à une diminution des incertitudes personnelles sur le sujet.</p>
<p>6/ Jeu du mois : Bunny Kingdom</p>
<p>Pour ce billet du 1er juillet, je voudrais vous parler de &ldquo;Bunny Kingdom&rdquo;! C&rsquo;est un excellent jeu, aussi bien pour les joueurs du dimanche que les geek invétérés. Il a été conçu par Richard Garfield qui est le créateur de Magic L&rsquo;assemblée*. Le jeu consiste dans un &ldquo;draft&rdquo; de cartes (on passe des cartes à son voisin et on en conservant une à chaque fois), puis on dispose nos lapins sur le plateau de jeu au niveau des territoires correspondant aux cartes draftées que l&rsquo;on a conservées et on peut bâtir des cités. En connectant les territoires et cités, on crée donc des fiefs qui rapportent des points selon leur étendue et les ressources qu&rsquo;ils produisent. Dans ce jeu au matériel de qualité, on développe notre empire de lapins!! (en étant plus ou moins gêné par les autres clans lapins&hellip;) Les parties ne sont pas trop longues (1h30 en moyenne), et le mécanisme de jeu permet une grande rejouabilité. C&rsquo;est vraiment un jeu à avoir!  (Pour revoir les autres jeux que je conseille, vous pouvez aller dans la rubrique &ldquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/search/label/Geek">geek</a>&rdquo;)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiozA9TZm_vLxKSw0E38AMr7xJuEEfkKpUWI6Qzvqq4A4iVHFB1oKwsFItZsEPiL4R_9g9eox_2JLfyIs2qRE_lPnBmkfUpFFsOpOyQVVXPZmKCq1xjjnZqxKkCx0_mmYMGwRETsAQg6825/s1600/20181216_150300.jpg"><img src="/images/articles/2019/20181216-150300.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà, c&rsquo;était le dernier Dragi Webdo avant septembre! Bonnes vacances à tous! Pour ne pas rater la reprise abonnez-vous sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiEywDfY11Sf7OtgGyC6RTHvj8Gllv6HLDbXo8oQEf1t414fPjR_dPkVn1H3WczVpBFWxVynTkvlRbnzBr2-tirdPxC4FhOO8gMIAoUeCnjtb-C-QaF9fH4Uxkv98-a4Rf1owVraruqrlus/s1600/abo.png"><img src="/images/articles/2019/abo-2.png" alt=""></a></p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°233 : PrEP (HAS), dépistage alcool (CNGE), mesure TA et risque cardiovasc., prophylaxie soins dentaires, monoxyde de carbone, canicule</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/06/dragi-webdo-n233/</link><pubDate>Sun, 23 Jun 2019 10:48:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/06/dragi-webdo-n233/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour tout le monde ! Il n&rsquo;y a pas énormément de choses qui aient attiré mon attention cette semaine, alors ça ne devrait pas être trop long. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Pour commencer l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/cf2b3729a4fc8cc7429f63e758827b71.pdf">ANSM</a>, reclasse le flurbiprofène en médicament nécessitant une ordonnance compte tenu des effets indésirables supérieurs. Bref, en rester à l&rsquo;ibuprofène si on prend un AINS, c&rsquo;est bien (ou au naproxène).</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Decontractyl-mephenesine-retrait-des-autorisations-de-mise-sur-le-marche-a-compter-du-28-juin-2019-Point-d-Information">ANSM</a> toujours, annonce le retrait de l&rsquo;AMM de la méphénésine (Décontractyl*) à partir du 28 juin, devant les faibles bénéfices et l&rsquo;augmentation des signalements d&rsquo;effets indésirables.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Lors du calcul d&rsquo;un score de risque cardiovasculaire, quelles valeurs de mesure de tension utiliser? Normalement, c&rsquo;est la valeur au cabinet qui est utilisée. Cette <a href="https://bjgp.org/content/69/683/e381">étude</a> du BJGP a réanalysé 2 cohortes de patients en prévention primaire. Quand la tension artérielle était mesurée en automesure, seuls 3,6% des patients étaient classés à risque plus élevé qu&rsquo;avec les mesures au cabinet et 2,8% étaient classés à risque plus faible. Les différences sont donc minimes, avec un risque plus élevé de surestimation du risque que de sous estimation.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Après les recommandations américaines sur la <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2750213/fr/la-prophylaxie-pre-exposition-prep-au-vih-par-tenofovir-disoproxil/emtricitabine-truvada-et-ses-generiques">PrEP</a> de la semaine dernière, la HAS produit également une fiche de bon usage de ce traitement. Bien que la prescription initiale soit réservée aux spécialistes, on peut quand même proposer et adresser les patients suivants: HSH avec 2 partenaires sans préservatifs dans les 6 mois, HSH avec antécédent d&rsquo;infection sexuellement transmissible dans les 12 derniers mois, HSH ayant eu recours à un traitement post-exposition dans les 12 mois, HSH utilisant des drogues durant les rapports. Elle peut être proposée également pour les travailleurs du sexe, les usagers de drogues injectables partageant des seringues et les personnes ayant une vulnérabilité pouvant exposer à des rapports à haut risque de transmission par le VIH (c&rsquo;est assez flou, cette dernière catégorie). La HAS confirme les 2 schémas possibles: 1 cp par jour en prise continue ou en prise séquentielle (entre 24h et 2h avant le rapport puis 24h après et encore 24h après).</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2734798?resultClick=3">JAMA</a> revient sur les prescriptions prophylactiques d&rsquo;antibiotiques avant des soins dentaires. Dans cette étude de cohorte, les auteurs ont retrouvé que 80 % des prophylaxies n&rsquo;étaient pas justifiées. Pour mémoire, les prophylaxies sont indiquées en cas de prothèse valvulaire ou valvuloplastie, cardiopathie congénitale cyanogène et transplantation cardiaque avec valvulopathie. Ce n&rsquo;est plus recommandé en cas de prothèse articulaires.</p>
<p>4/ Toxicologie</p>
<p>Le <a href="https://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/soins_du_patient_ayant_une_consommation_dalcool_ri/">conseil scientifique</a> du Collège National des Généralistes Enseignants (CNGE) revient sur l&rsquo;intérêt d&rsquo;un dépistage systématique de la consommation d&rsquo;alcool notamment par une intervention brève. Les questionnaires FACE, audit-C et DETA sont proposés. Les auteurs reviennent également sur l&rsquo;importance de la non stigmatisation des patients. (J&rsquo;avais écris un billet sur l&rsquo;alcool par <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/06/lalcool-ca-me-saoule.html">ici</a>.)</p>
<p>On n&rsquo;est plus en plein hiver mais les intoxications au monoxyde de carbone sont aussi présentes en été avec les barbecues. Le <a href="https://www.bmj.com/content/365/bmj.l2299">BMJ</a> nous parle donc de ces risques. Quand on y pense, le diagnostic et le traitement ne sont pas très complexes, mais encore faut il y penser et rechercher une exposition pouvant provenir: de cuisinières, de chaudières, de feux et feux de cheminée, de générateurs portables, de chauffages au gaz, de bruleurs d&rsquo;énergies fossiles, de barbecues et des cigarettes.</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2735986">JAMA internal medicine</a> s&rsquo;est intéressée aux risques compétitifs de fracture du col du fémur et de mortalité chez des patientes de plus de 80 ans. Les auteurs retrouvent que chez ces patientes, le risque de fracture de hanche relativement est élevé (13%) par rapport au risque de mortalité (25%) à 5ans en cas d&rsquo;ostéoporose ; en revanche, le risque de fracture était plutôt faible (4%) par rapport au risque de mortalité (19%) chez les patientes sans ostéoporose. Plus les patientes avaient un nombre de comorbidité élevé, plus le risque de mortalité était important et le risque de fracture faible. Ainsi, chez les patientes de plus de 80 ans, un risque de fracture élevé ne devrait peut-être pas entrainer l&rsquo;introduction d&rsquo;un traitement en l&rsquo;absence d&rsquo;ostéoporose avérée.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Pour finir, parlons diabète et cholestérol avec un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2734805">JAMA</a>. Une étude transversale de 100 patients diabétiques a retrouvé une association entre des signes de neuropathie des membres inférieurs aux explorations électrophysiologiques et la baisse du cholestérol (total, LDL et HDL). Cependant, cette étude ne prend pas en compte un certain nombre de facteurs de confusion (un diabète plus sévère ou plus ancien a pu être traité plus agressivement vis à vis du cholestérol pour &ldquo;mieux contrôler&rdquo; les risques cardiovasculaires) et devant le bénéfice des statines sur la mortalité et les accidents vasculaires non mortels, il est probable que le bénéfice de la baisse du cholestérol  soit supérieur au risque de majoration de neuropathie diabétique sur un critère électrophysiologique et non clinique (au moins une perte de sensibilité au monofilament, au mieux la survenue de mal perforant ou d&rsquo;amputations).</p>
<p>Bon dimanche à tous et en attendant la semaine prochaine, faites attention aux fortes chaleurs !</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhXoVhD_rEucX_GS6Em144Znh-8HncEh_VSGeduVr5v5mh8DiDNj3ZE6bp_hq8naxZzRHDBoLCExflFqphD0lBQSDY4LVW4sHfpfNi-ITl_St4LxSRpA_YNSTzwDyrFvlYSeBMxghpg3tqp/s1600/canicule.png"><img src="/images/articles/2019/canicule.png" alt=""></a></p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°232 : Lyme (recos 2019), semaglutide (PIONEER-6), dépistage VIH (recos US), vaccin zona, dulaglutide, pré-diabète et RHD, insuffisance cardiaque</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/06/dragi-webdo-n232/</link><pubDate>Sun, 16 Jun 2019 23:16:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/06/dragi-webdo-n232/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Pneumologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Énormément de recos et de diabétologie cette semaine, alors, on va essayer d&rsquo;être synthétiques. Abonnez-vous sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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l&rsquo;objet ressemble à un nom de spam) qui vous sera envoyé! Il y aura encore 2 Dragi Webdo avant la pause estivale. Bonne lecture !</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Je parlais <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/03/dragi-webdo-n219.html">il y a peu</a> des risques des gabapentinoïdes, un article du <a href="https://www.bmj.com/content/365/bmj.l4021">BMJ</a> parle des risques suicidaires et d&rsquo;accidents involontaires, notamment ces les sujets jeunes. Y penser avant de prescrire et aussi dans le suivi des patients traités.</p>
<p>Après le rapport sur les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/05/dragi-webdo-n228.html">lumières bleues</a> dont j&rsquo;ai parlé ici, une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2735446">JAMA internal medicine</a> retrouve un risque d&rsquo;obésité chez les femmes augmentés lors des expositions aux lumières artificielles la nuit.</p>
<p><a href="http://care.diabetesjournals.org/content/42/6/1095">Diabetes Care</a> revient sur les corticoïdes locaux et leurs risques. Dans des études cas-témoins (britanniques et danoise), leur utilisation était associée à une augmentation du risque de diabète de type 2 avec une relation dose effet. Certes, ce sont des études de cas-témoins, mais la relation de causalité semble quand même probable vu les circonstances.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/69/683/313">BJGP</a> a publié un guide concernant la prise en charge de l&rsquo;insuffisance cardiaque en soins primaires. Ce guide est tout à fait cohérent avec les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/09/dragi-webdo-n106.html">recommandations ESC</a> de 2016. Ainsi, ils recommandent un avis cardiologique sous 6 semaines, mais plus urgent devant une situation aigüe ou un nt-pro-BNP supérieur à 2000. Voici l&rsquo;algorithme de progression des traitements (même si l&rsquo;ivabradine&hellip;):</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj0CFXpWB7b_RbK74TSy7DoPlcHGQzfnxJbdvza5YXOs51yZR0hIMpeL-6GdNoXVraAh9TPQBtuR4V8rXUeYPbpC_hS4DgRYNFq9uQ2SBqPscyKfWzffFATsZuHfLoLOx_a62YOIdo7QXxb/s1600/insuff+card.png"><img src="/images/articles/2019/insuff-card.png" alt=""></a></p>
<p>Les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n188.html">recommandations ESC de 2018</a> sur l&rsquo;HTA proposaient de traiter l&rsquo;HTA blouse blanche dans certains cas. Cette méta-analyse d&rsquo;<a href="https://annals.org/aim/article-abstract/2735719/cardiovascular-events-mortality-white-coat-hypertension-systematic-review-meta-analysis">Annals of internal medicine</a> retrouve une augmentation du risque de mortalité globale de 33% et de mortalité cardiovasculaire de 36% chez les patients avec une HTA blouse blanche non traitée par rapport aux patients normotendus, mais pas  d&rsquo;augmentation de mortalité en cas d&rsquo;HTA blouse blanche traitée. Alors, faut-il traiter l&rsquo;HTA blouse blanche ? Les auteurs concluent qu&rsquo;il est important de faire des mesures à domicile. Ainsi, il est probable que ces HTA blouse blanche soient en fait un sous diagnostic d&rsquo;HTA réelle, d&rsquo;où l&rsquo;importance du respect des seuils un peu plus bas en mesure ambulatoire, et de la recherche d&rsquo;atteintes d&rsquo;organes chez ces patients car c&rsquo;est une indication au traitement.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Continuons avec les recommandations collaboratives (par un grand nombre de sociétés savantes) concernant la maladie de Lyme, publiées dans Médecine et Maladies infectieuses sous la forme de deux articles (<a href="https://www.em-consulte.com/article/1292706/lyme-borreliosis-and-other-tick-borne-diseases-gui">ici</a> et <a href="https://www.em-consulte.com/article/1296353/lyme-borreliosis-and-other-tick-borne-diseases-gui">là</a>). Le premier point concerne les traitements post-piqure de tique: &quot; Il n’existe aucune situation justifiant une antibioprophylaxie post-piqûre de tiques en France&quot;. Comme ça, c&rsquo;est clair, même en Alsace. Concernant le traitement de première intention, notamment dans l’érythème migrant, c&rsquo;est la doxycycline 100mg x 2 pendant 14 jours, devant l&rsquo;amoxicilline 1gx3 pendant 14 jours (comme dans les recos du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n179.html">NICE</a>) et je vous laisser aller voir le document pour les autres manifestations. Concernant les symptômes persistant après traitement (nommées syndrome post piqure de tique dans les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n189.html">recos HAS</a>), les propositions des auteurs sont concordantes avec les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/04/dragi-webdo-n225.html">décisions</a> des américains. Ainsi, 80% des patients avec un &ldquo;Lyme chroniques&rdquo; ont en réalité, une autre pathologie nécessitant une prise en charge spécifique. Pour les 20% restant, les médecins se doivent d&rsquo;informer les patients qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de traitement spécifique efficace, que la répétition d&rsquo;antibiothérapies n&rsquo;a pas montré de bénéfice. Ainsi, la prise en charge sera semblable à celle des symptômes chroniques médicalement inexpliqués, symptomatiques avec souvent la nécessité de psychothérapies.</p>
<p>L&rsquo;USPSTF (équivalent américain de la HAS) a publié des recommandations sur le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2735345">dépistage du VIH</a>, et recommande, comme en France, un dépistage chez tous les patients de 15 à 65 ans, à répéter après chaque survenue d&rsquo;une prise de risque. Ils recommandent également la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2735509">PrEP</a> (emtricitabine+tenofovir en 1 prise par jour) chez les patients HSH ayant des rapports non protégés  et chez les patients HSH ou hétérosexuels dont le partenaire a une infection sexuellement transmissible dans les 6 mois, ou dont le statut VIH est inconnu ou en cas de statut VIH séro-discordant dans le couple.</p>
<p>Une <a href="https://pediatrics.aappublications.org/content/early/2019/06/06/peds.2018-2917..info">étude</a> de cohorte rétrospective américaine ayant incluant 6 millions d&rsquo;enfants, a comparé la survenue de zona chez les enfants vaccinés (recommandé depuis 1996) et les enfants non vaccinés. Les auteurs retrouvent que les enfants non vaccinés avaient un risque supérieur de zona. Avant de conclure avec certitude à la réduction de zona grâce au vaccin, il faudrait quand même des analyses ajustées et non un risque brut. En tous cas, la vaccination n&rsquo;empêche pas le zona.</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Une revue <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD012855/traitement-long-terme-pour-les-personnes-souffrant-de-depression-persistante">Cochrane</a> s&rsquo;est intéressée au bénéfice des antidépresseurs prolongés pour prévenir les récidives d&rsquo;épisodes dépressifs majeurs chez les patients avec dépression persistante (durant depuis plus de 2 ans). Les récidives étaient présentes chez 34% des patients traités par placebo contre 13%. Malgré ça, les auteurs jugent le niveau de preuve trop faible pour conclure, les études étant peu nombreuse et avec un certain nombre de biais. Les psychothérapies de maintien ont aussi étudiées avec un bénéfice modeste dans un petit nombre d&rsquo;études.</p>
<p>5/ Pneumologie</p>
<p>Alors que les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/03/dragi-webdo-n217.html">corticoïdes</a> inhalés voient leurs indications réduites aux patients toujours symptomatiques malgré une bithérapie par double bronchodilatation à cause du sur-risque de pneumopathies, quelques bénéfices secondaires sont recherchés concernant leur utilisation. Cette <a href="https://erj.ersjournals.com/content/53/6/1801257">étude</a> de cohorte canadienne a mis en évidence qu&rsquo;il y aurait une diminution du risque de cancer pulmonaire de 30% chez les patients BPCO traités par corticoïdes inhalés par rapport aux autres patients BPCO, la prévalence des cancers du poumon dans cette population BPCO étant de 2,5%. Malheureusement, une fois encore, il est difficile de prendre en compte les facteurs de confusion dans ce type d&rsquo;études.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>J&rsquo;en ai parlé il y a peu, voici donc les résultats de <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa1901118">PIONEER-6</a>, évaluant contre placebo, le semaglutide oral (1er analogue du GLP-1 sous forme non injectable). L&rsquo;étude a inclus des patients diabétiques de plus de 50 ans en prévention secondaire (85%) et aussi de plus de 60 ans en prévention primaire (15%). Après un suivi médian de 15 mois, l&rsquo;HbA1C initiale de 8,2% a baissé à 7,2% sous traitement et 7,9% sous placebo. Il n&rsquo;y avait pas de différence sur le critère de jugement principal (critère composite de mortalité cardiovasculaire, d&rsquo;infarctus et AVC non fatals), mais une diminution significative de la mortalité cardiovasculaire de 51% (NNT= 143 patients par an ) et de la mortalité globale de 49% (NNT=91 patients par an )! Ainsi, normalement, on ne doit pas tenir compte des analyses secondaires, compte tenu de la multiplicité d&rsquo;analyses, on doit analyser que le critère principal. Mais ici, l&rsquo;objectif initial de l&rsquo;étude était d&rsquo;établir la sécurité et donc une non infériorité sur le critère de jugement principal, qui a été établie. L&rsquo;analyse principale s&rsquo;arrête la: le traitement n&rsquo;est pas dangereux, et les autres résultats sont du bonus: pas de gain sur le critère principal, mais une efficacité de mortalité cardiovasculaire et globale concordante avec une taille d&rsquo;effet importante (-50% de risque relatif, c&rsquo;est pas mal du tout, pour mémoire les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/12/dragi-webdo-n120.html">statines</a> c&rsquo;est 20%, et les NNT sont de l&rsquo;ordre de 250 patients par an pour la mortalité). Notons donc dans cette étude que la baisse d&rsquo;HbA1C n&rsquo;était pas un des
objectif de l&rsquo;étude, et il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;interaction selon que les
patients étaient en prévention primaire ou secondaire (mais, les
résultats ne sont pas significatifs si l&rsquo;on analyse chaque sous groupe
séparément). Donc il est probable que cette molécule sous forme orale rejoigne le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/06/dragi-webdo-n102-congres-diabeto.html">liraglutide</a> injectable (NNT pour la mortalité de 250 patients par an et 200 pour le critère composite cardiovasculaire) en tant que traitement à privilégier en relais de la metformine, à la fois chez des patients en prévention primaire et secondaire.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjK_HYKaP-xespbNtIZH9-LTfk0lsCW7LvxO9ik7I8Vpni3n3NOcYK0H51sBqjWWns6SbXUiLMs29hxLjmQlvwT9t4GDBMdiX6e6q6OvnHAxAfWOkDiC4FYIhe3TboLj-MKb1p9Q1dYa9sQ/s1600/Pioneer6.png"><img src="/images/articles/2019/pioneer6.png" alt=""></a></p>
<p>Dans le même style, le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)31149-3/fulltext">dulaglutide</a> montre enfin des bénéfices cliniques en essai contrôlé randomisé en réduisant la survenue du critère composite cardiovasculaire de 12% (NNT= 334 patients par an) sans différence sur la mortalité. Il est donc derrière les traitements ayant montré un bénéfice sur la mortalité: liraglutide, exenatide en prévention secondaire et semaglutide maintenant.</p>
<p>Concernant les patients pré-diabétiques dont je parlais <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/06/dragi-webdo-n230.html">il y a peu</a>, une <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(19)30093-2/fulltext">étude</a> chinoise a randomisé il y a 30 ans des patients en groupes interventions (régime, sport, ou les 2) versus placebo pendant 6 ans. Ils ont donc été suivi depuis 30 ans et les auteurs retrouvent que les patients ayant reçu une des interventions avaient une mortalité totale diminuée de 26% soit un NNT de 10 patients! (moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires, et mois de complications micro-vasculaires) Ces résultats sont concordants avec l&rsquo;étude de Woolf dont j&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/06/dragi-webdo-n100.html">ici</a>. Notons qu&rsquo;ils sont presque tous devenus diabétiques en 30 ans, mais que si on veut objectiver l&rsquo;augmentation d&rsquo;espérance de vie correspondantes à ces interventions, c&rsquo;est une augmentation de 1 an et 5 mois (tout de suite, ça vend moins du rêve&hellip;.)</p>
<p>Voilà, bonne semaine à tous, bon courage à tous les DFASM3 pour ces #ECNi2019 et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°231: baisse HbA1C, sulfamides hypoglycémiants, posologie optimale antidépresseurs, pneumopathies, exposition VIH, adénomes hypophysaires</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/06/dragi-webdo-n231/</link><pubDate>Mon, 10 Jun 2019 17:44:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/06/dragi-webdo-n231/</guid><category>Diabétologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Infectiologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Comme pour tous les week-ends prolongés, le Dragi Webdo arrive pour être lu au petit déjeuner d&rsquo;un jour de travail! (Désolé pour ceux qui souhaitaient le lire avec le petit déjeuner au lit en ce jour férié)</p>
<p>1/ Diabétologie</p>
<p>Le congrès américain de diabétologie s&rsquo;est accompagné de quelques publications intéressantes. Parlons d&rsquo;abord de l&rsquo;étude VADT, essai contrôlé randomisé publié en <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa0808431">2009</a> testant un contrôle intensif par rapport à un contrôle classique. Cette étude avait abouti à une hbA1C de 8,4% dans le groupe contrôle et 6,9% dans le groupe traitement intensif sans différence de mortalité ou d&rsquo;évènements cardiovasculaires malgré cette grande différence d&rsquo;HbA1C. Le suivi des patients à 15 ans a été publié dans le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1806802">NEJM</a>. Ainsi, dès la fin de l&rsquo;étude, les patients du groupe intensif ont une valeur d&rsquo;HbA1C qui a progressivement rejoint celle du groupe contrôle. Certains partisans des cibles d&rsquo;HbA1C basses disaient qu&rsquo;il y avait une &ldquo;mémoire glycémique&rdquo; faisant que, même si on n&rsquo;avait pas eu de bénéfices cardiovasculaires dans VADT, on verrait les bénéfices du meilleur contrôle glycémique plus tard. Je vous le donne en mille: et ben non. En effet, les patients du groupe intensif n&rsquo;avaient pas moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires, ni de mortalité réduite à un quelconque moment du suivi. Bref, une fois de plus, laissons ces objectifs stricts d&rsquo;HbA1C pour nous concentrer sur l&rsquo;efficacité clinique des molécules choisies.</p>
<p>Pour reparler de molécules efficaces, entre le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/06/la-diabeto-cest-rigolo.html">liraglutide</a> qui diminue la mortalité, et le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/05/dragi-webdo-n229.html">semaglutide</a> oral qui pourrait tout aussi être efficace, voici la comparaison publiée dans le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)31271-1/fulltext">Lancet</a>: liragutide SC versus semaglutide oral versus placebo (randomisation 2:2:1). Après 1 an, le semaglutide permettait un meilleur contrôle de l&rsquo;Hba1C, du poids par rapport au liraglutide, mais il y avait 80% des patients déclarant au moins un effet indésirable (surtout digestifs)  contre 74% avec le liraglutide. Concernant les critères de morbi-mortalité, ils n&rsquo;ont pas vraiment pu être étudiés car les groupes étaient de faible taille  (5 évènements cardiovasculaires et 3 décès dans le groupe semaglutide, 4 et 4 dans le groupe liraglutide et 2 et 1 dans le groupe placebo). Bref, à suivre!</p>
<p>Pour finir avec la diabétologie, la <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD012368/traitement-combinant-la-metformine-aux-sulfonylurees-pour-les-adultes-atteints-de-diabete-de-type-2">Cochrane</a> a publié un article concernant l&rsquo;évaluation de l&rsquo;association metformine + sulfamide. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de bénéfice clinique à cette association ni d&rsquo;avantages de risques (mortalité, risque cardiovasculaires), sauf en ce qui concerne les hypoglycémies qui sont augmentées pour cette association. Ainsi, je vous renvoie à cet article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(18)30315-2/fulltext">Lancet Diabetes and Endocrinology</a> qui explique le risque cardiovasculaire lié aux hypoglycémies. Voilà, donc suivons les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/10/dragi-webdo-n200.html">recommandations</a> européennes et laissons tomber les sulfamides, si possible.</p>
<p>2/ Psychiatrie</p>
<p>Cet étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(19)30217-2/fulltext">Lancet</a> (beaucoup de Lancet cette semaine, oui), a étudié les doses optimales des antidépresseurs (IRS, venlafaxine et mirtazapine). Trois courbes sont disponibles pour chaque molécule: la courbe dose-réponse, la courbe dose-arrêt des traitements pour cause d&rsquo;effet indésirable, et la courbe dose-arrêt quelque soit la raison. On retrouve ainsi que les doses d&rsquo;escitalopram, de paroxétine et de fluoxétine supérieure à 20 n&rsquo;apportent pas de meilleurs résultats, 40mg pour citalopram, 75mg pour sertraline (les ruptures de traitements augmentent proportionnellement avec l&rsquo;augmentation des doses et les arrêts toute cause ont une courbe en U avec un nadir aux alentours des doses précédemment décrites). Concernant la venlafaxine, la dose optimale entre la réponse au traitement et les arrêts de traitement semble être aux alentours de 100mg, et concernant la mirtazapine,  20mg correspondent à la dose optimale (avec une efficacité maximale vers 30 mais un peu plus d&rsquo;effets indésirables responsables d&rsquo;arrêts de traitement). Je vais mettre à jour mon <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/04/la-depression-sans-pression18.html">billet</a> sur la dépression!</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Dans les pneumopathies infectieuses, le score CRB 65 (confusion, FR &gt;30, TA &lt; 90/60, âge &gt; 65 ans) est validé en médecine générale pour déterminer les indications d&rsquo;hospitalisations mais absolument pas applicable, puisqu&rsquo;il y faudrait quasiment hospitaliser toutes les pneumopathies (beaucoup étant chez des plus de 65 ans). Cette étude d<a href="http://www.annfammed.org/content/17/3/231">&lsquo;annals of family medicine</a> a retrouvé que les facteurs associés aux pneumopathies sévères (mortelles, hospitalisées) étaient les 8 suivants:</p>
<ul>
<li>
<p>fièvre, douleur thoracique, absence de rhinorrhée,</p>
</li>
<li>
<p>comorbidités, âge &gt; 65 ans,</p>
</li>
<li>
<p>hypotension et SaO2 &lt; 95%.</p>
</li>
</ul>
<p>Cependant,  une pneumopathie sévère n&rsquo;était présente que chez 6% des patients ayant au moins 5 des facteurs, chez 2% des patients ayant 3 ou 4 facteurs et 0,5% chez les patients en ayant 2 ou moins. La proportion des patients à haut risque était de 4%, la proportion des patients à risque intermédiaire était de 35% et la proportion de patients à faible risque était de 61%. Ainsi, il faudrait valider ces critères pour établir une conduite à tenir: si  5 facteurs ou plus: hospitaliser, entre 3 et 4: surveiller avec plus d&rsquo;attention (avec peut être un intérêt de la radiographie pulmonaire d&rsquo;emblée), et inférieur à 2: traitement ambulatoire avec surveillance standard.</p>
<p>Un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000038534022&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">arrêté</a> a fixé les modalités de suivi des patients ayant un accident professionnel exposant à un risque de contamination par le VIH. Il est nécessaire d&rsquo;effectuer une première sérologie VIH avant J8, la 2ème à 6 semaines de l&rsquo;exposition, et enfin, en cas de prescription d&rsquo;un traitement anti-rétroviral post-exposition, une 3ème sérologie à 12 semaines de l&rsquo;exposition.</p>
<p>4/ Endocrinologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/365/bmj.l2091">BMJ</a> parle des adénomes hypophysaires. Ils seraient fréquents (16% des patients autopsiés), mais seuls 0,1% auraient des conséquences en terme de morbidité. Je ne reviens pas sur tous les détails concernant chaque axe, mais les auteurs insistent sur les sous dépistage des:</p>
<ul>
<li>
<p>hommes avec asthénie et troubles de l&rsquo;érection à explorer par: testostérone à 9h00, prolactine, LH, FSH</p>
</li>
<li>
<p>femmes avec oligo ou aménorrhée: LH, FSH, oestradiol, prolactine</p>
</li>
</ul>
<p>Voilà! Bonne semaine à tous!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°230 : Ménopause (THM), gonarthrose, sport intensif, marche, dosage du cholesterol, Pillards</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/06/dragi-webdo-n230/</link><pubDate>Sun, 02 Jun 2019 20:40:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/06/dragi-webdo-n230/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Hépatologie</category><category>Activité physique</category><category>Rhumatologie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour tout le monde ! On va pouvoir enfin profiter du soleil, mais voici d&rsquo;abord les actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/365/bmj.l1580">BMJ</a> revient sur les inhibiteurs de pompe à proton (IPP) et leurs effets indésirables notamment sur la mortalité. Cette cohorte a inclus 150 000 patients sous IPP et 50 000 patients sous anti-H2, âgés de 65 ans en moyenne, et à 95 % de sexe masculin suivis pendant 10 ans. Les auteurs retrouvent une sur-mortalité globale de 45 patients pour 1000 patients traités durant ces 10 ans (ce qui n&rsquo;est pas tant que ça au final). En s&rsquo;intéressant aux causes du sur-risque de décès, les auteurs retrouvaient qu&rsquo;ils étaient liés à des pathologies cardiovasculaire, des cancers (surtout gastro-intestinaux), des pathologies infectieuses et pathologies génito-urinaires.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2019-05/cteval376_fiche_bum_antinauseeux_cd_10042019_2019-05-13_14-40-46_22.pdf">HAS</a> a publié des recommandations concernant les anti-émétiques. L&rsquo;HAS conclue donc que le traitement des nausées et vomissement doit être étiologique et que les traitements médicamenteux (domperidone, metoclopramide et metopimazine) sont à éviter chez l&rsquo;enfant et le sujet âgé. Ils sont néanmoins indiqués: en cas de vomissements (et pas nausées) ayant à court terme des complications graves ou très gênantes (En médecine générale, ça doit à peu près correspondre au moment où on demande un bilan parce qu&rsquo;on suspecte une complication ou qu&rsquo;on adresse aux urgences, c&rsquo;est à dire: très rarement). La domperidone n&rsquo;a pas une efficacité bien établie, la métopimazine semble avoir une efficacité et des effets indésirables essentiellement de type dyskinésies et extrapyramidaux, et le métoclopramide est efficace mais expose aussi a des syndromes exrapyramidaux et à des allongements du QT possiblement mortels. La prescription doit être à la dose la plus faible possible pour la durée la plus courte possible.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>On voit de plus en plus l&rsquo;absence d&rsquo;intérêt du dosage du cholestérol à jeun. Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2733560">étude</a> a comparé les évènements cardiovasculaires chez des patients avec un dosage de cholestérol à jeun et non à jeun. Les auteurs ne retrouvent pas de différence significative concernant les taux de cholestérol, mais les triglycérides étaient néanmoins supérieurs en l&rsquo;absence de jeûne. Le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire était semblable entre les 2 modes de recherche de cholestérol et les dosages avaient un impact similaire sur la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires. (l&rsquo;histoire ne dit pas si prendre une raclette 2h avant la prise de sang a un impact faible, alors ok pour que le patient ne soit pas à jeun, mais on va peut être pas pousser dans les extrêmes non plus.)</p>
<p>3/ Hépatologie</p>
<p>Je posais la question la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/05/dragi-webdo-n229.html">semaine</a> dernière, après les recos HAS sur le traitement du virus de l&rsquo;hépatite C, du traitement à privilégier. Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2734262">JAMA</a> vient de me répondre: le traitement par sofosbuvir/velpatasvir est responsable de 22% de céphalées contre 13% pour le glécaprévir/pibrentasvir, sans différences sur l&rsquo;asthénie et les nausées, mais ils n&rsquo;y a pas eu de comparaison directe. Les autres différences concernent les patients avec cirrhose, donc ne sont pas à prendre en compte pour les soins premiers. Le risque de céphalées est donc a mettre en balance avec le nombre de prise pour décider avec le patient du traitement qui sera le mieux pris.</p>
<p>4/ Activité physique</p>
<p>Une étude du <a href="https://bjsm.bmj.com/content/53/10/655">BMJ sports medicine</a> retrouve que, bien que toute activité physique soit bénéfice pour la perte de poids, les exercices intensifs de courte durée permettent une perte de masse grasse supérieure aux exercices réguliers d&rsquo;efforts d&rsquo;intensité modérée. Les exercices intensifs étaient des HIIT et SIT (High interval intensity training et sprint interval training), consistant respectivement en 25-30 minutes de cycles composés de 4 minutes d&rsquo;effort intense suivies de 3 minutes de repos, et de cycles de  30 secondes d&rsquo;effort maximal suivies de 3 minutes de repos.</p>
<p>Les 10000 pas par jours recommandés ne reposent pas sur grand chose. Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2734709">JAMA internal medicine</a> a étudié le bénéfice de la marche chez des patientes d&rsquo;environ 70 ans. Ainsi, les patientes marchant plus de 4500 pas par jour avaient une mortalité moindre que celles en faisant moins de 2700 (ces nombres sont tirés des quartiles de la population). Quand on regarde la courbe, on voit un bénéfice croissant sur la mortalité jusqu&rsquo;à 6000 pas environ, mais pas d&rsquo;effet délétère à marcher plus.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhFkP8l2yFQrnVCSfbDf5PEcFCzAPKCkJ6z80MFfddwTNxoLXKXcQ6L3cWj3OK_9JsTiXQkpMsX4gXk_YZvoE28aq8s581adkDzdzXiaS3oWJ65fhisA67UJrRIExzXeW-zCaqgCHXsWNqO/s1600/pas.png"><img src="/images/articles/2019/pas.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Un autre <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2726052">article</a> de ce journal parle de l&rsquo;arthrose du genou. Les traitements ayant une efficacité démontrée sont la kinésithérapie et l&rsquo;activité physique (qui vise à obtenir en plus des bienfaits musculaires, une perte de 5 à 10% de poids). Pour les phases de douleurs aigües, les AINS locaux et les infiltrations de corticoïdes peuvent soulager mais ne sont pas des options efficaces à long terme. La chirurgie peut alors être envisagée. Cependant, il est rappelé que les infiltrations d&rsquo;acide hyaluronique n&rsquo;ont pas fait preuve de leur efficacité et devraient être évités, tout comme le plasma riche en plaquettes, les cellules souches, la glucosamine et autres &ldquo;arthro-protecteurs&rdquo;. Enfin, les antalgiques de pallier 3 ont une balance bénéfice-risque défavorable dans cette indication.</p>
<p>6/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2735323">JAMA</a> revient sur les traitements substitutifs de la ménopause. Les risques retrouvés à long terme sont essentiellement les AVC de l&rsquo;ordre de 0,5 cas pour 1000 patientes par an traitées et le risque de cancer du sein ne survenant qu&rsquo;après 5 ans et de l&rsquo;ordre de moins d&rsquo; 1 cas pour 1000 patientes par an. Il est nécessaire de bien rechercher les contre-indications avant de discuter de l&rsquo;indication du traitement avec les patientes:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhCeMfMKhZoDBb1JmpsUs9DB98G-X2ceGO_Ny_j3Tx5yGiarZb9j11pyyshCDQmqe5Qkmfnak7Kz7ynkA3mo2Pkv1XZnNmQiiozTtZY0sIGCuuTa7tzqw0gYGE6TPKMUx0_MWiwsQfI5Aj7/s1600/hormones+m%25C3%25A9nopause.png"><img src="/images/articles/2019/hormones-m-25c3-25a9nopause.png" alt=""></a></p>
<p>7 /Diabétologie</p>
<p><a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-019-4895-0">Diabetologia</a> a publié une étude sur le &ldquo;pré-diabète&rdquo; défini par une GAJ &gt; 1,0g/L ou une HbA1C &gt; 5,7% ou une glycémie après HGPO à 2h &gt; 1,42g/L . Parmi les 820 patients prédiabétiques, 14% ont évolué en diabète et 45% étaient redevenue normoglycémiques à 5 ans. Chez ces patients redevenus normoglycémiques, seule la normalisation de le la glycémie après HGPO à 2h était associée à une réduction du risque cardiovasculaire et de mortalité par rapport aux patients restant prédiabétique ou étant devenus diabétiques. Pour la pratique clinique, c&rsquo;est pas méga-utile vu qu&rsquo;on ne fait pas d&rsquo;HGPO en dehors de la grossesse, mais savoir que 45% des patients redeviennent normoglycémiques et s&rsquo;éloignent du risque de diabète semble particulièrement encourageant.</p>
<p>8/ Jeu du mois: Pillards de la mers du nord</p>
<p>Ce mois ci, je vous emmène dans les fjords scandinaves pour vous parler de &ldquo;pillards de la mer du nord&rdquo; (à défaut de vous payer un voyage là bas). C&rsquo;est un jeu dans lequel vous incarnez un clan viking qui va mener des conquêtes sur des ports puis de plus en plus loin pour recueillir des ressources, de la gloire (communément appelée points de victoire), mais aussi de l&rsquo;honneur grâce à la rencontres de Valkyries au Walhalla. Mais pour partir en raid, il faut préparer un équipage, préparer la nourriture nécessaire au voyage et forger des armes bien évidemment! C&rsquo;est un jeu de placement d&rsquo;ouvrier (enfin, de viking) sur différentes demeures du village pour récupérer les bénéfices liés au bâtiment et ainsi préparer votre départ en mer! Le matériel est de qualité (quel plaisir de manipuler des pièces métalliques dans un jeu), le mécanisme et les interactions entre joueurs sont très bien paramétrés. Alors, n&rsquo;hésitez pas, tous aux drakkars!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgr-N_56bxDVHbRXTDsMdV-ZsvhRibM3pTIy7Q7jTchH9kOAqXg6cEaKKkg6iG6xiMYar8KZyMrzmOhnIJMLKwXcTjzDukvSpzGAkjaJ865J-eEVZC_6JLam3FimqpTOYqz_5ofmUL1aBlu/s1600/20170625_145500.jpg"><img src="/images/articles/2019/20170625-145500.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà, passez une bonne soirée! Pensez à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°229 : recos voyageur (HCSP), traitement hépatite C (HAS), recos HPTP (NICE), homéopathie, semaglutide et mortalité (PIONEER-6), AVC sans cause</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/05/dragi-webdo-n229/</link><pubDate>Sun, 26 May 2019 18:28:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/05/dragi-webdo-n229/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Urologie</category><category>Gynécologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Encore plein de trucs cette semaine, alors je vais être concis (enfin, j&rsquo;essayerai&hellip;) En introduction, je parlerai de cet article de <a href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0182897">PlosOne</a> qui a étudié les coûts en santé des patients ayant recours à l&rsquo;homéopathie appariés sur l&rsquo;âge, le sexe, les comorbidités et d&rsquo;autres paramètres socio-démographiques avec ceux n&rsquo;y ayant pas recours. Les auteurs retrouvent que les patients prenant de l&rsquo;homéopathie coutent plus cher que les patients n&rsquo;en prenant pas, aussi bien de façon globale que dans les sous groupes de patients ayant consulté pour migraine, rhinite allergique, asthme, dépression, eczéma et céphalées. Bref, une fois encore promouvoir l&rsquo;homéopathie ne permet pas de diminuer les coûts en santé. Allez, bonne lecture !</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>L&rsquo;étude <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamaneurology/article-abstract/2729692">NAVIGATE ESUS</a> avait montré qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de bénéfice à anticoaguler les patients avec un AVC sans cause retrouvée (j&rsquo;en avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/05/dragi-webdo-n184.html">ici</a>). Tristes de ce résultat, les auteurs ont donc cherché dans quel sous-groupe le rivaroxaban pouvait être efficace. Ainsi, les auteurs retrouvent que les patients avec AVC sans cause retrouvée et ayant un diamètre atrial de plus de 4,6cm avaient un taux de récidive d&rsquo;AVC réduit de 74  % (NNT= 21 patients par an) avec rivaroxaban par rapport à l&rsquo;aspirine. Donc, c&rsquo;est pas mal du tout comme résultat mais on est sur de l&rsquo;analyse de sous groupe d&rsquo;une analyse post-hoc&hellip; donc c&rsquo;est pas topissime. Il faudrait une étude dédiée pour bien évaluer les bénéfices et risques!</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=719">HCSP</a> a publié les recommandations 2019 pour les voyageurs. Par rapport aux années précédentes, il y a 2 nouveaux points à retenir:</p>
<ul>
<li>Pour les diarrhées: tout syndrome dysentérique est désormais considéré comme une diarrhée sévère. Le loperamide est toujours déconseillé (et contre-indiqué en cas de syndrome dysentérique). En cas de diarrhée nécessitant une antibiothérapie, c&rsquo;est à dire de diarrhée sévère, les fluoroquinolones ne sont plus recommandées en première intention, c&rsquo;est l&rsquo;azithromycine qui l&rsquo;est (quelque soit le lieu du voyage) avec une dose unique hors AMM de 4 cp de 250mg en 1 seule prise, mais si la diarrhée persiste à 24h, prolonger à 3 jours avec 2 cp par jour. En cas de contre indication, la ciprofloxacine peut toujours être utilisée</li>
<li>Pour les voyages en zones à risque d&rsquo;infection par Zika, chez les couples avec désir de grossesse qui ne peuvent différer le voyage, une sérologie chez les 2 partenaires est recommandée 4 semaines après le retour. Si tout est normal, c&rsquo;est parfait, sinon je vous renvoie au BEH (il est aussi décrit la conduite à tenir en cas de patiente enceinte ayant voyagé dans un pays à risque)</li>
<li>Pour mémoire, les voyages  en avion sont contre indiqués après 36 semaines d&rsquo;aménorrhée (32 si grossesse multiple) et un avis médical est nécessaire en cas d&rsquo;infection des sinus, des oreilles ou du nez! (Et en cas d&rsquo;autres pathologies &ldquo;logiques&rdquo; type coronaropathies, insuffisance respiratoire sévère ou encore drépanocytose parce qu&rsquo;il y a un protocole d&rsquo;hydratation à faire avant le départ qui est décrit dans le BEH)</li>
</ul>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2911891/fr/hepatite-c-prise-en-charge-simplifiee-chez-l-adulte">HAS</a> a publié une fiche pratique de prise en charge simplifiée pour permettre la prescription de traitements antiviraux contre l&rsquo;hépatite C par n&rsquo;importe quel médecin. Je trouve la fiche plutôt très bien, claire, précise dans la démarche à avoir depuis le diagnostic. Le bilan initial en cas de sérologie positive comprend:</p>
<ul>
<li>recherche d&rsquo;ARN VHC, NFS-plaquettes, glycémie à jeun,  ASAT,  ALAT,  GGT,  bilirubine, créatinine et sérologie VHB et VIH si non fait. Un test de recherche de fibrose est à effectuer (fibrotest ou fibromètre qui se font sur test sanguin, ou fibroscan) pour rechercher une maladie hépatique sévère.</li>
</ul>
<p>La prise en charge peut se faire sans avis spécialisé si le patient n&rsquo;a pas de coinfection VHB/VIH, pas d&rsquo;insuffisance rénale sévère, pas de comorbidité mal contrôlée (diabète, obésité, dépendance alcoolique).</p>
<p>Après recherche d’interactions sur <a href="https://www.hep-druginteractions.org/">https://www.hep-druginteractions.org/</a>, Epclusa® (sofosbuvir/velpatasvir) 1cp/j pendant 12 semaines (coût total: 24897 euros) ou  Maviret® (glécaprévir/pibrentasvir) 3 cp en 1 prise/j pendant 8 semaines (coût total: 28845 euros) peuvent être prescrits. Un ARN VHC négatif à 12 de l&rsquo;arrêt du traitement signe la guérison. J&rsquo;en étais resté au sofosbuvir comme molécule de référence (et là, c&rsquo;est plus simple et moins cher) mais si quelqu&rsquo;un a connaissance de nouvelles études, je serai preneur!</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)30418-0/fulltext">Lancet</a> retrouve que parmi 782 couples gay séro-discordants dont le patient infecté par le VIH avait une charge virale indétectable ont effectués 76 000 rapports anaux non protégés. Il n&rsquo;y a eu que 15 nouvelles infections par VIH mais elles n&rsquo;étaient pas liées à une transmission dans le couple. Ainsi, le taux de transmission intra-couple séro-discordant était de 0%, ce qui confirme la théorie U=U : <em>undetectable equals untransmittable</em>.</p>
<p>3/ Urologie</p>
<p>Rapidement, la <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD012663/lirm-de-la-prostate-avec-ou-sans-biopsie-ciblee-par-irm-est-elle-meilleure-que-la-biopsie">Cochrane</a> confirme le bénéfice de biopsies prostatiques orientées versus systématiques, ce qui est cohérent avec les différents avis sur la question (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/07/dragi-webdo-n190.html">ici</a>).</p>
<p>Concernant le dépistage, une étude qualitative du <a href="https://bmjopen.bmj.com/content/9/5/e026960">BMJ Open</a> s&rsquo;est intéressé aux hommes ayant refusé de recevoir un traitement après un dépistage positif. Ces patients se sentaient mal informés, certains avaient même été dépistés sans information ni consentement. Ils se sentaient mal soutenus dans la décision partagée vis à vis du traitement éventuel et perdaient confiance dans la médecine traditionnelle et les médecins. Bref, l&rsquo;information des patients et la décision partagée, c&rsquo;est super important!</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>La <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD012191/medicaments-pour-prevenir-le-cancer-du-sein-chez-les-femmes-presentant-un-risque-superieur-la">Cochrane</a> s&rsquo;est intéressée au traitement préventif du cancer du sein chez les patientes à haut risque (risque  vie  &gt; 17% mais je ne sais pas comment il est calculé). Les anti-aromatase semblent être les plus efficaces et avoir une meilleure efficacité et balance bénéfice risque (attention quand même au risque d&rsquo;ostéoporose) que le tamoxifène.</p>
<p>5/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng132/chapter/Recommendations#diagnostic-testing-in-primary-care">NICE</a> a publié des recommandations britanniques concernant l&rsquo;hyperparathyroïdie primaire. Je resterai sur la partie concernant le dépistage en médecine générale. Un dépistage par calcémie corrigée est recommandé devant des symptômes d&rsquo;hypercalcémie (soif, polyurie, constipation), pour un bilan d&rsquo;ostéoporose ou de lithiases rénales et aussi pour symptômes chroniques non spécifiques. Une hypercalcémie corrigée à 2 reprises doit faire doser la PTH. Un avis spécialisé est requis si elle est au dessus de la médiane (donc plutôt haute mais elle peut toujours être dans la norme) ou en dessous est qu&rsquo;il y a une calcémie &gt; 2,6mmol/L. Dans ce cas, on peut avancer le bilan spécialisé avec un dosage de vitamine D, une calciurie des 24h et un rapport calciurie/créatininurie sur échantillon urinaire.</p>
<p>6/  Diabétologie</p>
<p>Dans un communiqué, <a href="https://www.novonordisk.com/bin/getPDF.2226789.pdf">Novonordisk</a> a annoncé que le semaglutide oral avait réduit la mortalité globale et la mortalité cardiovasculaire dans l&rsquo;essai contrôlé randomisé contre placebo PIONEER-6. L&rsquo;article n&rsquo;est pas encore publié, on a donc des infos limitées, mais on voit en effet une réduction de 50% environ de mortalité globale est cardiovasculaire. Cependant, le critère de jugement principal était un critère cardiovasculaire composite qui n&rsquo;a pas été atteint&hellip;. C&rsquo;est difficile de conclure sur les critères secondaires, mais la mortalité globale est quand même un critère fort sachant que la p value est inférieure à 0,01. Donc prometteur mais à voir avec l&rsquo;article, puisque pour l&rsquo;instant seul le liraglutide injectable avait amélioré la mortalité parmi les analogues du GLP-1.</p>
<p>Petit point sécurité de la canagliflozine et du sur-risque d&rsquo;amputation: l&rsquo;étude <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-019-4839-8">CANVAS</a>, essai contrôlé randomisé versus placebo qui avait inclus 10 000 patients, retrouve un NNH de 340 patients par an (pour mémoire, le NNT pour réduire les évènements sur le critère composite cardiovasculaire était de 217, ce qui fait un rapport bénéfice risque pas top, je trouve&hellip;)</p>
<p>C&rsquo;est terminé!<br>
Bonne soirée et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°228 : ostéoporose (HAS), personnes transgenre, risques opioïdes, lumière bleue, vitamine B3, glucosamine, carence en vitamine B12, hypothyroïdie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/05/dragi-webdo-n228/</link><pubDate>Sun, 19 May 2019 17:07:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/05/dragi-webdo-n228/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Endocrinologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! J&rsquo;espère que vous avez passé une bonne semaine. Pour introduire ce Dragi Webdo, parlons de temps du moment de la consultation et des activités du médecin. On connaissait l&rsquo;étude PAAIR qui retrouvait qu&rsquo;on prescrivait plus facilement des antibiotiques en fin de journée et avant le week end. Une <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31074811">étude américaine</a> retrouve que les médecins généralistes prescrivent plus de tests de dépistage du cancer colo-rectal et de mammographie le matin, et qu&rsquo;ils en prescrivent progressivement de moins en moins au cours de la journée. Chose intéressante, la conviction du médecin dans les explications données doit certainement décroitre également, car les patients effectuent moins leur tests quand on leur prescrit en fin de journée également (à moins que ce soit parce que ce sont des patients moins disponibles pour les consultations et moins disponibles pour faire les tests également&hellip;) Bonne lecture!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgHNK-uMKcNw8W0n9PCbui6BDvmI4aNOU0eup2OLHWaSOmEWFtca0VglXgEd7_j5nn9JwxjlfRMN2gtrCjahzngVxBE2gQVafqxZz9kG5VS6aHunlv4IZe_1Pn7nOroSFbmxyAOKH1GHxeP/s1600/d%25C3%25A9pistage.png"><img src="/images/articles/2019/d-25c3-25a9pistage.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance et autres vigilances</p>
<p>Un article du <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31081871">JAMA Neurology</a> revient sur le risque de saignement intracraniens chez les patients sous aspirine faible dose en prévention primaire. Dans les 13 essais inclus, comprenant plus de 130 000 patients randomisés aspirine vs placebo, il y avait une augmentation du risque d&rsquo;hémorragies cérébrale de 13 % (soit un NNH de 580 patients)</p>
<p>La crise des opioïdes fait rage aux Etats Unis. Heureusement, la <a href="http://www1.oecd.org/fr/presse/des-mesures-urgentes-sont-necessaires-pour-s-attaquer-a-la-crise-des-opioides.htm">France</a> est encore épargnée et est même un des meilleurs pays limitant les décès liés à ces traitements, avec une absence d&rsquo;augmentation entre 2011 et 2016.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgU-S4Wqd1Nge-LhW6_vFJLeK9311o5yk_p209AX9u3ry2HiIQqh8Ea7k84D6cEP5y88tVEpKDxrhtRgtRxm-dzfD2OxHdPNaDL4sj-sTu08Ik0tYPubJSiq51UV609CkGJ8J4OjsR5l9FP/s1600/opioides.png"><img src="/images/articles/2019/opioides.png" alt=""></a></p>
<p>D&rsquo;ailleurs, quelques semaines à peine après l&rsquo;article du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/03/dragi-webdo-n219.html">JAMA</a>, un article du <a href="https://www.bmj.com/content/365/bmj.l1849">BMJ</a> reparle du risque de dépendance au tramadol par rapport aux opioïdes de pallier III. Première chose, dans cette étude observationnelle, 90% des patients ont un antalgique de pallier III en sortie d&rsquo;hospitalisation pour une chirurgie! (Pour expliquer ça, je vous renvoie <a href="https://twitter.com/MartinFierro769/status/1129801268589760512">au fil de @MartinFierro769</a> sur le sujet) Ensuite, les patients sortant sous tramadol avaient une augmentation de 40% du risque d&rsquo;utilisation prolongée/de dépendance définie comme une utilisation de plus de 6 mois après l&rsquo;hospitalisation. Les auteurs sont pour une reclassification du tramadol comme opioïde fort.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.anses.fr/fr/system/files/AP2014SA0253Ra.pdf">Anses</a> a publié des recommandations concernant les LED et la lumière bleue. Les auteurs ont retrouvé une majoration du risque de dégénérescence maculaires liée à l&rsquo;âge (DMLA) et des perturbations du cycle circadien. Ils recommandent donc de limiter les lumières froides avant le coucher ( pas de veilleuses à lumière froide pour les enfants, pas d&rsquo;ordinateur/tablettes/téléphone en soirée (oups..) etc&hellip;), mais de favoriser l&rsquo;exposition en journée pour les personnes âgées.</p>
<p>Pour ceux qui se posent la question des lunettes anti-lumière bleue: d&rsquo;une part filtrer le bleu en journée semble bof car ça pourrait dérégler le cycle circadien si on suit le raisonnement de l&rsquo;Anses, mais il faudrait quand même éviter la sur-exposition liée aux écrans, donc peut être ne filtrer que devant les écrans et mettre donc les filtres disponibles sur smartphone et ordinateurs quand ils sont disponibles. Cependant, voici le tableau de l&rsquo;efficacité de chaque filtre:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgyuBtiIg_odMqYsqygAHkdJdve0l2dXr3xqv1XdipIS8vCrqOMr1CZfwDJZvQioI5Y9dPydLzCOGQeVHIcY7BcDkILlLBlnTFsAMXy-_FtfTgxwYJthLJHvmY92UDccGXLGG48BRc0NXeQ/s1600/lumiere+bleue.png"><img src="/images/articles/2019/lumiere-bleue.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une méta-analyse du <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30977858">JAMA Open</a> s&rsquo;est intéressé à la vitamine B3 (niacine/acide nicotinique/vitamine PP) et à la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires. La vitamine B3 baissait bien le LDL, mais sa prescription versus placebo n&rsquo;était pas associée à une diminution de la mortalité globale ou cardiovasculaire. Cependant, dans les sous-groupes de patients sans statines (parce qu&rsquo;intolérants?) en prévention secondaire, les patients traités par B3 avaient moins d&rsquo;infarctus et d&rsquo;AVC (sans effet sur la mortalité, toujours). Avant de conclure qu&rsquo;on peut en prescrire dans ces conditions là, il faudrait peut être qu&rsquo;on ne travaille pas avec des sous-groupes sur des critères de jugements secondaires.</p>
<p>Dans la catégorie, &ldquo;quand ça marche pas, cherche encore&rdquo;, je vous présente la recherche d&rsquo;association entre l&rsquo;utilisation de glucosamine (totalement inutile dans son indication arthrosique) et les évènements cardiovasculaires dans un article du <a href="https://www.bmj.com/content/365/bmj.l1628">BMJ</a>. Plus de 400 000 patients tirés des bases de données britanniques ont été étudiés dans cette étude de cohorte rétrospective. Par rapport aux non utilisateurs, les patients utilisateurs de glucosamine étaient plus sportifs, moins fumeurs, moins diabétiques (et avaient plus souvent de l&rsquo;arthrose) et prenaient beaucoup plus de vitamines. Après avoir ajusté sur tout ça, un traitement par glucosamine était associé à une diminution de la mortalité cardiovasculaire de 15 % (NNT= 500 pour 7 ans de suivi en moyenne&hellip;) Bon, c&rsquo;est pas hyper-vendeur vu les chiffres, y&rsquo;a certainement plein de biais sur les comportements des patients, donc un bon essai contrôlé randomisé serait peut être utile?</p>
<p>3/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/365/bmj.l1865">BMJ</a> a publié un article sur les déficits en vitamine B12. Les médicaments sont souvent en cause: metformine, contraceptions orales, IPP et anti H2. Le bilan biologique comporte un dosage de la vitamine B12 et folates, une NFS-plaquettes et la recherche d&rsquo;anti-corps anti facteur intrinsèque (si suspicion de Biermer). Pour le reste, la figure suivant est très bien faite:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjKDDgMOouZx-oWI9Z3FB-hGPN5CkYYsbAz_ZEf9VWBwKUEW8Xkz5WpEVXZbbwOvoR4en_vTqZ88wm63rFPz15sWGYtPf_Wq1bxFhF5nXWUFFuO3IBkMtOM0P6h7_8_Dhq4yxfnOdPkOhvk/s1600/B12.png"><img src="/images/articles/2019/b12.png" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/365/bmj.l2006">BMJ</a> encore, a publié une mise au point sur l&rsquo;hypothyroïdie fruste (TSH &gt; 4 avec T4L normale). J&rsquo;en avait déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/07/dragi-webdo-n147.html">ici</a> , comparons avec ce nouvel article. Les auteurs précisent déjà que les patientes enceintes, les moins de 30 ans, les patients avec une TSH &gt; 20 et les patients avec des symptômes sévères ne sont pas concernés par leur recommandation: ils recommandent de ne pas traiter dans la plupart des cas les hypothyroïdies frustes devant l&rsquo;absence d&rsquo;amélioration de la qualité de vie, l&rsquo;absence d&rsquo;amélioration des symptômes type fatigue/dépression, l&rsquo;absence de baisse d&rsquo;évènements cardiovasculaires. Voici un tableau des différentes recos internationales sur le sujet (et leurs conclusions sont assez différentes mais concordantes sur le fait qu&rsquo;avant 70 ans on peut traiter si TSH &gt;10.) Je pense que cette reco du BMJ et l&rsquo;algorithme du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/07/dragi-webdo-n147.html">NEJM</a> sont plutôt bien adaptés pour évaluer le bénéfice d&rsquo;un traitement éventuel :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjsQ42zEW9rqmQtJa3LniyLb2jXub0kahH_dnPO6DN-1I8GZf_M0ZMJb6YPBhVjh-mHdEVSh5WcnXp2lQfMBHn_b4gmFK5rJrsWrmRJZgc2145CKKEtFd5krS3FvXGVoqFhditIFtM-QZNk/s1600/tsh.png"><img src="/images/articles/2019/tsh.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Après les recos américaines sur l&rsquo;ostéoporose de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/05/dragi-webdo-n227.html">la semaine dernière</a>, la <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1751307/fr/les-medicaments-de-l-osteoporose">HAS</a> a publié une fiche sur les traitements de l&rsquo;ostéoporose. Il n&rsquo;y a pas clairement de dépistage systématique recommandé, mais l&rsquo;ostéodensitométrie est proposée en cas de facteurs de risques : fracture par fragilité, corticothérapie prolongée, ménopause précoce, fracture du col chez un apparenté au 1er degré, IMC &lt; 19, affections particulières (hypogonadisme prolongé chirurgical ou médicamenteux comme avec  les agonistes de la Gn-RH ou les antiaromatases, hyperthyroïdie évolutive non traitée, hypercorticisme, hyperparathyroïdie primitive), mais aussi âge &gt; 60 ans et le tabagisme  Donc, faut il faire une DMO chez tous les fumeurs et tous les plus de 60 ans? C&rsquo;est pas très clair&hellip;<br>
La HAS recommande, avant tout traitement de corriger une carence en vitamine D (par supplémentation ou ajustement des apports alimentaires), de sevrer le tabagisme et d&rsquo;effectuer une activité physique. Quand un traitement par bisphosphonate est indiqué, le bilan dentaire est recommandé.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhbbNJ7mKHYsMcTefd_VQ5CQPpHIavRY1ifFaRaP2t6zbhDMakfVuoIuL9mVrq-ucgebpY9NFl8MDIoUetqhsfTutEvsk0MoU68NRDwNudWjCdNQyg_miXGXku8xYOYNGZuPBxHzwfQ6ahU/s1600/ost%25C3%25A9oporose.png"><img src="/images/articles/2019/ost-25c3-25a9oporose-2.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/365/bmj.l1652">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé au risque de cancer du sein chez les patient.e.s transgenre. Ainsi, ils retrouvent que les femmes trans (MtoF) ont un risque plus élevé que les hommes cis et que les hommes trans (FtoM) ont un risque plus faible que les femmes cis. Les auteurs concluent donc que les recommandations pour patients cisgenre sont adaptées et devraient s&rsquo;appliquer sans modification aux patient.e.s transgenre.</p>
<p>Bonne semaine et à la semaine prochaine !!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°227 : ostéoporose du sujet âgé, bisphosphonate et ostéonécrose, hyponatrémie, neuropathies sensitives, méno-métrorragies</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/05/dragi-webdo-n227/</link><pubDate>Sun, 12 May 2019 23:23:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/05/dragi-webdo-n227/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Rhumatologie</category><category>Gynécologie</category><category>Neurologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, merci de me suivre cette semaine encore. Pour ceux qui ne sont pas (encore) abonnés, vous pouvez le faire (et ne plus rater aucun billet) sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgTHWF_lCHGV27FI3nh1IhxL8KUZGNkHAmO2aTNr6GvD8hZ8lHwvRCH_SC-WgsA3UsZxK9KZGqiTbcAog2pTGvnrywCqEZUxEDy7V9K0gG5x5sOjHYHu0GKgR16nGj6ztNHh1lCFkrUO1_5/s1600/abonnezvous.png"><img src="/images/articles/2019/abonnezvous.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Specialites-a-base-de-prednisone-et-de-prednisolone-par-voie-orale-Informations-relatives-a-des-difficultes-d-approvisionnement-Point-d-Information">ANSM</a> revient sur la rupture de stock concernant les corticoïdes oraux (prednisone et prednisolone). Mis à part que ces ruptures soient une catastrophe en terme de santé publique, l&rsquo;ANSM demande donc de réserver ces prescriptions au patients pour lesquelles le traitement est indispensable et sans alternative (Personnellement, quelque soit le médicament que je prescrits, il est indispensable, sinon je le prescrirais pas&hellip;) Bref, si c&rsquo;est pour dire de ne pas mettre de corticoïdes dans les rhinopharyngites, on est bien d&rsquo;accord, mais il y a quand même un nombre important de patients pour qui le traitement est indispensable même si le nombre d&rsquo;indication est réduit (crise d&rsquo;asthme, maladies auto-immunes et auto-inflammatoires essentiellement).</p>
<p>Concernant le Finasteride et les inhibiteurs de 5 alfa réductase, dont j&rsquo;ai déjà parlé quelques fois <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/10/dragi-webdo-n157.html">ici</a>, c&rsquo;est son effet abaissant le PSA qui est décrié dans cette <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31058923">étude de cohorte</a> du JAMA internal medicine. En effet, parmi 80 000 avec un cancer de la prostate, les patients avec finastéride avaient un retard diagnostic, des cancers de prostate à un stade plus avancé et une mortalité spécifique et globale augmentée. Certes, cette étude rappelle que les inhibiteurs de 5 alfa réductase ne sont pas des super traitements, mais elle repose la question du dépistage, puisque la mortalité serait plus faible avec un diagnostic plus précoce (ça rejoint un peu cette étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/12/dragi-webdo-n209.html">là</a>). Mais on reste dans l&rsquo;étude observationnelle.</p>
<p>2/ Rhumatologie</p>
<p>Des articles reviennent sur le risque de fracture et l&rsquo;ostéoporose.  Cet article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2733663">JAMA</a> concernant les personnes âgées (de plus de 80 ans, globalement) est plus strict que les recommandations françaises sur la question (qui recommandent un traitement pour un T-score &lt; -3 et un calcul du FRAX pour un T-score &gt; -3). En effet, un traitement devrait être entrepris pour les patients dont l&rsquo;espérance de vie est supérieure à 2 ans avec :</p>
<ul>
<li>antécédent de fracture vertébrale ou du col fémoral</li>
<li>T-score &lt; -2,5</li>
<li>score FRAX élevé c&rsquo;est à dire: &gt; 3% pour le risque de fracture de hanche ou &gt; 20% pour le risque de fracture majeure (et non sur un risque supérieur à un seuil évolutif avec l&rsquo;âge concernant uniquement le risque de fracture majeure)</li>
<li>score FRAX limite avec des facteurs de risques supplémentaires (chutes, troubles cognitifs, incontinence urinaires, troubles neurologiques, hypotension orthostatiques, risque iatrogène)<br>
Voici la prise en charge recommandée, sachant que le nombre de sujet à traiter pour éviter une fracture de hanche est d’environ 200 patients:</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJEsbcs6nC1xbp_ZGUthyphenhyphen2A9LWkf4wlYfoPXa31IOBE3efN4T8VxnRbRtlewPVUIEaikVvwN3-YiJde5AYX9yEUu9FBbqfV1Xoqmmd5PsVM2fxJSKuPsk5Dlu7OfLZqhru9fYvYrEfMbz4/s1600/ost%25C3%25A9oporose.png"><img src="/images/articles/2019/ost-25c3-25a9oporose.png" alt=""></a></p>
<p>Puisqu&rsquo;on va devoir mettre des patients sous bisphosphonates, parlons de cet article du <a href="https://doi.org/10.1136/bmj.l1733">BMJ</a> évaluant les risques d&rsquo;ostéonécrose de la mâchoire. Les auteurs retrouvent que le nombre de patient à traiter pour déclencher une ostéonécrose liée aux bisphosphonates est de 1000 (ce qui est beaucoup en fait quand on les compare au NNT de 200 pour éviter une fracture: ça fait 5 patients avec une fracture en moins pour 1 ostéonécrose!) La demi-vie des bisphosphonates sur les os est estimée à 10 ans, donc le risque persiste après arrêt des traitements! Les auteurs recommandent une évaluation par un dentiste avant traitement (pour rechercher: une extraction dentaire &ldquo;récente&rdquo;, une infection dentaire, une parodontopathie, un traumatisme par dentier). Il faut également être vigilent aux patients sous traitement anticancéreux, méthotrexate, azathioprine, et les patients atteint de diabète, d&rsquo;anémie ou d&rsquo;infection par le VIH.</p>
<p>Une étude de cohorte a également étudié le risque de fractures selon la supplémentation vitaminique. Les auteurs ont publié dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2733176">JAMA</a> que les patientes supplémentées en fortes doses de vitamine B12 (&gt;20µg/j) et B6 (&gt;35mg/j) avaient un risque significativement augmenté de fracture du col du fémur, persistant après ajustement sur les comorbidités, l&rsquo;IMC et les apports nutritionnels (donc on aurait pu se dire que les patients supplémentés étaient les plus dénutris et donc plus à risque de fracture, mais ça a été pris en compte dans le modèle multivarié).</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>La version américaine de l&rsquo;académie de médecine a confirmé ses <a href="https://annals.org/aim/fullarticle/2730520/screening-breast-cancer-average-risk-women-guidance-statement-from-american#.XNBLDTe08co.twitter">recommandations</a> des années passées en recommandant:</p>
<ul>
<li>que le dépistage par mammographie entre 40 et 49 ans ne soit proposé qu&rsquo;après discussion des bénéfices et des risques avec les patientes</li>
<li>que le dépistage soit proposé systématiquement entre 50 et 74 ans</li>
<li>que le dépistage ne soit pas proposé après 75 ans ou chez les patientes avec une espérance de vie estimée inférieure à 10 ans</li>
<li>qu&rsquo;à aucun âge, l&rsquo;examen clinique des seins ne soit utilisé comme outil de dépistage du cancer du sein.<br>
Est-ce que les sociétés savantes françaises s&rsquo;aligneront?</li>
</ul>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2733519">article</a> revient sur les saignements utérins et méno-métrorragies chez les femmes non ménopausées. Le tableau suivant résume bien les hypothèses diagnostiques et prise en charges proposées selon les causes (heavy menstrual bleeding : saignement réguliers de plus de 8 jours ou suffisamment long pour impacter la qualité de vie des patientes):</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhBB_NuK2VG9pAIOee2lbw-yeE1tTQZf3yHbhtnNCJl5arArxKjm4DhHRqdWj6rWiremMUVqs5pSaEOe_8JHYfd5kz3B1IGtVC_wPdEBztIeNN2i5FNGbmgJNzCTTbeSLTwYKU37dGt0Ydl/s1600/h%25C3%25A9morragie+ut%25C3%25A9rine.png"><img src="/images/articles/2019/h-25c3-25a9morragie-ut-25c3-25a9rine.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/365/bmj.l1108">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé au diagnostic et traitement des polyneuropathies sensitives. Cet article n&rsquo;est pas très axé vers les soins primaires, mais on y découvre une cause sous estimée de neuropathies sans cause retrouvée: la neuropathie des petites fibres (symptômes type douloureux des membres et ascendant car c&rsquo;est une atteinte thermo-algique essentiellement) des patients pré-diabétiques. Pour faire simple:<br>
En cas de trouble proprioceptif: faire un EMG et adresser au spécialiste (on s&rsquo;oriente vers des syndromes de Guillain Barré, et c&rsquo;est une urgence si c&rsquo;est aigu)<br>
En cas de symptômes douloureux prédominant: faire EMG</p>
<ul>
<li>soit c&rsquo;est anormal et on complète avec : glycémie à jeun, électrophorèse des protéines et dosage de la B12 (si tout est normal, rechercher une intolérance au glucose)</li>
<li>soit c&rsquo;est normal et on pense à une neuropathie des petites fibres: glycémie à jeun, HbA1C, anti corps anti nucléaires, anti-SSA/anti-SSB, EAL, électrophorèse des protéines sériques avec immunofixation et dosage des chaines légères, puis on peut adresser au spécialistes qui pourra avancer sur le diagnostic.</li>
</ul>
<p>5/ Troubles hydro-électrolytiques</p>
<p>Enfin, le <a href="https://www.bmj.com/content/365/bmj.l1774">BMJ</a> a publié un article concernant les hyponatrémies en soins primaires. Les hyponatrémies &gt; 130mmol/L sont modérées mais déjà associées à une augmentation du risque de chutes par rapport à une norme &gt; 132mmol/L. Entre 125 et 129, elles peuvent éventuellement être gérées en ambulatoire après avis, mais l&rsquo;hospitalisation est indispensable en dessous de 125mmol/L. Les principales cause sont iatrogènes: diurétiques, les antidépresseurs et antiépileptiques, et une mesure de natrémie est recommandée à 1 mois puis annuellement chez les patients sous diurétiques. En cas de suspicion de syndrome inapproprié d&rsquo;hormone anti-diurétique (facilement suspecté devant une concentration urinaire en sodium &gt; 30mmol/L), la restriction hydrique à 500cc/j est le traitement le plus simple à mettre en œuvre mais pas toujours très accepté par le patient&hellip; (et ça ne dispense pas d&rsquo;une recherche étiologique s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de cause évidente)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjaBDdJw9SOtjv69dMZtLWbjfCeLtyGcY-Gymjcs9pe3UIayFQ4LnbBOv-9c-ZJfprTdBYs8kSssDDF4Zw3HClP6yUao8z3gjmQ_dsQTxgJi72flITjwQMyNWkCIQO4aCGwgvVK8hcxHbkW/s1600/hypoNa.png"><img src="/images/articles/2019/hypona.png" alt=""></a></p>
<p>Et aux urgences, je ne peux que conseiller la formule d&rsquo;<a href="https://www.em-select.com/article/225660">Adrogué et Madias</a> qui est juste magique quand on veut réhydrater avec n&rsquo;importe quel soluté que ce soit du Na à 1/1000 ou à 3% ou ajouter du potassium etc&hellip; (avec eau totale = poids estimé du patient/2), y&rsquo;a qu&rsquo;a régler le débit pour ne pas réhydrater trop vite et donc choisir le temps nécessaire pour obtenir la variation Delta[Na]:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiD8sQE3njpwH5qXV5oJPt_PSkwfmxjLGvZVKNvuczLmA7HHEGxQ6KOqJ0_0vSqLoseTnUY5RPx80F4wyeTh9-YjVASmbHDUF1bFn8ykfuFnMcqgfDPeN5gLlJOsQ6znzmd-4VrxrcYyXag/s1600/AetM.png"><img src="/images/articles/2019/aetm.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini! Passez une bonne semaine et à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°226 : phlébite distale (reco Med Vasc), thyroïde et grossesse (recos US), tests Hélicobacter Pylori, épaule, Gelesis 100, fromage, Puerto Rico</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/05/dragi-webdo-n226/</link><pubDate>Sun, 05 May 2019 16:12:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/05/dragi-webdo-n226/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour!</p>
<p>Bonne reprise à ceux qui étaient en vacances et bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Un petit message des recommandations vaccinales de la <a href="https://sfsep.org/sep-et-vaccinations/">société de sclérose en plaque</a>: les vaccins (y compris anti-VHB et anti-HPV ne sont pas associé au déclenchement de SEP ni au déclenchement de poussées chez les patients avec SEP. Mais le risque de poussée après vaccin anti fièvre jaune ne peut être exclu.</p>
<p>C&rsquo;est presque de la pharmaco-vigilance mais les <a href="https://agriculture.gouv.fr/consommation-de-fromages-base-de-lait-cru-rappel-des-precautions-prendre">autorités sanitaires</a> rappellent que les fromages au lait cru (notamment Reblochon, le Roquefort, le Salers, le Brie, le Picodon, le Pélardon, certains camemberts, le Morbier et le Mont d&rsquo;Or , mais pas ceux à pate pressée cuite comme le Gruyère, Comté&hellip;) ne doivent pas être consommés avant l&rsquo;âge de 5 ans à cause du risque d&rsquo;infections à salmonnella, E. Coli et Listéria. Le risque diminue avec la maturation du système immunitaire. (Ces produits sont aussi déconseillés en cas de grossesse et d&rsquo;immuno-dépression)</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Alors que les pneumologues viennent de sortir leurs recos sur les maladies thrombo-emboliques veineuses (je les avais détaillées <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/03/dragi-webdo-n218.html">ici</a>), la <a href="https://www.em-consulte.com/article/1276010/questions-non-resolues-sur-la-maladie-thrombo-embo">société française de médecine vasculaire</a> publie une conférence de consensus intitulée &ldquo;questions non résolues sur la MTEV&rdquo; (avec Paul Frappé dans les auteurs, il est décidément partout!):</p>
<ul>
<li>
<p>la 1ère partie est sur les récidives pour lesquelles on peut faire un peu comme on veut: évaluation par score de Wells, puis Ddimères suivi de Doppler si positifs, ou Doppler d&rsquo;emblée suivis de D-dimères si doute au Doppler ou un contrôle 7jours après.</p>
</li>
<li>
<p>Si 1ère TVP distale non provoquée: anticaogulation 3 mois ( si risque hémorragique non faible: 6 semaines ou surveillance échographique). Une anticaogulation prolongée est à discuter à partir du 3ème épisode.</p>
</li>
<li>
<p>Si TVP distale post-chir symptomatique: anticoagulation 6 semaines si reprise de la marche précoce sinon 3 mois. Si risque hémorragique &ldquo;significatif&rdquo;: anticoagulation préventive et contrôle écho.</p>
</li>
<li>
<p>Si TVP distale post-chir asymptomatique: pas d&rsquo;anticoagulation, mais surveillance écho.</p>
</li>
<li>
<p>Si TVP distale post voyage &gt; 4h ou sous contraception oestro-progestative: anticoagulation pour 6 semaines à 3 mois.</p>
</li>
<li>
<p>Après une TVP distale post voyage &gt;4h, en cas de prochain voyage il est recommandé: bas de contention, boire, bouger et&hellip; (suspens&hellip;) anticoagulation à dose prophylactique pour les voyages &gt; 4h.</p>
</li>
<li>
<p>Pour toute TVP distale asymptomatique: pas d&rsquo;anticoagulation curative, surveillance écho et discuter anticoagulation prophylactique si facteur de risque d&rsquo;extension (cancer, alitement&hellip;). Mais il n&rsquo;est pas recommandé de dépister les TVP asymptomatiques&hellip;</p>
</li>
<li>
<p>Il n&rsquo;est pas recommandé de faire une recherche de thrombophilie suite à une TVP distale non provoquée</p>
</li>
<li>
<p>En cas de TVP distale, une contention élastique est recommandé pendant 15 jours (et pas plus).</p>
</li>
</ul>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Un <a href="https://erj.ersjournals.com/content/53/4/1900215?ctkey=shareline&amp;utm_medium=shareline&amp;utm_source=00215-2019&amp;utm_campaign=shareline">article</a> intéressant sur le bénéfice des traitements dans la BPCO. On voit à gauche ce qui est le plus &ldquo;cout-efficace&rdquo; sur la qualité de vie des patients, et à droite, le pourcentage de patients bénéficiant chaque traitement. Vous pouvez conclure.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEisvPilZ9LkEakSDd7tgHECjKmEYXBiq5YqJbE0pDfMxtfd_HhfbPKkKd0UsyVsgLNZJg-fR9ykEtSPg2aL5Yr3xiZ5kc_SLjiMyTS2dQPTF1EnucWk5jcamsMMqRQ2AsDMvoYoewRau2Jl/s1600/COPD.jpg"><img src="/images/articles/2019/copd.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2863243/en/evaluation-des-actes-de-biologie-medicale-relatifs-a-la-prise-en-charge-de-l-infection-a-helicobacter-pylori">HAS</a> revient sur les différents tests pour le diagnostic d&rsquo;infection à Helicobacter Pylori. La sérologie (non influencée par les traitements mais ne se négative pas après traitement), le test respiratoire à l&rsquo;urée (être a jeun depuis 6h et être capable de réaliser la manoeuvre du test) et la recherche d&rsquo;antigène fécale (attention à la conservation et au transport des selles) sont toutes les 3 recommandées. Pour ces 2 derniers, il ne doit pas y avoir eu d&rsquo;IPP depuis 2 semaines et d&rsquo;antibiotiques depuis 4 semaines. Pour le contrôle d&rsquo;éradication, le test respiratoire et la recherche d&rsquo;antigène fécal peuvent être utilisés. Bien sur, il faut choisir 1 seul test par patient&hellip;</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>On les a tous appris 10 fois, et on les a oublié 10 fois, je parle bien sur des tests de l&rsquo;épaule! Tout ce qu&rsquo;il faut retenir d&rsquo;après cet article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/1733724?guestAccessKey=27f2d0f0-8dab-4654-9d7c-bd2a8a21e69a">JAMA</a>, c&rsquo;est que le test de l&rsquo;arc (élévation du bras en abduction) est le plus efficace dans le diagnostic des conflits de la coiffe des rotateurs avec un rapport de vraisemblance positif de 3,7 et négatif de 0,39. Je vous les remets tous pour le plaisir!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhWainc9CJyelJkgHVBwyw78qhCv7cLzyrnKhjEL7mXqFWchR_8v4icLsdgzPAbHd8hMB1kXHx5w-3gH1potFt83M62A_XLChqQ-gUsuCrgzNQwEPU0Uef_2DkmUFsD3PO1i5Fhs-siOIeR/s1600/coiffe+des+rotateurs.jpg"><img src="/images/articles/2019/coiffe-des-rotateurs.jpg" alt=""></a></p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Des recommandations américaines ont porté sur les <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2733078?guestAccessKey=28960e17-9846-4f17-9f1e-4cbc094fa015&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jama&amp;utm_term=2285770302&amp;utm_content=followers-article_engagement-text-tfl&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=66862355">dysthyroïdies pendant la grossesse.</a> Ce sont celles de la société américaine de pathologie thyroïdiennes (donc y&rsquo;a certainement un petit lien d&rsquo;intérêt).</p>
<ul>
<li>
<p>la supplémentation en iode est recommandée pendant la grossesse. (c&rsquo;est la recommandation OMS, mais qui s&rsquo;applique aux pays n&rsquo;utilisant pas de sel enrichi en iode comme c&rsquo;est le cas en France. C&rsquo;est pour ça que ce n&rsquo;est pas recommandé d&rsquo;après la HAS mais les endocrinologues le recommandent et les gynécos ne sont pas contre, surtout en zone de carencées d&rsquo;après les <a href="http://www.cngof.fr/component/rsfiles/apercu?path=Journes%2Bnationales%252FMAJ%2Ben%2BGO%252F2013%252F2013_GO%252Fobstetrique%252FQuelle_nutrition_et_quelles_supplementations_pour_les_femmes_enceintes__.pdf&amp;i=1405">recos</a> de 2013)</p>
</li>
<li>
<p>le dosage de TSH en début de grossesse ne peut être ni recommandé ni non recommandé vu l&rsquo;absence de niveau de preuve.</p>
</li>
<li>
<p>si dosé, une hypothyroïdie fruste peut être substituée:  TSH &gt; 2,5 et anticorps anti TPO, ou si TSH &gt;4 en l&rsquo;absence d&rsquo;anti-corps.</p>
</li>
</ul>
<p>6/ Diabétologie - Obésité</p>
<p>Un nouveau traitement dans l&rsquo;obésité vient d&rsquo;être validé aux Etats Unis par la FDA. Le Gelesis100, ce sont des billes d&rsquo;hydrogel qui gonflent dans l&rsquo;estomac. Il n&rsquo;y a, a priori, pas de passage systémique, l&rsquo;effet étant purement mécanique pour donner la sensation de satiété. Dans l&rsquo;<a href="https://air.unimi.it/retrieve/handle/2434/613523/1138598/oby.pdf">étude principale</a> incluait des patients avec des IMC entre 27 et 40 et des glycémies à jeun inférieures à 1,45g/L. Le critère de jugement était une perte de 5% du poids à 24 semaines et a été plus fréquemment atteinte dans le groupe traitement par rapport au groupe placebo avec un NNT= 6 ( et de 9 pour une perte de poids de plus de 10%). Les diarrhées étaient le seul effet indésirable statistiquement augmenté sous traitement (environ 10% des patients).</p>
<p>Enfin, un nouvel <a href="http://www.onlinejacc.org/content/73/16/2049/?utm_medium=social&amp;utm_source=twitter_post&amp;utm_campaign=twitter_post">article</a> sur les patients diabétiques et l&rsquo;importance de la prise en charge multifactorielle. Plus les patients atteignaient des objectifs parmi les 7 suivants: PAS &lt; 130mmHg, LDL &lt; 0,85g/L, IMC &lt; 25, absence de tabac, activité physique &gt; 150min/semaine, HbA1C &lt; 7% et adhérence au régime &ldquo;Step 2 diet&rdquo; (30% de calories en moins, moins de 7% de graisses saturées, moins de 200mg de cholestérol par jour), plus ils diminuaient leur risque de mortalité. Les facteurs les moins impactant étaient le LDL &lt; 0,85 et l&rsquo;IMC &lt; 25.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiCNsXAG7XieXPjjLPGE9jEY9Ydhg5Ot8M9tipqsSY1Pk7hf4Vt5UwLVuz9GWT7b-viMtuQnPOOj_IJEoEtEot8D0pIM5HLKPGULx1LoSfVvATRtl4f-O9ZPivhgakRji5WEdgG-qVZdJr9/s1600/diabete.png"><img src="/images/articles/2019/diabete.png" alt=""></a></p>
<p>7/ Jeu du mois: &ldquo;Puerto Rico&rdquo;</p>
<p>C&rsquo;est le premier Dragi Webdo du mois, voici donc &ldquo;Puerto Rico&rdquo;, un classique donc je m&rsquo;étonne de ne pas avoir encore parlé! C&rsquo;est un jeu dans lequel, chaque joueur contrôle un territoire colonial vierge sur lequel il peut développer des plantations et ainsi récolter du blé, de l&rsquo;indigo, du sucre, du tabac et du café pour les envoyer en bateau en métropole pour avoir un maximum de points. Les actions, en nombre limitées, sont sélectionnées à tour de rôle par les joueurs: on peut faire venir de nouveau colons, planter, récolter, chercher de l&rsquo;or, envoyer des marchandises par bateau! Les interactions sont nombreuses, la mécanique simple et stratégique à la fois. Bref, le succès de ce jeu ne doit rien au hasard!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhisBrcLRsFpTLQdzAYKrj9rby-1ywebk1F8Fq9pONpnzDBcqt8n3aYBfVBSAmvOybZqoGlKlZOe6qVrzaWz4P1KZ5d4ZIP5nU446hX7E3qwco_6aCVk9vLwUPHF_b7w3xr4cS5GptCtwF6/s1600/20190427_162029.jpg"><img src="/images/articles/2019/20190427-162029.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine!</p>
<p>A très bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°225: Lyme (US), diabète (US), QT long, antibiothérapie prolongée, coliques de nourrisson, gale</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/04/dragi-webdo-n225/</link><pubDate>Sun, 28 Apr 2019 18:38:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/04/dragi-webdo-n225/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Dermatologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Il y avait beaucoup trop d&rsquo;articles intéressants cette semaine; la sélection a été dure&hellip; Tout d&rsquo;abord, comment ne pas parler de l&rsquo;<a href="http://ec.europa.eu/commfrontoffice/publicopinion/index.cfm/Survey/getSurveyDetail/instruments/special/yearFrom/2019/yearTo/2019/surveyKy/2223">étude</a> d&rsquo;opinion européenne sur la vaccination, avec l&rsquo;infographie ci dessous. Vous ne serez pas étonnés, que la France baisse la moyenne européenne sur tous les points, et est notamment dans les derniers quand il s&rsquo;agit de penser &ldquo;qu&rsquo;il a des risque d&rsquo;infections sévères à ne pas être vacciner&rdquo; et &ldquo;qu&rsquo;il est utile d&rsquo;être vacciné régulièrement&rdquo;.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg1GOCkcvw-_iAJrdE8wsYyE0oqmhE-YcbxH0ncpjWIWIfOI4SE-0nlOaDnQAS57SbEWThOZ8nX77G8CVpiY4EsmKAl0FiqndiK8BpDlgfKYjRGu3TLqQwK2a7JJDGWln24wxuU6gd9fsUD/s1600/vaccin.jpg"><img src="/images/articles/2019/vaccin.jpg" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Commençons par les rappels de l&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Antiepileptiques-au-cours-de-la-grossesse-Etat-actuel-des-connaissances-sur-les-risques-de-malformations-et-de-troubles-neuro-developpementaux-Point-d-information">ANSM</a> sur la toxicité des antiépileptiques durant la grossesse, les données rassurantes n&rsquo;étant claire que pour la lamotrigine, le lévétiracétam et l&rsquo;oxcarbazépine.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiF5bKrj8tO53iP2t8izwwgRau2LN2x-CiYQ_chxaSG2msntsm5O8VefsRG_WEO_xfynajPcORhHjtO24EDa0vOz6JahhXUykGgCALpyfjv62r4nilMw627ndKkl6MJeTV6fe5fmVd1_5F7/s1600/anti%25C3%25A9pileptiques.png"><img src="/images/articles/2019/anti-25c3-25a9pileptiques.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>On va parler du syndrome de QT long acquis grâce à un <a href="http://www.cfp.ca/content/65/4/268">article</a> canadien. Pour un dépistage, l&rsquo;interrogatoire portant sur les antécédents cardiologiques personnels et les éventuelles palpitations ressenties doit être mené. En cas de médicament allongeant le QT, il est nécessaire de faire un ECG avant l&rsquo;initiation puis après 5 demi-vies. Il faudra arrêter le traitement si le QTc est &gt; à 450ms pour les hommes, 460 pour les femmes, ou que l&rsquo;augmentation du QTc entre les 2 ECG est supérieure à 60mg.</p>
<p>Continuons avec article sur la metformine, cette fois si chez des patients non diabétiques. Cette <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehz203/5470456">étude</a> contrôlée randomisée chez 68 patients avec coronaropathie et insulino-résistance ou pré-diabète (mais sans diabète) montre une réduction de l&rsquo;hypertrophie ventriculaire gauche (critère intermédiaire pour évaluer le risque de récidive de syndrome coronaire) significative chez les patients traités par metformine. Il n&rsquo;y avait pas de différence entre les groupes sur l&rsquo;HbA1C en fin de traitement.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Les américains ont publié de recommandations sur la <a href="https://annals.org/aim/article-abstract/2518323/lyme-disease">maladie de Lyme</a>. En quelques lignes rapides: les traitements des maladies de Lyme au phases primaires, secondaires et tertiaires sont semblables à ce qui se fait en France. Concernant les &ldquo;syndromes de Lyme chronique&rdquo; qui sont les symptômes persistants après un traitement, il est dit qu&rsquo;aucun traitement antibiotique ne les améliore. Sur la question du traitement &ldquo;préventif en cas de piqure&rdquo;, les recommandations sont claire: un traitement prophylactique est possible par doxycycline dose unique de 200mg (et pas par autre chose) si et seulement si:</p>
<ul>
<li>
<p>la tique est restée attachée plus de 36 heures</p>
</li>
<li>
<p>et que la prophylaxie peut être faite dans les 72 heures après le retrait de la tique</p>
</li>
<li>
<p>et que la doxycycline peut être utilisée (donc pas avant 8 ans, et chez les enfant de plus de 8 ans, c&rsquo;est par extrapolation des données de l&rsquo;adulte car il n&rsquo;y a pas d&rsquo;étude)</p>
</li>
<li>
<p>et que le taux d&rsquo;infestation des tiques par B.  Burgdorferi est &gt; 20 % (après recherches, en France, seuls 2 départements sont donc éligibles pour la prophylaxie: l&rsquo;Alsace et le Limousin qui sont à 20%).</p>
</li>
</ul>
<p>L&rsquo;alternative de surveiller et de traiter en cas d&rsquo;érythème migrans est une possibilité équivalente.</p>
<p>Puisqu&rsquo;on est sur les traitements antibiotiques, parlons de l&rsquo;effet des antibiotiques sur le risque cardiovasculaire. Ainsi, cette <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehz231/5477431?searchresult=1">étude</a> retrouve une augmentation du risque relatif d&rsquo;évènements cardiovasculaires de 40% chez les femmes de moins de 60 ans ayant eu plus de 2 mois cumulés d&rsquo;antibiotiques après l&rsquo;âge de 20 ans! Le NNH annuel est de 340 femme traitée plus de 2 mois entre 20 et 60 ans pour être responsable d&rsquo;un évènement cardiovasculaire (le risque est donc pas si élevé que ça, mais quand même!)</p>
<p>4/ Dermatologie</p>
<p>Des recommandations sur le <a href="http://www.sfdermato.org/media/pdf/recommandation/psoreco-72474f007184bd36c0e70cb2d89e5fd2.pdf">psoriasis</a> ont été publiées. Je me suis dis: &ldquo;cool! je vais savoir la différence entre les dermo-corticoïdes, quand mettre des analogues de vitamine D, quand référer au dermato etc&hellip;&rdquo;. Vu cette introduction vous avez compris que ces recos ne répondent à rien de cela puisque ce sont des recos uniquement sur le traitement systémique. Je passe sur les 2 lignes (voire moins&hellip;) sur le retentissement psychologique de la pathologie et sa prise en charge.  Bref, elles sont totalement inutiles pour nous (et c&rsquo;est parfaitement regrettable), mais également pour la majorité des patients atteints&hellip;</p>
<p>Une revue du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamadermatology/article-abstract/2730771">JAMA dermatology</a> compare l&rsquo;ivermectine à la permethrine dans le traitement de la gale. Les auteurs ne retrouvent pas de différence à 2 semaines du début du traitement. Cependant, l&rsquo;ivermectine serait peut être un peu moins efficace après 1 semaine, cela semble quand même justifier le re-traitement systématique à J7.</p>
<p>5/ Pédiatrie</p>
<p>Dans les <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD012473/probiotiques-pour-prevenir-les-coliques-infantiles">coliques du nourrisson</a>, les probiotiques ont été passés en revue dans une revue de la Cochrane. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence notable entre les probiotiques et les placebo, mis à part un temps de pleurs un peu plus court de 30 à 45 minutes par jour, sans augmentation des effets indésirables.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Une grosse partie diabétologie que je vais résumer. En effet, une dizaine d&rsquo;articles constituant les <a href="http://care.diabetesjournals.org/content/42/Supplement_1">recommandations américaines</a> sur la prise en charge du diabète, ont publiés dans Diabetes Care. On y retrouve le diagnostic par  une GAJ &gt; 1,26g/L ou par une HbA1C &gt; 6,5%, les objectifs glycémiques classiques de 7% pour tous , ou 8% si prévention cardiovasculaire secondaire, microangiopathie ou espérance de vie limitée, la place de la metformine en 1ère intention suivie des analogues du GLP-1 (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/10/dragi-webdo-n200.html">ici</a>) et les actions de prévention cardiovasculaire (cible HTA &lt; 130/80, cible LDL &lt; 0,7 en prévention secondaire, et aspirine en prévention secondaire mais pas en primaire sauf très haut risque après discussion individualisée avec le patient. Un autre point intéressant est qu&rsquo;ils disent que la prise en charge nutritionnelle est remboursée par les assurances et la sécurité sociale. Il faudrait que ce soit le cas chez nous aussi!</p>
<p>Et hop, un billet publié dans les temps! Encore merci beaucoup pour votre fidélité. Pensez à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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<p>A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°224: AINS, prothèses et implants, examen clinique des seins, sinusite , plomb, semaglutide</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/04/dragi-webdo-n224/</link><pubDate>Mon, 22 Apr 2019 00:42:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/04/dragi-webdo-n224/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Gynécologie</category><category>ORL</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous! Désolé d&rsquo;avoir déphasé certains avec un billet de milieu de semaine, mais seuls les Dragi Webdo ont un jour fixe de parution! Et il faut croire que c&rsquo;est une conspiration, mais malgré une publication à l&rsquo;heure prévue (soit minuit passé), la plupart d&rsquo;entre vous ne liront pas ce billet en allant au travail demain, puisque c&rsquo;est férié! Alors profitez bien du week-end prolongé et bonne lecture de ce billet qui ne sera pas très long!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Suite à l&rsquo;affaire des #Implantfiles, qui peut se résumer par une mauvaise voir une absence d&rsquo;évaluation de certains dispositifs médicaux, la <a href="https://www.fda.gov/NewsEvents/Newsroom/PressAnnouncements/ucm636114.htm">FDA</a> (version américaine de l&rsquo;ANSM) a demandé l&rsquo;arrêt de la commercialisation de toutes les prothèses utilisées dans la réparation de prolapsus pelviens, le temps que des évaluations soient effectuées pour garantir la sécurité des patientes.</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2730125">JAMA</a> parle de l&rsquo;utilisation de l&rsquo;e-cigarette pendant la grossesse et retrouve trop de femme l&rsquo;utilisant à ce moment là de leur vie (7%) car la nicotine peut être toxique pour le foetus en altérant le développement pulmonaire et cérébral. Ce n&rsquo;est cependant pas mis en balance avec les risques du tabagisme&hellip; dommage.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Anti-inflammatoires-non-steroidiens-AINS-et-complications-infectieuses-graves-Point-d-Information">ANSM</a> revient sur les risques infectieux des AINS, notamment de l&rsquo;ibuprofène et du ketoprofène suite à des déclarations aux centres de pharmacovigilance. Ce n&rsquo;est pas nouveau, et tous les AINS devraient être concernés. Cependant la diffusion de message aura certainement un effet positif sur l&rsquo;automédication mais peut être un effet négatif dans certaines circonstances (par exemple, une frayeur d&rsquo;une patiente qui est venue me voir en garde parce qu&rsquo;elle avait du ketoprofène pour sa SPA&hellip;)</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>Parlons de l&rsquo;examen clinique des seins, qui, pour mémoire, n&rsquo;est plus recommandé dans le suivi des femmes pour dépistage du cancer  aux <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/10/dragi-webdo-n155.html">Etats Unis</a> ni au <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/01/dragi-webdo-n212.html">Canada</a>. Cette <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30974372">étude</a> (qui est vachement bien, n&rsquo;est ce pas? #CeuxQuiSachent) qui a inclus plus de 3000 patientes consultant en cabinet de radiologie, s&rsquo;est intéressée au risque de mammographie à haut risque (ACR 3 ou 4) et à la performance de l&rsquo;examen clinique des seins. Ainsi, la sensibilité de l&rsquo;examen clinique des seins anormal (quelque soit l&rsquo;anomalie: nodule, douleur, écoulement, adénopathie&hellip;) était de 36% et la sensibilité de 78%, ce qui est assez médiocre. Cependant, l&rsquo;écoulement mammaire, la rétraction mamelonnaire et les adénopathies avaient des valeurs prédictive positives supérieures à 5. La douleur, quand à elle n&rsquo;était absolument pas un facteur &ldquo;rassurant&rdquo;. L&rsquo;ensemble de ces résultats était similaire quelque soit la tranche d&rsquo;âge étudiée (avant 40 ans, entre 40 et 50 ans, entre 50 et 74 ans, et au delà de 75 ans). Bref, on arrête quand de recommander l&rsquo;examen de seins systématique nous aussi?</p>
<p>Concernant la grossesse, l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2730621">USPSTF</a> (équivalent de la HAS américaine), ne recommande pas d&rsquo;évaluer l&rsquo;exposition au plomb par dosage du plomb chez les femmes durant la grossesse (ni chez les enfants d&rsquo;ailleurs. Pour mémoire, en France, le risque de saturnisme se dépiste avec la grille dont j&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/01/dragi-webdo-n167_21.html">ici</a>).</p>
<p>3/ ORL</p>
<p>Du coté d&rsquo;<a href="http://www.annfammed.org/content/17/2/164">Annals of family medicine</a>, les signes de sinusite sont étudiés. Les auteurs retrouvent que la rhinorrhée purulente du méat moyen et l&rsquo;impression globale sont les signes les plus en faveur d&rsquo;une sinusite (tout en restant modérés car les rapports de vraisemblance positifs sont de 3). Les signes négatifs ne sont pas géniaux&hellip; Je découvre quand même la transillumination des sinus <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Z-CYWdc73IQ">maxillaires</a> et <a href="https://www.youtube.com/watch?v=8Lo3bENDqzs">frontaux</a> (LR- : 0,5), ça peut être intéressant à tester! Mais une fois la sinusite évoquée, les signes en faveur d&rsquo;une infection bactérienne sont principalement l’existence d&rsquo;une cacosmie et la douleur dentaire. La durée d&rsquo;évolution, critère clinique fréquemment utilisé dans les recos, n&rsquo;est pas étudiée ici, et la fièvre n&rsquo;est pas un bon signe non plus.</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>On essaye toujours de trouver une utilité aux applications mobiles. Cette fois ci, dans la gestion du diabète par les patients, une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2730605">étude</a> a passé en revue près de 400 applications. Beaucoup ne donnaient pas de rappel pour effectuer les glycémies, ne donnaient pas les objectifs glycémiques et ne permettaient pas de faire un suivi d&rsquo;HbA1C. A peine plus de la moitié des applis signalaient les hypoglycémies (par des messages ou changement de couleur) et 10% donnaient des conseils d&rsquo;éducation au diabète. Bref, ce n&rsquo;est pas encore que la m-médecine changera le monde.</p>
<p>Pour finir, passons à une étude comparant le semaglutide oral (le 1er analogue du GLP-1 oral, pour mémoire, il avait montré une efficacité cardiovasculaire en injectable versus placebo, cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/09/dragi-webdo-n107.html">ici</a>) à la sitagliptine, dans un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2729339">essai</a> contrôlé randomisé chez les patients diabétiques de type 2 non contrôlés par la metformine seule ou associée à un sulfamide. Je passe vite sur le fait que sur l&rsquo;objectif qu&rsquo;était l&rsquo;HbA1c, le semaglutide était plus efficace que la sitagliptine, pour regarder les tableaux de tolérance. Il y avait légèrement plus de patients avec au moins 1 effet indésirable dans le groupe sitagliptine, et les effets indésirables étaient un peu plus graves dans le groupe sitagliptine, mais il y avait plus d&rsquo;arrêt indésirables pour non-tolérance dans le groupe semaglutide. Il y avait moins d&rsquo;hypoglycémies avec le semaglutide, moins de rétinopathies diabétiques également, mais plus de nausées, vomissements, diarrhées et céphalées. Attendons donc les résultats cardiovasculaires de cette forme orale!</p>
<p>Bon lundi de Pâques à tou·te·s, et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>La dépression sans pression !</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/04/la-depression-sans-pression/</link><pubDate>Wed, 17 Apr 2019 19:49:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/04/la-depression-sans-pression/</guid><category>Prévention</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voilà un moment que j&rsquo;ai besoin de
repères, au milieu de tous les articles sur la dépression contenus dans les
Dragi Webdo, pour prendre en charge les nombreux patients atteintes de syndrome
dépressifs majeurs au cabinet. Il y avait longtemps que je n&rsquo;avais pas fait de
billet thématisé sur une pathologie. C&rsquo;est donc le tour des syndromes
dépressifs! (Oui, il faudrait aussi que j&rsquo;en fasse un sur les dyslipidémies&hellip;)</p>
<p>1/ dépistage</p>
<p>Tout d’abord, parlons de dépistage. La dépression
est une pathologie <strong>fréquente</strong>
atteignant près de 10% de la population générale [1]. Ce n’est pas qu’une
pathologie, c’est une comorbidité, associée aux douleurs chroniques, à la BPCO,
aux maladies cardiovasculaires&hellip;[2–4] Et inversement, chacune de ces
pathologies devrait faire rechercher une dépression associée. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un dépistage ciblé et non en population générale et nous allons voir quand
et comment dépister la dépression à différents moments.</p>
<p>Le plus simple pour du dépistage (notamment chez les patients avec co-morbidités ou symptômes potentiellement évocateurs n&rsquo;appartenant pas à une autre catégorie décrite après) est certainement
le <strong>2-questions screen</strong>
[5] , avec une sensibilité de 92% et une spécificité de 78% en le
comparant aux autres échelles :</p>
<ul>
<li>
<p>Vous sentez vous déprimé?</p>
</li>
<li>
<p>Avez-vous une perte d&rsquo;intérêt pour les choses
qui vous plaisaient avant?</p>
</li>
</ul>
<p>Le <a href="https://www.revmed.ch/Scores/SCORES-DIAGNOSTIQUES/PSYCHIATRIE/Questionnaire-PHQ-9-pour-la-depression">PHQ-9</a> est également possible et utilisable, mais est un peu plus long. Il est utilisable pour du dépistage en médecine générale avec une sensibilité de 73% et une spécificité de 98%.</p>
<p>Chez l’adolescent, la HAS a publié un guide de
prise en charge de la dépression. Le plus important étant de repérer les signes
lors de l’entretien car il est difficile de faire parler un ado sur le sujet[6].
La HAS recommande un dépistage par l’ADRS qui est un peu long à mon avis et par
le TSTS-CAFARD qui est dépassé. Il est donc préférable de se référer au <strong>BITS</strong> qui est
l’actualisation du TSTS-CAFARD :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgBSuiQ8XCqtEtnwGr74P8NS_uwTCN7BV7jhh74bdDQy37Tt5pqn4Z0crPiCYTMFvgPnWuAnUB2Y6hBAjCNTN0mdAbTY8iHYMcgOoj0_YsDapV_hueks_JAbkEqjp5Mfr4vNFgq2-R_e4Sr/s1600/BITS.png"><img src="/images/articles/2019/bits.png" alt=""></a></p>
<p>On continue dans l’ordre chronologique des
dépistages, et les sociétés savantes américaines sont en faveur d&rsquo;un dépistage
et d&rsquo;une prise en charge précoce de la <strong>dépression
du post-partum</strong>, en adressant pour des thérapies comportementales et
thérapies interpersonnelles, les patients avec facteurs de risque: antécédent
dépression ou symptômes dépressifs actuels et facteurs économiques et sociaux
(faibles revenus, âge jeune, mono-parentalité etc&hellip;)[7].</p>
<p>Chez la personne âgée, le dépistage de la
dépression en médecine générale passe surtout par le GDS ou le <strong>mini-GDS</strong> [8], une réponse positive aux
questions 1, 2 ou 4, ou négative à la question 3 doit faire rechercher de façon
plus précise une dépression:</p>
<ul>
<li>
<p>Vous sentez-vous souvent découragé(e) et triste
?</p>
</li>
<li>
<p>Avez-vous le sentiment que votre vie est vide ?</p>
</li>
<li>
<p>Êtes-vous heureux (se) (bien) la plupart du
temps ?</p>
</li>
<li>
<p>Avez-vous l&rsquo;impression que votre situation est
désespérée ?</p>
</li>
</ul>
<p>2/ Diagnostic</p>
<p>Concernant le diagnostic, les recommandations de
la HAS de 2017 sont cohérentes aux données internationales[1,9,10]. Ainsi, le
diagnostic d’épisode dépressif caractérisé (anciennement épisode dépressif
« majeur » alors que le « majeur » ne correspondait pas à
une caractéristique de sévérité) ne dépend pas d’échelles, mais repose sur la
présence d’au moins <strong>2 symptômes
principaux et d’au moins 2 symptômes associés depuis au moins 2 semaines</strong>:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjMdANLyE3rxYKdo-Y5aARJACN4FbdY51BobgjVdErMZ66-kQUAcTojwZmkQ9KVvkchmIwmJY6Qa-iJ0_rGF0BZa5VT9meSTeTsanHErlamvJrQWClK0A02cZ7ykF52go8qSMdAGlZxtZsr/s1600/d%25C3%25A9pression.png"><img src="/images/articles/2019/d-25c3-25a9pression.png" alt=""></a></p>
<p>La sévérité du trouble est ensuite évaluée selon
le nombre de symptômes principaux et associés. C’est l’évaluation de la
sévérité qui permettra de déterminer la prise en charge :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjpHqL81t0hjysKojF5RO898Fmo7-AlciSannwWGcDQjMpY9SFLO0-eP3Pf1mA6GfgCe2PyRbBhIh1C-xMMfOQJnY2s9YVtfkmvmHRXclMnJH3XSCe8GfVZXC5p5j7YPKcIB8xPWVZJ1CyV/s1600/s%25C3%25A9v%25C3%25A9rit%25C3%25A9+EDC+d%25C3%25A9pression.png"><img src="/images/articles/2019/s-25c3-25a9v-25c3-25a9rit-25c3-25a9-edc-d-25c3-25a9pression.png" alt=""></a></p>
<p>Cependant, la cotation ALQP003 (permettant de
coter une consultation annuelle d’évaluation de troubles dépressif à 69,12€),
est conditionnée par la réalisation d’un test (MADRS, Hamilton, Beck,
MMPI, STAI) bien que l&rsquo;impression clinique du médecin soit aussi bonne que l&rsquo;utilisation d&rsquo;un de ces tests (et là, je ne trouve plus la ref, alors si quequ&rsquo;un l&rsquo;avait, je mettrai le billet à jour!).</p>
<ul>
<li>
<p>Un des plus couramment utilisé est donc le
questionnaire de <a href="http://medicalcul.free.fr/depressionhamilton.html">Hamilton</a>.
Il comporte 21 items, et un épisode caractérisé sévère est défini par un score
≥ 24 (ou &gt;26 selon les études). Mais il est peu adapté en médecine de ville.</p>
</li>
<li>
<p>L’alternative principale est le questionnaire
de <a href="http://psychotherapies.info/les-tests/inventaire-de-depression-de-beck/">Beck</a>
(BDI-II) comportant 21 items pour lequel un épisode dépressif caractérisé
sévère correspond à un score &gt; 29.</p>
</li>
</ul>
<p>Il faut ensuite évaluer le <strong>risque suicidaire</strong> [9,11]. L’urgence étant dans le risque suicidaire
élevé :  la planification est claire, le passage à l’acte est prévu
pour les jours qui viennent, il est coupé de ses émotions (rationalise  sa
décision ou est très émotif, agité, troublé), il se sent complètement
immobilisé par la dépression ou dans un état de grande agitation, il a une
douleur et une expression de la souffrance omniprésentes ou complètement tues,
il a un accès direct et immédiat à un moyen de se suicider, il a le sentiment
d’avoir tout fait et tout essayé, et il est très isolé.</p>
<p>Un questionnaire (Columbia Suicide Severity
Rating Scale) peut permettre de l’évaluer en quelques questions (version
française par moi) :</p>
<ul>
<li>Dans les dernières semaines, avez-vous souhaité être mort ?</li>
<li>Dans les dernières semaines, avez-vous ressenti que, vous ou votre famille,
seriez mieux si vous étiez mort ?</li>
<li>Dans les dernières semaines, avez-vous pensé à vous suicider ?</li>
<li>Avez-vous déjà essayé de vous suicider ? Si oui, quand  et comment ?</li>
<li>En ce moment, pensez-vous à vous suicider ? Si oui, pouvez-vous décrire
ces pensées ?</li>
</ul>
<p>Enfin, recherche une <strong>cause somatique</strong> (hypothyroïdie, maladie neuro-dégénérative, abus de
substances, iatrogénie)  ou un <strong>diagnostic
différentiel</strong> comme le trouble bipolaire à évoquer notamment devant tout
trouble dépressif, notamment entre 15 et 25 ans, ou multiples, ou avec
antécédents familiaux de bipolarité, ou avec symptômes hypomaniaques, ou en cas
de réponse atypique aux antidépresseurs.[9,12](On peut utiliser le <a href="http://www.cercle-d-excellence-psy.org/fileadmin/Restreint/MDQ%20et%20Cotation.pdf">Mood Disorder Questionnaire</a> ou le <a href="https://www.forumpsy.net/t527-hypomanie-test-d-angst">test d&rsquo;hypomanie d&rsquo;Angst</a> pour ça, mais je m&rsquo;égarre.)</p>
<p>3/ Prise en charge</p>
<p>La prise en charge sera souvent
pluridisciplinaire. Elle commencera idéalement (et selon les moyens du patient)
par une prise en charge par psychothérapie. En effet, les sociétés savantes
américaines les recommandent en première intention dans les épisodes dépressifs
caractérisés au même titre que le traitement médicamenteux (c’est donc
soit psychothérapie soit antidépresseur) [13].</p>
<p>D’après les recommandations HAS, pour les
épisodes dépressifs caractérisés <strong>légers à modérés</strong>, la prise en charge peut être
faite par le généraliste (avec une psychothérapie de généraliste), le
traitement antidépresseur pouvant être discuté en 1ère intention pour les
épisodes modérés, avec une réévaluation à 4-8 semaines (j&rsquo;ai rarement vu une
dépression guérir en 4 semaines&hellip;). Pour les épisodes <strong>sévères</strong>, l&rsquo;avis du
psychiatre est recommandé de façon systématique après mise en place du
traitement pharmacologique par le généraliste (ce qui n’est pas vraiment
réalisable vu les délais de consultation…). Quelque soit la sévérité, une
psychothérapie est fortement recommandée et en cas d&rsquo;épisode sévère, le
traitement médicamenteux doit être <strong>poursuivi
pendant au moins 6 mois</strong>, voire 1 an et pendant au moins 2 ans en cas de récidive.</p>
<p><strong>Les thérapies
cognitivo-comportementales</strong> sont les principales psychothérapies
recommandées par la plupart des organismes de recommandations internationaux
[14]. Il apparait important de poursuivre la psychothérapie jusqu’à l’arrêt des
antidépresseurs, les thérapies cognitive-comportementales étant
particulièrement efficaces au moment de la décroissance médicamenteuse, j’en
avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n178.html">ici</a>[15].</p>
<p>Il ne faut surtout pas négliger les autres
mesures non médicamenteuses [14]. <strong>L’activité physique</strong>
est recommandée et même fortement encouragée depuis que les patients peuvent
bénéficier de sport sur ordonnance [16]. De plus, 1 heure de sport par jour
aurait également un effet préventif sur les symptômes dépressifs [17].</p>
<p>4/ Les antidépresseurs</p>
<p>La partie la plus difficile va certainement
concerner les traitements : quelle est la différence d’efficacité ?
Quels sont les effets indésirables ? Lesquels prescrire en premier et en
cas d’échec ?</p>
<p>Pour commencer, parlons phytothérapie. Le <strong>millepertuis</strong> est une plante avec de
nombreuses interactions médicamenteuses mais qui a un effet antidépresseur plus
souvent utilisé dans les pays germaniques qu’en France. Le millepertuis a
montré une efficacité au moins égale à la paroxétine dans le traitement de la dépression
et semble pouvoir être une option chez les patients n’ayant pas de comorbidité
(à cause des interactions avec les autres traitements éventuels)[18]. Les effets indésirables sont surtout marqués par de potentiels troubles digestifs et par des éruptions cutanées post-exposition au soleil chez les patients à peau claire.</p>
<p>Si on passe aux traitements plus classiques,
d’après la HAS, « il n&rsquo;y a pas de différence d&rsquo;efficacité entre les
classes, privilégier inhibiteurs de recapture de la sérotonine (IRS) et inhibiteurs de recapture de sérotonine et de noradrénaline (IRSNa) en 1ère intention, et les tricycliques en
2ème intention ». Ce qui ne nous aide pas vraiment à choisir une molécule.
Référons nous donc à la méta-analyse en réseau de Cipriani publiée dans le
Lancet en 2018 [19]. C&rsquo;est une mise à jour de la <a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article/359">méta-anlyse</a> du même auteur datant de 2008 et qui privilégiait la sertraline et l&rsquo;escitalopram.  Ainsi, les auteurs retrouvent que <strong>l&rsquo;amitriptyline</strong> est l&rsquo;antidépresseur le
plus efficace, les autres étant tous quasiment équivalents et plus efficaces
que le placebo. Si on fait un peu attention, la seule différence significative
entre les molécules concernerait une supériorité de l&rsquo;amitriptyline par rapport
à la fluoxétine. Sur le plan de la tolérance, l&rsquo;agomélatine et la fluoxétine semblent à privilégier (sur la base des arrêts de traitement et non de la gravité des effets secondaires) et la clomipranine est la moins bien supportée. Ainsi, la <strong>fluoxétine</strong> semble être un bon premier choix
de traitement, efficace et mieux supportée, avant d&rsquo;aller essayer d&rsquo;autres
IRS/IRSNa ou de passer à l&rsquo;amitriptyline qui semble être plus efficace.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiQPNGq7zm7MueBYEvNO6ytGj7344ncU4n3Xrz5Rn5_I_M3koIQs2R3piobagj2DPkIf0Te4t1j35BKNehRT_EA7YRpL6eBKy1OylreGPosrwZEAqHgRQ3hqj0uqcF_O8DFIEEeQWBo5TRg/s1600/antid%25C3%25A9presseurs.png"><img src="/images/articles/2019/antid-25c3-25a9presseurs-2.png" alt=""></a></p>
<p>Dans les articles du BMJ et du NEJM de 2019 sur
la dépression en soins primaire[11,14], on voit sur leur tableau récapitulatifs
que le citalopram et escitalopram ont plus à risque cardiaque et dangereux en
cas de surdose, la fluoxétine semble un meilleur choix (comme j’ai dit juste au
dessus). En cas d’échec, la question se pose donc de passer à un IRSNa
(venlfaxine ou duloxétine) ou à un tricyclique. Le tableau retrouve une
meilleure tolérance de la <strong>duloxétine</strong>
par rapport à la venlafaxine qu&rsquo;il faudrait donc privilégier dans les IRSNa. La
<strong>mirtazapine</strong> a un profil intéressant
avec une bonne efficacité mais des effets indésirables de type prise de poids
et surtout somnolence très importants. Concernant les tricycliques,
l&rsquo;amitriptyline est moins bien tolérée que la clomipramine d&rsquo;après le tableau
(contrairement à l’étude précédente), mais l&rsquo;amitriptyline reste le plus
efficace, et serait donc à préférer.  L&rsquo;agomélatine, qui semblait bien tolérée dans la méta-analyse n&rsquo;est pas disponible aux Etats Unis (c&rsquo;est déjà étrange&hellip;) n&rsquo;est pas recommandée en soins primaires par la plupart des organismes de recommandations internationaux.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhBxkhIEuPhHhAyIMwgd7_E_tl8oNjkwwiC8A6epaM1dULtMZ04ah6FATtg8x_y-wMnfymdUpk80ZdaOn_k3AueGIDOeT7Is46qc0u2GVmvUFJ8cInIDKUU3UC00BOqlDMjRTNgn6TYNGiq/s1600/antid%25C3%25A9presseur.png"><img src="/images/articles/2019/antid-25c3-25a9presseur-2.png" alt=""></a></p>
<p>Si nous nous tournions maintenant vers ce que dit la revue Prescrire (je ne mets pas de refs détaillées parce que c&rsquo;est galère d&rsquo;ajouter à la main les refs prescrire étant donné qu&rsquo;elles ne peuvent être enregistrées automatiquement dans Zotero).<br>
Concernant le millepertuis, la revue prescrire n&rsquo;en parle comme antidépresseur qu&rsquo;en 2007, soit avant les études ayant retrouvé une efficacité clinique. Leur conclusion est donc que l&rsquo;effet n&rsquo;est pas démontré.<br>
Concernant les IRS, Prescrire propose des traitements de première intention par fluoxétine et paroxétine ou même la sertraline qui n&rsquo;apporte rien de nouveau, mais récuse le citalopram et escitalopram à cause des risques cardiaques qui sont classés dans &ldquo;les médicaments à écarter&rdquo;.<br>
La mirtazapine est considérer comme proche de la miansérine et n&rsquo;apporte rien de nouveau par rapport à l&rsquo;amitriptyline.<br>
Concernant les IRSNa, ils sont tous considérés comme médicament à écarter, avec une mention spéciale pour le milnacipran et la venlafaxine qui augmentent le risque de mortalité en cas de surdose. Ce sont donc clairement des traitements à réserver si les autres ne sont pas supportés du tout&hellip;<br>
Enfin, les tricycliques sont peu étudiés dans prescrire qui les prend souvent comme molécule de référence pour dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;amélioration pour les autres traitements. Cependant, les effets indésirables sont nombreux et semblent être acceptables pour une molécule qui n&rsquo;est pas utilisée en première intention.<br>
Enfin, l&rsquo;agomélatine est également &ldquo;à éviter&rdquo; d&rsquo;après Prescrire qui demande son retrait du marché, devant des effets indésirables disproportionnés par rapports aux autres antidépresseurs (notamment des hépatites fréquentes) et un risque suicidaire majoré.</p>
<p>5/ Les échecs de traitement et dépression
résistante</p>
<p>En cas d’échec de traitement, qui se réévalue à
4-8 semaines selon la HAS et plutôt 3 semaines initialement pour les
britanniques, on peut avoir recours à des <strong>switch</strong>
d’antidépresseurs. Voici un tableau permettant de savoir quand baisser l’un et
débuter l’autre. Je retiens surtout que la fluoxétine a une demi-vie de 5 jours
et que le risque d’allongement de QT peut être favorisé lors du switch avec un
autre antidépresseur allongeant le QT. Il me semble cependant dur de dire
« on ne mets plus rien pendant 14 jours » à un patient qui s’aggrave… (cliquer sur l&rsquo;image pour agrandir ou sinon @Mimiryudo m&rsquo;a communiqué <a href="http://wiki.psychiatrienet.nl/index.php/SwitchAntidepressants">ce site</a> en anglais)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjfP823uXrmJgoNdnJbOH_Czq7UkNk8fCeSpXDsEUsCLLT-E3iziuZ7b4SZnVPW7p7ev97pUlRbuE6cJpYTyy7kb0_045RRHMZF-hyyoTExLouHwTr7Pbi4oYwfqAeVMmqZg-9-t9UKMnyc/s1600/switch+atd.jpg"><img src="/images/articles/2019/switch-atd.jpg" alt=""></a></p>
<p>La dépression résistante définie comme la
résistance à 2 molécules de classes différentes nécessite un avis spécialisé [9,11].
Des auteurs ont publiés dans le BMJ [20], un essai contrôlé randomisé
concernant les patients avec dépression résistante traitée par IRS ou IRSNA en
soins primaires. Ces patients pouvaient recevoir soit de la mirtazapine soit un
placebo en plus de leur antidépresseur habituel. Au total, les bithérapies
n&rsquo;ont pas été plus efficaces que les monothérapies, au prix d&rsquo;un peu plus
d&rsquo;effets secondaires.</p>
<p>[Edit  14/05/2022: Cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/fullarticle/2789300?guestAccessKey=93ba7b66-f43e-4ae8-b7e2-aab5bf6f6ce7">revue systématique</a>
c&rsquo;est intéressé aux différentes associations d&rsquo;antidépresseurs et il
semblerait que l&rsquo;association d&rsquo;un inhibiteur de recapture de monoamine
(c&rsquo;est à dire un IRS, un IRSNA ou un tricyclique) associé à un
antagoniste des récepteurs alpha2 (c&rsquo;est à dire la miansérine et la
mirtazapine) soit plus efficace qu&rsquo;une monothérapie en augmentant le
taux de rémission et de réponse sans augmentation des sorties d&rsquo;études
dues au traitement. Il y aurait également un effet sur l&rsquo;amélioration
des symptômes dans le sous groupe des non répondeurs à une monothérapie.]</p>
<p>Il semble donc préférable d’en rester à des monothérapies, pour nous, généralistes.<br>
En dernières alternatives, il y a la toute récente <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29736744">Kétamine</a> et les <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l1079">stimulations magnétiques trans-craniennes ou les électro-convulsivothérapie</a> dans l&rsquo;indication de dépression résistante qui sont des options visiblement efficaces.</p>
<p>Je ne suis volontairement pas rentré dans le débat &ldquo;est ce que les antidépresseurs sont réellement efficaces?&rdquo; parce que un critère de jugement correspondant à une baisse de 2 points sur 100 (en gros, hein), ce n&rsquo;est pas cliniquement pertinent, et je suis d&rsquo;accord. Mais comme ce questionnement est assez commun à presque tous les antidépresseurs, je préfère accepter ce biais. De même, le biais de publication.</p>
<p>6/ Décision médicale partagée</p>
<p>Enfin, il est indispensable que le choix d’un
traitement médicamenteux relève d’une <strong>décision
partagée</strong> pour mettre en place un traitement personnalisé, adapté aux
craintes et désirs du patient [21]. Cela augmente le confort et la satisfaction
des patients mais également des médecins (et avoir un médecin satisfait, c’est
mieux pour le moral, pour éviter le burn-out et améliore la relation
médecin-patient pour les consultations suivantes). Personnellement, je laisse
les patients gérer le moment de la prise : le matin si le médicament donne
des cauchemars, le soir s’il fatigue trop quand il est pris le matin etc…. Et
sinon voici <a href="https://depressiondecisionaid.mayoclinic.org/app/depression">l’outil
d’aide à la décision de la Mayo Clinic</a>.</p>
<p>7/  La synthèse</p>
<p>Voici donc la synthèse de mes réflexions avec un
algorithme maison (en privilégiant les molécules soulignées) suivi des posologies efficaces en général et maximales (ainsi
que quelques spécificités)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh0EgzAN2DJvpxn7h9fBtPz1n-qK-0ipHN05K76NMK5TAStqDrWOHo8fpL-Z8i8RcwNPq5Jz9bB0Btbb4kIBNQy0li5pHyH0J7caiDUTdvSc4i7xfr2Ycod5kt0tmIOIdbuGnwgWl-yZyWa/s1600/final.png"><img src="/images/articles/2019/final.png" alt=""></a></p>
<p><strong>Millepertuis</strong>: 300mg x 3 par jour</p>
<p><strong>Fluoxétine</strong>: 20mg le matin ( <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(19)30217-2/fulltext">30mg en dose optimale</a>, 80mg maximum)</p>
<p><strong>Sertraline</strong>: 50mg le matin (<a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(19)30217-2/fulltext">75mg en dose optimale</a>, 200mg maximum)</p>
<p><strong>Mirtazapine</strong>: 15mg le soir (<a href="https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(19)30217-2/fulltext">30mg en dose optimale</a>, 45mg maximum)</p>
<p><strong>Duloxétine</strong>: 60mg le matin (120mg maximum,
débuter éventuellement à 30mg pendant 1 semaine)</p>
<p><strong>Amitriptyline</strong>: 75mg le soir (150mg maximum,
débuter à 10 gouttes/jour et augmenter de 5 gouttes tous les 3 jours pour
minimiser les effets secondaires et arriver à 50mg après 3 semaines. Monter
plus lentement si somnolence excessive)</p>
<p>Une autre option pourrait être de passer directement du &ldquo;niveau 1&rdquo; au &ldquo;niveau 3&rdquo;, de la fluoxétine à
l&rsquo;amitriptyline, avec des doutes sur la tolérance et donc nécessitant
une augmentation très progressive des doses. C&rsquo;est ce que je faisais jusqu&rsquo;à maintenant, mais devant des prescriptions non rares d&rsquo;IRSNa par les spécialistes, j&rsquo;ai souhaité m&rsquo;y attarder un peu plus, pour avoir des commentaires sur les avis et pratiques de chacun.</p>
<p>Ces choix d&rsquo;antidépresseurs sont issus de mon raisonnement, qui n&rsquo;est pas universel. Certains médicaments &ldquo;à écarter&rdquo; pourraient être des options de 2ème ou 3ème ligne, à tenter après discussion avec les patients avant d&rsquo;aller directement à l&rsquo;électroconvulsothérapie (ici, la duloxétine pourrait être une option chez les personnes pour qui le poids est très important, vu que la mirtazapine et l&rsquo;amitriptyline donnent fréquemment des prises de poids bien que leur balance bénéfice risque puisse être plus favorable).</p>
<p>Les différences d&rsquo;antidépresseurs sont, comme on l&rsquo;a vu essentiellement
sur la tolérance, l&rsquo;efficacité est surtout établie dans des épisodes dépressifs caractérisés sévères. Bref, si vous prenez un antidépresseur qui ne serait pas &ldquo;le meilleur&rdquo; ou qui serait &ldquo;le pire niveau effets indésirables&rdquo;, mais que vous le supportez bien, continuez et reparlez en à votre médecin! D&rsquo;ailleurs, selon moi, quand un patient à déjà eu un traitement efficace et bien toléré, il est préférable de repartir sur cette même molécule en cas de nouvelle dépression plutôt que de tenter une nouveauté qui risque d&rsquo;être mal supportée.</p>
<p>Je suis bien sûr tout ouvert aux critiques et aux
commentaires de prescririens (même si je pense avoir ma petite idée), de psychiatres, de patient•e•s, et des simples médecins comme moi sur ce billet !</p>
<p>A bientôt !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><em>Bibliographie:</em></p>
<p>[1]       Ferenchick EK, Ramanuj P, Pincus HA. Depression in primary
care: part 1—screening and diagnosis. BMJ 2019;365:l794. doi:10.1136/bmj.l794.</p>
<p>[2]       Divo M, Cote C, de Torres JP, Casanova C,
Marin JM, Pinto-Plata V, et al. Comorbidities and risk of mortality in patients
with chronic obstructive pulmonary disease. Am J Respir Crit Care Med
2012;186:155–61. doi:10.1164/rccm.201201-0034OC.</p>
<p>[3]       Kim J-M, Stewart R, Lee Y-S, Lee H-J, Kim
MC, Kim J-W, et al. Effect of Escitalopram vs Placebo Treatment for Depression
on Long-term Cardiac Outcomes in Patients With Acute Coronary Syndrome: A
Randomized Clinical Trial. JAMA 2018;320:350–7. doi:10.1001/jama.2018.9422.</p>
<p>[4]       Sheng J, Liu S, Wang Y, Cui R, Zhang X.
The Link between Depression and Chronic Pain: Neural Mechanisms in the Brain.
Neural Plast 2017;2017. doi:10.1155/2017/9724371.</p>
<p>[5]       Tsoi KKF, Chan JYC, Hirai HW, Wong SYS.
Comparison of diagnostic performance of Two-Question Screen and 15 depression
screening instruments for older adults: Systematic review and meta-analysis. Br
J Psychiatry 2017;210:255–60. doi:10.1192/bjp.bp.116.186932.</p>
<p>[6]       Haute Autorité de Santé - Manifestations
dépressives à l’adolescence : repérage, diagnostic et prise en charge en soins
de premier recours n.d.
<a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c">https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c</a>_1782013/fr/manifestations-depressives-a-l-adolescence-reperage-diagnostic-et-prise-en-charge-en-soins-de-premier-recours
(accessed April 14, 2019).</p>
<p>[7]       Curry SJ, Krist AH, Owens DK, Barry MJ,
Caughey AB, Davidson KW, et al. Interventions to Prevent Perinatal Depression:
US Preventive Services Task Force Recommendation Statement. JAMA
2019;321:580–7. doi:10.1001/jama.2019.0007.</p>
<p>[8]       Clément JP, Nassif RF, Léger JM, Marchan
F. [Development and contribution to the validation of a brief French version of
the Yesavage Geriatric Depression Scale]. L’Encephale 1997;23:91–9.</p>
<p>[9]       Haute Autorité de Santé - Épisode
dépressif caractérisé de l’adulte : prise en charge en premier recours n.d.
<a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c">https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c</a>_1739917/fr/episode-depressif-caracterise-de-l-adulte-prise-en-charge-en-premier-recours
(accessed April 14, 2019).</p>
<p>[10]     Malhi GS, Mann JJ. Depression. The Lancet
2018;392:2299–312. doi:10.1016/S0140-6736(18)31948-2.</p>
<p>[11]     Park LT, Zarate CA. Depression in the
Primary Care Setting. N Engl J Med 2019;380:559–68. doi:10.1056/NEJMcp1712493.</p>
<p>[12]     Haute Autorité de Santé - Troubles
bipolaires : diagnostiquer plus tôt pour réduire le risque suicidaire n.d.
<a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c">https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c</a>_2560925/fr/troubles-bipolaires-diagnostiquer-plus-tot-pour-reduire-le-risque-suicidaire
(accessed April 14, 2019).</p>
<p>[13]     Qaseem A, Barry MJ, Kansagara D, for the
Clinical Guidelines Committee of the American College of Physicians.
Nonpharmacologic Versus Pharmacologic Treatment of Adult Patients With Major
Depressive Disorder: A Clinical Practice Guideline From the American College of
Physicians. Ann Intern Med 2016;164:350. doi:10.7326/M15-2570.</p>
<p>[14]     Ramanuj P, Ferenchick EK, Pincus HA.
Depression in primary care: part 2—management. BMJ 2019;365:l835.
doi:10.1136/bmj.l835.</p>
<p>[15]     Bockting CLH, Klein NS, Elgersma HJ,
Rijsbergen GD van, Slofstra C, Ormel J, et al. Effectiveness of preventive
cognitive therapy while tapering antidepressants versus maintenance
antidepressant treatment versus their combination in prevention of depressive
relapse or recurrence (DRD study): a three-group, multicentre, randomised
controlled trial. Lancet Psychiatry 2018;5:401–10. doi:10.1016/S2215-0366(18)30100-7.</p>
<p>[16]     Activité physique : Prévention et
traitement des maladies chroniques. Inserm - Sci Pour Santé n.d.
<a href="https://www.inserm.fr/information-en-sante/expertises-collectives/activite-physique-prevention-et-traitement-maladies-chroniques">https://www.inserm.fr/information-en-sante/expertises-collectives/activite-physique-prevention-et-traitement-maladies-chroniques</a>
(accessed April 14, 2019).</p>
<p>[17]     Harvey SB, Øverland S, Hatch SL, Wessely S,
Mykletun A, Hotopf M. Exercise and the Prevention of Depression: Results of the
HUNT Cohort Study. Am J Psychiatry 2017;175:28–36.
doi:10.1176/appi.ajp.2017.16111223.</p>
<p>[18]     Seifritz E, Hatzinger M, Holsboer-Trachsler
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with a moderate major depressive episode – a subgroup analysis. Int J
Psychiatry Clin Pract 2016;20:126–32. doi:10.1080/13651501.2016.1179765.</p>
<p>[19]     Cipriani A, Furukawa TA, Salanti G,
Chaimani A, Atkinson LZ, Ogawa Y, et al. Comparative efficacy and acceptability
of 21 antidepressant drugs for the acute treatment of adults with major
depressive disorder: a systematic review and network meta-analysis. The Lancet
2018;391:1357–66. doi:10.1016/S0140-6736(17)32802-7.</p>
<p>[20]     Kessler DS, MacNeill SJ, Tallon D, Lewis G,
Peters TJ, Hollingworth W, et al. Mirtazapine added to SSRIs or SNRIs for
treatment resistant depression in primary care: phase III randomised placebo
controlled trial (MIR). BMJ 2018;363:k4218. doi:10.1136/bmj.k4218.</p>
<p>[21]     LeBlanc A, Herrin J, Williams MD, Inselman
JW, Branda ME, Shah ND, et al. Shared Decision Making for Antidepressants in
Primary Care: A Cluster Randomized Trial. JAMA Intern Med 2015;175:1761–70.
doi:10.1001/jamainternmed.2015.5214.</p>
<p>[22]     VIDAL : Base de données médicamenteuse pour
les prescipteurs libéraux. VIDAL n.d. <a href="https://www.vidal.fr/">https://www.vidal.fr/</a> (accessed April 15,
2019).</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°223 : levothyrox, andexanet, dépression, paracetamol, kinésithérapeutes, Crohn, SAOS</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/04/dragi-webdo-n223/</link><pubDate>Sun, 14 Apr 2019 17:29:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/04/dragi-webdo-n223/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Psychiatrie</category><category>Rhumatologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, voici les actualités de la semaine! Mais d&rsquo;abord, parlons un peu de consommation de soins et d&rsquo;une <a href="https://pediatrics.aappublications.org/content/early/2019/04/04/peds.2018-2491?sso=1&amp;sso_redirect_count=2&amp;nfstatus=401&amp;nftoken=00000000-0000-0000-0000-000000000000&amp;nfstatusdescription=ERROR%3A%20No%20local%20token&amp;nfstatus=401&amp;nftoken=00000000-0000-0000-0000-000000000000&amp;nfstatusdescription=ERROR%3a+No+local+token">étude rétrospective</a> parlant de téléconsultation. Les enfants de 0 à 17 ans consultant pour des infections respiratoires avaient plus souvent des antibiotiques lors de téléconsultations que lorsqu&rsquo;ils étaient vus par des médecins en ville. De plus, les antibiotiques prescrits lors de téléconsultation étaient moins souvent conformes aux recommandations. Voilà, vous en faites ce que vous voulez, bonne lecture pour la suite!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Pour commencer l&rsquo;<a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Antibiotiques-de-la-famille-des-quinolones-et-fluoroquinolones-administres-par-voie-systemique-ou-inhalee-risque-d-effets-indesirables-invalidants-durables-et-potentiellement-irreversibles-et-restrictions-d-utilisation-Lettre-aux-professionnels-de-sante">ANSM</a>, revient une fois de plus sur les non-indications des fluoroquinolones, dans les infections où d&rsquo;autres antibiotiques peuvent être utilisés. Ils insistent également sur le fait de ne pas associer fluoroquinolones et corticoïdes. Enfin, la dernière quinolone (et non fluoroquinolone), la fluméquine, sera prochainement retirée du marché pour balance bénéfice risque défavorable.</p>
<p>Une <a href="https://bpspubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/bcp.13841?af=R&amp;">analyse</a> du registre de pharmaco-vigilance américain s&rsquo;est intéressée aux effets indésirables du vaccin anti HPV sur 10 ans. Les effets les plus fréquemment déclarés concernaient le Gardasil et étaient notamment des malaises et syncopes. 12% des effets déclarés serait sévères, ce qui correspondrait à 2 effets indésirables sévères pour 100 000 doses. De façon intéressante, les déclarations d&rsquo;effet indésirables étaient superposables aux recherches sur Google.</p>
<p>Un point <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s40262-019-00747-3">Levothyrox</a>*, avec une étude estimant que, bien que la bio-évquivalence entre l&rsquo;ancien et le nouveau médicament ait été retrouvée dans les études sur des &ldquo;moyennes d&rsquo;individus&rdquo;, il y aurait une variance inter-individu importante et 50% des patients volontaires sains utilisés pour les tests auraient été en dehors de l&rsquo;intervalle d&rsquo;équivalence.(voici le schéma explicatif, en pointillé rouge les bornes de +/- 20% correspondant à l&rsquo;intervalle d&rsquo;équivalence)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhNlNV7tq97LwJOZpILo86RqtFW_mMuhaEViMlNCXhb3tQ8Zajasqvg-ttWJujLjfLug8yUiKq9MSEug10ORKpMp5fSFrIROQ3klWypy5hV_QwDtLC7hcsp8AA5b_pcGri5FseTXoQdZgQg/s1600/levothyrox.png"><img src="/images/articles/2019/levothyrox.png" alt=""></a></p>
<p>Ça faisait un <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/09/dragi-webdo-n108.html">moment</a> que je n&rsquo;avais pas parlé de l&rsquo;Andexanet, l&rsquo;antidote de l&rsquo;apixaban et du rivaroxaban. Dans cette étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1814051">NEJM</a>, 350 patients ont été évalués et l&rsquo;efficacité de l&rsquo;antidote était aussi bonne vis à vis de chacun de ces 2 AOD, avec une réponse chez 82% des patients à 12h. 14% des patients sont néanmoins décédés à 30 jours (je ne sais pas à combien on est pour des AVK). Notons le financement pharmaceutique de l&rsquo;étude, mais qui ne semble pas avoir interféré dans les analyses et la rédaction du manuscrit.</p>
<p>2/ Psychiatrie</p>
<p>Le BMJ a publié 2 articles sur la dépression, et je détaillerai un peu plus le <a href="https://www.bmj.com/content/365/bmj.l835">second</a> sur la prise en charge. D&rsquo;abord, il y a un abstract interactif, sur lequel on peut sélectionner un traitement pour voir par quelles sociétés savantes il est recommandé, dans quelles circonstances et quels sont les effets indésirables. Les IRS sont recommandés en première intention, notamment le citalopram, on voit sur leur tableau récapitulatifs que le citalopram et escitalopram ont plus à risque cardiaque et dangereux en cas de surdose, la fluoxétine semble un meilleur choix (comme j&rsquo;en avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/02/dragi-webdo-n172.html">ici</a>). En cas de résistance, la question se pose de passer à un IRSNA (venlfaxine ou duloxétine) ou à un tricyclique. Le tableau retrouve une meilleure tolérance de la duloxétine par rapport à la venlafaxine (et une efficacité un poil possiblement supérieure de la duloxétine) qu&rsquo;il faudrait donc privilégier dans les IRSNA. La mirtazapine a un profil intéressant avec une bonne efficacité.. Concernant les tricycliques, l&rsquo;amytriptyline est moins bien tolérée que la clomipramine d&rsquo;après le tableau, mais l&rsquo;amitriptyline reste le plus efficace, et serait donc a considérer en dernière intention.  Enfin, la dépression résistante définie comme la résistance à 2 molécules de classes différentes nécessite un avis spécialisé (Je passe les parties sur les psychothérapies et modification de mode de vie qui sont indispensables et efficaces).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj3zcNqCFa_3oRf5AJmjVG10qQFftaokw5HTN0dH6CLVM_d7cEYfsmBWdYhKs4rstjuuk9steh2BT_dpkZqS8cumNTmqdSDqpdy0Nn6ka-HAUdrr9RSHhLuhbFzNUq01RnRRb6rrI_309Dn/s1600/antid%25C3%25A9presseur.png"><img src="/images/articles/2019/antid-25c3-25a9presseur.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Les MG sont ils indispensables ? Un article du <a href="https://bjgp.org/content/early/2019/04/08/bjgp19X702245">BJGP</a> a évalué la prise en charge des troubles musculosquelettiques par des kinésithérapeutes. Cette étude observationnelle a retrouvé que les prises en charge des kinésithérapeutes étaient cohérentes et adaptées et pourraient permettre de diminuer le recours aux médecins.</p>
<p>Une revue <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD013273/paracetamol-pour-le-traitement-de-larthrose-de-la-hanche-ou-du-genou">Cochrane</a> a retrouvé, que l&rsquo;efficacité du paracétamol dans l&rsquo;arthrose était mineur avec un écart de 3 points sur 100 sur la douleur, et d&rsquo;autant sur un score fonctionnel en faveur du paracetamol versus placebo. Le NNH d&rsquo;avoir un effet indésirable grave était de 100, et de 20 pour une anomalie du bilan hépatique. Le problème de ces évaluations, c&rsquo;est qu&rsquo;on a une évaluation à 12 semaines, et peut être pas dans les 2h suivant la prise du traitement, délai où la douleur pourrait être mieux soulagée chaque jour. Une utilisation ponctuelle raisonnable semble cependant plus adaptée qu&rsquo;une prise continue pendant 12 semaines à dose maximale.</p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>Des recos concernant la maladie de Crohn ont été publiées dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2730734">JAMA</a>. C&rsquo;est très spécialisé, sauf la place de la calprotectine fécale dans le diagnostic pour s&rsquo;orienter vers une MICI au lieu de trouble fonctionnels intestinaux. J&rsquo;en avais déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/09/dragi-webdo-n61.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/12/">là</a>. Malheureusement, ce n&rsquo;est toujours pas recommandé ni remboursé en France malgré toute les recos internationales.</p>
<p>5/ Pneumologie</p>
<p>Après le débat d&rsquo;il y a quelques <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/03/dragi-webdo-n219.html">semaines</a> sur les apnées du sommeil, le <a href="https://www.nejm.org/doi/pdf/10.1056/NEJMcp1816152">NEJM</a> revient une fois de plus sur le SAOS. Pour reprendre les bénéfices trouvés au traitement, les auteurs expliquent que la prise en charge du SAOS sévère permet de baisser la tension artérielle et de diminuer la somnolence et les symptômes. Cependant, les évènements cardiovasculaires ne sont pas modifiés, peut être à cause d&rsquo;une observance moyenne de la CPAP. Mais si l&rsquo;observance est moyenne dans un essai, elle risque de ne pas être meilleure en conditions réelles. En cas de très mauvaise tolérance, les prothèses d&rsquo;avancée mandibulaire sont une option même chez les patients sévères. Chez les patients asymptomatiques, le traitement n&rsquo;a pas fait preuve d&rsquo;efficacité, puisque les patients n&rsquo;ont pas de somnolence.</p>
<p>C&rsquo;est fini! Merci pour votre fidélité, et bonne soirée (parce qu&rsquo;il y a Game of Thrones toute à l&rsquo;heure à 3h du matin&hellip;) A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°222 : lombalgie (reco HAS), infections cutanées (recos HAS), lésion rénale, nodule thyroïdien</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/04/dragi-webdo-n222/</link><pubDate>Sun, 07 Apr 2019 18:25:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/04/dragi-webdo-n222/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Cette année encore, le CMGF a encore été un lieu pour multiplier des rencontres, faire des bons restos et j&rsquo;espère qu&rsquo;il y aura encore plus de visage à mettre sur les PP de twitto/a.s l&rsquo;an prochain! Pour les absents qui voudraient avoir des résumés des nombreuses communications, c&rsquo;est sur le <a href="https://twitter.com/search?f=tweets&amp;vertical=default&amp;q=%23CMGF2019&amp;src=typd">#CMGF2019</a>. Bonne lecture des actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Commençons avec l&rsquo;acide bempédoïque qui permet de baisser le cholestérol en étant  un inhibiteur de l&rsquo;ATP citrate lyase impliquée dans la synthèse du cholestérol. Cette essai contrôlé randomisé du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1803917">NEJM</a> évaluait la sécurité de ce traitement chez des patients en prévention secondaire ou avec dyslipidémie familiale. Mis a part le fait qu&rsquo;il baisse effectivement le LDL, il n&rsquo;avait pas d&rsquo;influence sur la mortalité de patients, ni globale, ni cardiovasculaire. Il baissait un peu le risque de diabète ou d&rsquo;aggravation de diabète (NNT= 48) au prix de plus de troubles musculaires (NNH= 34), plus de goutte (NNH= 112) et peut être plus de dégradation du DFG. On voit quand même 3 fois plus de décès avec le traitement par rapport au placebo mais c&rsquo;est non significatif (car peu de patients), et chose étrange, la somme de patients morts de cause cardiovasculaire (6) et de ceux morts de cause non cardiovasculaire (2) n&rsquo;est pas égale aux décès totaux (13) dans le groupe acide bempédoïque, donc, il y a un truc bizarre.  Bref, les auteurs disent que le traitement est sûr, devant l&rsquo;absence de différence sur les effets indésirable &ldquo;globaux&rdquo;, mais c&rsquo;est plutôt mitigé.</p>
<p>Une <a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-019-1306-9">étude</a> s&rsquo;est intéressée à la valeur pronostic du BNP à partir d&rsquo;une cohorte de patients suspects de coronaropathie et en étudiant essentiellement ceux avec un BNP supérieur à 100 versus inférieur. Ils ont produit une figure estimant le risque de mortalité en fonction du BNP et de l&rsquo;âge:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiUmOQ1iAmfPUUin2hAOpDGYYaQrJvtaEejWfdpew6DukIyyZhwZtSQ_B3-KaxDP3BaPhx4h57cHFw-3u0eQLOaHYA6888hREil5AyBbspbQhLfhntHzz0BGGGhyphenhyphenhogmOE44ToX-R-nq0I4/s1600/bnp.png"><img src="/images/articles/2019/bnp.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2019-04/prise_en_charge_des_infections_cutanees_bacteriennes_courantes_recommandations.pdf">HAS</a> a publié des recommandations de prise en charge des infections cutanées courantes. Concernant les dermohypodermites bactériennes non nécrosantes (DHBNN, ex-érysipèle), le diagnostic est toujours clinique sans prélèvement local (sauf si échec de traitement, morsure animale, survenue en milieu aquatique ou tropical, immuno-dépression, suspicion de complication) et l&rsquo;hospitalisation d&rsquo;emblée est recommandée si IMC &gt;40, âge &lt; 1 an, âge &gt;75 ans + polypathologie,  et autre facteurs de risques (immunodépression, diabète déséquilibré, insuffisance cardiaque NYHA 3, insuffisance rénale ou hépatique sévère). Le traitement par amoxicilline à la dose de 50mg/kg en 3 prises est recommandé (max 6g/j) pendant 7 jours associé à une contention veineuse pour 3 semaines dès que la douleur le permet (et vaccin tétanos si besoin). Chez l&rsquo;enfant, c&rsquo;est l&rsquo;amox + ac. clavu qui est recommandé. Il est aussi recommandé de ne pas prescrire d&rsquo;AINS!</p>
<p>Concernant l&rsquo;impétigo: en cas d&rsquo;impétigo &lt; 2% de surface corporelle et &lt; 6 lésions et pas d&rsquo;extension rapide: mupirocine locale 2 fois par jour pendant 5 jours sans associé d&rsquo;antiseptique. Pour les cas d&rsquo;impétigo plus compliqué ou avec facteur de risque chez l&rsquo;adulte: pristinamycine  ou C1G (céfalexine) pendant 7 jours et chez l&rsquo;enfant amox.+ac.clavu ou C1G (cefadroxil) pendant 7 jours, sans associer d&rsquo;antibiotique local. 3 jours d&rsquo;éviction de collectivité sont recommandés si les lésions ne sont pas protégeables et si elles le sont: 0 jour (oui, c&rsquo;est le grand retour des C1G! enfin, pour moi en tous cas)</p>
<p>Concernant les furoncles: traitement à l&rsquo;eau et au savon et antibiothérapie 5 jours par clindamycine ou pristinamycine si risque de complication (les même que pour la DHBNN) ou début de DHBNN</p>
<p>En cas de furonculose, il est recommandé un prélèvement d&rsquo;un furoncle et traiter 7 jours par clindamycine ou pristinamycine PUIS de faire une décolonisation des gites de staphylocoque aureus du patient et de son entourage:</p>
<ul>
<li>
<p>application nasale de pommade de mupirocine 2 fois par jour pendant 7 jours</p>
</li>
<li>
<p>utilisation une fois par jour pendant 7 jours d’une solution moussante de chlorhexidine comme savon et comme shampoing</p>
</li>
<li>
<p>mesures  associées  d’hygiène  des  mains  (lavage  des  mains,  ongles  courts  et  propres)  et d’hygiène corporelle(douche  quotidienne, vêtements  propres,  changer  fréquemment  le  linge de toilette et les draps);</p>
</li>
<li>
<p>mesures d’hygiène de l’environnement (linge, vaisselle, entretien des locaux);</p>
</li>
<li>
<p>bains de bouche biquotidiens à la chlorexidine (adulte et enfant à partir de 6 ans).<br>
<em>EDIT: la lettre <a href="http://www.infectiologie.com/UserFiles/File/spilf/atb/info-antibio/info-antibio-2019-04-infcut.pdf">antibio-info n°43</a> résume bien tout ça en 1 page!</em></p>
</li>
</ul>
<p>Parlons un peu de vaccination anti-HPV par vaccin bivalent introduite systématiquement en Ecosse depuis les années 90. Les <a href="https://www.bmj.com/content/365/bmj.l1161">auteurs</a> de cette étude de cohorte ont retrouvé qu&rsquo;il y avait une diminution des lésions intra-épithéliales de haut grade à l&rsquo;âge de 20 ans chez les jeunes femmes vaccinées par rapport aux non vaccinées avec une efficacité plus importante chez les femmes vaccinées à 13 ans par rapport à 17 ans. Enfin, les auteurs mettent en évidence une protection de groupe chez les femmes non vaccinées.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Quelques algorithmes maintenant. D&rsquo;abord sur la découverte de lésions rénales de petite taille, d&rsquo;après un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2730086">JAMA</a> (la légende du petit &ldquo;a&rdquo; : kystes Bosniak I et II, pseudotumeurs, pyélonéphrite, lésions vasculaire et infarctus rénal)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhG0s9XONHEBfxKUB_YEhR9c_Xu0RwORJfqkdWbckx6We-HSPO8-YtCguFqgAzhLVmwmw-5UWlNkpuVEBczpICnjTRY9sgLhdTjpkA3mFdfPYnBq7HBChDuN7L2fWeT8P_HS46PcJ_RipVy/s1600/r%25C3%25A9nal.png"><img src="/images/articles/2019/r-25c3-25a9nal.png" alt=""></a></p>
<p>Voici un <a href="http://oncologik.fr/referentiels/oncolor/conduite-a-tenir-devant-un-nodule-thyroidien-isole#">algorithme</a> de prise en charge  d&rsquo;un nodule thyroïdien avec TSH normale ou haute suite à l&rsquo;échographie thyroïdienne (après dosage de calcitonine, l&rsquo;avis spécialisé est requis):</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiBucKyT-8swA39nG0cHVo4-IW0MG7hYLyzjrXXhwHC4hVao8QmZ0UIq2UocwLTPxF3AfhvH0DQnxyD2xiaIMAgyGpbidvc6eQvBtEI49cuQVyHxpDE9DbsAJTHQesA4epozTguTvdmXz2B/s1600/thyroide+nodule.png"><img src="/images/articles/2019/thyroide-nodule.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2961499/fr/prise-en-charge-du-patient-presentant-une-lombalgie-commune">HAS</a> a également publié des recommandations concernant la prise en charge des lombalgies. Il n&rsquo;y a pas de grandes nouveautés, mais elle est  &ldquo;pratique&rdquo;.</p>
<p>Après exclusion des &ldquo;drapeaux rouges&rdquo; faisant évoquer une cause secondaire (&lt;20 ans et &gt; 55 ans, douleur inflammatoire, déformation, AEG, fièvre, syndrome de queue de cheval, dorsalgies, ATCD de cancer et usage de corticoïdes prolongés y compris corticoïdes inhalés), les auteurs proposent les AINS en 1ère ligne.</p>
<p>La kiné précoce n&rsquo;est recommandée qu&rsquo;en cas de facteurs de risque de chronicité (problèmes psychologiques, problèmes au travail, représentation inapproprié de la douleur et des attitudes, comportements inappropriés).</p>
<p>Suite à la réévaluation à 1 mois, l&rsquo;imagerie est recommandée ainsi que l&rsquo;instauration des traitements non pharmacologiques (TCC, hypnose, méditation pleine conscience) associé à des antidépresseurs (IRSNa ou tricycliques), les gapentinoïdes étant plutôt à proposer en cas de radiculalgie persistante. Puis en l&rsquo;absence d&rsquo;amélioration, une prise en charge pluridisciplinaire est recommandée avec éventuellement une discussion des indications chirurgicale.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Suite à l&rsquo;avis de la commission de transparence de ne pas rembourser les anti-SGLT2, la <a href="https://www.sfdiabete.org/actualites/medical-paramedical/prise-de-position-de-la-societe-francophone-du-diabete-sfd-evaluation">société française de diabétologie</a> a publié un communiqué rappelant que ne pas permettre aux patients d&rsquo;en disposer serait une perte de chance pour eux. En effet, ces traitements diminuent les évènements cardiovasculaires et, pour l&rsquo;empagliflozine, la mortalité, et sont recommandés en première intention par les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/10/dragi-webdo-n200.html">sociétés savantes</a> européenne et américaine en cas d&rsquo;échec de la metformine.</p>
<p>C&rsquo;est fini! Merci à tous et pensez à vous abonner si ce n&rsquo;est pas encore fait, grâce à <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a> , <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et à la newsletter accessible en notant votre mail juste à droite dans l&rsquo;emplacement approprié (puis en validant le captcha qui s&rsquo;ouvre dans une nouvelle fenêtre, donc attention à votre firewall, et en confirmant l&rsquo;inscription dans le mail qui vous êtes envoyé, donc surveillez vos spams).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiEywDfY11Sf7OtgGyC6RTHvj8Gllv6HLDbXo8oQEf1t414fPjR_dPkVn1H3WczVpBFWxVynTkvlRbnzBr2-tirdPxC4FhOO8gMIAoUeCnjtb-C-QaF9fH4Uxkv98-a4Rf1owVraruqrlus/s1600/abo.png"><img src="/images/articles/2019/abo.png" alt=""></a></p>
<p>A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°221: e-cigarette, statines post-AVC, cryptorchidie, syndrome de la bandelette ilio-tibiale, IST (recos belges), diabète du sujet âgé, Seafall</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/04/dragi-webdo-n221/</link><pubDate>Mon, 01 Apr 2019 00:39:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/04/dragi-webdo-n221/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Urologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Le billet ne devrait pas être très long cette semaine, voici les actualités que j&rsquo;ai repérées!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Pour commencer, une étude du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/02/dragi-webdo-n213.html">NEJM</a> avait montré un bénéfice de l’e-cigarette dans le sevrage tabagique. Bien que moins toxique que le tabac, elle présente peut être quand même des risques. Cette <a href="http://www.onlinejacc.org/content/73/9_Supplement_2/11">étude</a> présentée au congrès américain de cardiologie retrouve que le risque d&rsquo;infarctus du myocarde, d&rsquo;AVC et de dépression est supérieur chez les utilisateurs d&rsquo;e-cigarette par rapport aux non utilisateurs. Le problème de cette étude de cohorte, est qu&rsquo;elle a recruté des fumeurs et des non fumeurs, et qu&rsquo;il n&rsquo;est pas clairement dit que les résultats soient ajustés sur le statut tabagique antérieur. Il est logique que des non fumeurs n&rsquo;utilisant en grande majorité pas d&rsquo;e-cigarette aient un risque cardiovasculaire inférieur à des fumeurs ou ex-fumeurs utilisant l&rsquo;e-cigarette.</p>
<p>Les traitements pour permettre le sevrage tabagique sont bien connus, et les traitements substitutifs semblent être à utiliser prioritairement (devant la varenicline éventuellement, j&rsquo;en avais parlé par <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n188.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/02/dragi-webdo-n38.html">là</a>). Les traitements permettant le maintien de l&rsquo;abstinence sont moins étudiés. Une <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD003999/y-t-il-des-traitements-qui-aident-les-personnes-qui-ont-reussi-arreter-de-fumer-eviter-de">revue de la Cochrane</a> retrouve que seule la varenicline pourrait avoir un impact pour améliorer le maintien.</p>
<p>Une <a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/track/pdf/10.1186/s12916-019-1298-5">méta-analyse</a> a étudié l&rsquo;impact des statines chez les patients avec un antécédent d&rsquo;AVC ou d&rsquo;AIT. Les auteurs retrouvent que, dans ce cas là, la mortalité toute cause n&rsquo;est pas influencée par la prescription des statines. Cependant,  l&rsquo;atorvastatine et la simvastatine, (probablement la pravastatine mais pas la rosuvastatine) semblent diminuer la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires. Cependant, il y a une augmentation des AVC hémorragiques sauf avec la pravastatine. Il n&rsquo;y avait cependant pas d’augmentation du nombre de rhabdomyolyse par rapport au placebo.</p>
<p>2/ Gastro-entérologie</p>
<p>Après l&rsquo;article de la semaine dernière sur Hélicobacter Pylori, la <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2911396/fr/la-recherche-et-le-traitement-de-helicobacter-pylori">HAS</a> a publié une fiche d&rsquo;information sur le sujet. Ainsi, la HAS ne préconise que la fibroscopie (si symptômes ou facteurs de risque) ou la sérologie (sans symptômes ni facteurs de risque) dans le recherche de la bactérie. C&rsquo;est une confirmation des <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/06/dragi-webdo-n146.html">précédentes recommandations</a>.</p>
<p>3/ Urologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l926">BMJ</a> a publié une fiche technique sur la cryptorchidie. Les auteurs recommandent une palpation testiculaire au cours des 3 premiers mois de vie. Il faut différencier des testicules non palpés des testicules palpés non descendus. Il est nécessaire d&rsquo;orienter en urgence en cas: de suspicion de
malformation associée (hypospadias etc&hellip;), de testicules non
palpés de façon bilatérale et en cas de douleur testiculaire. Des testicules non descendus palpés sont à adresser rapidement si c&rsquo;est bilatéral, et à 3 mois si unilatéral. Il ne serait pas utile d&rsquo;effectuer d&rsquo;imagerie avant l&rsquo;avis spécialisé. Une orchidopexie pourra être programmée entre 6 et 18 mois.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l980">BMJ</a> a également publié un article sur le syndrome de l’essuie-glace (syndrome de la bandelette ilio-tibiale). La prise en charge passe par un arrêt des activités physiques pendant 6 semaines et des glaçages. La reprise du sport doit être progressive et souvent, les chaussures adaptées. Voici aussi les exercices d&rsquo;auto-rééducation pouvant être effectuées par le patient.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjQt8m1fBUsF5RUNhDp2pyadjcQ5uJFHLuTCiayJhvVPH610pRZZrREdxnydBAXO9IEoX6mo6YvdRvxsHzCYxCU-9l3FpSBipVmfbIjBFRcgduMTw4o2d_NRyt4mMS5lZhaR-1WEpiAuZHA/s1600/IT+band.jpg"><img src="/images/articles/2019/it-band.jpg" alt=""></a></p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Le  Centre fédéral d’Expertise des Soins de santé (organisme de recommandation belge) a publié des <a href="https://www.kce.fgov.be/fr/diagnostic-et-prise-en-charge-de-la-gonorrh%C3%A9e-et-de-la-syphilis">recommandations</a> sur la prise en charge des infections sexuellement transmissibles. Dans les recos un peu inhabituelles, on trouve une recherche de chlamydia chez toutes les femmes enceintes de moins de 30 ans ou avec facteurs de risque, ainsi que pour les patients se rendant en Asie du Sud Est et en Extrême Orient. Le traitement recommandé dans la gonorrhée est à débuter sans attendre les résultats des prélèvements et comprend la ceftriaxone 500 IM en dose unique associée à 2g d&rsquo;azithromycine. Le contrôle systématique après traitement n&rsquo;est pas recommandé. Il y aussi des recos sur la syphilis qui ne montrent pas de grandes nouveautés. Il est impressionnant de voir qu&rsquo;il n&rsquo;y a quasiment pas de recommandations de fort niveau de preuve même pour les recommandations de grade élevé.</p>
<p>6/ Diabète</p>
<p>Pour finir, les sociétés d&rsquo;endocrinologie et de gérontologie américaine ont publié des <a href="https://academic.oup.com/jcem/article/104/5/1520/5413486">recommandations</a> sur la prise en charge du diabète du sujet âgé de plus de 65 ans (ce qui en fait, n&rsquo;est pas très âgé&hellip;). Ils recommandent un dépistage du diabète par glycémie à jeun et HbA1C, et en cas de pré-diabète, de rechercher un diabète par HGPO. Ils recommandent un dépistage des troubles cognitif chez tout patient diabétique pour ne pas déclencher un traitement trop intensif en cas de trouble cognitif léger ou de démence. Ils recommandent la metformine en 1ère ligne puis des autres traitements oraux ou injectables si insuffisant (ils ne disent pas quoi privilégier en 2ème ligne) mais il faut limiter le risque d&rsquo;hypoglycémie. La cible en cas d&rsquo;HTA est 140/90 en l&rsquo;absence de micro- ou macro-angiopathie et éviter les hypotensions orthostatiques, et les statines sont recommandées quelque soit le LDL.</p>
<p>7/ Jeu du mois : Seafall</p>
<p>On est le 1er avril, alors voici un jeu qui parle de poissons! (enfin, surtout de la mer à vrai dire&hellip;) C&rsquo;est un jeu &ldquo;Legacy&rdquo;, c&rsquo;est à dire, qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une campagne d&rsquo;une vingtaine de parties qui entraine des modifications du plateau, on ne peut donc pas recommencer à zéro. Ça met du challenge et la pression car les échecs passés influenceront les aventures futures&hellip; Il s&rsquo;agit de développer sa &ldquo;cité&rdquo; au delà des mers, en cherchant des ressources sur différentes îles, combattant des autochtones et aussi les cités adverses (i.e, les autres joueurs). Chaque exploration donne lieu à la lecture d&rsquo;un texte d&rsquo;ambiance qui augmente l&rsquo;immersion dans l&rsquo;univers. Le jeu est très beau, avec un plateau personnel représentant ses navires et richesses, un océan central, du matériel de qualité! Alors, certes, on y joue qu&rsquo;une fois, mais y&rsquo;en a pour de nombreuses heures de jeu! Si vous aimez le thème des explorateurs et de la piraterie, ce jeu est incontournable!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg_c-ijbjkcv0BzCoFje5l0b6S5E9iAVU1FQC5yyRjKr827d_kjtt93BbDRCkoa9k64J0NgfPaBmYnNclLeCLaPbd0w0TKW6fRSN-Fh0zVXrbjdEqPniF65bUaOGhTgmI9HKVtu7kVfDSuU/s1600/20170730_123437.jpg"><img src="/images/articles/2019/20170730-123437.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà, bonne soirée! A très vite au congrès pour certain d&rsquo;entre vous et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°220: hypothyroïdie (HAS), prévention cardiovasculaire (recos US), Hélicobacter P., embolie pulmonaire/grossesse, obésité, menstruations excessives</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/03/dragi-webdo-n220/</link><pubDate>Sun, 24 Mar 2019 21:36:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/03/dragi-webdo-n220/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Avant de vous souhaite une bonne lecture du billet, je voulais encore vous remercier pour tous vos messages de soutien (Vous retrouverez certainement vos commentaires juste en dessous!)!!! Bonne lecture à tous!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh369k66PuR1nlPBOXuNv1tDzxa0APidAZ5tnXVwupolcgdsQKPL9nOvXlMNvXrtbseNI_oTIrce200A9MsN86_B-4IgTQOQiFeesp3vK0CrcmRB-zs1zCCYhoF5HBlo5ONgNUAoLTF1bZ8/s1600/nuage-de-mots.jpg"><img src="/images/articles/2019/nuage-de-mots.jpg" alt=""></a></p>
<p>1/ Relation</p>
<p>Comment aborder l&rsquo;obésité? Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2729246">JAMA</a> propose la règle ABCDEF:</p>
<p>A= ask permission: demander la permission de l&rsquo;aborder (ça me semble être le point le plus important&hellip;)</p>
<p>B= be systematic: faire un entretien complet, et ne pas se limiter à quelques informations &ldquo;type&rdquo;</p>
<p>C= conseiller et soutenir, on est dans une prise en charge longue et le soutien est indispensable</p>
<p>D= déterminer les co-morbidités et inclure la démarche dans une prise en charge médico-psycho-sociale</p>
<p>E= évaluer les traitements : proposer des traitements faisant potentiellement perdre du poids chez les patients diabétiques (analogues du GLP-1) et la chirurgie selon l&rsquo;ensemble des comorbidités</p>
<p>F= follow up: assurer le suivi</p>
<p>Rien de miraculeux, mais ça peut aider à être systématique pour améliorer la prise en charge</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Alors que les recos de la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/03/dragi-webdo-n218.html">SPLF</a> recommandent sans grande adaptation les D-Dimères pendant la grossesse devant une suspicion d&rsquo;embolie pulmonaire, un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1813865">NEJM</a> valide un autre algorithme: en gros, pendant la grossesse, en l&rsquo;absence de signe de phlébite, d’hémoptysie et en présence d&rsquo;un diagnostique plus probable, on peut considérer un seuil de D-Dimère à 1000 avant de se lancer dans la recherche d&rsquo;EP par angioscanner.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhoU1EFZqIHdYEfzZor9Pg-2UN0gJePw9LuSmbrJTCc26VZip61gXL3GC9XKhsJpgheN4NayPSXiWSFWK5fU1e2d_ksWvfmbpr7V9RQY0w9H5dOlrRBa4QyQv7R1QKM5DjxVfzOnlHpvtoq/s1600/EP+algorithme.webp"><img src="/images/articles/2019/ep-algorithme.webp" alt=""></a></p>
<p>La société de cardiologie américaine a publié des <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIR.0000000000000678">recommandations</a> sur la prévention primaire cardiovasculaire. Pas grand chose de neuf par rapport aux <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n204.html">recos</a> sur les dyslipidémies. Le principal intérêt de cet article, c&rsquo;est la publication du score ASCVD qui permet de déterminer le risque cardiovasculaire à 10 ans entre 40 et 75 ans, mais, il y a aussi une version &ldquo;life time&rdquo; c&rsquo;est à dire que l&rsquo;algorithme donne également le risque sur la &ldquo;vie entière estimée&rdquo; applicable dès l&rsquo;âge de 20 ans: <a href="http://tools.acc.org/ldl/ascvd_risk_estimator/index.html#!/calulate/estimator/">http://tools.acc.org/ldl/ascvd_risk_estimator/index.html#!/calulate/estimator/</a></p>
<p>Chez les patients diabétiques, une recommandation de grade IIb propose l&rsquo;instauration au moment du diagnostic de metformine ( si l&rsquo;HbA1C &lt; 6,5%, ce n&rsquo;est pas nécessaire).</p>
<p>Concernant l&rsquo;aspirine en prévention primaire, ils la recommandent toujours malgré le très faible niveau de preuve, chez les patient à très haut risque cardiovasculaire ET faible risque de saignement ET âgés entre 40 et 70 ans, surtout pas après.</p>
<p>Enfin, ils proposent ces doses initiales de traitements  substitutifs de nicotine:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjdvNu4ViJ_oFVhnITW-7hL-Cyta5Nl_L8v4HHvofZU_iqeru_bKKIRsb54sVMv89CA6GLNe6cvIhGAvQ_1WMrvHwNmA2lJqvSnDKJerf9ryOAh7hl7ZQjprGbnwDVATF0TcOhQQNar2k20/s1600/tabac.png"><img src="/images/articles/2019/tabac.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp1710945">NEJM</a> fait un point sur Hélicobacter Pylori. Sur la question du dépistage, HP doit être recherchée, par la méthode de votre choix (test respiratoire à l&rsquo;urée hors AMM en France, recherche d&rsquo;antigène sur les selles peu disponible, ou sérologie si jamais d&rsquo;infection traitée mais non recommandé dans les pays avec une prévalence d&rsquo;HP inférieur à 30 % car la sérologie a une spécificité inférieure à 80%, ) chez les patients prenant des AINS au long cours ou de l&rsquo;Aspirine (alors, là, ça va en faire des patients&hellip; mais si ça permet de dire qu&rsquo;on ne mets pas d&rsquo;IPP préventif ça peut valoir le coup), et dans les autres indications classiques (ulcère, lymphome gastrique, dyspepsie mais on risque quand même de faire une fibro, carence martiale inexpliquée mais on fera aussi une fibro, thrombopénie auto-immune et en contrôle d&rsquo;éradication. Concernant le traitement, la quadrithérapie bisthmutée devrait être recommandée en première intention compte tenu des résistances à la clarithromycine.</p>
<p>La <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2725406">société américaine de gastroentérologie</a> a publié des recommandations sur la diarrhée infectieuse. Il y a très peu d&rsquo;intérêt aux coprocultures en dehors des diarrhées fébriles glairo-sanglantes ou persistant après 14 jours en retour de voyage, et les antibiotiques ne sont généralement pas nécessaires même dans les diarrhées glairo-sanglantes infectieuses en dehors de la présence d&rsquo;un sepsis. Les probiotiques, qui n&rsquo;étaient pas recommandés auparavant peuvent être utilisés pour réduire les symptômes de 24 heures malgré un faible disque d&rsquo;infection lié à ces probiotiques.</p>
<p>4/ Endocrinologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2910740/fr/pertinence-des-soins-hypothyroidie">HAS</a> a publié une fiche de pertinence des soins sur l&rsquo;hypothyroïdie. Elle rappelle ainsi, l&rsquo;inutilité de doser en population générale non symptomatique, l&rsquo;utilité du dosage de la TSH et de la T4 mais la T3 n&rsquo;a pas d&rsquo;intérêt, pas plus que de doser d&rsquo;autres anti-corps que les anti-TPO. Ceux ci peuvent influencer l&rsquo;évolution d&rsquo;une hypothyroïdie fruste vers une hypothyroïdie avérée, mais ne sont pas un critère de traitement. Pour une TSH &gt; 10mUI/L à 2 reprise, un traitement peut être considéré en l&rsquo;absence de symptômes mais il n&rsquo;y a pas de bénéfice cardiovasculaire. Enfin, un patient bien équilibré ne nécessite pas forcément de suivi plus fréquemment qu&rsquo;annuellement.</p>
<p>5/ Pneumologie</p>
<p>Deux articles sur la vitamine D et ses implications en pneumologie sont parus cette semaine. Le premier, du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2727437">JAMA</a>, retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de bénéfice à faire une supplémentation plus intense que celle actuellement recommandée pendant la grossesse pour réduire les évènements asthmatiques chez les nouveaux nés jusqu&rsquo;à l&rsquo;âge de 6 ans.</p>
<p>Cependant, la supplémentation chez les patients <a href="https://thorax.bmj.com/content/74/4/337">BPCO</a> semble avoir une efficacité qui se confirme sur la prévention des exacerbations chez les patients BPCO avec une carence en vitamine D mais pas chez les autres.</p>
<p>6/ Gynécologie</p>
<p>Dans la prise en charge des menstruations excessives, une <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD000154/contraceptifs-hormonaux-combines-pour-les-menstruations-excessives">revue Cochrane</a> retrouve que les pilules combinées oestro-progestatives (COC), notamment celles contenant du valérate d&rsquo;estradiol et du diénogest (Qlaira*) sont efficace pour réduire les saignements au prix d&rsquo;effets indésirables mineurs, et le SIU au levonorgestrel est plus efficace que les COC. Il n&rsquo;y avait malheureusement pas de comparaision avec la prise d&rsquo;AINS ou de progestatives au long cours qui peuvent aussi les réduire.</p>
<p>Enfin, un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2728448">JAMA internal medicine</a> retrouve que le bénéfice à effectuer une échographie en plus de la mammographie dans le cadre du dépistage du cancer du sein est contrebalancé par des inconvénients trop importants pour justifier la généralisation de cette pratique chez des femmes ayant majoritairement entre 40 et 60 ans, qu&rsquo;elles soient à faible, moyen ou fort risque de cancer.</p>
<p>Merci à tous et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°219: oeuf et risque cardiovasc., aspirine et K poumon, TDM thoracique, SAOS, dépression, manip. vertébrales, thyr. de Hashimoto, tramadol</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/03/dragi-webdo-n219/</link><pubDate>Sun, 17 Mar 2019 15:09:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/03/dragi-webdo-n219/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Merci énormément à tous pour vos messages et dons, vous êtes adorables! Voici les actualités de la semaine avec pas mal orienté pneumologie, mais commençons par cet avis du conseil de l<a href="http://www.ordremk.fr/wp-content/uploads/2017/05/avis-cno-n2018-05.pdf">&lsquo;ordre des masseurs-kiné</a> qui rappelle que la «fasciathérapie méthode   Danis   Bois», la «microkinésithérapie»,  la «kinésiologie», la «biokinergie»,  «l’ostéopathie crânienne» et «l’ostéopathie  viscérale» constituent des dérives thérapeutiques qui contrevient aux règles déontologiques.</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Pour commencer, j&rsquo;aime toujours à penser que le tramadol ne restera pas l&rsquo;antalgique le plus prescrit pour les patients qui sortent des services d&rsquo;urgences. Voici, dans l&rsquo;arthrose, une nouvelle <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2727448">étude</a> retrouvant une augmentation de la mortalité sous tramadol par rapport aux AINS et notamment au naproxène avec un NNH de 104 patients par an (mais pas par rapport à la codéïne).</p>
<p>Alors que la crise des opioïdes fait rage, avec un nombre de décès par surdose et mésusages croissant aux Etats Unis, les traitements qui les remplacent, semblent aussi avoir des effets indésirables à prendre en considération. Ainsi, les <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l1107">Britaniques</a>, viennent de limiter les durées de prescription de la prégabaline et de la gabapentine à 28 jours pour augmentation potentielle de la mortalité liée à des mésusages. Espérons que ces mesures ne traversent pas la Manche&hellip;</p>
<p>Les traitements hormonaux de la ménopause seraient associés à une augmentation du risque de maladie d&rsquo;Alzheimer de 9 à 17% d&rsquo;après une <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l665">étude cas-témoin finlandaise</a> (comme c&rsquo;est du cas témoin, on peut pas faire de NNH vu qu&rsquo;on n&rsquo;a pas les incidences). Bref, une raison de plus de se passer de ces traitements dès qu&rsquo;ils ne semblent plus indispensables, même si cet effet indésirable reste particulièrement rare vu l’incidence de la pathologie.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2728487">JAMA</a> a étudié si la consommation d&rsquo;oeufs était associée à une augmentation des évènements cardiovasculaires et de la mortalité globale. A partir de 6 cohortes prospectives,  les auteurs ont retrouvé que la consommation quotidienne de cholestérol et d&rsquo;oeufs étaient associée à une augmentation de ces évènements. La consommation d&rsquo;un demi oeuf par jour en moyenne augmentait même le risque de mortalité globale de 6% avec un NNH de 52 patients suivi pendant 17 ans, soit 880 par an. Mais en fait, la ligne d&rsquo;après de l&rsquo;article dit finalement que la consommation d&rsquo;oeuf n&rsquo;était pas significativement associée à la mortalité globale ou à la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaire lorsqu&rsquo;on ajuste sur la consommation  de cholestérol. Ainsi, dans le cadre d&rsquo;une alimentation équilibrée, il n&rsquo;y a pas de sur-risque à consommer des oeufs, mais si on mange &ldquo;gras&rdquo;, rajouter des oeuf, c&rsquo;est pas top.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Dans cet article du <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30821825">JAMA</a>, une étude de cohorte rétrospective s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;association entre  risque de cancer de poumon et au traitement par aspirine faible dose. A partir d&rsquo;une cohorte de 12 millions de patients ayant participé au dépistage national (qui est très mal décrit, je n&rsquo;arrive pas à savoir si c&rsquo;était un TDM systématique ou une radiographie ou juste ayant eu des soins en santé et étant dans la database&hellip;) Bref, les auteurs retrouvent une diminution du nombre de cancer du poumon chez les patients traités par aspirine faible dose pendant plus de 5 ans! Il y avait un effet dose: le bénéfice augmente avec la durée du traitement. Mais le bénéfice n&rsquo;était retrouvé que chez les patients non diabétiques de plus de 65 ans sans diabète. On est quand même dans une étude totalement rétrospective, ne prenant pas forcément en compte l&rsquo;indication d&rsquo;aspirine (quand on a fait un infarctus, a peut être pas envie de se faire dépister un cancer pulmonaire en plus), les patients avec un cancer étaient plus souvent des hommes et plus souvent fumeurs, les professions n&rsquo;étaient pas recueillies , l’incidence de cancer était de 1 patient pour 1000 mais l&rsquo;incidence des saignements sous aspirine n&rsquo;est pas connue (et probablement supérieure au bénéfice attendu. Notons que l&rsquo;analyse concerne l&rsquo;incidence des cancers et non la mortalité qui est pourtant généralement facile à obtenir avec ces registres). Donc les méga-cohortes c&rsquo;est cool, mais c&rsquo;est mieux quand on peut les analyser de façon fiable.</p>
<p>Quelques éléments pour débattre maintenant. Un commentaire d&rsquo;un article de <a href="https://breathe.ersjournals.com/content/15/1/81?ctkey=shareline">Breath</a> discute de l&rsquo;intérêt du TDM dans le diagnostic de pneumopathie infectieuse par rapport à la radiographie. Il semble que le risque de surdiagnostic lié au TDM soit supérieur au risque de sous-diagnostic lié à la radio malgré les différences potentielles d&rsquo;interprétation des RXT. Le coût des TDM ne semble pas en faveur de l&rsquo;utilisation du TDM en première intention .</p>
<p>Un autre article de <a href="https://breathe.ersjournals.com/content/15/1/46">Breath</a> parle du surdiagnostic des embolies pulmonaires. Les auteurs seraient pour ne pas forcément traiter des EP découvertes fortuitement, de même que les EP sous-segmentaires, ce qui est cohérent aux <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/03/dragi-webdo-n218.html">nouvelles recos</a>.</p>
<p>Enfin, un débat sur : faut il traiter les syndromes d&rsquo;apnée du sommeil asymptomatiques? Un article parle du &ldquo;<a href="https://breathe.ersjournals.com/content/15/1/7">pour</a>&rdquo; et dit globalement que l&rsquo;observance n&rsquo;était pas assez bonne dans les études pour montrer un bénéfice clinique mais que le traitement précoce améliorerait les paramètres vasculaires. Selon eux, il serait donc utile de dépister. L&rsquo;article sur le &ldquo;<a href="https://breathe.ersjournals.com/content/15/1/11?ctkey=shareline&amp;utm_medium=shareline&amp;utm_source=0347-2018&amp;utm_campaign=shareline">contre</a>&rdquo; est plus étoffé cliniquement: la CPAP a un bénéfice démontré sur l&rsquo;HTA des patients symptomatiques, mais en l&rsquo;absence de somnolence diurne, le seul bénéfice est sur la diastolique avec une baisse de 0,92mmHg, il n&rsquo;y a pas de bénéfice sur les cardiovasculaire mis en évidence dans les essai contrôlé randomisés (étude SAVE), pas de bénéfice sur les glycémies et le diabète, il pourrait y avoir cependant un très léger bénéfice sur l&rsquo;amélioration de symptômes dépressifs et le risque de troubles cognitifs à confirmer car les preuves actuelles sont minimes.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>On va appeler cette partie rhumatologie, mais bon&hellip; Comment prévenir les chutes chez les personnes âgées? D&rsquo;après cet article du <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l880">BMJ</a>, il semblerait nécessaire que toute personne de plus de 65 ans ayant chuté dans l&rsquo;année bénéficie d&rsquo;une aide pour aménagement du domicile par un ergothérapeute .</p>
<p>Les manipulations vertébrales dans les lombalgies chroniques: #FakeMed ou pas? Le <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l689">BMJ</a> a publié une méta-analyse qui retrouve que ces manipulations améliorent la douleur à 6 mois (mais pas à 1 mois ni à 12 mois) ainsi que la fonction à 1 mois (mais pas après), par rapport aux traitements recommandés. Les auteurs ne retrouvent pas davantage d&rsquo;effets indésirables ou d&rsquo;effets indésirables majeurs liés aux manipulations vertébrales. Cependant les effets indésirables étaient généralement mal ou peu rapportés.</p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30726688">NEJM</a> a publié une revue sur la prise en charge de la dépression en médecine générale. Je vais remettre pour des raisons de clarté, uniquement le questionnaire concernant le risque suicidaire ainsi que les commentaires sur les différents antidépresseurs:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgQ_QYyjQZHLJchBhHwcRr2siJP2uJY10TkI5Vj8onB7wg8ZRRd9ww4NKL7bXZTdjikJ3TRc28s2DvbAgR76xPVZoXuoIabPSZjr3No0QOVdMx75FbAqWm0mSzuLP855hzNTU9RGFygpY9w/s1600/risque+suicidaire.png"><img src="/images/articles/2019/risque-suicidaire.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj0CYIlCL9w7cGkX1e-6QdkAjAOOdjQXR0t5of0Mp1GqKd0crqim0uFg3WzzqzEwtXSBe0wDlUThlmYmsRo2hpmJv0IXHIb7yHZWJuflgMzewwIZvTNcgdx3TJAIKyCnXhlFZLteIppREKS/s1600/antid%25C3%25A9presseurs.png"><img src="/images/articles/2019/antid-25c3-25a9presseurs.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Endocrinologie</p>
<p>Un <a href="https://annals.org/aim/article-abstract/2728199/thyroidectomy-versus-medical-management-euthyroid-patients-hashimoto-disease-persisting-symptoms?utm_source=facebook&amp;utm_medium=social&amp;utm_term=&amp;utm_content=&amp;utm_campaign=">essai</a> contrôlé randomisé Norvégien s&rsquo;est intéressé au traitement des thyroïdites de Hashimoto toujours symptomatiques malgré une normalisation de la TSH (et des anti-TPO &gt; 1000). Les auteurs ont retrouvé qu&rsquo;un traitement chirurgical par thyroïdectomie puis poursuite d&rsquo;une hormonothérapie améliorait d&rsquo;avantage la qualité de vie avec une diminution de 29 points sur le SF-36 ce qui est pas mal et la fatigue était présente chez 35% des patients opéré versus 82% des non opérés, ce qui est pas mal non plus.</p>
<p>Les recos françaises sur le diabète préconisaient une HbA1C &lt; 6,5% pour les diabètes de type 2 récents puis 7 %. Cette <a href="http://care.diabetesjournals.org/content/42/3/416">étude</a> de cohorte américaine a retrouvé que les patients ayant une HbA1C &lt; 6,5% pendant l&rsquo;année du diagnostic avaient moins de complications à 10 ans. Les auteurs concluent qu&rsquo;il faut traiter fortement les diabètes débutant. Cependant, un diabète rapidemement évolutif risque forcément d&rsquo;être plus  vite compliqué qu&rsquo;un diabète peu évolutif, indépendamment du traitement mis en place, d&rsquo;ailleurs les traitements sont pas moindres ou plus intensifs dans chez les patients avec une HbA1C basse. Quand on regarde les caractéristiques des patients, que la mortalité globale brute est plus élevée chez les patients avec une Hba1C &lt; 6,5%, même si les analyses ajustées ne retrouvent pas de différence sur la mortalité entre les 2 groupes avec les HbA1C les plus basses, puis une augmentation de la mortalité avec les HbA1C élevées (probablement liées à la durée d&rsquo;évolution du diabète non prise en compte dans les analyses). Au final, c&rsquo;est surtout un bénéfice sur les microangiopathies qui est observé avec une hbA1C &lt; 6,5% la 1ère année, mais c&rsquo;est une étude observationnelle et non interventionnelle.</p>
<p>C&rsquo;est fini! Bonne semaine à tous et à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°218: MTEV (recos SPLF), calendrier vaccinal 2019, migraines (recos US), décision partagée et diabète, bilans de santé, HTA et sujet âgé, vitamines</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/03/dragi-webdo-n218/</link><pubDate>Sun, 10 Mar 2019 19:41:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/03/dragi-webdo-n218/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Neurologie</category><category>Activité physique</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Je ne veux absolument pas rendre ce blog payant puisque je le ferais et je continuerai à le faire de toutes façon Mais, j&rsquo;ai cédé aux arguments répétés, me disant que le temps que je passe à écrire mes billets devrait être rémunéré. Alors pour ceux qui voudraient, il y a un lien pour faire un don sur le coté à droite de la page (ou en cliquant <a href="https://www.paypal.com/pools/c/8cLzV1gpfq">ici</a>)!</p>
<p>Pourquoi cette collecte? Probablement un peu pour moi, pour faire de la pub pour le blog, mais j&rsquo;aimerai également que ça serve à inviter mes internes aux congrès ou les abonner à des revues, etc&hellip; (enfin, ou à défaut me payer un MacDo de temps en temps!) Merci de me lire en tous cas!</p>
<p>Sinon, c&rsquo;est une semaine très très dense en termes d&rsquo;articles médicaux cette semaine, alors&hellip; j&rsquo;ai été totalement incapable de faire une sélection&hellip; Bonne lecture à tous!</p>
<p>1/ Généralités</p>
<p>Tout d&rsquo;abord, comment ne pas aborder la puissance de l&rsquo;intelligence collective par rapport aux prises de décisions individuelles dans l&rsquo;établissement de diagnostics. C&rsquo;est ce que cette étude du <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30821822">JAMA</a> confirme, alors continuons à utiliser les #DocsTocToc et #Doctoctoc sur Twitter pour s’entraider!</p>
<p>Ensuite, une énième revue, ici de la <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD009009/les-bilans-de-sante-generaux-pour-la-reduction-de-la-mortalite-et-des-maladies">Cochrane</a> retrouve que les bilans de santé généraux n&rsquo;ont pas d&rsquo;effet sur la mortalité globale, ni sur la mortalité cardiovasculaire, ni sur la mortalité par cancer.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La SPLF a publié des <a href="https://www.em-consulte.com/article/1277640/recommandations-de-bonne-pratique-pour-la-prise-en">recommandations</a> sur la prise en charge des maladies thrombo-emboliques veineuses (MTEV et donc des phlébites et embolies pulmonaires):</p>
<p>-  les <strong>critères PERC</strong> sont enfin recommandées pour rejeter la possibilité d&rsquo;une embolie pulmonaire. Les scores de Wells et Genève modifiés (en 3 catégories) sont recommandés pour évaluer la probabilité d&rsquo;une EP ou sinon on peut se fier au jugement du clinicien.</p>
<ul>
<li>
<p>les D-Dimères sont recommandés en cas de probabilité non forte, y compris après 50 ans selon la règles de <strong>seuil égale à 10 x l&rsquo;âge</strong>.</p>
</li>
<li>
<p>2 stratégies diagnostiques sont possibles, soit avec l**&lsquo;angioscanner**
(classique), soit avec un <strong>Doppler veineux de compression</strong> (si positif +
signes thoraciques = EP) , suivi d&rsquo;une scintigraphie si normal</p>
</li>
<li>
<p>il est recommandé de <strong>ne pas se passer des D-Dimères pendant la grossesse</strong> si la probabilité est faible ou modérée et d&rsquo;utiliser une stratégie avec Doppler et scintigraphie de perfusion plutôt qu&rsquo;un angioscanner.</p>
</li>
<li>
<p>les scores PESI et Hestia sont à utiliser pour déterminer les traitements pouvant se faire en ambulatoire<br>
 - concernant le traitement, avk (warfarine en priorité) et AOD (apixaban ou rivaroxaban) sont recommandés. La compression veineuse est utile à la phase aigue mais doit être interrompue en absence de syndrome post-thrombotique après 6 mois. (y&rsquo;a rien sur la compression si vol en avion en prévention de récidives).</p>
</li>
<li>
<p>un évènements est provoqué s&rsquo;il y a un contexte: dans les 3 derniers mois de <strong>fracture</strong>, d&rsquo;<strong>immobilisation d&rsquo;au moins 3 jours</strong> ou de <strong>chirurgie</strong> avec AG de plus de 30min, ou s&rsquo;il y&rsquo;a une <strong>COP</strong>, un <strong>THM</strong>, <strong>grossesse</strong> ou <strong>post-partum</strong> (la durée n&rsquo;est pas précisée)</p>
</li>
<li>
<p>la durée des traitements est bien plus complexe: pour les TVP proximales et EP <strong>avec facteur déclencheur: 3 à 6 mois</strong> et <strong>sans facteur: 6 mois</strong> (si <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/03/dragi-webdo-n133.html">HERDOO &lt; 2</a> , ou femme &lt; 50 ans, ou TVP proximale, risque hémorragique élevé, facteur déclencheur mineur comme l&rsquo;avion &gt; 6h) <strong>ou à vie</strong> (si 1er épisode d&rsquo;EP à haut risque, thrombophilie ou 2ème épisode de TVP ou EP)</p>
</li>
<li>
<p>en l&rsquo;absence d&rsquo;évènement majeur, un <strong>bilan de recherche de cancer est recommandé</strong> (NFS, calcémie, RXT, mammo, PSA) même si le bénéfice dans les études n&rsquo;est pas clair&hellip; (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/07/dragi-webdo-n57.html">ici</a>)</p>
</li>
<li>
<p><strong>bilan thrombophilie:</strong> recherche de SAPL si &lt; 50 ans non provoqué ou si récidive. Le bilan complet de thrombophilie est recommandé si: non provoqué et  âge &gt; 50 ans  + atcd familial de thrombose au 1er degré ou récidivant dont 1 épisode  non provoqué ou non provoqué sur un site atypique.</p>
</li>
<li>
<p>il est recommandé de <strong>ne pas traiter les EP sous segmentaires</strong> en l&rsquo;absence de facteur de risque majeur persistant et de TVP recherchée par un doppler.</p>
</li>
<li>
<p>concernant les <strong>TVP sous poplités, il est recommandé de traiter</strong> 6 à 12 semaines,  la surveillance échographique à J7 étant réservé aux patients avec hémorragies actives ou risque hémorragique élevé (zut! moi qui est espérait qu&rsquo;on applique les critères de surveillance , cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/06/dragi-webdo-n100.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n202.html">là</a>)</p>
</li>
<li>
<p>concernant les <strong>thrombose veineuses superficielles</strong> :<br>
          -si symptomatique isolée de plus de 5cm de longueur et situé à plus de 3cm de la jonction saphéno-fémorale: traitement par fondaparinux 2,5mg/j pendant 45 jours (hors de ces critères, ils disent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de données mais recommandent quand même  ce même traitement si 1er épisode sans facteur déclencheur)<br>
           -si à moins de 3cm: anticogulation curative pendant 3 mois.</p>
</li>
</ul>
<p>Les recos <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n188.html">ESC 2018</a> demande de cibler une PAS entre 130 et 140mmHg chez les plus de 80 ans.  Une <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article-abstract/doi/10.1093/eurheartj/ehz071/5364611?redirectedFrom=fulltext">cohorte allemande</a> a étudié le risque de mortalité en fonction  du contrôle tensionnel chez les patients de plus de 70 ans (âge moyen 81 ans). Les auteurs retrouve une augmentation de la mortalité globale de 26%  (NNH=85!) chez les patients avec une PAS &lt; 140mmHg ET PAD &lt; 90mmHg par rapport à ceux ayant la PAS ou la PAD au dessus de l&rsquo;objectif après stratification sur l&rsquo;âge et les antécédents cardiovasculaires. Dans l&rsquo;analyse des sous groupes, cette différence était présente chez les plus de 80 ans (pas chez les 70-79 ans) et en prévention secondaire essentiellement. Si on détaille en classe de PAS, c&rsquo;est surtout qu&rsquo;il faut que la PAS soit supérieure à 130, comme ce qui est recommandé, mais il ne semble pas très prouvé de viser plutôt 140 que 150.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjfbsq_Humux_ZVE5iTJ3UVzujkEXQDrUjndl5RJR2m_LbWXCbp9lJfVszV1-U3wrJ610cdvwG9OeYSEYtKhv3MuPOWJo-yHWVFpfteEUlIaOTjzJVZ_uiF22xVc2MG5xyZBOIKL5ok1oI9/s1600/HTAag%25C3%25A9.png"><img src="/images/articles/2019/htaag-25c3-25a9.png" alt=""></a></p>
<p>Histoire d&rsquo;enterrer définitivement les associations anticoagulants+aspirine au long cours chez les patients avec fibrillation auriculaire, une <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30830172">étude</a> de cohorte rétrospective a donc recherché les bénéfices et risque de cette association (warfarine+aspirine) versus warfarine seule chez des patients avec FA (les infarctus de moins de 6 mois étant exclus de l&rsquo;analyse). Il n&rsquo;y ait pas de différence de mortalité globale entre les 2 groupes, il n&rsquo;y avait pas non plus d&rsquo;augmentation du nombre de thrombose artérielle ou veineuse chez les patients avec warfarine seule. Cependant, à 1 an, il y avait davantage de saignements sévères (NNH=42), et des hospitalisations pour saignements (NNH=34!).</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://solidarites-sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/vaccination/calendrier-vaccinal">calendrier vaccinal 2019</a> a été publié! Et bien RIEN n&rsquo;a été changé&hellip; Ah, si le Gardasil 9 est recommandé par rapport aux autres vaccins anti HPV et le BCG n&rsquo;est plus obligatoire pour les professions de santé comme on l&rsquo;a dit il y a peu. Alors que les recommandations américaines, canadiennes, britanniques, belges&hellip; recommandent le vaccin anti HPV chez les filles et garçons chez nous toujours pas. On peut débattre longtemps du bénéfice, du NNT (qui est, par principe toujours très élevé pour les vaccinations avec un NNH encore plus élevé). Il y a un site récent qui parle de ce vaccin avec des références citées: <a href="https://www.vaccinhpv.com/">https://www.vaccinhpv.com/</a> (Selon moi, le bénéfice de l&rsquo;ajout de la vaccination chez le garçon n&rsquo;est pas moins bon que la vaccination rubéole chez les garçons et à la vaccination oreillon chez les femmes.) Le vaccin anti-méningocoque B n&rsquo;est toujours pas recommandé, mais ça, ça me semble conforme à l&rsquo;épidémiologie française. Bref, voilà le tableau inchangé!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEidynJ1ubtGqX2Lv31pcs8PlHUvLNXXB0URx29K8Y7nCoqhLZp58CXtCtKhPtw-WXxw15ijMd_XZ8Hx9jEWlQ-mI0X6gf_EQ7Zztxqaa9nQR5myqUdfyP6CRnYU36dMxe_HxYIf-ggQEx2W/s1600/calendrier+vaccinal+2019.png"><img src="/images/articles/2019/calendrier-vaccinal-2019.png" alt=""></a></p>
<p>Une nouvelle étude d&rsquo;<a href="https://annals.org/aim/fullarticle/2727209/mmr-vaccine-associated-risk-autism">Annals of internal medicine</a> vient démentir une fois encore le lien entre vaccin ROR et autisme grâce à une cohorte de 660 000 enfants.</p>
<p>Une revue de la <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD010871/antibiotiques-pour-le-traitement-de-linfection-genitale-chlamydia-trachomatis-chez-les-hommes-et-les">Cochrane</a> a étudié les traitements de Chlamydia Trachomatis. Les auteurs retrouvent que chez les hommes, il y a moins de résistance microbiologiques au traitement par 7 jours de doxycycline que par azithromycine sans différence sur les échecs cliniques. Chez la femme, il n&rsquo;y a pas de différence qui soit mise en évidence entre les 2 types de traitements. Il y a moins d&rsquo;effets secondaires pour l&rsquo;azithromycine. Je vous rappelle cet article du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/12/dragi-webdo-n77.html">NEJM</a> qui comparait les 2 traitements, l&rsquo;azithromycine semble quand même un bon choix, mais les résistances risquant d&rsquo;augmenter, comme c&rsquo;est le cas avec les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/12/dragi-webdo-n209.html">mycoplasmes</a> devraient peut être faire privilégier la doxycycline notamment chez l&rsquo;homme.</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>La société de céphalées américaines (c&rsquo;est original, on devrait faire une société française de l&rsquo;odynophagie je pense!) a publié des <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30536394">recommandations</a> sur la prise en charge des migraines nécessitant un traitement de fond. Ils rappellent d&rsquo;abord l&rsquo;indication du traitement de fond:</p>
<ul>
<li>
<p>à partir de 4 migraines par mois</p>
</li>
<li>
<p>OU plus de 10 jours par mois ayant nécessité la prise d&rsquo;un triptan ou d&rsquo;un antalgique de pallier 2,</p>
</li>
<li>
<p>OU plus de 15 jours par mois d&rsquo;AINS et paracetamol</p>
</li>
<li>
<p>OU le désir du patient.</p>
</li>
</ul>
<p>Les objectifs de ce traitement doivent être réalistes: réduction de 50% du nombre, amélioration significative de la douleur même si ça reste fréquent, meilleure efficacité des traitements de crise, amélioration fonctionnelle significative. Les traitements sont à débuter à faible dose et voici le tableau des possibilités selon le niveau d&rsquo;efficacité. (sinon je vous renvoie au <a href="http://etunpeudeneurologie.blogspot.com/2013/11/la-migraine-peu-de-neurologues-le_28.html">super billet</a> de  @qffwffq)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjbOldMaSK7hCAV4QIApPSubSj2iQGsQiunqUKiwW0FT1Aek5ZeyyGGabu2nd6aFN_wKx-TKfundtoliCUuZsgf5ofzJKZcq6d01dnHH6h4IMTPMKq5FOBEX7Gkhkddza3AdvK0drgS25ca/s1600/migraines.png"><img src="/images/articles/2019/migraines.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Activité physique</p>
<p>Alors qu&rsquo;une étude de la <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD012424/lexercice-physique-pour-la-prevention-des-chutes-chez-les-personnes-agees-en-milieu-communautaire">Cochrane</a> venait de retrouve sur l&rsquo;activité physique chez le sujet âgé était efficace pour réduire les chutes, une méta-analyse du <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30592475">JAMA internal medicine</a> a recherché si cette activité physique régulière réduisait la mortalité et les hospitalisation. Et bien, non, seules les chutes et blessures liées aux chutes étaient réduite cette fois ci encore.</p>
<p>6/ Diabétologie et nutrition</p>
<p>Cette étude concerne la décision médicale partagée chez les patients diabétiques non contrôlés avec de la metformine. Une <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30767632">équipe</a> a développé  et publié un algorithme pour permettre une évaluation du risque cardiovasculaire et de micro-angiopathie chez les patients diabétiques, à partir des données de la littérature en effectuant une méta-analyse en réseau pour comparer les différents traitements. Puis, les traitements et leurs bénéfices sont présentés au patient après une évaluation des désirs et priorités de celui ci (peur des injections, importance de voir son hbA1C baisser, risque de prise ou de perte de poids&hellip;). Ainsi, l&rsquo;algorithme donne pour chaque classe thérapeutique, celle que le patient est le plus susceptible de souhaiter en montrant les bénéfices sur les risques cardiovasculaires et micro-angiopathiques attendus. La place des sulfamides me semble surestimée cependant. Je trouve ça très sympa, mais on regrette que ce ne soit pas fait molécule par molécule qu&rsquo;on puisse mettre dans la balance des traitements avec davantage de bénéfices cliniques prouvés. Pour le site et tester l&rsquo;algorithme en consultation, c&rsquo;est ici:  <a href="https://sungchoi.shinyapps.io/code/">https://sungchoi.shinyapps.io/code/</a></p>
<p>Je vous avais parlé il y a quelque temps de l&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/12/dragi-webdo-n163.html">DiRECT</a> qui montrait une guérison du diabète chez des patients grâce à un régime et à l&rsquo;activité physique (à 1 an: 46% de patients guéris dans le groupe intervention, NNT 2,4 patients). Le suivi a été prolongé 2 ans et les résultats publiés dans le <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(19)30068-3/fulltext">Lancet Diabeto</a>: 36% des patients du groupe intervention étaient encore en rémission du diabète versus 3% du groupe contrôle (NNT= 3), sans différence d&rsquo;effets indésirables entre les groupes.</p>
<p>Pour finir, une petite image du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2720139">JAMA internal medicine</a> concernant les supplémentations vitaminiques fréquemment demandées par les patients en cette fin d&rsquo;hiver:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjtOoY983wkMbsw6RixnM6z67lzZ_Fsq0OWcJcPViXTIYR2tVY4ubeqN0FfEQLoZvx1fpr0w-wmUeaqRCRIT24tb27EKAlAsMr9RKdaByxYT8wzviibzSMBRv7V2ZPQzADO8hK3LM0wKs5k/s1600/vitamines.png"><img src="/images/articles/2019/vitamines.png" alt=""></a></p>
<p>Merci beaucoup pour votre fidélité, bonne reprise à ceux qui étaient en vacances. Pensez à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°217: consultations obligatoires enfant, rivaroxaban et AVC, diurétiques de l'anse, BCG, infections urinaires et sujet âgé, revue sur la BPCO, Inis</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/03/dragi-webdo-n217/</link><pubDate>Sun, 03 Mar 2019 22:10:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/03/dragi-webdo-n217/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pédiatrie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! C&rsquo;est parti pour une semaine assez dense en actualités, bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance-santé publique</p>
<p>Commençons par une alerte de l&rsquo;<a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Medicaments-a-base-d-argile-dans-le-traitement-symptomatique-de-la-diarrhee-aiguee-chez-l-enfant-Point-d-information">ANSM</a> concernant le diosmectite (Smecta ou autre) qui peut contenir des traces de plomb. La partie importante du message, c&rsquo;est surtout les rappels au professionnels et au grand public que le traitement de la diarrhée aiguë c&rsquo;est la réhydratation (avec SRO chez les petits enfants)!</p>
<p>Une <a href="https://discover.dc.nihr.ac.uk/content/signal-000703/repeat-thyroid-function-tests-for-healthy-older-people-are-not-needed">étude</a> britannique revient sur les prescriptions de TSH en médecine générale. Les auteurs ont retrouvé une très bonne stabilité de la TSH sur des périodes de 5 ans avec moins de 1% des patients développant une dysthyroïdie symptomatique. Les dosages ne devraient être répétés qu&rsquo;en cas d&rsquo;hyperthyroïdie infraclinique, d&rsquo;hypothyroïdie fruste, découverte de fibrillation ou de traitement par amiodarone.</p>
<p>2/ Pédiatrie</p>
<p>Un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000038175215&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">arrêté</a> vient de mettre à jour les consultations obligatoires (et intégralement remboursées dans le cadre du suivi). Pour résumer, les consultations de 1/2 année entre 2 ans et 6 ans sont supprimées, et des consultations à 15 jours, 11 mois (pour la vaccination), 8 ans, 11 ans et 15 ans sont ajoutées.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhrylpnRs_0hiflOenqSWKgmVxm1LJqc1nMGbguiIHgVJRj2p65Ced5obgcQSXN_nOyF0MVnZHX6ZW43RKM_hyphenhyphenRoqbE-8hN9aVw9tT6DJOPEbWioSqdPXPHSgdPa7CP_V5SclGW13sny4Iy/s1600/enf.jpg"><img src="/images/articles/2019/enf.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>L&rsquo;étude COMPASS (aspirine + rivaroxaban versus aspirine + placebo) continue d&rsquo;être tirée dans tous les sens (après des résultats mitigés sur les évènements cardiovasculaires dont j&rsquo;ai parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/08/dragi-webdo-n148.html">ici</a>, et des résultats médiocres sur l&rsquo;AOMI , <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/11/dragi-webdo-n160.html">là</a>). C&rsquo;est donc à la prévention des AVC que l&rsquo;<a href="https://www.ahajournals.org/doi/pdf/10.1161/CIRCULATIONAHA.118.035864">article</a> de Circulation s&rsquo;est intéressé. La bithérapie a permis de réduire significativement le risque relatif d&rsquo;AVC de 48% par rapport à l&rsquo;aspirine seule, avec un NNT de 143 patients par an sans différence significative d&rsquo;hémorragie cérébrale. Il y avait cependant bien plus d&rsquo;hémorragies sévères dans le groupe
aspirine + rivaroxaban par rapport à l&rsquo;aspirine seule pour un NNH de 143
également, chez les patients en prévention primaire et de 71 chez ceux
avec un antécédent d&rsquo;AVC. Il n&rsquo;y avait pas de différence entre le groupe rivaroxaban seul versus aspirine seul mais il y avait d&rsquo;avantage d&rsquo;hémorragies cérébrales. Il n&rsquo;y avait aucune différence de mortalité entre les groupes. Donc il y a au moins 1 hémorragie sévère pour 1 AVC évité, sans différence sur la mortalité, peu convaincant.</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l359.abstract">BMJ</a> parle de la prescription des diurétiques de l&rsquo;anse pour le traitement des œdèmes. Bon, on va passer sur l&rsquo;indication et la balance bénéfice-risque plus que douteuse (en fait, malgré le titre, les auteurs parlent pas mal d&rsquo;insuffisance cardiaque), mais un point intéressant est abordé (du moins, je le connaissais pas!). La réponse aux diurétiques de l&rsquo;anse ne répond pas à une courbe linéaire croissante (plus on augmente la dose, plus y&rsquo;a d&rsquo;efficacité), mais à une courbe sigmoïde, avec un effet seuil (on-off) et un effet plateau rapide (cf figure). Il est donc généralement inutile d&rsquo;augmenter les doses une fois la dose réponse trouvée pour le patient, de faire du demi-dose en traitement de fond (40mg en poussée d&rsquo;oedème, et 20mg en traitement de fond), ou de faire un protocole avec 20mg si oedème modérés et 40mg si oedèmes importants par exemple. En cas d&rsquo;augmentation supérieure à la dose seuil, le gain devient mineur pour le patient. Leur efficacité peut cependant être réduite en cas de co-prescription de bloqueurs du système rénine angiotensine.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjAVw4AV5WezesDzhhmytszdlKWWmhKu5XkiEoyRxyLTndJCz61q28H0uErvWpOMsmEk0NFbrS88ldlDGx8Hgc2q9iio1OH1UFrcQ_YYu_kuVkDwx8Uyx6npK6D9JI4d3e3DVNWmMSHDH1g/s1600/diuretics.png"><img src="/images/articles/2019/diuretics.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Enfin, le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=15D589688D613DF76A9508322DCAEC54.tplgfr26s_1?cidTexte=JORFTEXT000038184922&amp;dateTexte=&amp;oldAction=rechJO&amp;categorieLien=id&amp;idJO=JORFCONT000038184654">BCG</a> ne va plus être obligatoire pour les étudiants des professions médicales et paramédicales listées dans le décret à compté du 1er avril 2019!</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l525">BMJ</a> pose la question du traitement différé des infections urinaires (IU) chez les sujets âgés. Étant données que les cystites de la femme de plus de 75 ans ou de plus de 65 ans avec facteurs de fragilité sont à risque de complication et que les infections masculines peu symptomatiques sont normalement à traiter uniquement après antibiogramme d&rsquo;après la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/05/dragi-webdo-n184.html">SPILF</a>, la question semble bien justifiée. A partir d&rsquo;une base de données de médecine générale monstrueuse ( 7% des MG britanniques y participent), les auteurs ont comparés les patients avec une IU basse traitée immédiatement, de façon différée ou non traitée (NB: chez les britanniques, on considère que l&rsquo;infection urinaire basse des hommes existe). Après exclusion des bactériuries asymptomatiques et infections urinaires compliquées, on voit que les patients de ces 2 dernières classes étaient significativement plus âgés et avaient plus de comorbidités.  Les auteurs retrouvent qu&rsquo;il y a une augmentation des septicémies et de la mortalité chez les patients avec un traitement différé ou non traités (NNH pour septicémie respectivement 51 et 37). Faudrait il donc traiter tout le monde d&rsquo;emblée? Il est quand même possible, dans cette étude rétrospective, que les patients qui ont une prescription différés soient bien plus fragiles et à risque de complication que les autres et qu&rsquo;une prescription immédiate ait un impact modéré (d&rsquo;autant plus que c&rsquo;est le bactrim qui est prescrit en première intention et que les résistances sont supérieures à 30%). Tout ça pour dire qu&rsquo;il serait intéressant de se poser la question: différer pour limiter l&rsquo;antibiorésistance ou traiter d&rsquo;emblée après prélèvement de l&rsquo;ECBU chez les patients fragiles?</p>
<p>Petit tour sur la coqueluche dans le <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l401/">BMJ</a> également qui fait une revue sur cette infection. Le bénéfice du traitement dans les 21 jours et surtout de limiter la transmission, mais la tout peut tout de même durer pendant 3 mois. Pendant la grossesse, les auteurs recommandent une vaccination au 2ème ou 3ème trimestre, mais ce n&rsquo;est toujours pas recommandé de la sorte en France&hellip;.</p>
<p>5/ Pneumologie</p>
<p>En réponse à l&rsquo;article d&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2019/02/dragi-webdo-n215.html">il y a 2 semaines</a> sur les différents traitements de la BPCO, il faut reconnaitre que cette version toute récente du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2725693">JAMA</a> est encore plus claire avec les seuls de CAT et les antécédents d&rsquo;exacerbation influençant le traitement de fond à privilégier (et intégrant l&rsquo;hyperéosinophilie. On voit aussi qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de place pour les bithérapies LABA+CSI) Concernant les exacerbations, les auteurs recommandent les B2 de courte durée d&rsquo;action dans les exacerbations légères et, contrairement à la SPLF, proposent plus facilement les corticoïdes oraux (40mg/j 3 à 7jours) et les antibiotiques (en privilégiant les macrolides en première lignes et l&rsquo;amoxiciline + acide clavulanique chez les patients avec exacerbations récidivantes ou risque de résistances bactériennes).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjdBwhROWSF84D3qbhykOZjSSBrlNpjIlcuHrYmX1JEgAnDpO8ZIwyeuBKWYYv6-pSUk5OIMfp3DcEr-9rtOJ1Hyp79yi9BdOaygww1NcHN8zken-ggN2cNJC3ycXsaxZq2GHsw2KxHgcq_/s1600/BPCO.png"><img src="/images/articles/2019/bpco.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Jeu du mois: Inis</p>
<p>Inis est un jeu de placement d&rsquo;unité particulièrement beau (comme la plupart des jeux dont je parle, certes), dans lequel vous et vos clans allez devoir dominer les autres clans celtes qui se trouvent dans la région. Les figurines sont jolies, le plateau de jeu très bien réalisé et les cartes magnifiques avec leur design unique! Il s&rsquo;agit d&rsquo;un jeu dans lequel il faut arriver à contrôler des territoires, combattre ou négocier ses positions avec les adversaires et tout ça, grâce à des actions obtenues via un draft de cartes. Les pouvoirs des territoires contrôlés et l&rsquo;aide des &ldquo;récits épiques&rdquo; seront indispensables pour remporter la partie. Mais pour pouvoir gagner, il faut annoncer au tour précédent que l&rsquo;on va gagner, à moins de se faire contrer&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhvsnXYcs_3eks2Icp0M4CLBwAIW64fbDO6ap_nPEZFFsq3XfUyKeIQfZHrMdY1hxDXK0cgzJxSz2BgwYBBB2WRilindswzWrM2Q_sgW32GQkfC_5HGtHC9gLu7Hf-c3Yj3lAur0WbCkglz/s1600/20190302_121750.jpg"><img src="/images/articles/2019/20190302-121750.jpg" alt=""></a></p>
<p>Bonne soirée à tous et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°216: AINS, prescription sport, décroissance thérapeutique et BPCO, éducation et lombalgie aiguë, dépistage insomnie, insuline glargine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/02/dragi-webdo-n216/</link><pubDate>Sun, 24 Feb 2019 18:52:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/02/dragi-webdo-n216/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Activité physique</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Un peu de paillettes sur la médecine générale pour commencer, avec un article du <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30776056">JAMA internal medicine</a> qui retrouve qu&rsquo;augmenter le nombre de MG par habitant permet de réduire la mortalité (contrairement à l&rsquo;augmentation du nombre des autres spécialistes)! Bon, en chiffres absolus, ça donne qu&rsquo;augmenter le nombre de 10 MG par 100 000 habitant augmente l&rsquo;espérance de vie des patients de 51 jours&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhXNyJa_alLraaCnFJqd_DojYaiti3VQs_qy0FnnjyalSL5dThfzQJPD9Vh26FJI28kQ_H5OBPUtoejxLK1mpAE9hNd7aiTmDCdqrzWyJJnVwRvjZmJJWb9qgFBvE5maNd4tKY0WFnYVQjz/s1600/MG.png"><img src="/images/articles/2019/mg.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un point AINS, ça faisait longtemps! Cette étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2724772">JAMA</a> s&rsquo;est intéressé aux militaires (âge médian de 28 ans) traités par AINS dans une cohorte rétrospective de 750 000 patients. Déjà, 35% de la population avait déjà eu des AINS dans les 6 derniers mois. Les auteurs ont retrouvé un sur-risque de 20% de maladies rénales aiguës ou chroniques, respectivement associées à une incidence de 17 cas d&rsquo;insuffisances rénales aiguës pour 100 000 exposés et de 30 cas d&rsquo;insuffisances rénales chroniques pour 100 000 exposés.</p>
<p>2/ Activité physique</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.inserm.fr/sites/default/files/2019-02/Inserm_EC_2019_Activit%C3%A9PhysiqueMaladiesChroniques_Synthese.pdf">INSERM</a> a publié un rapport sur la prescription d&rsquo;activité physique et la recommande devant les bénéfices démontré dans les pathologies suivantes (le détail des bénéfice pour chacune est en page 84, je vous laisse lire tout le document pour les autres précisions&hellip;): diabète de type 1 et 2, obésité, coronaropathie, insuffisance cardiaque, AOMI, AVC, BPCO, asthme, cervicalgie et lombalgie chronique, arthrose des membres inférieurs, rhumatismes inflammatoires, cancers, dépression et schizophrénie.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Une <a href="https://openres.ersjournals.com/content/5/1/00175-2018">étude</a> de cohorte s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;arrêt d&rsquo;un LAMA en traitement de fond d&rsquo;une BPCO peu sévère après 2 ans de traitement. En fait, c&rsquo;était un essai contrôlé randomisé dans lequel les patients peu sévères ont reçu du tiotropium ou un placebo pendant 2 ans. A ce moment là, on voit une supériorité du traitement (meilleur VEMS, meilleure capacité vitale). Les patients ont ensuite été suivis pendant 3 ans sans qu&rsquo;aucun ne reçoive de traitement. Quelques mois après l&rsquo;arrêt du LAMA et durant les 3 ans de suivi, on note une dégradation du VEMS et de la CV qui devient similaire entre le groupe qui avait le tiotropium et celui qui avait le placebo, tout comme le nombre d&rsquo;exacerbations. Cette étude encourage donc à poursuivre les traitements de fond instaurés. Si on s&rsquo;intéresse un peu plus à la clinique qu&rsquo;aux chiffres, on note quand même que le groupe &ldquo;post-tiotropium&rdquo; a conservé un meilleur COPD Assessment Test que le groupe &ldquo;post-placebo&rdquo; pendant 1 an après l&rsquo;arrêt avant que les 2 groupes soient similaires.</p>
<p>Concernant l&rsquo;observance des corticoïdes inhalés (CSI) dans l&rsquo;asthme, cette <a href="https://openres.ersjournals.com/content/5/1/00073-2018?ctkey=shareline">étude</a> internationale comprenant une bonne partie de patient français, retrouve une amélioration du nombre de patients prenant régulièrement des CSI en cas d&rsquo;asthme persistant au cours des 20 dernières années. Cependant, seuls 34% des patients avec un asthme persistant déclarent prendre régulièrement leur CSI&hellip;. Donc y&rsquo;a encore beaucoup de progrès à faire. Les facteurs associés à la prise d&rsquo;un CSI étaient d&rsquo;une part l’existence d&rsquo;une crise d&rsquo;asthme dans les 12 derniers mois et le fait d&rsquo;avoir consulté un médecin dans les 12 derniers mois (avec également une association entre ces 2 facteurs&hellip;)</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>On a vu pas mal d&rsquo;études et de pratiques consistant à proposer de la metformine dans le traitement de l&rsquo;infertilité liée à un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) avec des <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD006105/metformine-chez-les-femmes-atteintes-du-syndrome-des-ovaires-polykystiques-pour-ameliorer-la-fertilite">résultats</a> très mitigés. Des nordiques ont donc essayé la metformine en cours de grossesse avec comme critères de jugement les fausses couches et les naissances prématurées. Les auteurs ne retrouvent aucun bénéfice sur ces critères de jugement, mais.. mais&hellip; ils retrouvent quand même qu&rsquo;il y a moins de diabète gestationnel grâce à la metformine(Youhou&hellip;) (NNT= 69 mais sans bénéfice non plus donc sur les fausses couches et naissances prématurées qui sont une des complications du diabète gestationnel).</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30398542">JAMA Neurology</a> a comparé des séances d&rsquo;éducation intensive du patient (informations, gestion des activités dans la vie quotidienne etc&hellip; au rythme de 2 fois une heure) dans la lombalgie aiguë versus un placebo d&rsquo;éducation (écoute empathique etc&hellip; mais pas de réelle information, sachant que cette procédure placebo a déjà été testée et considérée comme crédible par les patients) dans un essai contrôlé randomisé. Les patients inclus avaient une lombalgie depuis moins de 6 semaines et étaient à haut risque de chronicisation. Sur le critère de jugement principal, la douleur à 3 mois, aucune différence n&rsquo;a été retrouvée, mais il y avait un peu moins de gêne fonctionnelle de 1 semaine à 3 mois sans différence ultérieure. Bref, c&rsquo;est pas très convaincant. Il est vraiment dommage que les auteurs n&rsquo;aient pas plutôt axé sur le taux de récidive des lombalgies à 1 an car c&rsquo;est probablement l&rsquo;élément le plus important dans l&rsquo;éducation des patient et il se trouve justement que c&rsquo;est un résultat secondaire des plus significatif avec une réduction de 55% des récidive si éducation (NNT= 6 patients!). Donc une étude à refaire mais avec un critère principal plus pertinent que la douleur aiguë.</p>
<p>6/ Psychiatrie</p>
<p>Voici un outil de dépistage de l&rsquo;insomnie en soins primaire en 2 questions, publié dans le <a href="https://bjgp.org/content/69/679/79">BJGP</a>. Un score inférieur ou égal à 2 a une sensibilité de 80% et une spécificité de 81% de dépister l&rsquo;insomnie:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh9mUXU0hq90H3vjS_Kkuskd7iPf7v1wWc9DB_9NqlihyphenhyphenXMkQPFLXmIjZ1Dx7WTuQxDqb43trGDZR25ccG3HvAXER4_ZJplghSq6z-j-Eb4C5IVT2b3oBAn9ahPLyozcB0GVisqgO8RFDsm/s1600/sleep.png"><img src="/images/articles/2019/sleep.png" alt=""></a></p>
<p>7/ Diabétologie</p>
<p>Finissons avec de la diabétologie et la gestion des insulines lentes chez les patients diabétiques de type 2. Cette étude de <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30724009">diabetes, obesity and metabolism</a> a mis en évidence un effet plafond dans le traitement des patients par insuline glargine. En effet, la réponse sur l&rsquo;Hba1C est optimale jusqu&rsquo;à 0,3UI/kg, puis plus limitée jusqu&rsquo;à 0,5UI/Kg, seuil au delà duquel il ne semble plus y avoir de baisse d&rsquo;Hba1C. Par contre l&rsquo;augmentation du poids est plus importante au delà de 0,5UI/kg (+2kg vs +3kg). Arrivé à ce seuil, soit l&rsquo;objectif glycémique doit vraiment être revu, soit il est nécessaire d&rsquo;envisager des doses d&rsquo;insuline rapide.</p>
<p>Bonne soirée et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°215: Sartans contaminés, dépression post-partum, autisme, rhino-sinusite chronique, maladie rénale chronique, traitement BPCO, prurit vulvaire</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/02/dragi-webdo-n215/</link><pubDate>Sun, 17 Feb 2019 18:55:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/02/dragi-webdo-n215/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Prévention</category><category>Traumatologie</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour et bienvenue sur le blog pour les nouveaux! Il y a exactement 5 ans, j&rsquo;écrivais mon premier billet <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2014/02/evidence-biaised-medecine.html">ici</a>. Merci aux anciens et nouveaux habitués ainsi qu&rsquo;aux lecteurs occasionnels. Vos messages d&rsquo;encouragement et de remerciements me motivent toujours autant à continuer! C&rsquo;est pas tout, mais j&rsquo;ai un Dragi Webdo à écrire, bonne lecture!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgSXMWa12f0LtKFm3eFHUyPRAPYRgnTtavRGpFcPZrmX1V7wwXkmLVhuFEfPFMeTjOgr0vcaHi7mtk_b6-z0HVJyjTyYOCCZ6irJoxbgu61GlkWg0p8ROhsoYFZV2qi8_8oGTB1HTdnm0XI/s1600/thank+you.gif"><img src="/images/articles/2019/thank-you.gif" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Revenons d&rsquo;abord sur les risques, souvent abordés par les patients, des sartans (ARAII) infectés au NDMA et NDEA. L&rsquo;Agence Européenne du Médicament (<a href="https://www.ema.europa.eu/en/news/sartan-medicines-companies-review-manufacturing-processes-avoid-presence-nitrosamine-impurities">EMA</a>) a donc fait un communiqué évaluant le sur-risque de cancers liés à chacune de ces particules. On sait qu&rsquo;il y a un sur-risque de cancers, mais &ldquo;lesquels&rdquo;? Ce n&rsquo;est pas précisé, donc on va considérer que c&rsquo;est pour &ldquo;tout type de cancer&rdquo;. Ainsi, avoir la dose maximale d&rsquo;un sartan &ldquo;contaminé&rdquo; pendant 6 ans augmente le risque de cancers liés au NDMA de 22 cas pour 100 000 utilisateurs et avoir la dose maximale d&rsquo;un sartan contaminé au NDEA pendant 4 ans augmente le risque de cancers de 8 cas pour 100 000 utilisateurs (4 et 6 ans correspondent en fait au temps estimé depuis lequel ces sartans sont contaminés, et ces chiffres sont estimés à partir de modèles animaux&hellip;.) Bref, on aurait environ 6 cas de cancers annuels pour 100 000 utilisateurs à la dose maximale, sachant qu&rsquo;en France l&rsquo;incidence des cancers est d&rsquo;environ <a href="https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Les-chiffres-du-cancer-en-France/Epidemiologie-des-cancers/Donnees-globales">300</a> cas pour 100 000 patients par an.</p>
<p>Un article d&rsquo;<a href="https://annals.org/aim/fullarticle/2724042/compounded-topical-pain-creams-treat-localized-chronic-pain">Annals of internal medicine</a> revient sur les préparations pharmaceutiques sous formes de crème dans la prise en charge des douleurs chroniques. Les auteurs concluent qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas de bénéfice prouvé et peuvent exposer à des effets secondaires (et qu&rsquo;en plus, elles sont cher). Au contraire, les <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD007400/medicaments-anti-inflammatoires-non-steroidiens-topiques-pour-les-douleurs-musculo-squelettiques">AINS locaux</a>, bien qu&rsquo;exposant également à des effets indésirables peuvent parfois soulager les douleurs arthrosiques d&rsquo;après la Cochrane.</p>
<p>2/ Prévention - dépistage</p>
<p>Une étude du JAMA Internal Medicine parle du comportement &ldquo;non observant&rdquo;. En effet, dans la cohorte américaine <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30592477">PLCO</a> (essai contrôlé randomisé s&rsquo;intéressant aux dépistages de cancers de la prostate, du poumon, du colon et de l&rsquo;ovaire), les patients du bras intervention ne participant pas aux dépistage avaient un taux de mortalité globale augmenté après 10 ans de suivi (après exclusion des 4 cancers étudiés dans l&rsquo;étude) par rapport à ceux du bras intervention considérés comme très observants.</p>
<p>L&rsquo;académie de pharmacie s&rsquo;est intéressé à la <a href="https://www.acadpharm.org/dos_public/RECOMMANDATIONS__REIN_ET_MEDICAMENT_VF1.pdf">maladie rénale chronique,</a> sous dépistée et sous diagnostiquée. Les points importants pour les médecins passent par l&rsquo;inscription du DFG sur les ordonnances, la réduction de la iatrogénie médicamenteuse et le dépistage des patients à risque (c&rsquo;est à dire, selon la HAS: âge &gt; 60 ans, diabète, HTA, maladie cardiovasculaire et insuffisance cardiaque, maladie auto-immune, obésité, affection urologique, antécédent familial d&rsquo;insuffisance rénale chronique terminale, expositions à des toxiques (comme le plomb) ou à des traitements néphrotoxiques notamment AINS. Bien que les auteurs parlent des campagnes de sensibilisation en population générale, aucun bénéfice n&rsquo;a été montré d&rsquo;un dépistage en l&rsquo;absence de facteurs de risque (cf <a href="https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2012-04/guide_parcours_de_soins_mrc_web.pdf">HAS</a> et <a href="http://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=1648">ici</a>).</p>
<p>La même académie a également parlé de la prévention du <a href="https://www.acadpharm.org/dos_public/Reco_HPV_VF2_13_fEvrier_2019.pdf">cancer du col de l&rsquo;utérus</a> en se prononçant en faveur d&rsquo;une vaccination chez les garçons et d&rsquo;un dépistage possible par recherche d&rsquo;HPV oncogènes.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2724195">USPSTF</a> (recos américaines) sont en faveur d&rsquo;un dépistage et d&rsquo;une prise en charge précoce de la dépression du post-partum, en adressant pour des thérapies comportementales et thérapies interpersonnelles, les patients avec facteurs de risque: antécédent dépression ou symptômes dépressifs actuels et facteurs économiques et sociaux (faibles revenus, âge jeune, mono-parentalité etc&hellip;)</p>
<p>Concernant le dépistage de l&rsquo;autisme, voici un <a href="https://autismcanada.org/wp-content/uploads/2018/01/PhyHandbook_FR_2018.pdf">guide</a> canadien qui semble particulièrement bien fait, publié par l&rsquo;association Autisme Canada (financée par de l&rsquo;industrie non pharmaceutique comme Starbucks&hellip;). Pour mémoire, le M-CHAT-R, à utiliser à 18mois et 24 mois est considéré comme normal pour un score inférieur ou égal à 2 (non = 1 et oui =0 sauf pour les questions 2, 5 et 12)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjNry2ULY_6JmmwlO0N2N8Mhui6R3n8sj1yIcl_zuMnf0_foPKz1Vcf0kd8zxFb4i3CEuEGrUbEZYHqxbYsS77zMD5kHpTXTBS3WlyEWCQFAwkT3JsWIjbgyur5OoUpAzBPpC_2J47OFThD/s1600/autisme.png"><img src="/images/articles/2019/autisme.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Orthopédie</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)31665-9/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=85013482&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-27013292">Lancet</a> s&rsquo;est intéressée à la durée de vie des prothèses de hanches. Alors, certes, je ne vais pas opérer, mais ça peut m&rsquo;aider à informer les patients. Et là, les données sont aussi fiables que celles des autorités versus celles des organisateurs. En effet, d&rsquo;après les séries de cas publiés, les prothèses seraient encore intactes après 25 ans chez 77% des patients, alors que d&rsquo;après les registres de prothèse (notamment issus des pays scandinaves), ça serait plutôt 57% des patients. On peut dire quand même que chez la majorité des patients, la durée de vie des prothèses est supérieure à 25 ans.</p>
<p>4/ Pneumologie - ORL</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l131">BMJ</a> revient sur les rhino-sinusites chroniques, et préconisent un traitement par corticoïdes nasaux associé aux lavages de nez. Les auteurs retrouvent que les vasoconstricteurs nasaux sont associés à un effet rebond à l&rsquo;arrêt. Un traitement par macrolides peut être testé (anti-infectieux et anti-inflammatoire) mais n&rsquo;est pas recommandé en soins primaires du fait du trop faible niveau d&rsquo;efficacité. Concernant les traitements chirurgicaux, il ne sont pas un traitement curatifs mais permettent uniquement de libérer les voies nasales pour avoir une meilleure efficacité des traitements locaux. Les &ldquo;red flags&rdquo; sont: un écoulement unilatéral, une cacosmie, la présence de croutes persistantes, une épistaxis associée, des anomalies neurologiques ou ophtalmologiques.</p>
<p>Les recommandations de la SPLF concernant la BPCO sont pragmatiques mais il y a peu de conseils sur quelle classe utiliser selon les symptômes (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/02/dragi-webdo-n129.html">ici</a>). Cet <a href="https://openres.ersjournals.com/content/5/1/00185-2018">article</a> de l&rsquo;European Respiratory Journal propose un algorithme dans le quel on ne commence jamais par des LABA seuls, ce qui est assez concordant avec les études, avec des propositions de modification de traitement selon les symptômes (une dyspnée est caractérisée par un mMRC ≥ 1 ou un CAT ≥  9):</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhFYr_PKGxWSxrCUiJ9iRkaz9h6DDejG1kzHzB4nA-81IEi0YA5BAWa4l9NF_WG29wQjMYVsckO_gc_Yb3DsWqrdgiBuME0mub6v43Ou3dgsNPiGf8Zprk4FOxLdt9SUqXR_NY8jjy3eueQ/s1600/BPCO.jpg"><img src="/images/articles/2019/bpco.jpg" alt=""></a></p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l83.abstract">BMJ</a> aime aussi la gynécologie avec les photos qui vont avec. Alors voici un article qui parle des différentes causes de prurit vulvaires. En premier lieu, il faut surtout penser aux irritants: préservatifs, lubrifiants, spermicides, serviettes hygiéniques, traitements locaux et parfums.</p>
<p>Merci encore de me lire! On reprend les bonnes habitudes: le billet est donc publié à l&rsquo;heure, on est bien dimanche soir (lundi matin pour ceux qui le reçoivent par mail), alors bonne semaine à tous et à +/- dimanche prochain!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°214: mesure TA, vaccin (US), coiffe des rotateurs, HPV, anxiété généralisée, macro-progestatifs</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/02/dragi-webdo-n214/</link><pubDate>Sun, 10 Feb 2019 11:42:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/02/dragi-webdo-n214/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Gynécologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! L&rsquo;actualité a été dense cette semaine, alors la sélection a été difficile&hellip; Commençons d&rsquo;abord, par cette étude du <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l121">BMJ</a> qui montre l&rsquo;efficacité des assistants médicaux, nommé en anglais &ldquo;scribes&rdquo; (en fait, ça ressemble pas mal à des externes&hellip;) qui augmentent d’environ 15% la productivité aux urgences et réduisant la durée de séjour aux urgences de 19 minutes! Aller bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Les <a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Luteran-acetate-de-chlormadinone-et-Lutenyl-acetate-de-nomegestrol-et-leurs-generiques-des-cas-de-meningiome-rapportes-Point-d-information">macro-progestatifs</a> (chlormadinone et nomégestrol, alias Luteran et Lutényl) pourraient augmenter risque de méningiome. Ce n&rsquo;est pas  une association d&rsquo;après l&rsquo;ANSM mais on en est au stade de déclaration de cas nécessitant une surveillance. La recommandation est donc d&rsquo;arrêter ces traitements en cas de découverte de méningiome, de les prescrire dans l&rsquo;AMM et d&rsquo;informer les patientes de ce potentiel risque.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30715088">méta-analyse</a> concernant les prises de tension au cabinet a recherché le meilleur moyen de prendre la tension artérielle. Les auteurs ont comparé les mesures automatisées ( c&rsquo;est à dire sans intervention du patient, l&rsquo;appareil prend plusieurs mesures de suite alors qu&rsquo;il est seul sans la pièce pour réduire l&rsquo;effet blouse blanche), par rapport aux mesures classiques (mesures manuelles ou électroniques qui ne correspondent pas aux mesures automatisées).  Il y avait une surestimation des valeurs lors de mesures classiques par rapport aux mesures automatisées. Par ailleurs, il n&rsquo;y avait pas de différence entre les mesures automatisées et les mesures ambulatoires diurnes par MAPA. Les recos de 2018 donnant pour consigne de diagnostiquer avec des mesures ambulatoires puis d&rsquo;adapter sur des mesures au cabinet, il serait donc plus pertinent d&rsquo;utiliser les mesures automatisées au cabinet pour adapter les traitements étant donné qu&rsquo;elles sont proches des mesures ambulatoires au lieu de mesures classiques au cabinet.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Les <a href="https://kce.fgov.be/fr/vacciner-les-gar%C3%A7ons-contre-le-papillomavirus">recommandations</a> vaccinales belges viennent d&rsquo;évoluer en ajoutant la vaccination anti HPV des garçons entre 9 et 14 ans, il est possible que les françaises évoluent également très prochainement.</p>
<p>En parallèle, les <a href="https://annals.org/aim/fullarticle/2723806/recommended-adult-immunization-schedule-united-states-2019">américains</a> ont également publié leurs nouvelles recommandations vaccinales. Première remarque, on a vraiment peu de vaccin en France. En effet, dans le calendrier US, on peut voir recommandé chez tous les adultes: un vaccin anti-grippal annuel, le diphtérie/tétanos tous les 10 ans, 2 dose de vaccins anti-varicelle, les vaccins anti-zona (notamment le nouveau recombinant qui est plus efficace), les vaccins anti HPV chez les hommes et femmes ainsi que les vaccins anti-pneumocoque à partir de 65 ans.</p>
<p>La <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD010406/les-corticoides-dans-le-traitement-de-la-grippe">Cochrane</a> a étudié l&rsquo;impact des corticoïdes oraux dans la prise en charge de la grippe. Les auteurs ont retrouvé qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de bénéfice, avec un doute sur une majoration des complications. Donc, à éviter.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l294">BMJ</a> parle des tendinopathies de la coiffe des rotateurs. Cette revue rapide ne retrouve pas de bénéfice claire à un traitement chirurgical par acromioplastie de décompression par arthroscopie par rapport au traitement non-chirurgical (kinésithérapie, AINS, infiltrations) devant l&rsquo;absence d&rsquo;amélioration fonctionnelle et de qualité de vie à 1 an et les risques opératoires et post-opératoires.</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Faut il dépister le cancer du col de l&rsquo;utérus avec une recherche systématique d&rsquo;HPV oncogènes? Cette <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l240">étude</a> observationnelle britannique a retrouvé que la recherche d&rsquo;HPV oncogène systématique conduisait à une augmentation des diagnostics de CIN 3+ et de cancer de respectivement 44% et 27%. Cependant, il y avait 80% de colposcopie en plus, c&rsquo;est quand même pas mal&hellip;</p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p>Pour finir, un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)31793-8/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=84334629&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-27013292">Lancet</a> a comparé les différents traitements pharmacologiques de l&rsquo;anxiété généralisée dans une méta-analyse en réseau. Les auteurs retrouvent que la duloxetine, la prégabaline, la venlafaxine, et l&rsquo;escitalopram sont les plus efficaces, mais parmi ceux là, la prégabaline est la molécule la plus acceptable par les patients. En vrai, quand on regarde l&rsquo;ensemble des traitements étudiés, dont les benzodiazépines, la fluoxétine et l&rsquo;hydroxyzine, tous sont a peu près aussi efficaces, avec des intervalles de confiance qui se chevauchent tous, mais la tolérance est parfois moins bonne.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjUcAr926U8w6Io0k5xhWpNo9ykMfNrHnheixqTS-LimgljOxGTbUE96Euh4q_OatZo1sJ_OSOuXDieETSkEGPxPaPHto_sXYnZ6WMh_gnNp76nc-uz_s3ZEGpixR4sXnAI36pHzteQ8GKp/s1600/anxiolytique.png"><img src="/images/articles/2019/anxiolytique.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini! Merci pour votre fidélité et à la semaine prochaine! (Et pensez à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou
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qui vous sera envoyé!)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°213: e-cigarette, statines et sujet âgé, polyarthrite rhumatoïde (recos), bêta-bloquants, Azul</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/02/dragi-webdo-n213/</link><pubDate>Sun, 03 Feb 2019 23:29:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/02/dragi-webdo-n213/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Addictologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! On l&rsquo;a déjà dit, mais si les patients pouvaient ne pas sortir d&rsquo;hospitalisation avec des ordonnances pour 3 mois, ça éviterai qu&rsquo;il ne viennent consulter que 3 mois après la sortie alors qu&rsquo;il est important qu&rsquo;une évaluation dans le mois qui suit, soit effectuée: j&rsquo;en avais déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/11/dragi-webdo-n117.html">ici</a>, mais voici une <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30681708">nouvelle étude à l&rsquo;appui</a> (Et de préférence, même sans compte rendu d&rsquo;hospitalisation, juste une lettre rapide résumant l&rsquo;hospitalisation, ça serait top! Merci &lt;3)  Voici les actualités de la semaine, bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2723256">nouvelle analyse de l&rsquo;étude</a> SPRINT s&rsquo;est intéressé cette fois ci à la survenue de démence chez les patients avec un objectif tensionnel &lt; 120mmHg de PAS versus &lt;140mmHg (J&rsquo;avais parlé des biais de l&rsquo;étude SPRINT <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/10/dragi-webdo-n109.html">ici</a> , sur ces objectifs et la façon dont la tension était prise). Bref, le critère de jugement principal était la survenue d&rsquo;une démence, et les auteurs retrouvent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas moins de démence dans le groupe traitement intensif. L&rsquo;histoire aurait pu s&rsquo;arrêter là, sauf que les auteurs ont préféré conclure sur un critère de jugement secondaire les &ldquo;troubles neuro-cognitifs légers&rdquo; qui sont moins nombreux dans le groupe intensif (NNT= 270 patient par an). Pour mémoire, conclure sur un critère secondaire, c&rsquo;est pas top, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il y a eu je ne sais combien d&rsquo;analyses autres prévues au protocole, donc il serait bien de tenir compte de tout ça lors qu&rsquo;on analyse cette base de données&hellip;</p>
<p>Une question récurrente: les bêta-bloquants en cas de coronaropathie stable. Les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n181.html">études récentes</a> sont pour un intérêt limité passé la 1ère année de traitement. Cette nouvelle <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30590529">étude</a> publiée dans l&rsquo;European Heart Journal utilise les données du registre CLARIFY. Ainsi, les bêta-bloquants ont en effet un bénéfice sur la mortalité globale la 1ère année suivant l&rsquo;infarctus du myocarde, sans bénéfice sur la mortalité après. Cependant, ces traitements sont des anti-ischémiques qui peuvent également avoir un effet symptomatique (avec un niveau de preuve et une balance bénéfice/risque bien meilleure que l&rsquo;ivabradine et le nicorandil hein&hellip;) Mais s&rsquo;ils sont mal toléré, les autres anti-ischémiques possibles avec un niveau de preuve minimal sont les inhibiteurs calciques. Cette étude a donc également regardé l&rsquo;effet des inhibiteurs calciques sur la mortalité. Il n&rsquo;y a pas de gain de mortalité avec ces traitement, mais il n&rsquo;y a pas de sur-mortalité non plus. Ainsi, bien que les bêta-bloquants doivent être privilégiés la 1ère année compte tenu d&rsquo;un bénéfice sur la mortalité, leur poursuite et celle d&rsquo;inhibiteurs calcique semble plutôt conditionnée par les symptômes des patients.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgPMKZN_fa8kxX5x8ENNO-FYc3jv_YGcldKZX8bpSbFTdkjyvMFEajam4a9qALJbLbFY57J0zrIVSCOa2BVGsmcDIA2AyG-6vh5OuKSLsPQEgm_6FDV2LdSoAwe6iXtDgVEt5H2W8Ei2uCI/s1600/CAD.png"><img src="/images/articles/2019/cad.png" alt=""></a></p>
<p>Pour finir cette partie cardiovasculaire, parlons de l&rsquo;article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)31942-1/fulltext">Lancet</a> faisant une méta-analyse de 28 essais contrôlés randomisés de grande ampleur pour évaluer les bénéfices des statines. C&rsquo;est une méta-analyse sur données individuelles, c&rsquo;est à dire que chaque patient a pu être analysé comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une seule grande étude. Sur l&rsquo;ensemble de la population, dont le suivi moyen a été de 4,9 ans, les statines réduisaient les évènements cardiovasculaires de 21% pour chaque baisse de 1mmol/L soit des baisse de 0,4g/L (NNT= 143), et ce quelque soit l&rsquo;âge. L&rsquo;analyse séparant la prévention primaire et la prévention secondaire retrouve: en prévention primaire, un bénéfice sur les évènements cardiovasculaire: NNT= 334, mais seulement avant 70 ans, et en prévention secondaire, un bénéfice sur les évènements cardiovasculaire quelque soit l&rsquo;âge: NNT= 100. Pour la mortalité globale, il faut aller chercher dans les annexes: bénéfice sur la mortalité globale (sans différence de prévention primaire ou secondaire recherché): NNT= 1000 (et non significatif si l&rsquo;on regarde les patients de plus de 70 ans). Ces résultats sont bien plus modestes en comparaison de l&rsquo;étude du JAMA sur les statines en prévention secondaire (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/11/dragi-webdo-n158.html?fbclid=IwAR1wpBw9vRSUvyClpslapMmLDc8F-Sga6hl_496elDjWy2rXjMyFdx3ABa0">ici</a>).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj1ul8Ub4KpNmbr2G7PTwJlp6FRvvn_qCqTIwKvv0UKqsXQVJFNElfqA8kZkevbhHrogmesSO8knYOKCnl7b_IijA5CLaa3ZtjZQGVWyftK0W8BSlLltIu8y9Uag9wxfqhyn6nw1B2WAjlQ/s1600/ldl+lancet.png"><img src="/images/articles/2019/ldl-lancet.png" alt=""></a></p>
<p><strong>En résumé à 5 ans de suivi:</strong></p>
<ul>
<li>bénéfice des statines sur les évènements cardiovasculaires en prévention primaire avant 70 ans avec NNT= 334</li>
</ul>
<p>-  bénéfice des statines sur les évènements cardiovasculaires en prévention secondaire quelque soit l&rsquo;âge avec NNT= 100</p>
<ul>
<li>bénéfice des statines sur la mortalité avant 70 ans avec un NNT= 1000</li>
</ul>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Alors que les antibiotiques ne sont pas systématiques dans les exacerbations de BPCO, certains auteurs ont recherché s&rsquo;ils devaient être plus systématiquement prescrits dans les crises d&rsquo;asthme sévères traitées par corticoïdes. Dans cette <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30688986">étude</a> de cohorte, après appariement sur un score de propension et exclusion des patients avec une indication d&rsquo;antibiothérapie (pneumpathie infectieuse, infection urinaire, BPCO etc&hellip;), les patients traités par antibiotiques lors d&rsquo;une crise d&rsquo;asthme sévère n&rsquo;avaient pas moins d&rsquo;échec de traitement mais avaient des durées d&rsquo;hospitalisation plus longues et plus chères.</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>La société française de rhumatologie a publié des <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1169833018301522">recommandations</a> sur la prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde. La partie concernant les généralistes est surtout en rapport avec le diagnostic:</p>
<ul>
<li>
<p>devant des signes cliniques: gonflement articulaire (arthrite clinique), une raideur matinale de plus de 30 min, une douleur à la pression transverse des mains ou des avants-pieds</p>
</li>
<li>
<p>et nécessite le bilan suivant: VS, CRP, anticorps anti-peptides citrullinés, facteurs rhumatoïdes et bilan radiologique +/- échographies.</p>
</li>
</ul>
<p>4/ Tabacologie</p>
<p>On l&rsquo;attendait depuis longtemps, la voici, l&rsquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa1808779">étude</a> retrouvant un bénéfice de l&rsquo;e-cigarette dans le sevrage tabagique par rapport aux substituts nicotiniques. Cette étude du NEJM a donc inclus près de 900 patients randomisés en &ldquo;E-cigarette&rdquo; du parfum de leur choix, débuté avec des concentrations de nicotine de  18mg, ou substitut nicotinique de leur choix, généralement patch + un substitut d&rsquo;action rapide (gomme, pastille, inhalateur ou spray). Le critère de jugement était l&rsquo;abstinence à  1 an: il y avait 75% d&rsquo;arrêt en plus avec e-cigarette (NNT= 13), sans plus d&rsquo;effets indésirables.</p>
<p>5/ Jeu de du mois: Azul</p>
<p>Le jeu du mois dont je vais parler est donc Azul, l&rsquo;As d&rsquo;or 2018 décerné par le jury du festival de jeu de Cannes. Bien que son design puisse ne pas être très attrayant (c&rsquo;est ce qui me repoussait), il faut dire que le jeu est particulièrement intéressant et qu&rsquo;il mérite son As d&rsquo;or. Il s&rsquo;agit de placer des jetons avec différents motifs sur son plateau, et d&rsquo;accumuler les points grâce aux lignes, colonnes et autres combinaisons formées. Un principe simple et des interactions importantes entre joueur grâce aux plateaux de pioche au centre de la table de jeu, communs aux joueurs. Il est donc à la fois abordable dès 8 ans, et permets des parties plus stratégiques pour les plus expérimentés!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh6a-4zn-5Dr7ZA3xMzSXc5pYSp9nGecc6ayKxcNzPSwaJD2tCAxExk2ovE9AX2WOk4xJJCKUCF_O9GjWWamfcyt_Qdd6RRSBEbdXDKstK82CVEkqSejgLYoj758lRNeralHnOexYJEsIbT/s1600/FB_IMG_1543763466004.jpg"><img src="/images/articles/2019/fb-img-1543763466004.jpg" alt=""></a></p>
<p>Bonne soirée à tous, et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°212 : Contrôle de l'asthme, Parkinson, amygdalectomies, activité physique, neuropathie grade 1</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/01/dragi-webdo-n212/</link><pubDate>Sun, 27 Jan 2019 12:49:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/01/dragi-webdo-n212/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Neurologie</category><category>Pneumologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! J&rsquo;espère que vous avez passé un bon week end! Pour introduire ce billet, voici un <a href="https://www.students4bestevidence.net/dont-confuse-statistical-significance-with-importance/">texte</a> parlant des différences entre le statistiquement significatif et le cliniquement pertinent. Dit comme ça, ça semble évident, pourtant de nombreux articles concluent sur une différence statistique malgré le manque de pertinence clinique. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une fois de plus, dans une grosse étude de cohorte du <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.k5420">BMJ</a> incluant 100 000 femmes, les patientes consommant au moins une fois par semaine du poulet frit avaient un risque de mortalité globale augmenté de 13% et de 12% pour la mortalité cardiovasculaire. En fait, ce résultat significatif ne l&rsquo;est que sur un modèle ajusté sur l&rsquo;âge, et pas sur les modèles multivariés ajustés sur les autres facteurs de risques cardio-vasculaires, l&rsquo;alimentation en générale et l&rsquo;IMC. Quand on ajuste sur tout cela, il n&rsquo;y a plus que la consommation quotidienne qui est associée à une sur-mortalité. Cela signifie probablement 2 choses: d&rsquo;une part, les consommations modérées mais régulières ne sont pas un risque en soit, mais s&rsquo;intègrent probablement dans un ensemble des règles hygiéno-diététiques non suivies responsable de la surmortalité, et d&rsquo;autre part, à &ldquo;forte&rdquo; dose, il y a peut être quand même un risque propre à cette consommation de produits fris.</p>
<p>2/ Neurologie</p>
<p>Les patients avec une maladie de Parkinson doivent-ils être rapidement traités ou un traitement différé, est il acceptable si les symptômes sont modérés? Un essai contrôle randomisé du <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30673543">NEJM</a>, a inclus 450 patients recevant soit de la levodopa dès le début de l&rsquo;étude pendant 80 semaines, soit un placebo pendant 40 semaines puis de la levodopa pendant 40 semaines. A la fin du suivi, il n&rsquo;y avait pas de différence significative selon les groupes. On voit une amélioration des scores fonctionnels pendant les 4 premières semaines de traitements, puis le score fonctionnel reste stable.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiHQJ1CSAqidI_Sg5hYIo5itRIybhXLDdXTLB7Vf6CFqvfDKKE332GzQ9-hcf_t-cGpECABIYcE0cAxoIdux1NNb0VMp3floxG20xvSLVouPFUTGW0xk4Z5WMyV615SaFiT0_4d9JyPBQnX/s1600/parkinson.png"><img src="/images/articles/2019/parkinson.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l75">BMJ</a> revient sur le contrôle de l&rsquo;asthme. Les auteurs reviennent sur l&rsquo;importance de l&rsquo;évaluation du contrôle de l&rsquo;asthme avec un outil comme l&rsquo;<a href="https://www.asthmacontroltest.com/europe/Switzerland/French/adult/start">ACT</a> (aussi recommandé par la SPLF en France). En cas de mauvais contrôle (ACT &lt; 20), les auteurs proposent un algorithme de réflexion avant de conclure à la nécessité d&rsquo;intensifier le traitement: vérifier la technique, l&rsquo;observance, des symptômes respiratoires gênant une bonne prise du traitement et l&rsquo;anxiété.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg5iwnkwqjSc8VM11uuhy8B9OKaW4bA_lMCFZFQpGpsdSfdJOl9k63ypkzNLOBC2dojlYwk2qQyOpqzpUen1BPPMI3YlAEql5w0STXLhU_TJgFqt_xeVdqq26Gsec_gGra9U1YdjWkconEC/s1600/asthme.png"><img src="/images/articles/2019/asthme.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>Une étude du <a href="https://bjgp.org/content/69/678/e33">BJGP</a> en soins primaires s&rsquo;intéresse aux amygdalectomies avec une indication EBM ou non. L&rsquo;amygdalectomie est &ldquo;EBM&rdquo; si les critères Paradise sont remplis :7 angines dans l&rsquo;année, ou 5 par an sur les 2 dernières années, ou 3 par an sur les 3 dernières années (Les autres causes EBM : tumorales, etc&hellip; étaient vraiment rares) . Le bénéfice de l&rsquo;amygdalectomie étant modeste, il est compréhensible que seulement 16% des enfants subissent l&rsquo;opération. Cependant, l&rsquo;étude montre aussi que sur l&rsquo;ensemble des enfants ayant subi une amygdalectomie, seulement 13% avaient une réelle indication EBM&hellip; Sur-traitement, quand tu nous tiens&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg_RZdY9EiQFkqIlHtT_L5GRz-AyISl19-vJRzl4bEHwZQ1v2Iw5OC6xPJpeaS0cQuRveMwAtfD0Z1vVdA5U5RK2c1vpOxX01bz1-xKg97CYXFbHDeCz2f4PH3t6jH0kWhQ6-SZP5RpSOM7/s1600/amygdalectomie.png"><img src="/images/articles/2019/amygdalectomie.png" alt=""></a></p>
<p>Pour traiter la dépression chez l&rsquo;enfant, le <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.l364">NICE</a> recommande désormais les thérapies cognitive-comportementales digitales (c&rsquo;est à dire, par ordinateur) en première intention.</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>J&rsquo;avais parlé il y a peu des recommandations contraceptions de la part du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/12/dragi-webdo-n208.html">CNGOF</a>, elles se précisent dans une publication à propos des <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2468718918302587">contraceptions hormonales</a> hors DIU. Peu de différence avec le premier document, à part qu&rsquo;il y a quelques notions en plus: en cas d&rsquo;acné avec une COP de 2ème génération monophasique, on peut passer à une triphasique avant d&rsquo;essayer les COP plus anti-androgéniques (de 3ème et 4ème génération)</p>
<p>Les recommandations <a href="https://canadiantaskforce.ca/lignesdirectrives/lignes-directrices-publiees/cancer-du-sein-mise-a-jour/?lang=fr">canadiennes</a> en matière de dépistage du cancer du sein évoluent un peu, avec une mammographie recommandée entre 50 et 74 ans, à proposer tous les 2 à 3 ans (et non tous les 2 ans strictement). Pas de bénéfice à le proposer avant 50 ans, et pas de bénéfice à l&rsquo;examen clinique des seins ni l&rsquo;auto-palpation non plus.</p>
<p>6/ Revues Cochrane</p>
<p>Parlons maintenant de 2 revues publiées par la Cochrane. La <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30666626">première</a> retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de bénéfice au traitement anti-histaminique oral pour soulager l&rsquo;eczéma, en complément des traitements topique.</p>
<p>La <a href="https://www.cochrane.org/CD013093/ENT_betahistine-tinnitus">deuxième</a> ne retrouve pas non plus de bénéfice à la bêta-histine dans le traitement des acouphènes.</p>
<p>7/ Diabétologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2860579/fr/evaluation-des-actes-realises-par-le-pedicure-podologue-pour-la-prevention-des-lesions-des-pieds-a-risque-de-grade-1-chez-le-patient-diabetique-actualisation-de-l-evaluation-conduite-en-2007?cid=r_1437746">HAS</a> a évalué le bénéfice des soins podologiques chez les patients diabétiques atteints de neuropathie de grade 1. Elle préconise une prise en charge par la collectivité des séances de pédicure, comme pour les patients de grade 2, après  l&rsquo;analyse d&rsquo;études avec des critères de jugements  cliniques (amputations, ulcérations&hellip;). Le rythme nécessaire des consultations podologiques est probablement d&rsquo;au moins 2 fois par an.</p>
<p>Il faut faire du sport! On le répète aux patients. Chez les patients diabétiques, une étude de <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30426166">Diabetologia</a>, met en évidence un bénéfice particulier a avoir une activité physique intensive le soir, et non le matin. Étonnamment, l&rsquo;activité physique intensive le matin était associée à une augmentation des glycémies à différents moments de la journée. Donc, le sport c&rsquo;est bien, mais en soirée, c&rsquo;est mieux!</p>
<p>Merci pour votre attention et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjB3CrFIbUXVXI4QdiIwEQO1F-Ex4PuQGKFkaxMqaLJ1msMWW0bFLB7QEQ35-q0Az5GTcjSs7NZgXWu-zPExfVxEeqhIqg6CjXrbuo_ZqXxHrO8k-Ry5X3jrKGa2bObsCGxZSPif-SAKQcz/s1600/poulet.jpg"><img src="/images/articles/2019/poulet.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°211: allergie à la pénicilline, prescriptions d'antibiotiques, aspirine en prévention primaire</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/01/dragi-webdo-n211/</link><pubDate>Sun, 20 Jan 2019 15:57:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/01/dragi-webdo-n211/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Le mois de janvier est assez calme, tant mieux. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Concernant les allergies à la pénicilline, dont j&rsquo;avais déjà parlé il y a <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/01/dragi-webdo-n122.html">peu</a>,  un nouvel article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2720732">JAMA</a> revient sur ce qu&rsquo;il faut considérer comme une allergie. Ainsi, ne devraient pas être considérées comme allergies, les prurit sans éruption, les sensation de gorge qui gratte sans oedème et les sensations digestives modérées comme les nausées. Ces sensations ne devraient pas contre-indiquer la prise de pénicilline. Un résumé des conduites à tenir dans le tableau suivant:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjXaVrJZ5tBRxjfZuCVUjwCHrEqt4b3cq3aTSNXy18TMZhgUlwpCYRaM7YY15rltnl9LEtFdLkf0ZAdcmUk69kJPx5cZ5tbYaHm5pAPgDmw9nMCx5svOXXOgcjXig1QEtd5p4o0Rhx61mbg/s1600/allergie.png"><img src="/images/articles/2019/allergie.png" alt=""></a></p>
<p>Après plusieurs articles faisant débat sur le risque de fractures augmenté avec les gliflozines, une étude de cohorte  a inclus 80 000 patients traités par <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30597484">canagliflozine</a> appariés avec autant de patients sous analogues du GLP-1. Il n&rsquo;est pas apparu d&rsquo;augmentation de risque de fracture, ce qui est plutôt rassurant (La canagliflozine a quand même un risque plus élevé d&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/06/dragi-webdo-n145.html">amputation</a>, on préfèrera l&rsquo;empagliflozine quand elle sera disponible&hellip;)</p>
<p>D&rsquo;après un article du <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30615036">JAMA internal medicine,</a> la prescription de morphinique est associée à une augmentation des pneumopathies infectieuses dans une étude de cohorte de vérérants américains. Le risque était plus élevé chez les patients infectés par le VIH et pour les fortes doses.</p>
<p>Veiller à nos prescriptions est important. Un article du <a href="https://bjgp.org/content/69/678/e42">British Journal of General Practice</a> a regardé l&rsquo;association entre prescription d&rsquo;antibiotiques et prescriptions d&rsquo;autres traitements. Les médecins les plus prescripteurs d&rsquo;antibiotiques étaient également particulièrement prescripteurs d&rsquo;inhibiteurs de pompe à proton et de benzodiazépines, et plus globalement, ils prescrivaient plus de médicaments. Chaque prescription nécessite d&rsquo;être rationalisée pour diminuer la iatrogénie&hellip;</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30561620">nouvelle méta-analyse</a> s&rsquo;intéresse à l&rsquo;aspirine en prévention primaire. Ainsi, au total, plus de 150 000 patients suivis pendant plus de 6 ans ont été analysés. Les auteurs ne retrouvent pas de diminution de la mortalité globale, mais une augmentation des hémorragies sévères (NNH= 208). Les analyses de sous groupes chez les patients diabétiques ne montrent pas de bénéfice sur la mortalité non plus, que ce soit dans les études incluant uniquement des diabétiques ou tout patient à haut risque cardiovasculaire. On voit une diminution des infarctus sur l&rsquo;ensemble des patients (NNT=502), mais on peut s&rsquo;apercevoir que cette diminution n&rsquo;est significative que dans le sous groupe d&rsquo;études menées avant 2000, ce qui peut s&rsquo;expliquer par une meilleure prise en charge du haut risque cardiovasculaire avec un meilleure utilisation des statines par exemple, après 2000. Bref, pour 1 infarctus évité, on entraine 2 saignements majeurs sans bénéfice sur la mortalité&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgUmqosTdaxYiV6mKxWxW3YTHdu9MnsBciZU9udAeg1GT9rkWDllA8Oja7Hsnklpay8Cr2E7fWCjWqGJk_tzZg5u10QnfoBoq6z0vp-1PjgfjVsakWS2Eb3mrk8vaiUr9LbnOnfV98ry4WP/s1600/aspirine.png"><img src="/images/articles/2019/aspirine.png" alt=""></a></p>
<p>Grâce aux #JESFC2019, je découvre l&rsquo;étude <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21645235">Hestia</a> qui propose un questionnaire pour décider d&rsquo;un traitement ambulatoire d&rsquo;une embolie pulmonaire, pourtant c&rsquo;est pas tout neuf. Je trouve les critères Hestia complémentaires de ceux du PESI dont j&rsquo;avais déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2014/09/dragi-webdo-n14-congres-esc.html">ici</a>.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi-yp7IIjdDkxnALF43B9-OFZIuX2-mVGFksZ3qd227EMQZD7Lt60ZomUy2BujfV73B4-0VAkmzvDm2Jv4Q85fXzrxkItOusjrynGmPhHc3TAHGzLkxoWXiYUhwxzJXt_euSxesL3FjjIpM/s1600/hestia.png"><img src="/images/articles/2019/hestia.png" alt=""></a></p>
<p>Concernant l&rsquo;hypertension artérielle, d&rsquo;après une autre présentation des <a href="https://www.cardio-online.fr/Lectures/2019/Bilan-hormonal-comment-faire-en-pratique-et-qu-en-attendre">#JESFC2019</a>, il semblerai également que l&rsquo;on doive suspecter une HTA secondaire devant des kaliémies supérieures à l&rsquo;habituelle norme de 3,5mmol/L. En effet, il faudrait considérer comme seuil une kaliémie &lt; 3,9mmol/L ou &lt; 3,6mmol/L sous diurétiques.</p>
<p>Pas mal de truc intéressant dans ce congrès: pas d&rsquo;efficacité des antiagrégants dans l&rsquo;AOMI asymptomatique, rapport bénéfice risque de l&rsquo;aspirine pas très favorable en prévention primaire aussi chez les diabétique, une augmentation des d-dimères chez les patients qui vont faire un infarctus cardiaque&hellip;</p>
<p>3/ Diabétologie</p>
<p>Et pour finir, parlons de diabète avec un article encourageant. Ce manuscrit de <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30171279">Diabetologia</a> évalue les complications et la mortalité chez les patients diabétiques entre les années 80 et 2015. Les auteurs retrouvent une diminution dans l&rsquo;ensemble des pays étudiés de la mortalité globale ainsi que des complications macro et micovasculaire, sauf des néphropathies, probablement parce que les patients vivent plus longtemps aussi&hellip; Le gain de mortalité semble, d&rsquo;après les auteurs, multifactoriel et notamment grâce aux mesures de prévention et de prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaires (l&rsquo;article ne parle pas du tout des traitements du diabète et de la metformine.)</p>
<p>Voilà, bonne soirée, demain c&rsquo;est lundi (je précise, même si le billet du jour est bien publié un dimanche) et à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°210: , Zona, traitements hormonaux, P2CHA2DS2VASc, aspirine et BPCO, Abyss</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/01/dragi-webdo-n210/</link><pubDate>Sun, 13 Jan 2019 22:55:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2019/01/dragi-webdo-n210/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Urologie</category><category>Infectiologie</category><category>Neurologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonne année à tous! Après quelques semaines de repos, le blog revient avec plein de nouveaux articles! J&rsquo;espère que vous serez toujours aussi nombreux à le lire régulièrement. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.k4810">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé aux traitements hormonaux substitutifs, notamment utilisés dans le cadre de la prise en charge des symptômes de la ménopause. L&rsquo;article particulièrement complet a étudié les patientes de 2 cohortes, pour s&rsquo;intéresser aux risques thrombo-emboliques. Globalement tous les traitements oestro-progestatifs  ou oestrogènes seul par voie orale augmentent le risque de MTEV. La comparaison entre traitements transcutanés et oraux montrent bien l&rsquo;augmentation du risque par voie orale. Voici les NNH des traitements oraux:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjN8zKoG4eCFeBVLPuZveElLffYS9BIzFOrffzhoCzJvhB2MmautpMLliJZn3_ZD8FaSXMIlRf1kmDim3Rj7tblScwurviH8OFtNwpXD6nTwSsVBWBfCN2zFKf2T18VyBKOdo89SNb-R2SL/s1600/THM.png"><img src="/images/articles/2019/thm.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>On a eu le score CHADS2, puis le CHA2DS2-VASc,  et il y aura peut être le <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.118.035411">P2-CHA2DS2-VASc</a>. En effet, une anomalie de l&rsquo;axe de l&rsquo;onde P à l&rsquo;ECG serait un facteur prédictif d&rsquo;AVC chez les patients en FA. Pas sur que ça m&rsquo;aide vraiment cependant, étant donné, que je ne sais pas encore bien déterminer l&rsquo;axe d&rsquo;une onde P (mais, ça doit pas être très dur, il suffit de s&rsquo;entrainer), mais surtout, que repérer les ondes P sur un tracé de fibrillation ne doit pas être chose aisée&hellip;.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg_ahO5c99UJ9-mlQbkM4opX_s7UrCAm_jnxzm-LkbLAvDYg0oO4fa5LsPObqT7ZtH36PqraGr8LdTsIHaQDRM5vofMArsYIUQ5bSii_L1tIA650hYM7T_fK793DfVuxinOQH2RuKbVkION/s1600/pwave+axis.png"><img src="/images/articles/2019/pwave-axis.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Une étude de la revue <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30593776">CHEST</a> s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;aspirine chez les patients BPCO. plus de 1500 patients d&rsquo;une cohorte ont été inclus dans cette étude, parmi lesquels 45% utilisaient de l&rsquo;aspirine à faible dose. Après appariement sur score de propension, ces patients avaient une diminution de 22% du risque d&rsquo;exacerbation de BPCO (surtout les exacerbations d&rsquo;intensité modérée), ainsi que de légères diminutions de la dyspnée sur le mMRC et sur le COPD assessment test. On manque quand même de chiffres absolus dans cet article&hellip; Enfin, cette étude ne parle pas de diminution de mortalité, mais les références en introduction parlent d&rsquo;une réduction parfois retrouvée de mortalité globale chez les patients sous aspirine faible dose. Bref, rien qui incite vraiment à prescrire de l&rsquo;aspirine faible dose chez un patient BPCO sans antécédent cardiovasculaire.</p>
<p>4/ Urologie</p>
<p>Une <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30528221">étude de cohorte</a> rétrospective monocentrique, retrouve une augmentation du risque de cancer de prostate chez les patients avec une maladie inflammatoire de l&rsquo;intestin, avec une incidence de 4,4% versus 0,65% . Ce n&rsquo;est bien sur pas une étude de casualité, mais cela fait une grosse augmentation du risque, s&rsquo;il y avait une causalité, correspond à 1 cancer pour 21 patients avec une MICI (et 42 si l&rsquo;on considère uniquement les cancers de prostate symptomatiques). Faudrait-il proposer un dépistage ciblé pour ces patients?</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/364/bmj.k5095">BMJ</a> fait un rappel actualisé sur le Zona. C&rsquo;est un classique, mais, il faut toujours revoir ce genre de pathologies au cas où ça évolue. Donc rapidement: c&rsquo;est une réactivation du virus de la varicelle, et dont les principaux diagnostics différentiels sont la dermatite de contact et l&rsquo;infection à HSV. Le zona est contagieux mais il suffit de couvrir l&rsquo;éruption par des vêtements ou pansements non adhérents. Un avis spécialisé est requis en cas d&rsquo;atteinte ophtalmique ou d&rsquo;immunodépression. Un traitement antiviral est à débuter dans les 72h, mais peut l&rsquo;être aussi après même s&rsquo;il sera nettement moins efficace. La prise en charge de la douleur à la phase aiguë peut passer par des patchs de lidocaïne et des morphiniques. A la phase chronique, on préfèrera d&rsquo;autres traitements comme l&rsquo;amitriptyline ou la gabapentine et prégabaline sans qu&rsquo;aucune différence d&rsquo;efficacité n&rsquo;ait été mise en évidence entre ces différentes classes. Concernant les vaccins, l&rsquo;actuel zostavax a une efficacité de moins de 70%sur l&rsquo;apparition d&rsquo;un zona et sur les douleurs post-zostériennes, mais on attend surtout le future Shingrix, vaccin recombinant avec une efficacité de 97% (pour mémoire le zostavax est actuellement recommandé dans le calendrier vaccinal et remboursé à 30% pour un prix de plus de 120€)</p>
<p>Concernant les infections asymptomatiques à Chlamydia Trachomatis chez l&rsquo;homme, une <a href="https://bmcinfectdis.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12879-018-3595-6">étude</a> française menée en milieu spécialisé, retrouve une prévalence de cette infection de 5,7%, et que le seul facteur de risque de portage en analyse multivariée est d&rsquo;avoir un partenaire avec une IST. Les rapports non-protégés durant les 6 mois précédents ne sont plus significatifs, mais peut être par manque de puissance? En tous cas, il est vraiment indispensable d&rsquo;inciter à ce que les patients infectés en parlent à leurs partenaires sexuels pour qu&rsquo;ils soient, à leur tour, dépistés et traités.</p>
<p>6/ Neurologie</p>
<p>Pour finir, une revue de la <a href="https://www.cochrane.org/CD007834/MOVEMENT_iron-treatment-restless-legs-syndrome">Cochrane</a>, retrouve que le fer dans le syndrome des jambes sans repos (SJSR) est probablement efficace pour soulager les symptômes, sans amélioration de la qualité de vie globale, mais sans effets indésirables notables non plus.</p>
<p>7/ Jeu du mois: Abyss</p>
<p>Abyss est un superbe jeu de Bruno Cathala. Il nous emporte dans les profondeurs des océans pour recruter des alliés de différents peuples sous-marins permettant ensuite de réunir des seigneurs et de prendre possession de lieux mystiques! Le design des personnages sur les cartes est magnifique et l&rsquo;utilisation de perles pour commercer, totalement immersif. Les extensions Kraken et Léviathan renouvellent le jeu en améliorant la mécanique avec, respectivement, le trafic de perles noires et les explorations pour combattre des monstres marins. Les règles sont simples, la stratégie réside dans le choix des alliés utilisés pour faire venir à vous un seigneur des mers. En bref, c&rsquo;est un jeu avec une mécanique fluide, avec une bonne dose de stratégie dans un univers captivant!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgs6qJGJVfopLtlNZLHqBrFQAdmgWwtBdiYRtQWKrrsIFwxIge504Bf4sC6Fcs8iai_93Xn_c53LyOuR9eo28Jonk0Wpoiisi1dMoqdpP9wlwzgUzdjUx51rwRWjCRdLqt84T7zizAJtWKt/s1600/20181202_174924.jpg"><img src="/images/articles/2019/20181202-174924.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini! Bonne semaine à tous, et à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°209 : morphiniques, metformine, post-AVC, mycoplasme, CMV, cancer colo-rectal, prostate</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/12/dragi-webdo-n209/</link><pubDate>Sun, 23 Dec 2018 18:54:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/12/dragi-webdo-n209/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Bonnes vacances pour ceux qui peuvent en profiter. Le billet de la semaine sera donc court pour que je retourne glander juste après!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Pres-de-16-millions-de-personnes-ont-eu-une-prescription-d-inhibiteurs-de-la-pompe-a-protons-IPP-en-2015-en-France-Point-d-Information">ANSM</a> revient sur les inhibiteurs de pompe à proton (IPP), souvent prescrits à tort et rappelle que l&rsquo;indication au long cours en cas de prise d&rsquo;AINS est limitée aux patients de plus de 65 ans ou avant antécédent d&rsquo;ulcère gastrique/duodenal, ou en cas de coprescription d&rsquo;anticoagulant/d&rsquo;antiagrégant/de corticoïdes.</p>
<p>Concernant les patients diabétiques sous metformine nécessitant un injection de produits de contraste en radiologie, il n&rsquo;est pas <a href="http://www.esur-cm.org/index.php/en/b-renal-adverse-reactions-2#B_4">recommandé</a> d&rsquo;arrêter ce traitement si le DFG est &gt;30ml/min et . Si le DFG est inférieur à 30  ou que le patient a une insuffisance rénale aigüe (ou que l&rsquo;examen est une artériographie), la metformine est à arrêter jusqu&rsquo;à au moins 48heures, délai du contrôle de la fonction rénale préalable à la reprise du traitement si le DFG n&rsquo;a pas sensiblement varié. (merci à @RadioactiveJib pour ses lumières sur le texte).</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2718795">méta-analyse du JAMA</a> revient sur l&rsquo;efficacité des traitements opiacés dans les douleurs chroniques non cancéreuses. Les auteurs retrouvent une efficacité (c&rsquo;est déjà mieux que le paracetamol!) de -0,7 cm sur une échelle numérique de 10cm  par rapport au placebo et une amélioration de 2 points sur 100 sur l&rsquo;échelle de qualité de vie SF12. C&rsquo;est pas la panacée&hellip; et il faut y ajouter les vomissements (NNH=  27 après une run-in période dans les essais, c&rsquo;est à dire que les patients ne les tolérant pas ont été exclus avant le début de l&rsquo;étude). Il n&rsquo;y avait pas de différence sur les critères d&rsquo;efficacité par rapport aux AINS et aux antidépresseurs tricycliques, mais une baisse tout juste significative de 0,6cm sans amélioration de la qualité de vie par rapport aux anti-épileptiques. Bref, arrêtons les morphiniques dans les douleurs chroniques.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>D&rsquo;après un article du <a href="https://www.bmj.com/content/363/bmj.k5130">BMJ</a>, il est recommandé de débuter la prise en charge d&rsquo;un AVC peu symptomatique ou d&rsquo;un AIT par une bithérapie antiagrégante pendant 10 à 21 jours. C&rsquo;est typiquement le type de patient qui peut venir consulter au cabinet 3 jours après l&rsquo;évènement et ne pas aller au SAU&hellip;</p>
<p>Un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)31775-6/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=81262733&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-27013292">Lancet</a> s&rsquo;est intéressé aux oméga-3, dont on parlait il y a <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n204.html">peu</a> et à l&rsquo;aspirine concernant la prévention du cancer colo-rectal (les données étant <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/09/dragi-webdo-n196.html">discordantes</a>). Cette étude n&rsquo;a retrouvé aucune efficacité de ces 2 traitements!</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="http://www.sfdermato.org/actualites/communique-commun-gridist-et-sfd.html">société française de dermatologie</a> s’inquiète de l&rsquo;augmentation des résistances aux macrolides dans les infections sexuellement transmissible à mycoplasmes . Elle recommande donc:</p>
<p>-  de ne pas dépister les mycoplasmes chez les patients asymptomatiques, et en cas de dépistage, de traiter les patients infectés en cas de découverte d&rsquo;infection chez un patient asymptomatique mais ne pas dépister ou traiter les partenaires asymptomatiques.</p>
<ul>
<li>
<p>de privilégier la doxycycline 100mg x2 pendant 7 jours par rapport aux macrolides.</p>
</li>
<li>
<p>de contrôler la guérison 4 semaines après le traitement</p>
</li>
</ul>
<p>Après la prise de position <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/03/dragi-webdo-n173.html">ambivalente</a> des gynécologues, le HCSP a été plus ferme dans son avis sur la prévention de l&rsquo;infection à cytomégalovirus (CMV) pendant la grossesse. Ainsi, le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=700">HCSP</a> recommande de ne pas dépister en début de grossesse les femmes mêmes  les professionnels au contact d&rsquo;enfants en bas âge, car il n&rsquo;y a pas de bénéfice démontré sur le pronostic maternel ou fœtal et que le fait d&rsquo;être séro-positive n&rsquo;évite pas les réactivations ou réinfections. Il est préférable d&rsquo;insister sur les règles hydiénodiététiques. Le dépistage maternel doit être lancé sur point d&rsquo;appel clinique ou échographique et être suivi, en cas de positivité, d&rsquo;une recherche fœtale.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30556824">JAMA internal medicine</a> s&rsquo;est intéressée à la survenue du cancer chez des patients avec une coloscopie négative par rapport aux patients non dépistés. Il faut se rappeler qu&rsquo;aux Etats-Unis, il n&rsquo;y a pas de dépistage organisé, les patients peuvent choisir d&rsquo;être dépisté ou non et si oui, comment, coloscopie, test fécal etc&hellip;  Ainsi, les auteurs retrouvent que les patients avec une coloscopie normale n&rsquo;avaient avaient une très importante réduction du risque de cancer persistant plus de 12 ans après la coloscopie, mais avec un écart se réduisant à 10 ans. Bon alors, pourquoi est ce que les gastros demandent les contrôles tous les 5 ans&hellip;.</p>
<p>Enfin, histoire de semer un peu le trouble dans le cancer de la prostate, un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1807801">NEJM</a> a comparé une surveillance clinique avec une prostatectomie radicale chez 700 patients recrutés entre 1989 et 1999 et suivi pendant 29 ans avec un cancer de prostate T0d, T1 ou T2. Environ 20% des patients étaient asymptomatiques. Les auteurs retrouvent un bénéfice au traitement radical avec un gain de mortalité globale (OR =74%, NNT= 8 patients pendant 23 ans, me demandez pas pourquoi 23 alors que le titre dit 29 ans) Si on regarde en médiane de survie, on a une médiane de survie d&rsquo;environ 13 ans avec surveillance contre 16 avec prostatectomie soit un gain de 2,9 ans (il faut quand même dire que 80% des patients sont morts à la fin de l&rsquo;étude). Le bénéfice était surtout retrouvé pour les moins de 65 ans. On regrette l&rsquo;absence de score de qualité de vie ainsi que de quantification des effets indésirables de la chirurgie&hellip;. Méthodologiquement, rien à redire et c&rsquo;est une étude non financée par l&rsquo;industrie. Bref, rien qui ne vienne remettre en cause l&rsquo;absence de bénéfice d&rsquo;un dépistage (car il n&rsquo;y avait que 5% des patients dans le cadre d&rsquo;un dépistage), mais si on trouve un cancer, il est peut être plus judicieux de le traiter que de faire une simple surveillance, si l&rsquo;on accepte les effets indésirables obligatoires du traitement.</p>
<p>C&rsquo;est fini, bonnes vacances, bonnes fêtes de fin d&rsquo;année, ne vous empiffrez pas trop!</p>
<p>Et à la semaine prochaine! (où à l&rsquo;année prochaine si j&rsquo;ai pas le temps de publier avant&hellip;)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°208: recos SFHTA (mesures, femmes, trouble érectile), recos CNGOF (contraception, infection génitale), recos SFU (K prostate, tumeur surrénaliennes)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/12/dragi-webdo-n208/</link><pubDate>Mon, 17 Dec 2018 00:29:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/12/dragi-webdo-n208/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Urologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Pas mal de recos cette semaine, alors ça va être assez dense. Mais pour commencer, rappelons-nous que les essais contrôlés randomisés n&rsquo;ont de valeur que pour les patients à qui ils sont applicables! En effet, ce <a href="https://www.bmj.com/content/363/bmj.k5094">BMJ</a> de Noël a publié un essai concernant l&rsquo;utilisation du parachute en sautant d&rsquo;un avion versus sac à dos vide. Parmi les 92 passagers randomisés, il n&rsquo;y avait pas plus de décès  ou de blessures sévères dans ceux ayant sauté sans parachute par rapport à sauter avec parachute. Les parachutes n&rsquo;ont donc pas d&rsquo;efficacité quand on saute d&rsquo;un avion&hellip; mais les participants étaient en moyenne à 0,6m de haut au moment de l&rsquo;inclusion, contre 9000m chez les participants n&rsquo;ayant pas donné leur consentement pour participer à l&rsquo;étude. Il est donc difficile d&rsquo;extrapoler l&rsquo;inutilité des parachutes en sautant des avions à d&rsquo;autres situation qu&rsquo;un saut de moins d'1 mètre de haut.</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>La Société Française d&rsquo;HTA a publié de bonnes recommandations sur plusieurs sujet! La première concerne la <a href="http://www.sfhta.eu/wp-content/uploads/2018/12/Recommandation_Mesure_de_la_PA_VF.pdf">mesure de la pression artérielle</a>: les automesures sont indispensables, et les mesures au cabinet doivent être effectuées de préférence avec des appareils automatisé et de préférence au niveau brachial plutôt qu&rsquo;au poignet (car variabilité plus grande à cause de la position précise que doit avoir le bras). Concernant la mesure au cabinet, elle s&rsquo;appelle maintenant MRC (mesure répétée au cabinet): 3 mesures de suite et la valeur à retenir est la moyenne des 2 dernières mesures, prise au bras avec la tension la plus élevée. La MAPA est indiquée en l&rsquo;absence d&rsquo;AMT possible, de suspicion d&rsquo;HTA nocturne, d&rsquo;HTA résistante et de suspicion de grande variabilité tensionnelle</p>
<p>La seconde s&rsquo;appelle &ldquo;<a href="http://www.sfhta.eu/wp-content/uploads/2018/12/Recommandations_HTA_hormones_femme.pdf">HTA, hormones et femmes</a>&rdquo;, et a été faite en collaboration avec un bon nombre de sociétés savantes de gynécologie. A part les trucs classiques (mesures habituelles, risque cardiovasculaire et contraception&hellip;) des notions très intéressantes y sont abordées:</p>
<ul>
<li>
<p>en post ménopause avec risque de fracture: thiazidiques a préférer (et chez les autres aussi en fait, mais la SFHTA met enfin des noms de molécule!)</p>
</li>
<li>
<p>en cas de migraines: bêta bloquants en 1ère intention, mais candesartan en 2ème (première fois que le candesartan apparait pour les migraines dans une reco française)</p>
</li>
<li>
<p>si SOPK: spironolactone</p>
</li>
</ul>
<p>Il y a ensuite des recommandations sur quand il ne faut pas donner de THM: en gros, il faut éviter tout le temps.</p>
<p>La dernière concerne les <a href="http://www.sfhta.eu/wp-content/uploads/2018/12/Prise_en_charge_de_la_DE_des_hyppertendus_VF.pdf">dysfonctions érectiles</a>, fait avec des cardios, des néphros, des endocrinos, des uros, des infirmiers, des psychologues et pas de généralistes. On ne s&rsquo;étonne donc pas qu&rsquo;il soit noté pour plein d&rsquo;examens: &ldquo;à faire en seconde intention sur indication du spécialiste&rdquo;, alors que le généralistes est amené a gérer les troubles sexuels en première intention et ce jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il ne se sente plus compétent. Le bilan recommandé comporte un bilan &ldquo;HTA-like&rdquo; (glycémie, EAL, créatininémie, protéinurie/créatininurie, ECG). Les dosages de testostéronémie, prolactinémie et TSH ne doivent pas être systématique, tout comme le doppler des artères hypogastriques et péniennes. Cependant, en dehors du faible risque cardiovasculaire, une épreuve d&rsquo;effort est recommandée avant l&rsquo;introduction du traitement par IPDE-5.</p>
<p>2/Urologie</p>
<p>La transition pour parler des recos de la société française d&rsquo;urologie a été facile à trouver. La première reco parle du <a href="https://www.urofrance.org/base-bibliographique/recommandations-francaises-du-comite-de-cancerologie-de-lafu-actualisation-2">cancer de la prostate</a>. En ce qui concerne le généraliste, les urologues reconnaissent &ldquo;[qu&rsquo;] aucune étude n’a établi de bénéfice du dépistage du CaP pour l’état de santé de la population dépistée&rdquo;. Ils recommandent néanmoins un dépistage individualisé selon les facteurs de risque et la valeur du PSA associée à un toucher rectal à effectuer avant le dosage du PSA. Un point intéressant, il s&rsquo;agit d&rsquo;une décision partagée, même chez les patients avec facteurs de risque (origine antillaise à cause de la chlordecone, et antécédents familiaux de cancer de prostate ou du sein&hellip;).</p>
<p>L&rsquo;autre reco des urologues concerne les <a href="https://www.urofrance.org/base-bibliographique/recommandations-francaises-du-comite-de-cancerologie-de-lafu-actualisation-6">tumeurs surrénaliennes</a>, et elles sont semblables à celles des <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/09/dragi-webdo-n106.html">endocrinologues</a> sur les incidentalomes, avec plus d&rsquo;imagerie par contre. Ils craignent en effet, le faible risque de laisser se développer une tumeur maligne à partir d&rsquo;un adénome non sécrétant et recommandent donc:</p>
<ul>
<li>
<p>bilan hormonal: Cortisolémie à 8h et test à la dexaméthasone, kaliémie (rénine/aldostérone si HTA ou hypokaliémie) et métanéphrines urinaires sur 24h. (Sulfate de DHEA sérique, 17-OH-progestérone, testostérone sérique,
Composé S et 17 hydroxyprogestérone seulement si point d&rsquo;appel pour suspicion de carcinome cortico-surrénalien)</p>
</li>
<li>
<p>TDM avec washout et TEP-FDG.</p>
</li>
</ul>
<p>On se contentera d&rsquo;une surveillance que si le bilan hormonal est normal et que l&rsquo;imagerie est en faveur d&rsquo;une tumeur bénigne de moins de 4cm. Les détails de cette surveillance ne sont pas précisés (les endocs disaient de ne pas faire de suivi sauf nouveau symptômes)</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Pour finir, c&rsquo;est au tour du CNGOF de publier des recommandations. De très longues recommandations sur la <a href="http://www.cngof.fr/pratiques-cliniques/recommandations-pour-la-pratique-clinique/apercu?path=RPC%2BCOLLEGE%252F2018%252FCNGOF_RPC_2018-CONTRACEPTION.pdf&amp;i=21002">contraception</a> ont donc vu le jour. L&rsquo;ensemble des données est plutôt cohérente et bienvenue:</p>
<ul>
<li>
<p>Privilégier le lévonorgestrel face à l&rsquo;ulipristal en contraception d&rsquo;urgence orale mais le DIU est également possible en 1ère intention et à privilégier si l&rsquo;IMC est supérieur à 30.</p>
</li>
<li>
<p>En cas de pose de DIU, Il n’est pas recommandé de faire une échographie systématique si la patiente est asymptomatique, que l’insertion du DIU s’est déroulée sans difficulté et qu’à l’examen les fils sont vus et de longueur attendue à la consultation de suivi à organiser quelques semaines après la pose. Un antécédent de GEU n&rsquo;est pas une contre-indication au DIU, et les AINS sont bien sur utilisable par les patientes avec DIU. Un truc qui a pas mal posé question sur twitter: la présence d&rsquo;actinomicètes asymptomatiques sur un frottis ne doit pas entrainer de bilan ou d&rsquo;antibiothérapie ou de retrait de DIU. En cas de grossesse malgré un DIU, le retrait est recommandé (ça aussi on en a parlé il y a peu).</p>
</li>
<li>
<p>Les contre-indications aux oestro-progestatifs sont rappelées, tout comme la possibilité de poursuivre cette contraception après 35 ans  en l&rsquo;absence d&rsquo;autres facteurs de risque(ou même après 40 ans, cela a fait débat il y a peu, mais l&rsquo;arrêt est recommandé à 50 ans). Les OP peuvent être pris en continu pour convenance personnelle ou raison médicale.</p>
</li>
<li>
<p>Concernant l’implant, il n&rsquo;y a pas lieu de le remplacer avant les 3 ans chez les patientes avec un IMC &gt;30 (il a été évalué jusqu&rsquo;à des IMC de 56)</p>
</li>
<li>
<p>Après 50 ans, l&rsquo;évaluation de la présence de la ménopause se fait par &ldquo;fenêtre thérapeutique&rdquo; et non par des dosages hormonaux.</p>
</li>
</ul>
<p>La 2ème reco du CNGOF concerne les <a href="http://www.cngof.fr/pratiques-cliniques/recommandations-pour-la-pratique-clinique/apercu?path=RPC%2BCOLLEGE%252F2018%252FCNGOF_RPC_2018_Infections_genitales.pdf&amp;i=21010">infections génitales hautes</a>. En cas de suspicion clinique, une NFS, CRP et échographie pelvienne sont recommandées en plus des prélèvements vaginaux avec recherche de chlamydia et gonocoque par amplification des acides nucléiques (TAAN). Le traitement des infections non sévères repose sur 10 jours d&rsquo;antibiothérapie: ceftriaxone 1g dose unique, doxycycline 100x2/j et metronidazole 500x2/j. Le retrait de DIU n&rsquo;est pas systématique pour les infections non compliquées.</p>
<p>D&rsquo;après la <a href="https://www-cochranelibrary-com.hellebore.biusante.parisdescartes.fr/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD003402.pub3/full">Cochrane</a>, la prise d&rsquo;oméga 3 pendant la grossesse, contribuerait à réduire le risque de prématurité et pourrait peut être réduire la mortalité périnatale. A voir si cela va aboutir à une nouvelle supplémentation systématique!</p>
<p>C&rsquo;est fini! Un grand merci en cette fin d&rsquo;année à tous les nouveaux abonnés et à ceux qui m’encouragent à poursuivre ces billets. Pensez à vous abonner sur <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a> ou
à la newsletter (n&rsquo;oubliez pas de valider le pop-up qui vous envoie le
mail de confirmation d&rsquo;inscription pour finaliser l&rsquo;abonnement)!<br>
Profitez bien des vacances pour ceux qui partent la semaine prochaine. En effet vous allez pouvoir travailler votre swing parce que, d&rsquo;après le <a href="https://www.bmj.com/content/363/bmj.k4859">BMJ</a> encore une fois, les généralistes ne sont mêmes pas représentés dans les &ldquo;golfeurs&rdquo;, et les golfeurs médecins étaient des golfeurs de niveau moyen&hellip; mais les meilleurs sont les chirurgiens vasculaires!! <br>
A bientôt!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhdkxxEvMt1BdGMbMSbDvLDGB6iZ6dgj7m9yRduUft-M9OeL9dfcj_5CvL9OQvO_M-k-Zg4q-eF_YuMqB2o9eUSlv53kQyXrPS8og_hkJgz05LftxiIumymsCGjv_UDS_JDpnATB0zZip7U/s1600/golf.png"><img src="/images/articles/2018/golf.png" alt=""></a></p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°207: grossesse (HAS), statines selon le risque cardiovasculaire, objectifs HTA, AOD et IPP</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/12/dragi-webdo-n207/</link><pubDate>Sun, 09 Dec 2018 13:04:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/12/dragi-webdo-n207/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Le billet d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ne sera pas très long mais plutôt intéressant (enfin, je trouve!). Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;analyse de <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/fcp.12440?af=R">bases</a> de pharmacovigilance a permis de retrouver, en vie réelle, une augmentation de 16 à 92% du risque d&rsquo;hypertension artérielle chez les patients traités par des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine.</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2717474">JAMA</a> se pose la question du bénéfice du traitement par inhibiteurs de pompe à proton chez les patients sous anticoagulants oraux directs. En effet, le bénéfice chez les patients traités par apixaban semble faible au regard des risques au long terme des IPP qui sont découverts depuis quelques années avec leur utilisation plus intensive. De plus, le bénéfice potentiel ne semblait présent que pour les patients à haut risque de saignement. Concernant les autres AOD qui font plus saigner, leur utilisation semble justifier, mais pourquoi prescrire ces AOD à risque hémorragique supérieur?</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgEA-gEuySwnfgRLBCTxlHL1tgNay2CieJ1GJXIGH-nRzspiMyibg6tUGTu_qYh_ZDvmuDBAusHd62a9CdU-s6goApvxuaVkbnQ3dIcQOLPhHZ-qeMueEbyXILiK4auYZYMxX2opXVO9jli/s1600/aod+ipp.png"><img src="/images/articles/2018/aod-ipp.png" alt=""></a></p>
<p>Une <a href="https://www.bmj.com/content/363/bmj.k4880">étude</a> de cohorte s&rsquo;est intéressée aux inhibiteurs de la DPP-4, et les auteurs ont retrouvé une augmentation de 77% du risque de cholangiocarcinomes. Pour un traitement sans bénéfice prouvé, on peut probablement trouver un autre traitement&hellip;. Pour relativiser quand même, le NNH était de 8 804 patients à traiter pendant 1 an, donc un risque plus que minime rendu significatif par cette méga-cohorte. Dans une analyse de pharmacovigilance de l&rsquo;OMS, les auteurs retrouvent que les analogues du GLP-1 seraient aussi associés à une augmentation des cholangiocarcinomes, qui n&rsquo;était pas présent dans cette étude (mais eux, ils diminuent la mortalité alors on va les garder&hellip;)</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://annals.org/aim/article-abstract/2717730/finding-balance-between-benefits-harms-when-using-statins-primary-prevention">article</a> principal de la semaine a été publié dans Annals of Internal Medicine et revient sur les seuils d&rsquo;instauration d&rsquo;un traitement par statine en prévention primaire. Les auteurs ont recherché les seuils de risque cardiovasculaire à partir duquel le bénéfice net d&rsquo;une statine devrait la faire recommander. Ainsi, il est recommandé de prescrire des statines pour des risques trop bas pour que leur bénéfice net soit satisfaisant! Il n&rsquo;y a pas de calculateur préconisé, mais on est plutôt sur un calculateur type américain ou QRISK-2 qui prend en compte les évènements fatals et non fatals (contrairement au score qui ne prend en compte que la mortalité). Les bénéfices apparaissent pour des risques évalués supérieurs à 10 %voir 15 % selon l&rsquo;âge et le sexe:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgG6Nz6x__EFQ_M7EcZYPBlpyw-5B4iGhhDtXUNKX-sdF_5OVjE7W_xtBqiRJh-5evDOuFx_i_B3M98I6Nm63cVmifzPB03fQByFmYYp-X1Wgqz8muAvo7vLXNs6ufQZzciHbdm69FW3uH5/s1600/statine.png"><img src="/images/articles/2018/statine.png" alt=""></a></p>
<p>Pour continuer sur les controverses, les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n188.html">recos</a> de l&rsquo;ESC sont pour viser une TAS inférieure à 130mmHg. Cependant, il semble que le bénéfice de ce traitement intensif ne soit pas évident du tout, si on se réfère à un <a href="https://www.ahajournals.org/doi/pdf/10.1161/CIRCULATIONAHA.118.037669">article</a> publié dans le journal de la société américaine de cardiologie. C&rsquo;est une méta-analyse dans laquelle les auteurs regardent les bénéfices de ce traitement intensif avec et sans l&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/11/Dragi-webdo-n71.html">SPRINT</a>. Avec l&rsquo;étude SPRINT, on voit des baisses significatives de maladies cardiovasculaires (essentiellement porté par les AVC en fait). Sans l&rsquo;étude SPRINT, le bénéfice ne porte plus que sur les AVC non fatals. Pas de bénéfice de mortalité globale ni cardiovasculaire dans aucun des cas. Il est probable que cet objectif européen ait été mis pour inciter à avoir une TA vraiment inférieure à 140mmHg, car on sait bien qu&rsquo;un patient à 142mmHg, on n&rsquo;intensifie pas son traitement si l&rsquo;objectif est à 140mmHg.</p>
<p>On sait qu&rsquo;avoir un AVC augmente fortement le risque de dépression. Des auteurs ont donc proposé de traiter systématiquement par <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)32823-X/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=80815435&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter&amp;hss_channel=tw-27013292">fluoxétine</a> des patients en post-AVC dans un essai contrôlé randomisé versus placebo. L&rsquo;étude ne retrouve pas de bénéfice pour améliorer le pronostic fonctionnel pour cette stratégie, mais ça réduisait quand même le risque de survenue de dépression (NNT=26) , mais pas sur que la balance bénéf/risque soit favorable du fait d&rsquo;une augmentation du risque de fractures (NNH=70). Il est probablement utile de dépister pour traiter les patients présentant effectivement un syndrome dépressif.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Dans le <a href="http://madame.lefigaro.fr/societe/une-diapositive-misogyne-au-congres-des-gynecologues-creee-la-polemique-071218-162515">contexte</a> controversé du congrès des gynécologues, la <a href="https://webzine.has-sante.fr/portail/jcms/c_2820336/fr/accouchement-normal-accompagnement-de-la-physiologie-et-interventions-medicales">HAS</a> a publié des recommandations sur l&rsquo;accouchement normal. Je ne les détaillerai pas ici, mais elles sont bienvenues, avec un message fort (en fait logique, mais qu&rsquo;il semble nécessaire de rappeler visiblement) en première page: &ldquo;primum non nocere&rdquo; et une partie dédiée au &ldquo;bien être de la femme.&rdquo;</p>
<p>Enfin, une méta-analyse du <a href="https://www.bmj.com/content/363/bmj.k4823">BMJ</a> a étudié les auto-écouvillons adressé aux femmes dans le dépistage du cancer du col de l&rsquo;utérus chez les femmes ne répondant pas aux programmes de dépistage organisé par frottis. La sensibilité des auto-tests était un peu plus faible que sur des FCU classiques (85%) et la spécificité était à peine moindre (96%). Enfin, le fait d&rsquo;adresser directement les auto-tests permettait d&rsquo;atteindre plus de 75% de participation.</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine! A très bientôt, et pensez à vous abonner sur <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>, <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a> ou à la newsletter (n&rsquo;oubliez pas de valider le pop-up qui vous envoie le mail de confirmation d&rsquo;inscription pour finaliser l&rsquo;abonnement)!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiEywDfY11Sf7OtgGyC6RTHvj8Gllv6HLDbXo8oQEf1t414fPjR_dPkVn1H3WczVpBFWxVynTkvlRbnzBr2-tirdPxC4FhOO8gMIAoUeCnjtb-C-QaF9fH4Uxkv98-a4Rf1owVraruqrlus/s1600/abo.png"><img src="/images/articles/2018/abo-3.png" alt=""></a></p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°206: adénome prostatique (Reco SFU), NASH (recos US), fièvre tropicales, hypnothérapie et intestin irritable, ezetimibe, dapagliflozine, Montana</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/12/dragi-webdo-n206/</link><pubDate>Sun, 02 Dec 2018 20:55:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/12/dragi-webdo-n206/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Urologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Fini de publier des billets n&rsquo;importe quand, on reprend les bonnes habitudes avec un billet publié le dimanche, qui arrivera dans vos mails dans la nuit pour que vous puissiez le lire avec votre petit déjeuner du lundi matin! Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Vous n&rsquo;avez normalement pas du raté les nouveaux retraits de [valsartan](http://Patients souffrant d’insuffisance cardiaque et non contrôlés par candesartan ou losartan Patients en traitement du post-infarctus du myocarde Patients atteints d’hypertension artérielle équilibrés, traités en polythérapie) concernant cette fois ci, les associations qui avaient été épargnées.  En gros, pas d&rsquo;initiation de traitement et noter &ldquo;traitement indispensable pour ce patient&rdquo; sur l&rsquo;ordonnance si l&rsquo;indication du valsartan est:</p>
<ul>
<li>Patients souffrant d’insuffisance cardiaque et non contrôlés par candesartan ou losartan</li>
<li>Patients en traitement du post-infarctus du myocarde</li>
<li>Patients atteints d’hypertension artérielle équilibrés, traités en polythérapie</li>
</ul>
<p>Le &ldquo;<a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Traitement-par-antivitamines-K-AVK-nouvelles-informations-Lettre-aux-professionnels-de-sante">previscan</a>&quot;(fluindione) va enfin voir son heure de gloire disparaitre après maintes alertes <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/06/dragi-webdo-n146.html">dont nous avions déjà parlé</a>. Il ne pourra plus être initié à partir du 1er décembre!</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD012502.pub2/full#CD012502-sec1-0001">Cochrane</a> a publié une méta-analyse concernant la place de l&rsquo;ezetimibe en prévention secondaire. Ainsi, 26 essais contrôlés randomisés correspondant à 23500 patients ont retrouvé un bénéfice à l&rsquo;ezetimibe en plus d&rsquo;un traitement par statine, notamment sur les infarctus et AVC non fatals, sans bénéfice sur la mortalité globale. Donc, pourquoi pas, mais rien de miraculeux.</p>
<p><a href="http://annals.org/aim/article-abstract/2715672/review-long-chain-3-fatty-acids-have-effect-mortality-overall">Annals of internal medicine</a> revient sur l&rsquo;efficacité des oméga-3 dans une méta-analyse, ce qui tombe bien suite aux résultats contradictoires vus dans <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n204.html">les semaines précédentes</a>. En image, on voit que ça ne marche pas! Petit bémol à apporter quand même l&rsquo;étude <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1812792">REDUCE-IT</a> n&rsquo;a pas été incluse car trop récente par rapport aux date de la méta-analyse.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhWkLb5H8YcHZ19G5S-1JMZUIffja-mbgWIgtEmFK6mGR7MiZ4nxq8DdA0acjhtRsfz5JNsT9G1BxYeIBAmIQYXlcPdoOkcJXjLRNvzE9BMNO_4fxJtA8FkAcWBedDsWSOLKial8FX_gb_2/s1600/omega+3.png"><img src="/images/articles/2018/omega-3.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Urologie</p>
<p>Lors du <a href="https://www.urofrance.org/sites/default/files/fileadmin/medias/congres-francais-urologie/2018/quotidien-4.pdf">congrès d&rsquo;urologie française</a>, les spécialistes ont établis de nouvelles recommandations concernant la prise en charge de l&rsquo;adénome prostatique (hypertrophie bénigne de prostate). En attendant une version publiée complète, on peut quand même lire qu&rsquo;il y a de examens systématiques (toucher rectal, ECBU, débimétrie et résidu post mictionnel), et des examens dépendant du patient (catalogue mictionnel, PSA, créatininémie, urétrocystoscopie, échographie prostatique, mesure de pression en débit). Bref, on retiendra surtout un PSA non systématique, et toujours la même déconnexion de la réalité, étant donné que peu de généralistes font les toucher rectaux car peu impactant sur la prise en charge (et un savoir faire assez absent pour arriver a évaluer le poids d&rsquo;une prostate avec l&rsquo;index) et que la débimétrie d&rsquo;emblée&hellip;. mouais. Je suis néanmoins d&rsquo;accord avec la mesure du résidu post mictionnel systématique, et au passage une évaluation de la prostate en sus-pubien devrait être suffisante sans surcout pour le patient ou la société (ce qui dispense du TR puisque la mesure du volume résiduel doit être systématique). Il faut penser à éliminer les autres causes de nycturies (SAOS, HTA, diabète&hellip;) Un dernier point intéressant concerne le lien à explorer entre HBP, dysfonction sexuelle et risque cardiovasculaire qui sont des points à rechercher.</p>
<p>4/ Hépato-gastro-entérologie</p>
<p>Des recommandations sur la prise en charge de la stéatose non alcoolique (NAFL) et de la stéato-hépatite non alcoolique (NASH) ont été publiées dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2319168">JAMA</a> et tirées des recos américaines de 2018. Il n&rsquo;est pas cout-efficace de faire un dépistage systématique, mais elles sont à suspecter devant un syndrome métabolique et doivent faire rechercher un syndrome métabolique si elles sont découverte fortuitement. Le principal traitement reste la perte de poids et les règles hygiéno-diététiques. Ce qui est intéressant, est cependant le suivi avec les scores permettant de prédire le risque de fibrose, et donc de savoir s&rsquo;il va falloir adresser à un spécialiste pour discuter une biopsie ou un traitement médicamenteux :</p>
<ul>
<li>
<p><a href="http://gihep.com/calculators/hepatology/fibrosis-4-score/">FIB-4</a>: âge, ASAT, ALAT, plaquettes</p>
</li>
<li>
<p><a href="http://gihep.com/calculators/hepatology/nafld-fibrosis-score/">NAFLD Fibrosis Score</a>: âge, plaquettes, ASAT, ALAT et aussi albuminémie, IMC, glycémie anormale)</p>
</li>
</ul>
<p>L&rsquo;hypnothérapie a fait l&rsquo;objet d&rsquo;un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/langas/article/PIIS2468-1253(18)30310-8/fulltext">Lancet</a>.
