Bonjour et bonnes vacances pour ceux qui vont en profiter cette semaine. Bon courage à ceux qui travaillent encore! Quand envisager des soins palliatif est une question parfois difficile. Une étude a posé la question “surprise”: “Seriez vous surpris si ce patient décédait dans les 12 prochains mois?” Si la réponse est oui, pensez à ce qui pourrait être entrepris. Sur ce, place aux actualités!
1/ Pharmacovigilance
Les informations pour arriver au nouveau monde mette vraisemblablement du temps. Plusieurs années après le retrait des glitazones du marché français, la FDA vient de reconnaitre que ces molécules augmentaient le risque de cancer de vessie.
L’ANSM quant à elle, a annoncé qu’il n’y avait pas de sur-risque de cancer pancréatique avec les inhibiteurs de DPP-4 et analogues du GLP-1.
2/ Cardiovasculaire
Un nouvel article sur les statines a été publié dans le JAMA. En prévention secondaire, les statines de forte intensité (rosuvastatine 20 et atorvastatine 40 au moins) sont recommandées mais sans qu’aucune étude ne prouve leur efficacité (elles n’ont d’ailleurs pas l’AMM). Une étude de cohorte chez des patients ayant un antécédent de maladie cardiovasculaire a été menée. Elle retrouve que les patients traités sous forte statine forte dose vs statine modérée ont un risque de mortalité global diminué! (Hazard Ratio après ajustement : 0,91 , NNT: 250 patients à 1 an). Méthodologiquement ça se tient, bien que ce ne soit pas un essai contrôlé randomisé, les patients ont été ajustés sur un score de propension prenant en compte (entre autres) le cholestérol et les co-traitements, ce qui donne un résultat indépendant pour ces facteurs. Concernant les effets indésirables, seul la survenue de diabète est répertoriée, et étrangement, elle n’est pas supérieure en cas de statine forte dose… (c’est ce résultat non cohérent qui pourrait faire mettre en doute la validité des analyses) Enfin, cette étude semble indépendante de l’industrie pharmaceutique et les auteurs n’ont pas de lien d’intérêt. Voilà qui peut faire réfléchir sur la prévention secondaire par statine…
Statines, toujours: cette fois ci, dans le JAMA neurology. Les auteurs retrouvent dans une étude de cohorte que la prescription de statine est associée à un moindre risque de maladie d’Alzheimer. Le problème de ces grosses études sur registre, c’est qu’il est très facile de savoir si un patient est sous statine ou pas, mais beaucoup plus dur d’établir si un patient a une maladie d’Alzheimer… Les patients sous statine se voient peut être plus poser le diagnostic de démence “vasculaire” que Alzheimer… De plus, il s’agit d’une association et non d’une causalité, on préfère aussi conserver la qualité de vie des patients Alzheimer âgés en arrêtant des statines en prévention primaire, alors qu’on les poursuite chez les patients “en meilleure forme”. Question c’est donc: prend-on moins bien en charge nos patients déments?
3/ Gynécologie
Un essai pragmatique a comparé l’efficacité des DIU au levonorgestrel versus les méthodes classiques dans la prise en charge des ménorragies. Les auteurs ne retrouvent pas de différence entre les groupes. Cependant, la mise en place de n’importe quel traitement améliorait significativement les symptômes et la qualité de vie des patients, qu’il s’agisse du DIU au levonorgestrel, de pilule oestro-progestative, de progestatif seul ou d’acide tranexamique.
4/ Diabétologie
Un article d’une grande importance pour commencer: une méta-analyse sur les inhibiteurs de DPP-4 de très bonne qualité vient d’être publiée. Les auteurs ont fait un funel plot montrant qu’il n’y a pas de biais de publication et ont finalement inclus une trentaine d’études. Ils retrouve une absence de bénéfice de mortalité globale, cardiovasculaire ou d’évènements cardiovasculaires parmi les presque 55 000 patients analysés. Cependant, il y avait significativement plus de pancréatites aigues et d’insuffisance cardiaque!
Cette méta-analyse a donc été effectuée 3 ans après celle que j’avais présenté ici et qui retrouvait un bénéfice en terme de prévention de mortalité totale et d’évènements cardiovasculaire. Il lui avait été reproché d’inclure des études de courte durée et de qualité médiocres, qui ont été exclues de la méta-analyse récente (qui au final, avec les études nouvelles a inclus quand même plus de patients). Malheureusement, il n’y a pas eu d’analyse molécule par molécule pour voir si une se détachait néanmoins par rapport aux autres, car dans l’ancienne méta-analyse, la saxagliptine et vitagliptine portaient à elle seule les résultats cliniques retrouvés. Bref, peut être un bénéfice avec certaines molécules, mais pas de façon “globale” mais un risque quasi-certain de pancréatite et d’insuffisance cardiaque. (et je vais aller mettre à jour l’article sur le diabète de ce pas!)
Enfin, concernant la contraception des patients diabétiques, une étude de cohorte rétrospective a étudié la survenue d’évènements thrombo-embolique des patientes. Les auteurs retrouvent un moindre risque avec l’utilisation de DIU (6/1000 femmes) par rapport à 8 femmes / 1000 en cas de progestatif et 11 femmes /1000 en cas de contraception avec oestrogènes. Avant 35 ans, le risque thromboembolique est significativement plus élevé en cas de contraception hormonale, par rapport à une contraception non hormonale; après 35 ans, le risque d’un progestatif seul n’est plus significativement supérieur à celui d’une contraception non hormonale. Les auteurs concluent que malgré cette augmentation, le risque est minime et ne doit pas faire contre indiquer formellement les contraceptions hormonales aux patientes diabétiques.
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