Cet essai contrôlé randomisé étudiait l&rsquo;efficacité de cette thérapie
chez des patients avec des troubles fonctionnels intestinaux. Environ
350 patients ont été randomisés entre hypnothérapie individuelle ou de
groupe ou éducation thérapeutique en groupe. Il y avait
significativement plus de patients soulagés à 3 mois et à 12 mois dans
les groupes d&rsquo;hypnothérapie avec un NNT de 4 à 5 patients! Il n&rsquo;y avait
cependant pas de différence entre les séances individuelles ou en
groupe. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;effets indésirables notables liés aux
traitements sans les différents groupes. Bref, il va falloir trouver des
hypnothérapeutes pour tous ces patients! Commentaire quand même sur le
critère de jugement qui est très subjectif &ldquo;le soulagement des
symptômes&rdquo;. Quand les auteurs ont comparés les groupes sur les critères
secondaire qui étaient les questionnaires &ldquo;structurés&rdquo; de sévérité de
symptômes physiques et psychologiques et de qualité de vie: il n&rsquo;y avait
aucune différence&hellip; ça pourrait fragiliser un peu les résultats car on
ne sait pas dans quelle mesure les symptômes ont été soulagés (un peu
ou beaucoup&hellip;)</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/363/bmj.k4766">BMJ</a> a publié un très beau tableau des fièvres et maladies tropicales en fonction de la zone géographique, des différents symptômes, des outils diagnostiques avec les sensibilité et spécificités des tests . Il est beaucoup trop gros pour que je le mette ici entièrement, alors voici une des 3 pages mais je vous renvoie vers <a href="https://www.bmj.com/content/bmj/suppl/2018/11/29/bmj.k4766.DC1/anub038321.wi.pdf">ce lien</a>!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhyW959VEJVR9sGajaWm0mIBErikT0_9-REnYoNkftNJjgq-qF2R5IzRkc-l_yVfxMw1I0QXGl5tuBzJC7a4k4fAsxw45oLtwtdSbBaeh6_AdQRrHnQFhULf2UVfgIZ7BAd3-UDzEptf1SL/s1600/arboviroses.png"><img src="/images/articles/2018/arboviroses.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>J&rsquo;étais un peu passé à coté, mais la <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1812389">dapagliflozine</a> a enfin son essai contrôlé randomisé, qui comme pour les autres gliflozines, montre un bénéfice sur le critère composite cardiovasculaire avec une réduction des évènements de 17% (NNT=400 patients par an), sans différence sur la mortalité cardiovasculaire ou la mortalité globale. Sur les effets indésirables, il y avait surtout plus d&rsquo;infections génitales mais moins de cancer de vessie, moins d’insuffisance rénale aigüe, moins d&rsquo;hypoglycémie et mois d&rsquo;effets indésirables graves. L&rsquo;augmentation du risque d&rsquo;amputation n&rsquo;était pas retrouvée. En attendant, l&rsquo;empagliflozine semble quand même est plus efficace vu le bénéfice sur la mortalité.</p>
<p>7/ Jeu du mois: Montana</p>
<p>Montana, c&rsquo;est un jeu assez récent dans lequel vous êtes un colon américain qui doit étendre son campement à travers un paysage constitué de tuiles. En envoyant ses colons travailler, on peut récolter des potirons, du blé, de la viande et de la pierre et ainsi avoir les éléments nécessaires à l&rsquo;extension du camp. Le premier a avoir fini de s&rsquo;étendre a gagné! Alors, non seulement, les pièces du jeu sont belles et de très bonne qualité, mais la mécanique est simple pour un jeu &ldquo;kubenbois&rdquo;. Ce qui en fait un très bon jeu à mon avis à la fois pour les nouveaux joueurs et les joueurs plus expérimentés!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhBb0kIxy2YDSaX6X3pyKSImFcs3e9eggW0Fy2TzcbrBco2vP_UKIHcM2QBNDJdZQN2zLAyMAesr_x6cDnw7k_9-YN1Bb84tgHu6HULvI0I1GG_HCJqaY1XG0lY-J-bQHJdHBK4ulp_Btk_/s1600/20181202_161358.jpg"><img src="/images/articles/2018/20181202-161358.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini! Bonne soirée et à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°205: Déprescrire en pharma, LDL élevé, probiotiques, BPCO avec hyperéosino, sport (HAS)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/11/dragi-webdo-n205/</link><pubDate>Mon, 26 Nov 2018 22:39:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/11/dragi-webdo-n205/</guid><category>Prévention</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Comme prévu, ce billet est un peu en retard, mais ce congrès du CNGE était très sympa! Pour récupérer les Live Tweets, je vous renvoie au <a href="https://twitter.com/search?q=%23CNGE2018&amp;src=typd">#CNGE2018</a> sur Twitter et au billet de <a href="http://www.mimiryudo.com/blog/2018/11/cnge2018-on-en-revient-et-on-partage/">@MimiRyudo</a>.</p>
<p>1/ Prévention-dépistage</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2714531">JAMA</a> a mis au centre de la prévention quaternaire: les pharmaciens. Ainsi, des patients ont été randomisés dans un groupe contrôle ou un groupe intervention consistant à une action du pharmacien pour déprescrire les médicaments de la liste de Beers chez les plus de 65 ans. Il y avait un risque diminué de 70% de prescription inappropriée dans le groupe intervention, soit un NNT de 3,2: tous les 3 patients, le pharmacien arrivait à supprimer un traitement inapproprié! Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;effets &ldquo;indésirables&rdquo; décrits ou recherchés, c&rsquo;est dommage, mais on part du principe que les médicaments de la liste de Beers sont inutiles à cet âge.</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/363/bmj.k4577">BMJ</a> revient sur le risque d&rsquo;incidentalomes lors des IRM. On voit en effet un risque d&rsquo;incidentalome de sévérité indéterminée allant jusqu&rsquo;à 12 % pour des IRM corps et cérébrales! Donc attention aux IRM inutiles, la clinique d&rsquo;abord ! Voici un peu ce qu&rsquo;on trouve:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgDKBp5TlJWBhZF6eoi4JY8kByFpoy-wKa9E39cWTElE06ivm1FbiDQO0vZqIiEsAJSz8iKd9bt4aZtrEdAO65YVLWWX9DRMNCoba_5gx0S-PRPQsxsA1PVK7iEKGSGQaA3nnM2BDvMrfLM/s1600/incidentalome.png"><img src="/images/articles/2018/incidentalome.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Pour commencer cette partie, la <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2885402/fr/dyslipidemies-face-au-doute-sur-l-impartialite-de-certains-de-ses-experts-la-has-abroge-sa-recommandation">HAS</a> abroge sa reco de 2017 sur la prise en charge des dyslipidémies. Ainsi, il faudrait donc se référer aux recos européennes de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/09/dragi-webdo-n105.html">2016</a> (qui étaient quasiment les mêmes, je vous remets le résumé graphique) ou aux <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/11/dragi-webdo-n204.html">recos américaines</a> plus récentes avec la décision partagée mise en avant.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEih9sD15fFHw7SwFxSRZ8DDIjOKJtunDAWgEq0LFZIRSuzuTvKej-bSDk4WJv2E9qFEeqrgnBGDsxqs72vRVQwPNerdJ6Sws1nsiurK2SGLue884BB7f_Mn2w5S3QfKbR-Mw7av48UYDP_Y/s1600/reco+esc.png"><img src="/images/articles/2018/reco-esc.png" alt=""></a></p>
<p>Il y a souvent une discordance dans les recos: que faire d&rsquo;un patient à faible risque cardiovasculaire avec &ldquo;juste&rdquo; un LDL élevé? Les recos sont généralement en faveur d&rsquo;un traitement quand le LDL est supérieur à 1,9g/L, pourquoi? Cet <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.118.034273">étude</a> retrouve une surmortalité cardiovasculaire pour des LDL &gt; 1,6g/L et 1,9g/L chez des patients avec un risque &lt;7,5% non diabétiques selon le score américain avec une différence absolue de 0,6 patients sur 1000 (ce qui est plutôt faible) mais sans différence entre les patients 1,6-1,9g/L et &gt;1,9g/L. Sur la mortalité globale, on ne retrouve qu&rsquo;une augmentation pour les patients avec un LDL entre 1,6 et 1,9g/L (pas pour les &gt;1,9g/L, étrange si on garde la théorie du LDL). Bref, certainement un bénéfice à traiter effectivement le LDL à partir de 1,9g/L voire 1,6g/L mais le bénéfice personnel semble faible (NNT d&rsquo;environ 1660&hellip;)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg6vG6PI7R4syXQdK-3GajarG3MaVy-V9sE3cecLY4NawtiAEMjHU86DuCNXA942WGRQQ9b0WL2uhtHUc4ybI7UyjZEGdVyHvX4edfd40lUl-IElFv0BNpY7Y4OkfW8HAPMLMDcZXLC7ATP/s1600/LDL.png"><img src="/images/articles/2018/ldl.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Probiotiques</p>
<p>Les probiotiques ont doit à un paragraphe à leur nom! D&rsquo;une part, parce qu&rsquo;ils sont inefficace dans la gastroentérite aigue, d&rsquo;après un essai contrôlé randomisé du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1802597">NEJM</a> ayant inclus plus de 800 enfants âgés de 3 mois à 4 ans.</p>
<p>D&rsquo;autre part, la <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD006135.pub3/full">Cochrane</a> a publié une méta-analyse sur les probiotiques dans l&rsquo;eczéma, qui ne retrouve pas d&rsquo;amélioration franche sur la sévérité de l&rsquo;eczéma ni sur l&rsquo;amélioration de la qualité de vie des patients. Il pouvait avoir une légère amélioration sur les symptômes quand ils étaient associés aux soins donnés par le médecin (mais pas sur que ce soit les probiotiques qui aident du coup&hellip;)</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Un truc à la mode dans la BPCO, c&rsquo;est de cibler les traitements selon les éosinophiles. Cette étude de cohorte en soins primaires du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(18)30368-0/fulltext">Lancet</a> a donc comparé des patients selon leur éosinophilie ( le seuil étant placé à 300 ou plus de 4% de leucocytes), et comparé un LAMA (anti cholinergique) versus LABA+CSI (B2 de longue durée d&rsquo;action + corticoïdes inhalés). 12 000 patients avec chaque traitement ont été appariés sur un score de propension et les résultats montrent une réduction du critère de jugement principal (survenue de la 1ère exacerbation de BPCO) uniquement chez les patients avec une hyperéosinophilie  avec un NNT de 13 patients par an pour les exacerbations légère et modérées et NNT de 59 patients par an pour les exacerbations sévères. Il y avait un sur-risque de pneumonie dans le groupe avec des CSI avec un NNH de 42. Donc, il y a probablement un bénéfice à la bithérapie chez les patients BPCO avec hyperéosniophilie d&rsquo;après les auteurs. Je ne le verrais pas dans ce sens là, personnellement. Car la majorité des études montrent qu&rsquo;une bithérapie est plus efficace qu&rsquo;une monothérapie, avec un peu plus d&rsquo;effets indésirables. Là, on voit surtout que la bithérapie LAMA+CSI est inefficace chez les patients n&rsquo;ayant pas d&rsquo;hyperéosinophilie et donc en rester à LAMA seul ou LAMA+LABA en cas de traitement insuffisant serait une meilleure solution. Il faudrait comparer LAMA+LABA versus LABA+CSI chez les patients avec hyperéosinophilie pour valider la bithérapie avec CSI mise en avant dans cette étude.</p>
<p>BPCO toujours, l&rsquo;<a href="https://www.cochrane.org/fr/CD009764/antibioprophylaxie-pour-les-patients-atteints-de-bpco">antibiothérapie</a> &ldquo;continue intermitente&rdquo; par macrolide 3 jours par semaine semble être efficace pour réduire les exacerbations. Les patients étudiées avaient des exacerbations au moins 1 fois par an malgré un traitement de fond, et étaient souvent âgés de plus de 65 ans. Compte tenu du risque de résistance actuel lié aux pressions par antibiotiques, il semble préférable de bien conserver cette option thérapeutique pour des patients sélectionnés, exacerbateurs malgré une trithérapie inhalée.</p>
<p>5/ Fiches pratiques</p>
<p>Deux fiches à aborder cette semaine: celle d&rsquo;information et de suivi suite à la pose d&rsquo;<a href="https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/qr_implants-mamaires.pdf">implants mammaires</a>, insistant notamment sur le risque de cancer augmenté et nécessitant une surveillance régulière, clinique, en faisant attention aux anomalies cutanées pouvant être des signes de rupture des prothèses. A noter qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de raison de débuter avant 50 ans les mammographies à cause des prothèses!</p>
<p>La deuxième concerne la <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2875944/fr/prescrire-l-activite-physique-un-guide-pratique-pour-les-medecins">prescription d&rsquo;activité physique</a> et a été établie par la HAS. C&rsquo;est pas très bien fait pas très pratique, en tous cas, je n&rsquo;ai pas réussi à trouver ce qu&rsquo;il fallait que je marque sur mon ordonnance, à qui le patient devait remettre son ordonnance etc&hellip; Le schéma le plus clair me semble être celui ci:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi1RRAY8OatKEN2JRucdb4pUsiLHpPcgbMWxN8GAAZw_ZToVxbc4UoAZzP5BxrOrluja2TLs9iSL8yodXc2nEiGyp2qR-H8IcZThbjmUloaWZdZJHZoEsNZ3CNaD0-2jZvdM_WTPvbMc1_S/s1600/activit%25C3%25A9+physique.jpg"><img src="/images/articles/2018/activit-25c3-25a9-physique.jpg" alt=""></a></p>
<p>On y voit aussi que:</p>
<p>-  Un ECG de repos est recommandé avant 35 ans
si d’antécédents familiaux de pathologies cardio-vasculaires héréditaires ou
congénitales ou de mort subite avant 50ans ou interrogatoire évocateur et
quelque soit l’âge si patient avec maladie cardiovasculaire (hors HTA)</p>
<ul>
<li>Avant une activité physique d’intensité élevée (on ne peut pas dire
plus de quelques mots pendant l’effort), une épreuve d’effort est recommandée
chez les patients à risque cardiovasculaire modéré s’ils sont inactifs
uniquement ou ceux à risque cardiovasculaire élevé.</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg26byqAbGJkT24a0C_KYrcUcWc-7EALDybAQXF-8Aqhd0_Vd02lss6OEm4QCLXKhIe5ZYfjC029mC7L0IZrSLyY-iVCCAX6TgRlpp8wJlBVu7CvMkLBrMf4i1dIjwNfeCMdODevA8SVqTL/s1600/effort.png"><img src="/images/articles/2018/effort.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>On se demande en quoi les hypoglycémies augmentent la mortalité? Parce que les patients chutent? Pas seulement. <a href="http://care.diabetesjournals.org/content/early/2018/10/10/dc18-0050">Visiblement</a>, après une hypoglycémie &lt; 0,45g/L, des phénomènes pro-thrombotiques sont mis en jeux et persisteraient jusqu&rsquo;à 7 jours après l&rsquo;hypoglycémie, ce qui augmenterai la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires.</p>
<p>Le suivi de l&rsquo;HbA1C est toujours recommandé pour suivre le contrôle glycémique. On en avait déjà parlé il y a quelque temps <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/02/dragi-webdo-n85.html">ici</a>, cette fois ci, c&rsquo;est le <a href="https://www.bmj.com/content/363/bmj.k4723">BMJ</a> qui revient sur ses limites et ce qui peut la faire augmenter (anémies par carence martiale ou centrale, splénectomie&hellip;) ou baisser (anémie régénératives ou par insuffisance rénale, hémodilution, alcool, co-trimoxazole, infection par VIH&hellip;). Il y a un beau tableau des alternatives: fructosamine, albumine glyquée, hémoglobine glyquée totale , avec leurs avantages et inconvénients.</p>
<p>.</p>
<p>Enfin, <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/02/dragi-webdo-n171.html">j&rsquo;avais déjà</a> dit que traiter les parodontites des diabétiques baissait l&rsquo;HbA1C. C&rsquo;est confirmé dans un <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(18)30038-X/fulltext">essai</a> contrôlé randomisé de plus grande taille, avec une baisse similaire de 0,5% à 12 mois entre un groupe de traitement intensif et un groupe de soins classiques. Il y avait quand même plus d&rsquo;effets indésirables légers (NNH=20 patients), sans différence entre les effets indésirables graves.</p>
<p>La <a href="https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD012661.pub2/full">Cochrane</a> s&rsquo;est intéressé au devenir des patients avec une intolérance au glucose: à 11 ans, entre 17% et 42 % régressent. Les auteurs concluent qu&rsquo;il ne faut pas se précipiter sur un traitement actif de ces patients compte tenu de ces données montrant qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas du tout d&rsquo;évolution systématique vers un diabète.</p>
<p>Voilà pour cette semaine, à très bientôt et pensez à vous abonner!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°204: Dyslipidémies (reco US), IRS/grossesse, omega-3, vitamine D/risque cardiovasculaire, kyste ovarien, surdité, syndrome douloureux pelvienne chronique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/11/dragi-webdo-n204/</link><pubDate>Sat, 17 Nov 2018 16:17:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/11/dragi-webdo-n204/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Urologie</category><category>ORL</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Comme annoncé la semaine dernière, il y aura beaucoup de cardiologie avec le congrès américain qui a été intéressant de ce que j&rsquo;ai pu voir. J&rsquo;ai quand même du sélectionner, sinon ça aurait été beaucoup trop long (déjà là&hellip;.) Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Pour commencer, un article du <a href="https://bjgp.org/content/68/676/512">BJGP</a> revient l&rsquo;association entre contraception hormonale et troubles psychiatriques. En effet, ces contraceptions pourraient être associées à davantage de syndromes dépressifs et de suicides. Y penser quand on ne trouve pas de cause à une baisse de moral&hellip;</p>
<p>J&rsquo;ai vu passé la question sur les réseaux sociaux: il y a bien une association retrouvée entre antidépresseurs IRS et malformations congénitales d&rsquo;après une <a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-018-1193-5">étude</a> récente avec des risques relatifs de 1,17 à 1,2 selon les molécules). Mais on est sur des mégacohortes et 9 millions de naissances ont été suivies, ce qui explique la significativité des résultats (on a pas les chiffres absolus).</p>
<p>Les 2 classes réellement efficaces dans le diabète sont les analogues du GLP-1 et les inhibiteurs de SGLT-2. Le <a href="https://www.bmj.com/content/363/bmj.k4365">BMJ</a> a comparé leurs effets indésirables: plus d&rsquo;amputation avec iSGLT-2 et plus d&rsquo;acidocétose. Donc commencer par un analogue du GLP-1 semble être une bonne idée.</p>
<p>2 Cardiologie</p>
<p>La <a href="http://www.onlinejacc.org/content/early/2018/11/02/j.jacc.2018.11.003?utm_medium=social&amp;utm_source=facebook_post&amp;utm_campaign=editors_insights&amp;utm_content=10.1016%2Fj.jacbts.2018.07.003">société américaine de cardiologie</a> a publié des nouvelles recos concernant les dyslipidémies. Elles sont pas mal, à vu d’œil puisque déjà, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;objectif de LDL en règle général (en gros, sauf en prévention secondaire où l&rsquo;intensification des traitements se faisait pour un LDL &gt; 0,7g/L), ce qui est en accord avec les études.</p>
<ul>
<li>Pour commencer, les statines forte dose sont: atorvastatine 40-80, rosuvastatine 20-40; les statines à doses modérées sont notamment: simvastatine 20-40, atorvastatine 10(-20), rosuvastatine (5-)10 et pravastatine 40(-80); les statines faibles doses sont notamment: simvastatine 10, pravastatine 10-20.</li>
</ul>
<p>Un bilan préthérapeutique évaluant le risque de douleurs musculaire, l&rsquo;état hépatique et le risque de diabète est à considérer avant de débuter un traitement.</p>
<ul>
<li>
<p>Le score évaluant le risque est le <a href="http://tools.acc.org/ASCVD-Risk-Estimator-Plus/#!/calculate/estimate/">score américain AHA/ACC</a> qui évalue les infarctus et AVC fatals et non fatals ainsi que la mortalité cardiovasculaire. Il prend en compte les antécédents familiaux et le diabète. On peut approximativement passer au SCORE européen évaluant la mortalité cardiovasculaire en le divisant par 4 (parce que la morbi-mortalité correspond à environ 4 fois la mortalité. Ainsi le haut risque européen &gt;5% correspond bien au haut risque américain &gt;20% décrit dans ces recos)</p>
</li>
<li>
<p>En prévention secondaire: à tout âge</p>
</li>
</ul>
<p>Les américains considèrent désormais les antécédents cardiovasculaires non à très haut risque et ceux à très haut risque (c&rsquo;est à dire avec 2 évènements majeurs ou 1 évènements majeur et 2 conditions associées, cf tableau): l&rsquo;intérêt est de dire que si le LDL n&rsquo;est pas inférieur à 0,7g/L chez ceux à très haut risque, il y a une indication aux anti-PCSK-9. Sinon, il est recommandé un traitement maximal toléré par statine de forte dose, avec ajout éventuel d&rsquo;ezetimibe chez les moins de 75 ans (au delà de 75 ans: pas de cible).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjenCOD4O1ITZVca32L4mxSEnVfprY9UReEpC5uMasP3vtzAxwSx_bO_1RX1N5b6haAgvwM9cwAf3SOq0DmguvLao9o6wSk8oo1vAVk13ChY5Uij6_1h7W3RmOo0l_yvLvUXDPfF4uNoCcL/s1600/risk+factor.png"><img src="/images/articles/2018/risk-factor.png" alt=""></a></p>
<p>-  En prévention primaire: entre 40 et 75 ans (hors diabète)</p>
<p>Si le LDL est &gt; 1,90g/L, il y a une indication de traitement, par statine forte dose dans l&rsquo;idée d&rsquo;une hypercholestérolémie familiale. Le Score de Dutch n&rsquo;est pas calculé, mais peut l&rsquo;être avant 40 ans pour discuter d&rsquo;un traitement en cas d&rsquo;antécédent familiaux d&rsquo;accident cardiovasculaire précoces.</p>
<p>Sinon, la grande nouveauté est cette phase de &ldquo;Risk discussion with the 10-year risk score&rdquo;. En gros, il est vraiment dit qu&rsquo;il faut voir avec le patient s&rsquo;il souhaite un traitement qui peut être proposé à partir d&rsquo;un risque &gt;7,5%, avec une statine modérée ou une statine forte en cas de risque &gt; 20%.</p>
<p>La 2ème nouveauté concerne les patients avec un risque entre 7,5% et 20% qui seraient indécis. Alors que l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2687225">USPSTF</a> vient de dire que le score calcique (CAC) n&rsquo;avait pas fait ses preuve chez les patients asymptomatiques, la société savante de cardiologie propose de l&rsquo;utiliser pour faire pencher la balance décisionnelle: CAC égal 0 =&gt; pas de traitement, CAC entre 1 et 99 =&gt; statine si âge &gt; 55 ans, et si CAC &gt;100 =&gt; statine. (on voit quand même les différence d&rsquo;avis entre les sociétés savantes&hellip;) Les autres critères, cliniques pouvant faire pencher la balance pour un traitement dès 7,5% de risque sont les antécédents familiaux précoces, le syndrome métabolique, une insuffisance rénale chronique, une pathologie inflammatoire comme le VIH, les connectivites&hellip;, l&rsquo;antécédent de prééclampsie et les origines comme l&rsquo;Asie du sud est)</p>
<ul>
<li>En prévention primaire: après 75 ans</li>
</ul>
<p>Il est acceptable d&rsquo;initier un traitement selon les modalités précédentes (sauf si le LDL est &lt; 0,7g/L) et il est également acceptable d&rsquo;arrêter le traitement en cas de fragilité, multimorbidité et espérance de vie réduite. (je passe sur le score calcique qui peut être utiliser pour limiter les traitements s&rsquo;il est égal à 0, car je doute de voir un patient avec un CAC à 0 après 75 ans&hellip;)</p>
<ul>
<li>Chez les patients diabétiques de 40 à 75 ans, une statine modéré est
indiquée quelque soit le risque cardiovasculaire, mais une évaluation du
risque cardiovasculaire est une option. A 75 ans, un traitement bien
toléré peut être poursuivi (on a vu <a href="https://www.bmj.com/content/362/bmj.k3359">il y a quelques semaines</a> qu&rsquo;il y avait un bénéfice possible jusqu&rsquo;à 85 ans)</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjTjMEpkWxJy08CTopvsBsRz4HUeScp9dw4GXWapZhjdYoiczWsks0POloR852AhU8wgrdEWq6fzgFQDun1tZVpjXgMKvNyN1GDjpBkeJ5mMnH_33Ff1MQ1f6vnPgPQ26PR0l_MP_u2kah0/s1600/statin+guidelines.png"><img src="/images/articles/2018/statin-guidelines.png" alt=""></a></p>
<ul>
<li>Concernant l&rsquo;hypertriglycéridémie</li>
</ul>
<p>Il est recommandé de ne traiter que par règles hygiénodiététiques! Sauf en cas de risque cardiovasculaire &gt;7,5% où un traitement par statine peut être entrepris. Si l&rsquo;hypertriglycéridémie persiste en étant supérieure à 10g/L, un traitement par fibrate peut être entrepris à la place ou en plus d&rsquo;une statine (dans ce cas: fenofibrate)</p>
<p>Cela concorde assez avec les recos françaises, sauf sur le &ldquo;objectifs&rdquo; que les américains n&rsquo;ont pas en prévention primaire. On vise une baisse de 30% ou 50% selon le risque et on espère l&rsquo;atteindre. Si on ne l&rsquo;atteint pas, il n&rsquo;est pas forcément recommandé d&rsquo;intensifier en prévention primaire, et c&rsquo;est cohérent avec les études sur le sujet.</p>
<p>L&rsquo;étude <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1812792">REDUCE-IT</a> qui testait de acide eicosapentaénoïque (EPA) c&rsquo;est ç dire des oméga-3 à très forte dose chez des patients avec hypertriglycéridémie entre 2,0g/L et 5,0g/L sous statine, en prévention secondaire (70% des inclus) ou primaire à très haut risque (diabète + autre facteurs de risque). 8000 patients ont été inclus. Il y avait une baisse d&rsquo;évènements cardiovasculaires de 25%, (NNT= 20) mais aussi de la mortalité cardiovasculaire de 20%, soit un NNT de 112 patients traités pendant 5 ans (pas de baisse de mortalité globale cependant). Il y avait plus de passage en fibrillation auriculaire sous EPA (NNH= 71) . Bref, après avoir été &ldquo;mis&rdquo; puis &ldquo;retirés&rdquo; des recos post-infarctus, les oméga-3 vont ils faire leur retour? Dans les limites de cette étude, certains déplorent le placebo utilisé: une huile qui aurait pu réduire l&rsquo;absorption des statines dans le bras &ldquo;placebo&rdquo;&hellip; c&rsquo;est trop problématique pour être négligé&hellip; Heureusement d&rsquo;autres études sur le même principe sont en cours.</p>
<p>Toujours concernant les <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1811403">omega-3</a> à faible dose cette fois ci, (1g/j), mais 25 000 patients inclus: pas d&rsquo;efficacité sur les évènements cardiovasculaires dans l&rsquo;étude VITAL (un peu moins d&rsquo;infarctus, de façon isolée mais on ne conclura rien sur ces analyses secondaire). La même étude évaluait l&rsquo;efficacité de la <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1809944">vitamine D</a> qui ne réduisait pas non plus le risque de cancer ou d&rsquo;évènements cardiovasculaires. Là encore, une analyse secondaire: la mortalité par cancer après exclusion des 2 premières années de suivi (on considère qu&rsquo;un cancer survenant dans les 2 ans était préexistant), est diminuée significativement&hellip; On ne conclura rien non plus là dessus.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Un article de l&rsquo;<a href="http://openres.ersjournals.com/content/4/4/00113-2018?ctkey=shareline">ERJ</a> a étudié l&rsquo;impact de la toux qui se chronicise. Ils ont retrouvé qu&rsquo;elle était associée à une altération de la qualité de vie et à plus d&rsquo;arrêt de travail. Cependant, cela n&rsquo;augmentait pas le risque de dépression. Bref, les anti-tussifs ne sauvent pas le vie, mais on se demande s&rsquo;ils pourraient améliorer la qualité de vie de certains patients.</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30419104">JAMA internal medicine</a> retrouve que la présence de kystes ovarien simple n&rsquo;est pas associée au risque ultérieur de cancer de l&rsquo;ovaire. Il n&rsquo;apparait donc pas utile de les surveiller avec cet objectif. L&rsquo;<a href="https://www.uspreventiveservicestaskforce.org/Page/Document/UpdateSummaryFinal/ovarian-cancer-screening">USPSTF</a> s&rsquo;était déjà prononcé contre le dépistage systématique du cancer de l&rsquo;ovaire par échographie.</p>
<p>Concernant le dépistage par mammographie, cette <a href="https://www-ncbi-nlm-nih-gov.hellebore.biusante.parisdescartes.fr/pubmed/30411328">étude</a> retrouve une survie spécifique plus longue chez les patientes ayant participé au dépistage organisé par mammographie par rapport à celles n&rsquo;y participant pas: il y avait une réduction de 60% des décès par cancer du sein à 10 ans chez celles participant. Les auteurs disent arriver à réduire fortement le temps d&rsquo;avance diagnostic grâce au suivi très prolongé sur 10 à 20 ans. La réduction de mortalité peut elle être lié à un investissement du patient dans sa santé et non au seul dépistage? On ne nous parle nulle part de mortalité globale. Donc, cette étude ne me convainc pas pour autant, si jamais des spécialistes de la question veulent la commenter c&rsquo;est avec plaisir!</p>
<p>5/ Urologie</p>
<p>La <a href="https://www.cochrane.org/fr/CD012551/interventions-non-pharmacologiques-pour-le-traitement-de-la-prostatite-chroniquedu-syndrome">Cochrane</a> revient sur les syndromes douloureux pelviens chroniques (ex prostatite chronique) et trouvent que les mesures associées à une moindre douleur étaient: l&rsquo;acuponcture, être circoncis (pas sur que de façon prospective ça marche&hellip;), l&rsquo;activité physique, les thérapies par ondes de choc et la thermothérapie trans-rectale.</p>
<p>6/ ORL</p>
<p>Pour finir, le <a href="https://www.bmj.com/content/363/bmj.k4347">BMJ</a> parle de la prise en charge de surdité. L&rsquo;article revient sur les tests de Rinne et Weber et propose les diagnostics de surdité de perception ou de transmission. Ce qui est important, ce sont les &ldquo;red flags&rdquo;: l’installation en moins de 72h = urgences, post traumatique =  urgences,  surdité, unilatérale = éliminer un neurinome par IRM, surdité avec otorrhée ou paralysie faciale = avis rapide, progressive s&rsquo;aggravant ou profonde (&gt;95dB mais j&rsquo;ai pas de quoi mesurer au cab) = avis ORL .</p>
<p>Bonne fin de week end à tous! A dans quelques jours à Tours pour ceux qui vont au congrès du CNGE, et sinon à la semaine prochaine pour un autre Dragi Webdo!! (Et pensez à vous abonner pour ne pas rater les billets trop en avance comme celui ci, ou trop en retard comme probablement celui de la semaine prochaine!)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°203: régime peu salé, phlébites superficielles, nodules pulmonaires, aspirine et diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/11/dragi-webdo-n203/</link><pubDate>Sun, 11 Nov 2018 18:25:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/11/dragi-webdo-n203/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Pour commencer, le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)32281-5/fulltext?utm_campaign=gbd17&amp;utm_content=79592159&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">Lancet</a> a publié un classement des systèmes de santé, et la France pointe à la 37ème place&hellip;. En fait en regardant les différents items, mais on est totalement plombé par: 1/ le tabac 2/ l&rsquo;alcool (merci les lobbies&hellip;) 3/ les suicides. Sans ça, les autres items sont plutôt bons. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;ANSM revient sur quelques points abordés précédemment: le risque de dissection aortique sous <a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Fluroquinolones-par-voie-systemique-ou-inhalee-risque-de-survenue-d-anevrisme-et-de-dissection-aortique-Lettre-aux-professionnels-de-sante">fluoroquinolones</a> sur lequel il faudrait informer les patients avant traitement. Si déjà ils étaient informés pour les tendinites, ça serait déjà bien, parce que les dissections aortique, le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/03/dragi-webdo-n174.html">NNH était de 12 000  patients (82 cas pour 1 million de traitements)</a></p>
<p>L&rsquo;ANSM revient aussi sur le risque de cancers cutanés sous <a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Hydrochlorothiazide-Risque-de-cancer-de-la-peau-non-melanome-carcinome-basocellulaire-carcinome-epidermoide-Lettre-aux-professionnels-de-sante">hydrochlorothazide</a>, particulièrement rare et lié aux traitements prolongés. Mais aucune prévalence n&rsquo;est disponible car c&rsquo;est uniquement une alerte tirée d&rsquo;étude cas/témoin, qu&rsquo;aucune étude de cohorte n&rsquo;a mis en évidence&hellip;  Ils restent les traitements les plus coût-efficaces sur la mortalité dans l&rsquo;HTA avec les IEC qui ont un niveau de preuve moindre d&rsquo;après la <a href="https://www.cochrane.org/CD001841/HTN_thiazides-best-first-choice-hypertension">Cochrane</a>, mais je ne doute pas que l&rsquo;ANSM revienne bientôt sur le risque de cancer du poumon sous <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/10/dragi-webdo-n201.html">IEC</a> dont on a parlé il y a 2 semaines. Bref, continuons à les prescrire, tout traitement aura, dans les années à venir des effets indésirables grave et très rare liés aux méga-cohortes qui permettent de détecter des écarts statistiques infimes et pas forcément cliniquement pertinents, notamment quand il y a des gains de mortalité avec les traitements.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Un nouvel anti-PCSK-9, l&rsquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1801174">alirocumab</a>, a été testé chez des patients en prévention secondaire, dans un essai contrôlé randomisé publié dans le NEJM. Comme pour les autres anti-PCSK-9, le critère composite cardiovasculaire (infarctus mortels/non mortels, AVC mortels/non mortels, hospitalisation pour coronaropathie) est rempli, avec une réduction de 15% des évènements (NNT= 63 patients pour 2,8 ans de suivi en moyenne). Par contre pas de bénéfice de mortalité cardiovasculaire ou globale. Autre point étrange, il y avait plus d&rsquo;effets indésirable sous placebo (non significativement mais c&rsquo;est quand même étrange&hellip;)</p>
<p>Quel est le bénéfice de la réduction en sel dans l&rsquo;insuffisance cardiaque? Une revue systématique du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2712563">JAMA internal medicine</a> s&rsquo;y est intéressée. Au final, 9 articles étaient de qualité suffisante pour traiter ce sujet, avec uniquement 2 qui montraient un bénéfice en termes d&rsquo;amélioration de la dyspnée, mais aucune ne permettait de conclure sur la mortalité cardiovasculaire! Mais les études avaient peu de patients. Néanmoins, une variation brutale de quantité de sel ingérée (lors des repas des fêtes de fin d&rsquo;année) peut quand même favoriser l&rsquo;OAP (mais ça, c&rsquo;est pas dans l&rsquo;article, c&rsquo;est juste histoire que des patients passant par ici ne cessent pas le régime pauvre en sel instauré probablement à juste titre).</p>
<p>Après les phlébites profondes des semaines précédentes, parlons ses phlébites superficielles (TVS) des membres inférieurs d&rsquo;après un article publié dans le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2712929">JAMA</a> et résumant un article de la Cochrane. En lisant l&rsquo;article entier, les auteurs retrouvent des résultats en faveur du fondaprniux à dose prophylactique: réduction d&rsquo;extension au
réseau profond, réduction symptômes, pas plus de saignement.  Bon, mais
c&rsquo;est quand même des critères assez mous sur l&rsquo;intérêt pour le patient surtout
que les recos pour une TVP distale proposent parfois, selon les situations de ne pas traiter mais de surveiller. Donc cela ne semble pas très grave si on ne traite pas une TVS&hellip; Il est étrange qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas plus
de saignement, et il n&rsquo;y a pas de différence sur la mortalité. Chaque
résultat ne repose que sur 1 seule étude (on n&rsquo;a pas de funnel plot pour
voir le biais de publication parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas assez d&rsquo;études une
fois de plus).  Bref, effectivement, les piqures marchent un peu, mais
pas sur des critères très délétères pour le patient, donc le traitement
ne m&rsquo;apparait pas indispensable. On voit aussi que les AINS réduisent
l&rsquo;extension ou la récurrence, mais dans une moindre mesure que le fondaparinux. Donc je ne pense pas que ça
modifie ma pratique en poussant à un traitement, du moins pour le
moment, dans l&rsquo;attente de données concordantes sur d&rsquo;autres essais en faveur d&rsquo;une anticoagulation préventive. Peut être que je mettrais un peu plus d&rsquo;AINS. On m&rsquo;a ensuite parlé de cet article choc de la <a href="https://www.prevention-medicale.org/Cas-clinique-et-retours-d-experience/Tous-les-cas-cliniques/Medecin/thrombose-veineuse-superficielle">MACSF</a> :&ldquo;TVS et décès d&rsquo;une jeune fille&rdquo; qui avait aussi une embolie pulmonaire. Cependant, c&rsquo;est probablement pas la TVS qui s&rsquo;est compliqué en EP,  mais il y avait 2 manifestations thrombotiques simultanées chez une patiente. La TVS aurait certainement du faire arrêter la contraception oestro-progestative. Donc une TVS ne se traite pas mais, elle doit faire penser à prendre en charge d&rsquo;éventuels facteurs de risque thrombotique.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2714650">JAMA</a> a publié des recommandations concernant les conduites à tenir devant la découverte de nodules pulmonaires chez des patients de plus de 35 ans. Vous allez voir que les critères de &ldquo;faible et haut risques nécessaires à l&rsquo;algorithme sont pas très clairs&hellip;. et voici aussi l&rsquo;algorithme!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJj-ewKypRY6BPovj_CtwxHqabgQL6mz0nVTww6tYzHiiDn8ZCdyh8ukExwfAwo5sJkvxs-f9-0cSuhhVXtvXj-ZD4o6AhHIfTRBRfI_XT-NutOl7UhxZjvkYsuti_dsi2ZN0AjYvD-f1w/s1600/poumon.png"><img src="/images/articles/2018/poumon.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiLDZHsooABFXJxZiiqKm9gaASoHjAc7UIUYr8PMrooF3oZ_1c-_EWaif9nq0g076pOm34Vx5U-_JRRWlZimmNdc_ITqrhH3TeB4Kmp7mZ2CZL4N9y-BKktgnipBBePFptdGvzdK1B_qPkj/s1600/algorithme.png"><img src="/images/articles/2018/algorithme.png" alt=""></a></p>
<p>Une méta analyse du <a href="https://www.bmj.com/content/363/bmj.k4388">BMJ</a> a comparé les traitements de fond de la BPCO, et notamment l&rsquo;association anticholinergiques(LAMA)+Beta2 de longue durée d&rsquo;action (LABA) versus LAMA+LABA+ corticoïdes inhalés. Il y avait une réduction de 32% des exacerbations sous trithérapies (NNT=19 patients) mais il y avait aussi, de façon prévisible, une augmentation des pneumonies avec un NNH de 38 patients! (on a pas les durées de chaque études donc bon: Pour 2 exacerbation évitée: 1 pneumonie!) Ainsi, la conclusion des auteurs semble juste, c&rsquo;est une option chez les patients non contrôlé sous double bronchodilatation, mais pas pour tous les patients.</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)31948-2/fulltext">Lancet</a> refait le point sur la dépression. En ce qui concerne le diagnostic, les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/11/dragi-webdo-n160.html">recos HAS</a> sont en accord avec cette revue du Lancet. Les différents traitements ne sont pas priorisés malheureusement, il est juste précisé que la psychothérapie seule est préférable dans les épisodes dépressifs majeurs d&rsquo;intensité modérée. En cas d&rsquo;échec, sont proposés: l&rsquo;association psychothérapie+anti-dépresseur, un double traitement antidépresseur ou l&rsquo;ajout d&rsquo;un thymo-régulateur.</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Rapidement, une <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanonc/article/PIIS1470-2045(18)30536-9/fulltext">étude</a> basée sur une modélisation retrouve que prolonger le dépistage du cancer du col jusqu&rsquo;à 74 ans améliorerait la découverte de cancer. Cependant, en cas de frottis avec recherche d&rsquo;HPV oncogènes négative après 55 ans, le risque de cancer est extrêmement faible (ce qui pourrait faire discuter un arrêt plus précoce de ce dépistage?)</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Alors que l&rsquo;aspirine chez les patients diabétiques &ldquo;jeunes&rdquo; marche mal (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/11/dragi-webdo-n116.html">ici</a>) et très mal chez les moins jeunes (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/09/dragi-webdo-n196.html">ici</a>), on cherche a tirer dans les coins avec cette fois, une <a href="https://www.ahajournals.org/doi/pdf/10.1161/JAHA.118.010033">étude</a> de cohorte comparant les patients diabétiques avec insuffisance cardiaque traités par aspirine en prévention primaire et ceux sans aspirine. Les auteurs retrouvent une réduction de la mortalité globale de 12% mais une augmentation des infarctus de 66% et des AVC de 23%. Étrangement, il n&rsquo;y avait pas plus de saignements. Bref, Voilà qui laisse dubitatif, les patients ont été appariés sur un score de propension, mais la fraction d&rsquo;éjection ventriculaire n&rsquo;est pas relevée, on a pas le pourcentage de patients en fibrillation auriculaire (alors que le diabète est un facteur de risque, et que ces patients seraient sous anticoagulants et non sous aspirine: ce qui expliquerai l&rsquo;absence de différence sur les saignements par exemple&hellip;) Bref, tant que le bénéfice n&rsquo;est pas mis en évidence en essai randomisé, il sera dur de recommander de l&rsquo;aspirine dans cette situation.</p>
<p>Pour finir, un nouvel inhibiteur de DPP-4 échoue encore à démontrer une efficacité clinique. La <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2714646">linagiptine</a> a été donné a des patients diabétiques à haut risque cardiovasculaire, et démonter sa non infériorité par rapport au placébo: il est donc aussi efficace qu&rsquo;un placebo. Bref, pas de gain sur le critère composite d&rsquo;évènement cardiovasculaire, pas de gain sur la mortalité globale ou cardiovasculaire (un peu moins d&rsquo;aggravation de micro-albuminurie sur un critère très secondaire&hellip;histoire de faciliter une future AMM&hellip;) Concernant la sécurité, il y avait plus de pancréatites aigües et plus de cancers pancréatiques. Donc on a déjà bien assez de gliptines sur le marché!</p>
<p>C&rsquo;est fini ! La semaine prochaine, il y aura beaucoup de cardiologie vu qu&rsquo;il y a le congrès de la société américaine de cardiologie (j&rsquo;ai déjà casé quelques articles cette semaine, mais y&rsquo;en a trop, et je n&rsquo;ai pas eu le temps de lire les nouvelles recos américaine sur les dyslipidémies&hellip;)</p>
<p>A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°202: Phlébite/embolie pulmonaire, HTA modérée, dépression résistante, Splendor</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/11/dragi-webdo-n202/</link><pubDate>Sun, 04 Nov 2018 20:54:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/11/dragi-webdo-n202/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Néphrologie</category><category>Dermatologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! C&rsquo;est peut être la fin des vacances pour vous, alors bonne reprise et bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Tout d&rsquo;abord, l&rsquo;<a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Antipsychotiques-rappel-des-mesures-de-suivi-cardio-metabolique-Point-d-Information">ANSM</a> revient sur l&rsquo;importance du suivi cardiovasculaire des patients sous anti-psychotiques. En effet, d&rsquo;une part, les patients avec comorbidités psychiatriques sont à plus haut risque cardiovasculaire et d&rsquo;autre part parce que ces traitements augmentent aussi le risque (via l&rsquo;augmentation des dyslipidémies, du diabète, la prise de poids&hellip; qu&rsquo;il faut donc surveiller)</p>
<p>Un nouvel article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(18)30288-2/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=79174037&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">Lancet Endocrinology</a> a étudié la mortalité selon l&rsquo;IMC. On retrouve la &ldquo;classique&rdquo; courbe en J. L&rsquo;IMC entre 21 et 25 était associé à un plus faible risque de pathologies cardiovasculaires et pneumologiques (c&rsquo;est pas top pour moi ça&hellip;), mais la mortalité était moindre pour les IMC entre 24 et 27 (ce qui me rassure, finalement&hellip;). On voit quand même que la mortalité pour un IMC de 30 est identique à celle d&rsquo;un IMC à 21!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjYXHZvJ1opl_KFlyKIGsWtIP-sdf3bqw9vFIQykrDDXYRVz_LBetmLxT0bNlQLtHGuzK59rJeHlSvDkH9srvfkJT7oLK2tVu2WQAsT36FwRpBwTwZwyDareWSIpyxckNhmYm2yUDJBm2fv/s1600/BMI.png"><img src="/images/articles/2018/bmi.png" alt=""></a></p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2707465">JAMA</a> revient sur la prise en charge actualisée des thromboses veineuses profondes et embolies pulmonaires. Les points importants à retenir sont, bien évidemment les durées d&rsquo;anticoagulation.</p>
<p>Pour cela il faut retenir que le haut risque de récurrence est défini par un score <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/03/dragi-webdo-n133.html">HERDOO2</a> &gt;1 , et que les facteurs de risques transitoires non chirurgicaux (pilule oestro-progestative, grossesse, immobilisation) ne sont pas forcément assez importants pour se passer d&rsquo;une anticoagulation au long court s&rsquo;ils sont les seuls facteurs déclencheurs retrouvé (en gros, si le seul FDR d&rsquo;embolie est une grossesse, il faut quand même se poser la question de la poursuite d&rsquo;une anticoagulation à vie&hellip; mouais&hellip;)</p>
<p>Notons quand même que l&rsquo;abstention thérapeutique dans les TVP distales est une fois de plus notée pour les patients à faible risque de récurrence (HERDOO2 &lt; 2). On va donc vers un traitement à vie de toutes les embolies et phlébites sauf les TVP distales qu&rsquo;on ne traite pas forcément (c&rsquo;est cohérent avec les recos américaines résumées <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/06/dragi-webdo-n100.html">ici</a> et qui sont plus explicites sur le suivi en cas d&rsquo;abstention thérapeutique)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhrZ5WnlKpXUxiP3g1n4hlELWo28gO6gSoJAkbHzmX3lkWLi5gc0Wl4ut5vKD2IxVaAewHibBBMRzKiukOZ2zOwuMSwx1zor3NOW3DdNGCBLyEcg4JsseL5on45TAUysiZdcduKhCPgTuLR/s1600/TVP+EP.png"><img src="/images/articles/2018/tvp-ep.png" alt=""></a></p>
<p>Alors que les recos européennes intensifient le traitement dans l&rsquo;HTA, un nouvel article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2708195">JAMA internal medicine</a> revient sur l&rsquo;HTA modéré des patients à risque cardiovasculaire faible et modéré. En effet, en cas de haut risque, il faut traiter fort, mais pour les autres&hellip; Cette étude de cohorte a suivi 20 000 patients hypertendus avec une tension inférieure à 160/100 en prévention primaire. Les auteurs ne retrouvent pas de gain de mortalité chez les patients traités versus non traités! Ni de gain sur les évènements cardiovasculaires. Il y a cependant une augmentation, à 5 ans, du nombre d&rsquo;hypotensions (NNH= 219), de syncopes (NNH =135), de troubles hydroélectrolytiques (NNH=580) et d&rsquo;insuffisances rénales aiguës (NNH= 467) .</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiK71-x94y8PDNm8Z7Ra9XTvFDB_JqLw6Y_OaZ2dMAO_biSHtJjWuwAAf6YQjAmhPxFEgG3EKy3Pyl4OTT17Des4mRQaSWJvxmNXes4-BCyV-J2WIo0bEz99i9i1q1ETY_YS5RG_qO_wnqg/s1600/HTA.png"><img src="/images/articles/2018/hta-3.png" alt=""></a></p>
<p>On se posait régulièrement la question de poursuivre les anti-agrégants plaquettaires chez des patients avec fibrillation auriculaire et infarctus du myocarde. Les recos sont claires: on ne laisse que l&rsquo;anticoagulation. Mais les AOD ont ils aussi efficace que les AVK? Cette <a href="http://journals.sagepub.com/doi/10.1177/2048872618796990">méta-analyse</a> retrouve que les AOD ne sont pas plus efficaces (ni moins efficaces) que les AVK après un infarctus pour éviter les évènements cardiovasculaires et ne présentent pas moins de saignements sévères. En fait, il est plus intéressant de regarder chaque molécule séparément: l&rsquo;Edoxaban réduit significativement les AVC et infarctus du myocarde par rapport aux AVK et l&rsquo;apixaban fait moins saigner. (On voit aussi que l&rsquo;edoxaban ne réduit pas la mortalité en prévention primaire)</p>
<p>2/ Néphrologie</p>
<p>On revient sur les IEC et ARAII seraient efficaces pour réduire la mortalité lorsqu&rsquo;ils sont mis dans les suites d&rsquo;un épisode d&rsquo;insuffisance rénale d&rsquo;après cette <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2707952">étude</a> du JAMA internal medicine. Cependant, les hospitalisations pour cause rénales étaient supérieures chez les patients traités (on ne peut exclure un biais dans la sélection des patients mis sous traitement car on n&rsquo;est pas dans un essai randomisé). On note aussi que le bénéfice n&rsquo;est présent que chez les patients avec une hypertension artérielle connue. Donc, les bloqueurs du système rénine angiotensine sont probablement à instaurer chez tout patient hypertendu ayant un épisode d&rsquo;insuffisance rénale aigüe même après normalisation de la fonction rénale.</p>
<p>3/ Dermatologie</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamadermatology/article-abstract/2707780">JAMA Dermatology</a> a retrouvé que la prise d&rsquo;au moins 4 cafés par jour était associé à moins de rosacée chez des infirmières. Malheureusement, compte tenu des potentiels facteurs de confusion, je ne suis pas sur qu&rsquo;on puisse tirer grand chose de cette étude. Pour info, le chocolat, le thé et les sodas n&rsquo;étaient pas associés à la rosacée.</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Des <a href="https://www.bmj.com/content/363/bmj.k4218">auteurs</a> ont publiés dans le BMJ, un essai contrôlé randomisé concernant les patients avec dépression résistante traitée par IRS ou IRSNA en soins primaires. Ces patients pouvaient recevoir soit de la mirtazapine soit un placebo en plus de leur antidépresseur habituel. Au total, les bithérapies n&rsquo;ont pas été plus efficaces que les monothérapies, au prix d&rsquo;un peu plus d&rsquo;effets secondaires. Bref,  encouragez les psychothérapies, restez sur une monothérapie et, éventuellement passer à un tricyclique (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/02/dragi-webdo-n172.html">ici</a>), et ne pas hésiter à adresser au psychiatre qui verra s&rsquo;il propose une bithérapie (mais là, on sera plus en soins primaires donc ce ne sont plus les mêmes patients).</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Les antibiotiques dans l&rsquo;angine, même streptococcique c&rsquo;est pas automatique. En tous cas, pas dans certains pays comme les Pays Bas où le traitement est toujours symptomatique sauf complication. Bref, tout ça pour montrer ce <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.118.035900">graphique</a> où l&rsquo;on voit la baisse des décès suite aux infections par streptocoque A:elle a eu lieu bien avant l&rsquo;apparition des antibiotiques!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhbY-DIwR-xJkxlfwD5vxnjr6v6rlx8Vx8dkD58-82pJ9IOp_hwWFh8Udh3wtQZmaOy9eq9iUQ6xnsjaNkE3vJKPHHh9_xn1f_pHVcEzr50Syx943DLlA3RJW69AHYTB0rzpGBWeei4F1zR/s1600/angine.gif"><img src="/images/articles/2018/angine.gif" alt=""></a></p>
<p>6/ Jeu du mois: Splendor</p>
<p>Pour ce mois ci, je vais vous parler de Splendor! Un &ldquo;petit&rdquo; jeu simple, très convivial, avec 5 minutes d&rsquo;explication de règles pour permettre des parties d&rsquo;une trentaine de minutes. Le principe est simples, il faut collecter piocher des pierres précieuses de notre choix (3 maximum par tour parmi les 5 types disponibles), et les combiner pour s&rsquo;acheter des cartes requérant des combinaisons de pierres précieuses. Chaque carte confère une réduction pour l&rsquo;achat de prochaines cartes, ce qui permet d&rsquo;obtenir des cartes de niveau supérieur et d&rsquo;avoir ainsi, plus de points pour remporter la partie! Bref, un petit jeu très sympa, dont les 4 mini extensions permettent de varier les plaisirs et la stratégie.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjAblg2BpddEMo9RJah37fn32JmS9ZYiYbM75Wink5R2k0wSAQZA96rOJFAkAY1HWh-Eh4d1YGGhDGa6k7xMa5iILVOvCJ1o1e0rDmB3zGruXqt4uED-2pOMCGU0nW-x5RnvdNhjLRha7hy/s1600/20181028_151809.jpg"><img src="/images/articles/2018/20181028-151809.jpg" alt=""></a></p>
<p>Comme d&rsquo;hab&rsquo;, je vous remercie pour votre fidélité, et pour cette semaine, je souhaite une bonne rentrée aux nouveaux internes!</p>
<p>A bientôt,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°201: Chlamydia (reco HAS), névralgie du trijumeau (reco), IEC/Cancer, embolie pulm/grossesse, coupe menstruelle/DIU, migraines, ostéopénie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/10/dragi-webdo-n201/</link><pubDate>Sun, 28 Oct 2018 18:18:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/10/dragi-webdo-n201/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Neurologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Encore une fois, le billet de cette semaine va être un peu dense, alors je vais faire de mon mieux pour rester le plus clair possible. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Commençons avec cette étude parlant des IEC et du risque de cancer pulmonaire. Cette <a href="https://www.bmj.com/content/bmj/363/bmj.k4209.full.pdf">étude</a> de cohorte publiée dans le BMJ a comparé le risque de cancer pulmonaire chez des patients traités par IEC versus ARAII. Parmi les 900 000 patients suivis pendant 6 ans, il y avait plus de cancer pulmonaire sous IEC, avec un risque relatif à 1,14. Bon, maintenant en risque absolu, ça donne un NNH de 766 patients à traiter pendant 6 ans (en moyenne) pour entrainer la survenue d&rsquo;un cancer pulmonaire, soit en NNH annuel: pour entrainer un cancer pulmonaire chaque année, il est nécessaire de traiter 2500 patients par IEC. Bref, c&rsquo;est une info intéressante, bonne à connaitre, mais, en attendant, les IEC améliorent la mortalité versus placebo et pas les ARAII. Je pense que si la taille des ongles avait été étudiée dans cette étude avec 1 million de patients, on aurait eu une association significative entre les ongles et le cancer du poumon.</p>
<p>Il est désormais contre-indiqué de prescrire des <a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Nouvelle-contre-indication-pendant-la-grossesse-pour-les-retinoides-utilises-par-voie-cutanee-dans-le-traitement-de-l-acne-Point-d-Information">rétinoïdes</a> topiques dans le traitement de l&rsquo;acné chez les femmes enceintes. Une décision logique étant donné le passage systémique possible chez un traitement tératogène connu.</p>
<p>L&rsquo;ANSM vient d&rsquo;accorder une AMM au <a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/L-ANSM-octroie-une-autorisation-de-mise-sur-le-marche-pour-une-utilisation-du-baclofene-dans-l-alcoolo-dependance-Communique">Balcofène</a> dans le traitement de la dépendance alcoolique pour les patients en échec des autres traitements. On attend encore la publication principale des études dont les résultats ont été présentés en congrès d&rsquo;alcoologie. Je reviendrais certainement dessus à ce moment là.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La Société française d&rsquo;HTA a publié des recommandations concernant l&rsquo;<a href="http://www.sfhta.eu/wp-content/uploads/2018/10/SFHTA_Fiche_technique_HTA-du-sujet-noir_Decembre-2017.pdf">HTA chez les sujets noirs</a>. Le document est plutôt mal fait, pas de points reco clairs, mais un long texte avec des questions. On arrive quand même à trouver que les freinateurs du SRA (IEC, ARAII et bêta bloquants) sont moins efficaces que les autres traitements, mais que ceux ci se trouve potentialisés en cas de bithérapie avec un diurétique thiazidique ou un inhibiteurs calcique. C&rsquo;est assez en faveur des recos de l&rsquo;ESC qui prônent une bithérapie d&rsquo;emblée, particulièrement importante pour que l&rsquo;effet protecteur vasculaires des IEC et ARAII soit présent.</p>
<p>Une étude d<a href="http://annals.org/aim/article-abstract/2708166/diagnosis-pulmonary-embolism-during-pregnancy-multicenter-prospective-management-outcome-study">&lsquo;annals of internal medicine</a> a développé un algorithme devant les suspicions d&rsquo;embolies pulmonaires chez la femme enceinte. Dans cette étude, 21% des femmes étaient au 1er trimestre de grossesse, 43% au second et 36% au troisième, et la 1ère étape du test était le dosage des D-Dimères, avec un seuil de positivité à 500µg/L quelque soit le terme. Voici l&rsquo;algorithme:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiefrnDAtWztz2LmmFA8Q2vQJd1UnJ_racToO_Tm1N34-8_GDj8a7lTI-Q2a8SCcBj8qwlpIWgnILdSK1AjfL7TP1vC5lYSVZuOk44SVQrIO8m0QbMPLtrpWNGwKPc7RCapdAG7LyVfjWF3/s1600/embolie+pulmonaire.png"><img src="/images/articles/2018/embolie-pulmonaire.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Neurologie</p>
<p>Des recommandations ont été publiées concernant les <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0028377018300456">névralgies du trijumeau</a>. Elles sont très axées neurologues je trouve, c&rsquo;est dommage. Mais on retiendra que dans la névralgie du trijumeau classique (NTC) le diagnostic est clinique, mais on doit rechercher les drapeaux rouges en faveur d&rsquo;une névralgie du trijumeau douloureuse (NTD) secondaire à quelque chose:</p>
<p>âge &lt;40 ans, troubles sensitifs persistants, hypoacousie ou surdité, lésions cutanées ou orales, atteinte isolée de la branche ophtalmique du trijumeau, névrite optique, antécédent familial de SEP et faible réponse à la carbamazémine.</p>
<p>Dans ce cas l&rsquo;IRM cérébrale est l&rsquo;examen de 1ère intention. Les traitements sont donc essentiellement de la carbamazépine en 1ère intention, puis d&rsquo;autres antiépileptiques (prégabaline, gabapentine, ou encore lamotrigine hors AMM)<br>
<em>Edit:</em> Hors AMM aussi l&rsquo;oxcarbazémine (Trileptal*), comme la carbamazépine mais avec moins d&rsquo;effets secondaire (surveiller quand même la natrémie si problème rénale ou autres traitement favorisant les dysnatrémies)</p>
<p>Un des articles pas très MG qui a fait parlé de lui, c&rsquo;est le nouveau traitement des migraines par anticorps monoclonal, publié dans le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)32534-0/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=78812046&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">LANCET</a>.  L&rsquo;erenumab ou un placebo ont été donné à des patients atteints de migraines. Le traitement a permis une réduction de 50% du nombre de migraines chez 23% des patients à 4 semaines (vs 5% si placebo) et chez 30% à 12 semaines (vs 14% avec placebo) Donc, effectivement, il y a 2 fois plus de patients &ldquo;répondeurs&rdquo; avec le traitement, mais il n&rsquo;apporte un bénéfice que chez 1 patient sur 6 (ce qui est plutôt un très bon NNT soit dit en passant). On regarde l&rsquo;autre critère de jugement maintenant: les patients avaient à 70%  des migraines durant 8 à 14 jours par mois (et 30% entre 4 et 7 jours), et l&rsquo;erenumab a permis de diminuer de 1,8 jours de migraines par mois (pas monstrueux, hein&hellip;). Enfin, les patients inclus étaient au 2/3 en échec de 3 traitements de fond ou plus. Donc ce n&rsquo;est pas le remède miracle pour tous les patients migraineux, contrairement à ce qu&rsquo;on a lu dans les journaux, mais ce pourrait être une option à discuter.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Les morphiniques étant &ldquo;le mal absolu&rdquo; au long cours, il est vraiment
nécessaire de passer sur d&rsquo;autres traitement dès que possible dans les lombalgies chroniques. Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamaneurology/article-abstract/2707478">JAMA</a> neurology s&rsquo;est intéressée à la gabapentine (max 800mg x 3) et à la prégabaline (max 300mg x2) dans la sciatique chronique. Les 2 traitements étaient efficaces sur la douleur et l&rsquo;incapacité fonctionnelle, mais la gabapentine était plus efficace et moins de patient avaient des effets indésirables. Je vais donc revoir la séquence de traitements que je propose aux patients. Il faudrait une comparaison amitriptyline versus gabapentine pour savoir s&rsquo;il faut privilégier l&rsquo;antidépresseur ou l&rsquo;antiépileptique&hellip;</p>
<p>Dans la prise en charge du canal carpien, un essai contrôlé randomisé du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)31572-1/fulltext">Lancet</a> a comparé les infiltrations de corticoïdes avec le port nocturne d&rsquo;attelles de poignet. A 6 semaines, les infiltrations montraient une amélioration des douleurs, et c&rsquo;était le critère de jugement principal de l&rsquo;étude. Cependant, à 6 mois, il n&rsquo;y avait plus de différence entre les groupes. Bref, les attelles, c&rsquo;est quand même plutôt pas mal&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhI4EVThRGxd4iOVN1icEPGv4uz27Unkam6ccZNorZHciIRuF7H0fNjy5iSbZYZT4Ctqa5t5qf43fYVCwd3f_FEbjC6kh9GW60EjhyphenhyphenqdV3fLYF0oFzSOGtSlo-hpz2b09Vr32fuTn6kQSDD/s1600/canal+carpien.png"><img src="/images/articles/2018/canal-carpien.png" alt=""></a></p>
<p>Sur Twitter, @Brain_Juice m&rsquo;a fait très justement remarqué que je n&rsquo;avais pas parlé d&rsquo;une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1808082">NEJM</a> publié il y a quelques semaines, alors qu&rsquo;elle la trouvait très intéressante, de son point de vue d&rsquo;interne en gériatrie. Cette étude randomisait des patientes avec ostéopénie en un traitement par acide zolendronique injectable versus placebo. Les résultats sont sans appel: dans l&rsquo;ostéopénie, ce bisphosphonate réduit les fractures significativement avec une NNT de 63 patients par an pour éviter une fracture de tout type (hanche, rachis, poignet&hellip;), sans effet indésirable grave notable supérieur. On regrettera quand même certains points: les fractures du col fémoral ne sont pas réduites significativement, alors que tout l&rsquo;intérêt du traitement de l&rsquo;ostéoporose est de limité la morbi-mortalité qui est essentiellement liée à ces fractures (c&rsquo;est pour ça que l&rsquo;indication de traitement repose sur le score FRAX comparé au risque de fracture fémorale). Donc, oui, éviter des fractures du poignet, ça évite de faire mal, mais ça ne réduit pas la mortalité. Parce que, si l&rsquo;on devait traiter tout le monde (oui, les patientes inclues avaient un T score inférieur à 1 et un âge &gt; 65 ans, ce qui doit bien faire 80% des femmes de cette tranche d&rsquo;âge), selon moi, le, bénéfice doivent être important. Comme pour les statines qui sont réduisent le risque cardiovasculaire de 20% chez tout le monde, mais le bénéfice clinique est faible chez les patients à faible risque cardiovasculaire. De plus, sur les effets secondaires, on voit les effets graves non augmentés, mais la puissance de l&rsquo;étude n&rsquo;est pas souvent calculée pour cela, les effets moins graves (troubles digestifs, hypocalcémie&hellip;) ne sont même pas cités. On voit bien un moindre nombre de cancers, sans explication rationnelle, probablement le hasard lié aux multiples analyses. Enfin, on remercie Novartis pour sa participation. Je pense que ce traitement d&rsquo;ostéopénie contribue au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Disease_mongering">disease mongering</a> : on veut rendre pathologique ce qui ne l&rsquo;es pas encore, traiter ce qui n&rsquo;est pas encore une maladie, comme on veut traiter le pré-diabète, traiter les dysthyroïdies asymptomatiques, traiter la pré-ostéoporose, Bref, une étude très intéressante, qui, pour des rhumatologues pourrait inciter à traiter les patients avec facteurs de risque de fracture dès le stade d&rsquo;ostéopénie. Mais du point de vue du généraliste, je pense que le bénéfice est encore trop mal établi car il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autres études allant dans ce sens pour le moment.</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2879401/fr/reevaluation-de-la-strategie-de-depistage-des-infections-a-chlamydia-trachomatis">HAS</a> a publié des recommandations concernant le dépistage de Chlamydia Trachomatis, en incluant ce dépistage au dépistage systématique pour les femmes sexuellement actives entre 15 et 25 ans, puis ciblé: chez les hommes et femmes avec facteurs de risque quelque soit l&rsquo;âge (FDR: au moins 2 partenaires dans l&rsquo;année, nouveau partenaire, antécédent d&rsquo;IST, partenaire avec IST, hommes avec des rapports avec des hommes, rapports sexuels non consentis, prostitution. Ce dépistage est recommandé de façon annuelle s&rsquo;il y a un nouveau facteur de risque. Concernant le dépistage chez la femme, c&rsquo;est le prélèvement vaginal qui est recommandé, le test sur 1er jet urinaire doit être réservé au cas où le PV n&rsquo;est pas possible. Après un traitement, un contrôle après 5 semaines est recommandé. Le dépistage systématique chez l&rsquo;homme avant 30 ans n&rsquo;est plus recommandé.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2708121">USPSTF</a> recommande un dépistage en consultation des violences conjugales. Ce dépistage concerne les femmes, mais il est certainement utile de demander d&rsquo;une part pour toutes formes de violences et de ne pas se limiter aux femmes.</p>
<p>Une thèse maintenant ayant étudié la &ldquo;<a href="https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01881996">cup</a>&rdquo; et le risque d&rsquo;expulsion de DIU. Cette étude a inclus environ 200 patientes lors de la pose d&rsquo;un DIU. Parmi elles, 75 utilisaient une coupe menstruelle (CM) au moment de l&rsquo;inclusion et 61 à 1 an. Sur les utilisatrices de CM initiale, il n&rsquo;y avait pas plus d&rsquo;expulsion, mais elles étaient significativement supérieures parmi les patientes utilisant la CM à 1 an. Une analyse de survie en modèle multivarié ne retrouvait pas cette augmentation, mais il y a probablement un manque de puissance dans cette étude qui devrait être suivie d&rsquo;une étude à plus grande échelle. Les mécanismes possibles sont &ldquo;l&rsquo;effet ventouse&rdquo; lors du retrait de la cup et la possibilité de tirer les fils coincés entre la cup et la paroi vaginale lors du changement de CM.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Une réanalyse d&rsquo;<a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.118.035759">EMPA-REG</a> montrant l&rsquo;efficacité de l&rsquo;empaglflozine dans le diabète revient sur son efficacité indépendante de l&rsquo;HbA1C. En effet, la question est: faut-il traiter tous les patients diabétiques même à l&rsquo;objectif? On a envie de dire que non: l&rsquo;étude ACCORD avait montré une augmentation de la mortalité chez les patients avec un traitement intensif et une HbA1C &lt; 6,5%. Mais l&rsquo;empagliflozine réduisant la mortalité cardiovasculaire même pour des patients avec une HbA1C &lt;7% avant traitement fait soulever la question: est ce que comme les statines chez les diabétique, le risque cardiovasculaire élevé de ces patients doit leur permettre de bénéficier d&rsquo;un traitement &ldquo;systématique&rdquo;? Si le coût de l&rsquo;empagliflozine le permettait, ce serait peut être le cas. En attendant, la metformine n&rsquo;a pas encore réussi à démonter une efficacité similaire, et l&rsquo;empagliflozine n&rsquo;est pas disponible.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhug7srupDLHT3JF7U0CAt4rcSffc2EzixgaZiZn0VjX3xXrExRA0A7WL9ACInot00Ah42v6VwOofW294xtspnOkgqkWo1Dly0eGWF3i-hqsvyZIGqnIIfzL4ENq3KL0n971FgVsPcW-mwO/s1600/empa.png"><img src="/images/articles/2018/empa.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! A très bientôt!!! (et pensez à vous abonner par mail ou à suivre les comptes <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a> et <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a>!)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°200: Diabète type 2 (Recos 2018), dépistage mammo, anticoagulation, théophylline, AINS</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/10/dragi-webdo-n200/</link><pubDate>Sun, 21 Oct 2018 23:58:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/10/dragi-webdo-n200/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est le Deux-centième Dragi Webdo!!!! Soit deux cent semaines de publications depuis le premier Dragi Webdo le dix mai deux mille quatorze! Tout ce que je peux dire, c&rsquo;est <a href="https://i.giphy.com/media/XpgOZHuDfIkoM/giphy.gif">merci</a> aux lecteurs réguliers! Et pour les autres ne ratez pas les billets grâce à la technologie de ce nouveau millénaire: <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a> , <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> et la newsletter accessible en notant votre mail juste à droite dans l&rsquo;emplacement approprié! (Bien sur, le mieux étant d&rsquo;être abonné aux trois pour plus de sécurité et pour flatter mon ego!) Bonne lecture!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiEywDfY11Sf7OtgGyC6RTHvj8Gllv6HLDbXo8oQEf1t414fPjR_dPkVn1H3WczVpBFWxVynTkvlRbnzBr2-tirdPxC4FhOO8gMIAoUeCnjtb-C-QaF9fH4Uxkv98-a4Rf1owVraruqrlus/s1600/abo.png"><img src="/images/articles/2018/abo-2.png" alt=""></a></p>
<p>Pharmaco-vigilance</p>
<p>Pour revenir un peu sur les AINS, une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2705693">JAMA internal medicine</a> se veut rassurante sur leur utilisation en soins primaires. En effet, une étude a inclus des patients de plus de soixante cinq ans ayant consulté pour des troubles musculo-squelettiques. Les auteurs ont analysé la survenue de complications cardiovasculaires, rénales et de décès à un mois. Les patients ayant reçu des AINS n&rsquo;avaient pas plus de complications que les patients n&rsquo;en ayant pas reçu. Cependant, bien que les patients aient été &ldquo;joliment&rdquo; appariés sur un score de propension, on voit dans les caractéristiques de bases qu&rsquo;il y avait moins de patients avec insuffisance cardiaque ou insuffisance rénale chez les patients traités par AINS. Les médecins sont donc plutôt prudents quand on regarde les antécédents des patients. Par contre, il y avait plus de patients sous bloqueurs du système rénine angiotensine dans le groupe traité par AINS, alors n&rsquo;oublions pas les traitements des patients qui peuvent être aussi pourvoyeurs d&rsquo;interactions. Il serait intéressant que les auteurs regardent à nouveau les données de ces patients dans 4 ans! Mais en attendant de voir une différence sur le long terme, je resterai quand même prudent.</p>
<p>Cardio-vasculaire</p>
<p>Il reste fréquent qu'1 AVK soit prescrit dans la fibrillation auriculaire. Les patients devaient être en zone thérapeutique pendant au moins soixante dix pourcent du temps pour que ce traitement soit efficace (time in therapeutic range: TTR). Les <a href="http://www.onlinejacc.org/content/72/12/1357">auteurs</a> ont inclus près de cinq mille patients sous AVK, six mois après l&rsquo;instauration de ce traitement pour fibrillation auriculaire. Ainsi, seulement trente cinq pourcent des patients avaient un TTR de plus de soixante dix pourcents, et parmi ceux là, seulement la moitié avaient encore un TTR aussi élevé à 18 mois de traitement. Il est donc peu utile de mettre des patients sous AVK si on ne vérifie pas qu&rsquo;ils sont bien équilibrés&hellip;</p>
<p>Et dans le même temps, on va trouver cet article de <a href="https://insights.ovid.com/crossref?an=00007670-900000000-92130">Stroke</a>, qui incluait des patients sous warfarine (soixante mille) et sous AOD (soixante et 11 mille). Là, une majoration des AVC ischémiques et moins d&rsquo;accidents hémorragiques est retrouvée, contrairement à ce qu&rsquo;on a pu voir dans d&rsquo;autres publications. Ainsi, les AOD n&rsquo;anti-coaguleraient pas suffisamment par rapport à la warfarine. C&rsquo;est donc vraiment naze de traiter par AOD! (je vous laisse maintenant faire vos propres choix à propos de votre anticoagulation préférée!)</p>
<p>(Il est déjà 22 heures, je suis en retard car je voulais publiez avant minuit&hellip;) Un article de <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.118.034273">Circulation</a> s&rsquo;est intéressé au risque lié au taux de cholestérol chez des patients à &ldquo;faible risque&rdquo;, c&rsquo;est à dire avec 1 risque AHA inférieur à sept pourcents et demi. Les auteurs retrouvent, logiquement que le LDL supérieur à un gramme est un facteur augmentant la mortalité cardiovasculaire et la mortalité globale en analyses multivariées. La conclusion est donc que même à risque faible, il faut traiter le cholestérol. Oui, mais non. Car, découvrir que, quelque soit le risque cardiovasculaire, le cholestérol est un facteur de risque cardiovasculaire n&rsquo;est pas vraiment une grande nouveauté. De plus, dans l&rsquo;analyse n&rsquo;incluant que les patients avec un risque AHA inférieur à cinq pourcent, la mortalité par coronaropathie n&rsquo;est plus significative que pour un LDL supérieur à un virgule six pourcents; ensuite,  entre les différentes catégories de dosages de LDL, l&rsquo;augmentation du risque n&rsquo;est pas linéaire du tout; enfin on a déjà des études qui montrent que le bénéfice clinique à traiter un LDL élevé isolé est trop faible pour que le patient en tire un bénéfice clinique.</p>
<p>Pneumologie</p>
<p>Cela fait des années que la théophylline a été retirée des traitements de l&rsquo;asthme pour balance bénéfice-risque défavorable. Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2707459">essai contrôlé randomisé</a> a testé la théophylline en complément de corticoïdes inhalés dans l&rsquo;exacerbation de BPCO : ça ne marche pas non plus! Il y avait bien un peu moins d&rsquo;hospitalisation, mais quand il y a onze analyses secondaires pré-spécifiées, ne peut pas vraiment considérer leurs analyses secondaires comme significatives.</p>
<p>Gynécologie</p>
<p>Comme on est en plein mois &ldquo;Octobre/Cancer Rose&rdquo;, je ne peux m&rsquo;empêcher de parler d&rsquo;un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamaoncology/fullarticle/2686812">JAMA oncology</a>. C&rsquo;est un article médico-économique sur des données prévisionnelles qui montre simplement que de ne pas faire de mammographies systématiques aux femmes à faible risque de cancer mais effectuer un dépistage ciblé en fonction du risque des femmes permettrait de diminuer le surdiagnostic et le surtraitement tout en conservant les bénéfices du dépistage.</p>
<p>Et sinon, dans les nouveautés, la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2702854">FDA</a> (ANSM américaine) vient d&rsquo;approuver la commercialisation d&rsquo;un anneau vaginal pouvant rester en place pendant un an! C&rsquo;est un anneau oestro-progestatif comme l&rsquo;actuel &ldquo;Nuvaring&rdquo; sauf, qu&rsquo;au lieu de le changer toutes les 4 sem. (trois semaines en place suivi d&rsquo;une semaine de pause), il peut être stocké  et réutilisé pour le mois prochain. L&rsquo;histoire ne dit pas s&rsquo;il peut rester en place pendant l&rsquo;année pour une contraception continue, mais il est censé être efficace pour treize cycles  soit  deux cent soixante treize jours d&rsquo;activité: attention au changement qui devrait être plus précoce.</p>
<p>Diabétologie</p>
<p>Voici les <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-018-4729-5">nouvelles recommandations</a> &ldquo;mondiale&rdquo; (enfin, européennes et américaines) de prise en charge du diabète, publiées par l&rsquo;ADA et l&rsquo;EASD. Le premier point abordé est l&rsquo;importance du &ldquo;DSMES&rdquo;: éducation et soutien à l&rsquo;auto-prise en charge du diabète, qui a pour but de diminuer les complications du diabète ET d&rsquo;optimiser la qualité de vie. Bien que la recommandation parle régulièrement de ce qu&rsquo;il faut faire quand la cible thérapeutique n&rsquo;est pas atteinte, cette &ldquo;cible&rdquo; n&rsquo;est pas explicitement décrite. On retrouve une fois un sept pourcent d&rsquo;hémoglobine glycquée  mais il est surtout dit que les objectifs doivent être personnalisés (débrouillez vous avec ça!)</p>
<p>La metformine reste le traitement de première intention, bien que les spécialistes reconnaissent que son efficacité n&rsquo;est pas clairement démontrée versus placebo, il semble qu&rsquo;elle réduise quand même le risque cardiovasculaire versus sulfamides. Un des points important est la place des analogues du GLP-un qui viennent en deuxième ligne après la metformine, et ce, que le patient soit en prévention primaire ou secondaire. En effet, comme 15 - vingt pourcent des patients diabétiques sont en prévention secondaires, la recommandation divise ses algorithmes selon ce critère. En fait ce sont les inhibiteurs de SGLT-deux qui sont à proposer en priorité mais comme on ne les a pas en France, ça sera les analogues du GLP-un. Les sulfamides n&rsquo;interviennent que pour les patients avec des problèmes financiers pour obtenir les autres traitements, ce qui ne sera pas le cas en France grâce au système des ALD, mais la sécu va devoir prévoir un surcout pour les patients diabétiques au vu de ces recos et du prix de analogues du GLP-un et des futurs inhibiteurs de SGLT-deux. Le tableau récapitulatif des recos est <a href="https://media.springernature.com/original/springer-static/image/art%3A10.1007%2Fs00125-018-4729-5/MediaObjects/125_2018_4729_Fig2_HTML.png">ici</a> (il est trop grand pour que je le mette en image et qu&rsquo;il reste lisible). Une part est également faite à la chirurgie bariatrique indiquée pour les patients avec un IMC supérieur à trente cinq. (Cette reco ne traite que de patients atteints de diabète de type deux âgés de plus de 18 ans).</p>
<p>A bientôt sur le blog pour le prochain Dragi Webdo! Et pour l&rsquo;occasion de deux centième billet, mon anonymat sera levé pour ceux qui résoudront l&rsquo;énigme contenue dans ce billet. Il suffit de retrouver ce qui se cache derrière les indices laissés! (il y a peut être un piège&hellip;) A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhwxDPjS-6-HVHddVCzt8b76EgAKnpE8SO_41SyH1q3Vw5BmoP0FVAJ3cIBi4YCxvxtLfiKARWD4cU_ti04OBuD9GqSGBvToZg1isGnv6Sh6D3pSXiFDubynQgjIOHpnIxpyhIXv5kjkJ0I/s1600/image+200.jpg"><img src="/images/articles/2018/image-200.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°199: probiotiques, oestro-progestatifs, statines, AINS, gliflozines, méniscopathie, VIH (HAS)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/10/dragi-webdo-n199/</link><pubDate>Sun, 14 Oct 2018 12:13:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/10/dragi-webdo-n199/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, c&rsquo;est le week-end, et donc voici les actualités de la semaine. J&rsquo;ai limité la diabétologie malgré le congrès de la société européenne de diabétologie, parce que je n&rsquo;ai pas vu beaucoup d&rsquo;études concernant les généralistes. Mais pour commencer, tant que la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2705078">prescription d&rsquo;antibiotiques sera associée à une meilleure satisfaction</a> des patients, on sera pas sorti de l&rsquo;auberge. Aller, bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Androcur-et-generiques-acetate-de-cyproterone-50-mg-et-100-mg-et-risque-de-meningiome-l-ANSM-publie-des-recommandations-pour-la-prise-en-charge-des-patients-Point-d-information">ANSM</a> revient sur l&rsquo;Androcur (acetate de cyproterone) avec des recommandations avant initiation et dans le suivi des patients, comportant notamment une IRM pré-thérapeutique et également à 5 ans puis tous les 2 ans tant que le traitement est poursuivi.</p>
<p>Une nouvelle <a href="https://www.bmj.com/content/362/bmj.k3426">étude</a> vient parler du diclofenac et rappelle sont taux d&rsquo;effets indésirable supérieur au paracetamol, à l&rsquo;ibuprofène et aussi au naproxène, comportant un sur-risque d&rsquo;infarctus, d&rsquo;insuffisance cardiaque, d&rsquo;AVC et de trouble du rythme cardiaque, mais aussi un sur-risque d&rsquo;hémorragies digestives.</p>
<p>D&rsquo;après un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2688768">JAMA</a>, il semblerait qu&rsquo;associer des probiotiques aux antibiotiques permette de réduire le risque de Clostridium difficile. En pratique, cela ne profitera pas à tout le monde, mais c&rsquo;est certainement à envisager chez des patients hospitalisés ou sortant d&rsquo;hospitalisation, sous inhibiteurs de pompe à proton et/ou prenant un antibiotique à haut risque de clostridium (notamment l&rsquo;amoxicilline + acide clavulanique).</p>
<p>On se pose souvent la question des risque de la prise de contraceptifs oestro-progestatifs en continu par rapport à une prise classique 3 semaines par mois. Cet <a href="https://www.bmj.com/content/350/bmj.h2135/">article</a> de cohorte sur 200 000 patientes avec un traitement continu et 500 000 patientes avec un traitement cyclique retrouve une augmentation relative de 32% du risque d&rsquo;évènements thrombo-emboliques veineux en cas de traitement continu, mais la différence absolue conduisant à un NNH de 1 évènement pour 3704 patientes traitées, on est vraiment loin d&rsquo;un risque cliniquement pertinent.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Concernant l&rsquo;évaluation du risque cardiovasculaire, l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2687225">USPSTF</a> (HAS américaine) a retrouvé qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas suffisamment d&rsquo;arguments pour justifier une évaluation via les mesures non conventionnelles telles que l&rsquo;indice de pression systolique, le score calcique ou la CRP ultrasensible chez les patients asymptomatiques.</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2703948">JAMA</a> s&rsquo;est intéressée aux anticoagulants oraux dans le cadre de patients multimorbides, c&rsquo;est à dire avec plusieurs maladies chroniques. C&rsquo;est rare que ces patients ne soient pas exclus des études, alors profitons en! Les auteurs retrouvent que les patients sous AOD de cette cohorte ont une mortalité plus faible que ceux sous warfarine, et il n&rsquo;y avait pas plus d&rsquo;hémorragies sévères sous AOD, mais les patients avec rivaroxaban avaient plus d&rsquo;hémorragie que ceux sous dabigatran. Donc, pas de souci, à priori avec les AOD chez les patients multimorbides, mais une fois de plus, éviter le rivaroxaban.</p>
<p>Je le mets ici, mais en fait, cet article devrait être partout ailleurs, car c&rsquo;est une <a href="http://annals.org/aim/article-abstract/2706169/statins-multiple-noncardiovascular-outcomes-umbrella-review-meta-analyses-observational-studies">méta-analyse</a> sur les statines et leur efficacité sur tous les critères autres que cardiovasculaires. Pour faire simple: ça ne marche pas! Il y a peut être néanmoins une efficacité sur la mortalité des patients avec insuffisance rénale chronique (mais, là, c&rsquo;est quand même de la prise en charge cardiovasculaire, l&rsquo;insuffisance rénale étant un facteur de risque cardiovasculaire majeur) et moins d&rsquo;exacerbation chez les patients BPCO (là encore, il y a confusion car la BPCO est associée au tabac et le contrôle des maladies cardiovasculaire est probablement associé à un meilleur contrôle des comorbidités pulmonaires). Sinon, pas d&rsquo;effet clair sur les pancréatites, le moral, les démences, la densité osseuse, les troubles de l&rsquo;érection, les cancers&hellip;</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2705186">essai</a> contrôlé randomisé a retrouvé que la kinésithérapie dans les lésions méniscales non obstructives n&rsquo;était pas inférieures à la chirurgie évalués à 2 ans sur un score fonctionnel. Ne nous précipitons donc pas! Il serait quand même intéressant de voir si à 10 ans, tous ont du être opérés&hellip;</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2877125/fr/vih-la-consultation-de-suivi-en-medecine-generale?preview=true&amp;id=c_2877125">HAS</a> a publié un document à destination des médecins généralistes pour aider à la prise en charge des patients infectés par le VIH. C&rsquo;est assez complet, un peu dur à utiliser en consultation peut être. Mais pour cela, il y a <a href="https://vihclic.fr/">VIHclic</a> !</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>On retrouvait un sur-risque d&rsquo;amputation avec certains inhibiteurs de SGLT2 (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n178.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/06/dragi-webdo-n145.html">là</a>, essentiellement sous canagliflozine). Il semblerait que l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n178.html">hypothèse</a> retrouvé soit celle de l&rsquo;effet diurétique de ces molécules, car ce sur-risque d&rsquo;amputation est également retrouvé chez les patients diabétiques utilisateurs de diurétiques, qu&rsquo;il faut visiblement plutôt laisser tomber chez les diabétiques (augmentation de la glycémie, augmentation du risque d&rsquo;amputation des membres inférieurs). Le mécanisme serait une hypovolémie majorant l&rsquo;ischémie. Notons également que l&rsquo;utilisation de fibrates était aussi associée à une augmentation des amputations (probablement plus parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont aucun effet clinique prouvé alors que les statines réduisent les manifestations cardiovasculaires cliniques).</p>
<p>L&rsquo;empagliflozine a, pour mémoire, été le 1er antidiabétique a démontrer un gain de mortalité en essai contrôlé randomisé de bonne qualité, avec un NNT de 38 patients (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/09/dragi-webdo-n63.html">ici</a>). Une <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.118.033810">étude</a> a retourné les chiffres pour donner une autre mesure, peut être plus concrète: le gain en année de vie sous traitement. Ainsi, un patient de 50 ans traité gagnerait 5 ans de vie. Ce gain diminue progressivement jusqu&rsquo;a 1 an de vie gagnée chez un patient de 80 ans. (Pour mémoire, dans les cancers, on considère que 3 à 6 mois de vie gagnée, c&rsquo;est un succès&hellip;)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi-KhEKCbyENqwTdYa4-vngVTUFN20HpIT7A7oPO72sSoQdaVw7-6akygelAXDIHeZ353HsKyE57YWQUamjYvilJHdHyR537aoyO_8Uj970_d6elMNSpFUSZGOe8pAQveHT5n406yDAo08e/s1600/empa+reg.png"><img src="/images/articles/2018/empa-reg.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine assez dense, à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°198: hydratation et cystites, vitamine D, anticoagulants, infertilité masculine, albiglutide</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/10/dragi-webdo-n198/</link><pubDate>Mon, 08 Oct 2018 01:05:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/10/dragi-webdo-n198/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Urologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Sous la pression de certains qui se reconnaitrons, j&rsquo;essaye de sortir de billets dans le temps (à savoir, pour être lu en même temps que vous buvez votre café/thé/chocolat Nesquik au petit déjeuner). Plein de chose intéressantes cette semaine, mais, pour commencer, un rappel fondamental sur ces billets hebdomadaires et les conclusions que l&rsquo;on peut tirer des articles. Ne faisant pas une revue exhaustive de tous les articles qui sont publiés, je ne parle/critique/commente que ceux sur lesquels je tombe via ma méthode de recherche décrite précédemment <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/05/la-veille-bibliographique-pour-les-nuls.html">ici</a>. Ainsi, cette figure de la FDA (agence du médicament américaine) rappelle bien que des articles individuels ne sont pas tout (même en en vrai, une très bonne étude sur de nombreux patients aura des résultats plus intéressant que certaines méta-analyses, mais sera limité aux patients présentant les critères d&rsquo;inclusion de cette étude.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh959-tMoT1oVn8E580oEMZSgBCzMnVkBZOq94rMXZbKl4aCP8k-G-woJZyqkxa_8s-NbkcdEQZI9EX1uO7cA_JXKvqBmr0tjIVz_d8A91tu1K1UnYBA-Mc_lseviWdNSRi7BR-rLXX1qi4/s1600/fda.jpg"><img src="/images/articles/2018/fda.jpg" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;agence européenne du médicament (EMA), revient sur l&rsquo;importance de limiter les <a href="https://www.ema.europa.eu/en/medicines/human/referrals/quinolone-fluoroquinolone-containing-medicinal-products">quinolones</a>, et de surtout, éviter de les utiliser en cas d&rsquo;infections pouvant évoluer favorablement sans traitement, de cystites récidivantes ou en prévention de diarrhées, en cas d&rsquo;antécédent d&rsquo;effet indésirable sous quinolone ou en cas d&rsquo;alternative thérapeutique. (Pour mémoire, la SPILF les a retirées totalement des traitements des cystites dans les recos de cette année dont j&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/05/dragi-webdo-n184.html">ici</a>).</p>
<p>Un nouvel article rappelle l&rsquo;impact des neuroleptiques chez les patients âgés. Ils sont trop souvent prescrits pour des troubles du comportements chez les patients âgés. Or cette <a href="https://doi.org/10.1016/j.npg.2018.06.004">étude</a> retrouve une baisse des troubles du comportements lorsque les doses de neuroleptiques étaient diminuées&hellip; L&rsquo;amélioration portait surtout sur le sommeil et les déambulations ainsi que sur l&rsquo;agitation des patients.</p>
<p>2/ Cardiovasculaires</p>
<p>Passons à une <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/phar.2046">étude française</a>, concernant l&rsquo;observance des anticoagulants. Les AOD ont été mis en avant et recommandés par les société savantes, initialement, car on jugeait que l&rsquo;observance serait meilleure (1 ou 2 prise régulière, sans contrôle à faire&hellip;). Et c&rsquo;était le cas dans les essais cliniques. En conditions de vie réelle, qu&rsquo;en est il? En utilisant les données de la CNAM, les auteurs ont inclus 20000 patients sous AOD et 10000 sous AVK et ont retrouvé qu&rsquo;il y avait davantage d&rsquo;arrêt de traitement avec les AOD. L&rsquo;explication de ces arrêts ne semblait pas du à des hospitalisations pour hémorragies. Malgré des recommandations très en faveur des AOD, les recommandations de l&rsquo;ESC citent l&rsquo;utilisation du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/02/dragi-webdo-n128.html">score SAMe-TT2-R2</a> pour choisir de débuter un traitement par AOD ou AVK, alors pourquoi ne pas l&rsquo;utiliser?)</p>
<p>3/ Urologie</p>
<p>On dit souvent qu&rsquo;il faut boire pour éviter les infections urinaires, mais les études là dessus sont très très minces. Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2705079?cmp=1">Jama Internal Medicine</a> a quand même publié un essai randomisé incluant des femmes avec cystites récidivantes en préménopause et buvant moins d'1,5L par jour.  Le bras intervention consistait à augmenter les boissons jusqu&rsquo;à au moins 1,5L, et le bras contrôle devait poursuivre ses habitudes. Les auteurs mettent en évidence qu&rsquo;il y avait moins d&rsquo;infections urinaires chez les femmes buvant plus d'1,5L (1,7/an vs 3,2/an). Malheureusement, on a pas d&rsquo;information sur les éventuels effets indésirables de cette hydratation.</p>
<p>Les essais portant sur les psychothérapies se multiplient. Cette fois, c&rsquo;est un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2698145">essai</a> portant chez les femmes souffrance d&rsquo;incontinence urinaire qui sont randomisées en groupe contrôle (pas d&rsquo;intervention du tout) versus thérapie comportementale de groupe. Les auteurs retrouvent une amélioration significative des symptômes avec la psychothérapie bien que la pertinence clinique de la différence soit faible. Une option à proposer en plus de la rééducation avant un traitement chirurgical?</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/bmj/suppl/2018/10/04/bmj.k3202.DC1/walji042251.pdf">BMJ</a> a publié une infographie pratique sur les causes de l&rsquo;infertilité masculine. On y trouve aussi le bilan et comment l&rsquo;interpréter pour savoir si la cause est plutôt hormonale, fonctionnelle, obstructive ou testiculaire. Ça ne va pas me servir tous les jours, mais je serais bien content d&rsquo;avoir cet article sous la main quand j&rsquo;en aurai besoin&hellip;</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Les lombalgies chroniques, on connait, et les patients ont du mal à s&rsquo;en sortir&hellip; Je ne reviendrais pas sur la mortalité des patients sous opioïdes au long cours, mais on a quand même du mal a mettre des antidépresseurs et antiépileptiques pour ces douleurs chroniques. Cette étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2705080">Jama internal medicine</a> retrouve que 25mg d&rsquo;amitriptyline améliorent l&rsquo;incapacité fonctionnelle des patients par rapport a ceux traités par un anticholinergique (sans effet sur la douleur mais avec les mêmes effets indésirables que l&rsquo;amitriptyline pour conserver au mieux l&rsquo;aveugle). C&rsquo;est pas miraculeux, mais les effets indésirables à long termes sont sensé être point graves que les opioïdes au long cours.</p>
<p>5/ Endocrinologie et nutrition</p>
<p>On est souvent tenté de supplémenter des patients avec une hypothyroïdie fruste et qui ont des symptômes compatibles avec une dysthyroïdie. Cette méta-analyse du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2705188">JAMA</a> retrouve l&rsquo;instauration d&rsquo;un traitement ne permet pas d&rsquo;améliorer significativement la qualité de vie, ni plaintes des patients (pas d&rsquo;amélioration de la fatigue, de l&rsquo;humeur dépressive, des troubles cognitifs, de l&rsquo;hypertension artérielle, ni du poids). Bref, ne traitons que quand c&rsquo;est nécessaire, et pour ça, je propose l&rsquo;algorithme du NEJM dont j&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/07/dragi-webdo-n147.html">ici</a>.</p>
<p>Un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(18)30265-1">Lancet Diabetes and Endocrinology</a> va probablement enterrer la vitamine D pour un petit moment. En effet, cette méta-analyse retrouve que la supplémentation en vitamine D ne réduit pas les fractures, ne réduit pas les chutes et n&rsquo;améliore pas la densité minérale osseuse. N&rsquo;en déplaise aux prescripteurs, il y aurait peut être un doute sur une augmentation paradoxale des fractures de hanche. Le problème de la méta-analyse, c&rsquo;est qu&rsquo;elle inclue toutes les études possibles, et on ne sait pas s&rsquo;il y a une différence entre la prévention primaire et secondaire des fractures. A regarder les études étudiées, c&rsquo;est plutôt de la prévention primaire. Bref en prévention primaire, utilisons surtout la vitamine D dans un domaine où elle est efficace: la prévention du rachitisme chez l&rsquo;enfant et l&rsquo;amélioration des infections respiratoires et de l&rsquo;état respiratoire chez les asthmatiques (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/02/dragi-webdo-n128.html">ici</a>, mais là j&rsquo;ai pas encore bien saisi la physiologie du truc).</p>
<p>Enfin, on terminera sur le dernier analogue du GLP-1, l&rsquo;<a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)32261-X/fulltext">albiglutide</a>, qui a été testé dans l&rsquo;essai Harmony, essai contrôlé randomisé avec des critères de jugements cliniques. Plus de 4000 patients en prévention secondaire ont été inclus dans chaque groupes et les auteurs ont mis en évidence un diminution de 22% du critère composite cardiovasculaire (NNT= 77) sans amélioration de la mortalité cardiovasculaire ni globale. En fait, le poids de ce bénéfice était porté par les infarctus du myocarde fatal et non fatals (NNT= 120 patients par an). Les patients sous albiglutide avaient également moins d&rsquo;hypoglycémies et moins d&rsquo;anomalies du bilan hépatiques, au prix d&rsquo;une augmentation des infections au site d&rsquo;injection. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;autre effet indésirable augmenté par rapport au placebo. Dans les analyses en sous groupe, on note quand même deux interactions intéressantes: d&rsquo;une part, les sujets noirs voient une augmentation majeure de leurs évènements cardiovasculaires sous traitement, et d&rsquo;autre part les fumeurs actifs ne tiraient pas de bénéfice cardiovasculaire du traitement . Ainsi, les analogues du GLP-1 confirment leur efficacité de classe, mais, pour le moment, seul le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/06/dragi-webdo-n102-congres-diabeto.html">liraglutide</a> a montré un gain de mortalité.</p>
<p>Merci à tous de me suivre, aussi bien mes anciens que mes nouveaux lecteurs! Pour les nouveaux, si vous ne voulez pas rater ces billets hebdomadaires, pensez à vous abonner sur <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a>, <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">Twitter</a> ou à la newsletter par mail en entrant votre e-mail tout en haut à droite sur la page (et n&rsquo;oubliez pas de confirmer l&rsquo;inscription dans le mail qui vous sera envoyé!)</p>
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<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°197: déprescription, STOPP/START, vaccin grippe, appendicite, Lyme, Robinson Crusoé</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/10/dragi-webdo-n197/</link><pubDate>Mon, 01 Oct 2018 00:04:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/10/dragi-webdo-n197/</guid><category>Infectiologie</category><category>Nutrition</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! C&rsquo;est parti pour un nouveau Dragi Webdo!</p>
<p>1/ Pharmacologie</p>
<p>La liste des traitements à éviter et à débuter chez les patients âgés (<a href="http://www.pharmactuel.com/index.php/pharmactuel/article/view/1095/857#s1-pharm-49-61">STOPP-START</a>) a été mise à jour. Voici les points les plus importants. Après, y&rsquo;a quand même de quoi douter de la fiabilité des résultats car on peut lire qu&rsquo;il faut considérer les anti-Alzheimer en cas de démence&hellip;.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJwG1MmLxQCCm0XwuQxuowjGQ6mMPXAoG0MBrP68_Um_JeVQ4_ahdDJHBg3LlytimfH6j-C3A-tHUrGMTfybmHpwXzacH_XPFRou5MQDpFRScZ99Mzwvfe3UzGXvc6atBOdf3SPr-TOWHQ/s1600/stopp-start.png"><img src="/images/articles/2018/stopp-start.png" alt=""></a></p>
<p>La dé-prescription est toujours au cœur de la médecine générale. Une méta-analyse du <a href="https://bjgp.org/content/68/675/e663">BJGP</a> a retrouvé que la dé-prescription raisonnée était plutôt sure pour les patients. Les médicaments cardiovasculaires étaient le plus facilement dé-prescrits avec les anti-Alzheimer. La dé-prescription de médicaments psychiatriques était souvent associé à un échec et à une reprise des traitements après.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Les vaccins anti-grippaux ne vont pas tarder à être disponibles. Chez l&rsquo;enfant, ce vaccin est recommandé en cas de risque pulmonaire, mais dans d&rsquo;autres pays, il est recommandé pour tous. Cette revue <a href="https://www.cochrane.org/CD010089/ARI_influenza-vaccine-preventing-acute-otitis-media-middle-ear-infection">Cochrane</a> retrouve que le vaccin anti-grippal  diminue le risque d&rsquo;otites moyennes aigues chez l&rsquo;enfant de 4% et diminue également les prescriptions d&rsquo;antibiotiques de 11% . C&rsquo;est intéressant comme résultats, si on est sur que les antibiotiques prescrits l&rsquo;étaient pour des surinfections grippales et non pour les otites ou pour des bronchites virales&hellip;</p>
<p>C&rsquo;est pas souvent qu&rsquo;on parle de chirurgie, mais le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2703354">JAMA</a> repose, une nouvelle fois la question de l&rsquo;antibiothérapie dans les appendicites aigües. Les auteurs ont randomisé 500 patients adultes en chirurgie ou antibiothérapie 10 jours comprenant un carbapénème puis une quinolone et du métronidazole. Ils retrouvent que 40% des appendicites aigües ont récidivé à 5 ans dans le groupe antibiothérapie (pas génial pour les antibio), et qu&rsquo;il y avait 24% de complications opératoires chez les patients opérés d&rsquo;emblée par rapport à 6% chez les patients avec antibiothérapie initiale (pas génial pour l&rsquo;opération, mais la majorité des complications étaient des infections superficielles). Les auteurs concluent donc que l&rsquo;antibiothérapie est une alternative à la chirurgie. Un traitement avec 40% d&rsquo;échec ne semble pas forcément une super option, et les antibiotiques prescrits entrainent un fort taux de résistance donc cette stratégie ne me semble pas très adaptée si on devait la généraliser. Le taux de complication dans le sous groupe de patient traités par antibiotiques et  opérés est en fait semblable à celui des patients opérés d&rsquo;emblée. Bref, pas sur que repousser l&rsquo;échéance en risquant des résistances antibiotiques soit forcément justifiées, sachant qu&rsquo;au final, les durées de séjour hospitalières sont identiques.</p>
<p>Reparlons un peu de maladie de Lyme. Une étude menée par l&rsquo;<a href="https://academic.oup.com/cid/advance-article/doi/10.1093/cid/ciy799/5099448?guestAccessKey=d29da014-eadc-45dc-9566-7f9d37b0e509">APHP</a> a inclus 300 patients adressé en entre spécialisé pour suspicion de maladie de Lyme. Le diagnostic reposait sur : 1/ exposition à une piqure de tique 2/ symptomatologie compatible 3/ sérologie positive 4/ traitement améliorant les symptômes. La présence de 3 critères dont le traitement efficace classait les patients comme &ldquo;possiblement atteints&rdquo;. Sur ces 300 patients, seuls 13 % des patents ont eu une maladie de Lyme confirmée ou possible. Un autre diagnostic a été trouvé pour 92% des patients n&rsquo;ayant pas de maladie de Lyme. Il y a donc un important surdiagnostic de maladie de Lyme, d&rsquo;autant plus que 50% des patients adressés avaient déjà reçu un traitement antibiotique pour leur maladie de Lyme qui n&rsquo;en était pas une.</p>
<p>3/ Nutrition</p>
<p>Les glucides&hellip; Une méta analyse du <a href="https://linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S246826671830135X">Lancet Public Health</a> a étudié leur impact sur la mortalité. Après ajustement sur les facteurs associés potentiels, les auteurs ont retrouvé qu&rsquo;une consommation de 50% à 55% de glucides était associé à une moindre mortalité globale. Notons que la restriction semble encore plus délétère que les excès&hellip;.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi1BhUT2WjxPfUywfofi8YuLWEodLMJ0XkmAqvLKcx9aQ5sQ1c9p6hlEq_0JFpQyGi4xJnQgVNDXS555aQmO10Ds12u3yDiyD1uWxZFEmtFqatKWqon46ZVPuh0-NyMn9VWE8brFKEjAsxf/s1600/glucides.png"><img src="/images/articles/2018/glucides.png" alt=""></a></p>
<p>Quelles sont les conséquences de la restriction de prise de poids chez les patientes avec un diabète gestationnel? Un article de <a href="https://link.springer.com/article/10.1007%2Fs00125-018-4736-6">Diabétologia</a> parle d&rsquo;une étude observationnelle comparant les patientes avec une prise de poids réduite à celles ayant une prise de poids appropriée ou excessive. Les variation de poids étaient  logiquement associées à la compliance au régime alimentaire recommandé, et les patients avec une prise de poids réduite n&rsquo;avaient pas un risque augmenté d&rsquo;enfant hypotrophes (alors qu&rsquo;il y avait plus de macrosomes chez les patients avec une prise de poids excessive malgré les règles diététiques).</p>
<p>4/ Jeu du mois: Robinson Crusoé</p>
<p>Le jeu d&rsquo;octobre dont je voudrais parler est &ldquo;Robinson Crusoé&rdquo; ! C&rsquo;est un jeu coopératif (tous les joueurs sont ensemble) dans lequel il faut survivre sur une île déserte en incarnant un(e) explorateur(trice), un(e) cuisinier(ère), un(e) menuisier(ère) ou un(e) soldat(e). C&rsquo;est réellement un jeu de survie, un peu stressant et qui donne envie de continuer à jouer à travers les 7 scénario proposés. Il faut donc récolter du bois pour construire un abri, des armes, chercher de la nourriture, faire face aux intempéries qui vont faire consommer du bois ou faire pourrir la nourriture&hellip; Le matériel de jeu est très beau et de bonne qualité, avec de nombreuses pièces nécessaires pour agrémenter le séjour sur l&rsquo;ile de nombreuses péripéties! Les règles sont longues à lire, mais le jeu est fluide après, sans qu&rsquo;il y ait besoin d&rsquo;une heure d&rsquo;explications.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhVP_epdDFpP9VhlYPyPN08edtEX1TfTVVn5hX62HpeOlqU2VhXg0T9B6WcPhuYwnoaAdL8POfFNKJCISDza664PQo0SYEe5h0cun7mZ_J-6lD-pOodJbK0pXhrj8auKYPmJwxP3hZM9wz4/s1600/robinson.jpg"><img src="/images/articles/2018/robinson.jpg" alt=""></a></p>
<p>Merci de votre fidélité, amusez vous bien et la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°196: aspirine chez le sujet âgé, épreuve d'effort (reco SFC), alimentation et cancer, pré-diabète, trithérapie dans la BPCO</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/09/dragi-webdo-n196/</link><pubDate>Sun, 23 Sep 2018 21:52:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/09/dragi-webdo-n196/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Nutrition</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir!! J&rsquo;espère que vous avez passé un bon week-end.  Pour ceux qui n&rsquo;aiment pas avoir trop de mail mais qui ne souhaitent pas rater les nouveaux billets, il y a la page <a href="https://www.facebook.com/medicalementgeek/">Facebook</a> sur laquelle vous pouvez vous abonner pour ne rien rater! Sinon, abonnez vous en haut à droite (mais vous pouvez aussi faire les 2, hein!)  Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Après l&rsquo;histoire du Valsartan, on s&rsquo;aperçoit qu&rsquo;en fait, la présence d&rsquo;impuretés du même type a été aussi repérée dans d&rsquo;autres <a href="http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/news_and_events/news/2018/09/news_detail_003023.jsp&amp;mid=WC0b01ac058004d5c1">ARAII</a>: candesartan, olmesartan, losartan et irbesartan. Bref, on va devoir proposer des IEC à la place chez les patients n&rsquo;en ayant jamais eu et ça sera pas plus mal!</p>
<p>Le ticagrelor, qui est désormais recommandé dans les traitements des SCA ST+ par l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/08/dragi-webdo-n148.html">ESC</a> serait impliqué dans un risque de <a href="https://www.apmnews.com/nostory.php?objet=325239">syndrome d&rsquo;apnées du sommeil</a>.</p>
<p>Enfin dans cette partie pharmacovigilance, l&rsquo;allopurinol serait plus à risque de réaction allergiques grave chez les patients d&rsquo;origine asiatiques. Cette hypersensibilité serait associé à la présence du gène <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2695513">HLA-B*5801</a> qu&rsquo;il peut être utile de rechercher avant d&rsquo;introduire le traitement:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjBQdH7B-MQEXj4R69B4lIhx5xc8onWZpNkYp_Jy6sD4Y3pxtaTocDXxNeZHJjAfl_W1AeM4Bhfe1YUGkzXAbdlHsxpTCE3TTKXhryIKpUzSw06AvMbLY8Y-MM-OLpPsTGsEbZSTh7zzmeu/s1600/allopurinol.png"><img src="/images/articles/2018/allopurinol.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Dans les stratégies de publications, voici encore une étude publiée dans le NEJM sous forme de 2 articles. Elle concerne l&rsquo;efficacité de l&rsquo;aspirine chez les sujets âgés soit sur la <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1803955">mortalité globale</a> soit sur les <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1805819">évènements cardiovasculaires et le risque de saignements</a>.  Ainsi, 19 000 patients de plus de 65 ans en prévention primaire ont reçu de l&rsquo;aspirine 100mg ou un placebo.. 50% des patients avaient plus de 75 ans, 75% étaient hypertendus et 70% avaient au moins 2 facteurs de risque cardiovasculaire. Concernant la mortalité, les patients traités par aspirine 100 avait une augmentation du risque de mortalité globale de 14% (NNH= 143 patients), essentiellement à cause d&rsquo;une augmentation des cancers de 31% (NNH=125). Les auteurs, dans ce 1er article rapportent aussi l&rsquo;absence de bénéfice cardiovasculaire. Les cancers augmentés étaient le cancer du poumon et le cancer colo-rectal. Étonnant étant donné qu&rsquo;il y avait normalement une amélioration de la mortalité par cancer colo-rectal (j&rsquo;en avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/04/dragi-webdo-n134.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2015/10/dragi-webdo-n65.html">là</a>). Peut être que l&rsquo;aspirine améliorait la survie du cancer colique en faisant saigner plus abondamment et donc plus facilement détecté? Cependant, de façon cohérente, il y avait un sur-risque de mortalité également chez les patients diabétique mais un manque de puissance peut expliquer la non significativité de ce résultat vu qu&rsquo;il n&rsquo;y avait que 11% de diabétiques.</p>
<p>Concernant le 2ème article sur l&rsquo;aspirine, on pourrait ne pas le regarder puisque le 1er montre une augmentation de mortalité sans gain cardiovasculaire. Bien sur l&rsquo;article nous confirme l&rsquo;absence de bénéfice en terme d&rsquo;évènements cardiovasculaire, mais on peut mieux étudier le risque hémorragique, avec un sur-risque de 38% d&rsquo;hémorragies majeures (NNH= 42 patients par an). Bref, pas d&rsquo;aspirine en prévention primaire après 75 ans.</p>
<p>La <a href="https://www.sfcardio.fr/sites/default/files/Groupes/GERS/RECOMMANDATIONS/2018-08-13_recommandations-sfc-2018-epreuves-effort.pdf">société française de cardiologie</a> a publié des recommandations sur l&rsquo;épreuve d&rsquo;effort (EE). Je passe sur l&rsquo;interprétation pour venir plutôt aux indications. Dans la maladie coronarienne, la SFC dit que l&rsquo;épreuve d&rsquo;effort est indiquée en fonction d&rsquo;une probabilité pré-test dépendant du type de douleur présenté par le patient: l&rsquo;EE est donc indiquée en cas de douleur thoracique (si le patient a un ECG interprétable et qu&rsquo;il est apte a fournir un effort suffisant, sinon il faut faire une imagerie de stress). Pour les patients asymptomatique, l&rsquo;EE ne semble pas retenue. Les cardios me diront que c&rsquo;est quand même plus simple de faire une EE qu&rsquo;un test fonctionnel qui nécessite un service de médecine nucléaire pour faire une scintigraphie myocardique. En effet, si l&rsquo;EE est positive ça va aider, mais si elle est normale, il ne me semble pas que cela élimine une coronaropathie asymptomatique pouvant décompenser et ces recos disent qu&rsquo;en cas de probabilité pré-test intermédiaire on peut avoir recours à une imagerie de stress pour compléter ( mais je pense essentiellement aux bilans normaux avec EE pour les certificats de sport&hellip;)</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(18)30327-8/fulltext?utm_campaign=exhibits18&amp;utm_content=77194773&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">Lancet Respiratory medicine</a> a publié l&rsquo;étude KRONOS comparant une trithérapie (budesonide/glycopyrrolate/formoterol= BGF) à une double bronchodilatation (glycopyrrolate/formoterol= GF) et à une bithérapie B2 de longue durée d&rsquo;action+corticoïdes inhalés (budesonide/formoterol=BF) chez des patients BPCO. A 24 semaines, les résultats mettent en évidence qu&rsquo;il y a une amélioration du VEMS/CV chez les patients avec BGF et GF par rapport au groupe BF. Si on considère les exacerbations, il y en avait un peu plus dans le groupe GF qui ne comporte pas de corticoïdes inhalé. Les effets indésirables sont peu décrits mais ne semblaient pas très différents selon les groupes. C&rsquo;est cohérent avec les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/02/dragi-webdo-n129.html">recos françaises</a> sur  l&rsquo;efficacité des CSI en cas d&rsquo;exacerbations persistantes et avec le fait qu&rsquo;en cas de BPCO non contrôlé, une trithérapie peut apporter un bénéfice supérieur sans trop augmenter les effets indésirables chez les patients non contrôlés par une bithérapie CSI+B2LDA ou B2LDA+anticholinergique.</p>
<p>4/ Nutrition</p>
<p>Les recommandations américaines de l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2702878">USPSTF</a> recommandent désormais une psychothérapie cognitivo-comportementale pour tous les patients atteint d&rsquo;obésité pour permettre les modifications permettant un maintien du poids et une diminution du risque de diabète. Compte tenu de l&rsquo;augmentation de l&rsquo;obésité, il faudrait que les TCC soient remboursées pour qu&rsquo;on applique ça en France&hellip;.</p>
<p>Un article publié dans <a href="https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1002651">Plos Medicine</a> a étudié le risque de cancer selon la qualité des aliments évalués selon le &ldquo;nutri-score&rdquo;. Dans cette étude ayant inclus près de 500 000 patients, les auteurs retrouvent, en effet, qu&rsquo;il y a une augmentation de 7% du risque de cancer chez les patients consommant davantage d&rsquo;aliments de mauvaise qualité nutritives (différence absolue entre les consommateurs de produits de mauvaise qualité avec ceux de bonne qualité =  81,4 vs 69,5 cas/10 000 personnes-années). Ce sont les cancers digestifs qui étaient principalement augmentés.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Pour finir ce billet, reparlons de pré-diabète. Certains études montraient qu&rsquo;il y avait un risque de mortalité augmenté dès le stade de pré-diabète (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/11/dragi-webdo-n117.html">ici</a>). Une étude du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(18)30234-1/fulltext">Lancet endocrinology</a> a étudié des patients non diabétiques à risque de le devenir. Le design de l&rsquo;étude est très bizare et insuffisamment décrit je trouve, car il disent que l&rsquo;étude est observationnelle et que les patients sont non diabétique, mais on étudie la progression vers le diabète selon que les patients aient eu des règles diététiques uniquement, ou de la metformine, des glitazone et des analogues du GLP-1, ce qui n&rsquo;est pas vraiment indiqué normalement&hellip; Bref, logiquement, les patients traités par des médicaments précocément progressaient moins vers un diabète de type 2 de façon significative après 100 mois de suivi. Malheureusement, on a pas de résultat pour le moment concernant des critères cliniques pour juger de la pertinence de cette stratégie, et encore moins d&rsquo;informations sur les effets indésirables d&rsquo;une trithérapie antidiabétique chez des patients non diabétiques (dont les glitazones retirées en France pour augmentation du risque de cancer de vessie&hellip;). Peut être qu&rsquo;on traitera les pré-diabétiques mais ce sera probablement pas par des traitements aussi intensifs.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgcp9boBR-4q9J8e9XyFpWyEb1LRbr8j4YWA-DQ_FolMuq-nAEe2lFyIE1qpbRKENm2gs77Gf-0FkXvmV20MtIiQ1j_TXotVxvI3V8KpS9k3uvQj8b4LuVoFCK0urwcw98kZGpuq7FilBXQ/s1600/diab.png"><img src="/images/articles/2018/diab-2.png" alt=""></a></p>
<p>Merci pour votre fidélité, et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°195: dépistage fibrillation atriale, dépistage cancer du sein, TSH, exacerbations repiratoires à l'aspirine, toux subaiguë, valsartan, sulfamides hypoglycémiants</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/09/dragi-webdo-n195/</link><pubDate>Sun, 16 Sep 2018 18:51:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/09/dragi-webdo-n195/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Prévention</category><category>Pneumologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Y&rsquo;a pas d&rsquo;énormes nouveautés cette semaine, mais pas mal de truc intéressant qui vont dans le sens d&rsquo;autres études déjà présentées dans de précédents billets. Voici sans plus attendre les actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Dans le genre réactif, on ne fait pas mieux. A peine quelques semaines après le retrait de nombreuses spécialités contenant du Valsartan pour cause d&rsquo;impureté, en fait du NDMA, les <a href="https://www.bmj.com/content/362/bmj.k3851">danois</a> arrivent à publier sur une cohorte rétrospective de ces patients grâce à leurs registres! Les auteurs retrouvent que sur les 5000 patients suivis pendant près de 5 ans, ceux exposés au valsartan comportant du NDMA n&rsquo;avaient pas de risque de cancer augmenté par rapport aux non exposés. Ce manque de significativité pourrait être lié à une faible puissance ou à un suivi insuffisant, mais il n&rsquo;y a même pas de tendance ou signal dose-effet détecté par leurs analyses. On peut être rassuré sur ce points, mais je ne doute pas qu&rsquo;ils suivront encore quelques années ces patients.</p>
<p>Après l&rsquo;étude du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/03/dragi-webdo-n175.html">NEJM</a> montrant une augmentation du risque cardiovasculaire sous  febuxostat par rapport à l&rsquo;allopurinol, une <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.118.033992">étude</a> rétrospective ne retrouve cette fois ci pas de différence de mortalité, mais quand même une augmentation non significative du risque pour les utilisateurs de plus de 3 ans. C&rsquo;est certainement du au fait que dans cette nouvelle étude l&rsquo;âge moyen était de 76 ans, donc le risque de mourir d&rsquo;autre chose que du febuxostat est assez élevé, par rapport aux 65 ans d&rsquo;age moyen dans l&rsquo;étude du NEJM. Bref, les signaux se multiplient quand même à propos de cet éventuel sur-risque du febuxostat.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>On va pas mal parler de dépistage de fibrillation auriculaire. Premier message: les <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2675364">smartwatches</a> sont mauvaises pour le dépistage de la FA, leur sensibilité et spécificité sont toutes deux de 67%.. La valeur prédictive positive étant inférieure à 10%, il y a de grande chances que la montre suspecte une FA alors qu&rsquo;il n&rsquo;y en a pas, mais peu de risque qu&rsquo;il y en est si la montre ne le signale pas (valeur prédictive négative de 98%). Le deuxième message: faire un ECG à tout patient de plus de 65 ans pour dépister la FA n&rsquo;est pas recommandé non plus, la balance bénéfice risque n&rsquo;étant pas démontrée comme étant favorable d&rsquo;après les <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2695678">dernières recommandations américaines</a>. En France, il est cependant recommandé de prendre le pouls des patients pour dépister les troubles du rythmes cardiaques.</p>
<p>On continue sur les ECG de dépistage effectués chez 10 000 jeunes sportifs dans un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1714719">NEJM</a>. Les auteurs ont retrouvés qu&rsquo;il y avait une anomalie susceptible d&rsquo;être responsable d&rsquo;arrêt cardiaque que dans 0,4% des patients. Malgré ça, il y a eu 0,2% des patients (autres que ceux avec une anomalie repérée) qui ont fait un arrêt cardiaque, du à 90% à une cardiomyopathie qui n&rsquo;avait pas pu être détectée à l&rsquo;ECG.  On ne peut pas savoir si tous les 0.4% aurait fait un évènement mais on va pas prendre de risque avec eux. Enfin, 2% des sportifs avaient une anomalie congénitale ou valvulaire d&rsquo;importance moindre sans qu&rsquo;on sache l&rsquo;impacte qu&rsquo;a eu cette découverte sur leur vie future. Bref, les auteurs sont plutôt pour dire que le dépistage par ECG chez les sportifs n&rsquo;est pas utile, encore une fois.</p>
<p>Un rappel sur les facteurs de risque cardiovasculaires: il n&rsquo;y a pas que l&rsquo;âge, le tabac, les antécédents familiaux, les dyslipidémies, le diabète et l&rsquo;HTA qu&rsquo;il faut rechercher! L&rsquo;insuffisance rénale et l&rsquo;obésité sont rarement prises en compte dans les scores. De la même façon, le <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.118.036211">VIH</a> est un facteur de risque:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg9PR2bqRctextf02yNJSzp-3BcThADvwRstsfmReitTZlufdPQ856NrQLhda2AZHrvd3Fkgj_y4UgoGCYJKg73zDyGie5RhyJF4RBf8azLJuBJ2JEwu9sroC59eU7oGC1KLkKWm2oeqCFG/s1600/HIV.gif"><img src="/images/articles/2018/hiv.gif" alt=""></a></p>
<p>3/ Dépistages</p>
<p>Une <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/ijc.31832">étude</a> danoise, encore une fois a utilisé ses registre pour regarder la mortalité par cancer du sein chez des femmes participant au dépistage du cancer du sein par mammographie dans le cadre d&rsquo;un dépistage organisé, chez des femmes un peu trop jeunes pour effectuer ce dépistage et chez des femmes un peu trop âgées pour le faire. Dans ces 3 catégories, avec le temps, les auteurs ont retrouvé une amélioration de la mortalité. Mais cette amélioration n&rsquo;était pas supérieure pour les femmes participant au dépistage organisé. Il est donc probable que les réductions de mortalité vues dans les études mise en place après les dépistages organisés soit plutôt dues aux améliorations des traitements qu&rsquo;au dépistage organisé.</p>
<p>Le dosage de TSH chez les patients âgés&hellip; On a déjà parlé de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/05/dragi-webdo-n140.html">nombreuses fois</a> du surdiagnostic sur les échographies inutiles ou à l&rsquo;occasion d&rsquo;autres pathologies. Cette fois ci, c&rsquo;est le dosage de la TSH qui est étudié. Cet article du <a href="https://bjgp.org/content/early/2018/08/27/bjgp18X698861">BJGP</a> montre que la TSH est particulièrement stable sur 5 ans, et qu&rsquo;il n&rsquo;est donc pas nécessaire de faire des dosages répétés. Cependant, on retrouve des facteurs de risque de modifications qui doivent certainement motiver de nouveaux dosage: l&rsquo;apparition d&rsquo;une FA, un traitement par amiodarone et  l’existence une maladie rénale chronique.</p>
<p>Enfin, ce n&rsquo;est pas vraiment du dépistage de masse, mais, le <a href="https://www.bmj.com/content/362/bmj.k3443">NICE</a> a publié des recommandations sur les pancréatites chroniques et un point manquait à ma connaissance était l&rsquo;utilité d&rsquo;une surveillance régulière de la densitométrie osseuse tous les 2 ans (et une HbA1C tous les 6 mois, parce que là bas, ils font l&rsquo;HbA1C et pas la glycémie à jeun).</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Le <a href="https://bjgp.org/content/early/2018/09/10/bjgp18X698885">BJGP</a> a publié une méta-analyse sur le traitement de la toux sub-aiguë en médecine générale. Le résultat est le suivant: aucun traitement n&rsquo;a montré de bénéfice clair, mais 14% des patients traités ont des effets indésirables. Les traitements essayés comportaient de la codéïne, du salbutamol, du montelukast et des corticoïdes inhalés. On regrette l&rsquo;absence des lavages de nez, mais on a compris l&rsquo;idée générale de l&rsquo;article!</p>
<p>Un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra1712125">NEJM</a> revient sur les &ldquo;exacerbations respiratoires liées aux AINS&rdquo; alias AERD (appelées exacerbations respiratoires liées à l&rsquo;aspirine aux Etats Unis). Il y a 7% des asthmatiques avec polypose nasale qui sont affectés mais seuls 40% des patients avec AERD sont atteints d&rsquo;une polypose nasale et d&rsquo;un asthme. On peut donc avoir cette réaction sans être asthmatique, et tous les AINS peuvent être responsables. Les traitements de crise sont ceux de l&rsquo;asthme, essentiellement, mais il existe une désensibilisation possible aux AINS. Et le le traitement chirurgical des polypes? Le but est essentiellement de permettre une meilleure efficacité des traitements des médicaments à action locale, mais ça ne semble pas être ce qui permet de réduire seul la survenue d&rsquo;exacerbations.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>J&rsquo;en parlais dans un <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/08/dragi-webdo-n192.html">Dragi Webdo récent</a>, mais une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2698083">JAMA</a> vient à nouveau confirmer qu&rsquo;en 2ème ligne, après échec d&rsquo;une monothérapie avec metformine, il y a un sur-risque de rétinopathie et d&rsquo;infarctus du myocarde avec sulfamides par rapport aux inhibiteurs de DPP-4. Malheureusement, les analogues du GLP-1 n&rsquo;étaient pas dans les molécules étudiées malgré leur bénéfice prouvé&hellip; Bref, si un patient refuse absolument les injections, et que son diabète est très déséquilibré pour son âge, et que etc&hellip; bref, vous voulez lui mettre un traitement, il semble plus judicieux de prescrire un inhibiteur de DPP-4 qu&rsquo;un sulfamide. Mais pour mémoire quand même, dans UKPDS, le glibenclamide était le seul traitement (autre que la metformine) ayant montré un bénéfice sur les microangiopathie (surtout photocoagulation pan-rétiniennes en fait, avec un OR de 0,64) en monothérapie (oui cette étude est bourrée de biais, je sais). Donc les sulfamides en monothérapie, pourquoi pas, mais le glibenclamide est quand même assez décrié maintenant à cause d&rsquo;un sur-risque d&rsquo;hypoglycémies sévères par rapport aux autres sulfamides.</p>
<p>Merci pour votre attention! N&rsquo;oubliez pas que si vous avez des articles à me soumettre, vous pouvez le faire via Twitter ou en m&rsquo;envoyant un mail: dr_agibus at outlook.com</p>
<p>A très bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°194: diclofenac, sujet âgé et statines, sportif et HTA (reco ESC), vaccin Zona, score CHIP</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/09/dragi-webdo-n194/</link><pubDate>Sun, 09 Sep 2018 11:39:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/09/dragi-webdo-n194/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Traumatologie</category><category>Urologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Pour commencer, et pour tous les décideurs de soins qui passeraient par ici, cet article du JAMA internal medicine vient rappeler que le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2698144">burnout</a> des soignant est associé à une augmentation des incidents durant les soins. Voilà. Et sinon, la rentrée est toujours aussi dense au niveau des articles, alors bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Quand va on enfin être tous d&rsquo;accord que les AINS augmentent le risque cardiovasculaire et que le diclofenac fait parti de ceux qui l&rsquo;augmentent le plus. Cette nouvelle étude du <a href="https://www.bmj.com/content/362/bmj.k3426">BMJ</a> a comparé les évènements cardiovasculaires des patients avec diclofenac versus rien, versus paracetamol, versus ibuprofène et versus naproxène. Dans chaque comparateur, le critère composite de maladies cardiovasculaire est augmenté chez les patients sous diclofenac. En comparaison de &ldquo;pas d&rsquo;AINS&rdquo; et versus &ldquo;ibuprofène&rdquo;, le diclofenac augmente même la mortalité cardiaque.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhtHS2DSqc8SWvvwtClkB5aqKu7BXNWeoxa3L4AWnp1LcwRq9etbj2r5m1UU1QCbg-3itnANiQTIuzyk4rlvFiXzQcJsrBUKnTcJiDqJP-72_dv1eyyh8GRi14YEzDmvIB4oA8XRn9K3_Gk/s1600/AINS.png"><img src="/images/articles/2018/ains.png" alt=""></a></p>
<p>D&rsquo;après une communication en congrès, les <a href="https://www.apmnews.com/nostory.php?objet=324489">IEC</a> seraient associés à une augmentation des psoriasis. C&rsquo;est effectivement noté dans le Vidal et connu depuis des années, mais comme je découvre, je le marque ici!</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Des recommandations axées <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehy511/5079290">HTA et sportif en compétition</a> ont été publiées par l&rsquo;ESC dans la lignée des nouvelles recos. Pour faire simple, c&rsquo;est comme pour les autres patients et on évite encore plus bêta bloquants car considérés comme dopants. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est l&rsquo;algorithme pour savoir si on peut signer le certificat.</p>
<ul>
<li>
<p>Tant que la TA n&rsquo;est pas contrôlée: pas de compétition,</p>
</li>
<li>
<p>Le temps que la TA soit contrôlée, on fait le bilan pour rechercher une atteinte d&rsquo;organe cible et le retentissement (echo coeur, épreuve d&rsquo;effort).</p>
</li>
<li>
<p>Si tout est normal: compétition pour tous les sports</p>
</li>
<li>
<p>Si atteinte d&rsquo;organe cible (TOD sur la figure) ou comorbidité cardiologique (ACC sur la figure = coronaropathie, AOMI, AVC, insuffisance cardiaque, ACFA, rétinopathie sévère, insuffisance rénale): ok sports SAUF les sports de force (athlétisme, ski/snowboard/bobsleigh, sport de combat)</p>
</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgYhY-Eua6GsFaBUpnhahLy6en_opE6qgs4PV9-bY8iIglGa1lXY7HgHETnpY9kVOoY9RYIXd-wcwVChOtzof_7DBr4dEduXtp_CfqHRO03mVZBC39_jKTAfRS4WojmvqhQGLz1UTbabZdl/s1600/sport.png"><img src="/images/articles/2018/sport.png" alt=""></a></p>
<p>On attendait une étude de la sorte depuis longtemps. Le <a href="https://www.bmj.com/content/362/bmj.k3359">BMJ</a> publie une étude de cohorte rétrospective analysant les statines en prévention primaire après 75 ans chez les patients diabétiques et non diabétiques ayant ajusté les patients sur un score de propension (en niveau de preuve, on est juste en dessous de l&rsquo;essai contrôlé randomisé de grande taille). Chez les non diabétiques, que ce soit entre 75 et 85 ou après 85 ans, les patients sous statine n&rsquo;avaient pas moins d&rsquo;évènements cardiovasculaire et une mortalité globale identique. Chez les patients diabétiques, il y avait un gain de mortalité globale (NNT= 306 patients par an) et d&rsquo;évènements cardiovasculaire  (NNT= 164 patients par an) entre 75 et 85 ans mais pas après. Ces traitements n&rsquo;étaient pas associé a davantage d&rsquo;hémorragies cérébrales, de cancer ou d&quot;hépatites médicamenteuses. On savait déjà que les statines diminuaient la mortalité des diabétiques quelque soit leur taux de cholestérol, mais on a maintenant des arguments pour arrêter le traitement a 85 ans, alors qu&rsquo;on peut arrêter plus tôt que ça chez les non diabétiques!</p>
<p>Concernant les maladies thrombo-emboliques veineuses, la tendance est à ne pas toujours traiter les TVP distales (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/06/dragi-webdo-n100.html">ici</a>). Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2687987">revue narrative</a> s&rsquo;intéresse désormais au traitement des embolies pulmonaires. Il semblerait qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de récidive ni de complications aux embolies sous segmentaires isolées, c&rsquo;est à dire sans phlébite associées. Mais gros un essai contrôlé randomisé serait en cours sur le sujet. Bref, si l&rsquo;angio-TDM ne retrouve pas une petite EP, c&rsquo;est probablement pas grave!</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>J&rsquo;ai jamais été très chaud pour prescrire le vaccin anti-Zona pourtant recommandé après 65 ans et toujours non vacciné. Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2688571">JAMA</a> a refait un point sur cette pathologie. En effet sont efficacité est pas miraculeuse (-50% de zona et 60% de douleurs post zostériennes qui sont pas super fréquentes à la base) et c&rsquo;est un vaccin vivant atténué. Visiblement, un nouveau vaccin recombinant (SHINGRIX*) en 2 injections aurait une efficacité sur le zona de 90% et de 90% également sur la survenue de douleurs post zostériennes. Mais, il ne sera pas disponible avant 2020 en <a href="https://www.mesvaccins.net/web/vaccines/567-shingrix">France</a>.</p>
<p>La médecine étant une science, on réévalue nos pratiques régulièrement pour ne pas appliquer bêtement des principes ancestraux mal établis. Ainsi, l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2698933">USPSTF</a> (HAS américaine) s&rsquo;est penché sur l&rsquo;intérêt du dépistage de la syphilis pendant la grossesse. Globalement, l&rsquo;augmentation des cas de syphilis et les données actuelles justifient toujours ce dépistage.</p>
<p>4/ Traumatologie</p>
<p>Pour les urgentistes ou les généralistes qui verraient par hasard un patient pour traumatisme crânien mineur, il semble que le score <a href="https://www.bmj.com/content/362/bmj.k3527">CHIP</a> soit le plus pertinent, limitant les TDM inutiles et avec le moins de faux négatifs:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhRlX04m3cuGhdPn_mymjCopuFuH57FnfFWZn-cNAFN0a94MjBp6_Ol9cHwyiVihCuOzeCCgfi6GVgoeubaKVgpISRs4n2zV-S7FykjTl4gCDMMmuDg5VyGfmDjjgUqFG3CVZf7h_YaBORP/s1600/CHIP.png"><img src="/images/articles/2018/chip.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Urologie</p>
<p>On réévalue encore nos pratiques sur le dépistage du cancer de la prostate par le toucher rectal associé au dosage du PSA. Cette fois, c&rsquo;est une méta-analyse du <a href="https://www.bmj.com/content/362/bmj.k3519">BMJ</a> qui donc porte sur le dépistage par PSA+toucher rectal, et qui ne retrouve ni gain de mortalité globale, ni gain de mortalité spécifique par cancer de la prostate! Mais bon, si on cherche que dans les essais a faible risque de biais il y a un petit bénéfice de mortalité spécifique estimé à 1 patient pour 1000 dépistés avec dans la balance 1 patient hospitalisé pour sepsis, 3 devenus incontinents et 25 avec dysfonction érectile&hellip; La balance bénéfice-risque est donc bien établie&hellip;</p>
<p>Merci de votre fidélité et pensez à vous abonner si ce n&rsquo;est pas déjà fait!</p>
<p>A bientôt</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°193: coroscanner, insuffisance cardiaque, aspirine, exenatide, C. Difficile, mycoplasma genitalium, Exodus</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/09/dragi-webdo-n193/</link><pubDate>Sun, 02 Sep 2018 13:34:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/09/dragi-webdo-n193/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Ce billet va être particulièrement long, comme souvent après le congrès de cardiologie européen parce que beaucoup d&rsquo;études me semblent passionnantes, mais je vais tenter de synthétiser les messages&hellip; Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Androcur-acetate-de-cyproterone-et-generiques-risque-de-meningiome-lors-d-une-utilisation-prolongee-Point-d-information">ANSM</a> alerte sur le risque de méningiome chez les patients traités par acétate de Cyprotérone (Androcur) de façon prolongée (c&rsquo;est à dire à plus de 3g cumulé pendant plus de 6 mois)</p>
<p>Bien qu&rsquo;ils ne soient pas encore disponible en France malgré des bénéfices cardiovasculaires voire de mortalité prouvé, les inhibiteurs de <a href="https://www.fda.gov/downloads/Drugs/DrugSafety/UCM618466.pdf">SGLT-2</a> semblent être à risque de gangrène de Fournier d&rsquo;après 12 cas de pharmacovigilance.</p>
<p>Pour rester dans les traitements du diabète, un risque de <a href="https://www.apmnews.com/nostory.php?objet=324377">cholangiocarcinome</a> pourrait être présent en cas de traitement par analogue du GLP-1 ou inhibiteur de DPP-4.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Comme annoncé il y a quelques temps, les <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehy339/5079119">recommandations sur la prise en charge de l&rsquo;HTA</a> ont été mises à jour par la société européenne de cardiologie (ESC). Elles correspondent bien à ce que j&rsquo;avais dit dans le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/06/dragi-webdo-n188.html">Dragi Webdo n°188</a>, avec quelques réponses supplémentaires sur les interrogations qui avaient été soulevées. J&rsquo;ai donc édité le DW 188 pour qu&rsquo;il soit à jour, et je vous remets ici les ajouts (pour ceux qui auraient bien retenu et qui voudraient juste les infos complémentaires!):</p>
<p><em>*Le reste du bilan initial:</em> <em>NFS plaquettes, EAL, glycémie à jeun
et HbA1C (comme aux USA!), Na, K, acide urique, bilan hépatique</em><br>
<em>*Exceptions à l&rsquo;introduction d&rsquo;une bithérapie initiale: TAS&lt;150mmHg et faible risque CV ou patient fragile (en fait, pas mal de patients qui sont diagnostiqués en médecine générale&hellip;)</em><br>
<em>*Concernant le choix IEC ou ARAII: pas de différence
d&rsquo;efficacité
d&rsquo;après les recos (et pas de molécule recommandée), un peu plus d&rsquo;arrêt
de traitements sous IEC, et éviter les
IEC chez les sujets noirs qui seraient plus sujets à l&rsquo;angio-oedeme et
donc préférer un ARAII d&rsquo;emblée si on doit en mettre un. Mais bon, même
si en comparaison directe il n&rsquo;y a pas de différence d&rsquo;efficacité, les
IEC sont les seuls à avoir montré un gain de mortalité globale versus
placebo&hellip;</em><br>
<em>*Concernant les
inhibiteurs calcique, c&rsquo;est l&rsquo;amlodipine qui est principalement
recommandée car c&rsquo;est le seul avec une efficacité bien prouvée.
(éventuellement verapamil et diltiazem)</em><br>
<em>*Concernant les diurétiques, les thiazidiques-like (indapamide) seraient
un peu plus efficace que l&rsquo;hydrochlorothiazide mais il y a peu de
comparaisons directes.</em></p>
<p><em>*Concernant les bêta-bloquants: le nébivolol et bisoprolol semblent à privilégier (le bisoprolol étant forcément a délivrance initiale par les cardiologues sauf dans le &ldquo;lodoz&rdquo;  EDIT: et dans le &ldquo;Detensiel 10&rdquo;)</em></p>
<p>La place du coroscanner est encore débattue entre les épreuves d&rsquo;effort et les tests fonctionnels. D&rsquo;après cette étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1805971">NEJM</a>, des patients avec douleur thoracique stable adressés en ambulatoire par des médecins généralistes randomisés en &ldquo;soins habituels&rdquo; ou &ldquo;soins habituels + coroscanner&rdquo; voient leur risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire (critère composite) diminuer significativement (NNT= 63 patients en 5 ans). De façon très intéressante, le nombre de coronarographie n&rsquo;était pas supérieur et le nombre de revascularisation coronaire non plus. Cependant, il y avait plus de patients sous traitement médical optimal avec anti-angineux (anti-agregants, statines et bêta-bloquants). Faudrait-il donc plutôt avoir le coroscanner facile et traiter  de l&rsquo;athérome coronarien plus systématiquement l&rsquo;athérome coronarien?</p>
<p>Devant un patient dyspnéique avec une fraction d&rsquo;éjection ventriculaire normal, peut-on quand même dire, en l&rsquo;absence d&rsquo;autre cause (pulmonaire, etc&hellip;) que sa dyspnée est cardiologique? Le score <a href="https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.118.034646">H2FPEF</a> est un score simple pour évaluer la probabilité d&rsquo;une insuffisance cardiaque a fraction d&rsquo;éjection préservée. On voit que la probabilité d&rsquo;insuffisance cardiaque devient vitre très élevée dès un score à 5 points, et ce même sur des critères purement cliniques (parce qu&rsquo;on aura pas toujours l&rsquo;écho du cardiologue sous les yeux pour avoir les valeurs nécessaires):</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiU-4RsTeqdNqS9z5qR8F23oAkKbAo70qPosUZVjUy-a87eEwg3eWH9I4A4LMEh9P-QUSuRtvxwEJop1Du4YqRiGKWglQJ6TuLKrkvw24AOZyb5ooiZCUVWJ0lgE8X5LsHBZ4XU_Fbsbkxm/s1600/H2FPEF.gif"><img src="/images/articles/2018/h2fpef.gif" alt=""></a></p>
<p>Après les articles de la semaine dernière sur l&rsquo;aspirine, on continue avec l&rsquo;évaluation de cet anti-agrégant chez les <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)31924-X/fulltext">patients à risque cardiovasculaire modérés.</a>  Cette étude retrouve cependant qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence dans la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaire entre les patients traités et non traités malgré un sur-risque d&rsquo;évènements indésirables sous aspirine. Malgré 12 000 patients inclus (ce qui était prévu), les auteurs disent
que le nombre d&rsquo;évènements étaient trop faibles (550 au lieu de 1500
estimés) et qu&rsquo;il y a un manque de puissance.. Ce manque d&rsquo;évènements est certainement du au autres mesures de préventions suivies par les patients. Ainsi, quand bien même l&rsquo;aspirine réduirait un peu les évènements, on voit qu&rsquo;il y aurait d&rsquo;autres mesures de préventions qui diviseraient la survenue de ces évènements par 3! Bref, déjà qu&rsquo;en cas de haut risque, l&rsquo;aspirine n&rsquo;est pas forcément consensuelle alors à risque modéré, c&rsquo;est non!</p>
<p>L&rsquo;étude <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3604376?src=soc_tw_180829_mscpedt_news_tho_infarctus&amp;faf=1#vp_2">CLARIFY</a> semble confirmer que l&rsquo;efficacité des bêta-bloquants en post-infarctus est surtout présente la 1ere année de traitement. Passé ce cap, il n&rsquo;y a pas de différence de mortalité entre les patients. Cette étude retrouve aussi l&rsquo;absence de bénéfice des inhibiteurs calciques.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Faisons une petite pause cardiovasculaire avec de l&rsquo;infectiologie. Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2698674">JAMA</a> a publié des recommandations sur la prise en charge du C. Difficile. Le traitement de 1ère intention devrait être de la vancomycine per os et non le métronidazole (ce qui pose certainement problème puisque la vancomycine n&rsquo;est pas disponible en ville, et encore moins per os, à moins de boire directement la solution normalement prévue en intra-veineuse.)</p>
<p>Des recommandations britanniques se sont intéressées au <a href="https://www.bashhguidelines.org/media/1182/bashh-mgen-guideline-2018_draft-for-consultation.pdf">mycoplasma genitalium</a>. Les auteurs recommandent de le rechercher sur 1er jet d&rsquo;urine ou écouvillon vaginal dans: les urétrites gonococciques chez les hommes, en cas de bilan d&rsquo;inflammation pelvienne et chez les partenaires de patients infectés. Le traitement proposé en 1ere intention est la doxycycline 100gx2/j pendant 7 jours suivi d&rsquo;une dose de 1g d&rsquo;azithromycine (en cas d&rsquo;allergie ou de contre indication: moxifloxatine 400x1/j pendant 7 jours).</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>J&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/09/dragi-webdo-n151.html">l&rsquo;an dernier</a> de l&rsquo;exenatide en 1 injection par semaine qui n&rsquo;arrivait pas a démonter de bénéfice de cardivasculaire dans l&rsquo;étude EXSCEL, un essai contrôlé randomisé de  près de 15 000 patients. Une analyse pré-spécifiée de cette étude devait s&rsquo;intéresser au patients en prévention secondaire (soit 73% des patients de l&rsquo;étude). Ces analyses ont été publiées dans <a href="https://www.ahajournals.org/doi/pdf/10.1161/CIRCULATIONAHA.118.036811">Circulation</a>, et les auteurs retrouvent une réduction de 10% des évènements cardiovasculaires (NNT = 200).</p>
<p>Ce NNT est un peu plus faible que celui de la méta analyse sur les analogues du GLP-1 dont j&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/12/dragi-webdo-n163.html">ici</a>, et pour laquelle j&rsquo;ai finalement eu accès a l&rsquo;article: le NNT pour la mortalité globale était de 112 (essentiellement porté par le liraglutide et l&rsquo;exenatide). L&rsquo;exenatide pourrait donc être une option cliniquement efficace dans le traitement du patient diabétique préférant les injections hebdomadaires, bien que l&rsquo;efficacité soit certainement un peu moindre que celle du liraglutide.</p>
<p>L&rsquo;aspirine chez les patients diabétiques est encore plus débattue qu&rsquo;ailleurs. En effet, la plupart des méta-analyses ne retrouvent pas de bénéfice en terme de mortalité cardiovasculaire, et le bénéfice sur les évènements cardiovasculaire non fatals serait modéré pour des effets indésirables plus fréquents (j&rsquo;en avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/06/la-diabeto-cest-rigolo.html">ici</a>, une autre méta-analyse <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/dme.13133">ici</a>). Mais une méta-analyse est surtout utile quand il n&rsquo;y a pas de grand essai contrôlé randomisé. Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1804988?query=RP">NEJM</a> a publié l&rsquo;étude ASCEND, un essai randomisé de 15 000 patients diabétiques traités par aspirine ou placebo en prévention primaire. Les auteurs retrouvent une réduction des évènements cardiovaculaires de 12% (NNT=77), avec un sur-risque hémorragique de 29% (NNH= 111). Il est intéressant de noter qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;efficacité de l&rsquo;aspirine sur les microangiopathies. Les auteurs de cette étude financée par un organisme non pharmaceutique concluent que les bénéfices potentiels du traitement sont largement contrebalancés par les saignements. En attendant, les recommandations françaises sont toujours de traiter par aspirine les patients diabétiques à haut risque (c&rsquo;est à dire quasiment tous les patients diabétiques&hellip;)</p>
<p>Très rapidement, le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1804989">NEJM</a> a aussi étudié les oméga-3 chez les diabétiques dans un essai randomisé: ça ne marche pas!</p>
<p>C&rsquo;est tout pour les actualités. Maintenant, comme il faut bien se détendre un peu, que j&rsquo;ai vu qu&rsquo;il y avait pas mal de joueurs dans mes lecteurs et que je n&rsquo;ai plus le temps d&rsquo;écrire des billets sur les jeux de société, je vais finir ce billet par &ldquo;le jeu du mois&rdquo;!</p>
<p>Et ce mois ci, je parlerai de &ldquo;Seeders from Sereis - Episode 1 : Exodus&rdquo; ou plus simplement &ldquo;Exodus&rdquo;. C&rsquo;est un magnifique jeu de société (cf la photo) dans lequel il faut bâtir des &ldquo;modules spatiaux&rdquo; et les remplir avec de l&rsquo;équipage pour conquérir l&rsquo;espace! Chaque module et chaque équipage a des compétences et rapporte des points de victoire, il faut donc les sélectionner avec soin. Pour cela, le jeu de déroule en 2 phases: une phase de draft (c&rsquo;est à dire que chaque joueur a 4 cartes, en conserve une et passe les 3 autres à son joueur de gauche, qui en garde 1 et passe le reste encore à gauche etc&hellip;), et une phase de négociation de déroulant sur le superbe plateau de jeu, durant laquelle on positionne des jetons avec des points d&rsquo;influence à côté des cartes que l&rsquo;on convoite. Le joueur avec la majorité de points d&rsquo;influence autour d&rsquo;une carte la remporte! On peut donc baser sa stratégie sur des armées de prêtres, sur des geôliers qui vont emprisonner les personnages adverses, sur des armées de mutants&hellip;. C&rsquo;est très interactif, très stratégique, mais attentions aux agressions de la part des autres joueurs! Le voici en photo:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEitxThqU9mUkahRDiW-OmWy1UPe4X2RyfG541ViiP7IOkkl_ShFMm4w_Jr-LdV9pVG3AcGeuoAGwk1-ZUWkjOJ-UBA12Hfvtl-lUtv-THEPVfgCny0_VWFG2CNHC2LL8i7yry_IHjoYhVDy/s1600/exodus.jpg"><img src="/images/articles/2018/exodus.jpg" alt=""></a></p>
<p>Bonne journée, bon jeu et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°192: valsartan, aspirine/anti-agrégants, dépression, dépistage cancer du col, sulfamides hypoglycémiants</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/08/dragi-webdo-n192/</link><pubDate>Sat, 25 Aug 2018 16:43:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/08/dragi-webdo-n192/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! J&rsquo;espère que vous avez passé de bonnes vacances, mais ça fait quand même plaisir de revoir des patients. Pensez à vous inscrire au blog (en entrant votre mail dans l&rsquo;encadré en haut à droite, puis en validant le mail de confirmation qui vous sera envoyé) pour ne rien rater des actualités médical dont je parle. Alors, bonne reprise et bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>La rupture de stock de l&rsquo;été (après celle de lévothyrox de l&rsquo;an dernier) concerne le <a href="https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Conduite-a-tenir-dans-un-contexte-de-tensions-d-approvisionnement-des-medicaments-a-base-de-valsartan-Point-d-Information">Valsartan</a> (Zut , il était bien noté selon Prescrire). Une impureté classée comme &ldquo;probablement cancérogène&rdquo; a été retrouvé dans les produits d&rsquo;une usine chinoise, qui en fait, fournit quasiment tous les laboratoires en valsartan (en gros que vous preniez le princeps ou 3 génériques différents, en fait, c&rsquo;est fabriqué au même endroit, y&rsquo;a que la boite qui change&hellip;) Bref, plus de la moitié des lots ont été retirés du marché, il en reste quand même, et cela concerne valsartan et valsartan + hydrochlorothiazide mais PAS valsartan + amlodipine ni valsartan + sabubitril (Entresto, mais on en voit pas beaucoup). Il est donc recommandé de ne pas initier pour le moment de traitement par valsartan, et un numéro d&rsquo;information a été mis en place (cf le lien ci dessus).</p>
<p>2/ Cardiopulmonaire</p>
<p>On ne parle jamais assez du bénéfice et des risques des
interventions: l&rsquo;adrénaline dans l&rsquo;arrêt cardiaque n&rsquo;est pas un
traitement contesté, en effet, cette étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1806842?query=featured_home">NEJM</a> retrouve effectivement qu&rsquo;il y
a une amélioration de la survie des patients (NNT= 125). Cependant, les
patients survivants avaient deux fois plus de déficit neurologiques
sévère (31% vs 18% des survivants mais sur les patients inclus
initialement ça fait un NNH de 175)&hellip;</p>
<p>Un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)31133-4/fulltext">Lancet</a> s&rsquo;est intéressé aux doses d&rsquo;aspirine en prévention primaire cardiovasculaire. (On va pas dire qu&rsquo;en prévention primaire, les indications et preuves d&rsquo;efficacité sont quand même limitées mais bref&hellip;) Il s&rsquo;agit d&rsquo;une méta-analyse sur données individuelles, ayant étudié séparément les patients de moins de 70kg et ceux de plus de 70kg. Cette étude peut semer le trouble car en terme de prévention cardiovasculaire et de mortalité, elle retrouve que l&rsquo;effet anti-agrégant de l&rsquo;aspirine 75-100mg/j n&rsquo;est présent que chez les patients de moins de 70kg et se perd pour des poids plus important. Et inversement, l&rsquo;aspirine 300-500mg/j, le bénéfice cardiovasculaire n&rsquo;était présent qu&rsquo;au delà de 70kg. Chez les patients de moins de 50kg, l&rsquo;aspirine 75-100mg/j était néanmoins responsable d&rsquo;une surmortalité globale faisant évoquer un trop haut dosage pour le poids, et le risque de cancer des patients de plus de 70 ans également augmenté, notamment pour les moins de 70kg. En somme, quand une prévention primaire par aspirine est indiquée, elle semble défavorable chez les moins de 50kg et les plus de 70 ans, et la dose devrait être adaptée au poids: 75-100mg/j entre 50 et 70kg et 300-500mg/j au delà de 70kg.</p>
<p>Pour rester dans les anti-agrégants, un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2695067">JAMA</a> (reprendant les résultats d&rsquo;une revue Cochrane, vu que ce sont les mêmes auteurs) parle des l&rsquo;association aspirine + clopidogrel chez les patients à haut risque cardiovasculaire ou ne prévention secondaire. Ils retrouvent un bénéfice au travers des 15 essais contrôlés randomisés étudiés portant sur le risque d&rsquo;infarctus (NNT= 80 patients) et d&rsquo;AVC (NNT=44 patients) sans amélioration de la mortalité cardiovasculaire ou globale. Le risque d&rsquo;hémorragie sévère était logiquement majorée sous bithérapie (NNH=110). Et pour une fois les auteurs ont mis les chiffres absolus, mais sous une autre forme: pour 1000 patients traités pendant 10,5 mois, il y a 13 infarctus en moins, 23 AVC de moins et 9 hémorragies sévères. Va donnerai presque envie de mettre les patients  sous bithérapie! Mais, les résultats concernent surtout les patients en prévention secondaires qui n&rsquo;ont pas eu de stents (probablement parce que les stentés ont déjà eu une bithérapie pendant un certain temps)</p>
<p>La dépression est un facteur de risque cardiovasculaire bien étudié. Cependant, le bénéfice cardiovasculaire du traitement antidépresseur l&rsquo;est beaucoup moins. Un essai contrôlé randomisé du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2688569">JAMA</a> a inclus 300 patients dépressifs avec un infarctus du myocarde récent répartis en bras placebo et bras escitalopram. Le premier résultat est que près de 40% des patients avec un infarctus récent souffraient également de dépression! Ensuite, le traitement antidépresseur a diminué significativement le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaires de 30% (NNT= 8) sans diminution de la mortalité globale ou cardiovasculaire (mais le bénéfice porte sur les revascularisations et infarctus). Notons tout de même que la comparaison des patients encore déprimés après 24 semaines vs ceux n&rsquo;étant plus déprimés montre que ne plus être déprimé diminue le risque de mortalité globale. Donc: dépistons la dépression en post infarctus et traitons la, soit par antidépresseurs, soit par psychothérapie car l&rsquo;important c&rsquo;est de la prendre en charge.</p>
<p><em>EDIT: Merci à @FZores de préciser qu&rsquo;il y a un risque majoré de torsades des pointes à cause d&rsquo;une interaction escitalopram-metoprolol si le patient avait ce bêta-bloquant</em></p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Les recommandations américaines sur le dépistage du cancer du col de l&rsquo;utérus viennent d&rsquo;être mise à jour par l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2697704">USPSTF</a>. Le dépistage par frottis est recommandé tous les 3 ans à partir de 21 ans et jusqu&rsquo;à 29 ans. A partir de 29 ans et jusqu&rsquo;à 65 ans , 3 propositions sont faites: le frottis cervico utérin  (FCU) tous les 3 ans, ou par une recherche d&rsquo;HPV oncogènes tous les 5 ans sans cytologie, ou un FCU associé à une recherche d&rsquo;HPV oncogènes. On voit donc se profiler le dépistage tous les 5 ans. Concernant le rationnel: il y a un sur-risque de colposcopie inutile pour les recherches d&rsquo;HPV oncogènes avant 30 ans. L&rsquo;âge de début de 21 ans et non 25 ans n&rsquo;est pas expliqué, c&rsquo;était déjà l&rsquo;âge de début avant ces recommandations là (alors que les canadiens, britanniques, italiens, espagnols, belges et français recommandent à 25 ans). Il y a certainement un peu plus de surdiagnostic, à moins que l&rsquo;épidémiologie soit légèrement différente aux USA. Le double immuno-marquage, n&rsquo;est pas mentionné (alors que recommandé en France un peu préférentiellement au test HPV si ASCUS chez les moins de 30 ans).</p>
<p>3/ Diabétologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/362/bmj.k2693">BMJ</a> parle des sulfamides hypoglycémiants en 2eme intention (comme c&rsquo;est recommandé en France alors que c&rsquo;est de moins en moins le cas partout ailleurs). Dans cette étude, les auteurs retrouvent qu&rsquo;intensifier un traitement de metformine par l&rsquo;ajout d&rsquo;un sulfamide est associé à une augmentation de la mortalité globale, cardiovasculaire et des infarctus et AVC après seulement 1 an de suivi. Par rapport à l&rsquo;ajout d&rsquo;un sulfamide, switcher la metformine par un sulfamide était également associé à une augmentation la mortalité globale et les infarctus. Bref, s&rsquo;il faut intensifier par un sulfamide, mieux faut ajouter et non switcher, mais il est probablement plus pertinent de recourir à un analogue du GLP-1 dont les bénéfices sont démontrés au moins en prévention secondaire.</p>
<p>Voilà! Bonne reprise à tous et à la semaine prochaine (avec la publication officielle des recos HTA 2018 normalement)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°191: santé publique, AVK/AOD en soins primaires, méningites, otites externes</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/07/dragi-webdo-n191/</link><pubDate>Sun, 08 Jul 2018 22:41:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/07/dragi-webdo-n191/</guid><category>Santé publique</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Cela va être de dernier Dragi Webdo avant ma pause estivale, les billets d&rsquo;actualité médicale devraient revenir début septembre. Merci de votre fidélité et bonne lecture!</p>
<p>1/ Santé publique</p>
<p>Pour commencer, la HAS a proposé les moyens d&rsquo;assurer son <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2808961/fr/developpement-professionnel-continu-dpc">DPC</a>. Malheureusement la tenue de ce blog (et sa lecture) ne semblent pas être un moyen validé de continuer à se former. (Tsst, n&rsquo;importe quoi!)</p>
<p>Dans le BMJ, on retrouve 17 mesures proposées par la <a href="https://www.bmj.com/content/362/bmj.k2903">NHS</a> (National Health Services britanniques) pour renoncer à des soins inutiles dans la pratique courante. Ils sont divisés en 2 parties: ceux ne devant pas être proposés ( la chirurgie des ronflements hors SAOS, curetage pour ménorragies sévères,  arthroscopie pour gonarthrose, infiltrations pour lombalgie commune sans sciatalgie) , et ceux ne devant être proposé qu&rsquo;a certains patients remplissant toutes les conditions (comme les aérateurs transtympaniques pour otite séreuse de l&rsquo;enfant, amygdalectomie pour angines récidivantes&hellip;)</p>
<p>Un <a href="https://publichealthreviews.biomedcentral.com/articles/10.1186/s40985-018-0095-6">article</a> revient également sur le sur-dépistage des cancers de la thyroïde, des sténoses carotidiennes et du pré-diabète. Les auteurs concluent qu&rsquo;aucun de ces dépistage n&rsquo;a démontré de bénéfice en terme de morbi-mortalité, et qu&rsquo;ils sont dangereux, inutiles et couteux.</p>
<p>Un article du <a href="https://bmjopen.bmj.com/content/8/6/e021161">BMJ Open</a> revient sur l&rsquo;importance de la coordination des soins par le médecin généraliste. En effet, cette méta-analyse retrouve qu&rsquo;une bonne coordination des soins (c&rsquo;est a dire référer ses patients avec des courriers etc&hellip;) est associé à une réduction de la mortalité des patients!</p>
<p>2/ Cardiovasculaires</p>
<p>Parlons maintenant anticoagulation. Une étude de <a href="https://www.bmj.com/content/362/bmj.k2505">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé aux différents anticoagulants, étudiés cette fois ci en médecine générale. Que ce soit chez les patients atteints de fibrillation auriculaire ou d&rsquo;une autre pathologie, en comparaison de la coumadine, les patients traités par rivaroxaban et apixaban a dose inférieure à 10mg/j voyaient leur risque de mortalité augmenté. Cependant, avec l&rsquo;apixaban 10mg/j, les risques d&rsquo;hémorragie cérébrales et gastro-intestinales étaient significativement diminués sans différence de mortalité. Donc l&rsquo;apixaban se confirme comme option thérapeutique, mais en cas de nécessité de passer à la demi-dose, il peut être plus judicieux de changer de molécule: coumadine ou dabigatran qui semblait assez neutre, mais pas de rivaroxaban dans tous les cas! (les traitements en 1 prise/j semblent bien moins efficaces et plus risqués)</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Commençons par cette réponse de l&rsquo;<a href="http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2018/07/2-juillet-2018-CP-Lyme-par-HAS-re%CC%81actions-de-l-ANM.pdf">Académie de Médecine</a> à la HAS qui n&rsquo;approuve pas les recommandations publiées, car la HAS reconnait le SPPT alors qu&rsquo;aucune preuve scientifique n&rsquo;a, à ce jour, validé cette entité pathologique.</p>
<p>Le <a href="https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(18)30245-7/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=73791093&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">Lancet</a> a publié un article intéressant sur l&rsquo;épidémiologie des méningites au Royaume Uni. Les auteurs retrouvent que:</p>
<ul>
<li>
<p>l&rsquo;incidence annuel des méningites est de 13,5 par an pour 100 000 personnes</p>
</li>
<li>
<p>le symptôme le plus fréquemment retrouvé était les céphalées (93%), la raideur de nuque était présente dans 50% des cas et la photophobie dans 70%. Mais la fièvre n&rsquo;était présente que dans 23%, alors attention!</p>
</li>
<li>
<p>les méningites bactériennes représentent 16% des méningites, avec en 1er lieu des pneumocoques (8% du total des méningites) et ensuite les méningocoques (5% du total des méningites, et dans les méningites à méningocoque: 55% de sérotype B, 28% de Y,  3% de W, 14% inconnu, et aucun C objectivé)</p>
</li>
<li>
<p>les méningites virales représentent environ 37% des méningites</p>
</li>
<li>
<p>3% des méningites sont mycobactériennes ou fongiques</p>
</li>
<li>
<p>42% des méningites sont de cause inconnue.</p>
</li>
</ul>
<p>Enfin, la <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2824491/fr/anti-infectieux-associes-a-un-corticoide-en-gouttes-auriculaires-auricularum-oxytetracycline-polymyxine-b-nystatine-dexamethasone-otite-externe">HAS</a> fait une petite mise au point sur les otites externes, en disant que l&rsquo;association antibiotique+corticoïde n&rsquo;a pas d&rsquo;intérêt démontré sauf pour Ciloxadex* (ciprofloxacine + dexamethasone) qui ne doit cependant pas être un traitement de première intention. Les fluoriquinolones locales sont le seul traitement avec une efficacité bien démontré, et doivent donc être utilisées en 1ere intention sans corticoïdes local associé. Enfin, l&rsquo;Auricularum* (nystatine + oxytétracycline + polymyxine B + dexaméthasone) doit être réservé aux situation où une étiologie mycosique est suspectée.</p>
<p>Merci à tous, pensez à vous abonner pour ne pas rater le Dragi Webdo de la rentrée! Passez un bon été et de bonnes vacances pour ceux qui vont en prendre!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi3EtQoXxl2ALKOPsw6gWntuSg_RTnm8xL7KgJ8yK8DRqEfTkZsPErQVIFzcHpgMFqKI5MSxMnUvpuiFO5JPb9y4De2iuCtPQjkqcYsxNT6J87Mrl4G0P-q-EsRi_bGr-0x4LaGWffil2NO/s1600/vacances.jpg"><img src="/images/articles/2018/vacances.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°190: baclofène, lavages de nez, perte d'audition (reco NICE), ostéoporose (reco US)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/07/dragi-webdo-n190/</link><pubDate>Sun, 01 Jul 2018 10:45:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/07/dragi-webdo-n190/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>ORL</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Urologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Cette décision de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?oldAction=rechJuriJudi&amp;idTexte=JURITEXT000037042972">cour de cassation</a> condamnant un médecin pour &ldquo;abus&rdquo; de mention non substituable me laisse coi&hellip;. Certes, j&rsquo;en use pas souvent, mais bien que la liberté de prescription et d&rsquo;usage du &ldquo;non substituable&rdquo; soit écrit dans la loi, il semble qu&rsquo;il va falloir justifier dans le dossier le pourquoi de cette mention (intolérance, etc&hellip;). Bref, il me semble logique qu&rsquo;il faille justifier une prescription particulière et ça va être très simple de dire non aux patients avec cette décision, mais, la liberté de prescription semble quand même en prend un coup, alors que c&rsquo;est cette liberté qui était mis en avant par le médecin et que le 1er tribunal avait reconnu. Un autre jugement de la sorte devrait avoir lieu prochainement, nous verrons si l&rsquo;issue est identique&hellip; Bref, c&rsquo;est parti pour les actualités médicales!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>La commission mandatée par l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Baclofene-dans-l-alcoolo-dependance-publication-du-rapport-du-CSST-sur-le-rapport-benefice-risque">ANSM</a> a rendu son verdict sur le baclofène dans le traitement de l&rsquo;alcoolodépendance: la balance-bénéfice risque est négative avec une efficacité non établie et des risques sévères (y compris de décès) à forte dose.</p>
<p>Concernant la metformine pendant la grossesse, une étude du <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k2477">BMJ</a> se veut rassurante, avec aucune augmentation des risques d&rsquo;anomalies congénitales et de morts fœtales. Seule l&rsquo;atrésie de la valve pulmonaire pouvait sembler augmentée, mais, compte tenu du nombre d&rsquo;analyses et de l&rsquo;absence de données concordantes, les auteurs concluent que cette significativité est probablement liée au hasard.</p>
<p>2/ ORL</p>
<p>Bien que des traitements sans efficacité sont remboursés, il y en a des efficaces qui ne le sont pas. Cette revue <a href="http://cochranelibrary-wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD012597.pub2/full">Cochrane</a> parle de efficacité sur sérum physiologique utilisé pour des lavages de nez  (DRP) dans la rhinite allergique et va faire plaisir à la #TeamRhinoHorn. En effet, le sérum phy semble efficace pour améliorer les symptômes des rhinites allergiques  versus &ldquo;pas de DRP&rdquo;. et efficace pour améliorer les symptômes en plus des traitements anti-histaminiques. Il n&rsquo;y avait malheureusement pas d&rsquo;études évaluant les DRP versus les antihistaminiques.</p>
<p>Le NICE a publié des recommandations sur la perte d&rsquo;audition. Elles ont été reprises dans un article du <a href="https://www.bmj.com/content/bmj/suppl/2018/06/22/bmj.k2219.DC1/ftos250418.wi.pdf">BMJ</a> qui met en avant les délais de rendez vous à obtenir :</p>
<p>*Un RDV ORL dans les 24 heures est nécessaire pour:</p>
<ul>
<li>
<p>les pertes d&rsquo;audition unilatérales avec atteinte des nerf trijumeau ou facial</p>
</li>
<li></li>
</ul>
<p>les pertes d&rsquo;audition brutales survenant en moins de 3 jours si elles
sont vues dans un délai de 30 jours (ou adresser aux urgences si on est
précoce dans la prise en charge car c&rsquo;est évocateur d&rsquo;AVC)</p>
<ul>
<li>les otalgies avec otorrhées persistantes à 72 heures de traitement chez un patient immuno-déprimé</li>
</ul>
<p>* un RDV ORL dans les 2 semaines pour:</p>
<ul>
<li>
<p>les pertes d&rsquo;audition brutales survenant en moins de 3 jours si elles sont vues après 30 jours.</p>
</li>
<li>
<p>les pertes d&rsquo;audition rapidement progressives en 4 à 90 jours</p>
</li>
<li></li>
</ul>
<p>les épanchements auriculaires sans signes d&rsquo;infection ORL associé chez
les patients d&rsquo;origine chinoise et d&rsquo;Asie du sud-est (suspicion de
carcinome nasopharyngé)</p>
<p>* un RDV ORL en routine pour le reste:</p>
<ul>
<li></li>
</ul>
<p>baisse d&rsquo;audition fluctuante sans signe d&rsquo;infection, perte d&rsquo;audition
avec hyperacousie, avec acouphènes, avec vertiges ou toute perte
d&rsquo;audition en fait&hellip;</p>
<ul>
<li>MAIS il est demandé au généraliste de
vérifier l&rsquo;absence de bouchons de cérumen et d&rsquo;éventuellement les
retirer avec une sonde ou irrigation électronique (l&rsquo;utilisation de
seringues pour nettoyer est proscrite car trop traumatisant pour le
tympan)</li>
</ul>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Même si j&rsquo;essaye de faire de mon mieux pour rester clinique et pratique, je  comprends parfaitement les reproches qui sont faites aux départements de médecine générale, d&rsquo;être en dehors de la pratique réelle. On le voit bien avec  l&rsquo;étude <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k2478">PROOF-BP</a> qui a l&rsquo;objectif louable d&rsquo;essayer de diagnostiquer l&rsquo;HTA grâce aux mesures au cabinet en évitant le recours aux mesures à domicile qui sont parfois difficiles à obtenir. Ils ont donc créer un algorithme pour les patients avec plus de 130/80 pour déterminer s&rsquo;ils sont hypertendus. Leur algorithme a une sensibilité de 97% et une spécificité de 76%. Jusque là, c&rsquo;est pas si mal. Mise en pratique, voici l&rsquo;algorithme pour déterminer les valeurs de PAS et PAD:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjBNf9brlYjwFwEvYfx0srm8QQ8ZVCiygNAeiXmW8CnMMUTKkOGRCkZ_0uIgLLs291kqK4_FrPDutOOcmhB882SFoOc6bLDtZ11QX-Cd9FGjUTLEnhokw_hRzI7_zJN7TmT4CjtBflJCxWL/s1600/HTA.png"><img src="/images/articles/2018/hta-2.png" alt=""></a></p>
<p>Je préfère prêter un appareil d&rsquo;automesure à mon patient s&rsquo;il n&rsquo;en a pas.</p>
<p>5/ Urologie</p>
<p>L<a href="http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2018/06/18.6.5-VILLERS-site.pdf">&lsquo;académie de médecine</a> parle IRM et cancer de prostate. Les auteurs sont en faveur d&rsquo;une IRM préalable à des biopsies pour qu&rsquo;elles soient guidées. Ils proposent une surveillance simple du PSA en cas d&rsquo;absence d&rsquo;anomalies à l&rsquo;IRM. C&rsquo;est bien en accord avec les publications récentes (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n181.html">ici</a>).</p>
<p>6/ Rhumatologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2685995">USPSTF</a> a émis des recommandations sur le dépistage de l&rsquo;ostéoporose. Elles sont particulièrement larges. En effet, chez la femme ménopausée âgée de moins de 65 ans , la recherche d&rsquo;ostéoporose par ostéodensitométrie est recommandée chez les femmes avec au moins 1 facteur de risque: antécédent familial de fracture du col du fémur, tabagisme, dépendance à l&rsquo;alcool, maigreur. (ça c&rsquo;est un peu comme les recos françaises, mais avec un peu plus de facteurs pris en compte et sans la corticothérapie au long court). Chez les femmes de plus de 65 ans, ils recommandent une recherche d&rsquo;ostéoporose même en l&rsquo;absence de facteurs de risque. C&rsquo;est un peu étonnant, d&rsquo;autant plus que le taux d&rsquo;obésité est important et que c&rsquo;est un facteur protecteur (mais peut être que ces obésités s&rsquo;accompagnent de carences alimentaires pouvant favoriser les fractures&hellip;)</p>
<p>Bien, le match m&rsquo;a permis de ne pas voir grand monde en garde, et donc de finir ce billet dans les temps! Si vous voulez vous reposer un peu l&rsquo;esprit, le <a href="https://twitter.com/hashtag/JoueLaCommeKierzek?src=hash">#JoueLaCommeKierzek sur Twitter</a> a mobilisé de nombreux médecins, stétho au vent!<br>
A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°189: Mesures tensionnelles, Lyme/SPPT (reco HAS), dyspareunies, hyperthyroïdie, cible HbA1C</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/06/dragi-webdo-n189/</link><pubDate>Sun, 24 Jun 2018 09:50:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/06/dragi-webdo-n189/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous et bonne vacances aux futurs internes! Félicitations pour votre travail et j&rsquo;espère que vous serez satisfaits de vos résultats à ces ECNi.  Et pour ceux qui ne sont pas en vacances, voici les actualités!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Le capteur glycémique <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Point-sur-les-donnees-de-materiovigilance-du-dispositif-de-mesure-du-glucose-FreeStyle-Libre-Point-d-Information">FreeStyle Libre</a> est victime de son succès et est quasiment en rupture de stock. Mais compte tenu du nombre d&rsquo;utilisateur, on voit de nombreuses déclarations de pharmacovigilance: des réactions au point de ponction et des valeurs de glycémie discordantes. Alors, attention et signalons!</p>
<p>Pour les patients qui seraient sous <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Prolia-denosumab-et-risque-potentiel-de-fractures-vertebrales-multiples-a-l-arret-du-traitement-Point-de-situation">denosumab</a>/Prolia pour l&rsquo;ostéoporose, on note un effet rebond responsable de fracture a l&rsquo;arrêt du traitement. Du coup, les sociétés savantes de rhumatologie et d&rsquo;ostéoporose recommandent d&rsquo;instaurer un bisphosphonate quelques mois a l&rsquo;arrêt&hellip;. Ça manque de logique puisque si le Prolia a été introduit, c&rsquo;est normalement parce que les bisphosphonates ne marchaient pas ou n&rsquo;étaient pas tolérés&hellip; étant donné que c&rsquo;est un traitement de 2ème intention.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Comme on l&rsquo;a vu la semaine dernière, l&rsquo;adaptation des traitements antihypertenseurs devrait se faire au cabinet (si les mesures au cabinet et en ambulatoire sont a peu près concordantes). Quand la tension est trop élevée, la remesurer a plusieurs reprise permet une baisse de PAS d’environ 8 à 11mmHg entre la 1ère mesure et la mesure finale d&rsquo;après cet <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2678452">article</a> du Jama internal medicine.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Parlons maintenant des recommandations sur la <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2857558/fr/borreliose-de-lyme-et-autres-maladies-vectorielles-a-tiques">maladie de Lyme</a> publiées par la HAS. Il n&rsquo;y a pas grand chose de nouveau concernant les phases primaires (diagnostic clinique et antibio, mais la doxycycline est notée en 1er en l&rsquo;absence de contre-indication), secondaires et tertiaires (dont le diagnostic repose sur la sérologie Elisa puis Western blot , éventuellement complété par des PCR sur prélèvement locaux orientés). Le point qui porte à controverse concerne la/le Symptomatologie/ Syndrome persistant(e) polymorphe après une possible piqûre de tique alias SPPT (je ne sais pas comment ils ont compté mais pour moi, ça fait plutôt SSPPAPPT). Ce sont les &ldquo;truc bizarres&rdquo; que l&rsquo;on peut rapporter à une piqure de tique. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un diagnostic à évoquer devant:</p>
<ul>
<li>
<p>1 possible piqure de tique avec ou sans notion d&rsquo;érythème migrans</p>
</li>
<li>
<p>associé à la triade depuis 6 mois: asthénie avec diminution des capacités, syndrome polyalgique et plainte cognitive (troubles mnésique, troubles de concentration ou idéation lente)</p>
</li>
</ul>
<p>En soit, ce n&rsquo;est pas si mal décrit, il y a une prise en charge diagnostique initiale, devant comporter:</p>
<ul>
<li>
<p>NFS, bilan hépatique, CRP, ionogramme sanguin, créatinine, glycémie à jeun, CPK, ferritine, TSH, bandelettes urinaires pour rechercher une inflammation chronique</p>
</li>
<li>
<p>sérologies VIH, syphilis, HVC, HVB, EBV, CMV pour rechercher une autre infection.</p>
</li>
<li>
<p>la sérologie de maladie de Lyme mais, en cas de positivité, il est impossible de savoir s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une infection ancienne active ou d&rsquo;une cicatrice sérologique d&rsquo;un ancien Lyme traité.</p>
</li>
<li>
<p>des examens orientés selon la clinique (anticorps anti nucléaires etc&hellip;)</p>
</li>
</ul>
<p>C&rsquo;est là que vient le débat. La HAS ne dit pas clairement qu&rsquo;en cas de sérologie de Lyme négative, il n&rsquo;y a pas de SPPT, alors que c&rsquo;est la position défendue par les infectiologues de la SPILF. De plus, en cas de sérologie Lyme positive avec le reste du bilan négatif, un avis en centre spécialisé est nécessaire. Et bien que la HAS dise qu&rsquo;un traitement d&rsquo;épreuve de 28 jours de doxycycline puisse être entrepris de façon unique/non répétée, elle ouvre la porte aux dérives en disant que les traitements répétés doivent se faire dans la cadre de protocoles de recherche. Cela ne me choque pas particulièrement, mais il faudrait vraiment que ce soit dans des protocoles de recherche et non dans des habitudes de services, hein.</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Des recommandations de prise en charge de la <a href="http://www.sfmu.org/upload/consensus/RFE_Exacerbation_Severe_d_asthme2018.pdf">crise d&rsquo;asthme sévère</a> ont été publiées par les sociétés savantes d&rsquo;urgences et de réanimation. Le point concernant les généraliste sont les critères de gravité: antécédent d’hospitalisation et  de  recours  à  la  ventilation  mécanique  pour  asthme,  prise  récente  de  corticoïdes oraux,  consommation  importante  ou  croissante  de  bêta-2  mimétiques,  âge  &gt;  70  ans, difficulté à parler, troubles de la conscience, état de choc, fréquence respiratoire &gt; 30 cycles/min, existence d’arguments en faveur d’une pneumopathie infectieuse. De plus, il est souligné l&rsquo;importance de la mise en place d&rsquo;un traitement de fond ou son renforcement après une crise d&rsquo;asthme sévère.</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k2341">BMJ</a> propose un article sur les dyspareunies. Les auteurs notent qu&rsquo;une dyspareunie survenant brutalement a plutôt une cause psychologique alors qu&rsquo;une survenue progressive est en faveur d&rsquo;une cause organique, bien que psychologique et somatique soient souvent imbriqués. Voici quelques diagnostics simples à faire en consultation, si la patiente accepte l&rsquo;examen devant des dyspareunies non profondes.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgdjk-QQQWI1JOnej0ogkG1WXNMrzusack8mu3lsLFM9bnR-JOyAgxjq3Ee3NTlnxueLFepBfJYbXLZIgeTmnVdBO1jus-b0_QHU9E-FTi_Oyv4RFpfx36556I_rgFFuedd0yJefGb78bOa/s1600/dyspareunies.jpg"><img src="/images/articles/2018/dyspareunies.jpg" alt=""></a></p>
<p>6/ Pédiatrie</p>
<p>Une série de tests sanguins associés à l&rsquo;examen clinique seraient en mesure de diagnostiquer précocement les <a href="https://onlinelibrary.wiley.com.hellebore.biusante.parisdescartes.fr/doi/full/10.1002/btm2.10095">troubles du spectre autistique</a>. Plusieurs journaux ont repris cet article en disant qu&rsquo;on ferait bientôt des diagnostics précoces (&lt;24 mois) avec une précision de 88%. Les auteurs de l&rsquo;article concluent différemment, en disant que leur algorithme doit être perfectionné, qu&rsquo;il y a encore pas mal de faux positifs ( entre 5% et 20% selon les modèles utilisés), donc il y a encore de longues recherches à mener.</p>
<p>7/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMcp1709318">NEJM</a> a publié un article sur l&rsquo;hyperthyroïdie infraclinique, c&rsquo;est à dire avec TSH abaissée et T3/T4 normales. En gros, c&rsquo;est le risque cardiovasculaire qui doit guider l&rsquo;indication de traitement:</p>
<ul>
<li>
<p>après 65 ans ou en cas de facteurs de risque cardiovasculaire: traitement quelque soit la TSH par iode radioactif/chirurgie si nodule chaud ou iode radioactif/antithyroidiens si Basedow.</p>
</li>
<li>
<p>avant 65 ans: Si TSH entre  0,1 et 0,4 ou &lt; 0,1 et asymptomatique: surveillance tous les 6-12 mois. Si TSH &lt; 0,1 et symptomatique: traitement par antithyroïdiens (+/- bêtabloquants) si nodule chaud ou Basedow.</p>
</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhU42_4kD5Q3ndTPEf9YwoQivGJaWNg5zBiH4dPJ-Dr_jBxV_jbNaCkmoV4jtAsHXCkSxvDjiBlMR_Hi8nPyz6XyPXDOJiYJBLuSCOJxuTxg-r8lA4WYKboj04BsZs5g5cjQPEsAUzoKYHW/s1600/hyperthyro%25C3%25AFdie.jpg"><img src="/images/articles/2018/hyperthyro-25c3-25afdie.jpg" alt=""></a></p>
<p>Enfin, l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2685139">académie de médecine américaine</a> a publié ses recommandations sur contrôle glycémique des patients diabétiques de type 2 (hors grossesse). Ils recommandent une HbA1C entre 7% et 8% pour tous les patients, et de déprescrire les traitements en cas d&rsquo;HbA1C &lt; 6,5%. Chez les patients avec une espérance de vie inférieure à 10 ans, il est surtout recommandé de traiter pour minimiser les symptômes d&rsquo;hyperglycémie, d&rsquo;éviter les hypoglycémies et de ne pas avoir de cible d&rsquo;HbA1C.</p>
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<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°188: HTA (recos européennes), AVC (recos HAS), ECG (recos US), patch nicotinique, pevmecilinam vs ibuprofène, canal lombaire rétréci</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/06/dragi-webdo-n188/</link><pubDate>Sun, 17 Jun 2018 10:20:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/06/dragi-webdo-n188/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, ça va être un des Dragi Webdo de l&rsquo;année, un de ceux à ne pas manquer avec de nombreuses recommandations. La sélection était compliquée, il ce peut que ce billet soit un peu long&hellip; Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>C&rsquo;est désormais bien acté, le valproate est contre-indiqué formellement chez la femme en âge de procréer d&rsquo;après l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Le-valproate-est-interdit-pendant-la-grossesse-et-ne-doit-plus-etre-prescrit-aux-filles-adolescentes-et-femmes-en-age-de-procreer-sauf-circonstances-exceptionnelles-Communique">ANSM</a>. En cas de circonstances exceptionnelles, avec intolérance aux alternatives et indication particulière, il faudra remplir les formulaires du dossier valproate comprenant la carte de patiente, l&rsquo;attestation d&rsquo;information de la patiente etc&hellip;</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Moins de 2 ans après la publication des recos HAS de 2016 copiant les recos européenne, de nouvelles recommandations européennes (ESC et ESH) ont été présentées au <a href="http://www.eshonline.org/esh-annual-meeting/">congrès européen d&rsquo;HTA</a>. Enormément de changements sont à prévoir:</p>
<ul>
<li>
<p>le diagnostic de l&rsquo;HTA se fait toujours par automesures tensionnelles (en général) ou MAPA qui doit être préférée en cas de suspicion d&rsquo;HTA nocturne (bilan de SAOS, de néphropathie, de diabète&hellip;)</p>
</li>
<li>
<p>une tension &lt; 120/80 peut être contrôlée tous les 5 ans, inférieure à 125/85 tous les 3 ans et &lt; 139/89 tous les ans, pour ce qui est des valeurs en cabinet. Si la tension au cabinet est &gt; 140/90, c&rsquo;est là qu&rsquo;il faut effectuer une mesure ambulatoire.</p>
</li>
<li>
<p>en cas d&rsquo;HTA blouse blanche, un traitement peut être indiqué en présence d&rsquo;atteinte d&rsquo;organe pouvant correspondre à de l&rsquo;HTA (néphropathie, HVG, rétinopathie)</p>
</li>
<li>
<p>le bilan du retentissement doit comprendre un ECG, créatininémie, protéinurie/créatininurie et un fond d&rsquo;oeil surtout pour les grades 2 et 3 (ça c&rsquo;est nouveau). Il ne parlent pas dans cette présentation de la Kaliémie pouvant faire évoquer une HTA secondaire ni du bilan glycémique et cholestérol pour évaluer le risque cardiovasculaire associé.</p>
</li>
<li>
<p>comme dans les reco américaines, il est recommandé de traiter dès 130/85 les patients en prévention secondaire ou à très haut risque. Pour les autres, entre 140/90 et 159/99 le traitement est à débuter après 3 à 6 mois de règles hygiénodiététiques, et au delà de 160/100, un traitement est à débuter d&rsquo;emblée.</p>
</li>
<li>
<p>nouveau gros changement: traiter, avec quel objectif: Il faut savoir que les études n&rsquo;ont pas étudié d&rsquo;objectif sur des mesures ambulatoires, donc ce sont des objectifs AU CABINET:</p>
</li>
</ul>
<p>*<strong>Avant 65 ans:  &lt; 130mmHg (mais &gt; 120)</strong></p>
<p>*<strong>Entre 65 et 80 ans: &lt;140mmHg  (mais &gt; 120)</strong></p>
<p><strong>*Après 80 ans: &lt; 140mmHg (mais &gt; 130)</strong>(alors que les anciennes recos disaient &lt;150 sans hypotension)</p>
<p><strong>*Et pour les diastoliques: entre 70 et 80mmHg</strong></p>
<ul>
<li>par quel médicament commenter? Pour une fois, les auteurs prennent leurs responsabilités et conseillent enfin des classes! autre gros changement: il faut <strong>débuter par une BITHERAPIE</strong> en 1 comprimé. En effet, même si ça peut sembler plus lourd, il faut préférer des multithérapies faibles doses aux des thérapies forte doses qui donnent davantage d&rsquo;effets indésirables:</li>
</ul>
<p>* commencer par IEC/ARAII+thiazidique ou IEC/ARAII+inhibiteur calcique.</p>
<p>*les bêta bloquants peuvent être utilisés dans l&rsquo;association initiale s&rsquo;ils sont indiqué pour une autre raison (ACFA, post-infarctus&hellip;)</p>
<p>*si la tension n&rsquo;est pas contrôlée: IEC/ARAI+inhibiteur calcique+thiazidique (de préférence en 1 comprimé, mais ça n&rsquo;existe pas en France de façon remboursée, donc faudrait que la sécu se mette à jour).</p>
<p>*si la TA n&rsquo;est pas contrôlée, c&rsquo;est une HTA résistante, et on pourra ajouter: spironolactone (ou a défaut un autre diurétique épargneur potassique, ou un thiazidique forte dose ou un bêta bloquant (bisoprolol et nébivolol semblent les mieux éprouvés) ou un alphabloquant (la doxazosine est la seule citée,  hors AMM)</p>
<p>J&rsquo;attends, la version publiée de ces recos qui paraitront en aout pour apporter au besoin des précisions, notamment si une préférence IEC ou ARAII se dégage, mais j&rsquo;en doute, le lobby ARAII est trop fort!</p>
<p><em>#Edit du 25/08/2018:</em><br>
<em>*Le reste du bilan initial:</em> <em>NFS plaquettes, EAL, glycémie à jeun
et HbA1C (comme aux USA!), Na, K, acide urique, bilan hépatique</em><br>
<em><strong>*Exceptions</strong> à l&rsquo;introduction d&rsquo;une bithérapie initiale: TAS&lt;150mmHg et faible risque CV ou patient fragile.</em><br>
<em>*Concernant le choix IEC ou ARAII: pas de différence d&rsquo;efficacité
d&rsquo;après les recos (et pas de molécule recommandée), un peu plus d&rsquo;arrêt de traitements sous IEC, et éviter les
IEC chez les sujets noirs qui seraient plus sujets à l&rsquo;angio-oedeme et
donc préférer un ARAII d&rsquo;emblée si on doit en mettre un. Mais bon, même si en comparaison directe il n&rsquo;y a pas de différence d&rsquo;efficacité, les IEC sont les seuls à avoir montré un gain de mortalité globale versus placebo&hellip;</em><br>
<em>*Concernant les
inhibiteurs calcique, c&rsquo;est l&rsquo;amlodipine qui est principalement
recommandée car c&rsquo;est le seul avec une efficacité bien prouvée.
(éventuellement verapamil et diltiazem)</em><br>
<em>*Concernant les diurétiques, les thiazidiques-like (indapamide) seraient
un peu plus efficace que l&rsquo;hydrochlorothiazide mais il y a peu de
comparaisons directes.</em></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg4gV6PP4n-1BygHgMLx5Tp9B9JmjfLOvLaAUpH8HxyILbCc8jyxCKhzVblOv7oQDvYkhVu8PUWUtjYgPoMi65BmG1c8XQKPYGF2ggso6rI6ZMqiFmO7lk-7CsIecGPdGH3wdxVVMGPAobD/s1600/cibles+HTA.jpg"><img src="/images/articles/2018/cibles-hta.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est là dessus que les recomandations <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1252051/fr/prevention-vasculaire-apres-un-infarctus-cerebral-ou-un-accident-ischemique-transitoire">HAS</a> sur l&rsquo;AVC/AIT arrivent et elles sont presque concordantes! Le traitement anti-hypertenseur vise un objectif inférieur à 140/90, et les traitements recommandés sont en 1ère intention: thiazidique ou IEC ou inhibiteur calcique (youpi, pas de bêtebloquant ni d&rsquo;ARAII!). L&rsquo;objectif de LDL est à 1g/L (et non 0,7g/L qui semble être réservé au post-infarctus). Autre chose concordante, dans le cadre de cette reco sur les AVC, une statine est recommandé chez les patients diabétique quelque soit le taux de LDL. Cette reco dit de se référer à la fiche HAS sur les statines pour choisir une statine avec un bénéfice clinique, et dans ce cas, il semble que seule la simvastatine ait le niveau de preuves suffisant. Ces points sont indépendant de la cause de l&rsquo;AVC, et il n&rsquo;y a pas de grande nouveauté en ce qui concerne les traitements selon la cause. Cependant, la HAS rappelle l&rsquo;absence d&rsquo;indication au long court de l&rsquo;association anti-agregant plaquettaire + anticoagulant, mais que l&rsquo;anticoagulation seule suffit.</p>
<p>Des recos américaines maintenant, par l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2684613">USPSTF</a> (HAS américaine): il est recommandé de ne pas faire d&rsquo;ECG de dépistage  (de repos ou d&rsquo;effort) chez les patients à faible risque (à cause des très faibles bénéfices et des risques/conséquences indésirables du dépistage) et aucune recommandation ne peut être effectuée chez les patients à risque modérée ou élevé car les études ne sont pas suffisantes pour trancher. J&rsquo;avais déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/04/dragi-webdo-n94.html">ici</a> d&rsquo;un article du BMJ et de l&rsquo;avis du CNGE sur l&rsquo;ECG du sportif. Bref, enfin une recommandation nationale allant contre les ECG systématiques (on en reparle des ECG des bilans sécu?)</p>
<p>On va accélérer un peu, avec un article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1800389?query=TOC">NEJM</a> présentant une nouvelle fois les bénéfices du régime méditerranée avec des noix ou avec de l&rsquo;huile d&rsquo;olive, qui permet de diminuer significativement les évènements cardiovasculaires, notamment grâce aux AVC (NNT = 430 patient-année, mais y&rsquo;a pas de iatrogénie médicamenteuse!)</p>
<p>3/ Tabagisme</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé du <a href="https://www.bmj.com/node/978941.full">BMJ</a> vient de retrouver que l&rsquo;utilisation de patch nicotinique de 21mg permettait d&rsquo;augmenter l&rsquo;abstinence à 6 mois par rapport à des soins courant après ajustement sur la prescription de varenicline (NNT =33 patients), en effet les patients avec varenicline étaient plus fréquemment sevrés (NNT pour la varenicline= 14 patients). On reste tout de même, quelque soit le groupe dans de faibles taux de réussite à 1 an: 14% dans le groupe avec patch versus 11% dans le groupe de soins standard&hellip;</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Le dépistage du cancer colorectal entre 50 et 74 ans est une recommandation forte. La <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.3322/caac.21457">société américaine de cancérologie</a> recommande désormais d&rsquo;étendre le dépistage en le débutant à 45 ans, et en le prolongeant pour les patient ayant une espérance de vie supérieure à 10 ans, jusqu&rsquo;à 85 ans. Le dépistage peut se faire par coloscopie ou par analyses des selles régulières (annuel pour un hémoccult ou tous les 3 ans pour les test de recherche d&rsquo;ADN tumoral). Cette reco n&rsquo;est a priori pas extrapolable chez nous pour le moment, parce que notre alimentation n&rsquo;est pas autant pour voyeuse de CCR qu&rsquo;outre atlantique. Alors alimentons nous correctement <a href="http://www.thelancet.com/pdfs/journals/lancet/PIIS0140-6736(03)13174-1.pdf">avec des fibres</a>!</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Voici un <a href="http://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1002569">3ème article</a>, celui ci de Plos medicine, évaluant un antibiotique versus AINS dans la cystite (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/01/dragi-webdo-n78.html">numéro 1</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/11/dragi-webdo-n159.html">numéro 2</a>).  Cette étude nordique en soins primaire a randomisé des patients entre pevmecilinam ( 200x3 fois par jour pendant 3 jours et non 400x2 pendant 5 comme c&rsquo;est recommandé chez nous) et ibuprofène dans une étude de non infériorité.  A J4, 73% des patients sous antibiotiques se sentait guéris contre 35 dans le groupe AINS. Par ailleurs il y a eu des pyélonéphrites dans le groupe AINS et aucune sous antibiotiques (NNH des AINS= 26). Notons quand même qu&rsquo;à 14 jours, 74% des patients sous AINS était asymptomatiques (et 94%, certes, sous antibio), donc je regrette une fois de plus l&rsquo;absence de groupe placebo pour comparer à l&rsquo;histoire naturelle de la cystite, et savoir si c&rsquo;est bien l&rsquo;AINS qui favorise la pyélonéphrite et non l&rsquo;absence d&rsquo;antibiotique.</p>
<p>Contrairement à ce qui était retrouvé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/02/dragi-webdo-n126.html">il y a quelques temps</a> pour les patients BPCO, cet article du NEJM, retrouve que la <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1802670">PCT</a> ne semble pas si intéressante que ça pour réduire la prescription d&rsquo;antibiotiques dans les infections pulmonaires&hellip;</p>
<p>6/ Rhumatologie</p>
<p><a href="http://www.minerva-ebm.be/FR/Article/2155">Minerva</a> revient ce mois ci sur une étude évaluant les infiltrations chez les patients avec canal lombaire rétréci. Les auteurs retrouvent pas de bénéfice sur la douleur et la gêne fonctionnelle aux injections de corticoïdes+ lidocaïne versus lidocaïne seule. De plus, la répétition des injections ne permettait pas non plus d&rsquo;amélioration à 12 mois en cas de non-réponse à l&rsquo;infiltration initiale</p>
<p>C&rsquo;est enfin terminé! Je clôturerai sur une image tirée du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2683543">JAMA</a>, montrant bien la diversité et le peu de preuve sur lesquels reposent les cibles d&rsquo;HbA1C&hellip; je pense qu&rsquo;il y aurait un beau graphique à faire entre les honoraires perçu par big pharma et l&rsquo;HbA1C recommandé par ces 3 sociétés savantes! A bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh4iMb2JAf3qSmiHa5KTE1q50kYxlwJZ3a_MDuEr4UDLR0P4-L6UyxF-gosVZaGJMyXm7Xni_sP6t5tgXoyYZ-yJ6TfpK55ClIIN38r9-FF6S5xVlxFhEhzNSqRQJpZHCZWVsqv5KVmISXo/s1600/Diab.jpg"><img src="/images/articles/2018/diab.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°187 : HTA sujet âgé, HbA1C sujet âgé, otite moyenne aigüe (NICE), pancréatite chronique, vitamine C</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/06/dragi-webdo-n187/</link><pubDate>Tue, 12 Jun 2018 08:27:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/06/dragi-webdo-n187/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, je suis sur que vous avez pensé que ce billet allait passer à la trappe&hellip; Mais non, voici les actualités de la semaine dernière!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Il y a quelques années, la rosuvastatine et l&rsquo;ezetimibe ont été soumis a entente préalable. J&rsquo;avoue qu&rsquo;au début les pharmacies étaient strictes, mais ça fait plusieurs fois que j&rsquo;ai des prescriptions d&rsquo;ezetimibe qui passent sans ça&hellip; Bref, la <a href="https://www.vidal.fr/actualites/22729/crestor_et_generiques_rosuvastatine_desormais_remboursables_sans_demande_d_accord_prealable/">rosuvastatine</a> n&rsquo;est plus soumis à entente préalable. Cherchez la logique quand aucun élément scientifique nouveau n&rsquo;est venu étayer la prescription de cette molécule alors que l&rsquo;ezetimibe a des bénéfices un peu plus solides&hellip;</p>
<p>Une étude suédoise publiée dans le <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k2233/article-info">BMJ</a> se montre rassurante quant au risque de prématurité, de retard mental, d&rsquo;autisme et de malformation chez les enfants dont le père était traité par antidépresseur au moment de la conception.</p>
<p>La <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2682516">metformine</a> est classiquement contre-indiquée en cas d&rsquo;insuffisance rénale mais peut être utilisée à moindre dose jusqu&rsquo;à un DFG estimé à 30ml/min. Cette étude vient confirmer que les acidose lactiques sont associées à la prise de metformine qu&rsquo;en dessous de ce seuil d&rsquo;insuffisance rénale sévère.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2851086/fr/les-anticoagulants-oraux?xtmc=&amp;xtcr=1">HAS</a> a publié une fiche de bon usage du médicament sur les anticoagulants oraux directes, reprenant les posologies &ldquo;en pratique&rdquo; pour chacun, les conduites à tenir pour switcher et&hellip;</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Dans l&rsquo;HTA, avec les nouvelles recommandation américaines avec des seuils d&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2017/11/dragi-webdo-n160.html">HTA abaissé</a> et l&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/05/dragi-webdo-n98.html">SPRINT</a> qui retrouvait un bénéfice au traitement intensif après 75 ans on se demandait si les recos françaises et l&rsquo;objectif de 150mmHg était toujours adapté chez le sujet âgé. Cette <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k2158">étude</a> longitudinale chinoise publiée dans le BMJ et incluant des patients de 92 ans en moyenne, retrouve une jolie courbe en U, avec une majoration de la mortalité avec des tensions inférieures à 110mmHg et une augmentation à partir de 160mmHg de PAS. Cela lasse une cible assez large. Ce qui est particulièrement intéressant, c&rsquo;est de regarder les courbes de mortalité spécifique: quand on baisse la TA, la mortalité cardiovasculaire continue de baisser de façon quasi-linéaire, alors que la mortalité non-cardiovasculaire augmente.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgHXPJFwBPm2mrmKyw0FLeY3h6p_4KFy-8wa7QhM6nFFo6p4io6hw6Fzf0-Wzgr2j1PYio8oqWmRmCDio808p0rUA1r03R7-DDYDJ1OxFpUI200YvCPVScgcEcW_xwYvs5zHFrS2Nn3ytmL/s1600/hta.png"><img src="/images/articles/2018/hta.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng91/chapter/Recommendations#managing-acute-otitis-media">NICE</a> (équivalent de la HAS britannique) a publié des recommandations dans la prise en charge de l&rsquo;otite moyenne aigue. L&rsquo;algorithme est simple:</p>
<ul>
<li>
<p>soit l&rsquo;enfant n&rsquo;est pas bien cliniquement et des antibiotiques sont recommandés,</p>
</li>
<li>
<p>soit l&rsquo;enfant est bien, a plus de 2 ans et n&rsquo;a pas d&rsquo;otorrhée: auquel cas l&rsquo;antibiothérapie peut être différée ou l&rsquo;absence d&rsquo;antibiothérapie peut être considérée.</p>
</li>
<li>
<p>soit l&rsquo;enfant est bien, mais a moins de 2 ans ou a une otorrhée: auquel cas l&rsquo;absence d&rsquo;antibiothérapie ou l&rsquo;antibiothérapie différée peuvent également être considérées. Cependant, on peut également proposer une antibiothérapie d&rsquo;emblée.</p>
</li>
</ul>
<p>Leurs durées d&rsquo;antibiothérapie sont de 5 à 7 jours (jamais 8 jours comme chez nous) et il n&rsquo;est pas fait mention de syndrome otite-conjonctivite pouvant faire favoriser de l&rsquo;amoxicilline-ac.clavu pour mieux traiter les Haemophilus. (qui sont quand même généralement sensibles à l&rsquo;amoxicilline). Enfin, pour la douleur, paracétamol et AINS sont recommandés sur le même plan.</p>
<p>4/ Gastroentérologie</p>
<p>Comme je ne suis pas très calé en pancréatite chronique, voici un tableau récapitulatif publié dans le <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k2126">BMJ</a> et concernant la symptomatologie, les explorations envisagées et les traitements en fonction de l&rsquo;ancienneté de la pancréatite chronique.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgIZsXDbFy9-GwbdHC9gEgFkllX53zOLXhmHSFHmrR2Zx174St5Z6UPpm86x37HNtsiI9EqlXFLd6Q9vBPje_uktWJ-HTHpJOQsSg1V5xpar_1r5Qvv4SEpFPOzFjleYsb4_oLfc9Q6wwHT/s1600/pancr%25C3%25A9atite+chronique.png"><img src="/images/articles/2018/pancr-25c3-25a9atite-chronique.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Vitamines</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2823990/fr/dosage-de-la-vitamine-c-dans-le-sang">HAS</a> a publié un avis sur le dosage de la vitamine C. Les auteurs retrouvent que ce dosage n&rsquo;est pas utile dans les bilans nutritionnels (chirurgie bariatrique, dénutrition, dialyse etc&hellip;). Seule une suspicion clinique de scorbut justifie ce dosage, ce qui n&rsquo;est pas courant et s&rsquo;effectue généralement en bilan hospitalier</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Pour rester dans les &ldquo;cibles glycémiques&rdquo; chez le sujet âgé (on en avait parlé récemment <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2018/04/dragi-webdo-n180.html">ici</a>), un article du <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(18)30048-2/fulltext">Lancet</a> vient confirmer l&rsquo;absence d&rsquo;augmentation de mortalité des patients de plus de 75 ans pour des HbA1C &lt; 8%, et une augmentation en dessous de 6%. Quand on prend en plus en compte la variabilité glycémique (car plus la glycémie est variable, plus le risque de mortalité augmente), seules les HbA1C &gt; 9% étaient associées à une augmentation de la mortalité. Bref, pas de stress quand la glycémie augmente, mais essayer de stabiliser le diabète pour éviter les variation glycémiques.</p>
<p>C&rsquo;est fini, à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°186: anti-aldostérone, dénervation rénale, inhibiteurs de pompe à proton, cancer du sein in situ, vitamine D, acide folique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/06/dragi-webdo-n186/</link><pubDate>Sun, 03 Jun 2018 21:52:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/06/dragi-webdo-n186/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Nutrition</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Voici comme prévu, et dans les temps, le Dragi Webdo de la semaine. Ça y est, les machines peuvent être meilleures que les hommes ! C&rsquo;est ce que cette <a href="https://academic.oup.com/annonc/advance-article/doi/10.1093/annonc/mdy166/5004443">comparaison</a> entre une technologie Google et des dermatologues retrouve pour la 1ere fois. Mais dans le domaine de la dermatologie, c&rsquo;est plus de la &ldquo;banque&rdquo; de données que de la démarche diagnostique. Merci à tous de votre fidélité et bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Ça y est enfin, les anti-Alzheimer vont être déremboursés! C&rsquo;est en effet paru au <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?cidTexte=JORFTEXT000036970192">journal officiel</a>. En fait, il faudrait dire, les anti-Alzheimer actuels, parce que j&rsquo;espère qu&rsquo;on en trouve de nouveaux qui auront une efficacité démontrée dans les années à venir!</p>
<p>Revenons aux inhibiteurs de pompe à proton grâce a cette  <a href="https://doi.org/10.1016/j.therap.2017.08.005">revue</a> de littérature recherchant la présence d&rsquo;un rebond d&rsquo;acidité gastrique à l&rsquo;arrêt des traitements. Cet effet se produite notamment pour les traitements de plus de 4 semaines. Quand il se produit, c&rsquo;est généralement 2 semaines après l&rsquo;arrêt. L&rsquo;histoire ne dit pas si une décroissance progressive limite l&rsquo;effet rebond.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une méta-analyse du  <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2681656">Jama Internal medicine</a> s&rsquo;est intéressé aux anti-aldostérone dans le traitement des SCA-ST+ sans insuffisance cardiaque. Les auteurs retrouvent que les patients ont une diminution de la mortalité globale sous traitement avec une réduction du risque relatif de mortalité de 38% (NNT= 77!). Il n&rsquo;y avait pas de réduction du nombre d&rsquo;insuffisance cardiaque, d&rsquo;infarctus ou d&rsquo;arythmie ventriculaires, mais une légère augmentation de la kaliémie. Concernant la validité, l&rsquo;hétérogénéité était faible et le funel plot semble équilibré malgré le peu d&rsquo;études incluses Ainsi, il faudrait peut être mieux cibler les patients qui devraient être traités par éplerenone ou spironolactone après un infarctus.</p>
<p>C&rsquo;est pas super méd gé, mais un des sujets à la mode dans l&rsquo;HTA reste la dénervation rénale. Après l&rsquo;échec de cette technique dans l&rsquo;étude SIMPLICITY chez des patientes avec HTA sévère ou résistante il y a quelques années (cf <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1402670">ici</a>), une nouvelle <a href="https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)31082-1/abstract">étude</a> vient de re-tester l&rsquo;efficacité du traitement chez des patients avec une HTA modérée à sévère. En effet, ils sont inclus des patients avec auto mesures tensionnelle entre 135/85 et 170/105 après arrêt des traitements anti hypertenseurs. Par rapport à la procédure simulée, la dénervation rénale réduisait la tension artérielle de 6,3mmHg. Bref, d&rsquo;une part, sur 800 patients screenés, seuls 146 ont été inclus, donc on voit bien que la sélection est rude alors qu&rsquo;en incluant des patients avec des HTA à partir de 135mmHg sans traitement, les auteurs visaient un traitement de première intention. Ensuite, on pourrait comparer la dénervation rénale au traitement médicamenteux, mais je pense qu&rsquo;avec une baisse de seulement 6mmHg, les traitements médicamenteux feront mieux. De plus, le critère de jugement étant une baisse de tension à 2 mois, on ne sait pas si l&rsquo;effet est prolongé ou s&rsquo;il y a, à terme un effet sur la mortalité ou les évènements cardiovasculaire. De la même façon, sur 2 groupe d&rsquo;environ 70 patients, il est logique de ne pas voir de différence d&rsquo;effets indésirables liés à la procédure.. Enfin, devant la discordance entre les études sur la dénervation rénale, seule une bonne méta-analyse pourrait donner des éléments de réponses, alors c&rsquo;est assez énervant de voir les gros titres de presse avec un médecin blindé de conflits d&rsquo;intérêt déclarer que ce traitement est efficace sans aucune nuance&hellip;</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k1410">BMJ</a> revient sur les carcinomes in situ du sein. Les auteurs reviennent sur les traitements et, si la chirurgie conservative ne fait pas débat, il semble nécessaire de discuter la radiothérapie qui y est souvent associée. En effet, cette dernière réduit le risque de récurrence mais n&rsquo;a pas d&rsquo;impact sur la mortalité par cancer du sein ou la mortalité globale. Et concernant le besoin de chimiothérapie, vous pouvez aussi aller lire <a href="http://www.docteurjd.com/2018/06/03/asco18-dans-70-des-cas-de-cancers-du-sein-localises-ne-doit-pas-faire-de-chimiotherapie/?utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter">ce billet qui en parle</a>!</p>
<p>4/ Nutrition</p>
<p>Finissons sur de la supplémentation vitaminique. D&rsquo;abord, la supplémentation en <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapediatrics/fullarticle/2681637">vitamine D</a> chez l&rsquo;enfant. Les auteurs ont comparés la dose classique de 400UI/j versus une dose intense de 1200UI/j dans les 2 premières années de vie. Entre les 2 dosages, il n&rsquo;y avait pas de différence dans la densité osseuse, ni dans le risque de survenue d&rsquo;infection chez les enfants, qui ont eu à 80% un allaitement maternel pendant plus de 6 mois. Bref, il est inutile d&rsquo;avoir recours à une fort dosage et autant en rester au dosage classique. Fort dosage de 1200UI/j? dosage classique de 400UI/j? Mais, pourtant, la <a href="http://sf-pediatrie.com/sites/default/files/recommandations/recovitamined_vidailhet_.pdf">société française de pédiatrie</a> recommande 1000-1200UI/j  (4 gttes de zymaD/j, une goutte faisant 300UI) en cas d&rsquo;allaitement maternel et 600-800 (2 gttes de zymaD/j) en cas d&rsquo;allaitement artificiel. Donc, on est largement au dessus de la dose classique des auteurs, et on peut légitimement rassurer les parents qui oublient les gouttes de temps en temps!</p>
<p>Une méta-analyse s&rsquo;est intéressé aux effets cardiovasculaires de toutes les <a href="http://www.onlinejacc.org/content/71/22/2570">supplémentations vitaminiques</a> possibles. On y voit que le calcium, la vitamine D, la vitamine C et les multi-vitamines n&rsquo;ont pas d&rsquo;effet significatif. Cependant, la niacine (vitamine B3) et les anti-oxydants augmentent significativement la mortalité avec des NNH respectifs de 200 et 250. Par contre l&rsquo;acide folique et les complexes de vitamine B (comportant de la B3, mais aussi la B9=acide folique, B12, et autres B) réduisaient le risque d&rsquo;AVC et d&rsquo;évènements cardiovasculaire. Cet effet de l&rsquo;acide folique est désormais bien connu, j&rsquo;en avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.com/2016/10/dragi-webdo-n109.html">ici</a> en disant que la mutation permettant cet effet bénéfique de l&rsquo;acide folique n&rsquo;était malheureusement présente que dans 10% de la population en France.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjTNRGoUV24dBg_jtSlEQj5GXR3N92s_1Nwba8haZE4l1oMKtwpGkadSB5rPLr3Y7zfXTWRWjPlsn_Hws5IBGZiUJ4J8Yi7Z3kal61ZxahF7pofcUiONhajpz3spZrC5pRwJhPvFQzoUq13/s1600/vitamine.jpg"><img src="/images/articles/2018/vitamine.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour aujourd&rsquo;hui, bonne soirée à tous et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°185: Voyageur (recos 2018), violences conjugales, inhibiteurs de neuraminidase (HCSP), post-AVC, statines (académie de médecine)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/05/dragi-webdo-n185/</link><pubDate>Sun, 27 May 2018 09:08:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/05/dragi-webdo-n185/</guid><category>Infectiologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour et bonne fête aux mamans! J&rsquo;ai été un peu rapide sur la newsletter de la société d&rsquo;infectiologie la semaine dernière. Après relecture, il s&rsquo;agissait d&rsquo;un résumé des nouvelles recommandations encore en cours de publication, et il y avait finalement quelques autres modifications notables. J&rsquo;ai donc édité le paragraphe concerné pour mettre en avant les nouveautés présentes dans ces recos: <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2018/05/dragi-webdo-n184.html">c&rsquo;est par ici</a>! Concernant les actualités de cette semaine, il y en a eu pas mal, surtout cardiologique. J&rsquo;espère que cette petite sélection vous plaira! Bonne lecture!</p>
<p>1/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=659">BEH</a> annuel portant sur les recommandations au voyageur est sorti! Pas de grandes modifications tout du moins, dans les parties que j&rsquo;utilise régulièrement. Je vais juste revenir sur le traitement des diarrhées. Comme précédemment, l&rsquo;azithromycine (500mg/j pendant 3 jours ou 1000mg en 1 prise 1 jour) est l&rsquo;antibiotique recommandée pour l&rsquo;Asie et les fluoroquinolones (cipro: 500x2/j ou oflo: 200x2/j pendant 3 à 5 jours) pour le reste du monde quand un antibiotique est nécessaire. Concernant le traitement symptomatique, il est bien précisé que le racecadotril est une option, mais que le lopéramide est déconseillé (ce qui est nouveau par rapport au BEH de l&rsquo;an dernier).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgEIGhTqa1ialiZ-kTVOoNwqNu6FwaTiZWdnkOvOh-4q9oDGfHc4KWqcdvsTCnAi0PsdByVwWKhg4OPPZCnWcM7W-_nU2LmnjI6noGLiJYrcC2emI_3tUTUupVBg77GZaCbomBPnt9qqy_e/s1600/diarrh%25C3%25A9e.png"><img src="/images/articles/2018/diarrh-25c3-25a9e.png" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=652">HCSP</a> a également republié un avis sur l&rsquo;utilisation des antiviraux (inhibiteurs de la neuraminidase) en cas de grippe saisonnière. Pas de modification, avec toujours la recommandations d&rsquo;utilisation des antiviraux chez les femmes enceintes, les enfants et les patients avec une grippe grave d&rsquo;emblée. Cependant, il y a un paragraphe sur la médecine générale: &ldquo;les INA ont une place limitée en médecine générale en raison du délai tardif de prise en charge des patients. En effet un quart des patients de cette étude, principalement des sujets âgés, consultent après 48 h du début des symptômes&rdquo; Mais ça se serait pas extrapolable en France parce qu&rsquo;on a un système de santé différent. Je suis pas sur de voir mes patients grippés moins de 48h après le début des symptômes (même si j&rsquo;ai pas un délai de consultation long) pour justifier d&rsquo;un traitement aux bénéfices incertains&hellip;(pour mémoire, l&rsquo;avis cite quand même 2 méta analyses  qui ne retrouvent qu&rsquo;un diminution de 1 jour des symptômes, pas de diminution des complications, mais peut être un peu moins de pneumonies et d&rsquo;hospitalisations mais pas sur des patients consultant en médecine de ville)</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Je parlais la semaine dernière du bénéfice de la bi-anti-agrégation plaquettaire en post AVC (aspirine + clopidogrel versus aspirine +placebo) chez des patients avec un AIT ou un AVC avec NIHSS inférieur ou égal à 3. Voici l&rsquo;<a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1800410?query=main_nav_lg">étude</a>, avec les chiffres qui serait en faveur de cette stratégie: le NNT pour éviter 1 évènement ischémique majeur est de 67 et le NNT pour une hémorragie majeure est de 200. Il n&rsquo;y avait pas de différence significative sur la mortalité cardiovasculaire ou globale (même s&rsquo;il y avait une mortalité globale un peu supérieure dans le groupe bithérapie, histoire de chipoter)</p>
<p>Une nouvelle étude étudie l&rsquo;efficacité des anticoagulants après un AVC
chez les patients atteints de fibrillation auriculaire. Dans cette  <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2680419">étude</a> de
cohorte du JAMA, 3 groupes ont été comparés: ceux traités par
anticoagulant, ceux traités par antiagrégants plaquettaires et ceux sans
traitement. Concernant la mortalité, le nombre d&rsquo;évènements à 10 ans
était respectivement de 17.5%, 21.2%, et 21.5% (soit des NNT par
rapport à l&rsquo;absence de traitement de 25 pour l&rsquo;anticoagulation, et 333
pour l’anti-agrégation), et la mortalité à 10 ans était respectivement
de 72.7%, 86.4% et 86.2% (soit une légère
surmortalité sous antiagrégants, et une mortalité moindre sous
anticoagulant: NNT= 8). Donc, vraiment: l&rsquo;antiagrégant en cas de
fibrillation auriculaire: il faut éviter!</p>
<p>Les mesures du BNP et NTproBNP sont elles fiables en médecine générale pour diagnostiquer l’insuffisance cardiaque? Cette <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k1450">étude</a> du BMJ retrouve, qu&rsquo;en soins primaires, le NTproBNP au seuil de 135 avait une sensibilité de 99% et une spécificité de 60%. Concernant le BNP, les différentes seuils supérieurs à 100 avait une sensibilité de 95%. Il n&rsquo;y avait pas de différence entre ces 2 marqueurs, mais les études en ambulatoire semblent manquer pour mieux les utiliser. Le NT proBNP à l&rsquo;air un peu mieux, et n&rsquo;est pas modifié par la prise de certains traitements comme les inhibiteurs de néprilisine (sacubitril/Entresto* indiqué dans l&rsquo;insuffisance cardiaque justement) qui rend le BNP ininterprétable</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2018/05/Statines-version-finale-21-fevrier-1-2404.pdf">académie de médecine</a> a publié un avis sur l&rsquo;efficacité des statines et leurs effets indésirables. Les auteurs retrouvent que les statines instaurées pour un SCORE &gt;5% est cout-efficace, alors que le bénéfice est particulièrement faible pour des seuils à 3% ou 4% (alors que dire du seuil de 1% des recos HAS!) .Chez les patients diabétique, aucun seuil n&rsquo;est proposé, mais il semble que les statines soient bénéfique quelque soit le LDL en prévention primaire. En prévention secondaire, le traitement intensif semble cout efficace également. Sur les effets indésirables 10 à 25% des patients ont des douleurs musculaires. Le NNH pour l&rsquo;apparition d&rsquo;un diabète serait de 500  à 120  patients traités pendant 5 ans respectivement pour des faibles doses et des fortes doses (c&rsquo;est donc assez fréquent, hein!)</p>
<p>Une fois de plus, une étude du <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k1786">BMJ</a> retrouve une association entre l&rsquo;inflammation chronique et les évènements cardiovasculaires. C&rsquo;est l&rsquo;eczéma sévère qui est en cause cette fois ci et qui augmenterai de 20%-50% le risque d&rsquo;AVC, d&rsquo;infarctus et d&rsquo;angor instable. Le risque d&rsquo;insuffisance cardiaque serait augmenté de 70%. L&rsquo;histoire ne dit pas si, en contrôlant mieux l&rsquo;eczéma on diminue le risque cardiovasculaire, mais la pris en charge dermatologique de ces patients ne doit pas faire oublier la prévention cardiovasculaire.</p>
<p>3/ Tabagisme</p>
<p>A nos amis dans les hautes sphères de la santé, il semble que pour améliorer le sevrage tabagique, ce qui marche d&rsquo;après cet article du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMsa1715757">NEJM</a>, c&rsquo;est la gratuité des substituts nicotinique associés à des incitations financières! L&rsquo;e-cigarette gratuite et les substituts gratuits seuls n&rsquo;étaient pas supérieurs aux soins courant.</p>
<p>4/ Violences</p>
<p>Pour finir, la société scientifique de médecine générale belge a publié un guide sur le prise en charge des <a href="http://www.ssmg.be/images/ssmg/files/Recommandations_de_bonne_pratique/VF_RBP_ViolencesConjugales.pdf">violences</a>. Je ne peux tout résumer mais je vous mets l&rsquo;algorithme tiré des recos de l&rsquo;OMS.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg0JiOlaI_8ge_fRv4hVjtuWCUwjMsVV7pdf4vaw_ogva0IOzJ41uNgvcly4zezc8Ivw76rUtzGbh1cjDbIOSat10vp0IScwnR41Qe1P6XkFY9ndhseF6TfIR3cwMq1rj0LKFaBab6LB0oL/s1600/violences.png"><img src="/images/articles/2018/violences.png" alt=""></a></p>
<p>Merci pour votre fidélité, et pensez à vous abonner au blog en mettant votre mail dans l&rsquo;emplacement prévu en haut à droite de la page pour ne pas rater de Dragi Webdo! A bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°184: infection urinaire (reco SPILF), sevrage tabagique, traitement post-AVC, adénome colique, asthme, dépistage précoce diabète, liraglutide en prévention primaire</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/05/dragi-webdo-n184/</link><pubDate>Mon, 21 May 2018 13:52:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/05/dragi-webdo-n184/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Pneumologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! J&rsquo;espère que vous profitez bien de ce jour de repos (enfin, si vous ne travaillez pas&hellip;) Bref, voici les actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Tabagisme</p>
<p>Pour commencer, les <a href="http://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/agnes-buzyn-se-felicite-d-une-nouvelle-etape-pour-mieux-soutenir-les-fumeurs">substituts nicotiniques</a> en gommes et patchs vont être remboursées comme tout traitement pour aider au sevrage tabagique.</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2677060?redirect=true">JAMA internal medicine</a> a randomisé des patients pour sevrage tabagique en 4 groupes: varenicline, bupropion, substituts nicotnique et placebo. L&rsquo;objectif était d&rsquo;étudié la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaire sous traitement. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas plus d&rsquo;évènements cardiovasculaires sous varenicline ou bupropion que sous placebo. Cependant, compte tenu du nombre de groupe, chaque groupe n&rsquo;a que 500 patients environ, ce qui est particulièrement faible pour voir une différence d&rsquo;évènements cardiovasculaire. En regardant le protocole, cette étude est le prolongement d&rsquo;une étude de comparaision d&rsquo;efficacité des traitements dans l&rsquo;arrêt du tabac, et le nombre de sujet nécessaire n&rsquo;a pas été recalculé pour être sur de mettre en évidence une différence. On ne peut donc pas vraiment être rassuré avec cette étude où il y a moins de 10 évènements du critère de jugement principal par groupe.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Compte tenu du nombre de fibrillations auriculaires non diagnostiques par un holter ECG après un AVC (j&rsquo;en avais parlé par <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/07/dragi-webdo-n11_20.html">ici</a>), on peut se demander si les AVC sans étiologie retrouvée devrait être traités par anticoagulants. C&rsquo;est ce qu&rsquo;a recherché une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1802686">NEJM</a> comparant l&rsquo;introduction de rivaroxaban à l&rsquo;aspirine &ldquo;classiquement&rdquo; prescrite. 7200 patients ont donc été randomisés en 2 groupes (on est loin des 500 patients par groupe de l&rsquo;étude précédente, hein!) , et il n&rsquo;y avait pas de différence de récidive d&rsquo;AVC dans les 2 groupes, avec une augmentation des hémorragies sous rivaroxaban.</p>
<p>Dans l&rsquo;étude précédente, la référence était donc l&rsquo;aspirine. Un article de revue de la <a href="https://www.revmed.ch/RMS/2017/RMS-N-560/Antiagregation-plaquettaire-en-prevention-secondaire-de-l-AVC-ischemique">revue médicale suisse</a> retrouve que la référence en post AVC devrait débuter par 1 à 3 mois de double anti-agrégation aspirine + clipidogrel, puis se poursuivre par, soit du clopidogrel, soit de l&rsquo;aspirine associée au dipyridamol à libération prolongée (mais un peu moins bien toléré). En effet, dans l&rsquo;étude CAPRIE, clopidogrel 75 vs aspirine 325 retrouvait un bénéfice du clopidogrel sur les évènements cardiovasculaires. L’aspirine seule ne devrait donc plus être la référence. (mais c&rsquo;est vrai que ça repose sur un faible nombre d&rsquo;études et que d&rsquo;avantage de données allant dans le même sens devrait être obtenues avant de confirmer ces résultats)</p>
<p>3/ Force musculaire</p>
<p>Devrait-on s&rsquo;équiper d&rsquo;un dynamomètre pour mesurer la force musculaire de nos patients? Une étude du <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k1651">BMJ</a> retrouve que chez des patients jeunes (de 56 ans en moyenne) suivis pendant 7 ans environ, une baisse de force musculaire était associée à une augmentation de la mortalité globale, de la mortalité cardiovasculaire, des maladies respiratoires dont la BPCO et des cancers (colo-rectal, sein et poumon). La force musculaire est déjà intégrée dans les critères de Fried pour la fragilité des personnes âgées, donc ce ne sont pas des résultats très surprenant. Reste à voir comment les exploiter en médecine de ville.</p>
<p>4/ Infectiologie [ÉDITÉ le 24/05/18]</p>
<p>Dans la <a href="http://www.infectiologie.com/UserFiles/File/spilf/atb/info-antibio/info-antibio-2018-05-iuc.pdf">newsletter</a> de la société d&rsquo;infectiologie, on peut voir de petites modifications par rapport aux recommandations habituelle sur les infections urinaires, ce sont des recommandations de 2018 :</p>
<ul>
<li>dans la cystite aiguë simple et à risque de complication, les fluoroquinolones ont été (logiquement) supprimées , et ne doivent donc plus être prescrites dans cette indication</li>
<li>le traitement de la cystite simple: fosfomycine 3g dose unique ou pevmecilinam (pas non plus de nitrofurantoine dans cette indication)</li>
<li>dans la cystite à risque de complication (&gt;4/an): soit nitrofurantoïne, soit fosfomycine 3g à J1-J3-J5, et après antibiogramme, peu de changement si ce n&rsquo;est que le co-trimoxazole est retiré pour laissé sa place au triméthoprime seul (en 5ème ligne, 5 jours seulement contre 7 jours pour les autres traitements)</li>
<li>dans les cystites à répétition: le traitement de fond est à proposé dès 1 épisode par mois, avec un traitement par trimethoprime 150 quotidien ou fosfomycine 3g/semaine</li>
<li>dans la pyélonéphrite et infection urinaire masculine: pas d&rsquo;ofloxacine en  probabiliste, seulement ciprofloxacine et levofloxacine (ce qui est justifié par des résistances &lt; 10% contre &gt;10% pour l&rsquo;ofloxacine, bien que la cipro soir active sur le pseudomonas et qu&rsquo;on préfèrerai la garder en réserve&hellip; il faut probablement mieux opter pour la levofloxacine )</li>
</ul>
<p>5/ Gastro-entérologie</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2681196">JAMA</a> a étudié la survenue des cancer du colon chez des patients passant une coloscopie (sigmoidoscopie flexible en fait) . Les auteurs retrouvent que les patients avec des adénomes avancés étaient plus à risque de développer des cancer  et une mortalité par cancer du colon plus élevée que les patients sans adénome. Cependant, les patients avec des adénomes non avancés n&rsquo;avaient pas plus de risque de développer un cancer que ceux qui n&rsquo;avaient pas d&rsquo;adénome. Il est donc important de connaitre la nature des polypes pour renseigner et rassurer au mieux les patients qui seraient inquiétés par un surdiagnostic lié à ces adénomes non avancés.</p>
<p>6/ Pneumologie</p>
<p>J&rsquo;avais parlé des SMART thérapies dans l&rsquo;asthme, précédemment <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2018/03/dragi-webdo-n176.html">ici</a>, qui avait montré un bénéfice par rapport aux traitements classiques. Cette étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1715275">NEJM</a> a comparé le budésonide seul 2 fois par jour en traitement de fond + salbutamol au besoin avec un placebo 2 fois par jour +  budesonide/formoterol (traitement pouvant être une SMART) au besoin. Les auteurs retrouvent que, sur le nombre des exacerbation, l&rsquo;association budesonide/formoterol au besoin n&rsquo;est pas inférieure au budésonide systématique, mais qu&rsquo;elle est inférieure sur le contrôle des symptômes. Le risque des SMART thérapies est potentiellement une prise du traitement uniquement en cas de crise et non en traitement de fond. Cette étude montre bien l&rsquo;importante d&rsquo;avoir un traitement de fond au long cours dans l&rsquo;asthme, plutôt qu&rsquo;un traitement de crise uniquement. Il faut probablement utiliser des SMART pour des patients non contrôlés par une monothérapie classique, mais en rester aux corticoïdes inhalés à faible dose pour les asthmes persistants légers qui ne nécessitent que rarement un traitement de crise.</p>
<p>7/ Diabétologie</p>
<p>Les femmes avec un diabète gestationnel au 1er trimestre (ayant une glycémie à jeun &gt;0,92g/L) ayant un risque plus élevé de développer un diabète plus tard, j&rsquo;avais posé la question au CMGF de savoir si les hommes ayant des glycémies supérieur à 0,92g/L vers 30-35 ans avaient aussi un risque supérieur de diabète et nécessiteraient donc un suivi plus attentif. Je n&rsquo;avais pas eu de réponse&hellip; Heureusement, cet <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/dom.13241">étude</a> vient me répondre! Cette étude rétrospective cas-témoin chez des patients diabétiques de 65 ans en moyenne met en évidence, quelque soit le sexe, que les patients ayant développé un diabète ont une glycémie à jeun supérieure à ceux qui n&rsquo;en ont pas développé, 23 ans avant l&rsquo;apparition du diabète. En effet les diabétiques avaient une GAJ à 0,92g/L en moyenne contre 0,86g/L pour les non diabétiques. Il faut également noter que les patients non diabétiques n&rsquo;ont pas eu de GAJ dépassant 0,92g/L. Les patients diabétiques étaient également déjà en surpoids 25 ans avant l&rsquo;étude. C&rsquo;est concordant avec les recos HAS (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/02/dragi-webdo-n37.html">ici</a>), préconisant un dépistage à partir de 40 ans en cas de surpoids (ou d&rsquo;autres facteurs de risque). Cependant, ces patients devraient peut-être être  suivis plus fréquemment dès une glycémie &gt; 0,92g/L. (Pour mémoire, avoir un pré-diabète serait associé à un sur-risque cardiovasculaire même en l&rsquo;absence de diabète d&rsquo;après le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/11/dragi-webdo-n117.html">BMJ</a>)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhoKE6HY55VByWMehcahyphenhyphenVaMQ5eSQQT7XnspdmXzALpob4fN0ch8eX4hstEzbdctTm38bcDahBT_4JFvaVZ7ZzudeQJ3lUPcq6nbPuXs8JhTmMD1Dm_iWmfsdFOtqaCaY4bn8_KJR6_DlQI/s1600/diab.png"><img src="/images/articles/2018/diab.png" alt=""></a></p>
<p>Enfin, une étude intéressante sur le <a href="http://circ.ahajournals.org/content/137/20/2179.full?ijkey=KltplbwALrAGk5C&amp;keytype=ref">liraglutide</a> a été publiée dans le traitement du diabète publiée dans Circulation. Je ne reviens pas sur la méthodologie, mais l&rsquo;analyse en sous groupe retrouve que le bénéfice sur la mortalité cardiovasculaire est retrouvé pour les patients avec une pathologie artérielle unique, un peu moins pour les patients poly-vasculaires (efficacité seulement sur les infarctus non fatals, peut être par manque de puissance), mais pas du tout chez les patients diabétiques en prévention primaire!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiymA33oVb3LusmIoQnvlik6qQVpVs5pJJBZ0zNysaVR2TvFMzrdFK6J9sN6c30wnf9g2PiIOrbE7dWR8I-CdxzoDRHciS7Lt9ai0KSeT39aLDrQL-o2DKLljhtHxyS7OcLQj6t4mGdUoD1/s1600/liraglutide.png"><img src="/images/articles/2018/liraglutide.png" alt=""></a></p>
<p>Merci pour votre attention, à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°183: ACFA résolue, statine forte dose, ostéoporose (GRIO), dyspepsie (reco US), dépistage cancer prostate (US), aérateurs trans-tympaniques</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/05/dragi-webdo-n183/</link><pubDate>Sun, 13 May 2018 17:45:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/05/dragi-webdo-n183/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Oncologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>ORL</category><category>Santé publique</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Pas mal d&rsquo;actualités cette semaine. Je commencerai par parler du billet de Perruche sur l&rsquo;hydratation: <a href="http://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=5752">suivez votre soif</a>! Il est passionnant. Place aux autres actualités, bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une étude du <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k1717">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé au risque d&rsquo;AVC chez les patientes avec fibrillation auriculaire (ACFA) résolue (12 000 patients) par rapport aux patients sans ACFA (22 000 patients) et à ceux avec ACFA permanente (15 000 patients) . Pour venir aux résultats principaux, les patients avec ACFA résolue avaient un risque d&rsquo;AVC et de mortalité globale supérieure aux contrôles sans ACFA mais inférieure à ceux avec ACFA permanente. Quand on regarde la mortalité globale, il est étonnant de voir que l&rsquo;incidence est supérieure à celle de survenue des AVC. En chiffres absolus, l&rsquo;ACFA persistante est associée à la mortalité annuelle d'1 patients pour 28 patients atteint, par rapport aux patients sans AFCA, et l&rsquo;ACFA résolue est associée à la mortalité d'1 patients pour 179 patients atteint.  Mais faut il les poursuivre chez les patients avec un ACFA résolue? Il y avait moins d&rsquo;AVC chez les patients avec une ACFA résolue traitée par anticoagulants par rapport à une ACFA résolue non anticoagulée, mais cette réduction de 14% n&rsquo;était pas statistiquement significative (ça aurait fait un NNT de 1250 patients). Il n&rsquo;est donc pas clair qu&rsquo;il faille continuer l&rsquo;anticoagulation chez des patients avec un antécédent d&rsquo;ACFA , d&rsquo;après cette étude où les patients avec ACFA résolue avaient un CHADSVASC à 2,5 en moyenne.</p>
<p>Voici un <a href="http://circ.ahajournals.org/content/137/19/1997.full?ijkey=5Ve5BkhavJxmhHa&amp;keytype=ref">essai</a> contrôlé randomisé d&rsquo;une statine (pitavastatine, d&rsquo;intensité similaire à la simvastatine) comparant la forte dose (4mg) à la faible dose (1mg) dans le traitement des coronaropathies stables. Après plus de 3 ans de suivi, le LDL des patientes traités par forte dose était à 0,76g/L versus 0,91g/L (p&lt; 0,01) mais donc aucun des groupes n&rsquo;était à l&rsquo;objectif des recos qui est &lt; 0,7g/L. Il y avait moins d&rsquo;évènements cardiovasculaires dans le groupe traitement forte dose (NNT= 19), mais surtout une baisse de mortalité globale (NNT= 111) alors que la mortalité cardiovasculaire n&rsquo;était pas diminuée significativement. Il y avait plus de myalgies dans le groupe 4mg avec un NNH de 83. Cet article va dans le sens du bénéfice des statines fortes doses en prévention secondaire, sans avoir de seuil d&rsquo;objectif à atteindre (sauf que cette fois on a un bel essai contrôlé randomisé et pas une réanalyse d&rsquo;étude de cohorte). La pitavastatine semble donc avoir, comme la simvastatine et la pravastatine un bénéfice en prévention secondaire.</p>
<p>2/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="http://www.grio.org/documents/page240/recosoppm2018-revrhum.pdf">GRIO</a> vient de mettre à jour ses recommandations de prise en charge de l&rsquo;ostéoporose version 2018. Il n&rsquo;y a pas de différence majeures avec celles de l&rsquo;an dernier dont j&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/02/dragi-webdo-n126.html">ici</a>.</p>
<p>Dans la prise en charge de l&rsquo;ostéoporose, un essai du <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k1551">BMJ</a> retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de bénéfice significatif à 1 mois et 12 mois d&rsquo;une vertébroplastie pour prise en charge d&rsquo;une fracture-tassement vertébrale ostéoporotique.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Aux États-Unis, les recommandations de l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2680553">USPSTF</a> à propos du dépistage du cancer de la prostate évoluent également, pour rejoindre celles que nous avons en France: pas de dépistage systématique entre 55 et 69 ans, qui ne doit être proposé qu&rsquo;aux patients en faisant expressément la demande. Ils précisent que le faible bénéfice sur les décès par cancer de la prostate est contre-balancé par les sur-diagnostics et sur-traitements et leurs effets secondaires.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjaVGyc_rufgnmdrsAH2laSgRbo8syB-65JSieXpZ01gGW2ZsKLJmthyTbiNdeoyAHzBihcBdfh8ixx4AtuJx5eteV4QLQhpX8LhMmYAEX9uyqwlkYNP0-m-_4C9B0WQsWC4AnKhUWI8xZJ/s1600/prostate.png"><img src="/images/articles/2018/prostate.png" alt=""></a></p>
<p>Une méta-analyse de la <a href="http://cochranelibrary-wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD009069.pub3/abstract">Cochrane</a> revient sur l&rsquo;efficacité des vaccins pour le cancer du col. Cette revue confirme l&rsquo;efficacité sur la prévention des lésions pré-cancéreuses, en particulier lorsque la vaccination a lieu avant l&rsquo;infection par HPV. En cas d&rsquo;infection préalable par HPV, il semblerait que le vaccin soit quand même efficace contre les lésions précancéreuses à HPV 16-18. Il n&rsquo;y a pas de sur-risque d&rsquo;effets indésirable grave retrouvés dans l&rsquo;analyse.</p>
<p>4/ Gastroentérologie</p>
<p>Des <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2679926?utm_source=twitter&amp;utm_campaign=content-shareicons&amp;utm_content=article_engagement&amp;utm_medium=social&amp;utm_term=050518&amp;redirect=true#.Wu3qpwJR9Es.twitter">recommandations</a> américaines sur la prise en charge des dyspepsies ont été publiées dans le JAMA. En cas de dyspepsie (symptômes épigastriques sans signes de brulures ou de RGO) chez les plus de 60 ans, une FOGD est recommandée. Avant 60 ans, la FOGD ne sevrait pas être systématique. Il faudrait commencer par rechercher Helicobacter Pylori pour éradiquer ou traiter par IPP si négatif. La FOGD ne serait à envisager qu&rsquo;après persistance après 4 semaines de traitement. La méthode de recherche non invasive d&rsquo;Helicobacter n&rsquo;est pas précisée. En théorie, une sérologie serait la plus adaptée chez un patient n&rsquo;ayant jamais eu d&rsquo;éradication (j&rsquo;en avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/06/dragi-webdo-n146.html">ici</a>) .</p>
<p>5/ ORL</p>
<p>L&rsquo;intérêt des aérateurs transtympaniques (ATT) est surtout présent chez les enfants ayant des baisses d&rsquo;audition en contexte d&rsquo;otite séreuse (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/04/dragi-webdo-n135.html">ici</a>). D&rsquo;après cette revue <a href="http://cochranelibrary-wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD012017.pub2/full">Cochrane</a>, il y aurait une réduction significative des récidives d&rsquo;otites moyennes aiguës dans les groupes traitées par ATT (NNT= 3 à 6 mois et 8 à 12 mois), mais les études incluses n&rsquo;apportent qu&rsquo;un faible niveau de preuve. De plus, la qualité de vie des enfants ne semblait pas différente et 4% des enfants traités par ATT avaient une perforation tympanique persistante.</p>
<p>4/ Santé publique</p>
<p>Enfin, par décret, la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036888150&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">rubéole</a> vient de rejoindre la liste des maladies à déclaration obligatoire!</p>
<p>Voilà, bonne soirée à tous, et bonne reprise pour une semaine complète (ça faisait longtemps, mais heureusement, ça ne va pas durer!)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°182 : BPCO, cancer du col de l'utérus, rougeole, eczéma, tendinite du moyen fessier</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/05/dragi-webdo-n182/</link><pubDate>Tue, 08 May 2018 10:58:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/05/dragi-webdo-n182/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Infectiologie</category><category>Dermatologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Je vais profiter de ce jour férié pour rattraper mon retard de publication&hellip; Voici les actualités de la semaine passée, bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Commençons par cet <a href="http://ansm.sante.fr/Dossiers/Vaccins/Situation-des-approvisionnements-en-vaccins/(offset)/5">outil</a> de l&rsquo;ANSM pour voir si les vaccins sont disponibles ou en rupture de stock. Il ne concerne que les vaccins obligatoires des 24 premiers mois malheureusement ce qui est dommage parce que les quadrivalents sont plus dur à trouver que les autres&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEitMvTJZv7gs9vHuZg3w5XgcDEKS29BGz2tMHccErTnahyfqEifYHpVMQagRelU-JLBmf7TbiJHM3OXiYuUuzCnPtHOST38jp733oq-azwVToWoT7GWnbRtX_kEjSIPsSGF_613TFvbw4Qx/s1600/vaccin.png"><img src="/images/articles/2018/vaccin.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>La place des corticoïdes inhalée se réduit dans la BPCO, et il semble falloir privilégier les double bronchodillatation (B2 de longue durée d&rsquo;action +  anti-cholinergique) dans les bithérapies. Cependant, est il toujours utile de passer à une trithérapie quand la BPCO est symptomatique? Une étude du <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1713901">NEJM</a> a retrouvé que la trithérapie réduisait significativement le nombre d&rsquo;exacerbation de 15% ( - 0,3 exacerbations par an en chiffres absolus) et moins d&rsquo;hospitalisations (NNT= 16 patients par an). Cependant, il y avait davantage de pneumonies chez les patients sous corticoïdes inhalés (groupe trithérapie) avec un NNH de 33 patients pour une pneumonie. Chose un peu plus étonnante, il n&rsquo;y avait de différence entre la double bronchodillatation et un 3ème groupe qui comprenait B2 de longue durée d&rsquo;action + corticoïdes inhalés. Bref, il y a certainement encore un intérêt à la trithérapie chez les patients exacerbateurs non contrôlé par une double bronchodillatation.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036877136&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">arrêté</a> est paru et fait accéder le dépistage du cancer du col au statu de dépistage organisé (comme pour le cancer du sein et le cancer colo-rectal). Il y aura donc prochainement des courriers pour inciter les patientes à se faire dépister par frottis selon les modalités habituelles. Le frottis en milieu liquide est à privilégier et sera remboursé intégralement, comme celui sur lame. L&rsquo;arrêté parle également de mesures de relances voire d&rsquo;auto-prélèvement HPV en cas de non réponse, mais les modalités ne sont pas clairement décrites.</p>
<p>Une <a href="http://ijme.in/wp-content/uploads/2018/04/20180430_increased_incidence.pdf">étude</a> suédoise a retrouvé une augmentation du nombre de cancer du col de l&rsquo;utérus chez les jeunes femmes et fait l&rsquo;hypothèse d&rsquo;un lien avec la vaccination anti-HPV. Ça va faire plaisir aux anti-vaccins. Cependant, l&rsquo;augmentation des cancer du col apparait des 2011 chez des patientes de 20-29 ans, mais aussi de 30 à 39 ans et de 40 à 49 ans. Or la vaccination anti HPV a été introduite en 2006 chez les jeunes filles d&rsquo;une dizaine d&rsquo;année, donc on voit mal comment l&rsquo;introduction de la vaccination aurait influencer le nombre de cancer chez des femmes plus âgées non vaccinées. Il est plus probable qu&rsquo;une campagne de sensibilisation associé à la politique de santé ait poussé les femmes à avoir un meilleur dépistage par frottis, d&rsquo;où l&rsquo;augmentation de l&rsquo;incidence.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Je remets ici la stratégie de gestion en cas de rougeole par le <a href="https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=651">HCSP</a>. Le document rappelle que le diagnostic est clinique. Devant les difficultés qu&rsquo;ont certains a avoir des tests salivaire, le plus simple reste la sérologie IgM (positive à partir de J3), quand il est nécessaire d&rsquo;avoir une confirmation (pour les patients à risque de complication). On voit également sur les schémas que la rougeole est contagieuse pendant 5 jours seulement après le début de l&rsquo;éruption. Enfin, il ne faut pas oublier la déclaration obligatoire!</p>
<p>5/ Dermatologie</p>
<p>Un article du <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k1332">BMJ</a> a étudié dans un essai contrôlé randomisé l&rsquo;efficacité des additifs de bain émollients dans l&rsquo;eczema de l&rsquo;enfant. Les auteurs ne retrouvent pas d&rsquo;efficacité par rapport à des soins standards.</p>
<p>6/ Rhumatologie</p>
<p>Un autre article du <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k1662">BMJ</a> parle de la tendinite du moyen fessier. Chez des patients randomisés en 3 bras:  rééducation, 1 seule injection de corticoïdes ou ne rien faire. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;à 2 mois et à 12 mois, les patients les mieux soulagés sont ceux ayant bénéficié de la rééducation. Mais, le point le plus important concerne certainement le pourcentage d&rsquo;efficacité: 75% à 12 mois avec la rééducation et environ 50% dans le groupe d&rsquo;abstention thérapeutique. Mais le critère d&rsquo;efficacité était le pourcentage de patient définissant leur douleur comme allant au moins &ldquo;modérément mieux&rdquo;, les patients ayant une amélioration importante ou très importante étaient respectivement 43% et 22%. La kiné est donc le meilleur traitement, mais la résolution va prendre de très nombreux mois&hellip;</p>
<p>Voilà pour ce numéro, à dans quelques jours pour le prochain. Bon repos pour ceux qui ne travaillent pas et bon courage pour les autres!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°181: AINS, LDL/mortalité, bêta-bloquants, cystite, IRM prostatique, surpoids chez l'enfant</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/04/dragi-webdo-n181/</link><pubDate>Sun, 29 Apr 2018 18:35:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/04/dragi-webdo-n181/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Urologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Tout d&rsquo;abord, c&rsquo;est pas de la médecine générale, mais félicitations à l&rsquo;étude <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1715474?rss=searchAndBrowse">MORDOR</a>, d&rsquo;une part pour l&rsquo;acronyme, et d&rsquo;autre par pour avoir réussi à montrer que proposer des antibiotiques aux jeunes enfants en Afrique permettait de réduire la mortalité. Voici maintenant les autres actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Vigilances</p>
<p>Une nouvelle <a href="http://ard.bmj.com/content/early/2018/04/18/annrheumdis-2018-213089">étude</a> s&rsquo;est intéressé au risque cardiovasculaire des AINS, cette fois ci chez les patients atteintes de spondylarthropathie ou d&rsquo;arthrose. Cette fois ci, on retombe sur des données rassurantes pour le naproxène qui n&rsquo;est pas associé à une augmentation du risque d&rsquo;infarctus du myocarde, contrairement au diclofenac, qui multiplierait le risque relatif d&rsquo;infarctus par plus de 3. Dommage que les coxibs n&rsquo;aient pas été étudiés (cf les débats précédents <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/05/dragi-webdo-n140.html">ici</a>), cependant les &ldquo;autres AINS&rdquo; considérés ensemble (non naproxène et non diclofenac) étaient associé à une augmentation du risque d&rsquo;infarctus chez les patients avec arthrose mais pas chez ceux avec spondylarthropathie.</p>
<p>Un nouveau point sécurité sur les fluoroquinolones: une <a href="https://www.ijaaonline.com/article/S0924-8579(18)30116-X/fulltext#.WuC_SuaKyPM.twitter">méta-analyse</a> a retrouvé que les fluoroquinolones étaient pourvoyeuses de plus de troubles neurologiques et de troubles gastro-intestinaux que les autres antibiotiques utilisées en soins primaires (sauf par rapport à l&rsquo;amoxicilline+ac.clavulanique qui donnait plus de troubles digestifs).</p>
<p>Des auteurs ont mené une <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k1315">étude</a> cas-témoin en soins primaires au Royaume-Uni et ont retrouvé une association entre démences et prise d&rsquo;anticholinergiques. Les médicaments incriminés étaient essentiellement des antipsychotiques, les antidépresseurs et antiparkinsoniens. Les anti-histaminiques, fréquemment utilisés n&rsquo;étaient pas associé à ces troubles mnésiques.</p>
<p>On sait que les tampons hygiéniques peuvent être pourvoyeurs de choc toxiniques staphylococciques à cause de S. Aureus. Les <a href="http://aem.asm.org/content/early/2018/04/02/AEM.00351-18.abstract?sid=1978ad71-75be-4357-b721-2abb77c950ca">auteurs</a> lyonnais de cette étude ont comparé ont retrouvé que les coupes menstruelles contenaient davantage de  S. Aureus que les tampons. Elles ne sont donc pas plus &ldquo;sures&rdquo; que les tampons et nécessitent les mêmes précautions et vigilances.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Voici une 3ème étude (pour les 2 premières, c&rsquo;est par <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/11/dragi-webdo-n158.html">ici</a>), du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2678614?redirect=true">JAMA</a>, montrant une association entre LDL et mortalité, pouvant inciter à viser des seuils de LDL plus bas. Cette revue systématique a inclue des études en prévention primaire et secondaire. Les auteurs ont tracé des droites de &ldquo;méta-régression&rdquo; entre le LDL initiale avant traitement et le risque de mortalité. Ainsi, ils retrouvent que plus le LDL initial est élevé, plus la diminution de mortalité globale, de mortalité cardio-vaculaire et d&rsquo;infarctus est importante.(NB: le plus haut taux de réduction de mortalité est retrouvé avec les études 4S et WOSCOPS qui évaluait respectivement la simvastatine 40mg et la pravatstatine 40). Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;effet sur les AVC. Si on regarde le LDL obtenu après traitement, ce chiffre n&rsquo;était pas associé à une diminution de la mortalité! Ça va quand même contre les &ldquo;objectifs de LDL&rdquo;. Mais le risque relatif était un peu &ldquo;meilleure&rdquo; sur la mortalité cardiovasculaire pour des baisse de LDL &gt; 0,65mg/L. Ainsi, la simvastatine et la pravastatine, permettant des baisses de LDL de 30% à 45%, peuvent s&rsquo;avérer suffisant pour cibler des baisse de LDL de 0,65mg/L, ce qui semblerait être un objectif plus rationnel que la &ldquo;cible&rdquo; de LDL à atteindre.</p>
<p>Les bêta-bloquants sont désormais discutés après 1 an de traitement en post-infarctus, comme l&rsquo;avait suggéré plusieurs études (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/09/dragi-webdo-n108.html">ici</a> ou <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/07/dragi-webdo-n10.html">là</a>). Voici une <a href="http://circoutcomes.ahajournals.org/content/11/4/e004356">étude française</a> menée sur 73 000 patients de moins de 80 ans ayant eu un infarctus revascularisé, sans insuffisance cardiaque, traités pendant au moins 1 an par bêta-bloquant et sous traitement médical &ldquo;optimal&rdquo;. Les auteurs retrouvent que les patients ayant arrêté leur bêta-bloquant (souvent des asthmatiques ou BPCO) avait une augmentation du risque composite de décès ou réadmission pour syndrome coronaire aigu augmenté (mais la mortalité toute cause n&rsquo;était pas modifiée). L&rsquo;augmentation relative du risque était de 12% (NNH pour 1 arrêt: 67 patients). Tout aussi intéressant, le risque pour les patients ayant arrêté le statine était multiplié par 2 (NNH pour 1 arrêt de statine= 13 patients) Donc, si on doit vraiment insister sur quelque chose, c&rsquo;est plutôt la statine&hellip;.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2679131">JAMA</a> a testé la fosfomycine dose unique versus nitrofurantoïne pendant 5 jours dans les cystites aiguës de la femme, en traitement de 1ère intention. Les auteurs retrouvent une amélioration du critère de jugement principal (disparition totale des symptômes à 28 jours) supérieure chez les patientes traitées par nitrofurantoïne (70% vs 58%). Ce qui est étonnant, c&rsquo;est que les bactéries résistantes à la nitrofurantoïne étaient plus nombreuses que celles résistantes à la fosfomycine (15% vs 4%!). Il y n&rsquo;y avait pas significativement plus d&rsquo;effet indésirable sous nitrofurantoïne. J&rsquo;ai donc été voir le prix de la fosfomycine: 5€ environ, contre moins de 3,5€ pour la nitrofurantoïne (si elle était vendue en conditionnement adapté, parce que c&rsquo;est 2,46€ les 21 gélules, or il en faut 30, ce qui ramène à 2 boites donc 5€ également. En tous cas, la nitrofurantoïne n&rsquo;est pas plus chère que la fosfomycine). Il faudrait aussi prendre en compte l&rsquo;observance en vie réelle (une dose unique c&rsquo;est plus simple à prendre) et le risque de résistance pour des usage répétés (on sais que la nitrofurantoine est particulièrement toxique, notamment sur le plan pulmonaire, en traitement chronique). Des nouvelles recos sont en préparation, que vont elles nous réserver?</p>
<p>4/ Urologie</p>
<p>Quand un cancer de la prostate est suspecté, et que des biopsies sont envisagées, il devrait être interdit de les effectuer sans qu&rsquo;une IRM ait été faite au préalable. J&rsquo;en avais déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/01/">ici</a>, et cette nouvelle étude contrôlée randomisée du <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1801993">NEJM</a> vient renforcer cette pratique. Les auteurs ont retrouvé que les patients du groupe IRM avant biopsie guidées par l&rsquo;IRM évitaient la biopsie dans 28% des cas, qu&rsquo;il y avait d&rsquo;avantage de cancers cliniquement significatifs découverts par ces biopsies et qu&rsquo;il y avait moins de cancers non cliniquement significatifs, par rapport aux biopsies systématiques écho-guidées effectuées dans le groupe sans IRM préalable.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Alors qu&rsquo;on essaye de baisser la tension artérielle toujours plus bas, on a vu que les bénéfices étaient en fait particulièrement faibles à viser &ldquo;trop bas&rdquo; (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/11/dragi-webdo-n160.html">ici</a>). Chez les diabétiques, en reprenant les données des études ACCORD et SPRINT, essais contrôlés randomisés avec un objectif tensionnel très stricte dans le groupe intervention, les <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(18)30099-8/abstract?code=lancet-site">auteurs</a> ont retrouvé une augmentation du risque d&rsquo;insuffisance rénale (probablement lié à l&rsquo;intensité des traitements diurétiques par exemple). Il semble donc qu&rsquo;il faille une tension parfaitement contrôlée chez le diabétique, mais plutôt aux alentours de 130-135mmHg que plus basse.</p>
<p>Pour réduire le risque de diabète, la prise en charge commence dès l&rsquo;enfance. Cette étude du <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1713231">NEJM</a> retrouve que les enfants en surpoids à 7 ans et à 13 ans avaient un risque de diabète de type 2 augmenté de 47%, même s&rsquo;il n&rsquo;étaient plus en surpoids après l&rsquo;adolescence. Et le point également très intéressant, est que les enfants en surpoids a 7 ans, qui ont corrigé ce surpoids avant 13 ans,  n&rsquo;avaient pas de sur-risque de diabète par rapport aux patients n&rsquo;ayant jamais été en surpoids!</p>
<p>C&rsquo;est fini, à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiHVrKlz-KrHtolcqR-76jWe17H8ThQScIuS5z5nIHzWBIE_1nzahDDIHyk2KMwacp05v3R5ZLjKCaHn3Mw1cEWEMDS1bBJBrlSzjFVEtBL16HU5gayi3oncCc51yOrChA6-Erl5e8g5auM/s1600/Mordor.png"><img src="/images/articles/2018/mordor.png" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°180: diurétiques thiazidiques, gonalgies et IRM, vitamine D, diabète du sujet âgé, anti-diabétiques</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/04/dragi-webdo-n180/</link><pubDate>Sun, 22 Apr 2018 23:36:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/04/dragi-webdo-n180/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Voici les actualités de la semaine, quasiment dans les temps (C&rsquo;est une longue série de billets publiés le dimanche soir sans retard, et j&rsquo;en suis fier!). Je manque cependant d&rsquo;un peu de temps pour faire de ce Dragi Webdo, un billet très détaillé. Ça sera mieux la semaine prochaine! Bonne lecture!</p>
<p>1/ Thérapies complémentaires</p>
<p>Je commencerai donc par parler de thérapies complémentaires (terme que je préfère à médecine alternatives ou autres, mais ce n&rsquo;est pas l&rsquo;objectif du billet). Une <a href="http://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/0141076818765779">étude</a> britannique, publiée dans le journal de la société royale de médecine, s&rsquo;est intéressée aux médecins prescrivant de l&rsquo;homéopathie. Les auteurs ont retrouvé que moins de 10% des médecins en prescrivaient mais que les indicateurs de qualité des soins était moins bon chez les médecins prescrivant de l&rsquo;homéopathie que chez les médecins n&rsquo;en prescrivant pas. Alors, il y a certainement plein de biais, c&rsquo;est comme dire que les médecins français qui touchent le moins à la ROSP sont plus fréquemment homéopathes. Mais dans cet articles, les critères de qualité des soins semblent bien plus fiables et sont disponible sur internet sur le site: <a href="https://openprescribing.net/">https://openprescribing.net</a> . En gros, c&rsquo;est un site, où n&rsquo;importe qui peut taper le nom de son médecin, et où on peut voir ses prescriptions d&rsquo;antibiotiques, de benzo, de statines, d&rsquo;IPP etc&hellip;</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>J&rsquo;en discutais encore il y a peu de temps sur Twitter: quel anti-hypertenseur mettre en première intention chez un patient sans comorbidité particulière? Une mise à jour de la revue <a href="http://www.cochrane.org/CD001841/HTN_thiazides-best-first-choice-hypertension">Cochrane</a> plaide, à nouveau, en faveur des thiazidique en raison d&rsquo;une efficacité importante sur des critères de morbi-mortalité dès les faibles doses et d&rsquo;un faible coût de ces molécules. Les IEC et inhibiteurs calciques semblent aussi efficaces mais avec un niveau de preuve moindre.</p>
<p>Dans l&rsquo;ère des nouvelles technologies, les smartphones et leurs applis de santé sont des aides potentielles pour prendre en charge les patients. Cependant, une fois de plus ils n&rsquo;ont pas aidé de façon satisfaisante les patients hypertendus.En effet, dans un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2678454?alert=article">essai</a> contrôlé randomisé bien qu&rsquo;ils aient permis une meilleure observance (sur l&rsquo;échelle de Morisky), ils n&rsquo;ont pas permis d&rsquo;avoir un meilleur contrôle tensionnel après 3 mois de suivi.</p>
<p>Je l&rsquo;avais déjà dit auparavant, mais, viser une diminution  ciblée de NT-PRO BNP  <a href="http://circ.ahajournals.org/content/137/16/1671.full?ijkey=JrZkzjdMN5zntME&amp;keytype=ref">(ici d&rsquo;au moins 30%</a>) dans le traitement de l&rsquo;insuffisance cardiaque ne permet pas d&rsquo;améliorer les évènements cardiovasculaire à 6 mois de la poussée d&rsquo;insuffisance cardiaque.</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Merci à  @<strong>RadioactiveJib</strong> qui m&rsquo;a fait parvenir un <a href="https://pubs.rsna.org/doi/10.1148/radiol.2018171383">article</a> Néerlandais passionnant sur les gonalgies post-traumatiques! C&rsquo;est un essai contrôlé randomisé en médecine générale ayant évalué soit l&rsquo;IRM dans les 15 jours après la blessure du genou, soit des soins conventionnels sans imagerie mais avec adressage à un orthopédiste quand le traitement symptomatique n&rsquo;était pas satisfaisant. Conclusion: l&rsquo;analyse retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence dans la qualité de vie des patients  (mesurée par QALYs), qu&rsquo;il y a un coût supérieur de près de 300€ chez les patients du groupe IRM et qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas moins de recours aux chirurgiens quand l&rsquo;IRM était faite (ni plus d&rsquo;ailleurs). Bref, l&rsquo;examen clinique et la patience sont les maitres mots de la prise en charge du traumatisme du genou, arrêtons de nous jeter sur les IRM!</p>
<p>L&rsquo;USPSTF a évalué le bénéfice de la supplémentation en <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2678104">vitamine D</a> chez les patients âgés de plus de 65 ans et recommande de ne pas supplémenter en l&rsquo;absence d&rsquo;ostéoporose ou de déficit. Comment mettre en pratique cela en France? Soit, doser la vitamine D, ce qui n&rsquo;est pas recommandé et pas non plus coût efficace, soit considérer qu&rsquo;en France, tous les plus de 65 ans ont un déficit et supplémenter en se rappelant que le niveau de preuve, en prévention primaire est particulièrement faible. Il en est de même pour la supplémentation <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2678622?utm_source=twitter&amp;utm_campaign=content-shareicons&amp;utm_content=article_engagement&amp;utm_medium=social&amp;utm_term=041818#.WtcEKxU4J_Y.twitter">calcique</a> ou l&rsquo;association calcium/vitamine D.</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Un article très intéressant de <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-018-4547-9">Diabetologia</a> porte sur la prise en charge du sujet âge. Pour faire simple, je ne mettrais qu&rsquo;une figure de cet article. C&rsquo;est l&rsquo;association entre l&rsquo;âge, l&rsquo;HbA1C du patient et le risque de mortalité globale (A) ou  de mortalité cardiovasculaire (B). Y&rsquo;a pas photo, viser une HbA1C inférieure à 7% ou inférieure à 7,9% n&rsquo;apporte pas de bénéfice clinique significatif chez les patients, notamment après 75 ans. Limitons le sur-traitement.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiZ6J0C4jubbHaDp8CNXiQ5UHywV9EVxa60eIzo2_X9kI4sHlzmifEVf-JCU259heY47Yt7YS-VH7bT9d7aY9LMtMx8y_BF7uzTEgKQLKEY0LIOMQWo9b_OYhukg0ujb9hhOSU8sO3wQZS3/s1600/age+diabete+hba%2526c.png"><img src="/images/articles/2018/age-diabete-hba-2526c.png" alt=""></a></p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2678616">méta-analyse</a> en réseau a comparé les antidiabétiques oraux entre eux, notamment: les analogues du DLP-1, les inhibiteurs de DPP-4 et les inhibiteurs de SGLT-2. Voici les résultats d&rsquo;efficacité (&gt; si supériorité significative, = si pas de différence significative) :</p>
<ul>
<li>sur réduction la mortalité globale et cardiovasculaire :</li>
</ul>
<p>inhibiteurs SGLT2 = Analogue GLP-1 &gt; analogues de DPP-4 = placebo</p>
<ul>
<li>
<p>sur la réduction du risque d&rsquo;insuffisance cardiaque:<br>
inhibiteurs SGLT2 &gt;Analogue GLP-1  = placebo &gt; analogues de DPP-4</p>
</li>
<li>
<p>sur la réduction des infarctus:</p>
</li>
</ul>
<p>inhibiteurs SGLT2 &gt; Analogue GLP-1 =  analogues de DPP-4 = placebo</p>
<ul>
<li>sur la réduction des AVC:</li>
</ul>
<p>inhibiteurs SGLT2 = Analogue GLP-1 =  analogues de DPP-4 = placebo</p>
<p>En espérant que ça vous a intéressé! N&rsquo;hésitez pas à me transmettre via Twitter des articles marquants que j&rsquo;aurai pu rater, ou par mail dr_agibus@outlook.com !</p>
<p>A très bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°179: ACFA du sujet âgé, IEC ou ARAII, probiotiques, maladie de Lyme, bêtabloquants et diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/04/dragi-webdo-n179/</link><pubDate>Sun, 15 Apr 2018 13:59:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/04/dragi-webdo-n179/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Prévention</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, voici les actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.anses.fr/fr/content/l%E2%80%99anses-recommande-%C3%A0-certaines-populations-d%E2%80%99%C3%A9viter-la-consommation-de-compl%C3%A9ments">ANSES</a> a
publié une recommandation de précaution dans l&rsquo;utilisation des compléments
alimentaires comportant de la mélatonine en cas de maladies chroniques. En
effets, la mélatonine est disponible à des doses proches de celles dans les
médicaments et des cas de céphalées, vertiges, tremblements, migraines,
somnolence et troubles digestifs auraient été signalés.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire:</p>
<p>Une <a href="http://circ.ahajournals.org/content/early/2018/02/27/CIRCULATIONAHA.117.031658.short?rss=1">étude</a>
s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;anti-coagulation chez les patients très âgés atteint de
fibrillation auriculaire. Les auteurs ont retrouvés, que, même après 90 ans, il
y a une augmentation du risque d&rsquo;AVC de 90% chez les patients avec une FA par
rapport à ceux sans FA (5,75% vs 3%, soit 1 patient avec FA qui aura un AVC
pour 18 patients sans FA. Chez les patients avec FA traités par warfarine
versus non traité, l&rsquo;anticoagulant réduisait de 30% la survenue d&rsquo;AVC (NNT= 18)
sans majorer le risque d&rsquo;hémorragies cérébrales. Par rapport à la warfarine,
les anticoagulants oraux directes ne montraient pas de bénéfices sur les AVC
mais étaient associés à une diminution des hémorragies cérébrales (1 hémorragie
pour 242 patients traités). Ils ont aussi comparé à l’aspirine qui ne réduisait
pas significativement les AVC et n’augmentait pas non plus les hémorragies
cérébrales. De plus, la balance bénéfice risque était moins bonne qu’avec une
anti-coagulation. Vous allez dire : et la mortalité ? La mortalité
étant élevée à cet âge, les résultats ont été donnés en prenant en compte les
« risques compétitifs  de mortalité». Ainsi, la place de l’âge élevé dans
le score CHADSVASC serait en effet confirmée, pour motiver une mise sous
anticoagulant dans la FA du sujet très âgé… (Du moins, à Taiwan.)</p>
<p>Le <a href="http://www.onlinejacc.org/content/71/13/1474?sso=1&amp;sso_redirect_count=1&amp;access_token=">journal du Collège américain de cardiologie</a> revient
sur le débat « IEC ou ARA II ».  Les auteurs (aux conflits
d’intérêt long comme les bras) font une comparaison direct des 2 classes sur
des critères de jugements cardiovasculaire et retrouvent qu’il n’y a pas de
différence. Cependant, il y a plus  d’arrêt pour mauvaise tolérance sous
IEC. La comparaison sur la baisse de la pression artérielle ne montre pas de
différence.  Les auteurs finissent par conclure qu’il n’y a donc pas
d’argument pour privilégier les IEC sur les ARAII. J’ai pourtant envie de dire
que si. D’une part : le coût, un peu plus élevé avec un ARAII. Ensuite, on
remarquera qu’il ne s’agit pas d’une revue systématique de littérature, on ne
sait pas comment ont été sélectionnées les études, et on note qu’il n’y a pas
de comparaison sur la mortalité globale, c’est étrange ! Quand on regarde
un ancien <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/06/dragi-webdo-n143.html">Dragi
Webdo</a> les comparant, on voit que les ARAII n’arrivent pas à diminuer
la mortalité globale versus placebo, au contraire des IEC. Bref, les ARAII sont
bien des traitements de 2ème intention en cas d’intolérance aux IEC.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjdQQxxxRHmyNNj5NJUCr8JyzOC4C7SeV622Uftq_yI-G3QVfskuvEca6sBvDRiu6R5YMUy2F7q6blQWD1t9c3Ww2EdS1K3GhBIbv3XAX9Z2sQEXy_fsX6HHIaVTLq2-CJXuRn7KFMpSJ3o/s1600/iec+araII.png"><img src="/images/articles/2018/iec-araii.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Prévention</p>
<p>Un  article du Lancet revient sur les consommations
d’alcool recommandées par l’OMS. Et tout comme <a href="https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/alcoolisme-agnes-buzyn-seule-contre-le-lobby-du-vin_1993741.html">Agnès
Buzyn</a>, il faut faire face aux lobbies. Ainsi, les auteurs de <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)30545-2/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=70005536&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">l’article</a>
reviennent sur les dangers de l’alcool et prônent une baisse des seuils OMS
(pour mémoire 30g/j pour les hommes et 20g/j pour les femmes) à 100g/semaine
soit 10 verres par semaine, bien qu’il n’y ait pas de consommation « non
risquée » d’alcool.</p>
<p>Une <a href="http://bjgp.org/content/early/2018/04/09/bjgp18X695801">étude</a>
en soins primaire s’est intéressé aux performances diagnostiques de la perte de
poids dans le diagnostic des cancers. C’est un signe assez bon,
malheureusement, qui a une sensibilité allant majoritairement de 10% environ
(pour la plupart des cancers) et allant jusqu’à 45% (pour le cancer
colo-rectal) et une spécificité aux alentours de 95% (quelque soit le cancer).</p>
<p>Prévenir les allergies et maladies auto-immunes d’un enfant
grâce à l’alimentation de la mère pendant la grossesse. C’est ce à quoi se sont
intéressés les auteurs d’un <a href="http://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1002507">article</a>
publié dans Plos Medicine. Cette méta-analyse retrouve que donner des
probiotiques pendant la grossesse et l’allaitement diminuerait le risque
d’eczéma chez l’enfant (NNT= 22) et que les huiles de poisson diminueraient le
risque d’allergies à l’œuf (NNT= 32). C’est presque alléchant comme ça… Y’a
quand même une certaine hétérogénéité entre les études qui peut limiter ces
résultats.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Le NICE (HAS britannique) a publié des recommandations sur
la maladie de Lyme. Elles ont été reprises dans un article du <a href="https://www.bmj.com/content/361/bmj.k1261">BMJ</a>. Voici ce qui est
un peu différent par rapport à nous : la doxycycline est mis en première
intention (en l’absence de contre indication) avant l’amoxicilline, même dans
l’érythème migrans, et tous les traitements sont de 21 jours (sauf
l’azithromycine ne phase primaire : 17jours et les traitements en cas
d’atteinte articulaire : 28 jours). Enfin, en cas d’échec ou de récidive
des symptômes, une 2ème cure d’antibiotique peut être envisagée
(soit 2 au total ! pas 3, pas 10, hein !), mais il est précisé que
les symptômes peuvent être plusieurs mois ou années à diminuer selon
l’importance de l’atteinte et les séquelles.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Un <a href="http://www.mayoclinicproceedings.org/article/S0025-6196(17)30845-5/fulltext">article</a>
de la Mayo Clinic a regardé les effets des bêtabloquants chez les patients
diabétiques. On sait qu’ils peuvent masquer les hypoglycémies, et de plus en
plus, leur bénéfice est contesté dans l’HTA et dans le traitement au long cours
(après 1 an de traitement) en post-infarctus. Les auteurs ont retrouvé une
augmentation de la mortalité globale chez les patients diabétiques prenant un
bêta bloquant, notamment cardio-sélectif, alors que chez les patients non
diabétiques, ces traitements étaient associés à une mortalité moindre (NNH=43). Vous
allez dire « c’est parce qu’ils sont plus grave ». Mais, l’étude
retrouve aussi que les patients diabétiques avec coronaropathie sous
bêtabloquants avaient une mortalité plus élevé que ceux sans bêtabloquant
malgré une coronaropathie (NNH= 42) ! Bon, ces données étant tirés d’une étude de
cohorte, il va être indispensable de les contrôler en essai randomisé…</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjREubojIvghEz1hqAbzkk6tvIyq4ErE2qEwEogvuVYlxGaeNkEFuWi7SpiwMNGLzcl1dp4mimfVpEuBHrZuRxc2QJX7jTGsXnzUd33L9r7CCKPLyRWfQejiIdCizrKmeLYruwDJLitUGPp/s1600/bb-.png"><img src="/images/articles/2018/bb.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine, bonnes vacances pour ceux qui
vont pouvoir en profiter!</p>
<p>Et au risque de me répéter: pensez à <em>vous
abonner</em> pour ne rater aucun Dragi Webdo, en
inscrivant votre mail dans la case prévue en haut à droite!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°178: optimizette, AOD/ACFA, pneumopathie/risque cardiovasculaire, TCC/dépression, toucher rectal, inhibiteurs de SGLT-2</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/04/dragi-webdo-n178/</link><pubDate>Sun, 08 Apr 2018 18:59:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/04/dragi-webdo-n178/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Psychiatrie</category><category>Urologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Pour ceux qui ne sont pas allé au congrès, il était plutôt bien cette année, avec des plénières intéressantes et moult rencontres! L&rsquo;équipe Twitterale a été très active et de nombreuses sessions sont donc résumées grâce au hashtag <a href="https://twitter.com/search?f=tweets&amp;vertical=default&amp;q=%23CMGF2018&amp;src=tyah">#CMGF2018</a>.  J&rsquo;ai quand même eu un peu de temps pour chercher des articles cette semaine, les voici!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance:</p>
<p>Commençons par  le lot 1958550 d&rsquo;Optimizette qui est rappelé car les pilules ne contiennes pas de principe actif&hellip;. Heureusement que les blisters sont différents, c&rsquo;est ce qui a été signalé par une patiente.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEifAf0ZFnE78UU851IG8XkLS5s363Jj8G1thTLC5QDoWS5Hnfchgx0g0BYZCml-NPzzmaM6q4zWhQbQSfVtckHeTm53y-oiX8ADTGdk1hAGBUXdQQpeN9ocf0hvxf4FcOxaeW_qsm5lusmE/s1600/optimizette.png"><img src="/images/articles/2018/optimizette.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>AVK ou AOD dans la fibrillation auriculaire? Une revue de la <a href="http://cochranelibrary-wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD008980.pub3/abstract;jsessionid=ABA1C5AA43690363E628C73FCA0FB152.f03t01">Cochrane</a> retrouve qu&rsquo;avec l&rsquo;utilisation d&rsquo;un anti Xa (rivarxaban, apixaban, edoxaban) par rapport à la warfarine, il y a une réduction du risque d&rsquo;AVC, une réduction des saignements majeurs notamment cérébraux. La méta-analyse retrouve en plus une diminution relative de la mortalité globale de 11% sous ces traitement par rapport à la warfarine sur une population globale de 65 000 patients. Se lancer trop tot dans des nouveaux traitements est risqués. Depuis que les AOD existent, ils sont maintenant suffisamment étudiés pour dire qu&rsquo;ils sont supérieurs à la warfarine dans la fibrillation auriculaire. N&rsquo;en déplaisent à certains, la science évolue. Soit dit en passant, c&rsquo;est surtout l&rsquo;apixaban qui, à lui seul était supérieur à la warfarine et qui devrait donc être privilégié.</p>
<p>Il faut surveiller les patients atteints de pneumopathies infectieuses! Une <a href="http://erj.ersjournals.com/content/51/3/1701794">étude britannique</a> a retrouvé une augmentation du risque d&rsquo;AVC et d&rsquo;infarctus du myocarde après une infection par pneumocoque ou virus grippal avec des risques relatifs entre 5 et 10, l&rsquo;augmentation des risques étant maximum dans les 3 premiers jours et persistant pendant 28 jours. Nous verrons si l&rsquo;étude française PneumoCap retrouve des résultats similaire (en attendant, <a href="https://candidaturepneumocap.com/">vous pouvez encore devenir investigateurs</a>!!!!)</p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé publié dans le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(18)30100-7/fulltext">Lancet</a> a étudié les traitements aux long cours dans la dépression  récurrente grâce à 3 groupes: poursuite des antidépresseurs, poursuite des antidépresseurs + thérapie cognitivo-comportementales (TCC), et baisse progressive des antidépresseurs + TCC. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;après 2 ans, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence entre des antidépresseurs seul et une baisse des antidépresseurs associés à une TCC. Cependant, il y a une diminution de 40% des récidives par rapport aux antidépresseurs seuls, dans le groupe avec antidépresseurs non diminués + TCC (p=0,026). Cette étude est intéressante, mais n&rsquo;est il n&rsquo;est probablement pas possible d&rsquo;avoir les mêmes conclusions que les auteurs pour que ce soit exploitable dans notre pratique. En effet, sur 2500 patients dépressifs potentiellement éligibles, seuls 289 ont été inclus&hellip; Ensuite, le nombre de sujet nécessaire a été calculé comme pour une étude à 2 groupes, et les comparaisons multiples n&rsquo;ont pas été prises en compte. Ainsi, au lieu d&rsquo;avoir un seuil à 0,05 pour chaque comparaison entre les groupes, il devrait être à 0,025 (la moitié car il y a 2 comparaisons faites , ce qui conserverait une risque global de 0,05). Et on s&rsquo;aperçoit qu&rsquo;avec un seuil à 0,025, leur résultat ne serait plus significatif vu qu&rsquo;ils retrouvent un p à 0,026! Le point intéressant est, quand même, qu&rsquo;il ne semble pas y avoir de différence entre TCC + baisse des antidépresseurs versus antidépresseurs seuls, mais ce n&rsquo;était pas une étude de non infériorité. Vu la rédaction du paragraphes méthodes, j&rsquo;ai du mal à dire si la puissance était vraiment suffisante pour pouvoir conclure à une absence de différence. Bref, prescrivons des TCC et discutons au cas par cas de la décroissance des antidépresseurs.</p>
<p>4/ Urologie</p>
<p>Une <a href="http://www.annfammed.org/content/16/2/149.full">étude d&rsquo;annals of family medicine</a> s&rsquo;est intéressé au toucher rectal pour déterminer si c&rsquo;est un examen utile dans le dépistage du cancer de la prostate. Cette méta-analyse a permis d&rsquo;inclure 9 000 patients ayant eu un toucher rectal et des biopsies prostatiques. Les paramètres diagnostics retrouvés sont une sensibilité de 51% et une spécificité de 59%, une valeur prédictive positive de 41% et négative de 64%. C&rsquo;est plutôt mauvais. Si vous voulez savoir en rapport de vraisemblance: le RV+ est donc de 1,24 et un RV- de 0,83, ce qui est proche de 1 et confirme le très faible apport diagnostic de cet examen dans le diagnostic de cancer de prostate.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Une étude de <a href="http://circ.ahajournals.org/content/137/14/1450.full?ijkey=ysZZti3QTvx8jKj&amp;keytype=ref">Circulation</a> a étudié les patients diabétiques sous inhibiteurs de SGLT-2 versus ceux sous un autre traitement antidiabétique. Dans cette cohorte de 25 000 patients en prévention secondaire, suivi 1 an et demi en moyenne, un traitement par inhibiteur de SGLT-2 était associé à une baisse relative de 43% de la mortalité globale et un NNT de 103 patients pour la mortalité globale. Pour les évènements cardiovasculaires non fatals: le NNT était de 88, mais le risque d&rsquo;amputation était significativement augmenté de 99%, NNH=1250 patients. Donc les inhibiteurs de SGLT-2 sont bien efficaces sur des critères cardiovasculaires et de mortalité globale avec un risque d&rsquo;amputation des membres inférieurs majorés mais 10 fois inférieur au bénéfices sur la mortalité ou les évènements cardiovasculaire. Les analyses de sous groupes montrent que les inhibiteurs de SGLT-2 semblent supérieur à toutes les autres classes prises séparément sauf la metformine qui n&rsquo;a pas étudié (et c&rsquo;est bien dommage!) parce que 80% des patients avaient de la metformine en traitement de &ldquo;base&rdquo;.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhPCVfZ1bld2xbGutz_nqib8wPfZFSPV-xoRXiWZtYrtaoXGvMvonq7zz65U6f1y8W4kg9QxlJLRq7hL_EfpplcrQkBI_5Sxo4xmsP6nv9R_kzmFEZ_3f2YObI9_MG-OqvOQ9zcSdPbN8i9/s1600/sglt2.jpg"><img src="/images/articles/2018/sglt2.jpg" alt=""></a></p>
<p>Merci pour votre attention, comme d&rsquo;habitude! A la semaine prochaine!</p>
<p>Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°177: antipsychotiques, HTA et troubles mnésiques, autisme/vaccination, céphalées (recos), dépistage VIH, diabète gestationnel, dysfonction érectile</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/04/dragi-webdo-n177/</link><pubDate>Sun, 01 Apr 2018 22:16:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/04/dragi-webdo-n177/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pédiatrie</category><category>Neurologie</category><category>Infectiologie</category><category>Urologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Pendant que la plupart se reposent durant ce week end prolongé, d&rsquo;autres travaillent pour vous. Alors bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Pour commencer, une étude du <a href="https://www.bmj.com/content/360/bmj.k1218">BMJ</a> a retrouvé une surmortalité chez les patients utilisant de l&rsquo;haldopéridol par rapport aux autres antipsychotiques aytpiques (risperidone, olanzapine et quiétiapine), dans les 7 jours premiers jours d&rsquo;utilisation chez ceux ayant un antécédent d&rsquo;infarctus du myocarde (number need to harm = 166).</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Je vous renvoie au blog de <a href="http://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=5740">Perruche en Automne</a> qui a déjà parlé des dégradations de la santé cardiovasculaire des américains. Il serait très intéressant de faire la même étude en France.</p>
<p>Concernant l&rsquo;hypertension artérielle, après l&rsquo;étude chez les coiffeurs de la semaine dernière, voici une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/26673187">JAMA Cardiology</a> à propos de l&rsquo;hypertension artérielle. Cette étude de cohorte rétrospective américaine a étudié les habitudes télévisuelles de 340 000 patients suivis pendant 5 ans en moyenne. Ils ont retrouvé que les patients présentant une HTA étaient moins bien contrôlés quand ils avaient un abonnement Netflix, notamment dans le sous groupe des utilisateurs intéressés dans les films de héros Marvel/DC  (+0,7mmHg, p=0,03) ou dans les Thrillers (+0,9mmHg, p&lt;0,05). Au contraire, les utilisateurs regardant les programmes de télé-réalité (Ch&rsquo;tis, Marseillais, Secret Story, Tellement Vrai) avaient une tension artérielle bien plus faible que ceux n&rsquo;étant pas abonnés (- 0,3mmHg , p=0,04) mais ils avaient plus fréquemment des troubles cognitifs précoces avec un NNH de 4 (NNH=nombre d&rsquo;épisodes à regarder pendant 1 an pour entrainer une baisse de 5 points au MMS). <a href="https://www.lespritsorcier.org/wp-content/uploads/2016/04/poissonpasfrais.jpg">Bref, lisons des livres</a>!</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapediatrics/article-abstract/2676070?redirect=true">JAMA</a> internal medicine chez les enfants autistes et leurs fratrie s&rsquo;est intéressé à leur protection vaccinale. Ainsi, les auteurs retrouvent une sous-vaccination des enfants atteints de troubles envahissant du développement, mais aussi de leur fratrie. Ceci peut être lieu, d&rsquo;une part à la crainte développée au Royaume Uni sur un lien entre vaccin ROR et autisme, qui a été réfuté depuis longtemps mais qui a autant marqué les esprits que les risques démentis de SEP avec le vaccin anti-VHB chez nous (notez que ces polémiques n&rsquo;ont jamais traversé la Manche dans un sens ou un autre). D&rsquo;autre part, cela peut être lié à un suivi médical généraliste (par un pédiatre ou médecin généraliste) plus difficile à mettre en place. Suivons tous nos patients de la même façon!</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>Des <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1624568718300015">recommandations</a> sur la prise en charge des céphalées en urgence ont été publiées. Les céphalées à prendre en charge en urgences sont celles en coup de tonnerre, les céphalées rapidement progressives inhabituelles, des céphalées fébriles en l&rsquo;absence de contexte grippal, les céphalée avec troubles neurologiques, les céphalées avec contexte compatible avec une intoxication au CO et les céphalées en contexte d&rsquo;immunodépression. Ces céphalées, si ce ne sont pas des céphalées primaires connues, doivent être explorées urgemment par IRM/ARM ou TDM cérébral. Rien de particulier dans le reste des recos, mais voici les différents types de céphalées:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiMpR-BL9BHlLXRS8hF2zkBFT8ljaLAb-r3AZAfUbbNnkbYOhigz7hGDZoJlYkjMhBprLy6vw2r2_uZg-ky1LF7Y60gG5ze_KACMfl0J-pYBMXBjoaE61Lkb8TZ0X9OTdMEeSaIjh4iKC7T/s1600/c%25C3%25A9phal%25C3%25A9es.jpg"><img src="/images/articles/2018/c-25c3-25a9phal-25c3-25a9es.jpg" alt=""></a></p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Il y a eu une recommandation il y a quelques années de dépister tout le monde 1 fois pour le VIH. Mais cette stratégie s&rsquo;est avérée peu efficace. Elle a été remplacée par un dépistage ciblé sur les patients à risque. Une <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0168851018300599">étude</a> cout-efficacité a retrouvé que, même dans les pays développés, la stratégie la plus efficace serait de dépister 1 fois tout le monde et une fois par an les populations à risque en s&rsquo;appuyant sur les dépistage par TROD dans les services d&rsquo;urgences par exemple (parce qu&rsquo;ils coutent moins cher que des tests sanguins ELISA)</p>
<p>6/ Urologie</p>
<p>Des <a href="https://www.sciencedirect.com/journal/sexologies/vol/27/issue/1">recommandations</a> ont été proposées pour la prise en charge des dysfonctions érectiles. Elles peuvent être prises en charge en soins primaires quand elles sont sans facteur de risque de complexité, c&rsquo;est à dire: secondaires, isolées (sans autre trouble sexuel), relativement récente, avec une fonction érectile résiduelle. Les IPDE-5 sont le traitement de première intention.</p>
<p>7/ Diabétologie</p>
<p>Le diabète gestationnel est dépisté plus tôt depuis les recommandations de 2010 avec un abaissement des seuils, mais axé sur des patients à risque. <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3604033?src=soc_tw_180329_mscpedt_news_endo_diabete&amp;faf=1#vp_2">Deux études</a> présentées au congrès de la société française de diabétologie ont retrouvé que ce dépistage précoce par glycémie à jeun au premier trimestre ne diminue pas le risque de complications du diabète gestationnel (macrosomie, risques obstétricaux) par rapport à un dépistage plus tardifs vers 24-28 semaines d&rsquo;aménorrhée, malgré un traitement plus intensif plus précoce. Cette étude montre bien, que là encore, dépister tôt et mettre en place &ldquo;tôt&rdquo; un traitement spécifique qui semble évident (normaliser une glycémie par régime ou insuline), ne permet pas d&rsquo;améliorer les complications par rapport à un dépistage plus tardif, sauf qu&rsquo;on a embêté les femmes pendant 3 mois inutilement&hellip;</p>
<p>Merci de votre attention, et à très bientôt!!</p>
<p>@ Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgNN3HSDufel6r2MKeNgk8Ix7Jfd6fqchsKMIFyWM0U9mFI7UEWs6df8gUZ0r8_jCbMjsv-nW3xkeULDj7asy1qFREuqOtksgEBWe28NAYvqWbahZvdgOvxSI8sKoLB7FTpuVPHEaLULqQt/s1600/paques.jpg"><img src="/images/articles/2018/paques.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°176: HTA (stratégies), dyslipidémie, asthme (SMART), BPCO, ménopause, fibromyalgie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/03/dragi-webdo-n176/</link><pubDate>Sun, 25 Mar 2018 15:15:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/03/dragi-webdo-n176/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Il y avait pas mal d&rsquo;actualités cette semaine, notamment dans l&rsquo;HTA avec le congrès de la société américaine de cardiologie. Cependant, j&rsquo;adresserai avant tout mes condoléances aux familles des 4 victimes de la prise d&rsquo;otage de Trèbes&hellip;</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Un article de <a href="http://journals.plos.org/plosmedicine/article/file?id=10.1371/journal.pmed.1002538&amp;type=printable">Plos Medicine</a> s&rsquo;est intéressé au traitement de l&rsquo;HTA pour répondre à la question: faut il avoir une cible tensionnelle basée sur le chiffre de pression artérielle ou sur le risque cardio-vasculaire? Cette méta-analyse incluant 50 000 patients a donc modélisé une prise en charge selon des objectifs tensionnels par rapport à une prise en charge selon le risque cardiovasculaire (comme pour le cholestérol en gros, mais la procédure n&rsquo;est malheureusement pas suffisamment détaillée). Les auteurs retrouvent que la prise en charge selon le risque est plus efficiente qu&rsquo;une prise en charge sur des objectifs tensionnels, avec un contrôle meilleur de près de 10mmHg de PAS mais surtout un NNT bien meilleur pour éviter des évènements cardiovasculaires chez les patients avec un risque cardiovasculaire &gt; 5% à 5 ans. (C&rsquo;est dommage d&rsquo;utiliser un score à 5 ans alors que la plupart des recommandations utilisent un calcul de risque à 10 ans)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgU808vQSVmjamCyeiirkahLdCDUWFSbVnlGR2RgAYNCUVa8vlAKrlvZzU9Jsyga7dT3wTtwI6Vv9S2ysv9YaIDMb9WHEbWhvvENPPevEnYhPRiU-G8QfrtGcX3jwhj1kdFfSsLL99N5ZYP/s1600/NNT+HTA.png"><img src="/images/articles/2018/nnt-hta.png" alt=""></a></p>
<p>L&rsquo;étude <a href="http://www.cardio-online.fr/Actualites/Depeches/Le-TRIUMPH-de-la-tritherapie-antihypertensive-en-premiere-intention">TRIUMPH</a> a étudié un traitement conventionnel versus une trithérapie antihypertensive d&rsquo;emblée à faible dose (telmisartan, on aurait pu trouver mieux&hellip;/amlodipine/chlorthalidone). Les auteurs montrent qu&rsquo;à 6 mois, les patients sont mieux contrôles avec la trithérapie d&rsquo;emblée et qu&rsquo;il y a moins d&rsquo;effets secondaires n&rsquo;étaient pas majorés. Cependant, en seulement 6 mois, il n&rsquo;est pas étonnant qu&rsquo;une approche par pallier n&rsquo;ai pas contrôlé la tension autant qu&rsquo;une trithérapie d&rsquo;emblée. D&rsquo;autre part, les risques de l&rsquo;HTA se développant après des années, il est peu probable qu&rsquo;un contrôle obtenu à 6 mois ou à 9-12 mois soit bénéfique en terme d&rsquo;évènement cardiovasculaire. Un design à 6 mois n&rsquo;est pas pertinent pour évaluer des effets indésirables, dose dépendant certes, mais un traitement dans la durée pourrait faire apparaitre d&rsquo;avantage d&rsquo;effets indésirables, plus rares, mais lié au nombre de médicaments. Enfin, il n&rsquo;est pas démontré que surtraiter les patients (parce que dans le lot des &ldquo;trithérapies d&rsquo;emblée&rdquo;, certains n&rsquo;auraient probablement nécessité plus qu&rsquo;une monothérapie) n&rsquo;aient pas des effets indésirables évitables, ou que payer d&rsquo;avantage de traitements chez &ldquo;tous&rdquo; les patients soit économiquement rentable par rapport au coût d&rsquo;un évènement cardiovasculaire. A ce jour, je pense que cette stratégie peut être intéressante chez des patients dont on arrive à prédire une mauvaise observance ou pour des HTA sévères d&rsquo;emblée, quitte à déprescrire au besoin si la tension est trop contrôlée.</p>
<p>Fini les conseils médicaux chez le médecin! Le coiffeur (dont le prix de la coupe de cheveux est supérieur au prix d&rsquo;une consultation) semble être un bien meilleur endroit pour dispenser des conseils médicaux d&rsquo;après une étude du <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1717250?query=featured_home">NEJM</a>. En effet, une information des patients sur l&rsquo;HTA chez le coiffeur par des professionnels de santé a permis un meilleur contrôle tensionnel des patients! Si un thésard veut s&rsquo;emparer du sujet en France, on peut faire la même étude au MacDo ou voir si une info santé modifie les menus pris par les clients (vu qu&rsquo;ils ont un stand au CMGF, ça pourrait les intéresser!)</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/360/bmj.k835">BMJ</a> a publié un article sur les dyslipidémies. Concernant les objectifs et traitements, ils mettent un traitement si QRISK2 &gt;10% avec comme objectif une baisse de 40% de LDL (jusque là, ça va) mais préconisent exclusivement de l&rsquo;atorvastatine 20 alors que de la simvastatine 20 ou 40 associée à des règles diététiques permettraient d&rsquo;atteindre l&rsquo;objectif. Les indications à adresser chez un spécialiste peuvent également se révéler utiles:</p>
<ul>
<li>
<p>antécédent familial de coronaropathie associé à un LDL &gt; 1,9g/L ou triglycérides &gt;4g/L</p>
</li>
<li>
<p>antécédent familial de LDL&gt; 1,9 et patient avec LDL &gt;1,9g/L</p>
</li>
<li>
<p>cholestérol total &gt;3,5g/L en l&rsquo;absence d&rsquo;antécédent familial</p>
</li>
<li>
<p>triglycérides &gt; 8g/L en l&rsquo;absence de cause alcoolique ou de diabète non contrôlé.</p>
</li>
</ul>
<p>Au final, ça réduit quand même pas mal les indications de voir un spécialiste pour une prise en charge de dyslipidémie!</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2675737?utm_source=twitter,TWITTER&amp;utm_medium=social_jama,social_jn&amp;utm_term=1430185621&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=49435990">JAMA</a> s&rsquo;est intéressé au traitement par &ldquo;SMART&rdquo; dans l&rsquo;asthme. Cet acronyme signifie &ldquo;traitement de maintien et de soulagement&rdquo;. Il s&rsquo;agit des traitements de longue durée d&rsquo;action utilisé dans l&rsquo;asthme, à la fois en tant que traitement de crise et de traitement de fond. En pratique, d&rsquo;après cette méta-analyse, il s&rsquo;agit notamment de l’association budesonide-formoterol (Symbicort) qui par son formoterol, beta2 de longue durée d&rsquo;action mais avec une action bronchodilatatrice rapide après la prise du traitement qui permet l&rsquo;utilisation également en cas de crise d&rsquo;asthme. Ainsi, en comparaison d&rsquo;une association classique &ldquo;beta2 de longue durée d&rsquo;&lsquo;action + corticoide inhalé en traitement de fond associé à des beta2 de courte durée d&rsquo;action en cas de crise&rdquo;, les SMART ont significativement réduit le nombre d&rsquo;exacerbation nécessitant des corticoïdes oraux, un passage aux urgences ou une hospitalisation. Les auteurs nuancent le niveau de preuve de l&rsquo;étude pour les enfants de moins de 11 ans pour lesquels les SMART étaient peu étudiés. Il est dommage que les effets indésirables d&rsquo;une multiplication de l&rsquo;utilisation des corticoïdes inhalés n&rsquo;aient pas été étudiés, mais il semble que ce type de traitement, plus simple, soit bénéfique par rapport au traitement classique.</p>
<p>Les recommandations concernant la BPCO évoluent toujours. Après avoir prôné la double bronchodilatation (B2+ et anti cholinergique) en 2ème intention, la place des corticoïdes inhalés est devenue douteuse au point de se demande si la trithérapie était toujours utile. Une <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)30206-X/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=68848456&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">étude</a> s&rsquo;est donc intéressé aux BPCO modérées à sévères mal contrôlées en randomisant les patient, soit en double bronchodilatation (indecaterol + glycopyrronium = Ultibro) versus une trithérapie (beclométhasone + formoterol + glycopyrronium). Les auteurs ont retrouvé une différence statistiquement significative sur le nombre d&rsquo;exacerbation en faveur de la trithérapie à 52 semaines (OR=0,85). Cependant, la différence est cliniquement minime, en faisant baisser le nombre d&rsquo;exacerbation par patient et par an de  0,59 à 0,50. De façon intéressante, il n&rsquo;y avait pas plus de pneumonie dans le groupe trithérapie.(inutile de préciser que le labo finançant l&rsquo;étude veut produire la trithérapie et que les molécules de double bronchodilatation sont produites par un autre labo)</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Concernant la ménopause, l&rsquo;<a href="http://annals.org/aim/article-abstract/2675240/guideline-uspstf-recommends-against-menopausal-estrogen-primary-prevention-chronic-conditions#.WrIhFzpBLAY.twitter">USPSTF</a> (comme la HAS mais américaine) s&rsquo;est prononcé pour ne pas recommande les traitements hormonaux substitutifs en prévention primaire des symptômes de la ménopause.</p>
<p>En cas de symptômes vaginaux tels que les sécheresses et dyspareunies d&rsquo;intromission liés à la ménopause, un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2674257?utm_source=twitter,TWITTER&amp;utm_medium=social_jamaim,social_jn&amp;utm_term=1429836810&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=49429161">essai</a> contrôlé randomisé s&rsquo;est intéressé aux humidificateurs vaginaux et aux œstrogènes vaginaux. Malheureusement, l&rsquo;essai n&rsquo;a pas montré de supériorité de ces traitements par rapport au placebo sur un score fonctionnel composite. Ainsi, les placebos utilisés tels que des gels  semblent (comme les traitements actifs) avoir amélioré le score fonctionnel. Il aurait été intéressant d&rsquo;avoir un bras sans rien, car un gel lubrifiant n&rsquo;est pas une absence de traitement non plus, et visiblement ça peut marcher un peu.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Quand on ne sait plus comment traiter les patients atteints de fibromyalgie, l&rsquo;activité physique semble, comme souvent dans les douleurs chroniques, à encourager. Le <a href="http://www.bmj.com/content/360/bmj.k851">BMJ</a> a publié une étude montrant que le taïchi (dans la forme &ldquo;Yang&rdquo;) était supérieur aux exercices d&rsquo;aérobique pour diminuer les douleurs dans cette pathologie. Plus le taïchi était pratiqué longtemps, plus le bénéfice était important, mais la pratique deux fois par semaine n&rsquo;apportait pas de bénéfices par rapport à 1 fois par semaine.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine, à très bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°175: antiagrégants plaquettaires en péri-opératoire (reco), ménorragies sévères (NICE), rougeole, febuxostat</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/03/dragi-webdo-n175/</link><pubDate>Sun, 18 Mar 2018 10:55:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/03/dragi-webdo-n175/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Je ne peux que commencer par vous proposer une très sympathique critique du script du dernier épisode de <a href="http://blogs.plos.org/scicomm/2018/03/13/if-the-script-for-star-wars-the-last-jedi-was-peer-reviewed/">Star Wars,</a> comme s&rsquo;il avait été relu par des relecteurs d&rsquo;une revue médicale&hellip; Quant au reste des actualités, les voici!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/EXACYL-R-0-5-g-5-ml-I.V.-solution-injectable-acide-tranexamique-Mises-en-gardes-sur-le-risque-potentiel-d-atteinte-renale-aigue-en-cas-d-utilisation-de-doses-superieures-a-2-g-doses-totales-dans-les-Hemorragies-du-Post-Partum-HPP-Lettre-aux-professionnels-de-sante">ANSM</a> alerte sur les risques d&rsquo;insuffisance rénales sous acide tranexamique (Exacyl) par voie intraveineuse pour des doses supérieures à 2g. Aucune alerte cependant sur les traitements oraux qui sont utilisés à des posologies de 2 à 4g dans le traitement des méno-métrorragies. Il faudra être vigilent car cet effet indésirable n&rsquo;est noté dans aucune des RCP de cette molécule.</p>
<p>Une étude du <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1710895?query=RP">NEJM</a> revient sur les risques du traitement par febuxostat par rapport à l&rsquo;allopurinol chez les patients atteint de goutte atteint de maladie cardiovasculaire. Les auteurs retrouvent une augmentation de la mortalité globale de 22% (NNH=71) et cardiovasculaire de 34% (NNH=90)  chez les patients traités par febuxostat. Cependant, cette étude était une étude de non infériorité sur un critère de jugement composite cardiovasculaire, point sur lequel le feboxustat n&rsquo;était pas plus risque que l&rsquo;allopurinol. Donc les différences sur les critères secondaire de mortalité globale et cardiovasculaire ne permettent pas de conclure avec certitude, mais doivent être une alerte pour préférer l&rsquo;allopurinol en 1ere intention.</p>
<p>Une <a href="https://bpspubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/bcp.13564">étude</a> intéressante a étudié la consommation des antalgiques en France. Elle retrouve une plus forte consommation de paracetamol que dans les autres pays, et une assez importante consommation d&rsquo;antalgiques de pallier 2. Cependant, la consommation de morphiniques de pallier III reste une des plus faible, ce qui me semble être plutôt bien.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Des sociétés savantes françaises sur la thrombose ont publié des recommandations sur les anti-agrégants plaquettaire en <a href="http://sfar.org/wp-content/uploads/2018/03/2_Gestion-des-agents-antiplaquettaires-pour-une-procedure-invasive-programmee.pdf">péri-opératoire</a>. C&rsquo;est assez simple: en prévention primaire: on les arrête, et en prévention secondaire: on les poursuit. Voici le détail (Il est dommage qu&rsquo;il n&rsquo;y ai pas de liste claire du risque hémorragique bas, intermédiaire et élevé selon les chirurgies)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjEZowXrnC-krsSPNY0OI7OfPYIVymiL3qZ92wiu0NOHds2Hi7A61zbQFse_72hnacJsrSZ6ESxyvMF-kzBaKlfDX-OpkY4Wc6cpLc56X2AoZEyiRE6T-FiCpfvI9adHDMOukpRWZGxGrkG/s1600/AAP.png"><img src="/images/articles/2018/aap.png" alt=""></a></p>
<p>Une <a href="http://circ.ahajournals.org/content/137/11/1103.full?ijkey=xXxgAnKz2J7TGse&amp;keytype=ref">étude</a> en cross-over a essayé de comparer le régime méditerranéen, connu pour ses bénéfices cardiovasculaires, avec le régime végétarien  (sans viande, sans poisson, mais avec oeuf) sur le risque cardiovasculaire. Comme c&rsquo;est du cross-over, on se doute déjà que la mortalité ne pourra être étudiée, d&rsquo;autant plus que le suivi est de 3 mois seulement. Cependant, on voit que les 2 régimes améliorent les dyslipidémies et qu&rsquo;il n&rsquo;y a que peu de différence d&rsquo;efficacité. Cependant, en a peine 3 mois, on voit déjà une diminution significative de la vitamine B12. Il serait intéressant d&rsquo;étudier ce régime végétarien sur plus long terme avec supplémentation en B12 &ldquo;si besoin&rdquo; pour vraiment évalue ses éventuels bénéfices cardiovasculaires.</p>
<p>A l&rsquo;heure où la double anti-agrégation plaquettaire à tendance à être étendue de 12 à 32 mois (j&rsquo;en avais déjà un peu parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/11/dragi-webdo-n25-bi-antiplaquettaires-et.html">ici</a>), des <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)30493-8/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=68417890&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">auteurs</a> ont évaluer s&rsquo;il était possible de réduire cette bithérapie à 6 mois en post-angioplastie coronaire. Ainsi, l&rsquo;étude est assez intéressante, car l&rsquo;essai de non infériorité est positif,  dans le sens où, sur le critère de jugement composite principal, la non infériorité est atteinte: il n&rsquo;y a pas plus d&rsquo;évènements cardiovasculaires (critère principal), ni de morts d&rsquo;ailleurs, (critère secondaire) avec 6 mois de traitement au lieu de 12. Cependant, sur une analyse des infarctus en particulier, il y a effectivement plus d&rsquo;infarctus avec 6 mois de traitement, entrainait un doublement des infarctus (NNH=100). Et les auteurs concluent qu&rsquo;il faut traiter 12 mois à cause de cela, concluant donc sur un critère secondaire, alors que l&rsquo;étude ne montre pas d&rsquo;infériorité à 6 mois de traitement. Il s&rsquo;agit cependant d&rsquo;une population coréenne, mais cette interprétation des résultats est probablement due au financement de l&rsquo;étude par 4 labos, qui espéraient bien pouvoir vendre plus longtemps leurs produits!</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng88/chapter/Recommendations">NICE</a> (équivalent  anglais de la HAS) a publié des recommandations sur la prise en charge des ménorragies sévères. L&rsquo;objectif de la prise en charge est l&rsquo;amélioration de la qualité de vie et non centrée la réduction des pertes. Une NFS et un bilan de coagulation est recommandé, mais un bilan hormonal, thyroïdien et martial ne sont pas recommandés en routine. L&rsquo;échographie est l&rsquo;examen complémentaire de première intention est l&rsquo;échographie pelvienne. Le traitement de première intention proposé est le DIU au levonorgestrel (si adénomyose, fibromes &lt; 3cm ou absence de diagnostic posé). En seconde intention, les AINS, l&rsquo;acide tranexamique (cf début de ce billet&hellip;.) ou des traitements hormonaux comme les pilules oestro-progestatives ou progestatives en continu. En cas d&rsquo;échec ou de fibromes &gt;3cm, il est recommandé de prendre un avis spécialisé.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Devant l&rsquo;épidémie de rougeole, je mets ici <a href="http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/aide-memoire_vaccination_rougeole_2018.pdf">l&rsquo;aide mémoire</a> du ministère de la santé. Pour mémoire, 2 ROR sont nécessaire chez tous ceux nés après 1980. On peut vacciner entre 6 et 11 mois dans les 72h après un contact avec un patient atteint de rougeole, mais il faudra refaire les 2 doses selon le calendrier vaccinal classique après. Il y a aussi les indications des immunoglobulines en cas d&rsquo;exposition à un cas confirmé.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine, les actualités n&rsquo;étaient pas trop nombreuses. Pensez à vous abonner pour ne pas rater de Dragi Webdo! A la semaine prochaine,</p>
<p>Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°174: antalgiques (opiacés), asthme, dépistage des cancers, diabète (US), types de diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/03/dragi-webdo-n174/</link><pubDate>Sun, 11 Mar 2018 22:50:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/03/dragi-webdo-n174/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Rhumatologie</category><category>Pneumologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, voici, dans les temps les actualités de la semaine!! Pour ceux qui n&rsquo;auraient pas vu, <a href="http://docteurdu16.blogspot.fr/2018/03/quelques-breves-nouvelles-desabusees.html">Docdu16</a> à déjà parlé de quelques articles récents. Bonne lecture à tous!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p> La <a href="https://www.fda.gov/Safety/MedWatch/SafetyInformation/SafetyAlertsforHumanMedicalProducts/ucm597862.htm">FDA</a> (Food and Drugs Administration, équivalent américain de l&rsquo;ANSM) a publié une alerte sur la clarithromycine qui augmenterai le risque de décès chez les patients porteurs d&rsquo;une cardiopathie.</p>
<p>Un article du <a href="http://www.bmj.com/content/360/bmj.k678">BMJ</a> revient sur les effets indésirables des quinolones. Dans cette étude de cohorte, la survenue d&rsquo;un anévrisme de l&rsquo;aorte ou d&rsquo;une dissection aortique était plus élevée chez les patients traités par quinolones par rapport à des témoins appariés prenant de l&rsquo;amoxicilline jusqu&rsquo;à 60 jours après le début de l&rsquo;antibiothérapie. Le risque relatif était multiplié par 1,66 et cela correspond à un NNH de 12 000  patients (82 cas pour 1 million de traitements). C&rsquo;est donc particulièrement rare, mais à garder en tête.</p>
<p>Une revue <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD012509.pub2/abstract">Cochrane</a> parle des effets indésirables des traitements opioïdes faibles et forts (paliers 2 et 3). Ils retrouvent que plus de 75% des patients sous ces traitements ont au moins un effet indésirable (constipation, somnolence, malaise, fatigue, sueurs, nausées, vomissements), et que 7,5% ont un effet indésirable grave.Malheureusement, les articles n&rsquo;étudient pas les addictions, les troubles du comportements et  ceux de l&rsquo;humeur.</p>
<p>2/ Rhumatologie</p>
<p>La question qu&rsquo;on se pose alors, c&rsquo;est: si les antalgiques de pallier 2 et 3 sont dangereux, on utilise plus rien alors, puisque les antalgiques de palier 1 ne marchent pas! C&rsquo;est là qu&rsquo;intervient un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2673971?utm_source=silverchair&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=article_alert-jama&amp;utm_content=etoc&amp;utm_term=030618&amp;redirect=true">JAMA</a> sur les antalgiques morphiniques versus non morphiniques dans l&rsquo;arthrose dans un essai contrôle randomisé. Après 12 mois de traitement, il n&rsquo;y avait pas de différence significative sur le score fonctionnel, et il y avait même moins de douleur sous traitement non opioïde. Je rajouterai qu&rsquo;il y avait aussi moins d&rsquo;effets indésirables dans le groupe des non morphiniques. Quels étaient donc les traitements miracles non morphniques? Le 1er niveau d&rsquo;action consistait à du paracetamol et AINS. Si besoin, le 2ème niveau comportait amitrityline et gabapentine) et le 3ème niveau comportait de la prégabaline et duloxetine et du tramadol (on se demande ce qu&rsquo;il vient faire ici, mais il a peu été utilisé)</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Un essai du <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1714257">NEJM</a> s&rsquo;est intéressé a la prévention des crises d&rsquo;asthme. Les patients randomisés dans le groupe intervention devaient quadrupler la dose de corticoïdes inhalés en cas de début de crise. Les auteurs ont retrouvé une réduction des exacerbations d&rsquo;asthme (définies comme l&rsquo;utilisation de corticoïdes systémiques ou une consultation non programmée pour asthme) de 19% (NNT: 14 patients), avec moins d&rsquo;hospitalisation également, mais plus d&rsquo;effets indésirables mineures (NNH=20), notamment des candidoses orales.</p>
<p> 4/ Dépistages</p>
<p>On a pas mal entendu parlé cette semaine d&rsquo;un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2673968?utm_source=twitter%2cTWITTER&amp;utm_medium=social_jama%2csocial_jn&amp;utm_term=1398213572&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=48837620&amp;redirect=true">JAMA</a> randomisant les patients pour un dépistage du cancer de la prostate par PSA versus pas de dépistage. Après 10 ans de suivi, il y avait bel et bien plus de caner de la prostate découverts mais la mortalité spécifique liée au cancer de la prostate était identique, sans différence non plus sur la mortalité globale.<br>
La seule chose que cet article nous apprend, c&rsquo;est qu&rsquo;un dépistage ponctuel unique est inutile. Ainsi, ceux qui souhaiterai promouvoir le dépistage du cancer de la prostate (bien qu&rsquo;on sache qu&rsquo;un dépistage annuel mène à plus de sur-diagnostic et donc) en optant pour un dépistage &ldquo;light&rdquo; avec &ldquo;juste un PSA une fois&rdquo;, voient que ça ne sert à rien.<br>
Un des principal écueil des analyses tout de même, c&rsquo;est sur que les 190 000 patients du groupe intervention, seuls 40% ont passé un PSA, or les analyses portent sur les 190 000 comparés au groupe contrôle et non sur ceux qui ont été testé. Avec  90% d&rsquo;observance, cela aurait peut être changé quelque chose? Probablement pas sur la mortalité globale, d&rsquo;autres études ayant déjà répondu à la question&hellip;</p>
<p>Voici un <a href="https://publichealthreviews.biomedcentral.com/articles/10.1186/s40985-018-0080-0">article</a> intéressant à regarder, que je ne pourrais pas décrire car ça serait trop long. Mais il est en accès libre et vous pouvez voir les différents dépistage recommandés selon les pays et ainsi comparer ce que nous faisons avec les recommandations d&rsquo;autres nations! Globalement, on est quand même parmi les moins agressifs sur les dépistages.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://annals.org/aim/fullarticle/2674121/hemoglobin-1c-targets-glycemic-control-pharmacologic-therapy-nonpregnant-adults-type">académie de médecine américaine</a> a publié des recommandations simples dans le diabète de type 2: il faut viser une HbA1C entre 7% et 8% pour la plupart des patients, il faut déprescrire en cas d&rsquo;HbA1C inférieure à 6,5% et il faut minimiser les symptômes d’hyperglycémie sans avoir d&rsquo;objectif d&rsquo;HbA1C chez les patients avec une espérance de vie inférieure à 10 ans!</p>
<p>Un <a href="http://care.diabetesjournals.org/content/41/3/513">essai</a> s&rsquo;est intéressé aux infections chez les patients diabétiques. Sans trop de surprise, ils ont retrouvé que quasiment toutes les infections étaient augmentées:<br>
-  chez les patients diabétique de type 2, notamment (OR &gt;2): les infections ostéo-articulaires, les candidoses, les cellulites et les sepsis. Leur risque de décès lié à une infection est multiplié par 1,92 (0;30% vs 0,19% par an)</p>
<ul>
<li>notamment chez les patient diabétique de type 1, notamment (OR&gt;2) : infections ostéo-articulaires, endocardites, infections gastro-intestinales, méningites, candidoses, sepsis, infections cutanées, infections de sites opératoires et tuberculoses. Leur risque de décès lié à une infection est multiplié par 7,7 (0,25% vs 0,06% par an)</li>
</ul>
<p>Va-t-on vers une <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(18)30051-2/fulltext">nouvelle classification des diabètes</a> selon quelques paramètres dont la présence d&rsquo;anticorps anti-GAD et la fonction des cellules bêta et l&rsquo;insulinorésistance (mais même sans ces examens fonctionnels, la classification semble applicable de façon clinique). Un résumé de la description tirée de <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3603977?src=soc_tw_180307_mscpedt_news_mdscp_diabete&amp;faf=1#vp_1">Medscape</a>:</p>
<ul>
<li>cluster 1: diabète auto-immun sévère (SAID)</li>
<li>cluster 2: diabète insulino-déficient sévère (SIDD) sans anticorps (patients jeunes avec un IMC faible, et risque de rétinopathie majoré, ADO peu efficaces car c&rsquo;est une insulino-pénie et non une insulino-résistance)</li>
<li>cluster 3: diabète insulino-résistant sévère(SIRD) (IMC élevé, risque majoré de complications cardiovasculaires et rénales)</li>
<li>cluster 4: diabète modéré liés à l&rsquo;obésité (MOD) (IMC &gt; 30, peu d&rsquo;insulino-résistance cependant, peu de complications)</li>
<li>cluster 5: diabète modéré lié à l&rsquo;âge (MARD) (j&rsquo;ai pas de description claire, probablement plutôt insulino-pénique, mais peu de complications)<br>
(Edit: l&rsquo;article est publié <a href="https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(19)30087-7/fulltext#back-bib4">ici</a>!)</li>
</ul>
<p>C&rsquo;est terminé pour ce 200ème billet du blog. Merci à tous de me lire depuis 4 ans! Bonne soirée et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°173: AOD post-infarctus, varices et phlébites, automesures tensionnelles, CMV et grossesse, lésions du col utérin, migraines abdominales, IRM</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/03/dragi-webdo-n173/</link><pubDate>Tue, 06 Mar 2018 00:18:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/03/dragi-webdo-n173/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Douleur</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! L&rsquo;actualité a été plutôt dense cette semaine, ou plutôt, la semaine dernière vu mon retard&hellip;</p>
<p>1/ Vigilance</p>
<p>Il semblerait que l&rsquo;<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1604267">IRM</a> ne doive plus être contre indiqué en cas de pacemaker, même pour les &ldquo;anciens&rdquo; qui n&rsquo;ont pas été créés pour être compatibles. Sur 1500 patient, moins de 1% ont eu une réinitialisation du pacemaker, sans conséquences majeures et les autres anomalies étaient mineures et transitoires.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2672050?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1375675205&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=48505549&amp;redirect=true">méta-analyse</a> s&rsquo;est intéressé au anticoagulants oraux directes en addition des antiaggrégants plaquettaires suite à un syndrome coronaire aigu (SCA). Les auteurs retrouvent un bénéfice à l&rsquo;ajout des AOD chez les patients ayant eu un SCA ST+ avec une réduction relative des évènements cardiovasculaires de près de 25%, mais pas en cas de SCA ST-. Le risque d&rsquo;hémorragie étant augmenté, ils concluent que la balance bénéfice risque est défavorable en cas de SCA ST- mais que le bénéfice en cas de SCA ST+ est intéressant. En regardant leur figure sur les number need to treat (NNT, en vert sur la figure) et to harm (NNH, en orange) on voit bien qu&rsquo;il y a un NNT relativement faible (proche de 100) pour les SCA ST+, mais qu&rsquo;il y a un saignement majeur pour 60 patients traités&hellip; Donc pour 300 patients traités, il y a 3 évènements cardiovasculaires évités mais 5 saignements majeurs&hellip; Pas sur que la balance bénéfice risque soit réellement favorable même pour les SCA ST+!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhxKWEOM21Zi1_RcHw7MN8oy3THeAf9E62HApSUP3qEHcXnrlL3cwM8PoIWnU3fPVyGC-R2CfvlcKFOMEj-_j5_7A79hTN4N3Hyw0RWWSKt6UCnfGqgUHDpGra8PhYqYfFFAaTslMm2QTeL/s1600/AOD+SCA.png"><img src="/images/articles/2018/aod-sca.png" alt=""></a></p>
<p>Comment considérer les varices dans le risque de thrombose veineuses profondes? Le SCORE de Wells simplifié pour les phlébite  (TVP) prend en compte la circulation veineuse collatérale mais pour des veines non variqueuses. Dans une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2673551?redirect=true">étude</a> de cohorte taïwanaise, les patients avec des varices avaient une probabilité de TVP de 6,5 évènements pour 1000 patients-année  versus 1,3 pour les patients sans varices. Les patients avec varices avaient donc un risque multiplié par 5,3 de TVP, par 1,7 d&rsquo;embolie pulmonaire et par 1,7 d&rsquo;artériopathie des membres inférieurs. La causalité ne peut être démontrée avec cette étude, mais le mauvais état vasculaire superficiel pourrait être un reflet de troubles vasculaires veineux et artériels plus profonds.</p>
<p>Les auto-mesures tensionnelles (AMT) seraient un traitement à part entière de l&rsquo;HTA. Un <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)30309-X/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=67823920&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">essai</a> contrôle randomisé a retrouvé que les tensions au cabinet, à 12 mois de la randomisation, d&rsquo;un groupe de patient avec des AMT était plus faible que celles du groupe qui n&rsquo;avait pas eu les AMT. Certes, la différence est de moins de 5mmHg au final, mais quand même!</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Une méta-analyse du <a href="http://www.bmj.com/content/360/bmj.k499">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;évolution des lésions intra-épithéliales cervicales de grade 2 (CIN2). Ainsi, les auteurs ont retrouvé qu&rsquo;à 2 ans de la découverte d&rsquo;une de ces lésions, seulement 18% des lésions progressaient, la majorité régressant spontanément. Plus particulièrement, chez les jeunes femmes de moins de 30 ans, les régressions se produisaient dans 70% des cas à 3 ans. Et si on surveillait?</p>
<p>Le <a href="http://www.cngof.fr/component/rsfiles/telechargement-fichier/fichiers?path=Clinique%252FRPC%252FAVIS%2BD%2BEXPERTS%252FAvis%2BCNGOF%2BCMV.pdf&amp;Itemid=435">CNGOF</a> a publié un avis sur la prévention du CMV pendant la grossesse. Il faut les suivre. En effet, ils disent que la prévention remplit tous les critères pour un dépistage systématique, mais il semble qu&rsquo;aucune étude n&rsquo;ait montré de bénéfice&hellip; Ce qui est efficace, c&rsquo;est surtout d&rsquo;informer les patientes pour qu&rsquo;elles évitent de s&rsquo;exposer aux jeunes enfants. Les auteurs disent que la sérologie CMV permettrait de sensibiliser les femmes&hellip; Mouais, sinon, on explique et ça coute moins cher à la sécu, surtout qu&rsquo;au milieu des sérologies toxo, rubéole, vih, syphilis, c&rsquo;est pas sur que l&rsquo;information soit bien comprise autrement que &ldquo;une sérologie de plus&rdquo;&hellip; Ils finissent enfin par dire que les thérapeutiques actuelles ne sont pas en faveur d&rsquo;un dépistage de masse. Conclusion: ne pas dépister mais sensibiliser les populations à risque (contacts avec enfants en bas âge et populations défavorisées), en expliquant et éventuellement par une sérologie, mais pas chez tout le monde!</p>
<p>4/ Douleur</p>
<p>Un <a href="http://www.bmj.com/content/360/bmj.k179">article</a> très intéressant parle des migraines abdominales qui débutent classiquement chez l&rsquo;enfant. Ce sont des douleurs de plus d&rsquo;une heure, avec un retentissement sur l&rsquo;activité, sans anomalie entre les épisodes chez un patient avec une développement psychomoteur normal, associées à au moins un symptôme accompagnateur (pâleur, anorexie, vomissement, nausée, céphalée, photophobie). Il faut surtout rechercher les &ldquo;red flags&rdquo; pouvant remettre en cause ce diagnostic :</p>
<ul>
<li>
<p>aigus: abdomen chirurgical, déshydratation, vomissement bileux ou sanglants, polakyurie, dysurie, diarrhée, rectorragies, fièvre, douleur testiculaire</p>
</li>
<li>
<p>chroniques ou récurrents: odynophagie, dysphagie, douleur abdominale persistante, perte de poids, modification des selles, anomalies périnéales, antécédent familial de MICI, trouble de croissance.</p>
</li>
</ul>
<p>Les traitements sont les mêmes que pour les migraines classiques: triptans, AINS et bêtabloquants pour le traitement de fond si besoin.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjVXnpVyGnYMcVngN8hfzNKdPCcIV0Ez7J_VpPUayrIFr4De4dO5linjZEZHW8xTBjmj6wdDzuuyyeCe3j3kHaH2h8tAzH5BhP236O_m6sQV54kfb14HZQNWE1rfiEbVqz4mNmWg39N3Hs6/s1600/migraine+abdo.png"><img src="/images/articles/2018/migraine-abdo.png" alt=""></a></p>
<p>Un article revient sur l&rsquo;efficacité de la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2673524?utm_source=twitter%2cTWITTER&amp;utm_medium=social%2csocial_jn&amp;utm_term=1370043446&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=48465752&amp;redirect=true">gabapentine</a> de 1200 à 3600mg/j chez les patients avec neuropathie diabétique et douleurs post-zoostériennes. Les auteurs retrouvent une amélioration chez deux fois plus de patients par rapport au placebo, correspondant à un NNT de 6 patients. Les effets indésirables perçus étaient essentiellement de la fatigue, un sensation de malaise, des troubles de l&rsquo;équilibre et des œdèmes périphériques (NNH= 7). Donc c&rsquo;est une option, parmi les autres si le n&rsquo;était pas supporté ou inefficace.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Un <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-017-4485-y">étude</a> a retrouvé une augmentation du risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire chez les patients diabétiques répondant &ldquo;oui&rdquo; à une des 3 questions suivantes pouvant être utilisé comme outil de dépistage:</p>
<ul>
<li>
<p>est ce que vous avez les jambes engourdies?</p>
</li>
<li>
<p>avez vous déjà eu une plaie ouverte d&rsquo;un pied?</p>
</li>
<li>
<p>est ce que vous avez des douleurs des jambes en marchant?</p>
</li>
</ul>
<p>Une <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-017-4537-3">revue</a> de la littérature semble inciter à un contrôle antihypertenseur plus stricte chez les diabétiques pour viser 130/80 plutôt que 140/90. C&rsquo;est en accord avec les nouvelles <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/11/dragi-webdo-n160.html">recos</a> américaines chez les patients à haut risque cardiovasculaires que sont ces patients.</p>
<p>Enfin, le <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(18)30023-8/abstract">dulaglutide</a>, un des &ldquo;nouveau&rdquo; analogues du GLP-1  a enfin quelques résultats publiés. Mais toujours sur des critères intermédiaires et pas en comparaison avec un analogue de référence comme le liraglutide. Donc, on en tire pas grand chose! Mieux vaut en rester au liraglutide!</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine!!! Si vous voulez vous détendre, un peu, n&rsquo;hésitez pas à aller jeter un œil au nouveau site de <a href="https://twitter.com/LesCreasDeKitty">MaChérie</a>, <a href="https://www.creasdekitty.com/">Les créas de Kitty</a>, ça vous donnera certainement des idées de cadeaux gourmands fait à la main!!!!</p>
<p>A bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://www.creasdekitty.com/id%C3%A9es-cadeaux/d%C3%A9clarations-d-amour/"><img src="/images/articles/2018/creas-de-kitty.png" alt="Créas de Kitty"></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°172: autisme, dépistage ostéoporose, efficacité des antidépresseurs, néphropathie diabétique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/02/dragi-webdo-n172/</link><pubDate>Sun, 25 Feb 2018 19:47:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/02/dragi-webdo-n172/</guid><category>Prévention</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, voici les articles de la semaine!</p>
<p>1/ Dépistages</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2829131/fr/autisme-de-l-enfant-accelerer-les-etapes-jusqu-au-diagnostic-agir-sans-attendre">HAS</a> a publié des recommandations sur le dépistage et la prévention de l&rsquo;autisme. Ce diagnostic peut désormais être posé dès 18 mois. La place du médecin généraliste ce dépistage dépistage est crucial étant donné que c&rsquo;est des principaux acteurs du suivi de l&rsquo;enfant.</p>
<p>Une <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(17)32640-5/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=67616804&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">étude</a> anglaise a randomisé un dépistage du risque d&rsquo;ostéoporose par le FRAX, organisé chez les patients de 70 à 85 ans de façon systématique en médecine générale. Quatorze pourcent des patientes du groupe dépisté avaient une indication de traitement (risque supérieur au risque de fracture à 10 ans donné par le FRAX). Ce dépistage n&rsquo;a pas réduit la survenue de fractures &ldquo;toute cause&rdquo;, ni la mortalité, ni la qualité de vie. Seules les fractures de hanches sont été réduites de 30 % (NNT= 111), ce qui correspond à un résultat plutôt fragile vu que ce n&rsquo;était qu&rsquo;un des critères de jugement secondaires. De plus, l&rsquo;étude ne parle pas des effets indésirables du dépistage, des effets indésirables des traitements introduits.</p>
<p>Petit retour sur la vitamine D! Une nouvelle <a href="https://www.aafp.org/afp/2018/0215/p254.html">revue de la littérature</a>   retrouve qu&rsquo;un seuil supérieur à 20ng/L est suffisant pour l’extrême majorité des patients.  Cependant, les auteurs retrouvent que l&rsquo;absence de bénéfice du dépistage en routine car l&rsquo;apport en vitamine D ne réduit pas ma mortalité, les cancers , le diabète de type 2 ou même les fractures chez les patients qui ne sont pas à haut risque.</p>
<p>2/ Gastroentérologie</p>
<p>Les <a href="http://www.thelancet.com/journals/langas/article/PIIS2468-1253(18)30037-2/fulltext?platform=hootsuite">inhibiteurs de pompe à proton (IPP)</a> sont efficaces par rapport au placebo. En comparaison avec les autres traitements gastroprotecteurs possibles, ils ont une efficacités supérieure. Bien qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pas d&rsquo;efficacité sur la mortalité, ils réduisent significativement le risque de saignement, les transfusion de culots globulaires, et  ce, sans différence liée à la prise ou l&rsquo;absence de prise d&rsquo;AINS récente. Malheureusement, les effets indésirables ne sont pas étudié.</p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>Une autre grosse méta-analyse cette semaine, celle de l&rsquo;efficacité des <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(17)32802-7/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=67530035&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">antidépresseurs</a>.  Ainsi, les auteurs retrouvent que l&rsquo;amitriptyline est l&rsquo;antidépresseur le plus efficace, les autres étant tous quasiment équivalents et plus efficaces que le placebo. Si on fait un peu attention, la seule différence significative entre les molécules concernerait une supériorité de l&rsquo;amitriptyline par rapport à la fluoxétine. Sur le plan de la tolérance, l&rsquo;agomélatine et la fluoxétine sont à privilégier et la clomipranine est la moins bien supportée. Ainsi, la fluoxétine semble être un bon premier choix de traitement, efficace et mieux supportée, avant d&rsquo;aller essayer d&rsquo;autres IRS ou de passer à l&rsquo;amitriptyline qui semble être plus efficace.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhOpFPOStrllgd9f4Zfc-iYk7IOtkGPA3nEGNYhTxVgK7ReX98AklFktuWgVqAQgaF8fywbywzPoZIkW5zJh8nFjfNkIODnBt0rp1bhhSPVD0nppqNIilyYZus11rYckLtLto-Ur-u8r_mc/s1600/antid%25C3%25A9presseurs.jpg"><img src="/images/articles/2018/antid-25c3-25a9presseurs.jpg" alt=""></a></p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Des auteurs ont testé l&rsquo;hydroxychloroquine dans le traitement de l&rsquo;<a href="http://annals.org/aim/article-abstract/2672940/hydroxychloroquine-effectiveness-reducing-symptoms-hand-osteoarthritis-randomized-trial">arthrose</a>. Les résultats de cet essai contrôlé randomisé sont une absence d&rsquo;efficacité par rapport au placebo. Dommage que le comparateur n&rsquo;ait pas été du paracetamol, peut être que le paracetamol aurait été supérieur pour une fois!</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Des analyses de la grande cohorte américaine NHANES a étudié les patients diabétiques. Comme on le sait, la présence d&rsquo;une <a href="http://care.diabetesjournals.org/content/early/2018/02/02/dc17-1954">micro-albuminurie</a> supérieure à 30 est bien un facteur prédictif d&rsquo;une augmentation de la mortalité.Cependant, les auteurs ont aussi retrouvé que l&rsquo;absence de protéinurie associé à un débit de filtration glomérulaire estimé inférieur à 60mL/min était également associé à une augmentation de la mortalité. Il est dommage de ne pas savoir si les patients avec un IEC avaient une mortalité moindre au final!</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine, à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°171: calendrier vaccinal 2018, cancer du sein, embolie pulmonaire et PERC, insuffisance cardiaque (reco US), parodontites et diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/02/dragi-webdo-n171/</link><pubDate>Sun, 18 Feb 2018 16:41:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/02/dragi-webdo-n171/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! A partir du site présenté la semaine dernière sur la déprescription des anti-Alzheimer, j&rsquo;ai finalement vu qu&rsquo;il était proposé <a href="https://deprescribing.org/fr/ressources-pour-les-patients-et-les-prestataires-de-soins-de-sante/deprescribing-algorithms/">des algorithmes pour déprescrire</a> les IPP, les anti-diabétiques, les benzodiazépines et les anti-psychotiques! L&rsquo;actualité a été riche cette semaine, alors voici ma sélection:</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Cette semaine, le pneumocoque est à la une de la iatrogénie médicamenteuse. Tout d&rsquo;abord, l&rsquo;utilisation de la <a href="http://erj.ersjournals.com/content/51/2/1701592">cigarette électronique</a> augmenterait la susceptibilité de ces bactéries à coloniser les voies respiratoires. L&rsquo;étude compare 11 vapoteurs versus 6 témoins non-fumeurs non-vapoteurs, donc on a pas détecté d&rsquo;infection effective. Il aurait aussi été intéressant de comparer les vapoteurs et fumeurs actifs&hellip;</p>
<p>Ensuite, les traitements par <a href="http://annals.org/aim/article-abstract/2672601/opioid-analgesic-use-risk-invasive-pneumococcal-diseases-nested-case-control">antalgiques opiacés</a> sont également associés à une augmentation du risque d&rsquo;infections pulmonaires à pneumocoques dans une étude cas-témoin nichée dans une cohorte incluant 1000 patients. La relation dose-effet retrouvée est en faveur d&rsquo;une causalité plus qu&rsquo;une simple association.</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Difficultes-d-approvisionnement-en-benzathine-benzylpenicilline-Point-d-information">ANSM</a> informe à nouveau des tensions d’approvisionnement en benzathine pénicilline. Heureusement, des stocks tchèques vont arriver! D&rsquo;ici là (et après aussi), mettez des préservatifs!</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinations_2018.pdf">calendrier vaccinal 2018</a> a été publié! Aucune modification par rapport à l&rsquo;an dernier, et toujours les mêmes pénuries. Le calendrier rappelle que les vaccins sont obligatoires sauf en cas de contre-indication réelle définitive:</p>
<p>– une allergie grave connue à l’un des composants du vaccin ;</p>
<p>– une réaction allergique grave lors d’une précédente injection du vaccin ;</p>
<p>– une immunodépression congénitale ou acquise, pour les vaccins vivants atténués comme le ROR.</p>
<p>Enfin, une petite subtilité que je n&rsquo;avais pas notée: le vaccin anti-zona est recommandé même en cas d&rsquo;antécédent de zona (je ne sais pas si ça a été recherché, mais c&rsquo;est peut être plutôt ces patients là qu&rsquo;il faut cibler et non tout le monde, vu le prix du vaccin)</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Commençons cette grosse partie avec une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2672630">évaluation française</a> des critères <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/11/dragi-webdo-n70.html">PERC</a> pour éliminer une embolie pulmonaire. Cette étude a démontré la non infériorité d&rsquo;utilisation des critères cliniques PERC par rapport à la prise en charge classique visant à utiliser des D-Dimères systématiquement quand la probabilité est faible. Avec le PERC, si tous les critères sont remplis, les D-Dimères sont donc inutiles. Je me suis donc amusé a faire les calculs des caractéristiques du test. Ainsi, &ldquo;avoir un PERC=0&rdquo; dans le diagnostic &ldquo;d&rsquo;absence d&rsquo;embolie pulmonaire&rdquo; a une sensibilité de 49% et une spécificité de 93% , ce qui donne un rapport de vraisemblance positif de 7 (ce qui est pas mal, mais pour avoir davantage de certitude, on aurait préféré qu&rsquo;il soit supérieur à 10) et un rapport de vraisemblance négatif de 0,5 (ce qui est très moyen, mais on sait que de ne pas avoir les 8 critères ne signifie pas que l&rsquo;on a forcément une embolie pulmonaire, donc c&rsquo;est cohérent).</p>
<p>Un essai du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2672572?utm_source=twitter&amp;utm_campaign=content-shareicons&amp;utm_content=article_engagement&amp;utm_medium=social&amp;utm_term=021418&amp;redirect=true#.WoRm9hzuZoo.twitter">JAMA</a> s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;insuffisance cardiaque à fonction d&rsquo;éjection préservée. Les auteurs ont apparié des patients atteint avec une tension systolique &gt; 120mmHg avec ceux ayant une tension inférieure. Ils ont retrouvé que ceux avec une tension inférieure à 120mmHg avait des risques d&rsquo;hospitalisation et de mortalité supérieurs. Il faut donc être particulièrement vigilants avec eux et limiter les traitements hypotenseurs, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucune preuve d&rsquo;efficacité des bêta-bloquants et que l&rsquo;efficacité des IEC n&rsquo;est pas très franche <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/09/dragi-webdo-n106.html">dans cette situation</a>.</p>
<p>Le collège de cardiologie américain a publié des <a href="http://www.onlinejacc.org/content/early/2017/12/12/j.jacc.2017.11.025?_ga=2.190979946.1175605124.1517998649-1956059178.1516810994">recommandations</a> sur la prise en charge de l&rsquo;insuffisance cardiaque gauche. Elle ne sont pas très intéressante pour les généralistes en dehors de l&rsquo;acronyme permettant de se souvenir de quand adresser au spécialiste: &ldquo;I NEED HELP&rdquo; (nécessité de traitement IV, NYHAIIIB ou persistance du BNP élevé, insuffisance rénale, FEVG &lt; 35%, troubles du rythme ayant nécessité défibrillation, hospitalisations, œdèmes malgré des diurétiques, TAS&lt; 90mHg, traitements non tolérés)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhvCvMHMy6VIbnzl1TGyJa2IJqha1ietpA4eWjTxxwMAvJ7ThetqjBHZz6bwjNrV4du-5HIHc9NUXj3XD-EFLEimvharudMW88RcHEXWHGxU2ODYzvj50zzxLK2Bd0lUrTYroxjIuPNFXDB/s1600/I+NEED+HELP+HF.png"><img src="/images/articles/2018/i-need-help-hf.png" alt=""></a></p>
<p>Un article aux résultats un peu étrange du <a href="http://www.bmj.com/content/360/bmj.k342">BMJ</a> a étudié le risque d&rsquo;AVC et d&rsquo;hémorragie chez les patients de plus de 65 ans sous anticoagulants pour de la fibrillation auriculaire. En effet, les auteurs retrouvent que ces patients sont, logiquement, plus à risque de faire un AVC ou une hémorragie, mais, les patients anticoagulés ont un risque de mortalité globale plus faible! Une hypothèse serait que les AVC survenant ne sont plus mortels grâce a l&rsquo;anticoagulation, et que concernant les patients avec une insuffisance rénale sévère et hypoalbuminémie sévère, il est démontré un bénéfice des anticoagulants. Dans tous les cas, attention aux patients insuffisant rénaux de plus de 65 ans mis sous anticoagulants pour découverte de FA!</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2672204">Jama Internal Medicine</a> peut faire débat sur l&rsquo;intérêt de l&rsquo;IRM dans le dépistage du cancer du sein. Chez des patients sans antécédent personnel de cancer du sein, et avec un antécédent de cancer du sein, les auteurs retrouvent que l&rsquo;IRM est entraine 4 fois plus de biopsies que les mammographies, permet surtout la découverte de lésions bénignes et bénignes à haut risque de transformation malignes, mais la mammographie dépiste plus de cancer invasifs. Le taux de découverte de cancer est néanmoins plus élevé chez les patients avec un antécédent de cancer, ce qui pourrait éventuellement rendre intéressant le suivi dans ces conditions là compte tenu du risque de récidive. Mais pour les patients sans antécédent, l&rsquo;IRM semble responsable de trop de surdiagnostic pour les quelques lésions malignes qui seront découvertes à la mammographie.</p>
<p>Pour ceux qui n&rsquo;en seraient pas encore convaincus, l’<a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2672205?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1330307414&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=47898896">antécédent familial de cancer du sein</a> au premier degré est un facteur de risque personnel de cancer du sein. L&rsquo;augmentation du risque est retrouvée, que l&rsquo;âge du parent atteint soit inférieur ou supérieur à 50 ans. On regrettera l&rsquo;absence d&rsquo;analyse d&rsquo;un sous groupe des parents ayant un cancer après 65 ou 70 ans, pour savoir jusqu&rsquo;à quel âge il faut considérer l&rsquo;antécédent au premier degré comme un facteur de risque.</p>
<p>Concernant le cancer de l&rsquo;ovaire, l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2672638">USPSTF</a> (recommandations américaines) se prononce contre le dépistage du cancer de l&rsquo;ovaire chez les patientes asymptomatiques sans facteurs de risque familial, que ce soit par échographie ou par dosage de marqueurs.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>L&rsquo;état bucco-dentaire des patients diabétique est crucial. Une nouvelle <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/jcpe.12858/full#references">étude</a> retrouve que la prise en charge non chirurgicale des parodontopathies améliore significativement l&rsquo;HbA1C d&rsquo;environ 0,5%. Tous chez le dentiste!</p>
<p>Merci à tous et bonne journée! A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi6y4_kzayk4FUrfWQtsgS0Ix-_ZqsnDKeq-yAU1_BNAZTJFHjlH03P2rusJDuTCpjnpfqq-9EFxiPbNYdzYi9fC13oOJ3nmChSgThjZp_qYHYoq2CNSLsDPHPa89M8nCYMl1MqOkNVP1LP/s1600/dentiste.jpg"><img src="/images/articles/2018/dentiste.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°170: AVC (reco US), vaccination (reco US), AOMI, BPCO, prévention du diabète, Alzheimer</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/02/dragi-webdo-n170/</link><pubDate>Sun, 11 Feb 2018 23:27:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/02/dragi-webdo-n170/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Neurologie</category><category>Pneumologie</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, ou plutôt bonsoir, pour ce nouveau Dragi Webdo! N&rsquo;oubliez pas de vous inscrire en inscrivant votre mail dans le module &ldquo;abonnez-vous&rdquo;, juste à droite de la page. Mais après, vous n&rsquo;aurez plus d&rsquo;excuser pour ne pas être au courant des actualités médicales&hellip;</p>
<p>Merci et bonne lecture!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjEFx5b59muVSg5-vVsW-C7GVEVFQGOb6wQ9BdvuxeKTpmzyemF4ZxZ8msnb7snGoEKmCVMV6OOsxftS5VEm1daVdpFNYGI0lPGUYUlUwy_FYXNOl1XCMPORD4RngQ9hwENti2Rz4EIFezn/s1600/abonnezvous.png"><img src="/images/articles/2018/abonnezvous.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p><a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/12/dragi-webdo-n163.html">Il y a peu,</a> je parlais des risques hépatiques liés à l&rsquo;ulipristal. La spécialité concernée était l&rsquo;Esmya (indiqué dans le traitement des fibromes), et l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Esmya-ulipristal-suspension-des-initiations-de-traitement-et-suivi-de-la-fonction-hepatique-chez-les-patientes-en-cours-de-traitement">ANSM</a> a rendu des conclusions: pas d&rsquo;introduction de nouveau traitements, réévaluation des traitements en cours et si le traitement est poursuivi, surveillance mensuelle du bilan hépatique.</p>
<p>Un article du <a href="http://www.bmj.com/content/bmj/360/bmj.k341.full.pdf">BMJ</a> revient sur les risques liés aux antibiotiques. Dans une étude de cohorte chez les plus de 65 ans avec une infection urinaire, les auteurs retrouvent un sur-risque d&rsquo;hyperkaliémie chez les patients traités par triméthoprime et une augmentation des insuffisances rénal chez les patients sous triméthoprime ou ciprofloxacine. Rien de neuf, mais il faut y penser, et notamment éviter le co-trimoxazole chez les patients avec un traitement hyperkaliémiant (notamment IEC et ARAII). Il faut noter une mortalité plus faible sous nitrofurantoïne, mais probablement lié au fait que ce traitement ne soit prescrit que pour des infections urinaires basses et donc moins sévères.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Pour mémoire, les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/08/dragi-webdo-n148.html">recos ESC</a> sur les AOMI ne recommandent pas de traitement par anti-agrégant en l&rsquo;absence de symptômes. Cette étude de <a href="http://circ.ahajournals.org/content/early/2018/01/11/CIRCULATIONAHA.117.032361">Circulation</a> parle de la place du traitement par statines. Dans cette étude de cohorte chez des vétérans américains, les auteurs ont comparés les anti-agrégants seuls versus l&rsquo;utilisation de statines et retrouvent que les patients sous statines ont un risque d&rsquo;amputation et de mortalité réduits chacun de 30% environ, et de 20% lorsque les statines étaient de forte intensité versus intensité faible ou modérée! Maintenant que j&rsquo;ai vendu du rêve, voici les NNT des statines forte dose versus aspirine seule: 100 000 patients-année pour les amputations et 20 000 patients-année pour la mortalité! (Notons que 15% des patients sous statines n&rsquo;avaient pas d&rsquo;anti-agrégants plaquettaires ce qui peut sous estimer le bénéfice des statines).</p>
<p>3/ Neurologie</p>
<p>Les sociétés américaines des AVC et celle de cardiologie ont proposé des recommandations sur la prise en charge de l&rsquo;<a href="http://stroke.ahajournals.org/content/early/2018/01/23/STR.0000000000000158">AVC</a>.  Pour les urgentistes et neurovaculaire il y a beaucoup de choses, mais pas de grandes nouveautés dans ce qui va concerner la médecine générale. La prise en charge au long cours nécessite une statine de forte dose préférentiellement à une faible dose ainsi que de l&rsquo;aspirine en cas de cause non cardio-embolique. Il est noté qu&rsquo;il n&rsquo;est pas démontré de bénéfice lié à l&rsquo;augmentation de la dose d&rsquo;aspirine ou au changement pour un autre anti-agrégant si le patient était déjà sous aspirine.</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/Telecharger?NomFichier=hcspr20171222_prvedelamaladalzhetdesmalaappa.pdf">HCSP</a> a proposé un rapport sur la prévention de la maladie d&rsquo;Alzheimer compte tenu de l&rsquo;absence de bénéfices francs des traitements symptomatiques existant. La prévention repose essentiellement sur le contrôle des facteurs de risques cardiovasculaires et la limitation des traitements pourvoyeurs de troubles mnésiques (benzodiazépines et anti-cholinergiques notamment).</p>
<p>Concernant la <a href="http://sydney.edu.au/medicine/cdpc/resources/deprescribing-algorithm.php?platform=hootsuite">déprescription</a> des traitements anti-Alzheimer, l&rsquo;université de Sidney propose un algorithme:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEieUZbEAQZ4meVUtPGRs73iFWk4q_DpJbgdwWgYjlQH9adz2tykK0IlzIQrI7YiE_VWGxs3cHURp1HgPQ9DawjW_w_dwBGp7WdIFYoyKhbFJ7RHE4mbmwdN5hCShBIGF8_qTCxDK9262NMf/s1600/d%25C3%25A9prescription+alzheimer.png"><img src="/images/articles/2018/d-25c3-25a9prescription-alzheimer.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Deux articles intéressant sur la BPCO. Le <a href="http://www.ti.ubc.ca/2018/02/06/109-inhaled-laba-copd/">premier</a> est une méta-analyse concernant les B2 de longue durée d&rsquo;action versus placebo. Malheureusement, l&rsquo;utilisation de ces traitements n&rsquo;améliore la mortalité des patients, ni le nombre d&rsquo;exacerbation. Les scores de contrôle et de qualité de vie sont sont cependant améliorés (il faut bien qu&rsquo;il y ait un peu d&rsquo;efficacité quand même!). En même temps, ce traitement par monothérapie est généralement proposé aux patients à des faibles grade de BPCO, donc il est logique de ne pas voir d&rsquo;effet sur des critères comme la mortalité car le risque de mortalité des patients avec une BPCO légère à modérée est très faible.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJzKQ76AISoz06ZEnwy9wbrQz_6rqImnUhVGshiU63DuZudQ2prVdC4MoW76YgeUaic0zVg2NYf5HD65YnvaSf9U5YXrFTSWg14d5cMQNXz9yVotTAeXSfN41BXlhetDMaHufSFbvKR_4y/s1600/COPD.png"><img src="/images/articles/2018/copd.png" alt=""></a></p>
<p>Le second, l&rsquo;étude <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)30206-X/fulltext?utm_campaign=lancet&amp;utm_content=66945582&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">TRIBUTE</a>, compare l&rsquo;efficacité de la double-bronchodilatation (indacaterol et glycopyrronium) versus un trithérapie (beclometasone, formoterol et glycopyrronium) à 52 semaines, le critère de jugement principal étant la survenue d&rsquo;exacerbation. Les auteurs retrouvent une diminution relative significative du nombre d&rsquo;exacerbations de 15% (0,5 / patient par an versus 0,59 / patient par an!) . Cependant, quand on regarde les sous groupes selon la sévérité de la BPCO, modérée ou sévère, il n&rsquo;y a rien de significatif. Pas d&rsquo;effet non plus sur l&rsquo;amélioration du VEMS ou du score de contrôle de BPCO. Concernant les effets indésirables, on ne retrouve pas d&rsquo;augmentation des pneumonies, des mycoses oro-pharyngées etc&hellip; qui sont pourtant des effets indésirables connus (Mais peut- être que le financement par BigPharma y est pour quelque chose&hellip;) Bref, pas de gros bénéfices, des risques incertains, et donc certainement que la trithérapie est à réserver aux patients non contrôlés sous double bronchodillatation, comme le suggèrent les recos actuelles.</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Les américains ont publié leurs <a href="https://www.cdc.gov/vaccines/schedules/hcp/imz/child-adolescent.html">recommandations vaccinales</a> pour 2018! Je suis toujours épaté par le nombre de vaccinations par rapport à notre calendrier:</p>
<ul>
<li>
<p>1 injection en plus de vaccins diphtérie, tétanos et coqueluche (supprimée depuis quelques années chez nous)</p>
</li>
<li>
<p>la recommandations de vaccination contre le rotavirus (supprimée aussi à cause du risque d&rsquo;invagination chez nous)</p>
</li>
<li>
<p>vaccination anti varicelle à 1 ans</p>
</li>
<li>
<p>vaccination antigrippale annuelle</p>
</li>
<li>
<p>vaccination hépatite A (ils ne doivent pas avoir de rupture chez eux&hellip;)</p>
</li>
<li>
<p>vaccination anti HPV possible dès 9 ans chez les garçons et filles</p>
</li>
<li>
<p>vaccination anti méningo A,C,Y,W systématique à 11 et 16 ans,</p>
</li>
<li>
<p>vaccination anti méningocoque B à 16 ans non recommandé mais peut être proposé en dehors de facteurs de risque</p>
</li>
</ul>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Pour finir, une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2661704?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1141776483&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=44374806&amp;redirect=true">étude</a> s&rsquo;est intéressé aux traitements préventifs du diabète, en considérant d&rsquo;une part les modifications des règles hygiéno-diététiques, et d&rsquo;autre par les traitements médicamenteux (ils ne sont pas recommandés en France en prévention). Les auteurs retrouvent une diminution semblable du risque de diabète que ce soit avec les RHD ou les médicaments de 35% environ (soit NNT de 25 patients). Cependant, lorsqu&rsquo;on prolonge le suivi des patients, la réduction du risque de diabète se maintenait chez les patients qui avaient eu une modification des RHD comme intervention, mais pas pas chez ceux ayant eu des traitements médicamenteux. Ça confirme bien qu&rsquo;il faut préférer une prise en charge préventive en rééduquant les patients plutôt qu&rsquo;en leur mettant des médicaments rapidement!</p>
<p>C&rsquo;est terminé, à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°169: traitement diabète, oméga-3, migraines, grippe, maladie de Ménière</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/02/dragi-webdo-n169/</link><pubDate>Sun, 04 Feb 2018 21:33:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/02/dragi-webdo-n169/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>ORL</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Voici les quelques articles de la semaine!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Metformine-et-risque-d-acidose-lactique-en-cas-d-insuffisance-renale-Point-d-Information">ANSM</a> rappelle que la metformine doit voir sa posologie diminuer progressivement jusqu&rsquo;à la fonction rénale limite d&rsquo;utilisation (DFG limite de 30ml/min). En effet, il y a en effet un risque connu d&rsquo;acidose lactique. Les contre indications cardiologiques (décompensation d&rsquo;insuffisance cardiaque ou infarctus récent) sont également citées, mais un peu plus discrètement alors qu&rsquo;il y a plus de patient diabétiques avec de infarctus récent non négligeable&hellip;</p>
<p>Dans le <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Patchs-de-nicotine-ne-pas-changer-de-marque-si-le-patient-est-equilibre-Point-d-Information">sevrage tabagique</a>, il est également préférable de ne pas changer de marque de patch substituts nicotiniques lorsque le patient est équilibré, à cause des possibles variations de biodisponibilité.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Pendant un temps, on a recommandé de donner des oméga-3 aux patients ayant eu un infarctus du myocarde. Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/fullarticle/2670752?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1274672282&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=46773424">méta-analayse</a> du JAMA  a retrouvé que les patients traités par oméga-3 ne voyaient pas leur risque de mortalité  ni d&rsquo;évènement cardiovasculaire réduit significativement, avec un un NNT d&rsquo;environ 350 pour la mortalité cardiovasculaire et 1000 pour la survenue d&rsquo;un infarctus non fatal. Sur 77 000 patients, on peut quand même conclure que l&rsquo;absence de significativité n&rsquo;est pas liée à un manque de puissance de la méta-analyse (pour ceux qui diraient qu&rsquo;on est presque significatif,  avec un p à 0,05 pile, il faut savoir que dans les essais contrôlés randomisés le résultat est binaire car il repose sur une hypothèse, donc soir l&rsquo;étude est significative, soit elle ne l&rsquo;est pas. On est pas &ldquo;proche de la significativité&rdquo;).</p>
<p>En ces périodes de grippes, il faut être vigilent. En effet, d&rsquo;après le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1702090">NEJM</a>, le risque d&rsquo;infarctus du myocarde serait multiplié par 6 dans les 7 jours suivant une grippe. Quelques précision sur les patients inclus: ils étaient quasiment tous hypertendus, de plus de 65 ans,  la moitié étaient diabétiques et 30% avait été vacciné contre la grippe&hellip; ce ne sont donc pas la majorité des patients consultant pour grippe, mais des patients fragiles à risque cardiovasculaire plutôt élevé. A noter que la vaccination antigrippale n&rsquo;influençait pas la survenue d&rsquo;un infarctus.</p>
<p>Un article du <a href="http://www.bmj.com/content/360/bmj.k96">BMJ</a> a étudié l&rsquo;association entre migraines et risque cardiovasculaire. Ainsi, après 19 ans de suivi de 50 000 patients migraineux, les auteurs retrouvent que les migraines sont associées à une augmentation du risque d&rsquo;infarctus du myocarde, d&rsquo;AVC, de phlébite et de fibrillation auriculaire. Cette étude incite donc, à davantage d&rsquo;attention lors de situations favorisant le risque cardiovasculaire et thrombo-embolique comme les prescriptions d&rsquo;oestro-progestatifs par exemple&hellip; Mais, il ne permet pas de savoir si le risque cardiovasculaire est lié aux migraine ou aux prises de traitements comme les AINS et triptans qui augmentent également le risque cardiovaculaire.</p>
<p>3/ ORL</p>
<p><a href="http://www.minerva-ebm.be/FR/Article/2063">Minerva</a> revient ce mois ci sur un article du BMJ évaluant l&rsquo;efficacité de la bêtahistine dans les vertiges de la maladie de Ménière. Malheureusement, aucun bénéfice n&rsquo;a été retrouvé sur l&rsquo;amélioration des vertiges, de leur sévérité ou de la qualité de vie des patients. Bref, le traitement semble toujours recommandé par les spécialistes, mais ni cette étude, ni la revue Cochrane sur le sujet n&rsquo;apportent d&rsquo;élément pour étayer cette pratique&hellip;</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>VADT était une des grandes études diabétologiques menée chez les vétérans américains dont j&rsquo;avais déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/06/dragi-webdo-n53.html">ici</a> pour les complications macrovasculaires. Cette analyse secondaire publiée dans <a href="https://link.springer.com/content/pdf/10.1007%2Fs00125-017-4473-2.pdf">Diabetologia</a>, s&rsquo;est intéressé à un suivi à plus long terme de la cohorte et portait sur les complications rénales. Ainsi, il y avait d&rsquo;avantage de patients avec un DFG &gt;60ml/min dans le traitement intensif par rapport au traitement standard. Faut il donc en conclure qu&rsquo;il faut traiter les diabètes de façon intensive? Toujours pas, car, l&rsquo;HbA1C moyenne dans le groupe standard était de 8,4% versus 6,9% dans le groupe intensif (soit un NNT de 15 patients!). Ainsi, viser un objectif à 7% peut sembler logique, mais ce qu&rsquo;il faut surtout, c&rsquo;est éviter que l&rsquo;HbA1C soit supérieure à 8%, seuil au delà duquel d&rsquo;autres nombreuses études ont montré une augmentation des complications micro, macro-vasculaire et de la mortalité.</p>
<p>Merci pour votre fidélité, chers lecteurs réguliers, et merci pour votre future fidélité (enfin, j&rsquo;espère!), chers nouveau lecteurs! A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°168: VPPB (reco HAS), Angines (reco NICE), tabagisme faible, diabète gestationnel, statines après 70 ans, thrombocytose</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/01/dragi-webdo-n168/</link><pubDate>Tue, 30 Jan 2018 08:12:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/01/dragi-webdo-n168/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>ORL</category><category>Hématologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Voici ma sélection d&rsquo;articles pour cette semaine, bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>On avait déjà parlé il y a quelques mois d&rsquo;un <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/12/dragi-webdo-n119.html">article</a> évaluant les risques du tabagisme faible (&lt; 10 cigarettes/ jour) et ses conséquences sur la mortalité et le cancer du poumon. Un nouvel article du <a href="http://www.bmj.com/content/360/bmj.j5855">BMJ</a>, une méta-analyse, retrouve cette fois là même chose, dès la consommation d&rsquo;une cigarette par jour, le risque relatif d&rsquo;infarctus augmentant d&rsquo;environ 50% et celui d&rsquo;AVC de 30% par rapport aux non fumeurs.</p>
<p>Un article de <a href="http://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1002488">Plos medicine</a> parle du diabète gestationnel. Les patientes atteinte ont un risque de devenir diabétique multiplié par 20 et sont également exposée à une augmentation du risque d&rsquo;HTA et de coronaropathie de façon indépendante. A noter que le risque de diabète de type 2 est majeur pendant l&rsquo;année suivant le diabète gestationnel, d&rsquo;où l&rsquo;importance du suivi à cette période.</p>
<p>Une ré-analyse de l&rsquo;étude <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2669904?redirect=true">SPRINT</a> a comparé les patients sous statines et ceux sans statines en prévention primaire. Ainsi, les auteurs ont retrouvé qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de différence en terme de survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaire chez les patients de plus de 65-70 ans sous statine en prévention primaire (p= 0,13) ce qui correspondait à un allongement non significatif de la durée moyenne sans évènements de 85 jours (669 jours sans statine vs 736 jours avec ). Encore une étude qui permet de douter du bénéfices des statines après 70 ans! (Mais pour mémoire, SPRINT ne randomisait pas de statine, seulement des objectifs d&rsquo;antihypertenseurs).</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng84">NICE</a> a publié des recommandations de prise en charge de l&rsquo;angine. Chez eux, pas de streptatest, ile ne se fient qu&rsquo;à leur &ldquo;Mac Isaac&rdquo; local pour décider de la probabilité d&rsquo;une angine bactérienne <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng84/chapter/terms-used-in-the-guideline#feverpain-criteria">(Fever pain criteria et centor criteria)</a>. Mais des antibiotiques peuvent être prescrit d&rsquo;emblée s&rsquo;il y a des signes inflammatoires cliniques sévères ou des risques de complications. Les auteurs rappellent qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucun bénéfice prouvé des traitements à base de spray locaux anesthésiants, collutoires et autres traitements vendus librement. Ils recommandent le paracetamol en 1er lieu pour traiter la douleur ou &ldquo;l&rsquo;ibuprofène si on préfère&rdquo;, (la formulation laisse a penser qu&rsquo;on peut utiliser l&rsquo;un ou l&rsquo;autre, mais il est bien mis après le paracetamol, y&rsquo;a du avoir des divergences d&rsquo;opinion chez les experts&hellip;). Les antibiothérapies en cas de risque d&rsquo;angine bactérienne élevé sont les mêmes qu&rsquo;en France, mais pour des durées de 5 à 10 jours, et il n&rsquo;y a rien pour nuancer sur les angines du moins de 3 ans. Bref, bien que ça semble plutôt inciter à la prescription d&rsquo;antibiotique, il est rappelé que les angines guérissent habituellement sans antibiotique qui ne réduisent que la durée des symptômes et donnent des diarrhées. Une infographie est proposée: 9% des angines traitées auront des symptômes réduits à 1 semaine (il est dommage que les complications de l&rsquo;antibiothérapie et éventuellement complications de l&rsquo;angine n&rsquo;apparaissent pas).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEheGV5ji7QOlu8mGmI7FBMh_8Fs32_yX2od_IMbLawzSzgVYgZWyqGqjGk9eQi19KIuq6Pv_EXyYNDkEsh8I7C73sR-ExMHClhAg30n9qZaP_VaVLkH0vSEpa5ax5YPi8Re_ZqqWRx_z2PE/s1600/angine.png"><img src="/images/articles/2018/angine.png" alt=""></a></p>
<p>3/ ORL</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2819896/fr/vertiges-positionnels-paroxystiques-benins-manoeuvres-diagnostiques-et-therapeutiques">HAS</a> a publié des recommandations sur la prise en charge des vertiges positionnels paroxystiques bénins (VPPB). Les auteurs abordent les techniques recommandées de rééducation (préférentiellement celle d&rsquo;Epley pour le canal postérieur et de Lambert et Tiel-Wilk pour le canal horizontal). Il est précisé qu&rsquo;aucun examen complémentaire n&rsquo;est nécessaire quand l&rsquo;examen clinique confirme le diagnostic de VPPB. La rééducation peut être prescrite de la façon suivante &ldquo;Bilan diagnostic kinésithérapique, manœuvre thérapeutiques pour vertige positionnel et contrôle si nécessaire&rdquo;. Il est noté qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de preuve suffisante pour recommander ou ne pas recommander les manœuvres d&rsquo;auto-rééducation. Enfin, ce n&rsquo;est pas directement le sujet, mais un mot sur les traitements médicamenteux (in)efficaces aurait pu être intéressant.</p>
<p>4/ Hématologie</p>
<p>Un article intéressant du <a href="http://bjgp.org/content/67/659/e405">BJGP</a> parle des thrombocytoses chez les patients vus en médecine générale. Il appelle à la vigilance car c&rsquo;est un signe qui serait associé à la survenue d&rsquo;un cancer dans l&rsquo;année chez 11% des hommes (et 6% des femmes) ayant des plaquettes supérieures à 400 000/mm3. Il est probablement inutile et dangereux de lancer des bilans de recherche de cancer chez ces patients, mais peut être faut il être plus vigilent sur l&rsquo;examen clinique et les autres symptômes (asthénie, perte de poids&hellip;) qui pourraient y être associé.</p>
<p>C&rsquo;est fini! Désolé pour la ponctualité différée de ce billet, bonne semaine à tous et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°167: Endométriose (reco HAS), exposition au plomb (HCSP), ophtalmologie du généraliste, obésité</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/01/dragi-webdo-n167/</link><pubDate>Sun, 21 Jan 2018 21:35:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/01/dragi-webdo-n167/</guid><category>Gynécologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Ophtalmologie</category><category>Nutrition</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous! Pour une fois, la semaine a été
assez calme du côté des revues mais plutôt agité du côté de la Twittosphère
avec les élections du <a href="https://twitter.com/search?f=tweets&amp;vertical=default&amp;q=%23CDOMduWebe2018&amp;src=tyah">#CDOMduWEBE2018</a> leurs
slogans plus originaux les uns que les autres! (ne m&rsquo;y cherchez pas, j&rsquo;ai pas eu l&rsquo;inspiration ni les compétences graphiques pour y figurer!)</p>
<p>1/ Gynécologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2819733/fr/prise-en-charge-de-l-endometriose">HAS</a> a publié ses
recommandations sur l&rsquo;endométriose. Elles sont plutôt superposables à celles du
<a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2018/01/dragi-webdo-n165.html">NICE</a>. Devant des symptômes
évocateurs (dysménorrhée, dyspareunies, douleurs pelviennes, non-menstruelle),
il faut rechercher des signes d&rsquo;endométriose profonde (dyspareunies profondes,
douleurs à la défécation cycliques, signes urinaires cycliques) et une
infertilité. L&rsquo;échographie pelvienne est le 1er examen à effectuer.</p>
<ul>
<li>
<p>En l&rsquo;absence d&rsquo;infertilité, de signes d&rsquo;endométriose
profonde ni de désir de grossesse: contraception hormonale (prioritairement:
contraception oestro-progestative ou DIU au lévonorgestrel, puis
microprogestatif ou implan)</p>
</li>
<li>
<p>Si infertilité, signe d&rsquo;endométriose profonde, désir
de grossesse, endométriome à l&rsquo;échographie ou échec de la contraception
hormonale: adresser en centre spécialisé avec le bilan de 2ème intention: IRM
pelvienne +/- échographie endovaginale.</p>
</li>
</ul>
<p>Pour chercher une fois de plus des bénéfices à
l&rsquo;allaitement maternel, une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2668634?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1288287434&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=47006493">JAMA internal medicine</a> a
retrouvé que la longue durée de l&rsquo;allaitement (supérieure à 6 mois) était
associé à un moindre risque de diabète de type 2.</p>
<p>2/ Pédiatrie</p>
<p>Le <a href="https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=643">HCSP</a> a publié une mise à
jour sur la prévention de l&rsquo;exposition au plomb. La fiche la plus importante
est, selon moi, la check liste des facteurs de risque d&rsquo;exposition à utiliser
notamment pour les certificats obligatoires de l&rsquo;enfant. En cas de réponse
positive (au moins 1), il faudra prescrire une plombémie et compléter la <a href="https://www.formulaires.modernisation.gouv.fr/gf/cerfa_12378.do">fiche de déclaration de surveillance</a>.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjOqeqzi87ku3hGpUS2Up7ZbT13zcxAFsX6NCz-mWtyA3PhQlDn2eCNzEmmcTenrTw7dQdYHPefY2Szcrjpr3cPXsnL2oSC5zQemAWb5fzR8UHuZdwx5nduTBGBp1S3yx6RdIxnlAjoHFP4/s1600/plomb.png"><img src="/images/articles/2018/plomb.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Ophtalmologie</p>
<p>Depuis quelques temps, je me tâte à prendre un
ophtalmoscope, parce que cela fait plusieurs fois que des patients viennent
pour des symptômes qui ne requièrent pas forcément un avis ophtalmologique au
final. Peut être que cet article du <a href="http://bjgp.org/content/68/666/49">BJGP</a> va me décider! Il
parle des types ulcérations cornéennes visibles à la fluorescéine et propose
les conduites à tenir par un généralistes:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgowwC9JpJA5VI9WVpc_DtkoXVRlvmcZ6vtNF91LEsfX8iRhqsOoGTZEFp2FUfM3OoN3-tzAFnpckRQs60ey7pqeP6Rj-SgL0NZ2dD8voANRxHEPbCKQvQdTARnIGGaLYCsYpchMC5vsx9y/s1600/keratite+MG.png"><img src="/images/articles/2018/keratite-mg.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Obésité</p>
<p>Finissons avec les articles sur l&rsquo;obésité publiés dans
le JAMA. Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2669725?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1288718835&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=47021610&amp;redirect=true">premier</a> comparait dans un
essai contrôlé randomisé une opération par sleeve versus un By-pass chez
des patients avec obésité morbide. Pour mémoire, la sleeve (gastrectomie
longitudinale) est une chirurgie entrainant  rarement des malabsorptions
avec un suivi peu contraignant, alors que le Bypass est une chirurgie
malabsorbtive avec un risque de carences élevé et nécessitant un suivi
contraignant. Les auteurs ont mené une étude d&rsquo;équivalence, et ont retrouvé que
les 2 traitements n&rsquo;étaient pas équivalents, avec plus de perte de poids, plus
de rémission de diabète/d&rsquo;hypertension chez les patients traités par by-pass.
De plus, il n&rsquo;y avait pas de différence en terme de qualité de vie ni de
mortalité liée au traitement. Le by-pass semble donc plus intéressant.
Cependant, la morbidité globale était supérieure chez les patients traités par
by-pass (26% vs 19% chez les patients avec sleeve mais sur seulement 50 patients:
difficile d&rsquo;être significatif). Donc si on remet les choses dans l&rsquo;autre sens:
la sleeve est moins performante sur les critères de jugements intermédiaires,
mais sans différence de mortalité globale à 5 ans et avec une morbidité
moindre.</p>
<p>Le <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2669727?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1288799403&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=47023262&amp;redirect=true">second</a> est une étude
suivant 120 patients obèses randomisés entre &ldquo;by-pass&rdquo; et
&ldquo;règles hygiéno-diététiques seules&rdquo; (RHD). Le critère de jugement
était la combinaison d&rsquo;une HbA1C &lt; 7%, d&rsquo;un LDL &lt; 1,0g/L et d&rsquo;une PAS
&lt; 130mmHg. Ce critère a été atteint chez 55% des patients avec bypass contre
14% des patients sous RHD au prix de beaucoup plus d&rsquo;effets indésirables (plus
de 1,3 évènement indésirable/patient avec by-pass versus 0,66 : NNH de 1,5!)
notamment chirurgicaux, mais aussi des hyperparathyroïdies .</p>
<p>Tout ça pour dire que pour conseiller nos patients
souhaitant se faire opérer, en cas d&rsquo;échec des RHD (puisque quand même 14% des
patients de ce groupe ont atteint le critère de jugement), il ne me semble pas
certain que le bénéfice du bypass par rapport à la sleeve dépasse ses risques.</p>
<p>C&rsquo;est terminé! Pensez à vous abonner si vous ne voulez
pas rater de Dragi Webdo! (entrez votre mail en haut à droite dans la case
&ldquo;abonnez-vous&rdquo;, et n&rsquo;oubliez pas de valider l&rsquo;inscription dans le
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<p>Bonne soirée et à la semaine
prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°166: HTA, déprescription, bilans systématiques, scoliose, troubles cognitifs</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/01/dragi-webdo-n166/</link><pubDate>Mon, 15 Jan 2018 23:58:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/01/dragi-webdo-n166/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Prévention</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Neurologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Les bonnes résolutions n&rsquo;ont pas tenu&hellip; Mais pour me faire pardonner, voici les &ldquo;red flags&rdquo; de <a href="https://choosingwiselycanada.org/family-medicine/">Choosing Wisely</a>&quot; concernant la pratique de la médecine générale: c&rsquo;est à dire, les points de réflexion à avoir sur des &ldquo;habitudes&rdquo; qui ne seraient pas EBM et entraineraient du surdiagnostic et du surtraitement. (Pour les autres spécialités, il faut sélectionner <a href="https://choosingwiselycanada.org/recommendations/">ici</a>!) . Et maintenant, les actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0189621">antibiorésistance</a> est une notion bien connue en infectiologie. Ce qu&rsquo;il faut prendre en compte c&rsquo;est qu&rsquo;elle est aussi associée au risque de mortalité. Alors, épargnons les antibiotiques!</p>
<p>Les diurétiques <a href="http://www.jaad.org/article/S0190-9622(17)32741-X/pdf">thiazidiques</a> sont des traitements de première intention dans l&rsquo;HTA. Une étude récente met en évidence une sur-risque de cancer cutanés (hors mélanome) chez les patients traités dans une étude cas témoins (on est pas dans du grand niveau de preuve). Cela concernait surtout les fortes doses (50 000mg d&rsquo;hydrochlorothiazide, soit environ 6 ans de traitement à 25mg/jour. Cela ne remet pas en question le bénéfice du traitement, mais il faudrait peut être en privilégier un autre chez les patients à risque de cancer cutané (ou avec antécédent de cancer cutané).</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Rappel-sur-le-bon-usage-de-l-ibuprofene-apres-la-publication-d-une-etude-qui-suggere-des-perturbations-de-la-physiologie-testiculaire-Point-d-Information">ANSM</a> rappelle le &ldquo;bon usage&rdquo; de l&rsquo;ibuprofène suite à une étude retrouvant une augmentation du risque de perturbations de la physiologie testiculaire chez des hommes traités pendant 6 semaines par 1200mg / jour de ce traitement. Pour nuancer ce résultats, il faut d&rsquo;abord dire que cette étude a inclus 31 patients seulement et que la durée de 6 semaines à cette dose, c&rsquo;est pas courant, et d&rsquo;autre part que ces modifications physiologiques ne se sont pas accompagnées de troubles de la fonction comme des troubles de la fertilité, de la libido ou de l&rsquo;érection. (A cette posologie là, il y a certainement plus de risque d&rsquo;avoir un ulcère).</p>
<p>2/ Dépistage</p>
<p>Voici une nouvelle méta-analyse publiée dans le <a href="http://www.bmj.com/content/345/bmj.e7191.full">BMJ</a> retrouvant l&rsquo;absence de bénéfices aux bilans de santé systématiques  en terme de mortalité, de morbidité, d&rsquo;hospitalisation, d&rsquo;invalidité, mais avec une augmentation du nombre de diagnostics et de comorbidités des patients (notamment d&rsquo;hypertension et de dyslipidémie).</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.uspreventiveservicestaskforce.org/Page/Document/RecommendationStatementFinal/idiopathic-scoliosis-in-adolescents-screening">USPSTF</a> (HAS américaine) s&rsquo;est prononcé contre le dépistage systématique des scolioses structurales idiopathiques chez les enfants asymptomatiques compte tenu des nombreuses scolioses légères asymptomatiques non évolutives.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Je voudrais commencer par commenter l&rsquo;étude <a href="http://www.comitehta.org/wp-content/uploads/2017/12/FLAHS2017_CFLHTA.pdf">FLAHS</a> 2017, étude évaluant des patients hypertendus volontaires. Selon l&rsquo;<a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3603846?src=soc_tw_180112_mscpedt_news_tho_hypertension&amp;faf=1#vp_1">auteur</a> de l&rsquo;étude, il y aurait un recul désespérant car seulement 57% des patients hypertendus seraient contrôlés, que ce chiffre stagne depuis 2010, que la prescription de monothérapies augmente au dépend des bithérapies et des ARAII (&ldquo;les  courriers de l&rsquo;Assurance Maladie destinés aux MG n&rsquo;y sont probablement pas non plus étrangers&rdquo; et donc à cause des MG) mais heureusement, les diurétiques diminuent. Reprenons: le chiffre de contrôle tensionnel stagne avec une baisse des bithérapie, c&rsquo;est donc que des traitements étaient inutiles, si les monothérapies suffisent à avoir le même chiffre: moins de traitement, moins d&rsquo;effets indésirables. Les ARA II n&rsquo;ont pas démontré de bénéfice en terme de mortalité, contrairement aux IEC. Or la &ldquo;ROSP&rdquo;, pour le coup, encourage la prescription préférentielle d&rsquo;IEC par rapport aux ARAII, c&rsquo;est donc plutôt une bonne chose pour les patients et pour la santé publique. Les diurétiques diminuent, c&rsquo;est dommage je dirais&hellip; un traitement peu cher avec des preuves d&rsquo;efficacité importantes, notamment en première intention; en tous cas, bien plus importantes que les bêta-bloquants qui restent recommandés (en France, parce qu&rsquo;outre atlantique, ils les ont retiré) . Quand on regarde les chiffres en pourcentage de patients traités: 37% ont des ARAII et 35% ont un bêta-bloquant (ouille!!!), puis viennent les classes plus efficaces: IEC à 27%, diurétiques à 23% et inhibiteurs calciques à 30%. Enfin bon, je changerai peut être mon point de vue quand Bayer me payera 11 000€ d&rsquo;<a href="https://www.transparence.sante.gouv.fr/">hospitalité</a>! Il est peut être regrettable que l&rsquo;on n&rsquo;a pas d&rsquo;association recherchée entre la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires et les traitements/le contrôle et que l&rsquo;on compare entre les années. Mais sinon, je suis quand même d&rsquo;accord avec lui, on peut mieux faire sur le taux de patients bien contrôlé!</p>
<p>Ainsi, une étude du <a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j5542">BMJ</a> a mis en évidence à partir de SPRINT l&rsquo;effet de l&rsquo;ajout d&rsquo;une nouvelle molécule à un traitement anti-hypertenseur améliorerait le bénéfice cardiovasculaire, avec une amélioration de 0,6% du risque absolue par classe d&rsquo;antihypertenseur introduite, et ce sans augmentation significative des effets indésirables (même lors des quadrithérapies!) Le modèle utilisé est complexe, et prend en compte les particularités des patients. Ainsi un patient sous bithérapie avec une tension à 120mmHg n&rsquo;a pas le même poids que celui sous pentathérapie à 135mmHg. Donc je pense que l&rsquo;idée, n&rsquo;est pas forcément de mettre une quadrithérapie à tout le monde, mais plutôt de ne pas rechigner de trop à aller vers la quadrithérapie si la tension n&rsquo;est pas contrôlée.</p>
<p>Et sinon, est-ce vraiment &ldquo;le mal&rdquo; de déprescrire les traitements cardiovasculaires? Une <a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-017-0988-0">étude</a> de non infériorité Néerlandaise a déprescrit les traitements antihypertenseurs et anti-dyslipidémiques de patients à faible risque cardiovasculaire dans un essai contrôlé randomisé en cluster. Les patients devaient avoir un traitement dont l&rsquo;indication n&rsquo;était pas formelle selon les recommandations locales. Ainsi, ils avaient un SCORE &ldquo;pré-traitement&rdquo; estimé a 7% en moyenne et à 5% prédit à 10 ans sous traitement (ce qui est tout de même plutôt haut!) Les auteurs ont mis en évidence qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;augmentation du risque cardiovasculaire 2 ans après la déprescription quand elle s&rsquo;était prolongée (+2% de risque dans le groupe déprescription versus +1,9% dans le groupe contrôle), même si la tension était légèrement plus élevée (+4mmHg) et de même pour la dyslipidémie (+0,07g/L de cholestérol total). Ainsi, déprescire sans risque d&rsquo;augmenter le risque cardiovasculaire est tout a fait faisable quand on cible les traitements non recommandés (et c&rsquo;est peut être pour ça qu&rsquo;il ne sont pas recommandés!)</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2668347?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1274435829&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=46769571&amp;redirect=true">JAMA</a> a étudié la réduction de mortalité chez les patientes atteintes de cancer du sein. Il est intéressant de voir qu&rsquo;en 2000: cette réduction de mortalité était liée à 44 % au dépistage et à 56% aux traitements. En 2012, ce n&rsquo;était plus que 37% de réduction lié au dépistage et 63% lié aux traitements. Un dépistage contesté au vu du surdiagnostic, dont le bénéfice sur la mortalité spécifique ce réduit par rapport à l&rsquo;efficacité des traitements.</p>
<p>5/ Neurologie</p>
<p>Les <a href="https://www.aan.com/Guidelines/Home/GetGuidelineContent/882">troubles cognitifs légers</a> (mild cognitive impairment) ont maintenant des recommandations par la société de neurologie américaine. Ainsi, il ne faut pas les négliger ou les attribuer à l&rsquo;âge. Le bilan doit être le même que pour des troubles mnésiques plus avancés. Cependant, pour la prise en charge, il est recommandé de traiter les facteurs favorisant, d&rsquo;arrêter les traitements potentiellement impliqués (si possible) et de faire du sport 2 fois par semaine. Il faut expliquer au patient et à l&rsquo;entourage qu&rsquo;aucun traitement n&rsquo;a de bénéfice à ce jour et les anti-cholinesthérasiques ne doivent pas être proposés (sauf si le patient insiste visiblement&hellip;)</p>
<p>C&rsquo;est fini, j&rsquo;ai été plutôt râleur cette semaine&hellip; A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°165: endométriose, vomissement gravidique, Raynaud, hypoglycémie, antibiothérapie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/01/dragi-webdo-n165/</link><pubDate>Sun, 07 Jan 2018 21:41:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2018/01/dragi-webdo-n165/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Traumatologie</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir, et meilleurs veux à tous! J&rsquo;espère que vous avez passé de bonnes vacances pour ceux qui ont eu en profiter, mais c&rsquo;est la reprise: alors voici les actualités!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2666790?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1260844492&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=46494579&amp;redirect=true">JAMA internal medicine</a> a étudié les anti cholinergiques (LAMA) et beta-2-stimulant de longue durée d&rsquo;action (LABA) chez plus de 200 000 patients ayant une BPCO dans une étude cas témoin nichée dans une cohorte. Ils retrouvent une augmentation du risque relatif cardiovasculaire (infarctus, AVC ou insuffisance cardiaque) de 1,5%  dans les 30 premiers jours de traitement uniquement (soit un NNH de 166 pour les LABA et 500 pour les LAMA). Cela ne remets pas en cause les bénéfices potentiels du traitements mais doit inciter à surveiller davantage les patients durant cette période d&rsquo;initiation.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>C&rsquo;est l&rsquo;hiver, alors pensons aux patients avec un syndrome de Raynaud! Une revue <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD000467.pub2/abstract?hootPostID=ee6df5ae410426aa6f10d7d85bdcc467">Cochrane</a> confirme l&rsquo;efficacité des inhibiteurs calciques dans le traitement , réduisant la fréquence des crises, leur durée, l&rsquo;intensité de la douleur, ainsi que le retentissement fonctionnel. Pour mémoire, en France, c&rsquo;est la nifédipine 10mg (x3/j max) qui a l&rsquo;AMM. La revue Cochrane ne détaille pas les différentes molécules, malheureusement.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng73/chapter/Recommendations">NICE</a> a publié des recommandations sur l&rsquo;endométriose. Ainsi, l&rsquo;échographie est le 1ère examen à effectué chez des patientes de plus de 17 ans ayant un des symptômes compatibles:</p>
<p>douleurs pelviennes chroniques, dysménorrhées invalidantes, dyspareunies, symptômes urinaires (hématurie) ou digestifs cycliques, et infertilité. Les traitements de première intention sont les antalgiques (paracetamol ou AINS), puis les traitements hormonaux (oestro-progestatifs ou progestatifs seuls). En cas de doute diagnostic ou d&rsquo;échec thérapeutique: adresser au gynécologue (de préférence spécialisé)</p>
<p>Concernant les nausées durant la grossesse, le collège des <a href="http://journals.lww.com/greenjournal/Abstract/2018/01000/ACOG_Practice_Bulletin_No__189___Nausea_And.39.aspx">gynécologues</a> américain recommande en première intention avec un haut niveau de preuve de la vitamine B6 (pyridoxine, 10-25mg x 4 par jour,) seule, ou associée à la doxylamine (40mg/j maxi). Concernant la B6, elle n&rsquo;existe malheureusement pas seule à la dose recommandée  mais toujours en association en France. En deuxième intention, c&rsquo;est un autre antihistaminique qui est proposé Promethazine ou Diménhydrinate. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 3ème intention que le metoclopramide et l&rsquo;ondansetron apparaissent.</p>
<p>4/ Orthopédie</p>
<p>On a souvent du mal a évaluer les ruptures du ligament croisé antérieur (LCA),
que ce soit par recherche du tiroir antérieur ou le test de Lachman,
qui sont d&rsquo;ailleurs impossibles à faire en phase précoce. Voici donc un
signe intéressant: <a href="https://link.springer.com/article/10.1007%2Fs00167-014-3490-7">le signe du levier</a>. Rien de tel qu&rsquo;une vidéo pour bien voir! En cas de rupture du LCA (jambe droite sur la vidéo), le talon ne se lève pas!</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2666503?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1225698138&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=45949907&amp;redirect=true">JAMA</a> a étudié l&rsquo;efficacité des antibiotiques à spectre large (amoxicilline+acide clavulanique, céphalosporines et macrolides) dans les infections respiratoires hautes de l&rsquo;enfant. Les auteurs ont retrouvé que ces traitements n&rsquo;étaient pas associés à moins d&rsquo;échecs que les antibiothérapies à spectre plus étroit (amoxicilline), mais présentaient plus d&rsquo;effets indésirables et une qualité de vie moindre durant le traitement. Ça tombe bien, ça colle avec ce que disent les recos!</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Enfin, l&rsquo;étude <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-017-4422-0">Devote-3</a> (insuline dégludec vs glargine) rappelle un point important dans la prise en charge du diabète. C&rsquo;est une réanalyse de l&rsquo;étude qui compare ensemble les 2 insulines mais étudie, cette fois ci les patients ayant fait des hypoglycémies sévères versus ceux qui n&rsquo;en ont pas fait. Ainsi, les auteurs retrouvent que les patients ayant eu des hypoglycémies sévères avaient une augmentation du risque de mortalité de 2,5% après avoir fait cette hypo (avec une NNH de 21!). Eviter les hypoglycémies est vraiment un point crucial dans la prise en charge du diabète, et donc être vigilant avec les &ldquo;objectifs glycémiques&rdquo; trop strictes parfois recommandés&hellip;</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette reprise publiée dans les temps! (Les bonnes résolutions&hellip;)<br>
Encore bonne année à tous et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°164: Diverticulite aigüe (Reco HAS), Asthme (Reco NICE), traitement hormonal de la ménopause (Reco US), doxycycline post-exposition, déchirure de la coiffe des rotateurs</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/12/dragi-webdo-n164/</link><pubDate>Sun, 17 Dec 2017 23:30:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/12/dragi-webdo-n164/</guid><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Infectiologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous! Avant les actualités de la semaine, je ne peux que commencer par les éditions spéciales du BMJ X-mas! Les thèmes abordés cette année:</p>
<ul>
<li>
<p><a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j5451">est ce que l&rsquo;arrogance précède vraiment les chutes</a> dans une population anglaise?</p>
</li>
<li>
<p><a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j5367">y a t il un sur-risque d&rsquo;accident de moto les nuits de pleine lune</a>?</p>
</li>
<li>
<p><a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j5326">a-t-on vraiment plus de douleurs articulaires les jours de pluie</a>?</p>
</li>
<li>
<p>comment ont évolué la <a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j5623">taille des verres de vin</a> durant les repas depuis ces derniers siècles?</p>
</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEit77Ycv2gjXozAkcyCfccAGiebKqWuL2u94T68NKiy31hopM50fAiRkKaWJyE2KwIbyiCgEMsoGnIb12XW66QZSIui3ht84Q8xz6TdbFIRxpKn1Qq_x3ifDW67w864qXWOg794bjARAons/s1600/bmj+xmas+vin.png"><img src="/images/articles/2017/bmj-xmas-vin.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pneumologie</p>
<p>Commençons avec un avis du <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=636">HCSP</a> sur la vacciation anti-pneumococcique. Il n&rsquo;est pas très novateur, confirmant l&rsquo;indication d&rsquo;une injection par &ldquo;prevenar 13&rdquo; (vaccin à 13 valences) suivie de &ldquo;pneumovax&rdquo; (vaccin à 23 valences) 8 semaines après pour les patients à haut risque d&rsquo;infection pulmonaire (immunodéprimés ou non) puis tous les 5 ans par le vaccin à 23 valences. Pour les patients déjà vacciné par un vaccin à 23 valences sans vaccination par vaccin à 13 valences, ce dernier vaccin peut être effectué au moins 1 an après le dernier vaccin à 23 valences.</p>
<p>Le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng80/chapter/Recommendations#initial-clinical-assessment">NICE</a> a émis des recommandations sur la prise en charge de l&rsquo;asthme. Quand il y a une suspicion d&rsquo;asthme, les EFR restent l&rsquo;examen diagnostic a effectuer. Les anglais confirment qu&rsquo;il faut un VEMS/CV &lt; 0,7 mais ne rapportent pas cette valeur à la théorique (certains auteurs disent que le syndrome obstructif c&rsquo;est &lt; 90% du rapport VEMS/CV théorique pour l&rsquo;âge). Si les résultats  le syndrome obstructif réversible (+12% et 200ml chez l&rsquo;adulte et +12% seul avant 16 ans) se confirme, il est nécessaire d&rsquo;avoir la fraction expirée de monoxyde d&rsquo;azote (FeNO) chez les plus de 16 ans, et ça, nos spiromètres de ville ne peuvent le faire (enfin, je crois pas que le mien le fasse&hellip;) . La nouveauté dans les traitements est la 2nde ligne: en cas d&rsquo;échec de corticoïdes inhalés (CSI), c&rsquo;est une bithérapie CSI + anti leucotriènes (montelukast) qui est recommandée. En cas d&rsquo;échec, il est possible de passer soit à une association CSI + bêta2 mimétiques de longue durée d&rsquo;action (LABA) soit à une trithérapie en ajoutant le LABA à la bithérapie préexistante. Les critères simplifiés de non-contrôle de l&rsquo;asthme: 3 jours par semaine de symptômes ou 3 jours par semaine  d&rsquo;utilisation de B2 mimétiques de courte durée d&rsquo;action, ou 1 réveil nocturne par semaine lié à l&rsquo;asthme.</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2665782?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1218398150&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=45828685">USPSTF</a> (équivalent américain de la HAS) a émis des recommandations sur les traitements hormonaux de la ménopause (THM). Les auteurs se prononcent contre l&rsquo;utilisation des THM chez des femmes asymptomatiques devant des bénéfices symptomatiques faibles et des risques possibles (thrombo-emboliques et potentiellement de cancer du sein). Là encore, grand désaccord entre les auteurs selon les publications sur les bénéfices et risques (j&rsquo;en avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/02/dragi-webdo-n128.html">ici</a>)</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>L&rsquo;étude française <a href="http://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(17)30725-9/abstract">IPERGAY</a> avait permis de démontrer l&rsquo;efficacité du traitement pré-exposition chez les patients ayant des rapports homosexuels (HSH). Mais l&rsquo;augmentation des infections sexuellement transmissibles posait quand même problème. Ainsi, l&rsquo;essai a également évalué le traitement post exposition par doxycycline 200mg monodose dans un délai de moins de 24h après un rapport à risque versus pas de traitement. Après environ 9 mois de suivi, les auteurs ont retrouvé une diminution du risque d&rsquo;infection à chlamydia et syphilis mais pas pour les gonocoques (ce qui est assez logique puisque la doxycycline est efficace sur C.Trachomatis et T.Pallidum) . Le NNT pour éviter une IST était de 5 patient et il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;effet indésirable grave, mais seulement sur les 200 patients inclus: sur une population plus large, les risques connus digestifs et d&rsquo;ulcération œsophagienne risque d&rsquo;apparaitre. Ce qui m&rsquo;étonne (m&rsquo;affole?), c&rsquo;est que les patients du groupe traitement ont reçu en médiane 680mg de doxy par mois durant l&rsquo;étude&hellip;.. (c&rsquo;est un peu poser sa main sans gant de protection sur la cuisinière et recommencer volontairement 3,4 fois par mois pendant 9 mois&hellip;). Bref en tous cas, c&rsquo;est plutôt efficace chez les patients HSH ayant des rapports à risque. (Est ce que ça serait utile de prendre de la doxy systématique avec les anti-rétroviraux donnés dans le PREP? il me semble qu&rsquo;une étude est en cours là dessus&hellip;)</p>
<p>4/ Gastroentérologie:</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2806798/fr/prise-en-charge-medicale-et-chirurgicale-de-la-diverticulite-colique">HAS</a> a publié des recommandations sur la diverticulite aiguë dont je vais parler pour ce qui concerne les généralistes. Ainsi, le diagnostic doit être appuyé par un bilan comportant NFS-plaquettes, CRP, créatininémie et un TDM abdominal injecté (d&rsquo;où la créatininémie sur le bilan) confirmant le diagnostic doit être effectuée à chaque épisode.</p>
<p>Concernant le traitement, l&rsquo;absence d&rsquo;antibiothérapie est recommandé en l&rsquo;absence de signe de gravité (TA &gt; 100mmHg, FR&lt; 22, pas d&rsquo;immunodépression, pas de grossesse, symptômes et inflammation peu marqués). La persistante des symptômes d&rsquo;une diverticulite non compliqué permet la prescription de l&rsquo;antibiothérapie (principalement: amoxicilline+ac.clavulanique , ou bien levo/ciprofloxacine + métronidazole) pour une durée de 7 jours. (NB: la ceftriaxone + metronidazole n&rsquo;est donc pas proposé dans les formes non compliquées; sur antibioclic, l&rsquo;augmentin n&rsquo;était pas proposé à cause du risque de résistance des antérobactéries mais cette reco n&rsquo;aborde pas les résistance et se basse &ldquo;directement&rdquo; sur les résultats des essais effectués).</p>
<p>Le traitement chirurgical prophylactique peut être discuté suite à une diverticulite compliquée (abcès notamment), ou non compliquée en cas d&rsquo;immunodépression ou en cas de poussées récurrentes impactant la qualité de vie (c&rsquo;est la qualité de vie qui est importante, et pas le nombre de poussées).</p>
<p>Enfin, aucun régime n&rsquo;est à proposer car aucun n&rsquo;a démontré d&rsquo;efficacité même durant une poussée. Les probiotiques ne sont pas recommandés non plus .</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Une étude du <a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j5366">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé au ruptures de la coiffe des rotateurs. Les auteurs recommandent:</p>
<ul>
<li>
<p>une radiographie en urgence pour limitation d&rsquo;abduction à 90° après un traumatisme</p>
</li>
<li>
<p>d&rsquo;explorer par échographie (ou IRM) quand une limitation d&rsquo;abduction à 90° persiste à 2 semaines et les patients de plus de 40 ans ayant une luxation gléno-humérale</p>
</li>
<li>
<p>de prendre l&rsquo;avis en urgence d&rsquo;un chirurgien orthopédique en cas de déchirure de la coiffe des rotateurs objectivée.</p>
</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjxG-9O7BpCDhvxEqsgoPTDoD3M6f3yI8N-ifmJ77zno4QDTXc4TZVSlz4JGp4jIeQq_IaxNtVcTFIDpENzVLVv0nngnKAk6yJkxY_XuYxsAkifTJI6FQv7tK_EfOTs3c1njZjOXtg8mGbD/s1600/d%25C3%25A9chirure+coiffe+des+rotateurs.png"><img src="/images/articles/2017/d-25c3-25a9chirure-coiffe-des-rotateurs.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini! Merci à tous de m&rsquo;avoir suivi cette année! Pas sur qu&rsquo;il y ait un Dragi Webdo avant 2018, mais je mets de coté les articles que je vois!</p>
<p>Bonnes vacances à tous et à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°163: guérir du diabète avec le régime (DiRECT), objectif dans l'HTA, bénéfice mammographie / examen clinique des seins, contraception et cancer</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/12/dragi-webdo-n163/</link><pubDate>Mon, 11 Dec 2017 01:00:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/12/dragi-webdo-n163/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, cette semaine, les actualités vont être essentiellement gynécologiques! Les billets sont souvent publiés tard le soir, alors pour ne pas en louper, pensez à vous abonner en inscrivant votre mail en haut à droite! (et en validant bien le mail de confirmation que vous recevrez&hellip; sinon, ça ne marche pas!)</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Commençons par les alternatives à la benzathine pénicilline G dans le traitement de la <a href="http://www.infectiologie.com/UserFiles/File/spilf/recos/alternatives-traitement-syphilis.pdf">syphilis</a> d&rsquo;après la SPILF. L&rsquo;azithromycine ne figure plus sur la liste des traitements possibles, et la doxycycline est vraiment le traitement à privilégier en l&rsquo;absence du traitement par pénicilline.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgCVyt5Che3MfSEM0CxgXbqROW-AuTnc1nGZj8YpKMfrjkbtwM8LRxey981lkEcAmHKh5lsUAu-tnuskJsVEGZOvHe2wfs79RBphZfDapLHbRoQo09TLEJWyE4V3Hsm5yD48oNNfLPiBA1e/s1600/syphilis.png"><img src="/images/articles/2017/syphilis.png" alt=""></a></p>
<p>Des risques d&rsquo;hépatites liés à l&rsquo;<a href="http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/medicines/human/referrals/Esmya/human_referral_prac_000070.jsp&amp;mid=WC0b01ac05805c516f">ulipristal acetate</a> sont en cours d&rsquo;évaluation par l&rsquo;agence européenne du médicament. En France, ce traitement est surtout prescrit en ville comme contraception d&rsquo;urgence, mais aucun cas d&rsquo;hépatite n&rsquo;a été signalé dans ces conditions de prises ponctuelles. C&rsquo;est rassurant, mais sinon, le levonorgestrel c&rsquo;est plutôt bien, hein.</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2586918/fr/repatha-evolocumab-anti-pcsk9?cid=fc_1250026">evolocumab</a>, l&rsquo;anti-pcsk-9 dont on parlait pas mal il y a <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/03/dragi-webdo-n132.html">quelques mois</a> a été évalué par la HAS qui lui attribut un SMR insuffisant de les dyslipidémies non héréditaire homozygote. Étonnant que des médicaments avec des preuves d&rsquo;efficacité aient des avis pourris et que des médicaments pourris restent remboursés&hellip; Mais en regardant en détail, l&rsquo;étude FOURRIER, publiée en mars 2017 qui retrouvait la baisse d&rsquo;évènements cardiovasculaire non mortels (NNT = 84), n&rsquo;a pas été prise en compte dans  ce rapport qui datait, en fait, de 2015 mais mis sur le site de la HAS en décembre 2017. Peut être une révision de l&rsquo;avis dans 10 ans? (je ne suis pas spécialement &ldquo;pour&rdquo; ou &ldquo;contre&rdquo; les anti PCSK-9, mais l&rsquo;organisation de ces administrations me dépasse&hellip;)</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Commençons par une étude de <a href="http://circ.ahajournals.org/content/136/23/2220.full?ijkey=rsjtc1RJpomh8iK&amp;keytype=ref">Circulation</a>, étudiant les mesures de tension dans les études contrôlées randomisées ayant entrainé la modifications des recos américaines avec une cible plus basse. Ces analyses mettent en évidence une courbe en J, entre les valeurs de la PAS et la mortalité globale. Ainsi, on voit bien que sur-traiter augmente la mortalité. Chose étrange, le nadir (point le plus bas de la courbe correspondant à la tension à obtenir pour avoir le meilleur bénéfice) n&rsquo;est pas situé au même endroit dans les groupes traitement standard ou traitement intensif&hellip; Les auteurs concluent qu&rsquo;on ne peut donc pas se fier aux études de cohortes car il y aura la courbe en J, mais uniquement aux essais randomisés qui permettent en fait de trouver un &ldquo;meilleur&rdquo; nadir de PAS selon les groupes. Il y a peut être également un facteur qu&rsquo;on a pas encore identifié qui intervient&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiBEQTRLUjg9YxYxinLbAO1Um_KQ3oUuFnAqElwPU09NbSwFs9siq8Lf235GY-QFRW_IF8nh6vxqyatZigceRjWqqiHkTn0Zvtx0iCpvqChnj214K97j1HnJRvuYo3CSXfIaIDCI7ydcqRh/s1600/HTA+J+curve.png"><img src="/images/articles/2017/hta-j-curve.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Des études sur la mammographie, pour commencer. La <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamaoncology/fullarticle/2506711?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1101777061&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=43161296">première</a> est une étude de cohorte taïwanaise, comparant différents modes de dépistages dans laquelle près de 1,5 million de femmes asymptomatiques ont été incluses. La mammographie systématique tous les 2 ans était associée à une réduction de la mortalité de 41% par rapport aux femmes ne bénéficiant que d&rsquo;un examen clinique des seins annuel orientant la réalisation d&rsquo;une mammographie mais un surdiagnostic de 13%. Maintenant, en comparant les mammographies  tous les 2 ans réalisées après évaluation individuel du risque de cancer du sein, il n&rsquo;y avait qu&rsquo;une réduction du nombre de cancer de haut grade et pas de baisse de mortalité en comparant à l&rsquo;examen clinique annuel et pas non plus de surdiagnostic. Malheureusement, les chiffres absolus sur la mortalité ne sont pas disponibles. A Taïwan, la mammographie tous les 2 ans semble plutôt intéressante, mais peut être qu&rsquo;une mammo annuelle plutôt que tous les 2 ans pourrait être préférée dans le cadre d&rsquo;un dépistage basé sur le risque individuel de cancer.</p>
<p>Du coté des Pays Bas maintenant, une <a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j5224">étude</a> de cohorte rétrospective a été menée chez les femmes ayant participé au programme de dépistage par mammographie tous les 2 ans entre 1989 et 2012 par rapport à celles n&rsquo;y ayant pas participé. Les auteurs retrouvent une réduction de mortalité dans la cohorte de 5%. Cependant, ils prennent ensuite en compte &ldquo;l&rsquo;effet cohorte&rdquo;. C&rsquo;est un effet complexe a géré, lié au fait que les patients dans la cohorte, ne se comportent pas de la même façon que les patients en dehors de la cohorte, ni de la même façon que des patients &ldquo;juste avant&rdquo; la cohorte ou &ldquo;juste après&rdquo;. Bref, en prenant en compte cet effet, il n&rsquo;y avait plus de bénéfice de mortalité. De plus, après prise en compte du <a href="http://www.jle.com/contents/images/bic/14/2/48.gif">temps d&rsquo;avance diagnostique</a> , 32% à 52% des cancers diagnostiqués étaient du surdiagnostic!</p>
<p>Pour continuer dans les méga-cohortes de plus d&rsquo;un million de patient, une <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1700732">étude</a> du NEJM sur des registres danois a retrouvé que les contraceptions hormonales augmentaient le risque relatif de cancer du sein de 20% en moyenne, s&rsquo;échelonnant entre 9% et  38% , respectivement pour les utilisatrices de moins de 1 an et celles de plus de 10 ans d&rsquo;utilisation. En chiffres absolus, ça donne des NNH de 33000 patientes par an utilisatrices de moins d&rsquo;un an et de 6250 utilisatrices de plus de 10 ans par an Les contraceptions oestro-progestatifs étaient donnaient des résultats similaires aux progestatifs seuls. Seul l&rsquo;implan contraceptif semblait avoir un risque un peu plus faible. Le sur-risque de cancer du sein se normalisait rapidement pour les utilisatrices sur de courtes périodes mais persistant jusqu&rsquo;à 5 ans après l&rsquo;arrêt pour les utilisatrices depuis plus de 10 ans. Les NNH semblent élevés, mais rapportés à la fréquence de prescription, ils ne le sont pas tant que ça&hellip; Pas de quoi prendre peur non plus, c&rsquo;était des effets déjà connus, qui sont maintenant mieux chiffrés. (Si jamais des patients passaient par ici: n&rsquo;arrêtez pas votre contraception à cause de cela et reparlez en à votre médecin pour discuter de la contraception la plus appropriée pour vous!)</p>
<p>Parlons maintenant des dispositifs intra-utérins (DIU, alias &ldquo;stérilets&rdquo;). Une <a href="https://insights.ovid.com/crossref?an=00006250-201712000-00007">méta-analyse</a> qui semble de bonne qualité, a retrouvé que l&rsquo;utilisation des DIU était associée à un moindre risque de cancer du col de l&rsquo;utérus d&rsquo;environ 30%. Cette diminution ne semblait pas être lié à la réalisation de davantage de frottis. Cependant, l&rsquo;étude n&rsquo;est pas en mesure de connaitre la part des DIU hormonaux pour savoir si cela influait sur les résultats.</p>
<p>Pour finir avec la gynécologie, une <a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j5237">méta-analyse</a> du BMJ, a recherché un bénéfice à la supplémentation en vitamine D durant la grossesse. Les auteurs retrouvent peu de bénéfices sur les issues de grossesse, en dehors d&rsquo;une diminution des bronchiolites et asthmes du nourrisson, et concluent que les preuves sont insuffisantes pour recommander cette supplémentation. Si une ampoule de vitamine D à 28 SA réduit les bronchiolites, je pense pas que le coût soit si exorbitant pour s&rsquo;en priver&hellip;</p>
<p>4/Diabétologie</p>
<p>Une méta-analyse du <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(17)30412-6/abstract">Lancet Diabetology</a> a concerné les grandes études sur les analogues du GLP-1 (liraglutide, exenatide, semaglutide et lixisenatide). Les auteurs ont retrouvé un effet de classe réduisant les évènements cardiovasculaires de 10% et de la mortalité globale de 13%, sans augmentation des pancréatites, cancer du pancréas ou hypoglycémies (je n&rsquo;arrive pas à accéder à l&rsquo;article complet pour chercher des NNT). Pour le moment, le plus efficace reste le liraglutide, du moins, c&rsquo;est celui qui a pesé le plus grâce à l&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/06/dragi-webdo-n102-congres-diabeto.html">LEADER</a>.</p>
<p>Enfin, peut on guérir du diabète sans traitement? Des chercheurs l&rsquo;ont tenté dans une belle étude <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(17)33102-1/fulltext?dgcid=twitter_social_lancet&amp;utm_campaign=lancet&amp;utm_content=64036041&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter">contrôlée randomisée</a> nommé DiRECT et publiée dans le Lancet. Les 300 patients recrutés en médecine générale avaient un diabète de moins de 6 ans, un IMC entre 26 et 45, pas d&rsquo;insulinothérapie et une HbA1C &lt; 12%. Ils ont été traités de façon conventionnelle ou par un programme de perte de poids : arrêt de tous les antidiabétique oraux à J1 du programme, rations calorique à 850kcal/j pendant 3 mois puis rééducation à l&rsquo;alimentation pendant 2 mois suivi de conseils à domicile le reste de l&rsquo;étude pour obtenir une perte de poids de 15kg!! Après 12 mois d&rsquo;étude, la rémission du diabète (HbA1C &lt; 6,5%, après au moins 2 mois d&rsquo;arrêt des traitements) a été obtenue chez 4% des patients en prise en charge classique , contre 46% dans le groupe intervention (OR= 19,7 ; p&lt;0,001 et NNT=2,4 patient par an!). Une perte de poids était la condition indispensable à la rémission du diabète, et le pourcentage de patient en rémission augmentait avec le nombre de kilogrammes perdus. Une étude donc extrêmement intéressante, et des patients à suivre indispensablement sur plusieurs années pour voir si le régime mis en place et la rémission du diabète persistent. Et grande question: est ce qu&rsquo;avoir une HbA1C&lt;6,5% fait rebaisser le risque cardiovasculaire, ou pas?</p>
<p>C&rsquo;était très dense! Bonne lecture et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°162: opiacé et dyspnée, anticoagulants et ACFA, insuffisance cardiaque, prévention infection urinaire, rhinite allergique, yoga</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/12/dragi-webdo-n162/</link><pubDate>Mon, 04 Dec 2017 23:06:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/12/dragi-webdo-n162/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Allergologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Avant de commencer avec du retard de Dragi Webdo, je vous invite à lire un article du <a href="http://www.bmj.com/content/335/7633/1288">BMJ</a> (qui se chauffe doucement pour les articles amusants de la X-mas edition) parlant des mythes médicaux en ayant cherché (en vain) des articles démontrant la véracité de ces mythes tels que &ldquo;nous n&rsquo;utilisons que 10% de notre cerveau&rdquo;, &ldquo;les ongles poussent encore après la mort&rdquo;, &ldquo;lire dans l&rsquo;obscurité altère la vision&hellip;&rdquo; . Un peu de sérieux maintenant, c&rsquo;est parti pour les actualités!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Voici des données rassurantes sur les traitements <a href="http://erj.ersjournals.com/content/50/5/1701153?ctkey=shareline">opiacés</a> chez les patients avec dyspnée chronique. Cette méta-analyse n&rsquo;a pas trouvé d&rsquo;aggravation de la dyspnée chez les patients traités, avec des résultats discordants, et quand une baisse de saturation est notée, il n&rsquo;est pas certains que la différence soit cliniquement pertinente.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une méta-analyse du <a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j5058">BMJ</a> a réévalué les différents anti-coagulants dans la prise en charge de la fibrillation auriculaire. Cette méta-analyse en réseau retrouve que seuls l&rsquo;apixaban 5mgx2/j et l&rsquo;edoxaban 30mg/j diminuent la mortalité par rapport à la warfarine, et que tous les AOD (sauf le rivaroxaban) réduisent le risque de saignement majeur (on a pas les chiffres pour faire des NNT). Par ailleurs l&rsquo;apixaban est le traitement étudié le plus cout-efficace. Après avoir été longtemps décriés, les AOD (enfin, l&rsquo;apixaban surtout), semblent avoir leur place dans la prise en charge de la FA en 1ère intention comme le proposaient les recommandations de l&rsquo;ESC (mais c&rsquo;est tout de même mieux quand on a des preuves de l&rsquo;efficacité)</p>
<p>Dans un autre article du <a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j5157">BMJ</a>, les auteurs ont randomisé des patients avec des ulcères veineux des membres inférieurs pour leur donner un traitement par aspirine faible dose ou un placebo. L&rsquo;aspirine a été responsable d&rsquo;une cicatrisation plus lente que le placebo à 24 semaines, sans être significatif. Il ne faut donc pas donner de l&rsquo;aspirine pour traiter les patients avec un ulcère veineux! (il faut bien que je mette quelques essais négatifs de temps en temps)</p>
<p>J&rsquo;en ai entendu certains se poser la question des bêtabloquants. Un <a href="http://care.diabetesjournals.org/content/early/2017/09/29/dc17-1406.long">article</a> vient d&rsquo;être publié portant sur ces traitements dans l&rsquo;insuffisance cardiaque. Augmenter les doses des bêta-bloquants chez les patients diminue la mortalité de 3,5% par mg de bisoprolol chez les non diabétiques et de 8,5% par mg de bisoprolol chez les diabétique. De même, l&rsquo;augmentation de la dose d&rsquo;IEC diminuait la mortalité d&rsquo;environ 5% chez tous les patients. Ce sont des risques relatifs mais à partir des tableaux peu pratiques, ça ferait des NNT à 5 ans de l&rsquo;ordre de 20 entre des faibles doses de bêta bloquant et d&rsquo;IEC et les doses élevées. Ça conforte l&rsquo;idée de mettre ces traitements au dosage maximum toléré.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Un <a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j5193">article</a> aborde les traitements non antibiotiques dans la prévention des infections urinaires. Les moyens avec une faible efficacité dans des essais contrôlé randomisés versus placebo sont les œstrogènes vaginaux, la médecine chinoise, la. méthénamine dont une revue <a href="http://www.cochrane.org/fr/CD003265/hippurate-de-methenamine-dans-la-prevention-dinfections-urinaires">Cochrane</a> avait déjà montré les bénéfices.  Les probiotiques et la canneberge ne montrait pas de bénéfice significatif.</p>
<p>Dans l&rsquo;exacerbation de BPCO, entre les recos qui préconisent une antibiothérapie quasi-systématique et la Cochrane qui ne trouve pas d&rsquo;efficacité, certains ont orienté la prescription selon la PCT (avec un seuil variable de 0,25 ou 0,5µg/L). Les <a href="http://err.ersjournals.com/content/26/143/160073">auteurs</a> ont ainsi retrouvé que cibler les patients avec une PCT élevée permettait d&rsquo;épargner les antibiotiques sans augmentation des échecs, des récurrences ni de la mortalité.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Rapidement maintenant, un <a href="http://www.ajpmonline.org/article/S0749-3797(17)30290-8/fulltext?utm_content=bufferc7ffc&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">essai</a> randomisé dans la lombalgie chronique &ldquo;yoga&rdquo; versus &ldquo;yoga différé&rdquo;. Les patients avaient des lombalgies depuis 15 ans en moyenne, et les patients du groupe traité en 1er avaient une amélioration de leur incapacité fonctionnelle et des douleurs de moindre intensité à 6 mois, après 12 semaines d&rsquo;intervention. Bon, -2,48 sur un score qui va de 0 à 24, c&rsquo;est quand même pas énorme comme bénéfice&hellip;</p>
<p>5/ Allergologie</p>
<p>Enfin, je sais que certains lecteurs attendaient impatiemment  les recos pour cette maladie chronique qu&rsquo;est: la <a href="http://annals.org/aim/fullarticle/2664375/pharmacologic-treatment-seasonal-allergic-rhinitis-synopsis-guidance-from-2017-joint">rhinite allergique</a>! Le collège d&rsquo;allergologie américain recommande donc une monothérapie par corticoïdes nasaux en première intention sans y associer d&rsquo;anti-histaminique. En cas de rhinite modérée à sévère, peuvent leur être ajouté des anti-histaminiques nasaux (voilà, elles ne sont pas très longues ces recos là!). C&rsquo;est un poil plus agressif que ce que recommandait le <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/02/dragi-webdo-n36.html">collège d&rsquo;ORL</a> américain qui proposaient les anti-histaminiques nasaux en 1ère intention, les corticoïdes nasaux en cas de retentissement sur la qualité de vie, et laissait quand même une place aux anti-histaminiques oraux en cas de prurit ou d&rsquo;éternuements gênant.</p>
<p>Je m&rsquo;arrête là pour ne pas trop surcharger, certains articles seront discutés la semaine prochaine! Bonne soirée et à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°161: cancer du col, infertilité, ménopause, hypoglycémies, antalgiques</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/11/dragi-webdo-n161/</link><pubDate>Sun, 26 Nov 2017 10:34:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/11/dragi-webdo-n161/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Le Congrès du CNGE était plutôt bien, cette année
encore (mais j&rsquo;avoue axer mes cessions sur du bio-médico-psycho-social
plutôt que sur de la pédagogie). Vous pouvez retrouver le suivi des
sessions avec <a href="https://twitter.com/search?f=tweets&amp;vertical=default&amp;q=%23CNGE2017&amp;src=typd">#CNGE2017</a>!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2660960/fr/coltramyl-et-generiques-de-thiocolchicoside-decontracturant-musculaire">HAS</a> a
réévalué le thiocolchicoside pour confirmer son absence bénéfice (SMR
insuffisant) avec un risque teratogène notamment chez l&rsquo;homme.</p>
<p>Une [étude](<a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/gps.4821/abstract?systemMessage=Wiley+Online+Library+usage+report+download+page+will+be+unavailable+on+Friday+24th+November+2017+at+21:00+EST+/+02.00+GMT+/+10:00+SGT+(Saturday+25th+Nov+for+SGT+)">http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/gps.4821/abstract?systemMessage=Wiley+Online+Library+usage+report+download+page+will+be+unavailable+on+Friday+24th+November+2017+at+21:00+EST+/+02.00+GMT+/+10:00+SGT+(Saturday+25th+Nov+for+SGT+)</a> sur
les benzodiazépines prescrites aux patients avec maladie d&rsquo;Alzheimer,
retrouve une augmentation de la mortalité chez les patients traités. Une
fois de plus, dans la maladie d&rsquo;Alzheimer ou dans l&rsquo;insomnie, les
mesures non médicamentes sont vraiment les prises en charges à
privilégier.</p>
<p>Pour faire la transition avec le chapitre
suivant de pneumologie
(#JeSavaisPasDansQuelleParagrapheMettreCetArticle) , un article du JAMA
internal medicine revient sur le risque de fracture osseuses chez les
patients asthmatique. En effet, les <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamapediatrics/article-abstract/2661821">auteurs</a>
retrouvent une augmentation du risque de fracture chez les patients
ayant pris des corticoïdes per os, mais pas avec les corticoïdes inhalés
sur une population de près de 20 000 enfant (ce qui permet quand même
de limiter le manque de puissance).</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Des <a href="http://erj.ersjournals.com/content/50/3/1700629#sec-51">recommandations</a> sur
les dilatations des bronches ont été publiées par la société européenne
respiratoire. Les détails ne sont pas importants mais, il faut retenir
qu&rsquo;en dehors d&rsquo;une association à de l&rsquo;asthme ou à de la BPCO, les
corticoïdes inhalés ne sont pas recommandés, que les B2 mimétiques de
longue durée d&rsquo;action peuvent être envisagés en cas de dyspnée
persistante en association à de la kinésithérapie respiratoire, et qu&rsquo;en
cas d&rsquo;exacerbation, le traitement antibiotique est à mettre en place
pour 14 jours (donc plus long que dans la BPCO).</p>
<p>D&rsquo;après un article de <a href="http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0187834">PlosOne</a>,
le vaccin antigrippal chez l&rsquo;enfant serait efficace, mais avec une
efficacité pas terrible quand même, variant entre 33% et 70% selon l&rsquo;âge
de l&rsquo;enfant et l&rsquo;année de vaccination. Le problème, est ce que c&rsquo;est
une étude hospitalière et donc, l&rsquo;efficacité du vaccin n&rsquo;est pas évaluée
sur nos jeunes patients en ville</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Une <a href="http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0187834">étude</a> s&rsquo;est
penchée sur les dépistages du cancer du col utérin en France. D&rsquo;abord,
le dépistage  du cancer du col  organisé était plus cout/efficace que le
dépistage individuel. Ça tombe bien, il devient organisé dans quelques
mois. Enfin, la recherche d&rsquo;HPV effectuée tous les 5 à 10 ans était plus
&ldquo;cout-efficace&rdquo;!</p>
<p>Peut être fallait il le démontrer, mais un <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(17)32406-6/fulltext?dgcid=TheLancetTwitter_social_lancet&amp;sf173404391=1">essai</a> contrôlé
randomisé a comparé la stimulation ovarienne avec insémination versus
l&rsquo;attente dans la prise en charge de l&rsquo;infertilité.Heureusement, ça
marche! Et par rapport aux études cardiovasculaires, là, on a un NNT de
4,6 pour un suivi de 3 cycles! La courte durée de l&rsquo;étude n&rsquo;a pas permis
de montrer plus d&rsquo;effets indésirables (notamment, pas de syndrome
d&rsquo;hyperstimulation ovarienne).</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j5101">BMJ</a> propose
un article sur les traitements non hormonaux des symptômes de la
ménopause. Les traitements non pharmacologiques possibles sont les
thérapies cognitivo-comportementales, l&rsquo;hypnose et l&rsquo;acuponcture. En cas
d&rsquo;échec de ces mesures, les traitements pharmacologiques sont proposés
(même si je doute de la balance bénéfice/risque, notamment dans l&rsquo;ordre
proposé par les auteurs): (es)citalopram, puis venlafaxine, puis
paroxetine (je l&rsquo;aurais mise en 1er quitte à mettre un de ces traitement&hellip;) , puis gabapentine et enfin
clonidine si rien d&rsquo;autre ne marche. A ce niveau là, il est probable que
les traitements hormonaux aient une balance bénéfice/risque plus
favorable (en l&rsquo;absence de contre-indication&hellip;). Pour les symptômes
vaginaux, les lubrifiants à l&rsquo;eau ou à la silicone sont proposés.</p>
<p>4/ Antalgiques</p>
<p>C&rsquo;est
une étude aux urgences pour des douleurs des extrémités (plutôt
traumatiques), cependant, ses résultats sont intéressants. Dans cet essai
contrôlé randomisé du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2661581?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1138529588&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=44301035">JAMA</a>,
les auteurs ont retrouvé que 2 heures &lsquo;après 1 prise d&rsquo;antalgiques de
paracetamol 1g avec 400mg d&rsquo;ibuprofène, la baisse d&rsquo;intensité de la
douleur était identique à la baisse suite à la prise d&rsquo;antalgiques
morphiniques (pallier 2 ou pallier 3). Le schéma de l&rsquo;étude est
néanmoins complexe, avec 4 bras, et des doses de paracetamol associée
aux antalgiques de pallier 2 et 3 d&rsquo;uniquement 350mg. Il aurait été
intéressant de vraiment comparer avec les 1g de paracetamol&hellip;  Bref, en
l&rsquo;absence de contre indication, il est probablement évitable de
recourir aux morphiniques en privilégiant une combinaison
AINS+parcetamol. C&rsquo;est certainement utile pour des douleurs traumatiques
pouvant risquer de devenir chroniques pour lesquelles les opiacés au
long cours présentent plus de risque. Pour des douleurs non traumatiques
(infectieuses, douleurs abdominales non encore identifiée), il est
probable que les morphiniques soient plus adaptés compte tenu des effets
indésirables connus des AINS.</p>
<p>5/Diabétologie</p>
<p>Une <a href="http://care.diabetesjournals.org/content/early/2017/11/04/dc17-1669?papetoc">étude</a> de
cohorte de plus de 1200 patient diabétiques de type 2 confirme le lien entre hypoglycémie
sévère et risque de mortalité globale (HR= 1,7) lié à une augmentation de
mortalité cardio-vascuaire (HR=1,64) et de mortalité par cancer (HR=2,49). Ne me demandez pas des NNH, on &ldquo;inflige pas&rdquo; des hypoglycémies sévères aux patients donc voilà&hellip;  Je n&rsquo;ai pas l&rsquo;explication pour les cancers&hellip; mais en tous cas, éviter les hypoglycémies sévères est important!</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine, bon retour de Montpellier à tous, et dédicace spéciale aux Twitto.a.s présents, vivement la prochaine IRL!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°160: Dépression (reco HAS), HTA (reco US #AHA), VIH (reco Morlat), diabète (Reco US), bénéfice perte de poids/mortalité</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/11/dragi-webdo-n160/</link><pubDate>Tue, 21 Nov 2017 07:56:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/11/dragi-webdo-n160/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Psychiatrie</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! C&rsquo;est une avalanche d&rsquo;articles passionnant qui a déferlé cette semaine&hellip; Je vais donc essayer de les sélectionner pour ne pas que ce billet soit immensément long, mais cela ne va pas être simple&hellip; En effet, il faudrait plutôt que vous lisiez des livres au lieu de lire ce qui se trouve sur d&rsquo;autres supports, car <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0277953616303689">lire les livres</a> est associé à une augmentation de la durée de vie (par rapport aux autres lectures et aux non-lecteurs)! Bonne lecture quand même!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Mirena-et-Jaydess-information-sur-la-reevaluation-des-donnees-de-securite-de-ces-dispositifs-intra-uterins-au-levonorgestrel-DIU-LNG-Point-d-information">ANSM</a> a publié un avis à propos des DIU au levonorgestrel (Mirena et Jaydess) compte tenu du nombre de déclaration d&rsquo;effets indésirables recensés. L&rsquo;imputabilité est actuellement faible, mais ça avait aussi commencé comme ça pour ESSURE&hellip; En attendant l&rsquo;agence demande de renforcer les explications sur la balance bénéfice/risque et les effets indésirables possibles.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La première partie est consacrée aux articles publiés lors du congrès de l&rsquo;American Heart Association. En effet, des nouvelles recommandations sur l&rsquo;<a href="http://hyper.ahajournals.org/content/early/2017/11/10/HYP.0000000000000065">HTA</a> font parler d&rsquo;elles à cause du nouveau seuil diagnostique: 130/80! ( &gt;130/80: stade 1, &gt;140/90: stade 2, &gt;180/120: poussée hypertensive). Les recos du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/10/dragi-webdo-n68.html">JNC8</a> (et leur cible de 150/90 chez les plus de 60 ans) ont été totalement zappées à cause de SPRINT dont les mesures de tension étaient proches de mesures à domicile et non de mesure &ldquo;classiques en cabinet&rdquo;. En réalité, il n&rsquo;y a pas tant de chose qui changent. Il faut d&rsquo;abord rappeler que l&rsquo;HTA est un facteur de risque cardiovasculaire et non une maladie, il n&rsquo;y a donc pas plus de &ldquo;malades&rdquo; au nouveau seuil, mais il y a plus de patients avec un facteur de risque. Le diagnostic repose soit sur des mesures ambulatoires soit au cabinet, avec une attention particulière pour l&rsquo;HTA masquée, c&rsquo;est à dire : des patients hypertendus qui ont des tensions normales au cabinet voire même sur des automesures à domicile, mais qu&rsquo;il faut investiguer par MAPA en cas de tableau évocateur (céphalées, asthénie, nycturie&hellip;) avec atteinte d&rsquo;organe (protéinurie, hypertrophie cardiaque&hellip;.).</p>
<p>Le bilan au diagnostic est un peu plus étendu dans leurs recommandations:</p>
<ul>
<li>
<p>NFS-plaquettes, EAL, glycémie à jeun, Na, K, calcémie, créatininémie, TSH, BU et ECG systématiquement,</p>
</li>
<li>
<p>albuminémie/créatininurie , acide urique, échocardiographie de façon optionnelle</p>
</li>
</ul>
<p>Ce qui chance surtout c&rsquo;est l&rsquo;indication de traitement avec ce nouveau seuil:</p>
<p>-  pour des patients à risque cardiovasculaire élevé (score AHA &gt;10%, ce qui correspondait à un SCORE européen &gt; 5%) ou en prévention secondaire: traiter à partir de 130/80</p>
<ul>
<li>pour les patients à risque non élevé (AHA &lt; 10%, donc SCORE &lt; 5%): traiter à partir de 140/90.</li>
</ul>
<p>Pour ce qui est des objectifs tensionnels, c&rsquo;est 130/80 pour tout le monde, une fois le traitement débuté.</p>
<p>Les auteurs proposent une bithérapie d&rsquo;emblée en cas d&rsquo;écart à l&rsquo;objectif supérieur à 20/10mmHg. Dans ces recommandations, les bêtabloquants ne sont pas des traitements à utiliser avant d&rsquo;avoir épuiser les autres classes classiques, la spironolactone est indiquée dans l&rsquo;HTA résistante malgré une trithérapie, et les antihypertenseurs centraux sont à utiliser en dernier recours.</p>
<p>Je ne m&rsquo;étendrai pas plus sur ces recos, <a href="http://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=5614&amp;utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter">PUAutomne</a> l&rsquo;a déjà fait!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhTkH_AtOVkcyizxDMfkeAHKnZCkgYJkvApGbBgoH-bA-vl9kcuR4a-vqVcdGj5i3mgFY5VAkjSYNiPIWNsQnC8Sm_4vQLdpMWlU3-cl34yW1alBnltT9sctQq_SXsol7idBOrBLA76DiS_/s1600/objectifs.png"><img src="/images/articles/2017/objectifs.png" alt=""></a></p>
<p>Et pendant ce temps, une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2663255">méta-analyse</a> était présentée, ne montant qu&rsquo;un bénéfice certain à traiter les patients en prévention primaire avec un objectif plus stricte de 160 de PAS et mineur (uniquement retrouvé sur l&rsquo;insuffisance cardiaque) quand l&rsquo;objectif était de 140 mmHg , alors que la reco incitait à avoir un objectif à 130/80 (seuil même pas testé dans cette méta-analyse parce que le bénéfice à 140 était déjà pas grand&hellip;) Bref, la science versus les experts&hellip; (et leurs conflits d&rsquo;intérêt?)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjqFW2SIWExPcED7pA8J-AQ7OkiPsmN70vv8ASAas10wQNs0E80gqVfuYosQLc1j5RaCHPvNXY89WBn_-jS4B5i6cOjS4zW-wLhtLz8SGVNVT1UwbyaJ7jAa6ThE-MOK_KkxYJFr4v952s5/s1600/meta-analyse+HTA.png"><img src="/images/articles/2017/meta-analyse-hta.png" alt=""></a></p>
<p>Très rapidement, la suite de l&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/08/dragi-webdo-n148.html">COMPASS</a> qui évaluait le rivaroxaban en plus de l&rsquo;aspirine chez des patients en prévention secondaire, avec une analyse qui porte cette fois ci sur les patients avec une <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(17)32409-1/fulltext?dgcid=TheLancetTwitter_social_lancet&amp;sf153548379=1">AOMI</a>. Le rivaroxaban associé à l&rsquo;aspirine diminuait le risque cardiovaculaire (NNT= 53) et d&rsquo;ischémie du membre inférieur (NNT=90) malgré une augmentation des saignements majeurs dans des proportions équivalentes (NNH= 85). Étant une sous étude de COMPASS qui utilisait l&rsquo;aspirine, on regrette de ne pas avoir eu du clopidogrel en comparateur dont l&rsquo;efficacité est supérieure en cas d&rsquo;AOMI.</p>
<p>Je voulais vous parler de la <a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j4849">perte de poids</a> chez des patients obèses grâce à des règles hygiéno-diététiques, qui, pour la 1ère fois, démontrerait un bénéfice en terme de mortalité globale avec un NNT de 166 (6 décès évités pour 1000 patients participants) Encore une fois, <a href="http://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=5626&amp;utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter">PUAutomne</a> m&rsquo;a devancé! Alors, je vous laisse lire son billet (il faut dire que c&rsquo;est lui qui m&rsquo;a inspiré le Dragi Webdo, du temps où il faisait sa veille hebdomadaire, alors rien d&rsquo;étonnant à sa réactivité)</p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1739917/fr/episode-depressif-caracterise-de-l-adulte-prise-en-charge-en-premier-recours">HAS</a> a publié des recommandations sur le diagnostic et la prise en charge des épisodes dépressifs caractérisés en soins primaires. Les critères diagnostics sont les critères classiques mais on peut s&rsquo;aider d&rsquo;outils comme le BDI ou l&rsquo;échelle de Hamilton qui permettent également d&rsquo;évaluer la sévérité de l&rsquo;épisode dépressif caractérisé. Pour les épisodes dépressifs caractérisés légers à modérés, la prise en charge peut être faite par le généraliste, le traitement anti-dépresseur pouvant être discuté en 1ère intention pour les épisodes modérés, avec une réévaluation à 4-8 semaines (j&rsquo;ai rarement vu une dépression guérir en 4 semaines&hellip;). Pour les épisodes sévères, l&rsquo;avis du psychiatre est recommandé de façon systématique après mise en place du traitement pharmacologique par le généraliste (faut dire qu&rsquo;avec les délais de consultation des psychiatres, ça va pas être simple de mettre en place cette reco!). Quelque soit la sévérité, une psychothérapie est fortement recommandée et en cas d&rsquo;épisode sévère, le traitement doit être poursuivi pendant au moins 6 mois, voir 1 an. On regrette l&rsquo;absence de recommandations sur les molécules à prescrire, en dehors de &ldquo;Il n&rsquo;y a pas de différence d&rsquo;efficacité entre les classes, privilégier IRS et IRSNA en 1ère intention , et les tricycliques en 2ème intention&rdquo; (même si certains ont quand même plus d&rsquo;effets indésirables connus que d&rsquo;autres, non?). Au final, pas grand chose de neuf.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhIxWOBkMfMK6FFHJajBeOcKbkjD6pES9GEi25UkO5JtHOmy7tZ4O9ZLBVpGFZps3YNnzKfjK_1Fm3lSxrAjNh978-YHIaT_u-gcv1kR-UhYG_5QFDFElPrM957xU9Cwee2j5oMCcmiCEou/s1600/d%25C3%25A9pression.png"><img src="/images/articles/2017/d-25c3-25a9pression.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjKN9luuuuQlHktQZQ81uWLBLHGzYnGRGCTs6E5wJxG36AasYzKpHKcr8WzZEUWfVSayPnpB2G7or7mRuIUijOMCR_UA_dcyF8IipM79LLZpQxGHqASwltcFNmPsTz0Ysds_sOK3nAaf7pj/s1600/s%25C3%25A9v%25C3%25A9rit%25C3%25A9+EDC+d%25C3%25A9pression.png"><img src="/images/articles/2017/s-25c3-25a9v-25c3-25a9rit-25c3-25a9-edc-d-25c3-25a9pression.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Des <a href="https://cns.sante.fr/actualites/prise-en-charge-du-vih-recommandations-du-groupe-dexperts/">recommandations</a> pour la prise en charge VIH 2017 ont été publiées. Le point pouvant intéresser la plupart des généralistes concernent la mise en place d&rsquo;un traitement post exposition. Le délai pour la mise en place reste à 48h maximum, alors que les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/09/dragi-webdo-n105.html">recos américaines</a> proposaient 72h . Pour les autres points, je vous laisse lire, c&rsquo;est un peu spécifique quand même.</p>
<p>Alors que les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/10/dragi-webdo-n153.html">recos</a> récentes sur les exacerbations de BPCO de la SPLF proposaient une antibiothérapie quasi-systématique, une publication de la revue <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD010257/full?utm_content=buffer75782&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">Cochrane</a> ne retrouve pas de bénéfice probant pour les patients traités en ambulatoires, ou même hospitalisé; le réel bénéfice étant pour les patients en soins intensifs. Peut être par manque d&rsquo;études en ambulatoire?</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Des <a href="http://annals.org/aim/fullarticle/2659342/synopsis-2017-u-s-department-veterans-affairs-u-s-department#.Wg7UPXaa_HU.twitter">recommandations</a> ont été proposées par le département médical des vétérans américains sur la prise en charge du diabète. Ces recos ne sont pas très détaillées mais on y trouve des objectifs glycémiques plutôt concordant avec les données scientifiques :</p>
<ul>
<li>
<p>pour les patient sans comorbidités avec espérance de vie &gt; 10-15 ans: 6-7% d&rsquo;HbA1C</p>
</li>
<li>
<p>pour les patients avec complication macro ou microvasculaire et espérance de vie entre 5-10 ans: 7-8,5%</p>
</li>
<li>
<p>pour les patients avec espérance de vie &lt; 5 ans: 8-9%</p>
</li>
</ul>
<p>Pour les traitements, la seule ligne de recommandations concerne la metformine qui est proposée en 1ère intention.</p>
<p>Des <a href="http://www.cfp.ca/content/63/11/832?platform=hootsuite">recommandations</a> du collège des généralistes canadien recommandent la dépresciption des agents hypoglycémiants chez les sujets âgés. La formulation exacte est la &ldquo;dépresciption des agents pouvant favoriser les hypoglycémies chez les patients âgés à risque ou pouvant entrainer d&rsquo;autres effets secondaires</p>
<p>C&rsquo;est enfin terminé! Désolé pour le retard du billet, mais il y avait le congrès du CNGE à préparer! Dans la liste des sites utiles, je n&rsquo;ai pas eu le temps de le tester, mais en voici un sur la lombalgie qui a l&rsquo;air bien fait: <a href="http://lombalgie.kce.be/">http://lombalgie.kce.be/</a>.</p>
<p>A très bientôt pour ceux que je vais croiser à Montpellier et à la semaine prochaine pour les autres!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°159: angor stable, dépistage BPCO (reco US), e-cigarette, rythme des FCU, cystite et AINS</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/11/dragi-webdo-n159/</link><pubDate>Mon, 13 Nov 2017 15:49:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/11/dragi-webdo-n159/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Oncologie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Pour commencer, je voudrais vous parler d&rsquo;un article du <a href="http://bmjopen.bmj.com/content/7/10/e017902.full?ijkey=4PZDwzMZmTFzS15&amp;keytype=ref">BMJ open</a> sur la durée de consultation chez un praticien de premier recours. Mis à part le fait que nos consultations sont en moyenne de 17 minutes (c&rsquo;est à dire un peu plus longues que la plupart des autres pays européens), on voit aussi qu&rsquo;on a la densité médicale la plus importante&hellip; j&rsquo;ose même pas imaginer les déserts médicaux des autres pays; c&rsquo;est peut être ce qui explique leurs consultations plus courtes&hellip;</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Pour commencer, parlons de l&rsquo;article du <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(17)32714-9/fulltext">Lancet</a> qui pourrait modifier la prise en charge des coronaropathie si on accepte de remettre en cause ce que l&rsquo;on fait depuis de nombreuses années. Les auteurs ont randomisé 200 patients avec un angor stable (et donc pas pour un syndrome coronaire aigüe, SCA) pour qu&rsquo;ils bénéficient d&rsquo;une angioplastie coronaire ou d&rsquo;une intervention placebo. Tous les patients recevaient le traitement médical optimal et le critère de jugement principal était les capacités d&rsquo;exercice physique à 6 semaines de l&rsquo;intervention. Les auteurs ont retrouvé qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de différence sur le critère de jugement principal, on peut donc se demander si c&rsquo;est utile d&rsquo;effectuer une angioplastie en l&rsquo;absence de SCA vu qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence de mortalité entre les 2 groupes (aucun patient n&rsquo;est décédé)! Cette étude ne devrait pour le moment rien changer aux pratiques, car elle manque clairement de puissance et le suivi n&rsquo;est pas assez long pour mettre en évidence une différence de survenue d&rsquo;un SCA ou de décès, le risque de survenue des critères composites cardiovasculaires étant de quelques pourcents sur des suivis de plusieurs années. Mais cela peut pousser à mener une telle étude de grande envergure.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Les américains ont publié des recommandations sur le dépistage de la <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2661565">BPCO</a>. Ils recommandent de ne pas dépister les patients asymptomatiques, ce qui peut correspondre au fait que, dans les nouvelles recommandations françaises (cf par <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/02/dragi-webdo-n129.html">ici</a>), le traitement est à débuter &ldquo;si symptômes&quot;et à majorer &ldquo;si symptômes persistants&rdquo;, le stade GOLD n&rsquo;intervenant pas. Ce qui n&rsquo;est peut être pas pris en compte c&rsquo;est que le dépistage pourrait inciter à l&rsquo;arrêt du tabac qui aurait un bénéfice indiscutable&hellip; L&rsquo;autre point intéressant est que les auteurs recommandent un dosage d&rsquo;alpha-1-antitrypsine , une fois, chez tout patient BPCO. Enfin, le TDM-thoracique faible dose est recommandé pour tout patient avec plus de 30PA actif ou sevré depuis moins de 15 ans . La HAS n&rsquo;a pas jugé que ce dépistage du cancer était suffisamment bénéfique pour le recommander systématiquement.</p>
<p>En parlant de l&rsquo;arrêt du tabac, un article du <a href="http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2017/26/2017_26_2.html#.WgLJvj5fmzk.twitter">BEH</a> a retrouvé que les patients ayant utilisé la cigarette électronique ont plus souvent essayé d&rsquo;arrêter de fumer et plus souvent diminuer leur consommation de tabac que les autres. Il n&rsquo;y ait pas eu davantage de sevrage tabagique après 6 mois de suivi (12,5% vs 9,5% ; p =0,18 ), mais cet absence de significativité peut être liée à un manque de puissance car il n&rsquo;y avait que 250 vapoteurs inclus.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Alors que la warfarine est en train de se faire chasser de toutes les recos de cardiologie par les AOD, voici une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2661703?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1142333047&amp;utm_content=press_release%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=44392928">étude</a> de cohorte nordique qui retrouve que les patients de plus de 50 ans traités par warfarine ont un risque de cancer diminué! Cet étude montre une diminution significative du risque global de cancer (9% vs 10,5% , NNT estimé à 80%), notamment lié à une baisse de cancer du poumon, de la prostate et du sein. Ce type d&rsquo;étude est cependant insuffisant pour déterminer une causalité.</p>
<p>Une <a href="http://bmjopen.bmj.com/content/7/8/e016395">étude</a> brésilienne vient encore contester les bénéfices de la mammographie. En effet, les auteurs ont retrouvé que la mortalité par cancer du sein à Sao Paulo était associé à la nulliparité (ça, c&rsquo;est déjà connu) mais aussi au suivi par des mammographie! Les auteurs avancent que les traitements sont certainement liés à cet augmentation de mortalité plus rapide que l&rsquo;évolution des cancers. Cependant, en discussion, la mortalité globale n&rsquo;est pas différente chez les patientes avec mammographie ou non. On peut donc penser que la différences de mortalité liée au cancer du sein est due à un sous diagnostic. Enfin, il est également étonnant dans cette étude que la mortalité liée au cancer du sein soit supérieure chez les patientes ayant une assurance de santé privée&hellip; de quoi douter des résultats de l&rsquo;étude.</p>
<p>Concernant le dépistage du cancer du col de l&rsquo;utérus, une <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ijc.31094/full">étude</a> compliquée retrouve qu&rsquo;il serait possible de se limiter à 3 FCU dans la vie d&rsquo;une femme vaccinée par le vaccin anti-HPV à neuf valences pour surveiller efficacement son risque de cancer. Affaire à suivre!</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Il y a quelques temps, un article de puissance modérée avait testé ibuprofène versus fosfomycine dans la cystite (j&rsquo;en avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/01/dragi-webdo-n78.html">ici</a>). Sauf que cette fois ci, des <a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j4784">auteurs</a> ont randomisé les patients entre diclofenac (soit un AINS à doses anti-inflammatoire, ce qui n&rsquo;était pas le cas de l&rsquo;ibuprofène dans l&rsquo;article précédent) ou norfloxacine . Le critère de jugement était la disparition des symptômes à J3 (date à laquelle, toutes les femmes avaient un sachet de monuril proposé en &ldquo;si besoin&rdquo;). A J3, 54% des patients sous AINS n&rsquo;avaient plus de symptômes contre 80% dans le groupe norfloxacine, et il y avait significativement plus de pyélonéphrites chez les patientes traitées par AINS (NNH=20). Bref, pas d&rsquo;AINS dans les infections urinaires! Après on pourrait toujours discuter de la pertinence de cet antibiotique en première intention&hellip;</p>
<p>Merci à tous de votre fidélité, n&rsquo;oubliez pas de vous inscrire (tout en haut à droite, là où il faut marquer son mail) pour ne rater aucun billet! A bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°158: mortalité et BPCO, LDL et prévention secondaire, diagnostic des coronaropathies stables, statines et diabète, sertraline et insuffisance rénale</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/11/dragi-webdo-n158/</link><pubDate>Mon, 06 Nov 2017 01:10:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/11/dragi-webdo-n158/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! J&rsquo;espère que la rentrée des nouveaux internes/chefs/assistant s&rsquo;est bien passée, et que ceux qui étaient en vacances en ont bien profité! Sans plus attendre, les actualités médicales (peu d&rsquo;articles et beaucoup d&rsquo;images cette semaine!)</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Pour commencer, <a href="http://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=5576&amp;utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter">Perruche en Automne</a> a publié un super billet sur les dyskaliémies à partir d&rsquo;un article de Circulation. Je ne peux que vous inciter à le lire! On y voit l&rsquo;évolution de la mortalité selon la kaliémie des patients, et que l&rsquo;hypo tue plus vite que l&rsquo;hyper&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh6nJR9jj13OyYO7RWErxwOuJwgwWj-9ZINGbQGHGSloPBln1us5P61LygEhveCDVebbHwOFijSJ5kn7N3hJxfQoXg1hRyVpfqkgiUWLFzkW3TZjdTeeyekjnI2ciIQaK0CL3eScJhUcRYr/s1600/kali%25C3%25A9mie.png"><img src="/images/articles/2017/kali-25c3-25a9mie.png" alt=""></a></p>
<p>Il y a bientôt un an, un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2580531">premier article</a> était en faveur des statines fortes doses en prévention secondaire et je l&rsquo;avais analysé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/12/dragi-webdo-n120.html">ici</a>. Un <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/article-abstract/doi/10.1093/eurheartj/ehx566/4562493?redirectedFrom=fulltext">nouvel article</a> semble également en faveur d&rsquo;une baisse plus importante du LDL en prévention secondaire pour diminuer les évènements cardiovasculaires. Les auteurs retrouvent en traçant des droites statistiques (droites de méta-régression) que plus la baisse de LDL en prévention secondaire est importante, plus les évènements cardiovasculaires sont réduits (réduction de risque relatif de 19% pour chaque baisse de 1,9mol/L). Quand on regarde les données brutes de la méta-analyse, on voit bien que les statines versus placebo, et les traitements non-statines (ezetimibe et anti PCSK-9) versus placebo diminuent le risque d&rsquo;évènement cardiovasculaire 22% et 15% respectivement, sachant que les patients des études avec les traitements non-statines étaient souvent déjà sous statines. De plus, les études statines forte doses versus faible dose montre une diminution des évènements cardiovasculaires de 12%. Sur les critères secondaires que sont la mortalité globale et la mortalité cardiovasculaire, seule les traitements statine versus placebo montrent une diminution: pas de gain de mortalité dans les méta-analyses &ldquo;statine forte dose versus faible dose&rdquo; ou &ldquo;traitements non-statine versus placebo&rdquo;. Ces comparaisons en méta-analyses semblent donc dire qu&rsquo;il y a un bénéfice aux traitements &ldquo;faisant fortement baisser le cholestérol&rdquo; sur les évènements cardiovasculaires non mortels uniquement, ces résultats étant néanmoins à prendre avec précaution car, pour chaque méta-analyse réalisé, l&rsquo;hétérogénéité des études était importante (ce qui veut dire que les patients n&rsquo;étaient pas franchement comparables en fait&hellip;)</p>
<p>[EDIT: je n&rsquo;aime pas trop les NNT sur des méta-analyses pour les raisons expliquées en commentaires, mais voici ce que ça donne pour les évènements cardiovasculaires:</p>
<ul>
<li>
<p>statine versus placebo: NNT = 22!! (16% vs 22%)</p>
</li>
<li>
<p>statine forte vs faible: NNT = 51! (16% vs 18%)</p>
</li>
<li>
<p>non-statine vs placebo: NNT= 51! (13% vs 15.6%)</p>
</li>
</ul>
<p>Vu comme ça, ça inciterai à prescrire des statines fortes doses pour le gain sur les évènements non fatals, non?]</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgfvY5y1Sp_riY9Y4oNZaeOuJBPwyQ5GNZGDSpjXlZJEug6FZpO-agM75I7Cd1vTiSNlqhscjEq_uOV8TOq5acyglTahWuBfjTXgcqN59trn4M0Ca5kr1JoKfYOt-Bss3DWSZidnRn-8Zoy/s1600/statines.png"><img src="/images/articles/2017/statines.png" alt=""></a></p>
<p>Et comme toute médaille a son revers, une <a href="http://drc.bmj.com/content/5/1/e000438">dernière analyse</a> du risque diabétogène des statines a retrouvé que ces traitements augmentaient le risque relatif de diabète à 10 ans de près de 36% sans différences significative entre les statines fortes et les statines faibles (mais ces dernières étaient beaucoup moins nombreuses).</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2797549/fr/coronaropathie-chronique-stable-examen-non-invasif-en-1re-intention">HAS</a> est revenue sur le diagnostic des coronaropathies stables chez des patients à risque intermédiaire. En gros, quel examen faire pour diagnostiquer une coronaropathie chez un patient asymptomatique avec des facteurs de risques cardiovasculaire? La HAS n&rsquo;a pas été en mesure de classifier les examens, mais préconise une échographie d&rsquo;effort ou une scintigraphie myocardique d&rsquo;effort avant les test d&rsquo;effort pharmacologiques. On note surtout que l&rsquo;ECG d&rsquo;effort, qui n&rsquo;est pas un examen fonctionnel a été exclu des possibilités.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Une <a href="http://erj.ersjournals.com/content/50/5/1701034?ctkey=shareline">étude</a> de la mortalité chez les patients BPCO a permis de déterminer 5 classes de patients selon leur symptômes (mMRC), leurs comorbidités (âge, IMC, antécédents de diabète et antécédents cardiovasculaires) et leurs caractéristiques spirométriques. L&rsquo;algorithme montre le risque de mortalité pour chaque classe, les classes les plus graves étant les classes 1 et 4, et la classe 5 la moins grave.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgDGUbiqtpk5_GnaNW7RndFaZUGvspSbOrkPt_yx0d-8dfMVC3giiP8zvK6LTNQ1vRbSlNd0U66-tsVjazqc2ZNYm4AkRbTtXZ4te2oNlzcnQY9PAI1ucsc2kzsnitpDhSiLvadQkLaCcIu/s1600/BPCO.png"><img src="/images/articles/2017/bpco-2.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>La <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2661489?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1138253536&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=44289915">sertraline</a> a été évaluée chez 200 patients insuffisant rénaux (DFG estimé inférieur à 60ml/min) randomisés en bras traitement et bras placebo. Bien qu&rsquo;aucun ajustement posologique ne soit nécessaire en cas d&rsquo;insuffisance rénale, on a le regret de voir que l&rsquo;évolution de l&rsquo;échelle de dépression est strictement identique chez les patients traitée et non traités, quelque soit le stade de l&rsquo;insuffisance rénale, mais qu&rsquo;il y avait significativement plus de troubles digestifs (nausées, diarrhée&hellip;) dans le groupe traité. Bref, la sertraline qui n&rsquo;est pas un &ldquo;mauvais&rdquo; antidépresseur d&rsquo;après les revues indépendante n&rsquo;est probablement pas adaptée en cas d&rsquo;insuffisance rénale, même si un manque de puissance est possible dans cette étude avec seulement 100 patients par groupe (mais une différence qui deviendrait statistiquement significative ne serait peut être pas cliniquement pertinente&hellip;)</p>
<p>C&rsquo;est terminé, bonne soirée à tous et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°157: Faut il avoir des objectifs thérapeutiques chiffrés dans le diabète? (J-DOIT3), sommeil, test fécal immuno, vitamine D, finasteride</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/10/dragi-webdo-n157/</link><pubDate>Sun, 29 Oct 2017 21:28:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/10/dragi-webdo-n157/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, pas énormément de chose cette semaine, voici les
principales actualités !</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>J’en avais parlé il y a environ 6 mois suite à un article du
<a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/03/dragi-webdo-n133.html">JAMA
internal medicine</a>, et voilà que <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Finasteride-surveiller-le-risque-de-depression-et-d-idees-suicidaires-Point-d-information">l’ANSM</a>
émet une alerte sur le risque de dépression et d’idées suicidaires sous
finasteride. L’ANSM recommande un arrêt du traitement en cas de ces symptômes
psychiatriques. Étonnant que l’information ait été limité au finastéride et pas
à l’ensemble des inhibiteurs de la 5 alpha réducatase.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1708454">NEJM</a> a publié un
essai contrôlé randomisé chez des patients en ACFA subissant un infarctus du
myocarde. Les auteurs comparent rivaroxaban+inhibiteur P2Y12 (ticagrelor ou
clopidogrel) versus rivaroxaban+inhibiteur P2Y12+Aspirine. On évalue donc
l’aspirine chez cette population particulière. Vous n’allez pas le croire, mais
le groupe de triple thérapie avait significativement plus de saignements
majeurs, mais il y avait moins de récidive d’évènement cardiovasculaire (non
significatif, mais critère de jugement secondaire). Bref, l’aspirine fait
saigner et semble diminuer le risque cardiovasculaire. Alors pourquoi cette
étude ? Parce que le NNT pour réduire les évènements thrombotique ou mort
est de 90 patients sous trithérapie alors que le NNH d’un saignement majeur est
de 23 patients. On peut mieux rediscuter de la balance bénéfice risque,
non ?</p>
<p>Les recommandations sur l’hypotension orthostatique
proposent un dépistage à 3 minutes après s’être levé pour mettre en évidence la
différence « diagnostique » de 20mmHg de systolique et 10mmHg de
diastolique. Cependant, une étude du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2645147?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=993363938&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=40039528">JAMA</a>
internal medicine retrouve que seule la mesure à 1 minute retrouvant
l’hypotension est associé à une augmentation du risque de mortalité, de syncope,
de fracture et de chutes. Mesurons donc à 1 minute et 3 minutes. Pour ceux qui
ne sauraient pas (comme moi il y a quelques jours), il existe une alternative à
la mesure couché/debout, qui est la <a href="http://bit.ly/2xXVSc2">mesure
assis/debout</a> pour laquelle, on considère qu’il y a une hypotension
orthostatique pour une baisse de 15mmHg de systolique ou 7mmHg de
diastolique.</p>
<p>2/ Sommeil</p>
<p>Les recommandations sur les troubles du sommeil sont rares,
mais un article du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2659566?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1124356431&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=43845298">JAMA</a>
permet de revenir sur le sujet en s’appuyant sur une bibliographie récente.
Ainsi, après évaluation du sommeil les traitements pharmacologiques type
benzodiazépine (notamment le zolpidem) peuvent être proposés pour 3-4 semaines
maximum dans l’insomnie aigue (ça colle avec les recos sur le zolpidem !).
Pour l’insomnie chronique, les thérapies cognitivo-comportementales sont le
traitement de première intention, les médicaments n’intervenant qu’en
complément si la TCC seul est insuffisante.</p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le FIT (faecal immunochemical test) a remplacé l’Hemoccult,
et a un seuil de positivité de 30µg Hb/g dans le dépistage du cancer
colo-rectal après 50 ans. Des <a href="https://new-bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-017-0944-z">auteurs</a>
ont étudié l’efficacité de ce test chez des patients avec des symptômes
abdominaux a spécifiques (sans que les critères d’alerte pour orienter vers une
coloscopie ne soit réunis). Ainsi, a avec un seuil de positivité à 10µg Hb/g,
la sensibilité du test varierait entre 92% et 100% et la spécificité entre 76%
à 85%, ce qui en ferait un bon test de dépistage dans cette indication. Mais je
ne sais pas s’il est possible de prescrire un test en demandant une mesure avec
un seuil plus bas…</p>
<p>4/ Métabolisme et diabétologie</p>
<p>L’hiver est presque là, et les demandes de vitamines
approchent. Une <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(17)30357-1/abstract">revue</a>
du Lancet Endocrinology a étudié les effets non musculo-squelettiques de la
supplémentation en vitamine D à partir de méta-analyse. Elle pourrait diminuer
le risque de mortalité globale et la mortalité par cancer, diminuer le risque
de crise d’asthme chez les patients atteint et diminuer le risque de mortalité
infectieuse des patients avec un déficit immunitaire. Mais aucun effet
cardiovasculaire, sur le diabète, sur les troubles de l’humeur… Bref, peu
d’effets secondaires à petite dose, avec peut être des bénéfices ? Reste à
voir si on laisse la sécu rembourser à 65% ces traitements à 1,65€ l’unité en
l’absence de carence ou d’indication où le bénéfice est bien établi.</p>
<p>Enfin, un <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(17)30327-3/abstract">essai
contrôlé randomisé</a> en ouvert japonais (J-DOIT3) a inclus des patients diabétiques de
type 2 âgés de 45 à 69 ans avec une dyslipidémie ou/et une hypertension
artérielle et une HbA1C &gt;6,9% pour une intervention multifactorielle. Le
groupe traitement conventionnel avait pour objectif : HbA1C &lt;6,9%, TA
&lt; 130/80 et LDL &lt; 1,2g/L (&lt;1,0 si prévention secondaire), alors que le
groupe traitement intensif visait une HbA1C &lt; 6,2%, TA &lt; 12/75 et LDL
&lt; 0,8g/L (&lt;0,7 si prévention secondaire). Après un suivi médian de 8 ans
et demi (pas mal !), les paramètres était meilleurs dans le groupe
intensif : HbA1C  6,8% vs 7,2% ,
TA : 123/71 vs 129/74 et LDL 0,85g/L vs 1,04g/L. On peut déjà noter 2
choses : d’une part, dans le groupe traitement intensif (qui correspond
aux objectifs de certains sociétés de spécialistes d’organes), aucune cible n’a
été atteinte car un patient hypertendu-dyslipidémique-diabétique est un patient
multi-morbide à prendre en charge globalement, et donc que les objectifs pris
séparément ne sont pas réalisables (et peut être le sont il pas non plus pour
un patient avec une seule de ces maladie chronique, mais l’étude ne peut y
répondre) ; d’autre part, l’écart n’est pas si grand même s’il est
statistiquement significatif. Passons aux résultats sur la mortalité et les
évènements cardiovasculaires : pas de différence de mortalité globale, pas
de différence non plus sur le critère composite cardiovasculaire, juste moins
d’évènement cérébraux sur un critère composite 
(AVC, endartérectomie carotidienne, stent carotidien, angioplastie cérébrale).
Les 22 Labo et le ministère de la santé japonais ayant financé cette étude doivent
être déçus car l’étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/10/dragi-webdo-n111-ainsinsuf-cardiaque.html">Sténo-2</a>
avait montré des résultats lors de la prise en charge multifactorielle. Alors
soit, ce n’est pas de chance parce que les Japonais ne sont pas des gens
normaux, soit l’objectif du traitement multifactoriel a été mal choisi. En
effet, dans sténo2, le traitement intensif ne visait pas en des chiffres
d’objectifs intermédiaires plus strictes mais s’assurait que les patients aient
une statine, un IEC et éventuellement de l’aspirine (car à la fin de sténo-2, l’HbA1C
et le LDL n’étaient pas différents). La différence de résultats entre ces 2 études
montre bien qu’avoir des objectifs chiffrés est moins efficace que de mettre en
place une stratégie thérapeutique sans objectif autre que de s’assurer que les
bonnes classes médicamenteuses soient prescrites.</p>
<p>C’est terminé et dans les temps en plus! Bonne semaine à tous, à très bientôt et
joyeux Halloween !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°156: anticoagulants oraux, misoprostol, fonction rénale, syndrome dépressifs, semagltide</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/10/dragi-webdo-n156/</link><pubDate>Tue, 24 Oct 2017 10:07:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/10/dragi-webdo-n156/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Néphrologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous! Comme je ne suis pas en avance pour ce billet, voici les actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance:</p>
<p>Pour les praticiens effectuant des IVG, le <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Cytotec-misoprostol-arret-de-commercialisation-a-compter-du-1er-mars-2018-Communique">Cytotec</a> va être retiré du marché car employé trop souvent hors AMM. Le Gymiso et MysoOne restent disponibles. Comme diraient certains, il faut prescrire en DCI!</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Les études &ldquo;négatives&rdquo; étant rarement publiées, parlons de ce discret communiqué de Bayer qui ne doit pas être diffusé aux médias US et anglais ( à l&rsquo;heure de l&rsquo;internet, est-ce possible d&rsquo;écrire ça en haut d&rsquo;un PDF et d&rsquo;éviter que ces pays aient accès à l&rsquo;info??). L&rsquo;étude <a href="http://press.bayer.com/baynews/baynews.nsf/id/C45F4AFB2CEFBDD0C12581B0004CF01B/$File/2017-0301E.pdf?open&amp;mod=06.10.2017_08:49:26">NAVIGATE ESUS</a> randomisait des patients avec un AVC d&rsquo;étiologie indéterminée en les traitant par aspirine ou par anticoagulation (Rivaroxaban). Une analyse intermédiaire a retrouvé qu&rsquo;il y aurait peu de chance qu&rsquo;une différence d&rsquo;efficacité sur la récidive d&rsquo;évènement cardiovasculaire ou embolique soit prouvée, mais que le taux de saignement sous rivaroxaban devenait bien supérieur à celui sous aspirine. L&rsquo;étude a donc été stoppée prématurément. Pour mémoire, le rivaroxaban (qui se prend en 1 prise par jour) a déjà montré un sur-risque hémorragique par rapport aux autres AOD (qui se prennent en 2 prises par jour).</p>
<p>Pour rester dans l&rsquo;anticoagulation, le <a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j4323">BMJ</a> a publié une étude comparant anticoagulant oral direct et warfarine dans les évènements thrombo-emboliques veineux. Dans cette étude en population nord-américaine, près de 60 000 patients ont été inclus rétrospectivement pour mettre en évidence une absence de différence de saignements majeurs ou de mortalité entre les patients sous AOD et sous warfarine après un ajustement sur un score de propension. Mais, l&rsquo;évaluation a été faite à 90 jours, ce qui est plutôt court pour des traitements à prescription prolongée, mais néanmoins rassurant  (même si c&rsquo;est inquiétant que des recos privilégiant les AOD soit sorties avant la réalisation de ces études).</p>
<p>3/ Néphrologie</p>
<p>Au décours d&rsquo;un article du <a href="http://bjgp.org/content/67/663/e732">BJGP</a>, je découvre que la formule CKD-EPI actuellement recommandée pour l&rsquo;évaluation de la fonction rénale par la <a href="https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2011-12/texte_court_dfg_creatininemie.pdf">HAS</a> en 2011 (et pas toujours calculée par les labos&hellip;), la formule est déjà dépassée. Il faudrait préciser l&rsquo;évaluation de la fonction rénale par une formule CKD-EPI avec une mesure de la cystatine C sanguine et non de la créatininémie. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce que recommande le <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/cg182/evidence/full-guideline-pdf-191905165">NICE</a> Britannique pour les médecins généralistes anglais en cas de DFG estimé inférieur à 60ml/min, il faudrait confirmer l&rsquo;insuffisance rénale avec le dosage de la cystatine C. Mais l&rsquo;étude du BJGP montre que les labos britanniques ne sont pas prêts&hellip;</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>C&rsquo;était fait avant,et ça marche toujours. Priver les patients <a href="http://www.psychiatrist.com/JCP/article/Pages/2017/v78n08/16r11332.aspx">dépressifs</a> de sommeil est un moyen qui semble scientifiquement efficace pour réduire la dépression avec un taux de réponse de 45% à 50%. Le point négatif de cette méta-analyse est que le taux de réponse était défini comme une diminution de 30% sur l&rsquo;échelle utilisée pour évaluer la dépression et qu&rsquo;il me semble que c&rsquo;est plus souvent 50% de diminution qui est utilisé dans les essais avec médicament.</p>
<p>Un autre moyen de lutter contre la dépression sans traitement médicamenteux est l&rsquo;activité physique. Une <a href="http://ajp.psychiatryonline.org/doi/10.1176/appi.ajp.2017.16111223">étude</a> de cohorte incluant des patients sans symptômes dépressifs suivis pendant 11 ans a retrouvé que l&rsquo;activité physique régulière d&rsquo;au moins 1 heures par semaine (quelque soit l&rsquo;intensité de l&rsquo;effort) , permettait de réduire le risque de dépression et préviendrait 12% des épisodes dépressifs majeurs.</p>
<p>5/ Perspectives diabétologiques</p>
<p>Depuis l&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/06/dragi-webdo-n102-congres-diabeto.html">LEADER</a> et l&rsquo;efficacité du liraglutide en terme de mortalité, on aimerai bien prescrire beaucoup plus d&rsquo;analogue du GLP-1 (et moins d&rsquo;inhibiteur de DPP-4&hellip;). Malheureusement, les injections quotidiennes rebutent de nombreux patient. L&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/09/dragi-webdo-n107.html">SUSTAIN-6</a> étudiant les injections hebdomadaires de semaglutide
avait diminué les évènements cardiovasculaires (mais pas la mortalité
globale), mais au moins un traitement qui est un minimum efficace (mais elle n&rsquo;est pas disponible en France, on a que l&rsquo;exenatide qui n&rsquo;a pas démontré de bénéfice clinique). Des chercheurs ont mené un <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2657376?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1118033722&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=43620046">essai</a> de phase 2 entre le semagludide sous cutané et du semaglutide per os. Étant un essai de phase 2, l&rsquo;objectif était d&rsquo;évaluer la tolérance et les effets du médicament à différents dosages. La baisse d&rsquo;HbA1C, et la perte de poids habituellement retrouvées sous analogue du GLP-1  ont été notifiées. Il reste à attendre l&rsquo;essai d&rsquo;efficacité (ou d’équivalence) pour qu&rsquo;enfin un analogue du GLP-1 efficace puise être donné par voie orale!</p>
<p>Sur des critères cardiovasculaires, les inhibiteurs de DPP-4 peinent à démontrer un efficacité clinique. Ils ont été testés sous forme de <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-017-4388-y">gouttes</a> pour des yeux de patients diabétiques (et des souris). Les auteurs retrouve que les gouttes de DPP-4 réduisent l&rsquo;apparition de rétinopathie diabétique. Peut être un futur traitement à tester en conditions réelles&hellip;</p>
<p>Voilà pour la semaine! Pour éviter la dépression hivernale, faites du sport et ne dormez pas!</p>
<p>A très bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°155: antibiotiques à l'unité, mucolytique et BPCO, dépistage cancer du sein, dépistage diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/10/dragi-webdo-n155/</link><pubDate>Sun, 15 Oct 2017 10:10:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/10/dragi-webdo-n155/</guid><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Traumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! En ce mois d&rsquo;octobre, de nombreuses publications sur le cancer du sein font leur apparition au milieu des autres articles d&rsquo;actualité. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Antibiothérapies</p>
<p>Un article paru dans <a href="http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0184420">PlosOne</a> traite des conséquences de la dispensation à l&rsquo;unité des médicaments en France. L&rsquo;étude se base sur l&rsquo;expérimentation de la dispensation à l&rsquo;unité des antibiotiques. Ainsi, les auteurs retrouvent que dans 60% des cas, le packaging ne correspondait pas avec la posologie et la durée de traitement prescrite, et que la dispensation à l&rsquo;unité permettait de réduire de 10% le nombre de médicaments délivrés. En objectif secondaires, les auteurs ont noté que ce type de délivrance pouvait améliorer l&rsquo;observance et que des conséquences &ldquo;environnementales&rdquo;  positives étaient à prévoir car les antibiotiques non utilisés étaient jetées dans les ordures &ldquo;classiques&rdquo; au lieu d&rsquo;être recyclées par 13% des patients. Ainsi, les bénéfices de ce type de dispense semblent faibles au niveau individuel, mais pourraient être bien plus utiles au niveau de la santé publique collective.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://erj.ersjournals.com/content/50/4/1700711?ctkey=shareline">erdosteine</a> est un mucolytique (ça commence mal, vous allez dire&hellip;). Dans la BPCO, un traitement par erdosteine 300mg x2/j a été testé versus placebo dans un essai randomisé ayant inclus 445 patients de stade II et III. Après 1 an de traitement, les patients traités avaient significativement moins d&rsquo;exacerbations que ceux sous placebo (0,91 exacerbations/patient/an versus 1,13 exacerbation/patient/an&hellip;. ça parait pas des masses comme ça, mais c&rsquo;est &ldquo;statistiquement significatif&hellip;) et les exacerbations duraient 3 jours de moins (9,5j vs 12,6j , p=0,023). Cependant, le délai avant la 1ère exacerbation n&rsquo;était pas significativement moindre. Bref, on en est pas encore à la pilule miracle, mais il n&rsquo;y avait pas plus d&rsquo;effets secondaires dans le groupe traitement.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Commençons par l&rsquo;infographie sur la mammographie de dépistage par le <a href="https://www.harding-center.mpg.de/en/fact-boxes">Harding Center for Risk Literacy</a>, c&rsquo;est le centre qui avait fait l&rsquo;infographie sur le cancer de la prostate. En allant sur leur site, en fait, ils font des infographies pour plein de truc (antibiotiques, vaccin, bilans de santé, cardiovasculaire&hellip; je le mets dans mes favoris à coté de <a href="http://www.thennt.com/home-nnt/">thennt.com</a>) (Merci @CécileBour pour la VF)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhXFzIKp5MK1fZ_K5Xqc-k-CRDSdB96dYTj38VJr4QPEvOfk7ZoWADXEzt2cl43Ub0iPBG_fGYFttTzldM7pTGUdv3XuRaf4yJLtFmqTdkt7iwZY4Gty3idhQtlaG87wgMxGlhgqbOX04Pz/s1600/RISK+copie.jpg"><img src="/images/articles/2017/risk-copie.jpg" alt=""></a></p>
<p>Maintenant, que les femmes sont bien informées, que décident-elles? Un <a href="http://bmjopen.bmj.com/content/7/10/e016246">essai</a> contrôlé randomisé a évaluer une information sur le dépistage parlant de surdiagnostic (intervention) avec la même information sans le surdiagnostic (contrôle). On voit que les femmes ont une intention moindre d&rsquo;aller se faire dépister, et c&rsquo;est une fois de plus significatif (p &lt;0,001). Mais en regardant, la différence de score est de 4,1 versus 4,5  pour une échelle entre 1 et 5&hellip;.(1:&ldquo;vous ne ferez vraiment pas le dépistage&rdquo;, 4:&ldquo;vous avez plutôt envie de faire le dépistage&rdquo; et 5: &ldquo;vous ferez vraiment le dépistage&rdquo;) Donc en pratique, sur ces 800 patientes, ça ne change pas grand chose sur le dépistage, mais, les patientes ont pu prendre une décision éclairée sur le dépistage.</p>
<p>L&rsquo;autre article qui fait le &ldquo;buzz&rdquo;, c&rsquo;est l&rsquo;étude de la revue <a href="http://www.jle.com/fr/revues/med/e-docs/le_depistage_organise_permet_il_reellement_dalleger_le_traitement_chirurgical_des_cancers_du_sein__310529/article.phtml?tab=texte">Médecine</a> retrouvant que le dépistage ne diminue pas les mastectomies.L&rsquo;étude part des cotations de PMSI &ldquo;mastectomie totale ou partielles&rdquo; et les compares à l&rsquo;incidence des cancers du sein au fil des années. Les auteurs retrouvent que le ratio mastectomie/incidence de cancer est en augmentation passant de 1,3 à 1,5 entre 2000 (avant le dépistage) et 2012, avec une augmentation importante des mastectomie partielle sans baisse des mastectomie totales. Je ne vois pas pourquoi on devrait être surpris de ce résultat. D&rsquo;une part, toutes les femmes ne participent pas au dépistage, et les cancers dépistés par la mammographie de dépistage sont souvent moins avancés que ceux découverts cliniquement, mais pas suffisamment pour qu&rsquo;on se limite à une tumorectomie. Ainsi le nombre de cancers avancé nécessitant une mastectomie totale reste stable alors que ceux nécessitant une mastectomie partielle augmente. Il aurait aussi été intéressant de voir si le nombre de tumorectomie explosait dans le même temps, ou de faire un ratio avec la mortalité spécifique liée au cancer qui aurait pu varier si les cancers traités n&rsquo;étaient pas du surdiagnostic.</p>
<p>Donc oui, plus on cherche un cancer, plus on a de risque de trouver un cancer qu&rsquo;il soit de bas stade ou de haut stade.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh7wx543lOBt-OxRErlPniSzJVDB3FjDZcAio9dKqCARqYkU0P9PbYNarGiVi1gtl7wejlVTxCdUhQSXOJmn-jFB8MuHwy4xI1H0-N_4Ls7PhI5sQGlKFTFTJCkZrkx-BwSTxDysZlZPZOi/s1600/ratiomammo.png"><img src="/images/articles/2017/ratiomammo.png" alt=""></a></p>
<p>Un article d&rsquo;Annals of Internal Medicine passe en revue les <a href="http://annals.org/aim/article/2294149/screening-cancer-advice-high-value-care-from-american-college-physicians?resultClick=3">recommandations</a> de dépistage des différentes cancers. Sur le cancer du sein, il est intéressant de voir que QUELQUE SOIT L&rsquo;AGE, l&rsquo;examen clinique des seins n&rsquo;est pas recommandé.</p>
<p>Concernant le cancer du col de l&rsquo;utérus, 2 stratégies sont possibles: celle avec frottis tous les 3 ans avec uniquement une cytologie, ou celle avec frottis pour cytologie et recherche d&rsquo;HPV oncogènes tous les 5 ans (si le test est normal).</p>
<p>(C&rsquo;est pas de la gynécologie, mais les recommandations sur le cancer de la prostate sont originales: il est recommandé de parler du dépistage au moins 1 fois a 50 ans et de faire le dépistage si le patient le souhaite après l&rsquo;information éclairée , et il n&rsquo;est pas recommandé de dépister si le patient n&rsquo;a pas été informé et n&rsquo;a pas expressément demandé le dépistage)</p>
<p>4/ Traumatologie</p>
<p>Un article du <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc1708134">NEJM</a> parle des blessures musculaires sévères de la cuisse. Les auteurs ont randomisés les patients en rééducation précoce (à 48h du traumatisme) versus différé (débutant 9 jours après). Après 12 semaines de rééducation, les patients rééduqués précocement pouvaient reprendre le sport plus vite (62 jours versus 83 jours), soit 3 semaines plus tôt. Reste à obtenir un RDV kiné sous 48 heures&hellip;</p>
<p>5/ Diabète</p>
<p>Enfin, voici un article de <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-017-4402-4">Diabetologia</a> sur le dépistage du diabète de type 2 par hyperglycémie provoquée à jeun (HGPO). Le dépistage proposé à 30, 40, 50 et 60 ans permettait de dépister des diabète environ 4 ans et demi avant un diagnostic suite à des symptômes. La mortalité des patients dépistés cliniquement était supérieure chez ceux qui n&rsquo;avaient jamais participé au dépistage par rapport à ceux qui avaient déjà participé. Ainsi, bien qu&rsquo;aucune causalité ne soit vraiment démontrée, on pourrait penser que diagnostiquer un diabète par une hyperglycémie provoquée peut sensibiliser les patients pour améliorer plus précocement les règles diététiques et limiter les complications du diabète. Mais les patients participants à un tel dépistage sont peut être des patients plus impliqués et plus motivé dans la prise en charge de leur santé, parce que de ce que mes patientes me raconte, l&rsquo;HGPO n&rsquo;est pas l&rsquo;examen le plus agréable qui soit&hellip;</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine, à la semaine prochaine! (Et hop, en plus, j&rsquo;ai réussi à finir ce billet dans les temps pour une fois!)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="/images/articles/2017/buzz.gif"><img src="/images/articles/2017/buzz.gif" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°154: AOD, BPCO (LABA+LAMA), vaccin HPV, vitamines, maltraitance, recos diabète (SFD)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/10/dragi-webdo-n154/</link><pubDate>Mon, 09 Oct 2017 00:58:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/10/dragi-webdo-n154/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><category>Neurologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Pas mal d&rsquo;articles intéressants cette semaine alors, ne perdons pas de temps. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un article qui a déjà pas mal tourné sur internet: l&rsquo;académie des sciences européenne déclare que l&rsquo;<a href="http://www.easac.eu/fileadmin/PDF_s/reports_statements/EASAC_Homepathy_statement_web_final.pdf">homéopathie</a> n&rsquo;a pas d&rsquo;effets supérieur au placébo, bien que les patients en prenant peuvent ressentir un bénéfice grâce à cet effet. Alors, on dérembourse?</p>
<p>Les anticoagulants oraux directs sont recommandés en première ligne dans la plupart des pathologies d&rsquo;après l&rsquo;European Society of Cardiology. Cependant, on s’aperçoit que, comme les classiques AVK, des interactions sont responsables d&rsquo;une majoration du risque de saignements sous <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2656168">AOD</a>, notamment avec l&rsquo;amiodarone, le fluconazole, la rifampicine et la phénytoïne (et l&rsquo;INR ne vas pas nous aider pour ajuster les doses&hellip;)</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Une méta-analyse du <a href="https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2656150?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1103891992&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=43238782">JAMA</a> a étudié l&rsquo;association anti-cholinergique (LAMA pour anti-muscarinique de longue durée d&rsquo;action) + Beta 2 mimétique de longue durée d&rsquo;action (LABA) verssus LABA + corticoïdes inhalés (CSI) dans la BPCO stable. Les auteurs retrouvent un risque d&rsquo;exacerbation diminué de 18% avec LAMA+LABA (NNT: 38 patients), ce qui renforce l&rsquo;idée de la double bronchodilatation plutôt que l&rsquo;ajout d&rsquo;un CSI chez les patients non contrôlés par une monothérapie.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjfatZ0h2KsImpO86RWtgG33XFGWNoFO0Wz7Ib7y88SDf6JinGdGmbdMMw-FXikdQvIm3CQYe7fInHAiUDPgnILtgh63Od2HOi9OFC-mzBq-XSiD4Dc7YTYE4R_zsEBnOIjFP2V_byCzlGE/s1600/BPCO.png"><img src="/images/articles/2017/bpco.png" alt=""></a></p>
<p>La place de l&rsquo;e-cigarette reste scientifiquement à trouver, même si on suppose qu&rsquo;elle soit bien moins nocive qu&rsquo;une vrai cigarette. Un <a href="http://tobaccocontrol.bmj.com/content/early/2017/08/30/tobaccocontrol-2017-053759">article</a> a proposé différentes hypothèses sur l&rsquo;effet du vapotage par rapport au tabagisme. Les auteurs ont conclu que remplacer la cigarette par l&rsquo;e-cigarette pouvait diminuer en 10 ans la mortalité prématurée de 6,6 millions d’américains dans le scénario optimiste et de 1,6 millions d&rsquo;américains dans le scénario pessimiste.</p>
<p>3/ Neurologie</p>
<p>Retour sur le vaccin anti HPV. Lors d&rsquo;une des dernières mises à jour de mon <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/03/le-hpv-tes-vaccinee.html">billet</a> sur le vaccin anti HPV, j&rsquo;évoquais un risque de Guillain Barré de l&rsquo;ordre de 1 pour 100 000 patientes vaccinées. Un nouvel <a href="http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/14760584.2018.1388168">article</a> canadien a étudié les hospitalisations pour Guillain Barré entre 1994 et 2014. Les auteurs n&rsquo;ont pas mis en évidence de majoration de ce syndrome chez les populations vaccinées. L&rsquo;étude incluait 558 995 personnes-années pour les femmes ciblées par la vaccination anti HPV et l&rsquo;incidence de Guillain Barré était de 0,73/100 000 personnes-années. Voilà qui devrait rassurer les septiques sur ce point de sécurité du vaccin.</p>
<p>Dans la série des études sur les causes de l&rsquo;autisme pendant la grossesse, voici une nouvelle étude du <a href="http://www.bmj.com/content/359/bmj.j4273">BMJ</a>. Les auteurs retrouvent une association entre le trouble autistique chez l&rsquo;enfant et l&rsquo;absence de prise de &ldquo;multivitamines&rdquo; y compris acide folique et fer pendant la grossesse. On est encore loin de la causalité&hellip;</p>
<p>Une <a href="http://www.jle.com/fr/revues/gpn/e-docs/vitamine_d_et_cognition_chez_la_personne_agee_consensus_et_recommandations_dun_groupe_dexperts_internationaux_308089/article.phtml?tab=texte">conférence</a> de consensus internationale a traité de la vitamine D dans les démences (maladies d&rsquo;Alzheimer et apparentées). Il faut retenir que l&rsquo;hypovitaminose D est un marqueur pronostique de la démence et que même en l&rsquo;absence de carence, la supplémentation en vitamine D devrait faire partie du traitement systématique de ces patients , au moins pour les effets osseux et anti-chute, les effets cognitifs bénéfiques n&rsquo;étant pas encore très clairs&hellip; Donc arrêtons les traitements &ldquo;spécifiques&rdquo; de ces démences et prescrivons de la vitamine D!</p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>La HAS a publié 2 fiches, un peu longues malheureusement, sans résumé clair, mais qui peuvent être utiles: la fiche <a href="https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2014-11/fiche_memo_maltraitance_enfant.pdf">maltraitance</a> et la fiche sur la prévention du syndrome du <a href="https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2017-09/reco239_recommandations_syndrome_bebe_secoue.pdf">bébé secoué</a>.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>La société française de diabétologie (<a href="http://www.sfdiabete.org/sites/sfd.prod/files/files/ressources/prise_position_dt2_version_longue.pdf">SFD</a>) prend position par rapport aux recos de la HAS. En effets, elles ne sont plus en accord avec les données de la littérature. Ainsi, la SFD recommande qu&rsquo;en cas d&rsquo;échec après la metformine, l&rsquo;association metformine + sulfamide ne soit plus le choix préférentiel (il y aurait effectivement un sur-risque de mortalité), mais qu&rsquo;une association metformine + incrétine soit recommandée. En effet, l&rsquo;étude LEADER a démontré que le liraglutide était le premier traitement disponible en France diminuant clairement la mortalité. Cependant, les inhibiteurs du DPP-4 (les gliptines) également préconisées par la SFD n&rsquo;ont jamais montré leur efficacité clinique mais pourraient juste éviter le surrisque de mortalité de l&rsquo;association avec sulfamide chez des patients refusant des injections (auquel cas on pourrait discuter aussi un switch metformine vers sulfamide en monothérapie plutôt qu&rsquo;un bithérapie) . La place des gliptines est très importante dans cette prise de position de la SFD&hellip; c&rsquo;est louche!</p>
<p>Sur ce, bonne soirée à tous et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°153: exacerbation de BPCO (recos SPLF), ACOS, Levothyroxine, Anacetrapib, aspirine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/10/dragi-webdo-n153/</link><pubDate>Sun, 01 Oct 2017 16:56:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/10/dragi-webdo-n153/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, comme commencer ce billet, regardons un peu l&rsquo;<a href="http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/File:Life_expectancy_at_birth,_by_NUTS_2_regions,_2015_(years)_RYB17.png">espérance de vie</a> à la naissance en Europe. On peut voir qu&rsquo;elle est supérieure à 80 ans pour la plupart des pays européens. Elle est également plus élevée en Ile de France, Midi Pyrénées et Rhône Alpes. Avec la pollution, le coût de la vie etc&hellip; j&rsquo;aurai pas pensé que l&rsquo;Ile de France serait dans le haut du classement! (Il est certainement important que nos dirigeants s&rsquo;occupent des causes responsables du chiffre plus bas dans le nord de la France&hellip;)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjffd9g-5qYLHvYeRG872CFecg_SwnQA6kdAttmcnMG1vsqojyqZBDxjnULHHm3MFO9sJb77DYgI7NXJWBtZKCNOiPsnKy3RN6iSiKO1fPfb3a0xPj_70Uu0l2sx1OAdFOH652RhYenATWz/s1600/vie+europe.png"><img src="/images/articles/2017/vie-europe.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>La <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Presse-Communiques-Points-presse/Les-patients-disposeront-de-nouveaux-medicaments-a-base-de-levothyroxine-en-pharmacie-a-partir-d-octobre-2017-Communique">Levothyroxine</a> sans mannitol comme excipient va faire son retour temporaire en pharmacie à partir du 2 octobre. Ainsi l&rsquo;Euthyrox* sera disponible pour une durée temporaire, ce qui ne fera que repousser le problème, alors autant équilibrer le Levothyrox dès maintenant quand les symptômes sont liés à un contrôle modifié des hormones thyroïdiennes. Pour les patients qui ne supporteraient pas le mannitol, la L-thyroxine Hennig sera disponible à partir de mi-octobre, et il n&rsquo;est pas indiqué que cette Levothyroxine ne soit mise à disposition que temporairement. Dans tous les cas, le recours à l&rsquo;Euthyrox* temporaire n&rsquo;apparait pas être la solution adéquate dans le cadre d&rsquo;un traitement chronique.</p>
<p>Le <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/prp2.341/full">Montelukast</a>, anti-leucotriène, semble être associé à des troubles neuropsychiatriques chez les adultes et les enfants, avec des syndromes dépressifs, de l&rsquo;agressivité et des cauchemars. En allant voir les RCP, ces effets indésirables sont effectivement notifiés avec même un risque rare de tentatives de suicide. Je ferais plus attention à mes quelques patients qui prennent ce traitement&hellip;</p>
<p>Les effets indésirables des IPP sont de plus en plus décrits. Chez le nourrissons, le traitement par IPP, serait associé à un sur-risque de fracture osseuses en grandissant, dépendant de la durée du traitement. L&rsquo;<a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2656493?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1084796526&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=42574344">article</a> du JAMA revient sur l&rsquo;inutilité de ces traitements dans le reflux gastro-oesophagien sans œsophagite associée.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Une des nouvelle voie d&rsquo;action sur les dyslipidémies est les inhibiteurs de CEPT. Le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1706444?query=featured_home">NEJM</a> a publié un essai contrôlé randomisé étudiant un de ces inhibiteurs, l&rsquo;Anacetrapib versus placebo, chez 30 000 patients en prévention secondaire traités par Atorvastatine forte dose avec un LDL moyen de 0,60g/L (écart type: 0,15; ce qui signifie que 95% des patients avaient un LDL entre 0,30g/L et 0,90g/L). Après 4 ans de traitement, bien que la mortalité globale ou cardiovasculaire ne soit pas diminuée significativement, le critère de jugement composite d&rsquo;évènements cardiovasculaire était positif avec une réduction de 9% du risque relatif (NNT=100), notamment grâce aux infarctus du myocarde. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;avantage de diabète , mais plus d&rsquo;augmentation des enzymes musculaires. Les effets indésirables n&rsquo;ont pas été plus étudiés que cela dans cette étude et c&rsquo;est bien dommage.</p>
<p>Un <a href="http://circ.ahajournals.org/content/136/13/1183.full?ijkey=EA8dlCbPRTh5RKz&amp;keytype=ref">étude</a> de cohorte suédoise a étudié les évènements cardiovasculaires survenant chez des patients en préventions secondaire traité par aspirine mais qui ont interrompu ce traitement en l&rsquo;absence de saignement ou de chirurgie prévue. Les auteurs retrouvent une augmentation du risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire après 1 an de rupture de traitement, avec un nombre de patient annuel de 74 arrêtant le traitement pour voir survenir 1 évènement cardiovasculaire (équivalent de NNH). Si on compare avec le paragraphe précédent, 74 patients a traiter par aspirine par an c&rsquo;est quand même beaucoup mieux que 100 patients traité pendant 4 ans pour voir un bénéfice&hellip;</p>
<p>Dans la prise en charge de l&rsquo;obésité, un nouvel <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1700459">article</a> portant sur la chirurgie bariatrique chez des patients étudiant un traitement chirurgical ou l&rsquo;absence de chirurgie de façon non randomisée. Les auteurs retrouvent que les patients opérés on eu un taux supérieur de rémission et d&rsquo;incidence de diabète, d&rsquo;hypertension et de dyslipidémie à 12 ans. Les effets indésirables sont une fois de plus peu décrits.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>J&rsquo;avais raté les recommandations de la SPLF sur les <a href="http://www.em-consulte.com/rmr/article/1124193/">exacerbations</a> de BPCO (EABPCO) (le traitement chronique ayant été abordé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/02/dragi-webdo-n129.html">ici</a>). Il faut surtout penser aux EABPCO chez des patients non diagnostiqués BPCO ayant certains critères (&gt; 40 ans, &gt;10PA, dyspnée, toux chronique, &ldquo;bronchites&rdquo; antérieures, comorbidités associées à la BPCO (maladie cardiovasculaire, anxiété-dépression, cancer pulmonaire&hellip;). En ville, en cas d&rsquo;EABPCO, seule une évaluation de la saturation transcutanée est recommandée systématiquement (pas forcément d&rsquo;ECBC, de prise de sang, de radiographie, d&rsquo;ECG).</p>
<p>Le traitement repose sur des bronchodilatateurs de courte durée d&rsquo;action ainsi que des antibiotiques pour 5 jours (amox+ac. clavu. essentiellement) en cas de majoration de la purulence des expectorations. Le &ldquo;stade&rdquo; de la BPCO n&rsquo;intervient pas, étant donné que les recos ne parlent plus de stade dans les décisions (Antibioclic n&rsquo;est pas encore à jour là dessus).</p>
<p>Les corticoïdes ne sont pas recommandés systématiquement est devraient être réservés aux patients ne s&rsquo;améliorant pas après traitement optimal. Ainsi, 30-40mg/j pendant 5 jours est la posologie recommandée.</p>
<p>Les facteurs de risque nécessitant une réévaluation à 48h sont: VEMS&lt;50 %
de la valeur prédite, plus de deux exacerbations par an, cardiopathie
ischémique, oxygénothérapie à domicile, corticothérapie orale chronique.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhNWFNFkRSiCappLpYK0l05SUcWLlTDvo4ABqFjByMVTKZOMLPxKNc9nYaFEG_Smopo-pGTfzDZOQ-rpnr-Ux5Cco1vt-xguKbiEJm0Dt5mh5sfDOKfZwfFwizoqXFpjm4gw-gLevogwr47/s1600/EABPCO.jpg"><img src="/images/articles/2017/eabpco.jpg" alt=""></a></p>
<p>Enfin, un <a href="http://www.bmj.com/content/358/bmj.j3772">article</a> du BMJ parle des ACOS, à savoir Asthma-COPD overlap syndrome, qui correspond aux formes mixtes entre asthme et BPCO dont  le traitement est encore mal défini. Il en est de même pour le diagnostic, mais l&rsquo;article permet de nous y aider pour orienter les patients suspectés vers un pneumologue. Ainsi, selon la forme d&rsquo;ACOS qui sera diagnostiquée (BPCO à éosinophiles, Asthme à neutrophiles ou ACOS paucigranulocytique) le traitement privilégia des corticoïdes inhalés, des macrolides ou des anti-cholinergiques, respectivement. Voici les critères devant faire suspecter un ACOS:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhT0LSZve_j6sGdQv2gnouyOtqRUEs1eqjWA89F4YPIPydZzPHCu4AfyVf9HbRvWvntaDGzKvGDECSruv3S_rGgNT6urAr4Uux57xk9Jm7tiXx3hy0UILtwPySw0rFQQMZ5MJeaeyYJhsOZ/s1600/ACOS.png"><img src="/images/articles/2017/acos.png" alt=""></a></p>
<p>Merci de votre fidélité, et pour ceux qui ne seraient pas encore abonnés: abonnez-vous, en entrant votre mail tout en haut à droite de la page et pensez à valider votre inscription dans le mail qui vous sera envoyé! A bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°152: diarrhée de l'enfant (recos), trimetoprime, dépistage cancer du col, troubles anxieux</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/09/dragi-webdo-n152/</link><pubDate>Mon, 25 Sep 2017 00:58:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/09/dragi-webdo-n152/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pédiatrie</category><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Voici un Dragi Webdo qui devrait être de taille raisonnable ce soir, bonne lecture à tous!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Presse-Communiques-Points-presse/Les-vaccins-contenant-de-l-aluminium-sont-surs-Communique">ANSM</a> publie un communiqué visant à rassurer patients (et médecins) vis à vis du risque lié à l&rsquo;aluminium contenu dans les vaccins suite à la sortie de livres &ldquo;anti-vaccin&rdquo;. Selon moi, quand on cherche quelque chose s&rsquo;écartant de la norme dans un corps humain: on le trouve toujours, aussi bien chez des personnes avec des symptômes que celles qui n&rsquo;en ont pas; mais on cherche beaucoup moins souvent chez celles qui n&rsquo;ont pas de plaintes&hellip;</p>
<p>2/ Relation médecin-patient</p>
<p>Une étude intéressante est proposée par <a href="http://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1002389">Plos medicine</a>. C&rsquo;est une méta-analyse sur données individuelles évaluant les automesures tensionnelles (versus pas d&rsquo;automesures), retrouvant (assez logiquement) que faire des automesures ne suffit pas a avoir une meilleure pression artérielle au cabinet. Cependant, lorsque les automesures étaient associées à un support médical, des conseils, un accompagnement à la mise en place de règles hygiéno-diététiques la tension était améliorée dans le groupe effectuant des automesures. Les automesures semblent être un plus dans la prise en charge mais doivent être utilisées comme un outil d&rsquo;éducation thérapeutique du patient parmi l&rsquo;ensemble des choses nécessaires pour se révéler efficaces.</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>Une fiche de <a href="https://www.gfhgnp.org/wordpress/wp-content/uploads/2017/01/Fiche-recommandations-Diarrh%C3%A9esV3.pdf">recommandation</a> 2017 vient actualiser les recommandations sur la diarrhée aigue de l&rsquo;enfant. La recommandation rappelle l&rsquo;importance d&rsquo;évaluer la déshydratation, une perte de poids de 10% étant un critère d&rsquo;hospitalisation. Il est désormais clair que le SRO est indispensable et que la réalimentation précoce (&lt;4h) en poursuivant le lait habituel, les laits sans lactose n&rsquo;étant pas recommandé pour des diarrhées non sévères de moins de 7 jours (De même pour les nourrissons de moins de 3 mois, les hydrolysats poussés ne sont plus recommandés systématiquement en cas de diarrhée aigüe).  Enfin, AINS, loperamide, antiseptiques intestinaux et anti-émétiques sont à proscrire (sauf l&rsquo;ondansetron qui peut être utilisé en cas de vomissements associés nécessitant une hospitalisation). Pour le plaisir, notons que peuvent être utilisés: les probiotiques , mais c&rsquo;est certainement une coïncidence avec le fait que le labo Biocodex (ULTRA-LEVURE*) ait soutenu la recommandation!</p>
<p>Pour mettre une nouvelle fois les choses au clair, une revue de la littérature avec méta-analyse a été publiée dans le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2553447?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1077414234&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=42354724">JAMA</a> à propos des allergies alimentaires de l&rsquo;enfant. Ainsi, introduire précocement des œuf et des fruits à coque (entre 4 et 6 mois) réduit le risque d&rsquo;allergie à ces aliments, et une introduction entre 6 et 12 mois de poisson réduirait le risque de rhinite allergique (et peut être de dyspnées sifflantes).</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Un article du <a href="http://bjgpopen.org/content/early/2017/09/18/bjgpopen17X101097">BJGP</a> a étudié les antibiotiques cout-efficaces dans la cystite aigüe non compliquée. Les auteurs retrouvent que le trimetoprime est le plus &ldquo;cout-efficace&rdquo; si le taux de résistance est &lt; 30%, entre 30% et 35% la fosfomycine est à privilégier et au delà de 35% la fosfomycine et la nitrofurantoïne sont à égalité. La résistance au Royaume Uni serait proche de 50%. Mais qu&rsquo;en est il en France? D&rsquo;après la <a href="http://www.infectiologie.com/UserFiles/File/spilf/recos/infections-urinaires-spilf-trimethoprime-temocilline-2015.pdf">SPILF</a>, le taux de résistance des E.Coli au trimetroprime serait proche de celui du co-trimoxazole (triméthoprime-sulfaméthoxazol) et serait donc proche de <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26740324">27%</a>. Il faudrait donc privilégier le trimetoprime qui n&rsquo;est qu&rsquo;en 4ème intention et seulement après obtention d&rsquo;un antibiogramme.</p>
<p>A ce sujet, Antibioclic n&rsquo;a pas encore pris en compte la mise à jour avec le trimetoprime dans les cystites à risque de complication. (Il est aussi recommandé en 1ère intention à la dose de 100mg/j dans les cystites récidivantes, avant la fosfomycine et le co-trimoxazole, mais cette posologie n&rsquo;est pas disponible en France&hellip;)</p>
<p>On a déjà parlé de nombreuses fois du risque de pneumopathie infectieuse avec un traitement par corticoïdes inhalés (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/05/dragi-webdo-n98.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/03/dragi-webdo-n90.html">là</a>). Cette fois ci, c&rsquo;est le risque d&rsquo;infection par <a href="http://erj.ersjournals.com/content/50/3/1700037?ctkey=shareline">mycobactérie</a> atypique qui est mis en évidence dans une étude cas témoin nichée dans une cohorte américaine. Il y aurait, en effet, un sur-risque de mycobactérie avec le traitement par fluticasone (mais pas avec le budésonide, peut être par manque de puissance?). Le risque de tuberculose n&rsquo;était cependant pas augmenté (grâce au vaccin? Pour mémoire, il pourrait marcher un peu sur les tuberculoses pulmonaires d&rsquo;après le <a href="http://www.bmj.com/content/349/bmj.g4643">BMJ</a>)</p>
<p>5/ Gynécologie</p>
<p>Une <a href="http://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1002388">étude</a> s&rsquo;est intéressé au dépistage du cancer du col de l&rsquo;utérus chez des patientes vaccinées par le vaccin anti-HPV.  Ainsi, les patientes ayant un dépistage tous les 5 ans par recherche d&rsquo;HPV oncogène a été comparé à un frottis en phase liquide tous les 2,5 ans. Les auteurs retrouvent une augmentation des CIN2+ détectées suite à une recherche d&rsquo;HPV oncogène (0,1% vs 1,2%). C&rsquo;est donc encore une étude qui va également (pour l&rsquo;autre cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/10/dragi-webdo-n110.html">ici</a>) dans le sens d&rsquo;un dépistage plus espacé avec une recherche d&rsquo;HPV oncogène systématique.</p>
<p>6/ Psychiatrie</p>
<p>Enfin, une <a href="http://www.bmj.com/content/358/bmj.j3927">revue</a> systématique a évalué les rechutes des troubles anxieux (stress post traumatique, TOC, troubles anxieux généralisé) traités à l&rsquo;arrêt des antidépresseurs. En comparant les rechutes à 1 an, les patients ayant arrêté leur traitement avaient plus de 3 fois plus de risque de rechute. Cette méta-analyse ne permet cependant pas de dire si un traitement d&rsquo;un an serait suffisant pour éviter une rechute de façon &ldquo;optimisée&rdquo; selon la balance bénéfice-risque des traitements, mais, il semble qu&rsquo;au moins une année de traitement soit bénéfique pour réduire les rechutes.</p>
<p>C&rsquo;est terminé pour cette semaine, à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°151: Essure, endométriose, THM, certificats de sport enfant, liraglutide, acarbose</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/09/dragi-webdo-n151/</link><pubDate>Tue, 19 Sep 2017 10:51:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/09/dragi-webdo-n151/</guid><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Pour commencer, voici une petite infographie sur les causes de décès dans le monde à partir d&rsquo;une étude du <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(17)32152-9/fulltext">Lancet</a>. C&rsquo;est parti pour les actualités!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjFkObpxsjOPTpdgThkRX8Wgm75_rARsF1JzW2NLkasYwLJ9k6gSKSSARQ8wLf_am-GCLdK-2VfZtY1dSdEsYNrlnarucwMqT91ncHcr-JV8RP31Ax0pm1QzSVomuRKK4LbMHxFzuWP1hFf/s1600/cause+d%25C3%25A9c%25C3%25A8s.jpg"><img src="/images/articles/2017/cause-d-25c3-25a9c-25c3-25a8s.jpg" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance (et autres vigilances)</p>
<p><a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Information-suite-a-l-arret-de-la-commercialisation-en-France-par-la-societe-Bayer-Pharma-AG-du-dispositif-de-sterilisation-definitive-Essure-Communique">Essure</a>, c&rsquo;est terminé. Le laboratoire a informé de l&rsquo;arrêt définitif de commercialisation. Étrangement, cet arrêt de commercialisation est valable partout dans le monde sauf aux États Unis, lieu où la polémique avait commencé&hellip;</p>
<p>Dans la catégorie des thérapeutiques indirectement dangereuse, une <a href="https://academic.oup.com/jnci/article/110/1/djx145/4064136/Use-of-Alternative-Medicine-for-Cancer-and-Its">étude</a> a évalué la mortalité des patients traités par médecines alternatives à la place de traitements conventionnels dans le cadre de cancer. Après 5,5 ans de suivi en moyenne, la mortalité par cancer était multipliée par 2,5 dans le groupe de médecine alternative pour &ldquo;tout cancer&rdquo; et par près de 6 lorsque les auteurs s&rsquo;intéressaient au cancer du sein.</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/358/bmj.j3935">BMJ</a> a proposé un algorithme de prise en charge de l&rsquo;endométriose d&rsquo;après les recommandations du NICE. Le diagnostic peut être évoqué devant des femmes (y compris avant 17 ans) avec</p>
<ul>
<li>
<p>douleurs pelviennes chroniques, dysménorrhées, dyspareunies</p>
</li>
<li>
<p>ou des douleurs digestives cycliques ou des symptômes urinaires cycliques.(notamment hématurie). L&rsquo;examen complémentaire initial est l&rsquo;échographie. Les auteurs insistent sur la prise en charge urgente en cas de désir de grossesse. Enfin, les principaux traitements sont les AINS, les traitements oestro-progestatif ou progestatif, et éventuellement les traitements de douleurs neuropathiques.</p>
</li>
</ul>
<p>Une méta-analyse du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2653735?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1069754679&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=42120922">JAMA</a> a réévalué les risques des traitements hormonaux substitutifs de la ménopause. La méta-analyse se veut rassurante, car avec 27 000 femme incluses, les auteurs n&rsquo;ont pas retrouvé de différence de mortalité globale, de mortalité cardiovasculaire ou de mortalité liée au cancer. Cependant, le suivi moyen a été de 7 ans et demi, alors qu&rsquo;il me semble qu&rsquo;un recul de 10 ans de traitement était nécessaire pour voir une augmentation significative du risque de cancer (alors, il est certain que la mortalité doit encore plus difficile a mettre en évidence avec &ldquo;à peine&rdquo; 30 000 patientes).</p>
<p>Un <a href="http://www.e-cancer.fr/Actualites-et-evenements/Actualites/Depistage-organise-du-cancer-du-sein-un-nouveau-livret-d-information-pour-s-informer-et-decider">guide</a> de dépistage organisé du cancer du sein vient d&rsquo;être actualisé et diffusé. On y parle rapidement de surdiagnostic. Une évaluation de la qualité de l&rsquo;information contenue dans ce document a été effectuée par le groupe &ldquo;Cancer Rose&rdquo;, la <a href="https://www.cancer-rose.fr/analyse-critique-du-nouveau-livret-dinformation-de-linca/">voici</a>&hellip;</p>
<p>3/ Certificats de sport</p>
<p>Le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=625">HCSP</a> a publié des recommandations concernant les certificats de sports de l&rsquo;enfant. Il recommande que la délivrance du certificat ait lieu lors des visites de suivi de l&rsquo;enfant, et que les examens complémentaires ne soient effectués qu&rsquo;en cas de point d&rsquo;appel. De même pendant l&rsquo;adolescence, mais avec des examens de prévention effectués tous les 2 ans, ce qui pourrait impliquer un certificat de sport tous les 2 ans et non tous les 3 ans. Le HCSP demande également une validation d&rsquo;un questionnaire (comme pour l&rsquo;adulte), celui proposé à la fin de l&rsquo;avis n&rsquo;étant pas officiellement validé à ce jour. Concernant la pratique de l&rsquo;ECG, elle &ldquo;<em>n&rsquo;est pas nécessaire et laissée au libre jugement du praticien</em>&rdquo;. Il n&rsquo;est effectivement pas démontré de bénéfice clair au dépistage systématique. Un ECG unique, pour dépister les syndromes rares et à risque (QT long, Brugada, WPW et autre anomalie pouvant favoriser une mort subite) serait-il plus acceptable au niveau du cout avec bénéfice clinique? Si quelqu&rsquo;un a des études sur l&rsquo;ECG unique chez l&rsquo;enfant, les commentaires sont fait pour ça! J&rsquo;en ai pas trouvé (j&rsquo;ai pas cherché très activement non plus&hellip;)</p>
<p>Et sinon, un site a été mis en place pour les patients pour savoir si un nouveau certificat est &ldquo;obligatoire&rdquo;: <a href="https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1030">ici</a>.</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Le congrès de la société européenne de diabétologie a eu lieu. Je n&rsquo;ai pas vu d&rsquo;études transcendantales pour les médecins généralistes. On notera quand même un <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1612917">essai</a> contrôlé randomisé testant l&rsquo;exenatide sur des critères de jugement cardiovasculaire. Contrairement au liraglutide, l&rsquo;exenatide n&rsquo;arrive pas a démontrer de bénéfice clinique sur le critère composite cardiovasculaire. En lisant l&rsquo;article , on voit néanmoins un risque de mortalité global diminué (Hazard Ratio: 0,86 [0,77-0,97]), mais les auteurs ont été parfaitement honnêtes: compte tenu du plan d&rsquo;analyse et du nombre d&rsquo;analyses, ils ont jugé que la différence ne devait pas être considérée comme significative. La piste est donc quand même intéressante et doit pousser à comprendre cette différence alors que la mortalité cardiovasculaire ne peut expliquer à elle seule cette différence.</p>
<p>Enfin, l&rsquo;<a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(17)30309-1/abstract">acarbose</a> a fait l&rsquo;objet d&rsquo;un essai contrôlé randomisé chez des patients chinois avec hyperglycémie modérée à jeun (intolérance au glucose). Après 5 ans de suivi, les auteurs ont retrouvé une diminution de l&rsquo;incidence des diabètes dans le groupe traité par rapport au groupe placebo, mais aucune différence en terme d&rsquo;évènements cardiovasculaire. Pour mémoire, l&rsquo;acarbose n&rsquo;avait pas non plus démontré d&rsquo;efficacité chez les patients diabétique sur des critères cliniques.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour ce billet! Mon emploi du temps se chargeant de plus en plus, il y aura certainement de plus en plus de fluctuation dans les délais de publication des Dragi Webdo, mais il n&rsquo;est pas encore prévu que cette chronique s&rsquo;arrête.</p>
<p>A très bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°150: dépistage CCR et cancer de prostate, pneumologie, vaccin ROR, TCC/insomnie, surtraitement</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/09/dragi-webdo-n150/</link><pubDate>Sun, 10 Sep 2017 09:34:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/09/dragi-webdo-n150/</guid><category>Oncologie</category><category>Ophtalmologie</category><category>Pneumologie</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! La sélection des articles de cette semaine a été dur, à cause des trop nombreuses publications intéressantes de cette rentrée&hellip; En cette période de préparation de rentrée dans le nouveau DES des néo-internes, on peut lire que les groupes d&rsquo;échanges et Balint sont d&rsquo;excellents moyens d&rsquo;apprentissage d&rsquo;après le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2649267">JAMA</a> Internal Medicine! Bref j&rsquo;espère que mon choix d&rsquo;articles vous intéressera!</p>
<p>1/ Traitements et pharmaco-vigillance</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/medicines/human/referrals/Paracetamol-modified_release/human_referral_prac_000062.jsp&amp;mid=WC0b01ac05805c516f">EMA</a> a publié une alerte sur le paracétamol à libération prolongée, avec un risque de surdose dans l&rsquo;utilisation, et un risque de confusion entre le différentes formes. De plus, il faut être vigilent car cette forme de paracetamol est parfois associé à du tramadol et qui peut majorer les risque de surdose quand les patients ne sont même pas conscient de prendre du paracetamol.</p>
<p>Voici un autre <a href="http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0181970">article</a> un peu hors catégorie concerne le sur-traitement des patient. Deux milles médecins américains ont déclarer que 20% environ des prises en charges étaient inutiles, dont 20% en traitements médicamenteux et 25% en examens complémentaires. Cette sur-prescription était multifactorielle avec principalement des erreurs médicales à 80% et un désir ou une pression des patients à 60%! Être réflexif sur sa propre pratique peut être très instructif je pense&hellip;</p>
<p>2/ Oncologie</p>
<p>Parlons maintenant d&rsquo;un article du 
<a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2652649">JAMA</a> publié par un généraliste français. Des généralistes ont été
randomisés pour recevoir soit une liste de leur patients n&rsquo;ayant pas
participé au dépistage par du cancer colo-rectal, soit une
sensibilisation à ce dépistage, soit rien. Le critère de jugement était
la participation des patients de ces médecins au dépistage après 1 an. Près de 1500
généralistes ont participé et 30000 patients ont été analysés! 25% des patients des médecins ayant eu une liste des spécifique ont été dépistés, 22% de ceux des médecins ayant un rappel global, et 21% de ceux n&rsquo;ayant pas eu de rappel. Un message pour nos autorités de santé: pourrais t on avoir une liste des patients devant se faire dépister? La même étude pour le frottis pourrait être mise en place&hellip; (je ne parle pas de la mammographie compte tenu des controverses actuelle, y compris à partir de 50 ans)</p>
<p>Le débat sur le dépistage du cancer de la prostate va t il être relancé? Une <a href="http://annals.org/aim/article/2652567/reconciling-effects-screening-prostate-cancer-mortality-erspc-plco-trials">étude</a> se base sur une réévaluation du temps du quel le diagnostic est avancé avec dépistage par rapport à sans dépistage en réanalysant les études PLCO et ERSPC . Cette étude mettrait en évidence une diminution de la mortalité spécifique par cancer de 25%  dans le groupe dépister. Mais, la mortalité globale ne serait pas modifiée, et les effets secondaires du dépistage, du sur-diagnostic et du sur-traitement, ils ne sont pas abordés. Enfin, il s&rsquo;agit d&rsquo;une baisse de mortalité spécifique relative&hellip; Ainsi, si on se fie à cette infographie (un peu mise à jour), cela ferait passer le nombre de mort par cancer de la prostate de 8 à 6 dans le groupe dépisté, ce qui n&rsquo;est franchement pas fameux par rapport aux effets indésirables du dépistage! Pas sur que dans une optique de décision partagée cela donne envie aux patients de se faire dépister&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgEacljMdFJTx_dWB7SvZOOLi64NTRGjrvpFVRNAdqsBKjNqsWXeYlSX_6vewbAzjMc3rQzDB0ds9_NqM31edogXhGm6EPECLpxJEGeByaJzcs6vahmJm2VcjUM-c_nYQhVzngImdqv2JYo/s1600/cancer+prostate.png"><img src="/images/articles/2017/cancer-prostate.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Ophtalmologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2652657?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1061368450&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=41849127">USPSTF</a> recommande désormais un dépistage des troubles visuel de l&rsquo;enfant entre 3 et 5 ans, ce qui est en accord avec les recommandations françaises. Pour mémoire, le dépistage à 3 ans est cotable en médecine générale. Les auteurs recommande la recherche des reflets papillaire, des reflets cornéens, des tests d&rsquo;occlusion alternée, l&rsquo;acuité visuelle et une recherche de vision stétéoscopique.</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2649201">JAMA</a> a publié un article randomisant un traitement par prednisolone 40mg par jour pendant 5 jours versus placebo dans le traitement des bronchites aiguës chez des patients sans asthme ni BPCO. Parmi les 400 patients inclus, il n&rsquo;y a pas eu de différence dans la durée des symptômes, mais une différence significative dans l&rsquo;intensité des symptôme avec une réduction de 0,2. sur 4, ce qui n&rsquo;est franchement pas cliniquement pertinent. Il y avait une augmentation du nombre d&rsquo;effets indésirables non significative dans le groupe prednisolone, mais le nombre de patient n&rsquo;était pas suffisant pour étudier ces effets. Ainsi, en accord avec la conclusion de auteurs, la balance bénéfice/risque des corticoides dans les bronchites est en défaveur de leur utilisation.</p>
<p>Les nouvelles recommandations de la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/02/dragi-webdo-n129.html">SPLF</a> concernant le traitement de la BPCO proposent une monothérapie par beta-2 stimulants de longue durée d&rsquo;action ou par anti-cholinergique en cas de symptômes invalidants. Cette <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1700228#t=abstract">étude</a> du NEJM a évalué le tiotropium chez les patients BPCO avec un VEMS entre 50% et 70%. Cette étude confirme une amélioration du VEMS sous traitement, mais aussi une amélioration clinique avec une diminution du risque d&rsquo;exacerbation et d&rsquo;hospitalisation pour BPCO. Il y avait plus d&rsquo;effet indésirables oro-pharyngés sous traitement. C&rsquo;est donc cohérent avec les recos qui trouvaient que les anti-cholinergiques étaient efficaces sur les exacerbations et un peu moins sur la dyspnée, mais dans cette étude le CAT et mMRC après 1 an de traitement, ce qui confirmerait vraiment la place en 1ère intention du tiotropium, mais un essai contrôlé randomisé entre les 2 classes thérapeutiques serait intéressant.</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Un article du <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1703309">NEJM</a> a évalué l&rsquo;intérêt d&rsquo;une troisième injection de vaccin &ldquo;rougeole-oreillons-rubéole&rdquo; dans la prévention des oreillons. Les auteurs on retrouvé qu&rsquo;il y avait 6,7 cas d&rsquo;oreillons pour 1000 étudiants ayant eu 3 injections versus 14,5 pour 1000 chez ceux en ayant eu 2 (p&lt;0,01). Le risque d&rsquo;infection était 9 fois plus élevé chez les étudiants dont le dernier vaccin ROR datait de plus de 13 ans. Ainsi, il pourrait être utile de proposer un vaccin ROR chez les garçons (ce sont eux les plus à risque pour les oreillons) vers 11 ans, en même temps que le DTPc pour améliorer la protection jusqu&rsquo;à 25 ans. Si quelque chose de similaire était retrouvé pour la rubéole, cela pourrait également pousser à une vaccination chez les files au même âge et donc à généraliser une 3ème dose de ROR à l&rsquo;adolescence.</p>
<p>6/ Psychiatrie</p>
<p>Un important <a href="http://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366%2817%2930328-0/fulltext">essai</a> contrôle
randomisé incluant 3700 patients, a évalué les thérapies cognitivo
comportementales dans le traitement de l&rsquo;insomnie. Les auteurs ont
retrouvé que les TCC permettaient d&rsquo;améliorer significativement le score
d&rsquo;insomnie chez des étudiants en 10 semaines de traitement. Il est
toujours intéressant d&rsquo;avoir des études justifiant les alternatives aux
traitements médicamenteux dans ces pathologies.</p>
<p>Voilà pour cette semaine! Bon choix de spécialité pour les néo-internes! Même si les choix possibles se réduisent de plus en plus, je suis sur que vous trouverez une spécialité vous permettra d&rsquo;exercer le métier qui vous plait! A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°149: Lombalgie (reco us), asthme, inflammation et risque cardiovasculaire, metformine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/09/dragi-webdo-n149/</link><pubDate>Mon, 04 Sep 2017 00:58:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/09/dragi-webdo-n149/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, après le DragiWebdo très en retard de jeudi dernier (pour ceux qui l&rsquo;ont raté, il est <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/08/dragi-webdo-n148.html">ici</a>), je vais essayer de reprendre des bonnes habitudes! Celui-ci sera beaucoup plus court (mais si&hellip;), avec quelques articles du congrès de l&rsquo;ESC (encore), des articles de cet été et certains de cette semaine. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>D&rsquo;abord, il y a cette étude du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2653029?utm_source=twitter&amp;utm_campaign=content-shareicons&amp;utm_content=article_engagement&amp;utm_medium=social&amp;utm_term=090117#.WalMG51lwGY.twitter">JAMA</a> qui retrouve que les étudiants en médecins ne savent pas bien prendre la tension artérielle. Dans cette étude, seule 1 étudiant sur 159 a effectué correctement les 11 items recherché. La moitié des étudiants savaient néanmoins, bien: prendre un brassard adapté, le placer correctement, soutenir le bras, demander de ne pas parler, et décroiser les jambes du patient. Les autres critères, pour info: faire patiente au repos le patient pendant 5 minutes, vérifier que les pieds du patients soient à plat au sol, demander au patient de ne pas utiliser son téléphone portable ou de ne pas lire, vérifier au 2 bras, noter le bras avec la tension la plus élever et expliquer à quel bras la tension devrait être mesurée ultérieurement. C&rsquo;est intéressant, mais considérant l&rsquo;intérêt des mesures en cabinet, il faudrait mieux voir si les étudiants savent expliquer les automesures. Mais d&rsquo;une part, cela prend du temps de consultation d&rsquo;expliquer les 11 points au patient; et d&rsquo;autre part (et surtout), un patient retenant moins de 50% des informations données en consultation (ou quelque chose comme ça), ne faudrait-il pas se concentrer sur 3-4 consignes importantes plutôt qu&rsquo;une liste aussi longue&hellip;</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1707278">Idarucizumab</a> est un des antidotes du Dabigatran. Son efficacité a été testée sur des patients ayant un saignement non contrôlée ou devant subit une intervention urgence. L&rsquo;inhibition complète de l&rsquo;AOD a été obtenue entre 1h30 et 2h30 après le début du traitement. L&rsquo;étude n&rsquo;est pas comparative, mais pour mémoire, avec les AVK on cherche à avoir un INR &lt; 1,5 en 30 minutes&hellip;</p>
<p>Un des articles du congrès de cardio qui a fait parlé de lui concernait l&rsquo;étude <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1707914#t=abstract">CANTOS</a> qui suscite en moi des questions. Il concerne peu les généraliste car il randomisait des patients avec coronaropathie et une CRP-hs &gt; 2mg/L pour un traitement par canakinumab, un anti corps anti-inflammatoire, ou placebo. Le traitement anti-inflammatoire a réduit significativement la survenue des évènements cardiovasculaires (sans effet sur la mortalité). Ainsi, je me pose la question, de pourquoi est ce que les AINS augmentent le risque cardiovasculaire, alors que l&rsquo;inhibition de l&rsquo;interleukine 1 par le canakinumab induit une inhibition des COX comme le font les AINS&hellip; Au passage l&rsquo;interleukine 1 inhibée ne stimulera plus l&rsquo;interleukine 6 qui est censé permettre la différenciation des lymphocytes naïfs en lymphocytes TCD4+ (et pour mémoire, on voit bien dans les infections par VIH que ne pas avoir de LTCD4+, c&rsquo;est pas terrible&hellip;) Tout cela pour dire qu&rsquo;un suivi de 4 ans seulement me laisse dubitatif sur les bénéfices et risques du traitement.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Chez les patients asthmatique sévères avec une bithérapie par bêta2 mimétiques de longue durée d&rsquo;action et corticostéroïdes inhalés toujours non contrôlés, il semblerait que l&rsquo;ajout d&rsquo;<a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(17)31281-3/fulltext">azithromycine</a> (comme pour la BPCO), 3 fois par semaine, réduise de 40% la survenue d&rsquo;exacerbation (environ une de moins par an). Dans cet essai contrôlé randomisé, il a été également retrouvé une amélioration significative de la qualité de vie des patients asthmatiques traités. Cette possibilité thérapeutique n&rsquo;était pas évoquée dans les dernières recos de la <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/05/dragi-webdo-n99.html">SPLF</a>.</p>
<p>En parallèle, le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2643767?guestAccessKey=91de67ca-6608-44d0-ba94-e86ef3065e9b&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1053775778&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=41586771">JAMA</a> a publié une revue de la littérature sur la prise en charge de l&rsquo;asthme. Les prises en charges proposées sont proches de celles de la SPLF. A noter le joli tableau récapitulatif des doses standard, du bénéfice prouvé du traitement et des effets indésirables des molécules:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhF7JxFLbSrwn2u9uOhLddIKQTxzrYuM77gq3ioMcK8M9QMEuefV5rmAyNYj_uTYIY6S7Gp7SGyw4h4aul7hoKdyzyv1ii4u3E9KNuurcTecbXTRR6pWRaQFNLoFkGgrNcLqr37xHcysx7f/s1600/ttt+asthme.jpg"><img src="/images/articles/2017/ttt-asthme.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Le collège de médecine américain a publié des recommandations de prise en charge de la <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2649166?utm_source=twitter&amp;utm_campaign=content-shareicons&amp;utm_content=article_engagement&amp;utm_medium=social&amp;utm_term=082417#.WZ6PsYRqmKE.twitter">lombalgie</a> aigue. Pour les lombalgies aigues, les auteurs recommandent de la kiné, de l&rsquo;acuponcture, des massages et des moyens fournissant de la chaleur cutanée en première intention. Le traitement médicamenteux recommandé, si nécessaire seulement comporte des AINS et des myorelaxants (bouh!). Pour les lombalgies chroniques, ils insistent surtout sur les mesures non-médicamenteuses et sur le fait d&rsquo;éviter les morphiniques au long cours.</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Une nouvelle méta-analyse sur l&rsquo;efficacité de la metformine a été publiée, dans <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-017-4337-9">Diabetlogia</a>. Cependant, cette fois encore, ce traitement n&rsquo;arrive pas à prouver qu&rsquo;il permet de diminuer la mortalité globale, cardiovasculaire, le nombre d&rsquo;infarctus ou d&rsquo;AVC chez les patients traités.</p>
<p>Merci aux lecteurs réguliers pour votre assiduité et bienvenue aux nouveau lecteurs qui découvrent le blog! Vous pouvez vous abonner pour ne manquer aucun billet en notant votre mail à l&rsquo;emplacement prévu en haut à droite de la page! (Et n&rsquo;oubliez pas de valider l&rsquo;inscription grâce au mail automatique que vous recevez!)</p>
<p>A bientôt</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°148: Recos SCA-ST+ et artériopathie, dépistage cardiovasculaire #ESCCongress , recos sportif</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/08/dragi-webdo-n148/</link><pubDate>Thu, 31 Aug 2017 20:25:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/08/dragi-webdo-n148/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Après 2 mois de vacances, le blog va reprendre de l&rsquo;activité! Je n&rsquo;ai bien évidemment pas écrit les billets auxquels j&rsquo;avais pensé durant ces vacances&hellip; Mais les actualités se sont accumulées ces dernières semaines, notamment avec le congrès de l&rsquo;European Society of Cardiology. Ce billet de rentré va donc être très cardiologique et si c&rsquo;est pas trop long, je mettrais quelques autres infos rapides également. Bonne lecture!</p>
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<p>1/ Pharmacovigilance (et matériovigilance)</p>
<p>Pour commencer, le dispositif <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Le-marquage-CE-de-l-implant-Essure-est-suspendu-pour-3-mois-Communique">ESSURE</a> de contraception définitive féminine controversé depuis plusieurs mois a conservé son AMM, mais à perdu temporairement (jusqu&rsquo;en novembre) la norme &ldquo;CE&rdquo; ce qui va limiter fortement son utilisation.</p>
<p>La <a href="http://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/e4fb2cd2ec0b2d9ee3e89d38b788ebf2.pdf">trimébutine</a> (Débridat*) est désormais contre indiquée chez les enfants de moins de 2 ans en raison de risque neurologique et cardiologique supérieur.</p>
<p>2/ Recommandations de l&rsquo;ESC</p>
<p>Au congrès de l&rsquo;ESC, ont été présentées de nombreuses recommandations. Commençons par les recos concernant l&rsquo;<a href="https://academic.oup.com/eurheartj/article-lookup/doi/10.1093/eurheartj/ehx393">infarctus du myocarde</a> avec élévation du segment ST, en se focalisant sur ce qui intéresse le généraliste. En cas de suspicion confirmée, il est toujours recommandé de donner 150-300mg d&rsquo;aspirine per os le plus vite possible (mais comme le SAMU a parfois ses protocoles, il faut mieux leur demander s&rsquo;il veulent qu&rsquo;on le fasse car les 300mg en IV seraient plus effiaces). Et là ça se complique:</p>
<ul>
<li>
<p>Si le patient a eu une angioplastie coronaire, une bithérapie de 12 mois est recommandée avec aspirine et soit
ticagrelor soit prasugrel (fini le clopidogrel sauf si les 2 autres sont
contre indiqués)</p>
</li>
<li>
<p>Si le patient a eu une fibrinolyse initiale sans angioplastie secondairement: la bithérapie sera alors aspirine (75 à 100mg maximum) et clopidogrel.</p>
</li>
<li>
<p>Chez les patients à faible risque de saignement, l&rsquo;association aspirine + clopidogrel + rivaroxaban 2,5mgx2 peut être recommandée (on y reviendra un peu après)</p>
</li>
<li>
<p>Chez les patients  ayant bien toléré le traitement de 12 mois, si le risque d&rsquo;infarctus est élevé (age &gt; 50 ans et un des critères: age&gt; 65 ans, diabète médicalement traité, récidive d&rsquo;infarctus du myocarde, coronaropathie multi-tronculaire, DFG &lt;60 ml/min/1.73 m2)., il est recommandé de poursuivre une bi-antiagrégation pendant 3 ans au total avec aspirine + ticagrelor (60mg x2)</p>
</li>
</ul>
<p>L&rsquo;IPP est préventif est indiqué en cas de risque hémorragique intestinal élevé.</p>
<p>Les bêtabloquants reste recommandés sans durée limite (même si on sait que le bénéfice diminue après 1 an), et le verapamil peut être utilisé à la place en cas de mauvaise tolérance ou de contre indication.</p>
<p>Les IEC sont recommandés prioritairement aux ARAII. Et dans les ARAII, c&rsquo;est le valsartan qui devrait être privilégié.</p>
<p>Le traitement par statine de forte intensité doit être débuté avec un objectif de LDL &lt; 0,7g/L OU une diminution de 50% du LDL s&rsquo;il était inférieur à 1,35g/L. Tant que le LDL est &gt; 0,7g/L il est recommandé d&rsquo;intensifier le traitement, par exemple avec l&rsquo;ajout de l&rsquo;ezetimibe à la statine.</p>
<p>Quelques remarques dessus maintenant:</p>
<ul>
<li>
<p>les patients devant potentiellement avoir un traitement par ticagrelor pendant 3 ans, il semble préférable de commencer avec celui ci plutôt que le prasugrel.</p>
</li>
<li>
<p>les recommandations préconisent une statine forte dose, alors qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais été démonté en essai contrôlé randomisé de bénéfice en prévention secondaire de la rosuvastatine et de l&rsquo;atorvastatine. L&rsquo;objectif peut probablement être atteint avec simvastatine + ezetimibe, qui ont tout deux une efficacité prouvée.</p>
</li>
<li>
<p>la trithérapie rivaroxaban + aspirine + clopidogrel n&rsquo;est possible que pour les patients traités par aspirine + clopidogrel, donc ceux n&rsquo;ayant pas eu d&rsquo;angioplastie ou ayant une contre indication au prasugrel et ticagrelor.</p>
</li>
<li>
<p>l&rsquo;étude <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1709118">COMPASS</a> présentée au congrès randomisait aspirine+ placebo versus aspirine + rivaroxaban. La qualité de l&rsquo;étude est bonne avec une prise en compte des analyses intermédiaires et des comparaisons multiples (il y avait en effet aussi un bras rivaroxaban+placebo). Les patients inclus devaient être en prévention secondaire (90% avaient une coronaropathie). Après 2 ans de suivi environ, l &lsquo;étude retrouve une diminution significative des évènements cardiovasculaires de 24% (NNT= 80 patients), et dont une baisse de la mortalité globale de 18% (NNT=143 patients). Cependant, il y a une augmentation de 70% des saignements sévères (NNH= 83). Ainsi, il y a 1 saignement sévère pour 1 évènement cardiovasculaire ou décès prévenu après 2 ans. De plus la comparaison est versus placebo et non versus Aspirine + clopidogrel ou Aspirine + ticagrelor qui sont les thérapies prolongées de référence. Ceci limite l&rsquo;intérêt du rivaroxaban avec l&rsquo;aspirine en traitement prolongé.</p>
</li>
</ul>
<p>La reco suivante concerne les <a href="https://academic.oup.com/eurheartj/article-lookup/doi/10.1093/eurheartj/ehx095">pathologies artérielles périphérique</a>.</p>
<p>D&rsquo;abord, concernant l&rsquo;AOMI, il est recommandé de mesurer les IPS chez les patients avec une pathologie cardiovasculaire, chez ceux de plus de 50 ans avec un ATCD familial d&rsquo;AOMI, et de plus de 65 ans sans antécédent particulier. Le diagnostic est posé pour un IPS &lt; 0,9 ou supérieur à 1,4. Le traitement par statine a le même objectif que précédemment (&lt; 0,7 G/L de LDL ou une baisse de 50%). En l&rsquo;absence de revascularisation prévue, le traitement antiaggrégant plaquettaire est à instauré seulement en cas de symptômes, auquel cas le clopidogrel est à privilégié en cas d&rsquo;AOMI sans autre artériopathie, sinon aspirine 75-100mg (pas de preuve de bénéfice si asymptomatique). Il est systématique après une revascularisation. En cas de traitement par anticoagulant nécessaire (ACFA concomittante par exemple), la monothérapie par anticoagulant est suffisante. Les IEC sont à privilégier en cas d&rsquo;hypertension artérielle.</p>
<p>Concernant l&rsquo;athérome carotidien, il faut demander une bonne mesure de la sténose: la sténose doit être mesurée en NASCET ( nommé ACAS si asymptomatique) c&rsquo;est à dire le diamètre carotidien au niveau de la sténose divisé par le diamètre en aval et non mesurée en ECST (un joli schéma <a href="http://www.revespcardiol.org/imatges/255/255v60n07/grande/255v60n07-13109919tab08.gif">ici</a>)</p>
<ul>
<li>
<p>Ainsi, pour les sténoses carotidiennes asymptomatiques: si la sténose est inférieure à 50% et le patient asymptomatique, on ne parle même pas d&rsquo;arthériopathie carotidienne et aucun autre traitement du contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire et d&rsquo;une surveillance n&rsquo;est nécessaire. Concernant le traitement par statine, il n&rsquo;est pas dit s&rsquo;il présente un bénéfice chez ces patients (tous ceux sous aspririne et statine parce qu&rsquo;il y a des p&rsquo;tites plaques, hein&hellip;. bah, ça sert à rien).</p>
</li>
<li>
<p>Pour les sténoses carotidiennes asymptomatiques de plus de 50% NASCET, un traitement par aspirine (ou clopidogrel) est recommandé, avec une indication possible de revascularisation si la sténose est supérieure à 60%.</p>
</li>
<li>
<p>Pour les sténoses symptomatiques de moins de 50%: un traitement médical optimal avec anti-aggrégant et statine est recommandé. Pour celles symptomatiques de plus de 50% un traitement chirurgical sera nécessaire et le traitement anti-aggrégant sera poursuivi après le geste.</p>
</li>
</ul>
<p>Concernant les sténoses des artères rénales, même en cas de sténose bilatérale, il y aurait un bénéfice à introduite en première intention un IEC (ou un ARAII) sous réserve que l&rsquo;introduction soit très progressive et avec une surveillance rapprochée de la tolérance clinique et biologique.</p>
<p>Enfin, la dernière reco de l&rsquo;ESC dont je parlerais rapidement est celle sur les <a href="https://pbs.twimg.com/media/DIL_fdnWAAUj_j2.jpg">valvulopathies</a>: concernant les généralistes, si les AVK sont difficiles à équilibrer, il est toujours contre indiqué de prescrire un AOD en cas de valve mécanique.</p>
<p>3/ Autres articles cardiovasculaires</p>
<p>Le dépistage de l&rsquo;anévrisme de l&rsquo;aorte abdominale systématique à 65 ans était controversé avec des études récentes ne retrouvant pas de bénéfice en terme de mortalité. Un article du <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(17)32250-X/fulltext">Lancet</a> a randomisé de façon non aveugle, des patients de 64 à 74 ans pour un dépistage de l&rsquo;anévrisme de l&rsquo;aorte abdominale (par échographie doppler), de l&rsquo;AOMI (par mesure de l&rsquo;IPS) et de l&rsquo;hypertension artérielle (mesurée en cabinet) versus pas de dépistage. Après 4 ans, il y a eu dans le groupe dépisté une diminution de la mortalité globale de 7% (NNT= 169). C&rsquo;est une des première fois que des mesures de dépistage cardiovasculaire en population générale marche aussi bien. Le bénéfice ne semble pas uniquement lié au dépistage de l&rsquo;HTA, et le surdiagnostic lié à l&rsquo;HTA serai évalué a 10% ce qui est acceptable corrigé par des automesures tensionnelles confirmant le diagnotic.</p>
<p>Faut-il traiter toutes les dyslipidémies? Une <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2628971?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=904971970&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=37804815">étude</a> a évalué le bénéfice de la pravastatine 40mg (qui a démontré un bénéfice en prévention primaire chez les patients à haut risque) chez des patients de plus de 65 ans hypertendus avec une dyslipidémie modérée. Après 6 ans, il n&rsquo;y avait pas de bénéfice en terme de mortalité et même un sur-risque non significatif de mortalité chez les plus de 75 ans.</p>
<p>Dans l&rsquo;insuffisance cardiaque, il ne semble pas utile de cibler un BNP inférieur à 1000, car cela ne permet pas de diminuer la mortalité, d&rsquo;apprès un <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2649188?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=1034312177&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=41106877">essai</a> controlé randomisé.</p>
<p>Selon une <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2629537?JamaNetworkReader=True">méta-analyse en réseau</a>, les patients hypertendus avec une tension artérielle entre 120 et 124mmHg auraient un risque de mortalité inférieure de près de 30% (risque relatif) par raport à ceux entre 130 et 134mmHg. Lower is better? Cela irait dans le sens de l&rsquo;étude SPRINT pour laquelle le traitement intensif était plus efficace mais controversée à cause de la mesure de tension qui était réalisée dans des conditions &ldquo;beaucoup plus calmes&rdquo; que dans les autres études.</p>
<p>4/ Bilan sportifs</p>
<p>Un arrêté a été publié concernant les examens à faire pour les <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000035418863&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">sports à risque</a> (je les présente pas tous ici, hein):</p>
<p>Sport à risque de KO:</p>
<ul>
<li>
<p>acuité visuelle, champ visuel, et sauf pour le karaté: tonus oculaire et fond d&rsquo;oeil</p>
</li>
<li>
<p>pour la boxe anglaise: ARM des artères cervicales et épreuve d&rsquo;effort tous les 3 ans pour les pro et à partir de 32 ans pour les amateurs.</p>
</li>
</ul>
<p>Rugby à XV et VII hors compétition:</p>
<ul>
<li>
<p>ECG à partir de 12 ans tous les 3 ans puis tous les 5 ans dès 20 ans jusqu&rsquo;à 35 ans</p>
</li>
<li>
<p>ECG d&rsquo;effort et bilan lipidique tous les 5 ans dès 40 ans, et IRM cervicale ou lombaire si pathologie rachidienne pour les joueurs de première ligne</p>
</li>
</ul>
<p>Rugby à XV et VII en compétition:</p>
<ul>
<li>
<p>ECG à partir de 12 ans tous les 3 ans puis tous les 5 ans dès 20 ans jusqu&rsquo;à 35 ans</p>
</li>
<li>
<p>ECG d&rsquo;effort, échographie cardiaque et bilan lipidique tous les 5 ans à 40 ans, 43 ans et tous les 2 ans jusqu&rsquo;à 50 ans puis annuellement</p>
</li>
<li>
<p>IRM cervicale pour les première lignes à 40, 42 et 44 ans puis annuellement, et pour les autres postes tous les 2 ans à partir de 45 ans.</p>
</li>
</ul>
<p>Pour finir, un article du JAMA internal medicine, sur l&rsquo;intéret de l&rsquo;<a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2643348?JamaNetworkReader=True">ECG</a> lors du bilan annuel des patients. Cette étude de cohorte a inclu plus de 3 millions de patients. Plus de 20% des patients ont eu un ECG non recommandé. Ces derniers étaient principalement des patients de plus de 45 ans, avec d&rsquo;autres pathologies (cancer, bpco, mais moins d&rsquo;asthme). Les patients ayant eu des ECG ont eu plus fréquemment des investigations cardiologiques à 3 mois. Cependant, la mortalité était faible dans les 2 groupes mais supérieure dans le groupe ayant eu des ECG (mais l&rsquo;analyse a été faite sans ajustement&hellip; c&rsquo;est dommage)&hellip; Cette étude rappelle surtout les conséquences des ECG, qui peuvent entrainer de nombreuses explorations. Il est malheureusement impossible de conclure quoi que ce soit sur la mortalité, les 2 groupes n&rsquo;étant vraiment pas comparables.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour ce long billet que je voulais publier pour il y a 2 jours&hellip;</p>
<p>A très bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°147: énoxaparine, hypothyroïdie fruste, escitalopram, metformine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/07/dragi-webdo-n147/</link><pubDate>Tue, 04 Jul 2017 01:30:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/07/dragi-webdo-n147/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Endocrinologie</category><category>Gynécologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir pour ce dernier Dragi Webdo avant l&rsquo;été! Il ne va pas être très long, alors place aux actualités!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Concernant l&rsquo;énoxaparine, l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/LOVENOX-R-enoxaparine-sodique-mise-a-jour-de-l-expression-du-dosage-de-sa-posologie-dans-le-traitement-de-la-thrombose-veineuse-profonde-TVP-et-de-l-embolie-pulmonaire-EP-et-de-son-utilisation-en-cas-d-insuffisance-renale-severe-Lettre-aux-professionnels-de-sante">ANSM</a> a publié un communiqué donnant de nouveaux schémas de traitement curatif: soit en 2 injections, comme &ldquo;habituellement&rdquo; à 100UI/Kg/injection, soit à la dose de 150UI/Kg en 1 fois par jour pour les patients à faible risque de complication. Par ailleurs, l&rsquo;énoxaparine peut désormais être utilisé jusqu&rsquo;à une estimation du DFG de 15ml/min généralement à la dose de 100UI/kg en 1 injection.</p>
<p>2/ Endocrinologie</p>
<p>Un article du <a href="https://resident360.nejm.org/content_items/subclinical-hypothyroidism/">NEJM</a> parle de l&rsquo;hypothyroïdie fruste (TSH augmentée avec T4 normale) au vue des récents articles publié. L&rsquo;algorithme n&rsquo;est pas totalement en accord avec les recos françaises actuelles. En effet, chez le patient de plus de 70 ans, les auteurs ne recommandent pas d&rsquo;instaurer un traitement, même avec un TSH &gt;10 et la recherche d&rsquo;anti-corps n&rsquo;est pas présente. Elle se discute quand la TSH est supérieure à 7 chez le moins de 70 ans, la présente d&rsquo;anti-TPO incitant à débuter un traitement. Enfin, pour une TSH entre 4,5 et 7, une surveillance simple est recommandée.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEikOwDISh7r8PwA9bKzyvnNgo8lpUt9pdDDPDmFHGenHGrA1jI6WD-ec7szm4QskkezGcyc1ajsdVh72JKfLAfO2EPlf2yzDRhCZhJ5i0q1uM8tJvHIsXSYfOqGUqumiExsWI_Se2Fsf8dk/s1600/hypothyro.png"><img src="/images/articles/2017/hypothyro.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Un article du <a href="http://www.nejm.org/doi/pdf/10.1056/NEJMsr1613680">NEJM</a> parle &ldquo;surdiagnostic&rdquo; et retrouve que la taille des cancers dépistés n&rsquo;est pas forcément liée à la survie. Ainsi un cancer T1 &ldquo;défavorable&rdquo; est associé à une survie moindre qu&rsquo;un T2 &ldquo;favorable&rdquo;. Les auteurs posent ensuite un tableau reclassant les cancers en &ldquo;favorables&rdquo; et &ldquo;défavorables&rdquo; pour tirer des donnés de surdiagnostic. On peut y voir le pourcentage de cancer surdiagnostiqués selon les âges. Plus on est jeune, plus le surdiagnostics de cancers favorables est important&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgNs9eVsuBKBZ1qxbjqACe8o1syYag8SUWU-Mdh5IHDaFCfJFhK1Z9uF6o6CDnnkBqCqKkuNlhgxzGar-BDAP_3CIbtBjI12KgrzmDIsDe8qm5WFBGSB-FPjyYslsH59dX-Mtzch4C2MbV9/s1600/surdiagnostic.png"><img src="/images/articles/2017/surdiagnostic.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Rares sont les études montrant des bénéfices de traitements antidépresseurs. Un <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1612999">essai</a> contrôlé randomisé comparait en 3 bras, la stimulation transcranienne à courant direct, l&rsquo;escitalopram et un placebo. L&rsquo;étude retrouve que les 2 traitements étaient supérieurs au placebo. Pour se reconcentrer sur l&rsquo;escitalopram, ce traitement améliorait l&rsquo;échelle Hamilton de 5,5 points à 10 semaines (une différence de 3 points étant considérée comme cliniquement pertinente). Concernant les effets indésirable du traitement, il n&rsquo;y en avait pas plus dans le bras escitalopram que dans le bras placebo, mais les effets indésirables cardiologiques ne semblent pas avoir été spécifiquement recherchés.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Enfin, une <a href="http://circ.ahajournals.org/content/136/1/52.full?ijkey=IUZbp6sve446Kzy&amp;keytype=ref">étude</a> contrôlée randomisée de Circulation a étudié la metformine chez des patients pré-diabétiques. Les auteurs retrouvent que les hommes (et non les femmes), on un score calcique plus faible quand ils ont reçu le traitement par rapport au placebo, après plus de 10 ans de traitement. La metformine protègerai donc bien les artères. Cependant, si après 13 à 14 ans de suivi, les auteurs n&rsquo;ont pour outcome que le score calcique et non des critères cardiovasculaires clinique, il est probable que le bénéfice chez les hommes pré-diabétiques soit plus que minime.</p>
<p>Voilà, je vous souhaite d&rsquo;excellentes vacances à tous! Il y aura certainement quelques billets durant l&rsquo;été mais pour le Dragi Webdo, rendez-vous en septembre! A bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°146: fluindione (ANSM), dépistage Hélicobacter Pylori (HAS), exacerbation de BPCO, prévention cardiovasculaire chez les diabétiques</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/06/dragi-webdo-n146/</link><pubDate>Mon, 26 Jun 2017 01:31:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/06/dragi-webdo-n146/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Pneumologie</category><category>Neurologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Tout d&rsquo;abord, félicitations aux D4 pour cet ECN qui a malheureusement, une fois de plus, été réalisé dans des circonstances inadmissibles; mais j&rsquo;espère que vous allez pouvoir profiter un peu désormais! Et les vacances approchant pour les revues également, elles tentent de publier le plus de choses intéressantes possibles on dirait&hellip; Donc j&rsquo;ai du faire une sélection d&rsquo;articles bien que de nombreux auraient pu avoir leur place dans ce Dragi Webdo. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Commençons par cette exception française qu&rsquo;est la prescription de fluindione. L&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Previscan-fluindione-et-risque-immuno-allergique-Point-d-Information">ANSM</a> a émis une alerte concernant le risque immuno-allergique lors des 6 premiers mois de traitement. Il est donc nécessaire de surveiller le bilan rénal, hépatique, hématologique &ldquo;régulièrement&rdquo; et l&rsquo;état cutané au cours de ces 6 premiers mois. Ou sinon, on peut préférer introduire un autre AVK, car aucun autre ne présente ces risques&hellip;</p>
<p>Un nouvel essai contrôle randomisé s&rsquo;est intéressé aux <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(17)30981-9/fulltext">AINS</a>. Des patients avec un antécédent cardiovasculaire et de l&rsquo;arthrose et un antécédent de saignement digestif haut ont été randomisé pour un traitement soir par Naproxene 500x2 + omeprazole 20, soit par Celecoxib 100 x 2 + omeprazole 20. Une fois de plus, l&rsquo;étude retrouve un risque de saignement plus important sous naproxène. Cependant, comme dit dans des billets précédents (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/05/dragi-webdo-n140.html">ici</a> ou <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/05/dragi-webdo-n142.html">là</a>), l&rsquo;étude compare la dose maximale de Naproxène à la demi-dose de Celecoxib, et ce biais de dose peut expliquer les résultats. Par ailleurs, compte tenu de la faible efficacité des AINS dans l&rsquo;arthrose, je ne suis pas certain qu&rsquo;il soit très éthique d&rsquo;exposer des patients avec un antécédent cardiovasculaire (et donc sous aspirine) à un autre AINS, notamment s&rsquo;ils ont en plus un antécédent de saignement digestif&hellip; Les comités de protection des personnes chinois sont plus cool que chez nous!</p>
<p>2/ Gastro-entérologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2775406/fr/infection-par-helicobacter-pylori-chez-l-adulte-la-has-precise-les-actes-de-diagnostic-et-les-modalites-de-traitement">HAS</a> a émis des recommandations sur la recherche d&rsquo;Hélicobacter Pylori (HP). En effet, les indications de recherche d&rsquo;HP sont reprécisées:</p>
<ul>
<li>
<p>ulcère gastrique ou duodénal (ulcère actif ou antécédent d’ulcère),</p>
</li>
<li>
<p>anémie par carence en fer ou la carence en vitamine B12 sans cause retrouvée, purpura thrombopénique immunologique ou à une forme de lymphome gastrique</p>
</li>
<li>
<p>en cas de prise d’aspirine ou d’AINS chez un patient ayant un antécédent d’ulcère,</p>
</li>
<li>
<p>facteurs de risque de cancer de l’estomac</p>
</li>
</ul>
<p>Le moyen de dépistage recommandé est soit, la sérologie HP suivie d&rsquo;une FOGD en cas de positivité soit une FOGD d&rsquo;emblée. Il peut paraitre étonnant que le test respiratoire a l&rsquo;urée ne soit présenté qu&rsquo;en contrôle après une éradication, malgré des Sensibilité et spécificité supérieures à la sérologie. Les raisons faisant privilégier la sérologie sont son faible coût (et remboursé en dépistage contrairement au test respiratoire), la possibilité de faire le test sous IPP.</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2772744/fr/cancer-colorectal-modalites-de-depistage-et-de-prevention-chez-les-sujets-a-risque-eleve-et-tres-eleve">HAS</a> revient également sur le dépistage du cancer colo-rectal chez les patients à risque modéré (asymptomatique), élevé (ATCD d&rsquo;adénome, de MICI ou de CCR familial au 1er degré) et très élevé (PAF et syndrome de Lynch), mais il n&rsquo;y a pas grand chose de neuf dans la partie concernant les généralistes.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Une <a href="http://openres.ersjournals.com/content/3/2/00085-2016?ctkey=shareline">étude</a> britannique a retrouvé que la prescription d&rsquo;antibiotiques était coût-efficace chez les patients faisant une exacerbation de BPCO. En effet, quelque soit le stade de gravité de la BPCO, l&rsquo;étude retrouve que l&rsquo;antibiothérapie réduisait de moitié les coûts moyens de prise en charge d&rsquo;un patient: 750 £ pour les patients avec antibiotiques versus 1900 £ pour ceux sans antibiotiques. Cette différence est due à des re-consultations plus fréquentes, des hospitalisations. Ainsi, d&rsquo;un point de vue purement bio-médical, il n&rsquo;est pas indispensable de traiter les exacerbations par antibiotiques, mais du point de vue santé publique, ce serait préférable!</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>Dans la catégorie, &ldquo;quand on cherche on finit toujours par trouver&rdquo;, une <a href="http://www.mdsabstracts.org/abstract/serum-cholesterol-levels-over-time-and-risk-of-parkinsons-disease/">étude</a> israélienne ayant inclus plus de 250 000 patients, retrouve que les patients avec un cholestérol élevé sont associés à un moindre risque de maladie de Parkinson par rapport à ceux ayant un taux bas. Un argument pour stopper les statines après 80 ans?</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Voici deux études de prévention cardiovasculaire chez le diabétique de type 2. Une <a href="http://hyper.ahajournals.org/content/hypertensionaha/early/2017/05/30/HYPERTENSIONAHA.117.09259.full.pdf">nouvelle analyse</a> de l&rsquo;étude ACCORD s&rsquo;est intéressée aux évènements cardiovasculaires des patients diabétiques sous bêta-bloquants (BB-). L&rsquo;étude retrouve une majoration connue du risque d&rsquo;hypoglycémie sous BB-, mais également une augmentation de la mortalité cardiovasculaire chez les patients sous BB- (NNH=333 après 4,5 ans de suivi en moyenne), une survenue significativement plus fréquente d&rsquo;évènements cardiovasculaires , y compris en prévention secondaire. Même s&rsquo;il est dur de se passer de BB- en post infarctus, il semble qu&rsquo;il faille vraiment remettre en question ce traitement chez les patients diabétiques hypertendus en prévention primaire!</p>
<p>Un peu comme dans l&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/10/dragi-webdo-n111-ainsinsuf-cardiaque.html">Steno-2</a>, l&rsquo;étude <a href="http://circ.ahajournals.org/content/early/2017/06/16/CIRCULATIONAHA.117.027252">TECOS</a> a cherché  a évaluer le risque cardiovasculaire chez des patients diabétiques de type 2 sans tenir compte de l&rsquo;HbA1C. Les patients étaient donc diabétiques et avaient un antécédent cardiovasculaire. Les patients ayant les 5 paramètres de prévention remplis (aspirine, statine ou LDL &lt;0,7g/L, IEC ou ARAII, être non fumeur, avoir une TA &lt; 140/90) avaient un risque cardiovasculaire moindre que ceux n&rsquo;ayant que 2 critères. Quand on regarde chaque paramètres, ceux qui sont indépendamment significatifs ne sont pas nombreux: être non fumeur, être sous aspirine et avoir une dyslipidémie contrôlée (mais ce dernier n&rsquo;est plus significatif après 12 mois de suivi alors que les 2 autres persistent!) Les traitements médicamenteux optimisés sont déterminants dans le suivi de tous ces patients.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine, alors à la semaine prochaine pour le dernier Dragi Webdo avant ma pause estivale!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°145: Congrès diabéto (canagliflozine, insuline dégludec...), double anti-aggrégation et score DAPT, antibiothérapies, radio-vigilance</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/06/dragi-webdo-n145/</link><pubDate>Sat, 17 Jun 2017 22:40:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/06/dragi-webdo-n145/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ! Il y a eu énormément de publications
intéressantes cette semaine, en partie à cause du congrès américain de
diabétologie. Alors je suis désolé de la longueur de ce billet qui ne va pas
être très synthétique…(Déjà que je vais devoir reporter certains articles de cette semaine
au Dragi Webdo de la semaine prochaine&hellip;) En parlant de congrès, un article du <a href="http://www.bmj.com/content/353/bmj.i3556">BMJ</a> a traité les
divulgations d’informations par Tweets lors des congrès, ça parle de propriété
intellectuelle etc… je vous laisse le lire !</p>
<p>1/  Pharmacovigilance</p>
<p><a href="http://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/a0fab8e4356e18ed67490a27ed0db004.pdf">L’ANSM</a>
a publié un document relatif au bon usage des médicaments pendant l’été. La fiche
reprend les conseils à donner aux patients et comporte des tableaux pour
repérer les médicaments à surveiller. Un conseil qu’on (je ?) ne donne pas
souvent aux patients : le paracetamol ne doit pas être utilisé en cas de
coup de chaleur ! (ça parait bête mais, visiblement, ce n’est pas rare…)</p>
<p>Côté radio-vigilance, un <a href="https://pbs.twimg.com/media/DCIL8l4VwAI2Af1.jpg">tableau</a> intéressant
comparant les doses de radiation reçues par examen avec le temps nécessaire
pour recevoir la même dose d’irradiation naturelle. Quelques exemples :
une radiographie thoracique : 10 jours, un TDM abdomino-pelvien sans puis
avec injection : 7 ans !</p>
<p>2/ Cardiovasculaires</p>
<p>A l’heure des nouvelles technologies et des déserts
médicaux, le moyen le plus rapide de secourir un patient en arrêt
cardio-respiratoire semble être… le drone ! (Le robot portant un
défibrillateur qui pouvait être utilisé sur place par la personne ayant appelé
les secours) Cette <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2631520?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=936427037&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=38667711">étude</a>
suédoise a en effet retrouvé  que les
temps nécessaire pour permettre le départ de la base d’un drone était de 3
secondes contre 3 minutes pour un véhicule d’urgences, puis le temps d’arrivée
sur zone était de 5 minutes pour le drone contre 22 minutes par le véhicule d’urgences,
soit 16 minutes gagnées pour amener un défibrillateur à un patient !</p>
<p>Une <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(17)30770-5/fulltext">étude</a>
du Lancet a évalué le risque de saignement sous anti-agrégants plaquettaire en
prévention secondaire. Les auteurs ont retrouvé une augmentation significative
des saignements sévères après 75 ans, notamment des saignements mortels.
Cependant, en comparant les patients sous inhibiteurs de pompe à proton avec
ceux sans ce traitement, ils retrouvent un bénéfice du traitement avec des NNT
sur 5 ans pour prévenir une hémorragie digestive de 338 avant 65 ans (bof…) et
de 23 après 75 ans !</p>
<p>Un <a href="http://annals.org/aim/article/2631185/use-dual-antiplatelet-therapy-score-guide-treatment-duration-after-percutaneous">article</a> d’Annals of internal medicine a étudié
l’efficacité d’une double anti-agrégation plaquettaire de 6 mois versus 24 mois
chez les patients avec un score DAPT supérieur ou égal à 2. Les publications
retrouvent habituellement un bénéfice à une double anti-agrégation prolongée
quand ce score est supérieur ou égal à 2 (car le NNT serait de 33 et le NNH de
263 alors que pour un score inférieur à 2 ils sont respectivement de 169 et 69,
cf <a href="https://www.qxmd.com/calculate/calculator_373/dapt-score">ici</a>
pour le score). Bref, les auteurs retrouvent cette fois ci que le bénéfice de
la prolongation du double traitement n’est retrouvé que sur un seul type de
stent : ceux aux praxlitaxel. Donc en dehors de ceux-ci, même avec un
score DAPT supérieur à 2, il n’y aurait pas de bénéfice à un traitement double
prolongé. Reste à savoir quel type de stents ont nos patients…</p>
<p>Enfin, un <a href="http://circ.ahajournals.org/content/135/24/2357.full?ijkey=iVMFpupaLnLShUv&amp;keytype=ref">article</a>
de Circulation a étudié l’évolution de la tension artérielle des patients de
plus de 80 ans en fonction de la survenue du décès. Les auteurs retrouvent une
baisse de la tension artérielle au cours des 2 dernières années de vie sans
qu’une intensification de traitement anti-hypertenseur ait été remarquée. Cette
étude ne permet pas de dire que « moins traiter » les patients avec
une amélioration des mesures tensionnelles améliore la survie, mais au moins ça
pourrait diminuer le fardeau des traitements, la cible tensionnelle après 80
ans étant de 150mmHg.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>On va surtout parler ici d’antibiothérapie. D’abord, un
article du <a href="https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/66/wr/mm6623a3.htm">CDC</a>
portant sur les patients traités pour une maladie de Lyme, retrouve des
déclarations d’infections sévères, chocs septiques et décès de patients suite à
des traitements antibiotiques de plusieurs mois ayant sélectionné des bactéries
particulièrement résistantes et virulentes. Un argument de plus pour ne pas se
lancer dans des traitements de plus de 28 jours pour traiter un Lyme chronique.</p>
<p>Bien que ce soit une étude hospitalière, un <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2630756?utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jamaim&amp;utm_campaign=article_alert&amp;utm_content=automated">article</a>
du Jama Internal Medicine a retrouvé que 20% des patients hospitalisés sous
antibiotiques subissaient au moins un effet indésirable de l’antibiothérapie,
avec une augmentation du risque de 3% par 10 jours de traitement. A méditer lors
des prescriptions.</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Commençons cette partie avec un article attendu du NEJM:
l’efficacité et la sécurité de la canagliflozine dans un essai contrôlé
randomisé. Pour mémoire, c’est le seul anti-SGLT2 qui est en voie d’être
disponible en France pour le moment. <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1611925">L’étude</a> CANVAS a
permis de retrouver une diminution du risque relatif d’évènements
cardiovasculaire (sur un critère composite) de 14%  (NNT= 217 patients par an. <em>NB: Les auteurs ont
donné une survenue en nombre d’évènements par 1000 patients et non pour 100, ce
qui donne l’impression d’un écart plus grand, mais non…</em>). En regardant les
critères composant le critère principal, pas d’amélioration de la mortalité
cardiovasculaire ou globale, seul les hospitalisations pour insuffisance cardiaque
sont réduites significativement (conformément à l’hypothèse selon laquelle
le bénéfice de ces traitement serait identique celui d’un traitement
diurétique), mais étrangement, l’effet n’était retrouvé QUE chez les patients
avec un traitement diurétique déjà prescrit. Et sur ce point, il y a une interaction
significative, ce qui signifie les résultats de l’étude devraient être donnés
séparément selon ce sous groupe et qu’on ne peut pas « pooler » en
disant que « le traitement marche pour tous les patients ».
Cependant, contrairement à l’empagliflozine, il n’y a pas d’interaction sur le
fait que les patients soient en prévention primaire ou secondaire, bien que l’effet
ne soit significatif que chez les patients en prévention secondaire (ce peut
être du à un nombre de patients en prévention primaire insuffisant). Les effets
indésirables connus son retrouvés avec une augmentation du risque relatif
d’amputation, notamment transmétatarsienne, de 97% (NNH=344). Donc pour 2
patients avec un évènement en moins, on ampute un patient. Il y avait aussi
plus d’infections génitales masculines et féminines et plus de fractures. Attendons
vraiment l’empafliglozine pour laquelle un bénéfice en terme de mortalité était
retrouvé avec moins d’effets indésirables.</p>
<p>Petite parenthèse metformine, essayée chez les diabétiques
de type 1 dans un <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(17)30194-8/abstract">essai
contrôlé randomisé</a>. Les auteurs ne retrouvent pas de bénéfice sur le
contrôle glycémique, mais sur les critères secondaires tels que l’épaisseur
média-intima carotidienne maximale, le taux de LDL, le poids et la fonction
rénale étaient améliorée chez les patients sous metformine ce qui peut laisser
penser que la metformine aurait vraiment un effet cardiovasculaire propre.</p>
<p>Un point <a href="http://annals.org/aim/article/2631725/racial-differences-relationship-glucose-concentrations-hemoglobin-1c-levels">HbA1C</a>
maintenant. Une étude a retrouvé que les patients d’origine africaine avaient
un taux d’HbA1C supérieur de 0,4% aux patients caucasiens pour des moyennes
glycémiques identiques. Faudrait il différencier les cibles ? (si jamais
il fallait vraiment des cibles… ou peut-être être un peu moins stricts chez
certains patients)</p>
<p>Pour finir, parlons insulines. D’abord, voici une <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1615692#t=article">étude</a> s’intéressant
à la sécurité de l’insuline dégludec (la toute nouvelle insuline ultra-lente)
par rapport à l’insuline glargine (connue sous le nom de Lantus*) avec un
critère principal composite de décès cardiovasculaire et d’évènements
cardiovasculaires non  fatals. Les 2
insulines étaient équivalentes sur le critère de jugement principal. Cependant,
il y avait significativement moins d’hypoglycémie sévère ou nocturne sous
insuline dégludec (NNT= 40). Un avantage à confirmer et pourquoi pas des
bénéfices cardiovasculaires dans une étude dédiée plus puissante ?
(parce que dans celle-ci, elle n&rsquo;était pas si loin d’atteindre la
supériorité sur le critère principal OR= 0,91[0,78-1,06] et ce serait la 1ère insuline efficace sur le plan cardiovasculaire&hellip;).</p>
<p>Et enfin, un tableau récapitulatif des insulines tiré du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2632299?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=935248942&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=38629211">JAMA</a>,
comprenant les délais et durées d’action et les prix. L’insuline dégludec citée
ci-dessus est quand même bien plus chère que les autres….</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh2EEwiXQ5_6NDzvwY3I8RhawxQo3k2QvwCLU1Keuak2NE7VkivPsjT4n4dQAjtECPaU1MPyNEzAvJA_T3bqCWhWskDPsH1Ob42qWBB4Q7iBjYf7XkHd_-rr_JsR05RGWsXPsJNny_TOqkZ/s1600/insulines.jpg"><img src="/images/articles/2017/insulines.jpg" alt=""></a></p>
<p>Bravo pour être arrivés jusqu’ici ! Pour vous détendre un
peu, vous pouvez allez jouer à ce « <a href="http://hygie-etude.fr/">serious
game</a>» pédagogique de médecine EBM, élaboré dans le cadre d’une thèse de médecine
générale, l’objectif étant que vous et vos connaissances battiez les différents
boss pour passer du statut d’interne à celui de « dieu de la
médecine » ! (Heureusement que j&rsquo;ai fini par vaincre Hippocrate, sinon j’y aurais
joué pendant des jours !)</p>
<p>Et encore merci d&rsquo;avoir élevé le compteur de visite sur le blog à plus de 200 000 visites!!!! J&rsquo;espère que vous continuerez de me lire, et inscrivez vous par mail pour ne rater aucun billet! (le module <strong>&ldquo;Abonnez-vous&rdquo;</strong> est tout en haut à droite de la page, puis n&rsquo;oubliez pas d&rsquo;activer l&rsquo;inscription avec le mail que vous allez recevoir!)<br>
A la semaine prochaine !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°144: reco voyageur (BEH), hématurie, Abiratenone, analogues GLP-1, rétinopathie diabétique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/06/dragi-webdo-n144/</link><pubDate>Sun, 11 Jun 2017 23:29:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/06/dragi-webdo-n144/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Urologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Voici les actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance:</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28291553">isotrétinoine</a> est connue pour être impliqué dans des conduites suicidaires de patients traités. Une méta-analyse a évalué la survenue de dépression sous traitement. Malheureusement, aucun essai contrôlé randomisé n&rsquo;a rempli les conditions d&rsquo;inclusion, et l&rsquo;étude ne s&rsquo;est basé que sur des études prospectives non contrôlées. Les auteurs ne retrouvent pas de majoration de syndrome dépressifs sous traitement et notent même une diminution du risque de dépression en fin de traitement. Cela ne suffira pas à exclure le risque de dépression ou de suicide sous traitement, l&rsquo;effet indésirable étant rare, il ne sera pas mis en évidence aussi facilement.</p>
<p>2/ Voyage:</p>
<p>Le <a href="http://invs.santepubliquefrance.fr/Publications-et-outils/BEH-Bulletin-epidemiologique-hebdomadaire/Archives/2017/BEH-hors-serie-Recommandations-sanitaires-pour-les-voyageurs-2017">BEH 2017</a> relatif au recommandations sanitaires du voyageur a été publié! Je n&rsquo;ai pas remarqué de différence notable par rapport à celui de l&rsquo;an dernier en ce qui concerne la pratique d&rsquo;un médecin généraliste. Mais comme dans les diarrhées du voyageur, j&rsquo;oublie toujours quel antibiotique prescrire selon les voyages, je le remets ici (parce que je ne dois pas être le seul):</p>
<ul>
<li>
<p>Voyage en Asie: Azithromycine 500mg/j pendant 3 jours</p>
</li>
<li>
<p>Voyage ailleurs: Ofloxacine 200x2/j pendant 1 à 5 jours (ou Ciprofloxacine)</p>
</li>
</ul>
<p>3/ Urologie</p>
<p>Le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2618818?utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jamaim&amp;utm_campaign=article_alert&amp;utm_content=automated">JAMA Internal Medicine</a> s&rsquo;est intéressé au explorations coût efficace devant une hématurie microscopique asymptomatique. Les auteurs retrouvent un meilleur rapport cout-efficacité avec l&rsquo;association échographie + cystoscopie. L&rsquo;ajout de l&rsquo;uro-TDM était mineur même chez les patients à haut risque (hommes fumeurs de plus de 50 ans) pour un coût élevé.</p>
<p>Le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1702900#t=abstract">NEJM</a> a publié un article qui concerne peu les généralistes, mais un peu quand même. Un essai contrôlé randomisé a inclus des patients avec un cancer de prostate étendu localement ou avec métastases ou à haut risque d&rsquo;évolution (2 critères parmi: PSA &gt;40, stade T3 ou T4 et Gleason 8 à 10) ou en échec d&rsquo;un traitement de première ligne. Les auteurs ont démontré que le traitement par Abiratenone (+ prednisolone) diminuait significativement le risque de mortalité à 3 ans par rapport à un traitement anti-androgène (OR=0,63 , p &lt; 0,01 et NNT= 13!) Ce qui vient cependant réduire l&rsquo;impact de ce résultat, c&rsquo;est qu&rsquo;à 3 ans aucun des groupes n&rsquo;a atteint la médiane de survie, on ne peut donc pas estimer de combien de mois le traitement &ldquo;rallonge la survie médiane&rdquo;. En regardant l&rsquo;analyse en sous groupe, on voit que l&rsquo;effet est surtout porté par le traitement des formes métastatiques (bien que l&rsquo;interaction ne soit pas significative). Et sinon l&rsquo;étude a l&rsquo;air plutôt bien faite et les analyses intermédiaires ont été prises en compte. Donc cela peut éventuellement aider à informer le patient qui viendrait nous poser des questions sur le bénéfice d&rsquo;un traitement d&rsquo;un cancer de prostate métastatique.</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Une <a href="http://www.bmj.com/content/357/bmj.j2499">nouvelle méta-analyse</a> sur les incrétines est parue. Comme d&rsquo;habitude, les anti-DPP-4 n&rsquo;arrivent pas à démontrer d&rsquo;efficacité clinique. Ce qui est intéressant concerne les analogues du GLP-1, car le sous-groupe des études LEADER, ELIXA et SUSTAIN-6 montrent une réduction significative de la mortalité globale (OR= 0,89 [0,80-0,99], avec une hétérogénéité minime).</p>
<p>Une des question récurrente des patients concerne l&rsquo;intérêt des auto-contrôles glycémiques quand on a un diabète non insulino-requiérant. Un <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2630691">essai contrôlé randomisé</a> en soins primaire a étudié l&rsquo;utilisation du lecteur glycémique chez des patients diabétiques sans insuline. Les auteurs retrouvent pas de différence d&rsquo;HbA1C à un an que les patients n&rsquo;aient pas de lecteur, fasse des contrôles 1 fois par jour ou une fois par jour avec des conseils donnés par l&rsquo;appareil en fonction des glycémies. Il n&rsquo;y avait pas non plus davantage d&rsquo;hypoglycémie dans un groupe, mais il n&rsquo;y avait que 150 patient par groupe, ce qui est probablement insuffisant pour que l&rsquo;étude démontre une différence sur ce critère.</p>
<p>Enfin, j&rsquo;ai regardé un patient diabétique avec des yeux ronds la semaine dernière parce que son ophtalmo lui avait dit que tout allait bien mais qu&rsquo;il fallait qu&rsquo;il prenne une supplémentation en huiles de poisson (je ne me souviens pas du comprimé prescrit, mais bref&hellip;). Quand soudain, cet article du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2630587">JAMA</a> est arrivé! L&rsquo;article montre que la prise d&rsquo;oméga-3 marins diminue de près de 50% le risque de survenue d&rsquo;une rétinopathie diabétique évolutive ( nécessitant vitrectomie, photocoagulation ou traitement anti-angiogénique) chez les diabétiques de type 2. Cependant, plutôt que de prendre des pilules tous les jours, il suffit de manger 2 fois par semaine du poisson gras (mais de préférence, pas d&rsquo;élevage car ils contiennent moins d&rsquo;oméga-3 dans ce cas)</p>
<p>Et comme toujours, pour éviter d&rsquo;être influencé, faites attention à qui vous serrez la main!</p>
<p>Merci pour votre fidélité et à la semaine prochaine!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh3Y2OGatKUXeYkafPwNmFLZ1E0AmGKuO43_FYxopc9lxY-Nn416t0Pg1ftPttd99FejIa0oupbqiIK1PlrzoFckXka0qTlOBiLg6i0-GY_pkYBQxHaKCHrfRhGmOnsB9r5H3WPFeBa3LqG/s1600/mains.jpg"><img src="/images/articles/2017/mains.jpg" alt=""></a></p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°143: IPP, IEC ou ARAII, dyslipidémie (CNGE), mélatonine et migraines, BPCO</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/06/dragi-webdo-n143/</link><pubDate>Mon, 05 Jun 2017 10:05:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/06/dragi-webdo-n143/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Neurologie</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! N&rsquo;hésitez pas à commenter ou à suggérer des articles importants pour notre pratique que je n&rsquo;aurais pas repéré. Voici ma sélection de la semaine!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Depuis un certain nombre de mois, les inhibiteurs de la pompe à proton ne sont pas considérés sans risques, en pouvant être impliqué dans des insuffisances rénales, des démences, des AVC et infarctus du myocarde  (j&rsquo;en avais déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/12/dragi-webdo-n119.html">ici</a>). Des <a href="http://www.cfp.ca/content/63/5/354.long">recommandations canadiennes</a> ont été publiées et sont en faveur d&rsquo;une déprescription des IPP après 4 semaines de traitement bien mené. Les auteurs proposent un arrêt du traitement, ou une réduction des doses ou une poursuite du traitement uniquement à la demande et non en continu. Les patients avec des antécédents particuliers tels qu&rsquo;un endobrachyoesophage ou une œsophagite chronique ne sont pas concernés, mais il est probable qu&rsquo;un traitement minimal efficace soit une option acceptable comme dirait Prescrire.</p>
<p>Les causes de troubles déficitaires de l&rsquo;attention sont toujours un sujet de recherche. Un article du <a href="http://www.bmj.com/content/357/bmj.j2350">BMJ</a> a étudié dans une population chinoise si la prescription d&rsquo;anti-dépresseurs pendant la grossesse était associée à la survenue de ce trouble chez l&rsquo;enfant. Les auteurs retrouvent une augmentation du risque de TDAH associée a la prescription d&rsquo;antidépresseurs. Mais cet effet est à amoindrit par le fait que les enfant de patientes avec des troubles psychiatriques avaient le risque de TDAH augmenté même en l&rsquo;absence de prise d&rsquo;antidépresseur chez la mère. Si jamais une relation causale était responsable de cette association, les auteurs concluent que la taille d&rsquo;effet serait probablement plus faible que ce que rapportent d&rsquo;autres études.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="https://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/patients_hypercholesterolemiques_quelle_attitude_a/">CNGE</a> a fait un communiqué de presse à propos des dernières recommandations HAS du traitement des dyslipidémies. Bien que l&rsquo;utilisation du calcul du risque cardiovasculaire soit un point positif de ces recommandations, la présente de cibles de LDL est plus critiquable. Tout ça pour dire qu&rsquo;il faut vraiment que je prenne le temps de rédiger ce billet sur les dyslipidémies&hellip;</p>
<p>IEC ou ARAII? Les <a href="https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2016-10/fiche_memo_hta__mel.pdf">recommandations</a> sont claires dans la prévention secondaire cardiovasculaire, les IEC sont à privilégier parce qu&rsquo;ils sont moins cher, et l&rsquo;ARAII a son utilité en cas de toux due aux IEC. Dans l&rsquo;HTA essentielle, les recos disent IEC ou ARAII sans en privilégier. Cependant, on voit  (moi en tous cas&hellip;) encore souvent prescrits des ARAII en première intention. Mais le coût n&rsquo;est pas la seule raison: contrairement aux IEC, les ARAII ne diminuent pas la mortalité cardiovasculaire ou globale, que ce soit chez des patients hypertendus, des patients à haut risque cardiovasculaire ou des patients diabétiques d&rsquo;après un article de <a href="http://circ.ahajournals.org/content/135/22/2088.full">Circulation</a>. Ceci est totalement cohérent avec un <a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article/37">article</a> de 2013 qui retrouvait la même chose. Mais visiblement le lobby des ARA II leur permet de tenir le coup malgré toutes ces preuves d&rsquo;inefficacité.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhGkFIMo86Ut0BDbkHjTf8eNlz10Fd-dsUhWbh69HjIhwPl7GLo-uTeqdK-fXmUPEawcdZM0z22BrWdLOYDM7AWCe5qXwUVeTdMDxyDESwNv9h_AAsWalxXHcXacUnLv3xuIn4n8YM6yT_w/s1600/IEC+et+ARA+II.jpg"><img src="/images/articles/2017/iec-et-ara-ii.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Neurologie</p>
<p>Comme je vais parler de traitement de migraine, je ne peux m&rsquo;empêcher de citer le <a href="https://2garcons1fille.wordpress.com/2013/11/28/la-migraine-pour-tous/">billet</a> de @Qffwffq qui parle des traitements. Mais une <a href="http://jnnp.bmj.com/content/early/2016/05/10/jnnp-2016-313458">étude</a> vient de tester la mélatonine 3mg dans la prévention des migraines, en comparaison avec l&rsquo;amitriptyline 25mg et au placebo avec comme critère de jugement principal le nombre de jours de migraines par mois. A l&rsquo;inclusion, tous les patients avaient en moyenne 7,5 jours de migraines par mois. La mélatonine a permis de réduire significativement le nombre de jour de migraines (-2,7 jours) par rapport au placebo (-1,1 jour), et ce, en tenant compte des comparaisons multiples (enfin, j&rsquo;en ai tenu compte parce que les auteurs ne l&rsquo;ont pas fait, eux&hellip;). Dans l&rsquo;autre comparaison prévue au protocole, la mélatonine n&rsquo;a pas plus diminué les jours de migraines par rapport a l&rsquo;amitriptyline, mais sur les critères secondaires, la mélatonine était mieux tolérée et davantage de patients avaient une réduction d&rsquo;au moins 50% du nombre de migraine. Ce pourrait donc être un traitement presque miracle, sauf que d&rsquo;après les résumés des caractéristiques du produit, l&rsquo;amitriptyline pour les douleurs neuropathiques, la dose efficace se situe plutôt entre 50 et 150mg: il est probable qu&rsquo;une réduction supérieure des migraines aurait pu être obtenue avec une optimisation du traitement. Il aurait été intéressant de voir si la mélatonine était équivalente ou supérieure au propranolol qui est souvent le traitement de première intention.</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Les bénéfices de l&rsquo;arrêt du tabac ne sont plus à démontrer. Mais pour renforcer encore cela, une <a href="http://erj.ersjournals.com/content/erj/49/5/1602114.full.pdf">étude</a> anglaise a étudié la mortalité et la survenue d&rsquo;hospitalisation pour cause respiratoire chez des patients BPCO suivis 3 ans dans une cohorte rétrospective. Après ajustement sur les facteurs de confusion potentiels, les auteurs retrouvent que, par rapport aux patients fumeurs, les ex-fumeurs ont un risque de mortalité diminué de 22% (risque relatif) et d&rsquo;hospitalisation pour cause respiratoire de 18% . Il n&rsquo;est pas possible de calculer de NNT dans cette cohorte parce que les réductions de risques sont obtenue après ajustement: avant ajustement les analyses retrouvaient au contraire une augmentation de la mortalité chez les ex-fumeurs par rapport aux fumeurs actifs.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine!</p>
<p>A bientôt et pensez à vous abonner à la newsletter!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°142: Burn-out (HAS), statines et sujet âgé, QRISK-3, prescription différée d'antibiotiques</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/05/dragi-webdo-n142/</link><pubDate>Mon, 29 May 2017 00:58:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/05/dragi-webdo-n142/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Même si j&rsquo;ai été plus modéré que d&rsquo;habitude dans ma veille documentaire, il y avait beaucoup trop d&rsquo;articles intéressant pour que je zappe le Dragi Webdo de cette semaine&hellip; Et vous, pour ne pas rater de billet: pensez à vous inscrire à la newsletter en notant votre adresse mail dans l&rsquo;encadré en haut à droite de la page! (et valider bien le mail de confirmation, sinon vous ne recevrez malheureusement rien&hellip;)</p>
<p>1/ Travail</p>
<p>La HAS a publié des recommandations pour le repérage et la prise en charge du <a href="https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2769318/fr/reperage-et-prise-en-charge-cliniques-du-syndrome-d-epuisement-professionnel-ou-burnout">burn-out</a>. Il n&rsquo;y a absolument rien de novateur dans cette fiche, mis à part que c&rsquo;est un pas de plus vers la reconnaissance de cette pathologie. Elle rappelle les différentes manifestations possibles, les facteurs de risque à repérer et les questionnaires de dépistages (Maslach et Copenhague burnout inventory). Les auteurs insistent sur la visite de pré-reprise pour que le rôle du médecin du travail ne soit pas oublié dans le burn-out.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Comme souvent, on va voir des articles disant une chose et son contraire, selon la revue. Commençons donc par l&rsquo;article publié dans le <a href="http://circ.ahajournals.org/content/135/20/1979.full?ijkey=VdOV4cFoU3Ry8Of&amp;keytype=ref">journal de la société européenne cardiologie</a>, effectuant une méta-analyse des essais Jupiter et Hope-3 concernant le traitement en prévention primaire par rosuvastatine chez les patients âgés. Les auteurs retrouvent alors une diminution significative des risques relatifs 25%, 49% et 26% du risque de survenue du critère composite cardiovasculaire chez les patients de moins de 65 ans, 65-70 ans et de plus de 70 ans, respectivement. (Les NNT sont respectivement de 386, 139 et 179 ). Mais comme cette &ldquo;méta-analyse&rdquo; n&rsquo;inclue que 2 études choisies, je ne suis pas sur qu&rsquo;on puisse vraiment appeler ça une méta analyse&hellip; c&rsquo;est plutôt une sélection d&rsquo;étude poolées pour aller dans un sens choisi. Le biais de publication n&rsquo;est pas recherché, combien d&rsquo;études négatives pour arriver à ces deux études?</p>
<p>Ce qui nous amène au 2ème article, publié dans le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2628971">Jama internal medicine</a> sur le même sujet. C&rsquo;est une analyse secondaire d&rsquo;un essai contrôlé randomisé traitant par pravastatine des patients de plus de 65 ans hypertendus et dyslipidémiques. Dans le tableau des caractéristiques des patients on trouve aussi que 50% étaient diabétiques et 25% fumeurs. Le bilan à 6 ans ne retrouve pas de bénéfice en terme d&rsquo;évènement cardiovasculaire, de mortalité cardiovasculaire et de mortalité globale chez les patients traités et il y a même une augmentation non significative (manque de puissance?) de 34% de la mortalité globale chez les plus de 74 ans (mais ne concluons rien sur des résultats non significatifs d&rsquo;une analyse de sous groupe). Certains diront que c&rsquo;est parce que la pravastatine ne baisse pas assez le LDL&hellip; Alors que c&rsquo;est pourtant une des seules statines ayant démontré un bénéfice sur la mortalité en prévention secondaire et primaire (mais pas chez le sujet trop âgé visiblement).</p>
<p>Je parlais encore la semaine dernière des AINS et du célécoxib avec son potentiel risque cardiovasculaire potentiellement moindre. Un <a href="http://circ.ahajournals.org/content/135/21/2062.full?ijkey=WkUHur1ukFG0bmS&amp;keytype=ref">article</a> revient sur les articles portant sur la sécurité des AINS et des coxibs et explique pourquoi le célécoxib semble moins dangereux: tout simplement probablement parce que les doses utilisées dans les études étaient moins fortes et que celles des AINS pris en comparaison (en se rapportant au pourcentage de dose maximal prescrite dans les études). Les auteurs retrouvent donc qu&rsquo;il y a effectivement moins de risque quand on prescrit à faible dose, mais que le niveau d&rsquo;antalgie est également beaucoup moins bon.</p>
<p>Visiblement, la mode médicale est au recyclage des molécules et des études. Ainsi, une étude retrouve que, chez des patients non diabétiques mais avec une insulino-résistance, l&rsquo;utilisation de la pioglitazone avait démontré une diminution du risque d&rsquo;infarctus dans un article du NEJM (j&rsquo;en avais déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/02/dragi-webdo-n85.html">ici</a>). Les auteurs proposent donc un <a href="http://circ.ahajournals.org/content/135/20/1882.full?ijkey=YOHsc6pN7ZajE3Q&amp;keytype=ref">nouvel article</a> avec des analyses secondaires en se concentrant sur les infarctus (qui avaient été le critère de jugement significatif du premier article), cette fois ci publié dans Circulation, pour aboutir à la même conclusion&hellip; Bref, j&rsquo;ai initialement cru que c&rsquo;était une autre étude qui venait confirmer les résultats mais ce n&rsquo;est que la même database tournée un peu différemment.</p>
<p>Enfin, <a href="https://30ansplustard.wordpress.com/2015/10/01/recherche-calculateur-de-risque-cv-desesperement/">@Dr_JB_Blanc</a> nous avait montré que son calculateur de risque favoris était le QRISK-2, et ben, la version actualisée: QRISK-3 vient de sortir! (L&rsquo;article de validation c&rsquo;est <a href="http://www.bmj.com/content/357/bmj.j2099">ici</a>, et pour le calculateur c&rsquo;est <a href="https://qrisk.org/three/">là</a>)</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Alors que les doubles bronchodilatations par anti-muscarinique et bêta-2-mimétiques de longue durée d&rsquo;action sont de plus en plus recommandées, une <a href="http://erj.ersjournals.com/content/49/5/1602245?ctkey=shareline">étude</a> s&rsquo;est intéressé à leur sécurité. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;augmentation du risque d&rsquo;infarctus, d&rsquo;AVC ou de trouble du rythme cardiaque après 1 an de traitement avec double bronchodilatation par rapport à une monothérapie, mais le double traitement était associé à une augmentation du risque d&rsquo;insuffisance cardiaque. Affaire à suivre.</p>
<p>Un article sur la prescription différée est paru dans le <a href="http://www.bmj.com/content/357/bmj.j2148">BMJ</a>. Une étude de cohorte prospective a comparé les patients ayant eu des prescriptions d&rsquo;antibiotiques immédiate, différée ou aucune pour des infections respiratoires basses. Les auteurs retrouvent que la prescription immédiate ne réduit ni les hospitalisations ni les décès. Si l&rsquo;on a une vision économique de la santé, la prescription différée réduisait cependant le nombre de reconsultations (mais pas les hospitalisations et décès)</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Les traitements de l&rsquo;arthrose sont peu ou pas efficaces, c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pour ça qu&rsquo;ils sont déremboursés. Alors je me suis intéressé à un <a href="http://ard.bmj.com/content/75/1/37">essai</a> de non infériorité: la chondroïtine associée à la glucosamine versus celecoxib à 200mg/j. Les auteurs ont réussi à prouver la non infériorité du traitement anti-arthrosique (évalué sur l&rsquo;évolution du WOMAC à 6 mois)! Cependant, est-ce que cela signifie que les anti arthrosique sont efficaces ou que le celecoxib est inefficace? C&rsquo;est probablement le celecoxib qui n&rsquo;est pas efficace si on se fie à l&rsquo;article cité plus haut dans ce Dragi Webdo, car 200mg par jour est la dose minimale de traitement qui soulage très mal la douleur&hellip; Un bras placebo aurait été intéressant pour objectiver une potentielle absence de bénéfice des traitements.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine. Vous vous rappelez de l&rsquo;article disant que les patients soignés par des femmes avaient une mortalité hospitalière moindre? Et bien , il faut également être soigné par un médecin jeune (et surtout de moins de 60 ans) d&rsquo;après le <a href="http://www.bmj.com/content/357/bmj.j1797">BMJ</a>. Avec la démographie médicale vieillissante, les patients vont être embêtés&hellip;  Mais peut être que l&rsquo;utilisation de Google remplacera la consultation chez le médecin et améliorera la prise en charge? <a href="http://bjgpopen.org/content/early/2017/05/12/bjgpopen17X100833">Un jour peut être, mais pas encore</a>&hellip;</p>
<p>A bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhoNSc6-GPUkPBw_T04Oo_tb8Cp4N6X7utOaGW7tpOzilViNQIsMjS5vTw9s26u5F_BgdOTWgLaRdknqqj2l7gPslBBHoVQtf5AIuPFWMfBhAMpXjVKvuMFNU5WjcvQoqr_yADNgsgww_yw/s1600/docteur+google.jpg"><img src="/images/articles/2017/docteur-google.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°141: BCG(HCSP), dépistage trisomie 21 (recos HAS), BMI vs TMI, crampes</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/05/dragi-webdo-n141/</link><pubDate>Mon, 22 May 2017 00:06:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/05/dragi-webdo-n141/</guid><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous! Je n&rsquo;ai pas de remarque à faire en introduction, alors passons directement aux quelques actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Vaccination</p>
<p>Le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=615">HCSP</a> vient de revenir sur l&rsquo;obligation vaccinale des étudiants en profession de santé contre le BCG, compte tenu de l&rsquo;incidence actuelle de la tuberculose. Les auteurs passent très rapidement sur les ruptures de stock et l&rsquo;emploi du vaccin importé mal connu, mais ces faits ne sont certainement pas totalement étrangers à cette modification de vaccination puisque les nouveaux étudiants ne peuvent de toutes façons pas se faire vacciner&hellip;</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>La <a href="https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2017-05/dir42/synthese_et_recommandations__place_des_tests_adn_libre_circulant_dans_le_sang_maternel_dans_le_depistage_de_la_trisomie_21_f.pdf">HAS</a> a publié des recommandations sur l&rsquo;utilisation du test de dépistage de la trisomie 21 sur le sang maternel. Bien qu&rsquo;il n&rsquo;y ait toujours pas de remboursement (sauf en Polynésie française), les experts recommandent de proposer le test d&rsquo;ADN libre circulant de trisomie 21 (ADNlcT21) en première intention aux femmes dont le risque est compris entre 1/1000 et 1/51, c&rsquo;est plus pertinent et efficace que pour un seuil à 1/250 qui disparait donc. Pour celles dont le risque est supérieur à 1/50, c&rsquo;est l’amniocentèse pour réaliser le caryotype foetal est recommandé en première intention mais la possibilité de faire un tests d&rsquo;ADNlcT21 avant amniocentèse doit être proposée.</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>La mesure de l&rsquo;IMC (indice de masse corporelle: poids / taille²) est la plus utilisée mais semble imprécise chez l&rsquo;adolescent. C&rsquo;est ce que retrouve une étude du Jama Pediatrics, qui montre que le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamapediatrics/fullarticle/2627569?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=906518867&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=37841497">Tri-ponderal Mass Index</a> (TMI: poids / taille3) serait plus précis, en évitant l&rsquo;utilisation de percentiles peu pratiques à calculer et en évidant le surdiagnostic de surpoids. Par contre, impossible de trouver les &ldquo;normes&rdquo; du TMI (ou bien je suis fatigué et inefficace dans ma lecture et mes recherches&hellip;)</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>On va finir sur des traitements ne démontrant pas d&rsquo;efficacité (désolé que ça tombe sur la rhumato&hellip;)</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2626573?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=900977328&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=37650445">JAMA</a> n&rsquo;a pas retrouvé de bénéfice en terme de douleur avec la triamcinolone (corticoïde) en infiltration dans la gonarthrose par rapport à l&rsquo;injection de sérum physiologique. En revanche, la perte cartilagineuse était supérieure dans le groupe traité par corticoïdes.</p>
<p>Le traitement des crampes a été évalué dans plusieurs articles. Le premier du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2625309?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=876249206&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=37437268">JAMA</a> consiste en une étude exposés-non exposés portant sur le traitement au long cours par quinine pour les crampes. Les auteurs retrouvent une augmentation de la mortalité globale chez les 45 000 patients traités par rapport aux 130 000 non traités (OR=1,24), avec un effet dose: la mortalité était plus importante chez les patients avec des fortes doses. Cela peut laisser penser que la relation est causale, même si cette étude ne permet pas de le conclure.</p>
<p>Le second, du JAMA internal medicine, retrouve que le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2603490?utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jamaim&amp;utm_campaign=article_alert&amp;utm_content=automated">magnésium</a> n&rsquo;a pas d&rsquo;efficacité supérieure au placebo. Cependant, l&rsquo;absence d&rsquo;effets indésirables notables chez les patients traités et l&rsquo;amélioration des crampes dans les 2 groupes peut laisser penser que le magnésium est un placebo à faible risque d&rsquo;effets indésirables graves (mais l&rsquo;étude comportait peu de patients).</p>
<p>Voilà pour aujourd&rsquo;hui! Pas sur que j&rsquo;ai le temps d&rsquo;écrire un billet la semaine prochaine étant donné que je compte profiter des jours fériés, mais sait-on jamais&hellip; Bonne semaine et à bientôt</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°140: AINS, ostéoporose (reco US), gonarthrose, valvulopathies, cancer thyroïdien</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/05/dragi-webdo-n140/</link><pubDate>Sun, 14 May 2017 23:12:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/05/dragi-webdo-n140/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Rhumatologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Merci à ceux qui se sont inscrit à la Newsletter! Normalement vous avez dû recevoir un mail pour ce billet dans les 24h suivant sa publication. Ceux se sont inscrits et n&rsquo;ont pas reçu ce billet par mail, il est probable que votre compte n&rsquo;ai pas été activé car il faut valider votre inscription: vous avez du recevoir un mail demandant de confirmer votre inscription après avoir entré votre mail, donc vérifiez vos spams ou renouvelez l&rsquo;opération en entrant votre mail en haut à droite de la page, juste sous le &ldquo;abonnez vous!&rdquo; puis en cliquant sur &ldquo;submit&rdquo;! Et si vous avez des soucis (en rapport avec l&rsquo;inscription, hein&hellip;) contactez moi en commentaire ou sur Twitter.</p>
<p>Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une nouvelle étude publié dans le <a href="http://www.bmj.com/content/357/bmj.j1909">BMJ</a> a retrouvé un sur-risque d&rsquo;infarctus du myocarde chez les patients consommant des AINS. L&rsquo;augmentation était présente dès la première semaine d&rsquo;utilisation et maximale durant le premier mois d&rsquo;utilisation et avec les plus fortes doses. Une fois encore, dans cette étude le Celecoxib semble moins dangereux que le Naproxène et l&rsquo;Ibuprofène, mais l&rsquo;effet cardiovasculaire le plus élevé est présent pour le Rofecoxib. Ainsi, on peut se demander si l&rsquo;effet cardiovasculaire des coxib est bien un effet de classe ou s&rsquo;il est limité à certaines molécules dont le celecoxib ne fait pas partie: c&rsquo;est la 3ème grande étude  (<a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/10/dragi-webdo-n111-ainsinsuf-cardiaque.html">ici</a> et <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/11/dragi-webdo-n117.html">ici</a> pour les autres) retrouvant un moindre risque avec le Celecoxib&hellip; une belle méta-analyse serait bienvenue pour s&rsquo;assurer de l&rsquo;absence de biais de sélection des articles qui présentent le Celecoxib comme une molécule rassurante au niveau cardiovasculaire.</p>
<p>2/ Rhumatologie</p>
<p>L&rsquo;académie de médecine américaine a publié des recommandations sur la prise en charge de l&rsquo;<a href="http://annals.org/aim/article/2625385/treatment-low-bone-density-osteoporosis-prevent-fractures-men-women-clinical">ostéoporose</a>. Dans les principaux points, on trouve que le traitement doit être mené durant 5 ans avant une réévaluation par ostéodensitométrie (et pas avant 5 ans) et que ni les traitements estroprogestatifs ni le raloxifène ne sont recommandés dans le traitement de l&rsquo;ostéoporose. La seule recommandation de haut niveau de preuve concerne les molécules avec un bénéfice clinique sur les fractures vertébrales et de hanche (mais la reco ne précise pas si c&rsquo;est en prévention primaire ou secondaire): alendronate, ridendronate, acide zoledronique et denozumab. Les auteurs ne statuent pas non plus sur la supplémentation calcique/vitamine D car les bénéfices et risques sont incertains et divergeant selon les études.</p>
<p>Dans la lignée des outils d&rsquo;aide à la décision, un <a href="http://www.bmj.com/content/357/bmj.j1982">article</a> du BMJ met en balance le traitements chirurgical par arthroscopie et le traitement conservateur de la gonarthrose. Les auteurs se positionnent contre le traitement arthroscopique de la gonarthrose, mais il est dommage que le traitement par prothèse de genou n&rsquo;ait pas été évalué en parallèle.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgJr-ax5lEmZJh_IDo3Zsd2fRNV2evHjqpMblYbrZxaGmG9RYDbAJj3rkgcKCNMRGvxAbz42kBlwcP8BwrfQvnn5XN5I8nrwzNGvQrF5E-T7stjcQ926fqpi64rCyZlkLNSnPCd0OgIE6hE/s1600/gonarthrose.jpg"><img src="/images/articles/2017/gonarthrose.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un très rapide point sur des recommandations sur la prise en charge des valvulopathies. L&rsquo;<a href="http://www.jwatch.org/na43943/2017/04/24/2017-focused-update-management-valvular-heart-disease?ijkey=a.h0Pvdd3gHHA&amp;keytype=ref&amp;siteid=jwatch&amp;variant=full-text">article</a> est plutôt réservé aux spécialistes mais il est intéressant pour les généralistes de savoir qu&rsquo;en cas de valvulopathie traitée par remplacement valvulaire transcutané, il est recommandé de faire un traitement prophylactique anti-endocardite en cas de geste dentaire.</p>
<p>4/ Endocrinologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2625325?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=892942879&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=37394590">USPSTF</a> (HAS américaine) s&rsquo;est prononcée contre le dépistage de cancers de la thyroïde chez les patients asymptomatique. En effet, le problème de surdiagnostics de cancer thyroïdiens a été repéré depuis quelques temps et les sur-traitements ne sont pas rares (on en avait déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/09/dragi-webdo-n105.html">ici</a>).</p>
<p>C&rsquo;est tout pour ce court Dragi Webdo qui était particulièrement axé sur des recos américaines. Malheureusement, en France, le temps de réactions des sociétés savantes face aux données de la littérature semble plus long&hellip;</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.nature.com/nm/journal/vaop/ncurrent/full/nm.4311.html?utm_content=buffer30c73&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">article</a> hors catégorie de la semaine concerne la restauration des fonctions cognitives chez les souries âgées! Des chercheurs ont retrouvé une amélioration des fonctions cognitives des souris agées sous faible dose de THC! Chez les souris plus jeunes, l&rsquo;effet délétère connu du THC était lui aussi retrouvé, alors, ne vous emballez pas! (Reste à définir clairement l&rsquo;état de démence sénile chez une souris&hellip;)</p>
<p>Bonne soirée!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°139: certificats de sport, dépression et risque cardiovasculaire, régime sans gluten, vitamine D</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/05/dragi-webdo-n139/</link><pubDate>Mon, 08 May 2017 22:40:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/05/dragi-webdo-n139/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Nutrition</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour,  je n&rsquo;ai pas oublié de faire ma veille bibliographique cette semaine! Mais il est vrai que la campagne électorale était au premier temps ces derniers jours. J&rsquo;ai cependant eu le temps de créer depuis quelques jours maintenant la newsletter du blog pour que vous ne ratiez aucun Dragi Webdo! il suffit de vous inscrire en écrivant votre mail dans le cadre en haut à droite de la page. Et maintenant, voici les actualités!</p>
<p>1/ Certificats médicaux</p>
<p>On l&rsquo;attendait et le voici! L&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000034567828&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">arrêté</a> relatifs aux certificats pour renouvellement de licence sportive. Il décrit le questionnaire à effectuer par le patient et stipule qu&rsquo;en cas de réponse &ldquo;non&rdquo; partout, aucun certificat médical n&rsquo;est nécessaire. Y&rsquo;a plus qu&rsquo;a diffuser au près des fédérations sportives!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEihxBTODu_IBXAFn6bIYnI1KDjxMYJEWlAK2gQ_9loVD5WlGGnQqKisqP0FS2UlcJnd9J_n7hq4yFi9CBiMDhLQ-asbIIvNQ64PKWdo89XD13Ix7GMNnEnEgLy-L7Lm5oITdBunZb22jf-q/s1600/certificat+sport.jpg"><img src="/images/articles/2017/certificat-sport.jpg" alt=""></a></p>
<p>2/ Pharmacovigilance:</p>
<p>Commençons par un <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2623526?amp%3butm_source=JAMA+Intern+MedPublishAheadofPrint&amp;utm_campaign=01-05-2017">article</a> portant
sur la tolérance musculaire des statines. Les auteurs de cet article
retrouvent dans une cohorte rétrospective de patients appariés sur un
score de propension une augmentation des lombalgies chez les patients
traités par statines. Ce risque était augmenté de 27% sous traitement
pour un NNH (number need to harm) de 17!</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas souvent mais l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/L-ANSM-suspend-a-titre-de-precaution-les-AMM-de-11-specialites-commercialisees-en-France-Point-d-Information">ANSM</a> suspend
l&rsquo;AMM d&rsquo;une série de génériques pour une anomalie dans les essais de
bioéquivalence en Inde et concernant de l&rsquo;hydroxyzine et du
perindopril/indapamide. Ce document dit aussi que Sanofi, Sandoz, Mylan,
Biogaran, Teva, Arrow et Cristers fabriquent leur hydroxyzine au même
endroit ; donc générique ou princeps ne doivent pas être très différents
quelque soit la marque.</p>
<p>3/ Cardiovasculaire</p>
<p>Depuis quelques années, on sait que la dépression est un facteur de risque cardiovasculaire. Pour confirmer ce statut, une <a href="http://circ.ahajournals.org/content/135/18/1681.full?ijkey=ElYk4K4RKYIspAd&amp;keytype=ref#F1">étude observationnelle</a>
a étudié des critères de jugements cardiovasculaire chez des patients
non dépressifs, dépressif traités et dépressif non traités. Les auteurs
retrouvent une augmentation du risque de mortalité cardiovasculaire chez
les dépressifs non traités par rapport aux non-dépressifs et pas de
différence entre les dépressifs traités et les non-dépressifs. On
pourrait en conclure que traiter la dépression permet de retrouver un
risque cardiovasculaire de &ldquo;non dépressif&rdquo;. Cependant, le groupe des
patients dépressifs traités ne comportait que 15 évènements pour 223
patients (6,7%), et l&rsquo;absence de différence peut être due à un manque de
puissance. Traiter la dépression semble associé à une mortalité
cardiovasculaire moindre que d&rsquo;être dépressif non traité. &ldquo;Semble&rdquo; car
la comparaison directe entre dépressifs traités et non-traités est une
analyse de sensibilité avec un p= 0,049. Donc si cette analyse avait été
prévue au protocole, il aurait fallu prendre en compte les comparaisons
multiples, et ce résultats n&rsquo;aurait pas été significatif (et ce n&rsquo;est
pas un essai contrôlé randomisé).</p>
<p>4/ Nutrition</p>
<p>Deux articles sur les régimes et supplémentations. D&rsquo;abord, un article du <a href="http://www.bmj.com/content/357/bmj.j1892">BMJ</a> a
concerné le régime pauvre en gluten sur des critères de jugements
cardiovasculaire. Cette étude incluait exclusivement patients SANS maladie Cœliaque. Ainsi, avoir un régime pauvre en gluten ne diminuait
pas le risque cardiovasculaire. Au contraire, il est possible que
l&rsquo;éviction en grain lié à au régime pauvre en gluten puisse augmenter le
risque cardiovasculaire. (Je rappelle que ce régime a un bénéfice indiscutable chez les patients avec une maladie cœliaque).</p>
<p>Ensuite, des auteurs du <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2817%2930103-1/fulltext?platform=hootsuite">Lancet</a> Endocrinology
ont étudié la supplémentation mensuelle en vitamine D chez des patients
volontaires de 50 à 84 ans randomisés en groupe traité et groupe
placebo. Après 3,4 ans de traitement en moyenne, il n&rsquo;y avait pas de
bénéfice sur le nombre de chutes ou le nombre de fracture chez ces
patients âgés de  65,9 ans moyenne.</p>
<p>Voilà pour cette semaine! Et pour conclure, parlons jeux de rôle. Là, j&rsquo;ai tous les internes qui ont fait des JdR en cours qui décrochent parce que c&rsquo;était chiant. Mais, non, là je vais parler de Donjon et Dragons, le JdR héroïc-fantasy, qui semble être un moyen d&rsquo;ouverture et de <a href="http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/donjons-et-dragons-un-outil-therapeutique/">traiter</a> certaines pathologies. Il faudrait donc former les médecins à être maître de jeu et prévoir une cotation spéciale pour des séances avec 4-5 patients qui prendront 2-3 heures chacune&hellip;</p>
<p>Bonne soirée et à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°138: calendrier vaccinal, infections urinaires, acide tranexamique, cancers: CCR et prostate</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/04/dragi-webdo-n138/</link><pubDate>Sun, 30 Apr 2017 22:28:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/04/dragi-webdo-n138/</guid><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><category>Oncologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Profitez bien de ce week-end prolongé, surtout si le soleil pointe le bout de son nez par chez vous&hellip; Ce n&rsquo;est pas le cas en région parisienne&hellip; C&rsquo;est parti pour les actualités médicales de la semaine!</p>
<p>1/ Infectiologie</p>
<p>La premier point incontournable réside dans le nouveau <a href="https://www.mesvaccins.net/textes/calendrier_vaccinations_2017.pdf">calendrier vaccinal</a> 2017. La vaccination contre le Zona chez les plus de 65 ans est toujours présente. La principale nouvelle injection concerne la vaccination anti-méningocoque C à effectuer à 5 mois et celle à 12 mois est maintenu. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une injection supplémentaire pour améliorer la couverture car il y aurait couverture insuffisante avec risque d&rsquo;augmentation des infections à méningocoque C. (Je ne sais pas si ça a un lien, mais si on lit les AMM des 2 vaccins disponible: Neisvac et Menjugate, le schéma à 1 injection après 4 mois et 1 rapppel à 12 mois ne s&rsquo;applique qu&rsquo;avec Neisvac. Menjugate nécessite 2 injections entre 4 et 12 mois et un rappel à 12 mois. Est ce que le lobby Neisvac aurait remporté la mise?). Autre point clé, la vaccination anti HPV pour laquelle le recours au Gardasil 9 est recommandé. J&rsquo;ai donc mis à jour mon billet dédié à l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/03/le-hpv-tes-vaccinee.html">HPV</a> si vous voulez mon avis dessus. Il est également recommandé de vacciner les hommes ayant des rapports avec des hommes jusqu&rsquo;à 26 ans.  Enfin, en contexte de tension d&rsquo;approvisionnement (terme politiquement correcte pour dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de vaccins pour une période transitoire de durée indéterminée&hellip;), les recommandations sont mises à jour: habiter en île de France n&rsquo;est plus un facteur de risque suffisante pour que la vaccination par BCG soit prioritaire, 1 seule vaccination anti-VHA quand nécessaire, limiter les vaccin anti-VHB aux patients pour lesquels la vaccination est obligatoire.</p>
<p>Dans les paralysies faciales périphériques, il semblerait que la proportion liée aux maladies de Lyme soit en augmentation. Ainsi, un article du <a href="http://bjgp.org/content/67/658/e329">BJGP</a> plaiderai pour une recherche de Borréliose en cas de facteur de risque dans le bilan des  paralysie faciale périphérique pour permettre un traitement étiologique.</p>
<p>Enfin, parlons infections urinaires de façon contradictoire. D&rsquo;abord, un article ayant étudié les <a href="http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10096-017-2968-x">ECBU</a> avec des résultats négatifs en laboratoires de ville. Les auteurs ont retrouvé que près de 33% des ECBU négatifs prescrits par des médecins généralistes ne relevaient pas d&rsquo;une indication à faire un ECBU d&rsquo;après les recommandations de la SPILF alors qu&rsquo;une BU aurait permis de limiter les examens et les dépenses inutiles. En extrapolant les résultats de leur étude, les auteurs concluent qu&rsquo;il serait possible d&rsquo;économiser près de 10 millions d&rsquo;euros si des BU étaient fournies aux médecins généralistes gratuitement pour inciter à les utiliser.</p>
<p>D&rsquo;un autre côté, une <a href="http://www.clinicalmicrobiologyandinfection.com/article/S1198-743X(17)30209-4/fulltext">étude</a> s&rsquo;est également intéressé aux ECBU de femmes avec des symptômes urinaires. Ils ont recherché la présence d&rsquo;E. Coli par culture et par PCR dans les ECBU et ont retrouvés une culture positive dans 80% des échantillons et une PCR positive dans 95% des échantillons. Ainsi, cette étude est en faveur d&rsquo;un traitement des infections urinaires sur la clinique plutôt que de se fier aux examens complémentaires.</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>Un article du <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2817%2930638-4/fulltext">Lancet</a> a testé l&rsquo;acide transexamique dans les hémorragies du post-partum grâce à un essai contrôlé randomisé incluant 20 000 patientes. Les auteurs ont retrouvé que les patientes traitées avaient une mortalité par hémorragie significativement diminuée de 19% (NNT=250, RAR: 0.4%) mais sans bénéfice sur la mortalité globale. Point intéressant, il n&rsquo;y avait pas significativement plus d&rsquo;évènements thrombo-emboliques ni d&rsquo;infarctus chez les patientes traitées. Pourquoi parler de cet article dans une veille biblio de médecine générale? L&rsquo;acide tranexamique est parfois utilisé dans le traitement des métrorragies mais La revue Prescrire trouve sa balance bénéfice risque défavorable à causes des risques vasculaires. Mis à part le fait que le labo pourra dire que le médicament réduit la mortalité (ce qui ne sera absolument pas valable pour le traitement des métrorragies car il n&rsquo;y a pas beaucoup de mort à cause de ça&hellip;), cette étude rassure quant à la sécurité car les patientes en post-partum ont un risque thrombotique élevé, et le traitement n&rsquo;est pas plus à risque de thrombose. A méditer si l&rsquo;acide tranexamique permet d&rsquo;améliorer la qualité de vie de ces patientes.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Une étude du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2620087?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=875031179&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=36939822">JAMA</a> a étudié l&rsquo;association entre le grade d&rsquo;un cancer colorectal et le délai entre un test immunologique positif et le diagnostic par coloscopie. Ainsi, logiquement, plus le délai entre le test de dépistage et la colo était élevé, plus le cancer était avancé. Cependant, cela n&rsquo;était significatif que pour des délais supérieurs à 10 mois. L&rsquo;urgence à consulter après un dépistage positif est donc assez relative.</p>
<p>Pour clore ce chapitre, une petite infographie sur les traitements des cancers de la prostate: que le traitement soit de la surveillance active, de la radiothérapie ou de la chirurgie, la mortalité est identique à 10 ans:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgcvN4V3-r1FuW_yHJglEvgS14Tq04NhwtHFq_Jp0ub4A_WK2mU-w6wVJAB57j_Sc4yzysywOxs_uSxy2QT5wSX9SKwYPvkdpkwSjiNgY8cKpbpTxFfG9UWUcT37-Zfl-NbCxukejDCqnIh/s1600/prostate.jpg"><img src="/images/articles/2017/prostate.jpg" alt=""></a></p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Enfin, les diabètes génétiques ne sont pas très courants, mais ils m&rsquo;intéressent, notamment les diabètes <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00125-017-4226-2">MODY</a> pour lesquels les traitements antidiabétiques ne sont pas toujours nécessaires. Cet article m&rsquo;a surtout permis de découvrir le <a href="http://www.diabetesgenes.org/content/mody-probability-calculator">score</a> pour estimer la probabilité d&rsquo;un diabète MODY chez les patients de moins de 35 ans. Je ne pense pas l&rsquo;utiliser prochainement, mais bon&hellip;</p>
<p>Merci pour vos encouragements et vos messages!</p>
<p>Bonne fête du travail et à très bientôt pour un prochain billet!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°137: Essure, codéïne/tramadol, statines, angines et corticoïdes, amygdalectomie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/04/dragi-webdo-n137/</link><pubDate>Mon, 24 Apr 2017 22:43:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/04/dragi-webdo-n137/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous! Désolé pour le retard de ce billet en partie lié à la soirée électorale&hellip; Mais ne parlons pas de choses qui fâchent, voici les actualités médicales!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance (et matériovigilance pour les puristes)</p>
<p>Le comité temporaire statuant sur <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Dispositif-de-sterilisation-definitive-Essure-Le-Comite-scientifique-specialise-temporaire-CSST-rend-ses-premieres-conclusions-Actualite">Essure</a> a rendu des premières conclusions: se basant sur des études épidémiologiques, la balance bénéfice risque reste positive et il n&rsquo;y a pas de preuve formelle d&rsquo;augmentation de risque entre Essure et la ligature en dehors d&rsquo;un sur-risque d&rsquo;allergie de 10%. Il n&rsquo;y a pas de différence dans les maladies auto-immunes (Essure: 0,55% et ligature: 0,58%). Ils ont tout de même noté que les femmes se plaignant voyaient miraculeusement leurs symptômes s&rsquo;améliorer après un retrait du dispositif. Donc à discuter et à effectuer au besoin par un chirurgien gynécologique entrainé par cœlioscopie.</p>
<p>La <a href="https://www.fda.gov/Drugs/DrugSafety/ucm549679.htm?source=govdelivery&amp;utm_medium=email&amp;utm_source=govdelivery">FDA</a> a publié un communiqué sur les opioïdes. La codéïne était déjà interdite avant l&rsquo;age de 12 ans et devrait être limitée entre 12 et 18 ans. Le tramadol, seul utilisable en France chez l&rsquo;enfant, voit son utilisation restreinte aux plus de 12 ans et aux 18 ans dans le contexte post-amygdalectomie! Enfin, la FDA recommande de ne pas les utiliser en période d&rsquo;allaitement.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Quel est l&rsquo;observance des patients traités par statine forte dose dans les suites d&rsquo;un infarctus? Une <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2619232?utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jamacard&amp;utm_campaign=article_alert&amp;utm_content=automated">étude</a> rétrospective a retrouvé qu&rsquo;à 2 ans, moins de 42% des patients prenaient encore de façon régulière (&gt;80% des prises) la statine forte dose qui leur avait été prescrite. Ils étaient ensuite 13% a avoir une statine faible ou moyenne dose à la place et à la prendre régulièrement, 19% à prendre leur traitement irrégulièrement et  19% à l&rsquo;avoir totalement interrompu.  Les auteurs concluent qu&rsquo;il faut des mesures pour augmenter l&rsquo;observance des statines fortes doses au lieu de se demander pourquoi est-ce qu&rsquo;elles étaient aussi mal prises&hellip; Bref, les études versus la vrai vie&hellip;</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.bmj.com/content/357/bmj.j1456">article</a> sportif de la semaine concerne les cyclistes! Une nouvelle étude arrive à retrouver que faire du sport régulièrement est bénéfique. Ainsi, les patients se rendant au travail en vélo avaient un risque moindre de mortalité globale et cardiovasculaire, de maladie cardiovasculaire et de cancer. Bref, il faut aller travailler en vélo! Notons que la marche semble apporter des bénéfices similaires pour les critères de jugements cardio-vasculaires. Malgré la prise en compte d&rsquo;un grand nombre de facteur de confusion potentiels, je ne peux m&rsquo;empêcher de penser que c&rsquo;est l&rsquo;ensemble des habitudes qui permettent ce bénéfice et pas uniquement le vélo. Malheureusement, les études de cohortes ne peuvent pas lever ce doute.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Au #CMGF2017, une communication parlait du sur-risque de phlegmon et d&rsquo;abcès ORL chez les patients ayant eu une prescription d&rsquo;AINS et de corticoïdes pour une angine. Un essai contrôlé randomisé du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2618622?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=858467768&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=36654917">JAMA</a> a étudié la prescription de dexaméthasone versus placebo sans prescription immédiate d&rsquo;antibiotiques dans les angines. 565 adultes ont été randomisés et les auteurs ont retrouvé qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de différence entre les 2 groupes sur la résolution des symptômes à 24 heures mais une amélioration supérieure dans le groupe dexaméthasone à 48h. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;augmentation significative des effets indésirables dans le groupe traité par corticoïdes à 28 jours. Faut il donc mettre des corticoïdes à toutes les angines? Tout d&rsquo;abord, le critère de jugement principal était une évaluation à 24h qui n&rsquo;a pas été différente, il faut donc s&rsquo;arrêter là pour les conclusions solides, les critères secondaires étant exploratoires. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;adultes qui sont à plus faible risque d&rsquo;abcès que les enfants car ils font moins d&rsquo;angines bactériennes. Ensuite, 565 adultes ont été inclus, mais la prévalence des abcès et phlegmons est de 0,5% des angines: cette étude aurait pu détecter 2,8 complications ce qui ne permet pas de comparer statistiquement les groupes (en effet il y a eu 1 abcès rétro-pharyngé sous dexaméthasone, 1 sous placebo et une hospitalisation pour amygdalite sévère sous placebo). Enfin, si ce traitement était bénéfique avec peu d&rsquo;effet secondaire, il s&rsquo;agissait d&rsquo;une dose unique de dexaméthasone 10mg (équivalent 75mg mg de prednisone) et non d&rsquo;un traitement de plusieurs jours.</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/357/bmj.j1450">BMJ</a> parlait de l&rsquo;amygdalectomie chez l&rsquo;adulte. Les auteurs de l&rsquo;article reviennent sur le fait que ce traitement permettait de diminuer le nombre de jours de douleur lié à des récidives d&rsquo;angines de 10 jours sur 6 mois (Yay!) sans réduction de l&rsquo;absentéisme. Le traitement chirurgical reste néanmoins à discuter si le patient a plus de 7angines par an ou 5 angines par an pendant 2 ans ou encore 3 angine par an pendant 3 ans.</p>
<p>Le même sujet a été traité chez l&rsquo;enfant dans le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamapediatrics/article-abstract/2443525?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=870531068&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=36799867">Jama Pediatrics</a>. Les principales indications retrouvées étaient les angines récidivantes selon les mêmes critères que chez l&rsquo;adulte, mais aussi les troubles du sommeil d&rsquo;origine respiratoire (essentiellement les syndromes d&rsquo;apnée du sommeil de l&rsquo;enfant). Un fois de plus c&rsquo;est l&rsquo;intensité du retentissement qui peut pousser à proposer le traitement chirurgical qui ne doit pas être systématique. Le bénéfice dans les autres indications était encore moins bien établi&hellip;</p>
<p>C&rsquo;est fini! A très bientôt pour un prochain billet!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°136: hyperaldostéronisme primaire (reco), benzodiazépines (reco HAS), Helicobacter Pylori (reco), infarctus/IPDE-5, IEC/ARAII</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/04/dragi-webdo-n136/</link><pubDate>Sat, 15 Apr 2017 17:08:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/04/dragi-webdo-n136/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour!<br>
Dans la rubrique &ldquo;le Dr Agibus a testé pour vous&rdquo;, j&rsquo;ai voulu titiller la Revue Prescrire en écrivant une lettre parlant : d&rsquo;une part de certaines études montant un bénéfice des fibrates dont une revue Cochrane et d&rsquo;autre part de la conclusion récente d&rsquo;un paragraphe de la revue disant qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de bénéfice des analogues du GLP-1. Leur réponse s&rsquo;est faite par mail en environ 1 mois (plutôt rapide selon moi). L&rsquo;argumentaire de non inclusion des études dont je parlais dans leur synthèse était clair, en expliquant les biais (parfois assumés des auteurs) dans ces études. Bref, les quelques inquiétudes que j&rsquo;avais ont été dissipés et ma confiance dans la revue s&rsquo;en sort renforcée! (je n&rsquo;ai pas reçu de financement ni de réduction sur l&rsquo;abonnement pour ces quelques phrases). Il me tarde désormais d&rsquo;avoir l&rsquo;article en cours de rédaction sur les analogues du GLP-1!</p>
<p>Et comme d&rsquo;habitude, voici les articles parus cette semaine dont je ne peux m&rsquo;empêcher de vous parler. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Pour commencer, l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Dispositif-de-sterilisation-definitive-Essure-Creation-d-un-Comite-Scientifique-Specialise-Temporaire">ANSM</a> a demandé la création d&rsquo;un comité évaluant la balance bénéfices/risques du dispositif Essure. Formulé comme cela, le comité ne statuera pas clairement si oui ou non ce dispositif peut être impliqué dans les troubles physiques dont il est accusé aux États Unis. Il est probable que la conclusion soit que les risques potentiels sont très rares et à ce jour non prouvés, donc que les bénéfices excèdent les risques (dont il faut informer les patientes).</p>
<p>Une <a href="http://www.bmj.com/content/357/bmj.j1415">étude</a> de cohorte rétrospective incluant plus de 300 000 patients publiée dans le BMJ a étudié les effets indésirables des cures relativement courtes de corticoïdes (&lt; 30jours). Dans 50% des cas, il s&rsquo;agissait de traitements de 6 jours avec une dose médiane de 20mg/j d&rsquo;équivalent prednisone. Les auteurs ont retrouvé un sur-risque de sepsis (facile à trouver celui là), mais aussi de maladie thrombo-embolique veineuse et de fractures.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Parlons maintenant de sexe et de mortalité. Une <a href="http://heart.bmj.com/content/early/2017/03/22/heartjnl-2016-310746.long">étude</a> rétrospective suédoise a analysé la survie des patients avec une prescription d&rsquo;inhibiteurs de la phospohodiesthérase-5 ou d&rsquo;alprostadil pour dysfonction érectile après un infarctus du myocarde. Les auteurs ont retrouvé que les chez les patients traités par IPDE-5, le risque de mortalité à 3 ans était diminué de 33% par rapport à ceux sans traitement. Le bénéfice était majorée avec le nombre de délivrance de ces traitements. On peut alors se demander si c&rsquo;est l&rsquo;IPDE-5 qui est bénéfice ou l&rsquo;activité physique répétée qui améliore la survie! L&rsquo;étude répond également en partie à cette question, car les patients traités par alprostadil n&rsquo;avaient pas de gain de mortalité et la comparaison directe entre IPDE-5 et alprostadil était en faveur d&rsquo;un traitement par IPDE-5 pour réduire la mortalité. Une piste à explorer dans les traitements de l&rsquo;infarctus? Ou un simple reflet de l&rsquo;observance des bêta-bloquants chez les patients?</p>
<p>Les sociétés françaises d&rsquo;HTA, d&rsquo;endocrinologie et de chirurgie endocrine ont publié des recommandations dans l&rsquo;<a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S000342661630066X?np=y&amp;npKey=ea739bcd0a84aefb74983f2bdd68bd5d486a1943605aa2e9ec5a0e081f636553">hyperaldostéronisme primaire</a> (une VF intégrale est dispo sur <a href="http://www.bmlweb.org/nouveaute.html">BMLweb</a>). Elles sont longues et subdivisées en chapitre mais on va essayer de résumer ce qui peut intéresser les généralistes.</p>
<ul>
<li>
<p>Rechercher un HAP si: HTA sévère, résistante, avec hypokaliémie, avec atteinte d&rsquo;organes cibles disproportionnée ou incidentalome avec HTA/hypokaliémie</p>
</li>
<li>
<p>Recherche par mesure du rapport aldostérone/rénine prélevé : le matin, plus de 2 heures après le lever, en position assise depuis 5 à 15 minutes, en régime normosodé, en normokaliémie et sans traitement interférant :anti-HTA (sauf inhibiteurs calciques et alpha-bloquants) stoppés depuis 2 semaines, diurétiques épargneurs et oestro-progestatifs stoppés depuis 6 semaines.</p>
</li>
<li>
<p>Rechercher ensuite une cause en commençant par un TDM surrénalien.</p>
</li>
</ul>
<p>3/ Troubles du sommeil</p>
<p>La <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2015-03/bzd_insomnie_v2.pdf">HAS</a> a publié des recommandations sur la prescription de benzodiazépines. Absolument rien de neuf dans la fiche (prescriptions la plus courte possible, risque des benzo, bénéfices très faibles etc&hellip;). Les points de nouveauté concernent la prescription sur ordonnance sécurisée du zolpidem, ainsi qu&rsquo;une petite phrase pour les sujets âgés traités depuis longtemps disant qu&rsquo;il ne faut pas s&rsquo;acharner à les arrêter parce que le déséquilibre lié à l&rsquo;arrêt serait plus dangereux que les risques de la poursuite.</p>
<p>Pour continuer sur les benzodiazépines, une <a href="http://www.cmaj.ca/content/189/14/E519">étude</a> rétrospective a retrouvé une majoration du risque de pneumopathie chez les patients avec une maladie d&rsquo;Alzheimer traités par benzodiazépines. Un effet indésirable supplémentaire à prendre en compte chez ces patients.</p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>Les recommandations sur Hélicobacter Pylori sont parues il y a peu (j&rsquo;en avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/11/dragi-webdo-n117.html">ici</a>) et viennent se compléter avec des traitements à privilégier selon les résultats de FOGD. Cependant, ce qui est intéressant dans cette <a href="http://www.helicobacter.fr/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=83:quel-est-le-traitement-de-linfection-a-h-pylori&amp;catid=86:traitements-de-linfection-a-helicobacter-pylori&amp;Itemid=482">page</a> du GEFH, est qu&rsquo;il semblerait que le traitement par quadrithérapie bisthmutée soit recommandé en première intention de façon européenne quand ce traitement est disponible car il y a moins de résistance. Une recherche rapide sur internet retrouve que la quadrithérapie avec clarithromycine est à utiliser en première intention sur la résistance à ce traitement est inférieure à 15% et en Europe du nord, c&rsquo;est le cas. Cependant, la France de l’Europe de l&rsquo;ouest avec des résistances entre 16 et 18%, et c&rsquo;est dans ce cas bien la <a href="http://emjreviews.com/wp-content/uploads/An-Update-on-the-Treatment-of-Helicobacter-Pylori-Infection.pdf">quadrithérapie bisthmutée qu&rsquo;il est préférable d&rsquo;utiliser en première intention</a>. Ça m&rsquo;apprendra à avoir râler sur les gastros qui la mettaient d&rsquo;emblée&hellip; Mea Culpa.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Quelle est le meilleur traitement préventif des néphropathies diabétiques en l&rsquo;absence d&rsquo;HTA? Un article de <a href="http://www.mdedge.com/jfponline/article/134466/cardiology/do-ace-inhibitors-or-arbs-help-prevent-kidney-disease-patients">family practice</a> a fait une revue narrative et retrouvé que les IEC réduisaient l&rsquo;apparition d&rsquo;une néphropathie chez les diabétiques normotendus et réduisaient la mortalité des diabétiques de 16 % qu&rsquo;ils soient hypertendus ou non. Les ARAII ne réduisaient pas la progression des néphropathies chez des patients normotendus et n&rsquo;étaient pas associés à une diminution de la mortalité globale chez les patients hyper ou normotendus.  Avec ces données , on voit quand même que BigPharma a fait un beau boulot compte tenu de patients diabétiques sous ARAII d&rsquo;emblée pour lesquels l&rsquo;IEC serait préférable&hellip;</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Si vous vous êtes toujours demandé pourquoi les méchants des films avaient une sale tête, c&rsquo;est tout simplement parce qu&rsquo;ils ont des <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamadermatology/fullarticle/2614259">maladies dermatologiques</a>&hellip; D&rsquo;où la question: est ce que c&rsquo;est le fardeau de leur maladie qui les rends aussi nerveux, ou est-ce l&rsquo;appartenance à un cluster de personnalité particulier qui favorise l&rsquo;apparition des pathologies? Vous avez 2 heures&hellip;</p>
<p>Joyeuses fêtes de Pâques et à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjixgxN4I9O3AY43y356AtUrgjs8MOZpPn-tBs7wD-4S78joPs5TjGXlfUwRwn-ugsQuobQLF0zcdac_jV5-zyH9bWeeEaVZBk5-bqRCQGZrb8Q8R4hTfwpDwAdKHb_fUUCbyn6A1twBEN2/s1600/darth-vader-no-helmet.jpg"><img src="/images/articles/2017/darth-vader-no-helmet.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°135: otite séro-muqueuse (reco HAS), e-cigarette (reco), score calcique et diabète (SFD), hypothyroïdie fruste, aspirine faible dose</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/04/dragi-webdo-n135/</link><pubDate>Sun, 09 Apr 2017 19:17:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/04/dragi-webdo-n135/</guid><category>Prévention</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>ORL</category><category>Addictologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! J&rsquo;espère que vous avez passé une bonne semaine. Pour introduire ce billet, parlons des patients et de leurs symptômes. Un article du <a href="http://bjgpopen.org/content/early/2017/03/28/bjgpopen17X100761">BJGP</a> a étudié les symptômes de 50 000 danois en 2012. Les auteurs ont retrouvé que seuls 21,7% des symptômes menaient à une consultation, ce qui correspond exactement aux 217 patients sur 1000 consultant un généraliste dans le Carré de Green en 2001. Voici sans tarder les actualités de la semaine!</p>
<p>1/  Dépistages</p>
<p>Le <a href="http://social-sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/marisol-touraine-modernise-le-depistage-organise-du-cancer-du-sein-et-annonce">ministère</a> propose de remanier le dépistage du cancer du sein! Non, je déconne&hellip; Ne rêvons pas. Le ministère propose 2 consultations de prévention: une a 25 ans et une à 50 ans, créées pour parler des dépistages. Encore faudrait il que les médecins généralistes soient formés à ces consultations et que l&rsquo;information délivrée soit fiable et honnête. Malheureusement, je crains que si les gynécologues effectuent ces consultations, les infos puissent être biaisées. (Mais cela viendra, car dans le même style, de plus en plus d&rsquo;urologues me renvoient des patients pour qu&rsquo;on parle de PSA sans prescrire eux même les dosages.)</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un nouvel article du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2530006?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=854966826&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=36323763">JAMA</a> parle de la prescription d&rsquo;aspirine en prévention primaire. Dans l&rsquo;algorithme proposé, on peut surtout voir que l&rsquo;aspirine n&rsquo;a pas de bénéfice clairement établi lorsque le risque cardiovasculaire est inférieur à 10% selon le calculateur américain. A partir de 10%, il peut y avoir un intérêt si le NNT dans les études est inférieur au NNH (bénéfice &gt; risques) pour les patients entre 50 et 69 ans.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg4hQCICmBRkZBVHYtCsjY7PYOMEzw4gIzk50NxrYEFLrJHGAZa0rTNhtWBPyD9B3O8Fr0JrlDtZBSTfW5r_2Evxs3OWy32ZT41wmT0lNMBA6rM0myrZORph67o8GN2zqaK9lkm9mLlcW9V/s1600/aspirine.jpg"><img src="/images/articles/2017/aspirine.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ ORL</p>
<p>L&rsquo;otite séro-muqueuse a embêté de nombreux patients et de nombreux médecins. Chacun de ces derniers y allait de son antibiothérapie, de ses corticoïdes et autres solutions nasale. Des <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2017-04/dir1/app-17_fiche_pertinence_att_cd_2017_03_22_vfinale.pdf">recommandations HAS</a> viennent d&rsquo;être publiées: &quot; Il n&rsquo;y a pas de traitement médicamenteux efficace: décongestionnant, antibiotiques, antihistaminiques, corticoïdes et autres traitements sont donc déconseillés&quot;. Donc, en l&rsquo;absence de risque (trouble du développement ou du langage, surdité, trisomie 21, pathologie vélaire, handicap visuel ou suspicion de rétraction tympanique) un contrôle tous les 3 mois est à effectuer. L&rsquo;indication des aérateurs trans-tympaniques est restreinte à la présence d&rsquo;une baisse d&rsquo;au moins 25dB à l&rsquo;audiométrie.</p>
<p>4/ Tabacologie</p>
<p>Des <a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0761842517300220">recommandations</a> sur l&rsquo;utilisation de l&rsquo;e-cigarette existent désormais. De façon globale, l&rsquo;e-cigarette peut être un outil de sevrage tabagique chez l&rsquo;adulte y compris pendant la grossesse (mais plutôt en 2ème intention après les les substituts nicotiniques classiques ou si c&rsquo;est le moyen choisi par la patiente). L&rsquo;arrêt total du vapotage doit être encouragé comme on encourage l&rsquo;arrêt des substituts nicotiniques quand le sevrage tabagique a été obtenu. Chez les anciens fumeurs ou anciens vapoteurs, il est recommander de ne pas utiliser à nouveau d&rsquo;e-cigarette, celle ci pouvant favoriser une rechute dans l&rsquo;addiction au tabac.</p>
<p>5/ Thérapies non-conventionnelles</p>
<p>Dans les migraines, un essai randomisé du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2603492?utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jamaim&amp;utm_campaign=article_alert&amp;utm_content=automated">JAMA internal medicine</a>  semble retrouver que l&rsquo;acuponcture 5 fois par semaine pendant 4 semaines a permis de diminuer significativement la survenue de nouvelle migraines par rapport à une fausse acuponcture. En effets, avec une fréquence de migraines de 5 par mois, les patients avec acuponcture avaient en fin d&rsquo;étude environ 2 migraines par mois, et ceux avec une fasse acuponcture 3 migraines par mois. Un groupe de patient était également sur &ldquo;liste d&rsquo;attente&rdquo; et n&rsquo;avait donc aucune intervention: la fréquence de migraines avait quand même diminuée à 4 par mois.</p>
<p>Restons donc dans les thérapies alternatives. Dans la <a href="http://annals.org/aim/article/2603230/nonpharmacologic-therapies-low-back-pain-systematic-review-american-college-physicians">lombalgie</a>, il semblerait qu&rsquo;il y ait un faible niveau de preuve pour qu&rsquo;il y ait une efficacité faible de l&rsquo;acuponcture, de la méditation en plein conscience, du yoga et du taï-chi. Bien que les preuves soient maigres, les effets secondaires sont rarement graves. Alors pourquoi pas, si le patient n&rsquo;est soulagé par rien d&rsquo;autre.</p>
<p>6/ Endocrinologie</p>
<p>Le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1603825">NEJM</a> a publié une étude sur le traitement de l&rsquo;hypothyroïdie fruste chez les patients de plus de 65 ans. Dans cet essai contrôlé randomisé la moyenne d&rsquo;âge de patients était de 75 ans, leur TSH était  supérieure à 4 et inférieure à 10 et la T4 était normale. Les auteurs ne retrouvent pas de bénéfice clinique sur un score de symptômes d&rsquo;hypothyroïdie ni sur un score de fatigue après 1 an de traitement par levothyroxine. Cet article confirme l&rsquo;absence d&rsquo;intérêt de traiter les hypothyroïdies frustes, cependant, l’article ne dit pas si ces patients avaient des anticorps positifs, prédictifs d&rsquo;une évolution vers une hypothyroïdie symptomatique. Malgré cette évolution potentiellement péjorative en présence d&rsquo;anticorps, je n&rsquo;ai jamais compris l&rsquo;intérêt de débuter un traitement plusieurs mois avant voire années supplémentaires&hellip; Autant surveiller, et traiter au moment des symptômes ou de la baisse des hormones périphériques. (ou sinon, il faudrait m&rsquo;expliquer!)</p>
<p>Pour finir, un mot sur le congrès de diabétologie de la <a href="http://www.congres-sfd.com/">SFD</a> qui s&rsquo;est achevé la semaine dernière. Concernant ce qui est applicable pour le médecin généraliste, il faut noter la place importante que le liraglutide va prendre, étant donné que c&rsquo;est le seul traitement avec un bénéfice cardiovasculaire démontré en essai contrôlé randomisé de bonne qualité méthodologique disponible en France.</p>
<p>Ensuite, le score calcique semble être l&rsquo;autre point intéressant pour repérer les patients diabétiques à haut risque. Ce score était déjà testé chez le diabétique depuis plusieurs années (j&rsquo;en avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/05/dragi-webdo-n4.html">ici</a>), mais son utilisation en routine devrait progressivement se mettre en place car bien meilleur qu&rsquo;un calcul basé sur des facteurs de risque. Pour mémoire, le score &gt; 100 est considéré comme pathologique et nécessiterai des explorations cardiologiques alors que s&rsquo;il est inférieur à 100, le patient est à faible risque et un contrôle des facteurs de risques serait suffisant. En pratique, un calcul de score calcique se fait sur une prescription de scanner thoracique non injecté avec demande de calcul du score.</p>
<p>Bonne soirée et bonne semaine à tous! A bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°134: dyslipidémies (reco HAS), aspirine (reco US), Gardasil 9, eczéma, PNNS, décision partagée</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/04/dragi-webdo-n134/</link><pubDate>Tue, 04 Apr 2017 01:24:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/04/dragi-webdo-n134/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ou plutôt bonsoir! Pour ceux qui n&rsquo;auraient pas été au congrès du CMGF, vous pouvez retrouver les abstracts et vidéos sur le <a href="http://www.congresmg.fr/index.php/fr/">site</a> ou relisez tous les tweets <a href="https://twitter.com/search?f=tweets&amp;vertical=default&amp;q=%23CMGF2017&amp;src=typd">#CMGF2017</a>! Pour les présents, merci pour ces rencontres pendant les 3 jours de congrès et vivement le prochain!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Avec la pénurie de vaccins anti-VHB, comment se faire vacciner? L&rsquo;<a href="https://www.iledefrance.ars.sante.fr/vaccination-contre-lhepatite-b-pour-qui-comment">ARS</a> a mis en place un guide pour les personnes des groupes prioritaires pour qu&rsquo;ils puissent avoir le vaccin en pharmacie hospitalière. Côté médecin, il semble qu&rsquo;il faille préciser l&rsquo;appartenance à la catégorie prioritaire pour que le pharmacien vérifie.</p>
<p>Prescrire dirait &ldquo;enfin&rdquo;! Les <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000034290809">solutions d&rsquo;acide hyaluronique</a> pour injections articulaires vont être déremboursées. BigPharma n&rsquo;a donc plus grand chose à se mettre sous la dent concernant l&rsquo;arthrose.</p>
<p>Le risque diabétogène des statines continue d&rsquo;être étudié. Une <a href="http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs40266-017-0435-0">étude</a> de cohorte chez 8000 femmes de plus de 70 ans, retrouve une augmentation du risque de diabète de 33%  sous statine, soit un nombre de patientes à traiter pour un évènement (NNH) de 131 en 5 ans. Ce qui est concordant avec les autres études.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>La <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2039802/fr/principales-dyslipidemies-strategies-de-prise-en-charge">HAS</a> a publié des recommandations sur les dyslipidémies. Elles sont basées sur celles de l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/09/dragi-webdo-n105.html">ESC</a> avec quelques précisions par endroit quand l&rsquo;ESC n&rsquo;avait pas émis de propositions claires. Ainsi, le risque cardiovasculaire se calcule avec SCORE. Les patients à faible risque (SCORE&lt;1%) et à risque modéré (SCORE entre 1 et 5% ou diabète T1/T2 &lt; 40ans non compliqué) ont des objectifs respectifs de LDLc à 1,9g/L et 1,3g/L à atteindre par règles hygiénodiététiques en première intention. Les patients à haut risque (SCORE entre 5 et 10% ou diabète &gt;40 ans non compliqué pour simplifier, ou insuffisance rénale modérée) et à très haut risque (SCORE &gt; 10% , diabète &gt; 40 ans avec complication, IRC sévère ou maladie cardiovasculaire établie), les objectifs sont de 1g/L et 0,7g/L à atteindre avec une statine.</p>
<p>Quelle statine? La HAS recommande désormais la simvastatine et atorvastatine en première intention, tout en rappelant l&rsquo;absence d&rsquo;AMM de cette dernière en prévention secondaire. Ainsi, quand l&rsquo;objectif de LDL n&rsquo;est pas atteint, on peut ajouter l&rsquo;ezetimibe qui a des preuves d&rsquo;efficacité démontré dans cette indication.</p>
<p>Le point différent des recos de l&rsquo;ESC concerne les hypertriglycéridémies, car l&rsquo;ESC recommandait une statine en première intention. La HAS recommande une statine si le LDL n&rsquo;est pas à l&rsquo;objectif, mais s&rsquo;il l&rsquo;est c&rsquo;est un fibrate qui est recommandé en première intention. Le tableau étant complexe, je vous laisse aller le regarder. Voici cependant le tableau principal:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEghS8auUtYCaIHyEEKWXrTqZRA1mrrRL-6jendExaCk_SxF9hr58igCLpjr-JSXXH926I05IwWO6y1Vp5SRuJWf1C0J41OSEMR5xVnD4ji-xCmYeIwBKAdsA7PinM1K655Wubw7dBFLn7qD/s1600/dyslipid%25C3%25A9mie.jpg"><img src="/images/articles/2017/dyslipid-25c3-25a9mie.jpg" alt=""></a></p>
<p>En prévention cardiovasculaire et du cancer colorectal, l&rsquo;<a href="http://annals.org/aim/article/2513179/aspirin-use-primary-prevention-cardiovascular-disease-colorectal-cancer-u-s?utm_content=bufferaa57b&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">USPSTF</a> recommande l&rsquo;aspirine faible dose pour une durée de 10 ans aux patients de 50 à 59 ans dont le risque AHA/ACC est supérieur à 10%. Entre 60 et 69 ans, la balance bénéfice risque doit être évaluée individuellement, notamment en fonction du risque de saignement. Avant 50 ans et après 70 ans, l&rsquo;aspirine en prévention cardiovasculaire primaire n&rsquo;a pas prouvé d&rsquo;efficacité.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Un nouvel avis du <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=602">HCSP</a> est tombé sur la vaccination anti HPV: le Gardasil 9 devient le vaccin recommandé en 1ère intention. En effet, il est retrouvé une protection contre les HPV 52 et 58 qui n&rsquo;avaient  jamais été vu dans les vaccins précédents (le Cervarix protégeait déjà par réactions croisées sur les HPV 33 et 45). Le bénéfice sur les lésions précancéreuses et les condylomes en font donc le vaccin anti-HPV de choix. La sécurité n&rsquo;a cependant été étudiée que sur environ 23 000 patientes, on est donc loin d&rsquo;avoir la puissance nécessaire pour évaluer le risque de maladies auto-inflammatoire dont la fréquence était estimée à 1 pour 100 000 pour le Gardasil4. Quoi qu&rsquo;il en soit, ces évènements sont donc, particulièrement rares.</p>
<p>On ne traite pas les angines, bronchites et otites moyennes de la même façon partout. Parfois les antibiotiques ne sont pas indispensables. Voici quelques infographies de <a href="https://www.safetyandquality.gov.au/our-work/shared-decision-making/patient-decision-aids/">décision partagée</a> sur ces 3 pathologies infectieuses.</p>
<p>L’eczéma de l&rsquo;enfant est souvent sur_infecté, mais quel antibiotique prescrire et comment? Un <a href="http://www.annfammed.org/content/15/2/124.long">essai</a> contrôlé randomisé des enfants avec eczéma modérément sur_infectés traités 1 semaine par dermocorticoides et émollients associés soit: à des placébos, à un antibiotique local + placébo oral, à un antibiotique oral + placébo local. A évalué à 15 jours, les auteurs retrouve que le score de gravité d&rsquo;eczéma ressenti par le patient (POEM) était meilleur dans le groupe double placébo par rapport aux antibiotiques! Les dermocorticoïdes sont suffisant pour ces eczéma modérément sur-infectés sans nécessiter d&rsquo;antibiotiques.</p>
<p>4/ Nutrition et diabétologie</p>
<p>Le nouveau programme nutrition santé a été publié par le <a href="http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=601">HCSP</a>.  Il est toujours recommandé de manger 5 fruits et légumes sans que l&rsquo;on sache scientifiquement pourquoi 5. Il est recommandé de limiter la consommation de viande rouge à 500g/semaine. Une des principales modifications concerne les produits laitiers dont le nombre recommandé par jour baisse à 2. Je vous laisse regarder le tableau de l&rsquo;avis pour plus de détails (il n&rsquo;est pas si long que ça!)</p>
<p>Une nouvelle étude revient sur le traitement intensif du diabète de type 2. Pour mémoire, l&rsquo;étude ACCORD avait retrouvé une sur-mortalité chez les patients diabétiques avec une cible glycémique (HbA1C) inférieure à 6%. Cette nouvelle méta-analyse publiée dans le <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(17)30104-3/abstract">Lancet Diabetes and Endocrinology</a> retrouve que les traitements intensifs diminuent le risque de néphropathie (ainsi que le risque de progression de néphropathie) et de rétinopathie diabétique , respectivement de 20% et 13%. Cependant, ces résultats sont surtout portés par le poids de l&rsquo;étude ACCORD: les auteurs n&rsquo;ont pas étudié la mortalité dans cette méta-analyse! Ils en parlent à peine en discussion&hellip; S&rsquo;ils avaient retrouvé une diminution de mortalité ou même une absence d&rsquo;augmentation de mortalité, je doute qu&rsquo;ils se soient privés de le dire. La liste des conflits d&rsquo;intérêt des auteurs suffit à comprendre l&rsquo;orientation de l&rsquo;article. Bref, se méfier des &ldquo;augmentation de traitements&rdquo; que pourraient subir les patients suite à cette méta-analyse.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Bonne nuit et à très bientôt pour un prochain Dragi Webdo (Promis, le prochain, j&rsquo;essaye de le publier le dimanche!)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°133: thrombose veineuses (HERDOO2), alcool, conjonctivite, bilan hépatique, cannabis</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/03/dragi-webdo-n133/</link><pubDate>Sun, 26 Mar 2017 23:14:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/03/dragi-webdo-n133/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Infectiologie</category><category>Hépatologie</category><category>Addictologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir, reprenons les bonnes habitudes avec une publication le dimanche soir. Tout d&rsquo;abord, merci à tous pour vos message d&rsquo;encouragement, vos commentaires et vos réflexions qui permettent d&rsquo;aller plus loin dans les réflexions sur la médecine! Et ensuite, les actualités (c&rsquo;est un peu long aujourd&rsquo;hui&hellip;)</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2610100?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=836824696&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=35623224">JAMA internal medicine</a> a publié un article sur les inhibiteurs de la 5 alpha réductase (comme le finastéride, si c&rsquo;est plus parlant). Ces traitements pourraient être associés à une augmentation des syndromes dépressifs, durant les 12-18 premiers mois mais sans augmentation significative du nombre de suicides. Il semble néanmoins nécessaire de surveiller le moral des patients traités.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Nous allons parler de maladies thromboemboliques veineuses. La tendance actuelle est de proposer des traitements prolongés par anti-coagulation après les TVP sans facteur déclencheur en supposant qu&rsquo;un tel évènement n&rsquo;est pas &ldquo;normal&rdquo; même avec un bilan de thrombophilie sans anomalie retrouvée. Le <a href="http://www.bmj.com/content/356/bmj.j1065">BMJ</a> a proposé un article évaluant une règle permettant de décider de l&rsquo;interruption de l&rsquo;anticoagulation. Avec un score HERDOO2 nul ou égal à 1, les patients sont classé a faible risque et l&rsquo;incidence annuelle de récidive de TVP est de 3% . Quand ce score est supérieur ou égal à 2, l&rsquo;incidence est supérieure à 8% ce qui justifierait une anticoagulation au long cours.</p>
<p>Les critères du score (1 point par item, score allant de 0 à 4):</p>
<ul>
<li>
<p>Hyperpigmentation, oedème ou érythème des membres inférieurs;</p>
</li>
<li>
<p>D-dimer ≥250
μg/L;</p>
</li>
<li>
<p>IMC ≥ 30 ;</p>
</li>
<li>
<p>Age ≥ 65 ans.</p>
</li>
</ul>
<p>Autre article du <a href="http://www.bmj.com/content/356/bmj.j1081">BMJ</a>: pour quels patients faut il chercher un cancer comme facteur déclencheur de TVP? Les évènements thrombo-emboliques veineux survenant sans facteur déclenchant chez des patients de plus de 40 ans devraient nécessiter une recherche de cancer par:</p>
<ul>
<li>
<p>interrogatoire et examen clinique</p>
</li>
<li>
<p>vérification des dépistages &ldquo;habituels&rdquo;: frottis, mammographie et dépistage colorectal</p>
</li>
<li>
<p>NFS plaquettes, calcémie, bilan hépatique, analyse d&rsquo;urines,</p>
</li>
<li>
<p>radiographie thoracique ou TDM thoraco-abdominal (recommandé par le NICE, mais beaucoup plus irradiant, avec un cout de dépistage multiplié par 3 lié au explorations de faux-positif vu sur le TDM).</p>
</li>
</ul>
<p>Parlons un peu alcool. Le <a href="http://www.bmj.com/content/356/bmj.j909">BMJ</a>, encore une fois, a publié une étude de cohorte recherchant les évènements cardiovasculaires selon la consommation d&rsquo;alcool des patients. Si l&rsquo;on ne tiens pas trop compte des biais possibles de ce type d&rsquo;étude et des facteurs de confusion qui existent certainement et qui n&rsquo;aurait pas été pris en compte par les auteurs, les consommateurs modérés (sous la limite de l&rsquo;OMS) avaient un risque moindre de mort subite par infarctus du myocarde, d&rsquo;AVC et d&rsquo;insuffisance cardiaque que les patients non buveur et que les patients buvant plus que les recommandations OMS.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEirmmAOmNpjJQf8iXSFJ9GMzSq0f2b-cCmxzpM-Ny97psLy_hOS4C6PtP-MGY2YQ0iKgsB6XbuYj-VkDeO1PoEXHgm3rohGpAmwqjt-sgmss1vK10Q8M4w49WsO1vF50jRdJZyZbCfPBWSb/s1600/alcool.jpg"><img src="/images/articles/2017/alcool.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Les lombalgies font encore parler d&rsquo;elles. D&rsquo;abord, dans <a href="http://annals.org/aim/article/2612231/intradiscal-glucocorticoid-injection-patients-chronic-low-back-pain-associated-active">Annals of Internal medicine</a> avec un essai contrôlé randomisé français étudiant l&rsquo;efficacité des injections de prednisolone intra-discale chez 135 patients. Les auteurs retrouvent une amélioration significative de la douleur sur échelle verbale à 1 mois (-22 points sur 100), mais pas de différence à 12 mois. Il s&rsquo;agissait de patients en centre sur-spécialisés avec des critères IRM précis, donc ça ne concerne pas toutes les lombalgies.</p>
<p>De son coté, le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1614292?query=featured_home">NEJM</a> publie un essai contrôlé randomisé sur la prégabaline dans la lombosciatique aiguë et chronique. Une fois de plus, les traitements essayés dans la sciatique n&rsquo;ont pas réussi a permettre une modification significative de la douleur à 8 semaines ou 52 semaines, Les EVA de la douleur étaient mêmes meilleures sous placebo, et les patients avaient moins d&rsquo;effets indésirables. La sciatique&hellip; cette pathologie ou les meilleurs traitements sont l&rsquo;effet placebo, la patience et la prise en charge des soucis qui font que les patients en ont plein le dos.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/1758756?utm_source=twitter&amp;utm_campaign=content-shareicons&amp;utm_content=article_engagement&amp;utm_medium=social&amp;utm_term=032117#.WND9joghvJs.twitter">JAMA</a> a publié une revue narrative portant sur les conjonctivites. Un arbre décisionnel permet d&rsquo;aider le praticien pour savoir quand orienter au spécialiste (avec un petit oubli pour la conjonctivite virale qui, d&rsquo;après le texte doit être localisée sur l’algorithme au même endroit que la conjonctivite allergique). Rien de très neuf à part cela, mais le traitement des conjonctivites virales et allergiques est identique: lavages oculaires et anti-histaminiques (notamment azelastine 1gtte x 2/j ou cromoglicate de sodium x 4-6/j). Aucune place n&rsquo;est faite aux &ldquo;collyres antiseptiques&rdquo;, car en cas de conjonctivite bactérienne les collyres antibiotiques sont à privilégier (notamment tobramycine x3/j pendant 7 jours), mais ne pas les traiter est également acceptable car elles guérissent généralement spontanément (l&rsquo;antibio ne diminue que la durée des symptômes)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiMdN3pEvH7tkKFJ7LGffuGb30ggPmh0dt97G0W3MJybDG01KbONS63aAqiAg69zgOWxl5kaoPA258ElirVytbLPioM1fTQtkMzBsg8H8MDYkMjDqENBFRzxt3A3-Nsbu4louybqtmHh5RV/s1600/conjonctivite.jpg"><img src="/images/articles/2017/conjonctivite.jpg" alt=""></a></p>
<p>La <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2017-03/dir2/reevaluation_de_la_strategie_depistage_vih_-_synthese_reco.pdf">HAS</a> a publié une fiche sur le dépistage du VIH en France. La recommandation d&rsquo;une sérologie VIH dans la vie de tout patient entre 15 et 70 ans est remis en place (notamment pour les régions Ile de France, PACA et départements Français d&rsquo;Amérique). Les hommes ayant des rapports avec des hommes devraient être dépistés tous les 3 mois, les usagers de drogues intraveineuse une fois par an, tout comme les patients originaires de zones de forte prévalence (Afrique et caraïbes). Ces recommandations &ldquo;globales&rdquo; sont certainement à adapter selon le patient parce que leur formulation me semble un peu rétrograde&hellip;</p>
<p>5/ Hépatologie</p>
<p>La <a href="http://www.nature.com/ajg/journal/v112/n1/full/ajg2016517a.html">société de gastro-entérologie</a> américaine a publié des recommandations sur le bilan à faire en cas d&rsquo;anomalie du bilan hépatique. D&rsquo;abord, en cas d&rsquo;anomalie, recontrôler le bilan hépatique.</p>
<p>Ensuite, le bilan:</p>
<ul>
<li>
<p>ASAT, ALAT, PAL, GGT et bilirubine totale et conjugué, TP-TCA, albuminémie</p>
</li>
<li>
<p>sérologies: VHB, VHC (éventuellement VHA et en Europe il parait qu&rsquo;on sous estime les hépatites E, donc il me semble qu&rsquo;il est recommandé de rechercher VHE si les autres sont négatifs)</p>
</li>
<li>
<p>bilan métabolique: glycémie à jeun, bilan lipidique, échographie hépatique</p>
</li>
<li>
<p>Ferritine, coefficient de saturation et fer sérique (rajouter la CRP pour vérifier que ce soit interprétable). La recherche de mutation HFE doit etre effectuée si CST &gt; 45% ou hyperferritinémie.</p>
</li>
<li>
<p>bilan auto-immun: anticorps antinucléaires, anticorps anti muscle lisse (et anti LKM et anti mitochondrie en 2ème intention), électrophorèse des protéines</p>
</li>
<li>
<p>Avant 55 ans: céruloplasmine sérique</p>
</li>
<li>
<p>Et si persistance: rechercher une maladie coeliaque, un Lyme et dosage de l&rsquo;alpha1 anti-trypsine.</p>
</li>
</ul>
<p>J&rsquo;ai toujours pensé que les PAL servaient pas à grand chose, mais visiblement en cas d&rsquo;anomalie il faut chercher une cholangite sclérosante primitive. Et au contraire, ce sont les GGT qui ne doivent pas être faites systématiquement dans des bilans de dépistage en absence d&rsquo;autres anomalies à cause de leur manque de spécificité.</p>
<p>6/ Addictologie</p>
<p>Une <a href="http://www.annfammed.org/content/15/2/131.long">étude française</a> a étudié l&rsquo;impact du dépistage du cannabis chez les adolescents en médecine générale. L&rsquo;essai avait randomisé l&rsquo;intervention ou non par cabinet de médecine générale. Les auteurs retrouvent malheureusement qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;amélioration dans le sevrage des patients consommateurs réguliers mais une baisse de la consommation chez les consommateurs jeunes et occasionnels.</p>
<p>7/ Diabétologie</p>
<p>Il y a quelques mois, une étude du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/11/dragi-webdo-n117.html">BMJ</a> parlait du sur-risque de mortalité des patients pré-diabétiques. Mais faut-il traiter ces patients par metformine? Le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2612613?utm_source=twitter&amp;utm_campaign=content-shareicons&amp;utm_content=article_engagement&amp;utm_medium=social&amp;utm_term=032317#.WNPFCTrh2eI.twitter">JAMA</a> revient sur cette question en parlant d&rsquo;une étude qui a permis de diminuer le nombre d&rsquo;évolution en diabète, mais aucun critère de jugement n&rsquo;a évalué les évènements cardiovasculaires ou la mortalité&hellip; (déjà qu&rsquo;en cas de diabète, les bénéfices sont difficiles à prouver&hellip;) Bref, traiter les pré-diabétiques n&rsquo;est, à ce jour, pas recommandé car les règles hygiéno-diététiques sont les mesures ayant le plus de bénéfices prouvés.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour ce soir!</p>
<p>Passez une bonne semaine et RDV au #CMGF2017 pour ceux qui y seront!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°132: Anti-PCSK9 et risque cardiovasculaire, HTA et néphropathie, BPCO (recos européennes), diabète (reco US), hypothyroïdie et grossesse</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/03/dragi-webdo-n132/</link><pubDate>Tue, 21 Mar 2017 19:45:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/03/dragi-webdo-n132/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Néphrologie</category><category>Pneumologie</category><category>Endocrinologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Chassez les mauvaises habitudes et elles reviennent presque aussitôt&hellip; Je n&rsquo;ai jamais eu autant de retard pour un Dragi Webdo alors, tout de suite, les actualités!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un nouveau site internet a été mis en place pour signaler les effets indésirables des traitements: <strong><a href="https://signalement.social-sante.gouv.fr/" title="Signalement-sante.gouv.fr (nouvelle fenêtre)">Signalement-sante.gouv.fr</a></strong> . Facile d&rsquo;utilisation, il n&rsquo;y aura plus aucune excuse pour ne pas déclarer des effets indésirables!</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Trimetazidine-Vastarel-et-generiques-prescription-initiale-annuelle-reservee-aux-cardiologues-Point-d-Information">ANSM</a> revient sur les prescriptions de Trimetazidine (Vastarel) pour réserver la prescription initiale aux cardiologues. L&rsquo;objectif est de diminuer les prescriptions ORL et ophtalmologiques de ce médicament. Il ne me semble pas qu&rsquo;il y ait d&rsquo;ailleurs de grandes preuves d&rsquo;efficacité cardiologiques non plus&hellip; mais c&rsquo;est un début.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p> Les articles cardio de la semaine concernent les anti PCSK-9 dans le traitement des dyslipidémies, ou plutôt, prévention cardiovasculaire. Tout d&rsquo;abord, l&rsquo;<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1615664#t=abstract">Evolocumab</a>, étudié dans un essai contrôlé randomisé versus placebo (étude FOURIER). Notons que le sponsor pharmaceutique de l&rsquo;étude était responsable du recueil des données. Les patients étaient en prévention secondaire (ATCD d&rsquo;infarctus du myocarde, d&rsquo;AVC ou d&rsquo;AOMI sévère). Ils avaient 62 ans en moyenne, 36% étaient diabétiques, 80% hypertendus. Leur LDL moyen était de 0,9g/L donc &ldquo;parfaitement contrôlé&rdquo;, pour ceux qui parlent de contrôle du LDL, et 70% avaient une statine de forte intensité.<br>
Bref, dans ces conditions et avec en moyenne 2 ans et 2 mois de suvi, les auteurs retrouvent une diminution significative du risque cardiovasculaire sur leur critère composite principal (OR=0,85), essentiellement portée par la diminution des AVC et infarctus non mortels (respectivement OR=0,79 , NNT=250 et  OR=0,72  , NNT=84). La mortalité globale et cardio-vasculaire n&rsquo;était pas modifiée.</p>
<p>Pour ceux qui aiment le LDL, le taux a été baissé aux alentours de 0,30 avec le traitement.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgaRBo9BK1UuZBQ3agJjMqRyQ46cR3DQTUWLBN3slkfADZ8VucmtHoPQ-s7gvCBfTGLJoRVWjuRzp_OAt7WRT7mhJp-0cD0BTVa0IH9ISx7BJyOQUm5FCq8ox_Jdg-fWkxCsBh1PZUpq2ej/s1600/PCSK9.jpg"><img src="/images/articles/2017/pcsk9.jpg" alt=""></a></p>
<p>Le deuxième traitement, le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1701488#t=articleBackground">Bococizumab</a>, un autre anti-PCSK9 a été étudié dans deux essais contrôlé randomisés: SPIRE-1 et SPIRE-2, avec une place non négligeable du sponsor également. Les auteurs sont choisi de publier les 2 études en 1 article, malheureusement pour eux, si SPIRE-2 (et ses 10 000 patients) retrouve une amélioration du critère composite cardiovasculaire (OR=0,79), ce n&rsquo;est pas le cas de SPIRE-1, et encore moins lors de l&rsquo;analyse des deux études ensemble. Même SPIRE-2 ne montrait pas d&rsquo;amélioration sur les critères pris indépendamment (IDM, mortalité globale ou cardiovasculaire), sauf pour les AVC non fatals qui étaient diminués (OR=0,60 , NNT=370!).<br>
Pour atteindre le point où je raconte ma vie, il se trouve que j&rsquo;exposais les bénéfices des traitements cardiovasculaire à un patient qui m&rsquo;a répondu &ldquo;Si c&rsquo;est pour vivre à moitié paralysé, ça m&rsquo;intéresse pas votre traitement&rdquo;. Du coup, je ne suis pas convaincu que baisser les AVC non fatals soit un super critère si on étudie pas la durée de vie sans incapacité ou la qualité de vie des patients.</p>
<p>3/ Néphrologie</p>
<p>Une <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2608539?utm_medium=alert&amp;utm_source=JAMA+Intern+MedPublishAheadofPrint&amp;utm_campaign=13-03-2017">méta-analyse</a> publiée dans le JAMA internal medecine comparait un traitement de la tension artérielle intensif (&lt; 130/80) versus habituel (&lt; 140/90) chez les patients non diabétiques avec une néphropathie. Après 3 ans de suivi médian, le contrôle intensif n&rsquo;a pas permis de ralentir la progression de la maladie rénale chronique ni de diminuer la mortalité globale. Les effets secondaires des traitements n&rsquo;ont cependant été que peu étudiés.</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p> Le mois de mars était celui des recos sur la BPCO, et l&rsquo;<a href="http://erj.ersjournals.com/content/49/3/1600791?ctkey=shareline">ERS</a> (agence européenne de pneumologie) a publié des recommandations. Elles sont très imprécises et ne vont pas grandement modifier la pratique. Le point principal réside dans le traitement par corticoïde des exacerbations en ambulatoire, dont la durée a été potentiellement prolongée: au lieu de 5 jours à 40mg (GOLD2017), ces recommandations disent désormais &ldquo;moins de 14 jours&rdquo; sans que la justification ne soit très claire.<br>
Les antibiotiques dans l&rsquo;exacerbation en ambulatoire seraient recommandés, mais l&rsquo;antibiotique en question n&rsquo;est pas défini, contrairement aux recommandations NICE et GOLD qui réservent les antibiothérapies aux patients avec des expectorations purulentes ou des BPCO sévères. L&rsquo;argumentaire est faible une fois de plus pour justifier l&rsquo;antibiothérapie systématique.<br>
Le reste des recos ne concernent que très peu la médecine générale. Bref, en rester aux autres recos car celles ci n&rsquo;apportent rien de nouveau ou de scientifiquement justifié.</p>
<p>5/ Endocrinologie</p>
<p>Faut il traiter les hypothyroïdies frustes chez les patientes enceintes? Deux articles apportent des éléments de réponse. Dans le <a href="http://www.bmj.com/content/356/bmj.i6865">BMJ</a>, une étude de cohorte rétrospective met en évidence que le traitement de l&rsquo;hypothyroïdie fruste (TSH &gt;2,5 et &lt; 10) serait associé à une diminution du risque de fausses couches, mais également à une augmentation de diabètes gestationnels, d&rsquo;accouchement prématurés et de pré-éclampsie&hellip;<br>
Dans un essai contrôlé randomisé du <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1606205">NEJM</a>, les patientes enceintes avec une hypothyroïdie fruste (TSH &gt; 4 avec T4 normale) ont été traitée par placebo ou levothyroxine à dose suffisante normaliser la TSH. Les auteurs ont évalués des critères de jugement dépendant uniquement de l&rsquo;enfant. Ils ne retrouvent pas de différence de QI des enfants à 3 ou 5 ans entre les groupes, ni de différence en terme de mortalité néonatale.<br>
Ainsi, les deux études ne semblent pas en faveur d&rsquo;un dépistage et d&rsquo;un traitement des hypothyroïdies frustes durant la grossesse, ce qui est conforme aux recommandations actuelles.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Les recommandations américaines de l&rsquo;<a href="http://annals.org/aim/article/2609290/pharmacologic-therapy-type-2-diabetes-synopsis-2017-american-diabetes-association">ADA</a> pour la prise en charge du diabète de type 2 viennent d&rsquo;être publiées. Pour la première fois les objectifs d&rsquo;HbA1C ne sont plus au premier plan. Les auteurs écrivent simplement &ldquo;si l&rsquo;objectif n&rsquo;est pas atteint&rdquo;, et on trouve par endroit qu&rsquo;il faut majorer le traitement si HbA1C &gt; 8%, ce qui est concordant avec les données des grands essais diabétologiques. Il est recommandé de débuter par une bithérapie si Hba1C &gt; 9% et par de l&rsquo;insuline si &gt; 10%.<br>
Malheureusement, en dehors de la metformine en première intention, toutes les autres classes d&rsquo;antidiabétiques sont recommandées pour les bi et trithérapies si le diabète n&rsquo;était pas contrölé, malgré les traitements plus éprouvés que sont le liraglutide et l&rsquo;empagliflozine (qui ont diminué les évènements cardiovasculaires et la mortalité en essai contrôlé randomisé en prévention secondaire).<br>
Heureusement, une revue narrative publiée dans le <a href="http://www.jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2599765?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=830210535&amp;utm_content=content_engagement%7carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=35368913">JAMA</a> revient sur les antidiabétiques et explique, qu&rsquo;avec les données actuelles, il n&rsquo;est pas normale d&rsquo;avoir recours à des traitements dont l&rsquo;efficacité ne repose que sur une amélioration de l&rsquo;HbA1C.</p>
<p>Ainsi, une <a href="http://cardiab.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12933-017-0512-z#MOESM1">méta-analyse</a> des principaux essais randomisés concernant les analogues du GLP-1 et inhibiteurs de la DPP-4 ont été publiés. Cette étude n&rsquo;incluant que les principaux essais, on ne peut avoir quelques variation par rapport à d&rsquo;autres méta-analyses sur des essais moins sélectionnés. Les auteurs n&rsquo;ont pas retrouvé de bénéfice aux inhibiteurs de DPP-4 mais un sur-risque de pancréatite aigue. Concernant les analogues du GLP-1, il y avait un bénéfice sur la mortalité globale et cardiovasculaire. Mais si on regarde bien, il y a une erreur dans les chiffres concernant la mortalité globale pour une des études donc probablement que l&rsquo;effet sur la mortalité globale est moindre. Le problème de cette méta-analyse est donc qu&rsquo;elle supprimé le poids d&rsquo;études plus faibles qui auraient pu faire pencher la balance.</p>
<p>Voilà, désolé pour le retard! A très bientôt,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°131: céphalées, créatininémie sous IEC/ARAII, examen gynécologique, engelures</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/03/dragi-webdo-n131/</link><pubDate>Sun, 12 Mar 2017 17:34:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/03/dragi-webdo-n131/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Dermatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous!</p>
<p>Je ne pourrais commencer ce billet sans citer ce magnifique texte de <a href="http://plus.google.com/113851938227699471351">@qffwffq</a> portant sur les <a href="http://etunpeudeneurologie.blogspot.fr/2017/03/les-traitements-des-cephalees-primaires.html">céphalées</a>. Du coup, on apprend qu&rsquo;aux États-Unis, le candesartan est un des traitement de fond des migraines, et que ce peut donc être un choix plus acceptable que les bêta-bloquants chez les patients hypertendus migraineux (les bêta bloquants n&rsquo;ayant pas autant de bénéfices que les autres classes d&rsquo;anti-hyperteneurs) . Une infographie avait été faite par <a href="https://twitter.com/Dr_JB_Blanc/status/828357980575952901">@Dr_JB_Blanc</a> suite à une série de tweets de @qffwffq:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh56cezVkKQtTpu3iXsLcLsSRDwbDE5ydp6jPpjZOP-g6THB2aPsIY4I6X3fqAs38v_zW7uYI7vqzNF66Ze4VR9MUnDVTbZ2kI2qGfiIYCzPghEBEPJjdvOHPwDDgqNh-gfsrVD2HkwATau/s1600/c%25C3%25A9phal%25C3%25A9es.jpg"><img src="/images/articles/2017/c-25c3-25a9phal-25c3-25a9es.jpg" alt=""></a></p>
<p>Maintenant, les actualités!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance:</p>
<p>Vous l&rsquo;avez certainement remarqué, le <a href="http://gpip.sfpediatrie.com/sites/default/files/actualites/gpip_cefixime_0.pdf">cefixime</a> est en rupture de stock dans de nombreuses pharmacies. Bien qu&rsquo;il soit généralement facilement remplaçable dans les infections respiratoires, dans les infections urinaires, le problème est plus complexe quand c&rsquo;est le seul antibiotique auquel la bactérie est sensible. Auquel cas, un remplacement hors AMM par du cefpodoxime est recommandé par la société française de pédiatrie et le groupe d&rsquo;infectiologie pédiatrique.</p>
<p>On en parlait il y a peu, les <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/01/dragi-webdo-n125.html">AINS</a> pendant la grossesse c&rsquo;est le mal. Non seulement après 6 mois, mais de plus en plus de preuves s&rsquo;accumulent pour mettre en évidence des risques dès le premier trimestre. Il y aurait en effet des risques de malformations de développement <a href="http://presse.inserm.fr/attention-a-la-prise-dibuprofene-pendant-la-grossesse/27524/">génito-urinaires masculins</a>.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/356/bmj.j791">BMJ</a> a publié une étude à propos des risque liés aux bloqueurs du système rénine angiotensine (IEC/ARAII) chez des patients suivis pendant plus de 10 ans. Les auteurs retrouvent en effet que chez les patients ayant eu une initiation de un traitement, une augmentation de plus de 30% de la créatininémie 2 mois après instauration est associée à un sur-risque d&rsquo;insuffisance rénale terminale, d&rsquo;infarctus, d&rsquo;insuffisance cardiaque et de mortalité globale. Cependant, l&rsquo;étude retrouve que les augmentation de plus de 10% étaient également associées à une augmentation de mortalité de 15% (RR). Or plus de 15% des patients avaient une augmentation de plus de 10% de la créatininémie, d&rsquo;où l&rsquo;importance du contrôle de fonction rénale après mise sous bloqueur du SRA. Bien qu&rsquo;il faille fortement revoir le bénéfice de ces traitements quand une augmentation est supérieure à 30% (comme le disent les recommandations), il faut certainement surveiller particulièrement les augmentations plus modérées.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhJFOX9-hNMJDA7inAORuOIpi9otEUx_fjcGIgBN5XCWYKscSyRFbceHGpTOs2nqpa2DhObYPEOQRPxIMH3lzbPe8s4O7kV3Lqzu8Nqa_0Dqd_ap3iR1KV5otdU35EosJJIWR92W8YyZS1Z/s1600/creatinineARB.jpg"><img src="/images/articles/2017/creatininearb.jpg" alt=""></a></p>
<p>Une revue narrative présentée dans le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(17)30553-6/fulltext">Lancet</a> a traité des association de médicaments à dose fixe dans le domaine cardiovasculaire. On en a plus beaucoup en France, et l&rsquo;association amlodipine/atorvastatine et la seule que je connaisse. Dans l&rsquo;article, l&rsquo;utilisation des associations à dose fixe permettait d&rsquo;améliorer significativement l&rsquo;observance des patients mais les études n&rsquo;avaient pas la puissance nécessaire pour mettre en évidence de différence sur des critères cliniques. C&rsquo;est bien dommage.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Comme les recommandations <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/06/dragi-webdo-n101.html">canadiennes</a> l&rsquo;avaient fait il y a peu, l&rsquo;<a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2608228?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=827700009&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=35216936">USPSTF</a>, (organisme de recommandations américaines) a retrouvé qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de raison scientifique à recommander un examen gynécologique annuel systématique chez les patients asymptomatique non enceintes. A quand un avis français concordant sur la question?</p>
<p>4/ Dermatologie</p>
<p>Enfin, un <a href="http://bjgp.org/content/67/656/e187">essai contrôlé randomisé</a> néerlandais a étudié les dermocorticoïdes dans le traitement des engelures chroniques. Cet essai contrôlé randomisé en cross-over, mené en médecine générale avait comme critères de jugement une échelle visuelle analogique de plainte des patient et une EVA de gène fonctionnelle. Pour les deux critères de jugement, les corticoïdes locaux ne modifiaient pas significativement les EVA et les différences d&rsquo;EVA observées étaient même en faveur du placebo&hellip; L&rsquo;hydratation des mains, c&rsquo;est donc pas si mal avec beaucoup moins d&rsquo;effets secondaires potentiels que les dermocorticoïdes!</p>
<p>C&rsquo;est terminé, bonne fin de week-end à tous et à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°130: Spondylarthrite, dépistage dépression, pneumonie de l'enfant, NASH</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/03/dragi-webdo-n130/</link><pubDate>Sun, 05 Mar 2017 16:21:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/03/dragi-webdo-n130/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Rhumatologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Infectiologie</category><category>Hépatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour!  Sans attendre, voici les actualités de la semaine.</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Pour commencer, l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Levothyrox-levothyroxine-changement-de-formule-et-de-couleur-des-boites-Point-d-Information">ANSM</a> prévient d&rsquo;un changement de formule dans le Levothyrox. Bien sur, les 2 sont bio-équivalentes, mais l&rsquo;Agence prévient quand même qu&rsquo;il peut être utile de contrôler la TSH à 6 semaines. Il y a, à mon avis,  un rôle important du coté des pharmaciens pour informer les patients sur cette modification et leur dire de reconsulter en as de symptômes.</p>
<p>A compter du 10 avril, le <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Zolpidem-Edluar-R-Stilnox-R-et-generiques-nouvelles-conditions-de-prescription-et-delivrance-Lettre-aux-professionnels-de-sante">Zolpidem</a> devra être prescrit pour une durée de 28 jours maximum sur ordonnance sécurisée, avec chevauchement d&rsquo;ordonnances interdit.</p>
<p>2/ Rhumatologie</p>
<p>Dans le BMJ, on trouve cette semaine, un arbre décisionnel d&rsquo;aide au diagnostic des spondylarthropathies à l’attention des généralistes. L&rsquo;<a href="http://www.bmj.com/content/bmj/suppl/2017/02/28/bmj.j839.DC1/mcak020217.wi.pdf">algorithme</a> se divise en 2 selon la suspicion de SPA axiale ou périphérique. En ce qui concerne la forme axiale, des signes de SPA peuvent être recherchés devant toute lombalgie de plus de 3 mois avant 45 ans:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhKloTo_OwhWZNKtFuR44dFRznZEvyE1XOlNkGjqpn7oySGDWD-7hEoZLr62xJOiTok5dl6wH4vyFQX52zdPVejps27h_1gIECZupCfUlysZUcwHhq45Yq0cah-jIHjma0uLnF_Ra86mc48/s1600/SPA.jpg"><img src="/images/articles/2017/spa.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>Le dépistage de la dépression chez le sujet âgé en médecine générale passe surtout par le GDS ou le <a href="http://www.geronto-sud-lorraine.com/docs/Mini-GDS.pdf">mini-GDS</a>:</p>
<ul>
<li>
<p>Vous sentez-vous souvent découragé(e) et triste ?</p>
</li>
<li>
<p>Avez-vous le sentiment que votre vie est vide ?</p>
</li>
<li>
<p>Êtes-vous heureux (se) (bien) la plupart du temps ?</p>
</li>
<li>
<p>Avez-vous l&rsquo;impression que votre situation est désespérée ?</p>
</li>
</ul>
<p>Une <a href="http://bjp.rcpsych.org/content/early/2017/02/07/bjp.bp.116.186932">version</a> par 2 questions vient d&rsquo;être validée dans un article du British Journal of Psychiatry, avec une sensibilité de 92% et une spécificité de 78% en le comparant aux autres échelles. Les questions de ce Two-Questions Screen sont:</p>
<ul>
<li>
<p>Vous sentez vous déprimé?</p>
</li>
<li>
<p>Avez vous une perte d&rsquo;intérêt pour les choses qui vous plaisaient avant?</p>
</li>
</ul>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/356/bmj.j686">BMJ</a> a présenté un article sur la prise en charge des pneumopathies infectieuses de l&rsquo;enfant. Sur le diagnostic, l&rsquo;article s&rsquo;appuie sur un article ancien du <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(97)07013-X/abstract">Lancet</a> pour dire que la radiographie ne doit pas être systématique tout comme le bilan sanguin. Ils sont cependantnécessaires en cas de suspicion de complication. Le traitement antibiotique repose sur un traitement par amoxicilline en première intention pour 7 à 10 jours. En cas de suspicion d&rsquo;infection à mycoplasme, c&rsquo;est la bithérapie: amoxicilline et macrolide qui est recommandée, car il serait délétère de ne pas couvrir le pneumocoque quelque soit l&rsquo;âge.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjLHAxiqYfReBe0VFAejDWZ8Xm13AKsce-zDu4BtRjWt-Tr6DBWJHFymuxCm6_U7UiK_0g_9nn6XBjNRTh__ORQ7nm4J8kmJAURBlIbdWBr6BOEoLsH9CGlnplewyKZYX5PdTE8TNCEmXVy/s1600/pneumonia.jpg"><img src="/images/articles/2017/pneumonia.jpg" alt=""></a></p>
<p>5/ Hépatologie</p>
<p>Dans la cirrhose non alcoolique, les glitazones ont été longtemps essayé. Une <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2605526?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=818985866&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=34868772">méta-analyse</a> récente  regroupant des études de patients atteints de NASH (hépatopathie chronique non alcoolique), a mis en évidence que le traitement par glitazone améliorait la fibrose et le taux de guérison de NASH. Les effets secondaires graves étaient peu décrit car les essais inclus étaient de petite taille. Une seconde jeunesse pour ces médicaments qui ne sont plus commercialisés en France à cause du risque de cancer de vessie?</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2607813">JAMA</a> a publié un article sur la prise en charge du diabète de type 2. Il n&rsquo;y a pas grand chose de nouveau dedans mais le tableau est intéressant car il remontre les traitements ayant un bénéfice cardiovasculaire (MACE) démontré. (HF= insuffisance cardiaque)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjnQgiBr2J5D7PCBwO-h6Cgh47NPFBxFZr4XQG2Bhevf7Cg-L0CBoj8QDDsmvqd0LsBJwjsLBq-t2nPIoSKRVJuv5_GsbS3EEiDHGGsgspmRS-jbkX_OGPasiBxPCqaX9qQX1_QIqtmTTyr/s1600/diabete.jpg"><img src="/images/articles/2017/diabete.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà pour cette semaine, et dans les temps!! A très bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°129: fin de vie, recommandations BPCO (SPILF), dyslipidémies (reco US), ACFA et AVK post AVC-hémorragique, magnésium, lombalgie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/02/dragi-webdo-n129/</link><pubDate>Mon, 27 Feb 2017 00:20:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/02/dragi-webdo-n129/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Je voudrai commencer ce billet avec le site &ldquo;<a href="http://www.parlons-fin-de-vie.fr/fin-vie-et-si-parlait">parlons fin de vie</a>&rdquo; qui a été mis en place pour parler de la fin de vie. Les explications et modèles sur les directives anticipées et la personne de confiance sont facilement consultable et compréhensible pour les patients. A partager largement.</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2589152">collège américain de cardiologie</a> a publié des recommandations sur les traitements non-statine dans les dyslipidémies. D&rsquo;abord, ces traitements recommandés sont soit: l&rsquo;ezetimibe (qui a démontré un bénéfice cardiovasculaire avec difficulté dans IMPROVE-IT en prévention secondaire), soit: les anti-PCSK9 (on en avait parlé un peu <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2017/02/dragi-webdo-n126.html?showComment=1486358691931#c1467691737993002825">ici</a>). Donc, on ne parle nulle part de fibrate, hein. Reprenons. Cette reco dit qu&rsquo;il faut un traitement quand les statines ne sont pas tolérées ou insuffisantes pour 4 types de patients:</p>
<ul>
<li>
<p>ceux en prévention secondaire avec un LDL &gt;1g/L</p>
</li>
<li>
<p>ceux avec un LDL &gt; 1,9g/L</p>
</li>
<li>
<p>les patients diabétiques avec un LDL &gt; 1g/L</p>
</li>
<li>
<p>les patients avec un risque AHA/ACC &gt; 7,5% soit à très haut risque. Ce qui est bien avec cette reco, c&rsquo;est que les patients à risque modéré n&rsquo;ont pas à être traité (contrairement à ceux à risque modéré dans les recos de l&rsquo;ESC).</p>
</li>
</ul>
<p>Bref, dans les autres situations ou les statines ne sont pas tolérées, y avait il une réelle indications à proposer une statine?</p>
<p>Le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2603491">JAMA internal medicine</a> a soulevé la question de la poursuite des anticoagulants dans la FA après un épisode d’hémorragie cérébrale. C&rsquo;était une étude observationnelle de plus de 2000 patients avec fibrillation auriculaire. Il faut catégoriser les patients selon la cause de l&rsquo;hémorragie: AVC hémorragique ou hématome post-traumatique. La reprise de la warfarine était associé à moins d&rsquo;AVC ischémique pour les 2 causes mais plus récidive d&rsquo;hémorragie en cas d&rsquo;AVC hémorragique qu&rsquo;en cas de traumatisme. La mortalité globale était même diminuée dans les groupes avec reprise de l&rsquo;AVK. Cependant, dans cette étude prospective pragmatique, il est fort probable que les patients ayant poursuivi les AVK après l&rsquo;hémorragie cérébrale ait été en meilleur forme que les autres, comme le montre les taux de récidive dans le groupe traumatique: peu de récidive car les patients avec AVK poursuivi tombent moins, alors que dans le groupe AVC hémorragique, le facteur &ldquo;récidive spontanée&rdquo; est moins lié à l&rsquo;état du patient qu&rsquo;a la prise de l&rsquo;AVK: augmentation des hémorragies.</p>
<p>Il serait donc vraiment important devant l&rsquo;absence de connaissance solides sur ce problème d&rsquo;avoir un essai contrôlé randomisé (si quelqu&rsquo;un en a un en stock, ça m&rsquo;intéresse!)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjq7BcKYOmv-V92OZqmhEPx_QolC2klT22s8wctCYTLNHasK4tVjxddigLNT5CASbZYF0ctW6r24e_qLMCJ-1eKS5QTj4JupszbwWLdNwxOp3iVqsLBl6FNAu9dkQCEDoUEt81oPPR7KnHA/s1600/AVK+h%25C3%25A9morragie.jpg"><img src="/images/articles/2017/avk-h-25c3-25a9morragie.jpg" alt=""></a></p>
<p>Un <a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-016-0742-z">article</a> presque attendu depuis longtemps pour les partisans du magnésium: enfin, une méta-analyse retrouve que les patients prenant du magnésium ont: une mortalité globale moindre! Mais également moins d&rsquo;AVC, moins de diabète et moins d&rsquo;insuffisance cardiaque. Malheureusement, aucun essai contrôle randomisé n&rsquo;a réussi à le démontrer. Cette méta-analyse s&rsquo;est effectuée sur des études de cohorte, ce qui n&rsquo;est pas si mal, mais qui va soulever le biais des habitudes alimentaires des patients. Mais devant l&rsquo;absence d&rsquo;argument pour des effets secondaires graves, au pire, le magnésium peut être un bon placebo&hellip;</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Je les avais raté en fin d&rsquo;années, mais voici les reco de la <a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S076184251630198X">SPLF</a> concernant la BPCO! En fait, elles sont plutôt proches de l&rsquo;article présenté la semaine dernière. Elles sont pragmatiques: si pas de symptôme: pas de traitement de fond. En cas de symptômes avec dyspnée chronique prédominant: LABA, en cas d&rsquo;exacerbation: LAMA (pour mémoire la dyspnée peut s&rsquo;évaluer avec le mMRC≥2 ou le <a href="http://www.catestonline.org/english/index_France.htm">CAT</a>&gt;10). Si le traitement est inefficace, une petite subtilité intervient:</p>
<ul>
<li>
<p>soit les exacerbations se sont calmées mais la dyspnée persiste: double bronchodilatation LAMA/LABA</p>
</li>
<li>
<p>soit le patient continue a faire des exacerbations mais n&rsquo;est pas dyspnéique (mMRC&lt;2): ajout d&rsquo;un corticoïde inhalé (dans ce cas on est plutôt dans une association LAMA+CSI et non LABA+CSI si j&rsquo;ai bien suivi le raisonnement des experts, mais comme cette association n&rsquo;a pas été évaluée, c&rsquo;est bien LABA+CSI )</p>
</li>
</ul>
<p>Enfin, en cas d&rsquo;échec, une trithérapie peut être entreprise, voire trithérapie plus ajout d&rsquo;azithroymcine au long cours, seul moment où l&rsquo;antibiothérapie préventive peut réduire les exacerbations chez des patients très exacerbateurs résistants au traitement.</p>
<p>Quelques restrictions à suivre: INNOVAIR seulement si VEMS &lt; 50%, SERETIDE si VEMS &lt; 60% et SYMBICORT si VEMS &lt;70% post bronchodilatation</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgFAuuqGXqKmDzp98HRqSZ2VE9FghuNJ1Sm5CEFqL9WNm8yIK8WfC2gR3hCFAnlh6EJL3O17Cb0L43I8RlPtq62UZ1R2YMt1Swj3ezucnH6aPtxxjgU_5HrlcTc4kyi1Mg49fUU2jPTnERa/s1600/reco+BPCO.jpg"><img src="/images/articles/2017/reco-bpco.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p><a href="http://annals.org/aim/article/2603229/systemic-pharmacologic-therapies-low-back-pain-systematic-review-american-college">Annals of internal medicine</a> continue dans la lombalgie avec la revue de la littérature des différents traitements sur laquelle les recommandations On y retrouve que le paracetamol ne fonctionne pas quand on le compare au placebo sur des échelles de douleurs à 3 semaines ou sur l&rsquo;incapacité fonctionnelle. Cependant, alors que les AINS semblent plus efficaces que le placebo, les études comparant AINS et paracetamol ne retrouvent pas de différence entre ces 2 traitements&hellip;. (Cherchez la logique) Bref, je persiste à penser qu&rsquo;étudier la douleur après plusieurs semaines pour une pathologie qui est censé durer quelques jours n&rsquo;est pas très pertinent. Concernant les benzodiazépines, pas d&rsquo;efficacité démontrée à 5 jours sur la raideur et les douleurs mais plus d&rsquo;effets secondaires neurologiques. Enfin, concernant les myorelaxant qui sont dits efficaces: les données sont en fait bien plus mitigées avec une majorité d&rsquo;études retrouvant une inefficacité. Mais les auteurs s&rsquo;appuient sur une méta-analyse de 2 articles (mouais&hellip;), publiée par la Cohrane (ah??) mais retirée car données dépassées et un protocole non conforme selon la Cochrane, et qui portait en fait sur la réhabilitation des membres supérieurs&hellip; Et si on continuait d&rsquo;éviter de les utiliser?</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Mais pour rassurer ceux qui seraient inquiets et remettraient en cause leur capacité à faire de la &ldquo;bonne médecine&rdquo; à cause d&rsquo;une mauvaise e-réputation (comme de mauvais commentaires sur les sites internets), un <a href="http://www.jmir.org/2016/12/e324">article</a> retrouve l&rsquo;absence de corrélation entre la note donné au chirurgiens par des patients et le taux de mortalité des patients à 30 jours  après un pontage coronarien!</p>
<p>A bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°128: ACFA/SAMe-TT2-R2, traitements BPCO, vitamine D et pneumopathie, traitement hormonal de la ménopause, lombalgie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/02/dragi-webdo-n128/</link><pubDate>Sun, 19 Feb 2017 21:50:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/02/dragi-webdo-n128/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous!</p>
<p>Pas mal d&rsquo;actualités cette semaine, alors ne perdons pas de temps!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/L-ANSM-restreint-l-indication-de-Zymaduo-Fluorex-et-Fluosterol-aux-enfants-de-plus-de-6-mois-Point-d-information">ANSM</a> vient de restreinte la supplémentation par fluor des formulation ZymaDuo, Fluosterol et Fluorex aux enfants de plus de 6 mois. Une initiative certainement utile compte tenu des risques de surdosages en fluor. Après cet âge, le fluor apporté par les dentifrices sont normalement suffisant pour ne pas prendre le risque d&rsquo;une supplémentation fluorée par voie orale chez l&rsquo;enfant.</p>
<p>Pour ceux qui n&rsquo;en étaient toujours pas convaincus, les <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2130316?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=811333782&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=34522516">AINS</a> chez les patients coronarien augmentent les risques de saignement (OR:2,02) ainsi que les risques d&rsquo;évènements cardiovasculaires (OR=1,40). Dans cette étude de 61 000 patients suivis en moyenne 3 ans et demi, 34% des patients avaient pris des AINS au moins une fois!</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Dans la fibrillation auriculaire , l&rsquo;objectif final est d&rsquo;éviter la survenue d&rsquo;AVC. Une <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2293300#.WKWqq8PcnTs.twitter">revue narrative</a> publiée de la JAMA revient sur les différentes stratégies de traitement. Comme précédemment, les auteurs recommandent l&rsquo;utilisation du CHADSVASC pour décider de la mise sous anticoagulant (≥1 pour les hommes et ≥ 2 pour les femmes), ce qui est en accord avec les recommandations de l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/09/dragi-webdo-n105.html">ESC</a>. Cependant, les auteurs recommandent l&rsquo;utilisation du score SAMe-TT2-R2 pour déterminer si l&rsquo;AVK sera bien pris par le patient, ou s&rsquo;il faut préférer un anticoagulant oral direct (Si &gt;2: préférer l&rsquo;AOD). Voici ce fameux score et leur algorithme.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjhMc4hz4Sv-LdSpQKJ5gwFuBuwJZ0hZnvDkL2Tfx_yflVgJQynYVoiEpG_HqAdlKLZGmyHkrcVTQFNVW9DIyD-SAPWiyYhG0vIvcjKm1lptyy0zZCnbXXD7Ff0cQc0c6ihCzZbNQn15Wje/s1600/SAMeTT2R2.jpg"><img src="/images/articles/2017/samett2r2.jpg" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEglodgIlQkBCwBYei9jgMfyEwcXPOe3Yymn3VOjGQ4tKrq-lsEGTQAl2dnqqMGHBbHDXVFXwkT_qBl9Q2jcj9a0ZDROJ0B709Dv15rhwRVB5k6DNJ5RBBj9GoOIX8-kEGWR2sb0MDnidEyX/s1600/ACFA.jpg"><img src="/images/articles/2017/acfa.jpg" alt=""></a></p>
<p>Une publication pourrait modifier la décision des médecins suivant des patients institutionnalisés. Cette <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2592699">étude</a> de cohorte (âge moyen 83 ans) retrouve que, bien que les bêta-bloquants diminuent la mortalité de 26% (hazard ratio) à 3 mois après un infarctus chez ces patients, le risque de déclin fonctionnel était majoré de 14%, celui de trouble cognitif majoré de 34% et le risque de dépendance de 32%! Préserver la vie ou la qualité de vie?</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Les recommandations du <a href="http://goldcopd.org/gold-2017-global-strategy-diagnosis-management-prevention-copd/">GOLD 2017</a> dans la BPCO sont peu modifiées par rapport aux précédentes, mais il est toujours peu intuitif de sélectionner les traitements selon la classification A, B, C, D (une version française <a href="http://www.unaformec.org/wiki/index.php?title=BPCO#Quelle_strat.C3.A9gie_de_prise_en_charge_m.C3.A9dicamenteuse_de_la_BPCO_stable.3F">ici</a>). Un <a href="http://erj.ersjournals.com/content/49/2/1602200?ctkey=shareline">article</a> propose une simplification du traitement de la BPCO avec en première ligne les anticholinergiques de longue durée d&rsquo;action chez les patients peu exacerbateurs peu symptomatiques, et les beta-2 stimulants en association aux anticholinergiques d&rsquo;emblée pour les autres patients ou en cas de non-contrôle.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg4me3MnRqrk6D3TFPsjdyv9zpl6ZyVs_J4tW6Q7pSIuqDtnxU5vMvdbsG8KzrJd_argg5AnRF1yECuvzTEoWr8aV8Wy6Q1JmhWx0Aj0nkckypS5k2PzkDeaiYqs7szxn1GsBOMhInCvaDP/s1600/COPD+treatement.jpg"><img src="/images/articles/2017/copd-treatement.jpg" alt=""></a></p>
<p>Pour continuer sur la BPCO, il est indispensable de vérifier les techniques d&rsquo;utilisation des appareils d&rsquo;inhalation. Une <a href="http://erj.ersjournals.com/content/49/2/1601794">étude</a> retrouve que 50% des manipulations sont faites avec des erreurs, et le risque d&rsquo;hospitalisation était presque multiplié par 2 chez les patients effectuant des erreurs d&rsquo;utilisation.</p>
<p>Enfin, il y a peu, une revue Cochrane retrouvait que la supplémentation en vitamine D améliorait l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/09/dragi-webdo-n106.html">asthme</a> chez l&rsquo;enfant. Une étude du <a href="http://www.bmj.com/content/356/bmj.i6583">BMJ</a> a retrouvé que la supplémentation par vitamine D diminuait la survenue d&rsquo;infections respiratoires. En y regardant de plus près, l&rsquo;efficacité de cette supplémentation n&rsquo;était retrouvée que pour des administrations quotidiennes ou hebdomadaires, mais pas pour les administrations &ldquo;bolus&rdquo; mensuelles ou trimestrielles. Ainsi, il faudrait donc supplémenter tout le monde (surtout les patients carencés) par une administration quotidienne et éviter les bolus.</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Les <a href="http://www.nature.com/articles/nrendo.2016.164.epdf?shared_access_token=Je3YD7dFQGKDJQYYL4RTttRgN0jAjWel9jnR3ZoTv0OBSYK7FAdx_2se9eOXMqtTC4w05x0tsYv3xdpZ9XSj_w3X-xNXN-BdILXDloHVTbkj5fA7xIuFkrAczkt4bHynA82ZjSck5PfHqm1B7SpaltvJMmNPAbvpIMtBDMjyNkwzuxuncPOvBhb9CBOo55Fr">traitements hormonaux de la ménopause</a> étaient très à la mode il y a quelques années. Compte tenu du risque accru de cancer du sein et le faible bénéfice, il ont été de moins en moins prescrit. Une méta-analyse de Nature a étudié les bénéfices et risques de ces traitements. Les auteurs retrouvent que les patientes ayant un traitement initié rapidement ont de nombreux bénéfices pour des traitements entre 50 et 60 ans. En cas de traitement par œstrogènes seuls on retrouve: une réduction du risque coronarien de 35% à 40% et du risque de cancer (tous confondus), pas d&rsquo;augmentation du risque de cancer du sein. Certaines études et méta-analyses retrouvent même une diminution de mortalité globale!</p>
<p><a href="/images/articles/2017/thm.jpg"><img src="/images/articles/2017/thm.jpg" alt=""></a></p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Enfin, l&rsquo;<a href="http://annals.org/aim/article/2603228/noninvasive-treatments-acute-subacute-chronic-low-back-pain-clinical-practice">académie de médecine américaine</a> a publié des recommandations sur les traitements non invasifs. On y retrouve notamment les &ldquo;trucs chauffants&rdquo;, l&rsquo;acuponcture et les massages,  et en cas de traitement médicamenteux: les AINS et myorelaxants en première intention , puis le tramadol et la duloxetine en cas de lombalgie chronique résistant aux AINS. Malgré les niveaux de preuve &ldquo;modéré&rdquo; énoncés pour la plupart de ces traitements, et une certaine concordance avec les recos du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/12/dragi-webdo-n118.html">NICE</a> sur le sujet, j&rsquo;ai du mal a croire à des reco mettant les myorelaxants en première intention alors qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais démontré de bénéfice selon la Revue Prescrire.</p>
<p>Je finirai ce Dragi Webdo par ce spot de prévention danois à propos des risques du Soleil. En effet, bien que les autorité danoises nous encourage à &ldquo;aider les danois&rdquo; et leurs peaux pâles, un certain nombre de français devraient également garder ces consignes de santé publique en tête durant l&rsquo;été:</p>
<p>A bientôt,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°127: déprescription, insuffisance cardiaque (NT-proBNP), vaccins (reco US), DIU cuivre vs hormonal</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/02/dragi-webdo-n127/</link><pubDate>Sun, 12 Feb 2017 22:45:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/02/dragi-webdo-n127/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Je vais peut être arriver à republier un billet dans les temps&hellip; Pour commencer, je vais parler de la fiche canadienne sur la <a href="http://deprescribing.org/wp-content/uploads/2016/06/fact-sheet_Jan2017_patient_FRENCH.pdf">déprescription</a>. Elle explique aux patients (canadiens, mais en français) ce qu&rsquo;est la sur-prescription et les intérêts de déprescrire. Il faudrait peut être avoir une fiche similaire avec des chiffres français pour en distribuer aux patients et les inciter à la réflexion.</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un article du <a href="http://bjgp.org/content/67/655/e94">BJGP</a> revient sur le diagnostic d&rsquo;insuffisance cardiaque. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;abaisser le seuil diagnostic d&rsquo;insuffisance cardiaque du NT-ProBNP à 125pg/ml était plus sensible (94%) et plus spécifique (de peu&hellip; 49%) que l&rsquo;association d&rsquo;un critère clinique (OMI ou crépitants des bases pulmonaires ou antécédent d&rsquo;infarctus) avec un NT-ProBNP supérieur au seuil habituel (&gt;400pg/ml).</p>
<p>Pour rester dans l&rsquo;insuffisance cardiaque: une fois le diagnostic posé, accompagné d&rsquo;une valeur de NT-ProBNP,  quel objectif de traitement avoir? Un article d&rsquo;<a href="http://annals.org/aim/article/2588460/brain-type-natriuretic-peptide-amino-terminal-pro-brain-type-natriuretic">Annals of internal medicine</a> a retrouvé qu&rsquo;une baisse de 30% du NT-ProBNP était associé à une diminution de la mortalité totale, cardiovasculaire et des réhospitalisations. Il est donc probablement inutile de s&rsquo;acharner à normaliser formellement une valeur particulièrement haute, quand une baisse d&rsquo;au moins 30% par rapport au dosage le plus élevé a été obtenu, si l&rsquo;évolution clinique est favorable.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Pour regarder un peu ce qu&rsquo;il se passe outre-atlantique, les <a href="http://annals.org/aim/article/2601209/recommended-immunization-schedule-adults-aged-19-years-older-united-states">recommandations vaccinales 2017</a> sont parues! On y retrouve une vaccination antigrippale annuelle pour tous et les vaccins Zona et pneumocoque pour tous à 65 ans. N&rsquo;oublions pas, pour les adultes non à jour: le vaccin anti HPV pour les hommes et femmes jusqu&rsquo;à 21ans pour les premiers et 26 ans pour les secondes, les 2 doses nécessaires de vaccin anti-varicelle et les une à 2 doses de ROR. Enfin, notons que le vaccin anti-tétanique avec diphtérie est à faire tous les 10 ans (contre 20 ans en France, mais là bas, ils ne vaccinent plus à l&rsquo;age adulte contre la polio)</p>
<p>Au regard de tout ça, on est clairement pas les plus interventionnistes en France au niveau des vaccins&hellip;</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Suite à une question pertinente sur <a href="https://twitter.com/docteurgece/status/828689217664454656">Twitter</a>, je suis tombé sur un article très intéressant: quel est le risque de grossesse sous DIU hormonal (type Mirena) après 7 ans de pose en comparaison d&rsquo;un DIU au cuivre à 380mm²? Dans cet <a href="http://www.contraceptionjournal.org/article/S0010-7824(16)00071-8/pdf">essai contrôlé randomisé</a> en ouvert ayant inclus 1800 patientes dans chaque groupe, les auteurs retrouvent un taux de grossesse cumulé à 7 ans de 0,5% avec DIU hormonal versus 2,5% avec le DIU au cuivre. Si on s&rsquo;intéresse maintenant aux grossesses entre la 5ème et la 7ème année, les résultats vont parfaitement dans le sens de la supériorité du DIU hormonal avec aucune grossesse avec le DIU hormonal (sur 717 patientes restant) et 5 grossesse avec le DIU au cuivre (sur 989 patientes restant). Si on calcule un NNT: ça fait 50 patientes à traiter par DIU hormonal plutôt qu&rsquo;au cuivre pendant 7 ans pour éviter une grossesse! Le principal problème du DIU hormonal étant la tolérance: 70% d&rsquo;arrêt (versus 41%) notamment pour des causes de saignements (39% versus 13%).</p>
<p>Pour conclure, voici un article sur les études médicales. Une publication du <a href="http://www.bmj.com/content/356/bmj.j273">BMJ</a> a comparé l&rsquo;efficacité des soins délivré par des internistes ayant validé leurs études de médecine aux États-Unis, avec celle d&rsquo;internistes ayant validé à l&rsquo;étranger. Le risque de décès à 30 jours était diminué significativement de 5% pour les patients traités par des médecins formés a l&rsquo;étranger! Mais ce bénéfice avait un cout: près de 50$ de plus par patient suite à la prise en charge de ces médecins. Cela ne veut cependant pas dire qu&rsquo;en dépensant plus, on peut améliorer la survie. J&rsquo;aurai été curieux de voir une analyse en sous groupe selon le pays de formation&hellip;Merci de votre fidélité!!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°126: anti PCSK-9, hypothyroïdie et risque cardiovascuaire, BPCO et inflammation, Frax/Ostéoporose (GRIO), électrophorèse des protéines</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/02/dragi-webdo-n126/</link><pubDate>Mon, 06 Feb 2017 00:32:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/02/dragi-webdo-n126/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir, sans plus attendre, les actualités médicales que j&rsquo;ai repérées cette semaine!</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Dans la &ldquo;lutte contre le cholestérol&rdquo; il semblerait que pour la première fois, un anti-PCSK-9 (<a href="http://wwwext.amgen.com/media/news-releases/2017/02/amgen-announces-repatha-evolocumab-significantly-reduced-the-risk-of-cardiovascular-events-in-fourier-outcomes-study/">Evolocumab</a> commercialisé sous le nom Repatha) soit en train de prouver son bénéfice sur des critères cliniques, à savoir un critère combiné cardiovasculaire dans l&rsquo;étude FOURIER. Cette étude incluait des patients en prévention secondaire âgés de 40 à 85 ans. La publication pour avoir les détails est donc on ne peut plus attendue.</p>
<p>Une revue de la littérature publié dans le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/fullarticle/2517393?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=796031877&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=34030098">JAMA cardiology</a> revient sur les différents traitements cardiovasculaire. On y retrouve les risques relatifs de différents types de traitements (statines, traitements anti-hypertenseurs, aspirine et traitements du sevrage tabagique) sur la moralité globale, les évènements cardio-vasculaires et les effets secondaires. Il est regrettable que les NNT ne soient pas présentés&hellip; Et on peut également regretter que pour les traitements d&rsquo;aide au sevrage le taux d’abstinence à 6 mois soit le seul critère étudié et que les effets secondaires ne soient pas présentés.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjo3HePaPAuLCCRg8Am3X7PqYMEFKM90JAVXmn9rw3ShMriU1C5GLzaIvYm8y0sCV3Moj5JATWv-lVwm2e0QHi33PDH-gRVf2W8QqVTqVghvuXnp2OlTug_neIJlrfMbGnf4UbSvO1qU4sH/s1600/cardiovascular+treatments.jpg"><img src="/images/articles/2017/cardiovascular-treatments.jpg" alt=""></a></p>
<p>Enfin, une <a href="http://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-017-0777-9">méta-analyse</a> de cohortes regroupant au total près de 2 millions de patients a mis en évidence l’hypothyroïdie comme facteur de risque indépendant de mortalité cardiaque (OR= 1,96) , de mortalité globale (OR= 1,25) et de coronaropathie par rapport aux patients en euthyroïdie. De même, les hypothyroïdies frustes étaient également associées à une augmentation de la mortalité cardiovasculaire et globale. Ce qui est cependant très mal défini dans l&rsquo;étude concerne la présente ou non des traitements et si des traitements introduits au cours du suivi de cohorte diminuait le risque par rapport aux patients non traités. Il faut donc particulièrement surveiller les patients avec une hypothyroïdie, mais il est difficile de conclure que traiter une hypothyroïdie fruste réduire le risque cardiaque.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Pour commencer, parlons BPCO et examens biologiques. Une <a href="http://err.ersjournals.com/content/26/143/160070?ctkey=shareline">première étude</a> publiée dans le journal de la société pneumologique européenne retrouve grâce à une méta-analyse que les taux de base de CRP élevés sont associés à une moralité augmentée. La limite entre CRP étudiée pour retrouver l&rsquo;augmentation de mortalité était de 3 mg/L soit un seuil plutôt bas, mais la mortalité augmentait avec l&rsquo;augmentation de la CRP.</p>
<p>La <a href="http://err.ersjournals.com/content/26/143/160073?ctkey=shareline">seconde étude</a> publiée dans le même journal pose la question du dosage de PCT avant un traitement par antibiotique chez les patients BPCO. La méta-analyse retrouve que la prescription d&rsquo;antibiotiques dans les exacerbation aigues de BPCO uniquement en cas de PCT &gt; 0,25 permet de réduire les prescriptions d&rsquo;antibiotiques sans augmenter les échecs de traitements, sans rallonger les durées d&rsquo;hospitalisations, ni affecter le taux de récidive et la mortalité. Les patients inclus provenait de soins primaires, de services d&rsquo;urgences ou de médecine interne et pneumologie (les services de soins intensifs et réanimation étaient exclus). Voilà qui pourrait être une stratégie intéressante.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/356/bmj.i6755">BMJ</a> a publié une comparaison des outils d&rsquo;évaluation de l&rsquo;ostéoporose. Le FRAX et le QFracture s&rsquo;en sortent bien avec des spécificité d&rsquo;environ 90% mais des sensibilité plutot faibles respectivement de 43% et 61% pour les fractures de hanches et  29% et  36% pour les fractures ostéoporotiques majeures. Donc léger avantage au QFracture néanmoins.</p>
<p>Ceci m&rsquo;a incité à aller regarder les recommandations du <a href="http://www.grio.org/documents/page500/recommandations-opm-grio-2016-2017.pdf">GRIO</a> 2016-2017. Je vous mets en dessous les indications de traitement (par avis du spécialiste, il faut en fait comprendre &ldquo;Calcul du Frax&rdquo;, mais d&rsquo;après le groupe, c&rsquo;est plutôt le spécialiste qui remplis les petites cases du score). Je retiens surtout quand arrêter le traitement. Il faut réévaluer à 2-3 ans et que tous les critères soient présents:</p>
<ul>
<li>
<p>pas de fracture ni de nouveau facteur de risque sous traitement</p>
</li>
<li>
<p>T-SCORE fémoral supérieure à -2,5</p>
</li>
<li>
<p>absence de perte osseuse significative (variation de la DMO &lt; 0,03g/cm²)</p>
</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhwwAuY5KCyToYnEdSfcblOSmVJwldzZeLM5SdXEtwOtAjHTUuSFxNs25KFbtABexZfVIkI6EPR621iTZGTGfkLbuOIaQUt_ibt84A-dThCBdzzETmDVKBHXCSv9NfQjepVN4I7IlY-PKod/s1600/GRIP2016-2017.jpg"><img src="/images/articles/2017/grip2016-2017.jpg" alt=""></a></p>
<p>Enfin, la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2017-01/dir1/fiche_memo_eps__v2.pdf">HAS</a> revient sur les indication de l’électrophorèse des protéines (EPP) dans une fiche mémo. La fiche précise quand orienter au spécialiste et quel suivi faire en l&rsquo;absence d&rsquo;indication d&rsquo;avis spécialisé (bien évidemment dans l&rsquo;objectif d&rsquo;éviter des dépenses inutiles). Et comme c&rsquo;est pas simple à analyser les EPP, je vous renvoie vers <a href="http://www.memobio.fr/html/immu/im_el_pr.html">mémobio</a> pour le détail de chaque fraction protéique.</p>
<p>Bonne soirée et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°125: bénéfices perçus, apnée du sommeil, asthme et bêta-bloquants, vaccin méningite C</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/01/dragi-webdo-n125/</link><pubDate>Mon, 30 Jan 2017 23:05:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/01/dragi-webdo-n125/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir!</p>
<p>Le rythme de parution reste stable, mais toujours un peu décalé&hellip; J&rsquo;essaye de ne pas transformer ces actualités critiquées et contextualisées en une simple liste d&rsquo;articles, mais la prise en charge de patients quand on est médecin traitant prend plus de temps que quand on est remplaçant (et la paperasse qui va avec également&hellip;)</p>
<p>Mais avant de commencer avec des actualités, je voudrais parler d&rsquo;un <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2596010">article</a> extrêmement intéressant sur la perception qu&rsquo;ont les médecins de l&rsquo;efficacité des traitements. Les auteurs montrent que dans un grand nombre de situation (dépistage, prévention cardiovasculaire et traitements), les médecins surestiment ou sous estiment les bénéfices des interventions. Je vous laisse voir le graphique qui permet de remettre en question ses connaissances et perceptions personnelles:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg44LK_j5Qf5wkr90iz-djz7Uc2xSK5_UhxH3N6I4ddszLvO-KDQGa619sYrwOSGiH-1jCoSSiFa9n2FpCY-KxOYjbRMypIt6raMVTBDEBpWysz640ca1tZ_exuvi6Mq2f_8m6LJO2N9CAL/s1600/perceptions+b%25C3%25A9n%25C3%25A9fices+traitements.jpg"><img src="/images/articles/2017/perceptions-b-25c3-25a9n-25c3-25a9fices-traitements.jpg" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>L&rsquo;ANSM rappelle qu&rsquo;il ne faut &ldquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Rappel-Jamais-d-AINS-a-partir-du-debut-du-6eme-mois-de-grossesse-Point-d-Information">jamais d&rsquo;AINS à partir du 6ème mois de grossesse</a>&rdquo;. Je suis plus que mitigé avec cette campagne. En effet, il y a encore de nombreuses prescriptions d&rsquo;AINS et de complications cardiologiques  et néphrologiques chez les foetus/nouveau nés. Cependant, bien que les &ldquo;contre indications absolues&rdquo; concernant le dernier trimestre, les effets secondaires graves peuvent se produire durant toute la grossesse, avec des <a href="https://lecrat.fr/spip.php?page=article&amp;id_article=650">fausses couches</a>, et certains AINS sont contre indiqués pendant toute la grossesse. Alors, le message devrait plutôt être: JAMAIS D&rsquo;AINS PENDANT LA GROSSESSE!</p>
<p>L<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Travaux-de-l-Agence-Europeenne-des-Medicaments-EMA-Comite-pour-l-evaluation-des-risques-en-matiere-de-pharmacovigilance-PRAC/Retinoides-facteurs-VIII-paracetamol-retour-d-information-sur-le-PRAC-de-janvier-2017-Point-d-information">&lsquo;agence européenne</a> a statué sur le risque de trouble neuro-développementaux et d&rsquo;autisme liés à la prise de paracetamol durant la grossesse (dont j&rsquo;avais parlé ici). Il n&rsquo;est finalement pas démontré de lien de causalité, mais il est tout de même préférable de limiter la prise de paracetamol à la dose minimale efficace et pour les périodes les plus courtes possibles.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2598778?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=787267019&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=33739465">USPSTF</a> (HAS américaine) a publié une recommandation contre le dépistage du syndrome d&rsquo;apnée du sommeil chez les patients asymptomatiques, ce qui m&rsquo;a donc fait chercher ce qu&rsquo;est un patient symptomatique. Contrairement aux idées reçues, ce n&rsquo;est pas le questionnaire d&rsquo;<a href="http://www.sommeil-mg.net/spip/questionnaires/Echelle%20D'Epworth.pdf">Epworth</a> qui oriente vers l&rsquo;apnée du sommeil, car c&rsquo;est un questionnaire de somnolence diurne (un des multiples symptômes de la pathologie). C&rsquo;est le questionnaire de <a href="http://blog.pillowknights.com/questionnaire-de-berlin-diagnostic-dapnee-du-sommeil/">Berlin</a> qui permet de classer des patients entre un faible et un haut risque d&rsquo;apnée du sommeil en prenant en compte les ronflements et apnées nocturnes, le retentissement diurne ainsi que les comorbidités (obésité et HTA). Le point négatif, c&rsquo;est que pour la partie sur les ronflements, un patient dormant seul ne pourra pas répondre&hellip;</p>
<p>Une <a href="http://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-017-0781-0">étude britannique</a> a étudié l&rsquo;impact des bêta-bloquants sur le contrôle de l&rsquo;asthme chez des patients avec une cardiopathie ischémique. Dans un cas témoin niché dans une cohorte, les auteurs retrouvent que les bêta bloquants non cardio-sélectifs sont associé à une augmentation des exacerbations d&rsquo;asthme (surtout à forte dose), qui n&rsquo;est pas retrouvée avec les bêta-bloquants cardio-sélectifs. C&rsquo;est plutôt cohérent avec le mécanisme d&rsquo;action, et les traitements cardio-sélectifs étaient plus nombreux que les non-sélectifs (ce qui n&rsquo;élimine pas un sous-puissance pour les cardio-sélectifs mais montre que leur risque est tout de même moindre par rapport aux autres)</p>
<p>3/ Vaccination</p>
<p>Petit point sur les ruptures de stock pour les <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Ruptures-de-stock-des-medicaments/VACCINS-ANTI-HEPATITE-B-ENGERIX-B-20-microgrammes-1-ml-suspension-injectable-en-seringue-preremplie-HBVAXPRO-10-microgrammes-suspension-injectable-en-seringue-preremplie-Rupture-de-stock">vaccins anti-VHB</a>: c&rsquo;est simple il n&rsquo;y en a plus de disponible en ville, seulement à l&rsquo;hôpital&hellip; Alors qu&rsquo;on voit des vaccins anti Zona se faire recommander, il faudrait peut être commencer par approvisionner les vaccins qui concernent plus de personnes et dont l’efficacité est mieux démontrée&hellip;</p>
<p>Enfin (et sans association avec la dernière phrase du paragraphe précédent), le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=593">HCSP</a> propose une nouvelle stratégie vaccinale pour les méningites C:</p>
<ul>
<li>
<p>le vaccin de rattrapage notamment à 6 ou 11 ans (pour les enfants non vaccinés à 12 mois)</p>
</li>
<li>
<p>une vaccination à 5 mois avec rappel à 12 mois pour les nourrissons par le vaccin Neisvac.</p>
</li>
</ul>
<p>Je laisse les spécialistes de la vaccination juger de la pertinence de cette stratégie! (et je les remercie d&rsquo;enrichir régulièrement le blog avec leurs commentaires!)</p>
<p>Bonne soirée à tous et à la semaine prochaine!!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°124: HTA après 60 ans (recos US), Choc septique (reco Euro et US), Soins médicaux, Asthme, SOPK, les glitazones efficaces sur les AVC?</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/01/dragi-webdo-n124/</link><pubDate>Mon, 23 Jan 2017 23:31:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/01/dragi-webdo-n124/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Urologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous! Je suis particulièrement en retard pour ce Dragi Webdo. (A peine 24h de retard, certes, mais sur 7 jours, ça fait un retard significatif&hellip;). Bref, il y a beaucoup de choses à raconter sur cette semaine, alors place aux actualités!</p>
<p>1/ Soins médicaux</p>
<p>Pour commencer, je vais vous parler d&rsquo;un article publié dans <a href="http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2017/01/06/peds.2016-2305?sso=1&amp;sso_redirect_count=3&amp;nfstatus=401&amp;nftoken=00000000-0000-0000-0000-000000000000&amp;nfstatusdescription=ERROR%3A%20No%20local%20token&amp;nfstatus=401&amp;nftoken=00000000-0000-0000-0000-000000000000&amp;nfstatusdescription=ERROR%3a+No+local+token">Pediatrics</a>. Des entretiens simulés ont été mis en place pour évaluer la réaction des soignants face à l&rsquo;impolitesse des patients (ou plutôt des parents de patients car l&rsquo;étude était menée en pédiatrie). Les auteurs retrouvent que dans ces situations de conflits, les nuisent aux actions diagnostiques et thérapeutiques mais aussi à la coordination des soins dans l&rsquo;équipe médicale. Fort heureusement, il semble que former les soignants puis réduire les risques d&rsquo;altération des soins.</p>
<p>D&rsquo;autre part, <a href="http://annals.org/aim/article/2583379/association-between-patient-centered-medical-homes-adherence-chronic-disease-medications">Annals of internal medicine</a> a publié un article sur les &ldquo;Patients center medical homes&rdquo; (qui peuvent correspondre à nos maisons de santé pluridisciplinaires). Il semblerait que dans ces entres de soins, l’observance des patients avec maladie chronique soit meilleure, ce qui pourrait correspondre à une meilleur qualité de soins.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Reparlons d&rsquo;hypertension artérielle. D&rsquo;abord, <a href="http://annals.org/aim/article/2598412/benefits-harms-intensive-blood-pressure-treatment-adults-aged-60-years">une méta-analyse</a> a évalué les bénéfices d&rsquo;un traitement &ldquo;intensif&rdquo; versus &ldquo;standard&rdquo; chez les patients de plus de 60 ans. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;avoir une PAS inférieure à 150mmHg réduit significativement les risques de mortalité, d&rsquo;infarctus et d&rsquo;AVC. Avoir un objectif à 140mmHg ne diminue pas davantage la mortalité, mais réduit légèrement les infarctus et AVC non fatals, sans majoration du risque de chute ni de trouble cognitif. Mais il y a alors une augmentation des hypotensions, des syncopes et du fardeau du traitement.</p>
<p>Ainsi, l&rsquo;académie de médecine américaine a donné ses recommandations sur la prise en charge de l&rsquo;<a href="http://annals.org/aim/article/2598413/pharmacologic-treatment-hypertension-adults-aged-60-years-older-higher-versus">HTA du patient de plus de 60 ans</a>: objectif 150/90, sauf si le patient présente un haut risque cardiovasculaire ou s&rsquo;il est en prévention secondaire (antécédent d&rsquo;infarctus, d&rsquo;AVC ou d&rsquo;AIT) auquel cas il faut cibler 140/90. (Bien évidemment ces objectifs sont à discuter avec le patient selon le principe de la décision partagée)</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>L&rsquo;asthme est une pathologie courante en médecine générale. Probablement trop. En effet, il semblerait d&rsquo;après une étude du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2598265">JAMA</a> que près de 30% des adultes déclarant un antécédent d&rsquo;asthme n&rsquo;avaient en fait pas d&rsquo;asthme après réévaluation par EFR à 1 an d&rsquo;arrêt de tout traitement de fond (quand les EFR étaient normales, le traitement de fond était diminué progressivement). Les auteurs retrouvent aussi comme principal facteur associé à ces absence d&rsquo;asthme: l&rsquo;absence d&rsquo;EFR au diagnostic. Donc, faire des EFR et réévaluer régulièrement les traitements sont indispensable au diagnostic et au suivi des patients (pour ceux qui en douteraient encore)</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/356/bmj.i6456">BMJ</a> a publié dans sa rubrique &ldquo;10-minutes consultation&rdquo; la prise en charge d&rsquo;un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) de découverte récente. Pour mémoire, il faut 2 critères sur les 3: spanioménorrhée, hyperandrogénisme clinique ou biologique, ou ovaires polykystiques échographiques (plus de 12 follicules de 2 à 9mm ou un volume ovarien &gt; 10mL). Pour éviter une hyperplasie de l&rsquo;endomètre quand il y a moins d&rsquo;une menstruation tous les 3 mois, une induction par pilule oestro-progestative semble être le traitement de première intention notamment en cas d&rsquo;acné. Et en cas de désir de grossesse, il faut orienter relativement rapidement les patientes vers un service spécialiser pour optimiser les chances de grossesse.</p>
<p>5/ Urologie:</p>
<p>Concernant le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)32401-1/fulltext">cancer de la prostate</a>, un article du Lancet a étudié l&rsquo;intérêt de l&rsquo;IRM pelvienne avant d&rsquo;effectuer des biopsies orientées par rapport à aux biopsies en de multiples sites classiquement effectuées. Il semblerait que l&rsquo;IRM permette d’éviter 27% de biopsies et d&rsquo;éviter de diagnostiquer quelques cancers non significatifs (5%). Il me semblait que c&rsquo;était déjà le cas, mais l&rsquo;IRM prostatique est un outil indispensable à effectuer avant des biopsies en cas de PSA élevé (si jamais un PSA venait à être dosé&hellip;)</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>J&rsquo;avoue avoir beaucoup aimé le graphique des études en cours concernant les <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2598096">traitements diabétologiques</a>. Notre bonne vieille metformine est visiblement le traitement le moins étudié (malgré un bénéfice clinique faiblement démontré, aucun labo n&rsquo;a osé confirmer les résultats). Au contraire, les études concernant les analogues du DLP1, les inhibiteurs de DPP-4 et les anti SGLT-2 sont de plus en plus nombreuses à étudier des critères cliniques cardiovasculaires. Espérons qu&rsquo;elles seront toutes publiées et pas seulement celles avec des résultats &ldquo;positifs&rdquo;&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiS81jW_Pyf3vTZzK1NHMJ53h6JCoB9TRunq3d1mZ3OEfMWfr7k8vKmeC_KcuDAbA5nORni0Znw3F20fufef2o0UiwZDaiUNTuUVqpykp6JgUQDwwe-bZsVckBbGBQchwF7lLhCgAJOysRh/s1600/diabetes+drugs.jpg"><img src="/images/articles/2017/diabetes-drugs.jpg" alt=""></a></p>
<p>Je passerai rapidement sur l&rsquo;étude <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(17)30013-X/fulltext">SUSTAIN-1</a>, concernant le semaglutide car cette étude ne donne pas de critères cliniques, alors que SUSTAIN-6 a déjà démontré <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/09/dragi-webdo-n107.html">il y a quelques mois</a> des bénéfices sur un critère composite cardiovasculaire avec beaucoup plus de patients&hellip;.</p>
<p>Finissons sur un article qui peut faire se poser des questions. En France, les glitazones ont été retirées du marché à cause d&rsquo;une augmentation du risque de cancer de vessie. Une <a href="http://bmjopen.bmj.com/content/bmjopen/7/1/e013927.full.pdf">méta-analyse</a> publiée dans le BMJ open retrouve une augmentation des insuffisances cardiaques, et du risque de fractures. (Le risque de cancer de vessie n&rsquo;est pas significativement augmenté avec les 4500 patients inclus dans l&rsquo;analyse). Cependant, il y a une baisse significative des évènements cardiovasculaires, notamment des AVC (la baisse n&rsquo;est pas significative pour les infarctus). Si on mets tout ça en balace: NNT pour éviter un évènement cardiovasculaire: 66 patients, NNH pour une insuffisance cardiaque: 61 patients auquel on ajoute le NNH pour fracture: 61 patients également. Donc pour 1 évènement cardiaque (AVC ou IDM) évité, on a 1 insuffisance cardiaque et 1 fracture (et 2 hypoglycémies sévères aussi). Bref, malgré un potentiel bénéfice sur les AVC, il me semble que la balance bénéfice-risque reste clairement défavorable, d&rsquo;autant plus que la mortalité n&rsquo;est pas diminuée.</p>
<p>Merci à tous de votre fidélité, et pour les urgentistes ou réanimateurs qui passeraient également par ici, je ne peux m&rsquo;empêcher de vous renvoyer à l&rsquo;article du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2598892?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=782551103&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=33562636">JAMA</a> concernant la prise en charge du choc septique! A bientôt,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°123: Conflits d'intérêt, mammographie, IVG, asthme et tiotropium, mesurer l'HTA</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/01/dragi-webdo-n123/</link><pubDate>Sun, 15 Jan 2017 20:10:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/01/dragi-webdo-n123/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Impossible de ne pas introduire de Dragi Webdo autrement que par cet <a href="http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0168258">article</a> sur les conflits d&rsquo;intérêt dans les universités Françaises. Certains se réjouissent que leur fac soit en première, deuxième ou même 3ème place ex-aequo dans ce classement. Cependant, être premier avec un score de 5 sur 26, ou 3ème avec 1/26 , je trouve ça plutôt CATASTROPHIQUE! Il n&rsquo;y a, à mon avis aucune différence tangible avec les 28 autres fac (76%) ayant un score à 0. Nous sommes encore loin des performances des universités américaines sur ce point. Certains dirons qu&rsquo;en France, les étudiants ne payent pas 20 000 euros l&rsquo;année, ce qui serait une rentré d&rsquo;argent pouvant éviter d&rsquo;avoir recours à des financement pharmaceutiques. Je répondrais que ce classement se base sur des mesure prises ou citées dans le règlement des universités, et ne correspond pas &ldquo;au total reçu&rdquo; par les universités (ce qui pourrait être un article également intéressant d&rsquo;ailleurs!)</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Pour commencer, la nouvelle mesure qui sera effective dès le 10 avril concerne la prescription du <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Prescription-obligatoire-du-zolpidem-sur-ordonnance-securisee-Point-d-Information">Zolpidem</a>. En effet, bien que non stupéfiant, il sera soumis aux mêmes règles de prescription (hormis le fractionnement hebdomadaire de délivrance). Étonnamment, son cousin le Zopiclone semble pour le moment passer au travers&hellip;.</p>
<p>Un <a href="http://jaha.ahajournals.org/content/5/11/e004065">essai</a> mené sur demande de l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Risques-hemorragique-et-thromboembolique-associes-a-la-double-anticoagulation-par-AVK-et-heparinotherapie-HBPM-lors-de-l-initiation-de-l-AVK-dans-la-fibrillation-auriculaire-sans-complication-les-resultats-d-une-etude-de-l-ANSM-Point-d-Information">ANSM</a> a retrouvé un sur-risque de saignement au cours du 1er mois de traitement par AVK lorsqu&rsquo;une co-prescription initiale d&rsquo;héparine était présente le temps que l&rsquo;INR soit à l&rsquo;objectif.  Dans le même temps, aucune augmentation du risque thrombo-embolique n&rsquo;était retrouvé chez les patients sous AVK seuls. En dehors de situations nécessitant la prescription d&rsquo;héparine (HNF ou HBPM) qui ont été exclues de l&rsquo;étude, il semble raisonnable d&rsquo;introduire les AVK sans faire de relais héparine-AVK (ou bien de suivre les nouvelles <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/09/dragi-webdo-n105.html">recos</a> de l&rsquo;ESC préconisant de débuter par un AOD&hellip;)</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>J&rsquo;avais déjà parlé des conditions de <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/10/dragi-webdo-n109.html">mesures de tension</a> artérielle. Une nouvelle étude a comparé MAPA (hoter tensionnel sur 24 h) et mesures de tension au cabinet. En prenant comme référence des MAPA avec une valeur seuil de 130/80 sur 24h ( par ailleurs, on considère comme TA limite: 135/85 sur la période diurne et 120/70 sur la période nocturne ) et 140/90 en mesure au cabinet, les auteurs retrouvent que les mesure au cabinet ont une sensibilité de 82% et une spécificité de 41%. Cela signifie que 80% des patients hypertendus auront une TA élevé au cabinet, mais aussi que près de 60% des patients non hypertendus auront une tension élevée au cabinet!</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Une <a href="http://annals.org/aim/article/2596394/breast-cancer-screening-denmark-cohort-study-tumor-size-overdiagnosis">étude danoise</a> d&rsquo;Annals of internal medicine (avec Gotzche en 3ème auteur) s&rsquo;intéresse à nouveau au dépistage du cancer du sein. Entre 1980 et 2010, le dépistage tous les 2 ans du caner du sein entre 50 et 69 ans n&rsquo;était pas associé à une diminution des cancers avancés, mais les cancers non invasifs étaient plus nombreux. Ainsi, le surdiagnostic était de près de 25% avec le dépistage et de 15% quand on excluait les carcinomes in situ. Au passage, chez les patientes de moins de 50 ans, le sur-diagnostic atteignait environ 50%!!</p>
<p>Le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/article-abstract/2592320">JAMA</a> psychiatry a publié une étude intéressante sur la santé mentale des femmes ayant eu une IVG par rapport à celles s&rsquo;étant vu refusé l&rsquo;IVG pour terme dépassé. Ainsi, une semaine après la demande d&rsquo;IVG, les femmes ayant subit un refus avaient une moins bonne estime d&rsquo;elles, une moindre satisfaction personnelle dans leur vie, et un niveau de dépression similaire. Des éléments à prendre en compte pour les patientes concernées&hellip;</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Y a-t-il un intérêt des anti-cholinergiques dans le traitement de fond des crises d&rsquo;asthmes de l&rsquo;adolescent? Le journal de l&rsquo;ERS a publié un <a href="http://erj.ersjournals.com/content/49/1/1601100?ctkey=shareline">essai contrôlé</a> randomisé étudiant pendant 12 semaines le tiotropium versus placebo chez les adolescent non contrôlés avec des corticoïdes inhalés. Trois heures après la prise du traitement actif, le VEMS était modérément augmenté par rapport au placebo. Cependant, à 12 semaines, il n&rsquo;y avait pas de différence entre les groupes traitement et placebo. Étonnamment le tiotropium a 2,5µg semblait plus discrètement plus efficace que le 5µg&hellip; Bref, de toutes façon, les résultats de l&rsquo;étude semblent clairs: le tiotropium n&rsquo;a pas d&rsquo;efficacité sur le VEMS dans l&rsquo;asthme de l&rsquo;adolescent.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! A très bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°122: allergie pénicilline, uvesterol, constipation (reco), surdité médicamenteuse, metformine et insuffisances cardiaque/rénale/hépatique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/01/dragi-webdo-n122/</link><pubDate>Mon, 09 Jan 2017 01:19:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/01/dragi-webdo-n122/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! J&rsquo;espère que votre reprise s&rsquo;est bien déroulée. Personnellement, ma première semaine d&rsquo;installation (n&rsquo;étant plus collaborateur désormais) a été un peu complexe, car internet n&rsquo;arrivait pas jusqu&rsquo;au nouveau cabinet médical&hellip; Après ce retour aux presque-origines de la médecine, tout est désormais réglé! Passons sur ma vie, voici les actus!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Pour commencer, si jamais vous étiez passé à coté de l&rsquo;affaire &ldquo;Uvesterol&rdquo;, l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Par-mesure-de-precaution-l-ANSM-suspend-la-commercialisation-d-Uvesterol-D-Communique">ANSM</a> suspend l&rsquo;uvestérol D. Les risques étaient connus, et je ne m&rsquo;étendrais pas plus dessus, certains l&rsquo;ont déjà très bien fait (<a href="http://hippocrate-et-pindare.fr/2017/01/06/tristesse-et-colere/">ici</a> et <a href="http://sylvainfevre.blogspot.fr/2017/01/on-ne-sauvera-pas-le-monde-mais.html?m=1">là</a> par exemple). L&rsquo;&lsquo;uvesterol ADEC&quot; reste disponible uniquement à l&rsquo;hôpital, car cette supplémentation particulière reste indiquée chez l&rsquo;enfant prématuré ou à risque de malabsorption de ces vitamines.</p>
<p>La revue Prescrire, dit déjà depuis plusieurs années qu&rsquo;il y a un risque de troubles de l&rsquo;audition avec les AINS. Une <a href="http://aje.oxfordjournals.org/content/185/1/40">étude</a> de cohorte américaine retrouve cette augmentation de risque de surdité avec les AINS, mais également avec le paracetamol (dans une moindre mesure). Il faut noter que malgré les modèles multivariés, il est toujours difficile d&rsquo;établir indépendamment des effets des antalgiques car ils sont souvent co-prescrits.</p>
<p>Je parlais <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/12/dragi-webdo-n118.html">il y a peu</a> des allergies à la pénicilline. Dans la même lignée, un article du J<a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2594806">AMA Internal Medicine</a>  revu les différents types d&rsquo;allergie et repris les conduites à tenir. Il faut surtout retenir que les réactions croisées avec les céphalosporines sont rares, et que ces molécules peuvent être utilisées d&rsquo;emblée en cas d&rsquo;allergies type &ldquo;éruption modérée&rdquo; voire d&rsquo;angio-oedeme. Idéalement, un test allergologique infirmant ou confirmant l&rsquo;allergie devrait être effectué.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiRCsf9IYwy2iBQEThHBCz456mXjr7P8a3ctJZ1bu0eYwdupa-r7XXnfov28Fd_lU7r31ZrKhMCIKQ0OtI0juA8AM1R7VgvE9LbyuRy7HqmB_C0nUzKWVg_pYTaY9b3T1YHi6KDvitCJOkk/s1600/allergie+penicilline.png"><img src="/images/articles/2017/allergie-penicilline.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Gastro-entérologie</p>
<p>Les recommandations française de la Société Nationale Française de Colo-Proctologie a publié des recommandations sur la <a href="http://www.snfcp.org/rc/org/snfcp/htm/Article/2011/20111201-151423-011/src/htm_fullText/fr/Constipation%20%28RPC%20TC%202017%29.pdf">constipation chronique</a> qui semblent en accord avec un article du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2481010#.WG7XQtQ_xNI.twitter">JAMA</a> de cette semaine. En résumé, (je ne reprendrais pas les reco de niveau accord professionnel) il faut en premier lieu consommer au moins 25g de fibres pas jour et utiliser des eaux riche en magnésium (Hépar par exemple). Les laxatifs osmotiques  (les PEG type macrogol sont supérieur au lactulose par exemple) et de lest (ispaghul par ex) peuvent être utilisés en première intention. Les autres type de laxatifs sont en seconde intention. Je vous laisse lire la suite qui peut relever de techniques pour des situations particulières. (Je relèverai que le suppositoire Educyl est recommandé en première intention sous son nom commercial, je crains donc des conflits d&rsquo;intérêt de la part des rédacteurs des recos)</p>
<p>Voici ce que le JAMA préconisait:</p>
<p>laxatifs de lest et fibres puis PEG ou laxatif stimulant puis  linaclotide (non dispo en France il me semble, mais c&rsquo;est un peu comme le prucalopride je crois) et si ça ne va toujours pas: explorer par une manométrie ano-rectale.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhUvgXW0RnlAPB-YsppKp350gFL2Bu_aVl547UQKgcmMGEev8woDSJ_K5CRvfZx9R04S9Pv9enTICpNF7xM3zBiKMvJsDFSexjtRMk5D4_0vm4tGJJsrssRvtlJyzAIDsZrv_L15yxLkXcO/s1600/constipation+JAMA.jpg"><img src="/images/articles/2017/constipation-jama.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Diabétologie</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/356/bmj.i6538">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé au dépistage du &ldquo;pré-diabète&rdquo;. Les auteurs ont effectué une méta-analyse est retrouvent que le dépistage par l&rsquo;HbA1C n&rsquo;est ni sensible, ni spécifique, et le dépistage par glycémie à jeun est très spécifique et peu sensible. (c&rsquo;est original comme conclusion, car c&rsquo;est censé être le test de référence). Bref, ce dépistage aurait pour but de mettre en place des mesures retardant l&rsquo;apparition de diabète. Cependant,les règles hygiénodiététiques, qui ne diminuent le risque de diabète que de 20 à 36%, sont des conseils à donner à tout patient, et non uniquement à ceux en pré-diabète&hellip;</p>
<p>Pour finir, la metformine semble de plus en plus utilisée en cas d&rsquo;insuffisance rénale, hépatique et cardiaque alors que ce sont des contre-indications. Dans l&rsquo;insuffisance rénale modéré, la contre-indication s&rsquo;est assouplie jusqu&rsquo;à un DFG estimé de 45ml/min (à demi-dose). Une <a href="http://annals.org/aim/article/2595889/clinical-outcomes-metformin-use-populations-chronic-kidney-disease-congestive-heart">revue</a> a été faite par Annals of internal medicine. Quelques études ont étudié la metformine dans ces 3 contre indications. La mortalité globale était diminuée chez les patients sous metformine ayant une insuffisance rénale (probablement jusqu&rsquo;à un DFG estimé limite de 30ml/min) (OR=0,78) et chez ceux ayant de l&rsquo;insuffisance cardiaque (OR= 0,78). Chez les patients avec insuffisance hépatique, les études présentaient trop de biais pour conclure avec certitude mais la tendance était à une mortalité moindre sous metformine également. Les incidences d&rsquo;acidose lactiques ne sont pas retrouvées dans l&rsquo;article. Si la metformine diminuait réellement la mortalité globale, le risque d&rsquo;acidose lactique serait un risque acceptable, mais le bénéfice sur la mortalité a du mal a être retrouvé dans des études prospectives de grande puissance (alors dans les sous-groupes de patients avec des insuffisances organiques&hellip;)</p>
<p>Voilà pour cette semaine! A très bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°121: durée traitement OMA, Lyme et azithromycine, antalgie pendant les vaccins</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/01/dragi-webdo-n121/</link><pubDate>Sun, 01 Jan 2017 13:32:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2017/01/dragi-webdo-n121/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pédiatrie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonne année 2017! Les vacances sont finies et c&rsquo;est parti pour une année qui sera, on l&rsquo;espère (comme à chaque fois), meilleure que la précédente. Ces deux dernières semaines, les actualités médicales n&rsquo;ont pas été très intenses, et ce n&rsquo;est pas plus mal.  Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Ça y est, enfin, l&rsquo;<a href="https://www.vidal.fr/actualites/20576/olmesartan_deremboursement_effectif_a_compter_du_2_janvier_2017/">olmesartan</a> est déremboursé à partir du 2 janvier 2017!</p>
<p>2/ Pédiatrie</p>
<p>Une question que je me suis souvent posée: quelle antalgie choisir pour les vaccins chez les nourrissons? Une <a href="http://www.cmaj.ca/content/early/2016/12/12/cmaj.160542">étude canadienne</a> a randomisé les antalgies proposées pour les enfants de moins de 12 mois : placebo, éducation parentale par vidéo sur comment réassurer l&rsquo;enfant, la vidéo associé à une administration orale de sucre, et la vidéo associé au sucre et à de la lidocaine locale. Les auteurs retrouvent que, quelque soit l&rsquo;âge, la plupart des antalgies sont sans effet. Le groupe vidéo + sucre+ lidocaine avait légèrement moins de douleur que les autres (-0,4/10 &hellip;.) au prix d&rsquo;effets indésirable légèrement supérieur (pâleur chez les enfants de 2 mois). Bref, les auteurs concluent que la lidocaïne est efficace, alors qu&rsquo;ils disent dans les méthodes qu&rsquo;une différence de 0,6 est nécessaire pour que la différence soit cliniquement pertinente.</p>
<p>Les traitements de l&rsquo;otite moyenne aigue sont loin d&rsquo;être standardisés. Un <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1606043">essai</a> contrôlé randomisé américain a comparé le traitement recommandé (là bas) de 10 jours d&rsquo;amoxicilline avec acide clavulanique versus 5 jours chez les enfants de moins de 2 ans. Les auteurs retrouvent plus d&rsquo;échec de traitement dans le groupe 5 jours ( 34% vs 16%), sans qu&rsquo;il y ait d&rsquo;augmentation du nombre de bactéries résistantes chez les enfants traités 10 jours. Par ailleurs, les échecs étaient plus fréquents en cas d&rsquo;otite bilatérale. Cependant, l&rsquo;article ne parle pas d&rsquo;éventuelles complications liées à un traitement trop court. Avec les mêmes données, on aurait donc également pu conclure qu&rsquo;il y a un peu plus d&rsquo;échec clinique à 2 semaines mais sans conséquences graves. En France, avant 2 ans, 8 jours de traitements sont recommandés, dommage que cette durée n&rsquo;ait pas été étudiée!</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La maladie de Lyme est toujours à la mode, alors face aux patient demandeur d&rsquo;un traitement juste après une piqure de tique, cet article pourrait vous aider. En effet, le <a href="http://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(16)30529-1/abstract">Lancet infectious disease</a> a mené un essai contrôle randomisé: Azithromycine topique 10%  2 fois par jour pendant 2 jours versus placebo local à appliquer dans les 72h suivant une piqure de tique. Après cette introduction alléchante, voici les résultats: aucun effet! Pas de différence de survenue d&rsquo;erythème migrans ou de séroconversion à 8 semaines. Les auteurs ont quand même fait une &ldquo;réanalyse ITT&rdquo; où ils trouvent que l&rsquo;azithromycine pourrait réduire de 8% le risque d&rsquo;erythème migrans à 30 jours. Bref, comme quoi les études &ldquo;négatives&rdquo; peuvent être publiées!</p>
<p>Bonne digestion après ces semaines de repas copieux répétés, et à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Jeux au coin du feu: Zombicide, Time Story, 7 wonders duels, Scythe, Caverna</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/12/jeux-au-coin-du-feu-zombicide-time-story-7-wonders-duels-scythe-caverna/</link><pubDate>Wed, 28 Dec 2016 18:38:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/12/jeux-au-coin-du-feu-zombicide-time-story-7-wonders-duels-scythe-caverna/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Le père Noël et ses lutins ont certainement été généreux avec vous. Ils l&rsquo;ont été également pour moi avec de nombreux jeux dont je vais vous parler. Les jeux de société, soit on aime, soit on a pas encore joué à un type de jeu qu&rsquo;on aime! Il y en a vraiment pour tous les goûts et tous les types de joueurs. Voici quelques perles du moment!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhAfSrwvklb5CsqZlTiNAzuYqnW-nLA9eHtqFZktycjkOmemTRyKHKVOxrJneibKXuacfoDP_kEqsrA4IYyDmqhV15QERkUKxaamsIIe9i3CuhmYzxaHjqe11sCQCoCBaV_zcb8UnviXy42/s1600/zombicide.jpg"><img src="/images/articles/2016/zombicide.jpg" alt=""></a></p>
<p>Commençons par un classique &ldquo;Zombicide&rdquo;. Le thème est dans le titre: les zombies se répandent dans nos ville et vous êtes un des survivants. Je n&rsquo;aurai pas la prétention de dire que vous allez sauver le monde, car, vous ne le ferez pas (et même si vous le faisiez, <a href="http://www.legorafi.fr/2013/07/12/jeux-video-les-joueurs-decus-du-manque-de-remerciements-pour-avoir-sauve-la-terre-a-plusieurs-reprises/">visiblement tout le monde s&rsquo;en moque&hellip;</a>). L&rsquo;objectif est avant tout que vous surviviez! Alors, jetez la poêle à frire qu&rsquo;on vous a donné, récupérez une batte de baseball ou un tronçonneuse, et allez massacrer du mort vivant à coup de dés!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgljwgBw-zHTAKPqRUhS6mGeS1oNEdN2lhTUE_u-t3gYpyODG4gPS35JYvBf5JOy1wWlAuNu5yQmywZoHq2NJyEV4dx9oUFzAlCS1T_ddpXDHz4leSuHYTdYQIgs7S86hVP13L85bJNw59Q/s1600/Time+story.jpg"><img src="/images/articles/2016/time-story.jpg" alt=""></a></p>
<p>Pour jouer de 2 à 4 en se plongeant totalement dans une aventure, TIME Story est le jeu qu&rsquo;il vous faut. Un concept simple, narratif, dans lequel le groupe de joueur voyage à travers le temps pour résoudre une énigme. Les joueurs explorent un environnement, résolvent des énigmes, combattent des créatures surprenantes&hellip; En cas d&rsquo;échec, c&rsquo;est reparti pour la case départ, mais grâce à vos souvenir un échec n&rsquo;est qu&rsquo;un moyen de mieux préparer la reprise de la mission!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhSn7lsxXeGGwUU_CdKUjDtnP9pLNvzodfB_GXOvezX4DAsV-jfDufIszqRXZR_fqsgA7d0RzZuGuVWIJpYlGz4RyW8BRstoaVTBOeaMVg41WoPjbdJBrk1oQ73Hs7RY9PcF2kNb8k4EX9O/s1600/7wonders.JPG"><img src="/images/articles/2016/7wonders.jpg" alt=""></a></p>
<p>&ldquo;Seven Wonders&rdquo; est un jeu multi-récompensé depuis 2011, mais dont la version &ldquo;2 joueurs&rdquo; laissait un peu sur notre faim. Le jeu &ldquo;7 wonders duels&rdquo; a finalement vu le jour! Le &ldquo;draft&rdquo; de carte fait désormais place à une pyramide de cartes à choisir pour finalement composer sa cité en ayant soigneusement sélectionné ses ressources, construit ses bâtiments militaires, commerciaux, civiles et scientifiques. Un vrai jeu de duel où la réflexion et la stratégie sont indispensables mais avec une complexité abordable pour des non-experts en jeu de société. Simple, intéressant, relativement rapide, bref: incontournable!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgWSHEYEzTBZPyQRlWRs0GS6QYWUF4CetkmnwHzhcvEvJ7WgDygdVawNp8hbzqCms_C8hoQKOBxsQX7Rn0KolIOr6jc23XX2ShjAgeK0A54GI5TYOAvR-Sd1v3_48TRqTocz18BGniKRkGT/s1600/Scythe.jpg"><img src="/images/articles/2016/scythe.jpg" alt=""></a></p>
<p>Si on pousse un peu plus la stratégie autour d&rsquo;un magnifique jeu de plateau, Scythe est le jeu 2016 à avoir.  Les règles sont un peu longue à comprendre, mais la mécanique est très bien huilée. Obtenir des ressources sur le terrain pour développer sa civilisation dans un univers &ldquo;Europe de l&rsquo;Est des années 20&rdquo;. Les actions permettent de faire évoluer le plateau de jeu personnel qui peut être différent à chaque partie. Il faudra faire des choix pour l&rsquo;emporter: être aimé des population, être guerrier, ou atteindre des objectifs&hellip; Peut être un peu des trois: à votre tour, camarades!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgEaxbWRtgA-8i9ugmyJZ2C8RlS9Jqd6rZ2W3bA3clLpgXeHdxvOWbCCk0pnYpFGGY6UHMaIVBNqNx6d03k5Exbk4YdKtZkTASq4k-Mui4b0CpkW7RdMCgWTQ3sLlYzqqJfR-RY-yHVXoeT/s1600/caverna.jpg"><img src="/images/articles/2016/caverna.jpg" alt=""></a></p>
<p>Pour les plus experts, le classique &ldquo;Caverna&rdquo; est également incontournable. Pour le coup, il faudra plusieurs heures de jeu pour mener à bien une partie. C&rsquo;est un jeu de gestion avec des interactions limitées (mais suffisantes) avec les autres joueurs visant à construire à la fois une belle ferme avec des champs et du bétail, et aménager l&rsquo;intérieur de sa caverne (car, les joueurs interprétant des nains, ils vivent dans des cavernes!). Par ailleurs, le plateau de jeu et les figurines de bois rendent le jeu encore plus captivant!</p>
<p>Profitez bien de vos vacances, il n&rsquo;est pas encore trop tard pour vous ruer sur un jeu à tester le soir de la Saint-Sylvestre!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Confessions d'un accro de la médecine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/12/confessions-d-un-accro-de-la-medecine/</link><pubDate>Sun, 25 Dec 2016 19:18:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/12/confessions-d-un-accro-de-la-medecine/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Joyeux Noël à tous!! Et comme je n&rsquo;ai pas eu le temps de rédiger un DragiWebdo cette semaine (mais j&rsquo;ai quand même mis de côté quelques articles pour le prochain numéro), voici une petite histoire compensatrice&hellip;. Bonne lecture!</p>
<p><strong>21 octobre, 21h00</strong>: demande à Mme Dragibus de me vacciner</p>
<p>Refus et échec cuisant</p>
<p><strong>21h15:</strong> auto-injection dans le deltoid gauche:</p>
<p>EVA 2/10 au moment de l&rsquo;injection</p>
<p><strong>23h00:</strong> apparition d&rsquo;une pesanteur dans le bras gauche et le triceps (zut, j&rsquo;ai du mal viser!)</p>
<p><strong>22 octobre 9h00</strong>: réveil, douleur dans le deltoïde gauche et érythème local autour du point d&rsquo;injection (c&rsquo;est bon, j&rsquo;avais bien visé! même si je suis pas sur que ça change grand chose en réalité)</p>
<p><strong>23h:</strong> persistance de la gène au bras gauche et début de rhinorrhée (Ça y est, c&rsquo;est le virus de la grippe qui agit! j&rsquo;espère que la nuit me soulagera pour ne pas avoir un rhume d&rsquo;homme)</p>
<p><strong>23 octobre 4h00:</strong> réveil nocturne, je sens ma gorge qui me démange. J&rsquo;hésite à aller prendre un Paracetamol (du Doliprane en l’occurrence). Devant la taille du comprimé et ma fatigue. Je renonce et m&rsquo;enfouis sous mes couvertures &ldquo;pour ne pas attraper froid&rdquo; (je crois que c&rsquo;est trop tard&hellip;)</p>
<p><strong>8h30</strong>: réveil (oui, je me lève tôt le dimanche parce que mon adorable fille avait faim parce que l&rsquo;avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt!), je sens la rhinorrhée postérieure qui a œuvré toute la nuit, la bouche asséchée par la respiration buccale compte tenu de la congestion nasale que je subis.</p>
<p>Objectif: rapidement prendre un chocolat chaud, du miel et si ça ne va pas mieux, préparer du sérum physiologique, voire un Rhino Horn (aux grands mots, les grand remède!)</p>
<p><strong>10h</strong>: avec l&rsquo;occupation de la matinée, j&rsquo;ai totalement oublié de prendre mes placebos, mais les symptômes vont mieux. Même le bras n&rsquo;est quasiment plus engourdi. Quasiment&hellip;</p>
<p><strong>24 octobre 20h56:</strong> j&rsquo;ai complètement oublié de tenir ce journal. C&rsquo;est probablement parce que je n&rsquo;ai plus ressenti de gêne depuis le précédent rapport. D&rsquo;aucun dirait que la non tenue systématique de ce carnet de bord pourrait être une source de biais dans l&rsquo;évaluation des effets indésirables. Mais mon propre &ldquo;case report&rdquo; n&rsquo;aura probablement pas de grand échos étant donné l&rsquo;impact factor de mon blog (D&rsquo;autres diront alors que les petits cours d&rsquo;eau forment les grandes rivières, et que l&rsquo;impact factor: c&rsquo;est de la merde. Il n&rsquo;auront pas tort.)</p>
<p><strong>27 octobre 10h05:</strong> Cher journal, non je ne t&rsquo;ai pas oublié, mais j&rsquo;allais particulièrement bien, en dehors d&rsquo;une rhinorrhée transitoire que je peux probablement rapporter au fait de me balader en T-Shirt alors que les températures ont chuté. Ainsi, la tolérance de ce vaccin anti-grippe me semble acceptable, étant donné que mes jours de souffrances ne se sont pas prolongés.</p>
<p><strong>31 octobre 22h30</strong>: Alors que je relisais en détail les articles pour le Dragi Webdo de la semaine, je m’aperçois que cette injection dans le bras que je me suis auto-administrée ne repose sur rien. Certes, je savais que ça ne reposait déjà pas sur grand chose. Mais là, j&rsquo;espère que je n&rsquo;aurai pas un des multiples effets indésirable grave que j&rsquo;ai pu lire sur doctissimo ( névralgie, convulsion fébrile, encéphalomyélite, névrite, vascularite avec atteinte rénale) . Nan mais sérieusement: ça fait flipper! je comprends que les patients ne soient pas pour se faire vacciner si on leur balance des noms terrifiants de la sorte sans information de fréquence, de causalité/plausibilité, ou de balance bénéfice risque! Et c&rsquo;est valable pour les autres vaccins également (surtout, à vrai dire&hellip;). Heureusement, qu&rsquo;en dessous, on peut lire &ldquo;Tamiflu&rdquo; et &ldquo;Relenza&rdquo;. Ce sont visiblement des médicaments qui guérissent de la grippe pour quand on est pas vacciné, même que leurs multiples effets indésirables ne sont pas visibles facilement! C&rsquo;est qu&rsquo;ils doivent être efficaces et inoffensifs! Du moins, c&rsquo;est ce que doit penser, à tord quelqu&rsquo;un qui cherche a se renseigner sur la grippe&hellip;</p>
<p><strong>8 novembre, 00h09:</strong> Cher journal, il est tard, je sais. Mais cela fait 3 jours que j&rsquo;ai mal au bras gauche et je ne peux m’empêcher de penser à un début de myofasciite à macrophage lié au vaccin mais mon Vaxigrip ne contient pas d&rsquo;aluminium. J&rsquo;en conclus que c&rsquo;est probablement une tendinite du long biceps (dû au portage de ma fille), même si les test de la coiffe des rotateurs ont une mauvaise sensibilité et spécificité&hellip; Donc ça n&rsquo;exclue pas l&rsquo;effet indésirable du vaccin!</p>
<p><strong>21 novembre 21h21:</strong> Quand je repense à ceux qui me racontent leur épisodes grippaux, certains compliqués d&rsquo;hospitalisation, je me dis que le bénéfice individuel n&rsquo;est probablement pas nul. Le bénéfice collectif de la vaccination du médecin ambulatoire est plus incertain. En attendant, me voilà à J30, et toujours pas de grippe pour moi! Il faudrait que j&rsquo;insiste auprès de ma grand mère qui est vraiment à risque, malgré ses refus quasi-catégoriques&hellip;</p>
<p><strong>20 décembre, 18h12</strong>: J&rsquo;avoue avoir complètement oublié que j&rsquo;étais en train d&rsquo;écrire ce billet depuis le mois dernier. Mais hier, une toux est apparue en soirée, suivie aujourd&rsquo;hui d&rsquo;une fièvre mesurée à 39,2°C en rectal en axillaire corrigée, et une grosse fatigue. Heureusement, le Paracetamol 1000mg que je possédais m&rsquo;a permis de tenir la journée, mais demain: consultations. Aucun doute, c&rsquo;est la grippe. (Ok, je n&rsquo;ai pas de courbatures, mais peut être demain?) Ce foutu vaccin n&rsquo;a pas marché du tout! A moins qu&rsquo;il m&rsquo;ait tout de même empêché une hospitalisation. Car c&rsquo;est ce qu&rsquo;il faut comprendre: le vaccin n&rsquo;empêchera pas d&rsquo;avoir la grippe, il empêchera (peut être, c&rsquo;est loin d&rsquo;être du 100%) d&rsquo;avoir une grippe sévère hospitalisée. Après quoi, chacun fait son choix. N&rsquo;étant pas particulièrement à risque, je travaillerai demain avec un masque pour vaincre ce rhume d&rsquo;homme en étant fort comme une fille!</p>
<p><strong>21 décembre, 19h50:</strong> J&rsquo;ai fini mes consultations, sans retard. Je ne tousse presque plus, j&rsquo;ai juste quelques frissons qui me surprennent de temps en temps. Je me considère comme quasi guéri!</p>
<p>Jusqu&rsquo;à février, les messages &ldquo;vaccinez vous!&rdquo; inondent les journaux, réseaux sociaux et annonces télévisées. L&rsquo;an dernier je n&rsquo;avais pas été vacciné (pas le temps&hellip;), cette année je n&rsquo;ai probablement pas évité une hospitalisation grâce au vaccin non plus (étant donné que je ne suis pas à risque). J&rsquo;aurai pu tourner ce billet du style &ldquo;j&rsquo;ai été vacciné et ça n&rsquo;a pas marché: la preuve que le vaccin est inutile et potentiellement dangereux!&rdquo; ou inversement &ldquo;heureusement que je me suis vacciné, sinon, j&rsquo;aurai pu quasi-mourir&rdquo;. Mais, comme je n&rsquo;ai pas de confirmation virologique sur mes abondantes sécrétions nasales, &ldquo;on ne peux pas conclure&rdquo;! La vaccination chez les professionnels de santé (de moins de 65 ans sans comorbidité) a pour but d&rsquo;éviter la transmission aux patients fragiles examinés, le bénéfice n&rsquo;est donc pas individuel. Au contraire, les patients avec co-morbidité le bénéfice est peut être faible comparaison du nombre de vaccin à injecter, mais si des hospitalisations sont évitées, pourquoi pas.</p>
<p>Réfléchissez, informez vous et surtout faites vos choix! Et si quelqu&rsquo;un a un outil d&rsquo;aide à la décision (avec des petits ronds rouge et verts) je serai ravi de le connaitre!</p>
<p>A bientôt!</p>
<p>@dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°120: Bénéfices/risques des inhibiteurs de DPP-4, statines forte dose efficaces sur la mortalité, contraception et diabète, ménorragies</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/12/dragi-webdo-n120/</link><pubDate>Mon, 19 Dec 2016 00:40:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/12/dragi-webdo-n120/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour et bonnes vacances pour ceux qui vont en profiter cette semaine. Bon courage à ceux qui travaillent encore! Quand envisager des soins palliatif est une question parfois difficile. Une <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2560374">étude</a> a posé la question &ldquo;surprise&rdquo;: &ldquo;Seriez vous surpris si ce patient décédait dans les 12 prochains mois?&rdquo; Si la réponse est oui, pensez à ce qui pourrait être entrepris. Sur ce, place aux actualités!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Les informations pour arriver au nouveau monde mette vraisemblablement du temps. Plusieurs années après le retrait des glitazones du marché français, la <a href="http://www.fda.gov/Drugs/DrugSafety/ucm519616.htm">FDA</a> vient de reconnaitre que ces molécules augmentaient le risque de cancer de vessie.</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Pas-d-argument-en-faveur-d-un-sur-risque-de-cancer-du-pancreas-associe-aux-incretinomimetiques-chez-les-patients-diabetiques-de-type-2-une-etude-de-l-ANSM-Point-d-Information">ANSM</a> quant à elle, a annoncé qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de sur-risque de cancer pancréatique avec les inhibiteurs de DPP-4 et analogues du GLP-1.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Un nouvel article sur les statines a été publié dans le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/article-abstract/2580531">JAMA</a>. En prévention secondaire, les statines de forte intensité (rosuvastatine 20 et atorvastatine 40 au moins) sont recommandées mais sans qu&rsquo;aucune étude ne prouve leur efficacité (elles n&rsquo;ont d&rsquo;ailleurs pas l&rsquo;AMM). Une étude de cohorte chez des patients ayant un antécédent de maladie cardiovasculaire a été menée. Elle retrouve que les patients traités sous forte statine forte dose vs statine modérée ont un risque de mortalité global diminué! (Hazard Ratio après ajustement : 0,91 , NNT: 250 patients à 1 an). Méthodologiquement ça se tient, bien que ce ne soit pas un essai contrôlé randomisé, les patients ont été ajustés sur un score de propension prenant en compte (entre autres) le cholestérol et les co-traitements, ce qui donne un résultat indépendant pour ces facteurs. Concernant les effets indésirables, seul la survenue de diabète est répertoriée, et étrangement, elle n&rsquo;est pas supérieure en cas de statine forte dose&hellip; (c&rsquo;est ce résultat non cohérent qui pourrait faire mettre en doute la validité des analyses) Enfin, cette étude semble indépendante de l&rsquo;industrie pharmaceutique et les auteurs n&rsquo;ont pas de lien d&rsquo;intérêt. Voilà qui peut faire réfléchir sur  la prévention secondaire par statine&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj08xiHrSzy4IhYC4ZCiF4F-3h4YzbYQIuj9yrRKvp61C9PKlC0c3lQ4wmwayUo_Z0_kTsYlqWSRuMiVrHpR0UNUGacMlsigN7Qr-cbCA5a21xJA14tEQtDmIxYF0uLsIgVSY1PwWkmXSIX/s1600/statines.png"><img src="/images/articles/2016/statines.png" alt=""></a></p>
<p>Statines,  toujours: cette fois ci, dans le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamaneurology/fullarticle/2591317">JAMA neurology</a>. Les auteurs retrouvent dans une étude de cohorte que la prescription de statine est associée à un moindre risque de maladie d&rsquo;Alzheimer. Le problème de ces grosses études sur registre, c&rsquo;est qu&rsquo;il est très facile de savoir si un patient est sous statine ou pas, mais beaucoup plus dur d&rsquo;établir si un patient a une maladie d&rsquo;Alzheimer&hellip; Les patients sous statine se voient peut être plus poser le diagnostic de démence &ldquo;vasculaire&rdquo; que Alzheimer&hellip; De plus, il s&rsquo;agit d&rsquo;une association et non d&rsquo;une causalité, on préfère aussi conserver la qualité de vie des patients Alzheimer âgés en arrêtant des statines en prévention primaire, alors qu&rsquo;on les poursuite chez les patients &ldquo;en meilleure forme&rdquo;. Question c&rsquo;est donc: prend-on moins bien en charge nos patients déments?</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Un <a href="http://bjgp.org/content/66/653/e861">essai</a> pragmatique a comparé l&rsquo;efficacité des DIU au levonorgestrel versus les méthodes classiques dans la prise en charge des ménorragies. Les auteurs ne retrouvent pas de différence entre les groupes. Cependant, la mise en place de n&rsquo;importe quel traitement améliorait significativement les symptômes et la qualité de vie des patients, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du DIU au levonorgestrel, de pilule oestro-progestative, de progestatif seul ou d&rsquo;acide tranexamique.</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Un article d&rsquo;une grande importance pour commencer: une méta-analyse sur les <a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1262363616305055">inhibiteurs de DPP-4</a> de très bonne qualité vient d&rsquo;être publiée. Les auteurs ont fait un funel plot montrant qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de biais de publication et ont finalement inclus une trentaine d&rsquo;études. Ils retrouve une absence de bénéfice de mortalité globale, cardiovasculaire ou d&rsquo;évènements cardiovasculaires parmi les presque 55 000 patients analysés. Cependant, il y avait significativement plus de pancréatites aigues et d&rsquo;insuffisance cardiaque!</p>
<p>Cette méta-analyse a donc été effectuée 3 ans après celle que j&rsquo;avais présenté <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/06/la-diabeto-cest-rigolo.html">ici</a> et qui retrouvait un bénéfice en terme de prévention de mortalité totale et d&rsquo;évènements cardiovasculaire. Il lui avait été reproché d&rsquo;inclure des études de courte durée et de qualité médiocres, qui ont été exclues de la méta-analyse récente (qui au final, avec les études nouvelles a inclus quand même plus de patients). Malheureusement, il  n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;analyse molécule par molécule pour voir si une se détachait néanmoins par rapport aux autres, car dans l&rsquo;ancienne méta-analyse, la saxagliptine et vitagliptine portaient à elle seule les résultats cliniques retrouvés. Bref, peut être un bénéfice avec certaines molécules, mais pas de façon &ldquo;globale&rdquo; mais un risque quasi-certain de pancréatite et d&rsquo;insuffisance cardiaque. (et je vais aller mettre à jour l&rsquo;article sur le diabète de ce pas!)</p>
<p>Enfin, concernant la contraception des patients diabétiques, une <a href="http://care.diabetesjournals.org/content/early/2016/11/21/dc16-1534">étude</a> de cohorte rétrospective a étudié la survenue d&rsquo;évènements thrombo-embolique des patientes. Les auteurs retrouvent un moindre risque avec l&rsquo;utilisation de DIU (6/1000 femmes) par rapport à 8 femmes / 1000 en cas de progestatif et 11 femmes /1000 en cas de contraception avec oestrogènes. Avant 35 ans, le risque thromboembolique est significativement plus élevé en cas de contraception hormonale, par rapport à une contraception non hormonale; après 35 ans, le risque d&rsquo;un progestatif seul n&rsquo;est plus significativement supérieur à celui d&rsquo;une contraception non hormonale. Les auteurs concluent que malgré cette augmentation, le risque est minime et ne doit pas faire contre indiquer formellement les contraceptions hormonales aux patientes diabétiques.</p>
<p>Merci de votre fidélité, passez de bonnes fêtes et à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°119: intestin irritable (recos SNFGE), IPP et AVC, tabagisme faible et mortalité, mesure tensionnelle</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/12/dragi-webdo-n119/</link><pubDate>Sun, 11 Dec 2016 18:42:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/12/dragi-webdo-n119/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Ce Dragi Webdo devrait être particulièrement à l&rsquo;heure en étant publié le dimanche à une heure décente. En plus, il ne sera pas être très long aujourd&rsquo;hui, alors place aux actualités!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un nouvel article sur les inhibiteurs de la pompe à proton (<a href="http://circ.ahajournals.org/content/134/Suppl_1/A18462">IPP)</a> et leurs effets indésirables. Après les études suggérant l&rsquo;augmentation du risque d&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/02/dragi-webdo-n85.html">insuffisance rénale et de démences</a> et du risque d’<a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/06/dragi-webdo-n54.html">infarctus du myocarde</a>, il semblerait que cet effet délétère cardiovasculaire se confirme avec une augmentation du risque d&rsquo;AVC avec les doses élevées des différentes IPP. Ainsi, pour les patients sous aspirine en prévention cardiovaculaire, pour ne pas augmenter ce risque, pensez à conserver la dose minimale d&rsquo;IPP!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgPVAXxNFkHfAosvc_uVxeOhsgArN3u-5shVZOICRPzyXKSqMByUYF6tTQIzv7v9VJqHEit-rSynTF8wfFKjQtnHnqsVQikPpKmAQt8SZ96qL1Ynm1Ig91mmOA2sd_Q3OeSjlhgG7V5NJ82/s1600/IPP.gif"><img src="/images/articles/2016/ipp.gif" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>L&rsquo;hypothèse la plus répandue est que les tensions systoliques en cabinet sont plus élevées qu&rsquo;en ambulatoire. Une étude de <a href="http://circ.ahajournals.org/content/134/23/1794">Circulation</a> a retrouvé le contraire! En effet, chez des patients non hypertendus et sans pathologie cardiovasculaire, les auteurs ont retrouvé des moyennes tensionnels en cabinet de 116/75 contre 123/77 en ambulatoire. Cependant, chez les plus de 65 ans ou en cas d&rsquo;IMC &gt;32,5, les tensions au cabinet étaient supérieures aux tensions ambulatoires. Les auteurs ont donc retrouvé 15% d&rsquo;HTA masquée. Le gros, très gros biais de cette étude, c&rsquo;est que les tensions au cabinet étaient mesurée de façon manuelle, alors que les mesures ambulatoires étaient faites de façon automatisées. Or, le technicien a tendance à sous évaluer la tension artérielle (ou comment une fois de plus faire dire tout et n&rsquo;importe quoi à une étude). Conclusion de toutes façons (et ce n&rsquo;est pas neuf), pour ne pas sous estimer l&rsquo;HTA masquée ni l&rsquo;HTA blouse blanche: faire des mesures ambulatoires!</p>
<p>Deux articles de cohortes maintenant. Le premier étudiait le risque de mortalité chez les <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2588812?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=690629661&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=31763899">fumeurs</a> de moins de 10 cigarettes par jour. Les auteurs retrouvent que chez ces faibles consommateurs, le risque de cancer du poumon, de maladies respiratoires, d&rsquo;évènements cardiovasculaires et la mortalité globale sont augmentées. Cet effet est même significativement retrouvé chez les patients fumant moins d&rsquo;une cigarette par jour! L&rsquo;article retrouve également que l&rsquo;arrêt du tabac permet de réduire ces risques, et que plus l&rsquo;arrêt du tabac se produit jeune, plus le bénéfice est grand. &ldquo;Il n&rsquo;y a pas de petit fumeur. Seulement des grandes conséquences&rdquo; (j&rsquo;aurai du me lancer dans les slogans&hellip;)</p>
<p>La seconde porte sur la consommation de <a href="https://bmcmedicine.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12916-016-0730-3">noix</a>. Les noix semblent en effets, bonne pour le coeur, ça avait déjà été retrouvé (<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1307352">ici</a>). Cette nouvelle étude apporte des preuves supplémentaires, en retrouvant que chaque ingestion de 28g de noix par jour est associée à une diminution des risque de cancer de 15%, de maladie cardiovasculaire de 21%, et de mortalité globale de 22% (et aussi de maladie respiratoire, de diabète, de maladie neurodégénérative&hellip;). Et visiblement, un peu partout dans le monde, on ne mange pas assez de noix. On attend tout de même l&rsquo;essai randomisé contre placebo de noix pour avoir une preuve causale forte!</p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>De nouvelles recommandations ont été publiées sur le <a href="http://www.snfge.org/sites/default/files/recommandations/2016_sii.pdf">syndrome d&rsquo;intestin irritable</a> (SII) par la société française de gastro-entérologie. Bien que la diagnostic soit clinique, un bilan est proposé:</p>
<ul>
<li>NFS, CRP, Anticorps anti Transglutaminase et TSH. (Le dosage de la TSH dans cette indication reste pas mal controversé à l&rsquo;international). Par contre, l&rsquo;absence du dosage de calprotectine fécale est un peu étonnante, car elle est recommandée par le NICE (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/03/dragi-webdo-n39.html">ici</a>) et est un très bon marqueur d&rsquo;inflammation, aussi bien pour le cancer colorectal que pour les MICI (cf <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/06/dragi-webdo-n101.html">ici</a> encore). Elle est seulement indiquée comme possible car non remboursée (mais je doute que ce soit en ne recommandant pas un examen utile qu&rsquo;elle devienne remboursée un jour&hellip;) Pour les traitements, je retiendrais surtout l&rsquo;importance de l&rsquo;effet placebo dans cette pathologie.</li>
</ul>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Enfin, un article du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2588254">JAMA</a> a étudié l&rsquo;immunogénicité du vaccin anti HPV à 9 valences (7 contre les cancer et 2 contre les condylomes). Les auteurs retrouvent que l&rsquo;immunogénicité de 2 injections du vaccin n&rsquo;est pas inférieure à 3 injections chez les garçons et filles vaccinées. Les principaux problèmes de cette étude, sont d&rsquo;une part que cette immunogénicité a été évaluée à 4 semaines de la dernière dose: autant dire que sur du long termes ou même du moyen terme, on n&rsquo;a pas de réponse, et d&rsquo;autre part que l&rsquo;efficacité d&rsquo;un vaccin ne se résume pas uniquement au taux d&rsquo;anticorps circulants.</p>
<p>Voilà pour cette semaine, je vous laisse reprendre vos activités normales! Mais n&rsquo;oubliez pas qu&rsquo;elles ont des conséquences bénéfiques ou négatives sur votre vie: si vous jouez à <a href="http://www.jmir.org/2016/12/e315">Pokémon Go</a> vous augmenterez votre activité physique (ce qui peut être bénéfique pour votre santé), et si vous allez préparer votre semaine par un <a href="http://sti.bmj.com/content/early/2016/10/31/sextrans-2016-052687">entretien pubien</a>, cela peut augmenter votre risque d&rsquo;infections sexuellement transmissibles! Sur ce, à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°118: ABCscore (ACFA), lombalgie (reco NICE), marqueurs pronostic du diabète (DFG et copeptine), allergie pénicilline</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/12/dragi-webdo-n118/</link><pubDate>Mon, 05 Dec 2016 00:46:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/12/dragi-webdo-n118/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Urologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! C&rsquo;est la dernière ligne droite avant la fin de l&rsquo;année et un peu de repos pour ceux qui vont profiter des vacances pour se reposer. Alors, quel meilleur compte à rebours que le calendrier de l&rsquo;Avent du <a href="http://www.bmj.com/christmas-advent-calendar-2016">BMJ</a>, avec ses études plus exotiques les unes que les autres!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Les allergies à la pénicilline ne sont pas rares dans les dossiers des patients. Cependant, on sait qu&rsquo;elle sont bien plus rares que cela. Une <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27888034">étude</a> a recherché chez des patients hospitalisés se disant allergique le nombre d&rsquo;allergies réelles confirmées par des tests. Sur les 252 patients testés, 90,5% n&rsquo;avaient en fait pas d&rsquo;allergie à la pénicilline!</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Une article de <a href="http://circ.ahajournals.org/content/134/22/1697.full?ijkey=SCBtWhNlHo4owfL&amp;keytype=ref">Circulation</a> va remettre en cause le score CHADSVASC dans la fibrillation auriculaire (FA). En effet, l&rsquo;ABC stroke score, comprenant l&rsquo;âge, les biomarqueurs (NT-proBNP et Troponine) et la clinique (l&rsquo;antécédent d&rsquo;AVC) , se révèle être sensiblement meilleur dans la prédiction du risque d&rsquo;AVC chez les patients avec une FA. Une version ABC risk score avait déjà été <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)00741-8/abstract">validée</a> pour le risque hémorragique en remplaçant l&rsquo;antécédent d&rsquo;AVC par antécédent de saignement.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>D&rsquo;après la <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD011684.pub2/abstract">Cochrane</a>, le traitement des otites avec otorrhée sur tympan avec aérateur transtympanique (ATT) le plus efficace serait le traitement antibiotique local, par rapport au traitement antibiotique par voie générale. Cependant, ce résultat ne semble pas être forcément généralisable aux otorrhées chez les patients sans ATT, et peu d&rsquo;études les ont étudiées. Si on pouvait se contenter d&rsquo;antibiotiques locaux dans les otites moyennes perforées, on diminuerait pas mal la prescription d&rsquo;antibio et le risque de résistance&hellip;</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Le NICE (sorte de HAS britannique) a publié des recommandations de prise en charge de la <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/ng59/chapter/Recommendations">lombalgie</a>. Il recommande l&rsquo;utilisation du <a href="https://www.keele.ac.uk/sbst/startbacktool/sbtoolonline/">Start Back risk assessment</a> tool pour différencier les lombalgie et lombosciatique légères à modérées des lombosciatiques modérées à sévères pouvant être à risque de pronostic fonctionnel négatif. Ensuite, s&rsquo;en suis une liste longue de tout ce qui n&rsquo;est pas recommandé (l&rsquo;imagerie si elle ne change pas la prise en charge, ceinture lombaire, semelles, acuponcture, kiné si lombalgie légère, électrostimulation), et enfin ce qui est recommandé:</p>
<ul>
<li>
<p>l&rsquo;activité la plus normale possible, éventuellement des thérapies cognitivo-comportementales</p>
</li>
<li>
<p>les AINS a la dose minimale en première intention</p>
</li>
<li>
<p>pas d&rsquo;opiacé en première intention sauf contre indication aux AINS</p>
</li>
<li>
<p>pas de paracetamol en monothérapie</p>
</li>
<li>
<p>dans la lombalgie chronique: pas d&rsquo;opiacé, pas d&rsquo;antiépileptiques, pas d&rsquo;antidépresseurs</p>
</li>
</ul>
<p>5/ Urologie</p>
<p>Une méta analyse du <a href="http://www.bmj.com/content/355/bmj.i6112">BMJ</a> a étudié l&rsquo;efficacité des alpha-bloquants dans les coliques néphrétiques. Voilà plusieurs années que ces traitements semble être efficace. Cette méta analyse retrouve une augmentation de 50% de le passage des calculs, diminuant le délai d&rsquo;expulsion de 3 jours, réduisant de plus de 50% les interventions chirurgicales. Et pourtant, suite à la remarque judicieuse de certains externes, les alpha-bloquants ne sont toujours pas nommés dans les Collèges de néphrologie ni d&rsquo;urologie, alors qu&rsquo;ils sont indiqués comme efficaces depuis 2009 par l&rsquo;<a href="http://www.urofrance.org/nc/publications-livres/publications-scientifiques/resultats-de-la-recherche/html/actualisation-2008-de-la-8supesupconference-de-consensus-de-la-societe-francophone-durgen.html">association française d&rsquo;urologie</a> pour des calculs de moins de 10mm. Laissons donc apprendre des données non à jour à nos futurs médecins&hellip;</p>
<p>6/ Endocrinologie</p>
<p>Pour commencer cette partie, je ne peux que vous renvoyer vers l&rsquo;excellent billet de <a href="http://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=5294">Perruche</a> en Automne parlant du risque de mortalité selon le BMI: que l&rsquo;on soit avec un IMC normal ou en surpoids, il faut avoir des facteurs de vie saine (jamais fumé, alimentation équilibrée, sport 30min par jour, consommation d&rsquo;alcool modérée)</p>
<p>Passons à la diabétologie pour finir. On sais que l&rsquo;HbA1C est un très mauvais critère intermédiaire pour prédire la mortalité des patients (sauf quand elle est supérieure à 8-9% mais elle reste imprécise&hellip;) Certains auteurs se sont lancé dans le dosage de la <a href="http://care.diabetesjournals.org/content/39/12/2288">copeptine</a> dont le taux élevé serait associé à une augmentation du risque d&rsquo;insuffisance rénale terminale, d&rsquo;infarctus et de mortalité globale. Mais, qu&rsquo;est ce que la copeptine? C&rsquo;est un précurseur de la vasopressine. Pour mémoire, l&rsquo;enzyme de conversion entraine la formation d&rsquo;angiotensine qui entraine une stimulation de synthèse de vasopressine. Donc, les diabétiques avec une moindre mortalité, sont ceux avec une copeptine basse: aidons les à baisser cette copeptine en bloquant la chaine par des IEC (ou des ARAII). Les auteurs ont probablement juste remis en évidence l’efficacité de ces traitements chez les diabétiques.</p>
<p>La même équipe française a publié en même temps une autre <a href="http://care.diabetesjournals.org/content/39/7/1259">étude</a>. Les auteurs ont retrouvé que le déclin rénal avec une baisse de DFG estimé de plus de 5ml/min par an était associée à une augmentation du risque d&rsquo;évènement cardiovasculaire majeurs. Ainsi, un <a href="http://www.sfdiabete.org/sites/sfd.prod/external-app/eGFR-calculator_VF/eGFR_Calculator.php">outil</a> a été créé pour calculer la baisse moyenne de DFG estimé à partir de 5 mesures de créatininémie et ainsi voir si le patient est plus à risque.</p>
<p>Est ce qu&rsquo;on peut voir se dessiner une nouvelle vision de la diabétologie? Les IEC étant le traitement médicamenteux clé du patient diabétique de type 2 (bien plus que les antidiabétiques&hellip;), la cible thérapeutique pourrait être une copeptine inférieure à un seuil et une stabilisation du DFG. En l&rsquo;absence de ces condition, le traitement devrait être renforcé. Ou sinon, on met des IEC à dose max à tous les diabétiques, mais il y a alors un risque d&rsquo;hypotension. Nous verrons bien ce que l&rsquo;avenir nous réservera! A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°117: Helicobacter Pylori (reco), moindre risque cardio du célécoxib, prédiabète et mortalité globale, HbA1C et mortalité, anti-PCSK9, iatrogénie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/11/dragi-webdo-n117/</link><pubDate>Tue, 29 Nov 2016 00:58:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/11/dragi-webdo-n117/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Je suis en retard pour ce Dragi Webdo, comme prévu! Cependant, ce congrès du <a href="https://twitter.com/search?f=tweets&amp;vertical=default&amp;q=%23CNGE2016&amp;src=typd">#CNGE2016</a> était plutôt intéressant (peut être verrons nous fleurir quelques billets de blog sur le sujet). Énormément d&rsquo;actualités cette semaine, on va essayer de résumer&hellip;</p>
<p>1/ Vigilance</p>
<p>Commençons par un article du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2585977">JAMA</a> qui permette de faire une piqure de rappel sur les principales classes de médicaments responsables de iatrogénie médicamenteuse en services d&rsquo;urgences: les anticoagulants, les antibiotiques, les antidiabétiques et les dérivés morphiniques. Ce qui implique d&rsquo;informer les patients des risques et de les surveiller plus que les autres.</p>
<p>Un <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2587083">article</a> publié cette semaine vient justifier les consultations chez un médecin généralistes dans les 7 jours suivant la sortie d&rsquo;hospitalisation des patients. En effet, cette visite diminue le risque de réhospitalisation à 30 jours de plus de 25%.  Réévaluer les patients après leur retour à domicile, ça prend du temps. La sécurité sociale donc sera ravie de payer les MSH et les MIC pour une fois qu&rsquo;une mesure est scientifiquement justifiée!</p>
<p>Enfin, le doute sur le lien entre IPP et pneumopathies a été étudié dans le <a href="http://www.bmj.com/content/355/bmj.i5813">BMJ</a>. Les auteurs retrouvent bien que les patients ayant des IPP sont à risque plus élevés de pneumopathies, mais il semblerait que les pneumopathies surviennent dans l&rsquo;année précédent la mise sous IPP plutôt qu&rsquo;après le début du traitement.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1611593#t=abstract">article</a> qui vient semer le trouble est un essai contrôlé randomisé en 3 bras évaluant la sécurité cardiovasculaires du célécoxib (un des derniers coxib disponible en France après le retrait du Vioxx (refecoxib) pour augmentation du risque cardiovasculaire), comparé au naproxène et à l&rsquo;ibuprofène. Malgré la comparaison en 3 bras potentiels, les auteurs précisent bien qu&rsquo;ils ont calculer leur nombre de sujet nécessaire et prévu leurs analyses pour la comparaison naproxène versus célécoxib. La méthodologie est bonne, l&rsquo;étude bien menée, bref quasiment rien à redire. Et&hellip;. les auteurs retrouvent que le célécoxib n&rsquo;est pas inférieur au naproxène. En poursuivant, ils retrouvent même un risque moindre d&rsquo;effets cardiovasculaire chez les patients sous coxib par rapport au naproxène et à l&rsquo;ibuprofène! Or ces 2 médicaments sont, d&rsquo;après Prescrire,  ceux avec le risque le plus faible&hellip; Ajoutez à cela que les coxib ont un risque de saignement hémorragique plus faible, ce qui est significativement retrouvé ici, et le célécoxib est l&rsquo;AINS de premier choix (c&rsquo;est à ne plus rien comprendre!) Les doses maximum n&rsquo;ont pas été plus &ldquo;visuellement&rdquo; atteintes avec l&rsquo;ibuprofène ou le naproxène pour expliquer que le risque soit augmenté. Si on met cet article en rapport avec celui du <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/10/dragi-webdo-n111-ainsinsuf-cardiaque.html">BMJ</a> sur l&rsquo;insuffisance cardiaque, la baisse du risque cardiovasculaire sous célécoxib est concordante! Il faudrait donc sélectionner les molécules pour leur propriétés individuelles plutôt que pour un effet de classe supposé (idem pour les statines, les IEC, etc&hellip;)</p>
<p>Au niveau des antihypertenseurs, une <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2587085?utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=675617870&amp;utm_content=press_release%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=31412088">étude</a> a étudié le risque de fracture de hanche sous différents traitements dans une étude de cohorte. Les diurtétiques thiazidique, hypocalciuriant et hypercalcémiant, sont associés à un risque de fracture diminué d&rsquo;environ 20% par rapport à l&rsquo;ensemble des autres traitements (amlodipine et lisinopril), notamment lors de la comparaison thiazidique vs lisinopril (ce n&rsquo;est pas significative pour thiazidique vs amlodipine). Est ce que cela va changer beaucoup de chose à la pratique? Je ne sais pas encore&hellip;</p>
<p>Pour clore le chapitre cardiovasculaire, un nouvel essai concerne les anti-PCSK9: <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2584184">Evolocumab</a> versus placebo pendant 76 semaines. Les critères de jugements dans les essais évaluant les anti-PCSK9 évoluent: on est passé de &ldquo;baisse du LDL&rdquo; à &ldquo;régression de l&rsquo;athérome coronaire&rdquo;. On est pas encore à un critère cliniquement pertinent, mais l&rsquo;evolocumab a démontré une régression significative de l&rsquo;athérome coronaire de&hellip;. (suspens&hellip;) 0,95% versus une augmentation 0,05% par le placebo! Bref, attendons les critères d&rsquo;évènements cardiovasculaires, car dans cette étude, il n&rsquo;y a pas eu de test bien que ces évènements aient été recueillis.</p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>De nouvelles recommandations sur l&rsquo;éradication d&rsquo;<a href="http://helicobacter.fr/images/Fiche2016.pdf">Helicobacter Pylori</a> ont vu le jour. L&rsquo;évolution des résistances rend caduque la prescription de traitement séquentiel. Il faut désormais prescrire soit:</p>
<ul>
<li>
<p>la triantibiothérapie concomittante (amoxicilline, metronidazole, clarithromycine) pendant 14 jours associée à l&rsquo;esomeprazole 40 x2 ou rabéprazole 20x2 (l&rsquo;omeprazole n&rsquo;apparait donc plus dans cette reco)</p>
</li>
<li>
<p>la quadrithérapie bisthmutée avec omeprazole 20x2 pendant 10 jours</p>
</li>
</ul>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Une étude a étudié la mortalité de patients de plus de 65 ans selon leur <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2587082">Hba1C</a> à l&rsquo;entrée en maison de repos. Les courbes sont magnifiquement parallèles: quelque soit l&rsquo;HbA1C, la mortalité progresse de la même façon! Autre point intéressant, il y a une baisse de la mortalité chez les patients avec une HbA1C entre 8 et 9% traités par sulfamide et avec une HbA1C &gt; 9% traités par autre ADO que sulfamide&hellip; significativité liée au nombre de test ou pas?</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjRsLQjYV3Q0mfUBinTQMTsU2WUr1F9_cHVZZAH7iua6erCiD62ed-VNxsvWHBF4gXlu31ap4efzX5I-ta2Ypq6p-44uhDp2biiITNRgfL2nGraujjjd0mq_CfxFpF_NBTQJsg1ws68IgDW/s1600/HBA1C.jpg"><img src="/images/articles/2016/hba1c-2.jpg" alt=""></a></p>
<p>Enfin, parlons pré-diabète. Est ce que ce concept existe vraiment? L&rsquo;idée d&rsquo;avoir un &ldquo;pré&rsquo;-quelque chose est quelque chose d&rsquo;absurde selon moi, sachant que le risque de complication du quelque chose ne se produit pas pendant la phase &ldquo;pré&rdquo;. Or, voilà que le <a href="http://www.bmj.com/content/355/bmj.i5953">BMJ</a> s&rsquo;intéresse à la relation &ldquo;prédiabète&rdquo; et mortalité/évènements cardiovasculaires. Et là, les auteurs retrouvent que le prédiabète diagnostiqué sur une glycémie à jeun entre 1,10g/L et 1,26g/L est associé à une augmentation de la mortalité globale, des évènements cardiovasculaires (critère composite), des infarctus du myocarde et des AVC. Et au contraire, pour un prédiabète diagnostiqué par une HbA1C &gt; 5,5%, seul le critère composite cardiovasculaire est significativement augmenté. Ainsi: faut il revoir la définition du diabète étant donné que le risque cardiovasculaire et de mortalité est augmenté dès une glycémie à jeun supérieure à 1,1g/L? Faut il se fier à l&rsquo;HbA1C pour diagnostiquer le diabète/prédiabète alors que les associations avec les évènements cardiovasculaires et la mortalité ne sont pas aussi bien retrouvé?</p>
<p>Sur ce grand débat, je vous laisse réfléchir et je vous dis à la semaine prochaine!</p>
<p>(Et merci d&rsquo;être de plus en plus nombreux à me lire!!!!)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°116: AOMI, aspirine en prévention primaire (diabétiques et non diabétiques), insuline et mortalité, hématospermie, insomnie, entorse de cheville</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/11/dragi-webdo-n116/</link><pubDate>Sun, 20 Nov 2016 22:01:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/11/dragi-webdo-n116/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Je n&rsquo;ai pas grand chose à raconter en introduction cette semaine si ce n&rsquo;est partager l’incertitude quant à la publication d&rsquo;un Dragi Webdo dimanche prochain. En effet, c&rsquo;est le congrès du CNGE (que vous pourrez suivre en direct sur Twitter #CNGE2016), et je ne sais pas si j&rsquo;aurai le temps de veiller bibliographiquement. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Commençons avec un article du <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1611688#t=abstract">NEJM</a>, ayant comparé le Ticagrelor en 2 prise par jour au Clopidogrel en 1 prise par jour chez les patients avec AOMI. Les auteurs n&rsquo;ont pas retrouvé de différence significative sur la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaires, d&rsquo;ischémie aiguë de membre inférieur ou de saignements graves. Cette étude permet surtout de rappeler que dans l&rsquo;AOMI, le clopidogrel est supérieur à l&rsquo;aspirine, et c&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il était pris en référence dans cette étude.</p>
<p>2/ Diabétologie</p>
<p>Je passe de suite à la partie diabétologie, car la question de l&rsquo;aspirine en prévention primaire chez les patients diabétiques se repose (compte tenu de la recommandation américaine de l&rsquo;<a href="https://www.uspreventiveservicestaskforce.org/Page/Document/RecommendationStatementFinal/aspirin-to-prevent-cardiovascular-disease-and-cancer">USPSTF</a> de prescription d&rsquo;aspirine en prévention cardiovasculaire et de cancer colorectal en cas de risque cardiovasculaire  supérieur à 10% après 50 ans). L&rsquo;étude présentée dans <a href="http://circ.ahajournals.org/content/early/2016/11/09/CIRCULATIONAHA.116.025760">Circulation</a> randomisait des patients diabétiques japonnais de 30 à 85 ans. Les auteurs n&rsquo;ont pas retrouvé de diminution du critère composite d&rsquo;évènements cardiovasculaire (ni même des composantes du critère primaire), mais une augmentation significative des saignements sous aspirine. Supposant que les patients à très haut risque étaient peut être sous représentés, les analyses en sous groupe n&rsquo;ont pas non plus été en faveur du traitement&hellip; Mais bon, les européens ne sont pas des japonnais, ce qui peut limiter la généralisation de ces résultats.</p>
<p>Le même journal a publié une <a href="http://circ.ahajournals.org/content/134/20/1579.full?ijkey=qhRglF3umRkI72K&amp;keytype=ref">synthèse</a> sur l&rsquo;aspirine en prévention primaire se basant sur le risque établi avec le calculateur AHA/ACC qui inclut le diabète en facteur de risque. En gros, l&rsquo;aspirine ne devrait être recommandée que si, le risque hémorragique est faible et que  le risque cardiovasculaire est supérieur à 5% chez des patients de 50 à 70 ans ayant un antécédent familial de cancer colo-rectal, ou un risque supérieur à 10% entre 50 et 60 ans en l&rsquo;absence de cet antécédent familial:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjyeZXK4eh6aGnnNnzyy0xlVptKosh0DQyh2VDwL973d8oiskg2ixwuy8P1s7b2YYZ__bwFn1DnVuZCm9wRd_HvB0g8ATLOwN-Ybk4_iIBhRYAyHHCivCQTJCUQEv6ukn3uVvPdxsHk_A-s/s1600/aspirine.jpg"><img src="/images/articles/2016/aspirine.jpg" alt=""></a></p>
<p>(HBR= Haut risque de saignement,  CHC= cancer colo-rectal,  ASA= aspirine)</p>
<p>Un article du <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(16)30316-3/abstract">Lancet Endocrinology</a> a  étudié l&rsquo;association entre dose d&rsquo;insuline et mortalité dans une étude rétrospective. Les statistiques sont formidables (et il y en a une bonne partie que je ne comprends pas totalement). Les auteurs retrouvent que la dose d&rsquo;insuline élevée est associée à une diminution la mortalité quand on n&rsquo;ajuste pas. Puis après ajustement sur les facteurs de confusion initiaux, la quantité d&rsquo;insuline est significativement associé à une augmentation de la mortalité! Enfin, ce résultat ne semblant pas pertinents car des facteurs &ldquo;dépendants du temps&rdquo; n&rsquo;étaient pas pris en compte. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;au final grâce à des &ldquo;modèles structuraux marginaux&rdquo;, il n&rsquo;est plus retrouvé d&rsquo;association entre dose d&rsquo;insuline et mortalité. Comme quoi, en fonction du niveau d&rsquo;analyse, on peut faire dire ce qu&rsquo;on veut aux statistiques. Cette étude n&rsquo;ayant pas été financée par l&rsquo;industrie et les auteurs (sauf le 5ème sur 7) n&rsquo;ayant pas de conflit d&rsquo;intérêt, j&rsquo;aurai tendance à penser que la conclusion de cet article est juste, ce qui est en faveur d&rsquo;un passage rapide à l&rsquo;insuline quand les molécules ayant fait preuve de leur efficacité se révèlent insuffisantes.</p>
<p>3/ Les articles pratiques du BMJ</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/355/bmj.i5124">BMJ</a> a publié une revue sur l&rsquo;hématospermie. C&rsquo;est peu courant mais pas non plus assez rare pour ne pas savoir quoi faire. Les causes à rechercher sont plutôt simples: une infection (IST, prostatite, orchite), un traumatisme (choc, complication d&rsquo;un geste prostatique), mécaniques (lithiase, abstinence prolongée), tumorales (cancer de prostate ou des testicules, lymphome, leucémie) ou &ldquo;systémiques&rdquo; (tuberculose, trouble de coagulation, HTA sévère). Un diagramme a été fait pour se repérer: avant 40 ans, si le bilan (clinique, sanguin, ECBU, spermoculture) est normal, ne rien faire en l&rsquo;absence de récidive. Sinon, traiter la cause ou envoyer à l&rsquo;urologue. (L&rsquo;échographie testiculaire n&rsquo;apparait pas dans l&rsquo;arbre diagnostic)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg0Aw5CiteWN4l0ZJ4VcZlTwwjrA-EqbjpvQKhGLqgkt8wca0fw_iz356zlKT-KiUegSfzm-dO16eI1iUibaZHNzasG1tTLIeJAA5BzRxIyaU7GzSXsk28L429RWFnPn_Z13bEqXlTJRHaw/s1600/h%25C3%25A9mospermie.jpg"><img src="/images/articles/2016/h-25c3-25a9mospermie.jpg" alt=""></a></p>
<p>Le BMJ s&rsquo;est également intéressé à l&rsquo;<a href="http://www.bmj.com/content/355/bmj.i5819">insomnie chronique</a>. Les auteurs recommandent les thérapies cognitivo-comportementales en première intention, les traitements médicamenteux pouvant servir de traitement temporaire sans qu&rsquo;aucune efficacité n&rsquo;ait été démontrée malgré des effets indésirables connus.</p>
<p>Enfin, un article a étudié la rééducation précoce après une <a href="http://www.bmj.com/content/355/bmj.i5650?utm_content=buffer6c18f&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=facebook.com&amp;utm_campaign=buffer">entorse de la cheville</a> non sévère dans un essai contrôlé randomisé. Les auteurs ne retrouvent pas de différence sur le score FAOS &gt;450/500 après 1, 3 et 6 mois entre le groupe bénéficiant de rééducation et celui n&rsquo;en bénéficiant pas. Cependant, le critère de jugement n&rsquo;étant atteint que chez environ 60% des patients après 6 mois, il faut se demander si c&rsquo;est un critère pertinent, car il n&rsquo;y a pas 40% de séquelles dans les entorses non sévères (enfin, je pense&hellip; je n&rsquo;ai pas les chiffres sous les yeux!). Or il serait intéressant de connaitre le délai avant une reprise de travail, ou la douleur dans les jours suivants le traumatisme. Prendre un critère de jugement à 3 mois n&rsquo;apparait pas très intéressant selon moi.</p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé pour cette semaine. Je vous dis à très bientôt et peut être à la semaine prochaine, notamment pour ceux qui seront au congrès! Bonne soirée,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°115: dyslipidémies (reco françaises/reco US), BPCO et DEP, HTA et diabète, semaglutide (SUSTAIN-6), corticoïdes/diabète, frottis cervico-utérin</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/11/dragi-webdo-n115/</link><pubDate>Mon, 14 Nov 2016 01:42:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/11/dragi-webdo-n115/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous et merci pour vos commentaires sur le précédent billet. Ça m&rsquo;encourage à essayer d&rsquo;écrire sur la relation pour varier des billets purement bio-médicaux (mais encore faut il que je trouve le temps&hellip;) Pas mal d&rsquo;actualités cette semaine, alors ne perdons pas de temps: bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Après la sortie des recommandations sur les dyslipidémies par la société Européenne de Cardiologie, les recos françaises de la société d&rsquo;athérosclérose, la société française de diabétologie et de la société d&rsquo;endocrinologies viennent d&rsquo;être publiées. Des &ldquo;<a href="http://www.sfdiabete.org/sites/sfd.prod/files/files/ressources/recommandations_lipides_2016.pdf">cibles de LDL</a>&rdquo; ont une fois de plus été établies:</p>
<ul>
<li>LDL &lt; 1,9g/L: si le risque cardiovasculaire (calculé avec <a href="http://cardiorisk.fr/">SCORE</a>) &lt; 1% ou 0-1facteur de risque (hors diabète)</li>
<li>LDL &lt; 1,3g/L: si risque cardiovasculaire entre 1% et 5% ou 2 facteurs de risque ou diabète</li>
<li>LDL &lt; 1g/L: si risque cardiovasculaire &gt; 5% ou 3 facteurs de risque</li>
<li>LDL &lt; 0,7g/L: si diabète avec microangiopathie ou diabète et 2 autres facteurs de risque ou prévention secondaire.</li>
</ul>
<p>On se retrouve donc dans un algorithme mixte avec un calcul de risque cardiovaculaire (ce qui a un intérêt démontré) mais aussi avec un maintien du &ldquo;nombre de facteur de risque&rdquo; qui ne repose sur rien, probablement parce que les sociétés savantes ne pensent pas qu&rsquo;un médecin puisse calculer un score de risque probablement&hellip;.<br>
Chez le plus de 75 ans, une statine en prévention primaire peut être
poursuivie si bien tolérée, mais en prévention secondaire, l&rsquo;objectif de
LDL est revu à la hausse: &lt; 1g/L. <br>
Le point positif est néanmoins l&rsquo;absence d&rsquo;indication de traitement spécifique d&rsquo;une hypertriglycéridémie inférieure à 5g/L.</p>
<p>Concernant la prévention primaire cardiovasculaire, pour une fois, les américains produisent des recommandations meilleures que les nôtres. En effet, l&rsquo;<a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2584058">USPSTF</a> (HAS américaine) recommande une statine à de moyenne puissance (type simvastatine 40 en gros) aux adultes de plus de 40 ans avec au moins 1 facteur de risque cardiovasculaire ET un risque cardiovasculaire supérieur à 7,5% avec le <a href="http://chd.bestsciencemedicine.com/calc2.html">calculateur ACC/AHA</a>. Enfin, les auteurs confirment l&rsquo;absence de balance bénéfice risque favorable en prévention primaire au delà de 75 ans.</p>
<p>En parlant d&rsquo;hypertriglycéridémie, une étude du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2580722">JAMA Internal Medicine</a> a retrouvé que dès une hypertriglycéridémie supérieure à 1,77g/L , le risque de pancréatite est multiplié par 2,3 et d&rsquo;infarctus par 2,2 pour la classe 1,77-2,65!! Finalement, ne faudrait il pas traiter plus vite? Rien ne dit qu&rsquo;introduire un traitement permettra de baisser le risque cardiovasculaire associé ce critère présumé intermédiaire.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Une étude du journal américain de médecine respiratoire a recherché des critères pour dépister facilement les patients <a href="http://www.atsjournals.org/doi/abs/10.1164/rccm.201603-0622OC">BPCO</a> en médecine générale. Ils retrouvent qu&rsquo;un score &ldquo;CAPTURE©&rdquo; (explorant le tabagisme actif ou passif, la saisonnalité de symptômes respiratoires, le retentissement sur l&rsquo;activité physique, l&rsquo;épuisement physique et l&rsquo;absentéisme du à des infections respiratoires) associé à un débit expiratoire de pointe (DEP) inférieur à 60%, ont une sensibilité et une spécificité d&rsquo;environ 90% et 93% dans le diagnostic de la BPCO. Malheureusement, le copyright sur le CAPTURE m&rsquo;empêche de le mettre ici. Fort heureusement, le CAPTURE, avec son copyright, est là pour faire gagner de l&rsquo;argent aux auteurs. En effet, le DEP&lt;60% chez les patients suspect de BPCO a déjà une sensibilité de 88% et une spécificité de 91% par rapport aux non BPCO. Le score permet surtout d&rsquo;être un peu meilleur pour diagnostiquer des BPCO plus sévères. Conclusion, si vous n&rsquo;avez pas de spirométrie, effectuer un DEP peut permettre de dépister des patients BPCO de façon fiable. (Bien évidemment, les valeurs prédictives positives et négatives n&rsquo;étant pas applicables à nos populations de médecine générale, je n&rsquo;en parle pas.)</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Une <a href="http://www.nature.com/bjc/journal/v115/n9/full/bjc2016290a.html">étude</a> anglaise vient renforcer la place du frottis cervico-utérin dans la prévention du cancer du col de l&rsquo;utérus. Les auteurs retrouvent chez les 35-64 ans, une diminution de 67% des cancers de stade 1 et de 95% des cancers de stade supérieur ou égal à 3 en cas de suivi régulier. Un bon suivi a également permis une réduction de la mortalité de plus de 90%. Malheureusement, le suivi gynécologique par frottis reste particulièrement dépendant de la position sociale (cf <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21726576">ici</a>), le généraliste reste un acteur central pour lutter contre ces disparités en assurant le suivi des patientes avec une condition sociale moins bonne que celles suivies par un gynécologue (cf <a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0368231516000259">là</a>).<br>
Malgré tout ça, je n&rsquo;arrive toujours pas à estimer l&rsquo;impact qu&rsquo;aurait une vaccination anti-HPV bien menée en parallèle des frottis dans la diminution des conisations et autres interventions (car c&rsquo;est le vrai objectif clinique de la vaccination selon moi), voire même (mais j&rsquo;en doute encore) sur la mortalité pour les femmes dont le suivi est justement absent.</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Finissons par une grosse partie de diabétologie, ça faisait longtemps! Une <a href="http://www.bmj.com/content/354/bmj.i4070">étude</a> de cohorte a étudié les objectifs tensionnels chez les patients diabétiques en prévention primaire. Si on se cantonne à l&rsquo;abstract, les auteurs retrouvent que le groupe PAS entre 110-119mmHg a une baisse des maladies cardiovasculaires de 12% et une augmentation au delà de 140mmHg de 11 à 41%! Il faudrait donc traiter le plus possible l&rsquo;hypertension artérielle. Mais, très rapidement, ils disent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de courbe en J sauf pour la mortalité totale et c&rsquo;est justement ce point qui est intéressant. Les graphiques parles d&rsquo;eux même, il y a une augmentation de la mortalité globale pour les tensions artérielles supérieures à 150mmHg et inférieures à 120mmHg! Bref, viser 140mmHg n&rsquo;est pas si mal.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg0y7_AAmEMPkuhC8FYyzgayAuzQXQ81tdmYNwdswq45RjD56VpIFkARb_n5CyNzBYaRNOEBpmrnSvECByyCbDYmrJXKoeJCVs0M8dkUd82nsJxH-y6lpnOa5JfVlEt03jwmi8dDpd9YT97/s1600/TA+diabetes.jpg"><img src="/images/articles/2016/ta-diabetes.jpg" alt=""></a></p>
<p>L&rsquo;étude <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1607141#t=articleTop">SUSTAIN-6</a> a dévoilé ses résultats. J&rsquo;en avais déjà parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/09/dragi-webdo-n107.html">ici</a>. Pour mémoire, c&rsquo;était un essai contrôlé randomisé incluant des patients en prévention primaire de plus de 60 ans (10% de patients) ou en prévention secondaire (90% des patients). C&rsquo;est dommage, la prévention primaire aurait été une force de l&rsquo;étude. Bref, les auteurs retrouvent que les groupes une diminution du risque cardio-vasculaire de 26% soit un NNT de 44 patients (sur un critère composite d&rsquo;infarctus, AVC et décès cardiovasculaire). Par rapport à l&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/06/dragi-webdo-n102-congres-diabeto.html">LEADER</a> évaluant le liraglutide, il n&rsquo;y a pas eu de diminution de la mortalité globale avec le semaglutide, qui est de ce fait bien moins intéressant.</p>
<p>Pour finir, la tendance est d&rsquo;ajouter des corticoïdes aux pneumopathies communautaires. Une <a href="http://link.springer.com/article/10.1007/s00125-016-4091-4">étude</a> contrôlée randomisée suisse publiée dans Diabetologia retrouve que chez les patients diabétiques, 7 jours de prednisone réduisent le &ldquo;temps pour obtenir la stabilité clinique&rdquo; et entrainent un déséquilibre du diabète transitoire sans conséquences cliniques. En ville, nous prescrivons des corticoïdes au diabétiques essentiellement dans les exacerbations d&rsquo;asthme et de BPCO. Bien que ce ne soit pas totalement extrapolable, ces données sont quand même rassurantes sur la tolérances des corticoïdes.</p>
<p>Voilà, c&rsquo;est terminé, tout juste dans les temps pour être lu avec le café du lundi matin! (Du coup, j&rsquo;ai du raté des fautes d&rsquo;orthographe à cause de la fatigue, désolé&hellip;) Merci de votre fidélité et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Tu veux, ou tu veux pas... me faire confiance?</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/11/tu-veux-ou-tu-veux-pas-me-faire-confiance/</link><pubDate>Thu, 10 Nov 2016 20:51:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/11/tu-veux-ou-tu-veux-pas-me-faire-confiance/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Cela va faire faire presque 5 mois que j&rsquo;ai sauté le pas de l&rsquo;installation! (en collaboration pour commencer, hein&hellip;) Et pour le moment, j&rsquo;en suis content. Je comprends cependant tous ceux qui rechignent encore, qui préfèrent des bon remplas réguliers, à l&rsquo;ensemble des démarches administratives et à l&rsquo;engagement nécessaire.</p>
<p>Cela faisait 8 mois que je remplaçais dans ce cabinet, que je voyais les patients et pourtant, même si leur nom me disais vaguement quelque chose, impossible de me rappeler de quoi que ce soit de plus. Depuis l&rsquo;installation, c&rsquo;est peut être le fait de signer des &ldquo;contrats médecin traitant&rdquo;. Ça s&rsquo;appelle comme ça, même si je n&rsquo;ai pas encore compris en quoi c&rsquo;était vraiment un contrat entre le patient et moi vu que la seule personne que ça intéresse est la sécu&hellip; Bref, depuis que je suis devenu médecin traitant, je retins beaucoup mieux les patients, leur noms, leurs pathologies, leurs traitements et je suis même capable de répondre au téléphone sans avoir a fouiller le dossier! C&rsquo;est la magie de l&rsquo;installation! (C&rsquo;est un peu comme les gaz du sang que je n&rsquo;ai jamais réussi en tant qu&rsquo;externe, mais que j&rsquo;ai toujours réussi à partir de mon premier jour d&rsquo;internat)</p>
<p>Tout ça pour dire, que quand je vois un patient qui demande à ce que je sois son médecin traitant, je ressens quand même une sorte de responsabilité supplémentaire en échange de la confiance qu&rsquo;il m&rsquo;accorde. Confiance indispensable à la relation et aux soins. Mais comment vois-t-on que l&rsquo;on fait confiance et que le patient a confiance en nous?</p>
<p>J&rsquo;en viens donc à parler de monsieur M., 35 ans, chez qui j&rsquo;avais trouvé une hypertension artérielle. Dans les règles de l&rsquo;art, après quelques mesures élevées en consultation, je lui ai prêté un appareil d&rsquo;automesure étant donné qu&rsquo;il ne pouvait pas s&rsquo;en procuré un: 160/100, le verdict était sans appel. Après quelques essais infructueux d&rsquo;introduction d&rsquo;une monothérapie puis d&rsquo;une bithérapie, j&rsquo;ai rapidement du passer à la trithérapie: à l&rsquo;association thiazidique-calcique, j&rsquo;ajoute un IEC. Et là, les tensions était équilibrées!</p>
<p>Je le revois donc en consultation il y a quelques jours. Il n&rsquo;avait pas d&rsquo;automesures cette fois ci (j&rsquo;avais du prêter l&rsquo;appareil à quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre), mais il n&rsquo;y avait pas de raison que ça ait changé. Il me parle de céphalées importantes (qui me rappellent celles qu&rsquo;il avait quand la tension n&rsquo;était pas équilibrée). Malgré le peu de valeur que ça a, j&rsquo;ai pris sa tension au cabinet:  160/100&hellip;</p>
<ul>
<li>
<p>Vous avez bien pris les médicaments ce matin?</p>
</li>
<li>
<p>Oui oui docteur!</p>
</li>
<li>
<p>Parce que vous vous souvenez, qu&rsquo;une fois précédentes, j&rsquo;avais trouvé des tensions élevées parce que vous n&rsquo;aviez plus de médicaments depuis 3 jours.</p>
</li>
<li>
<p>Il m&rsquo;en reste docteur, j&rsquo;ai pris ce matin.</p>
</li>
</ul>
<p>Je profitais de cette rapide discussion pour jeter un œil sur ses remboursements de santé et effectivement, les médicaments étaient bien délivrés et il devait encore en avoir assez. .</p>
<p>Je refais mon questionnaire sur les aliments salés, le réglisse, l&rsquo;alcool et le sport: les règles diététiques sont bien suivies. Je décide finalement de le faire revenir une semaine plus tard avec des automesures (mon appareil était à nouveau disponible). Et comme dans les histoires pour externes, le patient me paye en disant:</p>
<ul>
<li>C&rsquo;est bien le nouveau médicament docteur, je ne me lève plus la nuit pour faire pipi depuis que je le prend!</li>
</ul>
<p>N&rsquo;ayant pas compris la remarque, ni la physiopathologie qui pouvait amener un IEC à améliorer ce genre de symptômes, je lui demande d&rsquo;expliquer ce qu&rsquo;il veut dire.</p>
<ul>
<li>Oui docteur, depuis que je prend l&rsquo;IEC tous les matin, je fais moins pipi. Alors que quand je prenais l&rsquo;autre, ça n&rsquo;arrêtai pas.</li>
</ul>
<p>C&rsquo;est alors que j&rsquo;ai compris pourquoi sa tension était aussi mal contrôlée. A nouveau.</p>
<p>Si j&rsquo;ai regardé ses remboursement pour être sur qu&rsquo;il me disait la vérité, c&rsquo;est que je n&rsquo;avais pas confiance en ces réponses. Et  si je ne lui fais pas confiance, comment pourrait-il me faire confiance? C&rsquo;est donc finalement lui qui s&rsquo;est ouvert à moi en premier en m&rsquo;avouant, à demi-mots, puis plus franchement qu&rsquo;il ne prenait plus tous ses traitement.</p>
<p>L’observance est selon moi un croisement entre le risque d&rsquo;une maladie expliquée par le médecin, le risque d&rsquo;une maladie interprété par le patient et les effets perçus par le patient (effets positifs et indésirables). Ensuite, la balance penche dans un sens ou dans un autre.</p>
<p>Les spécialistes de l&rsquo;observance ne manqueront pas de rajouter tout un tas de facteurs supplémentaires qui seront tous aussi juste les uns que les autres (parce que leur petit p était significatif, mais n&rsquo;ayant pas fait de revue de la littérature exhaustive sur le sujet, je laisse expliquer tout ça s&rsquo;ils souhaitent compléter mon billet!)</p>
<p>J&rsquo;en viens à la perception de la &ldquo;bonne&rdquo; ou de la &ldquo;mauvaise&rdquo; observance. La bonne observance étant classiquement définie par plus de 80% des médicaments pris&hellip; Mais c&rsquo;est un sens qui laisse dubitatif, parce que certains traitement sont &ldquo;plus importants que d&rsquo;autres: dans le VIH, un patient observant prend 90% de ses traitements, alors que pour une hypertrophie bénigne de prostate, si le patient est peu observant (car pas si symptomatique au final), cela ne me dérangera pas.</p>
<p>Un questionnaire très intéressant tourne justement sur internet: &ldquo;la vision de l&rsquo;observance selon les médecins en fonction des traitements et des pathologies&rdquo; Ce questionnaire est assez &ldquo;ludique&rdquo;, et pousse à réfléchir sur l&rsquo;importance qu&rsquo;on accorde à nos prescriptions. A vous de jouer en <a href="http://clinicalepidemio.fr/mapp/">cliquant ici</a>! (<a href="http://clinicalepidemio.fr/mapp/">http://clinicalepidemio.fr/mapp/</a> si le lien ne marche pas)</p>
<p>Tout ça pour dire que je remercie ce patient de m&rsquo;avoir  montré mes lacunes
probables dans mes explications, de m&rsquo;avoir montré, qu&rsquo;à tord, je n&rsquo;accorde pas assez de place à ce qu&rsquo;il me disait, et de m&rsquo;avoir fait confiance malgré
tout pour qu&rsquo;on améliore ensemble sa prise en charge.</p>
<p>Je l&rsquo;ai revu quelques semaines plus tard. Sa tension était parfaitement équilibrée, mais nous avons tout de même modifié le traitement pour diminuer la dose de thiazidique et augmenté l&rsquo;IEC pour qu&rsquo;il soit moins dérangé par le diurétique.</p>
<p>Je viens de le revoir. Sa tension était parfaitement équilibrée, les effets secondaires pas si indésirables. Il s&rsquo;est mis à me parler de ses autres problèmes, ceux qu&rsquo;il considérait comme secondaires car ils l’entrainement pas d&rsquo;AVC ni d&rsquo;infarctus. Mais qui le font bien plus souffrir qu&rsquo;un pourcentage risque d&rsquo;accident vasculaire à 10 ans.</p>
<p>L&rsquo;observance un des multiples reflets de la relation&hellip;.</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°114: Anévrisme de l'Aorte, cyclisme et coronaropathie, contraception masculine, vaccin et grossesse, risque suicidaire après hospitalisation</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/11/dragi-webdo-n114/</link><pubDate>Sun, 06 Nov 2016 23:20:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/11/dragi-webdo-n114/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Prévention</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Je n&rsquo;a pas grand chose à déclarer avant ce nouveau Dragi Webdo, si espérer que la rentré des néo-internes se soit bien passée (et idem pour les néo-CCA/CCU)! Bonne lecture à tous!</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p>J&rsquo;en reparlais il y a peu: faut il dépister les anévrismes de l&rsquo;aorte abdominale à 65 ans? Après l&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/10/dragi-webdo-n112.html">suédoise</a> ne retrouvant pas de baisse de mortalité globale, une <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2575883">étude australienne</a> à été publiée. Près de 50 000 patients ont été inclus et suivis pendant plus de 10 ans. Les auteurs ne retrouve pas de diminution significative de la mortalité cardiovasculaire ou globale grâce au dépistage. Cela fait donc 2 études qui vont contre les recommandations américaines. Peut être que les américains, compte tenu de leur caractéristiques, ont une moralité liée aux anévrismes de l&rsquo;aorte abdominale supérieure à celle des autres pays. Bref, de quoi se déculpabiliser de ne pas dépister en population générale. Je renvoie à nouveaux à la reco de la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-02/aaa_fiche_med_vfinale.pdf">HAS</a>.</p>
<p>Le sport diminue le risque cardiaque, ça on le sait. Mais combien faut il en faire? Une <a href="http://circ.ahajournals.org/content/134/18/1409.full?ijkey=lX5zhpkzeAJvXdV&amp;keytype=ref#T1">étude</a> prospective danoise à suivi 50 000 patients de 50 à 65 ans pour un suivi de 850 000 personnes-années. Les auteurs retrouvent une baisse du risque de coronaropathie dès la pratique régulière de cyclisme (même moins d&rsquo;une heure par semaine). Il n&rsquo;y a pas de gradient entre les catégories 0-1h/semaine, 1-2,5h/semaine et &gt;2,5h/semaine. (La catégorie 1-2,5h/semaine n&rsquo;abaisse pas significativement le risque cardiaque, mais c&rsquo;est probablement du à un manque de puissance dans ce sous groupe). Bref, faire du vélo régulièrement, même si c&rsquo;est peu, diminue le risque cardiovasculaire de près de 11% à 18% (le NNT est tout de même de 773 personnes-année, ce qui correspond à 77 personnes suivies 10 ans)!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjKGNH28JigkrMOjVX4bNJ3QJRGdADpceG7E7w6ThyrRLp5lL-qiGP1bO7u7IDfRA3HQazhDMuyJwL4vEcY8IJUg5Z4KFtEOK1hJDGN9ND3ncTQ3o7vFU9isvZ8iDwFXrkdy3UgBjuX_Ac8/s1600/cycling-CHD.jpg"><img src="/images/articles/2016/cycling-chd.jpg" alt=""></a></p>
<p>2/ Sexualité</p>
<p>La contraception masculine est peut être en passe de devenir une réalité, dans quelques années tout de même. Une <a href="http://press.endocrine.org/doi/10.1210/jc.2016-2141">étude</a> a testé des injections d&rsquo;un progestatif (norethisterone) et de testostrone injectés toutes les 8 semaines. La suppression de spermatogenèse à été obtenue après 24 semaines chez 96% des hommes et le taux de grossesse après ce délai a été de 1,57 pour 100 patients ayant poursuivi le traitement pendant 56 semaines. La réversibilité était de 95% après&hellip; 1 an d&rsquo;arrêt&hellip; Les effets secondaires: 45% d&rsquo;acné, 16% de labilité émotionnelle, autant de myalgie et&hellip; 38% d&rsquo;augmentation de la libido! Bref, le traitement nécessite d&rsquo;être pris 6 mois pour être efficace, son indice de &ldquo;Pearl&rdquo; est d&rsquo;environ 1,4 (soit mieux que le préservatif masculin ou la pilule contraceptive féminine, mais moins bien que le dispositif intra-utérin), les effets secondaires ne sont pas négligeables, et l&rsquo;autre contrainte réside dans le délai de réversibilité (après 28 semaines d&rsquo;arrêt, seulement 50% des hommes avait repris la spermatogenèse)&hellip; C&rsquo;est pas encore pour demain&hellip;</p>
<p>Donc le meilleur moyen de contraception pour l&rsquo;homme reste la vasectomie! C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le meilleur moyen de contraception (après l&rsquo;abstinence&hellip;). Le <a href="http://www.bmj.com/content/355/bmj.i5546">BMJ</a> à publié une étude de cohorte pour analyser le risque de cancer de la prostate après une vasectomie chez plus de 300 000 hommes vasectomisés suivis pendant 10 ans environ. En analyse non ajustée, il y avait bien une augmentation significative du risque de cancer de prostate de 13% malgré l&rsquo;appariement avec des patients de même âge, même région géographique et même comorbidités. Après ajustement sur les comportements de santé, il n&rsquo;y avait plus de différence. Ainsi, il est probable que les patients vasectomisés aient plus de cancer car ils consultent plus souvent et sont victimes de surdiagnostic, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;augmentation des cancers de haut grade ou de la mortalité. Ainsi, il n&rsquo;y a pas de lien solide entre vasectomie et cancer de la prostate</p>
<p>3/ Prévention</p>
<p>Une <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2576582">étude</a> américaine publiée dans le JAMA, vient renforcer la sécurité vaccinale par DTP-Coqueluche acellulaire pendant la grossesse. En effet, quelque soit le terme de la grossesse au moment de la vaccination, les auteurs ne retrouvent pas d&rsquo;augmentation du risque d&rsquo;anomalies congénitales chez les nouveau-nés. En France, la vaccination pour la coqueluche se fait avant ou après la grossesse, pas pendant, alors que de certains pays (comme la Belgique) elle est recommandée au 3ème trimestre pour favoriser le passage d&rsquo;anticorps maternels et protéger le nourrisson durant les premiers mois avant sa vaccination.</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Il ne faut pas croire que parce qu&rsquo;un patient sort d&rsquo;hospitalisation en psychiatrie, c&rsquo;est qu&rsquo;il ne court plus aucun risque. En effet, une étude du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/article-abstract/2551516">Jama Psychiatry</a> a étudié le risque suicidaire à court terme chez les patients sortis d&rsquo;hospitalisation psychiatrique. Le risque était particulièrement élevé pour les patients dépressifs sévère, bipolaires, schizophrènes et en cas d&rsquo;antécédent d&rsquo;une autre hospitalisation dans les 6 mois. Cependant, l&rsquo;étude retrouve aussi que tout patient hospitalisé en psychiatrie à un risque supérieur de suicide à la population générale: donc à revoir rapidement par le médecin généraliste ou le psychiatre pour une réévaluation du risque suicidaire.</p>
<p>J&rsquo;en ai fini pour cette semaine. J&rsquo;essaye de ne pas sélectionner trop d&rsquo;articles, mais n&rsquo;hésitez pas à me dire si j&rsquo;en ai raté des particulièrement pertinents! A très bientôt,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°113: obésité, HTA, antibiothérapie en pédiatrie, diabète et activité physique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/10/dragi-webdo-n113/</link><pubDate>Mon, 31 Oct 2016 23:24:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/10/dragi-webdo-n113/</guid><category>Médecine générale</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous et joyeux Halloween!!! Malheureusement je n&rsquo;ai pas eu le temps de concocter quoi que ce soit de spécial pour l&rsquo;occasion hormis de publier ce Dragi Webdo numéro cent 13 en cette soirée de l&rsquo;horreur. Sans plus attendre, c&rsquo;est parti!</p>
<p>1/ Soins primaires</p>
<p>Commençons pour une fois par des interventions effectuées en soins primaires (c&rsquo;est à dire le plus souvent en médecine générale). La première étude parle publiée dans le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)31893-1/fulltext">Lancet</a>, randomisait une intervention brève sur l&rsquo;obésité versus une intervention classique. Le médecin du bras intervention proposait donc des phrases telles que &ldquo;Pendant que vous êtes ici, pourrions nous parler un peu de votre poids? Savez vous que le centre *Bidule* peut vous aider gratuitement à perdre du poids? Je peux vous y adresser et nous nous reverrons à ce sujet dans 1 mois&rdquo;. Cette intervention permettait une réduction supérieure du poids: - 2,43Kg versus 1,04kg à 12 mois. C&rsquo;est pas terrible quand même comme baisse&hellip;. Mais les auteurs concluent que l&rsquo;intervention est efficace est acceptable.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2016-10/fiche_memo_hta__mel.pdf">HAS</a> a publié une fiche mémo sur la prise en charge de l&rsquo;HTA. C&rsquo;est une redite des recommandations de la SFHTA de 2013, sans prise en comptes d&rsquo;éventuelles avancées, ni de mise en avant de thérapeutiques (les IEC et ARAII sont toujours au même plan&hellip;) Étrangement, il faudrait passer rapidement à une bithérapie si la tension n&rsquo;est pas contrôlée après 1 mois de monothérapie pour ne pas augmenter les effets indésirables liés à de fortes doses de médicament. &quot; Prescrire&quot; dirait que multiplier les médicaments, c&rsquo;est multiplier le risque d&rsquo;effets indésirables. Par ailleurs, certains traitements (IEC par exemples) se débutent à faible dose et s&rsquo;augmentent progressivement: difficile d&rsquo;avoir des tension adaptées avant d&rsquo;avoir atteint la dose efficace&hellip; Le point sur la fréquence des bilans s&rsquo;avère un peu plus intéressant: tous les 1 à 2 ans pour la partie néphrologique (Na, K, créatinine, protéinurie) et tous les 3 ans pour la partie métabolique (glycémie, dyslipidémie). L&rsquo;ECG n&rsquo;est justifié que tous les 3 à 5 ans en l&rsquo;absence d&rsquo;autre facteur de risque.</p>
<p>Suite à l&rsquo;article laissant supposer un lien entre supplémentation calcique et risque cardiovasculaire <a href="http://jaha.ahajournals.org/content/5/10/e003815.long">dont j&rsquo;ai parlé il y a 2 semaines</a>, un démenti n&rsquo;a pas tardé à se faire entendre. <a href="http://annals.org/aim/article/2571714/lack-evidence-linking-calcium-without-vitamin-d-supplementation-cardiovascular-disease">Annals of internal medicine</a> a publié un article provenant de la société américaine de cardiologie et de la société américaine d&rsquo;ostéoporose pour dire que les études ne soutenaient pas un lien entre supplémentation calcique et maladie cardiovasculaire, mortalité cardiovasculaire ou mortalité globale. Ils précisent cependant qu&rsquo;il ne faut pas dépasser 2,5g/j  d&rsquo;apport calciques. (Je ne vous montre pas la liste des liens d&rsquo;intérêt, bien plus longue dans cette étude que dans celle d&rsquo;il y a 2 semaines).</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=577">HCSP</a> a émis son avis de vaccinations obligatoires concernant les professionnels de santé. Outre les classiques &ldquo;DTP-hépatite B&rdquo; (le BCG n&rsquo;étant plus obligatoire), il semblerait que les vaccinations rougeole, coqueluche et varicelle puissent être nécessaire en l&rsquo;absence d&rsquo;immunité. Concernant qui a fait le plus parler sur les réseaux sociaux: le vaccin de la grippe, il n&rsquo;est plus obligatoire (art 3111-4 du CSS, ajournée par décret en 2006, merci @RichardTalbot9), mais reste recommandé. D&rsquo;après l&rsquo;argumentaire du HCSP, ce vaccin pourrait dans certains cas diminuer la transmission aux patients dans les établissements de santé avec un faible niveau de preuves. Aucune étude ne semble aller dans ce sens pour les professionnels de santé en ambulatoire&hellip; Alors pourquoi vacciner?</p>
<p>Une étude du <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2571613">Jama internal medicine</a> parle des antibiotiques inappropriés. On peut voir que près de 50% des antibiotiques prescrits ne sont pas appropriée, c&rsquo;est à dire que ce ne sont pas des antibiotiques de première intention. L&rsquo;article ne revient même pas sur l&rsquo;indication de ces antibiothérapies&hellip;</p>
<p>Heureusement pour nous, <a href="http://www.sfpediatrie.com/sites/default/files/GPIP/arcped_gpip_15_juin_new_couv_bs.pdf">Archives de pédiatrie</a> a compilé l&rsquo;ensemble des traitements antibiotiques recommandés chez l&rsquo;enfant! Pas de nouveauté sur les molécules mais modification des durées d&rsquo;antibiothérapies dans les pneumopathies infectieuses non sévères: 5  jours (si 100mg/kg en 3 prises par jour) ou 7 jours (si 80-100mg/kg avec répartition en 2 prises par jour) pour l&rsquo;amoxicilline quand suspicion de pneumocoque et 10 jours (au lieu de 14) pour la clarithromycine quand suspicion de bactérie atypique (clarithromycine en 1ère intention avant la josamycine).</p>
<p>Alors qu&rsquo;en <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/argumentaire_mort_inattendue_nourrisson.pdf">France</a> on recommande que les nourrissons dorment dans la chambre parentale jusqu&rsquo;à 6 mois pour réduire le risque de mort subite du nourrisson, les <a href="https://www.aap.org/en-us/Pages/Default.aspx?nfstatus=401&amp;nftoken=00000000-0000-0000-0000-000000000000&amp;nfstatusdescription=ERROR%3a+No+local+token">américains</a> ont trouvé et recommandent qu&rsquo;il faut poursuivre cela jusqu’à 1 an (je me demande si ceux qui ont rédigé ces recos ont déjà passé des nuits avec un enfant de plus de 6 mois dans leur chambre. Moi j&rsquo;ai jamais pu dormir, et lui non plus&hellip;)</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Pour finir, parlons exercice physique dans le diabète. Il semblerait que le moment de l&rsquo;activité physique soit primordial. Ainsi, une <a href="http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs00125-016-4085-2">étude</a> en cross-over comparait 30 minutes de marche par jour versus 10 minutes de marche après chaque repas. C&rsquo;est la que le critère de jugement doit être judicieusement choisi: les auteurs ont opté pour les glycémie post prandiales! Logiquement, quand on fait du sport juste après le repas, les glycémies post prandiales sont plus bases que si on fait du sport à un autre moment de la journée&hellip; Les évènements cardiovasculaires ne sont pas mesurés et les critères intermédiaires &ldquo;classiques&rdquo; (fructosamine car l&rsquo;HbA1C n&rsquo;a pas été étudiée, cholestérol et tension artérielle) ne sont pas significativement différents entre les groupes. Conclusions: mis à part démontrer que faire du sport après les repas, fait baisser la glycémie après les repas, cette étude n&rsquo;est pas novatrice&hellip; Comme quoi, le critère de jugement est une fois de plus important.</p>
<p>C&rsquo;est fini, avec à peine un jour de retard sur le planning! Encore un joyeux Halloween et à la semaine prochaine!!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgxDZNimKxfu2X00gPH1sB8IGjo5qFfmFvhJDigy0-IZCBTe9ugI1tKoPe6dR1b4T_iCxP7EzgerlRL0eQ_c_pMMidVB2kN9vKUx5R7NUlr3lWnHh11YMgRj5J0rqwDGp0LZZmhbC54-yYd/s1600/vampire%2521.jpg"><img src="/images/articles/2016/vampire-2521.jpg" alt=""></a></p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°112: médicaments de la maladie d'Alzheimer, anévrisme de l'aorte abdominal, syncopes</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/10/dragi-webdo-n112/</link><pubDate>Sun, 23 Oct 2016 21:08:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/10/dragi-webdo-n112/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, et bonnes vacances pour ceux qui en ont et qui vont pouvoir profiter pour se reposer! (En même temps, si vous êtes en vacances, j&rsquo;espère que vous ne passez pas votre temps libre à lire un billet d&rsquo;actualités médiales&hellip; il faut décrocher de temps en temps!). La semaine n&rsquo;a pas été très dense, voici les nouveautés!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Cela a fait le tour de l&rsquo;hexagone en quelque heures: la commission de transparence de la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2679466">HAS</a> a réévaluer les médicaments de la maladie d&rsquo;Alzheimer (mémantine, donepezil, rivastigmine et galantamine) pour leur conférer un service médical rendu insuffisant, ce qui devrait conduire à leur déremboursement. Une décision logique compte tenu de leur absence de bénéfice clinique pertinent prouvé. Bien évidemment, la pathologie reste prise en charge à 100% compte tenu des aides et du suivi nécessaire au maintien de la qualité de vie des patients.</p>
<p>Un article publié dans <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2540538">JAMA Internal Medicine</a> parle de 71 000 patients britanniques diabétiques. Les auteurs retrouvent une augmentation du risque de lithiase biliaire de 79% avec les analogues du GLP-1. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;augmentation de ce risque avec les inhibiteurs de la DPP-4.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>J&rsquo;avais parlé l&rsquo;<a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/06/dragi-webdo-n55.html">an dernier</a> du dépistage de l&rsquo;anévrisme de l&rsquo;aorte abdominale (AAA) chez tous les sujets de 65 ans qui montrait un bénéfice en terme de mortalité chez les américains. En Europe, les <a href="http://circ.ahajournals.org/content/134/16/1141.full?ijkey=sgxk4ayhwR8d6rM&amp;keytype=ref">suédois</a> ont mené une campagne de dépistage similaire, et ont retrouvé que le dépistage permettait de diminuer de 27% la mortalité spécifique (nombre de sujets à screener pour éviter 1 décès: 667) (ou encore 4% de réduction par an si on reformule), mais la mortalité globale peinait à atteindre un seuil significatif (OR: 0,98 [0,96-1,00] ; p=0,1). Ainsi, le dépistage proposé par la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-02/aaa_fiche_med_vfinale.pdf">HAS</a> serait il plus adapté? Depuis 2012, il est recommandé de faire 1 échographie Doppler de dépistage aux patients de plus de 55 ans avec un antécédent familial d&rsquo;AAA ou de plus de 65 ans avec tabagisme chronique ancien ou actif.</p>
<p>Le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1602172#t=articleMethods">NEJM</a> a publié une étude intéressante sur les causes de syncopes chez les patients hospitalisés (malheureusement, c&rsquo;est hospitalisé et pas en cabinet de médecine générale, donc la population ne sera pas exactement la même. N&rsquo;est ce pas Mr <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJM196111022651805">White</a> et Mr  <a href="http://www.nejm.org/doi/pdf/10.1056/NEJM200106283442611">Green</a> ?). Les auteurs ont diagnostiqué 17% d&rsquo;embolie pulmonaire sur les 560 patients. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que parmi les 97 patients ayant fait une embolie pulmonaire, la syncope était le seul symptôme pour 24% (pas de tachypnée, pas de dyspnée, pas de signe de phlébite ni rien). Les D-Dimères seraient probablement à considérer devant tout bilan de syncope.</p>
<p>Que les buveurs de café se rassurent! Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;augmentation du risque d&rsquo;arythmie cardiaque lors d&rsquo;ingestions massive de café. C&rsquo;est ce que retrouve une <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2569283">étude</a> menée chez des patients insuffisants cardiaque qui plus est&hellip;</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine, bonne vacances et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°111: AINS/insuf cardiaque, double antiagrégation (reco US), apport sel, surdiagnostic mammographie, PEC du diabète (Steno-2)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/10/dragi-webdo-n111/</link><pubDate>Sun, 16 Oct 2016 20:36:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/10/dragi-webdo-n111/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour!</p>
<p>Nous sommes tous confrontés à des problèmes d&rsquo;observance avec les patients. Je pense en particuliers à deux patients hypertendus que j&rsquo;ai vu cette semaine, et dont je vous parlerai peut être plus tard. Bref, il se trouve que la vision des patients sur les médicaments &ldquo;importants&rdquo; n&rsquo;est pas forcément celle que nous avons. Près de 20% des médicaments considérés comme important par les médecins ne sont pas bien pris par les patients, et dans près de 50% des cas, cette non-observance était intentionnelle (l&rsquo;article <a href="http://www.annfammed.org/content/14/5/415.full">ici</a>). Sur cette introduction pour rappeler que la relation médecin-patient, est aussi (surtout?) une relation patient-médecin, voici les actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Pharamcovigilance</p>
<p>La <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2016-10/fiche_memo_-_prise_en_charge_de_la_fievre_chez_lenfant.pdf">HAS</a> a émis une fiche mémo sur la prise en charge de la fièvre chez l&rsquo;enfant. C&rsquo;est bien une monothérapie qui est toujours conseillée, avec le paracetamol en 1ère intention. Cependant je découvre qu&rsquo;avant 10kg, la posologie maximale serait de 30mg/kg/jour . Les pipettes doseuses étant de 15mg par unité, il faudrait modifier parce que je surdose beaucoup de nourrissons de moins d&rsquo;un an&hellip;<br>
[EDIT 19/10/16: La posologie a été corrigée dans le document de la HAS, c&rsquo;est bien 60mg/kg/j pour tous!]</p>
<p>Un article du <a href="http://www.bmj.com/content/354/bmj.i4857">BMJ</a> revient sur les AINS et leurs effets cardiovasculaires. Dans cette étude de cas-témoins nichée dans une cohorte, le risque d&rsquo;hospitalisation pour insuffisance cardiaque augmentait de 19% avec la prise d&rsquo;AINS dans les 14 jours précédents. Parmi les plus pourvoyeurs d&rsquo;insuffisance cardiaque étaient respectivement des coxibs, le diclofenac, l&rsquo;ibuprofène et le naproxène (ce qui correspond à peu près à la puissance des AINS qui avait été étudiée dans le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)30002-2/abstract">Lancet</a>). Cette étude est néanmoins un peu étonnante car le celecoxib dont la cardiotoxicité est connue diminue non significativement le risque d&rsquo;insuffisance cardiaque et le naproxène qui a habituellement un risque inférieur d&rsquo;évènement cardiovasculaire aux autres voit sont risque significativement augmenter  (cf <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)30002-2/abstract">ici</a>). Malgré les ajustements effectuer, ces éléments font penser à un biaise de prescription: en connaissance des données antérieures, on prescrit peut-être plus le celecoxib à des patients à très bas risque cardiaque et le naproxène aux patients à haut risque, ce qui serait concordant avec les résultats de cette étude.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Je vais brièvement revenir sur la mise à jour des <a href="http://content.onlinejacc.org/article.aspx?articleid=2507082">recommandations</a> de double anti-agrégation plaquettaire chez les patients avec coronaropathie. Pour mémoire, l&rsquo;étude DAPT avait montré une diminution des évènements cardiovasculaires sur un critère composite lors d&rsquo;un traitement prolongé, mais une augmentation de la mortalité et une méta-analyse comprenant cette étude ne retrouvait strictement aucun bénéfice (j&rsquo;en avait parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/11/dragi-webdo-n25-bi-antiplaquettaires-et.html">ici</a>). Peu après, l&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/09/dragi-webdo-n61.html">OPTIDUAL</a> ne montrait pas non plus d&rsquo;intérêt en France. Dans ce contexte, les américains disent  désormais qu&rsquo;une bithérapie prolongée pour tous les patients dont le risque hémorragique n&rsquo;est pas élevé  &ldquo;est une option raisonnable&rdquo; (allez comprendre!! #BigPharma &hellip;) : aussi bien chez les patients avec coronaropathie stable que chez ceux ayant eu un infarctus aigüe  (petites exceptions: le coronarien stable n&rsquo;ayant pas eu de revascularisation et le patient ayant eu un infarctus traité avec un pontage). Les auteurs de la recos sont d&rsquo;ailleurs fiers de dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;augmentation de mortalité. Rappelez moi l&rsquo;intérêt d&rsquo;augmenter la durée d&rsquo;un traitement à risque quand il n&rsquo;y a pas de bénéfice clinique&hellip; (en dehors de vendre plus de boites, bien sûr)</p>
<p>L&rsquo;hypotension orthostatique  a été étudié pendant 15 ans en moyenne dans une étude de cohorte publiée dans <a href="http://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1002143">PLOS Medicine</a>. Les auteurs retrouvent une augmentation du risque de démence de l&rsquo;ordre de 10-15% chez les patients présentant une hypotension orthostatique, notamment en cas de dysautonomie associée. L&rsquo;hypothèse avancée est que la démence serait favorisée par les épisodes d&rsquo;hypoperfusion cérébrale répétés. Il serait intéressant de voir si la stimulation cognitive chez les patients avec une hypotension orthostatique permet de réduire le risque de démence!</p>
<p>Quel est l&rsquo;apport optimal de sel par jour? Ce débat a conduit à la publication d&rsquo;un <a href="http://content.onlinejacc.org/article.aspx?articleID=2557459">article</a> sur deux études randomisant les apport en sel (régime contrôlé vs alimentation normale). Ces études retrouvent une diminution linéaire de la mortalité chez les patients avec la baisse de la consommation en sel allant jusqu&rsquo;à 25% de risque de décès en moins sous les 2,3g/jour. Faudrait-il  revoir l&rsquo;objectif de 3-4g/j pour les régimes peu salés suite à cette étude? D&rsquo;une part, les patients inclus étaient relativement jeunes à l&rsquo;inclusion 45 ans en moyenne, suivis 20 ans ce qui amène à 65 ans en fin d&rsquo;étude, ce qui ne correspond globalement pas à des patients âgés, multi-morbides ou fragiles. Ensuite, les apports étaient quantifiés par mesure de la natriurèse des 24h et là je laisse Perruche En Automne en parler parce qu&rsquo;il le fait si bien <a href="http://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=4749">ici</a> (quitte a randomiser, autant contrôler directement les apports des patients. Certes, préparer a manger pour des patients pour 20 ans, c&rsquo;est pas facile&hellip;) Probablement que limiter au maximum les apports en sel est bénéfique chez des patients pré-hypertendus sans comorbidité, mais pas forcément chez des patients fragiles insuffisants cardiaques ou insuffisants rénaux pour lesquelles la restriction totale en sel pourrait s&rsquo;accompagner d&rsquo;une restriction des apports caloriques (Si les spécialistes du domaine ont des études qui prouvent le contraire, n&rsquo;hésitez pas à les mettre en commentaire!)</p>
<p>&ldquo;Winter is coming!&rdquo; comme disent certains, et avec lui les marcheurs blancs ampoules de vitamine D! Le débat fait toujours rage: faut il associer du calcium à la vitamine D? Le <a href="http://jaha.ahajournals.org/content/5/10/e003815.long">journal de l&rsquo;association américaine de cardiologie</a> retrouve une diminution du risque d&rsquo;évènement cardiovasculaire de 27% pour des apports supérieurs à 1200mg/jour (par rapport à des apport inférieurs à 300mg/j). Cependant, le risque cardiaque augmente de 22% chez les patients prenant une supplémentation calcique! Conclusion : mangez des yaourts, c&rsquo;est mieux que prendre une pilule!</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Pour la troisième semaine de suite, je parle de mammographie. Cette fois, c&rsquo;est le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1600249?query=TOC#.V_80sHfAJbk.twitter">NEJM</a> qui publie une étude sur l&rsquo;(in)efficacité de la mammographie de dépistage. Les auteurs retrouvent que depuis le début du dépistage la diminution du nombre de cancer avancé est inférieur au nombre de cancer de petite taille diagnostiqué, ce qui correspondrait à un surdiagnostic de 132 cancer pour 100 000 patientes, soit 39% de surdiagnostic. En tenant compte des progrès thérapeutiques dans les cancers avancés, les auteurs concluent que le dépistage sauverait 8 vies pour 100 000 femmes suivies pendant 10 ans, ce qui est encore moins que dans la revue Cochrane qui retrouvait un bénéfice de mortalité de 1 pour 1000. Il faut vraiment revoir ce dépistage&hellip;</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Pour finir, l&rsquo;article <a href="http://link.springer.com/article/10.1007/s00125-016-4065-6">Steno-2</a> parlant de la prise en charge multifactorielle des patients diabétiques a été publié dans Diabétologia. Le traitement &ldquo;intensif&rdquo; (que je nommerai plutôt &ldquo;multifactoriel&rdquo;) a démontré une diminution de la mortalité globale de près de 50% à 20 ans avec une médiane de survie plus longue de 8 ans dans le traitement multifactoriel. Ce qui est le plus intéressant dans cette étude, ce sont les &ldquo;objectif de traitement&rdquo; chez ces patients diabétiques avec microalbuminurie. Notons qu&rsquo;à la fin de l&rsquo;étude, les Hb1C sont identiques (7,4% et 7,5%) et le LDL choletérol aussi (0.81g/L vs 0,81g/L, donc &lt; 1g/L partout, comme quoi ce critère n&rsquo;est pas discriminant)! Ce qui a différé, ce sont les traitement avec plus de patients sous metformine, sous bloqueur du système rénine angiotensine et aspirine. (autant sous statine à la fin de l&rsquo;étude mais la statine a été introduite plus précocement dans le groupe traitement multifactoriel). D&rsquo;après les objectifs de l&rsquo;étude, les patients avaient tous un IEC/ARAII, de l&rsquo;aspirine, et avaient en moyenne une PAS de 131mmHg. Bref, une étude très complexe et intéressante pour dire que la différence de mortalité ne se fait ni sur l&rsquo;HbA1C ni sur le LDL-cholestérol.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgmrkXgmircfSRLeLCvBAjwjEFmnCxxdML2V39jKQ3T7dVyfUs59OK290cOTqYLbmG-vn624OpTsW_Y2Rcz7oCdLEjxb8nY44Fmwu46bSv9CD1T2qm-bebeMRHgIUZG6yvitsVy6MzHA-i1/s1600/objectif+steno2.jpg"><img src="/images/articles/2016/objectif-steno2.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà pour cette semaine! Pour ceux qui auraient des doutes sur la disparition de la profession de médecin face aux progrès des ordinateurs, <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2565684">rassurez vous</a>, on a encore un peu d&rsquo;avance sur l&rsquo;intelligence artificielle!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°110: multimorbidité, IRS et tamoxifène, mammographie (CNGE), vomissements gravidiques, quel AOD choisir? Stop aux objectif du diabète?</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/10/dragi-webdo-n110/</link><pubDate>Sat, 08 Oct 2016 23:28:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/10/dragi-webdo-n110/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Dermatologie</category><category>Traumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous! J&rsquo;espère que vous allez bien. Personnellement, je commence à voir la fin des certificats médicaux inutiles et c&rsquo;est pas plus mal. L&rsquo;installation c&rsquo;est bien, mais ça sera mieux quand je n&rsquo;aurai pas un &ldquo;nouveau patient&rdquo; et son dossier à mettre entièrement à jour à chaque consultation! Pour commencer, je rappellerai que les études ne sont généralement pas des conditions de vie &ldquo;réelle&rdquo;: les patients sont sélectionnés et il faut garder ça en tête. Une étude du <a href="http://bmjopen.bmj.com/content/6/9/e012265.full">BMJ open</a> vient nous le rappeler en retrouvant que 79% des études excluent les patients avec des comorbidités, alors que plus de 70% des patients que nous suivons sont multimorbides.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhPLcv7KEW7aLRf_HpjZMcpkSzb7WUhmTk51SAsyxPZ38Sgu4lB2dVE9t0lshrP2b7G7Xr5-ohL3ppSrkmcfTlGUlGWJE-2RFxu-9a_FrydngO8en9yQTO1qSBZgdCHs52o-SiCtK0E2H9F/s1600/comorbidities.jpg"><img src="/images/articles/2016/comorbidities.jpg" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Pour commencer ce chapitre, l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Nexplanon-R-risque-de-migration-dans-les-vaisseaux-sanguins-et-dans-la-paroi-thoracique-Lettre-aux-professionnels-de-sante">ANSM</a> a publié une note d&rsquo;information sur le risque de migration des implants contraceptifs. Ainsi, l&rsquo;ANSM souligne l&rsquo;importance pour les professionnels de santé d&rsquo;avoir reçu une formation pratique (et non uniquement sur vidéo) ou d&rsquo;être supervisé par un médecin expérimenté ( #JamaisLaPremièreFoisSurUnPatient ). De mémoire, le Nexplanon avait un système de pose permettant de limiter le risque d&rsquo;insertion en profondeur, contrairement à ce qui était fait avec l&rsquo;Implanon. Je ne crois pas avoir encore perdu de Nexplanon chez une patiente en tous cas&hellip;. Si ça arrivait, l&rsquo;ANSM recommande une recherche de l&rsquo;implant par échographie ou TDM ou même IRM!</p>
<p>D&rsquo;après les &ldquo;ouvrages de référence&rdquo; le Tamoxifène est contre indiqué avec les inhibiteurs de recapture de la sérotonine, notamment la paroxetine (inhibiteurs du CYP2D6 ce qui peut diminuer l&rsquo;efficacité du tamoxifene de plus de 60%). Une étude de cohortes (15 000 patientes au total suivies pendant près de 20 ans) du <a href="http://www.bmj.com/content/354/bmj.i5014">BMJ</a> n&rsquo;a pas retrouvé d&rsquo;augmentation de mortalité globale chez des patientes sous tamoxifène traitées par paroxétine ou fluoxetine  par rapport aux autres inhibiteurs de recapture de sérotonine. Voilà qui est rassurant.</p>
<p>Une étude publiée dans le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2540537">JAMA Internal Medicine</a>, a étudié le risque de pancréatite avec les traitements antidiabétiques oraux. Cette étude cas-témoin niché dans une cohorte a analysé les données de plus d&rsquo;un million cinq cent mille patients et ne retrouve pas d&rsquo;augmentation significative du risque de pancréatite chez les patients avec une gliptine (analogue du GLP1 ou inhibiteur de DPP-4) par rapport à ceux ayant 2 antidiabétiques oraux ou plus (non gliptine). Cependant, même si 3500000 Personnes-années suivies, quand il y a autant de patient, cela ne correspond en moyenne qu&rsquo;a 2 ans de suivi.Si les pancréatites liés qu médicament sont des complications qui surviennent à plus long terme, elles peuvent ne pas avoir été repérées. (L&rsquo;étude n&rsquo;étant pas interventionnelle, on peut supposer que certains patients avaient une gliptine depuis plus longtemps que ça, ce qui limite un peu ce biais).</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Maintenant qu&rsquo;il est de plus en plus recommandé de prescrire des anticoagulants oraux directs (AOD), il reste à choisir lequel prescrire. Dans la fibrillation auriculaire, une <a href="http://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2560376">étude</a> a retrouvé que les patients de plus de 65 ans sous rivaroxaban avait une augmentation significative du risque d&rsquo;hémorragie cérébrale de 65% et d&rsquo;hémorragies extra-craniennes (notamment digstives) de 48% par rapport à ceux sous dabigatran. La baisse non significative des AVC ischémiques sous rivaroxaban était bien inférieure au risque hémorragique. Enfin, chez les plus de 75 ans, le rivaroxaban était associé à un sur-risque significatif de mortalité. Comme quoi le &ldquo;1 prise par jour&rdquo; n&rsquo;est pas toujours optimal.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="http://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/linformation_faite_aux_femmes_pour_le_depistage_or/">CNGE</a> s&rsquo;est prononcé sur le dépistage du cancer du sein par mammographie. Très diplomatiquement et sans dire si le dépistage est utile ou inutile, la conseil scientifique dénonce l&rsquo;information tronquée qui est faite aux femmes. En effet, bien que l&rsquo;efficacité relative soit bien de 20% de réduction de mortalité spécifique, il n&rsquo;est pas précisé que le bénéfice absolu est de 1 pour 1000 et que 1% auront une biopsie inutile et 5 pour 1000 seront sur-diagnostiquées et sur-traitées.</p>
<p>Dépistage toujours, mais pour les frottis cervicaux-utérins. Une <a href="http://www.bmj.com/content/355/bmj.i4924">étude</a> Néerlandaise a retrouvé que l&rsquo;incidence des lésion pré-cancéreuses était plus faible chez les patientes de plus de 40 ans, ce qui pourrait permettre un espacement des frottis (en cas de recherche d&rsquo;HPV oncogènes négative).</p>
<p>Enfin, le <a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2565294">JAMA</a> a publié une revue sur les traitements des vomissements gravidiques. Ils concluent que pour des vomissements légers, le gingembre et la vitamine B6 sont efficaces et peu dangereux (probablement surtout peu dangereux), tout comme les anti histaminiques et le metoclopramide. Pour les vomissements modérés l&rsquo;association vitamine B6-doxylamine ou ondansetron peuvent être utilisés et sont plus efficaces que le placebo. Cependant, les auteurs nuancent leurs résultats par le faible niveau de preuve des résultats obtenus.</p>
<p>4/ Dermatologie</p>
<p>Les américains ont publiés leur recommandations de prise en charge de l&rsquo;<a href="http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2565271">acné</a>. Elles diffèrent pas mal de nos récentes recommandations françaises, en préconisant, comme dans nos anciennes recos, des rétinoïdes topiques en cas d&rsquo;acné rétentionnelle et du peroxyde de benzoyle en cas d&rsquo;acné inflammatoire, alors qu&rsquo;en <a href="http://reco.dermato-sfd.org/fr/acn%C3%A9">France</a> depuis 2015, l&rsquo;association des deux est à utiliser en première intention. Le reste est relativement semblable: pas d&rsquo;antibiotique topique en monothérapie locale, le traitement par macrolide est à tester pour une durée de 3 mois et les pilules oestro-progestatives sont efficace dans l&rsquo;acné.</p>
<p>5/ Orthopédie</p>
<p>N&rsquo;en déplaise aux chirurgiens, opérer n&rsquo;est pas toujours indispensable ou du moins urgent. Des patients avec <a href="http://www.bmj.com/content/354/bmj.i3740?utm_content=buffere1370&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">dégénérescence méniscale</a> ont été suivis pendant 2 ans(c&rsquo;est court quand même pour ce genre de pathologies). Ils ont été randomisés entre : activité physique et méniscectomie partielle par arthroscopie. A 3 mois, l&rsquo;activité physique améliorait significativement la force musculaire (logique), mais aucune différence n&rsquo;était retrouvée pour le score fonctionnel utilisé (KOOS) à 2 ans ni sur le score de qualité de vie (SF-36). Au cours du suivi, 19% des patients du groupe activité physique ont néanmoins eu un traitement chirurgical sans bénéfice retrouvé sur le score fonctionnel à long terme.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Un peu de diabétologie pour finir. Le <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(16)30270-4/abstract">Lancet Diabetes &amp; Endocrinology</a> a publié une étude comparant un traitement basé sur des objectifs (HbA1C &lt; 7%, LDL &lt; 1g/L et TA &lt; 130/80) avec un traitement personnalisé visant à réduire le risque cardiovasculaire sous les 10% à 10 ans et le risque micro-vasculaire inférieur à 5% à vie. (N&rsquo;arrivant pas à avoir l&rsquo;article en entier, je n&rsquo;ai pas la méthodologie détaillée ni les score utilisés). Les auteurs retrouvent que le traitement personnalisé diminuerait de 25 à 30% les complications du diabète par rapport au traitement sur objectif en étant en plus cout-efficace d&rsquo;un point de vue de la société. Un argument de plus pour cesser d&rsquo;avoir des objectif sur des critères intermédiaires de mauvaise qualité dans le diabète.</p>
<p>Je vous remercie une fois de plus de me lire si régulièrement et pour vous encouragement sur les réseaux sociaux! A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°109: LDL cholestérol et risque cardiovasculaire, mesure de l'hypertension, acide folique, burn-out des médecins.</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/10/dragi-webdo-n109/</link><pubDate>Mon, 03 Oct 2016 00:23:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/10/dragi-webdo-n109/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Néphrologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir!</p>
<p>Octobre commence, ce qui va rimer avec la successions de campagne de dépistage sur le cancer du sein. Une occasion de plus pour la sécu de pointer du doigt à quel point les généralistes n&rsquo;atteignent pas leur &ldquo;objectif&rdquo; de mammographie effectuée. Est-ce le nombre de mammographie  ou le nombre de femmes à qui le dépistage a été expliqué et qui ont fait leur choix qui importe? Sur ce sujet, la vidéo de &ldquo;cancer-rose&rdquo; explique particulièrement bien les enjeux de ce dépistage, suivie des actus de la semaine!</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire:</p>
<p>On va commencer par parler cholestérol, ce sujet est inépuisable étant donné que l&rsquo;on trouve tout et son contraire. En effet, le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2556125">JAMA</a> a publié une méta-analyse retrouvant que chaque baisse de 1mmol/L de LDL (0,40g/L) est associé à une réduction de 23% des évènements cardiovasculaires avec une statine et de 25% avec un autre traitement hypolipémiant tel que le questran, l&rsquo;ezetimibe, mais aussi règles diététiques et chirurgie bariatrique (autant dire que tout a été mélangé). Mêmes les fibrates diminueraient les évènements cardiovasculaires (RR: 0,88). Les auteurs concluent que le NNT pour éviter 1 évènement cardiaque par baisse de 1mmol/L le LDL est de 67 en prévention primaire et 22 en prévention secondaire. J&rsquo;ai toujours du mal à comprendre comment à partir d&rsquo;études qui ne montrent pas de différence significative, on retourne le critère de jugement pour déduire que le critère &ldquo;intermédiaire&rdquo; (baisse de LDL) est associé à l&rsquo;évènement cardiovasculaire grâce au traitement. Probablement qu&rsquo;en incluant des patients avec des LDL supérieure à 2g/L dans certaines études, une baisse de cholestérol quelque soit le moyen puisse être associé un gain cardiovasculaire (mais est ce parce que le cholestérol baisse que le risque cardiaque diminue ou le contraire?). L&rsquo;hétérogénéité des études ne permet à mon avis pas de conclure sur l&rsquo;efficacité des traitements en prévention cardiovasculaire, mais remontre bien une association pas forcément causale entre LDL et évènement cardiovasculaire.</p>
<p>Chez le concurrent du JAMA, dans le <a href="http://bmjopen.bmj.com/content/6/6/e010401.full">BMJ Open</a>, une revue de la littérature étudiait cette association LDL et mortalité chez les plus de 60 ans (les &ldquo;elderly&rdquo;, qui ne sont pas si âgés que ça en fait&hellip;). Les auteurs retrouvent que dans certaines études, le LDL élevé n&rsquo;est pas associé à la mortalité; que dans d&rsquo;autres il est associé à une augmentation de la mortalité, et enfin que dans certaines études, un LDL bas était aussi associé à une augmentation de la mortalité! Cette analyse (qui comporte néanmoins un certain nombre de biais de sélection des études analysées) remet en cause la &ldquo;théorie du cholestérol&rdquo; et oriente vers un bénéfice des molécules dans la prise en charge du risque cardiovasculaire et non un bénéfice de la baisse du LDL.</p>
<p>Une nouvelle étude, cette fois ci publiée dans le journal <a href="http://circ.ahajournals.org/content/134/13/984.full?ijkey=L1v1lRXJjhILXmZ&amp;keytype=ref">Circulation</a>, a comparé un traitement intensif du diabète en post-infarctus (objectif de glycémie à jeun entre 0,85 et 1,1g/L) versus un traitement standard. Les auteurs retrouvent que le traitement intensif augmente la mortalité cardiovasculaire et la mortalité globale chez les patients traités intensivement 30 jours après leur infarctus, une différence qui persiste dans le même sens jusqu&rsquo;à 5 ans après! Le nombre de patients à traiter pour entrainer un décès (NNH) était de 35 à 30jours et de 13 à 5 ans. Après un infarctus, il faut bel et bien revoir les objectif glycémiques à long terme à la hausse.</p>
<p>Enfin, un <a href="http://circ.ahajournals.org/content/134/13/904.full?ijkey=dj3zVmzuNAL1z8Z&amp;keytype=ref">article</a> parle des conditions de mesures tensionnelles au cabinet. Ainsi, laisser le patient se reposer 5 minutes en l&rsquo;absence du praticien abaisserai en moyenne sa tension de 10/7 mmHg. Les résultats obtenus dans l&rsquo;étude SPRINT ont été obtenus dans ces conditions et visait une tension systolique inférieure à 120mmHg, ce qui correspondrait à un objectif de 130mmHg pour des mesures &ldquo;classiques en cabinet&rdquo;. Or le groupe traitement intensif dans Sprint avait 121mmHg de PAS (-&gt;131mmHg) et le groupe non intensif 136mmHg (-&gt; 146mmHg en conditions classiques). L&rsquo;étude Sprint aurait dont mis en évidence qu&rsquo;il fallait cibler une tension inférieure à 140mmHg mesurée de façon classique pour diminuer le risque cardiovasculaire. Pour revenir sur les mesures tensionnelles, il faut adapter les cibles au mode de mesure: les seuils ont déjà été abaissé à 135/85 pour des automesures, peut être faut il considérer 130/80 si la mesure est faite après 5 minutes de repos.</p>
<p>2/ Néphrologie</p>
<p>Un essai contrôlé randomisé publié dans le <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleId=2544880&amp;guestAccessKey=126554c2-82be-4134-a828-18f36b7bb462&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=603911254&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=29379970">Jama Internal Medicine</a> a étudié l&rsquo;association enalapril 20mg + acide folique 0,8mg versus enalapril 20mg en prévention de l&rsquo;insuffisance rénale chez des patients de 45 à 75 ans hypertendus en prévention cardiovasculaire primaire. Les auteurs retrouvent une réduction significative du déclin de la fonction rénale dans le groupe &ldquo;acide folique&rdquo; à 4 ans, notamment chez les patients ayant une maladie rénale chronique préexistante ou un DFG initial estimé inférieur à 60ml/min. L&rsquo;<a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2205876">étude princeps</a> avait montré une diminution des AVC également avec l&rsquo;ajout d&rsquo;acide folique! Et vous allez me dire: pourquoi ne mettons pas de l&rsquo;acide folique à tous ces patients étant donné qu&rsquo;ils avaient des folates à 7 (Norme: 5-15)? Parce qu&rsquo;heureusement, entre les lignes de l&rsquo;étude princeps, on retrouve le dosage de la mutation génétique <em>MTHFR</em> C677T qui est impliqué dans le métabolisme de l&rsquo;acide folique et présente à l&rsquo;état homozygote chez 25% de la population chinoise contre 10% à peine en France: ce qui peut expliquer les résultats de l&rsquo;étude. Moralité: même les belles études publiées dans les grandes revues et qui ont l&rsquo;air applicables ne le sont pas forcément.</p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>Une étude semblait favorable à la prise de paroxetine chez les adolescent ayant un épisode dépressif majeur après 8 semaines de traitements. Cependant, la <a href="http://study329.org/wp-content/uploads/2015/08/Restoring-Study-329-Continuation-Phase.pdf">suite de l&rsquo;étude</a> vient d&rsquo;être publiée, et dès 12 semaines et jusqu&rsquo;à la fin de l&rsquo;étude à 32 semaines, l&rsquo;efficacité des antidépresseurs (paroxetine ou imipramine) n&rsquo;a pas été supérieure au placebo, contrairement au nombre des effets indésirables. Les prise en charges psychologiques restent le traitement principal des épisodes dépressifs majeurs de l&rsquo;adolescent.</p>
<p>Le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)31279-X/fulltext">Lancet</a> a publié une méta-analyse sur la prise en charge du burn-out des médecins. L&rsquo;étude retrouve que la plupart des interventions ont diminué le burn-out et ses composantes de détresse émotionnelle et de dépersonnalisation. Ces interventions sont cependant peu décrites, mais on retrouve: des aménagements de poste, ateliers de gestion du stress, des psychothérapies et méditation en pleine conscience.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Pour finir sur une note positive au niveau de la vaccinologie, il semblerait d&rsquo;après une <a href="http://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(16)30001-9/fulltext?sf37184128=1">étude</a> canadienne qu&rsquo;un taux de vaccination anti HPV 16 de 40% chez les femmes permette une réduction de la prévalence des HPV 16 de près de 50% chez les femmes et 65% chez les hommes avec un bénéfice qui apparaitrait dès 20% de couverture (soit, environ le taux de vaccination actuel en <a href="http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Couverture-vaccinale/Donnees/Papillomavirus-humains">France</a>). Sur les autres souches vaccinales l&rsquo;efficacité était supérieure au HPV 16. Attendons maintenant de voir si ces modèles statistiques ont raison dans des études de cohorte.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine, bonne reprise et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°108: bêta-bloquants en post-IDM, andexanet, benzodiazépines (CNGE), diversification alimentaire, traumatisme cranien et sertraline.</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/09/dragi-webdo-n108/</link><pubDate>Sun, 25 Sep 2016 23:51:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/09/dragi-webdo-n108/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pédiatrie</category><category>Traumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! C&rsquo;est la panse bien remplie et l&rsquo;esprit tournée vers ma quatrième décennie de vie que je vais vous faire part des infos et actualités médicales que j&rsquo;ai pu retenir cette semaine. Après 3 semaines de rentrée denses, il semblerait que ça se calme, et c&rsquo;est pas plus mal. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Pour commencer, l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Risques-de-surdosage-grave-de-la-colchicine-Rappel-des-regles-de-bon-usage-Point-d-Information">ANSM</a> revient sur les posologies de colchicine pour limiter le risque de surdosage. L&rsquo;agence rappelle qu&rsquo;il est recommandé de ne donner que 2mg les 3 premiers jours de traitement suivi de 1mg par jour, plutôt que 3mg le premier jour, 2mg les deux suivants et 1mg par la suite.</p>
<p>Le <a href="http://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/reduire_la_sur_prescription_de_benzodiazepines_et_/">CNGE</a> revient sur l&rsquo;utilisation des benzodiazépines et leur balance bénéfice risque défavorable compte tenu des addictions, syndromes de sevrages, risque de chute et troubles cognitifs qui composent la longue liste de leurs effets indésirables. Comment diminuer leurs prescriptions: d&rsquo;une part en ayant recours à des alternatives thérapeutiques (pas forcément médicamenteuses) et d&rsquo;autre part en prenant en charge l&rsquo;arrêt des traitements grâces aux mesures essentiellement non-médicamenteuses.</p>
<p>Une étude d&rsquo;Annals of internal medicine a recherché si la <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2552986">vaccination anti-grippale</a> pendant la grossesse était responsable de malformations congénitales. Chez les 15 000 patientes enceintes vaccinées et 200 000 non vaccinées, le taux de malformations était similaires et voisin de 5%. Des données rassurantes à la veille du début de la campagne de vaccination</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Une étude française est parue dans le <a href="http://www.bmj.com/content/354/bmj.i4801">BMJ</a>. Elle s&rsquo;intéressait aux bêta bloquants en post-infarctus en l&rsquo;absence d&rsquo;insuffisance cardiaque. C&rsquo;était une étude de cohorte prospective étudiant la mortalité des patients en post-infarctus à 1 mois et à 1 an selon la prescription (ou l&rsquo;absence de prescription) de bêta bloquants. La prescription de bêta bloquant dans le 48 heures suivant le diagnostic était associé à une baisse de la mortalité de près de 55% à 1 mois. Mais, à 1 an, les patients toujours sous bêta-bloquants n&rsquo;avait pas une mortalité plus faible que ceux ayant interrompu leur traitement. Cependant, la même comparaison a été effectuée chez les patients sous statines et ceux ayant interrompu leur statine: le risque de mortalité chez les patients prenant encore leur statine était diminué de 60%! L&rsquo;étude n&rsquo;analyse malheureusement pas les sous-groupes de statines pour savoir si cet effet était lié à une molécule en particulier ou à toutes&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjeBM71YHQHqVKzChODRNtWmkBIhBMqyJD70FoYSw5ZfGAC1Stf0Kx_XsTZMg4smkOxAQcUd9al7xyAttDdZdU58x1bo1jynLzxcy5IMDKChPQs33aQTpxGBdYuALEXkXRpx2XKwGxpsabK/s1600/bmj.jpg"><img src="/images/articles/2016/bmj.jpg" alt=""></a></p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1607887">Andexanet alpha</a>, antidote du rivaroxaban et de l&rsquo;apixaban, est enfin testé chez des vrais patients traités faisant une hémorragie sévère. Environ la moitié des patients avaient un saignement digestif et l&rsquo;autre moitié un saignement intracrânien, et étaient traités à 75% pour de la fibrillation auriculaire et 25% pour un épisode thromboembolique. Biologiquement, le traitement était efficace. Cliniquement, à 30 jours, 15% des patients étaient décédés et  18% des patients avaient eu un évènement thromboembolique (attention, ces patients peuvent se &ldquo;recouper&rdquo;). Le problème de cet étude est qu&rsquo;elle ne comporte qu&rsquo;une centaine de patient et que tous les patients sont traités par andexanet. Il n&rsquo;y a pas de groupe contrôle qui aurait été traité par du PPSB par exemple. Il est donc difficile de dire si l&rsquo;andexanet est un super antidote ou non.</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>Une revue du <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2553447&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=592022195&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=29004070">Jama</a> a étudié l&rsquo;âge d&rsquo;introduction des aliments chez l&rsquo;enfant et le risque d&rsquo;allergie ou de maladie auto-immune. Ainsi, introduire des œufs entre 4 et 6 mois et des fruits à coque entre 4 et 11 mois diminue le risque d&rsquo;allergie à ces aliments. De plus, introduire du poisson &ldquo;tôt&rdquo; pourrait réduire le risque de rhinite allergique (là, le mécanisme m&rsquo;échappe). Enfin, l&rsquo;âge d&rsquo;introduction du gluten n&rsquo;était pas associé au risque de maladie cœliaque.</p>
<p>4/ Traumatologie</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas très médecine générale, mais comme il s&rsquo;agit de prévention, pourquoi pas! La <a href="http://archpsyc.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2548277&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=589052855&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=28914807">sertraline</a> à 100mg/j a été testé chez les patients traumatisé crâniens pendant 6 mois en prévention de syndrome dépressif post-traumatique dans un essai contrôlé randomisé. Le risque de dépression était diminué chez les patients traités avec un nombre de sujet nécessaire à traiter pour éviter un évènement (NNT) de 6, avec une bonne tolérance. De façon très intéressante, l&rsquo;article ne comporte pas d&rsquo;odd ratio ou de risque relatif: les auteurs ont choisi de ne donner leurs résultats qu&rsquo;avec un NNT.</p>
<p>Voilà pour cette semaine. C&rsquo;était court, comme je l&rsquo;avais annoncé. Je finirai sur le rapport du conseil de l&rsquo;ordre des médecins sur la place du &ldquo;<a href="https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/societe-information-communication.pdf">médecin dans la société de l&rsquo;information et de la communication</a>&rdquo; qui revient sur la publicité, la déontologie et l&rsquo;e-réputation du médecin sur internet et les réseaux sociaux. Des réflexions du CNOM qui me poussent à ne pas modifier mon pseudonyme et à ne pas sortir officiellement de mon relatif anonymat.</p>
<p>Bonne soirée à tous et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°107: SUSTAIN-6 (semaglutide vs placebo), statines, Bacloville, vaccins HPV/Zona, cancer prostate, maltraitance (et Pokemon)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/09/dragi-webdo-n107/</link><pubDate>Sun, 18 Sep 2016 21:54:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/09/dragi-webdo-n107/</guid><category>Diabétologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Addictologie</category><category>Infectiologie</category><category>Urologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Je suis déçu de ne pas avoir pensé à faire une recherche sur &ldquo;pokemon go&rdquo; sur twitter pour ensuite faire une publication dans le Lancet! <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2553331&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=585721735&amp;utm_content=press_release%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=28877888">D&rsquo;autres l&rsquo;ont fai</a>t et ont retrouvé que 18% des tweets à propos de pokemon go concernaient des personnes qui jouaient en conduisant! Fini les recherches sur pubmed, Twitter est dans la place (et un certain nombre de voitures à la casse&hellip;.). Heurusement que le Pr Falissard rappelle les bien faits de Pokemon Go pour le psychisme dans <a href="http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/16865-Pokemon-Go-la-chasse-aux-Pokemons-benefique-pour-le-psychisme">cet article</a> (et oui, mon psychisme va bien!). Aller, c&rsquo;est parti pour les actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Diabétologie</p>
<p>Je commence par le congrès de l&rsquo;association européenne de diabétologie qui s&rsquo;est tenu à Munich avec la présentation de l&rsquo;étude <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1607141?rss=searchAndBrowse">SUSTAIN-6</a>. C&rsquo;était un essai contrôlé randomisé testant un analogue du GLP-1 (Semaglutide) versus placebo dans la prise en charge du diabète de type 2. Les patients inclus avaient à 90% un antécédent cardiovasculaire et plus de 50 ans (les 10% restant avaient plus de 50 ans et une néphropathie sévère). Les auteurs retrouvent qu&rsquo;après 2 ans de traitement, le semaglutide a diminué le risque d&rsquo;évènement cardiovasculaire de 25% environ, et les progressions de rétinopathies et néphropathie on étalement été ralenties dans les groupes traités. Maintenant que le résultat a été donné, recontextualisons l&rsquo;étude: financée par Novo Nordisk qui a effectué l&rsquo;analyse! Ensuite le semaglutide a été testé à 0,5 et à 1 mg. Séparément, aucun des dosage n&rsquo;a prouvé son efficacité, mais l&rsquo;analyse en commun des 2 dosages a permis d&rsquo;avoir ce résultat significatif sur le critère primaire. D&rsquo;ailleurs, la quantité d&rsquo;effet est identique pour les deux dosages, ce qui réduit l&rsquo;intérêt du dosage à 1mg. L&rsquo;HbA1C, initialement supérieure à 8% a été réduite à près de 7,3% dans le groupe 1mg et 7,6% dans le groupe 2mg. Cela peut signifier 2 choses: d&rsquo;une part que viser une HbA1C inférieure à 7,5% est inutile (ça on l&rsquo;avait déjà noté), et d&rsquo;autre part que l&rsquo;effet retrouvé dans cette étude est peut être du simplement au meilleur contrôle glycémique, car la seule preuve d&rsquo;efficacité sur les objectif d&rsquo;HbA1C c&rsquo;est que les effets cardiovasculaire se produisent au dessus de 8% et en dessous de 6%. Or les patients du groupe placebo ont conservé une HbA1C &gt;8% durant toute l&rsquo;étude sans qu&rsquo;un autre traitement du diabète ou un renforcement de leur traitement n&rsquo;ait visiblement été effectué. Enfin, si on compare à l&rsquo;étude LEADER, le semaglutide n&rsquo;a pas permis de baisser la mortalité
globale, comme l&rsquo;avait fait le liraglutide. Pour les effets secondaires, plus de troubles digestifs avec le semaglutide. Mais je me pose toujours des questions quand le placebo est responsable de plus d’effets secondaires graves qu&rsquo;un traitement actif&hellip; Bref, si un analogue du GLP-1 doit être utilisé, préférer le liraglutide. (Pour les refs de tout ce que j&rsquo;ai cité, c&rsquo;est <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/06/la-diabeto-cest-rigolo.html">ici</a>).</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)31357-5/abstract">Lancet</a> a publié une revue de la littérature sur l&rsquo;efficacité des statines. Les très nombreux auteurs expliquent comment et pourquoi les résultats d&rsquo;efficacité ont été sous-estimés et les effets indésirables sur-estimés dans les études. Il concluent qu&rsquo;en prévention primaire, le NNT est de 20 patients et de 10 patients en prévention secondaire. Concernant les effets indésirables, il semblerait que seul 1 patient sur 100 ait des myalgies! Je crois que les auteurs, qui sont, soit dit en passant, les auteurs des &ldquo;grandes études&rdquo; sur les statines, n&rsquo;ont jamais vu un patient de ville, à force de faire des conférences pour les laboratoires pharmaceutiques (cf la liste d&rsquo;une page complète de conflits d&rsquo;intérêt pour tous les auteurs). Heureusement que des <a href="http://www.thennt.com/nnt/statins-for-heart-disease-prevention-with-known-heart-disease/">sites EBM</a> nous montrent les vrais chiffres avec 10% de patients avec myalgies, 1% de patient développant un diabète, un NNT pour un évènement cardovasculaire ou décès évité de 84 patients en prévention secondaire et 129 en prévention primaire sans bénéfice sur la mortalité.</p>
<p>3/ Addictologie</p>
<p>L&rsquo;étude addictologique du mois, est l&rsquo;étude française <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Baclofene-point-d-actualite-Point-d-information">Bacloville</a>, évaluant l&rsquo;efficacité du baclofène dans la prise en charge de l&rsquo;alcoolo-dépendance. Les premiers résultats de l&rsquo;essai contrôlé randomisé ont été présentés au congrès d&rsquo;addictologie de Berlin et montrent que le médicament est efficace pour normaliser la consommation d&rsquo;alcool (détail des résultats <a href="http://dmg.medecine.parisdescartes.fr/bacloville-les-resultats-du-phrc-du-dmg/">ici</a>). En effet les auteurs n&rsquo;ont pas cherché à obtenir une abstinence totale, mais des consommations à faibles risques, comme recommandé par l&rsquo;OMS (3 verres par jour chez l&rsquo;homme et 2 chez la femme). Concernant les effets indésirables, les résultats ne sont toujours pas disponibles, ce qui est le point négatif de cette annonce précoce d&rsquo;efficacité du médicament. Attendons la publication de l&rsquo;article pour en reparler plus en détail.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Vaccinologie pour être précis! Je suis toujours aussi peu enclin à vacciner contre le Zona, mais une nouvelle étude est en faveur de ce vaccin. Le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1603800">NEJM</a> a publié un essai contrôlé randomisé assez monstrueux, avec 13 000 patients de plus de 70 ans inclus ayant reçu soit le vaccin, soit un placebo. Les auteurs retrouvent une efficacité d&rsquo;environ 90% du vaccin pour prévenir le Zona et de 90% pour prévenir les névralgies post-herpétiques. A lire l&rsquo;article, on croirait que parmi les patients vaccinés ayant eu un zona, l&rsquo;incidence des douleurs post-herpétique est plus faible que parmi celles ayant eu un zona et n&rsquo;ayant pas été vacciné. En fait, l&rsquo;incidence des douleurs post-herpétique est identique dans les deux groupes (environ 15% des patients ayant eu un zona), mais comme il y a moins de zona chez les vaccinés, il y a moins de douleurs post-herpétiques. Le zona étant un inconvénient temporaire, les douleurs étant plus embêtantes, le NNT pour ces douleurs est de 909 patients! (NNT de 120 pour éviter 1 zona) Donc, on a un vaccin efficace, mais la prévalence du zona fait qu&rsquo;il faut vacciner énormément pour voir cette efficacité. Concernant les effets indésirables, il y avait plus de réactions au point d&rsquo;injection mais pas de différence sur la mortalité, les maladies auto-immunes et les effets indésirables graves.</p>
<p>Pour parler du vaccin anti-HPV et du risque de syndrome de Guillain-Barré qui était suspecté, une étude scandinave a étudié les effets secondaires des vaccins. C&rsquo;était <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27478093">une étude</a> de cohorte menée sur 70 000 jeunes femmes avec un antécédent de maladie auto-immune dont 11 000 ont été vaccinée. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;augmentation du nombre de nouvelle maladie auto-immune, ni de maladie neurologique chez les femmes vaccinées. Paradoxalement, il y en avait moins&hellip; L&rsquo;incidence supposée étant de <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Vaccination-contre-les-infections-a-HPV-et-risque-de-maladies-auto-immunes-une-etude-Cnamts-ANSM-rassurante-Point-d-information">1 pour 100 000 patiente</a>s, cette étude n&rsquo;avait clairement pas la puissance pour montrer une différence. Cependant, elle rassure sur le fait de vacciner les patientes ayant une maladie auto-immune.</p>
<p>5/ Urologie</p>
<p>On va continuer sur le cancer de la prostate. Une étude du <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1606220?query=featured_home">NEJM</a> a observé la mortalité des patients ayant eu un diagnostic du cancer de la prostate localisé, suite à un dépistage par PSA selon les traitements entrepris. Les patients étaient randomisés selon le traitement en : surveillance, prostatectomie ou radiothérapie. La survie à 10 ans était d&rsquo;environ 99% dans l&rsquo;ensemble des groupes, sans différence significative. Logiquement, seul le taux de métastase et la progression du cancer était moins bonne dans le groupe surveillance. On peut conclure que la mortalité du cancer de la prostate, lorsqu&rsquo;il est dépisté par PSA est extrêmement faible et n&rsquo;est pas différente quelque soit le traitement ou l&rsquo;absence de traitement. La question (qui n&rsquo;en n&rsquo;est donc pas une en réalité): ça ne sert à rien de dépister un cancer uniquement dans le but de le surveiller, n&rsquo;est ce pas?</p>
<p>6/ Maltraitance</p>
<p>Pour finir, la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1775839">HAS</a> a mis à disposition un outil de repérage de maltraitance, avec un document interactif permettant d&rsquo;avoir des certificats adaptés, des demandes de signalements et de connaitre les tribunaux pour effectuer les démarches.</p>
<p>Je vous remercie pour votre fidélité! et je vous souhaite une excellente soirée et bien sur:</p>
<p>Attrapez-les tous!!!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgudVaAW8HQuHZKhGsddmgggfM38qxjs1pmb6xLoa44W6PcmTjRK7_gtsQHFCQEELtUvyY43f3qUbs8F49-1S2OHCpHQp5kbnMhUkZDTbOJcyRgKoznWyh4amSpButenw0BFIoQM2e-2syu/s1600/pokemon+go.jpg"><img src="/images/articles/2016/pokemon-go.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°106: Reco insuffisance cardiaque (ESC), vaccin grippe, Vitamine D/asthme, reco NASH, reco incidentalomes</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/09/dragi-webdo-n106/</link><pubDate>Sat, 10 Sep 2016 00:30:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/09/dragi-webdo-n106/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Infectiologie</category><category>Hépatologie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Un Dragi Webdo n&rsquo;a jamais été publié avec autant d&rsquo;avance! Le planning du congrès de l&rsquo;ESC ayant été particulièrement dense, j&rsquo;ai terminé de lire leurs recommandations cette semaine. Ensuite, on passera aux autres actualités toujours aussi denses en cette période de reprise (malheureusement, je les trouves tellement intéressantes que j&rsquo;ai du mal à ne pas en parler). Bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>L&rsquo;ESC a donc également publié des recommandations sur la prise en charge de l&rsquo;<a href="http://eurheartj.oxfordjournals.org/content/37/27/2129">insuffisance cardiaque</a>, très à la pointe et en accord avec les derniers articles parus l&rsquo;an dernier et cette année. Toujours aussi longues, je vais essayer d&rsquo;aller à l&rsquo;essentiel en me concentrant sur l&rsquo;insuffisance cardiaque chronique (la partie relative à l’aiguë décrite dans ces recos étant plutôt du domaine des urgentistes). Le diagnostic repose sur la clinique, le dosage du BNP ou nt-proBNP (qui aident également quand la FEVG est conservée) et l&rsquo;échographie cardiaque. L&rsquo;ECG est également recommandé. Le bilan complémentaire biologique doit comprendre:</p>
<ul>
<li>BNP ou NTproBNP, NFS, glycémie à jeun (HbA1C pour les américains), Na, K, créatininémie (l&rsquo;urée et mises mais il est prouvé que ça ne sert à rien en l&rsquo;absence d&rsquo;anomalie de la créatiniémie alors faisons des économies), bilan hépatique, TSH, EAL, ferritine et coefficient de saturation en fer.</li>
</ul>
<p>Au point de vue thérapeutique, pour l&rsquo;insuffisance cardiaque à FE altérée (&lt;50%): IEC + bêtabloquant SYSTEMATIQUE.</p>
<p>Si la FEVG &lt; 35% ET patient toujours symptomatique: ajout d&rsquo;un antagoniste des minéraloorticoides (spironolactone en 1ère intention). Si le patient est toujours symptomatique, remplacer l&rsquo;IEC par un inhibiteur de la neprilysine (qui est forcément associé à un ARAII). Et si le patient à un QRS&gt;130 ou un FC &gt;70 ou est toujours symptomatique: revoir le cardio (parce que ces recos pronnent l&rsquo;ivabradine, alors que le bénéfice est&hellip; bien caché). Je découvre à cette occasion que le ramipril est recommandé en 1 seule prie et non en 2 comme le dit le Vidal dans l&rsquo;insuffisance cardiaque. Pour mémoire, inutile de doser le BNP quand un patient est sous inhibiteur de niprilisine car le médicament empêche sa dégradation: il faut doser le NTproBNP. Pour mémoire aussi, les inhibiteur calciques ont un profil d&rsquo;effet indésirable défavorable chez l&rsquo;insuffisant cardiaque SAUF pour l&rsquo;amlodipine qui est &ldquo;neutre&rdquo;.</p>
<p>En cas de FEVG préservée, seul les IEC et le candesartan sont parfois efficaces (bêtabloquants et les antagonistes des minéralocorticoides n&rsquo;ont pas montré d&rsquo;efficacité). Les diurétiques ne devraient être utilisés que pour les phases congestives. Enfin, les patients diabétiques pourraient tirer un bénéfice d&rsquo;un traitement par empagliflozine.</p>
<p>J&rsquo;en profite donc pour vous dire que la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2632556/fr/entresto-sacubitril-/-valsartan-antagoniste-de-l-angiotensine-ii-en-association-a-un-inhibiteur-de-l-endopeptidase-neutre">HAS</a> approuve l&rsquo;utilisation du sacubitril/valsartan avec un SMR important et un ASMR mineur chez les patients avec une FEVG &lt; 35% et symptomatiques malgré un IEC ou un ARAII. Ca tombe bien, ça colle à ce que proposent les recos de l&rsquo;ESC!</p>
<p>Enfin, l&rsquo;étude <a href="https://www.escardio.org/static_file/Escardio/Press-media/Press%20releases/2016/ESC%20Congress/Hot%20Line%20-%20Coronary%20Artery%20Disease%20and%20Imaging/AMERICA.pdf">AMERICA</a> se demandait s&rsquo;il était utile de chercher les lésions athéromateuses non coronaires asymptomatiques chez les patients avec une coronaropathie pour traiter plus intensivement ces lésions extra-cardiaque. L&rsquo;étude est sans appel: ça ne sert à rien. Alors on leur laisse leur traitement déjà assez lourd et on ne les embête pas avec d&rsquo;avantage d&rsquo;examens.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>La vaccination anti-grippale va approcher. Une <a href="http://erj.ersjournals.com/content/30/3/414.long">étude</a> de cohorte publiée dans l&rsquo;European Respiratory Journal a inclus plus de 250 000 patients de plus de 65 ans sur 3 périodes. Quelque soit la période étudiée, les auteurs retrouve une diminution de la mortalité chez les patients vaccinés en analyses multivariée. Les NNT varient entre 150 et 750, sachant que plus la grippe est &ldquo;virulente&rdquo; plus le vaccin s&rsquo;est retrouvé efficace.</p>
<p>Une revue <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD011511.pub2/full">Cochrane</a> a étudié la prescription de vitamine D chez les enfants asthmatique. Ils retrouvent dans leur méta-analyses une diminution des exacerbations et des recours aux soins chez les enfants prenant de la vitamine D. Alors que les recos françaises pronent la vitamine D jusqu&rsquo;à 5 ans puis de 11 à 16 ans, peut être faudrait il poursuivre la supplémentation entre 5 et 11 ans chez les enfants asthmatiques. (voici la petite infographie qui va bien)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEglGt9m1C01tKb8I78zfL3DsdL6I04Kf7AIDEyjdeMof-T8Cq8FnD9hkjtnhwmd0Qyr3hwgTM44ITBb4MN0-2JfKd3LqefvnwWNHFAas1knMmhHZTv7knWwNT4XPf7Aa74FoetethaiGRrz/s1600/asthme+vitamine+D.png"><img src="/images/articles/2016/asthme-vitamine-d.png" alt=""></a></p>
<p>Restons dans l&rsquo;asthme. Les AINS pourvoyeurs de crise d&rsquo;asthme, c&rsquo;est écrit dans tous les livres. En pratique, un <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1515990">essai contrôlé</a> randomisé ayant inclus 300 enfant asthmatiques n&rsquo;a pas mis en évidence de crise d&rsquo;asthme plus grave ou plus fréquente chez les patients ayant une fièvre traité par ibuprofène par rapport à ceux traités par paracetamol. Côté effets indésirables: pas de différences non plus, mais 6 (4%) effets indésirables graves sous paracetamol et 12 (8%) sous ibuprofène, ce qui ne laisse pas indifférent car la puissance des études n&rsquo;est généralement pas suffisance pour mettre en évidence une différence significative (ils ont quand même réussi à avoir une angine grave hospitalisée dans le groupe ibuprofène, hein&hellip;)</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>L&rsquo;OMS a mis à jour ses recommandations de prise en charge des infections sexuellement transmissibles. Elles ne diffèrent pas des recos françaises sauf pour le traitement du <a href="http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/246114/1/9789241549691-eng.pdf">gonocoque</a>. En effet, l&rsquo;OMS recommande une dose unique de ceftriaxone à la dose de 250mg et non 500mg. Si un expert francophone voulait commenter cette différence de posologie, je serais ravi de savoir si on peut la baisser également en France.</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2547762&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=575975159&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=28450013">USPSTF</a> (la HAS américaine) s&rsquo;est prononcée en faveur d&rsquo;un dépistage de tuberculose latente chez les patients majeurs à risque (patients étant né ou ayant vécu dans un pays à forte prévalence ou vivant dans des conditions précaires). Le test de dépistage proposé est le test à la tuberculine intradermique ou les tests à interféron gamma (non remboursés en France et coutant près d&rsquo;une centaine d&rsquo;euros si ma mémoire est bonne)</p>
<p>4/ Hépatologie</p>
<p>Je vais très rapidement parler de la recommandation du NICE (HAS britannique) sur l&rsquo;<a href="http://www.bmj.com/content/354/bmj.i4428">hépatopathie non alcoolique</a> et conçu pour être adapté à un dépistage en soins primaires. En effet, si une échographie hépatique met en évidence une stéatose hépatique en l&rsquo;absence de prise d&rsquo;alcool régulière, cela suffirait à poser le diagnostic (quel qu’ait été l&rsquo;indication de l&rsquo;écho: anomalie du bilan hépatique ou un autre indication avec un bilan normal). La prise en charge: les règles hygiénodiététiques! Et le suivi doit s&rsquo;effectuer d&rsquo;abord par &ldquo;ELF blood test&rdquo; (<a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2009-05/argumentaire_fibrose_cirrhose_dec_2008.pdf">score ELF</a> d&rsquo;évaluation de la fibrose hépatique) qui est une mesure non invasive de la fibrose, tant que l&rsquo;ELF est normal. L&rsquo;ELF est à répéter tous les 3 ans si normal ou bien le patient doit être adressé à un hépatologue pour mieux évaluer la fibrose (par les moyens classiques: fibroscan voir biopsie si besoin). En pratique, je n&rsquo;ai jamais vu l&rsquo;ELF utilisé.</p>
<p>5/ Endocrinologie</p>
<p>Pour finir, les recommandations de la société européenne d&rsquo;endocrinologie sur la prise en charge des <a href="http://endosuem.org.uy/wp-content/uploads/2016/07/Guias-incidentaloma-suprarrenal-2016.pdf">incidentalomes surrénaliens</a>. Du point de vue du généraliste, c&rsquo;est la conduite initiale qui est importante:</p>
<ul>
<li>
<p>Un examen clinique à la recherche de signes d&rsquo;hypercorticisme</p>
</li>
<li>
<p>Le TDM non injecté est recommandé en première intention (Le scanner injecté et avec wash out, l&rsquo;IRM et le PET scan ne sont utiles que si le TDM est insuffisant)</p>
</li>
<li>
<p>Recherche des métanéphrines et normétanaphrines plasmatiques ou  urinaires ET test de freinage à la dexamétasone 1mg</p>
</li>
<li>
<p>la mesure du rapport aldostérone/rénine chez les patients hypertendus ou si hypokaliémie</p>
</li>
<li>
<p>la DHEA-S, androstenedione, 17-hydroxyprogesterone et testostérone chez l&rsquo;homme ou estradiol chez la femme en cas de suspicion de corticosurrénalome (virilisation, enfant, hypercorticisme clinique)</p>
</li>
</ul>
<p>Si ces éléments orientent vers une lésion bénigne (au TDM) et non fonctionnelle (d&rsquo;après la bio et la clinique), essentiellement des adénomes et lipomes, il est inutile de pousser les explorations ou de recourir à un suivi particulier en dehors d&rsquo;apparition de nouveaux signes.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine qui était particulièrement dense. Je vais mettre un petit graphique visualisant le coût des études de médecine en France par rapport aux Etats Unis, histoire de dire que même si on est beaucoup moins payé qu&rsquo;eux, on est aussi beaucoup moins endetté!</p>
<p><a href="/images/articles/2016/infographic-3.png"><img src="/images/articles/2016/infographic-3.png" alt=""></a></p>
<p>A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°105: Congrès ESC (reco dyslipidémies, reco FA, CLARIFY:objectif tensionnel post-IDM), Reco VIH, Reco fibromyalgie, pneumopathies</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/09/dragi-webdo-n105/</link><pubDate>Sat, 03 Sep 2016 17:50:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/09/dragi-webdo-n105/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous et bonne reprise! J&rsquo;espère bien évidemment que vous avez passé de bonnes vacances, reposantes et que vous avez envie de savoir quelles actualités médicales vous avez ratées pendant que vous bronziez paisiblement. Comme tous premiers Dragi Webdo de septembre, les actualités seront essentiellement consacrées au congrès de l&rsquo;European Society of Cardiology (ESC), avec des choses plus ou moins prometteuses. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardiologie</p>
<p>Pour commencer, l&rsquo;ESC a publié des nouvelles recommandations de <a href="http://eurheartj.oxfordjournals.org/content/early/2016/08/26/eurheartj.ehw272">prise en charge des dyslipidémies</a>. Je me suis donc réjouis à l&rsquo;idée de les lire, et j&rsquo;ai quand même déchanté. En effet, alors que les recos américaines se montraient plutôt en faveur d&rsquo;une baisse relative du LDL de 30-50% selon le risque cardiovasculaire, l&rsquo;ESC revient à des objectifs de LDL. Il faudrait cibler un LDL &lt; 0,7g/L en cas de très haut risque (prévention secondaire, insuffisance rénale sévère, diabète+atteinte d&rsquo;organe ou diabète + HTA ou tabac ou dyslipidémie, risque cardiaque à 10 ans &gt;10% d&rsquo;après SCORE) (Je ne reviendrais pas sur &ldquo;SCORE&rdquo; qui reste le seul score cardiovasculaire validé en population française et dont l&rsquo;utilisation est préconisée par le <a href="http://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/prise_en_charge_du_patient_hypercholesterolemique_/">CNGE</a> faute de mieux, même si <a href="https://30ansplustard.wordpress.com/2015/10/01/recherche-calculateur-de-risque-cv-desesperement/">d&rsquo;autres calculateurs comme le QRISK sont peut être plus adaptés</a>). Pour les patients à haut risque (score entre 5 et 10%, diabète non compliqué, insuffisance rénale modérée, HTA sévère et hypercholestérolémie sévère), la cible de LDL est de 1g/L. Comment atteindre ces objectifs: avec des statines! La molécule préférentielle n&rsquo;est pas désignée, mais un tableau rappelle que seul la rosuvastatine 20 et l&rsquo;atorvastatine 40 et 80 permettent une diminution de plus de 50% du LDL. En cas d&rsquo;échec de monothérapie quelque soit le risque, l&rsquo;ajout de l&rsquo;ezetimibe (qui n&rsquo;a pas démontré de bénéfice en dehors de la bithérapie avec la simvastatine en prévention secondaire d&rsquo;un infarctus) est proposé. Les fibrates ne sont même pas mentionnés en cas d&rsquo;intolérance à une statine: ezetimibe et colestriamine sont à préférer. Par ailleurs bien que le gemfibrozil soit le seul a avoir prouvé un faible bénéfice d&rsquo;après ces recommandations, c&rsquo;est le fenofibrate qui est recommandé (du coup, je comprend pas trop leur raisonnement) dans les hypertriglycéridémies supérieures à 2g en échec d&rsquo;un traitement par statine (qui est à mettre en 1ere ligne) ou en cas d&rsquo;intolérance aux statines.Une partie de la réponse réside probablement dans le faite que le gemfibrozil ne doit pas être associé à une statine car les effets indésirables musculaires sont accrus par rapport à une autre association association statine +  fibrate (mais ça n&rsquo;explique pas pourquoi le fenofibrate est préféré en cas de monothérapie). Cette partie sur les hypertriglycéridémies est peu claire malgré la biblio présente dans l&rsquo;article car les récentes publications ne sont pas en faveur d&rsquo;une balance bénéfice risque positive pour un traitement en dehors des hypertriglycéridémies &gt;4g/L et ce, essentiellement à cause du risque pancréatique plus que pour le risque cardiovasculaire. Enfin, concernant les sujet très âgés, le traitement de la dyslipidémie doit être poursuivi en prévention secondaire et à discuter si HTA+diabète+tabac+dyslipidémie en prévention primaire (bien qu&rsquo;aucune étude n&rsquo;ait clairement prouvé un bénéfice chez les sujets très âgés)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgXRm7JzyIDY6SkI-XfOT7dvczvJ5GekhSZEo4XmHk5CLrTF7n262Ic0O-ky2jLBxaQlzDsDknC20nbWNe1-yv6U0xQUWucTUZp92u1otjcnX5Jkr_fC4Lxb-Jbgy4SEg7ndi3iPjSdX0U0/s1600/objectif+dyslipid%25C3%25A9mie.gif"><img src="/images/articles/2016/objectif-dyslipid-25c3-25a9mie.gif" alt=""></a></p>
<p>L&rsquo;ESC a également publié des recommandations sur la <a href="http://eurheartj.oxfordjournals.org/content/early/2016/08/26/eurheartj.ehw210">fibrillation auriculaire</a>. Peu de changements mais certains sont importants: le dépistage de la FA après un AVC ou un AIT doit être fait sur un enregistrement de 72 heures. Le score CHADSVASC doit toujours être calculé pour les FA non valvulaires (et donc la ETT doit être effectuée) et indique une nécessité d&rsquo;anticoagulation s&rsquo;il est supérieur ou égal à 2 pour les hommes ou 3 pour les femmes (mais à proposer dès que le score est de 1 chez l&rsquo;homme et 2 chez la femme en cas de faible risque hémorragique: en gros le sexe féminin n&rsquo;est plus un critère aggravant). Les anticoagulants oraux directs (AOD) sont recommandés préférentiellement aux AVK en l&rsquo;absence de contre-indication (ça, c&rsquo;était sur qu&rsquo;on y viendrait avec l&rsquo;arrivée des antidotes disponibles dans les services d&rsquo;urgence). En post infarctus, ne soyez pas étonnés de voir pendant 6 mois des trithérapies anticoagulant + aspirine + clopidogrel, puis anticoagulant + aspirine ou clopidgrel jusqu&rsquo;au 12ème mois. Mais passé ce 12ème mois, seul l&rsquo;anticoagulant doit être poursuivi en monothérapie! Pour les traitements ralentisseurs et de contrôle du rythme, je n&rsquo;ai rien de trouvé de changé si on s&rsquo;en tient aux bêta-bloquants, à la flécaïne et à l&rsquo;amiodarone (ce que je fais, parce que sinon je n&rsquo;y comprends plus rien)</p>
<p>Pour renforcer l&rsquo;utilisation des AOD dans la FA, <a href="http://www.escardio.org/The-ESC/Press-Office/Press-releases/Last-5-years/new-oral-anticoagulants-provide-same-stroke-prevention-as-warfarin-but-cause-les?hit=twitter">une présentation du congrès</a> retrouve une efficacité identique en prévention des AVC mais un risque de saignement intra-cranien inférieur sous AOD (surtout dabigatran) par rapport aux AVK.</p>
<p>Un étude présentée à l&rsquo;ESC: <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)31326-5/fulltext">CLARIFY</a>. Cette étude de cohorte observationnelle a retrouvé étudié la mortalité des patients ayant eu un infarctus du myocarde selon leur pression artérielle. Les auteurs ont mis en évidence une courbe en U, montrant une augmentation de la mortalité de part et d&rsquo;autre de la tension optimal que serait 130mmHg de PAS. Ainsi, la mortalité serait augmentée au delà 140mmHg et également sous 120mmHg. Ainsi, si on compare ces résultats à ceux de l&rsquo;étude SPRINT, les deux études sont presque concordantes. En effet, la réduction de mortalité dans SPRINT n&rsquo;est plus significative dans le sous groupe des patients avec un antécédent cardiovasculaire et la taille d&rsquo;effet est moindre (OR: 0,83 vs OR: 0,71). Il faut dont un objectif tensionnel modéré chez ces patients (ce qui n&rsquo;est pas toujours évident quand on doit introduire un IEC et un bêta bloquant chez un patient qui n&rsquo;est pas hypertendu)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgurTRy21YQNBtGBTZuj_hmXQ0Ys3PNUk2OERJgeQYLepyUf7D7h5uA57Zj2Lq1aeEUk_W6zAGWjeAMOdiyLN8foI3zRAuzofWTRqdX4nJgHfk0jcb-UHCvnTd9Ghg2FjnItgQzGpbSnkzd/s1600/clarify.jpg"><img src="/images/articles/2016/clarify.jpg" alt=""></a></p>
<p>Enfin, <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2546543">Annals of internal medicine</a> a retrouvé que le sacubitril-valsartan était cout-efficace pour la société dans l&rsquo;insuffisance cardiaque à fraction d&rsquo;éjection diminuée (je ne m&rsquo;épancherai pas dans l&rsquo;analyse de la méthodologie de ce type d&rsquo;études que je ne maitrise pas du tout&hellip;)</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Cela concerne pas la majorité des généralistes, mais comme je m&rsquo;intéresse au VIH, je signalerai les <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2533073&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=555876240&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=28134312">recommandations de la société américaine des antirétroviraux</a>. Quelques points sont particulièrement intéressants. D&rsquo;abord, l&rsquo;indication à un traitement post exposition jusqu&rsquo;à 72 heures et non 48 heures. Ensuite, les anti-intégrases associés à 2 inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) deviennent le traitement de première intention (l&rsquo;association 2INTI+INNTI et 2INTI+inhibiteur de protéase sont les alternatives)</p>
<p>Un article espagnol du <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2536189#.V5aN8_Hh-G0.twitter">JAMA internal medicine</a> a étudié un traitement de 5 jours (comme dans les recos américaines) dans les pneumopathie versus un traitement standard (7 à 10 jours) chez des patients hospitalisés. Ils concluent à la non infériorité et disent que le traitement de 5 jours peut être appliqué sans crainte. Cependant, la vraie conclusion est &ldquo;on ne peut pas savoir&rdquo;. En effet, les auteurs annoncent ne méthodologie étude de non infériorité mais concluent avec une analyse de supériorité unilatérale non significative. Il n&rsquo;y a pas de marge de non infériorité (la non infériorité étant atteinte quand le p est significatif) , et le nombre de sujet nécessaire (NSN) est calculé sur une baisse du score de 3 points alors que le critère de jugement principal porte sur un taux de succès/échec du traitement. Un calcul de NSN adapté sur une différence de X% de succès/échec aurait nécessité bien plus de patient. Cette étude est donc en sous puissance et on ne peut pas conclure qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence sur le p non significatif. Soit dit en passant, on voit quand même plus de réadmissions à 30 jours (p=0,02) et avec 47% de
succès dans le groupe &ldquo;5 jours&rdquo; vs 57% dans le groupe &ldquo;contrôle&rdquo;, on se dit qu&rsquo;avec plus de patients, le p serait significatif.</p>
<p>3/ Autre</p>
<p>Le surdiagnostic fait encore des ravages. Ce sont les cancers de la thyroïde qui sont concernés cette fois ci. Un article du <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMp1604412">NEJM</a> met en  évidence une augmentation des surdiagnostics de cancers papillaires, atteignant près de 80% des cas, liés aux améliorations techniques et au dépistages qui se systématisent pour les examens de la thyroïde. Or ces cancers papillaires ne nécessitent généralement pas de traitement, car peu évolutifs (du moins, s&rsquo;ils ne sont pas découvert&hellip;)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiY85FsZ4hDKtjFmBFSKpvuGUSv5JFiVM9UHMixZpAakUB8u8b6Hk9yeCEnzdn6mFvX7OA9MbzZrVx_2Mw7E6vU2iRjL-e9AUrWGNZtcC2R_B48w3E8LE2xmizwZVloXQWgR3-KiIBnJR99/s1600/cancer+thyroide.jpg"><img src="/images/articles/2016/cancer-thyroide.jpg" alt=""></a></p>
<p><a href="/images/articles/2016/l-25c3-25a9gende-surdiagnostic-thyroide.jpg"><img src="/images/articles/2016/l-25c3-25a9gende-surdiagnostic-thyroide.jpg" alt=""></a></p>
<p>Pour finir, j&rsquo;aborderai les recommandations pour la prie ne charge de la <a href="http://ard.bmj.com/content/early/2016/07/04/annrheumdis-2016-209724.full">fibromyalgie</a>. Des recommandations pour cette pathologies sont assez rares pour être soulignées. Les auteurs retrouvent une place importante des traitements non pharmacologique (exercice physique notamment, mais aussi, thérapies cognitivo comportementales, acuponcture, méditations en pleine conscience&hellip;). Les taitements pharmacologiques préférentiellement recommandées sont des faibles doses d&rsquo;amitriptyline, la duloxetine et le milnacipran, la prégabaline et le tramadol.</p>
<p>Voilà pour cette semaine de rentrée et dans les temps!!! A très bientôt pour les numéros suivants.</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Des jeux encore des jeux! (Quadropolis, Mystérium, Pandemie Legacy, Kréo)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/08/des-jeux-encore-des-jeux-quadropolis-mysterium-pandemie-legacy-kreo/</link><pubDate>Mon, 08 Aug 2016 23:15:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/08/des-jeux-encore-des-jeux-quadropolis-mysterium-pandemie-legacy-kreo/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Je sors de ma torpeur estivale pour vous présenter les fantastiques jeux que j&rsquo;ai pu tester durant cette première partie de vacances d&rsquo;été. Les connaisseurs auront probablement eu vent des jeux dont je vais parler. Mais comme il n&rsquo;y a pas que des geeks-harcore-gamers qui viennent visiter ce blog (enfin, je crois&hellip;.) et que les gens normaux (ou presque&hellip;)  cherchent de quoi s&rsquo;amuser quelques heures en famille ou entre amis, je vais vous présenter des jeux testé avec quelqu&rsquo;un qui ne connaissait pas d&rsquo;autre jeu de société que &ldquo;monopoly&rdquo; et &ldquo;la bonne paye&rdquo; avant de s&rsquo;assoir autour de la table de jeu. Bref, il a été conquis!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh5kqT5PAOQBxgTszKB2u577He1HJpZo_jh7VUqJYn8oA9IDAu1dopYnTWDnM1twKEFM185Wg_w0eqiShcR121g2GRsCjbL9HEFeFGSpp65_hyY4kaHdgghha6B1eXp1P6bv0uFxMl_Wjnb/s1600/mysterium.jpg"><img src="/images/articles/2016/mysterium.jpg" alt=""></a></p>
<p>On va commencer par &ldquo;Mystérium&rdquo; qui a reçu l&rsquo;As d&rsquo;Or du meilleur jeu
familial au festival (du jeu) de Cannes 2016 (Festival que je trouve
plus intéressant que &ldquo;l&rsquo;autre&rdquo;&hellip;) C&rsquo;est un jeu dans lequel les joueurs
doivent trouver qui est le coupable d&rsquo;un meurtre, quel a été l&rsquo;arme du
crime et dans quel lieu le meurtre a été commis. Rien d&rsquo;extraordinaire
jusque là. C&rsquo;est la mécanique du jeu qui le rend génial. C&rsquo;est un jeu
collaboratif où tout le monde gagne ou perd.Un des joueur est le
&ldquo;fantôme&rdquo; de la victime et envoie des &ldquo;images énigmatiques&rdquo; (cartes)
autres joueurs qui enquêtent. Ce sont ces images donnent des indices aux
joueurs pour trouver les éléments du meurtre! Les émotions se mêlent et
s&rsquo;emmêlent quand on entend les raisonnement plus ou moins absurdes et
cohérents&hellip; Et l&rsquo;extension &ldquo;hidden signs&rdquo; permet de renouveler le stock de cartes si jamais on était sur le point de se lasser!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh4a0DHoZ_LAXe12E3UCIreDjnp8225rdps8SDx7EumkMgue8Q-keyFqrWGKvTucc494t9iwqBFQ8iF268R-0R0ZjP4Ql5q64WGYYL2pGtWWQYAFrDQjHa5wbjdP1EZn1QPUd1HWbY01lNJ/s1600/pandemic.jpg"><img src="/images/articles/2016/pandemic.jpg" alt=""></a></p>
<p>Un peu plus spécialisé: Pandemic Legacy! Celui-ci a reçu le prix du
meilleur jeu Expert de l&rsquo;année (et il le mérite vraiment!) mais cela ne doit pas effrayer les
nouveaux joueurs, étant donné que c&rsquo;est avec un nouveau joueur que j&rsquo;y
ai joué. Il se joue de 2 à 4 personne, comme le Pandémie &ldquo;classique&rdquo; et
il est préférable d&rsquo;avoir fait quelques parties de la version classique
dont j&rsquo;avais parlé <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/12/jeux-dhiver.html">ici</a>.
Ici, il ne s&rsquo;agit pas de faire une partie comme ça, mais c&rsquo;est une
véritable campagne d&rsquo;au moins 12 parties que vous aller pouvoir
effectuer. En effet, le récent concept du &ldquo;legacy&rdquo; (héritage en anglais)
fait que le jeu est modifié au cours de chaque partie et donc, que les
actions des parties précédentes influent sur les suivantes! Le concept
reste le même, réunir des &ldquo;spécialistes&rdquo; pour traiter des maladies dans
le monde. Je vous mets une image pour que vous voyez à quoi ressemble le
plateau de jeu. Cela ne spoile que peu la surprise, mais ceux qui
connaissent un peu et qui préfèreraient ne pas du tout être spoilé, ne
regardez pas!</p>
<p><strong>Spoiler :</strong></p>
<p><a href="http://yfrog.com/bglivemessengerj"><img src="/images/articles/2016/pandemic-legacy.jpg" alt="Attention"></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi5Ra0dYqttmpHTrCEoLkxBRyll4PeuOO51QJKFmA29P80bLL3bkudvFyivK1dp-vusYJikeFeVg_AY7u1qdyZl2u7MZ9dFb5SUDVjSUY0FAdstrSJO3mg0Ml7ST2ALoK48zZoHMDT0rQjU/s1600/Quadropolis.jpg"><img src="/images/articles/2016/quadropolis.jpg" alt=""></a></p>
<p>Juste au dessus, vous pouvez voir la photo d&rsquo; un de mes jeux préférés car particulièrement simple et stratégique à la fois. C&rsquo;est un jeu familial jouable dès 8 ans, qui vous invite à bâtir votre ville à partir d&rsquo;un stock commun de &ldquo;tuiles-bâtiments&rdquo;. C&rsquo;est l&rsquo;emplacement des bâtiments sur votre ville et la gestion (simple mais indispensable) des habitants et de l&rsquo;énergie qui vous permettra de gagner! En plus, le design et le mécanisme de sélection des tuiles sont très sympathiques.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgLdv_1uC65Lx0bASfJbS3k09-CwVUDeduMF9JYyd0SsyGHend09QyYg_1vtltaE2uj5dbRoKp24BwlkyHPF06NkjbgVp7DJobSXzrzK9AmGyIgFSnikdaJYjpymfMhTP20WMqnrxWJQ4bI/s1600/Kr%25C3%25A9o.jpg"><img src="/images/articles/2016/kr-25c3-25a9o.jpg" alt=""></a></p>
<p>Je finirai avec un petit jeu assez rapide et collaboratif: Kréo qui comme son nom l&rsquo;indique presque, vous permettra de créer votre planète à partir de presque rien, et de ressources élémentaires. Une fois de plus, les cartes sont très jolies. L&rsquo;originalité vient du fait que les joueurs ne doivent par se parler mais doivent se faire parler des signes pour que les éléments se goupillent bien pour arriver à créer par exemple une rivière, ou une montagne à partir d&rsquo;une comète et d&rsquo;une atmosphère pour enfin faire apparaitre la vie sur ce qui deviendra la planète. J&rsquo;étais assez frileux à ma première partie, mais l&rsquo;envie de créer la planète était plus forte!</p>
<p>Bonne fin de vacances à tous, il me reste encore plein de jeux à tester!!!! A bientôt,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°104: hyperaldostéronisme primaire (reco), IDM silencieux, santé étudiants, Lyme (HCSP)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/07/dragi-webdo-n104/</link><pubDate>Sun, 03 Jul 2016 23:41:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/07/dragi-webdo-n104/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Psychiatrie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous! C&rsquo;est sur cette large victoire de l&rsquo;équipe de France de football que je me mets tardivement à rédiger ce Dragi Webdo. On voit que l&rsquo;été approche, les articles se font plus rares ou bien c&rsquo;est moi qui fatigue peut être. Ce sera donc le Dragi Webdo d&rsquo;avant mes deux mois de répit estivaux. Ma veille bibliographique reprendra en septembre (puis si y&rsquo;a un article monstrueux qui est sorti dans l&rsquo;intervalle, je ne manquerai pas d&rsquo;en parler!)</p>
<p>1/ Cardiovasculaire:</p>
<p>La société d&rsquo;endocrinologie et la société française d&rsquo;HTA ont publié des recommandations sur l&rsquo;<a href="http://www.sfendocrino.org/_images/mediatheque/articles/pdf/recommandations/Hyperaldosteronisme%20primaire/160629_consensus%20hap-%20intro_manuel%20ocmod.pdf">hyperaldostéronisme primaire</a>. Du point de vue du généraliste, il faut noter les circonstances devant faire rechercher cet hyperaldostéronisme:</p>
<ul>
<li>HTA sévère (&gt;180/110)</li>
<li>HTA résistante (sous trithérapie comprenant un thiazique: indapamide quelque soit la dose ou hdrochlorothiazide à 25mg)</li>
<li>une hypokaliémie spontanée OU ASSOCIÉE à la prise d&rsquo;un diurétique</li>
<li>une HTA avec un incidentalome surrénalien</li>
<li>une HTA avec un retentissement organique disproportionné par rapport au niveau d&rsquo;HTA.<br>
Pour que les dosages de rénine/aldostérone soient valables, il faut que les diurétiques, les IEC/ARA-II, les inhibiteurs directs du SRA, les bêta bloquants et les AINS aient été arrêtés depuis 2 semaines et depuis 6 semaines pour les diurétiques d&rsquo;épargne potassiques. On peut utiliser les autres antihypertenseurs et les centraux pour contrôler la tension avant le bilan (sauf la clonidine qui intervient également). Comme s&rsquo;il y a un problème, le centre spécialisé refera les dosages, j&rsquo;avoue être assez partisan d&rsquo;adresser sans  faire les dosages en ambulatoire avant.</li>
</ul>
<p>Un article a étudié les <a href="http://circ.ahajournals.org/content/early/2016/04/28/CIRCULATIONAHA.115.021177">infarctus silencieux</a> et retrouve dans une cohorte de patient que ces infarctus représentent 45% des infarctus (et seulement 17% concernaient des patients diabétiques) et étaient associés à une mortalité plus élevée (mais pas autant que les infarctus cliniques).</p>
<p>2/ Psychiatrie</p>
<p> Je parlais de la santé mentale des étudiants en médecine <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/05/dragi-webdo-n99.html">il y a peu</a>, et voilà les résultats de l&rsquo;<a href="https://www.conseil-national.medecin.fr/node/1726">étude sur la santé des étudiants et jeunes médecins</a>. 25% des étudiants déclaraient avoir un état de santé mauvais et 14% avaient déjà eu des idées suicidaires. Il semblerait que le 2ème cycle soit le moment le plus difficile à passer. Concernant le travail, 65% des internes travaillent plus de 40 heures par semaines. Les symptômes de burn-out étaient présent chez plus de 2/3 des étudiants également, notamment via l&rsquo;épuisement émotionnel.</p>
<p>Coté patient cette fois ci, c&rsquo;est le <a href="http://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/prevention_du_suicide_dabord_ameliorer_la_prise_en/">CNGE</a> qui publie un communiqué pour l&rsquo;amélioration des soins de prévention et de prise ne charge des patients ayant un risque de suicide ou ayant fait une tentative de suicide.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Enfin, le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=564">HCSP</a> a publié un avis sur la maladie de Lyme et ses mode de transmissions en se focalisant particulièrement sur la grossesse. Il recommande notamment un traitement de 14 à 21 jours en cas de maladie de Lyme et la prescription d&rsquo;une antibioprophylaxie en cas de piqures multiples en zone de forte endémie. Bref, rien de neuf par rapport à la conférence de consensus de 2006! Ah, si, il faut faire d’avantages d&rsquo;études pour étudier les risques de transmission fœto-maternels et sexuels.</p>
<p>Voilà! Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de Coupe d&rsquo;Europe de football, et à très bientôt pour de nouveaux billets (probablement sur ma toute récente installation ou sur des nouveaux jeux pour vous occuper en famille ou entre amis cet été)!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°103: metoclopramide, pour le LDL : is lower better?, aspirine en prévention primaire, maladie de Lyme, phytoœstrogènes</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/06/dragi-webdo-n103/</link><pubDate>Mon, 27 Jun 2016 22:34:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/06/dragi-webdo-n103/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Je n&rsquo;ai qu&rsquo;un jour de retard dans ce Dragi Webdo, la faute à ma nouvelle PS4 la rédaction de mon billet diabétologique précédent. Je remercie d&rsquo;ailleurs tous ceux qui ont mis des commentaires et tous ceux qui n&rsquo;en ont pas mis mais que ça a pu faire réfléchir, parce que ce n&rsquo;est qu&rsquo;en étant plusieurs à réfléchir sur des données de la science, leur validité et leur applicabilité clinique qu&rsquo;on pourra faire évoluer la médecine vers quelque chose de &ldquo;mieux&rdquo;.</p>
<p>1/ Pharmacovigilance:</p>
<p>La HAS reparle du <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2570599/fr/specialites-a-base-de-metoclopramide-stimulant-de-la-motricite-intestinale-prokinyl-lp">métocloramide</a>, de son bénéfice modéré chez l&rsquo;adulte et l&rsquo;enfant, et de ses effets indésirables (troubles neurologiques, troubles du rythme cardiaque&hellip;). La HAS dit que sa prescription doit être réservées aux cas où &ldquo;la prescription d&rsquo;un antiémétique parait indispensable&rdquo;(ce qui ne veut pas dire grand chose en fait&hellip; puisque si un médecin prescrit un antiémétique, c&rsquo;est qu&rsquo;il lui parait nécessaire d&rsquo;en prescrire un, alors insistions sur le &ldquo;indispensable&rdquo;.)</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire:</p>
<p>L&rsquo;article qui a pas mal fait parlé de lui cette semaine était publié dans le <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2528289&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=498032713&amp;utm_content=press_release%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=25730548">JAMA Internal Medicine</a> et étudiait la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaire majeurs selon le dosage de LDL cholestérol. Il remet en cause le &ldquo;lower is better&rdquo;, une fois de plus. En effet, à partir d&rsquo;une cohorte de patients observant avec coronaropathie traité (entre autre) par statines, les auteurs retrouve qu&rsquo;un LDL &lt; 0,7g/L ne fait pas mieux qu&rsquo;un LDL&lt; 1g/L (mais ce dernier diminue plus le risque cardiovasculaire que le LDL &gt;1g/L). Si on regarde la figure des hazard ratio (HR), on voit une courbe en J, avec un risque minimal entre 0,8g/L et 1g/L. Quand on voit une telle figure, il faut se poser plein de questions, notamment: pourquoi ont ils mis des log(HR) et non des HR directement: probablement parce que la courbe aurait été beaucoup moins &ldquo;frappante&rdquo;, &ldquo;non significative&rdquo; et beaucoup plus plate avec une autre échelle. Ensuite, on s&rsquo;aperçoit que l&rsquo;intervalle de confiance ne devient significatif qu&rsquo;au delà de 1,2g/L, donc si l&rsquo;on voulait vraiment conclure qui aille dans le sens des auteurs, c&rsquo;est qu&rsquo;il faut avoir un LDL inférieur à 1,2g/L sans chercher à le baisser davantage et ce en prévention secondaire (cf critères d&rsquo;inclusion des patients). En pratique, mieux vaut utiliser une molécule qui ait directement montré un bénéfice à une posologie donnée plutôt que d&rsquo;en utiliser une sans bénéfice clinique démontré. (Pour mémoire l&rsquo;étude <a href="https://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/06/dragi-webdo-n53.html">IMPROVE-IT</a> prônait un bénéfice de l&rsquo;ezetimibe avec statine qui baissait le LDL sous la barre des 0,7g/L par rapport a la simvastatine seule: la guerre fait rage!)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhjN-XseJyXY9kC39FnB9E5mufKJ8VHkeegv1iaxLDoue789SljUj0i4mtkzEpvktzWdSbMmqRiSQh2ipQ6Q2R2t5hz0tUCpSoB0hPahFUBhy_u-CDFeFTCFfgrI7IzHUm6SOO_jv42N2mk/s1600/LDL-c.jpg"><img src="/images/articles/2016/ldl-c.jpg" alt=""></a></p>
<p>Annals of Family medicine publie une revue faite pour l&rsquo;USPSTF sur l&rsquo;<a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2513176&amp;utm_content=buffer47015&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">aspirine en prévention primaire</a>. Les auteurs retrouvent un bénéfice en terme d&rsquo;infarctus non fatals, avec un NNT de 700 à 7000 personnes par an selon les études&hellip;&hellip;.. , une diminution relative de 14% des AVC non fatals et sans bénéfice sur la mortalité cardiovasculaire ou globale. (Pour le coup, quand je vous dis qu&rsquo;un NNT de 300 patients par an c&rsquo;est pas &ldquo;si&rdquo; mal, hein&hellip;) Je vous met le tableau des risques relatifs:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjLsV5io8cmYIKdhSCv6A6qYTh2v35jc7AQ8LX0XMACv9D0bxWkXdWrYjH6HA0ey9mzSeozzIQvuMzp0SWCE0B1RBxlEjnUYgMQzWv4oh_mMz2EzBtuacCLSzShGLc4EvZmOJaMi_OLe5Lk/s1600/aspirine.jpeg"><img src="/images/articles/2016/aspirine.jpeg" alt=""></a></p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La maladie de Lyme est visiblement très mal traitée en France, et on serait très en retard. Du coup, voyons ce qu&rsquo;il se passe outre atlantique, et dans le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2528209&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=477828210&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert">JAMA</a>. C&rsquo;est assez simple, la doxycycline 200mg par jour est partout: érythème migrans (10 jours), atteinte neurologique ou atteinte cardiaque (14 jours), l&rsquo;amoxicilline arrive ensuite 3g par jour pendant 14 jours arrive ensuite pour l’érythème migrans, les paralysies faciales et les atteintes cardiaques modérées, enfin la ceftriaxone IV est le traitement des formes les plus compliquées.</p>
<p>Ce que j&rsquo;apprends (alors que c&rsquo;est aussi possible chez nous d&rsquo;après antibioclic, comme me l&rsquo;a fait remarqué à juste titre @phtiriasis), c&rsquo;est le traitement de la morsure de tique en dose unique de 200mg de doxycycline (4mg/kg chez l&rsquo;enfant de plus de 8 ans) si la tique est restée attachée plus de 36 heures ET que le traitement peut être débuté dans les 72 heures après le retrait de la tique, ET que la morsure à eu lieu dans une région à forte prévalence (&gt;20% des tiques infectées par B. Burgdorferi)</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2529629&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=488832025&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=25488607">JAMA</a> a également publié une étude sur l&rsquo;utilisation de la phytothérapie dans la prise en charge de la ménopause. Les auteurs retrouvent une diminution des bouffées de chaleurs et de la sécheresse vaginale avec des phytoœstrogènes. Cependant, l’hétérogénéité des études était importante et les effets indésirables des traitements ne sont pas étudiés dans cette méta-analyse ce qui réduit grandement son intérêt.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour ce billet en retard!</p>
<p>Bonne soirée et rendez-vous en fin de semaine (ou en début de semaine prochaine, vous avez l&rsquo;habitude maintenant!)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>La diabéto, c'est rigolo!</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/06/la-diabeto-c-est-rigolo/</link><pubDate>Thu, 23 Jun 2016 18:00:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/06/la-diabeto-c-est-rigolo/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Le
diabète est une pathologie fréquente touchant 5% de la population française (1). Il me parait donc nécessaire
de maitriser le suivi de ces patients et les traitements utilisés dans cette
pathologie quand on est médecin généraliste. Or la diabétologie est une
discipline qui avance plus vite que les recommandations, dépassées en quelques
mois, et je ne doute pas que ce billet devienne en partie obsolète dans un an
tout au plus. Une de mes motivations à écrire ce billet, outre le faite que
j’aime la diabétologie, est qu’un certain nombre d’études que je vais citer ne
sont pas connues, malgré une méthodologie adapté et des résultats plus que
pertinents. De fait, je ne les ai jamais vus citées dans la Revue Prescrire ou
dans les congrès de médecine générale faisant le point sur les traitements du
diabète (certains, autres sont simplement trop récents). Et comme je trouve</p>
<p>ça regrettable, je mettrais donc en gras ces études dans le
texte pour que d’autres donnent leur avis dessus.</p>
<p><strong>1/
Objectifs glycémiques</strong></p>
<p>Le problème du diabète, c’est justement
que l’équilibre du diabète se base sur un critère intermédiaire, l’hémoglobine
glyquée (HbA1C). C&rsquo;est-à-dire que pour espérer une diminution des complications
du diabète, on tente de baisser le taux de sucre dans le sang. La question est
donc de savoir si l’HbA1C est un bon critère, qui reflète le risque
cardiovasculaire, ou si c’est simplement un facteur évoluant de façon parallèle
à l’évolution du diabète mais qui ne reflète pas l’état cardiovasculaire du
patient.</p>
<p>Les objectifs glycémiques actuels ont
été définis grâce aux études UKPDS33(2),  UKPDS 34 (3), ADVANCE(4) et  ACCORD (5) qui évaluaient la survie, la
survenue de microangiopathies, de macroangiopathie et les effets indésirables
des traitements en comparant des groupes de patients avec un traitement
&ldquo;conventionnel&rdquo; ou un traitement &ldquo;intensif&rdquo; (vous trouverez
ci-contre, un tableau issu de <em>la revue
prescrire</em> récapitulant ces différentes études). Ainsi, en s&rsquo;appuyant sur
les recommandations étrangères britanniques et américaines, la HAS a proposé
une simplification des objectifs glycémiques, en accord avec les résultats de
ces études et avec la pratique de nombreux spécialistes. Il faut donc viser une
HbA1c à 7%  chez la plupart des
diabétiques, sauf:</p>
<ul>
<li>
<p>Les patients récemment diagnostiqués, pour qui l&rsquo;objectif
est de 6,5%</p>
</li>
<li>
<p>Les patients avec une comorbidité ou atteinte
cardiovasculaire évoluée pour qui l&rsquo;objectif est de 8%</p>
</li>
<li>
<p>Les patients dépendants polypathologiques avec une
espérance de vie réduite pour lesquels l&rsquo;objectif est de  9% (6)</p>
</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg4ySIghGjPbJjOtR0n60Qd5Zu4MwaQrNWuNWN1Z0r4W2MYJnS14lZKZ-k6vJzbD3Qfto46-KjE5PxhRJMpJCQnVJ1zY9WlMVaXmzpDtJmdMaH9K9-0KBI5ui11byrKmr9ZYBMx9qWrzOc1/s1600/%25C3%25A9tudes+diab%25C3%25A8te.jpg"><img src="/images/articles/2016/25c3-25a9tudes-diab-25c3-25a8te.jpg" alt=""></a></p>
<p>Quand on reprend les études précédemment citées, on
retrouve qu’un traitement intensif causait significativement plus
d&rsquo;hypoglycémies sévères, et que viser un contrôle glycémique avec une HbA1c
inférieure à 6% augmentait la mortalité globale. Les évènements
cardio-vasculaires étaient majorés quand l&rsquo;HbA1c était supérieure à 8% ou
inférieure à 6% et la survenue d&rsquo;évènements microangiopathiques était
diminuée significativement avec une HbA1c inférieure à 7%, mais ce dernier
point était évalué par l’utilisation de photocoagulation rétinienne, et les
résultats ne sont pas valables pour l’apparition d’une rétinopathie, une
néphropathie ou une neuropathie.</p>
<p>Le problème de ces études plutôt anciennes, c’est la
méthodologie, qui comporte de nombreux biais et qui font douter de la
pertinence de ces objectifs (7,8). Une méta-analyse des
« grands » essai diabétologiques publiée en 2009 ne retrouvait
d’ailleurs pas de différence significative sur la mortalité cardiovasculaire et
la mortalité toute cause en comparant un traitement intensif à un traitement
standard (9). Pour que vous vous rendiez
compte, voici le <em>forest plot</em> :</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjQI3pQd8hlj5O3Hh7OWwmoFCailCgroelwuaDD7QsKKZc9nt_N9z99RZvn9kkqDYUfVSjC56DOK80ODQCaxAQyOd2HOsAW7kK8N3AIbsEBBG3wEmbanx3vy_ux9QWPgWwo70vRlq2I3MnM/s1600/m%25C3%25A9taanalyse+HbA1C.jpg"><img src="/images/articles/2016/m-25c3-25a9taanalyse-hba1c.jpg" alt=""></a></p>
<p>Le deuxième problème lié à la mesure de l’HbA1C est sa
variabilité en fonction de nombreuses conditions, comme les hémoglobinopathies,
ce qui en fait un mauvais marqueur. Un article du JAMA revient sur les facteurs
modifiant l’HbA1C et propose des solutions proposées sont le suivi par la
glycémie à jeun ou par le dosage de la fructosamine, reflétant les glycémies du
mois précédent (N= 200-285µmol/L)(10).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjHFnsy5Z5aoF9eLmnTug97O0PbEUPiwpLgFvGrhHjU0jWh6Rpckge_JseEBOO-m-49OigEUGp1pr-BbWPRWRCAbhYqkvYsVtsNZWwRrvSHQTFsdllVADRaPgNkuUs-p_oGA1nHJT92jyyl/s1600/HbA1C+variation.jpg"><img src="/images/articles/2016/hba1c-variation.jpg" alt=""></a></p>
<p>Pour conclure cette partie sur les objectif d’HbA1C, ce qui
ressort quand même, c’est que trop baisser l’HbA1C est délétère, et ne pas la
baisser augmente la mortalité, probablement en partie à cause de complications
métaboliques liées à l’excès de sucre (comme le coma hyper-osmolaire….), mais
que pour interpréter une HbA1C, il faut vérifier qu’elle soit
interprétable ! Avec tout ça, on a du mal à croire dur comme fer aux
cibles précises d’HbA1C qui sont recommandées dans tous les pays.</p>
<p><strong>2/
Les traitement du diabète:</strong></p>
<p>Du
coup, on se demande comment traiter les patients diabétiques. Y’a-t-il quand
même quelques molécules qui ont montré un bénéfice en terme de morbimortalité
et pas seulement en terme de « baisse d’HbA1C » ?</p>
<p>Je ne
ferais que citer très rapidement sur les glinides, des médicaments
hypoglycémiants et les inhibiteurs de l&rsquo;alpha-1 glucosidase diminuent
l&rsquo;absorption du glucose, qui sont sans bénéfice démontré sur la
morbi-mortalité, pour passer aux molécules plus intéressantes. Les glitazones
ont quant à elles été retirées du marché français à cause d’une augmentation du
risque de cancer de vessie sans bénéfice non plus sur la morbimortalité (comme
quoi, quand il y a pas de bénéfice clinique, les instances du médicament
reconnaissent parfois que ça ne sert à rien)(11).</p>
<p>a)     
La metformine</p>
<p>Les
biguanides sont essentiellement représentés par la Metformine. C&rsquo;est le
principal médicament à utiliser dans le diabète. En effet, c&rsquo;est le seul
anti-diabétique oral (ADO) ayant réussi a démontrer un bénéfice clinique. Dans
UKPDS 34, on retrouve des baisses significatives de la mortalité globale (RR: 0,64 , IC95% [0.45-0.91]) et des
infarctus (RR: 0,61 , IC95% [0.41-0.89]). Compte tenu des biais de cette étude(12), des méta-analyses ont été effectuées et
elles divergent : <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2765722/"><strong>certaines
retrouvent que la metformine diminuait la mortalité cardiovasculaire</strong></a>
(OR = 0,74 , p = 0,02) (13), alors que pour d’autres, il
n’y avait pas de diminution de cette mortalité ni de mortalité globale(14).</p>
<p>Peu
d’études avaient étudié les microangiopathies. C’est chose faite avec une étude
de cohorte anglaise, qui retrouve que la <a href="http://www.bmj.com/content/352/bmj.i1450"><strong>metformine est le seul traitement du diabète à diminuer le risque
d’amputation (de 30%) , de cécité (de 30%) et de néphropathie (de 60%)</strong></a> (15).</p>
<p>La metformine reste donc un médicament avec
une balance bénéfice risque plus favorable, même d’après <em>La Revue Prescrire</em>
(11) et est donc à prescrire prioritairement. Il
faut noter que  l’effet sur les
microangiopathies semble se produire indépendamment de l’HbA1C, ce qui pourrait
signifier qu’un traitement par metformine est souhaitable tant que l’HbA1C est
supérieure à 6% (parce qu’en dessous, le risque de mortalité augmente, rappelez
vous la première partie du billet…)</p>
<p>Dans la pratique, on essaye donc de
l&rsquo;introduire progressivement jusqu&rsquo;a dose maximale tolérée soit 850mg trois
fois par jour, sachant qu&rsquo;une dose supérieur n&rsquo;apporte pas de bénéfice
significatif en terme de diminution d&rsquo;HbA1c aux prix d&rsquo;une augmentation des
effets indésirables digestifs.</p>
<p>En cas
de mauvaise tolérance du chlorhydrate de metformine (Glucophage) , il est
possible de prescrire de la <a href="http://www.vidal.fr/substances/2339/metformine/">Metformine embonate</a>
(Stagid) dont un comprimé de 700mg correspond à 280mg de metformine alors que
500mg de chlorhydrate de Metformine contient 390mg de Metformine(16) (à vos calculettes !).</p>
<p>b)     
Les sulfamides hypoglycémiants</p>
<p>Dans
l&rsquo;étude UKPDS 33, le traitement intensif par sulfamide hypoglycémiant a montré
une diminution du risque de microangiopathie de 25%, essentiellement lié à la
baisse de la photocoagulation panrétinienne (tout de suite c’est moins vendeur)
(2) Il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;effet sur
la mortalité. Les sulfamides hypoglycémiants ont une balance bénéfice risque
favorable. Le glibenclamide est un des mieux évalués et est à privilégier parmi
les médicaments de la classe (17).</p>
<p>La
demi-vie du glibenclamide est relativement courte 4 à 11 heures, et doit être
pris avant les principaux repas(16). Cependant, au long cours,
l&rsquo;équilibre des concentrations atteint n&rsquo;oblige pas à diviser la prise.
L&rsquo;adaptation de la posologie des sulfamides 
s&rsquo;effectue sur la glycémie à jeun de 19heures (idéalement 17heures).</p>
<p>c)      
Les incrétines</p>
<p>Les incrétines
(anti-DPP4 et analogues du GLP-1) peuvent être responsables d&rsquo;effets
indésirables rares mais sévères comme des pancréatites, des déficits
immunitaires, des atteintes cutanées, ce qui rend leur balance bénéfice risque
peu favorable (18). On peut lire partout que ces
médicaments n’ont pas démontré de bénéfice en termes de morbimortalité. Les
preuves d’efficacité ont tardé mais semblent arriver néanmoins quand on va les
chercher. <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/dom.12000/abstract;jsessionid=E67D7549DD817B79F2F2E52B865DBE24.f01t03"><strong>Concernant les inhibiteurs de DPP-4, une
métaanalyse de 70 essais publié et non publiés (avec un très beau <em>funel plot</em> montrant que les essais non
publiés ont bien été inclus) retrouve une diminution des complications cardiovasculaires
majeurs de 30% (dont les infarctus du moycarde) et de la mortalité globale de
60%, sans baisse de la mortalité cardiovasculaire</strong></a>(19). En France, seule la
sitagliptine est rembourséeet recommandée, mais n’a pas un niveau de preuve plus faible que
les autres.</p>
<p>[EDIT 19/12/2016:</p>
<p><em>Une méta-analyse sur les <a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1262363616305055">inhibiteurs de DPP-4</a> de
très bonne qualité vient d&rsquo;être publiée. Les auteurs ont fait un funel
plot montrant qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de biais de publication et ont finalement
inclus une trentaine d&rsquo;études. Ils retrouve une absence de bénéfice de
mortalité globale, cardiovasculaire ou d&rsquo;évènements cardiovasculaires
parmi les presque 55 000 patients analysés. Cependant, il y avait
significativement plus de pancréatites aigues et d&rsquo;insuffisance
cardiaque!</em></p>
<p><em>Cette méta-analyse a donc été effectuée 3 ans après celle que j&rsquo;avais présenté juste au dessus et
qui retrouvait un bénéfice en terme de prévention de mortalité totale
et d&rsquo;évènements cardiovasculaire. Il lui avait été reproché d&rsquo;inclure
des études de courte durée et de qualité médiocres, qui ont été exclues
de la méta-analyse récente (qui au final, avec les études nouvelles, a
inclus quand même plus de patients). Malheureusement, il  n&rsquo;y a pas eu
d&rsquo;analyse molécule par molécule pour voir si une se détachait néanmoins
par rapport aux autres, car dans l&rsquo;ancienne méta-analyse, la
saxagliptine et vitagliptine portaient à elle seule les résultats
cliniques retrouvés. Bref, peut être un bénéfice avec certaines
molécules, mais pas de façon &ldquo;globale&rdquo; mais un risque quasi-certain de
pancréatite et d&rsquo;insuffisance cardiaque. ]</em></p>
<p>Pour les analogues du GLP-1, les
résultats tout récents de <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1603827"><strong>l’étude LEADER</strong></a> (20), étudiant le liraglutide,
retrouvent, en incluant des patients en prévention secondaire avec une HbA1C &gt;7%, que les évènements cardiovasculaires sont
diminués de 13% et la mortalité globale de 15%. Je dis en prévention secondaire
uniquement, car il y a une interaction significative divergente dans l’analyses
des résultats sur ce point : les patients en prévention primaire n’avaient
pas du tout leurs risques de mortalité et d’évènement cardiovasculaire diminué.</p>
<p>d)     
Les inhibiteurs de SGLT-2</p>
<p>Enfin, les médicaments réduisant la
réabsorption du glucose au niveau rénal ont été récemment mis sur le marché
(partout, sauf en France ! mais ça ne saurait tarder…) Ce sont les
inhibiteurs de la SGLT-2 dont les effets indésirables sont mal cernés et sont
essentiellement des infections urinaires et mycoses génitales, des atteintes
osseuses, hépatiques. Cependant, il y a un an, l’étude EMPA-REG Outcome
retrouvait chez des patients en prévention secondaire avec une HbA1C entre 7% et 9%, une diminution des
évènements cardiovasculaires de 14% et de la mortalité globale de 32% (21)! Par ailleurs, dans cette
population, le risque de néphropathie était également diminué(22), mais le médicament était
sans effet sur les autres microangipathies. Seule l’empagliflozine a réussi a
démontrer de tels résultats. La canaglifloxine et dapafliflozine baissent
uniquement l’HbA1C.</p>
<p>e)     
L’insuline</p>
<p>Enfin,
le dernier recours est l’insuline. La mise en place d&rsquo;une insulinothérapie en
ville peut se faire facilement si le patient accepte les injections et est en
mesure de comprendre le traitement. Il peut être aidé si nécessaire par
l&rsquo;intervention d&rsquo;un infirmier au domicile pour surveiller et adapter l&rsquo;insuline
selon un protocole prédéfini. C&rsquo;est un traitement qui se prépare. Il faut en
parler au patient avant qu&rsquo;il soit au stade ou l&rsquo;insuline est le seul
traitement qui puisse être efficace pour lui. Pour accompagner la mise en place
de ce traitement de référence du diabète, des fiches d&rsquo;information-patient
peuvent être utiles.</p>
<p>L&rsquo;utilisation d&rsquo;une insuline NPH en 1ère
intention en cas de choix d&rsquo;introduire une insulinothérapie est conforme aux
données bibliographique, cependant, le risque d&rsquo;hypoglycémie est supérieur chez
certains patients, et la stabilité des insulines lentes dont l&rsquo;efficacité est
identique aux NPH incite à les utiliser préférentiellement.</p>
<p>Il
s&rsquo;agit d&rsquo;introduire progressivement une insuline lente (type lantus) en une
injection par jour. Il faut débuter à 6-8UI par jour et augmenter
progressivement jusqu&rsquo;à obtenir des glycémies à jeun entre 1,00 et  1,20g/L, avant d&rsquo;essayer de réduire
d&rsquo;avantage la glycémie selon l&rsquo;état et l&rsquo;objectif d&rsquo;HbA1c du patient. La dose
d&rsquo;insuline atteint fréquemment  0,5UI/kg
, il faut donc prévenir le patient de l&rsquo;augmentation normale des doses, et que
cela ne correspond pas à une inefficacité du traitement. En cas de rétinopathie
diabétique, il faut avoir des objectifs modérés pour ne pas risquer d&rsquo;aggraver
cette atteinte ophtalmologique. Les insulines « ultra-lentes » sont
désormais disponibles mais sans preuve d’efficacité clinique.</p>
<p>La
surveillance glycémique doit être intensifiée en début de traitement, pour
surveiller l&rsquo;apparition d&rsquo;hypoglycémies, notamment la nuit ou vers 17
heures.  L&rsquo;adaptation de la dose se fait
ensuite uniquement sur la glycémie à jeun du matin.</p>
<p>Il
peut apparaitre des discordances entre une glycémie a jeun a 8h parfaite et une
HbA1C élevée (supérieure à 8%). Dans ce cas, après avoir éliminé les facteurs
rendant l’HbA1C non interprétable (cf. partie 1 une fois de plus), il faut
rechercher des hyperglycémies post prandiales, et discuter d&rsquo;adresser le
patient à un spécialiste pour l&rsquo;ajout d&rsquo;insuline rapide à un moment de la
journée. Les schémas basal-bolus sont rares dans le diabète de type 2, c’est
pour ça que je préfère prendre l’avis d’un dibétologue à ce moment là quand
même.</p>
<p>En
terme d’efficacité clinique, l’insuline semblait diminuer le risque de
photocoagulation rétinienne(23), mais fait moins bien que les
autres traitements avec une surmortalité et significativement d’avantage des
microangiopathies (15,24), mais c’est le seul
traitement qui n’a quasiment pas de contre-indication et qui permet quand même
de baisser la glycémie pour éviter les complication liées à l’hyperosmolarité.</p>
<p>Selon
les diabétologues, le concept de profil du patient peut être pris en compte :
insulinorésistant (avec surpoids, dyslipidémie…) ou insulinopénique (plutôt
maigre, diabète découvert chez un patient de plus de 80 ans…) chez qui l’insulinothérapie
sera plus rapidement proposé.</p>
<p>f)      
Les associations</p>
<p>D’après les recommandations de la HAS, les sulfamides sont
à ajouter en cas d’équilibre insatisfaisant sous metformine. Cependant,
l’association de la metformine à un sulfamide entraine une surmortalité (8,25). Une autre association est
donc à préférer. Certains préconisent 
d’associer directement metformine et insuline plutôt que metformine et
sulfamides. Malheureusement, l’association avec l’insuline augmente encore la
mortalité par rapport à l’association avec sulfamide, et ce de 44% (26)! L’association
metformine-incrétine semble être à privilégier.</p>
<p><strong>3/
La prévention cardiovasculaire du patient diabétique</strong></p>
<p>Les
traitements anti-diabétiques n’étant visiblement pas une panacée pour diminuer
les complications cardiovasculaires des patients diabétiques en prévention
primaire, il faut sur tourner sur les traitements plus conventionnels.</p>
<p>Tout d’abord,
les règles hygiénodiététiques, qui sont les piliers du traitement du diabète,
avec le régime méditerranéen, seul régime « complet » ayant prouvé
une diminution des évènemenst cardiovasculaires (surtout des AVC) chez tout le
monde et en particulier chez les patients diabétiques (l’analyses en sous
groupe retrouve des résultats significatifs chez les diabétiques et non
significatifs chez les non diabétiques)(27).</p>
<p>Concernant le
traitement par aspirine, le bénéfice ne semble pas clairement établi, malgré
les recommandations HAS qui recommandent ce traitement en cas de diabète à haut
risque (diabète avec 2 facteurs de risque cardiovasculaire (28). Cependant, chez les hommes,
ce traitement diminuait significativement le risque d’infarctus non mortel de
47% (OR:0.57, IC[0.34 -0.94]). Cette métaanalyse ne permettait pas de conclure
pour les femmes, mais l’étude « Women Health Study » avait retrouvé
que le bénéfice sur les AVC était surtout lié à l’effet chez les patientes
diabétiques (29). Compte tenu des bénéfices
avancés par les recommandations américaines (USPSTF) de prescrire de l’aspirine
aux patient à risque cardiovasculaire élevé pour la prévention cardiovasculaire
(infarctus chez l’homme et AVC chez la femme) ET la prévention du cancer
colorectal (30), je pense qu’il y a
effectivement un bénéfice à traiter préventivement les patients diabétiques
même à risque modéré.</p>
<p>Concernant les
statines en prévention primaire, l’étude HPS a démontré que chez des patients
avec un cholestérol total supérieur à 1,35g/L et du diabète (ou de l’HTA), un
traitement par simvastatine 40mg/j, quelque soit le taux de cholestérol final,
diminue de 25% le risque d’évènement cardiovasculaire(31). L’atorvastatine est
également une option démontrée en prévention primaire chez le diabétique, mais
pas la pravastatine (pas assez de diabétiques dans WOSCOPS) (32). En cas de statine non
tolérée, la question des fibrates se posent. On peut lire partout qu’il n’y a
pas d’efficacité des fibrates en prévention primaire, peut être une efficacité
du gemfibrozil en prévention secondaire (33).  C’était sans compter sur <strong><a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25149070">une étude de
Diabetologia (FIELD) publiée en 2014 : un essai contrôlé randomisé  chez des diabétiques en prévention primaire
retrouvait une diminution de l’ensemble des évènements cardiovasculaires</a></strong>
(p= 0,004) (avec un effet supérieur chez les femmes que chez les hommes)(34).Concernant les
microangiopathies**<a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2807%2961607-9/fulltext">,
un article ancillaire de cette étude Lancet a également démontré que le
fénofibrate diminuait le risque de progression des rétinopathies</a>** (35). Tout ça pour dire, que l’effet
des fibrates semble inférieur à celui des statines, mais si un fibrate est
introduit parce que la simvastatine ou l’atorvastatine ne sont pas tolérées, le
fenofibrate me semble à préférer. (Pour mémoire, l’atorvastatine n’a pas l’AMM
ni démontré de bénéfice en prévention secondaire).</p>
<p>Les études
HOPE et micro-HOPE incluaient des patients diabétiques avec un facteur de
risque cardiovasculaire ou un antécédent cardiovasculaire. La prescription de
ramipril à la dose de 10mg/j diminuait la mortalité totale de 24% et la
survenue d’un évènement cardiovasculaire de 25% et ce quelque soit la baisse de
pression artérielle(36). Le CNGE parle d’un bénéfice
même en l’absence d’hypertension(8), mais c’est débattu également
car les recommandations américaines dans l’HTA(37) ne recommandent pas un IEC
chez le diabétique sans néphropathie. L’étude HOPE-3 ne retrouve pas de
bénéfice à un traitement par sartan en l’absence d’HTA (38), et l’étude ACCORD retrouvait
qu’un surtraitement antihypertensif chez le diabétique était néfaste (5). Pour ce qui est de la
question du choix entre IEC et sartan chez les patients diabétiques, les
sartans ne réduisent pas la mortalité (contrairement aux IEC) et sont associés
à un risque d’infarctus supérieur en comparaison avec les IEC (39,40).</p>
<p><strong>Ma
petite cuisine personnelle</strong></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEirtZfDBv3F77y-x3RNPz29lQAyqq4PWreiYVrKC7raiJtcyQDKtwk33ocwHJADcjKzGci9T5C7LZ77D3RaYOR0SrPGED_69SjCFr1SbDL3EdZYNv4JCONmeK-fr6msDVpIaHyt9MM2P2Es/s1600/algorithme+diab%25C3%25A8te.jpg"><img src="/images/articles/2016/algorithme-diab-25c3-25a8te.jpg" alt=""></a></p>
<p><strong>4/
Suivi des patients diabétiques:</strong></p>
<p>Pour
finir, je vais parler du suivi des patients. Les complications du diabète sont
nombreuses et nécessitent un suivi régulier et organisé. Il s&rsquo;agit de dépister
et surveiller les microangiopathies par l&rsquo;examen du fond de l&rsquo;œil pour la
rétinopathie, la fonction rénale et l&rsquo;apparition d&rsquo;une microalbuminurie pour la
néphropathie et la recherche de troubles sensitifs des membres inférieures
grâce à un monofilament et un diapason.</p>
<p>J&rsquo;ai remarqué que le test au monofilament était fait
de façon différente par de nombreux médecins, y compris diabétologues. Des
recommandations HAS ont établies qu&rsquo;il devait être effectué au niveau de trois
sites: la face plantaire de la tête du premier métatarsien, de la tête du
cinquième métatarsien et la pulpe de l’hallux. Chaque zone doit être testée
trois fois en tenant compte d&rsquo;une pression &ldquo;factice&rdquo;. Le risque
d&rsquo;ulcération du pied est présent en cas de deux mauvaises réponses sur un même
site (41).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjeHzPwfjhB2RXV7qkOnKdeRbx3sPTpLC-6_0V-4BgZ6JrsHByQQ53z7f_hEw8C2sgAK8lfpJ8pTvlU3oFWwbz8lkm88ucIXfv4YB945ceACymU5jD0Uh9scECqk-ZqfCRaEuYQRRwvv0-X/s1600/monofilament.jpg"><img src="/images/articles/2016/monofilament.jpg" alt=""></a></p>
<p>La fréquence du suivi du diabète est décrite par l&rsquo;HAS (42). Une consultation de suivi
doit avoir lieu tous les 3 mois, et comporter un examen clinique avec examen
cardiovasculaire, un contrôle de l&rsquo;HbA1c et une réévaluation de la tolérance et
de l&rsquo;efficacité les traitements. Ce qui apparait en toute petites lignes, c’est
que « si l’objectif est atteint  et
qu’il n’y a pas de modification de traitement », le suivi par HbA1C peut
avoir lieu tous les 6 mois, mais du coup : ça ne rentre plus dans le ROSP !
Enfin, pour ce qui est de l’ECG annuel, il semble que les donnes de la science
ne démontrent pas de bénéfice. Selon moi, l’ECG d’effort tous les 5 ans est   nécessaire, et l’ECG annuel est à discuter
selon les co-facteurs de risque cardiovasculaire du patient.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgYVzOxfAkGSPUikMxMOb9vvyvW-7j9fB-DIjrApQNIJl1I1YzPyuMukRxdT6IDS6YZJT4regXtUV784a7X9Qhyb1NQhymoO8HU7tygYqOIF4Ju0_xcSen1JYEIhH1KraXTICDk5iaIjbEL/s1600/suivi+diab%25C3%25A8te.jpg"><img src="/images/articles/2016/suivi-diab-25c3-25a8te.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà pour cette synthèse bibliographique absolument pas synthétique de la
prise en charge du diabétique d’après mes recherches. Je pensais
que ça serait simple en utilisant la base de RSCA que j’avais fait étant
interne, mais, comme je l’ai dit, c’était vite dépassé. Bref, n’hésitez pas à faire
des commentaires, regarder les études « peu connues », à critiquer
mon algorithme perso (je sais que vous allez me reprendre sur les gliptines,
mais pas avant d’avoir analysé les études que j’ai citées pour justifier bien
sur !) . En espérant que ce soit utiles à d’autres que moi. A très vite !</p>
<p>Retrouvez également mes autres réflexions sur : le <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/03/le-hpv-tes-vaccinee.html">vaccin
anti HPV</a>, les <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/12/la-cardio-jy-comprends-rien.html">médicaments
cardiovasculaires</a> et la <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/06/lalcool-ca-me-saoule.html">dépendance
alcoolique</a>!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
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<a href="http://www.epccs.eu/d/301/ace-inhibitors-and-arbs-differentially-affect-cv-morbidity-and-mortality-in-diabetics">http://www.epccs.eu/d/301/ace-inhibitors-and-arbs-differentially-affect-cv-morbidity-and-mortality-in-diabetics</a></p>
</li>
<li>
<p>         Strauss
MH, Hall AS. Angiotensin Receptor Blockers May Increase Risk of Myocardial
Infarction Unraveling the ARB-MI Paradox. Circulation. 22 août 2006;114(8):838‑54.</p>
</li>
<li>
<p>         Test
de la sensibilité avec monofilament - HAS [Internet]. [cité 23 juin 2016].
Disponible sur: <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-03/04r11">http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-03/04r11</a>_cons_pra_pedicurie_podologie_test_de_la_sensibilite.pdf</p>
</li>
<li>
<p>         Haute
Autorité de Santé - Guide parcours de soins Diabète de type 2 de l’adulte
[Internet]. [cité 23 juin 2016]. Disponible sur:
<a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c">http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c</a>_1735060/fr/guide-parcours-de-soins-diabete-de-type-2-de-l-adulte</p>
</li>
</ol>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°102: Congrès diabéto (Liraglutide/mortalité, Empagliflozine/néphro, hypoglycémies), tramadol chez l'enfant (ANSM), morphine/mortalité, BPCO/mortalité, dépistage CCR/coloscanner (US)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/06/dragi-webdo-n102/</link><pubDate>Mon, 20 Jun 2016 00:32:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/06/dragi-webdo-n102/</guid><category>Diabétologie</category><category>Douleur</category><category>Pneumologie</category><category>Gastro-entérologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Les actualités de la semaine ont été denses, notamment à cause grâce au congrès de l&rsquo;American Diabetes Association, où quelques articles principaux utiles pour la pratiques ont été présentés. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Diabétologie</p>
<p>L&rsquo;étude majeure de cette semaine est l&rsquo;étude <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1603827#t=article">LEADER</a>, publiée dans le NEJM. Cet essai contrôlé randomisé comparait 4600 patients diabétiques sous 1,8mg liraglutide par jour versus  autant sous placebo. Prenons les critères d&rsquo;inclusion pour commencer: des patients de plus de 60 ans avec facteurs de risque cardiovasculaire (en prévention primaire donc) ou de plus de 50 ans avec une coronaropathie ou un AVC ou une AOMI ou une insuffisance cardiaque ou une insuffisance rénale sévère (de la prévention secondaire quoi). Après un suivi moyen de 3,8 ans, les patients sous liraglutide voyant leur risque d&rsquo;infarctus, d&rsquo;AVC et la mortalité cardiovasculaire (critère primaire composite) de 13% (soit 200 patients à traiter chaque année pour éviter un évènement =NNT), et la mortalité globale de 15% (NNT=250 patient par an). Par ailleurs, le risque de microangiopathie était diminué de 16% (NNT= 77 patients par an). Les cholécystites étaient cependant augmentées mais les patients sous liraglutide avaient mois d&rsquo;hypoglycémies. Ces résultats sont donc extrêmement intéressants car, après l&rsquo;empagliflozine et la metformine, c&rsquo;est le seul antidiabétique montrant une diminution de la mortalité. Il faut regarder l&rsquo;analyse en sous groupe pour trouver la seule chose à redire: il y a une interaction significative entre les patients en prévention primaire et ceux en prévention secondaire. En clair, il on voit qu&rsquo;en prévention secondaire, l&rsquo;efficacité se confirme alors qu&rsquo;en prévention primaire, les résultats ne sont pas significatifs d&rsquo;une part, et d&rsquo;autre part, il sont plutôt en défaveur du traitement. Quand il y a une telle interaction on ne peut conclure sur des résultats globaux, il faut donner les résultats pour chaque groupe séparément: le liraglutide diminue la mortalité en prévention secondaire chez le diabétique, mais pas en prévention primaire.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiLTN0pkg8PVX7Z4ads1rC6IviyvTB_f2EJeNxugXr41qwS3rudU07Glf7qvBZZJBnV1ghhgm1GYb7anVRxpK7AJNO9pAYgG2EdQrjGNJpS8D_bhIi7vJQWVwbPXopzMvYSa0U-j-WiAbPm/s1600/liraglutide.jpg"><img src="/images/articles/2016/liraglutide.jpg" alt=""></a></p>
<p>Pour reprendre sur l&rsquo;Empagliflozine, l&rsquo;étude <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/09/dragi-webdo-n63.html">Empa-reg outcome</a> (empagliflozine vs placebo) a dévoilé ses résultats sur les microangiopathies dans le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1515920#t=abstract">NEJM</a> (encore!). Leur risque était diminué, mais en fait seules les néphropathies étaient réduites d&rsquo;environ 40%, que ce soit dans l&rsquo;incidence d&rsquo;une néphropathie ou dans l&rsquo;aggravation de la maladie. Le taux de rétinopathies ne différait pas selon les groupes.</p>
<p>Enfin, le <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2526670&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=484838437&amp;utm_content=press_release%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release">JAMA internal medicine</a> a publié un article sur les hypoglycémies et le surtraitement du diabète. Cette étude rétrospective met en évidence 25% de surtraitement chez les patients &ldquo;non complexes&rdquo; et 20% chez les patients &ldquo;complexes&rdquo;. Chez les patients &ldquo;complexes&rdquo; le surtraitement faisait passer le risque d’hypoglycémie sévère 1,74% à 3,04% en cas de surtraitement (NNH, nombre de patient à traiter pour qu&rsquo;il y ait un évènement indésirable : 77). Et oui, alors qu&rsquo;on sait depuis longtemps que l&rsquo;on a tendance à sur-traiter en ayant des objectifs d&rsquo;HbAC, on ne fait pas évoluer les recommandations&hellip;</p>
<p>2/ Prise en charge de la douleur</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Solution-buvable-de-tramadol-chez-l-enfant-attention-aux-erreurs-medicamenteuses-Point-d-information">ANSM</a> alerte sur le tramadol chez l&rsquo;enfant. Il semblerait que des surdosages concernant ces formes buvables pédiatriques surviennent en trop grand nombre. J&rsquo;ai envie de dire que le &ldquo;codenfan&rdquo; a été retiré pour des mésusages/surdosages aux États Unis dans le cadre de chirurgie des amygdales, alors forcément, quand on a plus que le tramadol (qui a des effets secondaires plus important que la codéine mais qui était par conséquent moins utilisé), on démasque les effets néfastes de ce traitement!</p>
<p>Restons dans les morphiniques. Une étude rétrospective du <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2528212">JAMA</a> sur une période de 12 ans a retrouvé une mortalité globale augmentée de plus de 60% chez les patients sous morphine au long cours (pour causes non cancéreuse). Cette augmentation persistait lorsque l&rsquo;on excluait les overdoses,notamment avec une augmentation similaire de la mortalité cardiovasculaire en comparaison avec les antiépileptiques et tricycliques utilisés dans le traitement de la douleur. Malgré les biais des études rétrospectives, il est probablement nécessaire de relayer la morphine par d&rsquo;autres antalgiques dans les douleurs chroniques, une fois la douleur stabilisée.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Un nouveau score fait son entrée dans la BPCO, le  <a href="http://erj.ersjournals.com/content/47/6/1635?ctkey=ERJtw148515">B-AE-D indice</a>! (existe en version B-AE-D-C mais plus complexe) Il est particulièrement intéressant car il permet d&rsquo;évaluer le risque de mortalité du patient de façon simple chez un patient BPCO sans insuffisance respiratoire. Ainsi, pour la version B-AE-D, un score de 0-1 point prédit une mortalité à 2 ans d&rsquo;environ 5%, un score de 2-3 points une mortalité de 20%, et un score d&rsquo;au moins 4 points une mortalité de près de 60%!!! Alors, comme un traitement adapté de la BPCO diminue les complications et exacerbations, pensez à noter: le BMI, le nombre d&rsquo;exacerbation annuelle et le <a href="http://www.recherchecliniquepariscentre.fr/wp-content/uploads/2014/12/echelle_dyspnee_MRC.pdf">niveau de dyspnée</a> chez vos patients BPCO!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjoYFtYNpos_SC8PXO0uFJie5t2sjh0scdvjPH31paCWtCNODmHgIaCINKqb0HTZ_B_7rWJVust6_2WBGyYRXR_3RDuVxmeUbBsv7xyC6C8S1lV9JVqgA2Q3Pa2oEHZcK8zibTfETMkEgI4/s1600/COPD+BAEDC.jpg"><img src="/images/articles/2016/copd-baedc.jpg" alt=""></a></p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>Pour finir, l&rsquo;USPSTF (HAS américaine) a publié ses recommandations sur le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2529486#.V2QVLacO-3c.twitter">dépistage du cancer du colon</a>. Bien que le dépistage soit recommandé de 50 à 75 ans (à peu près comme en France), la méthode est laissé au choix du binôme médecin-patient: recherche de sang dans les selles par immuno-fixation, coloscopie ou coloscanner. Ce sont les performances de ce dernier qui m&rsquo;étonnent et m&rsquo;intéressent, car le coloscanner tous les 5 ans est plus efficace que l&rsquo;immuno-fixation annuelle (dommage que l&rsquo;immuno-fixation tous les 2 ans ne soit pas évaluée) et presque aussi efficace que la coloscopie tous les 10 ans. Il pourrait peut être se substitué aux coloscopies &ldquo;normales à contrôler dans 5 ans&rdquo;, car non invasif avec plus de 33% de complications en moins.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhyOp8LQGhc0uMvine3n9Ez3ptbWf-slbiY4m2B84H-TYWMzrDssieJR0oeFe0Z3TtJPT1S_qAAofLqFjomqw6bPGucbMwQSz3Z1tGsZMfCKVN34fYA_Yy7kIjOGkg_3PPMUPjOlSIwh8Ld/s1600/CCR+d%25C3%25A9pistage.jpg"><img src="/images/articles/2016/ccr-d-25c3-25a9pistage.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà! Il faudrait que je prenne le temps de faire une synthèse EBM de prise ne charge du diabétique, étant donné que les recos sont rapidement dépassées par ces nouvelles études montrant des bénéfices cliniques et pas seulement des baisses d&rsquo;HbA1C&hellip; On verra ça à la rentrée, après mon installation, si j&rsquo;ai un peu de temps. En attendant, bon courage à tous les D4 que je connais et que je ne connais pas pour cet iECN, bonne semaine et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°101: loperamide, letrozole, activité physique/coronaropathie, calprotectine/cancer colo-rectal, suivi grossesse, syphilis, fasciite plantaire</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/06/dragi-webdo-n101/</link><pubDate>Mon, 13 Jun 2016 00:06:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/06/dragi-webdo-n101/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>Gynécologie</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Traumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour tout le monde! Pas de grande introduction cette fois ci, on commence tout de suite avec les actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>La <a href="http://www.fda.gov/Drugs/DrugSafety/ucm504617.htm">FDA</a> a publié une alerte à propos du lopéramide, qui serait responsable de troubles cardiaques notamment dans le cadre d&rsquo;abus et de mésusage.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>On sait que l&rsquo;exercice physique a de nombreux bienfaits. Chez les patients avec une coronaropathie, avoir une <a href="http://circ.ahajournals.org/content/133/15/1438.abstract">activité physique</a> permet d&rsquo;améliorer le flux coronaire collatéral par rapport aux patients qui n&rsquo;effectuaient pas de sport. Cependant, l&rsquo;activité intensive correspondait à 10 heures de sport par semaine, alors c&rsquo;est pas sur que ce soit à la portée de tous les patients&hellip;</p>
<p><a href="http://www.minerva-ebm.be/FR/Article/2045">Minerva</a> revient sur un article du JAMA Neurology de 2015, parlant de al prévention des AVC en cas de sténose carotidienne. L&rsquo;étude retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;est pas bénéfique de recourir à une endartérectomie dans le cadre d&rsquo;une sténose carotidienne asymptomatique sous traitement médical optimal. Minerva conclue que chez des patients de moins de 75 ans, avec une occlusion carotidienne supérieure à 70%, un traitement chirurgical est recommandé par des recommandations de 2012.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Un des articles qui fait couler beaucoup d&rsquo;encre est celui de <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1604700#t=abstract">NEJM</a>. Un essai contrôlé randomisé a étudié une prolongation de 5 ans de traitement par le letrozole (soit 10 ans au total) versus placebo (soit 5 ans de traitement au total). Les auteurs retrouvent une diminution de 34% des récurrences de cancers controlatéraux (p= 0,01), mais le critère de jugement principal était la survie sans maladie, et je ne trouve pas de test pour ce critère, on trouve seulement les pourcentages: 95% avec letrozole et 91% avec placebo. Enfin,  la survie globale à 5 ans n&rsquo;était pas différente (93% avec traitement vs 94% avec placebo). Compte tenu de l&rsquo;augmentation des effets indésirables avec le traitement, et de l&rsquo;absence de différence dans les scores de qualité de vie, je soins bien moins enthousiastes que les oncologues sur cette prolongation de traitement.</p>
<p>Le <a href="http://bjgp.org.sci-hub.cc/content/early/2016/06/07/bjgp16X685645">BJGP</a> a publié un article sur le dépistage du cancer colorectal, ou plutôt son diagnostic. La calprotectine fécale, marqueur d&rsquo;inflammation parfois utilisée pour éliminer une maladie inflammatoire (MICI) chez des patients avec des troubles fonctionnels intestinaux, semble également intéressant pour éliminer un cancer. En effet, dans la population étudiée, 650 patients adressés en service spécialisé pour suspicion de cancer colorectal, la sensibilité de la calprotectine fécale (au seuil de 50mcg/g) était de 92% et sa spécificité de 36% quand on s&rsquo;intéressait au cancer et aux polypes de plus de 10 mm. Ainsi, bien que la valeur prédictive positive soit faible (15%), la valeur prédictive négative (probabilité de ne pas avoir de cancer ou de polype si le test est normal) était de 97%! Il pourrait y avoir deux usage à cette mesure, éviter une coloscopie chez des patients de plus de 50 ans avec apparition de troubles digestifs, et surtout, un couplage en cas de test immunologique positif pourrait probablement d&rsquo;améliorer le dépistage organisé du CCR (un peu comme la recherche d&rsquo;HPV oncogènes en cas de frottis cervico-utérin anormal).</p>
<p>Le groupe canadien sur les soins de santé préventifs publie des recommandations sur l&rsquo;<a href="http://www.cfp.ca/content/62/3/e117.full.pdf">examen gynécologique systématique annuel</a>. Les experts du groupe ne recommandent pas cet examen dans le dépistage des cancers gynécologiques (hors cancer du col qui s&rsquo;effectue tous les 3 ans par frottis). Toute fois, ils rappellent que l&rsquo;examen gynécologique reste nécessaire dans le cadre du suivi de certains cancers et dans la recherche étiologique de symptômes des patientes.</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>La <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_547976/fr/suivi-et-orientation-des-femmes-enceintes-en-fonction-des-situations-a-risque-identifiees">HAS</a> a mis à jour le guide de suivi des femmes enceintes. On y retrouve les examens incontournables de chaque consultation, ainsi que le professionnel pouvant suivre la grossesse selon les pathologies présentées par la patiente (D&rsquo;après le tableau, en dehors de la grossesse strictement normale, le recours au spécialiste est quasiment incontournable). Il faut noter que sur les 21 membres du groupe de travail,  2 généralistes étaient quand même présents au milieu des 9 gynécologues, 3 sages femmes et 2 pédiatres&hellip;</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Les américains recommandent désormais un <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2526645&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=486074678&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release">dépistage de la syphilis</a> chez les patients à risque. Les patients à risque sont les hommes ayant des rapports avec des hommes, les partenaires de patients infectés par le VIH, les patients travailleur du sexe ou ayant été incarcérés, et dans une moindre mesure, les hommes de moins de 30 ans. Ces recos ne précisent pas s&rsquo;il doit y avoir un rythme de surveillance ou juste un dépistage &ldquo;une fois&rdquo;.</p>
<p>6/ Psychiatrie</p>
<p>Une métaanalyse publiée dans le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2816%2930385-3/abstract">Lancet</a> s&rsquo;est intéressé aux antidépresseurs chez l&rsquo;enfant et l&rsquo;adolescent. Comme on le savait déjà un peu, les preuves d&rsquo;efficacité sont particulièrement faibles. Seule la fluoxetine semblait avoir un profil légèrement bénéfique avec moins d&rsquo;effets secondaires que les autres. Cependant, l&rsquo;hétérogénéité des études était élevée (plus de 30% pour les analyses d&rsquo;efficacité), ce qui limite l&rsquo;applicabilité de cette étude.</p>
<p>7/ Orthopédie</p>
<p>Enfin, le <a href="http://www.bmj.com/content/353/bmj.i2175">BMJ</a> parle dans sa rubrique &ldquo;Practice, a 10 minute consultation&rdquo; des douleurs plantaires. Les auteurs retrouvent que la principale cause de douleur est la fasciite plantaire (aussi connue sous le nom aponévrosite plantaire). La bonne nouvelle est que ça se résout généralement en 12 mois quelque soit le traitement&hellip; La mauvaise, c&rsquo;est donc que peu de traitements sont efficace. Sont proposés principalement: des antalgiques, de la rééducation et surtout un repos pour au moins 6 semaines.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjhkW_CP4P20-m3vYXmsPi7-7-8hNroN_k7b2Hd9KY2RfWKl1P8SMvniRDflL-TffbfjZfKp4UWjN5AYGXLeakDdEiRt1Jr3PPKbAiG7h1x5okaR6Jt6WMRXV1LPXA9llrwDwji0ZvNv3z9/s1600/pied.jpg"><img src="/images/articles/2016/pied.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini, je vous souhaite une bonne nuit, et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo Spécial n°100: 100 ans de médecine, NNT, phlébite/EP (reco US), reco voyageur (BEH), migraines et risque cardiovasculaire, NASH (reco euro)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/06/dragi-webdo-n100/</link><pubDate>Mon, 06 Jun 2016 01:16:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/06/dragi-webdo-n100/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Psychiatrie</category><category>Hépatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est le CENTIÈME Dragi Webdo!! Si on m&rsquo;avait dit que j&rsquo;en écrirait autant, je l&rsquo;aurai peut être cru, mais j&rsquo;aurai pensé que j&rsquo;étais cinglé. Et maintenant, je sais que je le suis&hellip; Pour célébrer ce numéro spécial, parlons un peu de la médecine d&rsquo;il y a 100 ans&hellip;  J&rsquo;avais récupéré il y a quelques temps un charmant ouvrage &ldquo;La nouvelle médecine familiale&rdquo;, 800 pages, 8ème édition, par le Dr Petit et publié en au début du XXème siècle, en 1938 peut être&hellip; (c&rsquo;est pas clairement écrit). Je vais donc mettre en parallèle chaque sujet abordé dans ce Dragi Webdo avec les thérapeutiques mises en places pour la même maladie au début du siècle précédent.</p>
<p>Mais avant de commencer, je voudrais reparler de nombre de sujets nécessaire à traiter (NNT). Souvent, dans les articles, j&rsquo;en viens à calculer les NNT s&rsquo;ils ne sont pas énoncés pour voir de façon plus &ldquo;pragmatique&rdquo; l&rsquo;efficacité du traitement. Et, souvent encore, je râle un peu en disant qu&rsquo;il faut traiter est de 200 patients  patients par an pour sauver une vie. Mais voyons un peu les <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=192236">NNT</a> d&rsquo;interventions &ldquo;valides&rdquo;:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjuSdhy2VmVNvRb7v50DiNl2HhmZAkSm-VLec3RqvcuYbyKpIh4zQako8sXaLvYYy6HQzf4B9TM5o6FlFT_0ABjCk20TVbTlDGEiR8apGNe1K2Sh3Wg_vP0CxtPzwaEgksnz_HcFQ13vrjp/s1600/NNT.jpg"><img src="/images/articles/2016/nnt.jpg" alt=""></a></p>
<p>On voit bien qu&rsquo;en dehors de l&rsquo;arrêt du tabac, de l&rsquo;activité physique et du contrôle tensionnel avec diurétiques, les NNT des autres traitements sont assez élevés: en post infarctus, 120 pour les bêta-bloquants et 143 pour l&rsquo;aspirine, et plus de 2000 pour les AVK en cas de fibrillation auriculaire!</p>
<p>Si vous vous intéressés aux autres NNT pour mettre en parallèle les interventions &ldquo;novatrices&rdquo; à des interventions plus anciennes, je ne peux que vous recommander le site &ldquo;<a href="http://www.thennt.com/home-nnt/">The NNT</a>&rdquo;!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Commençons avec un traitement de l&rsquo;HTA: la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000032587848">rilménidine</a> qui, (comme tous les antihypertenseurs centraux) n&rsquo;ayant pas de bénéfice  démontré en terme de morbi-mortalité cardiovasculaire, voit son remboursement abaissé à 30%. Cette molécule peut garder son intérêt dans le cadre d&rsquo;un traitement transitoire avant bilan hormonal étant donné qu&rsquo;elle n&rsquo;interfère pas avec le système rénine-angiotansine-aldostérone.</p>
<p><em>Au début du siècle l&rsquo;HTA la tension normale était définie comme avoisinant 140-150 de systolique et le traitement: repas et sobriété! Et quand des préparations étaient nécessaires, voici ce qui était proposé:</em></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhbsqggIiVJ8o3TDiZ2WcI_NvndcPKvpipxLcKjRbuz3CT3G18NY64VeMvvZ9RQVdrVYO6-52lfnGMl63TReMdp8Ve1JGKrt-eIOrQt7n88KHo7xTG8Y4VyBpa_RaHcHACr1KEfRc87oZ6K/s1600/HTA.jpg"><img src="/images/articles/2016/hta.jpg" alt=""></a></p>
<p>Dans les angines bactériennes et les infections urinaires, le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000032587846">céfaclor</a> fait un retour fulgurant! Cette céphalosporine de 1ère génération voit son SMR devenir &ldquo;important&rdquo; compte tenu des résistances croissantes pour les autres antibiotiques. Cet antibio n&rsquo;était plus utilisé, justement parce qu&rsquo;il y avait trop de résistances. Cette situation illustre bien l&rsquo;avenir de l&rsquo;infectiologie: une rotation des antibiotiques pour que ceux qui ne sont plus efficaces le redeviennent dans quelques années.</p>
<p><em>Dans l&rsquo;ouvrage que je vais citer tout au long de ce billet, l&rsquo;angine est une pathologie bénine, en dehors du risque d&rsquo;albumine dans les urines, le traitement des angines blanches étant le même que celui des angines rouges (notez la place des lavages de gorge et de l&rsquo;antisepsie du nez à al vaseline stérilisée):</em></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgG5xQ0iDOrXoZINsKvp9py5autGFCm-5tfwUQypUq1fOYXeq4YDSAzoZHyUMVnBe5hBaFS6bMu3pSCNj1SnPB_QwwhzK27gYmIqgPgfAOc7XJgVov2Z1MDhjFRLRJgxhEtOQsGxkGOTKzm/s1600/angine.jpg"><img src="/images/articles/2016/angine.jpg" alt=""></a></p>
<p>L&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Risque-de-troubles-neuro-developpementaux-chez-les-enfants-exposes-in-utero-a-certains-antidepresseurs-Point-d-information">ANSM</a> revient sur les risques des antidépresseurs pendant la grossesse. Il semblerait que l&rsquo;utilisation des inhibiteurs de recapture de la sérotonine (et de la noradrénaline) expose le foetus à un risque d&rsquo;hypertension de l&rsquo;artère pulmonaire et augmente le risque de trouble neuro-développementaux comme l&rsquo;autisme chez l&rsquo;enfant.</p>
<p><em>Le livre ne parle malheureusement pas de iatrogénie pharmacologique et il n&rsquo;y a pas non plus de chapitre sur la dépression&hellip; On se consolera avec quelques formules pour la neurasthénie et la névrose:</em></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgBm_bFoDQbpZUY40YTreOEOlIfoN3dYf-scizGlY6WYGTbdOuEL-wFTB_wuMYV96lNUGsNm0xRBitvVR0KyIT4aj2rXC3dmzgID7Adp_DZrM2pn4QjOVA43OsIirEG5WF0h_0iCt7coqup/s1600/n%25C3%25A9vrose.jpg"><img src="/images/articles/2016/n-25c3-25a9vrose.jpg" alt=""></a></p>
<p>Une série de cas a retrouvé des apnées du sommeil sévères chez les patients traités par <a href="http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/le-baclofene-pourrait-provoquer-des-apnees-du-sommeil">baclofène</a>. Ainsi, 4 cas ont été déclarés comme ayant eu un SAOS sévère, disparaissant après l&rsquo;arrêt du médicament. Certes, 4 cas, c&rsquo;est peu pour pouvoir affirmer l&rsquo;imputabilité, mais la réversibilité à l&rsquo;arrêt du traitement ne peut être négligée. Dans tous les cas, les bénéfices d&rsquo;un sevrage en alcool sont probablement plus important qu&rsquo;un SAOS qui sera réversible à l&rsquo;arrêt du traitement soit: quand le sevrage alcoolique sera obtenu et prolongé, soit en cas d&rsquo;échec du traitement.</p>
<p><em>Le traitement de l&rsquo;ivresse aiguë était assez intéressant&hellip; Peut être que si on coupait le lobe de l&rsquo;oreille aux jeunes gens amenés bourrés à l’hôpital le vendredi soir, on aurai une diminution rapide de la consommation! (notez qu&rsquo;alcool est mis dans la colonne: &ldquo;poison&rdquo;) Et ci-après, le remède &ldquo;miracle&rdquo;!</em></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj6Gl6rEpXGRnN0sjuZMFk3bufCKPOcES2QVzpISlMXrh1lLiRg8IdkETSs32TJuRFoRwbPQT5XIAhk_HVIzuglMd7xAePn8Z-l3x8gX5mitVHusZcBZ3UAh_XNoBpa6vB1VYP9sQbHUgAE/s1600/alcool.jpg"><img src="/images/articles/2016/alcool.jpg" alt=""></a></p>
<p>La surveillance cardiaque est indispensable pour les patients sous méthylphénidate. Le [BMJ](http://La surveillance cardiaque est indispensable) a publié un article sur cette molécule et retrouve une augmentation du risque d&rsquo;infarctus et de troubles du rythme cardiaque, et ce notamment dans les 2 premiers mois de traitement qui devraient donc être particulièrement surveillés. Les risques d&rsquo;AVC, d&rsquo;insuffisance cardiaque et d&rsquo;HTA n&rsquo;étaient pas modifiés.</p>
<p><em>Là, pour le coup&hellip;. je fais choux blanc!</em></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La société des &ldquo;médecins thoraciques&rdquo; américains a publié des recommandations sur la prise en charge des <a href="http://journal.publications.chestnet.org/article.aspx?articleid=2479255#RoleofInferiorVenaCavaFilterinAdditiontoAnticoagulationforAcuteDVTorPE">maladies thrombo-emboliques veineuses</a>. Et beaucoup de changements sont recommandés. D&rsquo;abord, ils recommandent un traitement préférentiel par anticoagulant oral direct (AOD) préférentiellement aux AVK (ça commence mal, vous allez me dire&hellip; Mais la suite est mieux!). Le traitement des embolies pulmonaires et phlébites avec facteur déclencheur est de 3 mois, mais en l&rsquo;absence de facteur déclencheur le traitement proposé doit être d&rsquo;une durée étendue (c&rsquo;est à dire sans date d&rsquo;arrêt prévue) si le risque de saignement est faible ou modéré (notamment en cas de récidive). Le point le plus intéressant concerne les phlébites distales, en l&rsquo;absence de symptômes sévères ou de risque d&rsquo;extension, ils recommandent une surveillance échographique toutes les 2 semaines, en l&rsquo;absence de FDR d&rsquo;extension:  <br>
(1) D-dimères particulièrement élevés<br>
(2) thrombose extensive (&gt;5cm de long sur plusieurs veines, &gt;7mm de diamètre maximum)<br>
(3) thrombose proche des veines proximales<br>
(4) absence de facteur déclencheur<br>
(5) cancer actif<br>
(6) antécédent de phlébite ou d&rsquo;embolie pulmonaire<br>
(7) patient hospitalisé<br>
Le traitement anticoagulant est alors recommandé seulement si le thrombus s&rsquo;étend (même s&rsquo;il reste confiné aux veines distales). En cas d&rsquo;embolie pulmonaires à faibles risque, ils confirment les <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/09/dragi-webdo-n14-congres-esc.html">recommandations de l&rsquo;ESC</a> qui proposait un traitement ambulatoire selon le score PESI. Enfin, pour les thromboses récurrentes sous anticoagulants, ils proposent un traitement par HBPM dont la dose peut être majorée de 25%-33% par rapport aux doses classiques (et se prononcent contre les filtres cave).</p>
<p><em>Mon petit manuel du jour a des solutions pour les phlébites et embolies pulmonaires, sont la sémiologie est bien décrite. Il faut 6 semaines à l&rsquo;organisme pour résorber un thrombus, immobilisons donc le patients 40 jours!</em></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjEtc-dybWV49GMOGPqp2u7tDIxQ_mbS_XmMnZI-Iz9mG8CtGCM0LwvwhwJtAh-m5NVKagPoy86Ns8z9Jt5TuhiJQbpL3EvO8Orv8CrldFXI7gX4_XaaE7UGGrN0K7b7Yj7ynkUCETDPZ-m/s1600/tvp.jpg"><img src="/images/articles/2016/tvp.jpg" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/353/bmj.i2610">BMJ</a> a publié une étude portant sur les migraines. Chez une cohorte de plus de 100 000 femmes de  25 à 42 ans, les migraines augmentaient, en analyse multivariée, le risque d’infarctus du myocarde de 39%, d&rsquo;AVC de 62%, et de mortalité cardiovasculaire de 37%!! Donc, si les migraines ne contrindiquent pas l&rsquo;instauration d&rsquo;une contraception par oestro-progestatifs avant 35 ans d&rsquo;après la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-09/10e_version_contraception_cardiop2-2207.pdf">HAS</a> (seules les migraines avec aura le font), il faut probablement quand même se méfier de l&rsquo;aggravation des ces migraines en les réévaluant. D&rsquo;autre part, compte tenu du risque cardiovasculaire augmenté, le traitement de la crise devrait être préférentiellement l&rsquo;ibuprofène et le naproxène, qui augmentent moins le risque cardiovasculaire que les autres AINS (selon la revue prescrire).</p>
<p><em>Je ne pourrais malheureusement vous dire si la préparation qui suit augmente le risque cardio-vasculaire ou pas, faute d&rsquo;essai cliniques publiés en 1938:</em></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjROrbzDqv49JQfDF_ow-Cwp4Yfv7aF-RYkpj1aoLrJ1ASQ2dXwPJH3i67-GIpIP_Mx1UmqH3F8btdsQp0QeHKStw73y-iwVDfpoE3Lf6rhaQSmgWsDFrx6jQfbQAy-T2gjltDyozoEUcZM/s1600/migraine.jpg"><img src="/images/articles/2016/migraine.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Voyageurs</p>
<p>Les recommandations du voyageur 2016 du HCSP ont été publiées au <a href="http://www.invs.sante.fr/content/download/126467/449811/version/59/file/BEH_Recos.pdf">BEH</a> cette semaine. La principale modifications que j&rsquo;ai remarquée réside dans le traitement préventif pour les voyages de plus de 3 mois. Il est recommandé un traitement de 6 mois, puis, discontinu selon la saison a mettre en place avec un médecin local. Notons qu&rsquo;ils ont oublié de mettre à jour la vaccination anti Hépatite A qui est toujours présenté en 2 injections.</p>
<p><em>Au début du siècle, le paludisme était déjà pas mal connu et le traitement préventif par quinine 1 jour sur 2 semblait efficace (l&rsquo;auteur souligne l&rsquo;importance de l&rsquo;observance!)</em></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjGxzXZ-j6A1donw5GCU-qmb49mqxHv9kjQ0uOHcZsNGmjGsRJVEk9WZo8uyXzadthKLdhYqtwXVDGgVLkot3n98p6wAkD-UdPXvyv7eePggoBOCpY-tqbUWr3tpVIa8hOnFNwAF1a8DxXj/s1600/paludisme.jpg"><img src="/images/articles/2016/paludisme.jpg" alt=""></a></p>
<p>4/ Neurologie-psychiatrie</p>
<p>L&rsquo;académie de médecine américaine (ACP) recommande les thérapie cogitivo-comportementales en première intention du <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2518955&amp;utm_content=buffere5c5b&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">traitement de l&rsquo;insomnie</a> chronique. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en cas d&rsquo;échec que les traitements médicamenteux doivent être proposés, après discussion avec le patient pour évaluer leur balance bénéfice risque. J&rsquo;avais lu quelque part que l&rsquo;efficacité de ces traitement était en moyenne d&rsquo;ajouter 1 heure (et c&rsquo;est tout!) au temps de sommeil&hellip;.</p>
<p><em>Le traitement avec une balance bénéfice risque la plus favorable est probablement celui consistant à mettre des cônes de houblon dans son oreiller. Diverses préparations sont également proposés, certains avec de l&rsquo;absinthe, d&rsquo;autres avec du pavot. J&rsquo;ai préféré cette dernière car j&rsquo;aime bien la valériane dans l&rsquo;insomnie:</em></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiTXSZ9xODxPoDNLaRLcDvtil2FO2lu3rOcijPaOi3GSdghyDyiK0htSy8dYRwdA8L600rLZPUxWaaAj4X7E9oJ0eNJ70xyaYh-0vhEvzTT7rGcTiuI6_jb3VyD58fYDi7bMOA2eTldKIjL/s1600/insomnie.jpg"><img src="/images/articles/2016/insomnie.jpg" alt=""></a></p>
<p>5/ Hépatologie</p>
<p>Enfin, des recommandations européennes sur la prise en charge de l&rsquo;<a href="http://download.springer.com/static/pdf/546/art%253A10.1007%252Fs00125-016-3902-y.pdf?originUrl=http%3A%2F%2Flink.springer.com%2Farticle%2F10.1007%2Fs00125-016-3902-y&amp;token2=exp=1465163654~acl=%2Fstatic%2Fpdf%2F546%2Fart%25253A10.1007%25252Fs00125-016-3902-y.pdf%3ForiginUrl%3Dhttp%253A%252F%252Flink.springer.com%252Farticle%252F10.1007%252Fs00125-016-3902-y*~hmac=e8a8263f5521b7434da4e7fe2fb634faa4a1c81890c609f3c138abbe347a50b5">hépatopathie non alcoolique</a>. Malgré ce qui peut être recommandé par endroit, aucun traitement spécifique n&rsquo;ayant démontré de réel bénéfice. Les recommandations de prise en charge initiale sont assez intéressantes, avec un bilan comportant: les enzymes hépatiques et l’échographie si elles sont élevées, une NFS, une recherche de diabète, le cholestérol, et éventuellement un bilan martial (ferritine et coefficient de saturation), une recherche de maladie cœliaque, de dysthyroïdie, de syndrome des ovaires polykystiques, voire d&rsquo;autres maladies hépatiques rares. Voici leur algorithme en cas de patient avec &ldquo;syndrome métabolique&rdquo;:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjRPeRx6XdNiregVvjg8_ibqqfArXy8oS39IaW5EsNQloUx7ll5U4AJjJMfCfmkVnFr1xpPrf5L5XQkAqNR3Zn2lYOVAFFj-M2_Waf4t4l8MOFDvf3NrvqLuS2R0W8jriVi6bCbRAHmdPl_/s1600/NASH.png"><img src="/images/articles/2016/nash.png" alt=""></a></p>
<p><em>Et pour finir, voici ce qui est dit sur l&rsquo;insuffisance hépatique. Visiblement, les connaissances étaient encore peu précises par rapport à ce qu&rsquo;on sait aujourd&rsquo;hui, mais la cure de raisin est certainement très bonne, et l&rsquo;éviction de l&rsquo;alcool également (l&rsquo;ouvrage rappelle que le vin et la bière contiennent de l&rsquo;alcool, on ne sais jamais&hellip;)</em></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjtf24TPkj9AEzo12xF5dPrF-J739b-MvKqr_OpE7nyFtL9HS8DSEnWXevBHm9zAWjzrhpic4PC_t8eoV_8dt0FfUD5UL24TijSun1avGUOt905tbfBSm8hv03KKNCmaHUOphyUekZJ7hRH/s1600/h%25C3%25A9patite.jpg"><img src="/images/articles/2016/h-25c3-25a9patite.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà pour cette semaine, j&rsquo;espère que ce retour sur la médecine à travers les âges vous a intéressé. Je doute cependant de pouvoir revenir 200 ans en arrière pour le Dragi Webdo 200, ou sinon, il faut que je me mette dès maintenant à chercher un ouvrage de l&rsquo;époque&hellip;( quoi que&hellip; tout se traitait par des saignées, nan?) Merci de me lire et bonne semaine, et à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus<br>
PS: je décline toute responsabilité en cas d&rsquo;utilisation de ces potions en 2016 (elles sont surement périmées). Allez voir le médecin-moderne!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°99: asthme (reco SPLF), burnout, anticoagulant/FA, natriurèse/risque cardiovasculaire, mammographie/coloscopie, opioïdes/lombalgie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/05/dragi-webdo-n99/</link><pubDate>Mon, 30 May 2016 01:07:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/05/dragi-webdo-n99/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Santé publique</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! ou bonjour selon l&rsquo;heure à laquelle je finis de rédiger le Dragi Webdo pour le publier aussitôt&hellip;Avant de commencer dans les actualités &ldquo;classiques&rdquo;, je voudrais parler d&rsquo;un article sur le burnout des étudiants en médecine. Plus de 4000 étudiants de 7 universités de médecine ont été suivis. L&rsquo;<a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=742530&amp;resultClick=3&amp;utm_content=buffer3b246&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">article</a> retrouve que 50% des étudiants ont été en burn-out dans l&rsquo;année et plus de 10% avaient des idées suicidaires! Je doute que ce soit très différent en France&hellip; Je ne suis pas &ldquo;pro-syndicat&rdquo;, mais il faut reconnaitre qu&rsquo;ils ont vraiment un rôle à jouer dans l&rsquo;avenir des étudiants!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Commençons avec l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Nitrofurantoine-rappel-sur-le-respect-des-indications-et-le-bon-usage-Point-d-Information">ANSM</a> qui rappelle les conditions d&rsquo;utilisation de la nitrofurantoïne. En effet, suite à une étude menée en 2015, il semblerait que 60% des prescriptions ne soient pas conformes: l&rsquo;étude retrouve par exemple des prescriptions chez l&rsquo;homme&hellip;</p>
<p>Compte tenu des difficultés d&rsquo;approvisionnement de vaccin anti-Hépatite A, le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=560">HCSP</a> rappelle qu&rsquo;une seule dose est suffisante pour les néo-vaccinations et que tout le monde n&rsquo;est pas à vacciner en priorité.</p>
<p>Une <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2524175&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=470799629&amp;utm_content=article_promotion%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=24556977">étude Canadienne</a> a observé les prescriptions d&rsquo;antidépresseurs en soins primaire. L&rsquo;article retrouve que seulement 55% des antidépresseurs (essentiellement inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline) sont prescrit pour troubles dépressif. Près de 20% le sont pour l&rsquo;anxiété, 10% pour les troubles du sommeil et 6% pour des douleurs (à 75% des tricycliques dans cette dernière indication). Il y avait quand même 30% de prescription hors AMM, et surtout dans le traitement de l&rsquo;insomnie&hellip;</p>
<p>Le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1935106&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=478784380&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert">JAMA</a> a publié une étude portant sur l&rsquo;efficacité et la tolérance des associations à doses fixes de traitements cardiovasculaires tels que l&rsquo;aspirine, les antihypertenseurs et les statines (traitements combinés). Bien que les traitements combinés aient amélioré les critères de jugements intermédiaires (pression artérielle, LDL, cholestérol total), il n&rsquo;y avait pas de différence significative en terme de mortalité ou d&rsquo;évènements cardiovasculaires, mais une augmentation des effets secondaires. Il est difficiles d&rsquo;interpréter ces résultats car parfois le comparateur était le traitement en soins courant, et parfois un placebo&hellip; Il faudrait une étude plus adaptée pour voir si les traitements combinés sont plus ou moins efficaces.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Les essais cliniques diffèrent souvent de la pratique courante. Le <a href="http://www.bmj.com/content/353/bmj.i2607">BMJ</a> a publié un article sur la tolérance et l&rsquo;efficacité des anticoagulants dans la fibrillation auriculaire en se concentrant sur la warfarine et le dabigatran. Ce qu&rsquo;il est important de noter est la sous estimation du taux d&rsquo;hémorragies graves sous anticoagulants, notamment chez les patients sous warfarine avec un score HAS-BLED élevé. Il faut noter que sous anticoagulant, 1,7% des patients par an avait un évènement thrombo-embolique et que 4,6% avaient une hémorragie grave! Pour mémoire, l&rsquo;anticoagulation diminue quand même de 60% le risque d&rsquo;AVC, alors on ne traite pas pour des prunes!</p>
<p>Pour mémoire, l’excrétion de sodium reflète exactement son absorption. D&rsquo;après une méta-analyse du <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2816%2930467-6/fulltext?rss=yes">Lancet</a>, une consommation de plus de 7g de sel par jour et de moins de 3g augmentait les évènements cardiovasculaires chez des patients hypertendus! Donc le régime sans sel strict, n&rsquo;est pas non plus adapté en cas d&rsquo;hypertension. Chez des patients non hypertendus, les apports de moins de 3g de sel augmentaient le risque cardiovasculaire, cependant, une consommation élevé de sel n&rsquo;était délétère sur les critères de jugements cardiovasculaire. Ainsi, ça confirme, le &ldquo;sans sel stricte&rdquo; est généralement à bannir (je ne parle pas des hypernatrémies, oedème aigue du poumon et autres situations aigues particulières&hellip;), et probablement qu&rsquo;en l&rsquo;absence de néphropathie, la capacité d&rsquo;élimination rénale est suffisante pour gérer les excès de sel (mais en cas d&rsquo;HTA, la néphropathie hypertensive gène probablement cette élimination qui aggrave l&rsquo;HTA et ainsi de suite&hellip; du moins, c&rsquo;est ce que je me dis vu que l&rsquo;article ne fait pas d&rsquo;hypothèse là dessus.)</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Les recommandations 2015 de l&rsquo;asthme par la <a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0761842516000607">SPLF</a> sont enfin publiées. Premier bon point: bannir le terme de &lsquo;bronchite asthmatiforme&quot;, soit le patient a de l&rsquo;asthme qui est une maladie chronique, soit c&rsquo;est une infection virale aiguë qui n&rsquo;est pas de l&rsquo;asthme et qui est une bronchite. Les auteurs insistent sur le contrôle de l&rsquo;asthme avec des questionnaires valides comme l&rsquo;<a href="https://formation.qualipharm.fr/ipst-asthme/act-adulte.pdf">ACT</a> par exemple. Le suivi doit donc être clinique (pas d&rsquo;expectorations induites pour chercher les éosinophiles, pas de NO exhalé) avec 1 à 2 EFR par an tant que le patient n&rsquo;est pas bien stabilisé. Les traitements: rien de neuf pour le traitement de fond je crois. Pour le traitement des exacerbations la posologie de corticoïdes oraux est de 40 à 50mg/j pendant 5 à 7 jours alors qu&rsquo;il me semble qu&rsquo;on pouvait aller jusqu&rsquo;à 60mg avant, et l&rsquo;utilisation d&rsquo;une chambre d&rsquo;inhalation améliore l&rsquo;efficacité sachant que 10bouffées de salbutamol font 1mg (on est encore loin des 5 à 10mg en aérosol!).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhDOQGhhZMMMNjsMmGwJ52kF08CYWUVjcyd7zFJ9sCyixPEgb7nM289WwShG7h1q2burKIfYvvu88klQoIZGkIzuRqJHzVNu6cY_F0CjgbheYK6wKu8xtTnnozJPbH8Rqy1HF33IKXDVfyG/s1600/asthme.png"><img src="/images/articles/2016/asthme.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Santé publique</p>
<p>Deux étude de dépistage. Commençons par la mammographie et un article d&rsquo;<a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2480763&amp;utm_content=buffer2104c&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">annals of internal medicine</a>, qui retrouve que pour 1000 femmes dépistées tous les 2 ans entre 50 et 74 ans: 7 décès par cancer du sein sont évités par rapport à l&rsquo;absence de dépistage. Par rapport à ce dépistage, débuter dès 40 ans permettrait d&rsquo;éviter 3 décès supplémentaires mais serait responsable de 2000 faux positifs et 11 surdiagnostics, ce qui ne semble pas raisonnable. Effectuer un dépistage annuel ne serait pas plus efficace mais augmenterait les effets néfastes. Enfin, pour des patientes avec des comorbidités &ldquo;modérées à sévères&rdquo;, il pourrait être acceptable d&rsquo;arrêter le dépistage à 68ans. C&rsquo;est une des première fois que je lis cette conclusion proposant un arrêt plus précoce dans une étude américaine (alors qu&rsquo;ils ont déjà eu du mal a débuter les mammo seulement après 50 ans&hellip;)</p>
<p>Une <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2522396&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=471809218&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=24607443">étude européenne</a> a étudié l&rsquo;intérêt du dépistage du cancer du colon par coloscopie versus pas de dépistage. Près de 30 000 patients ont été randomisés dans le groupe coloscopie  et 60 000 dans le groupe sans dépistage (ratio 1:2) et la participation n&rsquo;a été que de 40% au final. Le taux de cancer était de 0,5% et 30% des patients avaient un adénome qui était à haut risque une fois sur trois. Comme ça, on voit pas l&rsquo;intérêt de la randomisation, mais les &ldquo;vrais&rdquo; résultats de l&rsquo;étude sont prévus pour dans une quinzaine d&rsquo;années. Il est un peu dommage d&rsquo;avoir fait une randomisation 1:2 plutôt que 1:1:1 pour comparer le dépistage par test immunologique tous les deux ans. Bref, à dans 15 ans pour savoir s&rsquo;il faut faire des colo à tout le monde, mais avec 40% de participation, ça serait dommage de choisir une stratégie de santé publique qui oublie la majorité de la population&hellip;</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Une <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2522397&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=471809285&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=24607763">méta-analyse</a> s&rsquo;est intéressée aux opioïdes dans la lombalgie chronique. Elle retrouve une efficacité modeste à court terme sur la douleur des antalgiques de pallier 2 et 3, mais pas de gain certain sur le retentissement fonctionnel. L&rsquo;efficacité à long terme est quant à elle incertaine. Le problème de cette étude est le mélange des opioïdes forts et des dérivés morphiniques. Les auteurs se rattrapent en parlant en équivalent morphiniques, et retrouvent qu&rsquo;entre 40 et 240mg/j (doses recommandées), l&rsquo;effet n&rsquo;est pas cliniquement pertinent&hellip; C&rsquo;est La Revue Prescrire qui va être contente avec son Paracetamol!</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine, à la semaine prochaine pour le 100ème!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>La veille bibliographique pour les nuls (et les moins nuls que ça peut aider)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/05/la-veille-bibliographique-pour-les-nuls-et-les-moins-nuls-que-ca-peut-aider/</link><pubDate>Thu, 26 May 2016 22:18:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/05/la-veille-bibliographique-pour-les-nuls-et-les-moins-nuls-que-ca-peut-aider/</guid><category>Pharmacovigilance</category><content:encoded><![CDATA[<p>Comme le dit si bien Prescrire, &ldquo;Nous procèderons selon la méthodologie Prescrire décrite plus loin.&rdquo; A force de lire cette phrase des dizaines de fois, mon cerveau a fini par percuter: je n&rsquo;ai jamais exposé la méthodologie des Dragi Webdo. C&rsquo;est donc ce que je vais faire pour plusieurs raisons. D&rsquo;abord, pour que vous sachiez ce que je fais et puissiez juger de l&rsquo;immense subjectivité de ces articles. Ensuite, parce que cela pourra vous inciter à suivre une procédure similaire pour vos propres centres d&rsquo;intérêt, ou pour si, un jour, je n&rsquo;ai plus la possibilité d&rsquo;être aussi régulier dans mes publications. Ce que je vais vous présenter, ce sont les sites que j&rsquo;utilise, il y en a certainement plein d&rsquo;autres et vous pouvez partager les vôtres en commentaire!</p>
<p>1/ Les sites de veille</p>
<p>Pour commencer, certains sites recensent les actualités et nouveautés médicales:</p>
<ul>
<li>
<p><a href="http://www.bmlweb.org/nouveaute.html">Les nouveautés BML</a>: qui classe mois par mois les derniers documents de diverses organismes comme la HAS, le HCSP, les sociétés savantes de spécialité&hellip;</p>
</li>
<li>
<p><a href="http://www.irdes.fr/documentation/veille-bibliographique-en-economie-de-la-sante.html">La veille de l&rsquo;IRDES</a>: qui s&rsquo;intéresse surtout à l&rsquo;économie de la santé comme son nom l&rsquo;indique. Mais, l&rsquo;institut publie de façon hebdomadaire un &ldquo;doc veille&rdquo; classé par champ de discipline et qui comporte notamment, entre autres, quelques articles de &ldquo;soins primaire&rdquo;, de &ldquo;prévention&rdquo; et &ldquo;d&rsquo;inégalités sociales de santé&rdquo;.</p>
</li>
<li>
<p><a href="http://websenti.u707.jussieu.fr/sentiweb/">Le réseau sentinelle</a>: qui publie régulièrement les bulletins épidémiologiques sur la grippe, la gastro-entérite et la varicelle.</p>
</li>
</ul>
<p>2/ Les newletters</p>
<p>Deux newsletters me semblent particulièrement intéressantes et sont publiées chaque mois:</p>
<ul>
<li>
<p><a href="http://france.cochrane.org/lettres-dinformation-0">La newsletter Cochrane</a> (médecine générale  et autres): qui publie les résumés des méta-analyses Cochrane du mois</p>
</li>
<li>
<p><a href="http://www.minerva-ebm.be/Home/index">La newsetter Minerva</a> : Minerva, la revue d&rsquo;Evidence Based Medicine belge en soins primaires publie une fois par mois des analyses et commentaires sur les &ldquo;grandes études&rdquo; relativement récentes et discutent également de leur intérêt pour la pratique.</p>
</li>
</ul>
<p>3/ Les revues médicales</p>
<p>J&rsquo;aime bien aller aux sources pour voir ce qui se passe dans les grandes revues générales de médecine (et non de médecine générale pour le coup&hellip;) Donc, je ne peux que vous conseiller d&rsquo;aller régulièrement sur le site du <a href="http://www.bmj.com/theBMJ?utm_source=Corporate_site&amp;utm_medium=Top_Nav&amp;utm_campaign=link_change_Sept_2015">BMJ</a> et du <a href="http://www.thelancet.com/">Lancet</a>. Je vais faire une mention spéciale pour les deux autres:</p>
<ul>
<li>
<p>Le <a href="http://jama.jamanetwork.com/journal.aspx">Jama</a>qui par une simple inscription donne accès, via le <a href="http://app.jamanetwork.com/index.jsp#page=homePageContainer">Jama Network Reader</a> à l&rsquo;ensemble des articles &ldquo;online first&rdquo; ainsi qu&rsquo;au dernier numéro du: Jama, Jama cardiology, Jama internal medicine, Jama pediatrics, Jama oncology pour ne citer que ceux que je regarde le plus! Attention, les articles ne sont disponible que 7 jours et ne peuvent être téléchargés.</p>
</li>
<li>
<p>Le <a href="http://www.nejm.org/">NEJM</a> qui se distingue par certaines réflexion pratiques: l&rsquo;<a href="http://www.nejm.org/image-challenge?query=IMnav">image challenge</a> du mercredi soir (1 image avec des diagnostics proposés, une fois par semaine), les <a href="http://www.nejm.org/multimedia/interactive-medical-case">cas cliniques interactifs</a> (qui exercent plus la réflexion et la démarche diagnostic avec quelques apports de connaissance parfois un peu trop spécialisés) et les <a href="http://www.nejm.org/medical-articles/clinical-decisions?ssource=searchbanner_clinicaldecisions">clinical decisions</a>  (cas cliniques courts qui font discuter d&rsquo;une thérapeutique généralement en rapport avec un article original qui vient de sortir)</p>
</li>
</ul>
<p>Ensuite viennent les revues de spécialité qui m&rsquo;intéressent:</p>
<ul>
<li>
<p>Les publications du <a href="http://cnge.fr/">CNGE</a> et la revue <a href="http://www.exercer.fr/">Exercer</a> qui permet un accès libre à un article de chaque numéro</p>
</li>
<li>
<p>Les revues de diabétologie parce que j&rsquo;aime bien le diabète: <a href="http://www.diabetologia-journal.org/">diabetologia</a>, <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/onlinefirst">lancet endocrinology</a></p>
</li>
</ul>
<p>Enfin, pour ceux qui veulent rester particulièrement à jour sur un sujet ou ne pas rater les publications d&rsquo;un auteur particulier, <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed">pubmed</a> permet de recevoir un mail quand l&rsquo;auteur en question publie un nouvel article, et <a href="http://www.uptodate.com/home">up to date</a> mets régulièrement à jour les fiches sur les différents sujets (mais ce sont des options que j&rsquo;utilise peu).</p>
<p>Enfin, le Facebook du <a href="https://www.facebook.com/dmguparis">DMG Paris Descartes</a> (et <a href="https://twitter.com/DMG_UParis">son compte Twitter</a> aussi) met en avant une étude récente chaque semaine (et des billets de blog régulièrement mais ça n&rsquo;est pas le sujet de ce billet).</p>
<p>4/ La pharmacovigilance</p>
<p>Certains sont friands de pharmacovigilance, et trouve que je n&rsquo;en fais pas assez. Premièrement parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas tant de choses &ldquo;neuves&rdquo; que ça toutes les semaines sur le sujet et certainement aussi parce que la revue Prescrire fait ça tellement bien que je préfère vous dire de vous y abonner (NB: je déclare n&rsquo;avoir aucun conflit d&rsquo;intérêt). Mais voici les sources que je consulte:</p>
<ul>
<li>
<p>L&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/Produits-de-sante/Medicaments">ANSM</a>: qui présente des &ldquo;actualités&rdquo; et des &ldquo;alertes&rdquo; auxquelles vous pouvez vous abonner via un flux RSS (j&rsquo;avoue utiliser très peu les flux, parce que je n&rsquo;aime pas être spammé et préfère avoir une démarche active dans mes recherches)</p>
</li>
<li>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.ema.europa.eu/ema/">European Medicines Agency</a> (EMA): qui montre clairement les alertes sur l&rsquo;onglet &ldquo;patients safety&rdquo;</p>
</li>
<li>
<p>La <a href="http://www.fda.gov/Drugs/NewsEvents/ucm130958.htm">Food and Drugs Administration</a> (FDA): le site de l&rsquo;agence américaine est un peu moins pratique, il faut juste trouver la bonne page (que je vous ai mise en lien ci-avant)</p>
</li>
</ul>
<p>5/ Twitter</p>
<p>J&rsquo;ai bien évidemment gardé le meilleur pour la fin! Il est clair que le Dragi Webdo n&rsquo;existerait pas sans Twitter, étant donné que c&rsquo;est pour effectuer ma veille bibliographique que je me suis impliqué dans ce réseau social initialement. C&rsquo;est un peu chronophage au premier abord, mais c&rsquo;est parce que je n&rsquo;ai pas fait de ménage dans les comptes que je suis. Il me faut environ 20-30 minutes par jour à scruter la Twitosphère pour ma sélection initiale grâce à ma liste &ldquo;<a href="https://twitter.com/Dr_Agibus/lists/actumed">ActuMed</a>&rdquo; (comportant institutions françaises et internationales, revues médicales, agences de pharmaco-vigilance, comptes &ldquo;EBM&rdquo;&hellip;) . Une liste réduite à une vingtaine ou trentaine de comptes un peu plus ciblés serait probablement plus efficiente, mais comme je n&rsquo;aime pas rater d&rsquo;article important ou original, je ratisse plus large. (En fait, les articles importants apparaissent par différents comptes, du coup, c&rsquo;est rare de les rater). Du coup, je vous ai fait un diagramme de flux (Flow chart pour les intimes). Donc pour 20-30 minutes par jour, c&rsquo;est très facile de faire une veille documentaire sans être spammé par 36 newsletters (c&rsquo;est ce qui est top avec twitter!)</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgtfltT4W4xNiOkY3-vHYDYV4iOH2cylcNKdwWjIfVPHD-rhbiPBHsq8jJSco8Q_MQBRg65GrU8LK8DT5A-tVtNvAaBsFL2SKSSOOJW6xFHjGfObaoTDMpHCmfdpC1_Q7WfqXYFtdtXd-Uy/s1600/flow+chart+dragi+webdo.jpg"><img src="/images/articles/2016/flow-chart-dragi-webdo.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà, vous savez tout! Pour ceux qui sont fans des newsletters, je ne pourrai pas vous aider car ce sont des outils que je n&rsquo;utilise pas.</p>
<p>En conclusion, merci à tous de me lire. J&rsquo;ai regardé attentivement vos réponses au questionnaire auquel vous avez si gentiment accepté de répondre en grand nombre (enfin, pour moi, c&rsquo;est un grand nombre). Alors quelques chiffres donnés avec une précision statistique de 8% compte tenu du nombre de réponses (je vous laisse donc calculer le nombre de réponses au questionnaire):</p>
<ul>
<li>
<p>70 %  de médecins généralistes dont 11% d&rsquo;internes, 3%  d&rsquo;externes (jamais j&rsquo;aurai eu la présence d&rsquo;esprit d&rsquo;aller lire des blogs comme le mien quand j&rsquo;étais externe: BRAVO!) et 12% de non médecins/patients (c’est plus que ce que je pensais!)</p>
</li>
<li>
<p>75% de visites hebdomadaires (<a href="http://lewebpedagogique.com/celineecolesaintremi/files/2009/11/gros-bisou-nounours.gif">par ici&hellip;</a>)</p>
</li>
<li>
<p>55% ont découvert via le club des médecins blogueurs, 35% via twitter, 8% via le bouche à oreille et 2% via google</p>
</li>
<li>
<p>Bien évidemment, c&rsquo;est le Dragi Webdo qui attire, mais 13% d&rsquo;excentriques sont également à la recherche de jeux de société amusants (la médecine n&rsquo;est pas tout dans la vie, faut s&rsquo;amuser aussi!)</p>
</li>
<li>
<p>Et&hellip; la note moyenne que vous avez mises est de 4,2/5!!! (<a href="https://49.media.tumblr.com/1a7773ae588d7beefe1451d57aed294b/tumblr_o3hiqgqwNQ1u3mbs6o1_500.gif">encore par ici!</a>) (Certes, si vous avez pris le temps de répondre, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a un biais certain de recrutement. Quoi que j&rsquo;ai quand même un visiteur qui venait &ldquo;pour la 1ère fois et ne savait pas ce qu&rsquo;il faisait sur ce blog&rdquo; qui a noté 1/5 donc ça compense&hellip; Bref, je suis super content et je vous adore! :D )</p>
</li>
</ul>
<p>Pour répondre à quelques commentaires:</p>
<ul>
<li>Le graphisme du blog a été amélioré! (enfin, je l&rsquo;ai changé et vous avez dit qu&rsquo;il avait été amélioré, alors ça me fait plaisir)</li>
<li>Les trucs et astuces sur la veille biblio: done.</li>
<li>Expliquer plus les acronymes: j&rsquo;y penserai.</li>
<li>Parler davantage de barbecue et de princesses: je crains que ce ne soit pas faisable dans l&rsquo;immédiat.</li>
<li>La recherche sur le blog a été mis en avant (en fait, elle a été mise en haut à droite au lieu d&rsquo;en bas a droite)</li>
<li>Pour l&rsquo;abonnement au flux RSS, c&rsquo;est juste au dessus du fil twitter (avant c&rsquo;était juste en dessous).</li>
<li>Pour le classement des articles selon le thème, il y a bien des libellés, mais compte tenu de la variabilité des articles, une question dans la barre de recherche ou directement sur google avec le nom du blog est plus efficace.</li>
</ul>
<p>Encore un grand merci, et à la fin de la semaine (ou au début de la suivante selon mon retard&hellip;)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p>PS: pour le billet sur l&rsquo;Episode VII, je sais pas si j&rsquo;aurai le temps, mais je l&rsquo;ai en tête!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgSmJIHoH4rQu9nFiLLgT7k5ThKFi5JOLadpR1-bjpRbgvub3sJC6ZGimmquQc2dXzPyR3_UL9e67-jphEXqdJl33PnCc_IABSevxqXUAT1hviFiiI0Zl3CaRBPO-oCq8ZJhmYat-alyRVR/s1600/chopper.jpg"><img src="/images/articles/2016/chopper.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°98: HTA sujet âgé, aspirine/AVC, BPCO sévère, D-Dimères, payement à la performance</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/05/dragi-webdo-n98/</link><pubDate>Mon, 23 May 2016 22:09:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/05/dragi-webdo-n98/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Médecine générale</category><category>Santé publique</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, et merci pour vos nombreuses réponses au questionnaire! Pour ceux qui seraient passé à travers, vous pouvez encore répondre cette semaine! Ça ne sera plus possible après, alors ne manquez pas une occasion de donner votre avis et &ldquo;indignez-vous&rdquo;, comme ils disent! (&ndash;&gt; <a href="https://docs.google.com/forms/d/1jI3ysB7320sOaFt5Yl40Vld--lmg388oM9bM8D7Lpug/viewform?c=0&amp;w=1">questionnaire</a>) Comme vous l&rsquo;avez remarqué, j&rsquo;ai tenté de modifier l&rsquo;apparence du blog pour le rendre plus lisible (comme quoi, j&rsquo;ai vraiment lu les commentaires!) Alors n&rsquo;hésitez pas non plus à me dire si c&rsquo;est mieux maintenant ou <a href="http://www.girlsandgeeks.com/wp-content/uploads/2010/10/2004_04_13_blogsmieux.jpg">si c&rsquo;était mieux avant</a>&hellip; C&rsquo;est parti pour les actus de la semaine dernière! (oui, bah du coup j&rsquo;ai du retard parce que j&rsquo;ai passé le week end à jouer à <a href="http://unpluggedgames.co.uk/wp-content/uploads/2016/03/quadropolis_main_web.jpg">Quadropolis</a> et <a href="https://opinionatedgamers.files.wordpress.com/2015/08/player-view.jpg">Mystérium</a>, mais cela fera l&rsquo;objet d&rsquo;un autre billet&hellip;)</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Pour commencer, un peu de pharmacovigilance, avec une lettre de l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Ketoconazole-par-voie-topique-Ketoderm-et-generiques-informations-sur-les-populations-cibles-de-ces-specialites-Lettre-aux-professionnels-de-sante">ANSM</a> à propos du Ketoconazole dont l&rsquo;utilisation doit être évitée chez les enfant. De son côté, la <a href="http://www.fda.gov/Drugs/DrugSafety/ucm500597.htm">FDA</a> (version américaine de l&rsquo;ANSM) recommande de ne pas utiliser le ketoconazole oral s&rsquo;il est possible d&rsquo;utiliser un autre traitement. Les raisons des ces alertes: des hépatopathies sévères, des troubles surrénaliens et des interactions médicamenteuses.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Gros chapitre cardiovasculaire au programme. On repart sur l&rsquo;analyse de l&rsquo;étude SPRINT (<a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/11/Dragi-webdo-n71.html">rappelez vous</a>&hellip;). L&rsquo;article du <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2524266&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=474153537&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release">JAMA</a> est une étude du sous groupe des plus de 75 ans (qui était déjà présenté brièvement dans l&rsquo;article princeps du NEJM, du coup, je ne sais pas si c&rsquo;est vraiment un article original&hellip;). Bref, l&rsquo;étude compare désormais le traitement intensif de la tension artériel (objectif &lt; 120) versus classique (&lt;140mmHg) et retrouve une diminution significative de la mortalité de 33% et des évènements cardiovasculaires de 34%! Si on regarde les NNT (nombre nécessaire de sujet à traiter), pour sauver une vie, il faut traiter 233 patients de plus de 75 ans à haut risque par an. Et pour le coup, il n&rsquo;y a pas vraiment plus d&rsquo;effet secondaires (enfin, ce n&rsquo;est plus significatif vu qu&rsquo;il y a moins de monde&hellip;) Tirer des conclusions sur une analyse de sous groupe n&rsquo;est généralement pas une bonne chose.</p>
<p>Si on s&rsquo;amuse à regarder le tableau d&rsquo;efficacité selon la fragilité, on voit que traiter intensivement chez les patients &ldquo;en forme&rdquo; n&rsquo;est pas utile, que traiter intensivement les patients &ldquo;moins en forme&rdquo; est efficace, mais que ce  n&rsquo;est plus toujours utile de traiter intensivement les patients &ldquo;fragiles&rdquo;&hellip; Il n&rsquo;y a pas de linéarité logique entre l&rsquo;intérêt de traiter intensivement et l&rsquo;état de fragilité, ce qui est étrange, mais il semble que le bénéfice d&rsquo;un traitement intensif soit moindre chez les patients fragiles.</p>
<p>Sachant que les recos américaines, européennes et françaises disent que pour cet âge, il faut viser 150mmHg et non 140 ni 120, comment cette étude va t elle les faire évoluer? Probablement peu tant ces résultats sont isolés.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiY81xXbuFJpiv8A-_Q8iFj6ZPjzBxEM3DFwKwx2_4NW5iiOM61Cu2TMM14GmTqDj-KvkokGzTrCINE5B27Z4Gl8LNdGP_a7V2HjSSXPUP_pbxEoyfO1coD5P-cokxeu7gJHwqYq2H5VzhX/s1600/sprint.jpg"><img src="/images/articles/2016/sprint.jpg" alt=""></a></p>
<p>Le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2816%2930468-8/abstract">Lancet</a> a publié un article rappelant l&rsquo;efficacité de l&rsquo;aspirine en prévention secondaire des AVC. Les auteurs de cette méta-analyse retrouvent que l&rsquo;aspirine en prévention secondaire diminue de  50% la récidive d&rsquo;AVC à 1 an et de 75% le risque d&rsquo;AVC fatal ou responsable de séquelles invalidantes. Le NNT pour éviter une récidive d&rsquo;AVC à 1 an est de 50 patients. Un effet que je ne connaissais pas est l&rsquo;effet anti-agrégant du dipytidamole (Persantine) qui diminue encore plus le risque alors qu&rsquo;il est utilisé dans les examens de stress myocardiques&hellip; allez comprendre&hellip;</p>
<p>Pour ceux qui ne seraient toujours pas convaincus par l&rsquo;utilisation des &ldquo;D-Dimères ajustés à l&rsquo;âge&rdquo; après  50 ans chez les patients avec un risque d&rsquo;embolie pulmonaire faible selon le score de Wells devraient lire cet article d&rsquo;<a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2524104&amp;utm_content=buffer94f2c&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">Annals of Internal Medicine</a>. Les auteurs retrouvent que ça améliore l&rsquo;efficacité du score, notamment chez les sujet âgés avec un taux d&rsquo;échec stable de 3%.</p>
<p>Enfin, un article sur la patate! Le <a href="http://www.bmj.com/content/353/bmj.i2351">BMJ</a> a publié une étude de cohorte retrouvant que manger des patates (frites, purées, cuisinées) augmente le risque d&rsquo;HTA quand leur consommation dépasse 3 fois par semaine. Aussi, favoriser la prise de &ldquo;non féculents&rdquo; diminue le risque d&rsquo;HTA. Étrangement, les analyses multivariées n&rsquo;ont pas été ajustées sur la consommation de sel du coup, je me demande s&rsquo;il n&rsquo;y a pas un gros facteur de confusion (parce que les patates, c&rsquo;est souvent avec du sel quand même&hellip;)</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1516385">NEJM</a> a publié un essai contrôlé randomisé dans la BPCO comparant un bronchodilatateur de longue durée d&rsquo;action associé à un anticholinergique à un bronchodilateteur de longue durée d&rsquo;action associé à un corticoïde inhalé chez des patients BPCO sévère à très sévères. Les auteurs retrouvent que la 1ère association réduisait significativement les exacerbations. De plus, bien que les effets secondaires soient globalement identiques, il y avait moins de pneumonies chez les patients du 1er groupe. Ainsi, alors qu&rsquo;on se pose beaucoup de questions sur l&rsquo;intérêt des corticoïdes inhalés dans la BPCO, cette étude est en faveur de l&rsquo;utilisation des anticholinergiques en bithérapie à la place des bithérapies classiques.</p>
<p>Concernant le dépistage du cancer du poumon par scanner chez les fumeurs, la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2632022/fr/cancer-du-poumon-conditions-non-reunies-pour-un-depistage-chez-les-fumeursh">HAS</a> ne retrouve pas d&rsquo;intérêt à le favoriser en France, les résultats isolés de l&rsquo;étude américaine NLST n&rsquo;ayant pas été reproduits ni retrouvés dans notre population.</p>
<p>4/ Médecine générale</p>
<p>Nous avons la ROSP. Les anglais ont également des objectifs de santé publique de payement à la performance.  Cette étude du <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2816%2900276-2/abstract">Lancet</a> a étudié la mortalité des patients selon les critères de qualité du &ldquo;ROSP anglais&rdquo;, 10 ans avant et  6 ans après leur mise en place. Les auteurs ne retrouvent pas de baisse significative de mortalité sur ce critère de jugements (bien que la mortalité baisse quand même un peu). Je laisse les politiciens méditer là dessus.</p>
<p>5/ Santé publique</p>
<p>Pour finir, <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2521826&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=467806883&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=24447380">JAMA internal medicine</a> a publié une étude retrouvant que faire du sport sur son temps libre diminue le risque de nombreux cancers (oesophage, estomac, foie, poumon, rein, endomètre, leucémie, myélome, colon, vessie et sein). Cette étude est tiré d&rsquo;un regroupement d&rsquo;étude de cohortes américaines et européennes. Encore un avantage du sport, alors faites du sport!</p>
<p>C&rsquo;est fini pour ce Dragi Webdo qui arrive en retard, une fois n&rsquo;est pas coutume&hellip; (quoi que&hellip;) Et vous laisse méditer sur le fait <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2521827&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=467806879&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=24447304">qu&rsquo;aller plus d&rsquo;une fois à l&rsquo;église par semaine diminue la mortalité de 33%</a>!</p>
<p>A la semaine prochaine.</p>
<p><a href="/images/articles/2016/pape.jpg"><img src="/images/articles/2016/pape.jpg" alt=""></a></p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°97: Conflits d'intérêt, pilules oestro-progestatives/évènements cardiovasculaires, BPCO, obésité/mortalité</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/05/dragi-webdo-n97/</link><pubDate>Mon, 16 May 2016 17:18:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/05/dragi-webdo-n97/</guid><category>Gynécologie</category><category>Pneumologie</category><category>Nutrition</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! J&rsquo;espère que ce week-end de 3 jours vous a permis de vous reposer. (du moins pour ceux qui ne sont pas de garde ou d&rsquo;astreinte&hellip; et que votre bébé n&rsquo;est pas en train de faire ses dents&hellip;).</p>
<p>J&rsquo;aimerai mieux connaitre les lecteurs du blog, voir qui vous êtes, ce que vous aimez etc pour améliorer le blog. Du coup, j&rsquo;ai fait un questionnaire en 7 petites questions qui vous prendront 2 minutes maximum pour répondre. Alors, pour répondre, merci d&rsquo;aller cliquer <strong><a href="https://docs.google.com/forms/d/1jI3ysB7320sOaFt5Yl40Vld--lmg388oM9bM8D7Lpug/viewform?c=0&amp;w=1&amp;usp=mail_form_link">ICI</a></strong>!</p>
<p>Et maintenant, voici les actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Conflits d&rsquo;intérêt</p>
<p>Un article du <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2520680">JAMA internal medicine</a> a étudié l&rsquo;association entre les médecins recevant des avantages par les labo et la prescription de statines non-générique. Un  tiers des médecins du Massachusetts avait reçu un financement par l&rsquo;industrie pharmaceutique. Pour les médecins non financés, la prescription de statines en &ldquo;princeps&rdquo; était de 18%, et le financement par l&rsquo;industrie était associé à la prescription des &ldquo;princeps&rdquo;. Les auteurs retrouvent que par tranche de 1000$ reçus, les médecins augmentaient leur prescription de  0.1%, ce qui semble dire que soit, les labo payent pour pas grand chose, soit les médecins reçoivent vraiment beaucoup d&rsquo;argent des labos&hellip;</p>
<p>L&rsquo;autre article sur les conflits d&rsquo;intérêt a déjà été suggéré par <a href="http://lebruitdessabots.blogspot.fr/2016/05/tresor.html">Le Bruit des Sabots</a> et replace la problématique de ces conflits et les enjeux pour la pratique et pour le patient. Il est disponible <a href="http://www.racgp.org.au/afp/2015/november/general-practice-ethics-continuing-medical-education-and-the-pharmaceutical-industry/">ici</a>.</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>Un des articles majeurs de la semaine concerne les pilules oestro-progestatives. Le <a href="http://www.bmj.com/content/353/bmj.i2002">BMJ</a> a
publié une étude française portant sur l&rsquo;étude des risques
cardio-vasculaires de ces pilules selon leur dosage. Les incidences
globales sont déjà très intéressantes chez ces femmes de  15 à 49 ans:
33 embolies pulmonaires pour 100 000 femmes, 19 AVC pour 100 000 et 7
infarctus du myocarde pour  100 000. Les concentration en estrogène de
20µg étaient associées à une diminution des risques pour chacun de ces
évènements de 25% , 18% et 44%. Enfin, le gestodene et desogestrel (en
pilule combinée)  par augmentaient le risque d&rsquo;embolie pulmonaire par
rapport au levonorgestrel. <em>Prescrire</em> préférait les pilules de
2ème génération avec des dosages de 30-40µg car celles à 20µg
n&rsquo;apportaient rien de nouveau et pouvaient avoir un risque d&rsquo;échec en
cas d&rsquo;oubli plus élevé en raison du plus faible dosage. Peut être cette
étude fera t elle évoluer leur prochain article sur le sujet, mais il
semble plus sur de prescrire les pilules à 20µg en première intention.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1505971">NEJM</a> a publié un article sur la BPCO. Les auteurs classent les patients fumeurs en 4 catégories selon qu&rsquo;ils soient symptomatique ou non et qu&rsquo;ils aient ou non une BPCO selon la spirométrie.  Ainsi 50% des anciens fumeurs avaient des symptômes sans que les critères spirométriques de BPCO ne soient présent. Ainsi, même sans BPCO, les fumeurs et anciens fumeurs ont des exacerbations et une limitation des activités.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgI4_9uOeJfvis46Q8EwrI1eOlnpnKegdWZRdR8AMYURfVQHkAmjkiVZi0brtwxjqlj1XQBpMICC9ds609yo3Xpaj4V9suF_w-W8xxS6ogxf-GFbjoddFDzBgujcpV-VS8y5_GyelgyY9KW/s1600/smoker+copd.jpg"><img src="/images/articles/2016/smoker-copd.jpg" alt=""></a></p>
<p>4/ Obésité</p>
<p>Une semaine après l&rsquo;article du BMJ dont j&rsquo;avais parlé <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/05/dragi-webdo-n96.html">ici</a>, c&rsquo;est au <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2520627">JAMA</a> de publier sur l&rsquo;obésité. L&rsquo;article compare trois cohortes danoises étables à des périodes différentes :1976-1978, 1991-1994 et 2003-2013. La mortalité était représentée par une courbe en U, comme d&rsquo;habitude, mais le BMI correspondant à la plus faible mortalité s&rsquo;est déplacé avec le temps: 23,7 puis 24,6 et désormais  27. Enfin, dans la dernière cohorte, l&rsquo;IMC &gt;30 n&rsquo;augmente plus la mortalité par rapport à un IMC entre 18.5et 25. Cette nouvelle étude vient s&rsquo;ajouter à celle de The Heart publiée l&rsquo;an dernier et dont j&rsquo;avais parlé <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/09/dragi-webdo-n62.html">là</a>. L&rsquo;hypothèse explicative était de dire que le poids maximum devait être pris en considération, car une personne anciennement obèse (suite à de nombreux régimes modernes? ) pouvait avoir un risque cardiovasculaire élevé même si elle n&rsquo;était plus actuellement obèse, ainsi la différence entre les groupes &ldquo;normal ou surpoids&rdquo; et &ldquo;obèse&rdquo; étaient atténuées et donc non significative. Cependant, voir que le point de mortalité est le plus bas pour un IMC à 27 ne va pas vraiment étayer cette hypothèse.</p>
<p>Je vous remercie de votre attention et de répondre au sondage que je remets <strong><a href="https://docs.google.com/forms/d/1jI3ysB7320sOaFt5Yl40Vld--lmg388oM9bM8D7Lpug/viewform?c=0&amp;w=1&amp;usp=mail_form_link">ici</a>,</strong> au cas où vous vous tâtiez à répondre en utilisant le lien <strong><a href="https://docs.google.com/forms/d/1jI3ysB7320sOaFt5Yl40Vld--lmg388oM9bM8D7Lpug/viewform?c=0&amp;w=1&amp;usp=mail_form_link">plus haut</a></strong>.</p>
<p>Merci beaucoup et à la semaine prochaine!</p>
<p>PS: Répondre une seule fois au questionnaire est suffisant, pas la peine de le faire 3 fois même si y&rsquo;a 3 liens (après si vous n&rsquo;avez que ça a faire et que ça vous amuse de pointer le biais potentiel de ce questionnaire, libre à vous mais à votre place je préfèrerai profiter du soleil. après avoir rempli une seule fois le questionnaire&hellip;) ;)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°96: risque cardiovasculaire, IMC et mortalité, D-Dimères et EP, allergies alimentaires, antibiothérapies inappropriées</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/05/dragi-webdo-n96/</link><pubDate>Sun, 08 May 2016 18:57:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/05/dragi-webdo-n96/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Infectiologie</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous pour cette semaine courte et ensoleillée, l&rsquo;hiver semble lointain (même si on a pas vraiment eu d&rsquo;hiver pour ceux qui ne sont pas en montagne&hellip;) Bref, j&rsquo;espère que vous avez bien profité, et que vous allez pouvoir vous remettre au travail dès lundi! Pour vous motiver à reparler médecine, voici le Dragi Webdo de la semaine!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>Commençons avec <a href="http://content.onlinejacc.org/article.aspx?articleID=2517904#tab1">une étude de cohorte</a> portant sur 300 000 patients de 40 à 75 ans sans antécédent de maladie cardio-vasculaire ni de diabète à l&rsquo;inclusion et suivis pendant 5 ans. L&rsquo;étude a évalué la survenue des évènements cardiovasculaires pour comparer ces évènements effectifs au risque des patients selon le score de l&rsquo;AHA/ACC sur lequel les américains se basent pour déterminer la nécessité de traitements par aspirine ou statines en prévention primaire. Les auteurs retrouvent que le score AHA/ACC surestime le risque cardiovasculaire, avec un risque atteignant a peine 2% alors que le risque prédit est supérieur à 5% (cf figure. en rouge: le risque attendu par le score, en bleu: le risque observé). Le haut risque aux États Unis est essentiellement défini par un risque cardiovasculaire estimé supérieur à 10% à 10 ans.  En France, le seuil est de 5% à 10 ans (pourquoi a t on choisi un seuil arbitraire inférieur, je ne sais pas). Mais en tous cas un grand nombre de patients à haut risque selon les scores semblent visiblement ne pas être aussi à risque que ça.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg4yR7cPYEEodjSE_nocHV24HEfejKvgsMrdpWGW_R1mvPQ7zz2uy-qolVo_JqWnBO8dbeKSnLrmuG7I1aQJbo6FHu-yB0_akRplNLd1F1gURDtNYvRhPq-bgC90YA53uAS7PNox8rCS-qn/s1600/risque+cardiovasc.jpg"><img src="/images/articles/2016/risque-cardiovasc.jpg" alt=""></a></p>
<p>Un article du <a href="http://www.bmj.com/content/353/bmj.i2156">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;IMC et à la mortalité globale. L&rsquo;ensemble des analyses méta-analysées rassemblent plusieurs millions de patients. Les auteurs mettent en évidence des courbes en U (ou plutôt en J si on est pointilleux) où le risque de mortalité est le plus faible pour des IMC entre 23 et 24 kg/m², avec quelques variation selon que l&rsquo;on soit fumeur ou non. Notons que le risque de mortalité augmente plus rapidement quand on passe sous les 20kg/m² que quand ont dépasse les 25 ou même les 30 kg/m², étant donné la présence d&rsquo;un &ldquo;quasi-plateau&rdquo; entre 25 et 30, ce qui est en faveur de la &ldquo;non gravité&rdquo; d&rsquo;un surpoids sans autre facteur de risque (comme ça a déjà été observé dans d&rsquo;autres études). En surpoids: l&rsquo;objectif est de ne pas prendre de poids.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjjmjdDaD9aFre7hP5KvD8dP5WQdnfX0R2H__9hg-RUTWAIFArX3yHsLxCsXTv1Bmx4rYAwKtI2vEZMqsfv5rwzonsbyXhyphenhyphen0ZXCRpnmFLxZBM4VhuPi8UYs6IorP3_T8bHb03QPd6Ah19lh/s1600/IMC+mortalit%25C3%25A9.jpg"><img src="/images/articles/2016/imc-mortalit-25c3-25a9.jpg" alt=""></a></p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>La durée d&rsquo;anticoagulation dans les phlébites et embolies pulmonaires fait toujours discuter longtemps entre les recommandations et le fait que sur une écho de contrôle (dont la prescription n&rsquo;est pas recommandée pour décider de l&rsquo;arrêt du traitement) le thrombus ne soit pas totalement résorbé. L&rsquo;objectif de ce traitement étant de diminuer les récidive, <a href="http://erj.ersjournals.com/content/47/5/1429">des auteurs</a> ont étudié ce taux de récidive en fonction des D-Dimères au moment de l&rsquo;arrêt dans les embolies pulmonaires associées ou non à une phlébite. Ils ont observé que quand l&rsquo;anticoagulation était arrêtée et que les D-Dimères étaient négatifs, le taux de récidive était faible (de l&rsquo;ordre de 3%) mais que cette incidence était presque triplée lorsque les D-Dimères étaient encore positif au moment de l&rsquo;arrêt. Si ces résultats se confirmaient, il est possible que le dosage des D-Dimères devienne nécessaire avant arrêt des anticoagulants pour les embolies pulmonaires.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Les prescriptions inappropriées d&rsquo;antibiotiques en ambulatoire font encore parler d&rsquo;elles. Le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2518263&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=455879321&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=24112271">JAMA</a> publie une étude portant sur ces antibiotiques, et retrouve que les prescriptions concernent dans l&rsquo;ordre décroissant: les sinusites, les OMA et les angines. Ainsi, sur les 221 prescriptions d&rsquo;antibiotiques pour 1000 habitants dans les infections respiratoires, il semblerait que seul 111 soit appropriées, soit 50%. Enfin, si l&rsquo;on considère l&rsquo;ensemble des prescriptions d&rsquo;antibiotiques quelque soit l&rsquo;indication, plus de 40% des antibiotiques seraient inappropriées aux Etats Unis. Il serait bien de voir également si les antibiotiques sont mieux utilisés en milieu hospitaliers ou si y&rsquo;a que les médecins ambulatoires qui prescrivent trop.</p>
<p>Le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=553">HCSP</a> a émis un avis de vaccination anti HPV chez l&rsquo;homme. Ainsi, étant donné que les hommes homosexuels (HSH) ne bénéficient pas d&rsquo;une protection par les femmes vaccinées,, il recommande une vaccination chez les homosexuels uniquement et ce jusqu&rsquo;à l&rsquo;age de 26 ans (et les hommes immunodéprimés, mais ça c&rsquo;était un avis précédent). Je me pose la question&hellip; Si on fait jusqu’à 26 ans chez l&rsquo;homme HSH, pourquoi on arrête à 19 chez la femme&hellip; Et à quel âge débuter? Parce qu&rsquo;on avait déjà noté que le vaccin était plus efficace avant les premiers rapports, mais du coup, pour les hommes, il faut attendre le 1er rapport homosexuel&hellip; Bref, je ne comprends toujours pas pourquoi on ne propose pas la vaccination à tout le monde, tout en sachant que le bénéfice est modeste quelque soit le sexe.</p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>Encore un article de pédiatrie pour conclure ces actualités. Le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1514210">NEJM</a> a publié un article randomisant l&rsquo;exposition des enfants à divers aliments potentiellement allergisant (cacahuète, lait de vache, œuf&hellip;) soit à 3 mois, soit à 6 mois (âge classique d&rsquo;introduction). Les auteurs ne retrouvent pas de différence significative dans le nombre d&rsquo;allergies globales entre 1 et 3 ans, ni dans les allergies à la cacahuète ou aux œufs dans les analyses en intention de traiter. Cependant, il y a une tendance a avoir moins d&rsquo;allergies avec une introduction précoce, qui ce confirme avec les résultats per protocole pour lesquels il y a significativement moins d&rsquo;allergie avec l&rsquo;introduction des aliments avant 3 mois. Si les résultats de cette étude se confirmaient, cela signifierai d&rsquo;abord qu&rsquo;il est vraiment inutile de retarder l&rsquo;introduction des aliments allergisant, et d&rsquo;autre part que le dogme des 6 mois d&rsquo;allaitement maternels exclusifs sera peut être remis en cause.</p>
<p>Encore merci de votre attention, bonne fin de week-end prolongé et à très bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°95: Raisonnement clinique, prescription metformine, Jus de pomme et GEA, multimorbidité, prévention primaire cardiovasculaire</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/05/dragi-webdo-n95/</link><pubDate>Sun, 01 May 2016 21:48:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/05/dragi-webdo-n95/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! La semaine a été plutôt calme, ce qui va permettre de parler de raisonnement clinique. Je viens de finir le MOOC de l&rsquo;université de Montréal intitulé &ldquo;<a href="https://cours.edulib.org/courses/course-v1:UMontreal+PRC.2+P2016/about">Processus de Raisonnement Clinique</a>&rdquo; dont les inscriptions ne sont pas encore closes. Ce MOOC théorise le raisonnement clinique, ce qui est à la fois très instructif pour les enseignants de MG et les MSU qui peuvent mieux repérer les lacunes dans le raisonnement des internes, mais aussi pour les médecins (étudiants ou plus expérimentés) qui souhaiteraient théoriser leur pratique grâce à un raisonnement plus systématique et des remises en questions permettant d&rsquo;améliorer la gestion de la consultation.</p>
<p>Le schéma (issu d&rsquo;une publication de <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22515753">Charlin B en 2012</a>)  présenté dans le MOOC se compose de 8 étapes principales expliquant que le raisonnement clinique commence dès que l&rsquo;on va chercher le patient en salle d&rsquo;attente et ne se termine pas après avoir eu les résultats des examens ou des thérapeutiques, car c&rsquo;est un processus en boucle qui permet d&rsquo;une part d&rsquo;engranger des &ldquo;scripts&rdquo; et  d&rsquo;améliorer la prise en charge quand un cas similaire se présente, et d&rsquo;autre part d&rsquo;avoir une vision globale régulant l&rsquo;ensemble du processus. J&rsquo;en dirais pas plus, inscrivez vous!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhRf0l3EmIFpFdl7b9c3Ygj_hTiXP-MrtRklXZVni9ng5fLWo6xcLQNl0QepEiTLfJBhSBgFxNrskRWSLdsrW5NjsTSc8Bx9CMjVAOMoNjbsJTFiIu5vHnYZ9B5udYTOrwQGnY7cROPLC0R/s1600/PRC.png"><img src="/images/articles/2016/prc.png" alt=""></a></p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Pas mal d&rsquo;infos de ce coté là. D&rsquo;abord, une lettre d&rsquo;information aux professionnels de santés publiée par l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Previscan-R-fluindione-et-Permixon-R-Serenoa-repens-confusion-pouvant-etre-a-l-origine-de-manifestations-hemorragiques-parfois-graves-Lettre-aux-professionnels-de-sante">ANSM</a> pour informer du risque de confusion entre les comprimés de Previscan et de Permixion.</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Information-sur-l-implant-de-sterilisation-tubaire-Essure-Point-d-information">ANSM</a> revient sur la contraception définitive par Essure, suite à des alertes lancées aux Etats Unis par la FDA. L&rsquo;agence française ne remet pas en cause le rapport bénéfice risque, rappelant qu&rsquo;un autre moyen de contraception doit être utilisé dans les 3 premiers mois et qu&rsquo;un contrôle de l’intervention doit être effectué après ce délai.</p>
<p>Enfin, la <a href="http://www.fda.gov/Safety/MedWatch/SafetyInformation/SafetyAlertsforHumanMedicalProducts/ucm494829.htm">FDA</a> renforce le cadre de prescription de la metformine. Les membres de la FDA recommandent un contrôle de la fonction rénale avant la prescription et qu&rsquo;un contrôle au moins annuel est nécessaire. Ils rappellent que la metformine est contre indiqué quand le DFG estimé est inférieur à 30ml/min et que l&rsquo;initiation d&rsquo;un traitement entre 30 et 45ml/min n’est pas recommandé. Pour ler patients avec un DGF estimé inférieur à 60ml/min, il est préférable de contrôler la fonction rénale à 48h d&rsquo;une injection de produit de contraste iodé avant la reprise du médicament qui aura été arrête au pire le jour de l&rsquo;examen.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La prévention primaire est toujours très en vogue. Une méta-analyse publiée dans le <a href="http://cardiology.jamanetwork.com/article.aspx?articleID=2517393&amp;utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter">JAMA</a> a étudié l&rsquo;efficacité de l’aspirine, des statines, des antihypertenseurs et de l&rsquo;arrêt du tabac. Le risque d&rsquo;évènement cardiovasculaire était diminué de 10% par l&rsquo;aspirine et 25% par les statines. Les antihypertenseurs diminuaient le risque d&rsquo;AVC de 35% et d&rsquo;infarctus de 15%. Concernant l&rsquo;arrêt du tabac, les évènements cardiovasculaires étaient trop mal renseignés pour conclure. L&rsquo;aspirine augmentait de 45% le risque de saignement, mais les statines ne semblaient pas avoir plus d&rsquo;effet secondaires que le placebo, ce qui me fait douter de ces analyses&hellip; Enfin, pour mémoire, les patients inclus dans les études méta-analysées sont généralement à haut risque cardiovasculaire, ce qui limite l&rsquo;applicabilité à tous les patients qu&rsquo;on croise.</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>Le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2518402">JAMA</a> a également publié une étude très intéressante dans la gastroentérite: jus de pomme (ou jus de fruit préféré) versus soluté de réhydratation chez les enfants de 6 mois à 5 ans. L&rsquo;essai contrôle randomisé avait comme critère de jugement composite le taux d&rsquo;échec de réhydratation orale, la déshydratation, l&rsquo;hospitalisation, le recours à des professionnels de santé. La non infériorité des jus était atteinte sur le critère principal et ils avaient également significativement moins d&rsquo;échec de traitement et moins d&rsquo;hydratation IV chez les jeunes patients. L&rsquo;effet était plus marqué chez les enfants de plus de 24 mois (parce que c&rsquo;est vers cet âge là qu&rsquo;on se rend compte que les SRO ont vraiment un sale gout je suppose&hellip;). Il y avait également moins d&rsquo;hospitalisations mais ce n&rsquo;était pas significatif (1/323 vs 6/324; p= 0,12), probablement par manque de puissance. Bilan de l&rsquo;étude, pour ne pas que l&rsquo;enfant de déshydrate, il faut qu&rsquo;il boive, et on boit mieux ce qu&rsquo;on aime!</p>
<p>4/ Multi-morbidité</p>
<p>Pour finir, une étude portant sur la multimorbidité a été publiée dans le <a href="http://bmjopen.bmj.com/content/6/3/e010119.full">BMJ open</a>. Les auteurs retrouvent que les patients avec 3 maladies chroniques prennent d&rsquo;après les recommandations 6 à 13 médicaments différents, et nécessiteraient de 50 à 70 heures par mois pour prendre en charge leur santé! Je vous laisse méditer sur cette représentation graphique du temps hebdomadaire pour leur santé selon les polypathologies:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj1dFUhR0xYa4jqYNWN_KihD2G_UzsK8i_mi6ybViOjUO6x-DQcf782rc-WbAewDtxmnBZcJ1AZZY6yhDtYCYdNMCjozzmCf7e-vl-DaxWE63jZZG7bo1uwths_2ENMyPX3kxmF-l3onwxv/s1600/multimorbidity.jpg"><img src="/images/articles/2016/multimorbidity.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà pour ce Dragi Webdo.</p>
<p>Je vous dis à très bientôt et bon courage pour cette courte semaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°94: ECG du sportif, insuff cardiaque (BB-, aliskiren), bronchoconstriction à l'effort, BCG, diarrhée du voyageur, RGO réfractaire</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/04/dragi-webdo-n94/</link><pubDate>Sun, 24 Apr 2016 18:21:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/04/dragi-webdo-n94/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Infectiologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, bonjour! Pour raconter un peu ma vie, j&rsquo;ai quand même du mal a comprendre certains internes. A moins que ce soit moi qui ai du mal à les comprendre (pourtant j&rsquo;étais à leur place il n&rsquo;y a pas si longtemps).</p>
<p>Lors d&rsquo;un cours, j&rsquo;ai entrepris de poser des questions sur la justification EBM des traitements d&rsquo;un patient qui a été présenté. Certains internes ont parfaitement appuyé la présence ou l&rsquo;absence d&rsquo;intérêt des traitements. D&rsquo;autres se sont contenté d&rsquo;écarquiller les yeux parce que cela ne correspondait pas à ce qu&rsquo;ils avaient appris en deuxième cycle. J&rsquo;ai finalement fait une synthèse EBM de chaque médicament pris, et on a pu entendre au fond de la salle (on m&rsquo;a raconté; moi j&rsquo;ai pas entendu, parce que j&rsquo;étais trop concentré à ne pas dire de conneries): &ldquo;pourquoi on a pas des cours là dessus plutôt que les truc nuls sur les compétences&rdquo;.</p>
<p>Comme disait Confucius &ldquo;quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner du poisson&rdquo;. Et c&rsquo;est bien ce qu&rsquo;on essaye de faire comprendre aux étudiants de troisième cycle: allez cherchez les infos, mettez vous à jour, parce que dans 6 mois (c&rsquo;était des TCEM3), plus personne ne le fera pour vous! (du moins, pour ceux qui ne viennent pas lire les Dragi Webdo qui sont quand même loin d&rsquo;être capable de répondre à tous les problèmes de médecine générale).</p>
<p>Si certains internes veulent me faire des retours sur &ldquo;pourquoi est ce que le message ne passe pas?&rdquo; je serai ravi de les lire pour qu&rsquo;on puisse améliorer ça.</p>
<p>Bref, la semaine a été un peu dense, j&rsquo;espère que la sélection vous plaira!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Les gliflozines font encore parler d&rsquo;elles, et notamment la Canagliflozine. Une fois de plus, c&rsquo;est pas en bien. D&rsquo;après l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Travaux-de-l-Agence-Europeenne-des-Medicaments-EMA-Comite-pour-l-evaluation-des-risques-en-matiere-de-pharmacovigilance-PRAC/Antiviraux-d-action-directe-de-l-hepatite-C-canagliflozine-auditions-publiques-de-l-EMA-retour-d-information-sur-le-PRAC-d-avril-2016-Point-d-information">ANSM</a>, il semblerai que cette molécule soit associée à une augmentation du risque d&rsquo;amputation chez les diabétiques. Il ne me semblait pas que ce signal soit apparu avec l&rsquo;étude EMPA-REG, mais je n&rsquo;ai pas non plus souvenir qu&rsquo;elles aient été spécialement regardées.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/353/bmj.i1156">BMJ</a> a évalué l&rsquo;intérêt des dépistage systématiques par ECG pour prévenir les morts subites des sportifs.  L&rsquo;article reprend que les cardiomyopathies hypertrophiques sont les principales causes connues, mais que leur part reste très faible, la majorité des morts subites étant d&rsquo;étiologie inconnue. L&rsquo;incidence des morts subites avait diminué de 90% après mise en place d&rsquo;un dépistage systématique en 1979 en Italie, mais il n&rsquo;est pas prouvé que cette baisse soit liée au dépistage (l&rsquo;amélioration des techniques de réanimations et des traitements est probablement aussi impliquée). A ce jour, l&rsquo;incidence des morts subites est identique en Italie (où il ya un dépistage obligatoire), en France (où il y a un dépistage recommandé) et aux États-Unis (où le dépistage n&rsquo;est pas recommandé). Les auteurs se rangent don à l&rsquo;avis du <a href="http://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/visite_de_non_contre_indication_la_pratique_du_spo/">CNGE</a> disant qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de preuves suffisantes pour recommander un dépistage par ECG chez les sportifs.</p>
<p>Au chapitre insuffisance cardiaque, les bêta-bloquants restent des traitements majeurs d&rsquo;après le <a href="http://www.bmj.com/content/353/bmj.i1855">BMJ</a> qui a réévalué leur efficacité avec une méta-analyse récente. Ils diminuent d&rsquo;environ 30% la mortalité chez les 40-85 ans avec une fraction d&rsquo;éjection ventriculaire gauche inférieure à 45% et réduisent également les hospitalisations pour insuffisance cardiaque.</p>
<p>Le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1514859">NEJM</a> confirme l&rsquo;inutilité de l&rsquo;aliskiren (inhibiteur direct de la rénine pas vraiment recommandé du tout en France) dans l&rsquo;insuffisance cardiaque grâce à un effet contrôlé randomisé comparant l&rsquo;aliskiren à l&rsquo;enalapril et à l&rsquo;enalapril + aliskiren avec comme critère de jugement la moralité cardiovasculaire ou les hospitalisations pour insuffisance cardiaque. Il n&rsquo;y avait pas de différence significative pour montrer la supériorité des groupes avec aliskiren vs enalapril, mais une augmentation des effets indésirables: hypotension, insuffisance rénale, hyperkaliémie.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Un article que j&rsquo;avais laissé passé mais qui mérite certainement que je revienne dessus. C&rsquo;est le dernier article du <a href="http://www.bmj.com/content/352/bmj.h6951">BMJ</a> dont je parlerais aujourd&rsquo;hui, promis. Il fait la distinction entre asthme et bronchoconstriction induite par l&rsquo;effort (EIB en anglais) qui peut être associé ou non à de l&rsquo;asthme. Le terme d&rsquo;EIB devrait être préféré à celui d&rsquo;asthme à l&rsquo;effort car il n&rsquo;y a pas d&rsquo;inflammation bronchique qui caractérise l&rsquo;asthme (j&rsquo;avoue que c&rsquo;est surtout de la nosologie). Le diagnostic se fait sur une diminution de 10% du VEMS après un effort de 8minutes avec 4 minutes à 90% de la FMT. Les auteurs insistent sur le sous diagnostic devant des symptômes aspécifiques (la toux et le wheezing sont évocateurs, mais l&rsquo;oppression thoracique et le souffle court sont aussi des symptômes). Les traitements proposés: beta2 mimétiques de courte durée d&rsquo;action avant l&rsquo;effort ou anti-leucotriènes, voire corticoïdes inhalés si besoin en cas d&rsquo;asthme associé. En cas d&rsquo;échec, penser à une obstruction laryngée liée à l&rsquo;effort qui fait souvent un stridor (et non un wheezing) qui nécessite une laryngoscopie après activité physique chez un ORL pour faire le diagnostic.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=549">HCSP</a> a revu ses recommandations compte tenu de la pénurie de BCG. La priorité est désormais donnée aux nouveau nés de Guyane/Mayotte et aux enfants de moins de 5 ans de tout département ayant au moins 1 facteur de risque à l’exception du lieu de résidence en Ile de France.</p>
<p>En attendant les recommandations pour les voyageurs, le <a href="http://www.bmj.com/content/353/bmj.i1937">BMJ</a> a publié un article sur les diarrhées du voyageur et la prescription de traitements antibiotiques. C&rsquo;est le dernier article du BMJ dont je parlerais aujourd&rsquo;hui, promis. L&rsquo;article recommande des traitements antibiotiques et symptomatiques pour les patients voyageant en zone à haut risque, à débuter dès le début des symptômes, selon le tableau suivant, tout en sachant que les antibio permettent seulement de diminuer la durée des symptômes de 3 à 1,5 jours.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgWeYtIdaPATL-j7c9hhMrwI5P-BgnwiM4QwwsdZGM89JcDq6BpqFGoyBzZNMeBDrj_6RciJWXwXTPyyP7iCdQVL3CC_1ZHZyyV296XimsDm-hp2jBUdxBr9rQ46-RsxOi83le8xz8dqOZf/s1600/BMJ+diarrh%25C3%25A9e+voyageur.png"><img src="/images/articles/2016/bmj-diarrh-25c3-25a9e-voyageur.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Gastroentérologie</p>
<p>Bien que le dernier article ait également pu être placé dans cette partie, je parlerais ici d&rsquo;un article sur la prise en charge du <a href="http://www.nature.com/nrgastro/journal/vaop/ncurrent/full/nrgastro.2016.50.html?WT.mc_id=TWT_NatRevGastroHep">RGO réfractaire</a>. Je me concentrerai sur 2 points particuliers. Le premier, c&rsquo;est l&rsquo;absence d&rsquo;amélioration significative des symptômes avec l&rsquo;ajout de prokinétiques aux traitements (anti-H2 ou IPP). Le second concerne également le traitement et se retrouve sur l&rsquo;algorithme suivant. En l&rsquo;absence de signe d&rsquo;alarme, pour un RGO avec des symptômes typiques, il est préconisé de poursuivre le traitement par IPP à double dose pendant 12 semaines, avant d&rsquo;avoir recours à des explorations.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEixwyY4Vp8JCu3fctfZlJ4KdgKg_TD_gvF_57IHR4T9f0WMl6s9lp5bB2ElPw8I1BZRAkoRdvAEmXTgItTS5CeFWxl6_UdC2Hdv0OLdmdBXNLHooOYh6H1fIZ1TCIfhwekpfWA3ZJDn1kSd/s1600/GERD+IPP+RGO.jpg"><img src="/images/articles/2016/gerd-ipp-rgo.jpg" alt=""></a></p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>On finira sur de la diabétologie, avec un <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2513979&amp;utm_content=buffer5c1c6&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">article</a> qui comparait la metformine aux autres traitements antidiabétiques oraux et notamment aux sulfamides. Par rapport a ces derniers la metformine diminuait significativement la mortalité cardiovasculaire. Les autres ADO n&rsquo;ont pas été comparés sur des critères de morbi-mortalité.</p>
<p>C&rsquo;est tout et c&rsquo;est déjà pas mal pour cette semaine. Comme je l&rsquo;avais dit c&rsquo;était dense.Une fois encore je vais réussir à publier ce billet dans les temps! A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°93: aspirine en prévention primaire, TA aux 2 bras, insuffisance rénale aigüe, dermatite atopique, sulfamides hypoglycémiants</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/04/dragi-webdo-n93/</link><pubDate>Sun, 17 Apr 2016 18:40:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/04/dragi-webdo-n93/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Néphrologie</category><category>Dermatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Une semaine avec un peu moins d&rsquo;articles, à moins que je sois passé totalement à coté&hellip; En tous cas, si vous repérez un article intéressant que j&rsquo;aurai zappé, n&rsquo;hésitez pas à me le soumettre en commentaire ou via Twitter. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p><a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2513176&amp;utm_content=buffer47015&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">Annals of internal medicine</a> a publié une méta-analyse d&rsquo;essais contrôlés randomisés sur les bénéfices de l&rsquo;aspirine en prévention primaire. Les auteurs retrouvent que l&rsquo;aspirine, quelque soit permet une diminution de la mortalité globale de 6% (résultats non significatifs pour la mortalité cardiovasculaire et les AVC, et hétérogénéité trop importante pour les infarctus). Pour les posologies inférieurs à 100mg/j, seule la réduction des infarctus de 14% était significative mais avec une hétérogénéité des études dépassant les 50%, la mortalité globale étant diminuée non significativement de 5%</p>
<p>(0,89-1,01). Il faut noter que les études incluaient des patients à partir de 40 ans, et chez les patients d&rsquo;âge supérieur à 65 ans la diminution du risque d&rsquo;infarctus dépasserait les 30% (selon la Women Health Study). Par ailleurs, l&rsquo;étude des patients diabétiques retrouve au mieux une diminution du risque d&rsquo;AVC par rapport aux non diabétiques, ce qui ne justifie pas un traitement massif de ces patients sur le seul facteur de risque qu&rsquo;est le diabète pris isolément.</p>
<p>Le <a href="http://bjgp.org/content/early/2016/04/12/bjgp16X684949">BJGP</a> a publié un article sur la différence de pression artérielle entre les deux bras (inter-arm difference, ou IAD). Les patients d&rsquo;une étude de cohorte avec une IAD systolique de plus de 5mmHg avaient un risque de mortalité cardiovasculaire augmenté de 91% et de mortalité globale augmenté de 44% après 8 ans de suivi en moyenne. De plus, ce risque était presque doublé si les patients étaient en plus hypertendus. Étrangement, une IAD de plus de 15mmHg n&rsquo;était associée à rien, probablement par manque de puissance. Avant de se lancer dans une mesure massive de la pression artérielle aux deux bras des patients, il faut quand même noter que 60% des patients de l&rsquo;étude avaient une IAD de plus de 5mmHg.</p>
<p>2/ Néphrologie</p>
<p>Petit détour néphrologique pour parler d&rsquo;un article du <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2816%2930240-9/fulltext">Lancet</a> sur l&rsquo;insuffisance rénale aigüe. Bien que plutôt centré sur les pays &ldquo;à bas PNB, toutes les régions du monde ont été étudiées. Il apparait que chez les pays  faible PNB, l&rsquo;insuffisance rénale aiguë soit liée à la déshydratation. Dans les pays à haut PNB, ce n&rsquo;est pas le cas: l&rsquo;hypotension est la première cause à 45%. (je sais, que les causes sont souvent plurielles, mais il ont du catégoriser dans l&rsquo;étude&hellip;) Alors que l&rsquo;été va arriver, attention à la iatrogénie qui est impliquée de cette situation aiguë associée à une mortalité à 7 jours de 10% dans les pays à haut PNB.</p>
<p>3/ Dermatologie</p>
<p>Le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2512768&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=415302824&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=23036451">JAMA</a> a publié des recommandations sur la prise en charge de la dermatite atopique. Elles sont particulièrement simples, avec l&rsquo;utilisation d&rsquo;hydratants en première intention puis de dermodorticoïdes si nécessaire. En France, les traitements en cas d&rsquo;échec sont ensuite réservés aux spécialistes avec le tacrolimus en application locale. Je découvre aussi à l&rsquo;occasion que la mupirocine intranasale et les bains de blanchiment (à la javel) auraient une efficacité, notamment en cas d&rsquo;infection secondaire (avec un niveau de preuve pas si mauvais&hellip;)</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Enfin, la diabétologie. <a href="http://link.springer.com/article/10.1007/s00125-016-3948-x">Un article australien</a> a retrouvé que les patients diabétiques de 50 ans avaient une espérance de vie diminuée de &ldquo;seulement&rdquo; 3 ans par rapport aux non diabétiques, mais une diminution de l&rsquo;espérance de vie sans handicap de plus de 8 ans!</p>
<p>Pour conclure, <a href="http://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1001992">Plos Medicine</a> a publié un article sur les sulfamides hypoglycémiants. La méta-analyse retrouve que les sulfamides de ne sont statistiquement pas associés à la mortalité globale, à la mortalité cardiovasculaire, au risque d&rsquo;infarctus ni d&rsquo;AVC. Certains diront &ldquo;super, on peut donc les utiliser sans augmenter le risque du patient!&rdquo; Ce serait oublié que l&rsquo;objectif du traitement est de diminuer chacun de ces risques. Les sulfamides permettent donc de baisser la glycémie, sans parvenir a diminuer le moindre évènement lié à la macro-angiopahie. (Et on <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/04/dragi-webdo-n91.html">a déjà vu</a> il y a 2 semaines qu&rsquo;ils ne diminuaient pas non plus les évènements de micro-angiopathie&hellip;)</p>
<p>[EDIT 18/04/16] Parlons cholestérol et régime. Perruche en a déjà très bien parlé <a href="http://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=4873">ici</a>.  <a href="http://www.bmj.com/content/353/bmj.i1246">L&rsquo;étude du BMJ</a> reprend les données d&rsquo;une cohorte américaine de patients institutionnalisés chez qui on a pu randomiser les repas avec soit des graisses animales soit des graisses végétales. L&rsquo;article enchaine même avec une méta-analyse d’essais randomisés sur le sujet. Les auteurs ne retrouvent pas de différence en terme de mortalité quelque soit le régime. En fait, l&rsquo;analyse de la cohorte laisse presque supposer que la mortalité est plus élevée après 65 ans avec les graisses végétales. Si on continue, on voit aussi que plus le cholestérol baisse, plus le risque de mortalité augmente&hellip; Si on avait eu les résultats publiés de cette étude dès la fin du suivi en 1973, les statines se seraient (peut être) moins bien vendues!</p>
<p>Voilà pour cette semaine! Merci pour vous commentaire et encouragements.</p>
<p>A très bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°92: HOPE-3 (congrès ACC), sexe et prostate, traitements ostéoporose, hypoglycémies, dépistage BPCO, directives anticipées</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/04/dragi-webdo-n92/</link><pubDate>Tue, 12 Apr 2016 00:57:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/04/dragi-webdo-n92/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Urologie</category><category>Addictologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Une fois n&rsquo;est pas coutume, je vous aurais fait patienté pour ce Dragi Webdo (désolé&hellip;). Cette semaine, encore beaucoup de chose avec notamment le congrès américain de cardiologie, mais j&rsquo;ai été synthétique essayé d&rsquo;être synthétique et pertinent pour la médecine générale.  Et comme ne ne sais pas vraiment où parler de directive anticipées, je place <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2619437/fr/les-directives-anticipees-concernant-les-situations-de-fin-de-vie">ici</a> la fiche HAS sur les directives anticipées avec un formulaire modèle.</p>
<p>Bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Pour commencer avec le congrès de cardiologie, voici l&rsquo;étude HOPE-3 qui n&rsquo;a pas échappé aux blogueurs tels que <a href="http://www.atoute.org/n/breve85.html">Dr Dupagne</a> et <a href="http://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=4828">Perruche</a>. Cet essai est un essai de grande ampleur avec une méthodologie un peux tordue, histoire de faire quelques économies et d&rsquo;améliorer la rentabilité de l&rsquo;essai en publiant 3 articles dans le NEJM avec un seul essai&hellip; (c&rsquo;est de la stratégie de publication bien menée!). L&rsquo;étude HOPE-3 est un essai randomisé en 4 groupes selon un &ldquo;plan factoriel 2x2&rdquo;. En clair, les patients ont été randomisé pour avoir: soit rosuvastatine + des anti HTA (candesartan + hydrochlortiazide), soit rosuvastatine + placebo A, soit les anti HTA + placebo B, soit placebo A + placebo B.</p>
<p><a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1600177#t=articleResults">Le premier article</a> publié compare les traitement du 1er groupe versus ceux du 2eme groupe, ce qui n&rsquo;a pas beaucoup d’intérêt (vu que les choux et les carottes sont mélangées).</p>
<p><a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1600175#t=articleMethods">Le deuxième article</a> compare les patients sous anti-HTA + placebo versus ceux sous double placebo. Les patients avaient dans chaque groupe 138/82 de tension et n&rsquo;étaient donc pas hypertendus en moyenne. L&rsquo;étude retrouve que le traitement anti-HTA baisse la tension mais ne diminue pas les évènements cardiovasculaires en l&rsquo;absence d&rsquo;HTA chez des patients avec un risque cardiovasculaire au moins modéré, voire élevé). Il n&rsquo;y a donc pas d&rsquo;intérêt des anti-hypertenseurs en l&rsquo;absence d&rsquo;HTA.</p>
<p><a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1600176#t=articleMethods">Le dernier article</a> compare, vous l&rsquo;aurez deviné, la rosuvastatine au double placebo. Et là, on voir que le traitement par statine chez des patients à risque cardiovasculaire modéré diminue de 25% les évènements cardiovasculaires! (en NNT ça donne: 91 patients en 5 ans, soit 450 patients par an). MAIS (vous l&rsquo;avez compris, maintenant je vais déballer tout ce qui ne va pas): la mortalité cardiovasculaire et globale ne sont pas diminuées significativement. Ces patients sont ils vraiment a risque cardiovasculaire modéré? (jusque là, l&rsquo;efficacité de la prava et simvastatine étaient pour les haut risques). Si on regarde les critères d&rsquo;inclusion: age &gt;55 ans pour les hommes et &gt; 65 pour les femmes avec en plus un autre facteur de risque cardiovasculaire. Il avaient donc AU MOINS 2 facteurs de risque. Et dans le tableau 1: on voit que sans compter l&rsquo;âge, 46% avaient 2 facteurs de risque et 24% en avaient au moins 3. Peut on dire que l&rsquo;étude concerne le risque cardiovasculaire modéré quand 75% de la population a au moins 3FDRCV? Ensuite, rappelons le fiasco de l&rsquo;étude JUPITER, financée par AstraZeneca, très controversée qui cherchait déjà à montrer une efficacité de la rosuvastatine en prévention primaire. AstraZeneca a donc retenté sa chance en finançant cette étude. Cette étude apporte quand même que les statines sont efficace pour réduire le risque d&rsquo;évènements cardiovasculaire indépendamment du LDL qui n&rsquo;était pas un critère d&rsquo;inclusion. Les auteurs ont quand même voulu assurer le coup avec la rosuvastatine 10mg (donc statine a fort pouvoir hypolipémiant) pour démontrer presque la même chose que la prava et la statine mais sans bénéfice sur la mortalité (donc c&rsquo;est certainement quand même une déception pour eux)</p>
<p>Bref, une étude qui fait du bruit, et qui va promouvoir les statines fortes dose (alors que y&rsquo;a pas besoin de forte dose) à des patients a risque cardio modéré (qui sont en fait à risque élevé) parce que le Crestor diminue les évènements cardiovasculaires (alors que la prava et la simva diminuent la mortalité).</p>
<p>Si on parle un peu nutrition, le NEJM a également publié une étude sur la <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1501451">consommation de fruits</a>. Jusqu&rsquo;à ce jour AUCUNE étude n&rsquo;avait démontré un intérêt à manger &ldquo;<a href="http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/detaildoc.asp?numfiche=1115">5 fruits et légumes par jour</a>&ldquo;pour avoir un bénéfice cardiovasculaire significatif. Les chinois ont étudié la consommation de fruits de 500 000 patients (facile pour eux, ils sont nombreux&hellip;.) et ont retrouvé que la consommation de fruits frais quotidienne était associée à une diminution significative de la mortalité cardiovasculaire, des AVC ischémiques et hémorragique et des évènements cardiaques ischémiques par rapport aux patients en mangeant rarement. En fait, l&rsquo;effet est généralement significatif dès que la consommation est &ldquo;mensuelle&rdquo; mais une dose effet est retrouvée. Ces résultats persistent après ajustement sur le niveau socio-économique mais d&rsquo;autres facteurs de confusions n&rsquo;ont peut être pas été pris en compte. Plus que la significativité, c&rsquo;est la relation dose-effet mise en évidence qui me semble intéressante.</p>
<p>Pour clore le chapitre cardiovasculaire, <a href="http://www.amjmed.com/article/S0002-9343%2815%2901047-5/abstract">une dernière étude</a>. Cela fait plusieurs années que l&rsquo;ont voit apparaitre l&rsquo;hyperuricémie comme facteur de risque cardiovasculaire. Une étude de cohorte de patients hyperuricémiques a été menée et les patients traités ont été appariés avec un score de propension sur les comorbidités et traitements avec des patients non traités. Les auteurs retrouvent une diminution du risque de mortalité globale de 32% (alors que le risque de mortalité cardiovasculaire n&rsquo;est même diminué de 10% significativement)!</p>
<p>2/ Urologie</p>
<p>Détendons nous un peu après ces articles cardiovasculaires de haut niveau. Parlons de sexe du cancer de la prostate. <a href="http://www.europeanurology.com/article/S0302-2838%2816%2900377-8/abstract/ejaculation-frequency-and-risk-of-prostate-cancer-updated-results-with-an-additional-decade-of-follow-up">Une étude passionnante</a> à retrouvé que chez l&rsquo;homme de 20 à 29 ans, avoir plus de  21 éjaculations par mois diminuait le risque de cancer de la prostate de 20%! Entre 40 et 49 ans, cet effet se maintient, mais apparait, certes avec une taille d&rsquo;effet un peu moindre, dès  8 à 12 éjaculations par mois (ouf, parce que faut tenir le rythme quand même!). Conclusion: l&rsquo;éjaculation prévient mieux le cancer de la prostate que le dépistage par PSA avec moins d&rsquo;effets indésirables. PS: L&rsquo;étude ne dit cependant pas dans quelles &ldquo;conditions de stimulation&rdquo; doit se produire l&rsquo;éjaculation pour avoir son effet &ldquo;préventif&rdquo;.</p>
<p>3/ Tabacologie:</p>
<p>Le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2484340&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=331944476&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=20483265">JAMA</a> a publié une étude sur le sevrage tabagique, randomisant les patients en groupe &ldquo;patch nicotine&rdquo;, &ldquo;stratégies combinées de substitution nicotinique&rdquo; et &ldquo;varenicline&rdquo;. Je ne vous fais pas languir plus longtemps: pas de différence significative entre les 3 groupes sur le critères d&rsquo;efficacité (même si les stratégies combinées semblaient visuellement faire mieux), et beaucoup plus d&rsquo;effets secondaire sous varenicline. Comme dirait prescrire pour ce traitement médicamenteux: &ldquo;pas d&rsquo;accord!&rdquo;</p>
<p>Concernant le dépistage de la BPCO, les <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2510916">américains</a> ne recommandent pas le dépistage chez des patients asymptomatiques bien que ce soit la 3ème cause de mortalité aux États-Unis, surtout devant l&rsquo;absence de comparaison &ldquo;dépistage&rdquo; vs &ldquo;pas de dépistage&rdquo; sur des critères de jugement cliniques.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Je mets souvent des articles de rhumato parce que je pense avoir besoin de l&rsquo;améliorer dans ce domaine. Concernant l&rsquo;ostéoporose, <a href="http://www.nature.com/nrendo/journal/v11/n7/full/nrendo.2015.71.html?platform=hootsuite">un article</a> reprend les effets à court et long terme des traitements de l&rsquo;ostéoporose. Le graphique suivant montre l&rsquo;efficacité sur les fractures non vertébrales, notamment avec des bisphosphonates. Malheureusement le graph n&rsquo;a pas été fait pour les fractures vertébrales. Le texte rappelle juste que l&rsquo;alendronate diminue ces dernières de 50%. L&rsquo;autre information intéressante est le plateau atteint en terme de gain de DMO après 3 ans d&rsquo;alendronate et 4-5 ans de zoledronate (un peu supérieur en gain de DMO par rapport à l&rsquo;alendronate), qui peut justifier des fenêtres thérapeutiques.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjsIFA0At6_Kaa7MXiMGCathHQkUFBJgO3rYZk8s2nMGQb5Uzpx8h8NNaRufHgL2z2Aze40aJ2wRpZ9FdPMT5TaOYadk_QgPWHcjFdqqxcbpjObIDWMXAu1IbKoj5MlqXVACu1fnfdEin6K/s1600/bisphosphonates.jpg"><img src="/images/articles/2016/bisphosphonates.jpg" alt=""></a></p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Enfin, la <a href="http://www.nature.com/nrendo/journal/v10/n12/full/nrendo.2014.170.html?WT.mc_id=TWT_NatureRevEndo">revue</a> portait sur les hypoglycémies et leurs conséquences: évènements cardiovasculaires (infarctus du myocarde, arythmies), troubles neurologiques (comas, convulsions, troubles cognitifs). L&rsquo;étude rappelle que ces évènements surviennent fréquemment la nuit chez les patients sous insuline.</p>
<p>C&rsquo;était intense comme je l&rsquo;avais annoncé. Je vous souhaite donc une bonne nuit et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°91: la metformine efficace! , calendrier vaccinal 2016, brochure PSA, antalgiques et colique néphrétique, ECG, déremboursement olmesartan</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/04/dragi-webdo-n91/</link><pubDate>Sun, 03 Apr 2016 23:36:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/04/dragi-webdo-n91/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Santé publique</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Douleur</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! La semaine a été éprouvante avec le CMGF qui s&rsquo;est déroulé sur 3 jours cette semaine. Les présentations étaient plutôt intéressantes et vous pouvez retrouver les principales informations sur twitter avec <a href="https://twitter.com/search?f=tweets&amp;vertical=default&amp;q=%23CMGF2016&amp;src=typd">#CMGF2016</a> ! Et puis, c&rsquo;est toujours super sympa de retrouver des twittos et de faire la connaissance de nombreux autres! (Je ne citerai pas personne de peur d&rsquo;en oublier&hellip;) Aller, c&rsquo;est parti pour le Dragi Webdo de la semaine!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>ENFIN, l&rsquo;arrêt de remboursement de l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Presse-Communiques-Points-presse/Deremboursement-des-specialites-a-base-d-olmesartan-dans-le-traitement-de-l-hypertension-arterielle-Communique-de-presse">olmesartan</a> va prendre effet d&rsquo;ici environ 3 mois! C&rsquo;est ce qu&rsquo;annonce l&rsquo;ANSM suite à un arrêté du 3 avril. (visiblement, ils travaillent le dimanche). Cela aura donc mis environ 1 an. Mieux vaut tard que jamais diraient certains&hellip;</p>
<p>L&rsquo;ANSM annonce également la remise à disposition d&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Ruptures-de-stock-des-medicaments/EXTENCILLINE-600-000-UI-1-2-M-U.I.-et-2-4-M-U.I.-poudre-et-solvant-pour-suspension-injectable-IM-Arret-de-commercialisation">Extencilline</a> 2,4 et 1,2MUI. Il ne sera donc plus nécessaire de s&rsquo;approvisionner en Sigmacilina hospitalière à partir de cette semaine.</p>
<p>Enfin, l&rsquo;<a href="https://www.vidal.fr/actualites/19377/praxbind_l_antidote_specifique_de_pradaxa_est_commercialise_a_l_hopital/">idarucizumab</a>, antidote du dabigatran, est disponible en pharmacie hospitalière pour pouvoir être utilisé dans les services d&rsquo;urgences chez les patients traités par dabigatran.</p>
<p>2/ Santé publique</p>
<p>Le <a href="http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinal_2016.pdf">calendrier vaccinal 2016</a> est disponible! Pas de grand changement, mais apparition de la vaccination anti-zona chez les plus de 65 ans. Je ne suis pas très enthousiaste pour ça, mais visiblement la review Cochrane semble trouver que le vaccin est efficace. Les vaccin anti HPV reste recommandé pour les jeunes filles mais pas encore pour les hommes sauf en cas d&rsquo;<a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=504">immunodépression</a>.</p>
<p>Concernant le cancer de la prostate, le collège de médecine générale, l&rsquo;INCA et la CNAM se sont associés pour créer un <a href="http://www.e-cancer.fr/content/download/145176/1814733/file/Premiere-prescription-PSA-homme-asymptomatique-v3_2016.pdf">document d&rsquo;information</a> sur le dépistage par PSA. Le guide n&rsquo;est pas très long et peut être distribué aux patients. La définition du surdiagnostic et du sur-traitement y est exposé avec un tableau comparatif des effets indésirables.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiLzYXJ65SJVeVG1Tn-kuZ5mXADYlCWtBZ3aRLnlxohaWki_ZwHZKNlRTqLK9mEszLoUgZw894mJhiCXxzf9kHw73cZag2tgJvPyXiyOqLvvZp00dKr_Ols9FT_nI8H0kGpd_banTSreoqA/s1600/K+prostate.jpg"><img src="/images/articles/2016/k-prostate.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Le <a href="http://bjgp.org/content/early/2016/03/28/bjgp16X684781">BJGP</a> a étudié le diagnostic de fibrillation auriculaire en soins primaires à partir de 260 médecins généralistes et 20 cardiologues. Les auteurs retrouvent que 23% des généralistes et 3% des cardiologues ont considéré comme normal un ECG anormal. Par contre, concernant les sus-décalages ST, seul 1% des généralistes se trompait, ce qui est une info plutôt rassurante.</p>
<p>4/ Prise en charge de la douleur</p>
<p>Une étude publiée dans le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2816%2900652-8/abstract">Lancet</a> c&rsquo;est intéressée à la prise en charge de la douleur dans la colique néphrétique en randomisant les patients en un groupe diclofénac, un groupe morphine et un groupe paracetamol. Le traitement le plus efficace pour diminuer de 50% la douleur après 30min était l&rsquo;AINS. Il n&rsquo;y avait pas de différence significative entre la morphine et le paracetamol. On aura vite conclu à la supériorité du diclofénac. Cependant, la morphine était donnée à dose fixe 0,1mg/kg et n&rsquo;était donc pas la résultante d&rsquo;une titration, ce qui est fait de façon classique: la morphine était elle à bonne dose? De plus, dans cet essai à 3 bras, 3 comparaisons ont été prévues d&rsquo;après le protocole sur <a href="https://clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT02187614">clinicaltrial.gov</a>: paracetamol vs morphine, morphine vs diclofenac et paracetamol vs diclofenac. On doit alors prendre en compte des comparaisons multiples,  dont la partie analyse de la méthode ne fait pas mention, parce que plus on fait de test, plus on a de risque de trouver un résultat positif (logique&hellip;). Une de ces méthode est la méthode de Bonferoni: il suffit de diviser par le nombre de tests le p(global) pour avoir un p identique à chaque test. Ici: 0,05/3= 0,0167. Le seuil de significativité est donc 0,0167. Maintenant, regardons le résultat de la comparaison morphine vs diclofenac: &ldquo;OR=1,35 ; p=0,187&rdquo; ! DAMNED! Avec une méthodologie correcte, il n&rsquo;y a plus de différence entre les groupes, et leur résultat n&rsquo;est plus &ldquo;positif&rdquo;. On s’aperçoit qu&rsquo;ils ne publient pas la comparaison diclofenac vs paracetamol, comme ça il n&rsquo;y a plus que 2 comparaisons et donc leur résultat reste significatif (p&lt;0,025)&hellip; Je passerais sur le fait que c&rsquo;était une étude de non infériorité convertie en supériorité mais les résultats de non infériorité ne sont pas présentés correctement. Bref, ça sent le bidouillage d&rsquo;analyses cette histoire. Vous allez dire que je vois des conflits d&rsquo;intérêt partout, mais en tous cas les Qatari arrivent a publier dans des grandes revues.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Longtemps après tout le monde, le <a href="http://www.bmj.com/content/352/bmj.i1541">BMJ</a> publie une étude retrouvant que les glitazones augmentent le risque de cancer de la vessie. Étonnamment, la pioglitazone augmentait le risque de 63% mais l&rsquo;augmentation du risque par la rosiglitazone n&rsquo;était pas significatif. L&rsquo;essai ayant été conçu avec comme critère de jugement principal la pioglitazone, les résultats sur la rosiglitazone ne permettent pas de conclure à une absence de risque.</p>
<p>Pour finir, le <a href="http://www.bmj.com/content/352/bmj.i1450">BMJ</a> a étudié les traitements du diabète et le risque de complications en soins primaires. Rémi Boussageon nous a montré en réévaluant les études qu&rsquo;aucun des traitements du diabète ne diminuait clairement la mortalité ni les complications cardiovasculaires. Le BMJ s&rsquo;est donc intéressé aux autres complications: amputation, cécité, insuffisance rénale. Les auteurs retrouvent alors des résultats particulièrement intéressants:</p>
<ul>
<li>
<p>versus absence de traitement: la metformine est le seul traitement a diminuer ces 3 complications et diminue en plus le risque d&rsquo;hypoglycémie. Les autres traitements ont même tendance a augmenter parfois les complications.</p>
</li>
<li>
<p>versus metformine seule: les sulfamides augmentent les 3 complications; metformine + sulfamide est la seule association diminuant les insuffisance rénale (mais qui augmentait la mortalité à Taiwan par rapport à metformine + gliptines , <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/11/dragi-webdo-n70.html">ici</a>) , et metformine + insuline augmente les complications.</p>
</li>
</ul>
<p>Et pour couronner le tout, ça ne parle pas d&rsquo;objectif glycémique: la metformine serait elle efficace pour ces complications quelque soit l&rsquo;HbA1C chez les diabétiques?</p>
<p>J&rsquo;espère que cette revue vous a intéressé. N&rsquo;hésitez pas à me faire part de vos remarques pour améliorer cette chronique! Passez une bonne semaine et à bientôt! [Et hop, publié dans les temps pour une fois!]</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°90: antidépresseurs, domperidone, PSA, surtraitement cancer du sein, lombalgie et chirurgie (HAS), inhibiteur SGLT-2</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/03/dragi-webdo-n90/</link><pubDate>Mon, 28 Mar 2016 18:25:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/03/dragi-webdo-n90/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Santé publique</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, j&rsquo;espère que vous n&rsquo;avez pas eu d&rsquo;indigestion de chocolat et que vous pouvez profiter de ce jour férié pour vous reposer. Pas mal d&rsquo;actualités cette semaine, ça va être dense, alors désolé de ne pas avoir réussi a faire un billet plus concis! Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>L&rsquo;ANSM revient sur le risque de pneumopathie sous <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Corticoides-inhales-traitement-de-la-BPCO-reevaluation-de-Zydelig-idelalisib-et-des-produits-de-contraste-contenant-du-gadolinium-retour-d-information-sur-le-Prac-de-mars-2016-Point-d-Information">corticoïdes inhalés</a> chez les patients BPCO et le confirme suite à une réévaluation par le PRAC. L&rsquo;agence rappelle la recommandation de ne pas en prescrire en monothérapie chez ces patients.</p>
<p>La HAS recommande à son tour de ne pas prescrire de <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2618718">domperidone</a> aux enfants et de la dérembourser. Chez l&rsquo;adulte, la HAS rappelle qu&rsquo;aucune étude n&rsquo;a retrouvé une efficacité. Le &ldquo;fail&rdquo; de l&rsquo;article est en bas: &ldquo;alternatives&rdquo;, où il est proposé de donner de la métopimazine (vogalène et autres) ou du metoclopramide (primperan et autres) qui ne valent pas vraiment mieux, surtout chez l&rsquo;enfant.</p>
<p>L&rsquo;utilisation d&rsquo;antidépresseurs et le risque cardiovasculaire ont été étudiés dans le <a href="http://www.bmj.com/content/352/bmj.i1350">BMJ</a>. L&rsquo;étude de cohorte n&rsquo;a pas retrouvé globalement d&rsquo;association entre infarctus et antidépresseurs (quelque soit la classe). Cependant, l&rsquo;utilisation de fluoxetine a diminué le risque d&rsquo;infarctus. Quand on sait que la dépression est considéré comme un facteur de risque cardiovasculaire, il n&rsquo;est pas illogique d&rsquo;avoir ce résultat avec un antidépresseur efficace (ce qui n&rsquo;est pas le résultat avec d&rsquo;autres, comme la lofepramine qui augmentait le risque). Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;association avec le risque d&rsquo;AVC, cependant, un traitement par citalopram, escitalopram et tricyclique augmentait le risque de fibrillation auriculaire, contrairement à la fluoxetine qui le diminuait.</p>
<p>2/ Santé publique</p>
<p>Le <a href="http://www.invs.sante.fr/beh/2016/9/2016_9_1.html">BEH</a> publie un article sur l&rsquo;évolution des pratiques des médecins par rapport au dépistage du cancer de la prostate. Le dépistage est en baisse (faible baisse)et malgré les recommandations des autorités de ne pas dépister 27% des hommes de plus de 40 ans avaient déjà eu un dosage des PSA! Ce qui change, c&rsquo;est le mode de dépistage avec l&rsquo;IRM qui est de plus en plus utilisée mais dont la place semble encore à préciser.</p>
<p>J&rsquo;ai choisi de parler de vaccination dans un paragraphe &ldquo;santé publique&rdquo; car c&rsquo;est l&rsquo;angle intéressant de l&rsquo;article du <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2503179&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=387322836&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=22004386">JAMA</a>. En effet, la revue de la littérature qui étudiait la vaccination anti-rougeole et anti-coqueluche retrouve que les phénomènes de refus vaccinaux s&rsquo;accompagnait d&rsquo;une augmentation du risque d&rsquo;attraper la maladie chez les patients non vaccinés (jusque là, logique). Mais, ces refus étaient aussi accompagné de recrudescence des ces deux pathologies parmi les populations bien vaccinées. Les vaccins n&rsquo;étant pas efficaces à 100%, on comprend l&rsquo;enjeu de la protection collective.</p>
<p>Une étude du <a href="http://oncology.jamanetwork.com/article.aspx?articleID=2476244&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jamaonc&amp;utm_campaign=article_alert&amp;utm_content=automated">JAMA Oncology</a> parle du surtraitement des carcinomes in situ de bas grade du sein. L&rsquo;étude de cohorte rétrospective a apparié les patientes ayant un carcinome in situ de bas grade ayant eu un traitement chirurgical avec celles n&rsquo;en ayant pas eu. Les auteurs retrouvent une survie à 10 ans de 98.6% dans le 1er versus  98.8% dans le second (p=0.95). Si on ne peut pas faire grand chose contre le sur-diagnostic, on pourrait peut-être limiter le surtraitement&hellip;</p>
<p>3/ Pratiques médicales</p>
<p>Le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMsa1508955">NEJM</a> s&rsquo;est intéressé aux prescriptions à risques en soins primaire, à savoir les AINS et les anti-agrégants plaquettaires. Les auteurs ont conduit une étude randomisée en clusters pour des praticiens subissant 48 semaines d&rsquo;interventions d&rsquo;amélioration des pratiques avec une date de début variable. L&rsquo;étude retrouve une diminution de plus de 30% des patients exposés aux prescriptions à risques dès le début des interventions et un bénéfice qui se prolonge  1 an après la fin. Mais  48 semaines de formation c&rsquo;est long quand même&hellip;.</p>
<p>Le journal britannique de médecine général a évaluer la sécurité des <a href="http://bjgp.org/content/early/2016/03/09/bjgp16X684397.abstract">intervention chirurgicales mineures</a> effectuées par les médecins généralistes. Les auteurs retrouvent que ces interventions semblent sures et d&rsquo;autant plus sures que les médecins travaillent en réseau.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>La <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2615316/fr/lombalgie-chronique-de-l-adulte-et-chirurgie">HAS</a> a publié des recommandations sur la lombalgie chronique et la chirurgie. L&rsquo;article ne concerne que les lombalgies chroniques dégénératives. Je saute les détails techniques pour arriver à la conclusion: l&rsquo;arthrodèse est supérieure à la prise en charge non chirurgicale sans rééducation intensive, mais non supérieure à la prise en charge non chirurgicale avec rééducation intensive; la prothèse discale ne fait pas mieux que l&rsquo;arthrodèse.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Une <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2816%2900052-8/abstract">méta-analyse</a> s&rsquo;est intéressée aux effets cardiovasculaires des anti-SGLT2. La conclusion de l&rsquo;article: ces traitements ont un net bénéfice en terme de réduction cardio-vasculaire. Cependant, si on regarde les &ldquo;forest plot&rdquo;, on s&rsquo;aperçoit que ce sont essentiellement les résultats d&rsquo;EMPA-REG qui &ldquo;tirent&rdquo; à eux le bénéfice, notamment sur la mortalité globale, que l&rsquo;hétérogénéité des patients est trop importante pour certains critères (I2=43% pour les évènements cardiovasculaires), qu&rsquo;on retrouve même une augmentation peut être significative des AVC non fatals et que pour les infarctus et l&rsquo;angor la différence n&rsquo;est pas significative. Tout ça pour dire qu&rsquo;il faut mieux ne pas toujours survoler les articles.</p>
<p>Je vous remercie une fois de plus de me lire. J&rsquo;espère croiser certains de vous au CMGF qui se déroule cette semaine. Et sinon, à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°89: prescription morphiniques, AINS et arthrose, exercice physique, observance et FA, sevrage tabagique brutal</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/03/dragi-webdo-n89/</link><pubDate>Mon, 21 Mar 2016 22:48:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/03/dragi-webdo-n89/</guid><category>Douleur</category><category>Activité physique</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Addictologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir!!! On sent qu&rsquo;on est vieux quand on met plus de 24h à récupérer d&rsquo;une nuit blanche&hellip; Non, je ne suis pas du tout en train d&rsquo;essayer de justifier mon retard de publication&hellip; (Mais merci à ma fille qui m&rsquo;a fait réaliser ce fait&hellip;). Du coup, comme je suis encore un peu décalqué, ça me fait une excuse pour les nombreuses fautes éventuelles fautes qui se glisseraient dans ce billet!</p>
<p>1/ Prise en charge de la douleur:</p>
<p>Les américains ont publié des <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2503508&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=397479158&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=22311143">recommandations</a> pour la prescription d&rsquo;antalgiques des morphiniques, relativement axées sur les soins primaires. Pour résumer, après échec des antalgiques autres et évaluation de la balance bénéfice-risque propre au patient, le traitement doit être débuté par un morphinique d&rsquo;action rapide, au plus faible dosage efficace possible. Il est recommander de ne pas dépasser  50mg d&rsquo;équivalent morphinique par jour, et déconseiller de dépasser  90mg. (Souvent quand on est obligé d&rsquo;en mettre, les doses sont bien supérieures à ça je trouve&hellip;). Pour les pathologies aigües, 3 jours de traitements sont une durée raisonnable, et il faut éviter de dépasser les 7 jours. Pour les douleurs chroniques, il faudrait faire une recherche urinaires d&rsquo;opioïdes avant d&rsquo;instaurer le traitement (pour être sur que le patient ne soit pas un junky en manque?). Enfin, ne pas en prescrire en co-prescription avec des benzodiazépines.</p>
<p>Passons à un antalgiques plus soft. Les <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2816%2930002-2/abstract">AINS</a> ont été étudiés dans une méta-analyse sur la gonarthrose et la coxarthrose. Je ne m&rsquo;attarderai pas sur la méthodologie complexe (méta-analyse en réseau et modèle multivarié a effet aléatoire Bayésien&hellip; que je ne connais pas vraiment), mais l&rsquo;étude retrouve que le diclofenac 150mg/j a le meilleur effet antalgiques, suivi l&rsquo;ibuprofène à 2400mg/jour et le naproxène (J&rsquo;ai retiré les coxibs du classement parce que leurs effets indésirables sont disproportionnes). Les effets indésirables ne sont absolument pas discutés, mais je vous mets 2 figures incontournables: la première montrant la taille d&rsquo;effet par rapport au placebo, et la seconde montrant le classement en fonction de cette taille d&rsquo;effet et la probabilité d&rsquo;atteindre une différence cliniquement pertinente (MID). Bref, si on recoupe ça avec ce que dit Prescrire: Naproxène et Ibuprofène c&rsquo;est pas si mal.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhx7DW7gFwuF9swU-kET2Y0NkH5WtQqTIQvLxIl4KNP8bC18e7tJJa1mcsVdYqJz7rL_SU17JcKzXqsQXkzxsOtlzCPalLMwPN13rXKCXJS3MU5mL5zQLe4UxkrZLG_MCSO7vO7HSsRJdSN/s1600/AINS+fig1.jpg"><img src="/images/articles/2016/ains-fig1.jpg" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgRc3vGiP8h1jKZPxtkMDDe3Q2PNQcoTAsXmV8ZYSbfsh9o8da-t0NjZ8NQw8L5bBR4_e_eLcMeZ934UIwblkNtISN2iH-_4HGgv1wiR241hdya7gcDqw0ZQLC9jxnVpA77PN1zAKVqe8-8/s1600/AINS+fig2.jpg"><img src="/images/articles/2016/ains-fig2.jpg" alt=""></a></p>
<p>2/ Exercice physique</p>
<p>Un magnifique article a été publié dans le <a href="http://www.cmaj.ca/content/early/2016/03/14/cmaj.150684">Canadian Medical Association Journal</a>. C&rsquo;est une revue de la littérature des situations dans lesquelles l&rsquo;exercice physique a démontré un bénéfice. On y retrouve donc: l&rsquo;arthrose de la hanche et du genou, les lombalgies chroniques, la prévention des chutes, l&rsquo;insuffisance cardiaque, les coronaropathies, la BPCO, le syndorme de fatigue chronique et le diabète. Si certains critères de jugement sont très pertinents (mortalité dans les cardiopathies), d&rsquo;autres le sont moins (diminution modestes d&rsquo;un score de douleur ou d&rsquo;Hba1C dans le diabète). L&rsquo;article est néanmoins bien fait avec en <a href="http://www.cmaj.ca/content/early/2016/03/14/cmaj.150684/suppl/DC1">appendice</a> des fiches descriptives des activités/mouvements/rééducation à faire pour chaque situation.</p>
<p>3/ cardio-vasculaire</p>
<p>Il est rare que le chapitre cardiovasculaire arrive si tardivement dans le billet, mais il y avait tellement mieux à raconter avant (quoi que c&rsquo;est aussi très intéressant.. enfin je trouve&hellip;) Bref, une étude s&rsquo;est intéressée à l&rsquo;<a href="http://jaha.ahajournals.org/content/5/2/e003074.full">observance dans la FA</a>. Elle retrouve que l&rsquo;observance est particulièrement mauvaise:  47% des patients sous AOD et  40% sous AVK (différence significative, p &lt;0,001) ont pris leur traitement plus de 80% du temps de suivi qui était de 1 an. Il est également retrouvé que plus la durée de non-observance était longue, plus le risque d&rsquo;AVC était élevé (logique, encore fallait-il le prouver): pour les score CHADSVASC ≥4 ce risque augmentait dès 1 mois d&rsquo;arrêt d’anti-coagulation, et SEULEMENT après 6 mois pour les CHADSVASC de 2 ou 3. Concernant les patients CHADSVASC de 0 et 1, l&rsquo;absence d&rsquo;anticoagulant n&rsquo;augmentait jamais significativement la survenue d&rsquo;AVC mais diminuait le risque de saignement. Ainsi, l&rsquo;étude confirme la classification CHADSVASC et les recos actuelles.</p>
<p>L&rsquo;autre article parle du PCSK9 circulant, qui serait un marqueur de risque cardiovasculaire. Dans une étude de cohorte de  491 patients suivis pendant 15 ans, les patients avec un PCSK9 élevé (4ème quartile) avaient un risque cardiaque augmenté de  48% par rapport à ceux avec un dosage faible (1er quartile). Pour mémoire, des médicaments anti PCSK9, dont j&rsquo;avais parlé <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/03/dragi-webdo-n42.html">ici</a>, sont en court d&rsquo;évaluation et sont prometteur (même si leur mode d&rsquo;administration est par injection)</p>
<p>4/ Addictologie</p>
<p>Pour finir, <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2501853">Annals of Internal Medicine</a> a comparé l&rsquo;arrêt brutal du tabac versus un arrêt progressif en deux semaines. L&rsquo;étude était un essai contrôlé randomisé de non infériorité, qui a été converti en essai de supériorité étant donné que la non infériorité n&rsquo;avait pas été prouvée. Les auteurs retrouvent donc que l&rsquo;arrêt progressif diminue de 20% le sevrage à 4 semaines par rapport à l&rsquo;arrêt brutal. Il faudrait donc privilégier l&rsquo;arrêt brutal!</p>
<p>Je vous remercie de votre patience et m&rsquo;excuse pour ce retard de publication. (En fait, je voulais peut être juste voir à quel point ce billet était attendu!) J&rsquo;espère que certains n&rsquo;ont pas fait un syndrome de sevrage brutal comme ils me menaçaient  me l&rsquo;annonçaient sur Twitter. Bonne soirée et à la semaine prochaine (normalement&hellip;) !</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°88: grippe/paracetamol, surdiagnostique de l'asthme, dépression de l'adolescent, diabète (CNGE)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/03/dragi-webdo-n88/</link><pubDate>Sun, 13 Mar 2016 22:24:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/03/dragi-webdo-n88/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Sans plus attendre, voici le Dragi Webdo de la semaine! (Publié en temps et en heure pour une fois!!)</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Pour commencer, l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Usage-detourne-de-medicaments-antitussifs-et-antihistaminiques-chez-les-adolescents-et-les-jeunes-adultes-Point-d-Information">ANSM</a> rappelle les risques de mésusage de médicaments antitussifs aussi bien dérivés opiacé qu&rsquo;anti-histaminique. Un message a donc été adressé aux professionnels de santé pour être vigilants à ce type de demande. Pour mémoire, ces traitements n&rsquo;ont pas vraiment démontré leur utilisé, comme le rappelait il y a peu <a href="http://www.60millions-mag.com/2015/10/21/contre-la-toux-la-plupart-des-medicaments-sont-eviter-8024">60 millions de consommateurs</a>.</p>
<p>Une <a href="http://cardiology.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2499815&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=388987518&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=22049738">étude</a> du JAMA étudiait les facteurs de risque d&rsquo;hémorragie intra-cranienne chez les patients sous AVK. Ils ont retrouvé que la démence, l&rsquo;anémie, la dépression, un traitement antiépileptique et avoir un INR labile étaient les facteurs principaux. L&rsquo;étude ne dit pas s&rsquo;il y a moins d&rsquo;hémorragies si on passe ces patients sous AOD&hellip;</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le HCSP avait déjà recommandé d&rsquo;étendre la vaccination anti méningocoque C après 24 ans chez les patients homosexuels fréquentant des lieux de rencontre, et confirme <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=542">son avis</a>. L&rsquo;intérêt de la vaccination est justifiée par le risque de transmission dans les &ldquo;lieux très fréquentés&rdquo;. Cela dit, si des hétéros fréquentent des lieux de rencontre, je ne vois pas pourquoi on ne leur propose pas non plus&hellip; Mis à part la rareté des preuves d&rsquo;efficacité quelque soit la population après 24 ans&hellip; (déjà qu&rsquo;elles sont minces chez l&rsquo;enfant&hellip;)</p>
<p>Un essai contrôle randomisé a étudié l&rsquo;impact du <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/resp.12685/full">paracetamol dans la grippe</a>. L&rsquo;étude retrouve que, par rapport au placebo, le paracetamol n&rsquo;améliore pas la virémie, la température, la durée et l&rsquo;ensemble des symptômes. Prescrire dirait: &ldquo;en rester au placebo&rdquo;. Le principal bémol à cette étude, c&rsquo;est son nombre de patients: une quarantaine de patients, c&rsquo;est très peu pour tirer des conclusions. L&rsquo;effectif est probablement insuffisant pour conclure à l&rsquo;inefficacité du paracetamol.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>On parle souvent du sous diagnostic d&rsquo;enfant asthmatique, à qui l&rsquo;on dit qu&rsquo;ils ont &ldquo;des bronchites asthmatiformes&rdquo;, qu&rsquo;ils ont des &ldquo;allergies&rdquo; et qui ne sont donc pas traités. Le contraire est également présent. En effet, <a href="http://bjgp.org/content/66/644/e152">une étude</a> retrouve un important surdiagnostic d&rsquo;enfant asthmatique en soins primaires: seulement 16% des enfants &ldquo;asthmatiques&rdquo; de plus de 6 ans avaient un asthme confirmé par spirométrie. Parmi les enfants classés comme asthmatiques sans spirométrie étaient la dyspnée (32%), la toux (26%) et des sibilants (seulement 10%).</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>La prévention du risque suicidaire chez l&rsquo;adolescent, passe souvent par un dépistage de la dépression. Le <a href="http://www.medecin-ado.org/infos/test_tsts.htm">TSTS-CAFARD</a> est un moyen simple de dépister via 4 questions permettant d&rsquo;aller plus loin en cas de réponses positive. Une alternative pour dépister la dépression en 3 questions a été évaluée dans le <a href="http://bjgp.org/content/66/643/e65.full">British Journal of General Practice</a>. La VPP est faible (34%), mais la VPN est excellente (97%).</p>
<ol>
<li>Au cours du dernier mois, vous êtes vous souvent senti triste, déprimé ou désespéré ?</li>
<li>Au cours du dernier mois, avez-vous souvent été gêné par un manque d&rsquo;intérêt ou de plaisir à faire les choses ?</li>
<li>Est-ce que vous voudriez de l&rsquo;aide sur quelque chose ?</li>
</ol>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2499277&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=379488935&amp;utm_content=article_promotion%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=21699319">JAMA</a> a publié une étude portant sur la vitamine D et l&rsquo;arthrose. L&rsquo;essai contrôle randomisé n&rsquo;a &ldquo;malheureusement&rdquo; pas démontré que la supplémentation en vitamine D puisse améliorer les signes fonctionnels et radiologique de gonarthrose. L&rsquo;arthrose reste la maladie que rien ne soulage (en dehors du paracetamol et de la chirurgie de remplacement quand il faut passer par là&hellip;)</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p><a href="http://www.diabetesresearchclinicalpractice.com/article/S0168-8227%2816%2900070-X/abstract">Cet article</a> tente de redonner une seconde jeunesse aux inhibiteurs calciques. Les auteurs de l&rsquo;étude retrouvent que les inhibiteurs calciques et notamment le verapamil abaissent la glycémie à jeun chez les patients diabétiques (0,1g/L pour le verapamil). C&rsquo;est pas avec ça qu&rsquo;on va baisser l&rsquo;HbA1C, mais l&rsquo;objectif est de diminuer les évènements cardio-vasculaire, et cette étude ne répond pas à cette question&hellip;</p>
<p>Enfin, cela me permet une transition vers la publication du <a href="http://www.cnge.fr/media/docs/cnge_site/cnge/CP_CS_CNGE_-_Mars2016-_Medicaments_du_diabete_de_type_2.pdf">CNGE</a>, rappelant que les antidiabétiques oraux n&rsquo;ont pas démontré d&rsquo;efficacité sur les complications du diabète avec un bon niveau de preuve. Personnellement, j&rsquo;accorde le bénéfice du doute à la metformine, et j&rsquo;attends de voir, comme le CNGE, des études confirmant le bénéfice cardiovasculaire de l&rsquo;empagliflozine (dont j&rsquo;avais parlé <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/09/dragi-webdo-n63.html">ici</a>).</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! A très bientôt et bonne lecture!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°87: FDRCV et mortalité en prévention primaire, alternative à la codéïne (HAS), dépression, Asthme/tiotropium, aspirine/cancer, diabète (reco ADA)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/03/dragi-webdo-n87/</link><pubDate>Mon, 07 Mar 2016 23:55:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/03/dragi-webdo-n87/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pédiatrie</category><category>Psychiatrie</category><category>Pneumologie</category><category>Oncologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Je n&rsquo;ai pas oublié mon billet hebdomadaire, mais disons que j&rsquo;étais très occupé à faire des <a href="http://www.jeuxvideo.com/jeux/nintendo-3ds/00051041-bravely-second.htm">choses</a>, et d&rsquo;<a href="https://heartofthorns.guildwars2.com/fr/">autres</a>&hellip; ou trop fatigué après ma garde d&rsquo;hier pour ne pas bâcler un Dragi Webdo qui va être particulièrement dense cette semaine. Bref, désolé pour l&rsquo;attente!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance:</p>
<p>Peu utilisé en primo-prescription par les médecins généralistes, il est tout de même important de savoir que l&rsquo;aripiprazole a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une note de l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Aripiprazole-par-voie-orale-ABILIFY-R-et-generiques-rappel-des-indications-et-des-precautions-d-emploi-liees-au-risque-de-suicide-Lettre-aux-professionnels-de-sante">ANSM</a> rappelant ses indications et surtout le risque suicidaire qui lui est associé.</p>
<p>Concernant la contraception définitive chez la femme par le dispositif Essure, la <a href="http://www.fda.gov/NewsEvents/Newsroom/PressAnnouncements/ucm488313.htm">FDA</a> insiste sur les effets indésirables de la méthode qui a vu augmenter son nombre de déclarations, parmi lesquelles des décès par infections, perforations utérines&hellip; Une étude doit être menée pour comparer ses effets à ceux de femmes ayant subi une stérilisation &ldquo;classique&rdquo;.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire:</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/352/bmj.i721">BMJ</a> a publié une étude de prévention primaire, étudiant l&rsquo;évolution de la mortalité cardio-vasculaire d&rsquo;une cohorte de 35000 patients. Les auteurs retrouvent que la prise en charge conjointe du tabac, de l&rsquo;HTA et des dyslipidémies est probablement responsable des deux tiers de la diminution de la mortalité cardio-vasculaire, le reste étant possiblement lié à la prise en charge d&rsquo;autres facteurs de risques tels que le a sédentarité ou l&rsquo;amélioration de la prévention secondaire.</p>
<p>A l&rsquo;heure du 2.0, toutes les nouveautés ne sont pas bonnes à prendre. Une étude du <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleID=2492134&amp;utm_source=Silverchair_Information_Systems&amp;utm_campaign=Wednesday_March_2_2016&amp;utm_content=olf&amp;cmp=1&amp;utm_medium=email">JAMA Internal Medicine</a> retrouve que la tension artérielle mesurée par un&rsquo; application sur smartphone était imprécise et pouvait conduire à une sous-estimation des valeurs réelles, avec des écarts supérieurs à 10mmHg en moyenne pour la PAS et la PAD. Donc, à ce jour, pour mesurer la tension, les tensiomètres automatiques classiques restent les plus fiables pour les patients.</p>
<p>3/ Pédiatrie:</p>
<p>La <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2010340/fr/prise-en-charge-medicamenteuse-de-la-douleur-chez-l-enfant-alternatives-a-la-codeine">HAS</a> a publié des recommandations à propos des alternatives à la codéïne chez l&rsquo;enfant. Pour une médecine de ville, on y retrouve les classiques: doliprane, ibuprofène et le tramadol pour lequel il faut préférer les faibles doses à savoir 1mg/kg/6h (les effets indésirables étant sensiblement les mêmes que ceux de la codéïne&hellip;). La codéïne reste &ldquo;utilisable&rdquo; après 12 ans en échec des traitements de pallier 1.</p>
<p>Pour revenir sur l&rsquo;ibuprofène, la HAS note qu&rsquo;il soulage mieux que les antalgiques de pallier 2, notamment aigues et en traumatologie. Cependant, le sur-risque infectieux est quand même signalé en cas d&rsquo;infection pulmonaire, cutanée ou ORL. Il est amusant de voir que dans le tableau récapitulatif des traitements selon les pathologies, seule la pharyngite est notée, l&rsquo;amygdalite étant probablement un terrain glissant que n&rsquo;ont pas voulu prendre les membres du comité de rédaction (dire qu&rsquo;on devrait éviter les AINS froisserait BigPharma?)</p>
<p>4/ Psychiatrie:</p>
<p>La version américaine de l&rsquo;Académie de Médecine a publié des recommandations sur la prise en charge de l&rsquo;<a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2490527&amp;utm_content=buffer6e39c&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">épisode dépressif majeur</a>. Le point de vue intéressant est de mettre au même niveau les traitements médicamenteux et les psychothérapie cognitivo-comportementales, en plaçant en traitement de première intention, l&rsquo;un ou l&rsquo;autre sans ordre préférentiel, à discuter selon les patients.</p>
<p>5/ Pneumologie</p>
<p>Alors qu&rsquo;on se pose la question de l&rsquo;intérêt des corticoides inhalés dans la BPCO, un article de l&rsquo;<a href="http://err.ersjournals.com/content/25/139/54">European Respiratory Journal</a> revient sur la place des anticholinergiques de longue durée d&rsquo;action dans le traitement de l&rsquo;asthme. Les auteurs font une revue des études sur le sujet et retrouve une amélioration significative des EFR grâce notamment au tiotropium. D&rsquo;ailleurs, les recommandations du GINA 2015 parlait de les ajouter dans les asthmes sévères non contrôlés par un traitement de fond avec corticoïdes inhalés et bêta2 stimulant de longue durée d&rsquo;action:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhYaYmf_2g9fCHtnH6ymRjr20pszjKSihPlHerGmuIodL7nrgRlQHnZ0eA3M3cfFndxEFIscEob2UIGp2NBeUjspDnfL2g6TYyByFP3oU9yqxQKmBDIjfo3VEeFr9waDB9UOO5dJc-xc8VK/s1600/gina+2015.jpg"><img src="/images/articles/2016/gina-2015.jpg" alt=""></a></p>
<p>6/ Sexologie</p>
<p>Petit intermède, parlons sexe. Le &ldquo;viagra féminin&rdquo; a été pas mal médiatisé. Une <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2497781&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=376341702&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=21580327#ioi150116f1">méta-analyse</a> d&rsquo;essais publiés et non publiés permet de connaitre son efficacité chez les femmes avec troubles du désir. La flibanserine améliorait significativement en moyenne le score eDesire de 1.63 points sur 84 et le FSFI de 0.27 sur 6 points&hellip; Comme ça, ça n&rsquo;a pas l&rsquo;air très cliniquement pertinent. Ce qui semble beaucoup plus pertinent, ce sont l&rsquo;augmentation des sensations de malaises, de nausées, de somnolence et de fatigue chez les femmes traitées (number need to harm d&rsquo;environ 5 pour un des effet indésirable, et 35 pour un effet indésirable grave). J&rsquo;espère que ces informations vous permettrons de mieux répondre aux éventuelles questions de patientes.</p>
<p>7/ Oncologie</p>
<p>L&rsquo;aspirine en prévention des cancers, c&rsquo;est un des sujet préférés des oncologues et le <a href="http://oncology.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2497878&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=386024188&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=21876860">JAMA Oncology</a> publie donc sur le sujet. Les auteurs retrouvent que l&rsquo;aspirine à dose standard (325mg/semaine) diminuait significativement l&rsquo;incidence globale des cancers de 3%, notamment via les cancer colo-rectaux (moins 19%) et gastro-intestinaux (moins 15%). Cet effet était retrouvé pour des doses allant de  50mg/jour à 200mg/j et le bénéfice semble survenir après 6 ans de traitement. Malheureusement, l&rsquo;article ne parle pas des effets indésirables potentiels de ces traitements au long cours.</p>
<p>8/ Diabétologie</p>
<p>Finissons avec de la diabétologie. D&rsquo;abord, <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2498492&amp;utm_content=buffer95980&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">Annals of Family Medicine</a> publie les recommandations de l&rsquo;ADA, tournées vers les soins primaires. Après avoir déclaré que le pré-diabète est caractérisé par une HbA1C &gt; 5.7% ou une glycémie à jeun supérieure à 1,0g/L (et non 1.1g/L comme c&rsquo;est le cas en France), les cibles glycémiques sont plutôt pragmatiques et classiques: &lt;7% d&rsquo;HbA1C, GAJ entre  0.8g/L et 1.3g/L et GPP &lt; 1.8g/L. Il faut adapter au patient et tendre vers 8% si c&rsquo;est compliqué de faire mieux. Sur les traitements, rien de neuf pour les anglais: metformine en premier lieu, puis ajout de ce qu&rsquo;on veut comme classe d&rsquo;anti diabétique oral (sulfamide, glitazone, glinide, gliptine, analogue GLP1 ou inhibiteur SGLT2).</p>
<p>La partie intéressante concerne la prise en charge des autres facteurs de risque cardiovasculaire: objectif tensionnel 140/90 et utiliser un bloqueur du système rénine angiotensine en cas de néphropathie (ils ne favorisent pas les IEC, snif). Pour les dyslipidémies, les auteurs suivent à peu près l&rsquo;avis du CNGE: les statines ont un bénéfice chez les patients diabétiques avec au moins 1 facteur de risque (LDL &gt;1g/L, HTA, surpoids ou obésité, tabagisme, antécédent familial cardiovasculaire). Puis ils s&rsquo;en éloignent en parlant de statines forte et modérées. Ils recommandent les statines fortes (rosuvastatine 10 et atorvastatine 80) en cas d&rsquo;antécédent d&rsquo;infarctus ou d&rsquo;AVC, alors que ces molécules n&rsquo;ont pas montré leur bénéfice et n&rsquo;ont même pas l&rsquo;AMM. Cependant, ils collent à l&rsquo;étude IMPROVE-IT (j&rsquo;en avait glissé un mot <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/12/la-cardio-jy-comprends-rien.html">ici</a> et <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/06/dragi-webdo-n53.html">là</a>) en proposant une statine modérée associée a l&rsquo;ezetimibe en post-infarctus, association ayant montré une diminution de évènements cardiovasculaires en prévention secondaire. Une balance bénéfice/risque que j&rsquo;avais trouvé très modeste&hellip; Enfin, l&rsquo;Aspirine faible dose est recommandée après 50 ans, en cas de risque cardiovasculaire à 10 ans supérieur à 10%, ce qui concorde avec les données de la littérature (enfin, il me semble, vue que le diabète, plus l&rsquo;âge, plus un autre facteur de risque classe en haut risque cardiovasculaire).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgoVOM4RCjoJYlkAY71BSSqwAU8PXa3LZ1j53ofLtMyBIVhuWcqtydhRccSlNOSQQfY7BQwf6lGfdZQ7VZec3rcLH2XZNIgMYjdilHZlUm8x5CBdM9rkcOZqXqKMpeN03TsmTVpZ9wc7EWI/s1600/M153016tt3_Table_3_Recommendations_for_Statin_and_Combination_Treatment_in_Persons_With_Diabetes.jpeg"><img src="/images/articles/2016/m153016tt3-table-3-recommendations-for-statin-and-combination-treatment-in-persons-with-diabetes.jpeg" alt=""></a></p>
<p>Enfin, le <a href="http://www.bmj.com/content/352/bmj.i717?platform=hootsuite">BMJ</a> parle lui aussi des cibles tensionnelles chez les patients diabétiques. L&rsquo;étude retrouve que traiter les patients diabétiques avec une PAS supérieure à 140mmHg diminue la mortalité globale, la mortalité cardiovasculaire, les infarctus, les AVC, et la progression des néphropathies vers un stade terminal. Au contraire, si la PAS est inférieure à 140mmHg avant traitement, traiter augmente la mortalité cardiovasculaire de 15%!! Enfin, bien que tous les résultats des sous-groupes ne soient pas significatifs, on retrouve une tendance selon laquelle, une PAS sous traitement comprise entre 130 et 140mmHg diminue le risque d&rsquo;évènement cités précédemment, et les augmente en cas de PAS inférieure à 130mmHg. Une fois de plus, &ldquo;less is more&rdquo;.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine (enfin, la semaine dernière en fait&hellip; encore désolé du retard!) Je vous avais dit que c&rsquo;était long, dense et que je ne voulais pas faire ce billet à la va-vite. Passez une bonne soirée et à très bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°86: relation médecin/patient, e-cigarette, sepsis et choc (reco), AINS topique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/02/dragi-webdo-n86/</link><pubDate>Sun, 28 Feb 2016 23:05:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/02/dragi-webdo-n86/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, bon week-end et bonnes vacances pour ceux qui sont sur les pistes ou ailleurs! J&rsquo;ai toujours pas eu le temps d&rsquo;écrire un billet sur le dernier  Star Wars, et je ne sais pas si j&rsquo;aurai le temps&hellip; Bref, aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est le jour du Dragi Webdo, donc place aux actualités!</p>
<p>1/ Relation médecin patient</p>
<p>Le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMp1514939">NEJM</a> a publié dans sa rubrique &ldquo;perspectives&rdquo; un article qui fait écho à une série de Tweets de la semaine: &ldquo;prendre en charge un patient raciste&rdquo;. L&rsquo;algorithme proposé n&rsquo;est clairement pas une panacée offrant des solutions, mais aborder le sujet permet de réfléchir. Pour faire simple: si le patient est en situation de détresse vitale, il faut quand même le prendre en charge, et sinon, il faut négocier et s&rsquo;adapter, quitte à transférer le patient.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjZGs98KAphetToaX0vJfdBhtj79kBJ8quSiOhF_3OtdCzNdWa-Aet_j467T0oalGbMay1JpxvwbTigsRMzpfwxKaV1GMWcnR2oLHMALdmq62yBSiwvJl4KCQX4S3YqWozKZ85f3ZTjJN3b/s1600/racist+patient.jpg"><img src="/images/articles/2016/racist-patient.jpg" alt=""></a></p>
<p>2/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Le HCSP a mis à jour son rapport sur l&rsquo;<a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=541">e-cigarette</a> (c&rsquo;est pas exactement de la pharmaco-vigilance, mais le sens y est). Il déclare que l&rsquo;e-cigarette peut être considérée comme une aide pour diminuer ou arrêter le tabac. Et c&rsquo;est tout ce qu&rsquo;il faudra en retenir selon moi. Le reste étant inchangé, notamment sur la méconnaissance des effets indésirables au lon court et le risque d&rsquo;entrée dans le tabagisme.</p>
<p>Si on regarde le &ldquo;Vidal&rdquo; , on retrouve que les fluoroquinolones ont pour effet secondaire des arythmies avec une fréquence &ldquo;indéterminée&rdquo;. Le <a href="http://www.bmj.com/content/352/bmj.i843">BMJ</a> publie une étude de cohorte dans laquelle les patients sous fluoroquinolones ont été matchés avec des patients sous pénicilline pour comparer la survenue des troubles du rythme cardiaque. L&rsquo;étude qui a inclus près d&rsquo;un million de patients de 40 à 79 ans par groupe a retrouvé une incidence annuelle d&rsquo;arythmie chez 3.4 patients pour 1000 traités par fluoroquinolones, sans différence avec ceux traités par pénicilline. On est donc plutôt rassuré.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Pour commencer, bien que les généralistes ne soient pas directement concernés, je vous orienterai vers les nouvelles définitions du sepsis et du choc septique, disponible <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2492881&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=370320095&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=21470687">ici</a>: le sepsis est une dysfonction organique menaçant le pronostic vital liés à une dérégulation via une infection. Le choc peut être défini cliniquement par des lactates supérieurs à 2mmol/L ou la nécessité d&rsquo;utilisation de drogues vasopressives pour maintenir une PAM supérieure à 65mmHg. En ville, les patients à risque peuvent être identifié devant des signes simples: PAS &lt; 100mmHg, FR &gt; 22 et altération mentale.</p>
<p>Concernant la <a href="http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2016/02/19/peds.2015-1968">vaccination anti-HPV</a>, une nouvelle étude retrouve une diminution importante des infections par sérotypes vaccinant chez les femmes américaines. Cependant, une fois de plus, aucune donnée n&rsquo;est fournie concernant les survenue de cancer, les interventions pour des lésions de haut grades ou autre critère clinique.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Le JAMA parle des <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2492858&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=370320103&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=21375529">AINS topiques</a>. L&rsquo;article retrouve que pour soulager les douleurs musculo-squelettiques, ils ont une efficacité clinique, sans augmentation significative des effets indésirables , par rapport au placebo. Ces études en populations générales ne doivent cependant pas faire oublier que chez des patients à risque rénale ou traités par inhibiteurs du système rénine angiotensine, le passage systémique se produit tout de même et les effets indésirables rénaux peuvent également survenir (Cf La Revue Prescrire qui ne cesse de le répéter).</p>
<p>Les news étaient peu nombreuses pour la médecine générale cette semaine. A très bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°85: IPP et démence, pioglitazone, hépatite C (reco), Variation d'HbA1C/Fructosamine, infections et diabète, dépistage diabète gestationnel</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/02/dragi-webdo-n85/</link><pubDate>Mon, 22 Feb 2016 01:30:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/02/dragi-webdo-n85/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Santé publique</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Je vais m&rsquo;efforcer d&rsquo;arriver à publier avant demain matin, histoire que les lecteurs du lundi matin aient leur lecture du petit déjeuner. Pas mal de choses ont été publiées cette semaine, la sélection a donc été particulièrement difficile. J&rsquo;espère qu&rsquo;elle vous plaira!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Les inhibiteurs de la pompe à proton sont malmenés ces temps ci. Il y a à peine un mois, une étude retrouvait qu&rsquo;ils étaient associés à des <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2016/01/dragi-webdo-n80.html">insuffisances rénales</a>.  <a href="http://archneur.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2487379&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=368159760&amp;utm_content=press_release%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=21282239">Une étude de cohorte prospective</a> allemande à retrouvé que chez des patients de plus de 75 ans, le risque de démence était augmenté de 44% en cas de traitement par IPP. Une raison de plus pour réévaluer régulièrement leurs prescriptions.</p>
<p>2/ Santé publique</p>
<p>Une des autres pathologies très étudiée en ce moment est l&rsquo;autisme. Les américains se sont posés la question d&rsquo;un <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2491642&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=370230515&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=21355491">dépistage systématique</a> précoce, chez les enfants de 18 à 30 mois par des questionnaires type m-CHAT. Ils ont conclu au fait qu&rsquo;un tel dépistage n&rsquo;était pas recommandé en l&rsquo;absence de signes repérés par le médecin ou par la famille.</p>
<p>3/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Le &ldquo;gros&rdquo; article de la semaine ne concerne pas la France, étant donné que la pioglitazone a été retirée du marché. Mais l&rsquo;article est trop intéressant pour que je n&rsquo;en parle pas. <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1506930#t=articleMethods">Un essai contrôlé randomisé</a> publié dans le NEJM a testé la pioglitazone après un infarctus ou un AIT chez les patients non diabétiques avec insulino-résistance. L&rsquo;étude retrouve qu&rsquo;après un suivi médian de 4,8 ans, le médicament réduit les infarctus du myocardes et AVC (fatals ou non) de 24% (9% vs 11,8%). Il n&rsquo;y avait pas de différence en terme de mortalité, d&rsquo;hospitalisation, ni d&rsquo;effets secondaires grave, sauf pour les fractures qui étaient supérieurs dans le groupe pioglitazone. Voici mes commentaire sur cette étude publiée suite à un congrès de spécialistes qui risque de vouloir nous  vendre la molécule. D&rsquo;abord, sur les patients inclus: des patients non diabétiques avec une insulino-résistance. Il aurait pu s&rsquo;agir de patients en pré-diabète, mais les auteurs ont préféré se baser sur une mesure d&rsquo;insulinémie et de glycémie à jeun (index HOMA-IR) ce qui est peu évident en pratique courante. Ensuite, le fait qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de différence de mortalité est vendu comme un succès. Je le vois plutôt comme un échec pour le traitement. Les effets indésirables connus tels que l&rsquo;augmentation des cancers vésicaux n&rsquo;est pas retrouvée dans l&rsquo;étude, pas plus que les insuffisance cardiaques. Sur l&rsquo;efficacité, il faut donc noter un NNT annuel de 172 patients (qui répondent aux critères d&rsquo;inclusion, et donc ce ne sont pas tous les patients ayant eu un AIT ou un infarctus). Donc, on essaye un médicament dans une sous catégorie de patients pour trouver un bénéfice mineur. Au fait, je vous ai dit que le labo fournissait gracieusement le médicament et le placebo?</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Cette partie sera courte. Deux informations à vous communiquer seulement. La première concerne l&rsquo;infection à virus Zika devient à <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=539">déclaration obligatoire</a> en métropole et en territoire d&rsquo;océan indien (pas dans les territoire français d’Amérique).</p>
<p>La deuxième actualité concerne les infections à VHC dont les recommandations de prise en charge ont été publiées par la <a href="http://www.afef.asso.fr/ckfinder/userfiles/files/recommandations-textes-officiels/Recommandations_AFEF_HepatiteC_Final-02-2016.pdf">société française d&rsquo;hépatologie</a>. Du point de vue du généraliste, il faut retenir que le traitement est recommandé pour TOUTE HEPATITE C, mais que la priorité va aux patients avec fibrose. Donc avant d&rsquo;adresser au spécialiste, le bilan initial peut comporter la recherche des diagnostiques différentiels et les co-infections: alcool, syndrome métabolique (dyslipidémie et diabète), hépatite B, VIH, hémochromatose, hépatites auto-immunes et maladies cholestatiques chroniques. Le reste du bilan comprend le génotypage et la charge virale C qu&rsquo;il n&rsquo;est pas nécessaire de surveiller en l&rsquo;absence de traitement. Enfin, l&rsquo;évaluation de la fibrose se fait par moyen non invasif, la biopsie n&rsquo;étant pas nécessaire dans la grande majorité des cas.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Grosse partie diabétologie pour finir. D&rsquo;abord, le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2488294&amp;atab=2">JAMA</a> revient sur l&rsquo;HbA1C dans le suivi du diabète et remontre qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un très mauvais marqueur du fait de sa variabilité en fonction de nombreuses conditions, notamment les hémoglobinopathies. Le cas clinique parle d&rsquo;un patient diabétique très déséquilibré mais avec une HbA1C de 7%. Les solutions proposées sont le suivi par la glycémie à jeun ou par le dosage de la fructosamine, reflétant les glycémies du mois précédent (N= 200-285µmol/L).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEijVWzzCbKmNhH5JedhQx8Hlo1Bm7s_YtX3nhBpOxMEzLpS1QK0u4elvJCI0Ibj5OCa37jmtRIoQu1J3kJJz9IzVuwLhGS7x2SL42jAnntnqaHP5XXEkJ_TM31gEs43RNEgekY7-Zc5WUpL/s1600/HbA1C.jpg"><img src="/images/articles/2016/hba1c.jpg" alt=""></a></p>
<p>Je ne sais pas trop ce que ça vaut dans le sens où je n&rsquo;ai pas de références, mais c&rsquo;est concordant, alors je vous mets le tableau de correspondance que j&rsquo;avais récupéré en stage d&rsquo;interne (et je ne sais pas s&rsquo;il s&rsquo;agit de glycémie à jeun ou moyennes dans la colonne de gauche):</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiaJSK1c8BFzKu_0qXoCVWtnJR57IVw6juQSV94vFqoSRxCgt6R-K0Q6Diy_i-Wqo8n_AgWjexyZMP9nYcQN8zDMoMESw88Nk1JJhrgFZZXQiUTsy-vcpDSfpwzKkl9rWgG9orWhgo7M5B4/s1600/fructosamine+hba1C.jpg"><img src="/images/articles/2016/fructosamine-hba1c.jpg" alt=""></a></p>
<p>Ensuite, le <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2816%2900043-7/fulltext#.VsQxId8C3nA.twitter">Lancet Diabetes and Endocrinology</a> revient sur le risque infectieux des patients diabétiques. Les auteurs retrouvent grâce à une cohorte de patients de plus de 65 ans, une augmentation du risque de pneumopathie de 130%, d&rsquo;infection urinaire de 28% et d&rsquo;infection cutanée de 30% en cas d&rsquo;HbA1C supérieure à 8,5% par rapport à des patients avec une HbA1C inférieure à 7%. Il n&rsquo;y avait pas de différence pour ceux entre 7 et 8,5%. On savait que les bactéries aimaient le sucre, et qu&rsquo;au delà de 8%, les évènements cardiovasculaire étaient augmentés. Cette étude ne change donc pas grand chose à la pratique, mais incite à être vigilant chez les patients &ldquo;mal contrôlés&rdquo;. (J&rsquo;ai failli oublié de dire que le labo Lilly avait financé l&rsquo;étude&hellip;)</p>
<p>Enfin, une <a href="http://link.springer.com/article/10.1007/s00125-015-3824-0">étude cout-efficacité</a> irlandaise portant sur le dépistage du diabète gestationnel a été menée en soins primaires et secondaires. Les auteurs retrouvent que le dépistage systématique en centre de soins secondaire est plus cout-efficace qu&rsquo;en soins primaire. En France, il est recommandé de dépister uniquement les patientes avec facteurs de risque de diabète gestationnel, mais j&rsquo;avoue avoir de nombreux résultats d&rsquo;HGPO qui reviennent, suite à des prescriptions de spécialistes. Peut être n&rsquo;ont ils pas tort de les faire&hellip; Une étude cout-efficacité française serait bienvenue, bien que ce type d&rsquo;étude soit encore rare dans notre pays.</p>
<p>Voilà! Merci de m&rsquo;avoir lu une fois de plus, et bienvenue aux nouveaux lecteurs! Pour ceux qui se disent qu&rsquo;il y a BEAUCOUP trop de choses dans ces Dragi Webdo pour tout retenir, mais que les infos y sont pourtant très utiles, n&rsquo;hésites pas à utiliser l&rsquo;ami google! Il retrouve très bien les articles qui m&rsquo;intéressent et que j&rsquo;ai oublié en cherchant &ldquo;medicalement geek + le sujet de votre choix&rdquo;!</p>
<p>A la semaine prochaine,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°84: pravastatine (WOSCOPS), bisphosponates: quelle durée de traitement? , vitamine K chez l'enfant (nouvelles reco)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/02/dragi-webdo-n84/</link><pubDate>Mon, 15 Feb 2016 07:54:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/02/dragi-webdo-n84/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Urologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! L&rsquo;avenir appartenant à ceux qui se lèvent tôt, je vais publier ce Dragi Webdo tôt, mais en retard&hellip; (La logique de cette phrase me semble douteuse&hellip;) Bref, bonne lecture!</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Le journal Circulation refait le point sur l&rsquo;étude <a href="http://circ.ahajournals.org/content/early/2016/02/10/CIRCULATIONAHA.115.019014.full.pdf+html">WOSCOPS</a> après 20 ans de suivi des patients. C&rsquo;est cette étude contrôlée randomisée en prévention primaire qui a montré les bénéfices de la pravastatine 40mg chez des hommes traités pendant 5 ans en moyenne. En effet, le traitement actif a montré une diminution de 13% (HR=0.87) de la mortalité totale, essentiellement liée à la mortalité cardiovasculaire, et une diminution des évènements cardiovasculaire. En chiffres absolus, on retrouve 34,7% de décès sous traitement et  37% sous placebo soit un NNT de 44 patients! C&rsquo;est là qu&rsquo;il faut se rappeler que les résultats sont donnés à 20 ans, donc, le NNT en 20 ans est de 44, mais si on veut un NNT annuel c&rsquo;est 880 patients qu&rsquo;il faut traiter. Je me demande ce que ça donne dans une patientèle d&rsquo;un médecin généraliste. Disons qu&rsquo;avec une patientèle de 800 patients, 200 patients sont à risque cardiovasculaire élevé, et en exerçant  40 ans, la pravastatine &ldquo;sauvera&rdquo; environ  10 patients, si mes calculs ne sont pas trop faux&hellip;</p>
<p>2/ Rhumatologie</p>
<p>Les américains ont mis à jours leurs recommandations sur l&rsquo;<a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/jbmr.2708/pdf">ostéoporose</a> se concentrant sur la durée du traitement par bisphosphonate. La société savante recommande des &ldquo;vacances thérapeutiques&rdquo; après 5 ans de traitements en l&rsquo;absence de fracture grave si le T-score est supérieur -2,5. Cependant, en dehors de cette situation précise, le groupe ne donne pas de conduite à tenir autre que &ldquo;réévaluer la balance bénéfice/risque&rdquo;.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhJ0BFcM5RyZzaN9cM4zFoodkMrc7dIbyv6lUKfWRmV6eJHi1RjfVILebQhS1A4_V1dZoV25yNbxq4979bjMEkEcPXjcZMoiTtv1RRJ_Z8wa8cwmZt6ZauKE_0cAhgDfUlJcnV-hbmk0jNp/s1600/bisphosphonate.jpg"><img src="/images/articles/2016/bisphosphonate.jpg" alt=""></a></p>
<p>Le JAMA Internal Medicine a publié une revue de la littérature sur la <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2481158">lombalgie</a>. La méta-analyse qui en découle retrouve que l&rsquo;exercice physique réduirait de 35% le risque de survenue de lombalgie aiguë, et de 45% lorsque l&rsquo;exercice est associé à une éducation du patient. Le port de ceinture lombaire ne permettait pas de diminuer le risque de lumbago.</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>Il y a peu, <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/09/dragi-webdo-n17-alerte-meningitec-bpco.html">des recos</a> sur la prescription de vitamine K chez le nourrisson avaient été mises en place, avec une administration à J1, entre J4 et J7 et à M1. <a href="http://sdp.perinat-france.org/SFN/files/sfn_recommandations_vitamine_K_maj_2015.pdf">La société française de néonatalogie</a> les modifie légèrement en recommandant la 2ème administration entre 72 et 96 heures de vie, donc avant de quitter la maternité. La 3ème dose n&rsquo;est pas obligatoire en cas d&rsquo;allaitement artificiel.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhaz6xJstftCUIFnXK5BBFDCs3QbwJzoYgMDLsb1_VmWmlR7KEdLAVviwLMwlQGh82biBUkCy3jLwXxx-l1fRTug9VhVNSv-_L4Ow6KiwPdzWJykZL8olz9ADP0L5MKG2U1E3rvsGhtJ3ek/s1600/vitamine+K.jpg"><img src="/images/articles/2016/vitamine-k.jpg" alt=""></a></p>
<p>4/ Urologie</p>
<p>Un <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2488921">article</a> s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;évolution du dépistage de la prostate depuis les recommandations de l&rsquo;USPSTF de ne pas dépister en  2012 aux États Unis. Les pratiques des médecins généralistes et des spécialistes ont été comparées. Il semble que les généralistes soient plus réceptifs aux recommandations que les urologues. Est-ce que ces derniers ont vu les courriers de recos se perdre dans les méandres de l&rsquo;US Postal ou est-ce Big Pharma avait des courriers bien plus &ldquo;motivants&rdquo; pour eux? Bien que les conditions du prélèvement de PSA aient été recueillies, il est possible que des bilan PSA pour le suivi de pathologies et non pour du dépistage aient été pris en compte. Ceci peut expliquer pourquoi les urologues dont le dépistage ne représente probablement qu&rsquo;une faible part de l&rsquo;activité, semblent ne pas avoir grandement diminuer leurs prescriptions de PSA.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg-DhMAk6bCeIg-9TTFY509sZdAPUERkSy0ULkOh3ZQKx4zDf3dH960_pXVcEORc0m7X0RSIJ3mnPjkKsidSNvsz2RKacIgHZE5wAgpUsWMq0kGMjZwpYlIxx0vpVhGbVUTaeJjzJR1cC8_/s1600/PSA+screening.png"><img src="/images/articles/2016/psa-screening.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine (enfin pour la semaine dernière étant donné qu&rsquo;on est déjà lundi&hellip;). A très vite et encore merci de me lire!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°83: corticoïdes inhalés, virus Zika, vaccin (US), acuponcture et syndrome climatérique, infections urinaires, diabète et résistance à l'ofloxacine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/02/dragi-webdo-n83/</link><pubDate>Sun, 07 Feb 2016 16:05:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/02/dragi-webdo-n83/</guid><category>Pneumologie</category><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous en ce dimanche ensoleillé! J&rsquo;espère que votre semaine a été bonne. Cette semaine s&rsquo;est déroulé le congrès des internes de médecine générale à Strasbourg dont vous pouvez suivre le déroulé sur Twitter <a href="https://twitter.com/search?f=tweets&amp;vertical=default&amp;q=%23CongresIMG&amp;src=tyah">#CongresIMG</a>. Et maintenant, les actualités!</p>
<p>1/ Pneumologie</p>
<p><a href="http://erj.ersjournals.com/content/47/2/651?ctkey=ERJtw164415">L&rsquo;European Respiratory Journal</a> revient sur la place des corticoïdes inhalés (CSI) dans la BPCO. L&rsquo;essai contrôle randomisé dont il parle retrouvait que l&rsquo;association beta2 + anticholinergique + placebo était non inférieure à beta2 + anticholinergique + CSI en terme d&rsquo;exacerbation de BPCO. Cependant le VEMS était un peu moins bon sans CSI sans retentissement cliniquement pertinent. Ce débat sur les CSI dans la BPCO intervient devant une augmentation du risque de pneumopathie chez les patients BPCO traités. Il semblerait que l&rsquo;association beta2+ anticholinergique, alternative proposée par le <a href="http://www.goldcopd.org/uploads/users/files/GOLD_Pocket_2015_Feb18.pdf">GOLD 2015</a>,  soit peut être à privilégier.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>L&rsquo;INPES a mis à disposition une fiche d&rsquo;information sur le Virus ZIKA. La suspicion doit être pensée devant une exanthème maculo-papuleux associé à : une hyperhémie conjonctivale ou des myalgies ou des arthralgies, notamment en cas de séjour aux Antilles, amérique centrale et du sud, Asie du sud est et océanie. Le diagnostic repose sur une RT-PCR dans le sang et les urines. La fiche est disponible <a href="http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1708.pdf">ici</a>.</p>
<p><a href="http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10096-015-2560-1">Une étude transversale</a> portant sur les infections urinaires en ambulatoire a retrouvé que les résistances E. Coli au bactrim atteignaient 25% des infections, 17% pour l&rsquo;ofloxacine et seulement  1% pour la fosfomycine. Bien que il ne soit pas possible de différencier les ECBU qui étaient effectués pour des cystites ou pour des pyélonéphrites, la fosfomycine reste l&rsquo;antibiotique à privilégier compte tenu de son faible taux de résistance.</p>
<p>A titre de comparaison, le comité des vaccinations américain a publié ses <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2484895&amp;utm_content=buffer8ae16&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">recommandations 2016</a> pour l&rsquo;adulte. Rien de très neuf par rapport à 2015 mais de grandes différences avec la France: Grippe recommandée tous les ans pour tous, diphtérie/tétanos/coqueluche tous les 10 ans (pas de valence poliomyélite), vaccin anti HPV chez les hommes jusqu&rsquo;à 21 ans et 26 ans chez les femmes et  vaccin Zona à partir de 60 ans quelque soit l&rsquo;antécédent de zona.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Bien souvent, les traitements hormonaux de la ménopause sont prolongés parce que l&rsquo;arrêt entraine la réapparition de symptômes invalidant. <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2481811&amp;utm_content=buffer9e8b0&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">Des auteurs</a> se sont donc tourné vers des l&rsquo;acuponcture. Malheureusement, au terme d&rsquo;un essai contrôle randomisé, l&rsquo;acuponcture n&rsquo;a pas été plus efficace que l&rsquo;acuponcture &ldquo;placebo&rdquo; pour réduire les bouffées de chaleur.</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Les infections urinaires chez le patient diabétique étant fréquente, <a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1056872716000076">une étude</a> a comparé les résistances bactériennes en ville des patients diabétiques en les appariant à des patients non diabétique sur l&rsquo;âge, le sexe et l&rsquo;antécédent d&rsquo;infection urinaire. Ainsi, en prenant en compte ces potentiels facteurs de confusion, il apparait que les diabétiques ont significativement plus de risque d&rsquo;avoir une infection à un germe résistant à l&rsquo;ofloxacine (OR= 2.09) et au cefixime (OR= 3,67) que les patients non diabétiques. Or, ce sont bien les fluoroquinolones et les C3G qui sont recommandées en traitement probabiliste en cas de pyélonéphrite. Ceci incite à la plus grande prudence, d&rsquo;autant plus que pour les adeptes des chiffres absolus, les résistances à l&rsquo;ofloxacine et au cefixime concernaient respectivement presque 25% et 10% des patients diabétiques.</p>
<p>Enfin, ce n&rsquo;est pas pour enfoncer des portes ouvertes, mais plus on est sédentaire, plus on est à risque de diabète et de syndrome métabolique! C&rsquo;est ce qu&rsquo;a retrouvé <a href="http://link.springer.com/article/10.1007/s00125-015-3861-8">une étude</a> utilisant un accéléromètre pour quantifier l&rsquo;activité des patients. Ainsi, les auteurs ont retrouvé une augmentation du risque de diabète de 22% et de syndrome métabolique de  39% par heure de sédentarité (sur 24h).</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine. J&rsquo;espère que vous remarquez que j&rsquo;essaye d&rsquo;être plus concis dans le nombre d&rsquo;articles présenté pour qu&rsquo;ils collent plus à des problématiques de médecine générale. Merci des retours qui m&rsquo;aident à faire évoluer cette chronique. A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°82: dépistage CCR, maladies en pédiatrie, système de santé, trouble bipolaire, vaccin et DT1</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/01/dragi-webdo-n82/</link><pubDate>Sun, 31 Jan 2016 22:21:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/01/dragi-webdo-n82/</guid><category>Santé publique</category><category>Psychiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! J&rsquo;espère que vous avez passé une bonne semaine. Tout de suite, les actualités de cette semaine, tournées vers la santé publique et la psychiatrie cette fois ci!</p>
<p>1/ Santé publique</p>
<p>Le test de dépistage du cancer colorectal immunologique est disponible en France depuis 1 an. <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2484289&amp;utm_content=buffer28b02&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">Une étude américaine</a> a étudié ses performances pendant 4 ans. Le taux de participation des patients était de 50%, et 5% des tests sont revenus positifs, entrainant des coloscopies. Cependant, 32% des patients ayant participé la 1ère année se sont vu subir une coloscopie (quelque soit la raison) durant les 4 ans de l&rsquo;étude. La valeur prédictive positive du teste pour un adénome était de 50% et de 4% pour un cancer colo-rectal. Sa sensibilité pour le cancer était très bonne, atteignant 80%. L&rsquo;étude ne parle malheureusement pas des effets secondaires liés aux coloscopies effectuées par excès&hellip;</p>
<p>Le <a href="http://archpedi.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2481809&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=345664899&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=20665687">JAMA Pediatrics</a> parle de l&rsquo;évolution des maladies entre 1990 et 2013 chez les moins de 19 ans. On voit dans le tableau récapitulatif l&rsquo;important recul des maladies pour lesquelles un vaccin a été généralisé: la rougeole, et le tétanos. Concernant la coqueluche et les méningites, le recul a été également présent, mais dans des proportions moindre. On voit remonter dans le classement le paludisme, les infections materno-foetales, les accidents de la route et le VIH. La France est plutôt bien située dans le classement par pays, en étant à la 6ème position des pays avec la plus faible &ldquo;Disability-Adjusted Life Years&rdquo;.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhH0cSAprL1KJM9HdZSA4t8TRHkNky80LIQuHD6lQ9ibqS6gYvGCkagtjnDnyoPNyE5yRWTCO4MdRacHPHUevQpF6atzM6Hk0ESmg50UwEudb0y5B5DA1PAmanTAuE5mqOIW6QHJT9S54XY/s1600/burden+children.jpg"><img src="/images/articles/2016/burden-children.jpg" alt=""></a></p>
<p>Je ne pouvais pas passer à coté de l&rsquo;évaluation de notre système de soins via le &ldquo;<a href="http://www.healthpowerhouse.com/files/EHCI_2015/EHCI_2015_report.pdf">Euro Health Consumer Index</a>&rdquo;. La France est à la 11ème position, loin derrière les Pays Bas. Un tableau récapitulatif des différents index permet de situer les progrès à faire, parmi lesquels: la prise en charge de l&rsquo;alcool, la prise en charge ambulatoire des patient dialysés, la prescription d&rsquo;antibiotiques sont les points critiques.</p>
<p>Enfin, pour la rédaction d&rsquo;articles, les recommandations &ldquo;<a href="http://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.1001885">RECORD</a>&rdquo; ont été publiées dans PlosOne, et concernent la rédaction d&rsquo;articles parlant d&rsquo;études observationnelles issues de recueil de données de façon &ldquo;courante&rdquo;. Elles font suite aux autres recommandations plus classiques telles que &ldquo;<a href="http://www.consort-statement.org/Media/Default/Downloads/CONSORT%202010%20Statement/CONSORT%202010%20Statement%20-%20BMC%20Medicine.pdf">CONSORT</a>&rdquo; pour les essais contrôlés randomisés et &ldquo;<a href="http://www.who.int/bulletin/volumes/85/11/07-045120.pdf">STROBE</a>&rdquo; pour les études observationnelles (et les autres, je ne les ai plus en tête&hellip;)</p>
<p>2/ Psychiatrie</p>
<p>L&rsquo;organisme de recommandation de santé publique américain (USPSTF) recommande un <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2484345&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=346298311&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=20688884">dépistage de la dépression</a> chez tous les patients. C&rsquo;est une chose déjà régulièrement faite en médecine générale au cours de la consultations, en posant quelques questions sur le contexte, le moral, etc&hellip; Les américains recommandent l&rsquo;utilisation de questionnaire type  Hospital Anxiety and Depression Scale (<a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2014-11/outil__echelle_had.pdf">HAD</a>) qui ne prend effectivement pas beaucoup de temps en consultation. Pour un diagnostic, c&rsquo;est le <a href="http://medicalcul.free.fr/depressionhamilton.html">Hamilton</a> qui est conseillé par la CPAM pour ne pas qu&rsquo;on traite par excès&hellip;</p>
<p>Pour rester dans les divers questionnaires en consultation, le Mood Disorder Questionnaire (<a href="http://www.med.univ-montp1.fr/Enseignement/Formation_Continue/Soirees/FMC_241111_Questionnaire_MDQ.pdf">MDQ</a>) peut être utile pour rechercher les éléments en faveur d&rsquo;un trouble bipolaire. Pour être positif, il faut avoir au moins 7 &ldquo;oui&rdquo; à la question 1, répondre &ldquo;oui&rdquo; à la question 2, et un problème &ldquo;moyen&rdquo; ou &ldquo;sérieux&rdquo; à la question 3. J&rsquo;avais parlé <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/10/dragi-webdo-n66.html">ici</a> du sous diagnostic des troubles bipolaires parmi les dépressions. Ce sous diagnostic a été évalué dans une étude du <a href="http://bjgp.org/content/66/643/e71">British Journal of General Practice</a> et était estimé à 7,3%. Le MDQ avait des sensibilité et spécificité d&rsquo;environ 65% et une valeur prédictive négative proche de 95%, la valeur prédictive positive étant proche de 15%.</p>
<p>Pour ceux qui sont encore partisans de l&rsquo;utilisation de traitements médicamenteux dans le sevrage tabagique comme l&rsquo;utilisation de la varenicline, le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2484340&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=331944476&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=20483265">JAMA</a> a publié un essai contrôle randomisé comparant l&rsquo;utilisation de la varenicline à des substituts nicotiniques. Après 26 semaines de traitements, la varenicline n&rsquo;avait pas permis davantage d’arrêts chez les 1000 patients inclus, mais avait entrainé plus de d&rsquo;effets secondaires.</p>
<p>3/ Diabétologie</p>
<p>On s&rsquo;est souvent posé la question: est ce que les vaccins augmentent le risque de maladies auto-immunes telles que le diabète de type 1. <a href="http://download.springer.com/static/pdf/165/art%253A10.1007%252Fs00125-015-3800-8.pdf?originUrl=http%3A%2F%2Flink.springer.com%2Farticle%2F10.1007%2Fs00125-015-3800-8&amp;token2=exp=1454275784~acl=%2Fstatic%2Fpdf%2F165%2Fart%25253A10.1007%25252Fs00125-015-3800-8.pdf%3ForiginUrl%3Dhttp%253A%252F%252Flink.springer.com%252Farticle%252F10.1007%252Fs00125-015-3800-8*~hmac=0c61fd81c559b2e09a71f831cdee146ade8a4fa83caa912af0a859719166942e">Une méta-analyse de Diabetologia</a> a recherché vaccin par vaccin une association avec cette dernière maladie, mais aucune n&rsquo;a été significative, ce qui est plutôt rassurant, malgré parfois une hétérogénéité des populations.</p>
<p>Je vous remercie de votre lecture attentive et régulière.</p>
<p>A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°81: IMC vs IMC maximal, réhabilitation pulmonaire et BPCO, grossesse et vitamine D, variation d'HbA1C, virus Zika</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/01/dragi-webdo-n81/</link><pubDate>Sun, 24 Jan 2016 21:29:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/01/dragi-webdo-n81/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Gynécologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, les semaines de ce début d&rsquo;année ne sont pas très denses niveau publications, ce qui n&rsquo;est pas plus mal&hellip; Alors, sans plus attendre, voici les articles les plus pertinents!</p>
<p>1/ Cardiovasculaire</p>
<p>J&rsquo;avais parlé il y a quelque mois <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/09/dragi-webdo-n62.html">d&rsquo;une étude de The Heart</a> dans laquelle le surpoids, voire l&rsquo;obésité diminuaient le risque cardiovasculaire. <a href="http://www.pnas.org/content/113/3/572.full.pdf">Une hypothèse</a> pour comprendre ce phénomène résiderai dans l&rsquo;histoire pondérale, et dans l&rsquo;importance du poids maximum au cours de la vie, plus que dans le poids actuel. Les patients d&rsquo;IMC normal pouvant être d&rsquo;ancien obèses, et les patients normaux étant en surpoids depuis peu de temps seulement, ce qui réduit les différences entre les groupes. L&rsquo;utilisation du poids maximum serait alors une variable plus pertinente.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://openres.ersjournals.com/content/1/2/00050-2015">european respiratory journal</a> rappelle l&rsquo;importance de la réhabilitation pulmonaire au décours d&rsquo;exacerbations de BPCO, mais retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;y a que 10% des patients la terminent (les autres ayant des contre indications, n&rsquo;étant pas adressé pour la faire, ou ne la finissant pas).</p>
<p>Réduire le tabagisme chez l&rsquo;adolescent est primordial pour éviter l&rsquo;entrée dans cette addiction. Une <a href="http://www.healthevidence.org/view-article.aspx?a=16998">méta-analyse</a> retrouve que les programmes de prévention familiaux sont efficaces, en réduisant de 16% l&rsquo;entrée dans le tabagisme.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>On voit souvent les patients sous multi-vitamines pendant la grossesse. Sont recommandées la supplémentation en acide folique durant les 3 premiers mois et de la vitamine D au cours du 2ème trimestre. <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD008873.pub3/abstract?hootPostID=f297bdc2307d3a6d8bd0442eb32727bb">Une analyse Cochrane</a> retrouvait effectivement qu&rsquo;une supplémentation en vitamine D réduit le risque de pré-éclampsies, d&rsquo;hypotrophie et de prématurité. Cependant, la suplémentation vitamine D associée à une supplémentation calcique augmentait le risque de prématurité. Alors ne donnons pas tous les packages vitaminiques aveuglément&hellip;</p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le NEJM parlait cette semaine de l&rsquo;<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1505180">Eluxadoline</a>, un agoniste-antagoniste opioïde testé dans le syndrome du colon irritable avec diarrhée. L&rsquo;essai contrôlé randomisé  incluant près de 2500 patients a retrouvé une amélioration du critère de jugement principal (diminution des douleurs abdominales et amélioration de la consistance des selles au moins 1 jour sur 2 à 3 et 6 mois) sous traitement actif. Premièrement, ce critère de jugement n&rsquo;est pas un critère objectif, ce qui peut laisser planer le doute sur l&rsquo;interprétation de chacun. Ensuite, le critère a été atteint chez 24% des patients environ sous Eluxadoline contre  17% sous placebo à 3 mois, la différence absolue n&rsquo;est pas énorme, c&rsquo;est se demandé si elle est cliniquement pertinente. Le traitement actif a entrainé plus de nausées, de constipations que le placebo et a même été responsable de pancréatites aiguës. Malgré la gène occasionnée par les troubles fonctionnels intestinaux, les traitements plus classiques sont probablement moins risqués qu&rsquo;un traitement par un opioïde, dans une maladie qui n&rsquo;a pas de risque grave.</p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Pour ceux qui n&rsquo;en aurait toujours pas entendu parlé, le virus Zika fait rage notamment en Amérique du sud (et Antilles) et en Asie du sud-est. Actuellement, le principal risque est pour les femmes enceintes, avec un risque important de malformations foetales. Le HCSP a donc publié 2 avis. Le premier concerne la place de la <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=533">deltamethrine</a> comme répulsif privilégié dans les logements. Le second parle de la prise en charge des <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=532">patients atteints</a>, que je ne détaillerai pas ici.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Enfin, pour finir avec de la diabétologie, on savait que les statines augmentaient le risque de diabète. Mais leur effet sur l&rsquo;HbA1C était peu étudié. Les <a href="http://link.springer.com/article/10.1007/s00125-015-3802-6">patients diabétiques sous atorvastatine</a> voyaient leur HbA1C augmenter légèrement. Mais comme l&rsquo;HbA1C est un très imparfait reflet du diabète, cette variation n&rsquo;avait pas de retentissement sur les évènements cardiovasculaires. L&rsquo;<a href="http://www.congresmg.fr/presentations-2014/samedi/01-gueyffier/index.html">effet des statines</a> (pas n&rsquo;importe les quelles) chez les patients diabétiques réduit les évènements cardiovasculaires, et le fait qu&rsquo;elles augmentent l&rsquo;HbA1C ne doit pas freiner leur utilisation.</p>
<p>Bien que l&rsquo;HbA1C soit un mauvais reflet du diabète, peut être a t elle quand même une utilité. <a href="http://link.springer.com/article/10.1007/s00125-015-3797-z">Lors de l&rsquo;instauration d&rsquo;une insulinothérapie</a>, une baisse d&rsquo;HbA1C de 1,5% par trimestre augmentait les infarctus, AVC, hypoglycémies sévères et admissions aux urgences, par rapport à une baisse de  0.5% (respectivement 10% vs 1% , 29% vs 1%,  24% vs 2% et 21% vs 2%. Pour le coup, les différences absolues sont importantes!) Donc, chez un patient nécessitant une intensification de son traitement antidiabétique, l&rsquo;HbA1C (&lt; 6% ou 7% ou 8%) n&rsquo;est probablement pas à utiliser comme objectif à avoir à X mois, mais comme marqueur de suivi, justement pour être sur qu&rsquo;elle ne baisse pas de plus de 0.5% par trimestre.</p>
<p>Voilà pour cette semaine, je vous souhaite une bonne soirée (pour une fois que je publie relativement tôt!) et à très vite!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°80: effets secondaires des IPP (insuff rénale), cancers induits par mammographie, risque rénal du diabétique, reco tuberculose (NICE)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/01/dragi-webdo-n80/</link><pubDate>Mon, 18 Jan 2016 01:03:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/01/dragi-webdo-n80/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Santé publique</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! C&rsquo;est déja le 80 àme Dragi Webdo et le 100ème billet de ce blog! Si on m&rsquo;avait dit il y a 2 ans que j&rsquo;écrirais autant je l&rsquo;aurai pas cru, et encore moins que j&rsquo;aurai autant de lecteurs! Alors, MERCI A TOUS!</p>
<p>Je vais commencer par un rapide commentaire sur le &ldquo;vade mecum de médecine générale&rdquo; dont certain ont déjà entendu parlé via la <a href="http://www.exmed.org/archives15/circu942.html">LEM</a>. J&rsquo;ai un conflit d’intérêt étant donné que l&rsquo;ouvrage m&rsquo;a été généreusement envoyé par l&rsquo;auteur mais je vais essayer d&rsquo;être impartial! C&rsquo;est un petit ouvrage traitant donc 20 &ldquo;pathologies&rdquo; abordées en médecins générale avec un point de vue EBM. J&rsquo;avoue avoir été un peu déçu du peu de lignes que comporte l&rsquo;ouvrage. Chaque thème est abordé sous un angle EBM, avec des références en moins de 10 lignes (en général), sur une seule page, alors que les débats qui font rage sur le sujet ou les conduites à tenir nécessiteraient bien plus pour que l&rsquo;ouvrage me serve en cas de doute. Je pense que comme le dit l&rsquo;auteur, il est adapté aux jeunes généralistes. Plus que pour un 1er remplacement, pour  le premier stage ambulatoire d&rsquo;un interne. En effet, le vade mecum invite à la recherche EBM par ses idées fortes présentes en quelques lignes et par les références pertinentes à chaque page. De plus, la page d&rsquo;en face permet d&rsquo;écrire des notes personnelles, de quoi y inscrire les informations utiles et adaptées à chaque utilisateur. Ce me semble être un ouvrage adapté à un enseignement moderne de la médecine: fondé sur l&rsquo;EBM et l&rsquo;auto-apprentissage. Enfin, la sitographie en fin d&rsquo;ouvrage renvoie à de nombreux sites et blogs sur internet, tous particulièrement pertinents!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2481157">article de la semaine</a> est certainement celui du JAMA internal medicine sur les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). On les laisse souvent pendant des années, parce qu&rsquo;il ne font pas de mal&hellip; Mais de plus en plus, on retrouve des effets indésirables (j&rsquo;en avais déjà parlé <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/06/dragi-webdo-n54.html">ici</a>). L&rsquo;étude de cohorte rétrospective dont parle l&rsquo;article comparait la survenue d&rsquo;insuffisance rénale (DFG estimé &lt;60ml/min) chez les patients traités par IPP. Ce risque était augmenté chez les utilisateurs d&rsquo;IPP avant et après ajustement, et cette augmentation persistait en comparant aux utilisateur d&rsquo;antihistaminiques H2 (considéré comme comparateur-actif et contrôle). De plus, la prise d&rsquo;IPP deux fois par jour augmentait le risque d&rsquo;insuffisance rénale par rapport à une seule prise. Démontrer la causalité est souvent complexe, mais cette étude de cohorte et ses résultats remplissent au moins 6 des 8 critères de Bradford Hill (Ouh, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Crit%C3%A8res_de_Bradford-Hill">les lointain souvenirs</a> &hellip;)</p>
<p>Le même journal a donc continué sur les <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2481153&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=325045803&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=20170806">IPP</a> et fait un petit résumé des différents effets associés à l&rsquo;utilisation d&rsquo;IPP. Voici en tableau:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhUCNPhtDxgWLqFRgYaWx8ChtbEDcnOVkf-v7PbHwZJjUlTndmMxrOSyFtjxlHwwsVf-5mwc2aBGN7uf6Oolo4fyjyyGu5Coj4PK71CZzq7ClzdrM6EYUeSt5PJgaFS3xNOKZQJnef6pnaz/s1600/IPP+adverse+events.png"><img src="/images/articles/2016/ipp-adverse-events.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Santé publique</p>
<p>Alors qu&rsquo;il y a quelques semaines, les recommandations sur la mammographie de l&rsquo;USPSTF acceptaient que les femmes qui le souhaitent aient une mammographie annuellement au lieu du &ldquo;nouveau&rdquo; rythme biennal, un article de <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2480762&amp;utm_content=buffer7fafd&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">Annals of internal medicine</a> parle du risque de cancer radio-induit. La modélisation utilisée dans l&rsquo;article retrouve que si 100 000 femmes de 40 à 74 ans ont une mammographie annuelle, 125 cancers sont induits et il y a 16 décès. Le risque de cancer induit est divisé par 5 lors ce que la mammographie est biennale à partir de  50 ans.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Pour les plus  motivés, les recommandations du NICE sur la <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/NG33/chapter/Recommendations">tuberculose</a> sont disponibles! En les parcourant rapidement, je n&rsquo;ai pas vu de grande nouveautés, du moins par rapport à ce qui se fait en France: BCG en fonction des facteurs de risque, tuberculose latente dépistée par IDR (parfois ingerféron gamma) et radiographie thoracique, traitement de la tuberculose maladie avec une quadrithérapie de 2 moins puis bithérapie de 4 mois, corticothérapie pour les atteintes cardiaques ou méningées&hellip;</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>L&rsquo;étude d&rsquo;une cohorte de patients diabétiques a permis de déterminer un algorithme et un score <a href="http://francais.medscape.com/voirarticle/3602067">prédictif du risque rénale</a> de ces patients à 2 ans. Les facteurs à prendre en compte sont l&rsquo;ancienneté du diabète, l&rsquo;HbA1C, la tension artérielle, le tabagisme, la kaliémie, l’antécédent d&rsquo;AVC et d’insuffisance cardiaque. Voici le <a href="https://www.hed.cc/?s=renalevent%26t=renal%20Event">lien</a> pour y accéder (cependant il ne marche déjà plus&hellip; espérons que ce soit réactivé prochainement, peut être après une validation du score?)</p>
<p>Une <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=1983393&amp;utm_content=buffer82e4a&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffe">étude</a> de cohorte a retrouvé une association entre troubles cognitif et diabète. Ces troubles étaient plus marqués chez les patients diabétiques non controlés (HbA1C &gt;7%). Il n&rsquo;est cependant pas très clair qu&rsquo;améliorer l&rsquo;HbA1C réduise le déclin cognitif étant donné qu&rsquo;une seule mesure d&rsquo;HbA1C était effectuée (à l&rsquo;inclusion.)</p>
<p>Je vous remercie de me suivre cette année encore. Pour finir sur un article très sérieux du <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h706">BMJ</a>, il semblerait que les médecins soient moins à risque de divorce que les autres professions (moins de 25%!) , mais que les femmes médecins avaient un risque plus élevé. Le conseil de la semaine est donc: cher confrères, n&rsquo;épousez pas une femme médecin! A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°79: seuils transfusionnels, pathologie mammaire / post partum (reco CNGOF), canal carpien, dépistage CCR, conseil OH/tabac</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/01/dragi-webdo-n79/</link><pubDate>Mon, 11 Jan 2016 01:25:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/01/dragi-webdo-n79/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Addictologie</category><category>Santé publique</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Enfin, bonsoir pour ceux qui liront ce billet à une heure tardive. Sans plus attendre, voici les actualités de la semaines se rapportant (de près ou de moins près&hellip;) à la médecine générale, qui seront très gynécologiques et avec beaucoup d&rsquo;images (parce que j&rsquo;aime bien les images!)</p>
<p>Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Commençons avec l&rsquo;effet des pilules contraceptives au cours de la grossesse. Il n&rsquo;est pas si rare que la grossesse arrive &ldquo;sous pilule&rdquo;. <a href="http://www.bmj.com/content/352/bmj.h6712">Une étude</a> retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de risque particulier concernant les nouveau nés lors d&rsquo;une prise de contraceptif dans les 3 mois précédent la grossesse ou pendant la grossesse.</p>
<p>Au contraire, les <a href="http://archpedi.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2476763">corticoïdes inhalés</a> peuvent avoir des effets secondaires chez l&rsquo;enfant en cas de prises répétées, pouvant entrainer des troubles de croissance et des cas d&rsquo;insuffisance surrénale même à faible dose.</p>
<p>Il y avait quelque temps que je n&rsquo;avais pas parlé de vitamine D. <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2478897&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=321889024&amp;utm_content=press_release%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=20076180">Cette étude</a> du JAMA Internal Medicine retrouve que la supplémentation en vitamine D pour obtenir un dosage &gt;30ng/L chez des patients de plus de 70 ans avec un antécédent de chute, n&rsquo;améliore pas la fonction des membres inférieurs, mais était associée à une augmentation significative des chutes en cas de dose élevées de vitamine D administrée. Après l&rsquo;espoir que la vitamine D guérisse presque tout, puis la désillusion qui ne retrouvait finalement aucun effet, c&rsquo;est une déchéance de la voir aggraver les chutes!</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>On est souvent embêté en cabinet quand un patient revient avec 7,5g/dl d&rsquo;hémoglobine. On aimerai bien le faire hospitaliser pour transfusion et exploration, mais il n&rsquo;y a pas de place et comme c&rsquo;est pas inférieur à 7, &ldquo;ça peut attendre&rdquo;&hellip; <a href="http://content.onlinejacc.org/article.aspx?articleid=2473744">Une étude</a> s&rsquo;est intéressée à la mortalité selon le hémoglobinémie au moment des transfusions en soins intensifs. Des nouveaux seuils ont été mis en évidence:  7,7g/dL sans antécédent cardiologique, 8,7g/dL en cas de cardiopathie et 10g/dL en cas de coronaropathie. En vrai, les patients de soins intensifs étant plus grave que nos patients ambulatoires, il semble logique qu&rsquo;il faille les transfuser &ldquo;plus tôt&rdquo;. Les seuils de la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2015-02/transfusion_de_globules_rouges_homologues_-_anesthesie_reanimation_chirurgie_urgence_-_fiche_de_synthese.pdf">HAS</a> de  7g/dL pour tous sauf les patients avec coronaropathie non stable pour lesquels le seuil était à 10g/dL, sont probablement adaptés à des patients un peu moins sévères.</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Le CNGOF a publié des recommandations pour la pratiques cliniques. Parmi celles pouvant servir en médecine générale, on trouve celles concernant les <a href="http://www.cngof.fr/pratiques-cliniques/recommandations-pour-la-pratique-clinique/apercu?path=RPC%2BCOLLEGE%252F2015-RPC-SEIN-TUMEURS-BENIGNES.pdf&amp;i=2177">pathologies bénignes du sein</a>. Devant le texte court, passablement long, on retiendra:</p>
<ul>
<li>
<p>devant toute masse palpable: échographie +/- mammographie,</p>
</li>
<li>
<p>devant un écoulement mammaire non lactescent unipore ou multipore: échographie + mammographie,</p>
</li>
<li>
<p>devant un écoulement mammaire lactescent ( &gt;1an après allaitement et  hors causes médicamenteuses): bilan hormonal (TSH, prolactine) +/- IRM cérébrale.</p>
</li>
<li>
<p>devant des mastodynies isolées: pas d&rsquo;imagerie, AINS gel en 1ère intention (preuves insuffisantes pour les progestatifs)</p>
</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjlX2NX6V1NlyAF9d8HqfJReA0RJDZBiRIajG6mS77OIB7HyPlz7kpyBhMYBmwpNMgfad3IJlu3vxUn744qrGtkzhLkUD8Svsupb23L1mNXlpMgi46ZtdhMGZL-ruqcTIesh1f3q_nz6lt7/s1600/%25C3%25A9coulement+mammaire.png"><img src="/images/articles/2016/25c3-25a9coulement-mammaire.png" alt=""></a></p>
<p>Le second texte court concerne la prise en charge du <a href="http://www.cngof.fr/pratiques-cliniques/recommandations-pour-la-pratique-clinique/apercu?path=RPC%2BCOLLEGE%252F2015-RPC-POSTPARTUM.pdf&amp;i=2176">post-partum</a>. En dehors de tout ce qui n&rsquo;est pas nouveau ( du genre: allaitement maternel exclusif encouragé pendant 4-6 mois, contraception avant J21 et pas d&rsquo;oestroprogestatif avant  6 semaines), la rééducation périnéale n&rsquo;est pas recommandée en l&rsquo;absence de troubles urinaires persistant à 3 mois post partum. Les complications de l&rsquo;allaitement semble simplifiées: engorgement mammaire et mastites pour lesquelles l&rsquo;antibiothérapie est recommandée (où sont passées les termes crevasses, lymphangite et galactophorite??). La vaccination anti-coqueluche est recommandée si la dernière vaccination est supérieure à 10 ans (et non <a href="http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/Calendrier_vaccinal_2015.pdf">5 ans avant 25 ans</a> comme le disait le calendrier vaccinal  2015)</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Le syndrome du canal carpien a souvent une présentation typique, et le diagnostic est alors aisé. Dans les présentation plus atypiques de symptômes au niveau des mains, quelles sont les présentations permettant d&rsquo;exclure ou pas ce syndrome? Le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleId=192810&amp;guestAccessKey=22e14e02-06b3-4036-a1f7-f980bf07fa29&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=321917242&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=20079640">JAMA</a> a publié une infographie bien pratique pour visualiser les territoires sensitifs de la main. Mais pour faire simple: si le pouce et l&rsquo;index sont touchés on ne peut l&rsquo;exclure.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjn-J3XLOpkVMlrHs9e07r6300YObrhnIjiYrqKfFduJvZNt1Nevr-l4QHNPbdGmzKpE_PzCJgKlaMq5fYS9W7QHlnBQ1jXHTwacZo06FEL5VDY1M46K-ah4qKwWZ3I6Bf318XPHS1NQOtn/s1600/canal+carpien.png"><img src="/images/articles/2016/canal-carpien.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Addictologie</p>
<p>Pour savoir quelles actions sont à mener pour aider les patients à se sevrer, il faut déjà savoir ce qui est fait. <a href="http://bjgp.org/content/66/642/e1">British Journal of General Practice</a> a retrouvé que les interventions brèves étaient menées chez plus de  50% des patients fumeurs. Cependant, seulement  6.5% des patients avec une consommation excessive d&rsquo;alcool avaient bénéficié de conseils concernant le sevrage. Est ce que l&rsquo;information est renseignée dans le dossier? Est ce un sujet plus dur a aborder pour les médecins que le tabac?</p>
<p>6/ Santé publique</p>
<p>Pour conclure, voici la monographie parue dans le BMJ concernant le dépistage du cancer colorectal. Si le dépistage semble très faiblement diminuer la mortalité spécifique du cancer de  64 personnes sur 10 000 après 30 ans de suivi (mouais&hellip;.), la mortalité totale est identique dans les deux groupes.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjNmGmVvydnUcXko2_x3AlGg2DLBx_wrgLeRpXO9ZDQELBWXGuDFFbD0ouIC6sJaPtHF9lU1G5DoswP0S6txmA0bzTcQNyH0AXBjUOLvd3afBu43TP2wPVWf6gZo7dqYRLgMI6FCrZ7B8Dz/s1600/d%25C3%25A9pistage+colon.png"><img src="/images/articles/2016/d-25c3-25a9pistage-colon.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine. Je vous laisse sur cette image qui aurai pu être à la fin de mon article &ldquo;<a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/12/deuxieme-anerie.html">deuxième ânerie</a>&rdquo; si je l&rsquo;avais trouvée avant. A bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiucdy37Rm1ndH7XrZrnhpSLrMuVUzY5L11ukVl7GsmxvwBwBXiray037unqtlG05Gc9TFcNfwd6_IoXjAYAgd54aV7__zGXyp4AdL8dUsTnKj9G-eOW3XXeu6KbXtfeQZLAxn3srQR-Pt_/s1600/deuxieme+avis.png"><img src="/images/articles/2016/deuxieme-avis.png" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°78: HTA gravidique (reco SFHTA), médicaments génériques, régimes diététiques, cystite et AINS</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/01/dragi-webdo-n78/</link><pubDate>Sun, 03 Jan 2016 22:56:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2016/01/dragi-webdo-n78/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonne année à tous! J&rsquo;espère que vous avez passé d&rsquo;agréables vacances et que vous êtes motivés pour la reprise (les bonnes résolutions et tout ça&hellip;) En bonne résolutions pour moi, essayer de plus cibler les articles que je vous présente chaque semaine pour être plus percutant niveau médecine générale, et ne pas dépasser les 10&hellip; (j&rsquo;ai une marge de manœuvre comme ça&hellip; pour les articles que je trouve intéressant mais qui sont un peu moins pertinents&hellip;) C&rsquo;est parti!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Pour commencer, <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2471597&amp;utm_content=buffer25f36&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">un article</a> parlant de la prescription des génériques en posant différentes questions: l&rsquo;utilisation des génériques, les différences d&rsquo;efficacité avec le princeps, l&rsquo;impact des génériques sur l&rsquo;observance, quelles sont les barrières à leur utilisation et comment réduire les coûts grâce aux génériques. Chaque point est abordé avec une courte revue de littérature. L&rsquo;article se place en contexte américain mais est tout de même intéressant.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>En plein milieu des vacances, les <a href="http://www.sfhta.eu/wp-content/uploads/2015/11/Recommandations_HTA_et_grossesse_dec_2015202.pdf">recommandations de la société française d&rsquo;HTA</a> concernant l&rsquo;HTA gravidique auraient pu passer inaperçues&hellip; Elles semblent assez en accord avec les données de la science. La définition de l&rsquo;HTA ne bouge pas, avec un seuil défini à  140/90, confirmée avec une mesure ambulatoire (comme hors de la grossesse en gros&hellip;). Ce qui change se sont les objectifs de traitement: 160/100, en introduisant si besoin un des anti hypertenseurs suivant: l’alpha-méthyldopa, le labetalol, la nicardipine ou la nifedipine. Par préférence personnelle, mon choix se porte sur la nicardipine car c&rsquo;est un des inhibiteurs calciques éprouvé, qui peut aussi être prescrit pendant l&rsquo;allaitement et être poursuivi en cas d&rsquo;HTA persistante après la grossesse dans les schémas &ldquo;classiques&rdquo; des thérapies recommandées. Les autres recommandations insistent sur l&rsquo;importance d&rsquo;un bilan étiologique, du suivi et de la préparation des futures grossesses.</p>
<p>Une méta-analyse  l&rsquo;HTA et les évènements cardiovasculaires a été publiée dans le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2815%2901225-8/abstract">Lancet</a>. On y retrouve, les diminutions significatives des AVC, infarctus, insuffisances cardiaques ainsi qu&rsquo;une diminution de la mortalité de 13% pour chaque baisse de 10mmHg. Au niveau des traitements, les bêta-bloquants sont moins efficaces que les autres sur le risque d&rsquo;AVC, d&rsquo;infarctus et d&rsquo;insuffisance rénale. Les diurétiques  étaient supérieur sur l&rsquo;insuffisance cardiaque et les inhibiteurs calciques inférieurs. La principale limite de cette méta-analyse réside dans l&rsquo;hétérogénéité des populations qui était entre 30 et 40%.</p>
<p>3/ Diététique</p>
<p>Une nouvelle méta-analyse, cette fois si sur les <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2214178&amp;resultClick=3&amp;utm_content=buffer2ab96&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">différents régimes alimentaires</a> avec comme objectif la diminution du poids à 12 mois. Dommage que les évènements cardiovasculaires n&rsquo;aient pas été étudiés&hellip; Mais sinon, les auteurs retrouvent une baisse de 2.9% du poids avec Weight Watchers et 4.9% avec Jenny Craig, et recommandent des deux &ldquo;prises en charges nutritionnelles&rdquo; pour les patients en obèses. Cependant, les études ne parlaient que peu des effets indésirables et des complications survenant durant les différents régimes.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Une des question classique en médecine générale: est ce qu&rsquo;on fait un prélèvement unguéal avant le traitement d&rsquo;une mycose ou pas. Le <a href="http://archderm.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2475012&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=315468535&amp;utm_content=press_release%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=19839292#References">JAMA Dermatology</a> a évalué la balance coût-efficacité d&rsquo;obtenir une preuve mycologique. Ont été évalués: le traitement par terbinafine empirique par rapport à un traitement après un test à l&rsquo;acide périodique de Schiff ou après un test à l&rsquo;hydoxyde de potassium. L&rsquo;étude retrouve que le traitement empirique est le plus coût-efficace avec une prévalence de mycose estimée à 75% des patients, et avec des effets indésirables considérés comme acceptables. Cette étude va a l&rsquo;encontre des recommandations, mais renforce ce qui est souvent fait dans la pratique (Parce que souvent, si les labo n&rsquo;ont pas l&rsquo;habitude, les prélèvements reviennent normaux alors qu&rsquo;il y a bien une mycose&hellip; et sont donc peu contributifs en dehors de situation d&rsquo;échec thérapeutique).</p>
<p>Enfin, je dirais: &ldquo;ils ont osé!&rdquo; Le <a href="http://www.bmj.com/content/351/bmj.h6544">BMJ</a> publie un essai contrôlé randomisant ibuprofène pendant 3 jours versus fosfomycine dose unique (et les placebo qui conviennent dans chaque groupe) dans les cystites aiguës. Les patientes traitées par ibuprofène avaient un fardeau de la maladie et des symptômes prolongés par rapport à celles traitées par fosfomycine  (5.6 jours vs 4.6 jours). Il y avait plus de femmes dans le 1er groupe a avoir des antibiotiques non prévus par la randomisation (mais ça n&rsquo;a pas beaucoup de sens comme objectif je trouve vu qu&rsquo;au final la consommation d&rsquo;antibio est forcément largement moindre: 100% des femmes du groupe fosfomycine ont un antibio versus 35% dans le groupe ibuprofène&hellip;) Plus intéressant et contrairement à ce que dit l&rsquo;abstract, il n&rsquo;y avait pas significativement plus de pyélonéphrites dans le groupe ibuprofène, mais leur survenue était rare (2% vs 0.4% ;  p =0.12). Tout ça pour dire, que le traitement de la cystite aigüe est essentiellement symptomatique, et que les traitements antalgiques type AINS qui pourraient être donnés pour soulager le temps &ldquo;que l&rsquo;antibio fasse effet&rdquo; ne marchent pas mieux que l&rsquo;antibiotique lui même.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette reprise. Six articles seulement! Je me sens presque fier&hellip; Aller, à la semaine prochaine,</p>
<p>PS: et allez vite voir le dernier Star Wars pour ne pas être spoilé, au cas où je ne puisse pas m&rsquo;empêcher de faire un billet sur le sujet&hellip;</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Jeux d'hiver &amp; variés (Pandémie, Winter Tales, Flick'em up)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/12/jeux-d-hiver-varies-pandemie-winter-tales-flick-em-up/</link><pubDate>Wed, 30 Dec 2015 12:15:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/12/jeux-d-hiver-varies-pandemie-winter-tales-flick-em-up/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Comme chacun sait, le réveillon de la saint Sylvestre est un souvent loonnnnnnnnng et interminable. Contrairement au réveillon de Noël qui peut s&rsquo;achever sur une remise de cadeaux dès la fin du repas, le 31 décembre oblige à rester éveiller jusqu&rsquo;à minuit. Et parfois&hellip; c&rsquo;est pas gagné tant l&rsquo;ennui des deux dernières heures domine et risque d&rsquo;être le seul souvenir que vous conserverez de la soirée.</p>
<p>Heureusement, c&rsquo;est les vacances d&rsquo;hiver et je vais pouvoir vous parler de trois jeux que j&rsquo;ai pu tester et qui sont passionnants!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjNcA0L9GpMiIYwOy2J_K5LUTpzhsvwNRqVIU8oNew7KuVjCtQF7Y9jFpfiQXdNW9fvJv0IPpQD7hIWjR2sGxlGzpHHr2d6jV3aIoxQAZjooi8jcsGhYoLB7f77YYJMsfdRR-RJu2N6fovp/s1600/pandemie_game.jpg"><img src="/images/articles/2015/pandemie-game.jpg" alt=""></a></p>
<p>Puisque ce blog est essentiellement médical, on va commencer par &ldquo;Pandémie&rdquo;. C&rsquo;est un jeux dans lequel les joueurs, incarnant chacun un personnage (médecin, spécialiste en opération, scientifique&hellip;.) doivent enrailler la progression de différents virus dans le monde. Toute la particularité du jeu tient dans le fait que c&rsquo;est un jeu entièrement collaboratif: les joueurs gagent tous ensemble, ou perdent tous ensemble &ldquo;face&rdquo; aux virus. Je vous laisse imaginer les querelles internes quand diverses stratégies sont proposées, mais il faut bien trouver un accord pour ne pas perdre&hellip; Perdre, c&rsquo;est bien là, la deuxième spécificité: dans la plupart des jeux, il y a de nombreuses conditions de victoire. Ici, il y a de nombreuses conditions de défaite du groupe, et un seul moyen de gagner: trouver les vaccins des 4 virus! Je système de jeu est simple, bien huilé. De plus, il y a de nombreuses extensions pour ne pas se lasser. Un jeu que je recommande aux personnels soignant et aussi aux patients, histoire qu&rsquo;ils passent un peu de l&rsquo;autre coté du bureau!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi42PbpKV0VJm-4RJATVC_LoQGTPJGunqcd7PaH7SI3gJLZtb9atiWkZkd4wAMI572h7M4fHr-dJMYgjj8qaKktPmHTS-BHE1Z6NuNlC4ipHKiTanDVpHtLYzKqTGxOfUJoLVbhKIQONo_E/s1600/winter+tales.jpg"><img src="/images/articles/2015/winter-tales.jpg" alt=""></a></p>
<p>Puisqu&rsquo;on est en hiver, le jeu &ldquo;Winter Tales&rdquo; est particulièrement adapté&hellip; D&rsquo;abord, le jeux est beau. Le plateau, les pions, tout nous transporte dans un univers merveilleux. Le synopsis est simple: les joueurs incarnent plusieurs personnages issus de contes : Pinocchio, Blanche Neige, Alice du pays des merveilles, Dorothy du magicien d&rsquo;Oz, le Loup&hellip;. sauf que toute cette histoire se passe des années après les contes que l&rsquo;on connait. Alice a été enfermée dans un asile dirigé par le Chapelier fou parce qu&rsquo;elle a raconté ce qui lui était arrivé, le Loup a envie de se venger, Pinocchio et Dorothy sont des résistants, car deux clans s&rsquo;affrontent: celui des soldats de l&rsquo;Hiver, avec en tête de file Blanche Neige qui est devenue aussi aigrie et malfaisante que la méchante reine, et celui des résistants du Printemps. C&rsquo;est un jeu narratif: il faut donc parler et interpréter ses personnages pour jouer. Pas de dés, pas de hasard, juste parler. Tout le jeu repose sur un conte qui est raconté par les joueurs, chacun se devant de garder la cohérence avec ce qu&rsquo;a dit le joueur précédent. Chaque action se fait donc en jouant une carte &ldquo;narration&rdquo; (sur laquelle quelque chose d&rsquo;assez abstrait est dessiné) et intégrant ce qu&rsquo;il voit dessus dans le récit. Le mécanisme est un peu complexe a appréhender au premier abord, mais, une fois plongé dans l&rsquo;histoire, la soirée va être passionnante!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgEF5oqcsGqDcAqEqZGuiCHs1yqN1gGslj8TwY90IhyphenhyphenoXCwkcP5kyxRop353xIifOOK4htSLk0GfUEWLJhvs8Mkto3qu5KnkgedKTZIstAQjms0r3XbSuKZ3tpI9IyUjMEUyF5e0b_-G8nJ/s1600/flick+em+up.jpg"><img src="/images/articles/2015/flick-em-up.jpg" alt=""></a></p>
<p>Enfin, pour ceux qui ne sont pas fan de l&rsquo;hiver et qui préfèrent la chaleur, Flick&rsquo;em up est fait pour vous! Plongez vous dans le désert américain, à l&rsquo;époque des cow-boys. Vous allez incarner soit le shérif et son équipe, soit un groupe de bandits dans une série de missions. Comment est ce que ça ce joue? C&rsquo;est simple: avec des pichenettes! Les &ldquo;balles&rdquo; des pistolets sont représentés par un jeton qu&rsquo;il faut &ldquo;tirer&rdquo; avec une pichenette sur ses adversaires. Si le pion adverse tombe: il est blessé et perd un point de vie, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il n&rsquo;en ai plus. C&rsquo;est particulièrement ludique, prenant, et nécessite de faire preuve d&rsquo;une réelle habileté! Le nombre de missions permet de ne pas de lasser. L&rsquo;avantage par rapport aux deux précédents jeux, c&rsquo;est qu&rsquo;il est à partir de 8 ans et donc plus accessible pour jouer en famille!</p>
<p>Voilà, j&rsquo;espère vous avoir donné quelques idées pour ne pas vous ennuyer durant le réveillon. Il vous reste encore deux jours pour trouver le jeux qui vous plaira! Si vous vouliez d&rsquo;autres idées de jeux, vous trouverez mes billets &ldquo;jeux&rdquo; précédents <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/08/les-jeux-de-lete-cyclades-mascarade.html">ici</a>, <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/08/des-jeux-encore-des-jeux.html">là</a> ou encore par <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/08/encore-des-jeux-pour-finir-lete.html">là</a>, ou sinon, allez jeter un œil sur <a href="http://www.trictrac.net/">Tric-Trac</a>, LA référence en matière de jeux de société.</p>
<p>A bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p>'</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°77: codéïne, antidotes AOD, traumatisme crânien, antibiothérapie différée dans les infections respiratoires, infections à chlamydia trachomatis</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/12/dragi-webdo-n77/</link><pubDate>Sun, 27 Dec 2015 15:18:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/12/dragi-webdo-n77/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Traumatologie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous pour ce dernier Dragi Webdo de l&rsquo;année! J&rsquo;espère que vous avez passez un joyeux Noël, placé sous le signe de Star Wars, en ce qui me concerne&hellip; Bon, bien qu&rsquo;il les mérite, je ne vais pas vous louer les mérites du BB-8 de sphero ici (d&rsquo;autant plus que j&rsquo;ai encore quelques difficultés avec la maniabilité). Donc voici les quelques actus de cette 1ère semaine hivernale!</p>
<p>1/ Pharmaco vigilance</p>
<p>L&rsquo;ANSM a transmis une <a href="http://ansm.sante.fr/content/download/83787/1058293/version/1/file/DHPC_Codeine_21-12-2015.pdf">lettre d&rsquo;information aux professionnels de santé</a> concernant de nouvelles restrictions de prescription de la codéine. Elle est contre indiquée depuis plusieurs mois chez l&rsquo;enfant de moins de 12 ans et non recommandée avant 18 ans dans le traitement de la toux. Elle est également contre indiquée en cas d&rsquo;allaitement, cette décision étant en accord avec ce que le CRAT préconisait. La liste des antitussifs concernés est dans la lettre d&rsquo;information, mais j&rsquo;ai un peu de mal à comprendre pourquoi les antitussif avec de la codéine sont contre indiqués, alors que les dérivés codéïnés, ne le sont pas malgré leurs caractéristiques sont identiques&hellip; Moins utilisés donc moins d&rsquo;effets indésirables rares et graves rapportés? lobbying? &hellip;</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Les ADO vont gagner en popularité! Après l&rsquo;antidote du dabigatran, l&rsquo;Idarucizumab, c&rsquo;est au tour du rivaroxaban et de l&rsquo;apixaban d&rsquo;avoir le leur: l&rsquo;<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1510991">Andexanet Alpha</a>! L&rsquo;article publié dans le NEJM montre une antagonisation de l&rsquo;anti Xa quasi complète dès la fin du bolus (qui durait 30 minutes). Cependant, l&rsquo;action brève de l&rsquo;antidote entraine la nécessité une perfusion pour maintenir l&rsquo;effet. Il n&rsquo;y avait pas eu davantage d&rsquo;effet indésirables dans le groupe traité par rapport au placebo. Soit dit en passant, j&rsquo;ai quand même un peu de mal avec l&rsquo;efficacité du rivaroxaban qui est quasi nulle 15 heures après la dernière prise dans le groupe placebo, alors que le traitement se prend une fois par 24 heures&hellip;</p>
<p>Une étude s&rsquo;est intéressée aux <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2478157&amp;utm_content=buffer67642&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">symptômes précurseurs d&rsquo;infarctus</a> étant survenue dans les 4 semaines précédent cet évènement chez des patients survivants. 50% des patients environs avaient eu des symptômes d&rsquo;alerte: principalement des douleurs thoraciques et de la dyspnée. Seulement 19% des patients avaient appelé les urgences devant ces symptômes. La survie de ces patients ayant appelé les urgences était de 32% contre 6% en l&rsquo;absence d&rsquo;appel. Il semble important d&rsquo;éduquer les patients aux symptômes d&rsquo;alerte et de la conduite à tenir pour diminuer la mortalité liée aux infarctus du myocarde.</p>
<p>3/ Traumatologie</p>
<p>Il y a pas mal de recommandations sur les traumatismes crâniens disant quand faire un TDM ou pas. Un article du <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleId=2478208&amp;guestAccessKey=c72fc255-2d5c-4bf0-a36b-15814e5bf2d2&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=317125233&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=19912121">JAMA</a> s&rsquo;y est intéressé. Les critères &ldquo;Canadian
CT Head Rule&rdquo; quand ils sont tous absents (≥65 ans; ≥2 vomissements, amnésie &gt;30 minutes,
AVP-piéton, AVP avec éjection du véhicule, chute &gt;1m, suspicion de fracture crânienne ou glasgow &lt;15 à 2 heures) diminuaient le risque de lésion cérébrale sévère à 0,31%.  L&rsquo;absence de tous les critères de New Orleans   (&gt;60 ans, ivresse, céphalées, vomissement, amnésie, convulsions ou traumatisme sévère au dessus de la clavicule) diminuait cette même probabilité à 0,61%. En pratique, je ne me souviens pas de patient que j&rsquo;ai vu aux urgences (à l&rsquo;époque de mon internat) pour un traumatisme crânien qui n&rsquo;avait aucun critères..</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p><a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1502599">Un article du NEJM</a> évaluait la non infériorité de l&rsquo;azithromycine 1g monodose versus 7 jours de doxycyline 200mgx2/j dans le traitement de l&rsquo;infection à chlamydia trachomatis. Près de 600 patients ont été randomisés dans les 2 groupes. Il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;échec de traitement sous docycycline., alors qu&rsquo;il y a eu 3,2% (5 patients) d&rsquo;échec dans le groupe azithromycine. Dans cette étude, la non infériorité n&rsquo;a pas pu être établie. Plusieurs remarques. D&rsquo;abord: les infections génitales haute n&rsquo;étaient pas exclues alors que le traitement monodose n&rsquo;est pas efficace. Ensuite, la population de l&rsquo;étude étaient des jeunes américains en établissements correctionnels. Or les sensibilités des germes des IST sont très variables, en particulier d&rsquo;un pays à l&rsquo;autre, ce qui rends cette étude difficilement applicable directement en France. Enfin, 97% de succès pour un traitement monodose au lieu de 7 jours dans le contexte d&rsquo;épargne des antibiotiques, c&rsquo;est plutôt un résultat très positif à mon avis (sans parler des autres effets indésirables d&rsquo;une antibiothérapie prolongée)!</p>
<p>Pour finir, le <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleID=2475025&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jamaim&amp;utm_campaign=article_alert&amp;utm_content=automated">JAMA Internal Medicine</a> a publié un article portant sur la prescription différée d&rsquo;antibiotiques dans les infections respiratoires. Les patients ayant une infection respiratoire haute ou une bronchite ont été randomisés. Ceux ne recevant pas d&rsquo;antibiotiques avaient une durée des symptômes de 4,7 jours contre 3,6 pour ceux traités d&rsquo;emblée, et l&rsquo;intensité maximale des symptômes était identique que les antibiotiques aient été prescrits immédiatement, de façon différée ou non prescrits. Enfin, les patients avec une prescription différée consommaient moins d&rsquo;antibiotiques que ceux avec une prescription immédiate; la satisfaction étant identique quelque soit le groupe. C&rsquo;est ça qu&rsquo;il faut dire aux patients: &ldquo;je ne vous prescris pas d&rsquo;antibiotiques, mais vous serez tout aussi satisfait. C&rsquo;est prouvé!&rdquo;</p>
<p>Sur ce, je vous souhaite une excellente fin d&rsquo;année, en espérant que ma chronique vous satisfasse toujours autant en 2016! Bonnes vacances!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°76: réanimation cardio-pulmonaire, arrêt des statines et mortalité, grippe (HCSP/INPES), dépistage cancer de l'ovaire, prévention de la dépendance</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/12/dragi-webdo-n76/</link><pubDate>Mon, 21 Dec 2015 01:08:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/12/dragi-webdo-n76/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Prévention</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous! Il me tarde de faire mon analyse du dernier Star Wars, vous vous en doutez, mais, comme certains profiterons des vacances pour le voir, je vais tenter de me retenir jusqu&rsquo;en janvier pour ne pas vous révéler que&hellip; Bref, plein de choses intéressantes au niveau médical cette semaine!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p><a href="http://archpedi.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2476187">La grossesse et l&rsquo;autisme</a> sont au cœur de nombreuses études. Après avoir retrouvé une association entre autisme et diabète gestationnel, autisme et paracétamol durant la grossesse, c&rsquo;est au tour des antidépresseurs utilisés pendant les 2eme et 3eme trimestres de grossesse d&rsquo;être associés à un risque d&rsquo;autisme en le multipliant par 1,87!</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p><a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1509139">Une étude</a> s&rsquo;est intéressé à la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) dans un essai contrôle randomisé étudiant des compressions continues versus des compression interrompues par des insufflations (contrôle). L&rsquo;étude ne retrouve pas de différence significative en terme de mortalité entre les deux groupes, bien que le groupe contrôle obtienne une survie meilleure que le groupe avec compressions continue. Ceci laisserait penser que les insufflations ont peut être un rôle&hellip; Notons enfin le faible taux de réussite des RCP, entre 9 et 10% seulement&hellip; Pour les urgentistes, vous pouvez également aller consulter la mise à jour concomitante des <a href="https://circ.ahajournals.org/content/132/18_suppl_2/S315.full">recommandations américaines</a> des soins de réanimation en cas d&rsquo;arrêt cardiaque.</p>
<p>Des Danois ont étudié l<a href="http://eurheartj.oxfordjournals.org/content/early/2015/11/30/eurheartj.ehv641">&lsquo;impact de la médiatisation &ldquo;anti-statines&rdquo; sur les patients</a>. Il ont observé une impressionnante augmentation des arrêts de traitements passant de moins de 1% en  1995 à 11% en 2010. Les arrêts de statines étaient associés, entre autres, aux &ldquo;histoires relatant des faits négatifs sur les statines&rdquo;. Enfin, l&rsquo;arrêt prématuré des statines était associé à une augmentation de 26% du risque d&rsquo;infarctus du myocarde et de 18% de la mortalité cardio-vasculaire!</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=530">HCSP</a> a publié ses recommandations sur la prévention et le traitement de la grippe saisonnière. Il recommande l&rsquo;utilisation curative d&rsquo;anti-viraux chez les femmes enceintes, patients obèses, jeunes enfants et patients éligibles à la vaccination en cas de symptômes. Le traitement est aussi recommandé de façon préventive (demi-dose) chez ces patients, en cas de contact de moins de 48h avec une personne infectée, et de façon préemptive (pleine dose) en post exposition chez les patients à haut risque de décompensation de pathologie sous-jacente. Reste à savoir si le traitement est vraiment efficace dans ces indications, les décisions présentes dans l&rsquo;avis étant peu documentées&hellip;</p>
<p>Dans ce contexte, l&rsquo;I<a href="http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1684.pdf">NPES</a> a publié sa fiche de conseil, rappelant l&rsquo;imporance du lavage de main pendant au moins 30 secondes. Elle répond également à quelques questions que tout le monde se pose sur la durée de survie du virus dans différents milieux:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjpQNHjyC8Px_s4dltX2LShbmZJwml883ux-ybW7KVbRUd4etIzq_KozBfsRimkqXx2Y0Sm2B6MQD-V49_sRWhZd1JcALRyh22A6dBGIfuyY96jktXrfnodWNNtKLtw95HtJKlnYBrYLRRs/s1600/inpes+grippe.png"><img src="/images/articles/2015/inpes-grippe.png" alt=""></a></p>
<p>Puis qu&rsquo;on est dans les traitements classiquement dit &ldquo;inutiles&rdquo; dans les infections virales, la <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD009345.pub2/abstract?utm_source=hootsuite">Cochrane</a> a étudié l&rsquo;utilité des anti-histaminiques dans les infections respiratoires hautes à rhinovirus, c&rsquo;est à dire, dans le rhume. Et bien, ils étaient efficaces, soulageant les symptômes à J1 et J2. Par contre, aucune différence n&rsquo;était montrée après cette date. Ces traitement soulageaient &ldquo;l&rsquo;ensemble des symptomes&rdquo; mais sans améliorer &ldquo;l&rsquo;obstruction nasale, la rhinorrhée et les éternuements&rdquo;. C&rsquo;est à se demander sur quoi ils agissaient&hellip; Concernant les effets indésirables, la somnolence était plus élevée sous traitement mais de façon non significative.</p>
<p>4/ Dépistage et prévention</p>
<p>L&rsquo;académie nationale de médecine (donc j&rsquo;ai jamais trop compris le rôle&hellip;) a publié un rapport sur la <a href="http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2015/12/2-Rapport-final-ANM-Prevention-Vieillissement-24-11-15-4.pdf">&ldquo;prévention de la dépendance liée au vieillissement&rdquo;</a>. Il faut, pour cela, prévenir l&rsquo;alcoolisme, le tabac, la malnutrition et la sédentarité. L&rsquo;académie prône un dépistage vers  45-55 ans (et tous les 5 ans) des facteurs de risques cardiologiques, neurologiques (contrôle de vision, audition, olfactif et force musculaire) et néphrologiques, ainsi que du diabète par le périmètre abdominal, la glycémie à jeun et l&rsquo;HbA1C. Une alimentation &ldquo;méditerranéenne&rdquo; et une activité physique régulière sont encouragées. Enfin, les AINS sont à éviter!</p>
<p>Le dépistage du cancer de l&rsquo;ovaire a été étudié au Royaume Uni. <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2815%2901224-6/fulltext">L&rsquo;étude randomisée</a> comparait le dosage annuel du CA-125 d&rsquo;une part et l&rsquo;utilisation de l&rsquo;échographie transvaginale d&rsquo;autre part à l&rsquo;absence de dépistage chez des femmes de 50 à 74 ans. Il n&rsquo;y avait pas de différence à 11 ans entre les groupes. Cependant, et là ça se complique, (donc ça veut dire que les auteurs ont certainement tiré dans les coins pour trouver quelque chose&hellip;) en retirant les &ldquo;cas prévalents&rdquo; , c&rsquo;est a dire les patients ayant un cancer diagnostiqué au moment du début du dépistage (les patients avec un cancer connu n&rsquo;ayant pas été inclus dans l&rsquo;étude), l&rsquo;utilisation du CA-125 diminuait la mortalité spécifique. On ne tirera donc rien de cette analyse secondaire&hellip; Pour faire simple, il n&rsquo;y a actuellement pas assez de preuve pour promouvoir un dépistage systématique du cancer de l&rsquo;ovaire chez la femme de 50 à 74 ans.</p>
<p>Voilà pour cette semaine, passez de bonnes fêtes de fin d&rsquo;année et d&rsquo;excellentes vacances pour ceux qui pourrons en bénéficier. Finissons, avec un peu de légèreté, deux articles du BMJ édition Christmas qui sont, comme chaque année, toujours aussi sympathiques:</p>
<ul>
<li>
<p><a href="http://www.bmj.com/content/351/bmj.h6423">Zombies: épidémiologie, traitement et prévention</a>. Je vais vous spoiler la ligne de traitement: &ldquo;more reserch is needed&rdquo;. Alors si vous connaissez quelques zombies à utiliser comme cobaye&hellip;</p>
</li>
<li>
<p><a href="http://www.bmj.com/content/351/bmj.h6326">Le rejet des lettres de rejet</a>. Tous les chercheurs y ont eu droit, à cette lettre qui vous dit que &ldquo;votre article ne peut être accepté parce que le sujet n&rsquo;est pas prioritaire pour la revue&rdquo;, que &ldquo;la revue n&rsquo;accepte que 20% des papiers qui sont soumis&rdquo;, etc&hellip; Et bien voici la lettre de refus de ces rejets! Calquée sur le modèle des lettres de rejet, elle permettra de se défouler sur la revue en question! (Attention, il est probable que vous soyez black listé de la revue&hellip;) A vos risques et périls!</p>
</li>
</ul>
<p>Bonne nuit et à bientôt,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Deuxième ânerie?</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/12/deuxieme-anerie/</link><pubDate>Tue, 15 Dec 2015 23:53:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/12/deuxieme-anerie/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>On a vu fleurir sur la toile les commentaires sur le site <a href="http://deuxiemeavis.fr/">deuxiemeavis.fr</a> . Ça a commencé déjà en juillet dernier, par un <a href="https://www.elblogdelasalud.info/fr/segunda-opinion-medica/14002">billet du Dr Manuel Silva</a> , neurochirurgien portugais dont je n&rsquo;ai pas accès aux conflits d&rsquo;intérêt. Je ne connaissais pas le site <a href="https://www.elblogdelasalud.info/">el blog de la salud</a> sur lequel ce billet a été publié, mais ce site proposait déjà des consultations en ligne pour donner une consultation médicale privée, mais je n&rsquo;ai pas trouvé de trace du prix.</p>
<p>Pour ceux qui n&rsquo;auraient pas eu le plaisir de suivre ces échanges, vous trouverez des avis dessus sur le blog <a href="http://grangeblanche.com/2015/12/14/troisiemeavis-fr/">grangeblanche.com</a> ainsi que sur le site du <a href="http://www.legeneraliste.fr/actualites/article/2015/12/14/un-deuxieme-avis-medical-en-ligne-pour-295-euros-qui-agite-la-toile_284436#utm_source=gene&amp;utm_medium=newsletter&amp;utm_term=&amp;utm_content=20151214&amp;utm_campaign=NL_infodujour">généraliste.fr</a>  , et je vais vous donner mon opinion dessus, puisque vous êtes venus lire ce billet!</p>
<p>Deuxiemeavis.fr est un site proposant une expertise sur des &ldquo;maladies graves, rares ou invalidantes&rdquo;, souhaitant promouvoir l&rsquo;accès à tous à des experts accessibles et ainsi de réduire les&quot; inégalités d&rsquo;accès à l&rsquo;expertise&quot;.</p>
<p>Reprenons cette phrase qui sera mon fil directeur. Il me parait tout à fait légitime d&rsquo;avoir des avis spécialisé sur les maladies graves et rares, et je doute qu&rsquo;un médecin généraliste ou un pédiatre &ldquo;classique&rdquo; prenne seul en charge une découverte de leucémie aiguë chez l&rsquo;enfant. Et pour chaque pathologie, quand elle sort de notre domaine de compétence, le médecin généraliste adresse au spécialiste, qui adresse ensuite au sur-spécialiste ou prend un avis.</p>
<p>Mais quand on s&rsquo;intéresse à la liste des pathologies pour lesquelles une expertise est proposée, on retrouve: l&rsquo;adénome de prostate, l&rsquo;asthme, la maladie de Lyme, l&rsquo;arthrose, l&rsquo;ostéoporose&hellip; et encore bien d&rsquo;autres maladies classique que tout médecin généraliste est à même de gérer ou peut prendre un avis en cas de doute. On trouve en outre, la dissection aortique et pour celle là je vous assure que si vous attendez le délai de 48h à 7 jour pour avoir la réponse, vous êtes déjà dans un cercueil!</p>
<p>On va prendre, au hasard (ou presque&hellip;), un domaine dans lequel je ne suis absolument pas expert (si tant est que je puisse être médecin GENERALISTE-expert dans un domaine&hellip;): l&rsquo;hémochromatose! En cliquant sur la maladie, on trouve un long descriptif, de l&rsquo;épidémiologie, des complications et traitements possibles. Aucune référence. C&rsquo;est triste pour un site avec un conseil scientifique composé d&rsquo;éminents professeurs de médecine. Bref, continuons. J&rsquo;arrive sur &ldquo;Quelles questions poser dans le cadre d&rsquo;un deuxième avis? &ldquo;:</p>
<ul>
<li>A quel stade se situe ma maladie ?</li>
<li>Est-elle secondaire ou génétique ?</li>
<li>Dois-je en informer les membres de ma famille pour qu’ils se fassent dépister ?</li>
<li>Quelle hygiène de vie dois-je adopter ?</li>
<li>Quelle sera la fréquence de mes saignées ? Pendant combien de temps ?</li>
<li>Quel suivi devrai-je mettre en place ?</li>
</ul>
<p>Le simple généraliste que je suis arrive a répondre, lors des bilans initiaux, à répondre à toutes les questions (même sans l&rsquo;aide de la magnifique <a href="https://www.orpha.net/data/patho/Pub/fr/hemochromatose-FRfrPub92.pdf">fiche orphanet</a> )sauf l&rsquo;avant dernière qui est un peu spécialisé, mais comme je vais adresser le patient à un confrère hépatologue, il pourra lui répondre, et s&rsquo;il ne peut pas, il contactera un autre confrère qui aidera à organiser le suivi.</p>
<p>Le deuxième point de la phrase était de réduire les inégalités. 295€ la consultation. Gloups&hellip;. Sans parlé que les patients les moins informés et les moins impliqués dans leur prise en charge, sont généralement ceux de faible niveau socio-économiques (les patients de niveau socio économiques élevé hésitant moins à aller consulter dans des cadres privés). Donc pour réduire les inégalités, faisont payer  300€ à ceux qui n&rsquo;en ont pas les moyens! Pour rester sur le sujet de l&rsquo;hémochromatose, en une recherche google, j&rsquo;ai trouvé que le centre de référence de l&rsquo;hémochromatose donnait répondait aux questions via un mail disponible sur le site de l&rsquo;association hémochromatose ouest, et qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de consultations privées à un prix exorbitant. D&rsquo;après la SNCF, un billet Prem&rsquo;s Paris-Renne aller retour c&rsquo;est  50€, plus le prix de la consultation et un repas le midi, aller, on atteint 150€ à tout casser. Alors oui, le délai n&rsquo;est pas inférieur à 7 jours, mais peu de maladies
nécessitent une intervention aussi rapide. Ma mère m&rsquo;a toujours dit que
si on ne me laisse pas le temps de réflexion, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a une
embrouille&hellip;</p>
<p>Et en cadeau: le médecin vous examine! Ce qui n&rsquo;est malheureusement pas le cas d&rsquo;une expertise via internet. Comment expliquer que c&rsquo;est quand même la base? Comment prendre une décision aussi importante pour un patient (puisqu&rsquo;il est prêt à payer 300€) sans le prendre en charge globalement? Avec ses co-morbidités, en observant soi-même son état général, son désir, son degré de compréhension de l&rsquo;information fournie? La relation médecin-patient actuelle se fonde, comme un croisement entre l&rsquo;Evidence Based Medicine (les preuves de la littérature), l&rsquo;examen clinique et le désir du patient. Sur deuxiemeavis.fr, deux des concepts sont zappés&hellip; Et si l&rsquo;information fournie par l&rsquo;expert n&rsquo;est pas compréhensible par le patient? Et si le patient a été poussé par ses proches à prendre un second avis qui lui dit qu&rsquo;il faut l&rsquo;opérer et qu&rsquo;il ne voulait de toutes façon pas être opéré malgré un bénéfice déjà expliqué?</p>
<p>Poursuivons l&rsquo;analyse. Ces médecins experts, qui sont ils? On trouve la liste du conseil Scientifique. De nombreuses spécialités y sont représentées, même la médecine générale. Probablement que le généraliste peut tempérer certaines ardeurs de spécialistes. Non pas que je remette en cause leur compétences, mais de nombreux actes chirurgicaux (possiblement expertisés sur le site, compte tenue de la liste de pathologie) sont envisageable et malheureusement, ces grand professeurs ont l&rsquo;expérience de l&rsquo;efficacité de ces actes dans leur propre service. Ce que je veux dire, c&rsquo;est que plus on fait une opération, plus on est bon pour la faire. Et malgré toute la bonne volonté du monde, l&rsquo;avis du Pr X qui la réalise 2 fois par jour en disant qu&rsquo;il n&rsquo;y a que très peu de risque n&rsquo;est, selon moi, pas adapté à la pratique du Dr Y qui sera le médecin du patient étant donné que les rendez vous du Pr X sont surbookés et se déroulent à 500km de chez le patient. A ce titre, l&rsquo;avis du Dr Y importe plus que celui de l&rsquo;expert. Pour ce qui est des cancers, la décision du traitement est prise par une &ldquo;réunion de concertation pluridisciplinaire&rdquo;, c&rsquo;est à dire que des spécialistes et tous les intervenants de la prise en charge ont leur mot à dire pour adapter au mieux le traitement du patient. Un avis d&rsquo;un unique expert serait supérieur à une décision collégiale? Ce serait un retour à la médecine de nos grand parents.</p>
<p>On retrouve en bas de la page &ldquo;candidature médecin&rdquo;. Donc, le conseil scientifique valide la candidature et après, on est expert. Mais sur quels critères? Et les conflits d&rsquo;intérêt doivent ils être déclarés? Ça ne figure pas explicitement sur la liste des documents à transmettre&hellip; D&rsquo;ailleurs, les conflits d&rsquo;intérêt du conseil scientifique ne sont pas non plus identifiés. Oups..</p>
<p>Enfin, je ne doute absolument pas de la bonne volonté des entrepreneurs qui se sont battu(e)s pour mener à bien ce projet. Effectivement, je suis parfaitement d&rsquo;accord sur le principe. Les décisions concernant un patient doivent être prises avec lui, et il a le droit d&rsquo;avoir autant d&rsquo;avis qu&rsquo;il le souhaite pour prendre une décision concernant sa santé. Mais c&rsquo;est justement le devoir d&rsquo;un médecin d&rsquo;orienter au mieux le patient, spontanément pour des décisions difficiles. Alors quand des entrepreneurs issus d&rsquo;HEC montent un tel projet, je doute que ce soit à but non lucratif et exclusivement dans l&rsquo;intérêt du patient, contrairement au innombrables minutes du &ldquo;forfait 23€&rdquo; consacrées à préparer un courrier au sur-spécialiste, ou à le contacter par téléphone après s&rsquo;être fait refoulé 3 fois par sa secrétaire.</p>
<p>On peut lire que des partenariat se créent avec des mutuelles. Dans l&rsquo;objectif de diminuer le cout des expertises. C&rsquo;est bien d&rsquo;avoir pour objectif de baisser le prix. Mais, si ce sont les mutuelles qui finances, ne risque-t-on pas d&rsquo;avoir des dérives supplémentaires?</p>
<p>Certes, aller sur des forum médicaux pour prendre un second avis, n&rsquo;est probablement la meilleure chose à faire, mais, je trouve que cette entreprise, malgré l&rsquo;intention initiale louable, dénature et marchande la profession de médecin, altère la relation médecin-patient en touchant à la confiance que le patient peut avoir en son médecin et en ses correspondants. Si un patient se voit refuser par son médecin de prendre un second avis, c&rsquo;est que le médecin n&rsquo;est probablement pas suffisamment l&rsquo;écoute ou que la relation entre eux est assez mauvaise pour que le patient aille chercher un professionnel qui lui sera plus adapté. Je vais m&rsquo;arrêter là. Je ne sais pas si ce site est une ânerie ou le futur de la médecine.</p>
<p>En conclusion, probablement qu&rsquo;il faudrait retravailler le concept (oui, parce qu&rsquo;en général, j&rsquo;évite de contester sans rien proposer!) : centraliser des sur-spécialistes qui orientent vers des spécialistes locaux qui pourront examiner le patient et prendre des décisions concertées avec le médecin généraliste. Le site aurait alors plutôt un rôle de plateforme d&rsquo;échanges d&rsquo;adresse, en étant contacté par le médecin généraliste ou spécialiste qui ne trouve pas d&rsquo;expert dans un domaine sur lequel il souhaiterai un second avis. On aurait alors une prise en charge globale, avec une expertise et à moindre frais pour le patient qui bénéficierai alors d&rsquo;un expert local. Et comme il faut bien que le site fonctionne, l&rsquo;accès des professionnels au site pourrait être sur un abonnement annuel ou au &ldquo;one shot&rdquo; payé par le médecin et qui pourrait donc être placé en frais professionnel. On peut même imaginer des abonnements pour des cabinets de groupes pour inciter à utiliser la plateforme (ce qui est financement bien pour les entrepreneurs du site) à moindre coût pour les médecins (ce qui est financement bien pour les médecins).</p>
<p><em><strong>&ldquo;Qui est le plus fou des deux, le fou ou alors le fou qui le suit
?&rdquo; - Obi-Wan</strong></em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°75: reco HBP, reco infections urinaires: Delprim et grossesse (SPILF), benzo et démence, rosacée, PUautomne, HbA1C et surtraitement</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/12/dragi-webdo-n75/</link><pubDate>Mon, 14 Dec 2015 03:15:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/12/dragi-webdo-n75/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Urologie</category><category>Infectiologie</category><category>Dermatologie</category><category>Médecine générale</category><category>Néphrologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous!!! Plein de chose cette semaine encore, donc je vais essayer de ne pas trop en mettre&hellip; Mais ça ne vas pas être simple de réduire, tellement il y a d&rsquo;articles qui auraient leur place ici. A force de faire cette veille, je trouve beaucoup trop d&rsquo;articles qui m&rsquo;intéressent. Alors c&rsquo;est une lutte en moi, entre vous partager ces articles ou limiter à ce qui a une applicabilité (quasi-)directe en médecine générale!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance </p>
<p>Pour commencer, une restriction d&rsquo;AMM par l&rsquo;ANSM pour la <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Gutron-R-2-5mg-comprime-Modifications-de-l-AMM-suite-a-la-reevaluation-du-rapport-benefice-risque-Lettre-aux-professionnels-de-sante">midodrine (Gutron)</a> aux maladies neuro-dégénératives avec dysautonomie, c&rsquo;est à dire dans les formes sévères d&rsquo;hypotension liés au Parkinson par exemple.</p>
<p>Les <a href="http://www.alzheimersanddementia.com/article/S1552-5260%2815%2902953-2/abstract">benzodiazépines</a> le risque de démence ont été étudié dans une étude de cohorte. Les auteurs retrouvent une augmentation de 62% du risque de démence chez les utilisateur de benzo de demi-vie longue (&gt;20h)!</p>
<p>2/ Urologie</p>
<p>L&rsquo;association française des urologues a publié des recommandations de prise en charge de l&rsquo;<a href="http://urofrance.org/publications-livres/publications-scientifiques/resultats-de-la-recherche/html/guide-de-prise-en-charge-en-medecine-generale-des-symptomes-du-bas-appareil-urinaire-de-lhomm.html">hypertrophie bénigne de prostate</a> pour le médecin généraliste. Le bilan initial comporte nécessairement un interrogatoire ciblé, un toucher rectal et une analyse urinaire. La mesure de la créatininémie, l&rsquo;échographie des voies urinaires et le PSA étant optionnels et n&rsquo;étant pas nécessaire dans le suivi de la pathologie. L&rsquo;avis d&rsquo;un spécialiste est nécessaire devant des urgenturies isolées, ou des signes de gravité (symptômes sévères, résidu post mictonnel &gt;100mL et globe vésical). Rien de très neuf sur la thérapeutique: phytothérapie et alphabloquants en monothérapie , puis inhibiteurs de la 5 alpha réductase seuls ou en bithérapie en cas de symptômes marqués.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La SPILF a fait deux mises à jour à propos de la prise en charge des infections urinaires. La première porte sur la place du <a href="http://www.infectiologie.com/UserFiles/File/spilf/recos/infections-urinaires-spilf-trimethoprime-temocilline-2015.pdf">trimétoprime</a> (Delprim 300mg/j) car le taux de résistance au trimetoprime-sulfametoxazole (Bactrim) est identique, et donc le double antibiotique n&rsquo;est pas indispensable et permettrai de diminuer les effets indésirables. Le Delprim vient donc remplacer préférentiellement le Bactrim dans les cystites à risque de complication et en prévention des cystites post-coitales.</p>
<p>La seconde porte sur les <a href="http://www.infectiologie.com/UserFiles/File/spilf/recos/infections-urinaires-grossesse-spilf-2015.pdf">infections urinaires pendant le grossesse</a>. La BU suffit au dépistage des colonisations mais un ECBU d&rsquo;emblée est recommandé en cas de cystites à répétition, diabète et uropathie. Le traitement est alors adapté en privilégiant l&rsquo;amoxicilline pour une durée de 7jours, suivi d&rsquo;un ECBU de contrôle à 8-10 jours puis mensuellement! En cas de cystite gravidique, l&rsquo;antibiothérapie doit être immédiate puis adaptée à l&rsquo;antibiogramme en privilégiant la fosfomycine. Pour la pyélonéphrite gravidique, une hospitalisation initiale est recommandée.</p>
<p>4/ Dermatologie</p>
<p>On continue avec les traitements de la <a href="http://www.alzheimersanddementia.com/article/S1552-5260%2815%2902953-2/abstract">rosacée</a> qui sont abordés dans le JAMA. Il semblerait que les traitements topiques par brimonidine, acide zélaique et metronidazole soient tous efficace dans le traitement, mais que les deux premiers soient efficace avec un plus haut niveau de preuve. La doxycycline et l&rsquo;isotrétinoine orale sont aussi des traitements efficace avec un bon niveau de preuve.</p>
<p>5/ Médecine générale</p>
<p>Les interventions pour favoriser la <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD010907.pub2/abstract">décision partagée</a> ont été évaluées en médecine générale à propos de la prescription d’antibiotiques dans les infections respiratoires. Elles permettaient de diminuer la prescription d&rsquo;antibiotiques de 40% sans augmenter les reconsultations ni diminuer la satisfaction du patient. Les effets à plus long termes n&rsquo;avaient pas été suffisamment évalués.</p>
<p>6/ Néphrologie</p>
<p>Je continuerai en citant le billet de <a href="http://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=4425&amp;utm_source=feedburner&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_campaign=Feed%3A+ClubDesMedecinsBlogueurs+%28Club+des+M%C3%A9decins+Blogueurs%29">PU automne</a> portant sur l&rsquo;élévation de la créatininémie. Je vous encourage vivement à aller le lire et ne remet ici que l&rsquo;algorithme qu&rsquo;il a écrit, parce qu&rsquo;il est on ne peut plus clair!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgKjMPFYY83-GuYXdscj4O5GpT0U2HpiW4F3pw3eH8LhCS0w89-ihyphenhyphenwZuAm_iQ6AHpE7h6-g76frnfXcyXrvxRFbtjUPsiDYU_9319Xaj0Of3hWafJGAl__AZzlDdgqf95VFKkSgSFtaMDi/s1600/insuffisance+r%25C3%25A9nale.jpg"><img src="/images/articles/2015/insuffisance-r-25c3-25a9nale.jpg" alt=""></a></p>
<p>7/ Diabétologie</p>
<p>Une étude observationnelle rétrospective publiée dans le <a href="http://www.bmj.com/content/351/bmj.h6138">BMJ</a> a
retrouvé qu&rsquo;un suivi excessif de l&rsquo;HbA1C était associé à un
surtraitement du diabète avec des hypoglycémies, par rapport aux
recommandations américaines préconisant 2 contrôles par ans uniquement
chez des patients avec un diabète stable et contrôle sans traitement par
insuline (ce qui est également recommandé par la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2014-04/synthese_guide_pds_diabete_t_2_web.pdf">HAS</a> mais n&rsquo;est pas fait, parce que du coup, si on fait que 2 fois par an, le ROSP ne marche plus!)<br>
C&rsquo;est fini! Ne faites pas attention à l&rsquo;heure de mise en ligne.. Bref, bonne semaine à tous, et j&rsquo;espère que tous ceux qui le souhaitent auront rapidement des place pour le 7ème épisode de Star Wars! En ce qui me concerne, tout est déjà prêt pour y aller avec ma chérie, y compris le T-Shirt adapté à l&rsquo;occasion (Merci Sév !!!)!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiOOam97BQMLh3Zh6cklOwOoo4o7meusBXXEzPUVk4NL5SHFqTt_OG6kfr8yaRstjtDXZobCkanmii_3Ylu6QBfv3ZTXaeFkDlSDyCfOu9xsAlJJ4biIucdGRYyeTi3mFBaG2l6a5U9YWJE/s1600/20151214_030755.jpg"><img src="/images/articles/2015/20151214-030755.jpg" alt=""></a></p>
<p>A la semaine prochaine!<br>
@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°74: vaccins (ANSM), Diabète type 2 (reco NICE), bilharziose (HCSP), automédication (60millions), SAOS/HTA, arthrose/radiographie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/12/dragi-webdo-n74/</link><pubDate>Mon, 07 Dec 2015 01:05:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/12/dragi-webdo-n74/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Diabétologie</category><category>Infectiologie</category><category>ORL</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! J&rsquo;espère que vous allez bien&hellip; Je sais pas pour vous, mais l&rsquo;attente de ce septième épisode de Star Wars me stresse! Encore 10 jours à tenir! Bon, vous n&rsquo;êtes pas (tous&hellip;) venu sur ce blog pour entendre parler de ce film (même si vous n&rsquo;allez pas y couper&hellip;),  alors, place aux actualité de la semaine! (en espérant ne pas faire trop de fautes de frappe compte tenu de l&rsquo;heure tardive&hellip;)</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Commençons donc par les messages de l&rsquo;ANSM, qui sont particulièrement tournés vers la vaccination. Le premier rappelle les ruptures de stock des <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Ruptures-de-stock-des-medicaments/VACCINS-COMBINES-CONTENANT-LA-VALENCE-COQUELUCHE-Tensions-d-approvisionnement">vaccin tetra et quintavalents</a>, particulièrement utiles chez l&rsquo;enfant (quand les parents ne veulent pas <em>la totale</em>). Si les ruptures de stock semblent se prolonger, il devrait y avoir une remise à disposition contingentée en pharmacie de ville.</p>
<p>Pour ce qui est du <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Vaccin-Meningitec-actualisation-des-informations-sur-le-defaut-qualite-constate-en-2014-Point-d-Information">vaccin Meningitec</a>, retiré du marché pour cause de présence de &ldquo;rouille&rdquo; dans certains vaccins, il semblerait que les quantités retrouvées ne présentaient aucun danger pour l&rsquo;organisme (et ne plongeons pas dans les hypothèses de la Big_corruption des Big_experts par Big_pharma)</p>
<p>2/ Diabétologie</p>
<p>La semaine dernière s&rsquo;est déroulée le congrès mondial du diabète, ce qui a donné lieu à la publication de quelques articles intéressant sur le sujet. Vous noterez que l&rsquo;HbA1C reste le critère incontournable.</p>
<p>D&rsquo;abord, les recommandations du <a href="http://www.nice.org.uk/guidance/ng28/chapter/1-Recommendations#blood-glucose-management-2">NICE</a> (Royaume-Uni) sur le diabète de type 2. Des recos toujours un peu décalées avec les données de la science, et à mon avis toujours fortement soumise au lobbying anglais. D&rsquo;abord, les objectifs d&rsquo;HbA1C s&rsquo;alignent sur les recommandations françaises, 6.5% quand tout va bien,  7% en cas d&rsquo;hypoglycémie, et moins strictes en cas d&rsquo;intolérances aux traitements ou de circonstances rendant une balance bénéfice/risque défavorables à l&rsquo;intensification du traitement. Le traitement recommandé en 1ere intention reste la metformine. En cas d&rsquo;HbA1C &gt;7,5%, il faut intensifier le traitement (ce qui est assez en accord avec le fait qu&rsquo;il n&rsquo;est pas démontré qu&rsquo;une HbA1C le plus bas possible diminue les complications, mais qu&rsquo;une HbA1C supérieure à 8% les augmente). Mais le traitement d&rsquo;intensification comporte soit un sulfamide hypoglycémiant, soit une gliptine (jusque là c&rsquo;est comme en France), mais les recos accordent également les glitazones (retirées du marché en France pour cause de majoration de problèmes cardiaques sans bénéfice démontré), ainsi que les inhibiteur de SGLT-2 (non commercialisé encore, donc la balance bénéfice risque est incertaine avec 1 seule étude isolée montrant un bénéfice de mortalité à ce jour). En cas d&rsquo;intensification encore, quand une insulinothérapie doit être débutée, c&rsquo;est la NPH qui soit être proposée (moins chère), et les insulines lentes (glargine et detemir) sont en seconde intention. Enfin, sur les objectifs tensionnels, le NICE recommande de viser 140/80 et  130/80 en cas de néphropathie, avec un traitement par IEC ou, chez les patients noirs/antillais IEC+diurétique ou IEC+inhibiteur calcique d&rsquo;emblée.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgati2EqyNMaZSQT_nra3CWmlsTNkxp1W7bXuHi3EpxWGTyAX2zLrXai20xT5b6dZinW5RaEclE2J51XcAXRDNVZ4mtV9Qh_FZNLi8YM2so-YlZhuYA6h7pzw7FL7p_JGlD7JvwDcn9oFQm/s1600/NICE+diabetes.jpg"><img src="/images/articles/2015/nice-diabetes.jpg" alt=""></a></p>
<p>Continuons avec le diabète de Type 1. La <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2473492&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=292767509&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=19214904">metformine</a> a été tentée chez des patients diabétiques de type 1 en surpoids ou obèses dans un essai contrôlé randomisé. L&rsquo;étude ne retrouve pas de différence d&rsquo;HbA1C après 26 semaines,  mais une diminution significative des doses d&rsquo;insulines et du BMI avec la metformine, au prix d&rsquo;une augmentation des effets indésirables digestifs.</p>
<p>Enfin, un <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1509351#t=abstract">article du NEJM</a> parle du pancréas artificiel, ou pompe à insuline en circuit fermé. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;étude ne cross-over, avec comme critère de jugement principal le temps passé dans des objectifs glycémiques. Le pancréas artificiel améliorait de 11% le temps dans l&rsquo;objectif et diminuait significativement l&rsquo;HbA1C de &hellip;. 0.3%! Il n&rsquo;y avait pas assez de patient pour analyser les hypoglycémies, mais les 3 qui se sont produites ont eu lieu pendant l’utilisation du pancréas artificiel.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Le HCSP a publié un avis sur la <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=525">Bilharziose uro-génitale</a> qui était présente dans certaines régions françaises (Corse surtout). Le HCSP recommande de dépister toute personne ayant été en contact avec la rivère Cavu entre 2011 et 2013 entre mai et septembre, par une double sérologie (Elisa + hémaglutination) et de traiter tout résultat positif par Praziquantel après un bilan étendu de l&rsquo;infection (NFS, EPU, créatininémie, échographie des voies urinaires).</p>
<p>Je ne peux passer à coté de ce nouvel article de <a href="http://www.60millions-mag.com/kiosque/se-soigner-sans-ordonnance">&ldquo;60 millions de consommateurs&rdquo;</a> qui donne un avis sur l&rsquo;automédication. Cet avis est défavorable pour les médicaments du rhume et de la grippe, dont un grand nombre sont &ldquo;à proscrire&rdquo;, bien que selon &ldquo;Prescrire&rdquo; (LRP), tous soient à jeter. L&rsquo;analyse n&rsquo;est pas aussi documentée que LRP le ferait, mais il est quand même regrettable qu&rsquo;il faille que ce soit une revue &ldquo;grand public&rdquo; qui fasse passer les messages, alors que LRP se bat depuis des années pour cela.</p>
<p>4/ ORL</p>
<p>Une étude s&rsquo;est intéressée aux différents traitement du syndrome d&rsquo;<a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2473494">apnée du sommeil</a> et à la tension artérielle en faisant une méta-analyse en réseau. Cela permet de comparer entre eux des traitements qui ont été comparés a un même traitement mais qui ne l&rsquo;avaient pas été entre eux dans les études (c&rsquo;est clair? Sinon, <a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article/354">ici</a>, ça devrait l&rsquo;être). Les auteurs retrouvent que les prothèses d&rsquo;avancées mandibulaires et les masques de pression positives sont efficaces pour baisser la tension artérielle, mais sans différence entre les deux techniques.</p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Le BMJ a publié une étude sur la concordance entre les résultats d&rsquo;une <a href="http://www.bmj.com/content/351/bmj.h5983">radiographie de hanche et les douleurs de hanche des patients</a>. Les auteurs retrouvent une faible concordance entre les deux,avec des sensibilités de la radiographie entre  10 et 30% et des spécificités qui sont supérieures à 90%. La valeur prédictive positive est également faible, avec une valeur prédictive négative de plus de  95%. Ainsi, en cas d&rsquo;arthrose radiologique, il n&rsquo;y a pas fréquemment de douleur associée,et cas de douleur il n&rsquo;y a pas non plus souvent de signes radiologiques d&rsquo;arthrose. Le traitement de la coxarthrose prouvée radiologiquement étant le même que celui de la coxarthrose clinique, ne pas se fier forcément aux radios et soulager le patient semble être une bonne chose.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Et comme je radote et que je suis impatient de découvrir le prochain Star Wars, je vais vous faire patienter avec moi sur une <em>medley</em> de Lindsey Stirling!</p>
<p>A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°73: #CNGE2015 , maladie ischémique stable, dépistage trisomie 21 (DPNI), NASH, insuline et diabète (ACCORD), attentats de Paris (Lancet)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/11/dragi-webdo-n73/</link><pubDate>Mon, 30 Nov 2015 00:42:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/11/dragi-webdo-n73/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Hépatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Comme prédit, j&rsquo;écris ce billet avec un certain retard!</p>
<p>Du coup, pourquoi ne pas commencer par un petit résumé de ce 1er congrès du CNGE auquel j’assistais! (je ne suis plus à 1 heure ou 2 de retard près&hellip;) Pas mal de critiques ont été faites, je ne reviendrais pas dessus. Les présentations étaient de qualité et d&rsquo;intérêt variable, mais, si c&rsquo;était aussi peu intéressant, il n&rsquo;y aurait pas eu 2300 tweets sous le Hashtag #CNGE2015 en 2 jours ! Vous pouvez d&rsquo;ailleurs aller regarder ce qui s&rsquo;y est dit <a href="https://twitter.com/search?q=%23CNGE2015&amp;src=tyah">ici</a>.</p>
<p>Sur le plan &ldquo;rencontres&rdquo;, mon absence de l&rsquo;an dernier m&rsquo;avait motivé plus que jamais à rencontrer tous les afficiona-twittos qui s&rsquo;y rendent! J&rsquo;aurai bien aimé faire la liste de tous ceux que j&rsquo;ai rencontré, mais de peur d&rsquo;en oublié un, je m&rsquo;abstiendrai. Mais clairement, ce fut un séjour dijonnais mémorable!</p>
<p>Avant de passer aux actualités de la semaine (qui ne seront pas bien longues, étant donné que j&rsquo;ai été un peu moins assidu que d&rsquo;habitude et que je n&rsquo;ai pas trouvé grand chose d&rsquo;incontournable non plus), je tenais à dire qu&rsquo;un bon nombre de médecins se sont incrits sur Twitter durant le congrès, que ce soit pour espionner ce qui se disait ou tenter de rejoindre les geeks du congrès, mais ça fait plaisir de compter autant de personnes avec qui interagir à distance et tout au long de l&rsquo;année sur des problématiques de médecine générale, bravo et merci à tous!</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Alors commençons par une article du <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1505532#t=article">NEJM</a> étudiant la survie des vétérans américains ayant une cardiopathie ischémique stable. Les patients étaient randomisés pour recevoir, soit un traitement médical optimal, soit subir une angioplastie. Après un suivi moyen d&rsquo;environ 6 ans, le recours à l&rsquo;angioplastie n&rsquo;a pas amélioré la survie. Globalement, c&rsquo;est ce qui est recommandé par la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/liste_ald_maladie_coronarienne.pdf">HAS</a> actuellement: ne pas inciter à la coronarographie si la maladie est contrôlée, si les symptômes ne sont pas invalidants et chez qui le bénéfice n&rsquo;améliorera pas la qualité ou l&rsquo;espérance de vie.</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>La HAS a publié un rapport sur les performances de <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2572426/fr/les-performances-des-tests-de-depistage-de-la-trisomie-21-foetale-par-analyse-de-l-adn-libre-circulant">test de dépistage de trisomie 21</a> durant la grossesse. Il conclue que le dépistage prénatale non invasif (DPNI) est supérieur au marqueurs du 2ème et 3ème trimestre, mais qu&rsquo;il n&rsquo;est pas recommandé en 1ère ligne (probablement encore à cause du cout qui est entre 500 et 600 euros). Enfin, le DPNI ne se substitue pas à un caryotype en cas de risque de trisomie 21, ce dernier restant l&rsquo;examen de référence.</p>
<p>3/ Hépatologie</p>
<p>Le liraglutide est un antidiabétique oral, analogue du GLP-1. Il a été testé dans une étude contrôlée randomisée de phase 2 publiée dans le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2815%2900803-X/abstract">Lancet</a> avec comme objectif son évaluation dans la la stéatohépatite non alcoolique (NASH). L&rsquo;étude retrouve que le traitement multiplie par 4 (p= 0.019) la probabilité d&rsquo;avoir une résolution de la NASH sans aggravation de la fibrose. Les effets indésirables semblaient similaires dans les 2 groupes, sauf pour les troubles digestifs. Le principal écueil de l&rsquo;étude est le nombre de patients: 26 dans chaque groupes, ce qui limite grandement ces résultats. Essai de phase 3 à suivre!</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Au chapitre diabétologie, une actualisation des données de l&rsquo;<a href="http://care.diabetesjournals.org/content/38/11/2000">Etude ACCORD</a> (c&rsquo;est l&rsquo;étude qui avait montré que trop baisser l&rsquo;HbA1C augmentait la mortalité) parue de Diabetes Care. La réanalyse des données retrouvait que le sur-risque de mortalité était associé aux fortes doses d&rsquo;insulines. Cependant, après ajustement sur les facteurs de confusion, l&rsquo;insuline injectée n&rsquo;était plus liée à la mortalité cardiovasculaire. Les facteurs les plus impliqués dans la mortalité étaient l&rsquo;insuffisance cardiaque, l’antécédent de cardiopathie à l&rsquo;inclusion et l’existence d&rsquo;une neuropathie.</p>
<p>Je l&rsquo;avais dit, c&rsquo;est tout pour cette semaine. Je finirai sur un article paru dans le Lancet dans la catégorie &ldquo;Point de vue&rdquo; portant sur la mise en place de l&rsquo;<a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2815%2901063-6/fulltext">organisation des soins d&rsquo;urgence suite aux attentats de Paris</a>. Je ne sais pas vraiment quoi en penser. En effet, la mise en place des secours a été efficace, la régulation et l&rsquo;orientation des blessés également, et l&rsquo;ensemble des acteurs doivent être félicités, remerciés car ils ont sauvé de nombreuses vies. Mais, publier sur &ldquo;l&rsquo;efficacité de notre système de soins d&rsquo;urgence&rdquo; et les &ldquo;prouesses de l&rsquo;APHP&rdquo; dans le Lancet, a peine 10 jours après les attentats, avec 15 auteurs qui se sont coordonnés pour &ldquo;participer de façon équivalente&rdquo; alors que plus d&rsquo;une dizaine de victimes sont encore dans des lits en réanimation, c&rsquo;est probablement que très peu de jours se sont perdus entre le 13 novembre et le projet de publication, et je trouve ça un peu déplacé&hellip; (ce qui n&rsquo;enlève rien à la qualité de l&rsquo;article, soit dit en passant)</p>
<p>A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°72: urétrite et cervicite (reco HAS), vaccination obligatoire, antibiotiques, thermomètres, PSA, tabac</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/11/dragi-webdo-n72/</link><pubDate>Sun, 22 Nov 2015 23:19:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/11/dragi-webdo-n72/</guid><category>Infectiologie</category><category>Prévention</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Je reprends mes mauvaises habitudes en publiant tardivement le billet de la semaine&hellip; Alors, ne perdons pas de temps, voici les actualités de la semaine, essentiellement tournées vers de l&rsquo;infectiologie</p>
<p>1/ Vaccinations</p>
<p>Pour commencer, on se dit souvent que les enfants sont trop souvent vaccinés, et certains contestent la politique vaccinale menée dans notre pays. Étrangement, les patients/parents européens ont moins de réticences à faire vacciner. En France, les vaccins obligatoires sont rares. @baptoub a fait une belle synthèse sur ces vaccins et surtout sur la conduite à tenir devant le refus parental <a href="http://www.remede.org/communaute/billet_1608.html">ici</a>.</p>
<p>Si on compare le rythme de vaccinations avant l&rsquo;age d&rsquo;un an en France par rapport à d&rsquo;autres pays principalement occidentaux, on s&rsquo;aperçoit que depuis le &ldquo;nouveau calendrier vaccinal&rdquo;, on vaccine moins qu&rsquo;ailleurs! C&rsquo;est ce que montre cette infographie du <a href="http://www.bmj.com/content/351/bmj.h5966/infographic">BMJ</a>. En France, on vaccine moins et on râle quand même!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi4OB1_O11HkxpzsixFsDrf5kZgnjTsiExr-NA7FVtyPLWsokjGGLqk04ALkdZ2StwH0YUxuhrhwt8jCoTMG1qDvTQXfXPdLssVgUmL-xnpnxCrjMjZ3tzx_KQHRQ_ILTiAOLcmwDk4ECEH/s1600/vaccin+BMJ.png"><img src="/images/articles/2015/vaccin-bmj.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Presse-Communiques-Points-presse/Journee-europeenne-d-information-sur-les-antibiotiques-etat-des-lieux-de-la-consommation-et-de-la-resistance-aux-antibiotiques-en-France-Communique">ANSM</a> a publié un état des lieux sur la consommation d&rsquo;antibiotiques. Le message est simple: &ldquo;peut mieux faire&rdquo;. La consommation globale d&rsquo;antibiotiques en ville a baissée de 3% entre 2013 et 2014, mais, depuis 2004, il y a tout de même une augmentation de  6%. Si on regarde le détail des antibiotiques prescrit, il est intéressant de voir que la prescription d&rsquo;amoxicilline +/- ac. clavulanique a augmenté de 40% sur cette même période, alors que les autres béta lactamines, les macrolides et les aminosides (je savais pas que ça se prescrivait en ville&hellip;) ont diminué de 30% environ, et que les quinolones et le co-trimoxazole ont également baissé d&rsquo;environ 15%. Cette modification des pratiques et d&rsquo;épargne de certains antibiotiques  est selon moi un progrès important malgré l&rsquo;augmentation globale de consommation. Le rapport retrouve que la majorité des effets indésirables liés aux antibiotiques sont cutanés (30%). A mon avis, l&rsquo;évolution des prescription pour diminuer la consommation se fera probablement vers une diminution des durées de traitement plutôt que sur une diminution des indications qui sont relativement bien connues maintenant.</p>
<p>La HAS a mis à jour les recommandations de prise en charge des <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2038472/fr/uretrites-et-cervicites-non-compliquees-strategie-diagnostique-et-therapeutique-de-prise-en-charge">urétrites et cervicites</a> non compliquées. La fiche mémo est courte, mais j&rsquo;avoue ne pas repérer les &ldquo;nouveautés&rdquo; de prise en charge&hellip; Toute suspicion d&rsquo;infection à clamydia ou gonocoque doit être complétée d&rsquo;un examen microbiologique (mais en pratique, le patient arrive toujours le soir à 19h ou le samedi à midi en se tordant de douleur&hellip;). La recommandation rappelle l&rsquo;importance d&rsquo;essayer d&rsquo;avoir une culture avec un antibiogramme et que le traitement de première intention du gonocoque est la cerftriaxone. En cas de symptomes persistant à J21 et une culture négative, il faut penser à rechercher un mycoplasme. Enfin, la HAS insiste sur l&rsquo;exploration du contexte de survenue, la recherche de conduites à risque et le dépistage des partenaires.</p>
<p>Pour finir ce paragraphe, une étude a étudié les différents moyens de <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2470325&amp;utm_content=buffere1d50&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">prise de température</a>, opposant les prises de températures périphériques (tympanique, axillaire, orale et temporale) aux prises centrales (recale, sonde urinaire, cathéter central). L&rsquo;étude retrouve que les prises périphériques ont une faible sensitibilité (64%) mais une excellente spécificité (96%). En clair, si le thermomètre périphérique retrouve de la fièvre, il est fiable, et s&rsquo;il ne retrouve pas de fièvre, on ne peut l&rsquo;exclure. Les auteurs sont un peu plus strictes en disant qu&rsquo;il ne faut donc pas utiliser de thermomètre périphérique&hellip; et vive les ulcérations anales sachant qu&rsquo;il faut introduire le thermomètre de  2.5cm!)</p>
<p>3/ Dépistage</p>
<p>Une conséquence de l&rsquo;arrêt de recommandations par l&rsquo;USPSTF (recommandations américaines) du dépistage du cancer de la prostate par PSA a été, logiquement, une diminution de l&rsquo;incidence des cancers. Cette <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2470446&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=281315921&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=18830544">étude du JAMA</a> laisse un peu sur notre faim, car la mortalité n&rsquo;est pas abordée. Peut être le sera-t-elle dans un article à suivre&hellip;</p>
<p>L&rsquo;USPSTF a élaboré des recommandations &ldquo;succinctes&rdquo; sur la prise en <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2443061&amp;resultClick=3&amp;utm_content=buffer2624a&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">charge du tabac</a>. Un peu comme il est recommandé en France de faire un <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2014-11/reco2clics_arret_de_la_consommation_de_tabac_2014_2014-11-13_10-51-48_441.pdf">conseil d&rsquo;arrêt</a>, ils recommandent de rechercher le tabagisme chez tous les patients et de leur conseiller d&rsquo;arrêter s&rsquo;ils fument et de proposer une thérapie comportementale et, en l&rsquo;absence de grossesse, des traitements médicamenteux &ldquo;approuvés&rdquo;. A une époque où l&rsquo;on sait que &ldquo;l&rsquo;entretien motivationnel&rdquo; est un des meilleurs moyen d&rsquo;inciter à l&rsquo;arrêt du tabac, la formulation de cette recommandation en proposant d&rsquo;emblée des traitements parfois médicamenteux, sans prendre en compte l&rsquo;état et la volonté du patient, ne me semble pas forcément judicieux. De plus, les médicaments &ldquo;approuvés&rdquo; proposé directement sont les substituts nicotiniques, le bupropion et la varenicline dont la balance bénéfice risque n&rsquo;est pas favorable (cf LR Prescrire, en autres). J&rsquo;espère bien que ces recos ne traverseront pas l&rsquo;atlantique!</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine, à très bientôt pour un nouveau Dragi Webdo (si possible disponible pour que vous puissiez le lire le week-end&hellip; mais avec le congrès du CNGE qui se déroule la semaine prochaine, je ne sais pas si je serais en mesure de tenir ces délais!)</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Tragique Webdo n°71: SPRINT, Ménopause (reco NICE), trouble audition, traitement pré-exposition (Rapport Morlat), médecine générale</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/11/dragi-webdo-n71/</link><pubDate>Sun, 15 Nov 2015 16:22:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/11/dragi-webdo-n71/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>ORL</category><category>Infectiologie</category><category>Médecine générale</category><content:encoded><![CDATA[<p>Une fois encore, les mots me manquent pour exprimer mes émotions sur les évènements tragiques de cette fin de semaine. Les dessins sur ces attentats de Paris qui ont circulé expriment tous la tristesse, le courage, et la fraternité. C&rsquo;est pourquoi j&rsquo;en mettrais certains à la fin de ce billet.</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire:</p>
<p>Voici une semaine qu&rsquo;elle est disponible: <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1511939#t=article">l&rsquo;étude SPRINT</a>! J&rsquo;ai déjà parlé de ses résultats &ldquo;en gros&rdquo; à plusieurs reprises et certains blogueurs ont également donné leur avis (<a href="http://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=4330">Perruche</a>, <a href="http://hippocrate-et-pindare.fr/2015/11/13/faut-il-traiter-intensivement-l-hta/">Hippocrate et Pindare</a>). Ce que je vais en dire recoupe donc en partie ce qui a été dit. L&rsquo;étude SPRINT est un essai contrôlé randomisé ayant inclus plus de 9 000 patients hypertendus avec soit un objectif tensionnel placé a 120mmHg, soit 140mmHg. La méthodologie est bonne, il n&rsquo;y a rien à redire là dessus. L&rsquo;étude retrouve une diminution de 25% des évènements cardio-vasculaire et de  27% de la mortalité globale, au prix d&rsquo;une multiplication par 3 des insuffisance rénales, par 1,7 des insuffisances rénales aiguës et des hypotensions. Pour remettre tout ça en situation, est ce que ça va directement modifier la pratique? Faut il traiter tout le monde pour avoir une cible à 120mmHg? Si on regarde les patients inclus, il étaient âgés d&rsquo;au moins  50 ans, haut risque cardiovasculaire, mais n&rsquo;étaient pas diabétiques (ce qui est étrange comme critère d&rsquo;exclusion pour une telle étude&hellip;) et n&rsquo;avaient pas d&rsquo;antécédent d&rsquo;AVC. Du coup, ça réduit énormément la population cible étant donné que les patients jeunes ne sont pas concernés, les diabétiques non plus et les patients hypertendus sans être à haut risque cardiovasculaire non plus. A propos des résultats, si on calcule les nombres de sujets à traiter, on trouve que pour éviter un évènement du critère primaire il faut traiter intensivement 186 patients par an, 555 pour éviter une mort cardio-vasculaire et 270 pour éviter une mort quelque soit la cause. Cela entrainera une insuffisance rénale pour 1 patient sur 345 par an, une insuffisance rénale aigue chez  1 sur 167 et 1 sur 272 fera une syncope. Enfin, précisons que ces effets indésirables ne sont que ceux déclarés comme sévère ou ayant nécessité une consultation aux urgences. Au final, une belle étude, très restrictive sur les patients concernés, mais qui laisse supposer qu&rsquo;il existe un intérêt à traiter plus intensément les patients à haut risque cardio-vasculaires.</p>
<p>Pour ceux qui aiment les sites en &ldquo;clic&rdquo;, je n&rsquo;avais pas connaissance avant cette semaine de <a href="http://www.thromboclic.fr/">Thromboclic</a>, qui permet d&rsquo;aider à la gestion des AVK et AOD en situation d&rsquo;urgence, avant une chirurgie et en initiation de traitement selon les indications.</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p>Le NICE (équivalent de la HAS britannique) à produit des recommandations sur la prise en charge de la <a href="http://www.nice.org.uk/guidance/ng23/chapter/Recommendations#managing-short-term-menopausal-symptoms">ménopause</a>. Après l&rsquo;âge de 45 ans, il n&rsquo;est pas recommandé de doser: l&rsquo;AMH, LH, FSH, oestradiol. La FSH peut être dosée avant 45 ans pour aider au diagnostic de ménopause précoce (symptômes + 2 dosages élevés espacés d&rsquo;un mois minimum) et ne doit pas être dosé chez les femmes prenant un traitement comprenant des progestatifs. Le traitement hormonal substitutif recommandé pour prendre en charge un syndrome climatérique comprend un traitement oestro-progestatifs (oestrogènes seul si hystérectomie). Les dispositif transdermiques sont à moindre risque thromboembolique que les traitements per os. En fin, les autres traitements suggérés en seconde intention sont la clonidine et les thérapies cognitivo-comportementales.</p>
<p>3/ ORL</p>
<p>Une revue du JAMA a étudié le dépistages des <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleId=196401&amp;guestAccessKey=86767bc6-41fa-4c47-abd2-eb0f619f08ce&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=272462817&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=18594906">troubles de l&rsquo;audition</a> en soins primaires. Elle retrouve qu&rsquo;un dépistage en ambulatoire par une otoscopie, une audiométrie et un <a href="http://consultgerirn.org/uploads/File/trythis/try_this_12.pdf">questionnaire</a> permettait d&rsquo;améliorer les prises en charge en retrouvant les causes fréquentes (presbyacousie, otites moyenne, bouchon de cérumen) et qu&rsquo;un appareillage était bénéfique.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Je m&rsquo;écarte un peu de la médecine générale pour aborder le traitement pré-exposition du VIH par Tenofovir/Emtricitabine (Truvada) qui a été ajouté au <a href="http://www.cns.sante.fr/IMG/pdf/experts-vih_prep2015.pdf">rapport Morlat</a> dans sa version actualisée de 2015. Les patients ayant des rapports homosexuels peuvent en bénéficier s&rsquo;ils sont &ldquo;à risque&rdquo;, soit de façon continue, soit avec des prises &ldquo;à la demande&rdquo; sur des périodes de 4 jours (2 jours avant et 2 jours après un rapport à risque). La dispensation est réservée aux milieux spécialisés hospitaliers etaux  CeGIDD (ancien CIDDIST et CDAG).</p>
<p>5/ Médecine générale</p>
<p>Enfin, une <a href="http://www.bmj.com/content/351/bmj.h5516">étude</a> portant sur les fautes professionnelles en médecine a étudié différentes spécialités en observant le nombre de plaintes reçues. Le taux de plaintes allait de 1.6% par an pour les pédiatres à 4 % pour les chirurgiens, sans surprise. Les médecins généralistes étaient juste après les pédiatres avec 1.9%. Alors que le nombre de fautes ayant entrainé une hospitalisation n&rsquo;est pas le plus faible. Dans toutes les spécialités, augmenter les dépenses médicales diminuait les plaintes, sauf&hellip; pour la médecine générale. Les auteurs concluent que de nombreux spécialistes font de la médecine défensive, c&rsquo;est à dire qu&rsquo;ils augmentent les dépenses pour se protéger des plaintes, sans qu&rsquo;il n&rsquo;y est de bénéfice clinique ou moins d&rsquo;erreur. En un sens, l&rsquo;étude montre que multiplier les examens pour avoir moins de plaintes n&rsquo;est pas utile en médecine générale. Probablement que la relation médecin-patient privilégiée est responsable de ce résultat!</p>
<p>C&rsquo;est sur cela que ce termine le billet de la semaine. Mes pensées sont tournées vers les victimes et leurs familles, vers les personnels soignants, les équipes de secours, et les forces publiques qui ont risqué leur vie ces derniers jours.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgkh1CCqRWxVAjpqZam-P1k75FaTpBFZg4ivwHG9-guG4Dk_k5MA3RZ2zV5NpoSQwiButkjQ7lcOKsbbEnuxrUyVsK70pMUgQ1sMrdmrbzoAvQ9Tx1U_yelXeGgE7Y3rEfXuqeqTLAcXfnz/s1600/PARIS13-2.png"><img src="/images/articles/2015/paris13-2.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhJUSekOyeWKqj-0bHnVDn__ffuZve_1eLmRfmLgjzVBTm9Ruv_VbIlbspfDj82wCHlzQv15-NkmvPPrMpINCFdwMSmZf0hKIiutsGDIUV5SKVA_wLRlUKVYvbyWv0TvMnKdqdWJWeOE8R3/s1600/PARIS13-6.png"><img src="/images/articles/2015/paris13-6.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh-nkcfGBlyX6jZ23ULQWrvClvAkcFzesaWDh6faaBKFp9lmnaYAlwRmDQFXitFD58jw0iYAr82EBOWAYwJOQ6FPMAHatPaGBEzwXa6SoVCkqTIclDJ_hveqEbSI97u1o01oHobbB9f6imC/s1600/PARIS13-7.png"><img src="/images/articles/2015/paris13-7.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhC6dEF49crK2iMQaz48IKn636hhgd9retWeeAY0s0Dvyhj92ayZGqzZAnMcsr0ajsuOcsyaU0kATI5l_3OaeoFAgS9fMHwmylqlTaoKWzQNF-4DMQ3I0IWc1ohaigMDC5GBLDrFMaUrgnv/s1600/PARIS13-4.png"><img src="/images/articles/2015/paris13-4.png" alt=""></a></p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°70: HTA (objectifs, Recos US: dépistge), Embolie pulmonaire (recos US), Hématurie macro (Recos US), Mammo et échographie, gliptines vs sulfamides</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/11/dragi-webdo-n70/</link><pubDate>Sun, 08 Nov 2015 22:59:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/11/dragi-webdo-n70/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Urologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, l&rsquo;actualité médicale a été dense cette semaine encore, et le sera probablement encore la semaine prochaine avec le congrès américain de cardiologie. Bonne lecture à tous!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/news_and_events/news/2015/11/news_detail_002429.jsp&amp;mid=WC0b01ac058004d5c1">Agence européenne du médicament</a> clôt les débats à propos vaccin anti-HPV et les syndromes douloureux complexes d&rsquo;une part, et les syndromes de tachycardie orthostatique d&rsquo;autre part, en concluant que les données de la littérature ne supportent pas l&rsquo;existence d&rsquo;un lien</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>L&rsquo;USPSTF a établi des recommandations sur le <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2456129">dépistage de l&rsquo;HTA</a> . Le dépistage d&rsquo;hypertension doit d&rsquo;effectué tous les 3 à 5 ans avant 40 ans, ou annuellement après 40 ans ou en cas de facteurs de risque (TA &gt; 130/85, surpoids et origine africaine sub-saharienne.). La prise de tension devrait consister en une moyenne de 2 mesures prises avec un brassard situé au même niveau que le coeur, après au moins 5 minutes après l&rsquo;entrée dans le bureau du médecin. Les recos insistent sur le fait de confirmer l&rsquo;HTA par des mesures ambulatoires et de débuter par un traitement comportant des thiazidiques ou des inhibiteurs calciques.</p>
<p>On reste dans l&rsquo;HTA avec une revue de la littérature portant sur les objectifs tensionnels (en attendant les résultats précis de l&rsquo;étude SPRINT). <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2815%2900805-3/fulltext">L&rsquo;article publié dans le Lancet</a> fait une méta analyse de patients traités &ldquo;intensivement&rdquo; versus &ldquo;classiquement&rdquo;, chaque groupe atteignant respectivement au final des tensions de 133/76 et 140/81. Le groupe de traitement intensif diminuait de 14% le nombre d&rsquo;évènement cardiovasculaire par rapport au traitement classique, mais sans effet sur la mortalité cardiovasculaire ou globale. Il y avait significativement plus d&rsquo;effet indésirables grave dans le groupe de traitement intensif (OR= 1,35) et plus hypotensions sévères bien qu&rsquo;elles soient rares (0,3% vs 0.1%)</p>
<p>Histoire de rassurer les médecins généralistes qui font un ECG à leurs patients dans le cadre des certificats de sport, un article a été publié sur la &ldquo;repolarisation précoce&rdquo;, qu&rsquo;il n&rsquo;est pas rare de retrouver. <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2466366&amp;utm_content=buffera8a2a&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">L&rsquo;étude</a> ne retrouve pas d&rsquo;augmentation de la mortalité cardiovasculaire après un suivi de plus de 17 ans chez les patients avec une repolarisation précoce.</p>
<p>Les recommandations de l&rsquo;embolie pulmonaire de l&rsquo;ESC en 2014 m&rsquo;avaient laissé sur ma faim en ne mentionnant pas les &ldquo;Pulmonary Embolism Rule-out Criteria&rdquo; (PERC). Alors, je remercie le collège des médecins américains pour leurs <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2443959">nouvelles recommandations</a>:</p>
<ul>
<li>Pour les patients avec probabilité faible et présence des 8 critères de PERC: ne pas doser les D-Dimères.</li>
<li>La valeur seuil des D-Dimères, entrainant la réalisation d&rsquo;un examen d&rsquo;imagerie, est de 500 avant 50 ans, puis égale à l&rsquo;age multiplié par 10.</li>
<li>En cas de probabilité élevée, les D-Dimères ne doivent pas être dosés, et un angioscanner est recommandé en 1ère intention. (la scintigraphie devant être réservée en cas de contre indication ou d&rsquo;indisponibilité)</li>
</ul>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhDoWgUUzFHinCOigah_jdJ7-6O2CyIYrqwT5DmoByHFOwuQsd2-oin5rG44o6GHew4mY8OVR4Fz945ck7T4byYmroV4a5Tq5q9CRvccYSG5xfdnir9Su4u7wzHYO-e5Ju4ll5O5KdZ-e3_/s1600/8tt1_Table_1_Pulmonary_Embolism_Rule-Out_Criteria_for_Predicting_Probability_of_Pulmonary_Emboli.jpeg"><img src="/images/articles/2015/8tt1-table-1-pulmonary-embolism-rule-out-criteria-for-predicting-probability-of-pulmonary-emboli.jpeg" alt=""></a></p>
<p>Pour finir avec cette grosse partie et histoire de réduire encore les aliments consommables sans risque cardiovasculaire, voici un article portant sur <a href="http://heart.bmj.com/content/early/2015/10/19/heartjnl-2015-307542">les boissons sucrées</a>. Boire au moins deux boissons sucrées par jour augmenterai le risque d&rsquo;insuffisance cardiaque de 23%! Donc, on va arrêter la viande et les boissons sucrées, boire 1 verre de vin 6 jours par semaine, et manger des noix! (Au points où on en est, j&rsquo;attends un article qui dise que la consommation d&rsquo;insectes réduit la mortalité&hellip;)</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Encore une semaine où je vais parler du dépistage du cancer du sein. Le Lancet publie <a href="http://thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2815%2900774-6/abstract">une étude</a> sur l&rsquo;adjonction de l&rsquo;échographie à la mammographie. Le dépistage par Echo + Mammo avait une meilleure sensibilité (91% vs 77%) avec une augmentation des cancer stade peu élevé, et une diminution de la spécificité (88% vs 91%). L&rsquo;utilisation de l&rsquo;écho permet donc de trouver plus de cancer, mais augmente aussi les gestes invasifs pour établir un diagnostic étant donné la plus faible spécificité. En pratique, on ne sait absolument pas ce que cela donne en terme de critère de survie, ce qui est dommage dans une étude 72 000 patientes pour détecter 300 cancers.</p>
<p>4/ Urologie</p>
<p>La société américaine d&rsquo;urologie a écrit des recommandations sur la prise en charge de <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2467537&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=262604320&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=18257162">l&rsquo;hématurie microscopique</a>. Le diagnostic, établi après élimination des causes bénignes (infection, pertes méno/métrorragies, exercice phyique)  repose sur un ECBU (avec compte des hématies et cytologie urinaire). Le bilan explore l&rsquo;arbre urogénital par cystoscopie à partir de 35 ans ou avant en cas de facteur de risque (tabac, signes irritatifs ou obstructifs urinaires, chimiothérapie) et par uroscanner (IRM si contre indique, voire échographie +  cystographie rétrograde en cas de contre indication aux autres examens). Un bilan négatif doit être contrôle à un an en cas de persistance, puis espacé tous les 3 à 5 ans.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Pour finir, une <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2456123&amp;utm_content=buffera6647&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">étude</a> comparant le médicament à ajouter dans le traitement du diabète, quand la metformine est insuffisante. C&rsquo;est une étude de cohorte avec des patients appariés avec un score de propension évaluant une bithérapie avec metformine et inhibiteur de DPP4(gliptines) versus metformine et sulfamide. Les inhibiteurs de DPP-4 étaient associé à une diminution de la mortalité de 37%, des évènements cardio-vasculaires de 32% et des hypoglycémies de 57%! Reste à montrer cela dans un essai contrôlé randomisé en population européenne et non chez des taiwanais!</p>
<p>C&rsquo;est la fin!! Et c&rsquo;est également la fin du week-end, compte tenu de l&rsquo;heure à laquelle je publie&hellip; Bonne semaine et à bientôt!!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjloOJ1MAZpsGfrnaRf1iuaLyr_Kg2M7WUWhVioliHLqjHYUe7_DG-_LwPUq-YN-6iznBgDFgvQqKNVZMHgwDp3NQZgyIKgOz43qR4xKpYQCdo2Nk4WZtXatIy2lni7mDIrSWGzUA2dzbSK/s1600/patient.jpg"><img src="/images/articles/2015/patient.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°69: statines, alpha-bloquants, temps de travail et maladies cardiovasculaires, viande et cancer, dépistage diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/11/dragi-webdo-n69/</link><pubDate>Sun, 01 Nov 2015 15:33:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/11/dragi-webdo-n69/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! C&rsquo;est la fin des vacances pour ceux qui en avaient, alors pour vous aider à vous remettre dans le bain, j&rsquo;ai regardé, comme toujours, les articles intéressants pouvant se rapporter à de la médecine générale parus cette semaine. Pour une fois, ce sera relativement cours, alors bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Un des moyen pour représenter l&rsquo;effet d&rsquo;un traitement est le NNT : nombre de patient à traiter pour éviter 1 évènement. Une autre façon de voir la chose, est le délai moyen gagné jusqu&rsquo;à survenu de l&rsquo;évènement. Cette vision permet éventuellement de donner un &ldquo;chiffrage moyen&rdquo; individuel, plutôt que de dire que traiter X patient permet d&rsquo;éviter totalement 1 évènement, ce qui peut apparaitre flou pour le patient pour qui la vision est binaire: &ldquo;je vais avoir l&rsquo;évènement&rdquo; ou &ldquo;je ne vais pas l&rsquo;avoir&rdquo;. <a href="http://bmjopen.bmj.com/content/5/9/e007118.long">Une étude</a> reprend donc les effets des statines et retrouve qu&rsquo;en prévention primaire, le délai moyen jusqu&rsquo;au décès gagné par le traitement pour un patient variait entre  5 et 19 jours en prévention primaire et entre 10 et 27 jours en prévention secondaire. Tout de suite, ça n&rsquo;a plus l&rsquo;air si efficace&hellip;</p>
<p><a href="http://www.bmj.com/content/351/bmj.h5398">Un article</a> du BMJ étudie les conséquences à 3 mois de la prescriptions d&rsquo;alpha-bloquants, dans les troubles prostatiques. L&rsquo;étude retrouve une augmentation de  14% des chutes, de  16% des fractures, ainsi que des hypotension orthostatiques de 80% et traumatismes crâniens de 15%!</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Q7IwInwZxp0">&ldquo;Le travail c&rsquo;est la santé, rien faire c&rsquo;est la conserver&rdquo;</a> disait la chanson. L&rsquo;homme avait déjà tout compris et il aura fallu 50 ans pour que le lancet le mette en évidence. Cette méta-analyses sur données publiées et non publiées concernait des patients en indemnes de pathologie vasculaire. Le risque de coronaropathie et d&rsquo;AVC étaient respectivement augmentés de 13% et 33% chez les personnes travaillant plus de 55 heures par semaine, et pour les AVC l&rsquo;augmentation du risque était significative au delà de 50 heures. Une nouvelle donnée à recueillir pour évaluer le risque cardio?</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>L&rsquo;article de la semaine, concerne le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lanonc/article/PIIS1470-2045%2815%2900444-1/abstract">pouvoir cancérigène de la viande</a>. La consommation quotidienne de 50g de viande rouge (boeuf, veau, agneau, mouton, porc, cheval et chèvre) augmenterai le risque de cancer du colon de  <a href="http://www.iarc.fr/fr/media-centre/pr/2015/pdfs/pr240_F.pdf">18%</a>! Ces études sur des centaines de milliers de patients me laisse toujours un peu perplexe, parce que plus le nombre de patient est important, plus la différence est facilement significative et que le risque absolu n&rsquo;est pas donné dans le communiqué.</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2466368&amp;utm_content=buffer39c9c&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">USPSTF</a> recommande désormais un dépistage du diabète dès 40 ans et jusqu&rsquo;à  70 ans chez les patients en surpoids ou obèse. Les méthodes de dépistages américaines sont la glycémie à jeun et l&rsquo;HbA1C, et doivent être répétées tous les 3 ans. La prise en charge se doit d&rsquo;être diététique en premier lieux, car les bénéfices sont supérieurs à ceux obtenus par un traitement par metformine. Pour mémoire, <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/diabete_synth_2003.pdf">en France,</a> le dépistage est recommandé selon la HAS (reco  2003, c&rsquo;est vieux&hellip;) par une glycémie à jeun tous les 3 ans à partir de 45 ans, chez les patients à risque (précarité, IMC &gt;28, HTA, dyslipidémie, ATCD familial de diabète).</p>
<p>Enfin, <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1504347">une étude</a> un peu surprenante sur la mortalité et le diabète. L&rsquo;étude comparait des patients diabétiques à des témoins sains. La moralité des patients diabétiques était augmenté de  14% par rapport aux sujet non diabétiques. La mortalité était lié à l&rsquo;age jeune, au mauvais équilibre glycémique et aux complications rénales. Ainsi, les patients de moins de 55 ans avec une HbA1C &lt; 7% avait une augmentation du risque de mortalité de 60% alors qu&rsquo;elle était diminuée significativement de  5% chez les patients de plus de  75 ans, par rapport aux contrôles! Voilà qui remettrait presque en question le fait d&rsquo;avoir des objectifs glycémiques plus &ldquo;cool&rdquo; chez les patients âgés&hellip; Probablement, que cette amélioration est due au fait que ces patients soint mieux suivis que des patients âgés non diabétiques. Pour finir, notons que les patients diabétiques normoalbuminurique (sans néphropathie ou avec néphropathie contrôlée) avaient un risque de mortalité plus faible que les autres, alors vivent les IEC!</p>
<p>C&rsquo;est fini, je vous dis à la semaine prochaine, et suis toujours ouvert à vos commentaires pour améliorer ce billet hebdomadaire!</p>
<p>A bientôt,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°68: insuffisance cardiaque aigue (Reco ESC), Acné (Reco SFD), Mammo (Reco US), review HTA, gonarthrose</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/10/dragi-webdo-n68/</link><pubDate>Sun, 25 Oct 2015 15:57:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/10/dragi-webdo-n68/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Dermatologie</category><category>Gynécologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Cette semaine sera placée sous le signe des recommandations qui n&rsquo;ont cessé d&rsquo;être publiées! J&rsquo;espère ne pas en avoir raté (sinon, ça sera pour une prochaine fois!)</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Les Anti-Coagulants Directs (AOD/Ex-NACO) commencent à voir leurs antidotes apparaitre. L<a href="http://www.fda.gov/NewsEvents/Newsroom/PressAnnouncements/ucm467300.htm">&lsquo;agence du médicament américaine</a> (FDA) a vient d&rsquo;approuver le Praxbinb (idarucizumab), l&rsquo;antidote du Pradaxa (Dabigatran).</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire:</p>
<p>La première recommandations dont je vais parlé est celle de l&rsquo;ESC à propos de <a href="http://www.sfmu.org/upload/consensus/rfe_eurheart2015.pdf">l&rsquo;insuffisance cardiaque aigüe</a>. Le diagnostic repose sur des symptômes d&rsquo;insuffisance cardiaques associés à une élévation des peptides natriurétiques (BNP, pro-BNP). Les messages clé de la reco sont, la nécessité d&rsquo;instaurer un traitement le plus rapidement possible, dans l&rsquo;heure suivant l&rsquo;arrivée aux urgences, ou au mieux dans la demi heure, sans attendre le résultat des bilans sanguin. Le traitement doit comporter des diurétiques de l&rsquo;anse (furosémide), soit à 40mg IV si le patient n&rsquo;en prenait pas déjà, soit un bolus IV au moins égal à la dose de traitement habituel si son traitement en contenait. Enfin, les dérivés nitrés sont recommandés également dans le traitement initial de tout patient se présentant pour insuffisance cardiaque aigüe dont la tension artérielle systolique est supérieur à 110 mmHg, et la Presssion Positive Continue en cas de Sa02 inférieure à 90%.</p>
<p>Le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2815%2900418-3/fulltext">Lancet</a> a publié une revue de la littérature concernant les différentes recommandations sur l&rsquo;HTA. Pour bien montrer que personne n&rsquo;est d&rsquo;accord, ils ont fait un tableau. J&rsquo;étais assez fan des recos américaines JNC8 parce que facile a retenir et que ce sont les plus récentes, et donc peut être les plus à jour. Mais il faut quand même savoir qu&rsquo;il ne s&rsquo;est écoulé que 6 mois entre les recommandations de la société française d&rsquo;HTA (non représentées ici), celles de la société européenne de cardiologie (ESC), celles de la société canadienne d&rsquo;HTA (CHEP) et celles du JNC8. Comme quoi avec des données pas si différentes, on arrive a des recos pas tout à fait pareil&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjvWw3-UHyDNSBs55t7enX3gmTp6tY84FtBtaHk_TaD4OoVrgDw0Ab6JAvEFaDgmhJOYx0H5f56FMgJ2WQDn84Z70XTLTpeRtLthDMEFywu2k8NoM7J-z5kfG6hwlfez65cJS2X7AGZ2YEX/s1600/HTA+lancet.png"><img src="/images/articles/2015/hta-lancet.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Dermatologie</p>
<p>On continue dans les recommandations avec les nouvelles recos de <a href="http://document.dermato-sfd.org/reco/acne/SFD_2015-10_texte-court_prise-en-charge-de-l-acne.pdf">prise en charge de l&rsquo;acné</a>. L&rsquo;<a href="http://reco.dermato-sfd.org/fr/acn%C3%A9">arbre décisionnel</a> interactif est bien fait, avec des photos pour aider a évaluer le grade de l&rsquo;acné, et peut être utilisé en consultation. Pour faire simple, en dehors d&rsquo;une acné légère de grade 1 (quelques boutons isolés), la place est faite a la bithérapie peroxyde de benzoyle et adapalène en première intention, avec ajout de la doxycycline 100mg/j en cas d&rsquo;échec ou d&rsquo;emblée pour les grades 3-4. L&rsquo;isotrétinoine orale est indiquée d&rsquo;emblée dans le grade 5. Dans tous les cas, un traitement d&rsquo;entretien est à poursuivre après ces traitements d&rsquo;attaque.</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Dernières recos de la semaines, celle de la société américaine d&rsquo;oncologie (ACS) à propos de la <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2463262&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=259342969&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=18095982">mammographie</a>. Alors que l&rsquo;USPSTF (l&rsquo;organisme de santé publique américain) recommande un dépistage &ldquo;à la française&rdquo; avec des mammo de 50 à 75 ans tous les deux ans (bien qu&rsquo;en France, on soit de plus en plus conscient du faible bénéfice apporté par ce dépistage du fait du surdiagnostic et du surtraitement), l&rsquo;ACS avance à pas de fourmi dans ce sens. Désormais, les femmes américaines devraient se faire dépister à partir de 45 ans, annuellement jusqu&rsquo;à 55 ans puis tous les deux ans, sans limite d&rsquo;age supérieure &ldquo;tant que leur espérance de vie est estimée à plus de 10 ans&rdquo;. On pourrais penser à un petit progrès par rapport à leur recos de 2003. C&rsquo;était sans compter la frilosité des rédacteurs, car: les femmes peuvent néanmoins toujours commencer à 40 ans si elles le souhaitent, et peuvent également continuer à se faire irradier inutilement annuellement après 54 ans si elles le souhaitent. Le dernier point est certainement un des plus controversé (encore un!): il serait désormais inutile d&rsquo;avoir recours à des examens clinique des seins annuellement, parce que pas assez rentables (en même temps, ça s&rsquo;apprend et y&rsquo;a pas beaucoup d&rsquo;effets secondaires&hellip;). Le dépistage repose dont uniquement sur les mammos et je vous passe la liste des conflits d&rsquo;intérêts. Les auteurs estiment qu&rsquo;avec ce protocole, le risque de mourir du cancer du sein est de 1,8 à 1,9% versus 2% avec le dépistage de l&rsquo;USPSTF et 2,7% sans dépistage.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiNLKbdXZlzdGiZXZCVv6t0xedo93pZ5HRFvLWGh-JSYksTX0AEoOjkr9izbt5B9q0G1CyZuhUb_yT7sVdEROo2NDgwe_EIkGHG77NRdO-hG6KtXZYpx-OgPjyX1K0Qwr-8Tr0YGJAgFF4Y/s1600/ACS+breast+cancer+screening.png"><img src="/images/articles/2015/acs-breast-cancer-screening.png" alt=""></a></p>
<p>Le JAMA a également publié un article portant sur la vaccination <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2463256&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=253105103&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=17921651">DTPCa pendant la grossesse</a>.  Les auteurs retrouvaient qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de différence sur les effets secondaires du vaccin chez les femmes dont le dernier rappel datait de moins de 2 ans ou de 2 à 5 ans, par rapport à celles il datait de plus de 5 ans.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Le NEJM a publié une étude contrôlée randomisée portant chez des patients avec une <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1505467#t=article">arthrose du genou</a>. Chez des patients de 66 ans environ, un traitement chirurgical (prothèse totale) améliorait davantage la qualité de vie que le traitement non chirurgical (rééducation, diététique et antalgiques) à 1 an.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p><a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2456121&amp;utm_content=buffer41a3c&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">Une étude  randomisée</a> comme on peut les aimer a été menée chez des diabétiques qui recevaient soit: 150ml de vin rouge, soit 150ml de vin blanc, soit 150ml d&rsquo;eau minérale au diner pendant 2 ans. (L&rsquo;étude ne dit pas ce qu&rsquo;ils prenaient aux autres repas). La consommation de vin rouge était associée à une augmentation du HDL. Les consommateurs d&rsquo;alcool avaient également une meilleure qualité de sommeil. Mais, pas de différence sur l&rsquo;hypertension ou la glycémie, ni de résultat de morbi-mortalité n&rsquo;ont été retrouvés.</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine, je vous laisse en pensant à tous ces patients qui méditent sur l&rsquo;article de <a href="http://www.60millions-mag.com/actualites/articles/contre_la_toux_la_plupart_des_medicaments_sont_a_nbsp_eviter">60 millions de consommateurs</a>, comme quoi les sirops pour la toux, ça sert à rien du tout! (sauf éventuellement le dextrométorphane)</p>
<p>A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°67: multimorbidité, choosing wisely, BPCO et spirométrie, lombalgie aigue et kiné précoce, diverticulite (reco US), diabète: objectif HbA1C (reco US)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/10/dragi-webdo-n67/</link><pubDate>Sun, 18 Oct 2015 15:32:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/10/dragi-webdo-n67/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! J&rsquo;espère que ceux qui sont partis en vacances pourront en profiter malgré un soleil qui reste relativement discret. Ce qui me donne une bonne raison de rester enfermé derrière l&rsquo;ordi pour avancer et publier le Dragi Webdo de la semaine sans être en retard. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>La plupart des études incluent des patients sur-sélectionnés pour démontrer l&rsquo;efficacité des traitements. Dans la &ldquo;vrai vie&rdquo;, il n&rsquo;est pas rare d&rsquo;avoir des patients multimorbides nécessitant donc de nombreux traitements. Une <a href="http://www.bmj.com/content/351/bmj.h4984">étude publiée dans le BMJ</a> a étudié l&rsquo;effet des traitements chez les patients avec plusieurs pathologies chroniques. Les médicaments cardio-vasculaires ont diminué la mortalité chez ces patients (beta-bloquants, IEC/ARAII, inhibiteurs calciques, warfarine et statines dans leurs indications). Les IRS, la metformine et le clopidogrel n&rsquo;ont pas réussi a obtenir le même effet.</p>
<p>La campagne <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2457401&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=252957636&amp;utm_content=press_release%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=17879994">&ldquo;Choosing Wisely&rdquo;</a> avait été mise en place pour favoriser des pratiques avec une balance bénéfice/risque clairement établie, et pour améliorer les soins dispensés aux patients. Les principaux points étaient: la prescription d&rsquo;imagerie cérébrale pour des céphalées, l&rsquo;imagerie cardiaque sans facteur de risque cardio, l&rsquo;imagerie lombaire dans la lombalgie sans signe d&rsquo;alerte, la radio pulmonaire péri-opératoire sans argument, le frottis cervico-utérin avant 30 ans, la prescription d&rsquo;AINS chez des patients avec HTA, insuffisance cardiaque ou rénale, et la prescription d&rsquo;antibiotiques dans la sinusite aigue. Malheureusement, seules les prescription d&rsquo;imagerie pour céphalée et d&rsquo;imagerie cardiaque ont diminué.</p>
<p>L&rsquo;ANSM a publié une fiche portant sur les <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Profil-de-securite-des-quinolones-administrees-par-voie-generale-Point-d-Information">effets indésirables des quinolones</a>. Au milieu des tendinopathies, népropathies, troubles cardiaques, sensibilité et autres effets, on regrettera quand même qu&rsquo;il n&rsquo;y ai pas un mot sur les résistances bactériennes à ces antibiotiques.</p>
<p>Outre atlantique, les américains s&rsquo;interrogent enfin sur les effets indésirables liés aux compléments alimentaires notamment ceux utilisés a visée amaigrissante. <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMsa1504267">L&rsquo;étude du NEJM</a> estime à plus de 23 000 le nombre de passages aux urgences liés à ces produits, ce qui sous estime certainement l&rsquo;ampleur du désastre étant donné que certains (la plupart?) consultent en ville et ne vont pas forcément aux urgences. Près de 10% de ces passages aux urgences se concluaient par une hospitalisation! Bref, le sport c&rsquo;est moins risque pour un effet qui ne sera pas pire.</p>
<p>Les vaccins contre la grippe sont disponibles et on voit arriver les patients par fournée avec leur petite boite dans le petit sachet isotherme. Le <a href="http://www.snjmg.org/blog/post/vaccination-anti-grippale-2015-2016-en-metropole/1097">SNJMG</a> a publié un article reprenant les informations sur la vaccination  2015-2016. Pour répondre à la principale question des patients: ces vaccins sont sans adjuvant lipidiques et ne contiennent pas de virus vivant.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Une <a href="http://journal.publications.chestnet.org/article.aspx?articleid=1892429">étude</a> a recherché si les patients traités empiriquement pour une BPCO présentaient effectivement un trouble ventilatoire obstructif à la spirométrie. Seuls 62% avaient un trouble obstructif mis en évidence, et le fait d&rsquo;avoir un traitement sans trouble objectivé était associé à la présence de comorbidités telles que l&rsquo;insuffisance cardiaque, les apnées du sommeil, l&rsquo;obésité et le diabète. Pour ne pas sur-traiter des patients, pensons donc à bien les évaluer!</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>La lombalgie aigue est toujours un sujet délicat parce qu&rsquo;on ne sait jamais vraiment ce qui est efficace. <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2456165">Une étude</a> du JAMA retrouve qu&rsquo;une rééducation précoce (avant 4 semaines) est plus efficace qu&rsquo;une rééducation tardive (après 4 semaines) dans les lombalgies aiguës. Malheureusement cette différence n&rsquo;a pas atteint le seuil de différence cliniquement pertinent établi par les auteurs.</p>
<p>4/ Gastro-entérologie</p>
<p>La <a href="http://www.gastrojournal.org/article/S0016-5085%2815%2901432-8/abstract?rss=yes">société américaine de gastroentérologie</a> a publié des recommandations de prise en charge de diverticulite aigue. J&rsquo;ai été un peu déçu en les lisant. Ils parlent des antibiotiques, qui ne doivent pas être prescrits systématiquement, mais plutot pour ceux avec des signes clinico-biologique et radiologiques importants ou des critères de gravité. La classe d&rsquo;antibiotique en question n&rsquo;est pas discuté. La société américaine recommande également un régime riche en fibre et une activité sportive chez les patients avec un antécédent de diverticulite et une exclusion des noix, pop-corn, AINS et aspirine chez ces patients.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Pour finir, les américains ont revus leurs <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2456152&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=251975160&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=17830118">objectifs glycémiques</a> dans le diabète de type 2 chez les patients de plus de 65 ans. Ils préconisent une HbA1C entre 7,5% et 8%, l&rsquo;objectif pouvant être abaissé à  7%-7,5% s&rsquo;il est atteint chez les patients avec peu de comorbidités sans effet indésirable notable ou augmenté à 8%-9% chez ceux avec une espérance de vie limitée ou de nombreuses comorbidités. C&rsquo;est un peu ce qu&rsquo;on a en France, mais en plus adapté aux données de la science&hellip;</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine!</p>
<p>Je vous laisse sur cette petite infographie de @HarvardMed sur le temps nécessaire pour consulter un médecin pendant 20 minutes!</p>
<p>A bientôt,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjM375Ihcexg4g704F5-8uhDHy6kJkR-F2MtHRMBlQuiwx50rUyA8JKg2wPeLScxXa5FAremHmmY-nQSpa5RW_0_soioX40KEOdyqtMoJFTfbzoaX4i8bRnqLG1lroDaCWv6EfDWlpLGcrb/s1600/time+to+see+doctor+Harvard.jpg"><img src="/images/articles/2015/time-to-see-doctor-harvard.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°66: Ascabiol, paracetamol, cancer du sein, vaccin anti-grippal, troponine, pilules oestro-progestatives, trouble bipolaire (HAS)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/10/dragi-webdo-n66/</link><pubDate>Sun, 11 Oct 2015 18:37:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/10/dragi-webdo-n66/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Santé publique</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Gynécologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous pour ce nouveau Dragi Webdo. Une fois de plus, beaucoup trop d&rsquo;articles intéressants cette semaine, et la sélection a été dure&hellip; (quoi que pas suffisante diront certains.) Bonne lecture!!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Commençons par le retour attendu de l&rsquo;<a href="https://www.vidal.fr/actualites/16411/ascabiol_benzoate_de_benzyle_remise_a_disposition_avec_une_nouvelle_formule_et_une_nouvelle_posologie/">Ascabiol</a> (benzoate de benzyle)! On va donc pouvoir reprendre les vieilles habitudes dans le traitement de la gale (et des aoutats&hellip; pour ceux qui l&rsquo;utilisaient également pour ça). Petite différence, le benzoate de benzyle n&rsquo;est pas associé à du sulfiram dans la nouvelle formulation, et elle s&rsquo;utilise en deux applications:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg6ctmSMc47Z6rER_din2G7xqwGFc65BQQ_wSRpDFkcxgAjz8yMxm2Sd-UJb5X2g9jgt5oWWKf-MaPuSPLQ9ryD4LmQC_su-FdHPXpXydT6frotnGxuvNQiD2Io6SAYg5zaTyc05IM80SI6/s1600/ascabiol.jpg"><img src="/images/articles/2015/ascabiol.jpg" alt=""></a></p>
<p>Ensuite, <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1508375#t=article">un article</a> qui fera plaisir à notre revue Prescrire adorée! Les auteurs ont osé, le traitement par paracetamol versus placebo chez des patients fébriles en réanimation. L&rsquo;objectif n&rsquo;était pas de voir s&rsquo;il baissait la fièvre, mais de voir s&rsquo;il diminuait la durée de séjour en réanimation et ses effets indésirables. Il n&rsquo;y a aucune différence significative avec le placebo. Mais donc, en disant différemment, il n&rsquo;a pas plus d&rsquo;effets indésirables que le placebo (en fait, il en avait même moins au niveau hépatique 8,1% vs 9.9%). Il réduisait même de 1 jour (non significatif&hellip;.) le séjour en soins intensif, et de 0.7% la mortalité globale (toujours non significatif, bien sur&hellip;). Bref, c&rsquo;est surtout un traitement symptomatique sans trop d&rsquo;effet secondaire. Le confort du patient n&rsquo;a malheureusement pas été évalué chez les patients de réa&hellip;</p>
<p>2/ Santé publique</p>
<p>Commençons par <a href="http://www.bmj.com/content/351/bmj.h4901">l&rsquo;article du BMJ</a> portant sur le traitement du cancer du sein. Je le met en &ldquo;santé publique&rdquo; comme on est en octobre. La conclusion dit: &ldquo;Le Stade de la tumeur au diagnostic influe significativement sur l&rsquo;efficacité du traitement à une époque actuelle. Le diagnostic de cancer du sein à un stade précoce demeure vital&rdquo;. Là, bien que ça semble évident, on se dit: &ldquo;Une nouvelle étude sur le dépistage du cancer du sein qui est faite récemment, qui montre que c&rsquo;est utile en plus c&rsquo;est sur 173000 patients entre  1999 et 2012 avec deux cohortes: 1999-2005 et 2006-2012! Alléché par cela, j&rsquo;ai donc lu l&rsquo;article. Au niveau descriptif, dans la cohorte 06-12, il y avait des cancers de stade moins élevé qu&rsquo;en 99-05. Quand on regarde le tableau 2, on s&rsquo;aperçoit ensuite que pour TOUS les stades il y a une augmentation de  2-5% de la survie (sauf pour les T3 ou l&rsquo;amélioration est de 10%) entre  &ldquo;avant&rdquo; et &ldquo;après&rdquo; (par ailleurs, faudrait m&rsquo;expliquer comment ils arrivent à 101% de survie relative pour certains stades&hellip;). Donc jusque là: on dépiste plus tôt, et on soigne mieux tous les stades. La médecine a fait des progrès, c&rsquo;est bien. Les auteurs disent comparer la mortalité selon le stade à 5 ans dans les deux groupes retrouvent que la survie est meilleurs en 06-12 d&rsquo;après le tableau en appendice:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjw1nEtui3PbM6u551ovQ3P7MDrje0oDkngeLn9fHGwN9vGQYQGRNtWTBbFEMsTrj_4GmASnU9-OKOMyEm2lYBJ66eUR40MIsQ2U945JsPsLnbHvIWqEb6K6lnSKoQy_u9gxMwpDPdLXldH/s1600/sein1.jpg"><img src="/images/articles/2015/sein1.jpg" alt=""></a></p>
<p>Mais si on compare le risque de mortalité à chaque stade entre 99-05 et 06-12 après ajustement sur l&rsquo;âge et les traitements , avec le suivi moyen de 9.8 ans, on obtient ça:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEirjtsPcnZss_jtLE7S2QHmJVNBb7IcSfEeU2o4KNqmSiCAB8YjHYypq5JpzecTZ1cTzyOaZcecEXFnUTN3bAFWO0zyOVYvGd_dmUPmp2x_LdB6xLRXognJ3lRSMIJWMIfu_pTGzwGhd2_3/s1600/sein.jpg"><img src="/images/articles/2015/sein.jpg" alt=""></a></p>
<p>Et du coup, et ben on s’aperçoit qu&rsquo;à 10 ans, le risque de mortalité est pire de nos jours qu&rsquo;avant pour les cancers &gt; T1b&hellip; On doit juste soigner tellement bien les cancer T1a (pris en référence)
de nos jours que ça augmente la mortalité liée aux autres classes. Les cohortes sont pas comparées directement entre elles, donc ces chiffres en fait je pense pas qu&rsquo;on puisse en dire grand chose de comparatif. On voit cependant que la baisse de mortalité est probablement liée aux évolutions des techniques et notamment au trastuzumab qui a transformé les cancer HER+ (qui étaient un mauvais pronostic) en cancer de pronostic équivalent a ceux HER- (p=0.9 dans l&rsquo;article) et la chimio qui avant était associé a une augmentation de mortalité de 20% et pas &ldquo;maintenant&rdquo;. Bref, c&rsquo;est très bien, mais faudrait comparer dans la cohorte  06-12 la survie des patientes ayant eu un diagnostic de cancer par dépistage organisé et celles ayant eu le diagnostic en dehors du dépistage!</p>
<p>La suite du sujet concerne la grippe. <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2450326&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=249268184&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=17706338">Une étude</a> cas témoins du JAMA chez des patients hospitalisés pour des pneumonies grippales et non grippales, le taux de patients vacciné était supérieur chez les patients hospitalisés pour des pneumonies non grippales (17% vs  29%) soit une efficacité relative du vaccin de 57% (c&rsquo;est bof quand même&hellip;) Dans les analyses de sensibilité, on retrouve que les patients avec une meilleure efficacité vaccinale sont: les enfants (75%) et que chez les patients avec des maladies chroniques l&rsquo;efficacité est un peu plus faible (45%).</p>
<p>La <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD005050.pub3/abstract;jsessionid=9121EEAB850898B235BB78E20627343A.f01t03">Cochrane</a> a également mis a jour une revue sur le vaccin antigrippal et les évènements cardio-vasculaires. Ils retrouvent une diminution de  55% la mortalité cardiovasculaire, dans les études en prévention primaire et secondaire. Dommage qu&rsquo;on ne sache pas plus précisément comment étaient les patients en prévention primaire.</p>
<p>3/ Cardio-vasculaire</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2815%2900391-8/fulltext">article</a> du Lancet qui fait parler de lui ces jours ci, c&rsquo;est le &ldquo;dosage de troponine inférieur à 5ng/ml&rdquo; avait une valeur prédictive négative d&rsquo;infarctus de 99%, et était associé à une réduction du risque d&rsquo;infarctus et de mort cardio-vasculaire de  60% à 1 an par rapport à un dosage normal entre  5-43 pour les hommes et 5-16 pour les femmes! Reste à voir si ça a un intérêt dans l&rsquo;évaluation du risque cardiovasculaire hors du contexte du patient avec douleur thoracique aux urgences.</p>
<p>Un <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2451281&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=249085955&amp;utm_content=press_release%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=17681834">article</a> a retrouvé que l&rsquo;utilisation au long cours des bêta-bloquants, augmentait la mortalité cardio-vaculaire au décours des traitements chirurgicaux non-cardiaques de&hellip;. 0,5% (p&lt;0.01), le risque étant principalement chez les patients de plus de 70 ans et dans les contextes de chirurgie aiguë. L&rsquo;article ne parle cependant pas d&rsquo;ajustements sur d&rsquo;éventuelles différence entre les patients avec et sans bêta-bloquants, mais dit qu&rsquo;ils étaient similaires.</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>On sait que la contraception oestro-progestative diminue le risque de cancer de l&rsquo;endomètre. Dans quelle mesure cet effet se produit-il? Le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lanonc/article/PIIS1470-2045%2815%2900212-0/abstract">Lancet Oncology</a> retrouve que une diminution de 24% du risque de ce cancer tous les 5 ans d&rsquo;utilisation. De plus, il semblerait que cette protection persiste jusqu&rsquo;à 30 ans après l&rsquo;arrêt de la contraception!</p>
<p>6/ Psychiatrie</p>
<p>Pour finir, la HAS a publié une fiche de prise en charge su <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2560925/fr/troubles-bipolaires-diagnostiquer-plus-tot-pour-reduire-le-risque-suicidaire">trouble bipolaire</a> avec un document pour le médecin généraliste. Le message clé qu&rsquo;ils essayent de faire passer c&rsquo;est: 1 à 2,5% de la population et 50% de passage à l&rsquo;acte au moins 1 fois dans leur vie. Donc il faut les dépister et c&rsquo;est pas facile et il faut donc l&rsquo;évoquer devant tout trouble dépressif, notamment entre 15 et 25 ans (parce qu&rsquo;une présentation maniaque ou hypomaniaque c&rsquo;est plus facile). La prise en charge est ensuite à voir avec le psychiatre selon la sévérité du trouble et le risque suicidaire évalué.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi1ahA90L05HWichAb3uqxUbIRdgSf_tTVnsg0orzIU0xXioob683zVsjHO66yusqv9NbIfWpzxA4nXgRrtUncmMaxcrEzoWJwiHiD8KKN7T0MqfCEbK-8yYfAoqRzHhcSfJivXs0y4cf5p/s1600/bipolaire+HAS.jpg"><img src="/images/articles/2015/bipolaire-has.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà! C&rsquo;est presque terminé pour cette semaine. Je conclurai sur une petite aide à la lecture d&rsquo;articles tirée d&rsquo;un billet de la semaine d&rsquo;<a href="http://www.h2mw.eu/redactionmedicale/2015/10/labondance-de-contradictions-dans-un-essai-randomis%C3%A9-serait-un-facteur-pr%C3%A9dicteur-de-r%C3%A9tractation.html?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_campaign=Feed%3A+ClubDesMedecinsBlogueurs+%28Club+des+M%C3%A9decins+Blogueurs%29">Hervé Maisonneuve</a>. Il parle des articles rétractés et retrouve que ceux qui le sont ont plus souvent: des contradictions entre des affirmations, des erreurs arithmétiques, et des p manquants. L&rsquo;impact factor n&rsquo;avait pas d&rsquo;effet, comme quoi, tout le monde peut publier de la.. peut avoir à rétracter ses articles! Mais de façon simple, on peut aussi juger un article comme ça:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjknrpAEBdJL922dVZimmbkwAhbpbqoxwbTvzwBn20WPdPuQ4XQ3zjXHsiEh9p54thvMFhUBASTg90skv9moRUn0SfD-jIiveC4ycqUOZgiGv8affRlsOe82h0xozB5NAVuxq1EAq_fA-fJ/s1600/lecture+article.jpg"><img src="/images/articles/2015/lecture-article.jpg" alt=""></a></p>
<p>Bonne soirée, et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°65: Thyroclic, Aide prescription antidépresseur, HCT ou indapamide, aspirine et cancer, diversification chez l'enfant (reco), diabétologie (by-pass, pied diabétique, nutrition)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/10/dragi-webdo-n65/</link><pubDate>Sun, 04 Oct 2015 19:50:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/10/dragi-webdo-n65/</guid><category>Oncologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! J&rsquo;ai pas grand chose d&rsquo;inutile à dire en introduction cette semaine, du coup, on commence tout de suite avec les actualités!</p>
<p>1/ Outils</p>
<p>Pour commencé, j&rsquo;ai découvert (tardivement peut être) le site <a href="http://aporose.fr/thyroclic/Article-ConduiteATenir.html">Thyroclic</a>, qui permet de s&rsquo;y retrouver un peu mieux pour ce qui est des nodules thyroidiens. J&rsquo;ai pas encore eu l&rsquo;occasion de l&rsquo;utiliser pour voir s&rsquo;il était utile et bien fait dans la &ldquo;vraie vie&rdquo;, mais il a l&rsquo;air assez pragmatique.</p>
<p>Le second est le <a href="http://shareddecisions.mayoclinic.org/files/2013/11/CURRENTiADAPT_cards_P11-28-11.pdf">Depression Medication Choice (DMC</a>) qui est un outil de décision dans l&rsquo;utilisation des différentes anti-dépresseurs. Son utilisation a été évaluée dans un article du <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2443367&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=242005452&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=17326282">Jama Internal Medicine</a> par une étude randomisée en soins primaire. L&rsquo;utilisation du DMC améliorait le confort et  satisfaction des patients mais également des médecins, sans différence cependant sur l&rsquo;amélioration de la dépression. Mais être satisfait après une consultation c&rsquo;est mieux pour le moral et éviter un burn out et améliorer la relation médecin-patient en vue des consultations suivantes. L&rsquo;outil présente une liste d&rsquo;antidépresseurs avec un curseur allant en faveur ou défaveur de différents évènements: poids, troubles sexuels, sommeil, syndrome de sevrage.. Au final, la fluoxetine et la sertraline ont l&rsquo;air de s&rsquo;en sortir plutôt bien.</p>
<p><img src="/images/articles/2015/dmc-antidepresseur.png" alt=""></p>
<p>2/ Cardio vasculaire</p>
<p>Les diurétiques thiazidiques sont les traitements de première intention dans l&rsquo;HTA. Cependant, faut il préférer un thiazidique-like (type indapamide) ou l&rsquo;hydrochlorothiazide. Une méta analyse (plus de  480 000 patients) publiée dans <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25733241">Hypertension</a> retrouve une diminution significative des évènements cardio-vaculaires de 12% sous thiazidique-like et des insuffisance cardiaques de 21% par rapport aux thiazidiques et ce, sans augmentation significative des effets indésirables. J&rsquo;avais en tête qu&rsquo;il y avait plus d&rsquo;hypokaliémies sous thiazidique-like, mais s&rsquo;ils sont plus efficaces sans plus d&rsquo;effets secondaires&hellip;</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>L&rsquo;aspirine dans la prévention du cancer colo-rectal est à la mode, comme je le disais déjà il y a deux semaines. Au congrès européen de cancérologie a été présenté <a href="http://www.sciencedaily.com/releases/2015/09/150927214242.htm">une étude</a> rétrospective retrouvant que l&rsquo;utilisation de l&rsquo;aspirine à 80mg/jour en &ldquo;post-diagnostic&rdquo; de tous les cancers digestifs (sauf pancréas) améliorait la survie globale</p>
<p>4/ Pédiatrie</p>
<p>La société française de pédiatrie a émis des <a href="http://www.sfpediatrie.com/sites/default/files/recommandations/cnsfp-editorial-diversification-alimentaire-archpediatr-2015-2.pdf">recommandations sur la diversification</a>! En fait, c&rsquo;est pas une très grande nouveauté et ça se calque surtout sur ce qui était fait au vu des récentes études:</p>
<ul>
<li>
<p>pas d&rsquo;indication nutritionnelle a commencer une diversification avant  6 mois que l&rsquo;allaitement soit maternel ou artificiel</p>
</li>
<li>
<p>la diversifiation ne doit pas débuter avant 4 mois ni après 6 mois.</p>
</li>
<li>
<p>Rien ne justifie de retarder après 6 mois la diversification chez les enfants à risque d&rsquo;allergie même pour les oeufs, arachides, poisson&hellip;</p>
</li>
<li>
<p>l&rsquo;introduction du gluten entre 4 et 6 mois n&rsquo;a pas d&rsquo;influence sur la survenue de maladie coeliaque.</p>
</li>
</ul>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Pour finir, grosse partie diabétologie! Une <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2815%2900334-4/fulltext">étude suédoise</a> incluait des patients diabétiques obèses ayant eu de la chirurgie bariatrique (by-pass). Ils ont été appariés avec des contrôles n&rsquo;ayant pas eu de chirurgie. La mortalité des patients opérés était diminuée de  58% avec un NNT (évalué à 5 ans) de 25 patients  et une diminution de la mortalité cardiovasculaire de 59%! J&rsquo;aurai bien aimé savoir le taux d&rsquo;effets indésirables liés à la chirurgie quand même, mais l&rsquo;abstract ne le dis pas.</p>
<p>Enfin, la société française de diabétologie a publié 2 référentiels de bonne pratique. Le premier concerne la <a href="http://www.sfdiabete.org/sites/sfd.prod/files/files/ressources/referentiel_mars2014.pdf">nutrition</a>. Bien que très intéressant avec les indices glycémiques d&rsquo;à peu près tout ce qui peut se manger, sa lecture est fastidieuse et les recommandations sont perdues dans le texte et pas très pragmatiques.</p>
<p>Le second parle de la <a href="http://www.sfdiabete.org/sites/sfd.prod/files/files/ressources/mmm_guide_sfd_para.pdf">prévention et du traitement du pied diabétique</a>. Les mêmes critiques pourraient être faites, cependant, les annexes regroupent des fiches patients assez didactiques qui peuvent trouver un intérêt lors des consultations. L&rsquo;utilisation du monofilamment est rappelée (2 touchés + 1 factice sur chaque site: 1er MT, 5è MT et pulpe hallux, le pied étant à risque en cas de 2 erreurs). Mais bien que la mise en décharge du pied soit l&rsquo;élément clé de la prise en charge d&rsquo;une plaie de pied diabétique, (d&rsquo;ailleurs c&rsquo;est la seule chose en gras dans le document), elle n&rsquo;apparait qu&rsquo;a la fin du paragraphe &ldquo;traitement&rdquo;, du coup j&rsquo;insiste dessus ici! Les différents modes de décharge sont cependant très bien décrits et expliqués, tout comme les types de pansement (même s&rsquo;il me semble que selon <em>LR Prescrire</em>, rien ne fait mieux que le tulle gras).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhXAuV3VNjGsy77NGwITcAMrdM8Fa_vPvr-ehUXDFz3zVQbV02pN8c95eHXLH6CM2kE-bgMm218Z-5Pm5MGZP2njHjUs4Gqks7mBCmsVi56ny1YzLW7n5MDzObfqDZZCBqklVOJ6ICC-Ero/s1600/d%25C3%25A9charge+pied+diab%25C3%25A8te.jpg"><img src="/images/articles/2015/d-25c3-25a9charge-pied-diab-25c3-25a8te.jpg" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEikmGFAlpT7oy6i-AYab1uP34_03ma8OSWjpRlm5oDxqMeuB4PC9xhbaUkAVNiQLPEyxObjC4B0dzz4bj4de9H3h3pVO8_V2d06HGI-VJ-3zRb-p9MfbUaX836jtGHBsFj3Kfp_cP3R1ZAG/s1600/pansement+diab%25C3%25A8te.jpg"><img src="/images/articles/2015/pansement-diab-25c3-25a8te.jpg" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini. Merci à tous mes lecteurs réguliers et moins réguliers, merci à ceux qui m&rsquo;encouragent, et merci à ceux qui critiquent pour que je puisse améliorer le Dragi Webdo!</p>
<p>Je vous souhaite une excellente semaine, et à très bientôt!!!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°64: reco ACFA (SFMU), chir oral et anticoag (reco), antidote AOD, PATHWAY-2, betabloquant en post IDM, diabète et TA vespérale</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/09/dragi-webdo-n64/</link><pubDate>Sun, 27 Sep 2015 18:44:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/09/dragi-webdo-n64/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, les actualités se sont un peu calmées cette semaine.. Du coup, je me relâche et je prends du retard&hellip; Logique! Pas mal de cardiologie cette semaine, bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Pour commencer, l&rsquo;EMA (agence européenne du médicament) vient d&rsquo;autoriser l&rsquo;association <a href="http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/news_and_events/news/2015/09/news_detail_002401.jsp&amp;mid=WC0b01ac058004d5c1">sacubitril/valsartan</a> dans l&rsquo;insuffisance cardiaque. Pour mémoire c&rsquo;était le médicament miracle de l&rsquo;insuffisance cardiaque présenté au congrès de l&rsquo;ESC de 2014 (j&rsquo;en avais parlé <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/09/dragi-webdo-n14-congres-esc.html">ici</a>).</p>
<p>L&rsquo;EMA toujours. <a href="http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/news_and_events/news/2015/09/news_detail_002399.jsp&amp;mid=WC0b01ac058004d5c1">L&rsquo;agence</a> accélère la venue du premier antidote pour un AOD (anticoagulant oral direct). En effet, l&rsquo;idarucizumab est l&rsquo;antidote du dabigatran et avait reçu des <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1502000">résultats</a> satisfaisant en normalisant le bilan de coagulation de 88 à 98% des patients en 4 heures. (C&rsquo;est un peu long 4 heures comme délai quand même si le patients a un saignement grave&hellip;)</p>
<p>La <a href="https://www.jomos.org/articles/mbcb/pdf/2015/04/mbcb150036-s.pdf">société Française de chirurgie orale</a> a publié des recommandations de prise en charge des patients sous antiagrégants, AVK et AOD. C&rsquo;est plutôt simple et les arbres décisionnels sont clairs. Pour faire simple:</p>
<ul>
<li><em>Pour les antiagrégants plaquettaires</em>: en monothérapie on arrête jamais, pour les bithérapie on n&rsquo;arrête pas pour les gestes à faibles risque hémorragique.</li>
<li><em>Pour les AVK</em>: pour les gestes a faibles risques on n&rsquo;arrête pas si l&rsquo;INR est inférieur à 4.</li>
<li><em>Pour les AOD</em>: on arrête pas pour les gestes a faibles risques.</li>
<li><em>Dans les autres ca</em>s, il faut une discussion sur le risque thrombotique avec le médecin prescripteur.</li>
</ul>
<p>(Les gestes a faibles risque: anesthésie locale, détartrage, avulsion simple, avulsions multiples dans 1 même quadrant, chirurgie endodontique, périapicale, énucléation de kystes et tumeurs bénignes (lésion &lt; 3cm), chirurgie muco-gingivale (hors greffe gingivale avec prélèvement palatin), chirurgie pré-orthodontique d’une dent enclavée, incluse, implant unitaire, dégagement implant(s) (pilier cicatrisation), biopsie-exérèse muqueuse orale ≤1 cm )</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Les sociétés d&rsquo;Urgences (SFMU) et de cardiologie (SFC) ont édité des <a href="http://www.sfmu.org/upload/consensus/rpc_fa2015.pdf">recommandations de prise en charge des la fibrillation auriculaire en médecine d&rsquo;urgence</a>. Mais comme ça peut arriver aussi à un généraliste, je vais en parler rapidement. Pour le diagnostic: il faut objectiver la FA par ECG et un bilan biologique comprenant: NFS, ionogramme, créatinine, glycémie et selon l&rsquo;orientation: NT-proBNP, calcémie, TSH, bilan hépatique et TP-TCA avant la mise sous anticoagulant si besoin.<br>
L&rsquo;échographie cardiaque est indispensable et doit être effectué en urgence si la FA est mal tolérée (logique..). Vous trouverez ci dessous les différents traitements pour ralentir la FA si besoin (pour mémoire: les calciques à utiliser: verapamil et diltiazem ; les beta bloquants non cardio sélectifs: atenolol et esmolol; et beta bloquants cardiosélectifs: nébivolol, carvédilol, bisoprolol, métoprolol).</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjfbUPRfpUPRQPGO02luXUf06wKB74NQmiQ5xL_31SHtnM8nP3vt2nFnbvaEbRPJFssdmzd1lajAXzrgi-LdKVMgLfhwiT5yrvIeub48JIQmgYlWAZIYrrGO0Uc6N9VAVr3mzBmOXipIGvd/s1600/traitement+FA.jpg"><img src="/images/articles/2015/traitement-fa.jpg" alt=""></a></p>
<p>Pour ce qui est de l&rsquo;indication d&rsquo;un traitement anti-thrombotique, il faut toujours se fier au score CHA2DS2-VASc et au risque hémorragique évalué par le HAS-BLED. Les nouveautés: pas de place des anti-agrégants (asprine ou plavix) sauf en cas de refus du patient de prendre un anticoagulant. L&rsquo;anticoagulation est donc recommandée dès un score CHA2DS2-VASc de 1. L&rsquo;autre nouveauté, la place des AOD sur le même plan que les AVK dans le texte (mais les AVK sont en pointillés sur la figure&hellip;&hellip;&hellip;.) Pour le reste, je vous laisse lire l&rsquo;article!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhCs2mgr0spIGGz67VcrArqk8JGxLIBOeD35L1oZkFST2nrlghvziz62kWEcyWLm01I9O9ejHe9bWAELbc89TcqIJxG8-nGtW9c5VK84EAT0sqIwbCiWDIsKnkx07XiMQtRywP0A8MSMVML/s1600/anticoagulation+FA.jpg"><img src="/images/articles/2015/anticoagulation-fa.jpg" alt=""></a></p>
<p>Continuons avec les Bêta bloquants. En post-infarctus du myocarde, il faut se rappeler de l&rsquo;intérêt de ces traitements pendant la 1ere année (après on est pas trop sur au final qu&rsquo;ils soient indispensable selon l&rsquo;étude <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/07/dragi-webdo-n10.html">REACH</a>). Tout ça pour en venir à la <a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0735109715046069">posologie du traitement</a>: il semblerait que la dose importe peu et que les faibles doses soient mois efficaces que les fortes sur la survie des patients.</p>
<p>J&rsquo;avais parlé de l&rsquo;étude <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/09/dragi-webdo-n61.html">PATHWAY-2</a> suite au congrès de l&rsquo;ESC de cette année. L&rsquo;article en question est <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2815%2900257-3/abstract">ici</a>. Il est quand même très dommage qu&rsquo;aucune donné de morbi-mortalité ne soit évalué dans cette étude&hellip;</p>
<p>Enfin, un peu de gynécologie. On savait que les antécédents de pré-éclampsies étaient un facteur de risque  cardiovasculaire. Une <a href="http://circ.ahajournals.org/content/early/2015/09/14/CIRCULATIONAHA.113.003901.short?rss=1">étude de cohorte</a> suivant les patientes pendant plus de 50  ans a retrouvé que la glycosurie et que la baisse de l&rsquo;hémoglobine au 2ème et 3ème trimestres sont des facteurs de risque de décès cardio-vasculaire. Des éléments à prendre en compte mais qui ne vont pas beaucoup modifier les prises en charges&hellip;</p>
<p>3/ Diabétologie</p>
<p>Je vais finir sur le thème diabète et tension artérielle au coucher. Il semblerait que des études récentes publiées dans Diabtologia retrouvent une association une tension artérielle au coucher basse et diabète. C&rsquo;était une <a href="http://link.springer.com/article/10.1007/s00125-015-3749-7">étude</a> contrôlée randomisé étudiant la survenue de diabète chez des patients hypertendus ayant une dose de traitement antihypertensif le soir ou pas. Le traitement vespéral a diminué de 57% la survenue d&rsquo;un diabète, l&rsquo;effet étant prédominant avec les IEC. Voilà de quoi prescrire des traitements le soir, et voir un intérêt supplémentaire au Ramipril qui se donne volontiers matin et soir (enfin, moi je l&rsquo;aime bien&hellip; Mais <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/12/la-cardio-jy-comprends-rien.html">j&rsquo;en ai déjà parlé longuement</a>)</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine! Il faut que je me fixe un objectif publication pour le dimanche matin&hellip; et que je m&rsquo;organise avant que le rythme ne redevienne n&rsquo;importe quoi..<br>
A la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°63: EMPA-REG (le médicament miracle du diabète), SPRINT (les nouveaux objectifs tensionnels), Aspirine en prevention primaire, vaccin curatif HPV.</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/09/dragi-webdo-n63/</link><pubDate>Sun, 20 Sep 2015 09:35:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/09/dragi-webdo-n63/</guid><category>Diabétologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>Pneumologie</category><category>Neurologie</category><category>Addictologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, l&rsquo;actualité de la semaine a été, une fois de plus, particulièrement dense! J&rsquo;ai essayer de plus synthétiser que la semaine dernière&hellip; pour ne pas qu&rsquo;il y ait trop de chose. Mais j&rsquo;avoue que les synthèses, ça n&rsquo;a jamais été mon fort&hellip; Bonne lecture!</p>
<p>1/ Diabétologie</p>
<p>C&rsquo;est un des articles incontournables de la semaine, si ce n&rsquo;est le plus important: Un médicament du diabète montre une efficacité franche en terme de mortalité! Présentée au congrès européen de diabétologie, l&rsquo;étude <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1504720#t=article">EMPA-REG</a> était un essai contrôle randomisé de très bonne puissance testant l&rsquo;empagliflozine (un des nouveaux anti SGLT-2 dont j&rsquo;ai parlé pas mal de fois ces derniers temps pour leurs effets indésirables sans effets, à l&rsquo;époque sur les complications du diabète). Le traitement a été évalué à 48 mois et retrouve une diminution de 14% du critère de jugement principal (des évènements cardio-vasculaires) et de  32% de la mortalité globale!! C&rsquo;est ENORME! Bref, regardons un peu plus en détail. La méthodologie est bonne, les analyses intermédiaires ont été prises en compte, et il n&rsquo;y a pas de comparaison multiple étant donné que les 2 doses d&rsquo;empagliflozine sont été considéré comme un seul groupe poolé. Notons d&rsquo;abord la place de l&rsquo;industrie pharmaceutique: Lily a co-financé uniquement (bon ok&hellip;) et Boehringer a par contre participé à l&rsquo;analyse des données! Le premier point à prendre en compte: les patients qui étaient TOUS en prévention secondaire (avec des antécédents d&rsquo;AVC, d&rsquo;IDM ou de coronarographie connue). Ensuite, comment choisir la posologie de médicament si les deux on été poolés? Les patients ont été randomisés en 3 groupes (empagliflozine 10, emp. 25 et placebo), or l&rsquo;analyse portant sur chaque groupe séparé n&rsquo;était pas significative! Mais au protocole, l&rsquo;analyse conjointe avait été <a href="http://www.nejm.org/doi/suppl/10.1056/NEJMoa1504720/suppl_file/nejmoa1504720_protocol.pdf">prévue</a>. Si on regarde les différentes doses, on retrouve pas de différence, voire un OR légèrement meilleur avec 10 mg qu&rsquo;avec  25, donc privilégier le 10 si le 25 est pas meilleur&hellip; Enfin, et c&rsquo;est particulièrement intéressant, les HbA1C des patients traité n&rsquo;atteignaient pas les &ldquo;objectifs glycémiques&rdquo; fixés, mais ont baissé de  8.1% a un peu plus de  7.6% (selon les groupes), soit un baisse de 0.5% en moyenne, ce qui en fait correspond a des objectifs glycémiques &ldquo;français&rdquo; chez des patients avec des antécédents d&rsquo;évènements cardiovasculaires relativement récents. En conclusion: Empagliflozine 10mg semble être un traitement augmentant la survie des patients diabétique avec antécédent d&rsquo;AVC ou de coronaropathie.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgVwpJRuTH49hG_vzndqqUgpbkNXtTtDv2WxI28B3KF7rC6Nf-Ws2sJjcQKVjQmIOvfs1Ar9f0uxDOeJZl58BmOeyZdc_VMqDXbe4fxdatthfR8BzhVi1Rdjcchphy9djug5_NddjWOUTQA/s1600/EMPA-REG.jpg"><img src="/images/articles/2015/empa-reg.jpg" alt=""></a></p>
<p>Le Lancet Diab. &amp; Endoc a publié un article portant sur le <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2815%2900316-2/fulltext">diabète et le tabagisme</a>. La métaanalyse d&rsquo;études prospectives retrouve une augmentation du risque de diabète de 37% chez les fumeurs actifs, de 14% chez les fumeurs sevrés et de 22% en cas de tabagisme passif! Voilà une nouvelle maladie qui va être attribuée au tabac! Je rappellerais quand même qu&rsquo;une association statistique n&rsquo;est pas forcément synonyme de causalité.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire.</p>
<p>La deuxième étude qui fait du bruit cette semaine est l&rsquo;étude <a href="http://newsroom.heart.org/news/major-hypertension-trial-stopped-early-for-positive-benefit-with-lower-blood-pressure-control-target">SPRINT.</a> Elle n&rsquo;a pas encore été publiée mais ses résultats ne laissent pas indifférents: les patients de plus de 50 ans, avec de l&rsquo;hypertension et un autre facteur de risque cardio-vasculaire (soit 3 FDRCV minimum donc) ont vu baisser leur risque de survenue d&rsquo;évènement cardio vasculaire (critère composite) de 30% et de mortalité globale de 25% avec des objectifs tensionnels &lt; 120mmHg de PAS par rapport à un groupe avec un objectif classique de  140mmHg de PAS. Cette étude intervient après les &ldquo;assouplissements&rdquo; des objectifs tensionnels notamment du <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1791497">JNC8</a> (reco américaines) qui préconisaient 140/90 pour les patients de moins de 60 ans ou avec un risque cardio élevé  ou avec maladie rénale chronique, et 150/90 après 60 ans (qui étaient des reco que j&rsquo;aime particulièrement) Alors ce que ça change: rien pour la majorité des patients, mais être plus strictes chez ces patients à haut risque TANT QUE LE TRAITEMENT EST BIEN TOLÉRÉ! (attendons de voir l&rsquo;étude publiée pour voir les effets indésirables de cet objectif)</p>
<p>On reste dans le haut risque, avec l&rsquo;<a href="http://www.uspreventiveservicestaskforce.org/Page/Document/draft-recommendation-statement/aspirin-to-prevent-cardiovascular-disease-and-cancer">USPSTF</a> (organisme des reco américaines) qui recommande l&rsquo;aspirine faible dose (75mg) en prévention primaire chez les patients de 50 à 69 ans avec un risque cardiovasculaire à 10 ans supérieur à  10% selon le calculateur de risque (<a href="http://tools.acc.org/ASCVD-Risk-Estimator/">celui-ci</a>). L&rsquo;objectif est la diminution des évènements cardio-vasculaires et une prévention du cancer colorectal.</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Je parlais encore la semaine dernière de l&rsquo;importance du frottis cervico-utérin par rapport au vaccin anti-HPV dans la prévention du cancer du col utérin. Mais voilà un <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2815%2900239-1/fulltext">vaccin</a> qui pourrait venir changer pas mal de choses: un vaccin curatif en cas de lésions cervicales! Le VGX-310 en 3 injections (J0-M1-M3) a été utilisé dans un essai contrôle randomisé dans les traitement des CIN 2 et 3 lié aux HPV 16 et 18. Le critère de jugement était la régression en CIN 1 ou la disparition des lésions à  36 semaines. Il a été atteint plus fréquemment de façon significative chez 48% des patients traités versus 30% des patients du groupe placebo. Bon, c&rsquo;est loin d&rsquo;être la panacée&hellip; Mais la piste est intéressante à suivre pour diminuer les traitements chirurgicaux et leurs complications.</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>On va continuer avec des articles plus &ldquo;légers&rdquo;, avec un papier portant sur les facteurs modifiable dans la prise en <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2815%2900156-7/fulltext">charge de l&rsquo;asthme</a>. On y retrouve: la réduction du tabagisme dans l&rsquo;environnement, prendre en compte la pollution de l&rsquo;air, réduire l&rsquo;obésité, encourager une alimentation riche en légumes et en fruits, encourager l&rsquo;allaitement maternel et la vaccination des enfants.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjq84tvwodeJ2F4xiIrb4RSMerIhXVlO-9YZoHsIfJF-Qr9_fohiqwf0wRC1nF2xuifh9wkxwokmJmw_7sDzHbpR3dXyH7KifiO6fxGPMHe-5evJPzbKey00i0dyUVXZNf2Sjmpx0cUhZFE/s1600/asthme.jpg"><img src="/images/articles/2015/asthme.jpg" alt=""></a></p>
<p>5/ Neurologie</p>
<p>La vitamine D, on en a presque fait le tour, mais on cherche toujours à quoi elle sert! <a href="http://archneur.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2436596">En neurologie</a>, il semblerai qu&rsquo;une carence en vitamine D soit associé à un déclin cognitif accentué dans une étude de cohorte. Mais, ça dépend du groupe ethnique, et aussi du type de mémoire.. donc on est pas vraiment plus avancé d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il reste surtout à savoir si le déclin cognitif pourrait être ralenti par une supplémentation vitaminique.</p>
<p>6/Addictologie</p>
<p>Un article assez pragmatique sur la consommation d&rsquo;alcool a été publié dans le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2815%2900235-4/fulltext">Lancet</a>. La consommation &ldquo;élevée&rdquo; d&rsquo;alcool était associée à une augmentation de  31% de la mortalité globale, de 51% des cancers liés à l&rsquo;alcool et du risque de blessure de 29%. Cependant, la consommation &ldquo;régulière&rdquo; était également associée à une diminution de 24% des infarctus du myocarde! Alors, il ne reste plus qu&rsquo;à trouver la bonne dose pour diminuer son risque cardio-vasculaire sans trop augmenter son risque de cancer et de mortalité précoce!</p>
<p>Bon courage à tous, en espérant que cette chronique vous soit toujours utile! Et n&rsquo;hésitez pas à me laisser vos critiques ici ou sur Twitter!</p>
<p>Bonne journée et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°62: Scores embolie pulmonaire, Obésité et risque cardio, reco grippe chez l'enfant (US), e-cigarette et tabac, massages et lombalgie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/09/dragi-webdo-n62/</link><pubDate>Sat, 12 Sep 2015 19:02:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/09/dragi-webdo-n62/</guid><category>Santé publique</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pédiatrie</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Autant la semaine dernière était cool et le Dragi Webdo était court&hellip; autant cette semaine, c&rsquo;est bien la reprise! Je vais essayer d&rsquo;aller à l&rsquo;essentiel, de rester &ldquo;pratique&rdquo; et de pas trop noyer les infos essentielles au milieux d&rsquo;études qui le sont moins bien que très intéressantes tout de même!</p>
<p>1/ Santé publique</p>
<p>Commençons pas un sujet qui m&rsquo;intéresse particulièrement, la vaccination anti-HPV. J&rsquo;ai déjà dit dans des articles précédents (<a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/03/le-hpv-tes-vaccinee.html">ici</a> surtout) que je croyais pas vraiment à l&rsquo;intérêt de ce vaccin dans la diminution des cancers du col, mais peut être qu&rsquo;il pouvait diminuer les complications des traitements de lésions précancéreuses, qui peuvent être des accouchements prépaturés par béance cervicales, entre autres. Le <a href="http://www.bmj.com/content/351/bmj.h4358">BMJ</a> a donc publié un article sur les conséquence de la vaccination chez les femmes enceintes. Et bien, ça me répond pas.. Certes, l&rsquo;étude retrouve qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence au niveau de pourcentage de naissance, mais elle ne parle pas des accouchements prématurés. Cependant, bien qu&rsquo;il n&rsquo;y ai pas globalement de fausses couches plus nombreuses suite au vaccin, elles étaient augmentées pour les fausses couches entre  13 et 20 SA. Bref, a suivre mais le vaccin bivalent semble de moins en moins attractif..</p>
<p>Le JAMA oncology revient sur le dépistage du cancer de la Prostate par le <a href="http://oncology.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2427490&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=224946677&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=16417292">PSA</a>. Les résultats sont pas neuf, mais ca fait toujours piqure de rappel: augmentation du dépistage de cancer, et pas de diminution de la mortalité spécifique ou globale.</p>
<p>Le point pharmacovigilance de la semaine porte sur la <a href="http://www.fda.gov/Safety/MedWatch/SafetyInformation/SafetyAlertsforHumanMedicalProducts/ucm461876.htm">canagiflozine</a>. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que les inhibiteurs de SGLT-2 ne vont pas rester très longtemps sur le marché si on continue de leur trouver autant d&rsquo;effets indésirables toutes les semaines sans qu&rsquo;il y ait le moindre bénéfice sur les complications du diabète. Bref, cette fois ci, c&rsquo;est le risque de fracture et d&rsquo;ostéoporose qui est pointé par la FDA&hellip;</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Pour cette partie là, parlons embolie pulmonaire. Les <a href="http://www.bmj.com/content/351/bmj.h4438">auteurs de cette étude</a> publiée dans le BMJ ont regardé les différents scores portant sur l&rsquo;EP, utilisés en médecine ambulatoire! Le tableau des résultats sera plus évocateur que des discours:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi-TheVMc4YppeDRvLnl15AYhhjdMDACQwRGyiYJJvOBKxnmyXlIaAZLSpyPeH_QMCBGXeRvi_ijsXGVLqIlChrDzMe-FFw769PFmYuxlXjIlEi51fhstaSY7HPHQR0ikXWm1_oMQL_zpdj/s1600/critere+EP.jpg"><img src="/images/articles/2015/critere-ep.jpg" alt=""></a></p>
<p>Il montre que le score de Wells simplifié combiné aux des D-dimères , permet d&rsquo;exclure à 99%  (Valeur prédictive négative) la probabilité d&rsquo;une EP, et a une sensibilité de 96% (probabilité d&rsquo;avoir un test positif si on a une EP), avec un taux d&rsquo;échec de 1,2%. Cela le place un poil avant les autres. Faut noter les faibles spécificité des tests&hellip; Bref, intéressant, mais ca n&rsquo;exclue pas l&rsquo;EP sans avoir recours aud D-dimères non plus, et on les a pas forcément de suite en ambulatoire. Mais pour ça je renvoie aux <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18318689">8 critères PERC</a>, qu&rsquo;on a pas si souvent, mais qui peuvent quand même dépatouiller parfois&hellip;</p>
<p>Dans The Heart, la société européenne de cardiologie publie une étude &ldquo;choc&rdquo; sur <a href="http://eurheartj.oxfordjournals.org/content/early/2015/08/03/eurheartj.ehv347">l&rsquo;obésité</a>. L&rsquo;obésité était associé a une diminution de la mortalité et des évènements cardiovasculaires en prévention secondaire, et la maigreur à une augmentation de ces deux critères. L&rsquo;étude ne m&rsquo;étant malheureusement pas accessible en entier, je ne peux confirmer que la référence était les personnes avec un IMC normal et non &ldquo;l&rsquo;ensemble des autres classes&rdquo;</p>
<p>[Edit grâce à @RadioactiveJib] En regardant l&rsquo;étude intégralement, le groupe de comparaison était les IMC de  18 à 25. Les résultats sont assez impressionnant, d&rsquo;ailleurs! Mais, il faut aussi tenir compte qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une étude d&rsquo;épidémiologie dont l&rsquo;objectif était d&rsquo;explorer les relations entre IMC et mortalité globale/cardiovasculaire. Il n&rsquo;a donc les comparaisons multiples n&rsquo;ont pas été prises en compte et faire comparer 5 groupes entre eux, ça nécessiterai un seuil de significativité beaucoup plus stricte que 0.05! Mais y&rsquo;a on peut quand même y voir une tendance:  matière de prévention primaire et secondaire
cardio vasculaire, il semble être plus avantageux d&rsquo;être gros que
maigre! (à noter que la seule catégorie systématiquement meilleure que l&rsquo;IMC normal est les IMC entre 25 et 30! Pour vivre vieux, vivons en surpoids!)</p>
<p>3/ Pédiatrie:</p>
<p>Les <a href="http://archpedi.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2430642&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=231457422&amp;utm_content=article_promotion%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=16780794">auteurs de cet étude</a> qui n&rsquo;est pas vraiment de la médecine générale mais qui est intéressante tout de même ont voulu savoir s&rsquo;il était utile de scoper la saturation dans les bronchiolites. Visiblement, la saturation en continue n&rsquo;a pas sauver plus d&rsquo;enfant qu&rsquo;un monitoring intermittent, et peut être moins anxiogène pour les parents dans la chambre de l&rsquo;enfant. L&rsquo;autre idée claire donnée dans ce papier est qu&rsquo;une fois que l&rsquo;alimentation orale semble se rétablir, il est très rare que l&rsquo;état de l&rsquo;enfant se redégrade. Une info qui peut être utile en ambulatoire pour le coup!</p>
<p>Les pédiatres américains ont publié leurs recommandations de <a href="http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2015/09/01/peds.2015-2920.full.pdf">prévention de la grippe</a>. De 6 mois à 8 ans, la vaccination anti-grippale est recommandée (selon l&rsquo;âge: en injectable ou en spray nasal&hellip; je savais même pas que ça existait&hellip;) , avec une vaccination des parents si l&rsquo;enfant a moins de 5 ans. Après 8 ans et à l&rsquo;adolescence, les enfants avec facteurs de risque devraient être vaccinés: asthme, pneumopathies chroniques, maladies cardiaques,
immunodépression ou immunothérapie, VIH, drépanocytose, insuffisance rénale chronique, diabète, obésité morbide et grossesse. Bien, en France , une fois de plus on en est pas là (heureusement j&rsquo;ai envie de dire&hellip; quand on voit l&rsquo;efficacité de ce vaccin.) On verra l&rsquo;efficacité de cette recommandation outre-atlantique, pour juger de l&rsquo;efficacité. (Bien sur, il est probable qu&rsquo;ils comparent la grippe de cette année que tout le monde a attrapé et qui était particulièrement virulente, ce qui aurait pour résultat dans tous les cas qu&rsquo;avec ou sans ce programme de vaccination intensif il y aura moins d&rsquo;hospitalisation et de décès liés à la grippe cet hiver&hellip;)</p>
<p>On s&rsquo;interrogeait sur l&rsquo;effet de l&rsquo;e-cigarette chez les jeunes. Et ben, le <a href="http://archpedi.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2436539">Jama Pediatrics</a> retrouve dans une étude de cohorte de jeunes de  16 à 26 ans, que vapoter multiplie par 8 le risque de devenir fumeur à 1 an! L&rsquo;e-cig comme outil de sevrage tabagique pourquoi pas, mais un outil qui peut aussi conduire au tabagisme..</p>
<p>4/  Rhumatologie:</p>
<p>Les massages dans la lombalgie aigue, est-ce utile? Une revue <a href="http://www.cochrane.org/CD001929/BACK_massage-low-back-pain">Cochrane</a> a étudier leur effet: il semblerait qu&rsquo;ils aient un intérêt avec une diminution de la douleur et une amélioration fonctionnelle à court terme uniquement. A noter cependant comme effet indésirable principal des majorations de douleurs pouvant aller de  1,5% à 25% des patients.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine,</p>
<p>Je vous souhaite une bonne fin de week end et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°61: Spironolactone et bithérapie AAP (Congrès ESC), AVC/AOD (HAS), exacerbation BPCO, Calprotectine-CRP</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/09/dragi-webdo-n61/</link><pubDate>Sun, 06 Sep 2015 11:12:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/09/dragi-webdo-n61/</guid><category>Gastro-entérologie</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est la rentrée! Fini les jeux&hellip; Enfin presque&hellip; C&rsquo;est une rentrée en douceur pour ma part avec peu d&rsquo;articles que j&rsquo;ai eu le temps de parcourir, mais j&rsquo;en ai pas vu passer beaucoup non plus&hellip; En fait, la semaine a surtout été marquée par le congrès de l&rsquo;European society of cardiology, par lequel je vais commencer.</p>
<p>1/ Congrès ESC:</p>
<p>Je n&rsquo;y étais pas, je vais cependant mettre en &ldquo;vrac&rdquo; les résultats d&rsquo;études que j&rsquo;ai vu passer:</p>
<ul>
<li>
<p>La principale étude a mon sens concerne la spironolactone dans l&rsquo;HTA qui controlerait 60% des HTA résistantes. L&rsquo;auteur conclu qu&rsquo;il ne faudrait donc considérer les patients comme &ldquo;résistants&rdquo; qu&rsquo;après l&rsquo;échec de la spironolactone. Cependant, cela ne devrait pas dispenser du bilan d&rsquo;HTA secondaire devant une HTA résistant a une trithérapie avec un diurétique thiazidique. Le protocole déterminait que les patients sous trithérapie reçoivent 25mg de spironolactone, abaissé a 12.5mg en cas de réponse ou augmenté à 50mg en cas d&rsquo;échec. La tolérance était plutôt bonne, mais la Kaliémie est tout de même a surveiller <a href="https://www.blogger.com/null">(Williams B.PATHWAY)</a></p>
</li>
<li>
<p>L&rsquo;étude DAPT (dont j&rsquo;avais parlé <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/11/dragi-webdo-n25-bi-antiplaquettaires-et.html">ici</a>) était en faveur d&rsquo;un allongement de la bianti-agrégation plaquettaire après un stent actif à 30 mois au lieu de 12. L&rsquo;étude française OPTIDUAL comparait 12 mois de bithérapie à 48 mois. Cette fois, il n&rsquo;y a pas de différence significative sur le critère de jugement principal (mortalité globale, évènement cardiovasculaire, saignement majeur) avec une survenue de  5.8% dans le traitement prolongé versus 7.5% (p=0.17). Au final, rien de décisif. Probablement que la bithérapie prolongée a un intérêt si on sélectionne le bon sous groupe de patient à haut risque cardiovasculaire et faible risque de saignement.. (Helft G. The OPTIDUAL Trial)</p>
</li>
<li>
<p>La spironolactone n&rsquo;a pas d&rsquo;intérêt dans la prise en charge de l&rsquo;infarctus du myocarde sans insuffisance cardiaque (Montalescot G, ALBATROSS)</p>
</li>
<li>
<p>Faire la sieste diminue l&rsquo;hypertension artérielle de 4% le jour et  6% la nuit, avec un bénéfice supplémentaire de 4% pour des siestes de plus d&rsquo;une heure. (Kallistratos M Association of mid-day naps occurrence and duration with
bp levels in hypertensive patients. A prospective observational study)</p>
</li>
</ul>
<p>2/ Traitements anti-coagulants:</p>
<p>La <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1626282/fr/fibrillation-auriculaire-non-valvulaire-quelle-place-pour-les-anticoagulants-oraux?xtmc=&amp;xtcr=1">HAS</a> a publié une fiche concernant la place des anticoagulants (AVK et AOD) fans la fibrillation auriculaire. Rien de bien neuf, les AOD sont à utiliser en seconde intention. L&rsquo;intérêt de la publication est surtout le rappel pour les switch d&rsquo;une classe à l&rsquo;autre.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj0_FlQ3fyBut1y7G_p0QSt0rF63v1gfzsDmtDQLlgqO5Cbt6cz6_kY5s3VIVzTOrhfIegrS5xq1KFH8bPdFrjNfS9gGOozVdep7B2o0e8QmidomtqBbRGfaaR1ICPUR4rhPj5wlcLLRPHz/s1600/AVK+AOD.jpg"><img src="/images/articles/2015/avk-aod.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Gastro-entérologie</p>
<p>Poursuivons avec une revue Minerva qui revient sur le dépistage des maladies inflammatoires de l&rsquo;intestin par le couple &ldquo;<a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article/1115">CRP- calprotectine fécale</a>&rdquo;. <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/03/dragi-webdo-n39.html">J&rsquo;en avais déjà parlé</a> mais comme je ne le retiens pas, j&rsquo;en reparle! La conclusion était qu&rsquo;une CRP inférieure à 5 et une Calprotectine fécale inférieure à 40µg/g rendent la probabilité d&rsquo;une MICI inférieure à  1%. Le problème de l&rsquo;étude analysée est la forte hétérogénéité entre les cohortes qui poussent a prendre ces résultats intéressant avec quelques précautions.</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>Je vais finir avec un article parlant d&rsquo;antibiotiques et de BPCO publié dans <a href="http://fampra.oxfordjournals.org/content/32/4/395.short?rss=1">Family Practice</a> . L&rsquo;étude n&rsquo;est pas randomisée et concernait des médecins ayant un accès à la CRP et d&rsquo;autres n&rsquo;y ayant pas accès et avait pour objectif de regarder la prescription d&rsquo;antibiotiques dans les exacerbations de BPCO. Les auteurs retrouvent une réduction de  65% de la surprescription d&rsquo;antibio (définie comme la prescription d&rsquo;antibio pour des exacerbations de BPCO avec 1 ou moins critères d&rsquo;Anthonisen) et pas de différence de sous prescription (définie comme l&rsquo;absence d&rsquo;antibio pour les 3 critères d&rsquo;Anthonisen présents). Il est regrettable que les critères de jugements ne fassent pas apparaitre les durées d&rsquo;évolution des exacerbations ou autre complications cliniques qui pourraient intervenir, et que la gravité des BPCO n&rsquo;apparaisse pas non plus. Bref, la CRP aide a moins prescrire d&rsquo;antibiotiques, mais on ne sais pas quelles sont les conséquences&hellip;</p>
<p>Je vous souhaite une bonne semaine et bon courage pour la rentrée! A la semaine prochaine pour un peu plus de nouveautés si les Revues ont repris le travail!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Encore des jeux pour finir l'été!! (Myrmes, Metal Adventures, 5 Tribes, River Dragons,Colt Express)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/08/encore-des-jeux-pour-finir-l-ete-myrmes-metal-adventures-5-tribes-river-dragons/</link><pubDate>Sun, 23 Aug 2015 15:22:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/08/encore-des-jeux-pour-finir-l-ete-myrmes-metal-adventures-5-tribes-river-dragons/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Visiblement y&rsquo;a quelques gamers/geek ou autre joueurs occasionnels qui sont à la recherche de jeux de société pour renouveler leur ludothèque et passer de supers journées à jouer. Et ils auront bien raison. Malheureusement, comme les journées ne compte que 24 heures, et qu&rsquo;il faut dormir un minimum, on est bien obligé de se coucher, à regret vers les 3 heures du matin pour éviter l&rsquo;état de somnolence-comateuse du lendemain. J&rsquo;ai donc pas pu jouer à tous les jeux auxquels j&rsquo;avais prévu de jouer, mais j&rsquo;ai joué à certains autres qui n&rsquo;étaient pas moins intéressant du tout!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj_SKxRxMqKaFYybDPwTgg9eDlNmfxtPo7B5TpsKCpU__9045EOOSRLZqymP9ctx2T4yVtpddXCFiJzM8m6l8k9HrSHs3djVTg8JE9uZSrPNODrbAJ67NsiJDIbg854962lMJqlzHu98CML/s1600/metal+adventures.jpg"><img src="/images/articles/2015/metal-adventures.jpg" alt=""></a></p>
<p>Commençons avec &ldquo;Metal Adventures&rdquo;, celui là était prévu de longues dates! Le concept est particulièrement simple, et moi qui me plaignait que certains jeux de manquaient d’interactions entre les joueurs, cette fois ci,je suis servi. Les joueurs sont des pirates de l&rsquo;espace, et on peut piller des vaisseaux, des planètes, ou d&rsquo;autres joueurs. Le but étant bien évidemment d&rsquo;être le plus fort en de récupérer du bon équipement pour gagner les &ldquo;9 points de gloire des pirates&rdquo;. Mais un pirate est un menteur notoire, et c&rsquo;est là que ça devient intéressant. On peut accepter de s&rsquo;allier contre un ennemi avec un autre joueur, et au dernier moment, le trahir, pour le piller lui à la place (mais on perds de la gloire&hellip;). Diplomatie, stratégie et coups fourrés sont les clés de la victoire et la palme de la filouterie est revenue à Miss Dr_Agibus! Attention tout de même, risque d&rsquo;engueulades très important!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg_f4Kc1UH_ddnhVJCg73dOR7399ogf2h38EkQRSJmrWmNTfMTuU6byOEjuZ4cTfIS5Ehh0Fzpk1244Yl_FNDCJ3Tc8R4H8QhTP2gwkubkY5dGclMKEo7OPZfwZJ1MKCXpbgPBRWKxHIvwZ/s1600/five+tribes.png"><img src="/images/articles/2015/five-tribes.png" alt=""></a></p>
<p>Ensuites, &ldquo;Five Tribes&rdquo; est un jeu de stratégie, dans lequel des petits personnages de couleur sont répartis. Il s&rsquo;agit de répartir les personnages d&rsquo;une case en les déplaçant sur des cases consécutives, e ainsi prendre le contrôle de cases, déclencher des effets (selon la couleur du personnage), invoquer de puissants Djinns&hellip; Le mécanisme pour un jeu de stratégie est simple et facile à comprendre. Le jeu se renouvelle à chaque fois étant donné que les tuiles de jeu constituant le plateau sont disposés aléatoirement.</p>
<p>Forcément, j&rsquo;ai été tenté par l&rsquo;extension: &ldquo;Les Artisans de Naqala&rdquo;. Le point essentiel réside dans l&rsquo;apparition des artisans et dans les &ldquo;artefacts surpuissants&rdquo; et des &ldquo;trésors&rdquo; qu&rsquo;ils permettent d&rsquo;obtenir. L&rsquo;extension ne complique pas le jeu, mais offre une nouvelle stratégie possible pour arriver à la victoire.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjDmdp-DtqQQpMPdiFtHhXqeVV2sz7H88w1iQs8Dw7VkcODYUYE7rjTw7CCAUXphmZfTaLIujsl_Fv8C-7F4OF62ECLKvJlrkkfJnSIgbKsb4MM-UVTB4hywzX-rsPbgVbl2HLubn5kXzYn/s1600/Colt+express.jpg"><img src="/images/articles/2015/colt-express.jpg" alt=""></a></p>
<p>Un &ldquo;entracte&rdquo; dans les long jeux a été fait, le temps de digérer  le repas (qui s&rsquo;était fait longuement attendre d&rsquo;ailleurs), avec un &ldquo;Colt Express&rdquo;. Le contexte est posé: le train est en route en plein milieu du Far West, le shérif, dans la locomotive protège une mallette de 1000$, alors que des passagers transportent bijoux et sacs de billets de 250$ à 500$. Chaque joueur tire au hasard 6 cartes parmi ses 10 cartes actions. Le jeu se vit comme une histoire. A tour de rôle, les bandits (joueurs) posent une carte pour que leur personnage agisse (avancer, donner un coup de poing, tirer&hellip;) Puis, quand la manche (trajet entre 2 gares) est finie, on reprend l&rsquo;histoire avec les cartes et ont regarde ce qui s&rsquo;est vraiment passé en jouant toutes les actions. A chaque fois qu&rsquo;un joueur se fait tirer dessus, il &ldquo;gagne&rdquo; une carte &ldquo;balle&rdquo; (carte inutile et inutilisable) dans paquet de cartes action pour la manche suivante. A la fin, c&rsquo;est bien sur, le bandit le plus riche qui gagne! Mais attention, le Shérif et les passagers peuvent aussi leur mettre des bâtons dans les roues&hellip; Un bon moment à passer pour un jeu d&rsquo;une demi heure environ.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiTuQM3PcQawhsJJVi_NJaCg6qSCBtFxxWF57aG-GanZgB068TkzqHrx-VOrIMlvqAJZlHqwwomF0bETu9BdOEnN0wGKAdxaWMkqRA8ZQwzH30ta8oGDnMQ1TVthH_2SV0VVOoRHomGzHiP/s1600/river+dragons.jpg"><img src="/images/articles/2015/river-dragons.jpg" alt=""></a></p>
<p>L&rsquo;aventure a repris de plus belle avec &ldquo;River Dragons&rdquo;, un jeu que j&rsquo;ai adoré! Un mécanisme particulièrement simple: il faut jouer des cartes d&rsquo;action pour poser des rochers dans une rivière, les rejoindre par des ponts de taille différente et qu&rsquo;il faut poser en mesurant &ldquo;à vue d&rsquo;oeil&rdquo; (sinon plouf!), puis traverser la rivière. Ce qui complique l&rsquo;affaire, comme pour le précédent jeu, c&rsquo;est que la séquence de 5 cartes action est a déterminer au début du tour, et que les adversaires peuvent donc rendre impossible nos actions par les leurs&hellip; Et bien sur, si on tombe à l&rsquo;eau&hellip; On revient à sa zone de départ. Très simple, la partie dure 30 minutes à 1h30 en fonction du nombre de joueur et tu temps de réflexion des joueurs, mais c&rsquo;est accessible dès 8 ans et ça satisfera également les plus grands!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjbt-teB-hgpBSSEQz3LsLFYo3a_HdZ8t0x3Pg0iZ9jSEGecUHFA7qNbtgZ0a_8S8EUDXZRZS2m6YFyzLex0Af3HNmTLn5_Um8vtXvOS2M1pHIhlJXe0xXT3PJ31gAyTLTiy1i43KG3p2ZD/s1600/Mirmes.jpg"><img src="/images/articles/2015/mirmes.jpg" alt=""></a></p>
<p>Et je finirais en puissance avec le fantastique &ldquo;Myrmes&rdquo;! Mon jeu préféré de la soirée-jeu, et pas seulement parce que j&rsquo;ai gagné&hellip; Dans mon <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/08/des-jeux-encore-des-jeux.html">précédent billet</a>, je parlais de &ldquo;Terra Mystica&rdquo;, et là, le principe est le même avec un mécanisme un peu différent et une place de la stratégie encore plus importante. Cette fois ci, les actions des adversaires et leur conquête du terrain ont vraiment un impact sur les actions que l&rsquo;on fait, car la taille du plateau de jeu varie en fonction du nombre de joueur pour &ldquo;pousser&rdquo; au contact. D&rsquo;abord, l&rsquo;univers: on est des fourmis! On peut donc avoir des larves, des fourmis nourricières, des ouvrières et des combattantes. Chaque joueur a 1 plateau fourmilière devant lui et le plateau central représente &ldquo;le monde extérieur&rdquo;. On gère donc notre &ldquo;production&rdquo; de fourmis dans la fourmilière et on peut les faire sortir pour répandre leurs phéromones et collecter de la nourriture,  de la terre et de la pierre. Il y a 3 tours de jeux (printemps, été, automne) et une phase d&rsquo;hiver pour laquelle il faut avoir pensé a mettre en réserver de la nourriture, sinon on perds des points de victoire. La partie se déroule en 3 cycles (3 années pour ceux qui suivent), et à la fin, on comptabilise les points qui peuvent être gagné grâce au phéromones, à des missions ou en combattant des insectes qui se trouvent dans le monde extérieur. Je ne dirais pas que comprendre est simple, même si c&rsquo;est pas extrêmement complexe, la première partie nécessite de mettre en route les mécanismes de son cerveau et de réfléchir aux action à faire. Histoire de trouver un point négatif à ce jeu, comme tous les jeux de stratégie/civilisation, après un &ldquo;certain nombre&rdquo; de parties, il doit être possible de déterminer le &ldquo;meilleur départ possible&rdquo; et de s&rsquo;en tenir à des parties relativement standards. Et pour ceux qui comme moi, se demanderaient d&rsquo;où peut bien sortir le titre du jeu, il semblerai que les Myrmica soient un type de fourmis, d&rsquo;où Myrmes! (enfin, si vous avez d&rsquo;autres idées&hellip;.)</p>
<p>Bonne fin de vacances à tous, je vous retrouve bientôt pour le prochain #DragiWebdo ! Si vous avez des questions sur des jeux, ou des jeux géniaux à me suggérer, je suis bien évidemment preneur!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Des jeux, encore des jeux! (Clash of Cultures, Petits Meurtres et faits divers, Terra Mystica, Citadelle)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/08/des-jeux-encore-des-jeux-clash-of-cultures-petits-meurtres-et-faits-divers-terra/</link><pubDate>Wed, 19 Aug 2015 17:00:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/08/des-jeux-encore-des-jeux-clash-of-cultures-petits-meurtres-et-faits-divers-terra/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Les jeux de société, on a TOUS connu. On y a joué dans notre enfance et à la pré-adolescence, puis c&rsquo;est devenu ringard. Le Monopoly, le jeu de l&rsquo;oie, la bonne paye&hellip; Ouai, c&rsquo;était bien, mais on a grandi! Du coup, quand on propose à des amis de jouer à un jeu de société, ça tombe souvent à plat. Mais, c&rsquo;est en parti lié à un manque de culture sur les jeux de société! Ils ont changé!</p>
<p>Les mécanismes sont novateurs et très simple à prendre en main, les parties bien plus folles et amusantes, leur diversité fait qu&rsquo;on ne peut pas s’ennuyer!</p>
<p>Bref, c&rsquo;est l&rsquo;été, la pause dans le boulot et surtout, le temps de déballer les jeux de société que j&rsquo;ai accumulés et que je n&rsquo;avais que peu le temps de tester.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj6ly_vFO5Y1IadiDEb20Hyy5W6g4isoACfx2xwXzTUeWYOn6lfbf0oTkuS-KT24dXqnMaWo3Vd16IrgjaTXVL2DSG9oJa-Ic_hudBkRrg8pHBjC2DKQsV8Qdq0NQiqcGF1bP8j5jXccQfa/s1600/clash+of+culture+3.jpg"><img src="/images/articles/2015/clash-of-culture-3.jpg" alt=""></a></p>
<p>On va commencer par &ldquo;Clash of Cultures&rdquo;! C&rsquo;est un jeu de stratégie calqué sur le principe de &ldquo;Civilisation&rdquo; pour ceux qui connaissent et pour ceux qui ne connaîtraient pas, c&rsquo;est une sorte d&rsquo; &ldquo;Age of Empire&rdquo; en jeu de plateau. Le jeu consiste donc au tour par tour à développer sa civilisation en choisissant des technologies qui vont permettre de gagner en puissance grâce à des ressources qu&rsquo;on collecte sur la carte. Il y a plusieurs moyens de finir la partie, soit en annihilant vos adversaires (ce qui est quand même rare), soit en contrôlant un maximum de territoire avec des villes que vous bâtissez ou dont vous vous emparez. Le &ldquo;plus&rdquo; de ce jeu de civilisation c&rsquo;est l&rsquo;action d&rsquo;expansion culturelle qui permet de convertir une partie d&rsquo;une ville ennemie à sa culture (et ça vous rapporte des points du coup). Le seul point négatif, c&rsquo;est le nombre de joueurs qui est de 4 maximum. En bref, un excellent jeu de civilisation qui permet de nombreuses heures de plaisir avec de multiples stratégies possibles à chaque partie!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgU5It8xdKzx6cdtz6Tq8zBoYSZDA6kd_y3_mnJwiunmOsgxaF0m7zPZyl3ad53aGcElsaz7tPpm6RSLZ-3X31ly7ZjS6hik8J1vVJspNoZUZ2Y_GuvzfkvnvemrbXS0RKSYbNRrXIrQZj6/s1600/petits_meurtres-332x152.jpg"><img src="/images/articles/2015/petits-meurtres-332x152.jpg" alt=""></a></p>
<p>Dans la série des petits jeux entre amis, je ne peux que conseiller &ldquo;Petits Meurtres et faits divers&rdquo;. C&rsquo;est un jeu de narration/enquête dans lequel les joueurs doivent démasquer un coupable. Le principe est particulièrement simple: il y a 1 enquêteur et des suspects donc 1 coupable. Chaque suspect possède un carnet avec des mots à dire lors qu&rsquo;il est interrogé par l&rsquo;inspecteur, sauf que le coupable a des mots différents. S&rsquo;en suit de franches parties de rigolade où chaque suspect essaye de reprendre les mots de l&rsquo;autre pour brouiller les pistes de l&rsquo;inspecteur, même quelqu&rsquo;un n&rsquo;étant pas fan de jeu de ce type fini par en redemander! Un seul conseil: se laisser emporter par le jeu et ne pas se limiter au temps de 30 secondes par interrogatoire préconisé dans les règles.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgJ0IDi0xsvEgj-E9bXHVCKrvKuEZqXkxOmgmya69OoEZDAXbOLa_kd70BbROLspAjqgac1y42QkXRBVYGGbMjxVW0t5hBgyPxxpjCn_Lln2v1qPqaWQRds1Ox2zFzswQDOe4fJ_WgR__vv/s1600/terra+mystica.jpg"><img src="/images/articles/2015/terra-mystica.jpg" alt=""></a></p>
<p>J&rsquo;alterne avec un bon jeu de stratégie, pour ne pas dire un excellent jeu: &ldquo;Terra Mystica&rdquo;. Une fois passé l&rsquo;heure et demi nécessaire pour expliquer le jeu aux joueurs, c&rsquo;est particulièrement simple et fluide pour un jeu de stratégie. Le concept est d&rsquo;étendre l’influence de sa race (comme les sirènes, les alchimistes, les nomades, chacune ayant des bonus différents) sur divers territoires. Mais chaque race ne peut bâtir que sur un type de sol propice à ses bâtiments et il faut donc préparer le terrain avant de pouvoir construire.La gestion de l&rsquo;or, des ouvriers et du &ldquo;pouvoir&rdquo; de sa civilisation permet d&rsquo;arriver à créer de multiples stratégies selon les parties. Le petit point négatif est peut être le manque d’interaction entre les joueurs: on peut développer sa race dans son coin, même si les interactions sont favorisées par des bonus quand elles ont lieu. Un jeu à posséder pour tous les fans de jeu de société.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgi8wCgI_pwsOz2sUxc7QEzpZ60QsK66_H_fhpGYazWVm36maD36FfUUSQ29IkRIjwspKbtfHieJCj53w0_b2OWDYjXxUBp9v63AiyGYo761EI4VCmBhWZ5ct7XHSM9pYibfAHir8nul0Ws/s1600/citadelle_test_7_1.jpg"><img src="/images/articles/2015/citadelle-test-7-1.jpg" alt=""></a></p>
<p>Je vais finir avec un petit jeu entre amis: &ldquo;Citadelle&rdquo;. Simple, rapide et amusant. Chaque joueur incarne un personnage moyen-âgeux (un roi, un assassin, un architecte, un voleur, un magicien&hellip;) qui, l&rsquo;aide à se bâtir une citadelle, grâce a des capacités favorisant le joueur ou ralentissant les autres. Comme, avoir tout le temps le même personnage serait lassant, les &ldquo;rôle&rdquo; changent après chaque tour de jeu, chaque joueur pouvant &ldquo;espérer choisir&rdquo; celui qui l&rsquo;aidera le plus. L&rsquo;ordre de jeu change, la victoire dépend de la &ldquo;puissance&rdquo; des bâtiments construits, mais aussi  des bonus qui peuvent être octroyés, de quoi tenter de nouvelles stratégies si la précédente n&rsquo;a pas été suffisamment efficace!</p>
<p>Bonne semaine à tous, j&rsquo;ai encore &ldquo;Winter Tales&rdquo; (une jeu de narration tiré de comptes de fés), &ldquo;Metal Adventure&rdquo; (un jeu de stratégie où l&rsquo;on incarne un pirate de l&rsquo;espace - Albator quand tu nous tiens&hellip;) et Hadès, l&rsquo;extension de Cyclades dont <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/08/les-jeux-de-lete-cyclades-mascarade.html">j&rsquo;avais parlé l&rsquo;an dernier</a>) qui m&rsquo;attendent pour ce week end!</p>
<p>A bientôt et bonne fin de vacances!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Tout ce que je ne sais pas faire...</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/08/tout-ce-que-je-ne-sais-pas-faire/</link><pubDate>Sat, 08 Aug 2015 07:54:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/08/tout-ce-que-je-ne-sais-pas-faire/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Y&rsquo;a certaines phrases qui m&rsquo;ont marqué plus que d&rsquo;autres. Elles ont influé sur ma pratique de la médecine parce qu&rsquo;elles me bouleversent, qu&rsquo;elles transmettent un message qui fait réfléchir sur ma pratique et sur nous même&hellip;<br>
Ces patients, ces hommes, ces femmes, je les remercie de ce qu&rsquo;ils ont fait pour moi malgré ce que j&rsquo;ai pu leur faire, ou pas faire d&rsquo;ailleurs&hellip;</p>
<p>Aux urgences, cette vénérable patiente qui vient sur ces deux jambes
pour un tableau évoquant une embolie pulmonaire. Le scanner montre une
dissection aortique. Je vais lui expliquer qu&rsquo;on va la transférer en
SAMU.<br>
&ldquo;Est ce que je vais mourir docteur?&rdquo;<br>
Je n&rsquo;étais même pas docteur, je ne le savais pas, et je ne m&rsquo;était pas non plus préparer à lui annoncer&hellip;<br>
 <br>
En pédiatrie, cette adolescente qui venait pour des douleurs abdominales. Elle avait un cancer métastasé. Je n&rsquo;ai pas pu lui annoncer. Le traitement de la NEM a été lourd et plutôt efficace:<br>
&ldquo;L&rsquo;interne qu&rsquo;on a vu aux urgence, il n&rsquo;est plus là? J&rsquo;aurai aimé le remercier&rdquo;.<br>
Je ne savais pas, je n&rsquo;étais pas présent quand on lui a annoncé, ni quand on l&rsquo;a traité, ni quand elle a eu les effets secondaires. Mais il semble que pour elle, je l&rsquo;étais.</p>
<p>A l’hôpital, cette femme qui doit être hospitalisée pour
une anomalie pulmonaire avec une lyse costale. On ne lui a encore pas
expliqué que ce n&rsquo;était pas une infection, on ne lui a pas encore
expliqué qu&rsquo;elle allait être transférée en onco-pneumologie:<br>
&ldquo;Vous savez ce que c&rsquo;est? j&rsquo;espère tellement que ce n&rsquo;est pas un cancer&hellip;&rdquo;<br>
Je ne savais pas comment lui dire, c&rsquo;était ma première annonce, je n&rsquo;était pas assez préparé.</p>
<p>En ville, cette demoiselle qui avait un retard de règles de 7 jours et qui m’interroge  pour des saignements bizarres qui sont repartis aussi vite qu&rsquo;ils sont apparus. On a diagnostiqué une fausse couche. Elle voulait tellement un enfant:<br>
&ldquo;J&rsquo;aurai préféré ne pas savoir&hellip;&rdquo;<br>
Je le savais. C&rsquo;est une amie, elle a compris toute seule. J&rsquo;espère avoir été un peu mieux préparé que les fois d&rsquo;avant, mais ça, je ne le sais pas.</p>
<p>Comme disait <a href="http://www.dailymotion.com/video/x4e1r3_jean-gabin-maintenant-je-sais_music">Jean</a>: &ldquo;Je sais&hellip; Je sais qu&rsquo;on ne sait jamais&rdquo;</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°60: Vaccins (Ebola/Dengue), AVC et FA, Traitement de la douleur, Dépistage K pulm (étude quali)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/08/dragi-webdo-n60/</link><pubDate>Tue, 04 Aug 2015 10:19:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/08/dragi-webdo-n60/</guid><category>Santé publique</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Douleur</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! C&rsquo;est le mois d&rsquo;aout, ce qui veut dire que les Dragi Webdo vont faire leur pause estivale (qui va me permettre de reprendre des bonnes habitudes et d&rsquo;essayer de ne plus avoir 3 jours de retard&hellip;) C&rsquo;est parti!</p>
<p>1/ Santé publique</p>
<p>Commençons par les vaccins de l&rsquo;été. Le plus médiatisé est sans doute celui contre <a href="http://www.thelancet.com/pb/assets/raw/Lancet/pdfs/S0140673615611175.pdf">Ebola</a>: un vaccin à injecter en post exposition immédiate après un contact. Un gros progrès, avec 100% de vaccination efficace, mais sur un faible nombre de patients (une quarantaine au final), qui laisse une petite réserve sur l’utilisation à grande échelle.</p>
<p>Ensuite, un vaccin contre la <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1506223?query=featured_home#t=abstract">dengue</a> chez l&rsquo;enfant, a montré une réduction de 15% des hospitalisations pour dengue, mais l&rsquo;effet est surtout présent après l&rsquo;âge de 9 ans. Au final, sur les symptômes, l&rsquo;efficacité du vaccin varie entre 44% et 65% selon l&rsquo;âge, ce qui n&rsquo;est pas si mal.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Bien sur que les patients qui font un AVC ischémique sont mis sous anticoagulants quand la cause probable est une fibrillation atriale. <a href="http://www.bmj.com/content/351/bmj.h3786">Cette étude</a> &ldquo;en vie réelle&rdquo; a retrouvé que les patients traités par warfarine présentaient 13% de risque en moins d&rsquo;avoir un évènement cardio-vasculaire majeur, une diminution de  28% de la mortalité globale et passaient moins de temps hospitalisé dans les 2 ans suivant l&rsquo;AVC. C&rsquo;est donc bien utile de les traiter (on en doutait pas trop en même temps&hellip;).</p>
<p>3/ Douleur</p>
<p>La Cochrane s&rsquo;est particulièrement intéressée aux antalgiques cette semaine. D&rsquo;abord, l&rsquo;<a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD008242.pub3/abstract">amitriptyline</a> dans le traitement des douleurs neuropathiques. Et là, surprise, il n&rsquo;y a que 2 études sur les 15 étudiées qui retrouvent un effet supérieur au placebo, soit un très faible niveau de preuve d&rsquo;efficacité. Les auteurs concluent néanmoins, qu&rsquo;on peut continuer à l&rsquo;utiliser, mais que peu de personnes auront un effet probant.</p>
<p>Plus facile d&rsquo;accès, les <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD007402.pub3/abstract">AINS topiques</a>. Les gels de diclofenac, ibuprofen, ketoprofen, piroxicam, etindomethacin ont une efficacité démontré sur la diminution de la douleur des patients, avec un nombre de sujet à traité plus faible pour obtenir l&rsquo;effet avec le diclofenac. Les effets secondaires n&rsquo;étaient pas plus fréquents qu&rsquo;avec le placebo. Le principal biais de cette revue, c&rsquo;est l&rsquo;ensemble des données non disponibles sur les AINS d&rsquo;usage courant sans ordonnance : y&rsquo;a donc des milliers de patients potentiels à inclure pour avoir un très bon reflet de l&rsquo;efficacité en vie réelle!</p>
<p>4/Pneumologie</p>
<p>Pour finir, une <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2398402&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=213430299&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=15833527">étude qualitative</a>, étant donné qu&rsquo;on n&rsquo;en voit pas beaucoup et que ça ne manque pas d&rsquo;intérêt. Sans trop m&rsquo;attarder sur la méthodologie qui est plutôt (à mon niveau de quali) bien réalisée (même si on peut douter de l&rsquo;obtention d&rsquo;un échantillon raisonné à variation maximal en n&rsquo;interrogeant que des vétérans), l&rsquo;étude retrouve que la participation au dépistage du cancer du poumon incite les patients à réfléchir sur les dangers du tabac, à prendre en main leur santé, et parfois à arrêter de fumer. Mais d&rsquo;autres idées ont émergé des interrogatoires semi-directifs: le fait que les patients pensent que le dépistage est forcément bénéfique, que le dépistage protège du cancer, ou même que le fait que le dépistage soit négatif signifie qu&rsquo;ils n&rsquo;auront pas de cancer  et qu&rsquo;ils peuvent donc continuer de fumer.</p>
<p>C&rsquo;est là dessus que se fini la courte revue de la semaine, passez de bonnes vacances!</p>
<p>Prochain Dragi Webdo en septembre, à très bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°59: FA (reco US), stratégies antibio (reco réa), traitement VIH, dépistage CMV, rhinite non allergique, pompes à insuline</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/07/dragi-webdo-n59/</link><pubDate>Mon, 27 Jul 2015 07:43:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/07/dragi-webdo-n59/</guid><category>Infectiologie</category><category>Gynécologie</category><category>ORL</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Pour ceux qui ne seraient pas encore en train de bronzer sur une plage et qui s&rsquo;ennuieraient devant leur ordinateur, vous allez avoir une occupation passionnante: lire le dernier Dragi Webdo! Pour les vacanciers, si vous pouviez ramener un peu de soleil, cela me motiverai certainement à écrire ce billet&hellip;</p>
<p>1/ Cardio vasculaire</p>
<p>Commençons avec les dernières recommandations de l&rsquo;AHA/ACC (les sociétés américaines de cardiologie) sur le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2397821&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=209646307&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=15660152">fibrillation auriculaire</a>.D&rsquo;après le résumé auquel j&rsquo;ai accès, y&rsquo;a quand même pas grand chose  de très neuf de mis en avant. Cependant, ils recommandent dans la FA non valvulaire avec un <a href="http://www.mdcalc.com/cha2ds2-vasc-score-for-atrial-fibrillation-stroke-risk/">CHADS2VASC</a> supérieur ou égal à 2 l&rsquo;utilisation de Warfarine ou d&rsquo;un AOD anti-Xa. Donc exit le dabigatran qui est un anti-IIa? (Youpi, déjà 1 de moins!) En fait, ils en reparlent après en disant qu&rsquo;il faut diminuer les doses en cas d&rsquo;insuffisance rénale, donc c&rsquo;est pas très clair&hellip;. Petite différence néanmoins, la warfarine, c&rsquo;est de la recommandation grade A, alors que l&rsquo;AOD c&rsquo;est du grade B. Le reste c&rsquo;est du classique, CHADS2VASC = 0 ne nécessite pas de traitement et le CHADS2VASC = 1 nécessite soit une anticoagulation soit de l&rsquo;aspirine.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le vaccin contre le paludisme est approuvé par <a href="http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/news_and_events/news/2015/07/news_detail_002376.jsp&amp;mid=WC0b01ac058004d5c1">l&rsquo;EMA</a>! Son efficacité est modeste, d&rsquo;environ  55% chez des enfants de moins de 18 mois et diminue 1 an après la vaccination . Mais il protègerait aussi un peu contre l&rsquo;hépatite B. Compte tenu du faible nombre d&rsquo;effets indésirables dans les études (encore faut il qu&rsquo;ils soient aussi bien déclarés en Afrique qu&rsquo;en Europe), et de la mortalité liée au paludisme, on va voir si ce vaccin a un effet en vie réelle s&rsquo;il se développe.</p>
<p>Une étude vient appuyer les recommandations françaises actuelles dans la prise en charge du VIH. <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1506816#t=abstract">Débuter un traitement antirétroviral (ARV)  immédiatement</a> chez un patient avec des CD4 supérieurs à 500 est bénéfique par rapport à l&rsquo;ancienne pratique consistant à mettre en place les ARV sous le seuil des 350 CD4. Les évènements liés au SIDA étaient diminués de près de 60% et de 40% pour ceux non liés  au SIDA. Le problème de l&rsquo;étude est la durée de suivi de seulement 3 ans pour obtenir des résultats sur les effets des traitements à long terme et la mortalité globale (pour le moment la différence est non significative mais en faveur du traitement immédiat).</p>
<p>Pour les éventuels réanimateurs et infectiologues qui viendraient jeter un œil par ici, ils y a des nouvelles recommandations sur les stratégies d&rsquo;utilisation des antibiotiques en réanimation adulte et pédiatrique. Comme vous serez bien plus à même de les juger que moi, je vous met juste le chemin pour accéder à l&rsquo;article: <a href="http://www.sfar.org/_docs/articles/RFEantiobiotiques2015.pdf">ici</a>. (En gros, il faut économiser les pénèmes et les quinolones, ne pas bombarder en probabiliste et réévaluer rapidement les prescriptions en fonction des résultats d&rsquo;antibiogrammes).</p>
<p>3/ Gynécologie</p>
<p>Les américains ont décidément des moyens qu&rsquo;on a pas ici. Le JAMA me fait découvrir les indications du <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2396480&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=206237050&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=15447135">diagnostic prénatal non invasif de la trisomie 21</a> (DPNI):</p>
<ul>
<li>
<p>Les femmes dont le foetus est suspecté de trisomie 21 après les  test de routine des 1er ou 2eme trimestre</p>
</li>
<li>
<p>L’antécédent de foetus avec trisomie</p>
</li>
<li>
<p>Une anomalie échographique foetale pouvant être en rapport avec une aneuploïdie</p>
</li>
<li>
<p>Antécédent familial d&rsquo;anomalies chromosomiques</p>
</li>
<li>
<p>Mais aussi toute femme de plus de 35 ans&hellip;</p>
</li>
</ul>
<p>Pour resituer un peu en France, le test coute actuellement 650€ (chez Cerba et Biomnis par exemple), autant dire qu&rsquo;on en est pas encore à l&rsquo;accès pour toutes les patients.</p>
<p>Suite à <a href="http://www.lemonde.fr/sciences/article/2015/07/20/pour-le-depistage-prenatal-universel-du-cytomegalovirus_4691404_1650684.html">un article</a> paru dans Le Monde, le débat sur le dépistage du statut immunitaire vis à vis CMV en début de grossesse est remis sur le tapis. Les chef de service de Necker ont fait part d&rsquo;une volonté de généralisation du dépistage. Ça manque quand même d&rsquo;articles scientifique en référence pour appuyer cette volonté.</p>
<p>On a tendance a essayer la metformine un peu dans tout.
Après les démences et le syndrome des ovaires polykystiques, le
biguanide a été essayé chez la <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2815%2900219-3/fulltext">femme obèse enceinte</a>
pour voir si les grossesses avait une meilleure issue en terme de
fausses couches, de macrosomie et de mortalité néonatale. Conclusion:
inutile d&rsquo;exposer les patientes!</p>
<p>4/ ORL</p>
<p>La <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD010591.pub2/abstract">revue Cochrane</a> me fait découvrir la &ldquo;rhinite non allergique&rdquo; qui est en fait le diagnostic d&rsquo;exclusion des rhinites non allergiques et non infectieuses. L&rsquo;article retrouve qu&rsquo;un traitement par Capsaïcine  (extrait de piment rouge) diminue mieux les symptômes que le placebo, mais aussi que les corticoïdes nasaux, avec une persistance de la diminution pendant 36 semaines après la fin du traitement. Le piment c&rsquo;est vachement bien du coup! (personnellement, ça me fait couler le nez plus que ça ne le soulage&hellip;)</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Une <a href="http://www.bmj.com/content/351/bmj.h3672">méta analyse</a> de trois cohortes regroupant au total 150 000 personnes suivie pendant 20-30 ans a donné des résultats inattendus. Le risque de diabète est augmenté par les &ldquo;unhealthy lifestyle factors&rdquo; (obésité, tabac, sédentarité, alcool) et chaque facteur double le risque de diabète. (ça on aurai pu le prédire). Mais l&rsquo;étude retrouve aussi que le diabète est associé non pas a un poids de naissance macrosome (qui diminue le risque de 20%) mais aux naissances hypotrophes qui augmentent le risque de 55% (la référence étant les poids entre 3160g et 3820g)</p>
<p>Pour finir, du diabète de type 1. <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h3234">Une cohorte suédoise</a> a étudié l&rsquo;effet des pompes à insuline versus un schéma d&rsquo;insulines à plusieurs injection (basal-bolus). La pompe a diminué la mortalité totale de 25% après 6,8 ans de suivi en moyenne, et la mortalité coronarienne a baissé de 45! Pour ceux que ça intéresse, l&rsquo;HbA1C était identique dans les  2 groupes (7,9% sous pompe et 8% sous injection) au début de l&rsquo;étude, mais les résultats en fin d&rsquo;étude ne sont pas donnés (de toutes façon, l&rsquo;Hba1C&hellip; d&rsquo;autant plus que ce n&rsquo;était pas une cohorte incidente: les patients n&rsquo;ont pas été mis sous pompe à l&rsquo;inclusion et l&rsquo;ancienneté de la pompe n&rsquo;était pas toujours connue) . Il y avait également mois d&rsquo;hypoglycémies sous pompe. Donc tous sous pompe!</p>
<p>Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de juillet, bon courage à ceux qui entrent dans leur dernière semaine de travail avant de partir en aout!</p>
<p>A bientôt,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°58: Statines (cout-efficacité, prescription en prévention primaire), HTA après 80 ans, troubles du sommeil, coiffe des rotateurs</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/07/dragi-webdo-n58/</link><pubDate>Mon, 20 Jul 2015 23:04:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/07/dragi-webdo-n58/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous!</p>
<p>Comme d&rsquo;habitude, le soleil n&rsquo;aidant pas à lutter contre la procrastination, je me vois encore publier un lundi soir au lieu d&rsquo;un dimanche&hellip; Bref, je ne vous fais pas attendre plus longtemps, voici les actus!</p>
<p>1/ Pharmaco vigilance</p>
<p>Après tout ce qui s&rsquo;est passé il y a peu sur le vaccin anti HPV et l&rsquo;absence de lien avec les maladies auto inflammatoires, l&rsquo;<a href="http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Press_release/2015/07/WC500189481.pdf">EMA</a> demande quand même une clarification des effets indésirables de ces vaccins. Conclusions prochainement&hellip;</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Diverses études sur les statines sont sorties. La première est une <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2396476&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=208430205&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=15527091">étude cout-efficacité</a> des statines en prévention primaire selon le seuil de risque cardiovasculaire. Les recommandations américaines recommandent leur utilisation pour un risque d&rsquo;évènement supérieur à 7,5% ce qui donne un cout par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/QALY">QALY</a> de 37 000$, ce qui est relativement acceptable. Alors qu&rsquo;un seuil de 3% préviendrait 162 000 évènements supplémentaires pour un cout de 140 000$/QALY, les auteurs concluent qu&rsquo;un seuil intermédiaire 4% serait optimal avec un cout de 100 000$/QALY. Des considérations économiques à prendre en compte dans les politiques de santé publiques. En France, bien que les autorités commencent à utiliser ces analyses, c&rsquo;est pas encore très répandu&hellip;</p>
<p>La <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2396478&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=208430205&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=15527090">seconde</a> étudie les différences entres les recommandations ACC/AHA de 2013 qui faisaient oublier les &ldquo;objectifs de cholestérol&rdquo;, et les recommandations ATP III de 2001 qui les avaient mis en place. L&rsquo;étude retrouve que les recommandations de 2013 sont plus précises pour identifier les patients à risque avec comme critère de jugement le score calcique et la survenue d&rsquo;évènement cardio-vasculaires. Resterai à étudier clairement les 2 stratégies de traitement pour voir si la survie est identique avec et sans objectif de cholestérol, étant donné que les données actuelles vont plutôt en ce sens (mais ça a peut être déjà été fait&hellip;)</p>
<p>Mais tout cela ne nous dit pas si les médecins généralistes prescrivent ou pas les statines. <a href="http://www.biomedcentral.com/1471-2296/16/79">Family Practice</a> s&rsquo;est intéressé à la prescription de statines par les MG devant le &quot; cas d&rsquo;un patient avec un risque cardio-vasculaire défavorable&quot; avec des questionnaires. L&rsquo;étude retrouve que le désir du patient d&rsquo;être traité n&rsquo;était pas pris en compte par les médecins, désir exprimé par un gain de survie qui variait selon les  &ldquo;vignettes&rdquo; de 3 mois à 8 ans. La décision n&rsquo;était pas différente selon cette information. Le facteur prédominant de prescription était la conviction du médecin dans la survie liée au médicament. Ca aurait été plus intéressant avec un patient qui ne souhaite pas de statines peut être&hellip;</p>
<p>Le traitement de l&rsquo;HTA chez le sujet de plus de 80 est peu étudié. <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2396454&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=206237010&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=15447004">Cette étude</a> a surtout réanalysé les données de l&rsquo;étude HYVET car c&rsquo;est la seule étude contrôlée randomisée. Les auteurs disent qu&rsquo;un bénéfice sur la mortalité et les évènements cardio vasculaire est présent, mais le critère principal de l&rsquo;étude n&rsquo;étant pas atteint (les AVC avec p= 0,06), il aurait fallu une étude dédiée portant sur la mortalité. Je crains qu&rsquo;on doivent se contenter de ces résultats. D&rsquo;autres avantages avaient été retrouvés sur la cognition notamment. En gros, il faut surtout adapter le traitement de façon individuelle en fonction du bénéfice attendu et des effets secondaire possibles selon chaque patient&hellip;</p>
<p>3/Troubles du sommeil</p>
<p>Diverses études avaient mis en évidence l&rsquo;efficacité des thérapies cognitivo comportementales dans l&rsquo;insomnie isolée. Malheureusment, les patients qu&rsquo;on voit ont rarement &ldquo;juste&rdquo; une insomnie et ont généralement un certain nombre de comorbidités psychiatrique et somatiques. <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2363024&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=206618968&amp;utm_content=article_promotion%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=15447242">Cette méta analyse</a> a retrouvé un effet des TCC léger à modéré chez ces patients, avec un effet supérieur chez les patients avec comorbidités psychiatriques. Il est encourageant de voir des études qui portent sur des patients un peu plus &ldquo;proches&rdquo; de la pratique quotidienne que des patients sur sélectionnés des essais classiques.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Les pathologies de la coiffe des rotateurs&hellip; Cet item de l&rsquo;ECN qui fait frémir tous les étudiants parce que se rappeler de chaque test, du tendon auquel il correspond etc&hellip; c&rsquo;est un véritable enfer! <a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article/1097">Minerva</a> a évaluer l&rsquo;intérêt clinique des différents tests: AUCUN test ne permet d&rsquo;établir ou d&rsquo;exclure une pathologie de la coiffe. Les combinaisons de tests ne permettent pas non plus de conclure. Seuls les signes du rappel automatique en rotation interne (<em>le patient n’est pas capable de
maintenir la rotation interne (coude fléchi à 90° et main dans le dos</em>)) et le signe du rappel
automatique en rotation externe *(*<em><em>le patient n’est pas capable de
maintenir</em> la rotation externe (coude fléchi à 90°, épaule en abduction à 20° et
position de rotation externe croissante</em>)) permet respectivement d&rsquo;établir ou d&rsquo;exclure l&rsquo;hypothèse d&rsquo;une rupture de la coiffe.</p>
<p>C&rsquo;est déjà fini pour cette semaine. L&rsquo;été est propice à moins de publications et plus de repos.</p>
<p>Alors, profitez en également.</p>
<p>Bonne soirée et à bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°57: déprescription, EP/TVP, mammographie, BPCO, médecine des voyages, classification des bactéries</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/07/dragi-webdo-n57/</link><pubDate>Mon, 13 Jul 2015 22:35:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/07/dragi-webdo-n57/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! J&rsquo;espère que vous avez pu profiter de ce week-end plus ou moins prolongé de juillet. Comme d&rsquo;habitude, je suis à la bourre sur ma chronique, mais j&rsquo;espère que vous m&rsquo;en voudrez pas trop. C&rsquo;est parti pour les actus!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance</p>
<p>Une équipe canadienne a publié une étude dans <a href="http://www.plosone.org/article/fetchObject.action?uri=info:doi/10.1371/journal.pone.0122246&amp;representation=PDF">Plos One</a> concernant les médicaments à déprescrire en priorité chez le sujet âgé. Le groupe ayant sélectionné les médicaments était constitué de 34 pharmaciens, 7 généralistes, 5 gériatres et 7 infirmiers/ères. Les médicaments sélectionnés différaient selon les professions, mais une liste de 13 médicaments a été élaborée:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh7psPlDYyZmFYSkQiRtH2k51zqUMX2Hj3t5wbNJw3qgVl-y5zit9Rar6G_zyonB4GPuNnCIpVttmEmFFowQSrdQhWWzUl-2SnACDtt7lJb9WaxfMDIPZitKbv0ldr59f6S0Q_A31Cldaf5/s1600/medoc+deprecrire.png"><img src="/images/articles/2015/medoc-deprecrire.png" alt=""></a></p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Pour commencer, la <a href="http://www.fda.gov/NewsEvents/Newsroom/PressAnnouncements/ucm453845.htm">FDA</a> (agence du médicament américaine) a déjà approuvé l&rsquo;association sacubitril/valsartan dans l&rsquo;insuffisance cardiaque, moins d&rsquo;un an après la publication de l&rsquo;étude <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/09/dragi-webdo-n14-congres-esc.html">Paradigm-HF</a>. Il serait quand même bien d&rsquo;avoir d&rsquo;autres preuves d&rsquo;efficacité, que cette étude financée par Big Pharma, alors que d&rsquo;autres études étaient précédemment contradictoires.</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h1551">BMJ</a> a publié une étude concernant l&rsquo;arrêt du tabac. Et ben, on l&rsquo;a déjà dit, mais à tout âge, l&rsquo;arrêt est bénéfique: même chez le sujet âgé, il permet de diminuer le risque d&rsquo;évènement cardio-vasculaire .Cependant, contrairement à ce qui se dit habituellement, ce n&rsquo;est qu&rsquo;à près 20 ans d’arrêt du tabac que la mortalié cardio-vasculaire des anciens fumeurs rejoint celle de ceux n&rsquo;ayant jamais fumé, et même les AVC et IDM non fatals restent supérieurs chez les anciens fumeurs.</p>
<p>Le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2382981">JAMA</a> a discuté de la durée d&rsquo;anticoagulation après un épisode d&rsquo;embolie pulmonaire dans cause retrouvée. L&rsquo;étude a randomisé 371 patients, soit pour 6 mois de traitement, soit pour 24 mois de traitement au total. L&rsquo;étude retrouve une diminution de près de 80% des récidives dans le groupe avec traitement prolongé, sans différence significative sur les saignements majeurs. Mais avec seulement 4 patients avec saignement dans le groupe traitement prolongé versus 1 seul dans le groupe de traitement conventionnel, il est difficile de conclure. Cette belle étude française nous laisse donc un peu sur notre faim, en attendant des études avec plus de puissance.</p>
<p>Pour rester dans le thème, le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1506623#t=abstract">NEJM</a> s&rsquo;est posé la question d&rsquo;un screening minimal (bilan standard, RXT, mammographie, frottis cervico-utérin et recherche de cancer de la prostate) à la recherche de cancer dans les thromboses veineuses idiopathiques versus le screening minimal associé à un scanner. L&rsquo;objectif était de chercher une différence de détection de cancer par ces méthodes par rapport au nombre de cancer détectés à 1 an de l&rsquo;évènement. 4,5% des patients avaient un cancer dans le groupe avec scanner versus  3,9%, sans différence significative. Pas de différence de mortalité. La question qui me titille, c&rsquo;est surtout, quel bilan &ldquo;minimal&rdquo; en plus du bilan de thrombophilie est vraiment utile selon l&rsquo;âge du patient en cas de MTEV idiopathique&hellip; je n&rsquo;ai rien trouvé de clair dans les recos&hellip;</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Transition parfaite pour l&rsquo;étude du <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2363025">JAMA Internal Medicine</a> portant sur les mammographies de dépistage. L&rsquo;étude, portant sur environ 50 000 patients américaines de plus de 40 ans suivies 10 ans, a retrouvé une augmentation significative de 16% des diagnostics de cancers, mais pas de différence de mortalité lorsqu&rsquo;on augmente le dépistage de  10%.. Il y avait une augmentation des dépistages des cancers de moins de 2cm, sans diminution des cancers de plus de 2cm. On va encore entendre parler de sur-diagnostic pendant longtemps!</p>
<p>4/ Pneumologie</p>
<p>La BPCO est un fléau qui progresse à bas bruit. <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1411532">Une étude</a> a retrouvé qu&rsquo;un débit expiratoire de pointe (DEP) inférieur à 80% avant 40 ans était un facteur associé à la survenue d&rsquo;un BPCO après 20 ans de suivi. Cependant, cette baisse n&rsquo;était pas systématiquement associée à la survenue d&rsquo;une BPCO.</p>
<p>5/ Divers</p>
<p>Une étude s&rsquo;est intéressé à la <a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0398762015003375?np=y">place du médecin généraliste dans l&rsquo;information avant un voyage</a> vers un pays en développement. Elle permet de déterminer par exemple des caractéristiques de patients qui ne consultent pas avant un voyage, peut être pour essayer de les repérer et de les informer au détour d&rsquo;une consultation pour un autre motif?</p>
<p>Un certain nombre d&rsquo;articles grand public titrait &ldquo;Les geeks sont des dieux du sexe&rdquo;. Alors, forcément ça a attiré mon attention: quelle méthodologie ont ils utilisé??? L&rsquo;<a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0191886915003992">article</a> en question ne dit pas exactement ça. En fait, il retrouve que les personnes jouant à des jeux vidéos violents ont une libido augmentée. J&rsquo;étais sur que l&rsquo;investigateur n&rsquo;avait pas testé lui même&hellip;</p>
<p>C&rsquo;est presque tout pour cette semaine, je conclurai sur une image permettant (peut-être) de mieux retenir les principales bactéries selon qu&rsquo;elles soient cocci, bacilles, gram + , gram -  etc&hellip; ainsi que les infections qu&rsquo;elles causent.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj3imfNuv8YoTcw-cRIA6UrGeGIJiWawtcyqLe_bPlNIBY4QXMY4NKPKcBpltioJpxp8o4faRlnLv9LzqSH4timPvmVUbM2eviPRuoaHgbGTa5ER8DrRfBg3prpWI9tZoPjg4ZaT0ts4_GY/s1600/bacteria+gram.jpg"><img src="/images/articles/2015/bacteria-gram.jpg" alt=""></a></p>
<p>A bientôt,<br>
@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°56: AINS/contraception, interventions sous coumadine, benzo/Echelle ECAB, dépistage clinique des cancers (NICE), HbA1C ou glycémie à jeun?</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/07/dragi-webdo-n56/</link><pubDate>Mon, 06 Jul 2015 00:05:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/07/dragi-webdo-n56/</guid><category>Santé publique</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Oncologie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous! Comme vous, lecteurs assidus, l&rsquo;avez remarqué, il n&rsquo;y a pas du de Dragi Webdo la semaine dernière. Étant en période de déménagement, j&rsquo;étais dans la période de transition durant laquelle internet est coupé sur l&rsquo;ancien domicile et pas encore en service sur le nouveau. Mais qu&rsquo;importe, j&rsquo;ai quand même quelques articles à vous rapporter, même si ma veille bibliographique s&rsquo;en est trouvée bien raccourcie. Et comme je l&rsquo;ai dit à ceux qui m&rsquo;ont posé la question: je n&rsquo;arrête pas cette chronique!!</p>
<p>1/  Santé publique</p>
<p>Dans sa croisade contre l&rsquo;utilisation des benzodiazépines de façon prolongée, la HAS a publié un <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2038262/fr/arret-des-benzodiazepines-et-medicaments-apparentes-demarche-du-medecin-traitant-en-ambulatoire">document</a> d&rsquo;aide à l&rsquo;arrêt pour les médecins généralistes. Outre les banalités habituelles, le document comporte notamment l&rsquo;échelle ECAB qui permet d&rsquo;évaluer la dépendance du patient pour les benzo, et ça, c&rsquo;est certainement l&rsquo;élément le plus déterminant de la prise en charge!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgkboB7_R6GDd10VbEQDX4z3ejmxdE68xzX1A2QUXDGTrjDcExYzvHCF7uxejQwhAGZD_n0BuenNnw18-h-4OtJq6ujKqhbnzRBpWyyafBFLOIJqfYeztE9d_B-ZaUoY-VBZed-3svmNP2E/s1600/ECAB.png"><img src="/images/articles/2015/ecab.png" alt=""></a></p>
<p>L&rsquo;académie de médecine a pris position sur l&rsquo;utilisation des AINS chez le sujet âgé. Bon, comme si c&rsquo;était nouveau que les &ldquo;AINS c&rsquo;est le mal&rdquo; (mais parfois, rarement, il faut bien combattre la mal par le mal&hellip;). <a href="http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2015/06/15.6.23-BOUNHOURE-communiqu%C3%A9-v-15.6.24.pdf">L&rsquo;académie déclare</a> donc qu&rsquo;il faut les utiliser prudemment, qu&rsquo;ils sont déconseillés en cas d&rsquo;insuffisance rénale, cardiaque ou de coprescription de bloquer du système rénine angiotensine et diurétiques. Enfin, la surveillance doit se porter de façon incontournable sur les effets cardio-vasclaire, rénaux et digestifs, avec parfois un bilan évaluant l&rsquo;hémoglobine, le bilan hydroélectrolytique et la fonction rénale.</p>
<p>Dans notre monde idéal, nous pourrions appliquer le calendrier vaccinal. Mais dans notre monde réel, voilà plus de 6 mois que les ruptures de stock vont bon train, et sont prévues pour durer jusqu&rsquo;à fin 2015. <a href="http://www.ars.iledefrance.sante.fr/BCG-coqueluche-penurie-de-v.182537.0.html">L&rsquo;ARS d&rsquo;Ile de France</a> (les autres, je ne sais pas) a mis en place une liste des centres de PMI où les jeunes patients peuvent aller recevoir leur BCG</p>
<p>Un <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2815%2960310-5/abstract">équipe chinoise</a> travaille sur la vaccination contre Helicobacter Pylori (HP). Ils retrouvent une efficacité de 71% du vaccin sur l&rsquo;incidence des infections à HP. Cependant, les implications sont encore à évaluer car, l&rsquo;infection par HP se produit dans la petite enfance principalement, qu&rsquo;en pratique, il sera probablement difficile de rechercher l&rsquo;HP chez tous les enfants avant de les vacciner, que certaines populations peuvent être infectées à 80-90%, et que toute infection par HP n&rsquo;est symptomatique et peut ne jamais le devenir comme le rappelle la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2010-08/argumentaire_-_depistage_de_linfection_a_helicobacter_pylori.pdf">HAS</a>. Vacciner, c&rsquo;est bien. Ne pas savoir si c&rsquo;est utile de vacciner, c&rsquo;est mal. Avoir un effet secondaire grave alors qu&rsquo;il n&rsquo;était pas utile de vacciner, c&rsquo;est pire. (dans le même genre pour les rôlistes et les non initiés, allez voir par <a href="http://www.saladdin.net/cestbien.htm">ici</a>!</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>C&rsquo;est le sujet qui passionne les cardiologues visiblement. La fibrillation auriculaire, l&rsquo;anticoagulation et les interventions invasives nécessitant classiquement un relais des AVK par HBPM. <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1501035?af=R&amp;rss=currentIssue">Cette étude</a> a retrouvé que poursuivre la coumadine sans faire de relais par HBPM n&rsquo;était pas inférieur au relais concernant la survenue d&rsquo;évènement thrombo-embolique, avec significativement moins d&rsquo;évènement hémorragique majeur! Donc, plus la peine de s’embêter a faire des relais pour les patients sous coumadine (encore faut il que le médecin qui effectue l&rsquo;intervention connaisse cet article&hellip;)</p>
<p>3/ Oncologie</p>
<p>Le NICE pense que le dépistage précoce des cancers par les médecins généraliste devrait diviser par deux la mortalité. Ainsi, vous pourrez trouver <a href="http://www.nice.org.uk/guidance/NG12/chapter/1-Recommendations-organised-by-site-of-cancer">ici</a> les différentes symptômes devant faire évoquer/rechercher un cancer. Le classement selon le type de cancer est peu pratique, contrairement au classement par symptôme et condition du patient, mais la recherche est tout de même fastidieuse.</p>
<p>4/ Gynécologie</p>
<p>Parlons des AINS. Le Congrès de L&rsquo;European League against Rheumatism a parlé d&rsquo;un <a href="http://iosrjournals.org/iosr-jpbs/papers/Vol9-issue4/Version-4/G09444349.pdf">article</a> de 2014: les AINS ont un effet contraceptif en inhibant l&rsquo;ovulation. Les hypothèses d&rsquo;implications en terme de contraception vont y aller bon train!</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Récemment, la revue Prescrire plaidait en faveur de l&rsquo;utilisation de l&rsquo;HbA1C dans le diagnostic du diabète. <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2815%2900129-1/abstract">Une nouvelle analyse</a> vient confirmer cette utilisation. En effet, elle retrouve que la sensibilité et la spécificité du diagnostic de diabète par l&rsquo;HbA1C &gt; 6,5% sont respectivement de 52,8% et 99,7% par rapport au diagnostic fait avec 2 glycémies à jeun supérieur à 1,26g/L. Cependant, la faible sensibilité fait qu&rsquo;on ne peut se fier qu&rsquo;à l&rsquo;HbA1C pour poser le diagnostic. D&rsquo;autre part, la revue Prescrire montrait que les populations diagnostiquées par les 2 méthodes n&rsquo;étaient pas exactement les mêmes. Il semble que les 2 méthodes soient complémentaires pour diagnostiquer un diabète.</p>
<p>Voilà pour cette semaine. Bientôt les résultats des ECN, alors 2 choses à dire: 1/ bravo à tous! 2/ Ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;on est mal classé qu&rsquo;on deviendra un mauvais médecin. En effet, <a href="http://archotol.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1351924">une étude</a> chez les résidents en ORL ne retrouvait pas de corrélation entre les capacités de clinicien et les résultats des examens théoriques de l&rsquo;étudiant. Seul point positif: les sports collectifs aident a avoir un bon esprit d&rsquo;équipe dans le milieu professionnel!</p>
<p>A bientôt!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°55: infections urinaires associé aux soins (reco), multimorbidité en MG, vaccin HPV, anévrisme aortique, néphropathie, olmesartan, metformine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/06/dragi-webdo-n55/</link><pubDate>Sun, 21 Jun 2015 20:10:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/06/dragi-webdo-n55/</guid><category>Médecine générale</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Il y a eu de nombreux articles à lire, mais j&rsquo;ai réussi à ne pas être en retard cette semaine! J&rsquo;en ai sélectionnés quelques uns qui me paraissaient intéressant, comme d&rsquo;habitude. Malheureusement, il y en a beaucoup trop pour que ma chronique soit exhaustive (Et de toutes façon ça me prendrait trop de temps!)</p>
<p>Bonne lecture!</p>
<p>1/ Médecine générale</p>
<p>La multimordibité est un sujet vaste et passionnant concernant de nombreux patients en médecine générale. Une étude <a href="http://www.biomedcentral.com/1471-2296/16/68">allemande</a> a étudié les désaccords entre les patients atteints de polypathologie et leur médecin généraliste. Les manques de communication entre les intervenants de la coordination de soin, la gestion des pathologies par le médecin généraliste, la communication entre le médecin et le patient et les différences de compréhension entre le médecin et le patient sur les maladies. Ainsi, on s’aperçoit que la prise en charge des patients multimorbides en médecine générale nécessite une communication importante entre les intervenants et le patient.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Commençons par une nouvelle bien venue: le <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/evamed/CT-13911_ALTEIS_PIC_REEV_Avis3_CT13911&amp;13667.pdf">déremboursement de l&rsquo;Olmesartan</a> (Alteis etc..). Son Service Médical Rendu a été réévalué en &ldquo;insuffisant&rdquo;, son utilisation pouvant engager le pronostic vital. Bref, une bonne  nouvelle étant donné que l&rsquo;utilisation d&rsquo;un IEC est mieux et qu&rsquo;en cas  d’intolérance, le valsartan est un meilleur choix comme j&rsquo;en avais déjà parlé <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/12/la-cardio-jy-comprends-rien.html">ici</a>.</p>
<p>Les américains recommande un <a href="http://www.uspreventiveservicestaskforce.org/Page/Topic/recommendation-summary/abdominal-aortic-aneurysm-screening">dépistage de l&rsquo;anévrisme de l&rsquo;aorte abdominale</a> à partir de  65ans chez l&rsquo;homme. Un modèle a été recherché pour prédire le risque d&rsquo;anévrisme de l&rsquo;aorte dans <a href="http://circ.ahajournals.org/content/early/2015/06/17/CIRCULATIONAHA.115.016537.short?rss=1">cette étude</a>. J&rsquo;aime bien les modèles prédictifs et ce genre de chose, mais en l’occurrence, cette étude dosait chez les patients TOUT ce qu&rsquo;il était possible de doser ayant plus ou moins un lien avec le coeur: leucocytes, fibrinogène CRP, troponine, NT pro-BNP, et D-dimères. Ils ont retrouvé que la présence d&rsquo;une élévation de ces marqueurs augmente le risque d&rsquo;anévrisme par rapport à ceux en ayant aucun. C&rsquo;est probablement plus intelligent de se cantonner aux recommandations que de doser tout ça pour trouver un certain nombre de marqueurs positifs dont on ne saura absolument quoi faire chez un patient asymptomatique. Quoi qu&rsquo;une élévation de la troponine , on pourra toujours envoyer le patient aux urgences&hellip; (&ldquo;Et pourquoi votre médecin a fait le dosage? - Pour regarder mon ventre docteur!&rdquo;)</p>
<p>Cet <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2814%2970194-9/fulltext?utm_source=Twitter&amp;utm_medium=Email&amp;utm_campaign=Renal2015">article</a>  étudie l&rsquo;amélioration de l&rsquo;albuminurie chez les patients hypertendus non diabétiques traitées par bloqueurs du système rénine angiotensine. L&rsquo;utilisation de l&rsquo;Eplérénone en plus permet une amélioration du ration albuminurie/créatininurie sans majoration de hyperkaliémies sévères. La comparaison au placebo n&rsquo;est pas justifiée car l&rsquo;ajout d&rsquo;un diurétique thiazidique a déjà démontré une efficacité supérieure au placebo. L&rsquo;Eplerenone n&rsquo;est clairement pas le premier diurétique que j&rsquo;aurai envie d&rsquo;utiliser dans l&rsquo;hypertension avec néphropathie.</p>
<p>Enfin, la stat-ala-khon de la semaine concerne le <a href="http://heart.bmj.com/content/early/2015/05/20/heartjnl-2014-307050">chocolat</a>, encore une fois! Cette fois il ne fait pas perdre du poids, il diminue le risque d&rsquo;évènement cardio-vasculaire!!! Les études portant sur les habitudes alimentaires avec des critères de jugement comme ça, les facteurs de confusion sont multiples, le recueil de la consommation de chocolat particulièrement difficile: le recueil a été fait par questionnaire entre 1993 et 1997 pour une date  de point en 2008. La consommation a probablement variée durant ces 10 ans&hellip;</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Pour commencer cette partie, parlons des infections urinaires associées aux soins ( IUAS). C&rsquo;est pas de la médecine générale, mais ça pourra servir aux médecins hospitaliers qui me lisent. Ces <a href="http://www.infectiologie.com/site/medias/Recos/2015-RPC-infections_urinaires_associees_aux_soins.pdf">recommandations de la spilf</a> statuent sur le fait qu&rsquo;une IUAS doit être évoquée chez les patients uniquement en cas de symptômes, qu&rsquo;en absence de sonde urinaire, les critères sont ceux des infections urinaires habituelles, et qu&rsquo;en présence de sonde urinaire, il ne faut pas tenir compte de la leucocyturie mais uniquement d&rsquo;une bactériurie supérieure à 100 000 ufc/ml. La notion d&rsquo;IUAS peut être retenue si l&rsquo;infection survient dans les 48 heures suivant une chirurgie urinaire ou dans les 7 jours suivant le retrait d&rsquo;un dispositif de drainage urinaire. La suite du document permet de savoir qui traiter précisément, notamment en prévention, et avec quels antibiotiques.</p>
<p>Ensuite, je suis tombé sur les recommandations vaccinales de &ldquo;cocooning&rdquo; prévention de la coqueluche chez le nourrisson aux Etats Unis. Et bien c&rsquo;est comme chez nous, sauf qu&rsquo;ils proposent une vaccination au <a href="http://www.cdc.gov/vaccines/vpd-vac/pertussis/fs-parents.html">3ème trimestre de grossesse</a> pour être sur que ce soit fait!</p>
<p>Enfin, la vaccination contre le cancer du col de l&rsquo;utérus fait encore parler d&rsquo;elle. Alors que les vaccins bi et quadrivalents ont montré leur efficacité en 2 injections, <a href="http://www.thelancet.com/journals/lanonc/article/PIIS1470-2045%2815%2900047-9/fulltext">le vaccin bivalent</a> serait aussi efficace en une seule injection, les multiples injections assurant une meilleure protection croisée contre les souches virales non présentes dans le vaccin. Dans cette étude, le suivi est court: 4 ans et le place des labo importante, de quoi relativiser fortement les résultats (même si c&rsquo;est pas dans leur intérêt de ne vendre qu&rsquo;un vaccin au lieu de 3, peut être vendront il plus de 1 vaccin qu&rsquo;ils ne vendent actuellement compte tenu des réticences des patients aux multiples injections). Dans les truc pas trop logiques, plus on a de dose, plus l&rsquo;efficacité du vaccin est faible (85% pour 1 dose, 76% pour 2 doses et 77% pour 3 doses. On regrette quand même qu&rsquo;aucune comparaison entre les groupes ne soit faite (à moins que ça ait été fait et le résultat n&rsquo;étant pas celui attendu, ça n&rsquo;apparaisse finalement pas&hellip;)</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Je commence par une petite piqure de rappelle sur la metformine et l&rsquo;insuffisance rénale. <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2815%2900123-0/abstract">L&rsquo;article</a> enfonce un peu des portes ouvertes: la metformine quand la créatinine est supérieure à 530µmol/L, ça multiplie par 1,35 le risque de mortalité en moyenne et ce, de façon proportionnelle à la dose de metformine. Étonnamment, ce n&rsquo;était pas lié à des acidoses métaboliques qui n&rsquo;étaient pas différentes dans les 2 groupes. Il y a donc un risque propre à la metformine en cas d&rsquo;insuffisance rénale, sans que l&rsquo;acidose lactique ne soit la pathologie à redouter. Au passage, 530µmol/L de créat&rsquo;, ça fait quand même moins de 15ml/min d&rsquo;estimation du DFG&hellip; alors on est pas dans la comparaison entre utilisation ou pas de metformine chez un patients diabétique avec une fonction rénale entre 30 et 45mL/min, ce qui serait plus intéressant en pratique quotidienne.</p>
<p>Pour finir, un progrès: pancréas artificiel avec insuline + glucagon versus pancréas artificiel avec insuline versus pompe à insuline, chez les diabétiques de type 1 en essai contrôle randomisé. Ca vends du rêve, mais avec 6 schémas différents à randomiser en  6 groupes, les 33 patients inclus et le suivi de  3 nuits consécutives seulement, rendent cette étude de très faible niveau de preuve. Bref, les comparaisons multiples ont été prises en compte et l&rsquo;analyse de l&rsquo;étude portant sur la tolérance nocturne. L&rsquo;utilisation du pancréas avec double hormones a permis d&rsquo;éviter les hypoglycémies (glycémie inférieure à 4mmol/L) significativement par rapport aux autres groupes (avec moins d’hypoglycémies clinique également; même si faire des statistiques avec 0 patients ayant eu l&rsquo;évènement dans un groupe, on aime vraiment pas..) Tout ça pour dire que le pancréas avec insuline et glucagon doit être étudié dans des études de plus grandes échelle pour essayer de prouver que c&rsquo;est un traitement efficace du diabète de type 1.</p>
<p>Je vous remercie de m&rsquo;avoir lu, et à la semaine prochaine!!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>L'alcool, ça me saoule!</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/06/l-alcool-ca-me-saoule/</link><pubDate>Fri, 19 Jun 2015 13:25:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/06/l-alcool-ca-me-saoule/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Voilà un bon moment que je n&rsquo;avais rien écrit de médical sur un thème précis. C&rsquo;est dans cette période d’assouplissement aberrant de la loi <a href="http://jeanyvesnau.com/2015/06/17/alcoolisme-et-cynisme-le-gouvernement-naurait-pas-respecte-lengagement-du-president/">Evin</a> concernant les publicités pour l’alcool et les produits du terroir, que j&rsquo;ai trouvé l&rsquo;inspiration. J’ai eu vu ces derniers joursun certains nombre de patients dépendant à l’alcool. Etant relativement mauvais dans la prise en charge des addictions, je me suis renseigné sur le sujet.</p>
<p>La dépendance alcoolique est un véritable problème de santé publique en France. En effet, l&rsquo;alcool est responsable de près de 50 000 décès par an et est considéré comme la 2ème cause de mortalité évitable après le tabac (1). La prise en charge de la dépendance alcoolique est difficile, et implique une relation de confiance particulière avec le patient. Pour aider les médecins généralistes, une brochure a été éditée par l&rsquo;InVS pour repérer les patients à risque et faire des interventions brèves (2).</p>
<p>1/ Outils d&rsquo;évaluation de la consommation alcoolique</p>
<p>L&rsquo;OMS définie la consommation alcoolique à risque comme étant une consommation quotidienne  de plus de 40g pour les femmes et  60g pour les hommes ou de plus de 60g en une fois. Il est donc indispensable de faire figurer cette information dans le dossier médical de tous les patients pour repérer les patients à risque pour intervenir.</p>
<p>Des questionnaires ont été évalués par l&rsquo;OMS, pour permettre le dépistage des troubles alcooliques. En premier lieu, et pour tout patient, il faut utiliser un questionnaire de fréquence simple permettant d&rsquo;évaluer la consommation hebdomadaire en alcool:</p>
<p>&ldquo;A quelle fréquence consommes vous des boissons alcoolisées en comptant le vin?&rdquo;</p>
<p>&ldquo;Combien de verres buvez-vous au cours d&rsquo;une journée ordinaire où vous buvez de l&rsquo;alcool?&rdquo;</p>
<p>Si les réponses à ces 2 questions montent une consommation excessive, il faut poursuivre avec une troisième question complétant le questionnaire validé par l&rsquo;OMS: Audit-C.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjLN3SUShP544xQchJzua9Qg8GypWxcC4MgZOMt4tIXYmNVTMm2sOO0gn-jLEgAwPe5I8Y-oL3xwwETpejsNa4XwO-Ubbxot29qkXpJFF1dd09g8VDEIkrCk-sBBOVxei6uT4Sj0LwnB1Cx/s1600/audit-C.png"><img src="/images/articles/2015/audit-c.png" alt=""></a></p>
<p>Les hommes qui obtiennent au moins 5 ou dont la consommation d’alcool est de plus de 280g par semaine, ainsi que les femmes qui obtiennent au moins 4 ou dont la consommation d’alcool est de 140 g ou plus par semaine doivent bénéficier d&rsquo;une intervention brève et le questionnaire Audit doit être effectué dans son intégralité, soit 10 questions.(3)</p>
<p>Le questionnaire &ldquo;FACE&rdquo; peut également évaluer le risque de dépendance alcoolique. Il est un peu plus long que &ldquo;Audit-C&rdquo; mais peut fournir une précision en plus différenciant le stade de consommation excessive et celui d&rsquo;alcoolo-dépendance.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEie9DisZChDj5f7zPHCE-0H7SLwFeksnvkeSdFjyll0F60rSFLaqiFPQfONpijdbPjmL3F8QCOSbjmiLraqvovtL4I6rOoK6PR7Lp3WyJ7NwAcAiPGNlPOD_dZNUH_tjpOpDIiglUQhyjK2/s1600/face-OH.bmp"><img src="/images/articles/2015/face-oh.bmp" alt=""></a></p>
<p>L&rsquo;évaluation de la consommation alcoolique peut passer par certains examens biologiques. Le VGM et les GGT sont un reflet d&rsquo;une consommation alcoolique importante, mais ils ne sont absolument pas spécifiques. Ils ne peuvent donc pas utilisés comme test de dépistage, cependant, ces examens étant souvent prescrits en routine, une anomalie doit faire évoquer une consommation excessive d&rsquo;alcool. La CDT (transferrine désialylée)            est également peu sensible, mais très spécifique. Elle permet de détecter une consommation d&rsquo;alcool de plus de  80g, et a une demi-vie d’environ 15 jours. C&rsquo;est une mesure qui peut permettre le suivi d&rsquo;un patient.</p>
<p>2/ Déterminants de la prise en charge ambulatoire</p>
<p>Le sevrage peut s&rsquo;effectuer en ambulatoire si les conditions le permettent. Ce type de prise en charge a un taux de succès identique à celui obtenu en hospitalisation à un coût inférieur (4). Environ 90% des patients peuvent bénéficier d&rsquo;un sevrage ambulatoire (4), ce doit être le type de prise en charge de 1ère intention.</p>
<p>Les contre indications au sevrage ambulatoire sont:</p>
<ul>
<li>
<p>un échec de sevrage ambulatoire,</p>
</li>
<li>
<p>une co-addiction (sauf tabac),</p>
</li>
<li>
<p>un antécédent de crise convulsive ou de delirium tremens,</p>
</li>
<li>
<p>une co-morbidité pouvant décompenser au moment du sevrage,</p>
</li>
<li>
<p>un trouble psychiatrique associé, une désocialisation,</p>
</li>
<li>
<p>une grossesse en cours,</p>
</li>
<li>
<p>un refus de la patiente.(5)</p>
</li>
</ul>
<p>3/ Interventiosn brèves et entretien motivationnel</p>
<p>Des interventions brèves sont parfois proposées aux patients dépistés. Leur objectif est d&rsquo;obtenir une prise de conscience du patient et d&rsquo;initier un changement chez le patient tout restant court et utilisable et en respectant ses choix, sans le  juger. Il s&rsquo;agit de faire diminuer la consommation des patients grâce à des interventions de 5 à 20 minutes maximum, pour envisager un arrêt de l&rsquo;alcool au décours de consultations dédiées. De ce point de vue, ces interventions sont efficaces, permettant de diminuer les valeurs du score AUDIT-C de façon significative (6). Les études montrent que le nombre de sujet à traiter (NST) avec une intervention brève pour qu&rsquo;un patient à risque baisse sa consommation est de 8 et qu&rsquo;elle permet de diminuer le nombre de complications liées à l&rsquo;alcool. (7)</p>
<p>Les techniques médicales déployées lors de ces interventions brèves peuvent être celles de l&rsquo;entretien motivationnel, en essayant de savoir à quel stade de l&rsquo;intention le patient se situe, puis travailler sur la motivation et déclencher des actions à l&rsquo;initiative du patient, acteur de sa propre santé. Dans le sevrage alcoolique, l&rsquo;entretien motivationnel permet une réduction de la consommation de 51% à 18 semaines, ce qui est significativement supérieur au placebo mais sans différence d’efficacité par rapport aux traitements actifs (8). Cependant, y’a moins d’effet secondaires, hein…</p>
<p>A chaque étape du suivi, le patient doit bénéficier d&rsquo;une psychothérapie de soutien, l&rsquo;entourage doit être sollicité pour participer au sevrage du patient: en l&rsquo;aidant moralement, en évitant de le tenter en buvant devant lui, et en prévenant le médecin en cas de signe de sevrage non contrôlés. (9)</p>
<p><strong>Schéma d&rsquo;intervention selon le stade de dépendance (2):</strong></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi1sIR-zXKd4YDKkxH-iFB53VOCfRt60ifKt6kWX7-PY0JdtOldM1xNkOlxqQSHj6DXf0BBDM4c1E_6tAy8RjbX3L9zH3pCJSglbnArlty54tLVebl5eQSDOdEdfJGLgyB80hF8-KOVNykv/s1600/intervention-OH.png"><img src="/images/articles/2015/intervention-oh.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Les différents traitements</p>
<p>a/ Traitement du sevrage</p>
<p>Le sevrage est responsable de symptômes comme des sueurs, tremblements, troubles du sommeil, tachycardie, hallucinations. Le traitement passe donc par une hydratation abondante d&rsquo;au moins 2L d&rsquo;eau par jour et souvent par l&rsquo;instauration d&rsquo;un traitement avec des benzodiazépines (Diazepam ou oxazepam en cas d&rsquo;insuffisance hépatique) à dose décroissance sur  une semaine, la durée du sevrage.</p>
<p>La surveillance doit être quotidienne et se fait à l&rsquo;aide du score de Cushman qui permet dévaluer les symptômes de sevrages et ainsi adapter le traitement par benzodiazépine (10). Un score supérieur à 7 doit faire revoir la fréquence de prise des benzodiazépines à la hausse.</p>
<p>On associe lors du sevrage une supplémentassions vitaminique en vitamine B1, B6 et au cofacteur PP.</p>
<p><strong>Score de Cushman:</strong></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh993h50A1LMDRQpu_pBbyJM3chmMA1Vp9whFga8f9bbvxDfEyZnfCegpy6MhyphenhyphenU1SYBGnEy9CtKN3O35TmnquDh0ZaOcyp9raj5ie3voAQUNG9EwvfZC7PluGThwZfzegLN0BIccQAVjVdF/s1600/cushman.png"><img src="/images/articles/2015/cushman.png" alt=""></a></p>
<p>b/ Traitements médicamenteux</p>
<p>L&rsquo;acamposate et la naltrexone sont les principaux médicaments d&rsquo;aide au maintien de l&rsquo;abstinence. L&rsquo;acamposate a une efficacité prouvée par rapport au placebo (11), et a peu de contre indication en dehors de l&rsquo;insuffisance rénale. Sa prescription se fait en 3 prises initialement avec une décroissance progressive au fur et a mesure que le sevrage se passe bien. La naltrexone est également efficace dans l&rsquo;aide au sevrage et est contre indiquée en cas d&rsquo;insuffisance  rénale ou hépatique sévère et de dépendance aux opiacés. Sa posologie est simple:  1cp par jour.(11)</p>
<p>Le baclofène dispose désormais d&rsquo;une autorisation temporaire d&rsquo;utilisation dans le sevrage alcoolique. Les études semblent montrer que ce traitement permet de d&rsquo;augmenter significativement le nombre de patients abstinents par rapport au placebo lorsqu&rsquo;il est utilisé à forte dose (11). Les principaux effets indésirables sont la somnolence, de la fatigue, des troubles digestifs et des hypotensions. La posologie doit suivre un protocole d&rsquo;augmentation progressive pour limiter et surveiller la tolérance jusqu&rsquo;à obtenir une sensation d&rsquo;indifférence à l&rsquo;alcool. La plupart des protocoles recommandent de débuter à 15mg et d&rsquo;augmenter de 10mg tous les 3 jours, en espaçant les prises de 4 heures(12). L’ANSM demande à ce qu’un « second avis » soit sollicité à partir de 120mg/jour et que les posologies supérieures à 180mg/j soient réservées au centres d’addictologie.(13)</p>
<p>Des études comme &ldquo;Bacloville&rdquo; sont actuellement en cours pour déterminer l&rsquo;efficacité du baclofène dans le sevrage alcoolique en ambulatoire.</p>
<p>En bref :</p>
<p>Le  sevrage alcoolique doit être effectué aussi souvent que possible en ambulatoire. Pour cela, le médecin généraliste doit s&rsquo;appuyer sur des questionnaires comme Audit-C pour dépister les patients alcoolo-dépendant, puis utiliser des interventions brèves et des techniques d&rsquo;entretien motivationnelle pour amener le patient à changer de comportement. Le sevrage peut s&rsquo;appuyer sur des médicaments, mais le soutien par le médecin et l&rsquo;entourage sont indispensables pour que le changement soit efficace et durable. En espérant que cet aperçu d’addictologie serve à d’autres personnes que moi, si vous avez des commentaires, modifications ou expertises à apporter, je serai ravi que vous m’en fassiez part !</p>
<p>Bonne journée à vous, et ne buvez pas trop en ce soir!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
<p><em>BIBLIOGRAPHIE:</em></p>
<p>(1) Moller Lars, Numéro thématique – L’alcool, toujours un facteur de risque majeur pour la santé en France, BEH, mai 2013.</p>
<p>(2) Anderson P., Gual A., Colom J., INCa (trad.) Alcool et médecine générale. Recommandations cliniques pour le repérage précoce et les interventions brèves. Paris, 2008</p>
<p>(3) Saunders, J, Aasland, O, Babor, T,de la Fuente, J et Grant . Development of the Alcohol Use Disorders Identification Test (AUDIT): WHO Collaborative Project on Early Detection of Persons with Harmful Alcohol Consumption-II., M. Addiction, Vol.88, N°6, 1993, p.791-804</p>
<p>(4) Batel P. Sevrage alcoolique ambulatoire et hospitalier. Alcoologie 1999.</p>
<p>(5) ANAES et Société française d&rsquo;alcoologie, Conférence de consensus Objectifs:  indications et modalités du sevrage du patient alcoolodépendant , 1999.</p>
<p>(6) <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed?term=Cunningham%20JA%5BAuthor%5D&amp;cauthor=true&amp;cauthor_uid=23110157">Cunningham JA</a>. Ultra-brief intervention for problem drinkers: results from a randomized controlled trial, <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed?term=Cunningham%20JA%5BAuthor%5D&amp;cauthor=true&amp;cauthor_uid=23110157">PlosOne</a> 2012.</p>
<p>(7) <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed?term=Moyer%20A%5BAuthor%5D&amp;cauthor=true&amp;cauthor_uid=11964101">Moyer A</a> et al. Brief interventions for alcohol problems: a meta-analytic review of controlled investigations in treatment-seeking and non-treatment-seeking populations. <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11964101" title="Addiction (Abingdon, England).">Addiction</a>, 2002.</p>
<p>(8) The Efficacy of Motivational Interviewing: A Meta-Analysisof Controlled Clinical TrialsBrian L. Burke, 2003</p>
<p>(9) Alcoolodépendance: avant le sevrage. Deuxième partie.  Amener les patients à se soigner. La Revue prescrire n°325, 2010</p>
<p>(10) Cushman P et al. Alcohol withdrawal syndromes: clinical management with lofexidine, 1985</p>
<p>(11) Baclofène et patients en alcoolodépendance sévère, La revue Prescrire n°355,  mai 2013.</p>
<p>(12) <a href="http://www.ansm.sante.fr/content/download/60131/773657/version/5/file/RTU_Baclofene_Protocole_Mars-2014.pdf">ANSM, Protocole de suivi des patients sous Baclofène, 2014</a></p>
<p>(13) <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Une-recommandation-temporaire-d-utilisation-RTU-est-accordee-pour-le-baclofene-Point-d-information">ANSM</a> , Une recommandation temporaire d&rsquo;utilisation est accordée pour le Baclofène, 2014.</p>
<p>Et merci à google Image et à leur auteurs difficilement identifiables sur la toile pour leurs images!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°54: recommandations voyageur (HCSP), BPCO (reco GOLD), IPP et IDM, congrès diabéto (ADA): IPDE5, gliptines, diabète gestationnel</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/06/dragi-webdo-n54/</link><pubDate>Mon, 15 Jun 2015 21:00:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/06/dragi-webdo-n54/</guid><category>Santé publique</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Allergologie</category><category>Ophtalmologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, je reprends mes mauvaises habitudes&hellip; Donc avec un peu de retard, voici les actus de la semaine, en un peu plus accéléré que d’habitude. Il y aura une grande partie de diabétologie à cause du congrès de l&rsquo;American Diabetes Association qui s&rsquo;est tenu la semaine dernière à Boston. Bonne lecture quand même!</p>
<p>1/ Santé publique</p>
<p>Commençons avec la publication dans le BEH des <a href="http://www.invs.sante.fr/beh/2015/reco/pdf/2015_reco.pdf">recommandations pour le voyageur</a>. Rien de très neuf (de ce que j&rsquo;ai vu en survolant le document) en dehors des modifications dans la prophylaxie du paludisme que j&rsquo;avais déjà évoqué <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/05/dragi-webdo-n50.html">précédemment</a>. Je découvre que la drépanocytose (sans précision de crise ou quoi à est une contre indication au voyage en avion&hellip;. Mouais&hellip;</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Les IPP sont souvent prescrits et rarement dé-prescrits chez les patients. On leur attribue désormais des altérations dans l&rsquo;efficacité d&rsquo;autres médicaments, une faible augmentation d&rsquo;infections, mais une étude publiée dans  <a href="http://www.plosone.org/article/fetchObject.action?uri=info:doi/10.1371/journal.pone.0124653&amp;representation=PDF">Plos One</a> vient de retrouver une association avec l&rsquo;infarctus du myocarde. Les patients traités avaient une augmentation de 16% des infarctus et de la mortalité cardiovaculaire. Cet effet était significatif pour l&rsquo;omeprazole mais pas pour l&rsquo;oesomeprazole, probablement parce qu&rsquo;il y avait 3 fois moins de patients exposés à ce dernier par rapport a l&rsquo;omeprazole. A noter que l&rsquo;effet n&rsquo;était pas retrouvé avec les anti H2.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>La revue <a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article/1089">minerva</a> est revenue sur la durée de corticoïdes dans le traitement de l&rsquo;exacerbation de BPCO. Ils retrouvent qu&rsquo;un traitement de 3 à 7 jours n&rsquo;a pas moins d&rsquo;efficacité qu&rsquo;un traitement de 10 à 15 jours, ce qui confirme la recommandation du <a href="http://www.goldcopd.org/uploads/users/files/GOLD_Pocket_2015_Feb18.pdf">GOLD de 2015</a> préconisant de traiter 5 jours à 40mg/ jours.</p>
<p>4/ Allergologie</p>
<p>C&rsquo;est la saison des allergies, et comme les américains le disent <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/02/dragi-webdo-n36.html">(ici)</a> les antihistaminiques topiques sont recommandés en cas de gène. Mais quelle est leur efficacité? <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD009566.pub2/abstract">Cet article</a> retrouve que les antihistaminiques locaux (notamment les collyres) ont un effet pour diminuer les symptômes et soulager les patents à cours terme, avec une bonne tolérance, mais sans efficacité au long cours.</p>
<p>Un état des lieux des <a href="http://fampra.oxfordjournals.org/content/32/3/257.short?rss=1">allergies à la pénicilline</a> en médecine de ville a retrouvé que 2% des patients disent avoir une allergie. Dans 11% des cas, l&rsquo;allergie n&rsquo;avait pas été retenue. Dans la plupart des cas, l&rsquo;allergie était néanmoins incertaine. Compte tenue de l&rsquo;évolution des résistances en villes, il semble important d&rsquo;avoir de confirmer les réactions allergiques aux antibiotiques et de tenir a jour les dossier médicaux des patients.</p>
<p>5/ Ophtalmologie</p>
<p>Le BMJ a passé en revue les <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h2093">baisses d&rsquo;acuité visuelle</a> progressives du sujet âgé. Si la cataracte représente la principale cause, l&rsquo;interrogatoire permet d&rsquo;éliminer une urgence telle que les décollement rétinien, les cécités monoculaires transitoire de l&rsquo;artérite à cellule géante (Horton)&hellip;</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Comme je le disais, voici quelques essais présentés au congrès de diabétologie de l&rsquo;ADA. Certain articles sont discutés <a href="http://video.frequencemedicale.com/index.php?id=104&amp;prevu">ici</a>, même si je ne suis pas forcément d&rsquo;accord avec tout ce qui se dit&hellip;</p>
<p>En effet, le NEJM a publié un article sur la sécurité de la <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1501352?rss=searchAndBrowse">sitagliptine</a> , qui ne présente pas de sur-risque cardiovasculaire dans cette étude, ni d&rsquo;augmentation d&rsquo;hospitalisation pour insuffisance cardiaque. Mais, il ne faudrait pas oublié un &ldquo;petit&rdquo; détail&quot;: l&rsquo;objectif du traitement du diabète n&rsquo;est pas de diminuer l&rsquo;HbA1C, c&rsquo;est de diminuer les complications cardiovasculaires. Alors suis-je vraiment le seul à ne pas DU TOUT me satisfaire d&rsquo;une conclusion retrouvant &ldquo;qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas plus d&rsquo;évènements cardio-vasculaire&rdquo; avec la sitagliptine. Et ben si ça ne fait rien, autant ne rien donner! D&rsquo;autant plus qu&rsquo;il n&rsquo; y a pas significativement plus de pancréatites, mais en chiffre absolu, y&rsquo;en a quand même 2 fois plus, et sur 23 et 12  évènements, normal qu&rsquo;on atteigne pas la significativité&hellip; Sur plus d&rsquo;évènements, enfin voilà, ça serait cuit pour la sitagliptine.</p>
<p>L&rsquo;étude intéressante qui n&rsquo;a pas encore été publié concerne les IPDE-5: les diabétiques sous ce traitement dans l&rsquo;étude rétrospective présenté dans le 1er lien de la partie diabétologique de ce Dragi Webdo, retrouve une diminution de  23% de la mortalité toute cause, après ajustement sur les facteurs confondants. J&rsquo;attends une version prospective qui aille dans ce sens et tous les diabétiques auront envie de leur pilule bleue!</p>
<p>Enfin, une étude évalue les recommandations du NICE sur le diagnostic de diabète gestationnel. Ces dernières posent le diagnostic sur une HGPO 75 avec des valeurs supérieures à 1,0g/L (5,6mmol/L) à H0 et supérieures à 1,41g/L (7,8mmol/L) à H2 , contrairement à celles de l&rsquo;IADPSG (en vigueur en France et ailleurs) qui ont comme critères diagnostic une glycémie après une HPGO supérieure à 0,92g/L (5,1mmol/L) à  H0, supérieure à 1,82g/L (10mmol/L) à H1 et supérieure à  1,54g/L (8,5mmol/L) à H2. <a href="http://www.diabetologia-journal.org/files/Meek.pdf">L&rsquo;étude</a> retrouve que les femmes avec un un test-NICE négatif et IADPSG positif avaient un risque augmenté d&rsquo;avoir une césarienne et un enfant macrosome par rapport aux femmes avec les 2 tests négatifs. Cela laisse penser que ne pas diagnostiquer des diabètes gestationnels avec le NICE alors qu&rsquo;ils auraient été traités par les critères de l&rsquo;IADPSG aurait des conséquences sur le devenir de la grossesse. Pour nuancer cela, la revue prescrire a retrouvé qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de bénéfice en terme de mortalité et de risque de prématurité à ne pas traiter un diabète gestationnel modéré (Rev Prescrire 2015 ; <strong>35</strong> (378) : 293-294).</p>
<p>Voilà pour cette semaine!<br>
Merci pour les encouragements que je reçois, et à la semaine prochaine!</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°53: polypathologie (HAS), bronchiolite (reco du NICE), IMPROVE-IT, AVK et chir dentaire, télémédecine, varenicline, traitement intensif du diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/06/dragi-webdo-n53/</link><pubDate>Sat, 06 Jun 2015 15:49:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/06/dragi-webdo-n53/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Pneumologie</category><category>Oncologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour bonjour! L&rsquo;actualité de la semaine est plutôt dense, mais je vais commencer par parler d&rsquo;un article hors catégorie sur le chocolat:</p>
<p>&ldquo;Chocolate causes weight loss&rdquo; dit le titre. Vendeur, n&rsquo;est ce pas? Mais l&rsquo;article était un piège tendu aux revues prédatrices et les résultats ont été repris par des journalistes soucieux de faire des gros titres sans savoir d&rsquo;où venait l&rsquo;information&hellip; Un article plus complet et l&rsquo;article en question sont disponible sur le blog d&rsquo;<a href="http://www.h2mw.eu/redactionmedicale/2015/06/le-chocolat-fait-perdre-du-poids-bon-article-publi%C3%A9-mais-il-sagissait-dune-p%C3%AAche-au-p-significatif.html">Hervé Maisonneuve</a>.</p>
<p>Tout ça pour dire, que les petits <em>p</em> c&rsquo;est beau, encore faut il les interpréter en fonction de la qualité de l&rsquo;étude.</p>
<p>Sans plus attendre, les actualités!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance et santé publique</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Ruptures-de-stock-des-medicaments/EXTENCILLINE-600-000-UI-EXTENCILLINE-1-2-M-U.I.-EXTENCILLINE-2-4-M-U.I.-poudre-et-solvant-pour-suspension-injectable-IM">ANSM</a> rappelle que les ruptures de stock d&rsquo;Extencilline se poursuivent, et que la Sigmacillina italienne est importé et rétrocédable auprès des pharmacies hospitalière pour permettre de traiter les patients. Probablement pour anticiper l&rsquo;arrivé de l&rsquo;été&hellip;</p>
<p>Faut-il arrêter les AVK avant une chirurgie dentaire? Comme le dit la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2008-09/surdosage_en_avk_situations_a_risque_et_accidents_hemorragiques_-_synthese_des_recommandations_v2.pdf">HAS</a>, c&rsquo;est parfois possible de poursuivre les AVK. Cette <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2296015&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=183755242&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=14436757&amp;bcsi_scan_628cd39dca2568d2=3saqVvS82Cys8y/ACTuN2pL+n0wBAAAAYohcBQ==&amp;bcsi_scan_filename=article.aspx">étude</a> de cohorte rétrospective a analyse les bridge dentaire effectués avec arrêt de la warfarine par rapport a des patients n&rsquo;ayant pas eu de chirurgie. L&rsquo;arrêt et la reprise de l&rsquo;AVK a entrainé une augmentation significative des saignements significatifs (OR= 17, IC95[4-75]). Il n&rsquo;y a pas eu de récidive des évènements thromboemboliques significative après l&rsquo;arrêt. Tout ça pour dire, qu&rsquo;il vaut mieux différer l&rsquo;intervention si c&rsquo;est possible, ou essayer de faire sous AVK quand c&rsquo;est possible.</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h2388">BMJ</a> a publié une étude  de cohorte sur près de 8 millions de patients dont  70 000 traité par varenicline entre 2006 et 2009. Cette étude ne retrouve, qu&rsquo;une augmentation de l&rsquo;anxiété et des troubles de l’humeur, sans augmentation des suicides. Leur analyse était une analyse intra-sujet (within person) qui consiste a prendre le sujet comme propre témoin selon les période de traitement et de non traitement (et ainsi diminuer la variance de l&rsquo;échantillon). Lors de l&rsquo;analyse plus classique de la cohorte avec ajustement sur l&rsquo;age et le sexe, il y avait tout de même une multiplication par 4 des comportement suicidaires, par 2 des actes criminels, par 1,5 des accidents de transport et par  2,8 de nouveau troubles psychiatriques. Une belle étude de cohorte qui ne retrouve pas les effets secondaires connus du médicament, ça laisse quand même perplexe . A priori pourtant, il n&rsquo;y avait pas de gros conflits d’intérêt, mais il est probable que la méthodologie &ldquo;intra-sujet&rdquo;, peu courante aide à publier&hellip;</p>
<p>Enfin, la HAS a publié un document d&rsquo;aide à la prise en charge des patients polypathologiques. Le <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2037157/fr/ameliorer-la-prise-en-charge-des-personnes-agees-polypathologiques">document</a> comprend une fiche d&rsquo;amélioration des prescriptions, les points clé de l&rsquo;évaluation gériatrique et une check-liste de prise en charge (particulièrement longue, cependant).</p>
<p>2/ Cardio vasculaire</p>
<p>Le NEJM publie les données issues de l&rsquo;étude IMPROVE-IT (dont j&rsquo;avais parlé <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/12/la-cardio-jy-comprends-rien.html">ici</a>). L&rsquo;<a href="http://www.nejm.org/doi/pdf/10.1056/NEJMoa1410489">étude</a> est bien faite: essai contrôlé randomisé, avec analyses intermédiaires prises en comptes dans les résultat, et portant sur des critères cliniques (un critère composite cardio vasculaire en critère primaire, et les critères secondaires portant sur la mortalité). Bref, l&rsquo;étude retrouve une diminution de  2% (risque absolu), 6,4% (risque relatif) de survenue d’événement cardio-vasculaire (critère primaire) chez les patients traités par simvastatine-ezetimibe versus simvastatine seule. Les effets secondaires n&rsquo;était pas différent dans le groupe avec la bithérapie. En regardant les autres critères: la mortalité totale associée aux infarctus et aux AVC non fatals baisse significativement la mortalité de  5% (RR), mais la mortalité totale, la mortalité par évènement cardio-vasculaire et la mortalité par infarctus ne sont absolument pas diminué. Ce traitement diminue donc probablement la survenue d&rsquo;infarctus essentiellement, mais sans incidence sur la mortalité, de quoi tempérer grandement l&rsquo;intérêt d&rsquo;un comprimé supplémentaire chez des patients avec une ordonnance déjà suffisamment longue en prévention secondaire d&rsquo;infarctus.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Quelques mois après les pédiatres américains (<a href="http://www.esculape.com/pediatrie/bronchiolite-guidelineUS-2014.pdf?bcsi_scan_628cd39dca2568d2=0&amp;bcsi_scan_filename=bronchiolite-guidelineUS-2014.pdf">ici</a>), le <a href="http://www.nice.org.uk/guidance/NG9/chapter/1-recommendations">NICE (Royaume Uni)</a> publie ses recommandations de prise en charge de la bronchiolite. Le diagnostic repose sur une rhinorrhée suivie d&rsquo;une toux + tachypnée ou tirages thoraciques + sibilants ou crépitants. S&rsquo;y accompagnent fréquemment une fièvre et une perte d’appétit durant 3 à 5 jours. La pneumopathie peut être évoquée devant une fièvre supérieure à 39°C ou des crépitants en foyer. Je pense que les signe devant faire adresser un enfant en SAMU sont assez évident, ceux pour adresser &ldquo;tranquillement&rdquo; l&rsquo;enfant aux urgences sont:</p>
<ul>
<li>
<p>une déshydratation, une diminution de l&rsquo;alimentation de 50%, ou une fréquence respiratoires &gt; 60/min</p>
</li>
<li>
<p>les facteurs associés à un risque d&rsquo;épisode sévère élevé: prématurité inférieure à 32SA, l&rsquo;age inférieur à 3 mois, les troubles neuromusculaires, et l&rsquo;immunodépression.</p>
</li>
</ul>
<p>Passons au traitement: le NICE insiste d&rsquo;abord sur l&rsquo;hydratation de l&rsquo;enfant, puis sur la kiné respiratoire qui n&rsquo;est pas utile sauf en cas d&rsquo;atrophie musculaire spinale ou de trachéomalacie sévère. Le traitement &ldquo;ne doit pas comprendre&rdquo;: d&rsquo;antibiotique, d&rsquo;aérosol de NaCl, de beta-2 mimétiques, d&rsquo;adrénaline, de corticoïde. L&rsquo;oxygénothérapie est utile pour maintenir une Sa02 à 92%. Malheureusement rien n&rsquo;est dit sur les lavages de nez! (a part que les aspirations  nasales ne sont pas utiles en dehors d&rsquo;effet obstructif avec apnées ou retentissement important sur l&rsquo;alimentation)</p>
<p>Enfin, les &ldquo;red flag&rdquo; a dire aux parents: reconsulter si la dyspnée et les signes de lutte s&rsquo;aggravent, s&rsquo;il boit moins de 50% de ses biberons ou qu&rsquo;il n&rsquo;urine pas pendant plus de 12 heures, s&rsquo;il fait des apnées ou qu&rsquo;il cyanose ou si son état général est très altéré.</p>
<p><a href="http://erj.ersjournals.com/content/early/2015/05/28/09031936.00014615">L&rsquo;european respiratory journal</a> s&rsquo;est intéressé au tabagisme et aux enfants. Cet article retrouve que suite à la mise en place de l&rsquo;interdiction de fumer dans les lieux publiques, les hospitalisations d&rsquo;enfants de moins de 15 ans pour pneumopathies ont diminué de 13,5% entre  2001 et 2012. Comme quoi le tabagisme passif est probablement loin d&rsquo;être négligeable, y compris en dehors du contexte familial.</p>
<p>Parlons un peu de presque-nouvelles technologies: la télémédecine. Les consultations de télémédecine se dont développées pour pallier le manque de médecins, les coups trop cher des consultations (je précise que l&rsquo;étude n&rsquo;a pas été faite en France&hellip;) . Dans l&rsquo;<a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2296013&amp;bcsi_scan_628cd39dca2568d2=RYL0G5a2FhQ8Yo2ImeASh4me9sgBAAAArzZ1BQ==&amp;bcsi_scan_filename=article.aspx">étude</a>, les &ldquo;télé-patients&rdquo; étaient un peu plus jeunes que les &ldquo;patients-physiques&rdquo;, avaient moins de pathologies chroniques et n&rsquo;était pas différents sur le lieu de vie (rural/urbain). Il y avait une augmentation non significative des prescriptions d&rsquo;antibiotiques chez les télé-patients (58% vs 55% , p= 0.07) pour les infections respiratoires (hautes et basses), la différence devenant significative dans les sous groupes pharyngite, grippe et sinusite. Alors pourquoi est ce qu&rsquo;on arrive à un résultat non significatif dans l&rsquo;ensemble: parce que les patients-physiques recevaient 3 fois plus d&rsquo;antibiotiques pour les otites moyennes (en même temps, l&rsquo;examen du conduit auditif en télémédecine, j&rsquo;ai du mal à le visualiser&hellip;). Enfin, notons qu&rsquo;il y avait un peu plus d&rsquo;antibiotiques à spectre large chez les télé-patients, ce qui ne doit pas non plus aider à lutter contre les résistances.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Le dépistage du cancer du sein fait toujours débat. Cet <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMsr1504363">article</a> du NEJM est intéressant dans le sens où il classe les pratiques selon le niveau de preuve: inadéquate, limité, suffisant. A ce jour, l&rsquo;ajout d&rsquo;une autre technique de dépistage (tomosynthèse (mamo-3D), échographie) par rapport à la mammographie seule n&rsquo;apporte rien en gain de mortalité sur le cancer du sein. Seul point avec lequel la HAS, La revue Prescrire et bien d&rsquo;autres sont en désaccord: leur taux de sur-diagnostic ridiculement faible de  6,5%&hellip;</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Je finirais sur de la diabétologie. En effet, le NEJM a publié une <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1414266">nouvelle étude</a> sur le contrôle strict versus contrôle standard du diabète de type 2. C&rsquo;est en fait une étude issue de la cohorte VADT (vétérans américains). La conclusion est alléchante: le traitement intensif diminue significativement les évènements cardiovasculaires de  12% (p=0.04). La mortalité elle n&rsquo;est pas modifiée  à environ 10 ans. Cependant, après l&rsquo;étude VADT qui a suivi les patients pendant environ 5,6 ans il n&rsquo;y avait pas de différence malgré une différence d&rsquo;HbA1C entre  1% et 1,5%. Pendant la période de suivi sur laquelle porte cette étude, on voir que la différence d&rsquo;HbA1C disparait: la différence d&rsquo;évènement cardiovasculaire n&rsquo;est donc probablement pas du à la différence d&rsquo;HbA1C. Enfin, l&rsquo;auteur ne cesse de rappeler qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une analyse intermédiaire, sans dire si cette analyse était prévue; et dans tous les cas, le fait d&rsquo;effectuer une analyse intermédiaire modifie la valeur seuil du <em>p</em> en la diminuant: je doute fort qu&rsquo;un p = 0.04 soit vraiment significatif au cours d&rsquo;une analyse intermédiaire (étant donné que lorsqu&rsquo;on répartie le risque entre les différentes analyses intermédiaires, la plus grande partie du risque est conservé pour l&rsquo;analyse finale de l&rsquo;étude). Bref, avoir une HbA1C qui est inférieure à  8% semble largement suffisant, même d&rsquo;après cette étude, sans qu&rsquo;il soit utile d&rsquo;avoir un traitement particulièrement intensif.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Et pour une fois depuis plusieurs mois, j&rsquo;ai réussi à ne pas publier ce billet avec du retard!!  A bientôt,</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°52: résistances antibiotiques en ville, dépistage ostéoporose, vaccination (coqueluche, HPV, rotavirus), valproate (ansm), albuminurie, rhinite allergique, néphropathie diabétique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/06/dragi-webdo-n52/</link><pubDate>Mon, 01 Jun 2015 19:02:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/06/dragi-webdo-n52/</guid><category>Santé publique</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Allergologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Je commencerai par féliciter les D4, désormais néo-internes pour les jours difficiles qu&rsquo;ils viennent de passer. L&rsquo;ECN c&rsquo;est fini, profitez bien de vos vacances! On enchaine avec les actus de la semaine, parce qu&rsquo;il y a pas mal de choses à raconter.</p>
<p>Hors catégorie, je commencerai par parler d&rsquo;un travail de thèse que j&rsquo;ai découvert sur &ldquo;<a href="http://www.voixmedicales.fr/2015/05/30/influence-de-la-presse-medicale-sur-les-prescriptions-des-medecins-generalistes-liberaux-etude-quantitative-en-haute-vienne-these-de-etienne-lasalle-le-12-mai-2015/">Voix médicales</a>&rdquo;. Ce travail étudie l&rsquo;influence de la presse médicale sur les prescriptions des médecins. L&rsquo;auteur a comparé les &ldquo;Prescririens&rdquo; (lisant une revue indépendante) aux &ldquo;non Prescririens&rdquo; (lisant des revues en partie financée par l&rsquo;industrie pharmaceutique). Un travail passionnant!</p>
<p>1/ Santé publique</p>
<p>Les vaccins anti-rotavirus sont dans la ligne de mire des autorités de santé. Après le retrait de la recommandation de vacciner du HCSP, voilà que la HAS déclare que les deux vaccins disponibles (<a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2009660/fr/rotarix">rotarix</a> et <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2009666/fr/rotateq">rotateq</a>) ont un service médical rendu insuffisant. A la bonne heure!</p>
<p>L&rsquo;ANSM a publié une lettre concernant les nouvelles conditions de prescription du valproate et de ses dérivés: prescription initiale annuelle réservée au spécialiste et après accord de soins découlant d&rsquo;une information complète. Des documents prescripteurs et patients sont disponibles <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Nouvelles-conditions-de-prescription-et-de-delivrance-des-specialites-a-base-de-valproate-et-derives-Depakine-R-Depakote-R-Depamide-R-Micropakine-R-et-generiques-du-fait-des-risques-lies-a-leur-utilisation-pendant-la-grossesse-Lettre-aux-professionnels-de-sante">ici</a>.</p>
<p>Les néerlandais ont étudié le bénéfice des la vaccination anti HPV des garçons et des filles en terme de <a href="http://www.med.uottawa.ca/sim/data/QALYs_f.htm">QALY</a>. Comme le titre de l&rsquo;<a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h2016">article</a> l&rsquo;indique, on est dans des statistiques Bayesiennes. Une telle vaccination réduirait de 37% la perte de QALY lié aux cancers induits par les HPV chez l&rsquo;homme en tenant compte du  taux de couverture de 60% chez les femmes (on en est loin en France) et jusqu&rsquo;à 66% avec taux de couverture de  90%. Cette belle diminution est quand même limitée par le nombre d&rsquo;homme a vacciner pour éviter un cancer: environ 2000 pour un cancer de l&rsquo;anus et autant pour un cancer ORL lié à HPV.</p>
<p>Enfin, l&rsquo;été va arriver. Il faut penser à éduquer les patients face au risque de forte chaleur, notamment les sujet âges. L&rsquo;INPES a donc mis à jour ses &ldquo;repères pour la pratique clinique&rdquo; sur le sujet <a href="http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1033.pdf">ici</a>.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Une question que l&rsquo;on se pose parfois est: que mesurer pour estimer l&rsquo;atteinte rénale dans les maladies cardio-vasculaire. Jusque là, la microalbuminurie était réservée au diabétique. Cependant, d&rsquo;après <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2815%2900040-6/fulltext">cet article</a>, l&rsquo;étude de l&rsquo;albuminurie/créatininurie combiné à l&rsquo;estimation du DFG serait utile en terme de prédiction de risque cardio-vasculaire. Il reste encore à connaitre les implications en pratique clinique&hellip;</p>
<p>L&rsquo;EMA vient d&rsquo;autoriser un premier <a href="http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/news_and_events/news/2015/05/news_detail_002336.jsp&amp;mid=WC0b01ac058004d5c1">anti-PCSK9</a> dans le traitement de l&rsquo;hyperlipidémie, seul ou en association dans l&rsquo;hypercholestérolémie familiale ou l&rsquo;hypercholestérolémie de type 2. Notons que la phrase résumant ce que je peux penser de cette molécule est présente dans le communiqué de l&rsquo;EMA: &ldquo;The effect of Repatha on cardiovascular morbidity and mortality has not yet been determined.&rdquo;</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Devant l&rsquo;augmentation du nombre de cas de coqueluche chez l&rsquo;enfant aux Etats Unis, les auteurs de <a href="http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2015/04/28/peds.2014-3358.abstract">cet article</a> se sont posé des questions sur l&rsquo;efficacité des vaccins contenant une valence quadrivalents avec valence coqueluche acellulaire. L&rsquo;étude retrouve une efficacité du vaccin de 73% l&rsquo;année de la vaccination, qui chute après  2-4 ans  à 34%! Voilà de quoi rappeler l&rsquo;importance de cette vaccination chez l&rsquo;enfant la 1ère année de vie, mais également que cette vaccination est trop imparfaite pour exclure un diagnostic devant une clinique évocatrice.</p>
<p>La SPILF poursuit sa guerre contre les résistances bactériennes, et surtout celles aux fluoroquinolones. Elle a donc publié <a href="http://www.infectiologie.com/site/medias/Recos/2015-MAP-fluoroquinolones-SPILF.pdf">une mise au point</a> sur cette classe thérapeutique selon les indications pour un meilleur usage par voie systémique. Rien de très neuf, cependant, on note une discordance entre le texte long et le pdf mis en ligne: le texte dit, conformément à la position des infectiologues, pas de fluoroquinolones en 1ère intention dans les infections génitales hautes de la femme, alors que le pdf est plus &ldquo;ouvert&rdquo; :  utilisation de fluoroquinolones possible si associée à un antibiotique anti-gonocoque. Le <a href="http://www.infectiologie.com/site/medias/enseignement/ECN/Erratum-ECNpilly2014-Salpingites.pdf">débat</a> sur le sujet n&rsquo;est pas clos&hellip;</p>
<p>Transition parfaite pour un article étudiant la lutte contre <a href="http://journal.frontiersin.org/article/10.3389/fpubh.2015.00035/full#h1">les résistances aux antibiotiques en soins primaires</a>. L&rsquo;angle de vue est intéressant, et on trouve un schéma de la &ldquo;minimisation de l&rsquo;usage d&rsquo;antibiotiques en soins primaires dans les infections respiratoires&rdquo;. Cela décrit à chaque étape de l&rsquo;histoire du patient les facteurs influençant la prescription ou la non prescription.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj0G2_EAIgzg55UcQT9zDcdciA3RmSHRb7FyztDnV4BmkqVAYsJoanE7fDQlFA4baCVLyqZVmrK3D5dz1PBgvR803uga01Sq_HXH85SErA1WuW4a8Um8qgVy_3WEegAKJSEEGMXUXtlTpSy/s1600/primary+care.jpg"><img src="/images/articles/2015/primary-care.jpg" alt=""></a></p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h2088">BMJ</a> s&rsquo;est intéressé au sur-diagnostic d&rsquo;ostéoporose pour prévenir les fractures du col fémoral. Leur analyse retrouve que le nombre de patiente à traiter pour éviter 1 fracture de hanche est de 175 pendant 3 ans, et que 75% des femmes de plus de 65 ans pourraient recevoir un traitement selon les recommandations américaines&hellip; Si l&rsquo;on regarde le forest-plot suivant étudiant l&rsquo;efficacité des bisphosphonates, on observe que dans les études portant sur la prévention primaire exclusivement, un traitement par bisphosphonate n&rsquo;a pas d&rsquo;efficacité significative. En prévention secondaire, la diminution du risque de fracture atteint 40%.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEijdWNm9LoXafg_UimkGxxPc2enhBqzxeCXnIX3tKdPxaRn0Pb061xJs4LkHYfa5IEUv5jlFUKd4Ns8NQx8uAF9QiEzjwpZh01N2DyU6IIn9EUwq9ZtzIGMG1A4bHRtnNYiLyNVMFo8WrlF/s1600/bisphosphonates.jpg"><img src="/images/articles/2015/bisphosphonates.jpg" alt=""></a></p>
<p>5/ Allergologie</p>
<p>Alors que je parlais il y a peu des recos américaines sur la rhinite allergique (<a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/02/dragi-webdo-n36.html">ici</a>) , les français abordent à leur tour le sujet. Voici un <a href="http://www.medscape.fr/voirarticle/3601514?src=sttwit">article</a> rapportant ce qui s&rsquo;est dit. Je note surtout que j&rsquo;ai 5 ans de retard sur l&rsquo;évaluation de la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2009-12/rapport_cone_beam_version_finale_2009-12-28_17-27-28_610.pdf">HAS</a> qui disait déjà que le scanner &ldquo;cone beam&rdquo; pourrait se substituer au scanner classique dans le bilan de sinusites chroniques.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Pour finir sur un peu de diabétologie, le Lancet Endoc &amp; Diabeto a publié <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2814%2962459-4/abstract">un article</a> sur les traitements anti-hypertenseurs chez les patients avec maladie rénale chronique et diabète. L&rsquo;intérêt de l&rsquo;article est surtout qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une méta-analyse en réseau. C&rsquo;est un type de méta-analyse permettant de faire des comparaison indirectes entre des médicaments. Ça permet, par exemple de comparer un médicament A et un médicament B alors qu&rsquo;il n&rsquo;existe que des études comparant A à C et B à C (C étant souvent le placebo). L&rsquo;étude retrouve qu&rsquo;aucun traitement n&rsquo;a fait mieux que le  placebo pour diminuer la mortalité, mais que le double blocage du système rénine-angiotensine par IEC associé à un sartan ralentissait l&rsquo;évolution vers l&rsquo;insuffisance rénale terminale. Dans cet article, ce double blocage n&rsquo;a pas augmenté les hyperkaliémies et les insuffisance rénales aiguës (bien que ce ne soit vraiment pas loin de la significativité&hellip;) En pratique, il y aurait peut être une place dans un coin au double blocage , mais la majorité des études (<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa0801317">ONTARGET</a> et <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24206457">VA NEPHRON-D</a>) retrouve cependant une balance bénéfice-risque défavorable (et les précautions d&rsquo;emploi de l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Medicaments-antihypertenseurs-agissant-sur-le-systeme-renine-angiotensine-rappels-des-precautions-d-emploi-et-des-regles-de-bon-usage-Point-d-information">ANSM</a>)</p>
<p>C&rsquo;est quasiment fini pour cette semaine! Je vous laisse sur un peu plus de légèreté, à savoir les aventures de Tintin! Une étude de <a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0755498215001293">La Presse Médicale</a> démontre que sous ses airs de &ldquo;monsieur tout le monde&rdquo;, le journaliste a, en fait, capacités d&rsquo;endurance dignes des plus grand super héros américains!</p>
<p>Sur ce, à la semaine prochaine!<br>
@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°51: Geekopolis, Sujet âgé et statines, Sciatique et corticoides, HTA et tr cognitif, vaccin zona</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/05/dragi-webdo-n51/</link><pubDate>Mon, 25 May 2015 14:20:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/05/dragi-webdo-n51/</guid><category>Santé publique</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! J&rsquo;espère que vous pouvez profiter de ce lundi de repos, la semaine précédent ayant comporté 5 jours complet de travail, on a plus l&rsquo;habitude! Un Dragi Webdo geek cette semaine, avec une première partie comportant les actus habituelles, et une deuxième partie avec des photos de la conférence #Geekopolis qui s&rsquo;est tenu ce week end à Paris Expo.</p>
<p>1/ Santé Publique</p>
<p>Pour commencer avec un peu de pharmacovigilance, les inhibiteurs de <a href="http://www.fda.gov/Drugs/DrugSafety/ucm446845.htm">SGLT-2</a> , nouveau traitement du diabète, vont encore se prendre des remarques quand à leur inutilité: l&rsquo;agence du médicament américaine averti d&rsquo;un risque d&rsquo;acido-cétose, venant s&rsquo;ajouter à leurs nombreux effets indésirables urinaire, infectieux sans effet démontré sur les complications du diabète.</p>
<p>Ensuite, la HAS a publié une <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2035081/fr/checklist-de-sortie-d-hospitalisation-superieure-a-24h">check-list</a> des éléments à compléter avant de faire sortir un patient d&rsquo;hospitalisation supérieure à  24h, dans le but d&rsquo;améliorer la prise en charge et le retour au domicile. Je ne manquerai pas de féliciter et de remercier grandement les médecins qui me préviendrons, comme dans la check-list, de la sortie de mes patients, de la conduite à tenir à court terme si c&rsquo;est trop spécialisé pour moi et du projet de soin, avant que je ne vois le patient en consultation (étant donné que le compte-rendu ne m&rsquo;arrivera dans le courant du mois suivant, au mieux&hellip;)</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Commençons avec un classique: les hypolipémiants. Le BMJ a publié <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h2335">un article français</a> (cocorico!) étudiant le traitement par statines et fibrates  en prévention primaire dans une cohorte de patients de plus de 65 ans ( 74 ans en moyenne) survie pendant 9 ans en moyenne. L&rsquo;étude montre que sur ses 7484 patients, la prise d&rsquo;un traitement hypolipémiant diminuait de plus de 30% le risque d&rsquo;AVC sans différence entre les statines et fibrates (à noter que le sous groupe fibrate était également significatif, mais que le sous groupe statines était à la limite de la significativité sans l&rsquo;être. Mais bon, les analyses de sous groupe&hellip; faut pas trop s&rsquo;y attacher) Cependant, les traitements préventifs de dyslipidémie chez les patients âgés ne montraient aucun bénéfice en terme d&rsquo;infarctus du myocarde. Une explication possible est qu&rsquo;il y avait une majorité de femmes (67%) dont il a été démontré précédemment (je ne connais pas les références par cœur malheureusement) que leur principal risque était celui d&rsquo;AVC alors qu&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;IDM chez les hommes. Enfin, il y avait des données de mortalité globale! Elle était diminuée significativement de 13% dans le groupé traité, mais sans différence significative en terme de mortalité cardio-vasculaire.</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhGJJU65bmJi1ovdby9q2BykMo9f9Pk21Y6Sgf-_imrs_KCcoLXcxnihZjBAPsgsHvl4aFSzU_erWlc7wQth2qWeCO4Y0507n8HjR2h1Upknj_o8vc0etASYdx6rXcH4rRpJlqJC0aH45Rd/s1600/stroke-lipid+lowering+drugs.png"><img src="/images/articles/2015/stroke-lipid-lowering-drugs.png" alt=""></a></p>
<p>Une des questions de cardiologie interventionnelle est toujours de savoir quelles artères revascularisé en cas de syndrome coronaire. Les études ne montre un bénéfice que dans la revascularisation des coronaires symptomatiques, sans intérêt de revasculariser les autres sténoses préventivement. Les <a href="http://www.medscape.fr/voirarticle/3601496?src=sttwit">dernières études</a> ne permettent toujours pas d&rsquo;apporter d&rsquo;éléments en faveur d&rsquo;une revascularisation complète. Je n&rsquo;ai pas vu cependant d&rsquo;étude très puissante utilisant dans les mêmes circonstances la FFR (dont j&rsquo;avais déjà parlé <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/09/dragi-webdo-n14-congres-esc.html">ici</a>) pour sélectionner quelles artères pourraient avoir un bénéfice à être revascularisées.</p>
<p>Un article du JAMA étudiait l&rsquo;<a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleID=2293282&amp;utm_source=twitter&amp;utm_medium=social_jama&amp;utm_campaign=article_alert&amp;utm_content=automated">hypertension artérielle et les troubles cognitifs</a>. Il retrouve que l&rsquo;HTA est associé à un déclin cognitif plus rapide que les personnes sans HTA, mais également que les patients hypertendus traités avaient un déclin cognitif moins rapide à 20 ans que les patients hypertendus non traités. Enfin, les patients traités selon les recommandations du <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1791497">JNC-8</a> (c&rsquo;est à dire à partir d&rsquo;objectif tensionnels plus élevés après  60 ans) avaient un déclin cognitif supérieur à ceux traités à partir des seuils &ldquo;classiques&rdquo; (140/90). De quoi réévaluer l&rsquo;intérêt des traitements anti-hypertensif en prenant en compte des critères cardio-vasculaires mais aussi neurologique et de qualité de vie des patients.</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>L&rsquo;article rhumato de la semaine concerne comme souvent les sciatiques! <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2293294&amp;JamaNetworkReader=True">L&rsquo;article du JAMA</a> parle en fait des lomboradiculalgies aigues par hernie discales. On avait déjà lu l&rsquo;an dernier que le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2814%2960805-9/abstract">paracetamol</a> n&rsquo;était pas plus efficace que le placebo dans la lombalgie. Les chercheurs sont donc passé au niveau un peu supérieur en testant si les corticoïdes était efficace. Et ben le bilan est particulièrement mitigé: une amélioration significativement modeste de l&rsquo;impotence fonctionnelle à 3 semaines et à un an, et une amélioration de la dimension physique de la qualité de vie à 3 semaine et de la dimension mentale de la qualité de vie à 1 an. Cependant, aucun effet propre sur la douleur n&rsquo;a été mis en évidence. Il y avait cependant deux fois plus d&rsquo;effet indésirables dans le groupe traité à 3 semaines (49%). Notons que le schéma de traitement utilisé consistait en 3 phases de 5 jours de corticoïdes  à doses décroissante: 60mg , puis 40mg, puis  20mg.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Cette dernière partie portera sur de la vaccination. Je vais revenir sur  un article du NEJM dont je n&rsquo;avais pas parlé il y a quelques semaine et s&rsquo;intéressant à la vaccination anti Zona. Le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=390">HCSP</a> recommande une vaccination chez les plus de  65 ans jusqu&rsquo;à 74 ans car les douleurs font souffrir de nombreuses personnes dans cette tranche d&rsquo;âge L&rsquo;efficacité du vaccin est de  20 à  60% sur l&rsquo;incidence du zona et de  17 à 66%. sur l&rsquo;incidence des douleurs post zostériennes (les chiffres les plus bas étant obtenus sur l&rsquo;étude avec un suivi de 10 ans et les meilleurs sur un suivi de 3 ans&hellip;) Un nouveau vaccin avec une efficacité sur l&rsquo;incidence de zona de  97%, avec tout de même 17% d&rsquo;effets indésirables graves. D&rsquo;ici à ce que ce vaccin soit peut être recommandé si les effets indésirables étaient moins importants que ça, commençons peut être par bien traité les patients atteints de neuropathie post zostérienne, car on est plutôt mauvais sur ce point&hellip;</p>
<p>Enfin, le HCSP a publié des recommandations vaccinales pour les patients immuno-déprimés que je vous laisse découvrir au besoin <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=390">ici</a>.</p>
<p>5/ Geekopolis</p>
<p>Pour être dans le thème, et pour faire un peu de médecine en même temps, parlons de <a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0195666314000828">&ldquo;tetris&rdquo;</a>. Il semble que ce classique du jeu video permette de réduire la faim! Alors laissez tombez vos régimes plus ou moins dangereux et inefficaces, vos pilules hépato et néphrotoxiques et aller rechercher votre &ldquo;game boy&rdquo;!</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgIyl5dyaPLjxYwA8q0gUJ1H1C0Fov13TuJC4kgNfMEx9sVkpzAF_KMmqVwvOld8HYkswNzEKVQuU4jZ8dtl2AgOnDPxfNYLm2ELt6v0UrLNu8jEsBfNJ9p0NxgWSWhMyY6QVKmsRnX-r8c/s1600/tetris.jpg"><img src="/images/articles/2015/tetris.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà donc quelques photos de Geekopolis:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjGL_hqgEUU6oZ0elp43pLl09JwiWYkX0JKliIInVC5gc1YPQ9KPG565Thw6MmzhrMB-MsI15R2Ue9w_DMF68xTkInJiWtRZp3aFXbVKLYCkNpzHjEZFMwoHyOqg4vIlYK3r-HvqfO4vKPi/s1600/geek2.jpg"><img src="/images/articles/2015/geek2.jpg" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiGx_AK9gnkxVux1ShVU_hxIJBU0XjwwdoLY8Hg8sLNCPEqyi9ug8dRKF5YwE39_UkVrpBpFQaYnOVFFUu6_pqvFqWqogv3n7GvJst_owb1TedFhP2nO9OzBhQzbvBpeel2PryCUSBgcyaU/s1600/geek3.png"><img src="/images/articles/2015/geek3.png" alt=""></a></p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhdHT6wkAxA_8ZeIkQQAD827OhFMrM1DtliUgqYzSJy9oZFvxPpUyWT-G1BZYjNa6Hkow2uJn8JutPDcD7ANd5l4RblBOGgPxXCK0Npq4eL6Le-XN-C6H4chAxskyPfxLKbo-Gzy4GneQjN/s1600/geek4.png"><img src="/images/articles/2015/geek4.png" alt=""></a></p>
<p>Ah, je suis sur la dernière photo avec Miss Dragi! #OuEstDragi</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEg9dix6pvcTHcPX67jfRwelIbScf4VAkaLCOCW9RwEOGtsuN3ZH7k3W3D8NEzuu0CKblQXlnyNTG8DoL7q3q556gNz207iSw3YOwHc1TmkY7kw8kuqaDk5SIKT64zbniOpuTYJDbsQ-EM-E/s1600/geekopolis.png"><img src="/images/articles/2015/geekopolis.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine, profitez bien de ce jour férié, et à la semaine prochaine!<br>
 @Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°50: Pharmacoviglance: toux, GEA, acné, BPCO (ANSM-HCSP), reco prévention paludisme (HCSP), suivi de l'enfant: oph et auditif, ex.clin. &amp; appendicite, variabilité de l'HbA1C</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/05/dragi-webdo-n50/</link><pubDate>Mon, 18 May 2015 15:43:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/05/dragi-webdo-n50/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Pédiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Mais qu&rsquo;est ce que le temps passe vite!!!! Voilà 1 an déjà que j&rsquo;écris de Dragi Webdo et nous en sommes maintenant au 50ème!!! Il y a beaucoup plus de lecteur que j&rsquo;aurai jamais imaginé, alors:<br>
MERCI A VOUS!<br>
Et sur cette note enthousiaste, c&rsquo;est parti pour les actus de la semaine!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>L&rsquo;EMA et l&rsquo;ANSM insistent sur le danger de la codéïne chez l&rsquo;enfant. Pour mémoire, il y a 2 ans, l&rsquo;EMA avait déjà recommandé de ne plus utilisé de codéïne chez l&rsquo;enfant avant  12 ans dans son indication antalgiques (<a href="http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/news_and_events/news/2013/06/news_detail_001813.jsp&amp;mid=WC0b01ac058004d5c1">ici</a>). Ce sont maintenant les sirops antitussifs avec codéïne qui ont été visés du fait du bénéfice faible et des effets indésirables pouvant être grave. Les antitussifs codéïnés sont donc contre-indiqué avant 12 ans, leur usage n&rsquo;est pas recommandé avant 18 ans, et tout médicament codéïné est maintenant contre-indiqué pendant l&rsquo;allaitement comme expliqué <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Medicaments-contenant-de-la-codeine-le-CMDh-recommande-de-nouvelles-contre-indications.-Retour-sur-la-reunion-d-avril-2015-du-CMDh-Point-d-Information">là</a> . Etrangement, les dérivés de la codéïne ne sont pas mentionnés: alors, le dextrométorphane, on peut l&rsquo;utiliser? La balance bénéfice risque n&rsquo;est pas forcément meilleure&hellip;</p>
<p>J&rsquo;en avais déja parlé précédemment <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/02/dragi-webdo-n36.html">ici</a> , de la restriction de prescription de l&rsquo;isotrétinoïne orale dans l&rsquo;acné aux dermatologues. L&rsquo;ANSM a donc publié un <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Restriction-de-la-prescription-initiale-de-l-isotretinoine-orale-aux-dermatologues-Point-d-Information">communiqué</a> entérinant cette décision. La lettre est bien faite et reprend les points à suivre lors de la prescription de ces traitements et les modalités de renouvellement avec test de grossesse dans les 3 jours précédents. L&rsquo;étude utilisée justifiant la restriction aux dermato montre que le test de grossesse était effectué à 67% par les dermato contre seulement 37% par les MG à l&rsquo;initiation du traitement (ce qui est exactement le contraire de ce qui avait été retrouvé précédemment et que j&rsquo;avais écrit dans mon billet&hellip;)</p>
<p>Ensuite, le HCSP est revenu sur sa décision de recommandé le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=501">vaccin anti-rotavirus</a>. Les évolutions défavorables d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;invagination intestinale aiguë ont conduit à cette décision. Le HCSP rappelle que si la vaccination était effectuée pour convenance personnelles des parents, ils doivent être particulièrement informés des signes d&rsquo;IIA et de la conduite à tenir.</p>
<p>Enfin, le PRAC réévalue le <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Travaux-de-l-Agence-Europeenne-des-Medicaments-EMA-Comite-pour-l-evaluation-des-risques-en-matiere-de-pharmacovigilance-PRAC/BPCO-par-corticoides-inhales-Demarrage-par-le-PRAC-d-un-arbitrage-concernant-Tysabri-et-evaluation-de-l-impact-du-risque-de-pneumopathie-Point-d-information">rapport bénéfice/risque des corticoïdes inhalés</a> dans la BPCO compte tenu de la majoration du risque de pneumopathie infectieuse. Affaire à suivre!</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Les recommandations de prévention du <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=503">paludisme</a> chez le voyageur ont été publiées par l&rsquo;HCSP. La modification principale est la suppression des 3 zones car elle n&rsquo;était adoptée par aucune autre pays que le notre. Pour résumer les traitements: sont recommandés quasiment partout (où y&rsquo;en a besoin) et sans distinction Atovaquone-proguanil ou Mefloquine ou Doxycycline sauf en amérique centrale où la chloroquine est recommandée.</p>
<p>La revue Minerva s&rsquo;est intéressé ce mois ci aux <a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article/1081">antibiothérapies différées</a> dans les infections des voies respiratoires. L&rsquo;étude retrouvait que l&rsquo;absence d&rsquo;antibiothérapie ou l&rsquo;antibiothérapie différée de quelques jours ne modifiait pas le devenir des patients, ni leur satisfaction. L&rsquo;étude avait recruté des patients très voir trop large: des patients de plus de 3 ans pouvant être atteint: d&rsquo;OMA, de pneumopathie, de rhinopharyngite, de bronchite, de grippe et d&rsquo;angine. Si dans certaines de ces pathologies, l&rsquo;antibiothérapie a un rôle plutôt sur la durée des  symptomes, il ne faudrait pas conclure par exemple que le traitement par antibiotiques dans toutes les pneumopathies est inutile&hellip; Ce qu&rsquo;il faut retenir à mon sens, c&rsquo;est l&rsquo;absence de différence de satisfaction entre les patients ayant reçu un antibiotique différée et ceux n&rsquo;en ayant pas reçu.</p>
<p>3/ Pédiatrie</p>
<p>En général, l&rsquo;ophtalmologie n&rsquo;est pas le fort des MG et le suivi de l&rsquo;enfant est parfois un peu complexe. Alors quand on mélange les deux&hellip;. Bref, heureusement que parfois le BMJ fait des articles en libre accès pour clarifier certaines choses. <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h1716">L&rsquo;article</a> est particulièrement bien fait et utile, avec des tableaux concis (ci-dessous) et des vidéos pour améliorer sa pratique clinique.<br>
Quand ne pas adresser à l&rsquo;ophtalmo déjà surbooké et que faire:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEj2GJ1z0x1dW1zhb1osf5lJ00v2N65gNiIMT5I6-peVBfcpeibrCYtHh0K32vKKyr-wvFiL0yifTCL4Sp5jdLSV7e_1T7rYSej_f2E-82ak1D5k2KZbh0wBUV1a-8cqb0DPsgH1b1GfpcuI/s1600/oph1.png"><img src="/images/articles/2015/oph1.png" alt=""></a></p>
<p>Quand adresser à l&rsquo;ophtalmo parce que là, c&rsquo;est plus de notre recours, et surtout dans quel délai:</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiikKOwPUMlvXRUF1hKTZOb8mJ0-06nRzB118OABbYyuV4FDocD5x96qC9e-Gn4kizZqPJ4nZR2DsOVYjnebevaHknkuTR37TLLnJAJ1Oy3N-JBdpx15OegqrDrRJ3gzAcDp1Ehp_Nqotk4/s1600/oph-2.png"><img src="/images/articles/2015/oph-2.png" alt=""></a></p>
<p>Pédiatrie et BMJ toujours, le second article concernait les <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h2318">troubles de la parole et du langage</a> chez l&rsquo;enfant et quand adresser. Tout aussi complet, on peut y trouver un long (trop long) questionnaire (en anglais, mais simple à adapter) pour investiguer un peu les troubles. Je retiendrais surtout &ldquo;quand adresser&rdquo;:</p>
<ul>
<li>
<p>A partir de 3 ans pour les troubles de la parole et du langage</p>
</li>
<li>
<p>Si un bégaiement dure plus de 12 mois</p>
</li>
<li>
<p>En cas de trouble, un bilan auditif doit être effectué.</p>
</li>
</ul>
<p>4/ Chirurgie digestive</p>
<p>Deux semaines de suite avec de la chirurgie&hellip; Il s&rsquo;agit encore une fois d&rsquo;un article portant sur l&rsquo;appendicite aigüe. Publié dans le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=208132&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=181719285&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=14307647">JAMA</a> , l&rsquo;article a étudié les signes cliniques retrouvés ou non lors d&rsquo;une suspicion d&rsquo;appendicite aiguë en donnant les rapports de vraisemblance positif et négatif ( <a href="http://webapps.fundp.ac.be/biostats/biostat/modules/module35/page7.html">RV+ et RV-</a> ) . La fièvre et la douleur à la palpation abdominale sont les signes les plus utiles pour évoquer l&rsquo;appendicite alors que leur absence rend le diagnostic peu probable. La douleur migrant du cadran péri-ombilical en fosse iliaque droite est un signe avec un meilleur RV+ que l&rsquo;histoire d&rsquo;une douleur uniquement localisée en FID. Biologiquement, une NFS avec moins de 10 000 leucocytes ou moins de  6750 PNN rend peu probable le diagnostic (respectivement: RV-: 0.22 et 0.06).</p>
<p>5/ Diabétologie﻿</p>
<p>Mon paragraphe diabétlogique fait son retour avec une étude publiée dans <a href="http://www.diabetologia-journal.org/files/English.pdf">Diabetologia</a> . Elle porte sur les limites de l&rsquo;HbA1C, non pas dans sa justification comme bon ou mauvais critère intermédiaire dans le diabète mais dans l&rsquo;interprétation des valeurs. Elle rappelle que l&rsquo;HbA1C n&rsquo;est pas interprétable chez les patients porteurs d&rsquo;une hémoglobinopathie. Elle retrouve que les carences martiales peuvent faire varier l&rsquo;HbA1C et que les autres anémies sont susceptibles de diminuer l&rsquo;HbA1C. Que faire dans ce cas là? L&rsquo;article n&rsquo;en parle pas. J&rsquo;avais trouvé un tableau de correspondance (plus ou moins approximative) entre glycémie, HbA1C et fructosamine (qui reflète la glycémie sur les 30 derniers jours):</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhta66f_3zJfHBirjncAMkVX6un-72y36raT_H8OwmE9J77ccuCXcTF8BMY6UTbPMz4RxS-cfSHRJmk5FPwGKE0YMiIc12ZCjH7X0qlG5q1zubCvyqRzMTxF4cZkwBWnHd56Qz4an-NB5pI/s1600/glycemie.jpg"><img src="/images/articles/2015/glycemie.jpg" alt=""></a></p>
<p>Voilà pour cette semaine, et encore merci à tous mes lecteurs!</p>
<p>Bonne journée!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°49: vaccins, dépistage immunologique CCR, post-AVC, appendicite</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/05/dragi-webdo-n49/</link><pubDate>Tue, 12 May 2015 08:29:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/05/dragi-webdo-n49/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Santé publique</category><category>Neurologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! J&rsquo;espère que cette troisième semaine de 4 jours à bien débuté et que vous pourrez autant profiter du soleil que moi. (D&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est à lui que vous devez le retard dans ma publication hebdomadaire&hellip;)<br>
Cette semaine, je décernerai des félicitations à l&rsquo;équipe du  <a href="https://twitter.com/hashtag/mededfr?src=hash">#MedEdFr</a> qui fête ses 1 an, pour ses rendez vous du jeudi soir, auquel je ne peux que trop rarement participer.<br>
C&rsquo;est parti pour les courtes actualités de la semaine dernière!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Après les ruptures de stock de vaccins contenant la valence &ldquo;coqueluche&rdquo;, ceux ne la contenant pas commenent à manquer à leur tour: le <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Ruptures-de-stock-des-medicaments/DT-VAX-Vaccin-diphterique-et-tetanique-adsorbe-Suspension-injectable-en-flacon-multidose-Rupture-de-stock2">DTvax</a> n&rsquo;est plus disponible.</p>
<p>Vaccins toujours: les vaccins anti-méningocoque C avaient des difficultés d&rsquo;approvisionnement qui avaient donné lieu à des recommandations transitories du HCSP. Les <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Vaccins-contre-les-infections-invasives-a-meningocoques-de-serogroupe-C-fin-de-la-periode-de-tension-d-approvisionnement-Point-d-Information">tension d&rsquo;approvisionnement sont terminées</a> , et le calendrier vaccinal peut être appliqué de façon traditionnel.</p>
<p>2/ Santé publique</p>
<p>Les nouveaux tests de dépistage du cancer colo-rectal vont être disponible: Madame <a href="http://www.social-sante.gouv.fr/actualite-presse,42/communiques,2322/marisol-touraine-presente-le,17811.html">la Ministre</a> en a reparlé et à insisté sur l&rsquo;importance de dépistage du CCR. De façon plus pragmatique, voilà en vidéo, ce que ça va donner:</p>
<p>J&rsquo;avoue que c&rsquo;est, avec le dépistage du cancer du col utérin, un des dépistage sur lequel j&rsquo;insiste particulièrement&hellip; J&rsquo;espère que des études en population &ldquo;réelle&rdquo; avec ce nouveau test iront dans ce sens et que l&rsquo;augmentation attendue des diagnostics améliorera vraiment les patients et n&rsquo;entraine pas un sur-traitement abusif&hellip;</p>
<p>Un patient qui reconsulte pour un même motif est un patient qui est potentiellement plus grave. Ce phénomène a déjà été bien observé et la relation mortalité/nombre de consultation est remise au gout du jour par un <a href="http://emj.bmj.com/content/early/2015/03/24/emermed-2014-204496">article</a> . Cette revue de la littérature a mis en évidence une multiplication par 2,2 des patients consultant fréquemment aux urgences. Tout ça pour dire, que &ldquo;le patient hypochondriaque&rdquo; qui vient &ldquo;toujours pour la même chose&rdquo; , et ben, il a un risque supérieur aux autres patients: alors restons vigilants!</p>
<p>3/ Neurologie</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0140673615606900">article</a> du Lancet qui fait parler de lui est celui parlant de la mobilisation précoce en post-AVC. C&rsquo;est une étude controlé randomisée étudiant le levé précoce versus les soins courants avec comme critère de jugement principal, le score de rankin à 3 mois évaluant le handicap. Et ben, contrairement à ce qu&rsquo;on trouve dans de nombreuses recommandations, le lever précoce était, dans cette grande étude, associé à un handicap significativement supérieur au groupe de soins courant, sans augmentation significative de la mortalité. Pour vivre mieux restons couchés?</p>
<p>4/ Chirurgie</p>
<p>C&rsquo;est pas courant que je parle d&rsquo;article de chirurgie, mais celui-ci me semble intéressant car il porte sur l&rsquo;<a href="http://www.americanjournalofsurgery.com/article/S0002-9610%2814%2900607-2/abstract">appendicite aigüe</a> .  La question a toujours été: faut il opérer systématiquement, peut on repousser l&rsquo;intervention? La revue prescrire avait passé en revue l&rsquo;épidémiologie des appendicite et retrouvait toujours un nombre supérieure d&rsquo;appendicectomie en France par rapport aux autres pays, mais le traitement de référence reste la chirurgie (Rev Prescrire 2014 ; <strong>34</strong> (374) ). Cependant,  quand le diagnostic est posé, quel délai est optimal pour l&rsquo;appendicectomie? L&rsquo;étude retrouve une augmentation de  66% de complications chez les patients ayant été opéré dans un délai supérieur à 48 heures par rapport à ceux opérés en moins de  24 heures et entre 24 et 48 heures (sans différence entre ces deux groupes). Le délai n&rsquo;est malheureusment pas bien expliqué: délai entre premiers symptomes et chirurgie, ou délai entre diagnostic et chirurgie?<br>
En pratique de ville, en cas de patient consultant pour une douleur abdominale, on peut se dire qu&rsquo;on a raisonablement le doit de ne pas conclure à une appendicite à la première consultation. Donner des conseils au patient pour qu&rsquo;il reconsulte et faire le diagnostic 24h après ne semble pas être une perte de chance pour lui.</p>
<p>Sur ce, encore un joyeux anniversaire au MedEdFr et à la semaine prochaine pour un 50ème DragiWebdo!<br>
Bonne journée!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°48: Sémiologie, FA et IDM, diabète et tabac, stéatose et NASH, rubéole, survie des cancer, Hydroxyzine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/05/dragi-webdo-n48/</link><pubDate>Sun, 03 May 2015 21:39:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/05/dragi-webdo-n48/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Oncologie</category><category>Infectiologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, et encore merci de me lire aussi régulièrement! (Et bienvenue également aux nouveaux lecteurs qui passeraient par ici et que ma chronique arriverait à accrocher!)<br>
Cette semaine a été un peu dense, et donc, je vais essayer de la résumer du mieux que je pourrais.</p>
<p>1/ Études médicales</p>
<p>Je voulais commencer par un article qui me touche particulièrement, puisqu&rsquo;il a été publié par des médecins qui ont joué un rôle important dans ma formation. Et ça tombe bien, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit justement de formation médicale. L&rsquo;ECN forme mieux les étudiants à travailler sur du papier qu&rsquo;à examiner un patient. Malheureusement. <a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S024886631400647X">L&rsquo;article</a> met parfaitement en avant l&rsquo;absence de corrélation entre le classement et l&rsquo;analyse des 11 points cliniques évalués chez des étudiants à la veille de prendre leur poste d&rsquo;interne.</p>
<p><a href="/images/articles/2015/ecn-s-c3-a9miologie.png"><img src="/images/articles/2015/ecn-s-c3-a9miologie.png" alt=""></a></p>
<p>Si on traçait une droite cherchant une corrélation, elle serait horizontale et passerait par un score global d&rsquo;environ 7/11.<br>
Le point positif de l&rsquo;article, c&rsquo;est qu&rsquo;il permet également de se remémorer la sémiologie, avec le détail de certains gestes qu&rsquo;on oublie parfois:</p>
<p><a href="/images/articles/2015/s-c3-a9mio.png"><img src="/images/articles/2015/s-c3-a9mio.png" alt=""></a></p>
<p>Un billet consacré entièrement à cet article par PUautomne est disponible <a href="http://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=3383">ici</a> .</p>
<p>2/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>L&rsquo;hydroxyzine fait beaucoup parler d&rsquo;elle. Contrairement à ce que j&rsquo;avais dit initialement <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/02/dragi-webdo-n37.html">ici,</a> cette molécule <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Hydroxyzine-Atarax-et-generiques-nouvelles-restrictions-d-utilisation-pour-minimiser-le-risque-d-allongement-QT-Lettre-aux-professionnels-de-sante">n&rsquo;est plus recommandée chez le sujet âgé,</a> mais si jamais on est &ldquo;contraint&rdquo; de la prescrire à cette population, la posologie de 50mg semble être la dose maximale à utiliser.</p>
<p>3/ Cardio vasculaire</p>
<p><a href="http://circ.ahajournals.org/content/early/2015/04/27/CIRCULATIONAHA.114.014145.short?rss=1">Une étude</a> publié dans Circulation, met en évidence un risque augmenté d&rsquo;infarctus du myocarde chez les patients atteints de fibrillation auriculaire de  63%. Cependant, l&rsquo;analyse en sous groupe ne montre qu&rsquo;une augmentation des syndromes coronaires aigus sans élévation du segment ST. Une fois de plus, il est dommage de ne pas avoir d&rsquo;étude de mortalité sur la cohorte de patients.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2279724&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=172982676&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=13761289">JAMA</a> titre :  65% de suvie à 5 ans dans les cancers en  2011. Le tableau reprend les principaux cancers et les survie à 5 ans selon le sexe et l&rsquo;âge. Globalement, il vaut mieux être jeune et être une femme pour survivre&hellip;</p>
<p><a href="/images/articles/2015/cancer.png"><img src="/images/articles/2015/cancer.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Infectiologie</p>
<p>Alors que je parlais de la rougeole dans l&rsquo;est de la France la semaine dernière et de l&rsquo;importance, selon moi de la vaccination ROR, voilà la réponse des canadiens: la <a href="http://www.allodocteurs.fr/grossesse-enfant/enfant/maladie-infantile/la-rubeole-eradiquee-du-canada-a-la-terre-de-feu_16216.html">rubéole est éradiquée</a> du continent américain!</p>
<p>6/ Gastro-entérologie</p>
<p>Pour finir, une étude qui fera plaisir aux industriels: <a href="http://www.eurekalert.org/pub_releases/2015-04/eaft-naw042315.php">les patients avec une NASH</a> (stéato-hépatite non alcoolique) auraient une augmentation de  50% de leur mortalité par rapport à ceux avec une stéatose hépatique non alcoolique. Actuellement, il n&rsquo;y a pas de traitement médicamenteux efficace pour ralentir ou stopper l&rsquo;évolution d&rsquo;une stéatose. Les règles hygiéno-diététiques sont les seules mesures à mettre en place. Cependant, les labo tentent d&rsquo;utiliser de nouvelles molécules pour traiter la NASH et la stéatose: <a href="http://www.genfit.fr/wp-content/uploads/2015/03/2015.03.26-CP-GENFIT-Resultats-Golden505.pdf">GFT505</a> montre une amélioration du bilan hépatique et des paramètres biologiques liés au risque cardio-vasculaires et <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2814%2961933-4/abstract">l&rsquo;acide obéticholique</a> qui montre une amélioration histologique. Il reste à prouver leur sécurité et à voir s&rsquo;ils permettent de contrebalancer l&rsquo;augmentation de mortalité lié à la NASH.</p>
<p>7/ Diabétologie</p>
<p>Les inhibiteurs de la DPP-4 ont montré dans de nombreuses études une augmentation du risque d&rsquo;insuffisance cardiaque. Cependant, le [laboratoire MSD](http://Trial Evaluating Cardiovascular Outcomes with Sitagliptin (TECOS)) a réussi a publier un communiqué disant qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;augmentation du nombre d’insuffisance cardiaque avec la sitagliptine. En allant chercher davantage sur <a href="https://clinicaltrials.gov/ct2/show/study/NCT00790205">clinical.trials</a> , on retrouve bien une étude qui n&rsquo;a pas comme critère de jugement principal un critère composite cardio-vasculaire et pas la survenue d&rsquo;insuffisance cardiaque, et l&rsquo;étude est créée en supériorité et pas en non infériorité. Donc, avec cette étude, on ne peux pas exclure la présence d&rsquo;un risque d&rsquo;insuffisance cardiaque lié au médicament, d&rsquo;autant plus que l&rsquo;ensemble de la littérature va dans le sens d&rsquo;une association.</p>
<p>Quel est l&rsquo;effet du tabac sur le diabète? <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2815%2900082-0/abstract">Une étude</a> reprend en introduction que le tabagisme est associé à une augmentation du risque de diabète. Cependant, à l&rsquo;arrêt du tabac, il y a une augmentation de l&rsquo;HbA1C de 0,21% qui se poursuit jusqu&rsquo;à 3 ans après le début de l&rsquo;abstinence et indépendamment de la prise de poids. On peut surtout informer les patients qu&rsquo;une augmentation de l&rsquo;HbA1C est possible, mais, je doute que l&rsquo;augmentation de 0,2% d&rsquo;Hba1C pendant seulement 3 ans ait un retentissement clinique sur les complications lié au diabète dans la vie du patient contrairement au bénéfice du sevrage sur le plan cardio-vaculaire et oncologique.</p>
<p>C&rsquo;est fini pour cette semaine! Comme d&rsquo;habitude, si vous avez des critiques pour améliorer le Webdo ou des articles à me soumettre, n&rsquo;hésitez pas à me contacter ici ou sur Twitter <a href="https://twitter.com/Dr_Agibus">@Dr_Agibus</a>.</p>
<p>A la semaine prochaine!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°47: dépistage mammo/CCR, infos du CNGE, tabac/marche et maladies cardio-vasculaires, bisphosphonates, insuline pour prévenir le diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/04/dragi-webdo-n47/</link><pubDate>Mon, 27 Apr 2015 18:37:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/04/dragi-webdo-n47/</guid><category>Santé publique</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour !<br>
Catastrophe, je suis particulièrement en retard pour vous informer des actualités de la semaine passée… Heureusement, la semaine n’a pas été trop riche, et je vais pouvoir me rattraper.</p>
<p>1/ Santé publique</p>
<p>Commençons par un point vaccination : <a href="http://www.francebleu.fr/societe/vaccination/un-risque-d-epidemie-de-rougeole-dans-le-haut-rhin-2306047">37 cas de rougeole en une dizaine de jour dans l’est de la France</a> ! Après l’épidémie qui avait touché le parc Disney de Floride, la France serait-elle touchée par la maladie à cause du taux de vaccination en baisse ? D’après les médiats, 10% des collégiens alsaciens ne sont pas vaccinés contre la rougeole. Pour une fois qu’on a un vaccin efficace et assez bien connu pour ne pas avoir à déplorer d’évènements grave spécifiques, autant l’utiliser !</p>
<p>La revue exercer a publier un article sur le <a href="http://www.exercer.fr/numero/118/page/78/">dépistage du cancer colorectal</a> en médecine générale. L’article se concentre essentiellement sur l’Hemoccult, et parle du faible taux de participation. Espérons que le test immunologique qui sera disponible sous peu permettra d’améliorer la participation de ce dépistage utile (même selon la revue Prescrire !)</p>
<p>Aux Etats Unis, pendant ce temps là, des <a href="http://www.uspreventiveservicestaskforce.org/Page/Document/RecommendationStatementDraft/breast-cancer-screening1#Pod4">nouvelles recommandations pour la mammographie</a> ont été mises en place. En fait, peu de choses ont changé : faire une mammographie de 50 à 74 ans , tous les 2 ans est une recommandation de classe B. Les spécialités outre atlantiques se désolent que le dépistage de 40 a 49 ans ne soit toujours pas recommandé, malgré l’absence de bénéfice dans toutes les études… Mais les recommandations ne tranchent pas en disant que « les femmes souhaitant se faire dépister et plaçant le bénéfice de rechercher un cancer supérieur au sur-diagnostic et au sur-traitement peuvent être dépistées » . Le point intéressant est également qu’il n’y a pas encore assez de preuve pour l’utilisation de la mammographie 3-D pour en examen de dépistage à la place de la radiographie conventionnelle.</p>
<p>Enfin, le <a href="http://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/faut_il_avoir_peur_des_medicaments_avril_2015/">CNGE refait un point</a> sur les « alertes » qui ont parcouru les médias ces derniers mois en parlant du paracetamol, de l’ibuprofène, des anti-diabétiques oraux et des statines. Un texte court mais intéressant. Je pense cependant que les médecins ayant lu ce communiqué ne soient en grande majorité ceux qui étaient déjà convaincus par son contenu.</p>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>Le BMJ s’est intéressé à <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h1551">l’impact du tabac et de son arrêt sur les évènements cardiovasculaires</a> chez les patients âgés de plus de 60 ans. On n’y apprend pas grand-chose de neuf, mais la taille de la méta-analyse d’étude de cohorte rend l’article très intéressant. On y retrouve un risque de mortalité cardio-vasculaire multiplié par 2 chez les patients fumeurs et un bénéfice en terme d’évènements cardio-vasculaire à arrêter le tabac, même à un âge avancé.</p>
<p>A défaut de convaincre les patients réticents de se mettre à une activité physique qui « leur prendrai trop de temps », essayer de les convaincre ave cette méta-analyse, des <a href="http://www.healthevidence.org/view-article.aspx?a=28570">effets bénéfiques de la marche</a> sur le poids et la tension artérielle. Malheureusement, les résultats concernant la morbi-mortalité n’ont pas été étudiés et c’est bien dommage.</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Le JAMA Internal Medicine a publié une étude sur <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2247163">l’acide zoledronique</a> dans ostéoporose de la femme âgée fragile. Malgré une augmentation de la densité osseuse à 1 an après une unique injection du traitement et une prise quotidienne en vitamine D, l’étude ne retrouve pas de diminution des fractures ou de la mortalité. Au contraire, il y a une augmentation (bien que non significative) de 4 % des fractures et de 3% de la mortalité… Mais, on ne peut rien conclure là-dessus, car a probabilité que cette différence soit due au hasard est trop importante (&gt; 5%). On restera donc sur le fait que ce traitement ne fait qu’améliorer la densité osseuse sans effet sur les fractures et la mortalité dans cette population.</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Je devrais plutôt dire : « pré-diabétologie ». En effet, <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2275446&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=169181819&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=13609330">une étude publiée dans le JAMA</a> a sélectionné des enfants de 2 à 7 ans avec de fortes susceptibilités d’être atteints par un diabète auto-immun. Après randomisation, les enfants traités préventivement par de l’insuline par voie orale. Cela à stimulé leur réponse immunitaire que le placebo vis-à-vis de l’insuline sans causer d’hypoglycémie. L’objectif est d’essayer d’induire une tolérance pour éviter que ces enfants ne développent un diabète, mais ce n’est pas cette petite étude pilote qui pourra nous renseigner.</p>
<p>Voilà donc pour la semaine dernière.<br>
Bon courage pour cette semaine et à dans quelques jours pour le prochain article!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°46: ibuprofene et risque cardio/nephro, diabète gesta et grossesse, alcool et tabac en MG, VIH, reco ostéoporose (US), pompes à insuline</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/04/dragi-webdo-n46/</link><pubDate>Mon, 20 Apr 2015 00:19:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/04/dragi-webdo-n46/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Addictologie</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Gynécologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir, j&rsquo;espère que vous avez pu profiter du beau soleil de ce week-end! (Même si malheureusement, toute la France n&rsquo;y a pas eu droit&hellip;). Fin de la rubrique météorologique pour revenir vers la médecine! Pas mal d&rsquo;actus cette semaine. Bonne lecture!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>L&rsquo;avertissement de l&rsquo;ANSM de la semaine concerne le <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Recommandations-du-PRAC-concernant-le-risque-cardiovasculaire-des-medicaments-contenant-de-l-ibuprofene-utilises-a-fortes-doses-Point-d-Information">risque cardiovasculaire connu de l&rsquo;Ibuprofène</a>. A la posologie de 1200mg/ jour, c&rsquo;est pourtant un des AINS avec la plus faible toxicité cardiologique avec le Naproxène, selon la revue Prescrire. L&rsquo;ANSM averti sur l&rsquo;utilisation de l&rsquo;ibuprofène à la posologie peu utilisée en médecine générale (et plutôt en rhumatologie) de 2400mg/jour. Dans tous les cas, le risque des AINS au long cours n&rsquo;est pas négligeable, aussi bien sur le plan cardiovasculaire que gastrique, néphrologique et des interactions médicamenteuses.</p>
<p>Pour rester sur le même sujet, je ne vais pas paraphraser l&rsquo;<a href="http://perruchenautomne.eu/wordpress/?p=3308&amp;utm_source=feedburner&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_campaign=Feed%3A+ClubDesMedecinsBlogueurs+%28Club+des+M%C3%A9decins+Blogueurs%29">excellent billet de PUautomne</a>, mais reprendre quelques chiffre:</p>
<ul>
<li>
<p>Il suffit de traiter 300 patients sous diurétiques par AINS pour voir une insuffisance rénale aigue</p>
</li>
<li>
<p>158 patients sous diurétique et bloqueur du SRA pour voir une IRA</p>
</li>
<li>
<p>68 patients de plus de 75 ans sous diurétique ou bloqueur du SRA seulement pour voir une IRA!</p>
</li>
</ul>
<p>2/ Cardiovasculaire</p>
<p>La bonne nouvelle, c&rsquo;est que l&rsquo;exception française n&rsquo;est peut être pas que française! Il y a quelque années, seule une étude en population française avait retrouvé une diminution du risque cardiovasculaire chez les patients avec une consommation modérée de vin. <a href="http://circheartfailure.ahajournals.org/content/early/2015/04/14/CIRCHEARTFAILURE.114.001787.short?rss=1">Circulation</a> publie une étude scandinave qui a retrouvé une diminution de 19% du risque d&rsquo;insuffisance cardiaque chez les patients buvant 1 à 2 verre d&rsquo;alcool par jour.</p>
<p>Insuffisance cardiaque toujours. Un des facteurs de risque à la mode était l&rsquo;hyperuricémie. La question était donc de savoir si traiter l&rsquo;hyperuricémie permettait de diminuer le risque cardiovasculaire. <a href="http://circ.ahajournals.org/content/early/2015/04/14/CIRCULATIONAHA.114.014536.short?rss=1">L&rsquo;étude publiée</a> également dans Circulation n&rsquo;a pas montré qu&rsquo;un traitement par allopurinol diminuait l&rsquo;insuffisance cardiaque ou améliorait la survie, la FEVG ou les performances physiques.</p>
<p>3/ Addictologie</p>
<p>Une <a href="http://www.biomedcentral.com/1472-6963/15/110">étude de médecine générale</a> s&rsquo;est intéressé à la consommation d&rsquo;alcool et de tabac chez les patients. Cependant, l&rsquo;intérêt était d&rsquo;étudier la concordances des données fournies par le dossier médical et celles fournies par le patient directement. Les données du dossier médical étaient ainsi plus précises pour les praticiens habitués à prendre en charge ces dépendances. Ces prises en charges sont du recours du médecin généraliste, une formation des médecins à ces fins permettrai probablement d&rsquo;améliorer le recueil des données et la prise en charge des patients.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>Le VIH est selon l&rsquo;OMA, la <a href="http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs345/en/">2ème cause de mortalité chez l&rsquo;adolescent</a> après les accidents de la route et avant les suicides. Dans ce contexte, les auto-test VIH vont arriver sur le marcher. La HAS a publié un <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2026839/fr/autotests-vih-un-document-dinformation-pour-accompagner-leur-utilisation">document d&rsquo;information</a> sur le sujet, rappelant la possibilité et la nécessité d&rsquo;être entouré.</p>
<p>Pour en finir avec l&rsquo;infectiologie, la consommation d&rsquo;antibiotiques en France reste particulièrement élevée! On est pour ainsi dire, les plus gros consommateurs d&rsquo;Europe&hellip; Un triste titre&hellip;</p>
<p><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi_WpuPhEC4_u8GSqsFYihBRz-WVNeVAfvwVJoC6D2tcEHSsXEyGD1-L72qRwQO_P4Qe-sjhY1W4kbi0FyNL3kl-l5L1x8ZhNh3Q9RUHjj1SmDm4IhZRONrI1fY-HDY04BKSQWH2WMQnAte/s1600/prescription+d'antibiotiques+par+pays.jpg"><img src="/images/articles/2015/prescription-d-antibiotiques-2bpar-2bpays.jpg" alt=""></a></p>
<p>5/ Rhumatologie</p>
<p>Les société savantes américaines ont statué sur l&rsquo;ostéoporose et les indications d&rsquo;examens complémentaires. L&rsquo;<a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2247131&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=166978603&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=13474479">ostéodensitométrie</a> est recommandée chez les hommes et femmes de plus de 50 ans ayant eu une fracture à l&rsquo;âge adulte, ou avec des facteurs de risque de fracture ou avec  un risque de fracture élevé selon le FRAX, chez les femmes de plus de 65 ans et les hommes de plus de 70 ans. Entre autres circonstances classiques, une imagerie vertébrale est également recommandée en cas de perte de 2cm notifiée de façon &ldquo;prospective&rdquo; ou d&rsquo;antécédent de perte de 4cm de taille.</p>
<p>6/ Grossesse</p>
<p>Après la possible implication du paracetamol pris pendant la grossesse dans la survenue de l&rsquo;autisme chez l&rsquo;enfant, <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2247143&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=166978617&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=13473749">les chercheurs</a> ont cette fois ci trouvé une association entre diabète gestationnel diagnostiqué pendant la grossesse et autisme (HR=1.42; IC95%= 1.15-1.74), Il n&rsquo;y en avait pas cependant pour le diabètes de type 2 préexistant.</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Finissons avec de la diabétologie alors que la saison de ski ne va pas tarder à s&rsquo;achever après les vacances de printemps. En effet, l<a href="http://www.wemjournal.org/article/S1080-6032%2814%2900435-9/abstract">&lsquo;utilisation d&rsquo;un détecteur ARVA</a> à moins de 30 cm d&rsquo;un pompe à insuline réduit de 2/3 la porté du détecteur à cause d&rsquo;interaction. Un information qui peut s&rsquo;avérer utile pour les patient sous pompe à insuline travaillant dans le sauvetage en montagne.</p>
<p>Sur ce, bonnes vacances à ceux qui peuvent en profiter, et à la semaine prochaine!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°45: switch AVK/AOD, dépistage mammo (HAS), soins infirmiers, pneumopathies et azithromycine, démence/IMC, télé/diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/04/dragi-webdo-n45/</link><pubDate>Sun, 12 Apr 2015 23:07:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/04/dragi-webdo-n45/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Santé publique</category><category>Infectiologie</category><category>Neurologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, c&rsquo;est le fin du week-end. Il n&rsquo;y a pas eu beaucoup d&rsquo;articles qui ont retenu mon attention cette semaine et j&rsquo;avoue ne pas être très inspiré pour l&rsquo;introduction de ce billet, alors, commençons sans plus attendre!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Le <a href="http://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/faut_il_avoir_peur_du_paracetamol_avril_2015/">CNGE</a> est revenue sur l&rsquo;étude parlant des risques du paracetamol pour conclure qu&rsquo;elle ne doit pas remettre en cause les pratiques, mais que les patients doivent être informés des risques, comme pour tout médicament.</p>
<p>Une étude à recherché si le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lanhae/article/PIIS2352-3026%2815%2900041-1/abstract">switch d&rsquo;anticoagulant</a> d&rsquo;un AVK vers un AOD augmentait le risque d&rsquo;évènement cardio-vasculaire ou hémorragique. C&rsquo;est certes rassurant pour les patients qui ne réponde pas de façon adaptée aux AVK et qu&rsquo;il faut passer à un AOD (puisque c&rsquo;est dans ce cadre que l&rsquo;utilisation de ces derniers est recommandée).</p>
<p>2/ Santé publique</p>
<p>La <a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article/1071">revue Minerva</a> a revu un article de 2014 sur l&rsquo;organisation de la prise en charge des pathologies chroniques par des infirmiers. La conclusion confirme celle de l&rsquo;étude, avec une amélioration des paramètres de santé tels que la tension artérielle, cholestérolémie&hellip; grâce aux intervention des infirmiers.</p>
<p>Le <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2024559/fr/depistage-et-prevention-du-cancer-du-sein">dépistage du cancer du sein</a> par mammographie a vu sa documents HAS actualisés. Je ne reviendrai que sur la partie liée au surdiagnostic. Ce dernier est plus développé qu&rsquo;habituellement dans les guides de ce type. Cependant, on note quelques discordances: &ldquo;les surdiagnostics estimés à 6,5% du total des cancers diagnostiqués (entre 1% et 10%)&rdquo; puis plus loin : &ldquo;entre  4 et 54%&rdquo;. On a quand même un taux estimés assez précisément entre 20 et 25% d&rsquo;après les dernières études selon la revue Prescrire. Tout ça pour dire que, selon moi, dépister c&rsquo;est bien, mais pas sans informer les patients des  conséquences du dépistage.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La <a href="http://www.cochrane.org/fr/CD001954/azithromycine-dans-le-traitement-des-infections-aigues-des-voies-respiratoires-inferieures">Cochrane</a> a étudié l&rsquo;utilisation de l&rsquo;azithromycine versus pénicillines dans les infections pulmonaires. Le travail n&rsquo;a pas retrouvé de différence entre les 2 classes thérapeutiques dans les infections respiratoires basses, avec un taux d&rsquo;échec plus faible et moins d&rsquo;effets indésirables sous macrolide dans le cadre des bronchites aiguës (bien que la recommandation ne soit pas de traiter par antibiotiques compte tenue de la part importante de leur étiologie virale).</p>
<p>4/ Neurologie</p>
<p>Une <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2815%2900033-9/abstract">étude du Lancet</a> a étudier les relation entre BMI et risque de démence. Il est apparu qu&rsquo;avoir un IMC faible, inférieur à 20, augmentait de  34% le risque de développer une démence. De plus, l&rsquo;obésité était associé à une diminution de ce risque.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>On sait que la sédentarité est associée au risque de diabète. <a href="http://www.diabetologia-journal.org/files/Rockette-Wagner.zip">Diabetologia</a> a publié une étude retrouvant une augmentation du risque de diabète de 3,4% par heure quotidienne passée devant la télé!</p>
<p>Alors, lachez votre ordinateur et sortez faire du sport!</p>
<p>Je vous dis à la semaine prochaine, en vous donnant une &ldquo;triste nouvelle&rdquo; : l&rsquo;adage &ldquo;an apple a day, keeps the doctor away&rdquo; n&rsquo;est malheureusement pas totalement confirmé par <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2210883">les études</a>!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°44: vaccin anti-rotavirus, pneumopathie, sinusites (reco américaines), GEA à ECEH, traitements arthrose, IVG, dépistage cancer prostate</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/04/dragi-webdo-n44/</link><pubDate>Mon, 06 Apr 2015 15:06:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/04/dragi-webdo-n44/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Gynécologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Je n&rsquo;ai pas oublié de faire ma veille bibliographique de la semaine, mais comme ce lundi est un peu un dimanche, je considère que je ne suis pas en retard&hellip;</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Commençons donc avec les vaccins anti-rotavirus. Il faut bien être en France pour voir un tel nombre d&rsquo;informations contradictoires sur un même vaccin sans être capable de trancher. Le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=404">HCSP</a> recommandait il y a 1 an de vacciner les enfants de moins de  6 mois par ce type de vaccin malgré le risque bien connu d&rsquo;invagination intestinale aiguë dans les 7 jours. Deux calendriers vaccinaux plus tard, cette vaccination n&rsquo;est toujours pas dedans. En effet, le risque d&rsquo;invagination semble bien trop élevé compte tenu du bénéfice attendu et l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Vaccins-contre-les-rotavirus-RotaTeq-et-Rotarix-et-rappel-sur-la-prise-en-charge-de-l-invagination-intestinale-aigue-du-nourrisson-Point-d-Information">ANSM fait un &ldquo;point information&rdquo;</a> sur ce sujet. Du coup, on attend la réévaluation de la décision du HCSP, mais la balance bénéfice-risque ne me semble vraiment pas favorable en population générale.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Il y a beaucoup d&rsquo;articles portant sur les pneumopathies ces derniers mois. Le dernier en date, celui du <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1406330">NEJM</a> portant sur les pneumopathies ne nécessitant pas de soins intensifs. Il retrouve une non infériorité d&rsquo;une thérapie par monothérapie par betalactamine versus une bithérapie par betalactamine et macrolides. La méthodologie est plutôt contestable, une randomisation pour un essai en cross-over avec 3 bras, selon la stratégie sur des périodes de 4 mois, qui privilégie l&rsquo;intention de traiter au lieu du per protocole (qu&rsquo;il est préférable d&rsquo;utiliser pour les études de non infériorité). D&rsquo;<a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1910547&amp;utm_campaign=social_120914&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jamainternalmed">autres études publiées</a> récemment ne retrouvaient pas cette non infériorité.</p>
<p>La société américaine d&rsquo;ORL a écrit des recommandations sur les <a href="http://oto.sagepub.com/content/152/2_suppl/S1.full.pdf+html">sinusites aiguës</a>. La définition donnée à la sinutite aigue bactérienne est une présence de symptômes de sinusite aigue (obstruction nasale avec rhinorrhée purulente et/ou douleur à la palpation sinusienne) persistant plus de 10 jours ou un doublement des symptômes avant 10 jours après une amélioration initiale. Le traitement consiste dans des lavages de nez +/- corticoïdes locaux, et les antibiotiques type amoxcicilline +/- acide clavulanique pendant 5 à 10 jours ne sont préconisés qu&rsquo;en cas d&rsquo;absence d’amélioration des symptômes 7 jours après le diagnostic (soit 17 jours d&rsquo;évolution de la sinusite) ou d&rsquo;aggravation plus précocement. Le diagnostic de sinusite chronique doit être confirmé par une rhinoscopie ou TDM, puis un traitement par corticoïde locaux et lavages de nez est recommandé.</p>
<p>Le HCSP a émis un avis sur la prise en charge des gastro entérites à <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=494">E.Coli Entéro Hémoragique</a>.
Le dépistage est recommandé devant toute diarrhée sanglante. L&rsquo;éviction
est bien évidement la mesure qui est la plus consensuelle. Concernant
l&rsquo;antibiothérapie, il semblerai que les quinolones et le cotrimoxazole
soient délétère alors qu&rsquo;un macrolide puisse favoriser l&rsquo;évolution, sans
que l&rsquo;utilisation de l&rsquo;azithromycine ne soit consensuelle.</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Le paracetamol est mis à mal dans la lombalgie depuis <a href="http://ard.bmj.com/content/early/2015/02/09/annrheumdis-2014-206914">le début de l&rsquo;année</a>. Une revue de la littérature publiée dans le BMJ trouve également que le paracetamol n&rsquo;a pas d&rsquo;efficacité démontrée dans la lombalgie aigue. Cependant, il y aurait de faible bénéfice dans l&rsquo;arthrose de genou et de hanche.</p>
<p>L&rsquo;autre question que l&rsquo;on peut être amené à se poser concerne les <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2210887&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=161237890&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=13167716">injections de corticoïdes dans la gonarthrose</a>. Une injection ne semble pas avoir d&rsquo;effet significatif sur l&rsquo;échelle de douleur avant de débuter une rééducation par exercice physique. Dans la gonarthrose, l&rsquo;exercice et le paracetamol sont les mesures modérément efficaces.</p>
<p>4/ Gynécologie-urologie</p>
<p>Alors que le débat sur la suppression du délai de réflexion dans l&rsquo;IVG fait rage, la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2021610/fr/interruption-medicamenteuse-de-grossesse-les-protocoles-a-respecter">HAS</a> réédite sa fiche sur l&rsquo;IVG en maintenant ce délai. Pour les médecins souhaitant mieux connaitre l&rsquo;IVG en ville, le guide à remettre aux patiente et expliquant les démarches, interventions et autres effets indésirables est disponible <a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=2&amp;ved=0CCwQFjAB&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.sante.gouv.fr%2FIMG%2Fpdf%2Fguide_interruption_volontaire_de_grossesse.pdf&amp;ei=b4AiVcnnPM_PaLLpgdgD&amp;usg=AFQjCNFB9tG1sjzk8QLddmgvynnC0pWArQ&amp;sig2=CqAW2sVim6n94mS-AKt3mQ&amp;bvm=bv.89947451,d.d2s&amp;cad=rja">ici</a>.</p>
<p>Enfin, on avait eu une superbe infographie sur le <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/02/dragi-webdo-n37.html">dépistage du cancer du sein</a> il y a quelques semaines. En voici maintenant une portant sur le dépistage du cancer de la prostate.</p>
<p><a href="/images/articles/2015/cancer-prostate.png"><img src="/images/articles/2015/cancer-prostate.png" alt=""></a></p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine, enfin, pour la semaine dernière. A dimanche prochain et passez une bonne fin de week-end prolongé (pour ceux qui ne sont pas de garde&hellip;)</p>
<p><em>Joyeuses Pâques!</em></p>
<p><a href="/images/articles/2015/lapin.png"><img src="/images/articles/2015/lapin.png" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°43: CMGF, congrès SFD, calendrier vaccinal, HPV et CCR, tabagisme parental et enfants, sinusite, inf. dentaire, risque chutes, déprescription</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/03/dragi-webdo-n43/</link><pubDate>Mon, 30 Mar 2015 00:15:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/03/dragi-webdo-n43/</guid><category>Santé publique</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! La semaine a été longue mais j&rsquo;ai quand même trouvé un peu de temps pour suivre les actualités de la semaine. La raison, le Congrès de Médecine Générale France. Merci à <a href="https://twitter.com/drlnk">@drlnk ,</a> <a href="https://twitter.com/DrTib">@DrTib ,</a> <a href="https://twitter.com/ElliotReid_MD">@ElliotReid ,_MD</a> <a href="https://twitter.com/docteurmilie">@docteurmilie ,</a> <a href="https://twitter.com/dominiqueloubet">@dominiqueloubet ,</a> <a href="https://twitter.com/DrJohnFa">@DrJohnFa</a> , <a href="https://twitter.com/mimiryudo">@mimiryudo</a> , ,  <a href="https://twitter.com/quartiflett">@quartiflett</a> et  <a href="https://twitter.com/ICH8412">@ICH8412</a> qui également passé leurs journées à tweeter les présentations du congrès. Vous pouvez donc retrouver toutes ces informations sur Twitter avec le hashtag  <a href="https://twitter.com/search?f=realtime&amp;q=%23CMGF2015&amp;src=tyah">#CMGF2015</a> ! Aller, c&rsquo;est parti pour les actus!</p>
<p>1/ Santé publique:</p>
<p>Pour commencer, on va commencer par l’actualisation du <a href="http://t.co/RalzpcDrUS">calendrier vaccinal 2015</a> qui, n&rsquo;a pas changé pour une fois!</p>
<p><a href="/images/articles/2015/calendrier-vaccinal-2015.png"><img src="/images/articles/2015/calendrier-vaccinal-2015.png" alt=""></a></p>
<p>Restons dans la vaccination. L&rsquo;EMA vient d&rsquo;accorder la <a href="http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/news_and_events/news/2015/03/news_detail_002295.jsp&amp;mid=WC0b01ac058004d5c1">mise sur le marché du Gardasil 9</a>, qui agit sur les souches 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58 de papillomavirus. Comme je l&rsquo;ai déjà exprimé <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/03/le-hpv-tes-vaccinee.html">ici</a>, la vaccination anti-HPV est peut-être utile et doit se faire avec un vaccin quadrivalent. Qu&rsquo;apporte ces cinq valences supplémentaires? Les virus 31, 33, 45, 52 et 58 sont impliquées dans <a href="http://jid.oxfordjournals.org/content/199/7/926/F4.expansion.html">15%</a> des cancers du col, et viennent s&rsquo;ajouter aux 70% des souches 16 et 18. Les souches supplémentaires étaient en parties couvertes par le vaccin bivalent grâce à des immunités croisées qui étaient cependant moins prononcées avec le vaccin quadrivalent. L&rsquo;objectif de ce vaccin a 9 valences est donc d&rsquo;améliorer la protection contre un nombre de souches plus large tout en conservant la protection vis à vis des condylomes. L&rsquo;idée ne me déplait pas, mais on manque peut être encore de recul à mon avis sur l&rsquo;ajout de ces sources supplémentaire d&rsquo;effets indésirables, sans que le frottis ne devienne superflu pour autant. A ce jour, je resterai sur la prescription du vaccin quadrivalent quand une patiente souhaite se faire vaccinée.</p>
<p>A partir de mi-avril, le <a href="http://www.medscape.fr/voirarticle/3601376">test immunologique de dépistage du cancer colo-rectal</a> devrait être mis en service à la place de l&rsquo;Hemoccult. Sauf si c&rsquo;est encore repoussé&hellip;</p>
<p>Notre ministère de la santé a publié un rapport sur l&rsquo;évolution de la <a href="http://www.social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/Plan_national_medicaments_generiques_24mars2015.pdf">consommation de médicaments génériques</a>. Et bien, elle augmente progressivement. Si on continue comme ça on pourrais presque faire des économies en santé&hellip;<br>
Et d&rsquo;ailleurs, voici <a href="https://drive.google.com/folderview?id=0B-TX48qmbxBwMlkxUGRYdWtzQkk&amp;usp=sharing">le poster récompensé au CMGF</a> et qui portait sur le sujet!</p>
<p>Enfin, et surtout, un article du JAMA parle de la <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2204035&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=158855640&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=13026182">déprescription des médicaments inutiles</a>. Les auteurs décomposent la déprescription en 5 étapes: revoir les bénéfices de la prescription de chaque médicament, réévaluer les risques de chacun des produits, faire la balance bénéfice-risque pour la poursuite de la prescription, retirer progressivement les médicaments dans l&rsquo;ordre en commençant par celui avec les risques les plus élevés et surveiller l&rsquo;évolution clinique du patient.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire:</p>
<p>Le tabagisme passif est désormais un fléau bien connu, mais quelles sont les <a href="http://circ.ahajournals.org/content/early/2015/03/12/CIRCULATIONAHA.114.013485.short?rss=1">conséquences du tabagisme parental chez l&rsquo;enfant</a>? Dans les familles avec au moins 1 parent fumeur, 38% à 57% des enfants avaient une recherche de cotinine positive. Les enfants avec cette recherche positive avaient 4 fois plus de risque d&rsquo;avoir des plaques carotidiennes environ 25 ans après!</p>
<p>Un peu de logique pour clore le chapitre cardio-vasculaire: <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h1620">l&rsquo; arrêt des statines chez des patients avec une maladie en phase terminale</a> (avec une espérance de vie entre 1 mois et 1 an) peut être bénéfique. Pour ces patients, à mon avis, le &ldquo;peut-être&rdquo; devrait être remplacé par un &ldquo;est certainement&rdquo;, et cet article traitant des statines pourrait être transposé à un certain nombre de médicament, pour soulager les patients d&rsquo;un certain nombre de contraintes et d&rsquo;effets indésirables certains ou potentiels.</p>
<p>3/ Infectiologie:</p>
<p>Dans la sinusite aiguë, le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2208787">JAMA</a> a publié un article portant sur l&rsquo;intérêt de la corticothérapie. Si, en cas de symptômes sévères, les corticoïdes soulagent modérément les symptômes en complément d&rsquo;antibiothérapie sans différence sur l&rsquo;issue, ils n&rsquo;ont strictement aucun effet lors qu&rsquo;ils sont prescrits seuls.</p>
<p>Les pathologies dentaires sont souvent mal connues des MG, et moi, en tête de file. <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h1300">L&rsquo;article</a> rappelle que toute douleur dentaire ne nécessite pas d&rsquo;antibiothérapie et que les signes d&rsquo;alerte en faveur d&rsquo;une complication sont une tuméfaction faciale, un trismus, une dysphagie ou des signes de sepsis.</p>
<p>4/ Rhumatologie:</p>
<p>Dans la lombalgie aiguë, <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2204032&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=158855410&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=13024210">l&rsquo;éducation thérapeutique</a> permet d&rsquo;améliorer la confiance des patients, de les rassurer et de diminuer le nombre de consultation chez les médecin, notamment quand l&rsquo;information est faite par le médecin généraliste.</p>
<p>Enfin, dans les débats de ces derniers mois, <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2204033&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=158855470&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=13024251">une étude randomisée</a> s&rsquo;est intéressé à l&rsquo;effet de l’exercice physique et de la vitamine D sur les chutes chez les femmes de 70à 80 ans. La supplémentation en vitamine D (800UI/j) et l&rsquo;exercice n&rsquo;ont pas eu d&rsquo;effet sur la réduction du nombre de chute. Cependant, les patients du groupe &ldquo;exercice&rdquo; avaient moins de blessures suite aux chutes,quelque soit la prise de vitamine D.</p>
<p>5/ Diabétologie:</p>
<p>En même temps que le congrès du CMGE, le congrès de la société francophone de diabétologie s&rsquo;est tenu à Bordeaux. Merci à <a href="https://twitter.com/BORYSJeanMichel">@BORYSJeanMichel</a> pour son LT ( #SFD2015 ). Dans les présentation dont j&rsquo;ai eu vent, rien de très novateur. Quelques messages clés néanmoins:</p>
<ul>
<li>
<p>l&rsquo;importance du dépistage du diabète gestationnel, pas uniquement à 28SA via l&rsquo;interrogatoire, la recherche de facteurs de risque et selon, la glycémie à jeu;</p>
</li>
<li>
<p>dépister les neuropathies diabétiques, pas seulement avec le monofilament qui ne détecte que les pieds à risque, mais grâce à un interrogatoire précis sur les troubles digestifs, la recherche de dysautonomie, de sueurs, les paresthésies, etc&hellip; Même si les moyens thérapeutiques manquent, donner une explication à des symptômes peut aider les patients;</p>
</li>
<li>
<p>le traitement des dyslipidémies du diabétique quelque soit la valeur de cholestérol, avec un effet des statines quelque soit le dosage chez les patients à risque cardio-vasculaire</p>
</li>
<li>
<p>le suivi et la prévention des néphropathies diabétiques, car tout patient diabétique de type 2 évoluera vers une néphropathie si on laisse faire le temps.</p>
</li>
</ul>
<p>Pour conclure, je vous laisse regarder cette vidéo portant sur &ldquo;<a href="http://video.frequencemedicale.com/index.php?id=81&amp;prevu=true">quand avoir recours au diabétologue</a>&rdquo;. Pour ma part, tout dépend de l&rsquo;expérience du médecin généraliste dans le diabète. Avoir un avis spécialisé lors des étapes clé de l&rsquo;évolution de la maladie du patient (mise sous insuline, apparition de neuropathie, difficulté vis à vis des règles hygiénodiététiques) peut s’avérer utile lorsque les discours sont concordants, et que le diabétologue laisse le patient aux main du généraliste qui se sent capable de gérer le patient (le modèle belge décrit semble effectivement assez intéressant).</p>
<p>C&rsquo;est sur ce paragraphe que je vous souhaite une bonne semaine. Encore merci à ceux qui ont organisé le CMGF et m&rsquo;ont permis de faire de nombreuses connaissances!</p>
<p>A très bientôt!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°42: coronaropathie diag/ttt (congrès ACC), grippe (HCSP), baclofène (ANSM), homéopathie, AVC/folates, infection virale ou bactérienne?</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/03/dragi-webdo-n42/</link><pubDate>Sun, 22 Mar 2015 10:56:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/03/dragi-webdo-n42/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Neurologie</category><category>Infectiologie</category><category>Addictologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Les beaux jours reviennent, c&rsquo;est le printemps! (enfin, d&rsquo;après le calendrier&hellip; Parce qu&rsquo;en vrai, y&rsquo;a encore des progrès à faire niveau météo&hellip;) Bref, l&rsquo;actualité de la semaine a été marquée par le congrès du collège américain de cardiologie (ACC), d&rsquo;où proviennent une grande partie des études dont je vais parler. Bonne lecture! (Pour une fois, vous avez tout le dimanche pour lire le billet!)</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>Commençons par parler homéopathie. J&rsquo;avoue ne pas m&rsquo;opposer à laisser les patients prendre du sucre en pastille, mais seulement quand les traitements que je leur propose se révèlent inefficaces ou non  nécessaire pour diverses pathologies bénignes. Encore faut il qu&rsquo;ils me demandent mon avis, car bien souvent, les patients trouvent eux même le chemin vers un médecin qui prescrira ce qu&rsquo;ils souhaitent. Les <a href="https://www.nhmrc.gov.au/guidelines-publications/cam02">autorités de santé australiennes</a> ont opté pour un point de vue plus rigide qui va dans le même sens, en déclarant que &ldquo;l&rsquo;homéopathie ne devrait pas être utiliser pour traiter des pathologies chroniques, grave ou pouvant devenir graves [&hellip;] pour ne pas retarder la mise en place de traitements d&rsquo;efficacité et de sécurité prouvée.&rdquo;</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>C&rsquo;est parti pour les études présentées à l&rsquo;ACC, donc la plupart sont en accès libre. Dans l&rsquo;ordre logique, chez les patients avec une coronaopathie multitronculaire, l&rsquo;<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1415447">étude BEST</a> confirme l&rsquo;intérêt du pontage aorto-coronarien sur l&rsquo;angioplastie, car il diminue les évènements cardio-vasculaires majeurs. (Au cas où un patient me demanderai mon avis sur ce qui est le mieux pour lui&hellip;)</p>
<p>Ensuite, <a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=2&amp;cad=rja&amp;uact=8&amp;ved=0CDEQFjAB&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.nejm.org%2Fdoi%2Fpdf%2F10.1056%2FNEJMoa1500857&amp;ei=z-wNVe3WA4qtUZS0hMgJ&amp;usg=AFQjCNFwsksNkxJHb_ZSELOhAAzCUQQfsg&amp;sig2=ow9pbtT2HPoTWyIrlvoymg&amp;bvm=bv.88528373,d.d24">PEGASUS-TIMI</a> étudiait l&rsquo;utilisation du ticagrelor plus d&rsquo;un an après un infarctus du myocarde en association à l&rsquo;aspirine faible dose. La méthodologie interne est bonne, et l&rsquo;étude retrouve une diminution de 15% du risque cardio-vasculaire sous traitement, au prix d&rsquo;une multiplication par 2,3 et 3,3 des saignements majeurs et mineurs. C&rsquo;est intéressant, mais une fois de plus, pourquoi comparer au placebo quand d&rsquo;autres études avec l&rsquo;association aspirine-clopidogrel existent! Le délai de 1 an avait du être mis en place, justement pour que les patients stentés n&rsquo;ai plus besoin de clopidogrel. Il aurait été intéressant de faire 1 bras placebo, 1 bras poursuivant le clopidogrel et 1 bras avec le ticagrelor, plutôt que 2 bras avec des doses différentes de ce dernier traitement. Probablement qu&rsquo;AstraZenaca, qui finançait l&rsquo;étude ne voulait pas prendre le risque d&rsquo;enrichir un laboratoire concurrent&hellip;</p>
<p>On avait été surprit de l&rsquo;intérêt cardio-vasculaire de la <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1409312">poursuite du clopidogrel pendant 30 mois</a> après une angioplastie coronaire par stent actif (malgré une augmentation de mortalité totale). On est presque déçu de voir que prolonger la <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2203799">bi-antiagrégation plaquettaire pour les stents nus est inutile</a>. Ce qui en fait logique puisqu&rsquo;un intérêt de ces stents (avec leur faible coût) est justement de ne pas prolonger de bi-antiagrégation.</p>
<p>Pour finir avec les coronaires, l&rsquo;<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1415516#t=abstract">étude PROMISE</a> est une des trop rares études a résultat négatif publiée. Elle observait le devenir de patient suspects de coronaropathie ayant eu un diagnostic par coroscanner versus une méthode classique d&rsquo;effort (ECG d&rsquo;effort, échographie de stress ou scintigraphie d&rsquo;effort). Cependant, le coroscanner n&rsquo;a pas montré de réduction d&rsquo;évènements cardio-vasculaires et de mort dans les analyses de supériorité, mais il a également échoué à prouver sa non infériorité par rapport aux autres méthodes de référence. Alors, mieux vaut continuer à utiliser des épreuves d&rsquo;effort et n&rsquo;utiliser le coroscanner qu&rsquo;en complément si besoin.</p>
<p>Pour poursuivre dans les résultats négatifs, il n&rsquo;est toujours pas utile de donner de la vitamine D aux patients en espérant des effets sur à peu près tout ce que l&rsquo;on peut espérer. En effet, la vitamine D ne parvient à baisser la tension artérielle d&rsquo;après <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2195120">une méta-analyse</a> sur données individuelles publiée dasn le JAMA Internal Medicine.</p>
<p>Enfin, baisser le cholestérol est toujours à la mode. Les <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1500858#t=articleMethods">études OSLER</a> étudiaient l&rsquo;effet d&rsquo;un anti-corps monoclonal (PCSK9)  en plus du traitement standard. Le critère primaire d&rsquo;efficacité était les effets secondaires, bien que la conclusions que les auteurs mettent en avant soit le critère secondaire de baisse du cholestérol! Les effets secondaires étaient similaires dans les deux groupes de traitement, sauf pour ce qui était des troubles cognitifs. En tant que critères exploratoires, l&rsquo;étude retrouve néanmoins une diminution des évènements cardiovasculaire avec PCSK9 d&rsquo;environ 50%, qui permet de donner un peu d&rsquo;intérêt à ce traitement, mais l&rsquo;essai n&rsquo;était pas fait en aveugle (probablement à cause de l&rsquo;administration parentéral de l&rsquo;anticorps.)</p>
<p>3/ Neurologie</p>
<p>Après avoir été testée dans la dépression, l&rsquo;acide folique fait encore parler de lui. <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2205876&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=154085193&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=12893623">En prévention des AVC chez les patients hypertendus</a>, il semblerait que l&rsquo;ajout d&rsquo;acide folique à un IEC, permettant de réduire de 21% la survenue d&rsquo;un premier épisode. Cependant, la mortalité tout cause n&rsquo;était pas modifiée. D&rsquo;autres études seraient bien nécessaires pour confirmer ce résultat isolé dans une population asiatique. L&rsquo;acide folique serait il la nouvelle vitamine D?</p>
<p>Un autre débat fait rage, celui du délai avant thrombolyse en cas d&rsquo;AVC ischémique. Je laisserai les spécialistes se pencher là dessus, mais les bénéfices au delà de 3h seraient discutables pour des effets indésirables non négligeables. C&rsquo;est ce dont parle <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h1075">un article du BMJ</a> qui s&rsquo;appuie sur des méta-analyses récentes de la Cochrane sur données résumées et du Stroke Thrombolysis Trialists’ Collaborative Group sur données individuelles.</p>
<p>4/ Infectiologie</p>
<p>La première étude intéressante du
chapitre réside dans la recherche d&rsquo;outils permettant de différencier
les infections bactériennes et virales. <a href="http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0120012">PlosOne</a>
présente une étude montrant l&rsquo;intérêt d&rsquo;un triplet de marqueurs
biologiques reposant sur les protéines TRAIL  et IP-10 (qui sont plus
élevées dans les infections virales que bactériennes) et la CRP (plus
élevée dans les infections bactériennes que virales). On en est pas
encore aux tests en routines, mais peut être cela peut il être utile
dans certaines circonstances.</p>
<p>La <a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/analyses-en-ligne/271">revue Minerva</a> commente <a href="http://journals.lww.com/pidj/pages/articleviewer.aspx?year=2014&amp;issue=02000&amp;article=00007&amp;type=abstract">un article</a>
concluant que 5 jours d&rsquo;antibiothérapie dans les pneumopathie de
l&rsquo;enfant n&rsquo;est pas inférieur à 10 jours. L&rsquo;article est un cas d&rsquo;école:
une étude de supériorité qui trouve un résultat non significatif ne
permet PAS de conclure à une équivalence de traitement, surtout quand le
nombre de patient est réduit (ce qui est le cas dans l&rsquo;étude) et qu&rsquo;il
s&rsquo;agit d&rsquo;une étude monocentrique. D&rsquo;autre part, le critère de
pneumopathie étaient très strictes et ont probablement conduits à
exclure des patients peu grave ayant une pneumopathie. Ainsi, de
nombreux biais ainsi qu&rsquo;une conclusion erronée ne permettent pas de
conclure que 5 jours d&rsquo;antibiotiques sont équivalents à 10 jours. La
seule conclusion exacte est que 3 jours de traitement est inférieur aux
autres durées.</p>
<p>Enfin, le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=482">HCSP</a>
a publié fin mi-mars ses recommandations d&rsquo;utilisation d&rsquo;antiviraux
dans la grippe saisonnière. (il était temps! cf. graphique de réseau
sentinelle ci dessous). Sous la pression du grand nombre de cas grippaux
cette année et de la mortalité inhabituelle cet hiver, le HCSP
recommande un traitement des personnes à risque de complications telles
que les femmes enceintes, les patients ayant une grippe d&rsquo;emblée grave,
ou nécessitant une hospitalisation. De plus, un traitement préemptif des
patients avec co-morbidités graves en contact étroit des patients
atteints aurait une balance bénéfice/risque très favorable (j&rsquo;avoue ne
pas être très convaincu&hellip;), et un traitement au cas par cas peut être
entrepris pour les patients de  plus de 65 ans. C&rsquo;est moi, où ça ne colle pas vraiment aux vraies pratiques de ville?</p>
<p><a href="/images/articles/2015/grippe-2.png"><img src="/images/articles/2015/grippe-2.png" alt=""></a></p>
<p>5/ Addictologie</p>
<p>Concernant la dépendance alcoolique et le baclofène, l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/RTU-baclofene-Premieres-donnees-collectees-et-rappels-sur-les-modalites-de-prescription-Point-d-information">ANSM</a> fait un point sur les premières données de la RTU. On y retrouve les résultats sur la baisse de la consomation d&rsquo;alcool moyenne (56g/j pour une initiation de traitement), les effets indésirables qui sont présents chez 14% des patients (surtout neurologiques, convulsions, troubles psychiatriques et idées suicidaires) et enfin des modalités d&rsquo;initiation et de fin de traitement:</p>
<p><a href="/images/articles/2015/baclofene.png"><img src="/images/articles/2015/baclofene.png" alt=""></a></p>
<p>Pour ne pas perdre l&rsquo;aspect &ldquo;geek&rdquo; du blog, connaissez vous le jeu &ldquo;<a href="http://cccp.fr/game/binge-runner/">Binge Runner</a>&rdquo;? Le principe est simple, un jeu dans lequel, plus on progresse, plus le joueur devient ivre et a du mal à contrôler ses mouvements pour continuer à progresse. L&rsquo;objectif étant de montrer de façon ludique les effets de l&rsquo;alcool.</p>
<p>Pour la deuxième semaine de suite, pas de diabétologie&hellip; Malheureusement, les études qui sont publiées et sur lesquelles je tombe sont redondantes et n&rsquo;apportent rien de neuf.</p>
<p>Passez une bonne semaine!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°41: pneumopathies en ambulatoire, HTA, ECG, trouble du sommeil, codeine/toux, vaccins</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/03/dragi-webdo-n41/</link><pubDate>Mon, 16 Mar 2015 01:03:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/03/dragi-webdo-n41/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, j&rsquo;espère ce jour de
manifestation fera date, comme étant celui ayant permis de sauver notre
profession! C&rsquo;est parti pour les actualités de la semaine!</p>
<p>1/ Pharmacovigilance:</p>
<p>La
codéine était déjà à exclure des soins chez les moins de  12 ans en
tant qu&rsquo;antalgiques. Dans un communiqué, l&rsquo;EMA donne les conclusions
d&rsquo;une évaluation de cette molécule dans la toux. <a href="http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/news_and_events/news/2015/03/news_detail_002287.jsp&amp;mid=WC0b01ac058004d5c1">Le PRAC</a>
recommande également de ne pas utiliser la codéine dans le traitement
de la toux avant 18 ans, et la contre indique également avant 12 ans.</p>
<p>Le <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Ruptures-de-stock-des-medicaments/VACCIN-BCG-SSI-poudre-et-solvant-pour-suspension-injectable-Tensions-d-approvisionnemen">BCG</a>,
qui devait initialement être réapprovisionné en février, va encore
manquer jusqu&rsquo;à la moitié de l&rsquo;année 2015. En attendant, il est
disponible par &ldquo;vague de vaccination&rdquo; dans les centres de PMI.</p>
<p>D&rsquo;autres vaccins ont également quelques soucis d&rsquo;approvisionnement: les <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Ruptures-de-stock-des-medicaments/VACCINS-COMBINES-CONTENANT-LA-VALENCE-COQUELUCHE-Tensions-d-approvisionnement">vaccins DTPCa et DTPCa-Hib</a>.  Ainsi, le <a href="http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=480">HCSP</a>
propose de remplacer si besoin, les vaccins DTPCa prévus à l&rsquo;age de 6
ans par des dTPCa. Pour les autres vaccinations, rien ne change.</p>
<p>L&rsquo;agence américaine du médicament (<a href="http://www.fda.gov/Drugs/DrugSafety/ucm436494.htm">FDA</a>)
a émis un avertissement sur la varenicline. Il concerne cette fois si
le risque de crise convulsive et une plus faible tolérance à l&rsquo;alcool.
Des raisons supplémentaires de ne pas l&rsquo;utiliser dans le sevrage
tabagique.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Quand
débuter un traitement de l&rsquo;HTA? Selon La Revue Prescrire, la balance
bénéfice risque du traitement médicamenteux était défavorable pour l&rsquo;HTA
de grade 1. <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2085847">Une méta analyse</a>
a étudié l&rsquo;effet d&rsquo;un traitement pour ce type d&rsquo;hypertension chez des
patients sans maladie cardio-vasculaire. L&rsquo;étude retrouve une diminution
de 25% de la mortalité cardio-vasculaire et de 22% de la mortalité
totale (sans baisse significative des éléments suivants pris séparément:
infarctus, insuffisance cardiaque et évènements cardio-vasculaires).
Intéressant, mais, la majorité des patients de ces études étaient
diabétique, ce qui diminue fortement son applicabilité aux patients qui
n&rsquo;ont pas de facteur de risque supplémentaire.</p>
<p>L&rsquo;ECG
chez les sportifs est recommandé par la société française de
cardiologie bien que le niveau de preuve de ce dépistage soit faible et
que les études soient discordantes. <a href="http://www.jecgonline.com/article/S0022-0736%2815%2900049-7/abstract">Une revue</a>
de la pratique a analysé les données de 50 études, soit 47 000
patients. 1 patient sur 294 avait une anomalie (0,3%): c&rsquo;était
principalement des Wolf Parkinson White, des syndromes de QT long, des
cardiopathies hypertrophiques et dilatées, des coronaropathies et des
DAVD. L&rsquo;ECG était moins spécifique que l&rsquo;interrogatoire et l&rsquo;examen
physique, mais beaucoup plus sensible. On a pas de chiffre de mortalité
cependant.</p>
<p>3/ Pneumologie</p>
<p>Les études en médecine générale sont toujours à souligner. Dernière en date, celle portant sur <a href="http://www.nature.com/articles/npjpcrm201510">les pneumopathies</a>:
70% des patients atteints avaient à la fois de la fièvre, de la toux et
une faiblesse ou myalgies. Concernant l&rsquo;éternelle question de la
radiographie pulmonaire, l&rsquo;étude retrouve que la plupart des patients
avaient une pneumopathie non compliquée qu&rsquo;il aient eu une radio ou pas!</p>
<p>Chez l&rsquo;enfant de moins de 5 ans, <a href="http://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099%2815%2970017-4/abstract">une étude</a>
a étudier les signes permettant d&rsquo;orienter vers une pneumopathie. Bien
qu&rsquo;aucun signe ne suffise à lui seul à diagnostiquer ou réfuter le
diagnostic , les signes permettant d&rsquo;orienter le plus vers la
pneumopathie (VPP élevée) étaient la fréquence respiratoire supérieure à
50, le geignement et le tirage intercostal. Au contraire, l&rsquo;absence de
fièvre, de toux et une FR inférieure à 40 contribuaient à éliminer le
diagnostic.</p>
<p>Enfin, la HAS a publié une fiche sur les <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2015-03/bum_asthme_v3_2015-03-02_12-36-4_112.pdf">associations de beta mimétiques de longue durée d&rsquo;action et corticoïdes</a>
dans l&rsquo;asthme. Un peu catalogue, les données cliniques sont faiblement
reprises. Pas très utile à mon avis, en dehors d&rsquo;avoir un panorama sur
les différentes options.</p>
<p>4/ Sommeil</p>
<p>Le travail en horaires décalées peut être responsable de <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2174009&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=152368502&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=12607568">troubles du sommeil</a>.
Un étude retrouve que les hypnotiques n&rsquo;étaient pas plus efficaces que
le placebo dans ce trouble. Cependant, la mélatonine aurait rallongé la
durée de sommeil diurne de.. 24 minutes. Pas terrible comme
intervention, quand même.</p>
<p>Voilà pour cette semaine, ce n&rsquo;était pas très long pour une fois.</p>
<p>Bon courage à tous et à bientôt!</p>
<p><a href="/images/articles/2015/manifestation-medecins.jpg"><img src="/images/articles/2015/manifestation-medecins.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°40: angines bactériennes, surdiagnostic, alcool, paracetamol, benzo (HAS), statines, IPP, ROSP (CNGE)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/03/dragi-webdo-n40/</link><pubDate>Sun, 08 Mar 2015 23:35:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/03/dragi-webdo-n40/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Addictologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! BEAUCOUP d&rsquo;articles cette semaine, alors, on ne va pas perdre trop de temps et je commence tout de suite (surtout qu&rsquo;on est déjà dimanche soir, et que je voudrais dormir un peu!)</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance:</p>
<p>Le premier article a déjà fait amplement parler de lui. Le &ldquo;monde&rdquo; découvre que <a href="http://ard.bmj.com/content/early/2015/02/09/annrheumdis-2014-206914">le paracetamol</a> est un médicament et donc que son utilisation peut s&rsquo;accompagner d&rsquo;effets indésirables. La méthodologie de l&rsquo;article n&rsquo;est pas mauvaise, on y découvre les méfaits du paracetamol à pleine dose: augmentation de la mortalité, des évènements cardio-vasculaires, des saignements digestifs et diminution de la fonction rénale et hépatique. Le problème de ces articles portant sur la douleur, est celui des traitements associés. En effet, laisser les patients non soulagé sans co-antalgiques n&rsquo;est pas éthique; ainsi, les patients prenant des fortes doses de paracetamol ont probablement plus recours à des AINS, par exemple, surtout dans des essais non randomisés, car les études reprises dans l&rsquo;article sont des études de cohorte. Le paracetamol n&rsquo;en n&rsquo;est pas moins un médicament avec des effets indésirables, mais il reste celui qui en a le moins.</p>
<p>Une <a href="http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2014/12/09/peds.2014-0764">étude</a> s&rsquo;est intéressée au effets secondaires sous traitement prescrit hors AMM en pédiatrie par les médecins généralistes français. Près de  40% des enfants avaient reçu un traitement hors AMM, que ce soit un problème d&rsquo;indication ou de posologie. Malheureusement, on doit se débrouiller comme on peut avec les petits bouts! Point rassurant, malgré les 1,5% d&rsquo;effets secondaires liées aux prescriptions hors AMM, ils n&rsquo;étaient pas significativement augmentés.</p>
<p>On continue. La HAS a publié une fiche de <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2015058/fr/quelle-place-pour-les-benzodiazepines-dans-linsomnie">bon usage des benzodiazépines</a> dans les troubles du sommeil. Il y a certains grand messages qui s&rsquo;en dégagent: une prescription limitée à 4 semaines, car aucun traitement médicamenteux n&rsquo;est adapté à l&rsquo;insomnie chronique, l&rsquo;importance de tout mettre en oeuvre pour arrêter les traitements longs et inutiles, sachant qu&rsquo;un baisse de posologie est déjà un bon point, et enfin, que le sujet âgé prenant un traitement depuis des années peut également avoir plus d&rsquo;effets négatif en cas de sevrage que de bénéfice, il faut donc en tenir compte avant de les supprimer des ordonnances. Et peut-être peut on dire aux patient que l&rsquo;effet attendu est un gain d&rsquo; une petite heure de sommeil par nuit, seulement.</p>
<p>Les <a href="http://www.diabetologia-journal.org/files/Cederberg.zip">statines et le risque de diabète</a> ont été encore étudiés. La population concerné était des hommes exclusivement et leur risque de diabète a été augmenté de 46% par l&rsquo;utilisation de statines. La corrélation avec la posologie a été confirmée, avec un doublement du risque entre les faible posologies de simvastatine/atorvastatine et les hautes doses.</p>
<p>Enfin, la revue Minerva a étudié les <a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article/1061">effets à long terme des IPP et des anti-histaminiques H2</a> (indiqué dans le reflux gastro œsophagien) . Ces deux classes médicamenteuses viennent s&rsquo;ajouter à la metformine dans la liste des traitements responsables de carence en vitamine B12. Information à garder dans un coin de la tête&hellip;</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire:</p>
<p>Cibler les patients à risque pour une prise en charge spécifique. Ne pas larguer des médicaments à tout le monde pour espérer un bénéfice. C&rsquo;est peut être ce qui sera possible dans les prochaines années. En attendant, une <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2814%2961730-X/fulltext?rss=yes">étude du Lancet</a>, tirée des grandes étude de prévention primaires et secondaires sur les statines, a retrouvé qu&rsquo;il fallait traiter environ 60 patients à risque génétique faible, 45 à risque intermédiaire et 25 à risque élevé pour prévenir 1 évènement cardiologique à 10 ans en prévention primaire.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>L&rsquo;article le plus intéressant de ce Dragi Webdo est sans doute celui ci. Combien de fois a-t-on vu des jeunes patients avec une angine à streptatest négatif qui ont du mal à être soulagé. On dit que c&rsquo;est viral (vu que le test négatif), puis parfois ont tente un peu d&rsquo;antibio parce que ça ne passe pas, ou même parce que ça s&rsquo;est abcédé. En effet, entre 15 et 30 ans, <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=2118593">les angines bactériennes</a> sont majoritairement dues au Fusobacterium necrophorum à  20% contre 10% pour les streptocoques A. Pour mémoire, cette bactérie anaérobie peut également se compliquer exceptionnellement de syndromes de Lemierre&hellip;  La bactérie est généralement sensible à l&rsquo;amoxicilline, mais pas toujours&hellip; Dans ce cas, l&rsquo;association à l&rsquo;ac. clavulanique est efficace. En attendant un test, on peut y penser devant une angine ulcéreuse! (une présentation intéressante <a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=1&amp;ved=0CCUQFjAA&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.infectiologie.com%2Fsite%2Fmedias%2Fenseignement%2FDIU-paris%2FModule%25203%2FPARTOUCHE-Angine.pdf&amp;ei=cL38VM2fDtXxaMKLgYgI&amp;usg=AFQjCNGUp0fXay0ckOMl0IjcwI4hE1kk7g&amp;sig2=4ZOn-dYz-iNrvUIFLRUW6Q&amp;bvm=bv.87611401,d.d2s&amp;cad=rja">ici</a>)</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Le BMJ a publié un article intéressant sur le ressenti des patients à propos du <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h980">surdiagnostic</a>.
J&rsquo;avoue être friand de ce trop rare type d&rsquo;article qui s&rsquo;intéresse au
patient. On peut voir que les patients de plus de 50 ans et donc les
cibles privilégiées des dépistages des cancers sont acceptent moins le
surdiagnostic, au contraire des patients avec un niveau d&rsquo;éducation.
Mais le plus &ldquo;choquant&rdquo;, c&rsquo;est que seulement 29% des patients avaient
déjà entendu parler de surdiagnostic avant!</p>
<p>Les MGUS sont des anomalies qui nécessitent un suivi car les patients atteints sont à risque de développer un myélome. <a href="http://oncology.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2174766&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=153940621&amp;utm_content=content_engagement%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=press_release&amp;linkId=12711059">Cette étude</a> a montré que les patients ayant développé un myélome ont une survie améliorée si un MGUS était suivi précédemment. Cependant, cette différence est faible, a peine  8 mois et demi.</p>
<p>5/ Addictologie</p>
<p>La société française d&rsquo;addictologie a publié un document sur la prise en charge des <a href="http://www.sfalcoologie.asso.fr/download/RBP2015-SFA-Mesusage.pdf">mésusages de l&rsquo;alcool</a>. Le guide répond à des question progressivement, passant du questionnaire de dépistage Audit-C aux possibilités de traitements, ambulatoire ou hospitalier, et quels traitments (utilisation des benzodiazépines, acamprosate, baclofène&hellip;) avec une place importante des psychothérapies. Concernant la vitaminothérapie B1 en prophylaxie, la société recommande  5 jours de traitement à 500mg par jour puis 250mg pendant 15 jours, et la vitamine B6 ne doit pas être prolongée au delà d&rsquo;un mois pour cause de neuro-toxicité.</p>
<p><a href="/images/articles/2015/benzo.png"><img src="/images/articles/2015/benzo.png" alt=""></a></p>
<p>Pour finir sur le sujet, minerva a également publié sur les <a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article/1064">traitements préventif de rechute</a> dans la dépendance à l&rsquo;alcool. L&rsquo;acamrosate, traitement de 1ere intention, ainsi que la naltrexone, le topiramate et le nalméfène diminuent la récidive quand ils sont associé aux psychothérapies.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Je conclurai sur la communication du CNGE sur le ROSP et les objectifs liés aux patients diabétiques. Tout est tellement bien dit dans le communiqué, que je vous laisse le lire <a href="http://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/rosp_quand_des_criteres_utiles_la_sante_des_patien/">ICI</a>. J&rsquo;espère que nos autorités de santé auront bien vent de ce message!</p>
<p>Comme je vous l&rsquo;avais dit, beaucoup de choses encore, en cette semaine de reprise après les vacances. Alors, reposez vous bien, et si vous voulez utiliser Twitter pour faire une veille documentaire, voilà <a href="http://www.sites.univ-rennes2.fr/urfist/ressources/utiliser-et-maitriser-twitter?destination=ressources&amp;utm_content=buffer571d7&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">une présentation</a> des plus intéressante pour vous y mettre!</p>
<p>A bientot sur la Twitosphère et à la semaine prochaine.</p>
<p>@Dr_Agibus</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°39: info mammo, vaccin VZV (HAS), sevrage tabac, diarrhée chronique/TFI (NICE), allergologie, sommeil, diabète gesta (NICE)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/03/dragi-webdo-n39/</link><pubDate>Sun, 01 Mar 2015 17:57:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/03/dragi-webdo-n39/</guid><category>Prévention</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Pneumologie</category><category>Gastro-entérologie</category><category>Allergologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Cette semaine, je voudrais commencer par remercier les lecteurs, les &ldquo;encourageurs&rdquo;, les &ldquo;remercieurs&rdquo; qui me motivent à tenir cette chronique à jour. En gros, merci à TOI, lecteur du dimanche (pour les plus assidus et quand je ne suis pas en retard sur mon billet) et des autres jours de la semaine!<br>
Je sais que je ne suis pas exhaustif dans les articles que je présente, et je n&rsquo;essaye pas non plus de l&rsquo;être. Il y a bien trop de choses qui sortent tous les jours. Un savant universitaire m&rsquo;a dit la semaine dernière que pour un médecin, quelque soit sa spécialité, il faudrait lire  17 articles par jour pour se tenir bien informé sur sa propre spécialité. Alors si on considère qu&rsquo;un médecin généraliste doit regarder un peu dans chaque spécialité, on s&rsquo;en sortirai pas! Bref, voici le résumé de mes lectures intéressantes de la semaine.</p>
<p>1/ Prévention et dépistage</p>
<p>Voilà l&rsquo;<a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2815%2960123-4/abstract">article le plus intéressant de la semaine</a>.Je parlais la semaine dernière du dépistage du cancer du sein par mammographie. Voila que le Lancet publie une étude concernant l&rsquo;information des femmes invitées à passer le test de dépistage. Celles randomisées dans le groupe recevant une information complète sur des explications EBM, le sur-diagnostic, la réduction de la mortalité par cancer du sein et les faux positif ont finalement été moins nombreuses que celles ayant eu une information ne portant que sur la réduction de la mortalité et les faux positif (groupe contrôle) à exprimer l&rsquo;intention de se faire dépister (74% vs 87%). Mais surtout, 24% des femmes du groupe intervention ont fait un choix éclairé contre 15% dans le groupe contrôle. Toutes les décisions des patients doivent se respecter, encore faut il qu&rsquo;on leur donne les cartes en main pour les prendre.</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>On pouvait s&rsquo;y attendre, mais le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2130316">JAMA</a> a voulu le montrer sur un papier. Après un infarctus, utiliser des AINS, c&rsquo;est pourvoyeur de saignements en doublant leur risque de survenue (déjà que ça fait saigner sans qu&rsquo;ils soient associés à des anti-agrégants plaquettaires) et ça augmente de 40% le risque de survenue d&rsquo;un évènement de type infarctus, AVC ou décès cardiovasculaire! (déjà que sans ça, ça augmentait le risque cardiovasculaire&hellip;)</p>
<p>Si vous hésitiez encore à mettre un <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2130724&amp;utm_campaign=social_022515&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jamainternalmed">sauna dans votre habitation</a>, voilà qui vous aidera à vous décider. Par rapport à ceux qui n&rsquo;y vont qu&rsquo;une fois par semaine, y aller plus de 4 fois diminuait le risque de mort subite de plus de  40! La tendance était la même en ce qui concernait les infarctus et la mortalité totale. Notons également qu&rsquo;il est plus favorable de faire des séances de plus de 20 minutes.</p>
<p>3/ Vaccinations</p>
<p>Pour commencer ce chapitre, la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1774169/fr/zostavax-vaccin-zona-vivant-attenue">HAS</a> confirme l&rsquo;avis du HCSP concernant le vaccin Zostavax (VZV) recommandant de vacciner les patients immuno-compétents de 64 à 75 ans , avec un SMR modéré et un ASMR mineur dans la prévention des algies post-zostériennes.</p>
<p>Restons dans le sujet. Les pro-vaccins seront ravis de voir qu&rsquo;introduire le <a href="http://www.clinicaltherapeutics.com/article/S0149-2918%2814%2900878-9/abstract?rss=yes&amp;utm_source=twitterfeed&amp;utm_medium=twitter">vaccin de la varicelle</a> avec le ROR permettrait de diminuer de diminuer l&rsquo;incidence des varicelles de 57% et des complications de 76%. Je serai intéressé par voir des chiffres absolus. Ils semblerait que ça diminue a long terme le risque de zona, bien que ça l&rsquo;augmente initialement&hellip; Suit bien évidemment l<a href="http://www.clinicaltherapeutics.com/article/S0149-2918%2815%2900015-6/abstract">&lsquo;étude &ldquo;cout-efficacité&rdquo;</a> qui est en faveur de la vaccination. On remercie le laboratoire GSK pour ces études visant à montrer l&rsquo;utilité de prendre des risques en vaccinant dans  une pathologie bénigne qui, <a href="http://www.inrs.fr/eficatt/eficatt.nsf/%28allDocParRef%29/FCVZV?OpenDocument">d&rsquo;après le réseau sentinelle</a>, se complique dans 3-4% des cas, mais <a href="http://www.esculape.com/fmc2/varicelle-zona.html">plutôt pas chez l&rsquo;enfant justement</a>.</p>
<p><a href="/images/articles/2015/varicelle.png"><img src="/images/articles/2015/varicelle.png" alt=""></a></p>
<p>Cependant, pendant qu&rsquo;on parle du vaccin ROR et du lobby anti-vaccin aux Etats Unis, les chiffres sont tombés: la rougeole tue désormais plus les enfants que le VIH et que les accidents de route, en se situant en 7ème cause de décès, juste derrière les méningites. Pour le coup, je suis plutôt pour ce vaccin là&hellip;</p>
<p><a href="/images/articles/2015/rougeole.png"><img src="/images/articles/2015/rougeole.png" alt=""></a></p>
<p>4/ Pneumologie et tabac</p>
<p>Un chapitre BPCO s&rsquo;ouvre avec la réhabilitation cardio-pulmonaire. <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD003793.pub3/abstract;jsessionid=542976E512632E126C3F31B4687B1079.f04t02">Un article</a> de la Cochrane retrouve que ça améliore la fatigue, les capacités d&rsquo;exercice et la qualité de vie des patients BPCO. Les techniques mises en place ne sont cependant pas consensuelles.</p>
<p>Concernant le sevrage tabagique, l’<a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2167116&amp;utm_campaign=social_022315&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jamainternalmed">utilisation de substituts nicotiniques</a>. Il faut 2 ans de substituts pour améliorer le maintien du sevrage. L&rsquo;étude est intéressante dans le sens où ils ont randomisé une durée de traitement substitutif: 8,  24 ou 52 mois. Cependant, autant une comparaison à 52 mois peut paraitre justifiée pour voir l&rsquo;intérêt d&rsquo;un traitement long, autant comparer à 8 mois, alors que la plupart des études regardent à 12 mois pouvait laisser présager d&rsquo;un taux de réussite plus faible. Mais le gain de  5,5% de sevrage en plus entre 8 (21,7%) et  24 mois (27,2%) justifie-t-il un traitement 3 fois plus long?</p>
<p>Enfin, l&rsquo;Inpes a mis en ligne les premières données de <a href="http://www.inpes.sante.fr/30000/actus2014/048-cigarette-electronique.asp">Baromètre santé</a> sur l&rsquo;e-cigarette. D&rsquo;après les utilisateurs, 88% trouvent qu&rsquo;elle les aide à diminuer leur consommation et qu&rsquo;elle pourrait leur permettre d&rsquo;arrêter de fumer. Selon  82%, elle leur aurait permis de diminuer de près de 9 cigarettes par jour.</p>
<p>5/ Gastro-entérologie</p>
<p>Le BMJ a fait un point sur le bilan de <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h573">diarrhée chronique</a> en soins primaires suite aux <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/cg61/chapter/1-recommendations">recommandations sur les colopathies fonctionnelles</a> éditées par le NICE. Passé le bilan clinique recherchant les signes d&rsquo;alerte (perte de poids, rectorragie, un antécédent de cancer colorectal familial ou un age supérieur à 60 ans), la principale cause est la colopathie fonctionnelle, reposant sur un bilan sangin normal: pas d&rsquo;anémie, pas de syndrome inflammatoire et anti-corps anti endomysium et anti transglutaminases négatifs pour éliminer une maladie coeliaque. En cas de doute diagnostic avec une MICI, la calprotectine fécale inférieure à 50µg/g rend peu probable la MICI. Notons que doser la TSH et l&rsquo;échographie abdominales ne sont pas justifiées d&rsquo;après le NICE. La prise en charge de la colopathie fonctionnelle repose essentiellement sur les RHD.</p>
<p>6/Allergologie</p>
<p>Il y a quelques temps encore, on disait qu&rsquo;il fallait attendre 12 mois avant d&rsquo;introduire l’arachide et autres cacahuètes pour diminuer le risque d&rsquo;allergie. Le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1414850#t=abstract">NEJM a mené une étude</a> dans laquelle des enfants de  4 à 11 mois étaient soit exposés aux cacahuètes, soit pas exposés (elles étaient exclues). Et à l&rsquo;âge de 5 ans, il y avait bien plus d&rsquo;allergie aux cacahuètes chez ceux qui n&rsquo;avaient pas été exposés (entre 3 et 10 fois plus, selon la préexistence d&rsquo;une hypersensibilité chez les enfants)!</p>
<p>7/ Sommeil</p>
<p>Combien de fois est ce qu&rsquo;on (je?) est resté à bafouiller sur la question &ldquo;est ce que je dors assez?&rdquo;, ou &ldquo;vous pensez pas que mon enfant devrait dormir plus?&rdquo; ou encore &ldquo;j&rsquo;ai des insomnies, parce que je ne dors que 7 heures pas nuit&rdquo; ? De <a href="http://sleepfoundation.org/">nouvelles recos américaines</a> sur la durée du sommeil vont venir nous sauver. Voici, en image:</p>
<p><a href="/images/articles/2015/sommeil.jpg"><img src="/images/articles/2015/sommeil.jpg" alt=""></a></p>
<p>8/ Diabétologie</p>
<p>Le NICE a émis de nouvelles recommandations concernant le <a href="https://www.nice.org.uk/news/article/new-thresholds-for-diagnosis-of-diabetes-in-pregnancy">diagnostic de diabète gestationnel</a>. Bien qu&rsquo;il recommande de ne pas faire de glycémie à jeun, HbA1C et glycosurie pour dépister le diabète gestationnel, il dit qu&rsquo;une découverte de glycosurie doit faire rechercher un diabète. L&rsquo;HGPO a les mêmes indications qu&rsquo;en France (âge  &gt; 35 ans, IMC &gt;25, ATCD familial de diabète, antécédent d&rsquo;enfant macrosome) mais les seuils sont considérablement différent des nôtres: le seuil de glycémie à jeun est à 1.1g/L (5,6mmol/L) et le seuil à 2heures est de 1,42g/L (7,8mmol/L). La suite des objectifs ne diffère pas de nos recommandations: 0.95g/L à jeun (5.3mmol/L). La grande nouveauté, c&rsquo;est le dépistage annuel recommandé de diabète par une HbA1C!</p>
<p>C&rsquo;est fini. J&rsquo;espère arriver à garder un niveau de qualité de mes revues suffisant pour que vous restiez intéressé par le Dragi Webdo, alors n&rsquo;hésitez pas à me faire des critiques constructives!</p>
<p>Bonne fin de week end et bon courage pour la semaine à venir!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°38: Surtraitement de l'HTA, surdosage d'opioides, inf. pulmonaires, varénicline, metformine &amp; prédiabète, les recos à la TV, bohemian polypharmacy</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/02/dragi-webdo-n38/</link><pubDate>Sun, 22 Feb 2015 12:34:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/02/dragi-webdo-n38/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour en ce dimanche de vacances pour ceux qui en ont! L&rsquo;actualité n&rsquo;est pas trop dense cette semaine, mais il y a quand même un certain nombre d&rsquo;articles intéressante que je vous résume sans plus attendre!</p>
<p>1/ Pharmaco-vigilance</p>
<p>L&rsquo;EMA a réévalué la <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Bromocriptine-reevaluation-du-rapport-benefice-risque-dans-l-inhibition-de-la-lactation-Point-d-information">balance bénéfice-risque de la bromocriptine</a> dans l&rsquo;arrêt de la lactation. Comme prévu, ce traitement ne doit pas être utilisé en routine à cause de l&rsquo;augmentation des évènements cardio-vasculaires, neurologiques et psychiatrique. Les seules indications sont les contre-indications à l&rsquo;allaitement, à savoir une infection par VIH, une mort fœtale in utero ou néonatale.</p>
<p>Concernant la <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2110997&amp;utm_campaign=social_021615&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jamainternalmed">prescription d’opioïdes</a> chez les patients avec douleurs chronique, une étude retrouve qu&rsquo;il ne faut pas seulement se fier à la dose totale pour évaluer le risque d&rsquo;overdose. Il faut préférentiellement prescrire des opioïdes de courte durée d&rsquo;action pour limiter ce risque, et ce, notamment durant les 2 premières semaines!</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Le <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2110995&amp;utm_campaign=social_021915&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jamainternalmed">JAMA Internal Medicine</a> s&rsquo;est intéressé au traitement anti hypertenseur chez les patients en maison de retraite. La mortalité a été étudié chez les patients de plus de  80 ans. Ceux avec une combinaison d&rsquo;anti-hypertenseurs avait un risque multiplié par presque 2! Moralité: une PAS inférieure à 130mmHg avec une monothérapie, une polythérapie avec une PAS supérieure à 130mmHg passent encore, mais sinon, il faut déprescrire!</p>
<p><a href="/images/articles/2015/hta.png"><img src="/images/articles/2015/hta.png" alt=""></a></p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>La corticothérapie dans la pneumopathie semble être le sujet à la mode. Cette semaine encore, elle a été étudié, cette fois ci, dans la <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2110967&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=144408505&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=12345902">pneumopathie sévère</a>. Chez les patients atteints, avec une CRP supérieure à 150, l&rsquo;ajout de corticoïdes a permis une diminution des &ldquo;échecs de traitement&rdquo; de 66% et les hyperglycémies n&rsquo;étaient pas différentes. Cependant, il n&rsquo;y a pas eu de différence de mortalité intra-hospitalière entre les deux groupes.Ça colle assez avec l&rsquo;utilisation des corticoïdes dans les chocs septiques, non?</p>
<p>Pour prévenir les pneumopathie à pneumocoque, les <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2110955&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=144408421&amp;utm_content=%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=12346140">américains</a> recommandent de vacciner en routine les patients de plus de 65 ans par un prevenar 13 suivi d&rsquo;un pneumo 23 à 6-12 mois. Ça va leur en faire du monde à vacciner&hellip;</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>Le JAMA a publié une étude sur l&rsquo;utilisation de la <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2110968">varenicline dans le sevrage tabagique</a>. Les auteurs retrouvent qu&rsquo;entre  15 et 24 semaines, il y a plus de 4 fois plus d&rsquo;arrêt sous traitement par rapport au placebo. Étrangement, il n&rsquo;y avait pas plus d&rsquo;effets secondaires graves avec la varenicline, comme si c&rsquo;était sans effet secondaire et que le risque cardio-vasculaire n&rsquo;existait pas&hellip;   Et bien sur, aucun bras de l&rsquo;étude ne comparait la varenicline à un traitement substitutif!</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Le <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h454">BMJ</a> a publié un article un peu tordu (enfin , moi je le trouve tordu). En recrutant des patients avec un IMC supérieur à 24 et une glycémie à jeun entre 0,95 et 1,25g/L, ils ont utilisé un score de prédiction du risque de diabète. Ensuite, à partir de la cohorte, les patients à plus haut risque de diabète (selon leur modèle) avaient une réduction de survenue de diabète sous metformine. Notons surtout que les règles hygiéno-diégtétiques étaient efficaces quelque soit le risque de diabète!</p>
<p>Sur des critères un peu plus solides de morbi-mortalité cardio-vasculaire, le <a href="http://circ.ahajournals.org/content/early/2015/02/13/CIRCULATIONAHA.114.013774.short?rss=1">vorapaxar</a> semblerait être utile en prévention secondaire des infarctus chez les patients diabétiques.: 27% de réduction d&rsquo;évènements au prix de 60% de saignement sévère en plus&hellip; En mélangeant un peu tout ça, ils disent que y&rsquo;a quand même un &ldquo;bénéfice clinique net&rdquo; de 21%! (j&rsquo;avoue ne pas être aussi convaincu que ça&hellip;</p>
<p>6/ Télévision</p>
<p>Pour finir, un peu d&rsquo;information sur la désinformation télévisuelle. En effet, les auteurs ont retrouvé que malheureusement, les recommandations médicales énoncées dans les <a href="http://www.bmj.com/content/349/bmj.g7346">émissions médicales</a> américaines sont à presque 50%, soit en contradiction avec les recommandations officielles soit sans recommandation. J&rsquo;ajouterai que dans ces émissions, moins d'1% des recommandations énoncées étaient accompagnées des conflits d&rsquo;intérêt des intervenants&hellip; Voilà qui devrait faire réfléchir les patients!</p>
<p>C&rsquo;est tout pour la semaine. Je vous dit, à la semaine prochaine en musique!</p>
<p>A bientôt!</p>
<ul>
<li></li>
</ul>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°37: Dépistage et prévention du diabète (HAS), Contraception (HAS), vaccin anti-HPV, mammographie, TDAH, trouble bipolaire, hydroxyzine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/02/dragi-webdo-n37/</link><pubDate>Mon, 16 Feb 2015 01:04:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/02/dragi-webdo-n37/</guid><category>Gynécologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Je repars sur de mauvaises habitudes&hellip; Ma bonne résolution de publication au dimanche matin semble fondre comme neige au soleil. Bref, le principal, c&rsquo;est que je fasse mon billet!</p>
<p>1/ Surveillance</p>
<p>Commençons avec l&rsquo;hydroxyzine qui voit ses posologies maximales réévaluées devant le risque important d&rsquo;allongement du QT et de torsades de pointes. Le <a href="http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Referrals_document/Hydroxyzine_31/Recommendation_provided_by_Pharmacovigilance_Risk_Assessment_Committee/WC500182461.pdf">PRAC</a> recommande donc de ne pas dépasser 2mg/kg/j chez l&rsquo;enfant, 100mg/j chez l&rsquo;adulte et 50mg/j chez le sujet âgé.</p>
<p>L&rsquo;ANSM a saisi l&rsquo;EMA pour réévaluer l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/L-ANSM-saisit-le-Comite-permanent-des-medicaments-a-usage-humain-de-la-Commission-europeenne-sur-Mysimba-Point-d-Information">association naltrexone/bupropion</a> qui a pour indication le traitement de l&rsquo;obésité, donc la balance semble plutôt défavorable. Malheureusement, si un traitement miracle de l&rsquo;obésité existait, ça se saurait&hellip;</p>
<p>Pour finir cette partie, notons que les <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&amp;dateJO=20150205&amp;numTexte=43&amp;pageDebut=01719&amp;pageFin=01720">médicaments dont le service médical rendu est faible</a> ne seront plus pris en charge dans le cadre de l&rsquo;AME.</p>
<p>2/ Gynécologie</p>
<p> La HAS a émis un certain nombre de fiches récapitulatives sur la contraception: chez l&rsquo;<a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2012602/fr/contraception-chez-l-adolescente-fiche-memo">adolescente</a>, chez la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2015-02/1e_maj_contraceptionfadulte-procreer-060215.pdf">femme en âge de procréer</a> , chez la femme <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2015-02/1e_maj-contraception-post-partum-060215.pdf">en post-partum</a> ou <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2015-02/1e_maj_contraception-post-ivg-060215.pdf">après une IVG</a>. Les fiches sont un peu répétitives mais sont cependant plus facilement trouvable et complètes quand on est devant une situation particulière. La fiche concernant <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2015-02/1e_maj_contraception_prescription-conseil-femmes-060215.pdf">les conseils</a> à donner me semble plus intéressante que les autres. Elle permet de se remémorer, entre autres, les éléments indispensable de interrogatoire, le rythme des bilans lipidiques (tous les 5 ans), et le bilan d&rsquo;hémostase en cas d’antécédent familial thromboembolique avant 60 ans.</p>
<p><a href="http://www.cochrane.org/CD005940/PREG_repeat-digital-cervical-assessment-in-pregnancy-for-identifying-women-at-risk-of-preterm-labour">Une méta-analyse Cochrane</a> s&rsquo;est intéressé au rythme des examens gynécologiques durant la grossesse. Il faut ainsi noter que ces examens répétés ne permettent pas de diminuer le risque d&rsquo;accouchement prématuré, et donc inutiles malgré la gène occasionnée lors des examens répétés.</p>
<p>Ensuite, une <a href="http://cpr.sagepub.com/content/early/2015/01/24/2047487314566758.full?keytype=ref&amp;siteid=spcpr&amp;hootPostID=17abffd8c488171f1d026ab19f10d913&amp;ijkey=S9kkgkT4jBUY2">méta-analyse</a> a retrouvé que les accouchements prématurés étaient associés à un doublement des évènements cardio-vasculaires chez des patientes suivies durant 12 à 35 ans. Les pré-éclampsies ont été prise en compte pour limer l&rsquo;effet de ce facteur de risque cardio-vasculaire connu.</p>
<p>Enfin, où en sommes nous des vaccins anti HPV?<br>
Le <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2109856">nombre d&rsquo;infections sexuellement transmissibles</a> n&rsquo;est pas significativement augmenté après vaccination par rapport à des patients non vaccinées (notons quand même que les 2 populations n&rsquo;étaient pas vraiment comparables, avec un nombre supérieur d&rsquo;IST 1 an avant vaccination, dans le groupe des femmes vaccinées) Mais les IST augmentant dans les 2 groupes, peut être faudrait-il aborder le sujet IST lors des consultations&hellip;<br>
On parle beaucoup de notre médiocre couverture vaccinale, mais rassurez vous, les américains ne font <a href="http://kff.org/womens-health-policy/fact-sheet/the-hpv-vaccine-access-and-use-in/">pas mieux que nous</a>&hellip;</p>
<p><a href="/images/articles/2015/hpv2.png"><img src="/images/articles/2015/hpv2.png" alt=""></a></p>
<p>Et tout ça pour retrouver un <a href="http://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/mm6402a4.htm?s_cid=mm6402a4_w">absence de franche diminution</a> de la mortalité. Donc, comme il n&rsquo;y à que le frottis cervico-utérin qui ait démontré une efficacité à ce jour, il faudrait surtout atteindre les 80% de femmes à jour!</p>
<p><a href="/images/articles/2015/hpv3.png"><img src="/images/articles/2015/hpv3.png" alt=""></a></p>
<p>Pour finir avec la gynécologie, merci à @Dr_JB_Blanc pour son schéma sur la mammographie:</p>
<p><a href="/images/articles/2015/ksein.jpg"><img src="/images/articles/2015/ksein.jpg" alt=""></a></p>
<p>3/ Psychiatrie</p>
<p>Un fiche de recommandations a été rédigée sur le <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2012647/fr/trouble-deficit-de-lattention-avec-ou-sans-hyperactivite-tdah-reperer-la-souffrance-accompagner-lenfant-et-la-famille">trouble déficitaire de l&rsquo;attention avec ou sans hyperactivité</a> par la HAS. Le <a href="http://www.atoute.org/n/Le-TDAH-explique-aux-generalistes.html?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_campaign=Feed%3A+ClubDesMedecinsBlogueurs+%28Club+des+M%C3%A9decins+Blogueurs%29">Dr Dupagne</a> en parle déjà très bien. Je dirais simplement, que pour une fois, les rôles du médecin généraliste est longuement décrit. Le dépistage des situations devant alerter, chez une enfant de moins de 12 ans et persistant pendant plus de 6 mois, les premiers entretiens avec la recherche de comorbidités et l&rsquo;orientation vers le spécialiste sont les premières étapes d&rsquo;une bonne prise en charge de l&rsquo;enfant.</p>
<p><a href="/images/articles/2015/tdah.png"><img src="/images/articles/2015/tdah.png" alt=""></a></p>
<p>Pour les plus motivés, les psychiatres ont écrit des recommandations claires sur le <a href="http://www.afpbn.org/IMG/publi/RFE_BIPOLAIRE_2014.pdf">dépistage et le traitement du trouble bipolaire</a>. La représentation graphique de la balance bénéfice/risque des traitements est particulièrement agréable, même pour le simple MG qui ne comprend pas grand chose à la psychiatrie que je suis, et l&rsquo;algorithme de traitement est même compréhensible! Le problème: le niveau de preuve a l&rsquo;air faible, avec une bibliographie très maigre, composée essentiellement d&rsquo;articles publié par le 1er auteur de la recommandation. Je retiendrais peut être que la quiétiapine semble être le traitement recommandé pour diminuer les récidives, en 1ere intention chez les patients à polarité maniaque, dépressive ou indéterminée. (Et puis je les envoie voir rapidement le psychiatre!)</p>
<p>4/ Diabétologie</p>
<p>Dernière partie de la revue de la semaine. La HAS vient d&rsquo;actualiser <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2012494/fr/prevention-et-depistage-du-diabete-de-type-2-et-des-maladies-liees-au-diabete?cid=fc_1250012">ses recommandations</a> sur le dépistage et la prévention des maladies liées au diabète. Outre la présentation pratique de la fiche (il suffit de cliquer sur le sommaire pour aller à la partie souhaitée), l&rsquo;actualisation a encore pris un train de retard (ou peut être est ce volontaire). Alors que nombre d&rsquo;articles insistent sur le fait que le contrôle tensionnel chez le diabétique ne doit pas être trop stricte (<a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1791497">JNC 8</a>), nos autorités recommandent une tension inférieure à 130/80 (140/85 d&rsquo;après une autre ligne du même document&hellip; il faudrait se mettre d&rsquo;accord) voire inférieure à 125/75!</p>
<p>D&rsquo;après <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2108887">un article de cette semaine</a>, baisser la tension chez le diabétique réduit effectivement la mortalité de 13% par 10mmHg en moins! Mais sur les 40 études passées en revues, seules trois avaient un groupe traitement avec une PAS &lt; 130mmHg à la fin. Le critère de jugement pris en compte permettant d&rsquo;affirmer une diminution de la mortalité était donc une PAS &lt; 140mmHg.</p>
<p>J&rsquo;en reviens à notre reco. Donc, rassurons nous, avec une tension à 139/89, notre patient n&rsquo;ira pas si mal, n&rsquo;en déplaise à la HAS. Je ne peux que souligner également l&rsquo;absence de paragraphe portant sur l&rsquo;HbA1C en tant qu&rsquo;outil diagnostique, le sujet n&rsquo;étant même pas évoqué. (Pour les non abonnés, même La Revue Prescrire dit que c&rsquo;est un examen diagnostic possible!)</p>
<p>En dehors de ça, les éléments sont bien détaillés sur la prise en charge, les conseils etc&hellip;</p>
<p>Aller, je ne vais pas vous ennuier avec un compte rendu des 98 pages de cette fiche!</p>
<p>Je vous souhaite une bonne nuit, et à la semaine prochaine!</p>
<p><a href="/images/articles/2015/jedi.jpg"><img src="/images/articles/2015/jedi.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°36: néphropathie/rétinopathie diabétique, OH/AVC, e-cig, rhinite allergique (recos), benzo, isotrétinoïne/ADRS</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/02/dragi-webdo-n36/</link><pubDate>Sun, 08 Feb 2015 21:24:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/02/dragi-webdo-n36/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Psychiatrie</category><category>Neurologie</category><category>Allergologie</category><category>Dermatologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Une nouvelle semaine s&rsquo;achève, il est l&rsquo;heure que je fasse ma chronique. Encore une fois, les actualités sont nombreuses, alors, je vais essayer de rester intéressant sans me perdre dans des futilités inutiles.</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Parlons un peu de cette étude tchèque qui a étudié la <a href="http://stroke.ahajournals.org/content/early/2015/01/29/STROKEAHA.114.006724">consommation d&rsquo;alcool et la survenue d&rsquo;AVC</a>. Ils ont retrouvé que la consommation d&rsquo;alcool supérieure à 2 verres par jour était le facteur de risque  principal d&rsquo;AVC devant l&rsquo;HTA, le diabète et l&rsquo;age avant 75 ans! L&rsquo;applicabilité est un peu plus compliquée à établir: l&rsquo;étude porte sur une cohorte de patients nés entre 1886 et 1925! Au moins ils doivent avoir eu les résultats sur la mortalité pour presque tout le monde&hellip;</p>
<p>2/ Psychiatrie</p>
<p>Une <a href="http://www.cochrane.org/CD010216/TOBACCO_can-electronic-cigarettes-help-people-stop-smoking-or-reduce-the-amount-they-smoke-and-are-they-safe-to-use-for-this-purpose">publication de la Cochrane</a> retrouve que l&rsquo;e-cigarette avec nicotine peut aider les fumeurs a arrêter de fumer par rapport à l&rsquo;e-cigarette sans nicotine, et peut être par rapport au patch de nicotine. Et sur le point safety, les utilisateurs d&rsquo;e-cig de moins de 2 ans n&rsquo;avaient pas développé de risque particulier pour leur santé par rapport aux fumeurs.</p>
<p>Mais pour aider un patient à se sevrer, encore faut il connaitre son statut. Et c&rsquo;est encore <a href="http://www.biomedcentral.com/1471-2296/16/8/abstract">une donnée qui manque trop souvent</a> dans les dossier des médecins généralistes!</p>
<p><a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article/1052">Concernant les addictions aux benzo</a> chez les personnes agées, les interventions multiples sont plus efficaces que les interventions simples. Les interventions les plus efficaces sont les psychothérapies (avec un nombre de sujet à traiter de 5 pour un arrêt à 12 mois) et la réévaluation régulière de l&rsquo;ordonnance.</p>
<p>3/ Neurologie</p>
<p>Enfin, dans la maladie de Parkinson, les <a href="http://www.neurology.org/content/early/2015/01/28/WNL.0000000000001282">neurologues se sont intéressé à l&rsquo;effet placebo</a>. Le résultat est intéressant: un placebo cher a plus d&rsquo;effet qu&rsquo;un placebo peu cher! Peut être une future AMM pour ce placebo?</p>
<p>4/ Allergologie</p>
<p>Le collège américain des ORL a émis des <a href="http://oto.sagepub.com/content/152/1_suppl/S1.full">recommandations sur la rhinite allergique</a>. Pour faire simple, le diagnostic est essentiellement clinique et doit nécessiter la mise en place d&rsquo;un traitement empirique. Si ce traitement est inefficace, une recherche d&rsquo;IgE spécifique (cutané ou sanguin) doit être entreprise avec au besoin une consultation d&rsquo;un spécialiste. Sur la question des traitements, le traitement par anti-histaminiques de 2ème génération doit être privilégié quand les éternuement et le prurit sont prédominant. En cas de symptômes saisonniers, les anti-histaminiques nasaux ont un intérêt, de même que les corticoides nasaux en cas d&rsquo;altération de la qualité de vie. A noter une petite place à l&rsquo;acuponcture pour les patients souhaitant un traitement non médicamenteux.</p>
<p>5/ Dermatologie</p>
<p>Enfin, la <a href="http://www.sfdermato.org/media/pdf/communique-presse/isotretinoine-cp-vvd-janv2015-f60803c8c0963950af739e06a99fa6a3.pdf">perte de notre droit de prescrire initialement de l&rsquo;isotrétinoïne</a>. Un coup dur pour éviter que les MG ne soient responsable de malformations alors qu&rsquo;ils prescrivent <a href="http://www.medscape.fr/voirarticle/3601263?src=sttwit">2 fois plus</a> de test de grossesse que les dermatos avant la mise en place du traitement. Mais retirer le droit de prescrire un anti-acnéique aux dermato, ça ne serait pas correct, vu que c&rsquo;est leur spécialité, hein? (Et puis, y&rsquo;en a beaucoup qui travaillent très bien aussi!) Cependant, on pourra quand même renouveler et évaluer l&rsquo;état psychologique de nos adolescents grâce à l&rsquo;échelle ADRS!</p>
<p><a href="/images/articles/2015/adrs.png"><img src="/images/articles/2015/adrs.png" alt=""></a></p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p>Ça va être la grosse partie de la
semaine! Hypertension artérielle devrait être particulièrement
contrôlée chez les diabétiques n&rsquo;ayant pas de rétinopathie, car selon
une <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/enhanced/doi/10.1002/14651858.CD006127.pub2">méta analyse Cochrane</a>,
cela diminuerai le risque de survenue de cette complication. Cependant,
le contrôlé strict n&rsquo;a pas montré de réduction dans la progression de
la rétinopathie.</p>
<p>Cependant, l&rsquo;utilisation de <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2814%2970256-6/abstract">bloqueurs du système rénine angiotensine</a>
diminue significativement la survenue et la progression des
rétinopathie. Dans l&rsquo;analyse des sous-groupes, les IEC sont les plus
efficaces sur ces critères, permettant également une régression de la
rétinopathie, effet non retrouvé avec les sartans. Alors pourquoi est ce
qu&rsquo;on voit toujours autant de sartans&hellip;</p>
<p>Un autre <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2814%2970248-7/abstract">méta analyse concernant les patients diabétiques</a>
a été faite par le Lancet Endocrinology. Elle retrouve, que
contrairement à ce qu&rsquo;on pourrait penser, il y a un risque de mortalité
totale augmenté chez les femmes par rapport aux hommes, et ce résultat
se confirme sur les critères cardiologiques avec un risque multiplié par
2,5 pour le risque d&rsquo;infarctus du myocarde! (On attends toujours
l&rsquo;étude qui montre un effet de l&rsquo;aspirine en prévention primaire chez
les femmes pour contre balancer ce risque&hellip; parce que pour le moment,
même chez les hommes, <a href="http://www.bmj.com/content/339/bmj.b4531">les preuves ne sont pas solides</a>)</p>
<p>Enfin, la progression de la maladie rénale chez les diabétique a été étudiée sous statines. <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2814%2970246-3/abstract">L&rsquo;étude</a> retrouve
une meilleure amélioration du rapport protéinurie/créatininurie chez
les patients sous atorvastatine 80 par rapport à ceux sous rosuvastatine
40. Quel échec cuisant pour le laboratoire vendant la rosuvastatine qui
a mené cette étude et qui cherche des preuves d&rsquo;efficacité! L&rsquo;effet
semblant néanmoins présent avec ces 2 statines, autant prescrire une
statine qui a fait ses preuves&hellip;.</p>
<p>C&rsquo;est fini!</p>
<p>Encore merci de me lire chaque semaine, à très bientôt!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°35: NACO (HAS), dyslipidémie, HTA gravidique, asthme (NICE), lait et infections, anti-grippaux, anti-arthrosiques, soutien psy</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/02/dragi-webdo-n35/</link><pubDate>Sun, 01 Feb 2015 12:45:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/02/dragi-webdo-n35/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Pneumologie</category><category>Rhumatologie</category><category>Psychiatrie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour,<br>
J&rsquo;espère que votre semaine a été bonne et que ceux qui ont pu aller aux congrès des internes de médecine générale ont été satisfaits. Pour ceux qui n&rsquo;y étaient pas, vous pouvez retrouver les principales choses qui s&rsquo;y sont passé grâce à <a href="https://twitter.com/search?f=realtime&amp;q=%23CongresIMG&amp;src=tyah">#congresIMG</a> . On enchaine sur les autres actus!</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Pour commencer, la HAS a émis <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2008955/fr/les-naco-anticoagulants-daction-directe-nont-pas-tous-demontre-la-meme-efficacite">un rapport sur les différents NACO</a> (AOD). Elle rappelle que ces traitements sont à utiliser en seconde intention pour les patients non contrôlable par AVK ou ayant une contre-indication aux AVK. Elle note que seule l&rsquo;Apixaban montre une amélioration mineure du SMR par rapport aux AVK dans la fibrillation auriculaire.</p>
<p>Pour revenir une nouvelle fois à la problématique cholestérol. Il semblerait que chez <a href="http://circ.ahajournals.org/content/early/2015/01/15/CIRCULATIONAHA.114.012477.short?rss=1">les adultes jeunes</a> avec un cholestérol non-HDL supérieur à 1,6g/L voient quand même augmenter leur risque de coronaropathie de  39% par dizaine d&rsquo;année de cholestérol modérément élevé. 85% de ces patients n&rsquo;ont pas d&rsquo;indication à débuter un traitement médicamenteux, mais les règles diététiques semblent indispensables pour faire diminuer ce risque.</p>
<p>Pendant la grossesse, les seuils d&rsquo;objectif de traitements de l&rsquo;<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1404595?rss=searchAndBrowse">HTA gravidique</a> sont variables. Il semblerait qu&rsquo;il ne soit pas nécessaire d&rsquo;avoir un contrôle particulièrement strict. En effet, un objectif de PAD à  100mmHg n&rsquo;entraine pas plus de complications maternelles et néonatales qu&rsquo;un objectif à 85mmHg, et ce même avec un nombre d&rsquo;hypertension sévère (&gt;160/110) bien supérieur dans le premier groupe.</p>
<p>2/ Pneumologie</p>
<p>Les anglais du NICE ont émis des recommandations pour améliorer la <a href="http://www.nice.org.uk/guidance/gid-cgwave0640/resources/asthma-diagnosis-and-monitoring-draft-guideline2">prise en charge de l&rsquo;asthme</a>. Le problème posé est celui du diagnostic et des nombreux patients étiquetés asthmatiques qui ne le seraient pas. Le diagnostic repose donc sur la clinique associée à des EFR. Et après avoir mis en évidence un syndrome obstructif réversible, ils recommandent de mesurer la fraction expirée de NO qui doit être supérieure à 40 pour confirmer le diagnostic (non nécessaire avant 16 ans si EFR typique). L&rsquo;algorithme est un peu complexe quand même, et mène au final à de nombreux test pour confirmer ou infirmer la présence d&rsquo;asthme.</p>
<p>Parlons un peu de lait. En effet, <a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0091674914012743">une étude</a> a retrouvé que consommer du lait non pasteurisé était associé, à 12mois, à une diminution des infections respiratoires et des syndromes infectieux de 22% et 30%, et même de  85% pour les otites!</p>
<p>Enfin, alors que le vaccin anti-grippal a une efficacité particulièrement faible cette année, la <a href="https://dgs-urgent.sante.gouv.fr/dgs-urgent/inter/detailsMessageBuilder.do;jsessionid=4157F7A5658874A7BB26E1A1A6511538.du-dgsurgentc1?id=572&amp;cmd=visualiserMessage">direction générale de la santé</a> recommande l&rsquo;utilisation des traitements anti-viraux chez les personnes vulnérables (de plus de 85 ans, en gros, chez qui la mortalité est augmentée). Une <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2814%2962449-1/fulltext">méta-analyse</a> publiée dans le lancet. Elle retrouvait une diminution de la durée des symptômes de  24 heures par rapport au placebo. Je lis bien une diminution de 40% des hospitalisations et des complications, mais j&rsquo;aurai aimé avoir accès à l&rsquo;article pour voir les chiffres absolus de survenue de ces évènements. Les effets indésirables: 10 % de nausées et vomissements chez les patients traités par oseltamivir. Bref, on n&rsquo;en attendais pas moins d&rsquo;une méta-analyse des essais menés par le vendeur du médicament.</p>
<p>3/ Rhumatologie</p>
<p>Il était temps. La <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&amp;dateJO=20150121&amp;numTexte=15&amp;pageDebut=00930&amp;pageFin=00930">glucosamine</a>
va être déremboursée au premier mars 2015. Des effets indésirables bien
supérieurs au bénéfices prouvés justifient cette décision.</p>
<p>Pour rester dans l&rsquo;arthrose, <a href="http://www.cochrane.org/CD005614/MUSKEL_chondroitin-for-osteoarthritis">une méta-analyse Cochrane</a>
a étudié les effets de la chondroitine. Comme attendu, l&rsquo;efficacité est
faible et incertaine, avec une diminution de 6% des douleurs (score
WOMAC), pour des durées inférieures à 6 mois de traitement. Les effets
indésirables n&rsquo;étaient pas supérieurs au placebo, mais 3% d&rsquo;effet
indésirable graves, c&rsquo;est toujours plus que rien&hellip;</p>
<p>4/ Psychiatrie</p>
<p>On finira sur un peu de psychiatrie. En soins primaires, les traitements de l&rsquo;anxiété et de la dépression n&rsquo;ont pas d&rsquo;effets très francs compte tenu de la population qui ne correspond pas à celles des grandes études de psychiatrie. Cependant, les <a href="http://fampra.oxfordjournals.org/content/32/1/3.short?rss=1">thérapies cognitivo-comportementales</a> sont un traitement efficace. Le problème, le prix des thérapeutes qui peut parfois poser problème&hellip;</p>
<p>Les dernières lignes de la semaines seront pour les <a href="http://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366%2814%2900073-X/abstract">aidants des patients atteints de démence</a>. Les aidants n&rsquo;ayant pas de soutien psychologique ont 7 fois plus de risque de faire une dépression. Alors, ne les oublions pas.</p>
<p>Passez une bonne semaine, et à bientôt!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°34: vaccin VHB (HCSP), pneumopathies, acné et cancer, alcool, risque cardio-vasc et diabète, activité sportive, HTA, JESFCardio</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/01/dragi-webdo-n34/</link><pubDate>Sun, 25 Jan 2015 10:08:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/01/dragi-webdo-n34/</guid><category>Santé publique</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Néphrologie</category><category>Cardio-vasculaire</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, j&rsquo;espère que vous avez passé une bonne semaine.</p>
<p>J&rsquo;introduis ce Dragi Webdo par les Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie qui se sont déroulées mi janvier. Les sujets incontournables de l&rsquo;année 2014 y ont été repris. Une rapide revue des principaux essais est disponible via <a href="http://www.medscape.fr/features/en-pratique/33000070">Medscape</a>.</p>
<p>C&rsquo;est parti pour la suite des actualités!</p>
<p>1/ Santé publique</p>
<p>Pour commencer, il faut signaler le <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Ruptures-de-stock-et-arrets-de-commercialisation-des-medicaments/VACCIN-BCG-SSI-poudre-et-solvant-pour-suspension-injectable-Risque-de-rupture-de-stock">retour du vaccin BCG-SSI</a> en centre de PMI et en CLAT depuis le 14 janvier. Les <a href="http://www.sante.gouv.fr/vaccination-par-le-bcg.html">recommandations de vaccination</a> n&rsquo;ont pas changées, alors autant économiser le vaccin pour les enfants les plus à risque.</p>
<p>Peu après le &ldquo;guide des interactions médicamenteuses&rdquo; de la Revue Prescrire, l&rsquo;ANSM met à jour son &ldquo;<a href="http://ansm.sante.fr/Dossiers/Interactions-medicamenteuses/Interactions-medicamenteuses/%28offset%29/0">thésaurus des interactions</a>&rdquo;. A utiliser sans modération pour limiter la iatrogénie dont nous sommes responsables.</p>
<p>Vaccination toujours, le HCSP a rédigé un rapport concernant les <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=475">personnes non répondantes à la vaccination anti-VHB</a>. Il n&rsquo;y a rien de très neuf, un rappel des indications limitées à doser les Ac anti-Hbs (professionnels de santé, patients à risque d&rsquo;être transfusé, candidats à une greffe, partenaires de personnes infectées par le VHB, et immunodéprimés), et, donc jusqu&rsquo;à 3 injections supplémentaires (donc 6 au maximum au total) espacées de 4-8 semaines, délai nécessaire avant de rechercher un titre d&rsquo;anti-corps supérieur à 10UI/L.</p>
<p>Enfin, le point Ebola de la semaine, avec la fin de l&rsquo;épidémie au Mali qui a été déclarée par l&rsquo;<a href="http://www.afro.who.int/fr/centre-des-medias/communiques-de-presse/item/7291-le-mali-et-l%E2%80%99oms-annoncent-la-fin-de-l%C3%A9pid%C3%A9mie-de-la-maladie-%C3%A0-virus-ebola-dans-le-pays.html">OMS</a>. Concernant les 3 pays de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, l&rsquo;épidémie est sur le déclin alors que des <a href="http://www.journaldemontreal.com/2015/01/24/des-vaccins-experimentaux-contre-ebola-sur-le-terrain">essais de vaccins</a> vont être effectués prochainement dans cette zone.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Ça va être très tourné &ldquo;pneumopathies&rdquo; cette semaine. A commencer par une étude du <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2091304&amp;utm_source=TWITTER&amp;utm_medium=social_jn&amp;utm_term=132125600&amp;utm_content=article_promotion%7Carticle_engagement&amp;utm_campaign=article_alert&amp;linkId=11869661">JAMA</a> qui retrouve que l&rsquo;antécédent d&rsquo;hospitalisation pour pneumopathie est associé à la survenue d&rsquo;une coronaropathie. Deux études de cohorte cardiologiques ont été utilisées pour arriver à  cette conclusion. L&rsquo;explication physiologique m&rsquo;échappe encore, peut être l&rsquo;inflammation pro-thrombogène liée au sepsis.</p>
<p>De son coté, le <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2814%2962447-8/abstract">Lancet</a> recherchait l&rsquo;intérêt d&rsquo;une corticothérapie courte dans les pneumopathie communautaires hospitalisées. Résultat: 34 heures de moins pour atteindre une stabilité clinique dans le groupe recevant la corticothérapie et pas de différence à 30 jours sur l&rsquo;issue des infections, au prix d&rsquo;une multiplication par 2 du nombre d&rsquo;insulinothérapie nécessaire. Un essai qui ne fera pas introduire ce traitement dans ma pratique ambulatoire&hellip;</p>
<p>3/Oncologie</p>
<p>L’acné est une pathologie fréquente touchant 70% des adolescents selon l&rsquo;<a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=4&amp;ved=0CD0QFjAD&amp;url=http%3A%2F%2Fansm.sante.fr%2Fvar%2Fansm_site%2Fstorage%2Foriginal%2Fapplication%2Fa40e781e8dc78eb1cf712c568aaec8f4.pdf&amp;ei=ri3EVNqGG4XfywOYs4H4Bg&amp;usg=AFQjCNFm8hgMXS0QKw2qOvkKc0y8J64z7A&amp;sig2=SioNC5-hnD7KfAMRKLJr5A&amp;bvm=bv.84349003,d.bGQ&amp;cad=rja">AFSSAPS</a>. Une forme sévère serait associée à une <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/cncr.29216/abstract">augmentation du risque de mélanome</a> de façon indépendante. Il n&rsquo;y a cependant pas de lien de causalité pour autant, ne nous emballons pas. L&rsquo;étude ne montre pas de lien entre la durée d&rsquo;évolution de l&rsquo;acné et le risque de cancer, elle ne montre pas non plus qu&rsquo;un traitement de l&rsquo;acné réduise le risque de mélanome, ce qui serait un argument fort pour la causalité. Cette étude épidémiologique testait également un lien de l&rsquo;acné avec 7 autres cancers: plus on multiplie les tests, plus on a de risque de trouver un résultat significatif. Les auteurs restent d&rsquo;ailleurs prudent sur leur découverte.</p>
<p>4/ Néphrologie</p>
<p>Notre exception française poussait déjà à dire que boire du vin réduisait le risque cardio-vasculaire. Pour poursuivre dans les bienfaits de l&rsquo;alcool, il semblerait que la <a href="http://www.nature.com/ki/journal/vaop/ncurrent/full/ki2014414a.html">consommation d&rsquo;alcool réduise la survenue d&rsquo;insuffisance rénale</a>. (C&rsquo;est sur qu&rsquo;avec 4L de bière, on a forcément une meilleure diurèse qu&rsquo;avec 1L d&rsquo;eau&hellip;.) Bref, n&rsquo;oublions pas tous les risques de l&rsquo;alcool, alors pourquoi pas 1 verre par jour? <a href="http://www.dailymotion.com/video/x2t9u3_bourvil-l-eau-ferrugineuse-sketche_news">En voilà un qui ne diras pas le contraire&hellip;</a></p>
<p>5/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Après la désillusion de la dénervation rénale dans l&rsquo;HTA résistante, les spécialistes tentent de traiter l&rsquo;HTA en <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2814%2962053-5/abstract">créant une anastomose artério-veineuse iliaque</a>. D&rsquo;après l&rsquo;étude, ça fait magnifiquement baisser la tension à 6 mois, mais ça entraine également 29% de sténose veineuse ipsilatérale. Balance bénéfice-risque, vous disiez?</p>
<p>6/ Diabète</p>
<p>Et pour finir, de la diabétologie, comme souvent. D&rsquo;abord, le <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2814%2970219-0/abstract">surrisque cardio-vasculaire des diabétiques</a> a été évalué: 3 fois plus d&rsquo;AOMI, 1,7 fois plus d&rsquo;AVC, 1,6 fois plus d&rsquo;insuffisance cardiaque, d&rsquo;angor stable et d&rsquo;infarctus non-fatals. Inversement, les diabétiques avaient  56% d&rsquo;anévrisme de l&rsquo;aorte abdominale en moins.</p>
<p>Enfin, pour ceux qui sont adeptes des inhibiteurs de DPP-4 et qui rechignent à introduire de l&rsquo;insuline, <a href="http://www.clinicaltherapeutics.com/article/S0149-2918%2814%2900459-7/abstract">cette étude</a> peut vous intéresser. En effet, elle compare l&rsquo;insuline glargine à la sitagliptine et retrouve que les patients sous insulines ont non seulement un qualité de vie meilleure et coutent moins cher. Alors pourquoi s’entêter à utiliser des médicaments sans efficacité prouvée?</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine! N&rsquo;oubliez pas de faire un peu de sport, <a href="http://ajcn.nutrition.org/content/early/2015/01/14/ajcn.114.100065.abstract">ça diminue la mortalité</a> quelque soit l&rsquo;IMC, quelque que soit la perte de poids (ou l&rsquo;absence de perte de poids&hellip;). C&rsquo;est l&rsquo;inactivité qui tue!</p>
<p><a href="/images/articles/2015/cerveau.jpg"><img src="/images/articles/2015/cerveau.jpg" alt=""></a></p>
<p>A la semaine prochaine!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°33: obésité, reco hypotension, st. carotidiennes, dépistages, gonarthrose, RGO, travail et alcool</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/01/dragi-webdo-n33/</link><pubDate>Sun, 18 Jan 2015 10:05:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/01/dragi-webdo-n33/</guid><category>Santé publique</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Rhumatologie</category><category>Pédiatrie</category><category>Endocrinologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous!<br>
Encore un grosse semaine qui s&rsquo;achève, avec de nombreuses choses à raconter. Alors, ne perdons pas de temps.</p>
<p>1/ Santé publique</p>
<p>Qui finance les études? On cherche à être le plus indépendant possible, à lire des études fiables. Mais est-ce vraiment possible aujourd&rsquo;hui. Quand on lis <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2089358&amp;utm_campaign=social_011615&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jama.201">cet article du JAMA</a>, on voit que plus de 50% des financements des études proviennent de laboratoires&hellip; Alors, bravo à ceux qui arrivent mener les leurs sans y avoir recours! Continuez et merci!</p>
<p><a href="/images/articles/2015/financement-c3-a9tudes.png"><img src="/images/articles/2015/financement-c3-a9tudes.png" alt=""></a></p>
<p> Comme je vous l&rsquo;annonçait <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2015/01/dragi-webdo-n32.html">la semaine dernière</a>, <a href="http://www.vidal.fr/actualites/14780/vaccins_menveo_et_nimenrix_remboursables_pendant_1_an_dans_le_cadre_d_une_retrocession/">MENVEO et NIMENRIX sont remboursés</a> pour pallier le manque de vaccin monovalents, dans le cadre de rétrocession pour une durée de 1 an.</p>
<p>Pour revenir sur <a href="http://ije.oxfordjournals.org/content/early/2015/01/14/ije.dyu140.full">un article intéressant sur les dépistages</a> et leur effets sur la mortalité totale: parmi l&rsquo;écho abdo pour l&rsquo;anévrisme de l&rsquo;aorte, la mammographie, lhémoccult, le PSA, le CA-125, le TDM et la radio pour le cancer du poumon, seule la 1ère réduit significativement la mortalité totale! Seuls la mammographie et l&rsquo;hémoccult baissaient néanmoins la mortalité spécifique liée aux cancers respectifs qu&rsquo;ils dépistent. Cela permet de réfléchir aux débats sur les dépistages et les prises en charges qui en découlent.</p>
<p>Enfin, on dit que le travail, c&rsquo;est la santé. Oui, mais pas trop. En effet, le BMJ a publié <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.g7772">un article</a> retrouvant une augmentation du risque de prise d&rsquo;alcool chez les personnes travaillant plus de  48 heures par semaine. Bref, entre le burnout et ça en tant que médecin, on est quand même un peu à risque&hellip;</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Tout d&rsquo;abord, il faut noter la sortie de la conférence d&rsquo;experts sur l&rsquo;<a href="http://www.sfgg.fr/wp-content/uploads/2015/01/Consensus-d-experts-Hypotension-orthostatique-Decembre-2014.pdf">hypotension orthostatique</a>
. Ce qui est cadré, c&rsquo;est le temps auquel il faut prendre la mesure
debout (3 minutes). L&rsquo;intérêt de la midodrine en traitement des
hypotension orthostatiques neurogènes (c&rsquo;est à dire avec dysautonomie) est à évaluer au cas par cas, une position modérée qui semble justifiée. Le tableau suivant récapitule simplement les mesures non-pharmacologiques à mettre en place dans tous les cas.</p>
<p><a href="/images/articles/2015/hypota.png"><img src="/images/articles/2015/hypota.png" alt=""></a></p>
<p>Autant, il y a quelques mois, le dépistage des <a href="http://www.uspreventiveservicestaskforce.org/uspstf/uspsaneu.htm">anévrismes de l&rsquo;aorte</a> était recommandé chez les hommes de plus de 65 ans, autant celui des <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2089339&amp;utm_campaign=social_011615&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jama.201">sténoses carotidiennes</a> ne l&rsquo;est pas pour pour les patients asymptomatiques en population générale.</p>
<p>4/ Rhumatologie</p>
<p>Une <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD004376.pub3/abstract">méta-analyse Cochrane</a> a retrouvé une efficacité de l&rsquo;exercice dans la gonarthrose. Il permet d&rsquo;accélérer l&rsquo;évolution favorable et fait donc du sport un des principal traitement de cette pathologie, entrainant même une baisse de la consommation d&rsquo;antalgiques et donc probablement des effets indésirables.</p>
<p>5/ Pédiatrie</p>
<p>Le NICE a émis des <a href="http://www.nice.org.uk/guidance/ng1/chapter/1-recommendations">recommandations sur le reflux gastro-œsophagien</a> chez le nourrisson, pour bien cerner la différence entre les régurgitations, physiologiques et le reflux pathologique. Elles comportent quelques chiffres sur le RGO permettant de rassurer les parents (40% des enfants, résolutif avant 1 ans&hellip;) et un tableau des signes d&rsquo;alerte devant faire suspecter une autre pathologie.</p>
<p>6/ Endocrinologie et métabolisme</p>
<p>Le nombre d&rsquo;articles traitant du traitement du diabète ne diminue pas. Un angle différent a été abordé dans <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2089233&amp;utm_campaign=social_011315&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jamainternalmed">cet article</a>: les patients sont ils sur-traités si on se fie aux recommandations. Dans l&rsquo;étude,  61% des patients avaient une HbA1C inférieure à 7%, cette proportion n&rsquo;était pas différente entre les groupes de patients en bonne santé, en étant de santé intermédiaire et en mauvais état général, alors qu&rsquo;un équilibre glycémique moins stricte est recommandé chez ces derniers patients compte tenu du risque d&rsquo;hypoglycémie et des effets secondaires des traitements.</p>
<p>L&rsquo;obésité est aussi un sujet à la mode. <a href="http://press.endocrine.org/doi/abs/10.1210/jc.2014-3415">Les recommandations publiées</a> prônent l&rsquo;importance des règles diététiques dès un IMC &gt; 25. La place aux traitement me semble trop importante compte tenu de leur effet clinique pertinent à long terme proche de zéro (orlisat, analogues de GLP-1 etc..). De plus, ces traitements peuvent être proposés dès un IMC &gt; 27 avec une autre comorbidité. On est plus vraiment dans l&rsquo;obésité du coup, là&hellip;</p>
<p>Cependant, en cas d&rsquo;obésité, c&rsquo;est probablement une excellente idée que celle d&rsquo;<a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/cob.12076/abstract">ajuster les posologies à la morphologie du patient</a>. Pour les bête-lactamines, faute d&rsquo;études sur chaque molécules, il est conseillé d&rsquo;utiliser la posologie maximale. Pour les quinolones, un traitement à double dose. Les autres antibiotiques ne sont pas vraiment utilisés en ville.</p>
<p>Voilà pour cette semaine, je vous laisse vous reposer, et m&rsquo;en retourne féliciter MissDragi pour la petite Dragibounette qu&rsquo;elle a fait naitre après de longues heures d&rsquo;efforts en début de semaine!</p>
<p>A la semaine prochaine!</p>
<p><a href="/images/articles/2015/b-c3-a9b-c3-a9.jpg"><img src="/images/articles/2015/b-c3-a9b-c3-a9.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Charlie Webdo n°32: Retrait Cefpodoxime, HTA, Vaccin méningo C (HCSP), risque cancer, conduites addictives (HAS), diab T1, patients de ville</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/01/dragi-webdo-n32/</link><pubDate>Sun, 11 Jan 2015 07:48:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/01/dragi-webdo-n32/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Oncologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Diabétologie</category><category>Médecine générale</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous.</p>
<p>A circonstances exceptionnelles, titre exceptionnel.</p>
<p>L’actualité médicale n’a pas été amoindrie par les
évènements qui ont ému la France durant la semaine. Une semaine de reprise qui
a été particulièrement prolifique et donc les nombreux articles ont mis ma
réflexion à rude épreuve pour sélectionner les plus pertinents.</p>
<p>1/ Pharmacologie</p>
<p>Pour commencer, 57 lots de cefpodoxime comprimés ont été
retirés du marché pour cause de défaut d’étanchéité. Il n’y a pas de risque
avéré pour la santé. La liste des lots est disponible <a href="http://www.vidal.fr/actualites/14739/cefpodoxime_100_mg_comprime_pellicule_rappel_de_57_lots_de_plusieurs_marques_generiques/">ici</a>.</p>
<p>Après des années de disette en matière de découverte
d’antibiotiques, un espoir semble apparaitre ! La teixobacitne a été
présentée au public par <a href="http://www.nature.com/articles/nature14098.epdf?referrer_access_token=uIbc_91yWekj0VhtvbtNo9RgN0jAjWel9jnR3ZoTv0PvwA6rMMnycnymQk5ZOpb5ktLjj6cTh7j_4Otw8h3aTOuBDRjMqb2rUd5mAKdODZ5ba2L4uuslQ9BLD6MNtIWO">Nature</a>
comme ne présentant aucune résistance détéctable à ce jour. Comme quoi, la
culture des petites bêtes nous réserve encore bien des surprises…</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Quand traiter l’HTA? La revue prescrire avait déjà à de
nombreuse reprise pris comme seul d’intervention médicamenteuse, une PAS
supérieure à 160mmHg ou une PAD supérieure à 90-100mmHg (<em>Seuil d&rsquo;intervention médicamenteuse dans l&rsquo;hypertension artérielle, Rev
Prescrire 2014 ; 34 (366) : 278</em>). <a href="http://cochraneclinicalanswers.com/doi/10.1002/cca.456/full">Une méta
analyse Cochrane</a> va dans ce sens, ne retrouvant pas de différence entre
traitement médicamenteux et pas de traitement pour ce qui est des infarctus,
des AVC et de la mortalité toute cause à 5 ans. Les règles hygiéno-diététiques
sont souvent un bon traitement initial.</p>
<p>Quand les anticoagulants oraux directs cherchent à avoir des
effets bénéfiques dans diverses indications, on se retrouve a tester l’Apixaban
en prévention secondaire de l’infarctus du myocarde chez les patients avec
insuffisance cardiaque. <a href="http://www.ahjonline.com/article/S0002-8703%2815%2900016-2/abstract?rss=yes">L’étude</a>
retrouve une augmentation des hémorragies sans diminution des évènements
cardiovasculaires chez les patients sous Apixaban.</p>
<p>3/ Infectiologie</p>
<p>Le HCSP a émis deux avis concernant la vaccination anti
méningocoque C. D’une part, il prône une extension de la <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=474">vaccination
après 24 ans</a> chez les patients masculins ayant des rapports homosexuels,
notamment en cas de fréquentation de lieux de collectivité. D’autre part, suite
à l’arrêt d’approvisionnement en « MENINGITEC », des ruptures de
stocks sont à prévoir. <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=473">Il
recommande alors</a> de vacciner les moins de 4 ans avec les vaccins
monovalents (NEISVAC et MENJUGATEKIT), et d’utiliser les vaccins ACWY pour les
autres patients pour lesquels la vaccination est indiquée. Ces vaccins ne sont
actuellement pas remboursés dans cette indication, mais devraient l’être s’il
est précisé qu’ils sont utilisés en remplacement d’un vaccin monovalent.</p>
<p>Le Lancet a publié une <a href="http://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099%2814%2971052-7/abstract">méta-analyse</a>
retrouvant une augmentation significative de 40% du risque d’infection par le
VIH chez les femmes utilisant une contraception par progestatif injectable. Les
autres moyens de contraceptions n’étaient pas associés à ce risque. On peut
aussi se demander si les femmes utilisant cette contraception longue durée, ne
sont pas des femmes ayant plus de rapport à risque, parfois en échec des moyens
de contraceptions comme la pilule nécessitant une implication plus importante
de la patiente. De plus, ce moyen de contraception n’est pas vraiment utilisé
en France.</p>
<p>4/ Oncologie</p>
<p>Le hasard est le principal responsable des cancers. Selon
l’article de <a href="http://www.sciencemag.org/content/347/6217/78">Science
Magazine</a>, le « pas de bol » lié aux multiples divisions
cellulaires avec l’âge qui entraineraient les mutations responsables de cancer
seraient responsables dans deux tiers des cas. Ainsi, l’environnement et
l’hérédité ne seraient responsables que dans la minorité des situations :
tabac et cancer du poumon, alcool et cancer hépatiques ? Le débat est
lancé.</p>
<p>L’autre titre « choc » dans le domaine, a été
publié par <a href="http://www.bmj.com/content/350/bmj.h77">le BMJ</a>:
40% des patients avec un test de dépistage du cancer du colon positif ne sont
pas suivis à 2 ans. Malheureusement, je n’ai pas pu tout lire. Mais le
dépistage par recherche de sang occulte dans les selles n’est pas non plus une
panacée. Alors, le chiffre ne me semble pas si important compte tenu du nombre
potentiels de faux négatif confirmés après une coloscopie. Ce qui n’empêche
normalement pas de se refaire dépisté « normalement » deux ans après.
Petite parenthèse sur le sujet, ce dépistage qui diminue la mortalité par
cancer du colon ne diminue pas la mortalité globale, malgré une balance
bénéfice risque restant favorable selon la revue Prescrire (<em>Dépistage du cancer colorectal, Rev Prescrire 2007 ; 27 (290) : 923-926</em>). On
attend pour le début de l’année 2015 la mise en circulation des nouveaux tests
immunologiques qui viendront remplacer l’Hemoccult.</p>
<p>Dans la prévention du cancer du col, <a href="http://archneur.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1917549">une étude
américaine publiée</a> il y a peu montrait l’absence de risque de sclérose en
plaque suite à la vaccination. Les <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2088853">données
danoises et suédoises</a> n’ont pas non plus mis en évidence de lien entre
vaccination et SEP chez plus de 700 000 femmes vaccinées.</p>
<p>5/ Psychiatrie</p>
<p>La HAS a publié une fiche de <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2005216/fr/reperer-precocement-intervenir-et-suivre-les-consommations-addictives?xtmc=&amp;xtcr=1">repérage
des conduites addictives</a>  concernant
le tabac, l’alcool et le cannabis, pour favoriser un dépistage précoce en
quelques minutes. Cela permet éventuellement d’agir progressivement au cours
des futures consultations par des interventions brèves pouvant permettre au patient
de gagner en motivation pour arrêter une consommation à risque.</p>
<p><a href="/images/articles/2015/addictionshas.png"><img src="/images/articles/2015/addictionshas.png" alt=""></a></p>
<p>Un débat sur twitter à propos d’une prescription non
comprise d’acide folique avec un inhibiteur de recapture de la sérotonine, m’a
fait découvrir <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25257064">cet
article</a> intéressant sur l’association de vitamines B aux IRS dans le
traitement de l’épisode dépressif majeur. Cette association n’améliore pas la
rémission des épisodes dépressifs à 12 semaines, mais permettait de diminuer
les rechutes à long terme. Comme quoi, avant de critiquer une prescription, on
fait bien de se renseigner… Une piste à suivre dans cette pathologie pour
laquelle on est parfois un peu démuni en ville.</p>
<p>6/ Diabétologie</p>
<p><a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2088851">Un autre
article</a> du Lancet parle de la réduction de mortalité chez les patients
diabétiques de type 1 recevant un traitement intensif. La diminution de
mortalité était de 33% dans cette étude concernant uniquement des patients très
jeunes (entre 13 et 39 ans). Une augmentation de 0,1 point d’HbA1C était
associé à une augmentation de 56% du risque de mortalité toute cause. On
regrette de ne pas avoir l’HbA1C finale dans chaque groupe. On peut juste voir
que l’HbA1C moyenne des décédés était de 9,5% contre 9% pour les vivants (ce
qui est bien loin des recommandations américaines dont j’avais parlé <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/06/dragi-webdo-n7.html">ici</a>…)</p>
<p>7/ Soins primaires</p>
<p>PlosOne a publié <a href="http://www.plosone.org/article/info:doi/10.1371/journal.pone.0090145">une
étude</a> révélatrice du problème posé par les patients de médecine générale.
Ou plutôt, le problème des études industrielles : les patients BPCO des
grandes études sur le sujet ne correspondent pas aux patients suivis en ville,
qui sont pourtant la grande majorité des patients BPCO traités. Nos patients de
ville sont plus âgés, moins sévères. Seuls 17% des patients suivis en soins
primaires seraient éligibles pour les études industrielles ! La recherche
en médecine générale, sur des populations de patients qui ne soient pas
sur-sélectionnés est un élément incontournable dans l’évolution de notre
profession.</p>
<p>Je vous souhaite une agréable semaine,</p>
<p>A la semaine prochaine !</p>
<p><a href="/images/articles/2015/hashtagcharlie.png"><img src="/images/articles/2015/hashtagcharlie.png" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Je suis aussi Charlie</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/01/je-suis-aussi-charlie/</link><pubDate>Thu, 08 Jan 2015 22:58:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/01/je-suis-aussi-charlie/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Ils sont morts et sont devenus immortels par la même occasion.</p>
<p>Je ne suis pas dessinateur, je ne suis pas non plus un littéraire, mais, comme toute la France, j&rsquo;ai été touché et choqué par les meurtres commis à la rédaction de Charlie Hebdo.<br>
Pour rentre hommage à ces hommes et ces femmes qui ont perdu la vie au nom de la Liberté ces deux derniers jours, pour remercier ce journal de m&rsquo;avoir inspiré le titre de ma chronique hebdomadaire, voici certains dessins relatifs à la santé qu&rsquo;ils ont publié.</p>
<p>Charb:</p>
<p><a href="/images/articles/2015/charbfinal.png"><img src="/images/articles/2015/charbfinal.png" alt=""></a></p>
<p>Wolinski:</p>
<p><a href="/images/articles/2015/wolinskifinal.png"><img src="/images/articles/2015/wolinskifinal.png" alt=""></a></p>
<p>Cabu:</p>
<p><a href="/images/articles/2015/cabufinal.png"><img src="/images/articles/2015/cabufinal.png" alt=""></a></p>
<p>Tignous:</p>
<p><a href="/images/articles/2015/tignousfinal.png"><img src="/images/articles/2015/tignousfinal.png" alt=""></a></p>
<p>Honoré:</p>
<p><a href="/images/articles/2015/honorefinal.png"><img src="/images/articles/2015/honorefinal.png" alt=""></a></p>
<p>Mais aussi:<br>
Michel, Mustapha, Ahmed, Bernard, Elsa, Franck, Frédéric et Clarissa.</p>
<p><a href="/images/articles/2015/charlie-finale.png"><img src="/images/articles/2015/charlie-finale.png" alt=""></a></p>
<p><em>Merci à tous les internautes qui m&rsquo;ont permis de poster ces images.</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°31: antibiotiques en soins primaires, reco diabète type 2 (ADA/EASD), traitement obésité (FDA)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/01/dragi-webdo-n31/</link><pubDate>Sun, 04 Jan 2015 09:58:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2015/01/dragi-webdo-n31/</guid><category>Infectiologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonne année 2015 à  tout le monde!<br>
Et merci à tous de me mettre la pression pour que je publie en temps et en heure de m’encourager à faire ce billet hebdomadaire (déjà le 31ème, waou!). Après une petite semaine fin décembre, les articles recommencent doucement à être publiés. Donc, prenez votre temps pour vous remettre de votre semaine  de grève  de vacances, et on est reparti pour une nouvelle année ensemble!</p>
<p>1/ Infectiologie:</p>
<p>Pour commencer, un point épidémiologique sur l&rsquo;évolution de nos <a href="http://websenti.u707.jussieu.fr/sentiweb/">infections virales saisonnières</a>. La gastro bat son plein, par contre la grippe n&rsquo;est pas encore très présente, malgré une augmentation du nombre de cas depuis le début de la nouvelle année.</p>
<p><a href="/images/articles/2015/grippe.png"><img src="/images/articles/2015/grippe.png" alt=""></a></p>
<p>Concernant la prescription d&rsquo;antibiotiques, il semblerait que la fatigue augmente le nombre de prescription: en fin de matinée et surtout en fin de journée, le nombre de prescription d&rsquo;antibiotique a tendance à augmenter d&rsquo;après le <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1910546&amp;utm_campaign=social_122714&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jamainternalmed">JAMA</a>. Probablement que les médecins n&rsquo;ont pas plus la force de débattre de l&rsquo;absence d&rsquo;intérêt d&rsquo;antibio ou le temps d&rsquo;expliquer quand il faut rattraper le retard accumulé durant les consultations précédentes.</p>
<p><a href="/images/articles/2015/antibio.jpg"><img src="/images/articles/2015/antibio.jpg" alt=""></a></p>
<p>Ce qui nous amène aux arguments pour et contre l&rsquo;<a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2084871&amp;utm_campaign=social_123014&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jama.201">antibiothérapie dans la bronchite</a>. Les antibiotiques dans cette situation clinique permettent de diminuer d&rsquo;une demi journée la durée de la toux, sans différence dans l&rsquo;issue de la pathologie, et au prix d&rsquo;effet secondaires supplémentaires. On peut voir <a href="http://www.thennt.com/nnt/antibiotics-for-acute-bronchitis/">ici</a> qu&rsquo;il faut traiter 6 patients pour voir le modeste bénéfice sur la toux et 37 pour voir un effet secondaire.</p>
<p>La tuberculose pulmonaire nécessite un traitement de 6 mois. Tenter de réduire le traitement à 4 mois fait passer le taux de succès de 84% à 77% d&rsquo;après le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2084887&amp;utm_campaign=social_123014&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jama.201">JAMA</a>. On en reste donc à des traitements toujours aussi longs.</p>
<p>2/ Diabétologie:</p>
<p>L&rsquo;American Diabetes Association et l&rsquo;Agence Européenne d&rsquo;Etude du Diabète (EASD) ont émis leurs <a href="http://care.diabetesjournals.org/content/35/6/1364.full">recommandations pour la prise en charge du diabète de type 2</a> en  2015. L&rsquo;objectif glycémique est simple: 7% pour tout le monde (GAJ &lt; 1,3g/L et GPP &gt; 1,8g/L) , mais à moduler en fonction de chaque patient. Ça reste très flou en fait, à moduler entre 6% et 8% comme le montre leur graphique de façon personnalisée (j&rsquo;aime bien ce concept souple). La metformine reste en 1ère intention, avec possibilité de bithérapie d&rsquo;emblée si l&rsquo;HbA1C est supérieures à 9%. Après c&rsquo;est un peu n&rsquo;importe quoi&hellip; Ils énoncent bien les nombreux effets indésirables sans grand avantage, mais mettent toutes les molécules sur le même plan en proposant des différences selon la finalité: éviter les hypoglycémies, éviter la prise de poids etc&hellip; La liste des conflits d&rsquo;intérêts à la fin de l&rsquo;article prend alors tout son sens&hellip;</p>
<p><a href="/images/articles/2015/diab.png"><img src="/images/articles/2015/diab.png" alt=""></a></p>
<p>Autre nouvelles dans le diabète, la présence d&rsquo;une relation linéaire entre cancer du pancréas et glycémie à jeun. <a href="http://www.bmj.com/content/349/bmj.g7371">Une équipe</a>   a retrouvé que l&rsquo;augmentation de 0,1g/L de GAJ était associé à une augmentation du risque de cancer pancréatique de  14%. Pour resituer un peu, l&rsquo;incidence du cancer du pancréas reste très faible, entre  <a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=5&amp;cad=rja&amp;uact=8&amp;ved=0CD4QFjAE&amp;url=http%3A%2F%2Fdocuments.irevues.inist.fr%2Fbitstream%2F2042%2F28436%2F1%2FCancero_dig_2009_3_199_204.pdf&amp;ei=ml6oVMqAB4bX7QbxjYDwDg&amp;usg=AFQjCNEuMofiJVVFxfnoYq0JjL2K4Uyguw&amp;sig2=cHRhvrx5OSs7y6N70E-JXQ&amp;bvm=bv.82001339,d.ZGU">7 et 10 cas pour  100 000 personnes</a> en population générale avec un risque majoré de <a href="http://rms.medhyg.ch/numero-252-page-1193.htm">73% chez les diabétiques</a>.</p>
<p>Enfin, la palme d&rsquo;annonce &ldquo;foireuse&rdquo; de la semaine revient à la Food and Drugs Administration (agence du médicament américaine). Elle vient d&rsquo;<a href="http://www.fda.gov/NewsEvents/Newsroom/PressAnnouncements/ucm427913.htm">autoriser le liraglutide</a> ( déjà autorisé a la dose de 1,8mg dans le diabète sans preuve d&rsquo;efficacité et responsable d&rsquo;idées suicidaires, de trouble cardiaques, de pancréatites, de calcules biliaires et de cancer de la thyroide ) dans la prise en charge de l&rsquo;obésité (IMC &gt; 30 ou IMC &gt; 27 avec diabète, HTA ou dyslipidémie) à une dose supérieure (3mg). L&rsquo;écho du benfluorex est-il déjà si loin?</p>
<p>3/ Pour la pratique</p>
<p>Le titre de la dernière partie est un peu vague&hellip; C&rsquo;était pour ne pas mettre &quot; 3/ Vrac&quot; mais ça revient au même, à vrai dire.<br>
D&rsquo;abord, pour ceux qui penseraient encore que la varenicline a un quelconque intérêt dans la prise en charge du sevrage tabagique, sachez que si le patient ne répond pas aux dose standard, cela ne sert a rien de lui faire courir le risque d&rsquo;effets indésirables supplémentaire en augmentant les doses: <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2038988&amp;JamaNetworkReader=True">ça ne marchera pas mieux</a>.<br>
Les IPP sont couramment prescrits en dehors de leurs indications ou à des doses non recommandées pour l&rsquo;indication sur des longues périodes. Leurs effets secondaires comportent des troubles cardiaques, un augmentation d&rsquo;infections digestives et pulmonaires, des anémies carentielles et surtout des modifications d&rsquo;absorption d&rsquo;autres médicaments (<em>La Revue Prescrire, Guide des interactions médicamenteuses  2014</em>). Alors, pour s&rsquo;attacher à essayer de les diminuer chez les patients n&rsquo;en ayant pas forcément besoin, <a href="http://fampra.oxfordjournals.org/content/31/6/625.short?rss=1">mieux vaut faire une décroissance progressive qu&rsquo;un arrêt brutal</a>.<br>
Pour finir, il est efficace de prescrire de la <a href="http://www.bmj.com/content/349/bmj.g7378">rééducation pelvienne</a> aux femmes se plaignant d&rsquo;un prolapsus génital pour réduire les symptômes qui sont liés à cette pathologie à 3 mois.</p>
<p>Avant de vous dire &ldquo;à la semaine prochaine&rdquo;,  voici <a href="http://t.co/t5PRnopFAC">un document d&rsquo;information de l&rsquo;INPES</a> sur les intoxications au monoxyde de carbone à l&rsquo;attention des patients. L&rsquo;information de nos patients est de saison, et ça permet aussi d&rsquo;y penser si quelqu&rsquo;un présente des symptômes concordants (perso, j&rsquo;y pensais pas souvent&hellip; alors, ça m&rsquo;aide à ne pas oublier!)</p>
<p>Bon week end, et à la semaine prochaine!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°30: ivabradine, index glycémiques, SOPK, mortalité pendant les congrès de cardio, mortalité dans les dessins animés</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/12/dragi-webdo-n30/</link><pubDate>Sun, 28 Dec 2014 11:07:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/12/dragi-webdo-n30/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Joyeux Noël! Avec un peu de retard, certes&hellip; Mais je ne publiais rien le 25 décembre. J&rsquo;espérais, en effet avoir quelque chose à raconter dans ce billet, et en cette période de vacances, les articles ne se bousculent vraiment pas.</p>
<p>1/ Actualités médicales</p>
<p>J&rsquo;en avais déjà parlé il y a peu, mais l&rsquo;ANSM insiste vraiment sur les nouvelles <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Procoralan-Ivabradine-risque-d-effets-indesirables-cardiovasculaires-renforcement-des-precautions-d-emploi-Lettre-aux-professionnels-de-sante">recommandations d&rsquo;utilisation de l&rsquo;ivabradine</a> (et ça me fait quelque chose à raconter&hellip;.)</p>
<p><a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2040224&amp;utm_campaign=social_122314&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jama.201">Une étude en cross-over</a> chez des patients en surpoids a étudié le rôle de l&rsquo;alimentation (selon les index glycémiques des aliments) pour différents paramètres cardio-vasculaires. Et contrairement à ce qu&rsquo;on pourrait penser, les aliments d&rsquo;index glycémique bas n&rsquo;améliorent pas la sensibilité à l&rsquo;insuline. En outre les différents régimes testés n&rsquo;ont globalement pas d&rsquo;influence sur la tension artérielle, le LDL, et le HDL (cf figure pour le détail)</p>
<p><a href="/images/articles/2014/carbo.png"><img src="/images/articles/2014/carbo.png" alt=""></a></p>
<p>Enfin, le centre Cochrane a étudié si la <a href="http://fr.summaries.cochrane.org/CD006105/metformine-chez-les-femmes-atteintes-du-syndrome-des-ovaires-polykystiques-pour-ameliorer-la-fertilite">metformine dans le Syndrome des ovaires polykystiques</a> améliorait la fertilité, en association à une autre technique de Procréation médicalement assistée. La méta-analyse ne retrouve pas d&rsquo;augmentation du nombre de naissances vivantes, mais il y avait  52% de grossesse en plus chez les patientes ayant eu de la metformine et le risque de syndrome d&rsquo;hyperstimulation ovarienne était diminué de 71%.</p>
<p>2/ Articles exotiques</p>
<p>De nombreux chefs universitaires se rendent en congrès tout au long de l&rsquo;année. Comment se portent les services durant leur absence? Le JAMA a publié <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2038979&amp;JamaNetworkReader=True">une étude</a> retrouvant que la mortalité des patients hospitalisés en centre universitaire pour insuffisance cardiaque et arrêt cardiaque était diminuée de  7% durant les congrès de cardiologie. Il y avait également 7% de coronarographie interventionnelle en moins chez les patients avec un syndrome coronaire aiguë, sans conséquences sur la mortalité. Je ne sais pas trop ce qu&rsquo;on peut en conclure, chacun pourra se faire son opinion!</p>
<p>Pour finir, <a href="http://www.bmj.com/content/349/bmj.g7184">une nouvelle étude de Noël du BMJ</a> a étudié la survenue de décès dans&hellip; les dessins animés! Après 2 heures de dessin animé, il y a eu la mort d&rsquo;au moins 1 personnage principal dans  80% des cas contre &ldquo;seulement&rdquo; 40% dans les films dramatiques &ldquo;classiques&rdquo;, avec près de 3 fois plus de meurtres dans les dessins animés (et c&rsquo;est significatif&hellip;)</p>
<p>Et après on continue d&rsquo;emmener nos enfants voir les Disney au cinéma&hellip; Parents indignes!</p>
<p>Sur ce, passez de bonnes fêtes et à l&rsquo;année prochaine!!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/end.png"><img src="/images/articles/2014/end.png" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°29: recos: dyslipidémies/pneumopathies/dépression de l'ado, zona, e-cig,cytisine, nephropathie, pied diabétique, insuline</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/12/dragi-webdo-n29/</link><pubDate>Sun, 21 Dec 2014 12:45:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/12/dragi-webdo-n29/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><category>Psychiatrie</category><category>Néphrologie</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous!</p>
<p>Encore une actualité chargée dans le domaine médical, à croire que toutes les revues ont voulu sortir leurs articles avant le début des vacances de fin d&rsquo;année. Je vais tenter de ne pas être trop soporifique en allant droit aux articles importants de la semaine.</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Je vais commencer par la nouvelle publication du <a href="http://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/prise_en_charge_du_patient_hypercholesterolemique_/">Collège National des Généralistes Enseignants portant sur les dyslipidémies</a>. Beaucoup plus percutant que lors de la première publication, le CNGE recommande de ne plus utiliser les objectifs de LDL, de ne plus contrôler le LDL sous traitement, de ne prescrire que les traitement éprouvés que sont la pravastatine  20 et simvastatine  40 à dose fixes et d&rsquo;utiliser le <a href="http://www.reseau-paris-nord.com/seniors/seniors.outils.score.php">score SCORE</a> pour déterminer le haut risque cardiovasculaire (risque de décès cardio-vaculaire supérieur à 5% à 10 ans).</p>
<p>Pour baisser son risque cardio-vasculaire, si on aime pas le &ldquo;sport&rdquo;, on peut toujours <a href="http://cpr.sagepub.com/content/early/2014/12/02/2047487314562741">faire du Yoga</a>! Les chiffres ne portent pas sur la morbi-mortalité, mais sans différence avec le sport, le yoga permet de baisser la tension artérielle, le cholestérol et le poids.</p>
<p>Pour finir sur le cardio-vasculaire, il a été remarqué des <a href="http://www.ajconline.org/article/S0002-9149%2814%2902263-2/abstract?rss=yes">diminutions paradoxales de HDL</a> après l&rsquo;introduction d&rsquo;une statine. Sans remettre en cause leur efficacité, il semblerait néanmoins que les patients subissant cette baisse paradoxale soient à plus haut risque que ceux ayant une augmentation du HDL.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Les pneumopathies sont un sujet particulièrement à la mode ce mois ci. Le NICE a édité ses recommandations complètes sur <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/cg191/chapter/1-recommendations">les pneumopathies</a>. Ils recommandent,à l&rsquo;attention des médecins ambulatoire, l&rsquo;utilisation du score CRB 65 (0: légère, 1-2: modéré, 3-4: sévère) Pour ce qui est du traitement, amoxicilline 5 jour si légère, amoxicilline + macrolide 7 à 10 jours si modérée ou sévère) Comme je le disais la semaine dernière, ils recommandent le dosage de la CRP et en tiennent compte ainsi: si &lt; 20: probablement viral, pas d&rsquo;antibio , &gt; 100: antibiothérapie, et entre 20 et 100: différer l&rsquo;antibiothérapie. Si le patient s&rsquo;aggrave il pourra donc prendre son antibiotique qui a été prescrit (enfin, s&rsquo;ils ne s&rsquo;aggrave pas trop, sinon ça pourrait retarder une hospitalisation justifiée&hellip;)</p>
<p>En ce qui concerne cette bithérapie dès le niveau de sévérité modéré qui n&rsquo;est pas recommandée en France en dehors des pneumopathies sévères, <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1910547&amp;utm_campaign=social_120914&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jamainternalmed">des études récentes</a> montrent qu&rsquo;a 7 jours, les patients ne sont pas autant stabilisés sous monothérapie que sous bithérapie. Cependant, il n&rsquo;y a pas de différence dans le devenir à 3 mois.</p>
<p>Concernant le zona et la prescription d&rsquo;un traitement dans les  72 heures pour prévenir les complications post-zostérienne est inefficace selon <a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article/1047">une méta-analyse</a> de minerva. C&rsquo;est cohérent avec les <a href="http://rms.medhyg.ch/numero-178-page-2398.htm">données antérieures</a> montrant que le traitement antiviral diminuait légèrement les symptômes à la phase aiguë, mais pas les complications tardives. Sur celles ci, seule la vaccination, <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=390">recommandée en France par le HCSP</a> (mais absente du calendrier de vaccination) a eu eu effet.</p>
<p>3/ Psychiatrie et tabagisme</p>
<p>La HAS a publié des recommandations sur la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1782013/fr/manifestations-depressives-a-l-adolescence-reperage-diagnostic-et-prise-en-charge-en-soins-de-premier-recours">prise en charge de la dépression de l&rsquo;adolescent</a> en 1er recours. On sait qu&rsquo;il est difficile d&rsquo;aborder de creuser la question avec un ado qui ne vient pas du tout pour ça. Repérer des signes lors de l&rsquo;entretien, et utiliser les scores (disponibles en Annexe 5) tels que le TSTS-CAFARD et l&rsquo;ADRS (qui est un peu long, je trouve) peuvent permettre d&rsquo;aborder le sujet. Quand au traitement, la place des psychothérapies est prépondérante, le traitement médicamenteux, par fluoxetine uniquement, réservé aux épisodes dépressifs constitués sans amélioration après 1 à 2 mois de psychothérapie.</p>
<p>On parle aussi beaucoup de sevrage tabagique et d&rsquo;e-cigarette. Une <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/14651858.CD010216.pub2/abstract">méta-analyse Cochrane</a> retrouve que l&rsquo;e-cigarette versus un placebo sans nicotine aide significativement à l&rsquo;arrêt du tabac à long terme, avec un faible niveau de preuve.</p>
<p>Mais tout ça, c&rsquo;est peut être déjà du passé! La &ldquo;nouveauté&rdquo;, c&rsquo;est la <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1407764">Cytisine</a>, qui est supérieure à la Nicotine (mais au prix d&rsquo;un peu plus d&rsquo;effets indésirables de type vomissements et troubles du sommeil).</p>
<p>4/ Néphrologie</p>
<p>Dans la série des recommandations, on continue avec la prise en charge du <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2014-12/pnds_-_syndrome_nephrotique_idiopathique_de_ladulte.pdf">syndrome néphrotique de l&rsquo;adulte</a>.
Bien que l&rsquo;ensemble de la prise en charge soit spécialisée, la
surveillance se fait en partie par le médecin généraliste avec une
auto-surveillance de la protéinurie, et en cas de protéinurie:</p>
<p>Créatininémie, ionogramme sanguin, albuminémie, exploration d’anomalies
lipidiques, protéinurie des 24 heures, rapport protéinurie/créatininurie
sur échantillon, ECBU, tous les 3 mois.</p>
<p>Le résumé à l&rsquo;attention du
généraliste est d&rsquo;ailleurs appréciable.En dehors du cadre de cette pathologie sur-spécialisée, le bilan de suivi est, à mon avis, intéressant car reproductible sur un certain nombre de pathologies rénales chroniques.</p>
<p>5/ Diabétologie</p>
<p>Le pied diabétique a été étudié par la HAS qui a rédigé une fiche &ldquo;<a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2001222/fr/comment-prevenir-les-rehospitalisations-dun-patient-diabetique-avec-plaie-du-pied">comment prévenir les réhospitalisations d&rsquo;un patient diabétique avec plaie du pied?</a>&rdquo; . La question parait alléchante, mais le contenu est un peu décevant. Pour résumer: Il faut vérifier que ça aille pas trop mal à la sortie, que les soins infirmiers soient poursuivis, et que le médecin traitant revoit le patient à J8 et surveille les pieds en appelant le centre spécialiser avant toute chose. Une fiche peu concrète au finale, en dehors d&rsquo;un court paragraphe sur ce qu&rsquo;il faut vérifier: le chaussage adapté, les soins podologiques à faire tous les 2 mois, et revoir l&rsquo;éducation thérapeutique régulièrement.</p>
<p>Enfin, la revue minerva a retrouvé que l&rsquo;<a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article/1046">utilisation d&rsquo;une insuline mixte</a> (NPH + analogue rapide) en 2 injections par jour permettait de mieux diminuer l&rsquo;HbA1C de patients non contrôles que de l&rsquo;insuline lente (glargine) en 1 injection par jour quand le traitement par anti-diabétique oraux était insuffisant. Et ce, sans majoration des hypoglycémies sévères. La difficulté à mettre en place un traitement avec une insuline mixte incite a l&rsquo;utiliser en 2ème intention chez les patients non contrôles après ajout de l&rsquo;insuline lente.</p>
<p>Voilà pour cette semaine! Pour ceux qui ne sont pas en grève ou qui n&rsquo;ont pas de vacances, je vous souhaite un bon courage et de joyeuses fêtes! Et pour ceux qui sont en vacances, pareil!</p>
<p>A la semaine prochaine!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>La cardio, j'y comprends rien!</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/12/la-cardio-j-y-comprends-rien/</link><pubDate>Thu, 18 Dec 2014 00:26:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/12/la-cardio-j-y-comprends-rien/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>En médecine
générale, le médecin est souvent confronté aux médicaments ayant des actions
cardio-vasculaire, que ce soit en prévention primaire, secondaire ou dans les
suites d’un traitement introduit par un spécialiste. Bêtabloquants, IEC, ARAII,
inhibiteurs calcique, statines, quelles différences y a-t-il entres les
molécules et comment s’y retrouver ?</p>
<p>J&rsquo;ai mis longtemps à essayer de faire la différence sans vraiment comprendre, à reproduire ce que les chefs prescrivaient à l’hôpital sans trop savoir pourquoi. Alors, j&rsquo;ai décidé de me plonger un peu dans cette affaire!</p>
<p>A) Bêtabloquants</p>
<p>Les
bêtabloquants sont une classe fréquemment utilisée dans de nombreuses
indications : anti arythmique, anti hypertenseurs, insuffisance cardiaque
et coronaire… Il ne faut bien évidement pas se laisser dépasser par ces
nombreux usages, les introduire de façon progressive et tenir compte des contre
indications qui sont relativement fréquentes :</p>
<p>-         
L’asthme ou la BPCO sévère</p>
<p>-         
L’ischémie critique des membres inférieurs et
AOMI stade supérieur a III</p>
<p>-         
La bradycardie &lt; 45/min et les BAV II ou III</p>
<p>-         
Les états de décompensation cardiaque et
coronaire. (1)</p>
<p>Je vais
tenter de clarifier ce qui est des différents
bétabloquants pour une application adaptée à la médecine générale: Cardiosélectifs
ou non, avec une activité sympathomimétique intrinsèque, avec effet
alphabloquant… et quand les prescrire.</p>
<p>Le
propranolol est le bêtabloquant non cardiosélectif de référence pour traiter des
symptômes périphériques : migraine, troubles liées à l’hyperthyroïdie,
varices œsophagiennes, angoisses, tremblement essentiel post-infarctus du
myocarde (IDM) et l’HTA. Il se prend en 1 à 2 fois par jour selon que l’on
utilise une forme LP ou non. (1,2)</p>
<p>Le
bisoprolol est le bêtabloquant particulièrement cardiosélectif, adapté dans
l’indication d’insuffisance cardiaque. Son effet cardiosélectif étant assez
prononcé, on peut l’utiliser en cas d’AOMI stade I et II  et de BPCO non sévère. Il se prend en 1 prise
par jour (1,2)</p>
<p>L’acébutolol
est un bêtabloquant légèrement cardiosélectif, avec une activité
sympathomimétique intrinsèque. Il a une AMM dans l’HTA, les troubles du rythme
supra-entriculaires et  le post-IDM et
est à privilégier en cas de fréquence cardiaque basse (&lt; 60/min) (1,2,3).</p>
<p>Les autres
bêtabloquants ne sont pas du domaine du généraliste. Le carvédilol et le
labétolol ont un effet alphabloquant et ont des indications respectives dans
l’insuffisance cardiaque congestive en prescription par un cardiologue d’une
part et  dans la pré-éclampsie et le phéochromocytome
d’autre part. Enfin, le sotalol est utilisé par les cardiologues dans les
troubles du rythmes (2)</p>
<p>Tableau
récapitulatif des Bêtabloquants : (2)</p>
<p><a href="/images/articles/2014/bb.png"><img src="/images/articles/2014/bb.png" alt=""></a></p>
<p>En conclusion,
le propranolol est le bêtabloquant de choix dans la plupart des indications. En
cas d’insuffisance cardiaque, le bisoprolol est à privilégier, et en cas de
fréquence cardiaque  inférieure à 60/min,
l’acébutolol peut avoir un intérêt.</p>
<p>B)  IEC  et
ARA II</p>
<p>Les IEC sont des médicaments dont
l’intérêt a été démontré dans l’HTA , l’insuffisance cardiaque, le post IDM et
la prévention des néphropathies en cas de maladie rénale chronique. Il faut
savoir qu’une élévation de la créatinine est normale dans les semaines suivant
l’introduction de l’IEC et doit être acceptée jusqu&rsquo;à +25% ; une sténose
des artères rénales doit être recherchée en cas d’augmentation supérieure (4). Les
principaux effets secondaires sont la toux apparaissant entre J7 et quelques
mois, l’hyperkaliémie, l’insuffisance rénale et des effets tératogènes (2) .Les
plus étudiés sont l’énalapril et le ramipril qui ont tous deux prouvé leur
efficacité bien qu’aucune diminution significative de la mortalité ait été
prouvé dans l’indication d’insuffisance rénale (5). Si je devais faire une
différence entre les deux, je dirais que l’énelapril a été principalement
étudié dans l’insuffisance cardiaque(6) et le ramipril dans le post-infarctus
(7). Sur un faible niveau de preuve le ramipril, selon certaines études semble discrètement supérieur à l&rsquo;énalapril aussi bien dans l&rsquo;insuffisance cardiaque (7bis) que dans l&rsquo;hypertension (7 ter, oui, j&rsquo;avais oublié des références). Concernant les effets indésirables, le ramipril n&rsquo;est pas le pire, malgré un peu plus d&rsquo;hyperkaliémie que d&rsquo;autres (7quater, idem&hellip;.).</p>
<p>En cas de mauvaise tolérance des
IEC (allergie et oedème de Quincke, toux) , il est judicieux d&rsquo;utiliser un
ARAII bien que les preuves d&rsquo;efficacité soient moindre que celles des IEC. Le
choix d&rsquo;un ARAII en première intention ne se justifie pas selon l&rsquo;HAS, en
partie à cause du cout supérieur de ceux ci par rapport aux IEC (Ramipril5mg
37centimes/cp et losartan50mg 70centimes/cp). Trois sartans ont été
principalement étudiés : le losartan, le valsartan et le candésartan
d’après mes recherches dans la Revue Prescrire (5). Le losartan est un ARAII
ancien bien connu dont les effets dans l’insuffisance cardiaque, l’HTA, le post
IDM sont démontrés, et il dispose d’AMM dans l’atteinte rénale des diabétiques
de types 2 (8). Le candésartan  a été
particulièrement étudié dans l’insuffisance cardiaque ou il semble supérieur au
losartan  (9). Enfin, le valsartan, bien qu’éclaboussé
actuellement par le scandale de la falsification des études japonaises (KYOTO HEART STUDY), a prouvé comme le
losartan une efficacité clinique dans l’HTA et diminue la morbidité dans l’insuffisance
cardiaque comme le candésartan  (10).</p>
<p>En
pratique, le principal est de choisir une molécule et de bien la connaitre, les
différences étant faibles. Personnellement, je trouve que le ramipril est un bon choix, quand on est averti qu&rsquo;il est fréquent qu&rsquo;il nécessite 2 prises par jour à cause d&rsquo;une demi vie relativement courte. En cas d&rsquo;intolérance, le valsartan semble avoir un niveau de preuve suffisant sur l&rsquo;ensemble des indications, même s&rsquo;il n&rsquo;est pas le meilleur si l&rsquo;on regarde chaque indication séparément.</p>
<p>C) 
Inhibiteurs calciques</p>
<p>Les
inhibiteurs calcique peuvent être divisés en 3 catégories dont les propriétés
permettent de choisir les anti hypertenseurs les plus appropriés pour les
indications  suivantes : angor, HTA, troubles du rythme et post-IDM
en cas de contre indication aux béta bloquants.</p>
<p>Le vérapamil
est un inhibiteur calcique bradycardisant avec une forte action myocardique,
pouvant être utilisé dans les troubles du rythme cardiaque et en post infarctus
en cas de contre indication aux beta-bloquants (1,2)</p>
<p>Les dihydropyridines de 1ere génération
(nicardipine) ont une forte action vasculaire et sont utile dans l’HTA (2).
Celles de 2eme génération (amlodipine) ont un effet intermédiaire en ayant a la
fois une action vasculaire et myocardique (2). L’amlodipine semble légèrement
supérieur à la nicardipine et bénéficie d’une posologie en 1 prise par jour (11).
Leurs contre indications sont rares et concernent principalement le verapamil
et le diltiazem : les BAV 2 et 3 et l’insuffisance cardiaque (1,2).</p>
<p>D)  
Statines</p>
<p>Les statines sont un des
traitements les plus incontournables en prévention cardio vasculaire primaire
et secondaire. En prévention primaire, une indication à un traitement est à
évaluer pour un LDL-cholestérol (LDLc) supérieur à l’objectif, calculé en
fonction du nombre de facteur de risque cardio vasculaire (HTA, diabète,
tabagisme, antécédent familiaux d’infarctus du myocarde, HDLc bas) (12).</p>
<p>L’intérêt des statines en
prévention primaire a cependant été remis en cause par les récents écrits sur
le sujet des Pr Even et Pr Debré déclarant que l’abaissement du LDLc n’avait
pas de bénéfice en terme de morbi-mortalité, et qu’alors la balance
bénéfice-risque des statines était défavorable compte tenu de leurs risque de
rhabromyolyse, de troubles hépatiques, d’interaction médicamenteuse et peut
être de diabète (13). Cependant, toutes les statines n’ont pas la même preuve
d’efficacité et de tolérance. A l’heure de l’Evidence Based Medecine, il faut
être capable en médecine générale, de ne pas suivre les préceptes des leaders
d’opinion, et de se rechercher les données dans les bases de données de la
littérature. Quatre statines se détachent dans les usages de la classe
thérapeutique : la simvastatine, la pravastatine, l’atorvastatine et la
rosuvastatine.</p>
<p>Sur le pourcentage espéré de baisse
du LDLc, la simvastatine et l’atorvastatine  permettent des baisses de 40 à 50% selon les
études et la posologie. La pravatatine permet des baisses moindres se situant
entre 20et 30%. La plus « puissante » semble être la rosuvatatine qui
permettrai des baisses de 40 à 60% selon les dosages (14).</p>
<p><a href="/images/articles/2014/statine.png"><img src="/images/articles/2014/statine.png" alt=""></a></p>
<p>L’efficacité en termes de
mortalité n’est néanmoins pas forcément corrélée à cette baisse. En effet, en prévention
primaire et secondaire, seuls la simvastatine (15) et la pravastatine (16) ont diminué la
morbi-mortalité à un an.  En préventions primaire, l’atorvastatine n&rsquo;a démontré qu’une diminution de
la morbidité sans diminution de mortalité et la rosuvastatine est efficace mais est cependant
associée à une augmentation du nombre de diabète supérieure par rapport aux autres statines (17). Les recommandations HAS rappellent d&rsquo;ailleus que la rosuvastatine et l&rsquo;atorvastatine n&rsquo;ont pas démontré d&rsquo;efficacité en prévention secondaire et n&rsquo;ont d&rsquo;ailleurs pas l&rsquo;AMM!!! (18)</p>
<p>Sur le plan des interactions,
l’atorvastatine et la simvastatine sont métabolisées par le cytochrome P450 est
expose a des interactions fréquentes. La pravastatine et la rosuvastatine ne le
sont pas et sont a privilégier en cas de risque important. Il faut noter que la
pravastatine interagit fortement avec la ciclosporine. (1)</p>
<p>Les recommandations actuelles sur la prise en charge des dyslipidémies est en pleine évolution. Suite aux recommandations américaines favorisant la baisse du cholestérol en pourcentage et supprimant les objectifs de cholestérol (19), le Collège National des Généralistes Enseignants a poursuivi sur la lancée en recommandant de ne plus utiliser d&rsquo;objectifs ni de contrôler les valeurs de LDL en dehors de s&rsquo;assurer de l&rsquo;observance, l&rsquo;effet des statines étant, d&rsquo;après les connaissances actuelles, propre au traitement et non à la valeur du LDL-cholestérol (20). Mais très récemment, l&rsquo;étude IMPROVE-IT (sponsorisée par BigPharma) semble montrer qu&rsquo;un LDL cholestérol inférieur à 0,5g/L par statine associé à l&rsquo;ézétimibe diminue la mortalité par rapport à un LDL cholestérol inférieur à 0,7g/L sous statine seule (21). Le débat risque donc d&rsquo;être relancé&hellip;</p>
<p>En pratique, les statines  que je
privilégierai serai donc, aussi bien en prévention primaire, qu&rsquo;en prévention secondaire, la simvastatine, ou la pravastatine en cas de risque
d’interaction médicamenteuse. La surveillance s’effectue avec un bilan hépatique
pouvant conduire à l’arrêt du traitement en cas de transaminases supérieures a
3N, et un dosage des CPK en cas de myalgies nécessitant l’arrêt du traitement
en cas de seuil supérieur à 5N (22).</p>
<p>J&rsquo;espère que vous y verrez un peu plus clair! Si des spécialistes de la question veulent partager leur avis et m&rsquo;incendier (preuves à l&rsquo;appui), c&rsquo;est avec plaisir que je m&rsquo;ouvrirais à leur arguments! Dans la mesure du possible, je vais essayer de faire de temps en temps quelques revues de la littérature, si ma veille bibliographique me laisse le temps de le faire. J&rsquo;ai aussi quelques idées de billets un peu plus &ldquo;spirituels&rdquo; mais le temps me manque également&hellip; Bref, bonne soirée!</p>
<p>Et pour ceux qui voudraient relire ma précédente réflexion sur la vaccination anti-HPV, c&rsquo;est par <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/03/le-hpv-tes-vaccinee.html">ici</a>!</p>
<p><em>Bibliographie :</em></p>
<p>(1)    Vidal
2012</p>
<p>(2)    Cardiologie
et maladies vasculaires, David ATTIAS, Bruno BESSE, Nicolas LELLOUCHE, ed. VERNAZOBRES</p>
<ul>
<li>Médecine internat KB. 2013</li>
</ul>
<p>(3)    « Quel
bêtabloquant prescrire ? » La Revue prescrire n°153, 1995</p>
<dl>
<dt>(4)    Néphropathie</dt>
<dd>Association canadienne du diabète 2003</dd>
</dl>
<p>(5)    Rémunération
sur résultats - Objectif cible : au moins 65 % de prescriptions d&rsquo;inhibiteurs
de l&rsquo;enzyme de conversion (IEC) sur le total des prescriptions d&rsquo;IEC et de
sartans. La revue Prescrire n°356, 2013</p>
<p>(6)    Effects of enalapril on mortality in
severe congestive heart failure. Results of the Cooperative North Scandinavian
Enalapril Survival Study. The CONSENSUS Trial Study Group. N Engl J Med 1987.</p>
<p>( 7)    Ramipril: a review of its use in the
prevention of cardiovascular outcomes.Warner GT,
Perry CM.
2002</p>
<p>(7bis) Effect of different ACE inibitors on mortality among elderly patients with congestive heart failure, CMAJ,  Louise Pilote, 2008.</p>
<p>(7ter)Different ACE inhibitors and the associations with overall and cause-specific mortalities in patients with hypertension, American Journal of Hypertension, Chia-Hsuin Chang. 2014.</p>
<p>(7quater) Adverse drug reaction monitoring with ACE inhibitors: a prospective randomized open-label comparative study. Indian Journal of pharmacology, Nishant V Sangole 2010.</p>
<p>(8)    HTA :
traitement de deuxieme ligne , la revue prescrire n°293, 2008</p>
<p>(9)    Eklind-Cervenka M. Association of candesartan vs losartan with
all-cause mortality in patients with heart failure. JAMA 2011</p>
<p>(10)
Les copies du mois - valsartan avec ou sans hydrochlorothiazide : un sartan
d&rsquo;intérêt clinique démontré  LA revue
Prescrire n°336, 2011</p>
<p>(11) Randomized,
comparative, double-blind study of amlodipine vs. nicardipine as a treatment of
isolated systolic hypertension in the elderly. Mounier-Véhier C, Fundam Clin Pharmacol. 2002.</p>
<p>(12)
Prise en charge des dyslipidémies, Afssaps 2005.</p>
<p>(13)
La vérité sur le cholestérol, Pr Even 2013.</p>
<p>(14) Weng TC et al Clin Pharm Ther
2010</p>
<p>(15)Heart protection collective group
MRC/BHF Heart Protection Study of cholesterol lowering with simvastatin in
20,536 high-risk individuals: a randomised placebo-controlled trial. Lancet 2002</p>
<p>(16) West of Scotland Coronary Prevention
Group. West of Scotland
Coronary Prevention Study: identification of high-risk groups and comparison
with other cardiovascular intervention trials. Lancet 1996</p>
<p>(17) Ridker P et al . rosuvastatine to
prevent cardiovascular events in men and women with elevated CRP. NEJM 2008</p>
<p>(18) Prévention cardio-vasculaire :le choix de la statine la mieux adaptée dépend de son efficacité et de son efficience , Fiche de bon usage des médicaments, HAS,  2012</p>
<p>(19) Stone NJ, Robinson J, Lichtenstein AH, et al. 2013
ACC/AHA guideline on the treatment of blood cholesterol to reduce
atherosclerotic cardiovascular risk in adults: A report of the American
College of Cardiology/American Heart Association. J Am Coll Cardiol 2013</p>
<p>(20) Patient hypercholestérolémique :
abandonner les cibles de LDL et traiter par statine selon le risque
cardiovasculaire. Le CNGE demande une mise à jour des recommandations
françaises qui ne sont plus adaptées aux données de la science - Avril
2014</p>
<p>(21) 
IMProved Reduction of Outcomes: Vytorin Efficacy International Trial, 
Dharam J. Kumbhani, 2014, lu le 23 novembre 2014 @ <a href="http://www.cardiosource.org/science-and-quality/clinical-trials/i/improve-it.aspx?w">http://www.cardiosource.org/science-and-quality/clinical-trials/i/improve-it.aspx?w</a>_nav=RI</p>
<p>(22) Recommandations
de la société européennes de cardiologie 2011.</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°28: tramadol et hypoglycémies, comparaison des différents IEC, sport et ECG, diabétiques type 2 sous insuline, Darwin Awards</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/12/dragi-webdo-n28/</link><pubDate>Sun, 14 Dec 2014 10:29:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/12/dragi-webdo-n28/</guid><category>Pharmacovigilance</category><category>Cardio-vasculaire</category><category>Diabétologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour ou bonsoir! (Selon l&rsquo;heur à laquelle vous allez lire ce billet&hellip;) Pas mal de chose à raconter encore cette semaine, j&rsquo;ai donc gardé que ce qui était, soit applicable directement  à la médecine générale, soit particulièrement important à mon avis. Alors, désolé pour les nouvelles recos du CNGOF, celles sur la prise en charge chirurgicale des péritonites et sur la prise en charge de l&rsquo;infection tuberculeuse latente. (Mais du coup, maintenant, si ça vous intéresse, vous savez que c&rsquo;est sorti et vous pouvez aller les chercher! (<a href="http://www.cngof.asso.fr/data/RCP/CNGOF_2014_HPP.pdf">ici</a> et <a href="http://www.cngof.asso.fr/data/RCP/CNGOF_2014_pertes_grossesse.pdf">ici</a>, <a href="http://www.sfar.org/_docs/articles/RFESFAR2014-Priseenchargedesinfectionsintra-abdominales.pdf">là</a>, et <a href="http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/137335/1/9789242548907_fre.pdf?ua=1&amp;ua=1">encore là</a>))</p>
<p>1/ Pharmacovigilance et iatrogénie:</p>
<p>Commençons avec le <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1984249&amp;utm_campaign=social_120914&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jamainternalmed">tramadol prescrit hors douleur cancéreuses</a>. La courbe parle d&rsquo;elle même. Par rapport à la codéïne, le risque d&rsquo;hospitalisation pour hypoglycémie est triplé dans les 30 premiers jours. Un effet indésirable connu, alors autant ne pas l&rsquo;oublier&hellip;</p>
<p><a href="/images/articles/2014/b4aziijiaaa-awu-png-large.png"><img src="/images/articles/2014/b4aziijiaaa-awu-png-large.png" alt=""></a></p>
<p>Ça ne vous a certainement pas échappé, mais <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/L-ANSM-lance-une-procedure-de-suspension-a-compter-du-18-decembre-de-25-medicaments-commercialises-en-France-Point-d-Information">25 médicaments génériques ont vu leur AMM suspendue</a> à cause d&rsquo;irrégularité dans les dossiers d&rsquo;AMM. C&rsquo;est rassurant dans le sens où les autorités de santé veillent. Mais le grand public risque d&rsquo;être encore plus méfiant sur les génériques et le non-substituable&hellip;</p>
<p>La <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante">Diacéréine</a>, dont le bénéfice n&rsquo;est pas démontré, se voit désormais &ldquo;non recommandée&rdquo; chez les patients de plus de  65 ans par l&rsquo;ANSM. Un bon début pour un. Encore insuffisant diraient les puristes.</p>
<p>Après réévaluation, les <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Statines-et-risque-de-diabete-le-rapport-benefice-risque-reste-toujours-positif-Point-d-Information">statines</a> voient toujours leur balance bénéfice/risque positive malgré l&rsquo;augmentation du risque de diabète. Comment diminuer ce risque? Ne pas prescrire les statines les plus diabétogènes et qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;efficacité démontrée (comme atorvastatine et rosuvastatine en prévention secondaire)</p>
<p>2/ Cardio-vasculaire:</p>
<p>L&rsquo;article qui m&rsquo;a le plus intéressé cette semaine concerne les IEC dans l&rsquo;hypertension. Ceux qui me semblaient avoir le plus haut niveau de preuve me semblaient être l&rsquo;enalapril et le ramipril, sans que je sache lequel préférer. Quand <a href="http://ajh.oxfordjournals.org/content/early/2014/12/10/ajh.hpu237.short?rss=1">cette étude comparant la mortalité sous les différents IEC</a> est intervenue! Le ramipril étant la référence, soit les IEC augmentent la mortalité (captopril, enalapril, fosinopril) , soit il n&rsquo;y a pas de différence avec le ramipril (les autres). Mon choix est donc fait, mais j&rsquo;y reviendrais certainement dans un billet futur.</p>
<p>Ensuite, une étude sur les <a href="http://www.nfkb0.com/wp-content/uploads/2014/12/Br-J-Sports-Med-2014-Menafoglio-bjsports-2014-093857.pdf">bilans cardiologiques chez les sportifs de 35 à 65 ans</a> a retenu mon attention. Sur 785 athlètes, 5,1% avaient un ECG anormal. Si on ajoute l&rsquo;examen complet, 14% ont eu des explorations complémentaires. Le cout a été de 200$ par patient et de 5000$ en cas d&rsquo;explorations complémentaires. A l&rsquo;heure où l&rsquo;ECG systématique est débattu (pas dans cette tranche d&rsquo;âge, certes), l&rsquo;étude retrouve que les 0,4% qui ont vu le sport leur être contre indiqué avaient tous un ECG anormal comme point d&rsquo;appel.</p>
<p> L&rsquo;aspirine en prévention primaire n&rsquo;avait jamais réussi a  démontrer clairement d&rsquo;effet cardio-vasculaire avec un bon niveau de preuve. Son effet sur la prévention des cancer est connu mais la balance bénéfice-risque incertaine. <a href="http://heart.bmj.com/content/early/2014/09/30/heartjnl-2014-306342">Une étude</a> a retrouvé que la balance s&rsquo;inversait chez les femmes de plus de  65ans. On ne va pas sauter sur cette analyse de sous-groupe, d&rsquo;autant que les études antérieures retrouvaient une possible <a href="http://www.bmj.com/content/339/bmj.b4531">diminution des évènements cardiovasculaire dans le sous groupe des hommes</a>.</p>
<p>3/ Diabétologie</p>
<p>La rubrique diabète de la semaine comporte 2 articles. Le premier étudie rétrospectivement la <a href="http://link.springer.com/content/pdf/10.1007%2Fs00125-014-3372-z.pdf">mortalité chez les patients sous metformine + insuline et ceux sous sulfamide + insuline</a>. Comme le dit le titre de l&rsquo;article, la mortalité totale et cardiovasculaire sont supérieures chez ces derniers patients (et je ne même parle pas des hypoglycémies qui vont avec!). Alors quand un patient nécessite une mise en place d&rsquo;un traitement par insuline, autant ne pas le laisser avec son sulfamide et augmenter la posologie des injections.</p>
<p><a href="http://link.springer.com/content/pdf/10.1007%2Fs00125-014-3388-4.pdf">Le second</a> m&rsquo;a marqué par 2 chiffres: un diabétique qui n&rsquo;a pas d&rsquo;activité physique à un risque d&rsquo;infarctus 2,4 fois supérieur à un non diabétique qui ne fais pas non plus de sport. Mais un non diabétique qui ne fais pas de sport à un risque égal à celui d&rsquo;un diabétique sportif. Un résultat encourageant pour les diabétiques! Bien sur, quand le BMI s&rsquo;en mêle, plus il est élevé, plus le risque est grand.</p>
<p>5/ Articles de Noël</p>
<p>Comme chaque année, le BMJ nous offre des articles des plus atypiques. Les femmes diraient qu&rsquo;elles le savaient d&rsquo;avance, mais il y a plus de risque de <a href="http://www.bmj.com/content/349/bmj.g7094">gagner un Darwin Award</a> si on est un homme! (Un Darwin award se remporte quand la personne décède malencontreusement dans des circonstances idiotes mais lui assurant de supprimer un idiot de la planète).</p>
<p>L&rsquo;autre article de l&rsquo;année concerne ne <a href="http://www.bmj.com/content/349/bmj.g7262">vieillissement des magasines dans la salle d&rsquo;attente</a> des médecins. Une hypothèse révélatrice à la clef!</p>
<p>Enfin, je remettrais par pur plaisir l&rsquo;article de l&rsquo;an dernier sur la <a href="http://www.bmj.com/content/347/bmj.f7198">durée de vie des chocolats</a> en milieu hospitalier. (Je veux pas faire de mauvaise pub, mais les Quality Street, c&rsquo;est vrais que je les aime pas trop non plus&hellip;)</p>
<p>En conclusion, je voudrais revenir sur les violences faites aux femmes. J&rsquo;ai suivi le fil des liens sur les blogs cités précédemment, et je tiens à dire que tout s&rsquo;est éclairé. Je pense que <a href="http://memoiretraumatique.org/psychotraumatismes/origine-et-mecanismes.html">ce site est un incontournable</a>.<br>
Bonne lecture et à la semaine prochaine!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°27: statines ,VIH/IST , pneumopathies, Lyme, obésité, HbA1C/diabète type 1</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/12/dragi-webdo-n27/</link><pubDate>Sun, 07 Dec 2014 11:33:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/12/dragi-webdo-n27/</guid><category>Cardio-vasculaire</category><category>Infectiologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, en ce premier dimanche de décembre! Cette semaine a encore
apporté son lot de nouveautés médicales que je vais vous partager sans
tarder.</p>
<p>1/ Cardio-vasculaire</p>
<p>Commençons avec l&rsquo;<a href="http://my.americanheart.org/idc/groups/ahamah-public/@wcm/@sop/@scon/documents/downloadable/ucm_469612.pdf">étude WOSCOPS,</a>
une des plus ancienne sur les statines qui a maintenant un recul de 20
ans. Le groupe qui a été traité pendant 5 ans par pravastatine en
prévention primaire a encore aujourd&rsquo;hui une diminution de la mortalité
totale et cardio-vasculaire avec une moyenne d&rsquo;âge de 75 ans. On peut
donc se dire qu&rsquo;arrêter une statine en prévention primaire chez un
patient de  80 ans (comme il n&rsquo;y a pas d&rsquo;études sur ces patients) permet
quand même d&rsquo;avoir un effet bénéfique persistant après l&rsquo;arrêt du
traitement!</p>
<p>Statines encore (je ne crois pas avoir de
conflit d&rsquo;intérêt sur le sujet). En prévention secondaire cette fois ci,
l&rsquo;introduction d<a href="http://archneur.jamanetwork.com/article.aspx?articleID=1905923&amp;utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_campaign=feed_posts">&lsquo;une statine après un AVC hémorragique</a> améliore la survie à 30 jours. A garder en tête pour les patients vus en ville qui pourraient entrer dans ce cadre.</p>
<p>2/ Infectiologie</p>
<p>Le
débat a été long. Finalement des auto-tests salivaire seront
disponibles pour faciliter l&rsquo;accès au dépistage du VIH à partir de
juillet 2015. L&rsquo;idée de &ldquo;recevoir&rdquo; un diagnostic positif seul chez soit
est toujours délicate, mais j&rsquo;espère que dans ces conditions les
patients consulterons rapidement. Les exemples du Royaume Uni et des
Etats Unis sont en tous cas encourageants.</p>
<p><a href="http://www.cdc.gov/hiv/.../MCPublicCommentNotice.pdf">Le CDC</a>
(centre de prévention et de surveillance des maladies américain) se
prononce en faveur de la circoncision en prévention des IST et insiste
sur les fait que les patients soient informés de son intérêt dès
l&rsquo;adolescence. Cela ne concernerait que les hétérosexuels, les études
étant divergentes pour les homosexuels. La société pédiatrique s&rsquo;était
déjà prononcé en faveur, en souhaitant informer les parents de nouveaux
nés. Il faut noter que seul les américains ont adopté cette position.</p>
<p>Concernant les pneumopathies, le <a href="http://www.nice.org.uk/news/article/simple-blood-test-for-pneumonia-can-help-limit-use-of-antibiotics">NICE (organisme de recommandations anglaises) recommande désormais d&rsquo;effectuer un dosage de CRP</a>
en cas de doute sur une pneumopathie avant la mise sous antibiotiques.
L&rsquo;objectif étant bien sur de réduire la dépense en antibiotiques et les
résistances bactériennes. Pour réduire les coûts d&rsquo;une telle prise en
charge systématique, on peut se poser la question de l&rsquo;intérêt des test
de CRP-capillaire. <a href="http://www.bichat-larib.com/publications.documents/3997_these.pdf">Une thèse</a>
a abordé ce sujet et retrouvait une diminution des prescriptions
d&rsquo;antibiotiques de  40% en ville et de  80% pour le prix des examens
complémentaires pour les patients ayant une CRP-capillaire. Cependant,
le prix de l&rsquo;appareil de lecture (environ 5000€) reste un obstacle
majeur à cette pratique en ambulatoire.</p>
<p><a href="/images/articles/2014/bien-utiliser-les-antibiotiques.jpg"><img src="/images/articles/2014/bien-utiliser-les-antibiotiques.jpg" alt=""></a></p>
<p>Le HCSP a écrit un rapport sur la <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=464">maladie de Lyme</a>.
Autant l&rsquo;avis est peu intéressant du point de vue &ldquo;médecine générale&rdquo;,
autant le rapport complet comporte un chapitre qui peut s&rsquo;avérer très
utile. Il traite, en se plaçant du point de vue d&rsquo;un médecin
ambulatoire, de diverses situations en donnant les conduites à tenir
(sérologie négatives avec forte suspicion clinique, tableau atypique
avec sérologie positive etc&hellip;)</p>
<p>Enfin, le ministère de la Santé a fait une synthèse, ou plutôt une revue, sur les <a href="http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/cir_38936.pdf">infections invasives à méningocoque</a>. En cas de doute, TOUT y est.</p>
<p>3/ Métabolisme (j&rsquo;ai rien trouvé de mieux&hellip;)</p>
<p>Obésité. Le NICE  a mis à jour ses recommandations sur la <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/cg189/chapter/1-recommendations#identification-and-classification-of-overweight-and-obesity">prise en charge de l&rsquo;obésité</a>.
J&rsquo;avais déjà pointé les probables conflits d&rsquo;intérêt dans cette
organisme (ici) , mais la place non négligeable laissée à l&rsquo;orlisat et
parfois dès un IMC de  28 me laisse penser que le lobbying n&rsquo;est un mot
anglais pour rien. Le point intéressant cependant est la prise en compte
de &ldquo;variabilité&rdquo; ethniques, notamment chez les patients asiatiques pour
lesquels la chirurgie bariatrique peut être envisagée pour un IMC
inférieur à 30 en cas de diabète (lire aussi <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1401329#t=article">ici</a>)<br>
La HAS ne recommande (bien évidemment) pas l&rsquo;orlisat et les recos française sont disponibles <a href="http://www.has-sante.fr/portail/plugins/ModuleXitiKLEE/types/FileDocument/doXiti.jsp?id=c_1104700">ici</a>.</p>
<p>Pour finir, chez les <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1408214">diabétiques de type 1</a>,
un contrôle stricte de l&rsquo;HbA1C ne permet pas à ces patients de diminuer
suffisamment le risque de mortalité totale et cardio vasculaire pour
rejoindre ceux des patients &ldquo;témoins&rdquo;. Cependant, il faut noter qu&rsquo;il y a
un gradient croissant entre le risque de mortalité et d&rsquo;évènement
cardio-vaculaire et l&rsquo;augmentation de l&rsquo;HbA1C. De plus, la différence de
mortalité totale entre les patients avec une HbA1C inférieure à 6,9% et
entre 7 à 7,8% est relativement faible en comparaison des HbA1C plus
élevées.</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine, ne prenez pas froid, ou sinon, prenez de l&rsquo;ail! (<a href="http://www.healthevidence.org/view-article.aspx?a=22317">ça pourrait marcher en prévention de la grippe</a>&hellip;)</p>
<p>A la semaine prochaine!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°26: rupture BCG, Kit DIU, coqueluche, prévention des chutes, allergie, mammographie, Star Wars VII</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/11/dragi-webdo-n26/</link><pubDate>Sun, 30 Nov 2014 08:42:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/11/dragi-webdo-n26/</guid><category>Prévention</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, j&rsquo;espère que vous avez pu suivre avec intérêt les débats qui se sont tenus lors du congrès du CNGE cette semaine. Si non, vous pouvez retrouver les principales informations sur Twitter, <a href="https://twitter.com/search?f=realtime&amp;q=%23CNGE2014&amp;src=tyah">#CNGE2014</a> . Merci à tous les twittos qui ont couvert l&rsquo;évènement!</p>
<p>1/ Médicaments</p>
<p>Commençons avec la <a href="http://www.vidal.fr/actualites/14506/vaccin_bcg_ssi_poudre_et_solvant_pour_suspension_injectable_rupture_de_stock_jusqu_en_fevrier_2015/">rupture de stock des vaccins BCG-SSI</a> jusqu&rsquo;en février 2015.<br>
Ensuite, pour les médecine ambulatoire posant des DIU, saviez vous qu&rsquo;il existe pour le même prix que le DIU des kits de pose comportant: hystéromètre, spéculums, pince de Pozzi, pince de Chéron et paire de ciseaux. Pour cela, il suffit de prescrire en notant le kit DIU avec le code ACL correspondant:</p>
<ul>
<li>GYNELLE 375, ACL 34015<strong>6382391</strong>9</li>
<li>NT 380 STANDARD, ACL 34015<strong>6389737</strong>8</li>
<li>NT 380 SHORT, ACL 34015<strong>6386934</strong>4</li>
<li>UT 380 STANDARD, ACL 34015<strong>6397398</strong>0</li>
<li>UT 380 SHORT, ACL 34015<strong>6395979</strong>3</li>
<li>TT 380 STANDARD, ACL 34015<strong>6394810</strong>0</li>
<li>TT 380 SHORT, ACL 34015<strong>6394827</strong>8</li>
</ul>
<p>2/ Recommandations</p>
<p>Le HCSP a publié des recommandations sur la <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=461">conduite à tenir devant un cas de coqueluche</a>. Ce qu&rsquo;il est important de retenir est le diagnostic biologique par culture et PCR sur sécrétions nasales avant 15 jours de toux, puis PCR seule jusqu’à 21 jours et après grâce au diagnostic sur des cas secondaires.  Le traitement de 1ère intention doit être l&rsquo;azithromycine, 20mg/j en 1 prise chez l&rsquo;enfant et 500mg/j chez l&rsquo;adulte pendant 3 jour. L&rsquo;éviction de ma collectivité doit être dans ce cas de 3 jours. La conduite pour des cas groupés y est décrite. Ce rapport colle parfaitement aux recommandations émises dans le calendrier vaccinal de cette année et permet de répondre à la question qu&rsquo;on se pose souvent: le patient est-il protégé? (bien que ce ne soit pas du 100% non plus&hellip;)</p>
<p><a href="/images/articles/2014/sans-titre.png"><img src="/images/articles/2014/sans-titre.png" alt=""></a></p>
<p>Concernant la <a href="http://www.inserm.fr/content/download/91272/653598/version/1/file/synthese_ec_activite_physique_chutes_personnes_agees.pdf">prévention des chutes du sujet âgé</a>, l&rsquo;INSERM recommande que les patients et médecins soient sensibilisés et que ces derniers effectuent annuellement une évaluation du risque de chute via des tests simples:</p>
<ul>
<li>Etes vous tombé cette année? si oui, combien de fois?</li>
<li>Get up and go test chronométré<br>
Le risque est élevé en cas de plusieurs chutes dans l&rsquo;année (ou 1 avec fracture) ou d&rsquo;un test supérieur à 14secondes.<br>
En prévention, il est nécessaire de réévaluer les ordonnances des patients âgés pour diminuer les effets secondaires et de les encourager à avoir une activité physique.</li>
</ul>
<p>L&rsquo;OMS recommande désormais de donner <a href="http://www.who.int/substance_abuse/publications/management_opioid_overdose/en">accès à la naloxone</a> à toute personne susceptible d&rsquo;apprendre son utilisation pour sauver des vies telles que les familles de patients ou les patients eux mêmes (en cours de traitements substitutif, ou sous antalgiques de pallier 3 de façon chronique&hellip;)</p>
<p>La société française d&rsquo;allergologie a rédigé un <a href="http://www.sp2a.fr/pdf/action/plan_action_GT_2014.pdf">plan d&rsquo;action en cas d&rsquo;allergie alimentaire</a>. La prescription de l&rsquo;adrénaline doit être systématique pour les patients du groupe 1, et selon certaines conditions sur avis de l&rsquo;allergologue pour les autres patients. C&rsquo;est à mon avis facilement généralisable aux allergies déclenchées par des allergies non alimentaires.</p>
<p><a href="/images/articles/2014/sans-titre-2.png"><img src="/images/articles/2014/sans-titre-2.png" alt=""></a></p>
<p>Enfin, le NICE a émis des <a href="http://www.nice.org.uk/guidance/ph56/chapter/1-recommendations">recommandations sur la supplémentation en vitamine D</a> dans les groupes à risque. La posologie n&rsquo;est pas donnée, et les groupes à risque correspondent à ceux des recommandations françaises: enfants de moins de 5 ans, femmes enceintes et personnes de plus de 65 ans, à qui il faut ajouter les personnes d&rsquo;origine africaine, et les personnes peu exposées au soleil.</p>
<p>3/ Dépistage</p>
<p>Pour conclure, je vais reparler d&rsquo;une méta-analyse qui a été représentée lors du CNGE et qui porte sur le <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4228242/">dépistage par mammographie</a>. L&rsquo;étude ne retrouve pas de différence de mortalité totale sur les femmes suives pendant 13 ans dans les groupes dépistage par mammographie et contrôle, que ce soit sur l&rsquo;ensemble de la population étudiée ou sur le sous-groupe des femmes de plus de 50 ans. Le dépistage est recommandé, mais rien n&rsquo;interdit d&rsquo;informer les femmes sur les bénéfices et risques pour qu&rsquo;elles fasse leur choix, bien au contraire.</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine!</p>
<p>Passez un excellent dimanche, et pour ceux qui ne l&rsquo;auraient pas encore vue:</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°25: double anti-agrégation plaquettaires et ezetimibe/simvastatine (congrès AHA), vitamine D, maltraitance (HAS), tabac (HAS), VIH (mise à jour Morlat)</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/11/dragi-webdo-n25/</link><pubDate>Sun, 23 Nov 2014 01:39:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/11/dragi-webdo-n25/</guid><category>Addictologie</category><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, bonjour!<br>
J&rsquo;ai l&rsquo;air d&rsquo;arriver à tenir le rythme de publication pour le dimanche matin. Comme dirait Letizia Bonaparte: &ldquo;Pourvu que ça dure!&rdquo; </p>
<p>1/Cardio vasculaire:</p>
<p>On va commencer par une série d&rsquo;articles de cardiologie qui ont été présentés à la conférence de l&rsquo;AHA cette semaine.<br>
De tous, l&rsquo;article portant sur <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1409312">l&rsquo;étude DAPT</a> est celui qui fait le plus parler de lui. Pour resituer un peu, un certain nombre d&rsquo;études prônaient pour une diminution à moins de 12 mois de la durée de la bianti-aggrégation plaquettaires après un stenting. L&rsquo;étude DAPT, controlée randomisée en aveugle retrouve qu&rsquo;une prolongation de la bithérapie pendant 30 mois permet de diminuer significativement le nombre d&rsquo;infactus, d&rsquo;AVC, de thrombose de stent et d&rsquo;un critère composite cardiovasculaire. Cependant, il y a une augmentation significative de la mortalité totale, et une augmentation quasi-significative des morts par saignement (p=0,06). Les auteurs tentent de se défendre en mettant en avant un déséquilibre lors de la randomisation et un retour à des résultats &ldquo;non significatif&rdquo; après ajustement sur le nombre de cancer. Il faudrait quand même leur rappeler que le &ldquo;p &lt; 0,05&rdquo; qu&rsquo;il faut atteindre prend en compte le risque de déséquilibre lié au hasard lors de la randomisation, et une analyse post-hoc n&rsquo;est pas non plus méthodologiquement acceptable. Leur étude montre donc une diminution des évènements cardiovasculaires au prix d&rsquo;une augmentation de la mortalité, quand les autres études sur le sujet sont en faveur d&rsquo;une diminution de la durée de la bithérapie. Des résultats à prendre avec prudence avant de nouvelles études, d&rsquo;ailleurs, une <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2814%2962052-3/fulltext#article_upsell">méta-analyse</a> incluant DAPT ne montre pas d&rsquo;intérêt cardio-vasculaire<br>
L&rsquo;autre étude intéressante est <a href="http://www.cardiosource.org/science-and-quality/clinical-trials/i/improve-it.aspx?w_nav=RI">IMPROVE-IT</a> qui testait la simvastatine seule versus simvastatine et ezetimibe introduits dans les 10 jours suivant un infarctus du myocarde. Financée entièrement par BigPharma, elle retrouve une diminution de la mortalité cardiovasculaire associée aux infarctus et AVC non fatals, sans diminution de la mortalité totale. La population cible est quand même particulièrement restreinte et le bénéfice faible. L&rsquo;association permettant de baisser le LDL cholestérol à 0,5g/L versus 0,7g/L avec la monothérapie, va-t-il falloir réévaluer les objectif <a href="http://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/patient_hypercholesterolemique_abandonner_les_cibl/">contre toute attente</a>?</p>
<p>Je vais aller plus vite sur les autres études. <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1936801&amp;utm_campaign=social_111714&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jama_current">Une nouvelle étude</a>, japonaise cette fois, ne montre pas de diminution du critère principal cardio-vasculaire avec un traitement par aspirine faible dose chez des patients avec facteurs de risque cardio-vasculaire en prévention primaire. L<a href="http://www.voixmedicales.fr/2014/02/02/dans-le-cadre-du-suivi-dun-diabete-de-type-2-un-ecg-annuel-est-il-recommande/">&lsquo;ECG annuel chez les diabétiques étant controversé</a>, on peut se demander si un <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1936754&amp;utm_campaign=social_111714&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jama_current">coroscanner systématique</a> pourrait avoir un intérêt: et ben, non, cela ne diminue pas la morbi-mortalité cardiovasculaire. Enfin, s&rsquo;il vous prenait l&rsquo;<a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1935123&amp;JamaNetworkReader=True">envie malheureuse de faire un infarctus</a>, essayez de ne pas le faire à l’hôpital: la mortalité est moindre pour les prises en charges de patients externes.</p>
<p>2/ Vitamine D</p>
<p>Changeons de sujet. La <a href="https://www-ncbi-nlm-nih-gov-s.frodon-biusante.parisdescartes.fr/pubmed/?term=Genetically+low+vitamin+D+concentrations+and+increased+mortality%3A+mendelian+randomisation+analysis+in+three++large+cohorts">vitamine D</a> revient sur le devant de la scène dans le BMJ, en montrant une augmentation de la mortalité chez les patients avec un déficit inférieur à 20ng/mL lié à une cause génétique. La randomisation mendélienne permet de prendre en considération de nombreux facteurs pour permettre une &ldquo;quasi-randomisation&rdquo; des patients, mais la question de l&rsquo;applicabilité en population générale est plus délicate, tout le monde n&rsquo;ayant pas une cause génétique de déficit en vitamine D. Cette étude reste une des rares avec des résultats aussi positifs alors que les autres son beaucoup plus mitigées.</p>
<p>3/ Maltraitances</p>
<p>La HAS a publié des recommandations sur la maltraitance de l&rsquo;enfant. Le médecin généraliste est un des acteurs les mieux placé pour la détecter. <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1760393/fr/maltraitance-chez-lenfant-reperage-et-conduite-a-tenir">La reco</a> fait un peu liste, mais on peut y trouver des formulaires types de signalement, et des <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1775839/fr/maltraitance-des-enfants-y-penser-pour-reperer-savoir-reagir-pour-proteger">algorithmes</a> indiquant qui contacter (les urgences, le 15, la CRIP ou le procureur).<br>
J&rsquo;en profite pour parler aussi de violences faites aux femmes. @docteurgece a assisté à une formation que vous pouvez suivre sur twitter grace à son <a href="https://twitter.com/hashtag/ltmiprof?f=realtime&amp;src=hash">#LTmiprof</a> .  Merci à elle!</p>
<p>4/ Addictologie</p>
<p>La HAS publie également des <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1718021/fr/arret-de-la-consommation-de-tabac-du-depistage-individuel-au-maintien-de-labstinence-en-premier-recours">recommandations sur l&rsquo;arrêt du tabac</a>. On note la place importante et logique du conseil minimal et des techniques d&rsquo;entretien motivationnel. On peut regretter une certaine ambivalence entre les encadrés disant que les traitements médicamenteux (varenicline et bupropion) ne sont pas plus efficace que les traitement substitutifs et la place en seconde intention qui leur est dédiée.</p>
<p>Tant qu&rsquo;on est dans l&rsquo;addictologie, je vous laisse lire l&rsquo;article du mois de la revue belge d&rsquo;EBM , Minerva, portant sur l&rsquo;efficacité de la <a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article/1039">gabapentine dans le sevrage alcoolique</a>. Intéressant, mais ce traitement n&rsquo;a pas été comparés aux traitements de première intention que sont l&rsquo;acamposate et le disulfirame, ni au baclofène.</p>
<p>5/ News en vrac</p>
<p>Finissons avec quelques brèves: le <a href="http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/experts-vih_actualisations2014.pdf">rapport Morlat</a> traitant des infections à VIH a été mis à jour (enfin diraient certains), des recommandations des stomatologues sur l&rsquo;utilisation des <a href="http://www.sfscmfco.fr/wp-content/uploads/RecommandationSFSCMFCO_2014_SAOS.pdf">prothèses d&rsquo;avancées mandibulaires</a> dans le syndrome d&rsquo;apnée du sommeil étant donné que la <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/09/dragi-webdo-n15-iu-pediatrie-saos.html">HAS avait confirmé leur place</a> dans la prise en charge, et actualisation des <a href="http://www.grio.org/documents/boite-a-outils-osteoporose500-1415788202.pdf">recos sur l&rsquo;ostéoporose cortico-induite</a>. Et comme j&rsquo;oublie tout le temps le protocole proposé pour recharger en vitamine D, je le met ici:</p>
<p><a href="/images/articles/2014/vitd.png"><img src="/images/articles/2014/vitd.png" alt=""></a></p>
<p>6/ La loi</p>
<p>Je vais finir avec un peu d&rsquo;administratif, parce qu&rsquo;on ne peut pas s&rsquo;en passer&hellip; Ça y est, à partir du 1er janvier 2015, nous serons tenus de <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&amp;dateJO=20141115&amp;numTexte=17&amp;pageDebut=19255&amp;pageFin=19257">prescrire en utilisant la DCI</a> des médicaments . Cela ne veut pas dire pour autant que le médecin est obligé de prescrire en médicament générique.</p>
<p>Je m&rsquo;arrête là, car comme pour les patients, trop d&rsquo;information nuit à la mémorisation. Quelques éléments de cette semaine se retrouveront donc la semaine prochaine. Je vous souhaite un excellent dimanche.<br>
A bientôt!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°24: hypnotiques/ivabradine , prévention des lithiases, vaccination anti-HPV (USA), DTPCa et grossesse, coronaropathie non obstructive, syphilis</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/11/dragi-webdo-n24/</link><pubDate>Sat, 15 Nov 2014 20:53:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/11/dragi-webdo-n24/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous! Vos encouragements chaque semaine me motivent à ne pas prendre de retard sur ces billets pour arriver à les publier pour le dimanche. (Et ça m&rsquo;évite aussi de me laisser aller&hellip;) Alors MERCI!</p>
<p> C&rsquo;est parti avec une veille médicamenteuse. D&rsquo;abord, la baisse du <a href="http://www.vidal.fr/actualites/14442/medicaments_hypnotiques_baisse_du_taux_de_remboursement_a_partir_du_1er_decembre_2014/">remboursement des hypnotiques</a> dont le taux passe de 65%  à 15% pour les molécules suivantes: lorazepam, zopiclone, zolpidem, lormetazepam, temazepam, estazolam et nitrazepam, à partir du 1er décembre 2014.</p>
<p>Ensuite, l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Travaux-de-l-Agence-Europeenne-des-Medicaments-EMA-Comite-pour-l-evaluation-des-risques-en-matiere-de-pharmacovigilance-PRAC/Medicaments-a-base-d-ivabradine-codeine-medicaments-contenant-du-dimethyl-fumarate-mycophenolate-mofetil-acide-mycophenolique-de-l-octocog-alpha-specialite-Eligard-retour-d-information-sur-le-PRAC-de-novembre-2014-Point-d-Information">ANSM</a> publie les rapports du PRAC sur diverses traitements dont la ré-évaluation était en cours: concernant l&rsquo;Ivabradine, il a finalement été jugé que le ce traitement pouvait être utilisé avec un renforcement des règles d&rsquo;utilisation (ne pas prolonger le traitement plus de 3 mois en cas d&rsquo;absence d&rsquo;efficacité, ne pas initier de traitement si la fréquence cardiaque est inférieure a 70/min, ne pas dépasser 15mg par jour&hellip;). La codéine dans la toux chez l&rsquo;enfant et l&rsquo;hydroxyzine sont en cours de réévaluation.</p>
<p>A propos des inhibiteurs de la DPP-4, encore <a href="http://www.clinicaltherapeutics.com/article/S0149-2918%2814%2900678-X/abstract?rss=yes&amp;utm_source=twitterfeed&amp;utm_medium=twitter">une étude</a> qui montre une augmentation du risque d&rsquo;hospitalisation pour insuffisance cardiaque chez les patients traités. Autant essayer de s&rsquo;en passer!</p>
<p>Enfin, peut être un espoir d&rsquo;antidote pour les AOD! Le <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc1411800">PER977</a> pourrait être un antidote qui marche sur l&rsquo;edoxaban, le rivaroxaban and l&rsquo;apixaban et le dabigatran, en restaurant le niveau de coagulation normal en 10 à 30minutes (vs 12-15 heures pour le placebo) dans une étude portant sur l&rsquo;edoxaban. A surveiller.</p>
<p>On continue avec les courtes recommandations américaines sur la <a href="http://annals.org/article.aspx?articleID=1920506">prévention des lithiases rénales</a>: boire 2 L d&rsquo;eau par jour et si besoin , possibilité de prescrire de l&rsquo;allopurinol ou des diurétiques thiazidiques en fonction de la nature des calculs.</p>
<p>Autres recommandations américaines, cette fois ci à propos de la <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1930803&amp;utm_campaign=social_111214&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jama.201">vaccination anti-HPV</a>. La vaccination par le bi ou le quadrivalent est recommandée chez les filles de  11 à 26 ans, et les garçons de 11 à 21 ans par le quadrivalent.</p>
<p>Vaccinations toujours, la tolérance de la <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1930817&amp;JamaNetworkReader=True">vaccination anti DTPCa durant la grossesse</a>. L&rsquo;étude ne retrouve pas plus d&rsquo;hypotrophie ou de prématurité ou d&rsquo;HTA gravidique que chez les patients non vaccinées. Cependant, il y avait un risque augmenté 20% de chorioamniotite chez les patients vaccinées, venant ternir les autres résultats rassurants.</p>
<p>Un peu d&rsquo;infectiologie devant la recrudescence des syphilis  . Les américains ont mis en place un <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1930822&amp;utm_campaign=social_111414&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jama.201">algorithme</a> qui en fait est relativement simple: en cas de syphilis précoce non neurologique: 1 seule injection, en cas de syphilis tardive non neurologique: 3 injections et en cas de syphilis neurologique: hospitalisation. L&rsquo;algorithme permet surtout de faire un choix quand il est difficile de dater l&rsquo;infection.</p>
<p><a href="/images/articles/2014/syphilis.png"><img src="/images/articles/2014/syphilis.png" alt=""></a></p>
<p>Au chapitre cardio-vasculaire de la semaine, cela peut paraitre évident, encore fallait il le démontrer, mais le risque de mortalité ou de faire un infarctus non fatal est augmenté quand le patient présente un <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleID=1920971">athérome coronarien même non obstructif</a>, mais seulement lorsque l&rsquo;atteinte est pluri-tronculaire!</p>
<p>Pour finir sur de la diabétologie, il est intéressant de voir comment prévenir dans cette population les pathologies menant à une hospitalisation (ce que les anglophones appellent: &ldquo;ambulatory care–sensitive condition&rdquo;). <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1904760&amp;utm_campaign=social_110914&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jamainternalmed">L&rsquo;article du JAMA</a> retrouve qu&rsquo;un programme d&rsquo;éducation à la santé à domicile diminue significativement de 5,8% le risque absolu d&rsquo;hospitalisation dans l&rsquo;année, soit 17 patients à éduquer pour diminuer 1 hospitalisation chez ces patients à risque.</p>
<p>Voilà pour cette semaine, je vous dis à la semaine prochaine, n&rsquo;oubliez pas de vous laver les dents ou à défaut, de prendre un chewing-gum sans sucre (<a href="http://www.healthevidence.org/view-article.aspx?a=24243">c&rsquo;est mieux que rien!</a>) et n&rsquo;hésitez pas à me faire part de remarques ou critiques qui pourraient améliorer cette chronique!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°23: points antibio et EP, hémorragies et AOD, amydalectomie, céphalées chroniques, encéphalopathie hépatique et dépistage diabète</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/11/dragi-webdo-n23/</link><pubDate>Sat, 08 Nov 2014 22:55:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/11/dragi-webdo-n23/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, cette semaine, l&rsquo;actualité était assez dense. Alors on va commencer tout de suite!</p>
<p>L&rsquo;ANSM a publié deux rapports. Le premier sur la <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Evolution-des-consommations-d-antibiotiques-en-France-entre-2000-et-2013-nouveau-rapport-d-analyse-de-l-ANSM-Point-d-Information">consommation d&rsquo;antibiotiques</a> en France entre 2000 et 2013. Le rapport montre une augmentation de la consommation qui se poursuit depuis 3 ans, avec une part importante de l&rsquo;amoxicilline/Ac. clavulanique qui est impliquée dans la progression des résistances bactériennes. Points positif cependant pour les économistes de la santé, car la part de prescription de génériques est en augmentation.<br>
Le second rapport concerne la <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Etude-de-l-impact-de-la-modification-recente-des-methodes-de-contraception-sur-la-survenue-d-embolies-pulmonaires-chez-les-femmes-de-15-a-49-ans-Point-d-Information">survenue de maladie thrombo-embolique veineuse</a> depuis 2012-2013. Une diminution de 11% du nombre d&rsquo;embolie pulmonaire serait liée au la diminution des prescription de pilules de 3ème et 4ème génération à la faveur des pilules de 2ème génération.</p>
<p>Les AOD (ex-NACO) sont encore et toujours débattus. Une étude a regardé de façon rétrospective les conséquences d&rsquo;une <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1921753&amp;utm_campaign=social_110414&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jamainternalmed">prescription de dabigatran vs warfarine</a> chez les patients avec fibrillation atriale. La prescription de dabigatran était associée significativement à un sur-risque global d&rsquo;hémorragies, un sur-risque d&rsquo;hémorragie majeures et un sur-risque d&rsquo;hémorragie gastro-intestinales. Seules les hémorragies intracrâniennes étaient diminuées. De quoi conforter l&rsquo;idée de ne pas encore faire des AOD des médicaments de première intention.</p>
<p>Transition parfaite pour parler d&rsquo;hémorragies intracrâniennes et de statines. Une <a href="http://archneur.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1905923&amp;utm_campaign=social_110114&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jama_current">étude publiée dans le JAMA</a> retrouve une amélioration de la survie à 30 jours chez les patients bénéficiant de ce traitement après une hémorragie intracérébrale.</p>
<p>Après des années de recherches, peut être enfin un vaccin contre la dengue. <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1411037">Une étude de phase 3</a> avec une telle vaccination a permis de diminuer la survenue de dengue confirmée virologiquement ainsi que les hospitalisations.</p>
<p>L&rsquo;intérêt de l&rsquo;amygdalectomie chez l&rsquo;enfant a une balance bénéfice risque négative en cas d&rsquo;angines à répétition (Rev Prescrire 2013 ; <strong>33</strong> (357) : 519-523). Cependant, <a href="http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001753">chez les enfants asthmatiques avec apnées du sommeil</a>, l&rsquo;opération permettrait un meilleur contrôle de l&rsquo;asthme avec moins d&rsquo;exacerbation, moins d’hospitalisation et moins de consommation médicamenteuse.</p>
<p>Un peu de neurologie avec la prise en charge des <a href="http://www.sfetd-douleur.org/sites/default/files/u3/cahiers/cahier_sfetd_n_3_ccq.pdf">céphalées chroniques quotidiennes</a> (cadre diagnostique, traitements&hellip;) . Je n&rsquo;ai pas d&rsquo;autre recommandations sur ce sujet à me mettre sous la dent malgré les conflits d’intérêt de certains des auteurs.<br>
Ensuite, concernant les <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1907002&amp;utm_campaign=social_110614&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jamainternalmed">encéphalopathies hépatiques</a>, il semblerait que l&rsquo;utilisation de PEG soit plus efficace que le traditionnel lactulose dans la résolution de cette pathologie. Voilà la jolie courbe de Kaplan-Meier (l&rsquo;évènement n&rsquo;étant pas le décès comme souvent, mais la résolution de l&rsquo;encéphalopathie):</p>
<p><a href="/images/articles/2014/peg.png"><img src="/images/articles/2014/peg.png" alt=""></a></p>
<p>Au chapitre diabétologique de la semaine, les <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2814%2970182-2/fulltext">sociétés savantes américaines</a> recommandent un dépistage par glycémie à jeun dès l&rsquo;âge de 45 ans chez les patients avec une TA &gt; 135/80 ou un IMC&gt;25 ou un antécédent familial de diabète au 1er degré, en reconnaissant que le bénéfice n&rsquo;est pas vraiment connu mais que la mise en place de RHD précoce devrait diminuer la progression des complications du diabète. Ce dépistage est recommandé tous les 3 ans. Ces recommandations rejoignent celles de <a href="http://has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/diabete_rap_2003.pdf">l&rsquo;Anaes de 2003</a> en France.<br>
Enfin, après avoir démontré que la <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24679060">chirurgie bariatrique était un des meilleur traitement du diabète de type 2</a>, il y a désormais également des arguments (logiques) pour dire que ce type de chirurgie permet de <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2814%2970214-1/fulltext">diminuer l&rsquo;incidence du diabète</a> chez les patients obèses dès un IMC &gt;30 (OR: 0,2!)</p>
<p>Je conclurais sur le dernier rapport du HCSP concernant la prise en charge des <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=458">patients suspects d&rsquo;Ebola</a>, qui n&rsquo;est pas très différent du précédent mais permet d&rsquo;accéder facilement aux formulaires à remplir.<br>
Passez un bon week-end prolongé!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°22: PSA, cancer du poumon, toux de l'enfant, co-trimoxazole, PrEP, testing genoux</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/11/dragi-webdo-n22/</link><pubDate>Sat, 01 Nov 2014 17:48:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/11/dragi-webdo-n22/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd&rsquo;hui, je finis mon internat de médecine générale! Je ne sais pas si c&rsquo;est une bonne ou une mauvaise nouvelle pour les patients, mais je vais toujours faire de mon mieux en ce qui concerne leur prise en charge. C&rsquo;est un moment que je redoutais, ne pas savoir rester à jour des actualités médicales et de l&rsquo;évolution de la médecine. Je pense que cette peur et mon coté obsessionnel m&rsquo;ont permis de surmonter cela en me faisant mener cette veille bibliographique hebdomadaire.</p>
<p><a href="/images/articles/2014/gpornotgp.jpg"><img src="/images/articles/2014/gpornotgp.jpg" alt=""></a></p>
<p>Bref, les articles ont été nombreux, je ne vais pas vous embêter plus longtemps avec mes divagations!</p>
<p>La recommandation forte de la semaine est celle de nos amis canadiens qui recommandent de <a href="http://www.cmaj.ca/content/early/2014/10/27/cmaj.140703">ne pas faire de dosage de PSA</a> en population générale pour le dépistage du cancer de la prostate. Pour les patients avec facteurs de risque tels que des antécédents familiaux, ils disent que les données ne sont pas suffisantes pour conclure dans un sens ou dans l&rsquo;autre.</p>
<p>Cancérologie toujours, une équipe de Nice a recherché si détecter des cellules tumorales circulantes (CTC) chez les patients BPCO permet un <a href="http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0111597">diagnostic très précoce de cancer du poumon</a> pour améliorer le pronostic. La détection des ces CTC était suivi d&rsquo;une découverte de nodule pulmonaire dans les 1 à 4 ans. Parmi les 5 patients traités suite à cette détection, il n&rsquo;y avait pas de récidive à 1 an. Affaire à suivre.</p>
<p>Un sujet qui me tient à cœur concerne les infections urinaires. Je découvre qu&rsquo;aux États Unis, le <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleID=1917443">traitement de la cystite aiguë</a> conserve le co-trimoxazole en traitement de première intention, ce qui n&rsquo;est plus le cas en France à cause des résistances croissants. Concernant le co-trimoxazole, chez les patients sous bloqueurs du système rénine angiotensine, le risque d&rsquo;hyperkaliémie est majoré, ce qui peut entrainer un <a href="http://www.bmj.com/content/349/bmj.g6196">sur-risque de mort subite</a> par rapport aux autres traitements.</p>
<p>Restons dans l&rsquo;infectiologie: <a href="http://www.anrs.fr/VIH-SIDA/Sante-publique-Sciences-sociales/Actualites/Un-grand-succes-dans-la-lutte-contre-le-VIH-sida.-Un-medicament-pris-au-moment-des-rapports-sexuels-reduit-efficacement-le-risque-d-infection">l&rsquo;étude IPERGAY</a> a montré précocement un avantage en France d&rsquo;un traitement pré-exposition (PrEP) par Truvada à la demande chez les patients homosexuels dans la prévention de la transmission du VIH. Ainsi tous les participants de l&rsquo;étude vont recevoir le traitement. Un grand progrès dans la lutte contre le VIH, mais la généralisation risque de poser des problèmes d&rsquo;argent et de remboursement, ou pas. Je laisse les spécialises en parler avant moi.</p>
<p>L&rsquo;article de médecine générale de la semaine est certainement celui de la prise en charge de la <a href="http://archpedi.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1913623&amp;resultClick=3">toux chez lenfant de  moins de 4 ans</a> . L&rsquo;article retrouve que l&rsquo;utilisation d&rsquo;un placébo sucré (sirop d&rsquo;agave) diminue significativement les symptômes (rhinorrhée, fréquence de toux, sommeil de l&rsquo;enfant et des parents&hellip;) par rapport à l&rsquo;absence de traitement sans augmenter les effets indésirables. Alors pourquoi s&rsquo;en priver? Je rappellerai simplement les recommandations actuelles dans la prise en charge de la toux de l&rsquo;enfant par l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Nouvelles-modalites-de-prise-en-charge-de-la-toux-chez-le-nourrisson-enfant-de-moins-de-2-ans-Point-d-information">ANSM</a> qui ne recommande que des mesures hygiéno-diététiques, et déconseille l&rsquo;utilisation de miel chez l&rsquo;enfant de moins d&rsquo;un an à cause du <a href="https://www.anses.fr/fr/content/pas-de-miel-pour-les-enfants-de-moins-d%E2%80%99un">risque de botulisme infantile</a>.</p>
<p>Enfin, et comme bien souvent, je finirais sur de la diabétologie. <a href="http://www.exercer.fr/numero/115/page/238/">La revue Exercer</a> rappelle que chez les patients diabétiques, les traitements anti-diabétiques n&rsquo;ont pas prouvé leur efficacité en morbi-mortalité dans des essais randomisés de bon niveau de preuve, contrairement aux statines et aux IEC dont l&rsquo;efficacité est démontrée chez ces patients.<br>
La metformine étant le seul médicament ayant néanmoins prouvé une efficacité en terme de morbi-mortalité, c&rsquo;est le traitement de première intention. <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1918925&amp;JamaNetworkReader=True">Le JAMA</a> a retrouvé que ce n&rsquo;était cependant le traitement initial que dans 58% des cas, et que l&rsquo;utilisation d&rsquo;un autre anti-diabétique initial était associé à un risque supérieur d&rsquo;intensification du traitement sans bénéfice en terme de réduction de risque cardio-vasculaire ou d&rsquo;hypoglycémie.</p>
<p>Voilà pour cette semaine, je vous dis à la semaine prochaine et vous laisse revoir les tests du genou  (<a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=194256&amp;utm_campaign=social_102514&amp;utm_medium=facebook&amp;utm_source=jama_fb">avec le JAMA</a>) en image, parce que je les oublis presque à chaque fois et que ça ne fait pas de mal de les revoir de temps en temps!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/genou.jpg"><img src="/images/articles/2014/genou.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°21: vaccins anti VHB/HPV , risque cardio selon l'alimentation et selon les anti-diabétiques oraux</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/10/dragi-webdo-n21/</link><pubDate>Sat, 25 Oct 2014 18:53:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/10/dragi-webdo-n21/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! La semaine s&rsquo;est clôturée sur un délicieux pot de fin de stage&hellip; (crêpes, gâteaux au chocolat, confiseries, alcool et tellement d&rsquo;autre chose, mais on est pas là pour parler de ça&hellip;)</p>
<p>Notons d&rsquo;abord l&rsquo;augmentation de la durée maximale de <a href="http://www.vidal.fr/actualites/14288/methadone_gelule_la_duree_maximale_de_prescription_passe_a_28_jours/">prescription de méthadone gélule</a> qui passe de  14 à 28 jours.</p>
<p>La semaine s&rsquo;est placée sous le signe des études de vaccination. Tout d&rsquo;abord, un <a href="http://archneur.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1917549">article du JAMA</a> retrouve qu&rsquo;il n&rsquo; a pas d&rsquo;association entre la vaccination par les vaccins anti-HPV et anti-hépatite B et le risque de sclérose en plaque! De quoi rassurer ceux qui seraient encore septiques sur ce point. Les auteurs retrouvent cependant que la vaccination est parfois un facteur déclencheur faisant passer du stade infra-clinique au stade clinique les pathologies auto-inflammatoires. Et oui, je sais que les principaux auteurs ont quelques conflits d&rsquo;intérêt, mais l&rsquo;étude n&rsquo;a pas été subventionnée par l’industrie pharmaceutique.</p>
<p>Même sujet ou presque, l&rsquo;<a href="http://www.healthevidence.org/view-article.aspx?a=21367">efficacité et la tolérance du vaccin anti HPV</a>. Une grosse méta-analyse sur le sujet, qui ne retrouvait pas plus d&rsquo;effet indésirable grave chez les vaccinées que chez les témoins. Concernant l&rsquo;efficacité, l&rsquo;effet du vaccin est important sur les souches vaccinantes, et faible sur les souches non-vaccinantes. Bref, rien de très neuf non plus.</p>
<p>Côté britannique, ils ont étudié la survenue des coqueluches chez les enfant de mère ayant bénéficié du programme de prévention par vaccination. La mise en place du programme a diminué de près de  80% l&rsquo;incidence de la maladie et de  70% les hospitalisations pour coqueluche chez les enfants de moins de 3 mois. Ils expliquent leurs résultats  par la transmission des anticorps maternels. <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2814%2960686-3/fulltext">Un article</a> intéressant à lire.</p>
<p>Au chapitre diététique, comment baisser son LDL cholestérol sans médicaments? <a href="http://www.healthevidence.org/view-article.aspx?a=21656">En mangeant des légumes</a>! Bien sur, l&rsquo;étude n&rsquo;a pas étudié l&rsquo;effet en terme de morbi-mortalité&hellip; Mais la confédération des fruits et légumes frais n&rsquo;était pas là pour subventionner l&rsquo;étude.</p>
<p>Même chapitre, le régime méditerranéen sous une approche un peu plus décortiquée selon les modalité du régime effectué. On connaissait déjà les résultats selon lesquels ce régime diminuait le risque d&rsquo;évènement cardio-vasculaire. Le <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1893921&amp;utm_campaign=social_102214&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jamainternalmed">tableau des 14-points du régime</a> montre que spécifiquement, les consommations de noix et de légumes sont associées à une réduction du risque cardiovasculaire. Le vin, dans un des modèle aussi! (comme quoi, même les non-français disent qu&rsquo;il faut boire!)</p>
<p><a href="/images/articles/2014/diet.png"><img src="/images/articles/2014/diet.png" alt=""></a></p>
<p>Pour finir, l&rsquo;article diabétologie de la semaine concerne les différents sulfamides hypoglycémiants. Dans la littérature, seule le glibenclamide avait prouvé une diminution des complications du diabète, sans différence sur la mortalité (UKPDS). Et ben , <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2814%2970213-X/fulltext">une nouvelle étude comparant les gliclazides, glimepiride et glibenlamide</a> à montré un moindre risque de mortalité totale et cardio-vasculaire avec les deux premiers comparé au dernier. Ce qui nous aide du coup pas beaucoup si on se dit que le seul sulfamide ayant une efficacité prouvée n&rsquo;est pas celui associé au risque de mortalité le plus faible. Cependant, je n&rsquo;ai pas encore accès à l&rsquo;article en intégralité, et l&rsquo;abstract ne mentionne pas d&rsquo;ajustement sur d&rsquo;éventuels facteurs de confusion.. Donc à prendre avec prudence.</p>
<p>Sur ces actualités, je vous souhaite un bon week end (pour une fois que je peux vous le souhaiter avant le dimanche 23h45!) et moi je retourne me concentrer sur les patients qui arrivent pendant ma garde&hellip;</p>
<p><a href="/images/articles/2014/docimage.jpg"><img src="/images/articles/2014/docimage.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°20: pharmaco-vigilance, contraception, Ebola et médecine 2.0</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/10/dragi-webdo-n20/</link><pubDate>Sat, 18 Oct 2014 21:37:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/10/dragi-webdo-n20/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Quoi de neuf cette semaine?</p>
<p>Quelques articles et actualités intéressantes, mais pas de grande recommandations. Ça laissera le temps d&rsquo;assimiler les nouveauté précédentes et aux retardataires sur les articles précédents de réduire leur retard! (si vous vous sentez visé, <a href="http://femmesdetunisie.com/wp-content/uploads/2014/04/742352.gif">faites un signe</a>!)</p>
<p>Pour commencer , un peu de <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Iclusig-ponatinib-medicaments-a-base-de-testosterone-medicaments-contenant-du-valproate-et-derives-divalproate-de-sodium-valpromide-retour-d-information-sur-le-PRAC-d-octobre-2014-Point-d-Information">pharmaco-vigilance</a>. A propos des produits dérivés de la testostérone, une alerte avait été lancée sur le risque cardio-vasculaire. Une revue des données par le PRAC (Comité pour l&rsquo;évaluation des risques en matière de pharmacovigilance) n&rsquo;a finalement pas confirmé l&rsquo;augmentation . Il n&rsquo;y avait finalement pas non plus d&rsquo;augmentation du risque de cancer de prostate chez les patients traités pour hypogonadisme. Concernant le Valproate, compte tenu des effets tératogènes et neurologiques pendant la grossesse, sont utilisation doit être évitée chez les filles et femmes en âge de procréer.</p>
<p>Transition parfaite pour l<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1400506#t=articleTop">&lsquo;étude des moyens de contraception chez le jeune femme</a> de  14 à 19 ans. L&rsquo;étude fournissait gratuitement une contraception longue durée (DIU ou implant) aux femmes jeunes femme n&rsquo;ayant pas de désir de grossesse et souhaitant une contraception longue durée ou changer de contraception. Sur les 1400 patientes de l&rsquo;étude, près de 50% avaient déjà eu une grossesse non désirée. Les méthodes de contraception choisies étaient à 37% des DIU, 35% des implants et 12% des pilules. Ainsi, le taux de grossesse non désirées durant les 3 ans de l&rsquo;étude a été fortement diminué! Logique, on pourrait dire, encore faudrait il pouvoir proposer cela de façon généralisée pour essayer d&rsquo;avoir un impact en vie réelle.<br>
Et pour mémoire, la gynécologie, ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;une affaire de gynécologue!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/contraception.jpg"><img src="/images/articles/2014/contraception.jpg" alt=""></a></p>
<p>Enfin, au niveau d&rsquo;Ebola, l&rsquo;<a href="http://www.who.int/mediacentre/news/ebola/14-october-2014/en/">OMS</a> pose des conditions pour déclarer la fin de l&rsquo;épidémie au Sénégal et au Nigeria. Dans le premier pays, le 17 octobre, les 42 jours sans nouveau cas ont été écoulés. Concernant le second pays, l&rsquo;épidémie ne sera levé qu&rsquo;en absence de nouveau cas d&rsquo;ici le  20 octobre 2014. L&rsquo;épidémie des pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;ouest reste quand à elle active, justifiant de poursuivre la surveillance.</p>
<p>Je finirais ce billet en évoquant la place de la médecine 2.0, à lire absolument chez <a href="http://www.docteurmilie.fr/wordpress/?p=1504">Docteur Milie</a>, <a href="http://docteurgece.wordpress.com/2014/10/16/deux-poings/">Docteur Gécé</a> , <a href="http://farfadoc.wordpress.com/2014/10/16/ca-pourrait-changer/">Farfadoc</a> et <a href="http://sous-la-blouse.blogspot.fr/2014/10/ma-formation-20.html">GéluleMD</a> !</p>
<p>Bonne lecture!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°19 : JNMG, Reco lithiases urinaires, AIT (HAS), hypothyroïdie et grossesse, infections cutanées</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/10/dragi-webdo-n19/</link><pubDate>Mon, 13 Oct 2014 02:15:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/10/dragi-webdo-n19/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, j&rsquo;espère que le week end s&rsquo;est bien passé! Je vais commencer par quelques informations pratiques que je tiens des #JNMG , et qui, bien que #BigPharma ne soit pas exclue de ce congrès, peuvent se révéler utiles:</p>
<ul>
<li>
<p>si on prend un AINS (genre douleur ponctuelle) moins de 2
heures avant de l&rsquo;aspirine faible dose, l&rsquo;effet de l&rsquo;aspirine est annulé!</p>
</li>
<li>
<p>lorsqu&rsquo;un patient est sous anticoagulant oral direct (AOD = ex-NACO) , la surveillance de la fonction rénale se fait par la formule de Cockroft.</p>
</li>
<li>
<p>ça peut paraitre logique, mais encore faut il y penser: ne pas faire de dosage de marqueurs sérique de trisomie 21 en cas de grossesse gémellaire! On ne saurait pas les interpréter &hellip; Le risque de T21 se fait uniquement sur l&rsquo;échographie dans ce cas.</p>
</li>
</ul>
<p>Commençons maintenant la revue des recommandations publiées cette semaine.<br>
Le NEJM nous montre des <a href="http://www.jwatch.org/na35149/2014/07/16/guidelines-diagnosis-and-treatment-skin-and-soft-tissue?variant=full-text">recommandations concernant les infections cutanées</a>. Il est intéressant de voir que le traitement recommandé de l&rsquo;érysipèle est de 5 jours, à prolonger en cas d&rsquo;absence d&rsquo;amélioration.</p>
<p>L&rsquo;association française d&rsquo;urologie parle de la <a href="http://www.urofrance.org/publications-livres/publications-scientifiques/resultats-de-la-recherche/html/prise-en-charge-urologique-des-calculs-renaux-et-ureteraux-de-ladulte-mise-au-point-du-comit.html">prise en charge des lithiase urinaires</a>. On y retrouve la prise en charge hors contexte aiguë des lithiases. Le bilan étiologique a effectué y est clairement décrit et doit être effectué dès le 1er épisode de lithiase:</p>
<ul>
<li>Le lundi matin: glycémie à jeun, créatininémie, calcémie, acide urique</li>
<li>Du samedi au dimanche: bilan urinaire sur 24 heures avec urée, sodium, crétininurie, acide urique, urée, calciurie.</li>
<li>Bandelette urinaire au réveil: densité et pH +/- ECBU<br>
Pour mémoire, voici les calculs qu&rsquo;on peut voir à l&rsquo;ASP lors du bilan avec le couple ASP+Echo:</li>
</ul>
<p><a href="/images/articles/2014/lithiase.png"><img src="/images/articles/2014/lithiase.png" alt=""></a></p>
<p>La HAS a présenté deux recommandations de bonne pratiques. La première concerne la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1252051/fr/prevention-vasculaire-apres-un-infarctus-cerebral-ou-un-accident-ischemique-transitoire">prise en charge après un accident ischémique transitoire ou infarctus cérébral</a>. La prise en charge des facteurs de risque et les objectifs y sont repris, ainsi que les traitements selon que l&rsquo;origine soit embolique ou non-embolique.<br>
La seconde est à propos de <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1660673/fr/maladie-d-alzheimer-et-maladies-apparentees-diagnostic-et-prise-en-charge-de-l-apathie">l&rsquo;apathie dans la maladie d&rsquo;Alzheimer</a>. La recommandation est assez claire: prise en charge non-pharmacologique et arrêt des médicaments iatrogènes. Pas d&rsquo;indication des anticholinesthérasiques! (pas étonnant&hellip;)</p>
<p>Une <a href="http://rheumatology.oxfordjournals.org/content/early/2014/09/22/rheumatology.keu408.abstract">métaanalyse</a> a montré une augmentation du risque de maladie thrombo-embolique veineuse chez les patient utilisateurs d&rsquo;AINS. Malheureusement, je n&rsquo;ai pas eu accès au texte intégral pour en savoir plus.</p>
<p>A propos du <a href="http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/Ebola_Fiche_professionnels_sante_ambulatoire_oct_2014-1.pdf">risque Ebola</a>, la liste des pays n&rsquo;a pas changé au  26/09/2014. Cependant, la température des sujets potentiellement infectés à été abaissée à 38°C, mesurée avec un thermomètre sans contact. En cas de suspicion, c&rsquo;est toujours le 15 qu&rsquo;il faut appeler.</p>
<p>En endocrinologie, le BMJ proposait un algorithme de prise en charge en cas d&rsquo;<a href="http://www.bmj.com/content/349/bmj.g4929">hypothyroidie fruste durant la grossesse</a>.</p>
<p><a href="/images/articles/2014/thyroide.png"><img src="/images/articles/2014/thyroide.png" alt=""></a></p>
<p>Pour conclure, l&rsquo;insuline montrerait-elle enfin des preuves d&rsquo;efficacité en terme de morbi-mortalité? On ne sais toujours pas. Mais dans <a href="http://www.easdvirtualmeeting.org/resources/18816">une étude non interventionnelle</a>, des patients sous insuline voyaient leur risque d&rsquo;évènement cardiovasculaire (critère composite) et de décès cardio-vaculaire majoré d&rsquo;environ 30% pour une augmentation de 1% de l&rsquo;hémoblobine glyquée. On en revient au fait que l&rsquo;HbA1C serait un bon critère intermédiaire d&rsquo;évaluation du diabète, mais le nombre d’hypoglycémie n&rsquo;était pas négligeable non plus.</p>
<p>Sur ce, passez une bonne semaine!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°18 : bilan de thrombophilie sous pilule OP, bactériémies à staph, nutrition entérale</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/10/dragi-webdo-n18/</link><pubDate>Mon, 06 Oct 2014 01:12:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/10/dragi-webdo-n18/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir! Encore une semaine qui passe, mais j&rsquo;avoue que les articles de cette fois ci ne sont pas très orientés médecine générale. Cependant, ils ne sont pas pour autant inintéressants!</p>
<p>Suite à l&rsquo;affaire des thromboses liées à la contraception oestro-progestative, la HAS a émis <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1763726/fr/depistage-systematique-de-la-thrombophilie-avant-une-primo-prescription-de-contraception-hormonale-combinee">un avis sur le dépistage systématique d&rsquo;une thrombophilie</a> avant une primo-prescription de ce type de contraception. La conclusion principale est qu&rsquo;il ne doit pas y avoir de dépistage systématique et qu&rsquo;il ne faut pas en prescrire en cas d&rsquo;antécédent thromboembolique familial avant 60 ans. Rien de bien neuf au final&hellip;. Informer les patients, préférer les pilules de 2ème générations etc&hellip;</p>
<p>Le JAMA a publié un article concernant la <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleID=1910116#ResultsofEvidenceReview">prise en charge des bactériémies à staphylocoques doré</a>. Outre la prise en charge diagnostic, il faut surtout noter l&rsquo;importance de la recherche d&rsquo;endocardite par échographie trans-oesophagienne systématique sauf si bas risque (hémoccultures négatives 4 jours après un résultat positif, pas de dispositif intracardiaque, infection à staph nosocomial, pas de localisation secondaire, pas de signe clinique d&rsquo;endocardite et patient non dialysé) auquel cas, une échographie trans-thoracique est suffisante.</p>
<p>Ensuite, pas de diabétologie, mais de la nutrition. <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1409860?query=TOC#t=articleResults">Une étude</a> mené  chez des patients en réanimation n&rsquo;a pas retrouvé de différence en terme de mortalité  30 jours suite à une randomisation entre une nutrition entérale et parentérale. Alors, autant privilégier les voies naturelles.</p>
<p>Pour finir, il faut croire que quand on dit que &ldquo;ça sent la mort&rdquo; on se trompe. En effet, il semblerait au contraire, que la <a href="http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0107541">perte de l&rsquo;olfaction</a> soit associée de façon indépendante à un risque de mortalité accru. Personnellement, compte tenu de mes capacité olfactives médiocres, je ne vais pas en tirer de conclusions hâtives sur mon espérance de vie&hellip;</p>
<p>C&rsquo;est tout pour cette semaine! Il faut croire que les chercheurs n&rsquo;avaient pas grand chose à proposer. La semaine prochaine nous réservera peut être des surprises! J&rsquo;essayerai de vous passer en revues quelques présentations des <a href="http://www.jnmg.fr/">JNMG 2014</a> pour ceux qui ne pourront y assister! (Si la batterie de mon téléphone le permet, il devrait aussi y avoir un LT #JNMG sur twitter)</p>
<p>Bonne soirée et à la semaine prochaine!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°17: Alerte Méningitec, BPCO, SCA-ST - et Crestor</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/09/dragi-webdo-n17/</link><pubDate>Mon, 29 Sep 2014 00:18:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/09/dragi-webdo-n17/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonsoir à tous! Comme d&rsquo;habitude, il est dimanche soir, la semaine se finit, et je me dis que  24 heures par jour et 7 jours pas semaine, c&rsquo;est insuffisant pour tout ce que je prévois de faire&hellip; Par ordre de priorité avant de commencer la semaine suivante, j&rsquo;ai prévu 1/ d&rsquo;écrire ce billet et 2/ Rattraper de façon progressive, les 12 heures de dettes de sommeil que j&rsquo;ai accumulé ces 3 dernières nuits (Malheureusement je crains que ce ne soit un peu comme le salaire des heures supplémentaires à l’hôpital: on en fait beaucoup plus que le rythme auquel arrive la paye&hellip;)</p>
<p>Pour commencer, je voudrai faire circuler l&rsquo;information sur le RAPPEL de vaccins MENINGITEC dont la liste des lots est disponible <a href="http://www.vidal.fr/actualites/14150/vaccin_meningitec_rappel_de_tous_les_lots_et_recommandations/">ici</a>. pour détection de particules anormales mais ne remettant pas en cause l&rsquo;efficacité du vaccin si jamais il avait été administré.</p>
<p>Restons chez l&rsquo;enfant, le schéma d&rsquo;administratin de vitamine K en cas d&rsquo;allaitement maternel exclusif a été simplifié et suit désormais le <a href="http://www.vidal.fr/actualites/14117/vitamine_k1_roche_2_mg_0_2_ml_nourrissons_un_nouveau_schema_posologique_reduit_a_3_doses/">schéma suivant</a> à la place de l&rsquo;administration hebdomadaire jusquà la fin de l&rsquo;allaitement maternel exclusif):</p>
<ul>
<li>la 1ère dose est maintenue le <strong>1er jour</strong>,</li>
<li>la 2ème dose est maintenue au cours de la <strong>1ère semaine</strong>, mais entre le 4ème et le 7ème jour,</li>
<li>la 3ème dose est recommandée <strong>1 mois après la naissance</strong>. Pour les nouveau-nés nourris exclusivement au lait articficiel, la troisième dose peut être omise.</li>
</ul>
<p>Toujours de façon administrative, il faut souligner les efforts pour diminuer les prescriptions de Rosuvastatine dans la prise en charge des dyslipidémies, au profits des molécules ayant des preuves supérieures d&rsquo;efficacité en terme de morbi-mortalité comme la pravastatine et la simvastatine. En effet, <a href="http://www.vidal.fr/actualites/14120/prise_en_charge_de_la_rosuvastatine_et_de_l_ezetimibe_accord_prealable_necessaire/">l&rsquo;introduction d&rsquo;un traitement par Crestor, et de l&rsquo;ezetimibe sera soumise à l&rsquo;entente préalable de la sécurité sociale</a>. Je pense quand même qu&rsquo;il est regrettable de devoir utiliser des lourdeurs administratives pour inciter à prescrire d&rsquo;autres molécules&hellip;</p>
<p>Pour rester dans la cardiologie, on dit traditionnellement que les compressions en lors d&rsquo;un massage cardiaque doivent être de 3 à 4 cm de profondeur. Il semblerait que la survie des arrêts cardio-respiratoires soit meilleurs pour un massage allant entre  4 et 5 cm (4,5cm au mieux) selon <a href="http://circ.ahajournals.org/content/early/2014/09/24/CIRCULATIONAHA.114.008671.short?rss=1">cette étude</a>. Alors, massons!<br>
Les américains ont édité de nouvelles recommandations sur la prise en charge du syndrome coronarien aigue (<a href="http://circ.ahajournals.org/content/early/2014/09/22/CIR.0000000000000134.short?rss=1">SCA) sans élévation du segment ST</a>. Ils réaffirment l&rsquo;importance d&rsquo;effectuer des ECG répétés toutes les  15 minutes durant la 1ère heure après le contact médical. La tropinine doit être dosée à l&rsquo;arrivée puis entre 3 et 6 heures, et après 6 heures en cas de modification ECG ou de douleur très en faveur d&rsquo;un SCA. Pour la prise en charge plus spécialisée, les traitements et conduite de revascularisation à tenir sont bien sur également décrits longuement.</p>
<p>Du coté des poumons, la BPCO (dont je parlais déjà la semaine dernière), a été a nouveau sujet de discussion au travers d&rsquo;une revue de la littérature sur la <a href="http://www.bmj.com/content/349/bmj.g5237">prise en charge des exacerbations</a> qui répond clairement à certaines questions, moins clairement à d&rsquo;autres. J&rsquo;ai surtout noté que les corticoïdes à la dose de 40mg/jour pendant 5 jours était la posologie efficace et que les patients sous fluticasone que sous les autres corticoïdes inhlalés. Pour ce qui est de l&rsquo;antibiothérapie, le traitement par macrolide était efficace, mais aucune information n&rsquo;est donné quant à la sévérité de la BPCO des patients traités.</p>
<p><em>Efficacité des traitements dans l&rsquo;exacerbation de BPCO:</em></p>
<p><a href="/images/articles/2014/bpco.png"><img src="/images/articles/2014/bpco.png" alt=""></a></p>
<p>Enfin, comme vous l&rsquo;avez certainement remarqué, rares sont les billets hebdomadaires dans lesquels les patients diabétiques ne sont pas abordés. C&rsquo;est donc logiquement que je me suis intéressé au congrès de l&rsquo;EASD. C&rsquo;était plutot long, avec des sujets intéressant en majeure partie. Un certain nombre des présentations sont disponibles sur ce <a href="http://www.easdvirtualmeeting.org/">site</a>. Il y a quelques éléments que j&rsquo;ai relevé: d&rsquo;une part, les spécialistes accordent enfin que l&rsquo;efficacité de la metformine n&rsquo;est pas si évidente que cela (mais ils arrivent quand même à conclure que les incrétines et les inhibiteurs de SGLT2 sont efficace grâce à leur diminution de l&rsquo;HbA1C&hellip;) et surtout que le contrôle de l&rsquo;HTA chez le patient diabétique ne diminue pas seulement les AVC et IDM, mais également l&rsquo;ensemble des microangiopathies!</p>
<p>Dans les outils de préventions à utiliser chez les patient diabétique, pensez à <a href="http://bjdvd.com/index.php/bjdvd/article/view/27">dépister les apnées du sommeil</a> , au moins avec un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89chelle_de_somnolence_d%E2%80%99Epworth">questionnaire d&rsquo;Epworth</a>, nous rappelle la fédération internationale du diabète! (et pour la prise en charge, je vous renvoie <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/09/dragi-webdo-n15-iu-pediatrie-saos.html">ICI</a>!)</p>
<p>Sur ce, je vous souhaite une très bonne nuit ,<br>
A la semaine prochaine!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°16: Maladie coronaire stable, paludisme et colique néphrétique</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/09/dragi-webdo-n16/</link><pubDate>Sun, 21 Sep 2014 22:07:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/09/dragi-webdo-n16/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous, les encouragements que je reçois à poursuivre cette chronique hebdomadaire me pousse&hellip; à poursuivre ! Je vais essayer de tenir la cadence des cette fin d&rsquo;année universitaire, bonne lecture à tous!</p>
<p>Le point fort de ce numéro, c&rsquo;est le document de prise en charge du <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1761803/fr/maladie-coronarienne-parcours-de-soins">patient coronarien stable</a> par l&rsquo;HAS. Je l&rsquo;ai trouvé bien réalisé, avec la participation de MG, de cardio, de gériatres, de pharmaciens, d&rsquo;infirmières et d&rsquo;association de patients. On y trouve un score d&rsquo;évaluation rapide du risque coronarien (Score de Maburg) et le bilan initial avant d&rsquo;adresser au spécialiste pour le bilan diagnostic précis. Il faut souligner que la HAS dit enfin que &ldquo;la rosuvastatine et l&rsquo;atorvastatine n&rsquo;ont pas d&rsquo;indication validée en
prévention secondaire&rdquo; et qu&rsquo;il faut mieux utiliser la pravastatine et la simvastatine, qui ont une efficacité prouvée en terme de morbi-mortalité, pour atteindre l&rsquo;objectif de LDL inférieur à  1g/L (on en est pas encore à <a href="http://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/patient_hypercholesterolemique_abandonner_les_cibl/">laisser tomber les objectifs de LDL</a>, hein!) Bien qu&rsquo;une partie soit assez spécialisée, le médecin généraliste s&rsquo;y retrouve, le suivi est également présenté, et la conduite à tenir devant un SCA en ville est présentée! (Je savais pas qu&rsquo;on pouvais donner de l&rsquo;aspirine 500mg si on avait pas 300mg pour la dose de charge!) Un document à lire compte tenu de la fréquence des patients coronariens.</p>
<p><a href="/images/articles/2014/marburg.png"><img src="/images/articles/2014/marburg.png" alt=""></a></p>
<p>Puisque je parlais juste avant du cholestérol, <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1904808">le JAMA</a> vient rappeler l&rsquo;absence d&rsquo;essais controlés randomisés et de recommandations concernant les statines après l&rsquo;âge de 80 ans, et que chez les sujets de 75 à 80 ans, les études de moindre niveau de preuve ne semblent en faveur d&rsquo;un traitement qu&rsquo;en prévention secondaire ou chez les patients diabétiques. Penser à réévaluer les traitements n&rsquo;est pas une option en médecine! (voila que je me mets à parler comme <a href="http://www.prescrire.org/Docu/Images/gaspards/Gaspard_AMM.jpg">Gaspard</a>&hellip;)</p>
<p>Du coté des poumons, la nouveauté résite dans le dépistage du cancer du poumon grâce à un <a href="https://www.ersnetsecure.org/public/prg_congres.abstract?ww_i_presentation=66622">test respiratoire mesurant la température de l&rsquo;air expiré</a>. Seul problème, il n&rsquo;y a pas que les cancers qui entrainent une inflammation susceptible d&rsquo;augmenter cette température, il faut encore continuer à chercher&hellip;</p>
<p>Dans le même domaine, le JAMA vendait <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1904829&amp;utm_campaign=social_091714&amp;utm_medium=facebook&amp;utm_source=jama_fb">un article</a> dans lequel un traitement par corticoides inhalés associés bêta-2-mimétique de longue durée d&rsquo;action était plus efficace qu&rsquo;un traitement par cette dernière classe uniquement dans la BPCO. J&rsquo;ai d&rsquo;abord été étonné que le niveau de gravité de BPCO par la classification de GOLD et qui permet de déterminer le traitement de fond ne soit pas pris en compte. L&rsquo;étude utilise un <a href="http://www.jle.com/fr/revues/bdc/e-docs/le_score_de_propension_interet_et_limites_275339/article.phtml">score de propension</a> , astuce statistique qui, en gros, permet d&rsquo;apparier les patients sur un grand nombre facteur dans une étude non randomisée. En regardant dans les facteurs d&rsquo;ajustement, on voit que les patients ont parfois un diagnostic d&rsquo;asthme, parfois un diagnostic de BPCO, avec un coefficient d’interaction significatif: on ne peut donc pas ajuster sur ce facteur et les résultats chez les asthmatiques et BPCO doivent être donnés de façon séparée. Et quand on poursuit la lecture du tableau, on s’aperçoit que dans l&rsquo;asthme, l&rsquo;adjonction des corticoïdes inhalés est efficace en terme de diminution de mortalité et d&rsquo;hospitalisation, et qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucun effet chez ceux n&rsquo;ayant pas de diagnostic d&rsquo;asthme. Bref, une belle étude qui vend du rêve avec un titre, une conclusion accrocheuse et une méthodologie accrocheuse qui n&rsquo;apporte au final pas grand chose&hellip;</p>
<p>Le JAMA se rattrape avec <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=186881">un article intéressant sur le paludisme</a>. On y retrouve les caractéristiques (sensibilité, spécificité, et rapports de vraisemblance (RV)) des principaux symptomes. Par exemple, la fièvre a un RV+ de 5,1 et négatif de 0,12: donc un patient consultant en retour de voyage sans fièvre a très peu de risque d&rsquo;avoir un paludisme. La splénomégalie, est un signe peu fréquemment retrouvé, mais très spécifique, avec un RV+ de 6,5! Je vous laisse voir le tableau de résultats, même si en pratique, on a le frottis-goutte épaisse facile quand un patient qui revient de voyage se présente aux urgences&hellip;</p>
<p><a href="/images/articles/2014/palu.png"><img src="/images/articles/2014/palu.png" alt=""></a></p>
<p>Paludisme encore, et pour être dans l&rsquo;actualité &ldquo;Ebola&rdquo;, le Haut Conseil de Santé a émis de nouvelles <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=456">recommandations de prise en charge des patients suspect d&rsquo;Ebola</a>: la balance bénéfice/risque est en faveur d&rsquo;un traitement présomptif contre le paludisme avant que des prélèvements ne soient effectués.</p>
<p>Pour mémoire, il faut suspecter une infection à Ebola chez les patients:</p>
<p>a) une fièvre supérieure ou égale à 38,5°C ;<br>
b) un voyage dans les 21 jours précédents en zone à risque: Sierra Leone, Guinée Conakry, Libéria, Nigéria et en République démocratique du Congo (« Congo-Kinshasa ») dans la province de l’Equateur (Nord-Ouest du pays). (liste au 25/08/2014)</p>
<p>Si ces patients sont vus en ambulatoire: c&rsquo;est le SAMU qui soit être contacté et le patient ne doit pas être adressé aux urgences de proximité.</p>
<p>Aux urgences,  en général, la colique néphrétique amène à devoir choisir entre un scanner et l&rsquo;échographie. Le NEJM présente <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1404446?query=TOC">un article</a> sur plus de  2700 patients randomisés, montrant qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence sur les complications et les douleurs de patients ayant eu l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des examens. Cependant, ceux ayant eu un scanner ont été beaucoup plus irradiés!</p>
<p>Enfin, pour finir avec un peu de diabétologie, au congrès de l&rsquo;EASD (European Association for Study of Diabetes) , l&rsquo;<a href="http://french.cri.cn/621/2014/09/18/562s401926.htm">utilisation de pompes à insuline</a> a montré une diminution de la mortalié chez les patients diabétiques de type 1! Cependant, la <a href="http://www.medscape.fr/voirarticle/3600948">méta-analyse sur les glifozines</a> qui seraient &ldquo;prometteuses&rdquo; me laisse beaucoup plus dubitatif&hellip; En 2014, on continue de juger sur des critères de jugement intermédiaires&hellip;  Pour mémoire, comme j&rsquo;avais déjà dit dans <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/06/dragi-webdo-n7.html">ce billet</a>:</p>
<p><a href="/images/articles/2014/sglt2-2.jpg"><img src="/images/articles/2014/sglt2-2.jpg" alt=""></a></p>
<p>Aller, passez une bonne semaine!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°15: IU pédiatrie, SAOS, incontinence, HPV</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/09/dragi-webdo-n15/</link><pubDate>Sun, 14 Sep 2014 23:10:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/09/dragi-webdo-n15/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour! Il est tard mais je vais essayer de tenir le rythme de ma surveillance bibliographique hebdomadaire malgré toutes les contraintes de cette fin d&rsquo;internat (validation du portfolio, les traces d&rsquo;apprentissage, RSCA, thèse, présentation diverses et variées&hellip;.) Vous avez pu voir que j&rsquo;ai décidé de mettre les principaux thèmes dans le titre des billets (ce qui est relativement logique&hellip;), en espérant que ça facilitera d&rsquo;éventuelles recherches futures sur le blog. Bref, c&rsquo;est parti!</p>
<p>Pour commencer, et avec un peu de retard, j&rsquo;avais zappé les recommandations de <a href="http://www.infectiologie.com/site/medias/Recos/2014-infections-urinaires-pediatrie.pdf">prise en charge des infections urinaires chez l&rsquo;enfant</a> . Les deux grandes nouveautés sont d&rsquo;une part, un traitement oral des pyélonéphrites par céfixime 4mg/kg toutes les 12 heures pour 10 jours en l&rsquo;absence de facteurs de risque de complications (&gt;3 mois, fièvre d’installation récente, état général conservé, pas d’antécédents d’infection urinaire, ou d’uropathie, ou d’antibiothérapie récente), et d&rsquo;autre part la place de la bandelette urinaire dès l&rsquo;âge de UN mois!</p>
<p>Transition avec les adulte avec les recommandations, un peu spécialisées mais abordables, sur la <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1902235&amp;resultClick=3">drépanocytose</a>. Cela permet un petit rappel sur les âges auxquels une pénicilline préventive doit être prescrite, les vaccins, la prévention des crises vaso-occlusives&hellip; beaucoup de chose utilisables en MG en fait!</p>
<p>Chez l&rsquo;adulte donc, l&rsquo;<a href="http://urofrance.org/nc/science-et-recherche/base-bibliographique/article/html/recommandations-concernant-lincontinence-urinaire-de-la-personne-agee-construction-et-valida.html">incontinence urinaire</a>, (pathologie que j&rsquo;ai toujours eu du mal a prendre en charge, soit dit en passant), a été codifiée par l&rsquo;Association Française d&rsquo;Urologie dans des recommandations utilisant un arbre décisionnel relativement facile à utiliser qui se veut &ldquo;de première ligne&rdquo;.</p>
<p><a href="/images/articles/2014/incontinence.png"><img src="/images/articles/2014/incontinence.png" alt=""></a></p>
<p>La HAS a réévaluer les traitements du <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1761160/fr/apnees-du-sommeil-de-nouvelles-recommandations-de-prise-en-charge-des-patients">syndrome d&rsquo;apnée obstructives du sommeil</a> (SAOS). Avec un diagnostique reposant sur un indice d&rsquo;apnées/hypopnées supérieures à 15, l&rsquo;utilisation d&rsquo;appareils à pression positive continue (PPC) est justifiée pour les SAOS sévères (IAH &gt;30), mais aussi pour tout patient avec un SAOS associé à une maladie cardio-vasculaire (HTA résistante,<br>
FA récidivante, insuffisance cardiaque sévère ou coronaropathie mal contrôlée, antécédent d’AVC). Dans les autres cas, une orthèse d&rsquo;avancée mandibulaire est indiquée.</p>
<p>Parlant de problèmes cardio-vasculaires, je citais il y a peu le nombre de fibrillations auriculaires (FA) sous diagnostiquées dans les bilans d&rsquo;AVC avec holter ECG (<a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/07/dragi-webdo-n11_20.html">ici</a>). Et bien, en médecine générale, il est possible de dépister des FA! Et comment? En examinant les patients!!! Ça peut paraitre évident, mais il semblerait que ce ne le soit pas pour tout le monde&hellip; <a href="http://www.medscape.fr/voirarticle/3600920?utm_medium=twitter">Cet article</a> visait à sensibiliser les médecins généralistes au dépistages de la FA en prévention des AVC. Comme quoi, en médecine générale, on fait des diagnostics!</p>
<p>(Sur ce sujet d&rsquo;ailleurs du diagnostic, comme je n&rsquo;ai pas le temps d&rsquo;écrire quelque chose là dessus pour le moment, vous pouvez lire les articles de  <a href="http://farfadoc.wordpress.com/2014/09/14/le-diagnostic-la-semantique-et-la-marguerite/">@farfadoc</a> avec qui je suis particulièrement d&rsquo;accord, de <a href="http://sommatinoroots.blogspot.fr/2014/09/dans-le-sens-du-vent.html">@Matt_Calafiore</a> et de <a href="http://drselmer.tumblr.com/post/97459508239/que-reste-t-il-de-nos-amours-de-mes-amours-pour#disqus_thread">@DrSelmer</a> . )</p>
<p>Enfin, le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=454">HCSP</a> vient confirmer les premières impressions que j&rsquo;avais sur la vaccination anti-HPV et que j&rsquo;avais exprimées <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/03/le-hpv-tes-vaccinee.html">ici</a> longuement et légèrement <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/08/dragi-webdo-n13.html">là</a> . Ainsi, les vaccins diminuent bien la survenue de lésions liées aux HPV, condylomes (pour le vaccin quadrivalent) et lésions pré-cancéreuses en observant les pratiques en Australie, Etats-Unis et Royaume-Uni dont les recommandations sur les âges de dépistages diffèrent des nôtres. Le nouveau concept, après celui d&rsquo;immunité croisée entres souches d&rsquo;HPV vaccinantes et non vaccinantes, est le concept de d&rsquo;immunité de groupe. Il  &ldquo;n’est possible qu’à partir des résultats des modèles mathématiques&rdquo; . En gros, si on atteint le seuil théorique de couverture vaccinale 70%, la prévalences des HPV diminuera non seulement chez les vaccinés mais aussi chez les non-vaccinés.  Pour atteindre une couverture vaccinale suffisante, le HCSP propose d&rsquo;abaisser l&rsquo;âge de la vaccination à 9 ans (comme au Québec) et de proposer la vaccination en milieu scolaire (comme au Royaume-Uni et en Australie). Versant sécurité, les données sont rassurantes, ne retrouvant pas de lien avec les maladies auto-immunes (notamment de SEP).<br>
Donc, le vaccin diminue les condylomes et les lésions précancéreuses, on ne sait toujours rien sur l&rsquo;incidence de cancer et le seuil à atteindre le sera très difficilement, et il faudrait vacciner dès l&rsquo;école à l&rsquo;âge de 9 ans, sans que cet abaissement d&rsquo;âge ne repose sur des preuves supplémentaires d&rsquo;efficacité. Comme je l&rsquo;ai déjà dit, informer tôt est une bonne chose et l&rsquo;âge vaccinal établi à 11 ans, en même temps que le rappel de vaccin DTP-coqueluche peut également aider. Mais cette pression pour vacciner rapidement semble cependant disproportionnée par rapport aux preuves d&rsquo;efficacités du vaccin&hellip; On m&rsquo;a toujours dit: &ldquo;si on t&rsquo;incite à prendre une décision rapidement, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a anguille sous roche. Prend toujours le temps de réfléchir&rdquo; Et là, j&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;on nous laisse pas vraiment le temps&hellip;<br>
Bref, oui, les vaccins diminuent les condylomes et les lésions précancéreuses et pourraient donc diminuer les interventions sur ces lésions. Cependant nous ne savons rien sur la survenue des cancers. Et après avoir longuement expliqué l&rsquo;état des connaissances aux couples mères-filles, j&rsquo;ai rarement des refus, mais mesdames, prenez le temps de faire votre choix en connaissant les données actuelles!</p>
<p>Aller, bonne semaine, et comme ont dit &ldquo;Primum non nocere&rdquo;.</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°14: congrès ESC</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/09/dragi-webdo-n14/</link><pubDate>Mon, 08 Sep 2014 00:44:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/09/dragi-webdo-n14/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, j&rsquo;espère que les vacances se sont bien passées et que vous avez pu fuir les régions pluvieuses pour rejoindre un climat plus adapté à la période estivale. Quoi qu&rsquo;il en soit, après avoir passé de longues heures sur certains jeux (dont j&rsquo;avais parlé <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/08/les-jeux-de-lete-cyclades-mascarade.html">ICI</a>) et sur d&rsquo;autre dont je n&rsquo;ai pas eu le temps de parler, il est temps de me replonger dans la médecine!</p>
<p>Le  &ldquo;gros&rdquo; évènement de la fin du mois d&rsquo;aout était bien évidemment le congrès de la société européenne de cardiologie qui s&rsquo;est déroulé à Barcelone! Le principal résultat est celui de l&rsquo;<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1409077">étude PARADIGM-HF</a> qui testait un ARAII + inhibiteur de la neprilysine (le LCZ696) versus IEC dans l&rsquo;insuffisance cardiaque. Après lecture d&rsquo;un article qui me semble bien rédigé sur une étude qui me semble bien menée, le LCZ696 montre une diminution de la mortalité cardiovasculaire d&rsquo;environ 20% et de la mortalité totale de  16%!!!! Attendons un peu avant de nous enflammer trop vite avec les nouveaux médicaments, mais gardons l&rsquo;oeil ouvert. (Par ailleurs un tel traitement nécessite un suivi par le nt-proBNP plutot que par le BNP dont il inhibe la dégradation).</p>
<p>Ensuite, mais il s&rsquo;agit plutôt du domaine du spécialiste: pour la première fois dans <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22924638">une étude</a>, l&rsquo;angioplastie a montré une supériorité par rapport au traitement médial du patient coronarien stable quand elle est guidée par <a href="http://www.ch-stbrieuc.fr/Espace-Hospitalisation/Les-services-de-soins/Les-services-de-medecine/Cardiologie/La-FFR-Fractional-Flow-Reserve">FFR</a> .</p>
<p>Enfin, un certain nombre de recommandations ont été émises lors de ce congrès. Celle qui m&rsquo;intéressait était celle de <a href="http://eurheartj.oxfordjournals.org/content/early/2014/08/28/eurheartj.ehu283">prise en charge de l&rsquo;embolie pulmonaire</a> (EP). Sur le plan diagnostic, rien de neuf, les scores de Wells et de Genève Modifié sont utilisée. Malheureusement, les <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18318689">8 critères de PERC</a> ne sont même pas mentionnés pour essayer d&rsquo;éliminer cliniquement une EP. La petite nouveauté (ou du moins dont je n&rsquo;avais pas conscience), c&rsquo;est l&rsquo;utilisation du score simplifié de PESI pour déterminer si une EP est potentiellement grave (score &gt;1) et nécessite un bilan approfondi avec troponine, BNP et échocardiographie, ou si le traitement peut être ambulatoire.</p>
<p><a href="/images/articles/2014/pesi.png"><img src="/images/articles/2014/pesi.png" alt=""></a></p>
<p>Pour les plus motivés, les autres interventions du congrès sont disponibles sur le <a href="http://www.escardio.org/congresses/esc-2014/Pages/welcome.aspx">site de l&rsquo;ESC</a> , et l&rsquo;équipe de Medscape a fait une <a href="http://www.medscape.fr/features/en-pratique/33000056">petite vidéo</a> compilant les faits marquants.</p>
<p>Pour rester un peu dans le domaine cardiologique, le fenofibrate qui avait démontré une efficacité en terme de progression de rétinopathie diébétique (<a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2807%2961607-9/fulltext">ICI</a>) pourrait rejoindre le gemfibrozil au palmarès des fibrates en prouvant une diminution des évènements cardio-vasculaires chez les diabétiques dans <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25149070">cet article</a> . L&rsquo;effet reste cependant bien inférieur à celui des statines qu&rsquo;il faut privilégier autant que possible.</p>
<p>Je finirais ce petit tour des articles estivaux par <a href="http://www.bmj.com/content/349/bmj.g4643">un article</a> traitant du BCG . Connu pour avoir une faible efficacité en dehors de certaines situations très graves comme les méningites, il aurait peut être une efficacité dans la progression des infections tuberculeuses en maladie chez l&rsquo;enfant exposé aux mycobactéries.</p>
<p>Avant de vous souhaiter une bonne semaine, je vais parler du film du moment que je viens de voir: <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hippocrate_%28film%29">Hippocrate</a> . Réalisé par un médecin, la plongée dans l&rsquo;univers hospitalier d&rsquo;un interne est relativement fidèle à la réalité: la désorientation des premiers jours, la salle de garde, les réveils nocturnes par le bip&hellip; Malheureusement, certains aspects comportement médicaux ne sont pas ceux que j&rsquo;ai vécu pendant mon internat et il serait dommage que le public généralisent certaines attitudes. Les médecins, quelque soient leur expérience, avec lesquels j&rsquo;ai travaillé, ont toujours respecté les principes éthiques médicaux telles que la bienveillance et la volonté de ne pas nuire. Le film dénonce des pratiques qui peuvent parfois se voir. Ce qui est certain, c&rsquo;est que la formation sur l&rsquo;erreur médicale est bien insuffisante pour le jour où elle se produit. Allez voir le film pour vous faire une idée personnelle, et à la semaine prochaine!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/hippo.jpg"><img src="/images/articles/2014/hippo.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>De l'autre côté du bureau</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/08/de-l-autre-cote-du-bureau/</link><pubDate>Fri, 15 Aug 2014 23:10:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/08/de-l-autre-cote-du-bureau/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>La voiture a démarré, on a pris le chemin de l’hôpital. Non pas l’hôpital le plus proche, mais le CHU, parce que les urgences de l&rsquo;hôpital le plus proche, j&rsquo;y ai bossé et que je ne veux pas qu&rsquo;on me reconnaisse. J&rsquo;ai donc fait confiance à la formation universitaire, parce que les externes et les internes, et les chefs sont généralement très bien (enfin, c&rsquo;est ce que les patients me disaient!)<br>
Alors que le stress des hypothèses diagnostiques vient gêner la concentration du conducteur, l’hôpital est entré dans mon champ de vision. Mais pas dans celui de Madame, trop concentrée à essayer d&rsquo;oublier sa douleur en me demandant &ldquo;C&rsquo;est encore loin?&rdquo; et me maudissant intérieurement de l&rsquo;avoir amené faire cette balade probablement inutile.</p>
<p>Tout ça pour dire, que j&rsquo;ai testé des urgences en tant qu&rsquo;accompagnant.</p>
<p>Bien sur, je me suis gardé de dire que j&rsquo;avais quelques connaissances médicales. J&rsquo;ai surtout envie de distribuer un bon point aux infirmières et aides soignantes. Accueil plutôt chaleureux, temps d&rsquo;attente relativement court, bonne compétence d&rsquo;après ce que j&rsquo;ai pu observer. Puis est venu le temps médical.<br>
Malheureusement, le gynécologue qui est venu ne s&rsquo;est pas présenté, vociférant des demandes en montrant clairement qu&rsquo;il était pressé de passer au patient suivant pour pouvoir aller prendre son diner (il était environ 20h30). C&rsquo;est cependant l&rsquo;autre personne, en blouse et qui accompagnait le médecin qui a été fourrer son bras entre les jambes de la patiente. On se demande encore quelle était le nom ou même la fonction de la personne qui se trouvait à l&rsquo;autre bout de ce bras.<br>
L&rsquo;examen fini, on me réinvite a participer à la discussion. Pas d&rsquo;explications données, tout va bien, au revoir! -en même temps, Madame avait toujours trop mal pour pouvoir enregistrer d&rsquo;éventuelles informations - Ah, si, la phrase traditionnelle &ldquo;Si ça persiste dans une semaine, reconsultez!&rdquo; à comprendre comme &ldquo;Je ne sais pas ce que vous avez, mais si c&rsquo;est grave, je vous ai prévenu histoire de me couvrir&rdquo;.</p>
<p>Quelques jours plus tard, la douleur de Madame ne s&rsquo;améliore pas, et on décide d&rsquo;aller cette fois à l&rsquo;hôpital de proximité, et pas grave si on me reconnais. Peut être qu&rsquo;avec le temps on m&rsquo;aura oublié&hellip; En tous cas, en arrivant, moi, je les reconnais. Bref, je reste discret dans mon coin, j&rsquo;observe. L’accueil est également impeccable. Puis après une attente relativement courte, un externe vient, se présente, fait son boulot d&rsquo;externe. Je ne me souvenais même pas que le petit hôpital de périph&rsquo; avait des externes aux urgences&hellip; Puis l&rsquo;interne arrive, se présente et explique rapidement ce que l&rsquo;externe reprendra plus de temps à expliquer à Madame et à moi. Rien de grave au final, mais cette fois, c&rsquo;est clair.</p>
<p>Bref, on ne se rend jamais bien compte de ce que perçoivent les patients, leur accompagnants, et que pour un même motif, une consultation relativement similaire, le ressenti peut être totalement différent. L&rsquo;examen est le même, la conclusion aussi. Mais un certain nombre de petit détails permettent aux patient de mieux surmonter leurs plaintes.</p>
<p>Note pour plus tard: penser à relire ce billet si jamais je venais à oublier&hellip;</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Les jeux de l'été! Cyclades, Mascarade, Koryŏ!</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/08/les-jeux-de-l-ete-cyclades-mascarade-koryo/</link><pubDate>Sat, 09 Aug 2014 00:19:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/08/les-jeux-de-l-ete-cyclades-mascarade-koryo/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est l&rsquo;été et le soleil n&rsquo;est pas vraiment présent en région parisienne en ce début du mois d&rsquo;août .</p>
<p>Vous me direz, qu&rsquo;il fallait aller dans le sud (quelle idée de rester à Paris en plein été!) Et ben, cela m&rsquo;a permis de découvrir des jeux que je ne peux m’empêcher de vous partager. Ils ont l&rsquo;avantage d&rsquo;être jouable sur une table dans le jardin (pour ceux qui souhaiteraient passer le temps avant de se rendre à la plage bondée du sud une fois que le soleil ne sera plus à son zenith) ou sur une table de salon (pour ceux qui sont restés chez eux et qui ne peuvent pas sortir à cause de cette pluie estivale récurrente). Et comme je publie ce billet un samedi matin, vous pourrez aller acheter ces jeux pour en profiter durant le week end!</p>
<p>Je commence par un jeu exceptionnel: <a href="http://www.trictrac.net/jeu-de-societe/cyclades/infos">Cyclades</a>. Un jeu de plateau de stratégie dans lequel différentes cités grecques s&rsquo;affrontent pour dominer les Cyclades (d&rsquo;où le nom du jeu, vous aurez bien sur remarqué!) Le plateau de jeu est adaptable en fonction du nombre de joueurs (de 2 à 5) et représente une carte du &ldquo;monde&rdquo; sur lequel on joue. Chaque joueur à des pions de couleurs différente avec des soldats et des navires et l&rsquo;objectif du jeu est de posséder des &ldquo;métropoles&rdquo;. Pour cela, comme dans tout bon jeu de stratégie, il y a différents moyen d&rsquo;y parvenir: construire une série de bâtiments, faire des prières et soudoyer une déesse, s&rsquo;emparer de celle des autres&hellip; Un système assez classique jusque là. L&rsquo;intérêt de ce jeu réside dans le déroulement des tours: chaque tour débute par des enchères à un des différent dieu qui apportent un &ldquo;pouvoir&rdquo; au joueur: Arès permet d&rsquo;attaquer , Poséidon de se déplacer avec des navires, Zeus donne des bonus pour les enchères suivantes, Athéna aide à bâtir une métropole et Apollon permet d&rsquo;économiser de l&rsquo;argent quand on en manque. Il faut donc établir équilibre étroit des finances utilisées pour les enchères et les dépenses pour tenter de gagner le jeu. Le second point exceptionnel du jeu, c&rsquo;est que l&rsquo;ordre des Dieux détermine l&rsquo;ordre des joueurs, et qu&rsquo;a chaque tour, les dieux sont mis dans un ordre différent. Le dernier joueur à avoir joué  le tour précédent à l&rsquo;avantage d&rsquo;être le premier à pouvoir enchérir sur un dieu: l&rsquo;ordre de jeu change tout le temps, aucun joueur n&rsquo;est désavantagé par sa position, et même quand un joueur se fait dominer, il bénéficie de la grâce de certains dieux pour tenter de le relancer dans la partie! Bref, un jeu de plateau indispensable, qui fait vivre pendant 2 heures des moments exceptionnels!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/cyclade.jpg"><img src="/images/articles/2014/cyclade.jpg" alt=""></a></p>
<p><a href="http://www.trictrac.net/jeu-de-societe/mascarade-0/infos">Mascarade</a>, (qui n&rsquo;a rien à voir avec le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vampire_:_la_Mascarade">jeu vampirique</a> du même nom) est le second jeu dont je voulais parler aujourd&rsquo;hui. Plus convivial (de 2 à plus de 10 joueurs), plus familial et moins compliqué qu&rsquo;un jeu de plateau. C&rsquo;est un jeu de cartes dans lequel chaque joueur possède une carte qui détermine qui il est : le roi, le juge, la sorcière etc&hellip; avec chacun une capacité particulière qui aide à avancer vers l&rsquo;objectif de récolter 13 pièces d&rsquo;or. Ce qui corse l&rsquo;affaire est que la carte de personnage est distribuée face cachée et donc qu&rsquo;on ne sais qui on est! A chaque tour, un joueur à le choix entre 3 actions: regarder qui il est, prendre sa carte et l&rsquo;échanger avec celle d&rsquo;un autre joueur (toujours sans regarder), prendre sa carte et celle d&rsquo;un autre joueur et faire croire qu&rsquo;il les a échanger! Autant dire qu&rsquo;on ne sais rapidement plus qui est qui! Un jeu que je recommande vivement et qui peut se joueur sur la plage au soleil pour ceux qui auraient la chance de le trouver (le soleil, hein. Le jeu vous le trouverez certainement beaucoup plus facilement&hellip;)</p>
<p><a href="/images/articles/2014/mascarade.jpg"><img src="/images/articles/2014/mascarade.jpg" alt=""></a></p>
<p>Pour finir, <a href="http://www.trictrac.net/jeu-de-societe/kory-amp-335-/infos">Koryŏ</a>, qui porte le nom de l&rsquo;Etat Coréen au Xème siècle (si ça vous intéresse, vous en saurez plus <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Goryeo">ici</a>, mais c&rsquo;est pas le sujet du jour, n&rsquo;est ce pas?). C&rsquo;est encore un jeu de cartes qui peut se jouer de 2 à 4 joueurs et qui repose sur un principe un peu particulier que je vais tenter d&rsquo;expliquer clairement. La partie se déroule en 8 tours. A chaque tour, chaque joueur pioche un nombre de cartes (décroissant au fur et à mesure) qui représentent un des neuf personnage. Chaque personnage est associé à un pouvoir et à un chiffre correspondant à la fois à ses points et au nombre d&rsquo;exemplaire de la carte (la carte 9 est en 9 exemplaires, la carte 3 en 3 exemplaires, facile!). Ensuite chaque joueur pose devant lui un certain nombre de carte qui doivent avoir le même numéro. Les cartes activent leur pouvoir lorsqu&rsquo;un joueur les a de façon majoritaire: ainsi si, vous posez 2 cartes numéro 5 et qu&rsquo;un autre joueur pose les 3 autres, c&rsquo;est l&rsquo;autre joueur qui déclenche le pouvoir et remportera les 5 points! Sachant que le nombre de cartes posées sur la table est limité, il faut parfois faire des choix. Peu de place pour le hasard, beaucoup de stratégie à utiliser dans chacune des partie qui dure une vingtaine de minutes chacune. Un mécanisme de jeu original, des illustrations de cartes bien réalisées, que dire de plus pour vous inciter à l&rsquo;acheter!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/koryo-1.jpg"><img src="/images/articles/2014/koryo-1.jpg" alt=""></a></p>
<p>Sur ce, je déclare n&rsquo;avoir aucun conflit d&rsquo;intérêt en rapport avec ce sujet, et je vous souhaite d&rsquo;excellentes vacances. Pour ma part, je m&rsquo;en vais de ce pas tester d&rsquo;autre jeu que je pourrais vous faire partager!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°13</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/08/dragi-webdo-n13/</link><pubDate>Sun, 03 Aug 2014 23:22:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/08/dragi-webdo-n13/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour et bonne vacances pour ceux qui peuvent en profiter! Je vais donc essayer de ne pas trop vous ennuyer avec du travail pendant ces périodes de repos&hellip;</p>
<p>Les services d&rsquo;urgences, qui se dépeuplent en région parisienne l&rsquo;été et regorgent de monde au fur et à mesure qu&rsquo;on se rapproche de la côte méditerranéenne et atlantique, on été ciblés par <a href="http://www.drees.sante.gouv.fr/urgences-la-moitie-des-patients-restent-moins-de-deux,11336.html">une étude de grande ampleur</a>: 50 000 passages sur plus de 700 sites durant une journée. Cela a permi de déterminer que le délai d&rsquo;attente était inférieur à 2 heures pour près de 50% des patients, et inférieur à 4 heures pour  75% d&rsquo;entre eux, donc 40% consultaient pour des problèmes de traumatologie . Je vous laisse découvrir les autres données avec l&rsquo;article!</p>
<p>Pour commencer par de la pédiatrie, car, les pédiatres étant en vacances, il n&rsquo;est pas rare de voir des enfants venir au cabinet du médecin généraliste. <a href="http://summaries.cochrane.org/CD003772/RENAL_are-oral-antibiotics-as-effective-as-a-combination-of-injected-and-oral-antibiotics-for-kidney-infections-in-children">Une revue Cochrane</a> montre que le traitement des infections urinaires de l&rsquo;enfant, classiquement débuté par un traitement intraveineux et complété par un relais oral, n&rsquo;est pas plus efficace qu&rsquo;un traitement complet par voie orale. Ce qui peut grandement simplifier la prise en charge</p>
<p>Au niveau cardio-vasculaire, les probiotiques sont une nouvelle fois sous le feu des projecteurs! Et là, c&rsquo;est dans l&rsquo;hypertension artérielle. Ils pourraient baisser significativement la tension artérielle, de 3,5mmHg en moyenne. Il reste à déterminer si cette différence est cliniquement pertinente et permet de diminuer la morb-mortalité&hellip; <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25047574">Cet article</a> ne le dit pas. Toujours dans le même domaine, un <a href="http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0103247">autre article</a>: l&rsquo;HTA pourrait être baissée grâce à la consommation de thé, significativement, mais de moins de 2mmHg&hellip; Enfin, c&rsquo;est de l&rsquo;enc&hellip;.. de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Drosophile">drosophiles</a>!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/mouche.gif"><img src="/images/articles/2014/mouche.gif" alt=""></a></p>
<p>Après cette petite pause détente et culturelle à la fois, je ne peux que reparler de la vaccination anti-HPV comme je l&rsquo;avais déjà longuement fait <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/03/le-hpv-tes-vaccinee.html">ICI</a>. Le débat fait rage ces jours ci: la vaccination est actuellement recommandée chez les jeunes filles mais aussi chez les jeunes hommes pour espérer diminuer les cancer liés aux HPV en se disant qu&rsquo;ainsi, on diminue la transmission aux femme, mais aussi en évitant les cancers chez les hommes, à savoir les cancers ORL liés au virus. On peut se dire alors, qu&rsquo;il faut vacciner les garçons et filles dès 11 ans comme <a href="http://www.cdc.gov/hpv/vaccine.html">les américains</a> ou uniquement dans les populations d&rsquo;hommes avec relations sexuelles avec hommes comme <a href="http://www.bmj.com/content/349/bmj.g4783">les anglais</a> , ou attendre d&rsquo;avoir des résultats d&rsquo;études fiables en terme de morbi-mortalité peut sembler être une option raisonnable&hellip;<br>
Pour rester dans la gynécologie, pour ce qui est du frottis cervico-utérin, la question du frottis simple ou avec détection d&rsquo;HPV oncgène est toujours débattue. <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1867183&amp;utm_campaign=social_072614&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jamainternalmed">Les américains</a> sont en faveur d&rsquo;une recherche d&rsquo;HPV pour un suivi tous les 5 ans ou d&rsquo;en rester au frottis classique tous les 3 ans. Affaire à suivre pour voir si les recommandations françaises évoluent, ou pas.</p>
<p>Pour finir avec cette chronique médicale, le <a href="http://www.nejm.org/image-challenge?ci=07312014">NEJM</a> rappelle qu&rsquo;il ne fait pas bon d&rsquo;utiliser des photosensibilisants avant de s&rsquo;exposer au soleil. Bien sur, la protection solaire durant l&rsquo;été est indispensable pour tout le monde, pour éviter d&rsquo;augmenter notre risque de cancer cutanés et ne pas prendre de vilains coups de soleil!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/soleil.png"><img src="/images/articles/2014/soleil.png" alt=""></a></p>
<p>A bientôt!<br>
Le Dragi Webdo sera probablement de retour début septembre! Mais d&rsquo;autres billets viendront bien avant ça! (enfin, normalement&hellip;.)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°12</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/07/dragi-webdo-n12/</link><pubDate>Sat, 26 Jul 2014 08:09:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/07/dragi-webdo-n12/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour!<br>
Moi qui pensais que l&rsquo;été allait être calme, et ben non! Les recommandations de toutes les sociétés arrivent de toutes part&hellip;. Peut être que la pause sera pour août&hellip;</p>
<p>Alors, comme je le disais, commençons par les recos! Faisant suite aux recommandations américaines de 2013, le NICE , responsable des recommandations britanniques se lance dans la <a href="https://www.nice.org.uk/guidance/CG181/chapter/1-Recommendations">prise en charge des dyslipidémies</a>. Pas de cible de cholestérol mais une baisse en pourcentage par rapport à la valeur initiale. En prévention primaire, ils recommandent un traitement chez les patients ayant un risque d&rsquo;évènement cardiovasculaires supérieur à 10% à 10 ans selon un <a href="http://www.qrisk.org/">nouveau calculateur</a> (plus adapté à la population européenne) et calculant le risque après 80 ans (en argumentant d&rsquo;une diminution des infarctus non fatals grâce aux statines après cet âge). Alors que leurs recommandations précédentes se tournaient vers de la simvastatine (dont l&rsquo;efficacité est démontrée en terme de morbi-mortalité en prévention primaire et secondaire), ils recommandent désormais un traitement par atorvastatine (dont le bénéfice en prévention primaire est démontré chez le patient obèse diabétique et qui n&rsquo;a malheureusement pas d&rsquo;AMM européenne en prévention secondaire&hellip;) Le lobbying y serait il pour quelque chose?</p>
<p>Restons dans les recommandations du NICE, sur l&rsquo;<a href="http://www.bmj.com/content/349/bmj.g4507">insuffisance rénale chronique</a> cette fois ci. Ce qu&rsquo;il faut noter, est qu&rsquo;elles sont relativement concordantes avec les <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/r_1506285/fr/maladie-renale-chronique-de-l-adulte-parcours-de-soins">recommandations de l&rsquo;HAS de 2012</a> invitant à introduire un traitement pas IEC rapidement et à adresser au néphrologue à partir d&rsquo;une clairance inférieure à 45ml/min mesurée en <a href="http://www.soc-nephrologie.org/eservice/calcul/eDFG.htm">CKD-EPI</a> . La nouveauté qu&rsquo;ils évoquent est l&rsquo;utilisation d&rsquo;une estimation du DFG par une mesure de la cystatine C pour confirmer le diagnostic qui doit être inférieur à 60ml/min (surtout en cas d&rsquo;absence de protéinurie ou d&rsquo;estimation de DFG basée sur la créatininémie entre 45 et 60ml/min).</p>
<p>Ensuite, les recommandations de prise en charge de l<a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1242988/fr/guide-parcours-de-soins-insuffisance-cardiaque">&lsquo;HAS concernant l&rsquo;insuffisance cardiaque</a> (IC). Une recommandations relativement bien faite, avec l&rsquo;intervention de cardiologues, de généralistes, de médecins généraliste et d&rsquo;infirmiers. On y retrouve la distinction entre l&rsquo;IC systolique avec un traitement reposant essentiellement sur les IEC et les bêta-bloquants et l&rsquo;IC à fonction systolique préservée. La place du médecin traitant est renforcée, la fin de la fiche comprend les différents tests utilisable pour évaluer l&rsquo;état général du patient (ADL, IADL, MMS, questionnaire d&rsquo;observance&hellip;) Seul regret, une contradiction avec les <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Medicaments-antihypertenseurs-agissant-sur-le-systeme-renine-angiotensine-rappels-des-precautions-d-emploi-et-des-regles-de-bon-usage-Point-d-information">recommandations de l&rsquo;ANSM</a> qui, à juste titre je pense, dit que l&rsquo;association IEC+ARAII est dangereuse et inefficace dans l&rsquo;insuffisance cardiaque, et la fiche HAS qui laisse la porte ouverte à cette association après avis du cardiologue&hellip;</p>
<p><a href="/images/articles/2014/ics.png"><img src="/images/articles/2014/ics.png" alt=""></a></p>
<p>Et enfin, je n&rsquo;approfondirais pas trop, mais voila des <a href="http://sf-pediatrie.com/sites/default/files/recommandations/recos_2014_sfpediatrie_traumatisme_cranien_leger.pdf">recommandations sur la prise en charge du traumatisme crânien léger chez l&rsquo;enfant</a> pouvant aider à mieux juger des situations nécessitant d&rsquo;adresser aux urgences avec deux algorithmes selon l&rsquo;age (inférieur à 2 ans et supérieur à 2 ans).</p>
<p>Passons d&rsquo;un extrême de la vie à l&rsquo;autre. Gériatrie. On hésite souvent à faire opérer les patients de plus de  80 ans. Effectivement, selon <a href="http://newsroom.aaos.org/media-resources/Press-releases/orthopaedic-surgery-generally-safe-for-patients-age-80-and-older.htm">l&rsquo;association américaine de chirurgie orthopédique</a>, il y a une mortalité supérieure par rapport aux patients de 65 à 79 ans dans les suites opératoires des chirurgies orthopétiques, mais le surrisque semble minime, notamment chez des patients avec peu de comorbidités chez qui l&rsquo;oppération pourrait être vraiment profitable.</p>
<p>Dans l&rsquo;ostéo-articulaire toujours, le paracetamol est le médicament donné en 1er choix, les AINS n&rsquo;ayant pas montré de supériorité par rapport à cette molécule mais présentant des effets indésirables supérieurs. La question qu&rsquo;il restait à se poser était de savoir si le paracetamol est plus efficace que le placebo. Visiblement d&rsquo;après <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2814%2960805-9/abstract">cette étude du Lancet</a>, rien n&rsquo;est moins sur avec comme critère de jugement la durée jusqu&rsquo;à obtenir une EVA inférieure à 1 pendant 7 jours consécutifs.</p>
<p>Gynécologie. Première bonne nouvelle pour les femmes, la pilule du lendemain au levonorgestrel a été réévaluée et les études ne confirment pas la diminution voire l&rsquo;absence d&rsquo;efficacité chez les patientes respectivement en surpoids ou avec un IMC supérieur à 30. L&rsquo;<a href="http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/news_and_events/news/2014/07/news_detail_002145.jsp&amp;mid=WC0b01ac058004d5c1">EMA a donc déclaré</a> ce mois ci que les pilules du lendemain pouvaient être utilisées quelque soit l&rsquo;IMC des patientes.</p>
<p>Deuxième bonne nouvelle pour les femmes souffrant d&rsquo;infertilité. C&rsquo;est pas nouveau, mais j&rsquo;avoue ne pas avoir été au taquet sur les mises à jour&hellip; D&rsquo;après <a href="http://www.medscape.fr/features/en-pratique/33000045">cette intervention du Pr BELAISH-ALLARD</a> , la définition de l&rsquo;infertilité a été réduite à 1 an au lieux de 24 mois, ce qui permet de ne pas perdre de temps dans des prises en charges selon longues. De plus, après 35 ans, la prise en charge doit être plus rapide et doivent consulter après 6 mois! Le reste de l’entrevue est par ailleurs intéressante quand on n&rsquo;est, comme moi, pas très calé dans le domaine&hellip;</p>
<p>Il n&rsquo;y avait pas eu de paragraphe diabétologique le mois dernier, je vais donc remédier à cela. D&rsquo;abord, à propos de ce que certains appellent le &ldquo;pré-diabète&rdquo; ou encore &ldquo;l&rsquo;hyperglycémie modérée à jeun&rdquo; ou &ldquo;intolérance au glucose&rdquo; et définies comme une glycémie à jeun entre  6,1 et 6,9mmol/L (1,1-1,25g/L) ou une HbA1C entre 5,7% et 6,4%  selon les américains. Ces deux dernières appellations semble plus adaptées car à 10 ans, <a href="http://www.bmj.com/content/349/bmj.g4485">il y a moins de la moitié de ces patients qui développent un diabète</a>! Dans tous les cas, les règles diététiques peuvent encore diminuer cette proportion de patients.</p>
<p>Enfin, dans les outils utiles et innovant, je soulignerais cette démarche de recueil de dons pour financer le &ldquo;personnal Drink ID&rdquo; qui permet, en plongeant le dispositif dans son verre lors d&rsquo;une soirée, de s&rsquo;assurer de l&rsquo;absence de GHB, connue comme étant la &ldquo;drogue du viol&rdquo;. Vous trouverez de plus amples informations <a href="https://www.indiegogo.com/projects/pd-id-your-personal-drink-id">ici</a>.</p>
<p>A la semaine prochaine, et pensez bien à boire du lait tous les jours, mesdames, <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1889133&amp;utm_campaign=social_072514&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jama_current">ça diminue la progression de l&rsquo;arthrose du genou</a>!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/lait.jpg"><img src="/images/articles/2014/lait.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°11</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/07/dragi-webdo-n11/</link><pubDate>Sun, 20 Jul 2014 09:56:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/07/dragi-webdo-n11/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est fatigué que je vais me lancer dans ce 11ème Dragi Webdo! Mais c&rsquo;est un tel plaisir de passer ces journées en cabinet médical à remplacer, ça permet vraiment de m&rsquo;évader de mon quotidien au CHU dans lequel je travaille actuellement!</p>
<p>Passons aux choses sérieuses, avec des recommandations de la société française de rhumatologie sur la<a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1169833014001148">prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde (PR)</a>. Je ne rentrerai pas dans les détails du traitement qui sont trop spécialisés. La recommandation replace cependant le médecin généraliste au coeur du diagnostic pour pouvoir adressé le patient au spécialiste en &ldquo;urgence&rdquo; pour débuter un traitement spécifique. Ainsi, le bilan devant une suspicion de PR comporte les éléments suivants:</p>
<table>
  <thead>
      <tr>
          <th></th>
      </tr>
  </thead>
  <tbody>
      <tr>
          <td>- Vitesse de sédimentation et protéine C-réactive</td>
      </tr>
      <tr>
          <td>- Hémogramme</td>
      </tr>
      <tr>
          <td>- Transaminases</td>
      </tr>
      <tr>
          <td>- Créatininémie ; bandelette urinaire (protéinurie, hématurie)</td>
      </tr>
      <tr>
          <td>- Facteurs rhumatoïdes et anticorps anti-peptides citrullinés (ACPA)</td>
      </tr>
      <tr>
          <td>- Anticorps antinucléaires (AAN)</td>
      </tr>
      <tr>
          <td>- Sérologies virales : hépatite B et C (en bilan préthérapeutique)</td>
      </tr>
  </tbody>
</table>
<p>Et pour ce qui est des éléments diagnostic, le tableau suivant donne le score nécessaire pour faire le diagnostic:</p>
<p><a href="/images/articles/2014/pr.png"><img src="/images/articles/2014/pr.png" alt=""></a></p>
<p>On reste dans la rhumatologie pour parler de prise en charge de l&rsquo;ostéoporose. La HAS a en effet publié une fiche sur les<a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1751307/fr/les-medicaments-de-losteoporose">médicaments de l&rsquo;ostéoporose</a>, les traitements et quand les mettre en place selon le risque de fracture. Petit regret, l&rsquo;absence d&rsquo;évocation du score FRAX<a href="http://www.shef.ac.uk/FRAX/tool.aspx?country=12">dans la prise en charge.</a><br>
mais les schémas de la HAS sont relativement simples et pratiques à utiliser.</p>
<p>Un peu de cardiologie maintenant. D&rsquo;abord, <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1311376">un article</a> que j&rsquo;avais lu, puis pas retenu, puis finalement qui a réatiré mon attention. C&rsquo;est un peu logique certains dirons, mais dans les AVC sans cause retrouvée, un holter ECG sur 30 jours permet de détecter que 16% des patients font des épisodes de fibrillation paroxystique, contre seulement 3% grâce aux traditionnels holter ECG sur 24 heures. Je laisse les spécialistes tirer s&rsquo;il en faut des conclusions sur l’intérêt de détecter et de traiter ces FA dans la prévention des récidive.</p>
<p>Le cholestérol étant encore au centre de discussions, j&rsquo;aimerai parler d&rsquo;un article sur la Niacine vitamine B3) et le cholestérol. <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1300955">Cet article</a> montre que la vitamine B3 ne réduit pas la survenue d&rsquo;évènements cardiovasculaire, et ce malgré une augmentation du HDL et une diminution du LDL par rapport au groupe témoin. Encore quelque chose qui va dans le sens selon lequel baisser le LDL n&rsquo;est pas pas suffisant pour diminuer le risque cardio-vaculaire.</p>
<p>Enfin, peut être va ton devoir demander un certificat médical a l&rsquo;entrée des bars les jours de match de football? <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa0707427">Une étude de 2008</a> montre une augmentation des urgences cardiaque les jours de match, surtout dans les deux heures suivant le coup d&rsquo;envoi!</p>
<p>Bref, il faut tout de même garder à l&rsquo;esprit que les articles, ça peut faire dire tout et n&rsquo;importe quoi!<br>
Bonne semaine!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/randommedicalnews.jpg"><img src="/images/articles/2014/randommedicalnews.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°10</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/07/dragi-webdo-n10/</link><pubDate>Mon, 14 Jul 2014 11:48:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/07/dragi-webdo-n10/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, bonjour! Déjà 10 semaines que je tente de vous faire partager les infos médicales que je trouve sur internet au fil des semaines et qui me semble intéressantes dans la pratique de la médecine générale. (Et puis, y&rsquo;a aussi des sujets qui m&rsquo;attirent plus que d&rsquo;autres&hellip;)</p>
<p>Commençons par les recommandations qui sont sorties cette semaine. Les premières sont celles de l&rsquo;OMS concernant le traitement par anti-rétroviral pré-exposition (alias &ldquo;PrEP&rdquo;). On peut aisément en cherchant sur internet trouver les débats actuels pour ce qui est de la situation française, donc je ne rentrerai pas là dedans ici (mais vous pouvez regarde <a href="http://www.jim.fr/e-docs/la_tritherapie_preventive_recommandee_a_tous_les_homosexuels_selon_loms__146488/document_actu_pro.phtml">là</a> ou <a href="http://www.medscape.fr/voirarticle/3600624?utm_medium=twitter">encore là</a>). Le tout est que l&rsquo;OMA recommande un traitement PrEP en prévention d&rsquo;infection par VIH chez les personnes à risques, à savoir, les homosexuels dans une situation non exclusivement monogame, aux personnes ayant des rapports avec un partenaire infecté non protégés, aux personnes utilisant des drogues en injection. Il doit s&rsquo;y associer une surveillance trimestrielle de la sérologie VIH. Pour ce qui est d&rsquo;éventuelles recommandations françaises, le sujet  est à l&rsquo;étude, mais il n&rsquo;y a pas de recommandations allant dans ce sens, la principale question étant celle du &ldquo;c&rsquo;est qui qui va payer&rdquo;. On peut se poser la même question pour ce qui est de l&rsquo;avis de l&rsquo;OMS car les pays où l&rsquo;effet serait  le plus probant pour réduire la transmission seraient probableement ceux où l&rsquo;accès au simples préservatif est déjà difficile&hellip;</p>
<p>Le NICE a un peu mis à jour ses recommandations concernant la <a href="http://www.nice.org.uk/nice-consults-on-updated-recommendations-for-treating-obesity">prise en charge de l&rsquo;obésité.</a> Ils recommandent de ne pas proposer de restriction calorique inférieure à 800kcal/jour. Il propose de discuter de la chirurgie bariatrique chez les diabétiques à partir d&rsquo;un IMC de 35, mais aussi à partir de 30 chez les patients d&rsquo;origine asiatique, et insistent sur un suivi d&rsquo;au moins 2 ans dans le service chirurgical spécialisé après l&rsquo;opération. Pour ce qui est de la France, des recommandations de  2011 sont relativement bien faites et disponibles <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_964938/fr/surpoids-et-obesite-de-l-adulte-prise-en-charge-medicale-de-premier-recours">ICI</a>.</p>
<p>Continuons, avec l&rsquo;évaluation de l&rsquo;intérêt du toucher vaginal. Il est déjà discuté dans le suivi de la grossesse, <a href="http://annals.org/article.aspx?articleid=1884537">voila une recommandations</a> du Collège de médecine américain qui se prononce contre le toucher vaginal en routine chez la femme non enceinte asymptomatique.</p>
<p>Au chapitre cardiovasculaire, les bêta-bloquants sont encore une des pierre angulaire du traitement post infarctus du myocarde. L<a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1367524">&lsquo;étude REACH</a> avait déjà étudié l&rsquo;efficacité de ces médicaments et avait conclu à une efficacité relativement important en post infarctus mais avec un effet s&rsquo;amenuisant fortement un an après l&rsquo;évènement cardio-vasculaire. Un <a href="http://www.amjmed.com/article/S0002-9343%2814%2900470-7/abstract">nouvel article de Bengladore</a> distingue l&rsquo;époque à laquelle il n&rsquo;y avait pas de reperfusion et à laquelle les bêta-bloquants montrent une efficacité indiscutable, et l&rsquo;ère de la reperfusion (actuellement) où l&rsquo;effet bénéfique des bêta-bloquants se limite à 30 jours, aux prix d&rsquo;une augmentation des insuffisance cardiaque s&rsquo;ils sont prescrits. Nous attendrons d&rsquo;autres résultats pour décider de l&rsquo;avenir des bêta-bloquants dans le post-infarctus&hellip;</p>
<p>Concernant les sténoses carotidiennes, celles que de nombreux médecins recherchent, et qui en cas de présence de plaques font prescrire des médicaments hypocholestérolémiants chez des patients totalement asymptomatiques, l&rsquo;<a href="http://annals.org/article.aspx?articleID=1886690">U.S.</a> <a href="http://annals.org/article.aspx?articleID=1886690">Preventive Services Task Force (USPSTF) recommande</a> de ne pas faire de recherche systématique de sténose carotidienne chez les patients asymptomatiques. Le groupe a pris en compte la balance bénéfice/risque des traitements de ces patients, la recommandation est néanmoins de grade D.</p>
<p>Enfin, pour finir sur la diabétologie et nephrologie, il semblerait qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas d&rsquo;avantage à rechercher une albuminurie/créatininurie par rapport albuminurie sur 24h d&rsquo;après <a href="http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleID=1867179">cette étude</a> d&rsquo;autant que le prix de l&rsquo;albuminurie est moindre. Les recommandations actuelles de suivie des néphropathie et des diabétiques sont d&rsquo;effectuer un rapport albuminurie/créatininurie sur un échantillon, ce qui est bien moins contraignant et donc probablement mieux fait qu&rsquo;une albuminurie sur 24h (en dehors des situations des études dans lesquelles les patients sont mieux suivi et incités à bien faire le recueil). Pour ce qui est de la différence de prix, elle est d&rsquo;un surcout de 16 centimes d&rsquo;euros pour le rapport albuminurie/créatininurie, ce qui me semble acceptable si l&rsquo;on souhaite effectuer un suivi rigoureux de ses patients à risque.</p>
<p>En conclusion, je mettrais la petite vidéo parodiant Happy : <a href="http://www.choosingwisely.org/doctor-patient-lists/">Choosing Wisely</a> , ou réfléchir à la balance bénéfice/rique des explorations et des traitements que l&rsquo;on entreprend.</p>
<p>Bonne fête nationale, et à la semaine prochaine!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°9</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/07/dragi-webdo-n9/</link><pubDate>Sun, 06 Jul 2014 18:27:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/07/dragi-webdo-n9/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour, comme on a été éliminé de la coupe du monde, je vais pouvoir me replonger un peu dans la médecine!</p>
<p>Priorité à la médecine en situation réelle! Les nouveau anti-coagulants oraux (ou anticoagulants oraux directs = AOD) ont <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Surveillance-en-vie-reelle-des-anticoagulants-oraux-Communique">des données rassurantes</a> avec un recul entre  90 jours et 4 mois (c&rsquo;est pas énorme non plus quand on doit prendre un traitement à vie&hellip;), avec une absence d&rsquo;augmentation des évènements hémorragiques majeurs ou d&rsquo;évènements trombotiques sous AOD chez les patients naïfs ou switchés.<br>
Pour continuer à faire avancer la surveillance de ces AOD en situation réelle, vous pouvez participer à <a href="http://t.co/fSRGgOl6Pl">l&rsquo;étude CACAO</a> qui étudie également les prescription d&rsquo;AOD et leur balance bénéfice/risque par rapport aux AVK.</p>
<p>Prévention. L&rsquo;été arrive! (si si, je vous assure&hellip;) Alors, soyons attentifs à nos prescriptions devant le risque possible de déshydratation. Voila <a href="http://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/739820acb36e9e09f3c85422c815a202.pdf">un petit dossier</a> de l&rsquo;Ansm relativement complet avec un tableau récapitulatif des effets des médicaments en cas de vague de chaleur.</p>
<p>La HAS s’intéresse de plus en plus à la BPCO. Elle a bien raison. J&rsquo;avais lu, je ne sais plus où, que cela deviendrai une des principale cause de mortalité dans les années à venir et que malheureusement elle était sous dépistée. Si toutes les personnes à dépister allaient voir un pneumologue, cela lui prendrai plus de  24 heures par jour pour assurer les EFR (je ne sais plus non plus où j&rsquo;avais lu ça&hellip; je manque de sources cette semaine&hellip;) Bref, pour dépister les personnes les plus à risque, la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1752117">HAS</a> a mis en place <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1745332/fr/auto-questionnaire-de-depistage-de-la-bpco">un questionnaire simple</a> en 5 questions dont la réponse positive à 2 ou 3 incite à pousser les explorations. Le <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1242507/fr/guide-parcours-de-soins-bronchopneumopathie-chronique-obstructive">guide du parcours de soins</a> est également la pour aider à la prise en charge des patients atteintes de BPCO, en resituant ce que chaque médecin généraliste peut effectuer et la place des autres intervenants.</p>
<p>Sur le même modèle, la <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1242645/fr/guide-parcours-de-soins-maladie-de-parkinson">prise  en charge de la maladie de Parkinson</a> a été étudiée par la HAS pour donner lieu à un guide du parcours de soins. On y retrouve les symptômes évocateurs, les différences avec le diagnostic différentiel principal qu&rsquo;est le tremblement essentiel et le recours &ldquo;indispensable&rdquo; au neurologue pour le diagnostic et la place des intervenants multidisciplinaires dans le suivi de la maladie.</p>
<p>Revenons maintenant sur une pathologie courante de médecine générale: la prise en charge des angines. Une <a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article.asp?id=2487">analyse de minerva</a> montre que l&rsquo;utilisation du test de diagnostic rapide pour le streptocoque A n&rsquo;a pas d&rsquo;avantage par rapport à un score clinique! C&rsquo;est pas qu&rsquo;on s&rsquo;en doutait un peu, mais il n&rsquo;empêche que le test reste un bon argument pour ne pas prescrire un antibiotique à un patient &ldquo;venant pour avoir un antibiotique&rdquo; &hellip;</p>
<p>Enfin au chapitre diabétologie, quelques nouveautés. De l&rsquo;insuline humaine d&rsquo;action rapide par voie inhalée, c&rsquo;est ce que vient d&rsquo;autoriser l&rsquo;agence américaine du médicament. Cela ne remplacera pas les insulines lentes, mais cela pourrait peut être permettre de démystifier l&rsquo;insuline auprès des patients en ayant besoin après l&rsquo;échec des autres traitements médicamenteux. J&rsquo;avoue ne pas très bien connaitre ce type d&rsquo;insuline et j&rsquo;essayerai de suivre les études d&rsquo;efficacité et de tolérance de ces produits (sachant qu&rsquo;une insuline inhalé avait été retirée du marché en  2008 pour cause d&rsquo;augmentation des cancers pulmonaires&hellip;)</p>
<p>Pour conclure, je parlerai de mes lectures de la semaine. J&rsquo;ai découvert fortuitement <a href="http://www4.fnac.com/La-main-droite-de-Lucifer/si42546">&ldquo;La main droite de Lucifer&rdquo;</a>, un manga plutôt bien écrit avec des moments d&rsquo;émotion que l&rsquo;auteur arrive parfaitement à partager avec le lecteur. C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un jeune médecin, parti faire de l&rsquo;humanitaire avec une ONG et qui a été enlevé par des guerilleros et contraint de donner la mort. A son retour au Japon après plusieurs années de détention, c&rsquo;est un homme transformé qui va se remettre difficilement à la médecine&hellip; Une série en 6 tomes, ce qui a l&rsquo;avantage de ne pas s&rsquo;engager dans une série interminable, mais j&rsquo;avoue qu&rsquo;au terme du dernier tome, on souhaiterai que l&rsquo;aventure continue!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/lucifer.jpg"><img src="/images/articles/2014/lucifer.jpg" alt=""></a></p>
<p>Bonne lecture!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°8</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/06/dragi-webdo-n8/</link><pubDate>Mon, 30 Jun 2014 01:17:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/06/dragi-webdo-n8/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;était une semaine assez intense, entre les publications, la journée de la médecine générale île de France 2014 et les soldes! Pour ce qui est de la JMG, j&rsquo;ai assisté aux présentations sur l&rsquo;évaluation du risque cardio-vasculaire et sa prise en charge, et sur la prise en charge des violences sexuelles. Quelques commentaires succins sont disponibles sur <a href="https://twitter.com/search?f=realtime&amp;q=%23jmg2014&amp;src=typd">Twitter #JMG2014</a> .</p>
<p>Pour faire suite à mon <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/06/la-premiere-fois.html">billet sur les visiteurs médicaux</a>, je commencerais par la nouvelle base de donné recensant les &ldquo;offres&rdquo; reçues par mes médecins. Le <a href="https://www.transparence.sante.gouv.fr/flow/main;jsessionid=3E22D8D0CF10C77EF09CDB5579A50E73.sunshine-public?execution=e1s1">site de transparence</a> est facile d&rsquo;accès et facile à utiliser, en montrant rapidement les offres et les laboratoires concernés.</p>
<p>Dans les outils pratiques, le nouveau <a href="http://www.omedit-centre.fr/fichiers/upload/Livret-geriatrique_OMeDIT-Centre.pdf">livret des médicaments gériatriques</a>, qui précise pour un grand nombre s&rsquo;ils sont sécables, écrasables, ouvrables ou s&rsquo;il ne faut surtout pas le faire, en vue de faciliter la prise et d&rsquo;éviter les erreurs dans cette population particulière.</p>
<p>Ensuite, quelques statistiques sur la coqueluche que j&rsquo;ai trouvé intéressantes. <a href="http://www.bmj.com/content/348/bmj.g3668#T1">L&rsquo;étude</a> incluait des enfants de 5 à 15 ans vaccinés à 94 % contre la coqueluche ayant une toux persistante, et montre qu&rsquo;environ 20% de ces enfants avaient eu une coqueluche récemment! Cet article, analysé par <a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article.asp?id=2485">minerva</a> ne doit pas remettre en cause le calendrier vaccinal actuel et a permis de me faire découvrir qu&rsquo;en Belgique, la vaccination contre la coqueluche se faisait pendant la grossesse (entre 24 et 32SA)!</p>
<p>Passons au chapitre cancérologie. Le dépistage du cancer du sein fait décidément encore et toujours parti des actualités médicales. Comme je le disais <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/06/dragi-webdo-n7.html">la semaine dernière</a> , le dépistage est controversé. Le numéro de juillet de Minerva y consacre son [éditorial](http://Ne recommander d’effectuer le dépistage que chez les femmes présentant un risque accru de cancer du sein serait donc probablement justifié. Mais ceci demande une recherche plus approfondie.) en le concluant par: &ldquo;Ne recommander d’effectuer le dépistage que chez les femmes présentant
un risque accru de cancer du sein serait donc probablement justifié.
Mais ceci demande une recherche plus approfondie.&rdquo; Cependant, il serait peut être possible d&rsquo;améliorer le diagnostic et diminuer le surdiagnostic grâce à des <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1883018">mammographies tridimentionnelles</a> . (J&rsquo;avoue que je me perds un peu dans tous leurs chiffres plus ou moins utiles, je vous laisse donc lire l&rsquo;article qui est encore en accès libre). Les mammographies 3D ont une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Valeur_pr%C3%A9dictive">valeur prédictive positive</a> supérieure. C&rsquo;est malheureusement le seul indice statistique du test donné. L&rsquo;étude ne montre cependant pas de différence sur le nombre de cancer in situ détecté. Bref, il faudra encore quelques études pour aller vers ce nouvel examen de dépistage&hellip;<br>
Pour ce qui est de la prise en charge des douleurs paroxystiques liées aux cancer, la HAS a publié une <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/r_1439696/fr/jcms/r_1439696/fr/les-medicaments-des-acces-douloureux-paroxystiques-du-cancer-fiche-bum">fiche sur l&rsquo;utilisation du fentanyl</a>, morphinique d&rsquo;action rapide par voie transmuqueuse qui peut être utilisé pour ce type de douleurs, en plus d&rsquo;autres traitements de fond de pallier III.</p>
<p>Un des gros articles de la semaine concerne les recommandations sur la <a href="http://www.oarsijournal.com/article/S1063-4584%2814%2900016-8/fulltext">prise en charge non chirurgicale de la gonarthrose</a> . Ces recos de l&rsquo;Osteoarthritis Research Society International (OARSI) classent les patients de façon facile:<br>
1/ arthrose d&rsquo;un seul genou ou atteinte poly-articulaire<br>
2/ pas de comorbidités, comorbidités à faible risque et comorbidités à haut risque (IDM, saignement digestif, insuffisance rénale chronique&hellip;)<br>
Puis, il s&rsquo;agit de regarder des schémas montrant la balance Risque (à gauche en rouge)/ Bénéfice (à droite en bleu), associé à chaque classe de patient et à une conclusion sur la balance: favorable, défavorable, incertaine. Voila pour les AINS:</p>
<p><a href="/images/articles/2014/ains.png"><img src="/images/articles/2014/ains.png" alt=""></a></p>
<p>Les traitements les plus favorables sont les mesures physiques de rééducations et le paracetamol. Les anti-arthrosiques tels que la chondroitine, diacereine et la glucosamine, et les infiltrations d&rsquo;acide hialuronique sont jugés de bénéfice incertain voire inappropriés. Un tableau récapitule les traitements avec une balance favorable, mais certaines thérapeutiques comme l&rsquo;utilisation de Coxibs me laisse perplexe&hellip;</p>
<p><a href="http://www.bmj.com/content/348/bmj.g3617">L&rsquo;article cadio-vasculaire</a> de la semaine recherchait si un bilan cardiovasculaire régulier systématique permettait de diminuer la survenue d&rsquo;infarctus du myocarde. Comme souvent pour les bilans systématique, l&rsquo;étude n&rsquo;a pas révélé de différence entre le groupe interventionniste et le groupe contrôle. Enfin bon, une fois de plus, on se demande quand les autorités de santé arrêteront d&rsquo;offrir des bilans de santé systématiques alors que plus le temps passe, plus les études confirment qu&rsquo;ils ne servent à rien d&rsquo;autre qu&rsquo;à creuser le déficit de la sécurité sociale&hellip;</p>
<p>Enfin, le congrès de l&rsquo;American Diabetes Association s&rsquo;est terminé. Outre les recommandations sur le diabète de type 1 dont j&rsquo;ai déjà parlé <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/06/dragi-webdo-n7.html">ici</a> , il semble que les nouvelles insulines très lentes, comme la detemir, soient en vogue, et que les gliflozines (qui n&rsquo;ont actuellement rien prouvé en morbi-mortalité dans le diabète) cherchent à retarder l&rsquo;évolution des néphropathies diabétiques&hellip;</p>
<p>Pour finir, je vous laisserai jeter un oeil à ce charmant bébé, arnaché d&rsquo;un sublime casque bleu, lui donnant des airs de pilote spatial. En effet, il semble que ce ne soit pas utile d&rsquo;avoir recours à ces casques pour réduire les déformations crâniennes (lire <a href="http://www.bmj.com/content/348/bmj.g2741">ici</a>). A défaut, ça fait de belles photos souvenir!<br>
A la semaine prochaine!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/baby.jpg"><img src="/images/articles/2014/baby.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>La première fois....</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/06/la-premiere-fois/</link><pubDate>Wed, 25 Jun 2014 21:55:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/06/la-premiere-fois/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Ça fait plus d&rsquo;un mois que je n&rsquo;ai pas écrit de billet sur mes aventures d&rsquo;interne en médecine générale. Il me fallait remédier à ça rapidement!<br>
Donc, c&rsquo;est avec tristesse que j&rsquo;ai du quitter mon stage ambulatoire pour rejoindre le <a href="http://31.media.tumblr.com/tumblr_lr2i8oTRWR1r2eqlio1_500.gif">GrandHopitalParisien</a>. Le stage est plutôt classique, avec des staff bi-hebdomadaires, l&rsquo;ambiance studieuse du CHU, la pression pour <a href="http://idata.over-blog.com/3/01/35/44/gif/dessins_animes/alice-aux-pays/alice-aux-pays_pt-20.gif">aller toujours plus vite</a>, et du travail pour faire 10 heures par jour en 5 heures.<br>
Heureusement, l&rsquo;intérêt d&rsquo;être en hopital de jour, c&rsquo;est qu&rsquo;il ferme à <a href="http://img11.hostingpics.net/pics/120522060602.jpg">17 heures</a>! Donc ça laisse du temps pour faire des tas d&rsquo;autre choses fun! Sortir avec des amis, glander au soleil dans les jardins de l&rsquo;hopital, partir en week end réviser les partiels du master, préparer la thèse, préparer les powerpoint des 10 patients à staffer pour la semaine d&rsquo;après&hellip;.</p>
<p>Mais le CHU, c&rsquo;est aussi le retour des VM. Les visiteurs médicaux, ces êtres vicieux  venant prendre du temps brièvement pour revendre leur marchandise informer le médecin des nouveautés, grâce à des études toujours plus significatives les unes que les autres sur des critères de jugement souvent peu cliniquement pertinents !<br>
Il ont néanmoins un talent qu&rsquo;on ne peut leur retirer, arriver à faire croire au médecin qu&rsquo;effectivement <a href="http://media.tumblr.com/tumblr_mbdjjf2cAm1qe82b9.gif">la molécule présentée est la meilleure</a>, quitte à éluder quelques études contradictoires.</p>
<p>Bref, malgré le règne incontestable du Seigneur Crestor et de sa Princesse Januvia, j&rsquo;ai entrepris de partir en croisade pour bouter hors de l&rsquo;ordonnance cette quadrithérapie anti-diabétique orale chez ce patient de 78 ans avec une hémoglobine glycquée à 6,4% !</p>
<p>Moi qui pensait éventuellement surprendre en avançant quelques arguments EBM et sans conflits d&rsquo;intérêt, pronnant l&rsquo;intérêt du jeune Elisor sur le Sir Crestor, puis exprimant mon incompréhension devant l&rsquo;introduction d&rsquo;un Sartan chez un patient qui était tout à fait apte à recevoir un IEC, je me suis pris la réflexion qui tue. La réflexion qui te fait dire que ton interlocuteur n&rsquo;a rien compris à ce que tu explique depuis un moment. La réflexion qui montre que ton interlocuteur est en déni total de sa situation.<br>
Mon chef m&rsquo;a donc dit <a href="http://38.media.tumblr.com/tumblr_lr2nov0xhY1r2eqlio1_500.gif">&ldquo;Mais t&rsquo;es vendu aux laboratoire à prôner ton IEC et ta pravastatine?&rdquo;</a></p>
<p>Bien amoindri par ce coup d&rsquo;estoc que je n&rsquo;attendais pas, mais fier des quelques cours d&rsquo;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Entretien_motivationnel">entretien motivationnel</a> que j&rsquo;ai reçu, je tente de me relever en me récitant ces cours: en pré-intention (quand y&rsquo;a pas d&rsquo;intention du tout en fait), ça sert à rien d&rsquo;insister.</p>
<p>Cependant, j&rsquo;ai réussi à faire naître une certaine ambivalence! (Victoire!) En effet, depuis quelques jours, on me dit &ldquo;met de la pravastatine ou du Crestor&rdquo;; du coup, je me prive pas! Comme quoi, même dans les refuges les plus profonds et cachés de BigPharma, il y a un espoir. En effet, chacun des médecins du service montre une réelle envie d&rsquo;être à la fois à la pointe du progrès mais sans laisser la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Balance_b%C3%A9n%C3%A9fice-risque">balance bénéfice/risque</a> pencher en défaveur des patients.</p>
<p>La première étape de mon plan de conquête étant accomplie, je me suis attelé à la seconde. Je n&rsquo;ai pas été confronté aux VM depuis ma résolution d&rsquo;avoir une information indépendante l&rsquo;an dernier, car mes praticiens n&rsquo;en recevaient pas. Et voilà qu&rsquo;un <a href="http://auto.img.v4.skyrock.net/0395/81100395/pics/3064050607_1_31_nsT9SXwT.gif">homme d&rsquo;une trentaine d&rsquo;année</a>, le sourire freedent jusqu&rsquo;aux oreilles entre dans le service, saluant tout le monde, faisant la bise aux infirmières, un habitué des lieux apparemment! Il venait à la recherche des &ldquo;internes&rdquo;. Et on l&rsquo;a tout bonnement conduit jusqu&rsquo;à moi.<br>
&ldquo;Bonjour, qu&rsquo;est ce que je peux faire pour vous?&rdquo; dis-je en <a href="http://38.media.tumblr.com/tumblr_lr2hl5EQ8I1r2eqlio1_500.gif">me retournant sur ma chaise à roulette</a> de laquelle je complétais le dossier informatique d&rsquo;un patient.<br>
&ldquo;Bonjour, laboratoire PlusMieuxQueLesAutres, est ce que je peux vous déranger un instant?&rdquo; répondit il.</p>
<p>Dans ma tête, il s&rsquo;est alors produit tout un tas de réactions chimiques qui ont préparés trois sénarii de réponse:<br>
A/ Le classique: &ldquo;Euh, j&rsquo;ai beaucoup de travail, j&rsquo;ai vraiment pas le temps&rdquo; Hypocrite parce que j&rsquo;avais du temps, et que face à cette réaction classique, les VM ont tout un tas de parade et de protocoles qui font qu&rsquo;à la fin, tu les écoutes. C&rsquo;est un peu des <a href="http://www.videobuzzy.com/Bref-Je-mappelle-Eric-Dampierre---Episode-56-5538.news">Eric Dampierre.</a></p>
<p>B/ Le classique bis: &ldquo;Oui, mais rapidement&rdquo; . Bon, c&rsquo;est un peu comme le classique, mais on perd moins de temps et le résultat est le même: il nous sort son baratin, <a href="http://auto.img.v4.skyrock.net/1731/32171731/pics/3066411587_1_3_iVVKjDYj.gif">on pense qu&rsquo;on écoute pas et que ça nous influencera donc pas</a>. Mais les études montrent que ça marche quand même.</p>
<p>C/ Le refus, solution pour laquelle j&rsquo;ai opté, pour la première fois : &ldquo;Je ne souhaite pas recevoir les visiteurs médicaux&rdquo; Alors, là en général, ils n&rsquo;aiment pas, ils demandent pourquoi etc&hellip; Il semble que j&rsquo;ai eu de la chance de tomber sur un VM compréhensif. A la seule mention d&rsquo;une &ldquo;information indépendante avec la revue Prescrire&rdquo; , <a href="http://24.media.tumblr.com/dec26d0014f3a376dfd0caf0c9b0f9f7/tumblr_n6zrhutKhw1s1rviko1_400.gif">il a fui</a> comme si j&rsquo;avais dit un gros mot&hellip; (si seulement un simple mot impoli pouvait les faire fuir&hellip;)</p>
<p><a href="http://media.tumblr.com/tumblr_m1wzh3OOQf1r2e1lj.gif">J&rsquo;étais fier</a>! Le plan de déroule comme prévu, mais il est probable que je trouve un adversaire plus coriace la prochaine fois sur la route de la médecine EBM indépendante!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°7</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/06/dragi-webdo-n7/</link><pubDate>Sun, 22 Jun 2014 23:56:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/06/dragi-webdo-n7/</guid><content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=V_GVhmsp360">Voici venu le temps</a> de l&rsquo;article médical de la semaine. Avec mes partiels j&rsquo;ai eu un peu moins de temps que d&rsquo;habitude pour farfouiller sur le net à la recherche d&rsquo;infos croustillantes. Cependant, j&rsquo;ai quand même déniché quelques truc intéressants.</p>
<p>Comment je procède, grâce à ce magnifique outil qu&rsquo;est Twitter, je regarde ce que publient un certain nombre de revues médicales. De la, je regarde rapidement si ça peut être intéressant ou pas, pour faire un premier tri. Ensuite, celles que je veux regarder plus précisément, je les mets dans un dossier. Par exemple, pour cette semaine, j&rsquo;ai 23 articles qui ont retenus mon attention. Et c&rsquo;est là que la liste se réduit grandement, en relisant au calme ces articles. Une bonne partie est finalement inintéressante, une autre des choses déjà vues qui ne font pas avancer le schmilblick malgré un titre initialement accrocheur, et une petite partie est effectivement à retenir (enfin, selon mon point de vue et mes centres d&rsquo;intérêts). Donc, après près de 50% d&rsquo;article rejetés, voila ce que ça donne.</p>
<p>Tout d&rsquo;abord, pour faire honneur à la médecine générale (ou au contraire , pour ne pas lui faire honneur), <a href="http://www.exercer.fr/numero/113/page/100/">voila</a> un article sur la vision que la presse grand publique a de notre spécialité: nous sommes des incompris en pleine crise identitaire dont l&rsquo;étendue et la profondeur de la profession est sous-estimée et méconnue! Et Bam, pour commencer la semaine, ça fait plaisir. Comme quoi il nous reste beaucoup de chemin à faire pour promouvoir la med&rsquo; gé&rsquo; et ne plus entendre &ldquo;si tu rates l&rsquo;ECN, tu sera médecin généraliste&rdquo; ou &ldquo;et tu vas te spécialiser après médecine générale?&rdquo;</p>
<p>Passons aux articles cardio-vasculaires, Tout d&rsquo;abord, la Food and Drugs Administration ( l&rsquo;ANSM américaine) publie un article dans lequel elle affirme qu&rsquo;il n&rsquo;y a actuellement <a href="http://www.fda.gov/Drugs/ResourcesForYou/Consumers/ucm390574.htm">pas de justification à la prescription d&rsquo;aspirine en prévention primaire</a> des infarctus et AVC. Au moins c&rsquo;est clair, mais elle ne nie pas que cela peut néanmoins se décider au cas par cas. Ensuite, bien que la revue prescrire préfère les molécules vendues séparément, il ne faut cependant pas négliger que les associations à doses fixes améliorent l&rsquo;observance. C&rsquo;est ce que <a href="http://www.bmj.com/%5Bfield_highwire_a_cpath-raw%5D">cette étude</a> remontre chez les patients avec une maladie cardiovasculaire établie. Seul regret dans la démarche intellectuelle, l&rsquo;absence de différence significative en morbi-mortalité.</p>
<p>Chez les patients insuffisants rénaux, la prescription d&rsquo;allopurinol se justifie en cas d&rsquo;hyperuricémie. Mais il semblerait que l&rsquo;allopurinol puisse également ralentir la progression de l&rsquo;insuffisance rénale. Malheureusement, l&rsquo;<a href="http://www.clinicaltherapeutics.com/article/S0149-2918%2812%2900613-3/abstract">article</a> site un regroupement d&rsquo;autres articles significatif dans son sens, mais les populations ne sont pas décrites. (et j&rsquo;avoue ne pas avoir eu le courage cette semaine d&rsquo;aller regarder les e-DFG dans chaque étude pour voir à quel stade d&rsquo;insuffisance rénale ce pourrait être intéressant).</p>
<p>Dans les sujets &ldquo;chauds&rdquo; du moment, le dépistage du cancer du sein par mammographie. Après les études (<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1206809">ici</a> , <a href="http://www.cochrane.dk/screening/index-fr.htm">là</a> et encore <a href="http://www.bmj.com/content/348/bmj.g366">là</a>) montrant qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;intérêt à effectuer un dépistage de masse, on trouve encore quelques études qui montrent une diminution de la mortalité globale : moins  28% dans cette <a href="http://www.bmj.com/content/348/bmj.g3701">étude norvégienne</a>!</p>
<p>Je finirai avec ma traditionnelle chronique diabétologique. A noter principalement le congrès de l&rsquo;American Diabetes Association qui à sorti les premières <a href="http://care.diabetesjournals.org/content/early/2014/06/09/dc14-1140.full.pdf+html">recommandations dans le diabète de type 1</a>. Elles sont longues mais relativement compréhensibles pour qu&rsquo;un simple médecin généraliste puisse suivre des patients sur des objectifs clairs. D&rsquo;abord, le diagnostic de diabète peut se faire sur la glycémie à jeun (2 fois supérieure à 1.26g/L, ou 1 fois supérieure à 2g/L avec des symptomes) mais aussi sur une HbA1C supérieure à 6,5%. Leur bilan initial comprend systématiquement les anticorps du diabète, mais aussi la rechercher de maladie Coeliaque et de pathologie thyroidienne auto-immune. Les objectifs glycémiques d&rsquo;HbA1C sont de 7% pour la plupart des patients et de 7,5% pour tous les moins de 18 ans et les patients âges, voire 8%  ou 8,5% pour les patients très fragiles. Enfin, au niveau thérapeutique, mis à par la découverte de molécules dont je n&rsquo;avais jamais entendu parlé et qui ne changeront pas ma vie pour le moment (le Pramlintide), les analogues lents de l&rsquo;insuline sont a privilégier pour éviter les hypoglycémies. Les recommandations insistent également sur le DSME (l&rsquo;éducation à l&rsquo;autogestion) qui a fait ses preuves dans l&rsquo;amélioration de la prise en charge du diabète (<a href="http://www.clinicaltherapeutics.com/article/S0149-2918%2812%2900674-1/fulltext">ici</a> et <a href="https://twitter.com/clinthe/status/478918076012830720/photo/1">là</a> où on voit également l&rsquo;effet du DSME sur l&rsquo;HTA, le cholestérol etc&hellip;). Pour le reste, je vous laisse vous référer au document source.<br>
Pour ce qui est de l&rsquo;avenir du diabète et de la mise en place du pancréas artificiel, on n&rsquo;est pas encore pret, mais les résultats sont plutôt encourageant avec une amélioration des glycémies (<a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1314474">là</a>) avec un nombre moindre d&rsquo;intervention pour des hypoglycémies (mais rien sur les autres complications du diabète qui nécessiteraient des études beaucoup plus longues et couteuses!)<br>
En attendant, on a encore l&rsquo;insuline (qui est quand même pas si mal, malgré ce que j&rsquo;ai pu commenter <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/06/dragi-webdo-n6.html">la semaine dernière</a>) . Donc pour ce qui est des diabétiques de type 2, si vous avez du mal à instaurer l&rsquo;insuline, voila un petit algorythme pas trop mal fait qui j&rsquo;espère vous sera utile!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/algodiabete.png"><img src="/images/articles/2014/algodiabete.png" alt=""></a></p>
<p>Pour finir sur les nouvelles thérapeutiques, parlons des SGLT-2 pour lesquelles il n&rsquo;existe pas d&rsquo;étude montrant un bénéfice de morbi-mortalité, voila un petit tableau venant de @clinthe récapitulant les bénéfices et inconvénients. Bon, en regardant rapidement la colonne de droite, je ne suis pas sur d&rsquo;en prescrire, hein!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/sglt2.jpg"><img src="/images/articles/2014/sglt2.jpg" alt=""></a></p>
<p>Sur ce, je vais vous dire, à la semaine prochaine, et continuons tous pour que la médecine de demain ne se résume pas à ça :</p>
<p><a href="/images/articles/2014/sp.jpg"><img src="/images/articles/2014/sp.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°6</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/06/dragi-webdo-n6/</link><pubDate>Sun, 15 Jun 2014 00:27:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/06/dragi-webdo-n6/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour tout le monde!</p>
<p>On va commencer par une petite vidéo originale venant du NEJM. L&rsquo;été arrive et les piqures d&rsquo;insectes peuvent donc se produire. C&rsquo;est alors qu&rsquo;on pourrait peut être voir un &ldquo;signe de Quincke&rdquo; qui consiste en un &ldquo;<a href="http://www.nejm.org/action/showMediaPlayer?doi=10.1056%2FNEJMicm1311581&amp;aid=NEJMicm1311581_attach_1&amp;area=">clignotement</a>&rdquo; de la zone atteinte. Je savais pas que notre peau avait cette capacité là!</p>
<p>Passons à des articles dont l&rsquo;utilisation sera probablement plus probable dans une médecine quotidienne. D&rsquo;abord, la sexualité masculine et l&rsquo;éjaculation précoce. Au niveau des statistiques, c&rsquo;est un peu comme le point de vue des organiseurs d&rsquo;une manifestation et celui de la police. Selon les hommes,  20 à 30 % seraient atteint d&rsquo;éjaculation précoce, et 5% selon les critères. Tout ça pour dire que des <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/sm2.28/full">recommandations de prise en charge de l&rsquo;éjaculation précoce</a> ont vu le jour! Les critères diagnostic sont codifiés, les traitements décrits en privilégiant la prise en charge psychologique associée si nécessaire à la prise de traitements médicamenteux et notamment d&rsquo;IRS.</p>
<p>Au chapitre pharmacovigilance, l&rsquo;ivabradine est en train de subir des investigations approfondies pour déterminer précisément le risque d&rsquo;infactus du myocarde dont elle pourrait être responsable (ce qui est quand même pas de chance pour un traitement de l&rsquo;angor&hellip;). Son efficacité clinique n&rsquo;est pas vraiment démontrée, et en attendant d&rsquo;en savoir plus, l&rsquo;<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Procoralan-ivabradine-reevaluation-europeenne-du-rapport-benefice-risque-suite-a-de-nouvelles-donnees-de-securite-Point-d-Information">ANSM</a> recommande de ne pas initier ce traitement, et de &ldquo;de reconsidérer, lors d’une prochaine consultation, le rapport bénéfice/risque de leurs patients déjà traités&rdquo;.<br>
La liste des produits contre indiqués en cas de déficit en G-6-PD a été mise à jour. Les fiches de l&rsquo;ANSM sont bien faite dont une résumant les produits en fonction de leur risque (<a href="http://ansm.sante.fr/content/download/63821/818135/version/1/file/pi_140613_Deficit-G6PD_Liste.pdf">ICI</a>)<br>
Pour l&rsquo;anequedote, les nouveaux anticoagulants oraux sont désormais appelés AOD (anticoagulants oraux directs)</p>
<p>Pour finir, le chapitre diabétologie qui était absent la semaine dernière se voit un peu plus complet cette semaine. En effet, après qu&rsquo;on ai pu observer une surmortalité du groupe sulfamide + metformine vs  sulfamide seul (dans UKPDS il me semble), <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1878717&amp;utm_campaign=social_061014&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jama_current">les chercheurs ont étudié pour se conformer aux recommandations le traitement de deuxième ligne après la metformine</a>. Donc, une bithérapie par metformine + insuline retrouve un risque de mortalité et d&rsquo;évènements cardiovasculaires augmenté par rapport au groupe metformine + sulfamide! L&rsquo;étude n&rsquo;est pas un essai controlé randomisé, mais est issue d&rsquo;une cohorte avec un appariement sur la gravité du diabète pour rendre les populations comparables&hellip; On risque d&rsquo;avoir de plus en plus de mal à traiter le diabète de façon démontrée dans les années à venir&hellip;<br>
Restons positif, le moyen le moins iatrogène de se prémunir du diabète reste l&rsquo;activité physique! <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1878715&amp;utm_campaign=social_061314&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_source=@jama_current">Une étude</a> à montré que les femmes ayant eu un diabète gestationnel, et donc à risque important d&rsquo;avoir une diabète de type 2 dans leur vie, diminuent de près de 50% ce risque en augmentant leur temps dédié à des activités physiques de  2h30 par semaine!</p>
<p>Alors, comme ils disent à la télé: &quot; <a href="http://www.mangerbouger.fr/">mangez-bougez</a> &quot; et à la semaine prochaine!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°5</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/06/dragi-webdo-n5/</link><pubDate>Sat, 07 Jun 2014 19:41:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/06/dragi-webdo-n5/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Une nouvelle semaine s&rsquo;achève et de nombreuses choses se sont encore passées sur la toile. Pour commencer avec la partie statistique, la démographie médicale change! (comme si on l&rsquo;avait pas remarqué&hellip; ) Les spécialités médicales et chirurgicales augmentent, les médecin généralistes diminuent , et le tout sur fond de féminisation.</p>
<p><a href="/images/articles/2014/demomed.png"><img src="/images/articles/2014/demomed.png" alt=""></a></p>
<p>La grande nouveauté de la semaine, c&rsquo;est surtout la sortie des <a href="http://www.infectiologie.com/site/medias/Recos/2014-infections_urinaires-court.pdf">nouvelles recommandations</a> de prise en charge des infections urinaires par la SPILF! Voilà près de deux ans que les initiés les attendaient. Qu&rsquo;est ce qui change pour un médecin généraliste? Pas grand chose en fait. Le terme de &ldquo;compliqué&rdquo; a été à juste titre remplacé par &ldquo;à risque de complication&rdquo;, comporte désormais les patients de plus de 65 ans &ldquo;fragiles&rdquo; ou de plus de 75 ans,et ne comporte pas le diabète. Pour rester dans la ligne de conduite &ldquo;IL FAUT ÉPARGNER LES FLUOROQUINOLONES&rdquo;, le traitement de 2ème intention de la cystite est le pivmecillinam (Selexid) 400mg matin et soir pendant 5 jours. On ressort un vieil antibiotique qui avait été déremboursé, mais son efficacité notamment sur les E.coli à bétalactamase à spectre élargi a fait qu&rsquo;il est désormais re-remboursé. Enfin, la place de la BU pour les hommes et les femmes est renforcée, et les ECBUs de contrôle pour des infections non compliquées (non hospitalisées pour simplifier) ne sont pas nécessaire.</p>
<p>A quelques jours de la coupe du monde de football au Brésil, les patients-supporters vont devoir se préparer avant le départ, <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=413">les mesures</a> ont été émises par le Haut Conseil de Santé Publique: prophylaxie antipalustre, vaccinations, conseils, tout y est!<br>
Par ailleurs, on a également les <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=423">nouvelles recommandations</a> du voyageur de façon plus générale qui viennent d&rsquo;être émises par le HCSP. J&rsquo;avoue ne pas être assez calé dans ces recommandations pour avoir trouver les grandes différences avec celles de l&rsquo;an dernier&hellip;  On voit par contre réitéré la recommandation de vaccination anti-rotavirus avant 6 mois chez les nourrissons qui n&rsquo;a pas été soutenue dans le nouveau calendrier vaccinal&hellip;</p>
<p>Au chapitre cardiovasculaire, la diminution de la consommation de sel diminue l&rsquo;HTA et les évènements cardio-vasculaires! <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleID=1877204">Dans cette étude,</a> les auteurs disent que la consommation moyenne de sel par les américains est de 3,4g par jour&hellip;. Ça me semble vraiment peu sachant qu&rsquo;<a href="http://www.anses.fr/fr/content/sel-une-diminution-des-apports-malgr%C3%A9-tout-insuffisante">en France</a> elle est de 6,5g/jour pour les femmes et 8g/jour pour les femmes&hellip; Alors, à moins de compter les grammes de sel différemment je ne vois pas trop comment ils arrivent à leur compte, sauf s&rsquo;ils comptent en fait uniquement le sel ajouté dans l&rsquo;assiette et pas le sel déjà compte tenu dans les aliments comme le pain, la charcuterie et&hellip;) Bref, je suis cependant tout à fait d&rsquo;accord avec la conclusion.</p>
<p>Pour conclure, je reviendrais sur cette étude basée sur l&rsquo;incontournable Twitter, associée au Hashtag #doctors20 : apparamment , les médecins de parlent ne parlent pas que de médecine!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/twit.png"><img src="/images/articles/2014/twit.png" alt=""></a></p>
<p>A la semaine prochaine!!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°4</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/05/dragi-webdo-n4/</link><pubDate>Sat, 31 May 2014 11:50:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/05/dragi-webdo-n4/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Pour une fois, je suis à l&rsquo;heure dans mon planning de publication! Je commencerais par dire bravo aux D4 pour ces ECN qui n&rsquo;était clairement pas simples, et donc ceux qui veulent s&rsquo;entrainer peuvent trouver les sujets <a href="https://drive.google.com/folderview?id=0By8CaQ8V06PvaHlFd2xMMFFYRGM&amp;usp=sharing">ICI</a> et une correction tout à fait non officielle (mais qui peut servir de bon support de réflexion) <a href="http://www.mimiryudo.com/blog/2014/05/retour-sur-les-ecn-2014/">LA</a>.</p>
<p>J&rsquo;ai pas eu trop le temps de farfouiller cette semaine. Mais il y a quand même quelques truc qui ont retenu mon attention.<br>
Pour commencer, les AINS (CAY LE MAL!) , et surtout le diclofenac (voltarène et autre) à cause de leur sur risque cardiovasculaire. Mais enfin, on a une instance officielle qui le reconnait. &ldquo;<a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1726947/fr/voltarene-anti-inflammatoires-non-steroidiens-ains-non-selectifs#.U4kPiT8qpi5.twitter">La commission [de transparence]</a> estime que le diclofénac n’a pas de place dans la stratégie thérapeutique des pathologies relevant d’un traitement par AINS des patients présentant des facteurs de risque significatifs d’événements cardiovasculaires (notamment hypertension artérielle<br>
permanente traitée ou non traitée, dyslipidémie, diabète traité ou non traité, tabagisme actuel ou arrêté depuis moins de 3 ans&rdquo;. La commission est donc en faveur du déremboursement chez les patient avec des facteurs de risque.</p>
<p>Au niveau infectiologie, on a depuis peu un traitement quasi miracle (le sofosbuvir) qui pourrait traiter quasi tout le monde et qui est à un prix quasi exorbitant (enfin, non, complètement exorbitant). Mais bon, la perspective d&rsquo;un traitement nouveau et efficace donne l&rsquo;envie de dépister plus de monde puisqu&rsquo;il y a éventuellement la possibilité de les traiter. (Reste à savoir si on peut vraiment traiter tout le monde en payant 100 000 euros par personne&hellip;) Bref, on sait traiter, donc on veut dépister. <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1743868/fr/depistage-de-lhepatite-c-la-haute-autorite-de-sante-se-prononce-en-faveur-des-tests-rapides-dorientation-diagnostique-trod">Les TROD (test rapide d&rsquo;orientation diagnostique)</a> pour dépister l&rsquo;hépatite C sont en vogue à la HAS, notamment pour toucher les personnes éloignées des structures de soins et les personnes précaires. Donc un bon point pour le dépistage, mais ces TROD doivent toujours être confirmé par un test ELISA en cas de positivité.</p>
<p>Les statines vont encore faire parler d&rsquo;elles cette semaine. Plutôt en bien cette fois ci. Elles sont surtout connues pour leur toxicité hépatique et les rares atteintes rénales sont secondaires à des rhabdomyolyses, selon le VIDAL. Etant donné qu&rsquo;avec les dernières recommandations américaines, une grande partie de la population risque d&rsquo;être (sur-)traité, il est logique qu&rsquo;on cherche à les connaitre encore mieux. Et leur profil de tolérance semble plutôt bon au niveau rénal d&rsquo;après <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24793673">une dernière étude sur le sujet</a> .</p>
<p>Je finirais avec ma chère partie diabétologique, et plutôt cardio-diabétologique pour le coup. D&rsquo;abord, les études sont des choses bizarres qui ne veulent bien nous montrer que ce qu&rsquo;elles veulent. Le risque cardio vasculaire est majoré chez les diabétiques , ça on le sait. Pour ce qui est de l&rsquo;efficacité de l&rsquo;aspirine, les études chez le diabétique en prévention primaire ne montre pas de résultat significatifs sur l&rsquo;ensemble des patients, mais une analyse en sous groupe des hommes serait en faveur d&rsquo;un effet qui est absent chez les femmes (<a href="http://www.bmj.com/content/339/bmj.b4531">ICI</a>). Mais d&rsquo;habitude, plus le risque est élevé, plus on arrive à démonter une diminution du risque facilement. Et ben pas pour le diabète visiblement! <a href="http://www.diabetologia-journal.org/files/Peters.zip">Un étude</a> montre que les femmes diabétiques ont  44 % de risque d&rsquo;être coronariennes que les hommes! Donc les patients diabétiques les plus à risque sont les patientes, mais les études n&rsquo;arrivent pas à démonter qu&rsquo;on puisse y faire quoi que ce soit&hellip; L&rsquo;EBM et ses mystères&hellip;</p>
<p>En restant dans la pathologie coronarienne du diabétique (quand je disais que c&rsquo;était de la cardio-diabétologie&hellip;), le congrès de la société francophone du diabète a repris les recommandations de l&rsquo;ESC (société de cardiologie européenne) et de l&rsquo;ESSD (société d&rsquo;étude du diabète européenne) pour rappeller que le dépistage de l&rsquo;ischémie silencieuse systématique chez le diabétique n&rsquo;a pas montré d&rsquo;intérêt mais qu&rsquo;il faut cependant cibler ces dépistages au patients les plus à risque:</p>
<ul>
<li>AOMI et athérome diffus</li>
<li>&ldquo;nombreux&rdquo; FRDCV</li>
<li>néphropathie</li>
<li>activité physique intense<br>
Le congrès propose une répartition de l&rsquo;aspirine en deux prises espacées de 12 heures chez le diabétique coronarrien. (ça je n&rsquo;ai pas trouvé la justification EBM), et recommande l&rsquo;utilisation du score calcique pour évaluer et surveiller le risque coronarien (Vous pouvez en savoir plus sur le score calcique <a href="http://www.american-hospital.org/fr/actualites/notre-actualite/hopital-americain-de-paris-actualites/article/le-score-calcique-co.html">ICI</a>)</li>
</ul>
<p>Merci d&rsquo;avoir lu, bonne journée!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°3</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/05/dragi-webdo-n3/</link><pubDate>Wed, 28 May 2014 00:45:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/05/dragi-webdo-n3/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Oh là là! Rien ne va plus.. J&rsquo;ai été totalement déphasé par ma garde et j&rsquo;ai complètement oublié le petit numéro du Dragi Webdo de la semaine dernière&hellip; Quand je repense à mes chefs qui disaient que &ldquo;dans quelques années, tes nuits blanches de garde, tu les sentiras passer&rdquo; &hellip; et ben, il n&rsquo;avaient pas tout à fait tort (une fois de plus&hellip;)</p>
<p>Bref, la semaine a pourtant été plus que riche en actualité et autres anecdotes médicale&hellip;. (comme cette fameuse garde, durant laquelle à 4heures du matin, alors que je tendais d&rsquo;aller me coucher dans ma chambre de garde, j&rsquo;ai trouvé 2 demoiselles que je n&rsquo;y avais pas convié totalement endormie&hellip; Le BIIIP strident des urgences m&rsquo;a cependant rappelé à mes obligations nocturnes, et je n&rsquo;ai pu retourner dans la chambre de garde&hellip;)</p>
<p>Donc, pour commencer avec des images, parce que c&rsquo;est toujours sympatique les images, une petite description de la prise encharge des vertiges paroxystiques bénins, avec des manoeuvres un peu moins &ldquo;violentes&rdquo; que Dix Hallpike et Semon, même si ça s&rsquo;en éloigne pas beaucoup quand même.</p>
<p><a href="/images/articles/2014/vppb.jpg"><img src="/images/articles/2014/vppb.jpg" alt=""></a></p>
<p>Ensuite, une petite mise au point de l&rsquo;HAS sur le <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1741484/fr/cancer-du-sein-quel-depistage-selon-vos-facteurs-de-risque">dépistage du cancer du sein</a>, permettant de resituer quelques situations à risques.  J&rsquo;ai trouvé pas trop mal fait et accessible l&rsquo;animation interactive pour que les patientes puissent se situer dans le dépistage, et ne pas s&rsquo;inquiéter à tord de ne pas faire assez de mammographie <a href="http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/x-shockwave-flash/2014-05/has_animation_cancer_sein.swf">(ICI</a>). Quand j&rsquo;aurai le temps, d&rsquo;ailleurs, il faudrait que je fasse une revue un peu plus complète de la littérature sur l&rsquo;intérêt de la mammographie même entre 50 et 74 ans, parce qu&rsquo;à force d&rsquo;entendre tout et n&rsquo;importe quoi, on s&rsquo;y perd!</p>
<p>Toujours dans la page cancer et HAS, la semaine dernière se tenait le jour du dépistage du mélanome. Certes, on connais pour la plupart nos critères ABCDE, mais ça fait toujours du bien de les revoir et surtout, ça rappelle aussi <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1524070/fr/melanome-cutane-la-detection-precoce-est-essentielle">les sujets à risque et à surveiller particulièrement</a>.</p>
<p>Prévention, pas pour un cancer, mais pour un virus maintenant, parlons VIH. Le <a href="http://www.cdc.gov/hiv/pdf/guidelines/PrEPguidelines2014.pdf">Centre de surveillance et de prévention des maladies américain</a> recommande un traitement pré-exposition par Truvada 300/200 pour les patients ayant des rapports non protégés avec des personnes à risque d&rsquo;être VIH+, aux hommes ayant des rapports avec des hommes et aux patients ayant des rapports avec des personnes VIH+ , en association avec une sérologie de dépistage tous les 3 mois.</p>
<p>Passons à une de mes rubriques préférées, la partie diabétologique de la semaine! On le savait déjà, les injections d&rsquo;insulines doivent se faire en des sites variés pour limiter les lipodystrophies. Ce que je ne savait pas, et qui est décrit dans <a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1262363613001213">l&rsquo;article</a>, c&rsquo;est que plus de 60% des diabétiques sous insuline ont des lipodystrophie donc près de  40% font des hypoglycémies inexpliquées! D&rsquo;où l&rsquo;importance de bien les rechercher en tant que médecin généraliste dans le suivi de ces patients.</p>
<p>Transition parfaite pour en venir à l&rsquo;article de Voix Médicales qui reprend les résultats d&rsquo;une très intéressante thèse sur <a href="http://www.voixmedicales.fr/2014/05/21/leffet-diabetogene-des-statines-premieres-notifications-et-revue-de-la-litterature-these-de-frederick-stambach-le-20-mai-2014/">l&rsquo;effet diabétogène des statines</a>. Si la thèse peut sembler un peu longue, la conclusion est bien faite, resituant le contexte d&rsquo;un effet secondaire découvert grâce à la pharmacovigilance et me confortant encore d&rsquo;avantage dans mon utilisation de la pravastatine.</p>
<p>Statines encore, les anglais sont les plus gros consommateurs. C&rsquo;est naturellement qu&rsquo;ils s&rsquo;attachent à chercher leurs effets indésirables. <a href="http://cpr.sagepub.com/content/21/4/464">L&rsquo;article</a> raconte que parmi les effets indésirables imputés aux statines et pouvant motiver leur arrêt par un médecin, en réalité, seul 1/5 est effectivement rattachable au médicament&hellip; Ce qui peut laisser à penser qu&rsquo;un tel phénomène peut se retrouver dans tous les médicament&hellip; Que faire quand le patient dit que tel effet secondaire est survenu suite à ce médicament, alors que l&rsquo;effet n&rsquo;est pas décrit? Peut être le déclarer&hellip; et laisser la pharmacovigilance faire son travail&hellip; (cf. paragraphe juste avant celui ci!)</p>
<p>Pour finir, les brèves de cardiologie! Probablement que ça m’intéresse surtout parce que mon stage actuel est un stage de cardiologie&hellip; (Voila, pour mes conflits d&rsquo;intérêts&hellip;)<br>
<a href="http://www.minerva-ebm.be/fr/article.asp?id=2464">- L&rsquo;aspirine non inférieure à l&rsquo;HBPM</a> pendant  28 jours, après J10 d&rsquo;HBPM  au décours d&rsquo;une PTH</p>
<ul>
<li>Un <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1741768/fr/guide-parcours-de-soins-fibrillation-atriale">Guide HAS de la FA</a> qui se trouve être relativement pratique, avec des tableaux pour permettre au généraliste de s&rsquo;en sortir, d&rsquo;assurer le suivi et de savoir où se situe le recours au cardiologue. Je regrette juste que le tableau suivant de prise en charge ne figure pas dans la synthèse mais seulement dans le guide complet alors qu&rsquo;il me parait essentiel&hellip;</li>
</ul>
<p><a href="/images/articles/2014/fa.png"><img src="/images/articles/2014/fa.png" alt=""></a></p>
<ul>
<li>Le congrès de l&rsquo;american society of hypertenion s&rsquo;est déroulé la semaine dernière. Parmis les points notables qui ont été mis en évidence: il semblerai que devant une hypertension non controlée, le bénéfice du retrait d&rsquo;un anti hypertenseur soit plus faible que celui de l&rsquo;ajout d&rsquo;un anti hypotenseur. Le congrès a également fait un point sur le recommandations actuelles de l<a href="http://ish-world.com/downloads/activities/71665_71665_OMS_INT-RETIRATION.pdf">&lsquo;internatinal society of hypertension</a> qui sont les recommandations internationales actuelles. J&rsquo;avoue que je suis déçu des objectifs tensionels car ceux du <a href="http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1791497">JNC8</a> (recommandations américaines) me semblent plus adaptés aux données de la littérature en terme de pertinence clinique.</li>
</ul>
<p>Voila, c&rsquo;est tout pour cette semaine de retard, mais c&rsquo;était dense!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°2</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/05/dragi-webdo-n2/</link><pubDate>Sat, 17 May 2014 17:14:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/05/dragi-webdo-n2/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Alors, j&rsquo;essaye de tenir le rythme de veille hebdomadaire, j&rsquo;essaye de prendre en compte les critiques qu&rsquo;on m&rsquo;a faites, et c&rsquo;est parti pour le numéro 2!</p>
<p> Cette semaine, l&rsquo;OMS a mis l&rsquo;accent sur l&rsquo;<a href="http://www.who.int/substance_abuse/publications/global_alcohol_report/en/">alcool</a>. Bilan, on boit trop, et surtout en Europe! Il faut quand même noter qu&rsquo;en France, la consommation globale a été divisée par 2 depuis 1960. On boit a 56% du vin et le volume total annuel est en moyenne de 13 litres d&rsquo;alcool pur! (Français ou pas l&rsquo;étude n&rsquo;est pas assez précise)</p>
<p>En restant dans la prise en charge des addiction, la <a href="http://www.ofta-asso.fr/docatel/Avis%20experts%20e-cigarette%20300414VF.pdf">place de l&rsquo;e-cigarette</a> dans le sevrage tabagique, encore et toujours! L&rsquo;office de prévention du tabagisme a une position à peu près similaire aux autres instances officielles: C&rsquo;est pas inoffensif, mais surtout: rester ouvert à un patient qui souhaite arrêter de fumer avec ce moyen là.</p>
<p>Petit virage saisonnier vers l&rsquo;asthme et la façon dont il faut gérer les traitements de fond. Une <a href="http://www.bmj.com/content/348/bmj.g3009">méta-analyse du BMJ</a> nous dit qu&rsquo;en cas d&rsquo;asthme non contrôlé par des petites doses de corticoïdes inhalés, l&rsquo;ajout d&rsquo;une bêta2mimétique de longue durée d &lsquo;action diminue les exacerbations. Cependant, (de ce que j&rsquo;ai compris) aucune autre combinaison de traitement (corticoïdes forte dose, anti-leucotriènes, etc&hellip;) ne fait mieux que les corticoïdes inhalés faible dose (de quoi se simplifier la vie avec toutes ces molécules&hellip;)</p>
<p>Les traitements de l&rsquo;asthme en vrac:</p>
<p><a href="/images/articles/2014/asthme.jpg"><img src="/images/articles/2014/asthme.jpg" alt=""></a></p>
<p>Et pourquoi bien équilibrer l&rsquo;asthme? Pour avoir des enfants! <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24232708">L&rsquo;asthme mal contrôle ralonge le délai avant d&rsquo;être enceinte chez la femme</a>. N&rsquo;oublions pas que les complications pour le foetus sont également plus fréquentes chez la femme asthmatique mal contrôlée et que le risque de décompensation est majoré entre  24 et  36 SA (Rev Prescrire 2013 ; <strong>33</strong> (361) : 838-847)</p>
<p>On vient à peine d&rsquo;avoir des recommandations sur les objectifs du diabète en 2013. Le <a href="http://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/la_recommandation_de_la_hasansm_intitulee_strategi/">CNGE</a> demandait déjà depuis plusieurs mois à ce qu&rsquo;elles soient revues, parce qu&rsquo;elles ne sont pas en accord aux données actuelles de la science. Alors que <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/05/dragi-webdo-n1.html">la semaine dernière j&rsquo;écrivais qu&rsquo;il ne fallait pas précipiter la mise sous insuline</a>, il semblerait qu&rsquo;en prévention secondaire après infarctus, un traitement intensif par insulinothérapie réduise la mortalité (critère de jugement principal) par rapport à un traitement conventionnel! Je n&rsquo;ai malheureusement pas l&rsquo;accès à <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2814%2970088-9/abstract">l&rsquo;article</a> pour étudier et éventuellement critiquer la méthodologie.</p>
<p>Au chapitre prévention, je rappellerai que le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=390">HCSP recommandait la vaccination contre le Zona</a> chez les plus de 65 ans. Recommandation royalement mise à l&rsquo;écart du nouveau calendrier vaccinal. Il n&rsquo;est effectivement pas facile de vacciner aussi largement mais peut être qu&rsquo;il est possible de cibler les personnes les plus à risque. <a href="http://www.bmj.com/content/348/bmj.g2911">Cet article du BMJ</a> a étudier les facteurs de risque principaux de développer un zona, peut être peut on s’appuyer dessus? (Sachant que les plus à risques, les immunodéprimés, ne peuvent pas être vaccinés&hellip;)</p>
<p>Pour finir, petit point <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Travaux-de-l-Agence-Europeenne-des-Medicaments-EMA-Comite-pour-l-evaluation-des-risques-en-matiere-de-pharmacovigilance-PRAC/Iclusig-R-ponatinib-medicaments-a-base-d-hydroxyzine-Atarax-R-Hydroxyzine-Renaudin-R-medicament-a-base-d-ivabradine-Procoralan-R-et-Corlentor-R-Retour-d-information-sur-le-PRAC-de-mai-2014-Point-d-information">ANSM et pharmaco-vigilance</a>, avec dans la série des ruptures de stock de vogalène (La Revue Prescrire dirait certainement que c&rsquo;est pas plus mal!), et remis à disposition du Neomercazole! Sont par ailleurs, dans le colimateur européen l&rsquo;hydroxyzine à cause des alongement du QT et toujours le ivabradine pour augmentation de décès cardiovasculaire versus placebo.. Affaire à suivre, mais mieux vaut prévenir que iatrogénir!</p>
<p>J&rsquo;ai failli oublier, on m&rsquo;a dit de mettre un peu de légèreté, alors je conclus avec <a href="http://www.allodocteurs.fr/article-blog-sante-la-taille-du-clitoris-un-impact-sur-l-orgasme--2-804.asp?1=1">cet article</a> expliquant peut être l&rsquo;anorgasmie chez certaines femmes: le gland clitoridien serait plus petit! Il faudrait peut être revoir l’adage comme quoi &ldquo;c&rsquo;est pas la taille qui compte&rdquo; &hellip;</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dragi Webdo n°1</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/05/dragi-webdo-n1/</link><pubDate>Sat, 10 May 2014 07:49:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/05/dragi-webdo-n1/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>J&rsquo;admire ceux qui arrivent à faire des billets hebdomadaires sur les articles qui sortent etc&hellip; Le souci, c&rsquo;est que les infos que j&rsquo;y trouve ne me correspondent pas toujours, ou ne sont pas indispensable dans ma petite pratique de médecine générale, bien qu&rsquo;un bon nombre soit très intéressantes.</p>
<p>Je vais donc essayer dès cette semaine de me lancer dans le &ldquo;DrAgi Webdo&rdquo;. Je le conçois comme un billet hebdomadaire du Web (comme son nom l&rsquo;indique, en fait!). Ça permettra éventuellement d&rsquo;apporter quelques nouveautés aux oreilles des médecins généralistes de la toile qui n&rsquo;ont pas le temps de chercher et farfouiller pour trouver les dernières nouveautés. (Et à défaut d&rsquo;avoir une foultitude de lecteurs, ça m&rsquo;aidera également à garder une trace des articles intéressants que je trouve pour les relire éventuellement et ça m&rsquo;aidera à retenir les truc importants en les écrivant!)</p>
<p>Alors, c&rsquo;est parti pour le numéro 1 !</p>
<p>Ca ne date pas de cette semaine, je l&rsquo;avoue, mais le coté pratique me pousse à parler du <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1735060/fr/guide-parcours-de-soins-diabete-de-type-2-de-l-adulte">guide parcours de soins Diabète de type 2</a> de la HAS, parce qu&rsquo;il comporte un tableau récapitulatif des examens du suivi diabétique. Chose intéressante encore, la HAS approuve une HbA1C tous les 6 mois chez les patients équilibrés à l&rsquo;objectif. Mais, ça va faire sortir les patients de notre ROSP ça!<br>
Et petite précision pour ceux qui s&rsquo;embrouillent avec les formules de calcul du DFG, c&rsquo;est également rappelé d&rsquo;utiliser la CKD-EPI pour le dépistage de l&rsquo;insuffisance rénale et la Cockroft-Gault pour l&rsquo;adaptation des posologies!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/diab.png"><img src="/images/articles/2014/diab.png" alt=""></a></p>
<p>Pour ce qui est du traitement diabétique, Boussageon avait déjà remis en cause l&rsquo;intérêt des traitements antidiabétiques (<a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24503191">ICI</a>) . Voila qu&rsquo;on nous démontre maintenant qu&rsquo;il ne faut pas non plus se précipiter sur l&rsquo;insuline parce que les patients traités par insuline auraient un risque de décès supérieur aux patients diabétiques non traités du tout pour leur diabète en comparant à la population générale (<a href="http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0095671">LA</a>)</p>
<p>En restant dans le vaste champ de ce qui est métabolique, la guerre fait toujours rage à propos de la vitamine D (entre les journaux concurrents surtout..) A peine le <a href="http://www.bmj.com/content/348/bmj.g1903">BMJ</a> a-t-il affirmé grâce à une méta-analyse l&rsquo;effet protecteur cardiovasculaire de la vitamine D (surtout D3, parce que D2 l&rsquo;aggraverait), que le <a href="http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587%2814%2970068-3/abstract">Lancet</a> rétorque par une autre méta-analyse que la fameuse diminution des chutes sous vitamine D, c&rsquo;est peut être du flan!</p>
<p>Pour changer un peu de registre maintenant, parlons grossesse et vaccination. A part pour la grippe, on vaccine pas souvent pendant la grossesse&hellip;On a bien vu que le <a href="http://www.sante.gouv.fr/marisol-touraine-presente-le-calendrier-vaccinal-2014.html">nouveau calendrier vaccinal</a> et le <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=410">HCSP</a> insistaient sur leur stratégie du cocooning (débattue plus ou moins longuement par les billets réactifs de CMT et docdu16 <a href="http://docteurdu16.blogspot.fr/2014/05/dernier-bulletin-infovac-tout-un-poeme.html">ICI</a> ). Bref, il semblerait qu&rsquo;il n&rsquo;y ai que peu de risque à vacciner pendant la grossesse, mais dans une étude où aucun cas de coqueluche n&rsquo;est survenu, c&rsquo;est difficile d&rsquo;évaluer si y&rsquo;a vraiment un intérêt à vacciner pendant plutôt qu&rsquo;après&hellip; (primum non nocere qu&rsquo;il disait!)</p>
<p>Donc, en admettant que la grossesse se passe bien, et que le petit enfant qui soit né ait un reflux vésico urétral et que vous soyez tenté d&rsquo;introduire un traitement de fond, il aurait, certes une diminution du nombre de récurrences d&rsquo;infections de 50%, mais sans que cela ne réduise le nombre de cicatrices rénales (qui est la principale chose qu&rsquo;on veut éviter), et ça lui permettrait d&rsquo;avoir 63% de bactéries résistantes au lieu de  19%. Bref, <a href="http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1401811#t=abstract">un article</a> de plus qui ne plaide pas en faveur des traitements prophylactiques systématiques&hellip;</p>
<p>Pour finir sur un peu de psychologie! Une fois encore, <a href="http://www.lequotidiendupharmacien.fr/actualite/article/2014/05/06/les-medecins-et-les-pharmaciens-ont-la-confiance-des-francais_175801">les médecins sont en tête des &ldquo;personnes en qui les gens ont confiance&rdquo;!</a> Tout ça pour dire qu&rsquo;un <a href="http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0094207">article de plosone</a> (encore un!) a trouvé tout logiquement que la qualité de la relation médecin-patient était un déterminant de la santé des patients! C&rsquo;est tout pour cette semaine, je vais relire ce dernier article pour comprendre comment on randomise les patients sur &ldquo;la relation médecin patient&rdquo; &hellip;</p>
<p>A la semaine prochaine!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Dos au mur, face à toi</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/04/dos-au-mur-face-a-toi/</link><pubDate>Sat, 19 Apr 2014 00:48:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/04/dos-au-mur-face-a-toi/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Quand j&rsquo;ai un problème en consultation, j&rsquo;ai généralement Twitter sous la main pour m&rsquo;aider à trouver rapidement une solution, ou à défaut mon maitre de stage&hellip;  mon maitre de stage à disposition ou s&rsquo;il n&rsquo;est pas disponible, <a href="https://twitter.com/search?q=%23docstoctoc&amp;f=realtime">Twitter,</a> à défaut. Et la mon maitre de stage était parti en visite.</p>
<p>C&rsquo;est une jeune patiente que je devais voir,  14 ans, qui semblait aller très bien. Sa mère l&rsquo;accompagnait. J&rsquo;ai vu le regard de la mère lorsqu&rsquo;elle m&rsquo;a dit bonjour. C&rsquo;était un truc du genre &ldquo;Merde, c&rsquo;est un jeune, il va pas pouvoir nous aider&rdquo;. Et j&rsquo;avoue qu&rsquo;<a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgZyIGrr1kJd6-xDo79AjaMVYTL8BRHcL-5UaifIQsHWZ24ackXcfSA75CtJOhbveHxlCSLD1u1elPnuxBuXWWwbWiuQyf95BrYxY28yi4LAYQFRlXkN3btYYH_G-I-rf_X7rsAURhAdxmR/s1600/4.gif">elle n&rsquo;avait pas tort</a>.<br>
Elles se sont installées dans les fauteuils de l&rsquo;autre coté du bureau, et la mère a pris la parole.</p>
<ul>
<li>Depuis deux ans, elle a mal au pied. La dernière fois que nous sommes venues, on lui a donné une échographie et une radiographie à faire. Les voilà.</li>
</ul>
<p>Je me suis dit en ouvrant l&rsquo;enveloppe, qu&rsquo;une fois de plus tout serait normal, et je commençais à réfléchir à ce que je pourrais proposer pour ces douleurs, de croissance peut être&hellip;</p>
<p>J&rsquo;ai lu la conclusion du compte rendu. J&rsquo;ai relu la conclusion une deuxième fois. <a href="http://docteurbonnebouffe.com/wp-content/uploads/2013/05/Comment_d%C3%A9chiffrer_son_m%C3%A9decin.jpg">Je me suis dit que ça ne m&rsquo;avançait pas</a>, j&rsquo;ai donc lu le compte rendu en entier, et <a href="http://www.citystic.eu/img/p/43-582-large.jpg">je n&rsquo;étais toujours pas plus avancé</a>. Et pourtant, il y avait quelque chose.</p>
<ul>
<li>Donc, comme vous l&rsquo;avez lu, le radiologue a pu poser un diagnostic que les douleurs de Léa. <em>[je ne me souviens plus de son nom, mais comme toutes les filles de son age s&rsquo;appellent Léa, l&rsquo;anonymat n&rsquo;en sera que mieux préservé]</em> Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;une maladie de Freiberg. <em>[A vrai dire, le radiologue évoquait fortement le diagnostic mais n&rsquo;était pas formel non plus.]</em> Le radiologue vous en a t il parlé? ou avez vous déjà regardé ce que c&rsquo;était sur internet?</li>
</ul>
<p>Ça, c&rsquo;est généralement ce qu&rsquo;on dit, soit quand on ne veut pas trop se mouiller, soit quand le diagnostic est grave. J&rsquo;étais dans la <a href="http://media.tumblr.com/tumblr_m6vljxQ8jk1r7cs8z.gif">première situation</a>. Alors que je leur posais la question, j&rsquo;ai utilisé <a href="http://www.smfcorp.net//images/data/images/FR/6963.jpg">mon coup de fil à un ami</a> (google®) qui m&rsquo;a gentiment répondu que la Maladie de Freiberg était &quot; <a href="http://www.piedcheville.com/L_avant-pied/Maladie_de_Freiberg/Faire_le_diagnostic/1/67/134">une déformation progressive d&rsquo;une tête métatarsienne à la suite d&rsquo;une ostéonécrose, que l&rsquo;on appelle ostéochondrite sur un squelette en croissance</a>. D&rsquo;où l&rsquo;appellation: ostéochondrite de Freiberg&quot;. Bref, je n&rsquo;ai pas tout compris au premier abord, mais j&rsquo;ai reconnu le mot &ldquo;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9crose">nécrose</a>&rdquo; et c&rsquo;est rarement bon. Un clic sur la case traitement: &ldquo;chirurgical: ostéotomie ou prothèse&rdquo; . Je me dis donc &ldquo;MERDE&rdquo; parce que prothèse à 14 ans, c&rsquo;est rarement joyeux et tout ce qui se finie par &ldquo;-tomie&rdquo;, ça veut dire qu&rsquo;on enlève un bout de quelque chose, donc c&rsquo;est pas réjouissant non plus. Et tout ça à fait <a href="http://gamersmafia.com/storage/comments/106/6/brain_03e7ce_1847092.gif">le tour de ma tête en quelques secondes</a> (en vrai, ça a pris le temps de chargement des pages internet, mais j&rsquo;ai eu l&rsquo;impression que c&rsquo;est allé super vite!)</p>
<ul>
<li>Non, on ne nous a pas dit grand chose à part de retourner voir notre médecin. <em>[Et pas de chances, vous êtes pas tombé sur votre médecin, mais sur l&rsquo;interne que vous aviez jamais vu&hellip; ]</em></li>
</ul>
<p>C&rsquo;est à peu près ce que la mère a eu le temps de me répondre pendant mes recherches. Puis, j&rsquo;ai du faire un choix&hellip; Soit envoyer à l&rsquo;orthopédiste en disant avec aplomb et certitude que c&rsquo;était la meilleure chose à faire (<a href="http://s9.favim.com/orig/131011/gif-gregory-house-hugh-laurie-quote-Favim.com-987130.gif">alors que je n&rsquo;en sais fichtrement rien</a>), quitte à paraitre comme un crétin si en fait, je lui adresse quelque chose qui ne nécessite pas de traitement (parce qu&rsquo;entre les hypothèses du radiologue et les diagnostics trouvés sur internet, il faut quand même être méfiant). Soit avouer que je n&rsquo;y connais S-T-R-I-C-T-E-M-E-N-T    R-I-E-N, et appeler l&rsquo;ortho à qui je souhaitais l&rsquo;adresser pour en savoir plus, quitte à paraitre incompétent au près de l&rsquo;ortho et au près de la patiente et de sa mère. Après <a href="http://stream1.gifsoup.com/view5/3189062/homer-s-brain-leaves-o.gif">une longue réflexion d&rsquo;une demi seconde</a>, étant donné que mon maitre de stage ne répondait pas à mon SMS d&rsquo;appel au secours, j&rsquo;ai opté pour la double riddiculisation.<br>
J&rsquo;appelle fièrement CliniqueChirurgicaleDuCoin, et je tombe sur le standard à qui je demande de parler à un ortho pour un avis. On me dit qu&rsquo;on me met en relation avec le sénior des urgences&hellip; Je me dis que ça commence bien, mais peut être le sénior des urgences saura t il me répondre! J&rsquo;explique donc mon cas au sénior des urgences qui me répond alors qu&rsquo;il va me passer un ortho, parce que ça sort de sa compétence. (Du coup, je me suis senti <a href="http://iledebeaute.i.l.pic.centerblog.net/afeihn7l.gif">vachement moins seul</a> face à ce diagnostic!) Enfin, l&rsquo;ortho m&rsquo;explique les choses au moins aussi bien que google® mais ne m&rsquo;en dit pas beaucoup plus. Mais il m&rsquo;a quand même dit que c&rsquo;était rare à cet âge et donc qu&rsquo;il faudrait mieux que je l&rsquo;adresse au GrandHopitalPédiatrique pour qu&rsquo;ils confirment d&rsquo;abord le diagnostic. Comme quoi en fait, <a href="http://31.media.tumblr.com/c79b658e8e1f7e21575aa9d9e7533b56/tumblr_mroodft1lW1rpysm0o1_500.gif">j&rsquo;ai bien fait de passer ce coup de téléphone</a>!</p>
<p>Au final, et le plus professionnellement possible, j&rsquo;ai repris le contrôle de la consultation en leur expliquant tout ça et en leur donnant le numéro des rendez-vous du GrandHopitalPédiatrique. Enfin, <a href="http://www.writersbloq.com/wp-content/uploads/2013/07/tumblr_inline_mg4enhw6MD1rao0jp.gif">j&rsquo;ai essayé</a>. On se sent quand même mieux je pense quand on a reconnu qu&rsquo;on ne savait pas quelque chose et qu&rsquo;on a pas bobardé le patient, plutôt qu&rsquo;en ayant fait forte impression avec de grands discours factices, enfin c&rsquo;est <a href="http://24.media.tumblr.com/tumblr_m2lcbtB88Y1rqfhi2o1_250.gif">mon avis</a>&hellip;<br>
N&rsquo;empêche que je revois encore la tête de la <a href="http://i.imgur.com/gTn68x6.gif">mère</a> et de la <a href="http://4gifme.com/gifs/what-the-fuck_gif-3910.gif">fille</a>
quand j&rsquo;ai dit à l&rsquo;orthopédiste &ldquo;patiente qui a un Freiberg, mais je ne
connais absolument pas cette pathologie ni la conduite à tenir&hellip;&rdquo; Une fois de plus merci de <a href="http://thetvmouse.files.wordpress.com/2013/12/trust-me-im-the-doctor.gif">votre confiance</a>!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>La grande leçon de la vie, c'est que parfois, ce sont les fous qui ont raison*</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/04/la-grande-lecon-de-la-vie-c-est-que-parfois-ce-sont-les-fous-qui-ont-raison/</link><pubDate>Tue, 08 Apr 2014 10:45:00 +0200</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/04/la-grande-lecon-de-la-vie-c-est-que-parfois-ce-sont-les-fous-qui-ont-raison/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>J&rsquo;essayais de tenir un rythme régulier de publication, mais force est de constater que ce n&rsquo;est pas chose facile entre le stage la journée, les cours de santé publique le soir, les remplacements le week-end, et les jeux vidéos la nuit et le repos bien mérité la nuit.<br>
En ce beau matin, les patients ne veulent pas venir me voir semblent s’être mis d&rsquo;accord pour me laisser le temps de rédiger un billet! Merci! (Je peux ainsi laisser croire à mon <a href="http://www.worstpreviews.com/images/theincrediblehulk.gif">ego démesuré</a> que mes billets sont attendus impatiemment. Et sinon, je vous ai dit que j&rsquo;avais un ego parfois démesuré? &hellip; )</p>
<p>Le plus important dans tout ça, c&rsquo;est que les patients n&rsquo;ont pas toujours tord. Il y a quelques années (pas si éloignées malheureusement), <a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgq4B-CXPK0Ddcn4tOZzrQR0Oi7NEYqeMd1x6bLnWbgFgKDFlBNOG_su7M-BxHHGufyWGiYTdyQXMJgzq3R0fiPs8gWgSzrv7afp79mz27haCuT-BxD-1QEgRdnpEZGl4WBPaBQGXG2DIWL/s1600/images-9.jpeg">le médecin, détenteur du savoir médical universel</a>, ordonnait ses consignes médicales au patient qui avait le choix entre: exécuter les ordres du médecin ou mourir dans d&rsquo;atroces souffrances. Je me surprends à croire que cette époque est révolue, que nous sommes dans l&rsquo;ère de la <a href="http://www.atoute.org/n/-medecine-2-.html">médecine 2.0</a>!</p>
<p>Au cours d&rsquo;une de nos séances de tutorat à la fac, le thème abordé était: la perception par le médecin d&rsquo;un refus de la part du patient. Pour travailler cela, le groupe d&rsquo;interne que nous sommes avons raconté des histoires plus ou moins passionnantes relatant nos frustrations face à aux réticences du patient (alors qu&rsquo;on lui propose des truc pour son bien!!). Puis, après qu&rsquo;on ai tous renforcé nos egos démesurés, j&rsquo;ai émis l&rsquo;hypothèse que par son refus, le patient aurait peut être raison. <a href="http://www.comboutique.com/shop/products/inprint_small/USR16503/20100517232057_croa.jpg">Gros blanc</a>.</p>
<p>Bah, oui, il est parfois nécessaire que le patient nous rappelle qu&rsquo;il y a eu des accidents avec certains médicaments ou <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Controverse_sur_la_vaccination">vaccins</a>, qu&rsquo;il y a un débat sur l’intérêt du dépistage du <a href="http://www.lemonde.fr/vous/article/2012/10/02/mammographies-plus-de-mal-que-de-bien_1768811_3238.html">cancer du sein</a>, que l&rsquo;on essaye de faire des études pour démonter des &ldquo;trucs évidents&rdquo;, qui ne repose en fait sur rien. Alors bien sur que le patient ne peut pas &ldquo;tout&rdquo; savoir, mais entendre ce qu&rsquo;il nous dit, c&rsquo;est pouvoir se remettre en question et axer ses prises en charges sur des éléments prouvés.</p>
<p>J&rsquo;essaye toujours de deviner ce qu&rsquo;attendent les patients lors de la consultation:</p>
<ul>
<li>Parfois des antibiotiques (même si c&rsquo;est pas automatique). Auquel cas, d&rsquo;un air compatissant, le patient commence par dire &ldquo;je sais que c&rsquo;est pas automatique&hellip;&rdquo; (comme quoi la pub, ça marque bien les esprits!) ou bien &ldquo;A chaque fois ça dure des semaines si je n&rsquo;ai pas mes antibiotiques&rdquo; ou encore &ldquo;je pensais que ça passerai sans antibiotiques mais&hellip;.&rdquo;</li>
<li>D&rsquo;autres fois des conseils pour ne pas prendre de médicaments. Là, ça commence toujours par &ldquo;j&rsquo;aime pas les médicaments&rdquo; et ça se poursuit par &ldquo;donc j&rsquo;ai attendu avant de venir&rdquo; ou &ldquo;mais la ça passe pas&rdquo;. Et il ne faut pas tomber dans le piège du : &ldquo;ça passe pas donc je veux des médicaments&rdquo;, mais parfois, il en faut quand même, hein&hellip;</li>
<li>D&rsquo;&lsquo;autres encore veulent juste parler de problèmes médicaux pour avoir un échange avec le médecin (et ça, <a href="http://p7.storage.canalblog.com/75/15/97395/90577483_o.gif">j&rsquo;aime bien</a>). De toutes façon, les patients des 2 premières catégories sont fréquemment amenés à rejoindre cette catégorie&hellip; (si tant est qu&rsquo;on puisse catégoriser des patients&hellip;) Ce sont généralement des phrases qui commencent par &ldquo;Docteur&rdquo; suivies d&rsquo;une pause, pour s&rsquo;assurer qu&rsquo;ils ont entièrement capté mon attention. Et là, ils posent la question à laquelle on ne sait pas répondre parce que c&rsquo;est un problème qui a été soulevé la semaine dernière par &ldquo;Femme Actuelle&rdquo; ou &ldquo;Science et Vie&rdquo; et qu&rsquo;il n&rsquo;est pas parvenu à nos oreilles. Discrètement on prend un air sérieux, tourne légèrement l&rsquo;écran de l&rsquo;ordinateur pour être sur que le patient, on googlise pour essayer de savoir de quoi il s&rsquo;agit. (Je vous avouerai qu&rsquo;il est plus difficile de rassurer un patient quand l&rsquo;article provient de Femme Actuelle que quand il vient de Science et vie, parce que &ldquo;c&rsquo;est prouvé dans science et vie&rdquo;). Et à la fin de la consultation, je me revois encore noter sur un post-it &ldquo;recherche pubmed sur blabla-truc&rdquo; .</li>
</ul>
<p>Sinon, on peut aussi aller chercher le point de vue du patient en amont de sa question, du genre &ldquo;je vois que vous n&rsquo;êtes pas vacciné contre l&rsquo;hépatite B?&rdquo; ou &ldquo;Il y a eu débat à propos des pilules oestro-progestatives, comme vous en avez une, est- ce que vous avez des questions?&rdquo; Et à, justement, il se trouve que le 6ème motif de consultation, celui tout en bas de la liste après le rhume, la douleur au pied droit depuis 2 mois, le stress des exams, le rappel du vaccin du tétanos, et le désir de grossesse , il y a le &ldquo;mais du coup, je veux attendre la fin des exams dans 6 mois pour essayer d&rsquo;avoir un enfant, donc est ce que vous pourriez me renouveler ma pilule, enfin je sais pas trop parce qu&rsquo;a la TV ils ont dit que c&rsquo;était dangereux ma pilule de 4ème génération et que ça faisait des «féblites»&rdquo; qui a été anticipé! (et hop, un petit bonus pour l&rsquo;ego démesuré!)</p>
<p>Bref, j&rsquo;entends justement un patient qui arrive, je conclurai sur cette citation de Paul Ricœur: <em>«Je vis de frontières, d&rsquo;échanges et d&rsquo;emprunts »</em>. (Et c&rsquo;est à peu près tout ce que j&rsquo;ai retenu de mes cours de Sciences Humaines et Sociales&hellip;).</p>
<p>*<em>Winston Churchill</em></p>
<p><a href="http://www.cinechronicle.com/wp-content/uploads/2014/03/winston-churchill.jpg"><img src="/images/articles/2014/winston-churchill.jpg" alt=""></a></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Touche pas à mon pote!</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/03/touche-pas-a-mon-pote/</link><pubDate>Thu, 20 Mar 2014 00:52:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/03/touche-pas-a-mon-pote/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>En France, on aime bien les classements. Le problème, c&rsquo;est qu&rsquo;on est pas très bon dans la plupart des classements. Par exemple, si on regarde le niveau scolaire à l&rsquo;age de  15 ans, on perd des places par rapport aux années précédentes et on est 25ème selon le classement PISA 2012 (mais bon, on reste globalement devant les Etats Unis et le Royaume Uni). Si on regarde les facultés de médecine au niveau international, la première faculté française pointe au 67ème rang (Paris Descartes) et la suivante au 82ème (Pierre et Marie Curie) selon le QS World University Ranking 2013.</p>
<p>Pour tenter de rassurer les patriotes qui sommeillent en chacun de nous, les chercheurs ont alors décidé de faire des classements comparant les français en France: comme ça, on aura forcément une faculté française en haut du classement!</p>
<p>Les français se sont toujours senti particulièrement concerné par deux sujets: la nourriture et leur santé. Du coup, on vient de voir sortir le <a href="http://restaurant.michelin.fr/">Guide Michelin 2014</a>  qui classe les restaurants. Et voila Le Parisien s&rsquo;appuie sur l&rsquo;intersyndicat national des internes (Isni) pour publier un &ldquo;classement de la formation des internes!&rdquo; Donc pour faire simple en reprenant les résultats de cette étude: pour être bien soigné par un &ldquo;petit jeune médecin&rdquo; , allez soit à Lille (n°1), soit à Nantes et Angers, soit à Paris, soit à Toulouse, mais surtout pas sur la côte méditerranéenne!</p>
<p><a href="/images/articles/2014/classementint.jpg"><img src="/images/articles/2014/classementint.jpg" alt=""></a></p>
<p>Mis à part les conflits déontologiques qui s&rsquo;éveillent à moi en lisant cela, étant donné que je ne concoit pas de juger aussi arbitrairement des co-internes, je me demande comment on peut résumer les compétences d&rsquo;étudiants ayant fait près de 10 ans d&rsquo;études en regardant que 3 ou 4 ans de leur formation.</p>
<p>Reprenons d&rsquo;abord la méthodologie de l&rsquo;étude: les villes sélectionnés comportaient au moins une faculté de médecine, mais certaines comme Paris, Lyon et Marseille en comportent plusieurs. Donc les résumer en 1 seule ville signifie que l&rsquo;on considère qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence les différentes facultés d&rsquo;une même ville (1er biais méthodologique). Ensuite, des questionnaires ont été remplis par les étudiants pour évaluer leur formation: qualité et organisation des cours, accès facilité pour aller en cours durant les stages etc&hellip;. Ce sont des questions subjectives, donc on introduit dans les réponses une variabilité de chaque individu qui peut dépendre du contexte dans lequel il répond: si l&rsquo;interne a passé une bonne nuit: il mettra des réponses plus positives que celui qui a passé une mauvaise nuit. (2ème biais méthodologique). De plus, le recueil des questionnaire a eu lieu entre juillet et octobre  2013; or à cette période, les actualités médicales étaient justement concentrées sur l&rsquo;augmentation des violences contre les personnels médicaux , où ça? A Marseille! De quoi, démoraliser les étudiants et leur donner une vision plus négative de leurs études, ou bien de mettre sur les nerfs les chefs de service qui ont alors mis davantage de pression sur leurs internes et rendu leur condition plus défavorables (comme le dit l&rsquo;interne de Marseille dans le Parisien).</p>
<p>Bien, on avance dans l&rsquo;analyse de cet étude. Maintenant, et malgré ces approximations méthodologiques, peut-on tout de même savoir, grâce à cet article et comme le titre en Une du journal le dit, si les médecins sont bien formés? Pour faire simple, je pense que non. L&rsquo;étude permet de décrire le ressenti des internes vis à vis de leur formation durant l&rsquo;internat. Comme je l&rsquo;ai expliqué <a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/03/le-jeu-des-etudes.html">ICI</a> en détaillant la formation des médecins, l&rsquo;étudiant en médecine commence avec 6 années de formation durant lesquelles il apprend le sens clinique. Pour un futur médecin généraliste, cela constitue deux tiers de ses années de formation. Or après le passage des Épreuves Nationales Classantes (ECN), l&rsquo;étudiant peut changer de faculté pour poursuivre sa spécialisation! Et donc des internes d&rsquo;une même faculté n&rsquo;ont pas forcément eu la même formation.<br>
Si on regarde les classements aux <a href="http://www.medecine.parisdescartes.fr/STOCK/img_content/img_resultats-ecn-2013.jpg">ECN 2013</a>, on s&rsquo;aperçoit que Marseille est plutôt aux alentours de la moyenne si on regarde le rang médian et qu&rsquo;il y a une grande disparité entre certaines facultés parisiennes.<br>
De plus, ces classements regardent les premiers classés, or, les futurs médecins généralistes représentent plus de  50% des effectifs, et c&rsquo;est la spécialité qui est choisie dans les dernières (il restait même des postes disponibles à Paris en 2013!) Est ce qu&rsquo;on doit en conclure que les médecins généralistes sont moins bon que les autres? Certainement pas non plus! Et un dernier point, tant qu&rsquo;on y est: les médecins ont encore leur liberté d&rsquo;installation, donc un médecin récemment diplôme de Lille peut très bien décider d&rsquo;aller s&rsquo;installer au soleil à Marseille! (de quoi brouiller encore plus les classements!!)</p>
<p>Bravo quand même à l&rsquo;Isni qui a réussi à mener une enquête nationale complexe pour évaluer nos conditions de travail et notre ressenti vis à vis de nos formations respectives.<br>
La formation des médecin dépend de nombreux facteurs: les enseignements de la faculté, les stages effectués et surtout de l&rsquo;investissement personnel que ce soit en stage ou dans les apprentissages en dehors du cadre universitaire (journaux médicaux, congrès de formation et twitter!) Ne la résumons pas à ce classement qui peut cependant être très utile pour améliorer les conditions de vie des internes dans les villes &ldquo;moins bien classées&rdquo;.<br>
Nous sommes tous médecins, avec nos centres d&rsquo;intérêt qui sont nos forces et certains domaines pour lesquels on est moins performant, et cela ne peut être comparé par un classement.</p>
<p><em>Petite précision à l&rsquo;attention du journal Le Parisien, si jamais il était amené à jeter un oeil par ici:</em> Le 3ème cycle d&rsquo;études médicale constitue la spécialisation qui peut être de 3, 4 ou 5 ans selon la formation. La spécialisation ne s&rsquo;effectue pas uniquement en  10 et 11ème année, puisque même les internes de médecine générale sont des spécialiste. (Même si cela peut paraitre étrange de dire qu&rsquo;on est spécialisé dans quelque chose de général&hellip; mais ça, c&rsquo;est un autre débat!)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>L'art et la manière</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/03/l-art-et-la-maniere/</link><pubDate>Wed, 12 Mar 2014 21:43:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/03/l-art-et-la-maniere/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>J&rsquo;ai vu un patient d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;année qui venait pour des <a href="http://assets.streetpress.com/system/files/16206/video/_tudiants_sourds.png?1337617238">oreilles bouchées</a>. En fait, en creusant un peu (mais vraiment pas beaucoup) ce qui le faisait consulter, c&rsquo;était une urétrite à gonocoque (une &ldquo;chaude-pisse &ldquo;comme dans <a href="https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&amp;v=XhsTzDakV-U">la ligne verte</a>). Il a très vite compris que son rapport non protégé d&rsquo;il y a quelques semaines était en rapport avec ce désagrément.<br>
Donc, suivant ce que j&rsquo;ai appris, je lui fais le bilan des autres <a href="http://www.info-ist.fr/index.html">infections sexuellement transmissibles</a> (IST) pour chercher s&rsquo;il n&rsquo;avait pas eu une autre infection. Je pensais avoir pris le temps et été clair sur mes explications, mais sa question juste après avoir payé m&rsquo;a remis à ma place :</p>
<p>&ldquo;Mais docteur, du coup, j&rsquo;ai rien attrapé là.&rdquo;</p>
<p>Restant zen, mais ne pouvant éviter de penser pendant une fraction de seconde à une réponse plus qu&rsquo;impolie, je rétorquais calmement:</p>
<p>&ldquo;Si, il y a bien une infection bactérienne, que l&rsquo;on va traiter par antibiotique. Mais, pour ce qui est du VIH, il faut faire la prise de sang pour être sur.&rdquo;</p>
<p>Parce que bien évidemment, c&rsquo;est le VIH qui pose problème. C&rsquo;est ce qui donne le SIDA, et ça serait dommage de le chopper pour la seule fois pour laquelle on ne se protège pas. Mais malheureusement, ça arrive, donc je lui ai réexpliqué. Et si j&rsquo;ai du le faire, ce n&rsquo;est pas de sa faute, c&rsquo;est parce que je me suis mal exprimé à ce patient qui avait déjà assez peur comme ça de ce que je pouvais lui dire.</p>
<p>Tout cela pour venir au fait que peut être, chez ce patient, ou chez un autre, j&rsquo;aurai à annoncer une séropositivité pour le VIH, et que l&rsquo;annonce d&rsquo;une maladie grave est la chose la plus difficile qui soit en médecine.<br>
Si on ne sait pas faire un diagnostic, on adresse le malade. Si on ne sait pas traiter une maladie, soit on adresse, soit on jette un coup d’œil rapide à nos sites de référence. Si on a du mal à expliquer quelque chose, on peut s’appuyer sur des fiches patients. Mais quand un médecin doit annoncer une maladie grave, une infection par le VIH ou un cancer par exemple, il est seul pour lui annoncer, seul face au patient, qui est un être sensible, inquiet, anxieux, seul lui expliquer sa maladie, seul pour donner au patient la première vision de sa maladie, une vision qui sera déterminante dans le ressenti du patient tout au long de sa prise en charge.</p>
<p>J&rsquo;ai vu de nombreuses façon d&rsquo;annoncer un cancer. Du chirurgien digestif qui entre dans la chambre et qui dit &ldquo;<a href="http://www.sanctius.net/wp-content/uploads/2010/05/date-de-votre-mort-2.png">Bon, c&rsquo;est un cancer comme on le pensait, donc on vous opère dans deux jours comme prévu</a>&rdquo; avant de repartir, à l&rsquo;interniste qui <a href="http://media.canal-plus.com/image/98/8/496988.gif">tourne autour du pot pendant 2 semaines</a>, de sorte que la famille est au courant, et que le patient décède avant même qu&rsquo;il ait eu le diagnostic.</p>
<p>Bref, j&rsquo;ai appris mon <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_648077/fr/epreuves-classantes-nationales-ecn-module-1-apprentissage-de-l-exercice-medical-de-la-question-1-a-14">item n°1</a> pour l&rsquo;<a href="http://medicalement-geek.blogspot.fr/2014/03/le-jeu-des-etudes.html">ECN</a> , j&rsquo;ai assisté à de &ldquo;magnifiques&rdquo; annonces à la fin desquelles les patients remercient le médecin pour son tact, je me suis entrainé via des <a href="http://www.info-mods.com/images/liens/max/1141835788.jpg">jeux de rôles</a> dans lesquels on annonce à un collègue qui joue le rôle du patient avant que notre démarche soit critiquée par des médecins spectateurs. Avec tout cela, je n&rsquo;ai pas eu à faire &ldquo;moi même&rdquo; et seul face au patient de consultation d&rsquo;annonce. (et c&rsquo;est peut être pas plus mal&hellip;.)</p>
<p>Je m&rsquo;entraine sur des annonces de maladies moins grave (asthme, HTA dont le retentissement sur la vie des patients n&rsquo;est pas négligeable déjà), mais bien que mes maitres de stages souhaitent cocher la case &ldquo;satisfaisant&rdquo; lors des évaluations, je les rectifie pour qu&rsquo;ils mettent &ldquo;à améliorer&rdquo;. Tant que je n&rsquo;aurait pas été confronté à cette situation, je pense que je ne me sentirais pas prêt&hellip;. si tant est que l&rsquo;on peut un jour être prêt à annoncer une mauvaise nouvelle&hellip;</p>
<p>Un grand bravo et beaucoup de courage à ceux qui ont la lourde tache d&rsquo;annoncer ces maladies au quotidien&hellip; Alors quand je reverrais ce patient avec ses résultats biologiques recherchant les IST, j&rsquo;espère que tout sera normal, et que je n&rsquo;aurai pas à rejoindre le club des annonceurs de mauvaise nouvelle (du moins , pas encore&hellip;)</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Le jeu des études</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/03/le-jeu-des-etudes/</link><pubDate>Tue, 04 Mar 2014 14:54:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/03/le-jeu-des-etudes/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Un patient du cabinet où je suis interne m&rsquo;a dit un jour &ldquo;Désolé, aujourd&rsquo;hui je souhaiterai voir Dr Asperge. D&rsquo;habitude, je joue le jeu, mais là, je me sens vraiment mal&rdquo;.</p>
<p>La première chose que j&rsquo;ai eu envie de répondre aurait pu être quelque chose du genre &ldquo;Oui, parce que c&rsquo;est vrai que je suis en train de me taper 10 ans d&rsquo;études pour jouer moi aussi&rdquo;, mais je me suis contenté d&rsquo;un simple &ldquo;bien sur, il n&rsquo;y a pas de problème, il va arriver dans 5 minutes&rdquo;, comme je peux le dira à chaque fois qu&rsquo;un patient préfère voir mon maitre de stage plutôt que moi. Ce n&rsquo;est en soit pas un problème, et le Dr Asperge est un très bon médecin. Ce qui m&rsquo;a mis mal à l&rsquo;aise, c&rsquo;est la formulation du patient; même si j&rsquo;avoue que j&rsquo;aime mon métier et que <a href="http://ageheureux.a.g.pic.centerblog.net/o/43136874.jpg">je prends parfois plus de plaisir à travailler qu&rsquo;à jouer</a> . (<a href="http://img15.hostingpics.net/pics/707558obiwan.png">D&rsquo;un certain point de vue</a>, la vie n&rsquo;est qu&rsquo;un jeu dans lequel <a href="http://p5.storage.canalblog.com/58/10/821623/63175260.jpg">il ne faut pas se planter&hellip;</a> )</p>
<p>Il est tout à fait normal de souhaiter voir son médecin traitant quand on va chez le docteur, celui en qui on a confiance, celui qui nous connait depuis nos 2 ans et  7 jours, qui nous a fait nos vaccins sans faire mal et que nous avons pris le temps d&rsquo;écouter en échange quand il nous a expliquer que les lavages de nez c&rsquo;était mieux que tous les vaso-constricteurs et que les antibiotiques c&rsquo;était pas automatiques. Bref, ce médecin est tellement bien qu&rsquo;il accepte de former des &ldquo;jeunes&rdquo;!</p>
<p>Je pense qu&rsquo;il est important pour les patients d&rsquo;en savoir un peu plus sur ces &ldquo;internes&rdquo; qu&rsquo;on voit un peu partout à l’hôpital et maintenant aussi en ville.</p>
<p>Lorsqu&rsquo;on laisse sa voiture au garage, un jeune mécano de 20 ans qui a tout de même déjà 4 ans d&rsquo;expérience (après sa formation en apprentissage débutée à 16 ans) s&rsquo;occupe de tout est là aussi, on lui fait confiance, et on espère qu&rsquo;il aura bien remis toutes les vis, qu&rsquo;il ne sera pas passé à coté du problème de plaquettes de frein, histoire de ne pas finir dans le décor lors du prochain départ en vacances.</p>
<p>L&rsquo;interne de médecine général, c&rsquo;est un peu pareil. Les études de médecine commencent par un concours très sélectif lors de la 1ère année dite &ldquo;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_ann%C3%A9e_commune_aux_%C3%A9tudes_de_sant%C3%A9">PACES</a>&rdquo; . Un étudiant réussissant ce concours met alors un premier pied à l’hôpital en tant que soignant en effectuant un premier stage d&rsquo;une durée de 4 semaines à temps complet pour l&rsquo;initier aux soins infirmier. Puis, les choses sérieuses commencent avec une formation théorique qui dure 2 ans de plus: ce sont les 2ème et 3ème années de <a href="http://anemf.org/-DFGSM-2-et-3-.html">DFGSM</a>. Lors de ces deux années, des stages ponctuels dans des services hospitaliers permettent d&rsquo;accompagner la formation théorique d&rsquo;applications pratiques pour apprendre les rudiments de l&rsquo;examen clinique. Puis viens le <a href="http://www.anemf.org/-Le-Diplome-de-Formation-.html">DFASM</a> : diplôme de formation approfondies en sciences médicales. C&rsquo;est en tant qu&rsquo;étudiant hospitalier (on ne doit plus dire externe normalement, même si c&rsquo;est toujours comme ça qu&rsquo;on les appelle) que se poursuite la formation: 3 années durant lesquelles l&rsquo;étudiant en médecine passe ses après midi à étudier toutes les facettes de la médecine et ses matinées à l’hôpital (et malheureusement trop rarement encore dans des stages en cabinet de ville). Le rôle de l&rsquo;externe est alors d&rsquo;établir un premier contact avec le patient, de faire son examen clinique et de rédiger son observation médicale. C&rsquo;est probablement la personne que vous verrez le plus si vous êtes hospitalisé, présent quotidiennement et avec un nombre de patient réduit pour qu&rsquo;il puisse se concentrer sans être débordé (enfin, normalement&hellip;).<br>
A la fin de la 3ème année de DFASM, l&rsquo;étudiant a engrangé énormément connaissances médicales et n&rsquo;aura jamais plus ce niveau de connaissance (et oui, parce qu&rsquo;ensuite, on se spécialise, on oublie beaucoup de choses pour se focaliser sur notre future spécialité). Heureusement, c&rsquo;est à ce moment qu&rsquo;intervient le fameux Examen National Classant, durant lequel tous les étudiants sont regroupés dans un entrepôt (enfin, c&rsquo;est tout comme) pour déterminer leur future spécialité et lieu d&rsquo;exercice. Les mieux classés choisissent en premier leur ville de formation et la spécialité en fonction des places disponibles par ville et par spécialité et deviennent alors internes en médecine.</p>
<p>Nous y voila enfin! Les internes ont donc derrière eux 6 ans de médecine dont 3 ans de pratique clinique quotidienne. Je parlerai donc de la formation de médecine générale, puisque c&rsquo;est la mienne, et surtout des stages ambulatoires, mais je tiens à préciser qu&rsquo;elle peut varier selon les facultés.<br>
La formation de médecine générale constitue un Diplôme d&rsquo;Etudes Spécialisé (DES) de 3 ans au cours duquel, l&rsquo;interne doit fournir des traces d&rsquo;apprentissages. Ce sont des RSCA (acronyme signifiant: Récit de Situation Complexe Authentique) qui consiste à tirer d&rsquo;une histoire d&rsquo;un patient, une analyse poussée et argumentée des axes médico-psycho-sociaux évoqués par ce patient. Les traces d&rsquo;apprentissage peuvent également être un travail de recherche ou de bibliographie fait à l&rsquo;initiative de l&rsquo;interne etc&hellip;<br>
Les stages ambulatoires sont au nombre de deux: un qui est obligatoire (le stage de 1er niveau) durant lequel j&rsquo;avoue avoir &ldquo;redécouvert la médecine&rdquo;!! <a href="http://www.docteurmilie.fr/wordpress/wp-content/uploads/2013/06/carr%C3%A9-de-white.jpg">Et oui, le patient qui vient en ville n&rsquo;est pas du tout le même que celui que l&rsquo;on voit à l’hôpital</a> (et encore moins en centre universitaire dans lesquels on est formé en tant qu&rsquo;externe) et l&rsquo;autre dit &ldquo;SASPAS&rdquo; pour dire que l&rsquo;on est en autonomie. Dans chacun de ces stages (surtout le SASPAS) , nous sommes amenés à voir des patients seuls, avec des horaires de consultation si le cabinet fonctionne avec rendez vous, ou selon le flux de patients pour les cabinets sans rendez vous. Tous les patients que nous voyons ne sont pas forcément vus par le maître de stage, mais à la fin de chaque journée TOUS les dossiers des patients que l&rsquo;interne à vu sont revus. Et en cas de besoin sur le moment, le maitre de stage n&rsquo;est pas bien loin (soit dans le bureau d&rsquo;à coté, soit au bout de son téléphone) et peut apporter son avis expérimenté.</p>
<p> En retour des enseignements fournis par le maitre de stage à l&rsquo;interne, l&rsquo;interne apporte aussi un point de vue nouveau sur les dossiers, et permet de réévaluer certains traitements, les consultations de l&rsquo;internes étant prévues pour durer plus longtemps que les  15min habituelles du maitre de stage. D&rsquo;après le Dr Asperge avoir un interne le force également à se tenir à jour des évolutions, ce qui permet d&rsquo;améliorer quotidiennement sa pratique.<br>
Alors merci aux maîtres de stage qui nous forment, merci aux patients qui acceptent de voir les internes parce qu&rsquo;ils ont confiance dans leur médecin qui n&rsquo;est jamais très loin, merci aux patients qui nous font confiance.</p>
<p>Bref, en recouvrant la médecine grâce à mes stages ambulatoire, cela a vraiment confirmé la façon de laquelle je souhaite exercer, être au contact des patients, pour qu&rsquo;un jour peut être, j&rsquo;entende &ldquo;je voudrais voir le Dr Agibus parce que j&rsquo;ai confiance en lui.&rdquo;</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Le HPV, tu connais? t'es vaccinée?</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/03/le-hpv-tu-connais-t-es-vaccinee/</link><pubDate>Sat, 01 Mar 2014 21:19:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/03/le-hpv-tu-connais-t-es-vaccinee/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>On en parle beaucoup en ce moment, et moi-même j’ai du mal à
m’y retrouver entre polémiques sur l’intérêt de la vaccination, le dépistage
par frottis qui va devenir organisé etc… je parle bien sur du papillomavirus,
aussi connu sous le nom: HPV. Je ne pense pas que mon analyse soit aussi bien
faite que celle de docdu16, Dr Dupagne ou CMT (entre autres), mais j’ai besoin
d’y voir un peu plus clair…</p>
<p>Tout d’abord, le cancer du col de l’utérus est dû
principalement à ce qu’on appelle des génotypes différents du virus HPV. En
gros, dans la famille des HPV, le 16 et le 
18 sont responsable à 70% dans les cancers du col de l’utérus (1).</p>
<p>Le cancer du col de l’utérus est le 18ème cancer
en France en termes d’incidence (2), et le 10ème chez la femme (1),
en effet notre pays est un pays à faible taux d’incidence : environ 8 cas
pour 100 000 femmes contrairement à 55 cas pour 100 000 femmes au
Zimbabwe par exemple (3) . Sa mortalité était de 1102 femmes en 2012, le
situant alors au 14ème rang, loin derrière les 30 000 morts du
cancer du poumon, 17 000 morts du cancer du côlon et des 12 000 morts
du cancer du sein (2).</p>
<p>La mortalité n’est pas le seul critère à prendre en compte,
la morbidité et les traitements sont également déterminants : annuellement,
parmi les 90 000 traitements des lésions du col, il y a 30 000
conisations (4), pouvant se compliquer de sténoses cicatricielles du col, de
béance responsable d’accouchement prématuré, ou de récidive nécessitant une
réintervention (1)(4). N’étant pas une femme, je ne peux parler en leur place,
mais il doit également y avoir un retentissement psychologique de ses
interventions sur la perception de son intimité.</p>
<p>Le dépistage du cancer du col évolue. En effet, le
&ldquo;plan cancer 2014-2019&rdquo; qui vient d&rsquo;être présenté , annonce la mise
en place d&rsquo;un dépistage organisé du cancer du col (5), en se basant sur les
résultats des études pilotes (6) et de l&rsquo;exemple d&rsquo;autres pays comme le Royaume
Uni. Effectivement, mis en place depuis la fin des années 80 en Angleterre, le
programme NHS Cervical Screening a permis diminuer la mortalité des cancer du
col de l&rsquo;utérus par deux entre 1989 et 2010, permettant de passer sous la barre
des 900 décès par an (7). Et tout cela, sans qu&rsquo;aucun vaccin n&rsquo;intervienne!</p>
<p>On fait une <a href="http://sonpampa2.free.fr/depotoir/GG%20vs%20docteur%20maboul.gif">petite pause</a>, et je reprends après avec des
chiffes dans tous les sens, ça vous va?</p>
<p>Ce vaccin (mais je devrais dire &ldquo;ces vaccins&rdquo;, j&rsquo;y
reviendrai après) relativement récent, a démontré une diminution du nombre de
lésions précancéreuses liées aux HPV. La durée d&rsquo;évolution du cancer ne permet
pas à ce jour de déterminer avec certitude si la diminution de ces lésions
précancéreuses permet une réelle diminution du nombre de cancer du col de
l&rsquo;utérus. Il est d&rsquo;ailleurs clairement écrit dans la synthèse d&rsquo;avis de la
commission de transparence: &quot; L’ efficacité des deux vaccins
n’a pas été établie en prévention des cancers du col&quot; (8). Ce même
document donne (sans citer de sources malheureusement) les résultats des études
cliniques: l&rsquo;efficacité des vaccins en prévention des lésions précancéreuses
type CIN 2/3 (ce sont des lésions précancéreuses de haut grade, c&rsquo;est à dire à
plus fort risque de devenir des cancer) liés aux HPV  16 et 18 varie entre 93% et 100% chez les
jeunes femmes non infectées (c&rsquo;est à dire n&rsquo;ayant pas eu de rapport sexuel
donnant lieu à une contamination par ces virus) et  est plus faible chez les femmes déjà
infectées. De plus, si l&rsquo;on juge quelque soient le type de virus impliqué dans
les lésions précancéreuses (donc, pas seulement le 16 et le 18), l&rsquo;efficacité
préventive du vaccin chute entre  23,7 et
57,3% pour le vaccin quadrivalent (Gardasil) et entre 52,7 et 74,2% pour le vaccin bivalent (Cervarix) (8).</p>
<p>Il est temps de parler plus précisément de ces 2
vaccins. Le Gardasil est un vaccin quadrivalent qui vaccine non seulement
contre les HPV 16 et 18 responsables des cancers, mais aussi des HPV 6 et 11
responsables de condylomes acuminés (des sortes de verrues génitales) qui ne
dégénèrent pas en cancer, mais dont la gène entrainée peut nécessiter un
traitement spécifique. Cette efficacité se situe entre 74 et 89% (8).</p>
<p>Puisque ce vaccin
protège contre plus de &ldquo;trucs&rdquo;, pourquoi est ce qu&rsquo;un vaccin bivalent
existe? Le vaccin bivalent, Cervarix ne protège que contre les HPV  16 et 18. Lors de son rapport en 2012, le
haut conseil de santé publique recommandait de en pas l&rsquo;utiliser, parce qu&rsquo;il
n&rsquo;était pas certain qu&rsquo;il soit aussi efficace que le Gardasil, et vaccinait
contre moins de génotypes d&rsquo;HPV (9). Cependant, des études plus récentes ont
apportés de nouveaux éléments faisant qu&rsquo;aucun des vaccins n&rsquo;est privilégié.
D&rsquo;une part, il a été montré qu&rsquo;il existe des réactions croisées entre souches
vaccinantes et non vaccinantes: en gros, vacciner contre HPV 16,18, 11 et 6 permet
également de se vacciner contre les génotypes 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56,
58, and 59 qui peuvent être responsables de cancer (10). Là où ça se complique,
c&rsquo;est que l&rsquo;on observe le même phénomène de réactions croisées avec la
vaccination par vaccin bivalent (16 et 18), et que le nombre de réactions
croisées et l&rsquo;immunogénicité du vaccin (c&rsquo;est à dire l&rsquo;intensité de la défense
immunitaire qui permet à l&rsquo;organisme de se protéger) est plus importante avec
ce vaccin qu&rsquo;avec le quadrivalent (8) (11). Et encore un élément est à
apporter: c&rsquo;est que le vaccin bivalent a démontré une efficacité jusqu&rsquo;à 8,4
ans, contre 4ans seulement pour le vaccin quadrivalent (11)!!</p>
<p>C&rsquo;est la que vous allez
vous dire: <a href="http://media0.giphy.com/media/GDnomdqpSHlIs/giphy.gif">&ldquo;Mais qu&rsquo;est ce qu&rsquo;il me raconte là??!&rdquo;</a></p>
<p>Allez prendre un petit
stimulant ou un relaxant avant que je poursuive en essayant d&rsquo;être un peu plus
clair.( <a href="http://idata.over-blog.com/3/98/89/29/IMAGES-ZEN/CHAT-ZEN.gif">voilà!</a>)</p>
<p>Je vais résumer de façon simple, on a un vaccin qui protège
contre des lésions pouvant devenir un cancer et contre des verrues génitales,
et un vaccin qui protège contre les lésions précancéreuse uniquement, mais qui
par des réactions croisées bizarres protège mieux du cancer que l&rsquo;autre et dont
la durée d&rsquo;efficacité est deux fois supérieure! Autant dire que si je demande à
la patiente de 14 ans qui souhaite être vaccinée ce qu&rsquo;elle préfère&hellip;.. (oui
parce qu&rsquo;en 2014, on demande l&rsquo;avis du patient avant de lui refourguer les
traitements plus ou moins dangereux et avec plus ou moins de bénéfice pour
l&rsquo;impliquer dans sa santé et ne pas faire une médecine &ldquo;paternaliste&rdquo;)
Bref, elle va hésiter longtemps et généralement prendre celui qui protège le
plus des cancers (c&rsquo;est ce que j&rsquo;aurai fait également d&rsquo;ailleurs!)</p>
<p>Mais que dis-je! 14 ans&hellip; ça a changé, on doit vacciner à
partir de 11 ans maintenant! (12)  (là au
moins on est sur que c&rsquo;est avant les premiers rapports et qu&rsquo;on a des chances
d&rsquo;être &ldquo;plus&rdquo; efficace) Ce qui permet de reformuler la question à une
demoiselle de 11 ans: veux-tu un vaccin qui va te protéger pendant 4 ans ou
pendant 8 ans? Mais on ne sais pas si à 20 ans, le fait de t&rsquo;avoir vacciné aura
vraiment servi puisque les études n&rsquo;ont pas été faites sur des jeunes femmes de
ton âge suivies assez longtemps pour qu&rsquo;on le sache&hellip; (n&rsquo;empêche que sur
celles vaccinées à 14 ans, l&rsquo;efficacité baissait après 8 ans pour le bivalent&hellip;)</p>
<p>Admettons que notre demoiselle (et sa mère, parce qu&rsquo;il ne
faut surtout pas négliger l&rsquo;influence de la mère sur la jeune fille de 11 ans,
c&rsquo;est surtout elle qu&rsquo;il faut convaincre en fait, dans un sens ou dans l&rsquo;autre)
souhaite toujours se faire vacciner, je lui rappelle que le vaccin ne marche de
toutes façon que sur 70% des lésions précancéreuses et que dans tous les cas,
il va falloir faire des frottis cervico-utérins (on ne dit plus
cervico-vaginal, hein) de façon régulière pour dépister des lésions liées aux
autres virus. Donc: on te vaccine, on ne sais pas pour combien de temps ça
marche, et en plus, il faut quand même se taper les frottis pour lesquels tu vas
recevoir une lettre tous les 3 ans, chez toi (et oui, le dépistage organisé,
vous l&rsquo;aviez zappé! Avouez!) , histoire que tu n&rsquo;oublie pas d&rsquo;aller voir le
gynécologue ou le médecin traitant pour avoir un suivi.</p>
<p>Petite parenthèse puisque je suis sur l&rsquo;intérêt du frottis,
je rappelle que le 1er frottis doit avoir lieu à 25 ans (12), non pas parce
qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de risque de lésion précancéreuses avant, mais parce qu&rsquo;au
contraire, elles sont fréquentes et guérissent spontanément en 1-2 ans (13),
que les tumeurs invasives sont plus que rares avant  25 ans et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de bénéfice
significatif à débuter à 20 ans plutôt que 25 ans en population générale (14).
Il est donc inutile d&rsquo;inquiéter les femmes avec des frottis et des frottis de
contrôle parce qu&rsquo;on en a fait un avant qui a eu la malchance de révéler
quelque chose. La durée d&rsquo;évolution en cancer à partir d&rsquo;une lésions
précancéreuse a donc permis de repousser le 1er frottis à 25 ans, avec un
frottis de contrôle à 1 an, puis tous les 3 ans s&rsquo;ils sont normaux. Pour les
impatients, on peut éventuellement débuter 8 ans après les premiers rapports
sexuels, avec un âge minimal de 20 ans (14)(15) (ce qui  fait quand même des premiers rapports à 12
ans&hellip; mais cela ouvre alors malheureusement à des problématiques bien plus
vastes et compliquées à rechercher&hellip;).</p>
<p><a href="/images/articles/2014/col.png"><img src="/images/articles/2014/col.png" alt=""></a></p>
<p>Fin de la parenthèse,
et revenons aux vaccins! Compte tenu du dépistage régulier des femmes par
frottis cervico-utérin, qui est actuellement de l&rsquo;ordre de 60% (avec un
objectif placé à 80% avec la mise en place du dépistage organisé (6) (et
probablement des auto-prélèvements pour les femmes récalcitrantes au frottis
qui seront mieux que rien avec leurs  81%
se sensibilité(16)(17) ), il devient beaucoup plus probable qu&rsquo;une diminution
de la mortalité du cancer du col soit liée au dépistage organisé (comme en
Angleterre) qu&rsquo;au vaccin, vu que les lésions sont dans tous les cas dépistée
par le frottis (que la femme ne soit pas vaccinée, ou qu&rsquo;elle soit vaccinée, je
le répète encore une dernière fois: le vaccin ne dispensait pas des frottis car
il ne protège pas à 100%).</p>
<p>Si on se penche un peu sur les effets indésirables du
vaccin, &ldquo;il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;avantage d&rsquo;effets indésirables dans le groupe
de femmes recevant le vaccin par rapport au placebo&rdquo; (8). Cela ne dit pas
qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;effet indésirable non plus. Le meilleur moyen de supprimer
les effets indésirables d&rsquo;une intervention reste de ne pas la faire (comme
dirait une amie: le meilleur moyen de contraception, c&rsquo;est ni le DIU, ni la
pilule, ni l&rsquo;implant, c&rsquo;est l&rsquo;abstention!). Donc, les effets indésirables qui
ont pu survenir, sont ceux de la plupart des vaccins: inflammation au point
d&rsquo;injection, malaises, syndromes grippaux, réactions allergiques (18) et de
rare cas de maladies inflammatoires probablement favorisées par la réaction du
vaccin sur un terrain génétique particulier (19). Les effets indésirables des
trois vaccins (puisqu&rsquo;il faut vacciner en trois injections, hop, c&rsquo;est dit
rapidement en passant), restent donc généralement bénins, mais de très rares
cas de maladie graves sont à déplorer même si aucun lien de causalité n&rsquo;a pu
être clairement établi.</p>
<p>J&rsquo;y vois déjà un peu plus clair dans mon raisonnement sur ce
vaccin, et je comprendrai parfaitement qu&rsquo;une patiente (et sa mère) refusent le
vaccin, le temps que des preuves supplémentaires soit apportées et fasse
réévaluer leur décision. Pour celles qui souhaitent toujours se faire vacciner,
je pense que l&rsquo;approche préventive du cancer est peu pertinente compte tenu du
caractère indispensable des frottis qui permettent de les dépister et qui
devrait avoir une action sur la mortalité. Du coup, le vaccin bivalent (que
j&rsquo;aurai pourtant choisi quelques lignes auparavant comme je le disais) me
semble bien moins intéressant. Nous sommes plutôt dans une vision de prévention
de la morbidité que de la mortalité , c&rsquo;est à dire, diminuer les évènements non
mortels liés aux virus HPV, je parle bien sur des 30 000 conisations pour
lésions de haut grade non transformées en cancer et des condylomes cités
précédemment. Ces lésions seraient bien sur détectées par le frottis, mais le
vaccin a la possibilité de les éviter (et ça, comme on l&rsquo;a vu, c&rsquo;est prouvé)
(8). Dans ce cas, je me tournerais finalement vers le vaccin quadrivalent,
Gardasil, bien que sa durée d&rsquo;action semble plus limitée.</p>
<p>On arrive à la fin! Si après tout cela vous avez réussi à y
voir plus clair, bravo!! Il ne me reste plus qu&rsquo;a expliquer tout cela en  15 minutes à mes patientes qui viennent pour
tout à fait autre chose. Du coup, je pense que les recommandations vaccinales
ont raison: il faut commencer à en parler à 11 ans, pour vacciner vers 14 ans!!
Malgré tout ce que je viens de dire, je pense que l&rsquo;enjeu visant à diminuer les
interventions pour traiter les lésions précancéreuses est assez important pour
valoir la peine de proposer la vaccination. Et si la jeune demoiselle ne souhaite
pas être vaccinée, je le comprend parfaitement, et tirerai un trait sur mon
ROSP. (Là, je perds les non médecins normalement&hellip;)</p>
<p>Le ROSP ou rémunération sur objectif de santé publique, fait
que quand le médecin remplit des objectifs de santé, il reçoit une prime. Mais
introduire, comme certains le suggèrent, la vaccination anti HPV dans ces
objectifs (20), me semble totalement inapproprié, et inciterait les médecins à
orienter leur discours pour forcer les vaccinations, en dépit des preuves
actuelles. Cet objectif irait à l&rsquo;encontre de la déontologie médicale,
réduisant l&rsquo;autonomie du patient au profit d&rsquo;une décision paternaliste du
médecin. (We are back in the 70&rsquo;s!) Un dernier point pendant que je parle
d&rsquo;argent, le cout de ces vaccins qui est de plus de 100 euros par injection!
Pour être précis: 111€ pour le cervarix et 123€ pour le gardasil, remboursés à
65% (18). De quoi creuser le trou de la sécu pour quelque chose dont la balance
bénéfice-risque est aussi incertaine, et avec environ 40€ par injection (120€
au total) à charge pour le patient!</p>
<p>La médecine c&rsquo;est comme un logement: si on veut vous faire
signer rapidement, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a <a href="http://perlbal.hi-pi.com/blog-images/111545/gd/1235925610/Anguille-Electrique-version-gif.gif">anguille sous roche</a>. Donc, quelque soit
votre décision de médecin: informez et respectez votre patient et sa décision;
quelque soit votre décision de patient: écoutez votre médecin, mais n&rsquo;hésitez
pas a réfléchir, il n&rsquo;y a jamais d&rsquo;urgence à faire un vaccin.</p>
<p><a href="http://www.sogo-bujutsu.com/Images/Samourai_salut.gif">Merci et encore bravo à ceux qui ont réussi à tenir tout le long</a>. Que ceux qui ont d&rsquo;avantage connaissance du sujet me donne leur avis, me
critiquent ou me corrigent si j&rsquo;ai fait des erreurs dans ce billet et je serais
prêt à écouter pour éventuellement réviser ma position.</p>
<p>Ah, j&rsquo;oubliais les bases, mais je n&rsquo;ai pas encore pris
l&rsquo;habitude de le faire: je n&rsquo;ai pas de confit d&rsquo;intérêt (enfin, je ne crois
pas&hellip;)</p>
<p>Et pour ceux qui souhaiteraient signer la pétition pour
qu&rsquo;en au lieu soit évaluée la vaccination, c&rsquo;est <a href="http://www.medocean.re/2014/02/si-vous-etes-medecin-generaliste-ou-specialiste-et-si-vous-etes-daccord-avec-nous-sur-les-points-suivants/">ICI</a>!</p>
<p><strong>EDIT 09/09/2016:</strong><br>
Avant 14 ans: le gardasil se fait désormais en 2 injections et avant 14 ans, le cervarix se fait également en 2 injections au lieu de 3. (<a href="http://vidal.fr/">ref</a>)<br>
Concernant les effets indésirables,  de nombreuses études ont montré l&rsquo;absence de lien entre sclérose en plaque (ou autre maladie auto immune) et ces vaccins (<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Vaccination-contre-les-infections-a-HPV-et-risque-de-maladies-auto-immunes-une-etude-Cnamts-ANSM-rassurante-Point-d-information">ref)</a>, bien que le vaccin soit le déclencheur d&rsquo;une maladie auto-immune parce qu&rsquo;il stimule l&rsquo;immunité. Mais un autre vaccin, une grippe ou autre infection stimulant l&rsquo;immunité aurait tout aussi bien pu être le déclencheur de la maladie sur les patients avec ce terrain de maladie auto-immune.<br>
Mais, une augmentation des Guillain Barré a été noté de l&rsquo;ordre de 1 cas pour 100 000 jeunes filles (<a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Vaccination-contre-les-infections-a-HPV-et-risque-de-maladies-auto-immunes-une-etude-Cnamts-ANSM-rassurante-Point-d-information">ref</a>). Cependant et heureusement, une récente étude nordique (<a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27478093">ref</a>), n&rsquo;a pas mis en évidence cette augmentation sur plus de 700 000 patientes, ce qui s&rsquo;avère  être finalement rassurant quand aux effets indésirables du vaccin.</p>
<p><strong>EDIT 25/04/2017:</strong><br>
Un nouvel avis du <a href="http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=602">HCSP</a> est
tombé sur la vaccination anti HPV: le Gardasil 9 devient le vaccin
recommandé en 1ère intention. En effet, il est retrouvé une protection
contre les HPV 52 et 58 qui n&rsquo;avaient  jamais été vu dans les vaccins
précédents (le Cervarix protégeait déjà par réactions croisées sur les
HPV 33 et 45). Le bénéfice sur les lésions précancéreuses et les
condylomes en font donc le vaccin anti-HPV de choix. La sécurité n&rsquo;a
cependant été étudiée que sur environ 23 000 patientes, on est donc loin
d&rsquo;avoir la puissance nécessaire pour évaluer le risque de maladies
auto-inflammatoire dont la fréquence était estimée à 1 pour 100 000 pour
le Gardasil4. Quoi qu&rsquo;il en soit, ces évènements sont donc,
particulièrement rares. Une des problématique précédemment citée dans le choix du vaccin était &ldquo;couvrir les condylomes&rdquo; ou &ldquo;mieux couvrir le cancer par des réactions croisées&rdquo;. L&rsquo;avènement du Gardasil 9 semble régler ce problème en conférant une meilleure immunité que le Cervarix sur les lésions précancéreuses et en protégeant des condylomes comme le Gardasil 4. Les recommandations publiées dans le  <a href="http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinations_2017.pdf">calendrier vaccinal de 2017</a> sont donc cohérentes: le Gardasil  9 est recommandé en 1er lieu dans la vaccination anti-HPV chez la jeune femme de  11 à 19 ans et chez l&rsquo;homme ayant des rapports avec des hommes jusqu&rsquo;à 26 ans.</p>
<p> <strong>EDIT 08/10/2017:</strong><br>
Concernant le risque évoqué ci-dessus de syndrome de Guillain barré, voici une nouvel article rassurant. Cet article
canadien (<a href="http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/14760584.2018.1388168">ref</a>) a étudié les hospitalisations pour Guillain Barré entre 1994
et 2014. L&rsquo;étude incluait 558 995
personnes-années pour les femmes ciblées par la vaccination anti HPV et
l&rsquo;incidence de Guillain Barré était de 0,73/100 000 personnes-années. Les auteurs n&rsquo;ont pas mis en évidence de majoration de ce
syndrome chez les populations vaccinées. 
Voilà qui devrait rassurer les septiques sur ce point de sécurité du
vaccin. Le reste de mes conclusions restent les mêmes.</p>
<p><strong>EDIT 04/10/2020:</strong><br>
Le <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1917338">NEJM</a> a
publié une étude concernant la vaccination HPV. C&rsquo;est une étude de
cohorte rétrospective suédoise ayant inclus plus d'1,5 millions de
femmes, basée sur les registres nationaux de population, de prescription
médicamenteuse, de vaccination et de cancérologie. La grande nouveauté
ce sont les résultats sur les cancers invasifs et non sur les CIN2+ ou
3+ uniquement. Les auteurs retrouvent que la vaccination était associée à
une réduction de cancer invasifs de 63% (NNT=2305 patientes, encore une
fois c&rsquo;est beaucoup, mais il y a beaucoup de femmes concernées). La
réduction importante du nombre de cancer est concordante avec
l&rsquo;efficacité attendue sur les HPV 16-18, la significativité est obtenue
grâce à la puissance de la cohorte qui n&rsquo;est pas atteignable avec un
essai randomisé, mais le fait que ce soit la seule étude ayant retrouvé
des résultats aussi francs doit encourager a la publication de données
concordantes.</p>
<p><em>Bibliographie:</em></p>
<h3 id="1-has-actualisation-du-référentiel-de-pratiques-de-l-juillet-2013">(1) HAS, <a href="http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1637239/fr/actualisation-du-referentiel-de-pratiques-de-l-examen-periodique-de-sante-epsdepistage-et-prevention-du-cancer-du-col-de-luterus">Actualisation du référentiel de pratiques de l&rsquo;examen périodique de santé (EPS)_Dépistage et prévention du cancer du col de l’utérus</a>, juillet 2013</h3>
<h3></h3>
<p>(2) Institut national du cancer , Epidémiologie
des cancers en France métropolitaine – Incidence , <a href="http://lesdonnees.e-cancer.fr/">http://lesdonnees.e-cancer.fr</a> consulté le
20/02/2014.</p>
<p>(3) N.Duport Données épidémiologiques sur le cancer du col
de l&rsquo;utérus, Etat des connaissances, INVS 2007)</p>
<p>(4) <a href="http://eurocancer.jle.com/articles/2010/325.htm">http://eurocancer.jle.com/articles/2010/325.htm</a></p>
<p>(5) Ministère des affaires sociales et de la santé. Plan
Cancer 2014-2019. (2014).</p>
<p>(6) N. Duport, K. Hagenoer, R. Ancelle-Park &amp; J. Bloch.
Dépistage organisé du cancer du col de l’utérus, évaluation épidémiologique des
quatre départements ‘pilotes’. (2007).</p>
<p>(7) Trent Cancer Registry &amp; NHS Cervical Screening
Programme. Profile of Cervical Cancer in England: Incidence, Mortality and
Survival. (2012)</p>
<p>(8) HAS, SYNTHÈSE D’AVIS
DE LA COMMISSION DE LA TRANSPARENCE CERVARIX, vaccin Papillomavirus humain
(types 16, 18) GARDASIL, vaccin Papillomavirus humain (types 6, 11, 16, 18),
février 2012</p>
<p>(9) Haut
conseil de Santé publique, Avis relatif à la vaccination contre els infetions à
papillomavirus humain chez les jeunes filles agées de 14 à 23 ans, décembre
2010</p>
<p>(10) Cosette M. Wheeler et al. The Impact of
Quadrivalent Human Papillomavirus (HPV; Types 6, 11, 16, and 18) L1 Virus-Like
Particle Vaccine on Infection and Disease Due to Oncogenic Nonvaccine HPV Types
in Sexually Active women Aged 16–26 Years, JID 2009:199 (1 April)</p>
<p>(11) B. Romanowski, Long-term protection
against cervical infection with the human papillomavirus: Review of currently
available vaccines, Human Vaccines 7:2, 161-169; February 2011</p>
<p>(12) HAS, Dépistage et
prévention du cancer du col de l’utérus Actualisation du référentiel de
pratiques de l’examen périodique de santé (EPS), Juin 2013</p>
<p>(13) Rouquille
N. Papillomavirus et cancers associés: données actualisées sur le dépistage,
recommandations et prophylaxie vaccinale, 2009.</p>
<p>(14) Institut national
du cancer, Etat des lieux du dépistage du cancer du col utérin en France,
Collection rapports et synthèse. septembre 2007</p>
<p>(15) Martin Winckler, <a href="http://martinwinckler.com/spip.php?article795">&ldquo;Avant l’âge de 25 ans, unfrottis de dépistage du cancer du col est le plus souvent inutile et larecherche de HPV également !!!&rdquo;</a> 16 mars 2008.</p>
<p>(16) Darlin, L. et
al. Vaginal self-sampling without preservative for human papillomavirus testing
shows good sensitivity. J. Clin. Virol. Off. Publ. Pan Am. Soc. Clin. Virol.
56, 52–56 (2013).</p>
<p>(17) Piana,
L. et al. [HPV-Hr detection by home self sampling in women not compliant with
pap test for cervical cancer screening. Results of a pilot programme in
Bouches-du-Rhône]. Bull. Cancer (Paris) 98, 723–731 (2011</p>
<p>(18)
vidal.fr</p>
<p>(19) <a href="http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/11/24/21547-nouvelle-plainte-deposee-contre-vaccin-gardasil">Une nouvelle plainte déposée contre le vaccin Gardasil</a>, Le Figaro.fr , 24 novembre
2013.</p>
<p>(20) Nicot P. &ldquo;<a href="http://www.formindep.org/spip.php?page=imp_article&amp;id_article=599">Vaccin contre le cancer du col de l’utérus</a><a href="http://www.formindep.org/spip.php?page=imp_article&amp;id_article=599">L’influence des firmes fait-elle perdre la tête au gouvernement ?</a>&rdquo;, formindep, le 18 février 2014.</p>
]]></content:encoded></item><item><title>La chasse aux préjugés</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/02/la-chasse-aux-prejuges/</link><pubDate>Fri, 21 Feb 2014 20:29:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/02/la-chasse-aux-prejuges/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Je lisais, il n&rsquo;y a pas si longtemps, quelque chose sur l&rsquo;<a href="http://www.jaddo.fr/2014/02/08/e-a-u/">alarme bidéale</a>, en me disant que les médecins qui ont cet instinct pour ressentir les choses sont vraiment incroyables, et j&rsquo;aimerai arriver à faire de même, utiliser la <a href="http://static3.wikia.nocookie.net/__cb20130928200804/starwars/images/f/f7/Barriss_medstar2.jpg">Force</a>. J&rsquo;ai eu beau chercher si j&rsquo;avais déjà eu des sentiments identiques envers plusieurs patients qui auraient eu un <a href="http://31.media.tumblr.com/c79b658e8e1f7e21575aa9d9e7533b56/tumblr_mroodft1lW1rpysm0o1_500.gif">diagnostic de ouf</a>! Mais <a href="http://static.tumblr.com/kjukmhx/Jzalzrz69/4827_serious.jpg">non</a>.<br>
Finalement, moins j&rsquo;y réfléchissait, plus je repensais à un patient, puis à deux, puis à trois. Ces trois patients ont en commun d&rsquo;avoir eu des maladies graves, auxquelles personnes ne voulaient croire. Jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elles soient évidentes, et que <a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgn9BHb0WOpHNbREOzHRAkrWg9cH4tJM8mm1dlW2ye5D7G6tBVs5BAlDlIFVINf6Tukpt5hc-hVoLWxfgKlsS3Yetrr0hvYGfqtdsIRhWs0JLGYBEyrU5gGxFI_-0AV9E5y5uJVlzTHRQM/s1600/Dr+House+Saison+03+Episode+23.gif">nous</a> nous disions &ldquo;certes, il a des trouble psychiatriques, mais, ça ne colle pas, il y a autre chose.&rdquo;</p>
<p>Elle avait 25 ans, et venait consulter pour des troubles de l&rsquo;équilibre. En la voyant, elle semblait aller parfaitement bien, l&rsquo;examen clinique était également normal. Elle est revenue deux jours après, pour des fourmillements partout, mais l&rsquo;examen ne retrouvait toujours rien. Pourtant, elle était inquiète, et je cherchai quelque chose pour la rassurer efficacement, <a href="http://m5.paperblog.com/i/58/586195/on-why-independent-musicians-should-ditch-the-L-JWmM5f.jpeg">ou pas.</a> J&rsquo;avais cependant ce que j&rsquo;appelle une gène, des <a href="http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSS1_hNKHcvc61QFcEpBfmkInElFDjInvE1JhvtLk1oeyQz6N8V7uJDhOtU">chatouillis dans la tête</a>, comme une petite voix qui me disait qu&rsquo;il y avait forcément quelque chose à trouver. En insistant bien, on a découvert qu&rsquo;elle disséquait ses artères cervicales (c&rsquo;est à dire que les vaisseaux du cou avaient une anomalie qui empêchait transitoirement le sang d&rsquo;arriver au cerveau!)<br>
Pour ceux qui aiment les images,ça peut ressembler à ça:</p>
<p><a href="/images/articles/2014/cervicales.png"><img src="/images/articles/2014/cervicales.png" alt=""></a></p>
<p>Le problème de ces chatouillis, c&rsquo;est que <a href="http://p3.storage.canalblog.com/31/46/53992/19869174.gif">ça ne marche pas à chaque fois</a>&hellip; Ce peut être parce que parfois, je suis fatigué, parfois je repense au patient d&rsquo;avant, et je ne me concentre pas assez sur le suivant, préférant me réfugier derrière des <a href="http://tvrecappersanonymous.files.wordpress.com/2011/04/draco-malfoy-facepalm.gif?w=500">préjugés</a>&hellip; Comme les douleurs abdominales de la patiente bipolaire qui somatise forcément à 19h30 le vendredi soir, et qui n&rsquo;a certainement pas cette tumeur hépatique, ou ce patient dépressif, alcoolique pour qui on a jamais pris le temps de faire un bilan ou de faire ce scanner cérébral qui montrerait cet hématome&hellip; Et je remercie mes chefs et <a href="http://desmgidf.fr/page/devenir-maitre-de-stage-des-universites-msu">maitre de stage de médecine générale</a> de m&rsquo;avoir aidé à rester concentrer et voir au delà de ces préjugés.</p>
<p>On se sent tout petit quand on voir ce que notre corps peut faire: il peut aussi bien surpasser tous les algorithmes et logiciels d&rsquo;aide à la décision médicale (comme on peut le voir en détails <a href="http://docadrenaline.wordpress.com/2014/02/11/serieux/">ICI</a>) , mais aussi passer à coté de quelque chose d&rsquo;important malgré les signes d&rsquo;alerte qu&rsquo;il nous envoie!</p>
<p>Je n&rsquo;ai pas encore le mode d&rsquo;emploi&hellip; je le cherche, et j&rsquo;espère que je le trouverai un jour, peut être quelque part par <a href="http://us.123rf.com/400wm/400/400/lightwise/lightwise1110/lightwise111000447/10976405-le-cerveau-humain-et-de-puzzle-de-renseignement-avec-un-labyrinthe-bleu-eclatant-et-le-labyrinthe-en.jpg">LA</a>, mais pour le moment, je vais chercher de ce côté <a href="http://gifdrole.com/homersimpsons/bv000010.gif">CI</a>&hellip;</p>
<p>A bientôt!</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Le coeur de l'oreille</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/02/le-coeur-de-l-oreille/</link><pubDate>Tue, 18 Feb 2014 23:49:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/02/le-coeur-de-l-oreille/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Au fil de mes heures passées à glander entre deux patients étudier sérieusement, on fini par découvrir des symptômes dont on aurait même pas imaginé l’existence. J&rsquo;avoue que le NEJM (un grand journal de littérature médical anglophone) m&rsquo;aide et me divertis dans ce sens grâce à ses &ldquo;<a href="http://www.nejm.org/action/showImageChallenge">challenge</a>&rdquo; hebdomadaires! Ça permet de regarder des images, dont on est à peu près sur de pas pouvoir trouver les diagnostics avec une <a href="http://www.animated-gifs.eu/leisure-games-d20/0008.gif">probabilité variable.</a><br>
Je suis donc tombé sur le signe de Frank! Ce petit signe permet de dire en regardant les oreilles du patients, comment va son cœur (<a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhI06qdCoDZ8LD0WY8RK-zYvHiPia3wEVJ3kXdvFhCF4pzOSgUH2-Eq7aSlilEJL7LY2foHAVbt3CTLBwybHSRpSFm_wjN68LZd8cYKt0LAgVh2Aa6zLbJKFkTNVot3moGH8NYnClX6Mgi8/s1600/wtf_gif_urkel.gif">si c&rsquo;est pas fantastique!</a>)</p>
<p><a href="/images/articles/2014/franck.jpg"><img src="/images/articles/2014/franck.jpg" alt=""></a></p>
<p>Pour l&rsquo;expliquer un peu, c&rsquo;est un pli coupe le lobule de l&rsquo;oreille en deux, et se dirige vers le bas et l&rsquo;arrière (ou vers le haut et l&rsquo;avant, ça revient au même&hellip;). Cela s&rsquo;expliquerait par une ischémie (diminution de l&rsquo;apport de sang) à ce niveau de l&rsquo;oreille à cause d&rsquo;athérosclérose (vieillissement accéléré des artères). Ces lésions artérielles seraient associé à la présence d&rsquo;une maladie coronaire. Pour faire un peu de statistiques: il est peu sensible, c&rsquo;est à dire qu&rsquo;on ne le voit pas souvent, seulement dans 48% des cas, mais assez spécifique, c&rsquo;est à dire que quand on l&rsquo;a, il y a une probabilité assez forte (mais pas certaine non plus) d&rsquo;avoir de l’athérome dans les coronaires, à 88%. (1)</p>
<p>Il n’empêche que j&rsquo;ai vu un patient qui présentait ce signe aujourd&rsquo;hui, 70 ans, <a href="http://www.voyage-insolite.com/files/2012/08/super-papi.gif">dans la force de l&rsquo;âge</a>! Et comme il n&rsquo;avait pas eu de bilan cardiovasculaire depuis une bonne dizaine d&rsquo;année, j&rsquo;en ai fait un pour voir s&rsquo;il avait effectivement un risque cardiovasculaire élevé ou pas&hellip; peut être par excès de curiosité <a href="http://www.animated-gifs.eu/leisure-games-d20/0008.gif">(même chose qu&rsquo;avant&hellip;)</a></p>
<p>C&rsquo;est peut être pour ça que ma <a href="http://bribriange49.b.r.pic.centerblog.net/bo6i59af.gif">grand mère</a> (ma grand mère ne ressemble pas vraiment à ça, peut être que j&rsquo;en ferai un sujet entier de discussion un jour&hellip;) disait tout le temps &ldquo;t&rsquo;as les oreilles rouges, tu vas avoir des problèmes cardiaques!&rdquo;<br>
Sur ce point, cela me semblait tout de même incohérent, parce que le signe de Frank ne donne absolument pas les oreilles rouges, et je doute que ma grand-mère se soit trompé dans ses proverbes! Puis en cherchant ce qui peut donner des oreilles rouges et des problèmes cardiaques, je suis tombé sur ça:</p>
<p><a href="/images/articles/2014/pca.png"><img src="/images/articles/2014/pca.png" alt=""></a></p>
<p>La polychondrite atrophiante! Qui donne les oreilles rouges, (en respectant le lobule, cette fois) et qui est associée à des manifestations cardiovasculaires dans 22 à 52% des cas (2), et l&rsquo;atteinte cardiaque est présente sous forme de valvulopathies (malformations des valves cardiaques), d&rsquo;arythmie cardiaques, de myocardites et péricardites (inflammations du muscle cardiaque et de son enveloppe externe).</p>
<p>Quand on pense que nos grand mères savent tant de chose, même si la physiopathologie n&rsquo;est pas connue, et sans qu&rsquo;elles aient mis en place d&rsquo;études épidémiologiques! Et moi qui ne serait pas grand chose sans internet&hellip; ça fait <a href="http://www.astrosurf.com/agerard/quesako/relativite_einstein.jpg">relativiser</a>&hellip;</p>
<p>Bref, prenez soins de vos oreilles et de celles de vos patients, c&rsquo;est une attention qui vient du cœur!!</p>
<p><em>Et là vous la voyez la ligne au milieu du lobule de l&rsquo;oreille?</em></p>
<p><a href="/images/articles/2014/sarkofrank.jpg"><img src="/images/articles/2014/sarkofrank.jpg" alt=""></a></p>
<p>PS: je ne suis bien évidemment pas le seul à avoir eu connaissance de ce signe, vous trouverez des précisions en plus <a href="http://www.mimiryudo.com/blog/2013/03/semiologie-signe-de-frank-lichstein/">ICI</a></p>
<p><em>Bibliographie:</em></p>
<p>(1) Gustavo Zapata-Wainberg, M.D., and Jose Vivancos, M.D., Ph.D. N Engl J Med 2013; 368:e32, June 13, 2013</p>
<p>(2) J.Perdu, Polychondrite atrophiante: manifestations vasculaires et critères diagnostiques, Sang Thrombose Vaisseaux. volume 13, numéro 3, 173-7, mars 2001</p>
<table>
  <thead>
      <tr>
          <th></th>
          <th></th>
      </tr>
  </thead>
  <tbody>
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          <td></td>
          <td></td>
      </tr>
      <tr>
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          <td></td>
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      <tr>
          <td></td>
          <td></td>
      </tr>
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          <td></td>
          <td></td>
      </tr>
      <tr>
          <td></td>
          <td></td>
      </tr>
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]]></content:encoded></item><item><title>Evidence Biaised Médecine</title><link>https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/02/evidence-biaised-medecine/</link><pubDate>Sat, 15 Feb 2014 01:23:00 +0100</pubDate><dc:creator>Dr Agibus</dc:creator><guid isPermaLink="true">https://medicalement-geek.cyberloutre.fr/2014/02/evidence-biaised-medecine/</guid><content:encoded><![CDATA[<p>Nous sommes le 14 février, il est 23 heures passées, et aussi geek que je suis, je suis scotché à mon ordinateur. Heureusement, madame, que j’appellerai Geekette, aussi (<a href="http://bleuchalou.b.l.pic.centerblog.net/bd598448.gif">on aime faire les choses ensemble!</a>).</p>
<p>Cette journée était cependant remplie d&rsquo;un romantisme qui aurait fait pâlir de jalousie tous les célibataires qui déclarent que la Saint-Valentin n&rsquo;est qu&rsquo;une fête purement commerciale, <a href="http://lacigaleoulafourmi.com/wp-content/uploads/2013/07/20130417-084949.jpg">hein</a>? D&rsquo;ordinaire, j&rsquo;aurais probablement fouillé <a href="http://s3.amazonaws.com/theoatmeal-img/thumbnails/twitter_addict.png">Twitter</a> à la recherche d&rsquo;une conversation ou d&rsquo;un article qui ferait évoluer ma pratique médicale, mais, pour marquer le coup, l&rsquo;envie m&rsquo;a prise de me lancer dans l&rsquo;écriture d&rsquo;un blog, parlant de ce que j&rsquo;aime et de ceux que je n&rsquo;aime pas!</p>
<p>Je vais probablement avoir l&rsquo;air ridicule avec mes quelques lignes, face aux géants blogueurs médicaux comme <a href="http://www.jaddo.fr/">Jaddo</a> et ses anecdotes médicales tellement drôles et vraies à la fois, <a href="http://docteurdu16.blogspot.com/">Docdu16</a> et ses analyses tellement pertinentes, et <a href="http://www.clubdesmedecinsblogueurs.com/">tous les autres</a>&hellip;</p>
<p>Bref, depuis que j&rsquo;ai réussi mon concours de PCEM1, la première, et soit disant plus dure année de médecine (avant les suivantes&hellip;) qui est soumise au fameux &ldquo;numerus clausus&rdquo; (si on est pas assez bien classé: bye bye les études de médecine), j&rsquo;ai eu comme un relâchement, et je me suis scotché à mon ordinateur. On m&rsquo;a même traité de <a href="http://www.journaldugeek.com/files/2014/01/mr-geek-600x356.jpg">GEEK</a>!</p>
<p>Qu&rsquo;on dise que je suis geek, pas de problème, j&rsquo;en suis fier! Mais MORT aux stéréotypes! Il faut bien faire la différence entre <a href="http://www.amha.fr/wp-content/uploads/2008/10/geek.jpg">geek</a> et <a href="http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTsRVEk8uO8FqDJd752Xj8VzPa5ylzR1Ch1H8aP73lguhZLWd8qw4xMeyMKgQ">geek</a>. Le geek n&rsquo;est à mon sens pas un jeune binoclard qui ne peut se détacher de son ordinateur et ne soit pas de chez lui (qui correspond plutôt au <a href="http://www.nioutaik.fr/images/dossier9/wgeek1.jpg">nolife</a> , voir au schizophrène hébéphrénique).</p>
<p>Le geek est tout l&rsquo;inverse de cela. Le geek transcende sa connaissance, et la pousse à l’extrême dans un ou plusieurs domaines, ce qui rend souvent ses explications confuses pour les non initiés. En fait, c&rsquo;est un peu mon boulot de tous les jours d&rsquo;être geek: <em>rechercher sur le web invisible en utilisant des termes MESH, des données bibliographiques récentes et non biaisées de puissance satisfaisante</em> pour pouvoir répondre dans un langage incompréhensible à des pauvres patients acquiesçant à ce qu&rsquo;on leur dit alors qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas compris. Enfin, ça aurait pu l&rsquo;être à l&rsquo;époque de la médecine paternaliste, centrée sur l&rsquo;épanouissement du médecin et la prise en charge de la maladie. Le travail est désormais un peu plus compliqué, parce que la médecine générale actuelle s&rsquo;efforce de transformer de langage codé en explications claires pour le patient, mais aussi s’intéresser à son entourage, son mode de vie, pour créer cette relation exceptionnelle qui me donne envie de me lever tous les matins (en allumant mon ordinateur pour rechercher comme je le disais, le moindre article qui permettrait de mieux les prendre en charge.)</p>
<p>Le médecin geek, est à mon sens, le médecin 2.0. Fini l&rsquo;<a href="http://www.lelibrepenseur.org/wp-content/uploads/2013/08/Big-Pharma.jpg">Evidence biaised medicine</a>, vive le médecin de l&rsquo;<a href="http://www.prescrire.org/Docu/Images/Images%20de%20couverture/MacaronNonMerci_FR.jpg">Evidence Based Medicine</a>!</p>
<p>Je ne suis qu&rsquo; <a href="http://twitter.com/Dr_Agibus">interne de médecine générale, sucrophile et un peu fou, mais que la Force soit avec nous!</a></p>
<p>Et vous, <a href="http://www.innergeek.us/francais.html">êtes vous geek</a>?</p>
]]></content:encoded></item></channel></rss>